Le milieu du surf s’est réveillé avec le cœur lourd. De Piha jusqu’aux vagues parfaites d’Indonésie, une immense vague d’émotion traverse la communauté après l’annonce du décès soudain de Troy Hirst. Véritable icône de sa génération, le surfeur néo-zélandais s’est éteint la semaine dernière, laissant derrière lui un héritage immense et une famille endeuillée.
L’enfant prodige qui a brisé les records à Piha
Pour toute une génération, Troy Hirst restera ce gamin talentueux qui a bousculé la hiérarchie mondiale au début des années 90. En 1993, alors qu’il n’avait que 16 ans, il réalise l’exploit de remporter le prestigieux championnat national Open de Nouvelle-Zélande dans les vagues massives et piégeuses de Piha.
Ce record de précocité absolue tiendra plus d’une décennie. Doté d’un style sur le rail ultra-puissant et d’un engagement total dans le tube, il était le surfeur rêvé pour faire la couverture des magazines de l’époque.
Une vie dédiée aux tubes parfaits de Lakey Peak
Mais au-delà des lycras de compétition, c’est l’Indonésie qui a définitivement capturé son âme. Troy y avait posé ses valises il y a plus de vingt ans pour s’installer à Lakey Peak, devenant un pilier incontournable du line-up et de l’industrie locale de la fabrication de planches.
C’est sur ce récif mythique qu’il a fondé sa famille et transmis son amour des vagues à son fils, Westen Hirst, aujourd’hui considéré comme l’un des jeunes goofy-footers les plus brillants et engagés d’Indonésie. Aujourd’hui, les hommages affluent du monde entier et une cagnotte de solidarité a été mise en place pour soutenir ses enfants, Mikayla et Westen, face à cette terrible épreuve.
C’est le genre de nouvelle qui glace le sang et qui, malheureusement, sonne comme un violent rappel à l’ordre. Ce dimanche 7 juin, un Landais d’environ 35 ans a perdu la vie par noyade sur la plage de la Savane, à Capbreton. L’homme profitait d’une fin d’après-midi ensoleillée dans une zone non surveillée lorsque le drame s’est produit. Malgré l’intervention ultra-rapide des sauveteurs de la plage Centrale voisine et 45 minutes de massage cardiaque, il n’a pas pu être réanimé.
Cette année, la météo nous gâte avec un mois de mai et un début juin anormalement chauds. Une eau à cette température, ça donne envie de foncer à l’eau. Mais ne vous y trompez pas : l’océan reste un milieu sauvage et imprévisible, les surfeurs le savent, les baigneurs moins. Ce dimanche matin, le Sud-Ouest a été touché par un swell massif pour la saison, avec des séries frôlant les 4 mètres tôt le matin.
Le piège est là. Tous les postes MNS ne sont pas encore ouverts. Si vous surfez ces vagues ou que vous profitez de la plage, ouvrez l’œil. Vous voyez quelqu’un en difficulté ? Appelez immédiatement les secours. Si vous avez le niveau et l’expérience en surf, portez-lui assistance en attendant les renforts. Et surtout, pas de prise de risque inutile : la baignade, c’est uniquement entre les drapeaux.
Le warm-up des compétitions internationales vire parfois au vinaigre. Avec l’enchaînement des Challenger Series et du World Tour, les pros débarquent en meute sur les spots, pressés de caler leurs dérives et de tester leurs planches. Résultat ? Une cohabitation explosive avec les locaux, las de voir leurs vagues squattées.
Cette semaine à Punta Roca, c’est Jack Robinson qui a goûté à la loi du pic salvadorien. Connu pour son appétit féroce, l’Australien aurait braqué un surfeur local. Les images montrent une trajectoire ultra-tendue où la planche du local a failli le trouer. Après une explication musclée, Robinson a préféré plier les gaules et sortir de l’eau. Quand la tension monte, même le lycra du CT ne protège pas du free surf local.
C’est l’un des spectacles les plus intenses de la planète, mais la situation est en train de devenir incontrôlable. À Tahiti, la mythique vague de Teahupoo attire autant les chargeurs d’élite que les touristes avides de sensations fortes. Le problème ? Pour admirer le show, tout le monde s’entasse en bateau dans ce qu’on appelle le « channel », le chenal, quelques mètres de quiétude dans ce chaos. Sauf qu’à Teahupoo, cette zone de sécurité est une illusion.
Un choix à la fraction de seconde
Lors du dernier gros swell, le surfeur tahitien Matahi Drollet a bien failli voir sa carrière — et sa vie — s’arrêter net. Après avoir dompté un monstre de plusieurs mètres de haut, le local s’est retrouvé nez à nez avec une embarcation de spectateurs garée en plein milieu de sa trajectoire de sortie.
« J’ai dû choisir entre le bateau ou la lèvre… Mon mode survie m’a poussé à attraper le rail et à faire un cutback en pleine explosion pour éviter de le percuter », a-t-il confié. Un réflexe de génie qui lui évite le pire à quelques centimètres près.
Ceux qui connaissent la vague le savent : le chenal de Teahupoo ne fait que quelques mètres de large, ce n’est pas une passe (qui elle se trouve plus loin). Juste derrière la célèbre gauche, un « bowl » en droite ferme la zone. L’espace y est minuscule.
Pourtant, le nombre d’embarcations explose. Photographes à l’affût de l’image du siècle, caméramans et charters de touristes s’agglutinent au plus près du Peak, quitte à mettre la vie des surfeurs en péril pour satisfaire le client.
Ce n’est pas le premier avertissement. Par le passé, il y avait eu une photographe brésilienne qui s’étaient brisée les vertèbres.
Même le King, Kelly Slater, est monté au créneau suite à ce nouvel incident : « Il faut faire quelque chose pour la conduite de ces bateaux. Ça va mal finir, tôt ou tard. » La question n’est plus de savoir si un drame va arriver, mais quand.
Le surf et la baignade ont parfois un visage bien sombre. Dimanche dernier, la plage de Piedade, située à Jaboatão dos Guararapes près de Recife, a été le théâtre d’une scène d’horreur absolue. Un jeune garçon de seulement 11 ans y a perdu sa jambe gauche après l’attaque d’un squale, sous les yeux terrifiés de sa famille.
PS: nous avons décidé de ne pas diffuser les images
« S’il vous plaît, ne me laissez pas mourir »
Alors qu’il se baignait vers 13h40, l’impensable s’est produit. Son oncle, sorti de l’eau quelques instants plus tôt, raconte avoir entendu un bruit étrange. En se retournant, l’eau était déjà rouge de sang. Dans un élan de courage, il a plongé pour extirper son neveu des vagues. Conscient malgré le choc, l’enfant a supplié les sauveteurs de le sauver. Transféré en urgence absolue à l’Hospital da Restauração, les chirurgiens ont dû se résoudre à l’amputation. Ses jours ne sont aujourd’hui plus en danger.
Un « hotspot » mondial sous haute surveillance
Ce secteur de la région de Pernambouc est connu des surfeurs pour être l’un des points noirs de la planète concernant les attaques. Nous déconseillons aux surfeurs français de se surfer sur la zone. L’accident s’est d’ailleurs produit dans une zone pourtant truffée de panneaux de signalisation interdisant la baignade. Il s’agit de la 83ème attaque recensée dans l’État depuis 1992, et la 24ème sur cette seule plage de Piedade. Une des plages les plus danegreuses au monde.
Bien que l’espèce de requin (probablement un bouledogue ou un tigre) n’ait pas été identifiée, ce drame rappelle cruellement le décès d’un adolescent de 13 ans en janvier dernier sur la plage voisine de Del Chifre. Une tension palpable alors que l’élite mondiale du surf s’apprête à débarquer dans le pays du 19 au 27 juin 2026 pour le Vivo Rio Pro.
La première houle significative de la saison de l’hémisphère sud a déferlé sur Teahupo’o, en Polynésie française, produisant l’une des images les plus marquantes de l’année dans le surf mondial.
Positionné dans le chenal, le photographe Guy Mac a été violemment touché par l’explosion d’eau projetée par un tube de 6 mètres. La vague était surfée en tow-in par Matahi Drollet, lancé par son compatriote tahitien Tavaitoa David. La vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux, cumule des millions de vues et illustre crûment la puissance du spot polynésien. Guy Mac est sorti indemne de l’incident.
James Kusitino : le wipeout qui fait mal à regarder
Le Fidjien James Kusitino a lui subi l’un des chutes les plus violentes de la session, recevant la lèvre de plein fouet. Il s’en est sorti par miracle sans dégât. Par contre, deux surfeurs ont du être évacué avec des blessures au dos. Un grand bravo à la water patrol.
Cette houle, générée dans le sud-ouest du Pacifique avec des mers entre 12 et 14 mètres, doit encore toucher les côtes sud d’Hawaï avant de rejoindre la Californie du Sud.
Le monde du surf de gros est en deuil. Ce mercredi 27 mai 2026, l’Australien Nathan Bartlett, figure respectée du surf underground, a perdu la vie à l’âge de 43 ans alors qu’il défiait un slab massif à Jervis Bay, sur la côte sud du pays.
Une session fatale entre frères
Nathan Bartlett n’était pas un compétiteur en quête de projecteurs, mais un véritable waterman, admiré de tous pour son engagement absolu dans les vagues les plus massives de la mer de Tasman. Il partageait cette session de gros swell avec son frère, Byron Bartlett, lui aussi surfeur chevronné.
Selon les premières informations, Nathan aurait subi un violent choc à la tête, le laissant inconscient dans l’eau. Malgré l’intervention rapide des secours aux alentours de 13h50, le quadragénaire n’a malheureusement pas pu être réanimé.
Un miraculé de l’océan
Ce drame résonne douloureusement dans la communauté, d’autant que Nathan Bartlett avait déjà trompé la mort de manière spectaculaire par le passé. En 2017, lors d’un terrible wipeout à Desert Point, en Indonésie, son cœur s’était arrêté après un drop ultra-tardif. Repêché sans pouls par des surfeurs brésiliens qui lui avaient prodigué un massage cardiaque d’urgence, il s’en était sorti miraculeusement après une lourde reconstruction faciale.
Un héritage gravé dans le reef
Marié et père de deux enfants, il laisse derrière lui une famille soudée et une communauté locale sous le choc à Manyana. Son fils, Taylor Bartlett, marche déjà dignement sur ses traces, s’illustrant récemment comme l’un des meilleurs espoirs mondiaux du tube en remportant la division des moins de 10 ans du BL’s Blast Off.
Nathan Bartlett incarnait le surf dans sa forme la plus pure : l’amour du risque, la quête des vagues lourdes et le respect de l’océan, loin du strass et des sponsors. Toutes nos pensées vont à sa famille et à ses proches.
Alerte masterclass dans les Landes. Ce vendredi 29 mai, dès 17h30, Jon Pyzel pose ses templates chez Embassy Surf Supply (165 Av. des Rémouleurs, Soorts-Hossegor).
On parle quand même du shaper de John John Florence (d’ailleurs de toute la famille) et du surfeur français Kyllian Guerin. C’est la chance de votre année pour lui commander une board sur-mesure en direct, mais attention : les slots pour son Euro Tour sont ultra-limités.
L’équipe d’Icones Surf sera sur place pour checker les shapes et partager une bière fraîche avec la légende. Passez au shop caler votre custom avant qu’il ne soit trop tard.
Le mois de mai ne faillit pas à sa réputation. Le Pacifique Sud vient de délivrer sa première véritable bombe de la saison, transformant le mythique spot de Teahupo’o en un chaos de vagues dantesques. Propulsée par une tempête massive aux vents de plus de 40 nœuds, la houle de sud-sud-ouest a levé des vagues de 15 à 20 pieds les 26 et 27 mai derniers.
Si les conditions massives exigeaient un engagement total, un homme a rappelé à la planète entière pourquoi il règne sans partage à la maison. Tout juste rentré du CT, le local Kauli Vaast s’est fendu d’une masterclass absolue. On attend plus d’images dans les prochaines heures
On les croise tous les matins au beach break, la truffe collée aux webcams ou en train d’enfiler une combinaison encore humide sur un parking de Nouvelle-Aquitaine. Mais sait-on vraiment comment vivent, consomment et pensent les surfeurs de l’Hexagone ?
L’EuroSIMA et l’Union Sport & Cycle viennent de jeter un énorme pavé dans le line-up en publiant une grande enquête. Un panel ultra-robuste de 2 300 pratiquants (des passionnés, des vrais : 60 % affichent plus de 10 ans de glisse au compteur) a accepté de vider son sac, son armoire et son compte en banque.
Entre petits arrangements professionnels, budgets sacrés et grosses contradictions écologiques, on a décortiqué les chiffres. Accrochez-vous, les résultats sont parfois surprenant.
Le surf business : ce que nous coûte vraiment notre passion
Disons-le clairement : le surf est devenu un sport de riches, ou du moins de grands passionnés prêts à d’énormes sacrifices financiers. Le cœur de notre pratique reste la planche, et là-dessus, les chiffres ne mentent pas.
La planche de surf : l’amour du sur-mesure
En moyenne, un surfeur français dépense 635 € pour sa monture. Un investissement qu’il renouvelle tous les 2 ans. Mais la statistique qui fait vibrer notre corde romantique est ailleurs : 50 % des surfeurs interrogés ont déjà possédé une planche sur-mesure (custom), et parmi eux, 90 % sont passés par un shaper local ou un petit atelier indépendant. Mieux encore, 69 % se disent intéressés par cette démarche pour leur prochain achat.
Du côté des marques industrielles, le marché est ultra-atomisé (plus de 150 marques citées), mais le géant Al Merrick / Channel Islands conserve la tête du pic avec 9 % des suffrages, talonné par Lost (5 %) et JS Industries (4 %).
PS: nous ne sommes pas d’accord avec ces chiffres, car ils reflètent un panel de passionnés dont 60% ont plus de 10 ans de pratique.
La combinaison : le consommable indispensable
Pour affronter les eaux de l’Atlantique ou de la Manche, la combinaison reste le nerf de la guerre. Les surfeurs dépensent en moyenne 250 € pour leur néoprène, avec une fréquence de renouvellement fixée à 31 mois (soit un peu plus de deux ans et demi). Ici, la fidélité est plus forte que pour les planches : 42 % des pratiquants rachètent systématiquement la même marque, guidés d’abord par la qualité, le prix et l’adaptation à leur morphologie.
Le paradoxe écologique : vert dans l’âme, mais pas trop dans le portefeuille
C’est le point chaud de cette étude EuroSIMA. On aime tous l’océan, les sessions sauvages et la nature préservée. Mais quand vient le moment de passer à la caisse ou de changer nos habitudes de voyage, le vernis éco-responsable se craquelle un peu.
Le prix de l’éco-conception
Certes, 89 % des surfeurs se disent prêts à payer un surcoût pour une planche éco-conçue ou plus respectueuse de l’environnement. Un chiffre magnifique sur le papier. Sauf que dans la réalité, le montant moyen de ce surcoût accepté n’est que de 46 € (soit entre 5 et 10 % du prix d’une planche neuve).
31 % des acheteurs refusent de mettre plus de 31 à 50 € de surplus.
Seuls 11 % acceptent de débourser plus de 100 € pour sauver la planète.
Le constat est identique concernant les critères RSE qui importent le plus : si la durabilité du produit arrive en tête (74 %), les critères de transport (23 %) ou le packaging (12 %) n’intéressent presque personne.
Les ailes du désir (de vagues)
Deuxième contradiction : le voyage. Si 42 % des personnes interrogées affirment réduire l’usage de l’avion par conscience écologique et 40 % privilégient les vacances en France, ils sont 38 % à admettre ne faire strictement aucun effort sur ce plan-là. Pire, pour ceux qui s’envolent vers des destinations lointaines, 48 % choisissent leur compagnie aérienne uniquement en fonction de sa politique de transport des planches. Le barrel à l’autre bout du monde passe avant le bilan carbone.
Métro, boulot, surf : quand la session dicte l’agenda
Le surf n’est pas un loisir du dimanche, c’est une organisation militaire. L’étude montre à quel point la glisse façonne le quotidien des pratiquants.
71 % des surfeurs aménagent leur temps de travail pour pouvoir aller surfer (28 % le font « souvent », 43 % « parfois »).
46 % d’entre eux vivent et pratiquent à moins de 10 km de leur domicile (et 80 % à moins de 50 km).
Le surfeur français est donc un opportuniste ultra-localisé, capable de poser un RTT en urgence ou de décaler une réunion Zoom si la marée et le vent s’alignent proprement.
Cette pratique est aussi un art de vivre qui s’anticipe : 58 % surfent toute l’année sans interruption hivernale, et 37 % se mettent à l’eau plusieurs fois par semaine. Pour la dimension sociale, si le surf reste une action individuelle au pic, 82 % déclarent pratiquer en groupe ou en communauté, notamment avec des amis (56 %) ou en famille (37 %).
Ce que cachent nos armoires : la check-list du vestiaire
Pour finir, l’étude s’est penchée sur l’intimité de nos vestiaires et de nos garages. Au-delà de la planche et de la combi, le surfeur accumule un équipement bien spécifique.
L’équipement textile et matériel en chiffres :
Équipement
Taux de possession
Prix moyen
Fréquence de renouvellement
Chaussons néoprène
88 %
–
–
Boardshort
79 %
56 €
34 mois
Bikini
78 %
64 €
24 mois
Grip arrière (Pad)
63 %
–
–
On note une domination écrasante de certaines marques historiques sur les pièces textiles phares. Il est important de noter que les chiffres sont basés sur du déclaratif, c’est à dire les marques préférées, mais pas forcément celles achetées. Pour les boardshorts, le trio Quiksilver (26 %), Rip Curl (16 %) et Billabong (11 %) verrouille le marché. Chez les femmes, Roxy mène la danse sur le marché du bikini (23 %), suivi de près par Billabong (19 %) et Rip Curl (18 %).
Côté hardware, la marque FCS assoit une hégémonie quasi-totale. Elle équipe 52 % des surfeurs en dérives via son système FCS 2 (auxquels s’ajoutent 27 % pour le FCS 1) et domine outrageusement le marché du grip arrière avec 32 % des planches équipées.
Une dernière statistique pour briser un vieux débat de parking ? Le line-up français compte désormais 59 % de Regular (pied gauche devant) pour 41 % de Goofy (pied droit devant). De quoi anticiper vos priorités lors de la prochaine session sur un pic en peak-split !
Fabiano Duarte da Costa voulait juste attraper des vagues au Costa Rica. Il a failli ne jamais rentrer chez lui. En cause : un poisson-aiguille, la menace que personne ne voit venir.
Un matin ordinaire qui vire au cauchemar
Le 26 mai 2026, Fabiano Duarte da Costa, 42 ans, prof d’éducation physique et instructeur de canoë originaire d’Itajaí au Brésil, était en session à Playa Pavones. Un spot de surf costaricien réputé, pas une zone de guerre. Et pourtant, c’est là qu’un poisson-aiguille a jailli de l’eau pour lui perforer le cœur. Littéralement.
Sa femme, Priscila Carlesso, résume la situation avec une sobriété déchirante : « Fabiano est allé surfer et tout a basculé. » On peut difficilement dire mieux.
La chance dans ce tableau apocalyptique ? Un médecin se trouvait par hasard sur la plage. Sans lui pour stabiliser Fabiano, l’histoire s’arrêtait là.
Une évacuation d’urgence et une chirurgie cardiaque complexe
Pris en charge dans un hôpital local, le surfeur a ensuite été évacué par hélicoptère jusqu’à San José, où il a subi une opération cardiaque lourde. Il est aujourd’hui hors de danger, mais les épreuves sont loin d’être terminées : les frais médicaux s’accumulent et il lui faut encore rentrer au Brésil. Sa femme a lancé une cagnotte en ligne pour financer son rapatriement.
Le poisson-aiguille, une menace sous-estimée
Ce genre d’accident est rarissime… mais pas inédit. En 2024, la surfeuse italienne Giulia Manfrini avait été empalée dans la poitrine par un poisson-aiguille lors d’une session aux Mentawai. Elle n’avait pas survécu. Deux accidents, deux trajectoires différentes. Un rappel brutal que la mer n’offre aucune garantie, même dans ses meilleurs jours.
Le thermomètre explose, l’océan appelle, mais le piège est grand ouvert. Depuis une semaine, le Sud-Ouest étouffe sous une canicule précoce avec des températures dépassant les 30°C. Si l’eau s’est réchauffée, elle reste traîtresse et cache un danger d’autant plus redoutable que les plages ne sont pas encore surveillées avec les pleins effectifs. Ce week-end, le bilan est lourd : deux personnes ont perdu la vie, emportées par les baïnes à Lacanau et Lège-Cap-Ferret. On a entendu des histoires avec de nombreux baigneurs en difficulté.
Au total, les secours ont dû intervenir pour 31 personnes en détresse sur le seul littoral girondin (sans parler des autres départements et des nombreux témoignages reçus). Avec des effectifs de sauveteurs réduits, voire inexistants à cette période de l’année, la situation devient critique. Les vagues actuelles ne semblent pas massives, mais cette petite houle printanière suffit à lever des courants de baïnes ultra-violents, surprenant les baigneurs venus chercher un peu de fraîcheur.
Le surfeur, premier et dernier rempart
Dans ce contexte de « vigilance maximale » décrétée par la préfecture, la communauté surf se retrouve en première ligne. Dotés d’une planche et d’une lecture affûtée du plan d’eau, nous sommes souvent les seuls témoins capables d’agir rapidement.
Cependant, la règle d’or absolue reste d’éviter le sur-accident. Si vous repérez une personne en difficulté dans une baïne :
Ne vous jetez pas à l’eau tête baissée si vous n’avez pas le niveau pour ramener quelqu’un.
Donnez l’alerte immédiatement en prévenant les secours (le 112) ou les locaux plus expérimentés sur la plage.
Utilisez votre matériel (votre board) comme flotteur pour sécuriser la victime, sans jamais vous faire agripper ou submerger. Et attendez les secours.
Autre danger, comme il n’y a pas de baignade surveillée, de nombreux baigneurs peuvent se retrouver dans votre trajectoire e fin de vague.
Profitez des vagues, mais gardez un œil grand ouvert sur ceux qui n’ont ni vos dérives, ni votre expérience de la glisse. Ce mois de mai ne pardonne pas.
Le monde du surf est en deuil. Ce lundi 18 mai, Jorge Acosta, surfeur expérimenté et figure emblématique de l’île de Lanzarote aux Canaries, a tragiquement perdu la vie à l’âge de 53 ans lors d’un surf trip aux Maldives.
Le drame s’est déroulé à la mi-journée sur la célèbre droite de Blue Bowls (atoll de Gaafu Dhaalu). Si les autorités locales n’ont pas encore officialisé les circonstances exactes, son ami Franito Saenz redoute que Jorge ait été violemment assommé par sa propre planche avant de se noyer. Transporté en urgence vers le centre de santé voisin, le quinquagénaire n’a malheureusement pas pu être réanimé.
Sur les réseaux sociaux, l’onde de choc est totale. L’organisation du Quemao Class a rendu un vibrant hommage à ce pilier local : « Se nos ha ido un gran amigo… un clásico de nuestras olas » (Nous avons perdu un grand ami, une légende de nos vagues. Repose en paix). Une bien sombre période pour les Maldives, ce drame survenant quatre jours seulement après le décès accidentel de cinq plongeurs italiens un peu plus au nord de l’archipel.
En 2013, le monde découvrait à peine l’immensité effrayante de Nazaré. Le célèbre journaliste américain Anderson Cooper, visage emblématique de l’émission 60 Minutes, y rejoint la légende Garrett McNamara. L’objectif de la star de la télé ? S’immerger au cœur des immenses houles portugaises depuis la selle d’un jet-ski.
Pendant des heures, Cooper vit le frisson absolu. Grisé par l’adrénaline et l’ambiance, il avoue même avoir poussé McNamara à prendre des risques stupides, frôlant les zones d’impact des monstres d’eau. La session de tournage est un succès total, jusqu’à la nuit suivante.
Un réveil dans une douleur insoutenable
Au beau milieu de la nuit, le présentateur se réveille en pleine agonie. La sensation est atroce : ses yeux le brûlent à vif et, surtout, il est plongé dans l’obscurité la plus totale.
Un mauvais wipeout ? Un violent retour de jet-ski ? Rien de tout cela. Le monstre de Praia do Norte n’a pas frappé avec ses milliers de tonnes d’eau, mais avec une arme bien plus pernicieuse et invisible.
Le coupable que personne ne voyait venir
Le diagnostic est sans appel : une cécité temporaire causée par la réverbération extrême des rayons UV sur l’eau salée. Ses cornées ont été littéralement brûlées par le soleil (une photokératite aiguë).
« C’est probablement l’une des choses les plus stupides que j’ai jamais faites, et j’en ai fait beaucoup », a récemment confié Cooper en revenant sur cet incident traumatisant qui a forcé l’annulation du tournage. La cause de tout ce chaos ? Il n’avait pas mis de lunettes de soleil.
Je vais vous avouer une chose, cela m’est arrivé en Nouvelle Calédonie après une journée folle de surf dans l’eau ou sur le bateau. Lors du retour sur terre (plus de 20 minutes de trajet), je n’avais pas de lunette de soleil, et je ne m’étais pas rincé les yeux avec de l’eau douce, et j’ai vécu le même calvaire. Quand cela arrive, c’est vraiment désagréable….
En tant que surfeurs, nous passons notre vie à scruter l’horizon, souvent obnubilés par la taille de la houle ou l’orientation du vent. Cette mésaventure nous rappelle une règle de sécurité fondamentale mais trop souvent zappée au line-up : la réverbération de l’océan agit comme un miroir géant et décuple les UV. Ne jouez pas avec votre vue, le surf ne pardonne aucune négligence.
C’est le genre de nouvelles qui glace le sang de tous ceux qui aiment profondément l’océan. Les Maldives, cet archipel célèbre pour ses vagues parfaites et ses lagons cristallins, viennent de connaître la pire tragédie de leur histoire maritime. Six personnes ont perdu la vie de manière dramatique dans l’atoll de Vaavu.
Parmi les victimes, cinq scientifiques italiens de l’Université de Gênes et un jeune sauveteur local, venu héroïquement à leur secours. Leurs corps ont été retrouvés piégés au cœur d’une grotte sous-marine, à plus de 60 mètres de profondeur.
Mais que faisaient-ils si bas ? C’est toute l’énigme qui entoure ce drame. Alors que la législation locale interdit strictement de descendre au-delà de 30 mètres, l’équipe s’est aventurée dans la section la plus reculée d’une cavité obscure, alors qu’une alerte météo jaune pour mer agitée était active. Les autorités ont confirmé que cette grotte ne figurait pas dans leur plan de recherche initial.
Ce terrible accident rappelle brutalement à la communauté du surf et aux passionnés de glisse que derrière la carte postale paradisiaque des atolls se cache une nature sauvage et imprévisible. Une enquête est en cours pour faire toute la lumière sur ce drame.
Vendredi matin, sur le spot de Belhaven en Écosse, un surfeur ultra-expérimenté s’est fait littéralement aspirer vers le large par un courant de baïne dantesque, durant une session solide avec des vagues de 3 mètres.
Alors que les sauveteurs de la RNLI déclenchaient immédiatement l’alerte face à une mer déchaînée, l’homme s’est retrouvé piégé, seul face aux éléments. Pourtant, au lieu de céder à la panique, il a tenu bon.
Pendant 40 minutes d’un combat épuisant, il a ramé sans relâche pour regagner la terre ferme par ses propres moyens, juste avant l’arrivée des bateaux de secours. Son secret ? Il a appliqué à la lettre les seules règles de survie que trop de pratiquants oublient encore : ne pas paniquer, ne jamais abandonner sa planche et ramer de côté, parallèlement à la plage, pour s’extraire de la baïne, plutôt que de lutter contre le courant. Un sans-faute salvateur.
C’est le cauchemar absolu pour quiconque met un orteil dans l’océan. Ce samedi matin, les eaux cristallines de Rottnest Island, véritable joyau au large de Perth, ont basculé dans l’horreur.
Il était environ 10 heures. Un homme de 38 ans se trouvait dans l’eau au niveau de Horseshoe Reef quand il a été percuté par un grand requin blanc. On ne sait pas encore s’il s’agit d’un surfeur ou d’un baigneur, mais qu’importe. Les autorités et les secours évoquent un spécimen massif, repéré rôdant à 80 mètres du rivage juste après le drame et estimé à 5 mètres de long. Malgré l’intervention éclair d’un hélicoptère et l’évacuation d’urgence de la victime en bateau vers la baie de Geordie, le pire n’a pu être évité. Le trentenaire n’a pas pu être réanimé.
Si l’Australie-Occidentale est un sanctuaire connu pour ces super-prédateurs, ce drame choque par sa violence sur une île aussi touristique. Les autorités appellent à la plus grande vigilance dans le secteur. Un rappel aussi triste que brutal que l’océan reste, avant tout, leur territoire.
Si vous espériez une session tranquille à Raglan ces derniers jours, c’est raté. Luke Cederman, l’iconique trublion de Raglan Surf Report, a jeté l’éponge au moment de pronostiquer le vainqueur du contest local. La raison ? Un Brésilien monté sur ressorts.
« Italo Ferreira a pris environ 80% des vagues », lâche Cederman, mi-amusé, mi-exaspéré par cette frénésie. Il le compare au fameux lapin Duracell, littéralement incapable de s’arrêter. Et pour cause : quand on le croise sur les compétitions depuis des années, le constat est toujours identique. On pourrait parfois croire à un athlète sous produits (n’en tirer pas de s cocnlusions attives) tant son rythme affole les compteurs de la droite vers la gauche, mais c’est avant tout un hyperactif pur jus. Une véritable pile inépuisable.
Face à ce rouleau compresseur, les pronostics de l’épreuve penchent pour un goofy-footer. Cederman estime qu’ils ont l’avantage de la variété de manœuvres sur cette gauche mythique, contrairement aux regulars. Reste que pour espérer battre Italo, Medina ou Dora, il faudra déjà réussir à attraper une vague.
On pense souvent que le danger se limite aux vagues massives de La Torche. Pourtant, ce jeudi 14 mai 2026, c’est une activité réputée pour sa douceur, le longe-côte, qui a endeuillé le Finistère. À la plage des Blancs-Sablons, au Conquet, une banale sortie entre passionnés a viré au cauchemar absolu.
Le piège des éléments
Huit marcheurs, âgés de 60 à 75 ans, s’étaient donné rendez-vous vers 10 h. Malgré une eau à 13 °C et une mer agitée par une houle marquée et des rafales de vent, le groupe s’est élancé. Mais l’équilibre est précaire dès que l’Océan décide de bousculer les règles. Submergés par des séries plus fortes que prévu, plusieurs pratiquants ont soudainement perdu pied, emportés par le ressac.
Un bilan lourd Le bilan est terrible, presque irréel pour une telle pratique : un homme et une femme ont péri par noyade. Deux autres femmes luttent actuellement pour leur vie au CHU de Brest, classées en « urgence absolue ». Au total, 37 pompiers et deux hélicoptères ont été mobilisés pour arracher les victimes aux flots.
Ce drame nous rappelle une vérité brutale que chaque surfeur connaît : dès que l’on entre dans l’eau, le risque est réel.
Vous connaissez Jack Johnson pour ses tubes planétaires et ses films de surf culte. Vous connaissez Kelly Slater pour ses 11 titres mondiaux. Mais connaissiez-vous l’histoire du jour où le second a tout simplement évincé le premier de son projet musical ?
Invité du dernier épisode du podcast Pinch My Salt animé par Sterling Spencer, l’enfant chéri du North Shore s’est laissé aller à quelques confidences sur les années 90, époque bénie où la culture surf bouillonnait. Au milieu des anecdotes croustillantes sur ses sessions à Pipeline et le regretté Tamayo Perry, Jack a lâché une bombe nostalgique : la véritable genèse du mythique groupe « The Surfers ».
Au milieu des années 90, Kelly Slater achète un enregistreur 4 pistes sur les conseils de Peter King. Sur le North Shore, entre deux vagues, les sessions acoustiques s’improvisent. Jack Johnson raconte alors l’unique concert de ce qui allait devenir la toute première formation de The Surfers : « C’était pour une petite levée de fonds pour une école du coin. Rob Machado et Peter King jouaient de la guitare, Kelly chantait. Moi, je jouais de la basse. Et devinez qui était à la batterie ? Tom Curren ! »
Une véritable dream team réunie sur une seule et même scène pour un soir. Mais le rêve s’est arrêté net.
« Ensuite, j’ai entendu dire qu’ils faisaient un album. Ils ne m’ont jamais appelé. Ni moi, ni Curren d’ailleurs ! », s’amuse-t-il aujourd’hui au micro de Spencer.
Une éviction en douce qui, avec le recul, prête à sourire quand on connaît l’empire musical que Johnson allait bâtir. Slater, Machado et King sortiront finalement l’album Songs from the Pipe en 1998, sans leur bassiste. Une erreur de casting historique, mais sans aucune rancune pour Jack, qui prépare d’ailleurs un nouveau film de surf et un double album très attendus pour cet été.
On a tous en tête les images des gros QS à Netanya dans le passé, avec ses vagues et ses infrastructures impeccables. Mais si vous longez cette même côte de quelques dizaines de kilomètres vers le sud, le contraste est glaçant.
À Gaza City, au milieu des frappes et des bâtiments en ruines, une poignée d’irréductibles continue de ramer vers le large. Ils ne sont plus que trois ou quatre à l’eau. Tasin Abuasi est l’un d’eux, et son quotidien risque de remettre en perspective votre prochaine session foirée à cause du vent.
Une relique en fibre de verre sauvée coûte que coûte
Imaginez surfer la même board depuis 2007. C’est la réalité de Tasin. Selon lui, aucune planche neuve n’a franchi la frontière depuis près de vingt ans. La résine, le solarez, les pains de mousse ? Totalement introuvables. La moindre session sur un pic un peu creux se joue à quitte ou double : si la planche plie, le surf s’arrête définitivement pour lui.
Mais le plus bouleversant dans le récit de ce surfeur palestinien, c’est son rapport viscéral à son matériel. Tasin a dû fuir son domicile à quatre ou cinq reprises à cause des combats. À chaque ordre d’évacuation, alors que les avions grondaient au-dessus de sa tête, il a pris sa planche sous le bras. Il avoue même avec une honnêteté désarmante l’avoir sécurisée avant de s’occuper du reste de sa famille. « C’est la seule que j’ai. S’il lui arrive quelque chose, je ne pourrai pas en avoir une autre », explique-t-il.
L’océan, dernière zone de paix
Pourquoi risquer sa vie pour un simple bout de mousse jauni ? Parce que dans un territoire où les infrastructures civiles n’existent quasiment plus et où le bilan humain est catastrophique, cette planche est son seul passeport pour la liberté.
Alors, quand la houle finit par rentrer – ce qui reste rare en Méditerranée orientale –, Tasin et ses derniers potes de line-up se mettent à l’eau. Même en plein cœur de la guerre. Glisser sur une vague n’est plus seulement une passion sportive pour eux. C’est devenu l’ultime acte de résistance pour se sentir encore vivant.
C’est un énorme soulagement pour toute la communauté surf bavaroise. L’Eisbachwelle, cette légendaire vague statique en plein cœur de Munich qui a vu passer des gars comme Mick Fanning ou Jamie O’Brien, vient tout juste de ressusciter.
L’année dernière, le spot avait été fermé par la mairie suite à un drame effroyable : une femme s’était noyée après que son leash s’est coincé sous l’eau. Pour sécuriser la zone, les autorités avaient coupé le courant. Le problème, c’est qu’en relançant la machine, la vague avait tout simplement disparu, rendant les locaux furieux contre une municipalité sourde à l’expertise des pionniers comme Walter Strasser.
Mais la nature a repris ses droits. L’onde est de retour, et le Surf Club de Munich a jubilé sur Instagram en précisant bien que « ce n’est ni la politique ni l’administration qui a ramené la vague, c’est la rivière elle-même ».
Attention cependant, la réouverture s’accompagne d’un changement de taille. Une nouvelle règle vient d’être plaquée sur le spot : « Seuls les surfeurs expérimentés sont autorisés sur la vague jusqu’à 22h ». Imaginez un instant si on appliquait cette consigne sur tous les line-ups du monde… Reste à savoir comment les bavarois comptent définir un surfeur « expérimenté ».
L’histoire se déroule sur le célèbre spot de Steamer Lane, à Santa Cruz. Début mai, ce qui ressemblait à une énième embrouille de line-up pour une priorité non respectée a pris une tournure inattendue. La vidéo de l’incident tourne en boucle sur les réseaux, et pour cause : elle offre une satisfaction immédiate face à la bêtise.
PS: nous n’étions pas présent, donc on rapporte les propos recueillis par la presse étrangère.
Vers 7h20 du matin, un surfeur local s’en prend violemment à un autre. Le motif ? Une simple remarque faite la semaine précédente sur les règles de courtoisie au pic (ne pas sauter depuis la falaise et taxer la première série qui passe). L’agresseur perd rapidement ses nerfs : il insulte sa cible, lui hurle de « retourner dans son pays », menace de le noyer, l’éclabousse et finit par lui asséner plusieurs coups de poing.
Face à ce déchaînement de violence gratuite, la victime encaisse sans rendre les coups. Elle se contente de bloquer les attaques, de s’éloigner et lui donne rendez-vous sur la terre ferme. Ce que le harceleur de Steamer Lane ignore totalement, c’est qu’il vient de frapper Sandro « Batata » Santiago. Et Sandro n’est pas qu’un simple free surfeur : c’est une ceinture noire 6ème dan de jiu-jitsu brésilien.
La soumission sur le parking
Une fois sortis de l’eau, le rapport de force s’inverse radicalement. Les images partagées par Sandro sur Instagram montrent l’agresseur complètement neutralisé sur la falaise, maintenu au sol par une prise implacable. Pas de coups de poing vengeurs, pas de bagarre de rue sanglante. Juste une maîtrise absolue.
« Avec tact et sans lui faire de mal, je l’ai simplement forcé à s’excuser pour son comportement stupide », explique le Brésilien. L’homme, si menaçant dans l’eau, s’est transformé en véritable pleurnichard, suppliant qu’on le relâche.
En tant que véritable expert en arts martiaux, Santiago a choisi la voie de la discipline. Il savait pertinemment ce dont il était capable, mais a préféré offrir à ce « bully » une leçon d’humilité monumentale plutôt qu’un passage aux urgences. Une scène de justice expéditive que les habitués de la zone affirment ne pas avoir vue depuis les années 90.
Imaginez un instant : vous rentrez d’un voyage de surf, vous reprenez votre vie quotidienne, vous consultez même plusieurs médecins… tout en ignorant qu’un morceau de plastique de 3 centimètres est planté au milieu de votre visage. C’est le scénario de film d’horreur qu’a vécu le surfeur toscan Davide Lopez après une session mémorable (et brutale) sur le spot de Supertubos, au Portugal.
Le « Crack-Crack » qui aurait pu être fatal
Tout commence lors d’une session que Davide décrit comme « l’une des meilleures de sa vie ». Mais à Supertubos, la sanction n’est jamais loin. Une lèvre épaisse projette sa planche directement dans son visage. Sur le coup, Davide entend deux sons secs : « Crack, crack ».
En état de choc mais conscient, il regagne la plage le visage en sang. À ce moment-là, il est persuadé d’avoir pris un rail ou le nose de sa planche. « L’impact était si fort que je me suis dit que si c’était une dérive, je serais déjà mort », confie-t-il. Les secours arrivent, perplexes face à l’ampleur des dégâts.
Le gros raté du diagnostic médical
C’est ici que l’histoire bascule dans l’absurde. Emmené à l’hôpital, Davide reçoit dix points de suture et passe un scanner. L’opérateur du scanner lui demande si sa planche va bien, car il voit « quelque chose de bizarre » dans son nez. Pourtant, après cinq heures d’attente, le verdict tombe : un simple nez cassé. Les médecins lui disent que « le truc bizarre » a disparu des images et le laissent repartir.
Le lendemain, Davide s’envole pour l’Italie. Il appelle son médecin, lui envoie les scans : « Ne vous inquiétez pas, le nez a l’air normal ».
« Félicitations, c’est une dérive ! »
Pendant six jours, Davide vit avec ce corps étranger. Il ne ressent aucune douleur particulière, si ce n’est une difficulté persistante à respirer. C’est finalement une spécialiste, horrifiée lors d’un examen en personne, qui découvre la vérité. En insérant une caméra dans ses narines, l’écran affiche une forme bleue. Impossible que ce soit de l’os ou du cartilage.
Le lendemain, Davide passe sur la table d’opération. Les chirurgiens extraient un morceau de dérive de 3 cm de côté. Par un miracle absolu, l’objet n’a touché ni ses yeux, ni son cerveau.
Un retour à l’eau sous protection
Aujourd’hui, Davide Lopez a repris le travail, mais le sel attendra. Son nez est encore en piteux état. S’il prévoit de retourner à l’eau d’ici un mois, ce sera avec un masque de protection digne d’un footballeur professionnel.
« J’ai un ange gardien, c’est certain », conclut l’Italien, qui garde un amour intact pour les tubes portugais malgré la « taxe » très élevée qu’il a dû payer. Quant à son choix de dérives pour le futur ? Disons qu’il risque de regarder son matériel d’un œil un peu plus méfiant lors de son prochain « wipeout ».
Snapper Rocks, c’est le paradis du surf… ou l’enfer du trafic. Justin Becret vient d’en faire l’amère expérience lors d’une session sur la Gold Coast qui aurait pu virer au drame. Alors qu’il dénichait un petit miracle — une vague en solo au milieu de la meute australienne — le sort s’est acharné.
Dès son premier tube, une planche égarée est venue percuter son visage de plein fouet. Le verdict est immédiat : nez cassé. Mais c’est là que le Landais bascule dans la catégorie « warrior ». Au lieu de regagner le bord en urgence (il le fait juste après, il reste un homme), Justin reste sur sa lancée.
L’image surréaliste de la session
Dans une séquence captée par Clancy Dawson, on voit le surfeur s’engager dans un deuxième tube tout en maintenant son visage en sang entre ses mains. Un mélange de douleur et de pur instinct.
« Le trafic de Snapper m’a bien eu ce matin », a-t-il commenté avec humour sur son compte Instagram.
Si Justin doit désormais observer quelques jours de repos forcé, il a prouvé qu’il fallait plus qu’une fracture pour l’empêcher de tuber.
C’est une petite victoire qui résonne dans le milieu de la presse spécialisée. Matt Warshaw, l’historien du surf le plus respecté au monde, vient de confirmer que son œuvre monumentale, l’Encyclopedia of Surfing (EOS), a sécurisé son avenir pour l’année 2025.
Un pactole inespéré pour l’histoire du surf
Alors que le projet a frôlé la banqueroute à plusieurs reprises, les chiffres de l’année passée viennent de tomber : 177 000 $ ont été récoltés grâce à la générosité de 150 donateurs individuels. En ajoutant les abonnements des passionnés, les revenus totaux s’élèvent à près de 240 000 $. Un montant qui, selon Warshaw, suffit enfin à garantir la pérennité du site.
Le pari de l’indépendance totale
Ce qui rend cette réussite unique ? L’EOS refuse catégoriquement la publicité. « Les grands donateurs ont été fantastiques. Ils croient profondément au projet », explique Warshaw. Dans un web saturé par les bannières intrusives et le contenu sponsorisé, ce modèle économique repose uniquement sur la valeur du contenu : photos d’archives rares, vidéos cultes et récits historiques.
Pourquoi c’est une bonne nouvelle pour vous ?
Si vous ne connaissez pas encore l’EOS, c’est tout simplement le Louvre du surf. De l’évolution des shapes aux portraits des pionniers, Matt Warshaw a numérisé l’âme de notre sport. En sauvant ce sanctuaire, la communauté permet à l’histoire de ne pas finir aux oubliettes de l’algorithme Google.
Pour Warshaw, il ne s’agit pas de fausse modestie : l’EOS reste le site de culture surf le plus engageant au monde. Et grâce à ce soutien massif, il va pouvoir continuer à enrichir cette base de données unique, loin des dictats du marketing. Une preuve que le surf a encore une mémoire, et qu’elle a un prix.
Imaginez-vous à des milliers de kilomètres de la Terre, observant le swell frapper la Gold Coast australienne depuis le hublot d’un vaisseau spatial. Ce n’est pas un scénario de science-fiction, mais le quotidien de Christina Koch. Spécialiste de mission sur Artemis II, elle vient de marquer l’histoire en devenant la femme ayant voyagé le plus loin dans l’espace, tout en gardant un œil affûté sur les vagues qu’elle compte surfer à son retour.
Ce qui rend l’histoire de Christina Koch si fascinante pour nous, surfeurs, ce n’est pas seulement son courage face au vide, mais son humilité face à l’océan. Elle a commencé le surf sur le tard, à 35 ans, au Texas.
« Je ne suis pas une experte, j’essaie simplement. J’ai même une certaine peur de l’eau que j’ai dû surmonter », confie-t-elle à la NASA.
Cette peur, elle ne la ressent pas en apesanteur, mais elle l’affronte à chaque session. C’est cette même ténacité, cette approche du « un petit morceau à la fois », qu’elle utilise pour dompter ses entraînements d’astronaute et les vagues de Snapper Rocks ou de Kirra, des spots qu’elle a d’abord photographiés depuis l’ISS avant d’y ramer en personne.
Un splashdown attendu près de San Diego
Après avoir échangé avec Kelly Slater depuis les étoiles et battu tous les records féminins de sortie extravéhiculaire, Christina Koch s’apprête à clore ce chapitre lunaire. Le retour sur Terre est prévu pour ce vendredi vers 17h00.
Le clin d’œil final ? La capsule d’Artemis II doit amerrir au large de San Diego, en Californie. À seulement 80 milles des côtes, elle sera déjà presque chez elle, dans cet océan qu’elle a contemplé depuis la Lune. Un petit pas pour la femme, mais un sacré ride pour la communauté surf.
Et si les sessions légendaires de Tom Curren à J-Bay ou les premiers tubes de Kelly Slater disparaissaient à jamais ? Ce n’est pas un scénario catastrophe, mais une réalité physique : des décennies d’images de surf, stockées sur des pellicules analogiques et des cassettes VHS, sont en train de pourrir littéralement dans des garages californiens ou hawaiiens.
L’héritage de Sonny Miller au bord du gouffre
Tout commence en 2014, au décès brutal de Sonny Miller, le réalisateur de génie derrière la saga The Search de Rip Curl. Derek Hoffmann, son fidèle compagnon de route, réalise alors l’ampleur du désastre potentiel. Miller avait accumulé des tonnes de pellicules 16mm, de diapositives et de bandes magnétiques. Sans une intervention immédiate, ce pan entier de l’histoire du surf risquait de finir à la benne ou dégradé par l’humidité.
C’est ainsi qu’est née Nalu TV, puis la Nalu Film Foundation. La mission ? Exhumer, nettoyer, numériser et restaurer ces chefs-d’œuvre pour les offrir aux nouvelles générations.
Un travail de titan contre « la maladie du vinaigre »
Le film analogique est fragile. Soumis à la chaleur, il dégage une odeur de vinaigre, signe d’une décomposition irréversible. Pour Hoffmann, le combat est technique et financier. Transporter des centaines de kilos d’archives d’Hawaii vers des coffres climatisés en Californie n’est que la première étape.
Grâce à ce travail, des films cultes comme Searching for Tom Curren ont pu être remasterisés. Lors d’une récente projection à Encinitas, des groms de 12 ans faisaient la queue pour un autographe de Curren après avoir découvert ses lignes mythiques sur grand écran. La preuve que la mémoire du surf est un carburant essentiel pour le futur de notre sport.
Vers un « devoir de mémoire » global
Aujourd’hui, la fondation ne se contente plus de sauver le passé. Elle aide les jeunes créateurs via des bourses et l’accès à ces archives inestimables. Chez Icones Surf, nous partageons cette conviction : un média n’est pas seulement un flux de news, c’est un gardien de la culture.
À l’heure où l’IA et les contenus éphémères saturent nos écrans, préserver l’authenticité du grain 16mm et l’effort derrière chaque image est un acte de résistance. L’histoire du surf nous appartient, mais elle a besoin de bras pour ne pas s’effacer.
C’est un énième séisme qui secoue le paddock du Championship Tour (CT). Après une collaboration iconique de 15 ans, la double championne du monde australienne Tyler Wright et le géant du surf Rip Curl ne renouvelleront pas leur contrat. Une annonce qui intervient alors que la surfeuse prépare son grand retour à la compétition après sept mois d’absence forcée.
Un retrait stratégique pour Rip Curl ?
Le départ de Tyler Wright n’est pas un cas isolé. Il intervient dans un contexte économique tendu pour la maison mère de Rip Curl, le groupe néo-zélandais KMD Brands (Kathmandu), qui traverse une zone de fortes turbulences financières. Après s’être séparé de Gabriel Medina fin 2025, la marque au « Search » semble réduire la voilure de son équipe d’élite.
Un retour à l’eau sous le signe du changement
Après sept mois de rééducation intense pour soigner des douleurs chroniques au dos et à la hanche (articulation sacro-iliaque), Tyler a enfin reçu le feu vert médical. Elle a repris ses premières sessions sur la Gold Coast, mais ce retour s’accompagne d’un défi physique inédit.
« C’est un long chemin avant le début de la saison, mais ça fait un bien fou de retrouver l’eau », a-t-elle confié sur ses réseaux.
Un nouveau quiver pour une nouvelle Tyler
Fait rare et courageux dans le milieu du surf professionnel, l’Australienne a partagé en vidéo les ajustements nécessaires à sa reprise. Ayant pris du poids durant sa convalescence — un choix assumé pour gagner en force — elle doit totalement repenser son quiver. Ses planches seront désormais plus épaisses pour compenser ce changement de morphologie, prouvant une fois de plus sa résilience face aux standards du circuit.
Sans sponsor principal sur le nez de sa planche, Tyler Wright entame une nouvelle phase de sa carrière, plus indépendante que jamais.
Dans le monde du surf professionnel, on parle souvent de vagues massives, de tubes profonds et de scores serrés. On parle plus rarement de la menace silencieuse qui rampe sur la surface des récifs. Pour la Portugaise Teresa Bonvalot, ex-membre de l’élite mondiale (CT) et figure olympique, ce qui semblait être un incident de routine s’est transformé en un véritable film d’horreur médical.
Une chute banale au Salvador, un enfer de six mois
Tout commence lors des World Surfing Games au Salvador. Une chute, un contact avec les rochers, et Teresa ressort avec des épines d’oursins dans le pied. Dans le milieu, c’est le lot quotidien. On retire les épines, on désinfecte, et on retourne à l’eau. Sauf que pour la championne, la douleur ne s’est jamais dissipée. Au contraire, elle est devenue latente et permanente.
« Les six derniers mois ont été un enfer », a confié la surfeuse sur ses réseaux sociaux. Malgré deux interventions initiales infructueuses, la douleur a atteint son paroxysme lors de la saison à Hawaii. Incapable de marcher normalement ou de solliciter son appui, Teresa a dû composer avec un corps qui la trahissait à chaque manœuvre.
« On a dû gratter l’os » : une opération de la dernière chance
Le diagnostic tombe: les épines ont migré. Elles ne sont plus seulement sous la peau, mais ont pénétré les articulations et touchent désormais l’os. Malgré cela, Teresa refuse d’abandonner la course à la qualification pour le CT. Elle a terminé sa saison sur les Challenger Series avec seulement 20 % de ses capacités physiques, portées par une force mentale hors norme. Malheureusement pour elle, elle a fini au rang 12 et ne sera pas qualifiée pour le WCT.
Une fois la saison terminée, l’urgence chirurgicale est devenue inévitable. L’opération a duré plus de quatre heures et demie. Un travail d’orfèvre où les chirurgiens ont dû ouvrir pour accéder à l’articulation, la nettoyer en profondeur et littéralement gratter l’os pour retirer les derniers débris calcaires qui provoquaient l’infection. (et oui les épines d’oursins se transforme en calcaire qu’on peut voir lors d’une radio).
La résilience d’une championne
Désormais en phase de convalescence, Teresa Bonvalot tourne la page de ce chapitre douloureux. Son histoire rappelle cruellement que derrière le glamour des compétitions se cachent des sacrifices physiques que le public ignore souvent. Pour la Portugaise, une nouvelle étape commence : la rééducation, avec l’espoir de retrouver enfin un surf libéré de toute douleur.