La cloche a sonné, c’est la rentrée. Pour beaucoup d’entre nous, c’est la délivrance : la maison retrouve enfin son calme. Miracle du calendrier, cette première journée d’école a coïncidé avec l’arrivée d’une jolie houle et du vent offshore le matin. L’alignement des planètes semblait parfait.
Armé de ma caméra, j’ai filé vers l’océan, persuadé de profiter d’un line-up désert. J’avais juste oublié un détail crucial : je n’étais pas le seul daron à avoir eu cette idée. Sur certains spots, c’était la panique absolue. À se demander si tous les parents de la côte n’avaient pas posé leur journée !
En fouillant un peu, j’ai quand même déniché quelques bowls à peu près surfables avec Edouard Delpero, Louis marchiset et confrères…. et épargnés par la foule. L’ambiance m’a tellement fait sourire que j’en ai tiré une vidéo décalé. Quelques vagues, des plans insolites hors de l’eau (merci l’IA), le tout rythmé par Wild in the streets des Circle Jerks. Un bon vieux son punk, qu’on retrouve sur « Lost Across America 2 », une vidéo de surf punk l’idéal, pour le père de famille que je suis.
Et ma propre session dans tout ça ? Rassurez-vous, j’ai fini par me mettre à l’eau en fin de journée. Juste à temps pour la sortie des classes… et un vent qui avait malheureusement tourné onshore.
Vous pensiez avoir tout vu en matière de spots insolites ? Oubliez les mascarets ou les vagues de rivière. Le chasseur de houles improbables, Ben Gravy, vient de dénicher ce qui ressemble à son Saint Graal : une vague de ferry à la perfection troublante.
Pour que la magie opère, il a fallu s’armer de patience. Le phénomène ne se déclenche que sous des conditions drastiques : une marée spécifique, un vent quasi nul, et surtout, un navire filant à la vitesse exacte pour que son sillage percute la bathymétrie d’un haut-fond. Le résultat en vidéo est tellement fou qu’il a poussé certains journalistes américains à vérifier s’il ne s’agissait pas d’un montage IA.
Note de la rédaction : Si la localisation reste un secret jalousement gardé (bien que quelques malins l’aient déjà géolocalisée), Gravy a prévenu : sa prochaine mission sera d’y retourner pour se caler au fond du tube. Maintenant, une question m’obsède, je sais qu’il existe une vague équivalente mais moins impressionnante au Portugal, mais existe t’il une vague similaire en France, on attend vos suggestions…
HT’s Right aux îles Mentawai n’est pas une vague ordinaire. Quand la houle grossit, le spot dévoile sa vraie nature : le fameux double-up. La vague aspire une masse d’eau impressionnante, formant d’abord une longue paroi presque molle au large, avant de littéralement muter sur l’inside pour jeter un barrel surpuissant.
Pour affronter ce monstre, Nathan Florence a fait un choix matériel radical. Dans sa dernière vidéo sous la tempête indonésienne, le chargeur hawaiien ne s’est pas mis à l’eau avec un shortboard classique, mais avec une 7’2″. Une dimension inhabituelle pour ce type de tube de récif, mais indispensable pour une seule raison : partir de tout au fond, et s’engouffrer dans les plus gros double-ups de la session. Un pari technique terrifiant mais payant.
Au début de sa nouvelle vidéo caribéenne, j’ai eu très peur. Les premières minutes sentaient le vlog touristique à plein nez, avec une navigation tranquille en famille. J’étais à deux doigts de fermer l’onglet en pensant que l’action n’arriverait jamais.
Puis, l’ancre a été jetée. La houle, pourtant réputée capricieuse et extrêmement éphémère dans cette partie du globe, a fini par s’aligner avec les vents.
Seul au monde sur une vague vierge
Et là, j’ai purement et simplement jalousé John John Florence.
Oubliez la pression des maillots de compétition et la foule au pic. L’Hawaïen a déniché une droite parfaite, mécanique, qui déroule sans fin dans une eau d’une limpidité absolue. Le voir carver avec une telle fluidité, seul avec sa femme et son bébé pour unique public, soulève une seule question : c’est quoi cette vie ?
Les conditions dans les Caraïbes sont un véritable casse-tête météorologique. Mais cette session pure, loin de tout, justifie à elle seule le visionnage de l’édit. Si l’intro vous a découragé, avancez directement jusqu’à l’action. Vous ne verrez probablement pas une eau aussi translucide et parfaite de toute l’année.
La route vers le sud du Mexique ressemblait davantage à un parcours de survie qu’à un surf trip idyllique. Imaginez : des pluies diluviennes, des éboulements menaçants à chaque virage, et la jauge d’essence de la voiture de location bloquée sur 6 petits kilomètres d’autonomie en pleine pampa. Charly Quivront et Benjamin Sanchis ont littéralement joué avec le feu pour intercepter le plus gros swell de la saison El Niño.
Mais le lendemain, la récompense est absolue. Baigné dans cette lumière si vibrante qui succède aux grosses tempêtes, le pointbreak s’est réveillé. Le chaos de la veille a eu un avantage inattendu : il a refroidi le reste des surfeurs. Quasi personne à l’eau pour partager ces longues droites tubulaires, parsemées de sections close-out massives typiques du spot.
Dans cet édit intense capturé par Andy Benetrix (avec le support de David de Surf Playa Abierta), le duo français enchaîne les barrels profonds. Mention spéciale à Sancho, qui a pu dégainer son espagnol courant, peaufiné sur ses homespots des Canaries, pour sauver la logistique de cette expédition mémorable.
C’est un rendez-vous incontournable qui marque l’apogée de la saison estivale sur la côte basque. Du mercredi 19 au samedi 22 août 2026, l’International Surf Film Festival investit de nouveau le site majestueux de la Chambre d’Amour à Anglet. Pendant quatre jours, face à l’océan, des écrans géants vont diffuser gratuitement le meilleur de la production cinématographique surf mondiale.
Pour avoir arpenté ce festival dès ses balbutiements, et y avoir eu la chance de voir plusieurs de mes propres projets vidéos sélectionnés à l’époque, je mesure le chemin parcouru.
Une ambition intacte depuis plus de 20 ans
Fondé en 2004 par Bruno Delaye, le festival est né d’un constat simple : la qualité artistique des films de surf méritait une vitrine à la hauteur de la créativité des réalisateurs. En Europe, ces productions manquaient cruellement de visibilité. Vingt ans plus tard, le pari est gagné. Ce festival est devenu une institution culturelle où un jury international, composé d’experts de l’image et de la glisse, décernera pas moins de sept prix lors de la cérémonie de clôture.
Avec deux sites de projections, un village partenaire et un foodcourt ouvert chaque soir dès 19h15, le cadre est posé pour célébrer la culture surf sous toutes ses coutures.
Mercredi 19 et jeudi 20 août : Légendes et résilience
Le coup d’envoi sera donné le mercredi dès 17h. Cette première soirée s’annonce forte en émotions avec Out of Line (21h45) de Pierre Frechou, un documentaire de 37 minutes retraçant le douloureux combat de Vincent Duvignac, légende des beachbreaks landais, après sa grave blessure aux cervicales. La soirée se clôturera en beauté avec Jack Johnson Surfilmusic (22h30), qui retrace l’évolution de l’artiste, de jeune surfeur-cinéaste sur le North Shore hawaïen à star internationale de la musique.
Le jeudi, l’éclectisme sera de mise. On passera de l’énergie brute du team Quiksilver en Indonésie avec Young Guns (21h30), à la poésie d’une fabrique de planches en bois en Papouasie-Nouvelle-Guinée (Haus Tumbuna, 18h05). Mention spéciale au documentaire français Oreka (22h20), qui raconte l’amitié hors norme entre le kinésithérapeute Michel Garcia et son patient Maxime Cabanne, jusqu’à leur expédition polaire.
Vendredi 21 et samedi 22 août : Surf XXL, inclusion et engagement
Le week-end débutera fort avec des œuvres ancrées dans le territoire et le dépassement de soi. Vendredi, le focus sera mis sur les vagues extrêmes avec Step Up (18h10), plongeant dans l’ascension fulgurante de l’Angloye Clément Roseyro, premier Européen à remporter le Tudor Nazaré Challenge. L’inclusion sera également mise à l’honneur avec The Blind Surfer (21h55), narrant l’histoire bouleversante de Thomas Da Silva, devenu champion du monde de para surf après avoir perdu la vue.
La journée du samedi s’ouvrira à 15h à l’Espace de l’Océan par une conférence très attendue sur la face cachée du surf tracté, animée par Gautier Garanx, Joël Badina et Julien Nogues. L’occasion de comprendre les enjeux de sécurité colossaux lors des sessions XXL. Les dernières projections mettront notamment en lumière la Brésilienne Tainá Hinckel (Tainá, 17h40) et sa préparation pour la vague mythique de Teahupo’o.
Une bande-son résolument rock et folk
Un festival de films de surf ne serait pas complet sans une programmation musicale de qualité. Chaque soir à 20h, la Grotte de la Chambre d’Amour vibrera au rythme des concerts gratuits. Les mélodies envoûtantes de Coda Nomada ouvriront le bal le mercredi, suivies de l’énergie brute et vintage du trio Riff’up le jeudi. Vendredi, l’indie folk solaire de Tiger Finkel prendra le relais, avant que la pop-rock engagée de Jeff Bernard ne vienne clôturer cette édition 2026 le samedi soir.
Oubliez l’océan quelques instants. Quand on pense au surf, le Vaucluse n’est pas la destination évidente. Pourtant, c’est exactement là-bas que Jorgann Couzinet a déniché une bête féroce.
Dans son dernier vlog, le surfeur pro nous embarque à Wave Island, près d’Avignon, pour affronter la plus grosse vague artificielle de France, c’est une certitude. Loin des vagues d’apprentissage timides, cette installation dresse un mur d’eau massif permettant de caler des gros carves et de s’enfermer dans un tube ultra-puissant.
Un barrel artificiel qui ne pardonne pas
« Le truc est immense, j’ai à moitié peur », lâche le Réunionnais avant de se faire engloutir. Jorgann Couzinet prouve qu’on peut retrouver les frissons d’un shorebreak engagé en plein cœur des terres. Une session violente et technique, où le rideur a d’ailleurs fini avec un doigt amoché. Une expérience hallucinante qui m’a presque donné envie d’essayer.
Le dernier jour de compétition à Teahupo’o a offert un spectacle hallucinant, mais aussi une véritable sueur froide. Après être sorti à une vitesse folle d’un tube magistral, l’Hawaiien Seth Moniz s’est engouffré directement dans un chenal noir de monde.
Une célébration sous haute tension
Il a fini sa course au milieu d’une foule hystérique amassée sur les bateaux et les planches. Miraculeusement, aucun blessé n’est à déplorer. Cette tension a vite laissé place à l’euphorie pour célébrer sa toute première victoire sur le CT. Jake Patterson, aux premières loges pour capturer l’action, a d’ailleurs décrit ce chaos aquatique et cette ambiance folle comme une véritable « zone de guerre ». Un moment épique qui restera gravé.
On avait été clairs : la précédente vidéo de John John Florence ressemblait davantage à une brochure d’agence de voyage qu’à un vrai film de glisse. Notre frustration était palpable. Il faut croire que la légende hawaïenne lit attentivement nos colonnes (on rigole bien évidemment), car sa dernière publication est une véritable gifle. Fini les petites balades familiales en voilier, on retourne aux affaires sérieuses.
Embarqué dans son expédition maritime depuis près de 400 jours, l’Hawaïen a jeté l’ancre dans l’archipel caribéen de Bocas del Toro, au Panama. Sous le vernis de la carte postale tropicale se cache l’un des meilleurs beach breaks au monde, réputé pour ses tubes caverneux qui recrachent du sable.
Le maître incontesté des beach breaks
Voir John John s’engager sous la lèvre de ces barrels techniques avec une telle désinvolture relève du génie. Une démonstration de force absolue qui nous rappelle l’essentiel : quand il décide de vraiment surfer, il reste absolument intouchable.
Je vais être honnête avec vous. J’ai souvent croisé Arran Strong sur les circuits Junior et WQS à l’époque où j’étais caméraman et monteur pour la WSL. Sans le connaître intimement, je gardais toujours un œil attentif sur ce jeune homme. Pourquoi ? Parce qu’il affrontait une lourde maladie génétique avec une arme redoutable : un sourire immense qui ne le quittait jamais.
Un « paddle out » qui rassemble notre communauté
Aujourd’hui, l’océan a formé un cercle parfait pour lui. C’est dans ces moments si tristes que l’on mesure la véritable force de notre culture surf. Des centaines de passionnés se sont retrouvés au large pour un traditionnel « paddle out ». Une symbolique toujours aussi puissante pour honorer l’un des nôtres à la surface de l’eau.
Lors de cette cérémonie, les propres mots d’Arran ont résonné à travers son poème, Mon lieu sûr. Il y décrivait ce point de rencontre magique entre la mer et les étoiles, là où il trouvait sa paix.
Ce rassemblement prouve qu’une vie menée avec une telle soif de liberté transforme ceux qui la croisent. Comme l’a si bien rappelé la foule présente au line-up : les amitiés que l’océan unit, l’océan ne les sépare jamais.
7 minutes. C’est le temps qu’il vous faudra pour visionner le dernier carnet de bord de John John Florence aux Bahamas.
Honnêtement, derrière l’objectif, la qualité de production est toujours aussi bluffante. On plonge au cœur d’une ambiance digne des meilleures agences de voyage : pêche locale, couchers de soleil idylliques, fusées qui décollent et sourires d’enfants découvrant les vagues. Mais je dois vous l’avouer : une fois le générique de fin déroulé, un goût d’inachevé persiste.
Où est passé le surf engagé ? Celui qui nous fait décoller de notre chaise ? L’Hawaïen nous offre ici de très (trop) rares fulgurances sur l’eau, préférant l’exploration terrestre à l’action pure.
On pardonne finalement ce virage presque exclusivement « lifestyle » car l’élégance de Florence, même sur une micro-session, reste hypnotique. Mais pour le prochain trip, on espère tous que la caméra passera un peu plus de temps au pic.
Le chargeur tricolore Charly Quivront vient de dévoiler les images brutes de son dernier trip au Mexique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Puerto Escondido n’a rien perdu de sa férocité. Cinq ans après son dernier passage, le Français a retenu la leçon. Fini les petites planches, place aux « guns » (7’2 et 7’10) indispensables pour espérer partir sur ces montagnes d’eau. La vidéo nous plonge dans l’intimité d’un trip de 15 jours, loin du glamour habituel : des heures à lutter contre un courant infernal, des closeouts qui broient tout sur leur passage, mais surtout, la quête absolue du tube parfait. Après avoir déniché une guillotine aux faux airs de beach break landais (mais sous stéroïdes), la patience a fini par payer. Une session engagée qui rappelle pourquoi la vague d’Oaxaca reste l’un des ultimes tests de courage de la planète surf.
Je me souviens très précisément du jour où j’ai décidé de prendre une planche pour la première fois. Ce n’était pas en regardant une compétition de surf sur la côte basque, ni en écoutant les récits des anciens. Non, tout a basculé devant un écran, en découvrant un gang de braqueurs de banques accros à l’adrénaline. Et je sais que je suis loin d’être le seul.
Cet été, préparez-vous à un monumental coup de vieux, mais pour la bonne cause : « Point Break » fête ses 35 ans. Pour marquer le coup, le chef-d’œuvre de Kathryn Bigelow, sorti en 1991, revient sur grand écran les 16 et 19 août prochains dans une version restaurée en 4K ultra-définition. L’occasion inespérée de revoir Bodhi et Johnny Utah là où ils doivent être vus : dans une salle obscure.
Quand on y repense, Hollywood a souvent massacré la culture surf. Mais ce film avait quelque chose de différent. Une authenticité brute au milieu du chaos. Les répliques devenues cultes (« Bells plus gros que Waimea, impossible mon frère »), le casting parfait avec Keanu Reeves et le regretté Patrick Swayze, sans oublier l’apparition d’Anthony Kiedis… Tout était aligné pour créer la légende. Bon, soyons honnête ce n’est pas un chef d’oeuvre cinématographique, mais c’est un peu ma madeleine de Proust à moi.
Cette réédition limitée nous réserve d’ailleurs une belle surprise : une introduction exclusive de Matt Archbold. Véritable légende de San Clemente, c’est lui qui doublait Patrick Swayze sur les vagues et entraînait les acteurs avant les prises. Il y partagera des anecdotes de tournage inédites sur les risques pris à l’époque et cet irrépressible besoin de liberté qui imprègne chaque image.
Si vous avez grandi avec les exploits des « Ex-Présidents », ou si vous cherchez juste à comprendre pourquoi tant d’entre nous ont un jour voulu braver l’océan, vous savez où être à la mi-août.
Si vous avez passé le cap de la quarantaine, ce nom réveille forcément en vous le souvenir d’interminables sessions virtuelles. En 2002, Kelly Slater’s Pro Surfer débarquait sur nos immenses télévisions cathodiques. Plus de deux décennies plus tard, une simple vidéo de gameplay vient de créer un buzz inattendu sur les réseaux, accumulant les réactions ébahies. La raison ? Le réalisme de l’océan.
« La physique de l’eau est encore meilleure que dans certains jeux d’aujourd’hui », s’étonne un internaute face aux images de la vague de Teahupo’o. Développé à l’âge d’or des jeux de glisse, ce titre est au surf ce que Tony Hawk’s Pro Skater est au skateboard : une légende fondatrice. On a poncé ce jeu sur nos vieilles PlayStation jusqu’à en effacer les boutons de la manette, enchaînant les combos irréels sur les spots de Pipeline ou de Mundaka.
À quand la relève ?
Depuis ce coup de maître d’Activision, notre sport a tristement déserté le paysage vidéoludique majeur sur console. Il existe bien des jeux sur les mobiles comme True Surf, que j’aime bien, me lançant dans des combats sans fin avec mes enfants, chacun sur son mobile. En attendant de voir si les rumeurs persistantes d’une option surf dans le très attendu GTA VI se confirment, la référence absolue reste inchangée. De quoi donner sérieusement envie d’aller fouiller dans les cartons du garage pour rebrancher sa bonne vieille PS2.
Imaginez la scène : vous êtes à Ujung Bocur, face à l’une des gauches les plus longues et parfaites d’Indonésie. Dans votre housse, quatre ovnis asymétriques fraîchement shapés à Bali par le duo Ryan Lovelace et Vincent Brecqueville pour Lovemachine. C’est exactement le laboratoire qu’a choisi le freesurfeur William Aliotti pour martyriser son nouveau quiver. Et tout ne s’est pas passé comme prévu.
Dès les premières vagues, le ton est donné. La Zambal (5’5 pour seulement 23 litres) se révèle être un véritable skate. Avec ses patchs en carbone pour encaisser les appuis surpuissants d’Aliotti, elle offre une vitesse hallucinante, malgré une rame laborieuse. Pour les conditions plus solides, le Satellite Step-Up (6’0) prend le relais : un volume généreux caché sous le torse, couplé à un travail de concaves ultra-centré qui permet de surfer uniquement sur le tiers arrière. Une machine à découper le curl.
Le duo de shapers a même glissé un prototype radical, le Willycopter (5’7). Avec son tail ultra-large et son rocker prononcé, cette planche au look improbable a été pensée spécifiquement pour les slabs indonésiens qui pardonnent le moins.
Mais le véritable drame de ce trip s’est joué avec la Satellite classique (5’8). Montée en époxy sans latte centrale (stringerless), elle offrait une relance et une fluidité inégalées. Trop en confiance face à la vitesse de la board, Aliotti a fait le choix risqué de l’engager dans de gros barrels cabossés. La sanction a été immédiate : le fameux « foam ball » (la boule de mousse à l’intérieur du tube) a littéralement plié et explosé la planche en deux.
Une erreur matérielle assumée qui rappelle une règle d’or : dans les vagues lourdes, la latte reste votre meilleure assurance vie. Pour contrôler ces asymétriques avant la casse, Aliotti utilisait d’ailleurs ses propres dérives, les Bizou Twins, développées en collaboration avec True Ames. Un set qui prouve que l’asymétrie, quand elle est bien jaugée, a définitivement sa place dans les vagues de classe mondiale.
Trois titres de champion du monde de surf en poche, et pourtant, c’est loin des lycras de compétition que John John Florence s’épanouit désormais. Depuis un an, l’Hawaïen a troqué le rythme effréné du CT contre le silence des mouillages sauvages du Pacifique Sud. Son nouveau QG ? Un Gunboat 48, un catamaran ultra-léger en fibre de carbone qu’il skippe en famille aux côtés de sa femme Lauryn et de leur jeune fils, Darwin.
Le minimalisme au milieu du Pacifique
Oubliez le luxe ostentatoire. À bord, l’espace est compté. JJF décrit d’ailleurs son quotidien comme la vie dans une « tiny house » flottante. Entre la cuisine compacte, les cabines exiguës et les systèmes de navigation, la promiscuité est totale, mais c’est précisément ce que le surfeur recherchait.
« Cela réduit votre monde à l’essentiel. Vous devez gérer votre énergie, votre nourriture, et cela vous force à être totalement ancré dans le moment présent », confie-t-il.
Propulsé par le vent 95 % du temps grâce à la légèreté de sa structure en carbone, ce navire sert de camp de base d’exploration pour dénicher des vagues vierges, hors des cartes et des prévisions classiques, de la Nouvelle-Zélande aux archipels isolés. Une reconnexion brute à l’océan.
Quand la mythique compétition de l’Eddie Aikau s’est lancée à Waimea Bay dans des conditions dantesques, un groupe d’hommes a risqué sa vie pour que les surfeurs rentrent sains et saufs. Une vidéo vibrante vient de sortir pour rendre hommage à la Hawaiian Water Patrol, la véritable « Seal Team 6 » de l’océan.
La naissance des lifeguards d’Hawaï
Fondée par la légende Terry Ahue aux côtés de Brian Keaulana, cette patrouille d’élite a complètement révolutionné le sauvetage en mer. Dans les années 80, récupérer un surfeur en détresse à Sunset Beach se faisait à la rame, sur une planche de surf rigide. Un exploit souvent impossible.
Ce sont ces hommes qui ont innové en fixant une planche de bodyboard derrière un jet-ski avec un simple tuyau d’arrosage. Le tout premier « sled » de l’histoire était né. Aujourd’hui, cette science de la survie se transmet de père en fils, comme une lignée sacrée connectée par le sang et le respect de l’océan.
Un bouclier mondial, de Nazaré à nos côtes
Mais Hawaï n’est plus seule à porter ce fardeau. Ce savoir-faire unique s’est exporté sur tous les spots XXL de la planète. À Teahupoo, la water patrol locale défie les vagues de récif les plus tranchantes du monde pour extirper les surfeurs de la zone d’impact. À Nazaré, au Portugal, les pilotes de jet-ski slaloment au milieu d’immeubles d’eau de 20 mètres pour arracher les athlètes au chaos blanc.
Chez nous, sur les côtes françaises, nous avons les MNS (Maîtres-Nageurs Sauveteurs) appliquent cette même vigilance quotidienne face aux redoutables baïnes de l’Atlantique ou aux shorebreaks landais. Mais, je ne crois pas avoir vu une élite se former pour assurer la sécurité des surfeurs. Celle-ci se fait de manière beaucoup plus individuelle.
C’est une vidéo de 2009 que la mémoire du surf mondial n’a jamais vraiment effacée. On y voyait un gamin réclamer un autographe à Jérémy Florès. Le Français, qui venait d’encaisser une défaite frustrante et n’avait qu’une idée en tête—s’isoler loin de la foule—, lance au gosse d’aller chercher un stylo. Rien de méchant. Mais Sterling Spencer, l’enfant terrible du surf américain, récupère le clip, y ajoute une voix-off parodique cinglante et détruit l’image publique de Jérémy Florès. La vidéo devient virale, la France s’indigne.
Dix ans plus tard, Spencer est enfin revenu sur les coulisses explosives de leurs retrouvailles lors du dernier épisode de son podcast Pinch My Salt.
« Il était complètement ivre, et je pense qu’il ne s’est pas rendu compte qu’il était littéralement en train de m’étrangler. »
La scène se passe en marge des Surfer Poll Awards en 2016. Morgan Maassen, photographe renommé et témoin de la scène, croise Florès dans le hall et propose naïvement une photo de réconciliation. Erreur fatale. Alcoolisé et entraîné au jiu-jitsu, Jérémy passe son bras autour du cou de Sterling et serre. Très fort.
Spencer raconte avoir vu ses yeux sortir de leurs orbites, incapable de respirer pendant que Florès continuait de saluer la foule en lui secouant la tête comme un fétu de paille. Il aura fallu l’intervention d’une légende locale, Michael Ho, pour séparer les deux hommes alors que la panique gagnait la pièce.
La fin de l’histoire ? Elle est digne du surf business. Le lendemain, à la première du film de Spencer, les deux surfeurs enterraient définitivement la hache de guerre. Florès finira même par lui faire un bisou sur la joue.
Le surf de gros flirte souvent avec les limites de la mort, mais pour le Britannique Tom Lowe, la frontière a été franchie. Dans le documentaire poignant A Thousand Lives, le chargeur de Cornouailles livre une série de notes vocales brutes, enregistrées comme des confidences d’outre-tombe après avoir survécu à deux accidents majeurs à Teahupoo, la vague la plus terrifiante du Pacifique.
Quatre minutes sous l’eau : Le néant puis la lumière
Après un premier choc terrible en Polynésie (cinq côtes cassées, poumon perforé), Tom Lowe y retourne deux ans plus tard pour exorciser ses démons. C’est le drame. Assommé sur le récif, il reste prisonnier des vagues géantes pendant plus de quatre minutes. Lorsqu’on repêche son corps inanimé dans le lagon, son entourage le croit mort.
Grâce aux massages cardiaques désespérés de ses sauveteurs, le surfeur revient à la vie. De ces instants d’inconscience, il garde des souvenirs troublants, presque mystiques : « C’était une expérience hors de mon corps, des dimensions différentes, un bruit magnifique et une lumière blanche qui m’entourait », confie-t-il, hanté par la vision de sa famille qui le raccrochait à la vie.
La rédemption mystique en Irlande
Le retour à la réalité est un calvaire. Séquelles physiques, traumatismes crâniens majeurs, dépression profonde… Tom Lowe est vidé. C’est en Irlande, sur le spot XXL de Mullaghmore, qu’il décide de tout reconstruire. Terrifié à l’idée de remonter dans un avion, poussé par sa femme Tess, il s’est jeté à l’eau lors d’une session historique. En surfant une énorme vague à la seule force de ses bras, le surfeur a enfin retrouvé le sourire, scellant sa renaissance. Une leçon de résilience absolue.
Trop de clips sont sortis d’un coup aujourd’hui. Plutôt que de vous noyer sous des articles individuels, on va droit au but avec les trois sessions qu’il ne fallait pas rater, entre drame au Mexique, pure culture free-surf et voyage au Maroc.
Le Pacifique en furie engloutit un camion à Puerto Escondido
Le dernier vlog de Jamie O’Brien à Zicatela fait froid dans le dos. Une houle massive de plus de 20 pieds (plus de 6 mètres de face) s’est abattue sur le beachbreak mexicain, transformant le line-up en véritable exercice de survie.
Mais le choc visuel s’est produit sur le sable : Matthew Smith, photographe local et pilier de la sécurité en mer, a vu son pick-up et l’intégralité de son matériel photo emportés puis engloutis par l’océan. Un coup dur pour ce travailleur de l’ombre, pour qui une cagnotte GoFundMe a immédiatement été lancée par la communauté.
« Ritualistic Tendencies » : Le prétendant au film de l’année
Le collectif Ritual — la marque de lunettes pilotée par Noa Deane, Mikey Wright, Harry Bryant et Dion Agius — vient de lâcher son tout premier long-métrage. Le modèle économique est simple : vendre des solaires accessibles pour financer des productions indépendantes.
Le résultat, filmé sur 18 mois entre le North Shore et l’Indonésie par Wade Carroll, est une mine de haute performance brute. C’est l’anti-compétition par excellence, et ça fait du bien.
Pour les anciens, comme moi, l’introduction ne laisse pas de marbre avec le morceau de musique « kissing the sun », qui était la musique de la section Shane Powell dans « Tripping the planet ».
Liam Sahyoun et la transmission de l’hiver marocain
On change de rythme avec le carnet de voyage de Liam Sahyoun, qui a passé plusieurs mois à traquer les rentrées de houle sur les côtes marocaines.
Des droites parfaites de la Pointe des Ancres aux tubes de Safi, le film documente surtout sa relation avec la gauche puissante de Tafedna et ses sessions backside dans le désert, près de Dakhla. Un trip familial et authentique partagé aux côtés de son père.
C’est probablement le projet le plus dingue et le plus jouissif de l’année. Imaginez un crossover brutal entre The Last of Us et Point Break, entièrement façonné par une intelligence artificielle. Son nom ? « Surf or Die ».
Le pitch nous propulse en 2065, dans une Californie du Sud dévastée où les marées sont brisées. Dans ce monde en ruine, la marée basse appartient aux morts, la marée haute à l’océan. Les surfeurs sont devenus les seuls Gardiens capables de naviguer entre les deux mondes pour survivre.
Esthétiquement, c’est une claque absolue qui ressuscite les films d’horreur des années 80. Visuellement bluffant, le trailer intègre même un personnage de The Walking Dead et transpose l’apocalypse jusque sur le spot mythique de Nazaré. Le clou du spectacle ? Voir les riders fracasser des vagues et des crânes de zombies en hurlant Surf Or Die. Une pépite d’IA à voir absolument.
En direct d’El Zonte au Salvador, le double champion du monde Filipe Toledo vient de lâcher une bombe sur ses réseaux. Selon lui, il a plaqué le plus haut alley-oop de sa vie. Les images sont folles…
Dans les commentaires, le débat fait rage. Si la légende Mick Fanning préfère son move mythique à Jeffreys Bay, tout le monde valide ce vol comme l’un des plus massifs de l’histoire. Éliminé prématurément au Round 2 par Kauli Vaast, Toledo quitte la compétition tôt mais signe l’action la plus mémorable de la semaine.
Quand un surfeur de ce niveau se blesse gravement au genou, le doute s’installe forcément. Pour le Guadeloupéen Léo-Paul Étienne, l’éloignement forcé de l’océan a été une épreuve mentale autant que physique. Mais l’ancien champion du monde ISA junior n’est pas du genre à regarder le train passer. Son tout dernier édit, intitulé RELENTLESS, retrace cette reconstruction acharnée, loin des projecteurs.
De l’enfer de la rééduc au paradis de Tahiti
Le film nous plonge directement dans le vif du sujet : l’intensité brute des barrels de Teahupoo, à Tahiti. Là-bas, la moindre erreur se paie cash, d’autant plus quand on revient avec un genou tout juste réparé.
Après la tension du Pacifique, place au retour aux sources. Léo-Paul nous emmène dans les eaux chaudes de son enfance en Guadeloupe, avant de partir explorer des bancs de sable totalement isolés et secrets au cœur des Caraïbes.
« Surfer, voler en foil, partir à l’aventure… C’est juste la poursuite sans fin de ce que j’aime. » — Léo-Paul Étienne
Entre sessions de pur surf engagé, lignes de foil ultra-fluides et ride sauvage, cette vidéo est vraiment cool, elle motive. C’est le récit d’un waterman complet qui renoue enfin avec son élément, poussé par une quête obsessionnelle. Une vraie dose d’adrénaline et d’inspiration pour quiconque a déjà dû repartir après une blessure.
Oubliez les clips standardisés et la performance millimétrée des compétitions. Avec sa nouvelle vidéo YouTube Juju’s Diary: We Drove Through Indonesia in a Bus, Juliette Lacome nous embarque dans un road-trip javanais à l’état brut. À bord d’un bus transformé en maison roulante, elle réunit une bande d’icônes de la scène alternative mondiale : Alex Knost, Karina Rozunko, Jaleesa Vincent et Noah Collins, tous partis explorer des spots oubliés.
Mais au-delà de l’aventure humaine entre volcans et villages côtiers, ce qui marque profondément les esprits, c’est le contraste saisissant entre la rudesse de la route, une bande-son indie-rock presque hallucinée, et la pureté absolue des lignes tracées par Juliette.
Là où l’Indonésie rime souvent avec puissance et surf agressif, la Française impose un flow d’une élégance rare. Chaque virage devient une démonstration de style, chaque transition s’exécute avec une fluidité presque hypnotique.
Capturé par Luka Raubenheimer avec des images additionnelles de Jimmy Jazz, ce film monté par Juliette elle-même réinvente le format du carnet de voyage. Elle ne cherche pas à impressionner, elle danse sur la vague avec une grâce unique. Une œuvre intime et inspirante.
La Bretagne a ce truc en plus. Loin du surf business clinquant, c’est une terre de puristes, façonnée par les éléments. Cet hiver, l’Atlantique n’a laissé aucun répit : dépressions massives, pluie continue et tempêtes en série. Pourtant, sur cette côte ultra-découpée, le jeu consiste à traquer l’impossible. Peu importe la direction du vent, il y a toujours un pli de falaise pour s’abriter et dénicher un spot offshore bien propre.
C’est ce quotidien brut que retrace SEAFOAM, le tout dernier édit qui capture l’essence d’une saison dantesque. Au cœur du bouillon, Gaspard Larsonneur rappelle pourquoi il est l’un des surfeurs les plus stylés et respectés de l’Hexagone. Même dans le jus et le froid grisant, ses trajectoires restent fluides, engagées et d’une justesse rare.
L’homme de l’ombre derrière l’objectif
Mais une production de cette intensité ne se fait pas seule. On glorifie souvent ceux qui glissent, mais qu’en est-il de celui qui subit les bourrasques en gelant sur le rivage ? Le caméraman Robin Aussenac est la véritable cheville ouvrière de ce projet. (déformation professionnelle de mon ancienne carrière professionnelle)
Trépied ancré dans la roche glissante, les doigts engourdis par le vent glacial, il a su capter la lumière rare et l’ambiance mystique de cet hiver armoricain. Sans sa persévérance à tenir le boîtier sous les grains, cette immersion n’existerait pas.
Le salut sous le soleil marocain
Après des mois de résistance thermique et de pénombre, le besoin de rupture est devenu vital pour l’équipe. La seconde moitié de SEAFOAM opère un virage radical vers le Maroc.
Changement d’ambiance immédiat : place aux sessions sans cagoule, à la lumière dorée et aux longues droites parfaites des pointbreaks d’Afrique du Nord. Ce contraste thermique et visuel fait office de récompense ultime après une saison particulièrement éprouvante. Un édit sincère, qui transpire la passion du surf à l’état pur.
Imaginez la scène. Vous glissez tranquillement en foil au large après le boulot, et soudain, l’océan se soulève sous vos pieds. C’est la mésaventure complètement dingue vécue par Tavis Boise au large de Miramar Beach, en Californie.
Alors qu’il naviguait à environ 400 mètres du bord lors d’un downwind, le surfeur a vu surgir deux masses monumentales.
« On aurait dit de la terre ferme émergent de l’eau », raconte-t-il au Santa Barbara Independent.
Il s’agissait en réalité d’une baleine grise et de son baleineau en pleine migration vers le nord.
Tavis ralentit immédiatement pour respecter leur espace, mais la curiosité du jeune cétacé et l’instinct protecteur de la mère changent la donne. Sur les images spectaculaires de sa GoPro, on voit les mastodontes passer à quelques centimètres de sa planche.
C’est là que la session bascule : d’un simple coup de queue, la maman baleine génère une turbulence d’une puissance inouïe, catapultant littéralement le foiler dans les airs avant qu’il ne finisse dans les turbulences du remous.
Un aimant à créatures marines ?
Plus de peur que de mal pour l’Américain qui s’en sort sans une égratignure. Mais le plus fou dans cette histoire reste la probabilité d’un tel enchaînement :
Il y a un mois : Tavis filmait son ami Ron Takeda pris en chasse pendant de longues minutes par un grand requin blanc sur ce même spot.
Aujourd’hui : Il se fait éjecter par le plus grand mammifère de la côte.
Deux interactions virales et surréalistes avec la faune marine en à peine trente jours… Ce foiler a définitivement un aimant à monstres marins caché dans sa planche ! Ou alors…(ce n’est plus le 1er avril)
Le surf en Bretagne fêtera bientôt ses 100 ans, mais à quoi ressemblera-t-il vraiment ? Le surfeur pro Yan Fontaine s’est prêté au jeu dans une vidéo futuriste et totalement décalée qui imagine notre quotidien en 2065.
Oubliez la liberté sauvage de La Torche. Dans ce futur ultra-connecté, le surf est devenu électrique, assisté par une réalité virtuelle indispensable pour « rendre les vagues moins pourries ». Pire encore, pour éviter la surpopulation sur les spots, l’accès à l’eau est rationné : vous n’aurez le droit qu’à une heure et quinze minutes de session par jour, sur des créneaux ultra-verrouillés.
Face à cette dérive technologique, le vieux briscard breton hausse le ton. Pour lui, le surf moderne se résume à des « branleurs » armés de smartphones qui analysent le vent à la seconde près. Rien à voir avec l’époque bénie où l’on checkait les spots à l’aveugle, comme une vraie chasse aux champignons. Une satire hilarante, mais terriblement efficace.
Chaque année en mai, c’est le même rituel. Dès que la North Shore s’endort, une véritable migration s’opère : la crème du surf hawaiien met le cap sur la Polynésie et en Indonésie. Tahiti devient alors leur seconde maison.
Dernier exemple en date ? Mason Ho. Pour lui, la gauche de Teahupo’o est presque une vague « normale » : pas de roche qui dépasse, pas de falaise à frôler. Juste un énorme tube qui aspire sur un récif de corail tranchant. Au programme de ses dernières sessions sbackside : des tubes, des tubes et encore des tubes….
Ah, la vie de John John Florence. Quelle épreuve. Alors que vous étiez probablement en train de lutter avec votre café lundi matin, le double champion du monde a été « aperçu » – par un pur hasard, évidemment – en train de se gaver de tubes bien épais à Bluff Beach, au Panama.
Parce qu’on ne pouvait pas le laisser tranquille dans son coin, on a suivi sa trace : le gars profite d’une fin de swell aux Caraïbes pendant que le commun des mortels enfile un jean. Il s’est même offert quelques wipeouts bien salés sur ce shorebreak qui broie les planches comme des cure-dents. C’est la seule petite consolation pour nous, pauvres mortels.
Maintenant qu’il a bien poncé les vagues de Bocas del Toro, le voilà qui remonte sur son bateau pour filer vers le Pacifique et disparaître dans l’abysse liquide. Allez, courage, nous aussi on profite actuellement de bonnes vagues.
La World Surf League pensait faire un joli coup de communication en embauchant Jacob « Zeke » Szekely pour couvrir le Bonsoy Gold Coast Pro. L’idée de départ semblait bonne : ramener un vent de fraîcheur et un esprit décalé dans les coulisses, un peu comme le faisait Paul Fisher avec son micro atypique à la grande époque.
Mais l’expérience a tourné court. Très court.
Doté d’un pass VIP et payé par l’organisation, Zeke a eu carte blanche pour interroger tout le monde, des locaux australiens jusqu’aux stars du CT comme Kelly Slater, Italo Ferreira ou Griffin Colapinto. Le problème, c’est que ses questions n’avaient rien à voir avec les dérives ou la taille de la houle. Devant la caméra, il a préféré demander aux pros leur body count (nombre de conquêtes) ou s’ils préféraient Sydney Sweeney à Megan Fox.
Forcément, le décalage frontal entre le lissage institutionnel de la WSL et l’humour brut du surfeur a fait des étincelles. Jugeant le contenu totalement inapproprié, la direction de la ligue a paniqué. Ils ont menacé de lui retirer son accréditation presse, annulé la collaboration sur-le-champ et exigé la suppression immédiate de son montage sur Instagram.
Résultat des courses ? Zeke a été remercié en moins d’une semaine, mais il a évidemment tout balancé sur sa chaîne YouTube. « Je veux juste montrer à quel point ces gars sont drôles et cools en vrai », a-t-il expliqué. Un pari réussi pour l’audience, mais un cauchemar RP pour la WSL. Au pire, il lui reste toujours le Stab High… et son compte OnlyFans pour rebondir.