Catégorie : surfer

  • « Je sors de ma zone de confort » : Maud Le Car raconte son baptême de feu à Belharra

    « Je sors de ma zone de confort » : Maud Le Car raconte son baptême de feu à Belharra

    Le 27 janvier 2025 restera gravé dans la mémoire de Maud Le Car. Alors que la tempête Herminia balayait l’Atlantique, envoyant des signaux de houle comparables au mythique swell Hercules de 2014, la surfeuse saint-martinoise a pris une décision radicale : s’attaquer à la géante basque, Belharra.

    Un virage à 180 degrés

    Après avoir quitté le circuit de compétition pour retrouver l’essence même du surf, Maud s’est lancée un défi titanesque. « Je ne me sentais plus à ma place en compète », confie-t-elle dans sa dernière vidéo, The Rift. Accompagnée de son binôme de confiance, Léo Havion, elle a troqué ses shortboards légers pour une planche de 8 kg, des gilets à cartouches et une logistique millimétrée. Un monde où l’erreur ne pardonne pas.

    Face à la montagne d’eau

    Le jour J, les relevés de la bouée d’Arcachon affichaient plus de 11 mètres. Sur le jet-ski, l’appréhension est palpable. « Là, il y a 15 mètres… je sors complètement de ma zone de confort », explique la rideuse Oxbow. À Belharra, loin de la côte, l’atmosphère est irréelle. Maud décrit ce sentiment paradoxal de vulnérabilité extrême mêlé à une connexion profonde avec les éléments : « On ne sent rien, mais on fait partie de tout. »

    Le prix de l’engagement

    Mais le surf de gros est un « gouffre de galères ». Après une première session intense, Maud subit la puissance brute de la lèvre. Un diagnostic qui tombe quelques jours plus tard : rupture du ligament interne du genou.

    Si cette blessure a mis un coup d’arrêt brutal à sa saison, elle n’a pas entamé sa détermination. Cette expérience à Belharra, bien que douloureuse physiquement, a agi comme un déclic psychologique. Aujourd’hui, quelques mois après sa blessure, Maud Le Car ne regarde plus derrière elle. Elle a des progrès dans les tubes et se trouve actuellement à Nazaré à l’heure où j’écris ces quelques lignes pour un nouveau défi de taille.

  • Alan Cleland : Pourquoi ce « poids lourd » est la meilleure nouvelle du surf mondial

    Alan Cleland : Pourquoi ce « poids lourd » est la meilleure nouvelle du surf mondial

    Dans un sport de plus en plus dominé par des athlètes au format « poids plume » et aux régimes drastiques, le Mexicain Alan Cleland fait figure d’exception culturelle. Avec son gabarit de troisième ligne de rugby, il détonne sur la ligne de départ de la WSL. Mais ne vous y trompez pas : derrière cette carrure imposante se cache l’un des meilleurs tube-riders de la planète.

    L’anti-formatage qui fait du bien

    Sa récente vidéo avec des sessions mémorables chez lui au Mexique, est une leçon de physique et de style. Là où certains voient un handicap dans ses kilos en trop, Cleland y puise une inertie dévastatrice. Pour tous les surfeurs qui ne rentrent pas dans les standards « skinny » de la glisse, voir Alan fracasser des sections avec autant de grâce est une véritable bouffée d’oxygène.

    Il ne se contente pas de pousser de l’eau ; il surfe avec style et se colle dans des tubes avec une profondeur et une aisance qui font de lui, l’un des meilleurs tuberiders sur le tour.

    Un « rugbyman » dans le tube : la puissance au service du flow

    Pour nous, les surfeurs aux épaules larges et aux cuisses solides, Alan Cleland est une source d’inspiration technique. Il prouve que l’on peut être « massif » et avoir un style irréprochable. Il fait parti des surfeurs en surpoids que l’on a pu croiser sur le tour comme kekoa bacalso, Mick Lowe….

    posséder un toucher de rail d’une finesse absolue.

    Le nouveau visage du Top 20 Mondial

    Son ascension dans le Top 20 n’est pas un accident de parcours. C’est le résultat d’un engagement total dans les vagues. Alan ne survole pas la vague, il l’écrase. Son style, ancré et puissant, redonne ses lettres de noblesse au power surfing.

    Si vous avez un gabarit imposant et que vous doutez de votre style, regardez Alan Cleland. Il est la preuve vivante que sur une planche, la seule règle qui compte vraiment, c’est la maîtrise du timing et l’amour du tube.

  • Entre tubes et chaos : le réveil miraculeux du surf dans le Sud-Ouest

    Entre tubes et chaos : le réveil miraculeux du surf dans le Sud-Ouest

    Après un hiver que beaucoup qualifieront de « saison en enfer », le littoral aquitain a enfin offert un répit aux surfeurs. Entre la mi-janvier et la fin février 2026, la région a subi un record de 35 jours de pluie consécutifs, couronné par les ravages des différentes tempêtes. Entre inondations massives, érosion galopante et le triste spectacle de petits pingouins s’échouant par dizaines, épuisés par les tempêtes, le moral des locaux était au plus bas. Mais ce début mars a tout changé.

    La Gravière : « La session de la décennie » ?

    C’est pourtant vers Hossegor que tous les regards se sont tournés. La Gravière, spot mythique s’il en est, a délivré une prestation que les anciens décrivent déjà comme la meilleure depuis plus de dix ans. Un banc de sable parfaitement calé, une houle longue et propre, et surtout cette puissance brute qui fait la renommée mondiale des Landes.

    Si l’on parle souvent de la concentration de talents à Hossegor, ce n’est pas par hasard : ce jour-là, l’élite du surf européen s’est partagé des barrels d’une perfection rare. « On a eu un alignement de planètes, » confie un photographe présent sur la dune. « Après autant de frustration hivernale, voir La Gravière s’allumer comme ça, c’était presque religieux. »

    SI ce n’était pas la session de la décennie, il faut avouer qu’on a assisté à 4 jours d’affilé de vagues incroyables, ce qui est assez exceptionnel.

    Le Pays Basque s’enflamme à Anglet

    La fenêtre météo tant attendue s’est ouverte brusquement. À Anglet, les bancs de sable, pourtant malmenés par les houles successives, ont tenu bon. Dans une vidéo qui tourne en boucle sur les réseaux, on peut voir le local Thomas Bady faire une démonstration de lecture de vague impressionnante. Au cœur de tubes profonds et techniques, il a rappelé pourquoi les spots basques n’ont rien à envier à leurs voisins landais lorsque la période de la houle s’aligne enfin avec le vent offshore.

    Lacanau et la Gironde ne sont pas en reste

    Plus au nord, la Gironde a également profité de l’aubaine. À Lacanau, malgré un plan d’eau parfois plus physique, les surfeurs les plus aguerris ont pu dénicher des pépites sur la plage centrale. L’ensemble de la côte Sud-Ouest, du sud des Landes au nord de la Gironde, semble avoir bénéficié de ce « miracle de mars ».

    Cette parenthèse enchantée arrive juste avant une nouvelle dégradation annoncée. Pour les surfeurs du coin, il s’agissait de ne pas rater le coche : une telle communion entre des bancs de sable performants et une météo clémente est le meilleur remède contre un hiver morose.

  • Révolution sur le Longboard Tour : La WSL dévoile un calendrier 2026 repensé

    Révolution sur le Longboard Tour : La WSL dévoile un calendrier 2026 repensé

    Le monde du nose-riding s’apprête à vivre un tournant historique. La World Surf League (WSL) vient de lever le voile sur les contours de la saison 2026 du Longboard Tour, et le moins que l’on puisse dire, c’est que les cartes sont rebattues. Entre un changement radical de format (comme pour le shortboard) et l’exploration d’e nouveaux spots’un nouveau spot, les prétendants aux titres mondiaux vont devoir s’adapter à une donne inédite.

    Adieu les « Playoffs », place à la régularité

    La grande annonce qui secoue la communauté concerne le système de désignation des champions. Contrairement aux saisons précédentes où tout se jouait sur une seule journée de phase finale, le titre de Champion du Monde de Longboard 2026 sera désormais le fruit d’une accumulation de points sur l’ensemble de la saison.

    Le tour se clôturera en beauté au Salvador en mars 2027. Ce dernier rendez-vous sera le point d’orgue : seuls les 12 meilleurs hommes et femmes du classement y seront conviés pour une épreuve « Major » rapportant 15 000 points, contre 10 000 pour les étapes classiques. Un format qui récompense enfin la constance tout en gardant un final sous haute tension. Personnellement, je trouve que c’est un bon compromis par rapport aux années précédentes.

    Les Philippines : Le nouveau joyau du circuit

    Côté destinations, si les classiques de Huntington Beach (Californie) et de Bells Beach (Australie) conservent leur place, la WSL crée l’événement en intégrant une escale inédite : La Union, aux Philippines.

    Le spot de Monaliza Point, célèbre pour ses droites interminables et ses murs parfaitement dessinés pour le style traditionnel, accueillera la troisième étape en janvier 2027. C’est un signal fort envoyé à la communauté asiatique, très active dans le milieu du longboard, et l’occasion de voir l’enfant du pays, Rogelio Jr Esquievel, briller à domicile.

    Le calendrier complet de la saison 2026/27 :

    • Huntington Beach Longboard Classic (USA) : 25 – 29 juillet 2026
    • Bells Beach Longboard Classic (Australie) : 25 – 29 novembre 2026
    • La Union Longboard Classic (Philippines) : 20 – 24 janvier 2027
    • Surf City El Salvador Longboard Championships : 13 – 21 mars 2027

    Alors que Rachael Tilly et Kai Ellice-Flint s’apprêtent à remettre leurs couronnes en jeu, ce nouveau format promet une saison plus juste et plus spectaculaire. Le rendez-vous est pris sur le sable californien en juillet prochain pour le coup d’envoi.

  • Tragédie à Praia do Canal : Le surfeur Martin « Mantega » Cirko perd la vie au Portugal

    Tragédie à Praia do Canal : Le surfeur Martin « Mantega » Cirko perd la vie au Portugal

    L’océan, qu’il aimait tant, a fini par l’emporter. La communauté internationale du surf est sous le choc après l’annonce du décès de Martin « Mantega » Cirko, survenu le 23 février dernier sur le spot de Praia do Canal, dans la région d’Aljezur au sud du Portugal. Âgé de 39 ans, ce surfeur et artiste d’origine brésilienne, établi en Allemagne, laisse derrière lui une famille dévastée et un vide immense sur les pics de l’Algarve.

    Un accident soudain en pleine session

    Selon les premiers rapports de la Police Maritime et les témoignages de ses proches, Martin surfait avec un ami lorsqu’il s’est retrouvé en difficulté. Après avoir disparu de la surface durant quelques minutes, il a été ramené sur le rivage par son compagnon de session. Malgré l’intervention rapide des pompiers et des secours aériens, les tentatives de réanimation pratiquées sur le sable sont restées vaines.

    Martin n’était pas un surfeur novice. Décrit comme un homme de la nature et un aventurier aguerri, il connaissait les risques de l’océan. Sa compagne, Sophia, a tenu à lui rendre un hommage poignant, le décrivant comme un « professionnel du risque » qui vivait avec deux mantras simples : « Vida boa » (la belle vie) et « Sem medo » (sans peur).

    L’hommage d’une communauté soudée

    D’origine germano-brésilienne, celui que tout le monde surnommait « Mantega » était une figure lumineuse. Artiste et surfeur charismatique, il avait récemment passé du temps en Catalogne avant de rejoindre les côtes portugaises. Sa générosité et sa sensibilité — il était « le genre d’homme à pleurer de bonheur », confie sa compagne — ont marqué tous ceux qui ont croisé sa route.

    Solidarité pour sa famille

    Martin laisse derrière lui sa femme et leur petite fille de 18 mois, Violetta. Pour soutenir sa famille dans cette épreuve insurmontable, des collectes de fonds ont été lancées sur GoFundMe et PayPal. Le message de la famille est clair : Martin est parti en faisant ce qu’il aimait le plus au monde, dans un lieu magnifique, fidèle à ses rêves.

    À Praia do Canal, l’ambiance n’est plus à la fête, mais au recueillement pour un homme qui aura vécu sa passion jusqu’au bout.

    Repose en paix, Mantega.

  • Taj Burrow : « La chose la plus courageuse que j’aie jamais vue »

    Taj Burrow : « La chose la plus courageuse que j’aie jamais vue »

    On le sait, Taj Burrow est une légende australienne, encore plus dans l’Australie de l’ouest. Le gars est le meilleur surfeur WA (Western Australia) et un sourire qui ferait fondre un bloc de wax en plein hiver. Mais là, on a failli perdre notre retraité préféré de 48 balais dans un sauvetage qui a viré au chaos total.

    L’appel du Large

    Alors qu’il scorait des bombes en tow-in à Supertubes avec son fidèle acolyte Dino Adrian, un hélico de la sécurité civile débarque en mode « Urgence ». Signes de la main, agitation dans la cabine… Le message est clair : « Lâchez votre session, y’a des vies en jeu. »

    Taj et Dino ne réfléchissent pas. Ils pointent le nez du jet-ski vers le Nord. Direction : Bears.

    • Conditions : Un solide 12 pieds (4 mètres) qui décale.
    • Le trajet : 10 bornes de « clapot » massif dans une houle de 16 secondes de période. Autant dire que leurs vertèbres ont dégusté pour suivre l’hélico sur la distance.

    Le « Bordel » de Bears

    Arrivés sur zone, c’est la catastrophe :

    1. Un surfeur en perdition (le leash a pété, classique mais mortel ici).
    2. Son pote qui essaie de l’aider.
    3. Une sauveteuse qui saute de l’hélico (sans radio qui marche, sinon c’est pas drôle).

    Taj récupère un gars nommé Ben, au bout du rouleau, et décide de le « beacher » (le déposer sur le sable). Erreur fatale.

    Le « Pinball » au milieu des cailloux

    Une fois dans la zone d’impact, c’est le cauchemar. L’océan se retire, laissant apparaître des rochers secs comme des lames de rasoir.

    « C’était hideux. On aurait dit un tsunami. Tout se vidait sur le reef. »Taj Burrow

    Le jet-ski se transforme en boule de flipper. Taj fait des ronds dans une « lagune » minuscule de 50 cm de fond pendant que des murs d’écume lui tombent sur la gueule. Bilan technique : La direction pète. Le jet ne tourne plus qu’à droite. Ils se font éjecter sur les rochers.

    Le « Straight Shot » vers la liberté

    Coincé, Dino est évacué par l’hélico. Mais Taj refuse d’abandonner son jet-ski (et sa propre peau). Il attend une accalmie, et il décide de tenter le tout pour le tout.

    Sans planche, sans gilet de sauvetage, avec un jet qui ne tourne pas : Full Gaz ou plein pot vers l’infin et l’au-délà. Il évite les têtes de rocher, franchit une barre monstrueuse en mode « vol plané » et réussit à regagner le large par miracle.

    Un bon récit de marin, mais heureusement que ces deux surfeurs d’un excellent était présent, sinon le drame n’aurait pu être évité. On ne parle pas assez du nombre de personnes secourues par les surfeurs….

  • Matt Meola : L’électron libre qui redéfinit le surf moderne

    Matt Meola : L’électron libre qui redéfinit le surf moderne

    Dans l’industrie du surf, il y a les athlètes de circuit, les free surfeurs, les « youtubbeurs », et puis il y a Matt Meola. Si son nom résonne avec un ton particulièr dans le milieu des « core surfers », c’est parce que l’Hawaïen incarne une polyvalence rare, presque anachronique. Capable de plaquer les airs les plus techniques de la planète comme de ramer sur des montagnes à Jaws, Meola est un puriste.

    Dans cette récente vidéo, on redécouvre un homme dont la vie est rythmée par les éléments de son île natale, Maui, loin des paillettes du World Tour.

    Un style « Skate » sans demi-mesure

    Ce qui frappe chez Matt Meola, c’est son engagement total. Pour ceux qui ont eu la chance de le croiser au pic à différentes époques, le constat est le même : Matt ne connaît pas la retenue. Son approche est fondamentalement liée à celle du skateboard. Là où beaucoup de surfeurs cherchent la fluidité et la sécurité pour assurer une note, Meola cherche l’impact.

    Il fait partie de cette race de surfeurs capables de lancer des airs suicidaires avec une réception fréquente sur le plat. C’est brutal, c’est risqué pour les genoux, mais c’est visuellement époustouflant. Comme un skateur qui tente le même trick cinquante fois jusqu’à le plaquer parfaitement, Matt accepte un « déchet » important. Ses sessions sont jonchées de tentatives inachevées, mais lorsqu’il plaque, le résultat est souvent monstrueux, repoussant les limites de la rotation et de la hauteur.

    Le bémol de la discrétion : L’ombre de la hype

    Il est souvent comparé à son ami et voisin Albee Layer. Les deux partagent cette obsession pour l’innovation technique dans les airs et les grosses vagues. Pourtant, Albee occupe souvent une place plus centrale dans les médias spécialisés. Pourquoi ? Parce que Matt Meola a fait un choix : celui de l’authenticité locale.

    On aimerait le voir plus souvent, le voir voyager et produire davantage de contenu. Mais l’homme préfère sa routine sur son île. Pour Matt, une journée réussie ne se résume pas forcément à un édit de 3 minutes sur YouTube. C’est aussi, et surtout, partir chasser ou pêcher pour nourrir les siens. Cette facette de sa personnalité — ce côté « homme de la terre » — explique pourquoi il ne suit pas la hype des trips marketing incessants. Il est l’antithèse du surfeur qui court après les likes ; il court après les sensations brutes.

    « Le surf pour moi, c’est être dans le moment présent. Si je suis à Maui, que les vagues sont là, je suis l’homme le plus heureux. Si ce n’est pas le cas, la forêt et l’océan m’offrent autre chose. »

    Un chargeur hors norme à Pe’ahi (Jaws)

    Si beaucoup le connaissent pour ses airs, il ne faut pas oublier que Matt Meola est l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de Jaws. Sa connaissance du spot de Pe’ahi est chirurgicale. Passer d’une planche de 5’6 à un gun de 10 pieds demande une adaptabilité que peu possèdent.

    Sa capacité à lire la vague et à s’engager sur des murs d’eau massifs prouve que son talent n’est pas qu’une question de technique aérienne, mais de courage pur. À Jaws, il ne s’agit plus de « skater » sur l’eau, mais de survivre et de dompter la puissance brute de l’Océan Pacifique. C’est cette dualité qui fait de lui une véritable icône.

    L’évolution d’un talent brut

    Au fil des années, Meola a su faire évoluer son surf sans trahir son ADN. Dans la vidéo, on ressent cette maturité. Il parle de son rapport à l’équipement, de la nécessité d’avoir une vision claire de ce qu’il veut accomplir sur chaque vague. Il n’est plus seulement le gamin qui veut faire des rotations impossibles ; il est un architecte de sa propre trajectoire.

    Le message est clair : Matt Meola n’a rien à prouver à personne, si ce n’est à lui-même. Son style ne laisse personne de marbre, car il est l’expression directe de sa personnalité : entière, intense et sans compromis.

  • Adieu au Colonel Kilgore : Robert Duvall, l’acteur qui a fait entrer le surf dans la légende du cinéma, s’est éteint

    Adieu au Colonel Kilgore : Robert Duvall, l’acteur qui a fait entrer le surf dans la légende du cinéma, s’est éteint

    Le « Stoke » a un visage, et il vient de s’assombrir. Robert Duvall, l’acteur monumental qui a incarné le Lieutenant-Colonel Bill Kilgore dans le chef-d’œuvre de Francis Ford Coppola, Apocalypse Now, nous a quittés. Pour le grand public, il restera l’homme qui « aimait l’odeur du napalm au petit matin ». Pour nous, les surfeurs, il est celui qui a prouvé que la quête de la vague parfaite est une force capable de défier la folie de la guerre.

    Plus qu’un rôle : une icône de la culture surf

    Peu de personnages de fiction ont autant imprégné l’imaginaire collectif des surfeurs que Bill Kilgore. Sous les traits de Duvall, Kilgore n’était pas seulement un commandant de l’Air Cavalry ; il était une « légende » absolu.

    Qui d’autre aurait pu, avec un flegme déconcertant, ignorer la pluie d’obus pour analyser la période de la houle ? Cette scène mythique où il débarque sur une plage en plein combat, les yeux rivés sur un « peak » d’e deux mètre’un bon mètre glassy alors que les bombes explosent, a résumé à elle seule l’obsession de notre sport. Duvall a su capturer cette étincelle de folie, ce mélange de dévotion totale et d’insouciance que chaque surfeur ressent en apercevant une série parfaite.

    La Yater Spoon : La planche devenue mythique

    L’article ne serait pas complet sans mentionner sa « monture » : la Renny Yater Spoon. Dans le film, Kilgore traite sa planche avec plus de respect que ses propres troupes.

    Ce longboard, shape légendaire de Santa Barbara, est devenu grâce au film un objet de culte. La disparition de Duvall nous rappelle cette époque où le surf était synonyme d’exploration et de liberté brute. Pour la petite histoire, Duvall ne se contentait pas de jouer la comédie : pour coller au rôle, il avait pris des leçons de surf avec les membres de l’équipe entre deux prises, s’imprégnant de la culture du « surf » jusqu’au bout des doigts.

    « Charlie don’t surf ! » – Une réplique qui a paradoxalement donné naissance au surf aux Philippines, là où le film a été tourné.

    Un héritage qui survit au-delà de l’écran

    Si Kilgore affirmait avec arrogance que « Charlie ne surfe pas », l’histoire lui a donné tort de la plus belle des manières. Le passage de l’équipe de production et les planches laissées sur place (dont la fameuse Yater) ont littéralement planté les graines du surf en Asie du Sud-Est. Aujourd’hui, les spots de Baler aux Philippines vibrent encore de l’héritage laissé par ce tournage dantesque.

    Robert Duvall n’était pas un surfeur de naissance, mais par son talent, il est devenu un « brother in fiberglass ». Il a offert au monde du surf sa plus grande vitrine cinématographique, teintée de poésie sauvage et d’une passion inébranlable.

    Aujourd’hui, nous imaginons le Colonel Kilgore quelque part, sur une plage de sable blanc éternelle, sa Yater Spoon sous le bras, observant un line-up parfait sans l’ombre d’un hélicoptère à l’horizon.

    Aloha, Robert. Merci pour le ride.

  • Le monde du surf pleure Kurt Van Dyke, assassiné au Costa Rica

    Le monde du surf pleure Kurt Van Dyke, assassiné au Costa Rica

    Le paradis a pris des airs de cauchemar ce week-end sur la côte caraïbe du Costa Rica. Kurt Van Dyke, figure emblématique de la communauté surf et héritier d’une des lignées les plus prestigieuses de Santa Cruz, a été retrouvé sans vie dans sa résidence de Cahuita. Un drame d’une violence inouïe qui secoue l’ensemble de la communauté internationale des surfeurs.

    Une agression d’une violence extrême

    Les faits, rapportés par les autorités locales et le San Francisco Chronicle, se sont déroulés samedi dernier. Des intrus auraient pénétré dans l’appartement que Kurt, 66 ans, partageait avec sa compagne. Selon les premiers éléments de l’enquête menée par l’Organisme d’Investigation Judiciaire (OIJ), le couple aurait été ligoté avec des attaches en plastique avant de subir une agression physique.

    Si sa compagne a miraculeusement survécu sans blessures graves, le corps de Kurt Van Dyke a été découvert dissimulé sous un lit, présentant des traces de strangulation et plusieurs plaies à l’arme blanche. Les assaillants ont pris la fuite après avoir dérobé des objets de valeur et le véhicule du couple.

    « The King » : Un pilier de Puerto Viejo

    Installé depuis de nombreuses années au Costa Rica, Kurt n’était pas un simple expatrié. Propriétaire de l’Hôtel Puerto Viejo, il avait bâti un véritable sanctuaire pour les surfeurs du monde entier. Surnommé « The King » par les locaux, il était reconnu pour son engagement envers la communauté et son style de surf radical, malgré les années.

    « Mon frère était une personne profondément bienveillante qui aidait absolument tout le monde », a confié son frère, Peter Van Dyke. « Kurt n’aurait jamais fait de mal à personne. »

    L’héritage d’une dynastie de Santa Cruz

    Le nom Van Dyke résonne comme une légende dans le nord de la Californie. Kurt était le fils de Gene Van Dyke, surfeur notoire de Santa Cruz, et de Betty Van Dyke, une pionnière absolue qui fut l’une des premières femmes à braver les vagues de la région dans les années 50.

    C’est cet héritage de liberté et de passion que Kurt avait emporté avec lui dans les eaux chaudes des Caraïbes. Son décès laisse un vide immense, tant sur les spots de Pleasure Point que sur les récifs de Puerto Viejo.

    Un acte isolé dans une région d’ordinaire paisible

    Face à l’émoi suscité, Roger Sams, président de la Chambre de Tourisme du Sud des Caraïbes, a tenu à rassurer les voyageurs en précisant qu’il s’agissait d’un « cas isolé » visant un résident et non un touriste de passage. La zone, réputée pour son calme et son atmosphère « pueblo », reste sous le choc de cette explosion de violence.

    Pour l’heure, les autorités costariciennes poursuivent leurs recherches pour retrouver les auteurs de ce crime qui vient ternir l’image de la Pura Vida.

  • Justine Dupont blessée à Todos Santos après une lourde chute

    Justine Dupont blessée à Todos Santos après une lourde chute

    La victoire et le podium ne racontent jamais toute l’histoire. Derrière la troisième place décrochée au Thriller at Killers, Justine Dupont a vécu un épisode bien plus rude que ce que laissait présager le classement final. La surfeuse française a révélé sur ses réseaux sociaux s’être fracturé une vertèbre lors de la compétition de grosses vagues à Todos Santos, au Mexique.

    Engagée comme toujours, Justine cherchait « une méga vague ». Elle l’a trouvée… mais l’impact a été violent. Aspirée par la vague après une chute lourde, elle ressent immédiatement une vive douleur dans le dos. Rapidement prise en charge, elle est évacuée vers l’hôpital d’Ensenada avant d’être transférée aux États-Unis pour des examens complémentaires. Verdict : fracture vertébrale, sans complication grave heureusement.

    Une blessure sérieuse, mais un état d’esprit intact

    Dans son message, Justine Dupont rassure. Pas d’opération, mais quelques semaines avec un corset, suivies d’une rééducation conséquente. Le retour à l’eau est déjà dans un coin de sa tête. « Dans quelques mois, je serai de retour à l’eau », écrit-elle, fidèle à cet état d’esprit qui la caractérise depuis ses débuts en grosse vague, et plus généralement dans le surf.

    La Française a tenu à remercier l’ensemble des personnes impliquées dans sa prise en charge : surfeurs, équipe de sécurité, médecins, personnel hospitalier, mais aussi Gary Linden, organisateur du Thriller at Killers, pour la qualité de l’organisation et de la water safety sur place.

    Todos Santos, un rappel brutal de la réalité du big wave

    Cette blessure rappelle à quel point Killers, au large de Todos Santos, reste l’un des spots les plus exigeants au monde. Une vague massive, imprévisible, où l’engagement est total et les conséquences bien réelles. Même pour les surfeurs et surfeuses les plus expérimentés.

    Malgré tout, Justine conclut son message avec une promesse claire : elle reviendra. Rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine, face à cette vague qui l’a durement frappée, mais qui continue d’alimenter sa passion intacte pour le surf de grosses vagues. N’oublions pas son expérience à Jaws.

  • Thriller at Killers 2026 : Todos Santos sacre ses rois de la grosse vague

    Thriller at Killers 2026 : Todos Santos sacre ses rois de la grosse vague

    Todos Santos est un spot capricieux de Baja California, et plus précisément la vague de Killers, a offert ce week-end une édition 2026 du Thriller at Killers aussi brève qu’intense. Feu vert donné mercredi, compétition lancée à l’aube samedi 7 février, dans des vagues estimées entre 20 et 25 pieds. Sans fioritures, sans détour : ici, seuls les vrais répondent présent.

    Organisé sous l’impulsion de la légende de grosse vague Gary Linden, le Thriller at Killers conserve un format unique. Les surfeurs sont sélectionnés via un système hybride mêlant performances vidéo, résultats de l’édition précédente et wildcards attribuées par Linden lui-même. Un casting élitiste, pensé pour une vague qui ne pardonne rien.

    Des conditions massives et une finale à très haute intensité

    Dès les premières séries, Todos Santos a montré son vrai visage : des grosses marches dans la vague, take-offs engagés, sections rapides. Chez les hommes, le Sud-Africain Grant Twiggy Baker a imposé son autorité avec un surf engagé et parfaitement adapté aux vagues de Killers. Il s’impose devant Nic Lamb et Greg Long, dans une finale où chaque vague comptait.

    Mention spéciale au Mexicain Quetzal Estrada, auteur d’une bombe notée 9,5 en demi-finale. Un drop engagé, parfaitement maîtrisé, qui l’envoie en finale et confirme l’émergence d’une nouvelle génération locale capable de rivaliser avec l’élite mondiale.

    Justine Dupont, encore sur le podium mondial

    Chez les femmes, la victoire revient à l’Américaine Katie McConnell, déjà lauréate en 2024, solide et stratégique dans ces conditions. Mais côté français, la performance à retenir est celle de Justine Dupont, qui décroche une superbe troisième place.

    Déjà victorieuse à Nazaré et référence absolue en grosse vague, Justine a une nouvelle fois démontré sa régularité et sa lecture exceptionnelle de l’océan. Dans un spot aussi aléatoire que Todos Santos, cette constance est tout sauf anodine. Elle confirme son statut parmi les surfeuses les plus fiables du circuit big wave mondial.

    Todos Santos, un spot à part dans le monde de la grosse vague

    Killers n’est ni Nazaré, ni Jaws. C’est une vague imprévisible, exigeante, qui récompense l’engagement total et la patience. Chaque édition du Thriller at Killers rappelle pourquoi cette compétition reste l’une des plus respectées du calendrier big wave. Peu de manches, peu de vagues… mais aucune place pour l’erreur.

    En 2026, Todos Santos a encore tenu sa promesse : du surf brut, sans filtre, et un verdict clair. Seuls les surfeurs capables d’affronter l’inconfort absolu peuvent prétendre briller ici.

  • Pipeline au féminin : Bryan s’impose, Zebrowski confirme son immense potentiel

    Pipeline au féminin : Bryan s’impose, Zebrowski confirme son immense potentiel

    La compétition féminine du Lexus Pipe Challenger s’est conclue dans la nuit à Pipeline, dans des conditions finalement plus clémentes que prévu. Pas le Pipe XXL des grandes légendes, mais des vagues propres, solides, entre quatre et six pieds, suffisantes pour rappeler à quel point ce spot reste l’un des terrains de jeu les plus exigeants du circuit, même lorsqu’il se montre plus accessible.

    Au terme d’une journée finale intense, c’est Gabriela Bryan qui s’est imposée, devant Erin Brooks, Molly Picklum et Anat Lelior. Une finale relevée, presque générationnelle, qui donne déjà le ton pour la saison à venir.

    Des conditions imparfaites… mais formatrices

    Comme l’a souligné la vainqueure elle-même, Pipeline n’était « pas idéal », avec un swell en construction et du vent par moments, mais c’est précisément dans ce type de configuration que se forgent les vraies compétitrices. Lecture de vague, patience, choix de priorité : chaque série a demandé une maîtrise tactique totale, bien au-delà du simple tube parfait.

    Dans ce contexte, la victoire de Gabriela Bryan a une saveur particulière. Déjà quadruple gagnante sur le Championship Tour, la surfeuse de Kauaʻi signe ici son premier succès sur le Challenger Series, à domicile, sur un spot mythique chargé de l’héritage d’Andy Irons. Un signal fort envoyé avant le coup d’envoi de la saison CT 2026 à Bells Beach.

    Tya Zebrowski : la confirmation, pas la surprise

    Côté français, la performance de Tya Zebrowski mérite clairement qu’on s’y attarde. À seulement 14 ans, Tya continue d’impressionner par sa maturité compétitive, et surtout par son aisance dans les vagues creuses, un registre où l’erreur ne pardonne pas à Pipeline.

    Dès le premier tour de la journée précédente, elle se retrouvait dans une série particulièrement relevée face à Yolanda Hopkins, actuelle numéro une du classement, Anat Lelior et Vahine Fierro. Une série piège, tendue, où la moindre hésitation pouvait coûter cher. Pourtant, Zebrowski s’en sort avec autorité et se qualifie pour les quarts de finale, aux côtés d’Anat Lelior.

    En quart, la Française livre une prestation solide et se hisse en demi-finale, confirmant sa régularité au plus haut niveau du Challenger Series. Elle s’arrête finalement à ce stade, mais sans réelle déception comptable : avec déjà d’excellents résultats engrangés cette saison, cette demi-finale remplace un score équivalent dans son total annuel. Autrement dit, le classement final ne bouge pas Yolando Hopkins et Tya Zebrowski ont le même nombre de points.

    Vaïne Fierro : une série cruelle

    Pour Vahine Fierro, l’aventure s’est arrêtée plus tôt. Engagée elle aussi dans la série d’ouverture face à Zebrowski, Hopkins et Lelior, la Polynésienne n’a pas trouvé les opportunités nécessaires pour s’exprimer pleinement. Une élimination frustrante, dans un série difficile.

  • Amaury Lavernhe devient Espagnol : le signal d’alarme d’une crise profonde pour le surf tricolore

    Amaury Lavernhe devient Espagnol : le signal d’alarme d’une crise profonde pour le surf tricolore

    Le monde du bodyboard s’est réveillé avec une nouvelle amère. Amaury Lavernhe, alias « Moz », l’un des athlètes les plus titrés de l’histoire du sport français, ne portera plus la bannière tricolore. À 40 ans, alors qu’il entame sa 21e saison sur le circuit mondial (IBC), le Réunionnais a officiellement pris la nationalité espagnole. Ce choix, loin d’être une simple formalité administrative, est le résultat d’une politique sportive française qui laisse ses talents sur le carreau.

    Le couperet du statut de « Haut Niveau »

    Depuis ses 13 ans, Amaury Lavernhe figurait sur la liste ministérielle des athlètes de haut niveau. Un statut crucial qui permet d’obtenir des subventions, des aides aux déplacements et un accompagnement professionnel. Mais les règles ont changé. Le ministère des Sports a décidé de retirer le bodyboard de cette liste, justifiant cette décision par l’absence de la discipline aux Jeux Olympiques.

    « C’était une mauvaise décision, car la France n’a jamais eu autant de bodyboarders sur le circuit mondial », regrette l’athlète. Résidant aux Canaries depuis de nombreuses années, Amaury a constaté que l’Espagne, elle, continue de soutenir massivement ses bodyboarders. Pour survivre professionnellement et continuer à porter ses projets sportifs, Moz (surnom d’amaury) a dû se résoudre à changer de pavillon.

    Après le bodyboard, le longboard dans la tourmente ?

    Le cas Lavernhe n’est que la partie émergée de l’iceberg. Le débat s’élargit désormais aux longboarders. Il y a quelques mois, la sentence tombait pour les JO de Los Angeles 2028 : le longboard ne sera pas intégré au programme olympique.

    Cette exclusion fait peser une menace directe sur les athlètes français. Si la logique ministérielle reste la même — « pas d’Olympe, pas de soutien » — qu’adviendra-t-il de nos champions comme Edouard Delpero, Alice Lemoigne ou Zoé Grospiron ? Sans le précieux statut de haut niveau, ces athlètes perdent non seulement des revenus, mais aussi la reconnaissance institutionnelle nécessaire pour attirer des sponsors privés.

    Vers une fuite des talents vers l’étranger ?

    La France est une nation majeure du surf sous toutes ses formes. Pourtant, en conditionnant son aide à la seule vitrine olympique, elle crée un système à deux vitesses. D’un côté, le shortboard bénéficie de toutes les attentions ; de l’autre, les disciplines « historiques » et tout aussi performantes s’étiolent.

    Le départ d’Amaury Lavernhe vers l’Espagne pourrait créer un précédent. Si les conditions de pratique et de soutien financier sont meilleures chez nos voisins, rien n’empêchera d’autres riders de suivre le même chemin. Le risque est réel : voir le savoir-faire et le palmarès français nourrir les fédérations concurrentes, faute de considération nationale.

  • Prince Harry lâche 50 000 $ pour surfer la vague artificielle de Kelly Slater

    Prince Harry lâche 50 000 $ pour surfer la vague artificielle de Kelly Slater

    Le surf n’est plus seulement une affaire d’océan et de marées. Prince Harry en est l’illustration parfaite. Le duc de Sussex a une nouvelle fois été aperçu en train de surfer au Surf Ranch, la piscine à vagues ultra-exclusive imaginée par Kelly Slater.

    Située à Lemoore, en Californie, cette installation propose une vague mécanique d’une régularité chirurgicale, capable de dérouler des tubes identiques à l’infini. Un terrain de jeu idéal pour progresser… à condition d’en avoir les moyens.

    Un habitué discret du Surf Ranch

    Ce n’est pas une première pour Prince Harry. Depuis son installation aux États-Unis, il fréquente régulièrement le Surf Ranch, souvent sous l’œil bienveillant de Raimana van Bastolaer, coach de surf reconnu et waterman respecté.

    Dans une récente vidéo publiée sur les réseaux sociaux, on voit Harry un peu hésitant dans la section tubulaire de la vague. La légende, simple et fraternelle, résume l’ambiance : « Cannot stop you my brother for having a good time ».

    Une polémique écologique relancée

    Ces images ont toutefois ravivé une controverse déjà connue. Prince Harry, engagé de longue date sur les questions environnementales, a été critiqué pour son choix de surfer dans une piscine à vagues artificielle, perçue comme énergivore et éloignée de l’esprit originel du surf.

    La polémique avait déjà éclaté après une vidéo partagée par Meghan Markle, montrant son mari glissant sur cette vague artificielle, provoquant une avalanche de commentaires sceptiques.

    Un surf de luxe… à prix très élevé

    Car surfer au Surf Ranch n’est pas donné. Selon les tarifs connus, une journée privée coûte entre 50 000 et 70 000 dollars selon la saison. À ce prix-là, chaque vague revient à plusieurs centaines de dollars, chaque seconde de glisse est littéralement comptée.

    Le Surf Ranch met en avant ses efforts écologiques : énergie solaire, matériaux recyclés, suppression du plastique à usage unique. Suffisant pour convaincre ? Pas pour tout le monde.

  • Ben Gravy surfe des vagues gelées à Montauk

    Ben Gravy surfe des vagues gelées à Montauk

    Il y a des images qui semblent tout droit sorties d’un film de science-fiction. Celles de Ben Gravy surfant des vagues partiellement gelées à Montauk, sur la côte Est des États-Unis, en font clairement partie. Sous l’effet d’un froid extrême provoqué par un bomb cyclone, l’océan s’est transformé en une étrange soupe glacée, donnant naissance à un phénomène rarissime : des « slushy waves« , des vagues à moitié gelées.

    Une session hors du temps

    Quand les températures chutent brutalement et que le vent s’aligne parfaitement, l’eau de mer peut commencer à se figer en surface. À Montauk, ce mélange d’eau, de glace et d’écume a offert un spectacle hypnotique. La question était simple : est-ce surfable ?
    Réponse : oui… mais pas comme on l’imagine.

    Spécialiste mondial des vagues improbables, Ben Gravy n’a pas hésité longtemps. Originaire du New Jersey, il a rejoint le spot dès que les conditions se sont mises en place, bien conscient de vivre quelque chose d’unique.

    “Comme des Slushies du 7-Eleven”

    Dans la vidéo, devenue virale en quelques heures, on voit Gravy glisser sur une vague qui semble avancer au ralenti. Une impression confirmée par le principal intéressé :

    “La texture était comme des Slushies du 7-Eleven. Tu te lèves, puis tu touches la glace et tout ralentit. Tu n’as presque plus de contrôle… mais en même temps si, parce que la vague casse en slow motion.”

    Qu’est ce que les Slushies du 7 Eleven ? Ce sont des granités glaces d’une chaine de magasin 7 eleven, je vous laisse chercher sur internet.

    La perte de vitesse, la faible portance et la rigidité de l’eau rendent chaque take-off délicat. Mais c’est aussi ce qui donne à ces vagues une dimension presque irréelle, loin du surf classique.

    Un phénomène aussi beau que dangereux

    Surfer dans une eau proche de 0 °C n’est pas anodin : engourdissement, leash qui durcit, chutes potentiellement violentes. Cette session n’avait rien d’un coup improvisé. Gravy le rappelle : c’est une vague exceptionnelle, à ne pas banaliser.

    Il n’empêche. Cette expérience restera gravée comme l’une des plus étranges et marquantes de sa carrière. Il la classe même dans son top 3 personnel des vagues les plus insolites jamais surfées.

    Une parenthèse glacée, fascinante, et déjà culte.

  • Comment un réseau a pillé des surfeurs en Californie… grâce à une simple clé cachée

    Comment un réseau a pillé des surfeurs en Californie… grâce à une simple clé cachée

    Pendant qu’ils surfent, quelqu’un les observe. Un réseau méthodique vidait leurs comptes bancaires depuis les parkings de surf californiens.
    Tout est parti d’un geste banal que presque tous les surfeurs font… sans en mesurer les conséquences.

    Une vague, un parking… et le début d’une affaire hors norme

    Tout commence par une session anodine. Un de ces surfs « pour la tête », quand l’océan sert d’exutoire.

    Ce jour-là, Logan ‘Chucky’ Dulien se met à l’eau aux River Jetties, en Californie, quelques heures seulement avant une réunion destinée à organiser la crémation de sa mère. Un moment intime, fragile, loin de toute parano.

    Pendant qu’il est à l’eau, quelqu’un observe.
    Repère.
    Attend.

    À son retour, tout s’enchaîne : clés compromises, maison visitée, voiture fouillée, téléphone piraté, comptes bancaires siphonnés. 150 000 dollars disparaissent en quelques heures. Mais ce vol n’est pas un coup isolé.

    Un mode opératoire glaçant, taillé pour les spots de surf

    Très vite, Dulien comprend que quelque chose cloche. Les détails sont trop précis. Trop propres.

    Les témoignages affluent : mêmes parkings, mêmes horaires, mêmes profils. Des surfeurs à l’eau, des voitures laissées seules, et toujours cette même faille : la clé cachée sur le véhicule.

    Le réseau semble fonctionner comme un surfeur chevronné :

    • analyse des prévisions Surfline,
    • lecture des marées,
    • repérage des parkings exposés,
    • timing parfait pendant les fenêtres de surf.

    De Malibu à San Diego, les comptes bancaires se vident pendant que les victimes sont occupées à prendre des vagues. Le plus troublant ? Les vols sont rapides, silencieux, sans effraction visible. Juste une clé… et tout devient accessible.

    Quand un surfeur fait ce que la police n’a pas fait

    Refusant de classer l’affaire, Dulien se transforme malgré lui en enquêteur. Il compile, recoupe, relie les points. Vidéosurveillance, messages privés, témoignages anonymes. Petit à petit, un nom revient : Moundir Kamil.
    Un habitué des arnaques complexes, déjà condamné par le passé pour vols bancaires et usurpations d’identité.

    L’affaire prend une ampleur nationale lorsque CNN s’en empare. À l’écran, Anderson Cooper commente les images de surfeurs cachant leurs clés dans les passages de roue — un geste désormais décrit comme une invitation ouverte au vol.

    Verdict : prison fédérale et fin de cavale

    Après des mois d’enquête, la justice tranche. Moundir Kamil, aujourd’hui âgé de 56 ans, est condamné à trois ans et huit mois de prison fédérale.

    Le bilan est lourd :

    • près d’un million de dollars volés,
    • des centaines de cartes bancaires photographiées et utilisées,
    • des dizaines de surfeurs impactés financièrement et psychologiquement.

    Il exprime des remords, évoque sa famille, sans convaincre. À l’issue de sa peine, il devrait être expulsé vers le Maroc. Attention à la destination Maroc dans 4 ans, lol… Grâce à cette affaire, les assurances commencent à indemniser les victimes. Mais le mal est fait.

    Une habitude mondiale… exploitée à grande échelle

    Ce qui rend cette histoire si dérangeante, c’est sa banalité. Le réseau n’a rien inventé. Il a simplement exploité une habitude universelle du surf. En Californie, comme ailleurs, cacher sa clé sur sa voiture est devenu une habitude.

    Et en France ?

    On fait exactement la même chose. Je l’ai moi-même vécu : retour de session, voiture ouverte, clé laissée sur le siège. Rien de volé, mais un avertissement clair. Depuis, cadenas à code obligatoire pour y laisser ma clé et surfer tranquille.

  • Disparition de Claudy Robin, fondateur de See Surf et pionnier du surf inclusif

    Disparition de Claudy Robin, fondateur de See Surf et pionnier du surf inclusif

    La communauté du surf français est en deuil. La Fédération Française de Surf a annoncé avec une profonde tristesse la disparition de Claudy Robin, fondateur et président de l’association See Surf, engagée depuis plus de dix ans pour rendre le surf accessible aux personnes aveugles et malvoyantes.

    Un homme discret, profondément humain, dont l’engagement a laissé une trace indélébile bien au-delà des plages de Lacanau.

    « Je me suis envolé ce matin… »

    C’est par un message bouleversant publié dans le groupe See Surf que la nouvelle s’est répandue :

    « À tous mes amis de See Surf, je me suis envolé ce matin, je vous aime fort et vous promets d’être enfin assez libre pour venir surfer avec vous… »

    Des mots simples, puissants, à l’image de celui qui les a laissés. Claudy Robin était aveugle à la suite d’une maladie génétique de la rétine. Une cécité qui ne l’a jamais empêché de voir plus loin que les autres.

    Découvrir le surf sans la vue, mais avec l’essentiel

    Claudy Robin découvre le surf à l’âge adulte. Très vite, il comprend que cette discipline, souvent perçue comme visuelle, peut devenir une expérience sensorielle totale, à condition d’un encadrement adapté, d’une écoute permanente et d’un engagement humain sincère.

    De cette conviction naît See Surf, fondée en 2012 à Lacanau. L’association se donne une mission claire : permettre aux personnes aveugles ou malvoyantes de ressentir la glisse, la vague, l’océan, sans barrières ni condescendance.

    See Surf, une aventure collective et humaine

    Grâce à un travail étroit mené avec le Lacanau Surf Club, des moniteurs diplômés, et un réseau de bénévoles passionnés, See Surf a permis à des dizaines de pratiquants de vivre leurs premières vagues.

    Loin du simple symbole, l’association s’est inscrite dans une démarche durable, exigeante, respectueuse du surf et de celles et ceux qui le pratiquent.

    Plusieurs figures du surf français ont également croisé la route de See Surf. Lou Méchiche, championne de France et championne du monde par équipes avec l’équipe de France, s’est notamment investie au sein de l’association, accompagnant des pratiquants lors de journées d’initiation.

    Hawaii, Pipeline et un souvenir gravé à jamais

    En 2013, la Fédération Française de Surf accompagne Claudy Robin et des membres de See Surf à Hawaii, pour un voyage hors du temps. Sur le sable mythique de Pipeline, les rencontres avec de grands champions du surf mondial donnent lieu à des moments d’une intensité rare.

    Un voyage inoubliable, profondément émouvant, qui symbolise parfaitement le message porté par Claudy Robin : le surf appartient à toutes et tous.

    Un héritage immense pour le surf et le sport inclusif

    Par son engagement, sa détermination et son humanité, Claudy Robin a marqué durablement la communauté du surf, mais aussi le champ plus large du sport inclusif en France.

    La Fédération Française de Surf et l’Association Nationale Handi Surf ont adressé leurs pensées les plus sincères à sa compagne, à ses proches, ainsi qu’à l’ensemble des membres et bénévoles de See Surf.

    Aujourd’hui, les vagues de Lacanau, et bien au-delà, portent un peu de son héritage. Celui d’un homme qui n’a jamais eu besoin de voir pour faire ressentir l’essentiel.

  • Disparition de Max Fernandez, l’âme discrète du Lacanau Pro

    Disparition de Max Fernandez, l’âme discrète du Lacanau Pro

    Il y a des noms qui ne s’affichent pas sur les lycras, qui ne s’inscrivent pas dans les palmarès, mais sans lesquels l’histoire du surf ne se serait tout simplement jamais écrite. Max Fernandez était de ceux-là.
    En ce début d’année 2026, le surf français perd l’un de ses bâtisseurs les plus discrets et les plus essentiels. Un homme de l’ombre, mais une colonne vertébrale.

    Un hommage nécessaire, à l’ère du numérique

    Pourquoi rendre hommage sur un site internet ?
    Parce qu’aujourd’hui, les livres se ferment plus vite qu’ils ne s’ouvrent, et que la transmission passe désormais par le web. Demain, elle passera aussi par l’IA. Si ces histoires ne sont pas racontées, elles disparaissent. Et avec elles, une part de la culture surf.

    Rendre hommage à Max Fernandez, c’est documenter une mémoire collective. Celle d’un Canaulais qui a façonné le surf français bien avant qu’il ne devienne un produit, un spectacle ou une industrie.

    Le Lacanau Surf Club, racine du projet

    Fondé en 1968, le Lacanau Surf Club est l’un des tout premiers clubs de surf en France. À la fin des années 1970, le surf reste marginal, artisanal, presque confidentiel.

    En 1978, une réunion décisive a lieu sous l’impulsion de passionnés visionnaires. Autour de la table : Max Fernandez, Francis Boutrois, René Guillet, Patrice Chrzan (Atlantic Surf Shop). Une idée simple, presque folle pour l’époque : organiser une compétition réunissant les meilleurs surfeurs pros et amateurs.

    1979 : naissance d’un monument

    La première édition voit le jour en septembre 1979. La finale est serrée, intense, déjà internationale.
    En 1983, l’événement entre dans une autre dimension : il devient une étape du circuit professionnel mondial ASP. Le Lacanau Pro est né. Et il ne s’arrêtera plus.

    Dans l’ombre, Max Fernandez orchestre, structure, anticipe. Technique, logistique, organisation : tout passe par lui. Aux côtés de son épouse Monique — devenue au fil des années la “maman” du Lacanau Pro — il fait de l’événement une référence européenne, puis mondiale.

    Une aventure aussi familiale

    L’histoire est aussi intime. Le fils de Max, Thierry Fernandez, entre lui aussi dans la légende en remportant le Lacanau Pro 1982.
    Premier Français à s’imposer sur cette épreuve mythique, il sera également Champion d’Europe en 1985, et l’un des piliers du surf français des années 80.

    Il faudra attendre 27 ans pour revoir un Français s’imposer à Lacanau. Joan Duru en 2009, puis 2016. La suite confirmera l’héritage : Maud Le Car, Marco Mignot, Sam Piter… Tous surfent, d’une manière ou d’une autre, sur une vague initiée par Max Fernandez.

    Lacanau, laboratoire du surf moderne

    Sous l’impulsion du Lacanau Surf Club et de figures comme Max Fernandez, Lacanau devient bien plus qu’un spot.
    Maison de la Glisse (1990), premières écoles de surf, compétitions internationales, surf féminin, parasurf, éveil des enfants avec le “Jardin des Vagues”, conscience environnementale… Tout est pensé avant l’heure.

    Lacanau accueille des championnats d’Europe, du monde amateur, des générations de surfeurs et de surfeuses. Tom Curren, Tom Carroll, Gary Elkerton, Flavio Padaratz… Les légendes passent, l’esprit reste.

    L’héritage d’un homme de valeurs

    Ce que laisse Max Fernandez dépasse largement un événement ou une structure. Il laisse une méthode, une rigueur, un sens du collectif. Une vision du surf comme culture, pas uniquement comme performance.

    La Fédération Française de Surf, le Comité de Gironde, le Lacanau Surf Club, et toute la communauté surf lui doivent énormément. Son héritage est désormais inscrit dans l’ADN du surf français.

    Se souvenir, pour ne pas oublier

    Chez Icônes Surf, raconter ces histoires n’est pas un exercice nostalgique. C’est un acte de transmission.
    Parce qu’un jour, quelqu’un tapera “Lacanau Pro” dans un moteur de recherche. Et il devra savoir que derrière cette compétition mythique, il y avait un homme : Max Fernandez.

    Qu’il repose en paix, aux côtés de Monique. Et merci, tout simplement.

  • Disparition tragique de Yam Wisman, jeune talent du surf brésilien

    Disparition tragique de Yam Wisman, jeune talent du surf brésilien

    La communauté surf internationale est en deuil. Le surfeur brésilien Yam Wisman est décédé à l’âge de 23 ans dans un accident de moto aux Philippines, où il se trouvait pour disputer une compétition de longboard. Une disparition brutale qui laisse un grand vide, tant son talent que son humanité marquaient tous ceux qui l’ont croisé.

    Une carrière prometteuse brutalement interrompue

    Originaire de Jericoacoara, au nord-est du Brésil, Yam Wisman s’était imposé comme l’un des jeunes visages montants du longboard moderne, tout en restant un free surfeur complet, à l’aise sur shortboard et dans les vagues creuses. Il voyageait beaucoup, toujours animé par la recherche de nouvelles vagues et de nouvelles expériences.

    Présent récemment aux Philippines pour un WSL Longboard Qualifier à La Unión, il avait atteint les 32ᵉ de finale, confirmant son talent. Quelques jours plus tard, alors qu’il circulait à moto sur l’île de Palawan, un accident de la route lui a coûté la vie.

    Une vague d’hommages dans le monde du surf

    L’annonce de son décès a rapidement suscité une immense émotion. La légende du longboard Joel Tudor a partagé un message sobre et poignant : « Parti bien trop tôt. Repose en paix Yam. Mes condoléances à la famille ».

    La surfeuse brésilienne Chloé Calmon, multiple fois vice-championne du monde, a également rendu hommage à un surfeur « toujours souriant, bienveillant, inspirant et incroyablement talentueux ».

    La ville de Jericoacoara a salué un enfant du pays qui « portait le nom du village dans le monde avec humilité, amour de l’océan et respect des autres ».

    Moto et scooter en Asie : un danger souvent sous-estimé

    Le drame de Yam Wisman rappelle une réalité trop souvent banalisée : les déplacements en moto ou en scooter représentent un risque majeur dans plusieurs pays d’Asie, notamment aux Philippines ou en Indonésie, où les deux-roues sont le principal moyen de transport.

    Dans ces pays, les motocyclistes représentent la majorité des victimes d’accidents de la route. Circulation dense, infrastructures parfois inadaptées, règles de conduite peu respectées, non-port du casque ou conduite à contresens font partie des causes les plus fréquentes. Chez les jeunes adultes, les accidents de deux-roues figurent parmi les premières causes de mortalité accidentelle.

    Prévention : quelques règles essentielles pour les voyageurs

    Pour les surfeurs et voyageurs amenés à se déplacer en deux-roues en Asie, quelques principes simples peuvent sauver des vies :

    • Toujours porter un casque, même pour un court trajet, même si cela n’est pas obligatoire
    • Éviter de rouler de nuit, lorsque la visibilité et la vigilance chutent
    • Refuser les motos surchargées ou en mauvais état
    • Adapter sa vitesse, même si le trafic semble chaotique
    • Privilégier les transports alternatifs lorsque c’est possible

    Le surf est une passion qui pousse au voyage, mais la prudence sur la route est aussi importante que dans l’eau.

    Un talent qui restera dans les mémoires

    Yam Wisman incarnait une génération de surfeurs libres, passionnés et profondément connectés à l’océan. Son sourire, son style fluide et son humilité resteront gravés dans la mémoire de la communauté surf mondiale.

  • Mercato surf : William Aliotti rejoint Billabong

    Mercato surf : William Aliotti rejoint Billabong

    Petit mouvement de mercato qui n’est pas passé inaperçu dans le monde du surf français: William Aliotti signe chez Billabong. Une annonce aussi élégante que surprenante pour un surfeur qui a longtemps incarné l’ADN de Volcom, aussi bien dans l’eau qu’en dehors.

    Dans son post Instagram, Billabong ne parle ni de résultats, ni de compétitions. Le message est clair : Aliotti fait partie de ces rares surfeurs qui tracent leur propre voie, loin du circuit, à la recherche de vagues exigeantes, de lignes pures et d’une vision personnelle du surf. Un profil qui colle parfaitement à l’image “Only a surfer knows the feeling” que la marque remet en avant ces dernières années.

    Pour William Aliotti, connu pour son engagement dans les vagues creuses et puissantes, ce changement de logo marque une nouvelle étape, sans renier ce qui a fait sa singularité. Plus qu’un transfert, c’est un alignement de valeurs et de budget (soyons réaliste): aventure, liberté et engagement total dans l’océan.

    Un move discret, mais symbolique, qui confirme que le monde du surf est en pleine révolution, avec de nombreux départs chez de nombreuses marques. Il nous tarde les résultats de cette collaboration entre William et Billabong.

  • Miguel Tudela suspendu 16 mois, une erreur médicale à l’origine

    Miguel Tudela suspendu 16 mois, une erreur médicale à l’origine

    Le surf olympique n’échappe pas aux règles strictes de l’antidopage. Cette semaine, une décision passée relativement inaperçue a pourtant fait l’effet d’une petite onde de choc : le surfeur péruvien Miguel Tudela, engagé aux Jeux de Tokyo, a écopé d’une suspension de 16 mois après un contrôle positif à un stéroïde… malgré l’absence d’intention reconnue par la justice sportive.

    Une suspension rétroactive déjà purgée

    Âgé de 31 ans, Miguel Tudela a été contrôlé hors compétition en 2024 dans le cadre d’un programme mené par l’International Testing Agency pour le compte de l’International Surfing Association, l’instance qui gère le surf au niveau olympique.

    Le test a révélé la présence de « méténolone », un stéroïde figurant sur la liste des substances interdites. L’affaire a alors été transmise au Tribunal arbitral du sport (TAS), qui a rendu sa décision à l’été 2025 : 16 mois de suspension, appliqués rétroactivement à partir du 6 janvier 2024. Résultat : la sanction était déjà entièrement purgée au moment de son officialisation.

    Une erreur médicale reconnue… mais sanctionnée

    Point central du dossier : Miguel Tudela n’a jamais nié la présence de la substance, mais en a contesté l’intention. Selon lui, le produit interdit aurait été administré par erreur lors d’un traitement de plasma destiné à soigner une blessure au genou contractée aux Jeux panaméricains de 2023.

    Devant le tribunal, les juges ont reconnu la crédibilité des preuves apportées par le surfeur et conclu à l’absence de dopage intentionnel ou de volonté de tricher. Un élément clé… qui n’a pourtant pas suffi à éviter la sanction.

    Le règlement antidopage est clair : même sans intention, un athlète reste responsable de ce qui entre dans son organisme. Une logique implacable, mais assumée par les instances sportives.

    Des résultats annulés, sauf exception

    Conséquence directe : tous les résultats de Miguel Tudela sur la période concernée ont été annulés, à une exception près. Le Péruvien a été autorisé à participer aux ISA World Surfing Games 2024 à Porto Rico, où il a terminé 37e. Il n’a en revanche pas pris part à l’édition 2025 de la compétition.

    Un feuilleton administratif éprouvant pour un athlète également impliqué dans la gouvernance du sport, puisqu’il a siégé par le passé à la commission des athlètes de l’ISA.

    Le dopage, un sujet encore tabou dans le surf

    Longtemps considéré comme marginal dans le monde du surf, le dopage est un sujet qui revient de plus en plus souvent depuis l’entrée de la discipline aux Jeux olympiques. Les contrôles se sont durcis, les protocoles se sont professionnalisés… et les sanctions tombent.

    En 2024, le Portugais Vasco Ribeiro avait ainsi écopé d’une suspension de trois ans pour avoir refusé un contrôle antidopage à domicile. Des cas rares, mais suffisamment marquants pour rappeler que le surf n’est plus un sport “à part” sur le plan réglementaire.

    Un message amer mais clair

    De son côté, Miguel Tudela assure vouloir tourner la page, tout en continuant à défendre les valeurs de fair-play. Soutenu par ses sponsors tout au long de la procédure, il sort blanchi sur le plan moral, mais marqué par un système qui ne laisse que très peu de place à l’erreur.

    Un rappel brutal : à l’ère du surf olympique, l’amateurisme n’a plus sa place, même dans les salles de soin.

    Des contrôles antidopage difficiles à concilier avec le surf

    Les surfeurs soumis aux contrôles antidopage hors compétition doivent déclarer longtemps à l’avance leur localisation quotidienne, en précisant où ils se trouvent chaque jour à 6 heures du matin, afin de permettre des contrôles inopinés. Une règle complexe pour un sport dépendant de la météo et des swells, où les déplacements de dernière minute sont fréquents. Un changement de plan non signalé ou une absence lors d’un contrôle est considéré comme un manquement. Trois manquements sur douze mois peuvent entraîner une sanction disciplinaire, même sans test positif.

  • Kitesurf : quand le vent devient mortel

    Kitesurf : quand le vent devient mortel

    Vendredi dernier, sur le spot de Bat Yam, en Israël, un accident d’une violence rare a coûté la vie à Lior Dadon, kitesurfeur expérimenté de 42 ans. Lors de conditions météo instables, deux riders ont été soudainement happés par un vortex de vent, un phénomène aérologique brutal capable de créer une forte ascendance verticale.

    Selon les autorités locales, les deux kitesurfeurs ont été soulevés à plus de 150 mètres de hauteur avant d’être projetés vers la terre. Lior Dadon a été violemment éjecté contre des rochers et est décédé sur place. Un autre pratiquant a été blessé, sans que son pronostic vital ne soit engagé.

    Les images de l’accident montrent une session qui semblait, quelques secondes auparavant, parfaitement maîtrisée. Plusieurs riders naviguent normalement, profitant d’un vent soutenu mais jugé praticable. Puis, en un instant, une rafale anormale emporte l’un d’eux hors de l’eau, sans possibilité de reprise de contrôle.

    Attention les images montrent l’accident avec une vue lointaine pour les plus jeunes

    Un phénomène connu, mais toujours sous-estimé

    Le lofting, ou projection verticale incontrôlée, est un risque bien identifié en kitesurf. Il survient généralement lors de :

    • conditions orageuses ou pré-orageuses,
    • vents rafaleux ou instables,
    • effets thermiques de fin de journée,
    • zones côtières avec obstacles (falaises, immeubles, digues).

    Contrairement au surf, le kitesurf expose directement le pratiquant à des forces aériennes invisibles. Une rafale descendante ou un vortex peut se former sans avertissement perceptible depuis la plage, rendant toute réaction humaine insuffisante.

    ATTENTION, les images sont lointaines, mais on voit l’accident

    L’expérience ne protège pas de tout


    Lior Dadon n’était ni débutant, ni inconscient. Il pratiquait le kitesurf depuis plus de vingt ans et était connu localement pour sa passion et sa bienveillance. Cet accident rappelle une réalité difficile à accepter : l’expérience réduit certains risques, mais n’annule pas les phénomènes extrêmes.

    En France, plusieurs accidents graves ont déjà été recensés ces dernières années, notamment lors de décollages ou d’atterrissages dans des vents irréguliers. Certains ont entraîné de lourdes blessures, d’autres des décès. La plupart ont un point commun : une météo sous-estimée ou une évolution rapide des conditions.

    Surf et kitesurf : une pratique complémentaire, mais exigeante

    De nombreux surfeurs pratiquent également le kitesurf, et cette transversalité a du sens. Le kite permet de continuer à glisser lorsque le vent rend les vagues impraticables. Mais il ne peut jamais être abordé comme un simple “plan B”.

    Le rapport au danger est fondamentalement différent. Là où le surf confronte le pratiquant à l’océan, le kitesurf l’expose à l’air, un élément plus instable encore.

    Naviguer par vent orageux ou instable reste l’un des principaux facteurs de risque en kitesurf. Réduire la taille de son aile, éviter les zones à obstacles, surveiller l’évolution météo en temps réel et accepter de renoncer à l’eau sont des décisions qui sauvent des vies. En kitesurf, la meilleure session est parfois celle que l’on ne fait pas.

  • Du tube parfait à l’export : et si le Capitulo Perfeito devenait un exemple ?

    Du tube parfait à l’export : et si le Capitulo Perfeito devenait un exemple ?

    Le tube est sans doute l’essence la plus pure du surf. Pas le plus simple, pas le plus accessible, mais le plus spectaculaire, le plus exigeant, le plus respecté. Quand une compétition choisit d’en faire son ADN, elle ne cherche pas le consensus : elle assume une vision. C’est exactement ce que fait Capítulo Perfeito, dont l’édition 2026 marque un tournant majeur avec une expansion internationale vers le Mozambique et l’Indonésie.

    Une annonce forte, presque symbolique : le tube n’appartient plus à un seul pays. Il devient un langage universel.

    Capítulo Perfeito : une idée simple, une exécution radicale

    Depuis sa création, Capítulo Perfeito repose sur un principe aussi évident que génial : one day, one swell. Pas de waiting period interminable, pas de vagues moyennes pour sauver un planning TV. On attend le jour parfait, celui où Carcavelos se transforme en machine à tubes lourds et imprévisibles.

    En 2026, le concept change d’échelle sans perdre son âme.

    • Portugal – Carcavelos, berceau historique
    • Mozambique – Praia da Barra, puissance brute et peu médiatisée
    • Indonésie – Desert Point, la référence absolue du tube long et profond

    Trois continents, trois cultures, une même obsession : le tube engagé.

    Et pendant ce temps-là, en France…

    En octobre, quand les premières vraies houles d’automne réveillent les bancs de sable landais, Royal Barrique s’installe discrètement à Hossegor. Pas de bruit inutile. Pas de promesses marketing surdimensionnées. Juste une vérité simple : probablement la meilleure compétition de tube au monde.

    Oui, probablement.
    Non, ce n’est pas chauvin.

    Le Royal Barrique, c’est La Gravière ou les tubes d’hossegor dans ce qu’il a de plus brut : rapide, creux, imprévisible. Une vague qui ne pardonne rien et qui sélectionne naturellement les vrais tube riders. Ici, pas besoin d’effets spéciaux : la vague fait le travail.

    Deux compétitions, une même philosophie

    Capítulo Perfeito et Royal Barrique partagent bien plus qu’un goût prononcé pour les barrels :

    • Un format événementiel, rare, presque cérémonial
    • Une sélection exigeante, loin des formats standardisés
    • Une culture du risque maîtrisé, où le style compte autant que l’engagement
    • Une identité forte, ancrée dans un territoire précis

    Ces compétitions ne sont pas des produits WSL. Ce sont des objets culturels du surf moderne.

    Et si le Royal Barrique s’exportait à son tour ?

    La question mérite d’être posée. Si Capítulo Perfeito peut s’exporter sans se diluer, pourquoi pas le Royal Barrique ?

    Imagine un Royal Barrique Desert Point, un Royal Barrique Skeleton Bay, ou même un Royal Barrique Chili. Même exigence. Même esthétique. Même radicalité. Le nom deviendrait un label : quand tu vois “Royal Barrique”, tu sais que ça va tuber fort.

    La France tient là un concept premium, rare, crédible, respecté par les surfeurs. Un vrai pan de l’histoire du surf français, au même titre que le Royal Barrique l’est déjà pour Hossegor, comme Capítulo Perfeito l’est pour les Portugais. La vrai différence réside dans les moyens entre les deux évènements. Difficile pour la compétition française de s’exporter, elle manque cruellement de moyen, et c’est un vrai problème au niveau national. Le désengagement des marques historiques a frappé de plein fouet l’organisation des compétitions en France.

    Le tube comme héritage, pas comme spectacle

    Dans un surf de plus en plus lissé, ces compétitions rappellent une chose essentielle : le tube reste la manoeuvre phare du surf.

    Et tant mieux si ces événements restent rares. C’est ce qui leur donne leur valeur.

  • Free Time : le film qui confirme Cam Richards parmi l’élite du surf mondial

    Free Time : le film qui confirme Cam Richards parmi l’élite du surf mondial

    Avec Free Time, Cam Richards confirme qu’il fait partie de ce cercle très fermé de surfeurs capables d’être ultra-crédibles partout, tout le temps. Originaire de Caroline du Sud, un État loin d’être connu pour ses vagues XXL, Cam enchaîne pourtant les performances de très haut niveau sur les spots les plus exigeants de la planète.

    Pendant près de 40 minutes, le film le montre à son avantage sur des vagues mythiques comme Pipeline ou Teahupo’o, mais aussi au Mexique, au Portugal ou en Indonésie. Tubes profonds, pig-dog engagé, surf puissant et aérien : Free Time est bien plus qu’une simple compile, c’est un portrait complet d’un surfeur à la palette incroyablement large.

    Longtemps associé à ses exploits à Pipeline, Cam Richards prouve ici qu’il ne se résume pas à un spot ou à une image. Le film, réalisé avec son ami Layne Stratton, a aussi une vraie dimension humaine, avec une tournée de projections improvisées sur toute la côte Est des États-Unis, ramenant le surf à l’essentiel : le partage et la communauté.

    Cette sortie marque aussi un tournant dans sa carrière. Après avoir quitté Vissla (faut bien payer Yago Dora), Cam s’investit désormais dans Free Fly, une marque locale qu’il souhaite aider à développer dans le surf. Un choix cohérent pour un surfeur aussi libre dans ses trajectoires que dans l’eau.

  • Ben Gravy et la tempête du siècle sur les Grands Lacs

    Ben Gravy et la tempête du siècle sur les Grands Lacs

    Juste avant les fêtes de fin d’année, une tempête hors norme a frappé une partie des États-Unis : un phénomène météorologique aussi spectaculaire que son nom, le Bomb Cyclone.
    Derrière cette appellation digne d’un film catastrophe se cache un terme bien réel : la bombogenèse. Il désigne une dépression qui s’intensifie extrêmement rapidement, lorsque de l’air froid rencontre brutalement de l’air chaud, provoquant une chute massive de la pression atmosphérique.

    Résultat : vents violents, neige, chaos aérien… et, phénomène plus rare encore, des vagues géantes sur les Grands Lacs.

    Le « swell d’une vie » version eau douce

    C’est dans ce contexte que Ben Gravy, habitué des vagues improbables, parle sans hésiter du “swell of a lifetime”.
    Les prévisions annoncent alors certaines des plus grosses vagues observées depuis des années sur ces immenses étendues d’eau douce. Des médias évoquent même des murs d’eau dépassant les 30 pieds.

    En route vers les Grands Lacs, Gravy et son équipe connaissent retards d’avion et galères logistiques, directement causés par la tempête. À deux doigts de renoncer. Mais ils persistent. Et ils scorent.

    Tubes sur un lac : une expérience à part

    Soyons clairs : ce ne sera pas la plus grosse session jamais surfée sur les Grands Lacs. Pas encore.
    Mais tuber sur un lac, au cœur de l’hiver, sous une tempête d’une rare intensité, reste une expérience presque irréelle.

    Les vagues sont froides, imprévisibles, puissantes, et surgissent là où on ne les attend pas. Loin des standards du big wave surfing, mais avec une intensité brute qui fascine autant qu’elle intimide.

    Une destination qui ne fait pas rêver… mais qui cartonne

    Les Grands Lacs n’ont rien d’exotique. Pas de récifs tropicaux, pas de plages mythiques.
    Et pourtant, chaque vidéo tournée là-bas fonctionne. Toujours.

    Parce que le surf y est mérité. Parce que les fenêtres sont ultra-rares. Parce que l’échec est souvent plus probable que la réussite. Et parce que, dans un monde saturé d’images parfaites, ces sessions froides, grises et chaotiques racontent autre chose : l’engagement ou la résilience.

    Mais scorer là-bas reste une affaire de timing parfait, de commitment total… et d’un peu de folie.

  • Un shorebreak cauchemardesque au Brésil

    Un shorebreak cauchemardesque au Brésil

    Il y a des vidéos qui donnent envie d’aller à l’eau… et d’autres qui rappellent violemment pourquoi certaines vagues doivent être regardées depuis la plage. À Itaipuaçu, au nord-est de Rio de Janeiro, le shorebreak est de cette seconde catégorie : brutal, sec, imprévisible et clairement pas là pour plaisanter.

    Dans une séquence devenue virale, le bodysurfer brésilien Victor Ugo Peixoto s’engage sur une vague totalement hors norme. Un mur d’eau sombre, qui casse dans quelques centimètres d’eau à peine. Pas de marge. Pas de sortie propre. Juste l’impact. Résultat : annihilation totale, englouti par la lèvre et projeté violemment sur le sable. Le genre de wipeout qui fait mal rien qu’en regardant.

    Un spot réservé aux locaux… et aux inconscients

    Praia de Itaipuaçu est connue des bodysurfeurs expérimentés pour ses shorebreaks mutantes. Les locaux y voient un terrain de jeu extrême, mais les avertissements sont clairs : pour les visiteurs, ce spot est dangereux. Très dangereux.

    Les panneaux sont explicites, et les messages aussi :
    « Respect the signs and save lives. »

    Ici, pas question de paddle, encore moins de surf classique. Même pour le bodysurf, le spot exige une lecture parfaite de l’océan, un timing chirurgical et une vraie tolérance à la violence.

    Rien à voir avec Saquarema

    À quelques kilomètres de là, Saquarema, théâtre de l’étape brésilienne de la World Surf League, propose un beachbreak parfois capricieux mais bien plus « humain ». Itaipuaçu, elle, joue clairement dans une autre dimension.

    Cette vague-là n’est pas là pour être surfée. Elle est là pour rappeler que l’océan n’est jamais un parc d’attractions.

  • Les surfeurs français les plus populaires en France en 2025

    Les surfeurs français les plus populaires en France en 2025

    Qui sont réellement les surfeurs français les plus populaires en France aujourd’hui ? Pas les plus titrés, pas forcément les plus médiatisés à la télévision, ni ceux invités sur les plateaux ou suivis par des millions de fans hors du surf. Ici, l’idée est volontairement différente : s’intéresser aux surfeurs et surfeuses français(es) “de profession”, dont la notoriété s’est construite avant tout par le surf, la performance, l’image et l’histoire dans l’eau.

    Pour tenter d’y voir plus clair, cet article repose sur une méthode simple, assumée et surtout comparable : les données de recherche Google. Concrètement, nous avons analysé le volume moyen de recherches mensuelles pour chaque surfeur et surfeuse français(e), sur une période allant de janvier 2025 à décembre 2025. Un indicateur imparfait, bien sûr, mais qui a le mérite d’être mesurable, objectif et identique pour tous.

    Point important à souligner : ce classement ne distingue volontairement pas les hommes des femmes. Les surfeuses et les surfeurs sont ici réunis dans une seule et même liste, sur un pied d’égalité, avec un unique critère de lecture : l’intérêt réel des internautes mesuré via Google. Pas de catégories, pas de sous-classement, pas de séparation artificielle. Une approche qui reflète aussi une réalité : lorsqu’un nom marque le public, peu importe le genre, il est recherché.

    Ce classement ne prétend pas désigner les “meilleurs” surfeurs français, ni les plus titrés ou les plus influents au sens marketing du terme. Il cherche simplement à répondre à une question très concrète : quels noms de surfeurs et surfeuses français(es) les internautes tapent-ils réellement sur Google ? À indicateur égal, la comparaison devient possible, lisible et surtout cohérente.

    Un parti pris assumé, une base de données claire, et une photographie de la popularité surf made in France, à un instant T.
    Place maintenant aux chiffres… et aux noms qui font vibrer le surf français.

    Classement des surfeurs français les plus populaires sur Google en 2025

    Sur la base des volumes de recherche Google moyens mensuels, cumulés sur la période janvier 2025 – décembre 2025, voici les surfeurs et surfeuses français(es) les plus recherchés en France, toutes disciplines et tous genres confondus.

    🥇 1. Kauli Vaast

    Révélation mondiale issue de Tahiti, Kauli Vaast domine largement les recherches. Entre performances sportives, image forte et exposition médiatique internationale, son nom s’impose comme le plus tapé sur Google en France en 2025. Sa médaille d’or aux jeux olympiques en France, ont fait de lui le surfeur français le plus populaire

    🥈 2. Jérémy Florès

    Figure historique du surf français moderne, Jérémy Florès conserve une popularité très élevée. Son parcours, ses combats personnels et son statut d’icône expliquent une présence toujours massive dans les recherches.

    🥉 3. Justine Dupont

    Référence mondiale du big wave surfing, Justine Dupont confirme qu’une carrière hors des circuits classiques peut générer un intérêt public immense et durable.

    4. Johanne Defay

    Pilier du surf féminin français depuis plus d’une décennie, Johanne Defay reste l’une des surfeuses les plus recherchées, portée par sa régularité au plus haut niveau. Elle a mis au monde cette année son premier enfant…

    5. Marco Mignot

    Nouvelle génération du surf français, Marco Mignot bénéficie d’une forte dynamique de recherches, portée par ses résultats et une montée en puissance progressive sur la scène internationale.

    6. Vahiné Fierro

    Athlète charismatique et engagée, Vahiné Fierro s’impose comme l’une des figures féminines les plus suivies et recherchées du surf français actuel.

    7. Tya Zebrowski

    Très jeune mais déjà ultra médiatisée, Tya Zebrowski illustre parfaitement la corrélation entre exposition, résultats et recherches Google.

    8. Maud Le Car

    Entre carrière sportive, engagement écologique et entrepreneuriat, Maud Le Car continue de susciter un intérêt constant auprès du public français.

    9. Jorgann Couzinet

    Surfeur spectaculaire et attachant, Jorgann Couzinet reste solidement installé dans l’imaginaire collectif et les recherches Google.

    10. Édouard Delpero

    Figure incontournable du longboard mondial, Édouard Delpero clôt ce top 10 grâce à des bons résultats en compétition. Il finit vice champion du monde WSL dans un scénario catastrophe, ce qui lui permet d’intégrer le top 10

    D’autres surfeurs aux portes du top 10, Michel Bourez, Benjamain Sanchis, Joan Duru ou Justin Bécret sont les surfeurs aux portes du top 10. Je ne sais pas si c’est un format qu’il plaira mais on pourrait

  • Joel Tudor, le vieux grincheux sur instagram

    Joel Tudor, le vieux grincheux sur instagram

    À Pipeline, il y a le reef, les barrels, la peur… et parfois quelque chose d’encore plus dangereux : l’ego.
    La récente altercation entre Joel Tudor et Maddix Alotis n’est pas qu’un simple quasi-accident de plus sur la vague la plus célèbre du monde.

    PS: Joel Tudor est un surfeur qu’on n’apprécie pas malgré le fait qu’il soit une référence…

    Quand l’ancienneté devient une arme

    La scène est claire. Maddix Alotis, 20 ans, local du North Shore, s’élance sur une gauche parfaite à Pipeline. Engagement total, trajectoire propre.
    Sur l’épaule, une autre planche surgit. Drop-in. Collision évitée de justesse.

    Celui qui force le passage ? Joel Tudor.
    Et le plus choquant n’est pas tant le geste que ce qui suit.

    Dans les commentaires, Tudor assume. Pire : il revendique. Il parle de “leçon”, de respect des anciens, d’années passées à l’eau comme si cela donnait un droit permanent à mettre les autres en danger. 36 hivers à Pipeline contre trois pour le jeune surfeur, donc circulez.

    Pipeline n’est pas un trône

    Oui, Pipeline a une hiérarchie. Oui, l’expérience compte. Mais depuis quand l’ancienneté autorise-t-elle à piétiner la règle la plus basique du surf : la sécurité ?
    À ce niveau d’engagement, un drop-in n’est pas un message symbolique. C’est un risque réel. Reef, planches, vitesse, violence de la vague : tout est là pour que ça tourne mal.

    Le malaise d’une légende

    Joel Tudor reste une icône du longboard, personne ne le conteste. Mais sur cette séquence, il incarne surtout un refus de passer le relais.
    La nouvelle génération charge plus fort, plus tôt, plus sérieusement. Elle connaît Pipeline. Elle y a grandi. Elle ne demande pas la permission, elle gagne sa place à la rame.

    Et c’est peut-être ça, le vrai problème.

    Le respect ne se réclame pas, il se mérite

    À Pipeline, personne n’est intouchable. Pas même les légendes.
    Le respect ne se décrète pas dans un commentaire Instagram, encore moins après un drop-in dangereux. Il se gagne par l’exemple, la retenue, et la responsabilité.

    Car sur la gauche de Pipeline, ce ne sont pas les années qui tuent. Ce sont les erreurs.

  • Tom Curren, 61 ans, et toujours ce surf hors du temps

    Tom Curren, 61 ans, et toujours ce surf hors du temps

    À 61 ans, Tom Curren continue de faire vaciller nos certitudes. Vieillir, ralentir, lever le pied… vraiment ? La récente vidéo tournée dans la piscine à vagues du Wavegarden en Espagne a l’effet d’un électrochoc. Quelques secondes suffisent : lignes parfaites, placements impeccables, variations subtiles. Rien de démonstratif, rien de forcé. Juste du surf, pur, lisible, intemporel.

    Et une question qui s’impose naturellement : comment est-ce encore possible de surfer à ce niveau à 61 ans ?

    Un surf qui ne dépend pas de l’âge

    Le surf de Tom Curren n’a jamais été une affaire de force brute ou de démonstration physique. Depuis ses débuts, il repose sur autre chose :

    • le timing,
    • la lecture de vague,
    • LE STYLE

    Dans une piscine à vagues ultra-technique, où chaque section est prévisible, ce style prend encore plus de relief. Là où beaucoup cherchent à “rentabiliser” chaque mètre de vague, Curren choisit, filtre, nuance. Il ne surfe pas contre le temps, il surfe avec lui.

    Vieillir en surf, une autre façon de performer

    Dans le microcosme du surf, l’âge a longtemps été vu comme une date de péremption. Pourtant, la génération dorée des années 80-90 est en train de faire mentir ce dogme.
    Mark Occhilupo approche les 60 ans, Tom Carroll les a dépassés, Kelly Slater continue à défier le calendrier… et Curren, lui, trace sa route à part.

    Son message n’est pas celui de la performance à tout prix. Il est plus subtil : oui, le corps change, mais le surf peut évoluer avec lui. Moins d’impact, plus de précision. Moins de radicalité, plus de sens.

    La piscine à vagues comme terrain d’expression

    Voir Tom Curren à la Wavegarden n’a rien d’anodin. La piscine à vagues est souvent associée à la répétition, à la performance calibrée, parfois même à une forme de standardisation du surf. Curren fait exactement l’inverse :
    il y injecte de l’imprévu, du relâchement…

    Chaque vague est la même, mais chaque ride est différent. C’est là que son surf devient presque pédagogique : le style ne vieillit pas quand il est sincère.

    Une influence toujours intacte

    L’an dernier, Stephanie Gilmore rendait hommage à Curren en reproduisant l’une de ses vagues mythiques à Jeffreys Bay. Même planche, même combinaison, même ligne. Preuve que, des décennies plus tard, son surf reste une référence esthétique absolue.

    Regarder Tom Curren aujourd’hui, ce n’est pas céder à la nostalgie. C’est constater que certaines formes de surf ne vieillissent pas, parce qu’elles ne cherchent pas à suivre une époque.

    Tom Curren, réponse vivante à une fausse question

    Alors, peut-on surfer à 61 ans ?
    Tom Curren apporte une réponse simple, presque désarmante : oui, si l’on a su construire un surf qui ne dépend pas du chrono.

    Dans cette courte vidéo, il ne choque pas par la radicalité. Il fascine par sa cohérence. Et rappelle, à tous ceux qui doutent, que le surf n’est pas une course contre le temps… mais un dialogue avec lui.

  • SURFILMUSIC : Jack Johnson remet le surf au centre de l’écran

    SURFILMUSIC : Jack Johnson remet le surf au centre de l’écran

    Il y a des trailers qui balancent des images jolies et des promesses creuses. Et il y a ceux qui te donnent envie de ressortir la board du garage, de remettre une cassette et de te rappeler pourquoi tu aimes cette culture. La dernière vidéo de Jack Johnson, autour de son projet SURFILMUSIC, fait clairement partie de la deuxième catégorie : un mélange de souvenirs salés, de création artisanale et de “crew spirit” qui sent le sable encore humide sur les sièges de la voiture.

    Dès les premières secondes, on comprend que ce n’est pas seulement une annonce de film ou de tournée. C’est une boucle qui se referme — ou plutôt un cercle qui s’agrandit : le surf, l’image, la musique… et tout ce qui relie ces mondes depuis plus de vingt ans chez Jack.

    Un documentaire qui raconte une évolution, sans renier l’océan

    SURFILMUSIC s’annonce comme un documentaire sur la trajectoire de Jack : surfeur, puis filmmaker, puis musicien devenu une référence mondiale. Mais l’intérêt, c’est que le récit ne cherche pas à faire “success story” à l’américaine. Le ton est plus intime : l’idée que la création vient de la même source que le surf — l’observation, le rythme, la patience, l’instant.

    Le trailer insiste aussi sur un point qui parle à tous ceux qui ont déjà partagé un line-up : personne ne construit ça tout seul. Les projets naissent d’une bande, de rencontres, d’amitiés qui traversent les années. Et c’est exactement ce qui donne à SURFILMUSIC une saveur particulière : on ne regarde pas juste une carrière, on suit une communauté.

    Retour sur deux films cultes : Thicker Than Water et The September Sessions

    Le cœur émotionnel du projet, c’est le retour sur deux surf films qui ont marqué une génération : Thicker Than Water (1999) et The September Sessions (2000). SURFILMUSIC va raconter la fabrication de ces films, l’énergie “do it yourself” de l’époque, et surtout comment cette aventure visuelle a servi de tremplin à la musique de Jack.

    C’est là que l’histoire devient intéressante pour Icônes Surf : ces films n’étaient pas juste “de belles vagues”. Ils ont contribué à façonner une esthétique, une manière de filmer le surf, et une façon de raconter la glisse sans hurler, sans surjouer — juste en laissant parler la lumière, la vitesse, et le silence entre deux séries.

    Les invités qui parlent à tous les surfeurs

    Le documentaire promet aussi de retrouver des figures présentes dans ces films et dans cette époque, avec des noms qui résonnent immédiatement : Kelly Slater, Rob Machado, et les Malloy Brothers. Rien que ça, c’est un joli ticket pour la nostalgie… mais aussi pour remettre en perspective une période où le surf film avait une aura presque “underground”, avant l’ère du scroll infini.

    Un single pour ouvrir la porte : “Hold On To The Light”

    Pour accompagner la sortie du trailer, Jack Johnson a dévoilé “Hold On To The Light”, un nouveau morceau réalisé avec Hermanos Gutiérrez. C’est présenté comme un premier aperçu de la bande-son de SURFILMUSIC : une musique qui garde le côté chaleureux de Jack, avec une texture plus cinématographique, plus “road movie”. Le genre de son qui colle parfaitement à des images de trip, de sessions, de moments simples.

    SURFILMUSIC Tour 2026 : une tournée comme un grand road trip

    La vidéo sert aussi de rampe de lancement à la SURFILMUSIC Tour, une tournée nord-américaine annoncée sur 43 dates en 2026, marquant un vrai retour sur la route après plusieurs années plus calmes. L’idée, c’est de prolonger l’expérience du film en live : du son, des images, et une ambiance pensée pour des salles (et surtout des amphithéâtres) qui respirent l’été.

    Un ADN “green” assumé

    Jack Johnson n’a jamais séparé musique et engagement. Sa tournée est annoncée avec un dispositif éco-responsable (partenariats, actions sur place, mise en avant d’associations, initiatives contre le plastique, etc.), et une logique de redistribution qui vise à soutenir des projets locaux et environnementaux. Là encore, ce n’est pas un argument marketing plaqué : c’est dans son identité depuis longtemps.

    Pourquoi ça peut cartonner auprès des surfeurs

    Parce que SURFILMUSIC ne cherche pas à “faire tendance”. Il revient à l’essence : filmer ce qu’on aime, jouer ce qu’on ressent, et partager avec les gens qui étaient là avant que tout devienne “contenu”. Le trailer ressemble à un message simple : tu peux changer de vie, de métier, d’endroit… mais l’océan, lui, reste un point fixe.

    Dates de la tournée

    Nantes – Mardi 9 juin 2026 19h – Pathé Nantes,  12 Place du Commerce,  44000 Nantes

    Le Grand Rex, Paris – Mardi 9 juin 2026 – 21:00

    GRAAC Getari Enea, Guéthary – Mercredi 10 juin 2026 – 20:30

    Cinéville Parc-Lann, Vannes – Mercredi 10 juin 2026 – 21:00

    Ciné Cambaie, St-Paul, La Réunion – Jeudi 11 juin 2026 – 18:45

    Pathé Madeleine, Marseille – Jeudi 11 juin 2026 – 19:30

    Cinéville, Pont L’Abbé – Jeudi 11 juin 2026 – 20:00

    Le Rex, Hossegor – Jeudi 11 juin 2026 – 20:00

    Kinépolis Lomme, Lille – Jeudi 11 juin 2026 – 20:00

    Le Royal, Biarritz – Jeudi 11 juin 2026 – 20:15

    Mégarama, Bordeaux – Jeudi 11 juin 2026 – 20:30

    Cinéma Liberty, Papeete, Tahiti – Vendredi 12 juin 2026 – 18:00

    Ciné Grand Sud, Saint-Pierre, La Réunion – Vendredi 12 juin 2026 – 19:15

    CGR Dragon, La Rochelle – Vendredi 12 juin 2026 – 19:30

    Les Studios, Brest – Vendredi 12 juin 2026 – 20:00

    Pathé Wilson, Toulouse – Mardi 16 juin 2026 – 20:00

    Pathé Gare du Sud, Nice – Vendredi 19 juin 2026 – 20:00

    Pathé, Toulon – Jeudi 25 juin 2026 – 19:30

    Salle L’Escoure, Lacanau – Mercredi 8 juillet 2026 – 21:00

    Cinéma Eldorado, Saint-Pierre d’Oléron – Jeudi 9 juillet 2026 – 20:30