Catégorie : surfer

  • Dale Webster, le surfeur aux 14 641 jours consécutifs à l’eau, s’est éteint

    Dale Webster, le surfeur aux 14 641 jours consécutifs à l’eau, s’est éteint

    Le monde du surf vient de perdre l’une de ses figures les plus singulières et inspirantes. Dale Webster, surnommé Daily Dale ou Daily Wavester, est décédé à l’âge de 77 ans. Cet Américain de la côte nord-californienne détient un record qui semble tout simplement imbattable : 14 641 jours de surf consécutifs, soit plus de 40 années sans manquer une seule session.

    Un début de légende en 1975

    Né en 1948 à Alhambra, Californie, Dale découvre le surf à 13 ans, en 1961. Mais c’est en septembre 1975, à Bodega Bay, que sa destinée se scelle. Une houle historique, surnommée The Monster From New Zealand, frappe la côte pendant une semaine entière. Dale surfe chaque jour, puis se lance un défi : continuer jusqu’à atteindre 100 jours consécutifs.

    Une fois ce cap franchi, il décide de prolonger l’expérience jusqu’à un an… puis deux… puis une vie entière. Ce qui n’était au départ qu’un jeu devient une véritable mission.

    Un exploit hors du commun

    De 1975 à 2015, Dale Webster n’a jamais manqué un seul jour à l’eau. Pluie, tempêtes hivernales, eau glaciale à 10 °C, requins blancs, maladies, opérations médicales… rien ne l’a arrêté.

    Sa règle était simple : trois vagues jusqu’à la plage, en traînant le dérive dans le sable, à la manière de son idole Phil Edwards. Cette routine, il l’a répétée pendant quatre décennies, totalisant plus de 43 000 vagues.

    Les sacrifices d’une vie dédiée au surf

    Pour maintenir sa série, Dale a bâti toute son existence autour de l’océan. Pas de vacances à l’intérieur des terres, pas de travail qui empiète sur ses sessions. Il a surfé le jour où il a perdu sa femme, affronté les hivers rudes de la Californie du Nord et même bravé les douleurs des calculs rénaux.

    Son dévouement lui a valu l’admiration du monde du surf. Kelly Slater lui-même a salué sa persévérance, le décrivant comme “extraordinaire” dans un post Instagram.

    La fin d’une ère

    Le 5 octobre 2015, Dale est contraint de mettre fin à son incroyable série en raison d’une opération. Mais il continue à surfer régulièrement jusqu’à la fin de sa vie, toujours fidèle à son mantra : « Le seul objectif dans la vie est de la surfer jusqu’au bout et de tenter d’en comprendre le sens. »

    Un héritage inégalable

    Dale Webster restera dans l’histoire comme le surfeur le plus constant de tous les temps. Plus qu’un record, son parcours est un hymne à la passion pure, à la discipline et à la joie simple d’être dans l’eau.

    Dans un monde où tout va vite, il nous laisse une leçon intemporelle : parfois, la plus belle réussite est de rester fidèle à ce que l’on aime, jour après jour, vague après vague.

  • Jackson “Jacko” Graham, jeune talent australien, disparaît à 22 ans

    Jackson “Jacko” Graham, jeune talent australien, disparaît à 22 ans


    La communauté surf de la Gold Coast pleure l’un de ses enfants prodiges. Jackson “Jacko” Graham, ancien champion des Palm Beach Boardriders et ex-compétiteur sur le circuit junior WSL, est décédé à seulement 22 ans, des suites d’une maladie récente.

    Un prodige révélé dès l’adolescence

    À seulement 14 ans, Jackson Graham — affectueusement surnommé “Jacko” par ses amis — remportait le titre très convoité de Palm Beach Boardriders Champion. Né et élevé sur la Gold Coast australienne, il s’était rapidement imposé comme l’un des jeunes talents les plus prometteurs de la région, participant au WSL Junior Tour et accumulant les résultats solides.

    Jacko n’était pas seulement un compétiteur redoutable : il était aussi l’incarnation de la culture surf australienne, partageant autant de temps à l’eau qu’à pêcher ou à partir à l’aventure avec ses amis.

    Un surfeur au grand cœur

    La nouvelle de sa disparition a bouleversé toute la scène locale. Les réseaux sociaux se sont rapidement remplis de messages rendant hommage à son talent, mais surtout à son humanité.

    Oscar Berry, ami proche, se souvient :

    « Quand je suis arrivé sur la Gold Coast depuis Yamba, le premier à m’accueillir en classe a été Jacko. Depuis ce jour, il est resté l’un de mes meilleurs amis. Jacko était unique, incroyablement talentueux, et surtout doté du plus grand cœur que je connaisse. »

    Les Mad Hueys, célèbre marque de surfeurs et pêcheurs australiens, ont partagé un montage photo de leurs escapades passées, accompagné d’un message simple mais lourd de sens :

    « Repose en paix, Jacko. Tu resteras toujours dans nos cœurs. »

    Une tradition d’hommage sur l’eau

    Pour célébrer sa vie, un paddle out sera organisé à Palm Beach, son spot de cœur.
    Cette tradition, profondément ancrée dans la culture surf, rassemble amis, famille et inconnus autour d’un cercle formé au large. Fleurs, planches et larmes se mêlent, tandis que chacun rend hommage au disparu en jetant de l’eau vers le ciel ou en partageant un dernier mot.

    Ces moments, à la fois solennels et empreints de beauté, rappellent que la communauté surf est avant tout une famille. Peu importe le niveau ou la notoriété, chaque surfeur disparu laisse une empreinte dans les vagues qu’il a tant aimées.

    Icônes Surf et la mémoire des surfeurs

    Chez Icônes Surf, nous avons toujours pensé que l’histoire du surf ne se racontait pas uniquement à travers les victoires et les exploits. Elle se construit aussi avec ses drames, ses disparitions, ses figures parties trop tôt.
    Écrire sur Jackson “Jacko” Graham, c’est rendre hommage à un jeune homme qui, même à 22 ans, avait déjà marqué ses pairs.

    Parce que chaque surfeur, qu’il ait eu une carrière mondiale ou qu’il ait seulement illuminé son spot local, fait partie de cette grande fresque collective.

    Le souvenir d’une vie courte mais intense

    Jacko laisse derrière lui une communauté en deuil, mais aussi un héritage : celui de vivre pleinement sa passion, de rester fidèle à ses amis et à ses valeurs, et de savourer chaque session comme si c’était la dernière.

    À Palm Beach, les vagues continueront de dérouler. Mais pour ceux qui l’ont connu, chaque série qui arrive rappellera l’absence d’un sourire, d’un take-off radical, et d’un surfeur que beaucoup décrivent comme “absolument unique”.

  • Justine Dupont, maman et reine des grosses vagues, vise les XXL Awards 2025

    Justine Dupont, maman et reine des grosses vagues, vise les XXL Awards 2025

    Un an après avoir donné naissance à son fils Elio, la surfeuse française de grosses vagues est de retour sur les plus gros spots de la planète. Et pas juste pour faire de la figuration : en 2025, Justine Dupont s’invite dans toutes les catégories majeures des Big Wave Challenge et pourrait bien repartir de Newport Beach les bras chargés de trophées.

    Maternité et retour fulgurant

    Janvier 2024 : Justine Dupont et son mari accueillent leur premier enfant, Elio. Une parenthèse heureuse… mais brève. Moins de deux mois après une naissance par césarienne, la Française était déjà de retour à l’entraînement, portée par une motivation nouvelle.
    « Maintenant que je suis maman, je suis encore plus professionnelle, plus organisée et plus motivée », confiait-elle à Surfer Magazine. Là où beaucoup s’attendaient à la voir lever le pied, Justine a choisi d’appuyer encore plus fort.

    Une saison 2025 XXL

    La preuve ? En février 2025, elle remporte pour la troisième fois le Tudor Nazaré Big Wave Challenge, un an à peine après la naissance d’Elio. Mais la saison ne s’arrête pas là :

    • Deux entrées à Nazaré et une à Jaws dans le Big Wave Challenge.
    • En moins d’une semaine, elle surfe trois monstres du Pacifique : Jaws, Waimea (pendant l’Eddie) et Maverick’s.

    Son entrée à Jaws est particulièrement marquante : un take-off ultra-tardif sur une face parfaite, tenue de rail impeccable, avant d’être engloutie par la mousse. Une image qui a fait le tour du monde et confirmé qu’elle n’avait rien perdu de son engagement.

    Finaliste dans (presque) toutes les catégories

    À 34 ans, Justine Dupont est finaliste pour :

    • Ride of the Year
    • Biggest Paddle Wave
    • Biggest Wave

    Et, sans annonce officielle pour le moment, tout indique qu’elle sera aussi en lice pour Women’s Performer of the Year. La seule catégorie où on ne la verra pas cette année ? Celle de la plus grosse boîte.

    Avec 100 000 $ de prize money à se partager entre les lauréats, l’enjeu est aussi financier, même si l’aura sportive prime pour Justine.

    Des rivales solides

    Dans la catégorie Women’s Biggest Wave, Justine affrontera deux Brésiliennes bien connues du circuit :

    • Michelle des Bouillons (33 ans), spécialiste de Nazaré, où elle a signé une vague impressionnante captée par Tim Bonython.
    • Michaela Fregonese (44 ans), habituée aux bombes de Jaws, qui s’est illustrée en décembre 2024 sur une houle massive.

    Deux adversaires expérimentées, prêtes à jouer des coudes sur le podium.

    Le verdict à Newport Beach

    La remise des prix du Big Wave Challenge aura lieu le 13 septembre 2025 à Newport Beach, Californie. Un rendez-vous où se croisent les légendes vivantes du surf de grosses vagues, les jeunes talents et, bien sûr, les images les plus impressionnantes de l’année.

    Pour Justine, ramener un ou plusieurs trophées de cette cérémonie serait un nouveau jalon dans une carrière déjà hors normes, et une victoire symbolique pour le surf français.

    Une inspiration bien au-delà du surf

    Avec 12 distinctions majeures depuis 2019 (Ride of the Year, Biggest Wave, Performance of the Year), Justine Dupont s’est imposée comme l’une des meilleures surfeuses de l’histoire du big wave. Son retour après maternité, mené avec autant de détermination que de douceur, inspire bien au-delà des line-ups.

    Qu’elle reparte ou non avec les bras chargés de trophées le 13 septembre, elle a déjà gagné : celui d’inspirer toute une génération, et de prouver qu’on peut être à la fois maman et reine des vagues les plus puissantes de la planète.

  • Naiki Vaast, 18 ans, et déjà maître des bombes de Teahupo’o

    Naiki Vaast, 18 ans, et déjà maître des bombes de Teahupo’o

    Le 5 août 2025 restera dans les mémoires des surfeurs tahitiens. Ce jour-là, Teahupo’o a offert un spectacle comme elle seule sait le faire : des murs d’eau massifs, parfaitement creux, capables de faire trembler les plus aguerris. Au milieu des grands noms du line-up, un jeune de 18 ans a marqué la journée : Naiki Vaast, petit frère de Kauli, qui s’est offert la bombe du jour avec une assurance impressionnante.

    Une journée historique à Teahupo’o

    Annoncée comme l’une des plus grosses houles de la saison, cette journée a attiré dès l’aube une armada de jet-skis et de bateaux autour du reef. Matahi Drollet, figure emblématique du spot, a ouvert le bal avec un ride magistral. Mais l’autre vague marquante fut celle de Naiki : un monstre d’eau qui gonflait à vue d’œil, avec un volume hallucinant.

    Les images parlent d’elles-mêmes : engagement total, trajectoire parfaite, sortie impeccable. Le lendemain, un article étranger le présentait comme le frère de Matahi Drollet… alors qu’il est celui de Kauli Vaast. Une confusion vite dissipée, mais qui prouve que son nom circule désormais bien au-delà de Tahiti.

    Un héritage et une enfance dans le tube

    L’aisance de Naiki dans un barrel de Teahupo’o ne doit rien au hasard. On se souvient de lui à seulement 12 ans, quand Kauli l’avait poussé sur une bombe à l’entrée du bowl. Casque Gath vissé sur la tête, il avait dévalé un mur d’eau presque aussi grand que lui, une image qui avait fait le tour du web.

    Grandir aux côtés d’un frère triple champion d’Europe et habitué du World Tour forge forcément le caractère. Mais Naiki n’a jamais cherché à imiter Kauli. Il suit sa propre voie, loin des circuits professionnels, en cultivant deux passions : le surf et la pêche.

    Un surfeur discret, passionné de pêche

    Je ne vais pas vous mentir : je n’ai jamais rencontré Naiki, ni même vu surfer ailleurs qu’à Teahupo’o. Mais connaissant Kauli et Aelan Vaast, on devine le niveau du petit frère. Et le 5 août, il l’a prouvé, tout comme son frère et sa sœur qui ont eux aussi brillé ce jour-là.

    Contrairement à beaucoup de jeunes surfeurs, Naiki ne court pas après les points qualificatifs de la WSL. Il participe rarement aux compétitions, hormis celles organisées à Tahiti. Pour lui, pas besoin de podiums : l’objectif est simple, prendre la meilleure vague de la journée. Et le 5 août, il a été imbattable.

    Teahupo’o, son jardin et son terrain de jeu extrême

    À Tahiti, surfer Teahupo’o n’est pas seulement un défi sportif : c’est une vitrine. La famille Drollet en est l’exemple, tout comme certains Hawaïens à Pipeline. Situé à la pointe sud-ouest de l’île, ce récif est aussi magnifique qu’impitoyable. La moindre erreur y est sanctionnée. Les locaux parlent d’ailleurs de « respecter la vague » avant de penser à la surfer.

    Naiki connaît le spot par cœur : chaque recoin du reef, chaque mouvement de houle. Son style est fluide, précis et empreint d’une confiance rare pour son âge. Ce 5 août, il n’a pas seulement survécu à sa vague, il l’a domptée. C’est ce qui le fait entrer, à 18 ans, dans le cercle fermé des surfeurs respectés de Teahupo’o.

    Un avenir prometteur, même hors du circuit pro

    Pas de sponsors tapageurs, pas de tour du monde pour accumuler des points, mais une présence marquée lors des houles historiques : voilà la trajectoire de Naiki Vaast. Dans un surf de plus en plus globalisé et médiatisé, il rappelle que les exploits les plus marquants se vivent parfois loin des podiums, à domicile, face à une vague qui vous connaît autant que vous la connaissez.

    Le 5 août 2025 ne fut pas seulement un jour de vagues exceptionnelles : c’est aussi la date où le nom de Naiki Vaast s’est gravé un peu plus profondément dans l’histoire de Teahupo’o. Et pour ceux qui fréquentent ce spot, c’est peut-être la plus belle des reconnaissances.

  • Kolby Aipa, le surf en deuil après un accident d’e-bike

    Kolby Aipa, le surf en deuil après un accident d’e-bike

    Le monde du surf pleure l’un des siens. Samedi 2 août 2025, à Huntington Beach en Californie, Kolby Aipa, 20 ans, est victime d’un accident tragique alors qu’il circulait en vélo électrique. Deux jours plus tard, la terrible nouvelle tombe : le jeune surfeur ne survivra pas à ses blessures. Il était le petit-fils du légendaire shaper hawaïen Ben Aipa. Sa disparition brutale a bouleversé la communauté surf, des plages d’Hawaii aux spots californiens.

    Au-delà de l’émotion, ce drame relance un débat important : celui de l’usage des e-bikes par les surfeurs. Pratiques, rapides, silencieux… mais parfois utilisés sans respect des règles de sécurité élémentaires.

    Un nom emblématique, une vie tournée vers l’océan

    Kolby Aipa n’était pas un inconnu dans le milieu du surf. Héritier d’une lignée légendaire – son grand-père Ben Aipa est l’un des shapers les plus influents de l’histoire du surf moderne – Kolby incarnait cette nouvelle génération ancrée dans la tradition, mais tournée vers l’avenir.

    Membre du Huntington Beach Board Riders Club, il était sponsorisé par des marques comme AVVA, Dakine ou encore Cobian Footwear. Engagé, souriant, respecté de ses pairs, il laissait à chaque rencontre une trace de gentillesse et d’humilité. Sur l’eau, il impressionnait déjà. En dehors, il partageait le Aloha Spirit à sa manière.

    Les circonstances de l’accident

    Selon les premières informations relayées par la presse locale, Kolby Aipa circulait en vélo électrique et se faisait tracter par une voiture conduite par des amis, une pratique malheureusement répandue chez les jeunes.

    C’est ce même véhicule qui, dans des circonstances encore floues, l’aurait percuté accidentellement. Kolby a été transporté à l’hôpital dans un état critique. Mis sous assistance respiratoire, il n’a pas survécu.

    L’annonce de son décès a déclenché une vague d’émotion sur les réseaux sociaux. La page officielle d’Aipa Surf Co., tenue par sa famille, a publié un hommage bouleversant :

    « Kolby avait le don de toucher les gens. Sa gentillesse était sa manière d’exprimer l’Aloha. À tous ceux qui lisent ce message… transmettez cet Aloha à votre tour. »

    Le vélo électrique, nouveau moyen de transport des surfeurs

    Depuis quelques années, les vélos électriques ont envahi les spots de surf à travers le monde. À Biarritz, Los Angeles ou Byron Bay, il n’est pas rare de voir des planches fixées sur des racks, des combinaisons qui sèchent sur le guidon, et des jeunes filer d’un spot à l’autre sans faire de bruit.

    Les avantages sont nombreux :

    • Pas de bouchons
    • Écologique (en apparence)
    • Économie de carburant
    • Facilité de stationnement en zone balnéaire
    • Pratique pour les surfeurs sans permis

    Mais cette popularité a un revers : de plus en plus d’accidents sont signalés chaque année, notamment dans des zones urbaines à forte circulation ou sur des routes côtières mal sécurisées.

    Des comportements à risque de plus en plus fréquents

    Au-delà de l’aspect pratique, certains comportements liés aux vélos électriques ou E-bikes inquiètent :

    • Se faire par une voiture (comme dans le cas de Kolby)
    • Rouler à deux ou trois sur une même trottinette ou e-bike
    • Circuler sans casque ni protections
    • Rouler de nuit sans éclairage ni gilet
    • Ne pas respecter le code de la route
    • Sans parler du comportement des conducteurs de voitures, de camions et de bus

    Si le vélo électrique donne un sentiment de liberté, il ne doit pas faire oublier les règles de prudence essentielles, surtout lorsqu’on partage la route avec des véhicules motorisés.

    Un appel à la responsabilité dans la communauté surf

    La disparition de Kolby Aipa est un choc. Mais elle doit aussi être l’occasion d’un réveil collectif.

    Les surfeurs ont toujours été des pionniers. Aujourd’hui, ils doivent aussi devenir des ambassadeurs de la sécurité, notamment auprès des plus jeunes.

    « Ce n’est pas cool de se faire tracter pare une voiture. C’est dangereux. Point. »

    De nombreuses écoles de surf, shops ou clubs pourraient intégrer des modules de sensibilisation à la sécurité en mobilité douce dans leurs formations. Le sujet n’est plus anecdotique : il devient une question de vie ou de mort.

    Les règles d’or à respecter en vélo électrique

    Pour que l’usage du vélo électrique reste un plaisir et ne vire pas au drame, voici quelques règles simples à rappeler dans la communauté surf :

    1. Porter un casque systématiquement
    2. Ne jamais se faire tracter, même à faible allure
    3. Installer des lumières avant/arrière pour rouler tôt ou tard
    4. Utiliser des racks solides et bien fixés pour les planches
    5. Respecter le code de la route, même à vélo
    6. Être visible : gilet fluo, habits clairs, feux clignotants
    7. Ne pas rouler à plusieurs sur le même vélo

    Ces règles peuvent sembler basiques, mais elles sauvent des vies.

    Un héritage d’Aloha à perpétuer

    La famille Aipa a publié un message plein de sagesse et d’émotion :

    « La manière dont Kolby vous a traité, traitez les autres ainsi. C’est ainsi que vous ferez vivre son héritage d’Aloha. »

    Dans cette dernière phrase, il y a toute la beauté du surf. Une communauté liée par l’océan, mais aussi par des valeurs humaines profondes.

    Rendons hommage à Kolby non seulement par des mots, mais aussi par nos actes, en prenant soin les uns des autres. Sur l’eau comme sur la route.

    L’histoire de Kolby Aipa ne doit pas être un fait divers de plus. Elle doit nous inviter à repenser nos pratiques, à sensibiliser les plus jeunes, et à défendre une culture surf à la fois libre, respectueuse… et responsable.

  • Teahupo’o explose : swell costaud, wildcard de 12 ans et favoris en danger

    Teahupo’o explose : swell costaud, wildcard de 12 ans et favoris en danger

    Le Lexus Tahiti Pro s’ouvre dans une ambiance électrique : houle massive, prévisions météo solides, et une wildcard de 12 ans. Mais surtout : quelques favoris pourraient bien mordre la poussière.

    Des prévisions musclées, et un swell XXL juste avant le coup d’envoi

    Le spot mythique de Teahupo’o, le barrel le plus technique et radical du tour, est sur le point de se réveiller pour de bon. La waiting period du Lexus Tahiti Pro 2025 débute avec une fenêtre météo qui donne le vertige : un premier swell puissant en ouverture, dans les 10 pieds (3 m), qui devrait progressivement s’atténuer mais rester solide pour la suite de la compétition.

    Mais surtout, la veille de l’ouverture risque d’offrir des sessions légendaires. Une houle massive – possiblement XXL et tow-in – pourrait déferler sur le récif tahitien, offrant un spectacle rare. Les images, si elles sortent, pourraient mettre en avant les free surfeurs, comme cela pu arriver dans le passé.

    Ce swell massif, en lente baisse les premiers jours de la waiting period, pourrait rebattre les cartes stratégiques pour les compétiteurs : certains risquent gros dès le premier tour, là où d’autres, plus habitués aux grosses conditions, pourraient briller.

    Kelia Mehani Gallina, 12 ans et déjà dans l’histoire

    C’est la wildcard qui fait parler le monde entier. Kelia Mehani Gallina, 12 ans, surfeuse tahitienne, a remporté les Trials et gagne ainsi sa place dans le tableau principal, devenant la plus jeune surfeuse de l’histoire à disputer une épreuve du CT.

    Son père Ryan, surfeur chevronné du spot, reste confiant, mais inquiet : « On prie pour que les vagues ne soient pas trop grosses », dit-il, conscient que sa fille devra se jeter seule dans des tubes massifs, sans sa présence dans l’eau comme à l’accoutumée.

    Kelia n’a rien à perdre, tout à gagner. Mais dans un Teahupo’o sérieux, chaque vague est un enjeu vital.

    Retrouvez l’article sur Kelia Mehani Gallina et sa qualification

    Filipe Toledo, le leader sous pression

    S’il y a bien un surfeur à surveiller dans ce contexte de grosse houle, c’est Filipe Toledo. Non pas parce qu’il est favori… mais justement parce qu’il ne l’est pas.

    Ancien numéro 1 mondial et champion du monde en titre, Toledo n’a jamais brillé à Teahupo’o. Son meilleur résultat ? Un round 3, dans des petites conditions. Et son plus gros point faible est connu de tous : le manque d’engagement dans les grosses vagues, particulièrement ici, à Tahiti.

    Face à des tubes en 10 pieds, difficile de l’imaginer aller loin. Mais quelque part, on ne peut s’empêcher d’espérer qu’il fasse mentir les pronostics. C’est peut-être l’épreuve où il n’a rien à perdre – et donc, paradoxalement, l’occasion de se révéler. Il lui faut un bon résultat pour finir dans le final 5.

    Les Tahitiens à la maison, des jokers incontrôlables

    Teahupo’o, c’est la maison des Tahitiens, et quand ils ont une wildcard, mieux vaut les prendre au sérieux.

    Kauli Vaast en est l’exemple parfait. Goofy, à l’aise dans les gros barrels, champion olympique sur ce même spot quelques semaines plus tôt : il est sans doute le non-tour surfer le plus dangereux de l’épreuve.

    Même profil pour Mihimana Braye, lui aussi goofy et extrêmement à l’aise sur le reef tahitien. Leur lecture de la vague, leur timing, leur engagement sans faille font d’eux des pièges pour les têtes de série du CT.

    Et côté femmes, Vahine Fierro est peut-être la meilleure surfeuse du monde à Teahupo’o. Son aisance dans des tubes puissants, sa technique et son engagement en font une prétendante crédible au titre, surtout si la houle continue à envoyer.

    Une compétition piégée, et une ambiance de gladiateurs

    Avec une météo qui offre à la fois du spectaculaire et du jouable, cette édition 2025 s’annonce comme l’une des plus excitantes depuis des années.

    • Les favoris sont fragiles.
    • Les Tahitiens sont à l’affût.
    • Une enfant de 12 ans va affronter des vagues mythiques.

    Ajoutez à cela des vagues d’une puissance rare, une lumière polynésienne qui sublime chaque vision, et une tension dramatique dans chaque série… et vous obtenez une compétition que personne ne veut rater.

    Le Lexus Tahiti Pro débute dans une ambiance d’excitation générale. Des tubes massifs, des outsiders affûtés, un ancien leader dans le doute, une wildcard de 12 ans, et des Tahitiens prêts à bousculer l’ordre établi.

    Le spectacle s’annonce total.

  • Tya Zebrowski, 14 ans, déjà numéro 1 mondiale du Challenger Series

    Tya Zebrowski, 14 ans, déjà numéro 1 mondiale du Challenger Series

    Le surf mondial a une nouvelle étoile, et elle est tricolore

    À seulement 14 ans, la Franco-Tahitienne Tya Zebrowski vient de frapper un grand coup sur la planète surf. Finaliste de l’US Open of Surfing 2025, elle est désormais numéro 1 mondiale du Challenger Series, le circuit qualificatif pour l’élite du surf mondial. Une performance incroyable, qui ne surprendra pourtant pas ceux qui suivent le surf européen de près.

    Une ascension fulgurante, mais pas si surprenante

    Pour les suiveurs du circuit européen, l’explosion de Tya n’a rien d’un hasard. Dès ses premiers QS (Qualifying Series), elle a bluffé les observateurs par la maturité de son surf et son engagement. L’an dernier, elle a littéralement survolé les compétitions européennes, remportant ou frôlant la victoire à chaque étape, jusqu’à décrocher son ticket pour les Challenger Series.

    Ce qui impressionne, au-delà des résultats, c’est sa capacité à dompter des vagues puissantes et variées, souvent dans des conditions très exigeantes. Un style fluide, puissant, précis, et une lecture de vague qui semble déjà appartenir à une surfeuse bien plus expérimentée.

    Tya Zebrowski portrait famille photo Pat Nolan

    Huntington Beach : la confirmation au sommet

    Lors de l’US Open 2025, à Huntington Beach, l’un des événements les plus prestigieux du calendrier, elle s’est hissée jusqu’en finale, où elle a affronté l’Américaine Sawyer Lindblad. Dans les premières minutes, Tya a pris l’avantage avec un total de 12,34 points, enchaînant les manœuvres avec une assurance désarmante. Le public et les commentateurs y voyaient déjà sa première victoire en Challenger Series.

    Mais la Californienne, déjà qualifiée pour le CT 2026, a renversé la situation dans les dernières minutes. Sawyer s’impose, mais le véritable choc de la compétition, c’est bien la performance de la Française. Une finale à 14 ans, sur l’un des événements les plus relevés de l’année, face à des surfeuses bien plus expérimentées : c’est un exploit retentissant.

    14 ans… et déjà dans la cour des grandes

    Oui, 200 jours de moins que la double championne du monde Caroline Marks quand elle avait percé. Oui, plus jeune que Carissa Moore à ses débuts sur le CT. Tya pourrait bien devenir la plus jeune qualifiée de l’histoire du surf féminin moderne. Et contrairement à d’autres jeunes talents qui brillent sur une vague spécifique ou dans un cadre junior, elle domine chez les adultes, en compétition officielle, sous pression.

    Son surf est à la fois aérien, engagé, moderne. Dans les dernières secondes de cette finale, elle a même tenté un air reverse qui aurait pu renverser la donne. Le message est clair : elle ne surfe pas pour faire de la figuration. Elle veut gagner. Et elle le peut.

    Le parallèle avec le skate féminin

    Cette montée en puissance de Tya n’est pas sans rappeler ce qui se passe dans le monde du skate. Des jeunes filles de 12 à 15 ans dominent désormais les grandes compétitions, comme Rayssa Leal ou Sky Brown, avec une aisance et une maturité qui bousculent les repères. Le surf semble suivre cette même dynamique.

    Et tant mieux si cette nouvelle vague est française. Car oui, Tya Zebrowski est Franco-Tahitienne, et si son sourire trahit ses origines polynésiennes, son surf peut faire la fierté de tout l’Hexagone.

    Une pépite à suivre de très près

    Le plus fou dans cette histoire ? Ce n’est que sa première saison sur le Challenger Series. Et elle est déjà leader. À ce rythme, elle pourrait non seulement se qualifier pour le CT 2026, mais aussi y briller dès sa première année, voire plus.

    On tient peut-être là la future meilleure surfeuse du monde. Une championne en construction, déjà redoutée par ses adversaires, qui allie talent pur, instinct de compétitrice et grâce naturelle.

    Et vous savez quoi ? Elle est française.

  • Hommage à Austin Gibbons, surfeur new-yorkais décédé à 27 ans

    Hommage à Austin Gibbons, surfeur new-yorkais décédé à 27 ans

    Le monde du surf pleure une nouvelle perte tragique. Le surfeur new-yorkais Austin Gibbons, 27 ans, est décédé le 10 juillet dernier à Long Beach, après avoir été victime d’une crise d’épilepsie dans l’eau. Membre emblématique de la communauté Skudin Surf, il laisse derrière lui des souvenirs impérissables, et un choc profond parmi ses proches comme chez tous ceux qui l’ont croisé sur les vagues.

    Une disparition brutale au cœur de l’été

    Austin Gibbons surfait sur son home spot de Long Beach lorsqu’il a été pris d’une crise d’épilepsie. Malgré l’intervention rapide des secours, le jeune homme s’est noyé. L’annonce de sa mort a bouleversé toute la côte Est, et bien au-delà. Car Austin n’était pas un simple surfeur local : il était une figure respectée, un instructeur apprécié, un sauveteur diplômé, et un mentor dévoué pour des centaines de jeunes surfeurs.

    Sur les réseaux sociaux, la famille Skudin Surf – école fondée par le big wave rider Will Skudin – lui a rendu un hommage poignant :

    « Nous avons le cœur brisé par la perte d’Austin Gibbons, membre de la famille Skudin Surf depuis plus de 15 ans. Il a commencé comme jeune campeur avant de devenir un instructeur exceptionnel. Surfeur talentueux, sauveteur, mais surtout être humain lumineux, il a marqué chaque personne qu’il a encadrée. »

    Un miraculé de Pipeline, en 2024

    Le destin d’Austin avait déjà frôlé le drame en janvier 2024, sur les vagues de Pipeline, à Hawaï. Alors qu’une houle historique déferlait – au point que la WSL avait annulé l’épreuve du Pipe Pro – Gibbons avait osé se mettre à l’eau. Sa dernière vague du jour avait failli lui coûter la vie : il avait été repêché inconscient, placé en coma artificiel, avant de revenir miraculeusement à lui. Une photo de lui, hospitalisé, souriant et faisant un shaka, avait fait le tour des réseaux.

    Ce miracle avait renforcé son aura. C’était un battant, un passionné, un modèle.

    Une tragédie qui résonne jusqu’en France

    Ce drame n’est pas sans rappeler la disparition d’un jeune surfeur à Biarritz en 2023. Ce dernier, également victime d’une crise d’épilepsie dans l’eau, avait été retrouvé inconscient sur le sable de la Grande Plage. Les secours n’avaient rien pu faire. L’enquête avait révélé qu’il souffrait d’épilepsie, mais n’avait jamais renoncé à sa passion pour les vagues. Son histoire, tout comme celle d’Austin, soulève une question douloureuse mais nécessaire : comment mieux protéger les surfeurs vulnérables, sans les priver de leur liberté de glisser ?

    Une communauté soudée dans le deuil

    À Long Beach comme à Biarritz, ces drames rappellent la fragilité de la vie, même pour les surfeurs les plus aguerris. La mer, si inspirante, peut aussi être cruelle.

    Pour Austin Gibbons, plusieurs cérémonies sont prévues cette semaine à New York. Des centaines de proches, amis, élèves et surfeurs s’y rassembleront pour lui dire adieu. En parallèle, Skudin Surf met en place un accompagnement psychologique pour les jeunes touchés par cette perte brutale.

    Il est des noms qui ne quittent jamais les esprits d’une communauté. Austin Gibbons en fait partie. Son sourire, son engagement, sa générosité resteront à jamais gravés dans la mémoire du surf new-yorkais.

  • Quand Aritz Aranburu a fui Johnny Boy Gomes à Sunset… avant de gagner le heat !

    Quand Aritz Aranburu a fui Johnny Boy Gomes à Sunset… avant de gagner le heat !

    En pleine Triple Crown à Hawaï, Aritz Aranburu se retrouve face à une légende du North Shore au tempérament volcanique : Johnny Boy Gomes. Menace physique, score inespéré et fuite prématurée : récit d’une série pas comme les autres, qu’on retrouve dans une interview espagnole.

    Le tirage au sort que personne ne voulait

    Sunset Beach, côte Nord d’Oahu. Aritz Aranburu est jeune, plein d’ambition, et tout juste qualifié pour participer à la mythique Triple Crown. Cette série de compétitions hawaïennes est considérée comme l’un des sommets du surf professionnel, juste après le titre mondial.

    Dans la maison Quiksilver, l’ambiance est détendue… jusqu’à ce que tombe la nouvelle : Johnny Boy Gomes est dans le tableau. Ancienne gloire de Pipeline, membre influent des redoutés Black Shorts, Johnny est une figure aussi respectée que redoutée. S’il revient en compétition, ce n’est pas pour rire.

    Blague entre surfeurs : « Mec, imagine si tu tombes contre Johnny ? »
    Silence. Aritz tire Johnny au premier tour.

    « Qu’est-ce que tu fais sur mon pic ? »

    Dès le début du heat, les choses tournent mal. Johnny rame sur une série, mais elle ferme. Aritz, sans intention de le gêner, se retrouve légèrement plus à l’intérieur. Maladresse ? Mauvais timing ? Peu importe : Johnny pète un plomb.

    « ¿Qué haces dentro de mí pico? » – « Qu’est-ce que tu fous sur mon pic ? »

    Il commence à hurler, brandit le poing et saisit même Aritz par la main, menaçant de le frapper. La scène se déroule en plein heat, sous les yeux d’une organisation médusée… qui ne dit rien. À l’époque, personne ne s’oppose à Johnny Boy Gomes.

    Une fuite, deux vagues et une victoire

    Profitant d’un instant d’inattention, Aritz s’échappe. Il rame loin, très loin, cherchant juste à survivre. Mais au passage, il croise une vague. Il la surfe. Score : 7/10.

    Quelques instants plus tard, une deuxième vague se présente à lui. Tube + floater. Résultat : 8,5/10.
    Aritz est en tête.

    Terrifié, il ne veut pas rester une seconde de plus dans l’eau. Il sort du line-up avant la fin du heat, en courant vers les organisateurs pour demander de l’aide. Réponse du speaker de la compétition :

    « Mec… planque-toi. Personne ne peut rien faire contre Johnny. »

    Reclus à Hawaï, mais qualifié

    Aritz remporte pourtant le heat, contre toute attente. Mais il passe la semaine suivante enfermée dans la maison Quiksilver, évitant toute confrontation.

    Heureusement, grâce à ses liens avec la famille Pukas et à l’intervention d’un surfeur hawaïen respecté, il apprend que Johnny vit à l’opposé de l’île et ne reviendra pas traîner à Sunset les jours suivants.

    Hawaii, la destination la plus intimidante..

    Cette histoire, est l’une parmi tant d’autres. Tous les surfeurs pro non hawaïens craignent cette destination pour ses vagues, mais également, pour la pression qui y règnent à l’eau. De nombreux surfeurs n’y vont que pour leurs séries, et n’y prennent aucun plaisir. Promis, un jour on écrira un article sur les plus folles anecdotes qu’on a entendues à Hawaï.

  • Tragédie à Biarritz : un jeune surfeur décède à la Côte des Basques

    Tragédie à Biarritz : un jeune surfeur décède à la Côte des Basques

    Mise à jour le 14 juillet 2025

    La communauté surf est en deuil. Un jeune homme de 26 ans a perdu la vie ce mardi 8 juillet au soir à Biarritz, sur la plage emblématique de la Côte des Basques. Il a été retrouvé inconscient dans l’eau, à côté de sa planche. Malgré l’intervention rapide des secours, il n’a pas pu être réanimé.

    Un drame en fin de journée

    Il était un peu plus de 21h30 lorsqu’un surfeur a été découvert en arrêt cardio-respiratoire, dérivant dans l’eau près de sa planche. Une équipe de sauveteurs côtiers de la caserne d’Anglet est intervenue en urgence pour le sortir de l’eau. Des gestes de réanimation ont immédiatement été prodigués, avec l’appui du SAMU 64. Malgré tous les efforts des secouristes, le jeune homme a été déclaré décédé sur place.

    Un sauveteur passionné, emporté par l’océan

    La victime n’était pas un surfeur de passage. Il travaillait lui-même comme sauveteur pour la Ville de Biarritz et s’était mis à l’eau après la fin de son service. Selon les premiers éléments recueillis, il aurait été victime d’un malaise en surfant. Une enquête est en cours afin de déterminer les causes exactes de sa disparition : malaise, choc, noyade ou autre complication.

    Quelques jours plus tard, nous avons appris que le surfeur-sauveteur avait été victime d’une crise d’épilepsie lors de cette session. D’après les éléments connus, c’est cette crise qui aurait entraîné sa noyade. Cette information, communiquée avec prudence et respect par les autorités, éclaire le drame sous un nouveau jour et souligne l’extrême vulnérabilité d’un corps face à l’océan, même chez un professionnel aguerri.

    Des courants puissants et un plan d’eau agité

    Les conditions de surf ce mardi étaient plutôt modérées, avec des vagues de moins d’1,50 mètre en baisse constante. Mais le plan d’eau restait agité en raison du vent et de la marée descendante, générant des courants puissants et piégeux.

    Victoria, une surfeuse de 29 ans, était à l’eau peu avant le drame. Elle se dit profondément bouleversée :

    « Il y avait beaucoup de courant hier soir. Je me suis demandé si c’était lié. Ça nous a tous touchés. On a eu besoin d’en parler entre nous pendant la soirée. »

    Thomas, l’un de ses amis présents sur la plage au moment de l’intervention, confie quant à lui être « très choqué » après avoir vu les véhicules de secours et de police évacuer le corps du jeune homme. Pour beaucoup de surfeurs locaux, cette nuit restera gravée dans les mémoires.

    La Côte des Basques endeuillée

    La plage de la Côte des Basques, avec ses falaises majestueuses et son panorama sur les montagnes, est l’un des spots de surf les plus connus du Pays basque. Haut lieu de la culture surf française, elle attire chaque été des centaines de pratiquants. Ce drame vient douloureusement rappeler que l’océan, aussi beau et accueillant soit-il, reste un milieu naturel à risques.

    Un moment d’unité pour la communauté surf

    À Biarritz, sur les plages voisines et sur les réseaux sociaux, l’émotion est vive. La communauté surf, déjà très solidaire par nature, s’est rassemblée dans un profond respect. Des surfeurs ont déposé des fleurs et se sont retrouvés en petits groupes pour partager leur tristesse. Beaucoup saluent la mémoire d’un homme passionné, discret, qui connaissait bien l’océan et qui veillait habituellement sur la sécurité des autres.

    Quelques rappels essentiels pour surfer en sécurité

    Dans un contexte où les pratiquants de surf sont de plus en plus nombreux, il est essentiel de rappeler quelques principes de sécurité élémentaires, même (et surtout) en conditions modérées :

    • Ne jamais surfer seul, surtout en fin de journée ou dans des zones peu surveillées.
    • Vérifier son état de santé, en particulier en cas de fatigue, de coup de chaud ou de reprise après une période d’inactivité.
    • Utiliser un matériel adapté en fonction de votre niveau et des conditions de surf.
    • Connaître son niveau : rester humble face à l’océan, adapter sa session à ses capacités et aux conditions du jour.
    • Faire attention aux autres surfeurs : un choc avec une planche ou une dérive peut avoir des conséquences graves.
    • Observer l’état de la mer : courants, baïnes, série piégeuse… même sur un spot réputé “facile”, les pièges existent.
    • Alerter rapidement en cas de problème, même s’il semble mineur au départ.

    Une pensée pour un des nôtres

    Cet accident tragique laisse un vide au sein de la famille surf. Il nous rappelle, avec brutalité, que même les plus expérimentés ne sont pas à l’abri. À l’heure où l’été bat son plein, où les plages se remplissent et les vagues font briller les yeux, n’oublions jamais ce que signifie entrer dans l’eau : un moment de bonheur, oui — mais aussi un engagement envers la prudence et le respect.

    Toutes nos pensées accompagnent la famille, les proches, les collègues sauveteurs, et la communauté surf de Biarritz dans ce moment douloureux.

  • Elle pensait avoir un ptérygion… C’était un cancer de l’œil

    Elle pensait avoir un ptérygion… C’était un cancer de l’œil

    Chez les surfeurs, une irritation de l’œil est souvent banalisée. Mais ce qui ressemble à un simple ptérygion peut parfois cacher un danger bien plus grave. L’histoire d’Erin Campbell en est la preuve.

    Une surfeuse, un rêve indonésien… et un œil qui gratte

    Originaire de Valla Beach, en Australie, Erin Campbell, 24 ans, a grandi dans les vagues. Entre sessions de surf et voyages en Afrique avec ses parents, elle mène une vie active et ensoleillée. En 2024, elle concrétise un rêve : créer un surf camp avec son compagnon à Lombok, en Indonésie.

    Mais en plein lancement du projet, une gêne apparaît à l’œil gauche. Une petite excroissance, une sensibilité à la lumière, une impression de voile dans la vision. Erin pense immédiatement au ptérygion, cette affection bénigne bien connue des surfeurs, causée par une exposition répétée au soleil, au vent et au sel.

    Un médecin local confirme ce diagnostic, sans pousser plus loin.

    Quand ce n’est pas “juste” un ptérygion

    Les semaines passent. La douleur augmente. Erin doit porter des lunettes de soleil en intérieur. Elle n’arrive même plus à fermer complètement l’œil.

    De retour en Australie, elle consulte un ophtalmologue. Cette fois, le ton change. L’œil est examiné de près. Une biopsie est lancée. Puis, le diagnostic tombe : carcinome épidermoïde conjonctival. Un cancer rare, mais agressif.

    “Je pensais que j’allais mourir”, confie-t-elle plus tard.

    À 24 ans, Erin découvre que ce qu’elle prenait pour un ptérygion pourrait lui coûter la vie.

    Chimio, cryo et chirurgie éveillée

    Le traitement est lancé immédiatement. Chimiothérapie sous forme de gouttes, stéroïdes, cryothérapie. Puis, une opération chirurgicale au Sydney Eye Hospital.

    Mais l’intervention tourne au cauchemar : l’anesthésie ne fonctionne pas correctement. Erin reste consciente pendant l’opération, incapable de parler, entend tout, ressent tout. Elle vit l’un des moments les plus traumatisants de sa vie.

    On lui retire la lésion, on gèle la zone touchée et on greffe un morceau de conjonctive prélevé à l’arrière de son propre œil.

    Retour à la vie… avec précautions

    Six mois plus tard, Erin a retrouvé les vagues. Mais sa vie a changé : examens tous les six mois à vie, interdiction de boire de l’alcool, vigilance maximale face au stress et à l’exposition solaire.

    Le surf camp a été loué à d’autres. Elle prend du recul. Et témoigne pour prévenir d’autres surfeurs et amoureux du soleil : ne jamais banaliser un ptérygion.

    Le ptérygion : bénin, mais trompeur

    Le ptérygion est une prolifération anormale de la conjonctive sur la cornée. Bénin, il est courant chez les surfeurs, véliplanchistes, skieurs et travailleurs exposés au soleil. En Australie, on estime qu’il touche jusqu’à 10 % de la population générale et beaucoup plus chez les surfeurs réguliers.

    Mais s’il évolue vite, devient douloureux ou change d’aspect, il peut cacher autre chose — comme dans le cas d’Erin.

    Les signes d’alerte à ne pas ignorer

    Voici les symptômes qui doivent vous pousser à consulter immédiatement un ophtalmologue :

    • Tache blanche ou rouge sur l’œil qui persiste
    • Épaississement ou croissance anormale sur la conjonctive
    • Sensibilité à la lumière accrue au fil du temps
    • Irritation chronique, sensation de corps étranger
    • Impossibilité de fermer complètement la paupière

    Un simple examen peut faire la différence entre un traitement précoce… et un drame évitable.

    Conseils de prévention pour surfeurs et amoureux du soleil

    Que vous soyez surfeur quotidien, pratiquant du kayak, randonneur, ou simplement amateur de bronzette, adoptez ces gestes simples :

    • Portez des lunettes de soleil polarisées avec filtre UV400, même par temps couvert.
    • Protégez vos yeux dès l’enfance : les jeunes yeux sont plus vulnérables aux UV.
    • Faites contrôler vos yeux chaque année si vous passez beaucoup de temps dehors.
    • Surveillez tout changement : taille, couleur, gêne inhabituelle.
    • Écoutez votre instinct : si vous sentez que “quelque chose cloche”, agissez.

    Un message fort pour la communauté surf

    “Si ça peut aider une seule personne à se faire examiner, alors ça valait le coup”, dit Erin.

    Aujourd’hui, elle vit avec plus de prudence, mais aussi plus de gratitude. Elle surfe de nouveau, mais avec des lunettes adaptées, une routine de soins, et une conscience aiguë de sa santé.

    Le ptérygion n’est pas toujours ce qu’il semble être

    Dans l’univers du surf, on accepte souvent les petits bobos comme des trophées : oreilles bouchées, peau abîmée, yeux irrités. Mais comme l’a vécu Erin, ce qui ressemble à un simple ptérygion peut cacher un véritable cancer de l’œil.

    Et si son histoire permet à d’autres de réagir à temps, alors ce témoignage a toute sa raison d’être.

  • Bob “Doc” Scott : le surfeur médecin derrière les célèbres bouchons Doc’s Proplugs s’en est allé

    Bob “Doc” Scott : le surfeur médecin derrière les célèbres bouchons Doc’s Proplugs s’en est allé

    Une légende de Santa Cruz, et une page du surf qui se tourne

    Le surf a perdu un de ses grands humanistes. Le 97e anniversaire de Bob « Doc » Scott, pionnier californien du surf et inventeur des emblématiques bouchons Doc’s Proplugs, aurait dû être une fête. Il s’est transformé en hommage. Le 1er juillet 2025, à Steamer Lane, Santa Cruz, la communauté s’est réunie pour un paddle-out vibrant de souvenirs et d’émotions. Car Doc Scott n’était pas qu’un médecin passionné de vagues : il était un mentor, un passeur, un pilier.

    Né à New York mais adopté par la Californie, « Doc » était bien plus qu’un médecin généraliste et chirurgien. Il était cet homme qui embarquait les jeunes surfeurs dans un bus scolaire pour les emmener en compétition, qui organisait les épreuves locales, qui croyait que chaque grom avait droit à une chance, même sans trophée ni sponsor.

    Un médecin qui écoutait… les oreilles

    C’est en tant que praticien installé à Capitola, près de Santa Cruz, que Doc repère un mal qui ronge les surfeurs : l’exostose, ou « surfer’s ear ». Ce bouchon osseux, causé par le froid et l’eau, affecte l’audition et peut nécessiter une opération. Dans les années 1970, aucune protection adaptée n’existe. Alors Doc se retrousse les manches.

    En 1979, il crée un petit accessoire révolutionnaire : un bouchon d’oreille souple, confortable, qui laisse passer le son mais protège du froid. Les Doc’s Proplugs sont nés. D’abord artisanaux, ils se répandent vite dans les line-ups californiens, puis dans le monde entier. Leur design translucide reconnaissable devient culte. Que ce soit pour le surf, l’apnée ou la baignade, ces bouchons médicaux s’imposent comme une référence. Et tout le monde savait qui les avait pensés.

    Plus qu’un accessoire, un héritage

    Mais Doc n’était pas un businessman. Il était un bricoleur génial, un passionné, un papa poule de la tribu surf. Il fallait voir les kids sortir de l’eau et Doc leur coller une caméra dans l’oreille pour prouver que leur canal auditif était en train de se fermer… Il le faisait pour leur bien. Pas pour vendre. Pas pour capitaliser. Et ça change tout.

    Aujourd’hui, sa disparition pose la question de l’avenir de Doc’s Proplugs. Déjà fragilisée ces dernières années, la marque peine à se renouveler dans un marché saturé de solutions plus modernes ou au marketing plus agressif. Beaucoup de shops ont cessé de les distribuer. La marque reste active, mais orpheline de sa figure tutélaire. L’âme du produit, c’était lui.

    Un homme, une philosophie

    Plus que ses inventions, c’est sa manière d’être qui marque les générations. Ken “Skindog” Collins, Marcel Soros, Anthony Ruffo, Bob Pearson… tous les grands noms de Santa Cruz ont été touchés, soutenus, inspirés par Doc. Il ne voulait pas des champions. Il voulait des passionnés. Des enfants qui croient que tout est possible.

    Brenda, sa fille, elle-même championne du monde de surf en 1978, se souvient :

    « Papa disait toujours : Va surfer, même 20 minutes. Une vague, c’est déjà un cadeau. »

    Même à 80 ans, Doc bricolait un casque en plastique avec une cale en liège pour pouvoir garder la tête haute dans les mousses. Parce que l’appel de la vague, chez lui, ne s’éteignait jamais.

    Une double disparition

    Avec Doc, c’est une vision du surf qui disparaît. Celle du surf familial, local, fait de sandwiches au beurre de cacahuète et de voitures pleines à craquer. Celle des pionniers, des médecins-inventeurs qui réparaient les corps et les cœurs. Et avec la lente mise en sommeil de Doc’s Proplugs, c’est aussi un morceau de l’histoire médicale du surf qui s’efface.

    Mais à l’image de son créateur, la trace des Proplugs restera durable. Les vieux surfeurs les gardent précieusement. Les apnéistes les recommandent encore. Et les jeunes qui découvrent leur usage apprennent à leur tour le nom de celui qui les a inventés.

    Passer le flambeau

    « Pass it forward. » Tel était le mantra de Doc. Donner sa chance à l’autre. Croire en chacun. Innover pour protéger, et non pour vendre. Dans un monde où le surf se standardise, son parcours fait figure de rappel essentiel.

    Doc laisse derrière lui une famille immense, biologique comme symbolique, des milliers de surfeurs qu’il a guidés, soutenus, inspirés. Et une petite paire de bouchons translucides, simples mais efficaces, qui continueront peut-être à flotter à la surface, en hommage discret à cet homme hors du commun.

  • Un air pour l’Histoire ? Hughie Vaughan fait trembler la planète surf

    Un air pour l’Histoire ? Hughie Vaughan fait trembler la planète surf

    Une piscine texane, un trick venu d’une autre dimension, et Tony Hawk lui-même en caution officielle. Hughie Vaughan vient peut-être de redéfinir les standards de l’aerial surfing.

    On savait que les piscines à vagues allaient accélérer la progression technique. Mais on ne s’attendait pas à ça. À seulement 17 ans, Hughie Vaughan a électrisé le Swatch-9’s au Texas en posant un stale fish flipper irréel, combinant style, amplitude et rotation aérienne dans un seul mouvement parfaitement fluide. Résultat ? Une onde de choc sur le surf mondial.

    Cerise sur la mousse : Tony Hawk en personne a baptisé le trick. Oui, le pionnier du 900 en skate a validé ce move, probablement le plus technique jamais réalisé dans une piscine à vagues.

    Un move improvisé, une exécution parfaite

    Ce qui rend l’histoire encore plus folle, c’est que Hughie n’avait même pas prévu ce trick. Selon les témoins, il tentait des Kerrupts de plus en plus décalés, jusqu’à ce que surgisse ce stale fish flipper totalement inattendu. Aucun claim, aucune gesticulation : juste un ride glacial de maîtrise et de contrôle.

    Récompensé par une pluie de commentaires admiratifs, le jeune Australien a reçu les félicitations de Gabriel Medina, Julian Wilson, Mick Fanning, Italo Ferreira, et même Diplo, le DJ, qui s’est demandé si ce n’était pas de l’IA. 89 % des sondés sur Instagram ont voté “meilleur air de tous les temps”. Rien que ça.

    La liste des airs légendaires remise en question

    Depuis plus de 20 ans, les plus gros airs sont associés à des noms mythiques : John Florence à Backdoor, Filipe Toledo au Brésil, Matt Meola à Maui, ou encore Albee Layer et ses doubles rotations. Des manœuvres posées dans l’océan, avec ses aléas, son imprévisibilité, et cette touche de folie qu’on croyait intraduisible en piscine.

    Mais voilà : même les puristes s’inclinent. La vague est artificielle, certes, mais le trick est authentique. Et pour une fois, la “note d’astérisque” qui accompagne les airs en piscine semble s’être évaporée.

    L’ombre de Lee Wilson plane sur la progression

    Derrière cette avancée technique, un nom revient comme un filigrane : Lee Wilson, éternel pourfendeur du double grab. Depuis des années, il combat la tendance en jugeant les tricks sur leur pureté, leur engagement. Ses prises de position lui ont valu moqueries, critiques, mais aussi… peut-être une influence déterminante.

    Car sans cette guerre contre les figures “indignes”, Hughie aurait-il cherché autre chose ? Moins de facilité, plus d’inventivité. Le stale fish flipper, en ce sens, est aussi une réponse culturelle. Un statement.

    L’avenir de l’aerial surfing s’écrit aussi en eau chlorée

    Avec cet exploit, la progression aérienne dans le surf vient de franchir un nouveau cap. La piscine ne remplace pas l’océan, mais elle devient clairement un terrain d’exploration. Et Hughie Vaughan vient d’en tracer la carte.

    Alors, le plus gros air de l’histoire ? L’avenir nous dira si ce move restera une anomalie ou s’il ouvre une ère nouvelle. Ce qui est certain, c’est qu’il est impossible d’en détourner les yeux.

  • Zoltan “The Magician” Torkos réussit un kickflip en wave pool

    Zoltan “The Magician” Torkos réussit un kickflip en wave pool

    Et si la magie existait vraiment… en boardshort ? Zoltan Torkos, alias “The Magician”, vient de poser un kickflip en surf dans une piscine à vagues – une première selon lui, et une nouvelle démonstration de son obsession pour les figures venues du skate.

    Le kickflip, encore et toujours

    Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Zoltan Torkos est un surfeur de Santa Cruz pas comme les autres. Depuis plus de 15 ans, il consacre sa vie à un trick venu tout droit du skatepark : le kickflip, cette rotation du surfboard sous les pieds, signature de milliers de skateurs… mais cauchemar pour 99,9 % des surfeurs.

    Mais voilà : Zoltan ne lâche rien. Son premier « claim » remonte à 2011, lorsqu’il participe à un concours organisé par Volcom, qui promettait 10 000 dollars au premier kickflip de l’histoire du surf. Torkos l’a fait. Enfin, presque. Le flip était propre… mais pas “au-dessus de la lèvre”, comme stipulé dans le règlement. Après des débats, Volcom lui donne quand même le prix. Et Zoltan finira par replaquer son kickflip “au-dessus de la lèvre” quelque temps plus tard, histoire de fermer les bouches.

    Nouveau terrain de jeu : Waco Surf

    Cette fois, c’est au Texas, dans le célèbre wave pool de Waco Surf, que “The Magician” a récidivé. Dans une vidéo publiée le 23 juin 2025, on le voit lancer son trick au milieu d’une droite bien propre. La rotation est nette, le stomp solide. Et surtout : il le fait dans une vague artificielle, une première mondiale selon lui.

    Alors bien sûr, les puristes viendront chipoter sur la définition exacte du “premier kickflip en wave pool”. Mais ce n’est pas vraiment la question. Ce qui compte ici, c’est l’acharnement d’un homme à faire exister une vision du surf totalement barrée, où les tricks de skate deviennent possibles sur l’eau.

    Bonus trick : le darkslide

    Comme si ça ne suffisait pas, Zoltan a aussi balancé un darkslide, autre figure venue du skate, dans laquelle le rider glisse sur la planche retournée, grip dans l’eau. Oui, tu as bien lu. En surf. Dans une piscine.

    Autant dire que ce genre de move est rarissime, même en skate. Alors sur une board de surf, on touche à quelque chose d’hallucinant – ou d’absurde, selon les goûts. Mais c’est aussi ce qui rend Zoltan attachant. Il est là pour faire rêver, pour inventer, pour tenter. Même si ça ne rentre pas dans les cases du surf performance classique.

    Un surfeur à part

    Il y a quelque chose de touchant dans cette quête surfistique. Zoltan ne cherche pas la reconnaissance du CT, ni même des sponsors. Il veut juste pousser les limites de ce qu’un surfeur peut faire avec sa board. Qu’on trouve ça stylé, risible ou génial, une chose est sûre : il ouvre des portes.

    Mais à titre personnel, j’avoue avoir du mal à savoir dans quelle case ranger Zoltan Torkos. Est-ce un surfeur, un skateur, un magicien ou… un clown des mers ? Un peu tout ça à la fois. Et c’est peut-être là que le bât blesse pour moi : je suis plus sensible au style qu’à la nouveauté. Ce qui me fait vibrer dans un air, ce n’est pas seulement la figure, mais l’amplitude, la fluidité, l’élégance du mouvement. Et de ce point de vue-là, les tricks de Zoltan manquent souvent de hauteur, de vitesse, de grâce. C’est plus des ollies de milieu de vague que des vrais airs. L’idée est là, mais le rendu reste parfois trop « truc de cirque » pour vraiment m’embarquer.

    Reste que dans un monde du surf parfois un peu trop sérieux, trop codifié, ça fait du bien de voir quelqu’un qui ose, qui s’amuse, qui tente. Et rien que pour ça, merci Zoltan.

  • Une rencontre à distance entre un surfeur et son shaper

    Une rencontre à distance entre un surfeur et son shaper

    Quand un surfeur basé à Hossegor et un shaper californien conçoivent ensemble une planche sans se voir, cela donne un objet hybride, unique, pensé pour repousser les limites. William Aliotti et Ryan Lovelace n’ont surfé ensemble que deux fois, mais leur collaboration est l’une des plus inspirantes du moment.

    L’histoire d’un lien surfeur/shaper

    Tout commence avec une planche livrée en main propre par un ami. William la teste, l’adopte, et les échanges à distance avec Ryan Lovelace s’enchaînent. Un modèle initial va servir de base à plusieurs itérations : ajustements de concave, réduction de taille, nouvelles combinaisons d’ailerons… jusqu’à ce que la magie opère.

    « Si tu attends des résultats précis d’une planche, tu risques la déception », explique Ryan. Il préfère façonner, laisser William tester, puis échanger.

    Le retour d’une idée oubliée : l’asymétrie

    La planche qu’ils développent ensemble est asymétrique : chaque côté est différent pour épouser au mieux la posture du surfeur et son sens de glisse. Ce concept, s’il peut sembler récent, est en fait un héritage du surf des années 60.

    Dès 1967, Carl Ekstrom brevète une forme asymétrique. D’autres pionniers comme Bob Cooper ou Scott Dillon expérimentent avec des rails et des tail shapes décalés. Mais ces idées, trop en avance sur leur temps, sombrent dans l’oubli… jusqu’à leur résurgence à San Diego dans les années 2010, avec des shapers comme Ryan Burch ou Donald Brink. Ryan Lovelace, lui, fait le lien entre tradition et modernité.

    Une planche au service de la sensation

    William n’est pas immédiatement conquis : « Je ne l’aimais pas trop lors de ma première session en France. » Mais sur les longues gauches creuses du Chili, puis dans les tubes interminables de Skeleton Bay, la planche révèle tout son potentiel : ultra rapide, précise, explosive.

    Ryan, de son côté, affine son shape à chaque retour de Will. Il cherche les petits détails : là où la planche mord, là où elle accélère, ce qui aide à tourner… « Chaque board est un pas de plus vers quelque chose de plus juste. »

    Deux visions qui se rejoignent

    Ce duo fonctionne parce que chacun pousse l’autre : Ryan veut repousser les limites du design, William celles de sa glisse. Ensemble, ils font vivre une planche qui est autant une œuvre artisanale qu’un outil de haute performance.

    Et surtout, ils rendent hommage à une idée longtemps mise de côté : l’asymétrie. Une idée qui, entre leurs mains, n’est plus un concept marginal, mais un vrai levier de progression dans le surf moderne.

  • Chris Hemsworth à Hossegor : un surf trip 5 étoiles avec Picon et Florès

    Chris Hemsworth à Hossegor : un surf trip 5 étoiles avec Picon et Florès

    Il y a des visiteurs qu’on remarque plus que d’autres sur les plages landaises. Ce week-end, c’est carrément un super-héros qui a rejoint le line-up d’Hossegor : Chris Hemsworth, alias Thor dans l’univers Marvel, a été aperçu en train de scorer quelques vagues bien placées dans le sud-ouest de la France.

    Mais cette fois, pas de marteau, pas de cape… juste une planche de surf, un sourire détendu, et surtout deux guides de luxe : Miky Picon et Jérémy Florès, deux monuments du surf français. Autant dire que l’Australien était entre de bonnes mains pour s’attaquer aux bancs de sable les plus réputés d’Europe.

    Une passion bien réelle pour le surf

    Contrairement à certaines célébrités qui se contentent de poser avec une planche pour la photo, Chris Hemsworth est un vrai surfeur. Depuis ses jeunes années à Phillip Island en Australie, le surf fait partie intégrante de son quotidien.

    Dans une interview accordée à GQ, il confiait :

    « Je ne pensais qu’à ça toute la semaine. Je n’avais pas vraiment de vie sociale au lycée. Je voulais juste surfer et regarder des films. »

    Un style de vie qu’il a conservé malgré la célébrité. Quand il ne tourne pas un blockbuster, Chris est souvent à l’eau : que ce soit dans les vagues froides de l’Arctique pour son émission Limitless, à l’aube avec Kelly Slater, ou dans les meilleures wavepools du monde.

    Une session discrète mais remarquée

    Son passage à Hossegor est resté plutôt discret… jusqu’à ce qu’un post Instagram commence à circuler, où on voit l’acteur aux côtés de Miky Picon et Jérémy Florès. Pas de paparazzis, pas de flashs, juste du bon surf et du bon esprit, à la landaise.

    Les locaux l’ont aperçu à l’eau, respectueux, discret, concentré sur ses vagues. Avec deux mentors comme Miky et Jérémy pour le guider, Chris a eu droit à un surf trip 5 étoiles. Les conditions estivales étaient au rendez-vous, avec des bancs bien en place et un vent favorable.

    Thor, le meilleur surfeur d’Hollywood ?

    C’est une question qui fait sourire… mais qui mérite d’être posée. Si l’on devait faire un classement des surfeurs célébrités, Chris Hemsworth serait probablement tout en haut.

    Il a récemment fait le buzz en Australie lors d’une houle monstrueuse et mortelle : remorqué à la corde, il s’est engouffré dans une énorme cavité aquatique. La vidéo avait fait réagir tout le monde du surf, avec des commentaires élogieux de Kai Lenny, Italo Ferreira, Strider Wasilewski, ou encore Kalani Robb qui l’a surnommé « Thor de la Backdoor ».

  • Occy éternel : le film Billabong qui remet le surf à l’endroit

    Occy éternel : le film Billabong qui remet le surf à l’endroit

    Trois semaines après sa sortie, le film OCCY! signé Billabong continue de faire vibrer les surfeurs du monde entier. Plus qu’un simple edit, c’est une déclaration d’amour à un style de surf qu’on croyait révolu — et qui revient ici avec une force rare. Un retour en grâce signé Mark Occhilupo, à presque 60 ans, dans deux vagues mythiques : Bells Beach et Cloudbreak.

    Un comeback ? Plutôt une renaissance

    Mark Occhilupo, dit « Occy », n’a jamais vraiment quitté le cœur des surfeurs. Champion du monde en 1999, icône des années 80 et 90, le « Raging Bull » revient dans ce court-métrage avec une forme physique et mentale bluffante. Sobre depuis six ans, rayonnant, il semble surfer avec plus de joie et de fluidité qu’à l’époque de l’Occumentary.

    Dans le film, il retrouve deux spots qui ont marqué sa carrière : Bells Beach, sa vague fétiche sur le World Tour, et Cloudbreak, à Fidji, où il avait remporté le Quiksilver Pro en 1999. Mais ce n’est pas une rétrospective figée. C’est un film d’action pure, où Occy déploie une puissance, un timing et un style qui ridiculisent les années qui passent. Il a 59 ans, qui ne rêve pas de surfer comme lui à 59 ans….

    Une vidéo qui parle aux surfeurs puristes

    Ce qui fait le succès fulgurant d’OCCY! — au-delà des images spectaculaires — c’est son ADN profondément nostalgique. La réalisation, le montage, la musique (Gang Gajang, Yothu Yindi) : tout rappelle l’époque des films cultes comme Green Iguana ou Bunyip Dreaming. Des œuvres qui ont formé toute une génération de surfeurs, et qui trouvent ici un écho contemporain saisissant.

    Les commentaires YouTube sont éloquents :

    “Le meilleur edit de la décennie.”
    “J’ai eu la chair de poule quand Yothu Yindi est arrivé.”
    “On dirait un film de Jack McCoy, mais en 2025.”
    “Le surf moderne manque d’âme, ce film le prouve.”

    Et difficile de les contredire.

    Une ode au surf sur le rail

    Pas un air reverse en vue. Juste des bottom turns profonds, des carves puissants, des tubes solides, et une lecture de vague chirurgicale. Occy surfe comme un artisan du rail, comme s’il sculptait chaque section avec une intention presque spirituelle, nostalgique de surf d’une époque. À Cloudbreak, il engage frontside avec l’élégance d’un félin et la force d’un buffle. À Bells, il retrouve ses marques sur le Bowl avec une aisance stupéfiante.

    Et ce n’est pas un hasard. Comme il l’explique dans l’interview qui accompagne le film, le brief était clair : surfer comme à l’époque de ses films de surf. Sans forcer. Avec style. Résultat : une démonstration intemporelle de ce que peut être le surf quand il est habité.

    Un passage de relais générationnel

    Le film est aussi l’occasion de voir Occy partager ce moment avec son fils Jay, lui-même surfeur prometteur. Une capsule père-fils dans l’univers de Billabong, la marque qui sponsorise Mark depuis 40 ans — un record dans l’histoire du surf pro. Cette longévité, aujourd’hui célébrée à travers une collection capsule Occy 2025, est elle aussi un hommage à une autre époque. Couleurs vives, coupes old school, énergie brute : une ligne qui pourrait être portée aussi bien par un ado que par son père.

    Plus qu’un film, un manifeste

    OCCY! arrive dans un contexte où le surf compétitif peine parfois à séduire. Les figures aériennes, devenues monnaie courante, peinent à transmettre l’émotion brute du surf. Ce film, lui, ravive cette émotion. Il nous rappelle pourquoi on est tombés amoureux du surf : pour ce sentiment de liberté, pour l’expression personnelle, pour le flow.

    Et il le fait sans nostalgie molle. Juste avec du surf pur, de la sueur, des lignes parfaites, et un Occy plus vivant que jamais.

    Une postérité déjà assurée

    Trois semaines après sa mise en ligne, la vidéo atteint déjà un statut culte. Elle est partagée, commentée, revisitée. Certains la comparent déjà aux chefs-d’œuvre de Jack McCoy. D’autres réclament une suite. Un nouveau Occumentary ? Peut-être. Mais en attendant, OCCY! version 2025 a déjà marqué les esprits. Et probablement redonné envie à beaucoup de surfeurs de (re)prendre une planche et d’aller tirer un bon gros bottom backside.

  • Kelly Slater, l’éternel prodige du surf mondial

    Kelly Slater, l’éternel prodige du surf mondial

    Quand on parle de surf, un nom s’impose naturellement : Kelly Slater. Plus qu’un simple champion, il incarne une légende vivante, un athlète hors normes, une icône planétaire qui a transcendé les vagues et les générations. À 50 ans passés, il continue d’alimenter l’imaginaire collectif, porté par une longévité exceptionnelle et une quête perpétuelle de perfection.

    De Cocoa Beach à Teahupo’o, des planches de compétition au Surf Ranch high-tech, Kelly Slater a tout vu, tout gagné, tout bousculé. Voici l’histoire d’un homme qui a réécrit les règles du surf moderne.

    Les origines d’un phénomène

    Une enfance sur la côte Est

    Né le 11 février 1972 à Cocoa Beach, en Floride, Robert Kelly Slater grandit dans une ambiance familiale contrastée. Son père, pêcheur, quitte le foyer lorsqu’il est encore enfant. Sa mère, d’origine irlandaise, élève seule Kelly et ses deux frères, Sean et Stephen. Le quotidien est modeste, parfois chaotique, mais les vagues locales offrent au jeune Kelly une échappatoire.

    Il découvre le surf très tôt, encouragé par ses frères, et se fait rapidement remarquer sur les plages floridiennes. À l’âge où d’autres s’intéressent aux jeux vidéo, lui affine déjà son style dans les shorebreaks turbulents de la côte Est.

    Le surf comme refuge et discipline

    Ce n’est pas seulement le plaisir qui attire Kelly à l’eau : c’est aussi une forme de thérapie. La glisse devient son langage, sa structure, son terrain de maîtrise. Il apprend vite, très vite. Son équilibre est naturel, sa lecture des vagues presque instinctive. À 10 ans, il remporte déjà des compétitions junior et attire l’œil des sponsors.

    Ce mélange de talent, de détermination et de résilience va devenir sa marque de fabrique.

    L’ascension fulgurante

    Champion du monde à 20 ans

    En 1992, Kelly Slater marque l’histoire du surf en devenant le plus jeune champion du monde de tous les temps à 20 ans. Ce n’est pas un coup d’éclat isolé, mais le début d’un règne implacable.

    De 1994 à 1998, il enchaîne cinq titres mondiaux consécutifs. Jamais le surf professionnel n’avait connu une telle domination. Son style, fluide et aérien, s’impose sur tous les spots : Pipeline, Bells Beach, J-Bay, Teahupo’o… Slater n’a pas d’équivalent.

    Une retraite… et un retour triomphal

    En 1999, il se retire une première fois, las du rythme effréné du tour. Il explore d’autres passions, notamment la musique, et fait des apparitions à Hollywood. Mais le surf coule trop profondément dans ses veines.

    En 2003, il revient sur le circuit. Deux ans plus tard, il décroche son septième titre mondial, puis un huitième, un neuvième… Jusqu’à porter son total à onze titres – un record inégalé à ce jour.

    Un palmarès stratosphérique

    11 titres de champion du monde

    1992, 1994, 1995, 1996, 1997, 1998, 2005, 2006, 2008, 2010, 2011 : les années défilent, mais Kelly reste en tête. Ce n’est pas seulement son nombre de victoires qui impressionne, c’est leur régularité. Il gagne à 20 ans. Il gagne à 39. Il gagne encore à 50.

    Plus de 50 victoires sur le WCT

    Au fil de sa carrière, Slater accumule 56 victoires sur le Championship Tour, et plus de 60 en comptant les épreuves hors-tour. Personne n’a jamais atteint un tel total.

    Pipeline, son jardin

    S’il fallait associer un spot à sa légende, ce serait le Banzai Pipeline, à Hawaï. Il y a remporté 8 fois le Pipe Masters, dont sa dernière victoire en 2022, à 50 ans. Une performance qui restera comme l’un des plus grands moments du surf professionnel.

    L’art de la glisse selon Slater

    Une lecture des vagues inégalée

    Kelly n’est pas le plus costaud, ni le plus puissant, mais sa compréhension de l’océan est quasi mystique. Il anticipe, il improvise, il s’adapte. Il surfe comme un danseur de jazz jouerait un solo : libre mais précis.

    Des figures signature

    Backside fluide, floaters surhumains, airs millimétrés, switchfoots maîtrisés… Slater a repoussé les limites de la performance sans jamais sacrifier l’esthétique.

    Inspiré par les maîtres

    Il cite souvent Tom Curren comme mentor. « Le surf est une ligne, une courbe, une danse », disait Curren. Kelly l’a pris au mot et l’a réinventé.

    Une vie sous les projecteurs

    L’histoire avec Pamela Anderson

    Dans les années 90, sa relation avec Pamela Anderson le propulse au rang de célébrité mondiale. L’icône de Baywatch et le surfeur prodige forment un couple aussi médiatisé qu’éphémère. Pour le meilleur et pour le glamour.

    Apparitions au cinéma et à la télévision

    Kelly apparaît dans Alerte à Malibu, joue son propre rôle dans des documentaires, et double un personnage dans Les Rois de la glisse. Il flirte avec Hollywood sans jamais s’y perdre.

    Le Surf Ranch : la vague parfaite

    Une vision technologique du surf

    En 2015, Kelly dévoile le Surf Ranch, une piscine à vagues révolutionnaire située à Lemoore, en Californie. Une vague de compétition, constante, creuse, longue et tubulaire. Le Graal pour les surfeurs.

    Un outil d’entraînement… mais aussi une vision controversée

    Certains puristes crient à la trahison, d’autres saluent l’innovation. Pour Slater, c’est une extension logique de son obsession de la perfection.

    Engagements et projets

    Outerknown et la mode éthique

    En 2014, il quitte Quiksilver et lance sa propre marque : Outerknown, en collaboration avec le designer John Moore. Une marque tournée vers la durabilité et l’éthique, pionnière dans l’upcycling et le respect des chaînes de production.

    Écologie et sensibilisation

    Kelly est également impliqué dans des projets environnementaux, notamment la préservation des récifs coralliens avec Reef Check. Son discours est souvent tourné vers la responsabilité écologique.

    Vie privée et transmission

    Une vie discrète… et une nouvelle paternité ?

    Père d’une fille, Taylor, née en 1996, Kelly partage aujourd’hui sa vie avec Kalani Miller, créatrice de la marque Mikoh. Le couple attend un enfant pour l’été 2024, une nouvelle étape pour le surfeur quinquagénaire.

    Le rôle de mentor

    Slater inspire des générations entières. Il échange souvent avec les jeunes surfeurs, comme John John Florence ou Italo Ferreira. Son approche reste humble et tournée vers le partage.

    Kelly Slater en 2025 : toujours sur la vague ?

    En 2023, il termine 23e du classement mondial. En 2024, il ne se qualifie pas pour la deuxième moitié du CT. Pourtant, aucune annonce de retraite officielle.

    Il continue de s’entraîner, de surfer, d’apparaître dans les compétitions majeures. La WSL pourrait lui offrir un wildcard pour les épreuves mythiques comme Pipeline ou Teahupo’o. Après tout, le GOAT n’a jamais dit son dernier mot.

    FAQ – Questions fréquentes sur Kelly Slater

    Quel est l’âge de Kelly Slater ?

    Il est né le 11 février 1972. En 2025, il a 53 ans.

    Combien de titres a-t-il remportés ?

    Kelly Slater a remporté 11 titres de champion du monde, un record absolu.

    Est-il encore en activité ?

    Oui, même s’il ne participe plus à l’intégralité du CT, il reste actif et peut recevoir des wildcards. Il a déclaré en 2025 souffrir de la hanche et d’anciennes blessures qui l’empêchent de réaliser toutes les manœuvres qu’il souhaite.

    Quelle est sa marque de vêtements ?

    Il a fondé Outerknown, une marque éthique et responsable.

    Où se trouve le Surf Ranch ?

    À Lemoore, en Californie, à plusieurs heures de la côte.

    Qui est Kalani Miller ?

    Sa compagne actuelle, entrepreneuse dans la mode et cofondatrice de Mikoh.

    Slater est-il engagé pour l’environnement ?

    Oui, il soutient plusieurs initiatives, notamment la protection des océans.

    Quelle est sa plus meilleure vague ?

    Il a marqué l’histoire à Pipeline, Teahupo’o, et même dans son Surf Ranch. Son tube de 2022 à Pipeline est mythique. Dans une interview dans le passé, il avait déclaré que l’une de ses vagues préférées était G Land en indonésie.

    Pourquoi est-il considéré comme le GOAT ?

    Pour son palmarès unique, sa longévité, son style et son influence culturelle et technique.

    Quels sont ses projets actuels ?

    Outre Outerknown, il est le papa d’un jeune enfant avec sa compagne Kalani Miller.

  • Surfer la vague d’une vie… sur la planche du frère décédé de Mick Fanning

    Surfer la vague d’une vie… sur la planche du frère décédé de Mick Fanning

    L’histoire commence par une houle mythique. Fin février 2025, la côte Est australienne se prépare à encaisser les restes du cyclone Alfred. À Kirra, spot légendaire de la Gold Coast, les conditions sont dantesques. Une droite tubulaire, glassy, rapide comme un éclair. Les plus courageux sont là, les caméras aussi. La journée entre dans la légende du spot.

    Et au milieu de cette foule de surfeurs affamés, un inconnu nommé Saxon McCorquodale attrape la vague de sa vie. Mais ce n’est que le début d’une histoire qui dépasse la performance, le surf, ou même le hasard.

    Une planche de surf à 20 dollars

    Saxon n’est pas pro, ni sponsorisé. Il ne vit pas de surf, mais c’est un passionné. Originaire d’Alstonvale, dans le nord de la Nouvelle-Galles du Sud, il partage son temps entre son métier dans le soutien aux personnes handicapées, sa passion pour l’art, la musique… et les vagues.

    Pour ce swell historique, Saxon ne sort pas une board d’un shaper mondialement connu. Il rame sur un gun jauni de 7’0” signé Günther Rohn, dégotté pour 20 dollars dans un magasin d’occasions à Lismore. Une planche cabossée, presque oubliée. Ce jour-là, ce sera son ticket vers un tube parfait, un moment suspendu.

    « Je me suis retrouvé, il y avait trois gars autour de moi… La vague est arrivée, ils m’ont juste dit « vas-y » dans un murmure. »

    Le tube parfait

    Saxon se jette dans un « late take off ». La vague est critique. Il place un bottom turn parfait, se cale, et disparaît dans un cylindre d’une beauté rare avec les bras en l’air. À l’intérieur du tube, le temps se fige, Saxon se laisse glisser avec une ligne parfaite, sans pomper, juste porté par l’énergie brute de Kirra.

    « C’était le moment de ma vie. Je hurlais. Je pleurais. J’étais hors de mon corps. »

    De l’extérieur, dans le chenal, Mick Fanning observe la scène. Le triple champion du monde a tout vu. L’engagement, le style, le timing. Il file vers Saxon en jet-ski pour le féliciter.

    Mais une fois à ses côtés, quelque chose attire son attention.

    Le détail qui change tout

    Mick observe la planche de Saxon. La forme, les logos, les couleurs… Il la reconnaît. Il demande à Saxon de la retourner. Et là, le choc : c’est la planche de son frère Ed Fanning, disparu tragiquement un an plus tôt.

    Le temps s’arrête une seconde fois. Saxon est en larmes. Mick aussi. Ils se regardent, sans vraiment savoir quoi dire.

    « C’était un moment cosmique. Une planche oubliée. Un inconnu. Une vague parfaite. Et mon frère, d’une certaine manière, là au milieu », racontera Mick plus tard.

    La planche, déjà bien abîmée, est fendue, imbibée d’eau. Elle ne survivra pas à cette dernière vague. Mais quelle fin pour une board : son dernier ride aura été un 10/10, sous les yeux du frère de son ancien propriétaire.

    Une histoire qui dépasse le surf

    Dans les jours qui suivent, la vidéo fait le tour du web. Saxon devient, malgré lui, une icône (quand je peux la faire, je n’hésite pas). Les messages affluent, les médias s’en mêlent. Lui reste humble, un peu déboussolé, mais profondément touché par la portée de ce qu’il vient de vivre.

    « Je veux proposer la planche à Mick. Peut-être qu’il la voudra. Ce sera dur de m’en séparer… mais je pense que ce serait juste. »

    Cette histoire n’est pas juste celle d’un tube de rêve ou d’un coup de chance. C’est une parenthèse magique où le surf devient un langage du destin, une passerelle entre les vivants et les disparus, entre le hasard et les souvenirs.

    Un spot, une houle, une âme

    Kirra a toujours été spéciale. Des vagues rapides, longues, tubulaires avec un fort courant. C’est le genre de spot où tu peux avoir la vague de ta vie, ou rentrer bredouille. Une vague qui récompense l’engagement, et nécessite de se trouver au bon endroit, au bon moment. Ce jour-là, elle a offert bien plus qu’un mur d’eau : elle a réuni deux mondes.

    « J’ai surfé des grosses houles. J’ai tout donné. Mais je n’ai jamais rien vécu de tel. Cette vague-là… elle m’a changé. »

    Pour Saxon, cette journée ne sera jamais égalée. Et pour Mick Fanning, elle restera gravée comme un signe, un clin d’œil de son frère, dans ce monde où les planches parlent parfois mieux que les mots.

  • Kelly Slater, la fin d’un règne dans un surf pro en crise

    Kelly Slater, la fin d’un règne dans un surf pro en crise

    Ils n’ont cessé de le répéter : « Kelly Slater a 53 ans ! ». À croire que son âge suffisait à justifier sa présence sur le Tour. Mais à force d’encenser la légende, les commentateurs ont fini par dévoiler l’absurdité de la situation : le surf professionnel s’accroche à son passé pendant que le présent se vide de sens.

    kelly slater trestles 2025

    Un héros fatigué, des scores en berne

    Sur le spot de Trestles, Kelly Slater s’est fait balayer par Italo Ferreira (15.17 contre 7.53), avant de s’incliner face à Barron Mamiya dans le repêchage. Son analyse ? Des nuits hachées depuis la naissance de son fils Tao, une hanche douloureuse et un corps trop abîmé pour rivaliser. « Je n’étais pas vraiment dans ma tête », a-t-il avoué après sa défaite.

    L’obsession du mythe… et l’aveu d’échec

    Pendant les lives, les commentateurs n’ont cessé de rappeler qu’il avait 53 ans, comme s’il s’agissait d’un exploit en soi. Mais justement : quand tout ce qu’on a à dire d’un compétiteur, c’est qu’il est encore là, c’est que le problème est profond. C’est un peu comme applaudir un boxeur KO qui se relève encore : impressionnant, mais gênant.

    Le Tour pro en quête de sens

    Dans le même temps, Gabriel Medina est forfait, John John Florence préfère faire de la voile, et la relève peine à briller dans des vagues trop molles, sur un circuit aseptisé. Le rêve s’effrite. L’image glamour du CT s’étiole, et Kelly Slater devient malgré lui le symbole d’un système à bout de souffle.

    Pipeline, la dernière danse ?

    Il reste une wildcard à Pipeline, son jardin. Ce sera peut-être la dernière fois qu’on verra Kelly en lycra sur le CT. Un hommage mérité ? Sans aucun doute. Mais aussi un besoin pressant pour la WSL de passer à autre chose, d’écrire un nouveau chapitre. Et vite.

  • Ivanka Trump surfe pendant que l’Amérique brûle, et alors ?

    Ivanka Trump surfe pendant que l’Amérique brûle, et alors ?

    On s’en fout, mais visiblement pas tout le monde. Ivanka Trump, ex-conseillère de papa et influenceuse en reconversion lifestyle-océan, a posté une photo d’elle en train de surfer pour la Journée mondiale des océans. Jolie glisse, jolie lumière, joli message ? Raté.

    Au moment exact où son paternel envoyait la Garde nationale mater les manifestations contre les expulsions massives d’immigrés, Ivanka se prenait pour une waterwoman, pieds bien calés sur la mousse, sourire Colgate au vent. Résultat : les réseaux sociaux se sont déchaînés comme un shorebreak à Nazaré.

    « Mon père met le feu au pays, moi je vais surfer ! Lol ! »

    « Le narcissisme ne tombe jamais loin de l’oranger. »

    « Pendant que l’Amérique brûle, elle surfe. »

    Une pluie de commentaires, entre ironie mordante et colère bien sentie. Certains l’ont même comparée à Marie-Antoinette : version boardshort et lycra, façon « Qu’ils mangent de la wax ».

    Un post, un océan d’indifférence

    Ce qui devait être une ode aux océans est devenu un chef-d’œuvre de dissonance. Car oui, il existe une règle d’or sur les réseaux : si ton clan politique déclenche une crise humanitaire, évite peut-être de poster une photo les pieds dans l’eau comme si de rien n’était.

    Mais Ivanka s’en fout. Et c’est peut-être ça le plus fascinant. Son truc, c’est le lifestyle. Une glisse proprette, sur vague artificielle (merci Kelly Slater), assistée par coach VIP (merci Raimana), et surtout sans trop d’éclaboussures.

    Un surf aseptisé. Un surf de magazine. Un surf sans la merde.

    L’image avant la réalité

    Dans un monde où les vagues sont générées sur commande et les messages calibrés pour l’algorithme, Ivanka Trump surfe. Pas parce qu’elle aime ça. Mais parce que ça fait bien dans le feed.

    Son sourire ? Ultra-bright. Son surf ? Ultra-coaché. Son timing ? Ultra-maladroit. Ou au contraire, parfaitement assumé ? Après tout, pendant que les médias se passionnent pour sa session de mousse, personne ne parle de la répression, des disparitions, des camps.

    Qu’on la laisse surfer, non ?

    Alors oui, on pourrait s’indigner. Mais à quoi bon ? Le vrai malaise n’est pas dans la photo. Il est dans le monde où une image de surf peut servir de fumigène politique. Où une glissade devient un écran de fumée.

    Alors surfons. Rions. Grinçons des dents. Et rappelons-nous qu’une vague peut aussi servir à détourner l’attention.

    Ou comme disait une certaine Antoinette avant de perdre la tête : « Tant qu’il y a du swell… »

  • Les couvertures truquées du surf : le grand tabou

    Les couvertures truquées du surf : le grand tabou

    Dans le surf, une image vaut mille mots – mais que se passe-t-il quand cette image ment ? À l’inverse du skate, les magazines de surf continuent de publier des figures non plaquées en couverture. Un scandale silencieux que peu osent dénoncer.

    Une tradition bien établie dans le surf… mais problématique

    Depuis des décennies, les photographes de surf capturent des instants de grâce : des tubes profonds, des airs gigantesques, des silhouettes figées dans le chaos de la vague. Mais ce que beaucoup ignorent, c’est que ces figures ne sont pas toujours “plaquées”. Autrement dit, le surfeur ou la surfeuse ne termine pas la manœuvre.

    Contrairement au skateboard – où l’on ne publie quasiment jamais une figure non réussie –, le surf semble s’accommoder de ce flou artistique. Pourquoi ? Parce que la photo est belle, spectaculaire, iconique. Mais est-ce suffisant ?

    Erin Brooks, une couverture qui relance le débat

    La couverture du 65ᵉ anniversaire de SURFER Magazine met en scène la jeune Erin Brooks, shootée par le célèbre Brian Bielmann à Rocky Point, exécutant un énorme air frontside. Problème : elle ne l’a pas plaqué.

    Sur les réseaux sociaux, la communauté ne tarde pas à réagir. Certains commentent :

    “Did she land that? Or am I missing something…”

    “@erinbrookssurf you did not land this tf”

    “Who cares about authenticity anymore?”

    Même si la photo reste impressionnante, la réaction est révélatrice d’un ras-le-bol croissant face à cette pratique que certains n’hésitent plus à qualifier de fraude visuelle.

    Une réalité bien française aussi

    On aurait tort de croire que ce phénomène se limite aux magazines américains ou australiens. En France aussi, les couvertures « trompeuses » font partie du décor. Surf Session, Surf Europe, Trip Surf… difficile de compter le nombre de couvertures illustrées par un air non plaqué, un tube non sorti, voire pire : un bon gros « closier », cette section finale qui ferme inévitablement sur le surfeur.

    Je me souviens d’une journée il y a une dizaine d’années, quelque part sur un beachbreak landais. Les vagues faisaient deux mètres, creuses, classiques, avec quelques jolis tubes à prendre — mais aussi beaucoup de sections qui ferment brutalement.

    On avait calé une session avec un surfeur pro et un photographe aquatique. Moi, j’étais à l’eau avec la caméra. Pendant deux heures, le surfeur a enchaîné les tentatives, sans sortir un seul tube. Que des closings, parfois esthétiques, mais toujours ratés.

    J’étais un peu blasé, persuadé d’avoir filmé deux heures de footage inutilisable. Mais quand ils sont sortis de l’eau, le surfeur et le photographe affichaient un grand sourire. Je leur demande : “Alors ?” — “C’est bon, on a la couv”, me répondent-ils.

    Et devinez quoi ? Ils l’ont eue. Couverture de Surf Session. Un joli cliché, bien calé, bien éclairé… d’un tube qui n’a jamais été sorti.

    Pourquoi le skate ne tolère pas ça ?

    Dans le skateboard, il est impensable qu’une figure non réussie apparaisse dans une vidéo ou en couverture. Les photographes attendent la réussite parfaite avant de shooter. Les caméramans montent scrupuleusement chaque séquence, et l’éthique de la réussite est sacrée.

    Pourquoi cette exigence ne s’applique-t-elle pas au surf ? Est-ce lié à la difficulté technique, à l’imprévisibilité de l’océan, ou à une culture plus “esthétique” qu’authentique ?

    Et les vidéos alors ? Une tendance qui se propage

    En vidéo, le phénomène est moins répandu – mais il existe. Certains éditeurs coupent juste avant la chute, ou jouent sur les ralentis pour donner l’illusion d’un trick réussi. C’est rare, mais pas inexistant. Et cela nourrit une culture de l’apparence, au détriment de la performance réelle.

    Quel message pour la jeune génération ?

    Des figures non plaquées mises en avant par les plus grands médias donnent un message trouble : “ça suffit d’essayer”. Pourtant, la progression réelle passe par la réussite, par la chute et par le dépassement. Le surf est un sport de vérité. Ne trahissons pas cette essence.

    Vers une nouvelle éthique de l’image dans le surf ?

    À l’heure où les jeunes talents comme Erin Brooks repoussent les limites du surf féminin, il est temps de demander davantage de rigueur visuelle. Oui, l’esthétique compte. Mais la vérité compte plus encore.

  • Le combat de Jérémy Florès : de la vague au vertige de la maladie

    Le combat de Jérémy Florès : de la vague au vertige de la maladie

    Derrière les victoires en série et les tubes parfaits, un autre défi attendait Jérémy Florès. Invisible. Implacable. Depuis 2022, le meilleur surfeur français de l’histoire affronte une tumeur cérébrale. Un bouleversement intime qu’il révèle dans le bouleversant documentaire Dos au mur.

    Un champion français devenu icône mondiale

    Révélé à 18 ans en 2006, Jérémy Florès devient alors le plus jeune surfeur de l’histoire à se qualifier pour le World Tour. Une ascension fulgurante ponctuée de premières historiques : premier Français vainqueur sur le CT à Pipeline (2010), un score parfait à Teahupo’o (20/20 en 2011), une victoire mythique à la maison lors du Quiksilver Pro France.

    Mais derrière cette success story, l’enfant de La Réunion portait déjà des blessures invisibles.

    Les prémices d’un mal profond

    Avant même son retrait du circuit en 2021, des signes s’accumulent. Fatigue chronique, migraines violentes, recours quotidien aux anti-inflammatoires. Au départ, Jérémy met ces douleurs sur le compte de ses multiples chutes, des traumatismes liés à une vie entière passée à défier l’océan.

    Mais à l’automne 2022, le verdict tombe : une tumeur est détectée à la base de son cerveau. Le ciel s’écroule.

    « Tu ne peux pas être préparé à ce genre d’annonce. Le pire moment de ma vie. »

    Il confesse aussi avoir longtemps gardé le silence, par fierté. « Je suis quelqu’un de très fier, je n’ai jamais eu envie de montrer mes faiblesses. » Ce n’est qu’à travers ce documentaire qu’il a choisi de tout dire, comme une forme de libération : « Les gens qui me suivent depuis longtemps ont le droit de savoir. »

    Un choc, puis une plongée intérieure

    La nouvelle frappe Jérémy alors qu’il pensait tourner une page paisible. Jeune père, il imaginait profiter de la vie, loin des compétitions, auprès de sa famille. Mais l’opération devient inévitable. Risquée. À l’issue incertaine.

    En octobre 2022, il subit une intervention en condition éveillée à Montpellier, supervisée par le neurochirurgien Hugues Duffau.

    « Pendant plusieurs semaines, je n’ai fait que pleurer. Pourquoi moi, pourquoi maintenant ? »

    La convalescence est rude : Jérémy doit réapprendre à parler, lire, écrire. Il raconte avoir eu des pertes de mémoire si sévères qu’il ne reconnaissait plus ses enfants. Aujourd’hui encore, il vit avec des séquelles. Des IRM réguliers permettent de suivre l’évolution des 10 % de la tumeur encore présents.

    « Niveau mémoire, je suis encore loin d’être au top. » plus jamais surfer.

    Des cicatrices invisibles : santé mentale et sport de haut niveau

    Le documentaire STRoNG, aussi forts que fragiles, diffusé sur Prime Video, avait déjà levé le voile sur une autre facette du champion : la santé mentale. Dépression, burn-out, perte de repères, pensées noires… autant d’épisodes douloureux que Florès a traversés avant même son diagnostic physique.

    « Je n’ai jamais fait de tentatives suicidaires, mais j’y ai pensé. Quand tu ne ressens plus d’émotions, tu te demandes à quoi bon. »

    La performance cache souvent des souffrances. Derrière les podiums, l’athlète accumulait le poids des attentes, de la pression, et d’un rythme effréné qui ne laisse pas place à l’introspection.

    La famille comme bouée de sauvetage

    Sa rencontre avec Hinarani de Longeaux, ex-Miss Tahiti, a été un tournant. Leur couple devient un refuge, un socle. Puis la naissance de leurs enfants, en particulier celle de leur fille Hinahei, agit comme une véritable renaissance.

    « Elle m’a guéri. Elle a cicatrisé toutes ces plaies un peu à vif. »

    Aujourd’hui, c’est dans ce cocon qu’il puise la force de continuer. Le surf reste là, mais la priorité, désormais, c’est le présent. Chaque jour.

    “Dos au mur” : un documentaire poignant

    Réalisé par Julie et Vincent Kardasik, Dos au mur sera diffusé le 16 juin sur Canal+ Docs. Ce film suit Jérémy dans son intimité, depuis son retrait du circuit jusqu’à l’opération, en passant par son engagement auprès de la jeune génération française (Kauli Vaast, Vahine Fierro). On y découvre aussi son rôle de père, d’entraîneur, et d’homme confronté à sa plus grande peur.

    Documenté comme un hommage à sa carrière et à sa résilience, Dos au mur explore les multiples facettes de Florès : le compétiteur féroce, l’enfant réunionnais, le mentor de Kauli Vaast, le père, le mari, le survivant. Kelly Slater, son père Patrick, ou encore sa compagne y livrent des témoignages bouleversants.

    Le film ne montre pas seulement des exploits. Il dévoile un homme, dans ses forces et ses fragilités, dans ses larmes comme dans ses sourires. Un surfeur qui apprend à vivre autrement, sans calendrier ni pression.

    Une inspiration pour toute une génération

    Aujourd’hui âgé de 37 ans, Jérémy Florès vit avec sa tumeur. Aucun miracle, pas de rémission totale annoncée. Mais il est là. Vivant. Et surtout, lucide.

    « Je vis au jour le jour, et j’espère, le plus longtemps possible. »

    Son témoignage brise les tabous sur la maladie, physique ou mentale. Il incarne une autre vision du surf de haut niveau, plus humaine, plus vulnérable – et donc plus puissante encore.

    Le coach, le passeur, l’héritier

    Un an après l’opération, Jérémy reprend pied dans l’action. Il devient coach de l’équipe de France pour les JO de Paris 2024. Il accompagne notamment Kauli Vaast (or olympique) et sa belle-sœur Vahine Fierro (victorieuse du Tahiti Pro 2024). Ces réussites, il les vit comme les siennes.

    « C’était le moment le plus fort de ma carrière. »

    Il développe aujourd’hui le projet Héritage, une structure commune entre les fédérations française et tahitienne pour former l’élite de demain, en vue des JO de Los Angeles 2028 et Brisbane 2032.

    Au-delà de la vague

    L’histoire de Jérémy Florès n’est pas celle d’un homme qui tombe. C’est celle d’un homme qui se relève, encore et encore. Qui ose montrer ses failles, et les transforme en force. Qui apprend à vivre sans gagner, à aimer sans compétition, à se réinventer hors de l’eau.

    À ceux qui le regardaient comme un champion, il répond aujourd’hui comme un père, un mari, un homme en quête d’équilibre. Et à tous les jeunes, surfeurs ou non, qui doutent, il adresse ce message : même les héros pleurent. Et ils continuent d’avancer.

    Il lui reste 10 % de la tumeur, une épée de Damoclès qu’il apprend à apprivoiser. Mais Florès ne vit plus dans la peur. Il avance, au jour le jour, avec sa famille, ses projets, et une nouvelle vision de la vie. Un message fort à retrouver dans Dos au mur, le 16 juin sur Canal+ Docs.

  • Maxime Huscenot : de la promesse à la persévérance

    Maxime Huscenot : de la promesse à la persévérance

    Il y a des vidéos qui racontent bien plus qu’un simple teaser de compétition. Celle que Maxime Huscenot vient de publier sur YouTube en fait partie. À quelques heures du début des Challenger Series 2025, ce court-métrage personnel revisite son passé, en images VHS et souvenirs d’enfance, pour mieux comprendre le chemin parcouru. Un chemin sinueux, ponctué d’injustices, de doutes, mais surtout d’une foi tenace en son surf et en son rêve.

    Le gosse de La Réunion promis au sommet

    Maxime Huscenot est né en 1992 sur l’île de La Réunion. En 2008, à seulement 16 ans, il devient champion du monde junior ISA. Il reste encore le seul français à avoir réussi cet exploit (enfin sauf erreur de ma part). Un titre qui fait briller son nom comme celui d’un futur crack du surf français, à l’époque encore en quête de représentants dans l’élite mondiale. Son sponsor d’alors, Quiksilver, croit en lui. Sur le papier, tout semble s’aligner : talent, attitude, sourire, travail.

    Mais la vie de sportif de haut niveau réserve rarement un parcours tout tracé. Et surtout, le surf professionnel est un monde où la méritocratie ne suffit pas toujours.

    Une décision injuste qui change tout

    Alors qu’il est l’un des espoirs les plus sûrs du surf tricolore, Quiksilver prend une décision brutale : couper dans ses budgets et se séparer de Maxime. Un choix difficilement compréhensible pour un jeune surfeur prometteur, déjà reconnu pour son professionnalisme et sa gentillesse. Certains disent même que son image « trop gentille » n’a pas aidé. Une absurdité pour ceux qui le connaissent : Maxime Huscenot est simplement respectueux, toujours souriant, toujours un mot aimable pour chacun.

    Ce premier coup dur aurait pu être fatal à sa carrière. Mais Maxime est de ceux qui encaissent en silence et tracent leur route.

    Années de doute et métamorphose

    Suit une longue période de flottement. Sur le QS, Maxime enchaîne les saisons sans trouver la régularité suffisante pour atteindre le CT. Il change de planches, modifie son matériel, cherche de nouvelles sensations. Il doute, mais il bosse avec son père comme coach. Le soutien de ses parents, et surtout de son père Jean-luc est exemplaire. Il observe, apprend, progresse. Pas de grand discours, pas de drama : juste du surf, encore et toujours.

    Jusqu’à cette saison de la délivrance, où tout s’aligne enfin. Maxime se qualifie pour le CT en 2023, la première division du surf mondial. Une consécration pour lui, pour sa famille, pour le surf réunionnais et français.

    Mais voilà le cut…

    Hélas, l’histoire n’est pas finie. Ou plutôt, elle recommence. La WSL met en place le fameux cut de mi-saison. Maxime en est victime. Il doit redescendre sur le circuit des Challenger Series.

    Tout aurait pu se jouer au Portugal. Une vague qui lui va bien, à lui, l’un des meilleurs tube riders français. Dans sa série face à Gabriel Medina et Callum Robson, Maxime commence fort, trouve une bonne vague. Il tient la deuxième place. Mais à cinq minutes de la fin, Robson déniche la bombe de l’épreuve. Un tube de folie, noté 10. Mérité pour l’Australien, cruel pour Huscenot.

    Une nouvelle saison, un nouvel espoir

    2025 commence difficilement pour Maxime. Sa qualification pour les Challenger Series ne se passe pas bien. Mais à force de persévérance, il obtient sa place. Et le revoilà, toujours prêt à se battre. Sa nouvelle vidéo est un signal fort : il n’a pas fini d’écrire son histoire.

    Le surf, un sport de mérite… et d’injustice

    Le surf pro est souvent cruel. Il y a les vagues, l’océan, les juges, les sponsors, les blessures. Et parfois, la chance. Maxime Huscenot incarne cette génération de surfeurs talentueux qui n’ont pas toujours reçu ce qu’ils méritaient, mais qui n’ont jamais cessé de croire en eux.

    Il aurait pu devenir aigri. Il est resté humble. Il aurait pu cesser d’y croire. Il continue de se lever chaque matin pour s’entraîner, perfectionner son surf, viser l’élite.

    Go Maxime, encore et toujours

    Cette nouvelle saison de Challenger Series débute le 2 juin en Australie. Maxime sera présent. Pas en tête d’affiche, mais toujours prêt à créer la surprise. Le surf français a besoin de figures comme lui : humaines, accessibles, inspirantes.

    Go Maxime. Pour tous les jeunes qui rêvent encore, pour ceux qui ont connu les galères, pour ceux qui savent que le mérite finit toujours par payer.

  • Décès de Timo Jarvinen, un regard venu du froid qui a marqué le surf mondial

    Décès de Timo Jarvinen, un regard venu du froid qui a marqué le surf mondial

    Le monde du surf vient de perdre l’un de ses témoins les plus sensibles et les plus talentueux. Timo Jarvinen, photographe de légende originaire d’Helsinki, s’est éteint à l’âge de 60 ans. Si son nom ne résonne pas auprès du grand public comme celui des surfeurs qu’il a immortalisés, il est une véritable icône pour toute une génération de photographes et d’athlètes. Retour sur la trajectoire exceptionnelle d’un homme dont l’appareil photo a su capter la beauté brute de l’océan et l’intensité de l’instant.

    Le surf comme appel intérieur

    Né en Finlande, pays sans vagues ni culture surf établie, Timo Jarvinen n’était pas destiné à devenir l’un des plus grands photographes de surf au monde. Pourtant, dès son adolescence, son regard s’affûte derrière l’objectif. Il quitte l’école à 16 ans, apprend les bases de la photographie en travaillant dans une imprimerie, puis commence à documenter des voyages snowboard. C’est le début d’un parcours guidé par la passion, la curiosité, et un sens inné de la lumière.

    Son premier appareil, un vieux Nikon F offert par son grand-père, devient son passeport vers les montagnes, les vagues, et les rencontres décisives.

    L’œil de Quiksilver et de Kelly Slater

    Installé un temps à Hossegor, il devient photographe attitré de Quiksilver et travaille avec les plus grands noms du surf mondial. Parmi eux, Kelly Slater, avec qui il tisse une relation professionnelle forte. Lors du sacre de Slater pour son 10e titre mondial à Porto Rico, Timo capture un cliché iconique : le roi du surf brandissant dix doigts pour célébrer la décennie de règne.

    Mais au-delà des stars, Timo s’attache à photographier les vagues elles-mêmes, parfois vides, parfois désertes. Il disait vouloir « montrer ce que les gens rêveraient de vivre », préférant les images positives à la misère ou à la souffrance. C’était sa manière de sublimer le réel, avec poésie, mais sans artifice.

    Une esthétique de la lumière et du mouvement

    Maître du flash aquatique, Timo Jarvinen révolutionne la manière de photographier dans l’eau. Avec son boîtier Nikon et ses caissons sur mesure, il parvient à figer l’instant avec une netteté et une intensité rares. Ses images de John John Florence à Tahiti ou de Clay Marzo dans les Outer Atolls sont devenues cultes. Il disait être inspiré par la lumière, l’eau, les reflets, les nuances.

    Sa photographie est un mélange de rigueur technique et de pure sensibilité. Une esthétique construite sur la patience, le respect de la nature, et le goût du risque – comme ce matin glacial à La Gravière, seul dans l’eau pour capturer la perfection éphémère d’une vague sans surfeur.

    Une disparition discrète, un héritage immense

    Ces dernières années, Timo Jarvinen s’était fait plus discret. Il partageait encore quelques projets, notamment dans le monde du ski avec Candide Thovex, autre figure de la glisse à l’approche artistique. Mais il restait avant tout fidèle à sa vision : ne jamais se cantonner à un style, ne jamais enfermer son regard.

    Avec sa disparition, c’est une part précieuse de la mémoire visuelle du surf moderne qui s’éteint. Mais son œuvre, elle, reste. Elle continue d’inspirer photographes et surfeurs du monde entier à voir au-delà de l’action, à capter l’âme du moment.

  • La vague d’une vie : Eimeo Czermak enflamme Teahupo’o

    La vague d’une vie : Eimeo Czermak enflamme Teahupo’o

    Un nom à retenir : Eimeo Czermak

    Eimeo Czermak n’en est pas à son premier coup d’éclat, mais cette fois, le surfeur tahitien de 21 ans a mis tout le monde d’accord. Le 7 mai 2025, à Teahupo’o, il a réussi l’impensable : surfer à la rame l’une des plus grosses vagues jamais prises sans assistance sur cette vague mythique. Une performance saluée unanimement par les médias spécialisés, qui parlent déjà de moment historique dans l’histoire du surf.

    Un swell classé « Epic » par Surfline

    Ce jour-là, Teahupo’o accueillait le premier très gros swell de la saison. Selon Kevin Wallis, chef prévisionniste chez Surfline, il ne s’agissait pas d’une tempête d’une violence extrême, mais plutôt d’un système parfaitement placé. Son déplacement quasi-direct vers Tahiti et sa proximité (1000 à 1500 miles) ont permis des conditions idéales : du gros surf, sans le vent ni le mauvais temps qui l’accompagnent souvent. Résultat : la journée a reçu le très rare label “Epic” de Surfline — une distinction qui ne tombe que quelques fois par an. Mais ce n’est pas tout : la période de la houle, entre 15 et 16 secondes, a rendu ces montagnes d’eau (à la limite du surf tracté) accessibles — ou presque — aux rameurs. Et c’est là qu’Eimeo Czermak a saisi sa chance.

    Une vague à la rame qui marque l’histoire

    À 4:13 de la vidéo publiée par *Surfer Magazine*, on découvre Eimeo glissant dans un tube massif, techniquement très compliqué, avec un placement chirurgical. Pas de jet ski. Juste ses bras, son mental et un timing parfait. Tikanui Smith, légende locale et témoin de la scène depuis le channel, n’a pas mâché ses mots : “Peut-être l’une des meilleures vagues jamais prises à la rame à Teahupoo.” Un compliment énorme quand on connaît l’historique du spot, où des monstres comme Laird Hamilton ou Nathan Fletcher ont écrit des pages majeures de l’histoire du surf tracté. Mais ici, il ne s’agit pas de tow-in. Il s’agit d’un surfeur local qui a lu parfaitement la vague et qui s’est engagé dans ce que beaucoup décrivent comme le ride de l’année.

    De Pipeline à la gloire mondiale

    Ce n’est pas la première fois qu’Eimeo Czermak fait parler de lui. En 2021, il s’était blessé sérieusement à Pipeline, à Hawaii. Une chute qui aurait pu freiner sa progression, mais qui semble aujourd’hui loin derrière lui. Depuis, le Tahitien n’a cessé de gagner en puissance, en technique et en maturité. Cette vague du 7 mai 2025 pourrait bien changer sa trajectoire : non seulement elle l’inscrit déjà dans le panthéon de Teahupo’o, mais elle le propulse aussi dans une nouvelle dimension médiatique.

    Et maintenant ?

    Le buzz autour de cette session est loin d’être retombé. Des médias américains comme *Surfer*, *Stab* ou encore *Surfline* y consacrent des articles élogieux. Les réseaux sociaux s’enflamment. Certains comparent même cette vague à celle de Laird Hamilton en 2000, surnommée “Millennium Wave”. D’autres estiment qu’on parlera encore de ce ride dans 25 ans. Eimeo, lui, reste humble. Mais cette vague, c’est un marqueur. Un tournant. Et surtout, une promesse : celle que la nouvelle génération tahitienne a de l’avenir, et qu’il faudra désormais compter sur Czermak quand on parlera des plus gros barrels de la planète.

    Une leçon de courage et de lecture de vague

    Au-delà du buzz, cette session rappelle que le surf à Teahupo’o, même après les Jeux Olympiques de Paris 2024, reste un défi extrême. Et que dans ce théâtre naturel, les locaux comme Eimeo Czermak continuent d’écrire l’histoire — non pas avec des artifices, mais avec du courage, de la technique et une connexion unique à la vague.
  • Adieu à Clyde Aikau, gardien de l’héritage d’Eddie et icône du surf

    Adieu à Clyde Aikau, gardien de l’héritage d’Eddie et icône du surf

    Le monde du surf est en deuil. Clyde Aikau, légende hawaïenne des grosses vagues et dernier représentant direct de l’esprit Aikau, est décédé paisiblement le samedi 3 mai 2025 à son domicile de Waimanalo, à l’âge de 75 ans. Il laisse derrière lui une empreinte immense dans la culture surf et l’histoire d’Hawaï.

    Le plus jeune d’une fratrie légendaire

    Né le 24 octobre 1949 à Kahului, sur l’île de Maui, Clyde Aikau était le plus jeune des six enfants de Solomon “Pops” Aikau et d’Henrietta Aikau. En 1959, la famille s’installe à Oahu, au cœur du North Shore, théâtre des plus célèbres vagues du monde. Avec son frère aîné Eddie, Clyde découvre très tôt les joies – et les dangers – de l’océan.

    Tous deux deviennent lifeguards à Waimea Bay, alors que le surf de grosses vagues est en pleine explosion. Ils ne se contentent pas d’assurer la sécurité des baigneurs : ils incarnent l’excellence et la bravoure des watermen hawaïens, ces hommes et femmes capables de lire l’océan comme une langue maternelle.

    La disparition d’Eddie, le tournant d’une vie

    Le nom des Aikau est indissociable du drame de 1978. Cette année-là, Eddie embarque sur la Hōkūleʻa, une pirogue double inspirée des anciennes embarcations polynésiennes, pour retracer les routes ancestrales de navigation. Lorsque le bateau chavire, Eddie tente de rejoindre la terre à la nage pour chercher du secours. Il n’est jamais revenu.

    Pour Clyde, ce fut un bouleversement. Mais au lieu de se replier, il décide de faire vivre la mémoire de son frère. En 1986, il remporte la première édition du Eddie Aikau Big Wave Invitational à Waimea Bay, un événement devenu mythique. Pendant trois décennies, il veille à chaque édition avec un engagement sans faille, allant jusqu’à y participer lui-même jusqu’en 2016, à l’âge de 66 ans.

    Un homme de la communauté

    Au-delà de ses exploits dans les vagues, Clyde Aikau était profondément engagé auprès de la communauté hawaïenne. Il a dirigé un service de Waikiki Beachboys, ces ambassadeurs du surf qui perpétuent les traditions locales tout en accueillant les visiteurs.

    Il s’est aussi investi dans le système éducatif, notamment comme lien entre le Département de l’Éducation et les familles sans-abri. Il veillait à ce que chaque enfant ait accès aux fournitures scolaires, au transport et, surtout, à l’éducation. Un combat discret mais fondamental, dans l’esprit de solidarité qui caractérisait toute sa vie.

    Slack key, famille et aloha spirit

    Clyde n’était pas seulement un athlète et un militant. Il était aussi un homme de musique et de partage. Avec Eddie, il avait pour habitude de jouer de la guitare en slack key, un style traditionnel hawaïen, lors de sessions improvisées avec des amis et des membres de la famille.

    Il incarnait parfaitement ce que les Hawaïens appellent l’Aloha Spirit : une manière d’être au monde faite de respect, de générosité, d’écoute et d’amour pour la nature et les autres. Jusqu’à ses derniers jours, malgré ses problèmes cardiaques et un combat contre le cancer du pancréas, Clyde a continué de porter cette énergie bienveillante qui faisait de lui une figure aimée et respectée.

    Un héritage inoubliable

    Le décès de Clyde Aikau marque la fin d’une époque. Il était le dernier témoin direct de cette génération de pionniers qui ont élevé le surf de grosses vagues au rang d’art de vivre et de culture. Il était aussi le gardien du nom Aikau, un nom désormais gravé dans l’histoire du surf mondial.

    Son fils Haʻa lui a rendu hommage sur Instagram avec ces mots simples et touchants :

    « Je vais te manquer papa. Je sais que tu t’amuses dans ta nouvelle aventure comme tu le disais. Je te promets de te représenter. À bientôt. »

    Les hommages se multiplient à travers le monde. Du North Shore à la Californie, de Tahiti à l’Australie, tous les surfeurs, jeunes ou vieux, savent ce qu’ils doivent à Clyde Aikau. Il a inspiré des générations de riders à honorer la mer, à protéger leur communauté, à se souvenir de ceux qui ont pavé la voie.

    Merci Clyde

    Waimea Bay ne sera plus jamais la même sans lui. Mais chaque houle d’hiver, chaque ride au pied des falaises, chaque rameur solitaire en quête de vagues, portera encore un peu de son héritage. Clyde Aikau ne disparaît pas : il rejoint l’histoire des grands, au large, là où les vagues ne cessent jamais.

  • Charly Quivront en apesanteur au Wave Garden Lab : le surf du futur en action

    Charly Quivront en apesanteur au Wave Garden Lab : le surf du futur en action

    Quand Charly Quivront envoie du lourd, on sait que ça va voler haut. Après avoir déchiré les vagues légendaires du North Shore à Hawaï, le revoilà plus proche de chez nous, dans un spot aussi exclusif que futuriste : le Wave Garden Lab. Direction le Pays basque espagnol, à seulement 1h30 d’Anglet, pour une session pas comme les autres… dans une piscine à vagues secrète et réservée aux invités.

    Le Wave Garden Lab : là où naissent les vagues du futur

    Perdu au milieu de nulle part, ce laboratoire des vagues est le terrain d’expérimentation de Wave Garden, les maîtres incontestés de la vague artificielle. Ici, pas de files d’attente ni de séries capricieuses : chaque vague est programmée, sculptée à la perfection. Barrel, grosse manœuvre ou section à air XXL, tout est sous contrôle.

    Et même si cette piscine est plus petite que ses grandes sœurs commercialisées, elle reste un terrain de jeu ultime pour les pros. C’est ici que les futures innovations prennent forme avant de conquérir le monde du surf artificiel.

    Charly Quivront, le roi des airs

    Dans ce nouveau clip, Charly transforme ce bassin high-tech en véritable rampe de lancement. Sous un ciel bleu éclatant et sur une eau cristalline, le Français enchaîne les aerials millimétrés, repoussant les limites de la gravité avec une facilité déconcertante.

    Pas besoin de scruter les prévisions ou d’attendre le bon swell : ici, chaque take off est une promesse d’envol. Et Charly le prouve avec un style fluide, précis, et surtout ultra propre. On le sent dans son élément, comme un gamin dans un skatepark infini, répétant ses tricks avec la régularité d’une horloge suisse… version aquatique.

    Le spot rêvé pour le training

    Si tu te demandes où les pros peaufinent leurs figures les plus folles, ne cherche plus. Ce clip confirme que le Wave Garden Lab est le meilleur spot pour travailler ses airs. Avec une vague parfaitement maîtrisée et des sections taillées sur-mesure, c’est le paradis pour tout surfeur en quête de performance et de fun.

    Mais attention, ce petit bijou n’est pas ouvert au public. On y entre sur invitation seulement, ce qui en fait un lieu presque mythique, réservé à l’élite et aux privilégiés du surf moderne.

    Le surf du futur, c’est maintenant

    Cette session dominicale filmée avec passion nous rappelle à quel point le surf évolue. Entre traditions océaniques et nouvelles technologies, des spots comme le Wave Garden Lab ouvrent des horizons infinis. Pour des surfeurs comme Charly Quivront, c’est l’occasion de repousser encore plus loin les frontières de la créativité et de la performance.

    Alors, prêt à découvrir ce que donne une journée sans vent, sans courant, mais avec des vagues parfaites à volonté ? File voir le clip et laisse-toi embarquer dans ce surf du futur, où chaque vague est une œuvre d’art… et chaque manœuvre, un spectacle.

  • Greg Browning, lumière du surf et du cinéma, s’est éteint

    Greg Browning, lumière du surf et du cinéma, s’est éteint

    Greg Browning, surfeur légendaire et cinéaste de talent, s’est éteint à l’âge de 52 ans après un combat courageux contre la maladie de Charcot (ALS). Son départ laisse la communauté surf orpheline d’une figure lumineuse, généreuse et profondément aimée.

    Une icône de la Momentum Generation

    Originaire de South Bay, région mythique du surf à Los Angeles, Greg Browning découvre sa passion à Hermosa Beach en 1986. Très vite, son style fluide, son charisme naturel et son sourire éternel le propulsent parmi les figures de proue de la fameuse Momentum Generation.

    Aux côtés de légendes telles que Kelly Slater, Shane Dorian, Taylor Knox et Rob Machado, Greg a marqué les années 90 par sa simplicité et son authenticité. Il n’était pas seulement un excellent surfeur, mais un véritable rayon de soleil, toujours prêt à élever les autres autour de lui.

    Du surf au cinéma : un talent derrière et devant la caméra

    Après une carrière solide de surfeur professionnel, Greg Browning poursuit son chemin dans le cinéma de surf, révélant un autre de ses talents. Collaborateur proche du réalisateur Taylor Steele, il participe à la création de nombreux films emblématiques qui définissent toute une génération.

    Avec la série culte Drive Thru, Greg capture l’essence même de l’aventure surf : l’amitié, les voyages et l’amour de l’océan. À travers des images pleines d’humour et d’authenticité, il offre au public des tranches de vie uniques aux côtés de Donavon Frankenreiter, Kalani Robb ou encore Benji Weatherley.

    Coach et mentor : un modèle pour la nouvelle génération

    Si filmer mettait du pain sur la table, Greg n’a jamais abandonné son amour pour le surf de haut niveau. Il s’est impliqué en tant que coach et mentor auprès de nombreux talents, dont les championnes olympiques Carissa Moore et Tatiana Weston-Webb.

    Son approche bienveillante, sa capacité à motiver et inspirer sans jamais écraser, font de lui un guide précieux pour toute une nouvelle génération de surfeurs et surfeuses.

    Un combat contre la maladie porté par l’amour des siens

    Diagnostiqué de la maladie de Charcot en août 2023, Greg affronte cette terrible nouvelle avec un courage impressionnant. Comme l’a souligné son ami de toujours Taylor Steele :

    « Même face à l’adversité, il est resté gentil, curieux, offrant rires et perspectives à ceux qui l’entouraient. »

    Plutôt que de se refermer sur lui-même, Greg a continué à se battre pour donner du bonheur autour de lui. Sa famille, ses amis et tous ceux qui l’ont côtoyé ont pu ressentir cette force incroyable, ce désir profond de partager encore un peu plus de lumière malgré la douleur.

    Taylor Knox, surfeur et ami de plus de 30 ans, a exprimé toute son admiration :

    « Greg vivait avec une bonté silencieuse et un courage qui nous laissent tous en admiration. Il restera à jamais une source d’inspiration. »

    Un départ empli de dignité et d’amour

    Conscient de l’issue inéluctable de sa maladie, Greg Browning a choisi d’affronter ses derniers jours à sa manière : avec dignité, amour et bienveillance. La semaine avant son départ, entouré de ses proches, il leur a donné l’occasion de lui dire adieu et de lui témoigner leur immense amour.

    Même dans ses derniers instants, Greg pensait aux autres avant lui-même, fidèle à l’homme qu’il a toujours été : généreux, tourné vers les autres, profondément humain.

    L’héritage de Greg Browning, une source d’inspiration éternelle

    Greg Browning laisse derrière lui bien plus que des films et des souvenirs de surf épiques. Il laisse un modèle de vie, un exemple rare de gentillesse, de passion et de résilience. À travers chaque vague surfée, chaque plan filmé et chaque sourire partagé, il nous montre comment vivre pleinement, sans jamais perdre de vue l’essentiel.

    Aujourd’hui, son influence dépasse largement le monde du surf. Il inspire chacun d’entre nous à être plus attentionné, plus joyeux, plus vivant.

    Greg, merci pour ta lumière. Tu continueras de surfer dans nos cœurs, à chaque houle, à chaque coucher de soleil sur l’océan.

  • La dépression chez les surfeurs pro : un mal qui émerge

    La dépression chez les surfeurs pro : un mal qui émerge

    L’annonce récente de Tatiana Weston-Webb, surfeuse brésilienne de haut niveau, qui met temporairement sa carrière en pause pour des raisons de santé mentale, a ravivé un sujet trop longtemps passé sous silence : la dépression chez les surfeurs professionnels. Derrière les sourires radieux, les sessions de rêve et les podiums, se cachent souvent des blessures invisibles. De Gabriel Medina à Andy Irons, en passant par Jérémy Florès et Filipe Toledo, les témoignages se multiplient et dressent le portrait d’un sport aussi exigeant mentalement que physiquement.

    Une pression permanente dès le plus jeune âge

    L’enfance sacrifiée pour l’excellence

    Nombre de surfeurs professionnels débutent très jeunes. Dès l’adolescence, ils sont propulsés dans un univers de compétitions internationales, loin de leurs repères familiaux. Cette déconnexion précoce peut avoir des effets durables sur leur équilibre mental. Dans un documentaire, Jérémy Florès expliquait :

    « J’ai été aveuglé par le succès… Tu oublies alors les bonnes choses et la réalité, comme ta famille, tes meilleurs amis. »

    Une compétition sans répit

    Le circuit pro de la World Surf League (WSL) impose un calendrier dense, des déplacements constants et une obligation de performance continue. Les défaites sont publiques, les critiques instantanées, amplifiées par les réseaux sociaux. Cette pression constante peut fragiliser même les esprits les plus aguerris.

    Des témoignages poignants : quand les surfeurs parlent

    Gabriel Medina : le choc d’une pause

    Triple champion du monde, le Brésilien Gabriel Medina a mis sa carrière entre parenthèses en 2022. En cause : une dépression profonde, déclenchée par un divorce et des tensions familiales. Il a confié :

    « J’ai eu une dépression, j’ai commencé à me traiter avec un psychologue. Je n’ai jamais imaginé être dans cette situation. C’est effrayant, les choses cessent d’avoir du sens pour vous. »

    Filipe Toledo : l’annonce choc de 2024

    Début 2024, c’est au tour de Filipe Toledo, champion du monde en titre, d’annoncer son retrait du circuit pro pour préserver sa santé mentale. Dans un communiqué sobre, mais fort, il évoque son besoin de « prendre soin de lui-même avant tout ».

    Andy Irons : une tragédie révélatrice

    Le cas le plus emblématique reste celui d’Andy Irons. Triple champion du monde, il est décédé en 2010 à seulement 32 ans. Le documentaire Kissed by God a révélé qu’il luttait contre un trouble bipolaire depuis l’âge de 18 ans, souvent combiné à des addictions. Son histoire a marqué un tournant dans la prise de conscience de la santé mentale dans le surf.

    Des causes multiples, un mal invisible

    Isolement et éloignement

    Voyager de plage en plage peut sembler idyllique, mais pour de nombreux surfeurs, cela rime avec solitude. Loin de leur famille, coupés de leur culture, ils évoluent dans un environnement instable. L’absence de routine, de cadre structurant, accentue cette fragilité.

    Hyper-exposition médiatique

    Le surf moderne est aussi une vitrine. Sponsoring, réseaux sociaux, interviews : chaque instant est documenté, analysé, critiqué. L’image du surfeur libre et détendu devient une injonction à toujours paraître heureux, même dans les pires moments. Cette dissonance entre l’image publique et la réalité intime est souvent source de souffrance.

    Les blessures et la fin de carrière

    Un accident, une blessure grave, une élimination brutale peuvent provoquer une perte d’identité. Pour ceux qui ont tout sacrifié au surf, se retrouver en dehors du circuit peut générer un vide existentiel profond. N’oubliez pas que derrière l’histoire d’un surfeur, il y a une famille qui a fréquemment beaucoup sacrifié pour leurs fils ou leur fille. L’échec sur le tour professionnel est habituellement une remise en cause difficile à gérer personnellement.

    Le surf, thérapie ou piège ?

    Le surf comme exutoire

    Pour certains, le contact avec l’océan reste un refuge. De nombreuses études soulignent les bienfaits de l’eau sur le bien-être mental : diminution de l’anxiété, augmentation de la concentration, réduction du stress. Cette « surf thérapie » est d’ailleurs utilisée dans certains programmes de soins, notamment pour les vétérans ou les adolescents à risques.

    Un sport à double tranchant

    Mais si le surf peut apaiser, il peut aussi enfermer. L’obligation de performer dans les vagues peut transformer ce plaisir en source de tension. Comme l’explique Mark Occhilupo, champion australien et ancien alcoolique repenti : « Quand tu gagnes, tout le monde est là. Mais quand tu perds ou que tu vas mal, c’est le désert. »

    Briser le tabou : vers une parole libérée

    Les documentaires comme électrochoc

    Des productions comme Kissed by God ou Strong ont permis de mettre des visages sur cette souffrance. En racontant leur chute, ces surfeurs ont offert à d’autres la possibilité de s’exprimer à leur tour.

    Le rôle croissant des fédérations

    La World Surf League commence à intégrer des cellules de soutien psychologique, et certaines équipes nationales proposent un suivi mental personnalisé. Une évolution encore timide, mais nécessaire.

    Les réseaux sociaux, espace de sincérité

    Paradoxalement, les plateformes numériques, souvent accusées d’aggraver la pression, deviennent aussi un lieu d’expression. Des surfeurs comme Tatiana Weston-Webb ou Koa Smith y ont partagé leur vulnérabilité, humanisant leur image publique.

    La dépression chez les surfeurs professionnels rappelle que nul n’est à l’abri, même au sommet. Elle démontre l’importance de repenser le sport de haut niveau, en intégrant le bien-être mental au cœur de la performance. Comme une vague imprévisible, la souffrance peut surgir à tout moment. Mais à l’image du surf, c’est aussi dans l’acceptation, l’équilibre et la résilience que se trouve la voie pour rester debout.