Catégorie : Compétition Surf

  • World Surfing Games 2025 : Kauli Vaast en argent, la France 4e par nations

    World Surfing Games 2025 : Kauli Vaast en argent, la France 4e par nations

    Neuf jours de vagues solides à Surf City, Salvador, une finale messieurs d’une intensité rare, et une équipe de France rajeunie, mais combative. Retour sur des Mondiaux ISA au Salvador qui ont couronné l’Australie et confirmé Kauli Vaast comme l’un des patrons du surf mondial.

    Une finale hommes au sommet : Henry vs Vaast

    Dimanche, le spot de La Bocana a servi une grande finale messieurs à la hauteur de la réputation du spot et de la compétition. Vagues puissantes de 2,50 m, droites rapides et exigeantes, pression maximale : tout était réuni pour offrir un duel de haut vol.

    Kauli Vaast, champion olympique en titre, a livré une prestation exceptionnelle. Après un début de série en retrait, le Tahitien a claqué deux vagues magistrales notées 8,70 et 8,87, pour un total de 17,57 points. Un surf puissant, engagé, à la hauteur de son talent.

    Mais en face, l’Australien Dane Henry, 19 ans seulement, a pris tous les risques. Dès les premières minutes, il envoie un air full rotation noté 8,67, puis enchaîne avec une longue droite où il varie les manœuvres, récompensée d’un 9,50 jugé généreux par certains observateurs (on est français ou on ne l’est pas). Avec 18,17 points, Henry s’impose et prive Kauli Vaast de l’or pour seulement 0,60 point.

    Un verdict serré, mais révélateur : le Français confirme sa régularité dans l’élite mondiale ISA (5e en 2023, 3e en 2024, 2e en 2025). La trajectoire est tracée.

    Jorgann Couzinet, solide mais frustré

    Autre pilier tricolore, Jorgann Couzinet a connu une fin de parcours plus difficile. En finale du tableau principal, le Réunionnais n’a pas trouvé son rythme et s’est retrouvé en repêchages. Là encore, il avait une chance de rejoindre la grande finale, mais plusieurs chutes et mauvais choix stratégiques ont ruiné ses espoirs. Résultat : une 6e place mondiale.

    Un classement qui laisse un goût amer, tant son surf des jours précédents avait impressionné. Ajoutons à cela un contexte personnel éprouvant — la perte d’un ami proche durant la compétition (cf article sur Paul Bontemps) — et l’on comprend mieux la difficulté de Jorgann à rester concentré jusqu’au bout.

    Malgré tout, ce retour en équipe de France lui a fait du bien. « J’ai retrouvé une vraie cohésion, on se pousse les uns les autres, ça me donne envie de revenir plus fort », a-t-il confié. Rendez-vous est pris pour 2026.

    La France, médaille de cuivre par nations

    Avec la médaille d’argent de Vaast et la 6e place de Couzinet, les Bleus décrochent la 4e place au classement des nations, derrière l’Australie, le Pérou et l’Espagne. Un classement honorable, surtout au regard d’une équipe largement renouvelée.

    Les jeunes filles françaises, Kiara Goold (15 ans), Clémence Schorsch (16 ans) et Aelan Vaast (20 ans), ont montré de belles promesses malgré un manque d’expérience évident. La moyenne d’âge chez les filles : 17 ans seulement. De quoi envisager l’avenir avec optimisme.

    Côté garçons, Sam Piter (22 ans) a vécu une compétition compliquée, mais son potentiel reste intact. Globalement, cette équipe de France 2025 illustre un passage de témoin entre une génération dorée et de nouvelles têtes bien décidées à marquer leur époque.

    L’Australie retrouve son trône mondial

    Après 14 ans sans titre mondial ISA par nations, l’Australie a renoué avec l’or. La performance de Dane Henry a été complétée par le bronze de Morgan Cibilic, le bronze de Sally Fitzgibbons et les résultats solides d’Ellie Harrison et Callum Robson. Une domination collective qui rappelle la profondeur du vivier australien.

    Chez les dames, c’est l’Espagnole Janire Gonzalez-Etxabarri, 20 ans, qui a marqué l’histoire. En remportant l’or, elle devient la première championne du monde ISA de l’histoire de l’Espagne. Un exploit qui propulse la Roja du surf à la 3e place du classement par nations.

    Finale dames :

    1. Janire Gonzalez-Etxabarri (ESP) 14,57 pts
    2. Yolanda Sequeira (POR) 13,57 pts
    3. Sally Fitzgibbons (AUS) 13,57 pts
    4. Arena Rodriguez (PER) 8,53 pts

    Un marathon appelé World Surfing Games

    Les Mondiaux ISA ne ressemblent à aucune autre compétition. Neuf jours de surf intensif, un tableau principal et un système de repêchages qui peut rapidement user les organismes : c’est un véritable marathon.

    Dane Henry et Kauli Vaast sont les seuls à avoir atteint la finale sans passer une seule fois par les repêchages, preuve d’une constance et d’une fraîcheur physique supérieures. Pour les autres, la fatigue cumulée joue souvent un rôle décisif.

    Un staff renouvelé et ambitieux

    Derrière les planches, l’encadrement français a aussi marqué des points. Pour sa 4e campagne à la tête des Bleus, Jérémy Florès a su fédérer un groupe jeune, épaulé par Joan Duru et Pauline Ado.

    « On savait qu’on venait avec une équipe incomplète et jeune, mais l’ADN de la France, c’est de ne rien lâcher », a résumé Florès. Une philosophie qui colle parfaitement à l’esprit des ISA : apprendre, progresser, et préparer la suite.

    Les résultats français

    • Kauli Vaast : 2e (argent)
    • Jorgann Couzinet : 6e
    • Kiara Goold : 17e
    • Clémence Schorsch : 21e
    • Aelan Vaast : 29e
    • Sam Piter : 61e

    Cap sur 2026 et Los Angeles 202

    Cette 4e place mondiale permet à la France de s’assurer un statut de tête de série pour les Mondiaux 2026, qui attribueront les premiers quotas olympiques. L’objectif est clair : transformer le potentiel de cette jeune équipe en médailles, avec en ligne de mire les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.

  • ISA World Surfing Games : la polémique autour de l’interférence d’Aelan Vaast

    ISA World Surfing Games : la polémique autour de l’interférence d’Aelan Vaast

    Alors que les ISA World Surfing Games battent leur plein au Salvador, une série du tableau féminin a suscité de vives discussions dans la communauté surf. La Française-Tahitienne Aelan Vaast a écopé d’une interférence contestée face à la Chilienne Estela López Cross, une décision arbitrale qui continue de faire débat.

    Une série sous tension

    La scène s’est déroulée lors des premiers tours, sur un pic bien dessiné, ces bancs de sable offrant simultanément une gauche et une droite de potentiel équivalent. Dès le début de la série, aucune priorité n’était encore attribuée. Dans cette situation particulière, chaque surfeuse est libre de choisir sa vague, mais le règlement prévoit une sanction en cas de collision ou de gêne pour éviter, ce qui arriva.

    Estela López Cross est partie sur la droite gauche, tandis qu’Aelan Vaast s’est élancée sur la gauche de la même vague. La manœuvre est peu fréquente en compétition, car l’un des deux compétiteurs préfèrent ne pas prendre le risque. Mais là, les deux surfeuses pensent avoir la priorité. Généralement c’est la vague avec le plus de potentiel qui a la priorité. Pourtant, les juges ont décidé de sanctionner Vaast pour interférence, donnant l’avantage à la Chilienne.

    Pourquoi une double interférence semblait logique

    L’analyse technique de l’action laisse penser que la décision aurait pu être plus équilibrée. Dans les cas de pic droite – gauche, les règles permettent de sanctionner les deux athlètes si la situation est jugée équivoque. Or, la gauche et la droite offraient un potentiel similaire, et aucune priorité n’avait été clairement définie.

    Dans cette configuration, attribuer une double interférence aurait été une interprétation plus juste. Elle aurait reflété la responsabilité partagée entre les deux compétitrices dans une situation ambiguë.

    Une décision sans impact sur le résultat, mais lourde de sens

    Il est important de préciser que ce choix arbitral n’a pas directement influencé l’issue de la série : Estela López Cross a finalement terminé troisième, Aelan Vaast dernière de la série, et les deux surfeuses ont été envoyées au repêchage. Autrement dit, l’interférence n’a pas changé la hiérarchie immédiate.

    En revanche, l’incident interroge sur la cohérence des décisions prises par les juges. Dans une compétition internationale où chaque série compte pour l’accès aux Jeux Olympiques de Los Angeles 2028, la moindre erreur d’arbitrage peut avoir des répercussions lourdes sur la confiance des athlètes et l’image du sport.

    Entre récit sobre et polémique médiatique

    Sur place, les médias spécialisés ont rapporté l’incident de manière factuelle : « Comienzo de la serie sin prioridad marcada… Se cobró interferencia a la francesa sobre la chilena. Al final de la serie las dos cayeron al repechaje. » Un résumé simple, sans fioriture.

    À l’inverse, certains médias internationaux ont opté pour une lecture sensationnaliste, allant jusqu’à évoquer une « bagarre » entre les deux surfeuses et convoquant de vieilles rancunes diplomatiques entre la France et le Chili. Une exagération sans fondement, qui détourne l’attention de l’aspect purement sportif. Hein Beach Grit….

    L’arbitrage, talon d’Achille du surf de compétition

    Ce n’est pas la première fois que l’arbitrage fait polémique dans le surf. La subjectivité inhérente à l’évaluation des vagues, combinée à des situations de règles parfois complexes, laisse toujours place à l’interprétation. Si l’incident entre Vaast et López Cross ne change rien au tableau, il rappelle combien la clarté des décisions est essentielle pour éviter les polémiques inutiles.

    Le surf de compétition reste un sport où l’imprévisible fait partie du jeu : les vagues varient, les bancs de sable évoluent, et les interprétations des juges aussi. Mais à ce niveau, où se jouent des places qualificatives pour les Jeux, la cohérence doit rester la priorité.

  • Michel Bourez triomphe aux Maldives après sa blessure à Teahupoo

    Michel Bourez triomphe aux Maldives après sa blessure à Teahupoo

    Quelques semaines après sa mésaventure à Teahupo’o qui aurait pu compromettre sa participation, Michel Bourez a prouvé qu’il n’avait rien perdu de sa rage de vaincre. Le Tahitien, surnommé The Spartan, a remporté le prestigieux Four Seasons Maldives Surfing Champions Trophy 2025, en signant un parcours héroïque et un 10 parfait en finale.

    Un Spartan diminué mais déterminé

    La scène était presque irréelle : quelques heures avant le lancement de la compétition, Bourez boitait visiblement, victime d’une douleur aux ischio-jambiers. Beaucoup doutaient de sa capacité à enchaîner les manœuvres puissantes qui font sa signature. Pourtant, le Tahitien est apparu le sourire aux lèvres, fidèle à son tempérament guerrier.

    Au petit-déjeuner, il plaisantait : « J’espère qu’il y aura des barrels, je ne sais pas si j’ai encore assez de force pour tourner ». Derrière l’humour, une vraie incertitude planait. Mais dès son premier heat, Bourez a rassuré tout le monde en claquant un 8,5 d’entrée de jeu.

    Le décor magique des Maldives

    Grâce à la lecture inspirée du swell par Rosco, le prévisionniste de Tropic Surf, l’événement s’est joué le dernier jour de la waiting period, sous des conditions idéales : un reef parfait à Sultans, 3-4 pieds, glassy et turquoise.

    Le plateau de surfeurs avait fière allure : Owen Wright, Jesse Mendes, Craig Anderson, sans oublier le local Smiley Rasheed. Mais l’attention était tournée vers Michel, qui semblait transformer sa gêne physique en moteur. Ajustant son surf, plus appuyé sur le pied arrière que d’ordinaire, il a multiplié les séries avec des scores élevés.

    Une finale renversante face à Owen Wright

    En finale, Bourez s’est retrouvé face à un Owen Wright dominateur tout au long de l’épreuve. Mais ce jour-là, rien ne pouvait arrêter The Spartan. Dès les premières minutes, il posait les bases avec un 8,5 solide, enchaînant turns incisifs et une petite sortie de tube. Owen résistait, mais restait en quête d’un gros score.

    Puis, à une minute du buzzer, la vague de l’événement s’est présentée. Michel Bourez s’est élancé, s’est calé profondément dans le tube, a disparu, puis est ressorti sous les cris des spectateurs. Les juges n’ont pas hésité : 10/10. La victoire était scellée, avec panache.

    Un signal fort avant Hossegor

    Toujours sympa de voir un compétiteur comme Michel Bourez vaincre lors d’un contest, même si celui-ci n’est pas le plus prestigieux. On sent la passion intacte après plus de vingt ans de carrière au plus haut niveau.

    À quelques jours du Quiksilver Festival d’Hossegor, où il est attendu avec enthousiasme, cette victoire envoie un signal clair : le Tahitien est prêt. Blessure ou pas, The Spartan reste une figure incontournable du surf mondial.

  • Annulation historique d’une compétition de surf en Angleterre à cause des eaux usées

    Annulation historique d’une compétition de surf en Angleterre à cause des eaux usées

    Cela devait être une grande fête du surf britannique, rassemblant plus de 140 surfeurs venus des quatre coins du pays. Mais le week-end dernier, à Porthtowan, en Cornouailles, l’océan a offert un triste spectacle : des vagues parfaites… mais impraticables. La raison ? Un rejet d’eaux usées qui a forcé les organisateurs à annuler purement et simplement les English Interclub Surfing Championships. Une première dans l’histoire de la discipline outre-Manche.

    Un événement stoppé net malgré des conditions parfaites

    Samedi matin, les conditions étaient idéales : un joli 3 à 5 pieds, soit 1 à 1,5 m, une houle propre, et un niveau de surf élevé chez les participants. Pourtant, à peine la compétition lancée, les maîtres-nageurs ont red-flaggué la plage après la confirmation d’un rejet d’eaux usées en mer.
    « Nous avons immédiatement interrompu la compétition et demandé à tous les surfeurs de quitter l’eau », a expliqué Surfing England. « Nous étions dévastés de devoir mettre fin à l’événement, surtout avec de si belles vagues et un tel niveau de surf. »

    Hannah Brand, responsable de l’organisation, n’a pas caché sa stupeur : « C’est une première. Nous n’avions jamais annulé un événement pour une pollution de ce type. »

    La colère des surfeurs face aux risques sanitaires

    Au-delà de la frustration sportive, l’inquiétude pour la santé est réelle. Rob Abrams, de l’association Surfers Against Sewage, rappelle que les conséquences d’une baignade en eaux polluées peuvent être graves : gastro-entérites, infections respiratoires, cutanées, oculaires ou auriculaires, parfois avec des hospitalisations prolongées.
    Selon lui, ce rejet pose question : « Les compagnies d’eau ont le droit de déverser en cas de pluies exceptionnelles. Mais dimanche, il n’y avait rien d’extraordinaire, juste un peu de pluie. Cela ressemble à une excuse pour justifier un déversement évitable. »

    Les compagnies d’eau dans le viseur

    South West Water (SWW), l’entreprise responsable de la gestion locale, s’est défendue en affirmant que son « trop-plein » avait été activé conformément aux normes, en raison des pluies. Mais pour de nombreux observateurs, cet argument ne tient pas.
    Ben Powis, directeur de Surfing England, parle de « profonde frustration » : « Ces autorisations doivent rester exceptionnelles. Là, on a l’impression que c’est devenu une habitude dès qu’il tombe quelques gouttes. »

    Les chiffres donnent raison aux associations : sur les six premiers mois de 2025, SWW aurait été responsable de plus de 2 000 rejets sur des jours considérés comme secs. Un manque de transparence dénoncé avec force.

    Une image ternie et un coup dur pour le tourisme

    Cette annulation dépasse le seul cadre sportif. Les compétitions attirent des centaines de personnes, qui consomment localement et soutiennent l’économie des villages côtiers.
    « Quand les plages sont fermées pour cause de pollution, ce n’est pas seulement les surfeurs qui trinquent », déplore Rob Abrams. « C’est toute l’image de la région qui en souffre. Certains touristes nous disent déjà qu’ils iront ailleurs. »

    Un coup dur pour la Cornouailles, région qui mise beaucoup sur son attractivité balnéaire.

    Quelles solutions pour l’avenir ?

    Face à l’indignation, le gouvernement britannique promet des réformes. Un porte-parole du ministère de l’Environnement a rappelé que de nouveaux outils étaient en place : interdiction des bonus jugés abusifs pour les dirigeants de compagnies d’eau, investissements massifs pour moderniser les infrastructures, et création d’un régulateur unique plus puissant.
    De son côté, SWW assure avoir lancé un plan d’investissement de plusieurs milliards de livres et promet de livrer ses travaux dix ans avant les objectifs gouvernementaux. Mais pour les associations, le compte n’y est pas : « Nous n’avons pas besoin de promesses, mais d’un changement radical. Les océans ne peuvent pas attendre », martèle Surfers Against Sewage.

    Le surf en première ligne de la crise environnementale

    Cette annulation inédite est un signal fort. Elle montre à quel point le surf, activité intimement liée à l’océan, se retrouve directement touché par la mauvaise gestion des eaux usées. Pour les surfeurs, mais aussi pour les habitants et les touristes, la question n’est plus seulement de profiter des vagues, mais de savoir si elles seront encore propres et saines demain.

  • Roseyro & Rebière font briller le surf français à Itacoatiara

    Roseyro & Rebière font briller le surf français à Itacoatiara

    La Praia de Itacoatiara (Niterói, Brésil) vibrait ce dimanche 17 août lors du Itacoatiara Big Wave 2025, rendez-vous incontournable du surf de grosses vagues au Brésil. Si les conditions – des vagues d’environ trois mètres – ont fait débat, l’intensité de la compétition n’a pas déçu. Et dans ce décor électrique, le duo français Clément Roseyro et Éric Rebière a décroché une magnifique deuxième place derrière les intouchables Lucas “Chumbo” Chianca et Pedro Scooby.

    Une performance française de haut vol

    Les juges ont récompensé la constance et l’engagement des deux Français : 12 points au total (7.00 + 5.00), soit le même score que les troisièmes Dylan Longbottom et Lucas Silveira, mais Roseyro/Rebière ont pris l’avantage grâce à une meilleure vague de série.

    Mais c’est surtout un aerial impressionnant de Clément Roseyro qui a électrisé la plage et enflammé les réseaux sociaux. Dans une compétition généralement dominée par des drops massifs et du tow-in engagé, ce move créatif et radical a apporté une touche spectaculaire.

    Une “vraie-fausse” épreuve de grosses vagues

    Le nom du contest pouvait laisser espérer des murs dignes de Nazaré, mais les images montrent plutôt un Itacoatiara en version moyenne : 3 mètres puissants, certes, mais loin des “monstres” auxquels on associe habituellement les big wave riders.
    Pourtant, la bagarre fut réelle. Pedro Scooby, blessé dès les quarts de finale, a serré les dents pour offrir un doublé consécutif à son duo avec Chumbo.

    Les Français confirment leur statut

    Cette 2ᵉ place marque une nouvelle étape pour Éric Rebière, pionnier français du surf de grosses vagues, et Clément Roseyro, qui s’impose peu à peu comme un des riders les plus explosifs et les plus engagés de sa génération. Une belle complémentarité pour les deux surfeurs français.

    Au classement final :

    • 1er : Lucas Chianca & Pedro Scooby – 13.85 pts
    • 2e : Éric Rebière & Clément Roseyro – 12.00 pts
    • 3e : Dylan Longbottom & Lucas Silveira – 12.00 pts
    • 4e : Alemão de Maresias & Lucas Fink – 5.48 pts

    Le Brésil, nouveau terrain de jeu pour les big wave riders ?

    Avec cette 7ᵉ édition, l’Itacoatiara Big Wave s’installe comme un rendez-vous du surf de gros au Brésil. Même si la taille des vagues n’a pas atteint des dimensions “historiques”, l’événement confirme son importance pour la ville de Niterói et pour la scène internationale.

    Et pour la France, voir ses riders sur le podium, avec un aerial déjà culte signé Roseyro, est une preuve supplémentaire que l’Hexagone s’invite désormais régulièrement dans le cercle fermé des big wave hunters.

  • Teahupo’o 2025 : Picklum et Robinson sacrés… mais la polémique enfle

    Teahupo’o 2025 : Picklum et Robinson sacrés… mais la polémique enfle

    TEAHUPO’O (Tahiti) – L’édition 2025 du Lexus Tahiti Pro Presented by I-SEA a offert un spectacle incroyable dans des tubes massifs de 2 à 2,5 m, sacrant l’Australienne Molly Picklum et son compatriote Jack Robinson. Mais derrière les sourires des vainqueurs, la compétition a aussi été marquée par de vives critiques sur l’arbitrage.

    Picklum et Robinson en patron

    Chez les femmes, Molly Picklum a dominé la finale face à la championne du monde en titre Caity Simmers (17,26 à 4,94), signant sa première victoire à Tahiti et consolidant sa place de n°1 mondiale avant les WSL Finals à Fidji. « C’est là que les rêves deviennent réalité », a-t-elle déclaré, rayonnante sur le podium.

    Côté hommes, Jack Robinson a créé la sensation. Obligé de gagner pour se qualifier dans le Final 5, il a enchaîné les tubes parfaits jusqu’en finale, où il a battu Griffin Colapinto (16,90 à 13,67). Robinson rejoint ainsi l’élite des multi-vainqueurs à Teahupo’o, aux côtés d’Andy Irons et Kelly Slater.

    Les Final 5 sont désormais connus :

    • Hommes : Yago Dora, Jordy Smith, Griffin Colapinto, Jack Robinson, Italo Ferreira
    • Femmes : Molly Picklum, Gabriela Bryan, Caity Simmers, Tyler Wright, Caroline Marks

    Les titres de Rookie of the Year reviennent à Erin Brooks (CAN) et Marco Mignot (FRA).

    Marco Mignot, héritier d’une tradition française

    Parmi les autres belles histoires de cette édition, le Français Marco Mignot décroche le titre de Rookie of the Year 2025. Une performance qui rappelle celle de Jérémy Florès, sacré meilleur débutant en 2007 avant de devenir l’un des visages du surf français sur le Tour.

    Mignot, installé dans le Top 16 pour sa première année, a prouvé qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs sur les vagues les plus exigeantes du monde. À seulement 24 ans, il s’inscrit déjà dans la lignée des Français capables de marquer l’histoire du surf pro.

    La série qui a tout déclenché

    Dès le Round of 16, la série Griffin Colapinto vs João Chianca (15.00 – 14.97) a fait grincer des dents.
    Chianca, éliminé pour trois centièmes, a parlé d’une « blague » sur Instagram, tout en respectant la WSL. Gabriel Medina a enfoncé le clou en appelant à « plus d’unité entre les surfeurs ». Plusieurs pros, dont Lucas Chumbo et Caio Ibelli, ont affiché leur soutien.

    Le point de discorde : une vague de Griffin notée 7,23, jugée par beaucoup inférieure à celle de Chianca.

    Et puis… l’affaire Kauli Vaast

    En quart de finale, le Tahitien Kauli Vaast affrontait Crosby Colapinto, frère de Griffin.
    Une vague notée 7,87 pour Vaast – selon beaucoup, la meilleure de la série – n’a pourtant pas été considérée comme le meilleur score. Les juges ont attribué la note décisive à Crosby sur sa dernière vague, jugée par certains moins impressionnante.

    De quoi relancer un vieux débat : l’avantage du frontside à Teahupo’o est-il surcompensé quand on juge un surfeur backside ?

    Entre gloire et frustration

    Si Picklum et Robinson célèbrent leur triomphe, ces polémiques sur l’arbitrage viennent rappeler que le surf pro reste un sport jugé… donc sujet aux débats passionnés. Et à quelques semaines des WSL Finals à Cloudbreak, la tension ne risque pas de retomber.

    Résultats officiels

    Finale femmes
    1 – Molly Picklum (AUS) 17,26
    2 – Caity Simmers (USA) 4,94

    Finale hommes
    1 – Jack Robinson (AUS) 16,90
    2 – Griffin Colapinto (USA) 13,67

  • Un “bain de foule” version surf : le Slamarack 2025 enflamme Carlsbad

    Un “bain de foule” version surf : le Slamarack 2025 enflamme Carlsbad

    Imaginez la Côte des Basques un après-midi d’août, quand les planches se frôlent, que les touristes s’essaient au surf, et que les locaux oscillent entre amusement et exaspération… Sauf qu’ici, pas d’algues toxiques, pas de méduses, et beaucoup plus de fun assumé. Bienvenue au Slamarack, la grande “party wave” californienne où les soft tops ou planches en mousse envahissent l’océan dans un joyeux chaos organisé.

    Une compétition loufoque qui attire les foules

    Chaque été, la plage de Tamarack State Beach, à Carlsbad (Californie), devient le théâtre d’un spectacle unique : des centaines de surfeurs – souvent déguisés ou simplement armés de leur meilleure autodérision – partent ensemble sur la même vague.
    Le nom ? Slamarack. La règle ? Aucune, si ce n’est de s’amuser… et d’éviter les collisions trop violentes.

    Du local au phénomène viral

    Née comme une petite tradition locale, l’événement a pris une nouvelle dimension en 2025 grâce à Kookslams, célèbre compte Instagram qui compile les wipeouts les plus spectaculaires. Résultat : des stories par dizaines, une ambiance survoltée, et un pic de participation jamais vu.
    « On a toujours eu ce côté un peu chaotique, mais cette année, c’était carrément Noël avant l’heure », s’amuse un participant.

    L’échelle du fun

    Dans les ports de glisse, on aime bien parler de fun, et il est vrai qu’on aime tous les sensations fortes dans le surf. Et dans notre échelle du fun, il y a plursieurs paliers

    • Si vous êtes jeune, souple, et que vous en sortez indemne : c’était fun.
    • Si vous repartez avec quelques bleus : c’était vraiment fun.
    • Et si vous avez pris un soft top en pleine figure : C’était fun, l’histoire va rentrer dans la légende.

    Quand la culture surf se met en scène

    Pour Kookslams, c’est l’occasion parfaite de montrer que la culture surf ne se résume pas aux grandes compétitions :

    « Voir nos t-shirts dans la foule, publier notre vidéo récap’, ça montre qu’on peut être un acteur culturel fort sur ce type d’événement populaire. »

    Et à Carlsbad, tout le monde est déjà prêt pour l’édition 2026.

  • Quand Padang Padang s’enflamme… mais reste dans l’ombre

    Quand Padang Padang s’enflamme… mais reste dans l’ombre

    Ces derniers jours, tout le monde avait les yeux rivés sur Teahupo’o. Et pour cause : la vague tahitienne a offert un spectacle médiatique planétaire, éclipsant presque tout le reste de l’actualité surf. Pourtant, à des milliers de kilomètres de là, sur la péninsule du Bukit à Bali, Padang Padang a déroulé l’une des journées les plus parfaites de son histoire compétitive. Et cette fois, ce sont deux surfeurs indonésiens… âgés de seulement 16 ans, qui ont mis tout le monde d’accord.

    Une compétition au format unique

    Créée en 2004, la Rip Curl Cup Padang Padang est la plus prestigieuse compétition de surf en Indonésie. Sa particularité ? Elle ne se déroule que lorsque les conditions sont parfaites. Un format « swell-dependent » qui oblige les athlètes à se tenir prêts, souvent avec seulement quelques jours de préavis.

    Cette année, l’alerte est donnée le lundi. Les prévisions annoncent un Padang Padang en feu pour le dimanche. Les surfeurs invités – 16 hommes et 8 femmes triés sur le volet – sautent dans le premier avion pour Bali. Parmi eux : Mason Ho, Ivan Florence, Tosh Tudor, Balaram Stack, ainsi qu’une armada de légendes locales. Aucun Européen à l’horizon. Pas même un William Aliotti, pourtant maître reconnu des gauches indonésiennes. Dommage.

    Des vagues de rêve

    Dès le matin, le décor est planté : des lignes parfaites de six pieds déroulent sur le récif. Les séries sont régulières, les barrels profonds, et la houle déroule vague sur vague comme si elle avait été commandée pour l’occasion. Les spectateurs massés sur la plage et sur les falaises savent qu’ils vont assister à quelque chose de spécial.

    La finale femmes : Jasmine Studer, reine du tube

    Le tableau féminin a souffert de quelques absences : certaines invitées n’ont pas pu rejoindre Bali à temps. La compétition se jouera donc en un seul heat de cinq surfeuses. Mais peu importe le format : Jasmine Studer, 16 ans, de Kuta, va écrire l’histoire.

    Elle décroche un 10 parfait sur un tube dont elle-même avoue ne pas avoir cru sortir :

    « Le spit m’a frappée, je pensais que c’était fini. C’est le moment le plus irréel de ma vie. »

    Derrière, l’Australienne Willow Hardy répond avec un 9 et un 8.33, mais échoue à 0,84 point du titre. Ziggy Mackenzie manque de peu un buzzer-beater spectaculaire. Résultat final : Jasmine l’emporte avec 18.17 points, sous les ovations.

    La finale hommes : Westen Hirst, la relève locale

    Chez les hommes, l’histoire est tout aussi marquante. Westen Hirst, 16 ans, originaire de Lakey Peak, affronte Tosh Tudor, Ketut Agus et Ivan Florence en finale. Et il frappe fort dès sa première vague : double barrel, 9.9 points.

    Ketut, favori local, tente de revenir avec de superbes tubes, mais Westen verrouille sa victoire avec un 7.33 en toute fin de heat. Score final : 18.57 points. Le jeune prodige devient le premier Indonésien à gagner l’épreuve depuis Mega Semadhi en 2016.

    En plus du titre, il signe le meilleur score cumulé des qualifications, preuve que sa domination ne doit rien au hasard :

    « J’ai eu mon premier vrai barrel ici à Padang quand j’avais 10 ans. Aujourd’hui, je gagne le Rip Curl Cup. C’est fou. »

    Des moments pour l’histoire

    La journée a été une succession de clips mémorables : Ivan Florence sortant miraculeusement d’un tube aspirant, Made “Bol” Adi Putra en stand-up barrel parfait, et Ketut Agus décrochant un 9.8 rugissant. Le genre de moments qui nourrissent les légendes locales… et qui mériteraient plus qu’un écho discret dans la presse internationale.

    Le doublé indonésien : symbole d’une nouvelle génération

    Ce doublé 100 % indonésien chez les hommes et les femmes est un signe fort : la relève du surf indonésien est déjà là, et elle n’a pas peur de s’imposer face à des internationaux confirmés.

    Il rappelle la victoire d’Erin Brooks à la Cup il y a quelques années, ou celle de Mega Semadhi. Mais cette fois, ce sont deux adolescents, encore au lycée, qui gravent leur nom sur le trophée. Et ils l’ont fait dans les conditions que tout surfeur rêve de scorer au moins une fois dans sa vie.

    Un évènement éclipsé par Teahupo’o

    Si cette édition 2025 du Rip Curl Cup avait eu lieu une semaine plus tôt ou plus tard, elle aurait sans doute fait la une des médias surf. Mais Teahupo’o a monopolisé l’attention, avec ses vagues monstrueuses et son timing parfait à l’approche des Jeux.

    Résultat : peu de vidéos, peu d’articles, et un événement pourtant historique passé presque sous silence. Une injustice quand on sait que Padang Padang a offert ce jour-là l’un des plus beaux spectacles de l’année.

    Le verdict

    En une journée, Jasmine Studer et Westen Hirst ont non seulement remporté un titre prestigieux, mais aussi rappelé que le surf indonésien ne se limite pas à accueillir des stars étrangères en quête de barrels tropicaux. Il produit ses propres champions, capables de briller sur leur terrain de jeu face aux meilleurs.

    Ce 7 août 2025 restera dans l’histoire du surf local comme un moment de gloire et, espérons-le, comme le point de départ d’une reconnaissance internationale plus large pour ces jeunes prodiges, mais aussi pour ce type de compétition avec une longue waiting period, qui n’est lancée que si les conditions sont optimales.

  • Une première journée à Teahupo’o entre bravoure, doutes et domination locale

    Une première journée à Teahupo’o entre bravoure, doutes et domination locale

    Dès l’aube, la passe de Hava’e grondait. Dix pieds de vagues puissantes parfaitement alignés s’écrasaient sur le reef de Teahupo’o, un ciel bleu éclatant et la promesse d’une journée à haute intensité. LE Tahiti Pro 2025 a démarré en trombe, offrant son lot de bravoure, de doutes et de débats. Car au-delà des simples résultats, cette première journée a mis en lumière des histoires fortes, notamment celle d’un double champion du monde encore hanté par ce spot, et celle de locaux qui ont une nouvelle fois rappelé que Teahupo’o est chez eux.

    Filipe Toledo : du progrès, mais encore loin d’être à l’aise

    Depuis plus de dix ans, Teahupo’o et Filipe Toledo vivent une relation compliquée. Le Brésilien traîne comme un poids la série cauchemardesque à zéro point face à Italo Ferreira, expliquant plus tard qu’une blessure au coude l’empêchait de se lever correctement. Mais derrière cette justification se cache une vérité assumée par son père Ricardo : la peur du récif et de la blessure grave.

    Hier, Toledo a tenté de changer la donne. Face à deux chargeurs réputés : Leo Fioravanti et Joao Chianca, le brésilien a chargé sur sa première vague en partant un peu late et se calant dans un gros tube. Il y est allé, il a réellement essayé. Il ne trouvera pas de deuxième vague dans sa série, et sera obligé de partir au second tour.

    Mais la suite a rappelé que le chemin est encore long. Malgré ce sursaut de combativité, Toledo a été éliminé dès le repêchage par Rio Waida, avec deux vagues faibles, anodines. Sa saison se termine ainsi prématurément, sur sa pire note au classement depuis 2017. Courageux, oui. Libéré de sa peur ? Pas encore.

    Kauli Vaast et les locaux, patrons de la passe

    Si Teahupo’o est un cauchemar pour certains, c’est un terrain de jeu familier pour d’autres. Kauli Vaast a offert un récital dès la deuxième série de la journée. Trois secondes après le coup de corne, il se jette sur une bombe notée 7,50, avant d’enchaîner avec un 8,33 et un 7,97. Casqué, incisif, sûr de ses placements, le champion olympique a fait passer Kanoa Igarashi et Jake Marshall par la case repêchage avec un total impressionnant de 16,30 points.

    Un détail a intrigué certains spectateurs : pourquoi Kauli ne portait-il pas de leash ? La réponse est simple et logique : pour faciliter le travail des jet-skis d’assistance. Sans leash, la planche s’éloigne plus vite du surfeur en cas de chute, évitant qu’elle ne le tire vers la zone d’impact et permettant aux sauveteurs de récupérer l’athlète plus rapidement et en sécurité.

    Les autres locaux n’ont pas démérité. Mihimana Braye, vainqueur des trials, s’est qualifié pour les huitièmes en écartant Kanoa Igarashi au terme d’une série rallongée à 50 minutes, marquée par un redémarrage après quinze minutes sans vague. “Teahupo’o m’envoie toujours la bonne vague”, confiait-il en souriant. Marco Mignot, lui, a su rebondir au repêchage, épaulé par Jérémy Florès en coach et caddie. Seul Teiva Tairoa s’est arrêté là, malgré un tube magnifique à 8,33 contre un Jordy Smith impérial.

    Juges : la vague de Griffin Colapinto, un 9,33 qui interroge

    Si l’action dans l’eau a été intense, la cabine des juges n’a pas échappé aux discussions. Dans la journée, Griffin Colapinto a obtenu un 9,33 sur une vague que beaucoup considèrent inférieure aux meilleurs barrels du matin. Et ils n’ont pas tout à fait tort : les tubes de Kauli Vaast ou de Italo étaient plus gros et plus profonds.

    La nuance, c’est que les conditions avaient changé. Moins de sets massifs, vent plus présent, plus difficile de trouver une vague parfaite. Les juges établissent souvent leur barème dès le matin pour différencier des vagues proches en qualité. Au lever du jour, ils avaient besoin de critères précis pour départager des tubes similaires : la taille, la profondeur, la sortie propre. Mais même avec ce contexte, certains observateurs restent convaincus que Griffin a bénéficié d’une certaine clémence.

    Une journée à retenir

    En résumé, cette première journée a confirmé que Teahupo’o ne se surfe pas seulement avec les jambes, mais aussi avec la tête et le cœur. Toledo a montré un peu plus de courage, mais reste prisonnier d’une appréhension profonde. Kauli Vaast et ses compatriotes, eux, surfent avec l’aisance de ceux qui connaissent chaque recoin du spot. Et les juges, comme souvent ici, naviguent entre cohérence et controverse.

    La suite ? Huitièmes de finale explosifs en perspective ou début de compétition pour les femmes, une houle en déclin mais encore solide, et toujours cette promesse : à Teahupo’o, tout peut basculer en quelques secondes.

  • Tya Zebrowski, 14 ans, déjà numéro 1 mondiale du Challenger Series

    Tya Zebrowski, 14 ans, déjà numéro 1 mondiale du Challenger Series

    Le surf mondial a une nouvelle étoile, et elle est tricolore

    À seulement 14 ans, la Franco-Tahitienne Tya Zebrowski vient de frapper un grand coup sur la planète surf. Finaliste de l’US Open of Surfing 2025, elle est désormais numéro 1 mondiale du Challenger Series, le circuit qualificatif pour l’élite du surf mondial. Une performance incroyable, qui ne surprendra pourtant pas ceux qui suivent le surf européen de près.

    Une ascension fulgurante, mais pas si surprenante

    Pour les suiveurs du circuit européen, l’explosion de Tya n’a rien d’un hasard. Dès ses premiers QS (Qualifying Series), elle a bluffé les observateurs par la maturité de son surf et son engagement. L’an dernier, elle a littéralement survolé les compétitions européennes, remportant ou frôlant la victoire à chaque étape, jusqu’à décrocher son ticket pour les Challenger Series.

    Ce qui impressionne, au-delà des résultats, c’est sa capacité à dompter des vagues puissantes et variées, souvent dans des conditions très exigeantes. Un style fluide, puissant, précis, et une lecture de vague qui semble déjà appartenir à une surfeuse bien plus expérimentée.

    Tya Zebrowski portrait famille photo Pat Nolan

    Huntington Beach : la confirmation au sommet

    Lors de l’US Open 2025, à Huntington Beach, l’un des événements les plus prestigieux du calendrier, elle s’est hissée jusqu’en finale, où elle a affronté l’Américaine Sawyer Lindblad. Dans les premières minutes, Tya a pris l’avantage avec un total de 12,34 points, enchaînant les manœuvres avec une assurance désarmante. Le public et les commentateurs y voyaient déjà sa première victoire en Challenger Series.

    Mais la Californienne, déjà qualifiée pour le CT 2026, a renversé la situation dans les dernières minutes. Sawyer s’impose, mais le véritable choc de la compétition, c’est bien la performance de la Française. Une finale à 14 ans, sur l’un des événements les plus relevés de l’année, face à des surfeuses bien plus expérimentées : c’est un exploit retentissant.

    14 ans… et déjà dans la cour des grandes

    Oui, 200 jours de moins que la double championne du monde Caroline Marks quand elle avait percé. Oui, plus jeune que Carissa Moore à ses débuts sur le CT. Tya pourrait bien devenir la plus jeune qualifiée de l’histoire du surf féminin moderne. Et contrairement à d’autres jeunes talents qui brillent sur une vague spécifique ou dans un cadre junior, elle domine chez les adultes, en compétition officielle, sous pression.

    Son surf est à la fois aérien, engagé, moderne. Dans les dernières secondes de cette finale, elle a même tenté un air reverse qui aurait pu renverser la donne. Le message est clair : elle ne surfe pas pour faire de la figuration. Elle veut gagner. Et elle le peut.

    Le parallèle avec le skate féminin

    Cette montée en puissance de Tya n’est pas sans rappeler ce qui se passe dans le monde du skate. Des jeunes filles de 12 à 15 ans dominent désormais les grandes compétitions, comme Rayssa Leal ou Sky Brown, avec une aisance et une maturité qui bousculent les repères. Le surf semble suivre cette même dynamique.

    Et tant mieux si cette nouvelle vague est française. Car oui, Tya Zebrowski est Franco-Tahitienne, et si son sourire trahit ses origines polynésiennes, son surf peut faire la fierté de tout l’Hexagone.

    Une pépite à suivre de très près

    Le plus fou dans cette histoire ? Ce n’est que sa première saison sur le Challenger Series. Et elle est déjà leader. À ce rythme, elle pourrait non seulement se qualifier pour le CT 2026, mais aussi y briller dès sa première année, voire plus.

    On tient peut-être là la future meilleure surfeuse du monde. Une championne en construction, déjà redoutée par ses adversaires, qui allie talent pur, instinct de compétitrice et grâce naturelle.

    Et vous savez quoi ? Elle est française.

  • Kelia Mehani Gallina, 12 ans, qualifiée pour le CT à Teahupo’o : génie précoce ou folie douce ?

    Kelia Mehani Gallina, 12 ans, qualifiée pour le CT à Teahupo’o : génie précoce ou folie douce ?

    Une enfant de 12 ans vient de se qualifier pour la plus dangereuse des étapes du World Tour. À Teahupo’o, Kelia Mehani Gallina écrase les pronostics et entre dans l’histoire… mais à quel prix ?

    Miss Teahupo’o, enfant du reef

    Teahupo’o. Une vague mythique, un mur liquide qui se fracasse sur un reef aussi tranchant que la lame d’une machette (bon on y va un peu fort, mais le risque est réel). C’est ici que Kelia Mehani Gallina, surnommée « Miss Teahupo’o » sur Instagram, a grandi. Née en 2012, elle y a pris sa première vague à quatre ans, poussée par son père Ryan, au même moment que son meilleur ami. « Mais il était de quelques mois plus jeune, alors techniquement, c’est lui le plus jeune à avoir surfé Teahupo’o », plaisante-t-il.

    Le 20 juillet 2025, Kelia remporte les trials féminins du Lexus Tahiti Pro en dominant Aelan Vaast en finale. Elle devient ainsi la première wildcard féminine issue des trials, et surtout, la plus jeune surfeuse de l’histoire à se qualifier pour une épreuve du Championship Tour (CT) de la WSL.

    Une ascension foudroyante

    Elle n’a que 12 ans, mais déjà une maturité dans le tube que peu d’adultes peuvent revendiquer. Ce qui est le plus surprenant, c’est qu’elle évolue backside sur la gauche de Teahupoo. Quand on sait que certaines surfeuses pro sur le circuit ne savent pas tuber backside, c’est vraiment impressionnant. Sa victoire a secoué la planète surf. Tatiana Weston-Webb l’a félicitée, Bethany Hamilton a parlé d’un « truc de ouf », et Erin Brooks, autre prodige, l’a congratulée. En 2024, elle avait déjà participé au TOA Pro, une compétition QS à Tahiti, où elle avait terminé 25e.

    Sa wild card lui donne droit d’affronter les meilleures surfeuses de la planète dans quelques jours. Ironie du destin, elle fêtera ses 13 ans le 10 août, en plein milieu de la waiting period du Lexus Tahiti Pro (7-16 août). Un anniversaire pas comme les autres, au bout du monde.

    Teahupo’o, la vague qui ne pardonne pas

    Mais, Teahupo’o n’est pas un terrain de jeu pour enfants. Loin de là. C’est un monstre, une vague creuse, puissante, mécanique, où le moindre retard se paie comptant. En 2024, plusieurs surfeurs y ont laissé des plumes, même parmi l’élite.

    Qu’adviendra-t-il si les conditions s’emballent pendant la compétition ? Si le swell dépasse les deux mètres, et que les tubes deviennent aussi épais qu’une voiture ?

    Certes, la WSL peut décaler les séries, jouer avec la waiting period. Mais dans une compétition CT, on ne choisit pas toujours son moment, on y va quand il y a des vagues. Actuellement, dans le monde du surf professionnel, on pousse les filles à charger des vagues de plus en plus puissantes, et c’est notre inquiétude vis-à-vis de la jeune tahitienne, qui ne manque pas de talent.

    Doit-on fixer une limite ?

    Personne ne remet en cause le talent de Kelia. C’est une surfeuse d’exception, probablement l’avenir du surf féminin dans les vagues tubulaires. Mais cela justifie-t-il qu’une enfant affronte, en compétition, l’une des vagues les plus dangereuses au monde ?

    Aujourd’hui, il n’existe pas d’âge minimum imposé par la WSL pour participer au CT. Est-ce tenable ? D’autres sports extrêmement encadrés, comme la gymnastique ou la F1, fixent des seuils d’âge et d’expérience pour des raisons de sécurité et de maturité mentale. Pourquoi pas le surf, surtout sur des spots comme Pipeline ou Teahupo’o ?

    Kelia n’est pas responsable : elle a le niveau, la passion, et sans doute la maturité pour gérer cette pression. Mais le système qui l’entoure ? Il doit, lui, se poser les bonnes questions.

    Une icône en devenir

    Kelia incarne une nouvelle ère. Celle d’un surf féminin plus radical, plus ancré dans les vagues engagées. Elle est la preuve vivante que les jeunes filles peuvent dompter les mêmes monstres que les hommes, et avec autant de style.

    Teahupo’o, longtemps absent du circuit féminin, est de retour dans les annales. Et cette fois, c’est une enfant du village qui en écrit le chapitre.

    Si la météo est avec elle, si la houle reste humaine, elle pourrait bien créer la surprise. Elle pourrait même révéler un visage du surf féminin que le monde attendait.

    Mais quoi qu’il advienne, l’image restera : celle d’une gamine de 12 ans, tenant son lycra blanc, les yeux grands ouverts. Un moment d’histoire. Un vertige. Une promesse.

  • Le Lacanau Pro : 45 ans de surf, de sueur… et de merguez

    Le Lacanau Pro : 45 ans de surf, de sueur… et de merguez

    Le Lacanau Pro commence aujourd’hui, et comme chaque année, il promet du spectacle. Mais connais-tu les histoires folles qui ont façonné cette légende du surf européen ? Accroche-toi, on t’embarque dans un voyage à travers l’improbable et le génial.

    Les anecdotes les plus folles du Lacanau Pro

    150 kilos de merguez pour lancer l’événement

    C’est en 1979 que tout commence. Une bande de passionnés du Lacanau Surf Club décide d’organiser la toute première compétition internationale de surf en France. Budget quasi nul, idées plein la tête. Solution ? Vendre des merguez.

    Résultat : 150 kilos écoulés en trois jours. Le surf européen vient de naître… à coups de sandwichs.

    Le juge au briquet

    Lors de cette première édition, les conditions sont capricieuses. Les vagues arrivent… au dernier moment. La finale se joue en extrême urgence. Et pour noter les scores sur la plage centrale ? Les juges n’ont même pas de lampe frontale. Ils utilisent des briquets pour écrire les notes. Ambiance roots garantie.

    Slater vs Curren : le duel légendaire

    En 1990, un choc mythique se produit à Lacanau : Tom Curren affronte Kelly Slater, alors âgé de seulement 18 ans. Les deux légendes ne se croiseront en compétition que cette fois-là. Curren l’emporte. Quatre ans plus tard, Slater revient et gagne à son tour le Lacanau Pro.

    Tractopelles sur la plage pour créer des vagues

    Pas de vagues ? Pas grave pour Jacques Hèle, l’un des fondateurs. En 1989, il fait intervenir des tractopelles de la mairie en pleine nuit pour modeler un banc de sable artificiel. Objectif : booster les vagues. La presse s’empare du sujet, et Lacanau est à la une. Coup de génie ou douce folie ? Les deux.

    18 surfeurs… dans une maison

    1. Lacanau est pleine à craquer, aucun logement n’est dispo. Patrice Schrzan, organisateur emblématique, héberge 18 surfeurs chez lui. Parmi eux, un certain Tom Carroll, futur champion du monde. L’ambiance ? Une colloc XXL façon surf house.

    La tornade de 1989

    Cette édition-là est un feuilleton météo. D’abord, les tracteurs pour façonner les vagues. Puis, une mini-tornade ravage le village exposant : les tentes s’envolent et s’écrasent sur les voitures en face. On parle d’un Lacanau Pro… électrique.

    Le surfeur australien et ses traveler’s chèques

    Jason Buttenshaw, jeune Australien, s’inscrit à la compet’ avec des traveler’s chèques de 100$… non signés. Impossible de les encaisser. En janvier suivant, un membre de l’orga en vacances en Australie le croise… et le fait signer les chèques six mois plus tard. Lacanau, c’est aussi ça.

    1200 surfeurs contre la pollution

    En 1995, 1200 surfeurs et sympathisants forment une chaîne humaine sur la plage pour dénoncer la pollution des océans. Trois ans plus tard, le Lacanau Pro est menacé par la marée noire du Prestige. L’activisme surf à la française.

    1998 : l’année sans vagues

    Seule vraie annulation “naturelle” : en 1998, l’océan est plat pendant toute la waiting period. Rien. Nada. Zéro vague. La compétition est annulée. Triste ironie pour un événement qui célèbre la puissance de l’océan.

    Aux origines du Lacanau Pro : l’audace de 1979

    Tout commence par un rêve un peu fou en 1978 : créer une compète de surf digne d’Hawaii… mais à Lacanau. Jacques Hèle, Patrice Schrzan, René Guillet et quelques autres y croient dur comme wax. Avec peu de moyens, ils créent le Grand Prix Open de Lacanau Océan.

    En 1981, la compet’ est annulée faute de sponsor principal. Mais en 1983, elle renaît : elle devient Lacanau Pro, et surtout rejoint l’ASP (devenue aujourd’hui WSL). C’est la consécration.

    Un rendez-vous mythique pour les champions

    Le palmarès du Lacanau Pro est impressionnant :

    • Tom Curren (1984 et 1990)
    • Kelly Slater (vainqueur en 1994)
    • Barton Lynch (vainqueur en 1983, champion du monde en 1988)
    • Gabriel Medina, qui s’impose en junior en 2011 avant de devenir champion du monde

    Sans oublier les Français comme Jérémy Florès, Pauline Ado (3 fois gagnante chez les juniors) ou Maud Le Car.

    Le surf féminin à Lacanau

    En 1987, le Lacanau Pro intègre une compétition féminine. Dès la première édition, c’est la Sud-Africaine Wendy Botha qui s’impose. Plus tard, Lisa Andersen, quatre fois championne du monde, brille en 1995 et 1996 sur les vagues canaulaises.

    Lacanau Pro 2025
    photo WSL/Masurel

    Les affiches et tee shirts du Lacanau Pro : un patrimoine visuel

    Du crayonné naïf de 1979 aux illustrations pop des années 90, les affiches du Lacanau Pro sont une véritable mémoire visuelle du surf en France.

    Elles racontent une époque, une culture, un rêve. Collées dans les foyers, elles sont devenues objets de collection, véhiculant un imaginaire d’évasion, de glamour et de liberté.

    Certaines années, le surfeur disparaît au profit de paysages idéalisés. D’autres fois, on le retrouve en plein tube ou en aerial, symbole du surf performance. Un miroir de la société glisse. Quelques années plus tard, les tee-shirts connaissent un grand succès. De nombreuses familles ne connaissant rien au surf, n’hésite pas à se donner rendez-vous chaque année durant la compétition, pour acheter le tee-shirt officiel du Lacanau Pro.

    Public lacanau pro
    photo wsl/Masurel

    Jacques Hèle, le « Grand Jacques » visionnaire

    Pionnier du surf à Lacanau, Jacques Hèle est une figure clé de cette aventure. Surfeur dès les années 60, entrepreneur, président du Lacanau Pro pendant 18 ans, puis de l’ISA (la fédé internationale) de 1992 à 1996.

    C’est lui qui entame les premières discussions avec le CIO pour intégrer le surf aux JO. Il n’aura pas vu Tokyo 2021, mais il aura tout lancé. Sa disparition en 2023 a laissé un vide immense.

    Et toujours cette anecdote culte des tractopelles de nuit pour sculpter la vague, qui résume bien le personnage : fou, génial, habité.

    Lacanau Pro aujourd’hui : entre histoire et futur

    En 2025, le Caraïbos Lacanau Pro est devenu la plus ancienne compétition de surf en Europe. Un statut qu’il assume fièrement. Il reste un tremplin pour les jeunes, avec toujours une division junior et une énergie festive unique.

    Plus qu’un simple contest, c’est une célébration annuelle de la culture surf : concerts, expositions, stands, ambiance de plage… et parfois, un grain de folie.

    Le Lacanau Pro, c’est 45 ans d’histoire du surf, mais aussi de passion, de débrouille, de créativité, de résistance… et d’humanité. Un monument vivant du surf européen, toujours debout, toujours vibrant, toujours prêt à écrire une nouvelle anecdote.

    Alors oui, le spectacle commence aujourd’hui. Et si la prochaine histoire légendaire du Lacanau Pro, c’était toi qui la vivais, sur le sable ?