Auteur/autrice : Kelly Slater

  • « Tu vas mourir » : Quand Kelly Slater voulait interdire le gros surf à Maya Gabeira

    « Tu vas mourir » : Quand Kelly Slater voulait interdire le gros surf à Maya Gabeira

    On se souvient tous du légendaire Code Red Swell à Teahupoo en 2011. Mais ce que vous ignorez peut-être, c’est le drame qui s’est joué en coulisses juste après le terrible wipeout de Maya Gabeira.

    Dans une récente interview, la chargeuse brésilienne a dévoilé le message choc envoyé par Kelly Slater en personne, peu après le drame : « Tu n’es pas prête. Tu mets les gens autour de toi en danger […] et je pense que si tu continues, tu vas mourir. Je te recommande vivement d’arrêter. »

    Une sentence glaciale. Maya raconte l’avoir lu, en avoir ri, avant de continuer sa route.

    Mais dans le milieu, les langues se délient. Le photographe emblématique Tom Servais a tenu à clarifier les choses : ce n’était pas du sexisme. Selon lui, Kelly et Laird Hamilton estimaient simplement que le courage de la surfeuse ne compensait pas son manque de technique pure. Julian Wilson, aux premières loges ce jour-là, appuie ce constat : « J’étais à trois mètres d’elle quand la première vague l’a balayée alors qu’elle nageait vers sa planche. […] C’était une situation terrifiante. »

    Ces sessions extrêmes n’ont pas seulement laissé des traces physiques, elles ont aussi fait exploser son entourage. Gabeira garde aujourd’hui une rancœur tenace envers son mentor de l’époque, Carlos Burle. La raison ? Après l’avoir réanimée lors d’un autre drame à Nazaré, il l’a expédiée à l’hôpital pour retourner surfer la vague du jour. Une trahison ultime qui s’est terminée par une bagarre à poings nus entre Burle et le petit ami de Maya, Sebastian Steudner.

    Dans le surf de gros, l’océan n’est décidément pas le seul à faire de violents dégâts.

  • Jérémy Florès remet les pendules à l’heure : « Un coach n’est pas là pour surfer à votre place »

    Jérémy Florès remet les pendules à l’heure : « Un coach n’est pas là pour surfer à votre place »

    Jérémy Florès a mené Kauli Vaast jusqu’à l’or olympique à Teahupo’o. Autant dire que niveau coaching, le Réunionnais sait de quoi il parle. Pourtant, l’ancien pensionnaire du CT vient de lâcher un message qui prend à contre-pied la tendance actuelle du « tout-analytique ».

    Aujourd’hui, les surfeurs de haut niveau sont entourés d’armadas : préparateurs physiques, analystes vidéo, psys. Une structure que Florès juge nécessaire pour la compétition moderne, mais qui cache un piège redoutable. « Le surf est censé être simple, instinctif », rappelle-t-il. Face à la sur-intellectualisation de la glisse, le constat est sans appel : à trop disséquer la technique, on en oublie l’océan.

    L’art avant la méthode

    Pour lui, la véritable essence du surf reste la liberté et le feeling. Son conseil aux jeunes loups du circuit ? Ne jamais perdre cette flamme spontanée. « C’est votre projet. C’est vous qui passez des heures à l’eau, qui gérez vos doutes et la pression », insiste-t-il, avant de lâcher la phrase qui résume tout : « Le rôle d’un coach n’est pas de surfer à votre place. »

    Le coach est une boussole, un regard extérieur pour booster la confiance. Mais au moment de ramer sur la série de sa vie, la méthode s’efface. Seul l’instinct reste.

  • Combien coûte réellement une place VIP au cœur d’un swell géant à Nazaré ?

    Combien coûte réellement une place VIP au cœur d’un swell géant à Nazaré ?

    Vous avez toujours rêvé de savoir ce qui se passe dans les coulisses d’une alerte rouge au Portugal ? Oubliez la falaise bondée, le froid glacial et les jumelles. Nic Von Rupp vient de lancer une offre qui vous plonge littéralement dans les entrailles du monstre. Mais attention, le ticket d’entrée risque de vous faire avaler la tasse.

    Pour la modique somme de 6 000 euros, le chargeur portugais vous ouvre les portes de son cercle très fermé. L’expérience commence bien avant la mise à l’eau : dès l’annonce d’une houle massive, vous intégrez son groupe WhatsApp privé pour suivre l’évolution des cartes. Une fois le feu vert donné, direction Lisbonne. Si le vol reste à votre charge, les transferts et deux nuits d’hôtel sont assurés.

    Au programme de cette immersion totale ? Vous assistez à la préparation millimétrée dans son hangar de Praia do Norte, avant de grimper sur un jet-ski pour deux heures d’action directement dans la zone de surf – heureusement à bonne distance des montagnes d’écume. La journée se poursuit avec une place de choix au sommet du fort, au chaud avec les spotters, avant de partager le débriefing. Vous finirez même dans le bain froid avec le surfeur avant un dîner exclusif pour célébrer la survie de l’équipe.

    Derrière cette offre hors norme se cache une réalité financière cruelle : surfer Nazaré coûte une fortune. La sécurité, l’entretien des machines et la logistique exigent des budgets colossaux. Très peu de surfeurs de gros vivent uniquement de leurs exploits à l’eau. Dans ce line-up devenu une véritable arène économique brassant des millions d’euros chaque hiver, les pilotes de jet-ski de classe mondiale gagnent d’ailleurs souvent mieux leur vie que les athlètes eux-mêmes.

    Nazaré n’est plus juste une vague, c’est une industrie. Alors, prêt à faire chauffer la carte bleue pour le frisson d’une vie ?

  • Filipe Toledo invité à Jaws par Albee Layer : l’heure de vérité a sonné

    Filipe Toledo invité à Jaws par Albee Layer : l’heure de vérité a sonné

    C’est une critique qui lui colle à la peau, et soyons honnêtes, elle est légitime. Malgré tout son immense talent, Filipe Toledo a une peur évidente des grosses vagues. Ses prestations souvent effacées sur des spots comme Pipeline ou Teahupo’o le prouvent régulièrement : il lui manque cet engagement total dans le surf pour s’asseoir définitivement à la table des vraies légendes de ce sport. Il n’est certes pas le seul sur le Tour dans cette situation, mais avec ses titres mondiaux, l’attente du public est impitoyable.

    Pourtant, l’histoire pourrait prendre une tournure inattendue. Lors d’un récent échange en podcast avec Jack Freestone, Albee Layer, l’un des locaux les plus engagés et francs de Maui, a tendu une perche redoutable au Brésilien : une invitation formelle à venir se frotter au monstre de Jaws (Pe’ahi).

    « Imaginez s’il le fait pour faire taire tous ses détracteurs », a glissé l’Hawaïen. Un avis validé par Freestone, intimement persuadé que Toledo a les capacités mentales pour relever le challenge.

    Il y a quelques semaines, le Brésilien évoquait justement son envie de se tester un jour à Nazaré et Jaws. L’invitation est désormais publique. Filipe Toledo ira-t-il chercher sa rédemption pour clouer le bec à ses haters ? (dont moi et je n’attends que ça) Le monde du surf n’attend que ça.

  • Opérée du pied, cette surfeuse signe un retour miraculeux au Ballito Pro face à sa meilleure amie

    Opérée du pied, cette surfeuse signe un retour miraculeux au Ballito Pro face à sa meilleure amie

    Oubliez les vagues molles et les séries sans fin. La première étape des Challenger Series 2026 à Ballito vient de nous offrir un beau spectacle. Deux athlètes ont littéralement retourné le spot sud-africain le samedi 18 juillet, chacun avec une histoire qui force le respect.

    Le miracle portugais : Teresa Bonvalot revient de l’enfer

    Imaginez devoir rester hors de l’eau pendant des mois après une opération chirurgicale compliquée due à de simples épines d’oursin plantées dans le pied. C’est le cauchemar qu’a vécu Teresa Bonvalot. Et pourtant, la native de Cascais a déjoué tous les pronostics.

    Dans une finale 100 % portugaise – une première absolue en 57 ans d’histoire de l’événement – elle a affronté sa compatriote et grande amie Francisca « Kika » Veselko. Faisant preuve d’une intelligence tactique redoutable, Bonvalot s’est décalée plus au nord du banc de sable pour dénicher des vagues glassy dans le dos de son adversaire. Ses puissants turns backside ont été fatals.

    « C’est irréel. Si vous m’aviez dit que j’allais gagner mon premier événement après si longtemps, je vous aurais cru en plein rêve », a lâché Bonvalot, submergée par l’émotion à sa sortie de l’eau.

    Du côté de Veselko, cette deuxième place agit tout de même comme une bouffée d’oxygène après un début d’année sans gagner la moindre série sur le CT.

    Cole Houshmand sort l’artillerie lourde (et frôle la casse)

    Chez les hommes, le Californien Cole Houshmand avait faim. Très faim. Après une entame de saison laborieuse sur le Championship Tour, le vainqueur du Ballito Pro 2023 n’avait qu’un seul objectif : retrouver son rythme de croisière.

    Mais face à lui en finale, le Brésilien Weslley Dantas (28 ans) était complètement en feu, multipliant les air reverses frontside hallucinants. Face à cette démonstration aérienne, Houshmand a dû prendre des risques insensés.

    « Je pensais pouvoir m’en tenir à mon power surfing, mais quand il a posé ce premier air, j’ai su qu’il fallait que je joue à son jeu », a expliqué l’Américain.

    Pour contrer Dantas, Houshmand s’est envolé sur une rampe de lancement parfaite pour replaquer un straight air massif. Un atterrissage d’une violence telle qu’il a avoué avoir eu peur de briser sa planche en deux. Verdict des juges ? Un 8.90/10 magistral qui plie le match et lui offre un deuxième titre à Ballito.

    Houshmand et Bonvalot prennent ainsi la tête des classements Challenger Series. La prochaine bataille ? Le Lexus US Open of Surfing à Huntington Beach, dès le 25 juillet. La course à la qualification est officiellement lancée, et le niveau n’a jamais été aussi élevé.

  • Kelly Slater à Teahupoo : la wildcard qui enrage la communauté surf

    Kelly Slater à Teahupoo : la wildcard qui enrage la communauté surf

    Vous pensiez que le King avait définitivement tiré sa révérence ? Détrompez-vous. À 54 ans, Kelly Slater sera bien au line-up du prochain Outerknown Tahiti Pro 2026. Mais si son retour sur la mythique vague de Teahupoo aurait dû être une fête, il se transforme en polémique. Et pour cause : la manière dont il a obtenu sa wildcard est discutable.

    Le sponsor, le boss et le passe-droit

    Traditionnellement, le sponsor principal d’une étape du CT offre sa fameuse wildcard (invitation) à un jeune talent local. C’est l’occasion en or pour un rookie de briller face aux meilleurs mondiaux. Le hic ? Le sponsor à Tahiti s’appelle Outerknown. C’est la propre marque de vêtements « éco-responsables » de Kelly Slater.

    Au lieu de propulser un prodige tahitien sur le devant de la scène, le divin chauve s’est tout simplement auto-invité.

    Sur les réseaux, les médias et dans les podcasts spécialisés, la pilule a du mal à passer. Et soyons claire, la communauté est partagée entre :

    • La frustration : L’impression tenace que Slater « double tout le monde dans la file d’attente », comme il l’a souvent fait dans le passé.
    • L’erreur de com’ : La WSL aurait pu inviter Kelly pour l’ensemble de son œuvre, laissant la marque offrir sa place à un local.

    Et s’il raflait la mise à la fin ?

    Malgré l’agacement de voir le King confisquer la place d’un jeune, une vérité incontestable demeure. Slater est un maître absolu du tube. Si Teahupoo offre un swell ouest massif, son sens du placement sur le récif reste inégalé.

    Dites-lui qu’il est trop vieux ou qu’il n’a plus le niveau, c’est exactement là qu’il devient le plus dangereux. S’il gagne ce contest, cela pourrait même lui donner des idées.

    Slater n’a plus rien à prouver, mais il refuse de raccrocher. Coup de génie marketing ou ego démesuré ? Une chose est sûre : quand Kelly dropera sa première bombe à Teahupoo, vous arrêterez de scroller pour regarder comme tout le monde….

  • Challenger Series au Ballito Pro 2026 : Le clan français s’arrête en huitièmes

    Challenger Series au Ballito Pro 2026 : Le clan français s’arrête en huitièmes

    Le couperet est tombé sur les vagues sud-africaines de KwaDukuza. Alors que le Ballito Pro 2026, première étape des Challenger Series, entre dans sa phase finale, les deux derniers représentants français ont vu leur parcours s’arrêter net en huitièmes de finale. Le constat est lucide : nos surfeurs sont tombés sur plus forts qu’eux.

    La puissance de Houshmand a eu raison de Braye

    Dans la quatrième série de la journée, Mihimana Braye faisait face à un gros morceau : l’Américain Cole Houshmand, ancien vainqueur de l’épreuve. Le Tahitien n’a pas démérité, mais il a dû s’incliner face à l’évidence. Houshmand a dicté le rythme de bout en bout grâce à un surf tout en puissance et, surtout, un bon choix de vague. Ne voulant pas attendre les dernières minutes pour scorer, l’Américain a rapidement mis la pression pour s’imposer logiquement avec un total de 15.33 contre 11.36 pour Braye. Houshmand retrouvera le Brésilien Ian Gouveia en quarts.

    Frustration pour Quivront face à Marshall

    La série suivante n’a malheureusement pas ramené le sourire dans le camp tricolore. Charly Quivront affrontait le Californien Jake Marshall dans un duel tactique. Le scénario est tout aussi dur : il a simplement manqué une deuxième vague de qualité à Charly pour pouvoir rivaliser jusqu’au coup de corne. Marshall, plus opportuniste sur ses choix au line-up, valide son ticket pour les quarts sur un score de 13.83 à 12.00.

    Le tableau final se dessine

    Sans les Français, la compétition se poursuit avec un casting très relevé. Chez les hommes, l’Australien Jarvis Earle, impressionnant de fluidité (15.00), et le rookie californien Taj Lindblad seront à surveiller de près en quarts de finale. Du côté féminin, les affiches des demi-finales sont connues : la Basque Ariane Ochoa, tombeuse de Sierra Kerr au bout du suspense, défiera la Portugaise Francisca Veselko, tandis que la Péruvienne Sol Aguirre affrontera Teresa Bonvalot.

    Le prochain call est fixé vendredi matin pour le couronnement des vainqueurs.

  • MEO Rip Curl Pro Peniche : Les coulisses et le prix (salé) de l’expérience VIP de la WSL

    MEO Rip Curl Pro Peniche : Les coulisses et le prix (salé) de l’expérience VIP de la WSL

    Imaginez : 9 nuits face aux vagues mythiques de Peniche, un accès VIP exclusif à toutes les séries du MEO Rip Curl Pro, et un guide local aux petits oignons pour vous dégoter les meilleurs spots de surf sauvages du coin. Ça fait rêver ? C’est l’expérience ultra-VIP que propose la WSL pour son étape portugaise. Mais attendez de voir la douloureuse.

    Pour vivre ce fantasme de surfeur fortuné, le ticket d’entrée pique un peu les yeux. Il faudra débourser entre 6 295 $(en chambre double) et 8 295$ (si vous voyagez en solo). À ce tarif, le pack inclut l’hébergement haut de gamme, des guides locaux pour scorer des sessions parfaites hors des sentiers battus lors des jours de flat, et des excursions culturelles dans les plus beaux vignobles de la région.

    Mais voici le détail qui fâche : pour près de 8 300 $, vos billets d’avion ne sont pas compris. Pire encore, les repas du midi et du soir restent entièrement à votre charge. Seul le petit-déjeuner est inclus. À ce prix-là, on aurait au moins pu espérer un chef privé pour nous cuisiner des pastéis de nata tout chauds à la sortie de l’eau. Alors, expérience ultime ou folie pure ? On vous laisse faire le calcul.

  • Le scénario cruel qui coûte la qualification à Jorgann Couzinet au Ballito Pro

    Le scénario cruel qui coûte la qualification à Jorgann Couzinet au Ballito Pro

    Le surf professionnel sait se montrer d’une injustice rare. Alors que les vagues consistantes de 4 à 6 pieds de Willard Beach offraient un spectacle impressionnant pour ce round de 32, le clan tricolore a vécu un ascenseur émotionnel intense. Au cœur de cette journée, le sort s’est acharné sur Jorgann Couzinet, éliminé prématurément de la compétition sud-africaine dans des circonstances particulièrement frustrantes.

    Une série d’anthologie mais un manque d’opportunités pour Couzinet

    Tout n’avait pas commencé de la meilleure des manières pour Jorgann Couzinet, qui a commis quelques erreurs de placement en début de heat. Pourtant, le Réunionnais s’est rapidement ressaisi pour se retrouver acteur de ce qui restera sans doute comme l’une des plus belles batailles de la journée.

    Engagé dans un duel aérien et puissant face au Brésilien Weslley Dantas — auteur d’un énorme air reverse récompensé d’un 8,70 — Jorgann a répliqué avec ses armes : des turns ultra-engagés et des enchaînements puissants. Malheureusement, dans ce festival de gros combos et de manœuvres progressives, le Français a manqué d’une dernière vague offrant le potentiel nécessaire pour exprimer pleinement son surf et combler l’écart. Un manque de réussite qui lui coûte une place en huitièmes de finale, malgré une prestation qui aurait mérité de passer dans n’importe quelle autre série.

    L’expérience paye pour Charly Quivront et Mihimana Braye

    Si la pilule est difficile à avaler pour Couzinet, le reste du contingent bleu affiche une solidité exemplaire. Mihimana Braye et Charly Quivront ont parfaitement géré la pression en faisant parler leur expérience des Challenger Series.

    Dans des conditions changeantes et sélectives, les deux surfeurs ont assuré l’essentiel sans chercher le coup d’éclat inutile. Une approche tactique et clinique qui leur permet de franchir ce tour crucial.

    Ce résultat est particulièrement encourageant pour Charly Quivront. Par le passé, le Français avait parfois tendance à se faire piéger dans ce genre de séries à haute tension. En parvenant à sécuriser sa qualification avec autant de sang-froid, il prouve sa maturité et valide ses ambitions de qualification pour le CT.

    La compétition continue en Afrique du Sud avec nos deux derniers représentants tricolores, déterminés à porter haut les couleurs françaises dans ces vagues de classe mondiale.

  • Comment El Niño modifie nos conditions de surf en France

    Comment El Niño modifie nos conditions de surf en France

    En tant que surfeur, on a tous le réflexe de scruter les cartes météo de l’Atlantique Nord pour débusquer la prochaine houle. Et si le grand chef d’orchestre de nos saisons de surf opère à des dizaines de milliers de kilomètres de nos côtes : dans le Pacifique.

    Le phénomène climatique El Niño, caractérisé par un réchauffement anormal des eaux équatoriales, ne se contente pas de bouleverser la météo américaine ou asiatique. Par un immense effet domino atmosphérique, il dicte l’humeur de l’océan Atlantique et, par ricochet, la qualité de vos sessions sur le littoral français. Fini les théories scientifiques complexes, voici concrètement ce que ce monstre climatique change pour vous.

    L’été et l’automne : le syndrome du « lac Atlantique »

    Si vous trouvez qu’en ce mois de juillet 2026, l’Atlantique ressemble davantage à une piscine municipale qu’à un terrain de jeu pour surfeurs, vous avez trouvé le coupable.

    La phase de développement d’El Niño, qui s’étale souvent sur le printemps et l’été, agit comme un bouclier anticyclonique au-dessus de l’Europe occidentale. Concrètement, le ciel se fige. Les dépressions sont bloquées bien au nord, et le Golfe de Gascogne se transforme en un immense plan d’eau étale. Pendant des semaines, la pratique du surf se limite alors à traquer les rares vaguelettes soulevées par le vent thermique de l’après-midi. Pour l’instant, cela se confirme…

    Pire encore, El Niño coupe littéralement l’herbe sous le pied de la saison des ouragans dans l’Atlantique tropical. Ses vents d’altitude « cisaillent » les tempêtes tropicales avant même qu’elles ne se forment. Conséquence directe pour nous : adieu les fameuses « houles cycloniques » d’automne, ces houles longues, propres et puissantes qui font d’ordinaire la magie des mois de septembre et octobre dans les Landes ou au Pays Basque.

    L’hiver : quand la machine à houle devient hors de contrôle

    Si l’été est frustrant, l’hiver sous l’influence d’El Niño réserve un scénario inverse, parfois effrayant. Lorsque le phénomène atteint son apogée thermique (entre novembre et février), il dérègle le courant-jet. C’est ici qu’entre en jeu un indicateur dont vous allez beaucoup entendre parler : l’indice WEPA (West Europe Pressure Anomaly).

    Développé par des chercheurs français, cet indice explique à lui seul jusqu’à 80 % de la puissance des vagues hivernales chez nous. Lors d’un hiver El Niño, la WEPA a tendance à s’affoler. Le couloir des dépressions atlantiques s’abaisse vers le sud et pointe directement sur le Golfe de Gascogne.

    Le résultat ? Des trains de houle massifs et continus s’abattent sur nos côtes.

    Saison sous El NiñoÉtat de l’OcéanCaractéristiques de la houleConditions de vent (générales)
    Été / AutomneCalme (« Lac Atlantique »)Absente à très faibleThermiques locaux
    HiverTempétueuxTrès longue période (massive)Forts vents Onshore (défavorables)

    C’est l’heure de gloire pour les spots de gros surf du Pays Basque (comme Belharra ou Parlementia) qui encaissent ces ondes titanesques de plus de 15 secondes de période. Le revers de la médaille, c’est que ces tempêtes sont souvent accompagnées de vents d’ouest destructeurs. Les beach breaks aquitains et bretons deviennent des champs de bataille chaotiques, obligeant les surfeurs à migrer vers les rares spots de repli capables de filtrer cette énergie.

    Érosion et eau bouillante : la mutation de nos spots

    Au-delà de la taille des vagues, l’empreinte d’El Niño modifie durablement le terrain de jeu.

    • Le recul des plages : L’assaut répété des houles hivernales XXL extraie massivement le sable de nos plages et de nos dunes. En une seule saison hivernale boostée par El Niño, le trait de côte peut reculer de plusieurs dizaines de mètres.
    • Des canicules marines asphyxiantes : Poussé par le réchauffement climatique et la chaleur libérée par El Niño, l’Atlantique surchauffe. En 2026, l’eau a parfois dépassé les 22,5°C dans le Golfe de Gascogne. Si surfer en boardshort est agréable, cette température est une catastrophe écologique : elle favorise les bactéries, détruit les écosystèmes locaux, et perturbe la vie marine.

    En fin de compte, El Nino est un phénomène météorologique complexe dont il est parfois difficile de comprendre les impacts sur nos côtes françaises. De mémoire de surfeur, on a tendance à dire qu’un été El Nino est plutôt flat, avec beaucoup de houles courtes. Alors que l’hiver, le phénomène a dans le passé créé des houles XXL. On se donne rendez-vous dans un an pour faire le bilan.

  • Kelly Slater’s Pro Surfer : le monument de la PS2 enflamme à nouveau les réseaux

    Kelly Slater’s Pro Surfer : le monument de la PS2 enflamme à nouveau les réseaux

    Si vous avez passé le cap de la quarantaine, ce nom réveille forcément en vous le souvenir d’interminables sessions virtuelles. En 2002, Kelly Slater’s Pro Surfer débarquait sur nos immenses télévisions cathodiques. Plus de deux décennies plus tard, une simple vidéo de gameplay vient de créer un buzz inattendu sur les réseaux, accumulant les réactions ébahies. La raison ? Le réalisme de l’océan.

    Une claque graphique intemporelle

    « La physique de l’eau est encore meilleure que dans certains jeux d’aujourd’hui », s’étonne un internaute face aux images de la vague de Teahupo’o. Développé à l’âge d’or des jeux de glisse, ce titre est au surf ce que Tony Hawk’s Pro Skater est au skateboard : une légende fondatrice. On a poncé ce jeu sur nos vieilles PlayStation jusqu’à en effacer les boutons de la manette, enchaînant les combos irréels sur les spots de Pipeline ou de Mundaka.

    À quand la relève ?

    Depuis ce coup de maître d’Activision, notre sport a tristement déserté le paysage vidéoludique majeur sur console. Il existe bien des jeux sur les mobiles comme True Surf, que j’aime bien, me lançant dans des combats sans fin avec mes enfants, chacun sur son mobile. En attendant de voir si les rumeurs persistantes d’une option surf dans le très attendu GTA VI se confirment, la référence absolue reste inchangée. De quoi donner sérieusement envie d’aller fouiller dans les cartons du garage pour rebrancher sa bonne vieille PS2.

  • Un cercle de planches au large : Biarritz et Lacanau pleurent Salomé et Louis

    Un cercle de planches au large : Biarritz et Lacanau pleurent Salomé et Louis

    Le soleil déclinait sur la plage du Miramar, mais ce n’est pas la beauté du crépuscule qui a marqué ce mardi soir. C’est ce silence, lourd, presque palpable, que 150 surfeurs à Biarritz sont venus briser avec respect. Deux semaines après le drame qui a coûté la vie à Salomé Lasla Boireau et Louis Bel Chabauty, happés par l’effondrement d’une falaise au phare de Biarritz, la communauté a choisi l’eau pour leur dire au revoir.

    La famille nous a transmis cette vidéo pour la partager, et rendre un dernier hommage à Salomé et Louis, deux amoureux de l’océan. Toutes nos condoléances….

    Le « Paddle Out », un dernier lien avec l’océan

    Le rituel est connu des habitués des spots, mais chaque cérémonie reste unique dans sa douleur. Ramer jusqu’au pic, planche sous le bras, n’est pas un acte sportif ici : c’est une communion. Dans le creux des vagues, les planches se sont soudées pour former un cercle. Au centre, l’absence de Salomé et Louis, comblée par la mémoire de leurs proches.

    La symbolique a atteint son paroxysme lorsque la mère de Salomé, embarquée par la SNSM, a dispersé les cendres de sa fille. Dans ce geste, tout le paradoxe de notre passion a refait surface : cette mer qui nous donne tant et qui, parfois, reprend tout.

    Une tristesse qui traverse les côtes

    Cet hommage ne s’est pas limité au Pays basque. La veille, sur la plage Nord de Lacanau, c’est le HCL Océan Club qui s’est figé. Salomé, ancienne licenciée, y a laissé des souvenirs de bodyboard, de voyages et une joie de vivre que ses anciens camarades peinent encore à réaliser éteinte.

    Plus qu’une tragédie locale, c’est l’histoire de deux amoureux de l’océan, liés par le destin jusqu’à cette troublante ressemblance avec la légende de la Chambre d’Amour. S et L. Un écho qui, pour les parents de Louis, devient une étrange source de résilience. Face à l’horizon, le cercle s’est finalement ouvert, laissant les fleurs dériver vers le grand large. Un dernier salut, en toute simplicité.

  • Quand Lewis Hamilton troque son volant de F1 pour défier l’océan

    Quand Lewis Hamilton troque son volant de F1 pour défier l’océan

    Si vous pensiez que l’adrénaline de Lewis Hamilton se limitait aux cockpits étriqués et aux pointes à 350 km/h sur l’asphalte, vous faites fausse route. Loin de l’effervescence des paddocks, le septuple champion du monde de Formule 1 nourrit une obsession bien plus brute. Une passion viscérale pour l’océan qui l’a poussé à se frotter aux vagues les plus redoutables de la planète et à s’attirer le respect des plus grands noms du surf mondial.

    Une vidéo virale : un 360 old school qui enflamme le circuit

    C’est sur Instagram que le pilote britannique a récemment fait trembler la sphère surf. Oubliez les monoplaces, Hamilton s’est affiché sur un wake surf, sculptant une vague artificielle dans le sillage d’un bateau de haute performance. Mais ce n’est pas tant sa présence sur l’eau qui a choqué, c’est la manœuvre qu’il a plaquée avec une déconcertante facilité.

    Hamilton a posé un 360 degrés à plat sur la vague d’un bateau. Bon, pour être honnête, je n’ai pas crié d’extase, mais c’est plutôt cool de voir que Lewis Hamilton n’est pas le boss partout. Bon, bien évidemment, tout le monde l’applaudit alors que moi, personne ne m’envoie des DM. Kai Lenny a salué un moment « épique », le Brésilien Italo Ferreira a souligné qu’il « connaissait cette sensation », tandis que le compte officiel de la WSL n’a pu s’empêcher d’applaudir la performance. Il y en a qui cherche à avoir des places gratuites pour le prochain grand prix.

    25 pieds à Pipeline : la fois où il a cru voir sa dernière heure

    Mais l’engagement du Britannique ne se limite pas aux vagues dociles d’un lac ou aux piscines à vagues, bien qu’il soit un habitué du Surf Ranch de Lemoore. Son amour pour l’océan l’a conduit sur le North Shore d’Oahu, face à la reine des vagues : Pipeline.

    Dans une interview révélatrice, Hamilton a raconté cette session d’anthologie aux côtés du GOAT en personne, Kelly Slater. Le décor ? Un Pipe fumant, annoncé à « 25 pieds » selon les dires du pilote. Slater lui aurait formellement déconseillé d’y aller, ce à quoi Hamilton a répondu avec l’entêtement d’un champion : « Kelly, j’y vais. »

    La suite ressemble à un cauchemar pour n’importe quel surfeur amateur. Alors que Slater s’engouffrait dans un tunnel massif, Hamilton s’est retrouvé dans la zone d’impact. « J’ai dû m’assurer de ne pas être aspiré. J’ai plongé, s’est-il souvenu. J’ai attrapé le reef et j’ai prié. J’ai entendu la lèvre exploser derrière moi comme une bombe. Ma planche a été arrachée et coupée en deux. »

    Hamilton avoue avoir vu la mort de très près ce jour-là. Entre nous, annoncer 25 pieds à Pipe relève sans doute d’une petite exagération floridienne — il barbotait fort probablement sur l’épaule d’Ehukai Beach Park pour sauver sa peau. Mais survivre à un gros set fantôme sur ce banc de sable reste une épreuve terrifiante qui force le respect.

    La quête d’une connexion plus pure

    Pourquoi un homme qui risque sa vie à chaque virage sur circuit cherche-t-il à s’infliger de telles frayeurs sous l’eau ? La réponse réside dans la déconnexion absolue.

    Le surf est devenu son exutoire physique et émotionnel. Hamilton l’avoue lui-même : être au large, sentir la puissance de l’océan, le ramène à une humilité nécessaire. Il ne s’agit plus de dompter une machine sur-motorisée, mais d’accepter la suprématie de la nature. Il a d’ailleurs déclaré vouloir, un jour, surfer quotidiennement pour ne faire plus qu’un avec cet élément.

    Une belle leçon de lâcher-prise pour celui qui passe sa vie à traquer le moindre millième de seconde.

  • Ballito Pro : Journée noire pour Tessa Thyssen et fin des espoirs tricolores

    Ballito Pro : Journée noire pour Tessa Thyssen et fin des espoirs tricolores

    Le réveil est particulièrement difficile pour le clan tricolore en Afrique du Sud. Alors que le Ballito Pro ouvrait la saison des Challenger Series 2026 dans des conditions initialement idylliques, le surf français vient de perdre sa toute dernière représentante féminine. Tessa Thyssen a été éliminée ce matin au Round of 32, laissant un goût amer d’inachevé sur le spot de KwaDukuza.

    Le piège d’un jour sans pour Tessa Thyssen

    Il y a des jours où rien ne veut sourire, et ce mardi en fait clairement partie. Engagée dans la sixième série de la matinée face à l’Australienne Ellie Harrison et la Costaricienne Leilani McGonagle, Tessa Thyssen n’a jamais réussi à trouver le bon tempo, ni surtout les vagues capables de scorer.

    Dans un line-up solide de 4 à 6 pieds devenu extrêmement sélectif, la Française s’est retrouvée bloquée, sans réelles opportunités pour exprimer son surf. Elle plie bagage prématurément avec un tout petit total de 5,06 points. Cette élimination frustrante sonne la fin des espoirs bleus dans le tableau féminin.

    Du grand spectacle et des exploits héroïques

    Si la déception est de mise côté français, le show a pourtant été grandiose avant que le vent onshore ne vienne gâcher la fête en début d’après-midi. La performance fracassante du jour est à mettre au crédit de la Basque Ariane Ochoa. Avec un surf backside ultra-engagé sur un mur massif double overhead, elle a envoyé deux énormes turns pour décrocher un 9,00 d’anthologie, éliminant au passage la pensionnaire de l’élite Isabella Nichols.

    Autre démonstration de courage : celle de la Brésilienne Laura Raupp. Blessée au pied par ses propres dérives lors d’une session d’entraînement un peu plus tôt dans la semaine, elle a surfé avec trois points de suture pour s’offrir une victoire de prestige face à Francisca Veselko, grâce à un enchaînement noté 8,10.

    Des dauphins au line-up et un vent capricieux

    Le moment magique de la journée est survenu lors de la série ultra-serrée de la locale Sarah Baum et de la vétérante Sally Fitzgibbons. Un immense banc de dauphins est venu jouer les invités surprises, surfant les bombes sud-africaines aux côtés des compétitrices dans un final à couper le souffle où Baum a arraché la première place sous les acclamations du public.

    La compétition masculine a ensuite été interrompue par les organisateurs après seulement deux séries à cause de la dégradation du plan d’eau. Si Ryan Kainalo et Vitor Ferreira ont validé leur ticket pour les huitièmes. Par contre, élimination du marocain Teva Bouchagua. On attend désormais l’entrée en lice des Français Mihimana Braye, Charly Quivront et Jorgann Couzinet, qui auront la lourde tâche de laver l’affront tricolore dès la prochaine occasion.

  • La préparation fatale : Finn McGill se luxe l’épaule et rate le début des Challenger Series

    La préparation fatale : Finn McGill se luxe l’épaule et rate le début des Challenger Series

    Vous connaissez la stratégie. S’inscrire à une épreuve QS locale sur le même spot, juste avant le grand lancement des Challenger Series. C’est le calcul tactique que font de nombreux surfeurs pros pour prendre leurs marques dans des conditions de compétition optimales.

    L’Hawaïen Finn McGill avait exactement ce plan en tête pour Ballito, en Afrique du Sud. Et tout se passait à merveille. Il s’était hissé avec brio jusqu’en finale du QS 2000, validant haut la main sa préparation.

    Jusqu’à cette première vague de la finale.

    Une manœuvre banale, des conséquences désastreuses

    Ce n’est pas sur un drop monstrueux du North Shore que le chargeur hawaïen a vu sa saison basculer. Sur la toute première vague de sa série, après avoir replaqué un turn floater, McGill chute au bottom turn. Il plante sa main dans l’eau, perd le contrôle de ses appuis et heurte violemment la surface, la tête la première.

    Le verdict physique est immédiat : l’épaule saute.

    Mais le cauchemar ne fait que commencer. Coincé dans la zone d’impact avec une épaule luxée, l’Hawaïen se fait littéralement chahuter par les séries suivantes. Heureusement, le compétiteur sud-africain Luke Thompson intervient pour le ramener vers le rivage. Sur le sable, le corps de McGill a tellement compensé que ses muscles sont complètement tétanisés. Les secours sont incapables de lui remettre l’épaule en place sur la plage, l’obligeant à un passage forcé par l’hôpital.

    Un calendrier qui ne pardonne pas

    « C’est nul que ça arrive la veille du début des Challenger Series, mais c’est la vie j’imagine », a déclaré McGill sur ses réseaux, prenant le temps de remercier ceux qui l’ont sorti de l’eau.

    La réalité sportive est pourtant cruelle. Commencer la saison de qualification de cette façon est un véritable désastre. Contraint de se retirer du tableau du Ballito Pro qui vient de s’ouvrir, McGill voit sa campagne CS sérieusement compromise. Quand on sait que le circuit enchaîne directement avec l’US Open de Huntington Beach dans à peine 15 jours, on peut légitimement douter de sa présence en Californie. Le délai semble bien trop court pour rééduquer une articulation aussi cruciale.

    Un choix de préparation qui était brillant sur le papier, anéanti en une fraction de seconde.

  • Tempête tricolore en Afrique du Sud : Carton plein pour les Français au Ballito Pro !

    Tempête tricolore en Afrique du Sud : Carton plein pour les Français au Ballito Pro !

    Le premier stop de la Challenger Series 2026 a tenu toutes ses promesses aujourd’hui en Afrique du Sud. Dans des vagues consistantes de 1,50 m à plus de 2 mètres (4 à 6 pieds), le spot de Ballito a offert un spectacle grandiose, mais surtout un scénario de rêve pour le surf tricolore. Trois Français officiels en lice, un « médocain d’adoption » sous drapeau marocain, et au final : quatre qualifications magistrales pour le Round of 32. Retour sur une journée parfaite.

    Mihimana Braye dompte les favoris

    Dans la cinquième série de la journée, le Tahitien Mihimana Braye a livré une prestation de patron. Opposé notamment au solide Brésilien Ian Gouveia et surtout au tenant du titre local, Luke Thompson, Mihimana n’a pas tremblé. En trouvant des trajectoires ultra-tendues et en fracassant les sections critiques backside, il s’empare de la première place avec un total de 12,64 points. Une victoire de prestige qui élimine d’entrée le champion en titre sud-africain et lance idéalement la dynamique bleue.

    Jorgann Couzinet retrouve son surf de puissance

    On connaît la hargne et la puissance de Jorgann Couzinet lorsque l’océan muscle son jeu. Le Réunionnais a retrouvé son meilleur niveau dans la série 15. Face à une opposition féroce menée par l’Américain Kade Matson, Jorgann a patiemment construit sa série. Grâce à ses turns puissants et engagés sur les sections critiques, il s’impose avec un excellent total de 14,10 points. Une première place rassurante qui prouve qu’il faudra compter sur lui pour la suite des hostilités.

    Charly Quivront assure l’essentiel

    De son côté, le Royannais Charly Quivront a dû batailler ferme dans la série 9. Face à un Jake Marshall (USA) très en jambes (13,23 points), Charly a su rester calme et passé cette série à l’expérience. Avec un total de 11,77 points, il s’octroie une deuxième place salvatrice, éliminant au passage l’Espagnol Conor Donegan Dos Santos. Le contrat est parfaitement rempli.

    Teva Bouchgua, la surprise girondine

    Impossible de ne pas associer à cette fête Teva Bouchgua. S’il surfe officiellement sous les couleurs du Maroc, le surfeur réside et s’entraîne quotidiennement à Carcans, en Gironde. Dans la deuxième série du jour, Teva s’est fendu d’une superbe prestation tactique (9,00 points) pour décrocher la deuxième place qualificative derrière le Brésilien Ryan Kainalo. Sa qualification vient compléter ce tableau idyllique pour le clan de l’Hexagone.

    Les cadors au tapis, les jeunes s’envolent

    Au-delà de la réussite tricolore, cette journée du Round of 64 a été marquée par d’énormes surprises. Le gros coup de tonnerre est venu de l’élimination de l’Australien Jacob Willcox (ex-pensionnaire de l’élite mondiale), sorti prématurément par le « giant-slayer » brésilien Vitor Ferreira.

    Du côté du spectacle pur, le champion du monde junior WSL 2025, Dane Henry (AUS), a encore enflammé le spot avec ses envolées aériennes, tandis que le jeune Winter Vincent (AUS) a décroché la note du jour : un incroyable 9,33 après avoir survécu à un turn ultra-engagé dans une section qui fermait de manière terrifiante.

    La prochaine décision de la direction de course aura lieu ce mardi 14 juillet à 6h30 (GMT+2) pour un lancement potentiel à 7h05.

    Résultats des séries (Round of 64)

    • SÉRIE 2 : Ryan Kainalo (BRA) 12.17 DEF. Teva Bouchgua (MAR) 9.00, Taro Watanabe (USA) 8.83, Dimitri Poulos (USA) 8.67
    • SÉRIE 5 : Mihimana Braye (PYF) 12.64 DEF. Ian Gouveia (BRA) 12.47, Keijiro Nishi (JPN) 9.10, Luke Thompson (RSA) 7.10
    • SÉRIE 9 : Jake Marshall (USA) 13.23 DEF. Charly Quivront (FRA) 11.77, Conor Donegan Dos Santos (ESP) 11.37, Slade Prestwich (RSA) 8.20
    • SÉRIE 15 : Jorgann Couzinet (FRA) 14.10 DEF. Kade Matson (USA) 13.47, Beyrick De Vries (NLD) 11.50, Hayden Rodgers (USA) 3.84

    Les affrontements du Round of 32 à venir

    • SÉRIE 2 : Jarvis Earle (AUS) vs. Teva Bouchgua (MAR) vs. Vitor Ferreira (BRA) vs. Guilherme Ribeiro (POR)
    • SÉRIE 3 : Mihimana Braye (PYF) vs. Oscar Berry (AUS) vs. Jordan Lawler (AUS) vs. Riaru Ito (JPN)
    • SÉRIE 6 : Charly Quivront (FRA) vs. Luke Guinaldo (USA) vs. Connor Slijpen (RSA) vs. Jackson Bunch (HAW)
    • SÉRIE 8 : Weslley Dantas (BRA) vs. Levi Slawson (USA) vs. Jorgann Couzinet (FRA) vs. Taj Lindblad (USA)
  • Polémique : Faut-il avoir été surfeur pro pour juger les coméptitions de surf ?

    Polémique : Faut-il avoir été surfeur pro pour juger les coméptitions de surf ?

    La tension monte d’un cran entre le line-up et la tour des juges. Et cette fois, il ne s’agit pas d’une simple frustration liée à un score trop serré sur la dernière vague d’un heat, mais d’une remise en question brutale du casting même de la World Surf League.

    L’interview de Griffin Colapinto

    Au micro du podcast Stab Mic cette semaine, Griffin Colapinto a jeté un véritable pavé dans la mare. L’actuel top mondial estime que l’instance dirigeante devrait faire passer un test pratique sur l’eau à ses juges avant de valider leur embauche. La raison est implacable : un surfeur classique, même doté d’un excellent sens de l’observation, ne peut pas physiquement appréhender la biomécanique et la difficulté extrême d’un carving appuyé ou d’une rotation aérienne. Pour l’Américain, évaluer la justesse et l’engagement d’une manœuvre critique demande de l’avoir soi-même exécutée au plus haut niveau.

    Un constat tranché qui a immédiatement fait réagir le GOAT en personne. Kelly Slater a appuyé le propos en faisant le parallèle avec d’autres disciplines ultra-exigeantes comme la gymnastique, les arts martiaux mixtes (MMA) ou le patinage artistique. L’ex-roi du Tour a souligné que le standard de jugement nécessitait une véritable expertise du terrain, tout en admettant qu’après une carrière éreintante sur le circuit, rares sont les anciens pros qui ont envie d’enfiler le maillot ingrat du juge.

    Le cas Ben Dunn : l’évidence que la WSL ignore ?

    Pourtant, c’est exactement vers ce vivier que la WSL devrait se tourner massivement. Si l’on se penche sur la liste des juges (comme celle qui avait fuité en 2018), certains profils d’anciens pensionnaires du WCT cochent toutes les cases pour rétablir cette légitimité.

    Prenons l’exemple concret de Ben Dunn (fils dune coach surf très respecté). Ancien surfeur professionnel respecté, compétiteur féroce et habitué du WCT, l’Australien incarne le profil parfait. Il connaît la pression écrasante de la priorité, le timing d’une lecture de vague parfaite, et surtout, il maîtrise la technique pure. Intégrer davantage d’anciens guerriers du Tour de ce calibre dans la cabine permettrait non seulement d’affiner radicalement les scores, mais surtout de restaurer une confiance devenue très fragile entre les surfeurs et l’organisation.

  • Coup d’envoi à Ballito : conditions de folie et destin contrarié pour les Bleus

    Coup d’envoi à Ballito : conditions de folie et destin contrarié pour les Bleus

    La saison des Challenger Series (CS) 2026 vient d’être officiellement lancée sur la côte de KwaDukuza, en Afrique du Sud. Pour cette première journée du Ballito Pro 2026, l’océan a offert des conditions optimales : un plan d’eau propre de un mètre à un mètre cinquante, balayé par un vent offshore idéal. Si le spectacle international a tenu toutes ses promesses, la situation est déjà tendue pour le contingent tricolore.

    Un effectif français réduit au strict minimum

    Il faut se rendre à l’évidence : la délégation française est particulièrement mince cette année. Avec seulement quatre surfeurs et deux surfeuses engagés sur ce circuit d’accès à l’élite, les chances de qualification s’annoncent serrées, même si elles sont loin d’être nulles.

    Ce manque de densité s’explique par deux facteurs majeurs :

    • Des WQS régionaux compliqués l’an dernier, qui ont laissé plusieurs de nos habitués sur le carreau.
    • L’élite qui a aspiré nos leaders, avec les montées légitimes de Kauli Vaast et Tya Zebrowski directement sur le CT.

    Les premiers verdicts : Thyssen passe, Carrique et Goold éliminés

    Dans l’eau, les premiers affrontements ont donné des résultats contrastés pour nos troupes. Tessa Thyssen a parfaitement fait parler son expérience du circuit international. Dans une série piégeuse du Round of 48, elle s’est imposée à l’expérience avec un total de 8,97 points, validant ainsi son ticket pour le tour suivant.

    Le bilan est malheureusement plus lourd pour le reste des engagés du jour. Tiago Carrique s’arrête prématurément au Round of 80, terminant quatrième de sa série malgré un score honorable de 11,93 points. Même coup d’arrêt pour la jeune et très prometteuse Kiara Goold. À seulement 15 ans, elle quitte l’épreuve au Round of 48 avec un total de 9,96 points, impuissante face au festival de l’Australienne Sierra Kerr.

    Tout l’espoir repose désormais sur l’entrée en lice de nos deux derniers guerriers dans le Round of 64 : Maihimana Braye que j’avais oublié dans un premier temps, Charly Quivront, redoutable quand les vagues sont bonnes, et Jorgann Couzinet, qui court après cette qualification de rêve depuis tant d’années.

    Le show international : Vaughan et Kerr affolent les compteurs

    Hors de nos frontières, cette entame a été marquée par des performances stratosphériques. L’Australien Joel Vaughan a envoyé une rotation aérienne massive notée 9,00, s’offrant le meilleur ride de la journée chez les hommes.

    Chez les femmes, la performance du jour revient à Sierra Kerr. De retour aux affaires après de sérieux pépins de santé, la championne du monde junior a littéralement fracassé les sections sud-africaines pour claquer un total impressionnant de 16,83 points, incluant une vague frôlant la perfection à 9,33.

    Le prochain call est fixé à lundi matin, 6h30, heure locale.

  • Caraïbos Lacanau Pro 2026 : Un dénouement magique à la Plage centrale

    Caraïbos Lacanau Pro 2026 : Un dénouement magique à la Plage centrale

    La 45e édition du Caraïbos Lacanau Pro s’est achevée en apothéose sur la Grande Plage. Après un début de semaine marqué par de petites vagues capricieuses, les bancs de sable girondins se sont réveillés pour offrir des conditions inespérées le jour des phases finales. Au bout du suspense, l’Allemand Hans Odriozola (enfin espagnol à la base) et l’Américaine Victoria Duprat ont tous les deux décroché leur tout premier titre sur le circuit Qualifying Series (QS 2,000) de la WSL.

    Le hold-up parfait de Victoria Duprat en vacances

    C’est l’histoire insolite de ce week-end en Gironde. Championne scolaire en Californie, Victoria Duprat était simplement en vacances en France avec ses proches, sa mère shapant ses planches et son père officiant comme coach.

    Inscrite pour le plaisir sur cette épreuve, la jeune Américaine a survolé les débats. Après avoir écarté la favorite Lucia Machado en demi-finale, elle a dicté son rythme face à la Portugaise Erica Maximo lors de l’ultime série (13,60 points). Portée par sa famille locale et ses amis d’enfance, Duprat s’offre une victoire aussi inattendue que mémorable sur ses terres d’adoption.

    Hans Odriozola : le sacre après le duel fratricide

    Chez les hommes, Hans Odriozola tient enfin sa délivrance. Souvent placé mais jamais couronné à Lacanau, l’Allemand a dû passer par un ascenseur émotionnel rare en demi-finale : affronter son propre frère, Kai.

    Une fois ce duel familial particulièrement difficile à gérer mentalement digéré, Hans a profité des droites canaulaises pour exprimer son meilleur surf et dominer le Français Noe Ledee en finale. Un succès fondateur qui lance parfaitement sa saison vers son objectif majeur : la qualification pour les Challenger Series.

    Le circuit européen de la WSL prend désormais la direction de l’Angleterre pour le Boardmasters (QS 4,000), prévu du 5 au 9 août prochains.

  • Caraïbos Lacanau Pro 2026 : L’hécatombe des têtes de série dans le piège girondin

    Caraïbos Lacanau Pro 2026 : L’hécatombe des têtes de série dans le piège girondin

    Organiser 32 séries en une seule journée n’est jamais une mince affaire. Mais quand l’océan décide de jouer avec les nerfs des compétiteurs en offrant des conditions aussi petites que capricieuses, cela se transforme vite en roulette russe. Ce vendredi, au Caraïbos Lacanau Pro, l’utilisation du double bank (nord et sud) a permis de boucler un programme dantesque, mais a surtout révélé à quel point ce spot peut devenir un véritable piège pour les favoris.

    Sam Piter, la cruelle désillusion

    On s’attendait à voir le tenant du titre dicter sa loi d’entrée de jeu. C’est malheureusement tout le contraire qui s’est produit. L’élimination prématurée de Sam Piter résume parfaitement cette hécatombe pour le clan français. Pénalisé par une interférence fatale dès le round of 32, le Landais n’a jamais pu combler son retard dans des vagues de petit temps qui n’offraient aucun droit à l’erreur. Dans cette série piège, c’est l’Argentin Uri Uziel (13.33) et le Français Luan Nogues qui tirent leur épingle du jeu. Ce scénario s’est répété : d’autres évidences du circuit comme Lukas Skinner ou Dylan Groen sont passées à la trappe.

    L’art de l’adaptation et les surprises

    Face à ces bancs de sable changeants, certains compétiteurs ont su faire parler leur créativité. L’Espagnol Ruben Vitoria a fait très forte impression en scorant un superbe 15.27, imité de près par Markel Vizcarguenaga (15.00) qui a réussi l’exploit de museler la fougue du prodige portugais Afonso Antunes.

    Les Françaises résistent dans le chaos

    Le tableau féminin a heureusement offert quelques bouffées d’air frais au camp tricolore. Même si la Canarienne Lucia Machado a survolé les débats avec l’une des meilleures vagues de la journée (8.33), la Française Maelys Jouault a prouvé que l’engagement total payait même dans le petit surf. Grâce à deux énormes turns pleins de puissance, elle décroche un excellent 8.50 et valide avec autorité son ticket pour les huitièmes de finale aux côtés de sa compatriote Lilou Rumiel.

    Une vraie journée de survie ! Le Caraïbos Lacanau Pro s’annonce plus indécis que jamais. Prochain call ce samedi matin pour la suite des hostilités.

  • Caraïbos Lacanau Pro : Les Français survivent à un océan punitif

    Caraïbos Lacanau Pro : Les Français survivent à un océan punitif

    On dirait bien que les dieux de l’océan ont un ego à ménager. Eux non plus n’ont manifestement pas digéré le récent changement de date du Caraïbos Lacanau Pro. Résultat ? Ils font payer le prix fort aux compétiteurs cette semaine avec des conditions qu’on qualifiera poliment de « tricky ».

    Hier, sur la Plage Centrale, les vagues étaient cruellement anémiques, transformant ces séries du Qualifying Series (QS) en véritable casse-tête. La direction de course en sue à grosses gouttes, au point d’envisager de lancer des doubles podiums aujourd’hui pour sauver les meubles et expédier un maximum de heats.

    Mais c’est dans ces chantiers illisibles qu’on reconnaît les magiciens des petites vagues. À ce jeu de patience, les Français s’en sont sortis avec les honneurs lors du Round of 96. Enzo Cavallini a plié le game d’entrée avec deux vagues coup sur coup pour un total solide de 14.10, tandis qu’Inigo Madina arrachait sa qualification dans les derniers instants.

    Côté femmes (Round of 48), l’Espagnole Carla Morera De La Vall a donné une leçon de glisse sur les sections plates (11.83). On retient surtout le duel acharné où la Guadeloupéenne Rose Calvez a finalement pris le dessus sur la Portugaise Erica Maximo avec deux scores autour de 6.00.

    Prochain call prévu ce matin à 7h30. Reste à voir si Poséidon a décidé d’envoyer quelques lignes pendant la nuit.

  • Vendre une vague secrète 100 000 dollars

    Vendre une vague secrète 100 000 dollars

    En 2017, une vidéo a fait exploser internet : Mick Fanning domptant une droite tubulaire interminable au milieu de nulle part, une vague vierge surnommée « The Snake ». À l’époque, toute la presse encensait la légendaire campagne « The Search » de Rip Curl. Visuellement, le contenu était une masterclass et on criait au génie.

    Mais voilà, la réalité est nettement plus business, et un poil plus glauque. En recoupant les informations de la dernière enquête de Stab sur la rémunération des surfeurs, j’ai découvert les coulisses édifiantes de cette expédition. Ce n’est ni Fanning, ni l’équipe de Rip Curl qui ont trouvé cette pépite.

    Le marché de l’information secrète

    La vérité ? Ce sont les redoutables chargeurs Grant « Twiggy » Baker et Greg Long qui ont déniché ce joyau. À force de disparaître des radars à chaque énorme houle sans jamais publier la moindre image, ils ont éveillé les soupçons du microcosme surf. Twiggy, comprenant la valeur inestimable de ce spot pour l’industrie, s’est posé une question simple : pourquoi ne pas tout simplement commercialiser l’information ?

    Sa première offre a été envoyée directement à Kelly Slater. Silence radio du King. Il a ensuite approché Mick Fanning avec des images inédites. Scotché, l’Australien l’a immédiatement mis en relation avec le management de Rip Curl pour négocier.

    Le casse marketing de la décennie

    Un accord commercial totalement inédit a été scellé : l’achat pur et simple de l’emplacement d’une vague. Les rumeurs évoquent un montant avoisinant les 100 000 à 200 000 dollars. Pour verrouiller le secret absolu, Twiggy Baker a tout orchestré lui-même. Fanning et l’équipe de production n’ont découvert leur destination qu’au dernier moment, lors de l’achat des billets d’avion déclenché par un swell d’anthologie sur les cartes météo.

    Alors, immoral de privatiser une merveille de la nature pour créer du contenu marketing ? Au final, le plus fou dans cette histoire, c’est que toutes les parties sont gagnantes. L’investissement de Rip Curl, même à six chiffres, reste dérisoire comparé à l’impact médiatique colossal de la campagne. En termes d’acquisition et d’image de marque, c’est un retour sur investissement magistral. Quant à Baker et Long, ils ont su monétiser leurs années de repérage tout en affirmant avoir redistribué une partie de cette somme à la communauté locale.

    Vendre le secret d’un spot pour rentabiliser le free surf bouscule l’âme de la discipline, mais c’est un business model redoutablement efficace.

  • Une expédition sud-africaine de 10 jours pour le Natural Selection Surf 2026

    Une expédition sud-africaine de 10 jours pour le Natural Selection Surf 2026

    Après une première édition couronnée de succès dans les tubes parfaits de Micronésie, le Natural Selection Surf change radicalement de décor pour 2026. Fini le spot unique, l’organisation mise cette année sur une expédition « off-the-grid » de dix jours à travers l’Afrique du Sud. L’objectif ? Couronner les freesurfeurs les plus complets, capables de s’adapter aussi bien à des beachbreaks massifs qu’à des pointbreaks interminables dans des eaux bien plus froides.

    Les champions en titre, Soli Bailey et Milla « Coco » Brown, remettent leur couronne en jeu au sein d’un plateau de 12 athlètes incluant Noah Beschen, Eithan Osborne et Kirra Pinkerton. Seul absent notable : le Mexicain Alan Cleland Jr., désormais accaparé par sa récente qualification sur le Championship Tour. Sur le plan sportif, le système de jugement maison (le CREDO) reste la norme, privilégiant le style, l’engagement et la créativité pure plutôt que le comptage classique de manœuvres.

    L’événement s’éloigne des formats compétitifs traditionnels pour se muer en un véritable trip vidéo. Capter l’action et construire un récit immersif sur dix jours de traque itinérante représente un défi logistique exigeant derrière la caméra, garantissant une production finale brute et authentique. Le résultat de cette aventure sera diffusé le 25 septembre sur Red Bull TV.

  • Caraïbos Lacanau Pro : Le grand retour à la compétition de Nommé Mignot

    Caraïbos Lacanau Pro : Le grand retour à la compétition de Nommé Mignot

    La saison européenne des Qualifying Series a officiellement repris ses droits à la Centrale. Si l’ouverture du Caraïbos Lacanau Pro s’est faite dans des vagues petites et particulièrement techniques, l’attention s’est très vite détournée du plan d’eau pour se concentrer sur le tableau des séries. L’attraction du jour portait un nom précis : Nommé Mignot.

    Nommé Mignot, le frère de Marco Mignot

    Le grand frère de Marco Mignot a créé l’événement de ce début de compétition en renfilant le lycra, lui qui avait mis la compétition entre parenthèses fin 2020. À 29 ans, l’ancien grand espoir du surf européen, toujours aussi redoutable dans les airs et létal sur les gauches, a prouvé que la magie opérait encore. Sur un spot qu’il connaît par cœur et qui lui a souvent réussi (deuxième du Lacanau Pro en 2015, troisième en 2018), le Franco-Mexicain a franchi brillamment ses deux premiers tours. Une performance marquante qui offre une belle respiration dans ce circuit ultra-compétitif.

    Une compétition piège ?

    Dans le reste des séries de cette journée d’ouverture réunissant 104 surfeurs, les pièges girondins ont fait des dégâts. Le Basque Markel Vizcarguenaga a affiché un surf incisif, enchaînant deux victoires consécutives pour valider son ticket pour le Round of 64. Une réussite qui a malheureusement fui le Français Gaspard Larsonneur, piégé d’entrée.

    Le clan tricolore a tout de même su s’illustrer : Aaron Bacon a intelligemment construit sa série avec deux scores intermédiaires solides pour contenir le Portugais Afonso Antunes. Mael Laborde a dominé sa confrontation face à Bruno Amado, tandis que Jay Phipps et Esteban Coucoulis Lapierre se sont qualifiés ensemble lors de l’ultime heat. La stratégie de la patience a également souri à Dylan Groen (11.00 points de total) et Milo Shani, tous deux qualifiés.

    La compétition a été relancée ce matin

  • EuroSIMA Beach Party 2026 : Quiksilver rafle la mise à Seignosse

    EuroSIMA Beach Party 2026 : Quiksilver rafle la mise à Seignosse

    La grand-messe annuelle du surf business européen a rendu son verdict sur les bancs de sable de Seignosse. Pour cette édition 2026 de l’EuroSIMA Beach Party, c’est l’équipe Quiksilver (pavillon Boardriders) qui soulève le trophée, dans des conditions… pour le moins capricieuses.

    En effet, l’océan n’a pas vraiment joué le jeu. Le manque cruel de houle a contraint l’organisation à stopper les hostilités dès l’entame du deuxième tour. Le classement final a donc été scellé sur les deux meilleures vagues scorées lors du premier round. Un format express qui n’a pourtant pas tué le suspense ! Quiksilver s’adjuge la première place, talonné par l’équipe 1 de Rip Curl et la team Oxbow qui vient compléter ce podium. Billabong et Alltroc se glissent dans le top 5.

    Après l’effort, la famille de la glisse s’est réunie au Jo&Joe pour la remise des prix, clôturant la journée par un cocktail devant le match des Bleus. L’esprit de communauté, véritable ADN de l’association aux 215 adhérents, était une fois de plus au rendez-vous.

    Et Icones Surf dans tout ça ? Les rangs de la rédaction se limitant pour le moment à moi-même, difficile d’aligner un relais très compétitif à l’eau. Mais promis, on s’entraîne en secret pour venir bousculer la hiérarchie lors d’une prochaine édition !

  • Caraïbos Lacanau Pro 2026 : Un 45e anniversaire au goût amer

    Caraïbos Lacanau Pro 2026 : Un 45e anniversaire au goût amer

    Le plus vieux club de surf d’Europe s’apprête à célébrer une étape historique. Ce mercredi 8 juillet 2026, le Caraïbos Lacanau Pro lance sa 45e édition sur la Grande Plage. Au programme : une identité visuelle rétro inspirée des années 80, des contests de skate, des concerts et un village d’exposants ultra-complet. Sur le papier, la fête s’annonce belle. Dans l’eau, l’histoire est bien différente.

    Pour les passionnés de surf et les habitués du circuit, une question tourne en boucle : pourquoi l’évènement est à cette date ?

    Le sabordage en règle du plateau européen

    Historiquement ancré au milieu du mois d’août, le Lacanau Pro a été brutalement avancé du 8 au 13 juillet. Un choix de calendrier totalement déconnecté de la réalité du circuit mondial. Le premier événement des Challenger Series (CS) débute en effet le 12 juillet en Afrique du Sud.

    Conséquence directe de ce chevauchement absurde : le QS 2,000 canaulais perd instantanément ses plus grosses têtes d’affiche. Impossible pour les cadors du Vieux Continent de s’aligner en Gironde alors qu’ils doivent jouer leur qualification pour l’élite de l’autre côté du globe. Cette année, le public devra faire une croix sur des patrons du circuit comme Jorgann Couzinet ou Charly Quivront.

    Un mois d’août désert, le silence de la WSL

    Le plus rageant reste l’incohérence globale du calendrier estival de la World Surf League Europe. Le circuit régional prévoit un WQS en Angleterre au début du mois d’août, puis un autre en Galice à la toute fin du mois. Entre les deux ? Un immense vide de trois semaines en plein cœur de l’été.

    Pourquoi ne pas avoir maintenu Lacanau à sa date historique de la mi-août, ce qui aurait permis de construire un enchaînement logique et de garantir un plateau XXL ? Nous avons directement contacté la WSL pour tenter d’obtenir des explications sur ce choix. Pas de réponse pour l’instant.

    Si les jeunes talents comme Sam Piter, tenant du titre, ou Naïa Monte, tête de série numéro un chez les femmes, assureront le spectacle, cette 45e édition méritait un tout autre traitement de la part des instances du surf mondial.

  • William Aliotti teste 4 planches asymétriques en Indonésie : l’erreur de shape qui lui a coûté cher

    William Aliotti teste 4 planches asymétriques en Indonésie : l’erreur de shape qui lui a coûté cher

    Imaginez la scène : vous êtes à Ujung Bocur, face à l’une des gauches les plus longues et parfaites d’Indonésie. Dans votre housse, quatre ovnis asymétriques fraîchement shapés à Bali par le duo Ryan Lovelace et Vincent Brecqueville pour Lovemachine. C’est exactement le laboratoire qu’a choisi le freesurfeur William Aliotti pour martyriser son nouveau quiver. Et tout ne s’est pas passé comme prévu.

    Dès les premières vagues, le ton est donné. La Zambal (5’5 pour seulement 23 litres) se révèle être un véritable skate. Avec ses patchs en carbone pour encaisser les appuis surpuissants d’Aliotti, elle offre une vitesse hallucinante, malgré une rame laborieuse. Pour les conditions plus solides, le Satellite Step-Up (6’0) prend le relais : un volume généreux caché sous le torse, couplé à un travail de concaves ultra-centré qui permet de surfer uniquement sur le tiers arrière. Une machine à découper le curl.

    Le duo de shapers a même glissé un prototype radical, le Willycopter (5’7). Avec son tail ultra-large et son rocker prononcé, cette planche au look improbable a été pensée spécifiquement pour les slabs indonésiens qui pardonnent le moins.

    Mais le véritable drame de ce trip s’est joué avec la Satellite classique (5’8). Montée en époxy sans latte centrale (stringerless), elle offrait une relance et une fluidité inégalées. Trop en confiance face à la vitesse de la board, Aliotti a fait le choix risqué de l’engager dans de gros barrels cabossés. La sanction a été immédiate : le fameux « foam ball » (la boule de mousse à l’intérieur du tube) a littéralement plié et explosé la planche en deux.

    Une erreur matérielle assumée qui rappelle une règle d’or : dans les vagues lourdes, la latte reste votre meilleure assurance vie. Pour contrôler ces asymétriques avant la casse, Aliotti utilisait d’ailleurs ses propres dérives, les Bizou Twins, développées en collaboration avec True Ames. Un set qui prouve que l’asymétrie, quand elle est bien jaugée, a définitivement sa place dans les vagues de classe mondiale.

  • Kelly Slater de retour à Tahiti : Wildcard légendaire et vagues parfaites aux Trials

    Kelly Slater de retour à Tahiti : Wildcard légendaire et vagues parfaites aux Trials

    Le King n’a pas dit son dernier mot. À 54 ans, Kelly Slater s’apprête à renfiler le lycra de compétition pour l’Outerknown Tahiti Pro 2026, du 8 au 18 août prochains. L’onze fois champion du monde a reçu une wildcard officielle de la WSL pour s’aligner sur l’un des spots les plus massifs et dangereux de la planète : Teahupo’o.

    Le GOAT de retour dans son jardin tahitien

    Après une lourde opération de la hanche fin 2025 et une vie de famille bien remplie aux côtés de Kalani Miller (le couple attend d’ailleurs un heureux événement), beaucoup pensaient Slater définitivement retraité du circuit d’élite. Erreur. Le surfeur américain revient sans pression, mais avec l’expérience unique de ses cinq victoires au « Bout du Monde ». Le timing est parfait : la marque de vêtements écoresponsables qu’il a fondée, Outerknown, est justement le sponsor titre de cette septième étape du CT. (Comme de par hasard)

    Un score parfait de 20/20 pour les locaux

    Mais le retour du GOAT ne sera pas la seule attraction à l’End of the Road. Les Trials locaux viennent de s’achever dans des conditions dantesques de 2 à 2,5 mètres, révélant la puissance de la nouvelle génération tahitienne.

    Chez les hommes, le redoutable local Eimeo Czermak a littéralement terrassé la concurrence. Il décroche son ticket pour le tableau principal après une série historique, scorant deux 10 parfaits pour un total intouchable de 20/20. Blessé à la cheville en finale, le jeune chargeur promet d’être rétabli à temps pour défier l’élite mondiale.

    Du côté des femmes, l’exploit est tout aussi retentissant. À seulement 13 ans, Kelia Gallina remporte les Trials féminins pour la deuxième année consécutive. Son engagement dans les tubes backside de Teahupo’o s’annonce déjà comme l’un des moments forts de cet été.

  • Un surfeur venu d’Iran crée la surprise sur la liste des inscrits du Lacanau Pro !

    Un surfeur venu d’Iran crée la surprise sur la liste des inscrits du Lacanau Pro !

    Alors que les yeux du monde du surf se tournent vers la Gironde pour le retour du mythique Lacanau Pro du 8 au 13 juillet prochains, un nom sur la liste des participants crée la surprise et bouscule toutes les attentes. Au milieu des 112 compétiteurs habitués des Qualifying Series (QS 2000), un profil retient particulièrement l’attention : celui de Mohammad Shahmoradi. Encore faut-il qu’il soit présent…

    Un profil atypique de 38 ans à l’assaut de la Gironde

    À 38 ans, cet athlète au parcours singulier va vivre sa toute première expérience sur le circuit de la World Surf League (WSL). Originaire d’Iran, ce passionné n’est pourtant pas un total inconnu puisqu’il a déjà représenté son pays lors des Mondiales ISA. Ancien joueur de basketball et de volleyball, cet amoureux de nature et de documentaires apporte un vent d’exotisme absolu sur l’étape française.

    Pas de points, mais un défi historique

    Le règlement de la WSL est pourtant strict : s’agissant d’un QS européen, Mohammad ne pourra prétendre à aucun point pour le classement continental. Qu’importe. Le surfeur iranien vient chercher l’expérience, se frotter à l’élite et, pourquoi pas, créer l’exploit en s’emparant d’un prize money en cas de phase finale. Une trajectoire unique qui prouve que le surf n’a définitivement pas de frontières.

    Espérons qu’il ait progressé depuis cette vidéo qui date d’il y a 10 ans.

  • Le champion portugais Vasco Ribeiro de retour à l’eau après sa lourde suspension

    Le champion portugais Vasco Ribeiro de retour à l’eau après sa lourde suspension

    C’est le grand retour que le monde du surf n’attendait plus. Suspendu trois ans après avoir refusé de se soumettre à un contrôle antidopage, Vasco Ribeiro s’apprête à renfiler le lycra de compétition dès ce mois de juillet 2026.

    L’Association Nationale des Surfeurs Portugais a officialisé la nouvelle : le quintuple champion national retrouvera les vagues dès le 14 juillet lors du Bom Petisco Peniche Pro. Il enchaînera ensuite sur le circuit Qualifying Series (QS) de la WSL, notamment au QS4000 de Newquay en août.

    À 31 ans, le champion du monde junior 2014 affirme avoir profité de cet exil forcé pour se reconstruire, loin de la pression médiatique. S’il revient, ce n’est pas pour régler ses comptes, mais par pur amour du sport.

    « Je ne reviens pas pour prouver quoi que ce soit à qui que ce soit. Je reviens parce que je suis toujours passionné par le surf. J’ai redécouvert la joie de surfer », confie-t-il avec humilité.

    Reste à savoir si l’ancien champion d’Europe Open saura retrouver son meilleur niveau et reconquérir le cœur des fans après trois ans passés loin du circuit mondial.