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C’est une décision historique pour le monde du surf et une première d’une telle envergure au Canada, et dans le monde. La décharge de West Coast, située entre les hauts lieux de la glisse de Tofino et d’Ucluelet sur la côte ouest de l’île de Vancouver, interdit désormais le dépôt des combinaisons en néoprène afin de lutter contre la pollution plastique et d’imposer un modèle circulaire.
Le District régional d’Alberni-Clayoquot (ACRD), qui possède et gère la décharge de West Coast, a officialisé début octobre la mise en application d’un amendement adopté le 23 septembre 2026. Ce texte ajoute formellement les combinaisons en néoprène usées à la liste des déchets interdits d’enfouissement. Les surfeurs, les écoles et les commerces locaux ne peuvent plus jeter leur matériel hors d’usage dans les ordures ménagères. Ils doivent dorénavant le déposer gratuitement dans un espace de collecte dédié sur le site, l’Ocean Plastic Depot.
ReSurf : donner une seconde vie aux équipements de surf
Cette interdiction marque l’aboutissement d’un long combat mené depuis 2016 par l’antenne canadienne de la fondation Surfrider. Pour Daniel Raab, responsable du programme ReSurf chez Surfrider Canada, ce partenariat avec l’ACRD et l’Ocean Legacy Foundation constitue un tremplin majeur. Les combinaisons collectées seront acheminées vers l’atelier de l’association, situé à Ucluelet, pour y être réparées, transformées ou entièrement recyclées.
L’an dernier, cette filière citoyenne a déjà permis d’extraire et de valoriser plus de 4 500 kilogrammes (environ 10 000 livres) de néoprène qui auraient autrement fini sous terre. « En créant une voie dédiée au recyclage du néoprène, nous réduisons les déchets, soutenons l’innovation locale et aidons les résidents à faire des choix plus durables », a déclaré Jon Jack, président du conseil d’administration de l’ACRD, dans un communiqué conjoint.
Un matériau polluant qui n’est pas biodégradable
Le néoprène est un caoutchouc synthétique hautement résistant, issu de la pétrochimie, dont la fabrication nécessite des composés toxiques comme le chloroprène. Ce matériau, essentiel pour affronter les eaux glaciales du Pacifique Nord, met des siècles à se dégrader et s’accumule indéfiniment dans les décharges traditionnelles.
Lilly Woodbury, porte-parole de Surfrider Canada, rappelle que ce bannissement local n’est qu’une première étape. « Notre objectif ultime est de pousser l’ensemble de l’industrie à s’affranchir du néoprène », insiste-t-elle, saluant au passage les initiatives de marques comme Patagonia, qui utilisent déjà l’hévéa, une alternative naturelle et végétale issue de forêts de caoutchouc.
En Europe, et plus précisément au printemps 2026, j’ai assisté à une journée de discussion avec l’EUROSIMA pour essayer de mettre en place des solutions. Quelques marques ont commencé à récolter du néoprène, mais cela n’est pas toujours facile par manque de place. Le débat est en tout cas ouvert….


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