Catégorie : surfer

  • Disparition d’Arran Strong : tragédie en plein océan au large du Portugal

    Disparition d’Arran Strong : tragédie en plein océan au large du Portugal

    Il y a des moments où l’océan, que l’on aime tant, se transforme en un gouffre d’incompréhension. Hier, au large de la côte sud-ouest portugaise, le surfeur professionnel Arran Strong s’est volatilisé. Il avait 27 ans.

    Ce drame s’est noué lors d’un défi physique hors norme. Arran, un Britannique installé à Ericeira et très respecté pour son engagement sur les vagues les plus dangereuses d’Europe, accompagnait la légende locale José Maria Pyrrait (60 ans) pour une longue expédition en Stand-Up Paddle le long des côtes.

    L’instant glaçant où tout bascule

    Lundi matin, près d’Arrifana, les deux hommes font une pause banale au milieu des flots. Quelques gorgées d’eau, une photo, on discute. Puis, la routine reprend. Pyrrait, plus rapide à la rame, laisse Arran partir devant, comptant le rattraper dans la foulée. Mais quand le sexagénaire lève les yeux quelques instants plus tard, le sang se glace dans ses veines.

    « Quand je me suis arrêté pour l’attendre, j’ai vu sa planche dériver à une centaine de mètres », raconte Pyrrait, dévasté. « J’ai ramé aussi vite que possible, j’ai plongé d’innombrables fois pour le chercher, mais nous étions dans une zone très profonde et la visibilité était nulle. »

    « Il était comme un fils pour moi »

    Malgré le déploiement immédiat d’un dispositif massif – bateaux de pêcheurs locaux, police maritime, drones et même un avion de l’armée de l’air –, le jeune homme reste introuvable.

    Ce qui rend cette tragédie encore plus poignante, c’est le parcours d’Arran. Diagnostiqué à trois ans d’une maladie génétique rare augmentant les risques pulmonaires, il a toujours vécu avec l’urgence de l’instant présent, défiant les pronostics à chaque gros swell. Il a participé à de nombreuses compétitions européennes sur le circuit junior et open.

    Pour José Maria Pyrrait, la perte est insoutenable. « Il était comme un fils pour moi », a-t-il confié, rappelant qu’il l’entraînait depuis l’âge de ses 10 ans. Les recherches se poursuivent ce mardi, mais l’espoir de le retrouver en vie s’est tragiquement évaporé au large d’Arrifana.

  • Lexus US Open of Surfing 2026 : Désillusion française et vagues de surprises en Californie

    Lexus US Open of Surfing 2026 : Désillusion française et vagues de surprises en Californie

    Les vagues californiennes de Huntington Beach ont livré leur verdict pour les huitièmes de finale du Lexus US Open of Surfing 2026. Si le spectacle était au rendez-vous ce lundi avec des conditions solides et propres le matin (1 à 1,5 mètre), la journée a été marquée par une immense déception pour le clan français. Lors de cette première étape du Longboard Tour (LT) 2026/2027 de la WSL, Edouard Delpero et Alice Lemoigne, nos deux têtes d’affiche, ont vu leur parcours s’arrêter prématurément.

    Les espoirs tricolores douchés avant les quarts

    Les séries à élimination directe ont été fatales aux surfeurs français, piégés par des adversaires en état de grâce et des conditions tactiques compliquées par le changement de marée.

    Chez les hommes, Edouard Delpero affrontait la wildcard américaine Tommy Coleman. Ce dernier, qui avait judicieusement shapé une planche sur mesure dix jours plus tôt en prévision de cette houle spécifique, a parfaitement su imposer son rythme. Malgré une relance en fin de série, l’ultime effort du Français n’a pas suffi. Delpero s’incline d’un cheveu avec un score de 11.76 contre 12.33 pour l’Américain.

    Le scénario a été tout aussi cruel du côté du tableau féminin. Alice Lemoigne n’est jamais vraiment parvenue à trouver son rythme face à la redoutable Brésilienne Chloe Calmon. Enfermée dans une série pauvre en opportunités majeures pour elle, la Réunionnaise s’incline logiquement (6.90 contre 10.17). Ironie de la compétition, Calmon s’est ensuite fait surprendre au buzzer en quarts de finale par la Japonaise Hiroka Yoshikawa.

    Hécatombe chez les favoris masculins

    Si l’élimination de Delpero est un coup dur, il n’est pas le seul cador à avoir mordu la poussière californienne. La journée a été le théâtre de bouleversements majeurs :

    • Le roi Jensen tombe : Quadruple champion du monde et grand favori, l’Américain Taylor Jensen visait une cinquième finale consécutive à l’US Open. Il a été stoppé net par le champion régional d’Amérique du Nord, Jack Van Wagoner. Ce dernier a d’ailleurs scoré la première « excellente note » de l’événement (8.00) en combinant un passage technique sur le nose et un flow impeccable sous la priorité de Jensen.
    • Inoue crée la sensation : Le Japonais Taka Inoue a arraché son premier quart de finale en carrière en sortant le Philippin Rogelio JR Esquievel (l’un des prétendants au titre mondial) grâce à un 6.30 décroché dans les derniers instants.

    Le choc des reines d’Hawaï et l’éclosion de Diaz

    Le tableau féminin a offert un niveau stratosphérique, couronné par un quart de finale d’anthologie (disputé plus tôt suite aux huitièmes) entre deux légendes d’Oahu : Kelis Kaleopa’a (Waikīkī) et la triple championne du monde Honolua Blomfield (North Shore). Si Blomfield a longtemps mené les débats, Kaleopa’a a trouvé la vague parfaite l’après-midi pour décrocher un 8.83 magistral (meilleure note de l’événement) et filer en demies.

    À noter également la performance remarquable de la rookie costaricienne Lia Diaz. Pour sa première qualification sur le Tour, elle s’est payé le luxe d’éliminer la championne du monde en titre Rachael Tilly en huitièmes, avant de céder face à l’expérience de Sophia Culhane en quarts.

    Avalon Gall (USA), tenante du titre de l’épreuve, continue quant à elle d’impressionner et sera bien présente pour le Finals Day.

    Résultats complets de la journée

    Hommes – Huitièmes de finale (Round of 16)

    HeatVainqueurScoreÉliminéScore
    1Jack Van Wagoner (USA)14.83Taylor Jensen (USA)9.67
    2Chase Lieder (USA)14.67Oliver Packham (RSA)12.26
    3Declan Wyton (AUS)13.33Jack Tyro (NZL)8.50
    4Taka Inoue (JPN)12.80Rogelio Jr Esquievel (PHL)11.87
    5Tommy Coleman (USA)12.33Edouard Delpero (FRA)11.76
    6Kaniela Stewart (HAW)13.30Cole Robbins (USA)11.13
    7Jomarie Ebueza (PHL)10.93Max Weston (AUS)10.34
    8Kevin Skvarna (USA)11.34Tony Silvagni (USA)10.23

    Femmes – Huitièmes de finale (Round of 16)

    HeatVainqueurScoreÉliminéScore
    1Avalon Gall (USA)14.33Ginger Caimi (ITA)10.00
    2Tully White (AUS)8.94Mason Schremmer (USA)6.40
    3Honolua Blomfield (HAW)12.50Cash Hoover (USA)7.47
    4Kelis Kaleopaa (HAW)12.44Natsumi Taoka (JPN)8.47
    5Lia Diaz (CRC)10.43Rachael Tilly (USA)9.83
    6Sophia Culhane (HAW)11.00Natalia Wunderlich (HAW)9.17
    7Hiroka Yoshikawa (JPN)12.77Malia Ilagan (USA)10.50
    8Chloe Calmon (BRA)10.17Alice Lemoigne (FRA)6.90

    Femmes – Quarts de finale

    HeatVainqueurScoreÉliminéScore
    1Avalon Gall (USA)11.83Tully White (AUS)9.10
    2Kelis Kaleopaa (HAW)14.83Honolua Blomfield (HAW)12.54
    3Sophia Culhane (HAW)9.73Lia Diaz (CRC)3.00
    4Hiroka Yoshikawa (JPN)13.87

  • Lexus US Open of Surfing 2026 : Le récap de la première journée de longboard

    Lexus US Open of Surfing 2026 : Le récap de la première journée de longboard

    Si vous pensiez que le longboard manquait d’engagement, le coup d’envoi du Lexus US Open of Surfing 2026 à Huntington Beach va vous faire changer d’avis. Ce samedi, les vagues solides frôlaient les deux mètres. Le spectacle était total.

    Jensen intouchable, Tilly héroïque

    Je dois d’abord vous parler de Taylor Jensen. Le quadruple champion du monde a littéralement découpé le spot californien. Avec un score combiné de 14.66, il a prouvé qu’il venait avec la motivation de récupérer une cinquième couronne. Son aisance sur le nose, combinée à ses turns jusqu’à l’inside, fait toujours cas d’école. Côté Français, Edouard Delpero a également assuré l’essentiel avec un solide 13.26.

    Mais la vraie performance de la journée, celle qui force le respect, c’est Rachael Tilly. La Californienne a remporté sa série malgré une blessure qui aurait cloué 90% d’entre nous sur le sable : un ongle de gros orteil arraché juste avant la compétition. Un strap épais, une dose d’adrénaline, et elle file en 8es de finale, tout comme Honolua Blomfield.

    De l’autre côté du Pacifique, le clan japonais a scoré. Taka Inoue (13.57) et Natsumi Taoka (11.40) ont dominé leurs séries respectives avec une glisse d’une fluidité absolue.

    Seul bémol de la journée, Alice Lemoigne, wildcard de l’évènement, qui se retrouve au tour éliminatoire, après une deuxième place lors de ce premier tour.

    Tous les résultats du 1er tour (Round 1)

    Voici ce que vous devez retenir des tableaux de ce lancement de saison.

    Résultats Hommes

    • Heat 1 : T. Inoue (JPN) 13.57 bat J. Schweizer (URY) 10.74, M. Weston (AUS) 7.03
    • Heat 2 : D. Wyton (AUS) 12.37 bat K. McPhillips (USA) 11.57, T. Silvagni (USA) 6.77
    • Heat 3 : T. Jensen (USA) 14.66 bat T. Coleman (USA) 7.87, A. Dantas (POR) 7.10
    • Heat 4 : E. Delpero (FRA) 13.26 bat J. Ebueza (PHL) 11.30, G. Idone (USA) 7.23
    • Heat 5 : K. Skvarna (USA) 12.77 bat J. Van Wagoner (USA) 10.67, O. Packham (RSA) 9.47
    • Heat 6 : R. Jr Esquievel (PHL) 12.00 bat K. Sallas (HAW) 9.30, N. Brewer (AUS) 8.27
    • Heat 7 : J. Tyro (NZL) 9.57 bat J.M. Van Hohenstein (HAW) 8.83, K. Stewart (HAW) 6.70
    • Heat 8 : C. Lieder (USA) 12.57 bat B. Skinner (GBR) 10.20, C. Robbins (USA) 3.90

    Résultats Femmes

    • Heat 1 : H. Yoshikawa (JPN) 10.10 bat M. Ilagan (USA) 6.30, C. Gilmour (RSA) 5.87
    • Heat 2 : H. Blomfield (HAW) 10.73 bat C. Hoover (USA) 10.50, L. Stokes (CAN) 7.33
    • Heat 3 : A. Gall (USA) 10.33 bat G. Caimi (ITA) 9.34, S. Martinez (PUR) 5.60
    • Heat 4 : R. Tilly (USA) 10.60 bat S. Jarrard (ASM) 6.87, L. Steinriede (USA) 5.83
    • Heat 5 : C. Calmon (BRA) 10.00 bat A. Lemoigne (FRA) 8.93, B. Conroy (AUS) 3.37
    • Heat 6 : N. Taoka (JPN) 11.40 bat M.F. Reyes (PER) 10.57, K. Kaleopaa (HAW) 9.50
    • Heat 7 : T. White (AUS) 10.50 bat M. Schremmer (USA) 8.40, D. Novitasari (INA) 7.04
    • Heat 8 : N. Wunderlich (HAW) 7.83 bat S. Culhane (HAW) 7.76, L. Diaz (CRC) 4.97
  • Japon une destination méconnue des surfeurs

    Japon une destination méconnue des surfeurs

    Avez-vous déjà vu une vague tourner avec la perfection mécanique d’une piscine artificielle, dérouler sur un banc de sable translucide, sans la moindre personne à l’eau ? C’est exactement le spectacle irréel que vient d’offrir l’île de Niijima, un bloc volcanique situé à une centaine de kilomètres au sud de Tokyo.

    Le Super Typhon Bavi a envoyé une houle d’anthologie sur les côtes japonaises. Sur les images capturées datant de 2022, on observe une droite qui ressemble à un Hossegor sous stéroïdes. Une section de take-off vertigineuse, une vitesse folle down-the-line, et une lèvre épaisse qui jette lourdement sur le banc de sable — le genre d’impact qui mettrait à rude épreuve la stratification de n’importe quelle board. Et pourtant, le line-up est désespérément vide. Pourquoi personne ne profite de ces conditions d’une vie ?

    Le lourd tribut de la perfection japonaise

    La première explication est tristement météorologique. C’est l’une des plus vieilles contradictions de notre culture : les tempêtes capables de générer les ondes les plus parfaites de la planète sont bien souvent celles qui sèment la désolation sur leur passage. Pendant que Niijima envoyait des vagues parfaites sous des vents offshore parfaits, Bavi dévastait Guam et les Mariannes du Nord avec des vents destructeurs, des pluies diluviennes et des inondations meurtrières. Les autorités ont formellement interdit l’accès au littoral pour des raisons de survie.

    Pourtant, en voyant ces images d’un pic vierge, la toile s’est embrasée. Kalani Robb a résumé la frustration d’Internet d’un commentaire cinglant sur Instagram : « Mais qui filme ça sans aller à l’eau ? ». Mais derrière cette solitude forcée par la météo se cache une autre réalité de Niijima, bien connue des pros : un redoutable verrouillage local.

    Le jour où John John et Dane Reynolds ont payé le prix fort

    Ce line-up fantôme m’a immédiatement replongé dans l’un des trips les plus mythiques, et longtemps gardé secret, de l’histoire du freesurf. Retour en 2011. John John Florence (à peine 18 ans à l’époque), Dane Reynolds et Dylan Goodale fuient une houle ingérable à Yo-Yo’s en Indonésie. Épuisés de faire des canards, ils sautent dans un avion pour chasser un typhon au Japon devant l’objectif de Kai Neville.

    Ce qu’ils vont y trouver ? « La meilleure journée de surf de toute ma vie », avoue encore aujourd’hui John John.

    Mais l’histoire a failli s’arrêter sur le parking. Comme l’a révélé récemment Dane Reynolds, l’équipe a commis l’erreur classique : se garer au mauvais endroit et se mettre à l’eau sans parler à personne. Résultat ? Le lendemain matin, alors que le spot passait à la taille supérieure et crachait les plus beaux tubes de leur existence, les locaux leur ont purement et simplement signifié que la session était terminée pour eux. Ils n’étaient plus les bienvenus.

    La rançon de la gloire en planches de surf

    Il aura fallu toute la diplomatie de leur photographe, Yajiro, pour négocier aprement avec les locaux au McDonald’s du coin et obtenir un droit d’entrée hyper restrictif : un seul surfeur à la fois. La monnaie d’échange n’était pas non plus symbolique. « Nous avons dû leur céder des planches de surf pour calmer les tensions, c’est le standard partout où je vais », s’amuse John John Florence avec le recul.

    Une fois le péage acquitté, le trio a scoré une session légendaire. « C’était la combinaison parfaite de puissance et de vitesse, le tube épousait parfaitement la forme du banc de sable en revenant vers vous », se souvient JJF. Une journée tellement brutale que Dane Reynolds y a d’ailleurs laissé un bout de cartilage. Même Kelly Slater s’y est cassé les dents peu de temps après, se faisant d’abord refouler du spot avant d’être finalement autorisé à surfer, mais finissant par partir par principe.

    Alors, pourquoi le line-up de Niijima est-il resté désert sous le typhon Bavi ? Entre des conditions de survie dictées par une tempête destructrice et un localisme farouche qui ne pardonne aucune erreur de casting, le Japon conserve ses trésors avec une main de fer. Bavi nous aura au moins offert le spectacle visuel d’un mythe resté intact.

  • Coup d’arrêt brutal pour Dane Henry : une triple fracture freine sa course au CT

    Coup d’arrêt brutal pour Dane Henry : une triple fracture freine sa course au CT

    C’est sans aucun doute le junior qui nous a le plus impressionnés ces derniers mois. Mais à force de toujours vouloir repousser les limites de l’engagement, le corps finit parfois par présenter la facture.

    En plein freesurf sur le célèbre spot californien de Trestles, le jeune talent australien Dane Henry a vu sa saison basculer d’un coup. Le verdict médical fait froid dans le dos : une cheville fracturée à trois endroits en terminant une vague.

    Le rêve du CT 2027 en suspens

    Actuellement neuvième sur les Challenger Series après une entame solide à Ballito, le surfeur de 19 ans avait réalisé un bon début de saison pour rejoindre l’élite mondiale. Cette grave blessure l’écarte officiellement de l’US Open la semaine prochaine. L’inquiétude grandit aussi pour les étapes cruciales du Brésil et du Portugal prévues cet automne, qui risquent d’arriver bien trop tôt dans son processus de rééducation.

    L’Australie, qui attend désespérément un champion du monde depuis le dernier sacre de Mick Fanning en 2013, misait énormément sur le vainqueur des récents Mondiaux ISA. Même s’il s’est dit prêt à « accepter le processus pour revenir plus fort », le timing de cette longue convalescence pourrait lui coûter sa place dans le précieux top 10. Un terrible coup de frein pour un diamant brut qui semblait jusqu’ici inarrêtable.

  • « Tu vas mourir » : Quand Kelly Slater voulait interdire le gros surf à Maya Gabeira

    « Tu vas mourir » : Quand Kelly Slater voulait interdire le gros surf à Maya Gabeira

    On se souvient tous du légendaire Code Red Swell à Teahupoo en 2011. Mais ce que vous ignorez peut-être, c’est le drame qui s’est joué en coulisses juste après le terrible wipeout de Maya Gabeira.

    Dans une récente interview, la chargeuse brésilienne a dévoilé le message choc envoyé par Kelly Slater en personne, peu après le drame : « Tu n’es pas prête. Tu mets les gens autour de toi en danger […] et je pense que si tu continues, tu vas mourir. Je te recommande vivement d’arrêter. »

    Une sentence glaciale. Maya raconte l’avoir lu, en avoir ri, avant de continuer sa route.

    Mais dans le milieu, les langues se délient. Le photographe emblématique Tom Servais a tenu à clarifier les choses : ce n’était pas du sexisme. Selon lui, Kelly et Laird Hamilton estimaient simplement que le courage de la surfeuse ne compensait pas son manque de technique pure. Julian Wilson, aux premières loges ce jour-là, appuie ce constat : « J’étais à trois mètres d’elle quand la première vague l’a balayée alors qu’elle nageait vers sa planche. […] C’était une situation terrifiante. »

    Ces sessions extrêmes n’ont pas seulement laissé des traces physiques, elles ont aussi fait exploser son entourage. Gabeira garde aujourd’hui une rancœur tenace envers son mentor de l’époque, Carlos Burle. La raison ? Après l’avoir réanimée lors d’un autre drame à Nazaré, il l’a expédiée à l’hôpital pour retourner surfer la vague du jour. Une trahison ultime qui s’est terminée par une bagarre à poings nus entre Burle et le petit ami de Maya, Sebastian Steudner.

    Dans le surf de gros, l’océan n’est décidément pas le seul à faire de violents dégâts.

  • Jérémy Florès remet les pendules à l’heure : « Un coach n’est pas là pour surfer à votre place »

    Jérémy Florès remet les pendules à l’heure : « Un coach n’est pas là pour surfer à votre place »

    Jérémy Florès a mené Kauli Vaast jusqu’à l’or olympique à Teahupo’o. Autant dire que niveau coaching, le Réunionnais sait de quoi il parle. Pourtant, l’ancien pensionnaire du CT vient de lâcher un message qui prend à contre-pied la tendance actuelle du « tout-analytique ».

    Aujourd’hui, les surfeurs de haut niveau sont entourés d’armadas : préparateurs physiques, analystes vidéo, psys. Une structure que Florès juge nécessaire pour la compétition moderne, mais qui cache un piège redoutable. « Le surf est censé être simple, instinctif », rappelle-t-il. Face à la sur-intellectualisation de la glisse, le constat est sans appel : à trop disséquer la technique, on en oublie l’océan.

    L’art avant la méthode

    Pour lui, la véritable essence du surf reste la liberté et le feeling. Son conseil aux jeunes loups du circuit ? Ne jamais perdre cette flamme spontanée. « C’est votre projet. C’est vous qui passez des heures à l’eau, qui gérez vos doutes et la pression », insiste-t-il, avant de lâcher la phrase qui résume tout : « Le rôle d’un coach n’est pas de surfer à votre place. »

    Le coach est une boussole, un regard extérieur pour booster la confiance. Mais au moment de ramer sur la série de sa vie, la méthode s’efface. Seul l’instinct reste.

  • Combien coûte réellement une place VIP au cœur d’un swell géant à Nazaré ?

    Combien coûte réellement une place VIP au cœur d’un swell géant à Nazaré ?

    Vous avez toujours rêvé de savoir ce qui se passe dans les coulisses d’une alerte rouge au Portugal ? Oubliez la falaise bondée, le froid glacial et les jumelles. Nic Von Rupp vient de lancer une offre qui vous plonge littéralement dans les entrailles du monstre. Mais attention, le ticket d’entrée risque de vous faire avaler la tasse.

    Pour la modique somme de 6 000 euros, le chargeur portugais vous ouvre les portes de son cercle très fermé. L’expérience commence bien avant la mise à l’eau : dès l’annonce d’une houle massive, vous intégrez son groupe WhatsApp privé pour suivre l’évolution des cartes. Une fois le feu vert donné, direction Lisbonne. Si le vol reste à votre charge, les transferts et deux nuits d’hôtel sont assurés.

    Au programme de cette immersion totale ? Vous assistez à la préparation millimétrée dans son hangar de Praia do Norte, avant de grimper sur un jet-ski pour deux heures d’action directement dans la zone de surf – heureusement à bonne distance des montagnes d’écume. La journée se poursuit avec une place de choix au sommet du fort, au chaud avec les spotters, avant de partager le débriefing. Vous finirez même dans le bain froid avec le surfeur avant un dîner exclusif pour célébrer la survie de l’équipe.

    Derrière cette offre hors norme se cache une réalité financière cruelle : surfer Nazaré coûte une fortune. La sécurité, l’entretien des machines et la logistique exigent des budgets colossaux. Très peu de surfeurs de gros vivent uniquement de leurs exploits à l’eau. Dans ce line-up devenu une véritable arène économique brassant des millions d’euros chaque hiver, les pilotes de jet-ski de classe mondiale gagnent d’ailleurs souvent mieux leur vie que les athlètes eux-mêmes.

    Nazaré n’est plus juste une vague, c’est une industrie. Alors, prêt à faire chauffer la carte bleue pour le frisson d’une vie ?

  • Filipe Toledo invité à Jaws par Albee Layer : l’heure de vérité a sonné

    Filipe Toledo invité à Jaws par Albee Layer : l’heure de vérité a sonné

    C’est une critique qui lui colle à la peau, et soyons honnêtes, elle est légitime. Malgré tout son immense talent, Filipe Toledo a une peur évidente des grosses vagues. Ses prestations souvent effacées sur des spots comme Pipeline ou Teahupo’o le prouvent régulièrement : il lui manque cet engagement total dans le surf pour s’asseoir définitivement à la table des vraies légendes de ce sport. Il n’est certes pas le seul sur le Tour dans cette situation, mais avec ses titres mondiaux, l’attente du public est impitoyable.

    Pourtant, l’histoire pourrait prendre une tournure inattendue. Lors d’un récent échange en podcast avec Jack Freestone, Albee Layer, l’un des locaux les plus engagés et francs de Maui, a tendu une perche redoutable au Brésilien : une invitation formelle à venir se frotter au monstre de Jaws (Pe’ahi).

    « Imaginez s’il le fait pour faire taire tous ses détracteurs », a glissé l’Hawaïen. Un avis validé par Freestone, intimement persuadé que Toledo a les capacités mentales pour relever le challenge.

    Il y a quelques semaines, le Brésilien évoquait justement son envie de se tester un jour à Nazaré et Jaws. L’invitation est désormais publique. Filipe Toledo ira-t-il chercher sa rédemption pour clouer le bec à ses haters ? (dont moi et je n’attends que ça) Le monde du surf n’attend que ça.

  • Un cercle de planches au large : Biarritz et Lacanau pleurent Salomé et Louis

    Un cercle de planches au large : Biarritz et Lacanau pleurent Salomé et Louis

    Le soleil déclinait sur la plage du Miramar, mais ce n’est pas la beauté du crépuscule qui a marqué ce mardi soir. C’est ce silence, lourd, presque palpable, que 150 surfeurs à Biarritz sont venus briser avec respect. Deux semaines après le drame qui a coûté la vie à Salomé Lasla Boireau et Louis Bel Chabauty, happés par l’effondrement d’une falaise au phare de Biarritz, la communauté a choisi l’eau pour leur dire au revoir.

    La famille nous a transmis cette vidéo pour la partager, et rendre un dernier hommage à Salomé et Louis, deux amoureux de l’océan. Toutes nos condoléances….

    Le « Paddle Out », un dernier lien avec l’océan

    Le rituel est connu des habitués des spots, mais chaque cérémonie reste unique dans sa douleur. Ramer jusqu’au pic, planche sous le bras, n’est pas un acte sportif ici : c’est une communion. Dans le creux des vagues, les planches se sont soudées pour former un cercle. Au centre, l’absence de Salomé et Louis, comblée par la mémoire de leurs proches.

    La symbolique a atteint son paroxysme lorsque la mère de Salomé, embarquée par la SNSM, a dispersé les cendres de sa fille. Dans ce geste, tout le paradoxe de notre passion a refait surface : cette mer qui nous donne tant et qui, parfois, reprend tout.

    Une tristesse qui traverse les côtes

    Cet hommage ne s’est pas limité au Pays basque. La veille, sur la plage Nord de Lacanau, c’est le HCL Océan Club qui s’est figé. Salomé, ancienne licenciée, y a laissé des souvenirs de bodyboard, de voyages et une joie de vivre que ses anciens camarades peinent encore à réaliser éteinte.

    Plus qu’une tragédie locale, c’est l’histoire de deux amoureux de l’océan, liés par le destin jusqu’à cette troublante ressemblance avec la légende de la Chambre d’Amour. S et L. Un écho qui, pour les parents de Louis, devient une étrange source de résilience. Face à l’horizon, le cercle s’est finalement ouvert, laissant les fleurs dériver vers le grand large. Un dernier salut, en toute simplicité.

  • Quand Lewis Hamilton troque son volant de F1 pour défier l’océan

    Quand Lewis Hamilton troque son volant de F1 pour défier l’océan

    Si vous pensiez que l’adrénaline de Lewis Hamilton se limitait aux cockpits étriqués et aux pointes à 350 km/h sur l’asphalte, vous faites fausse route. Loin de l’effervescence des paddocks, le septuple champion du monde de Formule 1 nourrit une obsession bien plus brute. Une passion viscérale pour l’océan qui l’a poussé à se frotter aux vagues les plus redoutables de la planète et à s’attirer le respect des plus grands noms du surf mondial.

    Une vidéo virale : un 360 old school qui enflamme le circuit

    C’est sur Instagram que le pilote britannique a récemment fait trembler la sphère surf. Oubliez les monoplaces, Hamilton s’est affiché sur un wake surf, sculptant une vague artificielle dans le sillage d’un bateau de haute performance. Mais ce n’est pas tant sa présence sur l’eau qui a choqué, c’est la manœuvre qu’il a plaquée avec une déconcertante facilité.

    Hamilton a posé un 360 degrés à plat sur la vague d’un bateau. Bon, pour être honnête, je n’ai pas crié d’extase, mais c’est plutôt cool de voir que Lewis Hamilton n’est pas le boss partout. Bon, bien évidemment, tout le monde l’applaudit alors que moi, personne ne m’envoie des DM. Kai Lenny a salué un moment « épique », le Brésilien Italo Ferreira a souligné qu’il « connaissait cette sensation », tandis que le compte officiel de la WSL n’a pu s’empêcher d’applaudir la performance. Il y en a qui cherche à avoir des places gratuites pour le prochain grand prix.

    25 pieds à Pipeline : la fois où il a cru voir sa dernière heure

    Mais l’engagement du Britannique ne se limite pas aux vagues dociles d’un lac ou aux piscines à vagues, bien qu’il soit un habitué du Surf Ranch de Lemoore. Son amour pour l’océan l’a conduit sur le North Shore d’Oahu, face à la reine des vagues : Pipeline.

    Dans une interview révélatrice, Hamilton a raconté cette session d’anthologie aux côtés du GOAT en personne, Kelly Slater. Le décor ? Un Pipe fumant, annoncé à « 25 pieds » selon les dires du pilote. Slater lui aurait formellement déconseillé d’y aller, ce à quoi Hamilton a répondu avec l’entêtement d’un champion : « Kelly, j’y vais. »

    La suite ressemble à un cauchemar pour n’importe quel surfeur amateur. Alors que Slater s’engouffrait dans un tunnel massif, Hamilton s’est retrouvé dans la zone d’impact. « J’ai dû m’assurer de ne pas être aspiré. J’ai plongé, s’est-il souvenu. J’ai attrapé le reef et j’ai prié. J’ai entendu la lèvre exploser derrière moi comme une bombe. Ma planche a été arrachée et coupée en deux. »

    Hamilton avoue avoir vu la mort de très près ce jour-là. Entre nous, annoncer 25 pieds à Pipe relève sans doute d’une petite exagération floridienne — il barbotait fort probablement sur l’épaule d’Ehukai Beach Park pour sauver sa peau. Mais survivre à un gros set fantôme sur ce banc de sable reste une épreuve terrifiante qui force le respect.

    La quête d’une connexion plus pure

    Pourquoi un homme qui risque sa vie à chaque virage sur circuit cherche-t-il à s’infliger de telles frayeurs sous l’eau ? La réponse réside dans la déconnexion absolue.

    Le surf est devenu son exutoire physique et émotionnel. Hamilton l’avoue lui-même : être au large, sentir la puissance de l’océan, le ramène à une humilité nécessaire. Il ne s’agit plus de dompter une machine sur-motorisée, mais d’accepter la suprématie de la nature. Il a d’ailleurs déclaré vouloir, un jour, surfer quotidiennement pour ne faire plus qu’un avec cet élément.

    Une belle leçon de lâcher-prise pour celui qui passe sa vie à traquer le moindre millième de seconde.

  • Caraïbos Lacanau Pro 2026 : L’hécatombe des têtes de série dans le piège girondin

    Caraïbos Lacanau Pro 2026 : L’hécatombe des têtes de série dans le piège girondin

    Organiser 32 séries en une seule journée n’est jamais une mince affaire. Mais quand l’océan décide de jouer avec les nerfs des compétiteurs en offrant des conditions aussi petites que capricieuses, cela se transforme vite en roulette russe. Ce vendredi, au Caraïbos Lacanau Pro, l’utilisation du double bank (nord et sud) a permis de boucler un programme dantesque, mais a surtout révélé à quel point ce spot peut devenir un véritable piège pour les favoris.

    Sam Piter, la cruelle désillusion

    On s’attendait à voir le tenant du titre dicter sa loi d’entrée de jeu. C’est malheureusement tout le contraire qui s’est produit. L’élimination prématurée de Sam Piter résume parfaitement cette hécatombe pour le clan français. Pénalisé par une interférence fatale dès le round of 32, le Landais n’a jamais pu combler son retard dans des vagues de petit temps qui n’offraient aucun droit à l’erreur. Dans cette série piège, c’est l’Argentin Uri Uziel (13.33) et le Français Luan Nogues qui tirent leur épingle du jeu. Ce scénario s’est répété : d’autres évidences du circuit comme Lukas Skinner ou Dylan Groen sont passées à la trappe.

    L’art de l’adaptation et les surprises

    Face à ces bancs de sable changeants, certains compétiteurs ont su faire parler leur créativité. L’Espagnol Ruben Vitoria a fait très forte impression en scorant un superbe 15.27, imité de près par Markel Vizcarguenaga (15.00) qui a réussi l’exploit de museler la fougue du prodige portugais Afonso Antunes.

    Les Françaises résistent dans le chaos

    Le tableau féminin a heureusement offert quelques bouffées d’air frais au camp tricolore. Même si la Canarienne Lucia Machado a survolé les débats avec l’une des meilleures vagues de la journée (8.33), la Française Maelys Jouault a prouvé que l’engagement total payait même dans le petit surf. Grâce à deux énormes turns pleins de puissance, elle décroche un excellent 8.50 et valide avec autorité son ticket pour les huitièmes de finale aux côtés de sa compatriote Lilou Rumiel.

    Une vraie journée de survie ! Le Caraïbos Lacanau Pro s’annonce plus indécis que jamais. Prochain call ce samedi matin pour la suite des hostilités.

  • Le champion portugais Vasco Ribeiro de retour à l’eau après sa lourde suspension

    Le champion portugais Vasco Ribeiro de retour à l’eau après sa lourde suspension

    C’est le grand retour que le monde du surf n’attendait plus. Suspendu trois ans après avoir refusé de se soumettre à un contrôle antidopage, Vasco Ribeiro s’apprête à renfiler le lycra de compétition dès ce mois de juillet 2026.

    L’Association Nationale des Surfeurs Portugais a officialisé la nouvelle : le quintuple champion national retrouvera les vagues dès le 14 juillet lors du Bom Petisco Peniche Pro. Il enchaînera ensuite sur le circuit Qualifying Series (QS) de la WSL, notamment au QS4000 de Newquay en août.

    À 31 ans, le champion du monde junior 2014 affirme avoir profité de cet exil forcé pour se reconstruire, loin de la pression médiatique. S’il revient, ce n’est pas pour régler ses comptes, mais par pur amour du sport.

    « Je ne reviens pas pour prouver quoi que ce soit à qui que ce soit. Je reviens parce que je suis toujours passionné par le surf. J’ai redécouvert la joie de surfer », confie-t-il avec humilité.

    Reste à savoir si l’ancien champion d’Europe Open saura retrouver son meilleur niveau et reconquérir le cœur des fans après trois ans passés loin du circuit mondial.

  • Alerte méduses : comment surfer en sécurité (et les vrais réflexes qui sauvent)

    Alerte méduses : comment surfer en sécurité (et les vrais réflexes qui sauvent)

    C’est le cauchemar de tout surfeur en session d’été en France. Vous êtes au line-up, vous attendez la série, et soudain, une douleur fulgurante, semblable à une décharge électrique ou à une brûlure au fer rouge, vous lacère le bras ou la jambe.

    Dans le sud-ouest, les bancs de créatures gélatineuses s’invitent régulièrement dans le line-up sous l’effet des vents et des courants de surface. Si certaines sont inoffensives, d’autres, comme la redoutable physalie, peuvent transformer une session de rêve en urgence médicale.

    Oubliez les mythes de plage et les remèdes de grand-mère qui aggravent la situation. Voici le guide ultime, scientifique et pratique, pour identifier le danger, adopter la bonne position en mer et appliquer les premiers secours validés par les professionnels de santé.

    1. Physalie, méduse pélagique, vive : qui est votre ennemi du jour ?

    Toutes les masses gélatineuses qui flottent sur l’eau ne se valent pas. Pour bien réagir, il faut savoir à quoi l’on se frotte. Sur notre littoral, quatre profils se détachent principalement.

    physalies danger surfeurs côte basque

    La Physalie (ou Galère Portugaise) : le vrai danger public

    Ce n’est pas une méduse, mais un superorganisme colonial. On la repère à son flotteur bleuté ou violacé gonflé d’air qui flotte hors de l’eau, comme une petite voile. Le vrai piège est invisible : ses filaments pêcheurs sous l’eau peuvent mesurer jusqu’à 10 ou 50 mètres de long. Ils sont extrêmement fins, presque invisibles dans l’écume, et leur venin reste actif des semaines, même si l’animal est mort ou échoué. Sa piqûre est sévère, hautement toxique, et peut provoquer des malaises.

    La Méduse Pélagique (Pelagia noctiluca) : la brûleuse violette

    Une vraie méduse, reconnaissable à son ombrelle rose, violette ou orange parsemée de petites verrues. Ses filaments d’un mètre sont très urticants et causent de douloureuses brûlures érythémateuses qui laissent des cicatrices tenaces.

    Méduse Pélagique

    Le Poumon de Mer et la Vélelle : les fausses alertes

    Le Poumon de mer (Rhizostoma pulmo) est une méduse géante, bleutée et massive, mais ses bras épais sont très faiblement urticants (un simple picotement). La Vélelle, quant à elle, ressemble à une mini-physalie bleue de 5 cm avec une petite voile rigide, mais elle est totalement inoffensive pour la peau humaine.

    Méduse vélelle

    Attention au sable et aux embruns : Ne confondez pas une piqûre de méduse avec celle d’une vive, ce poisson enfoui dans le sable dont l’épine dorsale inflige une douleur syncopale (qui se traite, elle, exclusivement par la chaleur). De même, la micro-algue Ostreopsis ovata peut saturer les embruns et provoquer des troubles respiratoires sans aucun contact direct.

    2. Le piège du line-up : pourquoi le surfeur est en première ligne

    Le surfeur réunit toutes les conditions pour croiser la route des filaments urticants. Allongé à la rame ou assis sur sa planche dans l’attente des vagues, ses mains, ses avant-bras et ses jambes baignent pile dans la couche d’eau superficielle où dérivent les méduses.

    Pire encore, la zone de surf (le line-up) se situe souvent là où les courants de dérive concentrent ces organismes avant leur échouage sur l’estran. Dans la zone de déferlement, la violence des vagues fragmente les filaments des physalies. Ces micro-morceaux invisibles mais hyper-venimeux restent en suspension. Vous pouvez ainsi vous faire piquer violemment au milieu des mousses sans qu’aucune méduse ne soit visible en surface.

    3. Le réflexe vital en mer : allongez-vous sur votre planche !

    C’est une directive stricte de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) que trop de surfeurs ignorent. Dès que vous ressentez la piqûre en mer : ne tentez pas de nager activement et ne paniquez pas.

    • Allongez-vous immédiatement à plat ventre sur votre planche de surf.
    • Restez solidaire de votre planche de surf.

    Pourquoi ? Le venin de la physalie peut provoquer des crampes musculaires violentes, des troubles cardiaques ou des malaises syncopaux en quelques minutes (envenimation de classe 2 ou 3). En restant allongé sur votre planche, vous évitez la noyade en cas de perte de connaissance et vous pouvez utiliser l’énergie des vagues pour vous laisser porter passivement vers le rivage.

    4. Protocole de premiers secours : les étapes validées (et les erreurs à proscrire)

    Une fois sur le sable, la prise en charge doit suivre un protocole strict élaboré par l’ARS Nouvelle-Aquitaine et le Centre Antipoison du CHU de Bordeaux. Le but : retirer les cellules venimeuses (les cnidocystes) encore collées à la peau sans les faire éclater.

    Étape 1 : Le rinçage à l’eau de mer

    Rincez abondamment la zone touchée à l’eau de mer claire. N’utilisez jamais d’eau douce. L’eau douce provoque un choc osmotique qui fait éclater les cellules venimeuses restantes, libérant une double dose de venin.

    Étape 2 : Le piégeage des filaments

    Pour décoller les filaments sans frotter (ce qui briserait les capsules), appliquez de la mousse à raser ou, si vous n’en avez pas sous la main, du sable sec.

    Interdiction formelle : N’utilisez pas de sable humide. Les grains d’eau salée agissent comme un papier de verre qui écrase les cellules urticantes et aggrave la brûlure.

    Étape 3 : Le raclage délicat

    Laissez sécher la mousse ou le sable quelques instants. À l’aide d’un morceau de carton rigide, d’une carte de crédit ou du dos d’un couteau, raclez délicatement la croûte en allant du bas vers le haut du membre pour soulever les résidus sans les écraser.

    Étape 4 : Désinfection et gestion de la douleur

    Appliquez un antiseptique incolore. Pour calmer l’inflammation de la physalie, appliquez de la glace enveloppée dans un linge. Le froid va contracter les vaisseaux et engourdir la douleur.

    (Note : Si le venin des méduses est théoriquement détruit par une chaleur à plus de 42°C, appliquer une source chaude sur une peau déjà gravement lésée par une physalie présente un risque majeur de brûlure secondaire. Les cliniciens privilégient donc la cryothérapie).

    5. Ce qu’il ne faut JAMAIS faire (Stop aux fake news)

    • Ne pas uriner sur la plaie : En plus d’être une légende urbaine dégradante, l’urine a une concentration variable qui peut provoquer l’éclatement des cellules venimeuses.
    • Ne pas appliquer d’alcool ou de vinaigre n’importe comment : Si le vinaigre (acide acétique) est recommandé pour les physalies de l’Atlantique car il bloque leur venin, il est formellement déconseillé pour la méduse pélagique (Pelagia noctiluca) sur nos côtes, car il peut stimuler la décharge de ses harpons urticants. Dans le doute, restez-en à l’eau de mer claire.

    6. Anticiper et alerter les secours

    La meilleure des protections reste la prévention. Avant de vous jeter à l’eau, adoptez les bons réflexes de sécurité.

    La combinaison en néoprène : votre meilleure armure

    Une combinaison intégrale reste la meilleure des protections contre les filaments. En période d’alerte aux méduses, évitez absolument les sessions en shortboard, en maillot de bain ou en lycra fin : les filaments coupés s’infiltrent sous le tissu et se frottent contre votre peau. Pour le visage et les mains, il existe des écrans solaires spécifiques anti-méduses (comme Safe Sea) qui inhibent le système de harponnage des cellules urticantes tout en respectant l’écosystème marin.

    Les outils numériques et la signalétique

    • L’application Kalilo : Développée par la Communauté d’Agglomération Pays Basque, cette application gratuite vous informe en temps réel des conditions sanitaires sur 35 plages. Une gouttelette violette signale un risque biologique (méduses ou algues).
    • Le drapeau violet : Sur la plage, le pavillon rectangulaire violet indique la présence d’espèces aquatiques dangereuses. S’il est associé au drapeau rouge, la baignade et le surf sont strictement interdits en raison d’invasions massives.

    [Tableau récapitulatif des secours]

    Type d’urgenceIntervenant / CanalNuméro utileAction
    En mer / Au largeCROSS (Secours maritimes)196 (ou VHF Canal 16)Déclenchement jet-ski ou hélicoptère pour treuillage
    Sur la plage (Malaise)SAMU / Sauveteurs côtiers112 ou 15Prise en charge médicale urgente et transfert hospitalier
    Doute toxicologiqueCentre Antipoison (Bordeaux)05 56 96 40 80Assistance médicale continue et gestion des venins
  • quand les records du monde s’achètent à coups de milliers de dollars

    quand les records du monde s’achètent à coups de milliers de dollars

    « J’ai vu des gens faire des conneries monumentales dans le rock, mais vous, vous êtes les plus grands malades de toute ma vie. » Lorsque Dave Grohl balance ça aux Billabong XXL Awards, le monde du surf sourit. Pourtant, derrière le glamour des trophées et l’héroïsme des images de Nazaré ou Jaws, se cache une réalité beaucoup plus sombre : une affaire de gros sous, de ego et de « junk science ».

    La science bidon des mesures de vagues

    Pour la première fois, des pointures comme Kai Lenny, Albee Layer et Andrew Cotton brisent l’omertà dans le podcast How Surfers Get Paid. Le constat est glacial : les records du monde de la plus grande vague surfée est bidon.

    « C’est juste des mecs qui inventent des trucs », balance carrément Andrew Cotton, dépité par le fait qu’il ait fallu quatre ans aux instances officielles pour valider le record de Sebastian Steudtner. Les surfeurs pointent du doigt une supercherie visuelle : selon l’angle de la caméra et l’élévation du spot, une vague de 12 mètres peut facilement en paraître 25 à l’écran.

    De Belharra à Nazaré : la longue histoire des records contestés

    Ce n’est pas la première fois que le surf XXL se prend les pieds dans le tapis des polémiques et de la politique des spots. En 2014, le Français Benjamin Sanchis domptait une montagne d’eau monumentale à Nazaré, estimée à plus de 100 pieds, avant de se faire balayer au bottom. Le verdict des XXL Awards ? Un simple prix du pire wipeout de l’année, refusant d’homologuer le record sous prétexte que la vague n’avait pas été terminée. Une décision qui avait laissé un goût amer en Europe, rappelant l’ambiance glaciale qui régnait déjà sur les podiums californiens au début des années 2000. À l’époque, l’éveil du monstre basque de Belharra par Peyo Lizarazu et Yannick Beven avait été accueilli par un mépris à peine dissimulé du microcosme hawaiien. Pour les gardiens autoproclamés du temple du North Shore, cette vague européenne, jugée trop molle et cassant sur un haut-fond plutôt que sur un récif à fleur d’eau, n’avait tout simplement pas sa place aux côtés de Jaws ou Maverick’s. Le business des records a ses favoris, et l’histoire montre qu’il ne s’écrit pas toujours de manière objective.

    25 000 dollars la photo : le business de l’extrême

    Au-delà du prestige, c’est une guerre financière qui se joue sur le dos des athlètes. Prenez l’exemple récent de l’Australienne Laura Enever. Lorsqu’elle a dompté son record du monde à la rame à Hawaï, elle a dû signer un chèque astronomique de 25 000 dollars au photographe Daniel Russo pour obtenir le cliché officiel obligatoire pour Guinness.

    Ce jour-là, le photographe a empoché plus de 35 000 dollars en vendant d’autres clichés et en facturant ses services de sécurité sur le reef. Pendant ce temps, les surfeurs risquent littéralement leur peau, parfois pour des clopinettes, au milieu de disputes violentes entre partenaires de jet-ski. Le surf de gros a perdu son âme, et ce sont les acteurs eux-mêmes qui le disent.

  • Lucas Chumbo enflamme Saquarema : le chargeur de l’extrême décroche sa wildcard

    Lucas Chumbo enflamme Saquarema : le chargeur de l’extrême décroche sa wildcard

    Je dois vous avouer que je ne m’y attendais pas : Lucas Chianca, alias « Chumbo », délaisse un instant les grosses vagues pour le Championship Tour ! Ce spécialiste des vagues géantes vient de décrocher la très convoitée wildcard pour le Rio Pro à Saquarema, poussé par GWM, le sponsor de l’événement.

    Oubliez les qualifications classiques via les Challenger Series : c’est l’enfant du pays qui viendra bousculer la hiérarchie de l’élite. Il rejoint ainsi Tatiana Weston-Webb et Weslley Dantas, les deux autres invités de cette édition.

    Ce qui va vous plaire ? Dès le premier tour, Chumbo affrontera le Marocain Ramzi Boukhiam (bonne pioche pour Ramzi) dans un duel de goofy-footers.

  • Surf City El Salvador Pro 2026 : la victoire de Kauli Vaast face à Filipe Toledo

    Surf City El Salvador Pro 2026 : la victoire de Kauli Vaast face à Filipe Toledo

    La nuit a été relativement calme en nombre de séries sur le spot de Punta Roca, mais l’intensité à l’eau a atteint des sommets. Ce deuxième tour de repêchages du Surf City El Salvador Pro 2026 restera gravé dans les mémoires grâce à une belle victoire tricolore.

    Kauli Vaast fait tomber le roi Toledo

    L’exploit retentissant de la journée est signé Kauli Vaast. Le rookie français s’est retrouvé face au double champion du monde et tenant du titre de l’épreuve, le Brésilien Filipe Toledo. Sur des séries consistantes de 1,5 à 2 mètres, le Tahitien a fait preuve d’une maturité tactique impressionnante.

    Grâce à un surf backside ultra-puissant et engagé, Vaast a décroché une vague excellente notée 8,33 points. Mettant Toledo sous pression jusqu’aux dernières secondes, le Français s’impose d’un souffle avec un total de 14,03 contre 13,87. Une victoire libératrice qui le propulse au Round 3 face à Joao Chianca.

    Ferreira héroïque, Cleland Jr. crée l’idole locale

    Le reste de ce Round 2 a offert un scénario digne d’Hollywood :

    • Italo Ferreira au courage : Le numéro 1 mondial s’est qualifié malgré une blessure au genou nécessitant 8 points de suture, éliminant de justesse le Marocain Ramzi Boukhiam.
    • Le coup de tonnerre Cleland Jr. : Porté par le public centraméricain, le Mexicain Alan Cleland Jr. a signé sa première victoire de la saison en éliminant l’un des grands favoris au titre mondial, Griffin Colapinto.
    • Medina en démonstration : Gabriel Medina a survolé les débats avec un total de 15,17 points, allant jusqu’à plier sa planche sur sa dernière manœuvre avant de l’offrir à un jeune local.

    Le prochain call est programmé ce dimanche à 7h00 (heure locale) pour le lancement des hostilités.

    Résultats et tableau des séries

    Men’s Surf City El Salvador Pro Round One Two (Heats 7 – 16) Results:
    HEAT 7: Samuel Pupo (BRA) 15.17 DEF. Joel Vaughan (AUS) 10.50
    HEAT 8: Leonardo Fioravanti (ITA) 15.04 DEF. Mateus Herdy (BRA) 14.70
    HEAT 9: Italo Ferreira (BRA) 12.50 DEF. Ramzi Boukhiam (MAR) 11.86
    HEAT 10: Crosby Colapinto (USA) 15.17 DEF. Morgan Cibilic (AUS) 13.03
    HEAT 11: Kauli Vaast (FRA) 14.03 DEF. Filipe Toledo (BRA) 13.87
    HEAT 12: Joao Chianca (BRA) 11.50 DEF. George Pittar (AUS) 11.00
    HEAT 13: Gabriel Medina (BRA) 15.17 DEF. Seth Moniz (HAW) 7.00
    HEAT 14: Jack Robinson (AUS) 12.33 DEF. Cole Houshmand (USA) 11.77
    HEAT 15: Barron Mamiya (HAW) 12.50 DEF. Connor O’Leary (JPN) 8.27
    HEAT 16: Alan Cleland (MEX) 12.34 DEF. Griffin Colapinto (USA) 11.07

    Men’s Surf City El Salvador Pro Round Three Matchups:
    HEAT 1: Liam O’Brien (AUS) vs. Callum Robson (AUS)
    HEAT 2: Eli Hanneman (HAW) vs. Kanoa Igarashi (JPN)
    HEAT 3: Marco Mignot (FRA) vs. Yago Dora (BRA)
    HEAT 4: Samuel Pupo (BRA) vs. Leonardo Fioravanti (ITA)
    HEAT 5: Italo Ferreira (BRA) vs. Crosby Colapinto (USA)
    HEAT 6: Kauli Vaast (FRA) vs. Joao Chianca (BRA)
    HEAT 7: Gabriel Medina (BRA) vs. Jack Robinson (AUS)
    HEAT 8: Barron Mamiya (HAW) vs. Alan Cleland (MEX)

    Women’s Surf City El Salvador Pro Round Two Matchups:
    HEAT 1: Gabriela Bryan (HAW) vs. Yolanda Hopkins (POR)
    HEAT 2: Sawyer Lindblad (USA) vs. Anat Lelior (ISR)
    HEAT 3: Luana Silva (BRA) vs. Nadia Erostarbe (ESP)
    HEAT 4: Carissa Moore (HAW) vs. Brisa Hennessy (CRC)
    HEAT 5: Molly Picklum (AUS) vs. Sally Fitzgibbons (AUS)
    HEAT 6: Bettylou Sakura Johnson (HAW) vs. Caroline Marks (USA)
    HEAT 7: Lakey Peterson (USA) vs. Tyler Wright (AUS)
    HEAT 8: Caitlin Simmers (USA) vs. Bella Kenworthy (USA)

  • Ce surfeur français a dépensé toutes ses économies pour sauver l’esprit du surf d’autrefois

    Ce surfeur français a dépensé toutes ses économies pour sauver l’esprit du surf d’autrefois

    Le surf moderne est-il devenu trop lisse ? Entre les vidéos de trois secondes calibrées pour les algorithmes d’Instagram et des jeunes athlètes ultra-coachés qui ne mettent plus un pied à l’eau sans un adulte sur la plage, la culture glisse traverse une crise identitaire. C’est ce constat amer qui a poussé Enzo Cavallini, surfeur de 27 ans originaire de Guadeloupe, à injecter toutes ses économies dans un projet à contre-courant.

    Pendant deux ans, entre deux compétitions et plusieurs blessures, il a financé lui-même ses billets d’avion pour capturer l’essence d’un surf sans filtre. Le résultat s’appelle Malware, un film de 20 minutes qui impressionne et lui permet de s’inviter dans la course au prestigieux Stab Edit of the Year.

    Le choc thermique : de la Guadeloupe aux monstres d’Irlande

    Réalisé par son compatriote Simon Levalois-Bazer, le projet jongle entre les tubes parfaits d’Indonésie, les vagues chaudes des Caraïbes et les beach breaks massifs d’Hossegor. Mais c’est en Irlande que le film bascule dans une autre dimension.

    Là-bas, Enzo s’est attaqué aux dalles rocheuses les plus terrifiantes d’Europe (Mullaghmore, Riley’s) avec une approche radicale. Quand les locaux débarquent équipés de planches massives, de gilets gonflables de sécurité et de motomarines prêtes à les repêcher, le Français se jette à l’eau avec une simple combinaison et un équipement minimaliste. Une prise de risque maximale, dictée par le manque de budget, mais qui transpire à l’écran par une authenticité devenue rare.

    Une claque visuelle contre la génération TikTok

    Visuellement, Malware porte bien son nom. Le film s’ouvre sur un gamin découvrant un vieux DVD de surf poussiéreux, une relique d’une époque où l’on se posait encore devant un écran pour apprécier le style d’un athlète.

    Loin des images 4K ultra-nettes, le montage s’amuse à détruire l’image : textures analogiques lo-fi, bugs numériques volontaires et musique à l’ambiance presque anxiogène. C’est hypnotique, brut, et surtout très aérien. Enzo Cavallini prouve qu’il n’a pas besoin de l’approbation des marques ou d’un format standardisé pour affirmer sa place parmi l’élite européenne. Reste une question cruciale posée par les réalisateurs : un adolescent d’aujourd’hui, nourri aux vidéos courtes, aura-t-il encore l’attention nécessaire pour regarder ce chef-d’œuvre jusqu’au bout ?

  • Tragédie à San Francisco : un surfeur décède dans une houle exceptionnelle à Ocean Beach

    Tragédie à San Francisco : un surfeur décède dans une houle exceptionnelle à Ocean Beach

    La fin du mois de mai a offert un visage aussi exceptionnel que terrifiant à San Francisco. Alors que les locaux s’attendent habituellement à des vents onshore et des conditions printanières médiocres, Ocean Beach s’est réveillée avec une houle digne du mois de janvier. Au menu : des vagues massives, poussées par un swell ouest de 20 secondes de période et un vent offshore hurlant. Des conditions rares, mais qui ont prélevé un lourd tribut.

    Un signal de détresse au milieu du line-up

    Vers 13h20 ce jeudi, près de Lincoln Avenue, les sauveteurs ont repéré un surfeur agitant les bras, un signal universel de détresse. Malgré l’intervention immédiate d’un garde-côte hors service qui surfait la zone et de trois sauveteurs, l’homme d’une cinquantaine d’années a été retrouvé inconscient, face contre l’eau.

    Ramené d’urgence sur le sable pour des manœuvres de réanimation, il a été transporté dans un état critique avant de malheureusement succomber à l’hôpital. Si les pompiers locaux évoquent la piste d’une crise cardiaque, l’océan nous rappelle brutalement que même la session de nos rêves peut basculer en une fraction de seconde. Nos pensées accompagnent la communauté locale et les proches de la victime.

  • Drame à Rottnest Island : un père de famille tué par un grand requin blanc de 4 mètres

    Drame à Rottnest Island : un père de famille tué par un grand requin blanc de 4 mètres

    Le rideau de la tragédie s’est à nouveau abattu sur l’Australie-Occidentale. Ce samedi, Horseshoe Reef – un spot de plongée et de chasse sous-marine très fréquenté de Rottnest Island – a été le théâtre d’une attaque de requin d’une violence extrême.

    Steven Mattaboni, un habitué de l’océan âgé de 38 ans, transperçait les eaux en apnée avec quatre amis lorsqu’un grand requin blanc, estimé entre 4 et 5 mètres par les témoins, a surgi. L’homme se trouvait à peine à vingt mètres de son embarcation quand le prédateur l’a mortellement mordu aux jambes. Malgré la réactivité héroïque de ses camarades pour le ramener à bord et l’évacuer vers la jetée de Geordie Bay, les secours n’ont pas pu le ranimer.

    Pour la communauté locale et le monde de la mer, le choc est immense. Père de deux petites filles – dont un nourrisson de quatre mois –, « Mattas » était une figure respectée, membre actif du club de football de Kingsley et d’un groupe de travail pour l’équité de la chasse sous-marine (Recfishwest). Sa femme, Shirene, lui a rendu un hommage déchirant, saluant un homme « férocement loyal, infiniment généreux et en totale symbiose avec l’océan ».

    Pour les passionnés de glisse, Rottnest Island résonne encore comme le théâtre du CT de la WSL en 2021, où Gabriel Medina et Sally Fitzgibbons s’étaient imposés dans des conditions mémorables. Ce drame rappelle cruellement la prévisibilité de la faune sauvage sur ces côtes ultra-exposées. Selon les autorités locales, aucun dispositif de répulsion individuel anti-requin n’était porté par la victime. Une cagnotte GoFundMe a immédiatement été lancée pour soutenir sa jeune famille.

    Cet article complète les premières informations reçues samedi dans cet article

  • La vérité cachée sur les pionnières du surf et le mythe des planches lourdes

    La vérité cachée sur les pionnières du surf et le mythe des planches lourdes

    Si on vous demande d’imaginer l’âge d’or du surf californien, vous pensez très certainement au film documentaire The Endless Summer, aux disques des Beach Boys et à des gars blonds s’élançant sur des vagues parfaites dans les années 60. C’est exactement le récit qu’on nous a vendu. Mais en me plongeant dans les travaux de Jeffrey Swartwood, maître de conférences à l’Université de Bordeaux Montaigne, j’ai découvert une réalité qui bouleverse complètement notre vision de la culture glisse.

    On nous a caché une énorme partie de l’histoire.

    Les femmes effacées des line-ups

    Bien avant l’après-guerre, le surf était une discipline profondément mixte. Aux origines hawaïennes, des observateurs comme Mark Twain ou Jack London relataient déjà avec stupéfaction que les femmes maîtrisaient la houle avec bien plus de talent qu’eux.

    Et ce n’est pas resté cantonné au Pacifique. En Californie du Sud, dès les années 1920 et 1930, des figures comme Ladybird Fraser ou Mary Ann Hawkins chargeaient des spots particulièrement techniques et exigeants (parfois en bas de falaises rocheuses comme à Palos Verdes) avec un engagement total. Elles surfaient seules, voyageaient pour trouver les meilleures vagues, et dominaient souvent les hommes au pic.

    Le mythe de la planche « trop lourde »

    Alors, comment a-t-on justifié cette disparition soudaine des surfeuses des magazines et des films à partir des années 50 ? L’excuse officielle du milieu a longtemps été l’équipement. On a prétendu que les planches en bois massif de l’époque étaient bien trop lourdes et dangereuses pour le gabarit féminin.

    C’est factuellement faux.

    Les archives prouvent qu’on utilisait déjà des constructions astucieuses. Tom Blake avait inventé les planches « hollow » (creuses pour gagner du poids), et les shapeurs de l’époque récupéraient le balsa très léger des radeaux de sauvetage de la Marine américaine. Résultat ? Une planche des années 40 pesait souvent entre 12 et 15 kilos. C’est encombrant, certes, mais largement manipulable par une adulte, comme l’a d’ailleurs prouvé Swartwood en reconstruisant fidèlement un modèle d’époque à la main pour le faire tester à des surfeuses actuelles.

    Une mise à l’écart volontaire

    La réalité de cette disparition est beaucoup moins reluisante. L’effacement des femmes du surf n’est absolument pas lié au matériel. Il correspond simplement au retour en force d’une vision patriarcale après la Seconde Guerre mondiale. Il fallait refaire de la place aux hommes revenus du front, sur la plage comme au travail. L’industrie naissante a ensuite pris le relais, préférant utiliser l’image de la femme comme un accessoire de plage sexualisé sur le sable, plutôt que de la montrer sur la vague.

    La prochaine fois que vous croiserez une longboardeuse à la Côte des Basques, rappelez-vous qu’elle ne surfe pas sur une simple tendance : elle perpétue une tradition centenaire qu’une partie de l’histoire a bien failli nous faire oublier.

  • Jacob Szekely rejoint OnlyFans et sème la zizanie au Snapper Rocks Pro

    Jacob Szekely rejoint OnlyFans et sème la zizanie au Snapper Rocks Pro

    L’époque bénie où un simple sticker sur le nose suffisait à payer les factures semble bel et bien révolue. Face à l’inflation et la précarité croissante dans notre milieu, certains rideurs sortent des sentiers battus. Et le Californien Jacob Szekely vient de lâcher une bombe : son nouveau sponsor principal n’est autre qu’OnlyFans.

    Pourquoi fuir YouTube pour OnlyFans ?

    Avant de crier au scandale, calmez-vous : « Zeke » ne va pas se déshabiller devant la webcam. Il rejoint en réalité le cercle grandissant des athlètes de la plateforme (comme Nathan Florence, Billy Kemper ou Pedro Scooby) qui y publient du contenu tout public. Le but ? Contourner la censure infernale de YouTube.

    Dans son dernier vlog, il est très clair. Ses vidéos d’action, ses cascades et les soirées un peu trop festives se font constamment striker ou démonétiser. Avec OF, il trouve enfin un soutien financier solide et une liberté d’expression totale pour documenter sa vraie vie.

    Des coulisses sans aucun filtre sur la Gold Coast

    Cette liberté, il l’a emmenée avec lui en Australie. Fait hallucinant : la très lisse WSL l’a carrément autorisé à filmer les coulisses du Snapper Rocks Pro. Szekely en a profité pour retourner l’espace athlètes avec les questions chocs de sa communauté.

    Oubliez les interviews ennuyeuses sur le litrage des planches. Il a coincé les pros pour savoir qui avait le plus gros tableau de chasse sur le CT (Gabriel Medina a été balancé direct), ou lancé des débats vitaux pour savoir qui de Megan Fox ou Sydney Sweeney remportait les suffrages. Il a même attrapé le GOAT, Kelly Slater, pour parler piscines à vagues. Pour Slater, un trick inédit plaqué en wavepool compte bel et bien, mais il doit ensuite être validé dans l’océan. Le rêve ultime du King ? Un tube artificiel de 6 mètres de haut, rien que ça.

    Le nouveau sponsor numéro 1 du surf ?

    En regardant Zeke (son surnom) poser fièrement avec son énorme sticker bleu, je me suis fait une réflexion qui me fait autant rire que grincer des dents : d’ici peu, OnlyFans sponsorisera probablement plus de surfeurs que certaines de nos marques historiques du marché.

    L’argent est là où l’attention se trouve. Maintenant, une vraie question se pose pour notre scène locale : à votre avis, qui sera le premier surfeur professionnel français à oser assumer ce sponsor pour continuer à vivre de sa passion ? Les paris sont ouverts.

  • Le couperet est tombé : des séries sous haute tension pour le CT de Raglan

    Le couperet est tombé : des séries sous haute tension pour le CT de Raglan

    Vous attendiez le tableau de la prochaine étape du Championship Tour pour faire vos pronostics ? C’est fait. La WSL vient de lâcher les séries pour Raglan, la quatrième étape très attendue qui se tiendra en Nouvelle-Zélande du 15 au 25 mai. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le hasard n’a épargné personne d’entrée de jeu.

    Si vous suivez le parcours de nos surfeurs, préparez-vous à retenir votre souffle. Marco Mignot retrouve Barron Mamiya sur sa route. Un affrontement direct qui sent la poudre et qui s’annonce déjà comme l’un des moments forts du Round 1 masculin. Du côté des femmes, la jeune Tya Zebrowski hérite d’un sacré morceau en affrontant l’Espagnole Nadia Erostarbe, qui a impressionné à Snapper Rocks. Un vrai test de solidité.

    Kauli Vaast hérite de Jack Robinson alors que la franco/tahitienne se retrouvera confronter à Sally Fitzgibbons.

    Le reste du tableau nous réserve aussi de sérieux face-à-face. Le Mexicain Alan Cleland devra sortir le grand jeu face à l’ogre américain Griffin Colapinto, tandis que le vétéran Alejo Muñiz croisera le fer avec George Pittar. Chez les filles, le choc entre la Costaricienne Brisa Hennessy et Alyssa Spencer s’annonce particulièrement indécis.

    Sur la mythique longue gauche néo-zélandaise, l’engagement devra être total. Les planches sont prêtes, à vous de régler vos réveils.

  • « Now Days » : La vidéo de surf féminine de référence

    « Now Days » : La vidéo de surf féminine de référence

    J’avoue, j’avais mes petites habitudes avant d’enfiler la combi. Un vieil edit deTaylor Steele ou une part de Dane Reynolds pour me chauffer. Mais là, je suis tombé sur une pépite qui a balayé mes certitudes. « Now Days », ce n’est pas « juste » du surf féminin, c’est l’essence même de ce qu’on cherche tous en allant à l’eau.

    Dès les premières secondes, l’intro laisse place à un hymne punk qui m’a instantanément projeté vingt ans en arrière, à l’époque légendaire de la vidéo Lost Across America. L’énergie est brute, l’engagement est total. On y suit la « New Gen » — de Caity Simmers à Sierra Kerr en passant par Erin Brooks — et le niveau est tout simplement stratosphérique.

    Ce qui frappe ? Ce n’est plus seulement une question de grâce, c’est une démonstration de force, de camaraderie et de rivalité saine. Elles se tirent vers le haut sur les plus grosses vagues du globe, de Tahiti à Fidji. Honnêtement, que vous soyez surfeur ou surfeuse, c’est la vidéo indispensable avant de ramer au pic. Le futur du surf est là, et il fait un boucan d’enfer.

  • Le « surfeur du futur » s’est éteint : pourquoi Paul Strauch restera unique

    Le « surfeur du futur » s’est éteint : pourquoi Paul Strauch restera unique

    Le line-up hawaiien vient de perdre l’une de ses étoiles les plus singulières. Paul Strauch, l’homme que Barry Kanaiaupuni décrivait comme un être « venu du futur », nous a quittés à 82 ans. Si son nom ne vous dit rien, sachez que vous pratiquez probablement le surf qu’il a inventé.

    Pourquoi un tel choc dans la communauté ? Bien plus qu’un simple compétiteur, Strauch a brisé les codes techniques dès les années 60. Il est le créateur du mythique « cheater five », cette posture élégante où on est sur son pied arrière avec son pied avant proche du nose. Bon, d’accord la description n’est pas terrible, mais regardez la vidéo ci-dessous. Mais ce n’est pas tout : il a été l’un des premiers à oser le bottom turn profond dans les vagues massives, là où d’autres se contentaient de survivre.

    Apparu dans le légendaire The Endless Summer, ce prodige d’Honolulu avait reçu ses premières planches des mains de Tom Blake lui-même. Malgré un talent pur et un style « freestyle » inégalé, il avait choisi de rester loin des projecteurs. Le monde du surf perd aujourd’hui son plus grand styliste, un homme qui surfait déjà demain, alors que nous étions encore à hier.

  • Snapper Rocks : Justin Becret se fracture le nez mais continue de tuber

    Snapper Rocks : Justin Becret se fracture le nez mais continue de tuber

    Snapper Rocks, c’est le paradis du surf… ou l’enfer du trafic. Justin Becret vient d’en faire l’amère expérience lors d’une session sur la Gold Coast qui aurait pu virer au drame. Alors qu’il dénichait un petit miracle — une vague en solo au milieu de la meute australienne — le sort s’est acharné.

    Un choc frontal en plein barrel

    Dès son premier tube, une planche égarée est venue percuter son visage de plein fouet. Le verdict est immédiat : nez cassé. Mais c’est là que le Landais bascule dans la catégorie « warrior ». Au lieu de regagner le bord en urgence (il le fait juste après, il reste un homme), Justin reste sur sa lancée.

    L’image surréaliste de la session

    Dans une séquence captée par Clancy Dawson, on voit le surfeur s’engager dans un deuxième tube tout en maintenant son visage en sang entre ses mains. Un mélange de douleur et de pur instinct.

    « Le trafic de Snapper m’a bien eu ce matin », a-t-il commenté avec humour sur son compte Instagram.

    Si Justin doit désormais observer quelques jours de repos forcé, il a prouvé qu’il fallait plus qu’une fracture pour l’empêcher de tuber.

  • Le verdict est tombé : voici les 10 surfeurs que vous préférez vraiment (et ce n’est pas ceux du CT)

    Le verdict est tombé : voici les 10 surfeurs que vous préférez vraiment (et ce n’est pas ceux du CT)

    Premier point, c’est un sondage récent australien mené auprès de 7 500 lecteurs de Stab. Et vous allez rire, mais le classement s’en ressent.

    Le choc : le désamour pour le maillot lycra

    La première claque est statistique. Sur les 10 surfeurs les plus cités, seuls deux membres permanents du Tour parviennent à se hisser dans le classement. Exit la course aux points, les fans plébiscitent désormais l’esthétique et la liberté. Des noms comme Mason Ho, Michael February ou l’éternel Dave Rastovich prouvent que la culture du « free surf » et du style pur l’emporte sur la performance brute en série de 30 minutes.

    L’énigme de la « Brazilian Storm »

    C’est l’enseignement le plus brûlant de cette enquête : malgré une domination outrageuse sur le titre mondial ces dernières années, aucun surfeur brésilien n’apparaît dans le Top 10. Pas de Gabriel Medina, pas d’Italo Ferreira ou de Yago Dora. Si ce résultat reflète l’audience principalement anglo-saxonne du sondage, il souligne aussi une fracture nette entre l’efficacité en compétition et l’inspiration dégagée auprès du grand public californien, australien ou européen.

    John John Florence, seul sur son trône

    Au milieu de ce séisme, un homme fait l’unanimité. John John Florence écrase la concurrence avec 31,92 % des suffrages. Il est le seul à réussir le grand écart parfait : être une bête de compétition tout en restant l’icône ultime du surf libre.

    Le Top 10 des votes :

    1. John John Florence (31,92 %)
    2. Ethan Ewing (15,64 %)
    3. Mason Ho (15,6 %)
    4. Dane Reynolds (15,43 %)
    5. Michael February (13,02 %)
    6. Kelly Slater (10,15 %)
    7. Harry Bryant (9,64 %)
    8. Jack Robinson (8,63 %)
    9. Nathan Florence (7,4 %)
    10. Dave Rastovich (6,96 %)

    La suite, réaliser une mesure au niveau national. Chez Icônes Surf, nous avons réalisé le même travail il y a quelques mois, mais en se basant sur une autre métrique, le nombre de recherche de tels noms de surfeurs sur Google. On l’a réalisé uniquement sur les surfeurs français, mais on réalisera le même travail sur tous les surfeurs. Voir ci-dessous le lien

  • Beyrick De Vries : l’incroyable résilience d’un surfeur revenu de l’enfer

    Beyrick De Vries : l’incroyable résilience d’un surfeur revenu de l’enfer

    Le monde du surf professionnel ne retient souvent que les scores, les podiums et les tubes parfaits. Mais derrière le lycra se cachent parfois des récits de vie d’une violence rare. Celui de Beyrick De Vries est de ceux-là. L’homme qui a marqué l’histoire avec un 10 parfait à Sunset Beach vient de briser le silence : après avoir touché le fond, entre blessure physique et addictions, il annonce son retour officiel sur le circuit des Challenger Series, après une qualification sur le WQS Afrique.

    Le crash : quand le fémur vole en éclats

    Tout bascule lors d’une session de surf en France. Sur une chute qui aurait pu être banale pour un athlète de son niveau, le diagnostic tombe, brutal : fémur fracturé en cinq points. Pour un surfeur dont la jambe avant est le moteur, c’est un arrêt de mort sportif potentiel.

    De retour en Afrique du Sud, cloué dans un fauteuil roulant, Beyrick se retrouve face à un ennemi qu’il n’avait jamais appris à combattre : le vide. « Assis dans un fauteuil, plus de chaos, plus d’excitation, plus de nouveaux pays toutes les deux semaines… rien pour me distraire des choses importantes de la vie », confie-t-il avec une honnêteté désarmante.

    La chute : l’alcool et les substances pour combler le silence

    L’adrénaline de la compétition est une drogue puissante. Quand elle disparaît, le manque est immense. Beyrick l’admet aujourd’hui sans détour : pour fuir ses sentiments et ce silence pesant, il a cherché refuge dans les paradis artificiels. Le whisky et diverses « substances » sont devenus son quotidien.

    « Je cherchais n’importe quoi pour rester « high », pour être distrait, pour éviter de m’asseoir avec mes propres émotions. C’était l’opposé total de la paix et de la sérénité. »

    Cette spirale autodestructrice aurait pu sonner la fin de l’histoire pour le surfeur de 31 ans. Mais le combat ne faisait que commencer.

    La rédemption : deux cliniques et un nouveau souffle

    Le déclic survient quand Beyrick décide de prendre la direction opposée. Après des séjours dans deux cliniques de réhabilitation différentes, il parvient à décrocher. Ce « comeback » n’est pas seulement sportif, il est spirituel. Sur ses réseaux sociaux, il attribue sa renaissance à sa foi : « We do recover. All Glory to God » (Nous guérissons. Toute la gloire revient à Dieu).

    Désormais installé aux Pays-Bas, Beyrick a entamé un nouveau chapitre. S’il occupe aujourd’hui un rôle de coach pour l’équipe nationale néerlandaise (il a d’ailleurs la nationalité maintenant), il a senti qu’il se devait une dernière chance. « Je pense qu’il est juste de me donner cette opportunité », explique-t-il à ses fans.

    Le défi technique : surmonter le blocage mental

    Le retour à l’eau n’a pas été un long fleuve tranquille. Au-delà de la rééducation physique, le traumatisme psychologique est resté ancré. Reposer tout son poids sur sa jambe avant lors d’un air ou d’une manœuvre radicale a longtemps été un blocage insurmontable.

    Récemment, lors d’une session à Umdloti, Beyrick a pourtant franchi un cap symbolique en reposant ses premiers frontside airs. Un moment qu’il décrit comme le début d’un nouveau chapitre. Aujourd’hui, physiquement plus affûté que jamais et l’esprit enfin apaisé, il s’envole pour les championnats d’Europe avec un double objectif : encadrer ses élèves et prouver qu’à 31 ans, le « miraculé de Sunset » a encore sa place parmi l’élite mondiale.

    L’histoire de Beyrick De Vries nous rappelle que la plus belle victoire d’un surfeur ne se joue pas toujours sur une vague, mais parfois dans le calme d’une chambre de clinique, loin des projecteurs.

  • Joel Tudor : sa technique secrète pour « calmer » les surfeurs impolis à l’eau

    Joel Tudor : sa technique secrète pour « calmer » les surfeurs impolis à l’eau

    On le surnomme « Tinkerbell » pour la grâce de ses pas croisés sur un longboard, mais ne vous y trompez pas : Joel Tudor est sans doute un des hommes les plus dangereux du line-up. À 49 ans, le triple champion du monde ne se contente pas de collectionner les trophées de surf ; il porte une ceinture noire de Jiu-Jitsu brésilien (BJJ) tellement usée qu’elle témoigne de décennies de combat.

    Récemment, une anecdote croustillante est remontée à la surface grâce au surfeur Jesse Billauer. Ce dernier a raconté comment Tudor a littéralement « éteint » la légende du gros, Garrett McNamara, sur le spot mythique de Malibu. La raison ? Garrett aurait eu l’audace de griller la priorité à Billauer. La réaction de Joel fut immédiate : un bras autour du cou pour rappeler les règles de savoir-vivre locales.

    Une leçon de soumission sur le sable

    Si vous voulez apprendre à gérer les tensions au pic comme un pro, Tudor vient de sortir une vidéo pédagogique avec BJJ Fanatics. Le titre est évocateur : « Comment étrangler un homme qui s’échappe ». On y voit le maître expliquer avec un calme olympien comment transformer une tentative de fuite en une clé de cou ou un écrasement cervical dévastateur.

    Tudor n’est pas un amateur. Double champion des États-Unis et double champion du monde de « No-Gi » (combat sans kimono), il maîtrise l’art de la soumission comme personne. Cette vidéo n’est pas seulement une démonstration technique ; c’est un rappel que derrière l’esthète du surf se cache un guerrier redoutable.

    Mon conseil ? La prochaine fois que vous croisez Joel à Malibu, assurez-vous de bien respecter la priorité. Sinon, vous pourriez bien finir par apprendre, à vos dépens, ce qu’est un « neck crank » en direct du rivage.

  • Jean-Pierre « The Fly » Van Swae : Le dernier vol d’une icône du shape

    Jean-Pierre « The Fly » Van Swae : Le dernier vol d’une icône du shape

    Le monde du surf vient de perdre l’un de ses artisans les plus solaires. Jean-Pierre Van Swae, que tout le monde appelait affectueusement « The Fly », s’est éteint cette semaine, laissant derrière lui un vide immense dans les ateliers de Dana Point et une montagne d’anecdotes qui ont forgé la culture core californienne.

    Du plat pays aux vagues de Laguna

    Né en Belgique, Van Swae débarque enfant en Californie du Sud. C’est à Laguna Beach, à la fin des années 50, que le virus du surf le pique. Dès 1961, il pousse la porte de Wardy Surfboards, marquant le début d’une carrière de plus de 60 ans consacrée à l’excellence.

    Reconnu pour la précision chirurgicale de son glaçage et ses dérives innovantes, il a côtoyé les plus grands noms de « l’Âge d’Or », de Dale Velzy à Hobie Alter. C’est d’ailleurs ses mains qui ont glacé en 1977 l’« Awhoo », ce gun mythique de 15 pieds shapé par Micky Munoz pour les sessions XXL d’Hawaï.

    L’homme derrière le surnom

    Mais pourquoi « The Fly » ? Fidèle à son tempérament de tête brûlée, il avait accepté, sur un défi entre amis, de sauter d’un avion en plein vol. Le pseudonyme est resté, tout comme son humour parfois décapant. Il adorait raconter comment, dans les années 70, les surfeurs se faisaient bannir de Trestles non pas à cause de la politique de Nixon, mais parce qu’ils s’amusaient à « montrer leur lune » (browning) aux passagers des trains qui longeaient la plage.

    Un héritage gravé dans le bois

    Jusqu’à son dernier souffle, Jean-Pierre n’a jamais quitté son rabot. Sous son propre label, Fly Surfboards, il créait des pièces d’une élégance rare, mêlant résine et essences de bois nobles. Membre du Hall of Fame des shapers de San Clemente, il était bien plus qu’un fabricant : il était le gardien d’un savoir-faire qui se raréfie.

    Aujourd’hui, alors que « The Fly » s’en est allé rejoindre les vagues éternelles, son fils JP Van Swae, photographe reconnu, perpétue la lignée. Pour nous, il reste ce sourire malicieux au milieu de la poussière de pain de mousse. Ride in peace, Fly.