Catégorie : Matos surf

  • William Aliotti teste 4 planches asymétriques en Indonésie : l’erreur de shape qui lui a coûté cher

    William Aliotti teste 4 planches asymétriques en Indonésie : l’erreur de shape qui lui a coûté cher

    Imaginez la scène : vous êtes à Ujung Bocur, face à l’une des gauches les plus longues et parfaites d’Indonésie. Dans votre housse, quatre ovnis asymétriques fraîchement shapés à Bali par le duo Ryan Lovelace et Vincent Brecqueville pour Lovemachine. C’est exactement le laboratoire qu’a choisi le freesurfeur William Aliotti pour martyriser son nouveau quiver. Et tout ne s’est pas passé comme prévu.

    Dès les premières vagues, le ton est donné. La Zambal (5’5 pour seulement 23 litres) se révèle être un véritable skate. Avec ses patchs en carbone pour encaisser les appuis surpuissants d’Aliotti, elle offre une vitesse hallucinante, malgré une rame laborieuse. Pour les conditions plus solides, le Satellite Step-Up (6’0) prend le relais : un volume généreux caché sous le torse, couplé à un travail de concaves ultra-centré qui permet de surfer uniquement sur le tiers arrière. Une machine à découper le curl.

    Le duo de shapers a même glissé un prototype radical, le Willycopter (5’7). Avec son tail ultra-large et son rocker prononcé, cette planche au look improbable a été pensée spécifiquement pour les slabs indonésiens qui pardonnent le moins.

    Mais le véritable drame de ce trip s’est joué avec la Satellite classique (5’8). Montée en époxy sans latte centrale (stringerless), elle offrait une relance et une fluidité inégalées. Trop en confiance face à la vitesse de la board, Aliotti a fait le choix risqué de l’engager dans de gros barrels cabossés. La sanction a été immédiate : le fameux « foam ball » (la boule de mousse à l’intérieur du tube) a littéralement plié et explosé la planche en deux.

    Une erreur matérielle assumée qui rappelle une règle d’or : dans les vagues lourdes, la latte reste votre meilleure assurance vie. Pour contrôler ces asymétriques avant la casse, Aliotti utilisait d’ailleurs ses propres dérives, les Bizou Twins, développées en collaboration avec True Ames. Un set qui prouve que l’asymétrie, quand elle est bien jaugée, a définitivement sa place dans les vagues de classe mondiale.

  • Planches obsolètes, coulisses sombres et punchline de Kelly Slater : Dan Mann balance tout

    Planches obsolètes, coulisses sombres et punchline de Kelly Slater : Dan Mann balance tout

    Le milieu du surf aime cultiver ses secrets, mais le célèbre shaper Dan Mann (Mankind, Firewire) vient de briser l’omerta. Invité du podcast Stab Mic, il a balancé l’envers du décor d’une industrie qu’il qualifie carrément d’impitoyable.

    Le « ghosting » lunaire de Stab in the Dark

    Après avoir remporté le prestigieux Stab in the Dark aux côtés de Kelly Slater, puis frôlé la victoire avec Ethan Ewing, Dan Mann s’attendait à une consécration. La réalité ? Un silence radio total de cinq mois. Entre rendez-vous manqués et chaos de production géré par Sam McIntosh, le shaper est resté dans le noir complet, sans trophée ni célébration. Un coup de massue qui illustre sa vision du milieu :

    « Les gens les plus méchants de la terre se mettent à fabriquer des planches. C’est un business impitoyable. »

    La punchline glaciale de Kelly Slater à un fan

    Au-delà des rancœurs industrielles, Dan a partagé une anecdote mémorable au Costa Rica. Alors qu’il résidait dans une retraite végétarienne, Kelly Slater a craqué pour un énorme smash burger triple steak et bacon. C’est à ce moment-là qu’un fan texan très intrusif s’est approché de leur table en lançant : « Désolé de vous déranger ».

    La réponse du King ? Un missile court et ultra-glacial : « Alors ne le fais pas ». Le plus fou ? Le fan, aveuglé par l’euphorie de la rencontre, n’a même pas capté le tacle.

    Le PU est mort, l’innovation aussi ?

    Le shaper jette enfin un énorme pavé dans la mare concernant votre surfboard. Selon lui, le design des planches stagne. Si le milieu ne bascule pas urgemment vers des technologies composites (EPS, carbone, mise sous vide), l’innovation va mourir. Pour Dan, les shapes actuels en polyuréthane (PU) ont atteint un plafond de verre : 90% du marché actuel n’est que du storytelling pour vous vendre la même chose le mardi matin.

  • Enquête Stab : Les surfeurs élisent les meilleurs accessoires de l’année

    Enquête Stab : Les surfeurs élisent les meilleurs accessoires de l’année

    Vous vous demandez si vous utilisez le meilleur matériel sur votre planche ? Plus de 7 500 passionnés ont répondu à la grande enquête annuelle du média Stab, et le verdict de la communauté va bousculer quelques certitudes.

    Le duel le plus attendu concernait les dérives. Et sur ce coup, c’est une véritable correction : Futures Fins écrase FCS en récoltant 49 % des suffrages, contre seulement 34 % pour son rival historique. Le reste du gâteau se partage entre True Ames, Captain Fin et Endorfins.

    FCS sauve tout de même l’honneur sur le segment des leashes, mais d’un cheveu. La marque décroche la première place avec 25,76 % des voix, talonnée de très près par Creatures (23,27 %) et Dakine (17,32 %).

    Du côté des pads, le constat est sans appel. Creatures of Leisure s’impose comme le patron incontesté en obtenant 20,12 % des votes, soit presque le double de son dauphin, Octopus (11,46 %).

    Enfin, la bataille la plus serrée s’est jouée sur les housses de transport. Dakine l’emporte sur le fil avec 17,46 % des suffrages, juste devant Creatures (16,84 %) et FCS (15,48 %).

    Personnellement, j’aimerai réaliser la même étude pour la France…

  • « Deux surfeurs influents qui font des fringues, comment ça pourrait foirer ? » : Les coulisses financières brutales de Former

    « Deux surfeurs influents qui font des fringues, comment ça pourrait foirer ? » : Les coulisses financières brutales de Former

    Le surf mondial se cherche, et voir des pointures monter leur propre boîte semble presque logique. Kelly Slater avec la marque Outerknown, John John Florence a lancé Florence Marine X, Kolohe Andino pousse 2 Percent, et Julian Wilson suit la danse. Sur le papier, l’histoire est belle. Sauf qu’être l’icône de toute une génération sur une planche de surf n’a absolument rien à voir avec le costume d’entrepreneur. Et quand on gratte le vernis glamour des clips de free surf, la réalité des coulisses est parfois d’une violence rare.

    C’est le constat brut qu’ont partagé Dane Reynolds et Craig Anderson en revenant sur les premières années de leur marque, Former. Une aventure qui a bien failli couler avant même d’avoir un nom officiel.

    « On n’avait aucune idée de ce que gérait un business, voulait dire »

    Au milieu des années 2010, le surf business tremble. Kelly Slater claque la porte de son sponsor historique, et un vent d’exode souffle sur l’industrie. C’est lors d’un trip mémorable avec le magazine Monster Children que l’étincelle jaillit. Le regretté Dylan Rieder — l’un des skateurs les plus influents de l’histoire, alors en rémission — pousse Dane Reynolds, Craig Anderson et Austin Gillette à s’unir. L’idée ? Créer une marque indépendante, à l’esthétique brute, loin des logos néons et des plans marketing standardisés des majors de l’époque.

    « À l’époque, j’ai pensé : deux surfeurs ultra-influents qui font des fringues stylées… comment ça pourrait foirer ? », balance Craig Anderson.

    La réponse ne s’est pas fait attendre. Sans aucune notion de trésorerie, de flux de trésorerie ou de prévisions de ventes, l’équipe fonctionne à l’instinct. Ils dessinent une collection, raclent leurs fonds de tiroirs pour la produire, vendent tout en quelques jours, puis passent des mois sans le moindre produit en stock. Pire : l’équipe recrute des amis créatifs, qui embauchent d’autres amis, qui appellent eux-mêmes leurs potes.

    « Un jour, tu réalises que tu es endetté jusqu’au cou »

    Le réveil est brutal. Dix-huit mois après le lancement, un proche examine les comptes et pose des questions basiques sur la situation financière de la marque. Réponse des fondateurs : un silence total. « Mec, tu n’as pas un business là, tu as juste une idée », leur balance-t-il.

    Former est alors asphyxié par une ardoise qui grimpe rapidement à plus de 120 000 dollars. Les comptes tournent sur les cartes de crédit personnelles des surfeurs. Alors que les investisseurs initiaux s’éloignent, Dane Reynolds refuse de laisser mourir le projet. Il rapatrie les cartons de vêtements dans son propre garage. Pendant un an et demi, les deux icônes du free surf mondial triment dans l’ombre pour éponger les dettes, poussées par l’énergie de leurs proches qui gèrent de petites boutiques indépendantes en solo.

    Aujourd’hui basé à Ventura, le projet a survécu à la fameuse crise des cinq ans qui fauche la moitié des jeunes entreprises. Mais le combat reste quotidien face aux retards de livraison des fournisseurs et aux cycles de vente manqués. Dix ans après, l’esprit est resté intact, presque par miracle : pour rider chez Former, il faut encore être prêt à poser son matelas sur le béton du hangar.

  • Guide du shape : Quelle planche de surf est vraiment faite pour vous ?

    Guide du shape : Quelle planche de surf est vraiment faite pour vous ?

    On a tous en tête l’image du surfeur pro fracassant le lip sur un shortboard ultra-performant. Pourtant, la réalité sur nos spots est bien différente. Près de 80 % des pratiquants commettent l’erreur de surfer des planches trop exclusives pour leur niveau ou pour les conditions du jour. C’est le syndrome de la Ferrari : fantastique sur le papier, mais impossible à exploiter pleinement si on n’a pas le pilotage adéquat. Pour retrouver le vrai plaisir de la glisse, il est temps de faire tomber les complexes et d’explorer la mécanique des différents shapes : le shortboard performance, le fish et la surprenante planche asymétrique. J’ai trouvé cette vidéo intéressantes.

    Le Shortboard Performance : La « Ferrari » des spots

    Le thruster classique (trois dérives) reste la référence absolue en compétition. C’est une machine nerveuse dotée d’un rocker prononcé

    • Rocker prononcé : Plus la planche est courbée, plus elle tourne court et permet de surfer à la verticale. En contrepartie, elle a besoin de vitesse, que l’on crée de la vitesse.
    • Rocker plat : Une planche plus droite va générer beaucoup de vitesse naturelle, mais sera plus difficile à faire pivoter.

    Le problème du shortboard performance ? Il est ultra-exigeant. Il demande une excellente condition physique à la rame, un placement parfait et des vagues de qualité. Si vous n’utilisez pas la moitié du potentiel de la planche, vous réduisez votre capital fun. Parfois, mieux vaut troquer sa formule 1 contre une « petite Clio » joueuse avec laquelle on peut enchaîner les virages et s’amuser dans toutes les conditions.

    Le Fish : La machine à vitesse sans effort

    Pourquoi le fish rencontre-t-il un tel succès ? Avec son outline généreux à l’avant et son swallow tail (queue de pie), il offre une excellente portance et une rame facile. C’est le choix idéal pour les vagues estivales ou un peu molles (de 50 cm à 1m20).

    La magie du fish opère grâce à sa configuration en twin (deux dérives). Les ailerons sont plus reculés et plus ouverts par rapport au nose que sur un thruster, ce qui réduit considérablement la traînée d’eau. Résultat : la planche accélère au moindre appui sans forcer.

    L’astuce du shaper : Les shapes modernes intègrent un double concave pour canaliser l’eau et créer de la poussée. Si vous surfez un pointbreak en backside (dos à la vague), n’hésitez pas à ajouter un petit stabilisateur (une mini-dérive centrale) pour retrouver du grip et éviter que la planche ne chasse sur vos talons. (comme Toledo récemment à Raglan)

    La planche asymétrique : La révolution anatomique

    Longtemps boudée ou jugée trop loufoque, la planche asymétrique repose pourtant sur une logique physique implacable : nos appuis humains ne sont pas symétriques. Vous avez beaucoup plus de contrôle et de finesse sur vos orteils (frontside) que sur vos talons (backside), où l’appui est direct, rigide et plus difficile à doser.

    Une planche asymétrique propose donc deux côtés différents adaptés à votre stance (Regular ou Goofy) :

    • Côté orteils : Un rail plus long et des dérives typées « twin » pour garder un maximum de vitesse, de drive et de flow.
    • Côté talons : Un rail plus court (souvent amputé d’un pouce) et une dérive avancée pour faciliter la bascule, raccourcir le rayon de virage et offrir un contrôle de type shortboard.

    C’est la planche de trip ultime : elle offre la vitesse folle d’un twin en ligne droite tout en permettant d’attaquer la lèvre comme un sauvage dès que l’on passe sur les talons.

    L’erreur fatale : Le piège du sous-litrage

    S’il y a bien un conseil à retenir pour faire évoluer votre surf, c’est celui-ci : ne sous-littrez pas vos planches. Vouloir surfer une planche trop petite par pur ego est le meilleur moyen de stagner. Un litre ou deux de plus ne gâcheront jamais votre session, bien au contraire.

    Lorsque vous manquez de volume, la planche a tendance à couler et à saturer lors du bottom-turn. Vous vous retrouvez à surfer « sur des œufs ». Avec un litrage généreux, vous pouvez enfoncer le rail sereinement pour créer le fameux effet bouchon/rebond : la planche emmagasine l’énergie sous l’eau et vous propulse littéralement vers le haut de la vague lorsque vous relâchez la pression.

    Le surf reste une affaire de compromis et de balance. Ouvrir son quiver à des shapes alternatifs, c’est s’assurer de glisser avec style, peu importe l’humeur de l’océan.

  • La fin d’une époque : quand le surf business chasse les vrais passionnés

    La fin d’une époque : quand le surf business chasse les vrais passionnés

    600 € la planche de surf, 300 € la combinaison, destinations tropicales transformée en Disneyland aquatique. La vague a tout emporté sur son passage — y compris l’âme du surf.

    Il fut un temps — pas si lointain — où un surfeur se reconnaissait à ses pieds calleux, sa planche ébréchée et son van en bout de vie garé face à l’océan. Aujourd’hui, il se reconnaît à son application de météo marine payante, sa combinaison à 340 € et son abonnement à la wave pool du coin. Bienvenue dans le surf nouvelle génération : même adrénaline, budget multiplié par dix.

    La question agite les lineups depuis des années, mais elle n’a jamais été aussi urgente. Sur le podcast Stab Mike, Nathan Fletcher — fils de la légende Herbie Fletcher, icône du big wave — lâche sans détour ce qui dérange : les destinations de surf sont désormais calibrées pour des gens qui travaillent toute leur vie avant de découvrir le surf, et non plus pour ceux qui ont consacré leur vie à l’océan. Un aveu d’une franchise brutale, venant d’un passionné du milieu.

    La grande braderie du matériel

    Commençons par les fondamentaux. Une planche de surf de marque correcte : à partir de 600 €. Une combinaison qui ne vous transforme pas en bloc de glace en décembre : 300 €. Un leash pour ne pas perdre ladite planche : 50 €. Un pad arrière — soit littéralement un morceau de mousse texturée collée sur votre planche — également dans les 50 €. Total pour sortir dans l’eau convenablement équipé : on approche allègrement les 1 000 €, sans avoir acheté une seule heure de cours ni réservé le moindre voyage.

    Et encore, on parle d’entrée de gamme raisonnable. Parce qu’à côté, les grandes enseignes de sport outdoor ont compris le filon : surfer est devenu un lifestyle. On ne vend plus du matériel, on vend une identité. Une certaine influenceuse — moins de 30 ans, combinaison flambant neuve, planche assortie — parade fièrement avec son équipement acheté dans une chaîne de distribution. Les surfeurs punks des années 80-90 en mode PLS.

    « C’est désormais calibré pour des gens riches qui surfent en hobby, pas pour le surfeur qui a sacrifié sa vie à l’océan. »Nathan Fletcher, Stab Mike Podcast

    L’inflation a avalé les spots

    Le problème ne s’arrête pas au parking du shop. Il traverse les océans. Bali, pendant des décennies le paradis abordable du surfeur au budget serré, est devenu un terrain de jeu pour touristes aisés. Les prix ont explosé, les guides se multiplient — Nathan Fletcher lui-même raconte s’être vu imposer un guide dans un spot qu’il fréquente depuis des années, sans que personne n’en ait eu besoin avant. La logique économique a rattrapé le mythe.

    L’Indonésie, jadis terra incognita où quelques bateaux solitaires se partageaient des vagues désertes, compte aujourd’hui des camps terrestres, des stations wifi, des aéroports internationaux, et des spots où dix bateaux attendent au line-up dès l’aube. En vingt-cinq ans. Le surfeur a été sorti du game par son propre engouement, victime de la médiatisation qui l’a rendu célèbre.

    « Vous alliez dans des endroits incroyables avec un budget de surfeur. Maintenant, c’est 5 dollars le café, le wifi, et vous êtes là à vous dire : mais qu’est-ce qui s’est passé au juste ? »Nathan Fletcher

    La culture s’est noyée dans le marketing

    Ce qui se perd dans l’histoire, c’est peut-être l’essentiel : une culture. Les trade shows où se croisaient shaper, photographe, pro et gamin de 15 ans fans. Les magazines où le surfeur du bout du monde pouvait décrocher une couverture. Les sponsors qui misaient sur des personnalités, pas sur des métriques d’engagement. Cette époque est révolue. Ce qui reste ? Des wave pools à abonnement, des influenceurs en combinaison neuve, et des resorts qui ont compris qu’un cadre supérieur de 45 ans découvrant le surf représente un pouvoir d’achat bien supérieur à celui d’un kid de 20 ans qui dort dans son van.

    Le surf a toujours coûté cher — c’est là un mythe à déconstruire. Même dans les années 80, une planche représentait un investissement significatif. Mais la dernière décennie a creusé un fossé net entre ceux qui peuvent vraiment pratiquer — voyager, se former, s’équiper correctement — et ceux qui regardent les vagues depuis le bord, iPad à la main, pour choper le meilleur angle Instagram. Le surf baba cool ? Il ne survit que dans les représentations mentales de gens qui ne l’ont jamais pratiqué.

    Alors, sport de riches ?

    Pas tout à fait — et c’est là que la réponse devient nuancée. L’océan, lui, ne facture toujours rien. On peut encore surfer avec une planche d’occasion à 150 €, une combi de seconde main et du sel dans les yeux. Mais le surf tel qu’il se pratique désormais, tel qu’il se vend, tel qu’il se montre — celui-là, oui, s’est offert un lifestyle upgrade dont tout le monde n’a pas les moyens. La vague a changé de main. Et quelque part, dans un van en bout de piste, un vieux surfeur aux pieds salés lève les yeux au ciel.

  • Le tabou du Twin-Fin sur le WCT : l’audace payante de Filipe Toledo à Raglan

    Le tabou du Twin-Fin sur le WCT : l’audace payante de Filipe Toledo à Raglan

    Le World Championship Tour (WCT) est une machine à uniformiser les trajectoires, les styles, les planches de surf. Depuis l’avènement du Thruster au début des années 1980, le shortboard trois dérives ultra-performant, étroit et au rocker prononcé est devenu la norme absolue en compétition. Une formule magique qui pousse parfois au conservatisme technique. Rares sont les surfeurs de l’élite qui osent bousculer ce dogme en série, de peur de se heurter à l’incompréhension des juges. Pourtant, lors de l’étape de Raglan en Nouvelle-Zélande, Filipe Toledo a brisé ce plafond de verre en s’alignant avec un montage en Twin-Fin customisé, relançant un vieux débat : pourquoi la configuration de planche la plus rapide du surf est-elle si redoutée en compétition ?

    Le coup de poker mécanique de Toledo

    Face aux conditions piégeuses et molles de Raglan, qui rappellent les vagues d’été de Californie ou du Brésil, le double champion du monde brésilien a délaissé son shortboard classique pour une Modern 2 de chez Sharp Eye, un shape plus large au maître-bau avancé, qui finit par un swallow tail. Surtout, Toledo y a vissé une configuration en « deux plus un » : deux grands Twin-Fins latéraux épaulés par un micro-stabilisateur central à l’arrière.

    Le résultat ? Une note stratosphérique de 8.83, le meilleur score de la journée, obtenue grâce à une série de sept manœuvres fluides. Sur un pointbreak à sections plates comme Raglan, la vitesse pure est la clé. Là où un Thruster traditionnel crée de la traînée et demande au surfeur de relancer constamment, le Twin-Fin offre une glisse immédiate et un flux ininterrompu. Toledo a pu se concentrer uniquement sur le placement de ses turns, libéré du besoin de générer artificiellement de la vitesse.

    Le syndrome du « jugement qui ne suit pas »

    L’exploit reste pourtant une anomalie sur le circuit mondial. Historiquement, les compétiteurs savent que sortir des sentiers battus est un risque immense. Dans les petites vagues, un Fish ou un Twin-Fin générerait plus de vitesse et de spectacle, mais les critères de jugement du WCT restent profondément ancrés dans l’esthétique du Thruster : des dérives qui mordent, des virages dans le point de rupture le plus critique et des projections d’eau massives.

    Le Twin-Fin, par nature, offre un pivot différent, plus glissé, parfois jugé à tort comme moins radical ou trop « facile ». Cette crainte de la sous-notation paralyse la créativité des athlètes. Seuls quelques génies iconoclastes ont osé défier cette norme par le passé. Kelly Slater lui-même s’est souvenu, en voyant Toledo, d’une série mythique en France où Dane Reynolds avait surclassé tout le monde sur un Twin-Fin Al Merrick dans des vagues minuscules. Slater a lui-même expérimenté des configurations Quads atypiques lors des qualifications olympiques en 2019, mais ces moments restent des parenthèses dans l’histoire moderne.

    Une évolution durable ou un simple mirage ?

    Le coup d’éclat de Toledo à Raglan prouve que lorsque le style d’un surfeur ultra-radical rencontre le shape adapté à la perfection, les juges savent juger l’excellence, peu importe le nombre de dérives sous la planche. Le stabilisateur arrière apporte ce compromis indispensable pour le CT : la vitesse de ligne du Twin combinée au contrôle nécessaire pour ne pas déraper lors des gros carves. La nuit dernière, Toledo a répété sa performance avec la même planche, en éliminant Gabriel Medina, qui vient de perdre son lycra de leader. Ce choix de shape va-t-il désinhiber le reste du tour, ou le Thruster reprendra-t-il immédiatement ses droits dès que les vagues grossiront ? Une chose est sûre, la brèche est ouverte.

  • Ce que le surf moderne a perdu, Andy Irons le possède encore (et voici pourquoi il nous manque tant)

    Ce que le surf moderne a perdu, Andy Irons le possède encore (et voici pourquoi il nous manque tant)

    Le monde a radicalement changé depuis ce triste jour de novembre 2010. Nous avons traversé des pandémies, des crises géopolitiques majeures, et vu nos vies aspirées par des algorithmes de réseaux sociaux toujours plus lisses. Pourtant, au milieu de ce tumulte numérique et d’un surf de compétition devenu parfois trop « propre », un nom continue de résonner comme un cri de ralliement : Andy Irons.

    Le Kurt Cobain des océans

    Si vous vous demandez pourquoi Billabong continue de célébrer « AI » avec une telle ferveur, la réponse ne se trouve pas dans un fichier Excel de marketing. Elle réside dans ce que j’appellerais l’âme « Core » du surf. Andy était notre Kurt Cobain. Il incarnait ce mélange explosif de génie pur et de vulnérabilité, de rébellion et d’imprévisibilité. À une époque où chaque surfeur du tour semble sortir d’un moule de media-training, le souvenir d’Andy nous rappelle pourquoi nous sommes tombés amoureux de ce sport : pour la passion brute, pas pour les lycras de supermarché.

    Plus qu’une collection, un héritage thérapeutique

    Billabong vient de sortir sa nouvelle collection Andy Irons Forever, accompagnée du deuxième épisode de la série Next Gen. Mais ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas d’une simple opération de « retail therapy ». C’est un pont jeté entre les époques. Dans ce film, les légendes comme Shane Dorian, Joel Parkinson et Mark Occhilupo — qui ont vu de leurs propres yeux les prouesses (et les frasques) d’Andy — témoignent d’une vérité universelle : le surf d’Irons fait l’unanimité.

    Alors que nous vivons dans une ère de division constante, la ligne de trajectoire d’Andy sur une vague à Pinetrees ou à Teahupo’o reste l’une des rares choses sur lesquelles tout le monde s’accorde encore. C’est le standard d’or, le surf dans sa forme la plus viscérale.

    Pourquoi nous avons besoin d’AI, et non d’IA en 2026

    Lors de la récente rétrospective au JS Garage à Oceanside, l’émotion était palpable devant les clichés de photographes légendaires comme Brian Bielmann ou Steve Sherman. Les bénéfices des ventes soutiennent la Andy Irons Foundation, prouvant que l’impact de l’Hawaïen dépasse largement le cadre du sport.

    « Je regarde le surf actuel et je vois des athlètes incroyables, comme Ethan Ewing. Mais Andy… Andy avait ce supplément de danger qui nous tenait en haleine. »

    Le surf moderne est efficace, millimétré, presque chirurgical. Andy, lui, était électrique. Il était capable de perdre ses nerfs au premier tour et de fracasser le meilleur surfeur de l’histoire en finale une heure plus tard. C’est ce côté imprévisible qui nous manque cruellement. Porter une pièce de sa collection, c’est un peu comme porter un badge de résistance contre la standardisation du surf. C’est affirmer que le « Core » n’est pas mort, qu’il attend juste de se réveiller dans la prochaine génération.

    Andy Irons ne se contentait pas de gagner des titres ; il nous faisait ressentir quelque chose. Et c’est précisément pour cela que, 15 ans après, nous continuons de scroller, de regarder ses vidéos et de porter son nom sur nos poitrines.

  • Sécurité en surf : l’innovation australienne qui veut rendre les attaques de requins impossibles

    Sécurité en surf : l’innovation australienne qui veut rendre les attaques de requins impossibles

    Le traumatisme des récentes attaques en Australie et en Nouvelle-Calédonie a relancé une course contre la montre technologique. Au cœur de la Nouvelle-Galles du Sud, une équipe de scientifiques est sur le point de transformer un simple accessoire de surf en un véritable bouclier contre les attaques de requin.

    Une technologie invisible nichée dans vos dérives

    Le projet, doté d’un budget colossal de 2,5 millions de dollars, est piloté par le Surf Flex Lab de l’Université de Wollongong. L’idée ? Ne plus compter sur de lourds boîtiers fixés sous la planche, mais intégrer un dispositif de répulsion directement dans les dérives de surf.

    Le principe repose sur la surcharge sensorielle. Les requins possèdent des récepteurs ultra-sensibles appelés ampoules de Lorenzini. Le dispositif émet des impulsions électriques qui saturent ce système, provoquant chez le prédateur un inconfort immédiat et des spasmes musculaires, le poussant à s’éloigner sans le blesser.

    « L’espace est limité, une dérive pèse environ 100 grammes. Le défi est d’y loger l’intelligence sans altérer les performances de glisse », explique le professeur Marc in het Panhuis.

    « Coexister avec l’océan » : le témoignage d’un survivant

    Parmi les piliers de ce projet, on retrouve Brett Connellan. Ce nom résonne fort dans la communauté surf : il y a dix ans, il survivait miraculeusement à l’attaque d’un Grand Blanc à Bombo Beach. Aujourd’hui, il travaille main dans la main avec les chercheurs.

    Pour lui, il ne s’agit pas de « tuer » ou de « chasser » le squale, mais de redonner de la confiance aux pratiquants. Cette technologie est une passerelle vers une cohabitation apaisée, permettant aux surfeurs de reprendre le line-up avec une assurance nouvelle, là où le risque est omniprésent.

    Bientôt dans nos shops de surf ?

    Le processus suit un protocole éthique strict. Avant la commercialisation, des tests en mer sont prévus, d’abord pour valider l’hydrodynamisme des dérives, puis sous supervision scientifique en présence de la faune marine.

    À terme, cette innovation ne se limitera pas au surf. Les chercheurs envisagent déjà d’équiper :

    • Les embarcations légères (kayaks, paddles).
    • Le matériel de plongée sous-marine.
    • Les équipements de sauvetage en mer.

    Alors que les autorités de Nouvelle-Galles du Sud encouragent déjà l’usage de dispositifs personnels testés scientifiquement, cette dérive « intelligente » pourrait bien devenir le nouveau standard de sécurité mondial.

  • Le film choc « The Big Sea » balance la vérité sur l’industrie du néoprène

    Le film choc « The Big Sea » balance la vérité sur l’industrie du néoprène

    En tant que surfeurs, nous aimons nous voir comme des protecteurs de l’océan. On ramasse trois déchets avant de quitter la plage, on évite le plastique… mais avez-vous déjà regardé de près ce que vous portez sur le dos ? J’ai plongé dans le documentaire « The Big Sea », et ce que j’y ai découvert risque de changer radicalement votre prochain achat de matériel.

    L’odeur du néoprène : un parfum de « Cancer Alley »

    On connaît tous cette odeur caractéristique d’une combinaison neuve. Pour nous, c’est l’odeur de la session qui arrive. Pour les habitants de la « Cancer Alley » en Louisiane, c’est l’odeur de la mort. Le film de Lewis Arnold, Chris Nelson et Demi Taylor met en lumière un lien direct et glaçant entre la production du néoprène — ce matériau pétrochimique dont sont faites 90 % de nos combinaisons — et des taux de cancer records dans les populations locales.

    Ce n’est pas seulement un problème écologique, c’est une question de santé public. Les usines qui fabriquent les composants chimiques nécessaires à notre confort thermique sont souvent implantées dans des zones habitées par des communautés marginalisées qui en paient le prix fort.

    Derrière le rêve à 10 milliards de dollars

    L’industrie du surf pèse aujourd’hui plus de 10 milliards de dollars. Elle s’est construite sur une image de pureté, de liberté et de respect de la nature. Mais « The Big Sea » brise ce miroir. Le documentaire expose comment le greenwashing a permis à de grandes marques de fermer les yeux sur l’impact humain et environnemental de leur chaîne de production pendant des décennies.

    Keme Nzerem, journaliste nominé aux BAFTA, ne mâche pas ses mots en qualifiant l’œuvre de « l’un des films de plein air les plus importants de tous les temps ». Il ne s’agit plus de savoir si votre combi est souple ou si elle sèche vite, mais de savoir si quelqu’un est mort pour qu’on puisse surfer au chaud cet hiver.

    La solution pousse littéralement sur les arbres

    La bonne nouvelle — car il y en a une — c’est que ce film n’est pas qu’un constat d’échec. C’est un véritable appel à l’action. Il existe une alternative : le caoutchouc naturel (souvent connu sous le nom de Yulex). Une matière qui pousse sur les arbres, qui ne nécessite pas de chimie lourde et qui offre aujourd’hui des performances désormais équivalentes au néoprène classique.

    Grâce à la pression exercée par ce documentaire réalisé en 2024 et les campagnes associées, le vent tourne :

    • Plus de 25 marques de combinaisons ont déjà abandonné le néoprène pétrochimique.
    • Des leaders de l’industrie, comme l’ancien CMO de Xcel Wetsuits, affirment que ce film a « changé l’industrie ».

    Quel domino sera le prochain à tomber ?

    Le néoprène ne se cache pas que dans nos combinaisons. On le retrouve dans les pneus de voitures, les baskets de luxe et même dans l’architecture. Mais c’est nous, les surfeurs, qui menons la charge.

    En refusant d’acheter des produits issus de cette industrie toxique, nous avons le pouvoir de faire basculer le marché. « The Big Sea » nous rappelle que le prix de la vague parfaite ne doit plus être la santé de populations entières.

    Pour en savoir plus sur les projections et la campagne : thebigsea.org

  • Vers une explosion du surf en Europe : 3 milliards de dollars en jeu, mais à quel prix ?

    Vers une explosion du surf en Europe : 3 milliards de dollars en jeu, mais à quel prix ?

    Le surf européen s’apprête-t-il à changer de dimension ? Selon le dernier rapport de Market Data Forecast et un article américain de The Inertia, le marché de la planche de surf en Europe, estimé à 1,09 milliard de dollars en 2025, pourrait atteindre le chiffre vertigineux de 3,01 milliards d’ici 2034. Une croissance qui interroge autant qu’elle impressionne, alors que nos lineups affichent déjà complet.

    Les moteurs d’une croissance record

    Cette envolée financière ne sort pas de nulle part. L’étude pointe plusieurs leviers qui transforment l’industrie :

    • L’industrialisation de l’apprentissage : La multiplication des surf camps et des écoles booste la demande. Ces structures renouvellent leurs flottes de planches (souvent des modèles évolutifs et « softboards ») tous les deux ans.
    • L’effet « Wave Pools » : L’arrivée des piscines à vagues au Royaume-Uni, aux Pays-Bas ou en Suisse démocratise le sport loin des côtes. Les futurs parcs en France et en Espagne devraient accentuer ce phénomène.
    • Le localisme « shaper » : Bonne nouvelle pour l’artisanat, les pratiquants privilégient de plus en plus les shapers locaux, capables d’adapter le matériel aux spécificités des spots européens.

    La France, locomotive du business

    Sans surprise, la France domine le marché avec 27,7 % des parts de ventes. Pourtant, derrière ces chiffres records, une réalité de terrain vient nuancer l’optimisme des analystes. Le rapport cite la saisonnalité et le coût du matériel hivernal comme des freins, mais oublie parfois l’essentiel : l’espace vital dans l’eau.

    Le spectre de la saturation

    Si les chiffres prédisent un triplement du marché, une question brûle les lèvres de tous les pratiquants : où vont surfer tous ces gens ? De Biarritz à Peniche, en passant par Cornwall, la saturation des spots est déjà une réalité quotidienne. Le « crowd » n’est plus seulement une gêne, c’est un frein à la pratique. Voir le nombre de surfeurs exploser semble mathématiquement complexe sur des pics déjà surpeuplés. La croissance du marché pourrait donc moins venir de l’Océan que des vagues artificielles et de la transition vers des matériaux éco-responsables (bioresines, mousses recyclées), vendus plus cher à une clientèle soucieuse de son impact.

    Je vous rassure, si le nombre de pratiquants est toujours aussi importants, on semble loin de ces projections futures et potentielles pour l’instant.

  • Italo Ferreira et le bitume : Génie de la glisse ou roi du 1er avril ?

    Italo Ferreira et le bitume : Génie de la glisse ou roi du 1er avril ?

    Le monde du surf retenait son souffle (et ses larmes) en voyant Italo Ferreira frotter ses dérives de collection contre le goudron d’un parking australien. Mais après une deuxième vidéo postée ce matin, le mystère s’éclaircit. Si les experts se déchiraient en commentaires sur la théorie de l’hydrodynamique, la réalité est, comme souvent avec Italo, un mélange de pure folie et de pragmatisme brut.

    « L’effet Airfoil » : Un fond de vérité technique

    Certains commentaires sous sa dernière vidéo ne s’y trompent pas : « Si on regarde au-delà de la ponceuse version parking, il est en train d’émousser le bord d’attaque de la dérive surf. » En clair, Italo ne détruit pas son matériel, il le « shape » à la sauvage. Ce n’est pas la première fois que je vois cela, mais soyons honnête les surfeurs utilisent du papier de verre pour ce type d’opération. Une technique un peu plus orthodoxe que celle d’Italo.

    Le verdict : Un « Poisson » très sérieux

    Alors, est-ce un Poisson d’avril ? Oui et non. Le timing de la publication (31 mars / 1er avril) est un début de preuve, de mon point de vue. Italo adore jouer avec les nerfs des puristes. Mais la vidéo « after » le montre à l’eau, déchirant littéralement le plan d’eau de Bells avec ces mêmes dérives.

    Qu’il ponce sur du papier de verre 400 ou sur le bitume d’un parking, le résultat est le même : Italo vole, et nous, on regarde.

  • Dan Mann en résidence au Shapers Club : une occasion unique à Marennes

    Dan Mann en résidence au Shapers Club : une occasion unique à Marennes

    C’est un événement à ne pas manquer au printemps prochain. Du 8 au 19 avril 2026, le Shapers Club de Marennes accueillera l’un des shapers les plus influents actuellement : l’Américain Dan Mann. Si son nom résonne déjà aux oreilles des techniciens, sa cote de popularité a littéralement explosé ces derniers mois auprès du grand public.

    L’homme qui a conquis Kelly Slater et le monde du shape

    Pourquoi un tel engouement ? Dan Mann ne se contente plus d’être le shaper phare de chez Firewire. Fin 2025, il a assis sa domination en remportant l’Icon of Shape Award, une consécration ultime jugée par ses pairs (dont Eric Arakawa). Mais pour les surfeurs de « tous les jours », c’est sa victoire retentissante lors du dernier Stab in the Dark qui a marqué les esprits.

    Pour rappel, Kelly Slater a passé des semaines à tester des planches anonymes avant de désigner le shape de Dan Mann comme étant le meilleur. Voir ce shaper, capable de satisfaire les exigences chirurgicales du « King », poser ses rabots en Charente-Maritime est un événement historique pour le shape local.

    Plus qu’un shaper : un athlète de la rame

    Ce qui fait la force de Dan Mann, c’est son passé (et présent) de sportif de haut niveau. Diplômé en littérature anglaise, ce n’est pas qu’un cerveau, c’est aussi une machine à ramer. Ancien champion de paddleboard (prone) et vainqueur de la prestigieuse Catalina Classic, Dan possède une compréhension de l’hydrodynamisme et de l’entrée en vague que peu de shapers égalent.

    C’est cette expertise qui a donné naissance à des « best-sellers » mondiaux comme la Sweet Potato, capable de transformer une session médiocre en un festival de vitesse, ou la FRK, la board de performance pure par excellence.

    Une résidence exclusive au Shapers Club

    Durant ces dix jours à Marennes, Dan Mann ne sera pas là pour faire de la figuration. Il travaillera en direct dans l’atelier du Shapers Club. Pour les passionnés, c’est l’occasion rarissime de voir l’artiste à l’œuvre, d’échanger sur les rails, les concaves et de repartir avec une planche sur-mesure, « shappée » de ses propres mains. On oublie les modèles de série : ici, on parle d’artisanat d’élite.

    Les modèles disponibles à la commande :

    • FRK : Le bijou de performance de Kelly Slater.
    • Sweet Potato : L’arme absolue pour les petites vagues.
    • Dominator & Boss Up : La polyvalence incarnée pour nos côtes françaises.
    • Fuzzy Slipper : Pour ceux qui cherchent du flow.

    Comment sécuriser votre planche ?

    Attention, les places en « custom » sont limitées. Pour ceux qui veulent s’offrir un bout d’histoire du surf, les commandes sont déjà ouvertes pour toute l’Europe via le site mannkine.eu. Il est également possible de se rendre directement au Shapers Club (13 rue des Entrepreneurs, 17320 Marennes) pour discuter du projet et verser un acompte.

    Côté tarifs, comptez à partir de 840 € pour un shortboard en PU et 970 € en EPS. Un investissement, certes, mais pour une planche façonnée par l’un des plus grands noms de la décennie, c’est une opportunité qui ne se représentera peut-être jamais de ce côté de l’Atlantique.

  • Stab in the Dark : Kelly Slater offre la victoire à sa propre marque et enflamme la toile

    Stab in the Dark : Kelly Slater offre la victoire à sa propre marque et enflamme la toile

    C’est un dénouement qui ne manquera pas de faire jaser sur le parking de la Côte des Basques comme sur les forums spécialisés. Pour la 10ème édition du célèbre test à l’aveugle Stab in the Dark, c’est le shaper Dan Mann, représentant la marque Firewire, qui a décroché la première place. Le problème ? Le pilote d’essai n’était autre que Kelly Slater, actionnaire principal de Firewire. PS: il faut être abonné à Stabmag pour voir les épisodes.

    Le hold-up parfait du King ?

    Le concept de Stab in the Dark est pourtant simple : un surfeur de classe mondiale teste des planches blanches, sans logo, pour désigner la meilleure sans influence marketing. Pour cette édition anniversaire, la production avait invité les anciens vainqueurs (DHD, Pyzel, Channel Islands, Lost, Sharp Eye), et personnellement on aurait aimé Axel Lorentz. Mais Slater a posé une condition : l’ajout d’un « wildcard » pour Dan Mann.

    Résultat des courses : c’est précisément cette planche invitée qui l’emporte. Une coïncidence qui a immédiatement déclenché une vague de théories du complot. Comment le surfeur le plus technique de l’histoire, qui passe sa vie à analyser le moindre millimètre de ses rails, a-t-il pu ne pas reconnaître une planche shapée par son collaborateur de longue date ?

    « Tout le monde savait » : les shapers sortent les griffes

    Si Matt Biolos (Lost) a pris la défaite avec philosophie, d’autres acteurs majeurs ne cachent pas leur scepticisme. Chez Channel Islands (Merrick), on ne traite pas ouvertement Slater de menteur, mais on souligne qu’il est « étrange » qu’il n’ait pas reconnu le design. Marcio Zouvi (Sharp Eye) va plus loin, affirmant que le placement des dérives était « trop évident » pour être ignoré. Quant à Jon Pyzel, il suggère un plan orchestré entre les deux hommes.

    Kelly Slater, de son côté, joue la carte de l’étonnement. Il explique que cette planche victorieuse est en réalité une « version d’une version » d’un vieux shape de 15 ans. Il aurait même confondu la DHD avec sa Firewire à cause de la forme des wings.

    Un scandale ou une révolution ?

    Sam McIntosh, le patron de Stab, a directement confronté le King sur ses intentions commerciales. Réponse de l’intéressé : il ne mentirait pas pour une compétition de surf.

    Pourtant, le malaise persiste. Par le passé, des surfeurs comme Dane Reynolds ou Mick Fanning avaient eu l’élégance de disqualifier une planche dès qu’ils reconnaissaient la patte de leur shaper habituel. En choisissant de porter Firewire au sommet, Slater s’offre un coup de pub magistral, mais entache peut-être la crédibilité d’un format qui reposait sur l’impartialité totale.

  • Kelly Slater et Al Merrick : une dernière planche pour transmettre l’héritage

    Kelly Slater et Al Merrick : une dernière planche pour transmettre l’héritage

    Dans la dernière vidéo de Stab In The Dark, Kelly Slater lâche une information aussi discrète que bouleversante : il a demandé à Al Merrick de façonner une ultime planche de surf. Pas pour lui. Mais pour son fils, Tao.

    Une phrase presque lancée à la volée, au détour d’une discussion entre deux légendes, alors que Slater et Merrick regardaient ensemble de vieilles planches, chargées d’histoire. Kelly explique avoir fait la demande un mois avant le tournage. Une dernière planche. La dernière de la vie d’Al Merrick.

    Al Merrick, le shaper de toute une carrière

    Al Merrick n’est pas un shaper comme les autres dans l’histoire du surf. Il est le shaper de Kelly Slater. Onze titres mondiaux, une révolution du surf de haute performance, des modèles devenus mythiques… Leur collaboration est considérée comme la plus fructueuse jamais vue entre un surfeur et un artisan.

    Mais Al Merrick a pris sa retraite il y a plusieurs années, laissant Channel Islands à son fils Britt. Depuis, il s’est éloigné du monde médiatique, vivant une vie discrète, presque mystique. D’où la portée immense de cette demande.

    Une planche comme passage de relais

    Kelly raconte que Al Merrick a esquivé la question. Sans dire non. Sans dire oui. Et c’est peut-être là que réside la beauté de l’histoire.

    Cette planche n’est pas un simple objet. Elle symbolise une transmission. Celle d’un savoir, d’une relation, et d’un pan entier de l’histoire du surf moderne. Une planche façonnée par l’homme qui a construit la carrière du père, pour accompagner les premiers pas du fils.

    Plus qu’une planche, un héritage

    À l’heure où le surf s’industrialise, où les planches sortent d’usines à la chaîne, cette anecdote rappelle que le surf reste avant tout une histoire humaine. De liens, de respect, et de transmission.

    Qu’Al Merrick accepte ou non, la demande de Kelly Slater restera comme l’un des moments les plus forts et les plus symboliques révélés dans Stab In The Dark. Une dernière planche. Peut-être. Mais surtout, une dernière histoire à raconter.

  • Dusty Surfboards : quand les planches vintage reprennent la parole

    Dusty Surfboards : quand les planches vintage reprennent la parole

    Il y a des concepts qu’on découvre un peu tard… et qu’on regrette de ne pas avoir suivis dès le début. Dusty Surfboards fait clairement partie de ceux-là. Portée par Arnaud Mestelan, cette série YouTube remet à l’eau des planches anciennes, parfois plus vieilles que ceux qui les surfent aujourd’hui, pour une seule raison : voir ce qu’elles racontent encore dans les vagues.

    Ici, pas de nostalgie forcée ni de démonstration technique. Le surf parle, simplement.

    Une série surf entre mémoire et sensations

    Dusty Surfboards s’appuie sur la collection personnelle d’Arnaud Mestelan et de ses amis, véritables gardiens du patrimoine surf. Chaque épisode met en lumière une planche vintage, son histoire, son shape, son époque… mais surtout son comportement réel dans l’eau, loin des fantasmes.

    Sessions partagées, échanges spontanés, ressentis à chaud : la série relie planches, surfeurs et spots, sans sur-explication. Une approche rare, presque brute.

    Épisode 1 – Un longboard George Rice des années 60 à Guéthary

    Le premier épisode frappe fort avec un longboard shapé au début des années 60 par George Rice. Importée de Melbourne par des surfeurs australiens venus explorer les vagues basques, cette planche a traversé les décennies.

    Testée à Parlementia, à Guéthary, elle n’est pas qu’un objet de collection : elle a servi à former de nombreux jeunes surfeurs au club Le Surfing. Une planche chargée d’histoire, remise à l’eau sans filtre.

    Épisode 2 – Un single fin en bois entre Mundaka et Lafitenia

    Dans l’épisode 2, direction une pièce rare du surf français : un single fin en bois shapé en 1977 par Baptiste Dupouy.

    Arnaud Mestelan la teste dans deux contextes opposés : une longue session frontside à Mundaka, puis un passage backside à Lafitenia. Deux vagues, deux lectures, un même verdict : la planche impose son rythme et sa logique.

  • Pourquoi les planches alternatives ont bouleversé la pratique du surf

    Pourquoi les planches alternatives ont bouleversé la pratique du surf

    Une statistique qui résume une révolution silencieuse

    En 2007, 70 % des mousses vendues par US Blanks servaient à façonner des shortboards de haute performance. En 2025, ce chiffre est tombé à 17 %. À l’inverse, les fish, mid-lengths et autres planches alternatives représentent désormais 83 % des ventes.
    Derrière ce basculement industriel se cache surtout une évolution profonde de la manière dont les surfeurs pratiquent, consomment et vivent le surf.

    Ces chiffres ont été donnés par US Blanks dans une vidéo de Stabmag.

    Des surfeurs différents, des attentes différentes

    Le surfeur “moyen” de 2025 n’est plus celui de la fin des années 90 ou du début des années 2000. Il est souvent plus âgé, parfois moins en forme physiquement, avec moins de temps à consacrer à l’eau.
    Résultat : la recherche de performance pure — vitesse, radicalité, manœuvres serrées — n’est plus la priorité absolue. Le plaisir, la facilité de rame, la tolérance dans les sections molles ou surpeuplées prennent le dessus.

    Les planches plus larges, plus volumineuses et plus longues répondent parfaitement à ces attentes. Elles permettent de prendre plus de vagues, de surfer plus longtemps et de s’adapter à des conditions imparfaites, devenues la norme sur de nombreux spots.

    Une démocratisation assumée du surf

    L’explosion des planches alternatives accompagne aussi la démocratisation massive du surf. Jamais autant de personnes n’ont pratiqué, essayé ou repris le surf.
    Fish, mid-lengths et autres designs hybrides offrent une porte d’entrée bien plus accessible que le shortboard haute performance, souvent exigeant et frustrant pour les pratiquants occasionnels.

    Cette accessibilité change la culture même de la session : moins d’élitisme technique, plus de glisse, plus de liberté dans les trajectoires. Le surf devient moins un sport de démonstration qu’un espace d’expression personnelle.

    Vieillir… sans arrêter de surfer

    Il faut aussi parler d’un sujet longtemps tabou : le vieillissement des surfeurs. Beaucoup de pratiquants historiques continuent de surfer, mais autrement.
    Les planches alternatives leur permettent de rester à l’eau sans se battre contre leur corps ou contre des planches devenues trop exigeantes. Ce n’est pas un renoncement, mais une adaptation intelligente.

    Une pratique qui s’éloigne du modèle pro

    Enfin, cette évolution marque une prise de distance nette avec le surf de compétition. Le shortboard haute performance reste l’outil ultime pour le très haut niveau, mais il ne représente plus la réalité quotidienne de la majorité des surfeurs.
    Le surf s’éloigne du modèle unique imposé par le circuit professionnel pour retrouver une pluralité de pratiques, de styles et de plaisirs.

  • Quand des surfeurs de Santa Cruz convainquent Shark Tank (Qui veut être mon associé en français) : l’ascension de Surf Skull

    Quand des surfeurs de Santa Cruz convainquent Shark Tank (Qui veut être mon associé en français) : l’ascension de Surf Skull

    L’image d’un surfeur casqué a longtemps été réservé aux surfeurs de grosses vagues ou de vagues dangereuses comme Pipeline. Mais cette époque pourrait être en train de changer. Aux États-Unis, un groupe de surfeurs-entrepreneurs de Santa Cruz vient de créer la surprise dans la version américaine de Qui veut être mon associé (Shark Tank). Leur startup, Surf Skull, a décroché un financement de 50 000 dollars contre 20 % des parts, grâce à une idée simple mais révolutionnaire : un casque de surf caché dans un bucket hat, à la fois discret, confortable et stylé.

    PS: j’ai déjà vu ce type de protection chez une autre marque, il me semble.

    Une innovation née d’un accident en Baja

    Tout part d’une mauvaise chute. Lors d’un trip en Baja California, Davon Larson, surfeur passionné et designer produit chez Google, se blesse grièvement à la tête. Loin de toute structure médicale, il réalise que beaucoup de surfeurs ne portent pas de casque… non pas par manque de conscience du danger, mais parce qu’ils refusent l’image peu flatteuse associée à cet équipement.

    De retour en Californie, Larson rassemble quelques collègues surfeurs travaillant eux aussi chez Google. Leur mission : imaginer une protection crânienne qui ne ressemble pas à un casque. Après plusieurs prototypes, Surf Skull est né.

    “Les gens veulent de la protection, mais pas au prix du ridicule”

    C’est ainsi que Paul Huang, responsable finance et opérations de Surf Skull, résume le problème.
    Leur bucket hat intègre une mousse spécialement conçue pour rester souple pendant la session… tout en durcissant instantanément à l’impact, absorbant les chocs et réduisant considérablement les risques de traumatisme. ( ce qui est une réelle innovation pour le coup)

    Une technologie utilisée dans d’autres sports, mais jamais intégrée de manière aussi discrète dans un accessoire de surf.

    Un pitch convaincant face aux Sharks

    Sur le plateau de l’émission, les surfeurs de Santa Cruz présentent leur produit, leurs chiffres et leur vision : démocratiser la protection en surf, au-delà des seuls chargeurs de vagues massives.

    Leur startup affiche déjà 100 000 dollars de ventes en deux ans. Les coûts de production actuels oscillent entre 10 et 12 dollars, pour un prix de vente de 75 dollars.
    La version 2.0, en cours de fabrication, coûtera 12 à 15 dollars et devrait être commercialisée 100 dollars.

    Séduits, plusieurs investisseurs font une offre.
    L’équipe choisit finalement Daniel Lubetzky, fondateur de KIND Snacks, déjà impliqué dans des projets liés aux sports aquatiques comme TANDM Surf. Lubetzky promet une implication active dans le développement de la marque.

    « Nous sommes super enthousiastes de travailler avec un entrepreneur incroyable », déclare Huang après la signature du deal.

    L’amorce d’une tendance globale ?

    Avec les line-ups toujours plus bondés, les planches plus rapides et le nombre d’accidents graves en hausse, la question de la sécurité s’impose de plus en plus dans le surf. Jusqu’ici, le casque restait un tabou esthétique : utile, mais “pas cool”. Surf Skull pourrait changer la donne.
    Leur bucket hat blindé offre une alternative réaliste pour les surfeurs du quotidien, ceux qui naviguent entre beachbreaks, reefbreaks intermédiaires et sessions entre amis. S’il parvient à rendre le casque “invisible” et socialement accepté, le marché pourrait basculer. Il faut dire que le changement est encours après de nombreux accidents aux quatre coins de la planète. Je vois de plus en plus de compétiteurs, mais encore plus de jeunes surfeurs s’équiper de casque même si nos vagues françaises.

    L’avenir dira si Surf Skull deviendra un standard, mais une chose est sûre : l’innovation arrive au bon moment.

  • La planche de surf perdue en Tasmanie réapparaît 18 mois plus tard à 2 400 km de là, retrouvée par un Français

    La planche de surf perdue en Tasmanie réapparaît 18 mois plus tard à 2 400 km de là, retrouvée par un Français

    C’est une histoire comme seuls les océans savent en écrire. Une planche de surf tombée d’un bateau en Tasmanie, oubliée depuis un an et demi, retrouvée par hasard en Nouvelle-Zélande par un Français installé à Raglan. 2 400 kilomètres plus loin, 18 mois de dérive, et un destin que seul le courant pouvait orchestrer.

    Un voyage insensé porté par les courants

    Mai 2024. Quelque part au large de la Tasmanie, une planche sur mesure glisse sur le pont d’un bateau, heurte le rebord, puis disparaît dans la houle. Son propriétaire, un surfeur australien prénommé Liam, la regarde s’éloigner, impuissant. L’océan l’a avalée, sans promesse de retour.
    Dix-huit mois plus tard, cette même planche va réapparaître… à 2 400 km de là, sur la côte ouest néo-zélandaise.

    Entre les deux, personne ne saura jamais vraiment quel chemin elle a emprunté. Peut-être a-t-elle traversé la mer de Tasmanie portée par les vents d’ouest, s’est échouée un temps sur une côte déserte avant de repartir. Ce qu’on sait, c’est qu’elle a survécu — intacte, marquée, mais debout. Un miracle flottant, couvert de balanes et de coquillages, témoin du passage du temps et des voyages invisibles que tracent les courants marins.

    La découverte d’un Français à Raglan

    Mi-octobre 2025, un Français du nom d’Alvaro Bon profite d’une session de kitesurf dans le port de Raglan, sur l’île du Nord. Installé depuis une dizaine d’années en Nouvelle-Zélande, il connaît ces eaux par cœur. Ce jour-là, le vent est fort, trop fort. Il perd le contrôle de son cerf-volant, qui s’envole au large. En rejoignant la terre, il aperçoit quelque chose d’étrange flottant à la surface : une planche de surf couleur crème, piquée de coquillages, comme sortie d’un rêve.

    « Je l’ai cachée dans les dunes, je ne savais pas trop quoi en faire », racontera-t-il plus tard à la BBC.
    Quelques jours après, il la nettoie et publie des photos sur les réseaux sociaux, espérant retrouver le propriétaire. À son retour de surf, son téléphone est inondé de messages. Parmi eux, celui d’un certain Liam, accompagné d’une photo : c’était bien la sienne. « Il n’arrivait pas à y croire », confie Alvaro.

    Un symbole de résilience et de hasard

    La planche, malgré 18 mois passés à dériver en plein océan, est en bon état. Quelques traces du sel, quelques cicatrices laissées par les coquillages — rien qui ne puisse l’empêcher de flotter.
    Pour Liam, c’est une planche fétiche, un morceau de lui revenu du large. Pour Alvaro, c’est un signe.

    « Le jour où j’ai trouvé la planche, j’ai perdu mon cerf-volant, raconte-t-il. Peut-être que c’était ça le sens… Parfois il faut lâcher prise pour trouver mieux. »

    Difficile d’imaginer phrase plus juste.
    Dans un monde où tout semble contrôlé, l’océan rappelle qu’il reste le maître des histoires. Ce jour-là, il a rendu ce qu’il avait pris. Et entre deux inconnus, il a tracé un fil invisible, une ligne de swell entre la Tasmanie et la Nouvelle-Zélande.

    L’océan, narrateur d’histoires incroyables

    Cette dérive n’est pas qu’une anecdote insolite : elle dit quelque chose de la mer, de sa puissance et de sa poésie.
    Les scientifiques savent que les courants marins de la mer de Tasmanie sont parmi les plus imprévisibles du Pacifique Sud. Des objets peuvent dériver des mois entiers avant d’atteindre les plages néo-zélandaises. Mais au-delà des données, c’est l’imaginaire qui fascine : la mer transporte aussi bien des déchets que des miracles.

    Une planche perdue, retrouvée 18 mois plus tard, c’est un message venu des profondeurs : la mer garde, transforme, restitue. Et parfois, elle choisit à qui offrir le dénouement.

    Dans quelques jours, la planche rejoindra son propriétaire à Auckland. Mais son histoire, elle, a déjà fait le tour du monde — et des cœurs.

  • Quiksilver et Primaloft : la combinaison qui promet de changer l’hiver des surfeurs

    Quiksilver et Primaloft : la combinaison qui promet de changer l’hiver des surfeurs

    Quiksilver vient de lever le voile sur une innovation qui pourrait bien transformer nos sessions hivernales : une nouvelle génération de combinaisons intégrant la technologie Primaloft Bio.
    Une avancée qui permettrait, selon la marque, de surfer en 3/2 quand tout le monde enfile une 4/3. Rien que ça.

    Une fibre née dans l’armée américaine

    Inventée il y a quarante ans pour l’armée des États-Unis, la fibre Primaloft a été pensée comme une alternative synthétique au duvet naturel.
    Légère, respirante et chaude, elle est aujourd’hui utilisée dans la plupart des doudounes techniques haut de gamme.
    Mais jusqu’à présent, elle n’avait jamais franchi la barrière du surf.

    Avec cette collaboration inédite, Quiksilver (et Roxy) deviennent les premiers à intégrer Primaloft dans une combinaison néoprène.
    Objectif affiché : plus de chaleur, moins d’épaisseur, donc plus de liberté sur la planche.

    35 % plus chaud que les précédentes générations

    Selon les tests réalisés par la marque, le Primaloft Bio offrirait une chaleur supérieure de 35 % à celle de l’ancien revêtement interne Warmflight Eco Velvet.
    Pour le prouver, les équipes ont mené une expérience scientifique :

    “On expose la combinaison à une plaque froide contrôlée, on attend quelques minutes, et on mesure la température à l’intérieur avec un laser. Résultat : les modèles Primaloft conservent bien mieux la chaleur”,
    explique Paolo Magiorelli, designer chez Quiksilver et ancien architecte naval (qui, paraît-il, fabrique aussi son propre limoncello).

    Concrètement, cela signifie qu’un surfeur équipé d’une 3/2 Primaloft pourra surfer dans des eaux à 15°C, là où une 4/3 était jusque-là indispensable.

    Chaleur, souplesse et durabilité

    L’innovation ne se limite pas à l’isolation.
    Le Primaloft est tissé dans la doublure interne des combinaisons, sous forme de deux variantes :

    • Primaloft Warm, plus épais et isolant, utilisé sur le corps et les jambes,
    • Primaloft Stretch, plus fin et souple, réservé aux bras et épaules.

    Résultat : une sensation de légèreté et de liberté rarement atteinte.
    Comme le résume le surfeur indonésien Rio Waida :

    “Je n’ai pas l’habitude de surfer en combinaison, mais celle-ci est folle. Je me sens au chaud dans une 3/2 comme dans une 4/3. C’est léger, c’est souple, c’est un vrai plaisir.”

    Des tests grandeur nature

    Lors d’une session de tests organisée au Portugal, avec des températures d’eau autour de 15°C et un vent glacial, la plupart des surfeurs du team Quiksilver — Kanoa Igarashi, Jackson Bunch — ont surfé en 3/2 toute la semaine.

    “C’est un game-changer absolu. J’ai porté une 3-millimètres tout le trip, alors que tout le monde était en 4/3”,
    témoigne Jackson Bunch, surfeur hawaiien du CT.

    Pour Kanoa Igarashi, l’innovation se ressent surtout à la rame :

    “Le meilleur wetsuit, c’est celui auquel tu ne penses pas. Là, je ne pense plus à la combinaison, ni au froid. C’est exactement ce qu’on recherche.”

    Une démarche écologique assumée

    Autre atout de taille : la fibre Primaloft Bio est biodégradable et fabriquée à partir de matériaux recyclés.
    Quiksilver l’associe à un néoprène naturel, issu du caoutchouc végétal, et à des tissus extérieurs en fibres recyclées post-consommation.
    Un pas vers une production plus responsable, même si la marque reste lucide :

    “Une combinaison restera toujours un produit imparfait écologiquement, mais on veut avancer dans la bonne direction, sans greenwashing”, souligne Alain Riou, un représentant de Quiksilver.

    Une gamme complète pour tous les surfeurs

    La technologie Primaloft sera intégrée sur l’ensemble des gammes 2025 :

    • Highline : la plus légère et la plus stretch, pour les compétiteurs.
    • Marathon Session : la plus chaude, avec Primaloft Warm sur tout le corps.
    • Everyday Session : le modèle accessible (environ 200 €), intégrant déjà la technologie Primaloft Stretch.

    Une démocratisation de l’innovation, qui permet à chacun de bénéficier du même niveau de confort que les pros du team Quik.

    Vers un nouveau standard du surf technique

    Plus chaude, plus légère, plus souple et plus durable : la nouvelle génération de combinaisons Quiksilver x Primaloft Bio pourrait bien redéfinir les attentes des surfeurs du monde entier.
    Et surtout, elle pose une question simple :

    Et si, cet hiver, on pouvait troquer nos 4/3 pour une 3/2 sans grelotter ?

    Nous sommes actuellement en train de tester la combinaison pour faire un review plus personnalisé avec nos impressions après plusieurs sessions. Nous avons choisi la combinaison 4/3mm Marathon Sessions à 410 euros TTC, ce qui est un budget, il faut l’avouer, mais si cher pour du haut de gamme. Bientôt plus d’infos pratiques.

  • Un top shaper à la sauce Top Chef

    Un top shaper à la sauce Top Chef

    Et si les maîtres du rabot avaient droit à leur propre Top Chef ? Pas de cuisine moléculaire ni de jury de stars, mais de la poussière blanche, du bruit de râpe, et cette odeur d’époxy chaude qui flotte dans l’air. Bienvenue au Boardroom Show, le concours qui célèbre le savoir-faire des artisans du surf comme jamais auparavant.

    Le Boardroom Show : le grand banquet du shape

    Chaque année à Del Mar, en Californie, le Boardroom Show réunit les meilleurs shapers de la planète. L’idée est née après la fermeture de Clark Foam en 2005, un choc pour toute l’industrie. “Les shapers n’avaient plus de scène pour exposer leurs planches”, raconte Scott Bass, surfeur, journaliste et fondateur de l’événement. Alors il a décidé de créer un rendez-vous où les artisans reprennent leur place au centre de la culture surf — là où elle a toujours été.

    Dans un immense hall baigné de lumière, les stands s’enchaînent : shapes old school, guns hawaiiens, fish modernes ou twin fins sculptés à la main. Mais ce n’est pas seulement un salon professionnel : c’est une célébration vivante du surfboard, un hommage à ceux qui transforment un pain de mousse en pur plaisir de glisse.

    Icons of Foam : le Top Chef du shape

    Le clou du spectacle, c’est l’Icons of Foam Shape-Off, une compétition où huit shapers s’affrontent sous les yeux d’un invité d’honneur. Le concept ? Reproduire à la main, en temps limité, une planche mythique du maître choisi. Cette année, c’est la légende hawaiienne Eric Arakawa qui jugeait les participants. Au menu : trois planches historiques, dont le gun de Waimea façonné pour Ronnie Burns en 1986, et surtout la board d’Andy Irons, celle de son titre mondial à Pipeline en 2003.

    Chrono en main, deux artisans s’affrontent côte à côte. Les gestes sont précis, rapides, presque chorégraphiés. Le public retient son souffle, comme devant une finale de Top Chef. Et à la fin, c’est Dan Mann — shaper californien connu pour ses designs puissants chez Firewire — qui remporte le titre. “Winner winner, Nobu dinner”, plaisante Scott Bass. L’ambiance est bon enfant, mais le respect est total.

    Le “British Bake Off” du surf

    À côté de la compétition reine, le Boardroom Show propose un autre défi : le Best in Show, sorte de “British Bake Off” du surf. Les règles sont simples : chaque participant fabrique une planche sur un thème donné. Cette année : le fish revisité avec des accents de bois et un symbole personnel. Les créations sont ensuite soumises au vote du public. C’est Steve Farwell, de Newport Beach, qui remporte l’édition 2025 avec un fish incrusté de motifs familiaux, hommage à son grand-père charpentier.

    C’est ce mélange d’artisanat, de passion et d’émotion qui donne à l’événement son âme. Un salon où l’on parle autant d’équilibre hydrodynamique que d’histoires humaines.

    Et si on relançait ça en France ?

    Depuis la disparition du Glissexpo, la France n’a plus vraiment de grand rendez-vous où shapers et surfeurs se croisent. Le Hotdogger de Biarritz fait vivre un esprit rétro et convivial, mais il manque un événement dédié au shape, à la création, au contact direct entre artisans et passionnés.

    Imagine un instant un “Top Shaper France”, dans un hangar de la Côte Basque : Axel Lorentz, Chienville, Rob Vaughan, et des shapers internationaux… tous à l’œuvre, sous les yeux d’un public curieux, entre copeaux et histoires de surf trips. Une rencontre où l’on parlerait volumes, rails, et courbes comme d’art et de cuisine fine.

    Le surf traverse une crise économique profonde : les marques souffrent, les shops résistent, mais la passion reste. Ce genre d’événement, humain et culturel, pourrait bien rallumer la flamme.

    Derrière chaque vague parfaite, il y a une planche. Et derrière chaque planche, un artisan. Si le Boardroom Show a su transformer le shape en spectacle, il nous rappelle surtout une chose : le surf, avant d’être une industrie, est une culture. Une histoire de mains, de bois et de mousse. Et peut-être, bientôt, de concours… à la française.

    On y était pas sur place, mais on aurait pu croiser S-Wings, la marque française de dérives surf.

  • Quand Ryanair transforme les planches de surf en crêpes à l’aéroport de Biarritz

    Quand Ryanair transforme les planches de surf en crêpes à l’aéroport de Biarritz

    Il y a des histoires de surf qui finissent à l’hôpital, d’autres à la douane… et puis il y a celles qui se terminent sous un camion.

    C’est exactement ce qui est arrivé à Willem Beck, surfeur gallois de retour d’un trip à Biarritz, quand ses planches flambant neuves ont connu un destin digne d’un sketch des Monty Python. Trois boards soigneusement emballées, chargées avec amour dans la soute d’un vol Ryanair pour Stansted. Et à l’arrivée ? Une scène d’horreur en slow motion sur le tarmac.

    La planche qui valait 700 euros

    Selon Willem, un véhicule d’escalier aurait tout simplement roulé sur son boardbag, avant de faire marche arrière, « pour être sûr ». Résultat : trois planches réduites en mille-feuilles, des combinaisons transformées en tapis de chantier, et des dérives fusionnées au goudron. Une œuvre d’art contemporaine qu’on pourrait baptiser “Abstract Surfing, 2025”.

    Willem raconte :

    “Le sac est resté coincé sous la roue et a été traîné sur plusieurs mètres avant qu’ils réalisent. Tout était écrasé, déchiré ou couvert de tarmac. Même mes chaussettes.”

    Un massacre. Un véritable carnage logistique. À tel point qu’on se demande si Ryanair n’envisage pas d’ouvrir une nouvelle ligne “Biarritz – Compostelle” pour planches de surf martyrisées.

    Le surf trip le plus cher du monde

    Deux des trois planches étaient toutes neuves. À 700 euros pièce, on dépasse les 2000 euros de matériel vaporisé sur le bitume biarrot. Mais pas d’inquiétude : Ryanair a bien évidemment fait preuve de son légendaire sens du service client en lui donnant… un lien pour remplir un formulaire. Depuis, silence radio.

    Pour tout surfeur qui a déjà attendu fébrilement son boardbag à l’aéroport, cette histoire réveille des sueurs froides. Les bagagistes du monde entier semblent jouer à un jeu étrange : “Devine à quoi sert cet objet long et fragile”.
    Spoiler : personne n’a encore trouvé la bonne réponse.

    Un problème vieux comme le surf trip

    Des exemples, il y en a à la pelle. L’Américaine Kirra Pinkerton avait déjà vu ses planches explosées sur un vol United Airlines. Une Britannique, Charlotte W, a raconté sur Tripadvisor que sa board avait été “complètement détruite” après un trajet EasyJet. Bref, transporter une planche d’un point A à un point B reste un sport extrême.

    Alors oui, on espère que Willem récupérera un dédommagement. Mais quelque chose nous dit que Ryanair ne verse pas les larmes aussi facilement que l’eau salée sur un spot de Biarritz.

  • Faux sites surf : les arnaques explosent pendant les soldes

    Faux sites surf : les arnaques explosent pendant les soldes

    C’est devenu un classique… mais encore trop de surfeurs tombent dans le piège. À chaque période de soldes, les faux sites e-commerce se multiplient, copiant l’identité visuelle de marques bien connues comme DHD Surfboards ou Volcom. Prix trop beaux pour être vrais, publicités agressives sur les réseaux sociaux, noms de domaine trompeurs… les escrocs redoublent de créativité. On fait le point pour vous éviter une mauvaise session shopping.

    DHDsurf.shop : une arnaque qui a marqué les esprits

    En mai 2024, la communauté surf découvre un site aux allures très pro : dhdsurf.shop. Design impeccable, logo de la marque DHD Surfboards, planches à -80 %, comme cette 3DV affichée à 119 € au lieu de 652 €. Un coup de pub ? Une liquidation exceptionnelle ? Non. Une arnaque bien ficelée.

    Le site joue sur la confiance dans la marque DHD, rendue célèbre par Mick Fanning et ses performances dans Stab in the Dark. Mais en y regardant de plus près, plusieurs indices alertent : absence de mentions légales complètes, pas de numéro SIREN, et des avis clients introuvables ailleurs que sur le site.

    Nouveaux cas en juillet : volcom-europe.shop, billabonguk.shop

    Autre exemple plus récent : volcom-europe.shop, qui s’attaque cette fois à la marque iconique de skate et surfwear, Volcom. Même méthode : un site miroir, très proche du véritable volcom.fr, avec des réductions allant jusqu’à -80 %, relayées via des publicités Facebook ou Instagram.

    En période de soldes, ce genre de remise ne semble pas aberrant… sauf qu’une marque comme Volcom ne liquide jamais autant sur sa boutique officielle, et surtout, ne crée pas un nouveau nom de domaine du jour au lendemain.

    Plus récemment, on est le mercredi 23 juillet 2025, et je viens de tomber sur un nouveau site pratiquant la même arnaque. Cette fois, c’est la marque Billabong qui est visée. Toujours le même procédé, avec une publicité sur facebook, qui renvoie sur un site ressemblant à celui de la marque (d’ailleurs, je me demande s’il n’est pas mieux fait, lol), avec des remises à 80 % sur tous les produits.

    Comment fonctionnent ces arnaques ?

    Ces sites frauduleux utilisent tous la même stratégie :

    • Créer un site e-commerce cloné, très proche visuellement de celui de la marque cible.
    • Acheter des publicités ciblées sur Facebook, Instagram ou TikTok, avec des promesses de remises hallucinantes.
    • Utiliser un nom de domaine trompeur, souvent proche de l’original (ajout de « shop », « europe », « outlet », etc.).
    • Encaisser des paiements, puis ne rien envoyer… ou parfois livrer une imitation grossière.

    6 réflexes pour éviter de tomber dans le piège

    1. Vérifiez l’URL

    Un site officiel finit presque toujours par .com ou par .fr. Si vous voyez des variantes comme « volcom-europe.shop », méfiez-vous. Tapez toujours le nom de la marque dans Google plutôt que de cliquer sur une pub.

    2. Analysez les prix

    Une planche DHD à 119 € ? Un jean Volcom à 9,90 € ? C’est trop beau pour être vrai. Même en fin de série ou déstockage, -80 % reste très rare sur les marques premium.

    3. Consultez les mentions légales

    Un vrai site e-commerce français affiche :

    • Son numéro de SIREN
    • Une adresse complète
    • Des conditions générales de vente

    4. Cherchez des avis clients fiables

    Allez voir sur Trustpilot, Avis Vérifiés, Reddit, ou même sur des forums surf. Les avis Google peuvent être falsifiés, alors croisez les sources.

    5. Contactez le service client

    Envoyez un message ou appelez. Un numéro inactif ou une adresse mail sans réponse = alerte rouge.

    6. Méfiez-vous des pubs sur les réseaux

    Beaucoup d’escrocs misent sur des campagnes Meta Ads bien ciblées. Un seul clic, et vous voilà sur un site factice bien léché.

    Que faire si vous avez déjà commandé ?

    • Faites opposition à votre carte bancaire immédiatement.
    • Contactez votre banque pour voir s’il est possible d’annuler le paiement.
    • Signalez le site frauduleux à :
      • PHAROS
      • La DGCCRF pour fraude commerciale
    • Partagez votre expérience sur les réseaux et forums pour protéger les autres.

    Pendant les soldes, l’euphorie des bonnes affaires peut faire baisser la vigilance. Mais dans le monde du surf comme ailleurs, personne ne vend du matos neuf à -80 % sans raison. Soyez attentif, prenez le temps de vérifier, et n’oubliez pas : un bon surf shop, c’est aussi un commerce transparent et accessible.

  • Surfer la vague d’une vie… sur la planche du frère décédé de Mick Fanning

    Surfer la vague d’une vie… sur la planche du frère décédé de Mick Fanning

    L’histoire commence par une houle mythique. Fin février 2025, la côte Est australienne se prépare à encaisser les restes du cyclone Alfred. À Kirra, spot légendaire de la Gold Coast, les conditions sont dantesques. Une droite tubulaire, glassy, rapide comme un éclair. Les plus courageux sont là, les caméras aussi. La journée entre dans la légende du spot.

    Et au milieu de cette foule de surfeurs affamés, un inconnu nommé Saxon McCorquodale attrape la vague de sa vie. Mais ce n’est que le début d’une histoire qui dépasse la performance, le surf, ou même le hasard.

    Une planche de surf à 20 dollars

    Saxon n’est pas pro, ni sponsorisé. Il ne vit pas de surf, mais c’est un passionné. Originaire d’Alstonvale, dans le nord de la Nouvelle-Galles du Sud, il partage son temps entre son métier dans le soutien aux personnes handicapées, sa passion pour l’art, la musique… et les vagues.

    Pour ce swell historique, Saxon ne sort pas une board d’un shaper mondialement connu. Il rame sur un gun jauni de 7’0” signé Günther Rohn, dégotté pour 20 dollars dans un magasin d’occasions à Lismore. Une planche cabossée, presque oubliée. Ce jour-là, ce sera son ticket vers un tube parfait, un moment suspendu.

    « Je me suis retrouvé, il y avait trois gars autour de moi… La vague est arrivée, ils m’ont juste dit « vas-y » dans un murmure. »

    Le tube parfait

    Saxon se jette dans un « late take off ». La vague est critique. Il place un bottom turn parfait, se cale, et disparaît dans un cylindre d’une beauté rare avec les bras en l’air. À l’intérieur du tube, le temps se fige, Saxon se laisse glisser avec une ligne parfaite, sans pomper, juste porté par l’énergie brute de Kirra.

    « C’était le moment de ma vie. Je hurlais. Je pleurais. J’étais hors de mon corps. »

    De l’extérieur, dans le chenal, Mick Fanning observe la scène. Le triple champion du monde a tout vu. L’engagement, le style, le timing. Il file vers Saxon en jet-ski pour le féliciter.

    Mais une fois à ses côtés, quelque chose attire son attention.

    Le détail qui change tout

    Mick observe la planche de Saxon. La forme, les logos, les couleurs… Il la reconnaît. Il demande à Saxon de la retourner. Et là, le choc : c’est la planche de son frère Ed Fanning, disparu tragiquement un an plus tôt.

    Le temps s’arrête une seconde fois. Saxon est en larmes. Mick aussi. Ils se regardent, sans vraiment savoir quoi dire.

    « C’était un moment cosmique. Une planche oubliée. Un inconnu. Une vague parfaite. Et mon frère, d’une certaine manière, là au milieu », racontera Mick plus tard.

    La planche, déjà bien abîmée, est fendue, imbibée d’eau. Elle ne survivra pas à cette dernière vague. Mais quelle fin pour une board : son dernier ride aura été un 10/10, sous les yeux du frère de son ancien propriétaire.

    Une histoire qui dépasse le surf

    Dans les jours qui suivent, la vidéo fait le tour du web. Saxon devient, malgré lui, une icône (quand je peux la faire, je n’hésite pas). Les messages affluent, les médias s’en mêlent. Lui reste humble, un peu déboussolé, mais profondément touché par la portée de ce qu’il vient de vivre.

    « Je veux proposer la planche à Mick. Peut-être qu’il la voudra. Ce sera dur de m’en séparer… mais je pense que ce serait juste. »

    Cette histoire n’est pas juste celle d’un tube de rêve ou d’un coup de chance. C’est une parenthèse magique où le surf devient un langage du destin, une passerelle entre les vivants et les disparus, entre le hasard et les souvenirs.

    Un spot, une houle, une âme

    Kirra a toujours été spéciale. Des vagues rapides, longues, tubulaires avec un fort courant. C’est le genre de spot où tu peux avoir la vague de ta vie, ou rentrer bredouille. Une vague qui récompense l’engagement, et nécessite de se trouver au bon endroit, au bon moment. Ce jour-là, elle a offert bien plus qu’un mur d’eau : elle a réuni deux mondes.

    « J’ai surfé des grosses houles. J’ai tout donné. Mais je n’ai jamais rien vécu de tel. Cette vague-là… elle m’a changé. »

    Pour Saxon, cette journée ne sera jamais égalée. Et pour Mick Fanning, elle restera gravée comme un signe, un clin d’œil de son frère, dans ce monde où les planches parlent parfois mieux que les mots.

  • Torren Martyn et Simon Jones : la naissance de la Calypte

    Torren Martyn et Simon Jones : la naissance de la Calypte

    En 2025, Torren Martyn et le shaper Simon Jones ont surpris le monde du surf avec leur dernier projet : la Calypte. Cette planche atypique est née d’une collaboration passionnée, relatée dans le film The Ugly Duckling, désormais accessible au grand public.

    Un projet né au cœur de l’Indonésie

    Tout commence lors d’un périple en voilier autour de l’Indonésie à bord du Calypte, le bateau de Torren et Aiyana. Parmi leurs compagnons de voyage figure Kelly Foote, qui s’émerveille devant une planche étrange dans le quiver de Torren — une création bien différente de leurs modèles habituels. Ce prototype, surnommé « the ugly duckling » (le vilain petit canard), est le point de départ d’une véritable révolution dans leur approche du shape.

    De l’expérimentation à la perfection

    Tout au long de l’année de navigation, Torren fournit ses impressions à Simon, qui affine le design initial pour aboutir à une planche plus performante, mais toujours singulière. L’inspiration ? Un twin fin compact et nerveux façonné par Trevor Gordon, aperçu en action à Rincon.

    Un surf plus vertical et explosif

    Si Torren est souvent associé à de longues courbes fluides sur des mid-lengths élégants, cette fois, il révèle une facette plus explosive de son surf. Avec la Calypte, il raccourcit ses trajectoires, attaque les sections verticales et balance des gerbes spectaculaires sur les vagues parfaites d’Indonésie.

    Dans The Ugly Duckling et Calypte, Torren Martyn prouve qu’il est tout aussi capable de style radical que de glisse harmonieuse. Une nouvelle preuve de sa polyvalence, à savourer absolument pour rêver de barrels infinis et de laybacks stylés.

    Où se procurer la Calypte ?

    Pour ceux qui voudraient s’offrir une Calypte aux États-Unis, direction SurfBored pour commander les modèles de Simon Jones.