Hommage: ne pas oublier les surfeurs tombés le 13 novembre 2015

13 novembre 2025

Il y a des dates auxquelles on revient, même quand l’actualité surf nous entraîne vers d’autres horizons. Dix ans après cette nuit qui a marqué la France, impossible de ne pas consacrer un moment à la mémoire. Le 13 novembre 2015, notre pays sombrait dans l’horreur et parmi les 130 victimes figuraient plusieurs passionnés de glisse. Des surfeurs, des amis, des membres silencieux et essentiels de notre communauté.

Aujourd’hui, leur souvenir mérite plus que quelques lignes : il mérite d’être ravivé, partagé, transmis.

Dix ans après : une communauté qui se souvient

Le surf, c’est une famille élargie. Des gens qui ne se connaissent pas forcément mais qui partagent la même lumière au lever du jour, la même adrénaline sur une vague bien creuse, la même complicité tacite au pic. Quand l’un des nôtres disparaît, la blessure remonte jusqu’au rivage.

Dix ans après les attentats, la communauté n’a rien oublié. Surtout pas ceux qui, le plus souvent, vivaient en harmonie avec l’océan.

Pierre Innocenti : un homme tourné vers l’infini

Parmi ces visages, celui de Pierre Innocenti, 40 ans, reste gravé dans beaucoup de mémoires. Patron d’une pizzeria à Neuilly, oui — mais surtout surfeur dans l’âme. Un passionné de glisse totale : skate, snow, wake, surf… Un homme qui vivait pour l’intensité et la liberté.

Avec son ami d’enfance Jean-Philippe, Pierre avait sillonné le monde dès la fin des années 80 et le début des années 90, à une époque où partir en Indo relevait encore de l’expédition. Bali version “une rue à Kuta”. Nias avant l’électricité. Les Mentawai encore vierges. Ce premier voyage avait façonné leur jeunesse et leur vie d’adultes.

Les proches décrivent Pierre comme un homme attiré par “l’infini”. Celui des montagnes, de l’océan et du ciel. Un tempérament lumineux, généreux, impossible à oublier.

Bertrand Navarret : un local du Santosha, un cœur immense

On se souvient aussi de Bertrand Navarret, 37 ans, charpentier installé à Capbreton pour vivre au plus près des vagues. Passionné de surf, voyageur, amoureux de musique et de rugby, Bertrand faisait partie de ces locaux au sourire reconnaissable et à la présence discrète mais solide.

Une cérémonie à l’eau avait été organisée en son honneur au Santosha, rassemblant des dizaines de surfeurs formant un grand cercle sur l’eau. Une image forte, presque rituelle, qui reste encore dans les mémoires de Capbreton.

Deux autres surfeurs basques parmi les victimes

À l’époque, plusieurs médias locaux et témoignages de la communauté surf basque avaient également évoqué deux autres pratiquants réguliers des spots de Guéthary et Parlementia parmi les victimes du 13 novembre.

Par respect pour les familles et parce que certaines archives de 2015 ne sont plus disponibles, leurs noms n’étaient pas systématiquement rendus publics. Mais leur présence dans les hommages de la communauté, notamment au Pays Basque, a marqué durablement ceux qui partageaient leurs line-ups.

Cette mention, discrète mais essentielle, rappelle que la glisse rassemble des individus aux parcours différents… et que chacun, même dans la discrétion, compte profondément.

Transmettre la mémoire, parler aux nouvelles générations

Dix ans ont passé. Beaucoup d’entre nous en parlent à leurs enfants, pour expliquer ce qui s’est passé. Pour montrer que la liberté, celle qu’on ressent en surfant, ne se vit que lorsqu’elle est protégée.

Aujourd’hui, une pensée accompagne Pierre, Bertrand, et ces deux surfeurs anonymes dont la mémoire continue de vivre dans les vagues qu’ils aimaient tant. Une pensée pour leurs proches, leurs amis, leurs familles.

Parce que se souvenir, c’est déjà honorer. Parce que la mer n’oublie jamais.

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