Punta Roca a offert bien plus que prévu ces derniers jours pour le Surf City El Salvador Pro. Pourtant, la compétition est entrée dans une phase d’attente qui agace. Alors que des murs massifs, deux à trois fois au-dessus de la tête, déroulaient proprement sur le pointbreak salvadorien, les organisateurs ont décidé de lever le pied. Une décision incompréhensible, partagée par nos confrères du média Duke Surf (sur place), qui estiment à juste titre que les demi-finales auraient dû être bouclées depuis 24 heures, voir toute la compétition.
Le coup de poker de Renato Hickel : Un pari ultra-risqué sous les tropiques
Ce blocage met en lumière un problème récurrent : la dépendance aveugle de la direction de course aux outils de prévisions, Surfline en tête. L’application reine du secteur a pourtant montré ses limites flagrantes. Pendant deux jours, ses algorithmes affichaient du rouge (« conditions médiocres »), alors que le plan d’eau était fantastique. Ce n’est pas une surprise pour nous en France, où l’on sait pertinemment que Surfline est complètement « éclaté au sol » (c’est mon point de vue un peu radical) et pas du tout au niveau de sa réputation. Au Salvador, l’erreur informatique a sauté aux yeux de tout le monde.
Le patron du circuit, Renato Hickel, a préféré parier sur une journée de samedi théoriquement « épique », quitte à envoyer les quarts de finale dans des vagues déclinantes le vendredi. C’est un coup de poker ultra-risqué. Sous les tropiques, le moindre grain ou phénomène local peut détruire un plan d’eau en quelques minutes, peu importe si les cartes météo virent au vert sur l’écran.
L’époque des compétitions qui s’éternisent dans l’espoir d’un swell mythique commence à lasser. Quand les vagues sont là, il faut envoyer les séries. Vouloir miser sur « encore mieux » alors que le spectacle est déjà garanti est un luxe dangereux. Le verdict tombera d’ici quelques heures, mais on croise les doigts pour que ce choix ne transforme pas une édition historique en immense frustration.
La folie s’empare d’El Salvador ! Le contingent tricolore fait vibrer le surf français sur cette étape du CT. Après la masterclass de Marco Mignot face à Yago Dora au tour précédent, c’est Kauli Vaast qui a dicté sa loi dans des vagues pourtant complexes.
Opposé au redoutable Brésilien Joao Chianca, le Tahitien a sorti le grand jeu pour s’imposer avec un score solide de 12,76 contre 10,76. Une victoire nette et sans bavure qui valide son billet pour le top 8.
Mais le véritable miracle du jour vient d’Italo Ferreira. Malgré une vilaine blessure et des points de suture tout frais, le champion olympique a surmonté la douleur pour éliminer Crosby Colapinto.
Le décor des quarts de finale est planté : Marco Mignot affrontera Leonardo Fioravanti, tandis que Kauli Vaast se mesurera à ce guerrier d’Italo. Le choc s’annonce légendaire !
Le souvenir d’Hossegor en 2019
La dernière fois que deux surfeurs tricolores ont atteint simultanément le Top 8 d’un événement de l’élite mondiale, c’était lors du Quiksilver Pro France 2019. À l’époque :
Jérémy Florès avait tracé sa route dans des tubes parfaits pour s’offrir une victoire historique à domicile.
Marc Lacomare, invité sur l’épreuve (wildcard), avait enflammé le public landais en se hissant lui aussi en quarts de finale (battu de justesse par Jack Freestone).
Le 13 juin 2026, le spot de la Centrale à Hossegor accueille l’un des contests les plus décalés de la scène surf. Red Bull King of the Mousse pose une règle simple et impitoyable : tout le monde surfe en mousse, et personne ne choisit sa planche.
La Roue du Shred : l’égaliseur ultime
C’est le concept qui rend cet événement unique. À chaque série, les participants font tourner la fameuse Roue du Shred, qui leur impose aléatoirement une planche parmi plusieurs modèles de foamies : Beater, Stump, Skipper ou longboard en mousse. Résultat : impossible de s’appuyer sur un matériel taillé pour ses points forts. Un rider habitué aux shortboards peut très bien se retrouver à gérer un longboard en mousse, pendant qu’un longboardeur hérite d’un micro Stump.
C’est précisément là que la magie opère. Le surf redevient un terrain de jeu brut, où l’adaptation, le style et l’audace comptent autant que le niveau technique. Et c’est filmé (du moins par Icônes Surf), commenté, et vécu depuis la plage par tous ceux qui viennent regarder.
Des conditions surf de rêve pour la compétition
C’est une journée magique qui s’annonce avec du soleil, de la chaleur et des vagues incroyables. Hasard du calendrier, des vagues de plus d’1m50 avec du vent offshore sur toute la journée sont prévus samedi.
Un contest ouvert à tous, pas réservé aux élites
Red Bull King of the Mousse ne s’adresse pas qu’aux pros. Équipes universitaires, clubs locaux, passionnés du coin : le format est pensé pour accueillir une vraie diversité de profils. Ce qui crée des confrontations imprévisibles — et souvent plus intéressantes à regarder qu’une compétition classique où les favoris sont connus d’avance.
Les juges noteront le style, l’engagement et la capacité à tirer le meilleur d’une planche qu’on ne vous a pas laissé choisir. Plusieurs prix seront décernés en dehors du classement général : Meilleur trick, Meilleur style, Meilleur outfit. Autrement dit, même sans gagner la finale, il y a des raisons de se démarquer.
Le programme du 13 juin
L’événement se déroule sur toute la journée, dans le cadre de la Fête de la Plage à Hossegor :
9h00 – 13h30 : Phases préliminaires
13h30 – 14h50 : Demi-finales
14h50 – 15h20 : Expression Session
15h30 – 16h00 : Finale
À partir de 16h00 : After party et remise des prix
L’accès est gratuit et ouvert à tous. Que vous veniez surfer ou simplement poser votre serviette sur la plage de la Centrale, le show sera aussi bien dans l’eau que sur la grève.
Comment s’inscrire ?
Les inscriptions sont ouvertes sur le site officiel Red Bull. Que vous soyez compétiteur ou simple passionné qui veut passer une bonne journée à Hossegor, le 13 juin s’annonce comme l’un des rendez-vous surf de cet été.
J’ai vu la série et honnêtement, le braquage est total, mais tellement mérité. Dans un spot verrouillé par des bombes massives d’un bon 3 mètres, Marco Mignot s’est offert le scalp du champion du monde Yago Dora au terme d’un duel d’une rare violence physique.
Le Français a immédiatement planté le décor en scorant un 6,67 après une prise de risque monstrueuse sur sa dernière manœuvre. Dos au mur dans ces conditions musclées, le Brésilien a poussé ses dérives à la limite, mais ses espoirs se sont fracassés sur ses fins de vagues. C’est finalement à la dernière minute, sur un ride ultra-engagé noté 6,17, que Marco arrache la victoire pour un minuscule 0,01 point. Les Brésiliens vont hurler au vol, mais le patron, c’est Marco.
Le Round 2 féminin du Surf City El Salvador Pro a offert un spectacle d’une intensité rare sur les droites de Punta Roca. Entre envolées de dernière minute et bonnes vagues, les meilleures surfeuses de la planète ont totalement redistribué les cartes avant les quarts de finale.
Le pari fou de Carissa Moore face au chrono
C’est l’image forte de cette troisième journée de compétition. Opposée à la redoutable Brisa Hennessy, la quintuple championne du monde Carissa Moore s’est retrouvée au pied du mur. À moins d’une minute de la sirène, l’Hawaïenne avait impérativement besoin d’un score pour inverser la tendance. C’est là qu’elle a choisi de s’envoler : un grab-rail air-reverse de dernière minute, plaqué in extremis au cœur de la mousse. Note finale : 5,80. Suffisant pour éliminer Hennessy et prouver qu’à ce niveau, la qualification se joue souvent au mental et à l’audace.
Caity Simmers dicte sa loi
Si Moore a signé le moment le plus dramatique de la journée, Caitlin Simmers a, elle, redéfini les standards de performance de l’épreuve du jour. Dans son duel face à sa compatriote Bella Kenworthy, la championne du monde 2024 a fait parler la poudre. Enchaînant des trajectoires ultra-agressives et une variété de manœuvres impressionnante, elle décroche un total brut de 16,50 points (8,00 + 8,50), le meilleur score de l’événement hommes et femmes confondus.
De leur côté, la lycra jaune Gabriela Bryan et sa dauphine Luana Silva ont solidement tenu leur rang. La surprise du jour est signée par la rookie israélienne Anat Lelior, qui s’offre une place de choix en quarts après avoir éliminé Sawyer Lindblad grâce à un surf puissant et engagé.
HEAT 1: Gabriela Bryan (HAW) vs. Anat Lelior (ISR) HEAT 2: Luana Silva (BRA) vs. Carissa Moore (HAW) HEAT 3: Molly Picklum (AUS) vs. Caroline Marks (USA) HEAT 4: Tyler Wright (AUS) vs. Caitlin Simmers (USA)
Round 3 des hommes
HEAT 1: Liam O’Brien (AUS) vs. Callum Robson (AUS) HEAT 2: Eli Hanneman (HAW) vs. Kanoa Igarashi (JPN) HEAT 3: Marco Mignot (FRA) vs. Yago Dora (BRA) HEAT 4: Samuel Pupo (BRA) vs. Leonardo Fioravanti (ITA) HEAT 5: Italo Ferreira (BRA) vs. Crosby Colapinto (USA) HEAT 6: Kauli Vaast (FRA) vs. Joao Chianca (BRA) HEAT 7: Gabriel Medina (BRA) vs. Jack Robinson (AUS) HEAT 8: Barron Mamiya (HAW) vs. Alan Cleland (MEX)
Le pointbreak de Punta Roca a tenu toutes ses promesses pour le lancement de la cinquième étape du Championship Tour (CT) 2026. Dans des droites solides de 2 mètres à 2 mètres 50, les meilleurs surfeurs du monde ont immédiatement été poussés dans leurs retranchements. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette première journée a déjà fait mal au clan français.
L’exploit héroïque de Ramzi Boukhiam
Aligné face au redoutable Sud-Africain Matthew McGillivray, le Marocain Ramzi Boukhiam a vécu un cauchemar absolu dès ses premières secondes à l’eau : sa planche fétiche s’est brisée en deux sur sa toute première vague.
Obligé de revenir au bord en urgence pour changer de board, le goofy-footer ne s’est pas laissé démonter. Avec un sang-froid impressionnant, il est retourné au peak pour fracasser les murs de Punta Roca, scorant un 7.83 pour un total combiné de 14.50 points, s’offrant ainsi sa première victoire de série en 2026.
Au prochain tour, un duel au sommet l’attend face au numéro 1 mondial, Italo Ferreira. Le Brésilien, vainqueur en Nouvelle-Zélande, est pourtant en sursis après avoir été percuté par un longboardeur amateur lors d’un entraînement, un accident qui lui a valu entre 8 et 10 points de suture au genou selon les versions. Ce choc de titans s’annonce d’ores et déjà bouillant, ou pas si le brésilien abandonne.
Le clan français face à la sévérité des juges
Si le camp marocain jubile, l’amertume domine du côté des Françaises, où les critères de notation laissent une fois de plus planer le débat.
Vahine Fierro s’est inclinée face à l’expérimentée Sally Fitzgibbons (8.93 contre 9.87). Si la défaite se joue sur de minces détails et une sélection de vagues perfectible, la sévérité des scores attribués à la tricolore interroge légitimement les fans. Il faudrait que je regarde encore une fois la série….
Le scénario est encore plus rageant pour la jeune prodige de 16 ans, Tya Zebrowski, opposée à la double championne du monde Tyler Wright. Tya a payé le prix fort pour une chute sur la vague qui offrait pourtant le plus gros potentiel de points de la série. Malgré un surf frontside ultra-engagé et une lecture parfaite sur une vague plus petite, elle s’incline pour seulement un dixième de point (11.90 contre 12.00). Cruel et frustrant, tant le niveau global de la jeune Française paraissait supérieur et plus dynamique que celui de l’Australienne sur ce coup-là.
Marco Mignot solide pour la suite
Heureusement, le tableau masculin a apporté son lot de réconfort avec la qualification autoritaire de Marco Mignot lors du Round 2. Opposé à l’Indonésien Rio Waida, le Français a parfaitement géré son timing et la construction de son score pour plier le match (12.87 contre 6.67).
Une bouffée d’oxygène pour le clan tricolore. Marco décroche ainsi son ticket pour le Round 3 où l’attend un morceau de choix : le champion du monde en titre, Yago Dora.
Le Championship Tour (CT) de la World Surf League s’installe au Salvador pour la cinquième étape de la saison. Alors qu’une houle massive et prometteuse est attendue sur le célèbre pointbreak en droite de Punta Roca, l’ambiance est électrique. Entre la course au titre mondial qui s’intensifie et les rebondissements de dernière minute dans les tableaux, cette édition 2026 s’annonce mémorable.
Le cas Italo Ferreira : Huit points de suture et un tableau sous clé
Actuel numéro 1 mondial après son récent triomphe en Nouvelle-Zélande, le Brésilien Italo Ferreira est au centre de toutes les interrogations. Blessé au genou par la dérive d’un surfeur amateur lors des entraînements, le champion olympique a dû recevoir huit points de suture (ou 10 points les récits varient). Selon les dernières informations en provenance du Salvador, le surfeur compte tout de même tenter de s’aligner sur sa série du premier tour, donc au round 2.
Cette incertitude physique pourrait redistribuer les cartes de manière spectaculaire. Le règlement de la WSL stipule que si un athlète déclare forfait après le Round 1, aucun remplaçant n’est intégré : son adversaire direct au tour suivant accède directement au Round 3 par « walkover » (forfait). Ce scénario est suivi de très près par le Marocain Ramzi Boukhiam. Aligné dans le Heat 1 du premier tour, Boukhiam pourrait voir son horizon s’éclaircir considérablement vers le Round 3 s’il passe son premier obstacle et que le physique de Ferreira cède.
Round 2 : Un tirage contrasté pour le clan français
Les phases de repêchage du Round 2 proposent des trajectoires radicalement opposées pour les compétiteurs tricolores. Marco Mignot bénéficie d’une opportunité en or dans le Heat 5 avec un tirage abordable qui lui laisse de sérieuses chances de qualification pour les phases finales.
La situation s’avère en revanche bien plus périlleuse pour le champion olympique Kauli Vaast. Le Tahitien se retrouve propulsé face à Filipe Toledo, un adversaire redoutable et particulièrement à l’aise sur les murs sculptés du Salvador. Vaast devra signer un coup d’éclat pour sortir le double champion du monde brésilien de la compétition. Chez les femmes, la tenante du titre Gabriela Bryan défendra son maillot jaune de leader face à une opposition féroce menée par Stephanie Gilmore et Caroline Marks, tandis que les Françaises Vahine Fierro et Tya Zebrowski feront face à de gros morceaux dès leur entrée en lice.
Le tableau complet des séries (Round 1)
Séries Hommes – Tour 1 :
HEAT 1 : Ramzi Boukhiam (MAR) vs Matthew McGillivray (RSA)
HEAT 2 : Luke Thompson (RSA) vs Melvin Ayala (SLV)
HEAT 3 : Eli Hanneman (HAW) vs Bryan Perez (SLV)
HEAT 4 : Seth Moniz (HAW) vs Oscar Berry (AUS)
Séries Femmes – Tour 1 :
HEAT 1 : Vahine Fierro (FRA) vs Sally Fitzgibbons (AUS)
HEAT 2 : Erin Brooks (CAN) vs Yolanda Hopkins (POR)
HEAT 3 : Nadia Erostarbe (ESP) vs Francisca Veselko (POR)
HEAT 4 : Tyler Wright (AUS) vs Tya Zebrowski (FRA)
HEAT 5 : Stephanie Gilmore (AUS) vs Anat Lelior (ISR)
HEAT 6 : Isabella Nichols (AUS) vs Bella Kenworthy (USA)
HEAT 7 : Alyssa Spencer (USA) vs Brisa Hennessy (CRC)
HEAT 8 : Caroline Marks (USA) vs Kirra Pinkerton (USA)
Affiches marquantes à suivre au Round 2 (Hommes) :
HEAT 5 : Marco Mignot (FRA) [Tirage favorable]
Série à élimination directe : Kauli Vaast (FRA) vs Filipe Toledo (BRA)
Le Championship Tour (CT) pose ses valises au Salvador du 5 au 15 juin pour le Surf City El Salvador Pro Presented by Corona Cero. Après une escale historique en Nouvelle-Zélande, les meilleurs surfeurs de la planète s’apprêtent à défier la légendaire droite de Punta Roca, située dans la région de La Libertad. Si l’enjeu sportif est colossal pour la course au titre mondial — avec la tenante du titre Gabriela Bryan en jaune et le champion olympique Italo Ferreira (il est annoncé absent d’après les rumeurs à cause d’un accident de surf) en pleine confiance —, les coulisses de cette étape réservent des réalités bien loin des clichés des cartes postales.
Derrière la perfection des vagues se cache un quotidien local surprenant, fait de pièges physiques douloureux et d’une transformation politique radicale. Voici l’envers du décor que vous ne verrez pas forcément sur le live de la WSL.
Sur cette vue de la pointe, on distingue la couleur sombre qui caractérise le rivage de La Libertad. Ce tapis de roche volcanique accumule la chaleur tout au long de la journée, créant une barrière thermique redoutable entre l’océan et la terre ferme pour les athlètes.
1. Le calvaire des galets noirs : pas d’autographes à la sortie de l’eau
C’est une scène récurrente qu’on ne voit pas toujours sur les vidéos. À Punta Roca, la plage est exclusivement recouverte de sable et de gros galets d’un noir volcanique intense. À la sortie de l’eau, les galets sont glissants, on voit les surfeurs et surfeuses pros sortirent difficilement. Sous le soleil de plomb du Salvador, ce sol se transforme en une véritable plaque de cuisson réfractaire.
Pour les surfeurs qui sortent de leur série, le retour sur la terre ferme est un calvaire. Impossible de s’arrêter pour signer des autographes ou faire des selfies avec les fans massés sur le rivage : les athlètes doivent courir pieds nus sur les cailloux brûlants sous peine de se carboniser les pieds. Un sprint obligatoire qui prive le public de ses moments de complicité habituels.
2. Le piège de la marée haute et des murs en béton
Punta Roca offre des murs de droite exceptionnels, mais à marée haute, la configuration change du tout au tout et la sortie de l’eau devient une zone de combat. Lorsque l’océan remonte, le rivage disparaît et les vagues viennent se fracasser directement contre les murs en béton des habitations côtières.
Ce phénomène crée un ressac ultra-violent. Lors des championnats du monde ISA, le public avait assisté, impuissant, au calvaire d’une longboardeuse en totale détresse, incapable de s’extraire de l’eau et projetée contre les structures en béton. En l’absence du vétéran Jordy Smith cette année (forfait sur blessure), les cadors du circuit comme Kanoa Igarashi ou les rookies vont devoir surveiller l’horaire des marées comme le lait sur le feu.
3. « Surf City » : D’une zone rouge au paradis des influenceurs
Il y a encore quelques années, le Salvador figurait parmi les pays les plus dangereux au monde en raison de la terreur imposée par les gangs. Tout a changé sous l’impulsion du président actuel au style de gouvernance ultra-autoritaire (souvent qualifié de dictateur), qui a fait incarcérer massivement les criminels. Pour redorer l’image du pays, l’État a tout misé sur le tourisme en labellisant toute une région « Surf City ».
Le pays déroule désormais le tapis rouge pour les pros de manière unique au monde : la municipalité embauche des caméramans professionnels à plein temps sur la plage pour filmer gratuitement les sessions libres des surfeurs étrangers et leur donner les fichiers vidéo pour leurs réseaux sociaux. Mieux encore, l’État invite et prend en charge directement certains surfeurs de renom pour s’assurer une communication parfaite.
Coup de tonnerre à quelques heures du lancement du Surf City El Salvador Pro. Le champion olympique et actuel leader du circuit mondial de la WSL, Italo Ferreira, a été victime d’un accident inattendu lors d’une session de free surf sur le spot d’El Sunzal.
Selon plusieurs témoins sur place, le Brésilien partageait une session tranquille tout en donnant des conseils à sa compagne lorsqu’un longboardeur débutant l’a percuté de plein fouet. La trajectoire mal maîtrisée de l’amateur a causé une coupure profonde au niveau du genou de la jambe avant du champion.
Évacué rapidement vers la ville côtière d’El Tunco, Italo Ferreira a dû recevoir plus de dix points de suture. Bien que la WSL confirme qu’il soit actuellement sous traitement, sans douleur aiguë et suivi de près par le staff médical, le doute plane sur sa participation. Positionné dans la série 9 du round 2, le Brésilien dispose d’environ deux jours de repos avant de devoir ramer sur les puissantes droites de Punta Roca. Sa décision finale dépendra uniquement du feu vert médical.
C’est la douche froide pour les fans de power surfing. Alors qu’il devait défendre son titre décroché en 2025 sur la mythique droite de Punta Roca, Jordy Smith vient d’annoncer son retrait de l’épreuve salvadorienne pour cause de blessure.
Si la World Surf League n’a pas encore précisé la nature exacte de ce pépin physique, les conséquences au classement sont, elles, très claires. Actuellement enlisé à la 26ème place mondiale avec une saison 2026 compliquée (trois 17èmes places et une 9ème), le colosse sud-africain joue sa survie sur le Championship Tour. Sans un miracle lors de la seconde moitié de saison, il n’atteindra pas le top 22 qualificatif pour 2027. À 38 ans, on l’imagine mal retourner batailler sur les vagues souvent ingrates des Challenger Series.
L’ironie du sort pour Matt McGillivray
Pour remplacer Smith, la WSL a fait appel à son compatriote Matt McGillivray. Le clin d’œil du destin est cruel quand on sait que c’est précisément McGillivray que Jordy avait battu en finale ici-même l’an dernier.
Première victime du mid-season cut la saison passée, McGillivray a soif de revanche. Mais le retour aux affaires s’annonce corsé : il va devoir dompter le nouveau format sans élimination directe qui donne du fil à retordre à beaucoup de surfeurs. Son premier obstacle en round 1 ? Ramzi Boukhiam. Et s’il passe, c’est l’actuel leader du classement, Italo Ferreira, qui l’attendra de pied ferme.
Le malheur de l’un fera-t-il la gloire de l’autre ? Réponse la semaine prochaine.
Le Corona Cero New Zealand Pro présenté par Bonsoy, quatrième étape du World Surf League (WSL) Championship Tour (CT) 2026, s’est achevé en apothéose sur le mythique pointbreak de Manu Bay, à Raglan. Dans des conditions parfaites offrant des vagues de plus d’un mètre cinquante, la compétition a sacré deux légendes de la discipline, champions olympiques à Tokyo et champions du monde 2019 : l’Hawaïenne Carissa Moore et le Brésilien Italo Ferreira. Cette étape inaugurale sur le sol néo-zélandais restera gravée dans les mémoires, marquée par le triomphe de deux athlètes récemment devenus parents.
Le retour triomphal et symbolique de Carissa Moore
Éloignée du circuit régulier depuis deux saisons pour donner naissance à sa fille Olena, la quintuple championne du monde Carissa Moore a signé un retour fracassant au premier plan. Dominant la compétition de bout en bout sur cette longue gauche néo-zélandaise, l’Hawaïenne a survolé chaque série. Elle a notamment signé le total le plus élevé de la saison en demi-finale avec un score quasi parfait de 19,00 points sur 20.
En finale, Moore a dû faire face à la fougue de la jeune Américaine Sawyer Lindblad (20 ans). Menée après une note de 9,00 points de la Californienne, Moore a su répliquer à six minutes de la sirène grâce à un enchaînement engagé de trois manœuvres puissantes sur le backhand, gratifié d’un 9,40. Avec cette 29e victoire en carrière, elle consolide sa deuxième place historique au classement des victoires sur le CT et se repositionne au 6e rang mondial. Ce succès résonne comme un hommage à sa première victoire professionnelle acquise ici même en Nouvelle-Zélande en 2010, alors qu’elle n’avait que 17 ans.
Italo Ferreira s’empare de la place de numéro un mondial
Chez les hommes, Italo Ferreira a fait parler sa vitesse et son surf aérien explosif pour dominer l’Australien Morgan Cibilic. Face aux trajectoires puissantes et aux gros turns sur le backside de son adversaire, Ferreira a fait la différence en envoyant deux airs reverses consécutifs sur la même vague pour obtenir un score de 9,33.
Grâce à cette 11e victoire sur le CT, sa première depuis plus d’un an, le surfeur brésilien s’empare de la tête du classement mondial et portera le lycra jaune de leader lors de la prochaine étape au Salvador. Cette victoire confirme la mainmise de la « Tempête Brésilienne » sur la saison 2026, le Brésil comptant désormais six représentants aux avant-postes du classement mondial.
Résultats des finales du Corona Cero New Zealand Pro 2026
Finale Femmes
1. Carissa Moore (HAW) : 17.90 points
2. Sawyer Lindblad (USA) : 16.67 points
Finale Hommes
1. Italo Ferreira (BRA) : 17.50 points
2. Morgan Cibilic (AUS) : 15.80 points
Demi-finales Hommes
Série 1 : Morgan Cibilic (AUS) 15.34 bat Griffin Colapinto (USA) 12.20
Série 2 : Italo Ferreira (BRA) 15.10 bat Yago Dora (BRA) 12.33
Le spot mythique de Manu Bay, en Nouvelle-Zélande, vient de vivre les minutes les plus folles et les plus flippantes de l’histoire du circuit mondial. Alors que la deuxième demi-finale masculine du New Zealand Pro battait son plein, le klaxon de la WSL a retenti pour une raison totalement inédite : une attaque en direct.
L’instant où tout a basculé à Manu Bay
Le légendaire photographe aquatique Ed Sloane flottait tranquillement au line-up, palmes aux pieds, pour shooter les trajectoires d’Italo Ferreira et Yago Dora. Soudain, de violents éclaboussements et un saut désespéré sur le jet-ski de la Water Patrol ont glacé le public. Une créature marine de grande taille venait de lui enfoncer les dents dans la cheville.
Face à l’urgence, le directeur du circuit, Renato Hickel, a pris une décision historique : activer le tout premier Code Red de l’histoire de la WSL. Les surfeurs ont été évacués de l’eau en urgence absolue.
« Les secours ont trouvé des marques de morsure profondes et sa palme a carrément été arrachée », confie un paramédical sur place.
Transporté d’urgence à l’hôpital dans un état stable, Ed Sloane a rapidement donné des nouvelles rassurantes, remerciant la patrouille pour leur réactivité légendaire.
Requin plat-nez ou otarie territoriale ?
La question qui brûle toutes les lèvres sur le parking : qu’est-ce qui s’en est pris à Sloane ? Si le staff médical a d’abord évoqué une otarie à fourrure un peu trop agressive, les locaux penchent plutôt pour un coup du requin plat-nez (Sevengill), un prédateur très commun dans les eaux de l’île du Nord. C’est exactement cette espèce qui avait mordu le jeune Elliot Paerata-Reid au même endroit en 2006.
Après de longues minutes d’angoisse et l’évacuation de quelques groms locaux qui tentaient bêtement de braver l’interdiction pour choper les vagues vides, la compétition a pu reprendre. Italo Ferreira a finalement survolé les débats pour s’offrir la victoire face à Morgan Cibilic, tandis que la nouvelle maman Carissa Moore dictait sa loi chez les femmes. Mais à Raglan, l’histoire retiendra surtout ce frisson venu des profondeurs.
On vous avait dit que le New Zealand Pro allait finir en beauté. Ce n’était pas qu’une promesse de communiqué de presse. La Journée 5 du Corona Cero New Zealand Pro Presented by Bonsoy à Raglan a tenu toutes ses promesses, avec deux performances qui vont rester dans les mémoires.
Dora sort le 10 parfait au moment où tout semblait perdu
Yago Dora (BRA), champion du monde en titre, était au bord du gouffre. Cole Houshmand venait de placer deux 8.50 d’affilée et le Brésilien avait besoin d’un 9.50 minimum, avec trois petites minutes au compteur. Là où d’autres auraient plié bagage mentalement, Dora a lancé un air avec rotation complète suivie d’un layback monumental. Les cinq juges ont affiché 10.00 à l’unanimité — le premier score parfait de la saison. Total de la série : 17.50. Le cadeau d’anniversaire en retard le plus spectaculaire du circuit.
Moore, 19.00 et une fille qui apprend à applaudir
En demi-finale féminine, Carissa Moore (HAW) a posté le meilleur total de la saison avec un score quasi-parfait de 19.00 sur 20, enchaînant trois notes dans les 9 points face à sa compatriote Bettylou Sakura Johnson. La championne olympique a surfé comme si elle avait quelque chose à prouver — et ce quelque chose, c’était peut-être à sa fille d’un an qui regardait depuis la plage. Difficile de faire plus fort comme décor de compétition.
Le programme de la finale
Côté hommes, Dora affrontera Italo Ferreira dans un choc de champions du monde brésiliens. De l’autre côté du tableau, Griffin Colapinto (USA), auteur d’un 17.10 face à Filipe Toledo (grosse surprise l’élimination de celui qui dominait jusqu’à présent le tableau masculin), jouera contre Morgan Cibilic (AUS). Chez les femmes, Moore retrouvera Sawyer Lindblad (USA), 20 ans, qui rêve de son premier titre CT.
Le premier appel est à 7h15 NZST, ce qui correspond à 20h15 heure française (CEST, UTC+2) – Le départ possible de la finale est à 20h35 heure française.
Après une semaine d’attente interminable, la machine à vagues de Manu Bay s’est enfin mise en marche avec des gauches parfaites d’un bon mètre. Selon le communiqué de presse, le spot a tenu ses promesses, selon moi, c’est laconique, lent, long, répétitif. La journée a été fatale pour les leaders.
Le choc Toledo Medina
Le vrai choc de ce Round 3 ? Le duel fratricide brésilien. Filipe Toledo arrache la victoire à Gabriel Medina dans les toutes dernières secondes avec un 7.93 assassin. Sur un twin-fin ultra rapide, Toledo a non seulement égalisé leur face-à-face en carrière (5-5), mais il a surtout dépouillé son compatriote du précieux maillot jaune.
La domination de Carissa Moore
Chez les femmes, la pause aura été bénéfique pour Carissa Moore. La jeune maman a prouvé que son surf n’a rien perdu de sa magie. Avec un total monstrueux de 17.06 (le meilleur score de l’épreuve), elle a littéralement écrasé Caroline Marks. Elle file en demi-finale pour un choc 100% hawaïen face à Bettylou Sakura Johnson.
La défaite de Marco Mignot
Côté tricolore, la douche est froide. Notre rookie français Marco Mignot s’est heurté à un mur nommé Yago Dora. Le Brésilien a posé un 16.33 implacable sur les longues parois néo-zélandaises, stoppant net le parcours du Français.
Selon le communiqué de presse, les phases finales s’annoncent épiques demain si le swell se maintient. Ils ont dit « si », wharffff
Patrick Florès, l’ancien coach des Bleus, a lâché un post acerbe sur les réseaux : « Les juges WSL ne changeront jamais ». Et il n’est pas le seul à s’étrangler devant le résultat de la série opposant Kauli Vaast à Jack Robinson sur la mythique gauche néo-zélandaise.
J’ai passé au crible ce heat. Au-delà de la frustration légitime des supporters, l’analyse technique du line-up met en lumière un traitement pour le moins douteux.
Le piège de Raglan : une opposition de styles
Nous étions exactement dans la configuration annoncée : de très petites conditions qui transforment le point break en véritable concours de rollers. Sur cette gauche au profil spécifique, les deux surfeurs exploitaient des armes différentes :
L’option backside pour Robinson : L’Australien (regular) pouvait taper verticalement directement dans la poche, la section la plus critique. C’est un paramètre que les juges survalorisent quasi-systématiquement.
L’option frontside pour Vaast : Face à la lèvre, le goofy a su apporter une vraie variation dans ses turns, en maximisant le potentiel d’une vague manquant cruellement d’épaule.
La bombe de Kauli, récompensée d’un 9 ? Une évidence. C’est la vague la plus longue, la mieux surfée avec de la variété en bonus, la meilleure vague de la série sans aucun doute.
Le poids du « rookie tax » ou « local tax »
La polémique se cache en réalité dans les autres scores de la série. Des dizièmes de point par ici, d’autres par là :
Le back-up de Kauli est sévèrement sous-évalué.
La dernière tentative de Jack bénéficie d’une notation extrêmement généreuse.
À l’arrivée, seuls 0,27 point séparent les deux hommes. Cet écart artificiel ressemble au fameux « rookie tax », ce bonus tacite accordé aux vétérans du CT avant même le coup de corne. Le meilleur score de Jack est noté uniquement de 0,83 pt de moins que Kauli
Le coup de grâce vient de la tour des juges. Avec quatre surfeurs français sur le WCT, nous n’avons aucun juge tricolore. Face à Kauli ce jour-là ? Un panel comptant trois Australiens prêts à évaluer leur compatriote. Je ne comprends pas pourquoi il y a un juge basque/espagnol, alors qu’il n’y a qu’une surfeuse sur le CT, et zéro juge français…..Tous ces détails participent aux doutes. Mais, au final, comme au rugby, il faut savoir respecter la décision des juges, même si c’est parfois difficile…
Le surf en piscine à vagues vient de franchir un cap irréversible. Le week-end dernier à Virginia Beach, l’édition 2026 du Stab High a prouvé que les manœuvres aériennes ne sont plus une simple catégorie bonus, mais le cœur même de la performance moderne.
Le premier run parfait de l’histoire du pool surf
Au centre de cette escalade technique, l’Australien Hughie Vaughan a redéfini les standards. Après avoir frôlé le plafond sur un gauche avec un stalefish twist hyper désaxé noté 49/50, le surfeur a trouvé les clés du score parfait sur la droite du bassin.
En envoyant un lien backflip ultra-engagé, replaqué proprement, il a décroché le tout premier 50/50 de l’histoire de la compétition. Comme le souligne le juge en chef Nathan Fletcher, le niveau s’est tellement élevé que les airs gagnants d’il y a trois ans sont désormais les manœuvres de transition d’aujourd’hui.
Sky Brown dicte sa loi face à Sierra Kerr
Chez les femmes, la finale s’est transformée en une confrontation de styles très attendue. Face à la technicité de Sierra Kerr, Sky Brown a fait parler son héritage du skate. En misant sur une amplitude folle et un straight air massif parfaitement tweaké, elle s’est emparée du titre. Une victoire qui valide ses ambitions pour les Jeux de 2028, où elle compte doubler skate et surf.
Chez les plus jeunes, la relève pousse déjà les murs. Isla Hardy a dominé la finale des Ladybirds en privilégiant l’amplitude à la rotation, tandis que le rookie King Nicol (fils de Yadin Nicol) a raflé la catégorie Bottle Rockets grâce à des grabs hyper techniques. À Virginia Beach, les juges ont été clairs : la prime va désormais à ceux qui osent mettre des airs loin au-dessus de la lèvre.
La nuit a été rude pour nos surfeurs sur le mythique spot de Manu Bay (Raglan), en Nouvelle-Zélande. Alors que la houle offrait des murs propres de plus d’un mètre pour ce deuxième jour de compétition sur le CT, les espoirs tricolores se sont heurtés à la dure loi des séries. Bilan des courses : il ne nous reste plus qu’un seul représentant en lice.
La vague magique de Kauli Vaast n’a pas suffi
C’était une affiche de la journée : le remake de la finale des Jeux de Paris 2024. Et le duel entre Kauli Vaast et l’Australien Jack Robinson a tenu toutes ses promesses. Le prodige tahitien a pourtant frappé un grand coup en dénichant la pépite de la journée, scorant un magistral 9.00 (la meilleure note individuelle du jour). Le bémol ? Dans des conditions capricieuses et lentes à se mettre en place, il lui aura manqué un véritable back-up. Faute d’une bonne deuxième vague, Kauli s’incline d’un souffle face à l’expérience et la régularité d’un Robinson redoutable (16.10 contre 15.83).
Fin de parcours pour les Françaises
Le couperet est également tombé sur le tableau féminin. Nos deux surfeuses n’ont pas réussi à franchir ce Round 2 particulièrement relevé :
Tya Zebrowski n’a pas pu créer l’exploit face à une Caroline Marks solide et très sélective sur ses choix de vagues (14.63 à 10.67).
Vahine Fierro voit elle aussi son aventure néo-zélandaise s’arrêter prématurément, éliminée d’un cheveu par Molly Picklum dans un heat au coude-à-coude (9.84 à 9.40).
Marco Mignot, seul contre tous
Au milieu de cette tempête, l’éclaircie est venue de Marco Mignot. Le Français a géré son heat avec intelligence pour se défaire de l’Hawaïen Barron Mamiya (13.16 à 9.50). Le voilà propulsé au Round 3, avec la lourde responsabilité de porter seul le drapeau tricolore pour la suite de l’événement. Mais la marche s’annonce immense : il devra affronter Yago Dora, auteur de la meilleure performance de la nuit avec un stratosphérique 17.76. Rendez-vous au prochain call !
Manu Bay a tenu ses promesses, mais avec une petite subtilité. Pour l’entame historique du Corona Cero New Zealand Pro, le mythique spot de Raglan a offert des gauches d’une pureté absolue. Mais à cette taille (autour du mètre), la vague a eu cette fâcheuse tendance à se transformer en un long concours de rollers. Sans véritable section critique pour engager de gros turns verticaux, il fallait une lecture de vague millimétrée, de la glisse pure et un rythme irréprochable. À ce petit jeu d’équilibriste, nos Françaises ont dicté leur loi lors de ce premier round.
Tya Zebrowski brille pour la première fois
On l’attendait depuis des semaines. Tya Zebrowski, du haut de ses 15 ans, a enfin conjuré le sort en s’offrant sa toute première victoire sur le Championship Tour. Face à l’Espagnole Nadia Erostarbe, la surfeuse a bien surfé sa série. Ce n’était clairement pas une question de niveau depuis le début de l’année, mais bien une histoire de petits ajustements tactiques qui font basculer un heat. Avec une maîtrise impressionnante et un total de 14.60, le déclic a bien eu lieu. La machine est lancée, du moins on l’espère.
Avant cette série, Vahine Fierro avait également trouvé l’ouverture. Sur un spot qui favorise naturellement son surf frontside, la Tahitienne a écarté la vétérane Sally Fitzgibbons avec une belle fluidité.
Début des séries hommes
Du côté du tableau masculin, ce line-up a été une véritable cour de récréation pour les goofy-footers. Gabriel Medina a fracassé la lèvre avec son aisance habituelle, tandis que Filipe Toledo, ridant un twin fin atypique pour l’occasion, a prouvé que la vitesse primait sur tout le reste en scorant la meilleure vague du jour (8.83). Je me demande si ce n’est pas une première sur le WCT, du moins dans les temps modernes du world tour, un surfeur en twin fins…À vérifier
Les résultats complets de ce premier jour à Raglan :
Corona Cero New Zealand Pro – Résultats Round 1 Hommes
HEAT 1: Luke Thompson (RSA) 12.50 DEF. Tom Butland (NZL) 10.10
HEAT 2: Morgan Cibilic (AUS) 14.50 DEF. Billy Stairmand (NZL) 12.97
HEAT 3: Eli Hanneman (HAW) 13.50 DEF. Oscar Berry (AUS) 13.33
Il y a quelques décennies, j’ai eu l’occasion de ramer au pic à Raglan. Pour être tout à fait honnête avec vous, je n’en garde pas un souvenir impérissable (à l’inverse de ma femme). Je me rappelle surtout d’une session à la mauvaise marée, avec une houle un peu molle et des sections rapides tout bonnement impossibles à passer. Alors, quand la WSL a annoncé que le Championship Tour posait ses valises sur ce mythique point break gauche néo-zélandais, j’avoue avoir tiqué. Est-ce vraiment un spot de classe mondiale capable d’accueillir l’élite, ou un simple mirage marketing pour les réseaux sociaux ?
Un événement historique bouclé en un temps record
Pourtant, sur l’île, l’excitation est palpable. Sous la houlette de Ben Kennings, l’incontournable directeur de Surfing New Zealand, ce projet colossal a été bouclé en à peine cinq mois. Un véritable tour de force logistique et financier qui coûte entre 3 et 4 millions de dollars.
C’est le gouvernement néo-zélandais qui a majoritairement mis la main au portefeuille, voyant là une opportunité en or de stimuler le tourisme international. Selon Kennings, cet événement éclipse de loin tout ce que le pays a connu, des anciens CT féminins jusqu’aux fameux mondiaux ISA juniors marqués par le ride parfait de Gabriel Medina il y a quelques années. Le plus gros défi ? Sécuriser les accès et gérer le plan de circulation dans une zone aussi restreinte que la petite ville de Raglan, qui s’apprête à être prise d’assaut par les fans.
Le test de vérité : loin des clips parfaits d’Instagram
Mais les millions ne suffisent pas à sculpter une houle parfaite. On a tous vu ces vidéos incroyables où la gauche déroule à l’infini. La réalité quotidienne est souvent beaucoup moins flatteuse. Connor O’Leary est d’ailleurs récemment parti en reconnaissance sur le spot. Les images brutes de ses sessions d’entraînement confirment mes vieilles impressions.
Loin des jours épiques, on le voit lutter pour trouver son rythme sur une vague capricieuse. Il alterne entre des sections molles hachées par le vent et quelques murs plus tendus lui permettant de lâcher ses puissants carves sur le rail. Quelques rares visions dans le tube apparaissent, mais elles se méritent.
La vraie question est désormais de savoir quel visage Raglan choisira de montrer le jour J. L’océan décidera si ce pari à plusieurs millions est un coup de génie ou un flop magistral.
Depuis quelques jours, Des rumeurs persistantes ont fait leur apparition dans les médias spécialisés en Australie ou aux USA. Les indices s’accumulent : la World Surf League (WSL) ne se contente plus de chercher son second souffle, elle cherche un nouveau propriétaire.
J’ai analysé les récents mouvements de la ligue, de la vente discrète du Surf Ranch aux documents fuités vers les investisseurs. Si vous pensiez que le surf resterait cette petite niche « cool » et gratuite sur YouTube, préparez-vous à un réveil brutal.
La vente « fantôme » du Surf Ranch : le premier domino
C’est l’information qui a mis le feu aux poudres le 7 mai 2026. Sans aucun communiqué officiel, on a appris que la WSL n’est plus propriétaire de la piscine à vagues de Kelly Slater à Lemoore. Le temple de la perfection artificielle appartient désormais à Global Mutual Properties, un fonds immobilier basé à Los Angeles.
Pourquoi est-ce un signal d’alarme ?
L’indépendance opérationnelle : La WSL et la Kelly Slater Wave Co. opéraient séparément depuis un an déjà.
Le « cash-out » : Se débarrasser d’un actif aussi coûteux en entretien est souvent la première étape avant de polir le bilan financier pour une vente globale.
L’échec du modèle : Après avoir tenté de dupliquer le Ranch au Texas ou en Floride sans succès, la ligue semble admettre que son avenir n’est pas dans la gestion immobilière, mais dans le contenu.
Le « Raine Group » entre en scène : le surf à la sauce UFC
Si le nom de Raine Group ne vous dit rien, sachez qu’ils sont les architectes des ventes de Manchester United et de l’UFC. Le fait que la WSL leur ait confié un mandat de vente ou de recherche d’investisseurs massifs prouve que Dirk Ziff, le propriétaire milliardaire, est prêt à passer la main.
Après des années de philanthropie (on parle de centaines de millions de dollars injectés à perte), le business reprend ses droits. La WSL affiche fièrement 80 millions de spectateurs annuels et une croissance de 30 % sur le digital. C’est le moment idéal pour vendre une « marque » en pleine ascension, du moins sur le papier.
Le chiffre à retenir : 77 % des abonnés Instagram de la WSL ne suivent aucune autre ligue sportive majeure. Une donnée qui fait saliver les annonceurs en quête d’une audience captive et exclusive.
Le scénario « Netflix » : la fin du surf gratuit ?
C’est là que le bât blesse pour nous, les fans. Si un géant comme Netflix, Disney ou Amazon rachète la ligue, le modèle actuel du « tout gratuit sur YouTube » va s’évaporer.
Comme pour la Formule 1 avec Drive to Survive, l’objectif sera de transformer le surf en un produit de divertissement pur. Mais contrairement à la F1, le surf souffre d’un problème structurel : c’est techniquement complexe et parfois mortellement ennuyeux à regarder pour un néophyte.
Attendre 15 minutes qu’une série rentre alors que deux surfeurs se battent pour la priorité, c’est passionnant pour un puriste, mais c’est un suicide d’audience pour un utilisateur de streaming lambda. Pour « vendre » le surf au grand public, les nouveaux propriétaires pourraient être tentés de dénaturer le format :
Plus de piscines à vagues (pour le contrôle du temps et de l’image).
Des formats ultra-courts (adieu les heats de 35 minutes).
Un accès payant systématique.
Pourquoi le surf restera (probablement) une niche
On rêve tous de voir le surf exploser comme la F1 (enfin pas moi). Mais la F1 est simple : le premier qui passe la ligne gagne. En surf, le meilleur surfeur du monde peut perdre parce que l’océan n’a pas voulu lui envoyer de vagues. C’est cette part d’aléatoire qui fait la beauté de notre sport, mais c’est aussi ce qui empêche une monétisation industrielle.
Alors, la WSL est-elle à vendre ? Oui, sans aucun doute. Est-ce que cela va améliorer notre expérience de visionnage ? Rien n’est moins sûr. On risque de voir débarquer une armée de « noobs » attirés par le lifestyle, tandis que nous devrons sortir la carte bleue pour voir nos athlètes préférés ramer dans le line-up.
Le surf pro vit ses derniers instants d’innocence. Profitez bien de la prochaine étape, car on ne sait ce que pourrait nous coûter de visionner les prochaines compétitions de surf.
Le rideau est tombé sur le Morocco Mall Junior Pro Casablanca dans des conditions de surf optimales. Sur le spot d’Ain Diab, des vagues de 1,50 m et un vent offshore soutenu ont permis aux meilleurs espoirs européens et africains de s’exprimer. Si l’Espagnole Sol Borelli a décroché son premier titre et que le Britannique Lukas Skinner a marqué les esprits avec un 10 parfait en finale, les performances françaises méritent une analyse nuancée, loin des conclusions hâtives.
Résultats des finales :
Femmes : 1. Sol Borelli (ESP), 2. Carla Morera De La Vall (ESP), 3. Ibone Gomez (ESP), 4. Lily Hirigoyen (FRA).
Hommes : 1. Lukas Skinner (GBR), 2. Joshua Karbus (IRL), 3. Hans Odriozola (DEU), 4. Alai Rodriguez Albeniz (FRA).
Des finalistes tricolores prometteurs
Contrairement aux idées reçues, le drapeau français était bien représenté lors de l’ultime journée. Chez les hommes, le jeune Alai Rodriguez Albeniz s’est hissé jusqu’en finale, terminant à une encourageante quatrième place. Chez les femmes, Lily Hirigoyen, seulement 16 ans, a imité son compatriote en décrochant également la quatrième place d’une finale très disputée.
Ces résultats, bien que dépourvus de victoire, témoignent de la vitalité d’une nouvelle garde qui commence à peine son apprentissage sur le circuit. Parler de déclin serait prématuré ; il s’agit plutôt d’un renouvellement des cadres dans un contexte européen de plus en plus concurrentiel.
Une hiérarchie européenne bousculée
Il est indéniable que l’époque où les surfeurs français survolaient systématiquement les podiums Pro Junior semble s’estomper. La montée en puissance de nations comme la Grande-Bretagne, l’Irlande ou l’Espagne redistribue les cartes. Ce constat s’était déjà dessiné lors de la dernière saison WQS européenne, où le premier Français ne pointait qu’à la 7ème place du classement général.
Toutefois, ce manque de domination immédiate chez les garçons doit être relativisé. Le surf français traverse un cycle de transition où les nouveaux visages doivent encore gagner en maturité physique et stratégique pour s’imposer face à des profils comme Skinner.
L’arbre qui cache la forêt
L’analyse serait incomplète sans mentionner les talents précoces qui brûlent les étapes. Si le circuit Junior paraît moins « bleu » qu’auparavant, c’est aussi parce que les meilleures pépites tricolores évoluent déjà à l’échelon supérieur. Tya Zebrowski, à seulement 15 ans, fait déjà partie du tour mondial et surclasserait sans difficulté le circuit junior si elle y participait. Le potentiel de la Tahitienne Kiara Goold suit une trajectoire similaire, confirmant que le réservoir de talent est loin d’être à sec.
En conclusion, le bilan de Casablanca n’appelle pas à l’inquiétude mais à la lucidité. Entre une élite féminine déjà projetée vers les sommets mondiaux et une nouvelle génération masculine en plein rodage, le surf français apprend à composer avec une concurrence accrue. Laissons à ces jeunes le temps de faire leurs preuves.
La saison 2026 est officiellement lancée ! C’est sur le spot d’Ain Diab, à Casablanca, que les meilleurs espoirs du surf européen ont repris le chemin de la compétition pour le Morocco Mall Junior Pro Casablanca. Si vous pensiez que la reprise serait tranquille, les premiers heats ont prouvé tout le contraire.
Le show monstrueux d’Erica Maximo
S’il y a bien un nom à retenir de cette deuxième journée, c’est celui d’Erica Maximo. La Portugaise, qui dispute sa dernière année chez les juniors, n’est pas venue au Maroc pour faire de la figuration. Dans des vagues qui demandaient de l’engagement, elle a littéralement découpé le spot en signant un 8.00 d’entrée de jeu.
Elle a ensuite enfoncé le clou avec un total de 15.00 points, le plus élevé de la journée. Sa puissance sur son backside (elle est goofy-foot) a laissé ses adversaires sans voix.
Les pépites françaises et le duel des favoris
Côté tricolore, la jeune Rose Calvez a montré qu’elle avait les nerfs solides. Malgré des conditions devenant piégeuses à marée basse, elle se hisse en quarts de finale. Chez les garçons, on a eu droit à un duel de haute voltige entre l’Italien Pietro Garroux et le prodige britannique Lukas Skinner. Les deux ne se sont pas lâchés d’une semelle, mais c’est l’Italien qui prend l’ascendant pour quelques fractions de points.
À noter aussi la sensation Marley Benesenes Masse. À seulement 14 ans, le Français a posté le meilleur total masculin (14.30), prouvant que la « Next Gen » n’a peur de rien.
Une seule chance de titre pour le Maroc
Le public local a eu quelques sueurs froides : presque tout le contingent marocain a été éliminé. Tous les espoirs reposent désormais sur les épaules de Maria Elouedrhiri, seule représentante du pays encore en lice pour les quarts de finale.
Prochain rendez-vous : Vendredi 8 mai à 14h00 (GMT+1) pour la suite de la compétition masculine.
Le spot de Snapper Rocks a rappelé aujourd’hui pourquoi il est le théâtre des plus grandes épopées du surf mondial. Pour cette édition 2026, le public australien a exulté devant le triomphe de ses deux protégés, Ethan Ewing et Stephanie Gilmore, au terme d’une journée riche en émotions.
Kauli Vaast, éliminé en quart de finale
Auteur d’un beau parcours le franco/tahitien a été éliminé par le vainqueur de la compétition en quart de finale Ethan Ewing. Un bon parcours pour le surfeur français en quête de résultat depuis le début du tour.
Gilmore : La Queen reprend sa couronne
Huit titres mondiaux ne lui suffisaient manifestement pas. Pour sa 51ème finale sur le Championship Tour, Stephanie Gilmore a fait étalage de toute sa science de la glisse. Face à une Luana Silva combative, l’Australienne a d’abord posé les bases avec un 7.83, avant de littéralement assommer la série.
En allant chercher un 9.50 quasi parfait grâce à son flow légendaire, Gilmore décroche sa 7ème victoire à domicile et son 34ème trophée en carrière. Si Silva s’incline en finale, elle repart toutefois avec une récompense de taille : le lycra jaune de numéro 1 mondiale.
Le séisme O’Leary et la maîtrise d’Ewing
Le coup de tonnerre du jour a eu lieu dans les demi-finales. Alors que Filipe Toledo écrasait la compétition depuis le premier round, le Brésilien s’est fait surprendre par un Connor O’Leary transcendé. Une élimination directe qui a ouvert la voie à une finale 100 % australienne. Alors oui, Connor est « japonais » maintenant, mais tout le monde, même le public, il est australien…lol
En finale, Ethan Ewing n’a laissé aucune place au doute. Avec son surf de rail si caractéristique, il a rapidement scoré un 8.33 pour mettre O’Leary dans les cordes. Malgré une belle réplique de l’enfant de Lennox Head, Ewing a verrouillé son deuxième succès sur le sol australien. Cette victoire le propulse à la 4ème place mondiale, confirmant qu’il faudra compter sur lui pour la course au titre final cette saison.
Imaginez la scène : le line-up parfait de Snapper Rocks, l’élite du surf mondial en plein « Bonsoy Gold Coast Pro », et seulement 5 minutes restantes au chrono lors d’un duel crucial entre la championne du monde Caity Simmers et notre Tahitienne Vahiné Fierro. Soudain, le sang-froid des officiels est mis à rude épreuve. Un invité surprise, un requin bouledogue d’environ 2 mètres, est repéré à moins de 500 mètres de la zone de compétition.
Le protocole d’urgence activé
Dès le signalement, la série a été immédiatement suspendue conformément aux protocoles de sécurité de la ligue. Si certains fans ont crié à l’interruption prématurée, Renato Hickel, vice-président des tours et de la compétition à la WSL, a été catégorique : la sécurité prime sur le spectacle. Les surfeuses ont été évacuées par les équipes de sécurité en jet-ski, laissant le score en suspens alors que Simmers menait la danse.
Ce que dit le Rulebook 2026 (Règle 10.04)
C’est ici que les notes du WSL Rule Book 2026 deviennent passionnantes pour tout mordu de stratégie. La règle 10.04 stipule qu’en cas de danger extrême ou de circonstances imprévues (incluant explicitement le risque d’attaque animale dans l’article 10.04(b)), le juge en chef doit stopper la série.
Le règlement prévoit deux options pour la reprise (Règle 10.04(a)(iii)) :
Reprendre (Resume) : On relance le chrono là où il s’était arrêté, avec les mêmes positions et priorités.
Recommencer (Restart) : On efface tout et on repart de zéro si le juge estime que les conditions ont trop changé ou que l’équité est compromise.
Une polémique qui divise le milieu
L’interruption a déclenché un vif débat sur les réseaux sociaux. Chacun a son point de vue
Finalement, la série a repris le lendemain et Caity Simmers a validé son ticket pour le tour suivant. Si le résultat sportif semble logique, l’épisode rappelle que même avec le règlement le plus précis du monde, c’est bien l’océan — et ses habitants — qui ont toujours le dernier mot. Restez prudents, l’été s’annonce « sharky ».
La nuit a été historique pour le clan tricolore à Snapper Rocks. Pour la première fois de la saison 2026, un Français intègre le tableau final d’une épreuve du Championship Tour (CT). Sous le soleil du Queensland, Kauli Vaast a marqué les esprits, tandis que le reste du tableau a vu les légendes reprendre leurs droits dans des vagues frôlant la perfection.
Le duel fratricide : Kauli Vaast s’impose face à Marco Mignot
C’était le choc que tous les fans de surf français attendaient au Round 3 : un face-à-face entre Kauli Vaast et Marco Mignot. Dans des conditions de trois à quatre pieds (environ 1,2 mètre), le champion olympique tahitien a su trouver le rythme nécessaire pour devancer son compatriote.
Avec un total de 14,33, Vaast a pris le meilleur sur un Marco Mignot très solide (13,97) mais qui a manqué d’une seconde opportunité majeure pour renverser le score. Ce succès propulse Kauli Vaast en quarts de finale, une étape que les Français n’avaient pas encore atteinte cette année. Il y retrouvera l’Australien et enfant du pays, Ethan Ewing.
Vahine Fierro sort avec les honneurs dans un contexte difficile
Du côté des femmes, le parcours de Vahine Fierro s’arrête au Round 2. La Tahitienne affrontait la championne du monde en titre, Caity Simmers, dans une série qui portait encore les stigmates de la veille.
Pour rappel, la confrontation avait été suspendue en raison de la présence d’un requin dans la zone de compétition, cassant totalement le rythme et la dynamique de la série. À la reprise, Fierro a dû composer avec une Simmers chirurgicale. Malgré quelques beaux enchaînements sur le rail, Vahine s’incline (14,26 contre 10,60). Une élimination qui laisse un goût amer.
Filipe Toledo et Stephanie Gilmore : La démonstration de force
Le reste de la compétition a été marqué par des performances stratosphériques. Filipe Toledo a envoyé un message clair à ses concurrents en réalisant le meilleur total de la saison avec un 18,94/20, incluant un 9,77. Sa victoire face à Gabriel Medina dans un « derby » brésilien restera comme l’un des moments forts de l’événement.
Chez les femmes, l’inoxydable Stephanie Gilmore continue sa marche en avant à domicile. L’octuple championne du monde a éliminé Caity Simmers en quarts de finale, s’offrant une neuvième demi-finale sur la Gold Coast.
Prochain rendez-vous : Finals Day imminent
La WSL a émis une Yellow Alert pour demain, le 4 mai. Les prévisions annoncent des conditions en hausse, ce qui pourrait offrir un dénouement épique à cette troisième étape du Tour.
Tableau des Quarts de finale (H) :
Heat 1 : Kauli Vaast (FRA) vs Ethan Ewing (AUS)
Heat 2 : Mateus Herdy (BRA) vs Liam O’Brien (AUS)
Heat 3 : Connor O’Leary (JPN) vs Leonardo Fioravanti (ITA)
L’alerte a été donnée instantanément. Un requin a été identifié à moins de 500 mètres de la zone de compétition, déclenchant le protocole de sécurité strict de la WSL. Renato Hickel, vice-président du circuit, a été clair : aucune prise de risque.
La série a été mise en pause, puis officiellement reportée au lendemain. Le suspense reste donc entier pour Vahine Fierro, qui devra soit reprendre là où elle s’était arrêtée, soit recommencer la série selon les conditions de demain matin.
Une pluie de scores d’excellence
Avant ce chaos final, une bonne journée avait débuté. Snapper Rocks a délivré des lignes parfaites de 1m50, permettant aux surfeurs de signer 11 scores dans la zone « excellente ».
Les favoris en démonstration
Pendant que les Australiens comme Jack Robinson et Ethan Ewing retrouvaient leur rythme à domicile, le Brésil a rappelé qui tenait les rênes. Filipe Toledo a survolé la journée avec un total stratosphérique de 18.00 points, incluant un 9.50, la meilleure note du contest. Il retrouvera son compatriote Gabriel Medina au prochain tour pour un choc de titans.
Le temple du surf australien n’avait plus vibré au rythme de l’élite mondiale depuis 2018. Pour ce premier jour du Bonsoy Gold Coast Pro 2026, les vagues de trois à quatre pieds de Snapper Rocks ont offert un spectacle à la hauteur de la légende. Mais au milieu des icônes locales comme Stephanie Gilmore, c’est bien une déferlante française qui a secoué le pointbreak. Avec trois qualifiés sur quatre engagés, la France réaliser enfin un bon début de compétition sur le world tour cette année.
Vahine Fierro : La reine du bakcside a frappé
Si l’on connaît le talent de Vahine Fierro dans les tubes de Teahupo’o, elle a prouvé aujourd’hui qu’elle était tout aussi redoutable sur les droites interminables du Queensland. Face à la redoutable Brisa Hennessy, la Tahitienne a livré une masterclass backside.
Avec un total de 16,50 points — dont la meilleure note de la journée (8,67) — Vahine a montré une verticalité et un « flow » qui ont laissé les juges conquis. « Snapper est mon épreuve favorite, à égalité avec Teahupo’o », a-t-elle confié après sa série. Sa capacité à enchaîner les turns puissants sur le rail sans jamais perdre de vitesse la place désormais parmi les favorites de l’épreuve.
Le duel fratricide : Vaast et Mignot se donnent rendez-vous
Chez les hommes, la réussite est totale mais le tirage au sort cruel. Marco Mignot a ouvert le bal avec une incroyable remontée face à l’Hawaïen Barron Mamiya. Mené pendant 25 minutes, le Français a déniché une pépite dans les derniers instants pour claquer un 8,33 salvateur.
Dans la foulée, Kauli Vaast, le champion olympique de Paris 2024, a littéralement éteint le vétéran Jordy Smith. Avec un surf backside d’une précision chirurgicale, Vaast a posté un 15,16 qui ne laissait aucune place au doute.
Le « petit plus » de la rédac : La suite du tableau nous réserve un moment de haute tension. Puisque Kauli Vaast et Marco Mignot s’affronteront lors du Round 3, nous avons la certitude d’avoir un Français en quart de finale. C’est une excellente nouvelle, même si l’on aurait préféré voir nos deux champions s’éviter plus longtemps.
Tya Zebrowski : La cruelle leçon du haut niveau
C’est la seule ombre au tableau tricolore, mais quelle promesse pour l’avenir ! À seulement 15 ans, Tya Zebrowski a frôlé l’exploit monumental face à la quintuple championne du monde Carissa Moore. Tya a mené la série pendant presque l’intégralité du temps imparti, affichant une maturité technique déconcertante pour son âge.
Il aura fallu un sursaut d’orgueil et une vague miraculeuse à la dernière seconde pour que Moore arrache la victoire. Les larmes de détresse de la jeune Française contrastaient avec les larmes de soulagement de l’Hawaïenne. C’est l’apprentissage cruel du WCT : le talent est là, immense, mais la gestion des dernières secondes et ce petit facteur chance manquent encore à l’appel. Nul doute que Tya reviendra plus forte, elle a prouvé aujourd’hui qu’elle avait déjà sa place dans la cour des grandes.
Les légendes reprennent leurs marques
Au-delà du clan français, la journée a été marquée par le retour aux affaires de Stephanie Gilmore. Après deux saisons sabbatiques, l’octuple championne du monde a enfin remporté sa première série de l’année sur son home spot, écartant la prodige Erin Brooks. De son côté, Carissa Moore, qui voyage désormais en tant que maman, a montré qu’elle n’avait rien perdu de sa hargne de compétitrice. Seul le premier tour et deux séries masculines ont été lancées.
La compétition reprendra demain matin, samedi 2 mai, à 6h45 (heure locale). Restez connectés sur Icones Surf pour suivre les performances de Vahine, Kauli et Marco dans ce qui s’annonce déjà comme un week-end historique à Snapper Rocks.
On attendait des tubes massifs sur le slab de The Box, on a eu… un concours de virages sur une section qui ferme. Pour cette deuxième étape du Championship Tour (CT) 2026 en Australie Occidentale, la frustration est palpable. Si Margaret River est capable du meilleur, cette édition restera celle d’un dimanche propre mais sans génie, où le talent pur a dû compenser des conditions de vagues loin des standards de rêve de l’Océan Indien.
Le hold-up monumental de George Pittar
Si vous ne connaissiez pas encore George Pittar, vous n’allez plus l’oublier. L’Australien de 23 ans a réalisé ce que les statisticiens appellent un « Giant-Slaying » parfait. Pour s’offrir sa première victoire sur le tour d’élite, Pittar n’a pas choisi le chemin le plus facile : il a éliminé, les uns après les autres, quatre champions du monde.
Filipe Toledo, Yago Dora, Italo Ferreira et enfin, en finale, le « King » Gabriel Medina. Dans une finale tactique, Pittar a attendu patiemment la bombe de la série pour envoyer quatre turns sur le rail, d’une précision chirurgicale, notés 9.00. Un score qui a laissé Medina sans réponse, malgré toute sa hargne. Pour celui qui avait subi le « cut » de mi-saison l’an dernier sur cette même vague, la revanche est totale.
Lakey Peterson : La patronne résiste à la nouvelle garde
Chez les femmes, c’est l’expérience qui a parlé. À 31 ans, Lakey Peterson prouve qu’elle n’est pas prête à laisser sa place aux adolescentes qui poussent sur le tour. En s’imposant face à Luana Silva en finale, l’Américaine signe sa septième victoire en carrière et sa deuxième sur la terre des kangourous.
Pourtant, le scénario était mal engagé. Luana Silva semblait tenir sa victoire grâce à un énorme virage sur la plus grosse vague de la série (6.83). Mais à moins de cinq minutes du terme, Peterson a trouvé l’ouverture sur un enchaînement de deux manoeuvres puissantes pour arracher un 6.40 salvateur.
Nos Français « dans les choux » : L’heure de la réaction
C’est le point noir de cette étape pour nous. Les surfeurs tricolores ont semblé manquer de rythme et de lecture sur ce plan d’eau haché de Margaret River. Éliminés prématurément, nos « Frenchies » pointent en bas de classement après les deux premières étapes.
On le sait, le niveau est mondial, mais la réaction est attendue dès la prochaine étape. Le passage sur la Gold Coast (Snapper Rocks) sera crucial pour éviter de voir le haut du classement s’envoler définitivement. On espère que la magie des vagues du Queensland saura réveiller l’instinct de tueur de nos représentants.
Classement mondial : Les nouveaux visages du Lycra Jaune
À l’issue de cette étape mouvementée, le classement mondial subit un gros lifting :
Catégorie
Leader Mondial (N°1)
Hommes
Gabriel Medina (Brésil)
Femmes
Gabriela Bryan (Hawaii)
Malgré sa défaite en finale, Medina reprend les commandes du circuit, prouvant que son année sabbatique ne lui a rien fait perdre de son talent. Chez les femmes, Gabriela Bryan conserve sa première place de justesse.
Prochain rendez-vous : le Bonsoy Gold Coast Pro, dès le 1er mai. On croise les doigts pour que Snapper Rocks nous offre enfin du grand spectacle.
Le streaming de la WSL nous montre des vagues bleues et des scores parfaits (quoique pas trop cette année encore). Mais derrière le vernis de la compétition, Margaret River cache une réalité que les caméras oublient souvent : c’est l’un des endroits les plus hostiles de la planète.
« Je vais lui mettre mon poing dans la gueule »
Dans les années 70, poser sa planche à Margaret River était une déclaration de guerre. La communauté locale, composée de bûcherons et de fermiers installés là depuis 140 ans, ne voyait pas d’un bon œil l’arrivée de ces « outcasts » aux cheveux longs.
L’ambiance dans les pubs de l’époque ? Électrique. Un local témoigne dans les archives : « Mon pays, c’est ici. Si un de ces types dit quoi que ce soit, je lui casse les dents. » Les tensions ne se réglaient pas avec des priorités à l’eau, mais à coup de phalanges sur le parking. Pour ces pionniers, le surf n’était pas un sport, c’était une intrusion.
Des vendanges à l’impact zone : l’économie de la survie
Saviez-vous que Margaret River doit son industrie du vin… aux surfeurs ? C’est l’un des paradoxes les plus fous du spot. Pour pouvoir se payer le droit de charger des murs de 15 tonnes l’après-midi, les surfeurs sont devenus la main-d’œuvre du vignoble naissant.
Imaginez la scène : ramasser des grappes de raisin dans la brume glaciale du matin, le dos cassé, pour ensuite aller affronter des vagues capables de vous briser en deux. C’était ça, le deal. Pas de sponsors, pas de réseaux sociaux. Juste du raisin et de l’adrénaline pure.
Le « Cimetière » n’était pas qu’une métaphore
Le nom des pistes qui menaient aux spots n’avait rien de romantique. Dans les années 50, Mal Bramley et Warren McKinley devaient piloter leurs vieux pick-ups sur une piste de terre défoncée qui s’arrêtait pile devant le cimetière local. C’est de là qu’ils observaient les « monstres bleus » pour la première fois. Un message assez clair de la part du destin.
Le supplice des pieds nus sur les « briques »
Le vrai carnage, il se passe sur la section finale. Contrairement à d’autres spots de la WSL, la droite de Main Break vous force à un choix cornélien : soit vous sortez tôt et perdez des points, soit vous restez pour le « score » et vous finissez sur les briques.
Les pros sont littéralement forcés de sauter de leur planche et de courir pieds nus sur un reef calcaire acéré, dans une zone où des tonnes d’eau vous tombent sur la tête. Un seul pied coincé dans un trou du récif et c’est la fracture garantie.
« C’est ici qu’on sépare les hommes des enfants », disait Gary Elkerton. Aujourd’hui, alors que les planches volent en éclats et que les chevilles grincent, on comprend que Margaret River n’a jamais vraiment été apprivoisée. C’est toujours cette frontière sauvage, impitoyable, où chaque vague est une partie de poker avec le bloc opératoire.
Alors, la prochaine fois que vous verrez un pro prendre un 9.0, regardez bien où il finit sa vague. Il ne cherche pas la plage, il cherche juste à survivre aux rochers.
ll aura fallu attendre six mois pour que les images sortent enfin, mais le spectacle justifie l’attente. Pour la deuxième édition de son Twin Fin Invitational, William Aliotti n’a pas fait les choses à moitié.
Confronté à un Vieux-Boucau saturé et des conditions trop musclées pour les dérives jumelées, le crew a pris une décision radicale : l’exil au Pays Basque espagnol. Résultat ? Une démonstration de style sur les vagues infinis de Mundaka.
Plus qu’une simple compétition, cette vidéo de 8 jours retrace l’immersion totale d’une équipe soudée sous le même toit. Entre sessions de repli mémorables, art et soirées se terminant à l’aube, l’événement prouve que le surf de haut niveau peut encore rimer avec liberté totale. Le casting est cinq étoiles, la glisse est pure, et malgré le timing décalé, l’énergie de cette « deuxième édition » nous donne déjà envie d’être à la suivante.