Je dois vous avouer que je ne m’y attendais pas : Lucas Chianca, alias « Chumbo », délaisse un instant les grosses vagues pour le Championship Tour ! Ce spécialiste des vagues géantes vient de décrocher la très convoitée wildcard pour le Rio Pro à Saquarema, poussé par GWM, le sponsor de l’événement.
Oubliez les qualifications classiques via les Challenger Series : c’est l’enfant du pays qui viendra bousculer la hiérarchie de l’élite. Il rejoint ainsi Tatiana Weston-Webb et Weslley Dantas, les deux autres invités de cette édition.
Ce qui va vous plaire ? Dès le premier tour, Chumbo affrontera le Marocain Ramzi Boukhiam (bonne pioche pour Ramzi) dans un duel de goofy-footers.
La nuit a été relativement calme en nombre de séries sur le spot de Punta Roca, mais l’intensité à l’eau a atteint des sommets. Ce deuxième tour de repêchages du Surf City El Salvador Pro 2026 restera gravé dans les mémoires grâce à une belle victoire tricolore.
Kauli Vaast fait tomber le roi Toledo
L’exploit retentissant de la journée est signé Kauli Vaast. Le rookie français s’est retrouvé face au double champion du monde et tenant du titre de l’épreuve, le Brésilien Filipe Toledo. Sur des séries consistantes de 1,5 à 2 mètres, le Tahitien a fait preuve d’une maturité tactique impressionnante.
Grâce à un surf backside ultra-puissant et engagé, Vaast a décroché une vague excellente notée 8,33 points. Mettant Toledo sous pression jusqu’aux dernières secondes, le Français s’impose d’un souffle avec un total de 14,03 contre 13,87. Une victoire libératrice qui le propulse au Round 3 face à Joao Chianca.
Ferreira héroïque, Cleland Jr. crée l’idole locale
Le reste de ce Round 2 a offert un scénario digne d’Hollywood :
Italo Ferreira au courage : Le numéro 1 mondial s’est qualifié malgré une blessure au genou nécessitant 8 points de suture, éliminant de justesse le Marocain Ramzi Boukhiam.
Le coup de tonnerre Cleland Jr. : Porté par le public centraméricain, le Mexicain Alan Cleland Jr. a signé sa première victoire de la saison en éliminant l’un des grands favoris au titre mondial, Griffin Colapinto.
Medina en démonstration : Gabriel Medina a survolé les débats avec un total de 15,17 points, allant jusqu’à plier sa planche sur sa dernière manœuvre avant de l’offrir à un jeune local.
Le prochain call est programmé ce dimanche à 7h00 (heure locale) pour le lancement des hostilités.
Résultats et tableau des séries
Men’s Surf City El Salvador Pro Round One Two (Heats 7 – 16) Results: HEAT 7: Samuel Pupo (BRA) 15.17 DEF. Joel Vaughan (AUS) 10.50 HEAT 8: Leonardo Fioravanti (ITA) 15.04 DEF. Mateus Herdy (BRA) 14.70 HEAT 9: Italo Ferreira (BRA) 12.50 DEF. Ramzi Boukhiam (MAR) 11.86 HEAT 10: Crosby Colapinto (USA) 15.17 DEF. Morgan Cibilic (AUS) 13.03 HEAT 11: Kauli Vaast (FRA) 14.03 DEF. Filipe Toledo (BRA) 13.87 HEAT 12: Joao Chianca (BRA) 11.50 DEF. George Pittar (AUS) 11.00 HEAT 13: Gabriel Medina (BRA) 15.17 DEF. Seth Moniz (HAW) 7.00 HEAT 14: Jack Robinson (AUS) 12.33 DEF. Cole Houshmand (USA) 11.77 HEAT 15: Barron Mamiya (HAW) 12.50 DEF. Connor O’Leary (JPN) 8.27 HEAT 16: Alan Cleland (MEX) 12.34 DEF. Griffin Colapinto (USA) 11.07
Men’s Surf City El Salvador Pro Round Three Matchups: HEAT 1: Liam O’Brien (AUS) vs. Callum Robson (AUS) HEAT 2: Eli Hanneman (HAW) vs. Kanoa Igarashi (JPN) HEAT 3: Marco Mignot (FRA) vs. Yago Dora (BRA) HEAT 4: Samuel Pupo (BRA) vs. Leonardo Fioravanti (ITA) HEAT 5: Italo Ferreira (BRA) vs. Crosby Colapinto (USA) HEAT 6: Kauli Vaast (FRA) vs. Joao Chianca (BRA) HEAT 7: Gabriel Medina (BRA) vs. Jack Robinson (AUS) HEAT 8: Barron Mamiya (HAW) vs. Alan Cleland (MEX)
Women’s Surf City El Salvador Pro Round Two Matchups: HEAT 1: Gabriela Bryan (HAW) vs. Yolanda Hopkins (POR) HEAT 2: Sawyer Lindblad (USA) vs. Anat Lelior (ISR) HEAT 3: Luana Silva (BRA) vs. Nadia Erostarbe (ESP) HEAT 4: Carissa Moore (HAW) vs. Brisa Hennessy (CRC) HEAT 5: Molly Picklum (AUS) vs. Sally Fitzgibbons (AUS) HEAT 6: Bettylou Sakura Johnson (HAW) vs. Caroline Marks (USA) HEAT 7: Lakey Peterson (USA) vs. Tyler Wright (AUS) HEAT 8: Caitlin Simmers (USA) vs. Bella Kenworthy (USA)
Le surf moderne est-il devenu trop lisse ? Entre les vidéos de trois secondes calibrées pour les algorithmes d’Instagram et des jeunes athlètes ultra-coachés qui ne mettent plus un pied à l’eau sans un adulte sur la plage, la culture glisse traverse une crise identitaire. C’est ce constat amer qui a poussé Enzo Cavallini, surfeur de 27 ans originaire de Guadeloupe, à injecter toutes ses économies dans un projet à contre-courant.
Pendant deux ans, entre deux compétitions et plusieurs blessures, il a financé lui-même ses billets d’avion pour capturer l’essence d’un surf sans filtre. Le résultat s’appelle Malware, un film de 20 minutes qui impressionne et lui permet de s’inviter dans la course au prestigieux Stab Edit of the Year.
Le choc thermique : de la Guadeloupe aux monstres d’Irlande
Réalisé par son compatriote Simon Levalois-Bazer, le projet jongle entre les tubes parfaits d’Indonésie, les vagues chaudes des Caraïbes et les beach breaks massifs d’Hossegor. Mais c’est en Irlande que le film bascule dans une autre dimension.
Là-bas, Enzo s’est attaqué aux dalles rocheuses les plus terrifiantes d’Europe (Mullaghmore, Riley’s) avec une approche radicale. Quand les locaux débarquent équipés de planches massives, de gilets gonflables de sécurité et de motomarines prêtes à les repêcher, le Français se jette à l’eau avec une simple combinaison et un équipement minimaliste. Une prise de risque maximale, dictée par le manque de budget, mais qui transpire à l’écran par une authenticité devenue rare.
Une claque visuelle contre la génération TikTok
Visuellement, Malware porte bien son nom. Le film s’ouvre sur un gamin découvrant un vieux DVD de surf poussiéreux, une relique d’une époque où l’on se posait encore devant un écran pour apprécier le style d’un athlète.
Loin des images 4K ultra-nettes, le montage s’amuse à détruire l’image : textures analogiques lo-fi, bugs numériques volontaires et musique à l’ambiance presque anxiogène. C’est hypnotique, brut, et surtout très aérien. Enzo Cavallini prouve qu’il n’a pas besoin de l’approbation des marques ou d’un format standardisé pour affirmer sa place parmi l’élite européenne. Reste une question cruciale posée par les réalisateurs : un adolescent d’aujourd’hui, nourri aux vidéos courtes, aura-t-il encore l’attention nécessaire pour regarder ce chef-d’œuvre jusqu’au bout ?
La fin du mois de mai a offert un visage aussi exceptionnel que terrifiant à San Francisco. Alors que les locaux s’attendent habituellement à des vents onshore et des conditions printanières médiocres, Ocean Beach s’est réveillée avec une houle digne du mois de janvier. Au menu : des vagues massives, poussées par un swell ouest de 20 secondes de période et un vent offshore hurlant. Des conditions rares, mais qui ont prélevé un lourd tribut.
Un signal de détresse au milieu du line-up
Vers 13h20 ce jeudi, près de Lincoln Avenue, les sauveteurs ont repéré un surfeur agitant les bras, un signal universel de détresse. Malgré l’intervention immédiate d’un garde-côte hors service qui surfait la zone et de trois sauveteurs, l’homme d’une cinquantaine d’années a été retrouvé inconscient, face contre l’eau.
Ramené d’urgence sur le sable pour des manœuvres de réanimation, il a été transporté dans un état critique avant de malheureusement succomber à l’hôpital. Si les pompiers locaux évoquent la piste d’une crise cardiaque, l’océan nous rappelle brutalement que même la session de nos rêves peut basculer en une fraction de seconde. Nos pensées accompagnent la communauté locale et les proches de la victime.
Le rideau de la tragédie s’est à nouveau abattu sur l’Australie-Occidentale. Ce samedi, Horseshoe Reef – un spot de plongée et de chasse sous-marine très fréquenté de Rottnest Island – a été le théâtre d’une attaque de requin d’une violence extrême.
Steven Mattaboni, un habitué de l’océan âgé de 38 ans, transperçait les eaux en apnée avec quatre amis lorsqu’un grand requin blanc, estimé entre 4 et 5 mètres par les témoins, a surgi. L’homme se trouvait à peine à vingt mètres de son embarcation quand le prédateur l’a mortellement mordu aux jambes. Malgré la réactivité héroïque de ses camarades pour le ramener à bord et l’évacuer vers la jetée de Geordie Bay, les secours n’ont pas pu le ranimer.
Pour la communauté locale et le monde de la mer, le choc est immense. Père de deux petites filles – dont un nourrisson de quatre mois –, « Mattas » était une figure respectée, membre actif du club de football de Kingsley et d’un groupe de travail pour l’équité de la chasse sous-marine (Recfishwest). Sa femme, Shirene, lui a rendu un hommage déchirant, saluant un homme « férocement loyal, infiniment généreux et en totale symbiose avec l’océan ».
Pour les passionnés de glisse, Rottnest Island résonne encore comme le théâtre du CT de la WSL en 2021, où Gabriel Medina et Sally Fitzgibbons s’étaient imposés dans des conditions mémorables. Ce drame rappelle cruellement la prévisibilité de la faune sauvage sur ces côtes ultra-exposées. Selon les autorités locales, aucun dispositif de répulsion individuel anti-requin n’était porté par la victime. Une cagnotte GoFundMe a immédiatement été lancée pour soutenir sa jeune famille.
Cet article complète les premières informations reçues samedi dans cet article
Si on vous demande d’imaginer l’âge d’or du surf californien, vous pensez très certainement au film documentaire The Endless Summer, aux disques des Beach Boys et à des gars blonds s’élançant sur des vagues parfaites dans les années 60. C’est exactement le récit qu’on nous a vendu. Mais en me plongeant dans les travaux de Jeffrey Swartwood, maître de conférences à l’Université de Bordeaux Montaigne, j’ai découvert une réalité qui bouleverse complètement notre vision de la culture glisse.
On nous a caché une énorme partie de l’histoire.
Les femmes effacées des line-ups
Bien avant l’après-guerre, le surf était une discipline profondément mixte. Aux origines hawaïennes, des observateurs comme Mark Twain ou Jack London relataient déjà avec stupéfaction que les femmes maîtrisaient la houle avec bien plus de talent qu’eux.
Et ce n’est pas resté cantonné au Pacifique. En Californie du Sud, dès les années 1920 et 1930, des figures comme Ladybird Fraser ou Mary Ann Hawkins chargeaient des spots particulièrement techniques et exigeants (parfois en bas de falaises rocheuses comme à Palos Verdes) avec un engagement total. Elles surfaient seules, voyageaient pour trouver les meilleures vagues, et dominaient souvent les hommes au pic.
Le mythe de la planche « trop lourde »
Alors, comment a-t-on justifié cette disparition soudaine des surfeuses des magazines et des films à partir des années 50 ? L’excuse officielle du milieu a longtemps été l’équipement. On a prétendu que les planches en bois massif de l’époque étaient bien trop lourdes et dangereuses pour le gabarit féminin.
C’est factuellement faux.
Les archives prouvent qu’on utilisait déjà des constructions astucieuses. Tom Blake avait inventé les planches « hollow » (creuses pour gagner du poids), et les shapeurs de l’époque récupéraient le balsa très léger des radeaux de sauvetage de la Marine américaine. Résultat ? Une planche des années 40 pesait souvent entre 12 et 15 kilos. C’est encombrant, certes, mais largement manipulable par une adulte, comme l’a d’ailleurs prouvé Swartwood en reconstruisant fidèlement un modèle d’époque à la main pour le faire tester à des surfeuses actuelles.
Une mise à l’écart volontaire
La réalité de cette disparition est beaucoup moins reluisante. L’effacement des femmes du surf n’est absolument pas lié au matériel. Il correspond simplement au retour en force d’une vision patriarcale après la Seconde Guerre mondiale. Il fallait refaire de la place aux hommes revenus du front, sur la plage comme au travail. L’industrie naissante a ensuite pris le relais, préférant utiliser l’image de la femme comme un accessoire de plage sexualisé sur le sable, plutôt que de la montrer sur la vague.
La prochaine fois que vous croiserez une longboardeuse à la Côte des Basques, rappelez-vous qu’elle ne surfe pas sur une simple tendance : elle perpétue une tradition centenaire qu’une partie de l’histoire a bien failli nous faire oublier.
L’époque bénie où un simple sticker sur le nose suffisait à payer les factures semble bel et bien révolue. Face à l’inflation et la précarité croissante dans notre milieu, certains rideurs sortent des sentiers battus. Et le Californien Jacob Szekely vient de lâcher une bombe : son nouveau sponsor principal n’est autre qu’OnlyFans.
Pourquoi fuir YouTube pour OnlyFans ?
Avant de crier au scandale, calmez-vous : « Zeke » ne va pas se déshabiller devant la webcam. Il rejoint en réalité le cercle grandissant des athlètes de la plateforme (comme Nathan Florence, Billy Kemper ou Pedro Scooby) qui y publient du contenu tout public. Le but ? Contourner la censure infernale de YouTube.
Dans son dernier vlog, il est très clair. Ses vidéos d’action, ses cascades et les soirées un peu trop festives se font constamment striker ou démonétiser. Avec OF, il trouve enfin un soutien financier solide et une liberté d’expression totale pour documenter sa vraie vie.
Des coulisses sans aucun filtre sur la Gold Coast
Cette liberté, il l’a emmenée avec lui en Australie. Fait hallucinant : la très lisse WSL l’a carrément autorisé à filmer les coulisses du Snapper Rocks Pro. Szekely en a profité pour retourner l’espace athlètes avec les questions chocs de sa communauté.
Oubliez les interviews ennuyeuses sur le litrage des planches. Il a coincé les pros pour savoir qui avait le plus gros tableau de chasse sur le CT (Gabriel Medina a été balancé direct), ou lancé des débats vitaux pour savoir qui de Megan Fox ou Sydney Sweeney remportait les suffrages. Il a même attrapé le GOAT, Kelly Slater, pour parler piscines à vagues. Pour Slater, un trick inédit plaqué en wavepool compte bel et bien, mais il doit ensuite être validé dans l’océan. Le rêve ultime du King ? Un tube artificiel de 6 mètres de haut, rien que ça.
Le nouveau sponsor numéro 1 du surf ?
En regardant Zeke (son surnom) poser fièrement avec son énorme sticker bleu, je me suis fait une réflexion qui me fait autant rire que grincer des dents : d’ici peu, OnlyFans sponsorisera probablement plus de surfeurs que certaines de nos marques historiques du marché.
L’argent est là où l’attention se trouve. Maintenant, une vraie question se pose pour notre scène locale : à votre avis, qui sera le premier surfeur professionnel français à oser assumer ce sponsor pour continuer à vivre de sa passion ? Les paris sont ouverts.
Vous attendiez le tableau de la prochaine étape du Championship Tour pour faire vos pronostics ? C’est fait. La WSL vient de lâcher les séries pour Raglan, la quatrième étape très attendue qui se tiendra en Nouvelle-Zélande du 15 au 25 mai. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le hasard n’a épargné personne d’entrée de jeu.
Si vous suivez le parcours de nos surfeurs, préparez-vous à retenir votre souffle. Marco Mignot retrouve Barron Mamiya sur sa route. Un affrontement direct qui sent la poudre et qui s’annonce déjà comme l’un des moments forts du Round 1 masculin. Du côté des femmes, la jeune Tya Zebrowski hérite d’un sacré morceau en affrontant l’Espagnole Nadia Erostarbe, qui a impressionné à Snapper Rocks. Un vrai test de solidité.
Kauli Vaast hérite de Jack Robinson alors que la franco/tahitienne se retrouvera confronter à Sally Fitzgibbons.
Le reste du tableau nous réserve aussi de sérieux face-à-face. Le Mexicain Alan Cleland devra sortir le grand jeu face à l’ogre américain Griffin Colapinto, tandis que le vétéran Alejo Muñiz croisera le fer avec George Pittar. Chez les filles, le choc entre la Costaricienne Brisa Hennessy et Alyssa Spencer s’annonce particulièrement indécis.
Sur la mythique longue gauche néo-zélandaise, l’engagement devra être total. Les planches sont prêtes, à vous de régler vos réveils.
J’avoue, j’avais mes petites habitudes avant d’enfiler la combi. Un vieil edit deTaylor Steele ou une part de Dane Reynolds pour me chauffer. Mais là, je suis tombé sur une pépite qui a balayé mes certitudes. « Now Days », ce n’est pas « juste » du surf féminin, c’est l’essence même de ce qu’on cherche tous en allant à l’eau.
Dès les premières secondes, l’intro laisse place à un hymne punk qui m’a instantanément projeté vingt ans en arrière, à l’époque légendaire de la vidéo Lost Across America. L’énergie est brute, l’engagement est total. On y suit la « New Gen » — de Caity Simmers à Sierra Kerr en passant par Erin Brooks — et le niveau est tout simplement stratosphérique.
Ce qui frappe ? Ce n’est plus seulement une question de grâce, c’est une démonstration de force, de camaraderie et de rivalité saine. Elles se tirent vers le haut sur les plus grosses vagues du globe, de Tahiti à Fidji. Honnêtement, que vous soyez surfeur ou surfeuse, c’est la vidéo indispensable avant de ramer au pic. Le futur du surf est là, et il fait un boucan d’enfer.
Le line-up hawaiien vient de perdre l’une de ses étoiles les plus singulières. Paul Strauch, l’homme que Barry Kanaiaupuni décrivait comme un être « venu du futur », nous a quittés à 82 ans. Si son nom ne vous dit rien, sachez que vous pratiquez probablement le surf qu’il a inventé.
Pourquoi un tel choc dans la communauté ? Bien plus qu’un simple compétiteur, Strauch a brisé les codes techniques dès les années 60. Il est le créateur du mythique « cheater five », cette posture élégante où on est sur son pied arrière avec son pied avant proche du nose. Bon, d’accord la description n’est pas terrible, mais regardez la vidéo ci-dessous. Mais ce n’est pas tout : il a été l’un des premiers à oser le bottom turn profond dans les vagues massives, là où d’autres se contentaient de survivre.
Apparu dans le légendaire The Endless Summer, ce prodige d’Honolulu avait reçu ses premières planches des mains de Tom Blake lui-même. Malgré un talent pur et un style « freestyle » inégalé, il avait choisi de rester loin des projecteurs. Le monde du surf perd aujourd’hui son plus grand styliste, un homme qui surfait déjà demain, alors que nous étions encore à hier.
Snapper Rocks, c’est le paradis du surf… ou l’enfer du trafic. Justin Becret vient d’en faire l’amère expérience lors d’une session sur la Gold Coast qui aurait pu virer au drame. Alors qu’il dénichait un petit miracle — une vague en solo au milieu de la meute australienne — le sort s’est acharné.
Dès son premier tube, une planche égarée est venue percuter son visage de plein fouet. Le verdict est immédiat : nez cassé. Mais c’est là que le Landais bascule dans la catégorie « warrior ». Au lieu de regagner le bord en urgence (il le fait juste après, il reste un homme), Justin reste sur sa lancée.
L’image surréaliste de la session
Dans une séquence captée par Clancy Dawson, on voit le surfeur s’engager dans un deuxième tube tout en maintenant son visage en sang entre ses mains. Un mélange de douleur et de pur instinct.
« Le trafic de Snapper m’a bien eu ce matin », a-t-il commenté avec humour sur son compte Instagram.
Si Justin doit désormais observer quelques jours de repos forcé, il a prouvé qu’il fallait plus qu’une fracture pour l’empêcher de tuber.
Premier point, c’est un sondage récent australien mené auprès de 7 500 lecteurs de Stab. Et vous allez rire, mais le classement s’en ressent.
Le choc : le désamour pour le maillot lycra
La première claque est statistique. Sur les 10 surfeurs les plus cités, seuls deux membres permanents du Tour parviennent à se hisser dans le classement. Exit la course aux points, les fans plébiscitent désormais l’esthétique et la liberté. Des noms comme Mason Ho, Michael February ou l’éternel Dave Rastovich prouvent que la culture du « free surf » et du style pur l’emporte sur la performance brute en série de 30 minutes.
L’énigme de la « Brazilian Storm »
C’est l’enseignement le plus brûlant de cette enquête : malgré une domination outrageuse sur le titre mondial ces dernières années, aucun surfeur brésilien n’apparaît dans le Top 10. Pas de Gabriel Medina, pas d’Italo Ferreira ou de Yago Dora. Si ce résultat reflète l’audience principalement anglo-saxonne du sondage, il souligne aussi une fracture nette entre l’efficacité en compétition et l’inspiration dégagée auprès du grand public californien, australien ou européen.
John John Florence, seul sur son trône
Au milieu de ce séisme, un homme fait l’unanimité. John John Florence écrase la concurrence avec 31,92 % des suffrages. Il est le seul à réussir le grand écart parfait : être une bête de compétition tout en restant l’icône ultime du surf libre.
Le Top 10 des votes :
John John Florence (31,92 %)
Ethan Ewing (15,64 %)
Mason Ho (15,6 %)
Dane Reynolds (15,43 %)
Michael February (13,02 %)
Kelly Slater (10,15 %)
Harry Bryant (9,64 %)
Jack Robinson (8,63 %)
Nathan Florence (7,4 %)
Dave Rastovich (6,96 %)
La suite, réaliser une mesure au niveau national. Chez Icônes Surf, nous avons réalisé le même travail il y a quelques mois, mais en se basant sur une autre métrique, le nombre de recherche de tels noms de surfeurs sur Google. On l’a réalisé uniquement sur les surfeurs français, mais on réalisera le même travail sur tous les surfeurs. Voir ci-dessous le lien
Le monde du surf professionnel ne retient souvent que les scores, les podiums et les tubes parfaits. Mais derrière le lycra se cachent parfois des récits de vie d’une violence rare. Celui de Beyrick De Vries est de ceux-là. L’homme qui a marqué l’histoire avec un 10 parfait à Sunset Beach vient de briser le silence : après avoir touché le fond, entre blessure physique et addictions, il annonce son retour officiel sur le circuit des Challenger Series, après une qualification sur le WQS Afrique.
Tout bascule lors d’une session de surf en France. Sur une chute qui aurait pu être banale pour un athlète de son niveau, le diagnostic tombe, brutal : fémur fracturé en cinq points. Pour un surfeur dont la jambe avant est le moteur, c’est un arrêt de mort sportif potentiel.
De retour en Afrique du Sud, cloué dans un fauteuil roulant, Beyrick se retrouve face à un ennemi qu’il n’avait jamais appris à combattre : le vide. « Assis dans un fauteuil, plus de chaos, plus d’excitation, plus de nouveaux pays toutes les deux semaines… rien pour me distraire des choses importantes de la vie », confie-t-il avec une honnêteté désarmante.
La chute : l’alcool et les substances pour combler le silence
L’adrénaline de la compétition est une drogue puissante. Quand elle disparaît, le manque est immense. Beyrick l’admet aujourd’hui sans détour : pour fuir ses sentiments et ce silence pesant, il a cherché refuge dans les paradis artificiels. Le whisky et diverses « substances » sont devenus son quotidien.
« Je cherchais n’importe quoi pour rester « high », pour être distrait, pour éviter de m’asseoir avec mes propres émotions. C’était l’opposé total de la paix et de la sérénité. »
Cette spirale autodestructrice aurait pu sonner la fin de l’histoire pour le surfeur de 31 ans. Mais le combat ne faisait que commencer.
La rédemption : deux cliniques et un nouveau souffle
Le déclic survient quand Beyrick décide de prendre la direction opposée. Après des séjours dans deux cliniques de réhabilitation différentes, il parvient à décrocher. Ce « comeback » n’est pas seulement sportif, il est spirituel. Sur ses réseaux sociaux, il attribue sa renaissance à sa foi : « We do recover. All Glory to God » (Nous guérissons. Toute la gloire revient à Dieu).
Désormais installé aux Pays-Bas, Beyrick a entamé un nouveau chapitre. S’il occupe aujourd’hui un rôle de coach pour l’équipe nationale néerlandaise (il a d’ailleurs la nationalité maintenant), il a senti qu’il se devait une dernière chance. « Je pense qu’il est juste de me donner cette opportunité », explique-t-il à ses fans.
Le défi technique : surmonter le blocage mental
Le retour à l’eau n’a pas été un long fleuve tranquille. Au-delà de la rééducation physique, le traumatisme psychologique est resté ancré. Reposer tout son poids sur sa jambe avant lors d’un air ou d’une manœuvre radicale a longtemps été un blocage insurmontable.
Récemment, lors d’une session à Umdloti, Beyrick a pourtant franchi un cap symbolique en reposant ses premiers frontside airs. Un moment qu’il décrit comme le début d’un nouveau chapitre. Aujourd’hui, physiquement plus affûté que jamais et l’esprit enfin apaisé, il s’envole pour les championnats d’Europe avec un double objectif : encadrer ses élèves et prouver qu’à 31 ans, le « miraculé de Sunset » a encore sa place parmi l’élite mondiale.
L’histoire de Beyrick De Vries nous rappelle que la plus belle victoire d’un surfeur ne se joue pas toujours sur une vague, mais parfois dans le calme d’une chambre de clinique, loin des projecteurs.
On le surnomme « Tinkerbell » pour la grâce de ses pas croisés sur un longboard, mais ne vous y trompez pas : Joel Tudor est sans doute un des hommes les plus dangereux du line-up. À 49 ans, le triple champion du monde ne se contente pas de collectionner les trophées de surf ; il porte une ceinture noire de Jiu-Jitsu brésilien (BJJ) tellement usée qu’elle témoigne de décennies de combat.
Récemment, une anecdote croustillante est remontée à la surface grâce au surfeur Jesse Billauer. Ce dernier a raconté comment Tudor a littéralement « éteint » la légende du gros, Garrett McNamara, sur le spot mythique de Malibu. La raison ? Garrett aurait eu l’audace de griller la priorité à Billauer. La réaction de Joel fut immédiate : un bras autour du cou pour rappeler les règles de savoir-vivre locales.
Si vous voulez apprendre à gérer les tensions au pic comme un pro, Tudor vient de sortir une vidéo pédagogique avec BJJ Fanatics. Le titre est évocateur : « Comment étrangler un homme qui s’échappe ». On y voit le maître expliquer avec un calme olympien comment transformer une tentative de fuite en une clé de cou ou un écrasement cervical dévastateur.
Tudor n’est pas un amateur. Double champion des États-Unis et double champion du monde de « No-Gi » (combat sans kimono), il maîtrise l’art de la soumission comme personne. Cette vidéo n’est pas seulement une démonstration technique ; c’est un rappel que derrière l’esthète du surf se cache un guerrier redoutable.
Mon conseil ? La prochaine fois que vous croisez Joel à Malibu, assurez-vous de bien respecter la priorité. Sinon, vous pourriez bien finir par apprendre, à vos dépens, ce qu’est un « neck crank » en direct du rivage.
Le monde du surf vient de perdre l’un de ses artisans les plus solaires. Jean-Pierre Van Swae, que tout le monde appelait affectueusement « The Fly », s’est éteint cette semaine, laissant derrière lui un vide immense dans les ateliers de Dana Point et une montagne d’anecdotes qui ont forgé la culture core californienne.
Du plat pays aux vagues de Laguna
Né en Belgique, Van Swae débarque enfant en Californie du Sud. C’est à Laguna Beach, à la fin des années 50, que le virus du surf le pique. Dès 1961, il pousse la porte de Wardy Surfboards, marquant le début d’une carrière de plus de 60 ans consacrée à l’excellence.
Reconnu pour la précision chirurgicale de son glaçage et ses dérives innovantes, il a côtoyé les plus grands noms de « l’Âge d’Or », de Dale Velzy à Hobie Alter. C’est d’ailleurs ses mains qui ont glacé en 1977 l’« Awhoo », ce gun mythique de 15 pieds shapé par Micky Munoz pour les sessions XXL d’Hawaï.
L’homme derrière le surnom
Mais pourquoi « The Fly » ? Fidèle à son tempérament de tête brûlée, il avait accepté, sur un défi entre amis, de sauter d’un avion en plein vol. Le pseudonyme est resté, tout comme son humour parfois décapant. Il adorait raconter comment, dans les années 70, les surfeurs se faisaient bannir de Trestles non pas à cause de la politique de Nixon, mais parce qu’ils s’amusaient à « montrer leur lune » (browning) aux passagers des trains qui longeaient la plage.
Un héritage gravé dans le bois
Jusqu’à son dernier souffle, Jean-Pierre n’a jamais quitté son rabot. Sous son propre label, Fly Surfboards, il créait des pièces d’une élégance rare, mêlant résine et essences de bois nobles. Membre du Hall of Fame des shapers de San Clemente, il était bien plus qu’un fabricant : il était le gardien d’un savoir-faire qui se raréfie.
Aujourd’hui, alors que « The Fly » s’en est allé rejoindre les vagues éternelles, son fils JP Van Swae, photographe reconnu, perpétue la lignée. Pour nous, il reste ce sourire malicieux au milieu de la poussière de pain de mousse. Ride in peace, Fly.
Le premier jour d’un surf trip aux Fidji est censé être celui de l’excitation pure. Pour Guy Rowles, un surfeur australien de 30 ans, ce rêve a basculé en quelques secondes dans un combat pour sa survie sur le spot mythique de Cloudbreak. Entre douleur indescriptible, paralysie et peur de mourir, son témoignage nous rappelle que le paradis peut cacher des prédateurs invisibles.
Tout commence au large de l’île de Tavarua. Guy est à l’eau depuis à peine 30 minutes. Les conditions sont parfaites, l’adrénaline est là. Soudain, une douleur fulgurante lui traverse le bras.
« C’était comme si on m’avait versé de l’huile bouillante sur la peau », explique Guy Rowles.
Il ne s’agit pas d’une simple brûlure de méduse classique. Guy vient de croiser la route d’une méduse-boîte (cuboméduse), souvent décrite comme l’animal le plus venimeux de la planète. Très vite, son guide local, Sujee, comprend la gravité de la situation : « C’est une box jellyfish, il faut regagner le bateau immédiatement ».
« Est-ce que je vais mourir ? » : le venin en action
Sur le trajet vers l’hôpital, le corps de Guy commence à lâcher. Les photos de son bras montrent des zébrures rouges sang, marques indélébiles de l’attaque. Mais le pire est interne. Le venin des cuboméduses attaque simultanément le cœur, le système nerveux et les cellules cutanées.
Guy décrit des symptômes terrifiants :
Difficultés respiratoires : « J’avais l’impression de respirer à travers une paille ».
Convulsions et tremblements : Son corps est pris de secousses incontrôlables.
Tachycardie : Son cœur s’emballe, menaçant de lâcher à tout moment.
Fourmillements : Une perte de sensation dans les extrémités (doigts et orteils).
Face à son père, Guy pose la question que tout surfeur redoute : « Est-ce que je vais mourir ? ». Arrivé à l’hôpital, le verdict tombe : il est trop tard pour l’antivenin. Guy doit « encaisser » la douleur sous morphine et espérer que son cœur tienne le coup. Miraculeusement, après quatre heures sous haute surveillance, il survit.
C’est une amitié que personne n’avait vue venir. D’un côté, Raimana Van Bastolaer, le parrain de Teahupo’o, l’homme qui veille sur la vague la plus dangereuse du monde à Tahiti. De l’autre, le Prince Harry, Duc de Sussex. Entre les deux ? Une passion commune pour la glisse et des sessions ultra-privées dans la piscine à vagues de Kelly Slater en Californie.
Tout a commencé au Surf Ranch de Kelly Slater, cette piscine à vagues perfectionnée située à Lemoore. Raimana, qui y officie comme coach de luxe pour les célébrités et les pros, a été chargé d’accueillir le Prince. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le Tahitien s’attendait à une rencontre très formelle.
« Je pensais que je devrais dire ‘oui, Monsieur’ ou ‘oui, Prince’. S’il vous plaît, Prince, et tout le tralala. Mais il a été tout l’inverse », confie Raimana.
Le surfeur décrit un homme calme, « incroyablement humble » et surtout, un élève exemplaire. « C’est quelqu’un qui écoute vraiment. Il est prêt à tout essayer. » Cette simplicité a rapidement transformé la relation prof-élève en une véritable amitié. Aujourd’hui, ils sont « très proches », au point que Raimana n’a plus qu’une idée en tête : faire venir Harry sur ses terres, en Polynésie.
Une « addiction » à 50 000 dollars la session
Si Harry reste discret sur ses loisirs depuis son installation à Montecito avec Meghan Markle, sa passion pour le surf n’est plus un secret pour les habitués du Ranch. Selon certaines rumeurs, le Duc n’hésiterait pas à débourser jusqu’à 50 000 $ pour privatiser le bassin et perfectionner son take-off loin des regards indiscrets.
Et le travail paie. Harry serait aujourd’hui le seul membre de la famille royale britannique à pouvoir se targuer d’avoir déjà pris un « vrai » tube. Une progression fulgurante qu’il doit aux conseils avisés de Raimana, qui le pousse désormais à franchir l’étape supérieure.
Bientôt Meghan à Tahiti ?
Si le Prince est un habitué des vagues artificielles de Slater, il voyage pour l’instant en solo. Meghan Markle n’a pas encore été aperçue sur une planche au Surf Ranch, mais Raimana compte bien changer la donne.
« Meghan n’est jamais venue. Et j’ai vraiment hâte qu’elle vienne. Ou plutôt, j’ai hâte qu’elle vienne à Tahiti », explique-t-il avec son enthousiasme légendaire. Le plan est simple : une fois qu’elle aura goûté à la magie de la glisse, elle ne pourra plus s’en passer.
En attendant de voir le couple princier sur le récif de Teahupo’o, une chose est sûre : Harry a trouvé en Raimana bien plus qu’un coach. Il a trouvé un mentor capable de lui offrir ce qu’il recherche le plus : la liberté, loin du protocole, au milieu de l’écume.
Le Main Break ou la vague de Margaret River a une nouvelle fois prouvé qu’elle ne pardonne rien. Pour cette deuxième étape du WSL Championship Tour 2026, l’océan Indien a offert des conditions solides, avec des murs d’eau de 2 à 2,5 mètres, permettant de boucler un chiffre record de 28 séries en une seule journée. Si le spectacle était au rendez-vous, le bilan est amer pour le surf français, qui voit ses têtes d’affiche tomber.
La loi de Margaret River : Une vague capricieuse et technique
Soyons réalistes : Margaret River est l’une des étapes les plus complexes du circuit mondial. Ce n’est pas seulement une question de taille, mais de lecture. Entre le clapot, le vent changeant et un reef profond qui déplace les zones de « take-off », chaque erreur se paie cash. À ce niveau, la différence ne se fait plus sur l’engagement physique, mais sur des micro-ajustements techniques.
Le moment fort de la journée restera le rematch de la finale olympique de Paris 2024. Dans le jardin de Jack Robinson, l’Australien a pris sa revanche sur Kauli Vaast. Malgré un surf puissant et une attaque de dos très verticale, le Tahitien s’incline de peu (13.60 contre 13.97). Un scénario cruel qui souligne la difficulté de s’imposer et de passer ce premier tour sur le word tour. Avec l’élimination de Marco Mignot et de la jeune Tya Zebrowski, la France accuse le coup. Il ne faudrait pas que ces sorties précoces deviennent une habitude, tant le talent est présent.
Vahine Fierro : Le dernier rempart français
Dans ce tableau masculin désormais vide de drapeaux tricolores, tous les regards se tournent vers Vahine Fierro. La surfeuse de Huahine a su naviguer dans les eaux troubles du Round 1 pour s’imposer face à Nadia Erostarbe. Vahine possède cette expérience des vagues de puissance qui pourrait faire la différence. Elle connaît Margaret River, elle y a déjà brillé, et sa capacité à taper dans le dernier « bowl » sera sa meilleure arme. Le défi sera immense au prochain tour face à la numéro 1 mondiale Caitlin Simmers, mais c’est précisément dans ces duels que les petits détails feront basculer la série.
Résultats & Prochaines Séries : Le Point Complet
Résultats marquants du jour
Jack Robinson (AUS) 13.97 bat Kauli Vaast (FRA) 13.60
Crosby Colapinto (USA) 14.37 bat Marco Mignot (FRA) 12.03
Sally Fitzgibbons (AUS) 11.67 bat Tya Zebrowski (FRA) 10.93
Vahine Fierro (FRA) 11.17 bat Nadia Erostarbe (ESP) 9.76
Meilleur score : Samuel Pupo (BRA) avec un total de 15.50.
Tableau des 16es de finale (Hommes)
Heat
Matchup
1
Samuel Pupo (BRA) vs. Kanoa Igarashi (JPN)
2
Liam O’Brien (AUS) vs. Joel Vaughan (AUS)
3
Crosby Colapinto (USA) vs. Griffin Colapinto (USA)
4
Gabriel Medina (BRA) vs. Jack Robinson (AUS)
5
Yago Dora (BRA) vs. Connor O’Leary (JPN)
6
George Pittar (AUS) vs. Leonardo Fioravanti (ITA)
7
Italo Ferreira (BRA) vs. Joao Chianca (BRA)
8
Ethan Ewing (AUS) vs. Miguel Pupo (BRA)
Tableau du Round 2 (Femmes)
Les séries à suivre absolument pour le clan français :
Heat 7 : Caitlin Simmers (USA) vs. Vahine Fierro (FRA)
Heat 5 : Molly Picklum (AUS) vs. Sally Fitzgibbons (AUS)
Heat 8 : Isabella Nichols (AUS) vs. Carissa Moore (HAW)
On connaît la passion de Mason Ho pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à une anomalie en terme de vagues. Rochers affleurants, vagues à sec, dalles impossibles… plus c’est bizarre, plus le surfeur d’Oahu sourit. Mais cette fois-ci, au Brésil, avec son ami de toujours Sheldon Paishon, l’expérience a pris une tournure particulièrement électrique.
Plus de requins que de vagues ?
Extrait des archives du film Through the Doggy Door, ce clip nous plonge dans une session de « party wave » sur un backwash absolument monstrueux. Si la plupart des surfeurs verraient là un mur d’eau impraticable, Mason et Sheldon y voient une rampe de lancement.
Pourtant, le danger ne venait pas seulement de la collision entre la houle, le backwash ou le rivage. Mason l’avoue lui-même :
« C’est l’endroit où nous avons vu le plus de requins de toute notre vie de surfeurs ! Il ne fallait surtout pas tomber juste à côté de l’un d’eux. »
La vague de Bells Beach a offert un spectacle en demi-teinte encore ce dimanche de Pâques, mais l’intensité était bien réelle. Dans une houle de 1m20 en perte de vitesse, la hiérarchie mondiale a bien failli vaciller lors de ce troisième jour de compétition.
Colapinto revient de l’enfer face à Dane Henry
C’est le duel qui a électrisé la matinée. Le prodige de 19 ans et wildcard, Dane Henry, a bien cru faire chuter le numéro 2 mondial, Griffin Colapinto. Avec un air reverse massif noté 8.00 et un back-up solide à 7.00, le champion du monde Junior menait la danse. Dos au mur, l’Américain a dû puiser dans son expérience pour répliquer avec un total de 15.26 points.
« J’avais les jambes lourdes au début, les nerfs de la première série de l’année. Le 8 de Dane m’a mis un coup de fouet, c’était tout ou rien », a confié Colapinto, soulagé d’éviter l’élimination précoce.
Jordy Smith et Alejo Muniz : Les vieux briscards tiennent bon
Dans le duel 100% sud-africain, Jordy Smith a rappelé à son jeune protégé Luke Thompson que Bells appartient à ceux qui savent lire les vagues. Après un début poussif, Smith a dégoté une bombe au large, claquant un 8.00 pour s’imposer avec autorité.
L’émotion était également palpable pour Alejo Muniz. Le Brésilien, qui effectue sa dernière saison sur le Tour, a éliminé le tenant du titre 2024, Cole Houshmand. En larmes sur les marches avant sa série, le vétéran de 36 ans s’offre un tour supplémentaire dans la mythique cloche.
La suite du programme : La compétition a été stoppée après seulement 7 séries. Le prochain call est prévu demain à 7h15 (heure locale) pour une reprise probable sur le spot de Winkipop. Les Français Marco Mignot et Kauli Vaast entreront toujours en lice pour le Round 2.
Le monde du surf vient de perdre l’un de ses shapers les plus influents. Don Hansen, le fondateur de l’emblématique marque Hansen Surfboards, s’est éteint paisiblement à l’âge de 88 ans. Plus qu’un simple fabricant de planches, c’est une figure paternelle de l’industrie et un visionnaire de la « Golden Era » qui tire sa révérence, laissant derrière lui un héritage qui continue de glisser sur toutes les vagues du globe.
Rien ne prédestinait ce gamin né en 1937 dans les plaines glacées du South Dakota à devenir une icône de la culture surf. Avant de dompter les vagues, Don Hansen traquait le vison dans le Midwest, gagnant parfois jusqu’à 600 dollars par semaine — une petite fortune pour l’époque. Mais l’appel de l’océan, transmis par des camarades d’université revenus bronzés de Californie, a été plus fort.
À 18 ans, Don plaque tout. Il traverse les États-Unis en stop avec une seule idée en tête : voir le Pacifique. Ce n’était pas seulement une envie de vacances, c’était le début d’une quête qui allait transformer le surf moderne.
L’apprentissage auprès des maîtres : l’école de la rigueur
Don Hansen n’est pas devenu une légende par accident. Il a appris le métier auprès des plus grands. Après un passage dans l’armée, il s’installe à Santa Cruz et devient l’apprenti d’un certain Jack O’Neill. C’est là, dans la brume du nord de la Californie, qu’il affûte son rabot.
Son talent pour le shape devient rapidement une évidence. Il collabore avec d’autres noms qui font aujourd’hui figure de divinités dans le milieu : Hobie Alter et Hap Jacobs. En travaillant pour ces pionniers, Don Hansen a compris une chose essentielle : une planche de surf n’est pas qu’un simple morceau de mousse et de résine, c’est un accessoire indispensable pour les surfeurs.
L’aventure hawaïenne et la naissance d’un empire
En 1961, Don Hansen réalise son pèlerinage ultime : la North Shore d’Oahu. C’est là, dans une petite cabane au bout d’un chemin de terre, qu’il fonde officiellement Hansen Surfboards. Hawaï n’est pas seulement son atelier, c’est aussi son terrain de jeu.
Don n’était pas qu’un artisan talentueux, c’était un surfeur de classe mondiale. Il prouve sa légitimité en remportant les Tandem National Surfing Championships et en décrochant la deuxième place aux championnats du monde de Makaha. En 1962, il consacre son statut de star en faisant la couverture de Surfer Magazine. À cette époque, si vous vouliez savoir ce qui se faisait de mieux en matière de planche de surf, il fallait regarder ce que Don Hansen shapait.
Les modèles cultes : Quand le shape devient art
De retour en Californie, à Cardiff-by-the-Sea, Hansen surfe sur l’explosion du marché dans les années 60. C’est durant cette période faste qu’il crée des modèles qui sont encore aujourd’hui des références absolues pour les puristes du log :
La 50-50 : Un modèle de polyvalence absolue.
La Competitor : Taillée pour la performance pure de l’époque.
La Superlight : Une révolution technique pour l’époque.
Ces planches ne sont pas de simples pièces de musée ; elles sont toujours en production, preuve de la pertinence intemporelle de ses designs. Don Hansen avait compris avant tout le monde l’importance du « signature model », sponsorisant des légendes comme Mike Doyle, Rusty Miller ou encore la pionnière Linda Benson.
Même le « King » Gerry Lopez a reconnu l’influence de Hansen. Avant de devenir Mr. Pipeline, Lopez surfait sur un modèle Hansen baptisé « Lightning Bolt » en 1969, un précurseur direct de ce qui allait devenir la marque la plus cool des années 70.
Un héritage familial au cœur d’Encinitas
Dans les années 70, alors que l’industrie du surf commençait à se structurer, Don a ouvert son shop à Encinitas, sur la mythique Highway 101. Aujourd’hui, Hansen Surfboards reste le plus grand surf shop du comté de San Diego.
Mais la véritable réussite de Don, au-delà des chiffres, réside dans le caractère familial de son entreprise. À une époque où les grands groupes rachètent tout, les Hansen sont restés aux commandes. Don était un homme de clan, un mentor pour ses employés et une figure respectée de sa communauté. Son intronisation au Surfing Walk of Fame en 2023 n’était que la juste reconnaissance d’une vie entière dédiée à la culture du surf.
Ride in Peace, Don
Huit décennies et demie d’une vie bien remplie, à tracer des courbes sur l’eau et dans la mousse. Don Hansen n’a pas seulement fabriqué des planches, il a fabriqué des souvenirs pour des milliers de surfeurs. Comme le soulignait Joel Tudor lors de l’annonce de son décès : « Quel chemin tu as tracé pour notre tribu ! Tu l’as fait à ta façon, selon tes propres termes. »
Don Hansen laisse derrière lui sa femme Shirley, ses enfants Christian, Heidi et Josh, et ses petits-enfants. Mais il laisse aussi une trace indélébile sur chaque vague surfée sur une planche « Hansen ».
À 88 ans, on peut dire que la session fut longue, belle et parfaitement scorée. Bon voyage, Don. On se voit au pic, là-haut.
C’était un 14 janvier. Un froid polaire, -5°C au thermomètre, et cette brume épaisse qui enveloppe la côte landaise, transformant l’Océan en un terrain de jeu fantomatique. Pour Vincent Duvignac, l’un des meilleurs tube-riders français, les conditions étaient « impeccables » sur le papier. Un banc de sable qu’il connaît par cœur, des droites tubulaires de 1,20 m à 1,50 m. Rien d’insurmontable pour un surfeur de sa trempe. Et pourtant, en une fraction de seconde, le destin a failli lui arracher bien plus que sa passion pour le surf.
L’impact du choc dans le tube
Dans la vidéo « OUT OF LINE »réalisée par Pierre Frechou et produite par Oxbow, Vincent revient sur cet instant précis où tout bascule. Une vague plus puissante, une onde qui rattrape la précédente. Vincent tente un airdrop engagé, mais son pied glisse. Il se retrouve le genou sur la planche, incapable d’accélérer. Il subit. L’impact est d’une violence inouïe. « C’est une implosion dans le tube », décrit-il. Sa tête percute le sable, dur comme du béton à cause de la faible profondeur.
Sur le moment, la douleur est insoutenable, une résonance macabre dans la boîte crânienne. Accompagné par son ami Pierre, il sort de l’eau, figé, conscient que quelque chose de grave vient de se produire. Le diagnostic tombe aux urgences : fractures instables sur les vertèbres C2 et C3. À quelques millimètres près, la moelle épinière était sectionnée. Le verdict est glaçant : Vincent a frôlé la tétraplégie, voire la mort.
La prison de résine : trois mois dans l’ombre
Pour cet amoureux du mouvement, l’immobilisation est une torture. Équipé d’un corset sur-mesure lui enserrant le buste et la tête, Vincent devient une ombre. Plus de surf, plus de conduite, et surtout, l’impossibilité de serrer ses enfants et sa compagne dans ses bras. « Je me sentais hyper vulnérable », confie-t-il, évoquant les escarres causés par le plastique et les nausées dues aux médicaments.
Pendant trois mois, la question n’est plus de savoir s’il va un jour ressurfer, mais s’il pourra simplement retrouver une vie normale. Le combat est autant mental que physique. Entre les larmes et les doutes, le Landais s’accroche à une rééducation millimétrée, guidé par une équipe médicale qui veille sur chaque millimètre de rotation de son cou.
La renaissance : de « Robocop » à La Nord
C’est en avril 2025 que le miracle se produit. Sans corset, Vincent retrouve enfin l’eau. Mais la reprise est loin d’être idyllique. Ramer est une douleur, lever la tête pour regarder l’horizon est un défi physique. Pourtant, la flamme est toujours là. Le processus est lent, frustrant, mais nécessaire pour « soigner sa santé mentale ».
Le point d’orgue de cette reconstruction arrive dix mois après l’accident. Vincent se présente au pic de La Nord, à Hossegor, pour une session test dans du solide. La peur au ventre, un casque sur la tête pour protéger ce cou si fragile, il affronte ses démons. Après deux heures d’appréhension, le déclic : une bombe dénichée au large, un ride qui efface des mois de souffrance. « Ça a débloqué des choses », lâche-t-il à sa sortie de l’eau, les yeux brillants.
Un nouveau regard sur l’Océan
Aujourd’hui, Vincent Duvignac ne surfe plus tout à fait de la même manière. S’il a retrouvé son style fluide et son engagement, il porte désormais un casque et une humilité nouvelle face aux éléments. Son histoire, racontée avec une pudeur touchante dans « OUT OF LINE », nous rappelle que derrière l’esthétique des vidéos de surf se cache une réalité parfois brutale. Le « chercheur de vagues » est revenu de l’enfer, et chaque nouveau tube est désormais savouré comme un cadeau de la vie.
À quelques jours du coup d’envoi du World Championship Tour (WCT) le 1er avril à Bells Beach, Marco Mignot, le « Rookie of the Year » 2025, vient de boucler une préparation hors norme. Pour échapper aux tempêtes portugaises et françaises, il a choisi les droites parfaites du Maroc. Mais ne vous fiez pas à son sourire permanent : derrière la décontraction, se cache un athlète qui a « signé un contrat avec lui-même ».
« Je ne suis pas là juste pour faire partie du tour »
L’ambition de Marco est limpide. Dans son dernier documentaire, il l’affirme sans détour : « Maintenant que je suis dans le CT, j’ai pas juste envie d’être là. Je veux être le meilleur surfeur du monde. » Pour transformer ce rêve en réalité, il s’est entouré d’une équipe soudée, dont son coach Jason, avec qui il partage une connexion quasi fraternelle. « Quand je perds, il perd aussi. Quand je gagne, il gagne », confie-t-il. Au Maroc, chaque session a été filmée, disséquée et répétée jusqu’à l’automatisme pour que, sous la pression de Bells Beach, son surf devienne une seconde nature.
La « zone d’inconfort » comme moteur de progression
Le quotidien de Marco au Maroc n’avait rien d’un séjour touristique. Entre deux tajines partagés avec les locaux, l’entraînement suivait un rythme militaire : bains d’eau glacée au réveil pour « réveiller le corps », musculation spécifique et heures interminables à l’eau.
Ce qui impressionne chez lui, c’est cette maturité dans l’effort. Marco cherche activement la difficulté : « Je cherche cet endroit où c’est dur, ma zone d’inconfort. C’est là que je me retrouve face à la réalité. » Pour lui, la discipline n’est pas une option, c’est une règle de vie : « Même si je suis fatigué, j’y vais quand même. J’ai signé un contrat avec moi-même, il n’y a pas d’excuses. »
Cap sur Bells Beach et le titre mondial
Le travail physique, axé sur l’ancrage et la puissance, vise à rendre son surf plus « mature » et solide sur les rails, une nécessité pour affronter les murs d’eau australiens. Marco Mignot ne se contente pas de viser un top 5 ou un top 10. « On joue au jeu pour gagner », lance-t-il avec cette détermination qui nous fascine.
Bonne chance Marco, il nous tarde de te voir casser les droites de Bells Beach.
Dans le monde du surf professionnel, on parle souvent de vagues massives, de tubes profonds et de scores serrés. On parle plus rarement de la menace silencieuse qui rampe sur la surface des récifs. Pour la Portugaise Teresa Bonvalot, ex-membre de l’élite mondiale (CT) et figure olympique, ce qui semblait être un incident de routine s’est transformé en un véritable film d’horreur médical.
Une chute banale au Salvador, un enfer de six mois
Tout commence lors des World Surfing Games au Salvador. Une chute, un contact avec les rochers, et Teresa ressort avec des épines d’oursins dans le pied. Dans le milieu, c’est le lot quotidien. On retire les épines, on désinfecte, et on retourne à l’eau. Sauf que pour la championne, la douleur ne s’est jamais dissipée. Au contraire, elle est devenue latente et permanente.
« Les six derniers mois ont été un enfer », a confié la surfeuse sur ses réseaux sociaux. Malgré deux interventions initiales infructueuses, la douleur a atteint son paroxysme lors de la saison à Hawaii. Incapable de marcher normalement ou de solliciter son appui, Teresa a dû composer avec un corps qui la trahissait à chaque manœuvre.
« On a dû gratter l’os » : une opération de la dernière chance
Le diagnostic tombe: les épines ont migré. Elles ne sont plus seulement sous la peau, mais ont pénétré les articulations et touchent désormais l’os. Malgré cela, Teresa refuse d’abandonner la course à la qualification pour le CT. Elle a terminé sa saison sur les Challenger Series avec seulement 20 % de ses capacités physiques, portées par une force mentale hors norme. Malheureusement pour elle, elle a fini au rang 12 et ne sera pas qualifiée pour le WCT.
Une fois la saison terminée, l’urgence chirurgicale est devenue inévitable. L’opération a duré plus de quatre heures et demie. Un travail d’orfèvre où les chirurgiens ont dû ouvrir pour accéder à l’articulation, la nettoyer en profondeur et littéralement gratter l’os pour retirer les derniers débris calcaires qui provoquaient l’infection. (et oui les épines d’oursins se transforme en calcaire qu’on peut voir lors d’une radio).
La résilience d’une championne
Désormais en phase de convalescence, Teresa Bonvalot tourne la page de ce chapitre douloureux. Son histoire rappelle cruellement que derrière le glamour des compétitions se cachent des sacrifices physiques que le public ignore souvent. Pour la Portugaise, une nouvelle étape commence : la rééducation, avec l’espoir de retrouver enfin un surf libéré de toute douleur.
C’est une onde de choc qui traverse aujourd’hui l’ensemble de la communauté glisse. Samedi soir, les routes de Papeete ont été le théâtre d’un drame absolu. Tom Kostyra, figure rayonnante et talentueuse du surf tricolore, a perdu la vie dans un tragique accident de la circulation. Il venait tout juste de fêter ses 23 ans. L’annonce de sa disparition brutale a plongé ses proches, ainsi que l’intégralité des instances sportives et des passionnés, dans une profonde sidération.
L’appel du Fenua : des débuts prometteurs en Polynésie
Originaire de Polynésie française, le jeune homme avait tissé dès son plus jeune âge un lien fusionnel avec l’océan. C’est sur les vagues exigeantes et cristallines de Tahiti qu’il a fait ses premières armes, aiguisant son sens marin sous l’œil bienveillant de Julien Miremont. L’ancien bodyboarder professionnel, reconverti dans le coaching de haut niveau, avait très vite décelé le potentiel brut de ce gamin passionné par les éléments.
Pourtant, le destin de Tom l’a d’abord éloigné des line-ups. À quatorze ans, un déménagement familial l’envoie du côté de Strasbourg pour son entrée en classe de 3e. Loin des déferlantes du Pacifique et de la douceur de vivre polynésienne, il met temporairement sa planche au placard pour se consacrer à son cursus scolaire alsacien.
La Bretagne et l’ascension vers le haut niveau
Mais on ne tourne pas le dos à l’appel de la houle aussi facilement. L’eau salée coulant dans ses veines, le jeune athlète décide de reprendre sa passion à bras-le-corps. Soutenu par un entourage familial compréhensif, il prouve sa détermination en réussissant brillamment les sélections régionales.
Ce retour en grâce l’amène à quitter le cocon familial dès la classe de Seconde pour intégrer le Centre Labellisé d’Entraînement (CLE) en Bretagne. À force de persévérance dans les eaux froides de l’Atlantique, il gravit les échelons jusqu’à rejoindre le prestigieux Pôle Espoirs Surf de la Ligue de Bretagne lors de son année de Terminale. Une sacrée revanche pour celui qui avait dû s’éloigner des vagues quelques années plus tôt.
Un compétiteur respecté aux quatre coins de l’Hexagone
Son parcours sportif témoigne de son ouverture d’esprit et de son amour pour les différents spots français. Tom Kostyra a en effet porté fièrement les lycras de structures emblématiques du littoral. Qu’il s’agisse de l’ESB Surf Club dans le Finistère, du Lacanau Surf Club en Gironde, ou des mythiques Hossegor Surf Club et Santocha Surf Club dans les Landes, il a laissé partout une empreinte indélébile.
Compétiteur acharné mais réputé pour son grand fair-play, il a écumé les épreuves régionales, s’est illustré sur les championnats nationaux et a même goûté à la rigueur du circuit Qualifying Series (QS) de la World Surf League, se frottant ainsi au surf international.
« Son talent, son engagement et surtout sa gentillesse et sa bonne humeur resteront durablement ancrés dans les mémoires. »
Un retour aux sources tahitiennes
Malgré ses nombreuses attaches métropolitaines, le cœur de Tom battait au rythme de la Polynésie. Il y a deux ans, il avait fait le choix fort de retourner vivre sur ses terres d’enfance. Ce retour aux sources n’était pas qu’une simple quête personnelle ; c’était l’aboutissement d’un véritable projet de vie. Devenu moniteur de surf à Tahiti, il transmettait quotidiennement sa passion et son expertise aux nouvelles générations. Ceux qui l’ont côtoyé décrivent un garçon souriant, d’une gentillesse rare, dont l’engagement total envers la culture surf forçait l’admiration.
Aujourd’hui, l’ensemble du milieu de la glisse pleure la perte d’un de ses enfants. Toute l’équipe d’Icones surf s’associe à la douleur de sa famille, de ses amis et de tous ceux qui ont eu le privilège de partager une session à ses côtés.
Petit préambule, cet article s’appuie essentiellement sur les proposde Joel Tudor, que je n’apprécie pas d’ailleurs. On a donc décidé de créer une nouvelle catégorie d’article « Putaclic », et je pense que tout le monde ac compris de quoi il s’agit.
La légende du longboard, Joel Tudor, n’est pas connue pour sa langue de bois. Mais sa dernière intervention dans le podcast Pinch My Salt de Sterling Spencer a franchi un nouveau palier dans la provocation. En s’attaquant directement à Dirk Ziff, le propriétaire milliardaire de la World Surf League (WSL), Tudor a ressorti des dossiers que l’organisation préférerait sans doute laisser au placard : les connexions passées avec le tristement célèbre producteur hollywoodien Harvey Weinstein.
« Le bras droit de Weinstein » : Les accusations de Tudor
Au micro de Sterling Spencer, Tudor n’a pas mâché ses mots, rebaptisant l’organisation la « Harvey Weinstein Surf League ». Selon le triple champion du monde, Dirk Ziff n’était pas qu’un simple investisseur, mais le « bras droit » de Weinstein à l’époque de la splendeur du producteur déchu.
« Le gars qui possède la WSL était le bras droit de Harvey Weinstein », a lâché Tudor, provoquant la stupéfaction de ses hôtes.
Tudor a notamment évoqué un dîner organisé à Hollywood, photos à l’appui dans l’émission, où plusieurs stars du surf mondial côtoyaient les pontes de la Weinstein Company. Pour le surfeur californien, ce passé sulfureux explique pourquoi, selon lui, la WSL est devenue « insipide et ringarde ». Honnêtement, je ne vois pas le rapport.
Ce que disent les faits : Dirk Ziff et la Weinstein Company
Si les propos de Tudor sont incendiaires, ils s’appuient sur des faits documentés, bien que la réalité soit plus nuancée. Dirk Ziff a effectivement siégé au conseil d’administration de la Weinstein Company. Cependant, l’histoire officielle rapporte qu’il a démissionné rapidement après la révélation des crimes sexuels du producteur, affirmant ignorer les agissements de ce dernier.
Néanmoins, pour Joel Tudor, ces explications ne suffisent pas. Il insiste sur le fait que l’influence et les réseaux de cette époque imprègnent toujours la structure actuelle du surf professionnel.
Une accumulation de polémiques pour la WSL
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte déjà tendu pour la WSL. L’article mentionne également les liens d’amitié entre Ziff et Casey Wasserman, un nom apparu dans les dossiers Epstein et actuel leader de l’organisation des JO de Los Angeles 2028.
Pour Tudor, cette proximité avec les cercles de pouvoir les plus controversés de l’élite américaine dénature l’essence même du surf. Alors que la WSL tente de moderniser son image et de séduire un public plus large, ce genre de rappel historique par l’une des figures les plus respectées de la communauté risque de laisser des traces.
La World Surf League (WSL) vient d’officialiser les contours de la saison du Championship Tour (CT) 2026, qui marquera le 50ème anniversaire du circuit mondial. Si le coup d’envoi est imminent à Bells Beach le 1er avril, deux informations majeures sont à retenir : une équipe de France bien fournie et la création d’une Wildcard Maternité spécifique, une véritable première dans l’histoire de la WSL.
Équipe de France : Quatre Bleus à l’assaut du Pacifique
C’est une nouvelle qui va réjouir les fans français : la saison 2026 verra un contingent tricolore conséquent sur le tour élite. Quatre surfeurs français porteront haut les couleurs nationales.
Chez les femmes, la Réunionnaise Vahine Fierro, qui a brillamment conservé sa place dans le Top 14 du CT 2025, sera rejointe par la jeune prodige Tya Zebrowski. Tya, qui a explosé sur le Challenger Series (CS) 2025/2026, intègre le CT par la grande porte en remportant le circuit Challenger Series.
Du côté des hommes, la dynamique est tout aussi excitante. Le Tahitien Kauli Vaast, vice-champion olympique à Teahupo’o, a validé son ticket pour le CT grâce à une performance solide sur le Challenger Series, il gagne également le circuit. Il sera accompagné de Marco Mignot, qui a lui aussi sécurisé sa place dans l’élite en terminant dans le Top 22 du CT 2025. C’est une génération dorée qui arrive sur le tour, prête à bousculer la hiérarchie mondiale. Voir évoluer ces quatre athlètes ensemble promet une saison inoubliable pour le surf français.
Révolution WSL : La Maternity Wildcard change la donne pour les surfeuses
L’autre annonce fracassante de ce communiqué concerne Johanne Defay et Tatiana Weston-Webb. Les deux surfeuses, piliers du tour mondial, ont annoncé prendre une pause en 2026 après naissance en 2025. Et c’est ici que la WSL frappe un grand coup en créant une Maternity Wildcard dédiée pour la saison 2027.
Si la WSL octroyait déjà des « Medical Wildcards » pour les athlètes enceintes (considérant la grossesse comme une indisponibilité médicale, une classification biologiquement discutable), la création d’un statut spécifique est une avancée sociétale majeure. Par le passé, des pionnières comme Lisa Andersen ont dû jongler avec la maternité et le haut niveau sans filet de sécurité.
« C’est un tel honneur d’obtenir la toute première Maternity Wildcard », a déclaré Johanne Defay. « Je voulais vraiment garder ma place sur le tour car j’adore mon style de vie d’athlète professionnelle et de surfeuse… Pouvoir partager cela avec ma fille est un cadeau tellement incroyable. » De son côté, Tatiana Weston-Webb a exprimé sa gratitude : « Je me sens tellement privilégiée… C’est magnifique de faire partie de l’évolution et de l’encouragement de la maternité dans le sport, en particulier le surf ! ».
Cette wildcard maternité spécifique pour Johanne Defay et Tatiana Weston-Webb en 2027 montre que la WSL, pour son 50ème anniversaire, choisit de protéger la carrière de ses athlètes féminines, reconnaissant que donner la vie n’est pas une blessure, mais une étape de vie à respecter et à accompagner vers un retour au plus haut niveau.
La saison 2026 s’annonce donc aussi historique que prometteuse, que ce soit par la performance des surfeurs français ou par l’évolution humaniste du règlement de la WSL.
Il y a des noms qui, à eux seuls, font résonner le bruit sourd d’un rail s’enfonçant dans l’eau de J-Bay ou de Bells Beach. Matt Hoy est de ceux-là. Dans les années 90, l’Australien aux cheveux blonds et au style « rock ‘n’ roll » n’était pas seulement un compétiteur de haut niveau ; il était l’incarnation d’une ère où le surf se vivait autant dans le tube qu’au comptoir, une époque où la puissance brute n’avait pas encore été éclipsée par la voltige aérienne.
Aujourd’hui âgé de 54 ans, Hoy se tient sur la terrasse d’une cabane de plage, construite par son grand-père il y a sept décennies à Newcastle. Le contraste est saisissant. L’ancien numéro 4 mondial, qui a brassé des millions et parcouru le globe en première classe, est désormais divorcé, au chômage et se remet d’une opération chirurgicale qui a failli lui coûter la vie. Mais, comme il le dit lui-même avec une bière VB à la main : « Il n’y a rien de mieux au monde que de prendre un barrel et de caler quelques virages. »
Les années d’or : L’apogée du Power Surfing
Pour comprendre la « chute » — si tant est qu’on puisse appeler ainsi un retour à la réalité ouvrière — il faut d’abord se rappeler l’ascension. Matt Hoy était le fer de lance de la « Newcastle Mafia ». Son surf était agressif : des turns frontside d’une violence rare, une lecture de vague intuitive et un charisme qui crevait l’écran dans les vidéos de l’époque, notamment les productions Quiksilver comme Surfers of Fortune.
Le sommet de sa carrière reste sans conteste sa victoire au Rip Curl Pro Bells Beach en 1997. Faire sonner la cloche la plus prestigieuse du circuit mondial est le rêve de tout Australien, et Hoy l’a fait avec la manière, s’imposant comme le 5e (puis 4e) meilleur surfeur de la planète. À cette époque, il était le chouchou des sponsors. Quiksilver, alors au sommet de sa puissance financière, lui offrait un contrat de rêve et un titre officieux qui lui collera à la peau : « Director of Nocturnal Activities » (Directeur des activités nocturnes). Sa mission ? Voyager, surfer, et faire la fête. Un emploi du temps qu’il a honoré avec une rigueur quasi professionnelle pendant 26 ans.
Le réveil brutal : Divorce, béton et fin de l’eldorado
Mais le monde du surf a changé. Les grandes marques se sont financiarisées, sont devenues « corporate », et les icônes de la vieille garde ont été les premières sacrifiées sur l’autel de la rentabilité. Pour Matt Hoy, la transition a été violente. Après avoir quitté le circuit en 2001, il a bénéficié d’une rente d’ambassadeur pendant une décennie, avant que le rideau ne tombe définitivement.
C’est ici que l’histoire prend un tournant radicalement humain. Divorcé, Hoy a vu 60 % de son patrimoine s’évaporer. Le surfeur rockstar a dû troquer sa planche pour une truelle. Il est devenu concreter (maçon spécialisé dans le béton).
« La vie de bétonneur, c’était brutal, » confie-t-il. « Un vrai rappel à la réalité. Tu ne peux plus dépenser comme quand tu étais sur le tour. Commencer à 4 heures du matin, cinq jours par semaine… Ces gars méritent chaque centime qu’ils gagnent. »
Après le béton, il y a eu la tentative entrepreneuriale avec Steel City, une marque de bière lancée avec des amis à Newcastle. Une aventure passionnée qui s’est terminée faute d’investisseurs, mais sans amertume. Pour Hoy, l’essentiel était ailleurs : dans l’interaction sociale, dans cette nécessité pour les hommes de se retrouver autour d’un verre pour parler, pour ne pas sombrer dans l’isolement que dictent parfois la vie de famille et le travail.
Le combat pour la survie : 4 mois à l’hôpital
Si les problèmes financiers sont une chose, la santé en est une autre. Ces dernières années, Matt Hoy a traversé un calvaire médical suite à des complications liées à sa vésicule biliaire. Ce qui aurait dû être une opération de routine s’est transformé en un séjour de quatre mois à l’hôpital de Newcastle. « J’étais maigre, j’avais la peau grise, et un sac pendu à mon corps pour drainer les fluides, » raconte-t-il. Cette épreuve l’a physiquement transformé, le laissant affaibli mais avec une perspective nouvelle sur la fragilité de l’existence. On est loin de l’image invincible du surfeur défiant les vagues de Pipeline ou de Sunset. C’est le portrait d’un homme qui a regardé le vide en face et qui a décidé de continuer à ramer.
L’essence retrouvée : Surfer pour la vitesse
Aujourd’hui, Matt Hoy ne cherche plus à prouver quoi que ce soit. Il ne cherche plus à envoyer des manœuvres explosives pour les photographes. Il surfe pour lui, sur les vagues sauvages de la côte Est australienne, souvent seul, au milieu des grands requins blancs qui croisent régulièrement devant chez lui.
Sa panoplie a changé. Il ride désormais les planches héritées de son père, Brian Hoy, un shaper réputé. Ce sont des 6’6 » généreuses en volume (40 litres), avec des channel bottoms conçus pour une seule chose : la vitesse.
« Je n’ai plus besoin de tourner. Quelqu’un m’a dit l’autre jour : ‘Je veux te voir faire un turn’, et j’ai répondu : ‘J’en ai fait assez, maintenant je veux juste aller vite’. »
Cette philosophie de la vitesse pure est une métaphore de sa vie actuelle. À 54 ans, sans emploi fixe et en quête de nouvelles opportunités, il refuse de sombrer dans l’amertume. Il voit ses enfants réussir — son fils Tex brille en rugby à XIII en Angleterre — et il continue de croire que le surf est le meilleur remède aux maux de l’âme.
Pourquoi Matt Hoy reste-t-il une icône ?
L’histoire de Matt Hoy nous touche parce qu’elle est dénuée de tout filtre Instagram. C’est l’histoire d’une icône qui a connu le sommet absolu et qui, aujourd’hui, galère pour remplir son frigo, mais qui garde cette dignité typiquement australienne. Il n’en veut pas aux marques qui l’ont lâché, il ne regrette pas ses excès. Il accepte la douleur physique — ces épaules et ce cou qui hurlent après une session — car il sait que s’arrêter, c’est mourir un peu.
Hoy nous rappelle que le surf n’est pas qu’une carrière. Que l’on soit en haut de l’affiche ou en train de livrer des meubles pour boucler ses fins de mois, la sensation de glisse sur une planche façonnée par son père reste la seule vérité immuable.
Dans un sport qui cherche désespérément à se lisser et à devenir olympique, des personnages comme Matt Hoy sont les gardiens du temple. Des hommes imparfaits, résilients, et terriblement authentiques.
Sortez les planches, mais rangez les couronnes de fleurs. Hier, le monde du surf sortait les mouchoirs pour pleurer la disparition de Reno Abellira, 76 ans, légende absolue du style et génie du rabot. On l’imaginait déjà en train de shaper des Twin Fins avec Dick Brewer sur une onde éternelle. Erreur de timing : l’icône hawaiienne n’a pas rejoint le « Line-up » céleste. Il est simplement… au frais, dans une prison d’Oahu.
L’art de disparaître (et de réapparaître au mauvais endroit)
C’est le genre de « fake news » qui vous fait passer du statut de biographe tragique à celui de gaffeur du dimanche. La rumeur a enflammé les réseaux sociaux plus vite qu’un incendie sur le North Shore. Tout le monde y est allé de son hommage vibrant, de Kelly Slater aux vieux loups de mer de Haleiwa. Il faut dire que le CV récent de Reno prêtait à confusion : entre une agression sauvage en 2021 et une vie de marginal dans les campements de fortune d’Alii Beach, les nouvelles étaient sombres.
Mais Reno, fidèle à sa réputation d’insaisissable, a choisi une sortie de scène plus… administrative. Ce n’est pas la faucheuse qui a frappé à sa porte, mais plutôt les services correctionnels de l’archipel.
Un « Bad Boy » fidèle à sa légende
Pour ceux qui découvrent le personnage, Abellira n’a jamais été un enfant de chœur. Si sa victoire au Smirnoff Pro 1974 et son influence sur le matériel de Mark Richards sont gravées dans l’histoire, ses démêlés judiciaires le sont tout autant. On se souvient de sa cavale mythique en 1992 après une affaire de stupéfiants qui l’avait envoyé dans le décor.
Voir Reno passer du statut de « disparu » à celui de « détenu » est presque un soulagement ironique pour la communauté. Certes, la prison à 76 ans n’est pas le « sunset » dont on rêve, mais c’est une preuve de vie que personne n’avait vue venir. Son cousin a d’ailleurs confirmé avoir vu l’icône en chair et en os lors d’une visite avec son avocat.
Leçons d’une fausse news
Que retenir de cet imbroglio ? D’abord, que Reno Abellira est décidément plus dur à cuire qu’une vieille planche en résine teintée. Ensuite, que la « surf sphère » s’emballe parfois plus vite qu’un drop à Waimea. « Surfer » « The Inertia » « Beach Grit » « Yahoo news »…. Tout le monde s’est engouffré dans la news, dont nous, même si il faut l’avouer, il était difficile pour nous de vérifier l’info. On avait attendu que cela paraisse dans « Surfer » pour considérer cela comme une info viable.
On lui souhaite désormais de retrouver la liberté (et ses rabots) plutôt que de continuer à jouer les fantômes dans le système pénitentiaire hawaiien. Aloha Reno, et désolé pour les fleurs, on les garde pour la prochaine fois !
L’attente est terminée. Ce n’est plus une probabilité statistique ou une projection de calculatrice : Kauli Vaast est officiellement un surfeur du Championship Tour (CT). Le Tahitien, qui a fait vibrer la France entière lors des Jeux Olympiques, vient de valider son ticket pour rejoindre l’élite mondiale du surf en 2027.
Le sport réserve parfois des moments suspendus. Alors que Kauli s’apprêtait à entrer dans l’eau pour sa série lors de cette ultime étape des Challenger Series, son destin était déjà scellé. Sans même le savoir, alors qu’il ramait vers le large pour rejoindre le pic, les pièces du puzzle se sont assemblées sur la terre ferme.
Le calcul a été facilité par une hécatombe chez ses concurrents directs. Quatre prétendants sérieux au Top 10 ont vu leurs espoirs s’envoler prématurément : Samuel Pupo, Liam O’Brien, Xavier Huxtable et Jordan Lawler. Ces éliminations en cascade ont mathématiquement verrouillé la place de Kauli dans le cercle très fermé des dix qualifiés, avant même qu’il ne donne son premier coup de rame en compétition.
Une série pour la forme et le panache
Libéré de toute pression (bien qu’il l’ignorait encore), Kauli a assuré l’essentiel dans l’eau. Dans une série disputée, il termine à la deuxième place, juste derrière la wildcard locale et révélation du jour, Ocean Lancaster. Une performance solide qui confirme son statut, même si une défaite n’aurait rien changé à l’issue finale : ldeux surfeurs françaisseront bien sur le World Tour la saison prochaine.
Quel avenir pour Jorgann Couzinet ?
Si la fête est totale pour le clan Vaast, les regards se tournent désormais vers l’autre Français en lice, Jorgann Couzinet. Comme nous l’évoquions récemment, sa situation reste tendue. Avec la qualification de Kauli actée, Jorgann sait désormais qu’il n’y a plus de place pour les calculs d’apothicaire. Pour rejoindre son compatriote, le Réunionnais doit impérativement viser le podium, voire la victoire, pour s’extirper des griffes d’un classement qui ne pardonne rien. Il a passé sa série cette nuit. Le chemin est encore long, mais tout est possible encore.