C’est une nouvelle qui attriste profondément la communauté surf et skate en France. Paul Bontemps, surfeur, créateur, entrepreneur et figure de HOA Surf, est décédé à seulement 33 ans, des suites d’une maladie contre laquelle il s’était battu avec courage et espoir.
Installé en Loire-Atlantique, Paul faisait partie de ces passionnés capables de transformer leurs rêves en réalité. Avec son ami et associé Antoine Bouganne, il avait cofondé HOA Surf, une aventure qui mêlait surf, skate et esprit d’entrepreneuriat. Ensemble, ils avaient commencé modestement, en fabriquant une première petite rampe au fond d’un hangar. Jour après jour, module après module, ils ont façonné de leurs mains un univers qui allait séduire bien au-delà de leur cercle d’amis.
HOA Surf n’était pas seulement une marque de planches : c’était une vision, celle d’unir surf et skate autour d’une même culture. Paul, paysagiste de métier, apportait son savoir-faire pour intégrer des modules de skate dans des environnements extérieurs, tout en partageant sa passion des vagues. Très vite, avec Antoine, ils se sont fait connaître pour leurs rampes, barres et skateparks sur-mesure.
Mais plus qu’une entreprise, HOA Surf incarnait leur amitié, leur créativité, et cette volonté de rapprocher les cultures de glisse.
L’esprit de partage avant tout
Paul Bontemps ne s’intéressait pas à la célébrité ni aux chiffres. Dans une interview, il confiait :
« Le nombre d’abonnés, je m’en contrefiche. Ce qui compte, c’est le partage qu’on peut avoir dans l’eau, les rencontres, les expériences. HOA Surf, c’est faire découvrir le surf, montrer que c’est accessible à tout le monde… mais avec le respect des autres, la sécurité et le plaisir avant tout. »
Ces quelques mots résument à eux seuls son état d’esprit : généreux, ouvert, toujours tourné vers l’autre.
Une communauté derrière lui
Au fil des années, Paul et Antoine ont aussi investi les réseaux sociaux. Sur TikTok, Instagram ou YouTube, ils partageaient voyages, sessions de surf, créations de modules et moments de vie. Leur communauté, qui compte aujourd’hui des dizaines de milliers d’abonnés, n’était pas une simple audience : c’était une famille de passionnés unis autour de valeurs communes.
Nombreux sont ceux qui, depuis l’annonce de sa disparition, lui rendent hommage, saluant sa gentillesse, sa créativité et sa passion communicative.
Un dernier message plein d’espoir
Jusqu’au bout, Paul a tenu à rester positif et à transmettre de la force à ses proches et à sa communauté. Dans un de ses derniers messages postés il y a quelques semaines, il écrivait :
« Merci pour cette vague d’amour et de soutien ! Merci à ma famille, à ma copine, à mes proches… Vous me donnez la force de me battre ! On continue d’avancer et de remonter la pente, et on reste positif ! »
Des mots forts, qui résonnent aujourd’hui comme un testament d’optimisme et de courage.
Un héritage qui restera
À travers HOA Surf, ses créations en bois, ses vidéos et ses voyages, Paul Bontemps laisse derrière lui bien plus que des planches et des modules : il laisse un esprit. Celui d’un passionné qui croyait aux rêves d’enfant, qui aimait transmettre et qui plaçait toujours le partage au centre de ses projets.
À 33 ans, il s’en est allé bien trop tôt. Mais dans chaque rampe qu’il a dessinée, dans chaque vague qu’il a surfée, et dans chaque sourire qu’il a déclenché, son empreinte demeure.
Dee Why, Northern Beaches (Sydney) — Samedi 6 septembre 2025, vers 10 h, Mercury “Merc” Psillakis, 57 ans, a été mortellement attaqué par un requin au large de Long Reef. L’Australie du surf perd un voisin, un ami, un père, un passionné.
Un surfeur apprécié, un voisin engagé
Installé à Dee Why, Merc était connu pour son énergie lumineuse et sa gentillesse au pic comme à terre. Entrepreneur local, amoureux des plantes rares, mari de Maria et père de Freedom, il incarnait ce fil invisible qui relie une communauté autour de l’océan. Les autorités ont confirmé qu’il se trouvait à environ 100 m du rivage lorsque l’attaque s’est produite. D’autres surfeurs l’ont ensuite ramené vers la plage, malgré des blessures « fatales ». Les plages entre Manly et Narrabeen ont été temporairement fermées dans la foulée.
Le geste héroïque de Merc
Des témoins et des proches racontent un dernier acte d’un altruisme bouleversant : Merc aurait repéré le squale et appelé les autres à se regrouper pour rentrer vers le bord. Il aurait ainsi aidé ses amis à se mettre à l’abri avant d’être frappé à son tour. « Stoïque, héroïque jusqu’au bout », témoigne un ami de la famille. Ce récit a profondément marqué le littoral nord de Sydney.
Le deuil d’un jumeau : “Nous partagions la même âme”
Son frère jumeau, Mikali (Mike), shaper, a publié des mots qui ont traversé l’océan : « C’est le moment le plus difficile de ma vie… il était ma main droite… nous partagions la même âme. » Il appelle chacun à « vivre avec une pure passion » et à dire à ses proches qu’on les aime. Des mots simples, vrais, à l’image de Merc.
Paroles de la famille : “Impossible de ne pas l’aimer”
Dans un message public, ses proches décrivent un homme « impossible à ne pas aimer », un mari et un père « dévoué et incroyablement joyeux » qui « savait apporter de l’humour dans chaque situation ». Ils saluent aussi les surfeurs et sauveteurs qui ont risqué leur vie pour le ramener. La communauté de Long Reef Boardriders parle, elle, de « fils préféré de Long Reef ».
Ce que l’on sait de l’attaque
Les biologistes du NSW, après examen de la planche brisée, estiment qu’un grand requin blanc d’environ 3,4 à 3,6 m est responsable. Des SMART drumlines supplémentaires et des drones ont été déployés dans la zone les jours suivants, tandis que Dee Why et Long Reef sont restées fermées pendant les opérations de surveillance.
Un drame qui relance le débat sur la sécurité
L’onde de choc a immédiatement réouvert le débat sur les filets anti-requins. Le gouvernement du NSW a suspendu, puis maintenu la pause du projet de retrait partiel des filets annoncé pour cet été, le temps d’évaluer les faits et l’efficacité des dispositifs existants (filets, drumlines, drones, stations d’écoute). Les fermetures préventives se sont étendues aux plages voisines dans les jours suivants.
Au-delà des chiffres, une présence qui manque
Pour ceux qui croisaient Merc chaque matin, board sous le bras et sourire aux lèvres, la perte est incommensurable. On raconte qu’il « sautillait sur l’herbe » jusqu’au bord, discutait avec tout le monde, puis ramait vers le large avec l’enthousiasme d’un gamin. Ce sont ces images, ces éclats de voix et cette chaleur humaine qui resteront. À sa famille, à ses amis, à ses partenaires d’aube et de marée, toute la tribu du surf vous serre fort.
Si vous souhaitez aider
Des élans de solidarité se sont organisés localement pour soutenir sa famille. Renseignez-vous via les canaux officiels et associatifs des Northern Beaches avant toute contribution.
Depuis qu’il a annoncé mettre un terme à sa carrière de compétiteur, Kelly Slater n’a pas seulement tiré sa révérence sportive. Il a aussi ouvert un nouveau chapitre de sa vie, où l’humain prend le pas sur l’athlète. Ces derniers jours, l’Américain a partagé avec ses fans un examen médical révélant l’ampleur de sa scoliose, une pathologie dont il souffre depuis de nombreuses années.
Un body scan révélateur
Kelly Slater a profité de sa nouvelle vie loin du circuit pour passer un bilan de santé complet dans une clinique spécialisée. Sur Instagram, il a expliqué :
« J’ai fait récemment un body scan afin d’avoir un aperçu de tous les problèmes de santé que je connais déjà, mais aussi de ceux dont je n’avais pas conscience. Maintenant que je suis hors du Tour et que j’ai un peu de temps, c’était le bon moment pour m’y pencher. J’ai eu quelques résultats mineurs et modérés à surveiller, mais je n’entrerai pas dans les détails. Évidemment, ma scoliose, dont j’ai souvent parlé, est un vrai problème. »
La star de 53 ans n’en est pas à sa première confidence sur son dos fragile, mais voir la courbure de sa colonne vertébrale en noir et blanc a marqué ses fans.
Ce mal de dos, Kelly le connaît depuis longtemps. Dès 2016, il confiait :
« Je traîne un problème de dos assez sérieux depuis plusieurs années. Je ne sais pas si j’ai été dans le déni ou si je faisais semblant que ce n’était pas si grave, mais il y a beaucoup de jours où je ne surfe pas parce que j’ai trop mal. C’est surtout le bas du dos. J’ai une scoliose assez sévère, avec un déséquilibre : je suis plus court d’un côté que de l’autre. Et au milieu du dos, ça part dans l’autre sens, ce qui forme une sorte de S. »
Un handicap qui n’a pas empêché le Floridien de continuer à rivaliser avec l’élite mondiale, décrochant encore des victoires après 40 ans. Mais à force, les douleurs et les limites physiques se sont imposées.
La force de partager sa vulnérabilité
Publier ses radios n’était pas une démarche évidente pour Slater. Pourtant, il a choisi de le faire pour transmettre un message universel :
« Montrer ma colonne est très personnel, car c’est impressionnant de voir cette courbure avec laquelle je vis depuis tant d’années. Mais je pense qu’il est important que les gens sachent que nous avons tous des problèmes physiques, et que nous pouvons trouver des moyens de réduire leurs impacts, voire d’inverser certains effets. »
Un témoignage qui résonne bien au-delà du surf. Slater rappelle aussi l’importance des bilans de santé réguliers, surtout passé la cinquantaine :
« Ces examens sont particulièrement importants pour les personnes de plus de 50 ans. Je suis très reconnaissant d’avoir pu trouver une place dans leur clinique malgré mon emploi du temps serré. »
Un geste sincère… ou une opération marketing ?
Si la transparence de Kelly Slater force le respect, son post interroge aussi. Car au-delà du message de prévention, impossible d’ignorer que l’examen a été réalisé chez Prenuvo, une start-up canadienne qui s’est fait connaître grâce aux célébrités. Kim Kardashian, Paris Hilton ou encore Cindy Crawford en ont déjà fait la promotion, décrivant leur IRM comme une « machine qui sauve des vies ». Problème : ce dépistage intégral du corps est facturé près de 2.500 dollars et suscite de vives critiques du corps médical. En France, plusieurs spécialistes rappellent qu’aucune étude ne prouve l’efficacité préventive de ce type d’examen, qui relève davantage du produit de luxe anxiogène que d’une véritable médecine. Dans ce contexte, on peut se demander si Slater ne s’est pas fait, volontairement ou non, le relais publicitaire d’une entreprise controversée. Après tout, il aurait pu partager ses radios et parler de son combat contre la scoliose sans citer le nom de la clinique.
La légende reste inspirante
Même s’il ne portera plus de lycra sur le Tour, Kelly Slater continue d’inspirer. Par sa longévité hors normes, par son palmarès (11 titres mondiaux), mais aussi aujourd’hui par son authenticité. Sa scoliose, visible et assumée, rappelle que même les plus grands champions ne sont pas invincibles.
Cette transparence transforme sa fin de carrière en un passage de relais symbolique : aux jeunes générations de briller, et à Slater de montrer que vieillir peut aussi être une leçon de courage et de lucidité.
Le créateur du “World’s Most Famous Surf Shop” laisse derrière lui une empreinte unique dans l’histoire du surf
Le monde du surf vient de perdre l’un de ses personnages les plus singuliers et influents. Ron DiMenna, fondateur du mythique Ron Jon Surf Shop, est décédé le 6 septembre 2025 à l’âge de 88 ans. Derrière ce nom devenu une véritable marque mondiale, se cachait un homme aussi visionnaire qu’énigmatique, qui aura contribué à transformer la culture surf en un phénomène de masse.
Les débuts à New Jersey, la légende d’un shop
C’est en 1959, bien loin des palmiers de Cocoa Beach, que l’histoire commence. Ron DiMenna ouvre son premier magasin à Ship Bottom, dans le New Jersey. Jeune passionné de surf, il comprend très vite que cette pratique émergente peut séduire bien au-delà des côtes californiennes. Il se met à vendre des planches importées de Californie, puis à développer un véritable univers autour de ce sport encore marginal.
Dès 1963, poussé par son instinct d’entrepreneur et son goût pour l’aventure, il s’installe à Cocoa Beach, en Floride. À deux pas du spot de Kelly Slater, il implante ce qui deviendra le plus grand surf shop du monde, ouvert 24 heures sur 24. Aujourd’hui, le flagship de Cocoa Beach attire plus de 1,5 million de visiteurs par an, autant que le Kennedy Space Center voisin.
Ron Jon, une institution de la côte Est
Le concept de DiMenna est simple : proposer un lieu où l’on trouve tout ce qui fait la culture surf, des planches aux bikinis en passant par les T-shirts, les autocollants et une infinité de goodies. Son sens du merchandising est visionnaire. Les fameux autocollants gratuits “Ron Jon Surf Shop” se retrouvent collés sur des millions de voitures et de fenêtres à travers les États-Unis, jusqu’au fin fond du Texas ou de l’Ohio.
Résultat : pour beaucoup, un voyage en Floride n’était complet qu’après un passage au Ron Jon de Cocoa Beach. Certains allaient jusqu’à comparer ce “pèlerinage” à un rite initiatique pour être considéré comme un vrai surfeur.
Un entrepreneur controversé et insaisissable
Si son magasin est mondialement connu, l’homme derrière le logo est resté une énigme. Ron DiMenna fuyait les médias, au point que la plupart des journalistes n’avaient jamais réussi à obtenir une photo récente de lui. Seules quelques rares images circulent, dont un mugshot pris en 2010 après une arrestation pour conduite en état d’ivresse.
Son parcours est jalonné d’anecdotes qui alimentent la légende : une passion pour la dynamite dans les années 70, des démêlés avec la justice liés à la drogue, une vie itinérante dans un camping-car de luxe rebaptisé “Rubber Ranch”. Malgré les rumeurs et les excès, il a toujours cultivé une image de businessman autodidacte, imprévisible mais redoutablement brillant.
Comme l’a résumé Duke Boyd, cofondateur de Hang Ten :
« Ce que vous voyez aujourd’hui dans l’industrie du surf découle de son merchandising visionnaire. Il a compris très tôt que le surf pouvait séduire bien au-delà d’une minorité de pratiquants. »
Une influence durable sur l’industrie du surf
Bien avant que Quiksilver, Billabong ou Volcom ne s’installent dans les grandes métropoles, Ron Jon avait déjà exporté la culture surf à grande échelle. Ses magasins ont contribué à démocratiser un lifestyle qui dépasse la simple pratique sportive.
Ron DiMenna a également marqué son époque par sa volonté de préserver le littoral. Avec son épouse Lynne, il a créé la Surfing’s Evolution & Preservation Foundation, qui finance notamment des programmes de protection des plages de Floride grâce à la vente de plaques d’immatriculation “Endless Summer”.
En 1998, il a été intronisé au East Coast Surfing Hall of Fame, reconnaissance ultime pour son rôle dans la popularisation du surf sur la côte Est des États-Unis.
Une légende aux multiples visages
Ron DiMenna laisse derrière lui un héritage contrasté. D’un côté, le fondateur génial d’un empire du surf retail qui a inspiré des générations de surfeurs. De l’autre, un personnage insaisissable, parfois sulfureux, qui refusait obstinément la célébrité.
Sa disparition marque la fin d’une époque, mais son influence continuera de se ressentir dans chaque T-shirt Ron Jon porté aux quatre coins du monde. Pour beaucoup, son magasin restera le “World’s Most Famous Surf Shop”, une vitrine de la culture surf accessible à tous.
En Floride, les drapeaux sont actuellement en berne pour lui rendre hommage. Dans la mémoire collective des surfeurs, Ron Jon restera à jamais associé à la démocratisation du surf et à l’idée que cette culture peut rassembler bien au-delà de l’océan.
Teahupo’o a encore rappelé pourquoi elle est considérée comme la vague la plus dangereuse au monde. Mercredi dernier, lors d’une session historique sur le récif tahitien, le surfeur local Lorenzo Avvenenti a frôlé la mort après un wipeout d’une violence inouïe. Grâce à une mobilisation immédiate et héroïque, il a été sauvé et se remet aujourd’hui à l’hôpital.
Une journée de rêve qui a failli tourner au drame
Le photographe Morgan Maassen était présent pour documenter ce swell d’exception. « C’était probablement l’un des plus beaux jours que j’ai jamais vus à Teahupo’o », raconte-t-il. Vagues parfaites, plan d’eau glassy toute la journée et une poignée de surfeurs à l’eau. Parmi eux, Peio Ostolozaga et Lorenzo Avvenenti, deux riders locaux habitués des lieux.
Aux alentours de 16 h, un set massif déferle. Peio s’élance sur la première bombe et sort d’un tube aussi magnifique que risqué. Derrière lui, Lorenzo est tracté sur la deuxième vague. Mais son take-off se complique, il perd l’équilibre et chute droit dans la zone d’impact. « Il a chuté dans la vague avant de se faire embarquer par la lèvre façon Niccolo Porcella », témoigne un surfeur présent.
Le récif ne pardonne rien. « Il s’est fait absolument pulvériser », décrit Morgan Maassen. Pris dans le courant, recouvert par les restes du premier set et submergé par la deuxième vague, Lorenzo disparaît sous la mousse. Les jet-skis de sécurité se précipitent, mais la visibilité est quasi nulle et la zone saturée de bateaux et de caméramans.
Pendant de longues secondes, personne ne le voit réapparaître. Puis, un cri retentit depuis un bateau : « Il est à droite ! » hurle Kim Mean, perchée sur le roof de l’embarcation de Cindy Drollet. À ce moment-là, un nouveau set s’abat et il faut encore trente secondes d’attente avant que l’un des sauveteurs parvienne à hisser le surfeur inanimé sur un jet.
C’est finalement Matahi Drollet qui le récupère, assisté par Tahurai Henry et Biglush, deux figures locales de la sécurité. Sur le ski, ils entament immédiatement un massage cardiaque et tentent de vider l’eau de ses poumons.
Un miracle collectif
Contre toute attente, Lorenzo reprend vie. Transporté vers la côte puis à l’hôpital, il passe par la réanimation, mais son état s’améliore. Hier, sa compagne Mia a donné des nouvelles rassurantes sur Instagram : « Lorenzo est désormais dans un état stable. Il ne peut ni manger ni boire, et il parle à peine, mais il est vivant. Il veut remercier Dieu, Teahupo’o et tous ceux qui ont contribué à son sauvetage. »
Dans son message, elle adresse aussi une pensée particulière à Matahi Drollet pour l’avoir retrouvé, à Tahurai Henry, et à tous les amis qui ont poussé pour qu’il revienne à la vie.
Teahupo’o, beauté et danger permanent
Cet accident rappelle que Teahupo’o est un spot à part, à la fois sublime et impitoyable. Chaque session de gros y est une danse entre fascination et peur. « Tous les bateaux et les surfeurs sont sortis de l’eau après le sauvetage, par respect, mais aussi parce que tout le monde était secoué », confie Maassen.
Trois mois seulement après le grave accident de l’Irlandais Tom Lowe sur la même vague, cet épisode souligne à quel point la solidarité locale et les équipes de sécurité sont vitales. Sans elles, la journée aurait pu virer au drame irréversible.
On dit souvent que le surf est un sport de jeunes. Les images des réseaux sociaux regorgent de kids de 15 ans envoyant des airs insensés, de juniors qui enchaînent tubes et manœuvres comme s’ils étaient nés avec une planche sous les pieds. Mais il y a des exceptions. Des exceptions qui rappellent que l’océan n’a pas d’âge, que le courage ne se mesure pas aux bougies sur un gâteau. Et Mike Stewart, à 62 ans, vient une nouvelle fois de le prouver… à Teahupo’o, rien que ça.
Une légende vivante toujours en action
Mike Stewart, c’est une légende du bodyboard et du bodysurf. Neuf fois champion du monde, pionnier de spots mythiques, premier bodyboarder à dompter Jaws ou les outer reefs d’Hawaï… la liste est interminable. Pour beaucoup, il est l’équivalent d’un Kelly Slater version bodyboard : un waterman total, respecté par toutes les générations.
Mais voilà, là où d’autres choisissent une retraite paisible, Stewart continue de charger les vagues les plus radicales du globe. Son terrain de jeu favori ? Pipeline à Hawaii, mais cette fois, on le retrouve à Teahupo’o, Tahiti. Cette gauche monstrueuse, réputée pour son épaisseur plus que pour sa hauteur, a façonné la légende du surfeur hawaiien. Et il n’a visiblement aucune intention d’arrêter.
L’airdrop de tous les dangers
La scène est simple, mais hallucinante : Stewart se cale au pic, rame, se jette dans une bombe et… chute littéralement du ciel. Un airdrop vertical, comme seuls les plus téméraires (ou les plus fous ?) osent tenter à Teahupo’o. La suite ? Un wipeout monumental, une planche brisée, et probablement une côte fissurée.
Mais ce qui frappe, ce n’est pas la chute en elle-même. C’est l’engagement. À 62 ans, alors que la plupart de ses contemporains se contentent de sessions tranquilles à Waikiki, lui se lance dans une vague qui fait trembler les meilleurs pros du moment.
Le respect de toute une communauté
La vidéo, immortalisée par le photographe Tim McKenna, a rapidement fait le tour des réseaux. En légende, une phrase qui résume tout : « 62 ans et toujours à charger comme un grom. » Le terme “grom” désigne habituellement les gamins surfeurs. L’appliquer à Stewart à plus de soixante ans est aussi ironique que révélateur : cet homme a gardé l’énergie et la folie des débuts.
Dans les commentaires, la communauté du surf et du bodyboard a salué l’exploit. Michel Bourez a lâché un sobre mais puissant : « Once a legend, always a legend. » ou en version française « Une fois une légende, toujours une légende. » Kiron Jabour a opté pour un plus direct « Savage send ! » Quant à Tikanui Smith, figure tahitienne, il résume en deux mots : « That was crazy. »
Si Stewart continue d’impressionner aujourd’hui, ce n’est pas un hasard. Il fait partie de ceux qui ont écrit les premières pages de Teahupo’o. À la fin des années 80, il était déjà là, aux côtés de Ben Severson, pour explorer ce reef terrifiant alors inconnu du grand public. Dans les années 90, il fut aussi le premier bodyboarder à affronter des vagues de 20 pieds sur les outer reefs d’Oahu, et à rider Jaws en 1993.
Autrement dit : Mike Stewart n’a pas seulement participé à l’histoire, il l’a construite. Le voir encore charger à 62 ans, c’est un rappel saisissant de ce lien indestructible entre un homme et l’océan.
L’âge, juste un chiffre
Bien sûr, on pourrait sourire de la situation. Un sexagénaire qui charge à Teahupo’o, ça a quelque chose de surréaliste. Mais au fond, la vraie leçon est ailleurs : l’âge n’est qu’un chiffre. Ce qui compte, c’est la passion, le feu intérieur qui pousse à ramer encore une fois, à se jeter dans la gueule du monstre pour sentir cette seconde de grâce, même si elle finit en roulade sous des tonnes d’eau.
Mike Stewart nous rappelle que l’esprit du surf et du bodyboard, ce n’est pas seulement la performance ou les trophées. C’est avant tout une attitude : rester curieux, oser, et ne jamais perdre l’envie d’aller voir ce qu’il y a derrière la prochaine vague.
Et à 62 ans, franchement, qui peut en dire autant ?
Trois ans après sa disparition, l’ombre de Dick Brewer plane toujours sur le surf. Le documentaire The Shape of Things retrace l’héritage du shaper de Kauaï, dont les planches ont transformé la discipline à jamais.
Une légende au panthéon des shapers
Comment décrire Dick Brewer ? Génie excentrique pour certains, méthodique et visionnaire pour d’autres, le shaper hawaïen a bouleversé l’histoire du surf. Dans les années 60 et 70, pratiquement tous les grands noms ont surfé ses planches. Matt Warshaw, historien du surf, le résume bien : « Virtually every notable surfer of the 1960s and ’70s rode Brewer’s boards ». (En gros, tous les grands surfeurs des années 60 et 70 ont surfé des planches de surf Brewer)
Quand d’autres shapers distribuaient gratuitement leurs créations dans l’espoir de gagner en notoriété, Brewer, lui, faisait payer ses boards. Et les surfeurs acceptaient sans broncher, conscients que ses shapes offraient un avantage décisif. De Waimea à Sunset, ses guns sont devenus la référence absolue pour les vagues puissantes du North Shore.
Un film hommage : The Shape of Things
Après plusieurs projections en festival, The Shape of Things – The Dick Brewer Story circule enfin à l’international. Réalisé par Bob Campi, triple lauréat d’un Emmy Award, le documentaire rassemble des témoignages d’icônes : Gerry Lopez, Laird Hamilton, Mark Richards, Garrett McNamara, Kai Lenny, Al Merrick… Tous reconnaissent l’influence colossale de Brewer sur leur carrière et sur le surf en général.
Dans le teaser, une voix résume :
“He wasn’t just shaping boards. He was shaping the future.” (« Il ne façonnait pas seulement des planches. Il façonnait l’avenir. »)
Une autre séquence appuie encore plus fort l’émotion :
“Every curve, every line he touched… you could feel it on the wave.” (« Chaque courbe, chaque ligne qu’il traçait… tu pouvais la ressentir dans la vague. »)
Ces phrases suffisent à comprendre pourquoi le film est considéré comme un document historique pour la culture surf.
Des guns mythiques à l’avant-garde des shapes
L’histoire de Brewer, c’est aussi une chronologie vertigineuse. Dès 1962, il shape un gun pour Buzzy Trent à Waimea. Trente ans plus tard, il fabrique la planche de tow de Laird Hamilton pour Jaws. Une carrière qui traverse les époques sans jamais perdre en pertinence.
Brewer n’a cessé d’innover : réduction des longueurs, allègement des matériaux, lignes plus rapides, concaves marqués… Ses designs hydrodynamiques étaient si en avance que beaucoup servent encore de base aux shortboards actuels.
Al Merrick, fondateur de Channel Islands Surfboards, n’a jamais caché son admiration : « I just think he’s the best there ever was. », qu’on peut traduire par » Je pense simplement que c’est le meilleur de tous les temps. «
L’œil des shapers contemporains : Jon Pizel
Dans une récente interview sur « The Inertia », le shaper Jon Pizel a replacé Brewer dans la discussion sur « la meilleure planche jamais créée ». Pour lui, le thruster d’Al Merrick surfé par Tom Curren reste un modèle iconique. Mais il ajoute immédiatement :
« You have to tip your hat to Dick Brewer’s boards too. He was putting concaves in the bottom of boards while everyone else was still making rolled bottoms. Pretty much some version of that is what we use today. » ou en version française » Il faut aussi tirer son chapeau aux planches de Dick Brewer. Il mettait déjà des concaves dans le dessous des planches alors que tout le monde façonnait encore des carènes arrondies. Aujourd’hui, on utilise tous une version de ce principe. »
En clair, alors que ses contemporains modelaient encore des carènes arrondies, Brewer sculptait déjà des concaves complets. Une révolution dont chaque shortboard moderne est l’héritier.
Pizel souligne aussi la modernité des guns façonnés dans les années 70 : « Those boards were so advanced, design-wise. » « Ces planches étaient tellement en avance sur leur temps, d’un point de vue design. » Leur hydrodynamique reste un modèle étudié et appliqué cinquante ans plus tard.
Plus qu’un shaper, un visionnaire
Si l’on ne peut pas toujours isoler une « planche parfaite » signée Brewer, c’est parce que son génie n’était pas concentré sur un seul modèle, mais sur une philosophie globale. L’idée que chaque planche devait être un outil sur-mesure pour la vague et pour le surfeur.
Cette vision explique pourquoi il a influencé aussi bien les big wave riders de Waimea que les tow-in pioneers de Jaws, mais aussi les générations actuelles qui, sans parfois le savoir, surfent encore sur ses concepts hydrodynamiques.
L’empreinte éternelle de Dick Brewer
Aujourd’hui, alors que le documentaire The Shape of Things circule et que de jeunes shapers comme Jon Pizel rappellent l’importance de son héritage, une chose est claire : Dick Brewer n’était pas seulement un artisan. Il était l’architecte du surf moderne.
Ses boards ont permis aux surfeurs de repousser les limites. Ses innovations sont devenues des standards. Et son nom restera à jamais associé à l’idée même de performance et de vision dans le shaping.
Comme le dit le teaser, Brewer ne façonnait pas que des planches. Il façonnait le futur.
Le mois de septembre démarre enfin sur de meilleures bases à Hossegor. Après deux jours ventés, ce mercredi matin a offert une courte, mais intense session, entre locaux affûtés, surfeurs motivés… et un invité surprise : Issam Auptel.
Un mercredi matin attendu
Septembre, ce mois béni des surfeurs, commençait mal : vent fort, vagues hachées, rien de très inspirant. Mais ce matin, on savait que la fenêtre serait courte et bonne. Les prévisions annonçaient un créneau avant que le vent ne se lève. Alors qui était là ? Eh bien, tous. Ceux qui connaissent les prévisions par cœur, ceux qui ont un jet, les locaux, les surfeurs en quête de challenge… et nous.
Tester les bancs de sable avant la compétition
Notre mission du jour : observer les bancs de sable, à deux semaines du Quiksilver Festival Hossegor. Et franchement, bonne nouvelle : ils semblent bien en place. Si les prochains jours se calment comme prévu, on peut espérer des conditions idéales pour accueillir la compétition. Les bancs sont là, les surfeurs arrivent, il ne manque plus que la bénédiction de Neptune pour avoir un show digne du nom.
Les rameurs en rois de la matinée
La session a été courte, filmée jusqu’à 10h30, mais elle a livré un verdict clair : les rameurs ont gagné. Pas besoin de jet ce matin, les locaux à la rame ont assuré le spectacle. Et parmi eux, une révélation pour nous : Issam Auptel.
Zoom sur Issam Auptel
On connaissait son nom, on avait déjà vu des vidéos avec la bande de Biarritz, mais jamais encore en live sous notre caméra. Ce matin, il a pris « la bombe » de la session et l’a surfée à la perfection. Un style fluide, un engagement total… de quoi nous faire dire tout haut : « une wildcard pour Issam ! »
Une wildcard rêvée
On ne pèse pas lourd chez Icônes Surf — on renaît à peine de nos cendres, et il est probable que Quiksilver ignore jusqu’à notre existence. Mais si c’était nous qui décidions, on offrirait cette wildcard à Issam Auptel sans hésiter. Promis, on leur enverra un mail : qui sait, peut-être qu’un jour, on aura notre mot à dire.
En attendant, place à la vidéo
On vous laisse avec notre vidéo de la session. Comme de bons youtubeurs, on vous invite à nous suivre un peu partout. Le Quiksilver Festival arrive à grands pas, et si les bancs de sable tiennent leurs promesses, ça risque d’être mémorable.
Né loin de l’océan, mais aujourd’hui au sommet du surf mondial, Yago Dora incarne à lui seul la nouvelle vague brésilienne. De Curitiba à Cloudbreak, son parcours raconte une histoire de passion, de persévérance et d’explosivité sur les vagues.
Les débuts d’un surfeur atypique
Yago Dora voit le jour le 18 mai 1996 à Curitiba, dans l’État du Paraná, au Brésil. Un détail surprenant pour un futur surfeur : sa ville natale est située à plusieurs centaines de kilomètres de l’océan. Pas de beach breaks à portée de vélo, pas de sessions au lever du soleil avant l’école.
C’est seulement à l’âge de 11 ans, lors d’un déménagement familial à Florianópolis (Santa Catarina), que Yago monte pour la première fois sur une planche. Plus tard que la plupart des surfeurs professionnels – ses futurs rivaux étaient déjà des prodiges avant même l’adolescence –, mais son ascension sera fulgurante.
Son père, Leandro “Grilo” Dora, ancien pro devenu coach renommé (il a travaillé avec Adriano de Souza, Jack Robinson ou encore Lucas Silveira), joue un rôle essentiel. Caméras à la main, il filme les sessions de son fils, décortique chaque manœuvre, et partage sa science du surf de haut niveau.
Le surnom « Skinny Goat »
Fin et élancé (1,79 m pour environ 70 kg), Yago se distingue rapidement par son style aérien et son explosivité. Ses amis le surnomment le “Skinny Goat”, la « chèvre maigre », en référence à sa silhouette et à ses qualités sur les vagues, capable de décoller toujours plus haut au-dessus de la lèvre.
Des débuts hésitants en compétition
Si son talent crève les yeux, Yago Dora ne se tourne pas immédiatement vers la compétition. À l’adolescence, il préfère le free surf, multipliant les vidéos qui circulent sur internet et dévoilent son style aérien unique. Sa notoriété grandit ainsi en dehors du circuit classique.
Mais en 2015, il décide de prendre le chemin des compétitions. Dès 2016, il se classe 43ᵉ sur le Qualifying Series. L’année suivante, il explose aux yeux du monde entier :
Victoire à Newcastle (Australie)
Victoire aux Açores (Portugal)
Qualification directe pour le Championship Tour 2018
Cerise sur le gâteau, il marque les esprits en tant que wildcard au Oi Rio Pro 2017. Devant le public brésilien, il élimine coup sur coup John John Florence, Gabriel Medina et Mick Fanning, pour finalement décrocher une incroyable 3ᵉ place. Le monde découvre alors son surf aérien et imprévisible.
L’ascension sur le Championship Tour
En 2018, Yago Dora intègre officiellement l’élite mondiale. Comme tout rookie, il doit apprendre à gérer la pression, voyager sans relâche, et affronter les meilleurs sur toutes les vagues de la planète. Mais son surf polyvalent – aérien en beach break, engagé sur reef, puissant dans les vagues tubulaires – lui permet de se maintenir au plus haut niveau.
En 2021, il signe une saison solide et termine à la 9ᵉ place mondiale, confirmant qu’il fait partie des hommes forts du circuit. Son style spectaculaire lui vaut l’admiration des fans, qui voient en lui un digne représentant de la Brazilian Storm, cette génération dorée menée par Medina, Toledo et Italo Ferreira.
L’année 2024 : frustration et désillusions
Pourtant, tout n’a pas été simple. L’année 2024 est un crève-cœur. Malgré de bons résultats à El Salvador et au Brésil, il échoue à la 6ᵉ place mondiale, juste derrière la ligne des qualifiés pour les WSL Finals. Pire encore : il rate de peu la qualification olympique pour les Jeux de Paris 2024, devancé par Gabriel Medina lors des ISA Games.
Une saison qui laisse des traces, mais qui servira surtout de carburant pour écrire la suite.
2025 : la consécration mondiale
Tout change en 2025. Porté par une nouvelle énergie, Yago Dora réalise une saison parfaite :
Victoire à Peniche (Portugal)
Victoire en Californie
Et surtout, sacré champion du monde en septembre lors des WSL Finals à Cloudbreak (Fidji)
En finale, il domine l’Américain Griffin Colapinto, confirmant son statut de n°1 de la saison et devenant le troisième Brésilien champion du monde dans l’ère des WSL Finals, après Medina et Toledo.
Ce titre consacre son surf complet et son mental retrouvé, transformant l’outsider aérien en champion global.
Un surfeur guidé par le plaisir
Au-delà des trophées, Yago Dora garde une philosophie simple. Interrogé par Revista Trip, il confiait récemment :
« J’ai commencé le surf pour le plaisir, et j’essaie de m’en souvenir chaque jour. Je surfe parce que j’aime ça. »
Cette approche détendue et passionnée se ressent dans son style : créatif, libre, toujours à la recherche de nouvelles lignes.
Yago Dora aujourd’hui
Nom complet : Yago Dora
Date de naissance : 18 mai 1996 (29 ans)
Lieu de naissance : Curitiba, Paraná, Brésil
Taille : 1,79 m
Poids : 70 kg
Surnom : Skinny Goat
Style : Goofy
Début WQS : 2013
Début CT : 2018
Palmarès majeur : Champion du monde WSL 2025
Aujourd’hui, Yago Dora est non seulement un champion du monde, mais aussi une source d’inspiration pour les jeunes surfeurs qui, comme lui, n’ont pas grandi face à l’océan.
Un avenir encore plus grand ?
À seulement 29 ans, Yago Dora a déjà écrit une page de l’histoire du surf. Mais le livre est loin d’être terminé. Sa polyvalence, sa créativité et son mental font de lui un candidat sérieux à de nouveaux titres mondiaux.
Dans un circuit où la concurrence est plus rude que jamais, il pourrait bien devenir la prochaine grande icône brésilienne, capable de succéder à Medina et Toledo tout en imposant sa propre signature : celle d’un surfeur né loin de la mer, mais destiné à dominer les vagues du monde entier.
Encore inconnue du grand public français il y a peu, Molly Picklum s’impose aujourd’hui comme la nouvelle icône du surf mondial. À seulement 22 ans, l’Australienne a déjà écrit l’histoire à Pipeline, Sunset Beach et Teahupo’o, avant de devenir championne du monde WSL 2025. Une trajectoire fulgurante, symbole de cette nouvelle génération de surfeuses prêtes à repousser toutes les limites.
Enfance et débuts à Gosford
Molly Picklum est née le 26 novembre 2002 à Gosford, en Nouvelle-Galles du Sud (Australie). Très tôt, elle découvre l’océan : à seulement trois ans, elle se tient déjà debout sur une planche. Elle grandit sur la Central Coast, une région de beachbreaks puissants qui forment les surfeurs à l’engagement et à la polyvalence.
Au sein du North Shelly Boardriders Club, Molly progresse vite. Avec ses amis, elle alterne entre les sessions matinales avant l’école et les sprints en vélo pour arriver à l’heure après avoir “gratté” une dernière vague. Une enfance typique de surfeuse australienne… sauf que Molly a déjà ce petit quelque chose de plus : une détermination inébranlable.
Les premiers titres nationaux
Dès l’adolescence, Molly accumule les résultats. En 2018 et 2019, elle remporte le titre de championne d’Australie junior. En 2019, elle décroche aussi l’Australian Pro Junior. Rapidement, la fédération la reconnaît comme un diamant brut : elle est élue Rising Star aux Australian Surfing Awards 2020.
En parallèle, la presse spécialisée la place en tête de sa génération. Le magazine Surfing Life la nomme “n°1 junior féminine” la même année.
Qualification et coup dur en 2022
En 2022, Molly Picklum intègre enfin le Championship Tour (CT) de la World Surf League. Son année démarre fort avec deux résultats dans le top 5. Mais la WSL instaure le mid-season cut, et Molly est éliminée sans ménagement. Une désillusion qui aurait pu briser sa carrière.
Au lieu de ça, elle se sert de ce revers comme tremplin. Elle retourne sur le Qualifying Series, enchaîne les résultats et revient plus forte. Dès 2023, le surf mondial découvre une Picklum plus affûtée, plus mature, et surtout plus dangereuse dans toutes les conditions.
Les exploits à Hawaii : Sunset et Pipeline
L’année 2023 marque son véritable envol. À Sunset Beach (Hawaï), elle signe sa première victoire sur le CT. Quelques semaines plus tôt, elle avait déjà fait sensation en remportant le Vans Pipe Masters.
Mais c’est en janvier 2024 qu’elle entre définitivement dans l’histoire : lors du Lexus Pipe Pro, elle devient la première femme à obtenir un 10 parfait à Pipeline, grâce à un backside tube monumental. Une performance qui résonne comme un jalon dans l’histoire du surf féminin.
Et deux semaines plus tard, elle défend avec brio son titre à Sunset Beach, réalisant un enchaînement de manœuvres spectaculaires, dont un turn aérien décrit comme “le move de la décennie” par Surfer Magazine.
La route vers Paris 2024 et Tahiti
Ses performances la qualifient pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, disputés à Teahupo’o, en Polynésie française. L’épreuve olympique restera contrastée pour elle : malgré un engagement total, Molly s’incline face à Johanne Defay en éliminatoires.
Mais ce passage aux JO, loin d’être un échec, consolide son statut d’athlète de haut niveau : représenter l’Australie à seulement 21 ans sur l’une des vagues les plus redoutées du monde n’est pas donné à tout le monde.
2025 : l’année du sacre mondial
En 2025, Molly Picklum aborde la saison comme l’une des grandes favorites. Après une finale à Abu Dhabi, elle enchaîne deux victoires majeures :
VIVO Rio Pro (Brésil) : où elle domine les locales avec les meilleurs scores du contest.
Lexus Tahiti Pro (Teahupo’o) : où elle terrasse la championne en titre Caitlin Simmers dans un duel historique.
Ces succès lui permettent d’arriver tête de série n°1 aux WSL Finals à Cloudbreak (Fidji). Et là, la jeune Australienne réalise son rêve : en battant Caroline Marks, elle devient championne du monde WSL 2025.
Son surf : engagement et polyvalence
Ce qui frappe chez Molly Picklum, c’est sa polyvalence. Capable de briller dans le gros de Teahupo’o comme dans les beachbreaks rapides de Rio, elle combine :
Un tube ride technique, surtout en backside, qui rappelle les plus grands.
Un surf aérien et radical, avec un timing parfait.
Un engagement sans concession, qui la pousse à tenter des manœuvres rarement vues chez les surfeuses de sa génération.
Elle incarne cette nouvelle vague du surf féminin, où la recherche de performance et le style explosif se marient à un mental de championne.
Une personnalité solaire
Hors de l’eau, Molly est tout aussi attachante. Toujours souriante, blagueuse avec ses amis, elle n’en reste pas moins une bosseuse acharnée. Ses proches témoignent de sa capacité à rester humble malgré une carrière qui décolle à une vitesse folle.
On la retrouve régulièrement sur ses spots locaux de la Central Coast, où elle continue de s’entraîner dans des vagues puissantes qui rappellent Hawaii.
Palmarès résumé
2 titres de championne d’Australie junior (2018, 2019)
Rising Star des Australian Surfing Awards (2020)
Vans Pipe Masters (2022)
Hurley Pro Sunset Beach (2023, 2024)
Lexus Pipe Pro : premier 10 parfait féminin à Pipeline (2024)
VIVO Rio Pro (2025)
Lexus Tahiti Pro (2025)
Championne du monde WSL (2025)
En quelques années, Molly Picklum est passée du statut de rookie prometteuse à celui de championne du monde respectée. Son parcours est celui d’une surfeuse qui apprend vite, rebondit après les échecs et ne recule jamais devant l’engagement.
À seulement 22 ans, elle symbolise une nouvelle ère pour le surf féminin : audacieuse, explosive, sans limites. Une surfeuse qui écrit l’histoire… et qui n’a clairement pas fini de la réinventer.
Fidji, 1er septembre 2025. Les vagues de Cloudbreak n’étaient peut-être pas le “monster swell” promis, mais l’histoire s’est bel et bien écrite : le Brésilien Yago Dora et l’Australienne Molly Picklum deviennent pour la première fois champions du monde. Une journée contrastée entre climax sportif, petites vagues et fin d’une ère pour le format controversé des Final 5.
Un sacre pour Yago, la confirmation d’une décennie brésilienne
Le scénario ressemblait à une redite : comme Medina en 2021, Toledo (x2) et Florence en 2024, c’est encore le n°1 mondial qui s’impose. Yago Dora, 29 ans, n’a pas tremblé face à Griffin Colapinto, pourtant en feu après avoir écarté Italo Ferreira et Jordy Smith.
Avec un surf précis et relâché, Dora a frappé dès l’entame avec une combinaison de manœuvres notée 8,33, la meilleure vague de la finale. Colapinto a tenté un baroud d’honneur à quelques secondes du buzzer, en rentrant dans le tube le plus long de la journée. Mais la sortie s’est refermée, comme un symbole : impossible d’arrêter la marche du Brésilien. Score final : 15,66 à 12,33.
Ce titre prolonge la domination brésilienne : 8 couronnes sur les 10 dernières années pour le Brésil. La “Brazilian Storm” souffle encore.
Chez les femmes, l’histoire est encore plus forte. Molly Picklum (22 ans) devient la première Australienne championne du monde depuis Stephanie Gilmore en 2022. Et surtout, elle l’emporte à Cloudbreak, dans des vagues lourdes et techniques rarement proposées aux finales féminines.
Son parcours ? Un faux départ dans la première manche, dominée par Caroline Marks. Mais Picklum a ensuite enclenché le turbo : deux heats gagnés avec autorité, deux barrels backside notés 8,83, et le meilleur total de la journée (16,93).
Avec ce titre, elle confirme la tendance d’une jeunesse conquérante : Marks (2023), Simmers (2024), Picklum (2025). Trois championnes en trois ans, toutes de moins de 23 ans. Le surf féminin a changé de génération.
Le choix de Cloudbreak au lieu de Restaurants promettait des tubes massifs. La réalité fut plus contrastée : peu de barrels, beaucoup de vagues molles ou fermantes. De quoi frustrer certains spectateurs qui attendaient un show tubuesque annoncé.
Les surfeurs ont dû s’adapter à des vagues plus “performance” que “tube”. Italo Ferreira, fidèle à son style aérien, a régalé par moments, mais n’a pas trouvé de constance. Jack Robinson et Caity Simmers, pourtant favoris si ça avait grossi, sont sortis très tôt.
La finale a donc ressemblé à une bataille d’endurance et de choix stratégiques plus qu’à une orgie de barrels. Une fin de saison un peu à contre-courant, mais qui n’enlève rien à la valeur des titres.
Le format Final 5, clap de fin
Ces finales 2025 étaient aussi la dernière édition du format “sudden death” instauré en 2021. Dès 2026, retour au classement cumulé sur l’ensemble de la saison, avec Pipeline comme bouquet final et un coefficient 1,5.
Le bilan du Final 5 ?
Chez les hommes, le suspense n’a jamais vraiment existé : toujours le n°1 mondial sacré.
Chez les femmes, au contraire, le format a ouvert des brèches : Carissa Moore (2021) titrée, puis battue en 2022 et 2023 alors qu’elle partait favorite.
Les fans resteront partagés. Certains regrettaient la “lotterie” d’un seul jour décisif. D’autres y voyaient un show télé parfait, façon Super Bowl.
Une journée historique malgré tout
Entre critiques et célébrations, une chose est sûre : le surf mondial a deux nouveaux visages. Dora, le Brésilien discret mais explosif. Picklum, l’Australienne intrépide qui aime les conditions solides.
Tous deux entreront dans l’histoire non seulement pour leur premier sacre, mais aussi comme les derniers champions du monde de l’ère Final 5. Et ça, même si le swell n’était pas aussi puissant qu’espéré, c’est une page qui se tourne.
Difficile de ne pas tomber sous le charme de Mateus Herdy. Son style aérien, ses manœuvres explosives et son allure de golden boy en font l’un des surfeurs les plus spectaculaires de sa génération. Mais derrière l’image d’enfant prodige du surf brésilien se cache une histoire plus complexe : celle d’un talent immense, fragilisé par l’instabilité de l’industrie surf et par des obstacles personnels, mais qui continue de briller grâce à sa persévérance et à une passion indéfectible pour les vagues. Aujourd’hui, à 24 ans, Herdy semble plus que jamais prêt à franchir le cap et à rejoindre définitivement l’élite mondiale.
Un « crack » annoncé dès ses débuts
Né à Florianópolis, au Brésil, en 1998, Mateus Herdy a très vite été propulsé dans la lumière. Avec son style fluide, ses airs insensés et son charisme naturel, il a rapidement été perçu comme le digne héritier de la “Brazilian Storm”, cette génération dorée incarnée par Gabriel Medina, Filipe Toledo et Italo Ferreira. Son image de surfeur jeune, beau et talentueux lui a ouvert les portes des plus grandes marques : Quiksilver et Red Bull ont cru en lui, et son nom a circulé comme celui d’un futur membre incontournable du Championship Tour (CT).
Les comparaisons avec Julian Wilson, autre crack du surf aérien, n’ont pas tardé. Tous deux partageaient la même élégance dans les airs, une esthétique de surf moderne, et même une ressemblance physique frappante. Mateus grandissait avec l’image de Julian comme modèle, jusqu’à ce que leurs destins finissent par se croiser d’une manière inattendue des années plus tard.
Les premiers éclats et la frustration des presque-qualifications
Très tôt, Herdy a montré qu’il n’était pas seulement un free surfeur spectaculaire, mais aussi un compétiteur redoutable. En 2018, il s’invite dans les conversations en frôlant déjà la qualification sur le CT. En 2021, il marque les esprits en décrochant une 3ᵉ place à Mexico en tant que wildcard, prouvant qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs. L’année suivante, il récidive avec une 5ᵉ place à Rio, encore une fois en wildcard.
Mais à chaque fois, il échoue à une poignée de heats de la qualification officielle. Cette répétition de “presque” a forgé sa réputation de talent incontournable, mais encore inabouti, coincé dans les limbes entre les Challenger Series et le CT.
Pourtant, dans l’eau, peu doutaient de son potentiel. Ses airs multiples et variés, son surf engagé et son style unique le plaçaient déjà dans la catégorie des surfeurs capables de marquer l’histoire.
Le revers brutal : sponsors perdus et haine reçue
À l’aube de 2024, la nouvelle tombe comme un couperet : Quiksilver et Red Bull se retirent. Mateus Herdy, malgré ses résultats, se retrouve sans sponsors majeurs. Une situation incompréhensible pour beaucoup, tant son profil semblait parfait pour incarner une marque de surf moderne.
Cette perte ne fut pas seulement financière, mais symbolique. Pour un surfeur qui avait grandi en rêvant de mettre un sticker Quiksilver sur sa planche comme ses idoles, c’était comme voir son rêve d’enfant s’effondrer.
Pire encore, il doit encaisser une vague de haine inattendue. Au Brésil, une interview mal comprise par les médias lui attire des critiques violentes, jusqu’à des attaques personnelles : sa voiture est vandalisée, des insultes homophobes sont gravées dessus. Un épisode sombre qui l’a profondément marqué. “J’étais au plus bas. Je pensais même à arrêter la compétition”, a-t-il confié.
Le soutien providentiel de Logan Dulien et l’aventure Snapt 5
Alors que tout semblait s’effondrer, un allié inattendu lui tend la main : Logan “Chucky” Dulien, créateur des films Snapt. Producteur engagé, Logan décide de financer la campagne de Mateus sur les Challenger Series, convaincu que son surf mérite d’être vu et reconnu.
Cette confiance redonne espoir à Mateus Herdy. Il participe ainsi au très attendu Snapt 5, aux côtés des meilleurs free surfeurs de la planète. Faute de budget pour voyager, il filme une grande partie de sa part chez lui, au Brésil, et sur quelques contests. Le résultat ? Un segment explosif, salué pour sa créativité et ses airs insensés, qui confirme une fois de plus son statut de surfeur incontournable.
Au-delà du film, ce soutien lui permet de continuer à rêver au CT, tout en prouvant qu’il appartient à l’élite mondiale, qu’importe les stickers présents – ou absents – sur sa planche.
La renaissance avec Rivvia Projects et Julian Wilson
En 2025, un nouveau chapitre s’ouvre. Julian Wilson, l’un de ses modèles de jeunesse, décide de lui tendre la main en l’intégrant à sa marque Rivvia Projects. L’histoire est belle : l’ancien génie australien signe le génie brésilien en quête de renouveau. L’accord est scellé de manière presque anecdotique… autour d’un burger chez In-N-Out, pendant l’US Open.
“Je suis tellement heureux de rejoindre Rivvia. J’ai toujours admiré Julian et je crois vraiment en ce que représente sa marque. Je veux l’aider à grandir au Brésil et en faire quelque chose de durable”, confie Mateus.
Ce partenariat n’est pas qu’un simple contrat : il symbolise une seconde chance, une reconnaissance méritée et une vraie connexion humaine. Avec Wilson et Ryan Callinan comme alliés, Herdy retrouve un cadre, une famille de surf qui croit en lui.
Les résultats récents : une finale à l’US Open et un nouveau souffle
La confiance retrouvée se traduit rapidement en résultats. À l’été 2025, Mateus Herdy atteint la finale de l’US Open, l’un des plus gros événements des Challenger Series. Battu de peu, il sort grandi de cette performance et prouve qu’il est toujours dans la course à la qualification.
Dans l’eau, son surf reste flamboyant. Ses airs multiples, sa capacité à combiner puissance et créativité, et son style élégant en font l’un des surfeurs les plus excitants à regarder. Nombreux sont ceux qui voient en lui l’un des futurs piliers du CT, à l’instar de Medina ou Italo.
Avec une nouvelle énergie et le soutien de Rivvia, Herdy aborde la suite de la saison avec détermination : “Je suis en bonne position, mais rien n’est garanti. Je vais continuer à me battre pour décrocher ma place sur le Tour.”
Pourquoi croire en Mateus Herdy ?
Mateus Herdy incarne l’essence même du surf moderne : une technique irréprochable, un style aérien qui repousse les limites, et une authenticité rare. Contrairement à certains surfeurs happés par le marketing TikTok ou les contenus artificiels, lui mise sur le surf pur, sur les films, les voyages et la connexion avec l’océan.
Son parcours, fait de hauts flamboyants et de bas douloureux, prouve sa résilience. Malgré les coups durs, il n’a jamais cessé de se battre, de s’entraîner et de rêver au CT. Aujourd’hui, avec une équipe solide autour de lui, une nouvelle marque qui croit en lui et des résultats qui parlent d’eux-mêmes, tout laisse penser que son heure est proche.
Et au fond, ce qui fait la différence avec Mateus Herdy, c’est l’émotion qu’il dégage. En le regardant surfer, on ressent quelque chose : une joie, une liberté, une esthétique rare. Comme si, au-delà des classements et des sponsors, il rappelait ce qu’est le surf dans sa plus belle expression.
Un futur champion en devenir
À seulement 24 ans, Mateus Herdy a déjà vécu plusieurs vies : celle du prodige sponsorisé, celle du surfeur lâché par l’industrie, celle du combattant qui s’accroche. Aujourd’hui, il entre dans une nouvelle ère, plus mûr, plus fort et toujours aussi spectaculaire.
S’il n’est pas encore sur le Championship Tour, il n’a jamais été aussi proche d’y entrer. Et quand ce jour viendra, nul doute que le monde entier parlera de son surf, de ses airs insensés et de ce style unique qui fait de lui un surfeur à part.
Mateus Herdy, c’est l’histoire d’un rêve qui refuse de s’éteindre. Et à le voir aujourd’hui, tout indique qu’il brillera encore plus fort dans les années à venir.
Qui aurait parié là-dessus ? Après avoir quitté Buckingham pour la Californie, le Prince Harry vient d’ajouter une nouvelle corde à son arc : surfeur. Et pas sur n’importe quel spot, attention, mais au Surf Ranch de Kelly Slater, le parc à vagues le plus select (et le plus chloré) du monde. Oubliez les beach breaks de Cornouailles, la royauté britannique s’offre désormais des sessions privées dans une piscine géante au milieu de nulle part.
C’est Meghan Markle qui a vendu la mèche, en postant sur Instagram une vidéo de son cher et tendre, take-off hésitant mais sourire au lèvres. Le tout accompagné du tube “Whatta Man” de Salt-N-Pepa et d’un petit emoji renard – apparemment le surnom intime du duc. On est loin des communiqués officiels du palais de Buckingham, mais niveau mise en scène, Hollywood n’aurait pas fait mieux.
Take-off assisté et quasi tube royal
La scène est digne d’une téléréalité : Harry, encouragé par Raimana Van Bastolaer, coach star du Surf Ranch, s’élance avec une petite poussée amicale. Quelques mètres plus loin, il parvient à se caler sur la ligne, avec un style… disons princier, mais pas encore olympique. Et là, moment historique : l’ombre d’un tube. Certes, on est plus proche du ride en douce dans une vague artificielle que du Teahupo’o engagé, mais pour un prince, ça mérite au moins une médaille en chocolat.
Les haters s’en mêlent
Bien sûr, Internet n’a pas tardé à dégainer. “Éco-warrior Harry, qui vit au bord de l’océan, roule des heures pour aller surfer une piscine énergivore”, “Ce n’est pas du surf, c’est une croisière chlorée” ou encore “Il est à des kilomètres de la mer !” : les commentaires ont fusé plus vite qu’une série de vagues à Hossegor. Harry a beau se revendiquer défenseur de l’environnement, le paradoxe n’a échappé à personne.
Une vague de stars avant lui
Harry n’est pas le premier people à tenter sa chance au Surf Ranch. Avant lui, on a vu défiler Matthew McConaughey, Lewis Hamilton, Chris Hemsworth, Tony Hawk ou encore Eddie Vedder. Bref, une drôle de cour des miracles aquatique, où se croisent acteurs, rockeurs, champions olympiques et désormais… royauté britannique. Si le Surf Ranch était un palace, on pourrait presque parler d’un bal mondain.
Kelly Slater, le vrai roi
Reste que dans ce royaume artificiel, un seul monarque règne vraiment : Kelly Slater. L’inventeur du Ranch, onze fois champion du monde, continue d’accueillir les stars comme un hôte bienveillant. Mais attention, si le “King Kelly” est le GOAT, Harry pourrait bien devenir le DUK – Duke of the UK Surf. Ça sonne presque comme un titre officiel, non ?
Surfer un trône de mousse
Alors, faut-il s’extasier ou sourire devant cette conversion tardive ? Après tout, si Harry veut troquer la couronne contre une wax, on ne peut que l’encourager. Mais avouons-le : voir un prince en combinaison intégrale, aidé pour se lever sur une vague chlorée au milieu de la Californie, c’est probablement la chose la plus britannique qui puisse arriver au surf. Une tasse de thé à la main, et la boucle aurait été bouclée.
Quand on pense au surf de grosses vagues, le Brésil n’est pas forcément le premier pays qui vient en tête. Nazaré au Portugal, Jaws à Hawaï, Mavericks en Californie… Ces noms résonnent immédiatement dans l’imaginaire collectif. Pourtant, c’est bien au sud du Brésil, à Laje da Jaguaruna, dans l’État de Santa Catarina, que Lucas “Chumbo” Chianca vient de marquer l’histoire avec une vague mesurée à 14,82 mètres (48 pieds), la plus grosse jamais surfée dans le pays.
Ce record, Chumbo ne l’a pas arraché par hasard. Comme souvent dans le surf de grosses vagues, tout s’est joué dans une course contre la montre. Alors qu’il se trouvait à Barra Grande, dans l’État de Bahia, à plus de 1 300 kilomètres de Rio, Lucas reçoit l’alerte : une houle historique se prépare au sud du pays. Sans hésiter, il saute dans un véhicule, traverse une bonne partie du Brésil, prend un vol depuis Rio et file vers Santa Catarina.
En l’espace de 24 heures, il se retrouve sur le spot mythique de Jaguaruna, déjà surnommé par certains le “Nazaré brésilien”. Et cette fois, toutes les conditions étaient réunies.
Laje da Jaguaruna, un monstre brésilien
Ce spot méconnu du grand public est pourtant l’un des rares du pays capables de produire de telles montagnes liquides. Situé au large, il aligne des murs d’eau d’une puissance impressionnante, mais les bonnes conditions sont rares. Ce 20 août 2025, elles étaient parfaites : une houle longue, propre, avec une énergie hors du commun.
Lucas Chianca raconte :
“J’ai eu l’honneur de surfer la plus grosse vague jamais enregistrée au Brésil, 14,82 mètres à Laje da Jaguaruna. C’était une mission incroyable, avec une équipe au top et une énergie vraiment unique. Une journée que je n’oublierai jamais.”
Un exploit qui change la donne
Pour Chumbo, habitué aux XXL de Nazaré ou de Jaws, cette vague n’est peut-être pas la plus haute de sa carrière. Mais symboliquement, elle est énorme. Car le Brésil n’a jamais été considéré comme une destination majeure de big wave surfing. Avec ce record, le pays entre désormais dans la carte mondiale du surf extrême.
Il faut rappeler que le Brésil a déjà produit une génération de surfeurs de grosses vagues : Maya Gabeira, détentrice du record féminin mondial, Rodrigo Koxa, qui a surfé la plus grosse vague jamais mesurée (24,38 mètres à Nazaré), ou encore Pedro Scooby. Mais la plupart de leurs exploits se sont réalisés à l’étranger. Cette fois, c’est sur les terres brésiliennes qu’un chapitre s’écrit.
Le symbole d’une “Brazilian Storm XXL”
Depuis une quinzaine d’années, la “Brazilian Storm” a révolutionné le surf mondial en compétition, avec des champions comme Gabriel Medina, Italo Ferreira, Filipe Toledo ou Tatiana Weston-Webb. Lucas Chianca incarne la même énergie, mais dans l’univers des grosses vagues. Et ce ride record à Jaguaruna montre que la tempête brésilienne souffle aussi sur les big waves.
Au-delà de la performance, Chumbo a mis en lumière tout un collectif de surfeurs et de sauveteurs qui œuvrent pour développer la pratique dans le pays. Son équipe de jet-skis, les locaux de “Jagua”, et toute l’organisation en sécurité étaient essentiels pour rendre possible une telle session.
Une fierté nationale
Dans un Brésil passionné de surf, ce record va résonner comme une fierté. Voir l’un des leurs dompter une vague de près de 15 mètres à domicile, dans une atmosphère quasi mystique, donne de nouvelles perspectives à la scène locale. Jaguaruna pourrait bien attirer de plus en plus l’attention internationale dans les années à venir.
Pour Lucas “Chumbo” Chianca, c’est une nouvelle ligne dans un palmarès déjà impressionnant, mais surtout un moment d’émotion pure :
“Immense gratitude envers mon équipe et tous ceux qui ont rendu cette journée possible. Le Brésil a des vagues incroyables, et aujourd’hui on l’a prouvé au monde entier.”
Chaque été, la Chambre d’Amour à Anglet s’illumine d’une aura unique : celle du Caraïbos Surf de Nuit présenté par Rip Curl. Ce vendredi 22 août (ou samedi en cas de météo capricieuse), le spot des Sables d’Or se transformera en véritable arène de surf, avec planches, musique et projecteurs lumineux. Un rendez-vous que le public comme les surfeurs attendent avec impatience.
Résultats de la compétition en 2025
C’est finalement l’équipe verte qui s’impose lors de cette édition 2025 du Surf de Nuit d’Anglet, dans des conditions agréables avec un mètre de houle. Le duo Juliette Lacome et Sam Piter a brillé, porté par un Sam Piter en grande forme qui a décroché la meilleure note de la soirée avec un solide 8,10. Leur total de 11,10 points leur offre une victoire méritée après un duel intense face à l’équipe blanche, représentée par Clémence Schorsch et Tiago Carrique. Ce dernier s’est illustré par des envolées spectaculaires, mais leur score de 10,77 les place finalement en deuxième position. Sur la troisième marche du podium, on retrouve Tya Zebrowski et Justin Becret, auteurs d’un total de 9,86.
Comme le veut la tradition, l’intégralité des gains a été reversée aux associations défendues par chaque équipe, rappelant que le Surf de Nuit est autant une fête populaire qu’un événement solidaire. Quelques images exclusives du surf de nuit 2025.
Un événement historique à Anglet
Créé en 1994, le Surf de Nuit fait partie des rendez-vous cultes de la côte basque en été. Le concept est simple, mais spectaculaire : des sessions de surf disputées après la tombée du jour, éclairées par d’immenses ballons lumineux. Résultat : un contraste saisissant entre l’écume des vagues, la nuit noire et les manœuvres des surfeurs.
Au fil des années, l’événement a connu des fortunes diverses, souvent malmené par la météo estivale parfois capricieuse ou par le manque de houle. Mais malgré ces aléas, le Surf de Nuit a su s’imposer comme un moment unique, autant apprécié par le grand public que par les athlètes.
Une édition 2025 particulière
Depuis quelques années, le Surf de Nuit se tenait dans le cadre de la compétition WSL d’Anglet. Cette année, pas de contest international… mais l’événement est conservé, pour le plus grand bonheur des spectateurs.
Le format de compétition reste inchangé :
6 équipes mixtes (un homme et une femme),
deux manches qualificatives,
une finale en heat mixte.
Chaque équipe défend les couleurs d’un partenaire, avec un prize money reversé à une association ou une organisation choisie.
Les équipes en lice
Le plateau 2025 affiche une belle diversité de talents, entre jeunesse montante et valeurs sûres :
Rip Curl : Tya Zebrowski & Justin Becret
Caraïbos : Hina Conradi & Jorgann Couzinet
Ville d’Anglet : Pauline Ado & Romain Lauhle
Carlbreak : Juliette Lacome & Sam Piter
MC Box Events : Tessa Thyssen & Clément Roseyro
Surfing France : Clémence Schorsch & Tiago Carrique
Autant dire que le spectacle sera au rendez-vous, chaque équipe ayant à cœur de briller devant les milliers de spectateurs massés sur la plage et la digue.
Plus qu’un contest, une fête
Le Surf de Nuit n’est pas qu’une compétition. L’événement se vit dès l’après-midi, avec un programme pensé pour mêler sport, culture et ambiance estivale : projection de films de surf, ateliers créatifs autour de l’océan avec Save la Mermaid, sets DJ au coucher du soleil, séances de dédicaces et concerts live.
L’apothéose aura lieu à 22h, quand les surfeurs entreront à l’eau sous les projecteurs. La remise des prix est prévue vers 23h45, mais la soirée, elle, restera longtemps dans les mémoires.
Un rendez-vous à ne pas manquer
Entre spectacle sportif, fête populaire et ambiance unique, le Surf de Nuit 2025 confirme sa place à part dans le calendrier des événements basques. Une occasion idéale de (re)découvrir Anglet autrement, sous la lumière des vagues et des projecteurs.
Dans le surf, chaque détail compte. La position du corps, l’épaisseur de la planche, la puissance des bras… mais aussi, parfois, un mouvement que l’on voit rarement expliqué : battre des jambes en ramant. Est-ce vraiment efficace ? Ou juste un réflexe nerveux qu’on a tous eu en voulant arracher une vague de justesse ?
Certains pros l’utilisent en compétition, d’autres n’y croient pas. Mais une étude scientifique et quelques exemples en live contest donnent des éléments de réponse intéressants.
Une étude qui fait la différence : +8 % de vitesse
En 2010, deux chercheurs australiens, Loveless et Minahan, ont publié une étude dans le Journal of Sport Science. Leur protocole était simple : demander à 11 jeunes surfeurs compétiteurs de ramer sur eau plate, avec et sans battements de jambes.
Résultat ? 👉 La rame avec battement était en moyenne 8 % plus rapide. Sur un effort court (5 à 10 secondes), cela équivalait à un gain de vitesse de 0,16 m/s, soit environ un à deux mètres de distance gagnée.
Quand on pense aux paddle battles en compétition, où deux surfeurs se disputent une vague au centimètre près, ce petit mètre peut être décisif.
Des exemples concrets sur le tour pro
L’idée n’est pas qu’une théorie en labo. On a vu plusieurs exemples sur le Championship Tour (CT), comme on peut le voir dans la vidéo en-dessous :
Vahine Fierro vs Isabella Nichols à Tahiti : Vahine a utilisé des battements de jambes pour se démarquer et prendre une vague clé.
Seth Moniz vs Ethan Ewing : en pleine bataille de rame, les deux battent des jambes, mais c’est Ewing qui sort vainqueur.
Kauli Vaast et Crosby Colapinto : même sans duel direct, on les a vus utiliser cette technique pour “booster” leur rame.
Ces images donnent une crédibilité à l’idée que battre des jambes, au bon moment, peut offrir un avantage compétitif.
Mais qu’en est-il pour attraper une vague ?
C’est là que ça se complique. Car ramer en eau plate n’est pas la même chose que se lancer dans une vague. Plusieurs variables changent complètement la donne :
L’épaisseur de la planche.
Le courant dans l’océan et la vague
La puisance de la vague elle-même.
L’équilibre du corps : bouger les jambes peut parfois déstabiliser.
Aucune étude scientifique n’a encore testé les effets réels du battement de jambes au moment précis de l’entrée dans la vague.
En clair : ✅ On sait que ça aide à accélérer sur eau plate. 🤔 On suppose que ça peut aider à “booster” la dernière poussée avant d’attraper une vague. ❌ Mais on ne peut pas l’affirmer scientifiquement.
Pourquoi ça pourrait marcher
Même sans preuve formelle, plusieurs hypothèses circulent :
Les battements créent un effet de propulsion supplémentaire (même faible) qui s’ajoute à la rame.
Ils permettent de maintenir le corps plus haut sur la planche, réduisant la traînée.
Ils donnent aussi un effet psychologique : en mode “dernière chance”, ça incite le surfeur à tout donner.
Alors, faut-il battre des jambes en ramant ?
La réponse dépend de votre pratique :
En freesurf, ça peut aider si vous voulez absolument rentrer dans une vague molle ou si vous manquez de vitesse. Mais inutile d’en abuser, cela peut vite fatiguer.
En compétition, ça devient une arme tactique dans un paddle battle. Les pros l’ont intégré, et ce n’est sûrement pas pour rien. N’hésitez pas à battre des pieds pour envoyer des projections d’eau à votre adversaire, c’est de bonne guerre.
En apprentissage, mieux vaut d’abord travailler la technique de rame classique (position du corps, efficacité des bras). Le battement vient comme un petit “turbo” à ajouter ensuite.
Le mot de la fin
Pour l’instant, battre des jambes en ramant reste un plus anecdotique mais bien réel. La science a montré que ça accélère sur eau plate. L’expérience des pros laisse penser que ça peut aider à prendre des vagues.
Mais au fond, la meilleure réponse viendra peut-être de votre propre expérience. La prochaine fois que vous sentez qu’il vous manque un petit coup de vitesse… essayez de battre des jambes. Vous verrez bien si ça change la donne !
PS : Un jour, je me suis blessé aux adducteurs en battant des jambes au take off, la loose totale….lol
« Cinq secondes… », se souvient Kauli Vaast. Depuis la tour, le speaker compte à rebours. Dans l’eau, l’Australien avait encore la priorité, mais l’océan est resté muet. Aucun set à l’horizon. À cet instant, le jeune surfeur de Tahiti réalise : il est champion olympique. Premier Français à inscrire son nom au palmarès du surf aux Jeux, et qui plus est à domicile, sur la vague mythique de Teahupo’o. Un rêve devenu réalité, mais aussi une mission accomplie. Car Kauli n’a pas seulement gagné pour lui : il a porté haut les couleurs d’une île, d’un pays, et d’une communauté.
Teahupo’o, l’école de la vie
Pour Kauli, Teahupo’o n’est pas un simple spot. C’est son terrain de jeu, son jardin, son école. Là où il a appris à se caler dans les tubes, à affronter les grosses houles et à apprivoiser la puissance brute de l’océan. « C’est la plus belle vague au monde », affirme-t-il sans détour. Mur de crâne pour les uns (signification de Teahupo’o), cathédrale liquide pour les autres, Teahupo’o est avant tout une énergie unique, une vibration que l’on ne comprend vraiment qu’en y plongeant. Kauli a grandi dans cette intensité, et c’est elle qui a forgé son surf, mais aussi son mental.
La pression de « l’enfant du pays »
Représenter la France et Tahiti, dans un spot aussi exigeant, a multiplié la pression par dix. Kauli n’était pas forcément considéré comme un favori mondial avant les Jeux. Mais les connaisseurs savaient qu’il avait le talent pour le faire. La fédération française de surf s’est bien frotté les mains en sachant que les JO auraient lieu à Tahiti, c’était le seul endroit où on pouvait gagner une médaille. Il a su transformer cette attente en force. La clé ? Une préparation mentale sans faille. Travailler à transformer le stress en énergie positive, en motivation supplémentaire. Résultat : une victoire libératrice, gravée à jamais dans l’histoire du surf français.
Un podium partagé avec les siens
Plus fort encore que la médaille elle-même, Kauli garde en mémoire le moment où il a pu partager sa victoire. Sur le podium, il aperçoit sa famille, ses proches, sa mère, venus jusqu’à Teahupo’o. Une communion rare, qui donne tout son sens à l’effort accompli. « Partager ça avec les personnes que tu aimes, il n’y a rien de mieux », confie-t-il. La médaille n’est pas qu’un trophée personnel : elle est le symbole d’une aventure collective, d’un peuple derrière son champion.
Une victoire qui dépasse le surf
Le lendemain de son exploit, Kauli découvre l’ampleur de sa victoire. À Paris, à Tahiti, en France métropolitaine, partout on le félicite, on lui sourit, on le remercie. Sa médaille résonne au-delà du surf. Elle inspire une génération. Dans l’eau, les jeunes Tahitiens l’interpellent, le reconnaissent. Certains n’étaient pas nés quand il a commencé à se faire un nom. Aujourd’hui, il est un modèle. « Pourquoi pas une deuxième médaille ? Pourquoi pas un titre mondial ? », se dit-il, déjà tourné vers l’avenir.
Le tremplin d’une carrière
Si la médaille d’or reste à ce jour son plus grand accomplissement, Kauli refuse d’en faire une fin en soi. Elle est un tremplin, un point de départ. Désormais, il vise les Championnats du monde, avec la ferme intention de prouver qu’il peut figurer durablement parmi les meilleurs. La confiance acquise à Teahupo’o lui donne une arme supplémentaire : la certitude qu’il a sa place au sommet. Et surtout, il garde une philosophie simple : ne jamais perdre le plaisir. « Il faut toujours s’amuser et profiter », résume-t-il. Car c’est bien l’amour de l’océan, intact, qui continue de guider chacun de ses pas.
Quelques jours avant le Lexus Tahiti Pro 2025, Griffin Colapinto a vécu le wipeout le plus violent de sa carrière à Teahupo’o. Entre peur, chaos et adrénaline, le Californien revient sur cet épisode qui aurait pu tourner au drame. Pas le meilleur moyen d’appréhender la compétition….(Quoique)
Un avant-goût de l’enfer à Teahupo’o
À Tahiti, avant même que le Lexus Tahiti Pro ne démarre, la houle XXL s’était déjà invitée. Comme souvent à Teahupo’o, chaque session des surfeurs du Tour ressemble à une compétition parallèle, surtout lorsque les meilleurs free surfeurs au monde et les meilleurs du tour se donnent rendez-vous pour une houle historique, où l’océan distribue tubes d’anthologie.
Griffin Colapinto, actuel n°3 mondial (après la compétition de Teahupoo), est arrivé tôt pour s’entraîner et prendre la température. Et il n’a pas été déçu. Dans une vidéo publiée sur YouTube, le surfeur de San Clemente raconte ce qu’il considère comme le pire wipeout de sa vie.
« Tout le channel s’est mis à bouger »
Griffin se souvient :
« Ce jour-là était énorme. Il y avait des vagues pour le tow-in, mais aussi des opportunités pour ramer. J’ai pris une première vague, j’ai sauté et je suis passé. Je pensais que c’était bon. J’ai ramé vers le chenal, et j’ai senti tout le channel se mettre à tirer vers le large. Là, j’ai compris que quelque chose d’énorme arrivait. »
En quelques secondes, Colapinto réalise qu’il est mal placé. À sa gauche, il voit Eli Olson se faire tracter sur l’une des bombes de la journée. Et lui est pile dans l’impact zone.
La décision en une fraction de seconde
Pris au piège, Griffin n’a pas d’autre choix que de sacrifier sa planche et de plonger sous la lèvre :
« J’ai pensé enlever mon leash, mais Eli était sur la vague. Je ne voulais pas que ma planche le percute. Alors j’ai plongé, j’ai nagé de toutes mes forces, mais je sentais l’océan me ramener vers le pic. »
À bout de souffle, il remonte à la surface, parvient à prendre une inspiration salvatrice… avant d’être aspiré à nouveau par la déferlante.
Une machine à laver sans fin
Le Californien décrit alors un moment où tout bascule dans une logique de survie :
« Quand tu réalises que tu ne peux pas lutter, il faut accepter que ça arrive. Sinon tu paniques, et là ça devient dangereux. »
Propulsé dans le tourbillon, son gilet d’impact est arraché par la puissance de l’eau. Coincé sous l’écume, il reste de longues secondes prisonnier. Lorsqu’il refait surface, c’est pour replonger aussitôt sous une deuxième vague, qui le maintient encore plus longtemps au fond.
Heureusement, un jet-ski le récupère quelques instants plus tard. Exténué, secoué, mais indemne.
Matos détruit, mental intact
Sa planche, en revanche, n’a pas survécu : leash arraché, boîte de dérive éclatée, rails brisés. « Elle était complètement détruite », lâche-t-il. Pourtant, loin de renoncer, Griffin retourne aussitôt au large avec une nouvelle planche.
Et le karma lui sourit : deux heures après son wipeout, il sort du meilleur tube de sa vie. La vidéo le montre hurlant de joie, tremblant d’adrénaline en criant :
« Je pense que c’est le meilleur barrel de ma vie. Je suis en train de trembler ! »
De la peur à l’extase
Ce contraste entre l’extrême violence d’un wipeout et la récompense ultime d’un barrel parfait résume l’essence même de Teahupo’o. Une vague mythique, capable de tout donner comme de tout prendre.
Griffin le sait : ce genre d’expérience forge un surfeur. Et malgré la frayeur, il en sort grandi :
« C’était la plus grosse branlée de ma vie, mais aussi une des journées les plus mémorables. »
Une préparation pour les WSL Finals
Quelques jours plus tard, Colapinto atteint la finale du Lexus Tahiti Pro, seulement battu par Jack Robins on. Mais sa performance lui permet de grimper à la troisième place mondiale et d’assurer sa place pour les Finals à Cloudbreak (Fidji).
Avec ce mélange de lucidité, de courage et de persévérance, il arrivera à Fidji gonflé à bloc, prêt à jouer le titre mondial.
Le wipeout de Griffin Colapinto à Teahupo’o est un rappel brutal : même pour les meilleurs surfeurs du monde, l’océan reste le maître. Entre peur viscérale et extase pure, Colapinto a vécu en quelques heures les deux extrêmes du surf. Une expérience qui restera gravée dans sa mémoire… et dans celle de tous ceux qui ont vu les images.
Le surfeur tahitien Michel Bourez a connu une mésaventure impressionnante à domicile, sur l’une des vagues les plus redoutées au monde. Dix jours plus tôt, lors d’une session de tow-in dans un Teahupo’o massif, sa planche l’a violemment frappé au visage, l’envoyant directement à l’hôpital. Retrouvez la vague dans la vidéo en-dessous.
Un accident sans perte de conscience
Heureusement, l’ancien pensionnaire du Championship Tour (CT) n’a pas perdu connaissance. Michel Bourez a raconté l’accident :
“Parfois l’océan te rappelle qui est le patron. Ma planche m’a frappé en plein visage, mais j’ai eu de la chance. Je retrouve peu à peu mes sensations et j’ai hâte de reprendre l’entraînement.”
Un témoignage qui illustre la brutalité de Teahupo’o, spot mythique connu pour sa vague massive et creuse, capable d’infliger les pires blessures aux surfeurs, même les plus aguerris.
Pas de regrets malgré les risques
Loin de s’apitoyer, le Tahitien a tenu à relativiser :
“Ces choses-là arrivent. On connaît tous les risques quand les vagues atteignent cette taille. Je n’ai aucun regret… c’était quand même une journée incroyable.”
Ces mots montrent la résilience d’un surfeur qui a toujours aimé repousser ses limites dans les conditions extrêmes.
Une carrière au sommet, un retour aux racines
Surnommé The Spartan, Michel Bourez a marqué le surf mondial avec plus de dix ans passés sur le CT, trois victoires en carrière et une réputation de guerrier dans les vagues et en dehors. Aujourd’hui en dehors du circuit professionnel, il profite de son temps pour se confronter aux houles tahitiennes, là où tout a commencé.
Et malgré cet accident, Bourez n’a pas perdu son enthousiasme : il a félicité son frère Mihimana pour sa troisième place lors de l’étape de WCT 2025, rappelant que la relève tahitienne est plus que jamais en feu.
Teahupo’o, toujours aussi impitoyable
Cet épisode rappelle que, même pour un surfeur expérimenté comme Michel, d’ailleurs son frère Kevin Bourez avait connu une blessure grave sur cette même vague en 2014 avec plusieurs fractures à la mâchoire, de sérieuses ouvertures au visage (dont dents cassées, globe oculaire enfoncé et cervicale touchée) et d’un traumatisme crânien….Une histoire de familles.
Michel Bourez, fidèle à sa mentalité de Spartan, a déjà les yeux tournés vers son retour à l’eau. Bo rétablissement Michel….
La communauté du surf français est en deuil. Daniel Lasserre, surfeur de la Côte des Basques et membre actif du Côte des Basques Surf Club, s’est éteint le 11 août 2025 à l’âge de 69 ans, des suites d’une longue maladie. Homme de passion et d’engagement, il incarnait ce lien rare entre le monde des vagues et celui du droit.
Depuis 2021, il avait choisi de mettre ses compétences au service de la Fédération Française de Surf en tant que responsable bénévole du Comité de discipline d’appel. Fidèle participant aux conférences Surf et Droit, il y apportait sa vision à la fois juridique et profondément humaine, nourrie par son attachement à l’océan et à la communauté surf.
Un avocat respecté et un homme d’élégance
Né à Bordeaux, Daniel Lasserre avait prêté serment en 1978 avant de cofonder le cabinet Elige, spécialisé en droit commercial et des affaires. Ancien membre du Conseil de l’ordre (1986-1993), il était reconnu par ses pairs pour son élégance, son éloquence et sa pugnacité. Ses confrères décrivent un homme joyeux, bienveillant, brillant et profondément humain.
Son nom restera aussi lié à l’affaire Bettencourt, où il a défendu en 2015 le photographe François-Marie Banier aux côtés de Pierre Cornut-Gentille et Laurent Merlet. Mais au-delà des affaires médiatisées, il restera pour le barreau de Bordeaux une figure respectée, un confrère attachant et un esprit rassembleur.
Un sportif accompli
Si le surf occupait une place essentielle dans sa vie, Daniel Lasserre était aussi un sportif accompli. Golf, football – qu’il pratiquait au sein de l’équipe du barreau de Bordeaux – ou sorties en montagne, il cultivait un rapport authentique à l’effort et au dépassement de soi. Sa passion pour l’océan l’accompagnait depuis toujours, faisant de lui un visage familier des vagues de la Côte des Basques.
Un héritage humain et océanique
Marié et père de deux filles, Daniel Lasserre laisse derrière lui l’image d’un homme à la fois engagé et accessible, un « vieux de la vieille » du surf basque qui n’a jamais cessé de conjuguer passion et professionnalisme. Sa disparition laisse un vide immense, aussi bien sur les bancs du barreau de Bordeaux que sur le sable de la Côte des Basques.
Ses obsèques ont eu lieu ce mardi 19 août, à l’église Saint-Seurin de Bordeaux.
La Praia de Itacoatiara (Niterói, Brésil) vibrait ce dimanche 17 août lors du Itacoatiara Big Wave 2025, rendez-vous incontournable du surf de grosses vagues au Brésil. Si les conditions – des vagues d’environ trois mètres – ont fait débat, l’intensité de la compétition n’a pas déçu. Et dans ce décor électrique, le duo français Clément Roseyro et Éric Rebière a décroché une magnifique deuxième place derrière les intouchables Lucas “Chumbo” Chianca et Pedro Scooby.
Les juges ont récompensé la constance et l’engagement des deux Français : 12 points au total (7.00 + 5.00), soit le même score que les troisièmes Dylan Longbottom et Lucas Silveira, mais Roseyro/Rebière ont pris l’avantage grâce à une meilleure vague de série.
Mais c’est surtout un aerial impressionnant de Clément Roseyro qui a électrisé la plage et enflammé les réseaux sociaux. Dans une compétition généralement dominée par des drops massifs et du tow-in engagé, ce move créatif et radical a apporté une touche spectaculaire.
Une “vraie-fausse” épreuve de grosses vagues
Le nom du contest pouvait laisser espérer des murs dignes de Nazaré, mais les images montrent plutôt un Itacoatiara en version moyenne : 3 mètres puissants, certes, mais loin des “monstres” auxquels on associe habituellement les big wave riders. Pourtant, la bagarre fut réelle. Pedro Scooby, blessé dès les quarts de finale, a serré les dents pour offrir un doublé consécutif à son duo avec Chumbo.
Les Français confirment leur statut
Cette 2ᵉ place marque une nouvelle étape pour Éric Rebière, pionnier français du surf de grosses vagues, et Clément Roseyro, qui s’impose peu à peu comme un des riders les plus explosifs et les plus engagés de sa génération. Une belle complémentarité pour les deux surfeurs français.
Au classement final :
1er : Lucas Chianca & Pedro Scooby – 13.85 pts
2e : Éric Rebière & Clément Roseyro – 12.00 pts
3e : Dylan Longbottom & Lucas Silveira – 12.00 pts
4e : Alemão de Maresias & Lucas Fink – 5.48 pts
Le Brésil, nouveau terrain de jeu pour les big wave riders ?
Avec cette 7ᵉ édition, l’Itacoatiara Big Wave s’installe comme un rendez-vous du surf de gros au Brésil. Même si la taille des vagues n’a pas atteint des dimensions “historiques”, l’événement confirme son importance pour la ville de Niterói et pour la scène internationale.
Et pour la France, voir ses riders sur le podium, avec un aerial déjà culte signé Roseyro, est une preuve supplémentaire que l’Hexagone s’invite désormais régulièrement dans le cercle fermé des big wave hunters.
À la fin du mois d’août 2025, le monde entier aura les yeux rivés sur Cloudbreak, aux Fidji. C’est là que se tiendra l’ultime étape du Championship Tour de la WSL, qui sacrera le nouveau champion du monde de surf. Mais avant même la bataille des titres, l’archipel du Pacifique Sud a déjà son héros : James Kusitino, 16 ans, devenu officiellement le premier surfeur professionnel fidjien.
Son histoire, c’est celle d’un enfant discret, amoureux de l’océan, qui a grandi dans l’ombre d’une vague longtemps interdite à ses propres compatriotes. Aujourd’hui, il incarne l’espoir d’un peuple et l’émergence d’une nouvelle voix dans le surf mondial.
L’histoire d’un paradis longtemps interdit
Dans les années 80, Tavarua Island Resort obtient un bail exclusif sur l’île et… sur ses vagues. Résultat : Cloudbreak, l’une des plus belles gauches de la planète, devient une chasse gardée pour les touristes fortunés et les pros internationaux.
« J’ai grandi ici, mais je n’ai surfé Cloudbreak qu’à 20 ans », raconte Che Slatter, mentor de James. Les locaux, même Fijien·nes, se faisaient repousser s’ils tentaient de ramer au large.
Tout change en 2010, lorsque le Premier ministre Frank Bainimarama met fin à l’exclusivité. Cloudbreak s’ouvre enfin au public. Le timing est parfait : cette même année, James, alors âgé d’un an, faisait ses premiers pas sur la plage où travaillait sa mère.
L’éclosion d’un talent hors norme
Issu d’une famille modeste — un père militaire, une mère employée d’hôtel — James découvre vite l’océan comme un refuge. À Sigatoka, au bord d’un beachbreak musclé, il apprend à dompter les courants dès l’âge de quatre ans.
Sa première planche ? Un soft-top offert par une tante. La suivante ? Une board laissée par un pro, trop grande pour lui, mais qui l’oblige à progresser plus vite. Dans l’eau, il se révèle : solide physiquement, intrépide dans les grosses vagues.
« Les gens demandaient toujours : qui est ce gamin sans peur ? », se souvient sa mère.
Cloudbreak comme terrain de jeu
À 7 ans, à peine six ans après son ouverture au public, James met pour la première fois les pieds sur le reef de Cloudbreak. Le coup de foudre est immédiat.
Obsédé par le surf, il passe ses journées à l’eau et ses soirées devant les vidéos de Jamie O’Brien et Andy Irons. Comme possédé, il développe un style brut et fluide, mélange d’instinct et de travail acharné.
« Suivez James dans le line-up », conseille son mentor Che. « Même si vous ne voyez rien, lui sent quand une vague arrive. »
Un chemin semé d’embûches
Devenir surfeur pro aux Fidji n’a rien d’évident. Le matériel est rare, l’essence pour les bateaux coûte cher, et les boards cassées sont un luxe difficile à remplacer.
James lave la vaisselle, balaie des restaurants, dort dans des voitures pour économiser de quoi payer ses sessions. Sa famille, consciente de son talent, prend un pari fou : l’extraire du système scolaire après la 8e année pour lui laisser sa chance.
« Ce n’est pas un risque », assure son père. « S’il échoue, il sera pêcheur ou capitaine de bateau. La mer lui donnera toujours du travail. »
De l’ombre à la lumière
Le déclic arrive grâce à une simple vidéo Instagram. Un clip partagé par Hunter Martinez montre James se calant dans un tube parfait à Cloudbreak. Son style unique attire immédiatement l’attention de Craig Anderson, qui le recommande à Former, la marque fondée par Dane Reynolds et lui-même.
En juillet 2025, James signe officiellement son premier contrat professionnel. Fidji a enfin son premier surfeur pro.
Pour lui, c’est un rêve éveillé : « Bula vinaka, Former ! Merci Craig et Dane, c’est un rêve qui devient réalité. »
L’avenir d’un pionnier
L’histoire ne fait que commencer. Soutenu par sa communauté, James prépare déjà des voyages à Teahupo’o et à Hawaii. Ses objectifs ? Pipeline, Waimea, et un jour, participer au légendaire Eddie Aikau.
Craig Anderson ne tarit pas d’éloges : « James est le jeune surfeur le plus doué que j’ai vu à 16 ans. Dans les vagues de conséquence, il est dans son propre monde. »
Avec la finale WSL 2025 qui se jouera à Cloudbreak, James aura une tribune rêvée pour briller devant la planète surf. Mais quoi qu’il arrive, il a déjà changé l’histoire de son pays.
À 16 ans, James Kusitino n’est pas seulement un prodige. Il est un pionnier, symbole d’une génération de Fidjiens qui, après des décennies d’exclusion, prennent enfin place dans leur propre line-up. Et si Cloudbreak a souvent couronné les plus grands, il pourrait bien être le tremplin d’un futur champion issu des îles.
On connaissait les compétitions de surf avec des chiens en Californie. On connaissait You et Off, les phoques stars du Bassin d’Arcachon, toujours prêts à squatter les planches des surfeurs girondins. Voici maintenant… le manchot qui surfe en Afrique du Sud !
Une rencontre incroyable à Cape Town
La scène a été filmée sur un beach break du Cap. Le photographe qui accompagnait la session raconte : « J’ai eu des interactions avec des dauphins, des phoques, des baleines, même des requins… mais jamais un manchot n’était venu se joindre à nous. » Sorti de nulle part, l’animal s’approche des surfeurs, grimpe sur une planche, puis sur l’épaule d’un surfeur équipé d’une caméra. Pas stressé pour un sou, le manchot semblait chercher de la compagnie… et de l’action.
Quand le manchot prend la vague
Entre deux séries, l’oiseau aquatique utilisait carrément l’énergie des vagues pour se faufiler parmi les surfeurs. Pendant quelques instants, tout le monde a eu l’impression qu’il essayait, lui aussi, de « rider » la houle du Cap. Un moment surréaliste, mais surtout plein de tendresse.
Des cousins sur la côte atlantique
Cette rencontre rappelle les frasques de You, le phoque au pelage doré devenu une célébrité du Médoc et du Bassin d’Arcachon, et de son « cousin » Off, repéré récemment au Cap Ferret. Ces phoques ont fait la joie des surfeurs, grimpant sans gêne sur leurs planches. Des images qui montrent que la glisse n’est pas qu’une affaire d’humains.
Un rappel essentiel
Derrière la magie de la scène, le message reste clair : ces animaux sauvages vivent sous la pression humaine – surpêche, pollution, urbanisation. Les manchots du Cap sont particulièrement menacés. Les surfeurs, comme tous les amoureux de l’océan, ont un rôle à jouer pour protéger leur terrain de jeu… et celui de ces compagnons imprévus.
Il y a des disparitions qui résonnent bien au-delà d’une famille ou d’un village. Celle de Pua Raiponi, survenue dans sa 39ème année, a profondément touché la communauté de Toahotu, mais aussi le monde du surf à Tahiti. Né le 27 août 1985, il a grandi sur cette terre du sud de l’île, bercé par les traditions polynésiennes et le bruit des vagues qui façonnent la vie locale.
Pua Raiponi n’était pas seulement un passionné de glisse, il était aussi un fils de Toahotu profondément attaché à sa culture. Respectueux des normes polynésiennes, toujours proche de sa grande famille, il incarnait ce lien fort entre les racines et la modernité, entre l’océan et la terre. Ceux qui l’ont connu se souviennent de sa générosité, de sa bienveillance et de cette simplicité qui faisait de lui un homme apprécié de tous.
Il laisse derrière lui une famille aimante : sa mère, Marie-Rose, ses sœurs Orama et Moena, mais surtout sa fille unique, Teahinui, véritable lumière de sa vie.
Passionné de surf et d’images
Au-delà de l’eau, Pua avait un autre regard : celui du photographe. Avec son appareil, il a immortalisé des instants précieux de la vie polynésienne et surtout des vagues mythiques de Teahupo’o, ce spot légendaire qui fait battre le cœur du surf mondial. Ses clichés, partagés au fil des années, témoignaient d’une sensibilité particulière pour l’océan et pour la beauté brute de sa terre natale.
Dans ses images, on retrouvait ce mélange de puissance et de douceur qui le caractérisait lui-même. Comme une extension de son âme, son objectif captait à la fois la démesure des vagues et la fragilité des instants suspendus.
Un hommage émouvant à Teahupo’o
La disparition de Pua Raiponi a bouleversé la communauté du surf polynésien. Après une première haie d’honneur organisée plus tôt dans la semaine, un ultime hommage lui a été rendu le dimanche 24 août 2025 au PK 0 de Teahupo’o. Ce jour-là, le parking était exceptionnellement ouvert, non pas pour une houle attendue, mais pour saluer une dernière fois celui qui avait l’habitude d’affronter la vague mythique.
Amis, habitants, surfeurs et rameurs de va’a se sont rassemblés en nombre pour un moment de recueillement. Certains sont restés sur le rivage, d’autres se sont élancés dans le lagon pour former un cercle en sa mémoire. Cet hommage, initié par le surfeur Matahi Drollet et soutenu par le président de la Fédération tahitienne de surf, Max Wasna, a montré combien Pua était aimé et respecté.
Une disparition douloureuse
La nouvelle de son décès a plongé Toahotu, Faa’a et toute la communauté polynésienne dans une grande tristesse. Les familles Pua, Chambo, Afo, Vehiatua, Roopinia, Utia, Chapman, Lemaire, Jean, Faehau, Holman et leurs proches ont exprimé leur douleur, tout en demandant respect et recueillement dans ces moments difficiles.
Les circonstances exactes de sa disparition restent encore à éclaircir, et la famille appelle chacun à ne pas se laisser emporter par les rumeurs. Les obsèques seront organisées prochainement, lorsque son corps aura pu être rendu aux siens.
Un héritage à travers la mémoire et les images
Si la vie de Pua Raiponi s’est arrêtée trop tôt, son souvenir continue de vibrer à travers ceux qui l’ont aimé et les images qu’il a laissées. Ses photos de Teahupo’o resteront comme un témoignage sincère d’un homme qui savait regarder l’océan autrement.
À travers lui, c’est aussi une part de la culture surf de Tahiti que l’on célèbre : une culture faite d’océan, de famille, de respect et de transmission.
Héros invincible dans les profondeurs marines à l’écran, Jason Momoa a connu un tout autre scénario dans la vraie vie. Lors d’une session de paddle dans des vagues monstrueuses sur l’île de Maui, l’acteur d’Aquaman a vu sa vie défiler… au point de promettre un changement radical.
Une sortie qui tourne au cauchemar
En 2007, bien avant de porter la couronne du roi d’Atlantis au cinéma, Jason Momoa décide de relever un défi : une traversée de 13 miles le long de la côte de Maui, en passant par le mythique spot de Peʻahi, alias Jaws. Ce jour-là, les conditions sont extrêmes : vent violent, vagues de 10 pieds hawaïens, courant puissant.
À mi-parcours, alors qu’il est à environ un kilomètre au large, son leash casse. Sa planche disparaît dans l’écume. « Je ne pouvais même plus la voir », raconte-t-il dans le podcast SmartLess. Pire encore, il se retrouve dans une zone où personne ne le repère, malgré ses appels au secours.
Quand le corps lâche
Après de longues minutes à encaisser les séries, l’épuisement gagne. « Mes bras et mes jambes ont lâché. Mon corps s’est arrêté. » Momoa se met à dériver, incapable de se déplacer, la tête à peine hors de l’eau pour respirer. Il pense alors à sa fille Lola, âgée de seulement trois mois. « J’ai perdu pied mentalement. J’ai cru que c’était fini. »
Un ami finit par le repérer, mais le chemin du retour est un autre combat : courants contraires, nouvelles chutes, pieds en sang et sept miles restants à parcourir. « J’ai ramé avec mes ancêtres dans la tête. »
Une rencontre providentielle avec Laird Hamilton
Selon certaines versions du récit, c’est la légende du big wave surfing, Laird Hamilton, qui serait intervenu pour l’aider à se sortir de cette situation. Ensemble, ils affrontent les vagues avant de rejoindre la côte, lessivés mais vivants.
La leçon de vie qui a tout changé
Cet accident a laissé des marques profondes. Pas seulement physiques. Ce jour-là, Jason Momoa arrête définitivement de fumer, lui qui consommait deux à trois paquets par jour. « Je n’ai pas pu arrêter pour mes enfants, ni pour mon ex, mais après ça, j’étais mort à l’intérieur. Je n’ai jamais retouché une cigarette. »
Ironie du destin
Difficile de ne pas relever la dimension ironique : celui qui incarne Aquaman, le roi des océans, a bien failli y laisser sa vie. Une piqûre de rappel que, peu importe l’entraînement ou la célébrité, la mer reste la seule et vraie maîtresse du jeu.
Le surfeur français William Aliotti n’a jamais caché son goût pour les lignes de vagues puissantes et les planches qui sortent de l’ordinaire. Basé entre l’Europe, les Caraïbes et l’Indonésie, il a bâti sa réputation sur un surf fluide, créatif et sans compromis. Début août 2025, il s’est offert un défi à la hauteur de sa réputation : affronter le plus gros swell de l’année à Uluwatu, Bali, sur un twin asymétrique signé Ryan Lovelace.
Une session d’exception
Le mercredi 6 août 2025, un train de houle massif s’abat sur l’archipel indonésien. Les prévisions annoncent un Uluwatu XXL, avec des séries solides qui réveillent toute la puissance de la célèbre gauche. Plutôt que de sortir un gun classique, William opte pour sa 5’10” Asym Twin, une planche atypique aux courbes dissymétriques, taillée pour combiner vitesse et liberté.
« C’était le plus gros Uluwatu que j’ai jamais surfé », explique-t-il. « Insensé et intense, certaines vagues comptent parmi les plus grosses que j’ai jamais prises là-bas. Ça m’a rappelé le snowboard. » Une comparaison qui prend tout son sens : lignes longues, virages puissants et sensation de glisse fluide, le tout avec un engagement total.
Le style Aliotti
Le style est une notion insaisissable : difficile à définir, mais évident à reconnaître. Chez William Aliotti, il se traduit par une combinaison unique de vitesse, puissance et flow, agrémentée de cette touche personnelle qui rend chaque manœuvre différente. Dans les murs d’eau massifs d’Uluwatu, son approche prend une dimension supplémentaire : placement précis, trajectoires tendues et variations de rythme qui transforment chaque vague en terrain de jeu.
Ce qui surprend dans cette session, c’est la taille de la planche de surf. Surfer des vagues massives, pleines d’eau en petite planche est tout sauf anodin. William pousse depuis quelques années les limites des Twin-Fins. Le résultat ? Des bottoms engagés suivis de carves appuyés, le tout avec une fluidité qui contraste avec la violence du spot ce jour-là.
Plutôt que de suivre les standards imposés par les compétitions, il choisit ses planches, ses vagues et ses projets en fonction de ce qu’il veut exprimer. Ce choix assumé lui a permis de développer une identité forte, respectée autant par ses pairs que par les passionnés. Un des seuls surfeurs français à avoir une réputation au niveau international.
Cette session à Uluwatu illustre parfaitement cette philosophie : un swell historique, une planche atypique, et un style qui, plus que jamais, fait la différence.
Lakey Peterson, ancienne n°2 mondiale et l’une des surfeuses les plus respectées du circuit, a vécu une scène improbable à Lower Trestles, spot mythique de San Clemente (Californie). Dans une récente vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, on voit l’Américaine de 30 ans surfer une droite tranquille, avant qu’un surfeur tente de lui braquer la vague, puis dans un geste désespéré, il tente de faire tomber la surfeuse, en voulant la pousser ou lui accrocher le leash. Un geste totalement incompréhensible, immortalisé par la caméra et qui a rapidement déclenché une avalanche de réactions outre atlantique.
Une manœuvre dangereuse et… incompréhensible
Les images montrent Lakey, fluide et engagée, en train de dérouler sur sa planche Channel Islands, parfaitement adaptée aux petites vagues du jour. Soudain, un surfeur qui semblait vouloir la “braquerr” (prendre sa vague) saute dans l’eau à quelques centimètres d’elle. Résultat : frayeur immédiate, mais plus de peur que de mal. Lakey ne chute pas et ne subit aucune blessure. “Je ne peux pas croire qu’il ait vraiment fait ça”, réagit-elle dans les commentaires.
Les réseaux s’enflamment, comme d’habitude
La vidéo, partagée sur YouTube, a rapidement suscité un flot de messages de soutien. « Je pensais que l’image était photoshopée, je n’arrive pas à croire qu’il ait vraiment fait ça », écrit un abonné. « Rien de pire qu’un type qui essaie de te griller la priorité et qui, en plus, tombe à l’eau », ironise un autre. Plusieurs internautes avancent que l’homme pourrait être un militaire de la base voisine de Camp Pendleton, un lieu d’où proviennent régulièrement des surfeurs sur les spots alentours.
La question du respect à l’eau
Cet incident relance un débat récurrent dans le surf durant l’été : celui du respect et des règles de priorité. En surf, le rider le plus proche du pic (point de déferlement) a la priorité sur la vague. Ignorer cette règle peut provoquer des collisions dangereuses. Ici, le geste semble aller au-delà d’une simple erreur, puisque le surfeur saute volontairement sur Lakey pour la faire chuter. Bien évidemment, sur internet, les polémiques s’enchainent avec des commentaires du style « Lakey s’est retrouvée face à un comportement machiste, une “manifestation de patriarcat”. Moi je n’y vois rien de plus qu’un surfeur frustré. La scène illustre aussi la réalité de certains line-ups surpeuplés, où la tension peut monter rapidement.
Un rappel nécessaire
Si l’histoire fait sourire certains par son côté absurde, elle rappelle surtout que le surf est un sport où la sécurité dépend du respect mutuel. Dans un line-up bondé, un geste imprévisible peut avoir de lourdes conséquences. Pour Lakey, c’est heureusement un “non-incident” sur le plan physique, mais une expérience de plus qui souligne l’importance du respect des règles à l’eau… et de savoir garder son calme.
Le monde du surf vient de perdre l’une de ses figures les plus singulières et inspirantes. Dale Webster, surnommé Daily Dale ou Daily Wavester, est décédé à l’âge de 77 ans. Cet Américain de la côte nord-californienne détient un record qui semble tout simplement imbattable : 14 641 jours de surf consécutifs, soit plus de 40 années sans manquer une seule session.
Un début de légende en 1975
Né en 1948 à Alhambra, Californie, Dale découvre le surf à 13 ans, en 1961. Mais c’est en septembre 1975, à Bodega Bay, que sa destinée se scelle. Une houle historique, surnommée The Monster From New Zealand, frappe la côte pendant une semaine entière. Dale surfe chaque jour, puis se lance un défi : continuer jusqu’à atteindre 100 jours consécutifs.
Une fois ce cap franchi, il décide de prolonger l’expérience jusqu’à un an… puis deux… puis une vie entière. Ce qui n’était au départ qu’un jeu devient une véritable mission.
Un exploit hors du commun
De 1975 à 2015, Dale Webster n’a jamais manqué un seul jour à l’eau. Pluie, tempêtes hivernales, eau glaciale à 10 °C, requins blancs, maladies, opérations médicales… rien ne l’a arrêté.
Sa règle était simple : trois vagues jusqu’à la plage, en traînant le dérive dans le sable, à la manière de son idole Phil Edwards. Cette routine, il l’a répétée pendant quatre décennies, totalisant plus de 43 000 vagues.
Les sacrifices d’une vie dédiée au surf
Pour maintenir sa série, Dale a bâti toute son existence autour de l’océan. Pas de vacances à l’intérieur des terres, pas de travail qui empiète sur ses sessions. Il a surfé le jour où il a perdu sa femme, affronté les hivers rudes de la Californie du Nord et même bravé les douleurs des calculs rénaux.
Son dévouement lui a valu l’admiration du monde du surf. Kelly Slater lui-même a salué sa persévérance, le décrivant comme “extraordinaire” dans un post Instagram.
La fin d’une ère
Le 5 octobre 2015, Dale est contraint de mettre fin à son incroyable série en raison d’une opération. Mais il continue à surfer régulièrement jusqu’à la fin de sa vie, toujours fidèle à son mantra : « Le seul objectif dans la vie est de la surfer jusqu’au bout et de tenter d’en comprendre le sens. »
Un héritage inégalable
Dale Webster restera dans l’histoire comme le surfeur le plus constant de tous les temps. Plus qu’un record, son parcours est un hymne à la passion pure, à la discipline et à la joie simple d’être dans l’eau.
Dans un monde où tout va vite, il nous laisse une leçon intemporelle : parfois, la plus belle réussite est de rester fidèle à ce que l’on aime, jour après jour, vague après vague.
La communauté surf de la Gold Coast pleure l’un de ses enfants prodiges. Jackson “Jacko” Graham, ancien champion des Palm Beach Boardriders et ex-compétiteur sur le circuit junior WSL, est décédé à seulement 22 ans, des suites d’une maladie récente.
À seulement 14 ans, Jackson Graham — affectueusement surnommé “Jacko” par ses amis — remportait le titre très convoité de Palm Beach Boardriders Champion. Né et élevé sur la Gold Coast australienne, il s’était rapidement imposé comme l’un des jeunes talents les plus prometteurs de la région, participant au WSL Junior Tour et accumulant les résultats solides.
Jacko n’était pas seulement un compétiteur redoutable : il était aussi l’incarnation de la culture surf australienne, partageant autant de temps à l’eau qu’à pêcher ou à partir à l’aventure avec ses amis.
Un surfeur au grand cœur
La nouvelle de sa disparition a bouleversé toute la scène locale. Les réseaux sociaux se sont rapidement remplis de messages rendant hommage à son talent, mais surtout à son humanité.
Oscar Berry, ami proche, se souvient :
« Quand je suis arrivé sur la Gold Coast depuis Yamba, le premier à m’accueillir en classe a été Jacko. Depuis ce jour, il est resté l’un de mes meilleurs amis. Jacko était unique, incroyablement talentueux, et surtout doté du plus grand cœur que je connaisse. »
Les Mad Hueys, célèbre marque de surfeurs et pêcheurs australiens, ont partagé un montage photo de leurs escapades passées, accompagné d’un message simple mais lourd de sens :
« Repose en paix, Jacko. Tu resteras toujours dans nos cœurs. »
Pour célébrer sa vie, un paddle out sera organisé à Palm Beach, son spot de cœur. Cette tradition, profondément ancrée dans la culture surf, rassemble amis, famille et inconnus autour d’un cercle formé au large. Fleurs, planches et larmes se mêlent, tandis que chacun rend hommage au disparu en jetant de l’eau vers le ciel ou en partageant un dernier mot.
Ces moments, à la fois solennels et empreints de beauté, rappellent que la communauté surf est avant tout une famille. Peu importe le niveau ou la notoriété, chaque surfeur disparu laisse une empreinte dans les vagues qu’il a tant aimées.
Icônes Surf et la mémoire des surfeurs
Chez Icônes Surf, nous avons toujours pensé que l’histoire du surf ne se racontait pas uniquement à travers les victoires et les exploits. Elle se construit aussi avec ses drames, ses disparitions, ses figures parties trop tôt. Écrire sur Jackson “Jacko” Graham, c’est rendre hommage à un jeune homme qui, même à 22 ans, avait déjà marqué ses pairs.
Parce que chaque surfeur, qu’il ait eu une carrière mondiale ou qu’il ait seulement illuminé son spot local, fait partie de cette grande fresque collective.
Le souvenir d’une vie courte mais intense
Jacko laisse derrière lui une communauté en deuil, mais aussi un héritage : celui de vivre pleinement sa passion, de rester fidèle à ses amis et à ses valeurs, et de savourer chaque session comme si c’était la dernière.
À Palm Beach, les vagues continueront de dérouler. Mais pour ceux qui l’ont connu, chaque série qui arrive rappellera l’absence d’un sourire, d’un take-off radical, et d’un surfeur que beaucoup décrivent comme “absolument unique”.
Un an après avoir donné naissance à son fils Elio, la surfeuse française de grosses vagues est de retour sur les plus gros spots de la planète. Et pas juste pour faire de la figuration : en 2025, Justine Dupont s’invite dans toutes les catégories majeures des Big Wave Challenge et pourrait bien repartir de Newport Beach les bras chargés de trophées.
Maternité et retour fulgurant
Janvier 2024 : Justine Dupont et son mari accueillent leur premier enfant, Elio. Une parenthèse heureuse… mais brève. Moins de deux mois après une naissance par césarienne, la Française était déjà de retour à l’entraînement, portée par une motivation nouvelle. « Maintenant que je suis maman, je suis encore plus professionnelle, plus organisée et plus motivée », confiait-elle à Surfer Magazine. Là où beaucoup s’attendaient à la voir lever le pied, Justine a choisi d’appuyer encore plus fort.
Une saison 2025 XXL
La preuve ? En février 2025, elle remporte pour la troisième fois le Tudor Nazaré Big Wave Challenge, un an à peine après la naissance d’Elio. Mais la saison ne s’arrête pas là :
Deux entrées à Nazaré et une à Jaws dans le Big Wave Challenge.
En moins d’une semaine, elle surfe trois monstres du Pacifique : Jaws, Waimea (pendant l’Eddie) et Maverick’s.
Son entrée à Jaws est particulièrement marquante : un take-off ultra-tardif sur une face parfaite, tenue de rail impeccable, avant d’être engloutie par la mousse. Une image qui a fait le tour du monde et confirmé qu’elle n’avait rien perdu de son engagement.
Finaliste dans (presque) toutes les catégories
À 34 ans, Justine Dupont est finaliste pour :
Ride of the Year
Biggest Paddle Wave
Biggest Wave
Et, sans annonce officielle pour le moment, tout indique qu’elle sera aussi en lice pour Women’s Performer of the Year. La seule catégorie où on ne la verra pas cette année ? Celle de la plus grosse boîte.
Avec 100 000 $ de prize money à se partager entre les lauréats, l’enjeu est aussi financier, même si l’aura sportive prime pour Justine.
Des rivales solides
Dans la catégorie Women’s Biggest Wave, Justine affrontera deux Brésiliennes bien connues du circuit :
Michelle des Bouillons (33 ans), spécialiste de Nazaré, où elle a signé une vague impressionnante captée par Tim Bonython.
Michaela Fregonese (44 ans), habituée aux bombes de Jaws, qui s’est illustrée en décembre 2024 sur une houle massive.
Deux adversaires expérimentées, prêtes à jouer des coudes sur le podium.
Le verdict à Newport Beach
La remise des prix du Big Wave Challenge aura lieu le 13 septembre 2025 à Newport Beach, Californie. Un rendez-vous où se croisent les légendes vivantes du surf de grosses vagues, les jeunes talents et, bien sûr, les images les plus impressionnantes de l’année.
Pour Justine, ramener un ou plusieurs trophées de cette cérémonie serait un nouveau jalon dans une carrière déjà hors normes, et une victoire symbolique pour le surf français.
Une inspiration bien au-delà du surf
Avec 12 distinctions majeures depuis 2019 (Ride of the Year, Biggest Wave, Performance of the Year), Justine Dupont s’est imposée comme l’une des meilleures surfeuses de l’histoire du big wave. Son retour après maternité, mené avec autant de détermination que de douceur, inspire bien au-delà des line-ups.
Qu’elle reparte ou non avec les bras chargés de trophées le 13 septembre, elle a déjà gagné : celui d’inspirer toute une génération, et de prouver qu’on peut être à la fois maman et reine des vagues les plus puissantes de la planète.