Un surfeur de 28 ans décède à Lafitenia : la côte basque en deuil après un dramatique accident
PS: Bien évidemment ce n'est pas le surfeur sur la photo
La côte basque est une nouvelle fois endeuillée. Samedi 6 décembre 2025, vers 16 h, un surfeur de 28 ans a perdu la vie sur le spot de Lafitenia, à Saint-Jean-de-Luz, dans des conditions de mer particulièrement puissantes. Malgré l’intervention rapide d’autres pratiquants et des secours, le jeune homme n’a pu être réanimé.
Une session qui bascule dans le drame
Selon plusieurs témoins, la mer était déjà bien agitée en fin d’après-midi, avec une houle dépassant les 4 mètres et un coefficient de marée rendant l’endroit technique et potentiellement piégeux. Dans une interview donnée à Sud Ouest dans, quelques minutes avant l’accident, deux surfeurs, dont Éric Bonnamy, profitaient de la fin d’une session jugée « solide mais satisfaisante ». Assis sur la murette dominant la baie, ils observent la mer lorsqu’ils remarquent deux autres pratiquants entrer à l’eau durant une accalmie.
« Derrière, la mer a regonflé d’un coup », témoigne Éric. « On est à marée haute, l’accès au pic est délicat, et les séries étaient vraiment massives. » C’est dans cette phase que le drame se joue. Selon leurs observations, l’un des deux surfeurs semble rapidement en difficulté, surpris par une vague plus grosse que les autres.
Le corps poussé vers l’intérieur du spot
Les témoins décrivent une scène d’une grande violence. Après avoir disparu sous l’eau, le jeune homme serait resté submergé durant près de trois minutes, avant que son corps ne réapparaisse, poussé vers l’intérieur du spot par une vague de retour.
« On a vu le corps traverser le spot, emporté par la masse d’eau », raconte un surfeur présent sur place. Immédiatement, plusieurs pratiquants, déjà dans l’eau, se dirigent vers lui pour tenter de le ramener au rivage. Ils parviennent à le hisser sur une planche puis à l’extirper de l’eau en attendant les secours.
Une prise en charge immédiate, mais vaine
Les pompiers de Saint-Jean-de-Luz et d’Hendaye, rapidement rejoints par une équipe du SMUR, engagent aussitôt les manœuvres de réanimation. Malgré des tentatives prolongées, l’homme est déclaré décédé sur la plage peu après 16 h.
Pour l’heure, l’origine exacte du drame reste inconnue. Malaise ? Choc sous l’eau ? Simple noyade liée à la puissance des vagues ? Les circonstances devront être précisées par l’enquête en cours.
Une communauté sous le choc
Lafitenia est un spot réputé pour ses longues droites mais aussi pour ses mouvements d'eau, particulièrement lorsque la houle grossit. Les habitués connaissent les pièges du courant, les séries qui décalent. Ce samedi, les conditions étaient qualifiées de « sérieuses » voire « dangereuses » par plusieurs présents.
Ce décès rappelle tragiquement que, même pour des pratiquants expérimentés, l’océan peut devenir imprévisible. Ces dernières années, plusieurs accidents ont déjà endeuillé la côte basque, soulignant la nécessité d’adapter sa pratique aux conditions du jour, surtout lorsque la houle excède les seuils habituels.
En attendant plus d’informations
Pour l’instant, les autorités n’ont pas communiqué sur l’identité de la victime ni sur les conclusions premières de l’enquête. Les témoignages recueillis convergent toutefois vers un accident brutal survenu en quelques secondes, sans que le surfeur n’ait eu le temps de s’extraire de la zone de turbulence.
L’émotion est vive à Saint-Jean-de-Luz et dans toute la communauté du surf basque, qui adresse son soutien à la famille et aux proches du jeune homme.
Quand la communauté surf doit regarder la réalité en face : pourquoi la prévention est indispensable
Depuis quelques jours, toute la presse australienne, et quelques médias internationaux spécialisés surf — relaie une affaire qui secoue profondément notre communauté : la condamnation d’un coach australien, ancien compétiteur WQS, pour une longue série d’agressions sexuelles sur mineurs. Les détails, rendus publics lors de l’audience, ont choqué toute la communauté. Pas uniquement pour l’horreur des faits, mais parce qu’ils rappellent brutalement une vérité que beaucoup préfèrent éviter : le surf n’est pas un sanctuaire.
L’image du surf est souvent associée à la liberté, à la confiance, à la camaraderie. Un univers lumineux, presque utopique. Mais la réalité, c’est que le surf — comme tout milieu sportif, associatif ou éducatif — peut attirer des individus cherchant à profiter de la vulnérabilité et de la confiance des plus jeunes.
Un coach reconnu coupable de 31 infractions sexuelles
L’affaire qui a éclaté en Australie met en lumière ce que ce décalage entre image et réalité peut coûter. L’ancien surfeur professionnel devenu coach, longtemps présenté comme un mentor auprès des jeunes, a plaidé coupable à 31 chefs d’accusation liés à des agressions sexuelles sur des garçons de 7 à 10 ans.
Selon les documents du tribunal, l’encadrement des enfants était présenté comme un “espace sûr” pour progresser. Derrière cette façade, l’enquête a révélé plusieurs années de manipulations, d’abus, de dissimulation de preuves, et même l’admission d’un accès régulier à du matériel pédopornographique.
L’homme a été condamné à cinq ans de prison et pourra demander une libération conditionnelle dès juin 2026 — une décision largement critiquée.
Pourquoi c’est important d’en parler — ici aussi
Ce dossier, aussi sordide soit-il, doit servir de rappel salutaire : aucun sport, aucune culture, aucune communauté n’est immunisée contre ce type de violence. Le surf, avec son ambiance décontractée et ses structures parfois informelles, peut même devenir un terrain propice pour des prédateurs cherchant à gagner la confiance des familles et des jeunes pratiquants.
Ignorer ce sujet sous prétexte que “le surf, c’est cool”, serait une faute collective.
Le risque existe — mais la prévention peut tout changer
Pour que de telles situations ne puissent plus se reproduire, la prévention doit devenir une priorité à tous les niveaux :
1. Des règles claires dans les écoles de surf
Les structures doivent établir et communiquer :
des protocoles stricts autour de l'encadrement des enfants,
l’interdiction absolue d’isoler un mineur avec un adulte,
la nécessité de contrôles d’antécédents judiciaires systématiques,
des moyens simples pour signaler un comportement suspect.
2. Une vigilance partagée
Parents, encadrants, bénévoles et membres de clubs doivent apprendre à reconnaître des signaux d’alerte : attitudes intrusives, communications privées excessives, insistance à créer un lien exclusif, situations d’isolement non justifiées.
3. Une parole protégée
Les enfants doivent être encouragés à dire ce qui les met mal à l’aise, à reconnaître qu’un adulte peut avoir tort, même un coach admiré. La culture du silence protège toujours l’agresseur, jamais la victime.
Protéger les jeunes, c’est protéger le surf
Parler de ces affaires n’est pas “ternir l’image du surf”. C’est au contraire affirmer haut et fort que notre communauté refuse que de telles violences soient banalisées ou passées sous silence.
Le surf doit rester un espace où l’on se sent en sécurité, où l’on découvre l’océan sereinement, où la progression se fait dans la confiance. Cela ne sera possible que si nous acceptons cette idée simple : la prévention est une responsabilité collective, et elle commence par la lucidité.
Localisme aux Canaries : l’affaire de Tenerife relance le débat sur la violence dans le surf
Aux Canaries, certaines vagues sont plus dangereuses que d’autres… mais parfois, ce ne sont pas les sets qui frappent le plus fort. Depuis quelques jours, une vidéo tournée à Punta Blanca, à Tenerife, fait le tour du monde : un local en furie qui attaque un couple de surfeurs touristes à coups de poings, puis à coups de pierres. Une scène d’une violence rare, filmée en plein jour, sous le regard impassible des gens sur la plage. Loin d’être un simple “accrochage”, cet épisode interroge la frontière entre le localisme — notion historique du surf — et l’agression pure et simple.
Un incident choquant qui met Tenerife sous tension
L’escalade en quelques minutes
La vidéo montre une altercation qui dégénère : insultes depuis le lineup, coups échangés dans l’eau, poursuite jusqu’au parking, jets de pierres… Alexandra Caraballo et Cristian Mederos, deux touristes vénézuéliens, racontent avoir été agressés sans raison autre que leur simple présence à Punta Blanca.
Selon l’Instagram Surf en Español :
“Dès leur arrivée au spot, un local a commencé à leur crier dessus depuis l’eau, exigeant qu’ils partent et affirmant qu’ils n’avaient pas le droit d’être là.”
Lorsque Cristian tente de désamorcer la situation et propose de se placer ailleurs, la discussion tourne court. Pas de dialogue, seulement l’envie d’en découdre. Les images montrent ensuite la violence monter à un niveau absurde : coups, tirages de leash, corps-à-corps hors de l’eau, puis jets de pierres sur les touristes… et même sur ceux qui les accompagnaient.
Rapidement identifié sous le surnom “Tintin”, l’homme visé publie une série de vidéos pour se justifier. Il accuse les touristes d’avoir “provoqué”, affirme que la scène serait “manipulée”, qu’il aurait été “mordu par leur chien”, et que son intention était de “maintenir le respect sur la plage”.
Une défense qui n’a convaincu quasiment personne, qui dénonce massivement ce déferlement de violence.
Canaries : un paradis… où certaines vagues ne sont pas vraiment pour tout le monde
Les îles Canaries, souvent surnommées “le Hawaii de l’Europe”, possèdent une culture du localisme profondément ancrée. Spots accessibles depuis la route, vagues puissantes, lineups limités… et une fréquentation grandissante grâce aux vols low-cost : le cocktail parfait pour la tension.
Un localisme historique, parfois justifié… mais souvent dépassé
Les surfeurs des Canaries protègent leurs vagues depuis des décennies. Certains endroits sont explicitement déconseillés aux touristes. D’autres, officieusement réservés aux locaux. Ce n’est pas nouveau : intimidation, regards noirs, remarques sèches… beaucoup d’Européens qui ont surfé là-bas en parlent encore.
Le problème, c’est quand ce localisme franchit la ligne :
Ce qu’on voit dans la vidéo de Punta Blanca n’a plus rien à voir avec la défense d’un spot. Ce n’est plus une histoire de règles tacites. C’est un passage à tabac.
Le localisme avant : rude, mais encadré par des codes
Il y a trente ans, le localisme était plus dur, oui. Mais les codes étaient clairs, partagés, transmis aux surfeurs. Dire bonjour en arrivant. Respecter la rotation des vagues. Ne pas ramer sur tout. Ne pas se mettre à l'eau sur les rares vagues réservées aux locaux. Observer. Comprendre. S’adapter.
Aujourd’hui, beaucoup débarquent dans l’eau sans connaître ces règles. Pas celles écrites sur les chartes des fédérations, mais celles qui font vivre un spot depuis cinquante ans.
Une anecdote personnelle pour illustrer
Il y a quelques années, aux Canaries, j’ai attendu quarante-cinq minutes au line-up. Tous les locaux avaient pris leur bombe, le spot se vide, une série arrive, je suis seul, je souris : enfin ma vague. Au moment où je démarre, une surfeuse locale jette volontairement sa planche devant moi pour m’empêcher de partir. Message reçu : session terminée. Je suis sorti de l’eau immédiatement pour aller surfer ailleurs. Une humiliation ? Oui. Une agression ? Non. C’était leur manière — discutable — d’imposer une règle qui existait déjà.
À Hawaii, même histoire. Un jour sur un spot réservé aux locaux, personne à l’eau… mais un coup de pied dans la tête pour me rappeler que “personne” ne veut pas dire “tout le monde est bienvenu”. J’avais pris le risque. J’ai été puni. C’était brutal, mais je connaissais les règles (même s'il n'y avait personne au début de la session).
À Punta Blanca, on n’est plus dans le localisme : on est dans la violence
Ce qui choque dans cet incident, ce n’est pas la tension entre locaux et touristes — cela existe partout dans le monde du surf. Ce qui choque, c’est la perte totale de proportion.
Les règles du surf n’ont jamais justifié ça
Empêcher quelqu’un de prendre une vague ? Faire comprendre qu’un spot est sensible ? Mettre un regard noir ou une remarque sèche ? Oui, ça fait partie de la culture du surf, qu’on le veuille ou non.
Mais frapper un couple, poursuivre des gens, jeter des pierres, se filmer ensuite en victime ? C’est un gouffre culturel. Et cela ne représente en rien les valeurs du surf ni des surfeurs canariens — dont une immense majorité condamne cette agression.
Vers quelle coexistence pour les années à venir ?
Les Canaries ne cesseront jamais d’attirer les surfeurs du monde entier. Les locaux continueront, légitimement, de vouloir préserver leurs vagues. Le défi ? Trouver un équilibre qui respecte les codes du surf sans laisser place aux comportements dangereux.
Car si le localisme est un langage, la violence, elle, n’en est pas un.
Dylan Graves bat un record du monde improbable sur une vague de marée en Indonésie
Dans la famille des records de surf les plus insolites, voici un nouveau champion : Dylan Graves, le surfeur porto-ricain spécialiste des weird waves, vient d’être officiellement reconnu par le Guinness World Records pour avoir réalisé… 46 top turns sur une seule vague. Oui, 46.
Le décor de l’exploit ? The Bono, aussi appelée 7 Ghosts, une vague de mascaret située au fin fond de Sumatra, réputée pour son phénomène unique : un undular bore composé de plusieurs vagues successives qui se forment lors d’une montée de marée extrême. Une vague étrange, capricieuse… mais parfaite pour enchaîner un nombre indécent de virages.
Graves avait été inspiré par la fameuse expédition The Search de Rip Curl en 2011. Plus d’une décennie plus tard, il est allé vérifier par lui-même si la légende tenait encore debout — et il est revenu avec un record à la clé.
Ce record arrive dans un contexte où les performances “non traditionnelles” explosent. Il y a quelques semaines, un Autrichien, Maximilian Neuböck, surfait une vague de rivière pendant 8h05min44s, décrochant le titre de la “plus longue vague surfée en eau libre”. Pendant ce temps, le record de la plus grosse vague surfée reste bien accroché par Sebastian Steudtner et son monstrueux 86 pieds à Nazaré en 2020.
Alors oui, ce ne sont peut-être pas les records les plus “classiques”, mais ils poussent les limites du surf là où personne ne regarde… et c’est exactement ce qui rend ces histoires passionnantes.
Zeke Lau grièvement touché à Rocky Point : « Mon oreille pendait »
Les premières houles hivernales viennent tout juste de frapper le North Shore, et déjà les incidents s’enchaînent. Cette fois, c’est Ezekiel “Zeke” Lau, surfeur hawaiien et habitué du spot de Rocky Point, qui a frôlé une blessure bien plus grave lors d’un simple backside air. Une manœuvre banale, un timing malheureux… et une dérive qui vient littéralement se planter dans sa tête. Pour les voyeurs ou curieux, voici la vidéo Youtube calée sur l'incident.
Un air raté, un leash tendu et la dérive qui revient comme un boomerang
La scène se passe sur un Rocky Point solide, mais loin d’être massif, environ deux mètres bien formés. Zeke, comme à son habitude, surfe avec engagement et tente un backside air. En ratant son air, il pense simplement foirer la manœuvre. Sauf qu’au moment où il retombe, son leash renvoie sa planche vers lui et la dérive centrale le frappe. Impact direct dans le crâne. Et, surtout, très proche de l’oreille. Dans une vidéo partagée quelques jours après l’accident, Zeke explique la violence du choc : « Je suis bien amoché. La dérive m’a tapé juste sur le côté de la tête. Ça a touché mon oreille aussi. C’était assez profond. Le docteur m’a mis quelques points de suture à l’intérieur et cinq à l’extérieur. Mon oreille pendait un peu. »
Un constat froid, typiquement hawaiien : lacéré, boursouflé, mais… “all good”.
Un vieux débat relancé : Futures ou FCS ?
Zeke rebondit avec humour sur un sujet qui divise les surfeurs depuis des années : « J’aurais aimé avoir une meilleure histoire… [rires] C’était juste moi qui tentais un air, et la planche est revenue me frapper. La dérive du milieu m’a percé. Je venais de passer sur des Futures. Si j’avais eu des FCS, la dérive aurait sauté, et ça n’aurait pas été aussi grave. »
Une remarque qui a immédiatement enflammé les réseaux, chacun défendant “son” système comme si c’était une religion surfistique.
Début de saison, premiers avertissements
Depuis quelques semaines, le North Shore se réveille. Rien de dramatique pour l’instant : pas d'accident grave à Pipeline, pas de KO subis par des free-surfeurs. Mais des incidents comme celui-ci rappellent une réalité incontournable : même sur un spot “intermédiaire” comme Rocky Point, la moindre erreur peut laisser des traces profondes.
Zeke Lau devrait revenir rapidement à l’eau. Sans séquelles. Avec une oreille intacte. Mais avec une cicatrice de plus dans la carrière déjà bien remplie d’un solide guerrier du North Shore.
Edouard Delpero vice-champion du monde : un goût amer
L’ancien monde face au nouveau
C’est une fin de saison cruelle pour Edouard Delpero. Le Français, en position de force avant cette dernière étape à El Salvador, repart finalement vice-champion du monde, battu par l’Australien Kai Ellice-Flint. Un dénouement amer, tant cette finale a laissé un sentiment d’incompréhension. Car au-delà du résultat, c’est tout un style de surf qui semblait jugé différemment.
Depuis plusieurs années, la scène longboard mondiale se déchire entre deux visions : le surf classique, fluide et enraciné dans l’histoire, incarné par Kai Ellice-Flint dans cette finale, et le new school plus aérien, plus radical, parfois plus démonstratif que stylé, incarné Édouard Delpero. Le combat des Singles Fins contre les tri-fins. Et ce soir, à El Sunzal, on a eu le sentiment que la balance penchait lourdement d’un côté.
Quand les detin est contrevous
Des notes qui interrogent
Dans le premier heat de la finale, un 9,50 attribué à Ellice-Flint a mis le ton. Une vague certes propre, mais avec des noses courts, où le surfeur met des manoeuvres mais avec l'instabilité d'un single fins. On y voit plus du style que de l'action. (je vous laisse juge, la vidéo est en bas de page) Derrière, Edouard enchaîne une vague avec des noses rides bien plus long et propre avec des manoeuvres plus appuyées… pour une note nettement inférieure. De quoi susciter la frustration chez le fan que je suis, tant l’écart de notation semble difficile à justifier.
Et comme si le destin s’en mêlait, une scène totalement improbable se déroule sur la plage :
Les planches d’Edouard Delpero, perdues pendant le voyage, arrivent… en plein milieu de la finale. Jusque-là, le Français surfait sur une planche prêtée par Rachael Tilly elle-même. Au moment où ses propres boards réapparaissent, un membre de l’équipe se met à monter les dérives et waxer la planche dans l’urgence, tandis qu’Edouard rame pour sa prochaine vague. Un moment presque paranormal, résumé par la WSL : “@edouarddelpero was riding @rachaeltilly’s boards the last few days with his lost in transit. Halfway through the final, the boards made it! Crazy scenes here at El Salvador Longboard Championships.”
Le genre de séquence où l’on se dit que le sort a choisi son camp.
Sur les séries suivantes, le scénario se répète. Delpero peine à trouver les meilleures vagues, la fréquence est faible, les opportunités rares. À la deuxième série, alors qu’il a la priorité, il part trop à l’intérieur — une erreur rare, presque symbole d’impuissance. Tout semble aller dans le mauvais sens : les conditions, le rythme, les notes.
Le triomphe d’un style
En face, Kai Ellice-Flint incarne la nouvelle génération du longboard australien : planches single-fin, on est sur un surf très stylisé qui séduit visiblement le panel de juges. Pour ma part, je suis un peu perdu, comment noter un style ? À aucun moment, Edouard n’a semblé en mesure de renverser la tendance. Pourtant, le Basque avait tout pour offrir au public une leçon de pureté dans un surf que beaucoup considèrent comme l’essence même de la discipline.
Ce duel old school / new school, déjà latent depuis plusieurs saisons, on en parlait déjà lors de la précédente compétition, trouve ici son expression la plus brutale. Le résultat n’efface en rien la saison exceptionnelle d’Edouard, revenu au sommet à 35 ans, ni son statut de longboarder exceptionnel.
Tilly, impériale chez les femmes
Chez les femmes, Rachael Tilly s’impose une nouvelle fois et décroche un troisième titre mondial, dont deux consécutifs. Implacable, la Californienne Rachael Tilly signe un parcours parfait : six victoires consécutives, une domination sans faille, et un troisième titre mondial obtenu face à Avalon Gall (USA), 15.20 à 12.44 puis 13.50 à 12.54. À 27 ans, elle rejoint le cercle fermé des triple championnes du monde, aux côtés de Soleil Errico et Honolua Blomfield.
Rachael Tilly (USA) déf. Kelis Kaleopaa (HAW), Tully White (AUS)
15.83 – 15.27 – 10.37
Hommes
Round
Résultat
Score
Title Match 2
Kai Ellice-Flint (AUS) déf. Edouard Delpero (FRA)
16.00 – 10.33
Title Match 1
Kai Ellice-Flint (AUS) déf. Edouard Delpero (FRA)
17.67 – 12.84
Match 4
Kai Ellice-Flint (AUS) déf. Taylor Jensen (USA)
15.27 – 9.17
Match 3
Taylor Jensen (USA) déf. Declan Wyton (AUS)
16.17 – 14.50
Match 2
Declan Wyton (AUS) déf. Max Weston (AUS), Kevin Skvarna (USA)
13.36 – 10.90 – 6.67
Match 1
Declan Wyton (AUS) déf. Steven Sawyer (RSA), Rogelio JR Esquievel (PHL)
12.73 – 11.83 – 10.43
Le rêve fou d’Édouard Delpero : à une série du sacre mondial
Il y a encore quelques semaines, personne n’aurait osé y croire. Édouard Delpero, 13ᵉ au classement mondial, voyait s’éloigner la grande finale du World Longboard Tour. Et pourtant… Après une victoire incroyable à Abu Dhabi, le Français se retrouve aujourd’hui n°1 mondial, à une seule série d’un titre de champion du monde WSL, le seul qui manque à sa légende.
D’Abu Dhabi à El Salvador : la remontée d’un miraculé
Le décor ? Une piscine à vagues au cœur du désert. Le scénario ? Totalement improbable. Avant la compétition, Delpero n’était même pas qualifié pour la finale mondiale. Il lui fallait un miracle. Ce miracle a pris la forme d’une victoire magistrale lors du Surf Abu Dhabi Longboard Classic, où il a survolé la compétition, grâce à sa maîtrise parfaite du barrel sur chaque vague artificielle.
Grâce à ce succès, le Biarrot grimpe du 13ᵉ au 1er rang mondial, décrochant le statut de tête de série pour la grande finale au Salvador. Un renversement de situation comme le surf en produit rarement, et qui résume à lui seul la détermination d’un athlète toujours animé par la passion du longboard et du surf.
Une finale à suspense : le format “winner-take-all”
La Surf City El Salvador Longboard Championships (5 au 9 novembre) s’annonce comme un moment historique. Huit hommes et huit femmes s’y disputeront les couronnes mondiales dans un format inspiré du Championship Tour. Les règles sont simples : les surfeurs les mieux classés affrontent les autres dans une succession de séries éliminatoires, jusqu’au “Title Match”, où attend le n°1 mondial.
Pour Édouard Delpero, cela signifie qu’une seule série gagnée pourrait le sacrer champion du monde WSL 2025. En cas de défaite lors de la première manche, il aura droit à une revanche immédiate, dans un duel au meilleur des trois séries. Une dernière marche pour boucler un parcours exceptionnel.
Le rendez-vous d’El Sunzal
La scène de cette bataille finale : El Sunzal, un point break den droite d’une beauté saisissante, situé à La Libertad, au cœur du projet Surf City du Salvador. Une vague longue, régulière, parfaite pour exprimer la grâce et le flow du longboard moderne. “C’est juste une vague parfaite pour un longboard”, résume le quadruple champion du monde Taylor Jensen, qui sera l’un des prétendants.
Delpero, 35 ans, connaît bien l’endroit. Il y a surfé pour la dernière fois en 2023. Cette fois, il y revient avec un seul objectif : décrocher la couronne mondiale, un titre qui viendrait couronner une carrière exemplaire, marquée par la constance, la technique et une élégance rare.
Une consécration attendue depuis toujours
Déjà multiple champion d’Europe, finaliste à plusieurs reprises sur le circuit mondial, Champion du monde ISA, Édouard Delpero a tout connu sauf cette ultime consécration. Longtemps dans l’ombre du frère cadet Antoine, également star du longboard, Édouard a tracé sa propre voie, fidèle à un surf pur et sans artifice.
Aujourd’hui, le Français a l’occasion de marquer l’histoire du surf hexagonal : aucun surfeur tricolore n’a encore remporté le titre mondial WSL Longboard. Avec son expérience, sa maturité et sa vision du surf, il est plus prêt que jamais. Et si le scénario de cette saison s’est déjà révélé incroyable, le meilleur reste peut-être à venir.
🏆 Un champion du monde français ?
La réponse pourrait tomber dans les heures à venir à El Sunzal. Une victoire, une seule, séparerait désormais Édouard Delpero d’un rêve poursuivi depuis plus d’une décennie. Et si la France tenait enfin son premier champion du monde WSL Longboard ? Rendez-vous ce jeudi ou vendredi en fonction des conditions.
Le Nazaré Big Wave Challenge lance sa waiting period : les Français prêts pour le show
Chaque année, à l’approche de l’hiver, Nazaré entre en veille active. Les surfeurs de gros scrutent les cartes météo, les équipes de jet-skis font chauffer les moteurs, et les caméras du monde entier attendent la déferlante. Depuis le 1er novembre et jusqu’au 31 mars 2026, la waiting period du Tudor Nazaré Big Wave Challenge est officiellement ouverte. Un seul jour, une seule fenêtre : celle où la houle, le vent et le courage s’aligneront pour écrire une nouvelle page de l’histoire du surf XXL.
La saison des monstres est ouverte
Nazaré, c’est un cirque aquatique géant où les vagues atteignent parfois la hauteur d’un immeuble de dix étages. Grâce à son canyon sous-marin unique (bien que ressemblant à celui de Hossegor), Praia do Norte agit comme un entonnoir qui concentre la houle atlantique dans des murs d’eau d’une violence rare. Pour que la compétition ait lieu, il faut un minimum de 25 pieds (environ 8 mètres) et des conditions parfaites : vent offshore, direction de houle idéale et suffisamment de fréquence pour rassasier la folie des athlètes.
La World Surf League veille : quand un swell monstrueux se profile, elle déclenche une “alerte jaune” 72 heures avant l’éventuelle mise à l’eau. Si les prévisions se confirment, l’“alerte verte” est donnée, et tout le gratin du surf de gros débarque à Nazaré, planches et gilets gonflables sous le bras.
Le format reste inchangé : neuf équipes de deux surfeurs, alternant entre la conduite du jet-ski et le surf. Trois récompenses sont en jeu : meilleure performance masculine, meilleure performance féminine et meilleure équipe.
Les Français au rendez-vous… ou presque
Cette année encore, la France sera bien représentée — et plutôt fièrement. Justine Dupont, reine incontestée de Nazaré, remet son titre en jeu après avoir remporté la meilleure performance féminine en 2025. Elle fera équipe avec Éric Rebière, pionnier du surf de gros français et l'un des meilleurs pilotes de jet au monde. Son compatriote Clément Roseyro, la révélation de la dernière édition, sera de nouveau associé au Portugais Nic von Rupp, duo explosif et redoutablement efficace, lauréat du trophée de la meilleure équipe l’an passé.
Autre tandem franco-chilien : Pierre Rollet avec Rafael Tapia, deux habitués des sessions à Nazaré. Et enfin, Benjamin Sanchis – figure historique du surf de gros tricolore – repartira à l’assaut du monstre portugais aux côtés du Marocain Jérôme Sahyoun.
Nazaré, théâtre du chaos
La beauté du Nazaré Big Wave Challenge, c’est son imprévisibilité totale. En quelques heures, une alerte peut tout faire basculer : billets d’avion, matériel, sécurité, logistique… Rien n’est figé, tout dépend du ciel et de l’océan. L’an dernier, les conditions avaient permis une journée historique, avec des vagues de 10 mètres et des performances d’anthologie.
Mais au-delà de la compétition, Nazaré est devenu un symbole. Popularisé par la série The 100 Foot Wave sur HBO, le spot portugais a dépassé la sphère du surf pour devenir une légende planétaire. Chaque session, chaque wipeout, chaque sauvetage est immortalisé sur les réseaux, contribuant à nourrir ce mythe fascinant du surf de l’extrême.
En attendant l’alerte jaune
Pour l’heure, les teams patientent, prient pour une tempête bien positionnée, et se préparent à l’inimaginable. Quand Nazaré s’éveille, le monde du surf retient son souffle. Les jets rugiront, les vagues gronderont, et quelque part au large du phare rouge, un Français – ou quatre – tentera d’inscrire son nom dans l’histoire.
Une nouvelle piscine à vagues en Chine qui fait parler d’elle
Les piscines à vagues continuent leur conquête du monde, et la Chine vient d’ajouter une pièce maîtresse à la collection : le Riyue Bay Surf Resort, sur l’île de Hainan, véritable berceau du surf chinois. Alimenté par la technologie American Wave Machines, le spot promet des sessions d’exception — et surtout, une section à air qui affole déjà les pros.
Dans une vidéo publiée fin octobre, le Japonais Ryji Masuda (inconnu au bataillon) a littéralement déchiré la vague, envoyant des airs stratosphériques parfaitement maîtrisés sur une rampe artificielle digne d’un skatepark aquatique. De quoi donner un aperçu du potentiel de cette installation, capable de produire des vagues jusqu’à 2,7 mètres (vous êtes sûr des mesures) de haut, avec une nouvelle vague toutes les six secondes.
Mais le Riyue Bay Surf Resort ne se résume pas à un simple bassin. Le lieu a été conçu comme un complexe surf global, combinant un hôtel thématique, une zone commerciale et surtout, une immersion totale dans la culture glisse. Situé à Wanning, au cœur de la scène surf chinoise et à deux pas du spot mythique de Riyue Bay (où s’entraîne l’équipe nationale), le projet ambitionne d’attirer les voyageurs du monde entier.
L’ouverture officielle est prévue pour le 11 novembre 2025, symbole d’un tournant pour le surf en Chine. Car au-delà de la performance technologique, cette piscine à vagues illustre la volonté du pays de s’imposer comme une destination surf majeure.
Sur une île déjà célèbre pour son climat tropical et ses plages dorées, Riyue Bay Surf Resort pourrait devenir le premier véritable épicentre du surf asiatique. Et si les puristes grimacent encore face à la montée des piscines à vagues, force est de constater que ces bassins permettent à des milliers de nouveaux surfeurs de découvrir la glisse… et de rêver plus grand.
Quand OnlyFans devient sponsor : bénédiction ou signal d’alarme pour le surf ?
Moana Jones Wong, Lucía Martiño… et demain, qui ? Le surf s’invite sur une plateforme où l’économie prend le pas sur les tabous.
Le monde du surf est en pleine mutation. Les stickers s’effacent, les budgets fondent, et les carrières se construisent désormais autant sur l’eau que sur les écrans. Dans ce nouveau paysage, une plateforme improbable s’impose comme acteur du sponsoring dans le surf : OnlyFans.
Après Pedro Scooby, Billy Kemper, António Laureano et Lucía Martiño, la Hawaïenne Moana Jones Wong vient d’être officiellement sponsorisée par la plateforme. Le surf professionnel cherche de nouveaux modèles économiques.
Moana, Lucía et le changement de paradigme
Quand Moana Jones Wong, “Queen of Pipeline”, a annoncé son arrivée sur OnlyFans, les réactions ont fusé : admiration, incompréhension, jugements hâtifs. Pourtant, le message de la surfeuse hawaïenne était limpide : « Je veux partager ce que les gens ne voient pas : mes entraînements, mes voyages, mes conseils. »
Rien de sulfureux, juste un pas vers plus d’indépendance. Moana, déjà diplômée en culture et santé autochtones, voit dans OnlyFans une plateforme pour parler de surf autrement.
Il ya quelques semaines, c’était Lucía Martiño, surfeuse espagnole connue pour son style fluide et son esthétique soignée, qui annonçait une collaboration officielle avec la marque OnlyFans. Cette fois, la frontière est franchie : OnlyFans n’est plus un simple canal personnel, c’est un véritable sponsor.
Un sponsoring qui dit beaucoup de notre époque
Pendant des décennies, l’économie du surf reposait sur un modèle simple : performance + image = contrat. Les marques historiques (Rip Curl, Billabong, Roxy…) finançaient les carrières et façonnaient les légendes. Mais la bulle a éclaté.
Entre la mondialisation du sport, la fin du “cool” institutionnalisé et la concentration des groupes, les budgets marketing se sont effondrés. Aujourd’hui, rares sont ceux qui vivent réellement de leur surf.
Les athlètes deviennent donc leurs propres médias. YouTube, TikTok, Instagram… et désormais OnlyFans. Ce dernier, en se repositionnant comme une plateforme pour créateurs de contenu exclusif, offre une alternative directe : un espace sans intermédiaires, où les fans paient pour un lien authentique.
Tabou ou révolution ?
Évidemment, le nom d’OnlyFans reste chargé. Il évoque le glamour, le corps, la provocation. Mais ce serait oublier que la plateforme, en 2025, s’est largement diversifiée. Athlètes, musiciens, coachs y partagent des contenus pédagogiques ou inspirants.
Dans le surf, cette évolution soulève une question fondamentale : jusqu’où un surfeur doit-il aller pour continuer à vivre de sa passion ?
Moana Jones Wong l’a dit sans détour : « Être une femme de foi, ce n’est pas se cacher du monde, c’est y être présente avec respect. » Une déclaration forte, qui résume bien le dilemme actuel : entre préjugés et liberté, chaque surfeur trace sa propre ligne.
Un miroir de la crise du surf pro
Le fait qu’OnlyFans devienne sponsor dit tout de l’époque. Le surf n’est plus un sport doré, c’est une niche en quête de survie économique. Les compétitions souffrent, les circuits se contractent, et les marques misent désormais sur les visages qui font cliquer plus que sur ceux qui gagnent des séries.
Dans ce contexte, être sponsorisé par une plateforme aussi puissante qu’OnlyFans est peut-être moins une provocation qu’une nécessité. Le surf, discipline libre par essence, a toujours flirté avec la marginalité. Ce virage n’est qu’une nouvelle forme d’indépendance — avec une part de risque, certes, mais aussi une promesse : celle de reprendre le contrôle et son indépendance vis à vis des marques historiques. On retrouve dans cette tendance lorsque Jami O'Brien quittait le circuit WSL pour se concentrer sur sa chaine Youtube, avec succès.
Une chance, mais à quel prix ?
Pour certains, c’est une opportunité en or : la chance de construire une communauté fidèle, une audience, sans dépendre des marques ou des fédérations. Pour d’autres, c’est le signe d’une déchéance, la preuve que le surf a perdu de sa superbe.
La vérité se situe sans doute entre les deux. OnlyFans ne sauvera pas le surf, mais il révèle son état. En 2025, pour exister, un surfeur doit être entrepreneur, réalisateur, marketeur, et parfois… influenceur malgré lui.
Et si l’on doit choisir entre ne plus surfer et surfer autrement, beaucoup préféreront, sans doute, poster depuis la plage plutôt que rester sur la touche.
La Niña 2025-2026 : l’hiver des grosses houles est lancé
C’est officiel : La Niña est de retour, confirmée par les observatoires météorologiques du Pacifique et par les modèles climatiques mondiaux. Ce phénomène océanique et atmosphérique, parfois mystérieux pour le grand public, a pourtant un impact direct sur notre quotidien de surfeurs. Des spots hawaïens aux plages landaises, son influence se fait sentir jusque dans les line-ups européens. Et cette saison 2025-2026 ne fera pas exception.
Mais que signifie concrètement l’arrivée d’une La Niña ? Et surtout, comment cela va-t-il transformer les vagues de cet hiver ?
Comprendre La Niña : quand le Pacifique refroidit, le reste du monde bouge
La Niña, c’est le pendant froid du fameux El Niño. Alors que El Niño réchauffe les eaux du Pacifique Est, bouleversant les courants et provoquant des sécheresses ou des tempêtes selon les régions, La Niña fait exactement l’inverse : les alizés se renforcent, poussant les eaux chaudes vers l’ouest du Pacifique, tandis que de l’eau froide remonte à la surface près de l’Amérique du Sud.
Ce refroidissement crée une énorme “bulle froide” dans le Pacifique Est, qui va modifier la trajectoire du Jet Stream, ce courant atmosphérique rapide qui contrôle la formation des tempêtes autour du globe. Résultat : des hivers plus actifs dans le Nord, des cyclones plus nombreux sous les tropiques, et des variations considérables dans la distribution des houles.
Autrement dit : ce qui se passe à des milliers de kilomètres de la Polynésie peut décider de la qualité des vagues à Hossegor ou à Nazaré.
En Europe : un hiver plus froid… et plus musclé
Pour les surfeurs européens, La Niña est souvent synonyme d’un hiver plus consistant. Quand le Jet Stream remonte vers le nord de l’Atlantique, les dépressions se forment plus souvent et plus puissamment entre Terre-Neuve et l’Irlande. Ce sont elles qui génèrent les longues houles d’ouest tant attendues par les big wave riders et les passionnés de beach breaks puissants.
👉 Côté positif :
Les vagues sont plus grosses, les houles sont plus longues et plus fréquentes sur les côtes françaises et européennes.
Des spots mythiques comme Nazaré, Mullaghmore ou Belharra peuvent s’enflammer plus fréquemment.
Les houles fréquentes permettent de créer de meilleurs bancs de sable.
👉 Côté moins glamour :
Plus de tempêtes = plus de vents d’ouest soutenus. Les fenêtres calmes seront rares.
Les températures chutent souvent, dans l’air comme dans l’eau.
Les houles sont plus puissantes, parfois difficiles à dompter pour les surfeurs intermédiaires.
Houles fréquentes, des bancs de sable qui se modifient rapidement.
En clair : un hiver parfait pour les chargeurs, un peu moins pour les amateurs de sessions tranquilles au coucher du soleil.
Et ailleurs dans le monde ?
Pacifique Nord : la fête des grosses vagues
Les surfeurs de Mavericks ou du North Shore d’Hawaï ont déjà les yeux rivés sur les cartes météo. En période de La Niña, les tempêtes se forment plus haut dans le Pacifique Nord, générant des houles massives et régulières vers l’Alaska, l’Oregon et la Californie du Nord. Le célèbre spot de Mavericks, au large de Half Moon Bay, est souvent l’un des grands gagnants du phénomène. En revanche, le sud de la Californie et certaines îles hawaïennes reçoivent moins de houles franches, car les tempêtes contournent leur zone d’influence.
Indonésie et Australie : plus de vent, moins de glassy
Sous les tropiques, les alizés renforcés qui caractérisent La Niña peuvent transformer un trip paradisiaque en session frustrante. En Indonésie comme en Australie, le vent d’est souffle plus fort, amenant des conditions plus agitées et moins “glassy”. Mais tout n’est pas perdu : les houles, elles, ne manquent pas — simplement, il faudra choisir le bon spot, bien orienté et à l’abri du vent.
Caraïbes et Atlantique Ouest : une saison cyclonique plus intense
Autre effet bien documenté : La Niña favorise la formation d’ouragans. Les vents verticaux qui dispersent habituellement les tempêtes tropicales sont affaiblis, permettant aux systèmes de se développer plus facilement. Les surfeurs de Floride, des Antilles et de Porto Rico peuvent donc s’attendre à plus de houles cycloniques, parfois destructrices, mais aussi propices à des sessions épiques sur des reefs rarement réveillés.
Pourquoi les surfeurs européens peuvent se réjouir
Si l’on devait tirer une seule conclusion : c’est l’Europe qui a le plus à gagner de ce nouvel épisode La Niña. Les prévisions saisonnières annoncent un début d’hiver actif dès novembre, avec des séries de dépressions atlantiques rapprochées. Cela signifie plus de houles solides pour la façade ouest, de la Bretagne au Pays basque, en passant par la Galice et le Portugal.
Les amateurs de gros surf attendent déjà leurs fenêtres à Nazaré, Mullaghmore ou Belharra. Et pour les autres, les beach breaks landais ou galiciens devraient multiplier les jours “parfaits” — à condition de surveiller les vents et de s’armer d’une bonne 4/3.
En résumé : La Niña, c’est (plutôt) bon pour le surf européen
🌊 Europe : houles longues et puissantes, saison dynamique mais tempétueuse.
🌀 Pacifique Nord : gros swell au nord, plus calme au sud.
🌧️ Indo / Australie : plus de vent, conditions inégales.
🌡️ Globalement : hivers plus frais, plus de tempêtes, plus de mouvement.
Si vous aimez le surf engagé, les combinaisons épaisses et les line-ups balayés par le vent offshore, cette La Niña 2025-2026 risque de vous plaire. Et pour ceux qui préfèrent les sessions faciles sous les tropiques… il va peut-être falloir patienter jusqu’au prochain El Niño.
La planche de surf perdue en Tasmanie réapparaît 18 mois plus tard à 2 400 km de là, retrouvée par un Français
C’est une histoire comme seuls les océans savent en écrire. Une planche de surf tombée d’un bateau en Tasmanie, oubliée depuis un an et demi, retrouvée par hasard en Nouvelle-Zélande par un Français installé à Raglan. 2 400 kilomètres plus loin, 18 mois de dérive, et un destin que seul le courant pouvait orchestrer.
Un voyage insensé porté par les courants
Mai 2024. Quelque part au large de la Tasmanie, une planche sur mesure glisse sur le pont d’un bateau, heurte le rebord, puis disparaît dans la houle. Son propriétaire, un surfeur australien prénommé Liam, la regarde s’éloigner, impuissant. L’océan l’a avalée, sans promesse de retour. Dix-huit mois plus tard, cette même planche va réapparaître… à 2 400 km de là, sur la côte ouest néo-zélandaise.
Entre les deux, personne ne saura jamais vraiment quel chemin elle a emprunté. Peut-être a-t-elle traversé la mer de Tasmanie portée par les vents d’ouest, s’est échouée un temps sur une côte déserte avant de repartir. Ce qu’on sait, c’est qu’elle a survécu — intacte, marquée, mais debout. Un miracle flottant, couvert de balanes et de coquillages, témoin du passage du temps et des voyages invisibles que tracent les courants marins.
La découverte d’un Français à Raglan
Mi-octobre 2025, un Français du nom d’Alvaro Bon profite d’une session de kitesurf dans le port de Raglan, sur l’île du Nord. Installé depuis une dizaine d’années en Nouvelle-Zélande, il connaît ces eaux par cœur. Ce jour-là, le vent est fort, trop fort. Il perd le contrôle de son cerf-volant, qui s’envole au large. En rejoignant la terre, il aperçoit quelque chose d’étrange flottant à la surface : une planche de surf couleur crème, piquée de coquillages, comme sortie d’un rêve.
« Je l’ai cachée dans les dunes, je ne savais pas trop quoi en faire », racontera-t-il plus tard à la BBC. Quelques jours après, il la nettoie et publie des photos sur les réseaux sociaux, espérant retrouver le propriétaire. À son retour de surf, son téléphone est inondé de messages. Parmi eux, celui d’un certain Liam, accompagné d’une photo : c’était bien la sienne. « Il n’arrivait pas à y croire », confie Alvaro.
Un symbole de résilience et de hasard
La planche, malgré 18 mois passés à dériver en plein océan, est en bon état. Quelques traces du sel, quelques cicatrices laissées par les coquillages — rien qui ne puisse l’empêcher de flotter. Pour Liam, c’est une planche fétiche, un morceau de lui revenu du large. Pour Alvaro, c’est un signe.
« Le jour où j’ai trouvé la planche, j’ai perdu mon cerf-volant, raconte-t-il. Peut-être que c’était ça le sens… Parfois il faut lâcher prise pour trouver mieux. »
Difficile d’imaginer phrase plus juste. Dans un monde où tout semble contrôlé, l’océan rappelle qu’il reste le maître des histoires. Ce jour-là, il a rendu ce qu’il avait pris. Et entre deux inconnus, il a tracé un fil invisible, une ligne de swell entre la Tasmanie et la Nouvelle-Zélande.
L’océan, narrateur d’histoires incroyables
Cette dérive n’est pas qu’une anecdote insolite : elle dit quelque chose de la mer, de sa puissance et de sa poésie. Les scientifiques savent que les courants marins de la mer de Tasmanie sont parmi les plus imprévisibles du Pacifique Sud. Des objets peuvent dériver des mois entiers avant d’atteindre les plages néo-zélandaises. Mais au-delà des données, c’est l’imaginaire qui fascine : la mer transporte aussi bien des déchets que des miracles.
Une planche perdue, retrouvée 18 mois plus tard, c’est un message venu des profondeurs : la mer garde, transforme, restitue. Et parfois, elle choisit à qui offrir le dénouement.
Dans quelques jours, la planche rejoindra son propriétaire à Auckland. Mais son histoire, elle, a déjà fait le tour du monde — et des cœurs.
Myélopathie du surfeur : quand le rêve de glisse vire au cauchemar
Imaginez partir en vacances dans les Caraïbes, découvrir le surf pour la première fois… et finir paralysé. Ce scénario absurde, digne d’un film dramatique, est pourtant une réalité pour une poignée de surfeurs dans le monde. Le nom de ce mal encore méconnu : la myélopathie du surfeur. Une affection aussi mystérieuse que dévastatrice, qui a déjà brisé plusieurs vies – de la Guadeloupe à Honolulu, en passant par les Alpes suisses.
Un voyage en Guadeloupe qui tourne au drame
Février 2025. Flavien, 29 ans, s’envole pour la Guadeloupe avec sa compagne et leur fils. Le séjour s’annonce idyllique : mer chaude, soleil, lagons… C’est lors d’une première leçon de surf à Sainte-Anne que tout bascule. Après quelques minutes passées allongé sur sa planche, en position de rame, Flavien ressent une douleur aiguë dans le bas du dos, rapidement suivie de fourmillements, engourdissements, puis une perte de force dans les jambes.
Transporté d’urgence à l’hôpital de Pointe-à-Pitre, le premier diagnostic est flou. Mais un second neurologue évoque une cause rare : un infarctus médullaire, autrement dit un accident vasculaire de la moelle épinière, aussi appelé myélopathie du surfeur.
Le témoignage glaçant de Marc, paralysé à Hawaï
Marc, 22 ans, originaire des Grisons en Suisse, rêvait de surfer les vagues du Pacifique. Deux jours après son arrivée à Hawaï, il ressent la même douleur foudroyante que Flavien. « Je surfais quand soudain, j’ai eu l’impression qu’on m’avait planté un couteau dans le dos », raconte-t-il. Ses jambes lâchent. Il coule. Sauveteurs, ambulance, diagnostic : myélopathie du surfeur.
Les médecins lui annoncent qu’il ne remarchera probablement jamais. Pourtant, après deux ans de rééducation, Marc a retrouvé l’usage partiel de ses jambes :
« Je peux marcher quelques mètres avec des béquilles. J’ai même refait du snowboard. Mais mon rêve, c’est de retourner surfer, sur cette même plage. »
Mais qu’est-ce que la myélopathie du surfeur ?
dentifiée pour la première fois à Hawaï en 2004, la surfer’s myelopathy est une lésion non traumatique de la moelle épinière. Elle est causée par une hyperextension prolongée du dos, typique de la position de rame sur la planche.
En clair : allongé trop longtemps, le surfeur crée une compression qui réduit l’apport sanguin à la moelle. Résultat : une ischémie médullaire, comparable à un mini AVC de la colonne.
Les symptômes à repérer :
Douleur aiguë dans le bas du dos
Fourmillements ou engourdissement dans les jambes
Perte de force musculaire
Troubles urinaires ou intestinaux
Paralysie soudaine
Ce qui rend la maladie perfide, c’est qu’elle survient sans aucun traumatisme. Pas de wipeout, pas de choc contre la planche : tout se passe à l’intérieur du corps.
Ce que dit la science
Une étude japonaise publiée en 2019 décrit le cas d’une jeune femme de 19 ans, débutante, victime de la même pathologie. En seulement une heure, elle passe de simples picotements à la paraplégie. Grâce à une prise en charge rapide (oxygénothérapie, corticoïdes, rééducation), elle a pu remarcher en moins d’un mois.
Les médecins japonais évoquent plusieurs hypothèses :
Compression artérielle (artère d’Adamkiewicz) causée par l’hyperextension.
Compression veineuse ou spasme lié à la manœuvre de Valsalva (inspiration bloquée lors de l’effort).
Embolie fibrocartilagineuse, quand un fragment de disque intervertébral migre dans une artère spinale.
Mais aucune cause unique n’a encore été prouvée.
Une affection rare… mais grave
Peu d’études existent sur cette pathologie. Une revue scientifique coréenne a analysé 3 cas de jeunes hommes (19 à 30 ans), tous débutants en surf. Deux d’entre eux, traités avec des corticoïdes, sont restés paraplégiques malgré des mois de rééducation. Le troisième, soigné par induction d’hypertension pour améliorer la perfusion médullaire, a quasiment récupéré l’usage complet de ses jambes en quelques jours.
Autrement dit, le traitement précoce est essentiel, mais il n’existe aucune prise en charge standardisée. Les pistes incluent :
L’hyperhydratation et l’induction d’une hypertension contrôlée
L’usage de stéroïdes à haute dose (controversé)
L’angiographie spinale en urgence pour identifier une cause vasculaire
Le drainage lombaire pour réduire la pression du liquide céphalorachidien
Une urgence médicale méconnue
En 2016, une revue internationale recensait seulement 64 cas documentés dans le monde. Un chiffre probablement sous-estimé, car de nombreux cas légers passent inaperçus. Les études montrent pourtant que le pronostic dépend entièrement de la rapidité du diagnostic.
Un traitement précoce peut inclure :
Hyperhydratation et induction d’hypertension pour améliorer la perfusion
Corticoïdes à haute dose (usage controversé)
Oxygénothérapie hyperbare
Drainage lombaire pour réduire la pression céphalorachidienne
Les patients traités dans les premières heures ont souvent récupéré partiellement.
Un long combat pour réapprendre à marcher
Pour Flavien, le diagnostic a été confirmé en métropole après une longue errance médicale. Transféré dans un centre de rééducation en Vendée, il a dû tout réapprendre comme un bébé : respirer profondément, ramasser un objet, activer ses muscles. Aujourd’hui, il recommence à bouger sa jambe droite, un peu la gauche. Son objectif est clair : remarcher d’ici décembre.
Il témoigne quotidiennement de son combat dans un carnet de bord, avec l’idée d’en faire un livre. Lui et sa compagne veulent surtout sensibiliser : "Si j’étais resté 5 minutes de plus dans l’eau, je me serais peut-être noyé".
Une éducation indispensable pour prévenir les cas
L’un des constats partagés par les études scientifiques est limpide : la prévention est la clé. Aux États-Unis, une fondation a créé le sigle SPINE pour sensibiliser les surfeurs :
S : Sit on your board — s'asseoir régulièrement sur sa planche
P : Pace yourself — ne pas rester trop longtemps dans l’eau
I : Insist on a trained instructor — privilégier un moniteur expérimenté
N : Notice symptoms — être attentif aux douleurs ou engourdissements
E : Exit the water — sortir immédiatement si un symptôme apparaît
En France et en Europe, la majorité des moniteurs n’ont jamais entendu parler de ce syndrome. Il serait temps d’intégrer cette information dans les formations de surf, comme cela commence à se faire à Hawaï ou en Corée du Sud.
Peut-on continuer à surfer après une myélopathie ?
Dans les cas les plus graves, la reprise du surf est impossible. Mais certains patients ayant récupéré partiellement ont pu remonter sur une planche, avec prudence. Il est cependant recommandé de consulter un neurologue ou un médecin du sport avant toute reprise, et d’éviter les longues périodes de rame en extension.
Ce que nous dit ce témoignage
L’histoire de Flavien met en lumière une réalité cruelle : un accident invisible peut briser une vie en quelques minutes, sans prévenir. Et pourtant, en informant mieux, en réagissant plus vite, en adaptant l’enseignement du surf, de nombreux cas pourraient être évités ou atténués.
La myélopathie du surfeur n’est pas une fatalité. Mais pour que cela devienne vrai, il faut briser le silence, documenter les cas, et surtout, écouter son corps dès les premiers signes d’alerte.
En résumé : que faut-il retenir ?
La myélopathie du surfeur est une pathologie rare mais grave, liée à un manque d’irrigation de la moelle épinière
Elle touche surtout des surfeurs débutants, souvent lors de leur première session
Les symptômes précoces doivent être pris très au sérieux : douleurs dorsales, fourmillements, faiblesse dans les jambes
Aucun traitement n’est standardisé, mais une prise en charge rapide améliore le pronostic
La prévention par l’éducation des surfeurs et des moniteurs est essentielle
Max Neuböck surfe plus de 8 heures d’affilée sur une vague… pour un record Guinness
Huit heures, cinq minutes et quarante-quatre secondes. C’est le temps que l’Autrichien Maximilian Neuböck a passé debout sur une vague, sans jamais tomber. Pas sur un swell mythique de l’océan Pacifique, non — sur The RiverWave, la plus grande vague artificielle d’Europe en Autriche. Le tout validé par le Guinness World Records. Résultat : un record aussi absurde qu’hypnotisant, qui interroge autant qu’il impressionne.
Le surfeur autrichien qui ne voulait plus sortir de l’eau
La scène se déroule à Ebensee, en Autriche, loin des spots salés de Nazaré ou Teahupo’o. Là, The RiverWave génère une vague stationnaire, perpétuelle, comme un tapis roulant aquatique. Et Max Neuböck a décidé d’y rester dessus aussi longtemps que possible, sans descendre, sans pause, sans toilettes — mais pas sans ravitaillement.
Pendant son marathon liquide, il a mangé une soupe, avalé une pizza, bu du Red Bull et utilisé un pistolet de massage pour ses cuisses. Tout cela, sans jamais cesser de glisser sur place. À la fin, épuisé mais euphorique, il s’est jeté à l’eau en criant de joie : huit heures de surf continu, un record officiellement homologué par Guinness.
“Il n’est revenu à terre qu’après huit heures, certain d’avoir battu le record. Il a ensuite sauté dans l’eau en criant, les bras levés”, raconte Guinness dans son communiqué officiel.
Le triomphe du “record pour le record”
Soyons honnêtes : le surf n’avait pas forcément besoin de ce record. Mais dans un monde obsédé par les chiffres, les likes et les “premières fois”, il fallait bien que quelqu’un tente l’impossible : tenir debout sur une vague pendant une journée de travail complète.
Ce n’est pas un exploit d’océan, ni un tube de légende — c’est un exploit d’endurance et, surtout, de volonté. Neuböck incarne cette tendance moderne à vouloir “faire un record pour le record”, comme s’il fallait tout mesurer, tout chronométrer, même la glisse. Une performance à la frontière du sport, de l’art contemporain et de la méditation sous caféine. Bref, je m'égare...
8 heures contre 3 heures 55 : la revanche des vagues statiques
Avant Neuböck, le Panaméen Gary Saavedra détenait un autre record Guinness : celui de la plus longue vague surfée en eau libre, en 2011. Il avait surfé le sillage d’un bateau pendant 43,1 miles dans le canal de Panama, pendant près de quatre heures. Mais la comparaison s’arrête là : Saavedra avançait, Neuböck restait sur place. Deux visions du surf, deux formes d’absurdité héroïque.
Entre absurde et poésie
Passer huit heures à surfer sans tomber, c’est certes un exploit physique. Mais c’est surtout un symbole : le surf peut aussi être statique, introspectif, presque méditatif. Entre deux gorgées de soupe, Neuböck a probablement exploré les frontières du calme, du courage et de l’ennui absolu.
Ces records Guinness qui font sourire
Le Guinness World Records adore ces exploits improbables. À côté de Neuböck, on trouve par exemple le “plus grand nombre de Big Macs mangés dans une vie” (26 000), le “5 mètres les plus rapides en skateboard par un chat”, ou encore le montage le plus rapide de Mr. Potato Head les yeux bandés. Et dans la catégorie “records de surf plus sérieux”, Sebastian Steudtner détient toujours le titre de la plus grosse vague surfée, avec son 86 pieds à Nazaré en 2020.
Mais entre la démesure portugaise et la patience autrichienne, un même fil rouge : l’amour du geste inutile mais fascinant.
Tragédie à Frankston Beach : un surfeur britannique et son ami se noient en Australie
Les autorités australiennes ont confirmé la mort d’un surfeur britannique de 36 ans et de son ami de 43 ans, tragiquement noyés mercredi 22 octobre à Frankston Beach, près de Melbourne. Selon la police de l’État de Victoria, le drame s’est produit en pleine tempête, alors que des rafales de vent atteignaient jusqu’à 130 km/h.
Il était environ 17 h lorsque des témoins ont aperçu deux hommes en difficulté dans l’eau. Les secours, appuyés par un hélicoptère de la police, ont réussi à les ramener sur le rivage, mais aucun des deux n’a pu être réanimé. Un membre des équipes de sauvetage a lui aussi dû être hospitalisé après avoir avalé une grande quantité d’eau.
Un surfeur débutant pris dans une tempête
D’après les premières investigations, le surfeur britannique se serait aventuré à l’eau malgré des conditions extrêmes. Son niveau de surf était très limité, a précisé l’inspectrice Melissa Nixon :
« Il semble qu’il apprenait tout juste à surfer. La mer était déchaînée et la planche s’est brisée sous la puissance des vagues. »
Lorsque sa planche a cédé, l’homme aurait tenté de rejoindre la plage à la nage. Son ami, témoin de la scène, a alors sauté à l’eau pour tenter de lui porter secours. Pris à leur tour dans les vagues et le vent violent, les deux hommes se sont rapidement retrouvés en difficulté, avant d’être submergés.
Des conditions météorologiques extrêmes
Le sud de l’Australie a été frappé ces dernières 24 heures par une tempête, provoquant des coupures d’électricité et la chute de nombreux arbres dans la région de Melbourne. Les autorités avaient pourtant multiplié les avertissements sur les dangers liés à la mer et appelé les habitants à ne pas s’aventurer à l’eau.
« Ces conditions n’étaient pas sûres, même pour les surfeurs expérimentés », a insisté la police de Victoria. « Aller à l’eau par ce type de météo, c’est risquer sa vie et celle de ceux qui viendront vous secourir. »
Un drame qui relance le débat sur la sécurité
Le maire de Frankston, Kris Bolam, a exprimé sa profonde tristesse et a rappelé que le drame survenait à un moment crucial : la municipalité envisage actuellement de financer à nouveau un service de sauvetage côtier.
« C’est une tragédie. Deux personnes sont mortes alors qu’elles n’auraient jamais dû perdre la vie », a-t-il déclaré. « Cela remet clairement la sécurité sur nos plages au cœur du débat. »
Une enquête est toujours en cours pour confirmer les identités et les causes précises du décès, mais tout indique que l’imprudence face à une mer en furie aura été fatale à deux hommes animés d’un simple élan d’entraide.
Quand les loutres de Santa Cruz volent les planches (et se moquent des surfeurs)
À Santa Cruz, sur la côte californienne, les surfeurs ont un nouveau problème au line-up. Pas les requins, ni les SUPs envahissants, les algues ou les méduses. Non, pire : les loutres de mer. Et pas n’importe lesquelles — celles devenues célèbres pour leur goût prononcé du surf.
L’histoire avait déjà fait grand bruit en 2023, lorsqu’une femelle loutre, surnommée Otter 841, s’était mise à grimper sur les planches des surfeurs, à les mordre et à refuser de les rendre. La scène, digne d’un dessin animé, avait tourné en boucle sur les réseaux. Deux ans plus tard, rebelote. À Steamer Lane, le spot mythique de Santa Cruz, une surfeuse, Isabella Orduna, a ressenti un « petit coup de dent » sur le pied avant de voir son longboard… entre les pattes d’une loutre hilare. L’animal a refusé de lâcher la planche pendant plus de vingt minutes, sous les yeux amusés — et un peu inquiets — des autres surfeurs.
Les secours ont même dû intervenir. “Tu ne t’attends pas à te faire piquer ta planche par une loutre quand tu vas surfer”, a déclaré un pompier local. Heureusement, Isabella s’en est tirée avec une simple égratignure et beaucoup d’humour.
La revanche des animaux marins
Depuis, les médias américains s’en donnent à cœur joie : “furry thief”, “puckish otter”, “aggressive but cute”. Les vidéos s’accumulent sur Instagram. Et certains photographes jurent avoir vu la loutre “imiter” les surfeurs après leurs manœuvres, comme si elle se moquait de leur style. S’il est difficile de prouver qu’une loutre se paye littéralement ta tête, il faut reconnaître qu’elle a du flair : Santa Cruz est le berceau du surf californien, et rien ne vaut un peu d’ironie dans un line-up parfois trop sérieux.
“On empiète sur leur territoire”
Derrière l’humour, les biologistes rappellent que ce comportement n’a rien d’anormal. Selon Gena Bentall, spécialiste des otaries et loutres marines, ces animaux sont harcelés quotidiennement par les humains. Moins craintifs, ils deviennent plus curieux — et parfois, un peu trop joueurs. “Ce n’est pas une épidémie de vols de planches, mais un signal clair : on partage leur espace.”
Et si ça arrivait en France ?
L’histoire prête à sourire, mais elle résonne étrangement avec nos côtes. Souviens-toi du phoque You, devenu star en Gironde après avoir squatté les planches des surfeurs du Médoc (entre Hourtin et Cap Ferret), posant pour les photos et accumulant des milliers de fans sur Facebook. Son “cousin”, Off, a lui aussi été aperçu au Cap Ferret, montant sur les planches comme sur un transat, au grand plaisir des locaux. Moins agressifs que leurs cousines américaines, ces phoques avaient tout de même fini par être capturés et relâchés plus loin, pour éviter tout accident.
Entre tendresse et prudence
Les rencontres entre surfeurs et animaux marins se multiplient, et pas seulement avec les requins. L’expansion des populations de phoques, de loutres ou même de dauphins dans certaines zones côtières crée parfois des situations inattendues. Entre fascination et peur, il faut apprendre à cohabiter. Les experts le rappellent : ne jamais tenter d’approcher ou de nourrir ces animaux, aussi mignons soient-ils. Les morsures sont rares, mais réelles, et ces contacts rapprochés perturbent leur comportement naturel.
Alors oui, les images de la loutre 841 cramponnée à un longboard font le tour du web et déclenchent des fous rires. Mais elles rappellent aussi une vérité : dans l’eau, nous devons cohabiter.
Jamie Mitchell grièvement blessé sur le North Shore : “J’ai de la chance d’être encore là”
Le North Shore d’Oahu vient à peine de s’éveiller que la saison d’hiver a déjà fait sa première victime. Jamie Mitchell, légende australienne du surf de gros, s’est violemment blessé au visage après avoir pris sa propre planche en pleine tête, lors d’une session sur l’un de ses spots fétiches d’Hawaï.
Un départ de saison brutal
Quelques jours après les premiers gros swells de la saison, Pipeline, Ke Iki ou encore Shark’s Cove ont déjà offert leur lot de tubes, de chutes et d’adrénaline. Mais cette fois, c’est l’un des chargeurs les plus respectés du North Shore qui a payé le prix fort. Mitchell, 48 ans, surfait sur une planche de 9’10" lorsqu’une série imprévisible a tout fait basculer. Propulsé sous l’eau, il a pris la dérive de sa planche de surf de plein fouet, “à quelques millimètres de la jugulaire”, selon ses propres mots.
Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, il apparaît le visage recouvert de bandages, la voix encore tremblante :
“J’ai eu une matinée un peu compliquée… J’ai pris ma 9’10” en pleine figure. Dix-huit agrafes à l’arrière de la tête, quinze points de suture dans la gorge, cinq sur la pommette, et quelques autres un peu partout. Mais je vais bien. C’est fou comme tout peut basculer quand tu t’y attends le moins.”
ATTENTION LES IMAGES CI-DESSOUS SONT IMPRESSIONNANTES
Les images, difficilement soutenables, montrent la coupure profonde sur la joue et le cou du surfeur. Une plaie si proche des veines vitales qu’il aurait pu y laisser sa vie. “Un coup de dérive près de la jugulaire”. Malgré la gravité du choc, Jamie a gardé son calme légendaire et son humour typique : “Je suis vivant, endolori, mais déjà en train de penser à la prochaine houle”, a-t-il plaisanté en story.
La communauté surf a immédiatement réagi : des messages de soutien ont afflué de tous les horizons — de Kelly Slater à Billy Kemper en passant par Mark Healey — saluant la résilience d’un homme qui a toujours repoussé ses limites sans jamais tricher avec la mer.
Une figure du surf de gros
Jamie Mitchell n’est pas un inconnu sur le North Shore. Double champion du monde de paddleboard, multiple vainqueur de la course épique Molokai 2 Oahu, il s’est ensuite imposé parmi les meilleurs surfeurs de gros de la planète. Que ce soit à Jaws, Nazaré ou Waimea, l’Australien s’est forgé une réputation de guerrier silencieux, capable de dompter les montagnes d’eau les plus intimidantes sans esbroufe ni ego surdimensionné. On se souvient tous de son drop à Belharra en France.
Ce nouvel accident rappelle que même pour les surfeurs les plus aguerris, la ligne entre maîtrise et drame reste infime. Quelques centimètres de plus, et le surf aurait perdu l’un de ses héros les plus respectés.
Une leçon d’humilité
“C’est dans ces moments-là que tu réalises à quel point tout peut s’arrêter vite”, a-t-il confié depuis l’hôpital d’Honolulu. Le North Shore est souvent décrit comme le théâtre de la gloire, mais aussi de la douleur. Chaque hiver, il remet les compteurs à zéro, testant la foi et le courage de ceux qui osent s’y frotter.
Jamie Mitchell, lui, compte bien revenir à l’eau — une fois ses 18 agrafes et ses 30 points de suture retirés. Parce qu’on ne tourne pas le dos à l’océan quand il fait partie de votre ADN.
Créer sa piscine à vagues DIY : le rêve (presque) accessible ?
Imagine un lac isolé, une plaque d’acier, un treuil bricolé et quelques surfeurs qui refusent de se résigner à attendre la houle. Bienvenue dans le monde fascinant — et un peu fou — des piscines à vagues artisanales. En Finlande ou au Brésil, des groupes de passionnés ont prouvé que, même sans millions d’euros ni ingénieurs de la NASA, on pouvait créer une vague surfable. Oui, une vraie.
L’expérience Artwave : le surf au milieu des pins
L’histoire commence quelque part en Finlande, sur un lac gardé secret. Là-bas, Atso Andersen et son équipe ont conçu Artwave Surf, une vague 100 % faite maison. Pas de technologie high-tech, pas de compresseurs géants. Juste une idée : “Si les Portugais peuvent apprendre à surfer dès l’enfance, pourquoi pas nous, ici, sur nos lacs ?”
Leur système repose sur des “ailes” sous-marines tirées par un treuil motorisé. En se déplaçant, ces ailes déplacent l’eau et génèrent une vague surfable sur plusieurs mètres. Le tout est mobile, démontable et assez simple pour tenir sur une remorque. Un peu comme un “wavepool nomade” que l’on pourrait installer où bon nous semble — tant qu’il y a un plan d’eau calme et une rallonge électrique.
Le plus fou ? Cette invention fonctionne (c'est pas la fête, non plus). Les vidéos montrent des surfeurs glissant sur une vague petite, molle, constante, certes courte, mais réelle. Comme une version artisanale du Kelly Slater Wave Ranch, sans le prix d’un manoir californien et sans la qualité également...lol
L'exemple brésilien
Dans le genre DIY, les brésiliens sont à un niveau supérieur. On prend la bâche agricole, on creuse un trou, on met des rails au fond, et on crée une vague... Honnêtement, les vagues sont minuscules, on est loin des vagues commercialisées. On est vraiment sur du DIY...Cela me rappelle les débuts de la Wavegarden
Combien coûterait une vague maison ?
C’est la question qui fait rêver. Une piscine à vagues commerciale coûte entre 5 et 30 millions d’euros, selon la technologie (Wavegarden, Surf Lakes, Alaïa Bay, Slater Ranch…). Autant dire, hors de portée pour 99,9 % des surfeurs.
Mais un prototype DIY ? Imaginons :
un treuil électrique : 500 à 1 000 €
une structure métallique sous-marine : 2 000 à 3 000 € selon les matériaux
un lac privé ou communal : gratuit si autorisé
un peu d’huile de coude et d’ingénierie collective
👉 On parle d’un budget de 5 000 à 10 000 €, soit le prix d’une bonne voiture d’occasion. Pas donné, mais loin des folies industrielles. Reste la partie la plus compliquée : la sécurité, la régularité de la vague, et surtout, l’autorisation administrative. En France, toute installation dans un plan d’eau public demande une autorisation préfectorale stricte (impact écologique, sécurité des baigneurs, ancrage au fond, etc.).
L’esprit “garage surf” : retour aux sources
Ce qui rend ces expériences passionnantes, c’est leur esprit.
Les pionniers d’Artwave ou les bricoleurs de plaques métalliques ne cherchent pas à concurrencer Kelly Slater : ils veulent juste créer du surf là où il n’existe pas. Et il y a quelque chose de profondément poétique là-dedans. La vague devient une œuvre humaine, un geste d’ingénieur-poète, un “tube de cœur” façonné par l’envie de glisser.
Et en France, c’est possible ?
Sur le papier, oui. Les lacs et plans d’eau sont nombreux : Landes, Bretagne, Alpes, Jura… Mais entre les réglementations environnementales, les contraintes d’énergie, et les assurances, la France n’est pas le pays le plus souple pour les expérimentations aquatiques. En revanche, un collectif ou une école de surf pourrait, avec l’aide d’un ingénieur, concevoir une micro-vague artificielle pédagogique pour débutants, bodyboarders ou foilistes.
Pourquoi pas un jour un “Garage Wave Project” en France, soutenu par une communauté open-source de makers du surf ? Les technologies se démocratisent, l’impression 3D permet des prototypes rapides, et la culture surf aime les défis impossibles. Alors oui, c’est encore un rêve. Mais chaque vague a commencé quelque part — souvent dans un garage.
« Seconds from death » à Oceanside : ce drame nous rappelle les bons réflexes en surf
Le 28 septembre 2025, en plein swell lié à l’ouragan Narda, le surfeur californien Scott Muir a heurté le fond, tête la première à Oceanside (San Diego County). Sauvé in extremis par des surfeurs et des sauveteurs, il a subi une grave lésion de la moelle épinière et une chirurgie d’urgence. La communauté se mobilise aujourd’hui pour sa rééducation.
Les faits, datés et sourcés
Selon Surfer Magazine, l’accident est survenu le 28 septembre 2025, avec un héliportage à Scripps Memorial Hospital (La Jolla) et une opération immédiate. Trois jours plus tard, une cagnotte “Keep Scott Surfing” est lancée et une vidéo tournée depuis l’hôpital montre Scott conscient, remerciant les soutiens.
Un swell puissant à l'origine de l'incident
Le National Weather Service et les médias locaux avaient émis un Beach Hazard Advisory pour la côte de San Diego autour du 28–30 septembre, évoquant des courants de retour puissants et des sets pouvant atteindre 6–8 pieds sur les plages exposées au sud/sud-ouest. Comme tous les swells de cyclone ou d'ouragan, ce sont des vagues avec une longue période, souvent plus puissantes qu'à la normale.
Pourquoi ces traumatismes surviennent (même sur un beachbreak)
Récemment plusieurs incidents du même genre ont eu lieu, on peut nommer Soli Bailey ou plus proche de chez nous Vincent Duvignac, a été victime d'une terrible chute, entraînant une fracture aux cervicales C2 et C3, un vrai miraculé.
Hauteur d’eau trompeuse : sur des bancs mobiles, un take-off un peu tardif peut projeter verticalement vers un fond à moins d’un mètre. Période et énergie : un swell de période moyenne/longue concentre l’énergie ; un 1–2 m « propre » peut frapper beaucoup plus fort qu’il n’y paraît. Mauvais réflexes : le « plongeon » bras tendus, tête en extension, multiplie le risque de compression cervicale en cas d’impact. Fatigue euphorique : après quelques bonnes vagues, on prend plus de risques, et la fatigue amplifie le phénomène.
Selon ses proches, Scott a été sauvé à quelques secondes de la noyade d'où le titre « seconds from death »: retrouvé face contre l’eau et paralysé sous le cou, il a été immobilisé et pris en charge sur la plage, puis héliporté en urgence pour une intervention chirurgicale.
Prévention : les réflexes qui protègent ta nuque (et ta vie)
Posture de chute : menton rentré, avant-bras croisés derrière la tête, dos arrondi, rouler sur l’épaule — surtout éviter le « plongeon ».
Prendre en compte la profondeur de l'eau, notamment dans les shore breaks.
Toutes les vagues ne sont pas bonnes à prendre, adapter votre choix de vagues en fonction de votre niveau.
Méfiez-vous de la lèvre, elle peut être votre pire ennemi. On sous-estime sa puissance.
Renseignez-vous avant de vous mettre à l'eau. Regardez les panneaux, n'hésitez pas à demander des conseils à des surfeurs locaux.
Regarder les prévisions de surf et ne surestimez pas votre niveau de surf.
Échauffement nuque/dos (5–8 min) : mobilité cervicale douce, gainage léger, ouverture de hanches et épaules.
Humilité : deux lessivages à l’inside d’affilée ? Pause, hydratation, changement de pic. Quand on ne le sent pas; n'y allez pas.
Si un accident survient sous tes yeux : les 6 gestes essentiels
Alerte immédiate : Appelez les sauveteurs, les premiers gestes sont primordiaux.
Approche par l’aval du courant, planche entre toi et les vagues.
Maintien tête–cou–tronc dans l’axe ; ne tire pas par les bras.
Décubitus dorsal sur la planche, surélever légèrement les épaules (nose) si possible.
Parler à la victime, surveiller respiration et conscience ; éviter hypothermie et choc.
Ne pas faire « craquer » le cou ni tenter de « remettre » quoi que ce soit : c’est interdit.
Au-delà du choc : solidarité et horizon
La campagne “Keep Scott Surfing” aide à financer 12–18 mois de rééducation, l’adaptation du logement familial et les frais médicaux. Dans sa vidéo, Scott remercie proches, amis lointains et inconnus pour cet élan. Le message de sa famille est limpide : ne pas renoncer à l’océan, mais mieux l’aborder — avec respect, information et préparation.
Un drame à Gwithian : la communauté du surf en deuil
Le 24 septembre, un surfeur écossais de 63 ans a été retrouvé inconscient à Gwithian Beach (Hayle, Cornouailles). Malgré l’intervention rapide des sauveteurs et des services d’urgence, l’homme a été déclaré décédé sur place. La police indique qu’il n’y a pas de circonstances suspectes et qu’un dossier sera transmis au coroner.
Ce que l’on sait à cette heure
Selon Devon & Cornwall Police, l’alerte a été donnée vers 17h30. Le surfeur, originaire d’Écosse, « était en train de surfer au moment de l’incident » et a été récupéré par les lifeguards avant l’arrivée de l’ambulance, de l’hélicoptère médicalisé et des garde-côtes. Malgré les efforts des secours, le décès a été constaté sur la plage. L’enquête du coroner doit préciser les causes exactes du drame (malaise, noyade...); l’identité de la victime n’a pas encore été rendue publique.
Gwithian et la Cornouailles, cœur battant du surf anglais
La côte atlantique des Cornouailles est exposée aux houles d’ouest et du sud, offrant une fréquence de vagues qui a façonné la culture surf locale depuis les années 1960. Gwithian, vaste bancs de sable face au St Ives Bay, est prisé pour ses longues vagues quand les conditions s’alignent — et peut vite devenir exigeant lors des coups de vent. Il est important de rappeler que l’automne est souvent la meilleure saison dans la région, tout comme chez nous en France… Mais aussi celle où les conditions se musclent.
Sécurité : quelques rappels utiles (sans spéculer sur ce cas)
Sans préjuger des circonstances de ce décès, quelques principes valent pour tous, surtout en automne :
Évaluer le plan d’eau (bancs, baïnes, vent et période).
Adapter l’équipement : combinaison plus épaisse, leash en bon état, planche en bon état.
Surfer accompagné, éviter de surfer, est surement le meilleur conseil.
Connaître les procédures de premiers secours de base (alerte, PLS, défibrillateur si disponible).
Une pensée pour la famille et les proches
La communauté surf se serre les coudes dans ces moments-là. Nos condoléances vont à la famille et aux amis du surfeur disparu. Les rédactions généralistes et spécialisées qui relaient l’information insistent sur l’absence de caractère suspect et sur la procédure en cours du coroner — un rappel que chaque incident en mer fait l’objet d’un examen rigoureux au Royaume-Uni.
Gabriel Klaussner secouru in extremis à Itacoatiara
Grosse frayeur au Tunel Crew Shootout (Itacoatiara, Brésil) : le jeune talent Gabriel Klaussner a frôlé la noyade après un wipeout ultra-violent. Grâce à l’intervention express de Weslley Dantas et d’autres surfeurs, l’histoire se termine bien.
Un choc violent qui a désorienté le surfeur
En pleine série de compétition, Gabriel Klaussner (20 ans) s’engage un peu "late" sur une droite épaisse, il réalise ton take off sur la pointe des pieds, il perd le contrôle en bas de vague avant de percuter eau et sable de plein fouet. Désorienté, il reste sous l’eau de longues secondes, remonte hébété, puis se fait à nouveau brasser par la série. Il racontera avoir frappé très fort au niveau de son oreille, ne plus savoir où était la surface, et s’être agrippé à son leash par pur réflexe de survie.
Depuis la plage, les commentateurs alertent immédiatement, et demandent l'aide du jet-ski. Dans l’eau, plusieurs compétiteurs quittent le line up pour aider. En tête, Weslley Dantas fonce, saisit Klaussner et le maintient à flot dans un shorebreak remuant et sans pitié, rapidement épaulé par Valentin Neves, Pedro Barbosa et d’autres surfeurs, ainsi qu’un sauveteur local. Le post officiel du Tunel Crew souligne cette chaîne de solidarité, qui a permis encore une fois qu'un drame ait lieu. Le jeune surfeur brésilien Gabriel klaussner a rapidement rassuré ses proches, expliquant se remettre, tout en remerciant Dantas (“Weslley”) et “Tin” (Valentin Neves).
État de santé et précautions
Au moment où nous écrivons ces quelques lignes, Gabriel évoque un tympan probablement perforé, des vertiges intermittents et une douleur vive, sans diagnostic médical formel. Rappel basique, mais vital : en cas de suspicion de lésion de l’oreille (douleur, sifflement, vertiges), on stoppe net, on évite toute immersion et on consulte rapidement (ORL).
Itacoatiara, un puissant beach break
Itacoatiara est le beach break le plus violent au Brésil, une réputation qui a fait plusieurs fois le tour de la terre. D'ailleurs, il y a quelques semaines, une compétition de grosses vagues avaient eu lieu, où le surfeur français Clément Roseyro avait brillé. Cette fois, c'était une compétition de tubes, l'équivalent de notre Royal Barrique.
Cette année, c'est le surfeur brésilien Lucas Chumbo, qui a gagné le O Tunel Crew Shootout Itacoatiara 2025.
Tragédie à Sydney : un surfeur tué par un requin sur la plage de Long Reef
Une attaque rarissime sur les Northern Beaches
Sydney a été frappée par une tragédie ce samedi 6 septembre au matin. Un surfeur expérimenté, père de famille, a perdu la vie après avoir été attaqué par un requin à Long Reef Beach, près de Dee Why, sur les célèbres Northern Beaches. L’incident est survenu peu après 10h, alors que la plage était très fréquentée en raison d’une météo estivale.
Selon la police locale, l’homme a été mordu à plusieurs reprises par un grand requin, probablement un requin blanc de grande taille. Son corps, retrouvé flottant dans les vagues, a été ramené au rivage par quatre ou cinq autres surfeurs présents à l’eau. Malgré des tentatives de réanimation, il est décédé sur place.
Une scène choquante pour les témoins
De nombreux témoins présents sur la plage décrivent une scène d’horreur. « J’étais assise avec mon café quand l’alarme anti-requin a retenti. Deux minutes plus tard, quatre ambulances arrivaient. Ils n’ont pas réussi à le sauver », a confié une habitante locale, Sophie Lumsden, au Daily Telegraph.
La planche de surf de la victime a été retrouvé brisé en deux, signe de la violence de l’attaque. Le policier Stuart Thomson a confirmé que l’homme avait subi des « blessures fatales », ayant perdu plusieurs membres.
Un drame familial
L’identité du surfeur a été rapidement communiquée : il s’agissait d’un père de famille et surfeur expérimenté, habitué à la zone. Sa disparition, survenue à la veille de la fête des pères en Australie, a été décrite comme « particulièrement tragique » par les autorités. Sa famille, présente sur les lieux, a été submergée par l’émotion. Selon la presse locale, son frère s’est effondré et sa mère a dû être soutenue physiquement.
Des plages fermées jusqu'à nouvel ordre
À la suite de l’attaque, les autorités ont immédiatement fermé les plages entre Manly et Narrabeen, et lancé une opération en mer avec bateaux, jet-skis et hélicoptères pour tenter de localiser l’animal. Le Département des Industries Primaires (DPI) travaille désormais à identifier l’espèce responsable et à décider des mesures à prendre.
Le maire des Northern Beaches, Sue Heins, a rappelé que de nouvelles technologies alternatives aux filets anti-requins étaient en cours d’expérimentation. Un sujet sensible en Australie, où les filets sont critiqués pour leur inefficacité et leur impact sur d’autres espèces marines.
Un rappel des précédents drames à Sydney
Cette attaque est la deuxième mortelle en trois ans dans la ville. En 2022, le plongeur Simon Nellist avait été tué par un grand requin blanc à Little Bay, une attaque qualifiée de « première depuis 1963 » dans la capitale du New South Wales. Bien que les attaques soient rares, leur impact émotionnel est immense dans une nation où le surf et la baignade font partie du quotidien.
Un deuil pour toute la communauté surf
Le drame de Long Reef résonne bien au-delà de Sydney. La communauté surf australienne, mais aussi internationale, a exprimé sa tristesse et son soutien à la famille de la victime. Pour les surfeurs, la présence des requins fait partie des risques connus, mais souvent refoulés. Comme le rappelait un témoin d’une attaque précédente à Cabarita Beach : « On sait qu’ils sont là. Mais voir un animal aussi énorme de si près reste extrêmement rare. »
L’océan, magnifique, mais imprévisible, vient une nouvelle fois de rappeler sa puissance.
Noyade à Lacanau : un surfeur réanimé in extremis avant son transfert au CHU
Un grave accident est survenu ce vendredi 5 septembre en fin de matinée sur la plage centrale de Lacanau. Vers 10h45, un homme d’une quarantaine d’années a été aperçu en grande difficulté dans les vagues par deux surfeurs présents à l’eau. Ces derniers ont réussi à le ramener sur le rivage alors qu’il était inconscient.
Une réanimation sur la plage
La victime, en arrêt cardiorespiratoire au moment de son extraction de l’eau, a immédiatement bénéficié des premiers gestes de secours. Un moniteur de surf, épaulé par le responsable du club de sauvetage côtier de Lacanau, a entamé un massage cardiaque. Un défibrillateur, apporté par un autre moniteur du Lacanau Surf Club, a également été utilisé dans les premières minutes cruciales.
Rapidement, les sauveteurs CRS, les pompiers et l’équipe médicale du Samu, arrivée par l’hélicoptère Dragon 33 de la Sécurité civile posé directement sur la plage, ont pris le relais. Après plusieurs tentatives, un pouls a pu être rétabli. L’homme a ensuite été évacué vers le CHU de Bordeaux, dans un état grave.
Des conditions de mer compliquées
Cet accident dramatique s’est produit alors que l’océan présentait des conditions particulièrement piégeuses. Une houle avoisinant les 1,5 à 2 mètres combinée à la présence de forts courants de baïnes rendaient la baignade et la pratique du surf risquées ce vendredi matin.
Les autorités locales rappellent régulièrement que les courants de baïnes, typiques de la côte aquitaine, représentent un danger même pour des pratiquants expérimentés.
Un été jusque-là épargné
Ce drame survient après deux mois d’été durant lesquels aucune noyade mortelle n’avait été recensée sur les plages girondines. Grâce au dispositif renforcé de surveillance — avec la présence de dizaines de sauveteurs CRS et des équipes communales — juillet et août avaient été marqués par une absence de tragédies liées à la baignade.
Il est important de rappeler que les accidents de surf de type noyade sont rares chez les surfeurs. Nous espérons que son état va vite s'améliorer, courage à la famille
Seignosse face au “mini tsunami” de la houle Erin
La scène a fait le tour des réseaux sociaux : à Seignosse, des plagistes en plein mois d’août ont été surpris par une montée d’eau soudaine, qui a balayé serviettes, glacières et parasols. Certains médias n’ont pas hésité à parler de “mini tsunami”. Et c’est précisément là que le bât blesse.
Car non, ce n’était pas un tsunami. Et employer ce terme à tort et à travers est non seulement faux, mais aussi dangereux, car il entretient la confusion entre un phénomène naturel d’une ampleur dramatique et une simple (quoique puissante) vague.
Un tsunami naît d’un séisme sous-marin, d’une coulée de terrain ou d’une éruption volcanique. Ce sont des vagues longues, puissantes, qui traversent des océans entiers et provoquent des catastrophes humaines. Rien à voir avec ce qui s’est produit sur la côte landaise.
À Seignosse, il s’agissait simplement d’une série de vagues puissantes, issues de la houle cyclonique Erin. Des vagues avec une période longue (plus de 15 secondes), chargées d’énergie, arrivant par sets. Pour un surfeur, c’est classique. Pour un baigneur ou un vacancier distrait, c’est une surprise brutale.
Employer le mot tsunami pour ce type d’événement, c’est un raccourci sensationnaliste qui brouille la compréhension du public.
Ce qui s’est passé sur la plage
La houle Erin, née dans l’Atlantique, a frappé l’Europe fin août. Avec des coefficients de marées importants, les vagues ont eu tendance à remonter plus haut que d’habitude sur la plage.
Résultat : alors que tout semblait calme, une série de vagues plus grosses a surpris les plagistes installés trop près du rivage. En quelques secondes, l’eau a recouvert une large zone de sable, transformant une après-midi tranquille en scène de panique improvisée.
Des vidéos montrent des familles courant avec enfants et serviettes sous le bras, d’autres observant, médusés, les vagues récupérer leur pique-nique.
L’océan rappelle ses règles
Cet épisode n’a rien d’exceptionnel pour les surfeurs. C'est un phénomène bien connu qu'on retrouve sur de nombreuses plages de sable.
Ce qui choque, ce n’est pas tant la vague elle-même que l’absence de culture océanique. Beaucoup de gens ignorent que la mer peut changer de visage en quelques minutes, qu’une série plus grosse arrive toujours, et qu’il ne faut jamais s’installer trop près de l’eau, surtout lors de fortes houles.
Un rappel de prévention
Les sauveteurs l’ont rappelé : avec la houle Erin, la mer transporte beaucoup d’eau, les courants sont puissants, et le risque de se faire emporter est réel.
Quelques conseils simples :
Ne pas s’installer juste proche de l'eau.
Toujours écouter les maîtres-nageurs sauveteurs.
Surveiller la marée, particulièrement lors des grandes marées.
ne jamais tourner le dos à l'océan dans ces conditions.
Comprendre que la mer est vivante, imprévisible, et qu’elle mérite respect.
Pendant ce temps-là, des vagues d’anthologie
Ironie de l’histoire : alors que les plagistes paniquaient à Seignosse, les surfeurs profitaient de conditions exceptionnelles partout en Europe. Hossegor, Mundaka, l’Irlande, le Portugal… la houle Erin a offert des vagues d’anthologie.
Deux mondes, deux réalités face à une même houle : pour les uns, une journée gâchée et une peur bleue ; pour les autres, le souvenir d’un swell historique.
Pour conclure
Appeler “mini tsunami” une vague plus grosse que les autres, amplifiées par un phénomène de marée, est faux.
La scène de Seignosse n’était pas un cataclysme, mais un rappel : l’océan est puissant, imprévisible et demande du respect. Aux surfeurs, il a offert un festin. Aux plagistes imprudents, une bonne leçon.
Houle Erin : des vagues exceptionnelles en plein mois d’août
Aujourd’hui, j’ai pris ma caméra pour filmer cette houle Erin dont tous les médias parlent comme d’un phénomène « historique ». On a lu partout « houle cyclonique », « océan en furie », comme si l’Apocalypse allait balayer nos côtes.
La réalité ? Oui, les vagues étaient impressionnantes, mais surtout pour un mois d’août. Surfer Mullaghmore en Irlande en 3/2 mm, c’est rare. Des monstres ont frappé Nazaré, mais là encore, rien de surprenant pour ce spot hors norme. En France, les journalistes et les curieux se sont rués vers Belharra, à la recherche d’un spectacle inédit. Sauf que la vague basque a cassé de manière sporadique, mal orientée, trop petite pour entrer dans l’histoire. Quelques riders ont profité d’une session de foil et se sont sûrement régalés, mais rien de la déferlante apocalyptique promise par certains gros titres.
Un mois d’août hors normes
Ce qui rend Erin remarquable, c’est moins la taille des vagues que leur saisonnalité. Voir des lignes à 4 mètres passer sur un reef du Pays basque en plein été, avec un plan d’eau glassy, reste une anomalie météo rare. La session a attiré une foule inhabituelle, preuve que l’appel de la houle n’épargne pas les vacances estivales.
Une scène de solidarité marquante
Mais au-delà des vagues, c’est une scène de solidarité qui restera gravée. Alors que je pliais mon matériel, juste après avoir filmé Edouard Delpero, je l’ai vu replonger à l’eau, sans comprendre pourquoi. Quelques instants plus tard, j’aperçois un groupe de cinq ou six surfeurs ramenant un rider en difficulté.
De loin, j’entends : « Appelez les pompiers ! ». Puis, un mot glaçant résonne : « fémorale ». Pour ceux qui ne le savent pas, une blessure à l’artère fémorale entraîne une hémorragie massive, souvent mortelle en quelques minutes. L’inquiétude monte, mais la chaîne de solidarité s’active aussitôt.
Les surfeurs s’organisent, d’autres accourent, la police municipale arrive, des ciseaux sont demandés pour découper la combinaison et vérifier la blessure. Finalement, l’artère n’est pas touchée. Le surfeur est pris en charge par les secours, rapidement arrivés sur place.
Plus qu’un sport, une communauté
De cette matinée, je retiens moins la violence des vagues que la force de la communauté. Personne ne s’est posé de question : tous ont agi ensemble pour sauver un surfeur en détresse.
Ce n’est pas de l’inconscience, ce n’est pas une question de niveau ou de taille de vagues. Cet accident aurait pu arriver n’importe où, même dans de petites conditions. Mais ce qui compte, c’est la preuve que dans l’océan, la solidarité l’emporte toujours.
Alors, au nom de tous ceux qui aiment la mer, un immense bravo et merci à ces surfeurs anonymes. 🙌
Le WQS Pantin durant la houle Erin
La houle cyclonique Erin s’est invitée sur le WQS de Pantin, en Galice. Des vagues massives dépassant les 8 pieds ont transformé la compétition en véritable défi. Certains surfeurs ont brillé par leur engagement, d’autres ont subi la puissance de l’océan : planches brisées, leashs cassés, et même des séries entières sans pouvoir prendre une seule vague. Un scénario extrême, mais qui a offert un spectacle à la hauteur de la réputation de Pantin.
Les meilleures sessions de la houle Erin
mise à jour vendredi 29 Aout 2025
Cette houle a offert des images incroyables aux quatre coins de l’Atlantique Nord, et plusieurs surfeurs de renom ont partagé leurs sessions.
Hossegor vs Mundaka : le choix de Pierre Rollet
Le big wave rider basque Pierre Rollet s’est retrouvé face à un dilemme : Mundaka ou Hossegor ? Finalement, comme beaucoup de surfeurs français, il a opté pour les bancs landais. Sa vidéo en témoigne : des vagues puissantes, parfaitement sculptées par un vent offshore discret, un Hossegor de gala en plein mois d’août.
Mullaghmore en 3/2 mm : du jamais vu
Si l’Irlande est connue pour ses vagues glaciales et ses surfeurs en combinaison épaisse, la houle Erin a offert une scène inédite : surfer Mullaghmore en 3/2 mm, en plein été. Des monstres liquides ont frappé le reef, une rareté climatique et une anomalie qui restera dans les mémoires.
Impossible d’évoquer un swell de cette ampleur sans parler de Nazaré. Des montagnes d’eau ont encore frappé la Praia do Norte. Mais, comme souvent, le géant portugais a montré son visage habituel : spectaculaire, massif, mais presque devenu « normal » pour les habitués des lieux.
Belharra, un spectacle inabouti
Beaucoup espéraient voir Belharra s’embraser. Les médias s’y sont rués, les curieux aussi. Mais la vague basque n’a pas vraiment tenu ses promesses : trop petite, trop irrégulière, trop mal orientée. Quelques surfeurs ont pu en profiter en foil, mais l’épisode restera plus comme une curiosité estivale qu’une session de légende.
Et même au Canada…
Preuve de l’ampleur de cette houle, le Canada a lui aussi profité de belles vagues. Des images impressionnantes circulent déjà, rappelant que l’Atlantique Nord est vaste et que la houle Erin a touché bien plus que l’Europe.
Houle cyclonique et plages fermées : quand le buzz remplace la réalité
Mardi 26 août 2025, 17 heures. Les bouées du large affichent des relevés impressionnants pour la saison, mais rien qui ressemble à l’apocalypse annoncée. Pourtant, depuis plusieurs jours, l’expression « houle cyclonique » a envahi les réseaux sociaux, les sites d’info et les conversations de comptoir. Résultat : arrêtés préfectoraux, fermetures de plages et interdiction de surfer. Un scénario qui interroge : assiste-t-on à un vrai épisode océanique hors norme… ou à un emballement médiatique parfaitement orchestré ?
Une houle rare pour août, mais pas la fin du monde
Soyons clairs : voir une houle de 3 à 5 mètres avec une période de 20 secondes en plein mois d’août, ce n’est pas banal. Habituellement, ces conditions sont réservées à l’automne et à l’hiver. C’est donc surtout la saisonnalité qui rend l’épisode remarquable.
En revanche, sur le plan purement océanographique, ce n’est pas la « houle du siècle ». Les Landes et la côte basque ont déjà encaissé des tempêtes hivernales autrement plus musclées. On est loin des swells Hercules, Petra ou Ruth qui avaient enregistré des vagues supérieures à 12 mètres.
Là où la houle actuelle se distingue vraiment, c’est sur sa période, comprise entre 17 et 22 secondes. Une donnée rare sur nos côtes, qui traduit une énergie bien supérieure à celle des houles estivales habituelles. Assez pour attirer l’attention des big wave riders, mais pas de quoi fermer toutes les plages au cordeau.
Les arrêtés en cascade : sécurité ou communication ?
Face à ces prévisions, plusieurs mairies et la préfecture ont dégainé une série d’arrêtés : plages fermées, baignade interdite, surf prohibé. La Grande Plage de Biarritz, l’Estacade de Capbreton, certains secteurs d’Hossegor et Seignosse : tout y est passé.
Officiellement, il s’agit d’éviter les accidents et d’alléger la tâche des sauveteurs. En pratique, difficile de ne pas y voir une réaction disproportionnée, nourrie par le battage médiatique autour de cette fameuse “houle cyclonique”. Un mot savamment choisi, qui sonne presque comme une bande-annonce hollywoodienne.
Surfeurs et locaux en colère contre une société de l’interdit
Dans la communauté surf, la pilule a du mal à passer. « Même en hiver, avec des houles bien plus grosses, on n’a jamais interdit aux surfeurs expérimentés d’aller à l’eau », rappelle Guillaume Barucq. Pour lui, on glisse doucement vers une « société de l’interdiction », où l’on infantilise les pratiquants au nom d’un principe de précaution hypertrophié.
L’argument revient souvent : mettre sur le même plan un surfeur aguerri, équipé et préparé, et un touriste imprudent qui se jette dans les vagues au mois d’août n’a aucun sens. D’où la frustration d’une partie de la population locale, qui vit cette interdiction comme une déresponsabilisation forcée.
Le principe de précaution, bouclier des élus
Les défenseurs des mesures rappellent que les arrêtés visent aussi à protéger les secouristes. « On leur demande de ne pas aller se mettre en danger pour sauver des gens inconscients », explique un internaute. Mais d’autres répliquent : « Les sauveteurs sont des pros, ils n’interviennent que si c’est possible. »
En toile de fond, un climat de judiciarisation croissante. Dans un monde où chaque accident peut se transformer en affaire politico-médiatique, les élus préfèrent interdire par excès plutôt que d’avoir à justifier une absence d’action.
Entre fascination et déception
Pendant que les arrêtés s’empilent, certains big wave riders se frottent les mains. À Hossegor, des groupes se préparent à sortir les jet-skis. Pour eux, cette houle d’août a des allures de cadeau anticipé.
Pour les spectateurs aussi, l’attente est forte : beaucoup espéraient des images spectaculaires depuis la plage des Culs Nuls ou des Estagnots. Mais l’excitation a parfois laissé place à une légère déception : la houle, bien réelle, n’a pas totalement tenu les promesses du battage médiatique.
Oui, cette houle d’août restera atypique, avec sa période longue et sa puissance rare pour la saison. Mais non, ce n’était pas « la houle du siècle ».
Au final, le buzz médiatique a sans doute pesé autant que la météo dans les décisions d’interdiction. Entre principe de précaution, peur du procès et emballement journalistique, l’océan a été réduit à un risque zéro.
Reste une question en suspens : veut-on vraiment transformer chaque vague en alerte nationale, ou accepter que l’océan reste un espace de liberté… et de responsabilité individuelle ?
Lucas Chianca repousse les limites du surf de grosses vagues au Brésil
Quand on pense au surf de grosses vagues, le Brésil n’est pas forcément le premier pays qui vient en tête. Nazaré au Portugal, Jaws à Hawaï, Mavericks en Californie… Ces noms résonnent immédiatement dans l’imaginaire collectif. Pourtant, c’est bien au sud du Brésil, à Laje da Jaguaruna, dans l’État de Santa Catarina, que Lucas “Chumbo” Chianca vient de marquer l’histoire avec une vague mesurée à 14,82 mètres (48 pieds), la plus grosse jamais surfée dans le pays.
Ce record, Chumbo ne l’a pas arraché par hasard. Comme souvent dans le surf de grosses vagues, tout s’est joué dans une course contre la montre. Alors qu’il se trouvait à Barra Grande, dans l’État de Bahia, à plus de 1 300 kilomètres de Rio, Lucas reçoit l’alerte : une houle historique se prépare au sud du pays. Sans hésiter, il saute dans un véhicule, traverse une bonne partie du Brésil, prend un vol depuis Rio et file vers Santa Catarina.
En l’espace de 24 heures, il se retrouve sur le spot mythique de Jaguaruna, déjà surnommé par certains le “Nazaré brésilien”. Et cette fois, toutes les conditions étaient réunies.
Laje da Jaguaruna, un monstre brésilien
Ce spot méconnu du grand public est pourtant l’un des rares du pays capables de produire de telles montagnes liquides. Situé au large, il aligne des murs d’eau d’une puissance impressionnante, mais les bonnes conditions sont rares. Ce 20 août 2025, elles étaient parfaites : une houle longue, propre, avec une énergie hors du commun.
Lucas Chianca raconte :
“J’ai eu l’honneur de surfer la plus grosse vague jamais enregistrée au Brésil, 14,82 mètres à Laje da Jaguaruna. C’était une mission incroyable, avec une équipe au top et une énergie vraiment unique. Une journée que je n’oublierai jamais.”
Un exploit qui change la donne
Pour Chumbo, habitué aux XXL de Nazaré ou de Jaws, cette vague n’est peut-être pas la plus haute de sa carrière. Mais symboliquement, elle est énorme. Car le Brésil n’a jamais été considéré comme une destination majeure de big wave surfing. Avec ce record, le pays entre désormais dans la carte mondiale du surf extrême.
Il faut rappeler que le Brésil a déjà produit une génération de surfeurs de grosses vagues : Maya Gabeira, détentrice du record féminin mondial, Rodrigo Koxa, qui a surfé la plus grosse vague jamais mesurée (24,38 mètres à Nazaré), ou encore Pedro Scooby. Mais la plupart de leurs exploits se sont réalisés à l’étranger. Cette fois, c’est sur les terres brésiliennes qu’un chapitre s’écrit.
Le symbole d’une “Brazilian Storm XXL”
Depuis une quinzaine d’années, la “Brazilian Storm” a révolutionné le surf mondial en compétition, avec des champions comme Gabriel Medina, Italo Ferreira, Filipe Toledo ou Tatiana Weston-Webb. Lucas Chianca incarne la même énergie, mais dans l’univers des grosses vagues. Et ce ride record à Jaguaruna montre que la tempête brésilienne souffle aussi sur les big waves.
Au-delà de la performance, Chumbo a mis en lumière tout un collectif de surfeurs et de sauveteurs qui œuvrent pour développer la pratique dans le pays. Son équipe de jet-skis, les locaux de “Jagua”, et toute l’organisation en sécurité étaient essentiels pour rendre possible une telle session.
Une fierté nationale
Dans un Brésil passionné de surf, ce record va résonner comme une fierté. Voir l’un des leurs dompter une vague de près de 15 mètres à domicile, dans une atmosphère quasi mystique, donne de nouvelles perspectives à la scène locale. Jaguaruna pourrait bien attirer de plus en plus l’attention internationale dans les années à venir.
Pour Lucas “Chumbo” Chianca, c’est une nouvelle ligne dans un palmarès déjà impressionnant, mais surtout un moment d’émotion pure :
“Immense gratitude envers mon équipe et tous ceux qui ont rendu cette journée possible. Le Brésil a des vagues incroyables, et aujourd’hui on l’a prouvé au monde entier.”
Incident spectaculaire à Waikiki : un bateau échoué dans les vagues
Un swell XXL traverse le Pacifique
Début août 2025, la planète surf a eu droit à un spectacle hors norme. Un swell massif, le même qui a frappé Teahupo’o juste avant la compétition WSL, a parcouru des milliers de kilomètres à travers le Pacifique. Ces trains de houle, générés par de puissantes dépressions au large, se propagent comme des vagues de fond, venant s’écraser des jours plus tard sur des rivages parfois très éloignés. À Hawaï, ce fut le cas sur la côte sud d’Oahu, notamment à Waikiki et Kewalos, spot réputé pour ses vagues accessibles… mais qui s’est transformé, le temps d’une journée, en un véritable champ de mines.
Le chaos à Kewalos : un bateau en plein line-up
Alors que les surfeurs se jetaient dans l’eau pour profiter des conditions XXL, une scène improbable s’est déroulée sous leurs yeux. Un bateau de 75 pieds, appartenant à la compagnie Atlantis Cruises, a tenté de franchir la passe du port de Kewalos. Malheureusement à cause de la forte houle, l’embarcation s’est retrouvée embarquer par une grosse vague… jusqu’à littéralement traverser le line-up. Certains témoins affirment qu’à un moment donné, le bateau a presque “posé un floater”, comme un surfeur sur une planche d’acier. Une image surréaliste, qui aurait pu tourner au drame si des surfeurs s’étaient trouvés sur sa trajectoire.
Un échouage sans blessés, mais inquiétant
Finalement, le bateau a fini sa course en s’échouant sur le récif de Kewalos. Heureusement, aucun passager ne se trouvait à bord : seuls deux membres d’équipage expérimentés, indemnes, tentaient de manœuvrer le navire. Atlantis Adventures a précisé qu’aucune fuite de carburant ni de pollution n’avait été constatée, et qu’ils travaillaient avec les autorités pour retirer le bateau sans endommager davantage le récif. Mais au-delà de la peur rétrospective, l’incident soulève la question de la fragilité de ces zones coralliennes. Déjà mises à mal par la fréquentation humaine et le réchauffement climatique, elles se retrouvent ici menacées par un accident évitable.
Quand la règle du surf s’applique aussi aux bateaux
Les surfeurs connaissent l’adage : “When in doubt, don’t go out” – si tu doutes, n’y va pas. Une maxime qui s’est révélée universelle : elle vaut aussi pour les capitaines de bateaux. Dans ce cas précis, la décision de tenter de franchir la passe malgré la houle s’est soldée par un échouage spectaculaire, heureusement sans conséquences humaines. Mais l’incident rappelle une évidence : face à la puissance de l’océan, la prudence n’est jamais de trop. Le swell qui relie Tahiti à Hawaï nous rappelle que la houle n’a pas de frontières, et qu’en mer comme au line-up, il vaut mieux parfois attendre que le calme revienne.
Le swell cyclonique Erin : premières vagues XXL en vue sur l’Atlantique
Mise à jour du dimanche 24 août : Erin, l’ouragan qui enflamme l’Atlantique sans battre tous les records
Erin a bien tenu ses promesses en devenant le premier ouragan majeur de la saison 2025, atteignant même la catégorie 5. Mais contrairement à certaines prévisions surréalistes, la tempête n’a pas généré de vagues de 100 pieds sur la côte Est américaine. La réalité est plus nuancée : de grosses conditions, parfois extrêmes, mais loin des exagérations. Et désormais, c’est au tour de l’Europe et de la France de guetter l’arrivée de la houle.
Erin atteint la catégorie 5
Né au large du Cap-Vert, Erin a parcouru l’Atlantique jusqu’aux Caraïbes avant de remonter vers le nord. Les conditions étaient “quasi parfaites” selon Alex DaSilva, expert d’AccuWeather : eaux chaudes, atmosphère stable et trajectoire dégagée ont permis au système de s’intensifier jusqu’au stade d’ouragan catégorie 5, le maximum de l’échelle Saffir-Simpson.
Heureusement, Erin est resté loin des terres, à plusieurs centaines de kilomètres de la côte Est des États-Unis. Les conséquences ont surtout été des vagues puissantes, des courants dangereux et des conditions tempétueuses sur les plages, de la Floride au Canada atlantique.
Pas de “100 pieds” sur la côte Est
Ces derniers jours, certains modèles avaient annoncé des vagues pouvant dépasser les 100 pieds (plus de 30 mètres) – un chiffre qui a immédiatement fait le buzz. Dans les faits, ces estimations concernaient uniquement les zones proches de l’œil du cyclone, loin des zones surfables.
Les observations réelles montrent bien des vagues impressionnantes pour la saison, mais rien d’inédit par rapport aux grands swells cycloniques de l’Atlantique. Des sets de 20 à 25 pieds (6 à 8 mètres) ont été relevés sur certains secteurs, mais la fameuse barre des 100 pieds ne concerne pas nos spots.
En résumé : Erin a été un ouragan majeur et dangereux, mais il n’a pas battu tous les records.
La suite : l’Europe dans la ligne de mire
D’après Surfline et Windguru, Erin va poursuivre sa route vers le nord-est et se transformer en cyclone extratropical puissant dans l’Atlantique Nord. Résultat : une houle longue période va se propager jusqu’en Europe.
Premières lignes en France : lundi soir sur la façade atlantique.
Pic attendu mardi soir : vagues massives, entre 3 et 4 mètres sur la côte landaise et girondine, potentiellement plus sur certaines plages exposées.
Orientation très ouest : ce qui favorise les spots landais et girondins, avec des lignes consistantes mais parfois fermantes sur les beach breaks.
Vent prévu : faible onshore sur la majorité des spots mardi et mercredi. Une fenêtre prometteuse mercredi matin pourrait offrir quelques belles sessions avant que les conditions ne se dégradent à nouveau.
Un swell pour surfeurs aguerris
Avec une telle taille et une telle puissance, les conditions annoncées en France ne sont clairement pas pour tout le monde.
Les beach breaks risquent d’être submergés par des murs d’eau rapides ou plutôt qui ferment, et difficiles à surfer.
Les reefs et points plus abrités pourraient au contraire proposer des vagues de qualité.
Les courants, le shorebreak et la vitesse des vagues imposeront une vigilance maximale.
Le double visage d’Erin
Erin illustre une fois de plus la dualité des houles cycloniques : d’un côté, des surfeurs galvanisés à l’idée de scorer une session hors norme en plein mois d’août ; de l’autre, des conditions dangereuses pour les baigneurs, les plaisanciers et même certains riders trop téméraires.
L’ouragan a marqué l’histoire par son intensité (catégorie 5), mais restera peut-être davantage comme un swell consistant et solide, sans basculer dans l’extravagance annoncée par certains.
La mise à jour du dimanche 24 août remet les pendules à l’heure : Erin a atteint un stade exceptionnel au large de l’Atlantique, mais sans livrer les “100 pieds” promis. Pour les surfeurs européens, le rendez-vous est pris dès mardi, avec deux jours de vagues puissantes sur la côte française. Entre excitation et prudence, la saison cyclonique 2025 est désormais bel et bien lancée.
La saison cyclonique 2025 démarre fort : Erin, désormais classé ouragan, sème déjà l’excitation dans la communauté surf. Sur les modèles météo, la tempête promet une houle impressionnante, avec des périodes dépassant les 22 secondes et même, selon certains scientifiques, des vagues de plus de 100 pieds au large du centre. Mais avant de waxer les planches, rappelons-le : on parle de prévisions à long terme, et un cyclone reste un phénomène capricieux.
Erin, le premier ouragan de la saison
Né à l’ouest des îles du Cap-Vert, Erin a débuté son parcours comme une simple dépression tropicale. Rapidement, le système s’est organisé pour devenir tempête, puis ouragan de catégorie 1. Sa trajectoire actuelle le mène vers les Caraïbes, avec un recourbement attendu au nord-est au large de la côte Est américaine la semaine prochaine.
Les conditions océaniques et atmosphériques sont favorables : températures élevées de l’eau, faible cisaillement du vent et environnement propice à son intensification. De nombreux modèles s’accordent pour prédire qu’Erin atteindra au moins la catégorie 2, voire la catégorie 3, ce qui en ferait un premier cyclone majeur pour l’Atlantique en 2025.
Des prévisions longues… et incertaines
Si les projections météo sont enthousiasmantes pour les surfeurs, il faut aussi garder les pieds (et la planche) sur terre : un swell cyclonique est par nature imprévisible. Il suffit qu’Erin infléchisse sa route — que ce soit vers le nord, le sud, ou en se désorganisant — pour que la houle prévue ne touche jamais nos côtes.
Les différents modèles montrent d’ailleurs une dispersion importante à long terme : un signe clair que le scénario idéal pour le surf est loin d’être garanti. Les prévisions fiables ne se feront que quelques jours avant l’arrivée effective du swell.
Une houle hors norme annoncée
Ce qui interpelle déjà sur Erin, ce sont les données brutes des premières cartes de prévisions. En suivant Windguru et d’autres modèles, on observe une longueur de houle inédite, avec une période annoncée de plus de 22 secondes. Pour situer :
Un swell de 10 à 12 secondes est déjà solide sur la plupart des spots.
Au-delà de 18 secondes, les vagues arrivent avec une puissance et une vitesse impressionnantes.
À 22 secondes, on parle d’une période de vague exceptionnelle. Rappelons qu'on considère une houle longue à partir de 10 secondes d'intervalle, alors 22 secondes, on est sur une autre planète
Qui pourrait profiter de la houle d’Erin
Si le scénario optimiste se confirme, l’ordre d’arrivée des vagues pourrait être :
Caraïbes orientales – Spots comme Barbados ou la Martinique pourraient recevoir les premières lignes dès le lendemain.
Côte Est des États-Unis – De la Floride à New York, avec un pic attendu entre le début et le milieu de semaine prochaine selon la trajectoire.
Europe – Si Erin recourbe suffisamment tôt vers le nord-est, il est possible que l’Atlantique Nord envoie un “rebound swell” vers l’Irlande, le Pays basque ou le Portugal en fin de mois.
Mais encore une fois : cette projection reste hypothétique et dépendra de la capacité du cyclone à rester en mer, loin des terres.
Le débat des “100 pieds”
Les projections autour d’Erin ont même déclenché une petite polémique scientifique. Jean-Raymond Bidlot, chercheur au Centre Européen pour les Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (ECMWF), avance que les modèles indiquent des vagues significatives de plus de 50 pieds, et même des vagues isolées dépassant 100 pieds au cœur du système. Un chiffre qui frappe les esprits, mais qu’il faut replacer dans son contexte : ces monstres d’eau n’atteindront évidemment pas New Jersey ou la Floride, ils concernent la zone la plus proche de l’œil du cyclone.
De son côté, Alex DaSilva, expert ouragans chez AccuWeather, tempère : 100 pieds ne seraient envisageables qu’avec un Erin en catégorie 4 ou 5. Plus réaliste selon lui : des vagues de 50 à 75 pieds au centre, si Erin atteint la catégorie 3. Ce contraste illustre bien la nature des prévisions cycloniques : entre fantasmes et prudence, la vérité se situe souvent quelque part au milieu.
Les précédents : Bill 2009, Larry 2021…
Les swells cycloniques qui restent offshore sont souvent les plus généreux. Larry en 2021 ou Bill en 2009 ont offert plusieurs jours de vagues parfaites sur la côte Est américaine et jusqu’en Europe. À l’inverse, Floyd en 1999, passé près des côtes, n’avait offert que quelques heures de bonnes conditions avant que tout tombe à plat, balayé par le vent.
L’idéal pour les surfeurs : un cyclone qui trace loin au large, générant une houle constante et propre.
Beach breaks et vagues fermées
Avec une telle période, les surfeurs de beach breaks en France devront s’attendre à de longues lignes droites, des bons closiers comme on aime dire. Les points breaks et reefs profonds seront plus à même de canaliser cette puissance pour offrir des vagues surfables. Un swell avec une période aussi longue est un vrai cauchemar pour les surfeurs, car on peut voir des vagues parfaites, des grandes lignes sur un beau plan d'eau, mais avec des vagues qui ferment sur des kilomètres.
NOAA alerte sur les dangers
Au-delà du surf, les autorités rappellent les risques. La NOAA a publié un communiqué : “Les houles générées par Erin commenceront à affecter les îles du nord des Caraïbes, les îles Vierges et Porto Rico dès ce week-end, et devraient s’étendre à l’Atlantique occidental la semaine prochaine. Ces houles sont susceptibles de provoquer des conditions de surf et de courants dangereux pouvant mettre la vie en danger.”
Un rappel essentiel : les houles cycloniques ne sont pas un terrain de jeu. Elles entraînent de puissants courants de baïnes, des shorebreaks destructeurs et des séries imprévisibles. Chaque année, des accidents surviennent parmi ceux qui surestiment leurs capacités ou ignorent les avertissements.
Le double visage des ouragans
C’est là toute l’ambiguïté des swells cycloniques. D’un côté, ils excitent les surfeurs, brisant la monotonie estivale avec des sessions mémorables, parfois historiques. De l’autre, ils menacent les côtes, les populations et les infrastructures. Comme le résumait un surfeur à propos d’Hurricane Floyd en 1999 : “Un jour parfait, le lendemain, plus rien.” Avec Erin, tout reste possible : un swell d’anthologie si le système reste offshore, ou des dégâts humains et matériels si la trajectoire change.
Erin vient tout juste de débuter son voyage à travers l’Atlantique, et déjà les regards sont tournés vers lui. Premières houles ce week-end dans les Caraïbes, possible bombe surf sur la côte Est américaine, et peut-être un cadeau de fin d’été pour l’Europe. Mais gardons en tête la nature imprévisible de ces phénomènes : un simple changement de trajectoire, et toutes ces projections s’évanouissent.
Alors, entre excitation et vigilance, une seule certitude : Erin marque un début de saison cyclonique qui ne laissera personne indifférent.
Teahupo’o 2025 : Picklum et Robinson sacrés… mais la polémique enfle
TEAHUPO’O (Tahiti) – L’édition 2025 du Lexus Tahiti Pro Presented by I-SEA a offert un spectacle incroyable dans des tubes massifs de 2 à 2,5 m, sacrant l’Australienne Molly Picklum et son compatriote Jack Robinson. Mais derrière les sourires des vainqueurs, la compétition a aussi été marquée par de vives critiques sur l’arbitrage.
Picklum et Robinson en patron
Chez les femmes, Molly Picklum a dominé la finale face à la championne du monde en titre Caity Simmers (17,26 à 4,94), signant sa première victoire à Tahiti et consolidant sa place de n°1 mondiale avant les WSL Finals à Fidji. « C’est là que les rêves deviennent réalité », a-t-elle déclaré, rayonnante sur le podium.
Côté hommes, Jack Robinson a créé la sensation. Obligé de gagner pour se qualifier dans le Final 5, il a enchaîné les tubes parfaits jusqu’en finale, où il a battu Griffin Colapinto (16,90 à 13,67). Robinson rejoint ainsi l’élite des multi-vainqueurs à Teahupo’o, aux côtés d’Andy Irons et Kelly Slater.
Les Final 5 sont désormais connus :
Hommes : Yago Dora, Jordy Smith, Griffin Colapinto, Jack Robinson, Italo Ferreira
Les titres de Rookie of the Year reviennent à Erin Brooks (CAN) et Marco Mignot (FRA).
Marco Mignot, héritier d’une tradition française
Parmi les autres belles histoires de cette édition, le Français Marco Mignot décroche le titre de Rookie of the Year 2025. Une performance qui rappelle celle de Jérémy Florès, sacré meilleur débutant en 2007 avant de devenir l’un des visages du surf français sur le Tour.
Mignot, installé dans le Top 16 pour sa première année, a prouvé qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs sur les vagues les plus exigeantes du monde. À seulement 24 ans, il s’inscrit déjà dans la lignée des Français capables de marquer l’histoire du surf pro.
La série qui a tout déclenché
Dès le Round of 16, la série Griffin Colapinto vs João Chianca (15.00 – 14.97) a fait grincer des dents. Chianca, éliminé pour trois centièmes, a parlé d’une « blague » sur Instagram, tout en respectant la WSL. Gabriel Medina a enfoncé le clou en appelant à « plus d’unité entre les surfeurs ». Plusieurs pros, dont Lucas Chumbo et Caio Ibelli, ont affiché leur soutien.
Le point de discorde : une vague de Griffin notée 7,23, jugée par beaucoup inférieure à celle de Chianca.
Et puis… l’affaire Kauli Vaast
En quart de finale, le Tahitien Kauli Vaast affrontait Crosby Colapinto, frère de Griffin. Une vague notée 7,87 pour Vaast – selon beaucoup, la meilleure de la série – n’a pourtant pas été considérée comme le meilleur score. Les juges ont attribué la note décisive à Crosby sur sa dernière vague, jugée par certains moins impressionnante.
De quoi relancer un vieux débat : l’avantage du frontside à Teahupo’o est-il surcompensé quand on juge un surfeur backside ?
Entre gloire et frustration
Si Picklum et Robinson célèbrent leur triomphe, ces polémiques sur l’arbitrage viennent rappeler que le surf pro reste un sport jugé… donc sujet aux débats passionnés. Et à quelques semaines des WSL Finals à Cloudbreak, la tension ne risque pas de retomber.