Auteur/autrice : Kelly Slater

  • Occy éternel : le film Billabong qui remet le surf à l’endroit

    Occy éternel : le film Billabong qui remet le surf à l’endroit

    Trois semaines après sa sortie, le film OCCY! signé Billabong continue de faire vibrer les surfeurs du monde entier. Plus qu’un simple edit, c’est une déclaration d’amour à un style de surf qu’on croyait révolu — et qui revient ici avec une force rare. Un retour en grâce signé Mark Occhilupo, à presque 60 ans, dans deux vagues mythiques : Bells Beach et Cloudbreak.

    Un comeback ? Plutôt une renaissance

    Mark Occhilupo, dit « Occy », n’a jamais vraiment quitté le cœur des surfeurs. Champion du monde en 1999, icône des années 80 et 90, le « Raging Bull » revient dans ce court-métrage avec une forme physique et mentale bluffante. Sobre depuis six ans, rayonnant, il semble surfer avec plus de joie et de fluidité qu’à l’époque de l’Occumentary.

    Dans le film, il retrouve deux spots qui ont marqué sa carrière : Bells Beach, sa vague fétiche sur le World Tour, et Cloudbreak, à Fidji, où il avait remporté le Quiksilver Pro en 1999. Mais ce n’est pas une rétrospective figée. C’est un film d’action pure, où Occy déploie une puissance, un timing et un style qui ridiculisent les années qui passent. Il a 59 ans, qui ne rêve pas de surfer comme lui à 59 ans….

    Une vidéo qui parle aux surfeurs puristes

    Ce qui fait le succès fulgurant d’OCCY! — au-delà des images spectaculaires — c’est son ADN profondément nostalgique. La réalisation, le montage, la musique (Gang Gajang, Yothu Yindi) : tout rappelle l’époque des films cultes comme Green Iguana ou Bunyip Dreaming. Des œuvres qui ont formé toute une génération de surfeurs, et qui trouvent ici un écho contemporain saisissant.

    Les commentaires YouTube sont éloquents :

    “Le meilleur edit de la décennie.”
    “J’ai eu la chair de poule quand Yothu Yindi est arrivé.”
    “On dirait un film de Jack McCoy, mais en 2025.”
    “Le surf moderne manque d’âme, ce film le prouve.”

    Et difficile de les contredire.

    Une ode au surf sur le rail

    Pas un air reverse en vue. Juste des bottom turns profonds, des carves puissants, des tubes solides, et une lecture de vague chirurgicale. Occy surfe comme un artisan du rail, comme s’il sculptait chaque section avec une intention presque spirituelle, nostalgique de surf d’une époque. À Cloudbreak, il engage frontside avec l’élégance d’un félin et la force d’un buffle. À Bells, il retrouve ses marques sur le Bowl avec une aisance stupéfiante.

    Et ce n’est pas un hasard. Comme il l’explique dans l’interview qui accompagne le film, le brief était clair : surfer comme à l’époque de ses films de surf. Sans forcer. Avec style. Résultat : une démonstration intemporelle de ce que peut être le surf quand il est habité.

    Un passage de relais générationnel

    Le film est aussi l’occasion de voir Occy partager ce moment avec son fils Jay, lui-même surfeur prometteur. Une capsule père-fils dans l’univers de Billabong, la marque qui sponsorise Mark depuis 40 ans — un record dans l’histoire du surf pro. Cette longévité, aujourd’hui célébrée à travers une collection capsule Occy 2025, est elle aussi un hommage à une autre époque. Couleurs vives, coupes old school, énergie brute : une ligne qui pourrait être portée aussi bien par un ado que par son père.

    Plus qu’un film, un manifeste

    OCCY! arrive dans un contexte où le surf compétitif peine parfois à séduire. Les figures aériennes, devenues monnaie courante, peinent à transmettre l’émotion brute du surf. Ce film, lui, ravive cette émotion. Il nous rappelle pourquoi on est tombés amoureux du surf : pour ce sentiment de liberté, pour l’expression personnelle, pour le flow.

    Et il le fait sans nostalgie molle. Juste avec du surf pur, de la sueur, des lignes parfaites, et un Occy plus vivant que jamais.

    Une postérité déjà assurée

    Trois semaines après sa mise en ligne, la vidéo atteint déjà un statut culte. Elle est partagée, commentée, revisitée. Certains la comparent déjà aux chefs-d’œuvre de Jack McCoy. D’autres réclament une suite. Un nouveau Occumentary ? Peut-être. Mais en attendant, OCCY! version 2025 a déjà marqué les esprits. Et probablement redonné envie à beaucoup de surfeurs de (re)prendre une planche et d’aller tirer un bon gros bottom backside.

  • Kelly Slater, l’éternel prodige du surf mondial

    Kelly Slater, l’éternel prodige du surf mondial

    Quand on parle de surf, un nom s’impose naturellement : Kelly Slater. Plus qu’un simple champion, il incarne une légende vivante, un athlète hors normes, une icône planétaire qui a transcendé les vagues et les générations. À 50 ans passés, il continue d’alimenter l’imaginaire collectif, porté par une longévité exceptionnelle et une quête perpétuelle de perfection.

    De Cocoa Beach à Teahupo’o, des planches de compétition au Surf Ranch high-tech, Kelly Slater a tout vu, tout gagné, tout bousculé. Voici l’histoire d’un homme qui a réécrit les règles du surf moderne.

    Les origines d’un phénomène

    Une enfance sur la côte Est

    Né le 11 février 1972 à Cocoa Beach, en Floride, Robert Kelly Slater grandit dans une ambiance familiale contrastée. Son père, pêcheur, quitte le foyer lorsqu’il est encore enfant. Sa mère, d’origine irlandaise, élève seule Kelly et ses deux frères, Sean et Stephen. Le quotidien est modeste, parfois chaotique, mais les vagues locales offrent au jeune Kelly une échappatoire.

    Il découvre le surf très tôt, encouragé par ses frères, et se fait rapidement remarquer sur les plages floridiennes. À l’âge où d’autres s’intéressent aux jeux vidéo, lui affine déjà son style dans les shorebreaks turbulents de la côte Est.

    Le surf comme refuge et discipline

    Ce n’est pas seulement le plaisir qui attire Kelly à l’eau : c’est aussi une forme de thérapie. La glisse devient son langage, sa structure, son terrain de maîtrise. Il apprend vite, très vite. Son équilibre est naturel, sa lecture des vagues presque instinctive. À 10 ans, il remporte déjà des compétitions junior et attire l’œil des sponsors.

    Ce mélange de talent, de détermination et de résilience va devenir sa marque de fabrique.

    L’ascension fulgurante

    Champion du monde à 20 ans

    En 1992, Kelly Slater marque l’histoire du surf en devenant le plus jeune champion du monde de tous les temps à 20 ans. Ce n’est pas un coup d’éclat isolé, mais le début d’un règne implacable.

    De 1994 à 1998, il enchaîne cinq titres mondiaux consécutifs. Jamais le surf professionnel n’avait connu une telle domination. Son style, fluide et aérien, s’impose sur tous les spots : Pipeline, Bells Beach, J-Bay, Teahupo’o… Slater n’a pas d’équivalent.

    Une retraite… et un retour triomphal

    En 1999, il se retire une première fois, las du rythme effréné du tour. Il explore d’autres passions, notamment la musique, et fait des apparitions à Hollywood. Mais le surf coule trop profondément dans ses veines.

    En 2003, il revient sur le circuit. Deux ans plus tard, il décroche son septième titre mondial, puis un huitième, un neuvième… Jusqu’à porter son total à onze titres – un record inégalé à ce jour.

    Un palmarès stratosphérique

    11 titres de champion du monde

    1992, 1994, 1995, 1996, 1997, 1998, 2005, 2006, 2008, 2010, 2011 : les années défilent, mais Kelly reste en tête. Ce n’est pas seulement son nombre de victoires qui impressionne, c’est leur régularité. Il gagne à 20 ans. Il gagne à 39. Il gagne encore à 50.

    Plus de 50 victoires sur le WCT

    Au fil de sa carrière, Slater accumule 56 victoires sur le Championship Tour, et plus de 60 en comptant les épreuves hors-tour. Personne n’a jamais atteint un tel total.

    Pipeline, son jardin

    S’il fallait associer un spot à sa légende, ce serait le Banzai Pipeline, à Hawaï. Il y a remporté 8 fois le Pipe Masters, dont sa dernière victoire en 2022, à 50 ans. Une performance qui restera comme l’un des plus grands moments du surf professionnel.

    L’art de la glisse selon Slater

    Une lecture des vagues inégalée

    Kelly n’est pas le plus costaud, ni le plus puissant, mais sa compréhension de l’océan est quasi mystique. Il anticipe, il improvise, il s’adapte. Il surfe comme un danseur de jazz jouerait un solo : libre mais précis.

    Des figures signature

    Backside fluide, floaters surhumains, airs millimétrés, switchfoots maîtrisés… Slater a repoussé les limites de la performance sans jamais sacrifier l’esthétique.

    Inspiré par les maîtres

    Il cite souvent Tom Curren comme mentor. « Le surf est une ligne, une courbe, une danse », disait Curren. Kelly l’a pris au mot et l’a réinventé.

    Une vie sous les projecteurs

    L’histoire avec Pamela Anderson

    Dans les années 90, sa relation avec Pamela Anderson le propulse au rang de célébrité mondiale. L’icône de Baywatch et le surfeur prodige forment un couple aussi médiatisé qu’éphémère. Pour le meilleur et pour le glamour.

    Apparitions au cinéma et à la télévision

    Kelly apparaît dans Alerte à Malibu, joue son propre rôle dans des documentaires, et double un personnage dans Les Rois de la glisse. Il flirte avec Hollywood sans jamais s’y perdre.

    Le Surf Ranch : la vague parfaite

    Une vision technologique du surf

    En 2015, Kelly dévoile le Surf Ranch, une piscine à vagues révolutionnaire située à Lemoore, en Californie. Une vague de compétition, constante, creuse, longue et tubulaire. Le Graal pour les surfeurs.

    Un outil d’entraînement… mais aussi une vision controversée

    Certains puristes crient à la trahison, d’autres saluent l’innovation. Pour Slater, c’est une extension logique de son obsession de la perfection.

    Engagements et projets

    Outerknown et la mode éthique

    En 2014, il quitte Quiksilver et lance sa propre marque : Outerknown, en collaboration avec le designer John Moore. Une marque tournée vers la durabilité et l’éthique, pionnière dans l’upcycling et le respect des chaînes de production.

    Écologie et sensibilisation

    Kelly est également impliqué dans des projets environnementaux, notamment la préservation des récifs coralliens avec Reef Check. Son discours est souvent tourné vers la responsabilité écologique.

    Vie privée et transmission

    Une vie discrète… et une nouvelle paternité ?

    Père d’une fille, Taylor, née en 1996, Kelly partage aujourd’hui sa vie avec Kalani Miller, créatrice de la marque Mikoh. Le couple attend un enfant pour l’été 2024, une nouvelle étape pour le surfeur quinquagénaire.

    Le rôle de mentor

    Slater inspire des générations entières. Il échange souvent avec les jeunes surfeurs, comme John John Florence ou Italo Ferreira. Son approche reste humble et tournée vers le partage.

    Kelly Slater en 2025 : toujours sur la vague ?

    En 2023, il termine 23e du classement mondial. En 2024, il ne se qualifie pas pour la deuxième moitié du CT. Pourtant, aucune annonce de retraite officielle.

    Il continue de s’entraîner, de surfer, d’apparaître dans les compétitions majeures. La WSL pourrait lui offrir un wildcard pour les épreuves mythiques comme Pipeline ou Teahupo’o. Après tout, le GOAT n’a jamais dit son dernier mot.

    FAQ – Questions fréquentes sur Kelly Slater

    Quel est l’âge de Kelly Slater ?

    Il est né le 11 février 1972. En 2025, il a 53 ans.

    Combien de titres a-t-il remportés ?

    Kelly Slater a remporté 11 titres de champion du monde, un record absolu.

    Est-il encore en activité ?

    Oui, même s’il ne participe plus à l’intégralité du CT, il reste actif et peut recevoir des wildcards. Il a déclaré en 2025 souffrir de la hanche et d’anciennes blessures qui l’empêchent de réaliser toutes les manœuvres qu’il souhaite.

    Quelle est sa marque de vêtements ?

    Il a fondé Outerknown, une marque éthique et responsable.

    Où se trouve le Surf Ranch ?

    À Lemoore, en Californie, à plusieurs heures de la côte.

    Qui est Kalani Miller ?

    Sa compagne actuelle, entrepreneuse dans la mode et cofondatrice de Mikoh.

    Slater est-il engagé pour l’environnement ?

    Oui, il soutient plusieurs initiatives, notamment la protection des océans.

    Quelle est sa plus meilleure vague ?

    Il a marqué l’histoire à Pipeline, Teahupo’o, et même dans son Surf Ranch. Son tube de 2022 à Pipeline est mythique. Dans une interview dans le passé, il avait déclaré que l’une de ses vagues préférées était G Land en indonésie.

    Pourquoi est-il considéré comme le GOAT ?

    Pour son palmarès unique, sa longévité, son style et son influence culturelle et technique.

    Quels sont ses projets actuels ?

    Outre Outerknown, il est le papa d’un jeune enfant avec sa compagne Kalani Miller.

  • Surfer la vague d’une vie… sur la planche du frère décédé de Mick Fanning

    Surfer la vague d’une vie… sur la planche du frère décédé de Mick Fanning

    L’histoire commence par une houle mythique. Fin février 2025, la côte Est australienne se prépare à encaisser les restes du cyclone Alfred. À Kirra, spot légendaire de la Gold Coast, les conditions sont dantesques. Une droite tubulaire, glassy, rapide comme un éclair. Les plus courageux sont là, les caméras aussi. La journée entre dans la légende du spot.

    Et au milieu de cette foule de surfeurs affamés, un inconnu nommé Saxon McCorquodale attrape la vague de sa vie. Mais ce n’est que le début d’une histoire qui dépasse la performance, le surf, ou même le hasard.

    Une planche de surf à 20 dollars

    Saxon n’est pas pro, ni sponsorisé. Il ne vit pas de surf, mais c’est un passionné. Originaire d’Alstonvale, dans le nord de la Nouvelle-Galles du Sud, il partage son temps entre son métier dans le soutien aux personnes handicapées, sa passion pour l’art, la musique… et les vagues.

    Pour ce swell historique, Saxon ne sort pas une board d’un shaper mondialement connu. Il rame sur un gun jauni de 7’0” signé Günther Rohn, dégotté pour 20 dollars dans un magasin d’occasions à Lismore. Une planche cabossée, presque oubliée. Ce jour-là, ce sera son ticket vers un tube parfait, un moment suspendu.

    « Je me suis retrouvé, il y avait trois gars autour de moi… La vague est arrivée, ils m’ont juste dit « vas-y » dans un murmure. »

    Le tube parfait

    Saxon se jette dans un « late take off ». La vague est critique. Il place un bottom turn parfait, se cale, et disparaît dans un cylindre d’une beauté rare avec les bras en l’air. À l’intérieur du tube, le temps se fige, Saxon se laisse glisser avec une ligne parfaite, sans pomper, juste porté par l’énergie brute de Kirra.

    « C’était le moment de ma vie. Je hurlais. Je pleurais. J’étais hors de mon corps. »

    De l’extérieur, dans le chenal, Mick Fanning observe la scène. Le triple champion du monde a tout vu. L’engagement, le style, le timing. Il file vers Saxon en jet-ski pour le féliciter.

    Mais une fois à ses côtés, quelque chose attire son attention.

    Le détail qui change tout

    Mick observe la planche de Saxon. La forme, les logos, les couleurs… Il la reconnaît. Il demande à Saxon de la retourner. Et là, le choc : c’est la planche de son frère Ed Fanning, disparu tragiquement un an plus tôt.

    Le temps s’arrête une seconde fois. Saxon est en larmes. Mick aussi. Ils se regardent, sans vraiment savoir quoi dire.

    « C’était un moment cosmique. Une planche oubliée. Un inconnu. Une vague parfaite. Et mon frère, d’une certaine manière, là au milieu », racontera Mick plus tard.

    La planche, déjà bien abîmée, est fendue, imbibée d’eau. Elle ne survivra pas à cette dernière vague. Mais quelle fin pour une board : son dernier ride aura été un 10/10, sous les yeux du frère de son ancien propriétaire.

    Une histoire qui dépasse le surf

    Dans les jours qui suivent, la vidéo fait le tour du web. Saxon devient, malgré lui, une icône (quand je peux la faire, je n’hésite pas). Les messages affluent, les médias s’en mêlent. Lui reste humble, un peu déboussolé, mais profondément touché par la portée de ce qu’il vient de vivre.

    « Je veux proposer la planche à Mick. Peut-être qu’il la voudra. Ce sera dur de m’en séparer… mais je pense que ce serait juste. »

    Cette histoire n’est pas juste celle d’un tube de rêve ou d’un coup de chance. C’est une parenthèse magique où le surf devient un langage du destin, une passerelle entre les vivants et les disparus, entre le hasard et les souvenirs.

    Un spot, une houle, une âme

    Kirra a toujours été spéciale. Des vagues rapides, longues, tubulaires avec un fort courant. C’est le genre de spot où tu peux avoir la vague de ta vie, ou rentrer bredouille. Une vague qui récompense l’engagement, et nécessite de se trouver au bon endroit, au bon moment. Ce jour-là, elle a offert bien plus qu’un mur d’eau : elle a réuni deux mondes.

    « J’ai surfé des grosses houles. J’ai tout donné. Mais je n’ai jamais rien vécu de tel. Cette vague-là… elle m’a changé. »

    Pour Saxon, cette journée ne sera jamais égalée. Et pour Mick Fanning, elle restera gravée comme un signe, un clin d’œil de son frère, dans ce monde où les planches parlent parfois mieux que les mots.

  • Le top des vidéos surf de la semaine

    Le top des vidéos surf de la semaine

    Des vagues de rêve, des stars sous-cotées, et des tubes à n’en plus finir : voici notre sélection des meilleures vidéos à ne pas manquer.

    Jackson Bunch & Shion Crawford, trop forts pour être ignorés


    6000 vues à peine ? On parle pourtant d’un duo volcanique à Rocky Point. Jackson Bunch, fraichement écarté du CT, et Shion Crawford, machine à tubes et à airs, livrent 4 minutes de pur spectacle. Mention spéciale pour le air à 5 000 $ de Shion.

    Les 10 meilleures vagues de la semaine


    Un format efficace pour les accros à la performance. Le montage met en avant les plus belles vagues surfées récemment, tous spots confondus. Un condensé parfait de style et de puissance.

    Teahupoo, la machine à tubes tourne à plein régime

    Le récif tahitien a encore fait parler sa magie. Si tu veux voir des take-offs suicidaires et des barrels interminables, ces deux vidéos sont pour toi. Aucune fioriture, que du lourd.

    Yago Dora, toujours plus aérien


    Quand il ne fracasse pas les compétitions, Yago Dora s’offre des freesurfs d’une fluidité rare. Ce clip est une masterclass d’engagement et d’esthétique, entre carves millimétrés et envolées sans fin.

  • Kelly Slater, la fin d’un règne dans un surf pro en crise

    Kelly Slater, la fin d’un règne dans un surf pro en crise

    Ils n’ont cessé de le répéter : « Kelly Slater a 53 ans ! ». À croire que son âge suffisait à justifier sa présence sur le Tour. Mais à force d’encenser la légende, les commentateurs ont fini par dévoiler l’absurdité de la situation : le surf professionnel s’accroche à son passé pendant que le présent se vide de sens.

    kelly slater trestles 2025

    Un héros fatigué, des scores en berne

    Sur le spot de Trestles, Kelly Slater s’est fait balayer par Italo Ferreira (15.17 contre 7.53), avant de s’incliner face à Barron Mamiya dans le repêchage. Son analyse ? Des nuits hachées depuis la naissance de son fils Tao, une hanche douloureuse et un corps trop abîmé pour rivaliser. « Je n’étais pas vraiment dans ma tête », a-t-il avoué après sa défaite.

    L’obsession du mythe… et l’aveu d’échec

    Pendant les lives, les commentateurs n’ont cessé de rappeler qu’il avait 53 ans, comme s’il s’agissait d’un exploit en soi. Mais justement : quand tout ce qu’on a à dire d’un compétiteur, c’est qu’il est encore là, c’est que le problème est profond. C’est un peu comme applaudir un boxeur KO qui se relève encore : impressionnant, mais gênant.

    Le Tour pro en quête de sens

    Dans le même temps, Gabriel Medina est forfait, John John Florence préfère faire de la voile, et la relève peine à briller dans des vagues trop molles, sur un circuit aseptisé. Le rêve s’effrite. L’image glamour du CT s’étiole, et Kelly Slater devient malgré lui le symbole d’un système à bout de souffle.

    Pipeline, la dernière danse ?

    Il reste une wildcard à Pipeline, son jardin. Ce sera peut-être la dernière fois qu’on verra Kelly en lycra sur le CT. Un hommage mérité ? Sans aucun doute. Mais aussi un besoin pressant pour la WSL de passer à autre chose, d’écrire un nouveau chapitre. Et vite.

  • Ivanka Trump surfe pendant que l’Amérique brûle, et alors ?

    Ivanka Trump surfe pendant que l’Amérique brûle, et alors ?

    On s’en fout, mais visiblement pas tout le monde. Ivanka Trump, ex-conseillère de papa et influenceuse en reconversion lifestyle-océan, a posté une photo d’elle en train de surfer pour la Journée mondiale des océans. Jolie glisse, jolie lumière, joli message ? Raté.

    Au moment exact où son paternel envoyait la Garde nationale mater les manifestations contre les expulsions massives d’immigrés, Ivanka se prenait pour une waterwoman, pieds bien calés sur la mousse, sourire Colgate au vent. Résultat : les réseaux sociaux se sont déchaînés comme un shorebreak à Nazaré.

    « Mon père met le feu au pays, moi je vais surfer ! Lol ! »

    « Le narcissisme ne tombe jamais loin de l’oranger. »

    « Pendant que l’Amérique brûle, elle surfe. »

    Une pluie de commentaires, entre ironie mordante et colère bien sentie. Certains l’ont même comparée à Marie-Antoinette : version boardshort et lycra, façon « Qu’ils mangent de la wax ».

    Un post, un océan d’indifférence

    Ce qui devait être une ode aux océans est devenu un chef-d’œuvre de dissonance. Car oui, il existe une règle d’or sur les réseaux : si ton clan politique déclenche une crise humanitaire, évite peut-être de poster une photo les pieds dans l’eau comme si de rien n’était.

    Mais Ivanka s’en fout. Et c’est peut-être ça le plus fascinant. Son truc, c’est le lifestyle. Une glisse proprette, sur vague artificielle (merci Kelly Slater), assistée par coach VIP (merci Raimana), et surtout sans trop d’éclaboussures.

    Un surf aseptisé. Un surf de magazine. Un surf sans la merde.

    L’image avant la réalité

    Dans un monde où les vagues sont générées sur commande et les messages calibrés pour l’algorithme, Ivanka Trump surfe. Pas parce qu’elle aime ça. Mais parce que ça fait bien dans le feed.

    Son sourire ? Ultra-bright. Son surf ? Ultra-coaché. Son timing ? Ultra-maladroit. Ou au contraire, parfaitement assumé ? Après tout, pendant que les médias se passionnent pour sa session de mousse, personne ne parle de la répression, des disparitions, des camps.

    Qu’on la laisse surfer, non ?

    Alors oui, on pourrait s’indigner. Mais à quoi bon ? Le vrai malaise n’est pas dans la photo. Il est dans le monde où une image de surf peut servir de fumigène politique. Où une glissade devient un écran de fumée.

    Alors surfons. Rions. Grinçons des dents. Et rappelons-nous qu’une vague peut aussi servir à détourner l’attention.

    Ou comme disait une certaine Antoinette avant de perdre la tête : « Tant qu’il y a du swell… »

  • Les couvertures truquées du surf : le grand tabou

    Les couvertures truquées du surf : le grand tabou

    Dans le surf, une image vaut mille mots – mais que se passe-t-il quand cette image ment ? À l’inverse du skate, les magazines de surf continuent de publier des figures non plaquées en couverture. Un scandale silencieux que peu osent dénoncer.

    Une tradition bien établie dans le surf… mais problématique

    Depuis des décennies, les photographes de surf capturent des instants de grâce : des tubes profonds, des airs gigantesques, des silhouettes figées dans le chaos de la vague. Mais ce que beaucoup ignorent, c’est que ces figures ne sont pas toujours “plaquées”. Autrement dit, le surfeur ou la surfeuse ne termine pas la manœuvre.

    Contrairement au skateboard – où l’on ne publie quasiment jamais une figure non réussie –, le surf semble s’accommoder de ce flou artistique. Pourquoi ? Parce que la photo est belle, spectaculaire, iconique. Mais est-ce suffisant ?

    Erin Brooks, une couverture qui relance le débat

    La couverture du 65ᵉ anniversaire de SURFER Magazine met en scène la jeune Erin Brooks, shootée par le célèbre Brian Bielmann à Rocky Point, exécutant un énorme air frontside. Problème : elle ne l’a pas plaqué.

    Sur les réseaux sociaux, la communauté ne tarde pas à réagir. Certains commentent :

    “Did she land that? Or am I missing something…”

    “@erinbrookssurf you did not land this tf”

    “Who cares about authenticity anymore?”

    Même si la photo reste impressionnante, la réaction est révélatrice d’un ras-le-bol croissant face à cette pratique que certains n’hésitent plus à qualifier de fraude visuelle.

    Une réalité bien française aussi

    On aurait tort de croire que ce phénomène se limite aux magazines américains ou australiens. En France aussi, les couvertures « trompeuses » font partie du décor. Surf Session, Surf Europe, Trip Surf… difficile de compter le nombre de couvertures illustrées par un air non plaqué, un tube non sorti, voire pire : un bon gros « closier », cette section finale qui ferme inévitablement sur le surfeur.

    Je me souviens d’une journée il y a une dizaine d’années, quelque part sur un beachbreak landais. Les vagues faisaient deux mètres, creuses, classiques, avec quelques jolis tubes à prendre — mais aussi beaucoup de sections qui ferment brutalement.

    On avait calé une session avec un surfeur pro et un photographe aquatique. Moi, j’étais à l’eau avec la caméra. Pendant deux heures, le surfeur a enchaîné les tentatives, sans sortir un seul tube. Que des closings, parfois esthétiques, mais toujours ratés.

    J’étais un peu blasé, persuadé d’avoir filmé deux heures de footage inutilisable. Mais quand ils sont sortis de l’eau, le surfeur et le photographe affichaient un grand sourire. Je leur demande : “Alors ?” — “C’est bon, on a la couv”, me répondent-ils.

    Et devinez quoi ? Ils l’ont eue. Couverture de Surf Session. Un joli cliché, bien calé, bien éclairé… d’un tube qui n’a jamais été sorti.

    Pourquoi le skate ne tolère pas ça ?

    Dans le skateboard, il est impensable qu’une figure non réussie apparaisse dans une vidéo ou en couverture. Les photographes attendent la réussite parfaite avant de shooter. Les caméramans montent scrupuleusement chaque séquence, et l’éthique de la réussite est sacrée.

    Pourquoi cette exigence ne s’applique-t-elle pas au surf ? Est-ce lié à la difficulté technique, à l’imprévisibilité de l’océan, ou à une culture plus “esthétique” qu’authentique ?

    Et les vidéos alors ? Une tendance qui se propage

    En vidéo, le phénomène est moins répandu – mais il existe. Certains éditeurs coupent juste avant la chute, ou jouent sur les ralentis pour donner l’illusion d’un trick réussi. C’est rare, mais pas inexistant. Et cela nourrit une culture de l’apparence, au détriment de la performance réelle.

    Quel message pour la jeune génération ?

    Des figures non plaquées mises en avant par les plus grands médias donnent un message trouble : “ça suffit d’essayer”. Pourtant, la progression réelle passe par la réussite, par la chute et par le dépassement. Le surf est un sport de vérité. Ne trahissons pas cette essence.

    Vers une nouvelle éthique de l’image dans le surf ?

    À l’heure où les jeunes talents comme Erin Brooks repoussent les limites du surf féminin, il est temps de demander davantage de rigueur visuelle. Oui, l’esthétique compte. Mais la vérité compte plus encore.

  • Le WSL Junior Pro de San Sebastien annulé après un boycott lié à Israël

    Le WSL Junior Pro de San Sebastien annulé après un boycott lié à Israël

    Le surf rattrapé par les tensions internationales

    Du 6 au 8 juin 2025, la plage de Zurriola à San Sebastián devait accueillir une étape du circuit junior de la World Surf League (WSL). L’événement n’aura finalement pas eu lieu sous l’égide de WSL. En cause : le retrait du soutien logistique du club local Groseko Indarra Surf Taldea, motivé par la présence de plusieurs surfeurs israéliens sur la liste des participants.

    Une déclaration politique forte du club basque

    Dans un message publié sur Instagram quelques jours avant la compétition, le club a expliqué son refus de coopérer avec la WSL pour l’organisation de l’événement, en fournissant notamment l’électricité et la connexion internet nécessaires. La raison invoquée : la participation de nombreux athlètes israéliens, alors que le club affirme vouloir dénoncer ce qu’il qualifie de « génocide du peuple palestinien ».

    Le message poursuivait en établissant un parallèle avec les sanctions sportives imposées à la Russie depuis 2022, estimant que des mesures similaires devraient s’appliquer à Israël :

    « Des décisions politiques sont prises dans le sport, comme l’interdiction faite à la Russie de participer à des compétitions internationales. Nous pensons qu’Israël doit être soumis aux mêmes pressions. »

    La position de la WSL : neutralité et sécurité

    La World Surf League, confrontée à cette rupture de collaboration et au retrait de l’appui des autorités locales, a jugé ne plus pouvoir garantir les conditions de sécurité minimales pour les compétiteurs. Dans un message adressé aux athlètes (relayé par le média Surf30), l’organisation a précisé que toute exclusion fondée sur la nationalité violerait son règlement interne, qui prône une politique de tolérance zéro envers toute forme de discrimination.

    Face à l’impasse, la WSL a donc annulé l’étape junior, tout en précisant qu’aucun surfeur ne pouvait être exclu sur la base de sa nationalité.

    Une requalification locale de l’événement

    Malgré l’annulation officielle, l’événement n’a pas complètement disparu. Des organisateurs locaux ont reconfiguré la compétition sous un nouveau nom, le Waxdays Junior Pro, en dehors du cadre de la WSL. La victoire est revenue à Kai Odriozola chez les garçons U20, et à Sarah Leiceaga chez les filles U20 — deux jeunes talents du Pays basque.

    Le cas Anat Lelior : entre neutralité affichée et effacement discret

    L’incident de Zurriola s’inscrit dans un contexte plus large, où la question de la représentation des athlètes israéliens sur le circuit mondial est devenue particulièrement sensible.

    Quelques mois plus tôt, Anat Lelior, surfeuse olympique israélienne, avait participé au QS 3000 de Taghazout (Maroc) sans que sa nationalité n’apparaisse sur le site de la WSL. Elle y était listée comme appartenant au « monde », une désignation neutre déjà utilisée dans d’autres contextes tendus — notamment lors d’une étape à Abu Dhabi où toutes les nationalités avaient été masquées, après que la surfeuse australienne Tyler Wright ait porté un maillot aux couleurs du drapeau de la diversité.

    Le sport, un terrain de plus en plus politique

    La situation illustre l’équilibre délicat que doivent maintenir les instances sportives internationales, prises entre des exigences de neutralité et les pressions géopolitiques croissantes. Tandis que des organisations comme l’International Surfing Association (ISA) ont banni les surfeurs russes dès 2022, la WSL avait initialement adopté un label neutre pour les Russes — avant de revenir à l’appellation « Russian Federation » ces deux dernières années.

    Ces positions contradictoires alimentent les critiques. Certains y voient un deux poids deux mesures, d’autres dénoncent au contraire des interférences politiques dans des compétitions censées rassembler plutôt que diviser.

    L’annulation du WSL Junior Pro de Zurriola rappelle que même des disciplines perçues comme apolitiques peuvent être rattrapées par les tensions du monde. Le surf, à travers ses circuits professionnels, n’échappe plus aux débats internationaux sur la guerre, la représentation et les droits humains. Entre volonté d’inclusion et pressions locales, les organisateurs devront, à l’avenir, composer avec une réalité de plus en plus complexe.

  • Tom Lowe, miraculé de Teahupo’o pour la deuxième fois en 14 mois

    Tom Lowe, miraculé de Teahupo’o pour la deuxième fois en 14 mois

    Le surfeur britannique Tom Lowe a frôlé la mort une nouvelle fois sur l’une des vagues les plus dangereuses de la planète. Mercredi 4 juin 2025, lors d’un swell massif à Teahupo’o, en Polynésie française, Lowe a été retrouvé inconscient dans le lagon après une série de vagues qui l’ont maintenu sous l’eau. Sauveteurs de l’extrême, récits poignants, et destin hors du commun : retour sur l’un des drames les plus marquants de la saison.

    Une série noire sur le “End of the Road”

    Ce spot, célèbre pour ses tubes massifs et sa lèvre épaisse qui s’écrase sur un récif peu profond, est surnommé le « End of the Road ». Et pour cause : même les surfeurs les plus aguerris y jouent leur vie à chaque take-off. Tom Lowe, figure respectée du big wave riding, y a déjà laissé quelques morceaux. Le 28 avril 2024, il y subissait une première chute violente qui lui avait coûté cinq côtes cassées et un poumon perforé.

    « Je n’avais jamais frôlé la mort à ce point-là. C’était aussi réel que possible », confiait-il après coup.

    Et pourtant, à peine plus d’un an plus tard, le destin s’est acharné sur lui… au même endroit.

    Inconscient dans le lagon, sauvé in extremis

    Le 4 juin dernier, lors d’un swell solide, Tom Lowe s’élance sur une vague. Mais cette fois, il est happé par une série de trois à quatre vagues qui le maintiennent en apnée. Lorsque les sauveteurs, à bord de jet-skis, parviennent enfin à le récupérer dans le lagon, il est inconscient, sans respiration ni pouls.

    Deux hommes vont pourtant faire basculer l’histoire : Sage Burke, surfeur de Newport Beach, et le Tahitien Vetea David. Sur place, ils entament immédiatement un massage cardiaque et des gestes de réanimation, dans des conditions extrêmes.

    Par miracle, le cœur de Lowe repart, et il est évacué vers l’hôpital de Papeete, où il est toujours en observation.

    “Je ne me souviens de rien”

    Quelques jours après l’accident, Tom Lowe a brisé le silence avec un message bouleversant publié sur ses réseaux sociaux.

    🗣️ Paroles de surfeur

    « Alors voilà. Quelles étaient les chances de revivre une expérience de mort imminente à Teahupo’o dès mon retour sur cette vague ? Je suis reconnaissant que mon heure ne soit pas encore venue.
    Je n’ai aucun souvenir de l’accident, juste celui d’avoir craché de l’eau et du sang à la marina. On m’a dit que j’étais resté sous l’eau pendant deux ou trois minutes… Je me suis sûrement assommé sur le récif ou j’ai perdu connaissance sous la pression. C’est terrifiant de ne se souvenir de rien.
    Je dois la vie à mes anges gardiens, Vetea David et Sage Burke, qui m’ont sorti de l’eau et ramené à la vie. Si Vetea n’avait pas attrapé mon corps sans vie dans le lagon, Teahupo’o m’aurait emporté.
    Je suis un homme chanceux. Pour l’instant, je suis juste reconnaissant d’être en vie, de pouvoir serrer ma famille dans mes bras, et pour ces liens profonds tissés ici avec les gens et ce lieu magique. »

    Un témoignage poignant qui révèle l’ampleur du drame vécu — et surtout la force des liens noués autour de cette vague aussi belle que cruelle.

    Une séquence manquante qui interroge

    L’événement a été en partie capté par la caméra de Surfline qui retransmettait la session en direct. Mais une étrange coupure de 10 minutes dans la rediffusion intrigue. C’est justement pendant cette période que les secours sont intervenus.

    Le photographe Tim McKenna a publié sur Instagram des images et des témoignages poignants de la scène, rendant hommage aux sauveteurs et donnant des nouvelles rassurantes sur l’état de Tom : « Il est conscient, respire seul, et les médecins s’occupent d’évacuer l’eau de ses poumons. »

    Deux accidents en 14 mois, même spot, même frayeur

    Surfer deux fois de suite à Teahupo’o et s’en sortir vivant après deux quasi-noyades, cela tient du miracle. En avril 2024, Lowe avait pourtant failli perdre la vie : catapulté tête la première dans le récif, il avait réussi à regagner seul le bord, malgré son état grave, avant d’être évacué par hélicoptère.

    Moins d’un an plus tard, le cauchemar se répète. Cette fois, il perd connaissance, son corps ne réagit plus, et il doit la vie à l’intervention rapide de ses pairs. Deux expériences de mort imminente sur le même spot en l’espace de 14 mois : du jamais-vu dans le monde du surf de gros.

    Qui est Tom Lowe ?

    Originaire de Cornouailles, au Royaume-Uni, Tom Lowe est une figure incontournable du surf de grosses vagues. Son parcours est celui d’un passionné qui a quitté l’Atlantique nord pour se confronter aux vagues les plus terrifiantes de la planète : Mavericks, Puerto Escondido, Jaws ou Teahupo’o.

    En 2017, il monte sur le podium du Puerto Escondido Challenge, une épreuve du Big Wave Tour. Il est ensuite invité à l’Eddie Aikau Invitational en 2023 et 2024, une des compétitions les plus prestigieuses et sélectives du monde.

    Reconnu pour sa gentillesse et sa détermination, Tom est souvent décrit comme un « humble guerrier », respecté aussi bien pour sa technique que pour sa philosophie.

    Une communauté mobilisée

    Suite à l’accident, de nombreux messages de soutien ont afflué. Des légendes du surf comme Greg Long ou Dom Walsh ont appelé à envoyer de l’énergie positive à leur ami, saluant sa force de caractère et sa résilience. Une cagnotte GoFundMe a aussi été ouverte pour couvrir ses frais médicaux, son assurance voyage ne prenant pas en charge l’intégralité de ses soins.

    Sur Instagram, les témoignages de soutien se multiplient, preuve de l’impact de ce surfeur sur la communauté mondiale.

    Et maintenant ?

    L’avenir sportif de Tom Lowe reste incertain. Reviendra-t-il une troisième fois à Teahupo’o ? Cette question hante ceux qui le connaissent. Mais une chose est sûre : Lowe incarne l’essence même du surf de gros, entre courage, engagement et acceptation du risque.

  • Pavones : la gauche de 54 secondes qui fait rêver les surfeurs

    Pavones : la gauche de 54 secondes qui fait rêver les surfeurs

    Une vague, un surfeur, une minute d’exception

    Esteban Chaves, alias StokedChaves, est bien connu des Costaricains pour sa capacité à faire parler la poudre sur les gauches les plus rapides du pays. Mais début mai 2025, c’est le monde entier qui a pu admirer son talent. Sur une vague parfaitement dessinée à Pavones, il a enchaîné près de 54 secondes de glisse fluide, de turns puissants et même une section à tube, malgré le clapot du soir.

    Une minute à dompter une des vagues les plus longues au monde, devant une foule ébahie (environ 5 personnes au bar). Son deuxième turn a envoyé un spray si massif qu’on aurait dit qu’il avait traversé le Golfo Dulce. La section barrel a déclenché des cris d’encouragement depuis le rivage.

    Cette session n’a pas seulement marqué une saison déjà bien lancée dans l’hémisphère Sud ; elle a rappelé à tous pourquoi Pavones est un joyau à part dans l’univers du surf mondial.

    Pavones : la gauche légendaire du Costa Rica

    Situé à l’extrême sud du Costa Rica, presque à la frontière avec le Panama, Pavones est un village reculé, tranquille et hors du temps. On ne passe pas à Pavones par hasard. On s’y rend avec un objectif : surfer l’une des plus longues gauches de la planète.

    Ce pointbreak déroule sur plus de 800 mètres, parfois 1 km selon les houles. Il faut une bonne orientation sud-sud-ouest pour connecter les trois sections principales : la pointe, l’embouchure et le mur. En les enchaînant, c’est une vague de rêve qui s’offre à vous, entre murs lisses, quelques tubes bien placés, et des murs de turns à n’en plus finir.

    La sensation d’avoir surfé “sa plus longue vague à vie” y devient une réalité.

    Un spot exigeant, réservé aux motivés

    Malgré son ambiance “pura vida”, Pavones n’est pas une promenade de santé. Il faut déjà l’atteindre : 8 heures de route depuis San José, ou 1h30 depuis Golfito, à condition d’avoir une voiture adaptée pour finir sur la piste.

    Dans l’eau, la sélection naturelle opère. Le courant est puissant, les séries longues, et la foule parfois compacte quand les prévisions sont optimales. Pas de place pour les surfeurs débutants : ici, on rame beaucoup, on positionne bien son take-off, et on garde de l’énergie pour tenir jusqu’au dernier cutback.

    Comme le dit Esteban Chaves : « Seuls les plus affûtés survivent, seuls les meilleurs en tirent le maximum. »

    Une vague qui ne se contente pas d’être longue

    Si la réputation de Pavones repose sur sa longueur, sa magie réside dans les opportunités qu’elle offre. Certains jours, la vague creuse assez pour offrir un tube, même court, au milieu du ride. D’autres fois, ce sont les sections lisses à perte de vue qui permettent aux surfeurs de tracer des arcs puissants, de glisser d’un turn à l’autre avec un rythme hypnotique.

    La vague d’Esteban en mai 2025 en est l’exemple parfait : un départ fluide, des carves précis, un enchaînement millimétré de manœuvres backside, jusqu’à un barrel final. Une masterclass capturée par Gallo Pinto TV, à étudier au ralenti pour tout surfeur qui rêve de progresser backside.

    Bien plus qu’un simple trip surf

    Pavones, c’est aussi une ambiance unique, loin des spots plus “fashion” comme Santa Teresa. Le village vibre au rythme des marées et du surf, avec quelques sodas typiques, deux-trois restaus, et une vie nocturne quasi inexistante. Idéal pour se coucher tôt et se lever à l’aube.

    Autour, la nature est reine : jungle tropicale, estuaires, cascades, et même observation des baleines à bosse dans le Golfo Dulce. C’est un paradis pour les amoureux de nature sauvage. Vous pouvez partir en randonnée, faire du kayak dans les mangroves, monter à cheval sur la plage ou prendre un cours de yoga en plein air après une session.

    Et quand ça ne marche pas à Pavones ?

    Ce qui rend le sud du Costa Rica si spécial, c’est la possibilité de varier les plaisirs. À quelques kilomètres au sud, Punta Banco offre des gauches et une droite, souvent plus tolérantes. Et si le swell est trop timide, d’autres secrets locaux peuvent se révéler si vous prenez le temps d’échanger avec les habitués.

    Le meilleur moment pour y aller

    La haute saison pour Pavones s’étale d’avril à octobre, avec un pic entre mai et août, quand les houles du sud tapent avec le bon angle. Mais le spot reste surfable toute l’année. Hors saison, vous gagnerez en tranquillité, au risque de ne pas connecter les sections.

    Les logements sont limités, mieux vaut réserver en avance, surtout si vous visez un trip entre potes ou une retraite surf/yoga. Il existe aussi quelques coachs ou guides comme Esteban Chaves, basé à Santa Teresa mais souvent à Pavones, disponibles pour vous faire progresser et comprendre le spot.

    Pavones, pour les amoureux du surf pur

    Pavones, c’est ce rêve d’enfant devenu réalité : une vague interminable, une nature intacte, et une communauté de passionnés loin de l’agitation des grosses stations balnéaires.

    Ce n’est pas un spot pour flâner. C’est une destination pour ceux qui veulent ressentir pleinement ce que le surf a de plus intense à offrir. Une minute de glisse ininterrompue, ça change une vie. Et comme l’a prouvé Esteban Chaves en mai 2025, ces moments-là existent bel et bien.

  • Drame sur l’Eisbach : Munich ferme sa vague iconique après la mort tragique d’une surfeuse

    Drame sur l’Eisbach : Munich ferme sa vague iconique après la mort tragique d’une surfeuse

    Une session nocturne vire au cauchemar

    Dans la nuit du 24 mars 2025, une session de surf sur la vague urbaine de l’Eisbach, en plein cœur de Munich, a tourné au drame. Une jeune surfeuse allemande a perdu la vie après être restée coincée sous l’eau durant près de trente minutes, son leash accroché à un objet non identifié dans le lit de la rivière.

    Malgré l’intervention désespérée de ses amis et des secours, la jeune femme n’a pas survécu. Une semaine après le drame, elle est décédée à l’hôpital. La scène a profondément choqué la communauté locale, mais aussi les amateurs de surf du monde entier.

    Une vague mythique, symbole du surf urbain

    L’Eisbach, cette vague stationnaire formée par un saut hydraulique sous un pont près du musée Haus der Kunst, est un spot mythique. Depuis que le surf y est devenu officiellement autorisé en 2010, il attire riders, curieux et photographes des quatre coins du monde. Alimentée par un débit de 25 000 litres par seconde, la vague est formée par une marche en béton et des blocs immergés, créant un courant puissant et constant.

    Mais cette puissance est aussi ce qui a rendu toute tentative de sauvetage presque impossible. Lorsque la surfeuse a été emportée sous l’eau, ses amis ont tenté de détacher le leash. En vain : la force du courant ne leur a laissé aucune chance.

    Une enquête ouverte, des questions qui dérangent

    Dans les jours qui ont suivi le drame, les autorités munichoises ont décidé de fermer l’accès à l’Eisbach jusqu’à nouvel ordre. La zone a été balisée, des panneaux « Entrée interdite » ont été installés, et les contrevenants s’exposent à des amendes allant jusqu’à 50 000 euros.

    Le parquet de Munich a lancé une enquête pour « atteinte corporelle par négligence ». Le 30 avril 2025, les services de secours ont abaissé le niveau de la rivière afin d’inspecter minutieusement le lit du cours d’eau. Cinquante policiers, dont des plongeurs spécialisés, ont exploré la zone. Aucune structure imposante n’a été retrouvée, mais plusieurs petits objets métalliques ont été collectés pour analyse.

    Le petit ami de la surfeuse porte plainte : négligence pointée du doigt ?

    Fait marquant : le petit ami de la victime a déposé plainte contre la municipalité de Munich. Il dénonce un manque de sécurité et une mauvaise gestion des risques liés à l’environnement du spot. L’affaire pourrait ouvrir un précédent juridique : si une négligence est reconnue, des charges de homicide involontaire pourraient être envisagées.

    Cette plainte soulève des interrogations plus larges sur la gestion des spots de surf urbains, souvent autogérés par la communauté mais peu encadrés juridiquement. L’Eisbach, malgré sa renommée, reste un environnement à haut risque.

    La vague rouvre avec de nouvelles règles

    Le 21 juillet 2025, la mairie de Munich a annoncé la réouverture officielle de la vague, assortie de nouvelles règles strictes.

    Désormais, le surf n’est autorisé qu’entre 5h30 et 22h00, afin de garantir que toute intervention de secours se déroule de jour. Seuls les surfeurs expérimentés sont admis sur le spot, et chaque pratiquant doit désormais utiliser un leash avec système de libération rapide.

    Selon Moritz von Sivers, représentant de l’association de surf de Munich, le véritable danger réside sous la vague, où des pierres de la taille de briques, destinées à limiter l’érosion, peuvent devenir des pièges pour les leashs. Ces éléments structurels ne seront probablement jamais totalement éliminés, mais l’objectif est désormais de réduire le risque au maximum.

    Une vague toujours aussi symbolique

    Pour les nombreux surfeurs munichois, l’Eisbach représente bien plus qu’un simple lieu de pratique : c’est un symbole de liberté, un défi technique et une part essentielle de l’identité surf allemande.

    La réouverture, bien que stricte, est accueillie comme un soulagement par la communauté, encore marquée par le drame. Elle signe aussi une nouvelle ère pour le surf urbain, plus conscient des risques, mais toujours aussi passionné.

    Une alternative coûteuse : la vague artificielle

    En attendant, les surfeurs munichois n’ont qu’une seule alternative : la vague artificielle Endless Surf récemment ouverte en périphérie de la ville. Si la technologie permet des sessions variées et sécurisées, l’accès reste cher, et l’expérience ne remplace pas le charme brut de l’Eisbach.

    Un tournant pour le surf urbain ?

    L’accident de Munich pourrait faire date. Il pose une question cruciale : comment garantir la sécurité dans des environnements urbains où la nature est partiellement maîtrisée, mais jamais domptée ?

    Les vagues de rivière, de plus en plus populaires à travers le monde (Suisse, Canada, États-Unis… France ?), devront sans doute revoir leurs standards de sécurité. Le drame de l’Eisbach rappelle brutalement que le surf, même loin de l’océan, reste un sport à risques. Mais la question qui reste en suspens, est-il possible qu’une plage soit fermée aux surfeurs parce qu’elle est trop dangereuse ? Imaginons la fermeture administrative de certaines plages comme Nazaré, Belharra ou des spots de rocher, où les risques sont réels….

  • Le combat de Jérémy Florès : de la vague au vertige de la maladie

    Le combat de Jérémy Florès : de la vague au vertige de la maladie

    Derrière les victoires en série et les tubes parfaits, un autre défi attendait Jérémy Florès. Invisible. Implacable. Depuis 2022, le meilleur surfeur français de l’histoire affronte une tumeur cérébrale. Un bouleversement intime qu’il révèle dans le bouleversant documentaire Dos au mur.

    Un champion français devenu icône mondiale

    Révélé à 18 ans en 2006, Jérémy Florès devient alors le plus jeune surfeur de l’histoire à se qualifier pour le World Tour. Une ascension fulgurante ponctuée de premières historiques : premier Français vainqueur sur le CT à Pipeline (2010), un score parfait à Teahupo’o (20/20 en 2011), une victoire mythique à la maison lors du Quiksilver Pro France.

    Mais derrière cette success story, l’enfant de La Réunion portait déjà des blessures invisibles.

    Les prémices d’un mal profond

    Avant même son retrait du circuit en 2021, des signes s’accumulent. Fatigue chronique, migraines violentes, recours quotidien aux anti-inflammatoires. Au départ, Jérémy met ces douleurs sur le compte de ses multiples chutes, des traumatismes liés à une vie entière passée à défier l’océan.

    Mais à l’automne 2022, le verdict tombe : une tumeur est détectée à la base de son cerveau. Le ciel s’écroule.

    « Tu ne peux pas être préparé à ce genre d’annonce. Le pire moment de ma vie. »

    Il confesse aussi avoir longtemps gardé le silence, par fierté. « Je suis quelqu’un de très fier, je n’ai jamais eu envie de montrer mes faiblesses. » Ce n’est qu’à travers ce documentaire qu’il a choisi de tout dire, comme une forme de libération : « Les gens qui me suivent depuis longtemps ont le droit de savoir. »

    Un choc, puis une plongée intérieure

    La nouvelle frappe Jérémy alors qu’il pensait tourner une page paisible. Jeune père, il imaginait profiter de la vie, loin des compétitions, auprès de sa famille. Mais l’opération devient inévitable. Risquée. À l’issue incertaine.

    En octobre 2022, il subit une intervention en condition éveillée à Montpellier, supervisée par le neurochirurgien Hugues Duffau.

    « Pendant plusieurs semaines, je n’ai fait que pleurer. Pourquoi moi, pourquoi maintenant ? »

    La convalescence est rude : Jérémy doit réapprendre à parler, lire, écrire. Il raconte avoir eu des pertes de mémoire si sévères qu’il ne reconnaissait plus ses enfants. Aujourd’hui encore, il vit avec des séquelles. Des IRM réguliers permettent de suivre l’évolution des 10 % de la tumeur encore présents.

    « Niveau mémoire, je suis encore loin d’être au top. » plus jamais surfer.

    Des cicatrices invisibles : santé mentale et sport de haut niveau

    Le documentaire STRoNG, aussi forts que fragiles, diffusé sur Prime Video, avait déjà levé le voile sur une autre facette du champion : la santé mentale. Dépression, burn-out, perte de repères, pensées noires… autant d’épisodes douloureux que Florès a traversés avant même son diagnostic physique.

    « Je n’ai jamais fait de tentatives suicidaires, mais j’y ai pensé. Quand tu ne ressens plus d’émotions, tu te demandes à quoi bon. »

    La performance cache souvent des souffrances. Derrière les podiums, l’athlète accumulait le poids des attentes, de la pression, et d’un rythme effréné qui ne laisse pas place à l’introspection.

    La famille comme bouée de sauvetage

    Sa rencontre avec Hinarani de Longeaux, ex-Miss Tahiti, a été un tournant. Leur couple devient un refuge, un socle. Puis la naissance de leurs enfants, en particulier celle de leur fille Hinahei, agit comme une véritable renaissance.

    « Elle m’a guéri. Elle a cicatrisé toutes ces plaies un peu à vif. »

    Aujourd’hui, c’est dans ce cocon qu’il puise la force de continuer. Le surf reste là, mais la priorité, désormais, c’est le présent. Chaque jour.

    “Dos au mur” : un documentaire poignant

    Réalisé par Julie et Vincent Kardasik, Dos au mur sera diffusé le 16 juin sur Canal+ Docs. Ce film suit Jérémy dans son intimité, depuis son retrait du circuit jusqu’à l’opération, en passant par son engagement auprès de la jeune génération française (Kauli Vaast, Vahine Fierro). On y découvre aussi son rôle de père, d’entraîneur, et d’homme confronté à sa plus grande peur.

    Documenté comme un hommage à sa carrière et à sa résilience, Dos au mur explore les multiples facettes de Florès : le compétiteur féroce, l’enfant réunionnais, le mentor de Kauli Vaast, le père, le mari, le survivant. Kelly Slater, son père Patrick, ou encore sa compagne y livrent des témoignages bouleversants.

    Le film ne montre pas seulement des exploits. Il dévoile un homme, dans ses forces et ses fragilités, dans ses larmes comme dans ses sourires. Un surfeur qui apprend à vivre autrement, sans calendrier ni pression.

    Une inspiration pour toute une génération

    Aujourd’hui âgé de 37 ans, Jérémy Florès vit avec sa tumeur. Aucun miracle, pas de rémission totale annoncée. Mais il est là. Vivant. Et surtout, lucide.

    « Je vis au jour le jour, et j’espère, le plus longtemps possible. »

    Son témoignage brise les tabous sur la maladie, physique ou mentale. Il incarne une autre vision du surf de haut niveau, plus humaine, plus vulnérable – et donc plus puissante encore.

    Le coach, le passeur, l’héritier

    Un an après l’opération, Jérémy reprend pied dans l’action. Il devient coach de l’équipe de France pour les JO de Paris 2024. Il accompagne notamment Kauli Vaast (or olympique) et sa belle-sœur Vahine Fierro (victorieuse du Tahiti Pro 2024). Ces réussites, il les vit comme les siennes.

    « C’était le moment le plus fort de ma carrière. »

    Il développe aujourd’hui le projet Héritage, une structure commune entre les fédérations française et tahitienne pour former l’élite de demain, en vue des JO de Los Angeles 2028 et Brisbane 2032.

    Au-delà de la vague

    L’histoire de Jérémy Florès n’est pas celle d’un homme qui tombe. C’est celle d’un homme qui se relève, encore et encore. Qui ose montrer ses failles, et les transforme en force. Qui apprend à vivre sans gagner, à aimer sans compétition, à se réinventer hors de l’eau.

    À ceux qui le regardaient comme un champion, il répond aujourd’hui comme un père, un mari, un homme en quête d’équilibre. Et à tous les jeunes, surfeurs ou non, qui doutent, il adresse ce message : même les héros pleurent. Et ils continuent d’avancer.

    Il lui reste 10 % de la tumeur, une épée de Damoclès qu’il apprend à apprivoiser. Mais Florès ne vit plus dans la peur. Il avance, au jour le jour, avec sa famille, ses projets, et une nouvelle vision de la vie. Un message fort à retrouver dans Dos au mur, le 16 juin sur Canal+ Docs.

  • Les meilleures destinations surf à explorer en juin

    Les meilleures destinations surf à explorer en juin

    Juin, c’est un mois magique où l’été s’installe au nord, pendant que l’hiver bat son plein au sud. Résultat : les deux hémisphères balancent des vagues à gogo, mais c’est surtout l’hémisphère sud qui commence à dérouler sérieusement. Et comme les foules estivales ne sont pas encore là, c’est le moment idéal pour s’offrir un surf trip bien calé.

    Que tu sois débutant en quête de vagues accessibles ou chargeur à la recherche de pointbreaks tubulaires, voici les meilleures destinations surf pour le mois de juin. Avec à chaque fois, les infos qui comptent : température de l’air, température de l’eau, niveau requis, conditions de vagues et budget moyen.

    Les valeurs sûres de juin

    Indonésie – Bukit, Bali & Mentawai

    • Température de l’air : 27-30°C
    • Température de l’eau : 28°C
    • Conditions : swell régulier, houle longue et propre, vent offshore, spots orientés sud/sud-ouest
    • Niveau : intermédiaire à expert (sauf Kuta et Canggu : parfait débutant)
    • Prix moyen : 30-50€/jour

    Pourquoi y aller ? Parce que c’est l’Indo en juin. Les alizés soufflent offshore, les swells tapent plein sud, et les reefbreaks comme Uluwatu, Padang Padang, ou encore Lances Right dans les Mentawai fonctionnent à plein régime. Le tout dans une ambiance tropicale, bière Bintang à la main après la session.

    Mexique – Salina Cruz & Puerto Escondido

    • Température de l’air : 30-34°C
    • Température de l’eau : 28°C
    • Conditions : swell consistant, beachbreaks puissants (Puerto), points creux (Salina Cruz)
    • Niveau : intermédiaire à expert
    • Prix moyen : 35-60€/jour

    Pourquoi y aller ? Le sud du Mexique vit sa meilleure période surf de l’année en juin. À Salina Cruz, les pointbreaks déroulent avec une régularité bluffante. Et si t’as le niveau (et les nerfs), Puerto Escondido t’attend avec ses tubes monumentaux. Ambiance roots, tacos et sessions en boardshort.

    Afrique du Sud – Jeffreys Bay & plus

    • Température de l’air : 18-22°C
    • Température de l’eau : 16-18°C
    • Conditions : longues droites mécaniques, vent offshore fréquent
    • Niveau : intermédiaire à confirmé
    • Prix moyen : 25-40€/jour

    Pourquoi y aller ? Parce que c’est le pic de saison à J-Bay. Les houles d’hiver venues de l’Atlantique Sud s’enroulent le long de la côte pour donner vie à l’une des plus belles droites du monde. Et si t’as un peu d’aventure en toi, pousse jusqu’en Namibie : Skeleton Bay peut aussi s’aligner en juin. Deux légendes, une même houle.

    Spots débutants-friendly

    France – Biarritz & Hossegor

    • Température de l’air : 20-25°C
    • Température de l’eau : 18-20°C
    • Conditions : beachbreaks variés, houle modérée, bonne fréquence
    • Niveau : débutant à intermédiaire
    • Prix moyen : 60-90€/jour

    Pourquoi y aller ? C’est la maison. Et en juin, les conditions sont souvent idéales pour progresser sans trop se faire peur. Côte des Basques, vague de sable ou point break : que du bonheur pour les débutants. Et en prime, la gastronomie basque et les écoles de surf à tous les coins de plage. Côté Landes, parmi les meilleurs beach breaks au monde avant la surpopulation du mois de juillet ou aout.

    Costa Rica – Tamarindo

    • Température de l’air : 27-30°C
    • Température de l’eau : 28°C
    • Conditions : vagues douces, longues, régulières
    • Niveau : tous niveaux
    • Prix moyen : 40-60€/jour

    Pourquoi y aller ? Parce que Tamarindo, c’est le spot chill par excellence. Tu surfes le matin, tu manges un ceviche à midi, tu surfes encore à marée haute. Les vagues sont douces, les locaux cools, et tu progresses vite dans une ambiance tropicale détendue.

    Maldives – Atolls nord

    • Température de l’air : 28-32°C
    • Température de l’eau : 28-30°C
    • Conditions : reefbreaks accessibles, houle sud/sud-ouest
    • Niveau : intermédiaire
    • Prix moyen : 60-100€/jour (hors vol)

    Pourquoi y aller ? Parce que c’est encore assez calme avant les grosses affluences de juillet. Et surtout, les vagues comme Cokes ou Ninjas sont parfaitement calées, avec des setups propres et réguliers. Tu surfes sur des reefs de rêve dans une eau translucide, avec des dauphins pas loin.

    L’Europe sauvage et fraîche

    🇬🇧 Écosse – Thurso East et la côte nord

    • Température de l’air : 12-18°C
    • Température de l’eau : 11-13°C
    • Conditions : reefbreaks solides, peu fréquentés
    • Niveau : intermédiaire à expert
    • Prix moyen : 60-80€/jour

    Pourquoi y aller ? Parce que personne n’y pense, et que pourtant, les spots comme Thurso peuvent rivaliser avec ceux du Sud. Faut aimer l’eau froide (5/4 obligatoire), mais tu seras presque seul sur des vagues de qualité, avec des paysages dignes d’un film de fantaisie.

    Islande – La côte sud

    • Température de l’air : 10-15°C
    • Température de l’eau : 8-11°C
    • Conditions : reefs isolés, météo changeante, pas un chat à l’eau
    • Niveau : confirmé à expert
    • Prix moyen : 90-150€/jour, c’est une destination onéreuse

    Pourquoi y aller ? Pour le trip de ta vie. L’Islande, c’est pas tous les jours, mais en juin, les conditions sont un peu plus douces (surtout côté météo). Les houles de l’Atlantique Nord tapent régulièrement les côtes, et les spots peuvent réveiller de belles surprises si tu es équipé. Les journées ne s’arrêtent jamais, vous pouvez surfer 24H sur 24H….

    Le bon plan du mois : Sri Lanka – Weligama & Mirissa

    • Température de l’air : 28-32°C
    • Température de l’eau : 28°C
    • Conditions : beachbreaks doux, bonne fréquence, ambiance tropicale
    • Niveau : débutant à intermédiaire
    • Prix moyen : 25-40€/jour

    Pourquoi y aller ? Parce que le Sri Lanka retrouve peu à peu son public, et que le sud fonctionne encore bien en juin. Weligama est un des meilleurs spots pour apprendre, avec une vibe très chill. Idéal si tu veux progresser et déconnecter sans te ruiner.

    Où que tu partes, profitez du surf

    Juin est un mois en or pour les surfeurs qui savent sortir des sentiers battus (ou pas). Entre les valeurs sûres comme l’Indonésie, les destinations zen pour progresser comme le Costa Rica ou les trips plus roots en Islande ou Écosse, il y a forcément un spot qui te fera vibrer.

  • Une vague parfaite née du chaos au Chili

    Une vague parfaite née du chaos au Chili

    Le 28 août 2023 restera gravé dans les esprits des surfeurs chiliens comme le jour où l’improbable est devenu réel. Ce jour-là, à Cahuil, petit village côtier de la région de O’Higgins, une vague parfaite a vu le jour. Une gauche tubulaire, longue, puissante, sculptée par le hasard des éléments. Un mirage éphémère né d’un événement climatique hors normes.

    Une crue qui redessine le littoral

    Quelques jours plus tôt, un système frontal d’une rare intensité avait balayé le centre et le sud du Chili. En six jours, il est tombé jusqu’à 791 mm de pluie. Une pluie diluvienne qui a gonflé les rivières, débordé les estuaires, bouleversé les équilibres naturels.

    À Cahuil, l’estuaire a littéralement explosé sous la pression des eaux. Sa géographie a été redessinée. Le sable a bougé, les bancs se sont formés autrement, ouvrant un passage nouveau vers l’océan. Et dans cette ouverture : une vague. Unique. Improbable. Magique.

    Le rendez-vous parfait entre houle et sable

    Le 28 août, la houle du sud-ouest est arrivée pile au bon moment. Les conditions étaient réunies : fond sablonneux sculpté par les crues, courant modifié, vent favorable. Le résultat : une gauche tubulaire d’une perfection presque irréelle. Des tubes longs, creux, rapides – jamais vus auparavant à Cahuil.

    La vidéo intitulée “Cahuil Perfección” documente ce moment suspendu dans le temps. On y voit des surfeurs locaux dompter cette vague comme si elle sortait tout droit d’un rêve. Le plus fou ? Cette vague ne se reproduira peut-être jamais. Elle est le fruit d’une combinaison météorologique rarissime.

    Quand la nature façonne des joyaux

    Ce type de phénomène rappelle que les meilleures vagues ne sont pas toujours celles qu’on trouve sur la carte. Parfois, elles apparaissent là où on ne les attend pas. Parfois, elles ne vivent qu’un jour. Et c’est ce qui les rend encore plus précieuses.

  • Maxime Huscenot : de la promesse à la persévérance

    Maxime Huscenot : de la promesse à la persévérance

    Il y a des vidéos qui racontent bien plus qu’un simple teaser de compétition. Celle que Maxime Huscenot vient de publier sur YouTube en fait partie. À quelques heures du début des Challenger Series 2025, ce court-métrage personnel revisite son passé, en images VHS et souvenirs d’enfance, pour mieux comprendre le chemin parcouru. Un chemin sinueux, ponctué d’injustices, de doutes, mais surtout d’une foi tenace en son surf et en son rêve.

    Le gosse de La Réunion promis au sommet

    Maxime Huscenot est né en 1992 sur l’île de La Réunion. En 2008, à seulement 16 ans, il devient champion du monde junior ISA. Il reste encore le seul français à avoir réussi cet exploit (enfin sauf erreur de ma part). Un titre qui fait briller son nom comme celui d’un futur crack du surf français, à l’époque encore en quête de représentants dans l’élite mondiale. Son sponsor d’alors, Quiksilver, croit en lui. Sur le papier, tout semble s’aligner : talent, attitude, sourire, travail.

    Mais la vie de sportif de haut niveau réserve rarement un parcours tout tracé. Et surtout, le surf professionnel est un monde où la méritocratie ne suffit pas toujours.

    Une décision injuste qui change tout

    Alors qu’il est l’un des espoirs les plus sûrs du surf tricolore, Quiksilver prend une décision brutale : couper dans ses budgets et se séparer de Maxime. Un choix difficilement compréhensible pour un jeune surfeur prometteur, déjà reconnu pour son professionnalisme et sa gentillesse. Certains disent même que son image « trop gentille » n’a pas aidé. Une absurdité pour ceux qui le connaissent : Maxime Huscenot est simplement respectueux, toujours souriant, toujours un mot aimable pour chacun.

    Ce premier coup dur aurait pu être fatal à sa carrière. Mais Maxime est de ceux qui encaissent en silence et tracent leur route.

    Années de doute et métamorphose

    Suit une longue période de flottement. Sur le QS, Maxime enchaîne les saisons sans trouver la régularité suffisante pour atteindre le CT. Il change de planches, modifie son matériel, cherche de nouvelles sensations. Il doute, mais il bosse avec son père comme coach. Le soutien de ses parents, et surtout de son père Jean-luc est exemplaire. Il observe, apprend, progresse. Pas de grand discours, pas de drama : juste du surf, encore et toujours.

    Jusqu’à cette saison de la délivrance, où tout s’aligne enfin. Maxime se qualifie pour le CT en 2023, la première division du surf mondial. Une consécration pour lui, pour sa famille, pour le surf réunionnais et français.

    Mais voilà le cut…

    Hélas, l’histoire n’est pas finie. Ou plutôt, elle recommence. La WSL met en place le fameux cut de mi-saison. Maxime en est victime. Il doit redescendre sur le circuit des Challenger Series.

    Tout aurait pu se jouer au Portugal. Une vague qui lui va bien, à lui, l’un des meilleurs tube riders français. Dans sa série face à Gabriel Medina et Callum Robson, Maxime commence fort, trouve une bonne vague. Il tient la deuxième place. Mais à cinq minutes de la fin, Robson déniche la bombe de l’épreuve. Un tube de folie, noté 10. Mérité pour l’Australien, cruel pour Huscenot.

    Une nouvelle saison, un nouvel espoir

    2025 commence difficilement pour Maxime. Sa qualification pour les Challenger Series ne se passe pas bien. Mais à force de persévérance, il obtient sa place. Et le revoilà, toujours prêt à se battre. Sa nouvelle vidéo est un signal fort : il n’a pas fini d’écrire son histoire.

    Le surf, un sport de mérite… et d’injustice

    Le surf pro est souvent cruel. Il y a les vagues, l’océan, les juges, les sponsors, les blessures. Et parfois, la chance. Maxime Huscenot incarne cette génération de surfeurs talentueux qui n’ont pas toujours reçu ce qu’ils méritaient, mais qui n’ont jamais cessé de croire en eux.

    Il aurait pu devenir aigri. Il est resté humble. Il aurait pu cesser d’y croire. Il continue de se lever chaque matin pour s’entraîner, perfectionner son surf, viser l’élite.

    Go Maxime, encore et toujours

    Cette nouvelle saison de Challenger Series débute le 2 juin en Australie. Maxime sera présent. Pas en tête d’affiche, mais toujours prêt à créer la surprise. Le surf français a besoin de figures comme lui : humaines, accessibles, inspirantes.

    Go Maxime. Pour tous les jeunes qui rêvent encore, pour ceux qui ont connu les galères, pour ceux qui savent que le mérite finit toujours par payer.

  • Safi : le secret le mieux gardé du surf mondial

    Safi : le secret le mieux gardé du surf mondial

    Imaginez une droite parfaite, longue d’un kilomètre, creuse, puissante, capable d’offrir des barrels de 20 secondes, nichée au pied des falaises d’une ville portuaire marocaine. Cette vague existe. Elle s’appelle Safi. Et pendant des années, elle est restée secrète. Découverte dans les années 80 par un Français, Luc Soutif, cette vague mythique n’a réellement révélé son potentiel qu’une fois adoptée par un petit cercle de surfeurs passionnés.

    Luc Soutif, pionnier français et visionnaire du tube marocain

    Originaire de Pont Blondin, près de Mohammedia, Luc Soutif est un nom à connaître si l’on s’intéresse à l’histoire du surf au Maroc. Employé sur le port de Safi au début des années 80, il est l’un des premiers à repérer le potentiel de cette vague incroyable qui déroule le long d’une jetée industrielle.

    En 1982-1983, il commence à montrer des photos à ses potes, leur suggérant de faire une halte à Safi pendant leurs trips hivernaux vers Agadir. C’est Henri Elgrichi et Karam Hakim qui, les premiers, suivent son conseil. Lors d’une grosse houle en 1984, ils scorent des vagues de 2,50 m à 3 mètres. C’est le choc. Une vague tubulaire, d’une puissance inédite au Maroc. Rapidement, le bouche-à-oreille s’active dans le cercle très restreint du surf marocain.

    Le Jardin : un nom de code pour protéger le paradis

    La vague est baptisée « Le Jardin » par les premiers initiés. Louant une maison juste au-dessus du spot, ils observaient les conditions depuis le jardin de leur logement. Ce surnom devient un code pour parler du spot en public sans en révéler l’emplacement. De 1984 à 1992, une petite communauté de surfeurs fidèles s’y retrouve : Henri El Grichi, Tarik Ghraïri, Benaidy Hamza, Zino Guemmi, Eric Honegger, et quelques autres. Ils développent un certain localisme, pas agressif mais discret : « Si on n’était pas très accueillants, c’est que la vague le justifiait ».

    Un miracle géologique au pied du désert

    Safi est une anomalie. Une vague parfaite dans une ville industrielle connue pour ses sardines plus que pour son surf. Située entre Casablanca et Agadir, elle bénéficie d’une géologie exceptionnelle : un cap rocheux de 30 km au nord, des falaises abruptes et un sandbar sculpté par les alluvions du désert. Quand une grosse houle hivernale arrive, la vague se forme, roule, tube et s’étire sur près d’un kilomètre. Un slab mutant, dangereux mais magique.

    L’irruption de Ross Clarke-Jones et l’ouverture au monde

    Le secret ne pouvait pas durer. Dans les années 90, le photographe français Eric Chauché et le surfeur Laurent Miramon décident de faire appel à un « maître » pour valider le spot : ce sera Ross Clarke-Jones. L’Australien tombe amoureux du lieu, se cale des barrels de 20 secondes et nomme le point de départ extrême « RCJ’s Point ». Il ouvre une nouvelle ère. Suivront Tom Carroll, Gary Elkerton, Jeff Hakman…

    Une vague de classe mondiale, mais dangereuse

    Safi, ou Ras Lafaâ comme l’appellent les locaux, est une vague magnifique mais impitoyable. Elle déroule proche de la falaise, sur un mélange de sable et de dalles rocheuses tranchantes. Les wipe-outs peuvent être violents, les blessures sévères. Il faut un très bon niveau pour y surfer sérieusement. Le localisme y existe, mais sans violence. Il s’agit avant tout d’un respect du lieu, de ses dangers, et de ses habitués.

    Safi aujourd’hui : fierté locale et enjeu touristique

    Aujourd’hui, Safi est connue mondialement. La vague attire les surfeurs pros et les free surfeurs en quête de sensations fortes. Mais elle est aussi devenue un moteur pour la ville : surf camps, écoles, restaurants, clubs locaux… Toute une économie se développe autour de ce joyau océanique. Les locaux, longtemps spectateurs, sont aujourd’hui acteurs du développement de leur littoral.

    Safi est bien plus qu’une vague. C’est un rêve de surfeur devenu réalité, grâce à la curiosité d’un Français, au flair d’un groupe d’amis, et à la magie brute de l’Atlantique marocain.

  • Décés  de Jack McCoy, le cinéaste qui a filmé l’âme du surf

    Décés de Jack McCoy, le cinéaste qui a filmé l’âme du surf

    Un regard unique sur le surf

    Le monde du surf pleure la disparition d’un de ses piliers les plus inspirants : Jack McCoy, légendaire réalisateur de films de surf, s’est éteint après plusieurs années de problèmes de santé. Pendant plus de cinquante ans, il a façonné notre manière de voir — et de ressentir — le surf, à travers une caméra toujours en quête de beauté, d’émotion et d’authenticité.

    Né à Kailua, Hawaii, et élevé dans le giron de Gerry Lopez et des icônes du North Shore des années 60, Jack McCoy a très tôt compris que le surf n’était pas juste un sport, mais un art, une philosophie, un dialogue intime avec l’océan.

    De Hawaii à l’Australie : la naissance d’un style

    En 1970, alors qu’il accompagne ses amis surfeurs en Australie, il décide d’y rester pour éviter la guerre du Vietnam. Cette terre d’adoption deviendra son terrain d’expression principal. Sa rencontre avec Dick Hoole l’amène à co-réaliser (In Search Of) Tubular Swells (1976), un film fondateur qui annonçait déjà l’exigence esthétique de son œuvre.

    Suivront plus de 25 films marquants, dont Storm Riders, The Green Iguana, Sabotaj, Blue Horizon, et bien sûr The Occumentary, qui révélera un Mark Occhilupo vulnérable et génial, dans un récit aussi humain que spectaculaire.

    Mais c’est surtout avec le Billabong Challenge, événement qu’il a imaginé et filmé dans les coins les plus reculés d’Australie-Occidentale, qu’il imposera un modèle : des compétitions loin des foules, dans des vagues parfaites. Ce format visionnaire est à l’origine de ce qu’on appellera plus tard le Dream Tour.

    Un œil dans l’eau, un cœur à l’écran

    Jack McCoy n’était pas un simple filmeur de surf. Il était un auteur. Son obsession des plans dans l’eau, ses choix musicaux audacieux, son souci du rythme narratif l’ont démarqué de ses pairs. Là où d’autres restaient sur la plage, lui plongeait littéralement dans l’action, capturant la magie des tubes de l’intérieur.

    « Beaucoup restent immobiles pour ne pas rater un plan. Moi je bouge, sinon ce n’est pas vivant », expliquait-il un jour. Pour lui, l’essence du surf se trouvait dans le mouvement, dans l’eau, dans le ressenti.

    C’est d’ailleurs ce sens artistique qui lui vaudra l’admiration de David Bowie et Eric Idle, qu’il côtoya à Los Angeles dans les années 80. Et plus tard, une collaboration avec Paul McCartney sur des clips visuels.

    Une voix pour les surfeurs, un cœur pour l’océan

    Inducté au Surfing Walk of Fame en 2013, récemment récompensé par l’Australian Surf Industry Association, Jack n’a jamais cessé de défendre les valeurs qui lui tenaient à cœur : la liberté, l’humilité, le respect de la nature, et surtout la communauté du surf.

    À travers des anecdotes tendres, des scènes cocasses, des plans majestueux ou des confessions poignantes, il a tissé un lien fort entre les surfeurs et leur public. Il a offert au monde une vision sincère et poétique du surf.

    Un dernier tube pour Jack

    « Allez choper une bombe aujourd’hui pour le big guy », a écrit sa famille. Jack McCoy n’est plus, mais son esprit vibre dans chaque tube filmé avec passion, dans chaque plan d’eau traversé par la lumière, dans chaque VHS usée d’un grom quelque part dans le monde.

    Il a immortalisé le surf, et en retour, le surf ne l’oubliera jamais.

  • RAGE 5 : le retour fracassant du crew le plus sauvage du surf

    RAGE 5 : le retour fracassant du crew le plus sauvage du surf

    Depuis bientôt une décennie, la série de films RAGE incarne une vision alternative du surf, loin des paillettes de l’industrie. Avec RAGE 5, le crew australien revient en force, fidèle à son esprit punk et à son amour du surf brut.

    Fondée en 2017 par Creed McTaggart, Noa Deane, Beau Foster, Ellis Ericson et le réalisateur Toby Cregan, RAGE n’est pas une simple marque d’accessoires de surf. C’est un état d’esprit. Une révolte joyeuse contre la standardisation d’une industrie de plus en plus polie, marketée, digeste. Avec RAGE 5, la bande livre un film aussi puissant que sincère, entre clips de surf hallucinants et instantanés d’une amitié forgée dans le sel et l’adrénaline.

    Une épopée DIY signée Toby Cregan

    Le film, tourné sur plus de deux ans aux quatre coins du globe, a été entièrement réalisé par Toby Cregan. Fidèle à son style brut et sans concession, il mêle des séquences surf ultra puissantes à des moments plus intimes, notamment via des images d’archives inédites datant de la création de RAGE en 2016. On y découvre Creed et Noa à leurs débuts, déconne à la main et weed à la bouche, en train de se filmer mutuellement dans leur chambre.

    Au-delà du surf pur, RAGE 5 est aussi une plongée dans l’histoire du collectif : comment une blague entre potes est devenue un projet underground suivi dans le monde entier.

    Un casting de surfeurs underground, fidèle à l’ADN RAGE

    Le line-up est fidèle à ce que RAGE sait faire de mieux : réunir les surfeurs les plus créatifs, les plus stylés, mais aussi les plus indomptables du moment. On retrouve donc les piliers de la maison : Creed McTaggart, Noa Deane, Shaun Manners, Jaleesa Vincent, Wade Goodall, Beau Foster ou encore Jake Vincent.

    Mais cette fois, RAGE 5 marque aussi l’entrée de nouveaux visages tout aussi puissants : Holly Wawn, Benny Howard et Kai Hing font leur grande première dans un film RAGE, et leurs performances ne passent pas inaperçues. Holly, en particulier, impose un surf engagé et sans complexe, capté dans les vagues du Northern Rivers.

    Une dernière mission vers le désert… et la faillite

    L’un des temps forts du film est la dernière mission, partie dans le désert australien et en Tasmanie pour chasser une ultime session de rêve. Cregan avoue avoir réservé les billets d’avion sans même vérifier le compte bancaire de la marque : « On avait besoin d’une fin forte. Et on l’a eue. Mais ça a presque mis RAGE en faillite. »

    Malgré des contraintes financières et une logistique improvisée, les images valent de l’or. Shaun Manners, en quête d’un dernier clip, l’a trouvé dans l’urgence, quelques heures avant de devoir tracer 9 heures de route pour attraper un vol. C’est ça, l’esprit RAGE : un mélange d’instinct, de punk, et de talent pur.

    En tournée avant la sortie

    Avant d’être diffusé en ligne, RAGE 5 fait le tour de l’Australie en van, dans une ambiance qui rappelle les tournées de groupes de rock. Les projections se font dans des shops ou petits cinémas, toujours à l’arrache mais pleines d’énergie. Le crew envisage même des projections à Bali, aux États-Unis et en France, puisque la semaine dernière avait lieu une avant-première à Hossegor

    Conclusion

    Avec RAGE 5, le collectif prouve une nouvelle fois qu’il est l’un des derniers bastions du surf libre et sans compromis. À l’heure des algorithmes et du surf aseptisé, ces “cafards” de l’industrie nous rappellent que la vraie rage vient du cœur.

  • Décès de Timo Jarvinen, un regard venu du froid qui a marqué le surf mondial

    Décès de Timo Jarvinen, un regard venu du froid qui a marqué le surf mondial

    Le monde du surf vient de perdre l’un de ses témoins les plus sensibles et les plus talentueux. Timo Jarvinen, photographe de légende originaire d’Helsinki, s’est éteint à l’âge de 60 ans. Si son nom ne résonne pas auprès du grand public comme celui des surfeurs qu’il a immortalisés, il est une véritable icône pour toute une génération de photographes et d’athlètes. Retour sur la trajectoire exceptionnelle d’un homme dont l’appareil photo a su capter la beauté brute de l’océan et l’intensité de l’instant.

    Le surf comme appel intérieur

    Né en Finlande, pays sans vagues ni culture surf établie, Timo Jarvinen n’était pas destiné à devenir l’un des plus grands photographes de surf au monde. Pourtant, dès son adolescence, son regard s’affûte derrière l’objectif. Il quitte l’école à 16 ans, apprend les bases de la photographie en travaillant dans une imprimerie, puis commence à documenter des voyages snowboard. C’est le début d’un parcours guidé par la passion, la curiosité, et un sens inné de la lumière.

    Son premier appareil, un vieux Nikon F offert par son grand-père, devient son passeport vers les montagnes, les vagues, et les rencontres décisives.

    L’œil de Quiksilver et de Kelly Slater

    Installé un temps à Hossegor, il devient photographe attitré de Quiksilver et travaille avec les plus grands noms du surf mondial. Parmi eux, Kelly Slater, avec qui il tisse une relation professionnelle forte. Lors du sacre de Slater pour son 10e titre mondial à Porto Rico, Timo capture un cliché iconique : le roi du surf brandissant dix doigts pour célébrer la décennie de règne.

    Mais au-delà des stars, Timo s’attache à photographier les vagues elles-mêmes, parfois vides, parfois désertes. Il disait vouloir « montrer ce que les gens rêveraient de vivre », préférant les images positives à la misère ou à la souffrance. C’était sa manière de sublimer le réel, avec poésie, mais sans artifice.

    Une esthétique de la lumière et du mouvement

    Maître du flash aquatique, Timo Jarvinen révolutionne la manière de photographier dans l’eau. Avec son boîtier Nikon et ses caissons sur mesure, il parvient à figer l’instant avec une netteté et une intensité rares. Ses images de John John Florence à Tahiti ou de Clay Marzo dans les Outer Atolls sont devenues cultes. Il disait être inspiré par la lumière, l’eau, les reflets, les nuances.

    Sa photographie est un mélange de rigueur technique et de pure sensibilité. Une esthétique construite sur la patience, le respect de la nature, et le goût du risque – comme ce matin glacial à La Gravière, seul dans l’eau pour capturer la perfection éphémère d’une vague sans surfeur.

    Une disparition discrète, un héritage immense

    Ces dernières années, Timo Jarvinen s’était fait plus discret. Il partageait encore quelques projets, notamment dans le monde du ski avec Candide Thovex, autre figure de la glisse à l’approche artistique. Mais il restait avant tout fidèle à sa vision : ne jamais se cantonner à un style, ne jamais enfermer son regard.

    Avec sa disparition, c’est une part précieuse de la mémoire visuelle du surf moderne qui s’éteint. Mais son œuvre, elle, reste. Elle continue d’inspirer photographes et surfeurs du monde entier à voir au-delà de l’action, à capter l’âme du moment.

  • La vague d’une vie : Eimeo Czermak enflamme Teahupo’o

    La vague d’une vie : Eimeo Czermak enflamme Teahupo’o

    Un nom à retenir : Eimeo Czermak

    Eimeo Czermak n’en est pas à son premier coup d’éclat, mais cette fois, le surfeur tahitien de 21 ans a mis tout le monde d’accord. Le 7 mai 2025, à Teahupo’o, il a réussi l’impensable : surfer à la rame l’une des plus grosses vagues jamais prises sans assistance sur cette vague mythique. Une performance saluée unanimement par les médias spécialisés, qui parlent déjà de moment historique dans l’histoire du surf.

    Un swell classé « Epic » par Surfline

    Ce jour-là, Teahupo’o accueillait le premier très gros swell de la saison. Selon Kevin Wallis, chef prévisionniste chez Surfline, il ne s’agissait pas d’une tempête d’une violence extrême, mais plutôt d’un système parfaitement placé. Son déplacement quasi-direct vers Tahiti et sa proximité (1000 à 1500 miles) ont permis des conditions idéales : du gros surf, sans le vent ni le mauvais temps qui l’accompagnent souvent. Résultat : la journée a reçu le très rare label “Epic” de Surfline — une distinction qui ne tombe que quelques fois par an. Mais ce n’est pas tout : la période de la houle, entre 15 et 16 secondes, a rendu ces montagnes d’eau (à la limite du surf tracté) accessibles — ou presque — aux rameurs. Et c’est là qu’Eimeo Czermak a saisi sa chance.

    Une vague à la rame qui marque l’histoire

    À 4:13 de la vidéo publiée par *Surfer Magazine*, on découvre Eimeo glissant dans un tube massif, techniquement très compliqué, avec un placement chirurgical. Pas de jet ski. Juste ses bras, son mental et un timing parfait. Tikanui Smith, légende locale et témoin de la scène depuis le channel, n’a pas mâché ses mots : “Peut-être l’une des meilleures vagues jamais prises à la rame à Teahupoo.” Un compliment énorme quand on connaît l’historique du spot, où des monstres comme Laird Hamilton ou Nathan Fletcher ont écrit des pages majeures de l’histoire du surf tracté. Mais ici, il ne s’agit pas de tow-in. Il s’agit d’un surfeur local qui a lu parfaitement la vague et qui s’est engagé dans ce que beaucoup décrivent comme le ride de l’année.

    De Pipeline à la gloire mondiale

    Ce n’est pas la première fois qu’Eimeo Czermak fait parler de lui. En 2021, il s’était blessé sérieusement à Pipeline, à Hawaii. Une chute qui aurait pu freiner sa progression, mais qui semble aujourd’hui loin derrière lui. Depuis, le Tahitien n’a cessé de gagner en puissance, en technique et en maturité. Cette vague du 7 mai 2025 pourrait bien changer sa trajectoire : non seulement elle l’inscrit déjà dans le panthéon de Teahupo’o, mais elle le propulse aussi dans une nouvelle dimension médiatique.

    Et maintenant ?

    Le buzz autour de cette session est loin d’être retombé. Des médias américains comme *Surfer*, *Stab* ou encore *Surfline* y consacrent des articles élogieux. Les réseaux sociaux s’enflamment. Certains comparent même cette vague à celle de Laird Hamilton en 2000, surnommée “Millennium Wave”. D’autres estiment qu’on parlera encore de ce ride dans 25 ans. Eimeo, lui, reste humble. Mais cette vague, c’est un marqueur. Un tournant. Et surtout, une promesse : celle que la nouvelle génération tahitienne a de l’avenir, et qu’il faudra désormais compter sur Czermak quand on parlera des plus gros barrels de la planète.

    Une leçon de courage et de lecture de vague

    Au-delà du buzz, cette session rappelle que le surf à Teahupo’o, même après les Jeux Olympiques de Paris 2024, reste un défi extrême. Et que dans ce théâtre naturel, les locaux comme Eimeo Czermak continuent d’écrire l’histoire — non pas avec des artifices, mais avec du courage, de la technique et une connexion unique à la vague.
  • Adieu à Clyde Aikau, gardien de l’héritage d’Eddie et icône du surf

    Adieu à Clyde Aikau, gardien de l’héritage d’Eddie et icône du surf

    Le monde du surf est en deuil. Clyde Aikau, légende hawaïenne des grosses vagues et dernier représentant direct de l’esprit Aikau, est décédé paisiblement le samedi 3 mai 2025 à son domicile de Waimanalo, à l’âge de 75 ans. Il laisse derrière lui une empreinte immense dans la culture surf et l’histoire d’Hawaï.

    Le plus jeune d’une fratrie légendaire

    Né le 24 octobre 1949 à Kahului, sur l’île de Maui, Clyde Aikau était le plus jeune des six enfants de Solomon “Pops” Aikau et d’Henrietta Aikau. En 1959, la famille s’installe à Oahu, au cœur du North Shore, théâtre des plus célèbres vagues du monde. Avec son frère aîné Eddie, Clyde découvre très tôt les joies – et les dangers – de l’océan.

    Tous deux deviennent lifeguards à Waimea Bay, alors que le surf de grosses vagues est en pleine explosion. Ils ne se contentent pas d’assurer la sécurité des baigneurs : ils incarnent l’excellence et la bravoure des watermen hawaïens, ces hommes et femmes capables de lire l’océan comme une langue maternelle.

    La disparition d’Eddie, le tournant d’une vie

    Le nom des Aikau est indissociable du drame de 1978. Cette année-là, Eddie embarque sur la Hōkūleʻa, une pirogue double inspirée des anciennes embarcations polynésiennes, pour retracer les routes ancestrales de navigation. Lorsque le bateau chavire, Eddie tente de rejoindre la terre à la nage pour chercher du secours. Il n’est jamais revenu.

    Pour Clyde, ce fut un bouleversement. Mais au lieu de se replier, il décide de faire vivre la mémoire de son frère. En 1986, il remporte la première édition du Eddie Aikau Big Wave Invitational à Waimea Bay, un événement devenu mythique. Pendant trois décennies, il veille à chaque édition avec un engagement sans faille, allant jusqu’à y participer lui-même jusqu’en 2016, à l’âge de 66 ans.

    Un homme de la communauté

    Au-delà de ses exploits dans les vagues, Clyde Aikau était profondément engagé auprès de la communauté hawaïenne. Il a dirigé un service de Waikiki Beachboys, ces ambassadeurs du surf qui perpétuent les traditions locales tout en accueillant les visiteurs.

    Il s’est aussi investi dans le système éducatif, notamment comme lien entre le Département de l’Éducation et les familles sans-abri. Il veillait à ce que chaque enfant ait accès aux fournitures scolaires, au transport et, surtout, à l’éducation. Un combat discret mais fondamental, dans l’esprit de solidarité qui caractérisait toute sa vie.

    Slack key, famille et aloha spirit

    Clyde n’était pas seulement un athlète et un militant. Il était aussi un homme de musique et de partage. Avec Eddie, il avait pour habitude de jouer de la guitare en slack key, un style traditionnel hawaïen, lors de sessions improvisées avec des amis et des membres de la famille.

    Il incarnait parfaitement ce que les Hawaïens appellent l’Aloha Spirit : une manière d’être au monde faite de respect, de générosité, d’écoute et d’amour pour la nature et les autres. Jusqu’à ses derniers jours, malgré ses problèmes cardiaques et un combat contre le cancer du pancréas, Clyde a continué de porter cette énergie bienveillante qui faisait de lui une figure aimée et respectée.

    Un héritage inoubliable

    Le décès de Clyde Aikau marque la fin d’une époque. Il était le dernier témoin direct de cette génération de pionniers qui ont élevé le surf de grosses vagues au rang d’art de vivre et de culture. Il était aussi le gardien du nom Aikau, un nom désormais gravé dans l’histoire du surf mondial.

    Son fils Haʻa lui a rendu hommage sur Instagram avec ces mots simples et touchants :

    « Je vais te manquer papa. Je sais que tu t’amuses dans ta nouvelle aventure comme tu le disais. Je te promets de te représenter. À bientôt. »

    Les hommages se multiplient à travers le monde. Du North Shore à la Californie, de Tahiti à l’Australie, tous les surfeurs, jeunes ou vieux, savent ce qu’ils doivent à Clyde Aikau. Il a inspiré des générations de riders à honorer la mer, à protéger leur communauté, à se souvenir de ceux qui ont pavé la voie.

    Merci Clyde

    Waimea Bay ne sera plus jamais la même sans lui. Mais chaque houle d’hiver, chaque ride au pied des falaises, chaque rameur solitaire en quête de vagues, portera encore un peu de son héritage. Clyde Aikau ne disparaît pas : il rejoint l’histoire des grands, au large, là où les vagues ne cessent jamais.

  • Charly Quivront en apesanteur au Wave Garden Lab : le surf du futur en action

    Charly Quivront en apesanteur au Wave Garden Lab : le surf du futur en action

    Quand Charly Quivront envoie du lourd, on sait que ça va voler haut. Après avoir déchiré les vagues légendaires du North Shore à Hawaï, le revoilà plus proche de chez nous, dans un spot aussi exclusif que futuriste : le Wave Garden Lab. Direction le Pays basque espagnol, à seulement 1h30 d’Anglet, pour une session pas comme les autres… dans une piscine à vagues secrète et réservée aux invités.

    Le Wave Garden Lab : là où naissent les vagues du futur

    Perdu au milieu de nulle part, ce laboratoire des vagues est le terrain d’expérimentation de Wave Garden, les maîtres incontestés de la vague artificielle. Ici, pas de files d’attente ni de séries capricieuses : chaque vague est programmée, sculptée à la perfection. Barrel, grosse manœuvre ou section à air XXL, tout est sous contrôle.

    Et même si cette piscine est plus petite que ses grandes sœurs commercialisées, elle reste un terrain de jeu ultime pour les pros. C’est ici que les futures innovations prennent forme avant de conquérir le monde du surf artificiel.

    Charly Quivront, le roi des airs

    Dans ce nouveau clip, Charly transforme ce bassin high-tech en véritable rampe de lancement. Sous un ciel bleu éclatant et sur une eau cristalline, le Français enchaîne les aerials millimétrés, repoussant les limites de la gravité avec une facilité déconcertante.

    Pas besoin de scruter les prévisions ou d’attendre le bon swell : ici, chaque take off est une promesse d’envol. Et Charly le prouve avec un style fluide, précis, et surtout ultra propre. On le sent dans son élément, comme un gamin dans un skatepark infini, répétant ses tricks avec la régularité d’une horloge suisse… version aquatique.

    Le spot rêvé pour le training

    Si tu te demandes où les pros peaufinent leurs figures les plus folles, ne cherche plus. Ce clip confirme que le Wave Garden Lab est le meilleur spot pour travailler ses airs. Avec une vague parfaitement maîtrisée et des sections taillées sur-mesure, c’est le paradis pour tout surfeur en quête de performance et de fun.

    Mais attention, ce petit bijou n’est pas ouvert au public. On y entre sur invitation seulement, ce qui en fait un lieu presque mythique, réservé à l’élite et aux privilégiés du surf moderne.

    Le surf du futur, c’est maintenant

    Cette session dominicale filmée avec passion nous rappelle à quel point le surf évolue. Entre traditions océaniques et nouvelles technologies, des spots comme le Wave Garden Lab ouvrent des horizons infinis. Pour des surfeurs comme Charly Quivront, c’est l’occasion de repousser encore plus loin les frontières de la créativité et de la performance.

    Alors, prêt à découvrir ce que donne une journée sans vent, sans courant, mais avec des vagues parfaites à volonté ? File voir le clip et laisse-toi embarquer dans ce surf du futur, où chaque vague est une œuvre d’art… et chaque manœuvre, un spectacle.

  • Le Japon, cet eldorado du surf que personne ne regarde

    Le Japon, cet eldorado du surf que personne ne regarde

    Le Japon évoque souvent les cerisiers en fleurs, les ramen fumants ou les stations de ski recouvertes de poudreuse. Mais rares sont ceux qui pensent à ce pays comme une destination de surf de classe mondiale. Et pourtant… À la croisée de l’océan Pacifique et de la mer du Japon, ce territoire insulaire cache des joyaux de vagues, sculptés par les typhons et le hasard du sable.

    Si la plupart des vidéos de surf venues du Japon montrent des sessions tranquilles de longboard dans des petites vagues cristallines, quelques images, plus rares, viennent secouer ce cliché. C’est précisément ce que j’ai vécu en 2011, et ce que cette nouvelle vidéo spectaculaire vient de confirmer : le Japon peut livrer des tubes d’anthologie.

    Flashback : le choc de 2011

    Octobre 2011. Tandis que le monde du surf avait les yeux rivés sur Teahupo’o ou sur un million de dollars distribués à New York, un petit groupe de surfeurs a discrètement mis le cap sur l’Extrême-Orient. Dane Reynolds, Kolohe Andino, Yadin Nicol et Conner Coffin embarquent dans un trip improvisé au Japon, qui deviendra l’un des plus marquants de leur carrière.

    Le typhon les gâte. Des bancs de sable en feu, des barriques parfaites, une culture à découvrir, et surtout cette sensation rare : être en mission, entre potes, à la poursuite de vagues aussi improbables qu’incroyables. John John Florence les rejoindra pour un deuxième round encore plus fou. Le genre de session que même Dane Reynolds, pourtant habitué à scorer, n’oubliera jamais.

    “Le meilleur Japon depuis 40 ans”, titraient les magazines à l’époque. Une sorte d’alignement cosmique. Mais depuis ? Peu d’images, peu de récits. Comme si cette aventure relevait du mythe.

    2024 : nouvelle expédition, nouveau choc visuel

    C’est donc avec des étoiles plein les yeux que j’ai découvert récemment la vidéo « SURF. NEIGE. JAPON. » sur YouTube. Trois surfeurs, dont l’infatigable Keito Matsuoka, Wade Carroll et Tosh Tudor, embarquent pour une odyssée aussi givrée qu’inspirante : surfer les deux côtes du Japon, puis rider la poudreuse en 72h.

    La vidéo débute doucement, avec des plans de 7/11 et de sushi triangle. Mais dès que les premières vagues du Pacifique s’enroulent, le ton change. L’eau est verte, profonde, les tubes crachent. Keito enchaîne les barriques comme dans un rêve. Et ce n’est que le début.

    À peine la session terminée, l’équipe saute dans la voiture pour huit heures de route vers la mer du Japon. Une zone difficile à scorer, où les houles sont capricieuses. Et pourtant, le lendemain, c’est une nouvelle claque visuelle : un spot vierge, des vagues épaisses de 6 pieds, personne à l’eau.

    Ils sont lessivés, mais exaltés. Comme en transe. Et on comprend pourquoi : le cadre est magique, la côte brute, l’eau d’un bleu glacial. Chaque vague devient une victoire. Keito, encore lui, surfe comme si sa vie en dépendait. Le genre de sessions qui marquent une vie.

    Un pays de contrastes, de passion et d’extrêmes

    Ce que montrent ces vidéos, au-delà des tubes parfaits, c’est la richesse du Japon comme terre de glisse. Ce n’est pas Hawaï, ce n’est pas Bali. C’est autre chose. Une culture du détail, de l’humilité et de l’endurance. On enchaîne les vagues, les kilomètres, les repas express au kombini, les capsules hôtels, et on repart. Toujours plus loin. Toujours avec respect.

    Keito Matsuoka incarne cet esprit. Il connaît ses spots comme personne, et n’hésite pas à dire : « La mer du Japon, c’est spécial. » Il ne bluffe pas. Et quand il dit qu’il a déjà fait ça dix jours d’affilée, surf et snow combinés, on le croit.

    Pourquoi ne voit-on pas plus d’images comme celles-là ?

    C’est sans doute la question qui trotte dans toutes les têtes à la fin de cette vidéo. Pourquoi n’entend-on pas plus parler du Japon comme destination de surf ? Pourquoi si peu de clips de shortboarders scorant des barriques à la japonaise ?

    Peut-être parce que ces vagues sont rares, capricieuses, et difficiles d’accès. Peut-être aussi parce que les Japonais ont une culture du secret, du respect des lieux. Pas de surexposition. Pas de tapage. Et quand les étrangers sont invités, c’est souvent avec une grande humilité.

    Mais c’est aussi pour cela que ces images marquent autant. Elles ne sont pas communes. Elles sont précieuses.

    Le Japon, nouvelle frontière du surf d’exploration ?

    Alors que le surf devient un produit mondialisé, prévisible, parfois ennuyant dans sa répétition, le Japon offre une alternative. Une aventure complète, où chaque session se mérite, chaque spot est un trésor caché, chaque virage de route un potentiel line-up vierge.

    C’est ce que ces deux récits – celui de 2011 et celui de 2024 – nous rappellent : le Japon n’est pas seulement un pays de culture, c’est aussi un terrain de jeu radical pour les amoureux de glisse. Et ce n’est pas un hasard si ces deux trips ont laissé une empreinte si forte.

    Une dernière vague pour la route

    Le Japon n’est peut-être pas la première destination à laquelle on pense quand on parle de surf de classe mondiale. Et pourtant, ceux qui y sont allés, qui ont goûté à la magie d’une houle typhon dans un décor de temples et de montagnes enneigées, savent. Ils savent que ces vagues, aussi rares soient-elles, laissent une empreinte bien plus durable que bien des sessions dans les destinations “classiques”.

    Entre les lines parfaites de Keito dans l’eau glacée de la mer du Japon, les tubes fumants de 2011 avec Dane et John John, et cette alchimie unique entre surf, culture et aventure, le Japon s’impose comme un joyau caché du monde de la glisse. Et il est peut-être temps qu’on lui rende la place qu’il mérite dans nos rêves de surfeurs.

    Alors la prochaine fois que tu regarderas une carte météo du Pacifique, jette un œil vers l’archipel nippon. On ne sait jamais. Le Japon pourrait bien te surprendre.

  • Vincent Duvignac face à l’épreuve : le surf, la chute et la force intérieure

    Vincent Duvignac face à l’épreuve : le surf, la chute et la force intérieure

    Le 14 janvier dernier, une vague sauvage a mis sur pause la vie de l’un des plus grands noms du surf français. Vincent Duvignac, 39 ans, s’est fracturé les cervicales lors d’une session glaciale dans les Landes, sur un spot qu’il connaît pourtant comme sa poche. Voici un résumé en vidéo des nombreux tubes que le surfeur a pu prendre avant l’accident.

    Ce matin-là, les conditions étaient brumeuses, l’air piquant avec un -4°C au compteur, mais les bancs de sable s’annonçaient prometteurs. Avec deux amis et un caméraman, “Duvi” entre à l’eau vers 9h, alors que la houle se révèle peu à peu. À 10h45, au moment où il envisage de sortir pour faire une pause, une ultime vague — née de la fusion de deux séries — change le cours de sa vie. Il part en travers dans un tube impressionnant… et tout bascule.

    Une seconde, un impact, un combat

    Le choc est violent. La tête tape, le corps est secoué. Ce n’est pas la première fois : « Il y a un an jour pour jour, je m’étais déjà cogné la tête très fort. Je pense que ça a préparé mon corps à encaisser. Cette fois, j’ai évité le pire. »

    Douze semaines plus tard, Vincent partage ses pensées sur les réseaux sociaux. Il parle d’ »aventure », de gratitude envers sa compagne, sa famille, ses amis, le personnel médical, et ses sponsors. Avec humilité, il confie : « Solo on est pas grand-chose dans ces moments. »

    Lui qui a l’habitude d’enchaîner les tubes et les take-offs se retrouve corseté du sternum à la tête. Immobile, mais vivant. Et c’est déjà une victoire.

    Un champion confronté à un nouveau défi

    Vincent Duvignac n’est pas un surfeur comme les autres. Triple champion de France, champion du monde ISA 2017 avec l’équipe de France, et véritable icône du free surf landais, il incarne le surf engagé, stylé, profondément enraciné dans son territoire. Aujourd’hui, il doit réapprendre à écouter son corps, à ralentir. Il évoque la rééducation prochaine d’ »une zone sensible », les nuits hachées, les siestes réparatrices.

    Surtout, il prend la mesure de ce qui s’est joué ce matin d’hiver. « Il y aura un avant et un après. Je ne retrouverai jamais totalement les fonctions mécaniques de ma nuque. Mais je vais m’adapter. »

    L’espoir en ligne de mire

    Son objectif ? Revenir à l’eau en 2025. Avec sagesse, il garde cet horizon en ligne de mire, sans précipitation. La passion est intacte, mais désormais canalisée par la prudence. « Je savoure la chance d’être encore là », dit-il, lucide.

    Loin des projecteurs, le Landais vit une parenthèse imposée, mais révélatrice. Un moment suspendu où tout ralentit, où l’essentiel reprend sa place. Où l’homme, au-delà du surfeur, apprend à accueillir la fragilité.

    Une inspiration pour toute la communauté surf

    À travers cette épreuve, Duvi continue de tracer sa ligne, avec courage et authenticité. Il inspire non pas par ses carves ou ses barrels, mais par sa manière de faire face à l’adversité. Et même hors de l’eau, il reste un phare pour toute une génération de surfeurs.

  • Léo-Paul Etienne : à l’endroit parfait au moment parfait aux Mentawai

    Léo-Paul Etienne : à l’endroit parfait au moment parfait aux Mentawai

    Un talent pur sous les tropiques

    Dans sa dernière vidéo intitulée Right Place, Right Time, Léo-Paul Etienne nous offre un pur moment de surf aux Mentawai. Alors qu’il n’attendait rien d’exceptionnel en arrivant à Hollow Trees, ce spot mythique aussi connu sous le nom de Lance’s Right, le Français a vécu l’un de ces rares instants où tout s’aligne à la perfection.

    La météo annonçait une houle moyenne. Pourtant, deux dépressions successives ont transformé la droite de Lance’s en véritable terrain de jeu, avec des vagues parfaites et tubulaires. Résultat : huit heures de surf par jour et des barrels à n’en plus finir. Une démonstration qui rappelle que parfois, la magie ne se lit pas sur les cartes météo.

    Un palmarès prometteur

    À 15 ans, Léo-Paul Étienne avait marqué l’histoire du surf français en remportant les Vissla ISA World Juniors Championships à Salinas, devenant ainsi le quatrième Français à décrocher un titre mondial junior. Il rejoignait alors des noms prestigieux comme Vetea David, Pauline Ado et Cannelle Bulard. Cette victoire, acquise contre toute attente, révélait déjà son incroyable potentiel.

    Depuis, le parcours de Léo-Paul a connu des hauts et des bas. Malgré une victoire sur le WQS de Lacanau en 2023, il peine encore à transformer l’essai sur la scène internationale. Pourtant, son style puissant, sa lecture des vagues et surtout son talent dans les tubes, comme le montre cette vidéo, prouvent qu’il n’a rien perdu de son feu sacré.

    Un avenir encore à écrire

    Right Place, Right Time n’est pas seulement un titre : c’est le résumé d’un trip réussi et la preuve que Léo-Paul Étienne a toujours sa place parmi les meilleurs tube riders français. Espérons que cette session magique lui ouvre la voie vers de nouvelles opportunités et marque un tournant dans sa carrière.


  • Greg Browning, lumière du surf et du cinéma, s’est éteint

    Greg Browning, lumière du surf et du cinéma, s’est éteint

    Greg Browning, surfeur légendaire et cinéaste de talent, s’est éteint à l’âge de 52 ans après un combat courageux contre la maladie de Charcot (ALS). Son départ laisse la communauté surf orpheline d’une figure lumineuse, généreuse et profondément aimée.

    Une icône de la Momentum Generation

    Originaire de South Bay, région mythique du surf à Los Angeles, Greg Browning découvre sa passion à Hermosa Beach en 1986. Très vite, son style fluide, son charisme naturel et son sourire éternel le propulsent parmi les figures de proue de la fameuse Momentum Generation.

    Aux côtés de légendes telles que Kelly Slater, Shane Dorian, Taylor Knox et Rob Machado, Greg a marqué les années 90 par sa simplicité et son authenticité. Il n’était pas seulement un excellent surfeur, mais un véritable rayon de soleil, toujours prêt à élever les autres autour de lui.

    Du surf au cinéma : un talent derrière et devant la caméra

    Après une carrière solide de surfeur professionnel, Greg Browning poursuit son chemin dans le cinéma de surf, révélant un autre de ses talents. Collaborateur proche du réalisateur Taylor Steele, il participe à la création de nombreux films emblématiques qui définissent toute une génération.

    Avec la série culte Drive Thru, Greg capture l’essence même de l’aventure surf : l’amitié, les voyages et l’amour de l’océan. À travers des images pleines d’humour et d’authenticité, il offre au public des tranches de vie uniques aux côtés de Donavon Frankenreiter, Kalani Robb ou encore Benji Weatherley.

    Coach et mentor : un modèle pour la nouvelle génération

    Si filmer mettait du pain sur la table, Greg n’a jamais abandonné son amour pour le surf de haut niveau. Il s’est impliqué en tant que coach et mentor auprès de nombreux talents, dont les championnes olympiques Carissa Moore et Tatiana Weston-Webb.

    Son approche bienveillante, sa capacité à motiver et inspirer sans jamais écraser, font de lui un guide précieux pour toute une nouvelle génération de surfeurs et surfeuses.

    Un combat contre la maladie porté par l’amour des siens

    Diagnostiqué de la maladie de Charcot en août 2023, Greg affronte cette terrible nouvelle avec un courage impressionnant. Comme l’a souligné son ami de toujours Taylor Steele :

    « Même face à l’adversité, il est resté gentil, curieux, offrant rires et perspectives à ceux qui l’entouraient. »

    Plutôt que de se refermer sur lui-même, Greg a continué à se battre pour donner du bonheur autour de lui. Sa famille, ses amis et tous ceux qui l’ont côtoyé ont pu ressentir cette force incroyable, ce désir profond de partager encore un peu plus de lumière malgré la douleur.

    Taylor Knox, surfeur et ami de plus de 30 ans, a exprimé toute son admiration :

    « Greg vivait avec une bonté silencieuse et un courage qui nous laissent tous en admiration. Il restera à jamais une source d’inspiration. »

    Un départ empli de dignité et d’amour

    Conscient de l’issue inéluctable de sa maladie, Greg Browning a choisi d’affronter ses derniers jours à sa manière : avec dignité, amour et bienveillance. La semaine avant son départ, entouré de ses proches, il leur a donné l’occasion de lui dire adieu et de lui témoigner leur immense amour.

    Même dans ses derniers instants, Greg pensait aux autres avant lui-même, fidèle à l’homme qu’il a toujours été : généreux, tourné vers les autres, profondément humain.

    L’héritage de Greg Browning, une source d’inspiration éternelle

    Greg Browning laisse derrière lui bien plus que des films et des souvenirs de surf épiques. Il laisse un modèle de vie, un exemple rare de gentillesse, de passion et de résilience. À travers chaque vague surfée, chaque plan filmé et chaque sourire partagé, il nous montre comment vivre pleinement, sans jamais perdre de vue l’essentiel.

    Aujourd’hui, son influence dépasse largement le monde du surf. Il inspire chacun d’entre nous à être plus attentionné, plus joyeux, plus vivant.

    Greg, merci pour ta lumière. Tu continueras de surfer dans nos cœurs, à chaque houle, à chaque coucher de soleil sur l’océan.

  • Torren Martyn et Simon Jones : la naissance de la Calypte

    Torren Martyn et Simon Jones : la naissance de la Calypte

    En 2025, Torren Martyn et le shaper Simon Jones ont surpris le monde du surf avec leur dernier projet : la Calypte. Cette planche atypique est née d’une collaboration passionnée, relatée dans le film The Ugly Duckling, désormais accessible au grand public.

    Un projet né au cœur de l’Indonésie

    Tout commence lors d’un périple en voilier autour de l’Indonésie à bord du Calypte, le bateau de Torren et Aiyana. Parmi leurs compagnons de voyage figure Kelly Foote, qui s’émerveille devant une planche étrange dans le quiver de Torren — une création bien différente de leurs modèles habituels. Ce prototype, surnommé « the ugly duckling » (le vilain petit canard), est le point de départ d’une véritable révolution dans leur approche du shape.

    De l’expérimentation à la perfection

    Tout au long de l’année de navigation, Torren fournit ses impressions à Simon, qui affine le design initial pour aboutir à une planche plus performante, mais toujours singulière. L’inspiration ? Un twin fin compact et nerveux façonné par Trevor Gordon, aperçu en action à Rincon.

    Un surf plus vertical et explosif

    Si Torren est souvent associé à de longues courbes fluides sur des mid-lengths élégants, cette fois, il révèle une facette plus explosive de son surf. Avec la Calypte, il raccourcit ses trajectoires, attaque les sections verticales et balance des gerbes spectaculaires sur les vagues parfaites d’Indonésie.

    Dans The Ugly Duckling et Calypte, Torren Martyn prouve qu’il est tout aussi capable de style radical que de glisse harmonieuse. Une nouvelle preuve de sa polyvalence, à savourer absolument pour rêver de barrels infinis et de laybacks stylés.

    Où se procurer la Calypte ?

    Pour ceux qui voudraient s’offrir une Calypte aux États-Unis, direction SurfBored pour commander les modèles de Simon Jones.

  • Chapter 11 TV débarque sur la North Shore avec « Shit Waves Hawaii »

    Chapter 11 TV débarque sur la North Shore avec « Shit Waves Hawaii »

    Depuis ses premières vidéos, Chapter 11 TV, le projet créatif emmené par Dane Reynolds, a imposé son style : filmer sans fard, assumer les chutes, capturer la foule parfois étouffante… avant de balancer des clips de surf brut et puissant. Après avoir fait vibrer Ventura, l’équipe s’attaque aujourd’hui à la North Shore hawaïenne avec « Shit Waves Hawaii ».

    Une recette qui marche… même à Hawaï

    La vidéo, bien que tournée il y a quelques saisons, délivre une ambiance toujours fraîche. Entre wipeouts spectaculaires et sections fracassées, Chapter 11 conserve son ton décomplexé. Mention spéciale pour le passage tourné à Rocky Point, rythmé par le classique reggae « Bad Boys » d’Inner Circle, où l’ambiance est aussi décontractée que les aerials sont explosifs.

    Un casting mélangeant freesurfeurs, locaux et stars mondiales

    Là où Chapter 11 reste souvent ancré à Ventura, « Shit Waves Hawaii » ouvre grand les portes :

    • Griffin Colapinto, régulièrement en tête des compétitions mondiales,
    • Noa Deane et Mikey Wright, icônes du freesurf moderne,
    • Rolo Montes, Holly Wawn, Alan Cleland Jr.,
    • Sans oublier les locaux emblématiques Mason Ho et Ivan Florence.

    Sur la North Shore, tout le monde finit par partager les mêmes pics : champions du monde, chasseurs de clips, kids locaux en pleine ascension. « Shit Waves Hawaii » capte cette véritable fusion des styles et des générations.

    Pourquoi on aime ?

    J’aime les vidéos Chapter 11 pour deux raisons : elles sont simples, pas de fioriture, c’est du brut de décoffrage. On retrouve un peu l’ambiance des vieilles vidéos. Mais, surtout, les vidéos sont bien filmées avec une bonne musique. Je dirais même que c’est un rendez-vous que je ne manque jamais. Dés qu’un vidéo de Chapter 11 Tv sort, vous pouvez être sûr, que je la visionnerai.

    Dane Reynolds n’est plus surfeur pro depuis des années, mais il reste une source de motivation pour de nombreux surfeurs en dehors du star system….

  • 20-Second Tubes : l’épopée sauvage de Maps to Nowhere en Afrique

    20-Second Tubes : l’épopée sauvage de Maps to Nowhere en Afrique

    Le projet Maps to Nowhere, imaginé par Surfline et O’Neill, frappe fort pour sa troisième saison. Soli Bailey, Ian Crane, Brett Barley et Sarah Baum sont partis loin de toute civilisation pour découvrir un nouveau spot de rêve, quelque part sur la côte africaine. Leur quête : trouver des tubes parfaits, loin de la foule, dans un décor quasi lunaire.

    Un voyage vers l’inconnu

    Accompagnés du photographe Alan van Gysen, grand connaisseur des déserts et points secrets africains, le groupe s’est enfoncé dans une région reculée. La route fut longue : trois vols, des heures de piste, et enfin un campement planté en plein désert. Ici, pas de réseau, pas de confort moderne. Juste le sable, le vent, l’océan… et l’espoir de découvrir des vagues parfaites.

    Les premiers jours : entre doutes et frustration

    Malgré une houle prometteuse, les conditions n’étaient pas au rendez-vous : vents onshores puissants et bancs de sable capricieux. L’équipe a envisagé la possibilité de repartir bredouille, après tant d’efforts et d’espoir.

    « C’était la déprime totale, » raconte Soli Bailey. « On a failli croire que ce trip allait être un échec. »

    Le troisième jour : la révélation

    Puis, soudainement, tout a changé. Le vent a tourné offshore, la houle a pris forme, et le spot s’est révélé sous son meilleur jour : un pointbreak de sable déroulant des vagues parfaites, longues, creuses et puissantes. Les surfeurs, seuls à l’eau, ont enchaîné les tubes sans fin.

    « Premier take-off, premier tube de 20 secondes, » raconte Ian Crane, encore ébahi. « C’était vidéo-game mode. Iréel. »

    Soli Bailey, lui, a multiplié les tubes sur une même vague, disparaissant littéralement à l’intérieur du mur d’eau pendant près de 15 secondes.

    Une journée inoubliable

    Au total, ils ont surfé pendant près de six heures, jusqu’à épuisement complet. Bras vidés, planches cassées, batteries à plat, mais surtout des souvenirs gravés à jamais.

    « C’est pour ça qu’on surfe, » explique Sarah Baum. « Pour ces instants uniques, partagés entre amis, loin de tout. »

    L’esprit Maps to Nowhere

    Cette mission résume parfaitement la philosophie de Maps to Nowhere : sortir des sentiers battus, explorer, prendre des risques, et parfois être récompensé par des sessions mythiques. Dans un monde où de nombreux spots sont surfréquentés, trouver une vague vierge est devenu l’ultime graal.

    « C’était l’une des meilleures journées de surf de ma vie, » conclut Ian Crane. « Et je ne suis pas prêt de l’oublier. »

  • Matt Archbold, le surfeur rebelle qui a enflammé Point Break

    Matt Archbold, le surfeur rebelle qui a enflammé Point Break

    Sorti en 1991, Point Break est devenu un film culte mêlant surf, braquages et quête de liberté. Si Patrick Swayze et Keanu Reeves brillent à l’écran, peu savent que derrière les scènes de surf les plus spectaculaires se cache un certain Matt “Archy” Archbold. Véritable icône du surf californien, Archbold a non seulement doublé Swayze sur les vagues, mais a aussi coordonné toute la partie surf du film. Retour sur cette histoire aussi méconnue que légendaire.

    De San Clemente à Hollywood : le coup de fil qui change tout

    À la fin des années 80, Matt Archbold est l’un des surfeurs les plus stylés de sa génération. Aérien, rebelle, tatoué, il incarne une nouvelle ère du free surf. Lorsqu’Hollywood cherche un consultant surf pour son prochain blockbuster, le nom d’Archy est soufflé par le shaper Dennis Jarvis. La production mord à l’hameçon.

    Initialement, Matt devait jouer un rôle avec répliques parmi les célèbres « Dead Presidents », la bande de braqueurs surfeurs. Mais la réalisatrice Kathryn Bigelow – visionnaire et exigeante – préfère le placer à un poste clé en coulisses : cascadeur officiel de Patrick Swayze et coordinateur surf pour l’ensemble du casting.

    Enseigner le surf à Keanu Reeves et Anthony Kiedis

    Aux côtés de Brian Keaulana, légende hawaïenne, Archbold devient le professeur de surf de Keanu Reeves, mais aussi d’Anthony Kiedis, chanteur des Red Hot Chili Peppers, qui fait une brève apparition dans le film. Son rôle dépasse largement celui de doublure. Il est coach, chorégraphe, conseiller technique. En somme, il assure l’authenticité des scènes qui font vibrer les fans de glisse encore aujourd’hui.

    Le tournage : de Lowers à Waimea en passant par Pipeline

    Le tournage commence à Lowers, spot californien bien connu d’Archbold. Mais l’équipe, insatisfaite des conditions, décide de déplacer toute la production à Hawaï. Matt est logé à Turtle Bay, bénéficie de sa propre loge sur la plage de Pipeline, et surfe chaque jour pour les besoins du film.

    Petit hic : pour simuler les eaux froides californiennes, il doit enfiler une épaisse combinaison, sous 30 degrés hawaïens. Quatre heures dans l’eau, combinaison intégrale, à surfer des vagues pour les besoins de la caméra. Un enfer… mais quel souvenir !

    Une vague d’avance : les prémices du tow-in

    Autre anecdote savoureuse : pour certaines prises, Archy est tracté sur les vagues par Brian Keaulana à l’aide d’un jet-ski. On est en 1991, bien avant que le tow-in surfing (le surf tracté) ne devienne une discipline à part entière. Encore une preuve que Point Break, malgré ses scènes parfois hollywoodiennes, a su capter l’esprit pionnier du surf.

    Un film culte, une expérience unique

    Aujourd’hui, Matt Archbold regarde cette période avec tendresse. « C’était une expérience super cool, » confie-t-il dans une interview. « Kathryn Bigelow écoutait vraiment nos conseils. Elle aurait pu ignorer le “petit surfeur”, mais elle nous respectait. » Ce respect se ressent dans le rendu final : des scènes de surf crédibles, puissantes, qui ont marqué toute une génération.

    Archy, l’âme surf de Point Break

    Si Point Break est un film culte, c’est aussi parce qu’il a su mêler adrénaline hollywoodienne et réalisme surf. Et ça, on le doit en grande partie à Matt Archbold. Sans lui, peut-être que Bodhi n’aurait jamais eu autant de grâce dans le tube, ni Johnny Utah autant de flow sur une planche. Alors la prochaine fois que vous verrez la première scène du film, avec ce layback mythique… pensez à Archy.