Auteur/autrice : Kelly Slater

  • Une vague à 137 euros : le surf version Abu Dhabi

    Une vague à 137 euros : le surf version Abu Dhabi

    Depuis toujours, le surf fait rêver par sa simplicité : une planche, une vague, un océan. Mais à Abu Dhabi, cette équation prend une tournure inattendue. Dans la piscine à vague imaginée par Kelly Slater, le champion aux 11 titres mondiaux, une session se monnaie à prix d’or. On ne parle plus de wax ou de combinaisons, mais bien de 160 dollars la vague, dans un décor digne d’un palace.

    Une vague parfaite… et calibrée

    Ouvert en octobre 2024, Surf Abu Dhabi s’est rapidement imposé comme un temple du surf de luxe. Avec sa technologie développée par la Kelly Slater Wave Company, le bassin de 690 mètres recrée la vague « idéale » : un ride de 55 secondes, deux tubes garantis (pour les meilleurs surfeurs) et une régularité à faire pâlir les plus beaux spots de la planète.

    La magie repose sur une aile sous-marine tractée par un système de poulies. En se déplaçant, elle soulève une masse d’eau qui vient se briser sur un fond spécialement dessiné. Résultat : la plus longue vague artificielle au monde, alimentée par 80 millions de litres d’eau de mer légèrement dessalée.

    Le prix d’un rêve

    Ce rêve, cependant, a un coût. L’entrée au bassin pour les surfeurs confirmés se fait par groupe de quatre maximum. Chaque participant débourse 3 500 dirhams émiratis (environ 950 dollars), avec six vagues garanties. Le calcul est vite fait : 158 dollars la vague.

    Mais la majorité des clients ne s’embarrassent pas d’un partage. Ils préfèrent louer la vague en exclusivité : 20 000 dirhams (5 450 dollars) pour 90 minutes, seul face à la perfection mécanique. Autant dire que le business modèle n’a rien d’un surf club associatif.

    Entre luxe et spectacle

    L’expérience va bien au-delà de la vague. Le site d’Abu Dhabi se compare davantage à un resort cinq étoiles qu’à un simple surf park. Restaurant haut de gamme, piscines et jacuzzis, terrasse avec vue sur la skyline : tout est pensé pour séduire une clientèle de CEOs, stars d’Hollywood ou pilotes de Formule 1. Chris Hemsworth, Lewis Hamilton ou encore Steve Aoki ont déjà goûté au tube sur commande.

    Le général manager Ryan Watkins assume ce positionnement : « Nous avons choisi la qualité plutôt que la quantité. Nous ne faisons pas le plus de vagues, mais les meilleures vagues du monde. »

    Quand le surf devient un sport de riches

    Ce positionnement interroge. Pendant que certains comparent la piscine d’Abu Dhabi au mythique Augusta National, club de golf le plus exclusif de la planète, d’autres dénoncent une rupture avec l’essence du surf. Le parallèle n’est pas anodin : là où les cadres supérieurs passaient leurs week-ends sur le green, ils se retrouvent désormais dans un barrel climatisé, loin de l’océan.

    L’industrie semble pourtant suivre cette tendance. Le surf trip de luxe explose : jets privés pour rejoindre des spots secrets, météorologues personnels pour prévoir les swells, et budgets à six chiffres pour quatre jours aux Maldives. Le marché mondial du surf tourisme, évalué à 68,3 milliards de dollars en 2024, devrait atteindre 96 milliards en 2030. Surf Abu Dhabi veut capter cette clientèle pressée, fortunée et en quête d’expériences exclusives.

    Le débat : authenticité ou accessibilité ?

    Reste une question : est-ce encore du surf ?
    Pour beaucoup, la discipline rime avec nature, imprévu et humilité face à l’océan. De nombreux surfeurs considèrent le sens marin et la science du placement comme la principale qualité d’un surfeur. Ce rapport à la nature est très important pour nombreux d’entre nous.

    À l’inverse, Watkins estime que le modèle ouvre le surf à de nouveaux publics. Plus besoin d’attendre la houle, d’affronter des courants dangereux ou de ramer à s’épuiser. À Surf Abu Dhabi, un débutant peut progresser vite, encadré par des coachs, avec un retour vidéo après chaque vague. Loin des clichés du surfeur fauché, le bassin attire des surfeurs de 8 à 86 ans.

    Une vision signée Kelly Slater

    Derrière ce projet pharaonique, on retrouve évidemment la figure de Kelly Slater. Dans son autobiographie de 2003, il écrivait déjà : « Les surfeurs ont toujours rêvé de créer la vague parfaite. Cela rendrait le surf aussi populaire que le football. »

    Vingt ans plus tard, ce rêve prend forme à Abu Dhabi. Après le Surf Ranch de Californie, il ne s’agit que du deuxième bassin au monde utilisant cette technologie, avec un troisième en construction à Austin, Texas. Le coût total du projet reste confidentiel, mais Bloomberg évoque 90 millions de dollars d’investissement.

    Le futur du surf en question

    Alors, 160 dollars la vague : coup de folie ou avant-goût du futur ? Peut-être un peu des deux. Pour certains, c’est le prix d’une expérience inégalable, un « tube sur commande » qu’aucun océan ne peut garantir. Pour d’autres, c’est une dérive mercantile qui transforme une culture populaire en loisir de milliardaires.

    Une chose est sûre : la piscine de Kelly Slater à Abu Dhabi ne laisse personne indifférent. Entre fascination et indignation, elle pose une question cruciale : le surf restera-t-il une passion universelle ou deviendra-t-il le nouveau golf des élites mondialisées ?

  • Houle Erin : des vagues exceptionnelles en plein mois d’août

    Houle Erin : des vagues exceptionnelles en plein mois d’août

    Aujourd’hui, j’ai pris ma caméra pour filmer cette houle Erin dont tous les médias parlent comme d’un phénomène « historique ». On a lu partout « houle cyclonique », « océan en furie », comme si l’Apocalypse allait balayer nos côtes.

    La réalité ? Oui, les vagues étaient impressionnantes, mais surtout pour un mois d’août. Surfer Mullaghmore en Irlande en 3/2 mm, c’est rare. Des monstres ont frappé Nazaré, mais là encore, rien de surprenant pour ce spot hors norme. En France, les journalistes et les curieux se sont rués vers Belharra, à la recherche d’un spectacle inédit. Sauf que la vague basque a cassé de manière sporadique, mal orientée, trop petite pour entrer dans l’histoire. Quelques riders ont profité d’une session de foil et se sont sûrement régalés, mais rien de la déferlante apocalyptique promise par certains gros titres.

    Un mois d’août hors normes

    Ce qui rend Erin remarquable, c’est moins la taille des vagues que leur saisonnalité. Voir des lignes à 4 mètres passer sur un reef du Pays basque en plein été, avec un plan d’eau glassy, reste une anomalie météo rare. La session a attiré une foule inhabituelle, preuve que l’appel de la houle n’épargne pas les vacances estivales.

    Une scène de solidarité marquante

    Mais au-delà des vagues, c’est une scène de solidarité qui restera gravée. Alors que je pliais mon matériel, juste après avoir filmé Edouard Delpero, je l’ai vu replonger à l’eau, sans comprendre pourquoi. Quelques instants plus tard, j’aperçois un groupe de cinq ou six surfeurs ramenant un rider en difficulté.

    De loin, j’entends : « Appelez les pompiers ! ». Puis, un mot glaçant résonne : « fémorale ». Pour ceux qui ne le savent pas, une blessure à l’artère fémorale entraîne une hémorragie massive, souvent mortelle en quelques minutes. L’inquiétude monte, mais la chaîne de solidarité s’active aussitôt.

    Les surfeurs s’organisent, d’autres accourent, la police municipale arrive, des ciseaux sont demandés pour découper la combinaison et vérifier la blessure. Finalement, l’artère n’est pas touchée. Le surfeur est pris en charge par les secours, rapidement arrivés sur place.

    Plus qu’un sport, une communauté

    De cette matinée, je retiens moins la violence des vagues que la force de la communauté. Personne ne s’est posé de question : tous ont agi ensemble pour sauver un surfeur en détresse.

    Ce n’est pas de l’inconscience, ce n’est pas une question de niveau ou de taille de vagues. Cet accident aurait pu arriver n’importe où, même dans de petites conditions. Mais ce qui compte, c’est la preuve que dans l’océan, la solidarité l’emporte toujours.

    Alors, au nom de tous ceux qui aiment la mer, un immense bravo et merci à ces surfeurs anonymes. 🙌

    Le WQS Pantin durant la houle Erin

    La houle cyclonique Erin s’est invitée sur le WQS de Pantin, en Galice. Des vagues massives dépassant les 8 pieds ont transformé la compétition en véritable défi. Certains surfeurs ont brillé par leur engagement, d’autres ont subi la puissance de l’océan : planches brisées, leashs cassés, et même des séries entières sans pouvoir prendre une seule vague. Un scénario extrême, mais qui a offert un spectacle à la hauteur de la réputation de Pantin.

    Les meilleures sessions de la houle Erin

    mise à jour vendredi 29 Aout 2025

    Cette houle a offert des images incroyables aux quatre coins de l’Atlantique Nord, et plusieurs surfeurs de renom ont partagé leurs sessions.

    Hossegor vs Mundaka : le choix de Pierre Rollet

    Le big wave rider basque Pierre Rollet s’est retrouvé face à un dilemme : Mundaka ou Hossegor ? Finalement, comme beaucoup de surfeurs français, il a opté pour les bancs landais. Sa vidéo en témoigne : des vagues puissantes, parfaitement sculptées par un vent offshore discret, un Hossegor de gala en plein mois d’août.

    Mullaghmore en 3/2 mm : du jamais vu

    Si l’Irlande est connue pour ses vagues glaciales et ses surfeurs en combinaison épaisse, la houle Erin a offert une scène inédite : surfer Mullaghmore en 3/2 mm, en plein été. Des monstres liquides ont frappé le reef, une rareté climatique et une anomalie qui restera dans les mémoires.

    Nazaré, l’incontournable

    Impossible d’évoquer un swell de cette ampleur sans parler de Nazaré. Des montagnes d’eau ont encore frappé la Praia do Norte. Mais, comme souvent, le géant portugais a montré son visage habituel : spectaculaire, massif, mais presque devenu « normal » pour les habitués des lieux.

    Belharra, un spectacle inabouti

    Beaucoup espéraient voir Belharra s’embraser. Les médias s’y sont rués, les curieux aussi. Mais la vague basque n’a pas vraiment tenu ses promesses : trop petite, trop irrégulière, trop mal orientée. Quelques surfeurs ont pu en profiter en foil, mais l’épisode restera plus comme une curiosité estivale qu’une session de légende.

    Et même au Canada…

    Preuve de l’ampleur de cette houle, le Canada a lui aussi profité de belles vagues. Des images impressionnantes circulent déjà, rappelant que l’Atlantique Nord est vaste et que la houle Erin a touché bien plus que l’Europe.

  • Cliff Kapono : le surfeur le plus smart du monde

    Cliff Kapono : le surfeur le plus smart du monde

    Dans le monde du surf, on a l’habitude de glorifier les chargeurs de grosses vagues ou les champions de compétitions. Mais Cliff Kapono échappe à toutes les cases habituelles. Originaire d’Hawaï, il est à la fois surfeur professionnel, scientifique reconnu et storyteller. Un profil rare, qui fait de lui sans doute le surfeur le plus “smart” du monde. Pour être honnête avec vous, sans cette vidéo de Vice, qui est juste en-dessous, je n’aurai jamais connu Cliff Kapono.

    Un surfeur à la double casquette : science et océan

    Cliff Kapono n’a pas choisi entre ses deux passions : les vagues et la recherche scientifique. Après avoir grandi dans l’eau à Hilo, sur Big Island, il s’est lancé dans des études poussées de biochimie, jusqu’à décrocher un doctorat à l’Université de Californie à San Diego. Son sujet ? L’étude des interactions entre l’homme et l’océan, et comment nos modes de vie impactent la biodiversité marine.

    À travers son travail, Cliff s’intéresse notamment au microbiome des surfeurs, ces milliards de micro-organismes présents sur notre peau et dans nos corps. Une approche inédite qui relie directement la pratique du surf à la science de la santé et de l’environnement.

    Après 33 minutes de visionnage, c’est un super surfeur, avec un style incroyable, capable de surfer tous types de planches, de shooter des énormes vagues comme mettre des airs, c’est un excellent surfeur comme le dit très bien le photographe Arto Saari.

    Une vision holistique du surf

    Pour Cliff, le surf n’est pas seulement une recherche de performance ou d’adrénaline. C’est une manière d’entrer en connexion avec la nature et de comprendre les équilibres fragiles qui régissent la planète. Dans la vidéo « The Smartest Surfer in the World« , il partage cette vision : chaque vague est une leçon, chaque session une immersion dans un laboratoire à ciel ouvert.

    Son approche bouscule l’image traditionnelle du surfeur. Là où d’autres se contentent de chercher le prochain swell, lui réfléchit à la manière dont nos choix individuels résonnent dans l’océan et au-delà.

    Entre science et narration

    Mais Kapono ne s’arrête pas à la recherche pure. Conscient que la science a besoin d’être partagée pour avoir un impact, il a aussi développé un talent de conteur. Ses documentaires et interventions publiques traduisent des concepts scientifiques complexes en histoires accessibles, qui touchent aussi bien les surfeurs que le grand public.

    Il a notamment contribué à des projets pour National Geographic, Patagonia ou encore Surfer Magazine, en mettant toujours en avant la nécessité de protéger les océans.

    L’intelligence comme nouvelle forme de performance

    Dans un monde où l’on glorifie souvent la puissance, la technique ou le style, Cliff Kapono incarne une autre forme de performance : celle de l’intelligence et de la réflexion. Être un “smart surfer”, c’est comprendre que nos sessions ne sont pas déconnectées du reste du monde, mais inscrites dans un écosystème plus vaste.

    Ce message résonne particulièrement à une époque où le changement climatique et la pollution des océans mettent en danger la pratique même du surf. Kapono rappelle que chaque surfeur, à sa manière, est un ambassadeur de la planète.

    Un modèle pour la nouvelle génération

    À travers son parcours, Cliff Kapono inspire une génération de surfeurs qui ne veulent plus choisir entre passion et engagement. Oui, on peut surfer Pipeline et écrire un article scientifique publié dans Nature. Oui, on peut concilier plaisir et responsabilité.

    Et si, finalement, être le surfeur le plus smart du monde, c’était simplement réussir à lier l’amour des vagues avec la conscience de ce qu’elles représentent ?

  • Les Français de 100 Foot Wave couronnés aux Emmy Awards

    Les Français de 100 Foot Wave couronnés aux Emmy Awards

    Le week-end dernier, à Los Angeles, une poignée de Landais ont écrit une page d’histoire à Hollywood. Derrière la série documentaire 100 Foot Wave, diffusée sur HBO et suivie par des millions de spectateurs, se cache une équipe française de l’ombre : Julie et Vincent Kardasik, Laurent Pujol, Michael Darrigade et Alexandre Lesbats. Ensemble, ils viennent de décrocher l’Emmy Award de la « Cinématographie exceptionnelle pour un programme de non-fiction » — une récompense suprême qui consacre leur travail acharné, entre jet-skis lancés au cœur des monstres de Nazaré et caméras embarquées sur les falaises d’Hawaii. Peu médiatisés en France, ces artisans de l’image redéfinissent pourtant la manière de filmer le surf de grosses vagues, au point de faire vibrer un public bien au-delà de la sphère des passionnés.

    Une équipe landaise couronnée à Hollywood

    Ils étaient encore à Los Angeles il y a quelques jours, savourant leur victoire dans les couloirs du Ritz-Carlton. Quatre Français, tous liés au littoral des Landes et du Pays Basque, ont porté haut les couleurs de l’Hexagone sur la scène mondiale en décrochant la statuette dorée des Emmy Awards. Un prix prestigieux qui, pour eux, représente le Graal : celui de la reconnaissance de leur art, bien au-delà des rivages, où ils ont appris à dompter vagues et caméras.

    Ce sacre n’est pas un coup d’éclat isolé : 100 Foot Wave avait déjà marqué les esprits en remportant plusieurs prix aux saisons précédentes, et la série continue de fasciner par son mélange d’adrénaline et d’humanité. Car si l’on parle souvent de Garrett McNamara, Justine Dupont ou Lucas “Chumbo” Chianca, ceux qui font exister leur héroïsme à l’écran restent généralement dans l’ombre.

    Vincent Kardasik, le chef d’orchestre

    Au sein de l’équipe, Vincent Kardasik joue le rôle central du chef d’orchestre. Ancien surfeur, réalisateur et producteur, il est l’un des piliers de la série. C’est lui qui coordonne les prises de vue, anticipe les mouvements de caméra et veille à ce que chaque image reflète à la fois la puissance des vagues et l’émotion humaine qui en découle. Mais, dans son ombre, il ne faut pas oublier Julie, qui a apporté toute son expertise dans le montage et la retouche des couleurs. C’est un duo indissociable.

    Installé dans les Landes, Julie et Vincent Kardasik ont fait leurs armes en filmant le surf européen avant de se lancer dans des projets internationaux, des productions plus grosses. Son sens du rythme et sa vision cinématographique apportent une cohérence à cette fresque aquatique. Dans l’univers du surf filmé, souvent amateur ou trop formaté, il impose une signature visuelle qui touche autant les passionnés que les novices.

    Laurent Pujol, du surf pro aux caméras Emmy

    Parmi les visages de cette équipe, Laurent Pujol incarne à merveille la passerelle entre l’athlète et l’artiste. Ancien surfeur professionnel, il a connu vingt ans de carrière sur le circuit avant de changer de planche pour une caméra. Mais il n’a pas totalement quitté la houle : il filme aujourd’hui au plus près de l’action, perché à l’arrière d’un jet-ski spécialement conçu pour son art. Avant de passer derrière la caméra, il avait déjà marqué les esprits avec ses clichés aquatiques. Installé sur sa planche, il suivait les surfeurs au plus près pour capturer l’action de l’intérieur, mêlant instinct de rider et regard d’artiste. Ce style unique a inspiré une génération entière de photographes à travers le monde, et ses images portent encore aujourd’hui une véritable signature visuelle.

    “Je deviens un gimbal humain”, aime-t-il dire. Son engin est équipé de sangles et d’un appui dorsal qui lui permettent de stabiliser sa RED V-RAPTOR, une caméra de cinéma capable de filmer jusqu’à 8K, tout en slalomant dans les vagues géantes. À Nazaré, Jaws ou Teahupo’o, il capture ainsi des images impossibles à obtenir depuis la plage. Barrels parfaits, wipeouts cataclysmiques, visages tendus de concentration : ses plans donnent chair à cette quête insensée de la vague ultime.

    La singularité de Laurent Pujol réside dans son double vécu : il connaît intimement la peur et la jubilation des surfeurs qu’il filme. Cela lui permet d’anticiper les trajectoires, de se placer “au bon endroit au bon moment” et, souvent, de provoquer cette fameuse “chance” qui fait les grands cinéastes.

    Michael Darrigade et Alexandre Lesbats, capteurs d’instants bruts

    Aux côtés de Kardasik et Pujol, deux autres Landais complètent ce quatuor magique : Michael Darrigade et Alexandre Lesbats. Moins connus du grand public, ils jouent pourtant un rôle essentiel dans l’esthétique de la série.

    Michael Darrigade est un œil affûté pour les scènes de vie, les instants de vérité hors de l’eau. C’est lui qui capte les visages tendus à l’approche d’une session, les regards complices sur la plage ou la fatigue qui s’affiche après une journée d’affrontement avec l’océan. Ses images ancrent la série dans une dimension humaine qui dépasse le simple spectacle.

    Alexandre Lesbats, lui, est un virtuose des prises de vue et des plans larges. Il il offre au spectateur la vision d’ensemble, la démesure du décor et la petitesse de l’homme face à la nature. Sa sensibilité artistique donne à 100 Foot Wave, ce souffle épique, qui transforme une session de surf en odyssée mythologique.

    Filmer l’impossible : la technique au service de l’émotion

    Ce qui distingue 100 Foot Wave d’un simple film de surf, c’est l’extrême sophistication du dispositif technique. Chaque session mobilise une équipe de terrain capable de déployer des caméras depuis la plage, la mer et le ciel. Jet-skis customisés, objectifs ultra-stabilisateurs, drones de dernière génération : rien n’est laissé au hasard pour capter l’instant où l’homme affronte une vague haute comme un immeuble.

    Mais la technologie ne serait rien sans le courage et l’instinct de ces caméramans. Car filmer au ras de l’eau, dans des conditions de tempête, relève presque de la même folie que surfer ces vagues. La moindre erreur peut avoir des conséquences dramatiques. “Big-wave surfing is life and death”, rappelait le producteur Joe Lewis. Pour les caméramans, c’est une immersion totale dans ce même risque.

    De Nazaré à Hawaii : raconter l’universel

    Si 100 Foot Wave séduit autant, c’est parce qu’il ne se contente pas de montrer des exploits sportifs. Comme l’a souligné son réalisateur Chris Smith, il s’agit avant tout d’“un drame humain, une histoire d’esprit”. Les Français derrière la caméra l’ont bien compris : ils ne filment pas seulement des vagues, mais des hommes et des femmes confrontés à leurs peurs, à leurs rêves et à leurs limites.

    De la falaise de Nazaré aux récifs de Jaws, leurs images racontent la fragilité et la grandeur de l’aventure humaine. Elles transcendent le surf pour toucher quiconque a déjà affronté l’inconnu ou rêvé d’impossible.

    Les Landes, terre d’images et de surf

    Il y a aussi quelque chose de profondément symbolique à voir cette équipe landaise triompher à Hollywood. Le littoral des Landes, avec ses beachbreaks puissants et ses communautés soudées autour du surf, est une école de vie autant qu’un terrain de jeu. C’est là qu’ont grandi Kardasik, Pujol, Darrigade et Lesbats, forgeant leur sensibilité et leur rapport à l’océan.

    Aujourd’hui, leurs images font voyager le monde entier. Mais à chaque statuette brandie à Los Angeles, c’est un peu de sable landais qui s’invite sur le tapis rouge.

    Les surfeurs de l’ombre deviennent les stars

    Avec ce nouvel Emmy Award, l’équipe française de 100 Foot Wave ne se contente pas de célébrer un succès télévisuel. Elle démontre que la passion, la persévérance et l’authenticité peuvent transcender les frontières. Ces caméramans de l’extrême, longtemps restés dans l’ombre des surfeurs qu’ils filment, deviennent à leur tour des icônes.

    Et si le public mondial rêve aujourd’hui devant les vagues de Nazaré ou d’Hawaii, c’est aussi grâce à ces Landais qui, caméra au poing, transforment la peur en beauté.

  • Mateus Herdy, le surfeur brésilien à l’aube de son heure de gloire

    Mateus Herdy, le surfeur brésilien à l’aube de son heure de gloire

    Difficile de ne pas tomber sous le charme de Mateus Herdy. Son style aérien, ses manœuvres explosives et son allure de golden boy en font l’un des surfeurs les plus spectaculaires de sa génération. Mais derrière l’image d’enfant prodige du surf brésilien se cache une histoire plus complexe : celle d’un talent immense, fragilisé par l’instabilité de l’industrie surf et par des obstacles personnels, mais qui continue de briller grâce à sa persévérance et à une passion indéfectible pour les vagues. Aujourd’hui, à 24 ans, Herdy semble plus que jamais prêt à franchir le cap et à rejoindre définitivement l’élite mondiale.

    Un « crack » annoncé dès ses débuts

    Né à Florianópolis, au Brésil, en 1998, Mateus Herdy a très vite été propulsé dans la lumière. Avec son style fluide, ses airs insensés et son charisme naturel, il a rapidement été perçu comme le digne héritier de la “Brazilian Storm”, cette génération dorée incarnée par Gabriel Medina, Filipe Toledo et Italo Ferreira. Son image de surfeur jeune, beau et talentueux lui a ouvert les portes des plus grandes marques : Quiksilver et Red Bull ont cru en lui, et son nom a circulé comme celui d’un futur membre incontournable du Championship Tour (CT).

    Les comparaisons avec Julian Wilson, autre crack du surf aérien, n’ont pas tardé. Tous deux partageaient la même élégance dans les airs, une esthétique de surf moderne, et même une ressemblance physique frappante. Mateus grandissait avec l’image de Julian comme modèle, jusqu’à ce que leurs destins finissent par se croiser d’une manière inattendue des années plus tard.

    Les premiers éclats et la frustration des presque-qualifications

    Très tôt, Herdy a montré qu’il n’était pas seulement un free surfeur spectaculaire, mais aussi un compétiteur redoutable. En 2018, il s’invite dans les conversations en frôlant déjà la qualification sur le CT. En 2021, il marque les esprits en décrochant une 3ᵉ place à Mexico en tant que wildcard, prouvant qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs. L’année suivante, il récidive avec une 5ᵉ place à Rio, encore une fois en wildcard.

    Mais à chaque fois, il échoue à une poignée de heats de la qualification officielle. Cette répétition de “presque” a forgé sa réputation de talent incontournable, mais encore inabouti, coincé dans les limbes entre les Challenger Series et le CT.

    Pourtant, dans l’eau, peu doutaient de son potentiel. Ses airs multiples et variés, son surf engagé et son style unique le plaçaient déjà dans la catégorie des surfeurs capables de marquer l’histoire.

    Le revers brutal : sponsors perdus et haine reçue

    À l’aube de 2024, la nouvelle tombe comme un couperet : Quiksilver et Red Bull se retirent. Mateus Herdy, malgré ses résultats, se retrouve sans sponsors majeurs. Une situation incompréhensible pour beaucoup, tant son profil semblait parfait pour incarner une marque de surf moderne.

    Cette perte ne fut pas seulement financière, mais symbolique. Pour un surfeur qui avait grandi en rêvant de mettre un sticker Quiksilver sur sa planche comme ses idoles, c’était comme voir son rêve d’enfant s’effondrer.

    Pire encore, il doit encaisser une vague de haine inattendue. Au Brésil, une interview mal comprise par les médias lui attire des critiques violentes, jusqu’à des attaques personnelles : sa voiture est vandalisée, des insultes homophobes sont gravées dessus. Un épisode sombre qui l’a profondément marqué. “J’étais au plus bas. Je pensais même à arrêter la compétition”, a-t-il confié.

    Le soutien providentiel de Logan Dulien et l’aventure Snapt 5

    Alors que tout semblait s’effondrer, un allié inattendu lui tend la main : Logan “Chucky” Dulien, créateur des films Snapt. Producteur engagé, Logan décide de financer la campagne de Mateus sur les Challenger Series, convaincu que son surf mérite d’être vu et reconnu.

    Cette confiance redonne espoir à Mateus Herdy. Il participe ainsi au très attendu Snapt 5, aux côtés des meilleurs free surfeurs de la planète. Faute de budget pour voyager, il filme une grande partie de sa part chez lui, au Brésil, et sur quelques contests. Le résultat ? Un segment explosif, salué pour sa créativité et ses airs insensés, qui confirme une fois de plus son statut de surfeur incontournable.

    Au-delà du film, ce soutien lui permet de continuer à rêver au CT, tout en prouvant qu’il appartient à l’élite mondiale, qu’importe les stickers présents – ou absents – sur sa planche.

    La renaissance avec Rivvia Projects et Julian Wilson

    En 2025, un nouveau chapitre s’ouvre. Julian Wilson, l’un de ses modèles de jeunesse, décide de lui tendre la main en l’intégrant à sa marque Rivvia Projects. L’histoire est belle : l’ancien génie australien signe le génie brésilien en quête de renouveau. L’accord est scellé de manière presque anecdotique… autour d’un burger chez In-N-Out, pendant l’US Open.

    “Je suis tellement heureux de rejoindre Rivvia. J’ai toujours admiré Julian et je crois vraiment en ce que représente sa marque. Je veux l’aider à grandir au Brésil et en faire quelque chose de durable”, confie Mateus.

    Ce partenariat n’est pas qu’un simple contrat : il symbolise une seconde chance, une reconnaissance méritée et une vraie connexion humaine. Avec Wilson et Ryan Callinan comme alliés, Herdy retrouve un cadre, une famille de surf qui croit en lui.

    Les résultats récents : une finale à l’US Open et un nouveau souffle

    La confiance retrouvée se traduit rapidement en résultats. À l’été 2025, Mateus Herdy atteint la finale de l’US Open, l’un des plus gros événements des Challenger Series. Battu de peu, il sort grandi de cette performance et prouve qu’il est toujours dans la course à la qualification.

    Dans l’eau, son surf reste flamboyant. Ses airs multiples, sa capacité à combiner puissance et créativité, et son style élégant en font l’un des surfeurs les plus excitants à regarder. Nombreux sont ceux qui voient en lui l’un des futurs piliers du CT, à l’instar de Medina ou Italo.

    Avec une nouvelle énergie et le soutien de Rivvia, Herdy aborde la suite de la saison avec détermination : “Je suis en bonne position, mais rien n’est garanti. Je vais continuer à me battre pour décrocher ma place sur le Tour.”

    Pourquoi croire en Mateus Herdy ?

    Mateus Herdy incarne l’essence même du surf moderne : une technique irréprochable, un style aérien qui repousse les limites, et une authenticité rare. Contrairement à certains surfeurs happés par le marketing TikTok ou les contenus artificiels, lui mise sur le surf pur, sur les films, les voyages et la connexion avec l’océan.

    Son parcours, fait de hauts flamboyants et de bas douloureux, prouve sa résilience. Malgré les coups durs, il n’a jamais cessé de se battre, de s’entraîner et de rêver au CT. Aujourd’hui, avec une équipe solide autour de lui, une nouvelle marque qui croit en lui et des résultats qui parlent d’eux-mêmes, tout laisse penser que son heure est proche.

    Et au fond, ce qui fait la différence avec Mateus Herdy, c’est l’émotion qu’il dégage. En le regardant surfer, on ressent quelque chose : une joie, une liberté, une esthétique rare. Comme si, au-delà des classements et des sponsors, il rappelait ce qu’est le surf dans sa plus belle expression.

    Un futur champion en devenir

    À seulement 24 ans, Mateus Herdy a déjà vécu plusieurs vies : celle du prodige sponsorisé, celle du surfeur lâché par l’industrie, celle du combattant qui s’accroche. Aujourd’hui, il entre dans une nouvelle ère, plus mûr, plus fort et toujours aussi spectaculaire.

    S’il n’est pas encore sur le Championship Tour, il n’a jamais été aussi proche d’y entrer. Et quand ce jour viendra, nul doute que le monde entier parlera de son surf, de ses airs insensés et de ce style unique qui fait de lui un surfeur à part.

    Mateus Herdy, c’est l’histoire d’un rêve qui refuse de s’éteindre. Et à le voir aujourd’hui, tout indique qu’il brillera encore plus fort dans les années à venir.

  • Houle cyclonique et plages fermées : quand le buzz remplace la réalité

    Houle cyclonique et plages fermées : quand le buzz remplace la réalité

    Mardi 26 août 2025, 17 heures. Les bouées du large affichent des relevés impressionnants pour la saison, mais rien qui ressemble à l’apocalypse annoncée. Pourtant, depuis plusieurs jours, l’expression « houle cyclonique » a envahi les réseaux sociaux, les sites d’info et les conversations de comptoir. Résultat : arrêtés préfectoraux, fermetures de plages et interdiction de surfer. Un scénario qui interroge : assiste-t-on à un vrai épisode océanique hors norme… ou à un emballement médiatique parfaitement orchestré ?

    Une houle rare pour août, mais pas la fin du monde

    Soyons clairs : voir une houle de 3 à 5 mètres avec une période de 20 secondes en plein mois d’août, ce n’est pas banal. Habituellement, ces conditions sont réservées à l’automne et à l’hiver. C’est donc surtout la saisonnalité qui rend l’épisode remarquable.

    En revanche, sur le plan purement océanographique, ce n’est pas la « houle du siècle ». Les Landes et la côte basque ont déjà encaissé des tempêtes hivernales autrement plus musclées. On est loin des swells Hercules, Petra ou Ruth qui avaient enregistré des vagues supérieures à 12 mètres.

    Là où la houle actuelle se distingue vraiment, c’est sur sa période, comprise entre 17 et 22 secondes. Une donnée rare sur nos côtes, qui traduit une énergie bien supérieure à celle des houles estivales habituelles. Assez pour attirer l’attention des big wave riders, mais pas de quoi fermer toutes les plages au cordeau.

    Les arrêtés en cascade : sécurité ou communication ?

    Face à ces prévisions, plusieurs mairies et la préfecture ont dégainé une série d’arrêtés : plages fermées, baignade interdite, surf prohibé. La Grande Plage de Biarritz, l’Estacade de Capbreton, certains secteurs d’Hossegor et Seignosse : tout y est passé.

    Officiellement, il s’agit d’éviter les accidents et d’alléger la tâche des sauveteurs. En pratique, difficile de ne pas y voir une réaction disproportionnée, nourrie par le battage médiatique autour de cette fameuse “houle cyclonique”. Un mot savamment choisi, qui sonne presque comme une bande-annonce hollywoodienne.

    Surfeurs et locaux en colère contre une société de l’interdit

    Dans la communauté surf, la pilule a du mal à passer. « Même en hiver, avec des houles bien plus grosses, on n’a jamais interdit aux surfeurs expérimentés d’aller à l’eau », rappelle Guillaume Barucq. Pour lui, on glisse doucement vers une « société de l’interdiction », où l’on infantilise les pratiquants au nom d’un principe de précaution hypertrophié.

    L’argument revient souvent : mettre sur le même plan un surfeur aguerri, équipé et préparé, et un touriste imprudent qui se jette dans les vagues au mois d’août n’a aucun sens. D’où la frustration d’une partie de la population locale, qui vit cette interdiction comme une déresponsabilisation forcée.

    Le principe de précaution, bouclier des élus

    Les défenseurs des mesures rappellent que les arrêtés visent aussi à protéger les secouristes. « On leur demande de ne pas aller se mettre en danger pour sauver des gens inconscients », explique un internaute. Mais d’autres répliquent : « Les sauveteurs sont des pros, ils n’interviennent que si c’est possible. »

    En toile de fond, un climat de judiciarisation croissante. Dans un monde où chaque accident peut se transformer en affaire politico-médiatique, les élus préfèrent interdire par excès plutôt que d’avoir à justifier une absence d’action.

    Entre fascination et déception

    Pendant que les arrêtés s’empilent, certains big wave riders se frottent les mains. À Hossegor, des groupes se préparent à sortir les jet-skis. Pour eux, cette houle d’août a des allures de cadeau anticipé.

    Pour les spectateurs aussi, l’attente est forte : beaucoup espéraient des images spectaculaires depuis la plage des Culs Nuls ou des Estagnots. Mais l’excitation a parfois laissé place à une légère déception : la houle, bien réelle, n’a pas totalement tenu les promesses du battage médiatique.

    Oui, cette houle d’août restera atypique, avec sa période longue et sa puissance rare pour la saison. Mais non, ce n’était pas « la houle du siècle ».

    Au final, le buzz médiatique a sans doute pesé autant que la météo dans les décisions d’interdiction. Entre principe de précaution, peur du procès et emballement journalistique, l’océan a été réduit à un risque zéro.

    Reste une question en suspens : veut-on vraiment transformer chaque vague en alerte nationale, ou accepter que l’océan reste un espace de liberté… et de responsabilité individuelle ?

  • Prince Harry, roi du Surf Ranch ?

    Prince Harry, roi du Surf Ranch ?

    Qui aurait parié là-dessus ? Après avoir quitté Buckingham pour la Californie, le Prince Harry vient d’ajouter une nouvelle corde à son arc : surfeur. Et pas sur n’importe quel spot, attention, mais au Surf Ranch de Kelly Slater, le parc à vagues le plus select (et le plus chloré) du monde. Oubliez les beach breaks de Cornouailles, la royauté britannique s’offre désormais des sessions privées dans une piscine géante au milieu de nulle part.

    Meghan, coach média et DJ attitrée

    C’est Meghan Markle qui a vendu la mèche, en postant sur Instagram une vidéo de son cher et tendre, take-off hésitant mais sourire au lèvres. Le tout accompagné du tube “Whatta Man” de Salt-N-Pepa et d’un petit emoji renard – apparemment le surnom intime du duc. On est loin des communiqués officiels du palais de Buckingham, mais niveau mise en scène, Hollywood n’aurait pas fait mieux.

    Take-off assisté et quasi tube royal

    La scène est digne d’une téléréalité : Harry, encouragé par Raimana Van Bastolaer, coach star du Surf Ranch, s’élance avec une petite poussée amicale. Quelques mètres plus loin, il parvient à se caler sur la ligne, avec un style… disons princier, mais pas encore olympique. Et là, moment historique : l’ombre d’un tube. Certes, on est plus proche du ride en douce dans une vague artificielle que du Teahupo’o engagé, mais pour un prince, ça mérite au moins une médaille en chocolat.

    Les haters s’en mêlent

    Bien sûr, Internet n’a pas tardé à dégainer. “Éco-warrior Harry, qui vit au bord de l’océan, roule des heures pour aller surfer une piscine énergivore”, “Ce n’est pas du surf, c’est une croisière chlorée” ou encore “Il est à des kilomètres de la mer !” : les commentaires ont fusé plus vite qu’une série de vagues à Hossegor. Harry a beau se revendiquer défenseur de l’environnement, le paradoxe n’a échappé à personne.

    Une vague de stars avant lui

    Harry n’est pas le premier people à tenter sa chance au Surf Ranch. Avant lui, on a vu défiler Matthew McConaughey, Lewis Hamilton, Chris Hemsworth, Tony Hawk ou encore Eddie Vedder. Bref, une drôle de cour des miracles aquatique, où se croisent acteurs, rockeurs, champions olympiques et désormais… royauté britannique. Si le Surf Ranch était un palace, on pourrait presque parler d’un bal mondain.

    Kelly Slater, le vrai roi

    Reste que dans ce royaume artificiel, un seul monarque règne vraiment : Kelly Slater. L’inventeur du Ranch, onze fois champion du monde, continue d’accueillir les stars comme un hôte bienveillant. Mais attention, si le “King Kelly” est le GOAT, Harry pourrait bien devenir le DUK – Duke of the UK Surf. Ça sonne presque comme un titre officiel, non ?

    Surfer un trône de mousse

    Alors, faut-il s’extasier ou sourire devant cette conversion tardive ? Après tout, si Harry veut troquer la couronne contre une wax, on ne peut que l’encourager. Mais avouons-le : voir un prince en combinaison intégrale, aidé pour se lever sur une vague chlorée au milieu de la Californie, c’est probablement la chose la plus britannique qui puisse arriver au surf. Une tasse de thé à la main, et la boucle aurait été bouclée.

  • Surf Fidji : le guide ultime pour surfer au paradis

    Surf Fidji : le guide ultime pour surfer au paradis

    Imaginez un archipel perdu dans le Pacifique Sud, composé de plus de 300 îles bordées de lagons turquoise, de plages de sable blanc et de récifs coralliens. Un décor de carte postale… mais surtout un terrain de jeu hors norme pour les surfeurs. Bienvenue aux Fidji, un paradis tropical où les vagues comptent parmi les plus belles et les plus puissantes du monde.

    Longtemps réservé à quelques privilégiés logeant dans des resorts exclusifs, le surf fidjien s’est peu à peu ouvert à tous les passionnés. Aujourd’hui, Fidji attire les pros en quête de tubes mythiques et les voyageurs prêts à vivre le trip d’une vie. Dans cet article, on vous emmène découvrir tout ce qu’il faut savoir pour organiser un surf trip aux Fidji : spots incontournables, meilleures périodes, hébergements et conseils pratiques.

    Fidji, joyau du Pacifique Sud

    Situées à environ 3 heures de vol de l’Australie et 10 heures de Los Angeles, les Fidji se composent de deux grandes îles principales (Viti Levu et Vanua Levu) et d’une myriade d’îlots paradisiaques.

    La réputation de l’archipel repose autant sur ses paysages que sur l’hospitalité de ses habitants. Ici, le rythme est paisible, marqué par les traditions locales, les cérémonies de kava et le sourire contagieux des Fidjiens. Mais pour les surfeurs, l’attraction numéro un reste bien sûr les vagues : longues, puissantes, parfaites et souvent d’une régularité hallucinante.

    La plupart des spots les plus célèbres se trouvent autour des îles Mamanuca, à une trentaine de kilomètres de Nadi, la porte d’entrée internationale. C’est là que se trouve Cloudbreak, l’une des vagues les plus mythiques de la planète.

    Cloudbreak, la vague légendaire des Fidji

    Un nom qui résonne dans le monde entier

    “Cloudbreak” signifie littéralement “là où les nuages se brisent”. Un surnom poétique pour une gauche monstrueuse qui déroule sur un récif au large de Tavarua. Connue localement sous le nom de Nakuru Kuru Malagi (“Thundercloud Reef”), la vague est à la hauteur de sa réputation : puissante, rapide, souvent creuse, parfois terrifiante.

    Une histoire de pionniers

    Découverte par des marins et surfeurs itinérants dans les années 70, Cloudbreak est véritablement entrée dans la légende au début des années 80 grâce à une photo culte publiée dans Surfer Magazine : Kevin Naughton sautant d’un bateau vers le line-up, avec la vague parfaite en arrière-plan.

    Pendant longtemps, le spot est resté réservé aux clients du Tavarua Island Resort, un resort privé en forme de cœur. Ce n’est qu’en 2010 que le gouvernement fidjien a levé l’exclusivité, ouvrant Cloudbreak et les vagues voisines à tous les surfeurs.

    Un spot hors normes

    Vue du channel, Cloudbreak paraît presque facile : une gauche longue et régulière qui déroule sur 200 mètres. Mais la réalité est toute autre. Le récif est tranchant, l’eau peu profonde, et la vague se divise en trois sections :

    • The Point : la partie la plus accessible, idéale pour se caler dans de longs murs rapides.
    • The Middle : plus creuse et imprévisible, parfaite pour les tubes.
    • Shish Kebabs : la section finale, ultra-shallow et réservée aux plus téméraires.

    Cloudbreak fonctionne quasiment toute l’année, mais donne le meilleur de lui-même entre avril et octobre, quand les houles australes frappent de plein fouet le récif. À taille humaine (1,5 à 2 mètres), c’est déjà une vague exigeante. Mais le spot peut tenir des houles XXL jusqu’à 7-8 mètres, comme lors du fameux “Thundercloud Swell” de 2012, resté gravé dans la mémoire collective comme l’un des plus grands jours de surf de rame de tous les temps.

    Les autres spots de surf incontournables aux Fidji

    Si Cloudbreak est la star, les Fidji recèlent bien d’autres joyaux.

    Restaurants

    Juste en face de l’île de Tavarua, Restaurants est une gauche plus courte mais incroyablement régulière. Elle tire son nom du récif situé sous la terrasse du restaurant du resort. Quand les conditions s’alignent, c’est un skatepark naturel : take-off vertical, section tubulaire, puis mur parfait à manœuvrer.

    Namotu Lefts et Swimming Pools

    À quelques minutes de bateau de Namotu Island, Namotu Lefts offre une gauche plus accessible que Cloudbreak, longue et fun, idéale pour les surfeurs intermédiaires à confirmés. Juste à côté, Swimming Pools est une droite cristalline et rapide, parfaite pour les manœuvres radicales.

    Frigates Passage

    Surnommé le “Pipeline fidjien”, Frigates Passage se trouve à 15 km au large de la côte sud de Viti Levu. C’est une gauche puissante qui tient très bien la taille. Son ambiance plus sauvage en fait une alternative moins fréquentée que Cloudbreak, mais attention : la logistique pour y accéder est plus lourde.

    Natadola Beach

    Tous les spots fidjiens ne sont pas des monstres de reef. Natadola Beach, sur Viti Levu, est une plage où les vagues sont accessibles aux débutants. Parfait pour s’initier au surf dans un décor de rêve.

    Quand partir surfer aux Fidji ?

    La saison idéale pour un surf trip s’étend d’avril à octobre : c’est la période des houles australes qui offrent régularité et puissance. Le vent d’est, souvent dominant, offshore sur Cloudbreak, contribue à sculpter des vagues parfaites.

    • Saison sèche (mai à octobre) : temps plus frais et sec, houles régulières.
    • Saison humide (novembre à avril) : climat plus chaud, averses tropicales, cyclones possibles mais aussi quelques belles houles.

    Température de l’air : 26 à 30 °C.
    Température de l’eau : 27 à 29 °C toute l’année → combinaison inutile, un boardshort ou un lycra suffit.

    Préparer son surf trip aux Fidji

    Comment s’y rendre ?

    Tous les voyageurs atterrissent à l’aéroport international de Nadi sur Viti Levu. Depuis là :

    • Pour rejoindre Tavarua ou Namotu, des navettes vous emmènent en 30 minutes à Momi Bay, puis bateau (25 à 40 min).
    • Pour les resorts du Coral Coast, comptez 2 à 3 heures de route.

    Matériel conseillé

    Cloudbreak et consorts demandent un quiver adapté :

    • Shortboard performant pour les vagues classiques (1m50-2m).
    • Step-up ou gun (6’6 à 7’6) pour les jours solides.
    • Leashs robustes (6 à 8 pieds).
    • Chaussons reef conseillés (corail coupant).

    Conseils sécurité

    • Respecter les priorités : les line-ups sont fréquentés, mais l’ambiance reste souvent détendue.
    • Ne pas sous-estimer la puissance des vagues.
    • Prévoir une bonne assurance voyage couvrant le surf.

    Où loger pour un surf trip aux Fidji ?

    Resorts de luxe sur les îles

    • Tavarua Island Resort : l’expérience ultime, sur une île en forme de cœur, à deux pas de Cloudbreak et Restaurants. All-inclusive, confort maximal, mais prix élevé (plusieurs milliers d’euros la semaine).
    • Namotu Island Resort : plus petit et intimiste, avec seulement 12 chambres, accès direct à Namotu Lefts et Swimming Pools.

    Resorts haut de gamme sur Viti Levu

    • Marriott Momi Bay : luxe, lagon privé, accès rapide aux Mamanuca et à Cloudbreak en bateau.
    • InterContinental Fiji Golf Resort & Spa : idéal pour combiner vacances en famille et surf (Natadola Beach accessible).

    Options plus abordables

    • Funky Fish (Malolo Island) : ambiance conviviale et prix accessibles, transferts surf en bateau quotidiens.
    • Rendezvous Surf Camp Fiji : camp de surfeurs sur le mainland, plus roots, parfait pour un budget serré.
    • Waidroka Bay Resort (Coral Coast) : atmosphère surf & plongée, accès à Frigates Passage.

    Culture fidjienne et expériences hors surf

    Un surf trip aux Fidji, ce n’est pas seulement des vagues parfaites. C’est aussi une immersion culturelle unique.

    • Hospitalité fidjienne : les habitants accueillent les visiteurs avec un sourire sincère.
    • Cérémonie du kava : boisson traditionnelle à base de racine de poivre, consommée lors de rassemblements sociaux.
    • Nature préservée : plongée sur la Grande Barrière de Fidji, randonnées dans la jungle, cascades.

    Les Fidji sont une expérience complète : un surf trip qui nourrit autant l’âme que l’adrénaline.

    FAQ sur le surf à Fidji

    Quel est le meilleur spot de surf à Fidji ?
    Cloudbreak est considéré comme l’un des meilleurs spots du monde, mais Restaurants et Namotu Lefts valent aussi le détour.

    Quand surfer à Cloudbreak ?
    La période idéale s’étend d’avril à octobre, pendant la saison des houles australes.

    Les Fidji sont-elles adaptées aux débutants ?
    Oui, mais pas à Cloudbreak. Natadola Beach est un spot de plage parfait pour s’initier.

    Quel budget prévoir ?
    Un surf trip à Fidji peut coûter de 1 500 € (séjour roots sur le mainland) à plus de 7 000 € (semaine all-inclusive à Tavarua).

    Peut-on surfer sans loger sur les resorts privés ?
    Oui, grâce à des camps et hôtels sur Viti Levu proposant des transferts quotidiens en bateau.

    Le surf aux Fidji, c’est bien plus qu’un voyage : c’est une expérience à part entière. Entre la puissance mythique de Cloudbreak, la variété des spots voisins, la beauté des paysages et la richesse culturelle de l’archipel, Fidji s’impose comme une destination incontournable pour tout surfeur.

    Un trip ici reste un investissement, mais c’est aussi une aventure dont on se souvient toute une vie. Car aux Fidji, chaque vague est une promesse de perfection… et chaque sourire fidjien un rappel que le surf, c’est aussi le partage.

  • SNAPT 5 : le surf brut revient sur grand écran

    SNAPT 5 : le surf brut revient sur grand écran

    Depuis plus de vingt ans, la saga SNAPT s’est imposée comme un véritable antidote aux images lisses et formatées des réseaux sociaux. Pas de filtres, pas d’effets “arty” : ici, c’est du surf pur et dur, capté dans son essence la plus brute. En 2025, le réalisateur américain Logan “Chucky” Dulien livre le cinquième et dernier opus de la série, un film déjà culte avant même sa sortie officielle.

    Un film de surf à l’ancienne

    Dans un monde où l’on consomme des clips de 30 secondes sur Instagram ou TikTok, SNAPT 5 fait figure d’ovni. Conçu comme les surf movies des années 90-2000, il réunit une sélection de free surfers explosifs, propulsés par une bande-son nerveuse et un montage sans concession.
    Pas question de “storytelling sponsorisé” ou de posture marketing : ici, les surfeurs s’expriment en liberté, et ça change tout.

    Dulien résume son projet simplement : “C’est un film qui donne envie d’aller surfer, un défouloir à l’état brut.” Une vision qui séduit parce qu’elle ramène le surf à son ADN : la passion, le risque, la folie.

    Une distribution de rêve

    Le casting de SNAPT 5 réunit une poignée de riders parmi les plus inspirants de la planète. On retrouve Jack Robinson, valeur sûre du surf mondial, Mason Ho, toujours aussi imprévisible, ou encore des free surfers mythiques comme Clay Marzo, Asher Pacey ou Eithan Osborne.
    Chacun y va de son style : technique chirurgicale, créativité aérienne, engagement insensé dans des barrels monstrueux. Résultat : un film qui donne le vertige et qui célèbre la diversité des approches du surf moderne.

    Des sessions aux quatre coins du globe

    Tourné entre l’Indonésie, Hawaï, l’Amérique centrale et l’Australie, le film enchaîne les décors spectaculaires. Vagues turquoises et puissantes, reef breaks tubulaires, spots secrets à l’ambiance sauvage : tout y est pour capturer l’essence du surf de performance.

    Le teaser, déjà disponible en ligne, donne le ton : drops vertigineux, airs insensés, close-outs fracassants. De quoi faire saliver tous les passionnés avant de découvrir l’intégralité sur grand écran.

    Un rendez-vous en France et en Europe

    Bonne nouvelle pour les surfeurs français : la tournée SNAPT 5 passera par l’Hexagone. Le film sera projeté gratuitement dans le cadre du Quiksilver Festival 2025 à Hossegor, le mardi 23 septembre au Surfing. L’occasion de vivre une projection à l’ancienne, entouré d’une communauté passionnée, avec les applaudissements et les cris qui font vibrer la salle à chaque manœuvre incroyable.

    D’autres dates en France et en Europe devraient suivre, confirmant que SNAPT 5 n’est pas seulement un film : c’est un événement fédérateur, une célébration du surf “core” qui échappe aux codes commerciaux pour remettre l’émotion au centre.

    Un dernier chapitre pour une saga culte

    Avec ce cinquième opus, Logan Dulien met un point final à une aventure démarrée en 2002. Entre-temps, le réalisateur a connu des hauts, des bas, et une véritable résurrection personnelle grâce à sa passion pour le surf. Aujourd’hui, il livre ce qu’il considère comme l’ultime hommage à la culture surf libre et sans compromis.

    Si les SNAPT resteront comme une série de films mythiques, ce cinquième épisode s’annonce comme l’apothéose : une heure de surf sans filtre, faite pour être vue et vécue ensemble. Car c’est peut-être là que réside la force de ces films : loin des écrans de poche, ils rappellent que le surf est avant tout une expérience collective, vibrante, qui se partage.

  • Lucas Chianca repousse les limites du surf de grosses vagues au Brésil

    Lucas Chianca repousse les limites du surf de grosses vagues au Brésil

    Quand on pense au surf de grosses vagues, le Brésil n’est pas forcément le premier pays qui vient en tête. Nazaré au Portugal, Jaws à Hawaï, Mavericks en Californie… Ces noms résonnent immédiatement dans l’imaginaire collectif. Pourtant, c’est bien au sud du Brésil, à Laje da Jaguaruna, dans l’État de Santa Catarina, que Lucas “Chumbo” Chianca vient de marquer l’histoire avec une vague mesurée à 14,82 mètres (48 pieds), la plus grosse jamais surfée dans le pays.

    Une mission express à travers le Brésil

    Ce record, Chumbo ne l’a pas arraché par hasard. Comme souvent dans le surf de grosses vagues, tout s’est joué dans une course contre la montre. Alors qu’il se trouvait à Barra Grande, dans l’État de Bahia, à plus de 1 300 kilomètres de Rio, Lucas reçoit l’alerte : une houle historique se prépare au sud du pays. Sans hésiter, il saute dans un véhicule, traverse une bonne partie du Brésil, prend un vol depuis Rio et file vers Santa Catarina.

    En l’espace de 24 heures, il se retrouve sur le spot mythique de Jaguaruna, déjà surnommé par certains le “Nazaré brésilien”. Et cette fois, toutes les conditions étaient réunies.

    Laje da Jaguaruna, un monstre brésilien

    Ce spot méconnu du grand public est pourtant l’un des rares du pays capables de produire de telles montagnes liquides. Situé au large, il aligne des murs d’eau d’une puissance impressionnante, mais les bonnes conditions sont rares. Ce 20 août 2025, elles étaient parfaites : une houle longue, propre, avec une énergie hors du commun.

    Lucas Chianca raconte :

    “J’ai eu l’honneur de surfer la plus grosse vague jamais enregistrée au Brésil, 14,82 mètres à Laje da Jaguaruna. C’était une mission incroyable, avec une équipe au top et une énergie vraiment unique. Une journée que je n’oublierai jamais.”

    Un exploit qui change la donne

    Pour Chumbo, habitué aux XXL de Nazaré ou de Jaws, cette vague n’est peut-être pas la plus haute de sa carrière. Mais symboliquement, elle est énorme. Car le Brésil n’a jamais été considéré comme une destination majeure de big wave surfing. Avec ce record, le pays entre désormais dans la carte mondiale du surf extrême.

    Il faut rappeler que le Brésil a déjà produit une génération de surfeurs de grosses vagues : Maya Gabeira, détentrice du record féminin mondial, Rodrigo Koxa, qui a surfé la plus grosse vague jamais mesurée (24,38 mètres à Nazaré), ou encore Pedro Scooby. Mais la plupart de leurs exploits se sont réalisés à l’étranger. Cette fois, c’est sur les terres brésiliennes qu’un chapitre s’écrit.

    Le symbole d’une “Brazilian Storm XXL”

    Depuis une quinzaine d’années, la “Brazilian Storm” a révolutionné le surf mondial en compétition, avec des champions comme Gabriel Medina, Italo Ferreira, Filipe Toledo ou Tatiana Weston-Webb. Lucas Chianca incarne la même énergie, mais dans l’univers des grosses vagues. Et ce ride record à Jaguaruna montre que la tempête brésilienne souffle aussi sur les big waves.

    Au-delà de la performance, Chumbo a mis en lumière tout un collectif de surfeurs et de sauveteurs qui œuvrent pour développer la pratique dans le pays. Son équipe de jet-skis, les locaux de “Jagua”, et toute l’organisation en sécurité étaient essentiels pour rendre possible une telle session.

    Une fierté nationale

    Dans un Brésil passionné de surf, ce record va résonner comme une fierté. Voir l’un des leurs dompter une vague de près de 15 mètres à domicile, dans une atmosphère quasi mystique, donne de nouvelles perspectives à la scène locale. Jaguaruna pourrait bien attirer de plus en plus l’attention internationale dans les années à venir.

    Pour Lucas “Chumbo” Chianca, c’est une nouvelle ligne dans un palmarès déjà impressionnant, mais surtout un moment d’émotion pure :

    “Immense gratitude envers mon équipe et tous ceux qui ont rendu cette journée possible. Le Brésil a des vagues incroyables, et aujourd’hui on l’a prouvé au monde entier.”

  • Surf de Nuit 2025 : le spectacle revient à Anglet ce week-end

    Surf de Nuit 2025 : le spectacle revient à Anglet ce week-end

    Chaque été, la Chambre d’Amour à Anglet s’illumine d’une aura unique : celle du Caraïbos Surf de Nuit présenté par Rip Curl. Ce vendredi 22 août (ou samedi en cas de météo capricieuse), le spot des Sables d’Or se transformera en véritable arène de surf, avec planches, musique et projecteurs lumineux. Un rendez-vous que le public comme les surfeurs attendent avec impatience.

    Résultats de la compétition en 2025

    C’est finalement l’équipe verte qui s’impose lors de cette édition 2025 du Surf de Nuit d’Anglet, dans des conditions agréables avec un mètre de houle. Le duo Juliette Lacome et Sam Piter a brillé, porté par un Sam Piter en grande forme qui a décroché la meilleure note de la soirée avec un solide 8,10. Leur total de 11,10 points leur offre une victoire méritée après un duel intense face à l’équipe blanche, représentée par Clémence Schorsch et Tiago Carrique. Ce dernier s’est illustré par des envolées spectaculaires, mais leur score de 10,77 les place finalement en deuxième position. Sur la troisième marche du podium, on retrouve Tya Zebrowski et Justin Becret, auteurs d’un total de 9,86.

    Comme le veut la tradition, l’intégralité des gains a été reversée aux associations défendues par chaque équipe, rappelant que le Surf de Nuit est autant une fête populaire qu’un événement solidaire. Quelques images exclusives du surf de nuit 2025.

    Un événement historique à Anglet

    Créé en 1994, le Surf de Nuit fait partie des rendez-vous cultes de la côte basque en été. Le concept est simple, mais spectaculaire : des sessions de surf disputées après la tombée du jour, éclairées par d’immenses ballons lumineux. Résultat : un contraste saisissant entre l’écume des vagues, la nuit noire et les manœuvres des surfeurs.

    Au fil des années, l’événement a connu des fortunes diverses, souvent malmené par la météo estivale parfois capricieuse ou par le manque de houle. Mais malgré ces aléas, le Surf de Nuit a su s’imposer comme un moment unique, autant apprécié par le grand public que par les athlètes.

    Une édition 2025 particulière

    Depuis quelques années, le Surf de Nuit se tenait dans le cadre de la compétition WSL d’Anglet. Cette année, pas de contest international… mais l’événement est conservé, pour le plus grand bonheur des spectateurs.

    Le format de compétition reste inchangé :

    • 6 équipes mixtes (un homme et une femme),
    • deux manches qualificatives,
    • une finale en heat mixte.

    Chaque équipe défend les couleurs d’un partenaire, avec un prize money reversé à une association ou une organisation choisie.

    Les équipes en lice

    Le plateau 2025 affiche une belle diversité de talents, entre jeunesse montante et valeurs sûres :

    • Rip Curl : Tya Zebrowski & Justin Becret
    • Caraïbos : Hina Conradi & Jorgann Couzinet
    • Ville d’Anglet : Pauline Ado & Romain Lauhle
    • Carlbreak : Juliette Lacome & Sam Piter
    • MC Box Events : Tessa Thyssen & Clément Roseyro
    • Surfing France : Clémence Schorsch & Tiago Carrique

    Autant dire que le spectacle sera au rendez-vous, chaque équipe ayant à cœur de briller devant les milliers de spectateurs massés sur la plage et la digue.

    Plus qu’un contest, une fête

    Le Surf de Nuit n’est pas qu’une compétition. L’événement se vit dès l’après-midi, avec un programme pensé pour mêler sport, culture et ambiance estivale : projection de films de surf, ateliers créatifs autour de l’océan avec Save la Mermaid, sets DJ au coucher du soleil, séances de dédicaces et concerts live.

    L’apothéose aura lieu à 22h, quand les surfeurs entreront à l’eau sous les projecteurs. La remise des prix est prévue vers 23h45, mais la soirée, elle, restera longtemps dans les mémoires.

    Un rendez-vous à ne pas manquer

    Entre spectacle sportif, fête populaire et ambiance unique, le Surf de Nuit 2025 confirme sa place à part dans le calendrier des événements basques. Une occasion idéale de (re)découvrir Anglet autrement, sous la lumière des vagues et des projecteurs.

  • Quand le surf rencontre les glaciers : entre fake YouTube et réalité givrée

    Quand le surf rencontre les glaciers : entre fake YouTube et réalité givrée

    Sur YouTube, on trouve de tout : des tutos bricolage improbables, des chats pianistes, et parfois… des vidéos de surf sur des glaciers qui explosent. Dernière trouvaille en date : un clip ultra-spectaculaire où trois riders en paddle affrontent la vague d’un iceberg qui s’effondre dans l’océan. Ça en jette, mais problème : ça ne tient pas debout.

    Sur YouTube, on trouve de tout : des tutos bricolage improbables, des chats pianistes, et parfois… des vidéos de surf sur des glaciers qui explosent. Dernière trouvaille en date : un clip ultra-spectaculaire où trois riders en paddle affrontent la vague d’un iceberg qui s’effondre dans l’océan. Ça en jette, mais problème : ça ne tient pas debout.

    Les détails qui trahissent le fake

    À première vue, on est bluffé. De l’eau glaciale, des surfeurs courageux ou suicidaire, un bateau proche de la zone d’impact, et le tout dans le plus grand calme… Mais en regardant bien, ça cloche :

    • Ils sont trois au line-up, mais seulement deux prennent la vague. Le troisième ? Disparu comme par magie, probablement « avalé » par l’algorithme de montage IA.
    • Le bateau, censé être à deux doigts de chavirer, reste parfaitement immobile. Pas une vaguelette, pas un tangage. Du grand cinéma.
    • Et surtout, la vague est beaucoup trop parfaite. Un mur d’eau lisse, façon Hossegor un matin d’été, alors qu’une chute de glace génère normalement du gros clapot chaotique.

    Bref, merci l’IA pour le spectacle, mais la physique, elle, n’a pas été invitée.

    La réalité, encore plus folle

    Mais là où c’est savoureux, c’est que ce scénario complètement fake a pourtant déjà existé… pour de vrai. En 2013, deux surfeurs d’exception – Garrett McNamara (l’homme aux records de Nazaré) et son pote hawaïen Kealii Mamala – ont relevé un défi dingue : surfer les vagues créées par la chute d’un glacier.

    Direction l’Alaska, au Child’s Glacier près de Cordova. Températures glaciales, combinaisons épaisses, et un pari insensé : attendre qu’un bloc de glace de la taille d’un immeuble s’effondre dans l’eau… et se jeter dans les vagues que ça provoque.

    Trois semaines d’attente, quelques secondes d’adrénaline

    McNamara et Mamala ont campé trois semaines à proximité, parfois jusqu’à 20 heures par jour dans l’eau. Imagine : tu patientes, tu trembles, tu scrutes une montagne de glace de 90 mètres de haut en espérant qu’elle tombe droit dans l’eau et pas sur toi.

    Quand enfin le glacier a cédé, ils se sont lancés. McNamara décrira l’expérience comme « la chose la plus lourde et la plus flippante » de sa vie. Une comparaison ? « Comme si l’Empire State Building s’écroulait sur toi. » Ambiance.

    Entre mythe et réalité

    Alors, la vidéo YouTube ? Un joli fake, certes bien monté, mais qui fait sourire quand on connaît l’histoire. Car oui, des surfeurs ont déjà affronté ce type de vagues venues de nulle part, au péril de leur vie.

    Finalement, c’est peut-être ça qui rend le surf si fascinant : même les vidéos trafiquées peinent à égaler la réalité. Entre IA et adrénaline, l’océan – ou même les glaciers – gardent toujours une longueur d’avance.

  • Battre des jambes en ramant : une technique qui intrigue les surfeurs

    Battre des jambes en ramant : une technique qui intrigue les surfeurs

    Dans le surf, chaque détail compte. La position du corps, l’épaisseur de la planche, la puissance des bras… mais aussi, parfois, un mouvement que l’on voit rarement expliqué : battre des jambes en ramant. Est-ce vraiment efficace ? Ou juste un réflexe nerveux qu’on a tous eu en voulant arracher une vague de justesse ?

    Certains pros l’utilisent en compétition, d’autres n’y croient pas. Mais une étude scientifique et quelques exemples en live contest donnent des éléments de réponse intéressants.

    Une étude qui fait la différence : +8 % de vitesse

    En 2010, deux chercheurs australiens, Loveless et Minahan, ont publié une étude dans le Journal of Sport Science. Leur protocole était simple : demander à 11 jeunes surfeurs compétiteurs de ramer sur eau plate, avec et sans battements de jambes.

    Résultat ?
    👉 La rame avec battement était en moyenne 8 % plus rapide.
    Sur un effort court (5 à 10 secondes), cela équivalait à un gain de vitesse de 0,16 m/s, soit environ un à deux mètres de distance gagnée.

    Quand on pense aux paddle battles en compétition, où deux surfeurs se disputent une vague au centimètre près, ce petit mètre peut être décisif.

    Des exemples concrets sur le tour pro

    L’idée n’est pas qu’une théorie en labo. On a vu plusieurs exemples sur le Championship Tour (CT), comme on peut le voir dans la vidéo en-dessous :

    • Vahine Fierro vs Isabella Nichols à Tahiti : Vahine a utilisé des battements de jambes pour se démarquer et prendre une vague clé.
    • Seth Moniz vs Ethan Ewing : en pleine bataille de rame, les deux battent des jambes, mais c’est Ewing qui sort vainqueur.
    • Kauli Vaast et Crosby Colapinto : même sans duel direct, on les a vus utiliser cette technique pour “booster” leur rame.

    Ces images donnent une crédibilité à l’idée que battre des jambes, au bon moment, peut offrir un avantage compétitif.

    Mais qu’en est-il pour attraper une vague ?

    C’est là que ça se complique.
    Car ramer en eau plate n’est pas la même chose que se lancer dans une vague. Plusieurs variables changent complètement la donne :

    • L’épaisseur de la planche.
    • Le courant dans l’océan et la vague
    • La puisance de la vague elle-même.
    • L’équilibre du corps : bouger les jambes peut parfois déstabiliser.

    Aucune étude scientifique n’a encore testé les effets réels du battement de jambes au moment précis de l’entrée dans la vague.

    En clair :
    ✅ On sait que ça aide à accélérer sur eau plate.
    🤔 On suppose que ça peut aider à “booster” la dernière poussée avant d’attraper une vague.
    ❌ Mais on ne peut pas l’affirmer scientifiquement.

    Pourquoi ça pourrait marcher

    Même sans preuve formelle, plusieurs hypothèses circulent :

    • Les battements créent un effet de propulsion supplémentaire (même faible) qui s’ajoute à la rame.
    • Ils permettent de maintenir le corps plus haut sur la planche, réduisant la traînée.
    • Ils donnent aussi un effet psychologique : en mode “dernière chance”, ça incite le surfeur à tout donner.

    Alors, faut-il battre des jambes en ramant ?

    La réponse dépend de votre pratique :

    • En freesurf, ça peut aider si vous voulez absolument rentrer dans une vague molle ou si vous manquez de vitesse. Mais inutile d’en abuser, cela peut vite fatiguer.
    • En compétition, ça devient une arme tactique dans un paddle battle. Les pros l’ont intégré, et ce n’est sûrement pas pour rien. N’hésitez pas à battre des pieds pour envoyer des projections d’eau à votre adversaire, c’est de bonne guerre.
    • En apprentissage, mieux vaut d’abord travailler la technique de rame classique (position du corps, efficacité des bras). Le battement vient comme un petit “turbo” à ajouter ensuite.

    Le mot de la fin

    Pour l’instant, battre des jambes en ramant reste un plus anecdotique mais bien réel. La science a montré que ça accélère sur eau plate. L’expérience des pros laisse penser que ça peut aider à prendre des vagues.

    Mais au fond, la meilleure réponse viendra peut-être de votre propre expérience. La prochaine fois que vous sentez qu’il vous manque un petit coup de vitesse… essayez de battre des jambes. Vous verrez bien si ça change la donne !

    PS : Un jour, je me suis blessé aux adducteurs en battant des jambes au take off, la loose totale….lol

  • Incident spectaculaire à Waikiki : un bateau échoué dans les vagues

    Incident spectaculaire à Waikiki : un bateau échoué dans les vagues

    Un swell XXL traverse le Pacifique

    Début août 2025, la planète surf a eu droit à un spectacle hors norme. Un swell massif, le même qui a frappé Teahupo’o juste avant la compétition WSL, a parcouru des milliers de kilomètres à travers le Pacifique. Ces trains de houle, générés par de puissantes dépressions au large, se propagent comme des vagues de fond, venant s’écraser des jours plus tard sur des rivages parfois très éloignés.
    À Hawaï, ce fut le cas sur la côte sud d’Oahu, notamment à Waikiki et Kewalos, spot réputé pour ses vagues accessibles… mais qui s’est transformé, le temps d’une journée, en un véritable champ de mines.

    Le chaos à Kewalos : un bateau en plein line-up

    Alors que les surfeurs se jetaient dans l’eau pour profiter des conditions XXL, une scène improbable s’est déroulée sous leurs yeux. Un bateau de 75 pieds, appartenant à la compagnie Atlantis Cruises, a tenté de franchir la passe du port de Kewalos.
    Malheureusement à cause de la forte houle, l’embarcation s’est retrouvée embarquer par une grosse vague… jusqu’à littéralement traverser le line-up. Certains témoins affirment qu’à un moment donné, le bateau a presque “posé un floater”, comme un surfeur sur une planche d’acier. Une image surréaliste, qui aurait pu tourner au drame si des surfeurs s’étaient trouvés sur sa trajectoire.

    Un échouage sans blessés, mais inquiétant

    Finalement, le bateau a fini sa course en s’échouant sur le récif de Kewalos.
    Heureusement, aucun passager ne se trouvait à bord : seuls deux membres d’équipage expérimentés, indemnes, tentaient de manœuvrer le navire. Atlantis Adventures a précisé qu’aucune fuite de carburant ni de pollution n’avait été constatée, et qu’ils travaillaient avec les autorités pour retirer le bateau sans endommager davantage le récif.
    Mais au-delà de la peur rétrospective, l’incident soulève la question de la fragilité de ces zones coralliennes. Déjà mises à mal par la fréquentation humaine et le réchauffement climatique, elles se retrouvent ici menacées par un accident évitable.

    Quand la règle du surf s’applique aussi aux bateaux

    Les surfeurs connaissent l’adage : “When in doubt, don’t go out” – si tu doutes, n’y va pas. Une maxime qui s’est révélée universelle : elle vaut aussi pour les capitaines de bateaux.
    Dans ce cas précis, la décision de tenter de franchir la passe malgré la houle s’est soldée par un échouage spectaculaire, heureusement sans conséquences humaines.
    Mais l’incident rappelle une évidence : face à la puissance de l’océan, la prudence n’est jamais de trop. Le swell qui relie Tahiti à Hawaï nous rappelle que la houle n’a pas de frontières, et qu’en mer comme au line-up, il vaut mieux parfois attendre que le calme revienne.

  • Kauli Vaast, un an après sa victoire olympique historique

    Kauli Vaast, un an après sa victoire olympique historique

    Le rêve devenu réalité à Teahupo’o

    « Cinq secondes… », se souvient Kauli Vaast. Depuis la tour, le speaker compte à rebours. Dans l’eau, l’Australien avait encore la priorité, mais l’océan est resté muet. Aucun set à l’horizon. À cet instant, le jeune surfeur de Tahiti réalise : il est champion olympique. Premier Français à inscrire son nom au palmarès du surf aux Jeux, et qui plus est à domicile, sur la vague mythique de Teahupo’o.
    Un rêve devenu réalité, mais aussi une mission accomplie. Car Kauli n’a pas seulement gagné pour lui : il a porté haut les couleurs d’une île, d’un pays, et d’une communauté.

    Teahupo’o, l’école de la vie

    Pour Kauli, Teahupo’o n’est pas un simple spot. C’est son terrain de jeu, son jardin, son école. Là où il a appris à se caler dans les tubes, à affronter les grosses houles et à apprivoiser la puissance brute de l’océan.
    « C’est la plus belle vague au monde », affirme-t-il sans détour. Mur de crâne pour les uns (signification de Teahupo’o), cathédrale liquide pour les autres, Teahupo’o est avant tout une énergie unique, une vibration que l’on ne comprend vraiment qu’en y plongeant. Kauli a grandi dans cette intensité, et c’est elle qui a forgé son surf, mais aussi son mental.

    La pression de « l’enfant du pays »

    Représenter la France et Tahiti, dans un spot aussi exigeant, a multiplié la pression par dix. Kauli n’était pas forcément considéré comme un favori mondial avant les Jeux. Mais les connaisseurs savaient qu’il avait le talent pour le faire. La fédération française de surf s’est bien frotté les mains en sachant que les JO auraient lieu à Tahiti, c’était le seul endroit où on pouvait gagner une médaille. Il a su transformer cette attente en force.
    La clé ? Une préparation mentale sans faille. Travailler à transformer le stress en énergie positive, en motivation supplémentaire. Résultat : une victoire libératrice, gravée à jamais dans l’histoire du surf français.

    Un podium partagé avec les siens

    Plus fort encore que la médaille elle-même, Kauli garde en mémoire le moment où il a pu partager sa victoire. Sur le podium, il aperçoit sa famille, ses proches, sa mère, venus jusqu’à Teahupo’o. Une communion rare, qui donne tout son sens à l’effort accompli.
    « Partager ça avec les personnes que tu aimes, il n’y a rien de mieux », confie-t-il. La médaille n’est pas qu’un trophée personnel : elle est le symbole d’une aventure collective, d’un peuple derrière son champion.

    Une victoire qui dépasse le surf

    Le lendemain de son exploit, Kauli découvre l’ampleur de sa victoire. À Paris, à Tahiti, en France métropolitaine, partout on le félicite, on lui sourit, on le remercie. Sa médaille résonne au-delà du surf. Elle inspire une génération.
    Dans l’eau, les jeunes Tahitiens l’interpellent, le reconnaissent. Certains n’étaient pas nés quand il a commencé à se faire un nom. Aujourd’hui, il est un modèle. « Pourquoi pas une deuxième médaille ? Pourquoi pas un titre mondial ? », se dit-il, déjà tourné vers l’avenir.

    Le tremplin d’une carrière

    Si la médaille d’or reste à ce jour son plus grand accomplissement, Kauli refuse d’en faire une fin en soi. Elle est un tremplin, un point de départ.
    Désormais, il vise les Championnats du monde, avec la ferme intention de prouver qu’il peut figurer durablement parmi les meilleurs. La confiance acquise à Teahupo’o lui donne une arme supplémentaire : la certitude qu’il a sa place au sommet.
    Et surtout, il garde une philosophie simple : ne jamais perdre le plaisir. « Il faut toujours s’amuser et profiter », résume-t-il. Car c’est bien l’amour de l’océan, intact, qui continue de guider chacun de ses pas.

  • Griffin Colapinto raconte la plus grosse branlée de sa vie à Teahupo’o

    Griffin Colapinto raconte la plus grosse branlée de sa vie à Teahupo’o

    Quelques jours avant le Lexus Tahiti Pro 2025, Griffin Colapinto a vécu le wipeout le plus violent de sa carrière à Teahupo’o. Entre peur, chaos et adrénaline, le Californien revient sur cet épisode qui aurait pu tourner au drame. Pas le meilleur moyen d’appréhender la compétition….(Quoique)

    Un avant-goût de l’enfer à Teahupo’o

    À Tahiti, avant même que le Lexus Tahiti Pro ne démarre, la houle XXL s’était déjà invitée. Comme souvent à Teahupo’o, chaque session des surfeurs du Tour ressemble à une compétition parallèle, surtout lorsque les meilleurs free surfeurs au monde et les meilleurs du tour se donnent rendez-vous pour une houle historique, où l’océan distribue tubes d’anthologie.

    Griffin Colapinto, actuel n°3 mondial (après la compétition de Teahupoo), est arrivé tôt pour s’entraîner et prendre la température. Et il n’a pas été déçu. Dans une vidéo publiée sur YouTube, le surfeur de San Clemente raconte ce qu’il considère comme le pire wipeout de sa vie.

    « Tout le channel s’est mis à bouger »

    Griffin se souvient :

    « Ce jour-là était énorme. Il y avait des vagues pour le tow-in, mais aussi des opportunités pour ramer. J’ai pris une première vague, j’ai sauté et je suis passé. Je pensais que c’était bon. J’ai ramé vers le chenal, et j’ai senti tout le channel se mettre à tirer vers le large. Là, j’ai compris que quelque chose d’énorme arrivait. »

    En quelques secondes, Colapinto réalise qu’il est mal placé. À sa gauche, il voit Eli Olson se faire tracter sur l’une des bombes de la journée. Et lui est pile dans l’impact zone.

    La décision en une fraction de seconde

    Pris au piège, Griffin n’a pas d’autre choix que de sacrifier sa planche et de plonger sous la lèvre :

    « J’ai pensé enlever mon leash, mais Eli était sur la vague. Je ne voulais pas que ma planche le percute. Alors j’ai plongé, j’ai nagé de toutes mes forces, mais je sentais l’océan me ramener vers le pic. »

    À bout de souffle, il remonte à la surface, parvient à prendre une inspiration salvatrice… avant d’être aspiré à nouveau par la déferlante.

    Une machine à laver sans fin

    Le Californien décrit alors un moment où tout bascule dans une logique de survie :

    « Quand tu réalises que tu ne peux pas lutter, il faut accepter que ça arrive. Sinon tu paniques, et là ça devient dangereux. »

    Propulsé dans le tourbillon, son gilet d’impact est arraché par la puissance de l’eau. Coincé sous l’écume, il reste de longues secondes prisonnier. Lorsqu’il refait surface, c’est pour replonger aussitôt sous une deuxième vague, qui le maintient encore plus longtemps au fond.

    Heureusement, un jet-ski le récupère quelques instants plus tard. Exténué, secoué, mais indemne.

    Matos détruit, mental intact

    Sa planche, en revanche, n’a pas survécu : leash arraché, boîte de dérive éclatée, rails brisés. « Elle était complètement détruite », lâche-t-il. Pourtant, loin de renoncer, Griffin retourne aussitôt au large avec une nouvelle planche.

    Et le karma lui sourit : deux heures après son wipeout, il sort du meilleur tube de sa vie. La vidéo le montre hurlant de joie, tremblant d’adrénaline en criant :

    « Je pense que c’est le meilleur barrel de ma vie. Je suis en train de trembler ! »

    De la peur à l’extase

    Ce contraste entre l’extrême violence d’un wipeout et la récompense ultime d’un barrel parfait résume l’essence même de Teahupo’o. Une vague mythique, capable de tout donner comme de tout prendre.

    Griffin le sait : ce genre d’expérience forge un surfeur. Et malgré la frayeur, il en sort grandi :

    « C’était la plus grosse branlée de ma vie, mais aussi une des journées les plus mémorables. »

    Une préparation pour les WSL Finals

    Quelques jours plus tard, Colapinto atteint la finale du Lexus Tahiti Pro, seulement battu par Jack Robins on. Mais sa performance lui permet de grimper à la troisième place mondiale et d’assurer sa place pour les Finals à Cloudbreak (Fidji).

    Avec ce mélange de lucidité, de courage et de persévérance, il arrivera à Fidji gonflé à bloc, prêt à jouer le titre mondial.

    Le wipeout de Griffin Colapinto à Teahupo’o est un rappel brutal : même pour les meilleurs surfeurs du monde, l’océan reste le maître. Entre peur viscérale et extase pure, Colapinto a vécu en quelques heures les deux extrêmes du surf. Une expérience qui restera gravée dans sa mémoire… et dans celle de tous ceux qui ont vu les images.

  • Michel Bourez blessé au visage à Teahupo’o : “L’océan te rappelle qui commande”

    Michel Bourez blessé au visage à Teahupo’o : “L’océan te rappelle qui commande”

    Le surfeur tahitien Michel Bourez a connu une mésaventure impressionnante à domicile, sur l’une des vagues les plus redoutées au monde. Dix jours plus tôt, lors d’une session de tow-in dans un Teahupo’o massif, sa planche l’a violemment frappé au visage, l’envoyant directement à l’hôpital. Retrouvez la vague dans la vidéo en-dessous.

    Un accident sans perte de conscience

    Heureusement, l’ancien pensionnaire du Championship Tour (CT) n’a pas perdu connaissance. Michel Bourez a raconté l’accident :

    “Parfois l’océan te rappelle qui est le patron. Ma planche m’a frappé en plein visage, mais j’ai eu de la chance. Je retrouve peu à peu mes sensations et j’ai hâte de reprendre l’entraînement.”

    Un témoignage qui illustre la brutalité de Teahupo’o, spot mythique connu pour sa vague massive et creuse, capable d’infliger les pires blessures aux surfeurs, même les plus aguerris.

    Pas de regrets malgré les risques

    Loin de s’apitoyer, le Tahitien a tenu à relativiser :

    “Ces choses-là arrivent. On connaît tous les risques quand les vagues atteignent cette taille. Je n’ai aucun regret… c’était quand même une journée incroyable.”

    Ces mots montrent la résilience d’un surfeur qui a toujours aimé repousser ses limites dans les conditions extrêmes.

    Une carrière au sommet, un retour aux racines

    Surnommé The Spartan, Michel Bourez a marqué le surf mondial avec plus de dix ans passés sur le CT, trois victoires en carrière et une réputation de guerrier dans les vagues et en dehors. Aujourd’hui en dehors du circuit professionnel, il profite de son temps pour se confronter aux houles tahitiennes, là où tout a commencé.

    Et malgré cet accident, Bourez n’a pas perdu son enthousiasme : il a félicité son frère Mihimana pour sa troisième place lors de l’étape de WCT 2025, rappelant que la relève tahitienne est plus que jamais en feu.

    Teahupo’o, toujours aussi impitoyable

    Cet épisode rappelle que, même pour un surfeur expérimenté comme Michel, d’ailleurs son frère Kevin Bourez avait connu une blessure grave sur cette même vague en 2014 avec plusieurs fractures à la mâchoire, de sérieuses ouvertures au visage (dont dents cassées, globe oculaire enfoncé et cervicale touchée) et d’un traumatisme crânien….Une histoire de familles.

    Michel Bourez, fidèle à sa mentalité de Spartan, a déjà les yeux tournés vers son retour à l’eau. Bo rétablissement Michel….

  • Hommage à Daniel Lasserre, figure du surf et du barreau bordelais

    Hommage à Daniel Lasserre, figure du surf et du barreau bordelais

    Un passionné de l’océan et du droit

    La communauté du surf français est en deuil. Daniel Lasserre, surfeur de la Côte des Basques et membre actif du Côte des Basques Surf Club, s’est éteint le 11 août 2025 à l’âge de 69 ans, des suites d’une longue maladie. Homme de passion et d’engagement, il incarnait ce lien rare entre le monde des vagues et celui du droit.

    Depuis 2021, il avait choisi de mettre ses compétences au service de la Fédération Française de Surf en tant que responsable bénévole du Comité de discipline d’appel. Fidèle participant aux conférences Surf et Droit, il y apportait sa vision à la fois juridique et profondément humaine, nourrie par son attachement à l’océan et à la communauté surf.

    Un avocat respecté et un homme d’élégance

    Né à Bordeaux, Daniel Lasserre avait prêté serment en 1978 avant de cofonder le cabinet Elige, spécialisé en droit commercial et des affaires. Ancien membre du Conseil de l’ordre (1986-1993), il était reconnu par ses pairs pour son élégance, son éloquence et sa pugnacité. Ses confrères décrivent un homme joyeux, bienveillant, brillant et profondément humain.

    Son nom restera aussi lié à l’affaire Bettencourt, où il a défendu en 2015 le photographe François-Marie Banier aux côtés de Pierre Cornut-Gentille et Laurent Merlet. Mais au-delà des affaires médiatisées, il restera pour le barreau de Bordeaux une figure respectée, un confrère attachant et un esprit rassembleur.

    Un sportif accompli

    Si le surf occupait une place essentielle dans sa vie, Daniel Lasserre était aussi un sportif accompli. Golf, football – qu’il pratiquait au sein de l’équipe du barreau de Bordeaux – ou sorties en montagne, il cultivait un rapport authentique à l’effort et au dépassement de soi. Sa passion pour l’océan l’accompagnait depuis toujours, faisant de lui un visage familier des vagues de la Côte des Basques.

    Un héritage humain et océanique

    Marié et père de deux filles, Daniel Lasserre laisse derrière lui l’image d’un homme à la fois engagé et accessible, un « vieux de la vieille » du surf basque qui n’a jamais cessé de conjuguer passion et professionnalisme. Sa disparition laisse un vide immense, aussi bien sur les bancs du barreau de Bordeaux que sur le sable de la Côte des Basques.

    Ses obsèques ont eu lieu ce mardi 19 août, à l’église Saint-Seurin de Bordeaux.

  • Roseyro & Rebière font briller le surf français à Itacoatiara

    Roseyro & Rebière font briller le surf français à Itacoatiara

    La Praia de Itacoatiara (Niterói, Brésil) vibrait ce dimanche 17 août lors du Itacoatiara Big Wave 2025, rendez-vous incontournable du surf de grosses vagues au Brésil. Si les conditions – des vagues d’environ trois mètres – ont fait débat, l’intensité de la compétition n’a pas déçu. Et dans ce décor électrique, le duo français Clément Roseyro et Éric Rebière a décroché une magnifique deuxième place derrière les intouchables Lucas “Chumbo” Chianca et Pedro Scooby.

    Une performance française de haut vol

    Les juges ont récompensé la constance et l’engagement des deux Français : 12 points au total (7.00 + 5.00), soit le même score que les troisièmes Dylan Longbottom et Lucas Silveira, mais Roseyro/Rebière ont pris l’avantage grâce à une meilleure vague de série.

    Mais c’est surtout un aerial impressionnant de Clément Roseyro qui a électrisé la plage et enflammé les réseaux sociaux. Dans une compétition généralement dominée par des drops massifs et du tow-in engagé, ce move créatif et radical a apporté une touche spectaculaire.

    Une “vraie-fausse” épreuve de grosses vagues

    Le nom du contest pouvait laisser espérer des murs dignes de Nazaré, mais les images montrent plutôt un Itacoatiara en version moyenne : 3 mètres puissants, certes, mais loin des “monstres” auxquels on associe habituellement les big wave riders.
    Pourtant, la bagarre fut réelle. Pedro Scooby, blessé dès les quarts de finale, a serré les dents pour offrir un doublé consécutif à son duo avec Chumbo.

    Les Français confirment leur statut

    Cette 2ᵉ place marque une nouvelle étape pour Éric Rebière, pionnier français du surf de grosses vagues, et Clément Roseyro, qui s’impose peu à peu comme un des riders les plus explosifs et les plus engagés de sa génération. Une belle complémentarité pour les deux surfeurs français.

    Au classement final :

    • 1er : Lucas Chianca & Pedro Scooby – 13.85 pts
    • 2e : Éric Rebière & Clément Roseyro – 12.00 pts
    • 3e : Dylan Longbottom & Lucas Silveira – 12.00 pts
    • 4e : Alemão de Maresias & Lucas Fink – 5.48 pts

    Le Brésil, nouveau terrain de jeu pour les big wave riders ?

    Avec cette 7ᵉ édition, l’Itacoatiara Big Wave s’installe comme un rendez-vous du surf de gros au Brésil. Même si la taille des vagues n’a pas atteint des dimensions “historiques”, l’événement confirme son importance pour la ville de Niterói et pour la scène internationale.

    Et pour la France, voir ses riders sur le podium, avec un aerial déjà culte signé Roseyro, est une preuve supplémentaire que l’Hexagone s’invite désormais régulièrement dans le cercle fermé des big wave hunters.

  • James Kusitino, premier surfeur professionnel fidjien

    James Kusitino, premier surfeur professionnel fidjien

    À la fin du mois d’août 2025, le monde entier aura les yeux rivés sur Cloudbreak, aux Fidji. C’est là que se tiendra l’ultime étape du Championship Tour de la WSL, qui sacrera le nouveau champion du monde de surf. Mais avant même la bataille des titres, l’archipel du Pacifique Sud a déjà son héros : James Kusitino, 16 ans, devenu officiellement le premier surfeur professionnel fidjien.

    Son histoire, c’est celle d’un enfant discret, amoureux de l’océan, qui a grandi dans l’ombre d’une vague longtemps interdite à ses propres compatriotes. Aujourd’hui, il incarne l’espoir d’un peuple et l’émergence d’une nouvelle voix dans le surf mondial.

    L’histoire d’un paradis longtemps interdit

    Dans les années 80, Tavarua Island Resort obtient un bail exclusif sur l’île et… sur ses vagues. Résultat : Cloudbreak, l’une des plus belles gauches de la planète, devient une chasse gardée pour les touristes fortunés et les pros internationaux.

    « J’ai grandi ici, mais je n’ai surfé Cloudbreak qu’à 20 ans », raconte Che Slatter, mentor de James. Les locaux, même Fijien·nes, se faisaient repousser s’ils tentaient de ramer au large.

    Tout change en 2010, lorsque le Premier ministre Frank Bainimarama met fin à l’exclusivité. Cloudbreak s’ouvre enfin au public. Le timing est parfait : cette même année, James, alors âgé d’un an, faisait ses premiers pas sur la plage où travaillait sa mère.

    L’éclosion d’un talent hors norme

    Issu d’une famille modeste — un père militaire, une mère employée d’hôtel — James découvre vite l’océan comme un refuge. À Sigatoka, au bord d’un beachbreak musclé, il apprend à dompter les courants dès l’âge de quatre ans.

    Sa première planche ? Un soft-top offert par une tante. La suivante ? Une board laissée par un pro, trop grande pour lui, mais qui l’oblige à progresser plus vite. Dans l’eau, il se révèle : solide physiquement, intrépide dans les grosses vagues.

    « Les gens demandaient toujours : qui est ce gamin sans peur ? », se souvient sa mère.

    Cloudbreak comme terrain de jeu

    À 7 ans, à peine six ans après son ouverture au public, James met pour la première fois les pieds sur le reef de Cloudbreak. Le coup de foudre est immédiat.

    Obsédé par le surf, il passe ses journées à l’eau et ses soirées devant les vidéos de Jamie O’Brien et Andy Irons. Comme possédé, il développe un style brut et fluide, mélange d’instinct et de travail acharné.

    « Suivez James dans le line-up », conseille son mentor Che. « Même si vous ne voyez rien, lui sent quand une vague arrive. »

    Un chemin semé d’embûches

    Devenir surfeur pro aux Fidji n’a rien d’évident. Le matériel est rare, l’essence pour les bateaux coûte cher, et les boards cassées sont un luxe difficile à remplacer.

    James lave la vaisselle, balaie des restaurants, dort dans des voitures pour économiser de quoi payer ses sessions. Sa famille, consciente de son talent, prend un pari fou : l’extraire du système scolaire après la 8e année pour lui laisser sa chance.

    « Ce n’est pas un risque », assure son père. « S’il échoue, il sera pêcheur ou capitaine de bateau. La mer lui donnera toujours du travail. »

    De l’ombre à la lumière

    Le déclic arrive grâce à une simple vidéo Instagram. Un clip partagé par Hunter Martinez montre James se calant dans un tube parfait à Cloudbreak. Son style unique attire immédiatement l’attention de Craig Anderson, qui le recommande à Former, la marque fondée par Dane Reynolds et lui-même.

    En juillet 2025, James signe officiellement son premier contrat professionnel. Fidji a enfin son premier surfeur pro.

    Pour lui, c’est un rêve éveillé : « Bula vinaka, Former ! Merci Craig et Dane, c’est un rêve qui devient réalité. »

    L’avenir d’un pionnier

    L’histoire ne fait que commencer. Soutenu par sa communauté, James prépare déjà des voyages à Teahupo’o et à Hawaii. Ses objectifs ? Pipeline, Waimea, et un jour, participer au légendaire Eddie Aikau.

    Craig Anderson ne tarit pas d’éloges : « James est le jeune surfeur le plus doué que j’ai vu à 16 ans. Dans les vagues de conséquence, il est dans son propre monde. »

    Avec la finale WSL 2025 qui se jouera à Cloudbreak, James aura une tribune rêvée pour briller devant la planète surf. Mais quoi qu’il arrive, il a déjà changé l’histoire de son pays.

    À 16 ans, James Kusitino n’est pas seulement un prodige. Il est un pionnier, symbole d’une génération de Fidjiens qui, après des décennies d’exclusion, prennent enfin place dans leur propre line-up. Et si Cloudbreak a souvent couronné les plus grands, il pourrait bien être le tremplin d’un futur champion issu des îles.

  • Un manchot surfeur en Afrique du Sud fait le show, comme ses cousins phoques au Cap Ferret

    Un manchot surfeur en Afrique du Sud fait le show, comme ses cousins phoques au Cap Ferret

    On connaissait les compétitions de surf avec des chiens en Californie. On connaissait You et Off, les phoques stars du Bassin d’Arcachon, toujours prêts à squatter les planches des surfeurs girondins. Voici maintenant… le manchot qui surfe en Afrique du Sud !

    Une rencontre incroyable à Cape Town

    La scène a été filmée sur un beach break du Cap. Le photographe qui accompagnait la session raconte : « J’ai eu des interactions avec des dauphins, des phoques, des baleines, même des requins… mais jamais un manchot n’était venu se joindre à nous. »
    Sorti de nulle part, l’animal s’approche des surfeurs, grimpe sur une planche, puis sur l’épaule d’un surfeur équipé d’une caméra. Pas stressé pour un sou, le manchot semblait chercher de la compagnie… et de l’action.

    Quand le manchot prend la vague

    Entre deux séries, l’oiseau aquatique utilisait carrément l’énergie des vagues pour se faufiler parmi les surfeurs. Pendant quelques instants, tout le monde a eu l’impression qu’il essayait, lui aussi, de « rider » la houle du Cap. Un moment surréaliste, mais surtout plein de tendresse.

    Des cousins sur la côte atlantique

    Cette rencontre rappelle les frasques de You, le phoque au pelage doré devenu une célébrité du Médoc et du Bassin d’Arcachon, et de son « cousin » Off, repéré récemment au Cap Ferret. Ces phoques ont fait la joie des surfeurs, grimpant sans gêne sur leurs planches.
    Des images qui montrent que la glisse n’est pas qu’une affaire d’humains.

    Un rappel essentiel

    Derrière la magie de la scène, le message reste clair : ces animaux sauvages vivent sous la pression humaine – surpêche, pollution, urbanisation. Les manchots du Cap sont particulièrement menacés. Les surfeurs, comme tous les amoureux de l’océan, ont un rôle à jouer pour protéger leur terrain de jeu… et celui de ces compagnons imprévus.

  • Hommage à Pua Raiponi, surfeur et photographe de Toahotu

    Hommage à Pua Raiponi, surfeur et photographe de Toahotu

    Il y a des disparitions qui résonnent bien au-delà d’une famille ou d’un village. Celle de Pua Raiponi, survenue dans sa 39ème année, a profondément touché la communauté de Toahotu, mais aussi le monde du surf à Tahiti. Né le 27 août 1985, il a grandi sur cette terre du sud de l’île, bercé par les traditions polynésiennes et le bruit des vagues qui façonnent la vie locale.

    Un homme attaché à sa culture

    Pua Raiponi n’était pas seulement un passionné de glisse, il était aussi un fils de Toahotu profondément attaché à sa culture. Respectueux des normes polynésiennes, toujours proche de sa grande famille, il incarnait ce lien fort entre les racines et la modernité, entre l’océan et la terre. Ceux qui l’ont connu se souviennent de sa générosité, de sa bienveillance et de cette simplicité qui faisait de lui un homme apprécié de tous.

    Il laisse derrière lui une famille aimante : sa mère, Marie-Rose, ses sœurs Orama et Moena, mais surtout sa fille unique, Teahinui, véritable lumière de sa vie.

    Passionné de surf et d’images

    Au-delà de l’eau, Pua avait un autre regard : celui du photographe. Avec son appareil, il a immortalisé des instants précieux de la vie polynésienne et surtout des vagues mythiques de Teahupo’o, ce spot légendaire qui fait battre le cœur du surf mondial. Ses clichés, partagés au fil des années, témoignaient d’une sensibilité particulière pour l’océan et pour la beauté brute de sa terre natale.

    Dans ses images, on retrouvait ce mélange de puissance et de douceur qui le caractérisait lui-même. Comme une extension de son âme, son objectif captait à la fois la démesure des vagues et la fragilité des instants suspendus.

    Un hommage émouvant à Teahupo’o

    La disparition de Pua Raiponi a bouleversé la communauté du surf polynésien. Après une première haie d’honneur organisée plus tôt dans la semaine, un ultime hommage lui a été rendu le dimanche 24 août 2025 au PK 0 de Teahupo’o.
    Ce jour-là, le parking était exceptionnellement ouvert, non pas pour une houle attendue, mais pour saluer une dernière fois celui qui avait l’habitude d’affronter la vague mythique.

    Amis, habitants, surfeurs et rameurs de va’a se sont rassemblés en nombre pour un moment de recueillement. Certains sont restés sur le rivage, d’autres se sont élancés dans le lagon pour former un cercle en sa mémoire. Cet hommage, initié par le surfeur Matahi Drollet et soutenu par le président de la Fédération tahitienne de surf, Max Wasna, a montré combien Pua était aimé et respecté.

    Une disparition douloureuse

    La nouvelle de son décès a plongé Toahotu, Faa’a et toute la communauté polynésienne dans une grande tristesse. Les familles Pua, Chambo, Afo, Vehiatua, Roopinia, Utia, Chapman, Lemaire, Jean, Faehau, Holman et leurs proches ont exprimé leur douleur, tout en demandant respect et recueillement dans ces moments difficiles.

    Les circonstances exactes de sa disparition restent encore à éclaircir, et la famille appelle chacun à ne pas se laisser emporter par les rumeurs. Les obsèques seront organisées prochainement, lorsque son corps aura pu être rendu aux siens.

    Un héritage à travers la mémoire et les images

    Si la vie de Pua Raiponi s’est arrêtée trop tôt, son souvenir continue de vibrer à travers ceux qui l’ont aimé et les images qu’il a laissées. Ses photos de Teahupo’o resteront comme un témoignage sincère d’un homme qui savait regarder l’océan autrement.

    À travers lui, c’est aussi une part de la culture surf de Tahiti que l’on célèbre : une culture faite d’océan, de famille, de respect et de transmission.

    Que son repos soit doux comme son cœur fut bon.

  • Le swell cyclonique Erin : premières vagues XXL en vue sur l’Atlantique

    Le swell cyclonique Erin : premières vagues XXL en vue sur l’Atlantique

    Mise à jour du dimanche 24 août : Erin, l’ouragan qui enflamme l’Atlantique sans battre tous les records

    Erin a bien tenu ses promesses en devenant le premier ouragan majeur de la saison 2025, atteignant même la catégorie 5. Mais contrairement à certaines prévisions surréalistes, la tempête n’a pas généré de vagues de 100 pieds sur la côte Est américaine. La réalité est plus nuancée : de grosses conditions, parfois extrêmes, mais loin des exagérations. Et désormais, c’est au tour de l’Europe et de la France de guetter l’arrivée de la houle.

    Erin atteint la catégorie 5

    Né au large du Cap-Vert, Erin a parcouru l’Atlantique jusqu’aux Caraïbes avant de remonter vers le nord. Les conditions étaient “quasi parfaites” selon Alex DaSilva, expert d’AccuWeather : eaux chaudes, atmosphère stable et trajectoire dégagée ont permis au système de s’intensifier jusqu’au stade d’ouragan catégorie 5, le maximum de l’échelle Saffir-Simpson.

    Heureusement, Erin est resté loin des terres, à plusieurs centaines de kilomètres de la côte Est des États-Unis. Les conséquences ont surtout été des vagues puissantes, des courants dangereux et des conditions tempétueuses sur les plages, de la Floride au Canada atlantique.

    Pas de “100 pieds” sur la côte Est

    Ces derniers jours, certains modèles avaient annoncé des vagues pouvant dépasser les 100 pieds (plus de 30 mètres) – un chiffre qui a immédiatement fait le buzz. Dans les faits, ces estimations concernaient uniquement les zones proches de l’œil du cyclone, loin des zones surfables.

    Les observations réelles montrent bien des vagues impressionnantes pour la saison, mais rien d’inédit par rapport aux grands swells cycloniques de l’Atlantique. Des sets de 20 à 25 pieds (6 à 8 mètres) ont été relevés sur certains secteurs, mais la fameuse barre des 100 pieds ne concerne pas nos spots.

    En résumé : Erin a été un ouragan majeur et dangereux, mais il n’a pas battu tous les records.

    La suite : l’Europe dans la ligne de mire

    D’après Surfline et Windguru, Erin va poursuivre sa route vers le nord-est et se transformer en cyclone extratropical puissant dans l’Atlantique Nord. Résultat : une houle longue période va se propager jusqu’en Europe.

    • Premières lignes en France : lundi soir sur la façade atlantique.
    • Pic attendu mardi soir : vagues massives, entre 3 et 4 mètres sur la côte landaise et girondine, potentiellement plus sur certaines plages exposées.
    • Orientation très ouest : ce qui favorise les spots landais et girondins, avec des lignes consistantes mais parfois fermantes sur les beach breaks.
    • Vent prévu : faible onshore sur la majorité des spots mardi et mercredi. Une fenêtre prometteuse mercredi matin pourrait offrir quelques belles sessions avant que les conditions ne se dégradent à nouveau.

    Un swell pour surfeurs aguerris

    Avec une telle taille et une telle puissance, les conditions annoncées en France ne sont clairement pas pour tout le monde.

    • Les beach breaks risquent d’être submergés par des murs d’eau rapides ou plutôt qui ferment, et difficiles à surfer.
    • Les reefs et points plus abrités pourraient au contraire proposer des vagues de qualité.
    • Les courants, le shorebreak et la vitesse des vagues imposeront une vigilance maximale.

    Le double visage d’Erin

    Erin illustre une fois de plus la dualité des houles cycloniques : d’un côté, des surfeurs galvanisés à l’idée de scorer une session hors norme en plein mois d’août ; de l’autre, des conditions dangereuses pour les baigneurs, les plaisanciers et même certains riders trop téméraires.

    L’ouragan a marqué l’histoire par son intensité (catégorie 5), mais restera peut-être davantage comme un swell consistant et solide, sans basculer dans l’extravagance annoncée par certains.

    La mise à jour du dimanche 24 août remet les pendules à l’heure : Erin a atteint un stade exceptionnel au large de l’Atlantique, mais sans livrer les “100 pieds” promis. Pour les surfeurs européens, le rendez-vous est pris dès mardi, avec deux jours de vagues puissantes sur la côte française.
    Entre excitation et prudence, la saison cyclonique 2025 est désormais bel et bien lancée.

    La saison cyclonique 2025 démarre fort : Erin, désormais classé ouragan, sème déjà l’excitation dans la communauté surf. Sur les modèles météo, la tempête promet une houle impressionnante, avec des périodes dépassant les 22 secondes et même, selon certains scientifiques, des vagues de plus de 100 pieds au large du centre. Mais avant de waxer les planches, rappelons-le : on parle de prévisions à long terme, et un cyclone reste un phénomène capricieux.

    Erin, le premier ouragan de la saison

    Né à l’ouest des îles du Cap-Vert, Erin a débuté son parcours comme une simple dépression tropicale. Rapidement, le système s’est organisé pour devenir tempête, puis ouragan de catégorie 1. Sa trajectoire actuelle le mène vers les Caraïbes, avec un recourbement attendu au nord-est au large de la côte Est américaine la semaine prochaine.

    Les conditions océaniques et atmosphériques sont favorables : températures élevées de l’eau, faible cisaillement du vent et environnement propice à son intensification. De nombreux modèles s’accordent pour prédire qu’Erin atteindra au moins la catégorie 2, voire la catégorie 3, ce qui en ferait un premier cyclone majeur pour l’Atlantique en 2025.

    Des prévisions longues… et incertaines

    Si les projections météo sont enthousiasmantes pour les surfeurs, il faut aussi garder les pieds (et la planche) sur terre : un swell cyclonique est par nature imprévisible.
    Il suffit qu’Erin infléchisse sa route — que ce soit vers le nord, le sud, ou en se désorganisant — pour que la houle prévue ne touche jamais nos côtes.

    Les différents modèles montrent d’ailleurs une dispersion importante à long terme : un signe clair que le scénario idéal pour le surf est loin d’être garanti. Les prévisions fiables ne se feront que quelques jours avant l’arrivée effective du swell.

    Une houle hors norme annoncée

    Ce qui interpelle déjà sur Erin, ce sont les données brutes des premières cartes de prévisions.
    En suivant Windguru et d’autres modèles, on observe une longueur de houle inédite, avec une période annoncée de plus de 22 secondes. Pour situer :

    • Un swell de 10 à 12 secondes est déjà solide sur la plupart des spots.
    • Au-delà de 18 secondes, les vagues arrivent avec une puissance et une vitesse impressionnantes.
    • À 22 secondes, on parle d’une période de vague exceptionnelle. Rappelons qu’on considère une houle longue à partir de 10 secondes d’intervalle, alors 22 secondes, on est sur une autre planète

    Qui pourrait profiter de la houle d’Erin

    Si le scénario optimiste se confirme, l’ordre d’arrivée des vagues pourrait être :

    1. Caraïbes orientales – Spots comme Barbados ou la Martinique pourraient recevoir les premières lignes dès le lendemain.
    2. Côte Est des États-Unis – De la Floride à New York, avec un pic attendu entre le début et le milieu de semaine prochaine selon la trajectoire.
    3. Europe – Si Erin recourbe suffisamment tôt vers le nord-est, il est possible que l’Atlantique Nord envoie un “rebound swell” vers l’Irlande, le Pays basque ou le Portugal en fin de mois.

    Mais encore une fois : cette projection reste hypothétique et dépendra de la capacité du cyclone à rester en mer, loin des terres.

    Le débat des “100 pieds”

    Les projections autour d’Erin ont même déclenché une petite polémique scientifique.
    Jean-Raymond Bidlot, chercheur au Centre Européen pour les Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (ECMWF), avance que les modèles indiquent des vagues significatives de plus de 50 pieds, et même des vagues isolées dépassant 100 pieds au cœur du système.
    Un chiffre qui frappe les esprits, mais qu’il faut replacer dans son contexte : ces monstres d’eau n’atteindront évidemment pas New Jersey ou la Floride, ils concernent la zone la plus proche de l’œil du cyclone.

    De son côté, Alex DaSilva, expert ouragans chez AccuWeather, tempère : 100 pieds ne seraient envisageables qu’avec un Erin en catégorie 4 ou 5. Plus réaliste selon lui : des vagues de 50 à 75 pieds au centre, si Erin atteint la catégorie 3.
    Ce contraste illustre bien la nature des prévisions cycloniques : entre fantasmes et prudence, la vérité se situe souvent quelque part au milieu.

    Les précédents : Bill 2009, Larry 2021…

    Les swells cycloniques qui restent offshore sont souvent les plus généreux. Larry en 2021 ou Bill en 2009 ont offert plusieurs jours de vagues parfaites sur la côte Est américaine et jusqu’en Europe.
    À l’inverse, Floyd en 1999, passé près des côtes, n’avait offert que quelques heures de bonnes conditions avant que tout tombe à plat, balayé par le vent.

    L’idéal pour les surfeurs : un cyclone qui trace loin au large, générant une houle constante et propre.

    Beach breaks et vagues fermées

    Avec une telle période, les surfeurs de beach breaks en France devront s’attendre à de longues lignes droites, des bons closiers comme on aime dire. Les points breaks et reefs profonds seront plus à même de canaliser cette puissance pour offrir des vagues surfables.
    Un swell avec une période aussi longue est un vrai cauchemar pour les surfeurs, car on peut voir des vagues parfaites, des grandes lignes sur un beau plan d’eau, mais avec des vagues qui ferment sur des kilomètres.

    NOAA alerte sur les dangers

    Au-delà du surf, les autorités rappellent les risques. La NOAA a publié un communiqué :
    “Les houles générées par Erin commenceront à affecter les îles du nord des Caraïbes, les îles Vierges et Porto Rico dès ce week-end, et devraient s’étendre à l’Atlantique occidental la semaine prochaine. Ces houles sont susceptibles de provoquer des conditions de surf et de courants dangereux pouvant mettre la vie en danger.”

    Un rappel essentiel : les houles cycloniques ne sont pas un terrain de jeu. Elles entraînent de puissants courants de baïnes, des shorebreaks destructeurs et des séries imprévisibles. Chaque année, des accidents surviennent parmi ceux qui surestiment leurs capacités ou ignorent les avertissements.

    Le double visage des ouragans

    C’est là toute l’ambiguïté des swells cycloniques. D’un côté, ils excitent les surfeurs, brisant la monotonie estivale avec des sessions mémorables, parfois historiques. De l’autre, ils menacent les côtes, les populations et les infrastructures.
    Comme le résumait un surfeur à propos d’Hurricane Floyd en 1999 : “Un jour parfait, le lendemain, plus rien.”
    Avec Erin, tout reste possible : un swell d’anthologie si le système reste offshore, ou des dégâts humains et matériels si la trajectoire change.

    Erin vient tout juste de débuter son voyage à travers l’Atlantique, et déjà les regards sont tournés vers lui. Premières houles ce week-end dans les Caraïbes, possible bombe surf sur la côte Est américaine, et peut-être un cadeau de fin d’été pour l’Europe.
    Mais gardons en tête la nature imprévisible de ces phénomènes : un simple changement de trajectoire, et toutes ces projections s’évanouissent.

    Alors, entre excitation et vigilance, une seule certitude : Erin marque un début de saison cyclonique qui ne laissera personne indifférent.

  • Jason Momoa, l’Aquaman qui a failli se noyer à Maui

    Jason Momoa, l’Aquaman qui a failli se noyer à Maui

    Héros invincible dans les profondeurs marines à l’écran, Jason Momoa a connu un tout autre scénario dans la vraie vie. Lors d’une session de paddle dans des vagues monstrueuses sur l’île de Maui, l’acteur d’Aquaman a vu sa vie défiler… au point de promettre un changement radical.

    Une sortie qui tourne au cauchemar

    En 2007, bien avant de porter la couronne du roi d’Atlantis au cinéma, Jason Momoa décide de relever un défi : une traversée de 13 miles le long de la côte de Maui, en passant par le mythique spot de Peʻahi, alias Jaws. Ce jour-là, les conditions sont extrêmes : vent violent, vagues de 10 pieds hawaïens, courant puissant.

    À mi-parcours, alors qu’il est à environ un kilomètre au large, son leash casse. Sa planche disparaît dans l’écume. « Je ne pouvais même plus la voir », raconte-t-il dans le podcast SmartLess. Pire encore, il se retrouve dans une zone où personne ne le repère, malgré ses appels au secours.

    Quand le corps lâche

    Après de longues minutes à encaisser les séries, l’épuisement gagne. « Mes bras et mes jambes ont lâché. Mon corps s’est arrêté. »
    Momoa se met à dériver, incapable de se déplacer, la tête à peine hors de l’eau pour respirer. Il pense alors à sa fille Lola, âgée de seulement trois mois. « J’ai perdu pied mentalement. J’ai cru que c’était fini. »

    Un ami finit par le repérer, mais le chemin du retour est un autre combat : courants contraires, nouvelles chutes, pieds en sang et sept miles restants à parcourir. « J’ai ramé avec mes ancêtres dans la tête. »

    Une rencontre providentielle avec Laird Hamilton

    Selon certaines versions du récit, c’est la légende du big wave surfing, Laird Hamilton, qui serait intervenu pour l’aider à se sortir de cette situation. Ensemble, ils affrontent les vagues avant de rejoindre la côte, lessivés mais vivants.

    La leçon de vie qui a tout changé

    Cet accident a laissé des marques profondes. Pas seulement physiques. Ce jour-là, Jason Momoa arrête définitivement de fumer, lui qui consommait deux à trois paquets par jour. « Je n’ai pas pu arrêter pour mes enfants, ni pour mon ex, mais après ça, j’étais mort à l’intérieur. Je n’ai jamais retouché une cigarette. »

    Ironie du destin

    Difficile de ne pas relever la dimension ironique : celui qui incarne Aquaman, le roi des océans, a bien failli y laisser sa vie. Une piqûre de rappel que, peu importe l’entraînement ou la célébrité, la mer reste la seule et vraie maîtresse du jeu.

  • William Aliotti face au plus gros Uluwatu de l’année

    William Aliotti face au plus gros Uluwatu de l’année

    Le surfeur français William Aliotti n’a jamais caché son goût pour les lignes de vagues puissantes et les planches qui sortent de l’ordinaire. Basé entre l’Europe, les Caraïbes et l’Indonésie, il a bâti sa réputation sur un surf fluide, créatif et sans compromis. Début août 2025, il s’est offert un défi à la hauteur de sa réputation : affronter le plus gros swell de l’année à Uluwatu, Bali, sur un twin asymétrique signé Ryan Lovelace.

    Une session d’exception

    Le mercredi 6 août 2025, un train de houle massif s’abat sur l’archipel indonésien. Les prévisions annoncent un Uluwatu XXL, avec des séries solides qui réveillent toute la puissance de la célèbre gauche. Plutôt que de sortir un gun classique, William opte pour sa 5’10” Asym Twin, une planche atypique aux courbes dissymétriques, taillée pour combiner vitesse et liberté.

    « C’était le plus gros Uluwatu que j’ai jamais surfé », explique-t-il. « Insensé et intense, certaines vagues comptent parmi les plus grosses que j’ai jamais prises là-bas. Ça m’a rappelé le snowboard. » Une comparaison qui prend tout son sens : lignes longues, virages puissants et sensation de glisse fluide, le tout avec un engagement total.

    Le style Aliotti

    Le style est une notion insaisissable : difficile à définir, mais évident à reconnaître. Chez William Aliotti, il se traduit par une combinaison unique de vitesse, puissance et flow, agrémentée de cette touche personnelle qui rend chaque manœuvre différente. Dans les murs d’eau massifs d’Uluwatu, son approche prend une dimension supplémentaire : placement précis, trajectoires tendues et variations de rythme qui transforment chaque vague en terrain de jeu.

    Ce qui surprend dans cette session, c’est la taille de la planche de surf. Surfer des vagues massives, pleines d’eau en petite planche est tout sauf anodin. William pousse depuis quelques années les limites des Twin-Fins. Le résultat ? Des bottoms engagés suivis de carves appuyés, le tout avec une fluidité qui contraste avec la violence du spot ce jour-là.

    Plutôt que de suivre les standards imposés par les compétitions, il choisit ses planches, ses vagues et ses projets en fonction de ce qu’il veut exprimer. Ce choix assumé lui a permis de développer une identité forte, respectée autant par ses pairs que par les passionnés. Un des seuls surfeurs français à avoir une réputation au niveau international.

    Cette session à Uluwatu illustre parfaitement cette philosophie : un swell historique, une planche atypique, et un style qui, plus que jamais, fait la différence.

  • Teahupo’o 2025 : Picklum et Robinson sacrés… mais la polémique enfle

    Teahupo’o 2025 : Picklum et Robinson sacrés… mais la polémique enfle

    TEAHUPO’O (Tahiti) – L’édition 2025 du Lexus Tahiti Pro Presented by I-SEA a offert un spectacle incroyable dans des tubes massifs de 2 à 2,5 m, sacrant l’Australienne Molly Picklum et son compatriote Jack Robinson. Mais derrière les sourires des vainqueurs, la compétition a aussi été marquée par de vives critiques sur l’arbitrage.

    Picklum et Robinson en patron

    Chez les femmes, Molly Picklum a dominé la finale face à la championne du monde en titre Caity Simmers (17,26 à 4,94), signant sa première victoire à Tahiti et consolidant sa place de n°1 mondiale avant les WSL Finals à Fidji. « C’est là que les rêves deviennent réalité », a-t-elle déclaré, rayonnante sur le podium.

    Côté hommes, Jack Robinson a créé la sensation. Obligé de gagner pour se qualifier dans le Final 5, il a enchaîné les tubes parfaits jusqu’en finale, où il a battu Griffin Colapinto (16,90 à 13,67). Robinson rejoint ainsi l’élite des multi-vainqueurs à Teahupo’o, aux côtés d’Andy Irons et Kelly Slater.

    Les Final 5 sont désormais connus :

    • Hommes : Yago Dora, Jordy Smith, Griffin Colapinto, Jack Robinson, Italo Ferreira
    • Femmes : Molly Picklum, Gabriela Bryan, Caity Simmers, Tyler Wright, Caroline Marks

    Les titres de Rookie of the Year reviennent à Erin Brooks (CAN) et Marco Mignot (FRA).

    Marco Mignot, héritier d’une tradition française

    Parmi les autres belles histoires de cette édition, le Français Marco Mignot décroche le titre de Rookie of the Year 2025. Une performance qui rappelle celle de Jérémy Florès, sacré meilleur débutant en 2007 avant de devenir l’un des visages du surf français sur le Tour.

    Mignot, installé dans le Top 16 pour sa première année, a prouvé qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs sur les vagues les plus exigeantes du monde. À seulement 24 ans, il s’inscrit déjà dans la lignée des Français capables de marquer l’histoire du surf pro.

    La série qui a tout déclenché

    Dès le Round of 16, la série Griffin Colapinto vs João Chianca (15.00 – 14.97) a fait grincer des dents.
    Chianca, éliminé pour trois centièmes, a parlé d’une « blague » sur Instagram, tout en respectant la WSL. Gabriel Medina a enfoncé le clou en appelant à « plus d’unité entre les surfeurs ». Plusieurs pros, dont Lucas Chumbo et Caio Ibelli, ont affiché leur soutien.

    Le point de discorde : une vague de Griffin notée 7,23, jugée par beaucoup inférieure à celle de Chianca.

    Et puis… l’affaire Kauli Vaast

    En quart de finale, le Tahitien Kauli Vaast affrontait Crosby Colapinto, frère de Griffin.
    Une vague notée 7,87 pour Vaast – selon beaucoup, la meilleure de la série – n’a pourtant pas été considérée comme le meilleur score. Les juges ont attribué la note décisive à Crosby sur sa dernière vague, jugée par certains moins impressionnante.

    De quoi relancer un vieux débat : l’avantage du frontside à Teahupo’o est-il surcompensé quand on juge un surfeur backside ?

    Entre gloire et frustration

    Si Picklum et Robinson célèbrent leur triomphe, ces polémiques sur l’arbitrage viennent rappeler que le surf pro reste un sport jugé… donc sujet aux débats passionnés. Et à quelques semaines des WSL Finals à Cloudbreak, la tension ne risque pas de retomber.

    Résultats officiels

    Finale femmes
    1 – Molly Picklum (AUS) 17,26
    2 – Caity Simmers (USA) 4,94

    Finale hommes
    1 – Jack Robinson (AUS) 16,90
    2 – Griffin Colapinto (USA) 13,67

  • Lakey Peterson victime d’un incident choquant à Lower Trestles

    Lakey Peterson victime d’un incident choquant à Lower Trestles

    Une session qui vire à l’incident

    Lakey Peterson, ancienne n°2 mondiale et l’une des surfeuses les plus respectées du circuit, a vécu une scène improbable à Lower Trestles, spot mythique de San Clemente (Californie). Dans une récente vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, on voit l’Américaine de 30 ans surfer une droite tranquille, avant qu’un surfeur tente de lui braquer la vague, puis dans un geste désespéré, il tente de faire tomber la surfeuse, en voulant la pousser ou lui accrocher le leash.
    Un geste totalement incompréhensible, immortalisé par la caméra et qui a rapidement déclenché une avalanche de réactions outre atlantique.

    Une manœuvre dangereuse et… incompréhensible

    Les images montrent Lakey, fluide et engagée, en train de dérouler sur sa planche Channel Islands, parfaitement adaptée aux petites vagues du jour. Soudain, un surfeur qui semblait vouloir la “braquerr” (prendre sa vague) saute dans l’eau à quelques centimètres d’elle.
    Résultat : frayeur immédiate, mais plus de peur que de mal. Lakey ne chute pas et ne subit aucune blessure. “Je ne peux pas croire qu’il ait vraiment fait ça”, réagit-elle dans les commentaires.

    Les réseaux s’enflamment, comme d’habitude

    La vidéo, partagée sur YouTube, a rapidement suscité un flot de messages de soutien.
    « Je pensais que l’image était photoshopée, je n’arrive pas à croire qu’il ait vraiment fait ça », écrit un abonné.
    « Rien de pire qu’un type qui essaie de te griller la priorité et qui, en plus, tombe à l’eau », ironise un autre.
    Plusieurs internautes avancent que l’homme pourrait être un militaire de la base voisine de Camp Pendleton, un lieu d’où proviennent régulièrement des surfeurs sur les spots alentours.

    La question du respect à l’eau

    Cet incident relance un débat récurrent dans le surf durant l’été : celui du respect et des règles de priorité. En surf, le rider le plus proche du pic (point de déferlement) a la priorité sur la vague. Ignorer cette règle peut provoquer des collisions dangereuses.
    Ici, le geste semble aller au-delà d’une simple erreur, puisque le surfeur saute volontairement sur Lakey pour la faire chuter.
    Bien évidemment, sur internet, les polémiques s’enchainent avec des commentaires du style « Lakey s’est retrouvée face à un comportement machiste, une “manifestation de patriarcat”. Moi je n’y vois rien de plus qu’un surfeur frustré. La scène illustre aussi la réalité de certains line-ups surpeuplés, où la tension peut monter rapidement.

    Un rappel nécessaire

    Si l’histoire fait sourire certains par son côté absurde, elle rappelle surtout que le surf est un sport où la sécurité dépend du respect mutuel. Dans un line-up bondé, un geste imprévisible peut avoir de lourdes conséquences.
    Pour Lakey, c’est heureusement un “non-incident” sur le plan physique, mais une expérience de plus qui souligne l’importance du respect des règles à l’eau… et de savoir garder son calme.

  • Dale Webster, le surfeur aux 14 641 jours consécutifs à l’eau, s’est éteint

    Dale Webster, le surfeur aux 14 641 jours consécutifs à l’eau, s’est éteint

    Le monde du surf vient de perdre l’une de ses figures les plus singulières et inspirantes. Dale Webster, surnommé Daily Dale ou Daily Wavester, est décédé à l’âge de 77 ans. Cet Américain de la côte nord-californienne détient un record qui semble tout simplement imbattable : 14 641 jours de surf consécutifs, soit plus de 40 années sans manquer une seule session.

    Un début de légende en 1975

    Né en 1948 à Alhambra, Californie, Dale découvre le surf à 13 ans, en 1961. Mais c’est en septembre 1975, à Bodega Bay, que sa destinée se scelle. Une houle historique, surnommée The Monster From New Zealand, frappe la côte pendant une semaine entière. Dale surfe chaque jour, puis se lance un défi : continuer jusqu’à atteindre 100 jours consécutifs.

    Une fois ce cap franchi, il décide de prolonger l’expérience jusqu’à un an… puis deux… puis une vie entière. Ce qui n’était au départ qu’un jeu devient une véritable mission.

    Un exploit hors du commun

    De 1975 à 2015, Dale Webster n’a jamais manqué un seul jour à l’eau. Pluie, tempêtes hivernales, eau glaciale à 10 °C, requins blancs, maladies, opérations médicales… rien ne l’a arrêté.

    Sa règle était simple : trois vagues jusqu’à la plage, en traînant le dérive dans le sable, à la manière de son idole Phil Edwards. Cette routine, il l’a répétée pendant quatre décennies, totalisant plus de 43 000 vagues.

    Les sacrifices d’une vie dédiée au surf

    Pour maintenir sa série, Dale a bâti toute son existence autour de l’océan. Pas de vacances à l’intérieur des terres, pas de travail qui empiète sur ses sessions. Il a surfé le jour où il a perdu sa femme, affronté les hivers rudes de la Californie du Nord et même bravé les douleurs des calculs rénaux.

    Son dévouement lui a valu l’admiration du monde du surf. Kelly Slater lui-même a salué sa persévérance, le décrivant comme “extraordinaire” dans un post Instagram.

    La fin d’une ère

    Le 5 octobre 2015, Dale est contraint de mettre fin à son incroyable série en raison d’une opération. Mais il continue à surfer régulièrement jusqu’à la fin de sa vie, toujours fidèle à son mantra : « Le seul objectif dans la vie est de la surfer jusqu’au bout et de tenter d’en comprendre le sens. »

    Un héritage inégalable

    Dale Webster restera dans l’histoire comme le surfeur le plus constant de tous les temps. Plus qu’un record, son parcours est un hymne à la passion pure, à la discipline et à la joie simple d’être dans l’eau.

    Dans un monde où tout va vite, il nous laisse une leçon intemporelle : parfois, la plus belle réussite est de rester fidèle à ce que l’on aime, jour après jour, vague après vague.

  • L’International Surf Film Festival 2025 : 21 ans d’images et de passion à Anglet

    L’International Surf Film Festival 2025 : 21 ans d’images et de passion à Anglet

    Face à l’océan, sur l’emblématique site de la Chambre d’Amour, l’International Surf Film Festival revient du 27 au 30 août 2025 pour sa 21ᵉ édition. Pendant quatre jours, les passionnés de glisse et de belles images se retrouvent autour de projections gratuites en plein air, de concerts, d’expositions et de rencontres avec celles et ceux qui font battre le cœur du surf.

    Une histoire née à Saint-Jean-de-Luz

    Créé en 2004 par Bruno Delaye, le festival a vu le jour à Saint-Jean-de-Luz, avec une ambition claire : offrir au film de surf la reconnaissance qu’il mérite en Europe. À une époque où les réalisateurs regorgeaient de créativité, mais peinaient à trouver une audience, cet événement est devenu une vitrine unique. Rapidement installé à Anglet, il a su s’imposer comme le rendez-vous incontournable des amoureux de glisse et de cinéma.

    Une programmation éclectique et internationale

    Pour cette édition 2025, le festival propose plus de 30 films venus des quatre coins du monde, mêlant documentaires, portraits, voyages et performances. Parmi les œuvres à ne pas manquer :

    • The Life and Death of Westerly Windina (USA) – Le récit poignant de Peter Drouyn, icône du surf australien, dans sa transformation en Westerly Windina.
    • Dos au Mur (France) – Une immersion intime dans la vie de Jérémy Florès, entre combats personnels et détermination à toute épreuve.
    • A Letter from Antarctica (Australie) – Surf, amitié et prise de conscience environnementale sur le continent blanc.
    • Some Like It Classic (France) – Sept ans d’images en 16 mm, retraçant l’histoire du longboard sur fond de jazz.
    • Virei (Portugal) – Un voyage au cœur du surf angolais, entre histoires et avenir.

    Chaque soir, le public pourra profiter de projections sur écrans géants en plein air, gratuitement, dans une ambiance unique où le bruit des vagues se mêle aux images.

    Un jury prestigieux et engagé

    Cette année, c’est Clément Roseyro, waterman et surfeur de grosses vagues, qui présidera le jury. À ses côtés, des personnalités comme Marie-Pierre Abgrall (première Française sur le CT), Paco Grande (journaliste RTVE), Marine Lebreton (Rip Curl Europe) ou encore l’artiste plasticien Fabien Cayeré. Leur mission : décerner 7 prix lors de la cérémonie de clôture.

    Plus qu’un festival, une expérience

    Au-delà des films, l’International Surf Film Festival, c’est aussi un village des partenaires, des expositions, et une belle place faite à la musique. Cette année, la scène du Jardin de la Grotte accueillera :

    • The Suns of Beaches (27 août) – Pour une ambiance surf & fun façon années 80-90.
    • Franck & Damien (28 août) – Un duo folk-rock inspiré des grands espaces.
    • The Old Bones (29 août) – Rock énergique et intemporel.
    • Zeze (30 août) – Voyage musical entre instruments du monde et électro.

    Un festival ouvert à tous

    L’un des charmes du festival, c’est son accès libre. Que l’on soit surfeur confirmé, amateur de cinéma ou simple curieux, on peut s’installer sur les pelouses de la Chambre d’Amour, se laisser emporter par les images, puis échanger avec les réalisateurs et protagonistes.

    21 ans d’émotions et de rencontres

    En deux décennies, l’International Surf Film Festival a vu défiler des figures majeures de la scène mondiale, projeté des centaines de films et inspiré des générations de spectateurs. Et pour moi, qui ai eu la chance d’y participer à ses débuts, c’est toujours un moment spécial : un mélange de nostalgie, de découvertes et d’envie d’océan.

    Pour cette édition, attendez-vous à un cru exceptionnel : des histoires fortes, des paysages à couper le souffle et ce lien unique entre surf et cinéma que seul ce festival sait offrir.

  • Jackson “Jacko” Graham, jeune talent australien, disparaît à 22 ans

    Jackson “Jacko” Graham, jeune talent australien, disparaît à 22 ans


    La communauté surf de la Gold Coast pleure l’un de ses enfants prodiges. Jackson “Jacko” Graham, ancien champion des Palm Beach Boardriders et ex-compétiteur sur le circuit junior WSL, est décédé à seulement 22 ans, des suites d’une maladie récente.

    Un prodige révélé dès l’adolescence

    À seulement 14 ans, Jackson Graham — affectueusement surnommé “Jacko” par ses amis — remportait le titre très convoité de Palm Beach Boardriders Champion. Né et élevé sur la Gold Coast australienne, il s’était rapidement imposé comme l’un des jeunes talents les plus prometteurs de la région, participant au WSL Junior Tour et accumulant les résultats solides.

    Jacko n’était pas seulement un compétiteur redoutable : il était aussi l’incarnation de la culture surf australienne, partageant autant de temps à l’eau qu’à pêcher ou à partir à l’aventure avec ses amis.

    Un surfeur au grand cœur

    La nouvelle de sa disparition a bouleversé toute la scène locale. Les réseaux sociaux se sont rapidement remplis de messages rendant hommage à son talent, mais surtout à son humanité.

    Oscar Berry, ami proche, se souvient :

    « Quand je suis arrivé sur la Gold Coast depuis Yamba, le premier à m’accueillir en classe a été Jacko. Depuis ce jour, il est resté l’un de mes meilleurs amis. Jacko était unique, incroyablement talentueux, et surtout doté du plus grand cœur que je connaisse. »

    Les Mad Hueys, célèbre marque de surfeurs et pêcheurs australiens, ont partagé un montage photo de leurs escapades passées, accompagné d’un message simple mais lourd de sens :

    « Repose en paix, Jacko. Tu resteras toujours dans nos cœurs. »

    Une tradition d’hommage sur l’eau

    Pour célébrer sa vie, un paddle out sera organisé à Palm Beach, son spot de cœur.
    Cette tradition, profondément ancrée dans la culture surf, rassemble amis, famille et inconnus autour d’un cercle formé au large. Fleurs, planches et larmes se mêlent, tandis que chacun rend hommage au disparu en jetant de l’eau vers le ciel ou en partageant un dernier mot.

    Ces moments, à la fois solennels et empreints de beauté, rappellent que la communauté surf est avant tout une famille. Peu importe le niveau ou la notoriété, chaque surfeur disparu laisse une empreinte dans les vagues qu’il a tant aimées.

    Icônes Surf et la mémoire des surfeurs

    Chez Icônes Surf, nous avons toujours pensé que l’histoire du surf ne se racontait pas uniquement à travers les victoires et les exploits. Elle se construit aussi avec ses drames, ses disparitions, ses figures parties trop tôt.
    Écrire sur Jackson “Jacko” Graham, c’est rendre hommage à un jeune homme qui, même à 22 ans, avait déjà marqué ses pairs.

    Parce que chaque surfeur, qu’il ait eu une carrière mondiale ou qu’il ait seulement illuminé son spot local, fait partie de cette grande fresque collective.

    Le souvenir d’une vie courte mais intense

    Jacko laisse derrière lui une communauté en deuil, mais aussi un héritage : celui de vivre pleinement sa passion, de rester fidèle à ses amis et à ses valeurs, et de savourer chaque session comme si c’était la dernière.

    À Palm Beach, les vagues continueront de dérouler. Mais pour ceux qui l’ont connu, chaque série qui arrive rappellera l’absence d’un sourire, d’un take-off radical, et d’un surfeur que beaucoup décrivent comme “absolument unique”.