Le monde du bodyboard s’est réveillé avec une nouvelle amère. Amaury Lavernhe, alias « Moz », l’un des athlètes les plus titrés de l’histoire du sport français, ne portera plus la bannière tricolore. À 40 ans, alors qu’il entame sa 21e saison sur le circuit mondial (IBC), le Réunionnais a officiellement pris la nationalité espagnole. Ce choix, loin d’être une simple formalité administrative, est le résultat d’une politique sportive française qui laisse ses talents sur le carreau.
Le couperet du statut de « Haut Niveau »
Depuis ses 13 ans, Amaury Lavernhe figurait sur la liste ministérielle des athlètes de haut niveau. Un statut crucial qui permet d’obtenir des subventions, des aides aux déplacements et un accompagnement professionnel. Mais les règles ont changé. Le ministère des Sports a décidé de retirer le bodyboard de cette liste, justifiant cette décision par l’absence de la discipline aux Jeux Olympiques.
« C’était une mauvaise décision, car la France n’a jamais eu autant de bodyboarders sur le circuit mondial », regrette l’athlète. Résidant aux Canaries depuis de nombreuses années, Amaury a constaté que l’Espagne, elle, continue de soutenir massivement ses bodyboarders. Pour survivre professionnellement et continuer à porter ses projets sportifs, Moz (surnom d’amaury) a dû se résoudre à changer de pavillon.
Après le bodyboard, le longboard dans la tourmente ?
Le cas Lavernhe n’est que la partie émergée de l’iceberg. Le débat s’élargit désormais aux longboarders. Il y a quelques mois, la sentence tombait pour les JO de Los Angeles 2028 : le longboard ne sera pas intégré au programme olympique.
Cette exclusion fait peser une menace directe sur les athlètes français. Si la logique ministérielle reste la même — « pas d’Olympe, pas de soutien » — qu’adviendra-t-il de nos champions comme Edouard Delpero, Alice Lemoigne ou Zoé Grospiron ? Sans le précieux statut de haut niveau, ces athlètes perdent non seulement des revenus, mais aussi la reconnaissance institutionnelle nécessaire pour attirer des sponsors privés.
Vers une fuite des talents vers l’étranger ?
La France est une nation majeure du surf sous toutes ses formes. Pourtant, en conditionnant son aide à la seule vitrine olympique, elle crée un système à deux vitesses. D’un côté, le shortboard bénéficie de toutes les attentions ; de l’autre, les disciplines « historiques » et tout aussi performantes s’étiolent.
Le départ d’Amaury Lavernhe vers l’Espagne pourrait créer un précédent. Si les conditions de pratique et de soutien financier sont meilleures chez nos voisins, rien n’empêchera d’autres riders de suivre le même chemin. Le risque est réel : voir le savoir-faire et le palmarès français nourrir les fédérations concurrentes, faute de considération nationale.
Le surf n’est plus seulement une affaire d’océan et de marées. Prince Harry en est l’illustration parfaite. Le duc de Sussex a une nouvelle fois été aperçu en train de surfer au Surf Ranch, la piscine à vagues ultra-exclusive imaginée par Kelly Slater.
Située à Lemoore, en Californie, cette installation propose une vague mécanique d’une régularité chirurgicale, capable de dérouler des tubes identiques à l’infini. Un terrain de jeu idéal pour progresser… à condition d’en avoir les moyens.
Ce n’est pas une première pour Prince Harry. Depuis son installation aux États-Unis, il fréquente régulièrement le Surf Ranch, souvent sous l’œil bienveillant de Raimana van Bastolaer, coach de surf reconnu et waterman respecté.
Dans une récente vidéo publiée sur les réseaux sociaux, on voit Harry un peu hésitant dans la section tubulaire de la vague. La légende, simple et fraternelle, résume l’ambiance : « Cannot stop you my brother for having a good time ».
Une polémique écologique relancée
Ces images ont toutefois ravivé une controverse déjà connue. Prince Harry, engagé de longue date sur les questions environnementales, a été critiqué pour son choix de surfer dans une piscine à vagues artificielle, perçue comme énergivore et éloignée de l’esprit originel du surf.
La polémique avait déjà éclaté après une vidéo partagée par Meghan Markle, montrant son mari glissant sur cette vague artificielle, provoquant une avalanche de commentaires sceptiques.
Un surf de luxe… à prix très élevé
Car surfer au Surf Ranch n’est pas donné. Selon les tarifs connus, une journée privée coûte entre 50 000 et 70 000 dollars selon la saison. À ce prix-là, chaque vague revient à plusieurs centaines de dollars, chaque seconde de glisse est littéralement comptée.
Le Surf Ranch met en avant ses efforts écologiques : énergie solaire, matériaux recyclés, suppression du plastique à usage unique. Suffisant pour convaincre ? Pas pour tout le monde.
Il y a des images qui semblent tout droit sorties d’un film de science-fiction. Celles de Ben Gravy surfant des vagues partiellement gelées à Montauk, sur la côte Est des États-Unis, en font clairement partie. Sous l’effet d’un froid extrême provoqué par un bomb cyclone, l’océan s’est transformé en une étrange soupe glacée, donnant naissance à un phénomène rarissime : des « slushy waves« , des vagues à moitié gelées.
Une session hors du temps
Quand les températures chutent brutalement et que le vent s’aligne parfaitement, l’eau de mer peut commencer à se figer en surface. À Montauk, ce mélange d’eau, de glace et d’écume a offert un spectacle hypnotique. La question était simple : est-ce surfable ? Réponse : oui… mais pas comme on l’imagine.
Spécialiste mondial des vagues improbables, Ben Gravy n’a pas hésité longtemps. Originaire du New Jersey, il a rejoint le spot dès que les conditions se sont mises en place, bien conscient de vivre quelque chose d’unique.
“Comme des Slushies du 7-Eleven”
Dans la vidéo, devenue virale en quelques heures, on voit Gravy glisser sur une vague qui semble avancer au ralenti. Une impression confirmée par le principal intéressé :
“La texture était comme des Slushies du 7-Eleven. Tu te lèves, puis tu touches la glace et tout ralentit. Tu n’as presque plus de contrôle… mais en même temps si, parce que la vague casse en slow motion.”
Qu’est ce que les Slushies du 7 Eleven ? Ce sont des granités glaces d’une chaine de magasin 7 eleven, je vous laisse chercher sur internet.
La perte de vitesse, la faible portance et la rigidité de l’eau rendent chaque take-off délicat. Mais c’est aussi ce qui donne à ces vagues une dimension presque irréelle, loin du surf classique.
Un phénomène aussi beau que dangereux
Surfer dans une eau proche de 0 °C n’est pas anodin : engourdissement, leash qui durcit, chutes potentiellement violentes. Cette session n’avait rien d’un coup improvisé. Gravy le rappelle : c’est une vague exceptionnelle, à ne pas banaliser.
Il n’empêche. Cette expérience restera gravée comme l’une des plus étranges et marquantes de sa carrière. Il la classe même dans son top 3 personnel des vagues les plus insolites jamais surfées.
Pendant qu’ils surfent, quelqu’un les observe. Un réseau méthodique vidait leurs comptes bancaires depuis les parkings de surf californiens. Tout est parti d’un geste banal que presque tous les surfeurs font… sans en mesurer les conséquences.
Une vague, un parking… et le début d’une affaire hors norme
Tout commence par une session anodine. Un de ces surfs « pour la tête », quand l’océan sert d’exutoire.
Ce jour-là, Logan ‘Chucky’ Dulien se met à l’eau aux River Jetties, en Californie, quelques heures seulement avant une réunion destinée à organiser la crémation de sa mère. Un moment intime, fragile, loin de toute parano.
Pendant qu’il est à l’eau, quelqu’un observe. Repère. Attend.
À son retour, tout s’enchaîne : clés compromises, maison visitée, voiture fouillée, téléphone piraté, comptes bancaires siphonnés. 150 000 dollars disparaissent en quelques heures. Mais ce vol n’est pas un coup isolé.
Un mode opératoire glaçant, taillé pour les spots de surf
Très vite, Dulien comprend que quelque chose cloche. Les détails sont trop précis. Trop propres.
Les témoignages affluent : mêmes parkings, mêmes horaires, mêmes profils. Des surfeurs à l’eau, des voitures laissées seules, et toujours cette même faille : la clé cachée sur le véhicule.
Le réseau semble fonctionner comme un surfeur chevronné :
analyse des prévisions Surfline,
lecture des marées,
repérage des parkings exposés,
timing parfait pendant les fenêtres de surf.
De Malibu à San Diego, les comptes bancaires se vident pendant que les victimes sont occupées à prendre des vagues. Le plus troublant ? Les vols sont rapides, silencieux, sans effraction visible. Juste une clé… et tout devient accessible.
Quand un surfeur fait ce que la police n’a pas fait
Refusant de classer l’affaire, Dulien se transforme malgré lui en enquêteur. Il compile, recoupe, relie les points. Vidéosurveillance, messages privés, témoignages anonymes. Petit à petit, un nom revient : Moundir Kamil. Un habitué des arnaques complexes, déjà condamné par le passé pour vols bancaires et usurpations d’identité.
L’affaire prend une ampleur nationale lorsque CNN s’en empare. À l’écran, Anderson Cooper commente les images de surfeurs cachant leurs clés dans les passages de roue — un geste désormais décrit comme une invitation ouverte au vol.
Verdict : prison fédérale et fin de cavale
Après des mois d’enquête, la justice tranche. Moundir Kamil, aujourd’hui âgé de 56 ans, est condamné à trois ans et huit mois de prison fédérale.
Le bilan est lourd :
près d’un million de dollars volés,
des centaines de cartes bancaires photographiées et utilisées,
des dizaines de surfeurs impactés financièrement et psychologiquement.
Il exprime des remords, évoque sa famille, sans convaincre. À l’issue de sa peine, il devrait être expulsé vers le Maroc. Attention à la destination Maroc dans 4 ans, lol… Grâce à cette affaire, les assurances commencent à indemniser les victimes. Mais le mal est fait.
Une habitude mondiale… exploitée à grande échelle
Ce qui rend cette histoire si dérangeante, c’est sa banalité. Le réseau n’a rien inventé. Il a simplement exploité une habitude universelle du surf. En Californie, comme ailleurs, cacher sa clé sur sa voiture est devenu une habitude.
Et en France ?
On fait exactement la même chose. Je l’ai moi-même vécu : retour de session, voiture ouverte, clé laissée sur le siège. Rien de volé, mais un avertissement clair. Depuis, cadenas à code obligatoire pour y laisser ma clé et surfer tranquille.
La communauté du surf français est en deuil. La Fédération Française de Surf a annoncé avec une profonde tristesse la disparition de Claudy Robin, fondateur et président de l’association See Surf, engagée depuis plus de dix ans pour rendre le surf accessible aux personnes aveugles et malvoyantes.
Un homme discret, profondément humain, dont l’engagement a laissé une trace indélébile bien au-delà des plages de Lacanau.
« Je me suis envolé ce matin… »
C’est par un message bouleversant publié dans le groupe See Surf que la nouvelle s’est répandue :
« À tous mes amis de See Surf, je me suis envolé ce matin, je vous aime fort et vous promets d’être enfin assez libre pour venir surfer avec vous… »
Des mots simples, puissants, à l’image de celui qui les a laissés. Claudy Robin était aveugle à la suite d’une maladie génétique de la rétine. Une cécité qui ne l’a jamais empêché de voir plus loin que les autres.
Découvrir le surf sans la vue, mais avec l’essentiel
Claudy Robin découvre le surf à l’âge adulte. Très vite, il comprend que cette discipline, souvent perçue comme visuelle, peut devenir une expérience sensorielle totale, à condition d’un encadrement adapté, d’une écoute permanente et d’un engagement humain sincère.
De cette conviction naît See Surf, fondée en 2012 à Lacanau. L’association se donne une mission claire : permettre aux personnes aveugles ou malvoyantes de ressentir la glisse, la vague, l’océan, sans barrières ni condescendance.
See Surf, une aventure collective et humaine
Grâce à un travail étroit mené avec le Lacanau Surf Club, des moniteurs diplômés, et un réseau de bénévoles passionnés, See Surf a permis à des dizaines de pratiquants de vivre leurs premières vagues.
Loin du simple symbole, l’association s’est inscrite dans une démarche durable, exigeante, respectueuse du surf et de celles et ceux qui le pratiquent.
Plusieurs figures du surf français ont également croisé la route de See Surf. Lou Méchiche, championne de France et championne du monde par équipes avec l’équipe de France, s’est notamment investie au sein de l’association, accompagnant des pratiquants lors de journées d’initiation.
Hawaii, Pipeline et un souvenir gravé à jamais
En 2013, la Fédération Française de Surf accompagne Claudy Robin et des membres de See Surf à Hawaii, pour un voyage hors du temps. Sur le sable mythique de Pipeline, les rencontres avec de grands champions du surf mondial donnent lieu à des moments d’une intensité rare.
Un voyage inoubliable, profondément émouvant, qui symbolise parfaitement le message porté par Claudy Robin : le surf appartient à toutes et tous.
Un héritage immense pour le surf et le sport inclusif
Par son engagement, sa détermination et son humanité, Claudy Robin a marqué durablement la communauté du surf, mais aussi le champ plus large du sport inclusif en France.
La Fédération Française de Surf et l’Association Nationale Handi Surf ont adressé leurs pensées les plus sincères à sa compagne, à ses proches, ainsi qu’à l’ensemble des membres et bénévoles de See Surf.
Aujourd’hui, les vagues de Lacanau, et bien au-delà, portent un peu de son héritage. Celui d’un homme qui n’a jamais eu besoin de voir pour faire ressentir l’essentiel.
Il y a des noms qui ne s’affichent pas sur les lycras, qui ne s’inscrivent pas dans les palmarès, mais sans lesquels l’histoire du surf ne se serait tout simplement jamais écrite. Max Fernandez était de ceux-là. En ce début d’année 2026, le surf français perd l’un de ses bâtisseurs les plus discrets et les plus essentiels. Un homme de l’ombre, mais une colonne vertébrale.
Un hommage nécessaire, à l’ère du numérique
Pourquoi rendre hommage sur un site internet ? Parce qu’aujourd’hui, les livres se ferment plus vite qu’ils ne s’ouvrent, et que la transmission passe désormais par le web. Demain, elle passera aussi par l’IA. Si ces histoires ne sont pas racontées, elles disparaissent. Et avec elles, une part de la culture surf.
Rendre hommage à Max Fernandez, c’est documenter une mémoire collective. Celle d’un Canaulais qui a façonné le surf français bien avant qu’il ne devienne un produit, un spectacle ou une industrie.
Le Lacanau Surf Club, racine du projet
Fondé en 1968, le Lacanau Surf Club est l’un des tout premiers clubs de surf en France. À la fin des années 1970, le surf reste marginal, artisanal, presque confidentiel.
En 1978, une réunion décisive a lieu sous l’impulsion de passionnés visionnaires. Autour de la table : Max Fernandez, Francis Boutrois, René Guillet, Patrice Chrzan (Atlantic Surf Shop). Une idée simple, presque folle pour l’époque : organiser une compétition réunissant les meilleurs surfeurs pros et amateurs.
1979 : naissance d’un monument
La première édition voit le jour en septembre 1979. La finale est serrée, intense, déjà internationale. En 1983, l’événement entre dans une autre dimension : il devient une étape du circuit professionnel mondial ASP. Le Lacanau Pro est né. Et il ne s’arrêtera plus.
Dans l’ombre, Max Fernandez orchestre, structure, anticipe. Technique, logistique, organisation : tout passe par lui. Aux côtés de son épouse Monique — devenue au fil des années la “maman” du Lacanau Pro — il fait de l’événement une référence européenne, puis mondiale.
Une aventure aussi familiale
L’histoire est aussi intime. Le fils de Max, Thierry Fernandez, entre lui aussi dans la légende en remportant le Lacanau Pro 1982. Premier Français à s’imposer sur cette épreuve mythique, il sera également Champion d’Europe en 1985, et l’un des piliers du surf français des années 80.
Il faudra attendre 27 ans pour revoir un Français s’imposer à Lacanau. Joan Duru en 2009, puis 2016. La suite confirmera l’héritage : Maud Le Car, Marco Mignot, Sam Piter… Tous surfent, d’une manière ou d’une autre, sur une vague initiée par Max Fernandez.
Lacanau, laboratoire du surf moderne
Sous l’impulsion du Lacanau Surf Club et de figures comme Max Fernandez, Lacanau devient bien plus qu’un spot. Maison de la Glisse (1990), premières écoles de surf, compétitions internationales, surf féminin, parasurf, éveil des enfants avec le “Jardin des Vagues”, conscience environnementale… Tout est pensé avant l’heure.
Lacanau accueille des championnats d’Europe, du monde amateur, des générations de surfeurs et de surfeuses. Tom Curren, Tom Carroll, Gary Elkerton, Flavio Padaratz… Les légendes passent, l’esprit reste.
L’héritage d’un homme de valeurs
Ce que laisse Max Fernandez dépasse largement un événement ou une structure. Il laisse une méthode, une rigueur, un sens du collectif. Une vision du surf comme culture, pas uniquement comme performance.
La Fédération Française de Surf, le Comité de Gironde, le Lacanau Surf Club, et toute la communauté surf lui doivent énormément. Son héritage est désormais inscrit dans l’ADN du surf français.
Se souvenir, pour ne pas oublier
Chez Icônes Surf, raconter ces histoires n’est pas un exercice nostalgique. C’est un acte de transmission. Parce qu’un jour, quelqu’un tapera “Lacanau Pro” dans un moteur de recherche. Et il devra savoir que derrière cette compétition mythique, il y avait un homme : Max Fernandez.
Qu’il repose en paix, aux côtés de Monique. Et merci, tout simplement.
La communauté surf internationale est en deuil. Le surfeur brésilien Yam Wisman est décédé à l’âge de 23 ans dans un accident de moto aux Philippines, où il se trouvait pour disputer une compétition de longboard. Une disparition brutale qui laisse un grand vide, tant son talent que son humanité marquaient tous ceux qui l’ont croisé.
Originaire de Jericoacoara, au nord-est du Brésil, Yam Wisman s’était imposé comme l’un des jeunes visages montants du longboard moderne, tout en restant un free surfeur complet, à l’aise sur shortboard et dans les vagues creuses. Il voyageait beaucoup, toujours animé par la recherche de nouvelles vagues et de nouvelles expériences.
Présent récemment aux Philippines pour un WSL Longboard Qualifier à La Unión, il avait atteint les 32ᵉ de finale, confirmant son talent. Quelques jours plus tard, alors qu’il circulait à moto sur l’île de Palawan, un accident de la route lui a coûté la vie.
Une vague d’hommages dans le monde du surf
L’annonce de son décès a rapidement suscité une immense émotion. La légende du longboard Joel Tudor a partagé un message sobre et poignant : « Parti bien trop tôt. Repose en paix Yam. Mes condoléances à la famille ».
La surfeuse brésilienne Chloé Calmon, multiple fois vice-championne du monde, a également rendu hommage à un surfeur « toujours souriant, bienveillant, inspirant et incroyablement talentueux ».
La ville de Jericoacoara a salué un enfant du pays qui « portait le nom du village dans le monde avec humilité, amour de l’océan et respect des autres ».
Moto et scooter en Asie : un danger souvent sous-estimé
Le drame de Yam Wisman rappelle une réalité trop souvent banalisée : les déplacements en moto ou en scooter représentent un risque majeur dans plusieurs pays d’Asie, notamment aux Philippines ou en Indonésie, où les deux-roues sont le principal moyen de transport.
Dans ces pays, les motocyclistes représentent la majorité des victimes d’accidents de la route. Circulation dense, infrastructures parfois inadaptées, règles de conduite peu respectées, non-port du casque ou conduite à contresens font partie des causes les plus fréquentes. Chez les jeunes adultes, les accidents de deux-roues figurent parmi les premières causes de mortalité accidentelle.
Prévention : quelques règles essentielles pour les voyageurs
Pour les surfeurs et voyageurs amenés à se déplacer en deux-roues en Asie, quelques principes simples peuvent sauver des vies :
Toujours porter un casque, même pour un court trajet, même si cela n’est pas obligatoire
Éviter de rouler de nuit, lorsque la visibilité et la vigilance chutent
Refuser les motos surchargées ou en mauvais état
Adapter sa vitesse, même si le trafic semble chaotique
Privilégier les transports alternatifs lorsque c’est possible
Le surf est une passion qui pousse au voyage, mais la prudence sur la route est aussi importante que dans l’eau.
Un talent qui restera dans les mémoires
Yam Wisman incarnait une génération de surfeurs libres, passionnés et profondément connectés à l’océan. Son sourire, son style fluide et son humilité resteront gravés dans la mémoire de la communauté surf mondiale.
Petit mouvement de mercato qui n’est pas passé inaperçu dans le monde du surf français: William Aliotti signe chez Billabong. Une annonce aussi élégante que surprenante pour un surfeur qui a longtemps incarné l’ADN de Volcom, aussi bien dans l’eau qu’en dehors.
Dans son post Instagram, Billabong ne parle ni de résultats, ni de compétitions. Le message est clair : Aliotti fait partie de ces rares surfeurs qui tracent leur propre voie, loin du circuit, à la recherche de vagues exigeantes, de lignes pures et d’une vision personnelle du surf. Un profil qui colle parfaitement à l’image “Only a surfer knows the feeling” que la marque remet en avant ces dernières années.
Pour William Aliotti, connu pour son engagement dans les vagues creuses et puissantes, ce changement de logo marque une nouvelle étape, sans renier ce qui a fait sa singularité. Plus qu’un transfert, c’est un alignement de valeurs et de budget (soyons réaliste): aventure, liberté et engagement total dans l’océan.
Un move discret, mais symbolique, qui confirme que le monde du surf est en pleine révolution, avec de nombreux départs chez de nombreuses marques. Il nous tarde les résultats de cette collaboration entre William et Billabong.
Le surf olympique n’échappe pas aux règles strictes de l’antidopage. Cette semaine, une décision passée relativement inaperçue a pourtant fait l’effet d’une petite onde de choc : le surfeur péruvien Miguel Tudela, engagé aux Jeux de Tokyo, a écopé d’une suspension de 16 mois après un contrôle positif à un stéroïde… malgré l’absence d’intention reconnue par la justice sportive.
Une suspension rétroactive déjà purgée
Âgé de 31 ans, Miguel Tudela a été contrôlé hors compétition en 2024 dans le cadre d’un programme mené par l’International Testing Agency pour le compte de l’International Surfing Association, l’instance qui gère le surf au niveau olympique.
Le test a révélé la présence de « méténolone », un stéroïde figurant sur la liste des substances interdites. L’affaire a alors été transmise au Tribunal arbitral du sport (TAS), qui a rendu sa décision à l’été 2025 : 16 mois de suspension, appliqués rétroactivement à partir du 6 janvier 2024. Résultat : la sanction était déjà entièrement purgée au moment de son officialisation.
Une erreur médicale reconnue… mais sanctionnée
Point central du dossier : Miguel Tudela n’a jamais nié la présence de la substance, mais en a contesté l’intention. Selon lui, le produit interdit aurait été administré par erreur lors d’un traitement de plasma destiné à soigner une blessure au genou contractée aux Jeux panaméricains de 2023.
Devant le tribunal, les juges ont reconnu la crédibilité des preuves apportées par le surfeur et conclu à l’absence de dopage intentionnel ou de volonté de tricher. Un élément clé… qui n’a pourtant pas suffi à éviter la sanction.
Le règlement antidopage est clair : même sans intention, un athlète reste responsable de ce qui entre dans son organisme. Une logique implacable, mais assumée par les instances sportives.
Des résultats annulés, sauf exception
Conséquence directe : tous les résultats de Miguel Tudela sur la période concernée ont été annulés, à une exception près. Le Péruvien a été autorisé à participer aux ISA World Surfing Games 2024 à Porto Rico, où il a terminé 37e. Il n’a en revanche pas pris part à l’édition 2025 de la compétition.
Un feuilleton administratif éprouvant pour un athlète également impliqué dans la gouvernance du sport, puisqu’il a siégé par le passé à la commission des athlètes de l’ISA.
Le dopage, un sujet encore tabou dans le surf
Longtemps considéré comme marginal dans le monde du surf, le dopage est un sujet qui revient de plus en plus souvent depuis l’entrée de la discipline aux Jeux olympiques. Les contrôles se sont durcis, les protocoles se sont professionnalisés… et les sanctions tombent.
En 2024, le Portugais Vasco Ribeiro avait ainsi écopé d’une suspension de trois ans pour avoir refusé un contrôle antidopage à domicile. Des cas rares, mais suffisamment marquants pour rappeler que le surf n’est plus un sport “à part” sur le plan réglementaire.
Un message amer mais clair
De son côté, Miguel Tudela assure vouloir tourner la page, tout en continuant à défendre les valeurs de fair-play. Soutenu par ses sponsors tout au long de la procédure, il sort blanchi sur le plan moral, mais marqué par un système qui ne laisse que très peu de place à l’erreur.
Un rappel brutal : à l’ère du surf olympique, l’amateurisme n’a plus sa place, même dans les salles de soin.
Des contrôles antidopage difficiles à concilier avec le surf
Les surfeurs soumis aux contrôles antidopage hors compétition doivent déclarer longtemps à l’avance leur localisation quotidienne, en précisant où ils se trouvent chaque jour à 6 heures du matin, afin de permettre des contrôles inopinés. Une règle complexe pour un sport dépendant de la météo et des swells, où les déplacements de dernière minute sont fréquents. Un changement de plan non signalé ou une absence lors d’un contrôle est considéré comme un manquement. Trois manquements sur douze mois peuvent entraîner une sanction disciplinaire, même sans test positif.
Vendredi dernier, sur le spot de Bat Yam, en Israël, un accident d’une violence rare a coûté la vie à Lior Dadon, kitesurfeur expérimenté de 42 ans. Lors de conditions météo instables, deux riders ont été soudainement happés par un vortex de vent, un phénomène aérologique brutal capable de créer une forte ascendance verticale.
Selon les autorités locales, les deux kitesurfeurs ont été soulevés à plus de 150 mètres de hauteur avant d’être projetés vers la terre. Lior Dadon a été violemment éjecté contre des rochers et est décédé sur place. Un autre pratiquant a été blessé, sans que son pronostic vital ne soit engagé.
Les images de l’accident montrent une session qui semblait, quelques secondes auparavant, parfaitement maîtrisée. Plusieurs riders naviguent normalement, profitant d’un vent soutenu mais jugé praticable. Puis, en un instant, une rafale anormale emporte l’un d’eux hors de l’eau, sans possibilité de reprise de contrôle.
Attention les images montrent l’accident avec une vue lointaine pour les plus jeunes
Le lofting, ou projection verticale incontrôlée, est un risque bien identifié en kitesurf. Il survient généralement lors de :
conditions orageuses ou pré-orageuses,
vents rafaleux ou instables,
effets thermiques de fin de journée,
zones côtières avec obstacles (falaises, immeubles, digues).
Contrairement au surf, le kitesurf expose directement le pratiquant à des forces aériennes invisibles. Une rafale descendante ou un vortex peut se former sans avertissement perceptible depuis la plage, rendant toute réaction humaine insuffisante.
ATTENTION, les images sont lointaines, mais on voit l’accident
L’expérience ne protège pas de tout
Lior Dadon n’était ni débutant, ni inconscient. Il pratiquait le kitesurf depuis plus de vingt ans et était connu localement pour sa passion et sa bienveillance. Cet accident rappelle une réalité difficile à accepter : l’expérience réduit certains risques, mais n’annule pas les phénomènes extrêmes.
En France, plusieurs accidents graves ont déjà été recensés ces dernières années, notamment lors de décollages ou d’atterrissages dans des vents irréguliers. Certains ont entraîné de lourdes blessures, d’autres des décès. La plupart ont un point commun : une météo sous-estimée ou une évolution rapide des conditions.
Surf et kitesurf : une pratique complémentaire, mais exigeante
De nombreux surfeurs pratiquent également le kitesurf, et cette transversalité a du sens. Le kite permet de continuer à glisser lorsque le vent rend les vagues impraticables. Mais il ne peut jamais être abordé comme un simple “plan B”.
Le rapport au danger est fondamentalement différent. Là où le surf confronte le pratiquant à l’océan, le kitesurf l’expose à l’air, un élément plus instable encore.
Naviguer par vent orageux ou instable reste l’un des principaux facteurs de risque en kitesurf. Réduire la taille de son aile, éviter les zones à obstacles, surveiller l’évolution météo en temps réel et accepter de renoncer à l’eau sont des décisions qui sauvent des vies. En kitesurf, la meilleure session est parfois celle que l’on ne fait pas.
Le tube est sans doute l’essence la plus pure du surf. Pas le plus simple, pas le plus accessible, mais le plus spectaculaire, le plus exigeant, le plus respecté. Quand une compétition choisit d’en faire son ADN, elle ne cherche pas le consensus : elle assume une vision. C’est exactement ce que fait Capítulo Perfeito, dont l’édition 2026 marque un tournant majeur avec une expansion internationale vers le Mozambique et l’Indonésie.
Une annonce forte, presque symbolique : le tube n’appartient plus à un seul pays. Il devient un langage universel.
Capítulo Perfeito : une idée simple, une exécution radicale
Depuis sa création, Capítulo Perfeito repose sur un principe aussi évident que génial : one day, one swell. Pas de waiting period interminable, pas de vagues moyennes pour sauver un planning TV. On attend le jour parfait, celui où Carcavelos se transforme en machine à tubes lourds et imprévisibles.
En 2026, le concept change d’échelle sans perdre son âme.
Portugal – Carcavelos, berceau historique
Mozambique – Praia da Barra, puissance brute et peu médiatisée
Indonésie – Desert Point, la référence absolue du tube long et profond
Trois continents, trois cultures, une même obsession : le tube engagé.
Et pendant ce temps-là, en France…
En octobre, quand les premières vraies houles d’automne réveillent les bancs de sable landais, Royal Barrique s’installe discrètement à Hossegor. Pas de bruit inutile. Pas de promesses marketing surdimensionnées. Juste une vérité simple : probablement la meilleure compétition de tube au monde.
Oui, probablement. Non, ce n’est pas chauvin.
Le Royal Barrique, c’est La Gravière ou les tubes d’hossegor dans ce qu’il a de plus brut : rapide, creux, imprévisible. Une vague qui ne pardonne rien et qui sélectionne naturellement les vrais tube riders. Ici, pas besoin d’effets spéciaux : la vague fait le travail.
Deux compétitions, une même philosophie
Capítulo Perfeito et Royal Barrique partagent bien plus qu’un goût prononcé pour les barrels :
Un format événementiel, rare, presque cérémonial
Une sélection exigeante, loin des formats standardisés
Une culture du risque maîtrisé, où le style compte autant que l’engagement
Une identité forte, ancrée dans un territoire précis
Ces compétitions ne sont pas des produits WSL. Ce sont des objets culturels du surf moderne.
Et si le Royal Barrique s’exportait à son tour ?
La question mérite d’être posée. Si Capítulo Perfeito peut s’exporter sans se diluer, pourquoi pas le Royal Barrique ?
Imagine un Royal Barrique Desert Point, un Royal Barrique Skeleton Bay, ou même un Royal Barrique Chili. Même exigence. Même esthétique. Même radicalité. Le nom deviendrait un label : quand tu vois “Royal Barrique”, tu sais que ça va tuber fort.
La France tient là un concept premium, rare, crédible, respecté par les surfeurs. Un vrai pan de l’histoire du surf français, au même titre que le Royal Barrique l’est déjà pour Hossegor, comme Capítulo Perfeito l’est pour les Portugais. La vrai différence réside dans les moyens entre les deux évènements. Difficile pour la compétition française de s’exporter, elle manque cruellement de moyen, et c’est un vrai problème au niveau national. Le désengagement des marques historiques a frappé de plein fouet l’organisation des compétitions en France.
Le tube comme héritage, pas comme spectacle
Dans un surf de plus en plus lissé, ces compétitions rappellent une chose essentielle : le tube reste la manoeuvre phare du surf.
Et tant mieux si ces événements restent rares. C’est ce qui leur donne leur valeur.
Avec Free Time, Cam Richards confirme qu’il fait partie de ce cercle très fermé de surfeurs capables d’être ultra-crédibles partout, tout le temps. Originaire de Caroline du Sud, un État loin d’être connu pour ses vagues XXL, Cam enchaîne pourtant les performances de très haut niveau sur les spots les plus exigeants de la planète.
Pendant près de 40 minutes, le film le montre à son avantage sur des vagues mythiques comme Pipeline ou Teahupo’o, mais aussi au Mexique, au Portugal ou en Indonésie. Tubes profonds, pig-dog engagé, surf puissant et aérien : Free Time est bien plus qu’une simple compile, c’est un portrait complet d’un surfeur à la palette incroyablement large.
Longtemps associé à ses exploits à Pipeline, Cam Richards prouve ici qu’il ne se résume pas à un spot ou à une image. Le film, réalisé avec son ami Layne Stratton, a aussi une vraie dimension humaine, avec une tournée de projections improvisées sur toute la côte Est des États-Unis, ramenant le surf à l’essentiel : le partage et la communauté.
Cette sortie marque aussi un tournant dans sa carrière. Après avoir quitté Vissla (faut bien payer Yago Dora), Cam s’investit désormais dans Free Fly, une marque locale qu’il souhaite aider à développer dans le surf. Un choix cohérent pour un surfeur aussi libre dans ses trajectoires que dans l’eau.
Juste avant les fêtes de fin d’année, une tempête hors norme a frappé une partie des États-Unis : un phénomène météorologique aussi spectaculaire que son nom, le Bomb Cyclone. Derrière cette appellation digne d’un film catastrophe se cache un terme bien réel : la bombogenèse. Il désigne une dépression qui s’intensifie extrêmement rapidement, lorsque de l’air froid rencontre brutalement de l’air chaud, provoquant une chute massive de la pression atmosphérique.
Résultat : vents violents, neige, chaos aérien… et, phénomène plus rare encore, des vagues géantes sur les Grands Lacs.
Le « swell d’une vie » version eau douce
C’est dans ce contexte que Ben Gravy, habitué des vagues improbables, parle sans hésiter du “swell of a lifetime”. Les prévisions annoncent alors certaines des plus grosses vagues observées depuis des années sur ces immenses étendues d’eau douce. Des médias évoquent même des murs d’eau dépassant les 30 pieds.
En route vers les Grands Lacs, Gravy et son équipe connaissent retards d’avion et galères logistiques, directement causés par la tempête. À deux doigts de renoncer. Mais ils persistent. Et ils scorent.
Tubes sur un lac : une expérience à part
Soyons clairs : ce ne sera pas la plus grosse session jamais surfée sur les Grands Lacs. Pas encore. Mais tuber sur un lac, au cœur de l’hiver, sous une tempête d’une rare intensité, reste une expérience presque irréelle.
Les vagues sont froides, imprévisibles, puissantes, et surgissent là où on ne les attend pas. Loin des standards du big wave surfing, mais avec une intensité brute qui fascine autant qu’elle intimide.
Une destination qui ne fait pas rêver… mais qui cartonne
Les Grands Lacs n’ont rien d’exotique. Pas de récifs tropicaux, pas de plages mythiques. Et pourtant, chaque vidéo tournée là-bas fonctionne. Toujours.
Parce que le surf y est mérité. Parce que les fenêtres sont ultra-rares. Parce que l’échec est souvent plus probable que la réussite. Et parce que, dans un monde saturé d’images parfaites, ces sessions froides, grises et chaotiques racontent autre chose : l’engagement ou la résilience.
Mais scorer là-bas reste une affaire de timing parfait, de commitment total… et d’un peu de folie.
Il y a des vidéos qui donnent envie d’aller à l’eau… et d’autres qui rappellent violemment pourquoi certaines vagues doivent être regardées depuis la plage. À Itaipuaçu, au nord-est de Rio de Janeiro, le shorebreak est de cette seconde catégorie : brutal, sec, imprévisible et clairement pas là pour plaisanter.
Dans une séquence devenue virale, le bodysurfer brésilien Victor Ugo Peixoto s’engage sur une vague totalement hors norme. Un mur d’eau sombre, qui casse dans quelques centimètres d’eau à peine. Pas de marge. Pas de sortie propre. Juste l’impact. Résultat : annihilation totale, englouti par la lèvre et projeté violemment sur le sable. Le genre de wipeout qui fait mal rien qu’en regardant.
Praia de Itaipuaçu est connue des bodysurfeurs expérimentés pour ses shorebreaks mutantes. Les locaux y voient un terrain de jeu extrême, mais les avertissements sont clairs : pour les visiteurs, ce spot est dangereux. Très dangereux.
Les panneaux sont explicites, et les messages aussi : « Respect the signs and save lives. »
Ici, pas question de paddle, encore moins de surf classique. Même pour le bodysurf, le spot exige une lecture parfaite de l’océan, un timing chirurgical et une vraie tolérance à la violence.
Rien à voir avec Saquarema
À quelques kilomètres de là, Saquarema, théâtre de l’étape brésilienne de la World Surf League, propose un beachbreak parfois capricieux mais bien plus « humain ». Itaipuaçu, elle, joue clairement dans une autre dimension.
Cette vague-là n’est pas là pour être surfée. Elle est là pour rappeler que l’océan n’est jamais un parc d’attractions.
Qui sont réellement les surfeurs français les plus populaires en France aujourd’hui ? Pas les plus titrés, pas forcément les plus médiatisés à la télévision, ni ceux invités sur les plateaux ou suivis par des millions de fans hors du surf. Ici, l’idée est volontairement différente : s’intéresser aux surfeurs et surfeuses français(es) “de profession”, dont la notoriété s’est construite avant tout par le surf, la performance, l’image et l’histoire dans l’eau.
Pour tenter d’y voir plus clair, cet article repose sur une méthode simple, assumée et surtout comparable : les données de recherche Google. Concrètement, nous avons analysé le volume moyen de recherches mensuelles pour chaque surfeur et surfeuse français(e), sur une période allant de janvier 2025 à décembre 2025. Un indicateur imparfait, bien sûr, mais qui a le mérite d’être mesurable, objectif et identique pour tous.
Point important à souligner : ce classement ne distingue volontairement pas les hommes des femmes. Les surfeuses et les surfeurs sont ici réunis dans une seule et même liste, sur un pied d’égalité, avec un unique critère de lecture : l’intérêt réel des internautes mesuré via Google. Pas de catégories, pas de sous-classement, pas de séparation artificielle. Une approche qui reflète aussi une réalité : lorsqu’un nom marque le public, peu importe le genre, il est recherché.
Ce classement ne prétend pas désigner les “meilleurs” surfeurs français, ni les plus titrés ou les plus influents au sens marketing du terme. Il cherche simplement à répondre à une question très concrète : quels noms de surfeurs et surfeuses français(es) les internautes tapent-ils réellement sur Google ? À indicateur égal, la comparaison devient possible, lisible et surtout cohérente.
Un parti pris assumé, une base de données claire, et une photographie de la popularité surf made in France, à un instant T. Place maintenant aux chiffres… et aux noms qui font vibrer le surf français.
Classement des surfeurs français les plus populaires sur Google en 2025
Sur la base des volumes de recherche Google moyens mensuels, cumulés sur la période janvier 2025 – décembre 2025, voici les surfeurs et surfeuses français(es) les plus recherchés en France, toutes disciplines et tous genres confondus.
🥇 1. Kauli Vaast
Révélation mondiale issue de Tahiti, Kauli Vaast domine largement les recherches. Entre performances sportives, image forte et exposition médiatique internationale, son nom s’impose comme le plus tapé sur Google en France en 2025. Sa médaille d’or aux jeux olympiques en France, ont fait de lui le surfeur français le plus populaire
🥈 2. Jérémy Florès
Figure historique du surf français moderne, Jérémy Florès conserve une popularité très élevée. Son parcours, ses combats personnels et son statut d’icône expliquent une présence toujours massive dans les recherches.
🥉 3. Justine Dupont
Référence mondiale du big wave surfing, Justine Dupont confirme qu’une carrière hors des circuits classiques peut générer un intérêt public immense et durable.
4. Johanne Defay
Pilier du surf féminin français depuis plus d’une décennie, Johanne Defay reste l’une des surfeuses les plus recherchées, portée par sa régularité au plus haut niveau. Elle a mis au monde cette année son premier enfant…
5. Marco Mignot
Nouvelle génération du surf français, Marco Mignot bénéficie d’une forte dynamique de recherches, portée par ses résultats et une montée en puissance progressive sur la scène internationale.
6. Vahiné Fierro
Athlète charismatique et engagée, Vahiné Fierro s’impose comme l’une des figures féminines les plus suivies et recherchées du surf français actuel.
7. Tya Zebrowski
Très jeune mais déjà ultra médiatisée, Tya Zebrowski illustre parfaitement la corrélation entre exposition, résultats et recherches Google.
8. Maud Le Car
Entre carrière sportive, engagement écologique et entrepreneuriat, Maud Le Car continue de susciter un intérêt constant auprès du public français.
9. Jorgann Couzinet
Surfeur spectaculaire et attachant, Jorgann Couzinet reste solidement installé dans l’imaginaire collectif et les recherches Google.
10. Édouard Delpero
Figure incontournable du longboard mondial, Édouard Delpero clôt ce top 10 grâce à des bons résultats en compétition. Il finit vice champion du monde WSL dans un scénario catastrophe, ce qui lui permet d’intégrer le top 10
D’autres surfeurs aux portes du top 10, Michel Bourez, Benjamain Sanchis, Joan Duru ou Justin Bécret sont les surfeurs aux portes du top 10. Je ne sais pas si c’est un format qu’il plaira mais on pourrait
À Pipeline, il y a le reef, les barrels, la peur… et parfois quelque chose d’encore plus dangereux : l’ego. La récente altercation entre Joel Tudor et Maddix Alotis n’est pas qu’un simple quasi-accident de plus sur la vague la plus célèbre du monde.
PS: Joel Tudor est un surfeur qu’on n’apprécie pas malgré le fait qu’il soit une référence…
La scène est claire. Maddix Alotis, 20 ans, local du North Shore, s’élance sur une gauche parfaite à Pipeline. Engagement total, trajectoire propre. Sur l’épaule, une autre planche surgit. Drop-in. Collision évitée de justesse.
Celui qui force le passage ? Joel Tudor. Et le plus choquant n’est pas tant le geste que ce qui suit.
Dans les commentaires, Tudor assume. Pire : il revendique. Il parle de “leçon”, de respect des anciens, d’années passées à l’eau comme si cela donnait un droit permanent à mettre les autres en danger. 36 hivers à Pipeline contre trois pour le jeune surfeur, donc circulez.
Pipeline n’est pas un trône
Oui, Pipeline a une hiérarchie. Oui, l’expérience compte. Mais depuis quand l’ancienneté autorise-t-elle à piétiner la règle la plus basique du surf : la sécurité ? À ce niveau d’engagement, un drop-in n’est pas un message symbolique. C’est un risque réel. Reef, planches, vitesse, violence de la vague : tout est là pour que ça tourne mal.
Le malaise d’une légende
Joel Tudor reste une icône du longboard, personne ne le conteste. Mais sur cette séquence, il incarne surtout un refus de passer le relais. La nouvelle génération charge plus fort, plus tôt, plus sérieusement. Elle connaît Pipeline. Elle y a grandi. Elle ne demande pas la permission, elle gagne sa place à la rame.
Et c’est peut-être ça, le vrai problème.
Le respect ne se réclame pas, il se mérite
À Pipeline, personne n’est intouchable. Pas même les légendes. Le respect ne se décrète pas dans un commentaire Instagram, encore moins après un drop-in dangereux. Il se gagne par l’exemple, la retenue, et la responsabilité.
Car sur la gauche de Pipeline, ce ne sont pas les années qui tuent. Ce sont les erreurs.
À 61 ans, Tom Curren continue de faire vaciller nos certitudes. Vieillir, ralentir, lever le pied… vraiment ? La récente vidéo tournée dans la piscine à vagues du Wavegarden en Espagne a l’effet d’un électrochoc. Quelques secondes suffisent : lignes parfaites, placements impeccables, variations subtiles. Rien de démonstratif, rien de forcé. Juste du surf, pur, lisible, intemporel.
Et une question qui s’impose naturellement : comment est-ce encore possible de surfer à ce niveau à 61 ans ?
Un surf qui ne dépend pas de l’âge
Le surf de Tom Curren n’a jamais été une affaire de force brute ou de démonstration physique. Depuis ses débuts, il repose sur autre chose :
le timing,
la lecture de vague,
LE STYLE
Dans une piscine à vagues ultra-technique, où chaque section est prévisible, ce style prend encore plus de relief. Là où beaucoup cherchent à “rentabiliser” chaque mètre de vague, Curren choisit, filtre, nuance. Il ne surfe pas contre le temps, il surfe avec lui.
Vieillir en surf, une autre façon de performer
Dans le microcosme du surf, l’âge a longtemps été vu comme une date de péremption. Pourtant, la génération dorée des années 80-90 est en train de faire mentir ce dogme. Mark Occhilupo approche les 60 ans, Tom Carroll les a dépassés, Kelly Slater continue à défier le calendrier… et Curren, lui, trace sa route à part.
Son message n’est pas celui de la performance à tout prix. Il est plus subtil : oui, le corps change, mais le surf peut évoluer avec lui. Moins d’impact, plus de précision. Moins de radicalité, plus de sens.
La piscine à vagues comme terrain d’expression
Voir Tom Curren à la Wavegarden n’a rien d’anodin. La piscine à vagues est souvent associée à la répétition, à la performance calibrée, parfois même à une forme de standardisation du surf. Curren fait exactement l’inverse : il y injecte de l’imprévu, du relâchement…
Chaque vague est la même, mais chaque ride est différent. C’est là que son surf devient presque pédagogique : le style ne vieillit pas quand il est sincère.
Une influence toujours intacte
L’an dernier, Stephanie Gilmore rendait hommage à Curren en reproduisant l’une de ses vagues mythiques à Jeffreys Bay. Même planche, même combinaison, même ligne. Preuve que, des décennies plus tard, son surf reste une référence esthétique absolue.
Regarder Tom Curren aujourd’hui, ce n’est pas céder à la nostalgie. C’est constater que certaines formes de surf ne vieillissent pas, parce qu’elles ne cherchent pas à suivre une époque.
Tom Curren, réponse vivante à une fausse question
Alors, peut-on surfer à 61 ans ? Tom Curren apporte une réponse simple, presque désarmante : oui, si l’on a su construire un surf qui ne dépend pas du chrono.
Dans cette courte vidéo, il ne choque pas par la radicalité. Il fascine par sa cohérence. Et rappelle, à tous ceux qui doutent, que le surf n’est pas une course contre le temps… mais un dialogue avec lui.
Il y a des trailers qui balancent des images jolies et des promesses creuses. Et il y a ceux qui te donnent envie de ressortir la board du garage, de remettre une cassette et de te rappeler pourquoi tu aimes cette culture. La dernière vidéo de Jack Johnson, autour de son projet SURFILMUSIC, fait clairement partie de la deuxième catégorie : un mélange de souvenirs salés, de création artisanale et de “crew spirit” qui sent le sable encore humide sur les sièges de la voiture.
Dès les premières secondes, on comprend que ce n’est pas seulement une annonce de film ou de tournée. C’est une boucle qui se referme — ou plutôt un cercle qui s’agrandit : le surf, l’image, la musique… et tout ce qui relie ces mondes depuis plus de vingt ans chez Jack.
Un documentaire qui raconte une évolution, sans renier l’océan
SURFILMUSIC s’annonce comme un documentaire sur la trajectoire de Jack : surfeur, puis filmmaker, puis musicien devenu une référence mondiale. Mais l’intérêt, c’est que le récit ne cherche pas à faire “success story” à l’américaine. Le ton est plus intime : l’idée que la création vient de la même source que le surf — l’observation, le rythme, la patience, l’instant.
Le trailer insiste aussi sur un point qui parle à tous ceux qui ont déjà partagé un line-up : personne ne construit ça tout seul. Les projets naissent d’une bande, de rencontres, d’amitiés qui traversent les années. Et c’est exactement ce qui donne à SURFILMUSIC une saveur particulière : on ne regarde pas juste une carrière, on suit une communauté.
Retour sur deux films cultes : Thicker Than Water et The September Sessions
Le cœur émotionnel du projet, c’est le retour sur deux surf films qui ont marqué une génération : Thicker Than Water (1999) et The September Sessions (2000). SURFILMUSIC va raconter la fabrication de ces films, l’énergie “do it yourself” de l’époque, et surtout comment cette aventure visuelle a servi de tremplin à la musique de Jack.
C’est là que l’histoire devient intéressante pour Icônes Surf : ces films n’étaient pas juste “de belles vagues”. Ils ont contribué à façonner une esthétique, une manière de filmer le surf, et une façon de raconter la glisse sans hurler, sans surjouer — juste en laissant parler la lumière, la vitesse, et le silence entre deux séries.
Les invités qui parlent à tous les surfeurs
Le documentaire promet aussi de retrouver des figures présentes dans ces films et dans cette époque, avec des noms qui résonnent immédiatement : Kelly Slater, Rob Machado, et les Malloy Brothers. Rien que ça, c’est un joli ticket pour la nostalgie… mais aussi pour remettre en perspective une période où le surf film avait une aura presque “underground”, avant l’ère du scroll infini.
Un single pour ouvrir la porte : “Hold On To The Light”
Pour accompagner la sortie du trailer, Jack Johnson a dévoilé “Hold On To The Light”, un nouveau morceau réalisé avec Hermanos Gutiérrez. C’est présenté comme un premier aperçu de la bande-son de SURFILMUSIC : une musique qui garde le côté chaleureux de Jack, avec une texture plus cinématographique, plus “road movie”. Le genre de son qui colle parfaitement à des images de trip, de sessions, de moments simples.
SURFILMUSIC Tour 2026 : une tournée comme un grand road trip
La vidéo sert aussi de rampe de lancement à la SURFILMUSIC Tour, une tournée nord-américaine annoncée sur 43 dates en 2026, marquant un vrai retour sur la route après plusieurs années plus calmes. L’idée, c’est de prolonger l’expérience du film en live : du son, des images, et une ambiance pensée pour des salles (et surtout des amphithéâtres) qui respirent l’été.
Un ADN “green” assumé
Jack Johnson n’a jamais séparé musique et engagement. Sa tournée est annoncée avec un dispositif éco-responsable (partenariats, actions sur place, mise en avant d’associations, initiatives contre le plastique, etc.), et une logique de redistribution qui vise à soutenir des projets locaux et environnementaux. Là encore, ce n’est pas un argument marketing plaqué : c’est dans son identité depuis longtemps.
Pourquoi ça peut cartonner auprès des surfeurs
Parce que SURFILMUSIC ne cherche pas à “faire tendance”. Il revient à l’essence : filmer ce qu’on aime, jouer ce qu’on ressent, et partager avec les gens qui étaient là avant que tout devienne “contenu”. Le trailer ressemble à un message simple : tu peux changer de vie, de métier, d’endroit… mais l’océan, lui, reste un point fixe.
Dates de la tournée
Nantes – Mardi 9 juin 2026 19h – Pathé Nantes, 12 Place du Commerce, 44000 Nantes
Il y a des polémiques qui durent le temps d’une story. Et puis il y a celles qui deviennent un cas d’école. À Saquarema, en 2025, on n’a pas seulement eu un débat classique de passionnés (“j’aurais mis 0,5 de plus”, “t’as vu la section ?”). On a eu un cocktail beaucoup plus sérieux : une contestation publique du jugement, des accusations de racisme, une démarche judiciaire engagée au Brésil… et, au final, une résolution discrète, loin des caméras, avec rétractation et accord entre les parties.
Le point de départ : une note, deux vagues, et une vidéo qui met le feu
L’étincelle, c’est un heat du Challenger Series à Saquarema. Dans le surf, la note n’est jamais “juste un chiffre” : c’est une décision qui résume un enchaînement de manœuvres, un choix de vague, un style, un niveau de risque, une comparaison directe avec l’adversaire… et parfois une frustration qui explose.
Pedro Scooby, surfeur brésilien et personnalité ultra-médiatique, prend la parole publiquement. Son point de vue est simple et percutant : il compare deux vagues notées de manière très proche (voire identique selon la présentation qui circule) et estime que la vague de Weslley Dantas, plus engagée et plus “riche” en manœuvres, méritait mieux que celle de George Pittar. Là où l’histoire bascule, c’est que la critique ne reste pas cantonnée à “mauvaise appréciation”. Scooby associe cet épisode à une lecture beaucoup plus lourde : racisme, et impression que “le système choisit” qui doit avancer.
Résultat : la polémique sort du microcosme surf. Elle se transforme en sujet grand public, parce qu’un avis amplifié par des millions d’abonnés n’est plus un commentaire.
Pourquoi la WSL ne pouvait pas laisser passer
La World Surf League vit d’un contrat implicite avec le public : “vous acceptez que le surf soit jugé, donc subjectif, parce que vous croyez au sérieux du cadre”. Si ce cadre est publiquement qualifié de raciste ou manipulé, on ne critique plus un heat : on attaque l’intégrité du produit sportif.
Dans ce contexte, la réaction de la WSL est presque mécanique. Quand une organisation estime que son arbitrage est mis en cause au niveau de la réputation, elle cherche à reprendre le contrôle de deux choses :
Les faits (qu’est-ce qui a été dit exactement ? sur quoi se base l’accusation ?)
Le cadre (est-ce une opinion, une dénonciation, une affirmation ?)
C’est là qu’intervient la démarche judiciaire : une demande formelle d’explications, déposée localement. En clair, on demande à la personne de préciser : “qu’entends-tu par là ? Maintiens-tu tes propos ? As-tu des preuves ?”. Ce n’est pas encore un “procès show” au sens populaire du terme ; c’est aussi une façon de fixer une version officielle, datée, opposable, dans un dossier.
L’enjeu réel : le surf est subjectif… mais la confiance ne peut pas l’être
On touche ici à un paradoxe permanent. Le surf est jugé parce qu’il n’est pas chronométrable comme un 100 mètres. Mais plus la discipline grandit, plus la demande de transparence augmente.
Or, sur un heat tendu, la perception du public est souvent binaire :
soit “les juges ont vu un détail que je n’ai pas vu” (confiance)
soit “il y a quelque chose derrière” (soupçon)
Quand on ajoute une accusation de racisme, la barre monte d’un cran. Parce que même si, juridiquement, tout se joue sur la nature des propos et les preuves, symboliquement, on est sur une question qui dépasse la compétition : qui bénéficie du doute ? qui subit les biais ? qui a accès aux opportunités, aux sponsors, à la visibilité ?
Le twist : une affaire “en cours”… alors que c’était déjà réglé
Ce qui rend cet épisode fascinant, c’est sa deuxième vie médiatique. Des articles relancent l’histoire autour de la procédure engagée, donnant l’impression d’un conflit qui s’installe. Puis surgit l’information clé : le dossier est déjà clos depuis un moment, avec une résolution hors tribunal.
La logique est classique dans les conflits à forte charge réputationnelle :
on discute
il peut y avoir une rétractation (totale ou partielle)
on acte un accord mutuel
et on évite l’escalade (qui serait souvent perdant-perdant)
En clair : tout le monde a intérêt à éteindre l’incendie. La WSL protège la crédibilité de son système. Scooby évite que la polémique ne se transforme en feuilleton judiciaire long et coûteux, où chaque mot serait disséqué.
Pourquoi ça reste un signal fort pour la suite
Même “résolue”, l’affaire Saquarema laisse trois enseignements.
1) Les athlètes-influenceurs pèsent autant que les athlètes-résultats Aujourd’hui, une déclaration peut secouer le circuit plus vite qu’un podium. L’audience est un levier de pouvoir, et la WSL doit composer avec.
2) Le jugement est le talon d’Achille structurel du surf On peut perfectionner les critères, former, auditer, publier davantage de détails… mais il restera toujours un espace d’interprétation. La question devient : comment rendre cet espace acceptable, compréhensible, et perçu comme équitable ?
3) La frontière entre critique légitime et accusation grave est devenue centrale Dire “je ne suis pas d’accord avec la note” est normal. Dire “c’est raciste / manipulé” engage un autre niveau de responsabilité. Dans l’ère des réseaux, cette frontière est franchie plus vite—et les institutions répliquent plus vite aussi.
Et maintenant ?
Le plus intéressant, ce n’est pas de “choisir un camp”. C’est de voir comment le surf va évoluer : plus de pédagogie sur le scoring, plus de transparence, peut-être des formats vidéo explicatifs, des communications plus réactives, et une gestion de crise mieux huilée.
Parce que la prochaine polémique de notes n’est pas une possibilité. C’est une certitude. Et après Saquarema, tout le monde sait que ça peut aller plus loin qu’un débat de parking… jusqu’aux portes d’un tribunal, avant de revenir—silencieusement—à la table des discussions.
Le surf pensait avoir tourné la page. Et pourtant. À 53 ans, Kelly Slater vient de rallumer une flamme que beaucoup croyaient définitivement éteinte. Le GOAT a annoncé son retour à la compétition pour le Da Hui Backdoor Shootout 2026, une épreuve mythique disputée à Pipeline, sur la North Shore d’Oahu. Une annonce à la fois surprenante… et parfaitement mesurée.
Car non, Kelly Slater ne signe pas un retour à plein temps sur le Championship Tour. Pas de saison complète, pas de quête d’un 12ᵉ titre mondial. Juste une compétition, choisie avec soin, sur la vague la plus emblématique de sa carrière.
Un retour symbolique, pas une retraite annulée
Officiellement, Kelly Slater a quitté le CT en 2024, après avoir été éliminé par le Mid-Season Cut à Margaret River. Officieusement, il n’a jamais vraiment disparu. Depuis, on l’a vu réapparaître sous forme de wildcards, notamment à Pipeline ou à Lower Trestles, rappelant qu’à certains endroits, il reste dangereux pour n’importe qui.
Son retour annoncé pour le Da Hui Backdoor Shootout, dont la fenêtre s’étend du 4 au 16 janvier 2026, s’inscrit dans cette logique. Ce n’est pas un come-back au sens classique du terme, mais un clin d’œil à l’histoire, à son histoire.
À quelques semaines de son 54ᵉ anniversaire, Slater prouve surtout qu’il choisit désormais ses batailles.
Pipeline, le terrain de jeu éternel de Slater
S’il y a bien un endroit où Kelly Slater peut encore faire parler l’instinct, l’expérience et le timing, c’est Pipeline. Onze fois champion du monde, il y a signé certaines des performances les plus marquantes de l’histoire du surf de compétition.
Le Da Hui Backdoor Shootout n’est pas un contest comme les autres. Format par équipes, ambiance old-school, pression maximale, respect absolu du spot. Un événement qui résiste au temps, comme Slater lui-même.
Peter King, figure historique de l’épreuve, le résume parfaitement : le Shootout est un survivant sur le North Shore, là où tant d’événements ont disparu.
Une équipe taillée pour Pipeline
Kelly Slater fera partie de la team A New Earth Project, aux côtés de surfeurs qui incarnent l’ADN de Pipeline :
Jamie O’Brien, maître du chaos maîtrisé
Moana Jones-Wong, référence absolue côté femmes
Koa Smith, Shayden Pacarro, et Luke Tema en alternate
Un mélange de générations, de styles et de connaissances du spot, parfaitement adapté à la brutalité de Backdoor et Pipeline.
L’ombre des blessures, la lucidité du champion
Ce retour reste néanmoins conditionné à une réalité que Slater n’a jamais cachée : son corps. Blessures à répétition, usure naturelle, scoliose… Le Floridien avance désormais avec prudence.
Sur ses réseaux, fidèle à son ton à la fois détaché et honnête, il a simplement écrit :
“Hoping I’m healed enough to surf by early mid January.” « « J’espère être suffisamment rétabli pour pouvoir surfer mi janvier. »
Pas de promesse héroïque. Pas de storytelling forcé. Juste un champion qui écoute enfin ses limites, sans renoncer à ce qui le fait vibrer.
À Pipeline, l’âge compte moins que le placement. Et dans ce domaine, Slater reste une référence absolue.
En janvier 2026, il ne s’agira pas de prouver qu’il est encore le meilleur. Juste de rappeler pourquoi il est devenu une légende.
Le surf de grosses vagues vit une nouvelle ère : plus jeune, plus exposée, plus spectaculaire. La preuve avec Ana Gabriela Aninha Pessoti Dagostini, Brésilienne de 13 ans, aperçue début décembre 2025 à Nazaré — le colosse portugais qui engloutit même les surfeurs les plus expérimentés.
Encadrée par Lucas « Chumbo » Chianca, elle a pris plusieurs bombes à Praia do Norte avant d’être violemment aspirée par une mousse massive. Dix secondes sous l’eau, un gilet déclenché, une récupération rapide par le jet : un scénario que même les adultes redoutent.
Mais derrière l’exploit, un malaise grandissant
Honnêtement, difficile de comprendre cette course à l’extrême où l’on cherche à savoir qui sera « le plus jeune » à charger des vagues capables de tuer. Jusqu’où ira-t-on dans cette surenchère ?
Un point essentiel revient dans toutes les discussions : jusqu’à un certain âge, un mineur ne devrait pas être autorisé à surfer des vagues de cette taille s’il n’est pas capable de les prendre à la rame.
Parce qu’il faut le dire :
le surf tracté rend l’accès aux vagues géantes trompeusement facile ;
les gilets gonflables donnent un sentiment de sécurité qui n’efface pas la violence réelle des impacts ;
un surfeur moyen peut, grâce au tow-in, accéder à des vagues qu’il ne pourrait jamais approcher par lui-même.
Tout le monde dans l’industrie le sait. Mais, tout le monde ne le dit pas.
Il suffit qu’un sponsor mise sur un jeune, lui promette une exposition mondiale parce qu’il « charge Nazaré à 13 ans », pour que le phénomène se reproduise ailleurs. D’autres enfants essaieront. D’autres parents accepteront. D’autres marques y verront une opportunité.
Et ce n’est pas la première mise en garde que la communauté lance.
Où placer les limites ?
Nazaré n’est pas un terrain de jeu. C’est un spot qui a envoyé à l’hôpital — ou pire — certains des meilleurs big wave riders du monde. Alors imaginer des enfants dans ces mêmes conditions pose une question urgente :
Avons-nous perdu la notion de limite dans la quête d’images spectaculaires ?
Le surf a toujours été un sport de passion. Mais, la passion seule ne peut justifier de mettre des mineurs dans des situations où, objectivement, même les professionnels rompus au danger hésitent avant de s’engager.
Affaire à suivre. Mais, le débat, lui, est bien lancé.
Il a 58 ans, une carrière jalonnée d’exploits, des décennies d’expérience dans les vagues les plus monstrueuses de la planète… et pourtant, Carlos Burle vient de vivre la pire expérience de sa vie. Mercredi matin, sur un Nazaré en mode XXL, la légende brésilienne a été littéralement engloutie par une vague massive, entraînée dans les profondeurs, puis frappée par une seconde montagne d’eau avant d’être secourue dans un scénario d’une tension extrême. Un accident qui, heureusement, se termine bien — mais qui ouvre une réflexion essentielle sur la sécurité dans le surf de grosses vagues.
Une mauvaise lecture… et tout bascule
Burle le dit lui-même : « J’ai mal lu la vague. » Sur cette gauche gigantesque, la vitesse et sa trajectoire lui ont laissé croire qu’il pouvait s’échapper. Il s’est engagé, a tenté de maintenir le cap… et a été pulvérisé. Le premier impact l’a entraîné très profondément, plus encore qu’il ne l’imaginait. Là-dessous, une autre bataille a commencé :
pression énorme,
veste gonflée qui limite les mouvements,
combinaison épaisse,
souffle qui s’amenuise.
« Je n’ai jamais eu autant besoin de respirer de ma vie », raconte-t-il. Lorsqu’il a enfin atteint la surface, il n’a eu qu’une fraction de seconde pour prendre une inspiration avant qu’une deuxième vague ne l’écrase. Le corps passe alors en « mode survie », dit-il : répondre, sans réfléchir.
Lucas “Chumbo” Chianca, héros du jour
Ce qui arrive ensuite tient du miracle — mais aussi d’un professionnalisme absolu. Lucas Chumbo, son partenaire de tow-in, parvient à le rejoindre dans l’impact zone. Burle lui dit aussitôt : « Je ne vais pas bien, amène-moi à la plage. » Sauf qu’il reste encore deux vagues à encaisser.
Dans la tourmente, Chumbo doit abandonner la machine, plonger pour atteindre Burle, et activer deux cylindres de flottabilité pour le maintenir en surface. Une manœuvre risquée, presque irréalisable dans un tel chaos. Finalement, c’est Will Santana qui récupère Burle sur le sled (planche à l’arrière du jet ski) et l’amène jusqu’au rivage, où les sauveteurs lui administrent de l’oxygène.
Quelques heures plus tard, l’hôpital le déclare stable : pas d’eau dans les poumons, aucune blessure grave — un miracle.
Une GoPro qui change la trajectoire du drame
Le point le plus frappant du témoignage de Burle est sans doute celui-ci : « Je n’aurais jamais dû avoir une GoPro. »
En voulant filmer un nouvel angle, caméra pointée vers son visage, Burle confesse qu’il n’était plus pleinement concentré sur sa ligne. Au moment de la chute, il serrait encore la caméra, ce qui a retardé le déclenchement de sa veste gonflable. Ensuite, avec une main occupée, remonter sur la motoneige est devenu presque impossible.
Son message est clair :
« Dans une situation aussi risquée, on doit être à 100 % concentré sur la sécurité. Pas sur l’image. »
Un rappel fort, à l’heure où le surf XXL s’accompagne de plus en plus de caméras embarquées.
Humilité, préparation et gratitude
Malgré la violence de l’incident, Burle souligne que son calme, sa préparation physique et mentale ont joué un rôle déterminant. Et surtout, il exprime une gratitude immense envers son équipe : « Sans eux, je ne serais peut-être pas là. » Il salue particulièrement le courage de Chumbo, qui a mis sa propre sécurité en jeu pour le sauver.
Nazaré reste Nazaré
En quittant l’hôpital, Burle a confié qu’il rêvait déjà d’y retourner. Je ne sais pas s’il sincère, ou s’il essaie de se convaincre, mais un peu de repos ne lui ferait pas de mal. Cet accident rappelle cependant une vérité immuable : Nazaré ne pardonne jamais. Même aux légendes.
Chaque 2 décembre réveille une douleur particulière dans la communauté française de surf. Une date qui ne devrait être qu’un simple jour d’hiver, mais qui porte depuis 2005 la lourde trace d’un drame à Pipeline. Pour toute une génération de surfeurs français, dont je fais partie, Malik Joyeux n’était pas seulement un prodige tahitien : il incarnait la pureté du surf, la gentillesse, la simplicité, la beauté d’un style. Aujourd’hui, alors que de plus jeunes pratiquants ne connaissent parfois ni son nom, ni son histoire, il est essentiel de transmettre sa mémoire.
Le Petit Prince de Tahiti : un talent solaire
Né en 1980 à Moorea, Malik Joyeux grandit entouré d’océan, de lumière et de vagues qui sculptent son caractère. Très jeune, il se distingue par un style naturel et une aisance qui dépasse le simple don. À huit ans, il surfe déjà tous les jours. À quinze ans, il rivalise avec les grands. À vingt ans, il devient l’un des meilleurs watermen de Tahiti.
Sa relation avec Teahupo’o forge sa légende. Là où la plupart voient une mâchoire prête à se refermer sur eux, Malik y voit une danse précise, exigeante, presque intime. Il charge en tow-in, puis à la rame, dans un engagement absolu qui impressionne même les anciens. Une vague titanesque, en 2003, lui offre le Billabong XXL Tube of the Year, récompensant l’un des plus gros tubes jamais surfés à la rame. Le monde découvre alors ce sourire permanent, ce talent rare, ce jeune homme humble qui ne semblait jamais forcer quoi que ce soit.
On le surnomme vite « Le Petit Prince de Tahiti » — un surnom qui ne quittera jamais sa mémoire collective.
Pipeline, le rêve devenu tragédie
Pipeline… lieu sacré, temple, juge et bourreau. Le 2 décembre 2005, Malik y surfe comme tant d’autres jours : concentré, solide, confiant. On est sur un swell longue période en forte hausse dans la journée de mémoire. C’est le genre de jour, où ce n’est pas si gros, mais la puissance des vagues indiquent que la houle est en hausse. Les conditions sont sérieuses, mais pas hors norme pour un surfeur de son calibre. Pourtant, comme souvent à Pipe, ce n’est pas le plus gros jour qui fait le plus grand mal.
Vers 10h30, Malik s’engage sur la première vague d’un set de trois. Un take-off tardif. Un léger déséquilibre. Et la lèvre, lourde, qui s’abat sur lui en pleine accélération. Le choc est violent. Sa planche casse. Son leash est arraché. Ce qui ne devrait être qu’un wipe-out de plus se transforme en drame.
Les témoins plongent, cherchent, crient. Greg Long, présent ce matin-là, raconte des minutes interminables où personne ne sait si Malik est remonté plus loin, s’il est sur la plage, s’il flotte quelque part sous la mousse. Finalement, son corps est retrouvé une quinzaine de minutes plus tard, dérivant vers Pupukea. Trop tard. Beaucoup trop tard.
Pipeline a pris un prince.
Une onde de choc dans le monde du surf
La nouvelle traverse le monde comme une lame de fond. À Hawaii, un cercle de prière se forme spontanément sur le sable. En Polynésie, la tristesse est immense. En France, où Malik était particulièrement apprécié, la communauté surf est abasourdie.
Benjamin Sanchis, ami proche, confiera simplement : « C’était un pote, un frère. Il était cool avec tout le monde, et tout le monde l’adorait. »
Car au-delà du rideur spectaculaire, Malik était aimé pour sa simplicité. Aucun ego. Aucune posture. Juste un passionné, heureux d’être là, heureux d’être dans l’eau. Pipeline rappelle souvent sa dangerosité, mais ce jour-là, c’est un symbole qui disparaît. Un de ceux qui rappellent pourquoi ce spot est à la fois mythique et meurtrier.
L’héritage d’un surfeur qui mérite d’être transmis
Pour beaucoup d’entre nous, Malik Joyeux représente une époque du surf encore brute, profondément humaine. Une époque où les images de Teahupo’o faisaient frissonner une génération entière. Une époque où les icônes n’étaient pas des influenceurs, mais des garçons discrets qui repoussaient les limites avec un sourire timide.
Et pourtant… Aujourd’hui, nombreux sont les jeunes surfeurs — 16, 18, 20 ans — qui ignorent totalement qui était Malik. La preuve en est mon fils de 18 ans, passionné de surf, ne connaît ni l’homme, ni l’histoire, ni la légende.
C’est là que réside l’importance de raconter, encore et encore. Parce que la culture surf n’est pas seulement faite de tricks, de boards et de vidéos TikTok. Elle est faite de récits, de figures, de drames et de victoires humaines. Elle est faite de surfeurs comme Malik Joyeux.
Transmettre son histoire, c’est maintenir vivant un héritage, une mentalité humble, un engagement total dans les vagues les plus dangereuses du monde.
Un devoir de mémoire
Icônes Surf, ancré depuis des années dans la culture surf française, a toujours eu ce rôle : raconter, documenter, transmettre. Et le 2 décembre reste une date impossible à oublier. Une date qu’on se doit de marquer chaque année, pour rappeler aux nouvelles générations d’où l’on vient, qui étaient les pionniers, qui ont ouvert les portes de Teahupo’o au monde entier.
Malik n’a pas eu le temps de tout montrer. Mais ce qu’il a laissé suffit à inspirer des milliers de surfeurs.
Qu’on se le dise : il fait partie de l’histoire du surf. Et notre responsabilité est de faire en sorte qu’il ne tombe jamais dans l’oubli.
Là où les légendes surfent encore
On aime imaginer Malik quelque part, dans un barrel sans fin, là où l’eau est claire et les vagues parfaites. Un endroit où le temps ne compte plus. Où les wipe-outs n’existent pas. Où les surfeurs charismatiques conservent pour toujours leur sourire.
Chaque 2 décembre, on pense à lui. À ses proches. À ses amis. À la communauté tahitienne. Et à cet héritage immense qu’il nous a laissé.
Difficile de trouver un surfeur qui divise autant que Joel Tudor. Légende du longboard, triple champion du monde, icône du style traditionnel… mais aussi aimant à controverses, spécialiste des sorties de route et figure paternaliste d’un rétro-surf souvent caricatural. Cette semaine, une nouvelle polémique s’ajoute à la liste : un simple commentaire sur Instagram autour du drapeau confédéré a déclenché un feu d’artifice sur Reddit. Et une fois encore, Tudor en prend pour son grade.
Tout est parti d’un souvenir partagé par le Californien : une planche aperçue il y a des années en Floride, décorée intégralement comme un drapeau confédéré. Il décrit “un travail de résine incroyable” et regrette de ne pas l’avoir achetée. Rien de politique selon lui, juste l’admiration d’un travail artisanal. Mais sur Reddit, l’interprétation est tout autre : les utilisateurs dégainent immédiatement les termes “fasciste”, “quasiment nazi”, “provocation sournoise”. Le ton monte, et les commentaires s’enchaînent.
Ce n’est pas la première fois que Tudor se retrouve sous le feu des projecteurs pour ses positions ou ses provocations. On parle d’un homme connu pour jouer les “gardes du temple”, qui juge sans filtre, attaque en ligne et se plaît régulièrement à opposer “vrai surf” et “modernité”. Sur Reddit, un commentaire résume parfaitement l’image qu’il renvoie :
« Il est le leader des talibans du retro single-fin. Si tu surfes une planche moderne au mauvais moment, pas d’invit’ au Duct Tape Invitational. »
Pas besoin de chercher longtemps pour comprendre pourquoi cette phrase circule depuis des années dans la communauté. Nombreux sont ceux qui reprochent à Tudor d’avoir transformé la culture longboard en micro-secte élitiste, où seuls les puristes estampillés “old school validés par Joel” auraient droit de cité. Et pour certains athlètes—dont des Français pourtant exemplaires—ses prises de position frôlent parfois l’obsession personnelle. Du coup, je vous avoue, avoir adopté la même obsession sur lui….lol
La polémique actuelle a donc servi de catalyseur : sous couvert d’un débat sur un symbole de l’histoire américaine, les internautes déversent surtout des années de frustration accumulée. Entre les accusations d’arrogance, les commentaires moqueurs sur son attitude condescendante et les récits de rencontres peu flatteuses, l’image de Tudor prend encore un coup.
Et comme souvent, le débat politique s’invite dans le surf. Certains rappellent que le drapeau confédéré reste un symbole associé au racisme, au suprémacisme blanc et à la ségrégation. D’autres insistent sur la nuance historique. Un utilisateur tente même de remettre un peu de contexte, notant que “la majorité des soldats confédérés n’étaient pas propriétaires d’esclaves”. Une tentative d’équilibrer le débat… noyée immédiatement sous les downvotes.
En réalité, l’affaire dit moins de choses sur un drapeau que sur l’homme qui l’a mis en lumière. Joel Tudor s’est bâti une réputation : du génie du longboard au provocateur professionnel, il joue souvent avec la ligne rouge. Parfois par passion, parfois par ego, souvent par plaisir de contrarier. Mais à chaque fois, l’étincelle allume un brasier.
Reste une question : que restera-t-il de tout ça ? Pour beaucoup, pas grand-chose. Juste une polémique de plus sur un surfeur qui semble parfois autant aimer la confrontation que le nose-ride. Mais pour d’autres, c’est un rappel que l’aura d’une légende ne suffit pas à effacer les dérives du personnage.
Une chose est sûre : Joel Tudor n’a pas fini de diviser.
Quand on parle de surf et de célébrités, on pense rarement à Benedict Cumberbatch, aka le mythique Docteur Strange de Marvel. Et pourtant… l’acteur anglais a surpris tout le monde en révélant qu’il s’était mis au surf sur le tard — et qu’il avait même dû faire une pause forcée après un sérieux pépin à l’épaule. De quoi déclencher un mini-buzz dans la planète people/surf.
Tout est parti d’une interview dans le podcast Smartless, où Jason Bateman lui demande s’il y a quelque chose qu’il aimerait maîtriser à moitié aussi bien que son métier d’acteur. Cumberbatch répond du tac au tac : “le surf”. Pas un rôle, pas une technique de jeu… non, une planche et des vagues.
Un surfeur tardif, mais complètement accro
L’acteur raconte qu’il a découvert la discipline en Nouvelle-Zélande, pendant le tournage (et surtout l’arrêt brutal) de The Power of the Dog durant le Covid. Bloqué dans le pays avec sa famille, il s’installe près d’une petite droite tranquille de Te Awanga, à Hawke’s Bay — l’endroit où tout a commencé.
Et comme beaucoup de surfeurs, il se fait happer par la magie du line-up :
“Je suis tombé amoureux de cette sensation, de l’océan, du littoral, du moment présent… C’est impossible à expliquer à quelqu’un qui n’a jamais surfé.”
Le “presque accident” qui fait parler
Mais Cumberbatch glisse aussi une info plus sombre : une opération de la coiffe des rotateurs (les tendons de l’épaule) l’a tenu éloigné de l’eau pendant six mois. Pas un wipe-out dramatique à Hollywood, mais suffisamment sérieux pour devenir… un accident de surf façon Docteur Strange, dans les titres du moment.
Une passion qui rassemble tout le monde
Ce qu’il préfère dans le surf ? Le mélange improbable de profils dans l’eau : du dealer au chef de la police, tous dans la même file d’attente pour une vague, “tant que tu ne leur voles pas la leur”. Je pense que l’acteur n’a pas fréquenté les spots avec des locaux pas très accueillants…
Quand l’hiver frappe à Nazaré, ce n’est jamais timidement. Et pour ce premier swell de la saison, Clément Roseyro était — évidemment — au rendez-vous. Le Français, devenu en un temps record une référence des grosses vagues, ouvre une nouvelle fois le bal avec une vidéo qui sent la mousse froide, l’adrénaline et cette obsession très personnelle qu’il entretient avec les murs liquides portugais.
L’éclosion éclair d’un surfeur hors-norme
Il y a encore quelques années, Clément Roseyro était surtout connu des initiés pour sa polyvalence rare : surf, foil, kite, wing, tow-in… Il touche à tout, et surtout, il excelle partout. Une trajectoire qui rappelle forcément celle de Kai Lenny, souvent citée lorsqu’on parle de ces athlètes multi-supports capables de lire l’océan comme personne. Sauf que cette fois, la comparaison vient avec une bonne dose de fierté : Clément Roseyro, c’est notre Kai Lenny français.
Et malgré son jeune âge, il fait déjà partie de ceux dont la simple présence rassure les équipes sur l’eau. À Nazaré, on l’a vu très tôt prendre des lignes sérieuses, s’imposer dans les discussions, puis dans les images. Aujourd’hui, il est clairement devenu l’un des noms qui comptent.
Un premier swell qui donne le ton
La vidéo démarre comme un bulletin météo diabolique : une houle propre, solide, longue, l’un de ces signaux que tout surfeur de grosses vagues reconnaît instantanément. Clément était déjà sur zone, prêt à dégainer la planche et préparer le jet ski.
Dans ce premier swell d’hiver, il enchaîne les drops tendus, les lignes à haute vitesse et quelques rides d’école, le genre qui fait comprendre en une seconde pourquoi il a gagné autant de crédibilité sur place. Ce n’est pas juste du courage : c’est du sang-froid, de la lecture, de la technique, et surtout une vraie vision de la vague.
Une saison qui s’annonce féroce
Si le premier swell ressemble à ça, la suite promet des épisodes encore plus intenses. On parle d’une année Nina, souvent annonciateur de swell consistant et fréquent sur nos côtes. Nazaré n’a jamais été un spot de demi-mesure, et Clément Roseyro semble plus affûté que jamais pour cette nouvelle saison hivernale. Sa capacité à rester calme dans le chaos, à accélérer là où d’autres ralentissent, et à transformer chaque mur d’eau en ligne artistique laisse présager le meilleur.
Une chose est sûre : l’hiver ne fait que commencer, mais Clément Roseyro est déjà lancé à pleine vitesse. Et cette nouvelle vidéo en est la première preuve éclatante.
Le Hook, l’un des spots les plus fréquentés de Santa Cruz, est connu pour son ambiance électrique, ses longues droites qui déroulent le long de la falaise… mais aussi pour ses jours compliqués lorsque la houle se mêle au vent et aux marées hautes. Le 5 novembre dernier, le spot a été le théâtre d’un drame qui secoue toute la communauté surf de Californie : deux surfeurs ont été emportés par des conditions particulièrement dangereuses, et l’un d’eux, Nathaniel John Ramirez, 19 ans, n’a pas survécu.
Un sauvetage difficile dans des eaux chaotiques
Ce mercredi matin, une tempête balayait la côte. Vent fort, vagues désorganisées, courant puissant et marée haute : un cocktail redoutable, même pour les locaux habitués à voir le spot se déchaîner. Vers 9 h, les secours reçoivent une alerte : deux surfeurs sont en détresse au Hook, en difficulté pour rejoindre la plage.
Selon le chef de division Patrick Winters (Central Fire District), les conditions rendaient l’intervention extrêmement délicate. Malgré des moyens rapides — rescue watercraft, patrouille portuaire, paramédics —, le chaos du plan d’eau complique tout.
L’un des deux surfeurs parvient à sortir de l’eau par ses propres moyens. Mais pour l’autre, la situation est bien plus critique.
Un jeune surfeur retrouvé inconscient sur les rochers
Les secouristes finissent par localiser la deuxième victime sur la zone rocheuse, inconsciente, sérieusement blessée à la tête. Sa planche de surf avait été retrouvé auparavant, brisée contre les rochers, signe de la violence des impacts.
L’équipe de secours extrait le surfeur vers un jet-ski puis le transfère immédiatement vers les équipes médicales. Ils pratiquent la réanimation pendant tout le trajet jusqu’au port de Santa Cruz, puis le relaient aux paramédics de la ville.
Malgré tous leurs efforts, l’espoir s’amenuise rapidement.
Le jeune surfeur était Nathaniel John Ramirez
Le lendemain, la Santa Cruz County Sheriff’s Office confirme l’identité de la victime : Nathaniel John Ramirez, originaire de Morgan Hill. Il était âgé de 19 ans à peine.
Transporté à l’hôpital Dignity Health Dominican Hospital, il est déclaré mort le 7 novembre, deux jours après l’accident. L’autopsie n’a pas encore révélé la cause officielle du décès, mais les premiers éléments indiquent un traumatisme crânien lié aux conditions extrêmes du jour.
Un hommage à un jeune homme passionné et déterminé
Selon son avis de décès relayé par la presse locale, Nathaniel était un jeune homme « déterminé », « loyal » et profondément attaché à sa famille, notamment à sa mère avec laquelle il travaillait. Ses proches décrivent un adolescent « plein de vie », amoureux de l’aventure, drôle, parfois timide, mais toujours prêt à profiter de chaque instant.
« Il a vécu intensément ses 19 années », écrit sa famille. Un service en sa mémoire est organisé dans sa ville natale ce samedi.
Une tragédie qui rappelle la dangerosité des tempêtes
Cet accident tragique prend une résonance particulière alors que les tempêtes hivernales arrivent sur la côte californienne. Chaque année, des surfeurs expérimentés ou non sous-estiment la puissance des houles combinées aux courants et aux vents violents.
Le Hook, spot magnifique mais exigeant, peut se transformer en piège lorsque les conditions se dégradent. Même pour les habitués, l’océan impose un respect total.
La communauté surf de Santa Cruz, soudée et passionnée, est aujourd’hui en deuil. Le décès de Nathaniel Ramirez rappelle que chaque session comporte une part de risque — et que les décisions prises avant d’entrer à l’eau peuvent, parfois, sauver une vie.
Il existe des surfeurs dont la légende se construit non pas sur les podiums, mais dans le silence des petites routines de plage, la régularité des sessions à l’aube, les décennies passées à surfer sur les mêmes lignes d’horizon. Kev Merifield fait partie de ceux-là. Une figure discrète, presque invisible hors d’Australie occidentale, mais dont l’histoire résume à elle seule ce qu’est pratiquer le surf par amour, pour toujours.
Né bien avant les premiers shortboards, avant la révolution des années 70, avant même que Margaret River ne devienne un nom mondialement connu, Kev surfait, à une époque où l’on partait en bagnole sans cartes, où l’on dormait dans le sable, où les vagues n’étaient pas encore des destinations mais des territoires à explorer.
Dans les années 50 et 60, il fait partie d’une petite bande de pionniers qui tracent les routes du Western Australia. Ces jeunes types n’en avaient pas conscience à l’époque, mais ils étaient en train d’ouvrir des chapitres entiers de l’histoire du surf moderne. Leurs sessions improvisées à Margaret River, leurs nuits passées dans le bush, leurs premières photos des lignes parfaites du Sud-Ouest : tout cela allait influencer des générations entières.
Mais ce qui rend Kev réellement unique, ce n’est pas ce passé héroïque. C’est ce qu’il a continué à faire pendant les soixante années suivantes.
Surfing forever : le jour où la vieillesse n’a jamais gagné
On pourrait croire que l’âge finit toujours par avoir le dernier mot. Chez Kev, il a fallu patienter longtemps. Très longtemps. avant 80 ans, la plupart des surfeurs raccrochent. Lui, non. Lui continuait.
Même lorsqu’un problème d’équilibre — conséquence d’une blessure à l’oreille — l’a obligé à abandonner la position debout, Kev n’a pas quitté l’océan. Il s’est mis à surfer à plat ventre, sur une sorte de mix entre bodyboard et kneeboard. Et les jours de grosses vagues à Margaret River, il était toujours là. Trois heures à l’eau. À 80 ans passés.
Pour Taj Burrow, qui le connaît depuis longtemps, Kev représente un objectif de vie : « Surfer à 80 ans, ça devrait être le rêve de tout surfeur. Kev est une légende. »
Et quand on lui demandait pourquoi il continuait encore et encore, sa réponse était toujours la même : « Cette première vision de vagues qui déroulent… ça fait battre mon cœur. »
C’est peut-être ça, finalement, la clé de la longévité dans le surf : ne jamais perdre cette étincelle.
L’ultime décision : à 87 ans, le surf s’arrête
Mais même les plus belles histoires ont une dernière page. En 2025, Kev Merifield annonce qu’il arrête de surfer. Il a 87 ans. « C’est très triste, mais j’ai décidé que c’était le moment », confie-t-il. Souffle court, problèmes cardiaques… le corps ne suit plus. Et autant il a passé sa vie à repousser les limites, autant il sait reconnaître le moment où il faut dire stop.
Pourtant, quand on lit son parcours, on se dit que ce “stop” arrive incroyablement tard. Combien sont ceux qui surfent encore leur spot de prédilection après 60 ans ? Après 70 ans ? Après 80 ? Très, très peu.
Doc Paskowitz, autre icône du “surf-every-day”, est allé jusqu’à 93 ans, mais d’une manière ou d’une autre, ces deux hommes partageaient la même philosophie : vivre selon le rythme de la mer, sans jamais renoncer.
Kev, c’est l’antidote à la crispation du surf moderne
Dans son portrait original de 2018, Alexander Haro expliquait que les surfeurs passaient souvent par trois “couches” psychologiques :
l’enthousiasme naïf de la jeunesse
la période plus dure, plus orgueilleuse, où l’on prend tout au sérieux
et enfin, la sagesse du “vrai” surf, celle du plaisir simple
Kev, lui, avait clairement atteint ce troisième stade. Il n’était plus là pour le look, ni pour la performance, ni pour la validation sociale. Il était là par amour du mouvement. Par amour de l’océan. Par fidélité à ce qui l’avait construit.
Les hommes comme Kev Merifield rappellent que le surf n’est pas un sport, mais un compagnon de vie. Quelque chose qu’on n’abandonne pas facilement. Quelque chose qui façonne la manière de voir le monde.
Un héritage intangible mais immense
Kev n’a jamais cherché la lumière. La plupart des surfeurs du monde ne connaîtront jamais son nom. Mais là où il vivait, il était considéré comme une sorte de trésor local. Un homme gentil, modeste, présent tous les jours ou presque. Un surfeur qui avait traversé sept décennies de swell. Une mémoire vivante d’un surf pur, brut, débarrassé de tout l’étalage social actuel.
Aujourd’hui, il ne rame plus. Mais son histoire continue : elle inspire ceux qui se demandent à quel âge il faut “arrêter”, ceux qui redoutent la baisse de niveau, ceux qui pensent qu’il existe un âge pour avoir le droit de se sentir surfeur.
La réponse de Kev a toujours été simple : Tant que le cœur suit. Tant que la passion reste. Tant qu’on a envie.
Et même si Kev a finalement rangé sa planche, sa vie entière répond à une seule question : Oui, on peut être surfeur jusqu’au bout.
Il y a des figures dont la disparition laisse un vide impossible à combler. Des personnalités qui n’ont jamais cherché la lumière, mais qui l’attiraient naturellement, juste par la force de leur présence, de leurs idées, de leur énergie. Iñigo Letamendia (1948-2025) fait partie de ces êtres rares. Visionnaire sans plan de carrière, rebelle sans drapeau, pionnier sans jamais se dire pionnier. Avec lui, le surf basque n’a pas seulement grandi : il a explosé en couleurs, en bruit, en chaos, en créativité — bref, en vie.
Sa trajectoire, de La Concha à Casa Lola, des ateliers improvisés aux podiums internationaux, a façonné l’ADN d’une des marques les plus mythiques d’Europe : Pukas. Et derrière cette aventure, c’est tout un pan de la culture surf espagnole et européenne qui lui doit son élan.
Cet article est un hommage. À l’homme. À la légende. À “Indigo”.
Un anticonformiste qui a tout déclenché
Au début des années 70, Iñigo glisse pour la première fois sur une planche empruntée à La Concha. Un moment simple, presque banal. Un moment qui change pourtant toute une vie.
À l’époque, il est diplômé, marié à Marian Azpiroz, et travaille dans l’hôtellerie. Bref : il est en route vers une vie stable, respectable… mais qui ne lui ressemble pas.
Ce qu’il veut, c’est l’inconnu. Le surf. La liberté. Et surtout : vivre avec assez d’intensité pour que chaque jour compte.
Alors, il quitte tout. Et Marian, loin de l’en empêcher, le suit. Elle aussi quitte une carrière prestigieuse, direction un mode de vie bohème où l’on fabrique des planches sur des tréteaux, des bikinis à partir de rideaux, et où une idée folle peut changer un destin.
Casa Lola : le laboratoire du chaos créatif
Avant que Pukas ne naisse officiellement, il y a un lieu mythique : Casa Lola, à Somo. Une maison-atelier, un squat créatif, une commune avant l’heure. On y fabrique les premières planches sous les noms :
Tablas Santa Marina (1973-74)
Jeronimo Surfboards (1975-76)
Geronimo Surfboards (1977-78)
C’est là que naissent :
un style
une philosophie
un mouvement culturel
C’est aussi là qu’Iñigo devient Iñigo, celui que tout le monde va suivre. Il ignore les règles, les barrières, la logique même. Il crée parce qu’il ne sait pas faire autrement.
1979 : la naissance de Pukas, un tournant historique
En 1979, l’arrivée d’un troisième personnage change la donne : Miguel Azpiroz, le petit frère de Marian. Travailleur acharné, technicien, instinctif. Le trio Iñigo – Marian – Miguel devient immédiatement un moteur.
C’est l’acte de naissance officiel de Pukas Surfboards.
Ce qui n’était qu’un atelier devient une marque. Ce qui n’était qu’un rêve devient une entreprise. Ce qui n’était qu’une bande d’allumés devient une culture.
Les années 80-90 : amitiés, excès et surf mondial
Iñigo est partout. Dans l’eau, dans les ateliers, dans les fêtes, dans les contests, sur les routes. Un aimant à rencontres.
Son énergie, parfois indestructible, parfois fragile, lui permet de tisser des relations improbables. Les plus grands surfeurs du monde deviennent ses amis :
Sunny Garcia, son frère de cœur
Occy
Vetea “Poto” David
Les frères Irons
Et une longue liste de légendes internationales
Tous voient en lui un mélange unique : du génie, de la folie, du cœur, du chaos.
Son charisme est tel qu’il influence plusieurs générations de surfeurs, d’artistes, de shapers, de rêveurs. Et au Pays basque, il est déjà une figure locale incontournable.
Sunny Garcia, la consécration d’une vie
En 2000, un moment symbolique cristallise tout le chemin parcouru. Sunny Garcia devient champion du monde sur une Pukas.
Pour Iñigo, c’est le sommet. Le triomphe d’un ami, avec une planche née dans un atelier basque. La preuve que l’insolence, la sueur, la créativité et les coups de folie peuvent mener au sommet du monde.
Ce jour-là, il pleure, rit, hurle de joie. Et il dira plus tard que c’est le plus grand bonheur de sa vie.
Le rayonnement basque : là où son cœur battait le plus fort
Mais s’il y a une chose qui rendait Iñigo vraiment fier, ce n’est pas l’international. C’est le local.
Les surfeurs basques qu’il voyait grandir :
Ibon Amatriain
Aritz Aranburu
Aitor “Gallo” Francesena
Et tant d’autres…
Les contests organisés à San Sebastián, Zarautz, ou aux Canaries, avec une énergie brute, un esprit festif presque incontrôlable, et cette folie douce devenue la signature Pukas.
Les Pukas Pro des années 80-90 étaient des événements cultes : chaotiques, bruyants, incroyablement authentiques. Du surf, de la fête, et une atmosphère que personne n’a jamais su reproduire.
Une entreprise familiale devenue un pilier mondial
Pukas, ce n’était pas qu’un business. C’était une famille élargie.
Des ateliers clandestins aux usines professionnelles. Des planches shapées à la main aux collaborations internationales (Quiksilver, Vans…). Des premières boutiques à Zarautz et San Sebastián aux 8 points de vente actuels. Des premiers essais à Casa Lola à l’usine Olatu, devenue l’une des plus grandes fabriques de surf d’Europe.
Pukas a vu défiler :
Ron Roush
Pat Rawson
Johnny Cabianca
DHD
Matt Biolos
Tokoro
Axel Lorentz
Et des dizaines d’artistes, shapers et artisans géniaux… ou géniaux et complètement fous.
Tout cela est né grâce à trois personnes. Mais l’étincelle, l’énergie, la vision… venaient de lui.
Un homme, un mythe, et une trace indélébile
Iñigo Letamendia n’était pas parfait. Il ne l’a jamais revendiqué. Il était entier, parfois excessif. Toujours passionné. Toujours en mouvement.
Il a connu des moments d’ombre, liés notamment à sa santé mentale. Mais il a surtout illuminé des milliers de vies avec une force rare.
Il laisse :
Un mouvement
Une marque
Une famille élargie
Une culture
Des générations de surfeurs
Et un Pays basque qui ne serait pas le même sans lui
Il s’est éteint à Saint-Sébastien, entouré de Marian et de leurs enfants, Tala et Adur. Et si une légende ne disparaît jamais vraiment, c’est parce que son héritage continue de glisser sur toutes les vagues du monde.
L’histoire du surf européen s’écrit avec beaucoup de noms. Mais l’un d’eux restera gravé pour toujours.
Iñigo Letamendia a donné une âme au surf basque. Il a donné une famille aux rêveurs, une direction aux shapers, une fierté à une région, une identité à une marque, et un état d’esprit à toute une culture. Plus qu’un homme. Un souffle. Un mythe. Une étincelle éternelle.
L’Irlande a encore montré son visage le plus brut : un slab difficilement introuvable, capricieux, et capable de transformer une session en véritable lutte pour la survie. Dans la vidéo du jour, où apparaissent Kai Lenny et Ben Larg et Nathan Florence, c’est surtout le début de la vidéo qu’il faut regarder : le reste n’a pas la même intensité, mais les premières minutes suffisent pour vous glacer le sang.
Un slab parmi les plus capricieux d’Europe
Ce spot irlandais, dont on taira le nom, coche toutes les cases du slab impossible :
marée millimétrée,
vent dans le bon quart de degré,
direction de houle ultra précise,
période longue mais pas trop…
« C’est un slab compliqué à trouver et encore plus difficile à surfer », explique l’un des surfeurs locaux présents. Une vague rare, brutale, qui n’offre aucune seconde de retard.
Les premières minutes : une scène terrifiante
La vidéo s’ouvre sur une session effrayante, captée dans une lumière froide typique de l’Atlantique nord. Les trois compères sont à l’eau avec Kai Lenny et Ben Larg en action, et Nathan Florence dans le chenal à lever les bras. Mais une scène domine tout le reste.
Un surfeur parvient à passer la section la plus critique du slab (je pense que c’est Kai Lenny). On croit qu’il a géré la vague parfaite… jusqu’à ce que la réalité se rappelle à lui. Derrière, une nouvelle série surgit. Pas le temps de reprendre son souffle. Coincé dans un courant de mousse, il se fait aspirer — littéralement — vers la dalle. Il est balloté, retenu, tiré comme un pantin par l’énergie brute de l’Atlantique, incapable de remonter.
Les secondes s’étirent. Trop longtemps. Et on le voit enfin réapparaître juste avant la vague suivante, dans un timing miraculeux. Une scène qui glace le sang.
Après cette séquence, la vidéo change de ton
Le reste du contenu — sessions plus douces à Lahinch, rencontres avec Jango, Tola, discussions spirituelles des réalisateurs — a son charme, mais l’intensité est clairement dans les premières minutes. C’est là que se trouve l’histoire. Le reste fait davantage office de carnet de bord paisible.