Auteur/autrice : Kelly Slater

  • Quand le surf rencontre les glaciers : entre fake YouTube et réalité givrée

    Quand le surf rencontre les glaciers : entre fake YouTube et réalité givrée

    Sur YouTube, on trouve de tout : des tutos bricolage improbables, des chats pianistes, et parfois… des vidéos de surf sur des glaciers qui explosent. Dernière trouvaille en date : un clip ultra-spectaculaire où trois riders en paddle affrontent la vague d’un iceberg qui s’effondre dans l’océan. Ça en jette, mais problème : ça ne tient pas debout.

    Sur YouTube, on trouve de tout : des tutos bricolage improbables, des chats pianistes, et parfois… des vidéos de surf sur des glaciers qui explosent. Dernière trouvaille en date : un clip ultra-spectaculaire où trois riders en paddle affrontent la vague d’un iceberg qui s’effondre dans l’océan. Ça en jette, mais problème : ça ne tient pas debout.

    Les détails qui trahissent le fake

    À première vue, on est bluffé. De l’eau glaciale, des surfeurs courageux ou suicidaire, un bateau proche de la zone d’impact, et le tout dans le plus grand calme… Mais en regardant bien, ça cloche :

    • Ils sont trois au line-up, mais seulement deux prennent la vague. Le troisième ? Disparu comme par magie, probablement « avalé » par l’algorithme de montage IA.
    • Le bateau, censé être à deux doigts de chavirer, reste parfaitement immobile. Pas une vaguelette, pas un tangage. Du grand cinéma.
    • Et surtout, la vague est beaucoup trop parfaite. Un mur d’eau lisse, façon Hossegor un matin d’été, alors qu’une chute de glace génère normalement du gros clapot chaotique.

    Bref, merci l’IA pour le spectacle, mais la physique, elle, n’a pas été invitée.

    La réalité, encore plus folle

    Mais là où c’est savoureux, c’est que ce scénario complètement fake a pourtant déjà existé… pour de vrai. En 2013, deux surfeurs d’exception – Garrett McNamara (l’homme aux records de Nazaré) et son pote hawaïen Kealii Mamala – ont relevé un défi dingue : surfer les vagues créées par la chute d’un glacier.

    Direction l’Alaska, au Child’s Glacier près de Cordova. Températures glaciales, combinaisons épaisses, et un pari insensé : attendre qu’un bloc de glace de la taille d’un immeuble s’effondre dans l’eau… et se jeter dans les vagues que ça provoque.

    Trois semaines d’attente, quelques secondes d’adrénaline

    McNamara et Mamala ont campé trois semaines à proximité, parfois jusqu’à 20 heures par jour dans l’eau. Imagine : tu patientes, tu trembles, tu scrutes une montagne de glace de 90 mètres de haut en espérant qu’elle tombe droit dans l’eau et pas sur toi.

    Quand enfin le glacier a cédé, ils se sont lancés. McNamara décrira l’expérience comme « la chose la plus lourde et la plus flippante » de sa vie. Une comparaison ? « Comme si l’Empire State Building s’écroulait sur toi. » Ambiance.

    Entre mythe et réalité

    Alors, la vidéo YouTube ? Un joli fake, certes bien monté, mais qui fait sourire quand on connaît l’histoire. Car oui, des surfeurs ont déjà affronté ce type de vagues venues de nulle part, au péril de leur vie.

    Finalement, c’est peut-être ça qui rend le surf si fascinant : même les vidéos trafiquées peinent à égaler la réalité. Entre IA et adrénaline, l’océan – ou même les glaciers – gardent toujours une longueur d’avance.

  • Battre des jambes en ramant : une technique qui intrigue les surfeurs

    Battre des jambes en ramant : une technique qui intrigue les surfeurs

    Dans le surf, chaque détail compte. La position du corps, l’épaisseur de la planche, la puissance des bras… mais aussi, parfois, un mouvement que l’on voit rarement expliqué : battre des jambes en ramant. Est-ce vraiment efficace ? Ou juste un réflexe nerveux qu’on a tous eu en voulant arracher une vague de justesse ?

    Certains pros l’utilisent en compétition, d’autres n’y croient pas. Mais une étude scientifique et quelques exemples en live contest donnent des éléments de réponse intéressants.

    Une étude qui fait la différence : +8 % de vitesse

    En 2010, deux chercheurs australiens, Loveless et Minahan, ont publié une étude dans le Journal of Sport Science. Leur protocole était simple : demander à 11 jeunes surfeurs compétiteurs de ramer sur eau plate, avec et sans battements de jambes.

    Résultat ?
    👉 La rame avec battement était en moyenne 8 % plus rapide.
    Sur un effort court (5 à 10 secondes), cela équivalait à un gain de vitesse de 0,16 m/s, soit environ un à deux mètres de distance gagnée.

    Quand on pense aux paddle battles en compétition, où deux surfeurs se disputent une vague au centimètre près, ce petit mètre peut être décisif.

    Des exemples concrets sur le tour pro

    L’idée n’est pas qu’une théorie en labo. On a vu plusieurs exemples sur le Championship Tour (CT), comme on peut le voir dans la vidéo en-dessous :

    • Vahine Fierro vs Isabella Nichols à Tahiti : Vahine a utilisé des battements de jambes pour se démarquer et prendre une vague clé.
    • Seth Moniz vs Ethan Ewing : en pleine bataille de rame, les deux battent des jambes, mais c’est Ewing qui sort vainqueur.
    • Kauli Vaast et Crosby Colapinto : même sans duel direct, on les a vus utiliser cette technique pour “booster” leur rame.

    Ces images donnent une crédibilité à l’idée que battre des jambes, au bon moment, peut offrir un avantage compétitif.

    Mais qu’en est-il pour attraper une vague ?

    C’est là que ça se complique.
    Car ramer en eau plate n’est pas la même chose que se lancer dans une vague. Plusieurs variables changent complètement la donne :

    • L’épaisseur de la planche.
    • Le courant dans l’océan et la vague
    • La puisance de la vague elle-même.
    • L’équilibre du corps : bouger les jambes peut parfois déstabiliser.

    Aucune étude scientifique n’a encore testé les effets réels du battement de jambes au moment précis de l’entrée dans la vague.

    En clair :
    ✅ On sait que ça aide à accélérer sur eau plate.
    🤔 On suppose que ça peut aider à “booster” la dernière poussée avant d’attraper une vague.
    ❌ Mais on ne peut pas l’affirmer scientifiquement.

    Pourquoi ça pourrait marcher

    Même sans preuve formelle, plusieurs hypothèses circulent :

    • Les battements créent un effet de propulsion supplémentaire (même faible) qui s’ajoute à la rame.
    • Ils permettent de maintenir le corps plus haut sur la planche, réduisant la traînée.
    • Ils donnent aussi un effet psychologique : en mode “dernière chance”, ça incite le surfeur à tout donner.

    Alors, faut-il battre des jambes en ramant ?

    La réponse dépend de votre pratique :

    • En freesurf, ça peut aider si vous voulez absolument rentrer dans une vague molle ou si vous manquez de vitesse. Mais inutile d’en abuser, cela peut vite fatiguer.
    • En compétition, ça devient une arme tactique dans un paddle battle. Les pros l’ont intégré, et ce n’est sûrement pas pour rien. N’hésitez pas à battre des pieds pour envoyer des projections d’eau à votre adversaire, c’est de bonne guerre.
    • En apprentissage, mieux vaut d’abord travailler la technique de rame classique (position du corps, efficacité des bras). Le battement vient comme un petit “turbo” à ajouter ensuite.

    Le mot de la fin

    Pour l’instant, battre des jambes en ramant reste un plus anecdotique mais bien réel. La science a montré que ça accélère sur eau plate. L’expérience des pros laisse penser que ça peut aider à prendre des vagues.

    Mais au fond, la meilleure réponse viendra peut-être de votre propre expérience. La prochaine fois que vous sentez qu’il vous manque un petit coup de vitesse… essayez de battre des jambes. Vous verrez bien si ça change la donne !

    PS : Un jour, je me suis blessé aux adducteurs en battant des jambes au take off, la loose totale….lol

  • Incident spectaculaire à Waikiki : un bateau échoué dans les vagues

    Incident spectaculaire à Waikiki : un bateau échoué dans les vagues

    Un swell XXL traverse le Pacifique

    Début août 2025, la planète surf a eu droit à un spectacle hors norme. Un swell massif, le même qui a frappé Teahupo’o juste avant la compétition WSL, a parcouru des milliers de kilomètres à travers le Pacifique. Ces trains de houle, générés par de puissantes dépressions au large, se propagent comme des vagues de fond, venant s’écraser des jours plus tard sur des rivages parfois très éloignés.
    À Hawaï, ce fut le cas sur la côte sud d’Oahu, notamment à Waikiki et Kewalos, spot réputé pour ses vagues accessibles… mais qui s’est transformé, le temps d’une journée, en un véritable champ de mines.

    Le chaos à Kewalos : un bateau en plein line-up

    Alors que les surfeurs se jetaient dans l’eau pour profiter des conditions XXL, une scène improbable s’est déroulée sous leurs yeux. Un bateau de 75 pieds, appartenant à la compagnie Atlantis Cruises, a tenté de franchir la passe du port de Kewalos.
    Malheureusement à cause de la forte houle, l’embarcation s’est retrouvée embarquer par une grosse vague… jusqu’à littéralement traverser le line-up. Certains témoins affirment qu’à un moment donné, le bateau a presque “posé un floater”, comme un surfeur sur une planche d’acier. Une image surréaliste, qui aurait pu tourner au drame si des surfeurs s’étaient trouvés sur sa trajectoire.

    Un échouage sans blessés, mais inquiétant

    Finalement, le bateau a fini sa course en s’échouant sur le récif de Kewalos.
    Heureusement, aucun passager ne se trouvait à bord : seuls deux membres d’équipage expérimentés, indemnes, tentaient de manœuvrer le navire. Atlantis Adventures a précisé qu’aucune fuite de carburant ni de pollution n’avait été constatée, et qu’ils travaillaient avec les autorités pour retirer le bateau sans endommager davantage le récif.
    Mais au-delà de la peur rétrospective, l’incident soulève la question de la fragilité de ces zones coralliennes. Déjà mises à mal par la fréquentation humaine et le réchauffement climatique, elles se retrouvent ici menacées par un accident évitable.

    Quand la règle du surf s’applique aussi aux bateaux

    Les surfeurs connaissent l’adage : “When in doubt, don’t go out” – si tu doutes, n’y va pas. Une maxime qui s’est révélée universelle : elle vaut aussi pour les capitaines de bateaux.
    Dans ce cas précis, la décision de tenter de franchir la passe malgré la houle s’est soldée par un échouage spectaculaire, heureusement sans conséquences humaines.
    Mais l’incident rappelle une évidence : face à la puissance de l’océan, la prudence n’est jamais de trop. Le swell qui relie Tahiti à Hawaï nous rappelle que la houle n’a pas de frontières, et qu’en mer comme au line-up, il vaut mieux parfois attendre que le calme revienne.

  • Kauli Vaast, un an après sa victoire olympique historique

    Kauli Vaast, un an après sa victoire olympique historique

    Le rêve devenu réalité à Teahupo’o

    « Cinq secondes… », se souvient Kauli Vaast. Depuis la tour, le speaker compte à rebours. Dans l’eau, l’Australien avait encore la priorité, mais l’océan est resté muet. Aucun set à l’horizon. À cet instant, le jeune surfeur de Tahiti réalise : il est champion olympique. Premier Français à inscrire son nom au palmarès du surf aux Jeux, et qui plus est à domicile, sur la vague mythique de Teahupo’o.
    Un rêve devenu réalité, mais aussi une mission accomplie. Car Kauli n’a pas seulement gagné pour lui : il a porté haut les couleurs d’une île, d’un pays, et d’une communauté.

    Teahupo’o, l’école de la vie

    Pour Kauli, Teahupo’o n’est pas un simple spot. C’est son terrain de jeu, son jardin, son école. Là où il a appris à se caler dans les tubes, à affronter les grosses houles et à apprivoiser la puissance brute de l’océan.
    « C’est la plus belle vague au monde », affirme-t-il sans détour. Mur de crâne pour les uns (signification de Teahupo’o), cathédrale liquide pour les autres, Teahupo’o est avant tout une énergie unique, une vibration que l’on ne comprend vraiment qu’en y plongeant. Kauli a grandi dans cette intensité, et c’est elle qui a forgé son surf, mais aussi son mental.

    La pression de « l’enfant du pays »

    Représenter la France et Tahiti, dans un spot aussi exigeant, a multiplié la pression par dix. Kauli n’était pas forcément considéré comme un favori mondial avant les Jeux. Mais les connaisseurs savaient qu’il avait le talent pour le faire. La fédération française de surf s’est bien frotté les mains en sachant que les JO auraient lieu à Tahiti, c’était le seul endroit où on pouvait gagner une médaille. Il a su transformer cette attente en force.
    La clé ? Une préparation mentale sans faille. Travailler à transformer le stress en énergie positive, en motivation supplémentaire. Résultat : une victoire libératrice, gravée à jamais dans l’histoire du surf français.

    Un podium partagé avec les siens

    Plus fort encore que la médaille elle-même, Kauli garde en mémoire le moment où il a pu partager sa victoire. Sur le podium, il aperçoit sa famille, ses proches, sa mère, venus jusqu’à Teahupo’o. Une communion rare, qui donne tout son sens à l’effort accompli.
    « Partager ça avec les personnes que tu aimes, il n’y a rien de mieux », confie-t-il. La médaille n’est pas qu’un trophée personnel : elle est le symbole d’une aventure collective, d’un peuple derrière son champion.

    Une victoire qui dépasse le surf

    Le lendemain de son exploit, Kauli découvre l’ampleur de sa victoire. À Paris, à Tahiti, en France métropolitaine, partout on le félicite, on lui sourit, on le remercie. Sa médaille résonne au-delà du surf. Elle inspire une génération.
    Dans l’eau, les jeunes Tahitiens l’interpellent, le reconnaissent. Certains n’étaient pas nés quand il a commencé à se faire un nom. Aujourd’hui, il est un modèle. « Pourquoi pas une deuxième médaille ? Pourquoi pas un titre mondial ? », se dit-il, déjà tourné vers l’avenir.

    Le tremplin d’une carrière

    Si la médaille d’or reste à ce jour son plus grand accomplissement, Kauli refuse d’en faire une fin en soi. Elle est un tremplin, un point de départ.
    Désormais, il vise les Championnats du monde, avec la ferme intention de prouver qu’il peut figurer durablement parmi les meilleurs. La confiance acquise à Teahupo’o lui donne une arme supplémentaire : la certitude qu’il a sa place au sommet.
    Et surtout, il garde une philosophie simple : ne jamais perdre le plaisir. « Il faut toujours s’amuser et profiter », résume-t-il. Car c’est bien l’amour de l’océan, intact, qui continue de guider chacun de ses pas.

  • Griffin Colapinto raconte la plus grosse branlée de sa vie à Teahupo’o

    Griffin Colapinto raconte la plus grosse branlée de sa vie à Teahupo’o

    Quelques jours avant le Lexus Tahiti Pro 2025, Griffin Colapinto a vécu le wipeout le plus violent de sa carrière à Teahupo’o. Entre peur, chaos et adrénaline, le Californien revient sur cet épisode qui aurait pu tourner au drame. Pas le meilleur moyen d’appréhender la compétition….(Quoique)

    Un avant-goût de l’enfer à Teahupo’o

    À Tahiti, avant même que le Lexus Tahiti Pro ne démarre, la houle XXL s’était déjà invitée. Comme souvent à Teahupo’o, chaque session des surfeurs du Tour ressemble à une compétition parallèle, surtout lorsque les meilleurs free surfeurs au monde et les meilleurs du tour se donnent rendez-vous pour une houle historique, où l’océan distribue tubes d’anthologie.

    Griffin Colapinto, actuel n°3 mondial (après la compétition de Teahupoo), est arrivé tôt pour s’entraîner et prendre la température. Et il n’a pas été déçu. Dans une vidéo publiée sur YouTube, le surfeur de San Clemente raconte ce qu’il considère comme le pire wipeout de sa vie.

    « Tout le channel s’est mis à bouger »

    Griffin se souvient :

    « Ce jour-là était énorme. Il y avait des vagues pour le tow-in, mais aussi des opportunités pour ramer. J’ai pris une première vague, j’ai sauté et je suis passé. Je pensais que c’était bon. J’ai ramé vers le chenal, et j’ai senti tout le channel se mettre à tirer vers le large. Là, j’ai compris que quelque chose d’énorme arrivait. »

    En quelques secondes, Colapinto réalise qu’il est mal placé. À sa gauche, il voit Eli Olson se faire tracter sur l’une des bombes de la journée. Et lui est pile dans l’impact zone.

    La décision en une fraction de seconde

    Pris au piège, Griffin n’a pas d’autre choix que de sacrifier sa planche et de plonger sous la lèvre :

    « J’ai pensé enlever mon leash, mais Eli était sur la vague. Je ne voulais pas que ma planche le percute. Alors j’ai plongé, j’ai nagé de toutes mes forces, mais je sentais l’océan me ramener vers le pic. »

    À bout de souffle, il remonte à la surface, parvient à prendre une inspiration salvatrice… avant d’être aspiré à nouveau par la déferlante.

    Une machine à laver sans fin

    Le Californien décrit alors un moment où tout bascule dans une logique de survie :

    « Quand tu réalises que tu ne peux pas lutter, il faut accepter que ça arrive. Sinon tu paniques, et là ça devient dangereux. »

    Propulsé dans le tourbillon, son gilet d’impact est arraché par la puissance de l’eau. Coincé sous l’écume, il reste de longues secondes prisonnier. Lorsqu’il refait surface, c’est pour replonger aussitôt sous une deuxième vague, qui le maintient encore plus longtemps au fond.

    Heureusement, un jet-ski le récupère quelques instants plus tard. Exténué, secoué, mais indemne.

    Matos détruit, mental intact

    Sa planche, en revanche, n’a pas survécu : leash arraché, boîte de dérive éclatée, rails brisés. « Elle était complètement détruite », lâche-t-il. Pourtant, loin de renoncer, Griffin retourne aussitôt au large avec une nouvelle planche.

    Et le karma lui sourit : deux heures après son wipeout, il sort du meilleur tube de sa vie. La vidéo le montre hurlant de joie, tremblant d’adrénaline en criant :

    « Je pense que c’est le meilleur barrel de ma vie. Je suis en train de trembler ! »

    De la peur à l’extase

    Ce contraste entre l’extrême violence d’un wipeout et la récompense ultime d’un barrel parfait résume l’essence même de Teahupo’o. Une vague mythique, capable de tout donner comme de tout prendre.

    Griffin le sait : ce genre d’expérience forge un surfeur. Et malgré la frayeur, il en sort grandi :

    « C’était la plus grosse branlée de ma vie, mais aussi une des journées les plus mémorables. »

    Une préparation pour les WSL Finals

    Quelques jours plus tard, Colapinto atteint la finale du Lexus Tahiti Pro, seulement battu par Jack Robins on. Mais sa performance lui permet de grimper à la troisième place mondiale et d’assurer sa place pour les Finals à Cloudbreak (Fidji).

    Avec ce mélange de lucidité, de courage et de persévérance, il arrivera à Fidji gonflé à bloc, prêt à jouer le titre mondial.

    Le wipeout de Griffin Colapinto à Teahupo’o est un rappel brutal : même pour les meilleurs surfeurs du monde, l’océan reste le maître. Entre peur viscérale et extase pure, Colapinto a vécu en quelques heures les deux extrêmes du surf. Une expérience qui restera gravée dans sa mémoire… et dans celle de tous ceux qui ont vu les images.

  • Michel Bourez blessé au visage à Teahupo’o : “L’océan te rappelle qui commande”

    Michel Bourez blessé au visage à Teahupo’o : “L’océan te rappelle qui commande”

    Le surfeur tahitien Michel Bourez a connu une mésaventure impressionnante à domicile, sur l’une des vagues les plus redoutées au monde. Dix jours plus tôt, lors d’une session de tow-in dans un Teahupo’o massif, sa planche l’a violemment frappé au visage, l’envoyant directement à l’hôpital. Retrouvez la vague dans la vidéo en-dessous.

    Un accident sans perte de conscience

    Heureusement, l’ancien pensionnaire du Championship Tour (CT) n’a pas perdu connaissance. Michel Bourez a raconté l’accident :

    “Parfois l’océan te rappelle qui est le patron. Ma planche m’a frappé en plein visage, mais j’ai eu de la chance. Je retrouve peu à peu mes sensations et j’ai hâte de reprendre l’entraînement.”

    Un témoignage qui illustre la brutalité de Teahupo’o, spot mythique connu pour sa vague massive et creuse, capable d’infliger les pires blessures aux surfeurs, même les plus aguerris.

    Pas de regrets malgré les risques

    Loin de s’apitoyer, le Tahitien a tenu à relativiser :

    “Ces choses-là arrivent. On connaît tous les risques quand les vagues atteignent cette taille. Je n’ai aucun regret… c’était quand même une journée incroyable.”

    Ces mots montrent la résilience d’un surfeur qui a toujours aimé repousser ses limites dans les conditions extrêmes.

    Une carrière au sommet, un retour aux racines

    Surnommé The Spartan, Michel Bourez a marqué le surf mondial avec plus de dix ans passés sur le CT, trois victoires en carrière et une réputation de guerrier dans les vagues et en dehors. Aujourd’hui en dehors du circuit professionnel, il profite de son temps pour se confronter aux houles tahitiennes, là où tout a commencé.

    Et malgré cet accident, Bourez n’a pas perdu son enthousiasme : il a félicité son frère Mihimana pour sa troisième place lors de l’étape de WCT 2025, rappelant que la relève tahitienne est plus que jamais en feu.

    Teahupo’o, toujours aussi impitoyable

    Cet épisode rappelle que, même pour un surfeur expérimenté comme Michel, d’ailleurs son frère Kevin Bourez avait connu une blessure grave sur cette même vague en 2014 avec plusieurs fractures à la mâchoire, de sérieuses ouvertures au visage (dont dents cassées, globe oculaire enfoncé et cervicale touchée) et d’un traumatisme crânien….Une histoire de familles.

    Michel Bourez, fidèle à sa mentalité de Spartan, a déjà les yeux tournés vers son retour à l’eau. Bo rétablissement Michel….

  • Hommage à Daniel Lasserre, figure du surf et du barreau bordelais

    Hommage à Daniel Lasserre, figure du surf et du barreau bordelais

    Un passionné de l’océan et du droit

    La communauté du surf français est en deuil. Daniel Lasserre, surfeur de la Côte des Basques et membre actif du Côte des Basques Surf Club, s’est éteint le 11 août 2025 à l’âge de 69 ans, des suites d’une longue maladie. Homme de passion et d’engagement, il incarnait ce lien rare entre le monde des vagues et celui du droit.

    Depuis 2021, il avait choisi de mettre ses compétences au service de la Fédération Française de Surf en tant que responsable bénévole du Comité de discipline d’appel. Fidèle participant aux conférences Surf et Droit, il y apportait sa vision à la fois juridique et profondément humaine, nourrie par son attachement à l’océan et à la communauté surf.

    Un avocat respecté et un homme d’élégance

    Né à Bordeaux, Daniel Lasserre avait prêté serment en 1978 avant de cofonder le cabinet Elige, spécialisé en droit commercial et des affaires. Ancien membre du Conseil de l’ordre (1986-1993), il était reconnu par ses pairs pour son élégance, son éloquence et sa pugnacité. Ses confrères décrivent un homme joyeux, bienveillant, brillant et profondément humain.

    Son nom restera aussi lié à l’affaire Bettencourt, où il a défendu en 2015 le photographe François-Marie Banier aux côtés de Pierre Cornut-Gentille et Laurent Merlet. Mais au-delà des affaires médiatisées, il restera pour le barreau de Bordeaux une figure respectée, un confrère attachant et un esprit rassembleur.

    Un sportif accompli

    Si le surf occupait une place essentielle dans sa vie, Daniel Lasserre était aussi un sportif accompli. Golf, football – qu’il pratiquait au sein de l’équipe du barreau de Bordeaux – ou sorties en montagne, il cultivait un rapport authentique à l’effort et au dépassement de soi. Sa passion pour l’océan l’accompagnait depuis toujours, faisant de lui un visage familier des vagues de la Côte des Basques.

    Un héritage humain et océanique

    Marié et père de deux filles, Daniel Lasserre laisse derrière lui l’image d’un homme à la fois engagé et accessible, un « vieux de la vieille » du surf basque qui n’a jamais cessé de conjuguer passion et professionnalisme. Sa disparition laisse un vide immense, aussi bien sur les bancs du barreau de Bordeaux que sur le sable de la Côte des Basques.

    Ses obsèques ont eu lieu ce mardi 19 août, à l’église Saint-Seurin de Bordeaux.

  • Roseyro & Rebière font briller le surf français à Itacoatiara

    Roseyro & Rebière font briller le surf français à Itacoatiara

    La Praia de Itacoatiara (Niterói, Brésil) vibrait ce dimanche 17 août lors du Itacoatiara Big Wave 2025, rendez-vous incontournable du surf de grosses vagues au Brésil. Si les conditions – des vagues d’environ trois mètres – ont fait débat, l’intensité de la compétition n’a pas déçu. Et dans ce décor électrique, le duo français Clément Roseyro et Éric Rebière a décroché une magnifique deuxième place derrière les intouchables Lucas “Chumbo” Chianca et Pedro Scooby.

    Une performance française de haut vol

    Les juges ont récompensé la constance et l’engagement des deux Français : 12 points au total (7.00 + 5.00), soit le même score que les troisièmes Dylan Longbottom et Lucas Silveira, mais Roseyro/Rebière ont pris l’avantage grâce à une meilleure vague de série.

    Mais c’est surtout un aerial impressionnant de Clément Roseyro qui a électrisé la plage et enflammé les réseaux sociaux. Dans une compétition généralement dominée par des drops massifs et du tow-in engagé, ce move créatif et radical a apporté une touche spectaculaire.

    Une “vraie-fausse” épreuve de grosses vagues

    Le nom du contest pouvait laisser espérer des murs dignes de Nazaré, mais les images montrent plutôt un Itacoatiara en version moyenne : 3 mètres puissants, certes, mais loin des “monstres” auxquels on associe habituellement les big wave riders.
    Pourtant, la bagarre fut réelle. Pedro Scooby, blessé dès les quarts de finale, a serré les dents pour offrir un doublé consécutif à son duo avec Chumbo.

    Les Français confirment leur statut

    Cette 2ᵉ place marque une nouvelle étape pour Éric Rebière, pionnier français du surf de grosses vagues, et Clément Roseyro, qui s’impose peu à peu comme un des riders les plus explosifs et les plus engagés de sa génération. Une belle complémentarité pour les deux surfeurs français.

    Au classement final :

    • 1er : Lucas Chianca & Pedro Scooby – 13.85 pts
    • 2e : Éric Rebière & Clément Roseyro – 12.00 pts
    • 3e : Dylan Longbottom & Lucas Silveira – 12.00 pts
    • 4e : Alemão de Maresias & Lucas Fink – 5.48 pts

    Le Brésil, nouveau terrain de jeu pour les big wave riders ?

    Avec cette 7ᵉ édition, l’Itacoatiara Big Wave s’installe comme un rendez-vous du surf de gros au Brésil. Même si la taille des vagues n’a pas atteint des dimensions “historiques”, l’événement confirme son importance pour la ville de Niterói et pour la scène internationale.

    Et pour la France, voir ses riders sur le podium, avec un aerial déjà culte signé Roseyro, est une preuve supplémentaire que l’Hexagone s’invite désormais régulièrement dans le cercle fermé des big wave hunters.

  • James Kusitino, premier surfeur professionnel fidjien

    James Kusitino, premier surfeur professionnel fidjien

    À la fin du mois d’août 2025, le monde entier aura les yeux rivés sur Cloudbreak, aux Fidji. C’est là que se tiendra l’ultime étape du Championship Tour de la WSL, qui sacrera le nouveau champion du monde de surf. Mais avant même la bataille des titres, l’archipel du Pacifique Sud a déjà son héros : James Kusitino, 16 ans, devenu officiellement le premier surfeur professionnel fidjien.

    Son histoire, c’est celle d’un enfant discret, amoureux de l’océan, qui a grandi dans l’ombre d’une vague longtemps interdite à ses propres compatriotes. Aujourd’hui, il incarne l’espoir d’un peuple et l’émergence d’une nouvelle voix dans le surf mondial.

    L’histoire d’un paradis longtemps interdit

    Dans les années 80, Tavarua Island Resort obtient un bail exclusif sur l’île et… sur ses vagues. Résultat : Cloudbreak, l’une des plus belles gauches de la planète, devient une chasse gardée pour les touristes fortunés et les pros internationaux.

    « J’ai grandi ici, mais je n’ai surfé Cloudbreak qu’à 20 ans », raconte Che Slatter, mentor de James. Les locaux, même Fijien·nes, se faisaient repousser s’ils tentaient de ramer au large.

    Tout change en 2010, lorsque le Premier ministre Frank Bainimarama met fin à l’exclusivité. Cloudbreak s’ouvre enfin au public. Le timing est parfait : cette même année, James, alors âgé d’un an, faisait ses premiers pas sur la plage où travaillait sa mère.

    L’éclosion d’un talent hors norme

    Issu d’une famille modeste — un père militaire, une mère employée d’hôtel — James découvre vite l’océan comme un refuge. À Sigatoka, au bord d’un beachbreak musclé, il apprend à dompter les courants dès l’âge de quatre ans.

    Sa première planche ? Un soft-top offert par une tante. La suivante ? Une board laissée par un pro, trop grande pour lui, mais qui l’oblige à progresser plus vite. Dans l’eau, il se révèle : solide physiquement, intrépide dans les grosses vagues.

    « Les gens demandaient toujours : qui est ce gamin sans peur ? », se souvient sa mère.

    Cloudbreak comme terrain de jeu

    À 7 ans, à peine six ans après son ouverture au public, James met pour la première fois les pieds sur le reef de Cloudbreak. Le coup de foudre est immédiat.

    Obsédé par le surf, il passe ses journées à l’eau et ses soirées devant les vidéos de Jamie O’Brien et Andy Irons. Comme possédé, il développe un style brut et fluide, mélange d’instinct et de travail acharné.

    « Suivez James dans le line-up », conseille son mentor Che. « Même si vous ne voyez rien, lui sent quand une vague arrive. »

    Un chemin semé d’embûches

    Devenir surfeur pro aux Fidji n’a rien d’évident. Le matériel est rare, l’essence pour les bateaux coûte cher, et les boards cassées sont un luxe difficile à remplacer.

    James lave la vaisselle, balaie des restaurants, dort dans des voitures pour économiser de quoi payer ses sessions. Sa famille, consciente de son talent, prend un pari fou : l’extraire du système scolaire après la 8e année pour lui laisser sa chance.

    « Ce n’est pas un risque », assure son père. « S’il échoue, il sera pêcheur ou capitaine de bateau. La mer lui donnera toujours du travail. »

    De l’ombre à la lumière

    Le déclic arrive grâce à une simple vidéo Instagram. Un clip partagé par Hunter Martinez montre James se calant dans un tube parfait à Cloudbreak. Son style unique attire immédiatement l’attention de Craig Anderson, qui le recommande à Former, la marque fondée par Dane Reynolds et lui-même.

    En juillet 2025, James signe officiellement son premier contrat professionnel. Fidji a enfin son premier surfeur pro.

    Pour lui, c’est un rêve éveillé : « Bula vinaka, Former ! Merci Craig et Dane, c’est un rêve qui devient réalité. »

    L’avenir d’un pionnier

    L’histoire ne fait que commencer. Soutenu par sa communauté, James prépare déjà des voyages à Teahupo’o et à Hawaii. Ses objectifs ? Pipeline, Waimea, et un jour, participer au légendaire Eddie Aikau.

    Craig Anderson ne tarit pas d’éloges : « James est le jeune surfeur le plus doué que j’ai vu à 16 ans. Dans les vagues de conséquence, il est dans son propre monde. »

    Avec la finale WSL 2025 qui se jouera à Cloudbreak, James aura une tribune rêvée pour briller devant la planète surf. Mais quoi qu’il arrive, il a déjà changé l’histoire de son pays.

    À 16 ans, James Kusitino n’est pas seulement un prodige. Il est un pionnier, symbole d’une génération de Fidjiens qui, après des décennies d’exclusion, prennent enfin place dans leur propre line-up. Et si Cloudbreak a souvent couronné les plus grands, il pourrait bien être le tremplin d’un futur champion issu des îles.

  • Un manchot surfeur en Afrique du Sud fait le show, comme ses cousins phoques au Cap Ferret

    Un manchot surfeur en Afrique du Sud fait le show, comme ses cousins phoques au Cap Ferret

    On connaissait les compétitions de surf avec des chiens en Californie. On connaissait You et Off, les phoques stars du Bassin d’Arcachon, toujours prêts à squatter les planches des surfeurs girondins. Voici maintenant… le manchot qui surfe en Afrique du Sud !

    Une rencontre incroyable à Cape Town

    La scène a été filmée sur un beach break du Cap. Le photographe qui accompagnait la session raconte : « J’ai eu des interactions avec des dauphins, des phoques, des baleines, même des requins… mais jamais un manchot n’était venu se joindre à nous. »
    Sorti de nulle part, l’animal s’approche des surfeurs, grimpe sur une planche, puis sur l’épaule d’un surfeur équipé d’une caméra. Pas stressé pour un sou, le manchot semblait chercher de la compagnie… et de l’action.

    Quand le manchot prend la vague

    Entre deux séries, l’oiseau aquatique utilisait carrément l’énergie des vagues pour se faufiler parmi les surfeurs. Pendant quelques instants, tout le monde a eu l’impression qu’il essayait, lui aussi, de « rider » la houle du Cap. Un moment surréaliste, mais surtout plein de tendresse.

    Des cousins sur la côte atlantique

    Cette rencontre rappelle les frasques de You, le phoque au pelage doré devenu une célébrité du Médoc et du Bassin d’Arcachon, et de son « cousin » Off, repéré récemment au Cap Ferret. Ces phoques ont fait la joie des surfeurs, grimpant sans gêne sur leurs planches.
    Des images qui montrent que la glisse n’est pas qu’une affaire d’humains.

    Un rappel essentiel

    Derrière la magie de la scène, le message reste clair : ces animaux sauvages vivent sous la pression humaine – surpêche, pollution, urbanisation. Les manchots du Cap sont particulièrement menacés. Les surfeurs, comme tous les amoureux de l’océan, ont un rôle à jouer pour protéger leur terrain de jeu… et celui de ces compagnons imprévus.

  • Hommage à Pua Raiponi, surfeur et photographe de Toahotu

    Hommage à Pua Raiponi, surfeur et photographe de Toahotu

    Il y a des disparitions qui résonnent bien au-delà d’une famille ou d’un village. Celle de Pua Raiponi, survenue dans sa 39ème année, a profondément touché la communauté de Toahotu, mais aussi le monde du surf à Tahiti. Né le 27 août 1985, il a grandi sur cette terre du sud de l’île, bercé par les traditions polynésiennes et le bruit des vagues qui façonnent la vie locale.

    Un homme attaché à sa culture

    Pua Raiponi n’était pas seulement un passionné de glisse, il était aussi un fils de Toahotu profondément attaché à sa culture. Respectueux des normes polynésiennes, toujours proche de sa grande famille, il incarnait ce lien fort entre les racines et la modernité, entre l’océan et la terre. Ceux qui l’ont connu se souviennent de sa générosité, de sa bienveillance et de cette simplicité qui faisait de lui un homme apprécié de tous.

    Il laisse derrière lui une famille aimante : sa mère, Marie-Rose, ses sœurs Orama et Moena, mais surtout sa fille unique, Teahinui, véritable lumière de sa vie.

    Passionné de surf et d’images

    Au-delà de l’eau, Pua avait un autre regard : celui du photographe. Avec son appareil, il a immortalisé des instants précieux de la vie polynésienne et surtout des vagues mythiques de Teahupo’o, ce spot légendaire qui fait battre le cœur du surf mondial. Ses clichés, partagés au fil des années, témoignaient d’une sensibilité particulière pour l’océan et pour la beauté brute de sa terre natale.

    Dans ses images, on retrouvait ce mélange de puissance et de douceur qui le caractérisait lui-même. Comme une extension de son âme, son objectif captait à la fois la démesure des vagues et la fragilité des instants suspendus.

    Un hommage émouvant à Teahupo’o

    La disparition de Pua Raiponi a bouleversé la communauté du surf polynésien. Après une première haie d’honneur organisée plus tôt dans la semaine, un ultime hommage lui a été rendu le dimanche 24 août 2025 au PK 0 de Teahupo’o.
    Ce jour-là, le parking était exceptionnellement ouvert, non pas pour une houle attendue, mais pour saluer une dernière fois celui qui avait l’habitude d’affronter la vague mythique.

    Amis, habitants, surfeurs et rameurs de va’a se sont rassemblés en nombre pour un moment de recueillement. Certains sont restés sur le rivage, d’autres se sont élancés dans le lagon pour former un cercle en sa mémoire. Cet hommage, initié par le surfeur Matahi Drollet et soutenu par le président de la Fédération tahitienne de surf, Max Wasna, a montré combien Pua était aimé et respecté.

    Une disparition douloureuse

    La nouvelle de son décès a plongé Toahotu, Faa’a et toute la communauté polynésienne dans une grande tristesse. Les familles Pua, Chambo, Afo, Vehiatua, Roopinia, Utia, Chapman, Lemaire, Jean, Faehau, Holman et leurs proches ont exprimé leur douleur, tout en demandant respect et recueillement dans ces moments difficiles.

    Les circonstances exactes de sa disparition restent encore à éclaircir, et la famille appelle chacun à ne pas se laisser emporter par les rumeurs. Les obsèques seront organisées prochainement, lorsque son corps aura pu être rendu aux siens.

    Un héritage à travers la mémoire et les images

    Si la vie de Pua Raiponi s’est arrêtée trop tôt, son souvenir continue de vibrer à travers ceux qui l’ont aimé et les images qu’il a laissées. Ses photos de Teahupo’o resteront comme un témoignage sincère d’un homme qui savait regarder l’océan autrement.

    À travers lui, c’est aussi une part de la culture surf de Tahiti que l’on célèbre : une culture faite d’océan, de famille, de respect et de transmission.

    Que son repos soit doux comme son cœur fut bon.

  • Le swell cyclonique Erin : premières vagues XXL en vue sur l’Atlantique

    Le swell cyclonique Erin : premières vagues XXL en vue sur l’Atlantique

    Mise à jour du dimanche 24 août : Erin, l’ouragan qui enflamme l’Atlantique sans battre tous les records

    Erin a bien tenu ses promesses en devenant le premier ouragan majeur de la saison 2025, atteignant même la catégorie 5. Mais contrairement à certaines prévisions surréalistes, la tempête n’a pas généré de vagues de 100 pieds sur la côte Est américaine. La réalité est plus nuancée : de grosses conditions, parfois extrêmes, mais loin des exagérations. Et désormais, c’est au tour de l’Europe et de la France de guetter l’arrivée de la houle.

    Erin atteint la catégorie 5

    Né au large du Cap-Vert, Erin a parcouru l’Atlantique jusqu’aux Caraïbes avant de remonter vers le nord. Les conditions étaient “quasi parfaites” selon Alex DaSilva, expert d’AccuWeather : eaux chaudes, atmosphère stable et trajectoire dégagée ont permis au système de s’intensifier jusqu’au stade d’ouragan catégorie 5, le maximum de l’échelle Saffir-Simpson.

    Heureusement, Erin est resté loin des terres, à plusieurs centaines de kilomètres de la côte Est des États-Unis. Les conséquences ont surtout été des vagues puissantes, des courants dangereux et des conditions tempétueuses sur les plages, de la Floride au Canada atlantique.

    Pas de “100 pieds” sur la côte Est

    Ces derniers jours, certains modèles avaient annoncé des vagues pouvant dépasser les 100 pieds (plus de 30 mètres) – un chiffre qui a immédiatement fait le buzz. Dans les faits, ces estimations concernaient uniquement les zones proches de l’œil du cyclone, loin des zones surfables.

    Les observations réelles montrent bien des vagues impressionnantes pour la saison, mais rien d’inédit par rapport aux grands swells cycloniques de l’Atlantique. Des sets de 20 à 25 pieds (6 à 8 mètres) ont été relevés sur certains secteurs, mais la fameuse barre des 100 pieds ne concerne pas nos spots.

    En résumé : Erin a été un ouragan majeur et dangereux, mais il n’a pas battu tous les records.

    La suite : l’Europe dans la ligne de mire

    D’après Surfline et Windguru, Erin va poursuivre sa route vers le nord-est et se transformer en cyclone extratropical puissant dans l’Atlantique Nord. Résultat : une houle longue période va se propager jusqu’en Europe.

    • Premières lignes en France : lundi soir sur la façade atlantique.
    • Pic attendu mardi soir : vagues massives, entre 3 et 4 mètres sur la côte landaise et girondine, potentiellement plus sur certaines plages exposées.
    • Orientation très ouest : ce qui favorise les spots landais et girondins, avec des lignes consistantes mais parfois fermantes sur les beach breaks.
    • Vent prévu : faible onshore sur la majorité des spots mardi et mercredi. Une fenêtre prometteuse mercredi matin pourrait offrir quelques belles sessions avant que les conditions ne se dégradent à nouveau.

    Un swell pour surfeurs aguerris

    Avec une telle taille et une telle puissance, les conditions annoncées en France ne sont clairement pas pour tout le monde.

    • Les beach breaks risquent d’être submergés par des murs d’eau rapides ou plutôt qui ferment, et difficiles à surfer.
    • Les reefs et points plus abrités pourraient au contraire proposer des vagues de qualité.
    • Les courants, le shorebreak et la vitesse des vagues imposeront une vigilance maximale.

    Le double visage d’Erin

    Erin illustre une fois de plus la dualité des houles cycloniques : d’un côté, des surfeurs galvanisés à l’idée de scorer une session hors norme en plein mois d’août ; de l’autre, des conditions dangereuses pour les baigneurs, les plaisanciers et même certains riders trop téméraires.

    L’ouragan a marqué l’histoire par son intensité (catégorie 5), mais restera peut-être davantage comme un swell consistant et solide, sans basculer dans l’extravagance annoncée par certains.

    La mise à jour du dimanche 24 août remet les pendules à l’heure : Erin a atteint un stade exceptionnel au large de l’Atlantique, mais sans livrer les “100 pieds” promis. Pour les surfeurs européens, le rendez-vous est pris dès mardi, avec deux jours de vagues puissantes sur la côte française.
    Entre excitation et prudence, la saison cyclonique 2025 est désormais bel et bien lancée.

    La saison cyclonique 2025 démarre fort : Erin, désormais classé ouragan, sème déjà l’excitation dans la communauté surf. Sur les modèles météo, la tempête promet une houle impressionnante, avec des périodes dépassant les 22 secondes et même, selon certains scientifiques, des vagues de plus de 100 pieds au large du centre. Mais avant de waxer les planches, rappelons-le : on parle de prévisions à long terme, et un cyclone reste un phénomène capricieux.

    Erin, le premier ouragan de la saison

    Né à l’ouest des îles du Cap-Vert, Erin a débuté son parcours comme une simple dépression tropicale. Rapidement, le système s’est organisé pour devenir tempête, puis ouragan de catégorie 1. Sa trajectoire actuelle le mène vers les Caraïbes, avec un recourbement attendu au nord-est au large de la côte Est américaine la semaine prochaine.

    Les conditions océaniques et atmosphériques sont favorables : températures élevées de l’eau, faible cisaillement du vent et environnement propice à son intensification. De nombreux modèles s’accordent pour prédire qu’Erin atteindra au moins la catégorie 2, voire la catégorie 3, ce qui en ferait un premier cyclone majeur pour l’Atlantique en 2025.

    Des prévisions longues… et incertaines

    Si les projections météo sont enthousiasmantes pour les surfeurs, il faut aussi garder les pieds (et la planche) sur terre : un swell cyclonique est par nature imprévisible.
    Il suffit qu’Erin infléchisse sa route — que ce soit vers le nord, le sud, ou en se désorganisant — pour que la houle prévue ne touche jamais nos côtes.

    Les différents modèles montrent d’ailleurs une dispersion importante à long terme : un signe clair que le scénario idéal pour le surf est loin d’être garanti. Les prévisions fiables ne se feront que quelques jours avant l’arrivée effective du swell.

    Une houle hors norme annoncée

    Ce qui interpelle déjà sur Erin, ce sont les données brutes des premières cartes de prévisions.
    En suivant Windguru et d’autres modèles, on observe une longueur de houle inédite, avec une période annoncée de plus de 22 secondes. Pour situer :

    • Un swell de 10 à 12 secondes est déjà solide sur la plupart des spots.
    • Au-delà de 18 secondes, les vagues arrivent avec une puissance et une vitesse impressionnantes.
    • À 22 secondes, on parle d’une période de vague exceptionnelle. Rappelons qu’on considère une houle longue à partir de 10 secondes d’intervalle, alors 22 secondes, on est sur une autre planète

    Qui pourrait profiter de la houle d’Erin

    Si le scénario optimiste se confirme, l’ordre d’arrivée des vagues pourrait être :

    1. Caraïbes orientales – Spots comme Barbados ou la Martinique pourraient recevoir les premières lignes dès le lendemain.
    2. Côte Est des États-Unis – De la Floride à New York, avec un pic attendu entre le début et le milieu de semaine prochaine selon la trajectoire.
    3. Europe – Si Erin recourbe suffisamment tôt vers le nord-est, il est possible que l’Atlantique Nord envoie un “rebound swell” vers l’Irlande, le Pays basque ou le Portugal en fin de mois.

    Mais encore une fois : cette projection reste hypothétique et dépendra de la capacité du cyclone à rester en mer, loin des terres.

    Le débat des “100 pieds”

    Les projections autour d’Erin ont même déclenché une petite polémique scientifique.
    Jean-Raymond Bidlot, chercheur au Centre Européen pour les Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (ECMWF), avance que les modèles indiquent des vagues significatives de plus de 50 pieds, et même des vagues isolées dépassant 100 pieds au cœur du système.
    Un chiffre qui frappe les esprits, mais qu’il faut replacer dans son contexte : ces monstres d’eau n’atteindront évidemment pas New Jersey ou la Floride, ils concernent la zone la plus proche de l’œil du cyclone.

    De son côté, Alex DaSilva, expert ouragans chez AccuWeather, tempère : 100 pieds ne seraient envisageables qu’avec un Erin en catégorie 4 ou 5. Plus réaliste selon lui : des vagues de 50 à 75 pieds au centre, si Erin atteint la catégorie 3.
    Ce contraste illustre bien la nature des prévisions cycloniques : entre fantasmes et prudence, la vérité se situe souvent quelque part au milieu.

    Les précédents : Bill 2009, Larry 2021…

    Les swells cycloniques qui restent offshore sont souvent les plus généreux. Larry en 2021 ou Bill en 2009 ont offert plusieurs jours de vagues parfaites sur la côte Est américaine et jusqu’en Europe.
    À l’inverse, Floyd en 1999, passé près des côtes, n’avait offert que quelques heures de bonnes conditions avant que tout tombe à plat, balayé par le vent.

    L’idéal pour les surfeurs : un cyclone qui trace loin au large, générant une houle constante et propre.

    Beach breaks et vagues fermées

    Avec une telle période, les surfeurs de beach breaks en France devront s’attendre à de longues lignes droites, des bons closiers comme on aime dire. Les points breaks et reefs profonds seront plus à même de canaliser cette puissance pour offrir des vagues surfables.
    Un swell avec une période aussi longue est un vrai cauchemar pour les surfeurs, car on peut voir des vagues parfaites, des grandes lignes sur un beau plan d’eau, mais avec des vagues qui ferment sur des kilomètres.

    NOAA alerte sur les dangers

    Au-delà du surf, les autorités rappellent les risques. La NOAA a publié un communiqué :
    “Les houles générées par Erin commenceront à affecter les îles du nord des Caraïbes, les îles Vierges et Porto Rico dès ce week-end, et devraient s’étendre à l’Atlantique occidental la semaine prochaine. Ces houles sont susceptibles de provoquer des conditions de surf et de courants dangereux pouvant mettre la vie en danger.”

    Un rappel essentiel : les houles cycloniques ne sont pas un terrain de jeu. Elles entraînent de puissants courants de baïnes, des shorebreaks destructeurs et des séries imprévisibles. Chaque année, des accidents surviennent parmi ceux qui surestiment leurs capacités ou ignorent les avertissements.

    Le double visage des ouragans

    C’est là toute l’ambiguïté des swells cycloniques. D’un côté, ils excitent les surfeurs, brisant la monotonie estivale avec des sessions mémorables, parfois historiques. De l’autre, ils menacent les côtes, les populations et les infrastructures.
    Comme le résumait un surfeur à propos d’Hurricane Floyd en 1999 : “Un jour parfait, le lendemain, plus rien.”
    Avec Erin, tout reste possible : un swell d’anthologie si le système reste offshore, ou des dégâts humains et matériels si la trajectoire change.

    Erin vient tout juste de débuter son voyage à travers l’Atlantique, et déjà les regards sont tournés vers lui. Premières houles ce week-end dans les Caraïbes, possible bombe surf sur la côte Est américaine, et peut-être un cadeau de fin d’été pour l’Europe.
    Mais gardons en tête la nature imprévisible de ces phénomènes : un simple changement de trajectoire, et toutes ces projections s’évanouissent.

    Alors, entre excitation et vigilance, une seule certitude : Erin marque un début de saison cyclonique qui ne laissera personne indifférent.

  • Jason Momoa, l’Aquaman qui a failli se noyer à Maui

    Jason Momoa, l’Aquaman qui a failli se noyer à Maui

    Héros invincible dans les profondeurs marines à l’écran, Jason Momoa a connu un tout autre scénario dans la vraie vie. Lors d’une session de paddle dans des vagues monstrueuses sur l’île de Maui, l’acteur d’Aquaman a vu sa vie défiler… au point de promettre un changement radical.

    Une sortie qui tourne au cauchemar

    En 2007, bien avant de porter la couronne du roi d’Atlantis au cinéma, Jason Momoa décide de relever un défi : une traversée de 13 miles le long de la côte de Maui, en passant par le mythique spot de Peʻahi, alias Jaws. Ce jour-là, les conditions sont extrêmes : vent violent, vagues de 10 pieds hawaïens, courant puissant.

    À mi-parcours, alors qu’il est à environ un kilomètre au large, son leash casse. Sa planche disparaît dans l’écume. « Je ne pouvais même plus la voir », raconte-t-il dans le podcast SmartLess. Pire encore, il se retrouve dans une zone où personne ne le repère, malgré ses appels au secours.

    Quand le corps lâche

    Après de longues minutes à encaisser les séries, l’épuisement gagne. « Mes bras et mes jambes ont lâché. Mon corps s’est arrêté. »
    Momoa se met à dériver, incapable de se déplacer, la tête à peine hors de l’eau pour respirer. Il pense alors à sa fille Lola, âgée de seulement trois mois. « J’ai perdu pied mentalement. J’ai cru que c’était fini. »

    Un ami finit par le repérer, mais le chemin du retour est un autre combat : courants contraires, nouvelles chutes, pieds en sang et sept miles restants à parcourir. « J’ai ramé avec mes ancêtres dans la tête. »

    Une rencontre providentielle avec Laird Hamilton

    Selon certaines versions du récit, c’est la légende du big wave surfing, Laird Hamilton, qui serait intervenu pour l’aider à se sortir de cette situation. Ensemble, ils affrontent les vagues avant de rejoindre la côte, lessivés mais vivants.

    La leçon de vie qui a tout changé

    Cet accident a laissé des marques profondes. Pas seulement physiques. Ce jour-là, Jason Momoa arrête définitivement de fumer, lui qui consommait deux à trois paquets par jour. « Je n’ai pas pu arrêter pour mes enfants, ni pour mon ex, mais après ça, j’étais mort à l’intérieur. Je n’ai jamais retouché une cigarette. »

    Ironie du destin

    Difficile de ne pas relever la dimension ironique : celui qui incarne Aquaman, le roi des océans, a bien failli y laisser sa vie. Une piqûre de rappel que, peu importe l’entraînement ou la célébrité, la mer reste la seule et vraie maîtresse du jeu.

  • William Aliotti face au plus gros Uluwatu de l’année

    William Aliotti face au plus gros Uluwatu de l’année

    Le surfeur français William Aliotti n’a jamais caché son goût pour les lignes de vagues puissantes et les planches qui sortent de l’ordinaire. Basé entre l’Europe, les Caraïbes et l’Indonésie, il a bâti sa réputation sur un surf fluide, créatif et sans compromis. Début août 2025, il s’est offert un défi à la hauteur de sa réputation : affronter le plus gros swell de l’année à Uluwatu, Bali, sur un twin asymétrique signé Ryan Lovelace.

    Une session d’exception

    Le mercredi 6 août 2025, un train de houle massif s’abat sur l’archipel indonésien. Les prévisions annoncent un Uluwatu XXL, avec des séries solides qui réveillent toute la puissance de la célèbre gauche. Plutôt que de sortir un gun classique, William opte pour sa 5’10” Asym Twin, une planche atypique aux courbes dissymétriques, taillée pour combiner vitesse et liberté.

    « C’était le plus gros Uluwatu que j’ai jamais surfé », explique-t-il. « Insensé et intense, certaines vagues comptent parmi les plus grosses que j’ai jamais prises là-bas. Ça m’a rappelé le snowboard. » Une comparaison qui prend tout son sens : lignes longues, virages puissants et sensation de glisse fluide, le tout avec un engagement total.

    Le style Aliotti

    Le style est une notion insaisissable : difficile à définir, mais évident à reconnaître. Chez William Aliotti, il se traduit par une combinaison unique de vitesse, puissance et flow, agrémentée de cette touche personnelle qui rend chaque manœuvre différente. Dans les murs d’eau massifs d’Uluwatu, son approche prend une dimension supplémentaire : placement précis, trajectoires tendues et variations de rythme qui transforment chaque vague en terrain de jeu.

    Ce qui surprend dans cette session, c’est la taille de la planche de surf. Surfer des vagues massives, pleines d’eau en petite planche est tout sauf anodin. William pousse depuis quelques années les limites des Twin-Fins. Le résultat ? Des bottoms engagés suivis de carves appuyés, le tout avec une fluidité qui contraste avec la violence du spot ce jour-là.

    Plutôt que de suivre les standards imposés par les compétitions, il choisit ses planches, ses vagues et ses projets en fonction de ce qu’il veut exprimer. Ce choix assumé lui a permis de développer une identité forte, respectée autant par ses pairs que par les passionnés. Un des seuls surfeurs français à avoir une réputation au niveau international.

    Cette session à Uluwatu illustre parfaitement cette philosophie : un swell historique, une planche atypique, et un style qui, plus que jamais, fait la différence.

  • Teahupo’o 2025 : Picklum et Robinson sacrés… mais la polémique enfle

    Teahupo’o 2025 : Picklum et Robinson sacrés… mais la polémique enfle

    TEAHUPO’O (Tahiti) – L’édition 2025 du Lexus Tahiti Pro Presented by I-SEA a offert un spectacle incroyable dans des tubes massifs de 2 à 2,5 m, sacrant l’Australienne Molly Picklum et son compatriote Jack Robinson. Mais derrière les sourires des vainqueurs, la compétition a aussi été marquée par de vives critiques sur l’arbitrage.

    Picklum et Robinson en patron

    Chez les femmes, Molly Picklum a dominé la finale face à la championne du monde en titre Caity Simmers (17,26 à 4,94), signant sa première victoire à Tahiti et consolidant sa place de n°1 mondiale avant les WSL Finals à Fidji. « C’est là que les rêves deviennent réalité », a-t-elle déclaré, rayonnante sur le podium.

    Côté hommes, Jack Robinson a créé la sensation. Obligé de gagner pour se qualifier dans le Final 5, il a enchaîné les tubes parfaits jusqu’en finale, où il a battu Griffin Colapinto (16,90 à 13,67). Robinson rejoint ainsi l’élite des multi-vainqueurs à Teahupo’o, aux côtés d’Andy Irons et Kelly Slater.

    Les Final 5 sont désormais connus :

    • Hommes : Yago Dora, Jordy Smith, Griffin Colapinto, Jack Robinson, Italo Ferreira
    • Femmes : Molly Picklum, Gabriela Bryan, Caity Simmers, Tyler Wright, Caroline Marks

    Les titres de Rookie of the Year reviennent à Erin Brooks (CAN) et Marco Mignot (FRA).

    Marco Mignot, héritier d’une tradition française

    Parmi les autres belles histoires de cette édition, le Français Marco Mignot décroche le titre de Rookie of the Year 2025. Une performance qui rappelle celle de Jérémy Florès, sacré meilleur débutant en 2007 avant de devenir l’un des visages du surf français sur le Tour.

    Mignot, installé dans le Top 16 pour sa première année, a prouvé qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs sur les vagues les plus exigeantes du monde. À seulement 24 ans, il s’inscrit déjà dans la lignée des Français capables de marquer l’histoire du surf pro.

    La série qui a tout déclenché

    Dès le Round of 16, la série Griffin Colapinto vs João Chianca (15.00 – 14.97) a fait grincer des dents.
    Chianca, éliminé pour trois centièmes, a parlé d’une « blague » sur Instagram, tout en respectant la WSL. Gabriel Medina a enfoncé le clou en appelant à « plus d’unité entre les surfeurs ». Plusieurs pros, dont Lucas Chumbo et Caio Ibelli, ont affiché leur soutien.

    Le point de discorde : une vague de Griffin notée 7,23, jugée par beaucoup inférieure à celle de Chianca.

    Et puis… l’affaire Kauli Vaast

    En quart de finale, le Tahitien Kauli Vaast affrontait Crosby Colapinto, frère de Griffin.
    Une vague notée 7,87 pour Vaast – selon beaucoup, la meilleure de la série – n’a pourtant pas été considérée comme le meilleur score. Les juges ont attribué la note décisive à Crosby sur sa dernière vague, jugée par certains moins impressionnante.

    De quoi relancer un vieux débat : l’avantage du frontside à Teahupo’o est-il surcompensé quand on juge un surfeur backside ?

    Entre gloire et frustration

    Si Picklum et Robinson célèbrent leur triomphe, ces polémiques sur l’arbitrage viennent rappeler que le surf pro reste un sport jugé… donc sujet aux débats passionnés. Et à quelques semaines des WSL Finals à Cloudbreak, la tension ne risque pas de retomber.

    Résultats officiels

    Finale femmes
    1 – Molly Picklum (AUS) 17,26
    2 – Caity Simmers (USA) 4,94

    Finale hommes
    1 – Jack Robinson (AUS) 16,90
    2 – Griffin Colapinto (USA) 13,67

  • Lakey Peterson victime d’un incident choquant à Lower Trestles

    Lakey Peterson victime d’un incident choquant à Lower Trestles

    Une session qui vire à l’incident

    Lakey Peterson, ancienne n°2 mondiale et l’une des surfeuses les plus respectées du circuit, a vécu une scène improbable à Lower Trestles, spot mythique de San Clemente (Californie). Dans une récente vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, on voit l’Américaine de 30 ans surfer une droite tranquille, avant qu’un surfeur tente de lui braquer la vague, puis dans un geste désespéré, il tente de faire tomber la surfeuse, en voulant la pousser ou lui accrocher le leash.
    Un geste totalement incompréhensible, immortalisé par la caméra et qui a rapidement déclenché une avalanche de réactions outre atlantique.

    Une manœuvre dangereuse et… incompréhensible

    Les images montrent Lakey, fluide et engagée, en train de dérouler sur sa planche Channel Islands, parfaitement adaptée aux petites vagues du jour. Soudain, un surfeur qui semblait vouloir la “braquerr” (prendre sa vague) saute dans l’eau à quelques centimètres d’elle.
    Résultat : frayeur immédiate, mais plus de peur que de mal. Lakey ne chute pas et ne subit aucune blessure. “Je ne peux pas croire qu’il ait vraiment fait ça”, réagit-elle dans les commentaires.

    Les réseaux s’enflamment, comme d’habitude

    La vidéo, partagée sur YouTube, a rapidement suscité un flot de messages de soutien.
    « Je pensais que l’image était photoshopée, je n’arrive pas à croire qu’il ait vraiment fait ça », écrit un abonné.
    « Rien de pire qu’un type qui essaie de te griller la priorité et qui, en plus, tombe à l’eau », ironise un autre.
    Plusieurs internautes avancent que l’homme pourrait être un militaire de la base voisine de Camp Pendleton, un lieu d’où proviennent régulièrement des surfeurs sur les spots alentours.

    La question du respect à l’eau

    Cet incident relance un débat récurrent dans le surf durant l’été : celui du respect et des règles de priorité. En surf, le rider le plus proche du pic (point de déferlement) a la priorité sur la vague. Ignorer cette règle peut provoquer des collisions dangereuses.
    Ici, le geste semble aller au-delà d’une simple erreur, puisque le surfeur saute volontairement sur Lakey pour la faire chuter.
    Bien évidemment, sur internet, les polémiques s’enchainent avec des commentaires du style « Lakey s’est retrouvée face à un comportement machiste, une “manifestation de patriarcat”. Moi je n’y vois rien de plus qu’un surfeur frustré. La scène illustre aussi la réalité de certains line-ups surpeuplés, où la tension peut monter rapidement.

    Un rappel nécessaire

    Si l’histoire fait sourire certains par son côté absurde, elle rappelle surtout que le surf est un sport où la sécurité dépend du respect mutuel. Dans un line-up bondé, un geste imprévisible peut avoir de lourdes conséquences.
    Pour Lakey, c’est heureusement un “non-incident” sur le plan physique, mais une expérience de plus qui souligne l’importance du respect des règles à l’eau… et de savoir garder son calme.

  • Dale Webster, le surfeur aux 14 641 jours consécutifs à l’eau, s’est éteint

    Dale Webster, le surfeur aux 14 641 jours consécutifs à l’eau, s’est éteint

    Le monde du surf vient de perdre l’une de ses figures les plus singulières et inspirantes. Dale Webster, surnommé Daily Dale ou Daily Wavester, est décédé à l’âge de 77 ans. Cet Américain de la côte nord-californienne détient un record qui semble tout simplement imbattable : 14 641 jours de surf consécutifs, soit plus de 40 années sans manquer une seule session.

    Un début de légende en 1975

    Né en 1948 à Alhambra, Californie, Dale découvre le surf à 13 ans, en 1961. Mais c’est en septembre 1975, à Bodega Bay, que sa destinée se scelle. Une houle historique, surnommée The Monster From New Zealand, frappe la côte pendant une semaine entière. Dale surfe chaque jour, puis se lance un défi : continuer jusqu’à atteindre 100 jours consécutifs.

    Une fois ce cap franchi, il décide de prolonger l’expérience jusqu’à un an… puis deux… puis une vie entière. Ce qui n’était au départ qu’un jeu devient une véritable mission.

    Un exploit hors du commun

    De 1975 à 2015, Dale Webster n’a jamais manqué un seul jour à l’eau. Pluie, tempêtes hivernales, eau glaciale à 10 °C, requins blancs, maladies, opérations médicales… rien ne l’a arrêté.

    Sa règle était simple : trois vagues jusqu’à la plage, en traînant le dérive dans le sable, à la manière de son idole Phil Edwards. Cette routine, il l’a répétée pendant quatre décennies, totalisant plus de 43 000 vagues.

    Les sacrifices d’une vie dédiée au surf

    Pour maintenir sa série, Dale a bâti toute son existence autour de l’océan. Pas de vacances à l’intérieur des terres, pas de travail qui empiète sur ses sessions. Il a surfé le jour où il a perdu sa femme, affronté les hivers rudes de la Californie du Nord et même bravé les douleurs des calculs rénaux.

    Son dévouement lui a valu l’admiration du monde du surf. Kelly Slater lui-même a salué sa persévérance, le décrivant comme “extraordinaire” dans un post Instagram.

    La fin d’une ère

    Le 5 octobre 2015, Dale est contraint de mettre fin à son incroyable série en raison d’une opération. Mais il continue à surfer régulièrement jusqu’à la fin de sa vie, toujours fidèle à son mantra : « Le seul objectif dans la vie est de la surfer jusqu’au bout et de tenter d’en comprendre le sens. »

    Un héritage inégalable

    Dale Webster restera dans l’histoire comme le surfeur le plus constant de tous les temps. Plus qu’un record, son parcours est un hymne à la passion pure, à la discipline et à la joie simple d’être dans l’eau.

    Dans un monde où tout va vite, il nous laisse une leçon intemporelle : parfois, la plus belle réussite est de rester fidèle à ce que l’on aime, jour après jour, vague après vague.

  • L’International Surf Film Festival 2025 : 21 ans d’images et de passion à Anglet

    L’International Surf Film Festival 2025 : 21 ans d’images et de passion à Anglet

    Face à l’océan, sur l’emblématique site de la Chambre d’Amour, l’International Surf Film Festival revient du 27 au 30 août 2025 pour sa 21ᵉ édition. Pendant quatre jours, les passionnés de glisse et de belles images se retrouvent autour de projections gratuites en plein air, de concerts, d’expositions et de rencontres avec celles et ceux qui font battre le cœur du surf.

    Une histoire née à Saint-Jean-de-Luz

    Créé en 2004 par Bruno Delaye, le festival a vu le jour à Saint-Jean-de-Luz, avec une ambition claire : offrir au film de surf la reconnaissance qu’il mérite en Europe. À une époque où les réalisateurs regorgeaient de créativité, mais peinaient à trouver une audience, cet événement est devenu une vitrine unique. Rapidement installé à Anglet, il a su s’imposer comme le rendez-vous incontournable des amoureux de glisse et de cinéma.

    Une programmation éclectique et internationale

    Pour cette édition 2025, le festival propose plus de 30 films venus des quatre coins du monde, mêlant documentaires, portraits, voyages et performances. Parmi les œuvres à ne pas manquer :

    • The Life and Death of Westerly Windina (USA) – Le récit poignant de Peter Drouyn, icône du surf australien, dans sa transformation en Westerly Windina.
    • Dos au Mur (France) – Une immersion intime dans la vie de Jérémy Florès, entre combats personnels et détermination à toute épreuve.
    • A Letter from Antarctica (Australie) – Surf, amitié et prise de conscience environnementale sur le continent blanc.
    • Some Like It Classic (France) – Sept ans d’images en 16 mm, retraçant l’histoire du longboard sur fond de jazz.
    • Virei (Portugal) – Un voyage au cœur du surf angolais, entre histoires et avenir.

    Chaque soir, le public pourra profiter de projections sur écrans géants en plein air, gratuitement, dans une ambiance unique où le bruit des vagues se mêle aux images.

    Un jury prestigieux et engagé

    Cette année, c’est Clément Roseyro, waterman et surfeur de grosses vagues, qui présidera le jury. À ses côtés, des personnalités comme Marie-Pierre Abgrall (première Française sur le CT), Paco Grande (journaliste RTVE), Marine Lebreton (Rip Curl Europe) ou encore l’artiste plasticien Fabien Cayeré. Leur mission : décerner 7 prix lors de la cérémonie de clôture.

    Plus qu’un festival, une expérience

    Au-delà des films, l’International Surf Film Festival, c’est aussi un village des partenaires, des expositions, et une belle place faite à la musique. Cette année, la scène du Jardin de la Grotte accueillera :

    • The Suns of Beaches (27 août) – Pour une ambiance surf & fun façon années 80-90.
    • Franck & Damien (28 août) – Un duo folk-rock inspiré des grands espaces.
    • The Old Bones (29 août) – Rock énergique et intemporel.
    • Zeze (30 août) – Voyage musical entre instruments du monde et électro.

    Un festival ouvert à tous

    L’un des charmes du festival, c’est son accès libre. Que l’on soit surfeur confirmé, amateur de cinéma ou simple curieux, on peut s’installer sur les pelouses de la Chambre d’Amour, se laisser emporter par les images, puis échanger avec les réalisateurs et protagonistes.

    21 ans d’émotions et de rencontres

    En deux décennies, l’International Surf Film Festival a vu défiler des figures majeures de la scène mondiale, projeté des centaines de films et inspiré des générations de spectateurs. Et pour moi, qui ai eu la chance d’y participer à ses débuts, c’est toujours un moment spécial : un mélange de nostalgie, de découvertes et d’envie d’océan.

    Pour cette édition, attendez-vous à un cru exceptionnel : des histoires fortes, des paysages à couper le souffle et ce lien unique entre surf et cinéma que seul ce festival sait offrir.

  • Jackson “Jacko” Graham, jeune talent australien, disparaît à 22 ans

    Jackson “Jacko” Graham, jeune talent australien, disparaît à 22 ans


    La communauté surf de la Gold Coast pleure l’un de ses enfants prodiges. Jackson “Jacko” Graham, ancien champion des Palm Beach Boardriders et ex-compétiteur sur le circuit junior WSL, est décédé à seulement 22 ans, des suites d’une maladie récente.

    Un prodige révélé dès l’adolescence

    À seulement 14 ans, Jackson Graham — affectueusement surnommé “Jacko” par ses amis — remportait le titre très convoité de Palm Beach Boardriders Champion. Né et élevé sur la Gold Coast australienne, il s’était rapidement imposé comme l’un des jeunes talents les plus prometteurs de la région, participant au WSL Junior Tour et accumulant les résultats solides.

    Jacko n’était pas seulement un compétiteur redoutable : il était aussi l’incarnation de la culture surf australienne, partageant autant de temps à l’eau qu’à pêcher ou à partir à l’aventure avec ses amis.

    Un surfeur au grand cœur

    La nouvelle de sa disparition a bouleversé toute la scène locale. Les réseaux sociaux se sont rapidement remplis de messages rendant hommage à son talent, mais surtout à son humanité.

    Oscar Berry, ami proche, se souvient :

    « Quand je suis arrivé sur la Gold Coast depuis Yamba, le premier à m’accueillir en classe a été Jacko. Depuis ce jour, il est resté l’un de mes meilleurs amis. Jacko était unique, incroyablement talentueux, et surtout doté du plus grand cœur que je connaisse. »

    Les Mad Hueys, célèbre marque de surfeurs et pêcheurs australiens, ont partagé un montage photo de leurs escapades passées, accompagné d’un message simple mais lourd de sens :

    « Repose en paix, Jacko. Tu resteras toujours dans nos cœurs. »

    Une tradition d’hommage sur l’eau

    Pour célébrer sa vie, un paddle out sera organisé à Palm Beach, son spot de cœur.
    Cette tradition, profondément ancrée dans la culture surf, rassemble amis, famille et inconnus autour d’un cercle formé au large. Fleurs, planches et larmes se mêlent, tandis que chacun rend hommage au disparu en jetant de l’eau vers le ciel ou en partageant un dernier mot.

    Ces moments, à la fois solennels et empreints de beauté, rappellent que la communauté surf est avant tout une famille. Peu importe le niveau ou la notoriété, chaque surfeur disparu laisse une empreinte dans les vagues qu’il a tant aimées.

    Icônes Surf et la mémoire des surfeurs

    Chez Icônes Surf, nous avons toujours pensé que l’histoire du surf ne se racontait pas uniquement à travers les victoires et les exploits. Elle se construit aussi avec ses drames, ses disparitions, ses figures parties trop tôt.
    Écrire sur Jackson “Jacko” Graham, c’est rendre hommage à un jeune homme qui, même à 22 ans, avait déjà marqué ses pairs.

    Parce que chaque surfeur, qu’il ait eu une carrière mondiale ou qu’il ait seulement illuminé son spot local, fait partie de cette grande fresque collective.

    Le souvenir d’une vie courte mais intense

    Jacko laisse derrière lui une communauté en deuil, mais aussi un héritage : celui de vivre pleinement sa passion, de rester fidèle à ses amis et à ses valeurs, et de savourer chaque session comme si c’était la dernière.

    À Palm Beach, les vagues continueront de dérouler. Mais pour ceux qui l’ont connu, chaque série qui arrive rappellera l’absence d’un sourire, d’un take-off radical, et d’un surfeur que beaucoup décrivent comme “absolument unique”.

  • Un “bain de foule” version surf : le Slamarack 2025 enflamme Carlsbad

    Un “bain de foule” version surf : le Slamarack 2025 enflamme Carlsbad

    Imaginez la Côte des Basques un après-midi d’août, quand les planches se frôlent, que les touristes s’essaient au surf, et que les locaux oscillent entre amusement et exaspération… Sauf qu’ici, pas d’algues toxiques, pas de méduses, et beaucoup plus de fun assumé. Bienvenue au Slamarack, la grande “party wave” californienne où les soft tops ou planches en mousse envahissent l’océan dans un joyeux chaos organisé.

    Une compétition loufoque qui attire les foules

    Chaque été, la plage de Tamarack State Beach, à Carlsbad (Californie), devient le théâtre d’un spectacle unique : des centaines de surfeurs – souvent déguisés ou simplement armés de leur meilleure autodérision – partent ensemble sur la même vague.
    Le nom ? Slamarack. La règle ? Aucune, si ce n’est de s’amuser… et d’éviter les collisions trop violentes.

    Du local au phénomène viral

    Née comme une petite tradition locale, l’événement a pris une nouvelle dimension en 2025 grâce à Kookslams, célèbre compte Instagram qui compile les wipeouts les plus spectaculaires. Résultat : des stories par dizaines, une ambiance survoltée, et un pic de participation jamais vu.
    « On a toujours eu ce côté un peu chaotique, mais cette année, c’était carrément Noël avant l’heure », s’amuse un participant.

    L’échelle du fun

    Dans les ports de glisse, on aime bien parler de fun, et il est vrai qu’on aime tous les sensations fortes dans le surf. Et dans notre échelle du fun, il y a plursieurs paliers

    • Si vous êtes jeune, souple, et que vous en sortez indemne : c’était fun.
    • Si vous repartez avec quelques bleus : c’était vraiment fun.
    • Et si vous avez pris un soft top en pleine figure : C’était fun, l’histoire va rentrer dans la légende.

    Quand la culture surf se met en scène

    Pour Kookslams, c’est l’occasion parfaite de montrer que la culture surf ne se résume pas aux grandes compétitions :

    « Voir nos t-shirts dans la foule, publier notre vidéo récap’, ça montre qu’on peut être un acteur culturel fort sur ce type d’événement populaire. »

    Et à Carlsbad, tout le monde est déjà prêt pour l’édition 2026.

  • Quand Padang Padang s’enflamme… mais reste dans l’ombre

    Quand Padang Padang s’enflamme… mais reste dans l’ombre

    Ces derniers jours, tout le monde avait les yeux rivés sur Teahupo’o. Et pour cause : la vague tahitienne a offert un spectacle médiatique planétaire, éclipsant presque tout le reste de l’actualité surf. Pourtant, à des milliers de kilomètres de là, sur la péninsule du Bukit à Bali, Padang Padang a déroulé l’une des journées les plus parfaites de son histoire compétitive. Et cette fois, ce sont deux surfeurs indonésiens… âgés de seulement 16 ans, qui ont mis tout le monde d’accord.

    Une compétition au format unique

    Créée en 2004, la Rip Curl Cup Padang Padang est la plus prestigieuse compétition de surf en Indonésie. Sa particularité ? Elle ne se déroule que lorsque les conditions sont parfaites. Un format « swell-dependent » qui oblige les athlètes à se tenir prêts, souvent avec seulement quelques jours de préavis.

    Cette année, l’alerte est donnée le lundi. Les prévisions annoncent un Padang Padang en feu pour le dimanche. Les surfeurs invités – 16 hommes et 8 femmes triés sur le volet – sautent dans le premier avion pour Bali. Parmi eux : Mason Ho, Ivan Florence, Tosh Tudor, Balaram Stack, ainsi qu’une armada de légendes locales. Aucun Européen à l’horizon. Pas même un William Aliotti, pourtant maître reconnu des gauches indonésiennes. Dommage.

    Des vagues de rêve

    Dès le matin, le décor est planté : des lignes parfaites de six pieds déroulent sur le récif. Les séries sont régulières, les barrels profonds, et la houle déroule vague sur vague comme si elle avait été commandée pour l’occasion. Les spectateurs massés sur la plage et sur les falaises savent qu’ils vont assister à quelque chose de spécial.

    La finale femmes : Jasmine Studer, reine du tube

    Le tableau féminin a souffert de quelques absences : certaines invitées n’ont pas pu rejoindre Bali à temps. La compétition se jouera donc en un seul heat de cinq surfeuses. Mais peu importe le format : Jasmine Studer, 16 ans, de Kuta, va écrire l’histoire.

    Elle décroche un 10 parfait sur un tube dont elle-même avoue ne pas avoir cru sortir :

    « Le spit m’a frappée, je pensais que c’était fini. C’est le moment le plus irréel de ma vie. »

    Derrière, l’Australienne Willow Hardy répond avec un 9 et un 8.33, mais échoue à 0,84 point du titre. Ziggy Mackenzie manque de peu un buzzer-beater spectaculaire. Résultat final : Jasmine l’emporte avec 18.17 points, sous les ovations.

    La finale hommes : Westen Hirst, la relève locale

    Chez les hommes, l’histoire est tout aussi marquante. Westen Hirst, 16 ans, originaire de Lakey Peak, affronte Tosh Tudor, Ketut Agus et Ivan Florence en finale. Et il frappe fort dès sa première vague : double barrel, 9.9 points.

    Ketut, favori local, tente de revenir avec de superbes tubes, mais Westen verrouille sa victoire avec un 7.33 en toute fin de heat. Score final : 18.57 points. Le jeune prodige devient le premier Indonésien à gagner l’épreuve depuis Mega Semadhi en 2016.

    En plus du titre, il signe le meilleur score cumulé des qualifications, preuve que sa domination ne doit rien au hasard :

    « J’ai eu mon premier vrai barrel ici à Padang quand j’avais 10 ans. Aujourd’hui, je gagne le Rip Curl Cup. C’est fou. »

    Des moments pour l’histoire

    La journée a été une succession de clips mémorables : Ivan Florence sortant miraculeusement d’un tube aspirant, Made “Bol” Adi Putra en stand-up barrel parfait, et Ketut Agus décrochant un 9.8 rugissant. Le genre de moments qui nourrissent les légendes locales… et qui mériteraient plus qu’un écho discret dans la presse internationale.

    Le doublé indonésien : symbole d’une nouvelle génération

    Ce doublé 100 % indonésien chez les hommes et les femmes est un signe fort : la relève du surf indonésien est déjà là, et elle n’a pas peur de s’imposer face à des internationaux confirmés.

    Il rappelle la victoire d’Erin Brooks à la Cup il y a quelques années, ou celle de Mega Semadhi. Mais cette fois, ce sont deux adolescents, encore au lycée, qui gravent leur nom sur le trophée. Et ils l’ont fait dans les conditions que tout surfeur rêve de scorer au moins une fois dans sa vie.

    Un évènement éclipsé par Teahupo’o

    Si cette édition 2025 du Rip Curl Cup avait eu lieu une semaine plus tôt ou plus tard, elle aurait sans doute fait la une des médias surf. Mais Teahupo’o a monopolisé l’attention, avec ses vagues monstrueuses et son timing parfait à l’approche des Jeux.

    Résultat : peu de vidéos, peu d’articles, et un événement pourtant historique passé presque sous silence. Une injustice quand on sait que Padang Padang a offert ce jour-là l’un des plus beaux spectacles de l’année.

    Le verdict

    En une journée, Jasmine Studer et Westen Hirst ont non seulement remporté un titre prestigieux, mais aussi rappelé que le surf indonésien ne se limite pas à accueillir des stars étrangères en quête de barrels tropicaux. Il produit ses propres champions, capables de briller sur leur terrain de jeu face aux meilleurs.

    Ce 7 août 2025 restera dans l’histoire du surf local comme un moment de gloire et, espérons-le, comme le point de départ d’une reconnaissance internationale plus large pour ces jeunes prodiges, mais aussi pour ce type de compétition avec une longue waiting period, qui n’est lancée que si les conditions sont optimales.

  • Justine Dupont, maman et reine des grosses vagues, vise les XXL Awards 2025

    Justine Dupont, maman et reine des grosses vagues, vise les XXL Awards 2025

    Un an après avoir donné naissance à son fils Elio, la surfeuse française de grosses vagues est de retour sur les plus gros spots de la planète. Et pas juste pour faire de la figuration : en 2025, Justine Dupont s’invite dans toutes les catégories majeures des Big Wave Challenge et pourrait bien repartir de Newport Beach les bras chargés de trophées.

    Maternité et retour fulgurant

    Janvier 2024 : Justine Dupont et son mari accueillent leur premier enfant, Elio. Une parenthèse heureuse… mais brève. Moins de deux mois après une naissance par césarienne, la Française était déjà de retour à l’entraînement, portée par une motivation nouvelle.
    « Maintenant que je suis maman, je suis encore plus professionnelle, plus organisée et plus motivée », confiait-elle à Surfer Magazine. Là où beaucoup s’attendaient à la voir lever le pied, Justine a choisi d’appuyer encore plus fort.

    Une saison 2025 XXL

    La preuve ? En février 2025, elle remporte pour la troisième fois le Tudor Nazaré Big Wave Challenge, un an à peine après la naissance d’Elio. Mais la saison ne s’arrête pas là :

    • Deux entrées à Nazaré et une à Jaws dans le Big Wave Challenge.
    • En moins d’une semaine, elle surfe trois monstres du Pacifique : Jaws, Waimea (pendant l’Eddie) et Maverick’s.

    Son entrée à Jaws est particulièrement marquante : un take-off ultra-tardif sur une face parfaite, tenue de rail impeccable, avant d’être engloutie par la mousse. Une image qui a fait le tour du monde et confirmé qu’elle n’avait rien perdu de son engagement.

    Finaliste dans (presque) toutes les catégories

    À 34 ans, Justine Dupont est finaliste pour :

    • Ride of the Year
    • Biggest Paddle Wave
    • Biggest Wave

    Et, sans annonce officielle pour le moment, tout indique qu’elle sera aussi en lice pour Women’s Performer of the Year. La seule catégorie où on ne la verra pas cette année ? Celle de la plus grosse boîte.

    Avec 100 000 $ de prize money à se partager entre les lauréats, l’enjeu est aussi financier, même si l’aura sportive prime pour Justine.

    Des rivales solides

    Dans la catégorie Women’s Biggest Wave, Justine affrontera deux Brésiliennes bien connues du circuit :

    • Michelle des Bouillons (33 ans), spécialiste de Nazaré, où elle a signé une vague impressionnante captée par Tim Bonython.
    • Michaela Fregonese (44 ans), habituée aux bombes de Jaws, qui s’est illustrée en décembre 2024 sur une houle massive.

    Deux adversaires expérimentées, prêtes à jouer des coudes sur le podium.

    Le verdict à Newport Beach

    La remise des prix du Big Wave Challenge aura lieu le 13 septembre 2025 à Newport Beach, Californie. Un rendez-vous où se croisent les légendes vivantes du surf de grosses vagues, les jeunes talents et, bien sûr, les images les plus impressionnantes de l’année.

    Pour Justine, ramener un ou plusieurs trophées de cette cérémonie serait un nouveau jalon dans une carrière déjà hors normes, et une victoire symbolique pour le surf français.

    Une inspiration bien au-delà du surf

    Avec 12 distinctions majeures depuis 2019 (Ride of the Year, Biggest Wave, Performance of the Year), Justine Dupont s’est imposée comme l’une des meilleures surfeuses de l’histoire du big wave. Son retour après maternité, mené avec autant de détermination que de douceur, inspire bien au-delà des line-ups.

    Qu’elle reparte ou non avec les bras chargés de trophées le 13 septembre, elle a déjà gagné : celui d’inspirer toute une génération, et de prouver qu’on peut être à la fois maman et reine des vagues les plus puissantes de la planète.

  • Naiki Vaast, 18 ans, et déjà maître des bombes de Teahupo’o

    Naiki Vaast, 18 ans, et déjà maître des bombes de Teahupo’o

    Le 5 août 2025 restera dans les mémoires des surfeurs tahitiens. Ce jour-là, Teahupo’o a offert un spectacle comme elle seule sait le faire : des murs d’eau massifs, parfaitement creux, capables de faire trembler les plus aguerris. Au milieu des grands noms du line-up, un jeune de 18 ans a marqué la journée : Naiki Vaast, petit frère de Kauli, qui s’est offert la bombe du jour avec une assurance impressionnante.

    Une journée historique à Teahupo’o

    Annoncée comme l’une des plus grosses houles de la saison, cette journée a attiré dès l’aube une armada de jet-skis et de bateaux autour du reef. Matahi Drollet, figure emblématique du spot, a ouvert le bal avec un ride magistral. Mais l’autre vague marquante fut celle de Naiki : un monstre d’eau qui gonflait à vue d’œil, avec un volume hallucinant.

    Les images parlent d’elles-mêmes : engagement total, trajectoire parfaite, sortie impeccable. Le lendemain, un article étranger le présentait comme le frère de Matahi Drollet… alors qu’il est celui de Kauli Vaast. Une confusion vite dissipée, mais qui prouve que son nom circule désormais bien au-delà de Tahiti.

    Un héritage et une enfance dans le tube

    L’aisance de Naiki dans un barrel de Teahupo’o ne doit rien au hasard. On se souvient de lui à seulement 12 ans, quand Kauli l’avait poussé sur une bombe à l’entrée du bowl. Casque Gath vissé sur la tête, il avait dévalé un mur d’eau presque aussi grand que lui, une image qui avait fait le tour du web.

    Grandir aux côtés d’un frère triple champion d’Europe et habitué du World Tour forge forcément le caractère. Mais Naiki n’a jamais cherché à imiter Kauli. Il suit sa propre voie, loin des circuits professionnels, en cultivant deux passions : le surf et la pêche.

    Un surfeur discret, passionné de pêche

    Je ne vais pas vous mentir : je n’ai jamais rencontré Naiki, ni même vu surfer ailleurs qu’à Teahupo’o. Mais connaissant Kauli et Aelan Vaast, on devine le niveau du petit frère. Et le 5 août, il l’a prouvé, tout comme son frère et sa sœur qui ont eux aussi brillé ce jour-là.

    Contrairement à beaucoup de jeunes surfeurs, Naiki ne court pas après les points qualificatifs de la WSL. Il participe rarement aux compétitions, hormis celles organisées à Tahiti. Pour lui, pas besoin de podiums : l’objectif est simple, prendre la meilleure vague de la journée. Et le 5 août, il a été imbattable.

    Teahupo’o, son jardin et son terrain de jeu extrême

    À Tahiti, surfer Teahupo’o n’est pas seulement un défi sportif : c’est une vitrine. La famille Drollet en est l’exemple, tout comme certains Hawaïens à Pipeline. Situé à la pointe sud-ouest de l’île, ce récif est aussi magnifique qu’impitoyable. La moindre erreur y est sanctionnée. Les locaux parlent d’ailleurs de « respecter la vague » avant de penser à la surfer.

    Naiki connaît le spot par cœur : chaque recoin du reef, chaque mouvement de houle. Son style est fluide, précis et empreint d’une confiance rare pour son âge. Ce 5 août, il n’a pas seulement survécu à sa vague, il l’a domptée. C’est ce qui le fait entrer, à 18 ans, dans le cercle fermé des surfeurs respectés de Teahupo’o.

    Un avenir prometteur, même hors du circuit pro

    Pas de sponsors tapageurs, pas de tour du monde pour accumuler des points, mais une présence marquée lors des houles historiques : voilà la trajectoire de Naiki Vaast. Dans un surf de plus en plus globalisé et médiatisé, il rappelle que les exploits les plus marquants se vivent parfois loin des podiums, à domicile, face à une vague qui vous connaît autant que vous la connaissez.

    Le 5 août 2025 ne fut pas seulement un jour de vagues exceptionnelles : c’est aussi la date où le nom de Naiki Vaast s’est gravé un peu plus profondément dans l’histoire de Teahupo’o. Et pour ceux qui fréquentent ce spot, c’est peut-être la plus belle des reconnaissances.

  • Une première journée à Teahupo’o entre bravoure, doutes et domination locale

    Une première journée à Teahupo’o entre bravoure, doutes et domination locale

    Dès l’aube, la passe de Hava’e grondait. Dix pieds de vagues puissantes parfaitement alignés s’écrasaient sur le reef de Teahupo’o, un ciel bleu éclatant et la promesse d’une journée à haute intensité. LE Tahiti Pro 2025 a démarré en trombe, offrant son lot de bravoure, de doutes et de débats. Car au-delà des simples résultats, cette première journée a mis en lumière des histoires fortes, notamment celle d’un double champion du monde encore hanté par ce spot, et celle de locaux qui ont une nouvelle fois rappelé que Teahupo’o est chez eux.

    Filipe Toledo : du progrès, mais encore loin d’être à l’aise

    Depuis plus de dix ans, Teahupo’o et Filipe Toledo vivent une relation compliquée. Le Brésilien traîne comme un poids la série cauchemardesque à zéro point face à Italo Ferreira, expliquant plus tard qu’une blessure au coude l’empêchait de se lever correctement. Mais derrière cette justification se cache une vérité assumée par son père Ricardo : la peur du récif et de la blessure grave.

    Hier, Toledo a tenté de changer la donne. Face à deux chargeurs réputés : Leo Fioravanti et Joao Chianca, le brésilien a chargé sur sa première vague en partant un peu late et se calant dans un gros tube. Il y est allé, il a réellement essayé. Il ne trouvera pas de deuxième vague dans sa série, et sera obligé de partir au second tour.

    Mais la suite a rappelé que le chemin est encore long. Malgré ce sursaut de combativité, Toledo a été éliminé dès le repêchage par Rio Waida, avec deux vagues faibles, anodines. Sa saison se termine ainsi prématurément, sur sa pire note au classement depuis 2017. Courageux, oui. Libéré de sa peur ? Pas encore.

    Kauli Vaast et les locaux, patrons de la passe

    Si Teahupo’o est un cauchemar pour certains, c’est un terrain de jeu familier pour d’autres. Kauli Vaast a offert un récital dès la deuxième série de la journée. Trois secondes après le coup de corne, il se jette sur une bombe notée 7,50, avant d’enchaîner avec un 8,33 et un 7,97. Casqué, incisif, sûr de ses placements, le champion olympique a fait passer Kanoa Igarashi et Jake Marshall par la case repêchage avec un total impressionnant de 16,30 points.

    Un détail a intrigué certains spectateurs : pourquoi Kauli ne portait-il pas de leash ? La réponse est simple et logique : pour faciliter le travail des jet-skis d’assistance. Sans leash, la planche s’éloigne plus vite du surfeur en cas de chute, évitant qu’elle ne le tire vers la zone d’impact et permettant aux sauveteurs de récupérer l’athlète plus rapidement et en sécurité.

    Les autres locaux n’ont pas démérité. Mihimana Braye, vainqueur des trials, s’est qualifié pour les huitièmes en écartant Kanoa Igarashi au terme d’une série rallongée à 50 minutes, marquée par un redémarrage après quinze minutes sans vague. “Teahupo’o m’envoie toujours la bonne vague”, confiait-il en souriant. Marco Mignot, lui, a su rebondir au repêchage, épaulé par Jérémy Florès en coach et caddie. Seul Teiva Tairoa s’est arrêté là, malgré un tube magnifique à 8,33 contre un Jordy Smith impérial.

    Juges : la vague de Griffin Colapinto, un 9,33 qui interroge

    Si l’action dans l’eau a été intense, la cabine des juges n’a pas échappé aux discussions. Dans la journée, Griffin Colapinto a obtenu un 9,33 sur une vague que beaucoup considèrent inférieure aux meilleurs barrels du matin. Et ils n’ont pas tout à fait tort : les tubes de Kauli Vaast ou de Italo étaient plus gros et plus profonds.

    La nuance, c’est que les conditions avaient changé. Moins de sets massifs, vent plus présent, plus difficile de trouver une vague parfaite. Les juges établissent souvent leur barème dès le matin pour différencier des vagues proches en qualité. Au lever du jour, ils avaient besoin de critères précis pour départager des tubes similaires : la taille, la profondeur, la sortie propre. Mais même avec ce contexte, certains observateurs restent convaincus que Griffin a bénéficié d’une certaine clémence.

    Une journée à retenir

    En résumé, cette première journée a confirmé que Teahupo’o ne se surfe pas seulement avec les jambes, mais aussi avec la tête et le cœur. Toledo a montré un peu plus de courage, mais reste prisonnier d’une appréhension profonde. Kauli Vaast et ses compatriotes, eux, surfent avec l’aisance de ceux qui connaissent chaque recoin du spot. Et les juges, comme souvent ici, naviguent entre cohérence et controverse.

    La suite ? Huitièmes de finale explosifs en perspective ou début de compétition pour les femmes, une houle en déclin mais encore solide, et toujours cette promesse : à Teahupo’o, tout peut basculer en quelques secondes.

  • Bali et Indonésie : pourquoi les trajets en bateau peuvent être plus dangereux qu’on ne le pense

    Bali et Indonésie : pourquoi les trajets en bateau peuvent être plus dangereux qu’on ne le pense

    On connaît tous les risques liés aux scooters et mobylettes à Bali : trafic chaotique, absence de casque, routes glissantes… Mais un autre danger, souvent sous-estimé, concerne des millions de voyageurs chaque année : les traversées en bateau.
    De Bali aux Mentawai, en passant par Nusa Penida ou les Banyak, les naufrages et accidents graves se multiplient. Et contrairement aux idées reçues, ces drames ne surviennent pas uniquement lors de tempêtes spectaculaires : parfois, une simple vague suffit à tout faire basculer.

    Des accidents en série dans les eaux indonésiennes

    Août 2025 – Bali, entre Nusa Penida et Sanur
    Un speedboat, le Fast Boat Dolphin 2, transporte 80 passagers. Au large, une vague frappe le bateau de travers. En quelques secondes, l’embarcation chavire. Deux personnes meurent, une est portée disparue. Parmi les survivants, des Australiens racontent avoir nagé pour leur vie.

    « On a vu des gens mourir devant nous », témoigne l’un d’eux, encore sous le choc.

    Juillet 2025 – Îles Mentawai
    Surnommées le “Disneyland du surf”, elles sont un rêve pour les surfeurs. Ce jour-là, un bateau inter-îles coule par mauvais temps. Dix personnes disparaissent, malgré les efforts des sauveteurs. Certains passagers, ne sachant pas nager, sont emportés sous les yeux impuissants de leurs compagnons.

    Août 2023 – Îles Banyak
    Le bateau d’un surf camp disparaît en mer avec sept personnes à bord. Après près de deux jours à dériver sur leurs planches de surf, quatre Australiens et deux Indonésiens sont secourus. Un membre de l’équipage, Fifan Satria, ne sera jamais retrouvé.

    Ces histoires ne sont pas des exceptions isolées : elles illustrent une tendance inquiétante dans l’archipel.

    Pourquoi ces drames surviennent-ils ?

    Plusieurs facteurs se combinent :

    • Vitesse excessive et imprudence : certains capitaines cherchent à “gagner du temps”, même dans une mer agitée.
    • Conditions météo changeantes : houle puissante, vents soudains, orages tropicaux imprévus.
    • Normes de sécurité inégales : gilets de sauvetage absents ou insuffisants, matériel vieillissant.
    • Surcapacité : embarcations chargées au-delà de leur limite.
    • Formation limitée : équipages pas toujours préparés à gérer la panique ou un chavirement.

    Les risques spécifiques pour les touristes

    Pour beaucoup de voyageurs, la traversée est une simple formalité. Pourtant :

    • La panique est fréquente chez ceux qui ne savent pas nager ou n’ont pas l’habitude de l’océan.
    • Certaines embarcations n’ont qu’un seul point de sortie, difficile à atteindre en cas de renversement.
    • Les zones isolées (Mentawai, Banyak) rallongent le temps de secours.
    • La barrière de la langue peut retarder la compréhension des consignes.

    Comment voyager plus sûr en bateau en Indonésie

    Avant d’embarquer :

    • Vérifier la météo : s’informer sur la houle et éviter les jours de vent fort.
    • Choisir une compagnie réputée : lire les avis, vérifier l’état du bateau.
    • Repérer les gilets de sauvetage dès l’embarquement.
    • Informer un proche de votre trajet et heure d’arrivée.
    • Privilégier les horaires matinaux : la mer est souvent plus calme.

    En cas d’accident : garder son sang-froid

    • Mettre un gilet ou s’agripper à tout objet flottant (planche, bidon, glacière).
    • S’éloigner de l’épave si elle coule, pour éviter l’aspiration.
    • Se regrouper avec d’autres passagers pour être plus visible.
    • Utiliser tout moyen de signalement : sifflet, fusée de détresse, téléphone étanche, miroir.

    En Indonésie, les bateaux font partie du quotidien : ferries inter-îles, liaisons touristiques, navettes de surf camps… Mais ces trajets ne sont pas sans danger.
    Comme pour les scooters, il ne s’agit pas de tout éviter, mais de voyager informé et vigilant. Un peu de prudence peut faire la différence entre un souvenir inoubliable… et un drame.

  • Sam Piter dévoile Rogue DNA, un clip sauvage entre Afrique, Indo et Hossegor

    Sam Piter dévoile Rogue DNA, un clip sauvage entre Afrique, Indo et Hossegor

    Du sang, du style et des tubes. Sam Piter, 21 ans, vient de sortir Rogue DNA, un court-métrage de 15 minutes filmé entre l’Afrique de l’Ouest, l’Indonésie et sa maison à Hossegor. Trois destinations, une seule vibe : celle d’un surfeur français au style brut, instinctif, viscéral. Un surf qui semble couler dans les veines.

    Réalisée par Arthur Géné, avec des images additionnelles signées Andy Benetrix, Gary Simonneau, Robin Aussenac et Didier Piter, la vidéo est un condensé de ce qu’on attend d’un bon clip de surf : de belles vagues, un bon surfeur et une bande-son qui claque. C’est aussi simple que ça, et Rogue DNA coche toutes les cases.

    Au-delà de la performance, ce projet illustre un vrai savoir-faire à la française en matière de production vidéo. Pas besoin de drone au ralenti sur fond d’électro ambient : ici, on filme à l’instinct, avec énergie, en laissant la vague et le style parler. Et Sam a clairement trouvé sa voix.

    Le jeune surfeur s’était déjà fait remarquer lors du Stab Highway Europe, mais ce clip marque un tournant. Une forme de « coming out » pour un surfeur désormais adulte, prêt à écrire son propre chapitre. Et ça commence fort : il a remporté le QS 2000 de Lacanau juste après la sortie du film, prenant la tête du classement européen.

    Petit clin d’œil à l’histoire : Sam est le fils de Didier Piter, figure du surf français dans les années 90. Mais l’héritage paternel n’écrase pas l’élan du fils — il l’inspire. Et si l’on en croit le buzz autour de Rogue DNA, Sam pourrait bien surpasser un jour l’aura de son père.

    Disponible sur YouTube, Rogue DNA n’est pas juste un énième edit estival : c’est une carte de visite pour le futur du surf français. Sauvage, stylé, sincère.

  • Kolby Aipa, le surf en deuil après un accident d’e-bike

    Kolby Aipa, le surf en deuil après un accident d’e-bike

    Le monde du surf pleure l’un des siens. Samedi 2 août 2025, à Huntington Beach en Californie, Kolby Aipa, 20 ans, est victime d’un accident tragique alors qu’il circulait en vélo électrique. Deux jours plus tard, la terrible nouvelle tombe : le jeune surfeur ne survivra pas à ses blessures. Il était le petit-fils du légendaire shaper hawaïen Ben Aipa. Sa disparition brutale a bouleversé la communauté surf, des plages d’Hawaii aux spots californiens.

    Au-delà de l’émotion, ce drame relance un débat important : celui de l’usage des e-bikes par les surfeurs. Pratiques, rapides, silencieux… mais parfois utilisés sans respect des règles de sécurité élémentaires.

    Un nom emblématique, une vie tournée vers l’océan

    Kolby Aipa n’était pas un inconnu dans le milieu du surf. Héritier d’une lignée légendaire – son grand-père Ben Aipa est l’un des shapers les plus influents de l’histoire du surf moderne – Kolby incarnait cette nouvelle génération ancrée dans la tradition, mais tournée vers l’avenir.

    Membre du Huntington Beach Board Riders Club, il était sponsorisé par des marques comme AVVA, Dakine ou encore Cobian Footwear. Engagé, souriant, respecté de ses pairs, il laissait à chaque rencontre une trace de gentillesse et d’humilité. Sur l’eau, il impressionnait déjà. En dehors, il partageait le Aloha Spirit à sa manière.

    Les circonstances de l’accident

    Selon les premières informations relayées par la presse locale, Kolby Aipa circulait en vélo électrique et se faisait tracter par une voiture conduite par des amis, une pratique malheureusement répandue chez les jeunes.

    C’est ce même véhicule qui, dans des circonstances encore floues, l’aurait percuté accidentellement. Kolby a été transporté à l’hôpital dans un état critique. Mis sous assistance respiratoire, il n’a pas survécu.

    L’annonce de son décès a déclenché une vague d’émotion sur les réseaux sociaux. La page officielle d’Aipa Surf Co., tenue par sa famille, a publié un hommage bouleversant :

    « Kolby avait le don de toucher les gens. Sa gentillesse était sa manière d’exprimer l’Aloha. À tous ceux qui lisent ce message… transmettez cet Aloha à votre tour. »

    Le vélo électrique, nouveau moyen de transport des surfeurs

    Depuis quelques années, les vélos électriques ont envahi les spots de surf à travers le monde. À Biarritz, Los Angeles ou Byron Bay, il n’est pas rare de voir des planches fixées sur des racks, des combinaisons qui sèchent sur le guidon, et des jeunes filer d’un spot à l’autre sans faire de bruit.

    Les avantages sont nombreux :

    • Pas de bouchons
    • Écologique (en apparence)
    • Économie de carburant
    • Facilité de stationnement en zone balnéaire
    • Pratique pour les surfeurs sans permis

    Mais cette popularité a un revers : de plus en plus d’accidents sont signalés chaque année, notamment dans des zones urbaines à forte circulation ou sur des routes côtières mal sécurisées.

    Des comportements à risque de plus en plus fréquents

    Au-delà de l’aspect pratique, certains comportements liés aux vélos électriques ou E-bikes inquiètent :

    • Se faire par une voiture (comme dans le cas de Kolby)
    • Rouler à deux ou trois sur une même trottinette ou e-bike
    • Circuler sans casque ni protections
    • Rouler de nuit sans éclairage ni gilet
    • Ne pas respecter le code de la route
    • Sans parler du comportement des conducteurs de voitures, de camions et de bus

    Si le vélo électrique donne un sentiment de liberté, il ne doit pas faire oublier les règles de prudence essentielles, surtout lorsqu’on partage la route avec des véhicules motorisés.

    Un appel à la responsabilité dans la communauté surf

    La disparition de Kolby Aipa est un choc. Mais elle doit aussi être l’occasion d’un réveil collectif.

    Les surfeurs ont toujours été des pionniers. Aujourd’hui, ils doivent aussi devenir des ambassadeurs de la sécurité, notamment auprès des plus jeunes.

    « Ce n’est pas cool de se faire tracter pare une voiture. C’est dangereux. Point. »

    De nombreuses écoles de surf, shops ou clubs pourraient intégrer des modules de sensibilisation à la sécurité en mobilité douce dans leurs formations. Le sujet n’est plus anecdotique : il devient une question de vie ou de mort.

    Les règles d’or à respecter en vélo électrique

    Pour que l’usage du vélo électrique reste un plaisir et ne vire pas au drame, voici quelques règles simples à rappeler dans la communauté surf :

    1. Porter un casque systématiquement
    2. Ne jamais se faire tracter, même à faible allure
    3. Installer des lumières avant/arrière pour rouler tôt ou tard
    4. Utiliser des racks solides et bien fixés pour les planches
    5. Respecter le code de la route, même à vélo
    6. Être visible : gilet fluo, habits clairs, feux clignotants
    7. Ne pas rouler à plusieurs sur le même vélo

    Ces règles peuvent sembler basiques, mais elles sauvent des vies.

    Un héritage d’Aloha à perpétuer

    La famille Aipa a publié un message plein de sagesse et d’émotion :

    « La manière dont Kolby vous a traité, traitez les autres ainsi. C’est ainsi que vous ferez vivre son héritage d’Aloha. »

    Dans cette dernière phrase, il y a toute la beauté du surf. Une communauté liée par l’océan, mais aussi par des valeurs humaines profondes.

    Rendons hommage à Kolby non seulement par des mots, mais aussi par nos actes, en prenant soin les uns des autres. Sur l’eau comme sur la route.

    L’histoire de Kolby Aipa ne doit pas être un fait divers de plus. Elle doit nous inviter à repenser nos pratiques, à sensibiliser les plus jeunes, et à défendre une culture surf à la fois libre, respectueuse… et responsable.

  • Teahupo’o s’enflamme avant le Tahiti Pro : une nuit de surf historique

    Teahupo’o s’enflamme avant le Tahiti Pro : une nuit de surf historique

    Une houle titanesque pour une session inoubliable

    Dans la nuit du 6 août 2025, la passe de Hava’e à Teahupo’o a résonné sous les cris et les déferlantes. Une houle massive de plus de 4 mètres, couplée à une période de 16 secondes, a transformé le spot tahitien en un monstre liquide. Les plus téméraires se sont jetés à l’eau dès l’aube, dans un mélange de tow-in et de rame engagé. Le spectacle était total.

    Locaux et stars du CT réunis pour un échauffement musclé

    À deux jours de l’ouverture de la Lexus Tahiti Pro, le gratin du surf mondial était déjà sur place. Jack Robinson, Leonardo Fioravanti, João et Lucas “Chumbo” Chianca, Kai Lenny, mais aussi Italo Ferreira ou encore Koa Rothman se sont mêlés à la scène locale.

    Jérémy Florès, présent sur place, résume l’atmosphère dans une vidéo postée sur YouTube :

    « C’était le chaos… mais un beau chaos. Des wipeouts de dingue, des vagues énormes. Le petit frère de Kauli Vaast a peut-être pris la bombe de la journée, Matahi Drollet reste le roi du spot, et même les rookies du CT s’y sont frottés. »

    Et pour ceux qui doutaient encore :

    « À Teahupo’o, faut éteindre le cerveau dix minutes avant le heat. Sinon, tu ne pars jamais. »

    La famille Vaast en feu, les filles chargent

    Impossible de manquer les performances des enfants Vaast. Kauli, tout juste rentré des Challenger Series à Huntington Beach, a non seulement scoré une belle vague, mais aussi towé sa sœur Aelan et son frère Naiki sur des bombes mémorables. Aelan, finaliste malheureuse des trials, s’est distinguée avec une sortie ultra technique, évitant de peu une board flottant dans le bowl.

    Autre rideuse en vue : Izzi Gomez, l’Américano-Colombienne et multiple championne de SUP, qui s’est offert une cavité massive, capturée par les caméras de Redbull et Surfline. Oui, les filles chargent à Teahupo’o.

    L’accident de Michel Bourez : le rappel à la réalité

    Mais derrière la beauté du spectacle se cache la brutalité du spot. Michel Bourez, figure emblématique du surf tahitien, a lourdement chuté sur une vague prise en tow-in. Transporté à l’hôpital après avoir été blessé au visage, il a heureusement pu rassurer tout le monde sur les réseaux sociaux :

    « Plus de peur que de mal. IRM faite, rien de vital n’est touché. Six points de suture. Merci à tous. »

    Cet incident vient rappeler que, même pour les plus expérimentés, Teahupo’o ne pardonne pas.

    Une ferveur populaire et un air de Jeux Olympiques

    Le 6 août 2024, Kauli Vaast remportait l’or olympique à Teahupo’o. Un an plus tard jour pour jour, la nature lui a offert un clin d’œil : une houle historique, un public en liesse, et même une cérémonie surprise organisée au crépuscule. Entouré de fleurs et de sourires, Kauli a symboliquement laissé ses empreintes dans le ciment au PK 0, en hommage à cette année unique.

    Et maintenant ? Place à la Lexus Tahiti Pro

    Le swell devrait rester solide toute la semaine. L’ouverture de la compétition est prévue jeudi 7 août, avec dès le premier round des conditions estimées à 3 à 4,5 mètres. Plusieurs surfeurs ont déjà dégainé leurs tow boards. L’ambiance est électrique, les locaux affûtés, les rookies tétanisés ou surexcités.

    « Let’s see who really packs it. Let’s see who’s got the balls. » — Jérémy Florès

  • Teahupo’o explose : swell costaud, wildcard de 12 ans et favoris en danger

    Teahupo’o explose : swell costaud, wildcard de 12 ans et favoris en danger

    Le Lexus Tahiti Pro s’ouvre dans une ambiance électrique : houle massive, prévisions météo solides, et une wildcard de 12 ans. Mais surtout : quelques favoris pourraient bien mordre la poussière.

    Des prévisions musclées, et un swell XXL juste avant le coup d’envoi

    Le spot mythique de Teahupo’o, le barrel le plus technique et radical du tour, est sur le point de se réveiller pour de bon. La waiting period du Lexus Tahiti Pro 2025 débute avec une fenêtre météo qui donne le vertige : un premier swell puissant en ouverture, dans les 10 pieds (3 m), qui devrait progressivement s’atténuer mais rester solide pour la suite de la compétition.

    Mais surtout, la veille de l’ouverture risque d’offrir des sessions légendaires. Une houle massive – possiblement XXL et tow-in – pourrait déferler sur le récif tahitien, offrant un spectacle rare. Les images, si elles sortent, pourraient mettre en avant les free surfeurs, comme cela pu arriver dans le passé.

    Ce swell massif, en lente baisse les premiers jours de la waiting period, pourrait rebattre les cartes stratégiques pour les compétiteurs : certains risquent gros dès le premier tour, là où d’autres, plus habitués aux grosses conditions, pourraient briller.

    Kelia Mehani Gallina, 12 ans et déjà dans l’histoire

    C’est la wildcard qui fait parler le monde entier. Kelia Mehani Gallina, 12 ans, surfeuse tahitienne, a remporté les Trials et gagne ainsi sa place dans le tableau principal, devenant la plus jeune surfeuse de l’histoire à disputer une épreuve du CT.

    Son père Ryan, surfeur chevronné du spot, reste confiant, mais inquiet : « On prie pour que les vagues ne soient pas trop grosses », dit-il, conscient que sa fille devra se jeter seule dans des tubes massifs, sans sa présence dans l’eau comme à l’accoutumée.

    Kelia n’a rien à perdre, tout à gagner. Mais dans un Teahupo’o sérieux, chaque vague est un enjeu vital.

    Retrouvez l’article sur Kelia Mehani Gallina et sa qualification

    Filipe Toledo, le leader sous pression

    S’il y a bien un surfeur à surveiller dans ce contexte de grosse houle, c’est Filipe Toledo. Non pas parce qu’il est favori… mais justement parce qu’il ne l’est pas.

    Ancien numéro 1 mondial et champion du monde en titre, Toledo n’a jamais brillé à Teahupo’o. Son meilleur résultat ? Un round 3, dans des petites conditions. Et son plus gros point faible est connu de tous : le manque d’engagement dans les grosses vagues, particulièrement ici, à Tahiti.

    Face à des tubes en 10 pieds, difficile de l’imaginer aller loin. Mais quelque part, on ne peut s’empêcher d’espérer qu’il fasse mentir les pronostics. C’est peut-être l’épreuve où il n’a rien à perdre – et donc, paradoxalement, l’occasion de se révéler. Il lui faut un bon résultat pour finir dans le final 5.

    Les Tahitiens à la maison, des jokers incontrôlables

    Teahupo’o, c’est la maison des Tahitiens, et quand ils ont une wildcard, mieux vaut les prendre au sérieux.

    Kauli Vaast en est l’exemple parfait. Goofy, à l’aise dans les gros barrels, champion olympique sur ce même spot quelques semaines plus tôt : il est sans doute le non-tour surfer le plus dangereux de l’épreuve.

    Même profil pour Mihimana Braye, lui aussi goofy et extrêmement à l’aise sur le reef tahitien. Leur lecture de la vague, leur timing, leur engagement sans faille font d’eux des pièges pour les têtes de série du CT.

    Et côté femmes, Vahine Fierro est peut-être la meilleure surfeuse du monde à Teahupo’o. Son aisance dans des tubes puissants, sa technique et son engagement en font une prétendante crédible au titre, surtout si la houle continue à envoyer.

    Une compétition piégée, et une ambiance de gladiateurs

    Avec une météo qui offre à la fois du spectaculaire et du jouable, cette édition 2025 s’annonce comme l’une des plus excitantes depuis des années.

    • Les favoris sont fragiles.
    • Les Tahitiens sont à l’affût.
    • Une enfant de 12 ans va affronter des vagues mythiques.

    Ajoutez à cela des vagues d’une puissance rare, une lumière polynésienne qui sublime chaque vision, et une tension dramatique dans chaque série… et vous obtenez une compétition que personne ne veut rater.

    Le Lexus Tahiti Pro débute dans une ambiance d’excitation générale. Des tubes massifs, des outsiders affûtés, un ancien leader dans le doute, une wildcard de 12 ans, et des Tahitiens prêts à bousculer l’ordre établi.

    Le spectacle s’annonce total.

  • Tya Zebrowski, 14 ans, déjà numéro 1 mondiale du Challenger Series

    Tya Zebrowski, 14 ans, déjà numéro 1 mondiale du Challenger Series

    Le surf mondial a une nouvelle étoile, et elle est tricolore

    À seulement 14 ans, la Franco-Tahitienne Tya Zebrowski vient de frapper un grand coup sur la planète surf. Finaliste de l’US Open of Surfing 2025, elle est désormais numéro 1 mondiale du Challenger Series, le circuit qualificatif pour l’élite du surf mondial. Une performance incroyable, qui ne surprendra pourtant pas ceux qui suivent le surf européen de près.

    Une ascension fulgurante, mais pas si surprenante

    Pour les suiveurs du circuit européen, l’explosion de Tya n’a rien d’un hasard. Dès ses premiers QS (Qualifying Series), elle a bluffé les observateurs par la maturité de son surf et son engagement. L’an dernier, elle a littéralement survolé les compétitions européennes, remportant ou frôlant la victoire à chaque étape, jusqu’à décrocher son ticket pour les Challenger Series.

    Ce qui impressionne, au-delà des résultats, c’est sa capacité à dompter des vagues puissantes et variées, souvent dans des conditions très exigeantes. Un style fluide, puissant, précis, et une lecture de vague qui semble déjà appartenir à une surfeuse bien plus expérimentée.

    Tya Zebrowski portrait famille photo Pat Nolan

    Huntington Beach : la confirmation au sommet

    Lors de l’US Open 2025, à Huntington Beach, l’un des événements les plus prestigieux du calendrier, elle s’est hissée jusqu’en finale, où elle a affronté l’Américaine Sawyer Lindblad. Dans les premières minutes, Tya a pris l’avantage avec un total de 12,34 points, enchaînant les manœuvres avec une assurance désarmante. Le public et les commentateurs y voyaient déjà sa première victoire en Challenger Series.

    Mais la Californienne, déjà qualifiée pour le CT 2026, a renversé la situation dans les dernières minutes. Sawyer s’impose, mais le véritable choc de la compétition, c’est bien la performance de la Française. Une finale à 14 ans, sur l’un des événements les plus relevés de l’année, face à des surfeuses bien plus expérimentées : c’est un exploit retentissant.

    14 ans… et déjà dans la cour des grandes

    Oui, 200 jours de moins que la double championne du monde Caroline Marks quand elle avait percé. Oui, plus jeune que Carissa Moore à ses débuts sur le CT. Tya pourrait bien devenir la plus jeune qualifiée de l’histoire du surf féminin moderne. Et contrairement à d’autres jeunes talents qui brillent sur une vague spécifique ou dans un cadre junior, elle domine chez les adultes, en compétition officielle, sous pression.

    Son surf est à la fois aérien, engagé, moderne. Dans les dernières secondes de cette finale, elle a même tenté un air reverse qui aurait pu renverser la donne. Le message est clair : elle ne surfe pas pour faire de la figuration. Elle veut gagner. Et elle le peut.

    Le parallèle avec le skate féminin

    Cette montée en puissance de Tya n’est pas sans rappeler ce qui se passe dans le monde du skate. Des jeunes filles de 12 à 15 ans dominent désormais les grandes compétitions, comme Rayssa Leal ou Sky Brown, avec une aisance et une maturité qui bousculent les repères. Le surf semble suivre cette même dynamique.

    Et tant mieux si cette nouvelle vague est française. Car oui, Tya Zebrowski est Franco-Tahitienne, et si son sourire trahit ses origines polynésiennes, son surf peut faire la fierté de tout l’Hexagone.

    Une pépite à suivre de très près

    Le plus fou dans cette histoire ? Ce n’est que sa première saison sur le Challenger Series. Et elle est déjà leader. À ce rythme, elle pourrait non seulement se qualifier pour le CT 2026, mais aussi y briller dès sa première année, voire plus.

    On tient peut-être là la future meilleure surfeuse du monde. Une championne en construction, déjà redoutée par ses adversaires, qui allie talent pur, instinct de compétitrice et grâce naturelle.

    Et vous savez quoi ? Elle est française.