Le longboard de compétition est-il en train de s’autodétruire ?

Edouard Delpero tube en longboard

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J’adore le longboard. C’est esthétique, c’est historique, c’est l’essence même de la glisse. Pourtant, après 18 ans à suivre le surf professionnel au quotidien, je craque : le circuit mondial m’ennuie profondément et sa mentalité actuelle me rebute.

La guerre du longboard classic vs moderne

Pourquoi ? Parce qu’on nous sert la même soupe en boucle. Des vagues d’un mètre propre, des point breaks standardisés, et des critères de jugement devenus totalement illisibles. Même avec des décennies de culture surf derrière moi, je ne comprends plus les notes des juges la majeure partie du temps. Le longboard est devenu le théâtre d’une guerre de clochers stérile entre les puristes nostalgiques du single fin classique et les acharnés du tri-fin ultra-moderne. Une niche dans la niche qui se regarde le nombril pendant que le navire coule.

La réalité économique est pathétique : quand le troisième du classement européen doit renoncer aux étapes internationales parce que les prize money sont dérisoires et que voyager ne vaut plus le coup financièrement, c’est que le système est cassé.

Le longboard intéresse t’il encore ?

Et le pire, c’est que le public est demandeur ! Les réseaux sociaux ne mentent pas : une seule vague d’Édouard Delpero à Guéthary cumule 651 000 vues, et une bombe de Louis Marchiset à La Nord Hossegor frôle le million. Les internautes veulent voir du longboard, mais pas celui qu’on leur impose dans ces formats de compétition aseptisés.

Il est temps de bousculer les codes. Pour être sacré champion du monde, un surfeur doit être complet : gracieux sur le nose, mais aussi capable de charger quand le plan d’eau s’énerve. La récente épreuve à Abu Dhabi a frôlé le ridicule : la majorité des compétiteurs étaient incapables de caler un tube proprement. On est bien loin des Hawaiiens qui allaient s’enfermer dans des cavernes à Pipeline avec des planches de 9 pieds. Si la discipline refuse de se moderniser et de montrer du gros surf, elle finira par mourir dans l’indifférence générale.

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