C’est le transfert qui fait vibrer la planète free-surf en ce début d’année. William Aliotti, l’un des seuls surfeurs français free-surfeurs de sa génération, vient d’officialiser son entrée dans la prestigieuse Billabong Adventure Division. Pour marquer ce nouveau chapitre, le Français livre une épopée visuelle à travers plusieurs pays. Une vidéo simple mais agréable.
Une quête mondiale semée d’embûches
Intitulée simplement pour célébrer cette nouvelle « aventure », la vidéo nous embarque dans un périple qui n’a pas été de tout repos. Pendant des mois, William a parcouru les continents à la recherche de la perfection. Du Panama aux spots plus secrets, le surfeur a dû composer avec une météo capricieuse et des sessions frustrantes.
« Le surf ne se plie pas à l’intention », confie William. Parfois, des semaines de voyage se résument à une seule vague.
Le retour aux sources : un final stratosphérique
C’est finalement là où tout a commencé que la magie a opéré. De retour en Europe, alors que la pression retombait, les éléments se sont enfin alignés. Sur les plages du Portugal et surtout sur ses terres en France, William a retrouvé son flow.
Équipé de ses planches fétiches — Twin Fins et modèles asymétriques — il repousse les limites de la trajectoire avec une fluidité déconcertante. L’apothéose ? Un tube landais absolument stratosphérique en fin de vidéo, qui justifie à lui seul les milliers de kilomètres parcourus.
C’est le genre de secret que l’on garde normalement pour soi, mais quand la magie opère avec une telle intensité, elle finit toujours par filtrer. La vidéo « UNSEEN » vient de capturer l’essence même du surf landais : un banc de sable éphémère, une lumière d’automne/hiver et une gauche qui semble avoir été dessinée à la règle.
Lucien Redon à la réalisation.
Un alignement des planètes rarissime
Pendant quatre jours consécutifs, un banc de sable sur la côte landaise a décidé de s’éveiller. Personne à l’eau, des gauches parfaites, juste la bonne marée et le bon angle de houle. À l’eau, un quatuor de locaux qui connaît la zone par cœur : Vincent Barrère, Louis Popinel, Paul-Loup Laborde et PV Laborde.
Le paradis des « goofy-footers »
Si vous surfez pied droit devant, ces images risquent de vous hanter. On y voit une machine à tubes dérouler sans fin sur un sable parfaitement sculpté. Le montage est sobre, la musique est juste, et le niveau des surfeurs rend hommage à la qualité de la vague.
« UNSEEN » porte bien son nom : c’est la capture de ces moments fugaces, où la nature offre un cadeau à quelques amis seuls au line-up. Pas de foule, pas de bruit, juste le sifflement du vent dans le tube. Une pépite visuelle qui nous rappelle pourquoi on passe autant de temps à scruter les cartes météo.
Le surf mondial a-t-il retrouvé son grain de folie ? Si vous pensiez que l’ASP (l’ancienne ligue pro) était enterrée, préparez-vous à un sérieux choc thermique. Sous l’impulsion de Jordan « Djoko » Sevellec et du soutien de Billabong, le Anti Surf Project (ASP) vient de lâcher le teaser de son nouveau projet de long-métrage : Pirates, Not Porate.
L’esprit « punk » au cœur du line-up
Loin des lycras de compétition et des scores millimétrés, ce collectif basque réunit des surfeurs un peu « underground ». Ici, on mélange du surf aérien, une ambiance punk et une esthétique rétro des années 2000. Le film, réalisé par Baptiste Derrien et Théo Preuilh Gereaume, documente une année de pur chaos créatif autour du globe.
Au casting, on retrouve les figures locales qui font bouger les lignes : Tibo Manson, Diego Torre, Mathis Martinelly ou encore Jordan Noodles. À chaque sortie de leur vidéo, j’aime les partager car elle sont toujours rafraichissantes et on y voit des vagues différentes.
Une tournée européenne qui s’arrête chez nous
Après un lancement explosif à Ericeira le 14 mars, la bande de copains s’apprête à envahir nos côtes. Pas de tapis rouge, mais une ambiance garantie dans les bars et cinémas locaux. C’est l’occasion de voir du bon surf sans le filtre poli des réseaux sociaux.
Notez bien les dates dans la région :
21 mars : Le Triangu, Sopelana
28 mars : Le Newquay, Biarritz
3 avril : Le Royal, Biarritz (Clôture de la tournée)
L’ASP est de retour, mais pas celle que vous croyez. Et honnêtement, c’est ce qui pouvait arriver de mieux au surf en 2026.
S’il y a bien une voix qui ne s’est jamais laissée lisser par les départements marketing des majors du surf, c’est celle de Joel Tudor. Le double champion du monde de longboard, gardien autoproclamé du « core », vient de signer une apparition d’anthologie dans le dernier épisode du podcast Pinch My Salt, animé par Sterling Spencer et son cousin Ryan. Et comme on pouvait s’y attendre, Tudor n’a pas fait dans la dentelle.
L’épidémie des « pailles en plastique » de l’océan
Joel Tudor n’a jamais caché son mépris pour la démocratisation sauvage du surf, mais il a trouvé une nouvelle analogie percutante : pour lui, les planches en mousse (soft-tops) sont les « pailles en plastique » de l’océan. Plus qu’un simple problème de matériel, Tudor y voit le symbole de la fin de l’étiquette au line-up.
Selon lui, la prolifération de ces engins permet à des « goobers » (débutants maladroits) d’occuper des zones critiques sans aucune connaissance des règles de priorité ou de sécurité. « Les médias s’enflamment pour des conneries », lâche-t-il, déplorant que la culture du surf ait été sacrifiée sur l’autel de l’accessibilité à tout prix.
Kelly Slater et Jonah Hill sous le feu des critiques
Le segment le plus piquant reste sans doute celui consacré aux icônes. Tudor remet en question la place de Kelly Slater et de l’acteur Jonah Hill sur la pyramide du « core ». Pour Joel, la frontière entre le surfeur authentique et l’acteur est devenue trop floue.
Il va même jusqu’à questionner la légitimité des ceintures de Jiu-Jitsu de Slater, tout en dénonçant les théories du complot qui gravitent autour du WSL (World Surf League). Pour Tudor, le surf de compétition moderne est une machine déconnectée de l’âme du sport, où l’image prime désormais sur l’essence même de la glisse.
Les aveux : Surftech et l’hypocrisie « éco »
Fait rare, Joel Tudor a également fait preuve d’une certaine autodérision en revenant sur ses propres erreurs de parcours. Il a évoqué son implication passée avec Surftech, reconnaissant l’ironie (et le péché) de construire des planches dites « éco-responsables » dans des usines asiatiques. Une critique acerbe de l’industrie qui tente de se racheter une conscience écologique à peu de frais tout en délocalisant la production à l’autre bout du monde.
Anecdotes de voyage : Laird, Kong et la « Princesse Française »
Entre deux coups de gueule, Tudor a distillé quelques pépites issues de ses décennies de voyage. Il a notamment raconté une histoire rocambolesque de « kleptomanie mineure » lors d’un trip avec Laird Hamilton et Kong (Gary Elkerton). Imaginez un peu l’ambiance dans le van…
Il a également expliqué l’origine de son surnom de « French Princess », Le surnom de « French Princess » (la Princesse Française) lui a été collé par la bande d’Australiens ultra-virils de l’époque, menée par Gary « Kong » Elkerton. Voici pourquoi :
Le côté « Diva » : Joel aimait le confort, les bons hôtels et le raffinement européen. Pour Kong et sa clique, qui voyaient le surf comme un sport de gladiateurs, cette attitude de « gamin précieux » qui se plaignait si le vent tournait mal ou si le café n’était pas bon était insupportable. Ils ont donc commencé à l’appeler la « Princesse Française » pour se moquer de son côté sélectif et un brin hautain.
Le contraste de style : À l’époque, le surf mondial était dominé par une esthétique « agro » et très macho, portée par les Australiens. Joel, lui, arrivait avec son style californien ultra-léché, ses cheveux longs, son élégance naturelle sur un longboard et un côté très « esthète ».
L’attitude en France : Lors d’un séjour sur la côte basque et landaise (notamment à Biarritz et Hossegor), Tudor ne s’est pas gêné pour exprimer ses exigences. Il était très sélectif sur la qualité des vagues, sur la nourriture, et refusait de se plier au moule « bière-bagarre-dortoir » des Aussies.
Il a réaffirmé sa fidélité indéfectible à Skip Frye, tout en découvrant que l’animateur Sterling Spencer partageait lui aussi une histoire profonde avec le shaper légendaire de San Diego.
En une heure de discussion, Joel Tudor a rappelé pourquoi il reste l’un des personnages les plus clivants, mais aussi les plus nécessaires du surf mondial. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, Tudor dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas dans le line-up.
Alors que le monde du surf attendait son retour avec impatience, John John Florence vient de rappeler à tout le monde pourquoi il a choisi de prolonger son année sabbatique. Avec le lancement de sa nouvelle websérie intitulée « Vela », le triple champion du monde nous plonge dans l’intimité de son périple en haute mer, loin de la pression des lycras et des juges.
Impossible de la partager sur le site, John John a bloqué le partage….Du coup on vous met le lien
Seul au monde avec sa famille
Dans ce premier épisode baptisé « Edge of the Ocean », produit en collaboration avec Yeti, le prodige de North Shore nous embarque sur son voilier. Accompagné de sa femme Lauren et de leur fils Darwin, John John mène une existence hors du temps.
L’image est saisissante : des droites glassy parfaites qui s’enroulent sur des récifs isolés et des gauches massives aux sections finales « slabesques », le tout sans l’ombre d’un autre surfeur à l’horizon. C’est le fantasme absolu de tout pratiquant, devenu réalité pour l’Hawaïen.
Son propre patron, ses propres règles
Si beaucoup se demandaient comment ses sponsors acceptaient cette absence prolongée du circuit professionnel, la réponse est simple : John John est son propre patron. Sans pression extérieure, il choisit la liberté de l’exploration plutôt que les scores sur 10.
« Il est à l’aise dans l’inconfort », confie sa femme Lauren.
Pourtant, cette vie de rêve demande une patience infinie pour accorder la météo, les mouillages sécurisés pour sa famille et les swells capricieux. Mais quand les éléments s’alignent, le résultat est cinématographique. Un rappel puissant que, pour JJF, la vraie victoire ne se trouve plus sur un podium, mais dans le sillage de son bateau vers la prochaine vague inconnue.
Si vous pratiquez le surf depuis quelques années, vous avez probablement déjà partagé une session avec des requins sans même vous en rendre compte, surtout si vous avez voyagé. C’est le principe même de l’océan : nous ne sommes que des invités. Mais pour ce surfeur évoluant sur un spot de l’île de Fernando de Noronha, au Brésil, l’ignorance a bien failli se transformer en une rencontre beaucoup plus brutale.
Une vidéo, devenue virale ce lundi 9 mars, montre une scène qui fait froid dans le dos. À seulement quelques mètres du bord, dans une eau relativement claire et peu profonde, au moins trois requins patrouillent activement. Sur le sable, l’agitation est à son comble, notamment à cause d’un chien qui tente courageusement (ou inconsciemment) de chasser les prédateurs depuis le rivage.
C’est à ce moment précis qu’un surfeur, terminant sa vague, se dirige droit vers la zone. Totalement focalisé sur sa trajectoire, il glisse littéralement au-dessus du groupe de squales, à une distance qui ne laisse aucune place à l’erreur.
La stupeur une fois sur le sable
Ce n’est qu’une fois ses pieds posés sur le sable que l’homme a réalisé la situation. Alerté par les cris des passants et des curieux sur la plage, le surfeur s’est retourné pour découvrir les ailerons fendre l’eau là où il se trouvait une seconde plus tôt.
Son expression de choc, capturée par les témoins, résume parfaitement l’effroi de la situation. Il y a fort à parier que sa session s’est arrêtée net pour la journée. Une preuve de plus que, même sur des spots paradisiaques, la vigilance reste de mise….
Il est celui qui a redonné le sourire au surf tricolore. Après une saison 2025 d’anthologie, Marco Mignot vient de lever le voile sur les coulisses de son ascension fulgurante. Le documentaire « La Grandeza », sorti ce dimanche 8 mars 2026, n’est pas qu’un simple film de surf : c’est le récit brut, parfois aux larmes, d’un gamin qui a transformé son talent naturel en une machine de guerre pour conquérir le titre de Rookie of the Year.
« Je savais que je pouvais battre n’importe qui »
Le film nous plonge dans le monde de la compétition avec ses hauts et ses bas. On y découvre un Marco Mignot métamorphosé. Si le grand public connaissait le surfeur spectaculaire, « La Grandeza » révèle le stratège. « Marco a ce don de capter très vite », confie son entourage dans la vidéo. Un talent qui lui a permis de signer des victoires mémorables, notamment contre des pointures comme Griffin Colapinto au Portugal ou Jordy Smith.
Mais derrière les scores de plus de 9 points et les manoeuvres aériennes électriques, le documentaire dévoile la face sombre de l’élite : le doute. Après une défaite précoce au Portugal, on aperçoit Marco, incapable de dormir, partir courir à une heure du matin pour évacuer la frustration. « Je m’en fous du temps que ça prendra, je sais qu’un jour je vais me qualifier », se répétait-il alors.
L’émotion brute : le moment où tout a basculé
L’une des séquences les plus fortes du film reste sans doute l’annonce de sa qualification officielle. Marco se fait réveiller en pleine sieste par son père, en larmes. « Marco, c’est le plus beau jour de ta vie ». Un moment de partage intense qui rappelle les années de galère : les nuits dans les parkings avec son frère et son cousin, les périodes sans sponsor… « Mon père était là depuis le premier jour », lâche-t-il avec émotion.
Cette résilience est la signature de Marco Mignot. Sous l’aile de Jérémy Florès, qu’il considère comme un grand frère, il a appris à canalyser cette énergie. Florès ne s’y trompe pas : « Le travail paye. Il s’est dit : « Ok, si je veux y arriver, il faut que je bosse ». Et il a réussi. »
Cap sur 2026 et les Jeux Olympiques de 2028
Aujourd’hui, Marco Mignot n’est plus seulement l’espoir du surf français, il en est le leader. Sacré meilleur débutant mondial en 2025 — un exploit réalisé seulement par Jérémy Florès avant lui chez les Français — il ne compte pas s’arrêter là.
Le film se termine sur une note d’ambition assumée. Entre deux sessions de perfectionnement en piscine à vagues (le futur du surf selon lui) et des tests physiques poussés au CERS de Hossegor pour préparer Los Angeles 2028, l’objectif est clair : le titre mondial.
« Je vais tout donner pour devenir champion du monde et gagner la médaille d’or en 2028. C’est mon destin. »
Qu’obtient-on quand on confie les rushes d’un mois de session au Chili à l’un des meilleurs surfeurs de la planète ? La réponse tient en une vidéo qui vient de bousculer mon planning du jour : Defective Units Vol.1. Derrière les manettes, on retrouve Dane Reynolds, qui a pris le temps de sculpter chaque séquence pour mettre en lumière son ami de longue date, Craig Anderson, et le talent brut de Benny Howard.
Un montage signé Reynolds : Plus qu’une simple vidéo de surf
Ce n’est pas un secret, la patte de Dane Reynolds au montage est aussi unique que son virage backside. Pour cet édit de la marque Former, le Californien délaisse l’efficacité rapide des réseaux sociaux pour un format long qui « laisse respirer les moments ». Craig Anderson le confirme : « J’adore l’énergie que Dane apporte. Ses choix musicaux, sa vision… il ne se contente pas d’aligner des vagues, il capture l’âme d’un voyage. »
Le chili est le pays des gauches, et cette vidéo en est la preuve. Pas une seule droite…
Entre sessions épiques et galères réelles
Le trip, qui s’est déroulé sur un mois entier sur la côte chilienne, a permis à l’équipe de s’immerger totalement dans la culture locale, entre barbecues improvisés et bières avec les figures du coin comme Punto (nouvelle recrue de chez Former). Mais le surf de haut niveau a son prix. Alors que les vagues commençaient enfin à pomper sérieusement, Craig Anderson s’est lourdement blessé à la cheville lors de l’avant-dernier jour. Un diagnostic sans appel : une syndesmose (déchirure entre le tibia et le péroné) qui l’a tenu éloigné des planches pendant quatre mois.
Benny Howard : Du camion au line-up
L’autre star de ce clip, c’est Benny Howard. L’Australien, qui passait jusque-là ses journées au volant de camions sur la Hume Highway, a posé ses valises chez Noa Deane pour se consacrer pleinement au surf. Son style puissant et ses trajectoires engagées prouvent que Dane Reynolds a eu l’œil juste en l’intégrant au projet.
Cette vidéo n’est qu’un avant-goût. Former a déjà annoncé que le film complet, Defect, entamera sa tournée mondiale en juin prochain avant une sortie en ligne en juillet. Si vous aimez le surf qui a du style, de la texture et une vraie narration, cet édit est votre priorité de la journée.
Le surf continue sa conquête du désert. Cette fois, c’est du côté de la Mer Rouge, en Arabie Saoudite, que le projet Adrena vient de dévoiler sa toute nouvelle lagune de surf. Propulsée par la technologie Endless Surf, cette piscine à vagues « ES36 » promet une expérience haut de gamme en eau salée, intégrée à l’un des développements touristiques les plus ambitieux de la planète.
Un casting XXL et une touche française
Pour l’inauguration, le promoteur Red Sea Global n’a pas fait les choses à moitié. On retrouve à l’eau des noms ronflants du circuit mondial comme Yago Dora, le free surfeur Victor Bernardo ou encore la légende Corey Lopez. Mais ce qui a attiré notre regard, c’est la présence de deux visages bien connus de notre littoral : Matthieu Etxebarne et Louis Marchiset.
Les deux Français se sont offert une session de « testing » sur ces murs d’eau pneumatiques, sculptés avec une précision chirurgicale par le logiciel Swell Studio. Des vagues lisses, répétitives et apparemment parfaites pour progresser… si l’on fait abstraction du décor environnant.
Espérons que nos frenchies ont eu le temps de rentrer avant le début du conflit en Iran. La vidéo a été postée il y a 4 jours….
Quand on pense à Shipstern Bluff, en Tasmanie, on imagine des surfeurs en combinaison 5/4mm, tractés par des jet-skis, tentant de survivre à des vagues mutantes et terrifiantes. On n’imagine rarement un surfeur arriver avec un flow décontracté et une approche « alternative ». C’est pourtant la prouesse que vient de signer Torren Martyn dans sa dernière vidéo.
Le Twin-Fin face au monstre
La force de Torren Martyn réside dans sa capacité à adapter son surf à des lignes fluides et originales aux conditions les plus hostiles de la planète. À « Shiptern », le danger vient des célèbres « marches » (steps) qui se forment à l’intérieur du tube. Là où la plupart des surfeurs se raidissent pour encaisser le choc, Martyn semble absorber le relief du récif avec une décontraction presque insolente.
Dans cette vidéo captivante, annonçante le prochain de Torren, on voit le surfeur de Byron Bay dessiner des trajectoires improbables sur des murs d’eau massifs. Son choix de matériel — souvent des planches plus longues et typées twin-fin — apporte une dimension visuelle inédite sur ce spot : une glisse plus traditionnelle qui contraste avec la violence brute de l’océan Austral.
Une leçon de lecture de vague
Ce qui frappe dans cette session, c’est la facilité de Martyn. J’adore toutes ces vidéos car elles sont originales, avec une ambiance à part. C’est un mélange de « lost in the swell » de nos bretons préférés, de « le chemin » d’Arthur Bourbon. Je n’ai pas encore vu le film, mais le teaser me donne cette envie de quitter la côte basque pour une aventure surfistique au fin fond du monde…
Le surf a-t-il pris le melon ? À force de bomber le torse et de chercher la ligne parfaite, on en oublierait presque que la gravité finit toujours par gagner. C’est le constat hilarant et radical de RIP 4, une vidéo qui fait trembler les puristes de la planche à voile. Le pitch ? Les meilleurs freesurfers de la planète, dont Noah Deane, Craig Anderson et Harry Bryant, ont décidé de rendre les armes. Ils ont troqué leur posture de héros pour s’allonger sur des planches en mousse de 40 pouces.
« Drink the BoogAid » : La dérision au pouvoir
L’introduction est un régal de cynisme : la vie commence et s’achève à l’horizontale. Pourquoi s’acharner à rester debout entre les deux ? C’est l’essence même de ce projet porté par Jimbo Kates. Ici, pas de juges, pas de lycras, juste du caoutchouc malaisien bicolore et un leash de poignet qui vibre au rythme d’une bande-son métal saturée.
Le clou du spectacle reste sans doute l’approche « no limit » de Harry Bryant. Le fantasque Australien pousse le bouchon jusqu’à s’envoyer dans des tubes massifs… en faisant du bodyboard sur un Malibu de 8 pieds. C’est absurde, c’est visuellement improbable, et pourtant, il charge avec une aisance qui ferait passer n’importe quel surfeur moyen pour un débutant.
Pourquoi vous devez regarder cette vidéo
Au-delà de la blague, la vidéo est une claque esthétique. Voir des icônes du style comme Craig Anderson perdre toute dignité posturale pour s’écraser dans le « shorebreak » rappelle que le surf est avant tout un jeu. C’est du grand n’importe quoi, certes, mais exécuté avec un talent brut.
RIP 4 ne se contente pas de filmer des vagues ; elle capture un état d’esprit. C’est un doigt d’honneur joyeux à l’industrie du surf ultra-léchée. Que vous soyez un puriste du shortboard ou un adepte du « boog », vous ne pourrez pas rester insensible à cette dose de pur chaos.
Posez votre ego, allongez-vous, et profitez du spectacle.
Trente ans. Pour ceux qui ont vu le petit prodige de Royan débarquer sur les bancs de sable landais avec ses boucles blondes, le coup de vieux est réel. Mais voir Charly Quivront aujourd’hui, c’est surtout constater une évidence : il fait partie de ces rares athlètes dont le surf s’affine et se bonifie chaque année. Avec la sortie de « The Dilemma », Charly ne nous offre pas qu’un simple edit ; il propose une production cinématographique d’une qualité rare dans le paysage du surf français.
Un vrai « film » de surf : une perle rare en France
Il faut le souligner : il est très rare en France de voir un projet de cette envergure dédié à un seul surfeur. Réalisé par Gabriel Boin, ce film est une immersion esthétique et humaine qui dépasse le cadre de la performance pure. C’est une œuvre qui prend le temps de raconter l’homme derrière le lycra, avec des images de voyages (Indo, Barbade, Hawaii). C’est une bonne surprise.
La progression constante : « Plus fort chaque année »
Le film retrace ce parcours atypique, ses débuts sur les plages charentaises aux sessions massives à Teahupo’o ou à la Barbade. On y voit un surfeur qui n’a jamais cessé de grimper les échelons.
« Au début, il disait non à certaines bombes. Aujourd’hui, il y va au charbon », témoigne son entourage.
Cette progression constante l’a mené dans le Top 50 des Challenger Series. Charly n’est pas un surfeur de « pics » de forme éphémères ; c’est un travailleur de l’ombre dont le niveau technique, que ce soit dans les airs, les tubes profonds ou les manœuvres de rail, est aujourd’hui à son apogée.
De la « Plage de Pontaillac » à l’élite mondiale : La fierté Royannaise
Si Charly est aujourd’hui une figure incontournable des Landes, son cœur et son surf sont nés à Royan. Le film nous replonge en 1995, année de sa naissance et de l’ouverture du surf shop familial par ses parents, Yannick et Jennifer. Charly, c’est le « premier bébé » du noyau surf local, un gamin qui a grandi entre les planches et les sessions estivales à Pontillac.
Il y a une certaine poésie dans son parcours : Royan n’est pas Biarritz, ce n’était pas une « surf city » dans les années 90. C’était une station balnéaire connue pour la voile et sa vie nocturne, pas pour ses tubes. Les locaux du film s’en amusent d’ailleurs, qualifiant parfois le spot de « spot de la honte » à cause de ses vagues souvent molles et capricieuses. Pourtant, c’est sur ces vagues filtrées par l’estuaire que Charly a forgé sa glisse.
« Un gamin qui sort d’un spot qui n’est pas la vague parfaite pour arriver à ce niveau-là, c’est un sacré coup de chapeau. Il a vécu pour ça dès l’âge de 11 ans », confie-t-on avec émotion dans le documentaire.
Ce départ pour les Landes à 12 ans pour suivre les cours par correspondance (CNED) était un pari audacieux de la part de ses parents. Un pari gagnant qui n’a jamais effacé son attachement à la Charente-Maritime. Cette humilité du « petit gars de Royan » face aux grosses machines du surf mondial est sans doute ce qui lui donne cette authenticité si rare.
Le style : L’héritage de Bruce Irons
C’est sans doute le point qui me frappe le plus, c’est un avis personnel: sa morphologie et sa fluidité rappellent immanquablement Bruce Irons. Didier Piter, qui l’a coaché chez Volcom, ne tarit pas d’éloges sur sa « glisse parfaite ».
« Pour moi, c’est l’un des surfeurs avec la meilleure glisse. Il a cette fluidité, ces enchaînements sans gestes parasites, sans ‘double pump’. C’est hyper esthétique. »
Ce sens marin, cette capacité à lire l’océan sans forcer, fait de lui un surfeur complet, aussi à l’aise dans le gros qu’au milieu des airs.
L’objectif WCT : Le chaînon manquant
Le film ne cache pas l’ambition ultime : le Championship Tour (WCT). Leonardo Fioravanti, qui le côtoie depuis ses 10 ans, est catégorique :
« Il a le niveau, il a le talent, il a la puissance. Il lui manque juste d’y croire à 120% et d’être plus rigoureux au quotidien. »
C’est là tout le « dilemme » et le défi de Charly. Capable de sortir le meilleur score d’une journée de compétition par pur génie, il doit encore dompter cette irrégularité qui le fait parfois passer à côté de ses séries le lendemain. S’il parvient à aligner son immense talent de free surfeur avec la rigueur d’un « tueur » de compétition, la porte du WCT s’ouvrira forcément.
Il y a des moments dans une vie qui ressemblent à une suspension dans le temps. Ce court instant où l’on n’est plus tout à fait étudiant, mais pas encore tout à fait « actif ». C’est ce vertige, ce besoin d’une dernière aventure avant de s’enfermer dans un bureau, qui a poussé Lucas et Léon à acheter Talia, un voilier de 27 pieds de 1977.
Pour quiconque regarde leur périple, ce n’est pas seulement un film de voile ou de surf : c’est un remède à la mélancolie, une parenthèse qui nous rappelle ce que signifie être vraiment libre.
L’apprentissage de la lenteur
Partis de la Méditerranée pour rejoindre l’Atlantique, ces deux ingénieurs fraîchement diplômés ont fait un choix radical : celui de la lenteur. À bord de Talia, on avance à 3 nœuds.
« Nous cherchons toujours à aller plus vite, à battre des records… mais je suis convaincu que nous avons tout à perdre à aller trop vite sans remarquer ce que nous croisons. »
Cette philosophie imprègne toute la vidéo. On les voit apprendre la plomberie, l’électricité, la navigation sur le tas. Ils ne sont pas nés marins, ils le sont devenus par envie de ne pas avoir d’attaches.
Pas des pros, mais des passionnés
Côté surf, soyons honnêtes : on n’est pas sur le dernier édit de John John Florence. Nos deux compères ne fracassent pas la lèvre avec la même puissance (désolé les gars, mais on sait que vous êtes d’accord !). Pourtant, il y a quelque chose de plus pur dans leurs sessions.
C’est le plaisir de dénicher un spot désert sur Google Earth, de guetter la houle depuis le cockpit et de sauter à l’eau entre deux quarts de navigation. C’est un surf de partage, loin des compétitions, qui ressemble à celui que l’on pratique entre potes. Une passion qu’ils partagent d’ailleurs avec JJF : cet amour viscéral pour le mélange sel, vent et planches de surf.
Pourquoi cette aventure nous touche-t-elle tant ?
Si cette vidéo fait sourire et apaise, c’est parce qu’elle touche à une corde sensible : le manque de liberté. On vit dans un monde qui ne s’arrête jamais, où chaque minute doit être productive. Voir Lucas et Léon perdre la notion du temps, oublier quel jour on est, et se contenter de « manger, dormir, bouger », c’est une forme de thérapie visuelle. Ils nous rappellent que la nature ne se domine pas, elle s’apprivoise.
Ce qu’on en retient :
L’immersion totale : La mer ne triche pas. Quand l’autopilote brûle ou que les orques rôdent au large de Gibraltar, on revient à l’essentiel.
La déconnexion : Ces moments d’apnée où le temps s’arrête, où l’on devient une partie de l’écosystème.
La protection : Un message simple mais puissant : « Prenez soin de la nature, elle prendra soin de vous. »
Regarder l’aventure de Talia, c’est retrouver un peu de ce sentiment de liberté qu’on a parfois laissé derrière nous. C’est une invitation à se souvenir que, peu importe où nous en sommes dans notre carrière, il reste toujours une part de nous capable de larguer les amarres, ne serait-ce que par la pensée.
Le 14 janvier 2025, la carrière – et la vie – de Vincent Duvignac bascule sur un banc de sable landais. Multiple champion de France de free surf, le Landais est victime d’un accident aussi brutal qu’improbable sur un spot proche de Vielle-Saint-Girons.
Ce jour-là, les vagues ne sont pas énormes. “Très jolies”, racontera-t-il plus tard. Après deux heures à l’eau avec des amis et un cameraman, il décide de prendre une dernière vague. La plus belle. La plus creuse aussi. Son pied arrière glisse. Projeté vers l’avant, il heurte violemment le fond. “J’ai tapé la tête directement dans le sable.” Il entend deux craquements : un au niveau du crâne, l’autre aux cervicales.
Le diagnostic est glaçant : dislocation et triple fracture des cervicales. À quelques millimètres près, c’était la paralysie ou pire. Conscient, il parvient pourtant à sortir de l’eau avant d’être évacué vers l’hôpital. Très vite, il mesure l’ampleur du choc. “J’ai de la chance d’être vivant.”
Trois mois immobile, des doutes à la pelle
Commencent alors trois mois d’immobilisation dans un corset sur mesure. Lit médicalisé. Douleurs constantes. Incertitude totale. Les quinze premiers jours sont les plus durs : la possibilité de ne plus jamais surfer devient réelle. S’ajoutent les doutes, la peur, les pleurs. Un suivi psychologique accompagne la rééducation.
Puis, lentement, le corps répond. La mobilité revient. La confiance aussi.
Neuf mois après l’accident, sur la plage de Seignosse, Vincent Duvignac renoue avec l’eau. Il parle d’“énorme victoire”. Il retrouve la sensation de glisse. Mieux encore : il replaque ses premiers tubes. L’extase, dit-il. Récemment, il a même participé au Challenge de La Nord à Hossegor, malgré une mobilité encore réduite.
Un film pour raconter la résilience
C’est cette traversée – de la chute à la renaissance – que retrace le teaser d’un film très attendu. Plus qu’un simple récit d’accident, il s’agit d’une plongée intime dans la fragilité d’un sportif de haut niveau et dans la puissance de la reconstruction.
Une nouvelle vidéo générée par intelligence artificielle circule dans la sphère surf… et elle prouve surtout une chose : même en 2026, l’IA peut raconter n’importe quoi, et certains le croient.
Dans ce clip devenu viral, l’algorithme affirme sérieusement que Filipe Toledo serait le père de John John Florence. Oui, vraiment. De quoi faire sourire – ou lever les yeux au ciel – n’importe quel passionné de surf ayant suivi l’histoire pourtant bien connue de la famille Florence.
Une erreur qui en dit long sur le contenu de cette vidéo
Le problème n’est pas seulement l’erreur factuelle. C’est surtout la facilité avec laquelle une information absurde peut sembler crédible lorsqu’elle est portée par une vidéo bien montée, une voix synthétique convaincante et quelques images de tubes parfaits.
Dans la réalité, l’histoire de John John Florence est documentée depuis des années. Son père, John Florence Sr., a même publié un mémoire autobiographique détaillant son parcours chaotique et sa vie familiale. Rien, absolument rien, n’y relie Filipe Toledo.
Cette confusion montre que l’IA excelle encore davantage dans la mise en scène que dans la vérité.
Le surf face au miroir déformant de l’intelligence artificielle
Le monde du surf, déjà nourri de storytelling, de légendes et de récits héroïques, devient un terrain idéal pour ce type de dérives. Une simple hallucination algorithmique peut transformer une fiction en quasi-réalité virale.
Ironiquement, cette bévue rappelle aussi pourquoi la culture surf repose encore sur la mémoire humaine : les magazines, les films, les témoignages… et cette transmission entre générations que même la meilleure IA ne peut pas improviser.
Au fond, cette vidéo n’est peut-être pas qu’une erreur. C’est un rappel amusant que, malgré toute la technologie du monde, connaître réellement le surf demande encore de vivre dedans.
Juillet 2024, Nouvelle-Galles du Sud. Le destin de Kai McKenzie bascule sous les mâchoires d’un grand requin blanc. À seulement 23 ans, alors qu’il était l’un des espoirs les plus prometteurs du surf australien, le jeune homme perd sa jambe droite dans une attaque d’une violence rare. On le pensait perdu pour le surf de haut niveau ; il vient de prouver au monde entier que la passion est plus forte que le traumatisme.
Le chemin vers la rédemption n’a pas été linéaire. Peu de temps après son accident à North Shore Beach, Port Macquarie, Kai McKenzie s’était déjà illustré en retournant à l’eau sur une planche en mousse (soft-top), surfant sur une seule jambe. Mais les images qui circulent aujourd’hui marquent une étape supérieure, presque irréelle.
Équipé d’une prothèse de haute technologie, le surfeur a repris possession de sa board habituelle en résine et fibre de verre. La vidéo de sa session montre un bon niveau : Kai pompe sur la vague, gagne de la vitesse et envoie un re-entry frontside avec une fluidité déconcertante. Sa légende sur Instagram résume parfaitement son état d’esprit : « J’ai perdu ma jambe, mais je n’ai pas perdu le surf. »
Le respect des légendes du circuit
Ce comeback n’est pas passé inaperçu auprès de la communauté internationale. Les plus grands noms du surf mondial ont exprimé leur admiration. Mick Fanning, triple champion du monde et lui-même rescapé d’une rencontre célèbre avec un grand blanc, a salué « un cœur et une volonté incroyables ». D’autres icônes comme Taj Burrow, Laura Enever ou Noa Deane ont rejoint le concert d’éloges, qualifiant Kai de « légende vivante ».
Le chemin n’est pourtant pas sans embûches. Plus tôt cette année, Kai a dû repasser sur la table d’opération suite à des complications liées à son amputation. Sa capacité à surmonter ces rechutes physiques et mentales force le respect, notamment dans un contexte australien tendu où les attaques de requins (notamment de bouledogues à Sydney) rappellent quotidiennement les risques inhérents à notre sport.
Une inspiration pour la culture glisse
L’histoire de Kai McKenzie dépasse le simple fait divers sportif. Elle s’inscrit dans la lignée des récits de résilience qui forgent l’âme de la culture surf et du sport. Son message est clair : avec le bon entourage et une détermination d’acier, aucune vague n’est infranchissable, même après avoir frôlé l’irréparable. Bravo à lui…
On savait que la chute était violente. On ne mesurait pas encore à quel point.
La vidéo du wipeout de Justine Dupont lors du Thriller at Killers, à Todos Santos, révèle le moment exact où la surfeuse française se fracture la vertèbre L1 dans une vague estimée à 25 pieds.
Aspirée par la lèvre, envoyée par-dessus les chutes
Les premières informations laissaient penser que la blessure était survenue sur un take-off manqué plus tôt dans la série. Mais les images racontent une autre histoire.
Sur une grosse vague, Justine est happée par la lèvre. Elle passe dans la lèvre et disparaît dans la zone d’impact. L’impact, lourd.
C’est là que se produit la fracture.
Dans le channel, l’atmosphère change immédiatement. Sur le traîneau du jet ski, la Française reste allongée, visiblement touchée. Les équipes de sécurité interviennent sans délai.
Une intervention rapide, un diagnostic rassurant
Évacuée vers l’hôpital d’Ensenada puis transférée à San Diego, Justine apprend qu’elle souffre d’une fracture de la vertèbre L1.
Pas d’opération nécessaire. Mais plusieurs semaines de corset et une rééducation avant un retour progressif à l’eau.
Depuis l’hôpital, elle a partagé ces mots :
« Je fais ce sport par passion, en étant pleinement consciente des risques. »
Une phrase qui résume tout l’engagement du big wave surfing.
Killers : une vague magnifique… et sans indulgence
Todos Santos reste l’un des spots les plus impressionnants du circuit big wave. Une vague massive, exigeante, où l’engagement est total à chaque take-off.
Même pour une spécialiste des conditions XXL comme Justine Dupont, l’erreur ne pardonne pas.
Cette séquence en est la démonstration brutale.
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Pour revenir en détail sur sa blessure, son message et le contexte de la compétition, tu peux consulter notre premier article :
Il y a des vidéos qui font simplement plaisir. Celle d’Adrien Toyon à Desert Point en fait clairement partie. Cela faisait un moment qu’on n’avait pas vu le Réunionnais sous ce jour-là, et le retrouver dans les longs tubes de Lombok a quelque chose d’évident : cette vague lui va comme un gant.
Adrien Toyon, c’est avant tout une classe naturelle, un surf propre, posé, sans gestes inutiles. À Desert Point, il déroule. La vidéo Desierto le montre à l’aise, précis, parfaitement calé dans des gauches interminables. Un tube rider pur, qui sait attendre, lire la vague et disparaître là où beaucoup se feraient éjecter.
Le film raconte aussi l’envers du décor. Un coup de fil, un swell éclair, deux jours de voyage depuis la France, et cette attente avant de pouvoir enfin se jeter à l’eau sur l’une des vagues les plus capricieuses – et mythiques – de la planète. Desierto, ce n’est pas seulement le désert géographique, c’est aussi le temps, la patience, l’engagement nécessaire pour être au bon endroit au bon moment.
Résultat : des barrels longs, profonds, presque hypnotiques, et un Adrien Toyon motivé comme un grom de 14 ans. Une vidéo courte, sincère, qui rappelle à quel point son surf reste une référence dès que ça creuse à gauche.
Quand Former annonce un nouveau long-métrage, l’excitation monte immédiatement d’un cran. Et avec Defect, la marque fondée par Dane Reynolds promet clairement l’un de ses projets les plus bruts, les plus sincères et les plus attendus depuis System Is Yours (2022). Bonne nouvelle : l’attente touche à sa fin.
Chapter 11 à l’arrêt… pour de bonnes raisons
À Ventura, les portes du surf shop Chapter 11 sont temporairement fermées. Pas par manque d’activité, bien au contraire. Hunter Martinez, réalisateur et pilier du projet, est plongé jusqu’au cou dans le montage de Defect. Le film accapare toute l’énergie de l’équipe, entre post-production, gestion du roster Former et sélection des clips les plus lourds accumulés ces derniers mois.
Contrairement à l’image fantasmée du job de rêve — “surfer avec Dane tous les jours” — la réalité est plus sérieuse : rigueur, organisation et une vraie vision créative.
Defect : blessures, galères… et surf de très haut niveau
Le titre Defect n’a rien d’un hasard. Le film est né dans la douleur. Littéralement. Dane Reynolds s’est fracturé le pied sur le reef indonésien, Craig Anderson a enchaîné les blessures, Shaun Manners a subi une lourde commotion, Dion Agius s’est perforé un poumon, Jay Davies traîne des soucis à l’épaule… Un casting de guerre.
Mais comme souvent chez Former, les moments les plus chaotiques donnent naissance aux images les plus marquantes. Martinez le confirme : tout le meilleur footage est dans Defect. Attendez-vous à du surf engagé, des slabs massifs, et une approche toujours aussi anti-format.
Un casting élargi et des invités remarqués
Depuis 2022, l’équipe Former s’est largement étoffée. Aux piliers historiques (Reynolds, Anderson, Ben Howard…), se sont ajoutés Shaun Manners, Dion Agius, Jay Davies, Jake Kelley, mais aussi une nouvelle génération incarnée par Timo Simmers et Gabe Morvil.
Cerise sur le gâteau : un cameo de James Kusitino, premier surfeur pro fidjien et Stab Surfer of the Year, avec des backside barrels qui risquent de marquer les esprits.
Dates de sortie et avant-goûts
Defect partira en tournée mondiale en juin, avant une sortie en ligne prévue pour juillet. D’ici là, Former prévoit plusieurs “préquel” vidéos, plus longues, plus respirantes, loin du surf content jetable. Une vraie déclaration d’amour au storytelling.
Quand Jordy Smith affirme que c’est le meilleur surf de sa vie, on tend immédiatement l’oreille. Pas parce que la phrase est bien tournée, mais parce qu’elle vient d’un surfeur qui a passé près de deux décennies sur le Dream Tour (je suis un peu large), sillonnant la planète à la recherche des vagues les plus parfaites. Alors forcément, la curiosité est totale.
La vidéo publiée sur sa chaîne YouTube dure moins de sept minutes, mais elle concentre une intensité rare. Direction l’Afrique du Sud, tout près de Durban, là où Jordy a grandi. Une droite tubulaire, puissante, parfaitement calée… et surtout une succession de tubes propres, profonds, enchaînés sans temps mort. Ce n’est peut-être pas la meilleure vidéo de surf jamais réalisée, mais si tout cela s’est déroulé sur une seule session, alors oui, on comprend parfaitement le propos.
Une session irréelle plus qu’une simple vidéo
Ce qui frappe, ce n’est pas un tube isolé ou un moment de grâce unique. C’est l’accumulation. Tube après tube. Placement chirurgical. Lecture parfaite de la vague. Jordy ne force rien, il se cale, disparaît, ressort, recommence. Une forme de surf presque insolente tant tout semble fluide et maîtrisé.
Les vagues de cette région peuvent être exceptionnelles lorsque les conditions s’alignent, mais ici, le curseur est clairement monté d’un cran. Et qui de mieux que Jordy Smith, porte-drapeau du surf sud-africain depuis près de vingt ans, pour se gaver dans ses barrels locaux ?
Un Jordy Smith toujours au sommet
À 36 ans, Jordy continue de prouver qu’il fait partie de l’élite mondiale. Troisième du Championship Tour la saison dernière, éliminé par Griffin Colapinto lors du Final Five à Cloudbreak, il abordera la reprise du CT avec une motivation intacte et, visiblement, une confiance maximale.
Parfois, le surf se résume à une chose simple : être au bon endroit, au bon moment, avec les bonnes personnes. Lost in Paradise at a Perfect Leftavec Kauli Vaast, capture exactement cet instant suspendu, quand tout s’aligne et que le monde extérieur disparaît.
Une gauche parfaite, simple et envoûtante
Dès les premières images, le décor est planté : eau chaude, limpide, poissons visibles sous la planche, et surtout une gauche longue, lisse et régulière. Une vague décrite comme “simple”, mais capable d’offrir des barrels interminables, au point d’être comparée à une vague artificielle… en mieux. Ici, rien de mécanique : tout est naturel, fluide, vivant.
Surf trip minimaliste, plaisir maximal
Pas de foule, pas de pression, pas de compétition. Juste des sessions à répétition, des retours à terre pour remettre de la crème solaire, enfiler une casquette, puis repartir à l’eau. Le film insiste sur cette sensation rare : surfer sans contrainte, avec seulement le rythme des marées et l’envie de repartir pour une dernière vague… qui devient souvent la meilleure.
L’énergie du groupe avant tout
La vidéo respire la camaraderie. Le surf n’est pas seulement une performance, c’est un moment partagé. Les sourires, les discussions à chaud, la fatigue dans les yeux au coucher du soleil : tout rappelle pourquoi on voyage pour surfer. Cette “perfect left” n’est pas qu’une vague, c’est un prétexte pour vivre pleinement, ensemble.
C’est le genre de trip dont on rêve tous, et c’est ce qui rend cette vidéo si cool à regarder
Il y a des vidéos de surf bien produites, léchées, calibrées. Et puis il y a celles qui sentent le sel, l’imprévu et l’amitié sincère. Wedge Heads Unite appartient clairement à la seconde catégorie. Le clip réunit Dylan Graves et Mason Ho, deux esprits faits pour comprendre – et aimer – les vagues qui ne tournent pas rond.
Une rencontre presque évidente
Dylan Graves s’est imposé comme l’explorateur numéro un des wedges, ces vagues courtes, violentes et imprévisibles qui cassent souvent sur très peu d’eau. Mason Ho, de son côté, n’a jamais eu besoin d’étiquette : il surfe à l’instinct, joue avec des vagues qui n’attirent pas grand monde, et transforme le chaos en terrain d’expression.
Les voir ensemble n’a donc rien d’un hasard. Dylan l’avoue d’ailleurs sans détour : à chaque fois qu’il surfe cette vague de Porto Rico, il se demande ce que ferait Mason. Une phrase qui résume parfaitement l’ADN du clip.
Un wedge aussi joueur que punitif
La vague choisie est l’une des préférées de Dylan… mais aussi l’une des plus dures à dompter. Ici, tout peut mal tourner : take-off mal synchronisé, lèvre qui retombe sans prévenir, sections qui écrasent plus qu’elles n’ouvrent. Une vague qui pardonne rarement, mais qui offre des sensations uniques quand tout s’aligne.
C’est précisément ce qui rend la session si captivante. Rien n’est parfaitement propre, tout est vivant. On ressent autant la tension que le plaisir, avec ce mélange d’adrénaline et de rires qui accompagne souvent les meilleures sessions entre amis.
La dérive FCS qui vole la vedette
Difficile de ne pas évoquer la scène la plus mémorable du clip. Après quelques heures dans l’eau, Dylan grimpe à un cocotier, attrape une noix de coco… et l’ouvre à l’aide d’une dérive FCS. Sans outil, sans vis, sans prise de tête. Puis il remet la dérive et retourne surfer.
Un moment aussi absurde que génial, qui résume l’esprit de la vidéo : créatif, pratique, et totalement décomplexé.
On pensait avoir tout vu à Nazaré. Les wipeouts XXL, les vagues qui avalent des immeubles, les jet-skis en PLS et les surfeurs transformés en figurines Playmobil, une gamine de 13 ans tractée sur des grosses vagues. Mais non. 2026 nous offre un nouveau sommet de l’absurde : Chuck Patterson a skié Nazaré. Oui, avec des skis. Et des bâtons. Et une paire de boots capables d’envoyer, n’importe qui, direct au fond de l’Atlantique.
Quand la métaphore devient trop littérale
Depuis toujours, on compare les grosses vagues à des pistes noires : raides, engagées, réservées à une élite. Chuck Patterson a visiblement pris l’analogie au pied de la lettre. Quitte à oublier un détail : la mer n’est pas une montagne, et Nazaré n’est pas un snowpark freestyle.
À Nazaré, on surfe des murs d’eau vivants, imprévisibles, violents. On ne les “descend” pas, on les négocie. Les skis, eux, glissent droit. Très droit. Trop droit.
Résultat ? Une glisse raide, figée, sans lecture de vague, sans adaptation. Du ride ? Non. Du pilotage sous anxiolytiques.
Danger public (et privé)
Le plus gênant dans cette histoire, ce n’est même pas le ridicule esthétique. C’est le niveau de danger. Petit rappel technique pour ceux du fond :
Des chaussures de ski lourdes
Des fixations rigides
Une impossibilité totale de nager en cas de chute (du moins j’en ai l’impression)
Et une vague qui ne pardonne absolument rien
En cas de wipeout, Chuck devient littéralement une ancre humaine. Et qui doit aller le chercher ? Les équipes de sécurité. Les jet-skis. Les gars qui, eux, n’ont rien demandé (enfin si, j’imagine qu’ils sont payés) et prennent des risques bien réels pour sauver un mec venu “tester un concept”.
À ce stade, on ne parle plus d’engagement personnel, mais de mise en danger collective.
Du surf ? Non. Du contenu.
Soyons honnêtes : cette “performance” n’a strictement rien à voir avec le surf. Pas de ligne. Pas de style. Pas de lecture. Pas de respect du spot.
Mais beaucoup de caméras. Beaucoup de buzz. Beaucoup de “regardez-moi”.
On n’est plus dans la glisse, on est dans la course à l’algorithme. Aujourd’hui des skis, demain quoi ? Un type à Nazaré sur une porte de placard Ikea pendant que tout le monde applaudit l’“innovation” ?
🤡 Le cirque de la vague géante
Nazaré est déjà devenu un théâtre permanent. Entre records discutables, jet-skis en surnombre et performances plus médiatiques que sportives, le spot se transforme peu à peu en foire aux exploits absurdes.
Chuck Patterson ne surfe pas Nazaré. Il l’utilise comme décor.
Et c’est peut-être ça le plus triste : transformer l’une des vagues les plus mythiques de la planète en simple toile de fond pour une vidéo YouTube de plus.
👉 Oui, c’est spectaculaire 👉 Oui, ça fait cliquer 👉 Oui, c’est “jamais vu”
Mais non, ce n’est pas du surf. Et surtout, ce n’est pas de la glisse.
Juste une démonstration de plus que, parfois, le buzz prend définitivement le dessus sur le sens.
Un ciel rouge sang zébré d’éclairs, un océan électrique qui s’illumine à chaque mouvement, et un surfeur seul face à la nature déchaînée. Non, ce n’est pas une scène de film, mais une session bien réelle vécue par Santi Medeiro, quelque part sur les côtes d’Uruguay, pour clore l’année 2025 de la manière la plus irréelle possible.
La vidéo a rapidement fait le tour du monde : on y voit Santi Medeiro glisser sur des vagues nocturnes qui s’illuminent d’un bleu fluorescent à chaque bottom turn, tandis que le ciel explose en éclairs rougeoyants. Un contraste visuel saisissant, presque trop parfait pour être vrai. Et pourtant.
Dans son message, le surfeur uruguayen ne cache pas son émotion. Entre 23 h et 1 h du matin, il dit avoir vécu « le surf le plus magique de sa vie ». Une session unique, amplifiée par l’orage en arrière-plan, qui transformait chaque vague en tableau vivant.
Bioluminescence : quand la mer devient néon
Ce bleu électrique n’a rien de surnaturel, même s’il en donne l’impression. Il s’agit de bioluminescence, un phénomène naturel provoqué par des micro-organismes marins (souvent des dinoflagellés) qui émettent de la lumière lorsqu’ils sont agités.
Chaque mouvement – pagaie, take-off, rail qui mord l’eau – déclenche alors une réaction chimique produisant cette lueur presque irréelle. Un phénomène rare à observer en surf, encore plus rare lorsqu’il est combiné à un orage aussi spectaculaire.
Un ciel rouge, présage de surf divin ?
Le dicton « ciel rouge le soir, laisse bon espoir » traverse les siècles, de la Bible à Shakespeare. Mais ici, on est clairement monté d’un cran. Le ciel embrasé, saturé d’éclairs rouges, a rappelé à certains l’univers sombre et fantastique de Stranger Things. Une sorte de “monde à l’envers”, version surf, sans monstres… mais avec des vagues luminescentes.
Une expérience impossible à reproduire
Ce genre de session coche toutes les cases de l’instant parfait : conditions météo extrêmes mais surfables, présence de bioluminescence, nuit noire, et surtout, le courage (ou l’inconscience ?) d’aller à l’eau à ce moment précis. Autant dire que très peu de surfeurs pourront un jour raconter une histoire similaire.
Une chose est sûre : cette session rappelle pourquoi le surf dépasse largement le cadre du sport. Parfois, il devient une expérience sensorielle totale, presque mystique. Et quand la nature décide de sortir le grand jeu, il ne reste plus qu’à ramer… et ouvrir grand les yeux.
Il y a des sessions qui marquent une carrière. Et d’autres qui marquent une génération entière de surfeurs. À Mullaghmore, sur la côte ouest de l’Irlande, le swell de décembre restera comme le plus massif observé depuis cinq ans sur cette gauche aussi mythique que redoutée. Un de ces jours où l’Atlantique Nord ne fait pas semblant, où chaque décision engage, et où le moindre détail compte.
Ce matin-là, tout commence dans la pénombre. À 7h30, la lumière est encore absente, le froid mord les doigts, et la route vers le spot se fait dans un silence lourd. Le genre de silence qui précède les grandes batailles. Les prévisions sont “mentales” : une houle énorme, un vent sud-sud-est quasi parfait — le Graal pour Mullaghmore. Mais ici, les chiffres ne disent jamais toute la vérité. Ça peut être énorme… ou totalement ingérable.
Une mécanique millimétrée pour une vague hors norme
Mullaghmore n’est pas un spot comme les autres. Cette gauche sur reef exige engagement total, timing absolu et confiance aveugle dans l’équipe. Le moindre retard, la moindre hésitation, et la vague vous rappelle instantanément qui commande.
Quand le swell rentre, il n’y a pas de place pour l’improvisation. Jets-skis, safety, caméras, communication : tout doit être parfaitement huilé. Ce jour-là, l’eau est saturée de machines — près de 25 jets skis — signe que quelque chose d’exceptionnel est en train de se produire. Les séries sont massives, propres, d’une taille rarement vue avec une telle qualité de vent.
Conor Maguire et la vague d’une vie
Au cœur de cette session hors normes, Conor Maguire prend une vague qui pourrait bien entrer dans l’histoire du spot. Les mesures officielles se font attendre, mais une chose est sûre : elle pourrait être la plus grosse jamais surfée à Mullaghmore.
Dans ces conditions, rien n’est laissé au hasard. Préparation physique, lecture du plan d’eau, synchronisation avec le pilote de jet-ski… tout converge vers un instant suspendu. Maguire parle d’un moment “très spécial”, de ceux où tout s’aligne enfin. À Mullaghmore, ce genre d’instant ne se donne pas facilement.
Un swell que personne n’oubliera
Le lendemain, les visages sont marqués, les corps fatigués, mais les regards brillent encore. Beaucoup parlent des vagues de leur vie. Certains n’en ont pris qu’une. D’autres deux. Mais tous savent qu’ils ont assisté à quelque chose de rare.
Des conditions aussi grosses, aussi propres, avec une telle organisation collective, ne se produisent qu’une poignée de fois par décennie sur cette gauche irlandaise. Et quand elles arrivent, Mullaghmore rappelle pourquoi elle est considérée comme l’un des spots de grosses vagues les plus dangereux et respectés d’Europe.
Il aura fallu patienter, mais ça valait le coup : Kyllian Guérin revient avec MASCARAS, une vidéo qui sent la super production à plein nez. Image léchée, montage nerveux, ambiance soignée… On est sur un clip qui se regarde une première fois pour les vagues, puis une deuxième parce qu’on a kiffé.
Derrière le projet, on retrouve Arthur Genie : un vrai bon derrière la caméra, un monteur solide, et (spoiler) un mec cool. Ensemble, ils ont pris la direction du Mexique, avec une idée claire : filmer un trip surf qui joue sur les contrastes, autant dans les spots que dans les ambiances.
Le concept : le masque comme symbole (et comme miroir)
Le film puise sa force dans la symbolique des masques mexicains : des objets chargés de sens, à la fois protection et révélation. Ils cachent un visage, mais révèlent autre chose : une énergie, une intention, une part d’ombre ou de lumière.
Et cette dualité traverse tout MASCARAS :
calme vs intensité
sérénité vs tempête
maîtrise vs lâcher-prise
C’est exactement ce que le surf nous fait vivre. Un jour tu danses sur une vague “facile”, le lendemain tu te fais remettre à ta place par un set plus sérieux. Le masque, ici, devient presque une métaphore du surfeur : celui qui avance, même quand ça secoue. (j’ai l’impression d’être un philosophe)
Puerto Escondido : là où Kyllian est dans son élément
Direction Puerto Escondido. Et clairement, c’est le terrain de jeu parfait pour ce que Kyllian fait de mieux : s’engager et claquer de gros barrels avec ce mélange de précision et d’instinct qu’on aime voir dans les vagues puissantes.
Ce qui frappe, c’est à quel point il a ce style “propre” dans le lourd : pas de cinéma inutile, pas de gestes en trop. Il se place, il lit, il y va.
Et puis… on ne voit pas assez de Français à Puerto, non ?
Franchement, c’est toujours une petite frustration : les Français sont souvent excellents dans les tubes, et ça ne sort pas de nulle part. Entre les tubes landais, les hivers à se faire brasser et la culture du placement, on a des vrais tube riders en France. Alors voir un Français se faire plaisir à Puerto, ça fait du bien.
Petit crochet à Salina Cruz : longues droites, autre ambiance
Le film joue aussi sur l’opposition des spots : après la puissance brute, place à un surf plus fluide avec Salina Cruz et ses longues droites. On change d’énergie, mais pas de niveau : Kyllian est aussi à l’aise quand il faut enchaîner les sections, gérer la vitesse et poser un surf plus “dessiné”.
C’est justement ce contraste qui rend la vidéo complète : pas juste un clip “heavy”, mais un vrai récital sur des longues droites .
La question essentielle (et totalement scientifique) : le grip sur le gun
Bon… petite parenthèse : pourquoi coller un grip sur son gun alors que sur tout le clip, il n’a pas vraiment posé le pied dessus ? 😄 Évidemment je plaisante — mais avoue, toi aussi tu as regardé en te disant : “Il va s’en servir quand ?”
Il existe des vidéos de surf qui montrent des vagues. Et puis il y a celles qui racontent une atmosphère, un moment, une émotion.
Avec Tangolunda, tournée à Barra de la Cruz, sur la côte Pacifique du Mexique, Juliette Lacome signe un film à part. Un projet où le surf donne envie de se jeter à l’eau en boardshort, tout l’inverse des conditions actuelles.
Barra de la Cruz, un décor qui parle de lui-même
Spot mythique pour ses longues droites régulières, Barra de la Cruz offre un terrain idéal pour un surf fluide et posé. Les images sont pleines de couleurs, des textures naturelles et le rythme lent du lieu. Ici, pas de montage frénétique : chaque vague est laissée, pas de coupure à tout va, on y voit Juliette surfer avec élégance, avec naturel, avec fluidité, cela semble presque simple.
Une identité mexicaine assumée
L’un des points forts de Tangolunda réside dans sa bande-son 100 % locale. Grâce à une collaboration avec Isurfmex, le film intègre des musiques mexicaines authentiques, notamment des mariachis de la région de Huatulco. Un choix de musique original, qui ancre le projet dans la culture locale et renforce son caractère immersif.
Une vidéo qui résonne avec le parcours de Juliette
Difficile de ne pas faire le lien avec le parcours récent de la surfeuse française. Début 2025, Juliette Lacome a traversé une période marquante après l’opération d’une tumeur osseuse, suivie de plusieurs semaines loin de l’eau. Tangolunda ne parle pas directement de cette épreuve, mais elle s’en ressent dans la douceur du film, dans ce surf apaisé, presque reconnaissant.
Un film sincère, loin des codes classiques
Réalisé par Michael Darrigade, Tangolunda s’éloigne des edits classiques pour proposer un regard sensible et humain sur le surf. Une vidéo qui rappelle que le surf, avant d’être un sport, est une histoire de style.
Une parenthèse simple et inspirante, à regarder sans se presser.
Nias et Krui : trois semaines entre perfection, rencontres et lignes infinies
Il y a des destinations qui hantent un surfeur depuis l’enfance. Des vagues rêvées qu’on griffonne au fond d’un cahier, persuadé qu’un jour, on marchera enfin sur le sable qui mène jusqu’à elles. En septembre dernier, Tristant Guilbaud a coché l’une de ces cases mythiques : Lagundri Bay, sur l’île de Nias, là où déferle l’une des droites les plus belles de toute l’Indonésie.
La houle n’a peut-être pas offert son visage le plus massif, mais peu importe : la vague parfaite de Lagundri suffit à transformer chaque session en moment suspendu. la houle s’enroule sur le reef comme dessinée au compas, déroule propre, régulière, assez longue pour laisser respirer les turns ou oser le rythme d’un barrel proprement taillé. Une vague qui synthétise tout ce qui fait rêver : la simplicité d’une droite parfaite, la constance, l’énergie de l’océan indien, ce quelque chose d’intemporel qui rattache le surfeur à l’histoire du surf indo.
Après dix jours de glisse hypnotique, direction Krui, plus au sud, sur la côte ouest de Sumatra. Là, le décor change, l’ambiance aussi — et le potentiel explose. Krui, c’est un véritable terrain de jeu tropical : ▪️ beach breaks nerveux et tubulaires, ▪️ gauches interminables qui déroulent sans fin sur les pointes, ▪️ slabs puissants, exigeants, pour ceux qui aiment le creux et les take-offs sérieux.
Mais pour scorer là-bas, il faut savoir lire plus que les prévisions : le vent, capricieux, souffle depuis les montagnes, tourne, accélère, se calme, modifie tout. Chaque jour devient un pari, un choix stratégique. Et c’est justement ce qui rend le voyage encore plus excitant.
Au final, ces trois semaines à Nias et Krui ressemblent à ce que le surf a de plus pur à offrir : la découverte, la simplicité, l’accueil chaleureux des locaux, les rires après les sessions, et ces petites pépites de paradis où le temps semble ralentir. La vidéo de Tristant capture tout : les lignes parfaites, les éclats de rire, les coups d’œil émerveillés, les moments où la vie semble tenir dans un seul rayon de soleil sur l’eau.
Un voyage qui rappelle une vérité essentielle : l’Indonésie n’a pas besoin d’être XXL pour être grandiose.
À Hawaï, le surf perd l’une de ses voix les plus discrètes, mais les plus essentielles. Un homme qui ne montait pas sur les podiums, qui ne cherchait pas la lumière, mais qui a illuminé la vie de milliers de surfeurs avec une caméra et un sourire : Ramon Brockington.
Un œil unique, un cœur immense
Lorsque la nouvelle de sa disparition a traversé les plages d’O‘ahu, c’est tout un archipel qui s’est arrêté. Ramon, l’âme derrière Oahu Surf Films, n’était pas seulement un caméraman talentueux. Il était un repère. Une présence familière sur le sable de Waikīkī, Ala Moana ou le long des 7 miles légendaires du North Shore.
Originaire de Caroline du Sud, il débarque sur O‘ahu avec une caméra et une passion brûlante pour raconter les histoires de ceux qui glissent sur les vagues. Ce qui n’était au départ qu’une envie de filmer “les bons jours” est devenu, au fil des années, l’une des archives les plus précieuses de la culture surf hawaïenne moderne.
Un homme qui voyait vraiment les surfeurs
Ramon filmait tout le monde. Les groms, les touristes émerveillés, les watermen respectés, les pros affûtés, les locaux, les oncles qui fument entre deux vagues. Peu importe le niveau, peu importe le style : il leur accordait la même attention, la même bienveillance.
Ce qui rendait son travail exceptionnel, ce n’étaient pas seulement les milliers de vagues capturées, mais la façon dont il faisait se sentir chaque surfeur. Il retenait les prénoms, les familles, les progrès, les doutes. Il félicitait après une bonne session, encourageait après une chute, partageait les clips comme des cadeaux.
Pour beaucoup, il fut :
leur premier highlight vidéo,
leur premier souvenir filmé,
leur première reconnaissance dans la communauté,
leur premier supporter sincère.
Matt Vasquez, qu’il avait filmé dès ses 19 ans, a livré un témoignage bouleversant : une gratitude profonde, presque filiale, d’avoir été “vu”, aidé, encouragé par Ramon lorsque tout commençait.
Un bâtisseur de lien, à travers et au-delà du surf
Ramon n’était pas seulement derrière la caméra. De 2022 à 2024, il a dirigé le Oahu Surf Film Festival, rassemblant cinéastes du monde entier, donnant de la place aux voix locales, à l’écologie, aux récits locaux. Il aimait les images, mais surtout ce que les images créent : des communautés, des rencontres, des émotions partagées.
Toujours humble, toujours chaleureux, il faisait partie de ces rares personnes capables de transformer une plage — déjà sacrée à Hawaï — en un lieu encore plus accueillant.
Un héritage qui ne s’effacera jamais
Plus de 900 vidéos restent disponibles pour continuer à faire vivre son regard. Mais ce que Ramon laisse surtout derrière lui, ce sont des milliers de petites histoires humaines : des sourires, des poignées de main, des tapes sur l’épaule, des mots doux, des services rendus sans rien attendre.
Chaque série qui déroule à Ala Moana, chaque bombe hivernale sur le North Shore, portera un peu de son énergie.
Rest in peace, Ramon Brockington. Et merci d’avoir tant donné au surf.
Quand Asher Pacey et Victor Bernardo se retrouvent sur une longue droite marocaine, c’est une véritable démonstration de contraste et d’harmonie. Deux approches opposées, mais un même amour de la ligne parfaite.
Asher Pacey : la douceur et la glisse sans effort
Asher Pacey incarne un surf tout en contrôle. Léger, fluide, presque méditatif, il transforme chaque vague en sculpture mouvante. Son style reposant et minimaliste, amplifié par ses twins oversize, donne l’impression qu’il flotte plus qu’il ne surfe. Chaque manoeuvre paraît évidente, simple, naturelle.
Victor Bernardo : la précision électrique du quad
À l’opposé, Victor Bernardo apporte un surf chargé d’énergie. Accélérations soudaines, changements de rythme, prises de rails appuyées : il injecte une dose de vivacité dans chaque section. Son quad nerveux lui permet de garder de la vitesse même dans les passages les plus plats, soulignant une lecture de vague affûtée.
Deux univers qui dialoguent sur une même vague
Dans la vidéo d’Album Surfboards, les deux surfeurs dévoilent toute la richesse du point break marocain. Ce n’est pas le Maroc le plus massif de la saison, mais un Maroc élégant, rythmé, sublimé par un montage léché d’Ayoub Abouizza. Les couleurs chaudes, la lumière rasante et la longueur des rides rendent chaque séquence addictive.
Les twins et les quads apparaissent ici comme un véritable cheat code : vitesse illimitée, transitions fluides et angles variés. Une démonstration de la polyvalence des planches alternatives, parfaitement adaptées aux longues droites locales.
Le Maroc, terrain de jeu des stylistes
Après cette vidéo, impossible de ne pas penser à l’histoire surf du pays : Anchor Point, les secrets bien gardés de Safi, et ces kilomètres de lignes qui permettent d’exprimer un style unique. Asher et Victor rappellent qu’au-delà de la performance pure, le surf reste un art — un langage personnel qui se révèle pleinement sur ces vagues interminables.