Auteur/autrice : Kelly Slater

  • Il se fait mordre deux fois par un requin et conduit calmement jusqu’à l’hôpital

    Il se fait mordre deux fois par un requin et conduit calmement jusqu’à l’hôpital

    Le genre d’histoire qu’on ne trouve qu’en Australie

    Mardi 7 octobre 2025, sur Kangaroo Island, au sud de l’Australie, un surfeur d’une cinquantaine d’années s’est fait attaquer deux fois par un requin Cuivre (bronze whaler).
    Jusqu’ici, rien d’inédit sous les tropiques… sauf que l’homme a rejoint la plage, plié sa planche, et conduit lui-même jusqu’à l’hôpital, sérieusement blessé à la jambe.
    Les médecins ont confirmé : blessures graves, mais pronostic vital non engagé.
    Un scénario digne de Mad Max… mais version surf.

    “Le phoque m’a balancé”

    Selon Shark Watch South Australia, le requin poursuivait un phoque à travers la baie de D’Estrees, sur le spot ironiquement nommé The Sewer (“l’égout”).
    Et c’est là que la scène devient cartoonesque :

    “Un phoque a utilisé le surfeur comme leurre pour échapper au requin”, rapporte l’organisation.
    Résultat : deux morsures, une planche entamée, et un phoque qui repart libre comme l’air.
    Pas sûr que les relations interespèces s’en remettent.

    Le témoin du hasard absolu

    Ce jour-là, un visiteur, Jon Souter, se promenait avec sa famille sur les falaises de Kangaroo Island.
    Ils n’avaient “pas vu un seul être humain depuis des heures”, quand soudain, le hasard du siècle : deux silhouettes à l’eau, un phoque qui file, et derrière… un aileron.
    Souter sort son téléphone, filme le phoque qui passe entre les surfeurs — juste avant que le requin ne frappe.

    “J’ai vu la queue du requin fouetter l’eau, et là j’ai compris qu’il y avait un surfeur au mauvais endroit au mauvais moment.”

    Le tout sur un spot désert, perdu entre les falaises et le grand Sud.
    Pas d’autre témoin que quelques mouettes et… un smartphone.

    “C’était comme être percuté par un camion”

    Le surfeur, prénommé Lee, a raconté plus tard aux policiers que l’impact l’avait projeté hors de sa planche :

    “C’était comme être frappé par un camion. Il m’a mordu le dos, la fesse et le coude avant de disparaître.”

    Un témoignage aussi sec que son humour local.
    Et pourtant, le calme olympien.
    En regagnant la plage, Lee croise la famille Souter — qui, par miracle, avait une trousse de secours.
    Encore plus fort : l’autre surfeur à l’eau était médecin.
    Pas de panique : bandage, compresses, un peu de sang, beaucoup de sang-froid.

    “Le docteur a vérifié que ce n’était pas une artère, on a bandé la jambe, et Lee était surtout inquiet pour sa planche,” raconte Souter.
    “Il demandait où était son matériel, pendant qu’on nettoyait la plaie.”

    Toujours aller surfer avec un médecin

    Après quelques minutes d’impro de secourisme, le docteur-surfeur embarque son ami blessé, et les deux partent direction Kingscote, à 40 minutes de route.
    Pas d’hélico, pas d’ambulance.
    Juste un surfeur mordu deux fois, au volant de sa propre voiture, direction l’hôpital. Le lendemain matin ?
    Lee va bien. Il poste même une photo, un flat white à la main. “Il est très reconnaissant pour les soins reçus,” confirme son employeur, Craig Wickham, qui ajoute qu’il “a eu une sacrée chance”.

    Moralité du jour, selon Souter :

    “Always go surfing with a doctor.”
    Toujours aller surfer avec un médecin.
    Pas idiot, vu le menu local.

    Le spot “The Sewer” : pas vraiment une piscine

    Ironie du sort, The Sewer doit son nom à une vieille légende locale : les tubes y “te recrachent comme une merde”, dixit les surfeurs des années 60.
    Le coin, paradisiaque en apparence, est aussi fréquenté par une forte population de phoques et lions de mer, autrement dit… le buffet préféré des requins.
    Ce n’est d’ailleurs pas la première attaque dans la zone : un surfeur y avait déjà été croqué par un grand blanc il y a cinq ans.

    Les requins Cuivre, pas si gentils qu’ils en ont l’air

    Moins célèbres que leurs cousins blancs, les requins Cuivre sont pourtant responsables d’une quinzaine d’attaques recensées depuis 1962, dont une mortelle.
    Ils peuvent mesurer jusqu’à 3 mètres et attaquent surtout par erreur — ou, comme ici, sous la mauvaise influence d’un phoque manipulateur.

    Et après ?

    Aujourd’hui, Lee se remet, les points de suture en place et le sourire en coin.

    Après avoir aidé le surfeur, la famille Souter a d’ailleurs repris sa balade, pique-nique au soleil et glace au miel à la main.
    Parce qu’en Australie, même après une attaque de requin, la journée continue.

    “C’était un moment extraordinaire de timing,” conclut Jon Souter.
    “On n’avait vu personne depuis des heures, et puis… ce truc-là est arrivé.”

    Un phoque qui balance, un requin distrait, un surfeur stoïque, un médecin providentiel, et un café au lait en guise de happy end.
    Bref : une journée typiquement australienne.

    PS: photo non contractuelle, on sait, ce n’est pas un requin Cuivre en photo…

  • We The Surfers : à Robertsport, quand une vague redonne de l’avenir

    We The Surfers : à Robertsport, quand une vague redonne de l’avenir

    Et si un film de surf parlait d’abord de chance — la nôtre, d’être nés au bon endroit — puis de responsabilité ? Avec We The Surfers, Arthur Bourbon retourne à Robertsport, au Libéria, cinq ans après Water Get No Enemy. Il ne signe pas une suite “best of”, mais la chronique d’une communauté qui s’organise et grandit autour d’un club, de programmes éducatifs et d’un surf qui soigne les cicatrices d’hier tout en fabriquant des opportunités pour demain. Le film est disponible en VOD (Prime Video, Apple TV).

    Du cinéma d’action au cinéma d’attention

    Là où tant de films empilent les manœuvres, We The Surfers déplace le regard : moins d’ego, plus d’humains. On suit des surfeurs et surfeuses libériens qui transforment leur plage en espace commun : on y apprend, on y travaille, on y rit, on s’y répare — planches, âmes et liens sociaux. C’est le sens du Robertsport Surf Club, point d’appui d’une économie locale naissante (location de matériel, restauration, hébergements simples) et d’un apprentissage structuré (sécu à l’eau, encadrement des kids, règles de priorité).

    Cette structuration ne se fait pas en vase clos. Des ONG et initiatives de terrain — Universal Outreach, Provide The Slide — ont catalysé le mouvement : dons de planches, bourses, programmes environnementaux, surf thérapie, et un vrai coup d’accélérateur sur l’inclusion des filles. Le résultat visible, ce sont des lieux qui vivent et des trajectoires qui s’ouvrent.

    Le surf comme service public (version locale)

    On serait tenté d’appeler ça du “surf social”. Concrètement, à Robertsport on déjeune au resto du club, on dort chez l’habitant ou dans de petites chambres gérées localement, on loue une board ou on fait réparer la sienne, on apprend à lire la houle et les bancs. Parfois, un prize money de compétition se transforme en micro-investissement pour une boutique d’alimentation. La vague reste la même, mais l’écosystème autour change et, avec lui, la vie des habitants.

    Compétitions et repères : une scène qui dure

    Les marqueurs sportifs jalonnent cette montée en puissance : compétitions nationales régulières et, en 2024, l’accueil d’une étape de l’Africa Surf Tour à Robertsport. Autrement dit, le pays ne coche plus seulement la case “belle vague”; il s’inscrit sur la carte du surf africain qui compte. Ce rythme donne des objectifs aux jeunes, attire quelques voyageurs, et crédibilise le club auprès des autorités.

    “Où l’on naît” : la ligne la plus puissante du film

    Le cœur du message, c’est la chance de naissance. Grandir en France, c’est l’accès (presque) acquis à l’eau potable, aux soins, au sport ; à Robertsport, rien n’est “normal”. Ce rappel n’est pas là pour culpabiliser, mais pour recentrer la gratitude — et pour donner envie d’agir. L’impact de We The Surfers vient de cette tension tenue entre difficultés objectives (pauvreté, scolarité fragile) et énergie positive d’une jeunesse qui choisit la vague plutôt que la violence.

    Voyager sans abîmer : petit guide éthique pour Robertsport

    Le film donne envie de booker un billet — et c’est possible, mais pas comme à Bali. Il faut anticiper (vaccins, visa), s’organiser, contacter le Robertsport Surf Club en amont pour se faire “brancher” correctement (guides, hébergements, location). Sur place, on rémunère les services locaux, on respecte les locaux à l’eau, on évite le geotag outrancier, on ramasse ses déchets. Bref, on surfe et on renforce la scène plutôt que de la parasiter.

    Collecte planche de surf pour les surfeurs de Robertsport Liberia

    Les planches seront expédiées au Liberia par l’association « Provide The Slide »

    Ce qui aide vraiment

    • Matériel utile à apporter/donner : shortboards robustes, fish/twins, longboards solides, dérives (FCS2/US Box), leashes en bon état, kits de répa époxy, combis légères.
    • Dons intelligents : privilégier ce qui se répare facilement et sert à l’apprentissage quotidien.
    • Au-delà du surf : filtres à eau, fournitures scolaires, petit matériel médical — parce qu’une planche ne suffit pas toujours.

    Astuce pratique : depuis l’Europe, suivez les collectes annoncées par le film/le club — Soutenez financièrement les programmes éducatifs ou venir sur place en apportant du matériel utile.

    Pourquoi ce film touche juste

    Parce qu’il reconnecte le surf à son idée de partage. À Robertsport, on se passe des planches, on se félicite sur la plage, et le line-up ressemble plus à une cour de récré organisée qu’à une arène de score. Quand Arthur Bourbon dit préférer les histoires aux montages de tricks, on comprend : l’action est là, mais c’est l’attention qui fait grandir. Et, bonus, ça parle autant aux surfeurs qu’à celles et ceux qui n’ont jamais waxé une board.

    Voir le film, prolonger l’effet

    We The Surfers est visible dès maintenant en VOD (Prime Video, Apple TV). Regardez-le pour le plaisir, mais aussi comme un levier : plus le film circule, plus l’histoire de Robertsport rayonne, plus les initiatives locales trouvent des relais. Et si vous partez, partez bien : par le club, pour le club.

    Encadré — Infos clés

    • Où regarder ? Prime Video et Apple TV (51 min).
    • Contexte : Water Get No Enemy (2020) posait la première pierre ; We The Surfers documente la maturation d’une communauté de surf libérienne.
  • Board Culture Exposure 2025 : Biarritz au cœur de la culture glisse

    Board Culture Exposure 2025 : Biarritz au cœur de la culture glisse

    Sous les plafonds dorés du Casino municipal, au bruit des vagues de la Grande Plage toute proche, Biarritz s’apprête à accueillir l’un des rendez-vous les plus inspirants de la saison : le Board Culture Exposure 2025. Du 24 octobre au 1er novembre, la capitale basque du surf se transforme en un vaste terrain d’expression artistique, où la glisse devient langage, la photographie un manifeste, et la fête un prolongement naturel du ride.

    Né en 2024 de la rencontre entre la passion du surf, du skate et du snowboard, et le regard poétique de ceux qui les capturent, le BCE revient avec une seconde édition plus dense, plus ouverte, plus vibrante. Expositions, workshops, projections, masterclasses, concerts, conférences… Pendant dix jours, la culture board s’expose, se raconte, se vit. Et comme souvent à Biarritz, la magie opère : ici, l’art et le sel de mer se confondent.

    Le Casino, épicentre de la board culture

    Le Salon Diane du Casino municipal devient cette année encore le cœur battant du festival. C’est là que se déploient les photographies finalistes du concours international BCE, réunissant les meilleurs clichés de surf, skate, snowboard, lifestyle et reportage. Des images puissantes, parfois brutes, souvent poétiques, venues des quatre coins du monde pour célébrer la beauté du mouvement et l’instant suspendu.

    L’ouverture officielle, le 24 octobre à 16h, marque le coup d’envoi d’une semaine de célébrations. La soirée s’ouvre avec une projection de films autour des trois disciplines, avant une cérémonie inaugurale et un premier DJ set jusqu’à minuit, histoire de donner le ton : le BCE est autant une expérience visuelle qu’une fête collective.

    Le lendemain, le Casino vibre au rythme d’une journée marathon : workshops photo signés Leica x RVCA, lectures de portfolio, conférences et projections. Parmi les moments forts, une table ronde sur les nouvelles perspectives offertes par l’intelligence artificielle dans la photographie de glisse, avec Fabrice Laroche, Sylvain Cazenave, Basile Di Manski ou encore Mathias Fennetaux. En soirée, la projection de trois films cultes au Cinéma Le Royal : The Eternal Beauty of Snowboarding de Jérôme Tanon, Es Menikmati (25 ans déjà !) de Fred Mortagne, et The Big Sea de Lewis Arnold. Trois visions, trois époques, une même passion pour la beauté du geste.

    Une constellation d’expositions à travers la ville

    Cette année, le festival rayonne bien au-delà du Casino. Cinq lieux emblématiques de Biarritz accueillent des expositions en accès libre, formant une véritable carte sensible de la board culture mondiale.

    Côte des Basques : Beyond the Sandbank

    Sur le sable même de la Côte des Basques, l’exposition “Beyond the Sandbank” se déploie au rythme des marées. Soixante photographies posées à même la plage racontent un surf contemplatif, poétique, loin du spectaculaire. Le grain argentique, les silhouettes en contre-jour, les visages fatigués par le sel… Ici, le surf est une émotion, un souffle, une trace.
    Cette installation éphémère rend hommage aux regards singuliers — et notamment féminins — qui redéfinissent la culture surf comme un art de vivre plus que comme un sport. Une exposition vivante, mouvante, offerte à l’océan.

    Le Labho : Dance of the Seagulls – Riding Downhill with BTZ’ activist youth

    Quelques rues plus haut, au Labho, place à la jeunesse biarrote et à son énergie urbaine. Dance of the Seagulls raconte l’histoire du collectif BTZ Downhill, ces riders qui transforment les pentes de la ville en terrain d’expression sauvage.
    À travers des clichés à la fois bruts et poétiques, l’exposition saisit la liberté d’une génération qui ride autant qu’elle milite — pour la créativité, pour la rue, pour l’esprit de communauté. Le vernissage du 27 octobre, avec projection et DJ set, promet d’être un des moments phares du festival.

    ❄️ L’Atabal : White Umami – Snowboarding in Japan

    Direction l’Atabal pour une escale hivernale. White Umami réunit douze des plus grands photographes de snowboard autour d’un thème mythique : le Japon, ses montagnes silencieuses et sa poudreuse infinie, le fameux “Japow”.
    Le 30 octobre, le vernissage s’accompagne d’un DJ set de Falcon puis d’un live d’Étienne de Crécy, fusionnant ainsi culture glisse et scène électro française. Entre ride et rythme, cette soirée promet d’être une expérience multisensorielle.

    📚 La Médiathèque : Benjamin Deberdt – Rétro

    Figure majeure du skate européen, Benjamin Deberdt fait l’objet d’une grande rétrospective à la Médiathèque de Biarritz. Photographe légendaire et fondateur de Sugar, Kingpin ou Pause, il a documenté la scène skate avec une sincérité rare.
    Son travail, exclusivement argentique, capture la fragilité et la beauté du moment, l’âme d’une culture souvent mal comprise. Le 28 octobre, Deberdt sera présent pour une projection documentaire et un échange avec le public, suivi d’un DJ set signé Aberdeen Records.

    Ateliers, rencontres et masterclasses

    Parce que la photographie de glisse est un art vivant, le Board Culture Exposure encourage l’échange et la transmission. Tout au long du festival, des workshops Leica offrent aux participants la possibilité d’apprendre aux côtés de grands noms : Fred Mortagne, Arthur de Kersauson, ou encore Fabrice Laroche.

    On pourra aussi s’essayer au cyanotype avec le Labo Estampe, participer à des lectures de portfolios, ou assister à la masterclass d’Arthur de Kersauson (le 29 octobre) autour du lien entre image, voyage et aventure.

    Le Live Photo Contest, véritable signature du BCE, fait également son retour : une compétition photo en temps réel, sur la Grande Plage et l’esplanade du Casino. Photographes amateurs et pros y capturent surfeurs et skateurs en action, avant de soumettre leurs clichés à un jury exigeant. Les meilleurs recevront leurs prix lors de la cérémonie de clôture du 1er novembre, dans une ambiance festive et électrique.

    Journée spéciale : l’empreinte féminine dans la board culture

    Le 31 octobre, le festival met à l’honneur les femmes qui font bouger la glisse. En partenariat avec l’association Skate Her, la journée s’articule autour d’un atelier photo dédié au skate féminin, d’une conférence intitulée “Entre planches et objectifs : l’empreinte féminine dans la board culture”, et d’une série de projections engagées : Akwaba (sur la scène skate en Côte d’Ivoire), Water Guardians de Caroline Mardock, et Morena de Steve Won, portrait de la surfeuse philippine Ikit Agudo.
    En fin d’après-midi, Jérôme Tanon présentera son livre Woman Heroes, avant une Nixon Party et un DJ set Repier. Un hommage vibrant à toutes celles qui, dans l’ombre ou la lumière, redéfinissent la place des femmes dans la glisse et dans l’image.

    Entre art, engagement et fête

    Ce qui fait la singularité du Board Culture Exposure, c’est sa capacité à fédérer : photographes, riders, artistes, curieux, habitants, touristes… tous se retrouvent autour d’une même passion.
    Chaque lieu raconte une facette de la board culture : la nostalgie argentique de Deberdt, l’énergie rebelle du BTZ Downhill, la poésie saline de la Côte des Basques, ou la transe nocturne de l’Atabal.
    Mais au-delà des images, c’est une vision du monde qui s’exprime : celle d’une jeunesse libre, créative, solidaire, consciente des enjeux écologiques et sociétaux, mais toujours animée par le même besoin vital — glisser, créer, partager.

    Biarritz, berceau du surf européen, se réinvente ainsi en capitale d’une culture plus large, plus universelle : celle de la planche sous toutes ses formes. Et le Board Culture Exposure en devient le miroir, la vitrine et le manifeste.

    Infos pratiques

    📍 Lieux principaux :

    • Casino municipal – Salon Diane (exposition principale, workshops, projections, conférences, DJ sets)
    • Côte des Basques – Beyond the Sandbank (exposition en plein air)
    • Labho – Dance of the Seagulls (vernissage + soirée le 27 octobre)
    • Médiathèque de Biarritz – Benjamin Deberdt Rétro (du 28 octobre au 29 novembre)
    • Atabal – White Umami + concerts (30 octobre au 3 novembre)

    🎞 Projections spéciales :

    • The Eternal Beauty of Snowboarding – Jérôme Tanon
    • Es Menikmati – Fred Mortagne
    • The Big Sea – Lewis Arnold

    🎧 Soirées et DJ sets :

    • La Division Deux (24 octobre)
    • DJ Falcon & Étienne de Crécy (30 octobre)
    • Repier & Nixon Party (31 octobre)

    🎟 Accès :
    Toutes les expositions sont en accès libre, seules certaines soirées concerts sont payantes (Atabal).
    Les workshops Leica, lectures de portfolio et sessions photo sont sur inscription.

    Un festival qui a trouvé sa vague

    Le Board Culture Exposure 2025 n’est pas seulement un événement de plus sur le calendrier culturel basque. C’est une respiration.
    Une rencontre entre ceux qui glissent et ceux qui regardent, entre la vitesse et la lenteur, entre le geste et son empreinte. Dans un monde saturé d’images, le BCE nous rappelle qu’une photo peut encore nous faire vibrer — quand elle capture l’âme de la glisse, ce moment où le mouvement devient silence, où le rider devient poète.

    Alors, si vous êtes à Biarritz entre le 24 octobre et le 1er novembre, ne manquez pas cette célébration unique de la board culture. Car ici, la planche est bien plus qu’un outil : c’est un moyen de voir le monde autrement.

  • Hommage à Ilima Kalama, légende hawaïenne et père du surf moderne

    Hommage à Ilima Kalama, légende hawaïenne et père du surf moderne

    Ilima Kalama, l’âme de l’océan s’est éteinte à 82 ans

    Le monde du surf pleure l’un de ses plus grands esprits de l’océan. Ilima Kalama, légendaire waterman hawaïen et père du surfeur et pionnier du tow-in Dave Kalama, est décédé à l’âge de 82 ans. Figure respectée autant pour sa force tranquille que pour son humilité, Ilima laisse derrière lui un héritage immense, empreint de respect pour la mer, la culture hawaïenne et la transmission d’un savoir ancestral.

    Un pionnier entre Hawaï et la Californie

    Né à Honolulu, Ilima Kalama appartient à une lignée de watermen dont la réputation traverse les générations. Son père, Noah, fut l’un des premiers à introduire la pratique de la pirogue hawaïenne (outrigger canoe) sur la côte ouest des États-Unis après avoir déménagé la famille à Newport Beach à la fin des années 1950.

    Rapidement, le jeune Ilima s’impose sur les plages de Huntington et Newport. En 1962, il remporte les United States Surfing Championships, l’une des compétitions les plus prestigieuses de l’époque. Sponsorisé par Hobie et Hang Ten, il devient une icône de la culture surf naissante, incarnant l’esprit d’aventure, de liberté et de respect de la nature.

    Mais Ilima n’était pas seulement un surfeur. C’était un waterman complet : plongeur, rameur, sauveteur, explorateur. Il vivait la mer dans toutes ses dimensions, au-delà du sport, comme une philosophie.

    Le miraculé du Cortes Bank

    Dans les années 1970, Ilima participe à une série d’expéditions sur la vague mystérieuse Cortes Bank, un haut-fond perdu au large de la Californie, aujourd’hui célèbre pour ses vagues géantes. C’est là qu’il frôle la mort : lors d’une plongée en apnée, son bateau coule en pleine nuit, à des dizaines de kilomètres de toute terre.

    Pendant des heures, Ilima et son compagnon de plongée dérivent dans une eau glacée, à la merci de l’océan. “J’ai pensé à ma famille, à ma mère disparue. J’ai prié, et j’ai senti sa présence. C’est comme si elle me disait de tenir bon.”
    Miraculeusement sauvés par un pêcheur, les deux hommes s’en sortent. Quelques semaines plus tard, Ilima retournera plonger sur le même site, incapable d’ignorer l’appel de l’océan.

    Cette expérience, racontée dans le livre Ghost Wave de Chris Dixon, résume à elle seule la vie de Kalama : le courage, la foi et le respect de la mer.

    La transmission d’un héritage

    Ilima Kalama a transmis sa passion et ses valeurs à son fils Dave Kalama, devenu l’un des watermen les plus respectés au monde. Dave est notamment connu pour avoir, aux côtés de Laird Hamilton, Darrick Doerner et Buzzy Kerbox, inventé le tow-in surfing – cette pratique qui a révolutionné le surf de grosses vagues en permettant de surfer des vagues inaccessibles.

    Chez les Kalama, la mer n’est pas un simple terrain de jeu. Elle est un maître exigeant, un miroir spirituel. “Mon père m’a appris à écouter l’océan”, dira souvent Dave. “À ne jamais le défier, mais à danser avec lui.”

    Une légende honorée de son vivant

    En août 2024, Ilima Kalama était intrônisé au Surfers’ Hall of Fame à Huntington Beach. Ses empreintes de mains et de pieds, désormais figées dans le ciment, rejoignent celles des plus grands noms du surf. Un hommage mérité pour un homme dont la vie a incarné, mieux que quiconque, l’essence même du surf : l’humilité face à la nature, la transmission et la gratitude.

    Dans son dernier témoignage, Ilima confiait :

    “J’ai fait des erreurs, mais la mer m’a toujours pardonné. Je la respecte, je la remercie, et je lui rends tout ce que je peux. Mahalo Ke Akua — merci à Dieu.”

    Un aloha éternel

    Ilima Kalama s’en est allé comme il a vécu : avec dignité, gratitude et sérénité. Son esprit continue de flotter sur les vagues d’Hawaï, là où tout a commencé. Pour tous les surfeurs, il restera un exemple éternel de ce que signifie être un véritable waterman.

  • Comment se qualifier sur le WCT (Championship Tour) de la WSL ?

    Comment se qualifier sur le WCT (Championship Tour) de la WSL ?

    Vous rêvez d’entrer dans l’élite du surf mondial ? La World Surf League a tracé une route claire vers le Championship Tour (CT). Entre Mid-Season Cut, Challenger Series et wildcards, voici un guide complet — concret et à jour — pour comprendre comment décrocher (ou garder) sa place sur le WCT.

    Le cadre : une saison CT en deux temps

    Le CT démarre en début d’année avec 36 hommes et 18 femmes. Après cinq étapes environ, la WSL opère un Mid-Season Cut qui réduit le tableau à 24 hommes et 12 femmes.

    • Les surfeurs au-dessus du cut (soit Top 22 hommes et Top 10 femmes, hors wildcards d’épreuve) poursuivent la saison et, surtout, sont automatiquement qualifiés pour le début de la saison suivante.
    • Les surfeurs en dessous du cut basculent sur le Challenger Series pour tenter de regagner le CT par la voie “promotion”.

    À noter : en cas d’égalité pour la dernière place conservée (22e chez les hommes / 10e chez les femmes), le règlement départage d’abord au meilleur résultat comptant, puis au nombre de heats gagnés, puis à la moyenne des notes.

    La voie royale d’accès : le Challenger Series (CS)

    Le Challenger Series est le circuit d’accession. En fin d’année, il attribue la majorité des tickets pour le CT de la saison suivante :

    • Hommes : les Top 10 CS (non déjà qualifiés via le cut CT) montent sur le CT.
    • Femmes : les Top 7 CS (non déjà qualifiées via le cut CT) montent sur le CT.

    Côté barème, la WSL ne compte que vos meilleurs résultats : par exemple, si la saison comporte 7 épreuves, seuls vos 5 meilleurs scores entrent au total. Cela limite l’aléa (blessure, mauvais call, houle capricieuse) et valorise la régularité.

    Wildcards & remplacements : les exceptions qui confirment la règle

    • Wildcards de saison (WSL Season Wildcards) : la WSL dispose de places nominatives pour compléter le plateau (notamment en début de saison).
    • Wildcards d’épreuve (Event Wildcards) : des invitations ponctuelles, souvent pour des locaux ou des talents en forme. Elles n’offrent généralement pas de points CT (sauf cas précisés par la WSL).
    • Remplacements (Replacements) : en cas de blessure ou de retraite avant le cut, la WSL peut nommer un(e) remplaçant(e) pour des épreuves spécifiques.

    Important : lorsqu’un(e) surfeur(se) est doublement qualifié(e) (ex. conserve sa place via le cut et termine dans le Top CS), la place “en trop” ne descend pas mécaniquement au suivant du CS : elle redevient wildcard WSL, que la Ligue attribue selon ses critères.

    Feuille de route express pour se qualifier (hommes et femmes)

    1. Commencer sur le QS (Qualifying Series), des étapes régionales pour accéder au Challenger Series.
    2. Briller sur le CS : viser Top 10 (H) ou Top 7 (F) en fin d’année.
    3. Intégrer le CT l’année suivante — et tenir le cut de mi-saison pour s’y installer durablement.
    4. Alternative : décrocher une wildcard WSL (rare, non maîtrisable), ou profiter d’un remplacement ponctuel.

    Cas concrets 2025 : Tya Zebrowski et Kauli Vaast

    • Tya Zebrowski (France) a éclaboussé le CS féminin par sa précocité et sa constance. Scénario de qualif : si elle termine la saison dans le Top 7 du CS (et qu’elle n’est pas déjà qualifiée via le cut CT), elle décroche son ticket pour le CT 2026. Comptablement, elle n’est pas encore qualifiée sur le CT ou Championship Tour. Mais, au vu de son avance, il faudrait un concours de circonstance improbable pour qu’elle ne soit pas qualifiée
    • Kauli Vaast (Tahiti/France) est dans une dynamique similaire côté masculin. Scénario de qualif : viser le Top 10 du CS en fin de saison (hors qualification automatique via cut CT). Pour Kauli Vaast, la marge est moindre, et ses chances de qualification ne sont pas du tout acquises. La prochaine étape au Brésil sera primordiale.

    FAQ rapide

    • Faut-il gagner une épreuve CS pour monter ? Non. La constance prime : plusieurs quarts/semis peuvent suffire.
    • Que se passe-t-il si je rate le cut CT ? Vous redescendez sur le CS immédiatement pour rejouer votre chance.
    • Les wildcards donnent des points CT ? Les Event Wildcards, en règle générale, non. Les Season Wildcards relèvent d’un statut particulier défini par la WSL.
  • Waimea river, version XXL : Jamie O’Brien dompte la vague statique d’Oʻahu

    Waimea river, version XXL : Jamie O’Brien dompte la vague statique d’Oʻahu

    À Waimea Bay, il existe un mirage de surfeur : une vague qui ne vient pas de l’océan, mais d’une rivière en crue. Quand le Waimea Valley déborde et perce la barre de sable (ou plutôt quand les surfeurs creusent un tranchée), un fleuve brun se jette dans la baie, sculpte un chenal et, pendant quelques heures, transforme la plage mythique en une machine de vagues statiques dignes d’un snowpark aquatique. Ces derniers jours, le phénomène a livré son plus beau visage. Jamie O’Brien (JOB) a parlé sans trembler : “10/10, probablement la meilleure river wave de ma vie”, aux côtés de Koa Smith, à l’aube, quand la rivière prête à éclater promet le jackpot aux premiers arrivés.

    Aube, sable taillé au scalpel, vagues glassy parfaites

    La session commence avant le lever du soleil. Le chenal est gonflé, la plage encore vide, l’océan lui-même offre de beaux sets au large de Waimea, mais les deux compères préfèrent la folie douce du fleuve. Dans la lumière laiteuse, la surface devient glassy : un verre dépoli, si lisse qu’on se demande s’il va tenir sous les dérives. JOB enchaîne des runs de trois à quatre minutes avec de nombreuses manœuvres, porté par une onde stationnaire qui respire comme un poumon. “Absolument insane”, résume-t-il en sortant de l’eau, rincé et hilare.

    Comment naît une telle perfection ?

    Le décor est simple et pourtant capricieux : de fortes pluies remplissent le Waimea Valley. C’est un bassin dans un parc naturel qui n’est séparé de la plage de Waimea que par une langue de sable de quelques mètres. On commence par creuser une tranchée reliant ce bassin naturel à l’océan. L’eau douce accélère, creuse des “dunes” sous-marines dans le chenal, qui renvoient l’énergie comme un tremplin. Quand le débit et le profil du fond s’alignent, une vague statique se met à fonctionner, parfois grande, quand le débit est suffisant, mais toujours d’une régularité hypnotique. C’est une obsession pour les locaux.

    Le contraste avec la version “monstre” de l’hiver dernier

    Souviens-toi : en février, la rivière avait explosé en mode superlatif, session nocturne, crue furieuse, risques énormes. JOB, Koa, Italo Ferreira et une poignée de locaux au coucher du soleil. C’était spectaculaire… et franchement hostile. La différence cette fois ? Moins de chaos, plus propre. Une ligne lisible, glassy, idéale pour carver et jouer avec les changements de section. La vague statique de Waimea River n’a pas de standard : elle a des humeurs. Et, ce jour-là, elle était de bonne humeur.

    Une beauté, non sans danger

    Waimea River casse depuis de nombreuses années sans qu’aucun incident sérieux n’ait lieu. Cependant, c’est un phénomène puissant, qui demande d’être à l’aise avec l’élément marin. Lorsque vous tombez de votre planche, ou que vous ratez la vague. Le courant est si violent que vous allez être éjecté dans l’océan sans pouvoir faire quoique cela. Une personne sans expérience pourrait paniquer, on a l’impression d’être pris dans une baïne violente. Autre phénomène inquiétant, le risque requin existe à Hawaiii et sur le North Shore. Ce phénomène pourrait attirer des requins tigres ou boudelogues, aucune étude existante ou accident, mais je me souviens m’être fait la réflexion lorsque j’ai dans le passé surfer la vague statique de Waimea River.

  • Andrew Jacobson, du kid de Malibu au chasseur de monstres

    Andrew Jacobson, du kid de Malibu au chasseur de monstres

    Coach haut de gamme, membre du crew Chapter 11 et chasseur de bombes, Andrew Jacobson signe un film qui met des gifles : Teahupo’o, l’Irlande, Fidji… et une bombe à Pipeline, le tout présenté par Dane Reynolds, légende en personne. Un portrait humain et une claque visuelle.

    Un coach pas comme les autres

    Andrew Jacobson n’est pas le moniteur qui pousse des mousses à Zuma. À Malibu, il a bâti un coaching ultra ciblé, pensé pour des clients exigeants et discrets, capables de l’emmener à la demande jusqu’à un wavepool en jet privé ou d’investir sérieusement dans la progression d’un jeune talent. Ce modèle lui permet de rester maître de son temps, de caler ses semaines sur les houles et de financer sa vie d’athlète sans renoncer aux voyages. Être son propre patron n’a rien d’un caprice : c’est la condition pour poursuivre une obsession, celle d’aller chercher les meilleures vagues possibles, où qu’elles se lèvent.

    Dane Reynolds, narrateur de luxe

    Dans le film This Is Where I Am, réalisé par Hunter Martinez avec Chapter 11, Dane Reynolds ne se contente pas d’introduire le personnage : il l’humanise. On traverse des scènes de maison familiale, un tea time à la fois gênant et tendre, et l’on découvre un Andrew drôle, pudique, focalisé. La frontière symbolique entre Malibu et Ventura s’efface pour laisser place à une relation simple, faite d’admiration réciproque et de petites piques. Cette proximité donne au récit un ton rare : au lieu de vendre un héros, le film dévoile un surfeur qui aime l’océan plus que le storytelling.

    Teahupo’o, Irlande, Fidji : la claque visuelle

    Quand l’action démarre, tout s’accélère. À Teahupo’o, Andrew se lance dans la gueule du monstre avec une lecture millimétrée, une ligne et une sortie propre. En Irlande, les murs d’eau froide et le vent glacial ne lui arrachent pas sa fluidité ; il reste droit dans ses appuis, rapide, fluide. Aux Fidji, il retrouve ce tempo élastique où chaque section appelle une décision franche, sans gestuelle superflue. Les images tiennent par leur évidence : il ne subit pas ces vagues lourdes, il les sculpte.

    Pipeline, la bombe et la fanfaronnade qui fait sourire

    Le sommet de la vidéo arrive à Pipeline. La vague filmée est un gros set à Pipeline, un bon deuxième reef, mais Andrew s’y place exactement où il faut. La trajectoire est chirurgicale, la prise de vitesse parfaite, la sortie impeccable. Depuis mon siège, cela parait trop simple. Il en rit ensuite en lâchant qu’il est peut-être l’habitant de Malibu qui a la meilleure vague à Pipe. La phrase a le goût de la provocation légère et de l’autodérision, mais les images, elles, ne plaisantent pas. Ce clin d’œil offre un gimmick parfait : assez culotté pour faire réagir, assez vrai pour tenir la route.

    La cicatrice Cloudbreak et la revanche

    Le film raconte aussi la face cachée de l’engagement. En 2018, à Cloudbreak, Andrew se brise le genou dans un wipeout violent. La reconstruction est longue, physique et mentale, et revenir scorer là-bas a tout d’une revanche. On comprend alors le triangle affectif qui structure sa pratique : Pipeline pour l’histoire et la densité, Teahupo’o pour la pureté et la verticalité, Cloudbreak comme l’ancienne flamme avec laquelle il fallait solder les comptes. Cette relation aux vagues lourdes éclaire sa manière d’habiter chaque take-off : calme froid, lecture rapide, goût du risque maîtrisé.

  • « Seconds from death » à Oceanside : ce drame nous rappelle les bons réflexes en surf

    « Seconds from death » à Oceanside : ce drame nous rappelle les bons réflexes en surf

    Le 28 septembre 2025, en plein swell lié à l’ouragan Narda, le surfeur californien Scott Muir a heurté le fond, tête la première à Oceanside (San Diego County). Sauvé in extremis par des surfeurs et des sauveteurs, il a subi une grave lésion de la moelle épinière et une chirurgie d’urgence. La communauté se mobilise aujourd’hui pour sa rééducation.

    Les faits, datés et sourcés

    Selon Surfer Magazine, l’accident est survenu le 28 septembre 2025, avec un héliportage à Scripps Memorial Hospital (La Jolla) et une opération immédiate. Trois jours plus tard, une cagnotte “Keep Scott Surfing” est lancée et une vidéo tournée depuis l’hôpital montre Scott conscient, remerciant les soutiens.

    Un swell puissant à l’origine de l’incident

    Le National Weather Service et les médias locaux avaient émis un Beach Hazard Advisory pour la côte de San Diego autour du 28–30 septembre, évoquant des courants de retour puissants et des sets pouvant atteindre 6–8 pieds sur les plages exposées au sud/sud-ouest. Comme tous les swells de cyclone ou d’ouragan, ce sont des vagues avec une longue période, souvent plus puissantes qu’à la normale.

    Pourquoi ces traumatismes surviennent (même sur un beachbreak)

    Récemment plusieurs incidents du même genre ont eu lieu, on peut nommer Soli Bailey ou plus proche de chez nous Vincent Duvignac, a été victime d’une terrible chute, entraînant une fracture aux cervicales C2 et C3, un vrai miraculé.

    Hauteur d’eau trompeuse : sur des bancs mobiles, un take-off un peu tardif peut projeter verticalement vers un fond à moins d’un mètre.
    Période et énergie : un swell de période moyenne/longue concentre l’énergie ; un 1–2 m « propre » peut frapper beaucoup plus fort qu’il n’y paraît.
    Mauvais réflexes : le « plongeon » bras tendus, tête en extension, multiplie le risque de compression cervicale en cas d’impact.
    Fatigue euphorique : après quelques bonnes vagues, on prend plus de risques, et la fatigue amplifie le phénomène.

    Selon ses proches, Scott a été sauvé à quelques secondes de la noyade d’où le titre « seconds from death »: retrouvé face contre l’eau et paralysé sous le cou, il a été immobilisé et pris en charge sur la plage, puis héliporté en urgence pour une intervention chirurgicale.

    Prévention : les réflexes qui protègent ta nuque (et ta vie)

    1. Posture de chute : menton rentré, avant-bras croisés derrière la tête, dos arrondi, rouler sur l’épaule — surtout éviter le « plongeon ».
    2. Prendre en compte la profondeur de l’eau, notamment dans les shore breaks.
    3. Toutes les vagues ne sont pas bonnes à prendre, adapter votre choix de vagues en fonction de votre niveau.
    4. Méfiez-vous de la lèvre, elle peut être votre pire ennemi. On sous-estime sa puissance.
    5. Renseignez-vous avant de vous mettre à l’eau. Regardez les panneaux, n’hésitez pas à demander des conseils à des surfeurs locaux.
    6. Regarder les prévisions de surf et ne surestimez pas votre niveau de surf.
    7. Échauffement nuque/dos (5–8 min) : mobilité cervicale douce, gainage léger, ouverture de hanches et épaules.
    8. Humilité : deux lessivages à l’inside d’affilée ? Pause, hydratation, changement de pic. Quand on ne le sent pas; n’y allez pas.

    Si un accident survient sous tes yeux : les 6 gestes essentiels

    1. Alerte immédiate : Appelez les sauveteurs, les premiers gestes sont primordiaux.
    2. Approche par l’aval du courant, planche entre toi et les vagues.
    3. Maintien tête–cou–tronc dans l’axe ; ne tire pas par les bras.
    4. Décubitus dorsal sur la planche, surélever légèrement les épaules (nose) si possible.
    5. Parler à la victime, surveiller respiration et conscience ; éviter hypothermie et choc.
    6. Ne pas faire « craquer » le cou ni tenter de « remettre » quoi que ce soit : c’est interdit.

    Au-delà du choc : solidarité et horizon

    La campagne “Keep Scott Surfing” aide à financer 12–18 mois de rééducation, l’adaptation du logement familial et les frais médicaux. Dans sa vidéo, Scott remercie proches, amis lointains et inconnus pour cet élan. Le message de sa famille est limpide : ne pas renoncer à l’océan, mais mieux l’aborder — avec respect, information et préparation.

  • Ericeira : double victoire française historique sur le Challenger Series

    Ericeira : double victoire française historique sur le Challenger Series

    La France a fait carton plein à Ericeira. Sur la quatrième étape du Challenger Series, Tya Zebrowski (14 ans et demi) s’impose chez les femmes au terme d’une semaine bluffante de maîtrise, tandis que Kauli Vaast remporte la finale hommes après un parcours contrôlé de bout en bout. Une performance XXL qui propulse les deux Tricolores au cœur de la course à la qualification CT et offre au surf français une journée mémorable au Portugal. Le summun de cette journée historique est le classement général du Challenger Series, puisque après 4 épreuves sur 7, le classement masculin est dominé par Kauli Vaast et le classement féminin est largement contrôlé par Tya Zebrowski, du jamais vu…

    Tya Zebrowski, 14 ans et demi, déjà un mental de CT

    À seulement 14 ans (née le 9 mars 2011), Tya a empilé les heats solides et confirmé ce que toute la scène savait déjà : maturité tactique, lecture chirurgicale de Ribeira d’Ilhas, premiers turns posés au bon timing, puis variations rail-to-rail pour verrouiller les notes clés. Cette victoire consolide sa place en tête du classement CS (challengers series) à mi-saison et la rapproche très nettement d’une montée sur le Championship Tour dès ses 15 ans.

    Repère historique. La plus jeune qualifiée CT de l’ère WSL moderne reste Caroline Marks (qualifiée à 15 ans 264 jours en 2017). Si Tya valide sa montée à 15 ans, elle entrera dans ce cercle extrêmement restreint des ados sur le CT — potentiellement plus jeune que Marks selon la date de validation officielle.

    Ce qui a fait la différence :

    • Choix de vagues intelligents sur les longues droites d’Ericeira.
    • Gestion du temps de série.
    • Calme face à des adversaires plus expérimentées, signe d’un vrai mindset de compétitrice.
      Des indices visibles toute la saison et déjà entrevus lors de ses succès QS et de son statut de championne d’Europe QS 2024/25.

    Kauli Vaast, autoritaire du début à la fin

    Chez les hommes, Kauli Vaast a pris l’ascendant dès l’entame de la finale avec une première vague forte qui a laissé son adversaire à distance. Il n’a jamais vraiment été inquiété, gardant la priorité et le rythme sur les meilleures sections. Cette victoire le cale solidement dans le Top-5/Top-10 du classement CS et relance plus que jamais son projet CT pour la saison prochaine.

    Au-delà du titre du jour, Kauli confirme son profil de grand rendez-vous : précision de placement, lecture du banc, et un surf connecté aux sections critiques (carves puissants + closes nets). Pour rappel, l’Olympique de Teahupo’o 2024 a déjà mis en lumière son sens du timing et sa constance au plus haut niveau. Ce n’est qu’une confirmation de son talent.

    Pourquoi ce doublé compte (énormément)

    • Impact symbolique : un doublé tricolore femmes/hommes sur une même étape du Challenger Series est rarissime — à notre connaissance, une première pour la France sur ce circuit.
    • Une prodige de 14 ans et demi qui gagne + un champion olympique en route vers le CT = une histoire forte, lisible, grand public.
    • Projection qualification : Tya creuse l’écart en tête du CS ; Kauli se replace très haut à trois épreuves de la fin, avec la possibilité d’effacer ses moins bons résultats.

    Prochaine étape du Challenger Series au Brésil du 11 au 19 Octobre à Saquarema.

  • Nathan Florence, l’électron libre qui rejoint Red Bull

    Nathan Florence, l’électron libre qui rejoint Red Bull

    À 31 ans, le cadet de la fratrie Florence n’a jamais autant pesé sur le surf de gros. Et la signature toute fraîche chez Red Bull ouvre un nouveau chapitre XXL à une carrière déjà riche en tubes en tout genre, en wipeouts pédagogiques et en vidéos YouTube qui cartonnent.

    Bio express

    • Nom : Nathan Florence
    • Naissance : 10 juin 1994, O‘ahu (Hawaii) — 31 ans.
    • Fratrie : John John (aîné) et Ivan (benjamin).
    • Spécialité : vagues creuses et slabs extrêmes (Tahiti, Shipstern Bluff, Mexique, Indo…).

    Le style “heavy water” plutôt que la compète

    Nate a grandi dans le vortex du North Shore et s’est forgé une identité loin des circuits pro : charger les plus grosses houles, expliquer les risques, partager la progression (et les gamelles) avec une sincérité rare. En 2018, il décroche le Surfline Wave of the Winter ; en 2019, il remporte Red Bull Cape Fear à Shipstern Bluff (sa première grande victoire), avec un 9,33 en finale.

    Blessure, retour et consécration

    En 2023, une chute à Jaws lui provoque une fracture par compression lombaire. Il revient plus fort, enchaîne une saison monstrueuse et est élu Stab Surfer of the Year 2023 (meilleur surfeur de l’année). En 2024, il reste au top du débat — John John remportant l’édition 2024, Nate figurant tout en haut des votes.

    Architecte de sa propre audience

    Le vrai “game changer” : sa chaîne YouTube (≈ 518k abonnés, +600 vidéos), vitrine d’un surf engagé et immersif qui documente chaque mission — du barrel fest de J-Bay aux sessions XXL dans le reste du monde. Il l’assume : “si tu ne construis pas ton audience, tu es mort.”

    Sponsors : de Vans à FLORENCE… puis Red Bull

    • 2024 : Nate quitte Vans pour rejoindre FLORENCE (la marque familiale) — un virage stratégique qui officialise l’indépendance du clan. Ivan suivra ensuite.
    • FCS : ailerons big wave signature depuis 2021.
    • 2025 : Red Bull signe Nate pour deux ans. Le deal inclut accès aux performance centers (tests, imagerie médicale), logistique globale (jet-skis partout, gros projets) et un co-branding de casquette avec FLORENCE. Nate parle d’idées “plus grandes que nature”… jusqu’aux slabs antarctiques en hélico.

    Ce que change Red Bull (concrètement)

    1. Capacité d’exécution : feux verts pour des expéditions lourdes (froid, éloignement, sécurité).
    2. Performance & santé : monitoring scientifique pour durer dans l’ultra-gros.
    3. Narration : plus de moyens visuels pour sa série “slab tour”, tout en gardant le rythme hebdo sur YouTube (Nate l’a confirmé via ses contenus).

    Repères chronologiques

    • 2018 — Surfline Wave of the Winter.
    • 2019 — Victoire Red Bull Cape Fear (Shipstern Bluff, Tasmanie).
    • 2023 — Blessure au dos (Jaws) puis Stab Surfer of the Year.
    • 2024 — Arrivée chez FLORENCE (ex-Florence Marine X).
    • 2025 — Signature Red Bull (contrat 2 ans).

    Matos & quiver

    • Boards : Pyzel (team rider historique).
    • Fins : FCS big wave (modèle signature).

    Pourquoi son impact dépasse le “gros”

    Nate a imposé un modèle hybride : athlète d’ultra-gros et créateur média. Son influence réoriente le sponsoring performance vers des projets éditoriaux “audience-first”. La signature Red Bull valide ce cap : des idées sans plafond, une diffusion mondiale, et des récits qui inspirent autant qu’ils impressionnent.

  • Mort du surfeur costaricien Kevin Kirby : points clés et hommages

    Mort du surfeur costaricien Kevin Kirby : points clés et hommages

    Le 1er octobre 2025, le corps de Kevin Kirby (27 ans) a été retrouvé sur la berge du río María Aguilar, à Hatillo 8 (San José). Les premières constatations de l’OIJ (Organismo de Investigación Judicial) font état de blessures par arme blanche et de contusions, le corps ayant séjourné plusieurs jours dans l’eau. Kevin était porté disparu depuis le dimanche 28 septembre, après une dernière apparition à Sabanilla de Montes de Oca vers 17 h 30, déclenchant une recherche de ses proches et des autorités.

    Qui était Kevin Kirby ?

    D’après la presse costaricienne et les hommages, Kevin Kirby Jiménez était un amoureux de la nature, surfeur et pêcheur, apprécié pour sa gentillesse et son énergie. Son compte Instagram et les témoignages de proches dépeignent un jeune homme positif, proche de sa famille et de sa communauté surf.

    Avancée de l’enquête

    • Les autorités ont interpellé un suspect à Hatillo (Ciudadela María Reina) le 1er octobre, sur la base des premiers éléments de l’OIJ.
    • Les médias costariciens ont indiqué que des perquisitions et analyses de traces (sang, empreintes) sont en cours dans une habitation de Hatillo, tandis que le véhicule que conduisait Kevin a été localisé et expertisé (indices biologiques considérés comme déterminants par l’enquête).

    (Note : ces informations d’enquête peuvent évoluer ; nous suivrons les mises à jour officielles.)

    La communauté surf sous le choc

    Le surfeur Carlos Muñoz a rendu un hommage appuyé : « Fly high my Kirby… La vie est fragile… » — message largement partagé au Costa Rica et dans la presse surf. Des médias proches de la scène locale, comme DUKE Surf et Gallo Pinto TV, décrivent Kevin comme un jeune homme « toujours souriant, électrique, amoureux de la mer ».

  • SLOWS – Lost in the Swell remet les voiles pour chasser des vagues vierges

    SLOWS – Lost in the Swell remet les voiles pour chasser des vagues vierges

    Trois Bretons, un voilier de 9 mètres, et une obsession : trouver — à la voile — des vagues qui n’appartiennent encore à personne. Avec SLOWS, Lost in the Swell (Ewen Le Goff, Aurélien “Aurel” Jacob, Ronan Gladu) signe un nouveau film de surf à hauteur d’hommes, drôle, brut, et (comme d’habitude)… qui donne parfois envie d’avaler un Mercalm. Au programme : apprentissage express avec la navigatrice du Vendée Globe Samantha Davies, tempêtes, frayeurs au large, un requin de 5 m au line-up, et le jackpot : des vagues parfaites, surfées entre amis, loin des foules.

    Pourquoi ce film peut (vraiment) faire date

    Contrairement aux road-trips classiques, SLOWS remet au centre la lenteur choisie : avancer au rythme du vent, économiser l’essence, accepter l’imprévu. C’est la continuité d’une démarche entamée depuis des années par le trio — souvenez-vous du camion à l’huile de friture, des galères en train, ou des voyages embarqués sur des voiliers d’expédition comme Maewan en Patagonie. Cette logique “low impact” fait partie de l’ADN du projet et lui donne une tonalité plus durable que le surf-trip jetable.

    Samantha Davies, crash-course au large

    Avant de “tirer des bords” en Atlantique Nord, les compagnons de Lost in the swell ont bénéficié de quelques jours de formation avec Samantha Davies, figure du Vendée Globe. Ce passage accéléré de la théorie à la pratique apporte une vraie tension narrative : le trio, plus surfeurs que marins pros, affronte vite la vraie vie du large — grains, esprit d’équipage, veille de nuit, procédures d’évitement… et ce fameux cargo à esquiver de justesse.

    L’Atlantique Nord en version brute

    Le film assume ses contrastes : euphorie quand les cartes météo ouvrent une fenêtre, coups de tabac qui lessivent les nerfs, rencontre avec un requin de 5 m qui glace l’eau du line-up, et ces sessions où l’on sait, dès la prise de vitesse, que la destination — la vague parfaite — valait des semaines de patience. Résultat : 1 h 20 d’images salées, rythmées par l’humour maison et une bande-son à la bonne température.

    Lost in the Swell, un style bien à eux

    Depuis leurs débuts, Ewen, Aurel et Ronan ont développé une écriture singulière : DIY, débrouille, auto-dérision, et un sens du récit qui laisse la place aux rencontres. Leur site résume bien la boussole : partir pour des vagues, mais revenir pour les gens et la nature qui les entourent. SLOWS prolonge cette ligne, en rappelant qu’une aventure réussie, c’est autant le chemin que la destination.

    Où voir SLOWS en avant-première

    Le film part en tournée en France d’octobre à novembre 2025. Voici les dates annoncées (présence de LITS indiquée quand précisée) :

    • Biarritz — 17 octobre, Cinéma Le Royal – 20h. Free drinks + dédicace au shop Oxbow (18h30). Présence des aventuriers de Lost In The Swell
    • Hossegor — 18 octobre, Joe&Joe – 20h30. Présence des surfeurs
    • Bordeaux — 23 octobre, Cinéma Le Mégarama – 20h. After à Alaia Surf Café – 22h. Présence des acteurs
    • Montalivet — 25 octobre, Salle culturelle Vendays – 20h30. Billetterie HelloAsso. Présence de la bande
    • Saint-Denis d’Oléron — 29 octobre, L’Escale – 20h30. Présence des surfeurs
    • La Rochelle — 30 octobre, CGR – 20h. Free drinks + signing Oxbow (18h30). Présence des surfeurs
    • Les Sables d’Olonne — 31 octobre, Salle de la Licorne – 20h30. Présence des surfeurs
    • Marennes — 1er novembre, Shapers Club House – 20h30. Présence des surfeurs
    • Auray — 2 novembre, Ti Hanok – 20h. Billetterie. Présence des surfeurs
    • Nantes — 10 novembre, Pathé Atlantis – 20h30. Présence des surfeurs
    • Lorient — 11 novembre, Cinéville – 20h (billetterie en ligne). Présence des surfeurs
    • Pont-L’Abbé — 12 novembre, Cinéville – 20h. Présence des surfeurs
    • Brest — 13 novembre, Liberté Multiplexe – 20h. Présence des surfeurs
    • Perros-Guirec — 14 novembre, Les Baladins – 20h. Présence des surfeurs
    • Saint-Malo — 15 novembre, Ciné Vauban – 20h20. Présence des surfeurs
    • Crozon — 16 novembre, Le Rex – 20h30. Présence des surfeurs
    • Audierne — 18 novembre, Le Goyen – 20h30. Présence des surfeurs
    • Rennes — 19 novembre, Cinéma Arvor – 20h15 (billetterie). Présence des surfeurs
    • Paris — 20 novembre, Le Grand Rex – 20h30 (billetterie officielle). Présence des surfeurs

    Durée du film : 1 h 20 — Format : documentaire surf & aventure — Réalisation : Ronan Gladu — Avec : Ewen Le Goff, Aurel Jacob, Ronan Gladu. Surf Session

    Ce que SLOWS raconte du surf en 2025

    Au-delà du frisson, SLOWS parle d’un surf qui assume ses contradictions : on veut l’inconnu, mais on respecte les lieux ; on rêve de vitesse, mais on accepte la lenteur ; on cherche la belle session, mais on célèbre surtout l’amitié et le chemin. C’est ce dosage — sincère, parfois bordélique — qui explique l’attachement du public à Lost in the Swell depuis plus de dix ans.

    Infos pratiques & billetterie

    • Tournée complète et mises à jour : consulte les annonces locales et la page des cinémas (ex. Grand Rex pour Paris). Certaines dates disposent d’une billetterie en ligne (Cinéville Lorient, Arvor, Mégarama Bordeaux, etc.).
    • Événements partenaires : quelques séances proposent after, free drinks ou dédicaces en shop Oxbow. Détails dans chaque fiche séance.
  • Tosh Tudor, entre nonchalance et maîtrise : “Tubefession” remet une pièce dans la machine à tubes

    Tosh Tudor, entre nonchalance et maîtrise : “Tubefession” remet une pièce dans la machine à tubes

    69 tubes, 3 turns, un interrogatoire façon FBI signé Jonah Hill, et la sensation déroutante que se caler au cœur d’un barrel parfait peut paraître… simple. La nouvelle vidéo de Tosh Tudor, Tubefession, pousse encore plus loin l’obsession du tube révélée l’an dernier avec Tube Therapy. Et c’est précisément ce qui nous plaît : cette nonchalance, ce relâchement qui ne sacrifie jamais la vitesse ni la ligne.

    De Tube Therapy à Tubefession : la suite logique (et plus affûtée)

    En 2024, Tosh signe Tube Therapy, un long format qui le place au centre du club très fermé des “tube addicts” modernes. Il y réglait déjà un compte avec les cavernes d’Indo, du Mexique ou d’Hawaï, sur des planches finement choisies avec Thomas Bexon. Tubefession (2025) en est la déclinaison “confessionnal” : 69 tubes précisément (honnêtement, je n’ai pas compté), seulement trois manœuvres, et un fil comique où Jonah Hill joue un enquêteur bien décidé à prouver que le Californien est “coupable” d’abus de barrels. Le film a été tourné entre Indonésie, Australie, Japon, Tahiti et quelques autres stops, avec un final polynésien qui sent la perfection.

    Le style Tosh : calme dans la tempête

    Ce qui saute aux yeux, c’est cette posture dans le barrel sur les gauches, et une technique du tube backside originale. Tosh ne force jamais : il se tasse juste ce qu’il faut, sans crispation. Son secret ? Une recherche permanente de la parfaite ligne et de vitesse, en particulier en backside. En frontside, il reprend la leçon de Gerry Lopez : la main traînante dans le mur de la vague. Résultat : des lignes pures, un contrôle qui semble évident — et pourtant rare à ce niveau.

    Matos et placements : quand la board disparaît

    Tosh ne s’enferme pas dans un quiver dogmatique. Il alterne thrusters, singles et dérives alternatives selon le plan d’eau, souvent avec des shapes Thomas Surfboards (Bexon) ou sortis de l’atelier familial. Son travail sur les planches “tube-minded” s’est matérialisé jusqu’à donner naissance au modèle Therapist chez Thomas, mis au point pendant Tube Therapy et pensé pour garder la ligne dans le barrel. Là encore, le style prime : la planche s’efface, la trajectoire reste.

    Jonah Hill, l’arme comique

    Clin d’œil parfaitement dosé : Jonah Hill endosse un rôle d’agent (trop) informé et pousse Tosh à “avouer”. Le gag fonctionne parce qu’il ne parasite jamais le surf (après, je ne suis pas fan de ce genre de mise en scène ) . Il encadre l’action et souligne l’idée-force du film : quand on parle de barrels, la preuve se fait images à l’appui — et Tubefession en aligne 69.

  • Un drame à Gwithian : la communauté du surf en deuil

    Un drame à Gwithian : la communauté du surf en deuil

    Le 24 septembre, un surfeur écossais de 63 ans a été retrouvé inconscient à Gwithian Beach (Hayle, Cornouailles). Malgré l’intervention rapide des sauveteurs et des services d’urgence, l’homme a été déclaré décédé sur place. La police indique qu’il n’y a pas de circonstances suspectes et qu’un dossier sera transmis au coroner.

    Ce que l’on sait à cette heure

    Selon Devon & Cornwall Police, l’alerte a été donnée vers 17h30. Le surfeur, originaire d’Écosse, « était en train de surfer au moment de l’incident » et a été récupéré par les lifeguards avant l’arrivée de l’ambulance, de l’hélicoptère médicalisé et des garde-côtes. Malgré les efforts des secours, le décès a été constaté sur la plage. L’enquête du coroner doit préciser les causes exactes du drame (malaise, noyade…); l’identité de la victime n’a pas encore été rendue publique.

    Gwithian et la Cornouailles, cœur battant du surf anglais

    La côte atlantique des Cornouailles est exposée aux houles d’ouest et du sud, offrant une fréquence de vagues qui a façonné la culture surf locale depuis les années 1960. Gwithian, vaste bancs de sable face au St Ives Bay, est prisé pour ses longues vagues quand les conditions s’alignent — et peut vite devenir exigeant lors des coups de vent. Il est important de rappeler que l’automne est souvent la meilleure saison dans la région, tout comme chez nous en France… Mais aussi celle où les conditions se musclent.

    Sécurité : quelques rappels utiles (sans spéculer sur ce cas)

    Sans préjuger des circonstances de ce décès, quelques principes valent pour tous, surtout en automne :

    • Évaluer le plan d’eau (bancs, baïnes, vent et période).
    • Adapter l’équipement : combinaison plus épaisse, leash en bon état, planche en bon état.
    • Surfer accompagné, éviter de surfer, est surement le meilleur conseil.
    • Connaître les procédures de premiers secours de base (alerte, PLS, défibrillateur si disponible).

    Une pensée pour la famille et les proches

    La communauté surf se serre les coudes dans ces moments-là. Nos condoléances vont à la famille et aux amis du surfeur disparu. Les rédactions généralistes et spécialisées qui relaient l’information insistent sur l’absence de caractère suspect et sur la procédure en cours du coroner — un rappel que chaque incident en mer fait l’objet d’un examen rigoureux au Royaume-Uni.

  • Pourquoi Lucía Martiño parie sur OnlyFans (sans contenu X)

    Pourquoi Lucía Martiño parie sur OnlyFans (sans contenu X)

    Annonce choc, commentaires en feu, et un malentendu persistant : Lucía Martiño a officialisé un partenariat avec OnlyFans… sans changer de métier. La surfeuse espagnole assure qu’elle ne publiera aucun contenu explicite. Au programme : surf, entraînement, voyages, lives et conseils. On démonte les idées reçues et on explique pourquoi ce deal peut, au contraire, tirer le surf vers le haut.

    Ce qui a vraiment été annoncé

    Mercredi, Lucía Martiño a dévoilé être athlète sponsorisée par OnlyFans, qui devient son sponsor principal. Concrètement, le logo apparaît au nose de sa planche et elle alimente la plateforme avec des contenus 100 % sportifs : sessions, coulisses de trips, préparations physiques, réglages de boards, routines de soins, lives interactifs pour répondre aux questions.

    « J’aime partager ma vie, pas mon intimité », rappelle-t-elle. Pas de contenu explicite, même si l’on verra forcément du surf en bikini sous les tropiques.

    Pourquoi OnlyFans — et pourquoi maintenant ?


    OnlyFans revendique plus de 300 athlètes signés tous sports confondus. En surf, la plateforme a déjà soutenu des noms des grosses houles (comme Billy Kemper, Tony Laureano ou Pedro Scooby). Avec Lucía, première femme surfeuse officiellement sponsorisée, l’entreprise réaffirme son intention d’être un pont entre fans et athlètes, une ambition qui précède la dérive “adult” observée pendant la pandémie.
    Côté athlète, Lucía assume son virage free surf / création de contenus : après des années de compétition, elle veut choisir ses vagues et produire des formats plus créatifs (elle sort d’un projet en Islande par –25 °C). OnlyFans lui apporte la stabilité et la liberté éditoriale qui manquaient depuis la fin de son contrat Deeply en 2024.

    La polémique : un malentendu… et un biais


    La confusion vient du fait que OnlyFans héberge aussi du contenu adulte. Lucía s’y attendait : « Je me figurais que beaucoup penseraient mal ». Elle trace une ligne nette : pas d’explicite.
    Le débat révèle aussi un biais : quand un homme signe chez OF, ça fait moins de bruit ; pour une femme, l’imaginaire sexualisé colle plus vite. D’où l’intérêt de clarifier : ici, OnlyFans est un canal premium pour du contenu surf — point.

    Et pour le surf, c’est une bonne nouvelle ?

    Oui, si l’on regarde les moyens et la portée. Voir un acteur hors industrie, solide et global, investir dans le surf, c’est :

    • plus d’opportunités pour les athlètes (tournages, trips, séries) ;
    • un modèle économique complémentaire aux marques classiques ;
    • une exposition internationale vers un public qui ne suit pas la WSL au quotidien.
      Lucía prévient d’ailleurs : d’autres signatures arrivent, au moins deux en Espagne. L’image du logo OF sur les boards devrait se normaliser rapidement.


  • Royal Barrique 2025, barrels, équipes et vote des capitaines : tout change (ou presque)

    Royal Barrique 2025, barrels, équipes et vote des capitaines : tout change (ou presque)

    À l’approche de ses 20 ans, le Royal Barrique garde son âme de contest 100 % tubes, mais muscle son format pour offrir une journée plus lisible, collective et spectaculaire.

    Première alerte lundi 6 octobre 2025. Après un dimanche agité par le vent et une houle de 3 mètres, lundi 6 octobre semble très favorable à lancer la compétition avec une houle en baisse de 2m50 tôt le matin et un vent offshore modéré toute la journée selon les prévisions. Le plein bas aura lieu dans la matinée avec un gros coefficient, et le premier call aura lieu à la plage des « culs nus » à midi.

    L’ADN du Royal Barrique reste intact

    Créée en 2007 par l’association Estim, la compétition landaise s’est bâtie une réputation unique : un seul tube compte. Pas de combos, pas de figures bonus — le vainqueur est tout simplement l’auteur du plus beau barrel, et repart avec 1 000 €. C’est cette simplicité redoutable qui a fait la magie du Royal Barrique : une lecture de bancs chirurgicale, un placement millimétré, et ce moment suspendu où l’on disparaît dans le barrel avant de jaillir, bras levés, tel un gladiateur.

    La waiting period demeure inchangée : 31 jours pendant tout le mois d’octobre. L’organisation déclenche l’épreuve le jour où tout s’aligne (houle, vent, marée, bancs). Côté terrain de jeu, on reste sur les bancs mythiques des Landes, Hossegor ou Capbreton selon la meilleure fenêtre.

    2025 : un format plus collectif, pensé avec les invités

    Après l’édition 2024, Estim a sollicité les surfeurs pour recueillir leurs retours. Résultat : un format revisité qui conserve la règle d’or du « meilleur tube », tout en apportant plus de clarté pour le public et plus d’implication pour les athlètes.

    1) Invitations : 8 équipes, 48 invités

    Cette année, l’organisation convie 8 équipes. Chacune sélectionne 9 surfeurs — 6 titulaires + 3 alternates — afin d’aligner 6 surfeurs le jour J. Le but : garantir un niveau homogène, éviter les forfaits de dernière minute et créer une dynamique de team. On passe d’un casting individuel à un véritable esprit d’équipe, sans diluer la quête du barrel parfait.

    2) Déroulé : 4 heures, 4 sessions

    Le contest se structure en 4 sessions d’1 heure. Chaque invité(e) surfe deux sessions d’une heure. Par session, on envoie 3 riders par équipe, soit 24 surfeurs à l’eau simultanément. Ce rythme soutenu promet un flux continu d’action, idéal pour le live, les highlights et les réseaux sociaux. Pour les surfeurs, c’est un double enjeu : gérer son énergie et choisir ses bombes au moment opportun.

    3) Le call : 8 capitaines, 8 voix

    Grande nouveauté, chaque équipe désigne un capitaine. Le jour où les conditions s’annoncent parfaites, ces 8 capitaines votent pour définir le “call” et lancer officiellement la compétition. Fini la décision verticale : place à un call partagé, plus représentatif des sensibilités du line-up. En prime, cela responsabilise les teams sur la lecture de houle, la marée et l’état des bancs.

    4) Palmarès : le plus beau tube… et la meilleure équipe

    La couronne individuelle du meilleur tube reste la récompense suprême. Mais en 2025, un nouveau prix d’équipe fait son apparition pour célébrer la cohésion, la stratégie de placement et la capacité d’un collectif à optimiser chaque fenêtre. On garde la légende des barrels, on ajoute un récit de team.

    Ce que ça change concrètement

    • Pour les surfeurs : finie la solitude totale. Il faut composer avec sa team, lire le spot à plusieurs, gérer les priorités, anticiper la marée et calibrer le risque. Les alternates deviennent stratégiques pour maintenir un niveau maximal si la journée parfaite tombe en semaine ou en fin de waiting period.
    • Pour le public : un programme plus lisible (4 blocs d’1 h), plus dense et plus spectaculaire. On sait quand regarder, quoi attendre, et on profite d’un turn-over constant d’actions.
    • Pour les médias : un format idéal pour TikTok, Reels et Discover : règles claires, storytelling d’équipes, et ces clips toujours magnétiques où un surfeur disparaît dans l’ombre avant de ressortir au soleil.

    Les équipes invitées au Royal Barrique 2025

    Béret Noir

    • Louis Poupinel – capitaine
    • F. Guilhemsang – vice-capitaine
    • Antoine Benetrix
    • Camille Liets
    • Thomas Tribout
    • Paul Bayle
      Alternates : Boris Tachon, Nolan Poirier, Léo Havion

    Lou Surfou

    • Justin Bécret – capitaine
    • Nanook Ballerin – vice-capitaine
    • Nelson Cloarec
    • Pierre Rollet
    • Marley Benesenes Masse
    • Arnaud Binard
      Alternates : Tom Cloarec, Paul Duvignau, Margo Liets

    Estim Friends

    • Thomas Baché – capitaine
    • Stéphane Ducos – vice-capitaine
    • Romain Laulhé
    • Thomas Esquillot
    • Naum Ildefonse
    • Maxime Huscenot
      Alternates : Jorgann Couzinet, Pierre Picat, Rémi Derepas

    Hossegor Surf Club

    • PV Laborde – capitaine
    • Marc Lacomare – vice-capitaine
    • Miky Picon
    • Nicolas Paulet
    • Axel Dominguez
    • Paul Boniface
      Alternates : PC Distinguin, Hugo Prins, Zoé Jaeckin

    Local Heroes

    • Guillaume Mangiariotti – capitaine
    • Thomas Maallem – vice-capitaine
    • Benjamin Sanchis
    • Joan Duru
    • Aldric God
    • Tya Zebrowsky
      Alternates : Tim Ehrhard, Charly Martin, Paul Lou Laborde

    Partners All Stars

    • Mathias Maallem – capitaine
    • E. Cavallini – vice-capitaine
    • William Aliotti
    • Charly Quivront
    • Boris Romann
    • Maxime Perez
      Alternates : Malone Viegue, Maud Lecar, Aelan Vaast

    Santocha Surf Club

    • Arnaud Darrigade – capitaine
    • Vincent Verdier – vice-capitaine
    • Léo Bernatas
    • Théo Coathalem
    • Mathieu Agnès
    • Roc Marquez
      Alternates : Daniel Germain, Enzo Merceron, Benjamin Pilon

    Krabing

    • Sam Piter – capitaine
    • Kyllian Guerin – vice-capitaine
    • Didier Piter
    • Aaron Bacon
    • Jade Magnien
    • Noa Dupouy
      Alternates : Oscar Aumont, Selyann Zouhir, Jules Zancanaro

    Les catégories d’invités (philosophie de sélection)

    • Des locaux : majorité des invités basés dans le sud des Landes.
    • Des performeurs : priorité à ceux qui ont « répondu présent » les années passées.
    • Des surfeuses : faire venir les meilleures tuberiders.
    • Des légendes : habitués des cavernes landaises.
    • Des young guns : révélés sur les dernières sessions de tubes.
    • Des riders Estim : membres de l’asso et tuberiders émérites.
    • Des “hors Landes” : ils font la route quand ça tube.
    • Des pros : fine fleur du surf français.
    • Des wildcards partenaires : les meilleurs tuberiders de leurs marques.

    À retenir

    Le Royal Barrique 2025 réussit un équilibre rare : préserver la pureté d’un contest « tubes only » tout en modernisant son fonctionnement. Plus collectif, plus rythmé, plus limpide — sans rien enlever à l’essentiel : ce frisson quand un surfeur s’enferme profondément, que le monde se tait, et que tout le spot explose à la sortie.

    FAQ express

    Quand ? À n’importe quel moment en octobre 2025 (waiting period 31 jours).
    Où ? Hossegor ou Capbreton, selon les bancs de sable, les marées et les conditions de surf.
    Comment gagner ? En rentrant le plus beau tube (1 000 €). Un prix d’équipe est ajouté.
    Combien de surfeurs à l’eau ? 24 par session (3 par équipe), 4 sessions d’1 h, chaque invité(e) surfe deux fois.

  • Belza Classic 2025 : show longboard à la Côte des Basques

    Belza Classic 2025 : show longboard à la Côte des Basques

    Biarritz a vibré tout le week-end : style, lignes infinies et ambiance feel good sur la plus iconique compète de longboard d’Europe.

    Les faits marquants

    Pour sa 9e édition, la O’Neill Belza Classic a tenu toutes ses promesses du 26 au 28 septembre sur la Côte des Basques. Soixante-dix longboardeurs et longboardeuses — un plateau record depuis la création en 2016 — se sont disputé les podiums dans des conditions idéales pour exprimer un surf précis, élégant et engagé.

    Chez les hommes, la légende locale Édouard Delpero s’impose à domicile, confirmant son statut de référence internationale du style classique moderne. Le champion du monde ISA, déjà vainqueur en 2024, a dompté les longues droites biarrotes avec ce mélange de technique et de style qui fait sa signature.

    Chez les femmes, la sensation venue d’Italie Ginger Caimi réalise un rêve d’enfance : première place à la Belza Classic 2025. À seulement 13 ans, la benjamine du World Longboard Tour empile les succès (QS, titres nationaux, couronnes européennes juniors) et signe à Biarritz une victoire majeure dans une année déjà étincelante, avant de s’envoler vers Abu Dhabi pour la troisième étape WLT.

    Ambiance et animations

    Si le show à l’eau a régalé chaque journée, le spectacle s’est prolongé en fin d’après-midi par concerts, DJ sets et une buvette conviviale avec vue imprenable sur l’Atlantique.

    Au fil du week-end, le public a profité d’animations gratuites : yoga et Pilates pour réveiller les corps, expos photo et sculpture, atelier de custom de planches, sans oublier des rendez-vous ludiques devenus cultes. Mention spéciale au Wine4Tricks, où les riders rivalisent de créativité, et à la Skateboard Slalom Race du samedi (17 h), qui a transformé la promenade en mini-asphalte de compétition.

    Entre l’exécution chirurgicale d’Édouard Delpero et la fraîcheur insolente de Ginger Caimi, l’édition 2025 restera comme un millésime charnière : record de participation, show à l’eau, et une atmosphère qui fait dire à beaucoup qu’à Biarritz, la Belza Classic est plus qu’une compétition : c’est un rendez-vous de la culture glisse.

  • Gabriel Klaussner secouru in extremis à Itacoatiara

    Gabriel Klaussner secouru in extremis à Itacoatiara

    Grosse frayeur au Tunel Crew Shootout (Itacoatiara, Brésil) : le jeune talent Gabriel Klaussner a frôlé la noyade après un wipeout ultra-violent. Grâce à l’intervention express de Weslley Dantas et d’autres surfeurs, l’histoire se termine bien.

    Un choc violent qui a désorienté le surfeur

    En pleine série de compétition, Gabriel Klaussner (20 ans) s’engage un peu « late » sur une droite épaisse, il réalise ton take off sur la pointe des pieds, il perd le contrôle en bas de vague avant de percuter eau et sable de plein fouet. Désorienté, il reste sous l’eau de longues secondes, remonte hébété, puis se fait à nouveau brasser par la série. Il racontera avoir frappé très fort au niveau de son oreille, ne plus savoir où était la surface, et s’être agrippé à son leash par pur réflexe de survie.

    Sauver par les autres surfeurs

    Depuis la plage, les commentateurs alertent immédiatement, et demandent l’aide du jet-ski. Dans l’eau, plusieurs compétiteurs quittent le line up pour aider. En tête, Weslley Dantas fonce, saisit Klaussner et le maintient à flot dans un shorebreak remuant et sans pitié, rapidement épaulé par Valentin Neves, Pedro Barbosa et d’autres surfeurs, ainsi qu’un sauveteur local. Le post officiel du Tunel Crew souligne cette chaîne de solidarité, qui a permis encore une fois qu’un drame ait lieu. Le jeune surfeur brésilien Gabriel klaussner a rapidement rassuré ses proches, expliquant se remettre, tout en remerciant Dantas (“Weslley”) et “Tin” (Valentin Neves).

    État de santé et précautions

    Au moment où nous écrivons ces quelques lignes, Gabriel évoque un tympan probablement perforé, des vertiges intermittents et une douleur vive, sans diagnostic médical formel. Rappel basique, mais vital : en cas de suspicion de lésion de l’oreille (douleur, sifflement, vertiges), on stoppe net, on évite toute immersion et on consulte rapidement (ORL).

    Itacoatiara, un puissant beach break

    Itacoatiara est le beach break le plus violent au Brésil, une réputation qui a fait plusieurs fois le tour de la terre. D’ailleurs, il y a quelques semaines, une compétition de grosses vagues avaient eu lieu, où le surfeur français Clément Roseyro avait brillé. Cette fois, c’était une compétition de tubes, l’équivalent de notre Royal Barrique.

    Cette année, c’est le surfeur brésilien Lucas Chumbo, qui a gagné le O Tunel Crew Shootout Itacoatiara 2025.

  • Hossegor célèbre ses champions : Zeke Lau & Leonardo Fioravanti s’imposent au Quiksilver Festival 2025

    Hossegor célèbre ses champions : Zeke Lau & Leonardo Fioravanti s’imposent au Quiksilver Festival 2025

    Soleil landais, houle bien orientée, public massif : la dernière journée du Quiksilver Festival 2025 a tenu ses promesses sur la plage du Boiteux à Hossegor. Au terme d’un format par équipes qui a rythmé toute la semaine, le duo Zeke Lau (HAW) / Leonardo Fioravanti (ITA) remporte l’édition 2025, devant des tribunes naturelles bondées et une ambiance de fête mêlant surf, skate et musique.

    Conditions idéales grâce à Gabrielle

    Une belle houle générée par l’ex dépression tropicale Gabrielle a déroulé toute la journée sur la plage du Boiteux à Hossegor. Pas de vent ce matin, un plan d’eau “vert brillant” : le type de condition qui autorise à la fois les airs techniques et manœuvres radicales. Parfait pour conclure une semaine où le festival a alterné formats ludiques et show pur.

    Session 1 : « Best Combo »

    Le thème du matin imposait le combo parfait : enchaîner au minimum deux manœuvres par vague, avec style et variété, sans sacrifier la qualité. Les compétiteurs ont multiplié carves appuyés, snaps précis, re-entries engagés et fins de vagues chirurgicales. Les équipes les plus régulières ont pris une longueur d’avance en misant sur l’enchainement de deux manœuvres engagées plutôt que sur la simple addition de turns.

    Session 2 : « Biggest Turn »

    L’après-midi, place au gros engagement. Objectif : claquer la manœuvre de la journée. On a vu des airs spectaculaires et des rollers à midi qui ont électrisé la plage. Dans cet exercice “one shot”, les gros scores se sont joués dans les airs et l’engagement — avec bonus public garanti quand l’atterrissage était propre.

    Les vainqueurs et les temps forts

    • Zeke Lau & Leonardo Fioravanti s’adjugent la couronne 2025, maîtres de la lecture de vague et du timing, capables de scorer dans les deux themes du jour.
    • Le festival a aussi brillé par son casting : Kai Lenny, Jérémy Florès, Kauli Vaast (champion olympique), Marco Mignot (Rookie WSL 2025), Vahiné Fierro (reine de Teahupo’o) ou encore Hughie Vaughan, sensation australienne très en vue sur les sections aériennes.

    Format par équipes

    Au total, 6 manches se sont déroulées durant l’événement, chacune avec un thème imposé et un format en duo. Cette mécanique a laissé la place à la créativité, à la complicité entre surfeurs, et à un spectacle lisible pour le public.

    Classement officiel

    1. Zeke Lau (HAW) & Leonardo Fioravanti (ITA) — 68,29 pts
    2. Kyllian Guerin (FRA) & Sam Piter (FRA) & Noa Dupouy (FRA) — 66,26 pts
    3. Kanoa Igarashi (JPN) & Alan Cleland (MEX) — 65,19 pts

    Note : la 2e place regroupe une équipe tricolore élargie particulièrement en forme sur la journée finale, récompensée par la constance et quelques gros moments de bravoure.

    Une semaine de fête : live, skate, ciné, éco-gestes

    En dehors de l’eau, le Quiksilver Festival a déroulé son ADN lifestyle : concerts live, contests de skate, projections et ateliers de ramassage. Avec un public venu de toute l’Europe pour dix jours dédiés à la culture surf/skate/musique, Jérémy Florès et Quiksilver confirment le festival comme rendez-vous incontournable dans le monde du surf.

  • Quiksilver Festival Hossegor : combos, style et émotion

    Quiksilver Festival Hossegor : combos, style et émotion

    Hier à Hossegor, le Quiksilver Festival présenté par Swatch a repris avec un mot d’ordre simple et ludique lancé par Miky Picon à 11h15 : “Combo”. Petites vagues propres, séries de 30 minutes et liberté totale de matériel — l’ambiance parfaite pour laisser parler la créativité. La foule s’est massée dès la première série de la journée, fidèle à sa réputation.

    Un format “Combo” qui change tout

    Le thème imposait la variété des manœuvres plutôt que le one-move killer. Résultat : des séries rythmées, du flow et des vagues surfées du début à la fin avec des carves, re-entries et airs. Ceux qui ont su enchaîner sans temps mort ont pris une longueur d’avance.

    Les moments forts sur l’eau

    • Noah Dupouy a immédiatement donné le ton, fluide et incisif, comme au premier jour.
    • Michel Bourez a choisi majoritairement les gauches pour exprimer sa puissance, timing impeccable et style propre.
    • Série survoltée entre Ace Buchan, Clay Marzo, Zeke Lau, Al Cleland et Jaime Veselko : beaucoup de vagues, beaucoup d’action.
    • Mikey Wright, présent, mais généreux, a de nouveau cédé sa place à la relève Quik (après Rocco la veille, Jaime hier), signe fort de transmission ou de fatigue.
    • Coup d’éclat aérien pour Noah Beschen avec un full rotation frontside énorme. Noté 6,83 seulement — rappel utile : hier, c’était le combo qui payait, pas le single trick.

    L’instant d’union : hommage à Bern Page

    La compétition s’est interrompue pour un paddle-out en mémoire de Bern Page, directeur Sécurité de la WSL récemment disparu. Plage muette, cercle humain refermé au large : un moment de recueillement fort qui a rappelé ce que la communauté surf a de plus beau. Pour en savoir plus sur Bern Page

    La note la plus haute pour Thomas Debierre

    En fin de journée, Thomas Debierre a trouvé une pépite, qu’il a parfaitement surfée : 8,17, meilleure note du jour — comme la veille. Régularité chirurgicale, enchaînements propres et aucune hésitation. C’est le seul surfeur de la compétition qui a décidé de garder sa planche twin-fins pour l’épreuve combo. Je pense qu’il a une board magique. Dans la même série, Marc Lacomare et Sam Piter ont rappelé que Hossegor est leur jardin.

    Classement provisoire : l’Europe en tête… sauf exception

    Les équipes européennes dominent le tableau avec trois teams en haut du ranking. Seule entorse au monopole : Zeke Lau, associé à Leonardo Fioravanti, conservait la première place avec suffisamment d’avance pour aborder la journée finale en favoris.

  • Hommage à Bern Page, figure respectée de la sécurité du surf mondial

    Hommage à Bern Page, figure respectée de la sécurité du surf mondial

    Le monde du surf est en deuil. Ce matin, la triste nouvelle est tombée : Bern Page, directeur mondial de la sécurité et de la sûreté pour la World Surf League (WSL), est décédé. Présent depuis près d’une décennie sur les compétitions, il était une figure familière pour les surfeurs comme pour les fans, toujours discret, mais essentiel au bon déroulement du Tour.

    C’est une figure bien connue des surfeurs d’Hossegor, puisqu’il y a séjourné. Personnellement, j’ai pu le croiser à de nombreuses reprises, et c’était une figure que j’aimais rencontrer, un mec sympa avec un accent dont j’avais du mal à reconnaître…

    Un hommage a été rendu à Bern Page durant le Quiksilver Festival Hossegor dans la pure tradition surf.

    Un homme de l’ombre, essentiel au bon fonctionnement du Tour

    Son rôle n’était pas de briller devant les caméras, mais de garantir que la sécurité des meilleurs surfeurs du monde. À Jeffreys Bay, à Teahupo’o, à Pipeline ou au Brésil face à des foules immenses, Bern Page veillait à ce que les athlètes passent des vagues au podium sans encombre.
    Sa mission allait bien au-delà de la simple sécurité : il incarnait l’autorité calme, l’intégrité et le professionnalisme qui ont permis à la WSL de maintenir un niveau d’organisation élevé. Même durant la pandémie, son rôle fut crucial pour remettre le Championship Tour en route dans des conditions sanitaires strictes et sécurisées.

    Un homme apprécié et respecté de tous

    Derrière son rôle sérieux, Bern était surtout connu pour sa gentillesse et son humour. Les surfeurs, les équipes et tous ceux qui travaillaient avec lui se rappellent d’un sourire facile, d’un mot pour détendre l’atmosphère et d’une attitude profondément humaine.
    Yago Dora, tout juste sacré champion du monde, lui a rendu hommage sur les réseaux sociaux. La jeune prodige Erin Brooks a également exprimé sa peine, tout comme de nombreux surfeurs de l’élite et du circuit junior. Kelly Slater, qu’il avait accompagné et protégé dans d’innombrables compétitions, figure parmi ceux qui avaient le plus de respect pour son travail et sa personne.
    Tous les témoignages illustrent bien la place particulière qu’occupait Bern Page dans la grande famille du surf : celle d’un homme de confiance, d’un pilier discret, mais indispensable.

    Une vague d’émotion dans la communauté surf

    La World Surf League a publié un message officiel sur Instagram :

    « Son engagement indéfectible a contribué à fixer et maintenir les normes les plus élevées sur nos compétitions et nos événements. Son intégrité et son professionnalisme ont marqué profondément non seulement notre organisation, mais aussi toutes les personnes qui ont eu la chance de travailler à ses côtés. »
    Cette déclaration reflète l’émotion générale : au-delà du professionnel, c’est un ami, un compagnon de route, une figure bienveillante que le surf vient de perdre.

    Un départ qui laisse un vide immense

    À l’heure actuelle, les circonstances de sa disparition n’ont pas été précisées. Mais son absence se fait déjà sentir dans les coulisses du Tour. Dans un univers où la performance et le spectacle attirent la lumière, Bern représentait cette force tranquille qui assurait que tout se passe bien.
    Sa disparition rappelle aussi combien les visages de l’ombre sont essentiels à la vie du sport de haut niveau. On se souvient souvent des champions qui lèvent les trophées, mais rarement de ceux qui rendent ces moments possibles.

    Un dernier mot

    Pour les compétiteurs, les équipes et les passionnés qui suivaient le Tour, Bern Page n’était pas qu’un responsable sécurité. Il était une présence rassurante, un allié discret et un ami. Sa perte est une tragédie pour toute la communauté surf.
    À sa famille, à ses proches et à tous ceux qui l’ont côtoyé, nous adressons nos plus sincères condoléances. Le line-up mondial a perdu l’un de ses gardiens les plus respectés.

  • Deux ouragans pourraient « danser » sur l’Atlantique : vers un rare effet Fujiwhara ?

    Deux ouragans pourraient « danser » sur l’Atlantique : vers un rare effet Fujiwhara ?

    Deux systèmes tropicaux – l’ouragan Humberto et une dépression appelée Invest 94L (susceptible de devenir Imelda) – évoluent actuellement dans l’Atlantique. Leur proximité pourrait déclencher un effet Fujiwhara, un phénomène météorologique rare qui complique fortement les prévisions… et qui peut modifier la trajectoire, l’intensité et la houle attendue des deux systèmes.

    Qu’est-ce que l’effet Fujiwhara ?

    L’effet Fujiwhara survient lorsque deux cyclones tropicaux s’approchent suffisamment l’un de l’autre : ils commencent alors à tourner autour d’un centre commun, un peu comme deux patineurs se saisissant par les mains. Selon l’équilibre de puissance, plusieurs scénarios existent : le plus faible peut être absorbé par le plus fort ; deux systèmes de force comparable peuvent fusionner ou simplement se déphaser et repartir chacun sur sa route.

    Situation actuelle (samedi 27 septembre 2025, heure de Paris)

    • Humberto : le NHC a confirmé qu’il s’agit d’un ouragan majeur en Atlantique central, positionné au NE des Petites Antilles, générant une mer dangereuse vers Porto Rico, les Îles Vierges et jusqu’à Bermuda au cours du week-end. Trajectoire générale d’abord vers le nord, puis accélération vers le nord-est en début de semaine.
    • Invest 94L → “Imelda” (Pot. Tropical Cyclone Nine) : vaste zone perturbée proche d’Hispaniola / Cuba oriental, susceptible de devenir Imelda. Pluies diluviennes et inondations sont déjà signalées en République dominicaine ; l’évolution future reste incertaine (Bahamas, Carolines, blocage anticyclonique possible, ou décalage en mer). Le NHC publie des messages clés dédiés.

    Pourquoi c’est compliqué ? La proximité d’Humberto et de 94L pourrait enclencher un couplage partiel (type Fujiwhara) qui brouille les modèles : variations d’intensité, d’angle de recourbement, voire capture/repoussement mutuels. Les médias météo américains notent des scénarios concurrents, du ralentissement avec boucle près des Bahamas jusqu’à un atterrissage pluvieux sur le Sud-Est des États-Unis (Géorgie/Caroline du Sud), ou un maintien au large sous l’effet d’une dorsale.

    Les trois trajectoires principales évoquées

    1. Lenteur puis sortie au large : un minimum se creuse, stationne vers l’ouest des Bahamas plusieurs jours, avant de filer au NE ; gros risque d’inondations locales, mais impact continental direct limité. politico.com
    2. Atterrissage sur le Sud-Est US : renforcement de la perturbation vers Géorgie/Caroline du Sud, avec vents forts, pluie et surcote. Des mesures préventives sont déjà enclenchées (état d’urgence/local). AP News
    3. Blocage anticyclonique : la dorsale garde le système au large, retombant surtout en houle longue et courants de baïnes, tout en préservant les côtes américaines d’un impact direct. politico.com

    Impacts possibles côté Atlantique (météo & surf)

    • Bermuda / Antilles nord : houle dangereuse et courants ce week-end sous l’influence d’Humberto.
    • Sud-Est des États-Unis : selon le scénario, de fortes pluies et inondations côtières sont plausibles en début de semaine. Rester aligné sur les avis NHC et autorités locales.
    • Atlantique Nord-Est (Europe) : trop tôt pour parler d’un signal net vers la Péninsule Ibérique / France. Si Humberto s’évacue vers le NE en restant puissant, un train de houle longue pourrait traverser le bassin plus tard, sans garantie à ce stade. (Point de situation à réactualiser avec les prochains bulletins du NHC.)

    Pourquoi cet épisode intéresse les surfeurs et les côtes atlantiques ?

    Tous les surfeurs européens le savent : les houles cycloniques sont des temps forts de l’année. Quand un ouragan longe la côte américaine avant de remonter vers l’Europe, l’espoir de belles vagues renaît. Avec les conditions faméliques du moment, chacun scrute les cartes à la recherche d’un train de houle salvateur. Car si un cyclone peut offrir de longues houles parfaitement rangées, l’éventuel effet Fujiwhara promet, lui, un vrai casse-tête pour les météorologues en herbe que nous sommes.

  • Quiksilver Festival, jour 3 : petits twins, grands shows

    Quiksilver Festival, jour 3 : petits twins, grands shows

    Même quand l’Atlantique ressemble à un lac, Hossegor sait mettre le feu. Après la fiesta de la veille, le Quiksilver Festival presenté par Swatch (première fois que je l’invoque) a patienté jusqu’à l’après-midi pour lancer le Round 3, sous un thème imposé : twin fins (2+1 toléré). Menu du jour : petites gauches, un soupçon d’onshore, sections qui s’écrasent vite. Bref, il fallait bien choisir ses vagues, générer sa vitesse et soigner les fins de vague.

    Les moments forts de cette journée

    • Joan Duru co-partage sa série avec Griffin Colapinto, mais hausse réellement le niveau avec un 7,93 — rare sur un line-up aussi radin.
    • Kai Lenny déroule à volonté (même switch par moments), multipliant les “manœuvres” sur les gauches rikiki.
    • Al Cleland, malgré zéro heure de sommeil, gagne son heat et joue le sauveur de la team Quik. Vahine Fierro échoue à 0,23 point : après ses droites des jours précédents, elle prouve une vraie maîtrise en gauche en twin.
    • Hughie Vaughan, Conner Coffin, Luís Perloiro et Kanoa Igarashi (qui sort de nulle part après six jours, lol) alternent les opportunités à marée haute, traquant chaque section notée.
    • L’ovation du jour pour Thomas Debierre : une gauche White Fiji-style jusqu’au sable pour un 8,07, bruitomètre au taquet.
    • Mikey Wright cède sa place au supergrom italien de 12 ans, Rocco Rigliaco (récent vainqueur du SHELTER 4teens). Pas d’appréhension face à Matt Wilkinson, qui signe sa meilleure vague avec une finition impeccable.
    • Le matin, Raipoe Chapelier (toute jeune, cheveux platine) transforme un close-out en pointbreak miniature : style, flow, self-power. Un nom à retenir.

    À terre : la ville en mode festival
    Côté surf c’était modeste, mais Hossegor vibrait :

    • Première de Snapt5 devant un public médusé.
    • Quiksilver prend la ville : rues fermées, skate jam, concerts, meet & greet XXL au flagship.
    • Au Café de Paris, les girafes de bière disparaissent jusqu’à rupture.
    • Swatch accueille discrètement sa nouvelle signature avant un détour plus bruyant au Boardriders Capbreton.

    Prochaine échéance, aujourd’hui, samedi 27 septembre 2025, le call est à 10H pour un début de compétition à 11H, afin de profiter de la marée descendante. Un seul tour aura lieu. La houle est en baisse, pas les meilleures conditions, mais un vent favorable une grande partie de la journée. Dimanche, plus de vagues, plus de vent, on devrait avoir du surf toute la journée.

  • Louis Marchiset, longboardeur basque qui bouscule les limites

    Louis Marchiset, longboardeur basque qui bouscule les limites

    On l’a croisé d’abord dans les Landes, sur le sable avec Édouard Delpero. « C’est un bon lui », glissait alors le multiple champion. Depuis, j’entends revient régulièrement son nom dans les conversations longboard : Louis Marchiset. Vingtaine d’années, style propre, appétit pour les vagues qui ne pardonnent pas. Et ces derniers mois, une idée fixe : pousser le longboard là où on ne l’attend pas.

    D’un style glissé aux vagues qui serrent le cœur

    Louis a grandi entre Guéthary et les bancs landais, où la culture longboard côtoie des line-ups teigneux. Très vite, il tape dans l’œil des marques et de la scène française et s’impose chez les jeunes, avec un titre national Espoir en 2021, sauf erreur de ma part.

    Mais au-delà des nose-rides parfaitement calés, il cultive une autre obsession : engager des planches de 9 pieds dans des vagues à sections creuses. Une lignée qu’on a déjà vue chez les Delpero, chez Paul Duvignau dans les Landes, ou encore chez quelques locaux d’Hawaii sur le North Shore. Cette école du « longboard sous stéroïdes » réclame ligne, lecture et sang-froid.

    Pourquoi on vous parle de lui aujourd’hui

    Parce que Louis est allé chercher plus loin. Direction Tahiti. Une vague au nom qui claque et qui cloue : Teahupo’o. Un mur d’eau vivant, puissant, mutique, qu’on aborde en respect absolu. Et lui a choisi d’y entrer… en longboard, en backside comme un regular qu’il est, avec ce mélange de témérité et d’humilité qui force l’attention.

    Sur ses réseaux, il raconte surtout le chemin. Pas de fanfaronnade, plutôt une méthode : tenter, analyser, recommencer. Et surtout, accepter que Teahupo’o décide.

    « The End of the Road porte bien son nom.
    Des mois de galères et de travail acharné avant de pouvoir rêver à nouveau.
    […] Repousser les limites du longboard, encore et encore. »

    Cette progression, c’est aussi l’art de se replacer. Être « plus deep », sans se mettre à la faute, pour laisser la lèvre vous engloutir juste ce qu’il faut.

    « Je fais, j’analyse, j’apprends, et je recommence.
    Respect, humilité, patience.
    Ready for the next swell. Go big, but go deep. »

    Le prix de l’engagement : quand le corps dit stop

    Le trip tahitien n’a pas été une ligne droite. Louis raconte avoir contracté la ciguatera après un mauvais poisson. Fièvre, faiblesse, fourmillements : impossible de surfer pendant plusieurs jours. Et puis, la veille du vol retour, deux heures d’énergie retrouvée, suffisantes pour chasser la bombe.

    « Bien deep, sûrement la meilleure gauche de ma vie. Pas d’image, mais elle restera gravée… et dans celle de quelques locaux. »

    Et maintenant ?

    Note à nous-mêmes : le rencontrer. Aller chercher son parcours (coachs, boards, réglages de dérive, quiver tahitien), comprendre ce qui change concrètement entre un nose ride à la maison et un take-off critique à Teahupo’o. Et documenter cette lame de fond du longboard engagé qui traverse la côte basque et au-delà.

  • Prévisions du week-end : Hossegor peut s’enflammer

    Prévisions du week-end : Hossegor peut s’enflammer

    Depuis mardi, rideau total sur le Quiksilver Festival : quelques bouts sont passés, mais rien de digne du casting. Le tableau change enfin. Vendredi, un petit surf propre revient et grossit doucement. Samedi, fenêtre technique à saisir très tôt. Dimanche, l’ex-dépression Gabrielle envoie une houle longue potentiellement décisive… mais à double tranchant.

    Vendredi 26 septembre — petit propre le matin, mieux le soir

    • Taille : 50–80 cm à l’aube → 0,8–1,0 m en fin de journée.
    • Vent : offshore le matin, favorable jusqu’à la mi-journée, puis thermique faible à modéré.
    • Timing malin : viser la mi-marée à la marée basse.
    • Spots : le spot du boiteux n’a pas l’air le plus consistant sur la marée haute. Par contre, dés que la marée est bien basse, le spot est consistant.
    • Compétition : call 10 h – plage du Boiteux.

    Samedi 27 septembre — fenêtre technique à l’aube

    • Taille : 80 cm–1 m tôt → 50–70 cm l’après-midi (tassement).
    • Vent : encore offshore au lever du jour, onshore modéré ensuite.
    • Stratégie compétition : Ben, on ne sait pas, on n’est pas directeur de la compétition. Mais on devrait avoir du surf de la mi-marée à la marée basse. Attention, conditions poussives dans l’après-midi. On saura le call demain soir

    Dimanche 28 septembre — la journée « joker »

    • Houle : arrivée d’une ONO très longue période (~17 s) liée à l’ex-Gabrielle.
    • Taille attendue : 1,0–1,2 m en première partie de journée, pouvant tendre vers 1,5 m sur les meilleurs créneaux.
    • Vent : tendance favorable une bonne partie de la journée.
    • Double tranchant : une période très longue, donc des vagues très longues et plein ouest sur des bancs de sable dont on ne sait pas comment ils réagissent face à une houle si longue. Il y a un banc de sable à quelques mètres au nord qui pourrait se réveiller avec une telle orientation.
    • Plan d’action : Finir la compétition, avec un call pas trop tôt après la fête du samedi soir à la place des landais.

    Météo & état de mer (contexte)

    • Ce matin : dépression ~1015 hPa glissant de l’ouest Gironde vers l’est, ciel couvert à pluvieux.
    • Températures eau : 20–21 °C (Gironde), 22–21 °C (Côte Basque).
    • Large : 3–4 m de houle au large Golfe de Gascogne, énergie en baisse puis ré-alimentation par la houle longue de dimanche.

    Des animations tous les soirs

    il y a la compétition, mais n’oubliez pas les différentes animations tout au long de la journée, mais encore plus le soir. Il y a de nombreux concerts, notamment le vendredi et samedi soir place des landais.

    Retrouvez le programme complet dans cet article Programme quiksilver festival Hossegor

  • Décès du waterman hawaiien Hopena Pokipala dans un tragique accident

    Décès du waterman hawaiien Hopena Pokipala dans un tragique accident

    La communauté hawaiienne du surf est en deuil. Le week-end dernier, Fullerton “Hopena” Pokipala, waterman respecté et surfeur de grosses vagues, est décédé à l’âge de 30 ans à la suite d’un accident de voiture survenu à Waimanalo, sur la côte sud-est d’Oahu.

    Un accident brutal

    Selon la police locale, l’accident s’est produit samedi soir aux alentours de 20 heures. Hopena conduisait un véhicule utilitaire lorsqu’il a franchi un stop au croisement de la Kalanianaole Highway. Sa voiture a été percutée par celle d’un automobiliste de 74 ans. Le choc a été violent : le véhicule utilitaire s’est retourné et Hopena a été transporté d’urgence à l’hôpital dans un état critique. Il a succombé à ses blessures peu après.

    Un “ambassadeur de l’aloha”

    La disparition de Pokipala a bouleversé sa famille et ses proches. Son oncle, Clif Botelho, a rendu hommage à un homme profondément généreux :

    “Hopena était un ambassadeur de l’aloha. L’incarnation même de l’amour et du partage. Il aurait donné sa chemise, ses vêtements, tout ce qu’il avait, simplement pour rendre ce monde meilleur. Notre ʻohana est dévastée.”

    Ce témoignage illustre parfaitement la réputation de Hopena : celle d’un homme tourné vers les autres, apprécié bien au-delà de la sphère du surf.

    Un waterman accompli

    Au-delà de son caractère, Hopena était aussi un waterman complet, amoureux de l’océan et de ses défis. Passionné de grosses vagues, il avait surfé à Waimea Bay des murs d’eau qui imposent le respect. Sur son 30ᵉ anniversaire, il avait d’ailleurs partagé une vidéo de lui chevauchant une vague gigantesque, symbole de sa soif d’adrénaline et de sa proximité avec l’océan.

    Mais Hopena ne se limitait pas au surf. Docker de profession, il s’était également lancé dans un business original d’huîtres, et nourrissait des ambitions politiques pour sa communauté. Toujours en quête de nouveaux horizons, il vivait à la fois avec intensité et ouverture.

    Un amour interrompu trop tôt

    La vie personnelle de Pokipala était elle aussi pleine de promesses. Récemment marié à Allie Chu, ancienne Miss Hawaii, il préparait avec elle une réception prévue pour mars prochain. Leur union, saluée comme l’union de deux âmes profondément attachées à leur île, symbolisait l’avenir radieux qui s’ouvrait à eux.

    “Il a eu la chance d’épouser l’amour de sa vie”, a rappelé son oncle. “Ils avaient le rêve de rester ensemble pour toujours. C’est une maigre consolation, mais au moins ils ont pu réaliser ce souhait.”

    Un héritage fort pour la communauté

    La mort de Fullerton “Hopena” Pokipala laisse un vide immense dans la communauté hawaiienne. Son héritage, fait de courage, de générosité et de passion pour l’océan, continuera de marquer ceux qui l’ont connu. À travers ses vagues domptées, ses projets, son sourire et son esprit de partage, il restera pour beaucoup un modèle et une inspiration.

    Que son aloha continue de rayonner.

  • Quiksilver Festival 2025 : retour du show à Hossegor

    Quiksilver Festival 2025 : retour du show à Hossegor

    Après plusieurs jours de tempête, le Quiksilver Festival 2025 a enfin repris ce matin à Hossegor. Les compétiteurs ont retrouvé des vagues d’un bon mètre, bien propres avec un vent offshore glacial, mais parfait pour le surf. Des conditions idéales pour un spectacle à la hauteur du casting. Le Quiksilver Festival Hossegor est « on ».

    Une matinée explosive

    Dès les premières séries, le ton était donné. Le moment fort reste l’énorme full rotation de Sam Peter sur une gauche, noté 8,50 par les juges. Dans la foulée, Noah Beschen a poursuivi le spectacle avec ses envolées aériennes toujours aussi engagées.

    De retour de son mariage, Leonardo Fioravanti n’a pas perdu de temps pour marquer les esprits : vitesse, gros airs et surf incisif ont ponctué sa première apparition dans cette édition. Griffin Colapinto, lui, a confirmé sa polyvalence avec un petit tube calé, des turns puissants et des airs parfaitement posés.

    Chez les filles, la plus impressionnante fut Vahine Fierro, auteur(e) d’un surf rapide et tranchant, frappant la lèvre avec puissance et précision à chaque manœuvre.

    Les jeunes mettent le feu

    Si les têtes d’affiche ont assuré le spectacle, Hughie Vaughan a littéralement éclaboussé la compétition de son talent. Le jeune surfeur australien de 18 ans a enchaîné les airs engagés, souvent posés sur le plat, avec des réceptions périlleuses, mais spectaculaires, déclenchant l’enthousiasme du public.

    Classement après le round 2

    Le classement provisoire place Ezekiel Lau et Leonardo Fioravanti en tête avec un total de 28 points (mais nous posons réclamation car sa meilleure vague n’était pas posée), devant l’équipe de Kyllian Guerin, Sam Peter et Noa Dupouy (24 pts) et le duo Jeremy Flores / Marco Mignot (23 pts).

    Parmi les poursuivants, Noah Beschen et Clay Marzo confirment leur explosivité, enfin surtout Noah (21 pts), tandis que la performance collective du team 14 (Vaast, Brown, Colapinto, Bourez, Coffin) leur permet de rester dans le coup.

    (Tableau complet des résultats ci-dessous)

    Round 3 : les séries à suivre

    Le public peut déjà se préparer à un nouveau spectacle, puisque le round 3 s’annonce relevé :

    • Série 1 : Ezekiel Lau, Michel Bourez, Jai Glindeman, Marc Lacomare, Aelan Vaast
    • Série 2 : Lungi Slabb, Joan Duru, Leonardo Fioravanti, Kai Lenny, Zoe Mcdougal
    • Série 3 : Alan Cleland, Vahine Fierro, Maud Lecar, Sky Brown, Griffin Colapinto
    • Série 4 : Mikey Wright, Luis Perloiro, Kauli Vaast, Conner Coffin, Juliette Lacome
    • Série 5 : Noah Beschen, Coco Ho, Marco Mignot, Thomas Debierre, Noa Dupouy
    • Série 6 : Dusty Payne, Eithan Osborne, Matt Wilkinson, Hughie Vaughan, Heimiti/Kohai Fierro
    • Série 7 : Adrian Buchan, Kyllian Guerin, Clay Marzo, Jackson Dorian, Jeremy Flores

    La suite du festival

    La compétition s’est arrêtée vers 13h, après avoir lancé un tour complet et terminé la série restée en suspens samedi. L’après-midi, le public a pu profiter d’une démonstration de freesurf signée par les jeunes Français et Tahitiens, avec notamment Marco Mignot dans l’eau.

    Le prochain call est fixé demain matin à 9h30 pour un éventuel lancement à 10h30. En attendant, direction Seignosse pour une soirée festive au restaurant Le Surfing, histoire de prolonger la journée dans une ambiance conviviale.

  • Un Quiksilver Festival secoué par la tempête : récit des trois premiers jours

    Un Quiksilver Festival secoué par la tempête : récit des trois premiers jours

    L’édition 2025 du Quiksilver Festival à Hossegor avait tout pour bien commencer. Samedi matin, la plage du boiteux s’éveillait sous un soleil automnal malgré le calendrier encore estival. Dans l’eau, un joli mètre à plus déroulait, suffisant pour offrir un premier spectacle intense. La compétition était lancée, débutant avec un duel Noah Beschen contre Noa Dupouy. Dès les premières minutes, les deux jeunes se sont livrés une bataille aérienne, multipliant les manœuvres au-dessus de la lèvre. Un départ explosif qui annonçait une édition vibrante.

    Mais à 14 heures, après 5 séries, tout a basculé. En quelques secondes, le vent a tourné et s’est transformé en véritable tempête. Les parasols plantés dans le sable se sont envolés dans une scène surréaliste : spectateurs courant après leur matériel, cris, rires nerveux. La tente de la marque Carver, emportée comme une voile géante, a signé le point d’orgue de ce chaos improvisé. La compétition a été stoppée net…

    Une météo capricieuse

    La soirée aurait pu sauver cette première journée. Les festivités ont bien débuté avec concerts et animations, l’ambiance était électrique. Mais la météo, décidément déchaînée, s’est rappelée à tout le monde. Rafales violentes, pluie battante : Hossegor s’est transformée en décor apocalyptique, forçant l’arrêt prématuré de la fête.

    Dimanche matin, même constat : pluie, vent, ciel bas. Impossible d’imaginer relancer les séries dans ces conditions. La plage, balayée par les bourrasques, avait des airs d’hiver landais. Les organisateurs ont logiquement décidé d’annuler la journée, maintenant le suspense.

    Lundi : faux espoir et nouveau report

    Ce lundi 22 septembre, alors que la journée devait être « off », un call de dernière minute a surpris tout le monde. Les équipes ont envisagé de relancer la compétition malgré un vent toujours omniprésent. Mais après inspection du spot, la décision est tombée : aucune série ne sera surfée. Nouveau rendez-vous demain matin à 8h pour finir enfin ce premier tour.

    Les résultats provisoires

    Malgré cette interruption, quelques séries ont tout de même pu être validées avant la tempête de samedi. Voici les résultats provisoires :

    • 1ers : Jérémy Florès & Marco
    • 2es : Jackson Dorian & Eithan
    • 3es : Coco & Zoë McDougall

    La réplique du jour est signée Jérémy Florès, qui au micro a lâché avec son humour habituel : « J’ai créé l’événement juste pour le gagner. » Une punchline qui a fait sourire le public, même si Michel Bourez, à ses côtés, semblait émettre quelques réserves amusées.

    Et maintenant ?

    Demain, la plage d’Hossegor devrait vibrer à nouveau dès l’aube. Le call est fixé à 8h précises, avec l’espoir de terminer le premier round et continuer. Les surfeurs, eux, sont prêts à composer avec cette météo capricieuse. Après tout, qu’est-ce que le surf sinon l’art de s’adapter à l’océan et à ses humeurs ?

  • Qui n’a jamais rêvé d’une vague dans son jardin ?

    Qui n’a jamais rêvé d’une vague dans son jardin ?

    Avoir sa propre piscine à vagues dans le jardin. Une utopie pour la plupart d’entre nous, mais une réalité pour quelques passionnés américains. Aux États-Unis, un projet baptisé The Wave Source vient de voir le jour, et il est en train de faire rêver la planète surf.

    The Wave Source : un rêve devenu réalité

    Dans l’imaginaire collectif, la piscine à vagues est souvent associée aux grands complexes touristiques, aux parcs aquatiques ou aux mastodontes du surf business comme Kelly Slater Wave Co, Wavegarden ou PerfectSwell. Mais cette fois, l’histoire est différente : The Wave Source a été construite dans un simple jardin privé.

    Deux ans de démarches administratives, deux mois de travaux, et un pari un peu fou : créer une vague surfable, sur commande, dans un bassin d’environ 200 pieds (soit plus de 60 mètres). L’idée est née de la passion de Tony, Ash et Justin, trois inventeurs amateurs, bien décidés à prouver que l’on peut rivaliser avec les géants du secteur, à échelle réduite et avec une bonne dose d’ingéniosité.

    Une vague sur mesure

    Le système mis au point est étonnant. La vague parcourt environ 200 pieds le long d’un mur et peut se surfer en gauche comme en droite. Dans la vidéo de présentation, seule la droite a été utilisée, car les gauches provoquaient trop d’éclaboussures hors du bassin.

    Mais le plus impressionnant reste la modularité de la vague. Longueur, hauteur, puissance, variations… tout peut être ajusté grâce à un système de réglages accessible. Une véritable « vague sur mesure », qui transforme chaque session en laboratoire de surf.

    Comme le raconte le spécialiste de skimboard et de surf de piscine Blair Conklin :

    « Le plus fun pour moi a été de pouvoir régler les boutons et de voir quelle vague on allait créer ensuite. Les possibilités sont vraiment infinies. »

    Testée par Ben Gravy et Blair Conklin

    Pour donner vie au projet, les créateurs ont invité deux figures incontournables du surf alternatif et des vagues artificielles : Ben Gravy et Blair Conklin.

    Habitué des sessions les plus improbables, Ben avoue avoir eu des doutes en voyant les premières photos. Mais une fois arrivé en Arizona, il a été bluffé :

    « J’ai reçu un message au hasard pour tester cette piscine. Les images ne rendaient pas justice, j’avais du mal à imaginer la taille des vagues. Mais dès la première série, mon point de vue a changé. On avait devant nous un layout énorme avec des vagues parfaites de 3 à 4 pieds qui déroulaient à la demande. »

    De son côté, Blair a noté le potentiel du concept et son côté ludique, presque expérimental. L’idée de pouvoir créer des vagues uniques, d’enchaîner les tests et de jouer avec les paramètres, ouvre des perspectives inédites pour le surf en piscine.

    Un futur pour les piscines DIY ?

    Bien sûr, The Wave Source reste pour l’instant un prototype, loin de concurrencer les installations millionnaires des leaders du marché. Les limites existent : bassin réduit, perte d’eau lors de certaines configurations, coûts de construction encore flous.

    Mais l’initiative montre que la passion et la créativité peuvent parfois se substituer aux gros budgets. Dans un monde où le surf en piscine devient un business global, avec des piscines géantes prévus aux quatre coins du globe, cette version « artisanale » a quelque chose d’original.

    Et si demain, d’autres passionnés s’en inspiraient pour créer de petites vagues domestiques ? Peut-être que ce projet marquera le début d’un mouvement parallèle, plus accessible, où l’on réinvente le surf dans son propre jardin.

    The Wave Source n’est pas seulement une piscine à vagues bricolée dans un jardin. C’est la preuve qu’avec de la passion et de la persévérance, même le plus fou des rêves de surfeur peut devenir réalité. Maintenant, la question que je me pose, n’est-ce pas dangereux en terme d’environnement de voir naître de plus en plus de piscine à vagues ? Encore plus, si une solution low cost permette de créer des piscines à vagues privées … Le débat est ouvert…

  • Panique à Trestles : un bateau fonce dans le line-up

    Panique à Trestles : un bateau fonce dans le line-up

    Vendredi après-midi, les surfeurs rassemblés à Lower Trestles, spot mythique de Californie, ont vécu un moment d’effroi. Sur les images filmées par une caméra en direct de Surfline, on distingue clairement un bateau de pêche sportive d’environ 30 pieds foncer droit dans le line-up, slalomant entre les surfeurs médusés. Un incident aussi spectaculaire qu’incompréhensible, qui aurait pu virer au drame.

    Un bateau en pleine zone de surf

    Lower Trestles, situé dans le San Onofre State Park, à la frontière entre le comté d’Orange et celui de San Diego, est réputé pour ses vagues parfaites… et pour son affluence. Chaque swell attire une véritable marée humaine, parfois comparable aux bouchons de l’Interstate 5 qui longe le spot. Mais cette fois, la foule à l’eau n’avait rien de banal : en plein milieu des séries, un bateau à moteur a traversé la zone de surf, laissant les spectateurs et les surfeurs sans voix.

    Heureusement, aucun blessé n’a été signalé. Le navire a poursuivi sa route vers Uppers, un autre pic du spot. Les images montrent bien qu’il y avait quelqu’un à la barre, mais la question demeure : accident mécanique ou décision volontaire et dangereuse ?

    La loi est claire

    Aux États-Unis, et en Californie en particulier, la législation encadrant la navigation près des baigneurs et des surfeurs est stricte : impossible de dépasser 5 mph dans un rayon de 100 pieds autour d’un surfeur, ou de s’approcher à moins de 200 pieds d’une plage avec une embarcation motorisée. Toute autre conduite est qualifiée de « reckless » : imprudente, et donc illégale.

    Comme l’a rappelé Surfline dans sa description de l’incident, « la loi californienne est limpide : on ne conduit pas un bateau à pleine vitesse au milieu d’un line-up. » Une évidence qui n’a pas empêché cette incursion insensée.

    Les réactions enflammées

    Sur les réseaux sociaux, la vidéo relayée notamment par le compte @lottrolls a déclenché une avalanche de réactions. Certains se sont contentés de souligner la chance inouïe qu’aucun surfeur n’ait été percuté. D’autres se sont montrés bien plus virulents, allant jusqu’à comparer l’incident à ce qui aurait pu se passer à Hawaii.

    L’un des commentaires les plus marquants résume l’état d’esprit : « Essaie ça à Hawaii. Les locaux t’attendront au port. » Une façon de rappeler que dans certaines zones du Pacifique, les règles tacites de respect et de protection des line-ups sont encore plus strictes qu’en Californie.

    Un précédent déjà arrivé

    Aussi improbable que cela puisse paraître, ce n’est pas la première fois qu’un bateau se retrouve au milieu des vagues de Trestles. En 2020, en pleine pandémie, deux surfeurs avaient tenté de rejoindre le spot par la mer avec une petite embarcation depuis Dana Point Harbor. Mal leur en avait pris : pris dans une houle conséquente, ils avaient fini par chavirer et perdre leur bateau, sous les rires (et les caméras) des surfeurs déjà présents au pic.

    L’épisode de vendredi n’a pas eu la même fin comique, mais il aurait pu avoir une issue tragique. Le fait qu’aucun accident n’ait été signalé relève presque du miracle.

    Le symbole d’un spot sous pression

    Au-delà de l’incident, cet épisode met en lumière la fragilité de la cohabitation entre surfeurs, baigneurs et usagers motorisés de l’océan. Trestles est un joyau du surf californien, un lieu qui attire aussi bien les meilleurs surfeurs du monde que des milliers d’amateurs. Mais son succès fait aussi sa vulnérabilité.

    Qu’il s’agisse d’un pilote imprudent, d’une défaillance mécanique ou d’un simple coup de folie, ce bateau n’avait rien à faire si proche d’un line-up bondé, encore moins lancé à pleine vitesse. Un incident qui ne doit plus se reproduire.