Catégorie : Compétition Surf

  • Pipeline comme on l’aime : une soirée de surf rare et un carton français

    Pipeline comme on l’aime : une soirée de surf rare et un carton français

    Une soirée presque parfaite sur le Challenger Series

    Il y a des soirées de compétition que l’on regarde distraitement, et d’autres qui rappellent pourquoi on aime profondément le surf de compétition.
    La nuit passée sur le Banzai Pipeline fait clairement partie de la seconde catégorie.

    Des vagues propres, ni trop grosses ni trop petites, un vent offshore bien calé, des lignes lisibles à Backdoor comme à Pipeline… Bref, des conditions presque idéales, plus proches de ce que l’on voit habituellement sur le Championship Tour que sur les Challenger Series.
    Un luxe rare, encore plus à ce stade de la saison.

    Et quand le décor est parfait, le surf suit.

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    Une démonstration française à Pipeline

    Cette soirée avait aussi une saveur particulière côté tricolore.
    Trois Français à l’eau, trois qualifications, et surtout des performances solides, intelligentes et engagées dans une vague qui ne pardonne rien.

    Kauli Vaast, sérieux candidat au CT

    En lice pour une qualification sur le CT, Kauli Vaast a rappelé pourquoi il est aujourd’hui l’un des surfeurs les plus dangereux dans les vagues tubulaires.
    Sur une série pourtant peu fournie en opportunités, le Tahitien a su rester patient avant de trouver la droite qu’il attendait à Backdoor, puis une seconde vague décisive en fin de heat.

    Un surf propre, sans précipitation, parfaitement maîtrisé, qui lui permet de signer le meilleur total de la journée et de se replacer idéalement au classement général.
    Après cette victoire de série, Vaast se rapproche encore un peu plus de son objectif : intégrer le CT.

    Jorgann Couzinet, la surprise qui n’en est plus une

    C’est peut-être la performance qui a le plus marqué la soirée.
    Jorgann Couzinet, au parcours atypique et longtemps privé de véritables campagnes hawaïennes, a livré une démonstration de maîtrise dans les tubes de Pipeline.

    Dès sa première vague, un take-off engagé et un tube parfaitement négocié donnent le ton.
    Loin de subir la série, Couzinet la contrôle, éliminant au passage Samuel Pupo, pourtant deuxième du classement Challenger Series avant ce round.

    Une prestation qui confirme une progression évidente et qui replace Jorgann comme un sérieux outsider pour la suite de la saison, même si la route vers le CT reste encore longue.

    Charly Quivront, opportuniste et efficace

    Dans cette même série, Charly Quivront n’a rien lâché.
    Très intelligent tactiquement, il a longtemps contenu Samuel Pupo avant d’aller chercher le tube décisif en fin de heat.

    Résultat : une deuxième place méritée et une qualification de plus pour le clan français.
    Un sans-faute collectif qui fait du bien au moral… et au classement.

    Les autres faits marquants de la journée

    La journée a également été marquée par plusieurs performances de haut vol :

    • Mikey McDonagh a fait exploser les compteurs avec un 9,50 à Backdoor, meilleure vague de l’événement jusqu’ici.
    • Taro Watanabe, dos au mur, a trouvé un tube salvateur dans les dernières minutes pour renverser sa série.
    • Lucas Silveira a sorti le grand jeu face à Barron Mamiya, prouvant une nouvelle fois qu’il a l’étoffe d’un futur rookie du CT.
    • Les locaux hawaïens, à l’image de Joey Johnston et Benji Brand, ont continué à jouer les trouble-fête en éliminant plusieurs têtes de série.

    Même les stars du CT, comme Griffin Colapinto ou Seth Moniz, ont dû s’employer sérieusement pour passer ce premier vrai test à Pipeline.

    Une suite de compétition sous haute tension

    Si cette soirée restera comme l’un des temps forts de l’événement, la suite s’annonce beaucoup plus délicate.
    Il reste encore 29 séries à disputer, hommes et femmes confondus, de 25 à 30 minutes.

    Surtout, les prévisions météo inquiètent :
    houle massive, vents onshore annoncés, journées potentiellement hors de contrôle avant un possible retour de l’offshore pour le final.

    Dans ce contexte, les surfeurs à l’aise dans le gros, les tubes engagés et les conditions chaotiques pourraient tirer leur épingle du jeu.
    Un scénario qui semble plutôt favorable à Kauli Vaast, plus incertain pour d’autres Français.

    Une chose est sûre : à Pipeline, rien n’est jamais acquis.

  • Challenger Series à Pipeline : quand la compétition bascule enfin dans le vrai surf

    Challenger Series à Pipeline : quand la compétition bascule enfin dans le vrai surf

    Après une première journée frustrante et clairement indigne de Pipeline, le Lexus Pipe Challenger Presented by Billabong est enfin entré dans une autre dimension. Le spot mythique d’Oʻahu a rappelé à tout le monde pourquoi il reste l’examen ultime pour celles et ceux qui rêvent du Championship Tour. Mais avant les gros tubes masculins, retour sur une journée femmes tout sauf simple.

    Journée femmes : stratégie, frustration et grand soulagement

    Les conditions de la première journée féminine n’avaient rien d’hawaïen. Vent offshore en début de journée, onshore plus, vagues molles, tubes rare : un vrai casse-tête tactique.

    Dans ce contexte piégeux, Vahine Fierro s’est montrée solide. Sans forcer, elle a fait parler sa maturité et sa lecture du plan d’eau pour se qualifier dans une série fermée, où chaque vague comptait double.

    À l’inverse, la jeune Kiara Goold n’a jamais trouvé l’ouverture dans une série rendue quasi impossible par le vent et l’absence de sections exploitables.

    Le scénario semblait pouvoir se répéter pour Tya Zebrowski… jusqu’à ce que le vent monte encore d’un cran. Alors que la série était déjà à l’eau, la compétition a été placée on hold. Un énorme ouf de soulagement pour la Française, tant les conditions devenaient absurdes pour une épreuve à Pipeline.

    Chez les hommes, Pipeline reprend le contrôle

    Le contraste avec les hommes a été saisissant. Dès les premiers heats, Pipeline s’est réveillée, offrant des conditions lourdes, imprévisibles et clairement intimidantes. Exactement ce que ce spot exige. Les spécialistes locaux ont immédiatement pris le pouvoir. Joey Johnston a frappé fort en trouvant deux des meilleurs barrels de la journée à Backdoor. Makana Pang a rappelé pourquoi il fait partie des chargeurs les plus respectés du North Shore, avec des take-offs engagés et une lecture parfaite dde la vague.

    Mais la performance qui a marqué les esprits reste celle de Mason Ho. Toujours imprévisible, toujours spectaculaire, il a claqué un 9,07 dans des conditions solides, prouvant une nouvelle fois qu’il est aussi dangereux en compétition que lors des freesurfs les plus fous.

    Les Français entre espoir et cruauté de Pipe

    Côté tricolore, Charly Quivront a parfaitement tiré son épingle du jeu en remportant son heat dans un Pipeline exigeant, confirmant sa capacité à répondre présent dans les vagues hawaiennes.

    En revanche, petite déception pour Maxime Huscenot. Très en vue avant le début de la compétition, avec de nombreuses vidéos le montrant à l’aise dans les barrels hawaïens, il n’a pas trouvé l’alignement parfait le jour J. À Pipeline, le talent ne suffit pas : il faut aussi le bon timing, la bonne priorité… et un soupçon de chance.

    La preuve ultime ? Jamie O’Brien, pourtant l’un des rois incontestés de Pipeline, a été éliminé avec un total dérisoire de 1 point. À Pipe, personne n’est à l’abri.

    Pipeline, juge impitoyable du haut niveau

    Ces deux journées ont parfaitement résumé ce qu’est Pipeline : une vague qui ne pardonne rien, qui remet tout le monde à égalité et qui sépare brutalement le freesurf de la compétition.

    Avec des locaux ultra-affûtés, des favoris sous pression et des outsiders capables de coups d’éclat, la suite du Challenger Series à Pipeline s’annonce explosive. Et cette fois, on est enfin dans le vrai surf.

  • Officiel : Raglan remplace Jeffreys Bay sur le CT 2026

    Officiel : Raglan remplace Jeffreys Bay sur le CT 2026

    C’est désormais acté. La World Surf League a officialisé une annonce surprise : Jeffreys Bay disparaît du calendrier 2026, remplacée par Raglan et sa mythique gauche de Manu Bay.
    La compétition se déroulera du 15 au 25 mai 2026, sur la côte ouest de l’île du Nord, en plein automne austral — une période idéale pour voir Raglan fonctionner à plein régime.

    Une décision économique assumée

    Dans son communiqué, le CEO de la WSL Ryan Crosby a été clair : malgré l’attachement à Jeffreys Bay, les coûts logistiques et l’absence de soutien financier suffisant rendent l’étape non viable à court terme. L’objectif affiché est de préserver la santé globale du circuit et son avenir économique.

    Une excellente nouvelle pour les goofy-footers

    Sportivement, l’arrivée de Raglan rééquilibre le tour. Avec cette longue gauche ultra-technique, le CT comptera désormais quatre véritables gauches majeures, aux côtés de Teahupoʻo, Cloudbreak et Pipeline.
    Un changement salué par de nombreux surfeurs, dont Yago Dora, ravi de voir enfin une nouvelle gauche de haut niveau intégrer le calendrier.

    Raglan, pari audacieux mais logique

    Moins iconique que J-Bay dans l’imaginaire collectif, Raglan offre pourtant un cadre naturel spectaculaire et une vague parfaitement adaptée au surf moderne. Reste une inconnue : la régularité de la houle pendant la fenêtre de compétition. Mais sur le papier, le choix est fort, cohérent… et excitant.

  • John John Florence renonce finalement au Championship Tour 2026

    John John Florence renonce finalement au Championship Tour 2026

    La nouvelle est tombée comme un coup de froid dans l’eau chaude d’Hawaï. Il y a encore quelques semaines, le retour de John John Florence sur le Championship Tour 2026 semblait acté. Une annonce qui avait rallumé la flamme chez les fans, déjà portés par les retours annoncés d’icônes comme Gabriel Medina ou Filipe Toledo.
    Mais le triple champion du monde a une nouvelle fois changé de cap.

    Une décision mûrie, loin de la compétition

    Dans un message limpide, John John Florence a confirmé qu’il ne serait finalement pas engagé à temps plein sur le CT en 2026. Après une année 2025 déjà mise entre parenthèses, le Hawaiien a choisi de prolonger cette parenthèse hors compétition, privilégiant une vie de voyage et d’exploration avec sa famille.

    Son discours est clair : continuer à surfer, progresser encore, mais hors du cadre ultra-structuré du tour mondial. Devenir un meilleur surfeur, mais aussi – et surtout – un meilleur père, en combinant aventure, curiosité et liberté. Il insiste d’ailleurs sur un point important : il ne s’agit pas d’une retraite, mais d’un chemin différent, pour l’instant.

    Un vide énorme sur le Tour

    Sportivement, l’absence de John John Florence en 2026 laisse un goût amer. Sa dernière saison complète, en 2024, avait été tout simplement impressionnante : victoire à El Salvador, finale à Pipeline et un titre mondial décroché avec autorité. Beaucoup voyaient encore en lui l’homme à battre, capable d’écrire quelques chapitres supplémentaires à une carrière déjà légendaire.

    Même s’il pourrait réapparaître ponctuellement via des wildcards – notamment à Pipeline ou sur des événements mythiques comme The Eddie – le CT perd l’un de ses piliers les plus respectés.

    Ramzi Boukhiam, le grand bénéficiaire

    La question que tout le monde se pose désormais : qui héritera de la place laissée vacante ? La nouvelle vient de tomber, c’est Ramzi Boukhiam qui sera le grand bénéficiaire de cette décision.

    Avec une confirmation officielle de la World Surf League, le Marocain a définitivement un pied sur le Championship Tour 2026. Une opportunité inespérée pour Ramzi Boukhiam, qui se retrouve propulsé au plus haut niveau après une période d’incertitude liée à une blessure sur le WCT. Une chance rare, qu’il devra saisir sans calcul.

    Une page se tourne… sans se refermer

    Pour les fans, la déception est réelle. Voir John John Florence s’éloigner une nouvelle fois du Tour laisse un vide sportif et émotionnel. Mais connaissant le personnage, personne n’ose vraiment parler de chapitre clos. Tant que John John surfe, l’histoire reste ouverte.

  • Challenger Series à Pipeline : le moment de vérité pour Kauli Vaast

    Challenger Series à Pipeline : le moment de vérité pour Kauli Vaast

    Pipeline n’est jamais une étape comme les autres. Mais cette année, le Lexus Pipe Challenger prend une dimension particulière pour les surfeurs engagés dans la course au Championship Tour 2026. À deux compétitions de la fin du calendrier Challenger Series, chaque série compte, chaque vague peut faire basculer une carrière. Et pour Kauli Vaast, l’enjeu est clair : se rapprocher, voire verrouiller définitivement, sa place parmi l’élite mondiale.

    Pipeline, juge impitoyable de la course au CT

    Organiser l’avant-dernière étape des Challenger Series à Pipeline, c’est accepter une part d’imprévisible. Tubes massifs, take-offs critiques, reef ultra-shallow : la vague hawaïenne ne pardonne rien. Elle ne récompense ni les calculs ni la prudence excessive, mais l’engagement pur et la lecture instinctive. C’est une vague qui demande de l’expérience et une science du tube.

    Cette étape arrive à un moment charnière de la saison. Sur les 10 places qualificatives chez les hommes et 7 chez les femmes, seules deux certitudes existent à ce stade.

    Kauli Vaast, une qualification à portée de main

    Actuellement 6e du classement Challenger Series, Kauli Vaast aborde Pipeline en position de force. Son surf dans les tubes à Teahupoo, sa gestion des sections critiques et son calme sous pression font de lui l’un des prétendants sérieux à la victoire. Une demi-finale à Pipeline suffirait à le qualifier mathématiquement et officiellement pour le CT 2026.

    Même sans atteindre ce stade, un résultat solide permettrait au Tahitien d’aborder la dernière étape australienne avec un net avantage, et surtout sans pression excessive. Pipeline n’est donc pas une obligation absolue… mais une occasion en or.

    Tya Zebrowski déjà qualifiée, objectif titre

    Chez les femmes, Tya Zebrowski a déjà validé son ticket pour le Championship Tour 2026. Pour elle, l’enjeu est ailleurs : la lutte pour le titre Challenger Series, face notamment à la Portugaise Yolanda Hopkins. Pipeline est une vague difficile pour les femmes, et encore plus pour une jeune fille de 14 ans. On sait qu’elle est à l’aise dans les tubes, mais à quel point, sur une vague aussi exigeance.

    Une pression maximale pour les autres Français

    Derrière Kauli Vaast, la marge est beaucoup plus fine. Jorgann Couzinet, actuellement hors du Top 10, doit impérativement signer deux grosses performances consécutives s’il veut encore y croire. Pipeline, dans ce contexte, peut être soit un accélérateur… soit un couperet.

    Un plateau relevé digne d’un CT

    Ce qui rend cette étape encore plus délicate, c’est le niveau du plateau. Spécialistes locaux, surfeurs du CT venus se frotter aux barrels du North Shore, et prétendants des challengers affamés se retrouvent dans un même tableau. À Pipeline, le classement importe peu : seule la capacité à prendre les bonnes vagues au bon moment fait la différence.

    Classement Challenger Series – focus sur les Français

    Messieurs

    • 6. Kauli Vaast (France) – 19 800 pts
    • 20. Jorgann Couzinet (France) – 10 785 pts
    • 48. Charly Quivront (France) – 5 500 pts
    • 53. Maxime Huscenot (France) – 4 600 pts
    • 65. Justin Becret (France) – 3 100 pts
    • 95. Renan Grainville (France) – 250 pts

    Dames

    • 2. Tya Zebrowski (France) – 33 375 pts (Q)
    • 26. Tessa Thyssen (France) – 8 900 pts
    • 29. Kiara Goold (France) – 8 445 pts
    • 42. Vahine Fierro (France) – 4 745 pts (Q)
  • Le CT de J-Bay vers une annulation ? Raglan évoquée en plan B

    Le CT de J-Bay vers une annulation ? Raglan évoquée en plan B

    La rumeur enfle dans les coulisses du circuit pro : l’étape du Championship Tour à Jeffreys Bay, pourtant annoncée du 10 au 20 juillet, pourrait une nouvelle fois être annulée. Selon Stab, qui cite des sources proches du dossier, la World Surf League étudierait déjà des solutions de remplacement. Et un nom revient avec insistance : Raglan, en Nouvelle-Zélande.

    Une étape mythique… mais coûteuse

    Sur le plan sportif, J-Bay reste l’un des joyaux du circuit. Supertubes, ses murs interminables et ses sections ultra-techniques font partie de l’ADN du surf de performance. Mais en coulisses, la réalité est plus froide : avec des coûts de déplacement estimés à plus de 4 millions de dollars, l’étape sud-africaine serait la plus chère de la saison.

    À cela s’ajoute un problème stratégique pour la WSL : l’audience. Située loin des deux principaux bassins de fans que sont les États-Unis et le Brésil, l’étape de J-Bay souffre d’un suivi en direct relativement faible, ce qui pèse lourd dans la balance économique.

    Raglan, une gauche qui change la donne

    C’est là que Raglan entre en scène. Selon Luke Cederman, résident local, des discussions seraient en cours pour accueillir une étape du CT sur ce spot mythique de l’hémisphère sud. Une idée qui fait déjà saliver une partie du tour, notamment les goofy-footers, régulièrement frustrés par la surreprésentation des droites sur le calendrier.

    Raglan, avec ses longues gauches de type point break, offrirait une vraie alternative : moins de prestige historique que J-Bay, certes, mais une vague ultra-performante, exigeante, et parfaitement adaptée au surf moderne.

    Un calendrier encore inchangé… pour l’instant

    Pour l’heure, rien d’officiel. L’étape de Jeffreys Bay figure toujours sur le calendrier 2026 de la WSL. Mais l’accumulation de rumeurs et la recherche affichée de nouvelles options montrent que le dossier est loin d’être verrouillé.

    Si la tendance se confirme, cette possible bascule symboliserait un tournant : celui d’un circuit qui cherche à équilibrer spectacle, diversité des vagues et viabilité économique. J-Bay ou Raglan ? La décision pourrait bien faire débat, autant chez les puristes que chez les surfeurs du tour.

  • Des champions sacrés aux Philippines… sans drapeau français à l’horizon

    Des champions sacrés aux Philippines… sans drapeau français à l’horizon

    Le verdict est tombé à Urbiztondo Beach, à San Juan, aux Philippines. Dans des conditions délicates — petites vagues d’un à deux pieds, irrégulières et piégeuses — Isla Huppatz et Dane Henry ont été sacrés champions du monde juniors World Surf League 2025. Deux titres majeurs pour l’Australie… et une compétition qui laisse un goût amer côté français.

    Car au-delà des performances sportives, un constat saute aux yeux : aucun représentant français n’était présent sur ces World Junior Championships. Une absence rare, presque inquiétante, surtout chez les garçons.

    Isla Huppatz et Dane Henry, patrons de la nouvelle génération

    À seulement 18 ans, Isla Huppatz a confirmé son statut de révélation mondiale en dominant Sierra Kerr, pourtant championne du monde junior 2023, au terme d’une finale tendue. Solide toute la semaine, Huppatz s’inscrit dans la lignée des grandes championnes australiennes et décroche, en prime, son ticket pour les Challenger Series 2026.

    Chez les garçons, Dane Henry a lui aussi frappé fort. Déjà médaillé d’or ISA et champion junior Océanie, l’Australien a parfaitement géré la pression pour s’imposer face à l’outsider israélien Nadav Attar. Un sacre logique pour un surfeur promis au plus haut niveau.

    Pourquoi aucun Français n’était présent ?

    L’accès aux World Juniors est strict : seuls les deux meilleurs juniors par continent, chez les garçons et les filles, peuvent se qualifier, auxquels s’ajoutent quelques invitations. Autrement dit, l’élite mondiale des moins de 20 ans.

    Côté filles : une absence… plutôt rassurante

    L’absence française n’est pas alarmante chez les filles. La meilleure d’entre elles, Tya Zebrowsky, a déjà quitté les juniors pour le circuit CT à seulement 14 ans. Même constat pour Kiara Goold, engagée en compétitions open à 15 ans.
    Derrière, le réservoir est impressionnant avec Naia Monte, Clémence Schorsch et Lilou Muriel, toutes solidement installées dans le top européen.

    Chez les garçons, le vrai signal d’alarme

    C’est ici que le bât blesse. Le meilleur Français junior, Axel Dominguez, pointe seulement à la 7ᵉ place européenne. Il est le seul Tricolore dans le top 10. Une situation presque inédite, qui interroge sérieusement.

    Difficile de ne pas parler de trou générationnel chez les juniors garçons. Manque de résultats, déficit de régularité, concurrence européenne plus dense… Les causes sont multiples, mais le constat est là : la France décroche pendant que d’autres nations accélèrent.

    Une domination australienne… et un miroir pour la France

    Ces World Juniors 2025 rappellent une chose essentielle : le très haut niveau se prépare tôt. Pendant que l’Australie aligne des talents prêts pour le Challenger Series, la France doit rapidement se poser les bonnes questions sur sa filière masculine junior.

    Les résultats brillent aux Philippines. L’absence française, elle, fait beaucoup plus de bruit.

  • Challenge de La Nord 2026 : une victoire au bout du suspense pour Kyllian Guérin

    Challenge de La Nord 2026 : une victoire au bout du suspense pour Kyllian Guérin

    Le jour se lève difficilement sur Hossegor. Brume persistante, plan d’eau imparfait, houle encore hésitante… Les conditions ne sont pas idéales. Malgré une bouée Ouest Arcachon en hausse, l’orientation défavorable du swell et le vent nul à la côte limitent le potentiel de La Nord. Les vagues oscillent entre 3 et 4 mètres, puissantes mais désordonnées.

    Avant même le début de la compétition, un meeting matinal réunit les surfeurs engagés. Le choix est laissé aux riders : attendre ou lancer l’épreuve. Le vote est clair. Le Challenge de La Nord est officiellement lancé.

    Une finale haletante jusqu’au dernier instant

    Tout au long de la journée, Kyllian Guérin fait preuve de régularité et de sang-froid. En finale, il est sérieusement bousculé par un Nelson Cloarec impressionnant d’engagement.

    Nelson frappe fort avec un 9,33 dans une série précédente, puis un 10 parfait en finale. Il ne lui manque pourtant qu’une deuxième vague solide. Son back-up plafonne à 3,17, alors qu’un 3,87 lui aurait permis de décrocher la victoire. Une issue cruelle, à l’image du surf de grosses vagues.

    Podium officiel du Challenge de La Nord 2026

    🥇 Kyllian Guérin
    🥈 Nelson Cloarec
    🥉 Jeff Lartigue

    Une édition fidèle à l’ADN de La Nord

    Sans offrir les plus conditions météos, cette édition 2026 rappelle pourquoi La Nord reste une vague à part. Exigeante, imprévisible, elle sacre des surfeurs capables de gérer la pression… parfois pour moins d’un demi-point. Un grand bravo pour l’organisation qui a pris un risque payant en clôturant cette édition 2026

  • Challenge La Nord : la seule compétition de gros surf en France de retour demain à Hossegor

    Challenge La Nord : la seule compétition de gros surf en France de retour demain à Hossegor

    Demain, au lever du jour, Hossegor va une nouvelle fois vibrer au rythme des grosses vagues. Les organisateurs du Challenge La Nord ont décidé de lancer la compétition, profitant d’une fenêtre météo et océanique particulièrement prometteuse sur La Nord, cette vague mythique située à deux pas de la centrale d’Hossegor.

    Des conditions solides attendues dès l’aube

    Les prévisions annoncent des vagues comprises entre 3 mètres et 3,50 mètres, avec un potentiel légèrement supérieur selon l’évolution du swell dans la nuit. Comme toujours sur La Nord, c’est la marée basse qui fera la différence : elle est prévue demain matin à 9h, une heure idéale pour révéler toute la puissance et la verticalité de cette vague aussi rare que redoutée.

    Bonne nouvelle côté météo : le vent offshore soufflera quasiment toute la journée, offrant des conditions propres et bien dessinées. Les dernières houles ont montré que le banc de sable était à son avantage. Seul petit bémol, quelques pluies faibles sont attendues, sans réel impact sur le spectacle annoncé.

    La Nord, une vague à part sur la côte landaise

    La Nord n’est pas un spot comme les autres. Située dans l’ombre de la centrale, elle ne fonctionne que lors de configurations très spécifiques : houle solide, direction idéale, marée basse et vent offshore. Quand tous les voyants passent au vert, elle se transforme en une vague creuse, rapide et engagée, réservée à des surfeurs expérimentés. C’est un beach break avec uniquement du sable, une sable plus hasardeuse que sur les reefs basques.

    C’est précisément pour cette rareté et le creux des vagues que le Challenge La Nord est devenu une compétition emblématique, à la fois attendue et respectée par toute la communauté surf.

    Une compétition unique en France

    Le Challenge La Nord est tout simplement la seule compétition de surf de grosses vagues en France. Depuis de nombreuses années, elle rassemble l’élite du surf engagé hexagonal, avec un format à l’ancienne : peu de fenêtres, peu d’essais… mais un niveau d’engagement maximal.

    Ici, pas de triche possible : il faut savoir lire l’océan, choisir la bonne vague et assumer jusqu’au bout.

    Un rendez-vous à ne pas manquer

    Si les conditions se confirment au lever du soleil, le spectacle promet d’être intense, aussi bien pour les surfeurs à l’eau que pour les spectateurs massés sur la plage. Demain, Hossegor pourrait offrir l’une de ses plus belles démonstrations de surf de gros de la saison.

  • Yago Dora, champion du monde 2025, met fin à 14 ans avec Volcom

    Yago Dora, champion du monde 2025, met fin à 14 ans avec Volcom

    Trois mois seulement après avoir décroché le titre suprême, Yago Dora surprend la planète surf. Le Brésilien, sacré champion du monde 2025, a officiellement annoncé la fin de son partenariat historique avec Volcom, une collaboration qui aura duré quatorze années. Une décision forte, surprenante, et révélatrice des mutations actuelles du surf professionnel.

    Une séparation qui interpelle dans le surf moderne

    Voir un champion du monde se séparer de son sponsor principal si peu de temps après un sacre mondial reste rare. Dans un sport où la stabilité des contrats est souvent associée à la performance, ce choix questionne. Mais, il reflète aussi une réalité plus large : le surf professionnel évolue, et les trajectoires des athlètes s’individualisent de plus en plus.

    Yago Dora n’était pas seulement un surfeur sponsorisé par Volcom. Il en était devenu l’un des visages forts. Depuis ses débuts adolescents jusqu’à son accession au sommet du Championship Tour, la marque californienne a accompagné chaque étape de sa progression.

    De grom prometteur à champion du monde

    Soutenu par Volcom dès l’âge de 15 ans, Yago Dora a grandi sous les projecteurs, passant du statut de jeune prodige à celui de compétiteur redoutable. Sa carrière s’est construite entre freesurf de haut niveau, films marquants, et montée en puissance sur le circuit mondial.

    L’année 2025 marque l’aboutissement de ce parcours. Deux victoires majeures sur le CT, une régularité impressionnante, le lycra jaune porté une grande partie de la saison, et une performance décisive lors des Finales WSL ont fait de lui un champion du monde incontestable.

    Une décision sans conflit avec Volcom

    Dans son message, Yago Dora parle de “nouveau chapitre”. Le ton est clair : pas de conflit public, pas de règlement de comptes. Ces dernières années, le Brésilien a déjà montré qu’il n’hésitait pas à prendre des décisions fortes, notamment en se séparant de son père et entraîneur historique pour repenser son approche sportive.

    2026, une année clé en préparation

    Derrière cette annonce se cache forcément une suite. Nouveau sponsor titre ? Projet personnel ? Structure indépendante ? Dans un contexte où certains champions misent sur des contrats plus courts, des collaborations ciblées ou une image plus entrepreneuriale, Yago Dora pourrait incarner une nouvelle génération de surfeurs champions, moins dépendants d’un modèle unique.

    Une chose est sûre : en 2026, le nose de sa planche ne portera plus le célèbre Stone… mais il portera sans doute un symbole fort de la suite de son histoire.

  • John John Florence signe un retour magistral en compétition à Pipeline

    John John Florence signe un retour magistral en compétition à Pipeline

    La nuit dernière, à Hawaï, le surf mondial a assisté à une scène aussi symbolique que spectaculaire : John John Florence de retour en compétition, chez lui, à Pipeline et Backdoor, sur la vague qui a façonné sa légende. À l’occasion du Florence Pipe Pro Presented by HTA, un QS 2000 sponsorisé par sa propre marque, le triple champion du monde a rappelé à tout le monde pourquoi son nom reste indissociable de Banzai Pipeline.

    Dans des conditions propres, avec des vagues de quatre à six pieds et un vent parfait pour ouvrir les tubes, Florence a livré un véritable récital dès son entrée en lice en Round of 64.

    John John Florence, un retour au sommet et sans retenue

    Aligné en Heat 16, John John Florence n’a pas perdu de temps. Très rapidement, il s’engouffre profond dans un tube de Backdoor, ressort avec vitesse et contrôle, puis tente presque de conclure la vague par un énorme air. Note : 9,33. Le message est clair.

    Il enchaîne avec un second tube massif, parfaitement négocié, noté 8,77, pour un total de 18,10, l’un des meilleurs scores de la compétition. À Pipeline, ce genre de performance ne trompe personne : Florence est chez lui, en confiance, et visiblement heureux d’être de retour avec un jersey.

    Au-delà du résultat brut, c’est surtout l’attitude qui marque. Détendu, souriant, fluide, John John surfe comme quelqu’un qui n’a rien à prouver, mais beaucoup à partager. Sponsoriser l’événement avec ses frères Ivan et Nathan, tout en y participant, ajoute une dimension presque irréelle à ce comeback.

    Pipeline n’était pas qu’un terrain de jeu cette nuit-là : c’était le théâtre d’un retour chargé de sens.

    Les Français et Tahitiens bien présents dans le tableau

    Si Florence a capté tous les regards, les surfeurs français/tahitiens ont eux aussi marqué cette journée sur une vague où l’engagement est non négociable.

    Kauli Vaast a parfaitement tenu son rang. Le champion olympique en titre a remporté son heat avec autorité, démontrant une lecture très juste de Backdoor et une aisance de plus en plus évidente dans les tubes hawaiiens. Une performance solide qui confirme qu’il a de plus en plus d’expérience sur une vague plus capricieuse que Teahupoo.

    Sa petite soeur, Aelan Vaast s’est illustrée de belle manière chez les femmes, en remportant son quart de finale et en décrochant sa place pour les demi-finales. Une performance importante sur un spot aussi exigeant que Pipeline, où l’expérience et la précision font toute la différence. Après sa performance sur la vague de Sunset, on attend beaucoup d’elle.

    Toujours côté Polynésie française, Kéo Tamatoa Chabrier et Tereva David ont livré des prestations engagées face à une concurrence relevée, dans un tableau masculin particulièrement dense. Les Tahitiens aiment les vagues tubulaires et puissantes et ils sont en train de le démontrer lors de cette édition.

    Un événement à part dans le calendrier WSL

    Le Florence Pipe Pro n’est pas un QS comme les autres. Entre Pipeline, Backdoor, des conditions propres, un plateau relevé mêlant anciens CT, espoirs locaux et internationaux, et la présence de figures majeures comme John John Florence ou Carissa Moore, l’événement dégage une atmosphère unique.

    La suite de la compétition s’annonce tout aussi passionnante, avec un tableau désormais verrouillé et une possible Finals Day en ligne de mire. Une chose est sûre : le retour de John John Florence n’est pas symbolique, il est compétitif.

    Et à Pipeline, cela suffit à faire vibrer toute la planète surf.

  • Nazaré, aspiré par la vague : la chute glaçante de Lucas Chianca

    Nazaré, aspiré par la vague : la chute glaçante de Lucas Chianca

    Être aspiré par la lèvre d’une vague fait partie des pires cauchemars d’un surfeur. À Nazaré, ce scénario prend une dimension presque irréelle. Quand l’océan dresse des murs d’eau de 15 mètres et plus, chaque erreur peut se transformer en lutte pour la survie.

    Nazaré, une vague imprévisible et sans pardon

    Praia do Norte n’est pas une vague comme les autres. Alimentée par un canyon sous-marin unique au monde, Nazaré concentre une énergie brute, lourde, incontrôlable. Le moindre changement de vent, d’angle de houle ou de marée peut transformer une vague apparemment « propre » en piège mortel.

    Malgré une zone de surf relativement contenue, Nazaré conserve l’ADN d’un beach break, avec des sections qui ferment brutalement et des retours de backwash violents près du phare et des rochers.

    Le premier avertissement : une chute près des rochers

    Le 12 décembre 2025, Lucas « Chumbo » Chianca s’élance sur une gauche qui semble jouable. Le take off est rapide, engagé, mais au bas de la vague, il est rattrapé une masse de mousse chaotique. Le Brésilien reste sous l’eau près de trente secondes avant d’être récupéré in extremis par un jet-ski, à quelques mètres seulement des rochers.
    « C’était un moment très difficile, une des chutes les plus violentes de ma vie », confiera-t-il après coup.

    Aspiré over the falls : l’image qui glace le sang

    Plus tard, Chianca retourne à l’eau. Sur une nouvelle vague, il adopte une ligne haute, anticipant un close-out. Comprenant qu’il n’existe aucune sortie possible, il tente de passer à travers la vague. Mais, la vague est trop épaisse, trop puissante. Il est violemment tiré en arrière et aspiré par la vague.

    L’image est saisissante, presque irréelle. Elle incarne à elle seule la force brute de Nazaré et rappelle une vérité essentielle : ici, même les meilleurs ne contrôlent pas tout. À Nazaré, survivre reste parfois la seule victoire.

  • Hans Odriozola change de drapeau et représentera l’Allemagne

    Hans Odriozola change de drapeau et représentera l’Allemagne

    Le champion du monde junior ISA 2023 quitte l’Espagne pour viser plus haut

    Le monde du surf européen a été pris de court ces derniers jours. Hans Odriozola, champion du monde junior ISA 2023 sous les couleurs espagnoles, a officiellement annoncé qu’il représenterait désormais l’Allemagne dans les compétitions internationales. Une décision inattendue, qui a rapidement fait naître des doutes sur les réseaux sociaux. Poisson d’avril en avance ? Pas du tout.

    C’est via un message sobre publié sur Instagram que le jeune surfeur basque a confirmé l’information, après près de six mois de démarches administratives. Un choix mûrement réfléchi, loin du coup de tête, et qui s’inscrit clairement dans une stratégie sportive à long terme.

    Une annonce officielle après six mois de bureaucratie

    « Après avoir lutté avec la bureaucratie pendant presque six mois, je suis heureux d’annoncer qu’à partir de maintenant, je représenterai l’Allemagne », explique Hans Odriozola. Le surfeur se dit enthousiaste à l’idée d’ouvrir « un nouveau chapitre » et de travailler avec la fédération allemande, le Wellenreitverband.

    La possibilité de ce changement repose sur un élément clé : la mère de Hans est allemande. Un détail juridique déterminant qui lui permet de changer de nationalité sportive sans enfreindre les règlements internationaux.

    Un timing cruel : pas de dernier Mondial Junior ISA

    Conséquence directe de ce changement de drapeau, Hans Odriozola ne pourra pas participer à son dernier Championnat du monde junior ISA. Une décision frustrante pour le surfeur, qui précise manquer le délai réglementaire « de seulement quelques jours ». Une situation amère, mais assumée : « C’est comme ça. Je me concentre désormais sur la suite. »

    Ce renoncement symbolise bien le tournant pris par le jeune talent, prêt à sacrifier un dernier rendez-vous junior pour se projeter pleinement vers le très haut niveau.

    Pourquoi l’Allemagne ? Une question d’opportunités

    Derrière ce choix, il serait naïf de ne voir qu’un simple changement administratif. Selon El Diario Vasco, cette décision est aussi étroitement liée aux perspectives olympiques. La concurrence au sein de l’équipe espagnole est rude, avec un vivier dense et des places extrêmement chères pour les grandes échéances internationales.

    À l’inverse, l’Allemagne offre un cadre bien différent. Les athlètes, en particulier ceux engagés dans un projet olympique, bénéficient d’un soutien économique et structurel solide, bien supérieur à ce que proposent certaines fédérations du sud de l’Europe. Un argument de poids pour un surfeur en phase de transition entre carrière junior et circuit élite.

    Un choix stratégique, pas une trahison

    Ce changement de nationalité sportive ne remet en rien en cause le parcours de Hans Odriozola sous le drapeau espagnol. Champion du monde junior, figure montante du surf européen, il reste profondément attaché à ses racines basques.

    Mais dans un surf moderne de plus en plus professionnalisé, ces décisions font désormais partie du jeu. À seulement quelques années des Jeux Olympiques, Hans Odriozola fait un pari audacieux : celui de se donner toutes les chances d’atteindre le sommet.

  • Nazaré a tremblé : une journée d’anthologie au TUDOR Big Wave Challenge

    Nazaré a tremblé : une journée d’anthologie au TUDOR Big Wave Challenge

    Le 13 décembre 2025 restera gravé dans l’histoire du surf de grosses vagues. À Praia do Norte, Nazaré a offert un spectacle d’une rare intensité lors du TUDOR Nazaré Big Wave Challenge, disputé dans des conditions extrêmes avec des vagues estimées entre 45 et 60 pieds. Des falaises noires de monde, une houle massive, du brouillard au lever du jour… tous les ingrédients étaient réunis pour une journée hors norme.

    Une victoire collective pour von Rupp et Roseyro

    Dans ce chaos parfaitement orchestré par l’océan, Nic von Rupp et Clément Roseyro ont livré une performance d’une justesse impressionnante. Déjà vainqueurs lors de l’édition précédente, les deux hommes conservent leur Best Team Performance Award, preuve de leur parfaite lecture du spot et de leur synchronisation dans l’action.

    Roseyro a notamment tracté von Rupp sur l’une des bombes du jour, une vague monumentale parfaitement négociée par le Portugais, récompensée par un score exceptionnel de 16,66/20. Plus qu’une démonstration de puissance, c’est l’intelligence de placement et le timing qui ont fait la différence.

    Lucas Chianca, l’engagement total

    S’il ne fallait retenir qu’un mot pour décrire la journée de Lucas “Chumbo” Chianca, ce serait : engagement. Le Brésilien a tout donné, au prix de deux des plus violents wipeouts du contest. Relevé une première fois après être passé par-dessus les chutes, Chianca est reparti immédiatement à l’attaque… pour encaisser un second impact monumental.

    Malgré tout, sa détermination et la taille des vagues surfées lui valent logiquement le Men’s Best Performance Award. Un trophée mérité, mais surtout une journée où la solidarité entre surfeurs a une nouvelle fois été déterminante, notamment grâce à l’intervention salvatrice de Sebastian Steudtner.

    Justine Dupont, impériale et inspirante

    Déjà victorieuse lors de l’édition précédente, Justine Dupont signe un back-to-back historique en remportant une nouvelle fois la Women’s Best Performance. Installée à Nazaré avec sa famille, la Française a démontré une maîtrise impressionnante dans des conditions parmi les plus exigeantes jamais vues sur l’épreuve.

    Tractée par Éric Rebière, Dupont a su gérer la taille, la vitesse et la pression, sortant proprement de vagues massives pour rejoindre l’épaule en toute sécurité. Une performance fluide, engagée et pleine de sang-froid.

    Une fin de compétition sous contrainte

    La compétition n’a toutefois pas pu aller à son terme. Entre brouillard matinal, panne de courant sur le headland et lumière déclinante, la WSL a pris la décision de stopper l’épreuve après le Round 1, afin de garantir la sécurité des athlètes. Un choix responsable, salué par l’ensemble des compétiteurs.

    Au final, au-delà des trophées, cette journée restera comme l’une des plus intenses jamais vécues à Nazaré. Un rappel brutal et fascinant de ce que représente réellement le surf de grosses vagues : engagement, humilité et respect absolu de l’océan.

    Nazaré passe en mode compétition de gros XXL

    C’est désormais officiel : le TUDOR Nazaré Big Wave Challenge est appelé ON. La World Surf League a déclenché ce vendredi 12 décembre l’alerte verte, confirmant un run day potentiel dès samedi 13 décembre, avec un premier call prévu à 9h00 GMT, soit 10 heure française.

    Les équipes disposent de 24 heures pour finaliser leur stratégie, ajuster le matériel et se préparer mentalement à affronter Praia do Norte dans ce qu’elle sait offrir de plus brutal. Les conditions observées ces dernières semaines ont permis aux riders de s’entraîner longuement sur place, un facteur clé quand les vagues annoncées flirtent avec les 50 à 70 pieds pendant la nuit, avant de se stabiliser autour de 40 à 60 pieds en journée.

    Le vent, attendu NE modéré le matin, pourrait évoluer vers un léger cross-offshore dans l’après-midi, laissant espérer des murs massifs mais exploitables pour les équipes les plus précises.

    Tableau des séries – TUDOR Nazaré Big Wave Challenge 2025

    Les neuf équipes engagées sont réparties en trois groupes de trois, chacune disputant deux heats de 45 minutes en tow-in.

    Série 1

    ÉquipeSurfeurs
    Team 1Nic von Rupp (POR) / Clément Roseyro (FRA)
    Team 2Lucas “Chumbo” Chianca (BRA) / Pedro “Scooby” Vianna (BRA)
    Team 3Andrew Cotton (GBR) / James Carew (AUS)

    Série 2

    ÉquipeSurfeurs
    Team 4Rodrigo Koxa (BRA) / Vitor Faria (BRA)
    Team 5Rafael Tapia (CHL) / Pierre Rollet (FRA)
    Team 6Benjamin Sanchis (FRA) / Jérôme Sahyoun (MAR)

    Série 3

    ÉquipeSurfeurs
    Team 7Justine Dupont (FRA) / Éric Rebière (FRA)
    Team 8Michelle des Bouillons (BRA) / Ian Cosenza (BRA)
    Team 9Laura Crane (GBR) / Antonio Laureano (POR)

    Des favoris déjà bien identifiés

    Tenant du titre masculin, Clément Roseyro, associé à Nic von Rupp, arrive avec le plein de confiance. Chez les femmes, Justine Dupont, lauréate de la précédente édition, retrouve Nazaré avec une équipe parfaitement rodée.
    Mais l’expérience cumulée de Chumbo & Scooby, tout comme la science de la trajectoire de Koxa, pourrait redistribuer les cartes si les séries deviennent longues et irrégulières.

    Un samedi potentiellement historique

    Depuis ce mercredi 10 décembre, la World Surf League a déclenché une alerte jaune pour le TUDOR Nazaré Big Wave Challenge. La compétition pourrait être lancée dès samedi 13 décembre, si les conditions restent alignées avec les prévisions. Et cette fois, tout semble converger vers un run day épique.

    Un système dépressionnaire massif remonte l’Atlantique, envoyant vers le Portugal un swell NW puissant, attendu dès vendredi après-midi. Le pic — prévu dans la nuit — annonce un réveil brutal de Nazaré, avec des estimations oscillant entre 40 et 60 pieds au petit matin.
    Vent offshore au lever du jour, orientation propre, énergie longue période : la mécanique des grandes journées semble se mettre en place.

    L’ambiance sur place : effervescence totale

    D’après les premiers retours, de nombreux rideurs et équipes sont déjà sur le terrain. Les parkings se remplissent, les housses de tow-in s’ouvrent, les repérages s’enchaînent. Nazaré vit dans ce curieux mélange d’attente électrique et de concentration glacée, propre aux grandes sessions où tout peut arriver.

    Chaque coureur sait que la fenêtre est atypique : gros pic nocturne, baisse progressive en journée, mais suffisamment d’amplitude pour offrir des murs massifs et rideables. L’élan dépendra surtout de la fréquence et de la régularité des bombes. C’est là que se jouera l’alerte verte.

    La prochaine annonce officielle est prévue vendredi 12 décembre à 8h30 GMT.

    Le format : tow-in, précision et sang-froid

    Comme chaque année, l’épreuve se déroulera en tow-in, format conçu pour révéler le meilleur des équipes pilote/surfeur dans la machine instable qu’est Praia do Norte.

    Neuf équipes, réparties en trois groupes, disputeront deux heats de 45 minutes, alternant rôle de rider et driver. Le classement se fera sur les deux meilleures vagues de chaque athlète — avec un bonus double pour la meilleure. Score maximum : 30 points.

    Les distinctions décernées en fin d’événement :

    • Best Men’s Performance
    • Best Women’s Performance
    • Best Team Performance

    Et la liste des invités donne déjà des frissons :

    • Chumbo & Scooby
    • Nic von Rupp & Clément Roseyro
    • Andrew Cotton & Ben Larg
    • Rodrigo Koxa & Vitor Faria
    • Rafael Tapia & Pierre Rollet
    • Benjamin Sanchis & Jerome Sayhoun
    • Justine Dupont & Eric Rebière
    • Michelle des Bouillons & Ian Cosenza
    • Laura Crane & Antonio Laureano

    Un casting de spécialistes rompus aux lignes de vie et aux zones d’impact de Nazaré.

  • Jour 1 lancé au Florence Pipe Pro : Pipeline délivre déjà

    Jour 1 lancé au Florence Pipe Pro : Pipeline délivre déjà

    Le Florence Pipe Pro 2025 a officiellement démarré ce mercredi à Pipeline, et l’ouverture est à la hauteur de l’événement : 8 à 12 pieds, du verre, du nerf, et un plateau 100 % hawaiien prêt à en découdre. La WSL a donné le coup d’envoi à 8h00 HST pour la Round of 128, avant d’enchaîner avec le début de la Round of 96.
    La compétition féminine, elle, reste en stand-by.

    Pipeline rugit dès l’aube

    Les premières images du jour donnent le ton : un couloir turquoise à travers l’objectif de John John Florence, une lumière parfaite, et un récif qui n’accorde aucune erreur. On le savait, ce QS 2000 a beau être un événement régional, il attire toutes les légendes du North Shore.
    Au programme : un mélange explosif de jeunes prodiges, de free-surfers iconiques et de vétérans intraitables.

    Les premiers heats : place aux locaux affamés

    Le Round of 128 ouvre avec un heat chargé :

    • Dusty Payne, ex-surfeur CT au surf puissant
    • Love Hodel, talent en plein essor
    • Idren Sardinha et Noah Abril, jeunes du North Shore en quête de performances marquantes.

    Les séries qui suivent annoncent la couleur : Pipeline sera juge, jury et bourreau aujourd’hui.

    Les têtes d’affiche entrent en scène

    Le premier tour inclut une liste hallucinante de noms que l’on associe instinctivement au reef de Banzai :

    • Nathan Florence, maître du spot dans les conditions lourdes
    • Ivan Florence, style chirurgical et danger permanent
    • Jamie O’Brien, l’inévitable
    • Mason Ho, créatif comme personne
    • Torrey Meister, Koa Smith, Koa Rothman, Michael O’Shaughnessy, Sheldon Paishon… la liste est interminable.

    Chaque heat ressemble presque à une finale.

    Tous les match-ups du Round of 128

    L’article inclut ici la liste complète donnée dans le communiqué WSL, parfaite pour l’UX et le référencement. Les lecteurs passionnés y trouveront les heats de leurs surfeurs préférés (et Pipeline, on le sait, a beaucoup de favoris locaux).

    Suivre la compétition en direct

    Le Florence Pipe Pro reste en période d’attente jusqu’au 20 décembre, ce qui laisse espérer une succession de journées épiques.
    ➡️ Live disponible sur WorldSurfLeague.com et l’application WSL.
    L’événement est soutenu par Florence, la Hawaii Tourism Authority, Salt + Air et H2O Audio.

  • El Quemao Class 2025 : l’événement surf le plus redouté des Canaries

    El Quemao Class 2025 : l’événement surf le plus redouté des Canaries

    La côte sauvage de Lanzarote retient son souffle. Comme chaque année, El Quemao Class plonge la communauté surf internationale dans un mélange d’impatience et de fascination. Perchée au bord du petit village de La Santa, dans la commune de Tinajo, cette vague mythique n’accepte qu’une seule chose : la perfection. Pas de date fixe, pas de programme établi… seulement un période de waiting period qui s’étend jusqu’en avril 2026, et un système d’alertes qui rythme l’espoir des athlètes.

    Pour cette 9ᵉ édition, 64 invités triés sur le volet — 32 surfeurs et 32 bodyboardeurs — se tiennent prêts à foncer sur l’une des vagues les plus dangereuses et spectaculaires au monde. Une gauche volcanique, courte, ultra-creuse, qui explose directement sur un reef noir acéré. Chaque vague peut devenir historique… ou cauchemardesque.

    Le temple du surf engagé

    Le Quemao n’est pas une vague comme les autres. C’est une vague capricieuse qui nécessite la présence d’une houle précise, d’un vent bien orienté, d’une marée parfaitement alignée. Quand les planètes sont alignées, alors seulement, la compétition peut se lancer. C’est la raison pour laquelle l’événement fonctionne avec un code couleur :

    • Orange : période d’attente (état actuel).
    • Jaune : tentative de lancement, conditions potentiellement bonnes.
    • Vert : validation officielle des dates, show imminent.

    Cette mécanique nourrit le mythe. L’événement peut être annoncé 48 heures avant seulement, transformant Lanzarote en place forte du surf de haut niveau dès la première ondulation de houle.

    Les champions reviennent défendre leur couronne

    L’édition précédente a marqué les esprits :

    • Joan Duru, impérial, s’est offert la victoire en surf.
    • Amaury Lavernhe, double champion du monde de bodyboard, a confirmé sa suprématie dans cette arène de lave et de tubes fracassants.

    Les deux hommes seront de retour cette année, prêts à remettre leur titre en jeu. Duru, maître du rail puissant et des tubes, connaît le spot comme peu de surfers européens. Lavernhe, lui, entretient avec El Quemao une relation presque intime : technique chirurgicale, lecture millimétrée et courage.

    Une scène volcanique unique au monde

    Au-delà de la compétition, le Quemao Class est un hommage à Lanzarote elle-même. Sa géologie, son architecture naturelle, ses couleurs sombres et brûlées, tout renforce la dramaturgie de la vague. Les spectateurs se massent sur les roches volcaniques pour assister à ce ballet brutal entre mer et basalte.

    La question n’est donc pas si la compétition aura lieu. La vraie question, c’est : quand El Quemao offrira-t-il son moment de grâce ?
    Et quand cela arrivera, le monde du surf aura les yeux rivés sur Lanzarote.

  • Punta Galea Big Wave Challenge 2025 : Clément Roseyro et Justine Dupont vainqueurs

    Punta Galea Big Wave Challenge 2025 : Clément Roseyro et Justine Dupont vainqueurs

    Un dénouement spectaculaire pour cette édition 2025


    Au-delà des conditions changeantes et du suspense propre à Punta Galea, cette édition 2025 restera surtout dans les mémoires pour un final des plus performants lors des phases finales. La montée en puissance de la houle, combinée à un vent enfin favorable, a offert un terrain de jeu idéal aux spécialistes du surf de gros. Et lorsque la lumière s’est améliorée, laissant apparaître ces murs d’eau caractéristiques de Getxo, les meilleurs ont su se démarquer.

    Chez les hommes, la finale a rapidement pris des allures de duel entre l’expérience locale et la fraîcheur venue de France. Natxo González, poussé par son public et fort de sa connaissance intime de la vague, a longtemps semblé tenir la clé de la victoire. Mais c’était sans compter sur Clément Roseyro, encore porté par son récent triomphe à Nazaré. Invité de dernière minute, il a parfaitement saisi sa chance : deux take offs critiques, maîtrisées du début à la fin, lui ont permis de s’imposer en patron sur une vague qu’il découvrait quasiment en conditions XXL.

    Du côté des femmes, l’histoire s’est écrite en lettres capitales : première finale féminine de l’événement et première démonstration collective à Punta Galea. Malgré une série particulièrement lourde qui a balayé les trois compétitrices, elles sont toutes revenues au pic avec détermination. Laura Coviella, pionnière du jour, a lancé le mouvement. Domi Charrier, jeune chargeuse chilienne, a impressionné par son engagement pour une première dans ces conditions. Mais la reine du jour s’appelait Justine Dupont, dominatrice, précise et imperturbable.

    Classement masculin – Punta Galea Challenge 2025

    1. Clément Roseyro
    2. Natxo González
    3. Aritz Aranburu
    4. Xabi López
    5. Eder Fuentes
    6. Pierre Rollet

    Classement féminin – Punta Galea Challenge 2025

    1. Justine Dupont
    2. Laura Coviella
    3. Domi Charrier

    Une édition qui signe le renouveau de l’épreuve, et peut-être le début d’une nouvelle ère pour Punta Galea.

    Le call du samedi 6 Décembre 2025

    Alors que l’hiver frappe enfin la façade atlantique, le Pays Basque s’apprête peut-être à vivre l’un des moments les plus spectaculaires de la saison : le déclenchement du Punta Galea Big Wave Challenge, la compétition de surf de grosses vagues la plus ancienne d’Europe. La nouvelle est tombée ce matin : la compétition sera officiellement lancée samedi 6 décembre 2025.
    Si les prévisions se confirment, la luz verde — le feu vert — sera donnée jeudi, soit 48 heures avant l’épreuve… pour un possible lancement ce samedi.

    Une semaine décisive commence, et l’excitation est déjà palpable sur toute la côte basque espagnole.

    Une tempête solide arrive sur la côte basque

    Les prévisionnistes annoncent ce que les big riders espèrent depuis des jours : une houle puissante, consistante et propre, portée par une dépression qui remonte depuis l’Atlantique Nord.
    Les modèles convergent vers des vagues de 5 mètres, peut-être davantage sur les plus gros sets, avec une période solide — le cocktail parfait pour réveiller la falaise mythique de Punta Galea.

    Un autre paramètre crucial est scruté de près : le vent. Les premiers bulletins annoncent une brise soutenue vendredi, puis un affaiblissement notable samedi, laissant espérer des conditions propres et surfables, idéales pour des drops vertigineux sous les applaudissements d’un public toujours massif.

    L’événement est officiellement lancé ce samedi 6 décembre 2025 : Punta Galea va rugir

    C’est désormais officiel : le Punta Galea Big Wave Challenge 2025 se tiendra ce samedi. Après plusieurs jours d’attente sous alerte jaune, les prévisions se sont confirmées et l’organisation a donné la luz verde. Une solide houle d’ouest, des vagues avoisinant les six mètres, une période longue et un vent beaucoup plus faible qu’annoncé en début de semaine composent le scénario parfait pour déclencher une des plus emblématiques compétitions de grosses vagues d’Europe.
    Le Pays Basque se prépare donc à vivre une journée historique : dès les premières heures du matin, les falaises de Getxo se transformeront en amphithéâtre naturel, prêtes à accueillir des milliers de spectateurs venus voir les meilleurs big riders du monde affronter une mer en furie.
    L’attente est terminée : samedi, La Galea rugira, et le spectacle s’annonce colossal.

    Punta Galea, un amphithéâtre naturel pour le surf XXL

    Situé à Getxo (Ville qui touche Bilbao), au cœur de la côte biscayenne, Punta Galea est un spot absolument unique.
    Ici, aucun bateau, aucun jet-ski ne vient perturber le cadre : les vagues cassent au pied d’un acantilado de 60 mètres, une falaise qui forme un véritable amphithéâtre naturel.
    Les spectateurs, parfois des milliers, se massent sur le rebord pour assister à huit heures de show, surplombant les rideurs comme dans une arène antique dédiée à la puissance de l’océan.

    Cette configuration en fait un événement à la fois spectaculaire et incroyablement accessible, d’où sa popularité croissante au fil des éditions.

    Un plateau exceptionnel : les meilleurs big riders du monde réunis

    Pour cette édition, 30 surfeurs sont conviés, dont une liste absolument impressionnante de talents internationaux. Et grande nouveauté : une finale 100% féminine viendra écrire un chapitre historique pour l’événement.

    Voici quelques-uns des noms qui feront vibrer la falaise :

    Les superstars mondiales

    • Grant « Twiggy » Baker : triple champion du monde, vainqueur ici en 2014. Une référence absolue.
    • Laura Enever : détentrice du record Guinness de la plus grosse vague surfée par une femme (13 m à Hawaii).
    • Francisco Porcella : figure incontournable de Jaws et Nazaré, habitué à La Galea.
    • Mason Barnes : auteur d’une vague monstrueuse de 30 m à Nazaré, big rider ultra-régulier.
    • Tom Lowe : le Britannique au mental d’acier, héros de Mullaghmore et de Jaws.

    Les talents internationaux en feu

    • Russell Bierke, le génie australien nourri aux slabs de Nouvelle-Galles du Sud.
    • Tony Laureano, prodige de Nazaré, big rider depuis… ses 13 ans.
    • Lucas “Chumbo” Chianca, star brésilienne, champion du monde XXL, auteur d’un 10/10 ici en 2019.
    • Ramón Navarro, légende chilienne et défenseur de Punta de Lobos.

    Les locaux et représentants européens

    • Natxo González, champion en titre, héros local, prêt à défendre son trône.
    • Nadia Erostarbe, olympienne, championne du Ballito Pro 2024, première Basque à participer.
    • Justine Dupont, reine européenne, multi-championne du monde, enfin présente pour une finale féminine historique.
    • Pierre Rollet, le Français d’Hossegor, champion ici en 2018, toujours très aimé du public.
    • Axi Muniain, vainqueur de la première édition en 2005, figure reference.
    • Indar Unanue, vétéran basque, multiple finaliste, dont la connaissance des vagues XXL n’est plus à prouver.
    • Miguel Blanco, freesurfer portugais engagé et activiste environnemental.
    • Xabi López, spécialiste du sauvetage et habitué des spots extrêmes comme Roca Puta.

    Avec un tel plateau, le spectacle est garanti — et potentiellement l’une des éditions les plus relevées de l’histoire.

    Un événement populaire, organisé au millimètre

    Pour accueillir la foule attendue, la mairie de Getxo prévoit des navettes gratuites depuis la station de métro de Bidezabal. Une initiative essentielle pour fluidifier l’accès à la falaise et éviter l’engorgement habituel sur les petites routes côtières.

    En clair : la fête des grosses vagues.

    Liste officielle des 30 participants (2025)

    Surfeurs Hommes

    Nic Lamb (USA)
    Mason Hyce Barnes (USA)
    Tony Laureano (PRT)
    Xabi López (EUK)
    Conor Maguire (IRL)
    Yago Domínguez (EUK)
    Pierre Rollet (FRA)
    Manuel Lezcano (ESP – Canarias)
    Axi Muniain (EUK)
    Aritz Aranburu (EUK)
    Indar Unanue (EUK)
    Miguel Blanco (PRT)
    Lucas “Chumbo” Chianca (BRA)
    Ramón Navarro (CHL)
    Grant “Twiggy” Baker (ZAF)
    Natxo González (EUK)
    Russell Bierke (AUS)
    Francisco Porcella (ITA)
    Tom Lowe (GBR)
    Ibon López (EUK)
    Kosme Fernández (EUK)
    Zuku (EUK)
    Endika Ruiz (EUK)
    Txaber Garmendia (EUK)

    Surfeuses Femmes

    Laura Coviella (ESP – Canarias)
    Justine Dupont (FRA)
    Nadia Erostarbe (EUK)
    Laura Enever (AUS)
    Dominique Charrier (CHL)
    Felicity Palmateer (AUS)

  • Safi Invitational 2025/2026 : une édition nocturne et la victoire de Joan Duru

    Safi Invitational 2025/2026 : une édition nocturne et la victoire de Joan Duru

    Résultats de l’édition 2025 : Joan Duru impérial, Armide Soliveres et Lilia Tebbai impressionnent

    La compétition qui s’est tenue le samedi 6 décembre 2025 a offert un spectacle rare à Safi. Malgré des séries parfois longues à se mettre en place et un manque de tubes pour un spot pourtant réputé pour sa perfection tubulaire, l’ambiance est restée électrique. Car surfer Le Jardin (ancien nom du spot) à quatre dans l’eau, même dans un format plus “open”, reste un privilège absolu.

    Le moment le plus marquant de la journée ?
    Les finales disputées de nuit, sous un éclairage monumental qui a transformé Ras Lafâa en arène futuriste. Une image qui restera probablement parmi les moments forts de l’histoire récente du surf marocain.

    Résultats officiels 2025 :

    Surf Open 2025

    🥇 Joan Duru (15.7 pts) – Un surf précis, engagé, dominant.
    🥈 Adur Amatriain (9.65 pts)
    🥉 Charly Quivront (8.45 pts)
    4. Marc Lacomare – 7.15 pts

    Bodyboard Open 2025

    🥇 Armide Soliveres (14.4 pts) – Puissance et contrôle dans les sections critiques.
    🥈 Badr E. Chaljri (13.35 pts)
    🥉 Maxime Castillo (10.35 pts)
    4. Achraf El Ghazi – 9.4 pts

    Surf Filles 2025

    🥇 Lilia Tebbai (11.8 pts) – La jeune Marocaine marque les esprits avec une solide prestation.
    🥈 Maud Le Car (10.15 pts)
    🥉 Lee-Ann Curren (4.8 pts)
    4. Jade Magnien – 3.6 pts
    5. Agouri Ines – 2.45 pts

    Ces résultats confirment la diversité du plateau et la montée en puissance des athlètes marocains, particulièrement en surf féminin et en bodyboard.

    Lancement de la compétition ce samedi 6 Décembre 2025

    La compétition sur la célèbre droite de Safi au Maroc a été lancé ce samedi 06 décembre 2025. Suivez la compétition en direct sur Icônes Surf avec une session possible en nocturne. On a des belles conditions avec de nombreux surfeurs français en course pour la victoire…. Les finales auront lieu de nuit avec un check-in à 18H. Pas de décalage horaire en hiver avec le Maroc.

    Le Jardin en alerte : Safi se prépare

    Chaque hiver, quand la houle s’excite sur Windguru en Europe, un frisson parcourt la communauté surf mondiale, ou plutôt un œil indiscret sur les prévisions marocaines. Safi, “Le Jardin”, l’une des meilleures droites de la planète, se réveille. Une vague aussi parfaite que brutale, tube après tube, section après section, où les erreurs ne pardonnent jamais. Les accidents de Billy Kemper ou d’Édouard Delpero l’ont rappelé : s’engager ici n’a rien d’une promenade.

    C’est pourtant sur ce terrain mythique que s’ouvrira, entre cet hiver, la deuxième édition du Safi Surf Invitational, événement hors du commun, sur invitation uniquement. Et cette année, on vient officiellement de passer en alerte jaune en ce début de « waiting period ».

    Une compétition rare, exigeante et… précieuse

    Être invité à cette compétition est un luxe que personne ne refuse. Seulement 4 athlètes à l’eau par série, une vague d’exception, une journée entière de surf entre le lever et le coucher du soleil… et même des séries nocturnes, éclairées par un dispositif unique posé sur les rochers de Ras Lafâa. Une atmosphère irréelle où les tubes prennent une dimension presque cinématographique.

    L’événement est organisé par l’Association Bahri, avec la Fédération Royale Marocaine de Surf et en partenariat avec l’OCP. Ce trio porte une ambition claire : faire rayonner Safi, son patrimoine et son surf, bien au-delà des frontières marocaines.

    Le cadre : Ras Lafâa, 9e meilleure vague du monde

    Safi n’est pas une vague comme les autres. La longue droite de Ras Lafâa déroule avec une précision chirurgicale. Parfois ronde, parfois carrée, toujours rapide. Une vague qui récompense les techniciens du tube, met les chargeurs à l’épreuve et ne pardonne à personne.

    Ce spot d’une beauté rare attire autant les surfeurs que les bodyboardeurs, et c’est ce qui fait la particularité du Safi Invitational : un événement commun aux deux disciplines, chacun trouvant sa place dans le tube majestueux de la pointe.

    Un format unique : jour, nuit et intensité maximale

    L’édition 2023 avait surpris tout le monde avec son format :

    • Call à 7h du matin,
    • Surf non-stop en fonction des marées,
    • Pause obligatoire (Ramadan, marée, lumière),
    • Reprise nocturne, s’il le faut.

    La formule sera reconduite en 2025/2026, avec un setup lumineux encore amélioré. Ceux qui ont déjà vu des sessions de nuit à Safi – notamment celle d’Aritz Aranburu – savent à quel point le décor est magique.

    L’esprit ne change pas : tout se joue en une seule journée, une immersion totale où chaque vague compte.

    60 invités, 16 nationalités, et une dimension sociale forte

    Si la liste complète des invités n’est pas encore connue – elle dépendra des disponibilités en fonction des swells – on sait déjà que :

    • 60 athlètes seront sélectionnés,
    • 16 nationalités seront représentées,
    • Les meilleurs Marocains auront une exposition rare face à des têtes d’affiche mondiales.

    Lors de la première édition, Marc Lacomare, Justine Dupont, Lee-Ann Curren, Maxime Castillo ou Pierre-Louis Costes avaient répondu présents. Le niveau était stratosphérique, les locaux galvanisés, et les podiums avaient offert un bel équilibre entre talents marocains et internationaux.

    Ce mélange, c’est précisément ce que défend l’Association Bahri :
    – élever les surfeurs locaux,
    – créer un événement fédérateur,
    – mettre Safi au centre d’un surf responsable, solidaire et festif.

    Un village de surf et un programme qui va au-delà du sport

    Le Safi Surf Invitational n’est pas qu’une compétition. C’est une célébration. Un village de surf animé accueillera :

    • artisans locaux,
    • expositions de produits de Safi,
    • ateliers créatifs,
    • street art,
    • concerts,
    • visites guidées.

    L’objectif est clair : mettre en lumière le patrimoine de Safi, du surf aux traditions artisanales.

    Et la dimension sociale n’est pas en reste :

    • nettoyage de plage,
    • cours de surf gratuits pour les enfants des orphelinats,
    • actions éducatives sur l’environnement.

    Ici, le surf est un prétexte pour transmettre, partager, inspirer.

    Une histoire de persévérance

    Ce qui rend cet événement encore plus beau, c’est qu’il a mis près de 10 ans à voir le jour. Les routes, les autorisations, les infrastructures : rien n’était prêt en 2014. Il a fallu la ténacité de Saad Abid et de l’équipe Bahri pour qu’un rêve devienne réalité.

    Et désormais, la machine est lancée. Le Safi Invitational pourrait devenir l’un des événements majeurs du calendrier surf international, une sorte de “Pipeline marocain” dont la renommée ne cessera de grandir.

    Ce qui nous attend pour 2025/2026

    Avec la waiting period active et les signaux au vert, il ne manque plus qu’un swell solide venu de l’Atlantique pour donner rendez-vous aux invités. Inutile de dire que le monde du surf commence à surveiller les charts…

    Une chose est sûre :
    quand Safi s’allume, personne ne veut manquer ça.

  • L’hiver débarque à Hawaii : Liam McNamara relance le Wave of the Winter pour un North Shore déjà en feu

    L’hiver débarque à Hawaii : Liam McNamara relance le Wave of the Winter pour un North Shore déjà en feu

    L’hiver hawaiien vient à peine de commencer que le North Shore rugit déjà comme un moteur au redémarrage. Les premiers gros swells ont frappé Oahu, réveillant Pipeline, Backdoor et Off the Wall dans leur version la plus brutale. Comme chaque année, la saison promet d’être sauvage, mais cette fois, un ingrédient mythique revient dans l’équation : le Wave of the Winter. Et c’est Liam McNamara, légende du Pipe des années 80 et 90, qui signe son grand retour.

    Le prix le plus démocratique du surf refait surface

    Depuis les années 2000, le Wave of the Winter récompense une chose simple et pure : la meilleure vague de l’hiver, celle qui fait hurler toutes les team houses alignées le long de la Kamehameha Highway. Une récompense qu’un champion du monde peut partager avec un inconnu. Un prix où la hiérarchie ne tient plus que sur une seule chose : le courage et la chance.

    Disparu depuis presque cinq ans, ce trophée revient grâce à une initiative indépendante menée par Liam McNamara, épaulé par Jeff Hall (Rogue TV) et Jake Howard (Surfer Mag). Sans les marques corporate, sans le bruit marketing : juste la communauté. Résultat : plus de 100 000 dollars levés auprès d’une vingtaine de petites entreprises, toutes prêtes à remettre le surf hawaïen là où il doit être — dans les mains de ceux qui risquent leur peau.

    Pipeline, Backdoor, Off the Wall : les arènes sont prêtes

    Le North Shore est souvent caricaturé, mais la vérité dépasse toujours la légende. À peine huit kilomètres de côte concentrent la violence de l’océan Pacifique, la densité de surfeurs la plus folle du monde et une atmosphère électrique où tout se joue en quelques secondes. Pipeline est au centre du cyclone : la vague la plus belle, la plus célèbre, la plus dangereuse.

    Les premiers swells de la saison ont déjà montré les dents. Les locaux parlent d’un hiver potentiellement énorme. Et comme le rappelle Liam, une vague iconique peut venir de n’importe où : un carve à Haleiwa, un 720 à Rocky Point, un barrel interminable à Sunset… voire un Mason Ho sorti de nulle part en train de kickflip par-dessus un rocher.
    À Hawaii, tout peut arriver.

    Une récompense pensée pour les surfeurs, par les surfeurs

    Le nouveau Wave of the Winter est plus ambitieux que jamais. Le lauréat de l’hiver recevra 25 000 $ pour un unique ride. Chaque mois, trois surfeurs et trois cameramen seront récompensés, avec un minimum de 5 000 $ pour la Wave of the Month. Une prime spéciale de 5 000 $ distinguera même un First Responder (quelqu’un qui portera assistante à un surfeur en difficulté), ces héros du quotidien qui veillent sur les line-ups et ont, dans le cas de McNamara, sauvé la vie de son propre fils.

    Les vagues prises en compétition ne compteront pas, une décision qui renforce l’esprit pur et brut du prix. Exit les heats. Exit les priorités. Ici, le jury, composé notamment de Nathan Fletcher, pourrait couronner un inconnu tout autant qu’un John John Florence.

    Les favoris ? Le hasard reste roi

    Lorsque Nathan Florence — vainqueur du prix 2017/2018 — évoque ses favoris, il rappelle une vérité simple : le Wave of the Winter, c’est la loterie du chaos. Être au bon endroit au bon moment. Avoir l’audace d’aller sur une vague “borderline insurfable”. Et surtout, réussir à en sortir.

    John John Florence et Barron Mamiya, présents toute la saison avant le lancement du tour en avril, font figure de candidats naturels. Jamie O’Brien, lui, peut prendre n’importe quelle vague, n’importe quand. Les Koa Rothman, Eli Olson et Ivan Florence sont des habitués de la hiérarchie locale, capables de se positionner pile là où il faut. Derrière eux, une armée de talents prêts à risquer la chute de leur vie pour décrocher la vague de l’hiver.
    Parmi eux : Eala Stewart, Kala Grace, Shion Crawford…

    Mais la vérité, c’est que tout reste ouvert.

    L’hiver 2025/2026 s’annonce incandescent

    La waiting period commence le 1ᵉʳ décembre et durera 90 jours. Et si l’on en croit les premières images, le premier swell pourrait déjà sortir une vague historique.

    La saison ne fait que commencer. Le concept est relancé. Les spots sont prêts. Les caméras tournent. Les chargeurs sont affûtés.
    L’hiver à Hawaii est officiellement là… et il s’annonce incandescent.

  • CT 2026 : le retour des superstars… dans le format le plus brutal de l’histoire du surf moderne

    CT 2026 : le retour des superstars… dans le format le plus brutal de l’histoire du surf moderne

    Le surf professionnel adore les revirements. Mais celui que vit la World Surf League en 2026 a quelque chose d’unique : alors qu’elle durcissait comme jamais son système de compétition, les plus grandes stars de la discipline ont décidé… de revenir. Carissa Moore, Stephanie Gilmore, John John Florence, Gabriel Medina : quatre icônes, quatre générations, quatre visions du surf, un même choix.

    Mais là où l’histoire devient fascinante, c’est que ce retour massif survient au moment précis où la WSL adopte son format le plus impitoyable, le plus sélectif de toute son histoire.
    Le CT 2026 est une révolution silencieuse : un mélange de nostalgie assumée et de modernité brutale qui redéfinit entièrement la manière de devenir champion du monde.

    Le retour du championnat cumulatif : la décision que voulaient les champions

    Finies les WSL Finals façon “champion du monde en une journée”. Terminé le format winner-takes-all sur un spot unique. La WSL a remis la couronne là où elle a toujours eu le plus de légitimité : sur la durée d’une saison complète.

    Ce retour à un titre construit étape après étape, performance après performance, a eu l’effet d’un électrochoc dans le monde du surf.

    John John Florence l’avait dit : “Un titre doit se jouer sur une saison entière, pas en un seul jour.”
    Carissa Moore a souffert de deux titres perdus malgré une saison parfaite.
    Steph Gilmore a toujours défendu l’idée que le champion doit être celui qui brille toute l’année.
    Medina, enfin, a toujours favorisé les systèmes exigeants et réguliers.

    En bref, les anciens champions du monde ont eu ce qu’ils voulaient. Simple, net, efficace.

    Sur le plan marketing, la WSL est gagnante : quatre méga-stars de retour, des millions d’abonnés qui réintègrent l’écosystème CT, et un engouement médiatique retrouvé.

    Mais sportivement ?
    L’histoire est beaucoup moins simple.

    Le format 2026 : une montée en puissance… dans un champ de mines

    Pendant que les superstars reprennent place dans le Tour, la WSL annonce des règles plus dures :
    – plus de rounds non-éliminatoires
    – plus aucune seconde chance
    – chaque heat fait avancer ou sortir

    Le CT 2026 devient un système de survie permanente. Même les surfeurs les plus expérimentés n’ont plus le droit à un seul faux pas. C’est la fin du round 2, le round « Joker ». Le problème n’est pas seulement la sévérité des éliminations directes. Le cœur du débat se trouve déplacer ailleurs : dans le système de seeds et dans la manière dont les tableaux sont construits.

    Les wildcards : les vraies sacrifiées du nouveau système

    Contrairement aux rumeurs, aucune superstar ne revient en 2026 via une wildcard saisonnière.
    En revanche, ce sont bien les wildcards classiques — locales ou event wildcards — qui héritent d’un rôle quasi sacrificiel.

    Leur situation est extrêmement compliquée :

    • elles commencent obligatoirement en Round 1,
    • elles affrontent des surfers classés 29 à 34,
    • puis, si elles gagnent, elles tombent directement sur les seeds 1 à 4 (hommes) ou 1 à 8 (femmes),
    • le tout dans un format éliminatoire sans aucun repêchage.

    Le bracket 2026 ressemble plus à une colline verticale qu’à un escalier logique.
    Les wildcards, elles, commencent tout en bas… les pieds attachés.

    Ce n’est pas un hasard : le système est pensé pour “protéger” les têtes de série. Mais dans un format où la moindre erreur coûte toute une étape, cette protection devient un avantage énorme — quasi insurmontable.

    Et les superstars dans tout ça ?

    Ironiquement, les champions historiques — Moore, Gilmore, Florence, Medina — qui reviennent en 2026 ne subissent aucune pénalité structurelle.

    Ils ont :

    • un seed réel (au bout de la première épreuve, j’imagine),
    • une entrée dans le tableau équilibrée,
    • une progression logique,
    • la possibilité d’accumuler des points durablement,
    • et la saison pour construire leur titre.

    En clair :
    Ils reviennent dans le format le plus dur, mais aussi dans les conditions les plus favorables.

    Ce qui crée une situation paradoxale — presque théâtrale :

    • les légendes reviennent grâce à un format qu’ils ont toujours voulu,
    • ce format devient plus brutal que jamais,
    • mais ce sont les wildcards et les rookies… qui en paient le prix fort.

    Un CT 2026 plein de promesses et de dommages collatéraux

    Le surf professionnel vit une mutation rarissime. D’un côté, le retour d’un système plus crédible et respecté par les champions. De l’autre, une intensité compétitive qui n’a jamais été aussi élevée.

    Le CT 2026 sera un mélange explosif avec le retour des superstars, la brutalité du tableau en élimination directe pourrait bien créer autant de héros que de victimes.

    Une chose est sûre :
    la saison 2026 ne sera pas seulement un retour aux sources — ce sera un stress-test permanent.

  • Deux prodiges tahitiennes brillent à Sunset Beach : Kiara Goold triomphe, Aelan Vaast confirme

    Deux prodiges tahitiennes brillent à Sunset Beach : Kiara Goold triomphe, Aelan Vaast confirme

    Il y a des moments où le surf féminin bascule dans une nouvelle ère. Ce week-end à Sunset Beach, deux jeunes talents tahitiens ont offert au monde une démonstration aussi éclatante que prometteuse. Kiara Goold, 15 ans à peine, a remporté le HTA Sunset Pro avec une maturité qui dépasse largement son âge, tandis que Aelan Vaast a signé un superbe parcours jusqu’en finale, confirmant son statut de surfeuse capable du meilleur… lorsqu’elle parvient à trouver la régularité qui lui manque encore parfois.

    En une seule journée, ces deux jeunes femmes ont rappelé que la Polynésie française n’est pas seulement une terre de vagues, mais un vivier inépuisable de talents.

    Kiara Goold : 15 ans, un tube à Sunset et une victoire historique

    La victoire de Kiara Goold n’est pas qu’un résultat brillant : c’est un signal envoyé à toute la planète surf. Sunset est une vague mythique, puissante, imprévisible, capable d’humilier n’importe quel surfeur adulte. Y gagner à 15 ans relève presque de l’incompréhensible. Pourtant, c’est exactement ce qu’a fait Kiara… et avec panache.

    Dès les premières minutes de la finale, la Tahitienne a donné le ton : un turn engagé, un placement impeccable… puis un vrai barrel à Sunset, parfaitement géré, récompensé par un 8,67, l’une des meilleures notes du contest. À 15 ans, elle a surfé Sunset comme si elle y était née.

    Ce n’est pourtant pas un miracle. Kiara est une prodige, déjà connue des initiés depuis deux ans :

    • À 13 ans, elle remportait le Stab High, la compétition d’airs la plus relevée au monde.
    • En 2024, elle atteignait déjà la finale du Sunset Pro.
    • En 2025, elle décroche une wildcard pour le Challenger Series.
    • À Sunset, elle affiche la meilleure totale de la compétition : 16,34.

    Aerials, tubes, turns engagés… Kiara possède une palette que peu de surfeuses de son âge — voire de son époque — maîtrisent. On parle beaucoup de Tya Zebrowski, qui rejoint le CT l’an prochain, mais Kiara pourrait bien être la prochaine bombe polynésienne à exploser sur la scène mondiale. Elle a la technique, le style, l’audace… et surtout un sang-froid déconcertant.

    Une vague technique qui ne pardonne pas : et pourtant, elle charge

    Ce qui impressionne le plus, ce n’est pas la note. Ni même la victoire. C’est la façon dont elle a surfé Sunset Point, une vague exigeante, irrégulière, qui demande autant de puissance que de lecture. Les plus grands champions le disent : la vague de Sunset ne se surfe pas, elle se comprend.

    Kiara ne s’est pas contentée de prendre la bonne vague : elle a chargé. Elle a lu les sections comme une surfeuse qui aurait vingt ans d’expérience. Elle a attaqué les murs avec agressivité, sans aucune hésitation. À cet âge-là, c’est absolument exceptionnel.

    Aelan Vaast : un parcours solide et une finale méritée

    Dans l’euphorie collective autour de la victoire de Kiara, il serait injuste de ne pas saluer la performance d’Aelan Vaast, finaliste et véritable pilier de cette génération tahitienne.

    Aelan a réalisé un parcours remarquable, notamment avec une demi-finale de haut niveau où elle domine Kiara. Oui, domine. Son total de 14,16 en demi-finale montre à quel point elle peut être explosive lorsqu’elle est connectée à la vague. Sa technique est fluide, son surf engagé, et elle possède une vraie élégance dans les transitions, héritée d’un style polynésien qui mélange puissance et grâce.

    Si Aelan n’a pas encore la régularité qui lui permettrait de franchir un palier supplémentaire, elle reste une surfeuse à très fort potentiel. Elle peut battre n’importe qui sur un bon jour, et ce résultat en finale à Sunset est là pour le rappeler.

    Pourquoi cette génération tahitienne est exceptionnelle

    L’explosion simultanée de Kiara Goold, Aelan Vaast et Tya Zebrowski n’est pas un hasard. La Polynésie française vit un âge d’or du surf :

    • Des vagues d’entraînement parmi les meilleures au monde.
    • Une culture du surf profondément ancrée dans la société.
    • Un niveau général extrêmement élevé dès le plus jeune âge.
    • Une aisance dans les tubes rarement égalée.

    Et surtout, une génération sans complexes, qui surfe contre les meilleures sans trembler. Les Tahitiennes sont en train d’imposer un nouveau standard : maturité précoce, technique moderne, aérial game, lecture des vagues puissantes, gestion des conditions lourdes. Kiara en est la preuve vivante.

    Sunset Beach : une rampe de lancement vers Haleʻiwa

    Le HTA Sunset Pro n’est que le début de la tournée hawaïenne (la fameuse Triple Crown). Kiara et Aelan seront de nouveau en lice à Haleʻiwa, une autre vague mythique, qui demande moins d’expérience que la vague de Sunset. Les surfeuses du CT seront présentes cette fois-ci. Et Kiara l’a dit elle-même : « Je suis super excitée de les affronter. »

    On la croit volontiers. Car si Sunset a révélé une championne, Haleʻiwa pourrait bien confirmer une future star.

  • L’affaire Ian Battrick : la vérité éclate enfin après des semaines de calvaire

    L’affaire Ian Battrick : la vérité éclate enfin après des semaines de calvaire

    C’est une histoire qui aurait pu briser une vie. Une histoire née d’un post officiel, relayée sans vérification, amplifiée par un “digital mob” mondial… avant de s’effondrer, faute de preuves. Aujourd’hui, après des semaines de rumeurs destructrices, Ian Battrick est officiellement blanchi, et la Channel Islands Surfing Federation présente ses excuses. Retour sur une affaire qui interroge profondément la culture surf, la responsabilité des institutions et la mécanique impitoyable des accusations virales.

    Un post officiel… et la machine s’emballe

    Tout commence lors des GB Surfing Finals à Thurso (Écosse). Un incident éclate sur la plage, impliquant une trentaine de personnes. Dans la confusion, un post est publié depuis le compte officiel de la Channel Islands Surfing Federation (CISF). On y accuse Ian Battrick de comportements graves : abus verbaux envers des compétitrices, menace d’un cameraman, voire maintien d’une surfeuse sous l’eau.

    Ces accusations, présentées comme factuelles, partent alors en orbite numérique.
    En 30 minutes, elles sont partagées des centaines de fois.
    En 24 heures, elles deviennent virales.
    En 3 semaines, plusieurs millions d’interactions s’accumulent sur les réseaux sociaux et dans les médias internationaux.

    La machine est lancée. Et rien ne semble pouvoir l’arrêter.

    Aucune preuve, aucune charge, malgré deux livestreams et 300 témoins

    Très vite pourtant, un détail majeur apparaît : aucune preuve n’existe.

    Alors que :

    • deux livestreams couvraient l’événement,
    • environ 300 personnes assistaient depuis le spot,
    • de multiples caméras filmaient les heats…

    …aucune image ne montre Ian commettre ce dont il a été accusé.

    La police écossaise confirme également :

    • qu’elle a extrait Ian d’une foule hostile,
    • qu’elle a visionné des images bodycam,
    • qu’elle a ouvert une enquête sur des actes de vandalisme et de désordre,
    • mais n’a retenu aucune charge contre lui.

    Une réalité limpide : les faits reprochés n’ont jamais existé.

    L’excuse officielle : la CISF reconnaît des accusations “fausses, diffamatoires et fabriquées”

    Face aux évidences, l’auteur du post initial a fini par reconnaître :

    • que les accusations étaient fausses,
    • que Ian n’a agressé personne,
    • qu’il n’a pas interféré avec la compétition,
    • que l’histoire de la surfeuse retenue sous l’eau était inventée,
    • que les messages publiés étaient diffamatoires.

    La CISF a donc présenté une excuse officielle, aujourd’hui publiée publiquement.
    Un geste essentiel, mais tardif.

    Ian Battrick : “L’une des périodes les plus traumatisantes de ma vie”

    Ian explique avoir vécu un véritable tsunami émotionnel :

    “Être présenté au monde comme quelqu’un qui ferait du mal à d’autres surfeurs a été dévastateur — pour moi, pour ma famille et pour Lunasurf. La douleur est indescriptible.”

    Car le plus dur n’a pas seulement été l’accusation en elle-même. C’est la violence collective qui a suivi :

    • insultes, menaces, harcèlement,
    • détournements de photos,
    • attaques ciblant sa famille,
    • publications haineuses à l’international.

    À l’ère des réseaux sociaux, un mensonge répété mille fois devient une réalité… pour ceux qui ne verront jamais la correction.

    Lunasurf également ciblée et fragilisée

    En tant que cofondateur de Lunasurf, Ian Battrick a vu son entreprise subir de plein fouet la tempête numérique.
    Des attaques et dénigrements ont visé la marque, pourtant reconnue pour sa culture du respect et sa contribution positive au surf européen.

    Aujourd’hui, avec les excuses officielles, il était indispensable que la vérité soit dite clairement :
    ni Ian Battrick ni Lunasurf n’ont commis le moindre acte fautif.

    Une foule hostile, mais pas à cause de lui

    Lors de l’incident initial, la police a dû intervenir non pas pour arrêter Ian, mais pour le protéger d’une foule :

    • qui le bousculait,
    • l’insultait,
    • le filmait agressivement,
    • l’empêchait de quitter la zone.

    Deux véhicules ont également été vandalisés par des compétiteurs — des faits confirmés par des témoins et consignés par la police.
    À ce jour, aucune action disciplinaire de GB Surfing n’a été engagée contre ces auteurs.

    Un constat qui interroge profondément la gouvernance du surf britannique.

    “Cela pourrait arriver à n’importe qui”

    Pour Ian, cette affaire dépasse désormais son cas personnel :

    “Une seule fausse accusation, postée depuis un compte officiel, peut déclencher un lynchage numérique mondial. Et une fois le feu lancé, plus rien ne l’arrête.”

    Il appelle aujourd’hui à une réforme profonde :

    • contrôle strict des publications officielles,
    • vérification des faits avant toute communication,
    • responsabilisation des médias,
    • protection accrue contre le cyberharcèlement,
    • sanctions effectives contre les comportements violents… même quand ils viennent de compétiteurs.

    Cette affaire met en lumière un problème incontournable : le surf moderne n’est pas immunisé contre les dérives des réseaux sociaux.
    Un monde qui se veut communauté peut, en quelques minutes, devenir un tribunal sans preuve.

    L’excuse officielle marque une victoire pour la vérité.
    Mais elle rappelle surtout que la réputation d’un surfeur — et d’une marque comme Lunasurf — peut être détruite en heures, et qu’il est urgent que tout l’écosystème prenne ses responsabilités.

    Pour rappel, au moment où les accusations ont explosé en ligne, Icônes Surf avait publié un article mettant en garde contre :

    • l’absence totale de preuves malgré deux livestreams,
    • deux versions radicalement opposées circulant sur les réseaux,
    • l’emballement médiatique en cours,
    • la nécessité d’attendre des éléments tangibles avant de condamner un surfeur publiquement.

    Cette mise en garde — rare dans un contexte où la majorité relayait l’affaire sans nuance — prend aujourd’hui tout son sens, puisque la CISF admet que les accusations étaient fictives et diffamatoires.

    Voici l’article lors de l’incident : https://www.icones-surf.fr/incident-gb-surfing-cup-thurso/

  • Gabriel Medina revient sur le Tour en 2026 : une saison qui rassemble les légendes

    Gabriel Medina revient sur le Tour en 2026 : une saison qui rassemble les légendes

    L’annonce n’a surpris personne, mais elle fait plaisir à tout le monde : Gabriel Medina sera bien de retour sur le Championship Tour en 2026, porté par une wildcard Season et par une récupération enfin complète de sa blessure à l’épaule. C’était attendu, presque écrit d’avance… Pourtant, derrière cette décision logique se cache un phénomène bien plus intéressant : l’an 2026 marque le grand retour massif des champions du monde, un alignement rare de générations dorées prêt à remettre les pendules à l’heure au moment où le format historique du circuit est rétabli.

    Un retour annoncé, mais un symbole fort

    Gabriel Medina n’avait pas disparu, il s’était mis en retrait. Blessure à l’épaule en janvier 2025, besoin de reset mental et personnel… Un schéma presque cyclique pour la star brésilienne, qui jongle depuis quelques années entre quête de performance pure et nécessité de retrouver un équilibre de vie. Après plusieurs mois hors du CT, il a repris ses marques dans des wave pools brésiliennes où l’on a déjà revu son explosivité, son timing clinique et cette capacité unique à aligner des airs et des turns puissants. Gabriel Medina est sûrement, l’un des surfeurs les plus complets de sa génération, le tout accompagné d’une rame exceptionnelle….

    Le communiqué du jour officialise ce que tout le monde savait : Medina revient, en bonne santé, prêt à jouer la gagne, et la WSL lui donne une place pour toute la saison 2026 grâce à une wildcard logique pour un triple champion du monde.

    À 32 ans, il n’a rien perdu de ce qui fait de lui l’un des surfeurs les plus complets de l’histoire : 18 victoires sur le CT, trois titres mondiaux (2014, 2018, 2021), plus de dix ans dans la top 5, et un rôle absolument central dans l’avènement de la Brazilian Storm.

    2026, l’année où les champions reviennent tous

    Mais l’information la plus intéressante n’est peut-être pas son retour…
    Ce qui frappe, c’est à quel point 2026 attire les champions, presque comme si quelque chose les rappelait au front.

    Stephanie Gilmore ? De retour.
    John John Florence ? De retour.
    Carissa Moore ? De retour.
    Medina ? De retour.
    Et ce n’est pas tout : d’autres champions plus discrets ou en pause pourraient encore annoncer leur comeback.

    Coïncidence ? Pas vraiment.

    2026 marque le retour à un championship pur, où le titre se gagne sur l’ensemble de la saison, sans playoff final, sans format couperet. Un CT « old school », fondé sur la régularité, la stratégie, la gestion d’une année complète et la capacité à briller dans toutes les conditions.

    Ce format, c’est celui qui a sacré les plus grands noms de l’histoire.
    C’est aussi celui où les champions déjà établis excellent le plus naturellement.

    Et si les légendes voulaient reprendre leur place dans leur format ?

    Les playoffs ont créé de la tension, du spectacle, mais aussi de la frustration.
    Perdre un titre sur une seule journée à Trestles a laissé des traces : Medina en 2021, Filipe Toledo en 2023, Carissa Moore à plusieurs reprises…

    Revenir à une course annuelle remet au centre la science du Tour : lire les conditions, performer de Pipe à J-Bay, gérer les coups de mou, dominer sur la durée.
    Ce terrain-là, c’est celui des légendes, des surfeurs complets, de ceux qui savent remporter un world title… pas celui où une seule journée suffit.

    On a donc peut-être affaire à un retour motivé autant par le cœur que par le contexte compétitif.

    Medina, symbole d’une nouvelle ère ?

    Ce retour groupé pourrait marquer un tournant. On a longtemps parlé de « changement de génération », avec Jack Robinson, Ethan Ewing, Molly Picklum, Joao Chianca, ou encore Caitlin Simmers prêts à prendre le pouvoir.
    2026 est en train de rebattre les cartes.

    • Les jeunes arrivent en force.
    • Les champions reviennent en meute.
    • Le format évolue.

    Le Tour 2026 ressemble déjà à une saison mythique : un mix parfait entre la puissance des icônes et l’insolence des nouveaux talents.

    Medina, au milieu de tout ça, pourrait devenir le point d’équilibre : assez mature pour aborder un comeback avec lucidité, mais toujours affamé, toujours capable de sortir les moves les plus décisifs dans les moments clés.

    Un calendrier taillé pour le spectacle

    Avec un retour qui débutera à Bells Beach avant de passer par Margaret River, Teahupoʻo, Saquarema, J-Bay, Tahiti, El Salvador, Trestles… et un Pipe Masters final en décembre, la saison coche toutes les cases pour offrir un duel épique entre générations.

    Medina a déjà remporté dans presque toutes ces destinations.
    Et Teahupoʻo ou Saquarema en pleine forme ? C’est presque son terrain de jeu.

    2026 sera l’année où toute une génération de champions revient défendre son héritage, face à une jeunesse impatiente de renverser la table.

    Et Medina le sait : 2026 pourrait être l’une des saisons les plus importantes de sa carrière.

  • Le retour tant attendu de John John Florence sur le CT en 2026

    Le retour tant attendu de John John Florence sur le CT en 2026

    L’annonce n’a surpris personne, mais elle a enthousiasmé tout le monde : John John Florence sera de retour sur le Championship Tour dès 2026, grâce au Season Wildcard qui lui a été attribué par la WSL. Le triple champion du monde, absent cette année pour voguer à travers le Pacifique avec sa famille, retrouve donc la compétition pour la saison qui marquera les 50 ans du CT. Et c’est peu dire que ce retour promet de rehausser le niveau… et le spectacle.

    Un come-back attendu, un champion reposé

    « J’apprécie vraiment que la WSL m’offre cette wildcard », confie Florence dans le communiqué officiel. Après avoir mis entre parenthèses le Tour début 2025 — alors qu’il était tout simplement le champion du monde en titre — l’Hawaïen a vécu une parenthèse unique : navigation, exploration des îles les plus reculées du Pacifique, sessions de rêve hors des radars… tout en profitant pleinement de sa femme Lauryn et de leur jeune fils.

    Cette pause n’était pas un retrait, mais un souffle. Un moyen de repartir avec l’envie, l’énergie et surtout la liberté retrouvée d’un surfeur qui, depuis 2011, vit sous la pression permanente du très haut niveau.

    Un palmarès hors norme, un style inimitable

    Florence, c’est d’abord un palmarès de légende :

    • Trois titres de champion du monde (2016, 2017, 2024)
    • Neuf victoires en CT
    • Cinq Triple Crown
    • Deux participations olympiques
    • Un exploit unique : gagner l’Eddie Aikau et le World Title la même année

    Mais au-delà des trophées, c’est son surf qui parle : puissant, aérien, fluide, explosif. Il a redéfini ce qu’il est possible de faire dans des vagues comme Margaret River ou Pipeline, où il possède certains des Perfect 10 les plus mythiques de l’histoire récente.

    Son dernier titre mondial, acquis en 2024 lors de sa première participation aux WSL Finals, a consacré un surfeur au sommet de son art.

    2026 : une saison symbolique et pleine de promesses

    La prochaine saison semble taillée sur mesure pour lui :

    • Ouverture à Bells Beach, où il s’est déjà imposé.
    • Clôture à Pipe, chez lui, dans l’arène où il a grandi entouré de Nathan et Ivan.

    Entre les deux, un Tour revisité pour les 50 ans de la WSL, avec une densité de talents impressionnante — de Medina à Robinson, en passant par les nouvelles révélations. Autant dire que le retour de JJF ajoute une dimension narrative parfaite : celle du champion revenu pour reconquérir son trône.

    Et pour les fans ? C’est simple : le meilleur surfeur de sa génération reprend le jersey. L’assurance d’un spectacle XXL.

  • Le grand retour de Stephanie Gilmore sur le CT en 2026 : une nouvelle bataille générationnelle

    Le grand retour de Stephanie Gilmore sur le CT en 2026 : une nouvelle bataille générationnelle

    Après deux ans hors du circuit et une vie bien remplie entre voyages, projets et collaborations, Stephanie Gilmore, huit fois championne du monde et icône du surf moderne, revient officiellement sur le Championship Tour en 2026. La World Surf League a confirmé qu’elle bénéficierait du season wildcard, lui offrant un ticket direct pour l’intégralité de la saison… et une place de choix dans un affrontement qui s’annonce historique : Carissa Moore et Stephanie Gilmore d’un côté, Caitlin Simmers et Molly Picklum de l’autre.

    Le retour tant attendu d’une championne hors norme

    Le 18 novembre 2025, la WSL a annoncé ce que beaucoup espéraient : Gilmore fera son retour plein temps sur le Tour, qui fêtera cette année-là ses 50 ans.
    Après son huitième titre mondial en 2022, l’Australienne avait marqué une pause, laissant derrière elle une carrière déjà légendaire :
    – 34 victoires en CT (seul Slater fait mieux)
    – Une domination technique basée sur le flow, les rails puissants et une élégance rare
    – Un style devenu une référence pour toute une génération

    Dans le communiqué, Gilmore confie :

    « Je suis très excitée d’accepter la wildcard pour 2026. J’ai profité de ces années pour explorer d’autres projets, mais j’ai très envie de revenir affronter les jeunes talents du Tour. »

    Une phrase simple, mais lourde de sens : Stephanie revient pour gagner, pas pour faire de la figuration.

    Un parcours unique, une influence immense

    Arrivée sur la scène mondiale en 2005, elle remporte sa première épreuve du CT… en tant que wildcard, à 17 ans, à Snapper Rocks.
    Deux ans plus tard, elle décroche le titre mondial dès sa saison rookie, une première dans l’histoire du surf.

    Son règne s’étendra sur près de quinze ans, avec des titres en 2007, 2008, 2009, 2010, 2012, 2014, 2018 et enfin 2022.
    Son style, mélange de grâce absolue et d’autorité sur le rail, a élevé le niveau du surf féminin.
    Et sa victoire « impossible » en 2022 — remontant de la 5e place pour battre successivement les quatre meilleures mondiales à Trestles — reste un moment fondateur du surf moderne.

    Une pause… mais une vie très loin d’être calme

    Pendant son break, Gilmore n’a pas simplement « pris des vacances ». Elle a voyagé à travers le monde pour The Search avec Rip Curl, surfé avec Tom Curren ou Mason Ho, développé plusieurs collections, lancé une marque de tequila (Cinca) et même monté sur scène avec le groupe Spiderbait.

    « C’était fun, mais finalement plus chargé que ce que j’imaginais. Revenir sur le Tour me donnera presque un peu de routine ! », dit-elle.

    Une routine qui commencera le 1er avril 2026, au Rip Curl Pro Bells Beach, qu’elle a déjà remporté quatre fois.

    2026 : l’année du choc des générations

    Le retour de Gilmore intervient seulement quelques jours après une autre bombe : Carissa Moore revient elle aussi sur le CT en 2026.
    Deux légendes vivantes. Deux surfeuses qui ont redéfini leur sport. Deux recordswomen. Et probablement leurs dernières années à leur apogée.

    Face à elles, une génération qui n’a plus peur de rien :

    • Caitlin Simmers, 18 ans, spectaculaire, imprévisible, explosive.
    • Molly Picklum, championne du monde en titre et autorité montante en vagues puissantes.
    • Bettylou Sakura Johnson, ultra régulière.
    • Erin Brooks, phénomène aérien qui pousse déjà les limites techniques.

    2026 pourrait bien être l’une des saisons les plus excitantes de l’histoire du surf féminin, entre héritage, rivalités et affrontements de styles.

    La quête ultime : Pipeline, Tahiti, Fiji

    Gilmore le dit elle-même : certaines étapes lui échappent encore.

    « Pipeline, Tahiti, Fiji… ce sont des endroits où je veux vraiment mieux faire. J’ai envie d’y performer dans de belles vagues. »

    Autrement dit : elle revient pour combler les derniers chapitres manquants d’un palmarès déjà monumental.

  • Mondiaux SUP 2025 : un immense niveau pour la France, mais l’or par équipes s’envole

    Mondiaux SUP 2025 : un immense niveau pour la France, mais l’or par équipes s’envole

    Le Surf City El Salvador aura de nouveau vibré en novembre 2025 avec les ISA World SUP and Paddleboard Championships, un événement devenu incontournable pour les nations qui comptent dans la rame et le paddle moderne. Conditions propres, ambiance chaude et un niveau global qui ne cesse de monter d’année en année : tout était réuni pour un grand cru.

    Et il l’a été.
    Sauf que… le scénario final a laissé un goût doux-amer dans la délégation française : malgré un ensemble de performances individuelles de très haut niveau, les Bleus repartent d’El Sunzal sans l’or par équipes. Une nouvelle fois, c’est l’Espagne qui décroche la couronne mondiale — deuxième titre consécutif.

    Pour la France, le bilan reste remarquable. Mais l’objectif suprême, celui qui fait briller une nation entière, ne sera pas pour cette année.

    L’Espagne, reine incontestée du Mondial

    Le communiqué espagnol a été clair :

    « España logró segundo título consecutivo en el mundial de SUP y Paddleboard »
    L’Espagne remporte son deuxième titre mondial consécutif en SUP et Paddleboard.

    Et les chiffres le confirment.

    Selon le classement final que tu m’as fourni, la Roja totalise 13 976 points, devant la France avec 13 552 points. Un écart réduit… mais suffisant pour empêcher les Français de rêver d’une victoire historique.

    Les Espagnols ont été d’une régularité impressionnante, avec 10 podiums sur 14 catégories, dont un titre mondial en Prone Distance grâce à Judit Vergés. Ils ont surtout excellé dans ce qui fait souvent la différence dans un classement par nations : les épreuves féminines, les sprints, et la capacité à éviter les « mauvais résultats » qui plombent un total général.

    Et dans cette logique mathématique impitoyable, l’Espagne a été simplement meilleure.

    La France : un collectif solide, des performances éclatantes

    Même privée du titre par équipes, la France peut quitter le Salvador avec le sentiment du travail bien fait. Le Mondial 2025 a montré l’émergence d’une génération polyvalente, ambitieuse et très compétitive.

    Voici les points marquants du camp français :

    Maël Tissier, l’une des sensations du Mondial

    Véritable métronome, Maël Tissier a offert à la France des performances énormes, avec notamment une victoire en Prone Distance qui a marqué la journée. Solidité, précision, résistance : le Français a confirmé qu’il fait partie des meilleurs rameurs du monde dans sa catégorie.

    Eliott Bry, le futur du SUP français

    Le phénomène tricolore a livré un Mondial d’une maturité impressionnante, notamment dans les épreuves techniques. Il confirme ici ce que tout le microcosme sait déjà : la France a entre ses mains l’un des talents les plus prometteurs du paddle mondial.

    Un collectif homogène

    Ce qui frappe dans cette équipe de France 2025, c’est la cohérence du groupe. Peu de « trous », beaucoup de solidité, et surtout une capacité à performer dans toutes les disciplines : surf SUP, distance, technique, prone, junior.

    Pour reprendre la formule souvent utilisée dans les sports olympiques :

    Ce n’est pas une équipe qui a perdu l’or. C’est une autre qui a été encore plus forte.

    Et c’est souvent la pire frustration.

    Pourquoi l’or s’est envolé : analyse à froid

    Oui, la France a excellé.
    Oui, les podiums ont été nombreux.
    Mais dans un Mondial par équipes, un titre se joue sur des détails.

    Voici les facteurs principaux qui expliquent la défaite française :

    1. L’Espagne intouchable dans certaines catégories féminines

    La course longue distance femmes a été décisive. L’Espagnole Duna Gordillo a imposé un rythme surréaliste, quand la Française Anaïs Guyomarch terminait à la 5ᵉ place. Dans un système de points où chaque position compte, cela crée des écarts que l’on paie plus tard.

    2. Les sprints : un secteur où l’Espagne a creusé un vrai fossé

    Les épreuves de sprint, souvent explosives et imprévisibles, ont été dominées par la Roja. L’équipe française a été régulière, mais pas suffisamment haut placée pour reprendre des points.

    3. Le manque de titres en SUP Surf

    Les divisions de SUP Surf peuvent rapporter gros, mais le niveau international y devient féroce. Les Français y ont été solides, mais sans accrocher l’or, là où l’Espagne a placé ses athlètes très haut.

    4. Une mécanique bien huilée côté espagnol

    Le gros point fort de l’Espagne ?
    Elle a évité toutes les contre-performances. Même dans les divisions où elle ne visait pas la victoire, elle restait dans les positions rentables pour le classement général. Et c’est exactement ce qui fait une nation championne.

    Les hispanophones en force… mais la France devant

    Du côté hispanophone, c’est l’année de la confirmation :

    • Argentine : 6e
    • Puerto Rico : 7e
    • Pérou : 8e
    • Chili : 11e

    Cela ajoute au prestige de la performance française, qui reste la meilleure nation hispanophone + francophone de la compétition, derrière l’Espagne seule.

    La France reste le n°2 mondial, et de loin.

    Quel avenir pour l’équipe de France de SUP ?

    Ce Mondial 2025 ouvre en réalité d’excellentes perspectives pour la France :

    1. Une jeunesse prête à prendre le pouvoir

    Avec des profils comme Eliott Bry, mais aussi toute une vague montante en junior et en SUP technique, la France s’assure un avenir radieux.

    2. Une marge de progression bien identifiée

    Les axes de travail sont clairs :

    • renforcer les sprints,
    • densifier les catégories féminines,
    • viser plus haut en SUP Surf,
    • et conserver l’excellence en prone distance.

    3. Un collectif structuré qui peut viser l’or dès 2026

    Le plus dur dans un Mondial, c’est d’être constant.
    La France l’a montré.
    Pour transformer un podium global en titre, il faudra des victoires nettes dans quelques catégories clés.

    Mais l’écart avec l’Espagne (424 points) est loin d’être insurmontable.

    Entre fierté et frustration, un Mondial qui inspire

    La France quitte El Salvador sans l’or, mais avec un sourire teinté de frustration – signe que cette équipe vise plus haut que des podiums symboliques.

    Dans les faits :

    • les Français ont été réguliers,
    • performants,
    • talentueux,
    • et ultra présents dans presque toutes les finales importantes.

    Il manque encore un petit quelque chose pour décrocher le titre suprême, mais les bases sont là, solides et inspirantes.

    Rendez-vous en 2026 : les Bleus seront très attendus.

  • Carissa Moore signe son grand retour sur le CT en 2026

    Carissa Moore signe son grand retour sur le CT en 2026

    Un an et demi après avoir quitté la compétition pour vivre l’un des plus beaux chapitres de sa vie, Carissa Moore est officiellement de retour sur le Championship Tour 2026. La nouvelle vient de tomber : la quintuple championne du monde et championne olympique recevra le wildcard saisonnier de la WSL, lui ouvrant la porte d’un retour à plein temps sur le circuit.
    Après avoir accueilli son premier enfant, Olena, en février 2025, la surfeuse hawaïenne revient avec une énergie nouvelle – et un message puissant : « Nous pouvons continuer à poursuivre nos rêves, même lorsque la vie évolue. »

    Une championne hors normes, déjà légendaire

    Depuis son arrivée sur le Tour en 2010, Carissa Moore a tout simplement redéfini les standards du surf féminin. À 17 ans, elle remportait déjà des heats contre les meilleures. À 18 ans, elle devenait la plus jeune championne du monde de l’histoire.
    Et les chiffres parlent d’eux-mêmes :

    • 13 saisons complètes sur le CT
    • 28 victoires en carrière
    • Jamais moins bien classée que 3e… sauf une seule fois
    • Médaillée d’or lors de la toute première épreuve olympique de surf en 2020

    Carissa n’a pas seulement gagné. Elle a inspiré. De son surf puissant et progressif, à son sourire constant, jusqu’à ses engagements solidaires à travers la Moore Aloha Foundation, elle a toujours incarné l’ambassadrice parfaite du surf moderne.

    Une pause nécessaire, un retour monumental

    Sa dernière apparition en compétition remonte au Teahupo’o olympique en 2024, où elle avait surfé l’un des gauches les plus dangereuses de la planète… enceinte de deux mois. Quarterfinals. Rien que ça.
    Après cette performance presque irréelle, elle avait choisi de faire une pause pour accueillir son bébé et se recentrer. Mais son amour du surf et de la compétition n’a jamais disparu. Via ses réseaux, on l’a souvent vue en freesurf, les lignes affutées, les appuis précis, les carves toujours aussi puissants. Une certitude se dessinait : Riss n’avait rien perdu.

    « Remettre un lycra après avoir eu un bébé, c’est déjà une victoire », explique-t-elle.

    Un comeback redouté… et redoutable

    Son retour va forcément rebattre les cartes sur le circuit féminin. Les reines actuelles – Caity Simmers, Molly Picklum, Gabriela Bryan – excellent depuis deux saisons et dominent la scène. Mais une Carissa en forme, motivée, et surtout libérée après une pause choisie… ça peut changer le destin d’un Tour entier. On y voit un choc générationnel entre la jeune garde et Carissa, qui représente maintenant la maturité.

    Une saison 2026 déjà très attendue

    Carissa Moore ne reviendra pas directement sur une étape CT, mais fera son premier test de lycra en décembre prochain au Florence Pipe Pro (QS 2000) à Pipeline. Une manière de renouer avec la compétition sans pression.
    Ensuite, place au grand bain :

    • 1er avril 2026 : lancement du CT à Bells Beach
    • Décembre 2026 : fin de saison au Pipe Masters, devant son public hawaïen

    Un scénario parfait pour célébrer les 50 ans du Championship Tour.

    Un retour historique pour une athlète iconique.

  • Annaëlle Challenge 2025 : le dernier rugissement du slab breton

    Annaëlle Challenge 2025 : le dernier rugissement du slab breton

    C’est un monument du bodyboard français qui tire sa révérence. Les mardi 11 et mercredi 12 novembre 2025, au large de Lampaul-Ploudalmézeau (Finistère), la mythique Annaëlle Challenge s’est tenue pour la dernière fois. Portée depuis plus de quinze ans par des bénévoles passionnés et par le souffle d’une communauté fidèle, cette compétition unique en Europe a offert un final à la hauteur de sa légende : houle d’ouest massive, vent offshore parfait, et un plateau de riders digne d’un championnat du monde.

    Suivez la compétition en direct avec le LIVE JOUR 2

    LIVE DE LA COMPÉTITION JOUR 1

    La dernière danse à Annaëlle

    Armide Soliveres remporte la dernière édition de l’Annaëlle Challenge, refermant avec panache un chapitre unique du bodyboard français. C’est un livre qui se ferme dans la joie et la tristesse : la joie d’avoir assisté à une édition magistrale, mais aussi la mélancolie de voir disparaître une compétition mythique, portée par des organisateurs exemplaires et un engagement total.
    Dans une finale d’anthologie, Soliveres s’impose avec 16 points, devant Pierre-Louis Costes (15,97) au terme d’un duel monumental. Yann Salaün complète le podium avec 14,20 points, suivi de Morgan Le Quellec (12,13). Un superbe spectacle qui restera gravé dans les mémoires, ponctué par une série surf d’exception où Titouan Canevet a offert une prestation XXL, saluée par tous.

    Résultats de la première journée

    La première journée de compétition a offert un beau spectacle malgré des conditions capricieuses. Avec une longue période et un vent soutenu, les riders ont dû composer avec de fortes attentes entre les séries et un courant intense, rendant le placement particulièrement délicat sur cette zone de take-off étroite et exigeante. Dans ces vagues puissantes, Jérémy Arnoux s’est illustré en signant la vague du jour avec une note de 8,83 points, confirmant son excellent état de forme. Pierre-Louis Costes, Yann Salaün, Armide Soliveres et Arnoux ont dominé leurs séries respectives, se qualifiant logiquement pour le tour suivant. Aujourd’hui, les prévisions annoncent une houle en légère baisse mais avec un vent plus faible, promettant des conditions plus maniables pour la suite du spectacle.

    Résultats du Round 1 – Annaëlle Challenge 2025

    Heat 1

    PositionSurfeurPaysPoints
    🥇Pierre-Louis CostesFRA11,60
    🥈Louka ZaninottoFRA9,16
    🥉Derek CraterFRA8,74
    4️⃣Laurent JegoudezFRA3,83

    Heat 2

    PositionSurfeurPaysPoints
    🥇Armidé SoliveresCNY8,86
    🥈Steph KokorelisPOR7,13
    🥉Mael MartinezEUSK5,50
    4️⃣Julien Le SehanBZH4,60

    Heat 3

    PositionSurfeurPaysPoints
    🥇Jérémy ArnouxFRA13,70
    🥈Morgan Le QuellecBZH12,20
    🥉Lionel MedinaCNY11,40
    4️⃣Léo Jourdain-DesprezBZH6,10

    Heat 4

    PositionSurfeurPaysPoints
    🥇Yann SalaünBZH9,10
    🥈Benoît CrenBZH8,30
    🥉Max AusinaEUSK7,94
    4️⃣Irwin CloarecFRA6,24

    Une vague indomptable et inaccessible

    Annaëlle n’est pas un simple spot. C’est une entité sauvage, un slab qui casse sur un fond rocheux à fleur d’eau, derrière un îlot protégé, invisible depuis la côte. Impossible à approcher sans bateau, la vague est à la fois fascinante et terrifiante.
    « Annaëlle, c’est le spot le plus dangereux de France », confiait Pierre-Louis Costes, double champion du monde et double tenant du titre.
    Ce dernier, légende du bodyboard français, faisait évidemment partie des seize invités de cette ultime édition, aux côtés d’un casting exceptionnel :

    • Armide Soliveres, champion du monde 2024,
    • Jérémy Arnoux, double vainqueur de l’épreuve,
    • Louka Zaninotto, jeune prodige français et champion du monde junior (16 ans),
    • Yann Salaün, champion de France et local respecté,
      et bien d’autres spécialistes internationaux du slab.

    Des conditions « folles » pour une dernière danse

    Après trois années d’attente sans fenêtre météo favorable, la nature a finalement offert le cadeau rêvé : deux jours de houle puissante, un vent offshore chirurgical et une lumière d’automne dramatique sur les falaises du nord Finistère.
    Les organisateurs, emmenés par Gwen Renambot, ont annoncé la nouvelle le vendredi précédent avec une excitation palpable : « C’est la bonne, on y va ! »
    Et ils avaient raison. Les vagues ont atteint plusieurs mètres, creuses, rapides, et d’une intensité rare, rappelant pourquoi l’Annaëlle Challenge est devenu au fil des ans un événement culte, presque mystique, dans le monde du bodyboard.

    Une compétition sur invitation, un format resserré

    Fidèle à son ADN, la compétition restait fermée à seize bodyboarders triés sur le volet, répartis en séries de quatre sur deux tours, avant la grande finale.
    Pas de public, pas de tribunes, seulement quelques bateaux de sécurité, des drones et les caméras de la chaîne YouTube officielle, qui a permis au grand public d’assister en direct à ce moment d’histoire.
    Cette intimité assumée, loin du spectacle commercial, a toujours été la marque de fabrique du Challenge : un événement pur, brut, à taille humaine.

    Il est important de noter qu’il y a aura aussi une série avec des surfeurs invités sur le volet pour cette dernière édition.

    Une « der » qui marque la fin d’une époque

    Pourquoi s’arrêter maintenant ?
    Parce qu’organiser l’Annaëlle Challenge, c’est un défi logistique et humain colossal. Entre la sécurité, la météo capricieuse, les autorisations environnementales et la mobilisation d’une armée de bénévoles, chaque édition relevait du miracle.
    L’équipe a préféré clôturer l’aventure sur une note de perfection plutôt que de la laisser s’éteindre lentement. Et quelle note ! Tous ceux qui ont suivi les lives ou les images déjà diffusées s’accordent à dire que cette 8ᵉ édition restera dans l’histoire.

    Un héritage gravé dans la roche

    Depuis 2009, l’Annaëlle Challenge a façonné la culture du bodyboard français. Il a inspiré des générations de riders, révélé des talents, et prouvé que la Bretagne pouvait rivaliser en intensité avec les slabs australiens ou canariens.
    Son esprit, celui du surf engagé, respectueux de la nature et de la communauté, continuera de flotter au large de la presqu’île de Saint-Laurent.
    Les légendes passent, la vague reste.

  • La France lance sa reconquête mondiale de SUP au Salvador

    La France lance sa reconquête mondiale de SUP au Salvador

    Une entame prometteuse sous le soleil de Surf City

    La première journée des Mondiaux ISA de Stand Up Paddle et Paddleboard a bien souri à la France. Sur les vagues d’El Sunzal, théâtre mythique des Mondiaux 2019, les Bleus ont signé un départ idéal.
    Seuls la France et le Brésil ont réussi à faire passer leurs quatre athlètes engagés dans le tableau principal du SUP Surf. Un départ collectif solide, quand des nations puissantes comme l’Espagne, le Japon ou le Pérou ont déjà vu tomber certains de leurs représentants au repêchage.

    Le retour du SUP Surfing tricolore

    C’est un vrai plaisir de revoir cette discipline au programme mondial. En l’absence de Clément Roseyro, Mathieu Carpentier a endossé le double rôle de coach et compétiteur, rejoignant son frère Benoît, champion du monde 2019 et médaillé en 2022 et 2023.
    Chez les dames, Camille Dubrana et Marine Kerdreux, toutes deux bretonnes, ont bien entamé leur campagne sur une vague exigeante, mais régulière.

    Un collectif complet et ambitieux

    En SUP Race, la France présente un groupe équilibré entre jeunesse et expérience :

    • Arthur Arutkin et Titouan Puyo, deux anciens champions du monde,
    • Ethan Bry et son frère Eliott, première sélection internationale commune,
    • Mélanie Lafenêtre, Iona Rivet et Anaïs Guyomarch, solides références féminines,
    • sans oublier Thaïs Delrieux et Maël Tissier en prone paddleboard, deux athlètes issus du sauvetage côtier.

    Cette diversité d’expériences, associée à la cohésion du staff mené par Serge Lougarot, confirme la France parmi les grandes favorites, avec le Brésil et l’Australie.

    Un objectif clair : reconquérir le titre mondial

    Triple championne du monde par équipes (2019, 2022, 2023), la France entend bien reprendre sa couronne perdue l’an dernier au Danemark, où elle avait terminé troisième derrière l’Espagne et le Japon.
    Le Salvador, qui accueille l’événement pour la deuxième fois, porte une symbolique forte : c’est ici même que les Bleus avaient remporté leur premier titre mondial en 2019.

    La suite de la compétition

    Le round 2 du SUP Surf se tiendra ce mardi après-midi à El Sunzal (22h heure française), avant les épreuves techniques et longue distance programmées en fin de semaine.
    Les conditions annoncées sont bonnes, avec un vent léger et des houles régulières : tout ce qu’il faut pour voir briller le collectif tricolore.

  • La France sur le toit du monde : le para surf bleu-blanc-rouge entre dans la légende

    La France sur le toit du monde : le para surf bleu-blanc-rouge entre dans la légende

    Trois sacres consécutifs, cinq champions du monde, douze finalistes : l’équipe de France a régné sur Oceanside

    C’est un exploit majuscule.
    Sous le soleil californien d’Oceanside, les surfeurs tricolores ont écrit une page d’histoire : troisième titre mondial consécutif pour la France, cinq titres individuels, douze finalistes dans dix-huit catégories.
    Jamais une nation n’avait aligné une telle domination sur les Championnats du monde de para surf.
    Les Bleus rejoignent les États-Unis au palmarès, mais surtout, ils deviennent la première équipe à réussir un triplé historique.

    Une génération dorée et une cohésion exemplaire

    Il y a les chiffres, vertigineux. Et puis il y a l’esprit, celui d’une équipe qui ne lâche rien.
    Dix ans après la première édition des Mondiaux, la France s’impose désormais comme la référence mondiale du para surf.

    « Ce titre, c’est celui de tout un collectif », confie Guillaume Colin, champion du monde en Sit. « On se tire tous vers le haut, dans l’eau comme à terre. Cette victoire, elle appartient à toute l’équipe. »

    L’aventure bleue est portée par une philosophie simple : la solidarité, le plaisir, et l’exigence.
    Derrière chaque médaille, il y a un entraîneur, un binôme, un kiné, des clubs engagés et une fédération qui a su professionnaliser la discipline sans trahir son âme.

    Cinq champions du monde français à Oceanside

    Guillaume Colin, l’expérience du champion

    À 41 ans, Guillaume Colin (Palus Avis Surf Club) conserve son titre mondial dans la catégorie Sit au terme d’une finale renversante.
    Longtemps mené, il trouve la vague décisive à cinq minutes du buzzer : un enchaînement fluide, précis, noté haut par les juges.
    Deux vagues plus tard, il prend la tête et ne sera plus jamais rattrapé.
    « J’ai attendu, j’ai douté, mais je savais qu’elle finirait par arriver. Quand elle s’est ouverte, je me suis dit : maintenant ou jamais. »
    Le vétéran incarne à lui seul la constance et la maîtrise de cette équipe.

    Thomas Da Silva, la délivrance après trois finales perdues

    Après trois médailles d’argent consécutives (2022, 2023, 2024), Thomas Da Silva (24 ans, BASCS) décroche enfin le titre en VI1.
    Dans une finale au rythme lent, il impose sa loi avec deux vagues bien construites, totalisant 10,50 points.
    L’Australien Watson et l’Allemand Neumann tentent de revenir, en vain.
    « J’étais à fond. Ce n’était pas facile, mais j’ai tout donné. »
    Un sacre mérité, fruit d’un travail acharné mené entre le Pays basque et la Martinique.

    Pierrot Gagliano, la confirmation

    Déjà champion du monde en 2024, Pierrot Gagliano (25 ans, Hourtin Surf Club) conserve son titre en VI2.
    D’entrée de jeu, il frappe fort : un roller backside explosif et un cut back précis pour un 8,33.
    La finale se transforme en duel contre le Chilien Medina, mais Gagliano garde le contrôle et scelle sa victoire avec une deuxième vague à 8,17 pts.
    Humilité totale à la sortie de l’eau : « Je n’ai pas surfé parfait, mais j’ai pris du plaisir. C’est tout ce qui compte. »

    Laurie Phipps, la reconquête

    Deux ans après son titre mondial en 2023, Laurie Phipps (Hossegor Surf Club) récupère sa couronne en Stand 2 dames.
    Son surf est précis, élégant, et son engagement sans faille.
    Elle surfe deux longues droites notées haut, domine sa finale et s’impose avec 14,17 points.
    Son retour au sommet confirme son statut de pionnière du para surf féminin français.

    Valentine Moskoteoc, la nouvelle étoile

    À seulement 15 ans, Valentine Moskoteoc (Handi Surf) remporte son premier titre mondial en VI1 dames.
    Trois fois vice-championne auparavant, la jeune prodige franchit le cap avec une maturité bluffante.
    En finale, elle surclasse la Portugaise Marta Paço avec un surf fluide et engagé.
    Une performance majuscule, qui fait d’elle la nouvelle figure du para surf tricolore.
    L’avenir est déjà là.

    Des podiums en série : la force du collectif

    Derrière les titres, les Bleus continuent de remplir les podiums.
    Béatrice Duran (Prone 2) décroche la médaille d’argent après un parcours exemplaire, Éric Dargent (Stand 3) signe un cinquième titre de vice-champion du monde, Céline Rouillard (Prone 2) et Gaëlle Habri (Stand 2) repartent avec le bronze.
    Derrière eux, les “médailles de cuivre” – ces 4ᵉ places – reviennent à Solange Balay, Maxime Cabanne et Emmanuelle Blanchet, tous finalistes et modèles de persévérance.

    L’émotion est palpable dans le clan français.
    « Ce n’est pas juste une équipe, c’est une famille », confie Céline Rouillard.
    Dans les gradins, les drapeaux tricolores flottent, et le public californien applaudit la cohésion des Bleus.

    Un sacre collectif, symbole d’une décennie de travail

    Dix ans après la première édition du Mondial, la France récolte les fruits d’un projet bâti sur la durée.
    La structuration des clubs Handi Surf, la formation des encadrants, et l’émergence de talents venus de toutes les régions — du Pays basque à la Bretagne, de la Méditerranée à la Charente — ont créé une base solide.

    Les Bleus incarnent cette vision inclusive :
    le para surf français n’est plus seulement une discipline à part, c’est un modèle de performance et d’inspiration.

    Un hommage à Fred Biscayar, pionnier disparu

    Ce triplé historique résonne comme un hommage.
    En 2015, lors du premier championnat du monde à Oceanside, le capitaine s’appelait Fred Biscayar.
    Ancien directeur de la Ligue de Surf Nouvelle-Aquitaine, disparu en 2023, il a été l’un des fondateurs du mouvement Handi Surf.
    Plusieurs membres de l’équipe actuelle — Éric Dargent, Maxime Cabanne, Serge Lougarot — étaient déjà là à ses côtés, il y a dix ans.
    Ce troisième titre mondial est aussi le leur, et le sien.

    Le classement mondial 2025

    RangNationPoints
    🥇 1France13 741
    🥈 2États-Unis10 151
    🥉 3Brésil9 958
    4Australie8 965
    5Italie5 416
    ………

    Trois années de domination tricolore (2023, 2024, 2025).
    Un palmarès qui inscrit définitivement la France dans l’histoire du para surf mondial.
    Les États-Unis, longtemps hégémoniques, voient désormais l’écart se creuser.
    Le Brésil et l’Australie complètent un podium qui, depuis trois ans, a pris des allures de duel France/monde.

    L’esprit bleu : plus qu’une équipe, une famille

    Dans le bus du retour vers Los Angeles, les planches empilées et les médailles autour du cou, on entend des rires, des embrassades, et cette phrase qui revient sans cesse :
    « On l’a fait ensemble. »

    C’est peut-être ça, le secret des Bleus : un état d’esprit collectif, une force tranquille, et une joie communicative.
    La victoire n’est pas seulement dans les scores, elle est dans le lien entre ces surfeurs et surfeuses qui incarnent la résilience.

    Des visages différents, des parcours uniques, mais une même flamme : celle de l’océan, du dépassement et du partage.
    Et derrière eux, une France qui peut être fière de ses champions.

    Une hégémonie appelée à durer

    Un titre mondial individuel en 2023, deux en 2024, cinq en 2025 : la progression française est spectaculaire.
    Les jeunes comme Valentine Moskoteoc ou Héloïse Lauriol assurent la relève, pendant que les vétérans guident, transmettent, inspirent.
    La fédération a trouvé la bonne alchimie entre formation, innovation et inclusion.

    Et si ce triplé n’était qu’un début ?
    Oceanside 2025 restera comme une date historique, mais les Bleus ont déjà la tête à 2026.
    L’ambition ? Continuer à repousser les limites — et à prouver que dans l’eau, le courage n’a pas de handicap.

    Ils et elles sont les Bleus du para surf 2025

    Laurie Phipps, Valentine Moskoteoc, Guillaume Colin, Thomas Da Silva, Pierrot Gagliano,
    Béatrice Duran, Éric Dargent, Céline Rouillard, Gaëlle Habri,
    Solange Balay, Maxime Cabanne, Emmanuelle Blanchet, Héloïse Lauriol, Maxime Clarkin, Clément Clavaud,
    et toute la team menée par Jean-Marc St Geours, Serge Lougarot, Carol Combecave, Edouard Manson et les binômes Handi Surf.

    Une équipe pas comme les autres, unie par la même vague : celle du dépassement de soi.