Defect : le nouveau film Former que les fans de Dane Reynolds attendent déjà

Quand Former annonce un nouveau long-métrage, l’excitation monte immédiatement d’un cran. Et avec Defect, la marque fondée par Dane Reynolds promet clairement l’un de ses projets les plus bruts, les plus sincères et les plus attendus depuis System Is Yours (2022). Bonne nouvelle : l’attente touche à sa fin.

Chapter 11 à l’arrêt… pour de bonnes raisons

À Ventura, les portes du surf shop Chapter 11 sont temporairement fermées. Pas par manque d’activité, bien au contraire. Hunter Martinez, réalisateur et pilier du projet, est plongé jusqu’au cou dans le montage de Defect. Le film accapare toute l’énergie de l’équipe, entre post-production, gestion du roster Former et sélection des clips les plus lourds accumulés ces derniers mois.

Contrairement à l’image fantasmée du job de rêve — “surfer avec Dane tous les jours” — la réalité est plus sérieuse : rigueur, organisation et une vraie vision créative.

Defect : blessures, galères… et surf de très haut niveau

Le titre Defect n’a rien d’un hasard. Le film est né dans la douleur. Littéralement. Dane Reynolds s’est fracturé le pied sur le reef indonésien, Craig Anderson a enchaîné les blessures, Shaun Manners a subi une lourde commotion, Dion Agius s’est perforé un poumon, Jay Davies traîne des soucis à l’épaule… Un casting de guerre.

Mais comme souvent chez Former, les moments les plus chaotiques donnent naissance aux images les plus marquantes. Martinez le confirme : tout le meilleur footage est dans Defect. Attendez-vous à du surf engagé, des slabs massifs, et une approche toujours aussi anti-format.

Un casting élargi et des invités remarqués

Depuis 2022, l’équipe Former s’est largement étoffée. Aux piliers historiques (Reynolds, Anderson, Ben Howard…), se sont ajoutés Shaun Manners, Dion Agius, Jay Davies, Jake Kelley, mais aussi une nouvelle génération incarnée par Timo Simmers et Gabe Morvil.

Cerise sur le gâteau : un cameo de James Kusitino, premier surfeur pro fidjien et Stab Surfer of the Year, avec des backside barrels qui risquent de marquer les esprits.

Dates de sortie et avant-goûts

Defect partira en tournée mondiale en juin, avant une sortie en ligne prévue pour juillet. D’ici là, Former prévoit plusieurs “préquel” vidéos, plus longues, plus respirantes, loin du surf content jetable. Une vraie déclaration d’amour au storytelling.

« Le meilleur surf de ma vie » : Jordy Smith lâche une bombe vidéo

Quand Jordy Smith affirme que c’est le meilleur surf de sa vie, on tend immédiatement l’oreille. Pas parce que la phrase est bien tournée, mais parce qu’elle vient d’un surfeur qui a passé près de deux décennies sur le Dream Tour (je suis un peu large), sillonnant la planète à la recherche des vagues les plus parfaites. Alors forcément, la curiosité est totale.

La vidéo publiée sur sa chaîne YouTube dure moins de sept minutes, mais elle concentre une intensité rare. Direction l’Afrique du Sud, tout près de Durban, là où Jordy a grandi. Une droite tubulaire, puissante, parfaitement calée… et surtout une succession de tubes propres, profonds, enchaînés sans temps mort. Ce n’est peut-être pas la meilleure vidéo de surf jamais réalisée, mais si tout cela s’est déroulé sur une seule session, alors oui, on comprend parfaitement le propos.

Une session irréelle plus qu’une simple vidéo

Ce qui frappe, ce n’est pas un tube isolé ou un moment de grâce unique. C’est l’accumulation. Tube après tube. Placement chirurgical. Lecture parfaite de la vague. Jordy ne force rien, il se cale, disparaît, ressort, recommence. Une forme de surf presque insolente tant tout semble fluide et maîtrisé.

Les vagues de cette région peuvent être exceptionnelles lorsque les conditions s’alignent, mais ici, le curseur est clairement monté d’un cran. Et qui de mieux que Jordy Smith, porte-drapeau du surf sud-africain depuis près de vingt ans, pour se gaver dans ses barrels locaux ?

Un Jordy Smith toujours au sommet

À 36 ans, Jordy continue de prouver qu’il fait partie de l’élite mondiale. Troisième du Championship Tour la saison dernière, éliminé par Griffin Colapinto lors du Final Five à Cloudbreak, il abordera la reprise du CT avec une motivation intacte et, visiblement, une confiance maximale.

Lost in Paradise at a Perfect Left : une vague irréelle, loin de tout

Parfois, le surf se résume à une chose simple : être au bon endroit, au bon moment, avec les bonnes personnes. Lost in Paradise at a Perfect Left avec Kauli Vaast, capture exactement cet instant suspendu, quand tout s’aligne et que le monde extérieur disparaît.

Une gauche parfaite, simple et envoûtante

Dès les premières images, le décor est planté : eau chaude, limpide, poissons visibles sous la planche, et surtout une gauche longue, lisse et régulière. Une vague décrite comme “simple”, mais capable d’offrir des barrels interminables, au point d’être comparée à une vague artificielle… en mieux. Ici, rien de mécanique : tout est naturel, fluide, vivant.

Surf trip minimaliste, plaisir maximal

Pas de foule, pas de pression, pas de compétition. Juste des sessions à répétition, des retours à terre pour remettre de la crème solaire, enfiler une casquette, puis repartir à l’eau. Le film insiste sur cette sensation rare : surfer sans contrainte, avec seulement le rythme des marées et l’envie de repartir pour une dernière vague… qui devient souvent la meilleure.

L’énergie du groupe avant tout

La vidéo respire la camaraderie. Le surf n’est pas seulement une performance, c’est un moment partagé. Les sourires, les discussions à chaud, la fatigue dans les yeux au coucher du soleil : tout rappelle pourquoi on voyage pour surfer. Cette “perfect left” n’est pas qu’une vague, c’est un prétexte pour vivre pleinement, ensemble.

C'est le genre de trip dont on rêve tous, et c'est ce qui rend cette vidéo si cool à regarder

Wedge Heads Unite : quand Dylan Graves et Mason Ho parlent le langage du chaos

Il y a des vidéos de surf bien produites, léchées, calibrées. Et puis il y a celles qui sentent le sel, l’imprévu et l’amitié sincère. Wedge Heads Unite appartient clairement à la seconde catégorie. Le clip réunit Dylan Graves et Mason Ho, deux esprits faits pour comprendre – et aimer – les vagues qui ne tournent pas rond.

Une rencontre presque évidente

Dylan Graves s’est imposé comme l’explorateur numéro un des wedges, ces vagues courtes, violentes et imprévisibles qui cassent souvent sur très peu d’eau. Mason Ho, de son côté, n’a jamais eu besoin d’étiquette : il surfe à l’instinct, joue avec des vagues qui n'attirent pas grand monde, et transforme le chaos en terrain d’expression.

Les voir ensemble n’a donc rien d’un hasard. Dylan l’avoue d’ailleurs sans détour : à chaque fois qu’il surfe cette vague de Porto Rico, il se demande ce que ferait Mason. Une phrase qui résume parfaitement l’ADN du clip.

Un wedge aussi joueur que punitif

La vague choisie est l’une des préférées de Dylan… mais aussi l’une des plus dures à dompter. Ici, tout peut mal tourner : take-off mal synchronisé, lèvre qui retombe sans prévenir, sections qui écrasent plus qu’elles n’ouvrent. Une vague qui pardonne rarement, mais qui offre des sensations uniques quand tout s’aligne.

C’est précisément ce qui rend la session si captivante. Rien n’est parfaitement propre, tout est vivant. On ressent autant la tension que le plaisir, avec ce mélange d’adrénaline et de rires qui accompagne souvent les meilleures sessions entre amis.

La dérive FCS qui vole la vedette

Difficile de ne pas évoquer la scène la plus mémorable du clip. Après quelques heures dans l’eau, Dylan grimpe à un cocotier, attrape une noix de coco… et l’ouvre à l’aide d’une dérive FCS. Sans outil, sans vis, sans prise de tête. Puis il remet la dérive et retourne surfer.

Un moment aussi absurde que génial, qui résume l’esprit de la vidéo : créatif, pratique, et totalement décomplexé.

Skier Nazaré en 2026 : quand le buzz enterre définitivement le surf

On pensait avoir tout vu à Nazaré. Les wipeouts XXL, les vagues qui avalent des immeubles, les jet-skis en PLS et les surfeurs transformés en figurines Playmobil, une gamine de 13 ans tractée sur des grosses vagues. Mais non. 2026 nous offre un nouveau sommet de l’absurde : Chuck Patterson a skié Nazaré. Oui, avec des skis. Et des bâtons. Et une paire de boots capables d’envoyer, n'importe qui, direct au fond de l’Atlantique.

Quand la métaphore devient trop littérale

Depuis toujours, on compare les grosses vagues à des pistes noires : raides, engagées, réservées à une élite. Chuck Patterson a visiblement pris l’analogie au pied de la lettre. Quitte à oublier un détail : la mer n’est pas une montagne, et Nazaré n’est pas un snowpark freestyle.

À Nazaré, on surfe des murs d’eau vivants, imprévisibles, violents. On ne les “descend” pas, on les négocie. Les skis, eux, glissent droit. Très droit. Trop droit.

Résultat ? Une glisse raide, figée, sans lecture de vague, sans adaptation. Du ride ? Non. Du pilotage sous anxiolytiques.

Danger public (et privé)

Le plus gênant dans cette histoire, ce n’est même pas le ridicule esthétique. C’est le niveau de danger.
Petit rappel technique pour ceux du fond :

En cas de wipeout, Chuck devient littéralement une ancre humaine. Et qui doit aller le chercher ? Les équipes de sécurité. Les jet-skis. Les gars qui, eux, n’ont rien demandé (enfin si, j'imagine qu'ils sont payés) et prennent des risques bien réels pour sauver un mec venu “tester un concept”.

À ce stade, on ne parle plus d’engagement personnel, mais de mise en danger collective.

Du surf ? Non. Du contenu.

Soyons honnêtes : cette “performance” n’a strictement rien à voir avec le surf.
Pas de ligne.
Pas de style.
Pas de lecture.
Pas de respect du spot.

Mais beaucoup de caméras. Beaucoup de buzz. Beaucoup de “regardez-moi”.

On n’est plus dans la glisse, on est dans la course à l’algorithme. Aujourd’hui des skis, demain quoi ?
Un type à Nazaré sur une porte de placard Ikea pendant que tout le monde applaudit l’“innovation” ?

🤡 Le cirque de la vague géante

Nazaré est déjà devenu un théâtre permanent. Entre records discutables, jet-skis en surnombre et performances plus médiatiques que sportives, le spot se transforme peu à peu en foire aux exploits absurdes.

Chuck Patterson ne surfe pas Nazaré.
Il l’utilise comme décor.

Et c’est peut-être ça le plus triste : transformer l’une des vagues les plus mythiques de la planète en simple toile de fond pour une vidéo YouTube de plus.

👉 Oui, c’est spectaculaire
👉 Oui, ça fait cliquer
👉 Oui, c’est “jamais vu”

Mais non, ce n’est pas du surf.
Et surtout, ce n’est pas de la glisse.

Juste une démonstration de plus que, parfois, le buzz prend définitivement le dessus sur le sens.

Quand l’océan s’illumine : une session de surf bioluminescente sous un ciel de feu

Un ciel rouge sang zébré d’éclairs, un océan électrique qui s’illumine à chaque mouvement, et un surfeur seul face à la nature déchaînée. Non, ce n’est pas une scène de film, mais une session bien réelle vécue par Santi Medeiro, quelque part sur les côtes d’Uruguay, pour clore l’année 2025 de la manière la plus irréelle possible.

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Une session “hors matrice”

La vidéo a rapidement fait le tour du monde : on y voit Santi Medeiro glisser sur des vagues nocturnes qui s’illuminent d’un bleu fluorescent à chaque bottom turn, tandis que le ciel explose en éclairs rougeoyants. Un contraste visuel saisissant, presque trop parfait pour être vrai. Et pourtant.

Dans son message, le surfeur uruguayen ne cache pas son émotion. Entre 23 h et 1 h du matin, il dit avoir vécu « le surf le plus magique de sa vie ». Une session unique, amplifiée par l’orage en arrière-plan, qui transformait chaque vague en tableau vivant.

Bioluminescence : quand la mer devient néon

Ce bleu électrique n’a rien de surnaturel, même s’il en donne l’impression. Il s’agit de bioluminescence, un phénomène naturel provoqué par des micro-organismes marins (souvent des dinoflagellés) qui émettent de la lumière lorsqu’ils sont agités.

Chaque mouvement – pagaie, take-off, rail qui mord l’eau – déclenche alors une réaction chimique produisant cette lueur presque irréelle. Un phénomène rare à observer en surf, encore plus rare lorsqu’il est combiné à un orage aussi spectaculaire.

Un ciel rouge, présage de surf divin ?

Le dicton « ciel rouge le soir, laisse bon espoir » traverse les siècles, de la Bible à Shakespeare. Mais ici, on est clairement monté d’un cran. Le ciel embrasé, saturé d’éclairs rouges, a rappelé à certains l’univers sombre et fantastique de Stranger Things. Une sorte de “monde à l’envers”, version surf, sans monstres… mais avec des vagues luminescentes.

Une expérience impossible à reproduire

Ce genre de session coche toutes les cases de l’instant parfait : conditions météo extrêmes mais surfables, présence de bioluminescence, nuit noire, et surtout, le courage (ou l’inconscience ?) d’aller à l’eau à ce moment précis. Autant dire que très peu de surfeurs pourront un jour raconter une histoire similaire.

Une chose est sûre : cette session rappelle pourquoi le surf dépasse largement le cadre du sport. Parfois, il devient une expérience sensorielle totale, presque mystique. Et quand la nature décide de sortir le grand jeu, il ne reste plus qu’à ramer… et ouvrir grand les yeux.

Le plus gros Mullaghmore depuis cinq ans : l’Irlande face à son monstre

Il y a des sessions qui marquent une carrière. Et d’autres qui marquent une génération entière de surfeurs. À Mullaghmore, sur la côte ouest de l’Irlande, le swell de décembre restera comme le plus massif observé depuis cinq ans sur cette gauche aussi mythique que redoutée. Un de ces jours où l’Atlantique Nord ne fait pas semblant, où chaque décision engage, et où le moindre détail compte.

Ce matin-là, tout commence dans la pénombre. À 7h30, la lumière est encore absente, le froid mord les doigts, et la route vers le spot se fait dans un silence lourd. Le genre de silence qui précède les grandes batailles. Les prévisions sont “mentales” : une houle énorme, un vent sud-sud-est quasi parfait — le Graal pour Mullaghmore. Mais ici, les chiffres ne disent jamais toute la vérité. Ça peut être énorme… ou totalement ingérable.

Une mécanique millimétrée pour une vague hors norme

Mullaghmore n’est pas un spot comme les autres. Cette gauche sur reef exige engagement total, timing absolu et confiance aveugle dans l’équipe. Le moindre retard, la moindre hésitation, et la vague vous rappelle instantanément qui commande.

Quand le swell rentre, il n’y a pas de place pour l’improvisation. Jets-skis, safety, caméras, communication : tout doit être parfaitement huilé. Ce jour-là, l’eau est saturée de machines — près de 25 jets skis — signe que quelque chose d’exceptionnel est en train de se produire. Les séries sont massives, propres, d’une taille rarement vue avec une telle qualité de vent.

Conor Maguire et la vague d’une vie

Au cœur de cette session hors normes, Conor Maguire prend une vague qui pourrait bien entrer dans l’histoire du spot. Les mesures officielles se font attendre, mais une chose est sûre : elle pourrait être la plus grosse jamais surfée à Mullaghmore.

Dans ces conditions, rien n’est laissé au hasard. Préparation physique, lecture du plan d’eau, synchronisation avec le pilote de jet-ski… tout converge vers un instant suspendu. Maguire parle d’un moment “très spécial”, de ceux où tout s’aligne enfin. À Mullaghmore, ce genre d’instant ne se donne pas facilement.

Un swell que personne n’oubliera

Le lendemain, les visages sont marqués, les corps fatigués, mais les regards brillent encore. Beaucoup parlent des vagues de leur vie. Certains n’en ont pris qu’une. D’autres deux. Mais tous savent qu’ils ont assisté à quelque chose de rare.

Des conditions aussi grosses, aussi propres, avec une telle organisation collective, ne se produisent qu’une poignée de fois par décennie sur cette gauche irlandaise. Et quand elles arrivent, Mullaghmore rappelle pourquoi elle est considérée comme l’un des spots de grosses vagues les plus dangereux et respectés d’Europe.

MASCARAS : Kyllian Guérin sort le grand jeu au Mexique

Il aura fallu patienter, mais ça valait le coup : Kyllian Guérin revient avec MASCARAS, une vidéo qui sent la super production à plein nez. Image léchée, montage nerveux, ambiance soignée… On est sur un clip qui se regarde une première fois pour les vagues, puis une deuxième parce qu'on a kiffé.

Derrière le projet, on retrouve Arthur Genie : un vrai bon derrière la caméra, un monteur solide, et (spoiler) un mec cool. Ensemble, ils ont pris la direction du Mexique, avec une idée claire : filmer un trip surf qui joue sur les contrastes, autant dans les spots que dans les ambiances.

Le concept : le masque comme symbole (et comme miroir)

Le film puise sa force dans la symbolique des masques mexicains : des objets chargés de sens, à la fois protection et révélation. Ils cachent un visage, mais révèlent autre chose : une énergie, une intention, une part d’ombre ou de lumière.

Et cette dualité traverse tout MASCARAS :

C’est exactement ce que le surf nous fait vivre. Un jour tu danses sur une vague “facile”, le lendemain tu te fais remettre à ta place par un set plus sérieux. Le masque, ici, devient presque une métaphore du surfeur : celui qui avance, même quand ça secoue. (j'ai l'impression d'être un philosophe)

Puerto Escondido : là où Kyllian est dans son élément

Direction Puerto Escondido. Et clairement, c’est le terrain de jeu parfait pour ce que Kyllian fait de mieux : s’engager et claquer de gros barrels avec ce mélange de précision et d’instinct qu’on aime voir dans les vagues puissantes.

Ce qui frappe, c’est à quel point il a ce style “propre” dans le lourd : pas de cinéma inutile, pas de gestes en trop. Il se place, il lit, il y va.

Et puis… on ne voit pas assez de Français à Puerto, non ?

Franchement, c’est toujours une petite frustration : les Français sont souvent excellents dans les tubes, et ça ne sort pas de nulle part. Entre les tubes landais, les hivers à se faire brasser et la culture du placement, on a des vrais tube riders en France. Alors voir un Français se faire plaisir à Puerto, ça fait du bien.

Petit crochet à Salina Cruz : longues droites, autre ambiance

Le film joue aussi sur l’opposition des spots : après la puissance brute, place à un surf plus fluide avec Salina Cruz et ses longues droites. On change d’énergie, mais pas de niveau : Kyllian est aussi à l’aise quand il faut enchaîner les sections, gérer la vitesse et poser un surf plus “dessiné”.

C’est justement ce contraste qui rend la vidéo complète : pas juste un clip “heavy”, mais un vrai récital sur des longues droites .

La question essentielle (et totalement scientifique) : le grip sur le gun

Bon… petite parenthèse : pourquoi coller un grip sur son gun alors que sur tout le clip, il n’a pas vraiment posé le pied dessus ? 😄
Évidemment je plaisante — mais avoue, toi aussi tu as regardé en te disant : “Il va s’en servir quand ?”

Juliette Lacome au Mexique : Tangolunda, un film entre surf et sensations

Il existe des vidéos de surf qui montrent des vagues.
Et puis il y a celles qui racontent une atmosphère, un moment, une émotion.

Avec Tangolunda, tournée à Barra de la Cruz, sur la côte Pacifique du Mexique, Juliette Lacome signe un film à part. Un projet où le surf donne envie de se jeter à l'eau en boardshort, tout l'inverse des conditions actuelles.

Barra de la Cruz, un décor qui parle de lui-même

Spot mythique pour ses longues droites régulières, Barra de la Cruz offre un terrain idéal pour un surf fluide et posé. Les images sont pleines de couleurs, des textures naturelles et le rythme lent du lieu. Ici, pas de montage frénétique : chaque vague est laissée, pas de coupure à tout va, on y voit Juliette surfer avec élégance, avec naturel, avec fluidité, cela semble presque simple.

Une identité mexicaine assumée

L’un des points forts de Tangolunda réside dans sa bande-son 100 % locale. Grâce à une collaboration avec Isurfmex, le film intègre des musiques mexicaines authentiques, notamment des mariachis de la région de Huatulco. Un choix de musique original, qui ancre le projet dans la culture locale et renforce son caractère immersif.

Une vidéo qui résonne avec le parcours de Juliette

Difficile de ne pas faire le lien avec le parcours récent de la surfeuse française. Début 2025, Juliette Lacome a traversé une période marquante après l’opération d’une tumeur osseuse, suivie de plusieurs semaines loin de l’eau. Tangolunda ne parle pas directement de cette épreuve, mais elle s’en ressent dans la douceur du film, dans ce surf apaisé, presque reconnaissant.

Un film sincère, loin des codes classiques

Réalisé par Michael Darrigade, Tangolunda s’éloigne des edits classiques pour proposer un regard sensible et humain sur le surf. Une vidéo qui rappelle que le surf, avant d’être un sport, est une histoire de style.

Une parenthèse simple et inspirante, à regarder sans se presser.

Tristant Guilbaud en Indonésie : trois semaines entre Nias, Krui et perfection tropicale

Nias et Krui : trois semaines entre perfection, rencontres et lignes infinies

Il y a des destinations qui hantent un surfeur depuis l’enfance. Des vagues rêvées qu’on griffonne au fond d’un cahier, persuadé qu’un jour, on marchera enfin sur le sable qui mène jusqu’à elles. En septembre dernier, Tristant Guilbaud a coché l’une de ces cases mythiques : Lagundri Bay, sur l’île de Nias, là où déferle l’une des droites les plus belles de toute l’Indonésie.

La houle n’a peut-être pas offert son visage le plus massif, mais peu importe : la vague parfaite de Lagundri suffit à transformer chaque session en moment suspendu. la houle s’enroule sur le reef comme dessinée au compas, déroule propre, régulière, assez longue pour laisser respirer les turns ou oser le rythme d’un barrel proprement taillé.
Une vague qui synthétise tout ce qui fait rêver : la simplicité d’une droite parfaite, la constance, l’énergie de l'océan indien, ce quelque chose d’intemporel qui rattache le surfeur à l’histoire du surf indo.

Après dix jours de glisse hypnotique, direction Krui, plus au sud, sur la côte ouest de Sumatra. Là, le décor change, l’ambiance aussi — et le potentiel explose. Krui, c’est un véritable terrain de jeu tropical :
▪️ beach breaks nerveux et tubulaires,
▪️ gauches interminables qui déroulent sans fin sur les pointes,
▪️ slabs puissants, exigeants, pour ceux qui aiment le creux et les take-offs sérieux.

Mais pour scorer là-bas, il faut savoir lire plus que les prévisions : le vent, capricieux, souffle depuis les montagnes, tourne, accélère, se calme, modifie tout. Chaque jour devient un pari, un choix stratégique. Et c’est justement ce qui rend le voyage encore plus excitant.

Au final, ces trois semaines à Nias et Krui ressemblent à ce que le surf a de plus pur à offrir : la découverte, la simplicité, l’accueil chaleureux des locaux, les rires après les sessions, et ces petites pépites de paradis où le temps semble ralentir.
La vidéo de Tristant capture tout : les lignes parfaites, les éclats de rire, les coups d’œil émerveillés, les moments où la vie semble tenir dans un seul rayon de soleil sur l’eau.

Un voyage qui rappelle une vérité essentielle : l’Indonésie n’a pas besoin d’être XXL pour être grandiose.

Hommage à Ramon Brockington, gardien bienveillant des vagues d’Hawaï

À Hawaï, le surf perd l’une de ses voix les plus discrètes, mais les plus essentielles. Un homme qui ne montait pas sur les podiums, qui ne cherchait pas la lumière, mais qui a illuminé la vie de milliers de surfeurs avec une caméra et un sourire : Ramon Brockington.

Un œil unique, un cœur immense

Lorsque la nouvelle de sa disparition a traversé les plages d’O‘ahu, c’est tout un archipel qui s’est arrêté. Ramon, l’âme derrière Oahu Surf Films, n’était pas seulement un caméraman talentueux. Il était un repère. Une présence familière sur le sable de Waikīkī, Ala Moana ou le long des 7 miles légendaires du North Shore.

Originaire de Caroline du Sud, il débarque sur O‘ahu avec une caméra et une passion brûlante pour raconter les histoires de ceux qui glissent sur les vagues. Ce qui n’était au départ qu’une envie de filmer “les bons jours” est devenu, au fil des années, l’une des archives les plus précieuses de la culture surf hawaïenne moderne.

Un homme qui voyait vraiment les surfeurs

Ramon filmait tout le monde. Les groms, les touristes émerveillés, les watermen respectés, les pros affûtés, les locaux, les oncles qui fument entre deux vagues. Peu importe le niveau, peu importe le style : il leur accordait la même attention, la même bienveillance.

Ce qui rendait son travail exceptionnel, ce n’étaient pas seulement les milliers de vagues capturées, mais la façon dont il faisait se sentir chaque surfeur. Il retenait les prénoms, les familles, les progrès, les doutes. Il félicitait après une bonne session, encourageait après une chute, partageait les clips comme des cadeaux.

Pour beaucoup, il fut :

Matt Vasquez, qu’il avait filmé dès ses 19 ans, a livré un témoignage bouleversant : une gratitude profonde, presque filiale, d’avoir été “vu”, aidé, encouragé par Ramon lorsque tout commençait.

Un bâtisseur de lien, à travers et au-delà du surf

Ramon n’était pas seulement derrière la caméra. De 2022 à 2024, il a dirigé le Oahu Surf Film Festival, rassemblant cinéastes du monde entier, donnant de la place aux voix locales, à l’écologie, aux récits locaux. Il aimait les images, mais surtout ce que les images créent : des communautés, des rencontres, des émotions partagées.

Toujours humble, toujours chaleureux, il faisait partie de ces rares personnes capables de transformer une plage — déjà sacrée à Hawaï — en un lieu encore plus accueillant.

Un héritage qui ne s’effacera jamais

Plus de 900 vidéos restent disponibles pour continuer à faire vivre son regard. Mais ce que Ramon laisse surtout derrière lui, ce sont des milliers de petites histoires humaines : des sourires, des poignées de main, des tapes sur l’épaule, des mots doux, des services rendus sans rien attendre.

Chaque série qui déroule à Ala Moana, chaque bombe hivernale sur le North Shore, portera un peu de son énergie.

Rest in peace, Ramon Brockington.
Et merci d’avoir tant donné au surf.

Asher Pacey et Victor Bernardo : deux styles qui subliment le Maroc

Quand Asher Pacey et Victor Bernardo se retrouvent sur une longue droite marocaine, c’est une véritable démonstration de contraste et d’harmonie. Deux approches opposées, mais un même amour de la ligne parfaite.

Asher Pacey : la douceur et la glisse sans effort

Asher Pacey incarne un surf tout en contrôle. Léger, fluide, presque méditatif, il transforme chaque vague en sculpture mouvante. Son style reposant et minimaliste, amplifié par ses twins oversize, donne l’impression qu’il flotte plus qu’il ne surfe. Chaque manoeuvre paraît évidente, simple, naturelle.

Victor Bernardo : la précision électrique du quad

À l’opposé, Victor Bernardo apporte un surf chargé d’énergie. Accélérations soudaines, changements de rythme, prises de rails appuyées : il injecte une dose de vivacité dans chaque section. Son quad nerveux lui permet de garder de la vitesse même dans les passages les plus plats, soulignant une lecture de vague affûtée.

Deux univers qui dialoguent sur une même vague

Dans la vidéo d’Album Surfboards, les deux surfeurs dévoilent toute la richesse du point break marocain. Ce n’est pas le Maroc le plus massif de la saison, mais un Maroc élégant, rythmé, sublimé par un montage léché d’Ayoub Abouizza. Les couleurs chaudes, la lumière rasante et la longueur des rides rendent chaque séquence addictive.

Les twins et les quads apparaissent ici comme un véritable cheat code : vitesse illimitée, transitions fluides et angles variés. Une démonstration de la polyvalence des planches alternatives, parfaitement adaptées aux longues droites locales.

Le Maroc, terrain de jeu des stylistes

Après cette vidéo, impossible de ne pas penser à l’histoire surf du pays : Anchor Point, les secrets bien gardés de Safi, et ces kilomètres de lignes qui permettent d’exprimer un style unique. Asher et Victor rappellent qu’au-delà de la performance pure, le surf reste un art — un langage personnel qui se révèle pleinement sur ces vagues interminables.

The Right, mai 2016 : le jour où la vague a failli tout avaler

Il y a des images qui vieillissent bien. Et puis il y a celles qui, dix ans plus tard, te collent encore des frissons. « Death Rites », la dernière vidéo exhumée par Tim Bonython, fait clairement partie de la deuxième catégorie.

Une journée où tout a basculé

The Right n’a jamais eu besoin de publicité pour être considérée comme l’une des vagues les plus dangereuses de la planète. Mais ce jour de mai 2016, l’océan a décidé d’aller plus loin : plus gros, plus sombre, plus violent. Dans son spot habituel, posé sur un jet-ski dans le channel, Tim Bonython raconte que chaque set donnait l’impression qu’un marteau gigantesque fonçait droit sur lui. Pas une exagération : cette droite mutante peut aspirer l’océan en quelques secondes, se dresser comme un mur d’acier, puis exploser sur le reef avec la puissance d’un train lancé à pleine vitesse.

Ce jour-là, l’horizon s’est éteint. L’eau s’est retirée des rochers. L’air vibrait. Le moindre impact produisait un souffle sonore qui n’arrivait qu’après la déflagration — comme un écho de guerre.

Un casting de légendes… et de survivants

Si cette session est aujourd’hui rééditée dans une version complète de 22 minutes, c’est parce qu’elle réunit un casting de surfeurs qui connaissent The Right comme personne : Ryan Hipwood, Russell Bierke, Kerby Brown, Mick Corbett, Bradley Norris, Chris Shanahan, Rudi Schwartz, Benny Ruffus, Chris Ross, Jarryd Foster… et même deux bodyboardeurs emblématiques du spot : Brad Stone et Lewy Finnegan.

Des noms qui, pris séparément, imposent le respect. Ensemble, face à un monstre en furie, ils donnent un aperçu brut de ce que signifie vraiment “engagement”.

Le jour où la caméra tremble autant que les surfeurs

Beaucoup d’images de cette session avaient déjà été aperçues dans The Big Wave Project 1. Mais comme souvent avec les archives de Bonython, le meilleur dormait encore sur un disque dur. Dans “Death Rites”, on découvre enfin :

Le channel lui-même n’est pas un refuge : chaque vague secoue le jet-ski, arrache l’air ambiant, fait vibrer l’objectif. Tim explique que c’est “le seul angle où tu peux vraiment sentir la vague venir sur toi”. Pas étonnant qu’il parle d’un “marteau” au-dessus de sa tête.

Pourquoi cette vidéo sort aujourd’hui ?

Parce que certains moments méritent une seconde vie. Parce que la mémoire du big wave surfing se construit aussi sur ces journées-là : celles où la frontière entre adrénaline, folie et lucidité devient très mince.
Et surtout parce que cette session de 2016 représente ce que The Right est vraiment : une vague qui frappe sans pitié, un monument de puissance, un laboratoire de courage.

“Death Rites” n’est pas une vidéo de surf de plus : c’est une immersion. Une façon de ressentir, depuis ton canapé, ce que vivent ceux qui s’aventurent sur l’un des slabs les plus dangereux du monde.

L’hiver hawaiien, l’objectif braqué sur le North Shore

Quand l’hiver hawaiien démarre, tous les regards se braquent vers Oahu. C’est la saison où il faut briller, même quand les line-ups débordent d’énervés prêts à se jeter sur n’importe quel set. Et au centre du cyclone médiatique, il y a le North Shore, cette bande mythique où les spots s’enchaînent comme les perles d’un collier. De Waimea à Sunset, il n’y a même pas 5 kilomètres : un minuscule village étiré le long de la Kamehameha Highway, où tout le monde se croise, où tout le monde se connaît… et où tout se joue.

Seule exception : Haleiwa, le centre humain du North Shore, un peu excentré mais indispensable, véritable cœur battant de cette côte qui fascine le monde entier.

C’est ici que le réalisateur Connor Trimble a posé sa caméra pour son nouveau film Hometown Hype 2025. Un pari difficile : raconter un lieu déjà filmé, photographié et mythifié sous tous les angles.

Un microcosme unique : la campagne agitée du surf mondial

La magie du North Shore, c’est sa contradiction permanente. Sur le papier, c’est presque la campagne :

Mais cette tranquillité n’existe que dans les cartes postales. Car la réalité du quotidien, c’est un mélange improbable :
la Kamehameha Highway saturée de voitures,
des parkings minuscules débordant de surfeurs,
des foules sur le sable dès la moindre alerte de swell,
et ce fameux Foodland, point de convergence absolu – on y croise autant de pros que de groms, tous en train de faire leurs courses entre deux sessions.

Le tout, dominé par une caserne de pompiers qui veille sur l’un des écosystèmes marins les plus dangereux et exigeants du monde.

Un regard neuf : filmer les gens plutôt que les vagues

Trimble l’explique clairement : « Le North Shore est la Mecque du surf, mais sa vraie richesse dépasse largement les vagues. Ce sont les gens qui rendent cet endroit unique. »

Loin des clichés surf porn ou des tubes héroïques déjà vus mille fois, il choisit de raconter la vie qui se joue entre les sets :

Haleiwa, le pivot entre mythe et quotidien

Le film nous ramène aussi à Haleiwa, cette petite ville attachante où tout converge. C’est ici que Trimble retrouve les visages familiers :

À travers eux, Trimble montre ce que les touristes ne voient jamais : une culture, une intimité, une identité profondément vivante, qui perdure même lorsque les vagues s’endorment.

Un hommage à une communauté qui vit dans le surf, mais pas que pour le surf

Au final, ce film réussit là où tant d’autres échouent : il capte l’âme du North Shore.
Oui, c’est le terrain d’essai le plus rude et le plus médiatisé du monde.
Oui, tout y est serré, cher, bruyant, parfois épuisant.
Mais ce qui fait vibrer cet endroit, c’est la communauté qui, malgré les coqs, le chaos de la route, les foules sur le sable et les swells monstres, continue de répéter :
“Keep the North Shore green.”

Un film qui rappelle que derrière les vagues, il y a avant tout une manière de vivre.

Roasted : Harry Bryant au cœur d’un typhon en Asie de l’Est

Quand Harry Bryant décide de partir en mission, ce n'est jamais pour une promenade de santé. Avec Roasted, sa dernière vidéo tournée au bord d’un typhon dans l’Extrême-Orient, le surfeur australien prouve une nouvelle fois que l’exploration pure, sans artifice, existe encore. Et qu’elle peut offrir quelques-unes des vagues les plus improbables de l’année.

Une mission née d’une intuition (et d’un météorologue amateur obsédé)

À l’origine de cette aventure : Dav Fox, ami, filmer et compagnon de routes depuis dix ans. Son passe-temps favori ? Scruter Google Earth, disséquer les cartes météo et repérer des anomalies qui pourraient devenir, un jour, des vagues mythiques. Cette fois, il surveillait l’Asie de l’Est, frappée par une saison de typhons particulièrement active.

Il fallait une conjonction parfaite :
– un typhon assez proche pour lancer la houle,
– suffisamment de pluie pour que la rivière locale déverse un banc de sable précis dans l’océan,
– mais pas trop de vent pour ne pas ruiner le spot.

Un alignement d’une précision chirurgicale… et une vague qui n’avait pas fonctionné depuis six ans.

Quand Dav appelle Harry, celui-ci sait immédiatement que quelque chose de spécial est en train de se jouer.

48 heures pour attraper une vague fantôme

Le duo monte dans un avion le lendemain, direction un pays où ils ne connaissent absolument personne et dont ils ne maîtrisent pas la langue. Entre les ruelles labyrinthiques d’un village rural, les marchés où des anguilles et crustacés les dévisagent et des menus impossibles à décoder, ils cherchent à atteindre la sortie de rivière repérée sur satellite.

Ils ne savent même pas si le spot marche.

Puis, un hasard total : au détour d’un mur, ils tombent sur six surfeurs locaux. L’un d’eux reconnaît Harry instantanément et, hilare, les guide à travers un grillage tordu et quelques mètres de barbelés. Quelques pas plus tard, la magie opère : une droite parfaite déroule, belle, rapide, cylindrique, presque trop belle pour être vraie.

Une vague chaude, vive et hypnotique

La vague de Roasted n’a rien d’un slab terrifiant. Pas de rochers, pas de courant glacial. Juste une droite chaude, propre, légèrement "overhead", qui ouvre sur des barrels interminables et des sections où Harry peut laisser parler son sens du timing et de la vitesse.

Il surfe sur une planche spéciale : une 7’1’’ signée Josh Keogh, retiré depuis longtemps, mais ressuscité pour l’occasion. La même qui lui avait offert des lignes sublimes au Maroc. Dans ce décor asiatique, elle devient presque un talisman.

Harry ne force rien : il lit les sections avec une fluidité déconcertante, s’engouffre dans les tubes, en ressort propulsé, puis enchaîne les carves incurvés avec cette grande planche comme si la vague lui parlait. Un style incroyable...

Une aventure improbable devenue un film

Ce qui devait être un pari météorologique est devenu une vidéo hypnotique, bercée par Afroman, du violon et une harpe chinoise. Roasted, c’est la preuve qu’il reste des surprises, des vagues qu'on ne voit que trop rarement...

Deux amis, un typhon, un banc de sable, un pays inconnu, et l’une des plus belles surprises de l’année.

Un voyage extrême vers le Nord : cinq mois à chercher le silence et les vagues

Il y a des projets qui naissent dans la chaleur poussiéreuse du Sénégal… et qui vous emmènent, quelques mois plus tard, au bout du monde. C’est exactement ce qui est arrivé à Paco Elissalde et Isis Gouhry, partis pour un périple de 25 000 kilomètres à travers l’extrême nord, à la recherche de ces line-ups isolés que les surfeurs fantasment depuis toujours. Leur film, qui cumule à peine 800 vues – un véritable scandale – est pourtant l’une des plus belles invitations à l’aventure que vous verrez cet hiver.

« The most intense, frustrating, exhausting, magnificent, cold trip of our lives » : la description donne le ton. Pendant cinq mois, ils ont traversé des paysages hors du temps, coincés entre des montagnes enneigées et une nature brute, presque inquiétante. Loin des clichés du surf performance, leur voyage raconte autre chose : la recherche d’un sentiment, celui d’être seul au monde face à une vague, aussi petite soit-elle.

Les journées sont courtes, trop courtes. Le froid est constant, mordant. Les nuits sont interminables, traversées par l’humidité et parfois illuminées par une aurore boréale. À chaque étape, le décor change, mais un fil rouge demeure : cette impression de toucher un bout du monde encore épargné. Ils rencontrent des cultures menacées par la modernité, croisent une faune sauvage intacte et découvrent des terres où la solitude n’est pas un choix, mais une évidence.

Côté surf, ne cherchez pas le niveau qui claque, les manœuvres à couper le souffle ou des musiques superproduites. Ce film est une ode au voyage, pas un montage de performance. On y voit des vagues modestes, parfois capricieuses, mais sublimées par des décors irréels : fjords silencieux, plages oubliées, montagnes glaciaires qui touchent presque l’eau. Et à chaque session, ce même émerveillement : être là, simplement, sans foule, sans bruit, sans autre objectif que d’aller voir ce qu’il y a derrière la prochaine route gelée.

Ce voyage rappelle une vérité simple : le surf n’est pas uniquement affaire de puissance, de tubes ou de prises de risques. C’est aussi — et surtout — une quête de liberté. Une manière de renouer avec ce qui nous dépasse, avec ce que beaucoup cherchent sans jamais vraiment le trouver.

Et si la vidéo ne compte que 800 vues, elle, au moins, a réussi sa mission : donner envie de repartir, de s’enfoncer dans l’hiver, de rêver à un horizon blanc et silencieux.

Tristan Guilbaud, toujours aussi solide : une vidéo raw qui rappelle le vrai surf

Il y a des vidéos qui claquent par le montage, la musique, les transitions. Et puis il y a celles qui, sans rien de tout ça, disent beaucoup plus. La dernière sortie vidéo de Tristan Guilbaud appartient clairement à la deuxième catégorie. Pas de son, pas de fioritures… juste le bruit des vagues et les "ooooh", un regard brut sur plusieurs sessions landaises et deux sessions basques bien solides.

Ce format “raw” révèle quelque chose d’essentiel : Guilbaud n’a plus rien à prouver. Le Vendéen, qu’on pourrait presque qualifier de « vieux de la vieille » du surf français, déroule ici toute sa science du tube avec une facilité presque insolente. Des lignes propres, des appuis précis, un placement chirurgical dans des barrels qui ne pardonnent pas. À 30 ans passés, il ne surfe pas, il maîtrise.

Un tube rider sous-estimé

Ceux qui suivent Tristan depuis longtemps savent à quel point il excelle sur des longues droites avec du mur. Mais cette vidéo rappelle autre chose : sa capacité à s’engager dans des tubes épais, à serrer son rail au millimètre quand la lèvre tombe devant lui. Plus rare de le voir sortir une grande planche, encore plus au Pays Basque, mais pas de problème pour le surfeur vendéen. C’est brut, sincère, sans maquillage. Et finalement, c’est peut-être ce qui fait tout le charme de cette vidéo.

Un surfeur généreux dans la transmission

Ce qu’on oublie parfois, c’est que Tristan n’est pas seulement un très bon surfeur : c’est aussi un coach et un pédagogue. Il partage son expérience, décortique les trajectoires, donne des conseils techniques à ceux qui veulent progresser dans de nombreuses vidéos. Et quand on regarde ces images, on comprend pourquoi ses séances de coaching attirent autant : il sait de quoi il parle, il sait lire une vague, il sait surtout comment aider les autres à mieux la comprendre.

Cette vidéo de Tristan Guilbaud n’a pas besoin d’artifices. Elle montre un surfeur mature, solide, appliqué et inspirant. Un surfeur qu’on a vu grandir, et qui continue, session après session, à rappeler ce qu’est le vrai surf : une relation brute et honnête avec la vague.

Desert Rats : trois surfeurs perdus au milieu de nulle part

Le surf a parfois des allures d’aventure extrême. Desert Rats, le nouveau film Volcom, en est la preuve éclatante. Pendant 45 minutes, on suit trois surfeurs — William Aliotti, Pierre Caley et Matt Hollman — lancés dans une virée de 9 000 kilomètres à travers un désert australien. Leur mission : trouver les slabs parfaits, ces vagues puissantes et dangereuses où vous avez pied au moment de la chute.

Le décor est planté : routes infinies, paysages lunaires, requins blancs omniprésents et conditions météo imprévisibles. Loin des images de surf paradisiaques, Desert Rats montre le vrai visage de la quête de vagues : l’attente, la frustration, et l’adrénaline pure quand tout s’aligne enfin… parfois trop tard. Car, ironie du sort, le swell tant attendu se lève juste après le départ de William Aliotti.

Produit par Guillaume Dartenuc, filmés par Beni Bagley, Kane Overll et monté par Laura Diaz et Gabriel Boin, le film mêle humour, peur et amitié dans une atmosphère à la fois rude et touchante. Les images signées Beni Bagley et Kane Overall plongent le spectateur dans un univers désertique et fascinant, où la nature impose sa loi.

En première partie, on découvrira Jungle Fever (15 minutes), un court-métrage réalisé par Arthur Genie, qui suit également William Aliotti à Kandui Resort, en Indonésie.

🎬 Infos projection

📅 Mardi 31 octobre 2025 à 20h30
📍 Le Rex – Hossegor
🎟️ Billets disponibles en ligne sur le site du cinéma ou directement au guichet.
👥 Projection en présence de Pierre Caley et William Aliotti.

📅 Jeudi 30 octobre 2025 à 20h30
📍 Cinéma Royal – Biarritz
🎟️ Billets disponibles en ligne sur le site du cinéma ou directement au guichet.
👥 Projection en présence de Pierre Caley et William Aliotti.

Frostbite : la nouvelle bombe visuelle qui révèle Ned Hart, 18 ans et déjà prêt pour le Nord sauvage

On ne connaît pas encore tous le nom de Ned Hart, mais cette vidéo risque bien de changer les choses. À seulement 18 ans, le jeune surfeur s’est offert un trip à travers l’Écosse et l’Irlande qui sent la tourbe, les caillasses coupantes et les lèvres épaisses prêtes à tout avaler. Le film, signé par le talentueux Oscar James, est une ode à l’audace, au froid, et à ce goût très particulier qu’ont certains pour les vagues qui ne pardonnent rien.

Dès les premières images, le ton est donné : ici, on ne parle pas d’un simple surf trip, mais d’une véritable immersion dans la rugosité du North Atlantic, là où la terre semble vouloir avaler l’océan, et où les vagues, souvent épaisses comme des murs, semblent spécialement fabriquées pour les surfeurs dotés d’un mental en béton et d’un cœur un peu fou. Ned fait partie de cette espèce-là. À chaque take-off, on sent qu’il n’est pas seulement là pour survivre : il veut comprendre, apprivoiser, dialoguer avec ces bombes froides.

Oscar James raconte d’ailleurs que rien n’était prévu. Pas d’idée de film, pas de plan marketing : seulement quelques potes entassés dans une voiture saturée de boards et d’odeur de néoprène humide, prêts à suivre leur instinct. “On ne se prend pas trop au sérieux. On reste de grands enfants qui aiment jouer dans la mer”, dit-il. Et c’est exactement ce que retransmet Frostbite : un concentré de sessions givrées, de souvenirs gravés au scalpel, d’euphorie brute.

La vidéo a d’ailleurs été projetée dans des salles pleines en Australie, à Bali, Londres ou encore en France. Une sorte de mini-tournée mondiale improvisée qui a confirmé que ce projet touchait quelque chose de vrai, de viscéral. Ce n’est pas un film pensé pour les awards ou les deals de sponsors : c’est un hymne à ceux qui rêvent, à ceux qui tracent leur route là où les cartes ne sont jamais vraiment fiables.

Et puis surtout : quand Ned Hart rame sur une vague, tu comprends tout de suite que tu regardes quelqu’un qui va compter. Vague après vague, tube après tube, l’adolescent enchaîne les moments “oooeeeee !” comme si de rien n’était, avec une maturité de lecture des sections qui ferait rougir bien des vétérans.

Bref, Frostbite n’est pas juste une vidéo. C’est le genre de film qui te donne envie de remettre un leash, d’enfiler des chaussons trop froids et d’aller te frotter à ce que l’océan a de plus vrai. Une ode au surf pur, brut, sans compromis.

Lost in the Waves : l’art de vivre les galères en souriant

Impossible de passer à côté : dès que l’équipe de Lost in the Waves (à mi-chemin entre Lost in the Swell et leurs délires habituels) sort une nouvelle aventure, c’est un petit événement sur Icônes Surf. Leur dernière vidéo en est la preuve : un mélange de mer déchaînée, de bricolage marin, de surf épique, de galères XXL… et surtout de cette bonne humeur contagieuse qui fait leur marque de fabrique.
Et rien qu’en lisant ces quelques lignes, on comprend pourquoi le teaser avait cartonné.

L’idée simple (et folle) : louer un voilier 38 jours et partir… là où le vent décide

Au départ, rien ne semble simple. Louer un bateau ? Pas si évident que ça, mais l’équipe déniche finalement un petit RM 890 — un “van des mers”, parfait pour l’été, mais pas vraiment construit pour traverser l’Europe du Nord en hiver.
Peu importe : les trois compères partent quand même, avec leur énergie habituelle, quelques tonnes de matériel (dont une quantité absolument indécente de wings, foils et boards), et ce sourire de “bon, ça va être tendu… mais on y va tout de même”.

Et pour que la mise à jour des compétences soit carrée, ils embarquent rien de moins que Samantha Davies, héroïne du Vendée Globe et navigatrice hors pair, pour un petit “réglage technique” depuis La Trinité jusqu’à Camaret (blague bien évidemment). Une sorte de stage commando, version marine, où Sam les briefe sur tout : les quarts de nuit, les règles de sécurité, les manœuvres, les risques… et les limites de leurs petits gilets.

Premières nuits : 30 nœuds, du stress, de la brume… et un cargo fantôme dans le noir

Rapidement, l’ambiance glisse du “petit trip sympa” à “bienvenue dans le Mordor”.
Entre la brume épaisse, les cargos silencieux qui surgissent de nulle part et les tours de garde nocturnes qui ressemblent à des veillées funèbres, le doute s’installe souvent.
L’un des moments les plus marquants ? Cette communication radio paniquée en plein milieu du rail d’Ouessant, alors qu’un cargo invisible fond droit sur eux dans la nuit la plus totale.
“Go faster if you can”… leur lâche le capitaine du mastodonte avec un calme surréaliste.

C’est le quotidien : froid mordant, rafales à 30 nœuds, bateaux qui couinent, lignes qui claquent, et ce mélange délicieux d’adrénaline et d’angoisse.

Quand le surf prend le relais : sessions mutantes, mystère… et secret spot en mode floutage absolu

Puis il y a le surf. Celui qui justifie tout. Même les nuits blanches, les vomis dans les chaussures et les ancrages douteux.

Leur chasse aux vagues ressemble à un film : une côte mystérieuse, un slab mutant où un seul bodyboarder ose se jeter, un reef qui punit toute erreur, et une ambiance qui alterne entre adrénaline pure et respect total de l’océan.

L’équipe score des sessions d’anthologie :

Ils finiront par révéler le secret : ils sont en Corse. (bien sûr qu'on rigole)
Mais comme toujours, dans le respect total des locaux… tout (littéralement tout) est flouté.
Même les châteaux, les montagnes, les bateaux, les plaques, les phares… tout y passe, jusqu’à transformer l’editing en travail de fourmi sur plusieurs semaines.

L’envers du décor : la fatigue, le froid, les galères… mais toujours le rire

Ce qui marque le plus dans cette équipe qu'on commence à connaître, c’est l’humanité. La capacité de ces trois-là à tourner chaque galère en private joke. Vent glacial ? Ils rient. Autopilote en grève ? Ils rient. Tours de garde interminables ? Ils rient. Sacs de matériel qui envahissent tout le bateau ? Ils rient encore.
Même la merde absolue du “on est dans le mauvais port, il reste 20 heures de navigation dans la tempête” devient matière à sourire.

On sent la fatigue :
l’estomac retourné, les nuits hachées menu, l’humidité permanente, la peur parfois…
Mais toujours ce fil rouge : la joie de vivre.

Cette joie rare, authentique, brute, qui fait que Lost in the Waves / Lost in the Swell n’est pas un énième vlog de surf : c’est une philosophie.

Quand l’aventure se heurte au localisme : le cas irlandais

La vidéo n’a pas seulement fait parler pour ses images marines et ses galères en série : elle s’est aussi retrouvée au cœur d’une polémique. Plusieurs surfeurs irlandais ont publiquement exprimé leur mécontentement, expliquant que l’équipe aurait surfé — et filmé — des spots tenus secrets de longue date, où la règle non écrite est simple : tu peux surfer, mais tu ne filmes pas, et encore moins tu diffuses.

Certains commentaires sont sans appel :

“Ils ont surfé des spots secrets où personne ne filme ni ne prend de photos. Ils ont été accueillis, mais on leur a demandé de ne rien filmer. Six mois plus tard, une vidéo sort. C’est un manque total de respect pour les locaux et le code des surf explorers. Ils ne sont plus les bienvenus en Irlande.”

Difficile, pour quiconque n’a pas vu la version originale, de dire si les images dévoilaient réellement le spot ou non. La version actuellement en ligne est visiblement coupée, preuve que la contestation a eu un impact réel.

Un débat aussi vieux que le surf

Cette histoire en dit long sur un sujet récurrent depuis les débuts du surf moderne :
la tension entre l’exploration, le partage, la création de contenu… et la protection farouche de certains spots locaux.
À Hawaii, en Californie, en Afrique du Sud, en Tasmanie, en Bretagne ou au Pays basque : les mêmes frictions existent depuis des décennies.

Pour les uns, filmer n’est qu’un moyen de raconter une aventure, sans volonté de dévoiler quoi que ce soit. (d'autant qu'ils ont fait de grands efforts pour protéger le spot)
Pour les autres, chaque plan, même flouté, chaque silhouette de falaise ou nuance de roche peut mener des surfeurs du monde entier sur un terrain qu’ils jugent trop fragile, trop fréquenté, trop précieux.

La vérité ?
Elle oscille souvent entre les deux :
un amour commun de l’océan… mais des visions différentes sur la manière de le partager.

Une fin à leur image : 4 jours de mer, zéro réseau, des choix météo tendus… et un retour très rock’n’roll

La dernière partie du trip ressemble à une fuite en avant.
La météo change toutes les heures. Les routages se contredisent. Les rafales montent.
Et pourtant, il faut rentrer la bateau à temps pour le propriétaire, prêt à le reprendre le lendemain matin.

Résultat :

Mais ils arrivent.
Éreintés, rincés, trempés, mais heureux, évidemment.

Parce que l’aventure, c’est ça :
une addition de moments difficiles… que l’on transforme ensemble en souvenirs inoubliables.

Kauli Vaast en mode tranchant pour un trip explosif au Portugal

Dès les premières secondes, la dernière vidéo de Kauli Vaast plonge dans une ambiance qui colle parfaitement à son surf : intense, fluide et affûtée. Direction le Portugal, sous une bande-son rap local qui donne immédiatement le ton. Kauli y enchaîne sessions glaciales mais solides, entouré d’amis et de quelques riders Quiksilver croisés dans un format vlog plutôt cool.

Des turns affûtés et un surf en pleine maturité

Dans ce clip tourné plus tôt dans l’année, Kauli apparaît dans une forme étincelante. Ses turns millimétrés — rapides, précis et parfaitement engagés — montrent à quel point le jeune Tahitien a encore élevé son surf. Chaque section semble un terrain de jeu où il peut exprimer toute son explosivité.

On retrouve également cette aisance aérienne qui fait partie de son arsenal depuis plusieurs saisons. Les airs sont propres, posés : juste l’essentiel, exécuté avec une maturité.

Supertubos en mode claque visuelle

Difficile de parler de surf au Portugal sans évoquer Supertubos, et Kauli ne s’en prive pas. Quelques séquences bien grasses montrent un Vaast lancé dans des barrels rapides et techniques, où sa lecture de vague fait merveille. Le montage, soigné et dynamique, met parfaitement en valeur les tubes de ce beachbreak mythique.

Ambiance vlog : Jérémy Florès en mode chamaille et l’équipe Quik au complet

Une partie du charme de la vidéo réside aussi dans les passages plus légers. Les scènes de vlog dévoilent une atmosphère bonne enfant, notamment quelques piques et chamaillements entre Kauli Vaast et Jérémy Florès, qui apportent une touche familière et amusante. On y aperçoit également des riders Quiksilver venus partager ces sessions.

Une vidéo simple, bien montée… et très efficace

Pas de surenchère ni de mise en scène inutile : Kauli montre ce qu’il sait faire de mieux, soutenu par un montage propre, une musique entraînante et l’énergie brute d’un trip entre amis. Résultat : une vidéo punchy, agréable à regarder, et qui donne clairement envie d’aller se geler les mains au Portugal.

Snapt 5 : le surf movie événement déjà disponible… et déjà en feu

Snapt 5 vient à peine de sortir gratuitement sur YouTube que la machine s’emballe déjà : plus de 15 000 vues en moins d’une heure, une section commentaires en fusion, et l’impression rare d’assister en direct à un moment historique. Car ce cinquième opus, présenté comme le dernier de la saga culte de Logan Dulien, n’est pas seulement une vidéo de surf : c’est une déclaration d’amour au freesurf pur, brut, sans algorithme ni filtres, dans un monde saturé de contenus éphémères.

La fin d’une époque – et l’apogée d’une vision

Depuis vingt ans, Snapt est devenu l’une des collections les plus importantes de l’histoire du surf moderne. Une série basée sur un principe simple, mais devenu presque impossible aujourd’hui : demander aux surfeurs de mettre de côté leurs meilleurs clips pendant plusieurs années pour un film unique. À l’ère des stories à la chaîne et de la pression des sponsors pour poster chaque semaine, c’est un défi colossal.

Pour Snapt 5, Dulien a une nouvelle fois réussi un tour de force : plus de cinquante surfeurs réunis dans un même film, dont Mason Ho, Harry Bryant, Noa Deane, Jack Robinson, Clay Marzo, Asher Pacey, Parker Coffin, ou encore Taro Watanabe. Pour la première fois, une section groms fait son apparition, avec… 29 kids ! Rien que la collecte des clips a été un casse-tête monumental.

Une sortie mondiale très attendue

La première mondiale du film avait été annoncée pour août 2025 lors du US Open à Huntington Beach, suivie d’une tournée en Australie en septembre. Mais entre-temps, l’attente est devenue démesurée. Au fil des avant-premières et des projections itinérantes, la ferveur n’a fait que grandir — notamment grâce à un partenariat inattendu avec Blak Bear Surf Club, dont le film Ride The Line accompagne Snapt 5 lors de la tournée.

Ces “party premieres”, façon ancienne école, sont une signature de Logan Dulien : rassembler la communauté, projeter le film dans des surf shops, des parkings, des cinémas improvisés. Une tournée qui a déjà traversé les États-Unis d’est en ouest, avant de se poser ce soir sur YouTube pour la première diffusion libre.

Le dernier chapitre d’un monument du surf

Logan Dulien l’a répété : Snapt 5 sera le dernier. Pas par manque d’envie ou d’inspiration, mais parce que coordonner un tel projet est devenu titanesque. Les obligations de sponsoring, les défis logistiques, les carrières à gérer… Le réalisateur veut désormais se retirer « sur la ligne de touche » et soutenir les surfeurs autrement. Snapt 5 apparaît donc comme un adieu chaleureux, presque nostalgique.

Il représente tout ce qui fait la force du surf filmé : du style, du gros engagement, des sections explosives, et surtout cette magie rare des clips totalement inédits, qui n’ont jamais circulé sur Instagram.

Une dernière ride à ne pas manquer

Si tu n’as pas encore cliqué, c’est le moment : Snapt 5 n’est pas juste un autre surf movie, c’est un héritage culturel, un condensé de freesurf moderne et la conclusion d’une saga qui a influencé toute une génération. Et vu l’explosion de vues dès la première heure, on peut déjà dire une chose :

Snapt 5 est officiellement le banger de l’année.

Le surfeur de Montréal qui affronte l’hiver et les blocs de glace : un surf venu d’un autre monde

Quand l’eau frôle les 0 °C, que l’air mord à –40 et que des plaques de glace descendent la rivière comme des monstres flottants, la plupart des gens restent chez eux. Pas lui. À Montréal, un surfeur s’élance au cœur de l’hiver sur une vague statique d’une puissance hypnotique, partageant son ride avec des blocs de glace aussi beaux que dangereux. Un surf extrême, presque irréel.

Un paysage polaire… à quelques minutes du centre-ville

La vidéo s’ouvre sur un décor que l’on croirait arraché au Grand Nord canadien : brume qui s’élève, eau métallisée, silence glacé. « Avec une eau à peine au-dessus de zéro et un air à –40, la seule raison pour laquelle la rivière ne gèle pas complètement, c’est son mouvement constant », explique le surfeur.
Quelques minutes de marche suffisent pour quitter Montréal, mais mentalement, on bascule dans un univers de survie. Des plaques de glace gigantesques défilent, certaines « aussi grandes que des semi-remorques », d’autres dentelées comme du cristal.

La beauté est à couper le souffle, mais la menace est partout : hypothermie, collisions, courant imprévisible. Chaque seconde compte.

Surfer l’hiver : un sport où l’erreur n’a pas sa place

La vague statique, alimentée par la puissance du fleuve, ne pardonne rien. « La marge d’erreur est très faible dans ces conditions », confie-t-il. Un simple moment d’hésitation, et c’est la noyade ou l’impact contre la glace.

Pourtant, il retourne là-bas jour après jour. Pas par addiction au risque, mais par recherche intérieure. Le froid devient un miroir de ses limites. « Le vrai facteur, c’est l’esprit », dit-il. Peu importe la musculation ou la souplesse : seule la maîtrise mentale permet de tenir dans ce froid mordant.

L’hiver transforme tout : les décisions, l’intensité, la préparation. Il scrute constamment la quantité de glace, les températures, sa capacité de résistance. « On me dit que je suis fou. Avec le bon équipement, ça devrait être facile. Mais ce n’est pas le cas. »

Le silence, l’isolement… et une vague pour lui seul

Contrairement à l’été, l’hiver offre une étrange récompense : la solitude totale. Souvent, il n’y a personne d’autre « que moi et la rivière, moi et la glace ».
Quand il laisse la vague le porter, il atteint un état unique : « Si je me détends et observe, l’énergie de l’eau travaille à travers moi et tout devient sans effort. »

Il s’arrête parfois de pagayer pour contempler les blocs de glace qui l’entourent. Sous le soleil d’hiver, ils scintillent comme des pièces d’art sculptées par la nature. Et surtout : c’est un spectacle que personne d’autre ne verra jamais. La scène changera dans quelques minutes, remodelée par le courant.

Le froid comme voie de transformation

Au fil du temps, l’exposition répétée à cette eau polaire est devenue plus qu’un défi sportif : une pratique mentale et spirituelle.
« Le froid révèle qui je suis vraiment », dit-il. Il ne s’agit pas d’un ennemi, mais d’un révélateur. En affrontant ce choc physique, il apprend à briser ses propres barrières, à dompter son esprit, à ne plus être prisonnier du stress du quotidien.

Cette recherche de maîtrise intérieure dépasse désormais le surf : c’est une philosophie de vie. Elle lui donne une ancre, un centre, une force pour affronter tous les autres aspects de son existence.

Fusion avec la glace, fusion avec la nature

La scène finale résume tout : lorsqu’il s’accorde au rythme du fleuve, qu’il « cesse de lutter contre la nature », tout devient limpide. La douleur se transforme en clarté, l’inconfort en puissance, le froid en exaltation.

Surf en eau glaciale, surf mystique, quête personnelle : cette vidéo capture plus qu’une performance. Elle dévoile un voyage intérieur, une communion avec une nature brute et indomptable.
Et dans cet instant suspendu entre danger et beauté, il trouve ce qu’il cherche : la joie pure d’être vivant.

Uluwatu à 25 pieds : quand Bali bascule en mode XXL

Il y a des journées où Uluwatu rappelle à tout le monde pourquoi ce spot est une légende, un rêve pour certains… et un cauchemar pour d’autres. Lors du méga swell d’octobre 2025, la fameuse gauche de la péninsule du Bukit a tout simplement explosé ses standards. Une houle titanesque, estimée à 25 pieds, a transformé le temple du surf balinais en machine à broyer les planches… et les égos.

Même les habitués du lieu en restaient bouche bée. Jacob “Zeke” Szekely, venu avec une bande de surfeurs/de skateurs pour une compétition, lâchait à peine sorti du scooter : « Are you f#cking kidding me ? C’est les plus grosses vagues que j’ai jamais vues ici. »* Une phrase qui résume l’ambiance générale : excitation et un soupçon de terreur.

Un outsider crew face à la furie d’Uluwatu

Ce jour-là, pas de line-up parfait, pas de longues parois sculptées par le vent offshore. Uluwatu était en mode bête sauvage. D’énormes close-outs fermaient en chaîne, les séries se succédaient sans laisser un instant de répit, et les rares tentatives ressemblaient plus à un exercice de survie qu’à une démonstration technique.

Pourtant, la petite troupe s’est jetée dedans.
Plan B ? Il n’y en avait pas.
Sortir vivant ? Déjà pas si mal.

Ramer dans ces conditions relève du courage borderline. Les mecs ramaient entre deux montagnes d’eau, tentaient de trouver un tube improbable… et se faisaient régulièrement avaler par les grosses vagues. Peu de rides aboutis, mais beaucoup de bravoure, de chutes spectaculaires et une bonne dose de chaos.

À ce jeu-là, les planches ont morflé autant que les corps. Zeke a vu son gun partir en trois morceaux. Une offrande sacrée à la déferlante balinaise.

Shane Borland, l’homme de la journée

S’il y a bien eu un moment de grâce au cœur de ce champ de bataille marin, il est signé Shane Borland. Le Californien, surfeur/skateur complet, a décroché la vague du jour : un barrel monstrueux sur une bombe estimée à 20 pieds, prise avec une maîtrise incroyable.
Littéralement : il l’a “packed”, comme disent les Américains.

Alors que certains luttaient pour revenir au rivage, Shane-O inscrivait un ride d’anthologie dans l’histoire récente d’Uluwatu. Une vision rare sur un spot généralement pas associé à des tubes de cette taille.

Le hasard (ou pas) du Keris Cup

La présence d’un crew mêlant surfeurs et légendes du skate n’avait rien d’un alignement planétaire : tous étaient là pour la toute première Keris Cup, organisée à Uluwatu Surf Villas. Le line-up du bowl faisait rêver : Christian Hosoi, Christian Fletcher, Nathan Fletcher, Greyson Fletcher, Omar Hassan, Pedro Barros, Sky Brown…

Entre une session apocalyptique dans l’eau et un contest sur le béton, la semaine a été purement historique.

Et devine qui a raflé la mise ?
Shane Borland.
Et Sky Brown chez les femmes.
Après un tube XXL et une victoire en contest, difficile de faire plus Balinais comme semaine.

Russell Bierke, l’art de flirter avec la limite

Le nom de Russell Bierke résonne comme une énigme dans le monde du surf de gros. À seulement 28 ans, l’Australien est devenu le visage d’un surf extrême, celui où la peur et la lucidité cohabitent dans une harmonie aussi rare que les vagues qu’il surfe. Dans son nouveau film Inner Mechanics, réalisé par Andrew Kaineder, Bierke dévoile enfin ce qui se passe dans sa tête lorsqu’il se jette dans ces slabs, ces murs d’eau brisés par des rochers et des backwahes improbables.

« Beaucoup des vagues que je chasse ne sont pas parfaites. Elles ont des bumps, des plis, du backwash… mais c’est ça qui les rend spéciales. »

L’homme qui préfère les vagues imparfaites

Là où la majorité des surfeurs rêvent de tubes parfaits, Bierke semble attiré par le chaos. Shipstern Bluff, Mullaghmore, Jaws, ou encore des slabs anonymes en Australie : autant d’arènes où l’océan se fait sculpture mouvante, brutale et capricieuse. Là, Russell trouve sa beauté.
Dans Inner Mechanics, il ne cherche pas à impressionner l’algorithme ou les réseaux sociaux. Il prend le temps de transformer chaque session en une œuvre visuelle (les ralentis aident bien), presque méditative, montée avec soin par Kaineder.

Le film, plus court que ses précédents projets (Bezerk, Flow State, Outer Edge of Leisure), conserve pourtant cette intensité viscérale, cette tension continue où chaque take-off semble défier la logique et la gravité. Harry Bryant, son ami et complice de galères, le décrit comme un “film d’horreur sur la côte rocheuse” — un compliment dans leur univers.

Le calme dans le chaos

Contrairement à l’image du surfeur kamikaze, Bierke incarne la maîtrise. Oui, il a peur. Il l’admet, sans détour :

« La peur, elle ne part jamais. Le vrai défi, c’est d’apprendre à la gérer. Si tu la laisses te submerger, tu paniques. Mais c’est aussi pour ça que tu y vas. C’est ce combat intérieur qui rend chaque vague unique. »

Son approche du surf de gros n’a rien d’une quête de gloire ou d’adrénaline pure. C’est une discipline mentale, presque spirituelle. Il attend. Il observe. Il sait que certaines vagues ne se présenteront qu’une fois tous les deux ou trois ans. Et quand elles arrivent, il faut être prêt.

« Un swell d’exception peut prendre des années. Quand tu sais que c’est peut-être ta seule chance avant longtemps, tout ton être se concentre. C’est maintenant ou jamais. »

Une quête sans fin

Dans la séquence finale du film, Bierke lâche une phrase qui résume parfaitement son rapport à l’océan :

« Tu ne sais pas où est la limite tant que tu ne l’as pas trouvée. »
Ce n’est pas de la prétention, mais une invitation à explorer les frontières de l’humain face à la nature. Car pour Russell Bierke, la perfection ne se trouve pas dans la perfection d’une vague, mais dans l’imprévisible — dans ce moment suspendu où tout peut basculer.

Jordy Smith à Durban : le surf brut, sans fioritures

Pas de musique, pas de transitions léchées, pas de filtres flatteurs : juste Jordy Smith, son surf, et son home spot. La dernière vidéo du Sud-Africain est un retour aux sources, tournée à Durban, là où tout a commencé pour lui.

Dès les premières secondes, on comprend qu’on ne va pas assister à un énième edit de surf surproduit. Ici, c’est du raw, du vrai. On garde les meilleures vagues, on coupe le reste. L’océan parle, Jordy répond.

Une séquence le montre demandant au caméraman s’il a de la crème solaire. Les commentaires s’en amusent : “Pas besoin de crème quand tu passes la moitié de ta session dans le tube.” Il faut dire que sur certaines vagues, Jordy enchaîne trois barrels successifs. Rien de moins.

Mais blague à part, protégez-vous du soleil. On ne le dira jamais assez.

Ce qui impressionne aussi, c’est le timing de la session. L’aube à peine levée, presque la nuit encore. Pas un spot de surf tranquille : Durban et sa réputation de territoire de requins est bien connue. Il faut du cran — ou quelques potes “soldats” autour de soi — pour se jeter à l’eau à cette heure-là. Heureusement, certaines plages du coin disposent de filets anti-requins, mais tout de même…

Sur le plan du surf pur, c’est un récital. Jordy Smith prouve encore qu’il reste l’un des surfeurs les plus puissants et les plus précis de sa génération. Chaque manœuvre semble sortir d’un manuel, mais avec cette nonchalance qui n’appartient qu’à lui. Des tubes profonds, des carves millimétrés, un style qui respire la maturité.

Simple, brut, parfait. Jordy Smith n’a pas besoin d’artifice pour briller : son surf parle pour lui.

Dane Reynolds, le retour du feu sacré

Il y a des jours où l’on hésite. La combi encore humide de la veille, le vent qui pique un peu trop fort, la marée qui n’est « pas parfaite »… Et puis on tombe sur la dernière vidéo de Dane Reynolds, 83 S Palm Street, et tout s’éclaire : il suffit d’un surfeur qui s’enflamme pour rallumer la mèche chez nous tous.

Car oui, Dane est de retour. Pas juste sur un shortboard, mais avec cette intensité qui faisait de lui une légende malgré lui. À 40 ans, le Californien semble avoir retrouvé ce qu’il avait laissé filer entre les obligations, les affaires et la vie de famille : l’envie brute de détruire des vagues.

Pourquoi la vidéo s'appelle 83 S Palm Street, parce que c'est l'adresse du surf shop de Dane Reynolds à Ventura, et je vous avoue que je rêverai de my rendre et d'y penser un peu de temps à discuter avec le propriétaire du lieu.

Un comeback à la Dane Reynolds

La nouvelle production de Chapter 11, la structure qu’il a fondée à Ventura, n’a rien d’un simple « edit ». C’est un petit film de 17 minutes, un condensé de ce que le surf a de plus pur : du style, du flow, de la violence dans les turns et cette impression que Dane surfe toujours aussi bien, un style à part, reconnaissable malgré quelques kilos en trop par rapport à la grande époque. (on l'a connu plus gros dans le passé, lol)

Son fidèle acolyte Hunter Martinez, derrière la caméra, résume tout :

« Même ses kickouts sont agressifs. Il se lève à 6 h pour checker les vagues. C’est le Dane que j’admirais gamin. »

Après des mois d’absence et d’énergie dispersée, Dane s’est remis à ramer à l’aube, à traquer la moindre session. C’est un peu comme si l’un des surfeurs les plus influents des années 2010 refusait soudain d’accepter le déclin. Et ça, ça fait du bien.

Quand la passion revient frapper à la porte

Il y a quelque chose de profondément humain dans ce retour : ce moment où un surfeur, quel qu’il soit, sent à nouveau le besoin de se confronter à l’océan.
Parce qu’on a tous connu cette phase : on regarde les prévisions, on trouve toujours une excuse, et puis un jour, on se surprend à rouvrir la housse, à vérifier le leash, à y aller « juste pour voir ».

Dane, c’est ça, puissance mille. Un gars qui a tout connu — les podiums, les sponsors, les enfants, la routine — et qui revient, simplement parce qu’il a besoin de sentir la planche vibrer sous ses pieds.

La preuve qu’on ne surfe jamais vraiment pour les autres

Dans 83 S Palm Street, on sent qu’il n’y a plus rien à prouver. Il surfe, parce qu'il aime surfer, pour le plaisir et n on la performance à tout prix.
Et c’est exactement ce qu’on attendait.

Dane n’a jamais été le surfeur le plus lisse. Il n’a jamais cherché à plaire. Et c’est sans doute ce qui fait qu’aujourd’hui, en 2025, il inspire encore autant. Il nous rappelle que le surf n’a rien à voir avec les scores, ni les likes, ni les vues. C’est une affaire d’instinct, de pulsion et de plaisir

Alors si tu hésitais à aller à l’eau ce matin, si tu pensais que le vent était un peu trop side ou la marée trop haute, fais-toi une faveur : regarde 83 S Palm Street, enfile ta combi, et rame.
Parce que si Dane Reynolds peut retrouver le feu à 40 ans, toi aussi, tu peux le rallumer aujourd’hui.

Barron Mamiya sublime Teahupo’o dans une journée d’anthologie

Il y a des vidéos de Teahupo’o, et puis il y a celles qui marquent. Celle que vient de publier Barron Mamiya fait partie de cette catégorie. Et pourtant, soyons honnêtes : la plupart d’entre nous saturent un peu. Teahupo’o a été filmée sous tous les angles possibles, à toutes les heures du jour et de la nuit. Si on calculait la couverture médiatique des vagues du monde, on découvrirait probablement que 1 % des spots représentent 95 % des vidéos surf… (aucune donnée scientifique derrière cette affirmation, juste une intuition journalistique, disons-le).

Et pourtant, cette vidéo mérite le détour. Parce qu’elle capture non seulement la puissance brute de la gauche tahitienne, mais aussi sa beauté et son intensité émotionnelle, dans une journée qui restera gravée dans les mémoires.

Une journée hors du temps à Teahupo’o

Le 3 septembre 2025, Teahupo’o s’est réveillée dans toute sa splendeur. Une houle massive venue du sud-ouest a frappé la presqu’île de Tahiti, offrant des vagues de plus de quatre mètres parfaitement formées. Les locaux étaient là, bien sûr — Matahi Drollet, Eimeo Czermak, Lorenzo Avvenenti — mais aussi une poignée d’Hawaïens en visite : Barron Mamiya, Makana Pang, Noah Beschen.

Cette journée aurait pu être parfaite de bout en bout, si elle n’avait pas été marquée par un accident sérieux. Le surfeur tahitien Lorenzo Avvenenti a été victime d’un grave incident lors d’une session de tow-in. Retrouvé inconscient, il a été secouru par Matahi Drollet et d’autres surfeurs présents sur place. Heureusement, il est aujourd’hui hors de danger.

Ce drame rappelle la violence du spot : à Teahupo’o, chaque vague peut être la plus belle… ou la plus dangereuse de ta vie.

Barron Mamiya et la grâce dans la lourdeur

Parmi les surfeurs présents ce jour-là, Barron Mamiya a brillé par son aisance et sa précision. Pensionnaire du World Championship Tour (WCT), il fait partie de cette nouvelle génération d’Hawaïens qui mêlent puissance et élégance.

Sur cette vidéo, Barron ne surfe pas seulement Teahupo’o. Il danse avec elle. Ses take-offs sont d’une sérénité déconcertante, ses lignes épurées, ses sorties de tubes parfaites. À chaque vague, il semble flotter entre contrôle absolu et abandon total.

Teahupo’o est une vague de vérité, qui ne pardonne rien. Barron, lui, y trouve une forme d’équilibre, comme s’il y puisait une connexion entre peur, respect et beauté.

Chris Bryan, l’œil qui transforme l’océan en cinéma

C’est aussi là que cette vidéo se distingue. Les ralentis signés Chris Bryan — l’un des maîtres de la caméra Phantom — ajoutent une dimension quasi mystique à l’ensemble. Chaque goutte d’eau semble suspendue dans le temps. Les plans en jet ski, qui suivent le surfeur au plus près, dévoilent l’épaisseur hallucinante de la lèvre, et rappellent à quel point cette vague est une bête vivante.

Le montage est simple, mais efficace. Pas de narration inutile, pas de musique envahissante. Juste du surf, de la lumière, et cette esthétique cinématographique que peu savent encore maîtriser sans tomber dans la surenchère.

Faire du neuf avec du déjà-vu

Alors oui, encore une vidéo sur Teahupo’o. Mais celle-ci rappelle que le surf, quand il est vrai, n’a pas besoin d’inédit pour être bouleversant.
Teahupo’o, filmée mille fois, continue de fasciner parce que chaque session y est différente, chaque vague raconte une histoire, chaque surfeur y laisse un morceau de lui-même.

Barron Mamiya, ce jour-là, a simplement su écouter la vague. Et grâce à Chris Bryan, nous, spectateurs, avons pu la voir — et la ressentir — comme si c’était la première fois.

Washed : Quiksilver balance une déferlante mondiale

Un condensé de pur surf, sans scénario inutile

Quiksilver revient fort avec Washed, un film sans narration, sans fioriture, mais avec une seule idée : montrer du surf brut, puissant et inspiré. Le ton est donné dès les premières secondes avec la voix de Peter Fonda tirée du mythique Easy Rider, sur fond de Loaded de Primal Scream. Une entrée en matière qui sent la liberté, la poussière et le sel.
Mais très vite, la douceur laisse place à la fureur : Mudhoney enchaîne, et c’est Kauli Vaast qui ouvre le bal avec une vague monstrueuse à Teahupo’o. Sans exagérer, probablement la vague la plus impressionnante filmée à Tahiti. Kauli y disparaît dans un tube aussi épais qu’une grosse caverne, avant de partir avec la lèvre, si l'on peut encore appeler cela une lèvre. La suite ? Une avalanche d’images et de manœuvres insensées.

Un casting XXL, un montage frénétique

Washed réunit ce que Quiksilver fait de mieux : une armée de surfeurs de haut niveau, six compétiteurs du Championship Tour, des prodiges du free surf, et quelques électrons libres à la Kael Walsh, capable de tout casser en Irlande.
Tourné par 34 cameramans différents aux quatre coins du globe, le film ressemble à un patchwork de sessions folles, sans vraie cohérence, mais avec une énergie contagieuse. Le résultat est brut, rapide, presque punk — comme un vieux fanzine de surf en VHS. Et c’est peut-être ce qui lui donne tout son charme.

Les Français en pleine lumière : Kauli Vaast et Marco Mignot

Les Français ont clairement marqué leur empreinte dans Washed.
D’abord Kauli Vaast, qu’on ne présente plus. Son passage à Teahupo’o est tout simplement mythique : maîtrise, engagement et sang-froid total. Le Tahitien prouve encore une fois qu’il joue dans la cour des très grands, entre la précision d’un tube rider pro et la folie d’un gamin du reef.
Puis vient Marco Mignot, en milieu de film. Et là, changement d’ambiance : un style plus aérien, plus moderne, avec des airs massifs, des turns précis et ultra-rapides, et une réelle aisance dans les barrels. Sa séquence respire la jeunesse, le fun et la liberté — tout ce qu’on aime voir chez un surfeur français. On aimerait d’ailleurs le voir plus souvent dans cet univers free surf où il semble totalement à sa place.
Les deux Français, chacun dans leur registre, donnent une belle image du surf tricolore : audacieux, créatif, et libéré.

Du surf pur jus, sans filtre

Pas d’histoire, pas de voix off, pas de message marketing. Washed n’essaie pas de raconter autre chose que ce qu’il est : un défouloir visuel, une célébration du surf pur, de la vitesse et de la prise de risque.
Quiksilver signe là un film qui, sans révolutionner le genre, rappelle pourquoi on aime encore regarder du surf.

Kael Walsh lâche “Strung”, un bijou brut du surf moderne

Il y a des surfeurs qui tracent leur route sans jamais regarder derrière. Kael Walsh fait partie de ceux-là. À 26 ans, l’Australien originaire de Yallingup, en Australie-Occidentale, vient de dévoiler Strung, une vidéo de quinze minutes qui remet le surf de haut niveau à sa juste place : entre obsession, folie et perfection visuelle.

Un projet titanesque pour l’amour du surf

Dans une époque où les “reels” de quinze secondes s’enchaînent à la vitesse d’un scroll, Kael prend le contre-pied total. Strung a nécessité deux ans et demi de tournage, près de 100 000 dollars australiens investis, et des heures de voyage à travers la planète. Afrique du Sud, Namibie, Indonésie, P-Pass, et bien sûr l’Ouest australien : le garçon a cherché la perfection, et il l’a trouvée.

Loin des formats aseptisés, Strung transpire la passion brute. On y retrouve la puissance caractéristique de Kael : des tubes monstrueux, des aerials insensés et des carves dignes d’un uppercut. Mais surtout, une intensité qu’on ne retrouve plus beaucoup dans le freesurf actuel. Derrière la caméra, Wade Carroll signe un montage chirurgical, soutenu par la patte Quiksilver et des apparitions de Rolando Montes, Eithan Osborne, Brendon Gibbens et Matt Hoy.

Le surf comme un acte total

Kael Walsh, c’est l’anti-influenceur. Pas de story, pas de vlogs, pas de posture : juste du surf, pur et dur. Sa philosophie, “go big or go home”, s’applique autant à sa vie qu’à ses vagues. Il dépense sans compter, voyage souvent seul, et assume la part de hasard que suppose chaque swell.

Dans l’interview donnée à Stab, il raconte s’être ruiné lors d’un premier trip à P-Pass, sans résultat. Dix mille dollars envolés. Il y est retourné plus tard, seul, pour finalement scorer la session qu’il espérait. “Tu dois être prêt à tout perdre pour espérer gagner quelque chose”, dit-il en souriant.

Cette approche old-school, romantique presque, fait de Strung une œuvre à part. Un surf trip étalé sur plusieurs continents, sans sponsor miracle ni production hollywoodienne. Seulement un surfeur déterminé à montrer ce que le surf peut encore transmettre : de la tension, du risque, et cette étrange beauté née du chaos.

Une halte à La Réunion

Parmi les séquences, Kael fait un détour par l’île de La Réunion pour y surfer la droite de Saint-Pierre. Une vague explosive, taillée pour les airs, que le surfeur australien affectionne depuis des années. Une vague qui a eu son succès dans le passé, mais la crise requin a fait son œuvre. Qu'importe, Kael, fidèle à son ADN, y retrouve ce qu’il aime : la vitesse, la verticalité, et cette adrénaline qu’il cherche dans chaque session.

Après l'introduction, on atterrit à la Réunion et les images parlent d’elles-mêmes : des take-offs millimétrés, des rotations parfaites et un engagement total. Saint-Pierre n’a jamais semblé aussi photogénique.

Entre art et blessure

Strung aurait pu s’arrêter là, sur une apothéose de surf pur. Mais quelques semaines après la fin du tournage, Kael s’est blessé en Irlande. Une chute violente sur un slab, un impact à la tête, et une période de doute. “J’ai voulu continuer à surfer malgré tout, mais je sentais que quelque chose n’allait pas”, confie-t-il. Après quelques mois de pause, il revient plus motivé que jamais.

Kael Walsh, dernier romantique du freesurf

Dans un monde où le surf se consomme, Kael Walsh le vit. Il incarne cette génération de surfeurs qui refusent de se laisser dicter leur rythme par les algorithmes. Ses vidéos — Idiot Box, Soft Serve et maintenant Strung — ne sont pas des produits, mais des manifestes.

Regarder Strung, c’est se rappeler pourquoi on aime le surf. Pour cette envie de tout donner, sans calcul, sans filtre.
Et ça, Kael Walsh le fait mieux que quiconque.