Auteur/autrice : Kelly Slater

  • Premier jour au Quiksilver Festival : soleil, rumeurs et spectacle à Hossegor

    Premier jour au Quiksilver Festival : soleil, rumeurs et spectacle à Hossegor

    Le Quiksilver Festival 2025 a lancé les hostilités sur la plage du Boiteux. Soleil radieux, public nombreux, et des séries qui ont offert de beaux moments jusqu’à ce qu’un vent thermique vienne gâcher la fête en début d’après-midi. Une entrée en matière fidèle à l’esprit de ce rendez-vous hors norme : plus show que compétition, et toujours aussi imprévisible.

    Kelly Slater absent, Kauli Vaast focus sur le WCT

    La rumeur s’est confirmée : Kelly Slater n’est pas à Hossegor. Le GOAT, attendu par le public landais, serait toujours freiné par ses douleurs au dos et sa scoliose, ou pas. Un coup dur pour le festival, mais qui n’a pas refroidi l’ambiance sur la plage.

    Autre absence remarquée dans l’eau : Kauli Vaast. Bien présent à Hossegor, le champion olympique préfère se concentrer sur sa qualification au WCT. Il doit partir dans les prochains jours pour le Portugal et a donc renoncé à prendre part à l’événement.

    Tya Zebrowski en action… mais sur le départ

    La jeune surfeuse Tya Zebrowski a, elle, bel et bien participé à cette première journée. Sourires, engagement et énergie communicative : elle a marqué les spectateurs par son style et son aisance. Mais comme Kauli, elle doit quitter le festival dès demain pour rejoindre le Portugal, où se jouent des points cruciaux dans la course à l’élite mondiale.

    Du bon surf jusqu’au vent thermique

    La matinée a tenu ses promesses : de belles droites creuses à marée basse, quelques tubes bien rentrés, et un public ravi de voir défiler des figures comme Jérémy Florès, Marco Mignot, Joan Duru ou encore les sœurs Fierro. Le format festif du Quik Festival — séries thématiques et surf synchronisé en nouveauté 2025 — a déjà montré son potentiel.

    Mais à partir de 14 heures, tout a basculé : un vent thermique s’est levé brutalement, transformant en quelques minutes un spot parfait en plan d’eau haché. Impossible de terminer le premier tour dans ces conditions. Dommage, car la matinée laissait présager un début d’édition haut en couleur.

    Rendez-vous demain matin

    Le prochain call est fixé à 9h – 9h30 demain pour un début de compétition possible à 10h30 – 11h. Les prévisions ne sont pas forcément meilleures, mais peut-être une fenêtre exploitable pour relancer la machine.

  • Quiksilver Festival 2025 : Hossegor au rythme du surf et de la culture glisse

    Quiksilver Festival 2025 : Hossegor au rythme du surf et de la culture glisse

    Quand on pense à Hossegor, difficile de ne pas imaginer ses beachbreaks mythiques, la Place des Landais en ébullition et une foule bigarrée de surfeurs, skateurs, artistes et passionnés venus de toute l’Europe. Du 20 au 28 septembre 2025, la côte landaise s’apprête à vibrer de nouveau au son des vagues et des amplis avec la troisième édition du Quiksilver Festival by Swatch. Plus qu’un simple rendez-vous sportif, cet événement est devenu en trois ans un incontournable de la rentrée surf, mélange explosif de compétitions, de musique live, d’art et de fête au bord de l’Atlantique.

    De la compétition au festival : un héritage assumé

    Le Quiksilver Festival est né d’un vide laissé dans le cœur des surfeurs : celui du Quiksilver Pro France, longtemps étape phare du Championship Tour de la WSL. Quand la compétition mondiale s’est arrêtée, l’idée n’était pas de tourner la page, mais de réinventer le format. Hossegor, Capbreton et Seignosse avaient besoin de conserver une grande fête du surf à la hauteur de leur réputation mondiale. C’est ainsi qu’est né le festival : une rencontre hybride entre surf de haut niveau et culture glisse, orchestrée par deux figures majeures du surf français, Jérémy Florès et Miky Picon.

    Dès sa première édition, le pari était réussi : de belles vagues, un plateau d’invités prestigieux et une ambiance unique qui rappelle à quel point la côte landaise est une capitale mondiale du surf. L’année dernière, les conditions ont été plus capricieuses, mais la fête n’en a pas pâti. Cette année, tout le monde espère un retour des bancs de sable en feu et des tubes landais pour offrir le spectacle que seule l’Atlantique sait proposer.

    Le spot des boiteux est le site principal de la compétition: comment s’y rendre ?

    L’organisation, dirigée par Miky Picon, a choisi le spot des Boiteux pour accueillir les épreuves de surf. Ce spot se situe entre la Gravière, plus au sud, et les Culs Nus, plus au nord. Les habitués l’appellent le spot de la “maison Volcom”, en référence à une maison louée par la marque il y a quelques années. Ouverte toute l’année, elle accueillait une grande partie des surfeurs du team et se trouvait juste en bas de la dune.

    Ces derniers jours, plusieurs sessions de qualité ont eu lieu, le banc de sable étant particulièrement favorable en ce moment. Le spot offre un pic très tubulaire, rappelant la Gravière, mais un peu plus au large. Il fonctionne surtout à marée basse. Ci-dessus, une vue de la plage des Boiteux sur une carte.

    Découvrez également quelques images de la dernière session sur le spot de compétition.

    Un casting cinq étoiles sur les vagues landaises

    Côté surf, l’édition 2025 promet un niveau exceptionnel. Pas moins de 24 surfeurs et surfeuses internationaux ont été conviés, avec un mélange subtil de légendes vivantes, stars confirmées et jeunes talents. On retrouvera ainsi Kelly Slater, le GOAT américain qui ne manque jamais une occasion de revenir défier les beachbreaks d’Hossegor, aux côtés de riders aussi variés que Kai Lenny, waterman hawaiien aux mille talents, l’Australien excentrique Matt Wilkinson, la stylée Coco Ho, le puissant Zeke Lau ou encore la prometteuse Milla Coco Brown.

    Chez les Français, le line-up est tout aussi alléchant. Kauli Vaast, récent champion olympique et véritable star montante du surf mondial, sera l’une des têtes d’affiche. Il sera accompagné de figures respectées comme Michel Bourez, ainsi que des locaux Joan Duru et Maud Le Car, toujours redoutables sur leurs vagues d’entraînement.

    Le format du festival laisse place à la créativité : pas de pression de classement mondial, mais du spectacle pur, du surf engagé et une liberté qui plaît aux athlètes autant qu’au public.

    Un programme qui dépasse le surf

    Si les journées seront rythmées par les Surf Days répartis entre Capbreton, Hossegor et Seignosse, le festival se distingue par son éclectisme culturel. Chaque soir ou presque, un nouveau temps fort vient enflammer la côte landaise :

    Programme complet du Quiksilver Festival 2025

    Capbreton • Hossegor • Seignosse — du samedi 20 au dimanche 28 septembre 2025
    Accès libre à la plupart des animations. Les Surf Days se déroulent selon les bancs de sable et les conditions.

    Samedi 20 septembre — Lancement

    8h–18h • Hossegor (Plage du Boiteux)

    Surf Day

    Première immersion dans les beachbreaks landais : free sessions des invités et possibles heats d’exhibition selon les conditions.

    10h–11h • Hossegor (Plage Blanche, lac)

    Session Yoga ROXY

    Échauffement en douceur face au lac — focus respiration/mobilité. Une serviette yoga est prévue pour les participantes.

    19h30–00h30 • Hossegor (Place des Landais)

    Opening Party

    Coup d’envoi sur la place la plus électrique des Landes : concerts rock en plein air, ambiance 100 % Hossegor.

    Dimanche 21 septembre

    8h–18h • Hossegor (Plage du Boiteux)

    Surf Day

    Journée surf ouverte : expression sessions, passages des athlètes et testing matos possibles.

    19h30–22h30 • Hossegor (Bell Store)

    Bell’s Barbecue

    Grillades, boards et bonne humeur. Rencontres informelles avec des surfeurs invités et teasing de contenus exclusifs.

    Lundi 22 septembre

    8h–18h • Hossegor (Plage du Boiteux)

    Surf Day

    20h–22h30 • Capbreton (Salle Ph’Art)

    Projection — DOS AU MUR

    Documentaire intime sur la carrière de Jérémy Florès (réal. Julie & Vincent Kardasik) : coulisses, blessures invisibles, victoires et doutes.

    Mardi 23 septembre

    8h–18h • Hossegor (Plage du Boiteux)

    Surf Day

    9h30–13h • Hossegor (RVCA Store)

    Surf, Train & Breathe — avec Xabi XST Mike & Taylor Knox

    Brief café, 1h30 d’entraînement DNS (stabilisation neuromusculaire + respiration diaphragmatique), puis mise en pratique à l’eau aux côtés de l’icône Taylor Knox.
    Infos & réservations en boutique RVCA Hossegor.

    19h30–00h • Seignosse (Le Surfing — Les Estagnots)

    Concert & Movie Night

    Sélection de films de surf face à l’océan, food & drinks, live music dans l’esprit chill du festival.

    Mercredi 24 septembre

    8h–18h • Hossegor (Plage du Boiteux)

    Surf Day

    14h–16h • Plage à confirmer (Capbreton/Hossegor/Seignosse)

    Beach Clean-Up

    Ramassage convivial et sensibilisation éco pour prendre soin du terrain de jeu.

    18h–21h • Hossegor (Quiksilver Store)

    Meet & Greet + Cash for Tricks (Element x Vincent Milou) + Live

    Rencontres avec des surfeurs, mini contest skate « cash for tricks » mené par Element & Vincent Milou, et live de Gwayav’ — en plein centre-ville.

    Jeudi 25 septembre

    8h–18h • Hossegor (Plage du Boiteux)

    Surf Day

    19h30–00h • Capbreton (Boardriders)

    Quiksilver Party

    La soirée culte du Boardriders : DJ, guests et grosse affluence. Édition 2025 annoncée encore plus musclée.

    Vendredi 26 septembre

    8h–18h • Hossegor (Plage du Boiteux)

    Surf Day

    9h–12h • Capbreton (Plage du Santocha)

    Surf For All

    Session inclusive en partenariat avec Handi-Surf & Kind Surf : para surf, surf adapté, partage et émotions fortes.

    18h–20h • Capbreton (Capzoo Skatepark)

    Element & Swatch Team Session

    Démonstrations des teams, session publique et énergie maxi. Amenez votre board !

    19h30–00h • Hossegor (Place des Landais)

    Quiksilver Festival Official Party

    Le collectif Halfpipe Records transforme la scène en mini-rampe vivante : mix club & skate en temps réel.

    Samedi 27 septembre

    8h–18h • Hossegor (Plage du Boiteux)

    Surf Day

    10h–12h • Capbreton (Plage de l’Estacade)

    ROXY Paddle Out — Édition #2

    Rassemblement 100 % féminin intergénérationnel dans l’eau — de l’initiation à la surfeuse confirmée. Partage et sororité.

    14h–19h • Seignosse (Skatepark du Penon)

    Swatch Skate Demo & Workshops

    Coaching et démos avec les riders Swatch (ex. Gustavo Ribeiro, Brandon Valjalo, Val Laforge, Lofti Lamaali).

    Challenges & Cash for Tricks

    Modules additionnels, death race, skate jams, prize money. Présence conjointe des teams Swatch & Element.

    19h30–01h • Hossegor (Place des Landais)

    Closing Party by Deezer

    Clôture sous haute tension : house/techno/électro avec Romain Garcia, Mandragora et Urumi (label All Night Long).

    Dimanche 28 septembre

    8h–18h • Hossegor (Plage du Boiteux)

    Surf Day

    Dernières vagues du festival : sessions libres, highlights finaux et au revoir aux Landes.

    Focus Musique — temps forts scéniques

    Samedi 20/09 — Place des Landais (19h30–00h30)

    • Kid Kapichi : rock UK abrasif (Hastings) entre punk/indie/alt-rock, textes sociaux au vitriol.
    • Ménades : post-punk parisien avec éclats shoegaze/psyché et énergie live survoltée.

    Mardi 23/09 — Place des Landais (19h30–00h00)

    • Kim Churchill : one-man band australien (fingerpicking, harmonica, stomp) — un road-trip musical brut et solaire.
    • Ponta Preta : surf-rock/psych-pop/garage façon sixties, riffs entêtants et groove vintage.

    Vendredi 26/09 — Place des Landais (19h30–00h00)

    • Halfpipe Records : collision skate x club culture. Rampe + DJs : UKG, tech house, jungle & co.

    Samedi 27/09 — Place des Landais (19h30–01h00)

    • All Night Long Takeover : Urumi • Romain Garcia • Mandragora pour une dernière nuit sous le signe du label.

    Infos pratiques

    • Lieux : Capbreton (Santocha/Boardriders/Capzoo), Hossegor (Place des Landais, Plage du Boiteux, Plage Blanche, stores Quiksilver & RVCA), Seignosse (Les Estagnots, Skatepark du Penon, Le Surfing).
    • Accès : animations gratuites (hors éventuelles réservations/quotas pour ateliers spécifiques).
    • Surf Days : spots confirmés la veille selon houle/vents/marées.
    • Écoresponsabilité : privilégiez le vélo et le covoiturage ; participez au Beach Clean-Up du 24/09.

    Tout au long de la semaine, le festival offrira aussi des séances de dédicaces, des expositions, des rencontres avec les athlètes, et même une collection capsule signée par l’artiste Jean Jullien, invité cette année en directeur artistique.

    Une ambiance unique sur la côte landaise

    Le Quiksilver Festival n’est pas seulement un événement de surf : c’est une immersion totale dans la culture boardriding. Hossegor et les Landes deviennent, pendant neuf jours, le cœur battant du surf européen. Les terrasses se remplissent, les skates crissent sur le béton, les concerts résonnent dans la nuit, et les sessions de surf s’enchaînent entre deux marées.

    Le public y trouve autant d’émotions dans un tube parfait au Nord d’Hossegor que dans un riff de guitare live sur la Place des Landais. C’est ce mélange des genres qui fait le succès de l’événement : ici, on célèbre autant les performances sportives que la convivialité, le partage et l’art de vivre qui entourent la glisse.

    2025 : vers une édition record ?

    La troisième édition marque déjà une forme de maturité pour le Quiksilver Festival. Désormais bien installé dans le calendrier, l’événement attire chaque année plus de public, de partenaires et de médias. L’attente est donc forte : les surfeurs espèrent des vagues dignes de la réputation landaise, les festivaliers veulent retrouver l’ambiance électrique des deux premières éditions, et les organisateurs comptent bien franchir un nouveau cap.

    Icônes Surf sera présent pour couvrir les temps forts de cette édition 2025. Nous espérons, comme vous, que la magie opérera : de gros tubes, des soirées mémorables, et ce sentiment unique que le surf, ici, est bien plus qu’un sport, c’est une fête, une culture et une communauté.

  • Italo Ferreira entre dans l’histoire avec son premier 720

    Italo Ferreira entre dans l’histoire avec son premier 720

    Le surfeur brésilien Italo Ferreira, champion olympique et ancien champion du monde, vient de réussir une manœuvre historique : son premier 720°. Réalisée dans une piscine de vagues au Brésil, cette rotation aérienne de deux tours complets marque un nouveau jalon dans l’évolution du surf moderne.

    Un 720° signé Italo Ferreira

    Mercredi 17 septembre 2025, Italo Ferreira a publié sur ses réseaux sociaux une vidéo qui a rapidement enflammé la planète surf. Dans la piscine de vagues du Boa Vista Surf Lodge, à Porto Feliz, près de São Paulo, le Brésilien a exécuté, pour la première fois, un aérial 720° parfaitement plaqué.
    Dans sa légende, le surfeur a commenté simplement : « Meu primeiro 720° durante a gravação do meu próximo programa pour Canal Off et Globoplay. Aguardem. » (Mon premier 720° lors du tournage de mon prochain programme pour Canal Off…).

    Une performance captée en direct

    Le moment a été immortalisé par Marcelo Trekinho, ancien pro, et Gabriel Pastori, tous deux animateurs du canal YouTube Uaradei. Enthousiastes, ils ont confirmé qu’Italo ne s’est pas arrêté à une seule tentative : il a reposé la manœuvre une seconde fois pour prouver que ce n’était pas un coup de chance.
    « « Quelle vibe ! Je suis encore sous le choc » », a-t-il écrit sur Instagram, encore sous l’émotion de cet exploit qui témoigne de son incroyable explosivité aérienne.

    La piscine à vagues, nouveau terrain de jeu

    Cet exploit n’est pas anodin : il illustre la montée en puissance des wave pools comme laboratoires d’innovation et d’entrainement. La machine PerfectSwell du Boa Vista Surf Lodge offre des sections calibrées pour les airs, permettant aux surfeurs de repousser leurs limites.
    D’autres avant lui avaient ouvert la voie : Kelly Slater, en 2014, avait fait débat avec une rotation similaire en free surf, tandis que Albee Layer s’est illustré par des airs dans l’océan comme en piscine. Mais le 720 reste rarissime et d’autant plus spectaculaire en backside, ce qui rend la performance d’Italo exceptionnelle.

    Un champion toujours à la recherche de nouveauté

    Ce n’est pas un hasard si c’est Ferreira qui parvient à un tel exploit. Champion olympique à Tokyo en 2021, champion du monde en 2019, il est connu pour son surf aérien explosif, toujours prêt à tenter l’impossible.
    En 2025, il a terminé 4e mondial, s’inclinant en finale WSL à Fiji face à Griffin Colapinto. Mais loin de se reposer, il profite de l’intersaison pour enrichir son répertoire et préparer déjà 2026.

    Débat ou pas débat ?

    Comme souvent avec ce type de manœuvre, une question anime la communauté surf : s’agit-il vraiment d’un 720° ou d’un 540° avec réception switch ? Les puristes aiment débattre sur le nombre des rotations. Mais peu importe le vocabulaire, une chose est sûre : voir deux tours complets en l’air sur une planche de surf reste un spectacle fascinant.

    Un signal pour l’avenir du surf

    Avec ce 720, Italo Ferreira envoie un message clair : les airs sont l’avenir du surf de haut niveau. Reste à savoir si ce type de manœuvre franchira bientôt le pas de la piscine à l’océan, et surtout si elle pourra être plaquée en compétition.
    En attendant, cette performance restera comme un moment fort de l’année 2025, rappelant à tous que le surf est un sport en constante évolution, où chaque génération cherche à repousser les limites du possible.

  • Longboard en Guadeloupe, quand la magie opère

    Longboard en Guadeloupe, quand la magie opère

    Il y a des vidéos qui marquent par leur puissance visuelle et par l’émotion qu’elles dégagent. Celle-ci en fait partie. On parle souvent du surf dans les Caraïbes à travers Porto Rico, la Barbade ou la République Dominicaine, mais beaucoup plus rarement de la Guadeloupe. Et encore moins à travers le prisme du longboard. C’est ce qui rend cette production si précieuse : elle ouvre une fenêtre sur un visage inédit du surf caribéen.

    Un joyau rare du surf caribéen

    La Guadeloupe ne figure pas parmi les destinations surf les plus médiatisées. Pourtant, ses côtes volcaniques et ses récifs coralliens abritent de véritables trésors. Le surf y existe bel et bien, porté par une communauté passionnée, mais il reste souvent en retrait dans l’imaginaire collectif. La vidéo dont il est question ici vient justement combler ce vide : elle capte l’essence du surf local avec une élégance rare.

    On y découvre des paysages luxuriants, des vagues parfaitement mises en valeur, et cette atmosphère si particulière propre aux îles. L’océan y apparaît à la fois puissant et accueillant, dans une lumière caribéenne qui sublime chaque détail.

    Le longboard sous un nouveau jour

    Quand on pense à la Guadeloupe, on imagine davantage des vagues rapides et parfois capricieuses, plus adaptées au shortboard qu’à autre chose. C’est pourquoi voir des images de longboard est une vraie surprise. La vidéo dévoile des vagues qui déroulent avec une douceur idéale pour tracer de longues courbes, marcher vers le nose ou simplement savourer le plaisir d’une glisse fluide.

    Le longboard, par nature, exige des vagues régulières et pas trop creuses. Les séquences filmées démontrent que la Guadeloupe peut offrir tout cela, quand les conditions s’alignent. C’est une redécouverte du potentiel de l’île, une sorte de révélation pour qui n’avait jamais imaginé le longboard dans ce décor.

    Plus qu’un sport, une culture en mouvement

    Mais ce qui frappe avant tout, au-delà des vagues, c’est l’ambiance. La vidéo n’est pas seulement un montage de sessions surf : c’est une plongée dans la culture caribéenne. La musique, les couleurs, les visages, tout concourt à une expérience sensorielle complète. On sent que le surf n’est pas seulement un sport, mais un élément intégré dans un mode de vie, un langage commun entre l’océan et les habitants. Bien que la culture locale ne soit pas par tradition tournée vers l’océan, on ressent le besoin des nouvelles générations de faire ce pas vers l’eau.

    Cette dimension culturelle apporte une profondeur unique au film. Le surf en Guadeloupe n’est pas un produit d’exportation pour touristes en quête d’exotisme, mais une pratique authentique, enracinée dans l’île et en résonance avec son identité.

    Une invitation à voir plus loin

    Au final, cette vidéo est bien plus qu’un simple clip de surf. C’est une invitation à élargir notre regard, à sortir des clichés habituels et à reconnaître la richesse de scènes moins connues. Elle donne envie de croire que la Guadeloupe a encore beaucoup à offrir au monde du surf, et pourquoi pas de la voir émerger un jour comme une destination phare du longboard caribéen.

  • Une session de rêve à Hossegor avant le Quiksilver Festival

    Une session de rêve à Hossegor avant le Quiksilver Festival

    Mercredi 17 septembre 2025. Trois jours avant le coup d’envoi du Quiksilver Festival, Hossegor s’est déjà offert son spectacle. Le spot des Boiteux, futur théâtre de la compétition, a réuni les meilleurs surfeurs locaux pour ce qui restera probablement comme l’une des plus belles sessions de l’été. Pas la plus grosse, pas la plus parfaite… mais une session où les tubes ont défilé sans relâche.

    Le spot des Boiteux en mode préchauffe

    L’été s’achève doucement sur la côte landaise. Mais mercredi matin, en arrivant sur le sable d’Hossegor, on aurait cru à une mise en bouche officielle du Festival. Les bancs de sable des Boiteux, réglés au millimètre, ont livré des vagues d’un bon mètre à plus. La houle n’avait rien de monstrueux, mais la fréquence des séries a transformé le spot en véritable manège.

    Avec les internationaux encore en route, c’est la scène locale qui a tenu la maison. Les surfeurs d’Hossegor et des alentours étaient tous là, comme aimantés par la promesse d’une matinée hors norme.

    Des vagues à la pelle et une ambiance électrique

    Ce qui a marqué cette session, c’est la quantité de vagues. Pas de longue attente, pas de line-up endormi : les séries s’enchaînaient sans laisser de répit. Sur la plage comme au pic, on sentait une tension joyeuse, une excitation particulière.

    Un bon 2 mètres bien tassé, des droites essentiellement qui ouvraient assez pour offrir des gros tubes, et ce petit grain de folie qu’on ne trouve qu’à Hossegor quand tout s’aligne.

    La folie des tubes

    Mais la vraie magie de ce mercredi, c’étaient les tubes à répétition. Pas les tubes parfaits des cartes postales, pas ceux qui semblent tracés au cordeau. Du courant, des pics à droite, à gauche, de nombreux surfeurs ont eu des très bons tubes, d’autres se sont brossés…

    Certains surfeurs ont eu la chance d’enchainer deux sections. Pour l’anecdote, le surfeur hawaiien Manalu Chandler a passé trois heures à l’eau en boardshort alors qu’il faisait vraiment froid, et que le vent était glacial. Ce mac a le sang chaud…lol

    Tout le monde n’a pas scoré, mais chacun a eu l’occasion de tenter sa chance. Et c’est sans doute cela qui a rendu la session si unique : l’abondance de vagues, l’abondance d’opportunités.

    Un parfum de Festival

    À trois jours du Quiksilver Festival, difficile de ne pas voir dans cette session un signe. Hossegor est prêt. Le spot des Boiteux s’est dévoilé comme un terrain de jeu idéal, capable de délivrer autant de spectacle que de frustration, cette alchimie qui fait les grandes compétitions.

    La plage s’emplissait déjà de spectateurs curieux, venus respirer l’ambiance avant la foule des grands jours. Les planches cassaient en deux au fils des séries, les photographes et caméraman étaient aux aguets, et chacun semblait content d’assister à la meilleures session de l’été.

    Cette matinée a eu le goût d’un teaser. Une bande-annonce grandeur nature qui annonce la couleur : si les bancs tiennent, si la houle continue de pointer, le Quiksilver Festival 2025 pourrait bien être un millésime explosif.

    Retrouvez le programme du quiksilver festival 2025

    La vidéo pour revivre la session

    Pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’être là, la session a été filmée et visible en haut de l’article. On y retrouve quelques-uns des meilleurs tubes de la matinée. On peut également y voir le monde à l’eau, je crois que tout le monde s’était donné rendez-vous sur le spot.

    Car c’est ça Hossegor : des vagues imprévisibles, des locaux affamés, et une intensité qui monte d’un cran à l’approche d’un événement mondial. La compétition n’a pas encore commencé, mais déjà, le spectacle est lancé.

  • Italo Ferreira prendra-t-il sa retraite en 2028 après les JO de Los Angeles ?

    Italo Ferreira prendra-t-il sa retraite en 2028 après les JO de Los Angeles ?

    À 31 ans, Italo Ferreira est au sommet de son art. Champion olympique à Tokyo en 2021, champion du monde WSL en 2019, le Brésilien est devenu l’un des visages les plus explosifs et charismatiques du surf mondial. Mais derrière son énergie débordante, le « Brabo » (surnom qu’on lui donne au Brésil) a déjà un plan pour l’avenir : tout pourrait s’arrêter en 2028, à Los Angeles.

    Le rêve d’une deuxième médaille d’or

    Dans une interview accordée à l’émission « Hello LA« , Italo a levé le voile sur son objectif majeur : participer aux Jeux Olympiques de Los Angeles pour tenter de décrocher une deuxième médaille d’or. Pour lui, cette échéance n’est pas seulement une compétition, c’est le point culminant d’une carrière commencée sur les plages de Baía Formosa, au Nordeste brésilien.

    « Sans aucun doute, c’est mon plus grand objectif : obtenir une autre médaille d’or pour conclure ma trajectoire dans ce sport et sur le circuit », explique-t-il.

    Une vie consacrée au surf

    Ferreira n’a que 31 ans, mais il surfe déjà depuis plus de deux décennies. Dès ses 8 ans, il passait ses journées à dompter les vagues locales. Depuis, il a conquis le monde : premier champion olympique de l’histoire du surf, titré sur le circuit WSL et reconnu pour un style radical mêlant puissance et aérien.

    Pourtant, après tant d’années de dévouement, il aspire aussi à profiter d’une vie différente : « Je fais ça depuis l’âge de 8 ans, donc il y a un moment où tu veux profiter de tout ce que tu as construit et découvrir un autre côté de la vie », confie-t-il.

    34 ans : la fin ou un nouveau chapitre ?

    En 2028, Italo aura 34 ans. Un âge où beaucoup de surfeurs sont encore compétitifs. Jordy Smith, par exemple, a terminé la saison 2025 à 37 ans. Kelly Slater a, lui, repoussé les limites bien au-delà. Alors pourquoi arrêter si tôt ?

    Peut-être parce qu’Italo vit chaque vague avec une intensité et une énergie rare. Planifier une sortie en apothéose, sur la plus grande scène sportive du monde, colle parfaitement à son tempérament : explosif et inoubliable.

    Le doute reste entier

    Italo, cependant, n’a rien gravé dans le marbre. « Peut-être qu’un peu plus tard, je voudrai continuer encore un peu… ou au contraire, me dire que c’est assez. Je verrai sur le moment », nuance-t-il.

    Encore des titres en ligne de mire

    En attendant Los Angeles, le Brésilien ne compte pas lever le pied. « Pour l’instant, je veux encore être champion du monde à plusieurs reprises », affirme-t-il. Les adversaires sont prévenus : le « Brabo » reste un prétendant au titre mondial et ne compte pas quitter le circuit sur la pointe des pieds.

    Quoi qu’il décide en 2028, Italo Ferreira a déjà marqué l’histoire. Sa victoire aux JO de Tokyo restera comme un moment fondateur, à jamais le premier champion olympique comme aime le dire les marseillais. Son surf spectaculaire a inspiré toute une génération. La question est désormais simple : choisira-t-il d’arrêter au sommet avec deux médailles d’or, ou prolongera-t-il encore une carrière déjà légendaire ?

  • Les vagues les plus mortelles au monde : entre mythe et tragédie

    Les vagues les plus mortelles au monde : entre mythe et tragédie

    Aux yeux du grand public, le surf rime avec liberté, soleil et communion avec l’océan. Mais derrière les sourires et les tubes parfaits, il y a une réalité plus sombre : certaines vagues ont déjà coûté la vie à des surfeurs, parfois parmi les meilleurs du monde. Pipeline, Nazaré, Teahupo’o… ces noms font rêver et trembler à la fois. Voici un tour d’horizon des vagues les plus mortelles de la planète.

    Pipeline, Hawaï : le paradis et l’enfer

    Située sur la côte nord d’Oahu, Pipeline est à la fois la Mecque du surf et son cimetière le plus célèbre. Considérée comme la vague la plus dangereuse au monde, elle a déjà causé au moins sept morts documentés. Sa beauté hypnotise, mais son danger est implacable : un récif peu profond, une puissance phénoménale et une foule compacte de surfeurs prêts à tout.
    Le moindre faux pas peut être fatal, et même les surfeurs les plus aguerris n’y sont pas à l’abri. C’est la vague qui a emporté Mali Joyeux, un surfeur tahitien connu pour être l’un des meilleurs au monde dans les tubes et les grosses vagues. Chaque année, des accidents surgissent, et heureusement, rares sont ceux mortels. Pipeline reste l’incarnation parfaite de cette dualité : la vague rêvée… et redoutée.

    Puerto Escondido (Playa Zicatela), Mexique : la bombe de sable

    Surnommée le « Pipeline mexicain », Puerto Escondido est un beachbreak situé à Oaxaca. Mais contrairement à un récif fixe, ses bancs de sable rendent la vague imprévisible et encore plus piégeuse.
    Avec cinq décès répertoriés, Zicatela a bâti une réputation redoutable. La puissance des vagues, combinée au fait que vous restez dans la zone d’impact après une « grosse branlée », en fait une arène mortelle. Chaque saison, des images spectaculaires rappellent à quel point ce spot ne pardonne aucune erreur.

    Maverick’s, Californie : le spot des grosses vagues

    À Half Moon Bay, près de San Francisco, se dresse Maverick’s, une vague grise, glaciale et terrifiante. Ici, l’océan Pacifique se lève en murs liquides de plus de 15 mètres, dans une eau infestée de requins.
    Deux grandes figures du surf de gros, Mark Foo (1994) et Sion Milosky (2011), y ont perdu la vie. Ces tragédies ont marqué à jamais la communauté surf, rappelant que même les meilleurs ne sont jamais intouchables. Maverick’s, avec son décor austère (rochers et requins blancs) et la violence de ses vagues, reste l’un des spots les plus respectés – et redoutés – au monde.

    Teahupo’o, Tahiti : le mur liquide

    Impossible de parler de danger sans évoquer Teahupo’o. Cette vague tahitienne est connue pour son barrel/tube monstrueux, qui déferle directement sur un récif de corail tranchant comme une lame. Je n’ai pas trouvé de bilan officiel sur le nombre de surfeurs décédés sur cette vague, certains parlent de 5 surfeurs/bodyboarders. En 2001, alors qu’il surfait une vague de plus de 4 mètres, Briece Taera fut violemment projeté sur le reef. Il se fractura la nuque et le dos en trois endroits, sombra dans le coma et décéda deux jours plus tard. De plus, des dizaines de blessés graves viennent allonger la liste.

    Nazaré, Portugal : la montagne d’eau

    Devenue célèbre grâce aux records de vagues surfées dépassant les 25 mètres, Nazaré attire chaque hiver les chasseurs de titans. Mais derrière les images spectaculaires, le danger est omniprésent.
    En 2023, un surfeur a perdu la vie sur ce spot mythique. Les courants y sont dantesques, la puissance hors norme, et sans l’assistance des jet-skis, la survie devient presque impossible. Nazaré incarne la démesure : la vague qui a fait rêver le grand public, mais qui reste une loterie mortelle pour ceux qui osent s’y aventurer.

    Scheveningen, Pays-Bas : la tragédie de la mer du Nord

    Toutes les vagues mortelles ne se trouvent pas sous les tropiques. En mai 2020, un drame a frappé la plage de Scheveningen, près de La Haye.
    Lors d’une session marquée par du vent fort, des courants puissants et une épaisse couche d’écume, cinq surfeurs et sauveteurs ont trouvé la mort. Parmi eux, des athlètes expérimentés et respectés de la communauté néerlandaise.
    Ce drame, l’un des plus marquants de l’histoire récente du surf, rappelle que même une côte apparemment tranquille peut se transformer en piège mortel lorsque les éléments se déchaînent.

    Pourquoi ces vagues fascinent-elles toujours ?

    Au-delà du danger, ces vagues incarnent quelque chose d’universel : l’attirance de l’homme pour l’extrême.
    Chaque décès grave la mémoire des disparus dans la légende de ces spots. Chaque ride réussie repousse les limites de ce que l’on pensait possible. C’est ce mélange d’adrénaline, de beauté et de tragédie qui fait des vagues comme Pipeline, Nazaré ou Teahupo’o des mythes modernes – aussi fascinants qu’effrayants.

  • World Surfing Games 2025 : Kauli Vaast en argent, la France 4e par nations

    World Surfing Games 2025 : Kauli Vaast en argent, la France 4e par nations

    Neuf jours de vagues solides à Surf City, Salvador, une finale messieurs d’une intensité rare, et une équipe de France rajeunie, mais combative. Retour sur des Mondiaux ISA au Salvador qui ont couronné l’Australie et confirmé Kauli Vaast comme l’un des patrons du surf mondial.

    Une finale hommes au sommet : Henry vs Vaast

    Dimanche, le spot de La Bocana a servi une grande finale messieurs à la hauteur de la réputation du spot et de la compétition. Vagues puissantes de 2,50 m, droites rapides et exigeantes, pression maximale : tout était réuni pour offrir un duel de haut vol.

    Kauli Vaast, champion olympique en titre, a livré une prestation exceptionnelle. Après un début de série en retrait, le Tahitien a claqué deux vagues magistrales notées 8,70 et 8,87, pour un total de 17,57 points. Un surf puissant, engagé, à la hauteur de son talent.

    Mais en face, l’Australien Dane Henry, 19 ans seulement, a pris tous les risques. Dès les premières minutes, il envoie un air full rotation noté 8,67, puis enchaîne avec une longue droite où il varie les manœuvres, récompensée d’un 9,50 jugé généreux par certains observateurs (on est français ou on ne l’est pas). Avec 18,17 points, Henry s’impose et prive Kauli Vaast de l’or pour seulement 0,60 point.

    Un verdict serré, mais révélateur : le Français confirme sa régularité dans l’élite mondiale ISA (5e en 2023, 3e en 2024, 2e en 2025). La trajectoire est tracée.

    Jorgann Couzinet, solide mais frustré

    Autre pilier tricolore, Jorgann Couzinet a connu une fin de parcours plus difficile. En finale du tableau principal, le Réunionnais n’a pas trouvé son rythme et s’est retrouvé en repêchages. Là encore, il avait une chance de rejoindre la grande finale, mais plusieurs chutes et mauvais choix stratégiques ont ruiné ses espoirs. Résultat : une 6e place mondiale.

    Un classement qui laisse un goût amer, tant son surf des jours précédents avait impressionné. Ajoutons à cela un contexte personnel éprouvant — la perte d’un ami proche durant la compétition (cf article sur Paul Bontemps) — et l’on comprend mieux la difficulté de Jorgann à rester concentré jusqu’au bout.

    Malgré tout, ce retour en équipe de France lui a fait du bien. « J’ai retrouvé une vraie cohésion, on se pousse les uns les autres, ça me donne envie de revenir plus fort », a-t-il confié. Rendez-vous est pris pour 2026.

    La France, médaille de cuivre par nations

    Avec la médaille d’argent de Vaast et la 6e place de Couzinet, les Bleus décrochent la 4e place au classement des nations, derrière l’Australie, le Pérou et l’Espagne. Un classement honorable, surtout au regard d’une équipe largement renouvelée.

    Les jeunes filles françaises, Kiara Goold (15 ans), Clémence Schorsch (16 ans) et Aelan Vaast (20 ans), ont montré de belles promesses malgré un manque d’expérience évident. La moyenne d’âge chez les filles : 17 ans seulement. De quoi envisager l’avenir avec optimisme.

    Côté garçons, Sam Piter (22 ans) a vécu une compétition compliquée, mais son potentiel reste intact. Globalement, cette équipe de France 2025 illustre un passage de témoin entre une génération dorée et de nouvelles têtes bien décidées à marquer leur époque.

    L’Australie retrouve son trône mondial

    Après 14 ans sans titre mondial ISA par nations, l’Australie a renoué avec l’or. La performance de Dane Henry a été complétée par le bronze de Morgan Cibilic, le bronze de Sally Fitzgibbons et les résultats solides d’Ellie Harrison et Callum Robson. Une domination collective qui rappelle la profondeur du vivier australien.

    Chez les dames, c’est l’Espagnole Janire Gonzalez-Etxabarri, 20 ans, qui a marqué l’histoire. En remportant l’or, elle devient la première championne du monde ISA de l’histoire de l’Espagne. Un exploit qui propulse la Roja du surf à la 3e place du classement par nations.

    Finale dames :

    1. Janire Gonzalez-Etxabarri (ESP) 14,57 pts
    2. Yolanda Sequeira (POR) 13,57 pts
    3. Sally Fitzgibbons (AUS) 13,57 pts
    4. Arena Rodriguez (PER) 8,53 pts

    Un marathon appelé World Surfing Games

    Les Mondiaux ISA ne ressemblent à aucune autre compétition. Neuf jours de surf intensif, un tableau principal et un système de repêchages qui peut rapidement user les organismes : c’est un véritable marathon.

    Dane Henry et Kauli Vaast sont les seuls à avoir atteint la finale sans passer une seule fois par les repêchages, preuve d’une constance et d’une fraîcheur physique supérieures. Pour les autres, la fatigue cumulée joue souvent un rôle décisif.

    Un staff renouvelé et ambitieux

    Derrière les planches, l’encadrement français a aussi marqué des points. Pour sa 4e campagne à la tête des Bleus, Jérémy Florès a su fédérer un groupe jeune, épaulé par Joan Duru et Pauline Ado.

    « On savait qu’on venait avec une équipe incomplète et jeune, mais l’ADN de la France, c’est de ne rien lâcher », a résumé Florès. Une philosophie qui colle parfaitement à l’esprit des ISA : apprendre, progresser, et préparer la suite.

    Les résultats français

    • Kauli Vaast : 2e (argent)
    • Jorgann Couzinet : 6e
    • Kiara Goold : 17e
    • Clémence Schorsch : 21e
    • Aelan Vaast : 29e
    • Sam Piter : 61e

    Cap sur 2026 et Los Angeles 202

    Cette 4e place mondiale permet à la France de s’assurer un statut de tête de série pour les Mondiaux 2026, qui attribueront les premiers quotas olympiques. L’objectif est clair : transformer le potentiel de cette jeune équipe en médailles, avec en ligne de mire les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.

  • Kai Lenny défie Greenbush en switch stance

    Kai Lenny défie Greenbush en switch stance

    Greenbush, cette gauche mythique des Mentawai réputée pour ses tubes aussi profonds que dangereux, n’avait sans doute jamais imaginé accueillir un Kai Lenny… en switch stance. Et pourtant, le surfeur hawaiien, habitué à repousser toutes les limites possibles du surf, vient de signer une performance qui fait déjà beaucoup parler.

    Greenbush : une vague aussi sublime que brutale

    Située au large des îles Mentawai, en Indonésie, Greenbush est une gauche redoutée. Creuse, rapide et souvent imprévisible, elle se déroule au-dessus d’un reef tranchant comme une lame de rasoir. En backside, elle demande une précision chirurgicale pour se caler dans le tube et surtout en sortir. En frontside, elle offre une vision totale du barrel, mais réclame autant de technique que de courage.

    Pour un surfeur regular comme Kai Lenny, Greenbush est donc normalement une vague backside. Mais Kai n’aime pas faire « normalement ». Résultat : il l’a surfée en switch, pied droit devant, pour transformer ce backside en un frontside parfaitement contrôlé.

    Le switch stance selon Kai Lenny

    Le switch stance n’est pas une simple fantaisie pour Kai Lenny. C’est un vrai outil d’entraînement. Dans une interview récente, il expliquait :

    « Tu travailles une autre partie de ton cerveau en surfant dans la position opposée. Quand tu reviens à ta stance normale, ta technique est encore plus affinée, car ton cerveau a dû forcer pour l’assimiler. »

    Pour lui, surfer switch n’est donc pas un numéro de cirque, mais un exercice de neuro appliqué au surf. Chaque vague surfée ainsi renforce sa lecture des trajectoires, son équilibre et sa capacité d’adaptation.

    Une démonstration à Greenbush

    La vidéo, postée sur sa chaîne YouTube, montre un Kai Lenny, quasi seul à l’eau à Greenbush, enchaînant les tubes comme si de rien n’était. Ce qui frappe, c’est la fluidité : pas de raideur, pas d’hésitation. Ses bottom-turns, ses entrées dans le barrel, tout semble naturel, alors qu’il surfe du « mauvais » pied.

    Et lorsqu’arrivent les sections les plus critiques, Kai repasse en backside… comme pour rappeler qu’il maîtrise les deux registres, sans jamais perdre le fil.

    L’ADN d’un surfeur hors catégorie

    Ce qui fait la différence chez Kai Lenny, ce n’est pas seulement son talent, mais sa curiosité. Là où d’autres se contentent d’exceller dans une discipline, lui multiplie les terrains de jeu : surf, foil, windsurf, kitesurf, tow-in, SUP… Et maintenant, le switch stance devient une corde de plus à son arc.

    Cette approche expérimentale et sans barrière le pousse à explorer toutes les possibilités offertes par l’océan. À Greenbush, il a non seulement prouvé sa capacité d’adaptation, mais aussi ouvert une nouvelle voie : et si surfer switch devenait un véritable outil de progression pour tous les surfeurs ? Surfer en switch stance montre une technique et connaissance parfaite d’une vague. Il existe d’autres exemples comme Kauli Vaast à Teahupoo ou Jamie O’Brien à Pipeline. Mais, il faut avouer que Kai Lenny le pratique avec une fluidité et une maitrise rare.

    Une performance qui restera

    Greenbush restera toujours une vague impitoyable, mais Kai Lenny vient d’y écrire une page originale. En surfant switch, il transforme un backside contraint en un frontside libéré. Et surtout, il continue à bousculer les codes du surf de haut niveau, en montrant que la technique pure ne suffit pas : il faut aussi savoir sortir du cadre.

    Kai Lenny ne surfe pas seulement des vagues. Il surfe aussi les limites du possible.

  • Zion Brocchi, l’étoile montante du surf portugais s’est éteinte

    Zion Brocchi, l’étoile montante du surf portugais s’est éteinte

    Le surf portugais traverse une période de profonde tristesse. La disparition de Zion Alves Brocchi, jeune talent de seulement 12 ans, a bouleversé toute une communauté. Originaire de la Costa da Caparica, Zion était déjà considéré comme un espoir majeur du surf national, un enfant qui vivait pour les vagues et qui inspirait bien au-delà de son âge.

    Un parcours fulgurant malgré son jeune âge

    Fils de la professeure de surf Vânia Brocchi, Zion avait grandi les pieds dans l’eau et la tête dans les embruns. Dès ses premières compétitions, il s’était démarqué par sa passion et sa détermination. En 2024, il remportait le titre régional Sub-12 de Grande Lisboa, confirmant son statut de prodige après avoir déjà brillé dans les catégories Sub-8.

    Mais au-delà des résultats, c’est son énergie contagieuse et son amour pur pour le surf qui marquaient les esprits. À 8 ans seulement, dans une interview donnée à Surftotal, il expliquait avec l’enthousiasme de l’enfance :

    « J’ai commencé à surfer parce que ma mère est professeure de surf, elle m’a mis dans les vagues tout petit. »

    Il rêvait déjà de Bali et de Keramas comme destination surf ultime, et affirmait que pour lui, le surf c’était avant tout « free surf toujours », l’envie de partager, de se faire des amis et de profiter de chaque vague.

    Un combat courageux contre la maladie

    Malheureusement, le destin a rattrapé trop tôt ce jeune champion. Zion s’est battu avec courage contre un tumeur cérébrale, affrontant la maladie avec la même détermination qu’il mettait dans les vagues. Jusqu’au bout, il a gardé ce sourire qui illuminait son entourage et cette force tranquille qui inspirait enfants comme adultes.

    Sa disparition laisse une immense douleur, mais aussi un exemple de résilience et de passion qui restera gravé dans la mémoire collective.

    Un héritage qui dépasse les compétitions

    Zion n’était pas seulement une graine de champion. Pour beaucoup, il incarnait l’esprit du surf dans sa forme la plus pure : la joie, le partage et l’authenticité. Son regard tourné vers l’avenir, il citait avec admiration le jeune Matias Canhoto comme futur Portugais sur le WCT, preuve de son humilité et de sa vision juste du surf.

    Aujourd’hui, la communauté du surf au Portugal, mais aussi à l’international, salue son souvenir. Des hommages affluent, rappelant combien ce garçon, en si peu de temps, avait marqué son entourage par son charisme et son énergie positive.

    Une inspiration pour les générations futures

    La perte de Zion soulève une réflexion profonde : comment honorer sa mémoire ? Pour certains, cela passera par des initiatives locales – compétitions en son nom, actions solidaires ou fondations pour encourager les jeunes talents. Mais pour tous, la meilleure façon de le célébrer sera sans doute de continuer à aimer le surf avec la même intensité que lui.

    Car si Zion Brocchi nous quitte trop tôt, il laisse un héritage immatériel : celui d’un enfant qui voyait dans chaque vague une aventure, dans chaque session une fête, et dans chaque sourire le vrai sens du surf.

  • ISA World Surfing Games : la polémique autour de l’interférence d’Aelan Vaast

    ISA World Surfing Games : la polémique autour de l’interférence d’Aelan Vaast

    Alors que les ISA World Surfing Games battent leur plein au Salvador, une série du tableau féminin a suscité de vives discussions dans la communauté surf. La Française-Tahitienne Aelan Vaast a écopé d’une interférence contestée face à la Chilienne Estela López Cross, une décision arbitrale qui continue de faire débat.

    Une série sous tension

    La scène s’est déroulée lors des premiers tours, sur un pic bien dessiné, ces bancs de sable offrant simultanément une gauche et une droite de potentiel équivalent. Dès le début de la série, aucune priorité n’était encore attribuée. Dans cette situation particulière, chaque surfeuse est libre de choisir sa vague, mais le règlement prévoit une sanction en cas de collision ou de gêne pour éviter, ce qui arriva.

    Estela López Cross est partie sur la droite gauche, tandis qu’Aelan Vaast s’est élancée sur la gauche de la même vague. La manœuvre est peu fréquente en compétition, car l’un des deux compétiteurs préfèrent ne pas prendre le risque. Mais là, les deux surfeuses pensent avoir la priorité. Généralement c’est la vague avec le plus de potentiel qui a la priorité. Pourtant, les juges ont décidé de sanctionner Vaast pour interférence, donnant l’avantage à la Chilienne.

    Pourquoi une double interférence semblait logique

    L’analyse technique de l’action laisse penser que la décision aurait pu être plus équilibrée. Dans les cas de pic droite – gauche, les règles permettent de sanctionner les deux athlètes si la situation est jugée équivoque. Or, la gauche et la droite offraient un potentiel similaire, et aucune priorité n’avait été clairement définie.

    Dans cette configuration, attribuer une double interférence aurait été une interprétation plus juste. Elle aurait reflété la responsabilité partagée entre les deux compétitrices dans une situation ambiguë.

    Une décision sans impact sur le résultat, mais lourde de sens

    Il est important de préciser que ce choix arbitral n’a pas directement influencé l’issue de la série : Estela López Cross a finalement terminé troisième, Aelan Vaast dernière de la série, et les deux surfeuses ont été envoyées au repêchage. Autrement dit, l’interférence n’a pas changé la hiérarchie immédiate.

    En revanche, l’incident interroge sur la cohérence des décisions prises par les juges. Dans une compétition internationale où chaque série compte pour l’accès aux Jeux Olympiques de Los Angeles 2028, la moindre erreur d’arbitrage peut avoir des répercussions lourdes sur la confiance des athlètes et l’image du sport.

    Entre récit sobre et polémique médiatique

    Sur place, les médias spécialisés ont rapporté l’incident de manière factuelle : « Comienzo de la serie sin prioridad marcada… Se cobró interferencia a la francesa sobre la chilena. Al final de la serie las dos cayeron al repechaje. » Un résumé simple, sans fioriture.

    À l’inverse, certains médias internationaux ont opté pour une lecture sensationnaliste, allant jusqu’à évoquer une « bagarre » entre les deux surfeuses et convoquant de vieilles rancunes diplomatiques entre la France et le Chili. Une exagération sans fondement, qui détourne l’attention de l’aspect purement sportif. Hein Beach Grit….

    L’arbitrage, talon d’Achille du surf de compétition

    Ce n’est pas la première fois que l’arbitrage fait polémique dans le surf. La subjectivité inhérente à l’évaluation des vagues, combinée à des situations de règles parfois complexes, laisse toujours place à l’interprétation. Si l’incident entre Vaast et López Cross ne change rien au tableau, il rappelle combien la clarté des décisions est essentielle pour éviter les polémiques inutiles.

    Le surf de compétition reste un sport où l’imprévisible fait partie du jeu : les vagues varient, les bancs de sable évoluent, et les interprétations des juges aussi. Mais à ce niveau, où se jouent des places qualificatives pour les Jeux, la cohérence doit rester la priorité.

  • Jean-Sébastien Lavocat, pilier du surf à Saint-Martin, nous a quittés

    Jean-Sébastien Lavocat, pilier du surf à Saint-Martin, nous a quittés

    C’est une journée noire pour le surf français et caribéen. Le jeudi 11 septembre 2025, la communauté apprenait avec une immense tristesse la disparition de Jean-Sébastien Lavocat, plus connu sous le nom de Jean-Seb. Figure incontournable du surf et du windsurf depuis plus de 30 ans, il laisse derrière lui un héritage immense et des générations de riders marqués par son énergie, son engagement et sa passion.

    Un pionnier du surf et du windsurf aux Antilles

    Arrivé très tôt sur la scène des sports de glisse, Jean-Seb Lavocat a bâti les fondations du surf moderne à Saint-Martin. Fondateur du SXM Surf Club du Galion et de Windy Reef SXM, il a non seulement structuré la pratique locale, mais aussi ouvert les portes d’un avenir sportif à de nombreux jeunes de l’île.

    Cette année, le club du Galion devait fêter ses 30 ans d’existence, symbole de la longévité et de l’impact de son engagement. Pour beaucoup, il représentait bien plus qu’un professeur de surf : un repère, un mentor, parfois même un second père.

    Un compétiteur infatigable

    Jean-Sébastien Lavocat n’était pas seulement un coach ou un formateur. Il était aussi un athlète accompli, particulièrement en windsurf. Son palmarès récent témoigne de son incroyable vitalité : en mars dernier, il participait encore à une compétition de niveau international à Porto Rico (IWT et PWA). Sa performance lui avait offert une qualification pour la prestigieuse finale de l’Aloha Classic, prévue en octobre à Hawaii.

    À plus de 50 ans, il démontrait que la passion et le travail acharné n’ont pas d’âge. Son retour sur le circuit avait impressionné et inspiré aussi bien ses pairs que les jeunes générations.

    Une empreinte indélébile sur les jeunes de Saint-Martin

    Au-delà de ses résultats sportifs, Jean-Seb restera dans les mémoires comme un transmetteur hors pair. La Fédération Française de Surf lui a rendu un hommage poignant :

    « Véritable pilier de la communauté saint-martinoise et président du club SXM Waterboys, il a marqué de son empreinte toute une génération de jeunes surfeurs. »

    Parmi ses élèves et protégés figurent aujourd’hui quelques-uns des plus grands noms de la scène caribéenne et française : William Aliotti, Maud Lecar, Titouan Boyer, Andrew Petrelluzzi, Thomas Doumenjou, Tom Houillez, Renan Grainville, sans oublier sa propre fille, Camille Lavocat. Tous saluent l’influence déterminante de son enseignement et de son humanité.

    Des valeurs humaines avant tout

    Jean-Sébastien Lavocat n’était pas seulement un coach exigeant. Il incarnait des valeurs humaines profondes : le respect, le partage, la solidarité et l’amour de l’océan. Les hommages spontanés fleurissent à Saint-Martin. Sur les murs du Galion, un mot inscrit au marqueur résume l’émotion collective :

    « Tu vas nous manquer Jean-Zboubi. Merci pour les plus belles années de notre jeunesse. Merci pour tous ces sourires. Ride bien là-haut. On t’aime. »

    Un héritage qui survivra aux vagues

    À Saint-Martin comme dans l’ensemble des Antilles, la disparition de Jean-Sébastien Lavocat laisse un vide immense. Mais son héritage demeure vivant, dans chaque vague surfée par ses élèves, dans chaque sourire d’un jeune qui découvre le surf, dans chaque passion qu’il a su transmettre.

    La Fédération Française de Surf adresse ses plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches ainsi qu’à toute la communauté saint-martinoise. Quant au monde du surf, il perd un pionnier… mais garde à jamais en mémoire l’image d’un homme debout, porté par le vent et les vagues, fidèle à sa passion jusqu’au bout.

  • Paul Bontemps, surfeur, créateur et passionné, s’en est allé

    Paul Bontemps, surfeur, créateur et passionné, s’en est allé

    C’est une nouvelle qui attriste profondément la communauté surf et skate en France. Paul Bontemps, surfeur, créateur, entrepreneur et figure de HOA Surf, est décédé à seulement 33 ans, des suites d’une maladie contre laquelle il s’était battu avec courage et espoir.

    Installé en Loire-Atlantique, Paul faisait partie de ces passionnés capables de transformer leurs rêves en réalité. Avec son ami et associé Antoine Bouganne, il avait cofondé HOA Surf, une aventure qui mêlait surf, skate et esprit d’entrepreneuriat. Ensemble, ils avaient commencé modestement, en fabriquant une première petite rampe au fond d’un hangar. Jour après jour, module après module, ils ont façonné de leurs mains un univers qui allait séduire bien au-delà de leur cercle d’amis.

    @hoasurf

    Résumer d’un trio à Tahiti et aussi d’une vie ! Vivez vos rêves et profitez de chaques instant

    ♬ son original – HOASURF

    Un passionné de surf et de skate

    HOA Surf n’était pas seulement une marque de planches : c’était une vision, celle d’unir surf et skate autour d’une même culture. Paul, paysagiste de métier, apportait son savoir-faire pour intégrer des modules de skate dans des environnements extérieurs, tout en partageant sa passion des vagues. Très vite, avec Antoine, ils se sont fait connaître pour leurs rampes, barres et skateparks sur-mesure.

    Mais plus qu’une entreprise, HOA Surf incarnait leur amitié, leur créativité, et cette volonté de rapprocher les cultures de glisse.

    L’esprit de partage avant tout

    Paul Bontemps ne s’intéressait pas à la célébrité ni aux chiffres. Dans une interview, il confiait :

    « Le nombre d’abonnés, je m’en contrefiche. Ce qui compte, c’est le partage qu’on peut avoir dans l’eau, les rencontres, les expériences. HOA Surf, c’est faire découvrir le surf, montrer que c’est accessible à tout le monde… mais avec le respect des autres, la sécurité et le plaisir avant tout. »

    Ces quelques mots résument à eux seuls son état d’esprit : généreux, ouvert, toujours tourné vers l’autre.

    Une communauté derrière lui

    Au fil des années, Paul et Antoine ont aussi investi les réseaux sociaux. Sur TikTok, Instagram ou YouTube, ils partageaient voyages, sessions de surf, créations de modules et moments de vie. Leur communauté, qui compte aujourd’hui des dizaines de milliers d’abonnés, n’était pas une simple audience : c’était une famille de passionnés unis autour de valeurs communes.

    Nombreux sont ceux qui, depuis l’annonce de sa disparition, lui rendent hommage, saluant sa gentillesse, sa créativité et sa passion communicative.

    Un dernier message plein d’espoir

    Jusqu’au bout, Paul a tenu à rester positif et à transmettre de la force à ses proches et à sa communauté. Dans un de ses derniers messages postés il y a quelques semaines, il écrivait :

    « Merci pour cette vague d’amour et de soutien ! Merci à ma famille, à ma copine, à mes proches… Vous me donnez la force de me battre ! On continue d’avancer et de remonter la pente, et on reste positif ! »

    Des mots forts, qui résonnent aujourd’hui comme un testament d’optimisme et de courage.

    Un héritage qui restera

    À travers HOA Surf, ses créations en bois, ses vidéos et ses voyages, Paul Bontemps laisse derrière lui bien plus que des planches et des modules : il laisse un esprit. Celui d’un passionné qui croyait aux rêves d’enfant, qui aimait transmettre et qui plaçait toujours le partage au centre de ses projets.

    À 33 ans, il s’en est allé bien trop tôt. Mais dans chaque rampe qu’il a dessinée, dans chaque vague qu’il a surfée, et dans chaque sourire qu’il a déclenché, son empreinte demeure.

  • Michel Bourez triomphe aux Maldives après sa blessure à Teahupoo

    Michel Bourez triomphe aux Maldives après sa blessure à Teahupoo

    Quelques semaines après sa mésaventure à Teahupo’o qui aurait pu compromettre sa participation, Michel Bourez a prouvé qu’il n’avait rien perdu de sa rage de vaincre. Le Tahitien, surnommé The Spartan, a remporté le prestigieux Four Seasons Maldives Surfing Champions Trophy 2025, en signant un parcours héroïque et un 10 parfait en finale.

    Un Spartan diminué mais déterminé

    La scène était presque irréelle : quelques heures avant le lancement de la compétition, Bourez boitait visiblement, victime d’une douleur aux ischio-jambiers. Beaucoup doutaient de sa capacité à enchaîner les manœuvres puissantes qui font sa signature. Pourtant, le Tahitien est apparu le sourire aux lèvres, fidèle à son tempérament guerrier.

    Au petit-déjeuner, il plaisantait : « J’espère qu’il y aura des barrels, je ne sais pas si j’ai encore assez de force pour tourner ». Derrière l’humour, une vraie incertitude planait. Mais dès son premier heat, Bourez a rassuré tout le monde en claquant un 8,5 d’entrée de jeu.

    Le décor magique des Maldives

    Grâce à la lecture inspirée du swell par Rosco, le prévisionniste de Tropic Surf, l’événement s’est joué le dernier jour de la waiting period, sous des conditions idéales : un reef parfait à Sultans, 3-4 pieds, glassy et turquoise.

    Le plateau de surfeurs avait fière allure : Owen Wright, Jesse Mendes, Craig Anderson, sans oublier le local Smiley Rasheed. Mais l’attention était tournée vers Michel, qui semblait transformer sa gêne physique en moteur. Ajustant son surf, plus appuyé sur le pied arrière que d’ordinaire, il a multiplié les séries avec des scores élevés.

    Une finale renversante face à Owen Wright

    En finale, Bourez s’est retrouvé face à un Owen Wright dominateur tout au long de l’épreuve. Mais ce jour-là, rien ne pouvait arrêter The Spartan. Dès les premières minutes, il posait les bases avec un 8,5 solide, enchaînant turns incisifs et une petite sortie de tube. Owen résistait, mais restait en quête d’un gros score.

    Puis, à une minute du buzzer, la vague de l’événement s’est présentée. Michel Bourez s’est élancé, s’est calé profondément dans le tube, a disparu, puis est ressorti sous les cris des spectateurs. Les juges n’ont pas hésité : 10/10. La victoire était scellée, avec panache.

    Un signal fort avant Hossegor

    Toujours sympa de voir un compétiteur comme Michel Bourez vaincre lors d’un contest, même si celui-ci n’est pas le plus prestigieux. On sent la passion intacte après plus de vingt ans de carrière au plus haut niveau.

    À quelques jours du Quiksilver Festival d’Hossegor, où il est attendu avec enthousiasme, cette victoire envoie un signal clair : le Tahitien est prêt. Blessure ou pas, The Spartan reste une figure incontournable du surf mondial.

  • Annulation historique d’une compétition de surf en Angleterre à cause des eaux usées

    Annulation historique d’une compétition de surf en Angleterre à cause des eaux usées

    Cela devait être une grande fête du surf britannique, rassemblant plus de 140 surfeurs venus des quatre coins du pays. Mais le week-end dernier, à Porthtowan, en Cornouailles, l’océan a offert un triste spectacle : des vagues parfaites… mais impraticables. La raison ? Un rejet d’eaux usées qui a forcé les organisateurs à annuler purement et simplement les English Interclub Surfing Championships. Une première dans l’histoire de la discipline outre-Manche.

    Un événement stoppé net malgré des conditions parfaites

    Samedi matin, les conditions étaient idéales : un joli 3 à 5 pieds, soit 1 à 1,5 m, une houle propre, et un niveau de surf élevé chez les participants. Pourtant, à peine la compétition lancée, les maîtres-nageurs ont red-flaggué la plage après la confirmation d’un rejet d’eaux usées en mer.
    « Nous avons immédiatement interrompu la compétition et demandé à tous les surfeurs de quitter l’eau », a expliqué Surfing England. « Nous étions dévastés de devoir mettre fin à l’événement, surtout avec de si belles vagues et un tel niveau de surf. »

    Hannah Brand, responsable de l’organisation, n’a pas caché sa stupeur : « C’est une première. Nous n’avions jamais annulé un événement pour une pollution de ce type. »

    La colère des surfeurs face aux risques sanitaires

    Au-delà de la frustration sportive, l’inquiétude pour la santé est réelle. Rob Abrams, de l’association Surfers Against Sewage, rappelle que les conséquences d’une baignade en eaux polluées peuvent être graves : gastro-entérites, infections respiratoires, cutanées, oculaires ou auriculaires, parfois avec des hospitalisations prolongées.
    Selon lui, ce rejet pose question : « Les compagnies d’eau ont le droit de déverser en cas de pluies exceptionnelles. Mais dimanche, il n’y avait rien d’extraordinaire, juste un peu de pluie. Cela ressemble à une excuse pour justifier un déversement évitable. »

    Les compagnies d’eau dans le viseur

    South West Water (SWW), l’entreprise responsable de la gestion locale, s’est défendue en affirmant que son « trop-plein » avait été activé conformément aux normes, en raison des pluies. Mais pour de nombreux observateurs, cet argument ne tient pas.
    Ben Powis, directeur de Surfing England, parle de « profonde frustration » : « Ces autorisations doivent rester exceptionnelles. Là, on a l’impression que c’est devenu une habitude dès qu’il tombe quelques gouttes. »

    Les chiffres donnent raison aux associations : sur les six premiers mois de 2025, SWW aurait été responsable de plus de 2 000 rejets sur des jours considérés comme secs. Un manque de transparence dénoncé avec force.

    Une image ternie et un coup dur pour le tourisme

    Cette annulation dépasse le seul cadre sportif. Les compétitions attirent des centaines de personnes, qui consomment localement et soutiennent l’économie des villages côtiers.
    « Quand les plages sont fermées pour cause de pollution, ce n’est pas seulement les surfeurs qui trinquent », déplore Rob Abrams. « C’est toute l’image de la région qui en souffre. Certains touristes nous disent déjà qu’ils iront ailleurs. »

    Un coup dur pour la Cornouailles, région qui mise beaucoup sur son attractivité balnéaire.

    Quelles solutions pour l’avenir ?

    Face à l’indignation, le gouvernement britannique promet des réformes. Un porte-parole du ministère de l’Environnement a rappelé que de nouveaux outils étaient en place : interdiction des bonus jugés abusifs pour les dirigeants de compagnies d’eau, investissements massifs pour moderniser les infrastructures, et création d’un régulateur unique plus puissant.
    De son côté, SWW assure avoir lancé un plan d’investissement de plusieurs milliards de livres et promet de livrer ses travaux dix ans avant les objectifs gouvernementaux. Mais pour les associations, le compte n’y est pas : « Nous n’avons pas besoin de promesses, mais d’un changement radical. Les océans ne peuvent pas attendre », martèle Surfers Against Sewage.

    Le surf en première ligne de la crise environnementale

    Cette annulation inédite est un signal fort. Elle montre à quel point le surf, activité intimement liée à l’océan, se retrouve directement touché par la mauvaise gestion des eaux usées. Pour les surfeurs, mais aussi pour les habitants et les touristes, la question n’est plus seulement de profiter des vagues, mais de savoir si elles seront encore propres et saines demain.

  • Hommage à Mercury Psillakis, surfeur, père et “âme sœur” emporté à Long Reef

    Hommage à Mercury Psillakis, surfeur, père et “âme sœur” emporté à Long Reef

    Dee Why, Northern Beaches (Sydney) — Samedi 6 septembre 2025, vers 10 h, Mercury “Merc” Psillakis, 57 ans, a été mortellement attaqué par un requin au large de Long Reef. L’Australie du surf perd un voisin, un ami, un père, un passionné.

    Un surfeur apprécié, un voisin engagé

    Installé à Dee Why, Merc était connu pour son énergie lumineuse et sa gentillesse au pic comme à terre. Entrepreneur local, amoureux des plantes rares, mari de Maria et père de Freedom, il incarnait ce fil invisible qui relie une communauté autour de l’océan. Les autorités ont confirmé qu’il se trouvait à environ 100 m du rivage lorsque l’attaque s’est produite. D’autres surfeurs l’ont ensuite ramené vers la plage, malgré des blessures « fatales ». Les plages entre Manly et Narrabeen ont été temporairement fermées dans la foulée.

    Le geste héroïque de Merc

    Des témoins et des proches racontent un dernier acte d’un altruisme bouleversant : Merc aurait repéré le squale et appelé les autres à se regrouper pour rentrer vers le bord. Il aurait ainsi aidé ses amis à se mettre à l’abri avant d’être frappé à son tour. « Stoïque, héroïque jusqu’au bout », témoigne un ami de la famille. Ce récit a profondément marqué le littoral nord de Sydney.

    Le deuil d’un jumeau : “Nous partagions la même âme”

    Son frère jumeau, Mikali (Mike), shaper, a publié des mots qui ont traversé l’océan : « C’est le moment le plus difficile de ma vie… il était ma main droite… nous partagions la même âme. » Il appelle chacun à « vivre avec une pure passion » et à dire à ses proches qu’on les aime. Des mots simples, vrais, à l’image de Merc.

    Paroles de la famille : “Impossible de ne pas l’aimer”

    Dans un message public, ses proches décrivent un homme « impossible à ne pas aimer », un mari et un père « dévoué et incroyablement joyeux » qui « savait apporter de l’humour dans chaque situation ». Ils saluent aussi les surfeurs et sauveteurs qui ont risqué leur vie pour le ramener. La communauté de Long Reef Boardriders parle, elle, de « fils préféré de Long Reef ».

    Ce que l’on sait de l’attaque

    Les biologistes du NSW, après examen de la planche brisée, estiment qu’un grand requin blanc d’environ 3,4 à 3,6 m est responsable. Des SMART drumlines supplémentaires et des drones ont été déployés dans la zone les jours suivants, tandis que Dee Why et Long Reef sont restées fermées pendant les opérations de surveillance.

    Un drame qui relance le débat sur la sécurité

    L’onde de choc a immédiatement réouvert le débat sur les filets anti-requins. Le gouvernement du NSW a suspendu, puis maintenu la pause du projet de retrait partiel des filets annoncé pour cet été, le temps d’évaluer les faits et l’efficacité des dispositifs existants (filets, drumlines, drones, stations d’écoute). Les fermetures préventives se sont étendues aux plages voisines dans les jours suivants.

    Au-delà des chiffres, une présence qui manque

    Pour ceux qui croisaient Merc chaque matin, board sous le bras et sourire aux lèvres, la perte est incommensurable. On raconte qu’il « sautillait sur l’herbe » jusqu’au bord, discutait avec tout le monde, puis ramait vers le large avec l’enthousiasme d’un gamin. Ce sont ces images, ces éclats de voix et cette chaleur humaine qui resteront. À sa famille, à ses amis, à ses partenaires d’aube et de marée, toute la tribu du surf vous serre fort.

    Si vous souhaitez aider

    Des élans de solidarité se sont organisés localement pour soutenir sa famille. Renseignez-vous via les canaux officiels et associatifs des Northern Beaches avant toute contribution.

    Repose en paix, Merc

  • Kelly Slater face à la scoliose : la légende dévoile ses radios

    Kelly Slater face à la scoliose : la légende dévoile ses radios

    Depuis qu’il a annoncé mettre un terme à sa carrière de compétiteur, Kelly Slater n’a pas seulement tiré sa révérence sportive. Il a aussi ouvert un nouveau chapitre de sa vie, où l’humain prend le pas sur l’athlète. Ces derniers jours, l’Américain a partagé avec ses fans un examen médical révélant l’ampleur de sa scoliose, une pathologie dont il souffre depuis de nombreuses années.

    Un body scan révélateur

    Kelly Slater a profité de sa nouvelle vie loin du circuit pour passer un bilan de santé complet dans une clinique spécialisée. Sur Instagram, il a expliqué :

    « J’ai fait récemment un body scan afin d’avoir un aperçu de tous les problèmes de santé que je connais déjà, mais aussi de ceux dont je n’avais pas conscience. Maintenant que je suis hors du Tour et que j’ai un peu de temps, c’était le bon moment pour m’y pencher. J’ai eu quelques résultats mineurs et modérés à surveiller, mais je n’entrerai pas dans les détails. Évidemment, ma scoliose, dont j’ai souvent parlé, est un vrai problème. »

    La star de 53 ans n’en est pas à sa première confidence sur son dos fragile, mais voir la courbure de sa colonne vertébrale en noir et blanc a marqué ses fans.

    Un combat qui dure depuis longtemps

    Ce mal de dos, Kelly le connaît depuis longtemps. Dès 2016, il confiait :

    « Je traîne un problème de dos assez sérieux depuis plusieurs années. Je ne sais pas si j’ai été dans le déni ou si je faisais semblant que ce n’était pas si grave, mais il y a beaucoup de jours où je ne surfe pas parce que j’ai trop mal. C’est surtout le bas du dos. J’ai une scoliose assez sévère, avec un déséquilibre : je suis plus court d’un côté que de l’autre. Et au milieu du dos, ça part dans l’autre sens, ce qui forme une sorte de S. »

    Un handicap qui n’a pas empêché le Floridien de continuer à rivaliser avec l’élite mondiale, décrochant encore des victoires après 40 ans. Mais à force, les douleurs et les limites physiques se sont imposées.

    La force de partager sa vulnérabilité

    Publier ses radios n’était pas une démarche évidente pour Slater. Pourtant, il a choisi de le faire pour transmettre un message universel :

    « Montrer ma colonne est très personnel, car c’est impressionnant de voir cette courbure avec laquelle je vis depuis tant d’années. Mais je pense qu’il est important que les gens sachent que nous avons tous des problèmes physiques, et que nous pouvons trouver des moyens de réduire leurs impacts, voire d’inverser certains effets. »

    Un témoignage qui résonne bien au-delà du surf. Slater rappelle aussi l’importance des bilans de santé réguliers, surtout passé la cinquantaine :

    « Ces examens sont particulièrement importants pour les personnes de plus de 50 ans. Je suis très reconnaissant d’avoir pu trouver une place dans leur clinique malgré mon emploi du temps serré. »

    Un geste sincère… ou une opération marketing ?

    Si la transparence de Kelly Slater force le respect, son post interroge aussi. Car au-delà du message de prévention, impossible d’ignorer que l’examen a été réalisé chez Prenuvo, une start-up canadienne qui s’est fait connaître grâce aux célébrités. Kim Kardashian, Paris Hilton ou encore Cindy Crawford en ont déjà fait la promotion, décrivant leur IRM comme une « machine qui sauve des vies ». Problème : ce dépistage intégral du corps est facturé près de 2.500 dollars et suscite de vives critiques du corps médical. En France, plusieurs spécialistes rappellent qu’aucune étude ne prouve l’efficacité préventive de ce type d’examen, qui relève davantage du produit de luxe anxiogène que d’une véritable médecine. Dans ce contexte, on peut se demander si Slater ne s’est pas fait, volontairement ou non, le relais publicitaire d’une entreprise controversée. Après tout, il aurait pu partager ses radios et parler de son combat contre la scoliose sans citer le nom de la clinique.

    La légende reste inspirante

    Même s’il ne portera plus de lycra sur le Tour, Kelly Slater continue d’inspirer. Par sa longévité hors normes, par son palmarès (11 titres mondiaux), mais aussi aujourd’hui par son authenticité. Sa scoliose, visible et assumée, rappelle que même les plus grands champions ne sont pas invincibles.

    Cette transparence transforme sa fin de carrière en un passage de relais symbolique : aux jeunes générations de briller, et à Slater de montrer que vieillir peut aussi être une leçon de courage et de lucidité.

  • Yi-Wo, le nouveau film de Thomas Campbell en tournée en France

    Yi-Wo, le nouveau film de Thomas Campbell en tournée en France

    Depuis plus de vingt ans, Thomas Campbell occupe une place à part dans le monde du surf. Réalisateur de films devenus cultes comme Sprout (2004) ou The Present (2009), il mêle art visuel, glisse et musique avec une sensibilité unique. En 2025, il revient avec Yi-Wo, une œuvre poétique, fruit de dix ans de travail, qui sera présentée pour la première fois en France lors d’une tournée exceptionnelle.

    Un voyage sensoriel et rituel

    Yi-Wo n’est pas un simple surf movie. Campbell le définit comme une « prière », un voyage rituel au cœur de l’océan et de l’inconnu. Tourné principalement en 16 mm, le film nous plonge dans une esthétique artisanale et intemporelle, bien loin des images lisses du numérique. Chaque séquence ressemble à un poème visuel, invitant à se perdre ou à se retrouver dans l’expérience de la glisse.

    Au-delà des vagues, le film célèbre un mode de vie, une manière de voir le surf comme une improvisation poétique, une discussion intime avec la nature.

    Une distribution de rêve et des destinations mythiques

    Comme toujours chez Campbell, le casting est soigneusement choisi. On y retrouve des figures emblématiques du surf alternatif et du longboard : Ryan Burch, Alex Knost, Joel Tudor, Karina Rozunko, Lauren Hill, Dave Rastovich, Ozzie Wright, Jared Mell, Trevor Gordon, Nick Melanson ou encore Bryce Young.

    Les sessions filmées nous transportent aux Fidji, au Maroc, en Indonésie, au Costa Rica, en Australie, en Californie et même dans le désert de l’Utah. Une diversité de lieux qui reflète la richesse du surf mondial et l’approche éclectique du réalisateur.

    Les premières françaises de Yi-Wo

    Autour de Around The Waves, le film arrive enfin en France pour une série de projections exclusives. Voici les dates à ne pas manquer :

    • Paris – jeudi 11 septembre au Grand Rex
    • Bordeaux – jeudi 11 septembre au Mégarama
    • Quimper – vendredi 12 septembre au Cinéville
    • Hossegor – mardi 16 septembre au Cinéma Le Rex
    • Biarritz – vendredi 19 septembre au Cinéma Le Royal

    Un programme qui traverse les hauts lieux du surf français et permet aux passionnés, du Finistère à la côte basque, de vivre cette expérience sur grand écran.

    L’esprit du surf libre

    La sortie de Yi-Wo résonne avec les réflexions de surfeurs comme Alex Knost ou Jared Mell, qui rappellent que le surf peut être une forme d’improvisation artistique. Loin de l’univers compétitif où chaque manœuvre est jugée, Campbell célèbre la liberté, la créativité et le plaisir pur de la glisse.

    À travers ses images et sa bande-son, le film offre un contrepoint essentiel à un surf parfois trop formaté : une invitation à retrouver la curiosité enfantine, à tester d’autres planches, d’autres approches, et à renouer avec la dimension spirituelle de l’océan.

    Une projection à ne pas manquer

    En choisissant de diffuser Yi-Wo dans des salles de cinéma et non uniquement en ligne, Thomas Campbell rappelle l’importance de l’expérience collective. Voir un surf movie entouré d’autres passionnés, dans l’obscurité d’une salle, reste un moment unique.

    Dix ans après The Present, Campbell signe ici un retour attendu, avec une œuvre qui dépasse largement le cadre du surf. Yi-Wo est une célébration de la glisse, de la nature et de l’art, à découvrir en exclusivité dans quelques villes françaises en septembre.

  • Ron DiMenna, l’homme derrière Ron Jon Surf Shop, est décédé à 88 ans

    Ron DiMenna, l’homme derrière Ron Jon Surf Shop, est décédé à 88 ans

    Le créateur du “World’s Most Famous Surf Shop” laisse derrière lui une empreinte unique dans l’histoire du surf

    Le monde du surf vient de perdre l’un de ses personnages les plus singuliers et influents. Ron DiMenna, fondateur du mythique Ron Jon Surf Shop, est décédé le 6 septembre 2025 à l’âge de 88 ans. Derrière ce nom devenu une véritable marque mondiale, se cachait un homme aussi visionnaire qu’énigmatique, qui aura contribué à transformer la culture surf en un phénomène de masse.

    Les débuts à New Jersey, la légende d’un shop

    C’est en 1959, bien loin des palmiers de Cocoa Beach, que l’histoire commence. Ron DiMenna ouvre son premier magasin à Ship Bottom, dans le New Jersey. Jeune passionné de surf, il comprend très vite que cette pratique émergente peut séduire bien au-delà des côtes californiennes. Il se met à vendre des planches importées de Californie, puis à développer un véritable univers autour de ce sport encore marginal.

    Dès 1963, poussé par son instinct d’entrepreneur et son goût pour l’aventure, il s’installe à Cocoa Beach, en Floride. À deux pas du spot de Kelly Slater, il implante ce qui deviendra le plus grand surf shop du monde, ouvert 24 heures sur 24. Aujourd’hui, le flagship de Cocoa Beach attire plus de 1,5 million de visiteurs par an, autant que le Kennedy Space Center voisin.

    Ron Jon, une institution de la côte Est

    Le concept de DiMenna est simple : proposer un lieu où l’on trouve tout ce qui fait la culture surf, des planches aux bikinis en passant par les T-shirts, les autocollants et une infinité de goodies. Son sens du merchandising est visionnaire. Les fameux autocollants gratuits “Ron Jon Surf Shop” se retrouvent collés sur des millions de voitures et de fenêtres à travers les États-Unis, jusqu’au fin fond du Texas ou de l’Ohio.

    Résultat : pour beaucoup, un voyage en Floride n’était complet qu’après un passage au Ron Jon de Cocoa Beach. Certains allaient jusqu’à comparer ce “pèlerinage” à un rite initiatique pour être considéré comme un vrai surfeur.

    Un entrepreneur controversé et insaisissable

    Si son magasin est mondialement connu, l’homme derrière le logo est resté une énigme. Ron DiMenna fuyait les médias, au point que la plupart des journalistes n’avaient jamais réussi à obtenir une photo récente de lui. Seules quelques rares images circulent, dont un mugshot pris en 2010 après une arrestation pour conduite en état d’ivresse.

    Son parcours est jalonné d’anecdotes qui alimentent la légende : une passion pour la dynamite dans les années 70, des démêlés avec la justice liés à la drogue, une vie itinérante dans un camping-car de luxe rebaptisé “Rubber Ranch”. Malgré les rumeurs et les excès, il a toujours cultivé une image de businessman autodidacte, imprévisible mais redoutablement brillant.

    Comme l’a résumé Duke Boyd, cofondateur de Hang Ten :

    « Ce que vous voyez aujourd’hui dans l’industrie du surf découle de son merchandising visionnaire. Il a compris très tôt que le surf pouvait séduire bien au-delà d’une minorité de pratiquants. »

    Une influence durable sur l’industrie du surf

    Bien avant que Quiksilver, Billabong ou Volcom ne s’installent dans les grandes métropoles, Ron Jon avait déjà exporté la culture surf à grande échelle. Ses magasins ont contribué à démocratiser un lifestyle qui dépasse la simple pratique sportive.

    Ron DiMenna a également marqué son époque par sa volonté de préserver le littoral. Avec son épouse Lynne, il a créé la Surfing’s Evolution & Preservation Foundation, qui finance notamment des programmes de protection des plages de Floride grâce à la vente de plaques d’immatriculation “Endless Summer”.

    En 1998, il a été intronisé au East Coast Surfing Hall of Fame, reconnaissance ultime pour son rôle dans la popularisation du surf sur la côte Est des États-Unis.

    Une légende aux multiples visages

    Ron DiMenna laisse derrière lui un héritage contrasté. D’un côté, le fondateur génial d’un empire du surf retail qui a inspiré des générations de surfeurs. De l’autre, un personnage insaisissable, parfois sulfureux, qui refusait obstinément la célébrité.

    Sa disparition marque la fin d’une époque, mais son influence continuera de se ressentir dans chaque T-shirt Ron Jon porté aux quatre coins du monde. Pour beaucoup, son magasin restera le “World’s Most Famous Surf Shop”, une vitrine de la culture surf accessible à tous.

    En Floride, les drapeaux sont actuellement en berne pour lui rendre hommage. Dans la mémoire collective des surfeurs, Ron Jon restera à jamais associé à la démocratisation du surf et à l’idée que cette culture peut rassembler bien au-delà de l’océan.

  • Lorenzo Avvenenti sauvé in extremis après un terrible wipeout à Teahupo’o

    Lorenzo Avvenenti sauvé in extremis après un terrible wipeout à Teahupo’o

    Teahupo’o a encore rappelé pourquoi elle est considérée comme la vague la plus dangereuse au monde. Mercredi dernier, lors d’une session historique sur le récif tahitien, le surfeur local Lorenzo Avvenenti a frôlé la mort après un wipeout d’une violence inouïe. Grâce à une mobilisation immédiate et héroïque, il a été sauvé et se remet aujourd’hui à l’hôpital.

    Une journée de rêve qui a failli tourner au drame

    Le photographe Morgan Maassen était présent pour documenter ce swell d’exception. « C’était probablement l’un des plus beaux jours que j’ai jamais vus à Teahupo’o », raconte-t-il. Vagues parfaites, plan d’eau glassy toute la journée et une poignée de surfeurs à l’eau. Parmi eux, Peio Ostolozaga et Lorenzo Avvenenti, deux riders locaux habitués des lieux.

    Aux alentours de 16 h, un set massif déferle. Peio s’élance sur la première bombe et sort d’un tube aussi magnifique que risqué. Derrière lui, Lorenzo est tracté sur la deuxième vague. Mais son take-off se complique, il perd l’équilibre et chute droit dans la zone d’impact. « Il a chuté dans la vague avant de se faire embarquer par la lèvre façon Niccolo Porcella », témoigne un surfeur présent.

    La puissance implacable de Teahupo’o

    Le récif ne pardonne rien. « Il s’est fait absolument pulvériser », décrit Morgan Maassen. Pris dans le courant, recouvert par les restes du premier set et submergé par la deuxième vague, Lorenzo disparaît sous la mousse. Les jet-skis de sécurité se précipitent, mais la visibilité est quasi nulle et la zone saturée de bateaux et de caméramans.

    Pendant de longues secondes, personne ne le voit réapparaître. Puis, un cri retentit depuis un bateau : « Il est à droite ! » hurle Kim Mean, perchée sur le roof de l’embarcation de Cindy Drollet. À ce moment-là, un nouveau set s’abat et il faut encore trente secondes d’attente avant que l’un des sauveteurs parvienne à hisser le surfeur inanimé sur un jet.

    C’est finalement Matahi Drollet qui le récupère, assisté par Tahurai Henry et Biglush, deux figures locales de la sécurité. Sur le ski, ils entament immédiatement un massage cardiaque et tentent de vider l’eau de ses poumons.

    Un miracle collectif

    Contre toute attente, Lorenzo reprend vie. Transporté vers la côte puis à l’hôpital, il passe par la réanimation, mais son état s’améliore. Hier, sa compagne Mia a donné des nouvelles rassurantes sur Instagram : « Lorenzo est désormais dans un état stable. Il ne peut ni manger ni boire, et il parle à peine, mais il est vivant. Il veut remercier Dieu, Teahupo’o et tous ceux qui ont contribué à son sauvetage. »

    Dans son message, elle adresse aussi une pensée particulière à Matahi Drollet pour l’avoir retrouvé, à Tahurai Henry, et à tous les amis qui ont poussé pour qu’il revienne à la vie.

    Teahupo’o, beauté et danger permanent

    Cet accident rappelle que Teahupo’o est un spot à part, à la fois sublime et impitoyable. Chaque session de gros y est une danse entre fascination et peur. « Tous les bateaux et les surfeurs sont sortis de l’eau après le sauvetage, par respect, mais aussi parce que tout le monde était secoué », confie Maassen.

    Trois mois seulement après le grave accident de l’Irlandais Tom Lowe sur la même vague, cet épisode souligne à quel point la solidarité locale et les équipes de sécurité sont vitales. Sans elles, la journée aurait pu virer au drame irréversible.

  • Tragédie à Sydney : un surfeur tué par un requin sur la plage de Long Reef

    Tragédie à Sydney : un surfeur tué par un requin sur la plage de Long Reef

    Une attaque rarissime sur les Northern Beaches

    Sydney a été frappée par une tragédie ce samedi 6 septembre au matin. Un surfeur expérimenté, père de famille, a perdu la vie après avoir été attaqué par un requin à Long Reef Beach, près de Dee Why, sur les célèbres Northern Beaches.
    L’incident est survenu peu après 10h, alors que la plage était très fréquentée en raison d’une météo estivale.

    Selon la police locale, l’homme a été mordu à plusieurs reprises par un grand requin, probablement un requin blanc de grande taille. Son corps, retrouvé flottant dans les vagues, a été ramené au rivage par quatre ou cinq autres surfeurs présents à l’eau. Malgré des tentatives de réanimation, il est décédé sur place.

    Une scène choquante pour les témoins

    De nombreux témoins présents sur la plage décrivent une scène d’horreur.
    « J’étais assise avec mon café quand l’alarme anti-requin a retenti. Deux minutes plus tard, quatre ambulances arrivaient. Ils n’ont pas réussi à le sauver », a confié une habitante locale, Sophie Lumsden, au Daily Telegraph.

    La planche de surf de la victime a été retrouvé brisé en deux, signe de la violence de l’attaque. Le policier Stuart Thomson a confirmé que l’homme avait subi des « blessures fatales », ayant perdu plusieurs membres.

    Un drame familial

    L’identité du surfeur a été rapidement communiquée : il s’agissait d’un père de famille et surfeur expérimenté, habitué à la zone. Sa disparition, survenue à la veille de la fête des pères en Australie, a été décrite comme « particulièrement tragique » par les autorités.
    Sa famille, présente sur les lieux, a été submergée par l’émotion. Selon la presse locale, son frère s’est effondré et sa mère a dû être soutenue physiquement.

    Des plages fermées jusqu’à nouvel ordre

    À la suite de l’attaque, les autorités ont immédiatement fermé les plages entre Manly et Narrabeen, et lancé une opération en mer avec bateaux, jet-skis et hélicoptères pour tenter de localiser l’animal.
    Le Département des Industries Primaires (DPI) travaille désormais à identifier l’espèce responsable et à décider des mesures à prendre.

    Le maire des Northern Beaches, Sue Heins, a rappelé que de nouvelles technologies alternatives aux filets anti-requins étaient en cours d’expérimentation. Un sujet sensible en Australie, où les filets sont critiqués pour leur inefficacité et leur impact sur d’autres espèces marines.

    Un rappel des précédents drames à Sydney

    Cette attaque est la deuxième mortelle en trois ans dans la ville. En 2022, le plongeur Simon Nellist avait été tué par un grand requin blanc à Little Bay, une attaque qualifiée de « première depuis 1963 » dans la capitale du New South Wales.
    Bien que les attaques soient rares, leur impact émotionnel est immense dans une nation où le surf et la baignade font partie du quotidien.

    Un deuil pour toute la communauté surf

    Le drame de Long Reef résonne bien au-delà de Sydney. La communauté surf australienne, mais aussi internationale, a exprimé sa tristesse et son soutien à la famille de la victime.
    Pour les surfeurs, la présence des requins fait partie des risques connus, mais souvent refoulés. Comme le rappelait un témoin d’une attaque précédente à Cabarita Beach :
    « On sait qu’ils sont là. Mais voir un animal aussi énorme de si près reste extrêmement rare. »

    L’océan, magnifique, mais imprévisible, vient une nouvelle fois de rappeler sa puissance.

  • Noyade à Lacanau : un surfeur réanimé in extremis avant son transfert au CHU

    Noyade à Lacanau : un surfeur réanimé in extremis avant son transfert au CHU

    Un grave accident est survenu ce vendredi 5 septembre en fin de matinée sur la plage centrale de Lacanau. Vers 10h45, un homme d’une quarantaine d’années a été aperçu en grande difficulté dans les vagues par deux surfeurs présents à l’eau. Ces derniers ont réussi à le ramener sur le rivage alors qu’il était inconscient.

    Une réanimation sur la plage

    La victime, en arrêt cardiorespiratoire au moment de son extraction de l’eau, a immédiatement bénéficié des premiers gestes de secours. Un moniteur de surf, épaulé par le responsable du club de sauvetage côtier de Lacanau, a entamé un massage cardiaque. Un défibrillateur, apporté par un autre moniteur du Lacanau Surf Club, a également été utilisé dans les premières minutes cruciales.

    Rapidement, les sauveteurs CRS, les pompiers et l’équipe médicale du Samu, arrivée par l’hélicoptère Dragon 33 de la Sécurité civile posé directement sur la plage, ont pris le relais. Après plusieurs tentatives, un pouls a pu être rétabli. L’homme a ensuite été évacué vers le CHU de Bordeaux, dans un état grave.

    Des conditions de mer compliquées

    Cet accident dramatique s’est produit alors que l’océan présentait des conditions particulièrement piégeuses. Une houle avoisinant les 1,5 à 2 mètres combinée à la présence de forts courants de baïnes rendaient la baignade et la pratique du surf risquées ce vendredi matin.

    Les autorités locales rappellent régulièrement que les courants de baïnes, typiques de la côte aquitaine, représentent un danger même pour des pratiquants expérimentés.

    Un été jusque-là épargné

    Ce drame survient après deux mois d’été durant lesquels aucune noyade mortelle n’avait été recensée sur les plages girondines. Grâce au dispositif renforcé de surveillance — avec la présence de dizaines de sauveteurs CRS et des équipes communales — juillet et août avaient été marqués par une absence de tragédies liées à la baignade.

    Il est important de rappeler que les accidents de surf de type noyade sont rares chez les surfeurs. Nous espérons que son état va vite s’améliorer, courage à la famille

  • Mike Stewart, 62 ans, défie encore Teahupo’o

    Mike Stewart, 62 ans, défie encore Teahupo’o

    On dit souvent que le surf est un sport de jeunes. Les images des réseaux sociaux regorgent de kids de 15 ans envoyant des airs insensés, de juniors qui enchaînent tubes et manœuvres comme s’ils étaient nés avec une planche sous les pieds. Mais il y a des exceptions. Des exceptions qui rappellent que l’océan n’a pas d’âge, que le courage ne se mesure pas aux bougies sur un gâteau. Et Mike Stewart, à 62 ans, vient une nouvelle fois de le prouver… à Teahupo’o, rien que ça.

    Une légende vivante toujours en action

    Mike Stewart, c’est une légende du bodyboard et du bodysurf. Neuf fois champion du monde, pionnier de spots mythiques, premier bodyboarder à dompter Jaws ou les outer reefs d’Hawaï… la liste est interminable. Pour beaucoup, il est l’équivalent d’un Kelly Slater version bodyboard : un waterman total, respecté par toutes les générations.

    Mais voilà, là où d’autres choisissent une retraite paisible, Stewart continue de charger les vagues les plus radicales du globe. Son terrain de jeu favori ? Pipeline à Hawaii, mais cette fois, on le retrouve à Teahupo’o, Tahiti. Cette gauche monstrueuse, réputée pour son épaisseur plus que pour sa hauteur, a façonné la légende du surfeur hawaiien. Et il n’a visiblement aucune intention d’arrêter.

    L’airdrop de tous les dangers

    La scène est simple, mais hallucinante : Stewart se cale au pic, rame, se jette dans une bombe et… chute littéralement du ciel. Un airdrop vertical, comme seuls les plus téméraires (ou les plus fous ?) osent tenter à Teahupo’o. La suite ? Un wipeout monumental, une planche brisée, et probablement une côte fissurée.

    Mais ce qui frappe, ce n’est pas la chute en elle-même. C’est l’engagement. À 62 ans, alors que la plupart de ses contemporains se contentent de sessions tranquilles à Waikiki, lui se lance dans une vague qui fait trembler les meilleurs pros du moment.

    Le respect de toute une communauté

    La vidéo, immortalisée par le photographe Tim McKenna, a rapidement fait le tour des réseaux. En légende, une phrase qui résume tout : « 62 ans et toujours à charger comme un grom. » Le terme “grom” désigne habituellement les gamins surfeurs. L’appliquer à Stewart à plus de soixante ans est aussi ironique que révélateur : cet homme a gardé l’énergie et la folie des débuts.

    Dans les commentaires, la communauté du surf et du bodyboard a salué l’exploit. Michel Bourez a lâché un sobre mais puissant : « Once a legend, always a legend. » ou en version française « Une fois une légende, toujours une légende. » Kiron Jabour a opté pour un plus direct « Savage send ! » Quant à Tikanui Smith, figure tahitienne, il résume en deux mots : « That was crazy. »

    Une histoire qui dure depuis les années 80

    Si Stewart continue d’impressionner aujourd’hui, ce n’est pas un hasard. Il fait partie de ceux qui ont écrit les premières pages de Teahupo’o. À la fin des années 80, il était déjà là, aux côtés de Ben Severson, pour explorer ce reef terrifiant alors inconnu du grand public. Dans les années 90, il fut aussi le premier bodyboarder à affronter des vagues de 20 pieds sur les outer reefs d’Oahu, et à rider Jaws en 1993.

    Autrement dit : Mike Stewart n’a pas seulement participé à l’histoire, il l’a construite. Le voir encore charger à 62 ans, c’est un rappel saisissant de ce lien indestructible entre un homme et l’océan.

    L’âge, juste un chiffre

    Bien sûr, on pourrait sourire de la situation. Un sexagénaire qui charge à Teahupo’o, ça a quelque chose de surréaliste. Mais au fond, la vraie leçon est ailleurs : l’âge n’est qu’un chiffre. Ce qui compte, c’est la passion, le feu intérieur qui pousse à ramer encore une fois, à se jeter dans la gueule du monstre pour sentir cette seconde de grâce, même si elle finit en roulade sous des tonnes d’eau.

    Mike Stewart nous rappelle que l’esprit du surf et du bodyboard, ce n’est pas seulement la performance ou les trophées. C’est avant tout une attitude : rester curieux, oser, et ne jamais perdre l’envie d’aller voir ce qu’il y a derrière la prochaine vague.

    Et à 62 ans, franchement, qui peut en dire autant ?

  • Dick Brewer, l’architecte éternel du surf moderne

    Dick Brewer, l’architecte éternel du surf moderne

    Trois ans après sa disparition, l’ombre de Dick Brewer plane toujours sur le surf. Le documentaire The Shape of Things retrace l’héritage du shaper de Kauaï, dont les planches ont transformé la discipline à jamais.

    Une légende au panthéon des shapers

    Comment décrire Dick Brewer ? Génie excentrique pour certains, méthodique et visionnaire pour d’autres, le shaper hawaïen a bouleversé l’histoire du surf. Dans les années 60 et 70, pratiquement tous les grands noms ont surfé ses planches. Matt Warshaw, historien du surf, le résume bien : « Virtually every notable surfer of the 1960s and ’70s rode Brewer’s boards ». (En gros, tous les grands surfeurs des années 60 et 70 ont surfé des planches de surf Brewer)

    Quand d’autres shapers distribuaient gratuitement leurs créations dans l’espoir de gagner en notoriété, Brewer, lui, faisait payer ses boards. Et les surfeurs acceptaient sans broncher, conscients que ses shapes offraient un avantage décisif. De Waimea à Sunset, ses guns sont devenus la référence absolue pour les vagues puissantes du North Shore.

    Un film hommage : The Shape of Things

    Après plusieurs projections en festival, The Shape of Things – The Dick Brewer Story circule enfin à l’international. Réalisé par Bob Campi, triple lauréat d’un Emmy Award, le documentaire rassemble des témoignages d’icônes : Gerry Lopez, Laird Hamilton, Mark Richards, Garrett McNamara, Kai Lenny, Al Merrick… Tous reconnaissent l’influence colossale de Brewer sur leur carrière et sur le surf en général.

    Dans le teaser, une voix résume :

    “He wasn’t just shaping boards. He was shaping the future.”
    (« Il ne façonnait pas seulement des planches. Il façonnait l’avenir. »)

    Une autre séquence appuie encore plus fort l’émotion :

    “Every curve, every line he touched… you could feel it on the wave.”
    (« Chaque courbe, chaque ligne qu’il traçait… tu pouvais la ressentir dans la vague. »)

    Ces phrases suffisent à comprendre pourquoi le film est considéré comme un document historique pour la culture surf.

    Des guns mythiques à l’avant-garde des shapes

    L’histoire de Brewer, c’est aussi une chronologie vertigineuse. Dès 1962, il shape un gun pour Buzzy Trent à Waimea. Trente ans plus tard, il fabrique la planche de tow de Laird Hamilton pour Jaws. Une carrière qui traverse les époques sans jamais perdre en pertinence.

    Brewer n’a cessé d’innover : réduction des longueurs, allègement des matériaux, lignes plus rapides, concaves marqués… Ses designs hydrodynamiques étaient si en avance que beaucoup servent encore de base aux shortboards actuels.

    Al Merrick, fondateur de Channel Islands Surfboards, n’a jamais caché son admiration : « I just think he’s the best there ever was. », qu’on peut traduire par  » Je pense simplement que c’est le meilleur de tous les temps. « 

    L’œil des shapers contemporains : Jon Pizel

    Dans une récente interview sur « The Inertia », le shaper Jon Pizel a replacé Brewer dans la discussion sur « la meilleure planche jamais créée ». Pour lui, le thruster d’Al Merrick surfé par Tom Curren reste un modèle iconique. Mais il ajoute immédiatement :

    « You have to tip your hat to Dick Brewer’s boards too. He was putting concaves in the bottom of boards while everyone else was still making rolled bottoms. Pretty much some version of that is what we use today. » ou en version française  » Il faut aussi tirer son chapeau aux planches de Dick Brewer. Il mettait déjà des concaves dans le dessous des planches alors que tout le monde façonnait encore des carènes arrondies. Aujourd’hui, on utilise tous une version de ce principe. »

    En clair, alors que ses contemporains modelaient encore des carènes arrondies, Brewer sculptait déjà des concaves complets. Une révolution dont chaque shortboard moderne est l’héritier.

    Pizel souligne aussi la modernité des guns façonnés dans les années 70 : « Those boards were so advanced, design-wise. » « Ces planches étaient tellement en avance sur leur temps, d’un point de vue design.  » Leur hydrodynamique reste un modèle étudié et appliqué cinquante ans plus tard.

    Plus qu’un shaper, un visionnaire

    Si l’on ne peut pas toujours isoler une « planche parfaite » signée Brewer, c’est parce que son génie n’était pas concentré sur un seul modèle, mais sur une philosophie globale. L’idée que chaque planche devait être un outil sur-mesure pour la vague et pour le surfeur.

    Cette vision explique pourquoi il a influencé aussi bien les big wave riders de Waimea que les tow-in pioneers de Jaws, mais aussi les générations actuelles qui, sans parfois le savoir, surfent encore sur ses concepts hydrodynamiques.

    L’empreinte éternelle de Dick Brewer

    Aujourd’hui, alors que le documentaire The Shape of Things circule et que de jeunes shapers comme Jon Pizel rappellent l’importance de son héritage, une chose est claire : Dick Brewer n’était pas seulement un artisan. Il était l’architecte du surf moderne.

    Ses boards ont permis aux surfeurs de repousser les limites. Ses innovations sont devenues des standards. Et son nom restera à jamais associé à l’idée même de performance et de vision dans le shaping.

    Comme le dit le teaser, Brewer ne façonnait pas que des planches. Il façonnait le futur.

  • Session de rentrée : Hossegor s’échauffe avant le Quiksilver Festival

    Session de rentrée : Hossegor s’échauffe avant le Quiksilver Festival

    Le mois de septembre démarre enfin sur de meilleures bases à Hossegor. Après deux jours ventés, ce mercredi matin a offert une courte, mais intense session, entre locaux affûtés, surfeurs motivés… et un invité surprise : Issam Auptel.

    Un mercredi matin attendu

    Septembre, ce mois béni des surfeurs, commençait mal : vent fort, vagues hachées, rien de très inspirant. Mais ce matin, on savait que la fenêtre serait courte et bonne. Les prévisions annonçaient un créneau avant que le vent ne se lève. Alors qui était là ? Eh bien, tous. Ceux qui connaissent les prévisions par cœur, ceux qui ont un jet, les locaux, les surfeurs en quête de challenge… et nous.

    Tester les bancs de sable avant la compétition

    Notre mission du jour : observer les bancs de sable, à deux semaines du Quiksilver Festival Hossegor. Et franchement, bonne nouvelle : ils semblent bien en place. Si les prochains jours se calment comme prévu, on peut espérer des conditions idéales pour accueillir la compétition. Les bancs sont là, les surfeurs arrivent, il ne manque plus que la bénédiction de Neptune pour avoir un show digne du nom.

    Les rameurs en rois de la matinée

    La session a été courte, filmée jusqu’à 10h30, mais elle a livré un verdict clair : les rameurs ont gagné. Pas besoin de jet ce matin, les locaux à la rame ont assuré le spectacle. Et parmi eux, une révélation pour nous : Issam Auptel.

    Zoom sur Issam Auptel

    On connaissait son nom, on avait déjà vu des vidéos avec la bande de Biarritz, mais jamais encore en live sous notre caméra. Ce matin, il a pris « la bombe » de la session et l’a surfée à la perfection. Un style fluide, un engagement total… de quoi nous faire dire tout haut : « une wildcard pour Issam ! »

    Une wildcard rêvée

    On ne pèse pas lourd chez Icônes Surf — on renaît à peine de nos cendres, et il est probable que Quiksilver ignore jusqu’à notre existence. Mais si c’était nous qui décidions, on offrirait cette wildcard à Issam Auptel sans hésiter. Promis, on leur enverra un mail : qui sait, peut-être qu’un jour, on aura notre mot à dire.

    En attendant, place à la vidéo

    On vous laisse avec notre vidéo de la session. Comme de bons youtubeurs, on vous invite à nous suivre un peu partout. Le Quiksilver Festival arrive à grands pas, et si les bancs de sable tiennent leurs promesses, ça risque d’être mémorable.

  • Yago Dora : la biographie complète du champion du monde brésilien

    Yago Dora : la biographie complète du champion du monde brésilien

    Né loin de l’océan, mais aujourd’hui au sommet du surf mondial, Yago Dora incarne à lui seul la nouvelle vague brésilienne. De Curitiba à Cloudbreak, son parcours raconte une histoire de passion, de persévérance et d’explosivité sur les vagues.

    Les débuts d’un surfeur atypique

    Yago Dora voit le jour le 18 mai 1996 à Curitiba, dans l’État du Paraná, au Brésil. Un détail surprenant pour un futur surfeur : sa ville natale est située à plusieurs centaines de kilomètres de l’océan. Pas de beach breaks à portée de vélo, pas de sessions au lever du soleil avant l’école.

    C’est seulement à l’âge de 11 ans, lors d’un déménagement familial à Florianópolis (Santa Catarina), que Yago monte pour la première fois sur une planche. Plus tard que la plupart des surfeurs professionnels – ses futurs rivaux étaient déjà des prodiges avant même l’adolescence –, mais son ascension sera fulgurante.

    Son père, Leandro “Grilo” Dora, ancien pro devenu coach renommé (il a travaillé avec Adriano de Souza, Jack Robinson ou encore Lucas Silveira), joue un rôle essentiel. Caméras à la main, il filme les sessions de son fils, décortique chaque manœuvre, et partage sa science du surf de haut niveau.

    Le surnom « Skinny Goat »

    Fin et élancé (1,79 m pour environ 70 kg), Yago se distingue rapidement par son style aérien et son explosivité. Ses amis le surnomment le “Skinny Goat”, la « chèvre maigre », en référence à sa silhouette et à ses qualités sur les vagues, capable de décoller toujours plus haut au-dessus de la lèvre.

    Des débuts hésitants en compétition

    Si son talent crève les yeux, Yago Dora ne se tourne pas immédiatement vers la compétition. À l’adolescence, il préfère le free surf, multipliant les vidéos qui circulent sur internet et dévoilent son style aérien unique. Sa notoriété grandit ainsi en dehors du circuit classique.

    Mais en 2015, il décide de prendre le chemin des compétitions. Dès 2016, il se classe 43ᵉ sur le Qualifying Series. L’année suivante, il explose aux yeux du monde entier :

    • Victoire à Newcastle (Australie)
    • Victoire aux Açores (Portugal)
    • Qualification directe pour le Championship Tour 2018

    Cerise sur le gâteau, il marque les esprits en tant que wildcard au Oi Rio Pro 2017. Devant le public brésilien, il élimine coup sur coup John John Florence, Gabriel Medina et Mick Fanning, pour finalement décrocher une incroyable 3ᵉ place. Le monde découvre alors son surf aérien et imprévisible.

    L’ascension sur le Championship Tour

    En 2018, Yago Dora intègre officiellement l’élite mondiale. Comme tout rookie, il doit apprendre à gérer la pression, voyager sans relâche, et affronter les meilleurs sur toutes les vagues de la planète. Mais son surf polyvalent – aérien en beach break, engagé sur reef, puissant dans les vagues tubulaires – lui permet de se maintenir au plus haut niveau.

    En 2021, il signe une saison solide et termine à la 9ᵉ place mondiale, confirmant qu’il fait partie des hommes forts du circuit. Son style spectaculaire lui vaut l’admiration des fans, qui voient en lui un digne représentant de la Brazilian Storm, cette génération dorée menée par Medina, Toledo et Italo Ferreira.

    L’année 2024 : frustration et désillusions

    Pourtant, tout n’a pas été simple. L’année 2024 est un crève-cœur. Malgré de bons résultats à El Salvador et au Brésil, il échoue à la 6ᵉ place mondiale, juste derrière la ligne des qualifiés pour les WSL Finals. Pire encore : il rate de peu la qualification olympique pour les Jeux de Paris 2024, devancé par Gabriel Medina lors des ISA Games.

    Une saison qui laisse des traces, mais qui servira surtout de carburant pour écrire la suite.

    2025 : la consécration mondiale

    Tout change en 2025. Porté par une nouvelle énergie, Yago Dora réalise une saison parfaite :

    • Victoire à Peniche (Portugal)
    • Victoire en Californie
    • Et surtout, sacré champion du monde en septembre lors des WSL Finals à Cloudbreak (Fidji)

    En finale, il domine l’Américain Griffin Colapinto, confirmant son statut de n°1 de la saison et devenant le troisième Brésilien champion du monde dans l’ère des WSL Finals, après Medina et Toledo.

    Ce titre consacre son surf complet et son mental retrouvé, transformant l’outsider aérien en champion global.

    Un surfeur guidé par le plaisir

    Au-delà des trophées, Yago Dora garde une philosophie simple. Interrogé par Revista Trip, il confiait récemment :

    « J’ai commencé le surf pour le plaisir, et j’essaie de m’en souvenir chaque jour. Je surfe parce que j’aime ça. »

    Cette approche détendue et passionnée se ressent dans son style : créatif, libre, toujours à la recherche de nouvelles lignes.

    Yago Dora aujourd’hui

    • Nom complet : Yago Dora
    • Date de naissance : 18 mai 1996 (29 ans)
    • Lieu de naissance : Curitiba, Paraná, Brésil
    • Taille : 1,79 m
    • Poids : 70 kg
    • Surnom : Skinny Goat
    • Style : Goofy
    • Début WQS : 2013
    • Début CT : 2018
    • Palmarès majeur : Champion du monde WSL 2025

    Aujourd’hui, Yago Dora est non seulement un champion du monde, mais aussi une source d’inspiration pour les jeunes surfeurs qui, comme lui, n’ont pas grandi face à l’océan.

    Un avenir encore plus grand ?

    À seulement 29 ans, Yago Dora a déjà écrit une page de l’histoire du surf. Mais le livre est loin d’être terminé. Sa polyvalence, sa créativité et son mental font de lui un candidat sérieux à de nouveaux titres mondiaux.

    Dans un circuit où la concurrence est plus rude que jamais, il pourrait bien devenir la prochaine grande icône brésilienne, capable de succéder à Medina et Toledo tout en imposant sa propre signature : celle d’un surfeur né loin de la mer, mais destiné à dominer les vagues du monde entier.

  • Molly Picklum : la surfeuse australienne qui redéfinit la nouvelle génération

    Molly Picklum : la surfeuse australienne qui redéfinit la nouvelle génération

    Encore inconnue du grand public français il y a peu, Molly Picklum s’impose aujourd’hui comme la nouvelle icône du surf mondial. À seulement 22 ans, l’Australienne a déjà écrit l’histoire à Pipeline, Sunset Beach et Teahupo’o, avant de devenir championne du monde WSL 2025. Une trajectoire fulgurante, symbole de cette nouvelle génération de surfeuses prêtes à repousser toutes les limites.

    Enfance et débuts à Gosford

    Molly Picklum est née le 26 novembre 2002 à Gosford, en Nouvelle-Galles du Sud (Australie). Très tôt, elle découvre l’océan : à seulement trois ans, elle se tient déjà debout sur une planche. Elle grandit sur la Central Coast, une région de beachbreaks puissants qui forment les surfeurs à l’engagement et à la polyvalence.

    Au sein du North Shelly Boardriders Club, Molly progresse vite. Avec ses amis, elle alterne entre les sessions matinales avant l’école et les sprints en vélo pour arriver à l’heure après avoir “gratté” une dernière vague. Une enfance typique de surfeuse australienne… sauf que Molly a déjà ce petit quelque chose de plus : une détermination inébranlable.

    Les premiers titres nationaux

    Dès l’adolescence, Molly accumule les résultats. En 2018 et 2019, elle remporte le titre de championne d’Australie junior. En 2019, elle décroche aussi l’Australian Pro Junior. Rapidement, la fédération la reconnaît comme un diamant brut : elle est élue Rising Star aux Australian Surfing Awards 2020.

    En parallèle, la presse spécialisée la place en tête de sa génération. Le magazine Surfing Life la nomme “n°1 junior féminine” la même année.

    Qualification et coup dur en 2022

    En 2022, Molly Picklum intègre enfin le Championship Tour (CT) de la World Surf League. Son année démarre fort avec deux résultats dans le top 5. Mais la WSL instaure le mid-season cut, et Molly est éliminée sans ménagement. Une désillusion qui aurait pu briser sa carrière.

    Au lieu de ça, elle se sert de ce revers comme tremplin. Elle retourne sur le Qualifying Series, enchaîne les résultats et revient plus forte. Dès 2023, le surf mondial découvre une Picklum plus affûtée, plus mature, et surtout plus dangereuse dans toutes les conditions.

    Les exploits à Hawaii : Sunset et Pipeline

    L’année 2023 marque son véritable envol. À Sunset Beach (Hawaï), elle signe sa première victoire sur le CT. Quelques semaines plus tôt, elle avait déjà fait sensation en remportant le Vans Pipe Masters.

    Mais c’est en janvier 2024 qu’elle entre définitivement dans l’histoire : lors du Lexus Pipe Pro, elle devient la première femme à obtenir un 10 parfait à Pipeline, grâce à un backside tube monumental. Une performance qui résonne comme un jalon dans l’histoire du surf féminin.

    Et deux semaines plus tard, elle défend avec brio son titre à Sunset Beach, réalisant un enchaînement de manœuvres spectaculaires, dont un turn aérien décrit comme “le move de la décennie” par Surfer Magazine.

    La route vers Paris 2024 et Tahiti

    Ses performances la qualifient pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, disputés à Teahupo’o, en Polynésie française. L’épreuve olympique restera contrastée pour elle : malgré un engagement total, Molly s’incline face à Johanne Defay en éliminatoires.

    Mais ce passage aux JO, loin d’être un échec, consolide son statut d’athlète de haut niveau : représenter l’Australie à seulement 21 ans sur l’une des vagues les plus redoutées du monde n’est pas donné à tout le monde.

    2025 : l’année du sacre mondial

    En 2025, Molly Picklum aborde la saison comme l’une des grandes favorites. Après une finale à Abu Dhabi, elle enchaîne deux victoires majeures :

    • VIVO Rio Pro (Brésil) : où elle domine les locales avec les meilleurs scores du contest.
    • Lexus Tahiti Pro (Teahupo’o) : où elle terrasse la championne en titre Caitlin Simmers dans un duel historique.

    Ces succès lui permettent d’arriver tête de série n°1 aux WSL Finals à Cloudbreak (Fidji). Et là, la jeune Australienne réalise son rêve : en battant Caroline Marks, elle devient championne du monde WSL 2025.

    Son surf : engagement et polyvalence

    Ce qui frappe chez Molly Picklum, c’est sa polyvalence. Capable de briller dans le gros de Teahupo’o comme dans les beachbreaks rapides de Rio, elle combine :

    • Un tube ride technique, surtout en backside, qui rappelle les plus grands.
    • Un surf aérien et radical, avec un timing parfait.
    • Un engagement sans concession, qui la pousse à tenter des manœuvres rarement vues chez les surfeuses de sa génération.

    Elle incarne cette nouvelle vague du surf féminin, où la recherche de performance et le style explosif se marient à un mental de championne.

    Une personnalité solaire

    Hors de l’eau, Molly est tout aussi attachante. Toujours souriante, blagueuse avec ses amis, elle n’en reste pas moins une bosseuse acharnée. Ses proches témoignent de sa capacité à rester humble malgré une carrière qui décolle à une vitesse folle.

    On la retrouve régulièrement sur ses spots locaux de la Central Coast, où elle continue de s’entraîner dans des vagues puissantes qui rappellent Hawaii.

    Palmarès résumé

    • 2 titres de championne d’Australie junior (2018, 2019)
    • Rising Star des Australian Surfing Awards (2020)
    • Vans Pipe Masters (2022)
    • Hurley Pro Sunset Beach (2023, 2024)
    • Lexus Pipe Pro : premier 10 parfait féminin à Pipeline (2024)
    • VIVO Rio Pro (2025)
    • Lexus Tahiti Pro (2025)
    • Championne du monde WSL (2025)

    En quelques années, Molly Picklum est passée du statut de rookie prometteuse à celui de championne du monde respectée. Son parcours est celui d’une surfeuse qui apprend vite, rebondit après les échecs et ne recule jamais devant l’engagement.

    À seulement 22 ans, elle symbolise une nouvelle ère pour le surf féminin : audacieuse, explosive, sans limites. Une surfeuse qui écrit l’histoire… et qui n’a clairement pas fini de la réinventer.

  • Yago Dora et Molly Picklum, nouveaux rois du surf mondial

    Yago Dora et Molly Picklum, nouveaux rois du surf mondial

    Fidji, 1er septembre 2025. Les vagues de Cloudbreak n’étaient peut-être pas le “monster swell” promis, mais l’histoire s’est bel et bien écrite : le Brésilien Yago Dora et l’Australienne Molly Picklum deviennent pour la première fois champions du monde. Une journée contrastée entre climax sportif, petites vagues et fin d’une ère pour le format controversé des Final 5.

    Un sacre pour Yago, la confirmation d’une décennie brésilienne

    Le scénario ressemblait à une redite : comme Medina en 2021, Toledo (x2) et Florence en 2024, c’est encore le n°1 mondial qui s’impose. Yago Dora, 29 ans, n’a pas tremblé face à Griffin Colapinto, pourtant en feu après avoir écarté Italo Ferreira et Jordy Smith.

    Avec un surf précis et relâché, Dora a frappé dès l’entame avec une combinaison de manœuvres notée 8,33, la meilleure vague de la finale. Colapinto a tenté un baroud d’honneur à quelques secondes du buzzer, en rentrant dans le tube le plus long de la journée. Mais la sortie s’est refermée, comme un symbole : impossible d’arrêter la marche du Brésilien. Score final : 15,66 à 12,33.

    Ce titre prolonge la domination brésilienne : 8 couronnes sur les 10 dernières années pour le Brésil. La “Brazilian Storm” souffle encore.

    Biographie de Yago Dora

    Molly Picklum, la relève australienne

    Chez les femmes, l’histoire est encore plus forte. Molly Picklum (22 ans) devient la première Australienne championne du monde depuis Stephanie Gilmore en 2022. Et surtout, elle l’emporte à Cloudbreak, dans des vagues lourdes et techniques rarement proposées aux finales féminines.

    Son parcours ? Un faux départ dans la première manche, dominée par Caroline Marks. Mais Picklum a ensuite enclenché le turbo : deux heats gagnés avec autorité, deux barrels backside notés 8,83, et le meilleur total de la journée (16,93).

    Avec ce titre, elle confirme la tendance d’une jeunesse conquérante : Marks (2023), Simmers (2024), Picklum (2025). Trois championnes en trois ans, toutes de moins de 23 ans. Le surf féminin a changé de génération.

    Retrouvez la biographie de Molley Picklum

    Cloudbreak, un théâtre… pas si monstrueux

    Le choix de Cloudbreak au lieu de Restaurants promettait des tubes massifs. La réalité fut plus contrastée : peu de barrels, beaucoup de vagues molles ou fermantes. De quoi frustrer certains spectateurs qui attendaient un show tubuesque annoncé.

    Les surfeurs ont dû s’adapter à des vagues plus “performance” que “tube”. Italo Ferreira, fidèle à son style aérien, a régalé par moments, mais n’a pas trouvé de constance. Jack Robinson et Caity Simmers, pourtant favoris si ça avait grossi, sont sortis très tôt.

    La finale a donc ressemblé à une bataille d’endurance et de choix stratégiques plus qu’à une orgie de barrels. Une fin de saison un peu à contre-courant, mais qui n’enlève rien à la valeur des titres.

    Le format Final 5, clap de fin

    Ces finales 2025 étaient aussi la dernière édition du format “sudden death” instauré en 2021. Dès 2026, retour au classement cumulé sur l’ensemble de la saison, avec Pipeline comme bouquet final et un coefficient 1,5.

    Le bilan du Final 5 ?

    • Chez les hommes, le suspense n’a jamais vraiment existé : toujours le n°1 mondial sacré.
    • Chez les femmes, au contraire, le format a ouvert des brèches : Carissa Moore (2021) titrée, puis battue en 2022 et 2023 alors qu’elle partait favorite.

    Les fans resteront partagés. Certains regrettaient la “lotterie” d’un seul jour décisif. D’autres y voyaient un show télé parfait, façon Super Bowl.

    Une journée historique malgré tout

    Entre critiques et célébrations, une chose est sûre : le surf mondial a deux nouveaux visages. Dora, le Brésilien discret mais explosif. Picklum, l’Australienne intrépide qui aime les conditions solides.

    Tous deux entreront dans l’histoire non seulement pour leur premier sacre, mais aussi comme les derniers champions du monde de l’ère Final 5. Et ça, même si le swell n’était pas aussi puissant qu’espéré, c’est une page qui se tourne.

  • Seignosse face au “mini tsunami” de la houle Erin

    Seignosse face au “mini tsunami” de la houle Erin

    La scène a fait le tour des réseaux sociaux : à Seignosse, des plagistes en plein mois d’août ont été surpris par une montée d’eau soudaine, qui a balayé serviettes, glacières et parasols. Certains médias n’ont pas hésité à parler de “mini tsunami”. Et c’est précisément là que le bât blesse.

    Car non, ce n’était pas un tsunami. Et employer ce terme à tort et à travers est non seulement faux, mais aussi dangereux, car il entretient la confusion entre un phénomène naturel d’une ampleur dramatique et une simple (quoique puissante) vague.

    Pourquoi ce n’était pas un tsunami

    Un tsunami naît d’un séisme sous-marin, d’une coulée de terrain ou d’une éruption volcanique. Ce sont des vagues longues, puissantes, qui traversent des océans entiers et provoquent des catastrophes humaines. Rien à voir avec ce qui s’est produit sur la côte landaise.

    À Seignosse, il s’agissait simplement d’une série de vagues puissantes, issues de la houle cyclonique Erin. Des vagues avec une période longue (plus de 15 secondes), chargées d’énergie, arrivant par sets. Pour un surfeur, c’est classique. Pour un baigneur ou un vacancier distrait, c’est une surprise brutale.

    Employer le mot tsunami pour ce type d’événement, c’est un raccourci sensationnaliste qui brouille la compréhension du public.

    Ce qui s’est passé sur la plage

    La houle Erin, née dans l’Atlantique, a frappé l’Europe fin août. Avec des coefficients de marées importants, les vagues ont eu tendance à remonter plus haut que d’habitude sur la plage.

    Résultat : alors que tout semblait calme, une série de vagues plus grosses a surpris les plagistes installés trop près du rivage. En quelques secondes, l’eau a recouvert une large zone de sable, transformant une après-midi tranquille en scène de panique improvisée.

    Des vidéos montrent des familles courant avec enfants et serviettes sous le bras, d’autres observant, médusés, les vagues récupérer leur pique-nique.

    L’océan rappelle ses règles

    Cet épisode n’a rien d’exceptionnel pour les surfeurs. C’est un phénomène bien connu qu’on retrouve sur de nombreuses plages de sable.

    Ce qui choque, ce n’est pas tant la vague elle-même que l’absence de culture océanique. Beaucoup de gens ignorent que la mer peut changer de visage en quelques minutes, qu’une série plus grosse arrive toujours, et qu’il ne faut jamais s’installer trop près de l’eau, surtout lors de fortes houles.

    Un rappel de prévention

    Les sauveteurs l’ont rappelé : avec la houle Erin, la mer transporte beaucoup d’eau, les courants sont puissants, et le risque de se faire emporter est réel.

    Quelques conseils simples :

    • Ne pas s’installer juste proche de l’eau.
    • Toujours écouter les maîtres-nageurs sauveteurs.
    • Surveiller la marée, particulièrement lors des grandes marées.
    • ne jamais tourner le dos à l’océan dans ces conditions.
    • Comprendre que la mer est vivante, imprévisible, et qu’elle mérite respect.

    Pendant ce temps-là, des vagues d’anthologie

    Ironie de l’histoire : alors que les plagistes paniquaient à Seignosse, les surfeurs profitaient de conditions exceptionnelles partout en Europe. Hossegor, Mundaka, l’Irlande, le Portugal… la houle Erin a offert des vagues d’anthologie.

    Deux mondes, deux réalités face à une même houle : pour les uns, une journée gâchée et une peur bleue ; pour les autres, le souvenir d’un swell historique.

    Pour conclure

    Appeler “mini tsunami” une vague plus grosse que les autres, amplifiées par un phénomène de marée, est faux.

    La scène de Seignosse n’était pas un cataclysme, mais un rappel : l’océan est puissant, imprévisible et demande du respect. Aux surfeurs, il a offert un festin. Aux plagistes imprudents, une bonne leçon.

  • Quand la dengue s’invite dans les surf trips : l’exemple Nathan Florence

    Quand la dengue s’invite dans les surf trips : l’exemple Nathan Florence

    Il y a des vagues qui marquent une vie. Pour Nathan Florence, la dernière en date ressemblait à un rêve éveillé : un reef parfait, perdu dans le Pacifique Sud, avec Aaron Gold et Kohl Christensen comme compagnons de session. Des murs de 12 pieds qui se dressent sur un récif dans une eau translucide, et la sensation unique de surfer un peak vierge de toute trace humaine. Mais à peine la wax sèche, le rêve s’est transformé en cauchemar. Nathan s’est retrouvé cloué au lit pendant six jours, frappé par un ennemi invisible, mais redoutable : la dengue.

    Un surf trip paradisiaque qui tourne mal

    Dans sa dernière vidéo, Nathan Florence partage une session hallucinante. L’île qu’il découvre ressemble à une carte postale : cocotiers, lagon turquoise et vagues d’une perfection quasi irréelle. Les sets de la houle tahitienne font trembler le reef. Même pour des spécialistes des grosses vagues comme Gold et Christensen, la session est tendue. Le genre de surf qui fait rêver… mais qui rappelle aussi que les vagues de rêve ont souvent un prix caché.

    À son retour au camp, Nathan commence à ressentir les premiers symptômes : fièvre brutale, courbatures intenses, migraines insupportables. Verdict médical : dengue. Une infection virale transmise par les moustiques Aedes, très présents dans les zones intertropicales. Pendant près d’une semaine, le surfeur hawaiien n’a pu quitter son lit, épuisé, déshydraté, parfois incapable de manger.

    La dengue, une « grippe tropicale » pas si bénigne

    La dengue est souvent surnommée la grippe tropicale. Elle se transmet uniquement par la piqûre de moustiques infectés, principalement Aedes aegypti et Aedes albopictus. Après une incubation de 2 à 7 jours, la maladie se déclare brutalement :

    • forte fièvre (jusqu’à 40 °C),
    • douleurs musculaires et articulaires,
    • céphalées violentes,
    • nausées et vomissements,
    • parfois une éruption cutanée proche de la rougeole.

    Dans 99 % des cas, la dengue reste bénigne, mais extrêmement pénible : une semaine de symptômes intenses, suivie d’une quinzaine de jours de grande fatigue. Dans 1 % des cas, la maladie peut évoluer vers une forme grave, avec des hémorragies ou un choc hypovolémique, mettant en jeu le pronostic vital.

    En 2025, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme : les cas explosent dans le Pacifique. Depuis janvier, plus de 16 000 infections confirmées et 17 décès ont été recensés dans les îles de la région, notamment aux Fidji, à Samoa et à Tonga. Le réchauffement climatique favorise la prolifération des moustiques et allonge la saison de transmission.

    Les surfeurs, des voyageurs particulièrement exposés

    Nathan Florence n’est pas le premier surfeur à être touché. Les amateurs de vagues tropicales voyagent régulièrement vers les zones les plus touchées : Indonésie, Polynésie, Pacifique Sud, Caraïbes… Autant de destinations où les moustiques trouvent des conditions idéales pour proliférer : chaleur, humidité, eaux stagnantes près des villages.

    En surf trip, les conditions d’hébergement ne sont pas toujours optimales : bungalows ouverts, moustiquaires absentes, douches extérieures. Autant de détails qui augmentent les risques. Et contrairement à une coupure de reef ou une otite, la dengue ne se soigne pas. Une fois infecté, le seul traitement est symptomatique : repos, hydratation, médicaments pour la fièvre et les douleurs.

    Pour les surfeurs en déplacement plusieurs semaines, un épisode de dengue peut ruiner un voyage, voire mettre en danger leur santé.

    Conseils pour éviter de se faire piquer

    Si aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe (sauf dans certains pays pour des populations ciblées), la meilleure arme reste la prévention. Quelques réflexes simples peuvent sauver un surf trip :

    • Utiliser des répulsifs cutanés adaptés (DEET, icaridine, IR3535). Attention aux précautions pour les femmes enceintes et les enfants : toujours demander conseil à un médecin ou un pharmacien.
    • Dormir sous moustiquaire (idéalement imprégnée d’insecticide).
    • Porter des vêtements longs et clairs en soirée ou tôt le matin, moments où les moustiques sont les plus actifs.
    • Éviter les zones à eaux stagnantes (bidons, récipients, flaques) autour des logements.
    • Ventiler les chambres : les moustiques détestent les ventilateurs.

    Ces gestes ne garantissent pas une protection totale, mais réduisent fortement le risque.

    Nathan Florence, déjà de retour dans les vagues

    Bonne nouvelle : après quelques jours très difficiles, Nathan a récupéré. Fidèle à sa réputation de guerrier des grosses vagues, il n’a pas tardé à retrouver la rame, profitant du swell d’Erin en Irlande, dans des eaux bien plus fraîches mais sans moustiques.

    Son expérience rappelle que derrière les vidéos spectaculaires de surf trips tropicaux se cache une réalité sanitaire. La dengue est en pleine recrudescence et les surfeurs voyageurs doivent en tenir compte. Préparer un trip, ce n’est pas seulement waxer sa planche et checker la houle : c’est aussi penser à la santé et à la prévention.