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Vous souvenez-vous de cette époque dorée, entre la fin des années 90 et le début des années 2000, où les frontières entre les boardsports n’existaient pas ? L’ère de la mythique Quik Cup, où l’on pouvait voir les mêmes riders déchirer un bowl avant de se jeter à l’eau ou sur la poudreuse avec la même intensité. La course à la performance et la spécialisation ont fini par tuer cette culture crossover. Du moins, c’est exactement ce que je croyais avant de lancer les 23 minutes incandescentes du dernier film de Kai Neville.
Un retour aux sources brutal et magnétique
Si vous pensez que les skateurs professionnels d’aujourd’hui ont peur de l’eau, cette vidéo va vous prouver le contraire. La Keris Cup, organisée aux Uluwatu Surf Villas à Bali, a décidé de remonter le temps jusqu’aux années 50, époque où des surfeurs en manque de vagues ont inventé le skateboard.
Le concept est d’une pureté absolue : quatre jours de free surf et de skate sessions, dans un esprit brut, pour accumuler des clips vidéo. Le dernier soir ? Tout se joue de nuit dans le bowl des villas. Sous les yeux d’un panel de juges tout simplement légendaires réunissant Christian Hosoi, Nathan et Christian Fletcher, ou encore Omar Hassan. Ces figures mythiques visionnent les exploits aquatiques de la semaine avant d’évaluer la session skate en direct pour attribuer une note combinée.
L’exploit hallucinant que personne n’avait vu venir
C’est ici que l’histoire devient folle. Le matin des finales, la nature a décidé de s’inviter à la fête. L’un des plus gros swells de la saison vient frapper la péninsule de Bukit de plein fouet. Uluwatu se transforme en un monstre d’eau crachant des vagues massives.
Vous pensez qu’une blessure vous empêcherait de charger de telles conditions ? Sky Brown, phénomène incontesté du skate mondial, s’est violemment déboîté l’épaule dans le bowl. Exactement douze heures plus tard, elle s’enfilait un barrel rugueux sur le reef impitoyable de Padang Padang.
Mais c’est l’engagement total de Shane Borland qui lui a valu de soulever le trophée suprême : un « keris », cette dague indonésienne forgée à la main, symbole de concentration et d’esprit. Borland a littéralement transpercé un tube colossal sur le Bombie d’Uluwatu, sous les hurlements de la foule massée sur la pelouse surplombant la falaise.
L’édit de Kai Neville capture cette utopie avec brio. Un chaos parfait où l’on retrouve Pedro Barros, Keegan Palmer ou encore Greyson Fletcher échangeant leurs trucks contre des dérives avec une aisance déconcertante. Cet événement prouve que l’âme rebelle et créative de nos sports n’est pas morte, elle attendait juste la bonne houle.
Si vous l’avez manquée, préparez-vous : le chaos harmonieux de la Keris Cup reviendra enflammer Bali du 1er au 6 novembre 2026.


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