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Tout surfeur normalement constitué a déjà contracté cette pathologie sans jamais l’assumer publiquement. Vous êtes seul sur un banc de sable correct, l’esprit tranquille. Soudain, un inconnu prend une vague à 200 mètres de là. Trente secondes plus tard, vous ramez frénétiquement dans sa direction. Les très sérieux chercheurs de l’Institut d’observation des line-ups ont enfin mis un nom sur ce fléau : le syndrome du pic d’à côté.
Le mirage de la série parfaite
Au line-up, le protocole est immuable. Le surfeur observe. Le surfeur doute. Le surfeur finit par ramer. Peu importe que la vague de l’inconnu ait lamentablement fermé ou qu’elle soit aussi molle qu’une houle d’août : l’important, c’est qu’elle a cassé ailleurs.
Selon cette étude, 94 % d’entre nous se délocalisent pour rejoindre un pic strictement identique à celui que l’on vient de fuir. Les 6 % restants sont simplement ceux qui rentrent à la voiture.
La preuve sociale aquatique
Le second symptôme de ce syndrome est encore plus dévastateur. S’il y a quarante personnes agglutinées sur un même pic, votre cerveau en déduit que c’est obligatoirement « The Place To Be« . Vous rejoignez donc la meute, bataillez pendant quarante minutes pour ne absolument rien prendre, et rentrez chez vous persuadé d’avoir ramé sur le meilleur spot de la journée.
Pendant ce temps-là, à 300 mètres de votre bouchon flottant, un grand débutant seul au monde enchaîne des séries parfaites. Personne ne le regarde. Il ne le sait même pas.
Le traitement miracle
Les scientifiques sont pourtant formels quant au remède : restez sur votre pic pourri. Statistiquement, il est prouvé qu’il redeviendra parfait à la seconde précise où vous déciderez finalement de le quitter.



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