Catégorie : surfer

  • Beyrick De Vries : l’incroyable résilience d’un surfeur revenu de l’enfer

    Beyrick De Vries : l’incroyable résilience d’un surfeur revenu de l’enfer

    Le monde du surf professionnel ne retient souvent que les scores, les podiums et les tubes parfaits. Mais derrière le lycra se cachent parfois des récits de vie d’une violence rare. Celui de Beyrick De Vries est de ceux-là. L’homme qui a marqué l’histoire avec un 10 parfait à Sunset Beach vient de briser le silence : après avoir touché le fond, entre blessure physique et addictions, il annonce son retour officiel sur le circuit des Challenger Series, après une qualification sur le WQS Afrique.

    Le crash : quand le fémur vole en éclats

    Tout bascule lors d’une session de surf en France. Sur une chute qui aurait pu être banale pour un athlète de son niveau, le diagnostic tombe, brutal : fémur fracturé en cinq points. Pour un surfeur dont la jambe avant est le moteur, c’est un arrêt de mort sportif potentiel.

    De retour en Afrique du Sud, cloué dans un fauteuil roulant, Beyrick se retrouve face à un ennemi qu’il n’avait jamais appris à combattre : le vide. « Assis dans un fauteuil, plus de chaos, plus d’excitation, plus de nouveaux pays toutes les deux semaines… rien pour me distraire des choses importantes de la vie », confie-t-il avec une honnêteté désarmante.

    La chute : l’alcool et les substances pour combler le silence

    L’adrénaline de la compétition est une drogue puissante. Quand elle disparaît, le manque est immense. Beyrick l’admet aujourd’hui sans détour : pour fuir ses sentiments et ce silence pesant, il a cherché refuge dans les paradis artificiels. Le whisky et diverses « substances » sont devenus son quotidien.

    « Je cherchais n’importe quoi pour rester « high », pour être distrait, pour éviter de m’asseoir avec mes propres émotions. C’était l’opposé total de la paix et de la sérénité. »

    Cette spirale autodestructrice aurait pu sonner la fin de l’histoire pour le surfeur de 31 ans. Mais le combat ne faisait que commencer.

    La rédemption : deux cliniques et un nouveau souffle

    Le déclic survient quand Beyrick décide de prendre la direction opposée. Après des séjours dans deux cliniques de réhabilitation différentes, il parvient à décrocher. Ce « comeback » n’est pas seulement sportif, il est spirituel. Sur ses réseaux sociaux, il attribue sa renaissance à sa foi : « We do recover. All Glory to God » (Nous guérissons. Toute la gloire revient à Dieu).

    Désormais installé aux Pays-Bas, Beyrick a entamé un nouveau chapitre. S’il occupe aujourd’hui un rôle de coach pour l’équipe nationale néerlandaise (il a d’ailleurs la nationalité maintenant), il a senti qu’il se devait une dernière chance. « Je pense qu’il est juste de me donner cette opportunité », explique-t-il à ses fans.

    Le défi technique : surmonter le blocage mental

    Le retour à l’eau n’a pas été un long fleuve tranquille. Au-delà de la rééducation physique, le traumatisme psychologique est resté ancré. Reposer tout son poids sur sa jambe avant lors d’un air ou d’une manœuvre radicale a longtemps été un blocage insurmontable.

    Récemment, lors d’une session à Umdloti, Beyrick a pourtant franchi un cap symbolique en reposant ses premiers frontside airs. Un moment qu’il décrit comme le début d’un nouveau chapitre. Aujourd’hui, physiquement plus affûté que jamais et l’esprit enfin apaisé, il s’envole pour les championnats d’Europe avec un double objectif : encadrer ses élèves et prouver qu’à 31 ans, le « miraculé de Sunset » a encore sa place parmi l’élite mondiale.

    L’histoire de Beyrick De Vries nous rappelle que la plus belle victoire d’un surfeur ne se joue pas toujours sur une vague, mais parfois dans le calme d’une chambre de clinique, loin des projecteurs.

  • Joel Tudor : sa technique secrète pour « calmer » les surfeurs impolis à l’eau

    Joel Tudor : sa technique secrète pour « calmer » les surfeurs impolis à l’eau

    On le surnomme « Tinkerbell » pour la grâce de ses pas croisés sur un longboard, mais ne vous y trompez pas : Joel Tudor est sans doute un des hommes les plus dangereux du line-up. À 49 ans, le triple champion du monde ne se contente pas de collectionner les trophées de surf ; il porte une ceinture noire de Jiu-Jitsu brésilien (BJJ) tellement usée qu’elle témoigne de décennies de combat.

    Récemment, une anecdote croustillante est remontée à la surface grâce au surfeur Jesse Billauer. Ce dernier a raconté comment Tudor a littéralement « éteint » la légende du gros, Garrett McNamara, sur le spot mythique de Malibu. La raison ? Garrett aurait eu l’audace de griller la priorité à Billauer. La réaction de Joel fut immédiate : un bras autour du cou pour rappeler les règles de savoir-vivre locales.

    Une leçon de soumission sur le sable

    Si vous voulez apprendre à gérer les tensions au pic comme un pro, Tudor vient de sortir une vidéo pédagogique avec BJJ Fanatics. Le titre est évocateur : « Comment étrangler un homme qui s’échappe ». On y voit le maître expliquer avec un calme olympien comment transformer une tentative de fuite en une clé de cou ou un écrasement cervical dévastateur.

    Tudor n’est pas un amateur. Double champion des États-Unis et double champion du monde de « No-Gi » (combat sans kimono), il maîtrise l’art de la soumission comme personne. Cette vidéo n’est pas seulement une démonstration technique ; c’est un rappel que derrière l’esthète du surf se cache un guerrier redoutable.

    Mon conseil ? La prochaine fois que vous croisez Joel à Malibu, assurez-vous de bien respecter la priorité. Sinon, vous pourriez bien finir par apprendre, à vos dépens, ce qu’est un « neck crank » en direct du rivage.

  • Jean-Pierre « The Fly » Van Swae : Le dernier vol d’une icône du shape

    Jean-Pierre « The Fly » Van Swae : Le dernier vol d’une icône du shape

    Le monde du surf vient de perdre l’un de ses artisans les plus solaires. Jean-Pierre Van Swae, que tout le monde appelait affectueusement « The Fly », s’est éteint cette semaine, laissant derrière lui un vide immense dans les ateliers de Dana Point et une montagne d’anecdotes qui ont forgé la culture core californienne.

    Du plat pays aux vagues de Laguna

    Né en Belgique, Van Swae débarque enfant en Californie du Sud. C’est à Laguna Beach, à la fin des années 50, que le virus du surf le pique. Dès 1961, il pousse la porte de Wardy Surfboards, marquant le début d’une carrière de plus de 60 ans consacrée à l’excellence.

    Reconnu pour la précision chirurgicale de son glaçage et ses dérives innovantes, il a côtoyé les plus grands noms de « l’Âge d’Or », de Dale Velzy à Hobie Alter. C’est d’ailleurs ses mains qui ont glacé en 1977 l’« Awhoo », ce gun mythique de 15 pieds shapé par Micky Munoz pour les sessions XXL d’Hawaï.

    L’homme derrière le surnom

    Mais pourquoi « The Fly » ? Fidèle à son tempérament de tête brûlée, il avait accepté, sur un défi entre amis, de sauter d’un avion en plein vol. Le pseudonyme est resté, tout comme son humour parfois décapant. Il adorait raconter comment, dans les années 70, les surfeurs se faisaient bannir de Trestles non pas à cause de la politique de Nixon, mais parce qu’ils s’amusaient à « montrer leur lune » (browning) aux passagers des trains qui longeaient la plage.

    Un héritage gravé dans le bois

    Jusqu’à son dernier souffle, Jean-Pierre n’a jamais quitté son rabot. Sous son propre label, Fly Surfboards, il créait des pièces d’une élégance rare, mêlant résine et essences de bois nobles. Membre du Hall of Fame des shapers de San Clemente, il était bien plus qu’un fabricant : il était le gardien d’un savoir-faire qui se raréfie.

    Aujourd’hui, alors que « The Fly » s’en est allé rejoindre les vagues éternelles, son fils JP Van Swae, photographe reconnu, perpétue la lignée. Pour nous, il reste ce sourire malicieux au milieu de la poussière de pain de mousse. Ride in peace, Fly.

  • Cloudbreak : le récit terrifiant d’un surfeur face à la méduse la plus venimeuse au monde

    Cloudbreak : le récit terrifiant d’un surfeur face à la méduse la plus venimeuse au monde

    Le premier jour d’un surf trip aux Fidji est censé être celui de l’excitation pure. Pour Guy Rowles, un surfeur australien de 30 ans, ce rêve a basculé en quelques secondes dans un combat pour sa survie sur le spot mythique de Cloudbreak. Entre douleur indescriptible, paralysie et peur de mourir, son témoignage nous rappelle que le paradis peut cacher des prédateurs invisibles.

    Une session de rêve qui tourne au film d’horreur

    Tout commence au large de l’île de Tavarua. Guy est à l’eau depuis à peine 30 minutes. Les conditions sont parfaites, l’adrénaline est là. Soudain, une douleur fulgurante lui traverse le bras.

    « C’était comme si on m’avait versé de l’huile bouillante sur la peau », explique Guy Rowles.

    Il ne s’agit pas d’une simple brûlure de méduse classique. Guy vient de croiser la route d’une méduse-boîte (cuboméduse), souvent décrite comme l’animal le plus venimeux de la planète. Très vite, son guide local, Sujee, comprend la gravité de la situation : « C’est une box jellyfish, il faut regagner le bateau immédiatement ».

    « Est-ce que je vais mourir ? » : le venin en action

    Sur le trajet vers l’hôpital, le corps de Guy commence à lâcher. Les photos de son bras montrent des zébrures rouges sang, marques indélébiles de l’attaque. Mais le pire est interne. Le venin des cuboméduses attaque simultanément le cœur, le système nerveux et les cellules cutanées.

    Guy décrit des symptômes terrifiants :

    • Difficultés respiratoires : « J’avais l’impression de respirer à travers une paille ».
    • Convulsions et tremblements : Son corps est pris de secousses incontrôlables.
    • Tachycardie : Son cœur s’emballe, menaçant de lâcher à tout moment.
    • Fourmillements : Une perte de sensation dans les extrémités (doigts et orteils).

    Face à son père, Guy pose la question que tout surfeur redoute : « Est-ce que je vais mourir ? ». Arrivé à l’hôpital, le verdict tombe : il est trop tard pour l’antivenin. Guy doit « encaisser » la douleur sous morphine et espérer que son cœur tienne le coup. Miraculeusement, après quatre heures sous haute surveillance, il survit.

  • « Oubliez le protocole » : Raimana nous raconte l’incroyable obsession du Prince Harry pour le surf

    « Oubliez le protocole » : Raimana nous raconte l’incroyable obsession du Prince Harry pour le surf

    C’est une amitié que personne n’avait vue venir. D’un côté, Raimana Van Bastolaer, le parrain de Teahupo’o, l’homme qui veille sur la vague la plus dangereuse du monde à Tahiti. De l’autre, le Prince Harry, Duc de Sussex. Entre les deux ? Une passion commune pour la glisse et des sessions ultra-privées dans la piscine à vagues de Kelly Slater en Californie.

    « Je pensais devoir l’appeler ‘Monseigneur’ »

    Tout a commencé au Surf Ranch de Kelly Slater, cette piscine à vagues perfectionnée située à Lemoore. Raimana, qui y officie comme coach de luxe pour les célébrités et les pros, a été chargé d’accueillir le Prince. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le Tahitien s’attendait à une rencontre très formelle.

    « Je pensais que je devrais dire ‘oui, Monsieur’ ou ‘oui, Prince’. S’il vous plaît, Prince, et tout le tralala. Mais il a été tout l’inverse », confie Raimana.

    Le surfeur décrit un homme calme, « incroyablement humble » et surtout, un élève exemplaire. « C’est quelqu’un qui écoute vraiment. Il est prêt à tout essayer. » Cette simplicité a rapidement transformé la relation prof-élève en une véritable amitié. Aujourd’hui, ils sont « très proches », au point que Raimana n’a plus qu’une idée en tête : faire venir Harry sur ses terres, en Polynésie.

    Une « addiction » à 50 000 dollars la session

    Si Harry reste discret sur ses loisirs depuis son installation à Montecito avec Meghan Markle, sa passion pour le surf n’est plus un secret pour les habitués du Ranch. Selon certaines rumeurs, le Duc n’hésiterait pas à débourser jusqu’à 50 000 $ pour privatiser le bassin et perfectionner son take-off loin des regards indiscrets.

    Et le travail paie. Harry serait aujourd’hui le seul membre de la famille royale britannique à pouvoir se targuer d’avoir déjà pris un « vrai » tube. Une progression fulgurante qu’il doit aux conseils avisés de Raimana, qui le pousse désormais à franchir l’étape supérieure.

    Bientôt Meghan à Tahiti ?

    Si le Prince est un habitué des vagues artificielles de Slater, il voyage pour l’instant en solo. Meghan Markle n’a pas encore été aperçue sur une planche au Surf Ranch, mais Raimana compte bien changer la donne.

    « Meghan n’est jamais venue. Et j’ai vraiment hâte qu’elle vienne. Ou plutôt, j’ai hâte qu’elle vienne à Tahiti », explique-t-il avec son enthousiasme légendaire. Le plan est simple : une fois qu’elle aura goûté à la magie de la glisse, elle ne pourra plus s’en passer.

    En attendant de voir le couple princier sur le récif de Teahupo’o, une chose est sûre : Harry a trouvé en Raimana bien plus qu’un coach. Il a trouvé un mentor capable de lui offrir ce qu’il recherche le plus : la liberté, loin du protocole, au milieu de l’écume.

  • Margaret River Pro : Record de séries et destin cruel pour le clan tricolore

    Margaret River Pro : Record de séries et destin cruel pour le clan tricolore

    Le Main Break ou la vague de Margaret River a une nouvelle fois prouvé qu’elle ne pardonne rien. Pour cette deuxième étape du WSL Championship Tour 2026, l’océan Indien a offert des conditions solides, avec des murs d’eau de 2 à 2,5 mètres, permettant de boucler un chiffre record de 28 séries en une seule journée. Si le spectacle était au rendez-vous, le bilan est amer pour le surf français, qui voit ses têtes d’affiche tomber.

    La loi de Margaret River : Une vague capricieuse et technique

    Soyons réalistes : Margaret River est l’une des étapes les plus complexes du circuit mondial. Ce n’est pas seulement une question de taille, mais de lecture. Entre le clapot, le vent changeant et un reef profond qui déplace les zones de « take-off », chaque erreur se paie cash. À ce niveau, la différence ne se fait plus sur l’engagement physique, mais sur des micro-ajustements techniques.

    Le moment fort de la journée restera le rematch de la finale olympique de Paris 2024. Dans le jardin de Jack Robinson, l’Australien a pris sa revanche sur Kauli Vaast. Malgré un surf puissant et une attaque de dos très verticale, le Tahitien s’incline de peu (13.60 contre 13.97). Un scénario cruel qui souligne la difficulté de s’imposer et de passer ce premier tour sur le word tour. Avec l’élimination de Marco Mignot et de la jeune Tya Zebrowski, la France accuse le coup. Il ne faudrait pas que ces sorties précoces deviennent une habitude, tant le talent est présent.

    Vahine Fierro : Le dernier rempart français

    Dans ce tableau masculin désormais vide de drapeaux tricolores, tous les regards se tournent vers Vahine Fierro. La surfeuse de Huahine a su naviguer dans les eaux troubles du Round 1 pour s’imposer face à Nadia Erostarbe. Vahine possède cette expérience des vagues de puissance qui pourrait faire la différence. Elle connaît Margaret River, elle y a déjà brillé, et sa capacité à taper dans le dernier « bowl » sera sa meilleure arme. Le défi sera immense au prochain tour face à la numéro 1 mondiale Caitlin Simmers, mais c’est précisément dans ces duels que les petits détails feront basculer la série.

    Résultats & Prochaines Séries : Le Point Complet

    Résultats marquants du jour

    • Jack Robinson (AUS) 13.97 bat Kauli Vaast (FRA) 13.60
    • Crosby Colapinto (USA) 14.37 bat Marco Mignot (FRA) 12.03
    • Sally Fitzgibbons (AUS) 11.67 bat Tya Zebrowski (FRA) 10.93
    • Vahine Fierro (FRA) 11.17 bat Nadia Erostarbe (ESP) 9.76
    • Meilleur score : Samuel Pupo (BRA) avec un total de 15.50.

    Tableau des 16es de finale (Hommes)

    HeatMatchup
    1Samuel Pupo (BRA) vs. Kanoa Igarashi (JPN)
    2Liam O’Brien (AUS) vs. Joel Vaughan (AUS)
    3Crosby Colapinto (USA) vs. Griffin Colapinto (USA)
    4Gabriel Medina (BRA) vs. Jack Robinson (AUS)
    5Yago Dora (BRA) vs. Connor O’Leary (JPN)
    6George Pittar (AUS) vs. Leonardo Fioravanti (ITA)
    7Italo Ferreira (BRA) vs. Joao Chianca (BRA)
    8Ethan Ewing (AUS) vs. Miguel Pupo (BRA)

    Tableau du Round 2 (Femmes)

    Les séries à suivre absolument pour le clan français :

    • Heat 7 : Caitlin Simmers (USA) vs. Vahine Fierro (FRA)
    • Heat 5 : Molly Picklum (AUS) vs. Sally Fitzgibbons (AUS)
    • Heat 8 : Isabella Nichols (AUS) vs. Carissa Moore (HAW)
  • Mason Ho et Sheldon Paishon : Session chaos sur un backwash brésilien

    Mason Ho et Sheldon Paishon : Session chaos sur un backwash brésilien

    On connaît la passion de Mason Ho pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à une anomalie en terme de vagues. Rochers affleurants, vagues à sec, dalles impossibles… plus c’est bizarre, plus le surfeur d’Oahu sourit. Mais cette fois-ci, au Brésil, avec son ami de toujours Sheldon Paishon, l’expérience a pris une tournure particulièrement électrique.

    Plus de requins que de vagues ?

    Extrait des archives du film Through the Doggy Door, ce clip nous plonge dans une session de « party wave » sur un backwash absolument monstrueux. Si la plupart des surfeurs verraient là un mur d’eau impraticable, Mason et Sheldon y voient une rampe de lancement.

    Pourtant, le danger ne venait pas seulement de la collision entre la houle, le backwash ou le rivage. Mason l’avoue lui-même :

    « C’est l’endroit où nous avons vu le plus de requins de toute notre vie de surfeurs ! Il ne fallait surtout pas tomber juste à côté de l’un d’eux. »

  • Rip Curl Pro Bells Beach : Le n°2 mondial bousculé, l’expérience fait la loi au Round 2

    Rip Curl Pro Bells Beach : Le n°2 mondial bousculé, l’expérience fait la loi au Round 2

    La vague de Bells Beach a offert un spectacle en demi-teinte encore ce dimanche de Pâques, mais l’intensité était bien réelle. Dans une houle de 1m20 en perte de vitesse, la hiérarchie mondiale a bien failli vaciller lors de ce troisième jour de compétition.

    Colapinto revient de l’enfer face à Dane Henry

    C’est le duel qui a électrisé la matinée. Le prodige de 19 ans et wildcard, Dane Henry, a bien cru faire chuter le numéro 2 mondial, Griffin Colapinto. Avec un air reverse massif noté 8.00 et un back-up solide à 7.00, le champion du monde Junior menait la danse. Dos au mur, l’Américain a dû puiser dans son expérience pour répliquer avec un total de 15.26 points.

    « J’avais les jambes lourdes au début, les nerfs de la première série de l’année. Le 8 de Dane m’a mis un coup de fouet, c’était tout ou rien », a confié Colapinto, soulagé d’éviter l’élimination précoce.

    Jordy Smith et Alejo Muniz : Les vieux briscards tiennent bon

    Dans le duel 100% sud-africain, Jordy Smith a rappelé à son jeune protégé Luke Thompson que Bells appartient à ceux qui savent lire les vagues. Après un début poussif, Smith a dégoté une bombe au large, claquant un 8.00 pour s’imposer avec autorité.

    L’émotion était également palpable pour Alejo Muniz. Le Brésilien, qui effectue sa dernière saison sur le Tour, a éliminé le tenant du titre 2024, Cole Houshmand. En larmes sur les marches avant sa série, le vétéran de 36 ans s’offre un tour supplémentaire dans la mythique cloche.

    La suite du programme : La compétition a été stoppée après seulement 7 séries. Le prochain call est prévu demain à 7h15 (heure locale) pour une reprise probable sur le spot de Winkipop. Les Français Marco Mignot et Kauli Vaast entreront toujours en lice pour le Round 2.

  • Don Hansen (1937-2026) : Le dernier voyage d’un titan du surf californien

    Don Hansen (1937-2026) : Le dernier voyage d’un titan du surf californien

    Le monde du surf vient de perdre l’un de ses shapers les plus influents. Don Hansen, le fondateur de l’emblématique marque Hansen Surfboards, s’est éteint paisiblement à l’âge de 88 ans. Plus qu’un simple fabricant de planches, c’est une figure paternelle de l’industrie et un visionnaire de la « Golden Era » qui tire sa révérence, laissant derrière lui un héritage qui continue de glisser sur toutes les vagues du globe.

    Du trappeur de visons aux vagues de Californie

    Rien ne prédestinait ce gamin né en 1937 dans les plaines glacées du South Dakota à devenir une icône de la culture surf. Avant de dompter les vagues, Don Hansen traquait le vison dans le Midwest, gagnant parfois jusqu’à 600 dollars par semaine — une petite fortune pour l’époque. Mais l’appel de l’océan, transmis par des camarades d’université revenus bronzés de Californie, a été plus fort.

    À 18 ans, Don plaque tout. Il traverse les États-Unis en stop avec une seule idée en tête : voir le Pacifique. Ce n’était pas seulement une envie de vacances, c’était le début d’une quête qui allait transformer le surf moderne.

    L’apprentissage auprès des maîtres : l’école de la rigueur

    Don Hansen n’est pas devenu une légende par accident. Il a appris le métier auprès des plus grands. Après un passage dans l’armée, il s’installe à Santa Cruz et devient l’apprenti d’un certain Jack O’Neill. C’est là, dans la brume du nord de la Californie, qu’il affûte son rabot.

    Son talent pour le shape devient rapidement une évidence. Il collabore avec d’autres noms qui font aujourd’hui figure de divinités dans le milieu : Hobie Alter et Hap Jacobs. En travaillant pour ces pionniers, Don Hansen a compris une chose essentielle : une planche de surf n’est pas qu’un simple morceau de mousse et de résine, c’est un accessoire indispensable pour les surfeurs.

    L’aventure hawaïenne et la naissance d’un empire

    En 1961, Don Hansen réalise son pèlerinage ultime : la North Shore d’Oahu. C’est là, dans une petite cabane au bout d’un chemin de terre, qu’il fonde officiellement Hansen Surfboards. Hawaï n’est pas seulement son atelier, c’est aussi son terrain de jeu.

    Don n’était pas qu’un artisan talentueux, c’était un surfeur de classe mondiale. Il prouve sa légitimité en remportant les Tandem National Surfing Championships et en décrochant la deuxième place aux championnats du monde de Makaha. En 1962, il consacre son statut de star en faisant la couverture de Surfer Magazine. À cette époque, si vous vouliez savoir ce qui se faisait de mieux en matière de planche de surf, il fallait regarder ce que Don Hansen shapait.

    Les modèles cultes : Quand le shape devient art

    De retour en Californie, à Cardiff-by-the-Sea, Hansen surfe sur l’explosion du marché dans les années 60. C’est durant cette période faste qu’il crée des modèles qui sont encore aujourd’hui des références absolues pour les puristes du log :

    • La 50-50 : Un modèle de polyvalence absolue.
    • La Competitor : Taillée pour la performance pure de l’époque.
    • La Superlight : Une révolution technique pour l’époque.

    Ces planches ne sont pas de simples pièces de musée ; elles sont toujours en production, preuve de la pertinence intemporelle de ses designs. Don Hansen avait compris avant tout le monde l’importance du « signature model », sponsorisant des légendes comme Mike Doyle, Rusty Miller ou encore la pionnière Linda Benson.

    Même le « King » Gerry Lopez a reconnu l’influence de Hansen. Avant de devenir Mr. Pipeline, Lopez surfait sur un modèle Hansen baptisé « Lightning Bolt » en 1969, un précurseur direct de ce qui allait devenir la marque la plus cool des années 70.

    Un héritage familial au cœur d’Encinitas

    Dans les années 70, alors que l’industrie du surf commençait à se structurer, Don a ouvert son shop à Encinitas, sur la mythique Highway 101. Aujourd’hui, Hansen Surfboards reste le plus grand surf shop du comté de San Diego.

    Mais la véritable réussite de Don, au-delà des chiffres, réside dans le caractère familial de son entreprise. À une époque où les grands groupes rachètent tout, les Hansen sont restés aux commandes. Don était un homme de clan, un mentor pour ses employés et une figure respectée de sa communauté. Son intronisation au Surfing Walk of Fame en 2023 n’était que la juste reconnaissance d’une vie entière dédiée à la culture du surf.

    Ride in Peace, Don

    Huit décennies et demie d’une vie bien remplie, à tracer des courbes sur l’eau et dans la mousse. Don Hansen n’a pas seulement fabriqué des planches, il a fabriqué des souvenirs pour des milliers de surfeurs. Comme le soulignait Joel Tudor lors de l’annonce de son décès : « Quel chemin tu as tracé pour notre tribu ! Tu l’as fait à ta façon, selon tes propres termes. »

    Don Hansen laisse derrière lui sa femme Shirley, ses enfants Christian, Heidi et Josh, et ses petits-enfants. Mais il laisse aussi une trace indélébile sur chaque vague surfée sur une planche « Hansen ».

    À 88 ans, on peut dire que la session fut longue, belle et parfaitement scorée. Bon voyage, Don. On se voit au pic, là-haut.

  • « Out Of Line » par Vincent Duvignac, le jour où le paradis landais a viré au cauchemar

    « Out Of Line » par Vincent Duvignac, le jour où le paradis landais a viré au cauchemar

    C’était un 14 janvier. Un froid polaire, -5°C au thermomètre, et cette brume épaisse qui enveloppe la côte landaise, transformant l’Océan en un terrain de jeu fantomatique. Pour Vincent Duvignac, l’un des meilleurs tube-riders français, les conditions étaient « impeccables » sur le papier. Un banc de sable qu’il connaît par cœur, des droites tubulaires de 1,20 m à 1,50 m. Rien d’insurmontable pour un surfeur de sa trempe. Et pourtant, en une fraction de seconde, le destin a failli lui arracher bien plus que sa passion pour le surf.

    L’impact du choc dans le tube

    Dans la vidéo « OUT OF LINE »réalisée par Pierre Frechou et produite par Oxbow, Vincent revient sur cet instant précis où tout bascule. Une vague plus puissante, une onde qui rattrape la précédente. Vincent tente un airdrop engagé, mais son pied glisse. Il se retrouve le genou sur la planche, incapable d’accélérer. Il subit. L’impact est d’une violence inouïe. « C’est une implosion dans le tube », décrit-il. Sa tête percute le sable, dur comme du béton à cause de la faible profondeur.

    Sur le moment, la douleur est insoutenable, une résonance macabre dans la boîte crânienne. Accompagné par son ami Pierre, il sort de l’eau, figé, conscient que quelque chose de grave vient de se produire. Le diagnostic tombe aux urgences : fractures instables sur les vertèbres C2 et C3. À quelques millimètres près, la moelle épinière était sectionnée. Le verdict est glaçant : Vincent a frôlé la tétraplégie, voire la mort.

    La prison de résine : trois mois dans l’ombre

    Pour cet amoureux du mouvement, l’immobilisation est une torture. Équipé d’un corset sur-mesure lui enserrant le buste et la tête, Vincent devient une ombre. Plus de surf, plus de conduite, et surtout, l’impossibilité de serrer ses enfants et sa compagne dans ses bras. « Je me sentais hyper vulnérable », confie-t-il, évoquant les escarres causés par le plastique et les nausées dues aux médicaments.

    Pendant trois mois, la question n’est plus de savoir s’il va un jour ressurfer, mais s’il pourra simplement retrouver une vie normale. Le combat est autant mental que physique. Entre les larmes et les doutes, le Landais s’accroche à une rééducation millimétrée, guidé par une équipe médicale qui veille sur chaque millimètre de rotation de son cou.

    La renaissance : de « Robocop » à La Nord

    C’est en avril 2025 que le miracle se produit. Sans corset, Vincent retrouve enfin l’eau. Mais la reprise est loin d’être idyllique. Ramer est une douleur, lever la tête pour regarder l’horizon est un défi physique. Pourtant, la flamme est toujours là. Le processus est lent, frustrant, mais nécessaire pour « soigner sa santé mentale ».

    Le point d’orgue de cette reconstruction arrive dix mois après l’accident. Vincent se présente au pic de La Nord, à Hossegor, pour une session test dans du solide. La peur au ventre, un casque sur la tête pour protéger ce cou si fragile, il affronte ses démons. Après deux heures d’appréhension, le déclic : une bombe dénichée au large, un ride qui efface des mois de souffrance. « Ça a débloqué des choses », lâche-t-il à sa sortie de l’eau, les yeux brillants.

    Un nouveau regard sur l’Océan

    Aujourd’hui, Vincent Duvignac ne surfe plus tout à fait de la même manière. S’il a retrouvé son style fluide et son engagement, il porte désormais un casque et une humilité nouvelle face aux éléments. Son histoire, racontée avec une pudeur touchante dans « OUT OF LINE », nous rappelle que derrière l’esthétique des vidéos de surf se cache une réalité parfois brutale. Le « chercheur de vagues » est revenu de l’enfer, et chaque nouveau tube est désormais savouré comme un cadeau de la vie.

  • Objectif Champion du Monde : L’exil stratégique de Marco Mignot à la Pointe des Ancres

    Objectif Champion du Monde : L’exil stratégique de Marco Mignot à la Pointe des Ancres

    À quelques jours du coup d’envoi du World Championship Tour (WCT) le 1er avril à Bells Beach, Marco Mignot, le « Rookie of the Year » 2025, vient de boucler une préparation hors norme. Pour échapper aux tempêtes portugaises et françaises, il a choisi les droites parfaites du Maroc. Mais ne vous fiez pas à son sourire permanent : derrière la décontraction, se cache un athlète qui a « signé un contrat avec lui-même ».

    « Je ne suis pas là juste pour faire partie du tour »

    L’ambition de Marco est limpide. Dans son dernier documentaire, il l’affirme sans détour : « Maintenant que je suis dans le CT, j’ai pas juste envie d’être là. Je veux être le meilleur surfeur du monde. » Pour transformer ce rêve en réalité, il s’est entouré d’une équipe soudée, dont son coach Jason, avec qui il partage une connexion quasi fraternelle. « Quand je perds, il perd aussi. Quand je gagne, il gagne », confie-t-il. Au Maroc, chaque session a été filmée, disséquée et répétée jusqu’à l’automatisme pour que, sous la pression de Bells Beach, son surf devienne une seconde nature.

    La « zone d’inconfort » comme moteur de progression

    Le quotidien de Marco au Maroc n’avait rien d’un séjour touristique. Entre deux tajines partagés avec les locaux, l’entraînement suivait un rythme militaire : bains d’eau glacée au réveil pour « réveiller le corps », musculation spécifique et heures interminables à l’eau.

    Ce qui impressionne chez lui, c’est cette maturité dans l’effort. Marco cherche activement la difficulté : « Je cherche cet endroit où c’est dur, ma zone d’inconfort. C’est là que je me retrouve face à la réalité. » Pour lui, la discipline n’est pas une option, c’est une règle de vie : « Même si je suis fatigué, j’y vais quand même. J’ai signé un contrat avec moi-même, il n’y a pas d’excuses. »

    Cap sur Bells Beach et le titre mondial

    Le travail physique, axé sur l’ancrage et la puissance, vise à rendre son surf plus « mature » et solide sur les rails, une nécessité pour affronter les murs d’eau australiens. Marco Mignot ne se contente pas de viser un top 5 ou un top 10. « On joue au jeu pour gagner », lance-t-il avec cette détermination qui nous fascine.

    Bonne chance Marco, il nous tarde de te voir casser les droites de Bells Beach.

  • Le calvaire de Teresa Bonvalot : quand des épines d’oursins s’attaquent à l’os

    Le calvaire de Teresa Bonvalot : quand des épines d’oursins s’attaquent à l’os

    Dans le monde du surf professionnel, on parle souvent de vagues massives, de tubes profonds et de scores serrés. On parle plus rarement de la menace silencieuse qui rampe sur la surface des récifs. Pour la Portugaise Teresa Bonvalot, ex-membre de l’élite mondiale (CT) et figure olympique, ce qui semblait être un incident de routine s’est transformé en un véritable film d’horreur médical.

    Une chute banale au Salvador, un enfer de six mois

    Tout commence lors des World Surfing Games au Salvador. Une chute, un contact avec les rochers, et Teresa ressort avec des épines d’oursins dans le pied. Dans le milieu, c’est le lot quotidien. On retire les épines, on désinfecte, et on retourne à l’eau. Sauf que pour la championne, la douleur ne s’est jamais dissipée. Au contraire, elle est devenue latente et permanente.

    « Les six derniers mois ont été un enfer », a confié la surfeuse sur ses réseaux sociaux. Malgré deux interventions initiales infructueuses, la douleur a atteint son paroxysme lors de la saison à Hawaii. Incapable de marcher normalement ou de solliciter son appui, Teresa a dû composer avec un corps qui la trahissait à chaque manœuvre.

    « On a dû gratter l’os » : une opération de la dernière chance

    Le diagnostic tombe: les épines ont migré. Elles ne sont plus seulement sous la peau, mais ont pénétré les articulations et touchent désormais l’os. Malgré cela, Teresa refuse d’abandonner la course à la qualification pour le CT. Elle a terminé sa saison sur les Challenger Series avec seulement 20 % de ses capacités physiques, portées par une force mentale hors norme. Malheureusement pour elle, elle a fini au rang 12 et ne sera pas qualifiée pour le WCT.

    Une fois la saison terminée, l’urgence chirurgicale est devenue inévitable. L’opération a duré plus de quatre heures et demie. Un travail d’orfèvre où les chirurgiens ont dû ouvrir pour accéder à l’articulation, la nettoyer en profondeur et littéralement gratter l’os pour retirer les derniers débris calcaires qui provoquaient l’infection. (et oui les épines d’oursins se transforme en calcaire qu’on peut voir lors d’une radio).

    La résilience d’une championne

    Désormais en phase de convalescence, Teresa Bonvalot tourne la page de ce chapitre douloureux. Son histoire rappelle cruellement que derrière le glamour des compétitions se cachent des sacrifices physiques que le public ignore souvent. Pour la Portugaise, une nouvelle étape commence : la rééducation, avec l’espoir de retrouver enfin un surf libéré de toute douleur.

  • Le surf français bouleversé : Tom Kostyra nous a quittés à l’âge de 23 ans

    Le surf français bouleversé : Tom Kostyra nous a quittés à l’âge de 23 ans

    C’est une onde de choc qui traverse aujourd’hui l’ensemble de la communauté glisse. Samedi soir, les routes de Papeete ont été le théâtre d’un drame absolu. Tom Kostyra, figure rayonnante et talentueuse du surf tricolore, a perdu la vie dans un tragique accident de la circulation. Il venait tout juste de fêter ses 23 ans. L’annonce de sa disparition brutale a plongé ses proches, ainsi que l’intégralité des instances sportives et des passionnés, dans une profonde sidération.

    L’appel du Fenua : des débuts prometteurs en Polynésie

    Originaire de Polynésie française, le jeune homme avait tissé dès son plus jeune âge un lien fusionnel avec l’océan. C’est sur les vagues exigeantes et cristallines de Tahiti qu’il a fait ses premières armes, aiguisant son sens marin sous l’œil bienveillant de Julien Miremont. L’ancien bodyboarder professionnel, reconverti dans le coaching de haut niveau, avait très vite décelé le potentiel brut de ce gamin passionné par les éléments.

    Pourtant, le destin de Tom l’a d’abord éloigné des line-ups. À quatorze ans, un déménagement familial l’envoie du côté de Strasbourg pour son entrée en classe de 3e. Loin des déferlantes du Pacifique et de la douceur de vivre polynésienne, il met temporairement sa planche au placard pour se consacrer à son cursus scolaire alsacien.

    La Bretagne et l’ascension vers le haut niveau

    Mais on ne tourne pas le dos à l’appel de la houle aussi facilement. L’eau salée coulant dans ses veines, le jeune athlète décide de reprendre sa passion à bras-le-corps. Soutenu par un entourage familial compréhensif, il prouve sa détermination en réussissant brillamment les sélections régionales.

    Ce retour en grâce l’amène à quitter le cocon familial dès la classe de Seconde pour intégrer le Centre Labellisé d’Entraînement (CLE) en Bretagne. À force de persévérance dans les eaux froides de l’Atlantique, il gravit les échelons jusqu’à rejoindre le prestigieux Pôle Espoirs Surf de la Ligue de Bretagne lors de son année de Terminale. Une sacrée revanche pour celui qui avait dû s’éloigner des vagues quelques années plus tôt.

    Un compétiteur respecté aux quatre coins de l’Hexagone

    Son parcours sportif témoigne de son ouverture d’esprit et de son amour pour les différents spots français. Tom Kostyra a en effet porté fièrement les lycras de structures emblématiques du littoral. Qu’il s’agisse de l’ESB Surf Club dans le Finistère, du Lacanau Surf Club en Gironde, ou des mythiques Hossegor Surf Club et Santocha Surf Club dans les Landes, il a laissé partout une empreinte indélébile.

    Compétiteur acharné mais réputé pour son grand fair-play, il a écumé les épreuves régionales, s’est illustré sur les championnats nationaux et a même goûté à la rigueur du circuit Qualifying Series (QS) de la World Surf League, se frottant ainsi au surf international.

    « Son talent, son engagement et surtout sa gentillesse et sa bonne humeur resteront durablement ancrés dans les mémoires. »

    Un retour aux sources tahitiennes

    Malgré ses nombreuses attaches métropolitaines, le cœur de Tom battait au rythme de la Polynésie. Il y a deux ans, il avait fait le choix fort de retourner vivre sur ses terres d’enfance. Ce retour aux sources n’était pas qu’une simple quête personnelle ; c’était l’aboutissement d’un véritable projet de vie. Devenu moniteur de surf à Tahiti, il transmettait quotidiennement sa passion et son expertise aux nouvelles générations. Ceux qui l’ont côtoyé décrivent un garçon souriant, d’une gentillesse rare, dont l’engagement total envers la culture surf forçait l’admiration.

    Aujourd’hui, l’ensemble du milieu de la glisse pleure la perte d’un de ses enfants. Toute l’équipe d’Icones surf s’associe à la douleur de sa famille, de ses amis et de tous ceux qui ont eu le privilège de partager une session à ses côtés.

  • « Harvey Weinstein Surf League » : Le coup de gueule viral de Joel Tudor contre la WSL

    « Harvey Weinstein Surf League » : Le coup de gueule viral de Joel Tudor contre la WSL

    Petit préambule, cet article s’appuie essentiellement sur les proposde Joel Tudor, que je n’apprécie pas d’ailleurs. On a donc décidé de créer une nouvelle catégorie d’article « Putaclic », et je pense que tout le monde ac compris de quoi il s’agit.

    La légende du longboard, Joel Tudor, n’est pas connue pour sa langue de bois. Mais sa dernière intervention dans le podcast Pinch My Salt de Sterling Spencer a franchi un nouveau palier dans la provocation. En s’attaquant directement à Dirk Ziff, le propriétaire milliardaire de la World Surf League (WSL), Tudor a ressorti des dossiers que l’organisation préférerait sans doute laisser au placard : les connexions passées avec le tristement célèbre producteur hollywoodien Harvey Weinstein.

    « Le bras droit de Weinstein » : Les accusations de Tudor

    Au micro de Sterling Spencer, Tudor n’a pas mâché ses mots, rebaptisant l’organisation la « Harvey Weinstein Surf League ». Selon le triple champion du monde, Dirk Ziff n’était pas qu’un simple investisseur, mais le « bras droit » de Weinstein à l’époque de la splendeur du producteur déchu.

    « Le gars qui possède la WSL était le bras droit de Harvey Weinstein », a lâché Tudor, provoquant la stupéfaction de ses hôtes.

    Tudor a notamment évoqué un dîner organisé à Hollywood, photos à l’appui dans l’émission, où plusieurs stars du surf mondial côtoyaient les pontes de la Weinstein Company. Pour le surfeur californien, ce passé sulfureux explique pourquoi, selon lui, la WSL est devenue « insipide et ringarde ». Honnêtement, je ne vois pas le rapport.

    Ce que disent les faits : Dirk Ziff et la Weinstein Company

    Si les propos de Tudor sont incendiaires, ils s’appuient sur des faits documentés, bien que la réalité soit plus nuancée. Dirk Ziff a effectivement siégé au conseil d’administration de la Weinstein Company. Cependant, l’histoire officielle rapporte qu’il a démissionné rapidement après la révélation des crimes sexuels du producteur, affirmant ignorer les agissements de ce dernier.

    Néanmoins, pour Joel Tudor, ces explications ne suffisent pas. Il insiste sur le fait que l’influence et les réseaux de cette époque imprègnent toujours la structure actuelle du surf professionnel.

    Une accumulation de polémiques pour la WSL

    Cette sortie médiatique intervient dans un contexte déjà tendu pour la WSL. L’article mentionne également les liens d’amitié entre Ziff et Casey Wasserman, un nom apparu dans les dossiers Epstein et actuel leader de l’organisation des JO de Los Angeles 2028.

    Pour Tudor, cette proximité avec les cercles de pouvoir les plus controversés de l’élite américaine dénature l’essence même du surf. Alors que la WSL tente de moderniser son image et de séduire un public plus large, ce genre de rappel historique par l’une des figures les plus respectées de la communauté risque de laisser des traces.

  • Surf Pro 2026 : La France en force et une Wildcard Maternité historique

    Surf Pro 2026 : La France en force et une Wildcard Maternité historique

    La World Surf League (WSL) vient d’officialiser les contours de la saison du Championship Tour (CT) 2026, qui marquera le 50ème anniversaire du circuit mondial. Si le coup d’envoi est imminent à Bells Beach le 1er avril, deux informations majeures sont à retenir : une équipe de France bien fournie et la création d’une Wildcard Maternité spécifique, une véritable première dans l’histoire de la WSL.

    Équipe de France : Quatre Bleus à l’assaut du Pacifique

    C’est une nouvelle qui va réjouir les fans français : la saison 2026 verra un contingent tricolore conséquent sur le tour élite. Quatre surfeurs français porteront haut les couleurs nationales.

    Chez les femmes, la Réunionnaise Vahine Fierro, qui a brillamment conservé sa place dans le Top 14 du CT 2025, sera rejointe par la jeune prodige Tya Zebrowski. Tya, qui a explosé sur le Challenger Series (CS) 2025/2026, intègre le CT par la grande porte en remportant le circuit Challenger Series.

    Du côté des hommes, la dynamique est tout aussi excitante. Le Tahitien Kauli Vaast, vice-champion olympique à Teahupo’o, a validé son ticket pour le CT grâce à une performance solide sur le Challenger Series, il gagne également le circuit. Il sera accompagné de Marco Mignot, qui a lui aussi sécurisé sa place dans l’élite en terminant dans le Top 22 du CT 2025. C’est une génération dorée qui arrive sur le tour, prête à bousculer la hiérarchie mondiale. Voir évoluer ces quatre athlètes ensemble promet une saison inoubliable pour le surf français.

    Révolution WSL : La Maternity Wildcard change la donne pour les surfeuses

    L’autre annonce fracassante de ce communiqué concerne Johanne Defay et Tatiana Weston-Webb. Les deux surfeuses, piliers du tour mondial, ont annoncé prendre une pause en 2026 après naissance en 2025. Et c’est ici que la WSL frappe un grand coup en créant une Maternity Wildcard dédiée pour la saison 2027.

    Si la WSL octroyait déjà des « Medical Wildcards » pour les athlètes enceintes (considérant la grossesse comme une indisponibilité médicale, une classification biologiquement discutable), la création d’un statut spécifique est une avancée sociétale majeure. Par le passé, des pionnières comme Lisa Andersen ont dû jongler avec la maternité et le haut niveau sans filet de sécurité.

    « C’est un tel honneur d’obtenir la toute première Maternity Wildcard », a déclaré Johanne Defay. « Je voulais vraiment garder ma place sur le tour car j’adore mon style de vie d’athlète professionnelle et de surfeuse… Pouvoir partager cela avec ma fille est un cadeau tellement incroyable. » De son côté, Tatiana Weston-Webb a exprimé sa gratitude : « Je me sens tellement privilégiée… C’est magnifique de faire partie de l’évolution et de l’encouragement de la maternité dans le sport, en particulier le surf ! ».

    Cette wildcard maternité spécifique pour Johanne Defay et Tatiana Weston-Webb en 2027 montre que la WSL, pour son 50ème anniversaire, choisit de protéger la carrière de ses athlètes féminines, reconnaissant que donner la vie n’est pas une blessure, mais une étape de vie à respecter et à accompagner vers un retour au plus haut niveau.

    La saison 2026 s’annonce donc aussi historique que prometteuse, que ce soit par la performance des surfeurs français ou par l’évolution humaniste du règlement de la WSL.

  • Matt Hoy : Gloire, chaos et planches héritées à 54 ans

    Matt Hoy : Gloire, chaos et planches héritées à 54 ans

    Il y a des noms qui, à eux seuls, font résonner le bruit sourd d’un rail s’enfonçant dans l’eau de J-Bay ou de Bells Beach. Matt Hoy est de ceux-là. Dans les années 90, l’Australien aux cheveux blonds et au style « rock ‘n’ roll » n’était pas seulement un compétiteur de haut niveau ; il était l’incarnation d’une ère où le surf se vivait autant dans le tube qu’au comptoir, une époque où la puissance brute n’avait pas encore été éclipsée par la voltige aérienne.

    Aujourd’hui âgé de 54 ans, Hoy se tient sur la terrasse d’une cabane de plage, construite par son grand-père il y a sept décennies à Newcastle. Le contraste est saisissant. L’ancien numéro 4 mondial, qui a brassé des millions et parcouru le globe en première classe, est désormais divorcé, au chômage et se remet d’une opération chirurgicale qui a failli lui coûter la vie. Mais, comme il le dit lui-même avec une bière VB à la main : « Il n’y a rien de mieux au monde que de prendre un barrel et de caler quelques virages. »

    Les années d’or : L’apogée du Power Surfing

    Pour comprendre la « chute » — si tant est qu’on puisse appeler ainsi un retour à la réalité ouvrière — il faut d’abord se rappeler l’ascension. Matt Hoy était le fer de lance de la « Newcastle Mafia ». Son surf était agressif : des turns frontside d’une violence rare, une lecture de vague intuitive et un charisme qui crevait l’écran dans les vidéos de l’époque, notamment les productions Quiksilver comme Surfers of Fortune.

    Le sommet de sa carrière reste sans conteste sa victoire au Rip Curl Pro Bells Beach en 1997. Faire sonner la cloche la plus prestigieuse du circuit mondial est le rêve de tout Australien, et Hoy l’a fait avec la manière, s’imposant comme le 5e (puis 4e) meilleur surfeur de la planète. À cette époque, il était le chouchou des sponsors. Quiksilver, alors au sommet de sa puissance financière, lui offrait un contrat de rêve et un titre officieux qui lui collera à la peau : « Director of Nocturnal Activities » (Directeur des activités nocturnes). Sa mission ? Voyager, surfer, et faire la fête. Un emploi du temps qu’il a honoré avec une rigueur quasi professionnelle pendant 26 ans.

    Le réveil brutal : Divorce, béton et fin de l’eldorado

    Mais le monde du surf a changé. Les grandes marques se sont financiarisées, sont devenues « corporate », et les icônes de la vieille garde ont été les premières sacrifiées sur l’autel de la rentabilité. Pour Matt Hoy, la transition a été violente. Après avoir quitté le circuit en 2001, il a bénéficié d’une rente d’ambassadeur pendant une décennie, avant que le rideau ne tombe définitivement.

    C’est ici que l’histoire prend un tournant radicalement humain. Divorcé, Hoy a vu 60 % de son patrimoine s’évaporer. Le surfeur rockstar a dû troquer sa planche pour une truelle. Il est devenu concreter (maçon spécialisé dans le béton).

    « La vie de bétonneur, c’était brutal, » confie-t-il. « Un vrai rappel à la réalité. Tu ne peux plus dépenser comme quand tu étais sur le tour. Commencer à 4 heures du matin, cinq jours par semaine… Ces gars méritent chaque centime qu’ils gagnent. »

    Après le béton, il y a eu la tentative entrepreneuriale avec Steel City, une marque de bière lancée avec des amis à Newcastle. Une aventure passionnée qui s’est terminée faute d’investisseurs, mais sans amertume. Pour Hoy, l’essentiel était ailleurs : dans l’interaction sociale, dans cette nécessité pour les hommes de se retrouver autour d’un verre pour parler, pour ne pas sombrer dans l’isolement que dictent parfois la vie de famille et le travail.

    Le combat pour la survie : 4 mois à l’hôpital

    Si les problèmes financiers sont une chose, la santé en est une autre. Ces dernières années, Matt Hoy a traversé un calvaire médical suite à des complications liées à sa vésicule biliaire. Ce qui aurait dû être une opération de routine s’est transformé en un séjour de quatre mois à l’hôpital de Newcastle. « J’étais maigre, j’avais la peau grise, et un sac pendu à mon corps pour drainer les fluides, » raconte-t-il. Cette épreuve l’a physiquement transformé, le laissant affaibli mais avec une perspective nouvelle sur la fragilité de l’existence. On est loin de l’image invincible du surfeur défiant les vagues de Pipeline ou de Sunset. C’est le portrait d’un homme qui a regardé le vide en face et qui a décidé de continuer à ramer.

    L’essence retrouvée : Surfer pour la vitesse

    Aujourd’hui, Matt Hoy ne cherche plus à prouver quoi que ce soit. Il ne cherche plus à envoyer des manœuvres explosives pour les photographes. Il surfe pour lui, sur les vagues sauvages de la côte Est australienne, souvent seul, au milieu des grands requins blancs qui croisent régulièrement devant chez lui.

    Sa panoplie a changé. Il ride désormais les planches héritées de son père, Brian Hoy, un shaper réputé. Ce sont des 6’6 » généreuses en volume (40 litres), avec des channel bottoms conçus pour une seule chose : la vitesse.

    « Je n’ai plus besoin de tourner. Quelqu’un m’a dit l’autre jour : ‘Je veux te voir faire un turn’, et j’ai répondu : ‘J’en ai fait assez, maintenant je veux juste aller vite’. »

    Cette philosophie de la vitesse pure est une métaphore de sa vie actuelle. À 54 ans, sans emploi fixe et en quête de nouvelles opportunités, il refuse de sombrer dans l’amertume. Il voit ses enfants réussir — son fils Tex brille en rugby à XIII en Angleterre — et il continue de croire que le surf est le meilleur remède aux maux de l’âme.

    Pourquoi Matt Hoy reste-t-il une icône ?

    L’histoire de Matt Hoy nous touche parce qu’elle est dénuée de tout filtre Instagram. C’est l’histoire d’une icône qui a connu le sommet absolu et qui, aujourd’hui, galère pour remplir son frigo, mais qui garde cette dignité typiquement australienne. Il n’en veut pas aux marques qui l’ont lâché, il ne regrette pas ses excès. Il accepte la douleur physique — ces épaules et ce cou qui hurlent après une session — car il sait que s’arrêter, c’est mourir un peu.

    Hoy nous rappelle que le surf n’est pas qu’une carrière. Que l’on soit en haut de l’affiche ou en train de livrer des meubles pour boucler ses fins de mois, la sensation de glisse sur une planche façonnée par son père reste la seule vérité immuable.

    Dans un sport qui cherche désespérément à se lisser et à devenir olympique, des personnages comme Matt Hoy sont les gardiens du temple. Des hommes imparfaits, résilients, et terriblement authentiques.

  • Reno Abellira est vivant : l’icône du surf est en prison !

    Reno Abellira est vivant : l’icône du surf est en prison !

    Sortez les planches, mais rangez les couronnes de fleurs. Hier, le monde du surf sortait les mouchoirs pour pleurer la disparition de Reno Abellira, 76 ans, légende absolue du style et génie du rabot. On l’imaginait déjà en train de shaper des Twin Fins avec Dick Brewer sur une onde éternelle. Erreur de timing : l’icône hawaiienne n’a pas rejoint le « Line-up » céleste. Il est simplement… au frais, dans une prison d’Oahu.

    L’art de disparaître (et de réapparaître au mauvais endroit)

    C’est le genre de « fake news » qui vous fait passer du statut de biographe tragique à celui de gaffeur du dimanche. La rumeur a enflammé les réseaux sociaux plus vite qu’un incendie sur le North Shore. Tout le monde y est allé de son hommage vibrant, de Kelly Slater aux vieux loups de mer de Haleiwa. Il faut dire que le CV récent de Reno prêtait à confusion : entre une agression sauvage en 2021 et une vie de marginal dans les campements de fortune d’Alii Beach, les nouvelles étaient sombres.

    Mais Reno, fidèle à sa réputation d’insaisissable, a choisi une sortie de scène plus… administrative. Ce n’est pas la faucheuse qui a frappé à sa porte, mais plutôt les services correctionnels de l’archipel.

    Un « Bad Boy » fidèle à sa légende

    Pour ceux qui découvrent le personnage, Abellira n’a jamais été un enfant de chœur. Si sa victoire au Smirnoff Pro 1974 et son influence sur le matériel de Mark Richards sont gravées dans l’histoire, ses démêlés judiciaires le sont tout autant. On se souvient de sa cavale mythique en 1992 après une affaire de stupéfiants qui l’avait envoyé dans le décor.

    Voir Reno passer du statut de « disparu » à celui de « détenu » est presque un soulagement ironique pour la communauté. Certes, la prison à 76 ans n’est pas le « sunset » dont on rêve, mais c’est une preuve de vie que personne n’avait vue venir. Son cousin a d’ailleurs confirmé avoir vu l’icône en chair et en os lors d’une visite avec son avocat.

    Leçons d’une fausse news

    Que retenir de cet imbroglio ? D’abord, que Reno Abellira est décidément plus dur à cuire qu’une vieille planche en résine teintée. Ensuite, que la « surf sphère » s’emballe parfois plus vite qu’un drop à Waimea. « Surfer » « The Inertia » « Beach Grit » « Yahoo news »…. Tout le monde s’est engouffré dans la news, dont nous, même si il faut l’avouer, il était difficile pour nous de vérifier l’info. On avait attendu que cela paraisse dans « Surfer » pour considérer cela comme une info viable.

    On lui souhaite désormais de retrouver la liberté (et ses rabots) plutôt que de continuer à jouer les fantômes dans le système pénitentiaire hawaiien. Aloha Reno, et désolé pour les fleurs, on les garde pour la prochaine fois !

  • Kauli Vaast sur le CT : Le champion olympique rejoint (enfin) l’élite mondiale !

    Kauli Vaast sur le CT : Le champion olympique rejoint (enfin) l’élite mondiale !

    L’attente est terminée. Ce n’est plus une probabilité statistique ou une projection de calculatrice : Kauli Vaast est officiellement un surfeur du Championship Tour (CT). Le Tahitien, qui a fait vibrer la France entière lors des Jeux Olympiques, vient de valider son ticket pour rejoindre l’élite mondiale du surf en 2027.

    @icones_surf Qualification de kauli vaast sur le world tour 2026 @kaulivaast @quiksilver @quiksilverfrance #surf #surfing #surfer #waves #surfers #wsl ♬ son original – Icônes Surf, le média en ligne

    Un scénario de qualification surréaliste

    Le sport réserve parfois des moments suspendus. Alors que Kauli s’apprêtait à entrer dans l’eau pour sa série lors de cette ultime étape des Challenger Series, son destin était déjà scellé. Sans même le savoir, alors qu’il ramait vers le large pour rejoindre le pic, les pièces du puzzle se sont assemblées sur la terre ferme.

    Le calcul a été facilité par une hécatombe chez ses concurrents directs. Quatre prétendants sérieux au Top 10 ont vu leurs espoirs s’envoler prématurément : Samuel Pupo, Liam O’Brien, Xavier Huxtable et Jordan Lawler. Ces éliminations en cascade ont mathématiquement verrouillé la place de Kauli dans le cercle très fermé des dix qualifiés, avant même qu’il ne donne son premier coup de rame en compétition.

    Une série pour la forme et le panache

    Libéré de toute pression (bien qu’il l’ignorait encore), Kauli a assuré l’essentiel dans l’eau. Dans une série disputée, il termine à la deuxième place, juste derrière la wildcard locale et révélation du jour, Ocean Lancaster. Une performance solide qui confirme son statut, même si une défaite n’aurait rien changé à l’issue finale : ldeux surfeurs françaisseront bien sur le World Tour la saison prochaine.

    Quel avenir pour Jorgann Couzinet ?

    Si la fête est totale pour le clan Vaast, les regards se tournent désormais vers l’autre Français en lice, Jorgann Couzinet. Comme nous l’évoquions récemment, sa situation reste tendue. Avec la qualification de Kauli actée, Jorgann sait désormais qu’il n’y a plus de place pour les calculs d’apothicaire. Pour rejoindre son compatriote, le Réunionnais doit impérativement viser le podium, voire la victoire, pour s’extirper des griffes d’un classement qui ne pardonne rien. Il a passé sa série cette nuit. Le chemin est encore long, mais tout est possible encore.

  • « Je sors de ma zone de confort » : Maud Le Car raconte son baptême de feu à Belharra

    « Je sors de ma zone de confort » : Maud Le Car raconte son baptême de feu à Belharra

    Le 27 janvier 2025 restera gravé dans la mémoire de Maud Le Car. Alors que la tempête Herminia balayait l’Atlantique, envoyant des signaux de houle comparables au mythique swell Hercules de 2014, la surfeuse saint-martinoise a pris une décision radicale : s’attaquer à la géante basque, Belharra.

    Un virage à 180 degrés

    Après avoir quitté le circuit de compétition pour retrouver l’essence même du surf, Maud s’est lancée un défi titanesque. « Je ne me sentais plus à ma place en compète », confie-t-elle dans sa dernière vidéo, The Rift. Accompagnée de son binôme de confiance, Léo Havion, elle a troqué ses shortboards légers pour une planche de 8 kg, des gilets à cartouches et une logistique millimétrée. Un monde où l’erreur ne pardonne pas.

    Face à la montagne d’eau

    Le jour J, les relevés de la bouée d’Arcachon affichaient plus de 11 mètres. Sur le jet-ski, l’appréhension est palpable. « Là, il y a 15 mètres… je sors complètement de ma zone de confort », explique la rideuse Oxbow. À Belharra, loin de la côte, l’atmosphère est irréelle. Maud décrit ce sentiment paradoxal de vulnérabilité extrême mêlé à une connexion profonde avec les éléments : « On ne sent rien, mais on fait partie de tout. »

    Le prix de l’engagement

    Mais le surf de gros est un « gouffre de galères ». Après une première session intense, Maud subit la puissance brute de la lèvre. Un diagnostic qui tombe quelques jours plus tard : rupture du ligament interne du genou.

    Si cette blessure a mis un coup d’arrêt brutal à sa saison, elle n’a pas entamé sa détermination. Cette expérience à Belharra, bien que douloureuse physiquement, a agi comme un déclic psychologique. Aujourd’hui, quelques mois après sa blessure, Maud Le Car ne regarde plus derrière elle. Elle a des progrès dans les tubes et se trouve actuellement à Nazaré à l’heure où j’écris ces quelques lignes pour un nouveau défi de taille.

  • Alan Cleland : Pourquoi ce « poids lourd » est la meilleure nouvelle du surf mondial

    Alan Cleland : Pourquoi ce « poids lourd » est la meilleure nouvelle du surf mondial

    Dans un sport de plus en plus dominé par des athlètes au format « poids plume » et aux régimes drastiques, le Mexicain Alan Cleland fait figure d’exception culturelle. Avec son gabarit de troisième ligne de rugby, il détonne sur la ligne de départ de la WSL. Mais ne vous y trompez pas : derrière cette carrure imposante se cache l’un des meilleurs tube-riders de la planète.

    L’anti-formatage qui fait du bien

    Sa récente vidéo avec des sessions mémorables chez lui au Mexique, est une leçon de physique et de style. Là où certains voient un handicap dans ses kilos en trop, Cleland y puise une inertie dévastatrice. Pour tous les surfeurs qui ne rentrent pas dans les standards « skinny » de la glisse, voir Alan fracasser des sections avec autant de grâce est une véritable bouffée d’oxygène.

    Il ne se contente pas de pousser de l’eau ; il surfe avec style et se colle dans des tubes avec une profondeur et une aisance qui font de lui, l’un des meilleurs tuberiders sur le tour.

    Un « rugbyman » dans le tube : la puissance au service du flow

    Pour nous, les surfeurs aux épaules larges et aux cuisses solides, Alan Cleland est une source d’inspiration technique. Il prouve que l’on peut être « massif » et avoir un style irréprochable. Il fait parti des surfeurs en surpoids que l’on a pu croiser sur le tour comme kekoa bacalso, Mick Lowe….

    posséder un toucher de rail d’une finesse absolue.

    Le nouveau visage du Top 20 Mondial

    Son ascension dans le Top 20 n’est pas un accident de parcours. C’est le résultat d’un engagement total dans les vagues. Alan ne survole pas la vague, il l’écrase. Son style, ancré et puissant, redonne ses lettres de noblesse au power surfing.

    Si vous avez un gabarit imposant et que vous doutez de votre style, regardez Alan Cleland. Il est la preuve vivante que sur une planche, la seule règle qui compte vraiment, c’est la maîtrise du timing et l’amour du tube.

  • Entre tubes et chaos : le réveil miraculeux du surf dans le Sud-Ouest

    Entre tubes et chaos : le réveil miraculeux du surf dans le Sud-Ouest

    Après un hiver que beaucoup qualifieront de « saison en enfer », le littoral aquitain a enfin offert un répit aux surfeurs. Entre la mi-janvier et la fin février 2026, la région a subi un record de 35 jours de pluie consécutifs, couronné par les ravages des différentes tempêtes. Entre inondations massives, érosion galopante et le triste spectacle de petits pingouins s’échouant par dizaines, épuisés par les tempêtes, le moral des locaux était au plus bas. Mais ce début mars a tout changé.

    La Gravière : « La session de la décennie » ?

    C’est pourtant vers Hossegor que tous les regards se sont tournés. La Gravière, spot mythique s’il en est, a délivré une prestation que les anciens décrivent déjà comme la meilleure depuis plus de dix ans. Un banc de sable parfaitement calé, une houle longue et propre, et surtout cette puissance brute qui fait la renommée mondiale des Landes.

    Si l’on parle souvent de la concentration de talents à Hossegor, ce n’est pas par hasard : ce jour-là, l’élite du surf européen s’est partagé des barrels d’une perfection rare. « On a eu un alignement de planètes, » confie un photographe présent sur la dune. « Après autant de frustration hivernale, voir La Gravière s’allumer comme ça, c’était presque religieux. »

    SI ce n’était pas la session de la décennie, il faut avouer qu’on a assisté à 4 jours d’affilé de vagues incroyables, ce qui est assez exceptionnel.

    Le Pays Basque s’enflamme à Anglet

    La fenêtre météo tant attendue s’est ouverte brusquement. À Anglet, les bancs de sable, pourtant malmenés par les houles successives, ont tenu bon. Dans une vidéo qui tourne en boucle sur les réseaux, on peut voir le local Thomas Bady faire une démonstration de lecture de vague impressionnante. Au cœur de tubes profonds et techniques, il a rappelé pourquoi les spots basques n’ont rien à envier à leurs voisins landais lorsque la période de la houle s’aligne enfin avec le vent offshore.

    Lacanau et la Gironde ne sont pas en reste

    Plus au nord, la Gironde a également profité de l’aubaine. À Lacanau, malgré un plan d’eau parfois plus physique, les surfeurs les plus aguerris ont pu dénicher des pépites sur la plage centrale. L’ensemble de la côte Sud-Ouest, du sud des Landes au nord de la Gironde, semble avoir bénéficié de ce « miracle de mars ».

    Cette parenthèse enchantée arrive juste avant une nouvelle dégradation annoncée. Pour les surfeurs du coin, il s’agissait de ne pas rater le coche : une telle communion entre des bancs de sable performants et une météo clémente est le meilleur remède contre un hiver morose.

  • Révolution sur le Longboard Tour : La WSL dévoile un calendrier 2026 repensé

    Révolution sur le Longboard Tour : La WSL dévoile un calendrier 2026 repensé

    Le monde du nose-riding s’apprête à vivre un tournant historique. La World Surf League (WSL) vient de lever le voile sur les contours de la saison 2026 du Longboard Tour, et le moins que l’on puisse dire, c’est que les cartes sont rebattues. Entre un changement radical de format (comme pour le shortboard) et l’exploration d’e nouveaux spots’un nouveau spot, les prétendants aux titres mondiaux vont devoir s’adapter à une donne inédite.

    Adieu les « Playoffs », place à la régularité

    La grande annonce qui secoue la communauté concerne le système de désignation des champions. Contrairement aux saisons précédentes où tout se jouait sur une seule journée de phase finale, le titre de Champion du Monde de Longboard 2026 sera désormais le fruit d’une accumulation de points sur l’ensemble de la saison.

    Le tour se clôturera en beauté au Salvador en mars 2027. Ce dernier rendez-vous sera le point d’orgue : seuls les 12 meilleurs hommes et femmes du classement y seront conviés pour une épreuve « Major » rapportant 15 000 points, contre 10 000 pour les étapes classiques. Un format qui récompense enfin la constance tout en gardant un final sous haute tension. Personnellement, je trouve que c’est un bon compromis par rapport aux années précédentes.

    Les Philippines : Le nouveau joyau du circuit

    Côté destinations, si les classiques de Huntington Beach (Californie) et de Bells Beach (Australie) conservent leur place, la WSL crée l’événement en intégrant une escale inédite : La Union, aux Philippines.

    Le spot de Monaliza Point, célèbre pour ses droites interminables et ses murs parfaitement dessinés pour le style traditionnel, accueillera la troisième étape en janvier 2027. C’est un signal fort envoyé à la communauté asiatique, très active dans le milieu du longboard, et l’occasion de voir l’enfant du pays, Rogelio Jr Esquievel, briller à domicile.

    Le calendrier complet de la saison 2026/27 :

    • Huntington Beach Longboard Classic (USA) : 25 – 29 juillet 2026
    • Bells Beach Longboard Classic (Australie) : 25 – 29 novembre 2026
    • La Union Longboard Classic (Philippines) : 20 – 24 janvier 2027
    • Surf City El Salvador Longboard Championships : 13 – 21 mars 2027

    Alors que Rachael Tilly et Kai Ellice-Flint s’apprêtent à remettre leurs couronnes en jeu, ce nouveau format promet une saison plus juste et plus spectaculaire. Le rendez-vous est pris sur le sable californien en juillet prochain pour le coup d’envoi.

  • Tragédie à Praia do Canal : Le surfeur Martin « Mantega » Cirko perd la vie au Portugal

    Tragédie à Praia do Canal : Le surfeur Martin « Mantega » Cirko perd la vie au Portugal

    L’océan, qu’il aimait tant, a fini par l’emporter. La communauté internationale du surf est sous le choc après l’annonce du décès de Martin « Mantega » Cirko, survenu le 23 février dernier sur le spot de Praia do Canal, dans la région d’Aljezur au sud du Portugal. Âgé de 39 ans, ce surfeur et artiste d’origine brésilienne, établi en Allemagne, laisse derrière lui une famille dévastée et un vide immense sur les pics de l’Algarve.

    Un accident soudain en pleine session

    Selon les premiers rapports de la Police Maritime et les témoignages de ses proches, Martin surfait avec un ami lorsqu’il s’est retrouvé en difficulté. Après avoir disparu de la surface durant quelques minutes, il a été ramené sur le rivage par son compagnon de session. Malgré l’intervention rapide des pompiers et des secours aériens, les tentatives de réanimation pratiquées sur le sable sont restées vaines.

    Martin n’était pas un surfeur novice. Décrit comme un homme de la nature et un aventurier aguerri, il connaissait les risques de l’océan. Sa compagne, Sophia, a tenu à lui rendre un hommage poignant, le décrivant comme un « professionnel du risque » qui vivait avec deux mantras simples : « Vida boa » (la belle vie) et « Sem medo » (sans peur).

    L’hommage d’une communauté soudée

    D’origine germano-brésilienne, celui que tout le monde surnommait « Mantega » était une figure lumineuse. Artiste et surfeur charismatique, il avait récemment passé du temps en Catalogne avant de rejoindre les côtes portugaises. Sa générosité et sa sensibilité — il était « le genre d’homme à pleurer de bonheur », confie sa compagne — ont marqué tous ceux qui ont croisé sa route.

    Solidarité pour sa famille

    Martin laisse derrière lui sa femme et leur petite fille de 18 mois, Violetta. Pour soutenir sa famille dans cette épreuve insurmontable, des collectes de fonds ont été lancées sur GoFundMe et PayPal. Le message de la famille est clair : Martin est parti en faisant ce qu’il aimait le plus au monde, dans un lieu magnifique, fidèle à ses rêves.

    À Praia do Canal, l’ambiance n’est plus à la fête, mais au recueillement pour un homme qui aura vécu sa passion jusqu’au bout.

    Repose en paix, Mantega.

  • Taj Burrow : « La chose la plus courageuse que j’aie jamais vue »

    Taj Burrow : « La chose la plus courageuse que j’aie jamais vue »

    On le sait, Taj Burrow est une légende australienne, encore plus dans l’Australie de l’ouest. Le gars est le meilleur surfeur WA (Western Australia) et un sourire qui ferait fondre un bloc de wax en plein hiver. Mais là, on a failli perdre notre retraité préféré de 48 balais dans un sauvetage qui a viré au chaos total.

    L’appel du Large

    Alors qu’il scorait des bombes en tow-in à Supertubes avec son fidèle acolyte Dino Adrian, un hélico de la sécurité civile débarque en mode « Urgence ». Signes de la main, agitation dans la cabine… Le message est clair : « Lâchez votre session, y’a des vies en jeu. »

    Taj et Dino ne réfléchissent pas. Ils pointent le nez du jet-ski vers le Nord. Direction : Bears.

    • Conditions : Un solide 12 pieds (4 mètres) qui décale.
    • Le trajet : 10 bornes de « clapot » massif dans une houle de 16 secondes de période. Autant dire que leurs vertèbres ont dégusté pour suivre l’hélico sur la distance.

    Le « Bordel » de Bears

    Arrivés sur zone, c’est la catastrophe :

    1. Un surfeur en perdition (le leash a pété, classique mais mortel ici).
    2. Son pote qui essaie de l’aider.
    3. Une sauveteuse qui saute de l’hélico (sans radio qui marche, sinon c’est pas drôle).

    Taj récupère un gars nommé Ben, au bout du rouleau, et décide de le « beacher » (le déposer sur le sable). Erreur fatale.

    Le « Pinball » au milieu des cailloux

    Une fois dans la zone d’impact, c’est le cauchemar. L’océan se retire, laissant apparaître des rochers secs comme des lames de rasoir.

    « C’était hideux. On aurait dit un tsunami. Tout se vidait sur le reef. »Taj Burrow

    Le jet-ski se transforme en boule de flipper. Taj fait des ronds dans une « lagune » minuscule de 50 cm de fond pendant que des murs d’écume lui tombent sur la gueule. Bilan technique : La direction pète. Le jet ne tourne plus qu’à droite. Ils se font éjecter sur les rochers.

    Le « Straight Shot » vers la liberté

    Coincé, Dino est évacué par l’hélico. Mais Taj refuse d’abandonner son jet-ski (et sa propre peau). Il attend une accalmie, et il décide de tenter le tout pour le tout.

    Sans planche, sans gilet de sauvetage, avec un jet qui ne tourne pas : Full Gaz ou plein pot vers l’infin et l’au-délà. Il évite les têtes de rocher, franchit une barre monstrueuse en mode « vol plané » et réussit à regagner le large par miracle.

    Un bon récit de marin, mais heureusement que ces deux surfeurs d’un excellent était présent, sinon le drame n’aurait pu être évité. On ne parle pas assez du nombre de personnes secourues par les surfeurs….

  • Matt Meola : L’électron libre qui redéfinit le surf moderne

    Matt Meola : L’électron libre qui redéfinit le surf moderne

    Dans l’industrie du surf, il y a les athlètes de circuit, les free surfeurs, les « youtubbeurs », et puis il y a Matt Meola. Si son nom résonne avec un ton particulièr dans le milieu des « core surfers », c’est parce que l’Hawaïen incarne une polyvalence rare, presque anachronique. Capable de plaquer les airs les plus techniques de la planète comme de ramer sur des montagnes à Jaws, Meola est un puriste.

    Dans cette récente vidéo, on redécouvre un homme dont la vie est rythmée par les éléments de son île natale, Maui, loin des paillettes du World Tour.

    Un style « Skate » sans demi-mesure

    Ce qui frappe chez Matt Meola, c’est son engagement total. Pour ceux qui ont eu la chance de le croiser au pic à différentes époques, le constat est le même : Matt ne connaît pas la retenue. Son approche est fondamentalement liée à celle du skateboard. Là où beaucoup de surfeurs cherchent la fluidité et la sécurité pour assurer une note, Meola cherche l’impact.

    Il fait partie de cette race de surfeurs capables de lancer des airs suicidaires avec une réception fréquente sur le plat. C’est brutal, c’est risqué pour les genoux, mais c’est visuellement époustouflant. Comme un skateur qui tente le même trick cinquante fois jusqu’à le plaquer parfaitement, Matt accepte un « déchet » important. Ses sessions sont jonchées de tentatives inachevées, mais lorsqu’il plaque, le résultat est souvent monstrueux, repoussant les limites de la rotation et de la hauteur.

    Le bémol de la discrétion : L’ombre de la hype

    Il est souvent comparé à son ami et voisin Albee Layer. Les deux partagent cette obsession pour l’innovation technique dans les airs et les grosses vagues. Pourtant, Albee occupe souvent une place plus centrale dans les médias spécialisés. Pourquoi ? Parce que Matt Meola a fait un choix : celui de l’authenticité locale.

    On aimerait le voir plus souvent, le voir voyager et produire davantage de contenu. Mais l’homme préfère sa routine sur son île. Pour Matt, une journée réussie ne se résume pas forcément à un édit de 3 minutes sur YouTube. C’est aussi, et surtout, partir chasser ou pêcher pour nourrir les siens. Cette facette de sa personnalité — ce côté « homme de la terre » — explique pourquoi il ne suit pas la hype des trips marketing incessants. Il est l’antithèse du surfeur qui court après les likes ; il court après les sensations brutes.

    « Le surf pour moi, c’est être dans le moment présent. Si je suis à Maui, que les vagues sont là, je suis l’homme le plus heureux. Si ce n’est pas le cas, la forêt et l’océan m’offrent autre chose. »

    Un chargeur hors norme à Pe’ahi (Jaws)

    Si beaucoup le connaissent pour ses airs, il ne faut pas oublier que Matt Meola est l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de Jaws. Sa connaissance du spot de Pe’ahi est chirurgicale. Passer d’une planche de 5’6 à un gun de 10 pieds demande une adaptabilité que peu possèdent.

    Sa capacité à lire la vague et à s’engager sur des murs d’eau massifs prouve que son talent n’est pas qu’une question de technique aérienne, mais de courage pur. À Jaws, il ne s’agit plus de « skater » sur l’eau, mais de survivre et de dompter la puissance brute de l’Océan Pacifique. C’est cette dualité qui fait de lui une véritable icône.

    L’évolution d’un talent brut

    Au fil des années, Meola a su faire évoluer son surf sans trahir son ADN. Dans la vidéo, on ressent cette maturité. Il parle de son rapport à l’équipement, de la nécessité d’avoir une vision claire de ce qu’il veut accomplir sur chaque vague. Il n’est plus seulement le gamin qui veut faire des rotations impossibles ; il est un architecte de sa propre trajectoire.

    Le message est clair : Matt Meola n’a rien à prouver à personne, si ce n’est à lui-même. Son style ne laisse personne de marbre, car il est l’expression directe de sa personnalité : entière, intense et sans compromis.

  • Adieu au Colonel Kilgore : Robert Duvall, l’acteur qui a fait entrer le surf dans la légende du cinéma, s’est éteint

    Adieu au Colonel Kilgore : Robert Duvall, l’acteur qui a fait entrer le surf dans la légende du cinéma, s’est éteint

    Le « Stoke » a un visage, et il vient de s’assombrir. Robert Duvall, l’acteur monumental qui a incarné le Lieutenant-Colonel Bill Kilgore dans le chef-d’œuvre de Francis Ford Coppola, Apocalypse Now, nous a quittés. Pour le grand public, il restera l’homme qui « aimait l’odeur du napalm au petit matin ». Pour nous, les surfeurs, il est celui qui a prouvé que la quête de la vague parfaite est une force capable de défier la folie de la guerre.

    Plus qu’un rôle : une icône de la culture surf

    Peu de personnages de fiction ont autant imprégné l’imaginaire collectif des surfeurs que Bill Kilgore. Sous les traits de Duvall, Kilgore n’était pas seulement un commandant de l’Air Cavalry ; il était une « légende » absolu.

    Qui d’autre aurait pu, avec un flegme déconcertant, ignorer la pluie d’obus pour analyser la période de la houle ? Cette scène mythique où il débarque sur une plage en plein combat, les yeux rivés sur un « peak » d’e deux mètre’un bon mètre glassy alors que les bombes explosent, a résumé à elle seule l’obsession de notre sport. Duvall a su capturer cette étincelle de folie, ce mélange de dévotion totale et d’insouciance que chaque surfeur ressent en apercevant une série parfaite.

    La Yater Spoon : La planche devenue mythique

    L’article ne serait pas complet sans mentionner sa « monture » : la Renny Yater Spoon. Dans le film, Kilgore traite sa planche avec plus de respect que ses propres troupes.

    Ce longboard, shape légendaire de Santa Barbara, est devenu grâce au film un objet de culte. La disparition de Duvall nous rappelle cette époque où le surf était synonyme d’exploration et de liberté brute. Pour la petite histoire, Duvall ne se contentait pas de jouer la comédie : pour coller au rôle, il avait pris des leçons de surf avec les membres de l’équipe entre deux prises, s’imprégnant de la culture du « surf » jusqu’au bout des doigts.

    « Charlie don’t surf ! » – Une réplique qui a paradoxalement donné naissance au surf aux Philippines, là où le film a été tourné.

    Un héritage qui survit au-delà de l’écran

    Si Kilgore affirmait avec arrogance que « Charlie ne surfe pas », l’histoire lui a donné tort de la plus belle des manières. Le passage de l’équipe de production et les planches laissées sur place (dont la fameuse Yater) ont littéralement planté les graines du surf en Asie du Sud-Est. Aujourd’hui, les spots de Baler aux Philippines vibrent encore de l’héritage laissé par ce tournage dantesque.

    Robert Duvall n’était pas un surfeur de naissance, mais par son talent, il est devenu un « brother in fiberglass ». Il a offert au monde du surf sa plus grande vitrine cinématographique, teintée de poésie sauvage et d’une passion inébranlable.

    Aujourd’hui, nous imaginons le Colonel Kilgore quelque part, sur une plage de sable blanc éternelle, sa Yater Spoon sous le bras, observant un line-up parfait sans l’ombre d’un hélicoptère à l’horizon.

    Aloha, Robert. Merci pour le ride.

  • Le monde du surf pleure Kurt Van Dyke, assassiné au Costa Rica

    Le monde du surf pleure Kurt Van Dyke, assassiné au Costa Rica

    Le paradis a pris des airs de cauchemar ce week-end sur la côte caraïbe du Costa Rica. Kurt Van Dyke, figure emblématique de la communauté surf et héritier d’une des lignées les plus prestigieuses de Santa Cruz, a été retrouvé sans vie dans sa résidence de Cahuita. Un drame d’une violence inouïe qui secoue l’ensemble de la communauté internationale des surfeurs.

    Une agression d’une violence extrême

    Les faits, rapportés par les autorités locales et le San Francisco Chronicle, se sont déroulés samedi dernier. Des intrus auraient pénétré dans l’appartement que Kurt, 66 ans, partageait avec sa compagne. Selon les premiers éléments de l’enquête menée par l’Organisme d’Investigation Judiciaire (OIJ), le couple aurait été ligoté avec des attaches en plastique avant de subir une agression physique.

    Si sa compagne a miraculeusement survécu sans blessures graves, le corps de Kurt Van Dyke a été découvert dissimulé sous un lit, présentant des traces de strangulation et plusieurs plaies à l’arme blanche. Les assaillants ont pris la fuite après avoir dérobé des objets de valeur et le véhicule du couple.

    « The King » : Un pilier de Puerto Viejo

    Installé depuis de nombreuses années au Costa Rica, Kurt n’était pas un simple expatrié. Propriétaire de l’Hôtel Puerto Viejo, il avait bâti un véritable sanctuaire pour les surfeurs du monde entier. Surnommé « The King » par les locaux, il était reconnu pour son engagement envers la communauté et son style de surf radical, malgré les années.

    « Mon frère était une personne profondément bienveillante qui aidait absolument tout le monde », a confié son frère, Peter Van Dyke. « Kurt n’aurait jamais fait de mal à personne. »

    L’héritage d’une dynastie de Santa Cruz

    Le nom Van Dyke résonne comme une légende dans le nord de la Californie. Kurt était le fils de Gene Van Dyke, surfeur notoire de Santa Cruz, et de Betty Van Dyke, une pionnière absolue qui fut l’une des premières femmes à braver les vagues de la région dans les années 50.

    C’est cet héritage de liberté et de passion que Kurt avait emporté avec lui dans les eaux chaudes des Caraïbes. Son décès laisse un vide immense, tant sur les spots de Pleasure Point que sur les récifs de Puerto Viejo.

    Un acte isolé dans une région d’ordinaire paisible

    Face à l’émoi suscité, Roger Sams, président de la Chambre de Tourisme du Sud des Caraïbes, a tenu à rassurer les voyageurs en précisant qu’il s’agissait d’un « cas isolé » visant un résident et non un touriste de passage. La zone, réputée pour son calme et son atmosphère « pueblo », reste sous le choc de cette explosion de violence.

    Pour l’heure, les autorités costariciennes poursuivent leurs recherches pour retrouver les auteurs de ce crime qui vient ternir l’image de la Pura Vida.

  • Justine Dupont blessée à Todos Santos après une lourde chute

    Justine Dupont blessée à Todos Santos après une lourde chute

    La victoire et le podium ne racontent jamais toute l’histoire. Derrière la troisième place décrochée au Thriller at Killers, Justine Dupont a vécu un épisode bien plus rude que ce que laissait présager le classement final. La surfeuse française a révélé sur ses réseaux sociaux s’être fracturé une vertèbre lors de la compétition de grosses vagues à Todos Santos, au Mexique.

    Engagée comme toujours, Justine cherchait « une méga vague ». Elle l’a trouvée… mais l’impact a été violent. Aspirée par la vague après une chute lourde, elle ressent immédiatement une vive douleur dans le dos. Rapidement prise en charge, elle est évacuée vers l’hôpital d’Ensenada avant d’être transférée aux États-Unis pour des examens complémentaires. Verdict : fracture vertébrale, sans complication grave heureusement.

    Une blessure sérieuse, mais un état d’esprit intact

    Dans son message, Justine Dupont rassure. Pas d’opération, mais quelques semaines avec un corset, suivies d’une rééducation conséquente. Le retour à l’eau est déjà dans un coin de sa tête. « Dans quelques mois, je serai de retour à l’eau », écrit-elle, fidèle à cet état d’esprit qui la caractérise depuis ses débuts en grosse vague, et plus généralement dans le surf.

    La Française a tenu à remercier l’ensemble des personnes impliquées dans sa prise en charge : surfeurs, équipe de sécurité, médecins, personnel hospitalier, mais aussi Gary Linden, organisateur du Thriller at Killers, pour la qualité de l’organisation et de la water safety sur place.

    Todos Santos, un rappel brutal de la réalité du big wave

    Cette blessure rappelle à quel point Killers, au large de Todos Santos, reste l’un des spots les plus exigeants au monde. Une vague massive, imprévisible, où l’engagement est total et les conséquences bien réelles. Même pour les surfeurs et surfeuses les plus expérimentés.

    Malgré tout, Justine conclut son message avec une promesse claire : elle reviendra. Rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine, face à cette vague qui l’a durement frappée, mais qui continue d’alimenter sa passion intacte pour le surf de grosses vagues. N’oublions pas son expérience à Jaws.

  • Thriller at Killers 2026 : Todos Santos sacre ses rois de la grosse vague

    Thriller at Killers 2026 : Todos Santos sacre ses rois de la grosse vague

    Todos Santos est un spot capricieux de Baja California, et plus précisément la vague de Killers, a offert ce week-end une édition 2026 du Thriller at Killers aussi brève qu’intense. Feu vert donné mercredi, compétition lancée à l’aube samedi 7 février, dans des vagues estimées entre 20 et 25 pieds. Sans fioritures, sans détour : ici, seuls les vrais répondent présent.

    Organisé sous l’impulsion de la légende de grosse vague Gary Linden, le Thriller at Killers conserve un format unique. Les surfeurs sont sélectionnés via un système hybride mêlant performances vidéo, résultats de l’édition précédente et wildcards attribuées par Linden lui-même. Un casting élitiste, pensé pour une vague qui ne pardonne rien.

    Des conditions massives et une finale à très haute intensité

    Dès les premières séries, Todos Santos a montré son vrai visage : des grosses marches dans la vague, take-offs engagés, sections rapides. Chez les hommes, le Sud-Africain Grant Twiggy Baker a imposé son autorité avec un surf engagé et parfaitement adapté aux vagues de Killers. Il s’impose devant Nic Lamb et Greg Long, dans une finale où chaque vague comptait.

    Mention spéciale au Mexicain Quetzal Estrada, auteur d’une bombe notée 9,5 en demi-finale. Un drop engagé, parfaitement maîtrisé, qui l’envoie en finale et confirme l’émergence d’une nouvelle génération locale capable de rivaliser avec l’élite mondiale.

    Justine Dupont, encore sur le podium mondial

    Chez les femmes, la victoire revient à l’Américaine Katie McConnell, déjà lauréate en 2024, solide et stratégique dans ces conditions. Mais côté français, la performance à retenir est celle de Justine Dupont, qui décroche une superbe troisième place.

    Déjà victorieuse à Nazaré et référence absolue en grosse vague, Justine a une nouvelle fois démontré sa régularité et sa lecture exceptionnelle de l’océan. Dans un spot aussi aléatoire que Todos Santos, cette constance est tout sauf anodine. Elle confirme son statut parmi les surfeuses les plus fiables du circuit big wave mondial.

    Todos Santos, un spot à part dans le monde de la grosse vague

    Killers n’est ni Nazaré, ni Jaws. C’est une vague imprévisible, exigeante, qui récompense l’engagement total et la patience. Chaque édition du Thriller at Killers rappelle pourquoi cette compétition reste l’une des plus respectées du calendrier big wave. Peu de manches, peu de vagues… mais aucune place pour l’erreur.

    En 2026, Todos Santos a encore tenu sa promesse : du surf brut, sans filtre, et un verdict clair. Seuls les surfeurs capables d’affronter l’inconfort absolu peuvent prétendre briller ici.

  • Pipeline au féminin : Bryan s’impose, Zebrowski confirme son immense potentiel

    Pipeline au féminin : Bryan s’impose, Zebrowski confirme son immense potentiel

    La compétition féminine du Lexus Pipe Challenger s’est conclue dans la nuit à Pipeline, dans des conditions finalement plus clémentes que prévu. Pas le Pipe XXL des grandes légendes, mais des vagues propres, solides, entre quatre et six pieds, suffisantes pour rappeler à quel point ce spot reste l’un des terrains de jeu les plus exigeants du circuit, même lorsqu’il se montre plus accessible.

    Au terme d’une journée finale intense, c’est Gabriela Bryan qui s’est imposée, devant Erin Brooks, Molly Picklum et Anat Lelior. Une finale relevée, presque générationnelle, qui donne déjà le ton pour la saison à venir.

    Des conditions imparfaites… mais formatrices

    Comme l’a souligné la vainqueure elle-même, Pipeline n’était « pas idéal », avec un swell en construction et du vent par moments, mais c’est précisément dans ce type de configuration que se forgent les vraies compétitrices. Lecture de vague, patience, choix de priorité : chaque série a demandé une maîtrise tactique totale, bien au-delà du simple tube parfait.

    Dans ce contexte, la victoire de Gabriela Bryan a une saveur particulière. Déjà quadruple gagnante sur le Championship Tour, la surfeuse de Kauaʻi signe ici son premier succès sur le Challenger Series, à domicile, sur un spot mythique chargé de l’héritage d’Andy Irons. Un signal fort envoyé avant le coup d’envoi de la saison CT 2026 à Bells Beach.

    Tya Zebrowski : la confirmation, pas la surprise

    Côté français, la performance de Tya Zebrowski mérite clairement qu’on s’y attarde. À seulement 14 ans, Tya continue d’impressionner par sa maturité compétitive, et surtout par son aisance dans les vagues creuses, un registre où l’erreur ne pardonne pas à Pipeline.

    Dès le premier tour de la journée précédente, elle se retrouvait dans une série particulièrement relevée face à Yolanda Hopkins, actuelle numéro une du classement, Anat Lelior et Vahine Fierro. Une série piège, tendue, où la moindre hésitation pouvait coûter cher. Pourtant, Zebrowski s’en sort avec autorité et se qualifie pour les quarts de finale, aux côtés d’Anat Lelior.

    En quart, la Française livre une prestation solide et se hisse en demi-finale, confirmant sa régularité au plus haut niveau du Challenger Series. Elle s’arrête finalement à ce stade, mais sans réelle déception comptable : avec déjà d’excellents résultats engrangés cette saison, cette demi-finale remplace un score équivalent dans son total annuel. Autrement dit, le classement final ne bouge pas Yolando Hopkins et Tya Zebrowski ont le même nombre de points.

    Vaïne Fierro : une série cruelle

    Pour Vahine Fierro, l’aventure s’est arrêtée plus tôt. Engagée elle aussi dans la série d’ouverture face à Zebrowski, Hopkins et Lelior, la Polynésienne n’a pas trouvé les opportunités nécessaires pour s’exprimer pleinement. Une élimination frustrante, dans un série difficile.