Le verdict est tombé à Urbiztondo Beach, à San Juan, aux Philippines. Dans des conditions délicates — petites vagues d’un à deux pieds, irrégulières et piégeuses — Isla Huppatz et Dane Henry ont été sacrés champions du monde juniors World Surf League 2025. Deux titres majeurs pour l’Australie… et une compétition qui laisse un goût amer côté français.
Car au-delà des performances sportives, un constat saute aux yeux : aucun représentant français n’était présent sur ces World Junior Championships. Une absence rare, presque inquiétante, surtout chez les garçons.

À seulement 18 ans, Isla Huppatz a confirmé son statut de révélation mondiale en dominant Sierra Kerr, pourtant championne du monde junior 2023, au terme d’une finale tendue. Solide toute la semaine, Huppatz s’inscrit dans la lignée des grandes championnes australiennes et décroche, en prime, son ticket pour les Challenger Series 2026.
Chez les garçons, Dane Henry a lui aussi frappé fort. Déjà médaillé d’or ISA et champion junior Océanie, l’Australien a parfaitement géré la pression pour s’imposer face à l’outsider israélien Nadav Attar. Un sacre logique pour un surfeur promis au plus haut niveau.

L’accès aux World Juniors est strict : seuls les deux meilleurs juniors par continent, chez les garçons et les filles, peuvent se qualifier, auxquels s’ajoutent quelques invitations. Autrement dit, l’élite mondiale des moins de 20 ans.
L’absence française n’est pas alarmante chez les filles. La meilleure d’entre elles, Tya Zebrowsky, a déjà quitté les juniors pour le circuit CT à seulement 14 ans. Même constat pour Kiara Goold, engagée en compétitions open à 15 ans.
Derrière, le réservoir est impressionnant avec Naia Monte, Clémence Schorsch et Lilou Muriel, toutes solidement installées dans le top européen.
C’est ici que le bât blesse. Le meilleur Français junior, Axel Dominguez, pointe seulement à la 7ᵉ place européenne. Il est le seul Tricolore dans le top 10. Une situation presque inédite, qui interroge sérieusement.
Difficile de ne pas parler de trou générationnel chez les juniors garçons. Manque de résultats, déficit de régularité, concurrence européenne plus dense… Les causes sont multiples, mais le constat est là : la France décroche pendant que d’autres nations accélèrent.
Ces World Juniors 2025 rappellent une chose essentielle : le très haut niveau se prépare tôt. Pendant que l’Australie aligne des talents prêts pour le Challenger Series, la France doit rapidement se poser les bonnes questions sur sa filière masculine junior.
Les résultats brillent aux Philippines. L’absence française, elle, fait beaucoup plus de bruit.