Il y a des images qui vieillissent bien. Et puis il y a celles qui, dix ans plus tard, te collent encore des frissons. « Death Rites », la dernière vidéo exhumée par Tim Bonython, fait clairement partie de la deuxième catégorie.
Une journée où tout a basculé
The Right n’a jamais eu besoin de publicité pour être considérée comme l’une des vagues les plus dangereuses de la planète. Mais ce jour de mai 2016, l’océan a décidé d’aller plus loin : plus gros, plus sombre, plus violent. Dans son spot habituel, posé sur un jet-ski dans le channel, Tim Bonython raconte que chaque set donnait l’impression qu’un marteau gigantesque fonçait droit sur lui. Pas une exagération : cette droite mutante peut aspirer l’océan en quelques secondes, se dresser comme un mur d’acier, puis exploser sur le reef avec la puissance d’un train lancé à pleine vitesse.
Ce jour-là, l’horizon s’est éteint. L’eau s’est retirée des rochers. L’air vibrait. Le moindre impact produisait un souffle sonore qui n’arrivait qu’après la déflagration — comme un écho de guerre.
Un casting de légendes… et de survivants
Si cette session est aujourd’hui rééditée dans une version complète de 22 minutes, c’est parce qu’elle réunit un casting de surfeurs qui connaissent The Right comme personne : Ryan Hipwood, Russell Bierke, Kerby Brown, Mick Corbett, Bradley Norris, Chris Shanahan, Rudi Schwartz, Benny Ruffus, Chris Ross, Jarryd Foster… et même deux bodyboardeurs emblématiques du spot : Brad Stone et Lewy Finnegan.
Des noms qui, pris séparément, imposent le respect. Ensemble, face à un monstre en furie, ils donnent un aperçu brut de ce que signifie vraiment “engagement”.
Le jour où la caméra tremble autant que les surfeurs
Beaucoup d’images de cette session avaient déjà été aperçues dans The Big Wave Project 1. Mais comme souvent avec les archives de Bonython, le meilleur dormait encore sur un disque dur. Dans “Death Rites”, on découvre enfin :
la vraie taille des sets, parfois trop gros pour être surfés,
des wipeouts d’une violence quasi irréelle,
des visions de tubes carrés comme des ascenseurs,
et cette sensation d’être coincé dans un endroit où l’erreur n’existe pas.
Le channel lui-même n’est pas un refuge : chaque vague secoue le jet-ski, arrache l’air ambiant, fait vibrer l’objectif. Tim explique que c’est “le seul angle où tu peux vraiment sentir la vague venir sur toi”. Pas étonnant qu’il parle d’un “marteau” au-dessus de sa tête.
Pourquoi cette vidéo sort aujourd’hui ?
Parce que certains moments méritent une seconde vie. Parce que la mémoire du big wave surfing se construit aussi sur ces journées-là : celles où la frontière entre adrénaline, folie et lucidité devient très mince. Et surtout parce que cette session de 2016 représente ce que The Right est vraiment : une vague qui frappe sans pitié, un monument de puissance, un laboratoire de courage.
“Death Rites” n’est pas une vidéo de surf de plus : c’est une immersion. Une façon de ressentir, depuis ton canapé, ce que vivent ceux qui s’aventurent sur l’un des slabs les plus dangereux du monde.
Quand l’hiver hawaiien démarre, tous les regards se braquent vers Oahu. C’est la saison où il faut briller, même quand les line-ups débordent d’énervés prêts à se jeter sur n’importe quel set. Et au centre du cyclone médiatique, il y a le North Shore, cette bande mythique où les spots s’enchaînent comme les perles d’un collier. De Waimea à Sunset, il n’y a même pas 5 kilomètres : un minuscule village étiré le long de la Kamehameha Highway, où tout le monde se croise, où tout le monde se connaît… et où tout se joue.
Seule exception : Haleiwa, le centre humain du North Shore, un peu excentré mais indispensable, véritable cœur battant de cette côte qui fascine le monde entier.
C’est ici que le réalisateur Connor Trimble a posé sa caméra pour son nouveau film Hometown Hype 2025. Un pari difficile : raconter un lieu déjà filmé, photographié et mythifié sous tous les angles.
Un microcosme unique : la campagne agitée du surf mondial
La magie du North Shore, c’est sa contradiction permanente. Sur le papier, c’est presque la campagne :
des coqs et des poules qui traversent la route en toute impunité,
une végétation luxuriante,
des maisons modestes noyées dans le vert,
ce leitmotiv local : “Keep the North Shore green”.
Mais cette tranquillité n’existe que dans les cartes postales. Car la réalité du quotidien, c’est un mélange improbable : la Kamehameha Highway saturée de voitures, des parkings minuscules débordant de surfeurs, des foules sur le sable dès la moindre alerte de swell, et ce fameux Foodland, point de convergence absolu – on y croise autant de pros que de groms, tous en train de faire leurs courses entre deux sessions.
Le tout, dominé par une caserne de pompiers qui veille sur l’un des écosystèmes marins les plus dangereux et exigeants du monde.
Un regard neuf : filmer les gens plutôt que les vagues
Trimble l’explique clairement : « Le North Shore est la Mecque du surf, mais sa vraie richesse dépasse largement les vagues. Ce sont les gens qui rendent cet endroit unique. »
Loin des clichés surf porn ou des tubes héroïques déjà vus mille fois, il choisit de raconter la vie qui se joue entre les sets :
des locaux qui se connaissent tous,
des familles implantées depuis des générations,
des surfeurs qui partagent la même route, les mêmes supermarchés, les mêmes horaires de marée,
et une communauté soudée malgré l’effervescence permanente.
Haleiwa, le pivot entre mythe et quotidien
Le film nous ramène aussi à Haleiwa, cette petite ville attachante où tout converge. C’est ici que Trimble retrouve les visages familiers :
Mason Ho, l’âme solaire du North Shore,
Jamie O’Brien, quasi résident de Pipeline,
Brian Bielmann, œil et photographe légendaire,
Jon Pyzel, artisan des planches les plus convoitées,
Moona Whyte, incarnation parfaite du souffle hawaiien…
À travers eux, Trimble montre ce que les touristes ne voient jamais : une culture, une intimité, une identité profondément vivante, qui perdure même lorsque les vagues s’endorment.
Un hommage à une communauté qui vit dans le surf, mais pas que pour le surf
Au final, ce film réussit là où tant d’autres échouent : il capte l’âme du North Shore. Oui, c’est le terrain d’essai le plus rude et le plus médiatisé du monde. Oui, tout y est serré, cher, bruyant, parfois épuisant. Mais ce qui fait vibrer cet endroit, c’est la communauté qui, malgré les coqs, le chaos de la route, les foules sur le sable et les swells monstres, continue de répéter : “Keep the North Shore green.”
Un film qui rappelle que derrière les vagues, il y a avant tout une manière de vivre.
Quand Harry Bryant décide de partir en mission, ce n’est jamais pour une promenade de santé. Avec Roasted, sa dernière vidéo tournée au bord d’un typhon dans l’Extrême-Orient, le surfeur australien prouve une nouvelle fois que l’exploration pure, sans artifice, existe encore. Et qu’elle peut offrir quelques-unes des vagues les plus improbables de l’année.
Une mission née d’une intuition (et d’un météorologue amateur obsédé)
À l’origine de cette aventure : Dav Fox, ami, filmer et compagnon de routes depuis dix ans. Son passe-temps favori ? Scruter Google Earth, disséquer les cartes météo et repérer des anomalies qui pourraient devenir, un jour, des vagues mythiques. Cette fois, il surveillait l’Asie de l’Est, frappée par une saison de typhons particulièrement active.
Il fallait une conjonction parfaite : – un typhon assez proche pour lancer la houle, – suffisamment de pluie pour que la rivière locale déverse un banc de sable précis dans l’océan, – mais pas trop de vent pour ne pas ruiner le spot.
Un alignement d’une précision chirurgicale… et une vague qui n’avait pas fonctionné depuis six ans.
Quand Dav appelle Harry, celui-ci sait immédiatement que quelque chose de spécial est en train de se jouer.
48 heures pour attraper une vague fantôme
Le duo monte dans un avion le lendemain, direction un pays où ils ne connaissent absolument personne et dont ils ne maîtrisent pas la langue. Entre les ruelles labyrinthiques d’un village rural, les marchés où des anguilles et crustacés les dévisagent et des menus impossibles à décoder, ils cherchent à atteindre la sortie de rivière repérée sur satellite.
Ils ne savent même pas si le spot marche.
Puis, un hasard total : au détour d’un mur, ils tombent sur six surfeurs locaux. L’un d’eux reconnaît Harry instantanément et, hilare, les guide à travers un grillage tordu et quelques mètres de barbelés. Quelques pas plus tard, la magie opère : une droite parfaite déroule, belle, rapide, cylindrique, presque trop belle pour être vraie.
Une vague chaude, vive et hypnotique
La vague de Roasted n’a rien d’un slab terrifiant. Pas de rochers, pas de courant glacial. Juste une droite chaude, propre, légèrement « overhead », qui ouvre sur des barrels interminables et des sections où Harry peut laisser parler son sens du timing et de la vitesse.
Il surfe sur une planche spéciale : une 7’1’’ signée Josh Keogh, retiré depuis longtemps, mais ressuscité pour l’occasion. La même qui lui avait offert des lignes sublimes au Maroc. Dans ce décor asiatique, elle devient presque un talisman.
Harry ne force rien : il lit les sections avec une fluidité déconcertante, s’engouffre dans les tubes, en ressort propulsé, puis enchaîne les carves incurvés avec cette grande planche comme si la vague lui parlait. Un style incroyable…
Une aventure improbable devenue un film
Ce qui devait être un pari météorologique est devenu une vidéo hypnotique, bercée par Afroman, du violon et une harpe chinoise. Roasted, c’est la preuve qu’il reste des surprises, des vagues qu’on ne voit que trop rarement…
Deux amis, un typhon, un banc de sable, un pays inconnu, et l’une des plus belles surprises de l’année.
Il y a des projets qui naissent dans la chaleur poussiéreuse du Sénégal… et qui vous emmènent, quelques mois plus tard, au bout du monde. C’est exactement ce qui est arrivé à Paco Elissalde et Isis Gouhry, partis pour un périple de 25 000 kilomètres à travers l’extrême nord, à la recherche de ces line-ups isolés que les surfeurs fantasment depuis toujours. Leur film, qui cumule à peine 800 vues – un véritable scandale – est pourtant l’une des plus belles invitations à l’aventure que vous verrez cet hiver.
« The most intense, frustrating, exhausting, magnificent, cold trip of our lives » : la description donne le ton. Pendant cinq mois, ils ont traversé des paysages hors du temps, coincés entre des montagnes enneigées et une nature brute, presque inquiétante. Loin des clichés du surf performance, leur voyage raconte autre chose : la recherche d’un sentiment, celui d’être seul au monde face à une vague, aussi petite soit-elle.
Les journées sont courtes, trop courtes. Le froid est constant, mordant. Les nuits sont interminables, traversées par l’humidité et parfois illuminées par une aurore boréale. À chaque étape, le décor change, mais un fil rouge demeure : cette impression de toucher un bout du monde encore épargné. Ils rencontrent des cultures menacées par la modernité, croisent une faune sauvage intacte et découvrent des terres où la solitude n’est pas un choix, mais une évidence.
Côté surf, ne cherchez pas le niveau qui claque, les manœuvres à couper le souffle ou des musiques superproduites. Ce film est une ode au voyage, pas un montage de performance. On y voit des vagues modestes, parfois capricieuses, mais sublimées par des décors irréels : fjords silencieux, plages oubliées, montagnes glaciaires qui touchent presque l’eau. Et à chaque session, ce même émerveillement : être là, simplement, sans foule, sans bruit, sans autre objectif que d’aller voir ce qu’il y a derrière la prochaine route gelée.
Ce voyage rappelle une vérité simple : le surf n’est pas uniquement affaire de puissance, de tubes ou de prises de risques. C’est aussi — et surtout — une quête de liberté. Une manière de renouer avec ce qui nous dépasse, avec ce que beaucoup cherchent sans jamais vraiment le trouver.
Et si la vidéo ne compte que 800 vues, elle, au moins, a réussi sa mission : donner envie de repartir, de s’enfoncer dans l’hiver, de rêver à un horizon blanc et silencieux.
Il y a des vidéos qui claquent par le montage, la musique, les transitions. Et puis il y a celles qui, sans rien de tout ça, disent beaucoup plus. La dernière sortie vidéo de Tristan Guilbaud appartient clairement à la deuxième catégorie. Pas de son, pas de fioritures… juste le bruit des vagues et les « ooooh », un regard brut sur plusieurs sessions landaises et deux sessions basques bien solides.
Ce format “raw” révèle quelque chose d’essentiel : Guilbaud n’a plus rien à prouver. Le Vendéen, qu’on pourrait presque qualifier de « vieux de la vieille » du surf français, déroule ici toute sa science du tube avec une facilité presque insolente. Des lignes propres, des appuis précis, un placement chirurgical dans des barrels qui ne pardonnent pas. À 30 ans passés, il ne surfe pas, il maîtrise.
Un tube rider sous-estimé
Ceux qui suivent Tristan depuis longtemps savent à quel point il excelle sur des longues droites avec du mur. Mais cette vidéo rappelle autre chose : sa capacité à s’engager dans des tubes épais, à serrer son rail au millimètre quand la lèvre tombe devant lui. Plus rare de le voir sortir une grande planche, encore plus au Pays Basque, mais pas de problème pour le surfeur vendéen. C’est brut, sincère, sans maquillage. Et finalement, c’est peut-être ce qui fait tout le charme de cette vidéo.
Un surfeur généreux dans la transmission
Ce qu’on oublie parfois, c’est que Tristan n’est pas seulement un très bon surfeur : c’est aussi un coach et un pédagogue. Il partage son expérience, décortique les trajectoires, donne des conseils techniques à ceux qui veulent progresser dans de nombreuses vidéos. Et quand on regarde ces images, on comprend pourquoi ses séances de coaching attirent autant : il sait de quoi il parle, il sait lire une vague, il sait surtout comment aider les autres à mieux la comprendre.
Cette vidéo de Tristan Guilbaud n’a pas besoin d’artifices. Elle montre un surfeur mature, solide, appliqué et inspirant. Un surfeur qu’on a vu grandir, et qui continue, session après session, à rappeler ce qu’est le vrai surf : une relation brute et honnête avec la vague.
Le surf a parfois des allures d’aventure extrême. Desert Rats, le nouveau film Volcom, en est la preuve éclatante. Pendant 45 minutes, on suit trois surfeurs — William Aliotti, Pierre Caley et Matt Hollman — lancés dans une virée de 9 000 kilomètres à travers un désert australien. Leur mission : trouver les slabs parfaits, ces vagues puissantes et dangereuses où vous avez pied au moment de la chute.
Le décor est planté : routes infinies, paysages lunaires, requins blancs omniprésents et conditions météo imprévisibles. Loin des images de surf paradisiaques, Desert Rats montre le vrai visage de la quête de vagues : l’attente, la frustration, et l’adrénaline pure quand tout s’aligne enfin… parfois trop tard. Car, ironie du sort, le swell tant attendu se lève juste après le départ de William Aliotti.
Produit par Guillaume Dartenuc, filmés par Beni Bagley, Kane Overll et monté par Laura Diaz et Gabriel Boin, le film mêle humour, peur et amitié dans une atmosphère à la fois rude et touchante. Les images signées Beni Bagley et Kane Overall plongent le spectateur dans un univers désertique et fascinant, où la nature impose sa loi.
En première partie, on découvrira Jungle Fever (15 minutes), un court-métrage réalisé par Arthur Genie, qui suit également William Aliotti à Kandui Resort, en Indonésie.
🎬 Infos projection
📅 Mardi 31 octobre 2025 à 20h30 📍 Le Rex – Hossegor 🎟️ Billets disponibles en ligne sur le site du cinéma ou directement au guichet. 👥 Projection en présence de Pierre Caley et William Aliotti.
📅 Jeudi 30 octobre 2025 à 20h30 📍 Cinéma Royal – Biarritz 🎟️ Billets disponibles en ligne sur le site du cinéma ou directement au guichet. 👥 Projection en présence de Pierre Caley et William Aliotti.
On ne connaît pas encore tous le nom de Ned Hart, mais cette vidéo risque bien de changer les choses. À seulement 18 ans, le jeune surfeur s’est offert un trip à travers l’Écosse et l’Irlande qui sent la tourbe, les caillasses coupantes et les lèvres épaisses prêtes à tout avaler. Le film, signé par le talentueux Oscar James, est une ode à l’audace, au froid, et à ce goût très particulier qu’ont certains pour les vagues qui ne pardonnent rien.
Dès les premières images, le ton est donné : ici, on ne parle pas d’un simple surf trip, mais d’une véritable immersion dans la rugosité du North Atlantic, là où la terre semble vouloir avaler l’océan, et où les vagues, souvent épaisses comme des murs, semblent spécialement fabriquées pour les surfeurs dotés d’un mental en béton et d’un cœur un peu fou. Ned fait partie de cette espèce-là. À chaque take-off, on sent qu’il n’est pas seulement là pour survivre : il veut comprendre, apprivoiser, dialoguer avec ces bombes froides.
Oscar James raconte d’ailleurs que rien n’était prévu. Pas d’idée de film, pas de plan marketing : seulement quelques potes entassés dans une voiture saturée de boards et d’odeur de néoprène humide, prêts à suivre leur instinct. “On ne se prend pas trop au sérieux. On reste de grands enfants qui aiment jouer dans la mer”, dit-il. Et c’est exactement ce que retransmet Frostbite : un concentré de sessions givrées, de souvenirs gravés au scalpel, d’euphorie brute.
La vidéo a d’ailleurs été projetée dans des salles pleines en Australie, à Bali, Londres ou encore en France. Une sorte de mini-tournée mondiale improvisée qui a confirmé que ce projet touchait quelque chose de vrai, de viscéral. Ce n’est pas un film pensé pour les awards ou les deals de sponsors : c’est un hymne à ceux qui rêvent, à ceux qui tracent leur route là où les cartes ne sont jamais vraiment fiables.
Et puis surtout : quand Ned Hart rame sur une vague, tu comprends tout de suite que tu regardes quelqu’un qui va compter. Vague après vague, tube après tube, l’adolescent enchaîne les moments “oooeeeee !” comme si de rien n’était, avec une maturité de lecture des sections qui ferait rougir bien des vétérans.
Bref, Frostbite n’est pas juste une vidéo. C’est le genre de film qui te donne envie de remettre un leash, d’enfiler des chaussons trop froids et d’aller te frotter à ce que l’océan a de plus vrai. Une ode au surf pur, brut, sans compromis.
Impossible de passer à côté : dès que l’équipe de Lost in the Waves (à mi-chemin entre Lost in the Swell et leurs délires habituels) sort une nouvelle aventure, c’est un petit événement sur Icônes Surf. Leur dernière vidéo en est la preuve : un mélange de mer déchaînée, de bricolage marin, de surf épique, de galères XXL… et surtout de cette bonne humeur contagieuse qui fait leur marque de fabrique. Et rien qu’en lisant ces quelques lignes, on comprend pourquoi le teaser avait cartonné.
L’idée simple (et folle) : louer un voilier 38 jours et partir… là où le vent décide
Au départ, rien ne semble simple. Louer un bateau ? Pas si évident que ça, mais l’équipe déniche finalement un petit RM 890 — un “van des mers”, parfait pour l’été, mais pas vraiment construit pour traverser l’Europe du Nord en hiver. Peu importe : les trois compères partent quand même, avec leur énergie habituelle, quelques tonnes de matériel (dont une quantité absolument indécente de wings, foils et boards), et ce sourire de “bon, ça va être tendu… mais on y va tout de même”.
Et pour que la mise à jour des compétences soit carrée, ils embarquent rien de moins que Samantha Davies, héroïne du Vendée Globe et navigatrice hors pair, pour un petit “réglage technique” depuis La Trinité jusqu’à Camaret (blague bien évidemment). Une sorte de stage commando, version marine, où Sam les briefe sur tout : les quarts de nuit, les règles de sécurité, les manœuvres, les risques… et les limites de leurs petits gilets.
Premières nuits : 30 nœuds, du stress, de la brume… et un cargo fantôme dans le noir
Rapidement, l’ambiance glisse du “petit trip sympa” à “bienvenue dans le Mordor”. Entre la brume épaisse, les cargos silencieux qui surgissent de nulle part et les tours de garde nocturnes qui ressemblent à des veillées funèbres, le doute s’installe souvent. L’un des moments les plus marquants ? Cette communication radio paniquée en plein milieu du rail d’Ouessant, alors qu’un cargo invisible fond droit sur eux dans la nuit la plus totale. “Go faster if you can”… leur lâche le capitaine du mastodonte avec un calme surréaliste.
C’est le quotidien : froid mordant, rafales à 30 nœuds, bateaux qui couinent, lignes qui claquent, et ce mélange délicieux d’adrénaline et d’angoisse.
Quand le surf prend le relais : sessions mutantes, mystère… et secret spot en mode floutage absolu
Puis il y a le surf. Celui qui justifie tout. Même les nuits blanches, les vomis dans les chaussures et les ancrages douteux.
Leur chasse aux vagues ressemble à un film : une côte mystérieuse, un slab mutant où un seul bodyboarder ose se jeter, un reef qui punit toute erreur, et une ambiance qui alterne entre adrénaline pure et respect total de l’océan.
L’équipe score des sessions d’anthologie :
des gauches interminables,
des droites ultra creuses,
des lignes parfaites pendant une semaine entière,
Ils finiront par révéler le secret : ils sont en Corse. (bien sûr qu’on rigole) Mais comme toujours, dans le respect total des locaux… tout (littéralement tout) est flouté. Même les châteaux, les montagnes, les bateaux, les plaques, les phares… tout y passe, jusqu’à transformer l’editing en travail de fourmi sur plusieurs semaines.
L’envers du décor : la fatigue, le froid, les galères… mais toujours le rire
Ce qui marque le plus dans cette équipe qu’on commence à connaître, c’est l’humanité. La capacité de ces trois-là à tourner chaque galère en private joke. Vent glacial ? Ils rient. Autopilote en grève ? Ils rient. Tours de garde interminables ? Ils rient. Sacs de matériel qui envahissent tout le bateau ? Ils rient encore. Même la merde absolue du “on est dans le mauvais port, il reste 20 heures de navigation dans la tempête” devient matière à sourire.
On sent la fatigue : l’estomac retourné, les nuits hachées menu, l’humidité permanente, la peur parfois… Mais toujours ce fil rouge : la joie de vivre.
Cette joie rare, authentique, brute, qui fait que Lost in the Waves / Lost in the Swell n’est pas un énième vlog de surf : c’est une philosophie.
Quand l’aventure se heurte au localisme : le cas irlandais
La vidéo n’a pas seulement fait parler pour ses images marines et ses galères en série : elle s’est aussi retrouvée au cœur d’une polémique. Plusieurs surfeurs irlandais ont publiquement exprimé leur mécontentement, expliquant que l’équipe aurait surfé — et filmé — des spots tenus secrets de longue date, où la règle non écrite est simple : tu peux surfer, mais tu ne filmes pas, et encore moins tu diffuses.
Certains commentaires sont sans appel :
“Ils ont surfé des spots secrets où personne ne filme ni ne prend de photos. Ils ont été accueillis, mais on leur a demandé de ne rien filmer. Six mois plus tard, une vidéo sort. C’est un manque total de respect pour les locaux et le code des surf explorers. Ils ne sont plus les bienvenus en Irlande.”
Difficile, pour quiconque n’a pas vu la version originale, de dire si les images dévoilaient réellement le spot ou non. La version actuellement en ligne est visiblement coupée, preuve que la contestation a eu un impact réel.
Un débat aussi vieux que le surf
Cette histoire en dit long sur un sujet récurrent depuis les débuts du surf moderne : la tension entre l’exploration, le partage, la création de contenu… et la protection farouche de certains spots locaux. À Hawaii, en Californie, en Afrique du Sud, en Tasmanie, en Bretagne ou au Pays basque : les mêmes frictions existent depuis des décennies.
Pour les uns, filmer n’est qu’un moyen de raconter une aventure, sans volonté de dévoiler quoi que ce soit. (d’autant qu’ils ont fait de grands efforts pour protéger le spot) Pour les autres, chaque plan, même flouté, chaque silhouette de falaise ou nuance de roche peut mener des surfeurs du monde entier sur un terrain qu’ils jugent trop fragile, trop fréquenté, trop précieux.
La vérité ? Elle oscille souvent entre les deux : un amour commun de l’océan… mais des visions différentes sur la manière de le partager.
Une fin à leur image : 4 jours de mer, zéro réseau, des choix météo tendus… et un retour très rock’n’roll
La dernière partie du trip ressemble à une fuite en avant. La météo change toutes les heures. Les routages se contredisent. Les rafales montent. Et pourtant, il faut rentrer la bateau à temps pour le propriétaire, prêt à le reprendre le lendemain matin.
Résultat :
départs dans l’aube noire,
rafales à 34 nœuds,
pluie glaciale,
paysages fantomatiques,
mer démontée,
autopilote capricieux,
nuits sur les nerfs…
Mais ils arrivent. Éreintés, rincés, trempés, mais heureux, évidemment.
Parce que l’aventure, c’est ça : une addition de moments difficiles… que l’on transforme ensemble en souvenirs inoubliables.
Dès les premières secondes, la dernière vidéo de Kauli Vaast plonge dans une ambiance qui colle parfaitement à son surf : intense, fluide et affûtée. Direction le Portugal, sous une bande-son rap local qui donne immédiatement le ton. Kauli y enchaîne sessions glaciales mais solides, entouré d’amis et de quelques riders Quiksilver croisés dans un format vlog plutôt cool.
Des turns affûtés et un surf en pleine maturité
Dans ce clip tourné plus tôt dans l’année, Kauli apparaît dans une forme étincelante. Ses turns millimétrés — rapides, précis et parfaitement engagés — montrent à quel point le jeune Tahitien a encore élevé son surf. Chaque section semble un terrain de jeu où il peut exprimer toute son explosivité.
On retrouve également cette aisance aérienne qui fait partie de son arsenal depuis plusieurs saisons. Les airs sont propres, posés : juste l’essentiel, exécuté avec une maturité.
Supertubos en mode claque visuelle
Difficile de parler de surf au Portugal sans évoquer Supertubos, et Kauli ne s’en prive pas. Quelques séquences bien grasses montrent un Vaast lancé dans des barrels rapides et techniques, où sa lecture de vague fait merveille. Le montage, soigné et dynamique, met parfaitement en valeur les tubes de ce beachbreak mythique.
Ambiance vlog : Jérémy Florès en mode chamaille et l’équipe Quik au complet
Une partie du charme de la vidéo réside aussi dans les passages plus légers. Les scènes de vlog dévoilent une atmosphère bonne enfant, notamment quelques piques et chamaillements entre Kauli Vaast et Jérémy Florès, qui apportent une touche familière et amusante. On y aperçoit également des riders Quiksilver venus partager ces sessions.
Une vidéo simple, bien montée… et très efficace
Pas de surenchère ni de mise en scène inutile : Kauli montre ce qu’il sait faire de mieux, soutenu par un montage propre, une musique entraînante et l’énergie brute d’un trip entre amis. Résultat : une vidéo punchy, agréable à regarder, et qui donne clairement envie d’aller se geler les mains au Portugal.
Snapt 5 vient à peine de sortir gratuitement sur YouTube que la machine s’emballe déjà : plus de 15 000 vues en moins d’une heure, une section commentaires en fusion, et l’impression rare d’assister en direct à un moment historique. Car ce cinquième opus, présenté comme le dernier de la saga culte de Logan Dulien, n’est pas seulement une vidéo de surf : c’est une déclaration d’amour au freesurf pur, brut, sans algorithme ni filtres, dans un monde saturé de contenus éphémères.
La fin d’une époque – et l’apogée d’une vision
Depuis vingt ans, Snapt est devenu l’une des collections les plus importantes de l’histoire du surf moderne. Une série basée sur un principe simple, mais devenu presque impossible aujourd’hui : demander aux surfeurs de mettre de côté leurs meilleurs clips pendant plusieurs années pour un film unique. À l’ère des stories à la chaîne et de la pression des sponsors pour poster chaque semaine, c’est un défi colossal.
Pour Snapt 5, Dulien a une nouvelle fois réussi un tour de force : plus de cinquante surfeurs réunis dans un même film, dont Mason Ho, Harry Bryant, Noa Deane, Jack Robinson, Clay Marzo, Asher Pacey, Parker Coffin, ou encore Taro Watanabe. Pour la première fois, une section groms fait son apparition, avec… 29 kids ! Rien que la collecte des clips a été un casse-tête monumental.
Une sortie mondiale très attendue
La première mondiale du film avait été annoncée pour août 2025 lors du US Open à Huntington Beach, suivie d’une tournée en Australie en septembre. Mais entre-temps, l’attente est devenue démesurée. Au fil des avant-premières et des projections itinérantes, la ferveur n’a fait que grandir — notamment grâce à un partenariat inattendu avec Blak Bear Surf Club, dont le film Ride The Line accompagne Snapt 5 lors de la tournée.
Ces “party premieres”, façon ancienne école, sont une signature de Logan Dulien : rassembler la communauté, projeter le film dans des surf shops, des parkings, des cinémas improvisés. Une tournée qui a déjà traversé les États-Unis d’est en ouest, avant de se poser ce soir sur YouTube pour la première diffusion libre.
Le dernier chapitre d’un monument du surf
Logan Dulien l’a répété : Snapt 5 sera le dernier. Pas par manque d’envie ou d’inspiration, mais parce que coordonner un tel projet est devenu titanesque. Les obligations de sponsoring, les défis logistiques, les carrières à gérer… Le réalisateur veut désormais se retirer « sur la ligne de touche » et soutenir les surfeurs autrement. Snapt 5 apparaît donc comme un adieu chaleureux, presque nostalgique.
Il représente tout ce qui fait la force du surf filmé : du style, du gros engagement, des sections explosives, et surtout cette magie rare des clips totalement inédits, qui n’ont jamais circulé sur Instagram.
Une dernière ride à ne pas manquer
Si tu n’as pas encore cliqué, c’est le moment : Snapt 5 n’est pas juste un autre surf movie, c’est un héritage culturel, un condensé de freesurf moderne et la conclusion d’une saga qui a influencé toute une génération. Et vu l’explosion de vues dès la première heure, on peut déjà dire une chose :
Quand l’eau frôle les 0 °C, que l’air mord à –40 et que des plaques de glace descendent la rivière comme des monstres flottants, la plupart des gens restent chez eux. Pas lui. À Montréal, un surfeur s’élance au cœur de l’hiver sur une vague statique d’une puissance hypnotique, partageant son ride avec des blocs de glace aussi beaux que dangereux. Un surf extrême, presque irréel.
Un paysage polaire… à quelques minutes du centre-ville
La vidéo s’ouvre sur un décor que l’on croirait arraché au Grand Nord canadien : brume qui s’élève, eau métallisée, silence glacé. « Avec une eau à peine au-dessus de zéro et un air à –40, la seule raison pour laquelle la rivière ne gèle pas complètement, c’est son mouvement constant », explique le surfeur. Quelques minutes de marche suffisent pour quitter Montréal, mais mentalement, on bascule dans un univers de survie. Des plaques de glace gigantesques défilent, certaines « aussi grandes que des semi-remorques », d’autres dentelées comme du cristal.
La beauté est à couper le souffle, mais la menace est partout : hypothermie, collisions, courant imprévisible. Chaque seconde compte.
Surfer l’hiver : un sport où l’erreur n’a pas sa place
La vague statique, alimentée par la puissance du fleuve, ne pardonne rien. « La marge d’erreur est très faible dans ces conditions », confie-t-il. Un simple moment d’hésitation, et c’est la noyade ou l’impact contre la glace.
Pourtant, il retourne là-bas jour après jour. Pas par addiction au risque, mais par recherche intérieure. Le froid devient un miroir de ses limites. « Le vrai facteur, c’est l’esprit », dit-il. Peu importe la musculation ou la souplesse : seule la maîtrise mentale permet de tenir dans ce froid mordant.
L’hiver transforme tout : les décisions, l’intensité, la préparation. Il scrute constamment la quantité de glace, les températures, sa capacité de résistance. « On me dit que je suis fou. Avec le bon équipement, ça devrait être facile. Mais ce n’est pas le cas. »
Le silence, l’isolement… et une vague pour lui seul
Contrairement à l’été, l’hiver offre une étrange récompense : la solitude totale. Souvent, il n’y a personne d’autre « que moi et la rivière, moi et la glace ». Quand il laisse la vague le porter, il atteint un état unique : « Si je me détends et observe, l’énergie de l’eau travaille à travers moi et tout devient sans effort. »
Il s’arrête parfois de pagayer pour contempler les blocs de glace qui l’entourent. Sous le soleil d’hiver, ils scintillent comme des pièces d’art sculptées par la nature. Et surtout : c’est un spectacle que personne d’autre ne verra jamais. La scène changera dans quelques minutes, remodelée par le courant.
Le froid comme voie de transformation
Au fil du temps, l’exposition répétée à cette eau polaire est devenue plus qu’un défi sportif : une pratique mentale et spirituelle. « Le froid révèle qui je suis vraiment », dit-il. Il ne s’agit pas d’un ennemi, mais d’un révélateur. En affrontant ce choc physique, il apprend à briser ses propres barrières, à dompter son esprit, à ne plus être prisonnier du stress du quotidien.
Cette recherche de maîtrise intérieure dépasse désormais le surf : c’est une philosophie de vie. Elle lui donne une ancre, un centre, une force pour affronter tous les autres aspects de son existence.
Fusion avec la glace, fusion avec la nature
La scène finale résume tout : lorsqu’il s’accorde au rythme du fleuve, qu’il « cesse de lutter contre la nature », tout devient limpide. La douleur se transforme en clarté, l’inconfort en puissance, le froid en exaltation.
Surf en eau glaciale, surf mystique, quête personnelle : cette vidéo capture plus qu’une performance. Elle dévoile un voyage intérieur, une communion avec une nature brute et indomptable. Et dans cet instant suspendu entre danger et beauté, il trouve ce qu’il cherche : la joie pure d’être vivant.
Il y a des journées où Uluwatu rappelle à tout le monde pourquoi ce spot est une légende, un rêve pour certains… et un cauchemar pour d’autres. Lors du méga swell d’octobre 2025, la fameuse gauche de la péninsule du Bukit a tout simplement explosé ses standards. Une houle titanesque, estimée à 25 pieds, a transformé le temple du surf balinais en machine à broyer les planches… et les égos.
Même les habitués du lieu en restaient bouche bée. Jacob “Zeke” Szekely, venu avec une bande de surfeurs/de skateurs pour une compétition, lâchait à peine sorti du scooter : « Are you f#cking kidding me ? C’est les plus grosses vagues que j’ai jamais vues ici. »* Une phrase qui résume l’ambiance générale : excitation et un soupçon de terreur.
Un outsider crew face à la furie d’Uluwatu
Ce jour-là, pas de line-up parfait, pas de longues parois sculptées par le vent offshore. Uluwatu était en mode bête sauvage. D’énormes close-outs fermaient en chaîne, les séries se succédaient sans laisser un instant de répit, et les rares tentatives ressemblaient plus à un exercice de survie qu’à une démonstration technique.
Pourtant, la petite troupe s’est jetée dedans. Plan B ? Il n’y en avait pas. Sortir vivant ? Déjà pas si mal.
Ramer dans ces conditions relève du courage borderline. Les mecs ramaient entre deux montagnes d’eau, tentaient de trouver un tube improbable… et se faisaient régulièrement avaler par les grosses vagues. Peu de rides aboutis, mais beaucoup de bravoure, de chutes spectaculaires et une bonne dose de chaos.
À ce jeu-là, les planches ont morflé autant que les corps. Zeke a vu son gun partir en trois morceaux. Une offrande sacrée à la déferlante balinaise.
Shane Borland, l’homme de la journée
S’il y a bien eu un moment de grâce au cœur de ce champ de bataille marin, il est signé Shane Borland. Le Californien, surfeur/skateur complet, a décroché la vague du jour : un barrel monstrueux sur une bombe estimée à 20 pieds, prise avec une maîtrise incroyable. Littéralement : il l’a “packed”, comme disent les Américains.
Alors que certains luttaient pour revenir au rivage, Shane-O inscrivait un ride d’anthologie dans l’histoire récente d’Uluwatu. Une vision rare sur un spot généralement pas associé à des tubes de cette taille.
Le hasard (ou pas) du Keris Cup
La présence d’un crew mêlant surfeurs et légendes du skate n’avait rien d’un alignement planétaire : tous étaient là pour la toute première Keris Cup, organisée à Uluwatu Surf Villas. Le line-up du bowl faisait rêver : Christian Hosoi, Christian Fletcher, Nathan Fletcher, Greyson Fletcher, Omar Hassan, Pedro Barros, Sky Brown…
Entre une session apocalyptique dans l’eau et un contest sur le béton, la semaine a été purement historique.
Et devine qui a raflé la mise ? Shane Borland. Et Sky Brown chez les femmes. Après un tube XXL et une victoire en contest, difficile de faire plus Balinais comme semaine.
Le nom de Russell Bierke résonne comme une énigme dans le monde du surf de gros. À seulement 28 ans, l’Australien est devenu le visage d’un surf extrême, celui où la peur et la lucidité cohabitent dans une harmonie aussi rare que les vagues qu’il surfe. Dans son nouveau film Inner Mechanics, réalisé par Andrew Kaineder, Bierke dévoile enfin ce qui se passe dans sa tête lorsqu’il se jette dans ces slabs, ces murs d’eau brisés par des rochers et des backwahes improbables.
« Beaucoup des vagues que je chasse ne sont pas parfaites. Elles ont des bumps, des plis, du backwash… mais c’est ça qui les rend spéciales. »
L’homme qui préfère les vagues imparfaites
Là où la majorité des surfeurs rêvent de tubes parfaits, Bierke semble attiré par le chaos. Shipstern Bluff, Mullaghmore, Jaws, ou encore des slabs anonymes en Australie : autant d’arènes où l’océan se fait sculpture mouvante, brutale et capricieuse. Là, Russell trouve sa beauté. Dans Inner Mechanics, il ne cherche pas à impressionner l’algorithme ou les réseaux sociaux. Il prend le temps de transformer chaque session en une œuvre visuelle (les ralentis aident bien), presque méditative, montée avec soin par Kaineder.
Le film, plus court que ses précédents projets (Bezerk, Flow State, Outer Edge of Leisure), conserve pourtant cette intensité viscérale, cette tension continue où chaque take-off semble défier la logique et la gravité. Harry Bryant, son ami et complice de galères, le décrit comme un “film d’horreur sur la côte rocheuse” — un compliment dans leur univers.
Le calme dans le chaos
Contrairement à l’image du surfeur kamikaze, Bierke incarne la maîtrise. Oui, il a peur. Il l’admet, sans détour :
« La peur, elle ne part jamais. Le vrai défi, c’est d’apprendre à la gérer. Si tu la laisses te submerger, tu paniques. Mais c’est aussi pour ça que tu y vas. C’est ce combat intérieur qui rend chaque vague unique. »
Son approche du surf de gros n’a rien d’une quête de gloire ou d’adrénaline pure. C’est une discipline mentale, presque spirituelle. Il attend. Il observe. Il sait que certaines vagues ne se présenteront qu’une fois tous les deux ou trois ans. Et quand elles arrivent, il faut être prêt.
« Un swell d’exception peut prendre des années. Quand tu sais que c’est peut-être ta seule chance avant longtemps, tout ton être se concentre. C’est maintenant ou jamais. »
Une quête sans fin
Dans la séquence finale du film, Bierke lâche une phrase qui résume parfaitement son rapport à l’océan :
« Tu ne sais pas où est la limite tant que tu ne l’as pas trouvée. » Ce n’est pas de la prétention, mais une invitation à explorer les frontières de l’humain face à la nature. Car pour Russell Bierke, la perfection ne se trouve pas dans la perfection d’une vague, mais dans l’imprévisible — dans ce moment suspendu où tout peut basculer.
Pas de musique, pas de transitions léchées, pas de filtres flatteurs : juste Jordy Smith, son surf, et son home spot. La dernière vidéo du Sud-Africain est un retour aux sources, tournée à Durban, là où tout a commencé pour lui.
Dès les premières secondes, on comprend qu’on ne va pas assister à un énième edit de surf surproduit. Ici, c’est du raw, du vrai. On garde les meilleures vagues, on coupe le reste. L’océan parle, Jordy répond.
Une séquence le montre demandant au caméraman s’il a de la crème solaire. Les commentaires s’en amusent : “Pas besoin de crème quand tu passes la moitié de ta session dans le tube.” Il faut dire que sur certaines vagues, Jordy enchaîne trois barrels successifs. Rien de moins.
Mais blague à part, protégez-vous du soleil. On ne le dira jamais assez.
Ce qui impressionne aussi, c’est le timing de la session. L’aube à peine levée, presque la nuit encore. Pas un spot de surf tranquille : Durban et sa réputation de territoire de requins est bien connue. Il faut du cran — ou quelques potes “soldats” autour de soi — pour se jeter à l’eau à cette heure-là. Heureusement, certaines plages du coin disposent de filets anti-requins, mais tout de même…
Sur le plan du surf pur, c’est un récital. Jordy Smith prouve encore qu’il reste l’un des surfeurs les plus puissants et les plus précis de sa génération. Chaque manœuvre semble sortir d’un manuel, mais avec cette nonchalance qui n’appartient qu’à lui. Des tubes profonds, des carves millimétrés, un style qui respire la maturité.
Simple, brut, parfait. Jordy Smith n’a pas besoin d’artifice pour briller : son surf parle pour lui.
Il y a des jours où l’on hésite. La combi encore humide de la veille, le vent qui pique un peu trop fort, la marée qui n’est « pas parfaite »… Et puis on tombe sur la dernière vidéo de Dane Reynolds, 83 S Palm Street, et tout s’éclaire : il suffit d’un surfeur qui s’enflamme pour rallumer la mèche chez nous tous.
Car oui, Dane est de retour. Pas juste sur un shortboard, mais avec cette intensité qui faisait de lui une légende malgré lui. À 40 ans, le Californien semble avoir retrouvé ce qu’il avait laissé filer entre les obligations, les affaires et la vie de famille : l’envie brute de détruire des vagues.
Pourquoi la vidéo s’appelle 83 S Palm Street, parce que c’est l’adresse du surf shop de Dane Reynolds à Ventura, et je vous avoue que je rêverai de my rendre et d’y penser un peu de temps à discuter avec le propriétaire du lieu.
Un comeback à la Dane Reynolds
La nouvelle production de Chapter 11, la structure qu’il a fondée à Ventura, n’a rien d’un simple « edit ». C’est un petit film de 17 minutes, un condensé de ce que le surf a de plus pur : du style, du flow, de la violence dans les turns et cette impression que Dane surfe toujours aussi bien, un style à part, reconnaissable malgré quelques kilos en trop par rapport à la grande époque. (on l’a connu plus gros dans le passé, lol)
Son fidèle acolyte Hunter Martinez, derrière la caméra, résume tout :
« Même ses kickouts sont agressifs. Il se lève à 6 h pour checker les vagues. C’est le Dane que j’admirais gamin. »
Après des mois d’absence et d’énergie dispersée, Dane s’est remis à ramer à l’aube, à traquer la moindre session. C’est un peu comme si l’un des surfeurs les plus influents des années 2010 refusait soudain d’accepter le déclin. Et ça, ça fait du bien.
Quand la passion revient frapper à la porte
Il y a quelque chose de profondément humain dans ce retour : ce moment où un surfeur, quel qu’il soit, sent à nouveau le besoin de se confronter à l’océan. Parce qu’on a tous connu cette phase : on regarde les prévisions, on trouve toujours une excuse, et puis un jour, on se surprend à rouvrir la housse, à vérifier le leash, à y aller « juste pour voir ».
Dane, c’est ça, puissance mille. Un gars qui a tout connu — les podiums, les sponsors, les enfants, la routine — et qui revient, simplement parce qu’il a besoin de sentir la planche vibrer sous ses pieds.
La preuve qu’on ne surfe jamais vraiment pour les autres
Dans 83 S Palm Street, on sent qu’il n’y a plus rien à prouver. Il surfe, parce qu’il aime surfer, pour le plaisir et n on la performance à tout prix. Et c’est exactement ce qu’on attendait.
Dane n’a jamais été le surfeur le plus lisse. Il n’a jamais cherché à plaire. Et c’est sans doute ce qui fait qu’aujourd’hui, en 2025, il inspire encore autant. Il nous rappelle que le surf n’a rien à voir avec les scores, ni les likes, ni les vues. C’est une affaire d’instinct, de pulsion et de plaisir
Alors si tu hésitais à aller à l’eau ce matin, si tu pensais que le vent était un peu trop side ou la marée trop haute, fais-toi une faveur : regarde 83 S Palm Street, enfile ta combi, et rame. Parce que si Dane Reynolds peut retrouver le feu à 40 ans, toi aussi, tu peux le rallumer aujourd’hui.
Il y a des vidéos de Teahupo’o, et puis il y a celles qui marquent. Celle que vient de publier Barron Mamiya fait partie de cette catégorie. Et pourtant, soyons honnêtes : la plupart d’entre nous saturent un peu. Teahupo’o a été filmée sous tous les angles possibles, à toutes les heures du jour et de la nuit. Si on calculait la couverture médiatique des vagues du monde, on découvrirait probablement que 1 % des spots représentent 95 % des vidéos surf… (aucune donnée scientifique derrière cette affirmation, juste une intuition journalistique, disons-le).
Et pourtant, cette vidéo mérite le détour. Parce qu’elle capture non seulement la puissance brute de la gauche tahitienne, mais aussi sa beauté et son intensité émotionnelle, dans une journée qui restera gravée dans les mémoires.
Une journée hors du temps à Teahupo’o
Le 3 septembre 2025, Teahupo’o s’est réveillée dans toute sa splendeur. Une houle massive venue du sud-ouest a frappé la presqu’île de Tahiti, offrant des vagues de plus de quatre mètres parfaitement formées. Les locaux étaient là, bien sûr — Matahi Drollet, Eimeo Czermak, Lorenzo Avvenenti — mais aussi une poignée d’Hawaïens en visite : Barron Mamiya, Makana Pang, Noah Beschen.
Cette journée aurait pu être parfaite de bout en bout, si elle n’avait pas été marquée par un accident sérieux. Le surfeur tahitien Lorenzo Avvenenti a été victime d’un grave incident lors d’une session de tow-in. Retrouvé inconscient, il a été secouru par Matahi Drollet et d’autres surfeurs présents sur place. Heureusement, il est aujourd’hui hors de danger.
Ce drame rappelle la violence du spot : à Teahupo’o, chaque vague peut être la plus belle… ou la plus dangereuse de ta vie.
Barron Mamiya et la grâce dans la lourdeur
Parmi les surfeurs présents ce jour-là, Barron Mamiya a brillé par son aisance et sa précision. Pensionnaire du World Championship Tour (WCT), il fait partie de cette nouvelle génération d’Hawaïens qui mêlent puissance et élégance.
Sur cette vidéo, Barron ne surfe pas seulement Teahupo’o. Il danse avec elle. Ses take-offs sont d’une sérénité déconcertante, ses lignes épurées, ses sorties de tubes parfaites. À chaque vague, il semble flotter entre contrôle absolu et abandon total.
Teahupo’o est une vague de vérité, qui ne pardonne rien. Barron, lui, y trouve une forme d’équilibre, comme s’il y puisait une connexion entre peur, respect et beauté.
Chris Bryan, l’œil qui transforme l’océan en cinéma
C’est aussi là que cette vidéo se distingue. Les ralentis signés Chris Bryan — l’un des maîtres de la caméra Phantom — ajoutent une dimension quasi mystique à l’ensemble. Chaque goutte d’eau semble suspendue dans le temps. Les plans en jet ski, qui suivent le surfeur au plus près, dévoilent l’épaisseur hallucinante de la lèvre, et rappellent à quel point cette vague est une bête vivante.
Le montage est simple, mais efficace. Pas de narration inutile, pas de musique envahissante. Juste du surf, de la lumière, et cette esthétique cinématographique que peu savent encore maîtriser sans tomber dans la surenchère.
Faire du neuf avec du déjà-vu
Alors oui, encore une vidéo sur Teahupo’o. Mais celle-ci rappelle que le surf, quand il est vrai, n’a pas besoin d’inédit pour être bouleversant. Teahupo’o, filmée mille fois, continue de fasciner parce que chaque session y est différente, chaque vague raconte une histoire, chaque surfeur y laisse un morceau de lui-même.
Barron Mamiya, ce jour-là, a simplement su écouter la vague. Et grâce à Chris Bryan, nous, spectateurs, avons pu la voir — et la ressentir — comme si c’était la première fois.
Quiksilver revient fort avec Washed, un film sans narration, sans fioriture, mais avec une seule idée : montrer du surf brut, puissant et inspiré. Le ton est donné dès les premières secondes avec la voix de Peter Fonda tirée du mythique Easy Rider, sur fond de Loaded de Primal Scream. Une entrée en matière qui sent la liberté, la poussière et le sel. Mais très vite, la douceur laisse place à la fureur : Mudhoney enchaîne, et c’est Kauli Vaast qui ouvre le bal avec une vague monstrueuse à Teahupo’o. Sans exagérer, probablement la vague la plus impressionnante filmée à Tahiti. Kauli y disparaît dans un tube aussi épais qu’une grosse caverne, avant de partir avec la lèvre, si l’on peut encore appeler cela une lèvre. La suite ? Une avalanche d’images et de manœuvres insensées.
Un casting XXL, un montage frénétique
Washed réunit ce que Quiksilver fait de mieux : une armée de surfeurs de haut niveau, six compétiteurs du Championship Tour, des prodiges du free surf, et quelques électrons libres à la Kael Walsh, capable de tout casser en Irlande. Tourné par 34 cameramans différents aux quatre coins du globe, le film ressemble à un patchwork de sessions folles, sans vraie cohérence, mais avec une énergie contagieuse. Le résultat est brut, rapide, presque punk — comme un vieux fanzine de surf en VHS. Et c’est peut-être ce qui lui donne tout son charme.
Les Français en pleine lumière : Kauli Vaast et Marco Mignot
Les Français ont clairement marqué leur empreinte dans Washed. D’abord Kauli Vaast, qu’on ne présente plus. Son passage à Teahupo’o est tout simplement mythique : maîtrise, engagement et sang-froid total. Le Tahitien prouve encore une fois qu’il joue dans la cour des très grands, entre la précision d’un tube rider pro et la folie d’un gamin du reef. Puis vient Marco Mignot, en milieu de film. Et là, changement d’ambiance : un style plus aérien, plus moderne, avec des airs massifs, des turns précis et ultra-rapides, et une réelle aisance dans les barrels. Sa séquence respire la jeunesse, le fun et la liberté — tout ce qu’on aime voir chez un surfeur français. On aimerait d’ailleurs le voir plus souvent dans cet univers free surf où il semble totalement à sa place. Les deux Français, chacun dans leur registre, donnent une belle image du surf tricolore : audacieux, créatif, et libéré.
Du surf pur jus, sans filtre
Pas d’histoire, pas de voix off, pas de message marketing. Washed n’essaie pas de raconter autre chose que ce qu’il est : un défouloir visuel, une célébration du surf pur, de la vitesse et de la prise de risque. Quiksilver signe là un film qui, sans révolutionner le genre, rappelle pourquoi on aime encore regarder du surf.
Il y a des surfeurs qui tracent leur route sans jamais regarder derrière. Kael Walsh fait partie de ceux-là. À 26 ans, l’Australien originaire de Yallingup, en Australie-Occidentale, vient de dévoiler Strung, une vidéo de quinze minutes qui remet le surf de haut niveau à sa juste place : entre obsession, folie et perfection visuelle.
Un projet titanesque pour l’amour du surf
Dans une époque où les “reels” de quinze secondes s’enchaînent à la vitesse d’un scroll, Kael prend le contre-pied total. Strung a nécessité deux ans et demi de tournage, près de 100 000 dollars australiens investis, et des heures de voyage à travers la planète. Afrique du Sud, Namibie, Indonésie, P-Pass, et bien sûr l’Ouest australien : le garçon a cherché la perfection, et il l’a trouvée.
Loin des formats aseptisés, Strung transpire la passion brute. On y retrouve la puissance caractéristique de Kael : des tubes monstrueux, des aerials insensés et des carves dignes d’un uppercut. Mais surtout, une intensité qu’on ne retrouve plus beaucoup dans le freesurf actuel. Derrière la caméra, Wade Carroll signe un montage chirurgical, soutenu par la patte Quiksilver et des apparitions de Rolando Montes, Eithan Osborne, Brendon Gibbens et Matt Hoy.
Le surf comme un acte total
Kael Walsh, c’est l’anti-influenceur. Pas de story, pas de vlogs, pas de posture : juste du surf, pur et dur. Sa philosophie, “go big or go home”, s’applique autant à sa vie qu’à ses vagues. Il dépense sans compter, voyage souvent seul, et assume la part de hasard que suppose chaque swell.
Dans l’interview donnée à Stab, il raconte s’être ruiné lors d’un premier trip à P-Pass, sans résultat. Dix mille dollars envolés. Il y est retourné plus tard, seul, pour finalement scorer la session qu’il espérait. “Tu dois être prêt à tout perdre pour espérer gagner quelque chose”, dit-il en souriant.
Cette approche old-school, romantique presque, fait de Strung une œuvre à part. Un surf trip étalé sur plusieurs continents, sans sponsor miracle ni production hollywoodienne. Seulement un surfeur déterminé à montrer ce que le surf peut encore transmettre : de la tension, du risque, et cette étrange beauté née du chaos.
Une halte à La Réunion
Parmi les séquences, Kael fait un détour par l’île de La Réunion pour y surfer la droite de Saint-Pierre. Une vague explosive, taillée pour les airs, que le surfeur australien affectionne depuis des années. Une vague qui a eu son succès dans le passé, mais la crise requin a fait son œuvre. Qu’importe, Kael, fidèle à son ADN, y retrouve ce qu’il aime : la vitesse, la verticalité, et cette adrénaline qu’il cherche dans chaque session.
Après l’introduction, on atterrit à la Réunion et les images parlent d’elles-mêmes : des take-offs millimétrés, des rotations parfaites et un engagement total. Saint-Pierre n’a jamais semblé aussi photogénique.
Entre art et blessure
Strung aurait pu s’arrêter là, sur une apothéose de surf pur. Mais quelques semaines après la fin du tournage, Kael s’est blessé en Irlande. Une chute violente sur un slab, un impact à la tête, et une période de doute. “J’ai voulu continuer à surfer malgré tout, mais je sentais que quelque chose n’allait pas”, confie-t-il. Après quelques mois de pause, il revient plus motivé que jamais.
Kael Walsh, dernier romantique du freesurf
Dans un monde où le surf se consomme, Kael Walsh le vit. Il incarne cette génération de surfeurs qui refusent de se laisser dicter leur rythme par les algorithmes. Ses vidéos — Idiot Box, Soft Serve et maintenant Strung — ne sont pas des produits, mais des manifestes.
Regarder Strung, c’est se rappeler pourquoi on aime le surf. Pour cette envie de tout donner, sans calcul, sans filtre. Et ça, Kael Walsh le fait mieux que quiconque.
Il y a des vidéos de surf qu’on regarde distraitement, et puis il y a celles qui nous font enfiler la combinaison sans réfléchir. Yen, le dernier clip vidéo de Théo Julitte, fait clairement partie de la seconde catégorie.
Le surf breton en cinématique brute
Signée par une jeune équipe — Titouan Visioli à la caméra et au montage, Vincent Delvalle, Manholeo Becker et Antonin Chavrier à la réalisation — Yen capture l’essence du surf breton : brut, froid, sincère. Les couleurs sont sombres, la bande-son garage rock ajoute une texture rugueuse, et les trcks de Théo Julitte claquent comme une bourrasque d’hiver sur la pointe du Raz.
Théo Julitte, l’anti-compétiteur inspirant
À 26 ans, Théo n’est plus très présent sur les compétitions. Et tant mieux. Son surf respire la liberté et l’authenticité, loin des jerseys numérotés. Avec ses blow tails backside et ses gauches parfaitement tendues, il incarne ce free surf que l’on aime tant : celui où chaque vague devient un terrain d’expression. Difficile d’ailleurs de ne pas penser à la relève bretonne. Qui sera le prochain Ian Fontaine ou Gaspard Larsonneur ? Peut-être personne. Peut-être que l’avenir du surf breton est justement là, dans ces vidéos faites entre potes, avec du cœur et du style.
Une vidéo qui sent l’hiver et la passion
Yen n’est pas une superproduction, et c’est ce qui la rend précieuse. On y sent la pluie, le vent, les mains gelées, mais aussi ce moment où la mer devient soudain parfaite et où tout le monde se tait. Ce genre de vidéo, c’est exactement ce qu’il faut avant une session d’hiver : une dose de motivation, brute et sincère.
À seulement 22 ans, l’Australien Oscar Langburne incarne une vision du surf à contre-courant. Pas de compétition, pas de performance à outrance : juste du style, du ressenti et une liberté totale. Sa nouvelle vidéo, Ever Changing Moods, produite avec Rip Curl, en est la plus belle démonstration.
Le film suit Oscar après une année compliquée : une blessure au genou, une opération, puis la dengue, qui l’ont éloigné de l’eau pendant près de six mois. Une éternité pour celui qui vit le surf comme un exutoire. « Ne plus pouvoir surfer m’a fait toucher du doigt à quel point j’en avais besoin, » confie-t-il. Le retour à l’eau, filmé entre l’Indonésie et l’Australie, a pris des allures de renaissance : des lignes pures, des glissés sans effort, un rapport presque spirituel à la vague.
Élève des icônes Craig Anderson et Tom Carroll, Oscar s’est forgé un style fluide, poétique, sans jamais chercher à copier. Très jeune, il a choisi une voie différente de celle du circuit compétitif. Influencé par la musique, l’art et la contre-culture, il considère le surf comme une expression personnelle, un moyen d’échapper à la norme.
Dans Ever Changing Moods, on retrouve cette esthétique libre : images soignées, ambiance planante, et ce flow unique qui rappelle les grands stylistes du surf moderne. La bande-son, éclectique et soignée, traduit sa personnalité d’artiste autant que de surfeur.
Loin du formatage des réseaux, Langburne continue de tracer sa route avec sincérité. « Le surf, c’était un truc punk, un échappatoire à la société. C’est ce que j’essaie de garder vivant dans mes vidéos, » dit-il. À travers ses lignes et son approche, il perpétue cette idée que surfer, c’est avant tout ressentir.
Les apparitions de Craig Anderson sont rares, mais toujours précieuses. À chaque fois qu’il revient, c’est un rappel brutal de ce qu’est le surf libre – un mélange de grâce, de lenteur assumée et d’élégance dans un monde où tout va trop vite. Avec sa nouvelle vidéo Samudra Spirit Glitters, le surfeur australien prouve une fois de plus qu’il n’a besoin ni de likes ni de podiums pour exister.
Le luxe de prendre son temps
Dans une époque saturée de clips, de stories et de reels à 15 secondes, Craig Anderson avance à contre-courant. Là où la majorité des pros doivent poster sans relâche pour rester visibles, lui choisit la rareté. Il préfère attendre la bonne lumière, la bonne vague, la bonne émotion. Et cette lenteur, ce choix délibéré de qualité plutôt que de quantité, transparaît dans chaque seconde de Samudra Spirit Glitters.
Réalisé par Dave Fox, ce court-métrage de onze minutes transporte le spectateur quelque part en Indonésie, entre un wedge gauche massif et une gauche interminable à tube dont on taira le nom. Pas un surfeur à l’horizon, juste Ando, sa planche, et une nature encore sauvage. Dans un monde où filmer sans surpopulation relève de l’exploit, cette solitude donne au film une dimension presque spirituelle.
Le surf comme un art visuel
Craig Anderson a toujours surfé avec une certaine esthétique. Il surfe avec émotion, et cela transpire dans ses vidéos. Son style, fait de belles courbes, un style particulier avec une gestuelle singulière et des take-offs improbables, rappelle qu’un bottom turn peut être une œuvre d’art. La réalisation de Dave Fox sublime cette essence : palette de couleurs travaillée, bande-son audacieuse, montage minimaliste. L’ensemble forme une expérience sensorielle plus qu’un simple edit. On ne regarde pas Samudra Spirit Glitters, on s’y perd.
Entre liberté et exigence
Derrière cette nonchalance apparente, il y a une rigueur presque obsessionnelle. En début d’année, alors en trip au Portugal, Craig confiait qu’il choisissait toujours des vagues « qui correspondent à son surf » pour être aussi productif que possible. Rien n’est laissé au hasard : chaque session, chaque angle de caméra, chaque drop est pensé pour capturer une sensation plutôt qu’une performance. C’est cette approche — le surf comme art, pas comme sport — qui le distingue et qui fascine depuis plus d’une décennie.
Le charme de l’inaccessible
Samudra Spirit Glitters rappelle aussi pourquoi le free surf reste vital pour la culture. Loin des jerseys, des scores et des formats imposés, Craig Anderson incarne une forme d’authenticité presque perdue. Il ne cherche pas à convaincre : il surfe pour lui, pour le plaisir et par extension pour ceux qui aiment le surf lent, stylé et viscéral. Le spot du film reste mystérieux, mais peu importe — ce secret ajoute à la magie.
À Waimea Bay, il existe un mirage de surfeur : une vague qui ne vient pas de l’océan, mais d’une rivière en crue. Quand le Waimea Valley déborde et perce la barre de sable (ou plutôt quand les surfeurs creusent un tranchée), un fleuve brun se jette dans la baie, sculpte un chenal et, pendant quelques heures, transforme la plage mythique en une machine de vagues statiques dignes d’un snowpark aquatique. Ces derniers jours, le phénomène a livré son plus beau visage. Jamie O’Brien (JOB) a parlé sans trembler : “10/10, probablement la meilleure river wave de ma vie”, aux côtés de Koa Smith, à l’aube, quand la rivière prête à éclater promet le jackpot aux premiers arrivés.
Aube, sable taillé au scalpel, vagues glassy parfaites
La session commence avant le lever du soleil. Le chenal est gonflé, la plage encore vide, l’océan lui-même offre de beaux sets au large de Waimea, mais les deux compères préfèrent la folie douce du fleuve. Dans la lumière laiteuse, la surface devient glassy : un verre dépoli, si lisse qu’on se demande s’il va tenir sous les dérives. JOB enchaîne des runs de trois à quatre minutes avec de nombreuses manœuvres, porté par une onde stationnaire qui respire comme un poumon. “Absolument insane”, résume-t-il en sortant de l’eau, rincé et hilare.
Comment naît une telle perfection ?
Le décor est simple et pourtant capricieux : de fortes pluies remplissent le Waimea Valley. C’est un bassin dans un parc naturel qui n’est séparé de la plage de Waimea que par une langue de sable de quelques mètres. On commence par creuser une tranchée reliant ce bassin naturel à l’océan. L’eau douce accélère, creuse des “dunes” sous-marines dans le chenal, qui renvoient l’énergie comme un tremplin. Quand le débit et le profil du fond s’alignent, une vague statique se met à fonctionner, parfois grande, quand le débit est suffisant, mais toujours d’une régularité hypnotique. C’est une obsession pour les locaux.
Le contraste avec la version “monstre” de l’hiver dernier
Souviens-toi : en février, la rivière avait explosé en mode superlatif, session nocturne, crue furieuse, risques énormes. JOB, Koa, Italo Ferreira et une poignée de locaux au coucher du soleil. C’était spectaculaire… et franchement hostile. La différence cette fois ? Moins de chaos, plus propre. Une ligne lisible, glassy, idéale pour carver et jouer avec les changements de section. La vague statique de Waimea River n’a pas de standard : elle a des humeurs. Et, ce jour-là, elle était de bonne humeur.
Une beauté, non sans danger
Waimea River casse depuis de nombreuses années sans qu’aucun incident sérieux n’ait lieu. Cependant, c’est un phénomène puissant, qui demande d’être à l’aise avec l’élément marin. Lorsque vous tombez de votre planche, ou que vous ratez la vague. Le courant est si violent que vous allez être éjecté dans l’océan sans pouvoir faire quoique cela. Une personne sans expérience pourrait paniquer, on a l’impression d’être pris dans une baïne violente. Autre phénomène inquiétant, le risque requin existe à Hawaiii et sur le North Shore. Ce phénomène pourrait attirer des requins tigres ou boudelogues, aucune étude existante ou accident, mais je me souviens m’être fait la réflexion lorsque j’ai dans le passé surfer la vague statique de Waimea River.
Coach haut de gamme, membre du crew Chapter 11 et chasseur de bombes, Andrew Jacobson signe un film qui met des gifles : Teahupo’o, l’Irlande, Fidji… et une bombe à Pipeline, le tout présenté par Dane Reynolds, légende en personne. Un portrait humain et une claque visuelle.
Un coach pas comme les autres
Andrew Jacobson n’est pas le moniteur qui pousse des mousses à Zuma. À Malibu, il a bâti un coaching ultra ciblé, pensé pour des clients exigeants et discrets, capables de l’emmener à la demande jusqu’à un wavepool en jet privé ou d’investir sérieusement dans la progression d’un jeune talent. Ce modèle lui permet de rester maître de son temps, de caler ses semaines sur les houles et de financer sa vie d’athlète sans renoncer aux voyages. Être son propre patron n’a rien d’un caprice : c’est la condition pour poursuivre une obsession, celle d’aller chercher les meilleures vagues possibles, où qu’elles se lèvent.
Dane Reynolds, narrateur de luxe
Dans le film This Is Where I Am, réalisé par Hunter Martinez avec Chapter 11, Dane Reynolds ne se contente pas d’introduire le personnage : il l’humanise. On traverse des scènes de maison familiale, un tea time à la fois gênant et tendre, et l’on découvre un Andrew drôle, pudique, focalisé. La frontière symbolique entre Malibu et Ventura s’efface pour laisser place à une relation simple, faite d’admiration réciproque et de petites piques. Cette proximité donne au récit un ton rare : au lieu de vendre un héros, le film dévoile un surfeur qui aime l’océan plus que le storytelling.
Teahupo’o, Irlande, Fidji : la claque visuelle
Quand l’action démarre, tout s’accélère. À Teahupo’o, Andrew se lance dans la gueule du monstre avec une lecture millimétrée, une ligne et une sortie propre. En Irlande, les murs d’eau froide et le vent glacial ne lui arrachent pas sa fluidité ; il reste droit dans ses appuis, rapide, fluide. Aux Fidji, il retrouve ce tempo élastique où chaque section appelle une décision franche, sans gestuelle superflue. Les images tiennent par leur évidence : il ne subit pas ces vagues lourdes, il les sculpte.
Pipeline, la bombe et la fanfaronnade qui fait sourire
Le sommet de la vidéo arrive à Pipeline. La vague filmée est un gros set à Pipeline, un bon deuxième reef, mais Andrew s’y place exactement où il faut. La trajectoire est chirurgicale, la prise de vitesse parfaite, la sortie impeccable. Depuis mon siège, cela parait trop simple. Il en rit ensuite en lâchant qu’il est peut-être l’habitant de Malibu qui a la meilleure vague à Pipe. La phrase a le goût de la provocation légère et de l’autodérision, mais les images, elles, ne plaisantent pas. Ce clin d’œil offre un gimmick parfait : assez culotté pour faire réagir, assez vrai pour tenir la route.
La cicatrice Cloudbreak et la revanche
Le film raconte aussi la face cachée de l’engagement. En 2018, à Cloudbreak, Andrew se brise le genou dans un wipeout violent. La reconstruction est longue, physique et mentale, et revenir scorer là-bas a tout d’une revanche. On comprend alors le triangle affectif qui structure sa pratique : Pipeline pour l’histoire et la densité, Teahupo’o pour la pureté et la verticalité, Cloudbreak comme l’ancienne flamme avec laquelle il fallait solder les comptes. Cette relation aux vagues lourdes éclaire sa manière d’habiter chaque take-off : calme froid, lecture rapide, goût du risque maîtrisé.
Trois Bretons, un voilier de 9 mètres, et une obsession : trouver — à la voile — des vagues qui n’appartiennent encore à personne. Avec SLOWS, Lost in the Swell (Ewen Le Goff, Aurélien “Aurel” Jacob, Ronan Gladu) signe un nouveau film de surf à hauteur d’hommes, drôle, brut, et (comme d’habitude)… qui donne parfois envie d’avaler un Mercalm. Au programme : apprentissage express avec la navigatrice du Vendée Globe Samantha Davies, tempêtes, frayeurs au large, un requin de 5 m au line-up, et le jackpot : des vagues parfaites, surfées entre amis, loin des foules.
Pourquoi ce film peut (vraiment) faire date
Contrairement aux road-trips classiques, SLOWS remet au centre la lenteur choisie : avancer au rythme du vent, économiser l’essence, accepter l’imprévu. C’est la continuité d’une démarche entamée depuis des années par le trio — souvenez-vous du camion à l’huile de friture, des galères en train, ou des voyages embarqués sur des voiliers d’expédition comme Maewan en Patagonie. Cette logique “low impact” fait partie de l’ADN du projet et lui donne une tonalité plus durable que le surf-trip jetable.
Samantha Davies, crash-course au large
Avant de “tirer des bords” en Atlantique Nord, les compagnons de Lost in the swell ont bénéficié de quelques jours de formation avec Samantha Davies, figure du Vendée Globe. Ce passage accéléré de la théorie à la pratique apporte une vraie tension narrative : le trio, plus surfeurs que marins pros, affronte vite la vraie vie du large — grains, esprit d’équipage, veille de nuit, procédures d’évitement… et ce fameux cargo à esquiver de justesse.
L’Atlantique Nord en version brute
Le film assume ses contrastes : euphorie quand les cartes météo ouvrent une fenêtre, coups de tabac qui lessivent les nerfs, rencontre avec un requin de 5 m qui glace l’eau du line-up, et ces sessions où l’on sait, dès la prise de vitesse, que la destination — la vague parfaite — valait des semaines de patience. Résultat : 1 h 20 d’images salées, rythmées par l’humour maison et une bande-son à la bonne température.
Lost in the Swell, un style bien à eux
Depuis leurs débuts, Ewen, Aurel et Ronan ont développé une écriture singulière : DIY, débrouille, auto-dérision, et un sens du récit qui laisse la place aux rencontres. Leur site résume bien la boussole : partir pour des vagues, mais revenir pour les gens et la nature qui les entourent. SLOWS prolonge cette ligne, en rappelant qu’une aventure réussie, c’est autant le chemin que la destination.
Où voir SLOWS en avant-première
Le film part en tournée en France d’octobre à novembre 2025. Voici les dates annoncées (présence de LITS indiquée quand précisée) :
Biarritz — 17 octobre, Cinéma Le Royal – 20h. Free drinks + dédicace au shop Oxbow (18h30). Présence des aventuriers de Lost In The Swell
Hossegor — 18 octobre, Joe&Joe – 20h30. Présence des surfeurs
Bordeaux — 23 octobre, Cinéma Le Mégarama – 20h. After à Alaia Surf Café – 22h. Présence des acteurs
Montalivet — 25 octobre, Salle culturelle Vendays – 20h30. Billetterie HelloAsso.Présence de la bande
Paris — 20 novembre, Le Grand Rex – 20h30 (billetterie officielle). Présence des surfeurs
Durée du film : 1 h 20 — Format : documentaire surf & aventure — Réalisation : Ronan Gladu — Avec : Ewen Le Goff, Aurel Jacob, Ronan Gladu. Surf Session
Ce que SLOWS raconte du surf en 2025
Au-delà du frisson, SLOWS parle d’un surf qui assume ses contradictions : on veut l’inconnu, mais on respecte les lieux ; on rêve de vitesse, mais on accepte la lenteur ; on cherche la belle session, mais on célèbre surtout l’amitié et le chemin. C’est ce dosage — sincère, parfois bordélique — qui explique l’attachement du public à Lost in the Swell depuis plus de dix ans.
Infos pratiques & billetterie
Tournée complète et mises à jour : consulte les annonces locales et la page des cinémas (ex. Grand Rex pour Paris). Certaines dates disposent d’une billetterie en ligne (Cinéville Lorient, Arvor, Mégarama Bordeaux, etc.).
Événements partenaires : quelques séances proposent after, free drinks ou dédicaces en shop Oxbow. Détails dans chaque fiche séance.
69 tubes, 3 turns, un interrogatoire façon FBI signé Jonah Hill, et la sensation déroutante que se caler au cœur d’un barrel parfait peut paraître… simple. La nouvelle vidéo de Tosh Tudor, Tubefession, pousse encore plus loin l’obsession du tube révélée l’an dernier avec Tube Therapy. Et c’est précisément ce qui nous plaît : cette nonchalance, ce relâchement qui ne sacrifie jamais la vitesse ni la ligne.
De Tube Therapy à Tubefession : la suite logique (et plus affûtée)
En 2024, Tosh signe Tube Therapy, un long format qui le place au centre du club très fermé des “tube addicts” modernes. Il y réglait déjà un compte avec les cavernes d’Indo, du Mexique ou d’Hawaï, sur des planches finement choisies avec Thomas Bexon. Tubefession (2025) en est la déclinaison “confessionnal” : 69 tubes précisément (honnêtement, je n’ai pas compté), seulement trois manœuvres, et un fil comique où Jonah Hill joue un enquêteur bien décidé à prouver que le Californien est “coupable” d’abus de barrels. Le film a été tourné entre Indonésie, Australie, Japon, Tahiti et quelques autres stops, avec un final polynésien qui sent la perfection.
Le style Tosh : calme dans la tempête
Ce qui saute aux yeux, c’est cette posture dans le barrel sur les gauches, et une technique du tube backside originale. Tosh ne force jamais : il se tasse juste ce qu’il faut, sans crispation. Son secret ? Une recherche permanente de la parfaite ligne et de vitesse, en particulier en backside. En frontside, il reprend la leçon de Gerry Lopez : la main traînante dans le mur de la vague. Résultat : des lignes pures, un contrôle qui semble évident — et pourtant rare à ce niveau.
Matos et placements : quand la board disparaît
Tosh ne s’enferme pas dans un quiver dogmatique. Il alterne thrusters, singles et dérives alternatives selon le plan d’eau, souvent avec des shapes Thomas Surfboards (Bexon) ou sortis de l’atelier familial. Son travail sur les planches “tube-minded” s’est matérialisé jusqu’à donner naissance au modèle Therapist chez Thomas, mis au point pendant Tube Therapy et pensé pour garder la ligne dans le barrel. Là encore, le style prime : la planche s’efface, la trajectoire reste.
Jonah Hill, l’arme comique
Clin d’œil parfaitement dosé : Jonah Hill endosse un rôle d’agent (trop) informé et pousse Tosh à “avouer”. Le gag fonctionne parce qu’il ne parasite jamais le surf (après, je ne suis pas fan de ce genre de mise en scène ) . Il encadre l’action et souligne l’idée-force du film : quand on parle de barrels, la preuve se fait images à l’appui — et Tubefession en aligne 69.
Avoir sa propre piscine à vagues dans le jardin. Une utopie pour la plupart d’entre nous, mais une réalité pour quelques passionnés américains. Aux États-Unis, un projet baptisé The Wave Source vient de voir le jour, et il est en train de faire rêver la planète surf.
The Wave Source : un rêve devenu réalité
Dans l’imaginaire collectif, la piscine à vagues est souvent associée aux grands complexes touristiques, aux parcs aquatiques ou aux mastodontes du surf business comme Kelly Slater Wave Co, Wavegarden ou PerfectSwell. Mais cette fois, l’histoire est différente : The Wave Source a été construite dans un simple jardin privé.
Deux ans de démarches administratives, deux mois de travaux, et un pari un peu fou : créer une vague surfable, sur commande, dans un bassin d’environ 200 pieds (soit plus de 60 mètres). L’idée est née de la passion de Tony, Ash et Justin, trois inventeurs amateurs, bien décidés à prouver que l’on peut rivaliser avec les géants du secteur, à échelle réduite et avec une bonne dose d’ingéniosité.
Une vague sur mesure
Le système mis au point est étonnant. La vague parcourt environ 200 pieds le long d’un mur et peut se surfer en gauche comme en droite. Dans la vidéo de présentation, seule la droite a été utilisée, car les gauches provoquaient trop d’éclaboussures hors du bassin.
Mais le plus impressionnant reste la modularité de la vague. Longueur, hauteur, puissance, variations… tout peut être ajusté grâce à un système de réglages accessible. Une véritable « vague sur mesure », qui transforme chaque session en laboratoire de surf.
Comme le raconte le spécialiste de skimboard et de surf de piscine Blair Conklin :
« Le plus fun pour moi a été de pouvoir régler les boutons et de voir quelle vague on allait créer ensuite. Les possibilités sont vraiment infinies. »
Testée par Ben Gravy et Blair Conklin
Pour donner vie au projet, les créateurs ont invité deux figures incontournables du surf alternatif et des vagues artificielles : Ben Gravy et Blair Conklin.
Habitué des sessions les plus improbables, Ben avoue avoir eu des doutes en voyant les premières photos. Mais une fois arrivé en Arizona, il a été bluffé :
« J’ai reçu un message au hasard pour tester cette piscine. Les images ne rendaient pas justice, j’avais du mal à imaginer la taille des vagues. Mais dès la première série, mon point de vue a changé. On avait devant nous un layout énorme avec des vagues parfaites de 3 à 4 pieds qui déroulaient à la demande. »
De son côté, Blair a noté le potentiel du concept et son côté ludique, presque expérimental. L’idée de pouvoir créer des vagues uniques, d’enchaîner les tests et de jouer avec les paramètres, ouvre des perspectives inédites pour le surf en piscine.
Un futur pour les piscines DIY ?
Bien sûr, The Wave Source reste pour l’instant un prototype, loin de concurrencer les installations millionnaires des leaders du marché. Les limites existent : bassin réduit, perte d’eau lors de certaines configurations, coûts de construction encore flous.
Mais l’initiative montre que la passion et la créativité peuvent parfois se substituer aux gros budgets. Dans un monde où le surf en piscine devient un business global, avec des piscines géantes prévus aux quatre coins du globe, cette version « artisanale » a quelque chose d’original.
Et si demain, d’autres passionnés s’en inspiraient pour créer de petites vagues domestiques ? Peut-être que ce projet marquera le début d’un mouvement parallèle, plus accessible, où l’on réinvente le surf dans son propre jardin.
The Wave Source n’est pas seulement une piscine à vagues bricolée dans un jardin. C’est la preuve qu’avec de la passion et de la persévérance, même le plus fou des rêves de surfeur peut devenir réalité. Maintenant, la question que je me pose, n’est-ce pas dangereux en terme d’environnement de voir naître de plus en plus de piscine à vagues ? Encore plus, si une solution low cost permette de créer des piscines à vagues privées … Le débat est ouvert…
Vendredi après-midi, les surfeurs rassemblés à Lower Trestles, spot mythique de Californie, ont vécu un moment d’effroi. Sur les images filmées par une caméra en direct de Surfline, on distingue clairement un bateau de pêche sportive d’environ 30 pieds foncer droit dans le line-up, slalomant entre les surfeurs médusés. Un incident aussi spectaculaire qu’incompréhensible, qui aurait pu virer au drame.
Lower Trestles, situé dans le San Onofre State Park, à la frontière entre le comté d’Orange et celui de San Diego, est réputé pour ses vagues parfaites… et pour son affluence. Chaque swell attire une véritable marée humaine, parfois comparable aux bouchons de l’Interstate 5 qui longe le spot. Mais cette fois, la foule à l’eau n’avait rien de banal : en plein milieu des séries, un bateau à moteur a traversé la zone de surf, laissant les spectateurs et les surfeurs sans voix.
Heureusement, aucun blessé n’a été signalé. Le navire a poursuivi sa route vers Uppers, un autre pic du spot. Les images montrent bien qu’il y avait quelqu’un à la barre, mais la question demeure : accident mécanique ou décision volontaire et dangereuse ?
La loi est claire
Aux États-Unis, et en Californie en particulier, la législation encadrant la navigation près des baigneurs et des surfeurs est stricte : impossible de dépasser 5 mph dans un rayon de 100 pieds autour d’un surfeur, ou de s’approcher à moins de 200 pieds d’une plage avec une embarcation motorisée. Toute autre conduite est qualifiée de « reckless » : imprudente, et donc illégale.
Comme l’a rappelé Surfline dans sa description de l’incident, « la loi californienne est limpide : on ne conduit pas un bateau à pleine vitesse au milieu d’un line-up. » Une évidence qui n’a pas empêché cette incursion insensée.
Les réactions enflammées
Sur les réseaux sociaux, la vidéo relayée notamment par le compte @lottrolls a déclenché une avalanche de réactions. Certains se sont contentés de souligner la chance inouïe qu’aucun surfeur n’ait été percuté. D’autres se sont montrés bien plus virulents, allant jusqu’à comparer l’incident à ce qui aurait pu se passer à Hawaii.
L’un des commentaires les plus marquants résume l’état d’esprit : « Essaie ça à Hawaii. Les locaux t’attendront au port. » Une façon de rappeler que dans certaines zones du Pacifique, les règles tacites de respect et de protection des line-ups sont encore plus strictes qu’en Californie.
Un précédent déjà arrivé
Aussi improbable que cela puisse paraître, ce n’est pas la première fois qu’un bateau se retrouve au milieu des vagues de Trestles. En 2020, en pleine pandémie, deux surfeurs avaient tenté de rejoindre le spot par la mer avec une petite embarcation depuis Dana Point Harbor. Mal leur en avait pris : pris dans une houle conséquente, ils avaient fini par chavirer et perdre leur bateau, sous les rires (et les caméras) des surfeurs déjà présents au pic.
L’épisode de vendredi n’a pas eu la même fin comique, mais il aurait pu avoir une issue tragique. Le fait qu’aucun accident n’ait été signalé relève presque du miracle.
Le symbole d’un spot sous pression
Au-delà de l’incident, cet épisode met en lumière la fragilité de la cohabitation entre surfeurs, baigneurs et usagers motorisés de l’océan. Trestles est un joyau du surf californien, un lieu qui attire aussi bien les meilleurs surfeurs du monde que des milliers d’amateurs. Mais son succès fait aussi sa vulnérabilité.
Qu’il s’agisse d’un pilote imprudent, d’une défaillance mécanique ou d’un simple coup de folie, ce bateau n’avait rien à faire si proche d’un line-up bondé, encore moins lancé à pleine vitesse. Un incident qui ne doit plus se reproduire.
Il y a des vidéos qui marquent par leur puissance visuelle et par l’émotion qu’elles dégagent. Celle-ci en fait partie. On parle souvent du surf dans les Caraïbes à travers Porto Rico, la Barbade ou la République Dominicaine, mais beaucoup plus rarement de la Guadeloupe. Et encore moins à travers le prisme du longboard. C’est ce qui rend cette production si précieuse : elle ouvre une fenêtre sur un visage inédit du surf caribéen.
Un joyau rare du surf caribéen
La Guadeloupe ne figure pas parmi les destinations surf les plus médiatisées. Pourtant, ses côtes volcaniques et ses récifs coralliens abritent de véritables trésors. Le surf y existe bel et bien, porté par une communauté passionnée, mais il reste souvent en retrait dans l’imaginaire collectif. La vidéo dont il est question ici vient justement combler ce vide : elle capte l’essence du surf local avec une élégance rare.
On y découvre des paysages luxuriants, des vagues parfaitement mises en valeur, et cette atmosphère si particulière propre aux îles. L’océan y apparaît à la fois puissant et accueillant, dans une lumière caribéenne qui sublime chaque détail.
Le longboard sous un nouveau jour
Quand on pense à la Guadeloupe, on imagine davantage des vagues rapides et parfois capricieuses, plus adaptées au shortboard qu’à autre chose. C’est pourquoi voir des images de longboard est une vraie surprise. La vidéo dévoile des vagues qui déroulent avec une douceur idéale pour tracer de longues courbes, marcher vers le nose ou simplement savourer le plaisir d’une glisse fluide.
Le longboard, par nature, exige des vagues régulières et pas trop creuses. Les séquences filmées démontrent que la Guadeloupe peut offrir tout cela, quand les conditions s’alignent. C’est une redécouverte du potentiel de l’île, une sorte de révélation pour qui n’avait jamais imaginé le longboard dans ce décor.
Plus qu’un sport, une culture en mouvement
Mais ce qui frappe avant tout, au-delà des vagues, c’est l’ambiance. La vidéo n’est pas seulement un montage de sessions surf : c’est une plongée dans la culture caribéenne. La musique, les couleurs, les visages, tout concourt à une expérience sensorielle complète. On sent que le surf n’est pas seulement un sport, mais un élément intégré dans un mode de vie, un langage commun entre l’océan et les habitants. Bien que la culture locale ne soit pas par tradition tournée vers l’océan, on ressent le besoin des nouvelles générations de faire ce pas vers l’eau.
Cette dimension culturelle apporte une profondeur unique au film. Le surf en Guadeloupe n’est pas un produit d’exportation pour touristes en quête d’exotisme, mais une pratique authentique, enracinée dans l’île et en résonance avec son identité.
Une invitation à voir plus loin
Au final, cette vidéo est bien plus qu’un simple clip de surf. C’est une invitation à élargir notre regard, à sortir des clichés habituels et à reconnaître la richesse de scènes moins connues. Elle donne envie de croire que la Guadeloupe a encore beaucoup à offrir au monde du surf, et pourquoi pas de la voir émerger un jour comme une destination phare du longboard caribéen.
Greenbush, cette gauche mythique des Mentawai réputée pour ses tubes aussi profonds que dangereux, n’avait sans doute jamais imaginé accueillir un Kai Lenny… en switch stance. Et pourtant, le surfeur hawaiien, habitué à repousser toutes les limites possibles du surf, vient de signer une performance qui fait déjà beaucoup parler.
Greenbush : une vague aussi sublime que brutale
Située au large des îles Mentawai, en Indonésie, Greenbush est une gauche redoutée. Creuse, rapide et souvent imprévisible, elle se déroule au-dessus d’un reef tranchant comme une lame de rasoir. En backside, elle demande une précision chirurgicale pour se caler dans le tube et surtout en sortir. En frontside, elle offre une vision totale du barrel, mais réclame autant de technique que de courage.
Pour un surfeur regular comme Kai Lenny, Greenbush est donc normalement une vague backside. Mais Kai n’aime pas faire « normalement ». Résultat : il l’a surfée en switch, pied droit devant, pour transformer ce backside en un frontside parfaitement contrôlé.
Le switch stance selon Kai Lenny
Le switch stance n’est pas une simple fantaisie pour Kai Lenny. C’est un vrai outil d’entraînement. Dans une interview récente, il expliquait :
« Tu travailles une autre partie de ton cerveau en surfant dans la position opposée. Quand tu reviens à ta stance normale, ta technique est encore plus affinée, car ton cerveau a dû forcer pour l’assimiler. »
Pour lui, surfer switch n’est donc pas un numéro de cirque, mais un exercice de neuro appliqué au surf. Chaque vague surfée ainsi renforce sa lecture des trajectoires, son équilibre et sa capacité d’adaptation.
Une démonstration à Greenbush
La vidéo, postée sur sa chaîne YouTube, montre un Kai Lenny, quasi seul à l’eau à Greenbush, enchaînant les tubes comme si de rien n’était. Ce qui frappe, c’est la fluidité : pas de raideur, pas d’hésitation. Ses bottom-turns, ses entrées dans le barrel, tout semble naturel, alors qu’il surfe du « mauvais » pied.
Et lorsqu’arrivent les sections les plus critiques, Kai repasse en backside… comme pour rappeler qu’il maîtrise les deux registres, sans jamais perdre le fil.
L’ADN d’un surfeur hors catégorie
Ce qui fait la différence chez Kai Lenny, ce n’est pas seulement son talent, mais sa curiosité. Là où d’autres se contentent d’exceller dans une discipline, lui multiplie les terrains de jeu : surf, foil, windsurf, kitesurf, tow-in, SUP… Et maintenant, le switch stance devient une corde de plus à son arc.
Cette approche expérimentale et sans barrière le pousse à explorer toutes les possibilités offertes par l’océan. À Greenbush, il a non seulement prouvé sa capacité d’adaptation, mais aussi ouvert une nouvelle voie : et si surfer switch devenait un véritable outil de progression pour tous les surfeurs ? Surfer en switch stance montre une technique et connaissance parfaite d’une vague. Il existe d’autres exemples comme Kauli Vaast à Teahupoo ou Jamie O’Brien à Pipeline. Mais, il faut avouer que Kai Lenny le pratique avec une fluidité et une maitrise rare.
Une performance qui restera
Greenbush restera toujours une vague impitoyable, mais Kai Lenny vient d’y écrire une page originale. En surfant switch, il transforme un backside contraint en un frontside libéré. Et surtout, il continue à bousculer les codes du surf de haut niveau, en montrant que la technique pure ne suffit pas : il faut aussi savoir sortir du cadre.
Kai Lenny ne surfe pas seulement des vagues. Il surfe aussi les limites du possible.
Depuis plus de vingt ans, Thomas Campbell occupe une place à part dans le monde du surf. Réalisateur de films devenus cultes comme Sprout (2004) ou The Present (2009), il mêle art visuel, glisse et musique avec une sensibilité unique. En 2025, il revient avec Yi-Wo, une œuvre poétique, fruit de dix ans de travail, qui sera présentée pour la première fois en France lors d’une tournée exceptionnelle.
Un voyage sensoriel et rituel
Yi-Wo n’est pas un simple surf movie. Campbell le définit comme une « prière », un voyage rituel au cœur de l’océan et de l’inconnu. Tourné principalement en 16 mm, le film nous plonge dans une esthétique artisanale et intemporelle, bien loin des images lisses du numérique. Chaque séquence ressemble à un poème visuel, invitant à se perdre ou à se retrouver dans l’expérience de la glisse.
Au-delà des vagues, le film célèbre un mode de vie, une manière de voir le surf comme une improvisation poétique, une discussion intime avec la nature.
Une distribution de rêve et des destinations mythiques
Comme toujours chez Campbell, le casting est soigneusement choisi. On y retrouve des figures emblématiques du surf alternatif et du longboard : Ryan Burch, Alex Knost, Joel Tudor, Karina Rozunko, Lauren Hill, Dave Rastovich, Ozzie Wright, Jared Mell, Trevor Gordon, Nick Melanson ou encore Bryce Young.
Les sessions filmées nous transportent aux Fidji, au Maroc, en Indonésie, au Costa Rica, en Australie, en Californie et même dans le désert de l’Utah. Une diversité de lieux qui reflète la richesse du surf mondial et l’approche éclectique du réalisateur.
Les premières françaises de Yi-Wo
Autour de Around The Waves, le film arrive enfin en France pour une série de projections exclusives. Voici les dates à ne pas manquer :
Paris – jeudi 11 septembre au Grand Rex
Bordeaux – jeudi 11 septembre au Mégarama
Quimper – vendredi 12 septembre au Cinéville
Hossegor – mardi 16 septembre au Cinéma Le Rex
Biarritz – vendredi 19 septembre au Cinéma Le Royal
Un programme qui traverse les hauts lieux du surf français et permet aux passionnés, du Finistère à la côte basque, de vivre cette expérience sur grand écran.
L’esprit du surf libre
La sortie de Yi-Wo résonne avec les réflexions de surfeurs comme Alex Knost ou Jared Mell, qui rappellent que le surf peut être une forme d’improvisation artistique. Loin de l’univers compétitif où chaque manœuvre est jugée, Campbell célèbre la liberté, la créativité et le plaisir pur de la glisse.
À travers ses images et sa bande-son, le film offre un contrepoint essentiel à un surf parfois trop formaté : une invitation à retrouver la curiosité enfantine, à tester d’autres planches, d’autres approches, et à renouer avec la dimension spirituelle de l’océan.
Une projection à ne pas manquer
En choisissant de diffuser Yi-Wo dans des salles de cinéma et non uniquement en ligne, Thomas Campbell rappelle l’importance de l’expérience collective. Voir un surf movie entouré d’autres passionnés, dans l’obscurité d’une salle, reste un moment unique.
Dix ans après The Present, Campbell signe ici un retour attendu, avec une œuvre qui dépasse largement le cadre du surf. Yi-Wo est une célébration de la glisse, de la nature et de l’art, à découvrir en exclusivité dans quelques villes françaises en septembre.