Il y a des trailers qui balancent des images jolies et des promesses creuses. Et il y a ceux qui te donnent envie de ressortir la board du garage, de remettre une cassette et de te rappeler pourquoi tu aimes cette culture. La dernière vidéo de Jack Johnson, autour de son projet SURFILMUSIC, fait clairement partie de la deuxième catégorie : un mélange de souvenirs salés, de création artisanale et de “crew spirit” qui sent le sable encore humide sur les sièges de la voiture.
Dès les premières secondes, on comprend que ce n’est pas seulement une annonce de film ou de tournée. C’est une boucle qui se referme — ou plutôt un cercle qui s’agrandit : le surf, l’image, la musique… et tout ce qui relie ces mondes depuis plus de vingt ans chez Jack.
SURFILMUSIC s’annonce comme un documentaire sur la trajectoire de Jack : surfeur, puis filmmaker, puis musicien devenu une référence mondiale. Mais l’intérêt, c’est que le récit ne cherche pas à faire “success story” à l’américaine. Le ton est plus intime : l’idée que la création vient de la même source que le surf — l’observation, le rythme, la patience, l’instant.
Le trailer insiste aussi sur un point qui parle à tous ceux qui ont déjà partagé un line-up : personne ne construit ça tout seul. Les projets naissent d’une bande, de rencontres, d’amitiés qui traversent les années. Et c’est exactement ce qui donne à SURFILMUSIC une saveur particulière : on ne regarde pas juste une carrière, on suit une communauté.
Le cœur émotionnel du projet, c’est le retour sur deux surf films qui ont marqué une génération : Thicker Than Water (1999) et The September Sessions (2000). SURFILMUSIC va raconter la fabrication de ces films, l’énergie “do it yourself” de l’époque, et surtout comment cette aventure visuelle a servi de tremplin à la musique de Jack.
C’est là que l’histoire devient intéressante pour Icônes Surf : ces films n’étaient pas juste “de belles vagues”. Ils ont contribué à façonner une esthétique, une manière de filmer le surf, et une façon de raconter la glisse sans hurler, sans surjouer — juste en laissant parler la lumière, la vitesse, et le silence entre deux séries.
Le documentaire promet aussi de retrouver des figures présentes dans ces films et dans cette époque, avec des noms qui résonnent immédiatement : Kelly Slater, Rob Machado, et les Malloy Brothers. Rien que ça, c’est un joli ticket pour la nostalgie… mais aussi pour remettre en perspective une période où le surf film avait une aura presque “underground”, avant l’ère du scroll infini.
Pour accompagner la sortie du trailer, Jack Johnson a dévoilé “Hold On To The Light”, un nouveau morceau réalisé avec Hermanos Gutiérrez. C’est présenté comme un premier aperçu de la bande-son de SURFILMUSIC : une musique qui garde le côté chaleureux de Jack, avec une texture plus cinématographique, plus “road movie”. Le genre de son qui colle parfaitement à des images de trip, de sessions, de moments simples.
La vidéo sert aussi de rampe de lancement à la SURFILMUSIC Tour, une tournée nord-américaine annoncée sur 43 dates en 2026, marquant un vrai retour sur la route après plusieurs années plus calmes. L’idée, c’est de prolonger l’expérience du film en live : du son, des images, et une ambiance pensée pour des salles (et surtout des amphithéâtres) qui respirent l’été.
Jack Johnson n’a jamais séparé musique et engagement. Sa tournée est annoncée avec un dispositif éco-responsable (partenariats, actions sur place, mise en avant d’associations, initiatives contre le plastique, etc.), et une logique de redistribution qui vise à soutenir des projets locaux et environnementaux. Là encore, ce n’est pas un argument marketing plaqué : c’est dans son identité depuis longtemps.
Parce que SURFILMUSIC ne cherche pas à “faire tendance”. Il revient à l’essence : filmer ce qu’on aime, jouer ce qu’on ressent, et partager avec les gens qui étaient là avant que tout devienne “contenu”. Le trailer ressemble à un message simple : tu peux changer de vie, de métier, d’endroit… mais l’océan, lui, reste un point fixe.