El Quemao Class : Joan Duru magistral, mais privé d'un second sacre historique

23 février 2026

Le village de La Santa, sur l'île de Lanzarote, a une nouvelle fois vibré au rythme de l'El Quemao Class, cet événement sur invitation qui réunit la crème du surf et du bodyboard européen. Si la première journée a laissé les observateurs sur leur faim avec un plan d'eau capricieux, la seconde a offert le spectacle tant attendu : des tubes massifs, techniques et cette gauche de Quemao qu'on compare fréquemment à Pipeline. Mais au-delà du spectacle, c'est le verdict des juges qui est aujourd'hui sur toutes les lèvres.

Un duel au sommet dans le « Pipe Européen »

La gauche de Quemao est une bête à part. Puissante, creuse et imprévisible, elle demande un engagement total. Dans ces conditions, les "goofies" (surfeurs ayant le pied droit devant) partent souvent avec un léger avantage technique pour s'engouffrer dans ces cavernes liquides.

Le Landais Joan Duru, ancien pensionnaire du CT et déjà vainqueur de l'épreuve par le passé, était l'un des favoris de la compétition. Après le sacre d'un autre Français, Marc Lacomare, l'an dernier, Joan Duru semblait en route pour ramener une nouvelle fois le trophée dans les Landes. Calme, précis et d'un engagement rare, il a enchaîné les tubes profonds avec une aisance déconcertante.

Le verdict qui fâche : Un arbitrage trop « local » ?

La finale opposait Duru à trois Espagnols, dont le local de l'étape, Conor Donegan. Le score final affiche une victoire de l'Espagnol avec un total de 18,30 points contre 17,50 pour le Français.

C'est là que le bât blesse. Pour beaucoup d'observateurs présents sur place et derrière leurs écrans (dont moi avec plus de 15 ans sur le tour), la hiérarchie des scores pose question. Dès les demi-finales, un certain penchant du jury pour les surfeurs canariens se faisait sentir. En finale, malgré un tube parfait avec la note de 10 et un deuxième barrel que beaucoup estimaient supérieur, Joan Duru se voit relégué à la deuxième place.

"Joan méritait clairement la victoire. Son placement et la profondeur de ses tubes étaient un cran au-dessus", murmure-t-on dans les bureaux.

Un bilan contrasté malgré le spectacle

Si la victoire de Conor Donegan est officielle, elle laisse un goût amer aux fans de surf français. On ne peut s'empêcher de penser que Duru a été "sous-noté" pour favoriser un succès local dans ce temple du surf canarien.

Malgré cette frustration, l'El Quemao Class prouve encore qu'elle est l'une des plus belles compétitions de l'hiver. Joan Duru repart de Lanzarote avec une belle deuxième place, mais surtout avec le respect de tous ceux qui savent que, ce jour-là, le vrai patron de la gauche, c'était lui.

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