Catégorie : Compétition Surf

  • Coup de théâtre à Snapper Rocks : un requin interrompt le duel Fierro-Simmers

    Coup de théâtre à Snapper Rocks : un requin interrompt le duel Fierro-Simmers

    L’alerte a été donnée instantanément. Un requin a été identifié à moins de 500 mètres de la zone de compétition, déclenchant le protocole de sécurité strict de la WSL. Renato Hickel, vice-président du circuit, a été clair : aucune prise de risque.

    La série a été mise en pause, puis officiellement reportée au lendemain. Le suspense reste donc entier pour Vahine Fierro, qui devra soit reprendre là où elle s’était arrêtée, soit recommencer la série selon les conditions de demain matin.

    Une pluie de scores d’excellence

    Avant ce chaos final, une bonne journée avait débuté. Snapper Rocks a délivré des lignes parfaites de 1m50, permettant aux surfeurs de signer 11 scores dans la zone « excellente ».

    Les favoris en démonstration

    Pendant que les Australiens comme Jack Robinson et Ethan Ewing retrouvaient leur rythme à domicile, le Brésil a rappelé qui tenait les rênes. Filipe Toledo a survolé la journée avec un total stratosphérique de 18.00 points, incluant un 9.50, la meilleure note du contest. Il retrouvera son compatriote Gabriel Medina au prochain tour pour un choc de titans.


    Résultats du Round 2 (Hommes)

    VainqueurScoreÉliminéScore
    Marco Mignot (FRA)13.40Barron Mamiya (HAW)13.17
    Kauli Vaast (FRA)15.16Jordy Smith (RSA)13.40
    Ethan Ewing (AUS)15.50Rio Waida (INA)13.44
    Gabriel Medina (BRA)15.56Morgan Cibilic (AUS)10.17
    Filipe Toledo (BRA)18.00Cole Houshmand (USA)14.87

    Résultats partiels du Round 2 (Femmes)

    • Heat 1 : Gabriela Bryan (HAW) 16.66 bat Sally Fitzgibbons (AUS) 13.60
    • Heat 2 : Nadia Erostarbe (ESP) 14.67 bat Caroline Marks (USA) 13.93
    • Heat 3 (En cours) : Caitlin Simmers (USA) vs Vahine Fierro (FRA) – Suspendu (requin)
  • Snapper Rocks : Le clan tricolore dicte sa loi pour le retour du CT sur le Superbank

    Snapper Rocks : Le clan tricolore dicte sa loi pour le retour du CT sur le Superbank

    Le temple du surf australien n’avait plus vibré au rythme de l’élite mondiale depuis 2018. Pour ce premier jour du Bonsoy Gold Coast Pro 2026, les vagues de trois à quatre pieds de Snapper Rocks ont offert un spectacle à la hauteur de la légende. Mais au milieu des icônes locales comme Stephanie Gilmore, c’est bien une déferlante française qui a secoué le pointbreak. Avec trois qualifiés sur quatre engagés, la France réaliser enfin un bon début de compétition sur le world tour cette année.

    Vahine Fierro : La reine du bakcside a frappé

    Si l’on connaît le talent de Vahine Fierro dans les tubes de Teahupo’o, elle a prouvé aujourd’hui qu’elle était tout aussi redoutable sur les droites interminables du Queensland. Face à la redoutable Brisa Hennessy, la Tahitienne a livré une masterclass backside.

    Avec un total de 16,50 points — dont la meilleure note de la journée (8,67) — Vahine a montré une verticalité et un « flow » qui ont laissé les juges conquis. « Snapper est mon épreuve favorite, à égalité avec Teahupo’o », a-t-elle confié après sa série. Sa capacité à enchaîner les turns puissants sur le rail sans jamais perdre de vitesse la place désormais parmi les favorites de l’épreuve.

    Le duel fratricide : Vaast et Mignot se donnent rendez-vous

    Chez les hommes, la réussite est totale mais le tirage au sort cruel. Marco Mignot a ouvert le bal avec une incroyable remontée face à l’Hawaïen Barron Mamiya. Mené pendant 25 minutes, le Français a déniché une pépite dans les derniers instants pour claquer un 8,33 salvateur.

    Dans la foulée, Kauli Vaast, le champion olympique de Paris 2024, a littéralement éteint le vétéran Jordy Smith. Avec un surf backside d’une précision chirurgicale, Vaast a posté un 15,16 qui ne laissait aucune place au doute.

    Le « petit plus » de la rédac : La suite du tableau nous réserve un moment de haute tension. Puisque Kauli Vaast et Marco Mignot s’affronteront lors du Round 3, nous avons la certitude d’avoir un Français en quart de finale. C’est une excellente nouvelle, même si l’on aurait préféré voir nos deux champions s’éviter plus longtemps.

    Tya Zebrowski : La cruelle leçon du haut niveau

    C’est la seule ombre au tableau tricolore, mais quelle promesse pour l’avenir ! À seulement 15 ans, Tya Zebrowski a frôlé l’exploit monumental face à la quintuple championne du monde Carissa Moore. Tya a mené la série pendant presque l’intégralité du temps imparti, affichant une maturité technique déconcertante pour son âge.

    Il aura fallu un sursaut d’orgueil et une vague miraculeuse à la dernière seconde pour que Moore arrache la victoire. Les larmes de détresse de la jeune Française contrastaient avec les larmes de soulagement de l’Hawaïenne. C’est l’apprentissage cruel du WCT : le talent est là, immense, mais la gestion des dernières secondes et ce petit facteur chance manquent encore à l’appel. Nul doute que Tya reviendra plus forte, elle a prouvé aujourd’hui qu’elle avait déjà sa place dans la cour des grandes.

    Les légendes reprennent leurs marques

    Au-delà du clan français, la journée a été marquée par le retour aux affaires de Stephanie Gilmore. Après deux saisons sabbatiques, l’octuple championne du monde a enfin remporté sa première série de l’année sur son home spot, écartant la prodige Erin Brooks. De son côté, Carissa Moore, qui voyage désormais en tant que maman, a montré qu’elle n’avait rien perdu de sa hargne de compétitrice. Seul le premier tour et deux séries masculines ont été lancées.

    La compétition reprendra demain matin, samedi 2 mai, à 6h45 (heure locale). Restez connectés sur Icones Surf pour suivre les performances de Vahine, Kauli et Marco dans ce qui s’annonce déjà comme un week-end historique à Snapper Rocks.

    Résultats complets de la journée (Day 1)

    Femmes – Round 1 (Françaises & Tops) :

    • Vahine Fierro (FRA) 16.50 DEF. Brisa Hennessy (CRC) 12.10
    • Carissa Moore (HAW) 12.33 DEF. Tya Zebrowski (FRA) 12.10
    • Stephanie Gilmore (AUS) 13.26 DEF. Erin Brooks (CAN) 12.63
    • Yolanda Hopkins (POR) 11.27 DEF. Francisca Veselko (POR) 10.86

    Hommes – Round 2 (Les Bleus qualifiés) :

    • Marco Mignot (FRA) 13.40 DEF. Barron Mamiya (HAW) 13.17
    • Kauli Vaast (FRA) 15.16 DEF. Jordy Smith (RSA) 13.40

    Les séries à ne pas manquer (Round 2 & 3)

    Le spectacle continue dès demain (samedi 2 mai) avec des duels qui sentent la poudre. Voici ce qu’il faut surveiller :

    Chez les femmes (Round 2) :

    • Série 3 : Caitlin Simmers (USA) vs. Vahine Fierro (FRA) (Un choc de styles monumental)
    • Série 4 : Bettylou Sakura Johnson (HAW) vs. Stephanie Gilmore (AUS)

    Chez les hommes (Fin du Round 2 & Round 3) :

    • Série 6 : Griffin Colapinto (USA) vs. Mateus Herdy (BRA)
    • Série 13 : Gabriel Medina (BRA) vs. Morgan Cibilic (AUS)
    • Le choc attendu : Kauli Vaast (FRA) vs. Marco Mignot (FRA) (Date et heure à confirmer selon l’avancée du Round 2).
  • Margaret River 2026 : Entre exploit historique de George Pittar et vagues capricieuses

    Margaret River 2026 : Entre exploit historique de George Pittar et vagues capricieuses

    On attendait des tubes massifs sur le slab de The Box, on a eu… un concours de virages sur une section qui ferme. Pour cette deuxième étape du Championship Tour (CT) 2026 en Australie Occidentale, la frustration est palpable. Si Margaret River est capable du meilleur, cette édition restera celle d’un dimanche propre mais sans génie, où le talent pur a dû compenser des conditions de vagues loin des standards de rêve de l’Océan Indien.

    Le hold-up monumental de George Pittar

    Si vous ne connaissiez pas encore George Pittar, vous n’allez plus l’oublier. L’Australien de 23 ans a réalisé ce que les statisticiens appellent un « Giant-Slaying » parfait. Pour s’offrir sa première victoire sur le tour d’élite, Pittar n’a pas choisi le chemin le plus facile : il a éliminé, les uns après les autres, quatre champions du monde.

    Filipe Toledo, Yago Dora, Italo Ferreira et enfin, en finale, le « King » Gabriel Medina. Dans une finale tactique, Pittar a attendu patiemment la bombe de la série pour envoyer quatre turns sur le rail, d’une précision chirurgicale, notés 9.00. Un score qui a laissé Medina sans réponse, malgré toute sa hargne. Pour celui qui avait subi le « cut » de mi-saison l’an dernier sur cette même vague, la revanche est totale.

    Lakey Peterson : La patronne résiste à la nouvelle garde

    Chez les femmes, c’est l’expérience qui a parlé. À 31 ans, Lakey Peterson prouve qu’elle n’est pas prête à laisser sa place aux adolescentes qui poussent sur le tour. En s’imposant face à Luana Silva en finale, l’Américaine signe sa septième victoire en carrière et sa deuxième sur la terre des kangourous.

    Pourtant, le scénario était mal engagé. Luana Silva semblait tenir sa victoire grâce à un énorme virage sur la plus grosse vague de la série (6.83). Mais à moins de cinq minutes du terme, Peterson a trouvé l’ouverture sur un enchaînement de deux manoeuvres puissantes pour arracher un 6.40 salvateur.

    Nos Français « dans les choux » : L’heure de la réaction

    C’est le point noir de cette étape pour nous. Les surfeurs tricolores ont semblé manquer de rythme et de lecture sur ce plan d’eau haché de Margaret River. Éliminés prématurément, nos « Frenchies » pointent en bas de classement après les deux premières étapes.

    On le sait, le niveau est mondial, mais la réaction est attendue dès la prochaine étape. Le passage sur la Gold Coast (Snapper Rocks) sera crucial pour éviter de voir le haut du classement s’envoler définitivement. On espère que la magie des vagues du Queensland saura réveiller l’instinct de tueur de nos représentants.

    Classement mondial : Les nouveaux visages du Lycra Jaune

    À l’issue de cette étape mouvementée, le classement mondial subit un gros lifting :

    CatégorieLeader Mondial (N°1)
    HommesGabriel Medina (Brésil)
    FemmesGabriela Bryan (Hawaii)

    Malgré sa défaite en finale, Medina reprend les commandes du circuit, prouvant que son année sabbatique ne lui a rien fait perdre de son talent. Chez les femmes, Gabriela Bryan conserve sa première place de justesse.

    Prochain rendez-vous : le Bonsoy Gold Coast Pro, dès le 1er mai. On croise les doigts pour que Snapper Rocks nous offre enfin du grand spectacle.

  • Margaret River : pourquoi les pros risquent l’enfer sur ce spot

    Margaret River : pourquoi les pros risquent l’enfer sur ce spot

    Le streaming de la WSL nous montre des vagues bleues et des scores parfaits (quoique pas trop cette année encore). Mais derrière le vernis de la compétition, Margaret River cache une réalité que les caméras oublient souvent : c’est l’un des endroits les plus hostiles de la planète.

    « Je vais lui mettre mon poing dans la gueule »

    Dans les années 70, poser sa planche à Margaret River était une déclaration de guerre. La communauté locale, composée de bûcherons et de fermiers installés là depuis 140 ans, ne voyait pas d’un bon œil l’arrivée de ces « outcasts » aux cheveux longs.

    L’ambiance dans les pubs de l’époque ? Électrique. Un local témoigne dans les archives : « Mon pays, c’est ici. Si un de ces types dit quoi que ce soit, je lui casse les dents. » Les tensions ne se réglaient pas avec des priorités à l’eau, mais à coup de phalanges sur le parking. Pour ces pionniers, le surf n’était pas un sport, c’était une intrusion.

    Des vendanges à l’impact zone : l’économie de la survie

    Saviez-vous que Margaret River doit son industrie du vin… aux surfeurs ? C’est l’un des paradoxes les plus fous du spot. Pour pouvoir se payer le droit de charger des murs de 15 tonnes l’après-midi, les surfeurs sont devenus la main-d’œuvre du vignoble naissant.

    Imaginez la scène : ramasser des grappes de raisin dans la brume glaciale du matin, le dos cassé, pour ensuite aller affronter des vagues capables de vous briser en deux. C’était ça, le deal. Pas de sponsors, pas de réseaux sociaux. Juste du raisin et de l’adrénaline pure.

    Le « Cimetière » n’était pas qu’une métaphore

    Le nom des pistes qui menaient aux spots n’avait rien de romantique. Dans les années 50, Mal Bramley et Warren McKinley devaient piloter leurs vieux pick-ups sur une piste de terre défoncée qui s’arrêtait pile devant le cimetière local. C’est de là qu’ils observaient les « monstres bleus » pour la première fois. Un message assez clair de la part du destin.

    Le supplice des pieds nus sur les « briques »

    Le vrai carnage, il se passe sur la section finale. Contrairement à d’autres spots de la WSL, la droite de Main Break vous force à un choix cornélien : soit vous sortez tôt et perdez des points, soit vous restez pour le « score » et vous finissez sur les briques.

    Les pros sont littéralement forcés de sauter de leur planche et de courir pieds nus sur un reef calcaire acéré, dans une zone où des tonnes d’eau vous tombent sur la tête. Un seul pied coincé dans un trou du récif et c’est la fracture garantie.

    « C’est ici qu’on sépare les hommes des enfants », disait Gary Elkerton. Aujourd’hui, alors que les planches volent en éclats et que les chevilles grincent, on comprend que Margaret River n’a jamais vraiment été apprivoisée. C’est toujours cette frontière sauvage, impitoyable, où chaque vague est une partie de poker avec le bloc opératoire.

    Alors, la prochaine fois que vous verrez un pro prendre un 9.0, regardez bien où il finit sa vague. Il ne cherche pas la plage, il cherche juste à survivre aux rochers.

  • Twin Fin Invitational : l’aventure sauvage de William Aliotti entre les Landes et Mundaka

    Twin Fin Invitational : l’aventure sauvage de William Aliotti entre les Landes et Mundaka

    ll aura fallu attendre six mois pour que les images sortent enfin, mais le spectacle justifie l’attente. Pour la deuxième édition de son Twin Fin Invitational, William Aliotti n’a pas fait les choses à moitié.

    Confronté à un Vieux-Boucau saturé et des conditions trop musclées pour les dérives jumelées, le crew a pris une décision radicale : l’exil au Pays Basque espagnol. Résultat ? Une démonstration de style sur les vagues infinis de Mundaka.

    Plus qu’une simple compétition, cette vidéo de 8 jours retrace l’immersion totale d’une équipe soudée sous le même toit. Entre sessions de repli mémorables, art et soirées se terminant à l’aube, l’événement prouve que le surf de haut niveau peut encore rimer avec liberté totale. Le casting est cinq étoiles, la glisse est pure, et malgré le timing décalé, l’énergie de cette « deuxième édition » nous donne déjà envie d’être à la suivante.

  • Vahine Fierro éliminée à Margaret River 2026

    Vahine Fierro éliminée à Margaret River 2026

    Le début de saison 2026 ressemble à une douche froide pour le clan tricolore sur le CT. Après un début de tour éprouvant, tous les espoirs reposaient sur les épaules de Vahine Fierro lors de ce Margaret River Pro 2026. Malheureusement, la sentence est tombée cette nuit : la « reine de Teahupo’o » s’arrête prématurément au Round 2. Voici pourquoi la marche était trop haute aujourd’hui.

    Le « mur » Caitlin Simmers

    On le savait, le tirage n’était pas un cadeau. Faire face à Caitlin Simmers, la championne du monde 2024, sur un spot aussi mouvant et complexe que Main Break. Mais la tahitienne avait montré dans le passé de belles aptitudes sur cet spot. Dans un surf haché de 1m50 à 2m à plus, balayé par un vent onshore capricieux, Vahine n’a jamais vraiment trouvé son rythme.

    Là où Simmers a réussi à poser des laybacks fluides et à lier ses manœuvres dans de belles sections. Vahine a semblé plus en difficulté pour exprimer sa puissance habituelle. Score final : 11.40 à 7.40. Une défaite nette qui laisse un goût amer, d’autant que le reste de la délégation française peine également à trouver la solution en ce début de World Tour.

    « Je veux juste surfer » : l’insolence de Simmers

    Caitlin Simmers, fidèle à elle-même, n’a même pas semblé forcer son talent. En sortie de série, elle confiait d’ailleurs :

    « Je voulais juste surfer. À Bells, je n’avais pas eu beaucoup d’opportunités, alors ici, j’ai juste essayé de faire au mieux avec ce qu’il y avait. Je n’ai toujours pas dépassé les 5 points sur une vague cette année, ça m’énerve un peu, mais je passe. »

    Cette exigence montre le niveau actuel du circuit mondial féminin : même en « petite forme », les leaders mondiales comme Simmers ou Molly Picklum (auteur d’un 15.50 stratosphérique) ne laissent aucune miette.

    Une hécatombe chez les favoris

    Vahine n’est pas la seule à avoir mordu la poussière. Chez les hommes, le choc des frères Colapinto a tourné à l’avantage du cadet, Crosby, qui élimine Griffin pour 0.24 point. Plus impressionnant encore, le « local hero » Jack Robinson a été mis à la porte par un Gabriel Medina des grands jours, prouvant que le Brésilien est loin d’être fini.

    Résultats : Western Australia Margaret River Pro (Jour 2)

    Round 2 Femmes (Séries de Vahine) :

    • HEAT 7 : Caitlin Simmers (USA) 11.40 bat Vahine Fierro (FRA) 7.40
    • HEAT 5 : Molly Picklum (AUS) 15.50 bat Sally Fitzgibbons (AUS) 9.30
    • HEAT 3 : Caroline Marks (USA) 12.27 bat Francisca Veselko (POR) 10.17

    Round 3 Hommes (Faits marquants) :

    • HEAT 4 : Gabriel Medina (BRA) 11.90 bat Jack Robinson (AUS) 10.63
    • HEAT 3 : Crosby Colapinto (USA) 13.67 bat Griffin Colapinto (USA) 13.43

    Le programme des Quarts de Finale à venir

    La compétition est actuellement en pause pour deux jours en raison de prévisions météo médiocres. Prochain call : mercredi 22 avril.

    Tableau Féminin :

    1. Gabriela Bryan (HAW) vs. Sawyer Lindblad (USA)
    2. Caroline Marks (USA) vs. Lakey Peterson (USA)
    3. Molly Picklum (AUS) vs. Luana Silva (BRA)
    4. Caitlin Simmers (USA) vs. Carissa Moore (HAW) — Le choc à ne pas rater !

    Tableau Masculin :

    1. Samuel Pupo (BRA) vs. Joel Vaughan (AUS)
    2. Crosby Colapinto (USA) vs. Gabriel Medina (BRA)
    3. Yago Dora (BRA) vs. George Pittar (AUS)
    4. Italo Ferreira (BRA) vs. Ethan Ewing (AUS)
  • L’affaire Dora-Willcox : Entre coups de poing, censure médiatique et réconciliation instagram

    L’affaire Dora-Willcox : Entre coups de poing, censure médiatique et réconciliation instagram

    Le surf professionnel aime nous vendre une image de fraternité universelle, baignée dans l’eau salée et le respect mutuel. Mais, ce qui a commencé comme un simple litige de priorité au Round 2 de Magaret River, s’est transformé en un psychodrame mêlant bagarre de parking, censure médiatique et réconciliation ultra-médiatisée.

    Plongée dans les coulisses de cette affaire.

    L’Étincelle : 23 Minutes de Tension

    Tout commence à l’eau. Yago Dora a la priorité. Jacob Willcox, l’enfant du pays, se retrouve sur sa trajectoire. Dora freine, perd la vague, et explose. Les images montrent des échanges verbaux musclés et des jets d’eau rageurs.

    Le verdict des juges tombe : pas d’interférence (3 voix contre 2). Dora gagne la série de justesse, mais la frustration est à son comble. En sortant de l’eau, l’entraîneur de Dora s’en prend verbalement à Willcox. L’adrénaline de la compétition vient de muter en quelque chose de beaucoup plus personnel. On vous a calé la vidéo youtube en dessous sur la scène (dans l’eau, pas sur le parking…lol)

    Le Parking de la Discorde et le « Stab-gate »

    C’est ici que l’histoire quitte le cadre sportif pour entrer dans la rubrique faits divers. Selon les rapports initiaux de Stab Magazine, la tension s’est déplacée sur le parking. Les « crews » des deux surfeurs en seraient venus aux mains, forçant la sécurité de la compétition à intervenir massivement.

    C’est là que le scandale médiatique éclate. Stab, média pourtant réputé pour son ton irrévérencieux et « sans filtre », publie l’info… avant de la supprimer brusquement. Pour Pablo Zanocchi de Duke Surf et de nombreux observateurs, le constat est amer : le média le plus puissant du milieu a plié sous la pression des marques et des agents. Cette « disparition » de l’article a laissé un goût de censure, prouvant que même les médias dits indépendants craignent parfois de ternir l’image des « Golden Boys » du CT.

    « Est-on si peu respectueux de son propre travail de journaliste pour laisser des marques dicter ce qui doit être lu ? » — La question de Zanocchi reste, encore aujourd’hui, un pavé dans la mare.

    Le « Hug » de la Paix : Réconciliation ou Relation Presse ?

    Face à l’ampleur de la rumeur, il fallait éteindre l’incendie. Le 17 avril, Yago Dora publie une photo sur Instagram : les deux surfeurs s’enlacent, souriants.

    « La compétition est la compétition, et ce genre de situations est inévitable ; nous avons mis tout cela derrière nous », écrit le Brésilien. Il reconnaît que les choses ont dérapé de manière « inutile » la veille et salue en Willcox un « formidable compétiteur ».

    Finalement, un échange de coups n’a rien d’incroyable dans une histoire du surf avec des anecdotes plus folles les unes que les autres. À la base, on n’avait pas prévu de parler de cet incident, car on n’était pas témoin de la scène. Mais la censure de Stabmag aura finalement provoqué cet article….

  • Robinson, Italo, Medina : Le retour du WT à Bells Beach sous le signe du scandale

    Robinson, Italo, Medina : Le retour du WT à Bells Beach sous le signe du scandale

    Le surf est-il devenu un sport de « flops » et de frustrations ? Pour cette première étape du Championship Tour 2026 à Bells Beach, on attendait du grand spectacle sur les vagues mythiques de Victoria. On a eu le droit à deux polémiques, pas plus : une dose massive de drama, des juges sous le feu des critiques avec deux polémiques, les deux seules choses à retenir, car côté surf, les vagues étaient nuls comme trop souvent à Bells Beach.

    1. Le « suicide » tactique de Jack Robinson (et le show de Sammy Pupo)

    C’est le premier gros séisme de la saison. Jack Robinson, l’un des favoris au titre, a quitté la compétition par la petite porte suite à une pénalité d’interférence. Sur le papier, la règle est simple.

    Alors qu’il restait 9 minutes et que Samuel Pupo tenait la priorité, Robinson a tenté un coup de poker : partir sur une vague pour forcer le Brésilien à l’utiliser ou pour améliorer son propre score. Résultat ? Une perte de contrôle au lip et une planche qui frôle Pupo. La sanction est tombée : interférence de priorité.

    Pour être honnête avec vous, c’est un cas d’école. D’un côté, Sammy Pupo en a rajouté des tonnes, jouant l’obstruction comme un attaquant de surface cherche le penalty. De l’autre, Jack a joué avec le feu et s’est brûlé. Même le « King » Kelly Slater y est allé de son petit commentaire assassin en soulignant que, de toute façon, Pupo « fumait » Robinson sur le plan du surf pur. Le verdict est amer, mais Robinson ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Il a joué avec le feu et il a perdu.

    2. L’air « impossible » d’Italo Ferreira : Miracle ou mirage ?

    Si vous n’avez pas vu le replay de la série entre Italo Ferreira et Gabriel Medina, préparez-vous à hausser les sourcils. Italo nous a gratifié d’une manœuvre qui défie les lois de la physique : un air backside complet où ses pieds quittent totalement la planche en plein vol, avant qu’il ne retombe « par magie » dessus dans le bouillon.

    Le score ? Un 7.83. Pour les fans du champion olympique, c’est un vol pur et simple. Pour moi ? C’est la juste application du règlement.

    • Le critère de maîtrise : Le surf de compétition récompense la radicalité, certes, mais surtout le contrôle.
    • La comparaison avec Medina : En face, Gabriel Medina, de retour après sa blessure de 2025, a été clinique. Des rotations complètes, propres, engagées et surtout maîtrisées du début à la fin.

    Italo a réalisé un exploit de funambule, mais peut-on vraiment noter au sommet une manœuvre où le surfeur ne touche plus sa planche pendant la moitié du air ? Les juges ont tranché pour la technique plutôt que pour le spectaculaire désordonné.

    Le surf de jugement : Un éternel débat

    Ces deux polémiques nous rappellent une vérité fondamentale : le surf pro n’est pas une science exacte. C’est une affaire d’affinités, de lecture et parfois de « acting ». Que l’on soit pro-style ou pro-performance pure, il y a toujours débat dans le sport moderne….

    Et vous, vous auriez mis combien pour l’air d’Italo ?

  • À 34 ans, il réalise enfin son rêve à Bells Beach : le sacre fou de Miguel Pupo

    À 34 ans, il réalise enfin son rêve à Bells Beach : le sacre fou de Miguel Pupo

    Le célèbre spot de Bells Beach, en Australie, vient de livrer son verdict pour cette édition 2026, et le scénario semble tout droit sorti d’un film. Dans des vagues solides de 1m50 à 2m sur le spot de Winkipop, deux destins se sont croisés : celui d’un vétéran brésilien en quête de reconnaissance et d’une jeune hawaïenne bien décidée à régner sur le tour mondial.

    Le « vieux » lion Miguel Pupo enfin sur le toit du monde

    Si vous aviez dit à Miguel Pupo qu’il porterait le lycra jaune de leader mondial à 34 ans, il vous aurait sûrement ri au nez. Après 14 saisons passées sur le Championship Tour, le Brésilien a enfin fait résonner la cloche la plus convoitée du surf.

    En finale, il était opposé à son compatriote et champion du monde en titre, Yago Dora. Dans un duel de « goofy », une rareté à Bells qui n’était plus arrivée depuis 1993, Pupo a fait la différence dans les dix dernières minutes. Grâce à un enchaînement de trois gros turns backside d’une précision chirurgicale, il décroche un 8,10 salvateur.

    « Je vis ma carrière à l’envers », a confié Miguel, ému, avec sa deuxième victoire en carrière en poche. « Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de ma fille aînée, je lui ramène une cloche à la maison. »

    Gabriela Bryan : la nouvelle patronne du tour

    Côté féminin, la domination a été totale. Gabriela Bryan, la pépite de Kauai âgée de 24 ans, a littéralement survolé la compétition. Après une année 2025 exceptionnelle, elle commence 2026 de la plus belle des manières en dominant la championne du monde en titre, Molly Picklum, lors d’une finale à sens unique.

    Bryan a rapidement mis l’Australienne « en combo » (nécessitant deux nouvelles vagues pour repasser devant) grâce à des carves puissants et un engagement physique impressionnant. C’est sa cinquième victoire sur le CT, et la jeune hawaïenne s’affirme plus que jamais comme la prétendante numéro 1 au titre mondial cette saison.

    Cap sur Margaret River avec le maillot jaune

    Grâce à ces victoires, Pupo et Bryan s’emparent des commandes du classement général. Ils arriveront à Margaret River avec le statut de favoris et le précieux maillot jaune sur les épaules. Pour Pupo, c’est une première historique ; pour Bryan, c’est la confirmation d’un talent qui n’en finit plus de grandir. Une chose est sûre : le surf mondial a changé de visage en ce mois d’avril 2026.

  • Rip Curl Pro Bells Beach 2026 : Marco Mignot tombe les armes à la main face à l’élite

    Rip Curl Pro Bells Beach 2026 : Marco Mignot tombe les armes à la main face à l’élite

    Le rêve australien s’arrête brutalement pour Marco Mignot. Engagé dans le Round 3 du Rip Curl Pro Bells Beach, le surfeur tricolore a touché du doigt l’exploit face à l’un des ténors du circuit, le Brésilien Yago Dora. Dans des conditions magnifiques mais capricieuses sur le spot de Winkipop, c’est un scénario frustrant qui a scellé le sort du dernier Français en lice.

    La meilleure vague, mais pas le backup

    Le heat avait pourtant bien commencé pour Mignot. Affichant un engagement total, il a posté la meilleure note de la série avec un solide 7,00 points, prouvant qu’il avait largement le niveau pour bousculer la hiérarchie mondiale. Avec un backup de 5,63, le total du Français semblait compétitif.

    Cependant, face à lui, la régularité de Yago Dora a fait la différence. Le Brésilien a su optimiser les sections offertes par le swell de 3-4 pieds pour prendre l’avantage.

    Neuf minutes d’agonie avec la priorité

    Le plus dur à avaler pour le clan français reste cette fin de série. Alors qu’il avait besoin d’un petit 5,67 pour reprendre la tête et créer la surprise, Marco Mignot a conservé la priorité pendant les neuf dernières minutes de la bataille.

    Malheureusement, Poseidon s’est montré avare. Dans une mer devenue soudainement trop calme et inconsistante, aucune opportunité ne s’est présentée au Français. Malgré une lecture de vague impeccable et une attente stratégique, le « set » de la délivrance n’est jamais venu.

    Cette élimination précoce à Winkipop laisse un goût amer, tant le surf produit par Mignot méritait un meilleur sort. Le pensionnaire de l’élite devra désormais se remobiliser pour la suite de la saison, avec la certitude que sa pointe de vitesse et son « power surfing » sont désormais au niveau des meilleurs mondiaux.

  • Rip Curl Pro Bells Beach 2026 : Marco Mignot en patron, la douche froide pour Kauli Vaast

    Rip Curl Pro Bells Beach 2026 : Marco Mignot en patron, la douche froide pour Kauli Vaast

    Après plusieurs jours de calme plat, la mythique cloche de Bells Beach a enfin résonné. Cette quatrième journée de compétition, marquée par une alternance entre le Bowl et le spot de Winkipop, a offert un scénario mitigé pour le clan tricolore. Si Marco Mignot a validé son ticket pour la suite avec brio, Kauli Vaast quitte prématurément Bells Beachavec un immense sentiment d’injustice.

    Marco Mignot dompte Crosby Colapinto

    Pour son entrée en lice, Marco Mignot n’a pas tremblé. Opposé à l’Américain Crosby Colapinto dans une série piégeuse sur des vagues de 1m20 à 1m50, le Français a fait preuve d’une maturité tactique. Avec un total de 11,83 points, il a su exploiter les sections les plus critiques du Bowl pour s’imposer. Mignot semble avoir trouvé le bon rythme sur ces longues droites australiennes, une victoire qui lui permet de rejoindre le Round 3 où il retrouvera le redoutable Yago Dora, champion du monde l’année précédente.

    Le cauchemar de Kauli Vaast : éliminé pour 0,07 !

    Le surf est parfois un sport de détails, et Kauli Vaast vient d’en faire la douloureuse expérience. Face à l’Italien Leonardo Fioravanti, le Tahitien a livré un duel de haute volée, tout en puissance et en flow. Malheureusement, le verdict des juges est tombé comme un couperet : 11,60 contre 11,67 pour Fioravanti. Pour seulement 0,07 point, le champion olympique voit son parcours s’arrêter net.

    La déferlante brésilienne et les favoris au tapis

    Derrière les performances françaises, la journée a été marquée par le réveil des brésiliens. Les champions du monde brésiliens ont fait la loi : Gabriel Medina, pour son grand retour sur le CT, a surclassé Alan Cleland, tandis que Filipe Toledo et Italo Ferreira ont également validé leur passage.

    Cependant, Bells Beach ne pardonne pas aux imprudents. Le tenant du titre Jack Robinson a été éliminé par Samuel Pupo, suite à une interférence coûteuse. Chez les femmes, la sensation vient de l’élimination de la n°2 mondiale Caroline Marks, sortie par Alyssa Spencer (qui avait éliminé la française Tya au round 2). De son côté, la championne du monde en titre Molly Picklum a affiché ses ambitions en scorant un 16,50, le meilleur total de l’épreuve.

    Prochain rendez-vous : Le « Call » est fixé à cette nuit pour la suite du Round 3, où Marco Mignot tentera de venger le clan français.

  • Rip Curl Pro Bells Beach 2026 : Journée noire pour les surfeuses françaises

    Rip Curl Pro Bells Beach 2026 : Journée noire pour les surfeuses françaises

    Le mythique « Bowl » de Bells Beach a montré son visage le plus capricieux pour le lancement de la saison féminine 2026 du Championship Tour (CT). Dans un swell désordonné de 1m50 à 2 mètres, marqué par des conditions de marée changeantes, le clan tricolore a malheureusement bu la tasse. Entre retours triomphaux et éliminations prématurées, cette deuxième journée de compétition restera gravée comme celle des paradoxes.

    Fin de parcours cruelle pour Vahine Fierro et Tya Zebrowski

    L’attente était immense, mais la déception est à la hauteur des espoirs placés en nos surfeuses françaises. Pour ses grands débuts sur le circuit d’élite, la jeune prodige de 15 ans Tya Zebrowski a dû s’incliner face à une Alyssa Spencer en état de grâce. En regardant la série, on avait l’impression que la française maitrisait le duel, mais dans les trois dernières minutes, l’Américaine a chopé une bombe, quelle a bien surfé avec un score fatal d 8.33.

    Le scénario est encore plus amer pour Vahine Fierro. Dans un duel ultra-serré face à l’Israélienne Anat Lelior, la surfeuse de Teahupo’o a manqué de réussite sur ses derniers choix de vagues. Anat Lelior l’emporte d’un cheveu (13.83 contre 13.50). Avec ces deux sorties de route dès le Round 1, la France perd ses deux meilleures chances de trophée à Victoria.

    Carissa Moore rayonne, Stephanie Gilmore chute

    C’était l’autre grand événement de la journée : le retour à la compétition des « Reines du surf ». Deux ans après s’être retirée pour devenir maman, la quintuple championne du monde Carissa Moore a prouvé qu’elle n’avait rien perdu de son « rail-to-rail » légendaire. Très sereine, elle s’impose face à Sawyer Lindblad et affiche ses ambitions pour une quatrième cloche à Bells.

    « Je n’arrivais même pas à marcher jusqu’à ma boîte aux lettres après l’accouchement il y a un an. Aujourd’hui, remettre un lycra et voir ma fille sur la plage, c’est ma plus belle victoire », a confié l’Hawaïenne avec émotion.

    À l’inverse, le conte de fées a tourné court pour Stephanie Gilmore. La « GOAT » australienne, en quête d’un cinquième titre ici, a paru manquer de rythme face à la Brésilienne Luana Silva. Un coup dur pour le public local qui espérait voir son icône aller loin.

    Séisme chez les hommes : le tenant du titre Ethan Ewing éliminé

    Le tableau masculin n’a pas été épargné par les surprises lors du Round 2. Le favori local et tenant du titre, Ethan Ewing, a été victime d’un véritable hold-up signé George Pittar. Dans un remake de leur duel de 2024, le jeune Australien a pris sa revanche en exploitant parfaitement une longue section ouverte pour décrocher un 7.67 salvateur, laissant Ewing sur le carreau.

    Les résultats notables du Round 1 (Femmes) :

    • Heat 2 : Alyssa Spencer (USA) 13.76 bat Tya Zebrowski (FRA) 12.16
    • Heat 5 : Anat Lelior (ISR) 13.83 bat Vahine Fierro (FRA) 13.50
    • Heat 6 : Carissa Moore (HAW) 11.50 bat Sawyer Lindblad (USA) 8.00
    • Heat 7 : Luana Silva (BRA) 11.83 bat Stephanie Gilmore (AUS) 6.10

    La suite de la compétition s’annonce électrique, avec des Français qui devront impérativement relever la tête dans les séries masculines restantes. Marco Mignot et Kauli Vaast sont attendus au tournant dès demain pour sauver l’honneur du surf tricolore.

    Prochain call : Demain, 5 avril, à 6h45 (heure locale).

  • Le chaos et la gloire à Bells Beach

    Le chaos et la gloire à Bells Beach

    Le Rip Curl Pro Bells Beach n’est pas une simple étape du circuit mondial. C’est un pèlerinage, une institution où l’on ne gagne pas seulement des points, mais une cloche en bronze qui pèse le poids de l’histoire. Pourtant, derrière le prestige de la « Bell », se cachent des récits que les retransmissions en direct ne racontent jamais.

    John Collins, directeur de compétition emblématique entre 1987 et 1993, a vécu l’âge d’or du surf professionnel. Une époque où le sport passait du statut de « club secret » à celui de spectacle planétaire, avec son lot d’improvisations, de drames et de miracles. Voici les coulisses d’un mythe racontées par celui qui tenait les rênes.

    1. 1987 : Le gamin de 15 ans que personne n’attendait

    Imaginez la scène : vous êtes nommé directeur de la plus grande compétition de surf au monde sans aucune expérience préalable. Vous vous retrouvez lors de votre première conférence de presse, entouré des légendes du sport. Problème ? Vous ne connaissez pas la moitié des visages alignés devant vous.

    C’est ce qui est arrivé à John Collins en 1987. Alors qu’il panique discrètement face aux caméras, un adolescent assis à côté de lui, sourire jusqu’aux oreilles, lui souffle les noms des champions un par un. Ce gamin, c’était Nicky Wood.

    Le hold-up du siècle

    À seulement 15 ans, Nicky Wood n’était pas censé gagner. Il était là pour apprendre. Mais cette année-là, la magie a opéré. Dans une ambiance de fête totale, devant des milliers de spectateurs massés sur les falaises de Torquay, le jeune Australien a balayé l’élite mondiale.

    « Je le voyais déchirer les vagues et je me demandais : ‘C’est quoi ce délire ?’ », se souvient Collins.

    Nicky Wood est devenu, et reste à ce jour, le plus jeune surfeur de l’histoire à remporter une épreuve du CT. Un record qui semble aujourd’hui intouchable, gravé à jamais dans le bronze de la cloche de Bells.

    2. 1992 : Un trophée remis dans une ambulance

    Le surf de haut niveau est un sport de gladiateurs, et la finale de 1992 entre Richie Collins et le champion du monde Martin Potter en est la preuve la plus brute.

    Les conditions ce jour-là étaient loin d’être idylliques. La houle s’essoufflait sur le reef. Sous la pression du public et des sponsors, John Collins prend la décision de lancer la finale. C’est là que le drame survient. Sur une vague minuscule, Richie Collins chute violemment et percute le récif. Son dos lâche.

    Le silence de l’océan

    Pendant que Richie est évacué sur une civière, Martin Potter reste à l’eau. Il ne lui manque qu’une seule petite vague pour remporter le titre. Mais l’océan, comme s’il avait décidé que le spectacle était terminé, s’arrête net. « C’était comme si quelqu’un avait coupé le robinet », raconte l’ancien directeur.

    À la sirène finale, Richie Collins est déclaré vainqueur depuis son brancard. La scène est surréaliste : John Collins doit se précipiter vers l’ambulance qui s’apprête à partir pour lui remettre officiellement son trophée. Gagner Bells Beach sur un brancard : voilà la définition du sacrifice pour la gloire.

    3. 1993 : Le pari fou de la « compétition mobile »

    Aujourd’hui, déplacer une compétition de surf pour trouver de meilleures vagues est monnaie courante. Mais en 1993, c’était une hérésie logistique.

    Bells Beach était « flat » depuis des jours. La pression montait. Les propriétaires de Rip Curl voulaient de l’action. John Collins prend alors une décision qui va changer l’histoire du circuit pro : déménager l’intégralité de l’événement à Johanna Beach, une plage sauvage et isolée, cachée au fond des forêts de l’Otway.

    Hélicoptères et gardes forestiers

    L’opération tourne au chaos organisé :

    • Accès restreint : Johanna est située dans un parc national. Les autorisations ont été négociées dans l’urgence absolue.
    • Invasion médiatique : Les chaînes de télé nationales ont envoyé des hélicoptères pour le JT de 18h, forçant Collins à improviser une piste d’atterrissage entre les dunes et les gardes forestiers furieux.
    • Risque financier : L’entrée à Bells coûtait 5 dollars, finançant l’année de Surfing Victoria. En partant à Johanna, Collins a dit adieu à cette recette.

    Le pari fut pourtant gagnant. Les vagues étaient massives, brutes et authentiques. Ce geste a prouvé que pour l’intégrité du surf, la qualité des vagues devait primer sur le confort logistique. C’était la naissance du surf professionnel « hardcore ». Dommage qu’on ait un peu oublié cette règle….

    Au-delà des anecdotes, Bells Beach est aussi un pionnier de l’écologie. Bien avant que la durabilité ne soit à la mode, la compétition imposait aux surfeurs de planter un arbre pour chaque inscription. C’est grâce à cette pression des surfeurs que le site est devenu la première réserve de surf officiellement reconnue au monde.

    L’histoire continue et on espère pouvoir vous raconter d’autres anecdotes dans les années futures.

  • WCT 2026 : Pourquoi le Rip Curl Pro Bells Beach sera historique cette année

    WCT 2026 : Pourquoi le Rip Curl Pro Bells Beach sera historique cette année

    C’est le rendez-vous que tous les passionnés de surf attendaient. Ce soir, la cloche la plus célèbre du surf mondial s’apprête à résonner pour le lancement du Rip Curl Pro Bells Beach 2026 et de la saison de WCT. Pour cette 50ème édition du circuit professionnel, la World Surf League (WSL) frappe fort avec un plateau de stars rarement vu, mêlant jeunes loups affamés et icônes de la discipline de retour aux affaires.

    Le retour des « Queens » et du « King » brésilien

    L’attraction majeure de cette première étape est sans conteste le retour à la compétition de deux légendes : Stephanie Gilmore (8 titres mondiaux) et Carissa Moore (5 titres). Après une pause prolongée, les deux championnes reviennent avec un regard neuf. Moore, désormais maman, et Gilmore, revigorée, devront faire face à la nouvelle garde menée par la tenante du titre mondial, l’Australienne Molly Picklum, qui rêve de faire sonner la cloche à domicile.

    Chez les hommes, tous les regards sont braqués sur Gabriel Medina. Absent en 2025 pour blessure, le triple champion du monde revient avec le lycra numéro 1 et un nouveau coach de renom : Adriano de Souza. Face à lui, le champion en titre Yago Dora et l’Australien Jack Robinson, opéré du genou durant l’intersaison, comptent bien gâcher le retour du « King ».

    Prévisions météo : Un démarrage en fanfare

    Côté conditions, les nouvelles sont excellentes. Selon les dernières prévisions de Craig Brokensha, un premier swell solide devrait offrir des vagues d’environ de 80 cm à 1,2 m dès le premier jour, des conditions pas folles mais suffisantes pour lancer la compétition. Le vent de secteur nord-nord-ouest garantit des faces propres et lisses sur le spot de Bells, voire un repli sur Winki Pop si la marée haute de la mi-journée l’exige.

    Si les journées de jeudi et vendredi s’annoncent plus calmes, une nouvelle rentrée de houle est attendue pour le week-end de Pâques.

    Premier Call : Rendez-vous cette nuit !

    Pour ne rien rater du spectacle, il faudra veiller (ou se lever très tôt). Le premier call officiel est prévu à 7h45 AEDT, ce qui correspond à 22h45 ce soir, mardi 31 mars, heure de Paris. Un lancement de la compétition est fortement envisageable dès 23h00.

    Les Français en lice

    La délégation française sera particulièrement scrutée. Vahine Fierro, très attendue après ses performances à Tahiti, affrontera Anat Lelior au premier tour. La jeune prodige Tya Zebrowski aura fort à faire face à l’Américaine Alyssa Spencer. Chez les hommes, Marco Mignot affrontera Crosby Colapinto, alors que le rookie Kauli Vaast sera opposé à l’italien Leonardo Fioraventi.

    Pour rappel, le vainqueur du classement général sur les trois étapes australiennes (Bells, Margaret River et Gold Coast) repartira cette année avec un GWM Tank 300. Les enjeux sont posés !

  • WCT 2026 : Décryptage complet du nouveau format du Championship Tour

    WCT 2026 : Décryptage complet du nouveau format du Championship Tour

    Le circuit mondial de surf entame une véritable révolution en 2026. Entre un calendrier rallongé, une redistribution des points et un changement radical pour la finale mondiale, la World Surf League (WSL) a revu sa copie en profondeur. Pour vous aider à y voir plus clair dans ce nouveau règlement, voici tout ce qu’il faut savoir sur le fonctionnement du Championship Tour (CT) 2026.

    Un calendrier à 12 étapes : le retour à la tradition

    Contrairement aux années précédentes, la saison 2026 s’articule autour de 12 étapes régulières. La grande nouveauté réside dans l’abandon du format « WSL Finals » sur une seule journée à Trestles. Désormais, le titre mondial se jouera sur la régularité, avec une apothéose finale à Hawaii.

    Les étapes clés de la saison :

    1. Bells Beach, Australie (Avril)
    2. Margaret River, Australie (Avril)
    3. Snapper Rocks, Australie (Mai)
    4. Punta Roca, El Salvador (Mai/Juin)
    5. Saquarema, Brésil (Juin)
    6. Jeffreys Bay, Afrique du Sud (Juillet)
    7. Teahupo’o, Tahiti (Août)
    8. Cloudbreak, Fidji (Août/Septembre)
    9. Lower Trestles, USA (Septembre)
    10. Surf Abu Dhabi, UAE (Octobre)
    11. Peniche, Portugal (Octobre/Novembre)
    12. Banzai Pipeline, Hawaii (Décembre)

    Le Mid-Season Cut : qui reste, qui sort ?

    Le mécanisme du « Cut » de mi-saison reste en vigueur, mais il intervient désormais après la 9ème étape (Trestles). Ce couperet divise le plateau pour les trois dernières compétitions de l’année.

    • Chez les hommes : Seuls les 22 meilleurs au classement (plus deux wildcards) accèdent à la fin de saison.
    • Chez les femmes : Seules les 14 meilleures (plus deux wildcards) se maintiennent pour Abu Dhabi, Peniche et Pipeline.

    À noter : Les surfeurs qui ne passent pas le Cut sont automatiquement relégués sur le circuit Challenger Series (CS) pour tenter de se requalifier pour l’année suivante.

    Le barème de points : le « Super » Pipeline

    Le classement mondial est établi sur la base des 9 meilleurs résultats de chaque surfeur sur l’ensemble de la saison. Cependant, toutes les étapes ne se valent pas.

    L’ultime rendez-vous à Banzai Pipeline bénéficie d’un statut spécial : il rapporte 50% de points supplémentaires par rapport à une épreuve classique.

    • Une victoire en saison régulière = 10 000 points.
    • Une victoire à Pipeline = 15 000 points.

    Ce bonus massif garantit que le titre mondial restera disputé jusqu’aux dernières vagues de l’hiver hawaiien.

    Formats de compétition : plus de duels

    La WSL a simplifié les tableaux de compétition en privilégiant les séries en « man-on-man » (un contre un).

    • Avant le Cut : Format à 36 surfeurs (hommes) et 24 (femmes).
    • Après le Cut : Le plateau se resserre avec 24 hommes et 16 femmes pour Peniche et Abu Dhabi.
    • La Finale à Pipe : Le format repasse à 36 hommes et 24 femmes pour offrir un spectacle total sur le spot le plus dangereux du monde.

    Difficile de dire l’impact de ce nouveau format pour l’instant. Le format du man on man du premier tour me semble plus délicat pour les surfeurs qui rentrent sur le World Tour, mais à voir avec le temps. Par contre, l’abandon du mode play off me semble opportun, encore plus avec ce bonus de points à Pipeline.

  • Le verdict est tombé à Taghazout, voici nos nouveaux qualifiés pour les Challenger Series

    Le verdict est tombé à Taghazout, voici nos nouveaux qualifiés pour les Challenger Series

    Le rideau vient de tomber sur la saison 2025/2026 des Qualifying Series (QS) européennes sur les vagues d’Anza, au Maroc. Entre vagues pas terribles et tension nerveuse, le Pro Taghazout Bay a livré son verdict final, désignant officiellement les athlètes qui porteront les couleurs de l’Europe sur le circuit Challenger Series 2026.

    Un doublé basque historique au Maroc

    La journée finale a été marquée par la domination sans partage des surfeurs basques. Janire Gonzalez Etxabarri a pris sa revanche sur l’édition précédente en s’imposant chez les femmes, décrochant par la même occasion le titre de Championne d’Europe QS. Chez les hommes, Adur Amatriain a réalisé l’exploit de la semaine : arrivé au Maroc au 25ème rang, sa victoire lui offre non seulement le trophée de l’épreuve mais aussi la couronne de Champion d’Europe.

    La liste des 11 élus pour les Challenger Series 2026

    Le classement final a validé le ticket des sept meilleurs hommes et des quatre meilleures femmes de la région. Ces surfeurs rejoignent l’antichambre de l’élite mondiale (la Championship Tour) pour tenter de décrocher leur place parmi les meilleurs mondiaux.

    Le contingent masculin (Top 7) :

    • Adur Amatriain (EUK)
    • Guilherme Ribeiro (POR)
    • Ido Hagag (WRL)
    • Yago Dominguez (EUK)
    • Sean Gunning (ESP)
    • Conor Donegan Dos Santos (ESP)
    • Tiago Carrique (FRA) : Le seul Français à valider son ticket via le classement.

    Le contingent féminin (Top 4) :

    • Janire Gonzalez Etxabarri (EUK)
    • Maria Salgado (POR)
    • Alys Barton (GBR)
    • Ariane Ochoa (EUK)

    À noter qu’une wildcard supplémentaire (invitation) sera attribuée prochainement par la WSL Europe chez les hommes comme chez les femmes pour compléter ce tableau. Pour ces 11 athlètes, le plus dur commence : affronter les meilleurs mondiaux pour espérer intégrer le prestigieux Championship Tour (CT).

  • Pro Taghazout Bay 2026: Justin Becret porte les derniers espoirs français au Maroc

    Pro Taghazout Bay 2026: Justin Becret porte les derniers espoirs français au Maroc

    Le verdict approche à Anza. Après une journée de samedi intense dans des vagues de 1 mètre, le Pro Taghazout Bay 2026 a rendu son verdict pour les demi-finales. Si le clan basque survole les débats, la délégation française joue sa survie pour intégrer le circuit Challenger Series (CS). Entre calculs de points et performances de haut vol, voici ce qu’il faut retenir avant l’ultime journée.

    Le réveil de Justin Becret, le cauchemar de Grainville et Piter

    C’est le grand soulagement pour Justin Becret. En se hissant en demi-finale après une victoire solide face à Markel Vizcarguenaga (13.50 pts), le Landais fait un pas de géant vers la qualification pour les Challenger Series. Sa puissance sur les sections critiques a fait la différence et il semble être le seul Tricolore capable de bousculer l’hégémonie basque ce dimanche.

    En revanche, la soupe est à la grimace pour le reste du contingent. Pour Renan Grainville et Sam Piter, les espoirs de qualification s’envolent quasiment définitivement après les résultats d’hier. Seule note positive au classement général : Tiago Carrique devrait conserver sa place dans le Top 10 européen, mais à vérifier à la fin de la journée de dimanche.

    Les Basques en démonstration

    Le spectacle a été assuré par les surfeurs basques qui ont littéralement confisqué les scores d’excellence. Yago Dominguez a signé la performance du jour avec un total de 16.00 points, éliminant le Néerlandais Beyrick De Vries. De son côté, Adur Amatriain a été impitoyable face au Sud-Africain Adin Masencamp, pliant la série avec un 8.17 sur sa dernière vague.

    Maëlys Jouault, l’unique chance féminine

    Chez les dames, le bilan est tout aussi contrasté. La championne du monde junior Janire Gonzalez Etxabarri semble intouchable et file vers un titre européen. Côté français, seule Maëlys Jouault a réussi à tirer son épingle du jeu en éliminant Ariane Ochoa. Elle est désormais l’unique chance de voir une Française intégrer les Challenger Series, mais la marche sera haute en demi-finale face à l’épouvantail Etxabarri.

    L’épilogue de cette saison QS européenne s’annonce électrique. Le « call » est fixé ce dimanche matin à 9h00. Une année globalement décevante pour le surf français, qui compte sur un exploit de Becret ou Jouault pour finir sur une note positive.

    Résultats : Quarts de finale (Samedi 28 Mars)

    Tableau Masculin Le clan français garde un pied dans la compétition grâce à Justin Becret, tandis que les Basques (EUK) ont écrasé la concurrence.

    • Série 1 : Justin Becret (FRA) 13.50 bat Markel Vizcarguenaga (EUK) 8.87
    • Série 2 : Adur Amatriain (EUK) 14.84 bat Adin Masencamp (RSA) 5.66
    • Série 3 : Yago Dominguez (EUK) 16.00 bat Beyrick De Vries (NLD) 12.73
    • Série 4 : Conor Donegan Dos Santos (ESP) 10.00 bat Keoni Lasa (EUK) 6.43

    Tableau Féminin Une seule rescapée française pour les demies. La favorite Janire Gonzalez Etxabarri semble intouchable.

    • Série 1 : Maria Salgado (POR) 14.17 bat Nahia Milhau (FRA) 11.43
    • Série 2 : Alys Barton (GBR) 12.00 bat Janina Zeitler (DEU) 9.23
    • Série 3 : Janire Gonzalez Etxabarri (EUK) 14.56 bat Naïa Monte (FRA) 12.76
    • Série 4 : Maelys Jouault (FRA) 12.67 bat Ariane Ochoa (EUK) 11.87

    Le programme : Demi-finales (Dimanche 29 Mars)

    Les séries qui vont décider de la saison européenne et des précieux tickets pour les Challenger Series.

    Demi-finales Hommes | #1 | Justin Becret (FRA) | vs | Adur Amatriain (EUK) | | #2 | Yago Dominguez (EUK) | vs | Conor Donegan (ESP) |

    Demi-finales Femmes | #1 | Maria Salgado (POR) | vs | Alys Barton (GBR) | | #2 | J. Gonzalez Etxabarri (EUK) | vs | Maelys Jouault (FRA) |

  • Carnage au Pro Taghazout : Le Top 10 français prend la porte, les calculs s’annoncent sombres

    Carnage au Pro Taghazout : Le Top 10 français prend la porte, les calculs s’annoncent sombres

    C’est un vendredi noir pour nos tricolores hommes sur la plage d’Anza. Alors que le Pro Taghazout Bay 2026, l’épreuve la plus importante de la saison (QS 4,000), devait servir de tremplin vers les Challenger Series, elle s’est transformée en véritable cimetière pour les ambitions françaises. Dans des conditions onshore piégeuses de 80 cm à 1 mètre, le Round of 32 masculin a vu tomber les têtes de série les unes après les autres.

    L’hécatombe des cadres tricolores

    Le constat est glacial : alors que les points distribués ici sont cruciaux pour l’accession à l’élite mondiale, tout le contingent français présent dans le Top 10 européen a été balayé. Tiago Carrique, actuel numéro 2 continental, a subi un coup d’arrêt brutal, éliminé par le Portugais Frederico Morais et le basque Keoni Lasa.

    Il n’est malheureusement pas le seul. Nicolas Paulet, Noa Dupouy et Andy Criere quittent également la compétition prématurément. Sur les dix premiers du classement général avant cette étape, seuls deux rescapés pointent encore le bout de leur nez en 8èmes de finale : Guilherme Ribeiro et l’Espagnol Sean Gunning. Pour le reste de la délégation bleue, il va falloir sortir les calculatrices, et le résultat risque de piquer. La qualification pour les Challenger Series ne tient désormais plus qu’à un fil et dépendra des faux pas de leurs concurrents directs.

    Sean Gunning et Frederico Morais font le show

    Si les Français ont souffert, d’autres ont trouvé la clé du spot d’Anza. Sean Gunning a électrisé la foule en sortant un énorme « grab-rail air » noté 8.00 pour s’extirper d’une situation critique. De son côté, l’ancien pensionnaire du CT, Frederico Morais, a fait parler la puissance avec un enchaînement de trois turns massifs récompensés par un 8.33.

    Alys Barton survole les débats chez les femmes

    Chez les dames, la sensation du jour s’appelle Alys Barton. La Galloise a donné une véritable leçon de surf backside. Sur une vague qui semblait anodine au départ, elle a déclenché trois rollers critiques dans la « pocket » pour décrocher un 9.33, soit la meilleure note de toute la compétition jusqu’à présent.

    Côté Françaises, tout n’est pas noir : Nahia Milhau, Maëlys Jouault et Naïa Monte sauvent l’honneur et se qualifient pour les quarts de finale, rejoignant les redoutables Basques Janire Gonzalez Etxabarri et Ariane Ochoa.

    Le prochain call est fixé à samedi, 7h30 locales. Les phases finales s’annoncent sous haute tension.

  • Enfin du surf au Maroc : La compétition redémarre à Taghazout !

    Enfin du surf au Maroc : La compétition redémarre à Taghazout !

    Après trois jours de « lay days » à scruter l’horizon, l’attente est terminée. Les conditions sur le spot d’Anza se sont enfin réveillées ce vendredi 27 mars, permettant à la direction de course du QS 4,000 Pro Taghazout Bay de lancer les hostilités dès 8h15.

    L’enjeu est colossal : les surfeurs européens et africains chassent les derniers points précieux pour la qualification aux Challenger Series. Dans l’eau, le spectacle s’annonce bouillant avec une forte délégation française prête à en découdre. Noa Dupouy ouvre le bal dès le premier heat, tandis que Justin Becret devra batailler dans une série relevée face au leader du classement, le Portugais Guilherme Ribeiro. Chez les femmes, les regards seront tournés vers Lilou Rumiel et Nahia Milhau.

    Tableaux Complets des Séries – Vendredi 27 Mars

    Round of 32 – Hommes (Men)

    SérieAthlètes en lice
    HEAT 1Adin Masencamp (RSA), Noa Dupouy (FRA), Markel Vizcarguenaga (EUK), Ido Hagag (WRL)
    HEAT 2Luis Diaz (CNY), Slade Prestwich (RSA), Daniel Emslie (RSA), Charly Quivront (FRA)
    HEAT 3Justin Becret (FRA), Hans Odriozola (DEU), Francisco Ordonhas (POR), Guilherme Ribeiro (POR)
    HEAT 4Luke Van Wyk (RSA), Adur Amatriain (EUK), Andy Criere (ESP), Leo Paul Etienne (FRA)
    HEAT 5Conor Donegan Dos Santos (ESP), Beyrick De Vries (NLD), Martim Nunes (POR), Jacobo Trigo (ESP)
    HEAT 6Connor Slijpen (RSA), Lukas Skinner (GBR), Yago Dominguez (EUK), Sean Gunning (ESP)
    HEAT 7Keoni Lasa (EUK), Nicolas Paulet (FRA), Frederico Morais (POR), Tiago Carrique (FRA)
    HEAT 8Tomas Fernandes (POR), Nestor Garcia (ESP), Noe Ledee (FRA), Afonso Antunes (POR)

    Round of 16 – Femmes (Women)

    SérieAthlètes en lice
    HEAT 1Lilou Rumiel (FRA), Lauren Sandland (GBR), Janina Zeitler (DEU), Nahia Milhau (FRA)
    HEAT 2Alys Barton (GBR), Jessie Van Niekerk (RSA), Maria Salgado (POR), Lilias Tebbai (MAR)
    HEAT 3Tiara Van Der Huls (NLD), Sarah Leiceaga (FRA), Ariane Ochoa (EUK), Janire Gonzalez Etxabarri (EUK)
    HEAT 4Naïa Monte (FRA), Louise Lepront (RSA), Maelys Jouault (FRA), Lucia Machado (CNY)
  • Le sort s’acharne sur le Taghazout Pro 2026 : site ravagé et silence radio

    Le sort s’acharne sur le Taghazout Pro 2026 : site ravagé et silence radio

    Le surf est un sport de pleine nature, fondamentalement tributaire de la météo. On peut caler une fenêtre d’attente ou « waiting period » sur la meilleure saison possible, compiler toutes les statistiques de houle, à la fin, c’est toujours Mère Nature qui a le dernier mot. Et pour cette édition 2026 du Taghazout Pro, elle a visiblement décidé de s’acharner avec une série noire qui relève de la pure loi de Murphy. (promis je vous écris un article sur la loi de murphy)

    Une loi des séries désastreuse pour le surf au Maroc

    Le cauchemar a commencé par un cruel manque de vagues, couplé à des prévisions météorologiques particulièrement pessimistes pour la suite de la waiting period.

    Le flat et l’invasion des Blue Bottle

    Comme si un océan désespérément plat ne suffisait pas, les redoutables méduses Blue Bottle (les tristement célèbres physalies) se sont invitées en masse au line-up. Résultat : les rares sessions de free surf sont devenues particulièrement risquées et douloureuses pour les athlètes.

    Tempête et destructions : le site d’Anza dévasté

    Mais le coup de grâce a été porté par le ciel. Une tempête aux allures de mini-tornade a balayé la côte, détruisant en partie les infrastructures du site de compétition à Anza. Les images qui tournent sont apocalyptiques : on y voit notamment une tour de l’organisation s’effondrer de tout son poids sur une voiture. Un conseil pour la prochaine fois : blindez votre assurance auto avant de vous garer près d’un contest ! Avec de tels dégâts matériels, il est évident que le matériel de live vidéo, particulièrement sensible aux éléments, a dû sérieusement trinquer.

    La WSL sous silence : l’épreuve peut-elle aller à son terme ?

    Conséquence directe de ce chaos : nous entamons le troisième jour off consécutif. Plus inquiétant encore, l’organisation est plongée dans un mutisme absolu. Aucun communiqué de presse n’a filtré depuis 48 heures.

    Alors, le Taghazout Pro 2026 va-t-il être purement et simplement annulé ? Difficile à dire sans communication officielle. Cependant, connaissant la machine WSL et la détermination légendaire des organisateurs marocains, on se doute qu’ils vont remuer ciel et terre pour réparer les dégâts et aller au bout de cette compétition. Affaire à suivre.

  • Pro Taghazout Bay 2026 : Naufrage pour certains favoris français

    Pro Taghazout Bay 2026 : Naufrage pour certains favoris français

    Le QS 4 000 marocain, rendez-vous le plus crucial de la saison européenne, a tenu toutes ses promesses pour son deuxième jour de compétition. Faute de houle suffisante sur les pointes de Taghazout, c’est le spot de repli d’Anza qui a offert des conditions « fun » et nerveuses de 80 cm à 1 mètre. Si le spectacle était au rendez-vous, le clan français a vécu une journée en dents de scie, marquée par des éclats de génie mais aussi par des éliminations qui font mal au classement.

    Douche froide pour le Top 10 européen

    C’est la sensation (amère) de ce Round of 64. Alors que les points sont plus que jamais précieux pour la qualification aux Challenger Series, quatre piliers du surf français ont mordu la poussière prématurément. Sam Piter, Renan Grainville, Tristan Guilbaud et Thomas Debierre (absent), tous membres du Top 10 WQS européen, quittent le Maroc avec un bilan comptable décevant. Sur un événement doté de 4 000 points, ces sorties de route pourraient peser lourd lors du décompte final.

    Charly Quivront et les Bleus qui résistent

    Heureusement, tout n’est pas noir dans le ciel d’Agadir. Charly Quivront a dynamité son heat en signant un 8,03 grâce à un air reverse parfaitement replaqué, s’imposant devant Ido Hagag. Justin Becret, Noa Dupouy et Nicolas Paulet ont également composté leur ticket pour la suite, tout comme Tiago Carrique. Actuel deuxième du classement européen, Carrique assure l’essentiel et garde le cap vers l’élite.

    Le show Beyrick de Vries et la domination féminine

    Le « move » de la journée est à mettre au crédit du Néerlandais Beyrick de Vries, impérial avec un total de 16,47 points, le plus élevé du jour. Côté femmes, la jeune garde britannique a brillé avec Alys Barton (8,33), tandis que la locale Lilias Tebbai sauve l’honneur marocain en se qualifiant pour le tour suivant.

    La compétition est loin d’être terminée et le prochain call est fixé à mercredi après une journée off. Avec des têtes de série qui tombent et un niveau qui s’envole, ce Pro Taghazout 2026 s’annonce plus indécis que jamais.

  • Pro Taghazout Bay 2026 : Entrée fracassante du contingent tricolore à Anza

    Pro Taghazout Bay 2026 : Entrée fracassante du contingent tricolore à Anza

    Le rideau s’est levé ce dimanche sur le Pro Taghazout Bay QS 4,000, l’une des étapes les plus attendues du calendrier africain et européen de la World Surf League. Déplacée sur le spot de repli d’Anza, la compétition a bénéficié de conditions solides avec des séries de 1 mètre à 1,20 mètre (3-4 pieds) offrant un terrain de jeu parfait pour les Round d’ouverture.

    Nanook Ballerin et Kepa Housset-Ezponda survolent les débats

    La délégation française n’a pas fait de figuration pour ce premier jour de compétition. Nanook Ballerin a marqué les esprits en signant l’un des deux meilleurs scores de la journée : un 8,33/10 salvateur. Avec un total de 14,93 points, il s’impose avec autorité devant son compatriote Léo-Paul Étienne.

    Autre démonstration de force : celle de Kepa Housset-Ezponda. Le Basque a littéralement « découpé » les droites d’Anza, enchaînant des turns puissants et rapides pour s’offrir la première place de son heat au Round 96. Il confirme ainsi sa forme étincelante et son statut de sérieux prétendant sur cette épreuve marocaine.

    Des scénarios renversants

    Le Sud-Africain Paul Sampson a été le héros dramatique du jour. Au bord de l’élimination, il a arraché sa qualification grâce à un « Superman » récompensé par un 5,50 dans les dernières minutes. Chez les dames, la jeune garde française a également répondu présent avec les qualifications de Lilou Rumiel, Anouk Chennaux et Ainhoa Leiceaga.

    Le prochain call est fixé au lundi 23 mars à 7h30 (GMT+1). La suite de la compétition s’annonce explosive avec l’entrée en lice des têtes de série.

    Pro Taghazout Bay Men’s Round of 112 Results:
    HEAT 1: Luis Diaz (CNY) 11.00 DEF. Alexander Van Hattem (NLD) 6.44, Tijmen Koning (NLD) 5.43
    HEAT 2: Lahcen Ourchim (MAR) 9.67 DEF. Heath Gillespie (GBR) 7.14, Javier Aragón Flores (ESP) 5.83, Rory Murphy (IRL) 5.73
    HEAT 3: Christian Venter (RSA) 8.47 DEF. Ayman Gougali (MAR) 8.17, Carlito Casadebaigt (FRA) 6.84, Soufiane Charoub (MAR) 6.03
    HEAT 4: Nanook Ballerin (FRA) 9.73 DEF. Luis Perloiro (POR) 8.36, Soulaimane Khafi (MAR) 6.87, Luke Dillon (GBR) 5.20
    HEAT 5: Fynn Lange (DEU) 9.03 DEF. Bachir Kindi (MAR) 7.27, Othmane Choufani (MAR) 4.00, Manolo Pochiero (ITA) 3.47
    HEAT 6: Kytann Foret (FRA) 9.20 DEF. Thomas La Fonta (FRA) 7.86, Elliot Barton (GBR) 7.47, Jonas Bronnert (DEU) 1.57
    HEAT 7: Tomas Fernandes (POR) 12.67 DEF. Khai Tanguay (CHE) 10.40, Selim Barkat (DZA) 4.83
    HEAT 8: Tiago Stock (POR) 9.00 DEF. Paul Sampson (RSA) 7.90, Rik Meeder (NLD) 7.40, Tommaso Noah Pavoni (ITA) 6.93

    Pro Taghazout Bay Women’s Round of 40 Results:
    HEAT 1: Lilou Rumiel (FRA) 11.33 DEF. Janina Zeitler (DEU) 10.83, Kaja Millward (GBR) 4.60
    HEAT 2: Lauren Sandland (GBR) 10.83 DEF. Elin Geerlings (NLD) 3.43, Gwendolyn Adams (PUR) 3.03, Myriam Benzarti (MAR) 2.30
    HEAT 3: Anouk Chennaux (FRA) 9.33 DEF. Ainhoa Leiceaga (FRA) 8.60, Fabiana Klein (DEU) 2.94
    HEAT 4: Carla Morera De La Vall (ESP) 11.34 DEF. Ninon Mattei (FRA) 10.93, Charlotte Mulley (GBR) 5.87

    Pro Taghazout Bay Men’s Round of 96 Results:
    HEAT 1: Luis Diaz (CNY) 11.27 DEF. Stef van Noordennen (NLD) 7.53, Enzo Cavallini (FRA) 7.07, Dan Ivry (WRL) 4.57
    HEAT 2: Noa Dupouy (FRA) 8.73 DEF. Edoardo Papa (ITA) 7.07, Jake Anderson (RSA) 5.50, Alexander Van Hattem (NLD) 5.20
    HEAT 3: John John Rabinovitch (ROU) 13.33 DEF. Siam Nikritin (WRL) 7.37, Lahcen Ourchim (MAR) 6.93, Louis Escudeiro (BEL) 5.70
    HEAT 4: Kepa Housset-Ezponda (FRA) 13.30 DEF. Markel Vizcarguenaga (EUK) 12.76, Heath Gillespie (GBR) 9.23, Maceo Billet-Lautard (FRA) 4.66
    HEAT 5: Justin Becret (FRA) 13.50 DEF. Christian Venter (RSA) 10.57, Francisco Queimado (POR) 9.60, Paul Boniface (FRA) 6.83
    HEAT 6: Ruben Vitoria (EUK) 12.00 DEF. Bitor Garitaonandia (EUK) 10.87, Ayman Gougali (MAR) 7.20, Tom Murphy (IRL) 7.03
    HEAT 7: Nanook Ballerin (FRA) 14.93 DEF. Leo Paul Etienne (FRA) 12.40, Paco Alonzo (FRA) 11.53, Stanley Norman (GBR) 10.06
    HEAT 8: Luis Perloiro (POR) 14.83 DEF. Joaquim Chaves (POR) 12.27, Patrick Langdon-Dark (WLS) 9.87, Fantin Habashi (CHE) 4.93
    HEAT 9: Conor Donegan Dos Santos (ESP) 12.84 DEF. Levi Epenetos (RSA) 9.60, Fynn Lange (DEU) 8.20, Ethan Hacmun (DEU) 6.36
    HEAT 10: Beyrick De Vries (NLD) 12.50 DEF. Paul Cesar Distinguin (FRA) 10.70, Jaime Veselko (POR) 10.33, Bachir Kindi (MAR) 4.23
    HEAT 11: Martim Nunes (POR) 13.60 DEF. Jacobo Trigo (ESP) 13.33, Jean Cocagne (FRA) 8.86, Kytann Foret (FRA) 5.23
    HEAT 12: Pietro Garroux (ITA) 10.23 DEF. Ido Arkin (POR) 10.20, Leonardo Apreda (ITA) 9.07, Thomas La Fonta (FRA) 7.80
    HEAT 13: Tomas Fernandes (POR) 10.84 DEF. Nestor Garcia (ESP) 9.17, Thomas Ledee (FRA) 8.06, Lenni Jensen (DEU) 3.67
    HEAT 14: Inigo Madina (FRA) 12.24 DEF. Kalani Da Silva (ITA) 10.46, Khai Tanguay (CHE) 9.00, Matteo Calatri (ITA) 8.66
    HEAT 15: Noe Ledee (FRA) 13.03 DEF. Tiago Stock (POR) 11.53, Oliver Heintz (NLD) 10.40, Julien Fontvielle (FRA) 6.20
    HEAT 16: Dylan Groen (DEU) 12.40 DEF. Paul Sampson (RSA) 10.20, Luan Nogues (FRA) 9.10, Elijah Chort (FRA) 8.80

  • Taghazout Pro 2026 : Le pari risqué du Maroc entre culture et swell

    Taghazout Pro 2026 : Le pari risqué du Maroc entre culture et swell

    Le passage du Taghazout Pro 2026 de janvier/février à la mi-mars n’est pas qu’une simple ligne modifiée sur le calendrier de la WSL. C’est un véritable casse-tête qui place l’organisation entre l’enclume de la météo et le marteau des impératifs religieux/culturels. Si le choix du report semble inévitable, il fait déjà grincer des dents du côté des puristes de la « Pointe ».

    Le spectre d’Anza : Le « Swell Magnet » en sauveur ?

    Le problème majeur de ce décalage printanier, c’est la consistance. Si la Pointe des Ancres (Anchor Point) a besoin d’une houle solide pour se réveiller, les prévisions actuelles pour la mi-mars (la semaine prochaine) ne sont pas des plus encourageantes. Le risque ? Voir la compétition s’exiler à Anza.

    Situé plus au sud, ce spot est un véritable aimant à vagues, capable de capter la moindre ride là où Taghazout reste plat. Certes, Anza est un « skatepark » ultra fun pour les pros, mais on est loin de la majesté et de la puissance des droites de classe mondiale qui ont fait la réputation du Maroc. Pour le spectacle pur et les compétiteurs en mal de qualification sur le Challenger Series, c’est un cran en dessous.

    Ramadan : Un impératif humain avant tout

    Pourtant, peut-on vraiment blâmer ce choix ? Organiser un QS 4000 en plein Ramadan relève de la mission impossible. Pour les surfeurs marocains, à commencer par les têtes d’affiche, concourir au plus haut niveau en plein jeûne est une épreuve physique herculéenne sous le soleil marocain.

    Mais c’est surtout en coulisses que le défi est total : ouvriers montant les structures sous un soleil de plomb, logistique locale au ralenti, respect des rythmes de vie… Accueillir le monde du surf sur un territoire étranger impose de s’adapter à sa culture, et non l’inverse. C’est le prix à payer pour une compétition authentique, même si cela signifie troquer le mythique Anchor Point pour les peaks plus modestes d’Anza.

  • Enfin une finale à la hauteur : Pourquoi le Pro Taghazout Bay sauve le circuit européen

    Enfin une finale à la hauteur : Pourquoi le Pro Taghazout Bay sauve le circuit européen

    Soyons honnêtes deux minutes : combien de fois avons-nous suivi des compétitions du circuit QS (Qualifying Series) en priant pour qu’une série dépasse les 10 points de total dans un clapot infâme ? Trop souvent. Mais du 22 au 29 mars 2026, le curseur change radicalement. La caravane de la WSL pose ses boards au Maroc pour le Pro Taghazout Bay, et cette fois, le spectacle promet d’être à la hauteur de l’enjeu.

    Anchor Point : Le juge de paix que l’on attendait

    Ce qui fait vibrer n’importe quel passionné, c’est de voir l’élite sur de vraies vagues. Ici, on oublie les beach breaks aléatoires (sauf si manque de vagues, ce qui peut arriver à cette saison). Le spot de la Pointe des Ancres (Anchor Point) est une machine à droites, une ligne infinie qui permet enfin aux surfeurs d’exprimer leur plein potentiel. Soutenir cet événement, c’est militer pour un surf de performance où la lecture de vague et la puissance des carves priment sur la chance au placement dans la mousse.

    Un dénouement sous haute tension

    L’enjeu sportif est colossal. Pour les Européens, le Maroc marque le clap de fin de la saison 2025/2026. C’est ici, sur les longues sections marocaines, que les titres de champions régionaux seront décernés et, surtout, que les tickets pour les Challenger Series (CS) seront validés.

    Seuls les sept meilleurs hommes et les quatre meilleures femmes décrocheront le précieux sésame pour l’antichambre de l’élite mondiale. Actuellement, le Portugais Guilherme Ribeiro, le Français Tiago Carrique et l’Espagnole Annette Gonzalez Etxabarri mènent la danse, mais rien n’est figé sur une telle vague.

    Le retour du « Patron » : Frederico Morais

    Parmi les noms à surveiller, l’ancien pensionnaire du CT Frederico Morais fait figure d’épouvantail. Pour « Kikas », Taghazout est une seconde maison : « C’est un endroit spécial, avec des vagues magnifiques et une ambiance unique ». Sa présence, aux côtés de talents comme le Sud-Africain Adin Masencamp, garantit un niveau technique rarement atteint sur le QS européen.

    Le Pro Taghazout Bay n’est pas qu’une simple étape de plus. C’est la finale de la saison européenne sur des vagues de qualité. Ne manquez pas le « call » à partir du 22 mars, car quand la Pointe s’allume, le QS prend une tout autre dimension.

  • Sacre mondial en Australie : Kauli Vaast et Tya Zebrowski marquent l’histoire du surf

    Sacre mondial en Australie : Kauli Vaast et Tya Zebrowski marquent l’histoire du surf

    Le surf français vient de vivre l’une des semaines les plus mémorables de son histoire sur le sable de Newcastle, en Australie. Pour la toute première fois, la France place deux de ses prodiges sur le toit du circuit Challenger Series (CS) la même saison. Un doublé inédit qui confirme que la « vague bleue » est prête à déferler sur l’élite mondiale dès le mois prochain.

    Kauli Vaast : L’or olympique, le titre mondial et le CT

    Même si la finale de cette ultime étape australienne lui a échappé de peu, l’essentiel était ailleurs pour Kauli Vaast. En terminant à la deuxième place de l’épreuve de Newcastle, le Tahitien sécurise mathématiquement la première place du classement général 2025/2026.

    Après sa victoire éclatante à Ericeira (Portugal) et sa régularité de métronome, le champion olympique de Paris 2024 prouve qu’il n’est pas seulement le roi de Teahupo’o. Kauli Vaast a montré une polyvalence redoutable, capable de briller sur les beachbreaks australiens comme sur les pointbreaks européens. À 24 ans, il devient le premier surfeur de l’histoire à entrer sur le Championship Tour (CT) avec une médaille d’or autour du cou et le titre de champion des Challenger Series en poche.

    Tya Zebrowski : La précocité au sommet

    L’exploit est d’autant plus retentissant qu’il est partagé. Quelques jours plus tôt, la jeune Tya Zebrowski validait elle aussi son titre de championne du circuit Challenger Series côté féminin. Malgré une élimination en demi-finale à Newcastle, son avance au classement était telle que personne n’a pu la rattraper.

    C’est une première absolue : jamais la France n’avait réalisé le doublé homme/femme sur ce circuit de qualification. Si Jérémy Florès avait terminé numéro 1 du circuit qualificatif (WQS) en 2016, aucun Français n’avait encore remporté le titre depuis la création du format « Challenger Series » en 2021.

    Cap sur Bells Beach et le World Tour

    Pour Kauli Vaast, le repos sera de courte durée. Dès le 1er avril, il fera ses grands débuts en tant que « Rookie » sur le World Tour lors de la mythique étape de Bells Beach. Avec son expérience des wildcards et son statut de favori pour le titre de « Rookie of the Year », le Tahitien semble déjà prêt à bousculer la hiérarchie mondiale dominée par les Australiens et les Brésiliens.

    Le surf tricolore n’a jamais semblé aussi solide. Avec deux champions du monde CS dans ses rangs, la France s’affirme plus que jamais comme la nouvelle puissance montante du surf professionnel.

  • À 15 ans, Tya Zebrowski s’offre un record mondial et le titre CS !

    À 15 ans, Tya Zebrowski s’offre un record mondial et le titre CS !

    Le surf mondial vient de vivre un séisme, et son épicentre se trouve à Newcastle, en Australie. Ce mercredi 11 mars 2026, la jeune prodige française Tya Zebrowski n’a pas seulement validé son ticket pour l’élite(qu’elle a en poche depuis quelques mois) ; elle a gravé son nom dans le marbre en remportant officiellement le classement général des Challenger Series (CS).

    À seulement 15 ans, elle devient la plus jeune surfeuse de l’histoire à décrocher ce titre mondial, l’antichambre directe du prestigieux Championship Tour (CT). Un record de précocité qui donne le vertige et confirme ce que les observateurs murmuraient déjà : nous assistons à l’éclosion d’une légende.

    Un sacre historique sur le sable australien

    Le dénouement s’est joué dans une tension palpable lors de la dernière étape de la saison. Alors que Tya se hissait avec autorité au troisième tour de la compétition, sa rivale directe, la Portugaise Yolanda Hopkins, voyait ses espoirs de titre s’envoler après une élimination prématurée au deuxième tour.

    Dès lors, les calculs étaient terminés. Mathématiquement intouchable, la native d’Hossegor, qui réside désormais à Tahiti, pouvait savourer. Micro en main, à peine sortie de l’eau, l’émotion était vive : « C’est un rêve qui se réalise enfin. J’ai toujours voulu être la plus jeune à me qualifier et la plus jeune à gagner ce circuit. » Le contrat est rempli, et de quelle manière !

    L’ADN du succès : De Teahupo’o à la gloire mondiale

    Si ce record du monde de précocité frappe les esprits, il n’est pas le fruit du hasard. Tya est la fille de Gary Zebrowski, ancien champion de snowboard olympique, dont elle a hérité du sens de la trajectoire et d’un mental d’acier. Mais c’est surtout sur le « Pipe français » et dans les mâchoires de Teahupo’o qu’elle a forgé son style. Surfant la mythique vague tahitienne depuis ses 8 ans, elle possède une lecture de vague et un engagement qui dépassent largement son âge.

    Sous l’aile de son coach Joan Duru, figure emblématique du surf français, elle a survolé la saison 2026. Sa victoire éclatante à Ericeira, au Portugal, restera comme le tournant d’une année où elle n’a jamais quitté les sommets du classement.

    Le surf français au sommet de son art

    Ce sacre vient couronner une période dorée pour le clan tricolore. Tya Zebrowski ne sera pas seule pour sa première saison dans l’élite mondiale. Le contingent français sur le Championship Tour 2026 aura une allure de « Dream Team » avec quatre représentants :

    • Tya Zebrowski (Rookie historique)
    • Vahine Fierro (La reine de Tahiti)
    • Marco Mignot (La confirmation)
    • Kauli Vaast (Le champion olympique en titre)
    • Quid de Johanne Defay ?

    C’est une configuration qui place la France comme une nation forte à surveiller face aux ogres brésiliens et américains.

    Prochaine escale : Les cloches de Bells Beach

    L’histoire est en marche, mais Tya n’aura pas beaucoup de temps pour célébrer son titre Challenger Series. Dès le 1er avril, elle fera ses grands débuts officiels sur le CT lors de l’emblématique étape de Bells Beach, en Australie. Elle y entrera comme la plus jeune pensionnaire permanente de l’histoire de la WSL.

    Pour les puristes comme pour les néophytes, l’attente est immense. Voir une gamine de 15 ans défier les Caroline Marks ou les Caitlin Simmers sur les vaguess de Bells promet un spectacle électrique. Tya Zebrowski n’est plus seulement un espoir, c’est une patronne qui compte bien faire sonner la cloche dès sa première apparition.

  • Stab in the Dark : Kelly Slater offre la victoire à sa propre marque et enflamme la toile

    Stab in the Dark : Kelly Slater offre la victoire à sa propre marque et enflamme la toile

    C’est un dénouement qui ne manquera pas de faire jaser sur le parking de la Côte des Basques comme sur les forums spécialisés. Pour la 10ème édition du célèbre test à l’aveugle Stab in the Dark, c’est le shaper Dan Mann, représentant la marque Firewire, qui a décroché la première place. Le problème ? Le pilote d’essai n’était autre que Kelly Slater, actionnaire principal de Firewire. PS: il faut être abonné à Stabmag pour voir les épisodes.

    Le hold-up parfait du King ?

    Le concept de Stab in the Dark est pourtant simple : un surfeur de classe mondiale teste des planches blanches, sans logo, pour désigner la meilleure sans influence marketing. Pour cette édition anniversaire, la production avait invité les anciens vainqueurs (DHD, Pyzel, Channel Islands, Lost, Sharp Eye), et personnellement on aurait aimé Axel Lorentz. Mais Slater a posé une condition : l’ajout d’un « wildcard » pour Dan Mann.

    Résultat des courses : c’est précisément cette planche invitée qui l’emporte. Une coïncidence qui a immédiatement déclenché une vague de théories du complot. Comment le surfeur le plus technique de l’histoire, qui passe sa vie à analyser le moindre millimètre de ses rails, a-t-il pu ne pas reconnaître une planche shapée par son collaborateur de longue date ?

    « Tout le monde savait » : les shapers sortent les griffes

    Si Matt Biolos (Lost) a pris la défaite avec philosophie, d’autres acteurs majeurs ne cachent pas leur scepticisme. Chez Channel Islands (Merrick), on ne traite pas ouvertement Slater de menteur, mais on souligne qu’il est « étrange » qu’il n’ait pas reconnu le design. Marcio Zouvi (Sharp Eye) va plus loin, affirmant que le placement des dérives était « trop évident » pour être ignoré. Quant à Jon Pyzel, il suggère un plan orchestré entre les deux hommes.

    Kelly Slater, de son côté, joue la carte de l’étonnement. Il explique que cette planche victorieuse est en réalité une « version d’une version » d’un vieux shape de 15 ans. Il aurait même confondu la DHD avec sa Firewire à cause de la forme des wings.

    Un scandale ou une révolution ?

    Sam McIntosh, le patron de Stab, a directement confronté le King sur ses intentions commerciales. Réponse de l’intéressé : il ne mentirait pas pour une compétition de surf.

    Pourtant, le malaise persiste. Par le passé, des surfeurs comme Dane Reynolds ou Mick Fanning avaient eu l’élégance de disqualifier une planche dès qu’ils reconnaissaient la patte de leur shaper habituel. En choisissant de porter Firewire au sommet, Slater s’offre un coup de pub magistral, mais entache peut-être la crédibilité d’un format qui reposait sur l’impartialité totale.

  • JO 2028 : Justine Dupont répond à Yago Dora, le surf mondial au bord de la rupture ?

    JO 2028 : Justine Dupont répond à Yago Dora, le surf mondial au bord de la rupture ?

    Le chemin vers les vagues de Los Angeles 2028 ressemble de plus en plus à un champ de mines diplomatique. Alors que le champion brésilien Yago Dora criait au « manque de respect » de la part des instances olympiques, une voix de poids vient de briser le silence pour défendre le nouveau système : celle de la star française Justine Dupont.

    Le coup de gueule de Yago Dora : « Ils ont agi dans notre dos »

    Le point de friction est clair : le calendrier. Pour les surfeurs de l’élite (WSL), devoir valider leur ticket olympique sur seulement quatre épreuves au début de la saison 2028 est une pilule qui ne passe pas. Dora dénonce une International Surfing Association (ISA) qui aurait pris des décisions unilatérales.

    « L’ISA a tout fait derrière notre dos, alors que nous avons essayé de les rencontrer pour trouver un système équitable. Ils nous ont totalement ignorés », s’insurge le Brésilien.

    Justine Dupont recadre le débat : « Un système plus adapté »

    Actuellement en convalescence après sa grave blessure à Todos Santos, la multiple championne du monde de gros et présidente de la commission des athlètes de l’ISA n’a pas tardé à répliquer. Pour Justine Dupont, le nouveau format n’est pas une punition, mais une évolution nécessaire qui donne plus de pouvoir aux fédérations nationales.

    « Je suis convaincue que ce nouveau système est plus approprié », affirme la Française. Selon elle, le travail de la commission a consisté à tirer les leçons de Tokyo et Paris pour trouver un équilibre entre les intérêts privés de la WSL et l’universalité de l’olympisme. Elle rappelle un point crucial : ce système permet désormais à chaque nation de qualifier jusqu’à trois athlètes, une avancée majeure par rapport aux cycles précédents.

    Manuel Selman : Le porte-parole des « petites » nations

    Au milieu de ce duel de titans, le Chilien Manuel Selman soutient la position de la Française. Pour lui, le monde olympique n’est pas le circuit pro. Il rappelle froidement une réalité que les stars du CT ont parfois du mal à accepter : l’ISA n’a aucune obligation de consulter la WSL.

    « L’ISA pourrait même supprimer tous les slots réservés à la WSL à l’avenir selon les règles du CIO », prévient-il, tout en invitant les Brésiliens à « faire taire tout le monde » en gagnant leurs séries sur l’eau.

    Un sport, deux mondes

    Ce bras de fer met en lumière une fracture profonde. D’un côté, l’élite mondiale qui demande de la cohérence avec son calendrier professionnel ; de l’autre, des instances qui veulent faire des JO un événement véritablement mondial, et non une simple extension du circuit privé américain.

    Malgré les tensions, Justine Dupont reste optimiste : « Nous verrons les meilleurs surfeurs du monde à Los Angeles. » Reste à savoir si ces derniers feront le déplacement avec le sourire ou avec un sentiment d’injustice.

  • À 50 ans, Russell Winter terrasse les jeunes au QS de la Barbade : « J’ai fini en larmes »

    À 50 ans, Russell Winter terrasse les jeunes au QS de la Barbade : « J’ai fini en larmes »

    Le surf mondial vient de vivre l’un de ses moments les plus vibrants de l’année. À 50 ans, le Britannique Russell Winter, pionnier absolu du surf européen, a prouvé que la « vieille garde » avait encore des dents. Engagé sur le QS 6000 de la Barbade, sur le spot mythique de Soup Bowl, celui qui fut le premier Anglais à intégrer l’élite mondiale (le WCT) a non seulement passé un tour, mais il l’a fait avec une autorité qui a laissé les jeunes espoirs américains sans voix.

    Une démonstration de « Power Surfing » à l’ancienne

    Alors que le circuit professionnel est aujourd’hui dominé par des athlètes de vingt ans portés sur les manœuvres aériennes, Russell Winter a rappelé à tout le monde ce que signifiait le surf puissant. Avec un total de 14,67 points, il a dominé sa série face à des surfeurs qui pourraient être ses fils.

    Ses turns, ses carves surpuissants et ses gerbes d’eau massives — alimentées, comme le dit la légende, par une force brute venue de ses racines britanniques — ont fait la différence. « Slater a montré qu’on pouvait gagner à Pipeline à 50 ans, Winter vient de prouver qu’on peut encore découper un reef des Caraïbes avec le même âge au compteur », s’enthousiasment les observateurs sur place.

    « Il y a quelques années, je ne voulais plus être sur cette planète »

    Mais au-delà de la performance sportive, c’est l’émotion qui a submergé l’événement. À sa sortie de l’eau, l’icône de Newquay n’a pas pu retenir ses larmes. Dans une interview poignante, il s’est confié sur un parcours de vie chaotique, marqué par des démons personnels et une bataille de deux ans pour la sobriété.

    « Je peux honnêtement dire que c’est l’un des plus beaux moments de ma vie », a-t-il confié sur ses réseaux sociaux. « Après ma deuxième vague, j’ai commencé à pleurer en remontant au peak. Je n’arrivais pas à croire que j’avais la chance de m’exprimer ainsi à 50 ans. »

    Winter a révélé avoir tout vendu par le passé pour poursuivre sa passion et découvrir qui il était vraiment. Sa confession sur sa santé mentale a touché la communauté surf : « Il y a quelques années, je ne voulais plus être sur cette planète. » Aujourd’hui sobre, affûté et apaisé, il semble vivre une seconde naissance.

    Un pionnier qui ouvre encore la voie

    Pour les puristes, Russell Winter est bien plus qu’un vétéran en quête de sensations. En 2002, il remportait le Boardmasters. Il est celui qui a battu Kelly Slater à Sunset Beach à l’époque où l’Europe n’était qu’une simple note de bas de page sur la carte du surf mondial.

    En s’imposant dans série à la Barbade, il n’est pas là pour faire du « storytelling » pour les réseaux sociaux. Il montre la voie à la nouvelle génération britannique, les Lukas Skinner et consorts, en prouvant que le surf est une quête qui ne s’arrête jamais.

    Le message est passé : à 50 ans, Russell Winter n’est pas là pour faire de la figuration. Il est là pour scorer, avec le sourire et les yeux humides d’un homme qui a enfin trouvé la paix entre deux vagues.

    Une carrière « rock’n’roll » : Russell Winter n’a pas toujours été ce sage apaisé des Caraïbes. Savais-tu qu’il a déjà dû s’expliquer devant la justice pour une histoire incroyable impliquant… une épée de cérémonie ?

  • El Quemao Class : Joan Duru magistral, mais privé d’un second sacre historique

    El Quemao Class : Joan Duru magistral, mais privé d’un second sacre historique

    Le village de La Santa, sur l’île de Lanzarote, a une nouvelle fois vibré au rythme de l’El Quemao Class, cet événement sur invitation qui réunit la crème du surf et du bodyboard européen. Si la première journée a laissé les observateurs sur leur faim avec un plan d’eau capricieux, la seconde a offert le spectacle tant attendu : des tubes massifs, techniques et cette gauche de Quemao qu’on compare fréquemment à Pipeline. Mais au-delà du spectacle, c’est le verdict des juges qui est aujourd’hui sur toutes les lèvres.

    Un duel au sommet dans le « Pipe Européen »

    La gauche de Quemao est une bête à part. Puissante, creuse et imprévisible, elle demande un engagement total. Dans ces conditions, les « goofies » (surfeurs ayant le pied droit devant) partent souvent avec un léger avantage technique pour s’engouffrer dans ces cavernes liquides.

    Le Landais Joan Duru, ancien pensionnaire du CT et déjà vainqueur de l’épreuve par le passé, était l’un des favoris de la compétition. Après le sacre d’un autre Français, Marc Lacomare, l’an dernier, Joan Duru semblait en route pour ramener une nouvelle fois le trophée dans les Landes. Calme, précis et d’un engagement rare, il a enchaîné les tubes profonds avec une aisance déconcertante.

    Le verdict qui fâche : Un arbitrage trop « local » ?

    La finale opposait Duru à trois Espagnols, dont le local de l’étape, Conor Donegan. Le score final affiche une victoire de l’Espagnol avec un total de 18,30 points contre 17,50 pour le Français.

    C’est là que le bât blesse. Pour beaucoup d’observateurs présents sur place et derrière leurs écrans (dont moi avec plus de 15 ans sur le tour), la hiérarchie des scores pose question. Dès les demi-finales, un certain penchant du jury pour les surfeurs canariens se faisait sentir. En finale, malgré un tube parfait avec la note de 10 et un deuxième barrel que beaucoup estimaient supérieur, Joan Duru se voit relégué à la deuxième place.

    « Joan méritait clairement la victoire. Son placement et la profondeur de ses tubes étaient un cran au-dessus », murmure-t-on dans les bureaux.

    Un bilan contrasté malgré le spectacle

    Si la victoire de Conor Donegan est officielle, elle laisse un goût amer aux fans de surf français. On ne peut s’empêcher de penser que Duru a été « sous-noté » pour favoriser un succès local dans ce temple du surf canarien.

    Malgré cette frustration, l’El Quemao Class prouve encore qu’elle est l’une des plus belles compétitions de l’hiver. Joan Duru repart de Lanzarote avec une belle deuxième place, mais surtout avec le respect de tous ceux qui savent que, ce jour-là, le vrai patron de la gauche, c’était lui.