Tragédie à Buddina Beach : le destin brisé d'un jeune prodige du sauvetage côtier

Le monde du surf et du sauvetage sportif australien est en deuil. Ce vendredi, les autorités de la Sunshine Coast ont confirmé la nouvelle que tout le monde redoutait : le corps de Joe Tolano, 18 ans, a été retrouvé après deux jours de recherches intenses. Le jeune homme, figure montante du club de Met Caloundra, a été emporté par l'océan qu'il aimait tant.

Un « fils de l'océan » emporté par les vagues

L'accident s'est produit mercredi après-midi à Buddina Beach, dans le Queensland. Alors qu'il s'apprêtait à rejoindre une session d'entraînement, Joe est entré à l'eau pour surfer avec des amis. Selon les premiers éléments, le jeune homme se serait retrouvé en difficulté après une chute, disparaissant sous les déferlantes sous les yeux de ses proches.

Malgré un dispositif de secours massif — incluant plongeurs de la police, jet-skis, hélicoptères et des dizaines de bénévoles — les conditions de mer particulièrement agitées ont rendu les recherches extrêmement complexes pendant 48 heures.

L'hommage bouleversant d'une famille et d'un club

Pour ses parents, Glenn et Clare, et sa sœur Abbie, Joe était bien plus qu'un surfeur : c'était un « fils de l'océan ». Dans un communiqué déchirant, sa famille a tenu à saluer sa mémoire : « Son corps était petit, mais son cœur était immense. Il poursuivait son rêve de devenir un Ironman. Nous l'avons perdu alors qu'il faisait ce qu'il aimait. »

Sa sœur, Abbie, a partagé sa douleur sur les réseaux sociaux, espérant que son frère trouve désormais des « barrels infinis » là-haut.

Une communauté sous le choc

Joe Tolano n'était pas un pratiquant ordinaire. Membre actif du Met Caloundra Surf Life Saving Club, il consacrait son temps libre à surveiller les plages et à assurer la sécurité des baigneurs. Brett Magnussen, président du club, décrit un jeune homme à l'énergie communicative et au dévouement exemplaire.

Ce drame survient alors qu'un récent rapport de Surf Life Saving Queensland tire la sonnette d'alarme : l'été dernier, l'Australie a enregistré en moyenne une noyade tous les deux jours. Cette disparition rappelle cruellement que, même pour les plus expérimentés et les protecteurs du littoral, l'océan reste une force imprévisible. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de ce drame qui laisse le surf australien orphelin de l'un de ses plus beaux sourires.

Surf ou plastique ? Stéphanie Gilmore en boîte chez Mattel

On pensait avoir tout vu. Entre les JO, les piscines à vagues et le luxe qui s'invite sur les spots, le surf moderne ressemble de plus en plus à un catalogue de mode. Mais là, Mattel vient de poser le "nose" sur la planche de la pop culture : Stéphanie Gilmore, l’octuple championne du monde, a désormais son double en plastique.

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Du "Rail Game" au "Doll Game"

À 38 ans, alors qu’elle s'apprête à revenir sur le Tour après deux ans de pause, "Queen Steph" rejoint Serena Williams et une astronaute dans la collection des modèles inspirants de la marque. C’est beau, c’est rose, et c’est surtout très... lisse.

Pour les vieux de la vieille, ceux qui ont été nourris au néoprène râpé et au punk rock dans des vans rouillés, la pilule est un peu dure à avaler. Voir l'une des surfeuses les plus stylées de l'histoire finir coincée entre une brosse à cheveux miniature et un sac à main fuchsia, ça fait un choc thermique. On est loin de l'époque où le surf était une contre-culture. Aujourd'hui, le "lifestyle" se vend en boîte de 30 cm.

Le prochain ? Kelly Slater en Ken ?

Ce n'est pas la première fois que Mattel s'attaque au line-up. Teresa Bonvalot et Maya Gabeira avaient déjà eu droit à leur moulage. Mais voir Steph, l'icône de la glisse pure, devenir un "jouet" pose une question : le surf doit-il vraiment être partout ?

L'argument de Mattel est rodé : inspirer les petites filles. C'est louable. Mais on ne peut s'empêcher d'imaginer la scène : une gamine qui tente d'expliquer ce qu'est un "cutback" à une poupée qui ne peut même pas plier les genoux.

Finalement, il ne manque plus qu’une chose pour que le tableau soit complet. Après avoir tout gagné, Kelly Slater attend sans doute son heure. Entre une médaille olympique et une figurine "Ken-Slayer" avec crâne rasé et planche en mousse, on sait déjà ce qui ferait le plus jaser sur le parking de Huntington.

Le surf n'est plus un sport de rebelles, c'est un produit de consommation courante. Reste à savoir si la wax colle sur le plastique.

Session fatale : Comment la pollution de l'océan a brisé la vie de ce surfeur de 35 ans

Le rêve de tout surfeur peut-il se transformer en un enfer médical irréversible ? C’est la question qui glace le milieu du surf britannique depuis les révélations entourant l'histoire de Reuben Santer. Ce trentenaire, qui avait tout quitté pour vivre au plus près des vagues du Devon, est aujourd'hui le visage d'un scandale environnemental sans précédent. Son crime ? Avoir surfé une houle de tempête dans une eau chargée de bactéries. C'est un témoignage que je vierns de lire dans The Guardian, et il m'a glacé le sang.

Une passion dévorante confrontée à la réalité invisible

Reuben Santer n'était pas un débutant imprudent. En 2021, ce professeur de 35 ans s'installe à Exeter avec un seul objectif : être à moins de 90 minutes des meilleurs "spots" du Royaume-Uni. Comme beaucoup d'entre nous, il surveillait les prévisions de surf avant la couleur de l'eau.

« Je pensais plus à la perfection des vagues qu'aux eaux usées », confie-t-il dans le cadre du documentaire choc "Dirty Business" diffusé sur Channel 4. Pourtant, la menace était là, invisible et inodore sur certaines plages, mais tragiquement présente à Saunton Sands, là où tout a basculé pour lui en octobre 2022.

Le jour où l'équilibre a rompu

Après une pause forcée de deux mois due à une simple otite, Reuben ne résiste pas à l'appel d'une grosse houle générée par une tempête. Malgré une odeur suspecte dans l'eau, il se met à l'eau. « On pense toujours que ça n'arrive qu'aux autres », admet-il. Le lendemain soir, le verdict tombe : une attaque de vertige si violente qu'il ne peut plus tenir debout.

Ce qui semblait être une banale labyrinthite (infection de l'oreille interne) s'est transformé en un calvaire de quatre mois. Le diagnostic final est tombé comme un couperet : la maladie de Ménière. Une pathologie incurable de l'oreille interne qui provoque des vertiges invalidants, des pertes d'audition et des vomissements chroniques.

L'avis de l'expert : Bien qu'il soit difficile d'établir un lien de causalité direct à 100 % sur le plan médical, le consultant privé de Santer a été formel : la présence de bactéries issues des eaux usées lors de sa session est la cause la plus probable du déclenchement de la maladie.

Je tiens à préciser que c'est la version de Reuben. La maladie de Ménière n'est pas très connue et manque d'études scientifiques sur ses origines. Je prends donc des pincettes....

"Dirty Business" : Le scandale des eaux usées éclate

L'histoire de Reuben n'est malheureusement pas un cas isolé. Elle est le fil conducteur de Dirty Business, une série factuelle qui dénonce une décennie d'investigations sur les compagnies des eaux anglaises. Le programme met en lumière une pratique révoltante : le rejet massif d'eaux usées non traitées dans l'océan, particulièrement lors de fortes pluies. Ça vous rappelle rien, il me semble que la France, et particulièrement le Pays Basque, connaît la même problématique.

Pour Reuben, les conséquences sont dramatiques :

La communauté du surf en état d'alerte

Le cas Santer est un signal d'alarme pour tous ceux qui, comme nous, consultent les applications de qualité de l'eau (comme celle de Surfers Against Sewage en Angleterre) avant de se jeter à l'eau. Si Reuben espère aujourd'hui que la chirurgie stabilisera son état, il a choisi de médiatiser son combat pour forcer les entreprises à moderniser des infrastructures obsolètes qui empoisonnent nos terrains de jeu.

« Je suis en colère, mais je n'ai plus l'énergie pour militer directement », avoue-t-il. Son témoignage sert désormais de preuve vivante que la pollution de l'eau n'est pas qu'une question d'écologie théorique ou d'odeur désagréable, mais un enjeu de santé publique majeur.

Et vous, seriez-vous prêt à rater la session de l'année pour protéger votre santé ? Le risque, bien que rare, est désormais tristement documenté. Personnellement, je ne m'en suis jamais préoccupé, mais c'est une grave erreur....

Note de la rédaction : Le documentaire Dirty Business est actuellement diffusé sur Channel 4. Il rappelle l'importance cruciale de soutenir les associations locales qui luttent pour la transparence sur la qualité des eaux de baignade en Europe.

Chaos au Mexique : Faut-il annuler votre prochain surf trip ?

Le Mexique, terre promise des droites infinies, des tubes surpuissants et du "lifestyle" décontractée, vient de basculer dans une zone d'ombre inquiétante. Ce dimanche matin, une opération militaire d'envergure a conduit à l'élimination de Nemesio « El Mencho » Oseguera Cervantes, leader du puissant cartel de Jalisco Nouvelle Génération. Si l'événement est une victoire pour les autorités, les conséquences sur le terrain pour les voyageurs et la communauté surf sont immédiates et violentes.

Puerto Vallarta et Baja-California sous haute tension

Dès l'annonce de la mort du narcotrafiquant, dont la tête était mise à prix pour 15 millions de dollars, des scènes de guérilla urbaine ont éclaté. À Puerto Vallarta, point d'entrée stratégique pour rejoindre les spots de Punta Mita ou Sayulita, le chaos règne. Des véhicules en feu bloquent les axes principaux et les autorités américaines ont ordonné à leurs ressortissants de se confiner.

La menace ne s'arrête pas au Jalisco. Des signalements de barrages routiers et de voitures calcinées remontent également de Baja-California, une zone pourtant prisée par les surfeurs européens et californiens. Les agences locales de transport tirent la sonnette d'alarme : circuler aujourd'hui sur les routes mexicaines relève de la roulette russe.

Le traumatisme de Gaspard Larsonneur : quand la réalité dépasse la fiction

Ces événements récents réveillent des souvenirs douloureux pour la communauté française. On se rappelle l'effroyable mésaventure vécue par le surfeur breton Gaspard Larsonneur et le photographe Robin Aussenac dans l’État d’Oaxaca.

Alors qu’ils pensaient profiter des vagues parfaites de Salina Cruz, leur trip avait tourné au cauchemar en seulement 48 heures. Pris en chasse par des hommes armés, leur véhicule avait essuyé des tirs, blessant leur guide au pied. "À partir du moment où ils se sont mis à tirer, tu te dis qu’ils sont prêts à tout", confiait Gaspard à son retour. Ce témoignage, qui semblait être une exception à l'époque, résonne aujourd'hui comme un avertissement permanent pour tous ceux qui prévoient de s'aventurer hors des sentiers battus.

Conseils de sécurité : partir ou rester ?

Le Mexique reste une destination majeure du surf mondial, mais la conjoncture actuelle impose une vigilance extrême. Voici les recommandations de notre rédaction :

Le surf trip de rêve peut rapidement se transformer en combat pour la survie. Si vous avez un départ prévu dans les prochains jours pour la côte Pacifique, la prudence est de mise. La situation est en constante évolution, et la "pax mafiosa" pourrait mettre du temps à se rétablir après la chute d'un tel pilier du narcotrafic.

"Shit got real" : Kolohe Andino échappe de peu à un brasier en Australie

Le séjour de la délégation californienne sur la Gold Coast australienne a failli virer au drame national. Kolohe Andino, l'ex-pensionnaire de l'élite mondiale et leader du team de San Clemente, a survécu à un incendie spectaculaire qui a ravagé l'immeuble où il résidait lors des World Club Surfing Championships. (championnat du monde des clubs de surf, où était présent le club le 29 Hood Surf Club)

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Une nuit de terreur à Snapper Rocks

Alors que la compétition battait son plein sur le spot mythique de Snapper Rocks, le feu s'est déclaré vers 1h00 du matin dans un complexe résidentiel de Rainbow Bay. Des témoins rapportent des scènes de chaos, avec des flammes s'échappant des balcons et une fumée épaisse envahissant les couloirs.

"On a été réveillés par une fille qui criait 'Où est-ce que tu vas ?' si désespérément que nos cœurs se sont mis à s'emballer, puis on a vu le reflet du feu sur l'immeuble d'en face," raconte un témoin sur les réseaux sociaux.

Le message de Kolohe Andino

Sain et sauf mais visiblement marqué, le surfeur de 30 ans a partagé son émotion sur Instagram : "C'est devenu très sérieux. Nous sommes reconnaissants et bénis d'être à nouveau sur nos pieds. Merci à tous ceux qui nous ont contactés." Les images partagées montrent un appartement totalement calcinée au sein d'une tour. Si les causes du sinistre font toujours l'objet d'une enquête par les pompiers du Queensland, le bilan est miraculeux : aucune victime n'est à déplorer malgré la violence de l'incendie.

Le San Clemente Boardriders sur le podium malgré tout

Ironie du sort ou force de caractère, cet incident n'a pas empêché le club de San Clemente de briller dans l'eau. Menée par un Andino déterminé, l'équipe californienne a décroché la deuxième place de cette compétition internationale prestigieuse, juste derrière les locaux australiens.

Kolohe Andino, souvent critiqué pour son franc-parler et ses positions tranchées sur l'industrie du surf, reçoit aujourd'hui une vague de soutien unanime de la part des légendes du sport. Mick Fanning, Kai Lenny et John John Florence ont tous manifesté leur soulagement face à cette fin heureuse.

Miracle à Santa Cruz : Un bateau avec quatre enfants chavire dans un "lineup" déchaîné

Ce qui devait être une sortie en mer a viré au cauchemar ce dimanche 8 février à Steamer Lane, en Californie. Un bateau de plaisance avec une famille de six personnes à son bord a tenté de traverser la zone de surf en plein "swell" massif. Le bilan aurait pu être tragique sans l'intervention héroïque des surfeurs présents sur place.

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Une "missile maritime" fonce sur les surfeurs

Alors que la côte pacifique était placée sous alerte de forte houle avec des vagues de 2 à 3 mètres (6-8 pieds), une panga de 15 pieds a commis l’irréparable : s'engager à pleine vitesse entre Middle Peak et The Slot, le cœur de l’action à Santa Cruz.

Le journaliste de Stab, Holden Trnka, à peine descendu de l'avion en provenance d'Hawaï, se trouvait dans l'eau au moment du drame :

« Le plus gros set de la journée arrivait. Ce bateau a essayé de forcer le passage entre deux séries. Il a dévalé la face d'une vague à pleine vitesse, a planté l'avant et s'est retourné instantanément. »

"Maman, je veux rentrer" : Un sauvetage contre la montre

À bord, le chaos est total. Deux parents et quatre enfants, âgés de 4 à 10 ans, sont projetés dans une eau glaciale, au milieu des débris et des canettes de bière flottantes. Si les enfants portaient des gilets de sauvetage, ce n'était pas le cas des parents.

La légende locale du surf de gros, Darryl “Flea” Virotsko, témoin de la scène, raconte l'urgence absolue : « Je l'ai vu foncer droit dans la mousse. Je savais qu'ils allaient couler. Il a fallu ramer le plus vite possible pour sauver ces petits. »

Holde a réussi à hisser une petite fille sur sa planche :

« Elle hurlait, elle appelait ses parents en pleurant. C’était extrêmement traumatisant. On ne savait pas si tout le monde était sain et sauf sous la coque retournée. »

Un bilan miraculeux malgré l'imprudence

Le père de famille, retrouvé sans pantalon et avec une profonde entaille au cuir chevelu, a été récupéré par les secours en état de choc, s'excusant à plusieurs reprises. Grâce à la solidarité immédiate des 30 à 40 surfeurs présents dans l'eau, les six membres de la famille ont pu être transférés sur un bateau des garde-côtes puis pris en charge par des ambulances au port de Santa Cruz.

Le Wharf : spot de repli mythique… et tuyau qui dérange

Pour les surfeurs et bodyboardeurs du bassin d’Arcachon et de Biscarrosse, le Wharf n’est pas un spot comme les autres. C’est un plan B bien connu, celui qu’on coche quand ailleurs ça ferme. Les jours parfaits, le Wharf peut offrir de vrais barrels, courts, puissants, souvent inattendus.
Mais derrière cette image de spot de repli généreux se cache une réalité beaucoup moins glamour : ce fameux tuyau géant qui s’avance dans l’océan Atlantique, visible depuis la plage, et dont le rôle fait débat depuis des décennies.

Pourquoi ce spot s’appelle “le Wharf” ?

Pas besoin d’un cours d’étymologie : il suffit de s’y rendre. Le nom du spot vient directement de cette longue canalisation métallique, prolongée en mer, soutenue par une structure digne d’un décor industriel.
À l’origine, ce “wharf” a été conçu comme une solution technique pour évacuer au large les eaux usées traitées du bassin d’Arcachon. Un choix d’aménagement hérité des années 60, à une époque où la population et le tourisme explosaient, et où l’océan était encore perçu comme un immense dilueur naturel.

Eaux traitées… mais pas inoffensives

Sur le papier, tout est conforme. Les eaux rejetées sont traitées dans une station d’épuration avant d’être évacuées en mer. Problème : “traité” ne signifie pas “sans impact”.
Comme l’explique très clairement la vidéo, ces eaux peuvent encore contenir bactéries, résidus chimiques, microplastiques ou traces de médicaments, même après traitement.

L’idée initiale était simple : rejeter loin, laisser les courants disperser. Sauf que la mer ne fait pas disparaître la pollution, elle la déplace. Et parfois, elle la ramène exactement là où on préférerait l’éviter : plages, zones de baignade, bancs de sable… et spots de surf.

Surfeurs, locaux et odeurs suspectes

Depuis des années, surfeurs, riverains et associations locales alertent. Odeurs inhabituelles, eau trouble, mousses, résidus flottants : autant de signaux faibles qui, mis bout à bout, finissent par interroger.
Des analyses indépendantes ont parfois révélé des concentrations élevées de bactéries fécales, supérieures à ce qu’on attendrait dans une zone fréquentée par les baigneurs et les pratiquants de sports nautiques.

De leur côté, les contrôles officiels concluent généralement à une eau dans les normes réglementaires. Résultat : deux lectures d’une même réalité. Conforme, oui. Rassurante, pas forcément.

Un spot de surf pris entre passion et inquiétude

Le paradoxe du Wharf, c’est ça :

Fermer ou remplacer le système du Wharf impliquerait de repenser toute la gestion des eaux usées du bassin, avec des investissements colossaux. Tant que le dispositif reste légal et qu’aucune crise majeure n’éclate, le statu quo perdure.

Le Wharf, miroir d’un modèle à bout de souffle ?

Ce tuyau planté dans l’océan raconte quelque chose de plus large : notre rapport à la mer, longtemps considérée comme infinie, capable d’absorber nos excès. Aujourd’hui, les usages ont changé. Le surf, la baignade, la protection des écosystèmes côtiers posent une question simple : ce modèle est-il encore adapté ?

Derrière cet exemple, on retrouve la même problématique sur les stations balnéaires, comme la côte basque qui doit fermer ses baignades l'été après chaque orage.

Tragédie à Puertecillo : la communauté surf pleure Gabriel, 11 ans

La communauté surf chilienne est en deuil. Gabriel Christensen Pérez, âgé de seulement 11 ans, est décédé ce week-end alors qu’il surfait à Puertecillo, un spot emblématique de la côte centrale du Chili. Une nouvelle bouleversante, relayée par plusieurs médias sud-américains et confirmée par les proches du jeune surfeur.

Un accident dramatique en session

Selon les premiers éléments partagés sur les réseaux sociaux, le leash de Gabriel se serait coincé sur un rocher alors qu’il était à l’eau. Pris au piège, le jeune garçon n’aurait pas réussi à refaire surface. Les secours sont rapidement intervenus et tous les moyens médicaux ont été mobilisés, incluant une évacuation par hélicoptère vers un centre médical spécialisé. Malgré ces efforts, l’enfant n’a malheureusement pas survécu.

Une vague d’hommages dans tout le pays

L’émotion est immense au sein de la communauté surf, mais aussi bien au-delà. Son école, le Colegio Francisco Didier, a salué la mobilisation des secours et rendu hommage à un élève apprécié de tous.
Son club de surf local, Puertecillo Surf Club, a publié un message poignant, tout comme son équipe de football, le Club Deportivo Zapallar, rappelant la joie de vivre et la gentillesse de Gabriel.

Lors de la première étape du circuit chilien de surf, organisée ce week-end, une minute de silence a été observée. Une cérémonie émouvante, retransmise par le média local Latinwave, a rassemblé surfeurs, organisateurs et spectateurs.

« Aujourd’hui, nous faisons une pause pour dire au revoir à Gabo, un jeune surfeur aimant et joyeux, qui a marqué ceux qui ont partagé du temps avec lui dans et hors de l’eau. Sa mémoire vivra dans chaque vague et dans l’esprit de cette communauté. »

Funérailles à Zapallar

Les obsèques de Gabriel Christensen Pérez se tiendront ce lundi 19 janvier à 15h, à la paroisse Santa Teresa de Jesús, à Zapallar. De nombreux membres de la communauté surf chilienne devraient être présents pour lui rendre un dernier hommage.

Ce drame rappelle, avec une brutalité terrible, que l’océan reste un environnement imprévisible, même pour les plus jeunes et les plus passionnés. Toute la famille surf est aujourd’hui unie dans la tristesse et le souvenir de Gabriel.

Australie : quatre attaques de requin en trois jours, une série inquiétante

La côte de la Nouvelle-Galles du Sud traverse un épisode aussi rare qu’inquiétant. En l’espace de trois jours, quatre attaques de requin ont été recensées, dont plusieurs visant directement des surfeurs. Une succession d’incidents qui a conduit à la fermeture massive de plages et relancé les débats sur l’impact des conditions météo extrêmes.

Un quatrième surfeur attaqué à Point Plomer

Dernier incident en date : mardi matin à Point Plomer, sur la Mid North Coast, près de Crescent Head.
Un surfeur de 39 ans a vu sa planche violemment mordue par un requin bouledogue, projeté hors de l’eau selon les témoins. Touché à la jambe et légèrement au torse, il s’en sort avec des blessures superficielles et a pu quitter l’hôpital dans la journée.

Les biologistes du NSW Department of Primary Industries estiment que le requin mesurait entre 2,4 et 2,8 mètres, confirmant une nouvelle fois l’implication probable du requin bouledogue, espèce côtière connue pour fréquenter les eaux troubles.

Retour sur les trois attaques précédentes

Cette attaque s’ajoute à une série déjà lourde :

Au total, quatre attaques confirmées, dont trois sur des surfeurs, en moins de 72 heures.

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Météo extrême : un facteur déclencheur majeur

Selon les autorités australiennes et plusieurs experts, cette série ne serait pas le fruit du hasard.
Les pluies torrentielles qui ont frappé Sydney et la côte du NSW ont provoqué un afflux massif d’eau douce, de nutriments agricoles et de déchets organiques vers l’océan, un phénomène largement documenté et expliqué dans une analyse vidéo récente harpa-transcripts (19).

Résultat :

Plages fermées et message clair aux surfeurs

De Port Macquarie à Sydney, de nombreuses plages restent fermées ou sous surveillance par drones et hélicoptères. Les autorités rappellent une règle essentielle :
👉 éviter les embouchures de rivières, surtout après de fortes pluies, et ne pas surfer dans une eau trouble.

Cette série d’attaques rappelle une réalité parfois oubliée : le surf se pratique dans un environnement sauvage, sensible aux bouleversements climatiques. Et ces derniers jours, l’océan australien l’a rappelé avec une brutalité rare.

Billabong USA : quand quitter le navire permet de bâtir des empires

Dans le surf business, il existe un vieil adage qui traverse les générations : « Les plus grandes vagues ne se surfent jamais depuis le bord ». L’histoire de Billabong USA et de ses anciens dirigeants en est sans doute l’illustration la plus frappante. Deux hommes, un même point de départ, et à l’arrivée… trois des marques les plus influentes du surf moderne.

Quand Billabong conquiert l’Amérique

Au début des années 80, Billabong n’est qu’une marque australienne parmi d’autres, encore largement inconnue aux États-Unis. Tout change en 1983 lorsque Bob Hurley rachète la licence nord-américaine. Visionnaire, stratège et fin connaisseur du marketing, il transforme Billabong USA en machine de guerre.

Sous son impulsion, la marque s’entoure d’athlètes iconiques, s’ancre dans la culture compétitive hawaïenne, sponsorise des événements majeurs et s’impose rapidement aux côtés de Quiksilver et Rip Curl comme pilier du surf mondial.

Mais à la fin des années 90, alors que tout semble aller pour le mieux, Hurley prend une décision que peu auraient osé : partir.

Bob Hurley, le pari du large

En 1999, il fonde Hurley. Une marque plus jeune, plus disruptive, plus connectée à la culture surf-skate émergente. Trois ans plus tard, le coup de génie absolu : la vente de Hurley à Nike, qui injecte 95 millions de dollars dans le surf.

Ce deal reste encore aujourd’hui l’un des plus rentables jamais réalisés dans l’industrie. Hurley, lui, n’a jamais vraiment quitté l’océan. Il est désormais associé à Florence Marine X, une marque premium portée par la performance, la durabilité et une vision très contemporaine du surf.

Paul Naudé et la revanche silencieuse

Après le départ de Hurley, c’est Paul Naudé qui prend les commandes de Billabong USA. Sous sa direction, la marque atteint une valorisation vertigineuse de 3,7 milliards de dollars. Mais cette ascension fulgurante précède une chute tout aussi spectaculaire. Endettement, introduction en bourse mal maîtrisée, perte d’ADN… Billabong s’effondre.

Naudé tente alors de racheter l’entreprise. Les actionnaires refusent. Il quitte le navire à son tour.

En 2013, il lance Vissla. Une marque indépendante, engagée, plus responsable, qui parle autant aux surfeurs qu’à l’époque. En quelques années, Vissla s’impose sur tous les continents. Dernier symbole en date : la signature du champion du monde Yago Dora.

Billabong, ou le prix de la bourse

Pendant ce temps, Billabong multiplie les passages de main en main : Boardriders, Bluestar Alliance, puis la faillite de Liberated Brands. Une trajectoire chaotique, symptomatique d’un surf business devenu trop financier, trop éloigné de sa culture originelle.

Quitter pour mieux créer

L’histoire de Billabong USA pose une question centrale : faut-il parfois quitter le confort pour préserver une vision ? Bob Hurley et Paul Naudé ont choisi de partir au sommet. Résultat : trois marques majeures sont nées de cette prise de risque.

Comme souvent dans le surf, ceux qui ont osé ramer à contre-courant sont aussi ceux qui ont trouvé les plus belles lignes.

Qui veut sponsoriser Gabriel Medina ?

Il y a des départs qui font du bruit. Et puis il y a ceux qui font trembler toute une industrie. En retirant le logo Rip Curl de ses planches après 17 ans de collaboration, Gabriel Medina n’a pas seulement quitté un sponsor : il a ouvert un vide. Un vide stratégique, culturel, presque idéologique. Et depuis, une question flotte au-dessus du line-up mondial : qui veut – et surtout qui peut – sponsoriser Gabriel Medina ?

Un marché du surf en pleine mutation

Le timing n’est pas anodin. Le surf professionnel traverse une période étrange : plus médiatisé que jamais, mais économiquement fragilisé. Les grandes marques historiques peinent à suivre, plombées par leur héritage, leurs structures lourdes et des modèles devenus obsolètes. Medina libre, aujourd’hui, c’est presque un symbole de cette bascule.

Dans les autres sports, un triple champion du monde au sommet de sa carrière serait intouchable. Dans le surf, il devient disponible. Et cette anomalie en dit long.

Le précédent Yago Dora : un signal fort

Quelques jours avant le cas Medina, un autre mouvement a surpris tout le monde : Yago Dora, champion du monde en titre, quitte Volcom pour rejoindre Vissla. Sur le papier, un downgrade. Dans la réalité, un énorme signal.

On apprend que Yago n’était lié à Volcom que par un contrat régional brésilien, sans bonus de titre mondial. Une situation presque absurde pour un champion du monde. Volcom ne pouvait tout simplement plus payer ce qu’il méritait. Vissla, plus agile, plus légère, a su saisir l’opportunité.

Ce transfert illustre parfaitement la nouvelle économie du surf : ce ne sont plus forcément les marques les plus grosses qui gagnent, mais celles qui savent choisir.

Medina, le “Bad Boy” que le surf a perdu

Mais Medina, ce n’est pas Yago Dora. Aucun projet surf actuel n’a les épaules pour soutenir le personnage, et surtout son audience. Car nous vous y trompez pas, Gabriel Medina touche bien plus que l'audience du surf, c'est une star au Brésil et dans le monde entier, avec des amis comme Neymar ou Lewis Hamilton. Medina est clivant. Dominant. Assumé. Il polarise comme CR7 ou McGregor. Il n’est pas seulement un champion : il est un personnage.

Et c’est peut-être là que le bât blesse. Le surf manque aujourd’hui cruellement d’un “personnage”. Une marque prête à assumer un rôle moins lisse, moins consensuel. Trop propre, trop corpo, trop policé : le marché a gommé ce qui faisait sa tension narrative. Volcom occupait autrefois cet espace. Plus personne aujourd’hui.

Medina, lui, incarne encore ce chaos contrôlé. Celui qui attire autant qu’il dérange. Celui qui fait parler. Celui qui vend.

Adidas, Nike… et la porte d’entrée idéale

Dans ce contexte, les rumeurs les plus folles circulent comme l’idée de voir Adidas aller plus loin que de simples contrats chaussures. Medina est ambassadeur de la marque Adidas depuis 2019. Un deal global, “head to toe”, offrirait à Adidas une entrée propre, maîtrisée et relativement abordable dans le surf… par l’un des rares athlètes capables de dépasser la niche.

D’autant plus que son compatriote Italo Ferreira est déjà solidement installé chez Nike. La concurrence existe. Le modèle aussi. Nike a montré qu’un athlète pouvait suffire à porter une vision surf sans s’enfermer dans les codes historiques du milieu. En parlant de Nike, certains protagonistes le voient rejoindre Italo, mais est-ce opportun pour la marque d'avoir comme seul représentants masculins de la marque deux brésiliens, j'ai des doutes personnellement...

Qui veut être mon sponsor ?

Au fond, le feuilleton Medina ressemble de plus en plus à une émission de prime time version business : Qui veut être mon sponsor ?
Les marques sont là, les projets aussi. Mais le rapport de force a changé. Ce n’est plus Medina qui doit convaincre. Ce sont les sponsors. A moins que...Gabriel Medina pourrait lui aussi se lancer dans l'entreprenariat comme les frères Florès, c'est un bruit qu'on entend, et qui de mieux qu'un athlète suivi par plus de 13 millions de followers...

La vraie question n’est donc pas ira Gabriel Medina, mais quelle marque aura le courage de l’assumer pleinement et de sortir le chéquier....

Le mercato surf 2026 secoue les marques historiques

Le début de saison 2026 n’a même pas encore livré ses premières grosses houles que le mercato du surf professionnel fait déjà trembler l’industrie. En quelques jours, plusieurs annonces ont agi comme de véritables séismes : Gabriel Medina quitte Rip Curl, William Aliotti n’est plus chez Volcom, et Yago Dora, champion du monde en titre, change lui aussi de maison. Des départs qui racontent beaucoup plus qu’un simple jeu de chaises musicales.

Gabriel Medina et Rip Curl : la fin d’une ère

L’annonce a fait l’effet d’une bombe. Après des années d’association étroite, Gabriel Medina n’est plus sponsorisé par Rip Curl. Une séparation lourde de symboles pour une marque historique du surf. Medina, triple champion du monde et figure planétaire, incarnait à lui seul une certaine idée de la puissance marketing du surf moderne. Son départ marque un tournant : même les icônes ne sont plus intouchables.

Yago Dora, de Volcom à Vissla : un pari fort

La décision la plus commentée reste celle de Yago Dora, champion du monde en titre, qui quitte Volcom pour devenir le nouveau visage de Vissla à partir de 2026. Un choix surprenant sur le papier : Vissla est une marque plus jeune, plus petite, loin des standards financiers d’un champion du monde.

Selon plusieurs sources, son ancien contrat avec Volcom Brésil était inférieur à 100 000 dollars par an, sans bonus lié au titre mondial. Un chiffre révélateur de la contraction du marché. Chez Vissla, le projet semble différent : moins d’athlètes, plus de sens, et une vision assumée portée par Paul Naudé, ancien dirigeant de Billabong, qui n’hésite pas à affirmer que les marques traditionnelles sont en déclin.

William Aliotti quitte Volcom, sobriété et authenticité en question

Autre séparation notable : celle entre William Aliotti et Volcom. Le Français, ambassadeur de la marque, incarnait une image à contre-courant, loin du surf business tapageur. Ce départ illustre la difficulté pour les marques historiques de conserver des surfeurs. William Aliotti a un profil original, de free surfeur avec une vrai reconnaissance au niveau international, ce qui est rare pour un français.

Tristan Guilbaud n'est plus chez Protest

C'est l'info de dernière minute, mais Tristan Guilbaud vient d'annoncer sur ses réseaux sociaux qu'après 15 ans de partenariat, les chemins de la marque Protest et du surfeur vendéen s'arrêtaient. Une situation pas facile pour un surfeur qui a dépassé la trentaine, mais qui paradoxalement, est en course pour se qualifier sur le Challenger Series. Il faut comprendre derrière cette phrase, que le coût pour suivre ce circuit nécessite des moyens conséquents avec des épreuves aux quatre coins du monde.

Un mercato révélateur de la crise du surf business

Ces mouvements ne sont pas isolés. Ils traduisent une mutation profonde du surf professionnel. Moins d’argent, moins de teams surdimensionnés, mais davantage de paris ciblés. Les marques historiques réduisent la voilure depuis de nombreuses années, pendant que des labels plus agiles tentent de rebattre les cartes.

Le surf entre dans une nouvelle ère. Ce mercato 2026 n’est peut-être que le début d’un grand ménage....

À Bondi Beach, l’océan comme réponse à la violence

Au lever du soleil, l’océan de Bondi Beach s’est couvert de silhouettes. Des planches, des corps, des bras tendus vers l’horizon. Plus de 2 000 personnes ont pris part à un paddle-out hors norme, organisé en hommage aux victimes de l’attentat qui a récemment frappé cette plage iconique d’Australie. Un moment suspendu, à la fois silencieux et chargé d’une énergie collective rare.

Un rituel surf pour dire l’indicible

Dans la culture surf, le paddle-out n’est pas une simple cérémonie. C’est un geste profondément ancré, utilisé pour honorer les disparus, soutenir les vivants et rappeler que l’océan est un espace de communion. Ce vendredi matin, surfeurs, nageurs, habitants du quartier, familles et enfants se sont retrouvés à environ 200 mètres du rivage pour former un immense cercle sur une mer étonnamment calme.

Le silence a d’abord dominé. Puis, au signal d’un coup de sifflet, le cercle a explosé en cris, en applaudissements, en éclaboussures. Une libération collective, comme un souffle repris après plusieurs jours de choc et de sidération.

Une communauté rassemblée, sans distinction

Ce paddle-out n’était pas réservé aux initiés. Certains participants ne savaient pas surfer, d’autres sont venus à la nage. Peu importait le niveau ou l’équipement. Ce qui comptait, c’était la présence. Sauveteurs, coureurs matinaux, membres de clubs voisins, habitants anonymes : Bondi s’est retrouvée unie dans l’eau, là où beaucoup trouvent habituellement refuge et équilibre.

Sur le sable, les passants se sont arrêtés. Les regards suivaient le cercle au large, pendant que des bouquets de fleurs continuaient de s’accumuler près du lieu de l’attaque. L’océan, lui, offrait un espace de respiration, presque thérapeutique.

Un message de paix et de solidarité

Au-delà de l’hommage aux victimes, ce rassemblement portait un message clair de soutien à la communauté juive, directement touchée par l’attentat. Des prises de parole ont eu lieu depuis la plage, rappelant l’importance de rester unis face à la haine. Sans slogans agressifs, sans colère ostentatoire, mais avec une force tranquille.

Dans l’eau, beaucoup parlaient d’un sentiment paradoxal : la tristesse toujours présente, mais allégée par le simple fait d’être ensemble, dans ce lieu si cher aux habitants de Bondi.

Quand l’océan aide à guérir

Depuis l’attentat, les élans de solidarité se multiplient à travers le pays : collectes de fonds, dons du sang, soutien aux blessés et aux proches des victimes. Ce paddle-out s’inscrit dans cette dynamique.

À Bondi Beach, ce cercle humain restera comme une image forte. Celle d’une communauté debout, flottant ensemble, utilisant la plus belle tradition du surf pour répondre à la violence par la paix, le lien et la dignité.

Mayhem contre Mayhem : …Lost encaisse un sale coup face à Lady Gaga

Dans le surf, “Mayhem” n’est pas juste un mot cool à coller sur un t-shirt. C’est une marque, un nom qu'on connait tous. Une signature. Une époque entière résumée en quelques lettres, comme un autocollant sur un nose. Sauf qu’en 2025, cette signature s’est retrouvée planté au beau milieu d’un stade pop : Lady Gaga a baptisé son dernier album Mayhem, et a décliné le nom sur le merchandising de tournée. Résultat : …Lost Surfboards (la marque de Matt “Mayhem” Biolos) a décidé de se retourner vers les tribunaux pour protéger ses droits.

Le dossier est simple à raconter, moins simple à gagner. Côté …Lost, on martèle que “Mayhem” fait partie de l’ADN de la maison depuis des décennies : le logo existe depuis la fin des années 80 et est utilisé commercialement depuis le début des années 90. Le surnom de Biolos, lui, remonte encore plus loin, nourri par un vieux délire musical et une époque où les logos se dessinaient au marqueur, pas dans un tableur.

En face, Gaga joue dans une autre stratosphère : Mayhem, sorti le 7 mars 2025, a débarqué en tête des charts, avec ses singles (dont Disease et Abracadabra) et un gros duo avec Bruno Mars (Die With a Smile). Une machine mondiale, huilée, bruyante, et surtout… capable de vendre des tonnes de t-shirts avant même que la justice ne finisse son café.

Le juge dit “non” au stop immédiat sur le merchandising

La semaine qui vient de passer marque un tournant : à Los Angeles, le juge fédéral Fernando Olguin a refusé la demande de préliminary injunction déposée par …Lost. Traduction sans latin : …Lost voulait que le tribunal bloque tout de suite la vente de fringues “Mayhem” le temps que l’affaire soit tranchée sur le fond. Le juge a répondu : non.

Et ce n’est pas un “non” poli. C’est un “non” qui ressemble à un panneau sens interdit pour la stratégie de …Lost, parce que la décision s’appuie sur une idée centrale : dans le cas de Gaga, “Mayhem” relève d’un usage artistique et expressif (album, univers de tournée, création), davantage que d’un usage destiné à faire croire à l’origine commerciale d’un produit. Autrement dit, la liberté d’expression pèse lourd, et …Lost n’a pas convaincu le tribunal qu’il y avait une volonté claire de tromper le public.

Pourquoi ça sent le courant d’arrachement financier

Soyons clairs : le procès n’est pas terminé. Ce refus d’injonction n’est pas un jugement final. Mais dans ce genre d’affaire, perdre l’injonction, c’est souvent perdre… le momentum. Parce que pendant que la procédure continue, la tournée continue aussi, les ventes s’empilent, et l’attention du public se déplace à la vitesse d’un scroll TikTok.

C’est là que ton angle prend tout son sens : “Lost Mayhem pourrait disparaître prochainement” — non pas parce que quelqu’un va venir arracher les stickers des planches dans les garages, mais parce que la bataille judiciaire peut devenir une guerre d’usure.

D’un côté, …Lost, marque surf puissante dans son monde, mais qui reste une entreprise à taille “surf industry”, avec ses marges, ses saisons et ses humeurs de marché. De l’autre, une superstar et une armée juridique. Et quand l’affaire s’éternise, la vraie question devient parfois moins “qui a raison ?” que “qui peut tenir ?”.

Le risque, pour …Lost, c’est de se retrouver à devoir poursuivre “pour le principe”… tout en voyant la facture grimper. Et il existe un scénario encore plus brutal : celui où le tribunal considère que l’action en justice ne méritait pas d’aller aussi loin, ouvrant la porte à une prise en charge de frais d’avocats côté gagnant. Ce n’est pas automatique, mais c’est le genre de menace qui transforme une plainte en roulette russe comptable.

Biolos serre les dents : “on va au bout”

Matt Biolos, lui, ne joue pas la marche arrière. Dans ses déclarations, il assume que l’injonction était une demande difficile et insiste sur l’idée que “Mayhem” n’est pas un caprice marketing mais un pilier de la marque depuis près de 40 ans. En résumé : il ne veut pas “laisser faire”, parce que laisser faire aujourd’hui, c’est banaliser demain.

Reste que le tribunal vient d’envoyer un message limpide : à ce stade, Gaga a le droit de continuer à vendre, et …Lost doit revoir sa copie pour espérer une victoire sur le fond. Dans l’océan, on appelle ça s’adapter à la série. En justice, c’est pareil : soit tu changes de plan de jeu, soit tu te fais rincer.

Affaire Karim Braire : quand les médias ont fermé les yeux

Pendant plus de dix ans, Karim Braire a incarné un fantasme parfait : celui de la rédemption par le surf, du « ghetto à Nazaré », du destin arraché à la fatalité. Une histoire calibrée pour la télévision, les plateaux du prime time, les maisons d’édition et, le cinéma.
Une histoire trop belle pour être vraie. Et pourtant, largement relayée.

Un récit séduisant, mais fragile dès l’origine

Dès ses premières apparitions médiatiques, des zones d’ombre apparaissent. Des surfeurs reconnus alertent publiquement :
– images de surf empruntées à Justine Dupont,
– contrat Quiksilver introuvable,
– palmarès inexistant,
– incohérences factuelles grossières.

Ces alertes n’étaient ni discrètes ni confidentielles. Elles étaient publiques, documentées, répétées. Mais elles contredisaient une narration trop rentable pour être abandonnée. D'ailleurs, l'équipe avait écrit à l'époque un article dénonçant les fausses déclarations de l'intéressé.

Le mythe avant les faits

Le cas Karim Braire illustre un mécanisme bien connu : quand une histoire coche toutes les cases émotionnelles, le fact-checking devient secondaire.
La figure du survivant charismatique, du self-made-man inspirant, était plus vendeuse que la réalité.

Résultat :
– des journalistes ont relayé sans vérifier,
– des éditeurs ont publié sans enquêter,
– des producteurs ont réalisé sans recouper.

Non par ignorance, mais par choix éditorial.

Une violence rendue invisible

Pendant que le personnage médiatique prospérait, la violence, elle, se déployait dans l’ombre : violences conjugales, viols, actes de torture, violences sur enfants.
La justice vient de le confirmer avec une condamnation lourde : 15 ans de réclusion criminelle, assortis d’une période de sûreté et d’un retrait total de l’autorité parentale.

Ce contraste est glaçant : d’un côté, un homme célébré,
de l’autre, une famille terrorisée, réduite au silence.

Le silence complice des relais médiatiques

Ce procès pose une question essentielle : que vaut une “belle histoire” quand des signaux d’alerte sont volontairement ignorés ?
Car certains savaient. Certains avaient été prévenus. Et pourtant, la machine médiatique a continué à tourner.

Dans cette affaire, il n’y a pas seulement un coupable pénal.
Il y a aussi une chaîne de responsabilités morales : celles de médias, de journalistes, d’éditeurs, qui ont préféré l’audience, l’émotion et l’argent à la rigueur et à l’éthique.

Le vrai procès qui n’aura pas lieu

Karim Braire a été jugé et condamné.
Mais le procès du traitement médiatique, lui, n’aura probablement jamais lieu.

Et pourtant, il mérite d’être posé noir sur blanc :
raconter le réel n’est pas vendre des fables,
et vérifier n’est pas une option quand on se revendique journaliste.

Car derrière chaque “success story” non vérifiée, il peut y avoir des victimes.
Et cette fois, elles ont payé le prix fort.

Un surfeur de 28 ans décède à Lafitenia : la côte basque en deuil après un dramatique accident

PS: Bien évidemment ce n'est pas le surfeur sur la photo

La côte basque est une nouvelle fois endeuillée. Samedi 6 décembre 2025, vers 16 h, un surfeur de 28 ans a perdu la vie sur le spot de Lafitenia, à Saint-Jean-de-Luz, dans des conditions de mer particulièrement puissantes. Malgré l’intervention rapide d’autres pratiquants et des secours, le jeune homme n’a pu être réanimé.

Une session qui bascule dans le drame

Selon plusieurs témoins, la mer était déjà bien agitée en fin d’après-midi, avec une houle dépassant les 4 mètres et un coefficient de marée rendant l’endroit technique et potentiellement piégeux. Dans une interview donnée à Sud Ouest dans, quelques minutes avant l’accident, deux surfeurs, dont Éric Bonnamy, profitaient de la fin d’une session jugée « solide mais satisfaisante ». Assis sur la murette dominant la baie, ils observent la mer lorsqu’ils remarquent deux autres pratiquants entrer à l’eau durant une accalmie.

« Derrière, la mer a regonflé d’un coup », témoigne Éric. « On est à marée haute, l’accès au pic est délicat, et les séries étaient vraiment massives. » C’est dans cette phase que le drame se joue. Selon leurs observations, l’un des deux surfeurs semble rapidement en difficulté, surpris par une vague plus grosse que les autres.

Le corps poussé vers l’intérieur du spot

Les témoins décrivent une scène d’une grande violence. Après avoir disparu sous l’eau, le jeune homme serait resté submergé durant près de trois minutes, avant que son corps ne réapparaisse, poussé vers l’intérieur du spot par une vague de retour.

« On a vu le corps traverser le spot, emporté par la masse d’eau », raconte un surfeur présent sur place. Immédiatement, plusieurs pratiquants, déjà dans l’eau, se dirigent vers lui pour tenter de le ramener au rivage. Ils parviennent à le hisser sur une planche puis à l’extirper de l’eau en attendant les secours.

Une prise en charge immédiate, mais vaine

Les pompiers de Saint-Jean-de-Luz et d’Hendaye, rapidement rejoints par une équipe du SMUR, engagent aussitôt les manœuvres de réanimation. Malgré des tentatives prolongées, l’homme est déclaré décédé sur la plage peu après 16 h.

Pour l’heure, l’origine exacte du drame reste inconnue. Malaise ? Choc sous l’eau ? Simple noyade liée à la puissance des vagues ? Les circonstances devront être précisées par l’enquête en cours.

Une communauté sous le choc

Lafitenia est un spot réputé pour ses longues droites mais aussi pour ses mouvements d'eau, particulièrement lorsque la houle grossit. Les habitués connaissent les pièges du courant, les séries qui décalent. Ce samedi, les conditions étaient qualifiées de « sérieuses » voire « dangereuses » par plusieurs présents.

Ce décès rappelle tragiquement que, même pour des pratiquants expérimentés, l’océan peut devenir imprévisible. Ces dernières années, plusieurs accidents ont déjà endeuillé la côte basque, soulignant la nécessité d’adapter sa pratique aux conditions du jour, surtout lorsque la houle excède les seuils habituels.

En attendant plus d’informations

Pour l’instant, les autorités n’ont pas communiqué sur l’identité de la victime ni sur les conclusions premières de l’enquête. Les témoignages recueillis convergent toutefois vers un accident brutal survenu en quelques secondes, sans que le surfeur n’ait eu le temps de s’extraire de la zone de turbulence.

L’émotion est vive à Saint-Jean-de-Luz et dans toute la communauté du surf basque, qui adresse son soutien à la famille et aux proches du jeune homme.

Quand la communauté surf doit regarder la réalité en face : pourquoi la prévention est indispensable

Depuis quelques jours, toute la presse australienne, et quelques médias internationaux spécialisés surf — relaie une affaire qui secoue profondément notre communauté : la condamnation d’un coach australien, ancien compétiteur WQS, pour une longue série d’agressions sexuelles sur mineurs. Les détails, rendus publics lors de l’audience, ont choqué toute la communauté. Pas uniquement pour l’horreur des faits, mais parce qu’ils rappellent brutalement une vérité que beaucoup préfèrent éviter : le surf n’est pas un sanctuaire.

L’image du surf est souvent associée à la liberté, à la confiance, à la camaraderie. Un univers lumineux, presque utopique. Mais la réalité, c’est que le surf — comme tout milieu sportif, associatif ou éducatif — peut attirer des individus cherchant à profiter de la vulnérabilité et de la confiance des plus jeunes.

Un coach reconnu coupable de 31 infractions sexuelles

L’affaire qui a éclaté en Australie met en lumière ce que ce décalage entre image et réalité peut coûter. L’ancien surfeur professionnel devenu coach, longtemps présenté comme un mentor auprès des jeunes, a plaidé coupable à 31 chefs d’accusation liés à des agressions sexuelles sur des garçons de 7 à 10 ans.

Selon les documents du tribunal, l’encadrement des enfants était présenté comme un “espace sûr” pour progresser. Derrière cette façade, l’enquête a révélé plusieurs années de manipulations, d’abus, de dissimulation de preuves, et même l’admission d’un accès régulier à du matériel pédopornographique.

L’homme a été condamné à cinq ans de prison et pourra demander une libération conditionnelle dès juin 2026 — une décision largement critiquée.

Pourquoi c’est important d’en parler — ici aussi

Ce dossier, aussi sordide soit-il, doit servir de rappel salutaire : aucun sport, aucune culture, aucune communauté n’est immunisée contre ce type de violence.
Le surf, avec son ambiance décontractée et ses structures parfois informelles, peut même devenir un terrain propice pour des prédateurs cherchant à gagner la confiance des familles et des jeunes pratiquants.

Ignorer ce sujet sous prétexte que “le surf, c’est cool”, serait une faute collective.

Le risque existe — mais la prévention peut tout changer

Pour que de telles situations ne puissent plus se reproduire, la prévention doit devenir une priorité à tous les niveaux :

1. Des règles claires dans les écoles de surf

Les structures doivent établir et communiquer :

2. Une vigilance partagée

Parents, encadrants, bénévoles et membres de clubs doivent apprendre à reconnaître des signaux d’alerte : attitudes intrusives, communications privées excessives, insistance à créer un lien exclusif, situations d’isolement non justifiées.

3. Une parole protégée

Les enfants doivent être encouragés à dire ce qui les met mal à l’aise, à reconnaître qu’un adulte peut avoir tort, même un coach admiré. La culture du silence protège toujours l’agresseur, jamais la victime.

Protéger les jeunes, c’est protéger le surf

Parler de ces affaires n’est pas “ternir l’image du surf”. C’est au contraire affirmer haut et fort que notre communauté refuse que de telles violences soient banalisées ou passées sous silence.

Le surf doit rester un espace où l’on se sent en sécurité, où l’on découvre l’océan sereinement, où la progression se fait dans la confiance. Cela ne sera possible que si nous acceptons cette idée simple :
la prévention est une responsabilité collective, et elle commence par la lucidité.

Localisme aux Canaries : l’affaire de Tenerife relance le débat sur la violence dans le surf

Aux Canaries, certaines vagues sont plus dangereuses que d’autres… mais parfois, ce ne sont pas les sets qui frappent le plus fort. Depuis quelques jours, une vidéo tournée à Punta Blanca, à Tenerife, fait le tour du monde : un local en furie qui attaque un couple de surfeurs touristes à coups de poings, puis à coups de pierres. Une scène d’une violence rare, filmée en plein jour, sous le regard impassible des gens sur la plage. Loin d’être un simple “accrochage”, cet épisode interroge la frontière entre le localisme — notion historique du surf — et l’agression pure et simple.

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Un incident choquant qui met Tenerife sous tension

L’escalade en quelques minutes

La vidéo montre une altercation qui dégénère : insultes depuis le lineup, coups échangés dans l’eau, poursuite jusqu’au parking, jets de pierres… Alexandra Caraballo et Cristian Mederos, deux touristes vénézuéliens, racontent avoir été agressés sans raison autre que leur simple présence à Punta Blanca.

Selon l’Instagram Surf en Español :

“Dès leur arrivée au spot, un local a commencé à leur crier dessus depuis l’eau, exigeant qu’ils partent et affirmant qu’ils n’avaient pas le droit d’être là.”

Lorsque Cristian tente de désamorcer la situation et propose de se placer ailleurs, la discussion tourne court. Pas de dialogue, seulement l’envie d’en découdre. Les images montrent ensuite la violence monter à un niveau absurde : coups, tirages de leash, corps-à-corps hors de l’eau, puis jets de pierres sur les touristes… et même sur ceux qui les accompagnaient.

Aucune intervention. Aucun secours. Aucun policier.

Le local mis en cause se défend

Rapidement identifié sous le surnom “Tintin”, l’homme visé publie une série de vidéos pour se justifier. Il accuse les touristes d’avoir “provoqué”, affirme que la scène serait “manipulée”, qu’il aurait été “mordu par leur chien”, et que son intention était de “maintenir le respect sur la plage”.

Une défense qui n’a convaincu quasiment personne, qui dénonce massivement ce déferlement de violence.

Canaries : un paradis… où certaines vagues ne sont pas vraiment pour tout le monde

Les îles Canaries, souvent surnommées “le Hawaii de l’Europe”, possèdent une culture du localisme profondément ancrée. Spots accessibles depuis la route, vagues puissantes, lineups limités… et une fréquentation grandissante grâce aux vols low-cost : le cocktail parfait pour la tension.

Un localisme historique, parfois justifié… mais souvent dépassé

Les surfeurs des Canaries protègent leurs vagues depuis des décennies. Certains endroits sont explicitement déconseillés aux touristes. D’autres, officieusement réservés aux locaux. Ce n’est pas nouveau : intimidation, regards noirs, remarques sèches… beaucoup d’Européens qui ont surfé là-bas en parlent encore.

Le problème, c’est quand ce localisme franchit la ligne :

Ce qu’on voit dans la vidéo de Punta Blanca n’a plus rien à voir avec la défense d’un spot. Ce n’est plus une histoire de règles tacites. C’est un passage à tabac.

Le localisme avant : rude, mais encadré par des codes

Il y a trente ans, le localisme était plus dur, oui. Mais les codes étaient clairs, partagés, transmis aux surfeurs. Dire bonjour en arrivant. Respecter la rotation des vagues. Ne pas ramer sur tout. Ne pas se mettre à l'eau sur les rares vagues réservées aux locaux. Observer. Comprendre. S’adapter.

Aujourd’hui, beaucoup débarquent dans l’eau sans connaître ces règles. Pas celles écrites sur les chartes des fédérations, mais celles qui font vivre un spot depuis cinquante ans.

Une anecdote personnelle pour illustrer

Il y a quelques années, aux Canaries, j’ai attendu quarante-cinq minutes au line-up. Tous les locaux avaient pris leur bombe, le spot se vide, une série arrive, je suis seul, je souris : enfin ma vague. Au moment où je démarre, une surfeuse locale jette volontairement sa planche devant moi pour m’empêcher de partir. Message reçu : session terminée. Je suis sorti de l’eau immédiatement pour aller surfer ailleurs.
Une humiliation ? Oui. Une agression ? Non. C’était leur manière — discutable — d’imposer une règle qui existait déjà.

À Hawaii, même histoire. Un jour sur un spot réservé aux locaux, personne à l’eau… mais un coup de pied dans la tête pour me rappeler que “personne” ne veut pas dire “tout le monde est bienvenu”. J’avais pris le risque. J’ai été puni. C’était brutal, mais je connaissais les règles (même s'il n'y avait personne au début de la session).

À Punta Blanca, on n’est plus dans le localisme : on est dans la violence

Ce qui choque dans cet incident, ce n’est pas la tension entre locaux et touristes — cela existe partout dans le monde du surf. Ce qui choque, c’est la perte totale de proportion.

Les règles du surf n’ont jamais justifié ça

Empêcher quelqu’un de prendre une vague ? Faire comprendre qu’un spot est sensible ? Mettre un regard noir ou une remarque sèche ?
Oui, ça fait partie de la culture du surf, qu’on le veuille ou non.

Mais frapper un couple, poursuivre des gens, jeter des pierres, se filmer ensuite en victime ?
C’est un gouffre culturel. Et cela ne représente en rien les valeurs du surf ni des surfeurs canariens — dont une immense majorité condamne cette agression.

Vers quelle coexistence pour les années à venir ?

Les Canaries ne cesseront jamais d’attirer les surfeurs du monde entier. Les locaux continueront, légitimement, de vouloir préserver leurs vagues.
Le défi ?
Trouver un équilibre qui respecte les codes du surf sans laisser place aux comportements dangereux.

Car si le localisme est un langage, la violence, elle, n’en est pas un.

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Dylan Graves bat un record du monde improbable sur une vague de marée en Indonésie

Dans la famille des records de surf les plus insolites, voici un nouveau champion : Dylan Graves, le surfeur porto-ricain spécialiste des weird waves, vient d’être officiellement reconnu par le Guinness World Records pour avoir réalisé… 46 top turns sur une seule vague. Oui, 46.

Le décor de l’exploit ? The Bono, aussi appelée 7 Ghosts, une vague de mascaret située au fin fond de Sumatra, réputée pour son phénomène unique : un undular bore composé de plusieurs vagues successives qui se forment lors d’une montée de marée extrême. Une vague étrange, capricieuse… mais parfaite pour enchaîner un nombre indécent de virages.

Graves avait été inspiré par la fameuse expédition The Search de Rip Curl en 2011. Plus d’une décennie plus tard, il est allé vérifier par lui-même si la légende tenait encore debout — et il est revenu avec un record à la clé.

Ce record arrive dans un contexte où les performances “non traditionnelles” explosent. Il y a quelques semaines, un Autrichien, Maximilian Neuböck, surfait une vague de rivière pendant 8h05min44s, décrochant le titre de la “plus longue vague surfée en eau libre”.
Pendant ce temps, le record de la plus grosse vague surfée reste bien accroché par Sebastian Steudtner et son monstrueux 86 pieds à Nazaré en 2020.

Alors oui, ce ne sont peut-être pas les records les plus “classiques”, mais ils poussent les limites du surf là où personne ne regarde… et c’est exactement ce qui rend ces histoires passionnantes.

Zeke Lau grièvement touché à Rocky Point : « Mon oreille pendait »

Les premières houles hivernales viennent tout juste de frapper le North Shore, et déjà les incidents s’enchaînent. Cette fois, c’est Ezekiel “Zeke” Lau, surfeur hawaiien et habitué du spot de Rocky Point, qui a frôlé une blessure bien plus grave lors d’un simple backside air. Une manœuvre banale, un timing malheureux… et une dérive qui vient littéralement se planter dans sa tête. Pour les voyeurs ou curieux, voici la vidéo Youtube calée sur l'incident.

Un air raté, un leash tendu et la dérive qui revient comme un boomerang

La scène se passe sur un Rocky Point solide, mais loin d’être massif, environ deux mètres bien formés. Zeke, comme à son habitude, surfe avec engagement et tente un backside air. En ratant son air, il pense simplement foirer la manœuvre. Sauf qu’au moment où il retombe, son leash renvoie sa planche vers lui et la dérive centrale le frappe. Impact direct dans le crâne. Et, surtout, très proche de l’oreille. Dans une vidéo partagée quelques jours après l’accident, Zeke explique la violence du choc :
« Je suis bien amoché. La dérive m’a tapé juste sur le côté de la tête. Ça a touché mon oreille aussi. C’était assez profond. Le docteur m’a mis quelques points de suture à l’intérieur et cinq à l’extérieur. Mon oreille pendait un peu. »

Un constat froid, typiquement hawaiien : lacéré, boursouflé, mais… “all good”.

Un vieux débat relancé : Futures ou FCS ?

Zeke rebondit avec humour sur un sujet qui divise les surfeurs depuis des années :
« J’aurais aimé avoir une meilleure histoire… [rires] C’était juste moi qui tentais un air, et la planche est revenue me frapper. La dérive du milieu m’a percé. Je venais de passer sur des Futures. Si j’avais eu des FCS, la dérive aurait sauté, et ça n’aurait pas été aussi grave. »

Une remarque qui a immédiatement enflammé les réseaux, chacun défendant “son” système comme si c’était une religion surfistique.

Début de saison, premiers avertissements

Depuis quelques semaines, le North Shore se réveille. Rien de dramatique pour l’instant : pas d'accident grave à Pipeline, pas de KO subis par des free-surfeurs. Mais des incidents comme celui-ci rappellent une réalité incontournable : même sur un spot “intermédiaire” comme Rocky Point, la moindre erreur peut laisser des traces profondes.

Zeke Lau devrait revenir rapidement à l’eau. Sans séquelles. Avec une oreille intacte. Mais avec une cicatrice de plus dans la carrière déjà bien remplie d’un solide guerrier du North Shore.

Edouard Delpero vice-champion du monde : un goût amer

L’ancien monde face au nouveau

C’est une fin de saison cruelle pour Edouard Delpero. Le Français, en position de force avant cette dernière étape à El Salvador, repart finalement vice-champion du monde, battu par l’Australien Kai Ellice-Flint.
Un dénouement amer, tant cette finale a laissé un sentiment d’incompréhension. Car au-delà du résultat, c’est tout un style de surf qui semblait jugé différemment.

Depuis plusieurs années, la scène longboard mondiale se déchire entre deux visions : le surf classique, fluide et enraciné dans l’histoire, incarné par Kai Ellice-Flint dans cette finale, et le new school plus aérien, plus radical, parfois plus démonstratif que stylé, incarné Édouard Delpero. Le combat des Singles Fins contre les tri-fins.
Et ce soir, à El Sunzal, on a eu le sentiment que la balance penchait lourdement d’un côté.

Quand les detin est contrevous

Des notes qui interrogent

Dans le premier heat de la finale, un 9,50 attribué à Ellice-Flint a mis le ton. Une vague certes propre, mais avec des noses courts, où le surfeur met des manoeuvres mais avec l'instabilité d'un single fins. On y voit plus du style que de l'action. (je vous laisse juge, la vidéo est en bas de page)
Derrière, Edouard enchaîne une vague avec des noses rides bien plus long et propre avec des manoeuvres plus appuyées… pour une note nettement inférieure.
De quoi susciter la frustration chez le fan que je suis, tant l’écart de notation semble difficile à justifier.

Et comme si le destin s’en mêlait, une scène totalement improbable se déroule sur la plage :

Les planches d’Edouard Delpero, perdues pendant le voyage, arrivent… en plein milieu de la finale.
Jusque-là, le Français surfait sur une planche prêtée par Rachael Tilly elle-même.
Au moment où ses propres boards réapparaissent, un membre de l’équipe se met à monter les dérives et waxer la planche dans l’urgence, tandis qu’Edouard rame pour sa prochaine vague.
Un moment presque paranormal, résumé par la WSL :
“@edouarddelpero was riding @rachaeltilly’s boards the last few days with his lost in transit.
Halfway through the final, the boards made it! Crazy scenes here at El Salvador Longboard Championships.”

Le genre de séquence où l’on se dit que le sort a choisi son camp.

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Sur les séries suivantes, le scénario se répète. Delpero peine à trouver les meilleures vagues, la fréquence est faible, les opportunités rares.
À la deuxième série, alors qu’il a la priorité, il part trop à l’intérieur — une erreur rare, presque symbole d’impuissance.
Tout semble aller dans le mauvais sens : les conditions, le rythme, les notes.

Le triomphe d’un style

En face, Kai Ellice-Flint incarne la nouvelle génération du longboard australien : planches single-fin, on est sur un surf très stylisé qui séduit visiblement le panel de juges. Pour ma part, je suis un peu perdu, comment noter un style ?
À aucun moment, Edouard n’a semblé en mesure de renverser la tendance. Pourtant, le Basque avait tout pour offrir au public une leçon de pureté dans un surf que beaucoup considèrent comme l’essence même de la discipline.

Ce duel old school / new school, déjà latent depuis plusieurs saisons, on en parlait déjà lors de la précédente compétition, trouve ici son expression la plus brutale.
Le résultat n’efface en rien la saison exceptionnelle d’Edouard, revenu au sommet à 35 ans, ni son statut de longboarder exceptionnel.

Tilly, impériale chez les femmes

Chez les femmes, Rachael Tilly s’impose une nouvelle fois et décroche un troisième titre mondial, dont deux consécutifs.
Implacable, la Californienne Rachael Tilly signe un parcours parfait : six victoires consécutives, une domination sans faille, et un troisième titre mondial obtenu face à Avalon Gall (USA), 15.20 à 12.44 puis 13.50 à 12.54.
À 27 ans, elle rejoint le cercle fermé des triple championnes du monde, aux côtés de Soleil Errico et Honolua Blomfield.

Femmes

RoundRésultatScore
Title Match 2Rachael Tilly (USA) déf. Avalon Gall (USA)13.50 – 12.54
Title Match 1Rachael Tilly (USA) déf. Avalon Gall (USA)15.20 – 12.44
Match 4Rachael Tilly (USA) déf. Soleil Errico (USA)13.40 – 12.97
Match 3Rachael Tilly (USA) déf. Honolua Blomfield (HAW)15.10 – 12.00
Match 2Rachael Tilly (USA) déf. Hiroka Yoshikawa (JPN), Chloe Calmon (BRA)14.67 – 14.36 – 13.23
Match 1Rachael Tilly (USA) déf. Kelis Kaleopaa (HAW), Tully White (AUS)15.83 – 15.27 – 10.37

Hommes

RoundRésultatScore
Title Match 2Kai Ellice-Flint (AUS) déf. Edouard Delpero (FRA)16.00 – 10.33
Title Match 1Kai Ellice-Flint (AUS) déf. Edouard Delpero (FRA)17.67 – 12.84
Match 4Kai Ellice-Flint (AUS) déf. Taylor Jensen (USA)15.27 – 9.17
Match 3Taylor Jensen (USA) déf. Declan Wyton (AUS)16.17 – 14.50
Match 2Declan Wyton (AUS) déf. Max Weston (AUS), Kevin Skvarna (USA)13.36 – 10.90 – 6.67
Match 1Declan Wyton (AUS) déf. Steven Sawyer (RSA), Rogelio JR Esquievel (PHL)12.73 – 11.83 – 10.43

Le rêve fou d’Édouard Delpero : à une série du sacre mondial

Il y a encore quelques semaines, personne n’aurait osé y croire. Édouard Delpero, 13ᵉ au classement mondial, voyait s’éloigner la grande finale du World Longboard Tour. Et pourtant… Après une victoire incroyable à Abu Dhabi, le Français se retrouve aujourd’hui n°1 mondial, à une seule série d’un titre de champion du monde WSL, le seul qui manque à sa légende.

D’Abu Dhabi à El Salvador : la remontée d’un miraculé

Le décor ? Une piscine à vagues au cœur du désert. Le scénario ? Totalement improbable. Avant la compétition, Delpero n’était même pas qualifié pour la finale mondiale. Il lui fallait un miracle. Ce miracle a pris la forme d’une victoire magistrale lors du Surf Abu Dhabi Longboard Classic, où il a survolé la compétition, grâce à sa maîtrise parfaite du barrel sur chaque vague artificielle.

Grâce à ce succès, le Biarrot grimpe du 13ᵉ au 1er rang mondial, décrochant le statut de tête de série pour la grande finale au Salvador. Un renversement de situation comme le surf en produit rarement, et qui résume à lui seul la détermination d’un athlète toujours animé par la passion du longboard et du surf.

Une finale à suspense : le format “winner-take-all”

La Surf City El Salvador Longboard Championships (5 au 9 novembre) s’annonce comme un moment historique. Huit hommes et huit femmes s’y disputeront les couronnes mondiales dans un format inspiré du Championship Tour.
Les règles sont simples : les surfeurs les mieux classés affrontent les autres dans une succession de séries éliminatoires, jusqu’au “Title Match”, où attend le n°1 mondial.

Pour Édouard Delpero, cela signifie qu’une seule série gagnée pourrait le sacrer champion du monde WSL 2025.
En cas de défaite lors de la première manche, il aura droit à une revanche immédiate, dans un duel au meilleur des trois séries. Une dernière marche pour boucler un parcours exceptionnel.

Le rendez-vous d’El Sunzal

La scène de cette bataille finale : El Sunzal, un point break den droite d’une beauté saisissante, situé à La Libertad, au cœur du projet Surf City du Salvador.
Une vague longue, régulière, parfaite pour exprimer la grâce et le flow du longboard moderne. “C’est juste une vague parfaite pour un longboard”, résume le quadruple champion du monde Taylor Jensen, qui sera l’un des prétendants.

Delpero, 35 ans, connaît bien l’endroit. Il y a surfé pour la dernière fois en 2023. Cette fois, il y revient avec un seul objectif : décrocher la couronne mondiale, un titre qui viendrait couronner une carrière exemplaire, marquée par la constance, la technique et une élégance rare.

Une consécration attendue depuis toujours

Déjà multiple champion d’Europe, finaliste à plusieurs reprises sur le circuit mondial, Champion du monde ISA, Édouard Delpero a tout connu sauf cette ultime consécration.
Longtemps dans l’ombre du frère cadet Antoine, également star du longboard, Édouard a tracé sa propre voie, fidèle à un surf pur et sans artifice.

Aujourd’hui, le Français a l’occasion de marquer l’histoire du surf hexagonal : aucun surfeur tricolore n’a encore remporté le titre mondial WSL Longboard.
Avec son expérience, sa maturité et sa vision du surf, il est plus prêt que jamais. Et si le scénario de cette saison s’est déjà révélé incroyable, le meilleur reste peut-être à venir.

🏆 Un champion du monde français ?

La réponse pourrait tomber dans les heures à venir à El Sunzal. Une victoire, une seule, séparerait désormais Édouard Delpero d’un rêve poursuivi depuis plus d’une décennie.
Et si la France tenait enfin son premier champion du monde WSL Longboard ? Rendez-vous ce jeudi ou vendredi en fonction des conditions.

Le Nazaré Big Wave Challenge lance sa waiting period : les Français prêts pour le show

Chaque année, à l’approche de l’hiver, Nazaré entre en veille active. Les surfeurs de gros scrutent les cartes météo, les équipes de jet-skis font chauffer les moteurs, et les caméras du monde entier attendent la déferlante. Depuis le 1er novembre et jusqu’au 31 mars 2026, la waiting period du Tudor Nazaré Big Wave Challenge est officiellement ouverte. Un seul jour, une seule fenêtre : celle où la houle, le vent et le courage s’aligneront pour écrire une nouvelle page de l’histoire du surf XXL.

La saison des monstres est ouverte

Nazaré, c’est un cirque aquatique géant où les vagues atteignent parfois la hauteur d’un immeuble de dix étages. Grâce à son canyon sous-marin unique (bien que ressemblant à celui de Hossegor), Praia do Norte agit comme un entonnoir qui concentre la houle atlantique dans des murs d’eau d’une violence rare. Pour que la compétition ait lieu, il faut un minimum de 25 pieds (environ 8 mètres) et des conditions parfaites : vent offshore, direction de houle idéale et suffisamment de fréquence pour rassasier la folie des athlètes.

La World Surf League veille : quand un swell monstrueux se profile, elle déclenche une “alerte jaune” 72 heures avant l’éventuelle mise à l’eau. Si les prévisions se confirment, l’“alerte verte” est donnée, et tout le gratin du surf de gros débarque à Nazaré, planches et gilets gonflables sous le bras.

Le format reste inchangé : neuf équipes de deux surfeurs, alternant entre la conduite du jet-ski et le surf. Trois récompenses sont en jeu : meilleure performance masculine, meilleure performance féminine et meilleure équipe.

Les Français au rendez-vous… ou presque

Cette année encore, la France sera bien représentée — et plutôt fièrement. Justine Dupont, reine incontestée de Nazaré, remet son titre en jeu après avoir remporté la meilleure performance féminine en 2025. Elle fera équipe avec Éric Rebière, pionnier du surf de gros français et l'un des meilleurs pilotes de jet au monde.
Son compatriote Clément Roseyro, la révélation de la dernière édition, sera de nouveau associé au Portugais Nic von Rupp, duo explosif et redoutablement efficace, lauréat du trophée de la meilleure équipe l’an passé.

Autre tandem franco-chilien : Pierre Rollet avec Rafael Tapia, deux habitués des sessions à Nazaré. Et enfin, Benjamin Sanchis – figure historique du surf de gros tricolore – repartira à l’assaut du monstre portugais aux côtés du Marocain Jérôme Sahyoun.

Nazaré, théâtre du chaos

La beauté du Nazaré Big Wave Challenge, c’est son imprévisibilité totale. En quelques heures, une alerte peut tout faire basculer : billets d’avion, matériel, sécurité, logistique… Rien n’est figé, tout dépend du ciel et de l’océan. L’an dernier, les conditions avaient permis une journée historique, avec des vagues de 10 mètres et des performances d’anthologie.

Mais au-delà de la compétition, Nazaré est devenu un symbole. Popularisé par la série The 100 Foot Wave sur HBO, le spot portugais a dépassé la sphère du surf pour devenir une légende planétaire. Chaque session, chaque wipeout, chaque sauvetage est immortalisé sur les réseaux, contribuant à nourrir ce mythe fascinant du surf de l’extrême.

En attendant l’alerte jaune

Pour l’heure, les teams patientent, prient pour une tempête bien positionnée, et se préparent à l’inimaginable. Quand Nazaré s’éveille, le monde du surf retient son souffle. Les jets rugiront, les vagues gronderont, et quelque part au large du phare rouge, un Français – ou quatre – tentera d’inscrire son nom dans l’histoire.

Une nouvelle piscine à vagues en Chine qui fait parler d’elle

Les piscines à vagues continuent leur conquête du monde, et la Chine vient d’ajouter une pièce maîtresse à la collection : le Riyue Bay Surf Resort, sur l’île de Hainan, véritable berceau du surf chinois. Alimenté par la technologie American Wave Machines, le spot promet des sessions d’exception — et surtout, une section à air qui affole déjà les pros.

Dans une vidéo publiée fin octobre, le Japonais Ryji Masuda (inconnu au bataillon) a littéralement déchiré la vague, envoyant des airs stratosphériques parfaitement maîtrisés sur une rampe artificielle digne d’un skatepark aquatique. De quoi donner un aperçu du potentiel de cette installation, capable de produire des vagues jusqu’à 2,7 mètres (vous êtes sûr des mesures) de haut, avec une nouvelle vague toutes les six secondes.

Mais le Riyue Bay Surf Resort ne se résume pas à un simple bassin. Le lieu a été conçu comme un complexe surf global, combinant un hôtel thématique, une zone commerciale et surtout, une immersion totale dans la culture glisse. Situé à Wanning, au cœur de la scène surf chinoise et à deux pas du spot mythique de Riyue Bay (où s’entraîne l’équipe nationale), le projet ambitionne d’attirer les voyageurs du monde entier.

L’ouverture officielle est prévue pour le 11 novembre 2025, symbole d’un tournant pour le surf en Chine. Car au-delà de la performance technologique, cette piscine à vagues illustre la volonté du pays de s’imposer comme une destination surf majeure.

Sur une île déjà célèbre pour son climat tropical et ses plages dorées, Riyue Bay Surf Resort pourrait devenir le premier véritable épicentre du surf asiatique. Et si les puristes grimacent encore face à la montée des piscines à vagues, force est de constater que ces bassins permettent à des milliers de nouveaux surfeurs de découvrir la glisse… et de rêver plus grand.

Quand OnlyFans devient sponsor : bénédiction ou signal d’alarme pour le surf ?

Moana Jones Wong, Lucía Martiño… et demain, qui ? Le surf s’invite sur une plateforme où l’économie prend le pas sur les tabous.

Le monde du surf est en pleine mutation. Les stickers s’effacent, les budgets fondent, et les carrières se construisent désormais autant sur l’eau que sur les écrans. Dans ce nouveau paysage, une plateforme improbable s’impose comme acteur du sponsoring dans le surf : OnlyFans.

Après Pedro Scooby, Billy Kemper, António Laureano et Lucía Martiño, la Hawaïenne Moana Jones Wong vient d’être officiellement sponsorisée par la plateforme. Le surf professionnel cherche de nouveaux modèles économiques.

Moana, Lucía et le changement de paradigme

Quand Moana Jones Wong, “Queen of Pipeline”, a annoncé son arrivée sur OnlyFans, les réactions ont fusé : admiration, incompréhension, jugements hâtifs. Pourtant, le message de la surfeuse hawaïenne était limpide : « Je veux partager ce que les gens ne voient pas : mes entraînements, mes voyages, mes conseils. »

Rien de sulfureux, juste un pas vers plus d’indépendance. Moana, déjà diplômée en culture et santé autochtones, voit dans OnlyFans une plateforme pour parler de surf autrement.

Il ya quelques semaines, c’était Lucía Martiño, surfeuse espagnole connue pour son style fluide et son esthétique soignée, qui annonçait une collaboration officielle avec la marque OnlyFans. Cette fois, la frontière est franchie : OnlyFans n’est plus un simple canal personnel, c’est un véritable sponsor.

Un sponsoring qui dit beaucoup de notre époque

Pendant des décennies, l’économie du surf reposait sur un modèle simple : performance + image = contrat. Les marques historiques (Rip Curl, Billabong, Roxy…) finançaient les carrières et façonnaient les légendes. Mais la bulle a éclaté.

Entre la mondialisation du sport, la fin du “cool” institutionnalisé et la concentration des groupes, les budgets marketing se sont effondrés. Aujourd’hui, rares sont ceux qui vivent réellement de leur surf.

Les athlètes deviennent donc leurs propres médias. YouTube, TikTok, Instagram… et désormais OnlyFans. Ce dernier, en se repositionnant comme une plateforme pour créateurs de contenu exclusif, offre une alternative directe : un espace sans intermédiaires, où les fans paient pour un lien authentique.

Tabou ou révolution ?

Évidemment, le nom d’OnlyFans reste chargé. Il évoque le glamour, le corps, la provocation. Mais ce serait oublier que la plateforme, en 2025, s’est largement diversifiée. Athlètes, musiciens, coachs y partagent des contenus pédagogiques ou inspirants.

Dans le surf, cette évolution soulève une question fondamentale : jusqu’où un surfeur doit-il aller pour continuer à vivre de sa passion ?

Moana Jones Wong l’a dit sans détour : « Être une femme de foi, ce n’est pas se cacher du monde, c’est y être présente avec respect. » Une déclaration forte, qui résume bien le dilemme actuel : entre préjugés et liberté, chaque surfeur trace sa propre ligne.

Un miroir de la crise du surf pro

Le fait qu’OnlyFans devienne sponsor dit tout de l’époque. Le surf n’est plus un sport doré, c’est une niche en quête de survie économique. Les compétitions souffrent, les circuits se contractent, et les marques misent désormais sur les visages qui font cliquer plus que sur ceux qui gagnent des séries.

Dans ce contexte, être sponsorisé par une plateforme aussi puissante qu’OnlyFans est peut-être moins une provocation qu’une nécessité.
Le surf, discipline libre par essence, a toujours flirté avec la marginalité. Ce virage n’est qu’une nouvelle forme d’indépendance — avec une part de risque, certes, mais aussi une promesse : celle de reprendre le contrôle et son indépendance vis à vis des marques historiques. On retrouve dans cette tendance lorsque Jami O'Brien quittait le circuit WSL pour se concentrer sur sa chaine Youtube, avec succès.

Une chance, mais à quel prix ?

Pour certains, c’est une opportunité en or : la chance de construire une communauté fidèle, une audience, sans dépendre des marques ou des fédérations. Pour d’autres, c’est le signe d’une déchéance, la preuve que le surf a perdu de sa superbe.

La vérité se situe sans doute entre les deux.
OnlyFans ne sauvera pas le surf, mais il révèle son état. En 2025, pour exister, un surfeur doit être entrepreneur, réalisateur, marketeur, et parfois… influenceur malgré lui.

Et si l’on doit choisir entre ne plus surfer et surfer autrement, beaucoup préféreront, sans doute, poster depuis la plage plutôt que rester sur la touche.

La Niña 2025-2026 : l’hiver des grosses houles est lancé

C’est officiel : La Niña est de retour, confirmée par les observatoires météorologiques du Pacifique et par les modèles climatiques mondiaux. Ce phénomène océanique et atmosphérique, parfois mystérieux pour le grand public, a pourtant un impact direct sur notre quotidien de surfeurs. Des spots hawaïens aux plages landaises, son influence se fait sentir jusque dans les line-ups européens. Et cette saison 2025-2026 ne fera pas exception.

Mais que signifie concrètement l’arrivée d’une La Niña ? Et surtout, comment cela va-t-il transformer les vagues de cet hiver ?

Comprendre La Niña : quand le Pacifique refroidit, le reste du monde bouge

La Niña, c’est le pendant froid du fameux El Niño.
Alors que El Niño réchauffe les eaux du Pacifique Est, bouleversant les courants et provoquant des sécheresses ou des tempêtes selon les régions, La Niña fait exactement l’inverse : les alizés se renforcent, poussant les eaux chaudes vers l’ouest du Pacifique, tandis que de l’eau froide remonte à la surface près de l’Amérique du Sud.

Ce refroidissement crée une énorme “bulle froide” dans le Pacifique Est, qui va modifier la trajectoire du Jet Stream, ce courant atmosphérique rapide qui contrôle la formation des tempêtes autour du globe.
Résultat : des hivers plus actifs dans le Nord, des cyclones plus nombreux sous les tropiques, et des variations considérables dans la distribution des houles.

Autrement dit : ce qui se passe à des milliers de kilomètres de la Polynésie peut décider de la qualité des vagues à Hossegor ou à Nazaré.

En Europe : un hiver plus froid… et plus musclé

Pour les surfeurs européens, La Niña est souvent synonyme d’un hiver plus consistant.
Quand le Jet Stream remonte vers le nord de l’Atlantique, les dépressions se forment plus souvent et plus puissamment entre Terre-Neuve et l’Irlande. Ce sont elles qui génèrent les longues houles d’ouest tant attendues par les big wave riders et les passionnés de beach breaks puissants.

👉 Côté positif :

👉 Côté moins glamour :

En clair : un hiver parfait pour les chargeurs, un peu moins pour les amateurs de sessions tranquilles au coucher du soleil.

Et ailleurs dans le monde ?

Pacifique Nord : la fête des grosses vagues

Les surfeurs de Mavericks ou du North Shore d’Hawaï ont déjà les yeux rivés sur les cartes météo.
En période de La Niña, les tempêtes se forment plus haut dans le Pacifique Nord, générant des houles massives et régulières vers l’Alaska, l’Oregon et la Californie du Nord.
Le célèbre spot de Mavericks, au large de Half Moon Bay, est souvent l’un des grands gagnants du phénomène.
En revanche, le sud de la Californie et certaines îles hawaïennes reçoivent moins de houles franches, car les tempêtes contournent leur zone d’influence.

Indonésie et Australie : plus de vent, moins de glassy

Sous les tropiques, les alizés renforcés qui caractérisent La Niña peuvent transformer un trip paradisiaque en session frustrante.
En Indonésie comme en Australie, le vent d’est souffle plus fort, amenant des conditions plus agitées et moins “glassy”.
Mais tout n’est pas perdu : les houles, elles, ne manquent pas — simplement, il faudra choisir le bon spot, bien orienté et à l’abri du vent.

Caraïbes et Atlantique Ouest : une saison cyclonique plus intense

Autre effet bien documenté : La Niña favorise la formation d’ouragans.
Les vents verticaux qui dispersent habituellement les tempêtes tropicales sont affaiblis, permettant aux systèmes de se développer plus facilement.
Les surfeurs de Floride, des Antilles et de Porto Rico peuvent donc s’attendre à plus de houles cycloniques, parfois destructrices, mais aussi propices à des sessions épiques sur des reefs rarement réveillés.

Pourquoi les surfeurs européens peuvent se réjouir

Si l’on devait tirer une seule conclusion : c’est l’Europe qui a le plus à gagner de ce nouvel épisode La Niña.
Les prévisions saisonnières annoncent un début d’hiver actif dès novembre, avec des séries de dépressions atlantiques rapprochées.
Cela signifie plus de houles solides pour la façade ouest, de la Bretagne au Pays basque, en passant par la Galice et le Portugal.

Les amateurs de gros surf attendent déjà leurs fenêtres à Nazaré, Mullaghmore ou Belharra.
Et pour les autres, les beach breaks landais ou galiciens devraient multiplier les jours “parfaits” — à condition de surveiller les vents et de s’armer d’une bonne 4/3.

En résumé : La Niña, c’est (plutôt) bon pour le surf européen

Si vous aimez le surf engagé, les combinaisons épaisses et les line-ups balayés par le vent offshore, cette La Niña 2025-2026 risque de vous plaire.
Et pour ceux qui préfèrent les sessions faciles sous les tropiques… il va peut-être falloir patienter jusqu’au prochain El Niño.

La planche de surf perdue en Tasmanie réapparaît 18 mois plus tard à 2 400 km de là, retrouvée par un Français

C’est une histoire comme seuls les océans savent en écrire. Une planche de surf tombée d’un bateau en Tasmanie, oubliée depuis un an et demi, retrouvée par hasard en Nouvelle-Zélande par un Français installé à Raglan. 2 400 kilomètres plus loin, 18 mois de dérive, et un destin que seul le courant pouvait orchestrer.

Un voyage insensé porté par les courants

Mai 2024. Quelque part au large de la Tasmanie, une planche sur mesure glisse sur le pont d’un bateau, heurte le rebord, puis disparaît dans la houle. Son propriétaire, un surfeur australien prénommé Liam, la regarde s’éloigner, impuissant. L’océan l’a avalée, sans promesse de retour.
Dix-huit mois plus tard, cette même planche va réapparaître… à 2 400 km de là, sur la côte ouest néo-zélandaise.

Entre les deux, personne ne saura jamais vraiment quel chemin elle a emprunté. Peut-être a-t-elle traversé la mer de Tasmanie portée par les vents d’ouest, s’est échouée un temps sur une côte déserte avant de repartir. Ce qu’on sait, c’est qu’elle a survécu — intacte, marquée, mais debout. Un miracle flottant, couvert de balanes et de coquillages, témoin du passage du temps et des voyages invisibles que tracent les courants marins.

La découverte d’un Français à Raglan

Mi-octobre 2025, un Français du nom d’Alvaro Bon profite d’une session de kitesurf dans le port de Raglan, sur l’île du Nord. Installé depuis une dizaine d’années en Nouvelle-Zélande, il connaît ces eaux par cœur. Ce jour-là, le vent est fort, trop fort. Il perd le contrôle de son cerf-volant, qui s’envole au large. En rejoignant la terre, il aperçoit quelque chose d’étrange flottant à la surface : une planche de surf couleur crème, piquée de coquillages, comme sortie d’un rêve.

« Je l’ai cachée dans les dunes, je ne savais pas trop quoi en faire », racontera-t-il plus tard à la BBC.
Quelques jours après, il la nettoie et publie des photos sur les réseaux sociaux, espérant retrouver le propriétaire. À son retour de surf, son téléphone est inondé de messages. Parmi eux, celui d’un certain Liam, accompagné d’une photo : c’était bien la sienne. « Il n’arrivait pas à y croire », confie Alvaro.

Un symbole de résilience et de hasard

La planche, malgré 18 mois passés à dériver en plein océan, est en bon état. Quelques traces du sel, quelques cicatrices laissées par les coquillages — rien qui ne puisse l’empêcher de flotter.
Pour Liam, c’est une planche fétiche, un morceau de lui revenu du large. Pour Alvaro, c’est un signe.

« Le jour où j’ai trouvé la planche, j’ai perdu mon cerf-volant, raconte-t-il. Peut-être que c’était ça le sens… Parfois il faut lâcher prise pour trouver mieux. »

Difficile d’imaginer phrase plus juste.
Dans un monde où tout semble contrôlé, l’océan rappelle qu’il reste le maître des histoires. Ce jour-là, il a rendu ce qu’il avait pris. Et entre deux inconnus, il a tracé un fil invisible, une ligne de swell entre la Tasmanie et la Nouvelle-Zélande.

L’océan, narrateur d’histoires incroyables

Cette dérive n’est pas qu’une anecdote insolite : elle dit quelque chose de la mer, de sa puissance et de sa poésie.
Les scientifiques savent que les courants marins de la mer de Tasmanie sont parmi les plus imprévisibles du Pacifique Sud. Des objets peuvent dériver des mois entiers avant d’atteindre les plages néo-zélandaises. Mais au-delà des données, c’est l’imaginaire qui fascine : la mer transporte aussi bien des déchets que des miracles.

Une planche perdue, retrouvée 18 mois plus tard, c’est un message venu des profondeurs : la mer garde, transforme, restitue. Et parfois, elle choisit à qui offrir le dénouement.

Dans quelques jours, la planche rejoindra son propriétaire à Auckland. Mais son histoire, elle, a déjà fait le tour du monde — et des cœurs.

Myélopathie du surfeur : quand le rêve de glisse vire au cauchemar

Imaginez partir en vacances dans les Caraïbes, découvrir le surf pour la première fois… et finir paralysé. Ce scénario absurde, digne d’un film dramatique, est pourtant une réalité pour une poignée de surfeurs dans le monde. Le nom de ce mal encore méconnu : la myélopathie du surfeur.
Une affection aussi mystérieuse que dévastatrice, qui a déjà brisé plusieurs vies – de la Guadeloupe à Honolulu, en passant par les Alpes suisses.

Un voyage en Guadeloupe qui tourne au drame

Février 2025. Flavien, 29 ans, s’envole pour la Guadeloupe avec sa compagne et leur fils. Le séjour s’annonce idyllique : mer chaude, soleil, lagons… C’est lors d’une première leçon de surf à Sainte-Anne que tout bascule. Après quelques minutes passées allongé sur sa planche, en position de rame, Flavien ressent une douleur aiguë dans le bas du dos, rapidement suivie de fourmillements, engourdissements, puis une perte de force dans les jambes.

Transporté d’urgence à l’hôpital de Pointe-à-Pitre, le premier diagnostic est flou. Mais un second neurologue évoque une cause rare : un infarctus médullaire, autrement dit un accident vasculaire de la moelle épinière, aussi appelé myélopathie du surfeur.

Le témoignage glaçant de Marc, paralysé à Hawaï

Marc, 22 ans, originaire des Grisons en Suisse, rêvait de surfer les vagues du Pacifique. Deux jours après son arrivée à Hawaï, il ressent la même douleur foudroyante que Flavien.
« Je surfais quand soudain, j’ai eu l’impression qu’on m’avait planté un couteau dans le dos », raconte-t-il.
Ses jambes lâchent. Il coule. Sauveteurs, ambulance, diagnostic : myélopathie du surfeur.

Les médecins lui annoncent qu’il ne remarchera probablement jamais. Pourtant, après deux ans de rééducation, Marc a retrouvé l’usage partiel de ses jambes :

« Je peux marcher quelques mètres avec des béquilles. J’ai même refait du snowboard. Mais mon rêve, c’est de retourner surfer, sur cette même plage. »

Mais qu’est-ce que la myélopathie du surfeur ?

dentifiée pour la première fois à Hawaï en 2004, la surfer’s myelopathy est une lésion non traumatique de la moelle épinière.
Elle est causée par une hyperextension prolongée du dos, typique de la position de rame sur la planche.

En clair : allongé trop longtemps, le surfeur crée une compression qui réduit l’apport sanguin à la moelle. Résultat : une ischémie médullaire, comparable à un mini AVC de la colonne.

Les symptômes à repérer :

Ce qui rend la maladie perfide, c’est qu’elle survient sans aucun traumatisme. Pas de wipeout, pas de choc contre la planche : tout se passe à l’intérieur du corps.

Ce que dit la science

Une étude japonaise publiée en 2019 décrit le cas d’une jeune femme de 19 ans, débutante, victime de la même pathologie.
En seulement une heure, elle passe de simples picotements à la paraplégie.
Grâce à une prise en charge rapide (oxygénothérapie, corticoïdes, rééducation), elle a pu remarcher en moins d’un mois.

Les médecins japonais évoquent plusieurs hypothèses :

  1. Compression artérielle (artère d’Adamkiewicz) causée par l’hyperextension.
  2. Compression veineuse ou spasme lié à la manœuvre de Valsalva (inspiration bloquée lors de l’effort).
  3. Embolie fibrocartilagineuse, quand un fragment de disque intervertébral migre dans une artère spinale.

Mais aucune cause unique n’a encore été prouvée.

Une affection rare… mais grave

Peu d’études existent sur cette pathologie. Une revue scientifique coréenne a analysé 3 cas de jeunes hommes (19 à 30 ans), tous débutants en surf. Deux d’entre eux, traités avec des corticoïdes, sont restés paraplégiques malgré des mois de rééducation. Le troisième, soigné par induction d’hypertension pour améliorer la perfusion médullaire, a quasiment récupéré l’usage complet de ses jambes en quelques jours.

Autrement dit, le traitement précoce est essentiel, mais il n’existe aucune prise en charge standardisée. Les pistes incluent :

Une urgence médicale méconnue

En 2016, une revue internationale recensait seulement 64 cas documentés dans le monde.
Un chiffre probablement sous-estimé, car de nombreux cas légers passent inaperçus.
Les études montrent pourtant que le pronostic dépend entièrement de la rapidité du diagnostic.

Un traitement précoce peut inclure :

Les patients traités dans les premières heures ont souvent récupéré partiellement.

Un long combat pour réapprendre à marcher

Pour Flavien, le diagnostic a été confirmé en métropole après une longue errance médicale. Transféré dans un centre de rééducation en Vendée, il a dû tout réapprendre comme un bébé : respirer profondément, ramasser un objet, activer ses muscles. Aujourd’hui, il recommence à bouger sa jambe droite, un peu la gauche. Son objectif est clair : remarcher d’ici décembre.

Il témoigne quotidiennement de son combat dans un carnet de bord, avec l’idée d’en faire un livre. Lui et sa compagne veulent surtout sensibiliser : "Si j’étais resté 5 minutes de plus dans l’eau, je me serais peut-être noyé".

Une éducation indispensable pour prévenir les cas

L’un des constats partagés par les études scientifiques est limpide : la prévention est la clé. Aux États-Unis, une fondation a créé le sigle SPINE pour sensibiliser les surfeurs :

En France et en Europe, la majorité des moniteurs n’ont jamais entendu parler de ce syndrome. Il serait temps d’intégrer cette information dans les formations de surf, comme cela commence à se faire à Hawaï ou en Corée du Sud.

Peut-on continuer à surfer après une myélopathie ?

Dans les cas les plus graves, la reprise du surf est impossible. Mais certains patients ayant récupéré partiellement ont pu remonter sur une planche, avec prudence. Il est cependant recommandé de consulter un neurologue ou un médecin du sport avant toute reprise, et d’éviter les longues périodes de rame en extension.

Ce que nous dit ce témoignage

L’histoire de Flavien met en lumière une réalité cruelle : un accident invisible peut briser une vie en quelques minutes, sans prévenir. Et pourtant, en informant mieux, en réagissant plus vite, en adaptant l’enseignement du surf, de nombreux cas pourraient être évités ou atténués.

La myélopathie du surfeur n’est pas une fatalité. Mais pour que cela devienne vrai, il faut briser le silence, documenter les cas, et surtout, écouter son corps dès les premiers signes d’alerte.

En résumé : que faut-il retenir ?

Max Neuböck surfe plus de 8 heures d’affilée sur une vague… pour un record Guinness

Huit heures, cinq minutes et quarante-quatre secondes. C’est le temps que l’Autrichien Maximilian Neuböck a passé debout sur une vague, sans jamais tomber. Pas sur un swell mythique de l’océan Pacifique, non — sur The RiverWave, la plus grande vague artificielle d’Europe en Autriche. Le tout validé par le Guinness World Records. Résultat : un record aussi absurde qu’hypnotisant, qui interroge autant qu’il impressionne.

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Le surfeur autrichien qui ne voulait plus sortir de l’eau

La scène se déroule à Ebensee, en Autriche, loin des spots salés de Nazaré ou Teahupo’o. Là, The RiverWave génère une vague stationnaire, perpétuelle, comme un tapis roulant aquatique. Et Max Neuböck a décidé d’y rester dessus aussi longtemps que possible, sans descendre, sans pause, sans toilettes — mais pas sans ravitaillement.

Pendant son marathon liquide, il a mangé une soupe, avalé une pizza, bu du Red Bull et utilisé un pistolet de massage pour ses cuisses. Tout cela, sans jamais cesser de glisser sur place. À la fin, épuisé mais euphorique, il s’est jeté à l’eau en criant de joie : huit heures de surf continu, un record officiellement homologué par Guinness.

“Il n’est revenu à terre qu’après huit heures, certain d’avoir battu le record. Il a ensuite sauté dans l’eau en criant, les bras levés”, raconte Guinness dans son communiqué officiel.

Le triomphe du “record pour le record”

Soyons honnêtes : le surf n’avait pas forcément besoin de ce record. Mais dans un monde obsédé par les chiffres, les likes et les “premières fois”, il fallait bien que quelqu’un tente l’impossible : tenir debout sur une vague pendant une journée de travail complète.

Ce n’est pas un exploit d’océan, ni un tube de légende — c’est un exploit d’endurance et, surtout, de volonté. Neuböck incarne cette tendance moderne à vouloir “faire un record pour le record”, comme s’il fallait tout mesurer, tout chronométrer, même la glisse.
Une performance à la frontière du sport, de l’art contemporain et de la méditation sous caféine. Bref, je m'égare...

8 heures contre 3 heures 55 : la revanche des vagues statiques

Avant Neuböck, le Panaméen Gary Saavedra détenait un autre record Guinness : celui de la plus longue vague surfée en eau libre, en 2011. Il avait surfé le sillage d’un bateau pendant 43,1 miles dans le canal de Panama, pendant près de quatre heures.
Mais la comparaison s’arrête là : Saavedra avançait, Neuböck restait sur place. Deux visions du surf, deux formes d’absurdité héroïque.

Entre absurde et poésie

Passer huit heures à surfer sans tomber, c’est certes un exploit physique. Mais c’est surtout un symbole : le surf peut aussi être statique, introspectif, presque méditatif. Entre deux gorgées de soupe, Neuböck a probablement exploré les frontières du calme, du courage et de l’ennui absolu.

Ces records Guinness qui font sourire

Le Guinness World Records adore ces exploits improbables. À côté de Neuböck, on trouve par exemple le “plus grand nombre de Big Macs mangés dans une vie” (26 000), le “5 mètres les plus rapides en skateboard par un chat”, ou encore le montage le plus rapide de Mr. Potato Head les yeux bandés.
Et dans la catégorie “records de surf plus sérieux”, Sebastian Steudtner détient toujours le titre de la plus grosse vague surfée, avec son 86 pieds à Nazaré en 2020.

Mais entre la démesure portugaise et la patience autrichienne, un même fil rouge : l’amour du geste inutile mais fascinant.

Tragédie à Frankston Beach : un surfeur britannique et son ami se noient en Australie

Les autorités australiennes ont confirmé la mort d’un surfeur britannique de 36 ans et de son ami de 43 ans, tragiquement noyés mercredi 22 octobre à Frankston Beach, près de Melbourne. Selon la police de l’État de Victoria, le drame s’est produit en pleine tempête, alors que des rafales de vent atteignaient jusqu’à 130 km/h.

Il était environ 17 h lorsque des témoins ont aperçu deux hommes en difficulté dans l’eau. Les secours, appuyés par un hélicoptère de la police, ont réussi à les ramener sur le rivage, mais aucun des deux n’a pu être réanimé. Un membre des équipes de sauvetage a lui aussi dû être hospitalisé après avoir avalé une grande quantité d’eau.

Un surfeur débutant pris dans une tempête

D’après les premières investigations, le surfeur britannique se serait aventuré à l’eau malgré des conditions extrêmes. Son niveau de surf était très limité, a précisé l’inspectrice Melissa Nixon :

« Il semble qu’il apprenait tout juste à surfer. La mer était déchaînée et la planche s’est brisée sous la puissance des vagues. »

Lorsque sa planche a cédé, l’homme aurait tenté de rejoindre la plage à la nage. Son ami, témoin de la scène, a alors sauté à l’eau pour tenter de lui porter secours. Pris à leur tour dans les vagues et le vent violent, les deux hommes se sont rapidement retrouvés en difficulté, avant d’être submergés.

Des conditions météorologiques extrêmes

Le sud de l’Australie a été frappé ces dernières 24 heures par une tempête, provoquant des coupures d’électricité et la chute de nombreux arbres dans la région de Melbourne.
Les autorités avaient pourtant multiplié les avertissements sur les dangers liés à la mer et appelé les habitants à ne pas s’aventurer à l’eau.

« Ces conditions n’étaient pas sûres, même pour les surfeurs expérimentés », a insisté la police de Victoria. « Aller à l’eau par ce type de météo, c’est risquer sa vie et celle de ceux qui viendront vous secourir. »

Un drame qui relance le débat sur la sécurité

Le maire de Frankston, Kris Bolam, a exprimé sa profonde tristesse et a rappelé que le drame survenait à un moment crucial : la municipalité envisage actuellement de financer à nouveau un service de sauvetage côtier.

« C’est une tragédie. Deux personnes sont mortes alors qu’elles n’auraient jamais dû perdre la vie », a-t-il déclaré.
« Cela remet clairement la sécurité sur nos plages au cœur du débat. »

Une enquête est toujours en cours pour confirmer les identités et les causes précises du décès, mais tout indique que l’imprudence face à une mer en furie aura été fatale à deux hommes animés d’un simple élan d’entraide.