Fidji, 1er septembre 2025. Les vagues de Cloudbreak n’étaient peut-être pas le “monster swell” promis, mais l’histoire s’est bel et bien écrite : le Brésilien Yago Dora et l’Australienne Molly Picklum deviennent pour la première fois champions du monde. Une journée contrastée entre climax sportif, petites vagues et fin d’une ère pour le format controversé des Final 5.
Le scénario ressemblait à une redite : comme Medina en 2021, Toledo (x2) et Florence en 2024, c’est encore le n°1 mondial qui s’impose. Yago Dora, 29 ans, n’a pas tremblé face à Griffin Colapinto, pourtant en feu après avoir écarté Italo Ferreira et Jordy Smith.
Avec un surf précis et relâché, Dora a frappé dès l’entame avec une combinaison de manœuvres notée 8,33, la meilleure vague de la finale. Colapinto a tenté un baroud d’honneur à quelques secondes du buzzer, en rentrant dans le tube le plus long de la journée. Mais la sortie s’est refermée, comme un symbole : impossible d’arrêter la marche du Brésilien. Score final : 15,66 à 12,33.
Ce titre prolonge la domination brésilienne : 8 couronnes sur les 10 dernières années pour le Brésil. La “Brazilian Storm” souffle encore.
Chez les femmes, l’histoire est encore plus forte. Molly Picklum (22 ans) devient la première Australienne championne du monde depuis Stephanie Gilmore en 2022. Et surtout, elle l’emporte à Cloudbreak, dans des vagues lourdes et techniques rarement proposées aux finales féminines.
Son parcours ? Un faux départ dans la première manche, dominée par Caroline Marks. Mais Picklum a ensuite enclenché le turbo : deux heats gagnés avec autorité, deux barrels backside notés 8,83, et le meilleur total de la journée (16,93).
Avec ce titre, elle confirme la tendance d’une jeunesse conquérante : Marks (2023), Simmers (2024), Picklum (2025). Trois championnes en trois ans, toutes de moins de 23 ans. Le surf féminin a changé de génération.
Retrouvez la biographie de Molley Picklum
Le choix de Cloudbreak au lieu de Restaurants promettait des tubes massifs. La réalité fut plus contrastée : peu de barrels, beaucoup de vagues molles ou fermantes. De quoi frustrer certains spectateurs qui attendaient un show tubuesque annoncé.
Les surfeurs ont dû s’adapter à des vagues plus “performance” que “tube”. Italo Ferreira, fidèle à son style aérien, a régalé par moments, mais n’a pas trouvé de constance. Jack Robinson et Caity Simmers, pourtant favoris si ça avait grossi, sont sortis très tôt.
La finale a donc ressemblé à une bataille d’endurance et de choix stratégiques plus qu’à une orgie de barrels. Une fin de saison un peu à contre-courant, mais qui n’enlève rien à la valeur des titres.
Ces finales 2025 étaient aussi la dernière édition du format “sudden death” instauré en 2021. Dès 2026, retour au classement cumulé sur l’ensemble de la saison, avec Pipeline comme bouquet final et un coefficient 1,5.
Le bilan du Final 5 ?
Les fans resteront partagés. Certains regrettaient la “lotterie” d’un seul jour décisif. D’autres y voyaient un show télé parfait, façon Super Bowl.
Entre critiques et célébrations, une chose est sûre : le surf mondial a deux nouveaux visages. Dora, le Brésilien discret mais explosif. Picklum, l’Australienne intrépide qui aime les conditions solides.
Tous deux entreront dans l’histoire non seulement pour leur premier sacre, mais aussi comme les derniers champions du monde de l’ère Final 5. Et ça, même si le swell n’était pas aussi puissant qu’espéré, c’est une page qui se tourne.