Le surf olympique n’échappe pas aux règles strictes de l’antidopage. Cette semaine, une décision passée relativement inaperçue a pourtant fait l’effet d’une petite onde de choc : le surfeur péruvien Miguel Tudela, engagé aux Jeux de Tokyo, a écopé d’une suspension de 16 mois après un contrôle positif à un stéroïde… malgré l’absence d’intention reconnue par la justice sportive.
Âgé de 31 ans, Miguel Tudela a été contrôlé hors compétition en 2024 dans le cadre d’un programme mené par l’International Testing Agency pour le compte de l’International Surfing Association, l’instance qui gère le surf au niveau olympique.
Le test a révélé la présence de "méténolone", un stéroïde figurant sur la liste des substances interdites. L’affaire a alors été transmise au Tribunal arbitral du sport (TAS), qui a rendu sa décision à l’été 2025 : 16 mois de suspension, appliqués rétroactivement à partir du 6 janvier 2024. Résultat : la sanction était déjà entièrement purgée au moment de son officialisation.
Point central du dossier : Miguel Tudela n’a jamais nié la présence de la substance, mais en a contesté l’intention. Selon lui, le produit interdit aurait été administré par erreur lors d’un traitement de plasma destiné à soigner une blessure au genou contractée aux Jeux panaméricains de 2023.
Devant le tribunal, les juges ont reconnu la crédibilité des preuves apportées par le surfeur et conclu à l’absence de dopage intentionnel ou de volonté de tricher. Un élément clé… qui n’a pourtant pas suffi à éviter la sanction.
Le règlement antidopage est clair : même sans intention, un athlète reste responsable de ce qui entre dans son organisme. Une logique implacable, mais assumée par les instances sportives.
Conséquence directe : tous les résultats de Miguel Tudela sur la période concernée ont été annulés, à une exception près. Le Péruvien a été autorisé à participer aux ISA World Surfing Games 2024 à Porto Rico, où il a terminé 37e. Il n’a en revanche pas pris part à l’édition 2025 de la compétition.
Un feuilleton administratif éprouvant pour un athlète également impliqué dans la gouvernance du sport, puisqu’il a siégé par le passé à la commission des athlètes de l’ISA.
Longtemps considéré comme marginal dans le monde du surf, le dopage est un sujet qui revient de plus en plus souvent depuis l’entrée de la discipline aux Jeux olympiques. Les contrôles se sont durcis, les protocoles se sont professionnalisés… et les sanctions tombent.
En 2024, le Portugais Vasco Ribeiro avait ainsi écopé d’une suspension de trois ans pour avoir refusé un contrôle antidopage à domicile. Des cas rares, mais suffisamment marquants pour rappeler que le surf n’est plus un sport “à part” sur le plan réglementaire.
De son côté, Miguel Tudela assure vouloir tourner la page, tout en continuant à défendre les valeurs de fair-play. Soutenu par ses sponsors tout au long de la procédure, il sort blanchi sur le plan moral, mais marqué par un système qui ne laisse que très peu de place à l’erreur.
Un rappel brutal : à l’ère du surf olympique, l’amateurisme n’a plus sa place, même dans les salles de soin.
Les surfeurs soumis aux contrôles antidopage hors compétition doivent déclarer longtemps à l’avance leur localisation quotidienne, en précisant où ils se trouvent chaque jour à 6 heures du matin, afin de permettre des contrôles inopinés. Une règle complexe pour un sport dépendant de la météo et des swells, où les déplacements de dernière minute sont fréquents. Un changement de plan non signalé ou une absence lors d’un contrôle est considéré comme un manquement. Trois manquements sur douze mois peuvent entraîner une sanction disciplinaire, même sans test positif.