Catégorie : Actualités surf

  • « Je ne savais pas qu’une partie de ma planche était encore en moi » : l’histoire folle de Davide Lopez

    « Je ne savais pas qu’une partie de ma planche était encore en moi » : l’histoire folle de Davide Lopez

    Imaginez un instant : vous rentrez d’un voyage de surf, vous reprenez votre vie quotidienne, vous consultez même plusieurs médecins… tout en ignorant qu’un morceau de plastique de 3 centimètres est planté au milieu de votre visage. C’est le scénario de film d’horreur qu’a vécu le surfeur toscan Davide Lopez après une session mémorable (et brutale) sur le spot de Supertubos, au Portugal.

    Le « Crack-Crack » qui aurait pu être fatal

    Tout commence lors d’une session que Davide décrit comme « l’une des meilleures de sa vie ». Mais à Supertubos, la sanction n’est jamais loin. Une lèvre épaisse projette sa planche directement dans son visage. Sur le coup, Davide entend deux sons secs : « Crack, crack ».

    En état de choc mais conscient, il regagne la plage le visage en sang. À ce moment-là, il est persuadé d’avoir pris un rail ou le nose de sa planche. « L’impact était si fort que je me suis dit que si c’était une dérive, je serais déjà mort », confie-t-il. Les secours arrivent, perplexes face à l’ampleur des dégâts.

    Le gros raté du diagnostic médical

    C’est ici que l’histoire bascule dans l’absurde. Emmené à l’hôpital, Davide reçoit dix points de suture et passe un scanner. L’opérateur du scanner lui demande si sa planche va bien, car il voit « quelque chose de bizarre » dans son nez. Pourtant, après cinq heures d’attente, le verdict tombe : un simple nez cassé. Les médecins lui disent que « le truc bizarre » a disparu des images et le laissent repartir.

    Le lendemain, Davide s’envole pour l’Italie. Il appelle son médecin, lui envoie les scans : « Ne vous inquiétez pas, le nez a l’air normal ».

    « Félicitations, c’est une dérive ! »

    Pendant six jours, Davide vit avec ce corps étranger. Il ne ressent aucune douleur particulière, si ce n’est une difficulté persistante à respirer. C’est finalement une spécialiste, horrifiée lors d’un examen en personne, qui découvre la vérité. En insérant une caméra dans ses narines, l’écran affiche une forme bleue. Impossible que ce soit de l’os ou du cartilage.

    Le lendemain, Davide passe sur la table d’opération. Les chirurgiens extraient un morceau de dérive de 3 cm de côté. Par un miracle absolu, l’objet n’a touché ni ses yeux, ni son cerveau.

    Un retour à l’eau sous protection

    Aujourd’hui, Davide Lopez a repris le travail, mais le sel attendra. Son nez est encore en piteux état. S’il prévoit de retourner à l’eau d’ici un mois, ce sera avec un masque de protection digne d’un footballeur professionnel.

    « J’ai un ange gardien, c’est certain », conclut l’Italien, qui garde un amour intact pour les tubes portugais malgré la « taxe » très élevée qu’il a dû payer. Quant à son choix de dérives pour le futur ? Disons qu’il risque de regarder son matériel d’un œil un peu plus méfiant lors de son prochain « wipeout ».

  • Snapper Rocks : Justin Becret se fracture le nez mais continue de tuber

    Snapper Rocks : Justin Becret se fracture le nez mais continue de tuber

    Snapper Rocks, c’est le paradis du surf… ou l’enfer du trafic. Justin Becret vient d’en faire l’amère expérience lors d’une session sur la Gold Coast qui aurait pu virer au drame. Alors qu’il dénichait un petit miracle — une vague en solo au milieu de la meute australienne — le sort s’est acharné.

    Un choc frontal en plein barrel

    Dès son premier tube, une planche égarée est venue percuter son visage de plein fouet. Le verdict est immédiat : nez cassé. Mais c’est là que le Landais bascule dans la catégorie « warrior ». Au lieu de regagner le bord en urgence (il le fait juste après, il reste un homme), Justin reste sur sa lancée.

    L’image surréaliste de la session

    Dans une séquence captée par Clancy Dawson, on voit le surfeur s’engager dans un deuxième tube tout en maintenant son visage en sang entre ses mains. Un mélange de douleur et de pur instinct.

    « Le trafic de Snapper m’a bien eu ce matin », a-t-il commenté avec humour sur son compte Instagram.

    Si Justin doit désormais observer quelques jours de repos forcé, il a prouvé qu’il fallait plus qu’une fracture pour l’empêcher de tuber.

  • Ce site de surf mythique allait mourir, mais ses lecteurs l’ont sauvé d’une façon incroyable

    Ce site de surf mythique allait mourir, mais ses lecteurs l’ont sauvé d’une façon incroyable

    C’est une petite victoire qui résonne dans le milieu de la presse spécialisée. Matt Warshaw, l’historien du surf le plus respecté au monde, vient de confirmer que son œuvre monumentale, l’Encyclopedia of Surfing (EOS), a sécurisé son avenir pour l’année 2025.

    Un pactole inespéré pour l’histoire du surf

    Alors que le projet a frôlé la banqueroute à plusieurs reprises, les chiffres de l’année passée viennent de tomber : 177 000 $ ont été récoltés grâce à la générosité de 150 donateurs individuels. En ajoutant les abonnements des passionnés, les revenus totaux s’élèvent à près de 240 000 $. Un montant qui, selon Warshaw, suffit enfin à garantir la pérennité du site.

    Le pari de l’indépendance totale

    Ce qui rend cette réussite unique ? L’EOS refuse catégoriquement la publicité. « Les grands donateurs ont été fantastiques. Ils croient profondément au projet », explique Warshaw. Dans un web saturé par les bannières intrusives et le contenu sponsorisé, ce modèle économique repose uniquement sur la valeur du contenu : photos d’archives rares, vidéos cultes et récits historiques.

    Pourquoi c’est une bonne nouvelle pour vous ?

    Si vous ne connaissez pas encore l’EOS, c’est tout simplement le Louvre du surf. De l’évolution des shapes aux portraits des pionniers, Matt Warshaw a numérisé l’âme de notre sport. En sauvant ce sanctuaire, la communauté permet à l’histoire de ne pas finir aux oubliettes de l’algorithme Google.

    Pour Warshaw, il ne s’agit pas de fausse modestie : l’EOS reste le site de culture surf le plus engageant au monde. Et grâce à ce soutien massif, il va pouvoir continuer à enrichir cette base de données unique, loin des dictats du marketing. Une preuve que le surf a encore une mémoire, et qu’elle a un prix.

  • « J’ai survolé les plus beaux spots du monde depuis la Lune » : l’incroyable destin de l’astronaute Christina Koch

    « J’ai survolé les plus beaux spots du monde depuis la Lune » : l’incroyable destin de l’astronaute Christina Koch

    Imaginez-vous à des milliers de kilomètres de la Terre, observant le swell frapper la Gold Coast australienne depuis le hublot d’un vaisseau spatial. Ce n’est pas un scénario de science-fiction, mais le quotidien de Christina Koch. Spécialiste de mission sur Artemis II, elle vient de marquer l’histoire en devenant la femme ayant voyagé le plus loin dans l’espace, tout en gardant un œil affûté sur les vagues qu’elle compte surfer à son retour.

    Du sommet de l’orbite au line-up

    Ce qui rend l’histoire de Christina Koch si fascinante pour nous, surfeurs, ce n’est pas seulement son courage face au vide, mais son humilité face à l’océan. Elle a commencé le surf sur le tard, à 35 ans, au Texas.

    « Je ne suis pas une experte, j’essaie simplement. J’ai même une certaine peur de l’eau que j’ai dû surmonter », confie-t-elle à la NASA.

    Cette peur, elle ne la ressent pas en apesanteur, mais elle l’affronte à chaque session. C’est cette même ténacité, cette approche du « un petit morceau à la fois », qu’elle utilise pour dompter ses entraînements d’astronaute et les vagues de Snapper Rocks ou de Kirra, des spots qu’elle a d’abord photographiés depuis l’ISS avant d’y ramer en personne.

    Un splashdown attendu près de San Diego

    Après avoir échangé avec Kelly Slater depuis les étoiles et battu tous les records féminins de sortie extravéhiculaire, Christina Koch s’apprête à clore ce chapitre lunaire. Le retour sur Terre est prévu pour ce vendredi vers 17h00.

    Le clin d’œil final ? La capsule d’Artemis II doit amerrir au large de San Diego, en Californie. À seulement 80 milles des côtes, elle sera déjà presque chez elle, dans cet océan qu’elle a contemplé depuis la Lune. Un petit pas pour la femme, mais un sacré ride pour la communauté surf.

  • Le trésor caché du surf en péril : l’incroyable mission de la Nalu Film Foundation

    Le trésor caché du surf en péril : l’incroyable mission de la Nalu Film Foundation

    Et si les sessions légendaires de Tom Curren à J-Bay ou les premiers tubes de Kelly Slater disparaissaient à jamais ? Ce n’est pas un scénario catastrophe, mais une réalité physique : des décennies d’images de surf, stockées sur des pellicules analogiques et des cassettes VHS, sont en train de pourrir littéralement dans des garages californiens ou hawaiiens.

    L’héritage de Sonny Miller au bord du gouffre

    Tout commence en 2014, au décès brutal de Sonny Miller, le réalisateur de génie derrière la saga The Search de Rip Curl. Derek Hoffmann, son fidèle compagnon de route, réalise alors l’ampleur du désastre potentiel. Miller avait accumulé des tonnes de pellicules 16mm, de diapositives et de bandes magnétiques. Sans une intervention immédiate, ce pan entier de l’histoire du surf risquait de finir à la benne ou dégradé par l’humidité.

    C’est ainsi qu’est née Nalu TV, puis la Nalu Film Foundation. La mission ? Exhumer, nettoyer, numériser et restaurer ces chefs-d’œuvre pour les offrir aux nouvelles générations.

    Un travail de titan contre « la maladie du vinaigre »

    Le film analogique est fragile. Soumis à la chaleur, il dégage une odeur de vinaigre, signe d’une décomposition irréversible. Pour Hoffmann, le combat est technique et financier. Transporter des centaines de kilos d’archives d’Hawaii vers des coffres climatisés en Californie n’est que la première étape.

    Grâce à ce travail, des films cultes comme Searching for Tom Curren ont pu être remasterisés. Lors d’une récente projection à Encinitas, des groms de 12 ans faisaient la queue pour un autographe de Curren après avoir découvert ses lignes mythiques sur grand écran. La preuve que la mémoire du surf est un carburant essentiel pour le futur de notre sport.

    Vers un « devoir de mémoire » global

    Aujourd’hui, la fondation ne se contente plus de sauver le passé. Elle aide les jeunes créateurs via des bourses et l’accès à ces archives inestimables. Chez Icones Surf, nous partageons cette conviction : un média n’est pas seulement un flux de news, c’est un gardien de la culture.

    À l’heure où l’IA et les contenus éphémères saturent nos écrans, préserver l’authenticité du grain 16mm et l’effort derrière chaque image est un acte de résistance. L’histoire du surf nous appartient, mais elle a besoin de bras pour ne pas s’effacer.

  • Tyler Wright et Rip Curl, c’est fini : les coulisses d’un divorce historique

    Tyler Wright et Rip Curl, c’est fini : les coulisses d’un divorce historique

    C’est un énième séisme qui secoue le paddock du Championship Tour (CT). Après une collaboration iconique de 15 ans, la double championne du monde australienne Tyler Wright et le géant du surf Rip Curl ne renouvelleront pas leur contrat. Une annonce qui intervient alors que la surfeuse prépare son grand retour à la compétition après sept mois d’absence forcée.

    Un retrait stratégique pour Rip Curl ?

    Le départ de Tyler Wright n’est pas un cas isolé. Il intervient dans un contexte économique tendu pour la maison mère de Rip Curl, le groupe néo-zélandais KMD Brands (Kathmandu), qui traverse une zone de fortes turbulences financières. Après s’être séparé de Gabriel Medina fin 2025, la marque au « Search » semble réduire la voilure de son équipe d’élite.

    Un retour à l’eau sous le signe du changement

    Après sept mois de rééducation intense pour soigner des douleurs chroniques au dos et à la hanche (articulation sacro-iliaque), Tyler a enfin reçu le feu vert médical. Elle a repris ses premières sessions sur la Gold Coast, mais ce retour s’accompagne d’un défi physique inédit.

    « C’est un long chemin avant le début de la saison, mais ça fait un bien fou de retrouver l’eau », a-t-elle confié sur ses réseaux.

    Un nouveau quiver pour une nouvelle Tyler

    Fait rare et courageux dans le milieu du surf professionnel, l’Australienne a partagé en vidéo les ajustements nécessaires à sa reprise. Ayant pris du poids durant sa convalescence — un choix assumé pour gagner en force — elle doit totalement repenser son quiver. Ses planches seront désormais plus épaisses pour compenser ce changement de morphologie, prouvant une fois de plus sa résilience face aux standards du circuit.

    Sans sponsor principal sur le nez de sa planche, Tyler Wright entame une nouvelle phase de sa carrière, plus indépendante que jamais.

  • Le calvaire de Teresa Bonvalot : quand des épines d’oursins s’attaquent à l’os

    Le calvaire de Teresa Bonvalot : quand des épines d’oursins s’attaquent à l’os

    Dans le monde du surf professionnel, on parle souvent de vagues massives, de tubes profonds et de scores serrés. On parle plus rarement de la menace silencieuse qui rampe sur la surface des récifs. Pour la Portugaise Teresa Bonvalot, ex-membre de l’élite mondiale (CT) et figure olympique, ce qui semblait être un incident de routine s’est transformé en un véritable film d’horreur médical.

    Une chute banale au Salvador, un enfer de six mois

    Tout commence lors des World Surfing Games au Salvador. Une chute, un contact avec les rochers, et Teresa ressort avec des épines d’oursins dans le pied. Dans le milieu, c’est le lot quotidien. On retire les épines, on désinfecte, et on retourne à l’eau. Sauf que pour la championne, la douleur ne s’est jamais dissipée. Au contraire, elle est devenue latente et permanente.

    « Les six derniers mois ont été un enfer », a confié la surfeuse sur ses réseaux sociaux. Malgré deux interventions initiales infructueuses, la douleur a atteint son paroxysme lors de la saison à Hawaii. Incapable de marcher normalement ou de solliciter son appui, Teresa a dû composer avec un corps qui la trahissait à chaque manœuvre.

    « On a dû gratter l’os » : une opération de la dernière chance

    Le diagnostic tombe: les épines ont migré. Elles ne sont plus seulement sous la peau, mais ont pénétré les articulations et touchent désormais l’os. Malgré cela, Teresa refuse d’abandonner la course à la qualification pour le CT. Elle a terminé sa saison sur les Challenger Series avec seulement 20 % de ses capacités physiques, portées par une force mentale hors norme. Malheureusement pour elle, elle a fini au rang 12 et ne sera pas qualifiée pour le WCT.

    Une fois la saison terminée, l’urgence chirurgicale est devenue inévitable. L’opération a duré plus de quatre heures et demie. Un travail d’orfèvre où les chirurgiens ont dû ouvrir pour accéder à l’articulation, la nettoyer en profondeur et littéralement gratter l’os pour retirer les derniers débris calcaires qui provoquaient l’infection. (et oui les épines d’oursins se transforme en calcaire qu’on peut voir lors d’une radio).

    La résilience d’une championne

    Désormais en phase de convalescence, Teresa Bonvalot tourne la page de ce chapitre douloureux. Son histoire rappelle cruellement que derrière le glamour des compétitions se cachent des sacrifices physiques que le public ignore souvent. Pour la Portugaise, une nouvelle étape commence : la rééducation, avec l’espoir de retrouver enfin un surf libéré de toute douleur.

  • Des surfeurs israéliens bravent la mort pour quelques vagues

    Des surfeurs israéliens bravent la mort pour quelques vagues

    C’est une scène qui dépasse l’entendement, même pour les locaux habitués aux tensions géopolitiques. Lundi 23 mars 2026, alors qu’une houle consistante touchait les côtes de la Méditerranée, le spot de Tel Aviv a été le théâtre d’un spectacle terrifiant. En plein pic de session, des sirènes d’alerte ont retenti, suivies de l’impact immédiat de deux missiles iraniens tombant en plein line-up.

    Des explosions à quelques mètres de la planche

    La vidéo, relayée par la page Instagram @wavehub_surf, est saisissante. On y voit un premier projectile percuter la surface de l’eau, projetant une colonne d’écume et de débris à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Quelques secondes plus tard, un second impact survient, encore plus près de la zone de déferlement où une dizaine de surfeurs attendent leur série.

    Dans n’importe quel autre pays du monde, ce serait la panique générale. On imaginerait des surfeurs ramer comme des damnés vers le bord, abandonnant leur planche pour chercher un abri de fortune. Mais ici ? Rien. Ou presque.

    Le flegme absolu face au chaos

    Si l’on observe un surfeur plonger de sa planche — probablement pour se protéger d’éventuels éclats — la majorité des personnes présentes dans l’eau semble habitée par une indifférence totale. Les images montrent des pratiquants qui continuent de ramer vers le large, les yeux rivés sur l’horizon, attendant la prochaine ondulation comme si de rien n’était.

    Plus incroyable encore : quelques minutes seulement après les explosions, un surfeur est filmé en train d’enchaîner deux gros « snaps » sur une vague, à l’endroit exact où l’eau bouillonnait encore sous l’effet de la frappe.

    Passion dévorante ou anesthésie du danger ?

    Cette attitude soulève une question : ces surfeurs sont-ils devenus totalement insensibles au danger à force de vivre sous un dôme de fer, ou la dalle de vagues est-elle devenue leur unique priorité pour échapper à la réalité ? La semaine dernière déjà, des débris de missiles avaient perforé le bassin du surf park de la ville.

    Pour la communauté internationale, ces images sont le symbole d’un monde à part, où la quête d’adrénaline dans l’eau semble avoir pris le dessus sur l’instinct de survie le plus élémentaire. Heureusement, aucun blessé n’est à déplorer, mais le message envoyé par ces « accros » du line-up est clair : rien, pas même une pluie de missiles, ne semble pouvoir les sortir de l’eau quand les conditions sont là.

  • Le patron de Vissla tente de racheter Rip Curl pour « sauver » l’âme du surf

    Le patron de Vissla tente de racheter Rip Curl pour « sauver » l’âme du surf

    Le paysage du surf business vient de frôler un séisme majeur. Paul Naudé, l’emblématique fondateur de Stokehouse (Vissla, Sisstr, Amuse Society), a officiellement déposé une offre pour racheter Rip Curl. Une tentative de « reprise de pouvoir » par les surfeurs, alors que les grands groupes semblent perdre pied.

    Un rachat stratégique pour contrer la crise

    La nouvelle, révélée par l’Australian Financial Review, confirme l’ambition de Naudé : réunir des marques authentiques sous une même bannière pour redonner une direction claire à une industrie qu’il juge « à la dérive » depuis une décennie.

    Selon Naudé, le secteur souffre d’un manque de leadership de la part de décideurs qui comprennent réellement la culture surf. Avec la chute vertigineuse de l’action de KMD Brands (maison mère de Rip Curl, Kathmandu et Oboz), qui a perdu près de 50 % de sa valeur, l’opportunité semblait parfaite pour une offensive de charme.

    « Une industrie à la dérive » : le constat amer de Paul Naudé

    L’analyse du patron de Vissla est sans appel : « Depuis 10 ou 12 ans, l’industrie du surf est quelque peu à la dérive, avec de nombreuses grandes marques contrôlées par des gens extérieurs au milieu ». Pour lui, le salut passera par des marques crédibles et une échelle de production suffisante pour peser face aux géants de la distribution.

    Pourtant, malgré une situation financière tendue, le groupe néo-zélandais KMD Brands a balayé l’offre de revers de la main. David Kirk, président de KMD, estime que le projet de Naudé ne génère pas assez de valeur pour les actionnaires et doute de la pertinence de faire cohabiter des marques concurrentes au sein d’un même catalogue.

    Pourquoi Rip Curl est intouchable (pour l’instant)

    Si KMD Brands résiste, c’est que Rip Curl reste la poule aux œufs d’or du groupe. Avec un chiffre d’affaires annuel de 322,8 millions de dollars (au 31 juillet 2025), la marque « The Search » porte littéralement le reste du conglomérat sur ses épaules.

    Vendre le joyau de la couronne maintenant reviendrait pour KMD à abandonner son principal levier de croissance. Le groupe préfère miser sur sa stratégie « Next Level » et a même engagé Goldman Sachs pour restructurer ses dettes plutôt que de céder aux sirènes de Stokehouse.

    Ce bras de fer illustre parfaitement la tension actuelle dans notre sport : d’un côté, des passionnés qui veulent ramener le surf à ses racines ; de l’autre, des logiques de marché qui luttent pour leur survie. Le feuilleton ne fait sans doute que commencer.

  • « Je ne pouvais pas mourir » : Le récit héroïque d’un surfeur attaqué par un requin de 6 mètres

    « Je ne pouvais pas mourir » : Le récit héroïque d’un surfeur attaqué par un requin de 6 mètres

    La côte de la Californie du Nord est à nouveau sous le choc. Mercredi dernier, le 18 Mars 2026, aux alentours de 17h00, la session de surf a viré au cauchemar à Big River, près de Mendocino. James Eastman, un professeur de lycée local de 39 ans, a été la cible d’un prédateur dont la taille a glacé le sang des témoins présents sur les falaises.

    Une scène d’une violence rare

    Selon les rapports du Mendocino Coast News, le requin — dont la taille a été estimée entre 15 et 20 pieds (environ 5 à 6 mètres) — ne s’est pas contenté d’une simple morsure d’exploration. Plusieurs témoins décrivent une scène de chasse terrifiante : le squale a frappé James à plusieurs reprises, revenant à la charge pour le mordre de nouveau alors qu’il tentait de s’extraire de l’eau.

    « Le requin a surgi, a frappé la victime, puis a commencé à décrire des cercles autour de lui et des autres surfeurs présents », rapporte un témoin encore sous le choc.

    L’instinct de survie face au prédateur

    Grièvement blessé aux deux jambes, James Eastman a puisé dans ses dernières ressources pour rejoindre le rivage. Depuis son lit d’hôpital, il a confié à Good Morning America ce qui lui a permis de tenir bon alors qu’il voyait la tête du squale hors de l’eau :

    « J’ai pensé à ma femme et à mon enfant. Je me suis dit : « Je ne peux pas mourir maintenant, ce n’est pas possible. » »

    Heureusement, la solidarité de la communauté surf a été immédiate. Trois sauveteurs hors service et plusieurs surfeurs ont porté secours à la victime dès sa sortie de l’eau, prodiguant les premiers soins cruciaux avant l’arrivée des secours, qui ont dû utiliser un véhicule tout-terrain pour accéder à la zone nord de la plage.

    2025-2026 : Une année record pour les attaques

    Si l’espèce n’a pas été formellement identifiée, la piste du Grand Requin Blanc est privilégiée compte tenu de la taille signalée et de la situation géographique. Cette attaque s’inscrit dans une tendance noire pour la Californie, qui enregistre en ce moment un nombre record d’interactions homme-requin. Cette hausse inquiétante des incidents est également observée en Australie, marquant un tournant préoccupant pour la sécurité des pratiquants de sports de glisse à l’échelle mondiale.

    Actuellement hospitalisé, les jours de James Eastman ne semblent plus en danger, bien que ses blessures aux jambes soient sérieuses. Une cagnotte GoFundMe a été lancée pour soutenir ce pilier de la communauté locale dans sa convalescence.

  • Trop de monde à l’eau ? 11 % des surfeurs avouent avoir déjà blessé quelqu’un

    Trop de monde à l’eau ? 11 % des surfeurs avouent avoir déjà blessé quelqu’un

    Le surf n’est plus ce havre de paix solitaire que l’on nous vend dans les publicités. La réalité des spots aujourd’hui, c’est celle d’un parking saturé et d’un plan d’eau qui ressemble parfois à un champ de mines. Une récente étude menée par l’Université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW) vient de poser des chiffres concrets sur un ressenti global : la promiscuité dans les vagues devient dangereuse.

    Une enquête qui lève le voile sur les collisions

    L’étude, dirigée par les chercheurs Michael Tran et Amy Peden, a interrogé 815 surfeurs australiens. Le résultat est sans appel : 11,4 % des répondants admettent avoir déjà causé une blessure à une autre personne lors d’une session. Si la majorité des incidents sont accidentels, les causes identifiées pointent directement du doigt la gestion des spots.

    Selon l’enquête, près de la moitié des collisions sont dues à la surpopulation ou à des problèmes de visibilité. Le matériel est le premier coupable : l’étude recense 26 lacérations causées par les dérives (fins), 14 traumatismes liés à l’impact de la planche et 13 traumatismes crâniens ou commotions.

    Des agressions délibérées

    Plus inquiétant encore, l’étude révèle une facette brutale de notre sport. Cinq participants ont avoué avoir volontairement provoqué une collision pour punir un manquement aux règles de priorité. L’un des témoignages est particulièrement glaçant : un surfeur explique avoir délibérément percuté un pratiquant qui l’avait taxé quatre fois de suite, le laissant inconscient dans l’eau.

    Ce mélange de localisme agressif et de frustration face au non-respect de l’étiquette transforme certains spots en zones de non-droit. Pour les chercheurs de l’UNSW, ces comportements ne font pas qu’augmenter le risque de blessures graves ; ils créent un environnement hostile qui repousse les débutants et dégrade l’esprit même du surf.

    Vers des « zones de niveau » sur nos plages ?

    Face à ce constat, les scientifiques suggèrent des pistes concrètes pour les autorités côtières. L’idée phare ? Créer des zones de surf par niveau de compétence, à l’image des pistes de ski. Cela permettrait de séparer les débutants aux trajectoires incertaines des surfeurs expérimentés qui évoluent à haute vitesse.

    L’étude insiste également sur la nécessité d’intégrer des modules sur l’étiquette et la sécurité interpersonnelle dans toutes les écoles de surf. Savoir ramer ne suffit plus, il faut savoir vivre ensemble sur une vague.

  • Le monde du surf en deuil : l’iconique « Igor d’Hossegor » s’est éteint

    Le monde du surf en deuil : l’iconique « Igor d’Hossegor » s’est éteint

    Le line-up landais a un goût amer ce dimanche. L’acteur Bruno Salomone, dont le visage et les répliques sont indissociables de la culture glisse populaire en France, est décédé à l’âge de 55 ans. Si le grand public pleure aujourd’hui le père de famille de « Fais pas ci, fais pas ça », la communauté surf, elle, perd son rival le plus légendaire : Igor d’Hossegor.

    Une icône de la « Yellow Wave » s’en va

    Apparu sur nos écrans dans les années 2000 aux côtés de Jean Dujardin dans Brice de Nice, Bruno Salomone avait réussi l’exploit de transformer une caricature de surfeur frimeur en un personnage culte. Avec sa combinaison noire et verte, ses pectoraux saillants et son obsession pour « la vague de sa vie », il avait donné à Hossegor une aura médiatique sans précédent, mêlant autodérision et amour du littoral.

    L’annonce de son décès, survenu ce 15 mars après un long combat contre la maladie, a provoqué une onde de choc. De Marseille, où il a passé son enfance, aux plages des Landes qu’il a tant contribué à populariser, les hommages affluent.

    Petite réplique culte de notre Igor D’Hossegor

    Moi c’est Igor d’Hossegor, cherche pas t’as tort, c’est collector.

  • 20 heures en enfer : l’incroyable survie d’un surfeur de 64 ans à Bali

    20 heures en enfer : l’incroyable survie d’un surfeur de 64 ans à Bali

    L’océan Indien ne pardonne que rarement, mais Iurii Orlov semble avoir une bonne étoile particulièrement brillante. Ce touriste russe de 64 ans, venu s’initier aux joies du surf sous le soleil de Bali, a frôlé le drame absolu le 5 mars dernier. Ce qui devait être une session d’initiation entre amis s’est transformé en une dérive solitaire de 20 heures en pleine mer, sans nourriture ni eau, avec pour seul allié une planche de surf.

    Emporté par le courant au large de Nusa Dua

    Tout bascule lorsque les courants puissants des côtes balinaises, séparent Iurii de ses deux compagnons de session. En quelques minutes, la côte s’éloigne et le surfeur débutant se retrouve aspiré vers le large. Malgré ses efforts, l’épuisement prend le dessus. Pour lui, la nuit commence : une attente interminable dans l’obscurité totale, bercé par la houle, luttant contre l’hypothermie et la peur.

    Un cadeau pour mon fils : le sauvetage miracle

    L’histoire bascule le lendemain matin grâce à Agus Putra Yohana, un pêcheur local de 34 ans. Ce dernier, qui n’avait rien pêché de la matinée, repère au loin un point blanc flottant. Pensant avoir trouvé une planche de surf abandonnée qu’il pourrait ramener en cadeau à son fils, il s’approche.

    À sa grande stupeur, ce n’est pas une simple planche qui flotte, mais un homme, à bout de forces mais toujours accroché à son radeau de fortune. Dans une vidéo capturée lors du sauvetage, on y voit un Iurii Orlov étonnamment serein malgré les circonstances, lançant dans un rire fatigué : « I am tired » (Je suis fatigué).

    Une opération de secours

    Une fois l’alerte donnée, les autorités de Denpasar et la police maritime de Nusa Dua ont ramené l’homme à bon port. Finalement récupéré sain et sauf, Iurii ne souffre que de blessures mineures et d’un épuisement logique.

  • Tragédie à Buddina Beach : le destin brisé d’un jeune prodige du sauvetage côtier

    Tragédie à Buddina Beach : le destin brisé d’un jeune prodige du sauvetage côtier

    Le monde du surf et du sauvetage sportif australien est en deuil. Ce vendredi, les autorités de la Sunshine Coast ont confirmé la nouvelle que tout le monde redoutait : le corps de Joe Tolano, 18 ans, a été retrouvé après deux jours de recherches intenses. Le jeune homme, figure montante du club de Met Caloundra, a été emporté par l’océan qu’il aimait tant.

    Un « fils de l’océan » emporté par les vagues

    L’accident s’est produit mercredi après-midi à Buddina Beach, dans le Queensland. Alors qu’il s’apprêtait à rejoindre une session d’entraînement, Joe est entré à l’eau pour surfer avec des amis. Selon les premiers éléments, le jeune homme se serait retrouvé en difficulté après une chute, disparaissant sous les déferlantes sous les yeux de ses proches.

    Malgré un dispositif de secours massif — incluant plongeurs de la police, jet-skis, hélicoptères et des dizaines de bénévoles — les conditions de mer particulièrement agitées ont rendu les recherches extrêmement complexes pendant 48 heures.

    L’hommage bouleversant d’une famille et d’un club

    Pour ses parents, Glenn et Clare, et sa sœur Abbie, Joe était bien plus qu’un surfeur : c’était un « fils de l’océan ». Dans un communiqué déchirant, sa famille a tenu à saluer sa mémoire : « Son corps était petit, mais son cœur était immense. Il poursuivait son rêve de devenir un Ironman. Nous l’avons perdu alors qu’il faisait ce qu’il aimait. »

    Sa sœur, Abbie, a partagé sa douleur sur les réseaux sociaux, espérant que son frère trouve désormais des « barrels infinis » là-haut.

    Une communauté sous le choc

    Joe Tolano n’était pas un pratiquant ordinaire. Membre actif du Met Caloundra Surf Life Saving Club, il consacrait son temps libre à surveiller les plages et à assurer la sécurité des baigneurs. Brett Magnussen, président du club, décrit un jeune homme à l’énergie communicative et au dévouement exemplaire.

    Ce drame survient alors qu’un récent rapport de Surf Life Saving Queensland tire la sonnette d’alarme : l’été dernier, l’Australie a enregistré en moyenne une noyade tous les deux jours. Cette disparition rappelle cruellement que, même pour les plus expérimentés et les protecteurs du littoral, l’océan reste une force imprévisible. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de ce drame qui laisse le surf australien orphelin de l’un de ses plus beaux sourires.

  • Surf ou plastique ? Stéphanie Gilmore en boîte chez Mattel

    Surf ou plastique ? Stéphanie Gilmore en boîte chez Mattel

    On pensait avoir tout vu. Entre les JO, les piscines à vagues et le luxe qui s’invite sur les spots, le surf moderne ressemble de plus en plus à un catalogue de mode. Mais là, Mattel vient de poser le « nose » sur la planche de la pop culture : Stéphanie Gilmore, l’octuple championne du monde, a désormais son double en plastique.

    Du « Rail Game » au « Doll Game »

    À 38 ans, alors qu’elle s’apprête à revenir sur le Tour après deux ans de pause, « Queen Steph » rejoint Serena Williams et une astronaute dans la collection des modèles inspirants de la marque. C’est beau, c’est rose, et c’est surtout très… lisse.

    Pour les vieux de la vieille, ceux qui ont été nourris au néoprène râpé et au punk rock dans des vans rouillés, la pilule est un peu dure à avaler. Voir l’une des surfeuses les plus stylées de l’histoire finir coincée entre une brosse à cheveux miniature et un sac à main fuchsia, ça fait un choc thermique. On est loin de l’époque où le surf était une contre-culture. Aujourd’hui, le « lifestyle » se vend en boîte de 30 cm.

    Le prochain ? Kelly Slater en Ken ?

    Ce n’est pas la première fois que Mattel s’attaque au line-up. Teresa Bonvalot et Maya Gabeira avaient déjà eu droit à leur moulage. Mais voir Steph, l’icône de la glisse pure, devenir un « jouet » pose une question : le surf doit-il vraiment être partout ?

    L’argument de Mattel est rodé : inspirer les petites filles. C’est louable. Mais on ne peut s’empêcher d’imaginer la scène : une gamine qui tente d’expliquer ce qu’est un « cutback » à une poupée qui ne peut même pas plier les genoux.

    Finalement, il ne manque plus qu’une chose pour que le tableau soit complet. Après avoir tout gagné, Kelly Slater attend sans doute son heure. Entre une médaille olympique et une figurine « Ken-Slayer » avec crâne rasé et planche en mousse, on sait déjà ce qui ferait le plus jaser sur le parking de Huntington.

    Le surf n’est plus un sport de rebelles, c’est un produit de consommation courante. Reste à savoir si la wax colle sur le plastique.

  • Session fatale : Comment la pollution de l’océan a brisé la vie de ce surfeur de 35 ans

    Session fatale : Comment la pollution de l’océan a brisé la vie de ce surfeur de 35 ans

    Le rêve de tout surfeur peut-il se transformer en un enfer médical irréversible ? C’est la question qui glace le milieu du surf britannique depuis les révélations entourant l’histoire de Reuben Santer. Ce trentenaire, qui avait tout quitté pour vivre au plus près des vagues du Devon, est aujourd’hui le visage d’un scandale environnemental sans précédent. Son crime ? Avoir surfé une houle de tempête dans une eau chargée de bactéries. C’est un témoignage que je vierns de lire dans The Guardian, et il m’a glacé le sang.

    Une passion dévorante confrontée à la réalité invisible

    Reuben Santer n’était pas un débutant imprudent. En 2021, ce professeur de 35 ans s’installe à Exeter avec un seul objectif : être à moins de 90 minutes des meilleurs « spots » du Royaume-Uni. Comme beaucoup d’entre nous, il surveillait les prévisions de surf avant la couleur de l’eau.

    « Je pensais plus à la perfection des vagues qu’aux eaux usées », confie-t-il dans le cadre du documentaire choc « Dirty Business » diffusé sur Channel 4. Pourtant, la menace était là, invisible et inodore sur certaines plages, mais tragiquement présente à Saunton Sands, là où tout a basculé pour lui en octobre 2022.

    Le jour où l’équilibre a rompu

    Après une pause forcée de deux mois due à une simple otite, Reuben ne résiste pas à l’appel d’une grosse houle générée par une tempête. Malgré une odeur suspecte dans l’eau, il se met à l’eau. « On pense toujours que ça n’arrive qu’aux autres », admet-il. Le lendemain soir, le verdict tombe : une attaque de vertige si violente qu’il ne peut plus tenir debout.

    Ce qui semblait être une banale labyrinthite (infection de l’oreille interne) s’est transformé en un calvaire de quatre mois. Le diagnostic final est tombé comme un couperet : la maladie de Ménière. Une pathologie incurable de l’oreille interne qui provoque des vertiges invalidants, des pertes d’audition et des vomissements chroniques.

    L’avis de l’expert : Bien qu’il soit difficile d’établir un lien de causalité direct à 100 % sur le plan médical, le consultant privé de Santer a été formel : la présence de bactéries issues des eaux usées lors de sa session est la cause la plus probable du déclenchement de la maladie.

    Je tiens à préciser que c’est la version de Reuben. La maladie de Ménière n’est pas très connue et manque d’études scientifiques sur ses origines. Je prends donc des pincettes….

    « Dirty Business » : Le scandale des eaux usées éclate

    L’histoire de Reuben n’est malheureusement pas un cas isolé. Elle est le fil conducteur de Dirty Business, une série factuelle qui dénonce une décennie d’investigations sur les compagnies des eaux anglaises. Le programme met en lumière une pratique révoltante : le rejet massif d’eaux usées non traitées dans l’océan, particulièrement lors de fortes pluies. Ça vous rappelle rien, il me semble que la France, et particulièrement le Pays Basque, connaît la même problématique.

    Pour Reuben, les conséquences sont dramatiques :

    • Perte d’emploi : Incapable de tenir debout sans vomir, il a dû abandonner l’enseignement.
    • Isolement : Durant les crises les plus graves, il devait ramper jusqu’aux toilettes.
    • Deuil du surf : Aujourd’hui, chaque tentative de retour à l’eau déclenche de nouveaux symptômes alarmants.

    La communauté du surf en état d’alerte

    Le cas Santer est un signal d’alarme pour tous ceux qui, comme nous, consultent les applications de qualité de l’eau (comme celle de Surfers Against Sewage en Angleterre) avant de se jeter à l’eau. Si Reuben espère aujourd’hui que la chirurgie stabilisera son état, il a choisi de médiatiser son combat pour forcer les entreprises à moderniser des infrastructures obsolètes qui empoisonnent nos terrains de jeu.

    « Je suis en colère, mais je n’ai plus l’énergie pour militer directement », avoue-t-il. Son témoignage sert désormais de preuve vivante que la pollution de l’eau n’est pas qu’une question d’écologie théorique ou d’odeur désagréable, mais un enjeu de santé publique majeur.

    Et vous, seriez-vous prêt à rater la session de l’année pour protéger votre santé ? Le risque, bien que rare, est désormais tristement documenté. Personnellement, je ne m’en suis jamais préoccupé, mais c’est une grave erreur….

    Note de la rédaction : Le documentaire Dirty Business est actuellement diffusé sur Channel 4. Il rappelle l’importance cruciale de soutenir les associations locales qui luttent pour la transparence sur la qualité des eaux de baignade en Europe.

  • Chaos au Mexique : Faut-il annuler votre prochain surf trip ?

    Chaos au Mexique : Faut-il annuler votre prochain surf trip ?

    Le Mexique, terre promise des droites infinies, des tubes surpuissants et du « lifestyle » décontractée, vient de basculer dans une zone d’ombre inquiétante. Ce dimanche matin, une opération militaire d’envergure a conduit à l’élimination de Nemesio « El Mencho » Oseguera Cervantes, leader du puissant cartel de Jalisco Nouvelle Génération. Si l’événement est une victoire pour les autorités, les conséquences sur le terrain pour les voyageurs et la communauté surf sont immédiates et violentes.

    Puerto Vallarta et Baja-California sous haute tension

    Dès l’annonce de la mort du narcotrafiquant, dont la tête était mise à prix pour 15 millions de dollars, des scènes de guérilla urbaine ont éclaté. À Puerto Vallarta, point d’entrée stratégique pour rejoindre les spots de Punta Mita ou Sayulita, le chaos règne. Des véhicules en feu bloquent les axes principaux et les autorités américaines ont ordonné à leurs ressortissants de se confiner.

    La menace ne s’arrête pas au Jalisco. Des signalements de barrages routiers et de voitures calcinées remontent également de Baja-California, une zone pourtant prisée par les surfeurs européens et californiens. Les agences locales de transport tirent la sonnette d’alarme : circuler aujourd’hui sur les routes mexicaines relève de la roulette russe.

    Le traumatisme de Gaspard Larsonneur : quand la réalité dépasse la fiction

    Ces événements récents réveillent des souvenirs douloureux pour la communauté française. On se rappelle l’effroyable mésaventure vécue par le surfeur breton Gaspard Larsonneur et le photographe Robin Aussenac dans l’État d’Oaxaca.

    Alors qu’ils pensaient profiter des vagues parfaites de Salina Cruz, leur trip avait tourné au cauchemar en seulement 48 heures. Pris en chasse par des hommes armés, leur véhicule avait essuyé des tirs, blessant leur guide au pied. « À partir du moment où ils se sont mis à tirer, tu te dis qu’ils sont prêts à tout », confiait Gaspard à son retour. Ce témoignage, qui semblait être une exception à l’époque, résonne aujourd’hui comme un avertissement permanent pour tous ceux qui prévoient de s’aventurer hors des sentiers battus.

    Conseils de sécurité : partir ou rester ?

    Le Mexique reste une destination majeure du surf mondial, mais la conjoncture actuelle impose une vigilance extrême. Voici les recommandations de notre rédaction :

    • Évitez les déplacements nocturnes : C’est la règle d’or, d’autant plus en période de tensions entre cartels et militaires.
    • Restez sur les zones touristiques sécurisées : Pour l’instant, Puerto Vallarta est à éviter le temps que la situation se stabilise.
    • Suivez les réseaux locaux : Les groupes de surfeurs locaux et les comptes officiels des ambassades sont les meilleures sources d’information en temps réel.
    • Soutien diplomatique : Gardez en tête que, comme l’avait déploré Gaspard Larsonneur, l’aide des autorités consulaires peut être limitée en cas d’incident grave.

    Le surf trip de rêve peut rapidement se transformer en combat pour la survie. Si vous avez un départ prévu dans les prochains jours pour la côte Pacifique, la prudence est de mise. La situation est en constante évolution, et la « pax mafiosa » pourrait mettre du temps à se rétablir après la chute d’un tel pilier du narcotrafic.

  • « Shit got real » : Kolohe Andino échappe de peu à un brasier en Australie

    « Shit got real » : Kolohe Andino échappe de peu à un brasier en Australie

    Le séjour de la délégation californienne sur la Gold Coast australienne a failli virer au drame national. Kolohe Andino, l’ex-pensionnaire de l’élite mondiale et leader du team de San Clemente, a survécu à un incendie spectaculaire qui a ravagé l’immeuble où il résidait lors des World Club Surfing Championships. (championnat du monde des clubs de surf, où était présent le club le 29 Hood Surf Club)

    Une nuit de terreur à Snapper Rocks

    Alors que la compétition battait son plein sur le spot mythique de Snapper Rocks, le feu s’est déclaré vers 1h00 du matin dans un complexe résidentiel de Rainbow Bay. Des témoins rapportent des scènes de chaos, avec des flammes s’échappant des balcons et une fumée épaisse envahissant les couloirs.

    « On a été réveillés par une fille qui criait ‘Où est-ce que tu vas ?’ si désespérément que nos cœurs se sont mis à s’emballer, puis on a vu le reflet du feu sur l’immeuble d’en face, » raconte un témoin sur les réseaux sociaux.

    Le message de Kolohe Andino

    Sain et sauf mais visiblement marqué, le surfeur de 30 ans a partagé son émotion sur Instagram : « C’est devenu très sérieux. Nous sommes reconnaissants et bénis d’être à nouveau sur nos pieds. Merci à tous ceux qui nous ont contactés. » Les images partagées montrent un appartement totalement calcinée au sein d’une tour. Si les causes du sinistre font toujours l’objet d’une enquête par les pompiers du Queensland, le bilan est miraculeux : aucune victime n’est à déplorer malgré la violence de l’incendie.

    Le San Clemente Boardriders sur le podium malgré tout

    Ironie du sort ou force de caractère, cet incident n’a pas empêché le club de San Clemente de briller dans l’eau. Menée par un Andino déterminé, l’équipe californienne a décroché la deuxième place de cette compétition internationale prestigieuse, juste derrière les locaux australiens.

    Kolohe Andino, souvent critiqué pour son franc-parler et ses positions tranchées sur l’industrie du surf, reçoit aujourd’hui une vague de soutien unanime de la part des légendes du sport. Mick Fanning, Kai Lenny et John John Florence ont tous manifesté leur soulagement face à cette fin heureuse.

  • Miracle à Santa Cruz : Un bateau avec quatre enfants chavire dans un « lineup » déchaîné

    Miracle à Santa Cruz : Un bateau avec quatre enfants chavire dans un « lineup » déchaîné

    Ce qui devait être une sortie en mer a viré au cauchemar ce dimanche 8 février à Steamer Lane, en Californie. Un bateau de plaisance avec une famille de six personnes à son bord a tenté de traverser la zone de surf en plein « swell » massif. Le bilan aurait pu être tragique sans l’intervention héroïque des surfeurs présents sur place.

    Une « missile maritime » fonce sur les surfeurs

    Alors que la côte pacifique était placée sous alerte de forte houle avec des vagues de 2 à 3 mètres (6-8 pieds), une panga de 15 pieds a commis l’irréparable : s’engager à pleine vitesse entre Middle Peak et The Slot, le cœur de l’action à Santa Cruz.

    Le journaliste de Stab, Holden Trnka, à peine descendu de l’avion en provenance d’Hawaï, se trouvait dans l’eau au moment du drame :

    « Le plus gros set de la journée arrivait. Ce bateau a essayé de forcer le passage entre deux séries. Il a dévalé la face d’une vague à pleine vitesse, a planté l’avant et s’est retourné instantanément. »

    « Maman, je veux rentrer » : Un sauvetage contre la montre

    À bord, le chaos est total. Deux parents et quatre enfants, âgés de 4 à 10 ans, sont projetés dans une eau glaciale, au milieu des débris et des canettes de bière flottantes. Si les enfants portaient des gilets de sauvetage, ce n’était pas le cas des parents.

    La légende locale du surf de gros, Darryl “Flea” Virotsko, témoin de la scène, raconte l’urgence absolue : « Je l’ai vu foncer droit dans la mousse. Je savais qu’ils allaient couler. Il a fallu ramer le plus vite possible pour sauver ces petits. »

    Holde a réussi à hisser une petite fille sur sa planche :

    « Elle hurlait, elle appelait ses parents en pleurant. C’était extrêmement traumatisant. On ne savait pas si tout le monde était sain et sauf sous la coque retournée. »

    Un bilan miraculeux malgré l’imprudence

    Le père de famille, retrouvé sans pantalon et avec une profonde entaille au cuir chevelu, a été récupéré par les secours en état de choc, s’excusant à plusieurs reprises. Grâce à la solidarité immédiate des 30 à 40 surfeurs présents dans l’eau, les six membres de la famille ont pu être transférés sur un bateau des garde-côtes puis pris en charge par des ambulances au port de Santa Cruz.

  • Le Wharf : spot de repli mythique… et tuyau qui dérange

    Le Wharf : spot de repli mythique… et tuyau qui dérange

    Pour les surfeurs et bodyboardeurs du bassin d’Arcachon et de Biscarrosse, le Wharf n’est pas un spot comme les autres. C’est un plan B bien connu, celui qu’on coche quand ailleurs ça ferme. Les jours parfaits, le Wharf peut offrir de vrais barrels, courts, puissants, souvent inattendus.
    Mais derrière cette image de spot de repli généreux se cache une réalité beaucoup moins glamour : ce fameux tuyau géant qui s’avance dans l’océan Atlantique, visible depuis la plage, et dont le rôle fait débat depuis des décennies.

    Pourquoi ce spot s’appelle “le Wharf” ?

    Pas besoin d’un cours d’étymologie : il suffit de s’y rendre. Le nom du spot vient directement de cette longue canalisation métallique, prolongée en mer, soutenue par une structure digne d’un décor industriel.
    À l’origine, ce “wharf” a été conçu comme une solution technique pour évacuer au large les eaux usées traitées du bassin d’Arcachon. Un choix d’aménagement hérité des années 60, à une époque où la population et le tourisme explosaient, et où l’océan était encore perçu comme un immense dilueur naturel.

    Eaux traitées… mais pas inoffensives

    Sur le papier, tout est conforme. Les eaux rejetées sont traitées dans une station d’épuration avant d’être évacuées en mer. Problème : “traité” ne signifie pas “sans impact”.
    Comme l’explique très clairement la vidéo, ces eaux peuvent encore contenir bactéries, résidus chimiques, microplastiques ou traces de médicaments, même après traitement.

    L’idée initiale était simple : rejeter loin, laisser les courants disperser. Sauf que la mer ne fait pas disparaître la pollution, elle la déplace. Et parfois, elle la ramène exactement là où on préférerait l’éviter : plages, zones de baignade, bancs de sable… et spots de surf.

    Surfeurs, locaux et odeurs suspectes

    Depuis des années, surfeurs, riverains et associations locales alertent. Odeurs inhabituelles, eau trouble, mousses, résidus flottants : autant de signaux faibles qui, mis bout à bout, finissent par interroger.
    Des analyses indépendantes ont parfois révélé des concentrations élevées de bactéries fécales, supérieures à ce qu’on attendrait dans une zone fréquentée par les baigneurs et les pratiquants de sports nautiques.

    De leur côté, les contrôles officiels concluent généralement à une eau dans les normes réglementaires. Résultat : deux lectures d’une même réalité. Conforme, oui. Rassurante, pas forcément.

    Un spot de surf pris entre passion et inquiétude

    Le paradoxe du Wharf, c’est ça :

    • un spot apprécié, parfois magique quand les bancs sont en place ;
    • un symbole industriel qui rappelle que le littoral n’est pas qu’un terrain de jeu ;
    • une zone où la question sanitaire plane, sans réponse tranchée.

    Fermer ou remplacer le système du Wharf impliquerait de repenser toute la gestion des eaux usées du bassin, avec des investissements colossaux. Tant que le dispositif reste légal et qu’aucune crise majeure n’éclate, le statu quo perdure.

    Le Wharf, miroir d’un modèle à bout de souffle ?

    Ce tuyau planté dans l’océan raconte quelque chose de plus large : notre rapport à la mer, longtemps considérée comme infinie, capable d’absorber nos excès. Aujourd’hui, les usages ont changé. Le surf, la baignade, la protection des écosystèmes côtiers posent une question simple : ce modèle est-il encore adapté ?

    Derrière cet exemple, on retrouve la même problématique sur les stations balnéaires, comme la côte basque qui doit fermer ses baignades l’été après chaque orage.

  • Tragédie à Puertecillo : la communauté surf pleure Gabriel, 11 ans

    Tragédie à Puertecillo : la communauté surf pleure Gabriel, 11 ans

    La communauté surf chilienne est en deuil. Gabriel Christensen Pérez, âgé de seulement 11 ans, est décédé ce week-end alors qu’il surfait à Puertecillo, un spot emblématique de la côte centrale du Chili. Une nouvelle bouleversante, relayée par plusieurs médias sud-américains et confirmée par les proches du jeune surfeur.

    Un accident dramatique en session

    Selon les premiers éléments partagés sur les réseaux sociaux, le leash de Gabriel se serait coincé sur un rocher alors qu’il était à l’eau. Pris au piège, le jeune garçon n’aurait pas réussi à refaire surface. Les secours sont rapidement intervenus et tous les moyens médicaux ont été mobilisés, incluant une évacuation par hélicoptère vers un centre médical spécialisé. Malgré ces efforts, l’enfant n’a malheureusement pas survécu.

    Une vague d’hommages dans tout le pays

    L’émotion est immense au sein de la communauté surf, mais aussi bien au-delà. Son école, le Colegio Francisco Didier, a salué la mobilisation des secours et rendu hommage à un élève apprécié de tous.
    Son club de surf local, Puertecillo Surf Club, a publié un message poignant, tout comme son équipe de football, le Club Deportivo Zapallar, rappelant la joie de vivre et la gentillesse de Gabriel.

    Lors de la première étape du circuit chilien de surf, organisée ce week-end, une minute de silence a été observée. Une cérémonie émouvante, retransmise par le média local Latinwave, a rassemblé surfeurs, organisateurs et spectateurs.

    « Aujourd’hui, nous faisons une pause pour dire au revoir à Gabo, un jeune surfeur aimant et joyeux, qui a marqué ceux qui ont partagé du temps avec lui dans et hors de l’eau. Sa mémoire vivra dans chaque vague et dans l’esprit de cette communauté. »

    Funérailles à Zapallar

    Les obsèques de Gabriel Christensen Pérez se tiendront ce lundi 19 janvier à 15h, à la paroisse Santa Teresa de Jesús, à Zapallar. De nombreux membres de la communauté surf chilienne devraient être présents pour lui rendre un dernier hommage.

    Ce drame rappelle, avec une brutalité terrible, que l’océan reste un environnement imprévisible, même pour les plus jeunes et les plus passionnés. Toute la famille surf est aujourd’hui unie dans la tristesse et le souvenir de Gabriel.

  • Australie : quatre attaques de requin en trois jours, une série inquiétante

    Australie : quatre attaques de requin en trois jours, une série inquiétante

    La côte de la Nouvelle-Galles du Sud traverse un épisode aussi rare qu’inquiétant. En l’espace de trois jours, quatre attaques de requin ont été recensées, dont plusieurs visant directement des surfeurs. Une succession d’incidents qui a conduit à la fermeture massive de plages et relancé les débats sur l’impact des conditions météo extrêmes.

    Un quatrième surfeur attaqué à Point Plomer

    Dernier incident en date : mardi matin à Point Plomer, sur la Mid North Coast, près de Crescent Head.
    Un surfeur de 39 ans a vu sa planche violemment mordue par un requin bouledogue, projeté hors de l’eau selon les témoins. Touché à la jambe et légèrement au torse, il s’en sort avec des blessures superficielles et a pu quitter l’hôpital dans la journée.

    Les biologistes du NSW Department of Primary Industries estiment que le requin mesurait entre 2,4 et 2,8 mètres, confirmant une nouvelle fois l’implication probable du requin bouledogue, espèce côtière connue pour fréquenter les eaux troubles.

    Retour sur les trois attaques précédentes

    Cette attaque s’ajoute à une série déjà lourde :

    • Manly – North Steyne Beach : un surfeur d’une vingtaine d’années lutte toujours pour sa vie après une grave morsure à la jambe.
    • Dee Why : un jeune surfeur s’en est sorti indemne après que sa planche a perdu un rail sous les morsures d’un requin.
    • Vaucluse – Shark Beach : un garçon de 12 ans a été grièvement blessé aux jambes et reste hospitalisé.

    Au total, quatre attaques confirmées, dont trois sur des surfeurs, en moins de 72 heures.

    Météo extrême : un facteur déclencheur majeur

    Selon les autorités australiennes et plusieurs experts, cette série ne serait pas le fruit du hasard.
    Les pluies torrentielles qui ont frappé Sydney et la côte du NSW ont provoqué un afflux massif d’eau douce, de nutriments agricoles et de déchets organiques vers l’océan, un phénomène largement documenté et expliqué dans une analyse vidéo récente harpa-transcripts (19).

    Résultat :

    • eau plus trouble
    • poissons-appâts attirés près des côtes
    • prédateurs, dont les requins bouledogues, qui suivent ce déplacement de nourriture jusque dans les zones de surf

    Plages fermées et message clair aux surfeurs

    De Port Macquarie à Sydney, de nombreuses plages restent fermées ou sous surveillance par drones et hélicoptères. Les autorités rappellent une règle essentielle :
    👉 éviter les embouchures de rivières, surtout après de fortes pluies, et ne pas surfer dans une eau trouble.

    Cette série d’attaques rappelle une réalité parfois oubliée : le surf se pratique dans un environnement sauvage, sensible aux bouleversements climatiques. Et ces derniers jours, l’océan australien l’a rappelé avec une brutalité rare.

  • Billabong USA : quand quitter le navire permet de bâtir des empires

    Billabong USA : quand quitter le navire permet de bâtir des empires

    Dans le surf business, il existe un vieil adage qui traverse les générations : « Les plus grandes vagues ne se surfent jamais depuis le bord ». L’histoire de Billabong USA et de ses anciens dirigeants en est sans doute l’illustration la plus frappante. Deux hommes, un même point de départ, et à l’arrivée… trois des marques les plus influentes du surf moderne.

    Quand Billabong conquiert l’Amérique

    Au début des années 80, Billabong n’est qu’une marque australienne parmi d’autres, encore largement inconnue aux États-Unis. Tout change en 1983 lorsque Bob Hurley rachète la licence nord-américaine. Visionnaire, stratège et fin connaisseur du marketing, il transforme Billabong USA en machine de guerre.

    Sous son impulsion, la marque s’entoure d’athlètes iconiques, s’ancre dans la culture compétitive hawaïenne, sponsorise des événements majeurs et s’impose rapidement aux côtés de Quiksilver et Rip Curl comme pilier du surf mondial.

    Mais à la fin des années 90, alors que tout semble aller pour le mieux, Hurley prend une décision que peu auraient osé : partir.

    Bob Hurley, le pari du large

    En 1999, il fonde Hurley. Une marque plus jeune, plus disruptive, plus connectée à la culture surf-skate émergente. Trois ans plus tard, le coup de génie absolu : la vente de Hurley à Nike, qui injecte 95 millions de dollars dans le surf.

    Ce deal reste encore aujourd’hui l’un des plus rentables jamais réalisés dans l’industrie. Hurley, lui, n’a jamais vraiment quitté l’océan. Il est désormais associé à Florence Marine X, une marque premium portée par la performance, la durabilité et une vision très contemporaine du surf.

    Paul Naudé et la revanche silencieuse

    Après le départ de Hurley, c’est Paul Naudé qui prend les commandes de Billabong USA. Sous sa direction, la marque atteint une valorisation vertigineuse de 3,7 milliards de dollars. Mais cette ascension fulgurante précède une chute tout aussi spectaculaire. Endettement, introduction en bourse mal maîtrisée, perte d’ADN… Billabong s’effondre.

    Naudé tente alors de racheter l’entreprise. Les actionnaires refusent. Il quitte le navire à son tour.

    En 2013, il lance Vissla. Une marque indépendante, engagée, plus responsable, qui parle autant aux surfeurs qu’à l’époque. En quelques années, Vissla s’impose sur tous les continents. Dernier symbole en date : la signature du champion du monde Yago Dora.

    Billabong, ou le prix de la bourse

    Pendant ce temps, Billabong multiplie les passages de main en main : Boardriders, Bluestar Alliance, puis la faillite de Liberated Brands. Une trajectoire chaotique, symptomatique d’un surf business devenu trop financier, trop éloigné de sa culture originelle.

    Quitter pour mieux créer

    L’histoire de Billabong USA pose une question centrale : faut-il parfois quitter le confort pour préserver une vision ? Bob Hurley et Paul Naudé ont choisi de partir au sommet. Résultat : trois marques majeures sont nées de cette prise de risque.

    Comme souvent dans le surf, ceux qui ont osé ramer à contre-courant sont aussi ceux qui ont trouvé les plus belles lignes.

  • Qui veut sponsoriser Gabriel Medina ?

    Qui veut sponsoriser Gabriel Medina ?

    Il y a des départs qui font du bruit. Et puis il y a ceux qui font trembler toute une industrie. En retirant le logo Rip Curl de ses planches après 17 ans de collaboration, Gabriel Medina n’a pas seulement quitté un sponsor : il a ouvert un vide. Un vide stratégique, culturel, presque idéologique. Et depuis, une question flotte au-dessus du line-up mondial : qui veut – et surtout qui peut – sponsoriser Gabriel Medina ?

    Un marché du surf en pleine mutation

    Le timing n’est pas anodin. Le surf professionnel traverse une période étrange : plus médiatisé que jamais, mais économiquement fragilisé. Les grandes marques historiques peinent à suivre, plombées par leur héritage, leurs structures lourdes et des modèles devenus obsolètes. Medina libre, aujourd’hui, c’est presque un symbole de cette bascule.

    Dans les autres sports, un triple champion du monde au sommet de sa carrière serait intouchable. Dans le surf, il devient disponible. Et cette anomalie en dit long.

    Le précédent Yago Dora : un signal fort

    Quelques jours avant le cas Medina, un autre mouvement a surpris tout le monde : Yago Dora, champion du monde en titre, quitte Volcom pour rejoindre Vissla. Sur le papier, un downgrade. Dans la réalité, un énorme signal.

    On apprend que Yago n’était lié à Volcom que par un contrat régional brésilien, sans bonus de titre mondial. Une situation presque absurde pour un champion du monde. Volcom ne pouvait tout simplement plus payer ce qu’il méritait. Vissla, plus agile, plus légère, a su saisir l’opportunité.

    Ce transfert illustre parfaitement la nouvelle économie du surf : ce ne sont plus forcément les marques les plus grosses qui gagnent, mais celles qui savent choisir.

    Medina, le “Bad Boy” que le surf a perdu

    Mais Medina, ce n’est pas Yago Dora. Aucun projet surf actuel n’a les épaules pour soutenir le personnage, et surtout son audience. Car nous vous y trompez pas, Gabriel Medina touche bien plus que l’audience du surf, c’est une star au Brésil et dans le monde entier, avec des amis comme Neymar ou Lewis Hamilton. Medina est clivant. Dominant. Assumé. Il polarise comme CR7 ou McGregor. Il n’est pas seulement un champion : il est un personnage.

    Et c’est peut-être là que le bât blesse. Le surf manque aujourd’hui cruellement d’un “personnage”. Une marque prête à assumer un rôle moins lisse, moins consensuel. Trop propre, trop corpo, trop policé : le marché a gommé ce qui faisait sa tension narrative. Volcom occupait autrefois cet espace. Plus personne aujourd’hui.

    Medina, lui, incarne encore ce chaos contrôlé. Celui qui attire autant qu’il dérange. Celui qui fait parler. Celui qui vend.

    Adidas, Nike… et la porte d’entrée idéale

    Dans ce contexte, les rumeurs les plus folles circulent comme l’idée de voir Adidas aller plus loin que de simples contrats chaussures. Medina est ambassadeur de la marque Adidas depuis 2019. Un deal global, “head to toe”, offrirait à Adidas une entrée propre, maîtrisée et relativement abordable dans le surf… par l’un des rares athlètes capables de dépasser la niche.

    D’autant plus que son compatriote Italo Ferreira est déjà solidement installé chez Nike. La concurrence existe. Le modèle aussi. Nike a montré qu’un athlète pouvait suffire à porter une vision surf sans s’enfermer dans les codes historiques du milieu. En parlant de Nike, certains protagonistes le voient rejoindre Italo, mais est-ce opportun pour la marque d’avoir comme seul représentants masculins de la marque deux brésiliens, j’ai des doutes personnellement…

    Qui veut être mon sponsor ?

    Au fond, le feuilleton Medina ressemble de plus en plus à une émission de prime time version business : Qui veut être mon sponsor ?
    Les marques sont là, les projets aussi. Mais le rapport de force a changé. Ce n’est plus Medina qui doit convaincre. Ce sont les sponsors. A moins que…Gabriel Medina pourrait lui aussi se lancer dans l’entreprenariat comme les frères Florès, c’est un bruit qu’on entend, et qui de mieux qu’un athlète suivi par plus de 13 millions de followers…

    La vraie question n’est donc pas ira Gabriel Medina, mais quelle marque aura le courage de l’assumer pleinement et de sortir le chéquier….

  • Le mercato surf 2026 secoue les marques historiques

    Le mercato surf 2026 secoue les marques historiques

    Le début de saison 2026 n’a même pas encore livré ses premières grosses houles que le mercato du surf professionnel fait déjà trembler l’industrie. En quelques jours, plusieurs annonces ont agi comme de véritables séismes : Gabriel Medina quitte Rip Curl, William Aliotti n’est plus chez Volcom, et Yago Dora, champion du monde en titre, change lui aussi de maison. Des départs qui racontent beaucoup plus qu’un simple jeu de chaises musicales.

    Gabriel Medina et Rip Curl : la fin d’une ère

    L’annonce a fait l’effet d’une bombe. Après des années d’association étroite, Gabriel Medina n’est plus sponsorisé par Rip Curl. Une séparation lourde de symboles pour une marque historique du surf. Medina, triple champion du monde et figure planétaire, incarnait à lui seul une certaine idée de la puissance marketing du surf moderne. Son départ marque un tournant : même les icônes ne sont plus intouchables.

    Yago Dora, de Volcom à Vissla : un pari fort

    La décision la plus commentée reste celle de Yago Dora, champion du monde en titre, qui quitte Volcom pour devenir le nouveau visage de Vissla à partir de 2026. Un choix surprenant sur le papier : Vissla est une marque plus jeune, plus petite, loin des standards financiers d’un champion du monde.

    Selon plusieurs sources, son ancien contrat avec Volcom Brésil était inférieur à 100 000 dollars par an, sans bonus lié au titre mondial. Un chiffre révélateur de la contraction du marché. Chez Vissla, le projet semble différent : moins d’athlètes, plus de sens, et une vision assumée portée par Paul Naudé, ancien dirigeant de Billabong, qui n’hésite pas à affirmer que les marques traditionnelles sont en déclin.

    William Aliotti quitte Volcom, sobriété et authenticité en question

    Autre séparation notable : celle entre William Aliotti et Volcom. Le Français, ambassadeur de la marque, incarnait une image à contre-courant, loin du surf business tapageur. Ce départ illustre la difficulté pour les marques historiques de conserver des surfeurs. William Aliotti a un profil original, de free surfeur avec une vrai reconnaissance au niveau international, ce qui est rare pour un français.

    Tristan Guilbaud n’est plus chez Protest

    C’est l’info de dernière minute, mais Tristan Guilbaud vient d’annoncer sur ses réseaux sociaux qu’après 15 ans de partenariat, les chemins de la marque Protest et du surfeur vendéen s’arrêtaient. Une situation pas facile pour un surfeur qui a dépassé la trentaine, mais qui paradoxalement, est en course pour se qualifier sur le Challenger Series. Il faut comprendre derrière cette phrase, que le coût pour suivre ce circuit nécessite des moyens conséquents avec des épreuves aux quatre coins du monde.

    Un mercato révélateur de la crise du surf business

    Ces mouvements ne sont pas isolés. Ils traduisent une mutation profonde du surf professionnel. Moins d’argent, moins de teams surdimensionnés, mais davantage de paris ciblés. Les marques historiques réduisent la voilure depuis de nombreuses années, pendant que des labels plus agiles tentent de rebattre les cartes.

    Le surf entre dans une nouvelle ère. Ce mercato 2026 n’est peut-être que le début d’un grand ménage….

  • À Bondi Beach, l’océan comme réponse à la violence

    À Bondi Beach, l’océan comme réponse à la violence

    Au lever du soleil, l’océan de Bondi Beach s’est couvert de silhouettes. Des planches, des corps, des bras tendus vers l’horizon. Plus de 2 000 personnes ont pris part à un paddle-out hors norme, organisé en hommage aux victimes de l’attentat qui a récemment frappé cette plage iconique d’Australie. Un moment suspendu, à la fois silencieux et chargé d’une énergie collective rare.

    Un rituel surf pour dire l’indicible

    Dans la culture surf, le paddle-out n’est pas une simple cérémonie. C’est un geste profondément ancré, utilisé pour honorer les disparus, soutenir les vivants et rappeler que l’océan est un espace de communion. Ce vendredi matin, surfeurs, nageurs, habitants du quartier, familles et enfants se sont retrouvés à environ 200 mètres du rivage pour former un immense cercle sur une mer étonnamment calme.

    Le silence a d’abord dominé. Puis, au signal d’un coup de sifflet, le cercle a explosé en cris, en applaudissements, en éclaboussures. Une libération collective, comme un souffle repris après plusieurs jours de choc et de sidération.

    Une communauté rassemblée, sans distinction

    Ce paddle-out n’était pas réservé aux initiés. Certains participants ne savaient pas surfer, d’autres sont venus à la nage. Peu importait le niveau ou l’équipement. Ce qui comptait, c’était la présence. Sauveteurs, coureurs matinaux, membres de clubs voisins, habitants anonymes : Bondi s’est retrouvée unie dans l’eau, là où beaucoup trouvent habituellement refuge et équilibre.

    Sur le sable, les passants se sont arrêtés. Les regards suivaient le cercle au large, pendant que des bouquets de fleurs continuaient de s’accumuler près du lieu de l’attaque. L’océan, lui, offrait un espace de respiration, presque thérapeutique.

    Un message de paix et de solidarité

    Au-delà de l’hommage aux victimes, ce rassemblement portait un message clair de soutien à la communauté juive, directement touchée par l’attentat. Des prises de parole ont eu lieu depuis la plage, rappelant l’importance de rester unis face à la haine. Sans slogans agressifs, sans colère ostentatoire, mais avec une force tranquille.

    Dans l’eau, beaucoup parlaient d’un sentiment paradoxal : la tristesse toujours présente, mais allégée par le simple fait d’être ensemble, dans ce lieu si cher aux habitants de Bondi.

    Quand l’océan aide à guérir

    Depuis l’attentat, les élans de solidarité se multiplient à travers le pays : collectes de fonds, dons du sang, soutien aux blessés et aux proches des victimes. Ce paddle-out s’inscrit dans cette dynamique.

    À Bondi Beach, ce cercle humain restera comme une image forte. Celle d’une communauté debout, flottant ensemble, utilisant la plus belle tradition du surf pour répondre à la violence par la paix, le lien et la dignité.

  • Mayhem contre Mayhem : …Lost encaisse un sale coup face à Lady Gaga

    Mayhem contre Mayhem : …Lost encaisse un sale coup face à Lady Gaga

    Dans le surf, “Mayhem” n’est pas juste un mot cool à coller sur un t-shirt. C’est une marque, un nom qu’on connait tous. Une signature. Une époque entière résumée en quelques lettres, comme un autocollant sur un nose. Sauf qu’en 2025, cette signature s’est retrouvée planté au beau milieu d’un stade pop : Lady Gaga a baptisé son dernier album Mayhem, et a décliné le nom sur le merchandising de tournée. Résultat : …Lost Surfboards (la marque de Matt “Mayhem” Biolos) a décidé de se retourner vers les tribunaux pour protéger ses droits.

    Le dossier est simple à raconter, moins simple à gagner. Côté …Lost, on martèle que “Mayhem” fait partie de l’ADN de la maison depuis des décennies : le logo existe depuis la fin des années 80 et est utilisé commercialement depuis le début des années 90. Le surnom de Biolos, lui, remonte encore plus loin, nourri par un vieux délire musical et une époque où les logos se dessinaient au marqueur, pas dans un tableur.

    En face, Gaga joue dans une autre stratosphère : Mayhem, sorti le 7 mars 2025, a débarqué en tête des charts, avec ses singles (dont Disease et Abracadabra) et un gros duo avec Bruno Mars (Die With a Smile). Une machine mondiale, huilée, bruyante, et surtout… capable de vendre des tonnes de t-shirts avant même que la justice ne finisse son café.

    Le juge dit “non” au stop immédiat sur le merchandising

    La semaine qui vient de passer marque un tournant : à Los Angeles, le juge fédéral Fernando Olguin a refusé la demande de préliminary injunction déposée par …Lost. Traduction sans latin : …Lost voulait que le tribunal bloque tout de suite la vente de fringues “Mayhem” le temps que l’affaire soit tranchée sur le fond. Le juge a répondu : non.

    Et ce n’est pas un “non” poli. C’est un “non” qui ressemble à un panneau sens interdit pour la stratégie de …Lost, parce que la décision s’appuie sur une idée centrale : dans le cas de Gaga, “Mayhem” relève d’un usage artistique et expressif (album, univers de tournée, création), davantage que d’un usage destiné à faire croire à l’origine commerciale d’un produit. Autrement dit, la liberté d’expression pèse lourd, et …Lost n’a pas convaincu le tribunal qu’il y avait une volonté claire de tromper le public.

    Pourquoi ça sent le courant d’arrachement financier

    Soyons clairs : le procès n’est pas terminé. Ce refus d’injonction n’est pas un jugement final. Mais dans ce genre d’affaire, perdre l’injonction, c’est souvent perdre… le momentum. Parce que pendant que la procédure continue, la tournée continue aussi, les ventes s’empilent, et l’attention du public se déplace à la vitesse d’un scroll TikTok.

    C’est là que ton angle prend tout son sens : “Lost Mayhem pourrait disparaître prochainement” — non pas parce que quelqu’un va venir arracher les stickers des planches dans les garages, mais parce que la bataille judiciaire peut devenir une guerre d’usure.

    D’un côté, …Lost, marque surf puissante dans son monde, mais qui reste une entreprise à taille “surf industry”, avec ses marges, ses saisons et ses humeurs de marché. De l’autre, une superstar et une armée juridique. Et quand l’affaire s’éternise, la vraie question devient parfois moins “qui a raison ?” que “qui peut tenir ?”.

    Le risque, pour …Lost, c’est de se retrouver à devoir poursuivre “pour le principe”… tout en voyant la facture grimper. Et il existe un scénario encore plus brutal : celui où le tribunal considère que l’action en justice ne méritait pas d’aller aussi loin, ouvrant la porte à une prise en charge de frais d’avocats côté gagnant. Ce n’est pas automatique, mais c’est le genre de menace qui transforme une plainte en roulette russe comptable.

    Biolos serre les dents : “on va au bout”

    Matt Biolos, lui, ne joue pas la marche arrière. Dans ses déclarations, il assume que l’injonction était une demande difficile et insiste sur l’idée que “Mayhem” n’est pas un caprice marketing mais un pilier de la marque depuis près de 40 ans. En résumé : il ne veut pas “laisser faire”, parce que laisser faire aujourd’hui, c’est banaliser demain.

    Reste que le tribunal vient d’envoyer un message limpide : à ce stade, Gaga a le droit de continuer à vendre, et …Lost doit revoir sa copie pour espérer une victoire sur le fond. Dans l’océan, on appelle ça s’adapter à la série. En justice, c’est pareil : soit tu changes de plan de jeu, soit tu te fais rincer.

  • Affaire Karim Braire : quand les médias ont fermé les yeux

    Affaire Karim Braire : quand les médias ont fermé les yeux

    Pendant plus de dix ans, Karim Braire a incarné un fantasme parfait : celui de la rédemption par le surf, du « ghetto à Nazaré », du destin arraché à la fatalité. Une histoire calibrée pour la télévision, les plateaux du prime time, les maisons d’édition et, le cinéma.
    Une histoire trop belle pour être vraie. Et pourtant, largement relayée.

    Un récit séduisant, mais fragile dès l’origine

    Dès ses premières apparitions médiatiques, des zones d’ombre apparaissent. Des surfeurs reconnus alertent publiquement :
    – images de surf empruntées à Justine Dupont,
    – contrat Quiksilver introuvable,
    – palmarès inexistant,
    – incohérences factuelles grossières.

    Ces alertes n’étaient ni discrètes ni confidentielles. Elles étaient publiques, documentées, répétées. Mais elles contredisaient une narration trop rentable pour être abandonnée. D’ailleurs, l’équipe avait écrit à l’époque un article dénonçant les fausses déclarations de l’intéressé.

    Le mythe avant les faits

    Le cas Karim Braire illustre un mécanisme bien connu : quand une histoire coche toutes les cases émotionnelles, le fact-checking devient secondaire.
    La figure du survivant charismatique, du self-made-man inspirant, était plus vendeuse que la réalité.

    Résultat :
    – des journalistes ont relayé sans vérifier,
    – des éditeurs ont publié sans enquêter,
    – des producteurs ont réalisé sans recouper.

    Non par ignorance, mais par choix éditorial.

    Une violence rendue invisible

    Pendant que le personnage médiatique prospérait, la violence, elle, se déployait dans l’ombre : violences conjugales, viols, actes de torture, violences sur enfants.
    La justice vient de le confirmer avec une condamnation lourde : 15 ans de réclusion criminelle, assortis d’une période de sûreté et d’un retrait total de l’autorité parentale.

    Ce contraste est glaçant : d’un côté, un homme célébré,
    de l’autre, une famille terrorisée, réduite au silence.

    Le silence complice des relais médiatiques

    Ce procès pose une question essentielle : que vaut une “belle histoire” quand des signaux d’alerte sont volontairement ignorés ?
    Car certains savaient. Certains avaient été prévenus. Et pourtant, la machine médiatique a continué à tourner.

    Dans cette affaire, il n’y a pas seulement un coupable pénal.
    Il y a aussi une chaîne de responsabilités morales : celles de médias, de journalistes, d’éditeurs, qui ont préféré l’audience, l’émotion et l’argent à la rigueur et à l’éthique.

    Le vrai procès qui n’aura pas lieu

    Karim Braire a été jugé et condamné.
    Mais le procès du traitement médiatique, lui, n’aura probablement jamais lieu.

    Et pourtant, il mérite d’être posé noir sur blanc :
    raconter le réel n’est pas vendre des fables,
    et vérifier n’est pas une option quand on se revendique journaliste.

    Car derrière chaque “success story” non vérifiée, il peut y avoir des victimes.
    Et cette fois, elles ont payé le prix fort.

  • Un surfeur de 28 ans décède à Lafitenia : la côte basque en deuil après un dramatique accident

    Un surfeur de 28 ans décède à Lafitenia : la côte basque en deuil après un dramatique accident

    PS: Bien évidemment ce n’est pas le surfeur sur la photo

    La côte basque est une nouvelle fois endeuillée. Samedi 6 décembre 2025, vers 16 h, un surfeur de 28 ans a perdu la vie sur le spot de Lafitenia, à Saint-Jean-de-Luz, dans des conditions de mer particulièrement puissantes. Malgré l’intervention rapide d’autres pratiquants et des secours, le jeune homme n’a pu être réanimé.

    Une session qui bascule dans le drame

    Selon plusieurs témoins, la mer était déjà bien agitée en fin d’après-midi, avec une houle dépassant les 4 mètres et un coefficient de marée rendant l’endroit technique et potentiellement piégeux. Dans une interview donnée à Sud Ouest dans, quelques minutes avant l’accident, deux surfeurs, dont Éric Bonnamy, profitaient de la fin d’une session jugée « solide mais satisfaisante ». Assis sur la murette dominant la baie, ils observent la mer lorsqu’ils remarquent deux autres pratiquants entrer à l’eau durant une accalmie.

    « Derrière, la mer a regonflé d’un coup », témoigne Éric. « On est à marée haute, l’accès au pic est délicat, et les séries étaient vraiment massives. » C’est dans cette phase que le drame se joue. Selon leurs observations, l’un des deux surfeurs semble rapidement en difficulté, surpris par une vague plus grosse que les autres.

    Le corps poussé vers l’intérieur du spot

    Les témoins décrivent une scène d’une grande violence. Après avoir disparu sous l’eau, le jeune homme serait resté submergé durant près de trois minutes, avant que son corps ne réapparaisse, poussé vers l’intérieur du spot par une vague de retour.

    « On a vu le corps traverser le spot, emporté par la masse d’eau », raconte un surfeur présent sur place. Immédiatement, plusieurs pratiquants, déjà dans l’eau, se dirigent vers lui pour tenter de le ramener au rivage. Ils parviennent à le hisser sur une planche puis à l’extirper de l’eau en attendant les secours.

    Une prise en charge immédiate, mais vaine

    Les pompiers de Saint-Jean-de-Luz et d’Hendaye, rapidement rejoints par une équipe du SMUR, engagent aussitôt les manœuvres de réanimation. Malgré des tentatives prolongées, l’homme est déclaré décédé sur la plage peu après 16 h.

    Pour l’heure, l’origine exacte du drame reste inconnue. Malaise ? Choc sous l’eau ? Simple noyade liée à la puissance des vagues ? Les circonstances devront être précisées par l’enquête en cours.

    Une communauté sous le choc

    Lafitenia est un spot réputé pour ses longues droites mais aussi pour ses mouvements d’eau, particulièrement lorsque la houle grossit. Les habitués connaissent les pièges du courant, les séries qui décalent. Ce samedi, les conditions étaient qualifiées de « sérieuses » voire « dangereuses » par plusieurs présents.

    Ce décès rappelle tragiquement que, même pour des pratiquants expérimentés, l’océan peut devenir imprévisible. Ces dernières années, plusieurs accidents ont déjà endeuillé la côte basque, soulignant la nécessité d’adapter sa pratique aux conditions du jour, surtout lorsque la houle excède les seuils habituels.

    En attendant plus d’informations

    Pour l’instant, les autorités n’ont pas communiqué sur l’identité de la victime ni sur les conclusions premières de l’enquête. Les témoignages recueillis convergent toutefois vers un accident brutal survenu en quelques secondes, sans que le surfeur n’ait eu le temps de s’extraire de la zone de turbulence.

    L’émotion est vive à Saint-Jean-de-Luz et dans toute la communauté du surf basque, qui adresse son soutien à la famille et aux proches du jeune homme.

  • Quand la communauté surf doit regarder la réalité en face : pourquoi la prévention est indispensable

    Quand la communauté surf doit regarder la réalité en face : pourquoi la prévention est indispensable

    Depuis quelques jours, toute la presse australienne, et quelques médias internationaux spécialisés surf — relaie une affaire qui secoue profondément notre communauté : la condamnation d’un coach australien, ancien compétiteur WQS, pour une longue série d’agressions sexuelles sur mineurs. Les détails, rendus publics lors de l’audience, ont choqué toute la communauté. Pas uniquement pour l’horreur des faits, mais parce qu’ils rappellent brutalement une vérité que beaucoup préfèrent éviter : le surf n’est pas un sanctuaire.

    L’image du surf est souvent associée à la liberté, à la confiance, à la camaraderie. Un univers lumineux, presque utopique. Mais la réalité, c’est que le surf — comme tout milieu sportif, associatif ou éducatif — peut attirer des individus cherchant à profiter de la vulnérabilité et de la confiance des plus jeunes.

    Un coach reconnu coupable de 31 infractions sexuelles

    L’affaire qui a éclaté en Australie met en lumière ce que ce décalage entre image et réalité peut coûter. L’ancien surfeur professionnel devenu coach, longtemps présenté comme un mentor auprès des jeunes, a plaidé coupable à 31 chefs d’accusation liés à des agressions sexuelles sur des garçons de 7 à 10 ans.

    Selon les documents du tribunal, l’encadrement des enfants était présenté comme un “espace sûr” pour progresser. Derrière cette façade, l’enquête a révélé plusieurs années de manipulations, d’abus, de dissimulation de preuves, et même l’admission d’un accès régulier à du matériel pédopornographique.

    L’homme a été condamné à cinq ans de prison et pourra demander une libération conditionnelle dès juin 2026 — une décision largement critiquée.

    Pourquoi c’est important d’en parler — ici aussi

    Ce dossier, aussi sordide soit-il, doit servir de rappel salutaire : aucun sport, aucune culture, aucune communauté n’est immunisée contre ce type de violence.
    Le surf, avec son ambiance décontractée et ses structures parfois informelles, peut même devenir un terrain propice pour des prédateurs cherchant à gagner la confiance des familles et des jeunes pratiquants.

    Ignorer ce sujet sous prétexte que “le surf, c’est cool”, serait une faute collective.

    Le risque existe — mais la prévention peut tout changer

    Pour que de telles situations ne puissent plus se reproduire, la prévention doit devenir une priorité à tous les niveaux :

    1. Des règles claires dans les écoles de surf

    Les structures doivent établir et communiquer :

    • des protocoles stricts autour de l’encadrement des enfants,
    • l’interdiction absolue d’isoler un mineur avec un adulte,
    • la nécessité de contrôles d’antécédents judiciaires systématiques,
    • des moyens simples pour signaler un comportement suspect.

    2. Une vigilance partagée

    Parents, encadrants, bénévoles et membres de clubs doivent apprendre à reconnaître des signaux d’alerte : attitudes intrusives, communications privées excessives, insistance à créer un lien exclusif, situations d’isolement non justifiées.

    3. Une parole protégée

    Les enfants doivent être encouragés à dire ce qui les met mal à l’aise, à reconnaître qu’un adulte peut avoir tort, même un coach admiré. La culture du silence protège toujours l’agresseur, jamais la victime.

    Protéger les jeunes, c’est protéger le surf

    Parler de ces affaires n’est pas “ternir l’image du surf”. C’est au contraire affirmer haut et fort que notre communauté refuse que de telles violences soient banalisées ou passées sous silence.

    Le surf doit rester un espace où l’on se sent en sécurité, où l’on découvre l’océan sereinement, où la progression se fait dans la confiance. Cela ne sera possible que si nous acceptons cette idée simple :
    la prévention est une responsabilité collective, et elle commence par la lucidité.