Quand on pense à Nazaré, on imagine tout de suite des murs d’eau effrayants et des chargeurs risquant leur vie sur les plus grosses vagues de la planète. Mais aujourd’hui, ce n’est pas une houle XXL qui fait frissonner les surfeurs locaux et de passage.
Une vidéo récemment capturée par l’équipage du bateau d’excursion Ocean Adventures montre un invité aussi rare qu’intimidant. À seulement deux milles marins au large, entre São Martinho do Porto et Nazaré, un requin massif de 3 à 4 mètres s’est approché de l’embarcation. Loin d’être agressif, l’animal a nagé calmement autour du bateau, poussé par une simple curiosité.
Le détail qui intrigue tout le monde ? Son ventre laisse fortement penser qu’il s’agirait d’un grand requin blanc.
Si cette hypothèse se confirme, l’événement est exceptionnel. Contrairement à la Californie ou à l’Afrique du Sud, les côtes portugaises ne sont pas réputées pour abriter des colonies de phoques. Les observations de grands blancs y sont donc quasi inexistantes.
Alors que les surfeurs de gros se préparent pour les houles de l’hiver prochain, savoir que ce colosse des océans pourrait patrouiller sous la surface ajoute une dimension encore plus angoissante au spot. Et vous, oseriez-vous vous mettre à l’eau ?
Si vous pensiez que le longboard manquait d’engagement, le coup d’envoi du Lexus US Open of Surfing 2026 à Huntington Beach va vous faire changer d’avis. Ce samedi, les vagues solides frôlaient les deux mètres. Le spectacle était total.
Jensen intouchable, Tilly héroïque
Je dois d’abord vous parler de Taylor Jensen. Le quadruple champion du monde a littéralement découpé le spot californien. Avec un score combiné de 14.66, il a prouvé qu’il venait avec la motivation de récupérer une cinquième couronne. Son aisance sur le nose, combinée à ses turns jusqu’à l’inside, fait toujours cas d’école. Côté Français, Edouard Delpero a également assuré l’essentiel avec un solide 13.26.
Mais la vraie performance de la journée, celle qui force le respect, c’est Rachael Tilly. La Californienne a remporté sa série malgré une blessure qui aurait cloué 90% d’entre nous sur le sable : un ongle de gros orteil arraché juste avant la compétition. Un strap épais, une dose d’adrénaline, et elle file en 8es de finale, tout comme Honolua Blomfield.
De l’autre côté du Pacifique, le clan japonais a scoré. Taka Inoue (13.57) et Natsumi Taoka (11.40) ont dominé leurs séries respectives avec une glisse d’une fluidité absolue.
Seul bémol de la journée, Alice Lemoigne, wildcard de l’évènement, qui se retrouve au tour éliminatoire, après une deuxième place lors de ce premier tour.
Tous les résultats du 1er tour (Round 1)
Voici ce que vous devez retenir des tableaux de ce lancement de saison.
Résultats Hommes
Heat 1 : T. Inoue (JPN) 13.57 bat J. Schweizer (URY) 10.74, M. Weston (AUS) 7.03
Heat 2 : D. Wyton (AUS) 12.37 bat K. McPhillips (USA) 11.57, T. Silvagni (USA) 6.77
Heat 3 : T. Jensen (USA) 14.66 bat T. Coleman (USA) 7.87, A. Dantas (POR) 7.10
Heat 4 : E. Delpero (FRA) 13.26 bat J. Ebueza (PHL) 11.30, G. Idone (USA) 7.23
Heat 5 : K. Skvarna (USA) 12.77 bat J. Van Wagoner (USA) 10.67, O. Packham (RSA) 9.47
Heat 6 : R. Jr Esquievel (PHL) 12.00 bat K. Sallas (HAW) 9.30, N. Brewer (AUS) 8.27
Heat 7 : J. Tyro (NZL) 9.57 bat J.M. Van Hohenstein (HAW) 8.83, K. Stewart (HAW) 6.70
Heat 8 : C. Lieder (USA) 12.57 bat B. Skinner (GBR) 10.20, C. Robbins (USA) 3.90
Résultats Femmes
Heat 1 : H. Yoshikawa (JPN) 10.10 bat M. Ilagan (USA) 6.30, C. Gilmour (RSA) 5.87
Heat 2 : H. Blomfield (HAW) 10.73 bat C. Hoover (USA) 10.50, L. Stokes (CAN) 7.33
Heat 3 : A. Gall (USA) 10.33 bat G. Caimi (ITA) 9.34, S. Martinez (PUR) 5.60
Heat 4 : R. Tilly (USA) 10.60 bat S. Jarrard (ASM) 6.87, L. Steinriede (USA) 5.83
Heat 5 : C. Calmon (BRA) 10.00 bat A. Lemoigne (FRA) 8.93, B. Conroy (AUS) 3.37
Heat 6 : N. Taoka (JPN) 11.40 bat M.F. Reyes (PER) 10.57, K. Kaleopaa (HAW) 9.50
Heat 7 : T. White (AUS) 10.50 bat M. Schremmer (USA) 8.40, D. Novitasari (INA) 7.04
Heat 8 : N. Wunderlich (HAW) 7.83 bat S. Culhane (HAW) 7.76, L. Diaz (CRC) 4.97
Avez-vous déjà vu une vague tourner avec la perfection mécanique d’une piscine artificielle, dérouler sur un banc de sable translucide, sans la moindre personne à l’eau ? C’est exactement le spectacle irréel que vient d’offrir l’île de Niijima, un bloc volcanique situé à une centaine de kilomètres au sud de Tokyo.
Le Super Typhon Bavi a envoyé une houle d’anthologie sur les côtes japonaises. Sur les images capturées datant de 2022, on observe une droite qui ressemble à un Hossegor sous stéroïdes. Une section de take-off vertigineuse, une vitesse folle down-the-line, et une lèvre épaisse qui jette lourdement sur le banc de sable — le genre d’impact qui mettrait à rude épreuve la stratification de n’importe quelle board. Et pourtant, le line-up est désespérément vide. Pourquoi personne ne profite de ces conditions d’une vie ?
Le lourd tribut de la perfection japonaise
La première explication est tristement météorologique. C’est l’une des plus vieilles contradictions de notre culture : les tempêtes capables de générer les ondes les plus parfaites de la planète sont bien souvent celles qui sèment la désolation sur leur passage. Pendant que Niijima envoyait des vagues parfaites sous des vents offshore parfaits, Bavi dévastait Guam et les Mariannes du Nord avec des vents destructeurs, des pluies diluviennes et des inondations meurtrières. Les autorités ont formellement interdit l’accès au littoral pour des raisons de survie.
Pourtant, en voyant ces images d’un pic vierge, la toile s’est embrasée. Kalani Robb a résumé la frustration d’Internet d’un commentaire cinglant sur Instagram : « Mais qui filme ça sans aller à l’eau ? ». Mais derrière cette solitude forcée par la météo se cache une autre réalité de Niijima, bien connue des pros : un redoutable verrouillage local.
Le jour où John John et Dane Reynolds ont payé le prix fort
Ce line-up fantôme m’a immédiatement replongé dans l’un des trips les plus mythiques, et longtemps gardé secret, de l’histoire du freesurf. Retour en 2011. John John Florence (à peine 18 ans à l’époque), Dane Reynolds et Dylan Goodale fuient une houle ingérable à Yo-Yo’s en Indonésie. Épuisés de faire des canards, ils sautent dans un avion pour chasser un typhon au Japon devant l’objectif de Kai Neville.
Ce qu’ils vont y trouver ? « La meilleure journée de surf de toute ma vie », avoue encore aujourd’hui John John.
Mais l’histoire a failli s’arrêter sur le parking. Comme l’a révélé récemment Dane Reynolds, l’équipe a commis l’erreur classique : se garer au mauvais endroit et se mettre à l’eau sans parler à personne. Résultat ? Le lendemain matin, alors que le spot passait à la taille supérieure et crachait les plus beaux tubes de leur existence, les locaux leur ont purement et simplement signifié que la session était terminée pour eux. Ils n’étaient plus les bienvenus.
Il aura fallu toute la diplomatie de leur photographe, Yajiro, pour négocier aprement avec les locaux au McDonald’s du coin et obtenir un droit d’entrée hyper restrictif : un seul surfeur à la fois. La monnaie d’échange n’était pas non plus symbolique. « Nous avons dû leur céder des planches de surf pour calmer les tensions, c’est le standard partout où je vais », s’amuse John John Florence avec le recul.
Une fois le péage acquitté, le trio a scoré une session légendaire. « C’était la combinaison parfaite de puissance et de vitesse, le tube épousait parfaitement la forme du banc de sable en revenant vers vous », se souvient JJF. Une journée tellement brutale que Dane Reynolds y a d’ailleurs laissé un bout de cartilage. Même Kelly Slater s’y est cassé les dents peu de temps après, se faisant d’abord refouler du spot avant d’être finalement autorisé à surfer, mais finissant par partir par principe.
Alors, pourquoi le line-up de Niijima est-il resté désert sous le typhon Bavi ? Entre des conditions de survie dictées par une tempête destructrice et un localisme farouche qui ne pardonne aucune erreur de casting, le Japon conserve ses trésors avec une main de fer. Bavi nous aura au moins offert le spectacle visuel d’un mythe resté intact.
L’odeur de la wax fraîche et l’effervescence mythique d’Huntington Beach sont de retour. Le Lexus US Open of Surfing 2026 lance officiellement la saison du World Surf League Longboard Tour ce 25 juillet. Oubliez les petites vagues poussives souvent redoutées en été, les prévisions annoncent un swell consistant pour enflammer le Pier californien. Si le champion du monde en titre Kai-Ellice Flint manque malheureusement à l’appel sur blessure, laissant le tableau masculin grand ouvert, tous les regards seront braqués sur Avalon Gall. Pour notre part, on surveillera particulièrement Edouard Delpero, vice champion du monde 2025. Avalon Gall, enfant du pays revient défendre sa couronne après un parcours royal l’an dernier. Entre la quête d’un titre champion du mon de WSL pour Edouard Delpero et l’arrivée de rookies affamés, cette première étape promet un spectacle total jusqu’au 29 juillet.
Un nouveau format pour plus de suspense
Cette année, la WSL a revu sa copie. La saison 2026/2027 s’articule autour de quatre étapes (contre un calendrier parfois plus décousu par le passé). Huntington Beach ouvre le bal avec 10 000 points à la clé pour les vainqueurs, avant que le tour ne prenne la direction de Bells Beach (Australie) en décembre, puis d’une toute nouvelle étape très attendue aux Philippines (La Union) en janvier 2027.
La grande nouveauté ? Il faudra figurer dans le Top 12 (et non plus le Top 8) à l’issue de ces trois épreuves pour décrocher son ticket pour la grande finale au Salvador en mars 2027.
Taylor Jensen en route vers l’histoire ?
À 42 ans, l’Américain Taylor Jensen continue de défier le temps. Fort de ses victoires ici-même en 2022 et 2024, le quadruple champion du monde visera une cinquième couronne cette saison pour asseoir définitivement son statut de légende. Sur un spot qu’il connaît par cœur et qui lui permet de dormir à la maison, le Californien a l’avantage du terrain. Avec des conditions qui s’annoncent solides, son surf puissant et son expérience du placement au pic seront des atouts majeurs.
Le tableau des séries (Round 1)
Voici les premiers affrontements qui attendent les 24 hommes et 24 femmes engagés pour ce premier tour.
Hommes – Round 1
Heat
Surfeur 1 (Rouge)
Surfeur 2 (Bleu)
Surfeur 3 (Blanc)
1
Max Weston (AUS)
Taka Inoue (JPN)
Julian Schweizer (URY)
2
Declan Wyton (AUS)
Tony Silvagni (USA)
Kai McPhillips (USA)
3
Taylor Jensen (USA)
António Dantas (POR)
Tommy Coleman (USA)
4
Edouard Delpero (FRA)
Jomaire Ebueza (ASM)
Gavin Idone (USA)
5
Kevin Skvarna (USA)
Oliver Packham (RSA)
Jack Van Wagoner (USA)
6
Rogelio JR Esquievel (ASM)
Kai Sallas (HAW)
Nicholas Brewer (AUS)
7
J.M. Van Hohenstein (HAW)
Kaniela Stewart (HAW)
Jack Tyro (AUS)
8
Chase Lieder (USA)
Cole Robbins (USA)
Ben Skinner (GBR)
Femmes – Round 1
Heat
Surfeuse 1 (Rouge)
Surfeuse 2 (Bleu)
Surfeuse 3 (Blanc)
1
Honolua Blomfield (HAW)
Alice Lemoigne (FRA)
Beatrice Conroy (AUS)
2
À confirmer
Malia Ilagan (USA)
Christy Gilmour (RSA)
3
Avalon Gall (USA)
Cash Hoover (USA)
Liv Stokes (CAN)
4
Rachael Tilly (USA)
Ginger Cami (ITA)
Story Martinez (PUR)
5
Hiroka Yoshikawa (JPN)
Natsumi Taoka (JPN)
Maria Fernanda Reyes (PER)
6
Chloe Calmon (BRA)
Mason Schremmer (USA)
Dhea Novitasari (INA)
7
Kelis Kaleopa’a (HAW)
Natalia Wunderlich (HAW)
Lia Diaz (CRC)
8
Tully White (AUS)
Sophia Culhane (HAW)
Sive Jarrard (HAW)
Le premier call de la compétition est fixé ce 25 juillet à 7h00 (heure locale) pour un lancement potentiel à 7h35. soit 16h00 en France pour un début potentiel de compétition à 16H35. Attention, les conditions s’annoncent parfaites pour ce premier jour de compétition.
Le média Duke Surf a tiqué sur un détail qui est passé presque inaperçu. La World Surf League vient de publier les informations pour le très attendu US Open of Surfing. On y retrouve le format des Challenger Series que l’on connaît bien : 80 hommes et 48 femmes. Sauf qu’entre parenthèses, une précision sème la zizanie : la jauge pourrait être élargie pour « accueillir des participants supplémentaires du CT ».
Aucun communiqué officiel n’a été publié, aucune alerte presse envoyée. Juste cette petite mention glissée l’air de rien.
Vous connaissez la rengaine. Les pensionnaires des CS (Challenger Series) se battent toute l’année avec le couteau entre les dents pour décrocher leur ticket pour l’élite. Voir débarquer les stars du Championship Tour sur leurs propres épreuves fait inévitablement grincer des dents. Les cadors du circuit viennent truster les bonnes vagues et stopper net les espoirs de qualification de ceux qui en ont pourtant le plus besoin.
Alors oui, Huntington Beach n’est pas n’importe quelle étape. La WSL sait parfaitement qu’injecter des têtes d’affiche du CT rend l’événement bien plus attractif pour les marques. Sans oublier que ces remaniements de roster pourraient peser lourd dans les futures négociations avec l’ISA, le tour pro restant une voie royale de qualification pour les Jeux Olympiques.
Le rendez-vous mythique d’Huntington Beach rouvre ses portes du 25 juillet au 2 août pour le Lexus US Open of Surfing 2026. Cette étape stratégique réunit simultanément le coup d’envoi du World Longboard Tour (LT) et la deuxième étape du Challenger Series (CS). Pour le clan français, l’enjeu est colossal avec pas moins de onze représentants engagés sur les vagues californiennes.
Une armada tricolore portée par le retour de Johanne Defay
L’attraction majeure de ce rendez-vous est sans conteste le grand retour à la compétition de Johanne Defay. La Réunionnaise effectue sa rentrée sur un spot exigeant qu’elle connaît parfaitement. À ses côtés sur le tableau féminin du Challenger Series, Vahine Fierro cherchera à relancer une dynamique positive après une première partie de saison compliquée sur le World Tour. Le contingent tricolore féminin s’annonce particulièrement dense avec la présence de Tessa Thyssen, Kiara Goold et la jeune Aelan Vaast.
Chez les hommes, la quête des points qualificatifs pour le CT 2027 passe par des prestations solides. Mihimana Braye, Jorgann Couzinet, Charly Quivront et Tiago Carrique seront tous sur le pont dès l’ouverture de la fenêtre CS le 28 juillet, face à une concurrence internationale féroce menée par le tenant du titre local Levi Slawson.
Côté longboard, la compétition débute dès ce samedi 25 juillet. Édouard Delpero portera les espoirs tricolores masculins, tandis qu’Alice Lemoigne bénéficie d’une wildcard précieuse pour tenter d’accrocher les sommets face à la tenante du titre Avalon Gall.
Si l’on pensait, à juste titre, que Kelly Slater possédait le carnet d’adresses le plus fourni du circuit pro, Gabriel Medina est bel et bien le surfeur qui côtoie le plus de stars mondiales aujourd’hui. Et il vient encore de nous le prouver avec un timing parfait.
Dimanche dernier, alors que l’Espagne célébrait sa victoire historique face à l’Argentine en finale de la Coupe du Monde de football, le triple champion du monde de surf a tenu à féliciter l’un des héros du tournoi : Lamine Yamal. Mais Medina ne s’est pas contenté d’un simple message de félicitations. Il a sorti de son téléphone une pépite vidéo qui a littéralement enflammé les réseaux sociaux en quelques heures.
Les images exclusives nous ramènent un an en arrière. Le jeune prodige espagnol, alors âgé de 17 ans, s’est accordé une pause bien méritée lors d’un passage à São Paulo. Direction Beyond the Club, le complexe sportif révolutionnaire abritant une piscine à vagues Wavegarden, dont Medina est lui-même partenaire et investisseur.
Dans cette vidéo, on y voit le surfeur endosser le rôle de moniteur de luxe. Il accompagne et pousse gentiment la planche en mousse de l’attaquant star sur une vague parfaite pour l’apprentissage. Et devinez quoi ? Lamine Yamal a l’air plutôt à l’aise pour un débutant.
Un équilibre déconcertant et une célébration mythique
Là où la très grande majorité des débutants auraient bu la tasse avec une bonne dose de frustration, Lamine Yamal se lève avec fluidité. Pelouse ou plan d’eau, son centre de gravité et son équilibre restent infaillibles. Mais le plus croustillant se trouve incontestablement à la fin de son tout premier ride.
Conscient de son exploit technique, le footballeur ne peut s’empêcher de lâcher son meilleur « claim ». Au beau milieu du bassin, toujours debout sur le pont de sa planche, il se met à danser et à pomper des bras avec une joie si contagieuse qu’on croirait qu’il vient de marquer le but de la victoire devant 80 000 supporters en transe.
La republication de cette session par le Brésilien a immédiatement fait exploser les compteurs sur Instagram.
Le chargeur tricolore Charly Quivront vient de dévoiler les images brutes de son dernier trip au Mexique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Puerto Escondido n’a rien perdu de sa férocité. Cinq ans après son dernier passage, le Français a retenu la leçon. Fini les petites planches, place aux « guns » (7’2 et 7’10) indispensables pour espérer partir sur ces montagnes d’eau. La vidéo nous plonge dans l’intimité d’un trip de 15 jours, loin du glamour habituel : des heures à lutter contre un courant infernal, des closeouts qui broient tout sur leur passage, mais surtout, la quête absolue du tube parfait. Après avoir déniché une guillotine aux faux airs de beach break landais (mais sous stéroïdes), la patience a fini par payer. Une session engagée qui rappelle pourquoi la vague d’Oaxaca reste l’un des ultimes tests de courage de la planète surf.
C’est sans aucun doute le junior qui nous a le plus impressionnés ces derniers mois. Mais à force de toujours vouloir repousser les limites de l’engagement, le corps finit parfois par présenter la facture.
En plein freesurf sur le célèbre spot californien de Trestles, le jeune talent australien Dane Henry a vu sa saison basculer d’un coup. Le verdict médical fait froid dans le dos : une cheville fracturée à trois endroits en terminant une vague.
Actuellement neuvième sur les Challenger Series après une entame solide à Ballito, le surfeur de 19 ans avait réalisé un bon début de saison pour rejoindre l’élite mondiale. Cette grave blessure l’écarte officiellement de l’US Open la semaine prochaine. L’inquiétude grandit aussi pour les étapes cruciales du Brésil et du Portugal prévues cet automne, qui risquent d’arriver bien trop tôt dans son processus de rééducation.
L’Australie, qui attend désespérément un champion du monde depuis le dernier sacre de Mick Fanning en 2013, misait énormément sur le vainqueur des récents Mondiaux ISA. Même s’il s’est dit prêt à « accepter le processus pour revenir plus fort », le timing de cette longue convalescence pourrait lui coûter sa place dans le précieux top 10. Un terrible coup de frein pour un diamant brut qui semblait jusqu’ici inarrêtable.
On s’en souvient très bien sur Icones Surf : au mois de Mai 2026, on vous alertait déjà sur la présence d’un crocodile massif rôdant sur l’un des spots les plus célèbres des Mentawai. Eh bien, la bête est de retour et elle multiplie les apparitions.
Le spot en question ? Macaronis, ou « Maca » pour les intimes. Une gauche parfaite qui incarne le rêve indonésien pour tout surfeur, mais qui partage malheureusement ses eaux chaudes avec une faune locale redoutable.
Une session cinq étoiles sous haute tension
C’est le vidéaste Scotty Hammonds qui a capturé la scène glaçante depuis un bateau. Sur sa vidéo, on aperçoit un énorme crocodile marin naviguer tranquillement dans l’estuaire qui borde Macaronis. Le plus effrayant ? Juste à côté, les stars du World Tour Jack Robinson, Kanoa Igarashi et Leonardo Fioravanti profitaient d’une session parfaite lors d’un « strike mission » organisé entre deux étapes du championnat du monde.
Les images ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux, forçant les légendes de la discipline à réagir. Kelly Slater a tenu à remettre les pendules à l’heure, rappelant une vérité que les locaux connaissent bien : « Il est là tout le temps dans l’estuaire, tout près du Macca’s Resort ». De son côté, Mick Fanning, qui a pourtant déjà affronté un grand requin blanc en direct, s’est contenté d’un expéditif « Non merci ».
Le prédateur parfait en embuscade
Pour beaucoup d’entre nous, le requin incarne la phobie absolue au line-up. Mais en Indonésie, le crocodile marin joue dans une toute autre catégorie. Contrairement au requin qui procède souvent par curiosité avant de s’éloigner, le crocodile est un prédateur d’embuscade redoutable. Ses attaques, extrêmement explosives, se produisent souvent dans des eaux peu profondes et près des embouchures de rivières.
Et cette nouvelle rencontre est loin d’être un cas isolé. En avril dernier, le légendaire capitaine Martin Daly avait déjà filmé au drone un spécimen de près de trois mètres dans la même zone.
Il faut savoir que l’Indonésie détient le triste record mondial des conflits entre humains et crocodiles, avec plus de 1 100 attaques recensées (et plus de 500 décès) au cours de la dernière décennie. La destruction progressive de leur habitat naturel, notamment la dégradation des mangroves, pousse ces reptiles préhistoriques à s’aventurer toujours plus loin dans l’océan.
Macaronis reste incontestablement l’une des meilleures vagues de la planète. Mais partager l’eau avec un superprédateur fait malheureusement partie de la réalité de cet archipel sauvage. Si vous avez la chance de surfer Maca prochainement, la prudence est de mise : gardez les yeux ouverts et ne traînez pas dans l’estuaire.
Je me souviens très précisément du jour où j’ai décidé de prendre une planche pour la première fois. Ce n’était pas en regardant une compétition de surf sur la côte basque, ni en écoutant les récits des anciens. Non, tout a basculé devant un écran, en découvrant un gang de braqueurs de banques accros à l’adrénaline. Et je sais que je suis loin d’être le seul.
Cet été, préparez-vous à un monumental coup de vieux, mais pour la bonne cause : « Point Break » fête ses 35 ans. Pour marquer le coup, le chef-d’œuvre de Kathryn Bigelow, sorti en 1991, revient sur grand écran les 16 et 19 août prochains dans une version restaurée en 4K ultra-définition. L’occasion inespérée de revoir Bodhi et Johnny Utah là où ils doivent être vus : dans une salle obscure.
Quand on y repense, Hollywood a souvent massacré la culture surf. Mais ce film avait quelque chose de différent. Une authenticité brute au milieu du chaos. Les répliques devenues cultes (« Bells plus gros que Waimea, impossible mon frère »), le casting parfait avec Keanu Reeves et le regretté Patrick Swayze, sans oublier l’apparition d’Anthony Kiedis… Tout était aligné pour créer la légende. Bon, soyons honnête ce n’est pas un chef d’oeuvre cinématographique, mais c’est un peu ma madeleine de Proust à moi.
Cette réédition limitée nous réserve d’ailleurs une belle surprise : une introduction exclusive de Matt Archbold. Véritable légende de San Clemente, c’est lui qui doublait Patrick Swayze sur les vagues et entraînait les acteurs avant les prises. Il y partagera des anecdotes de tournage inédites sur les risques pris à l’époque et cet irrépressible besoin de liberté qui imprègne chaque image.
Si vous avez grandi avec les exploits des « Ex-Présidents », ou si vous cherchez juste à comprendre pourquoi tant d’entre nous ont un jour voulu braver l’océan, vous savez où être à la mi-août.
On se souvient tous du légendaire Code Red Swell à Teahupoo en 2011. Mais ce que vous ignorez peut-être, c’est le drame qui s’est joué en coulisses juste après le terrible wipeout de Maya Gabeira.
Dans une récente interview, la chargeuse brésilienne a dévoilé le message choc envoyé par Kelly Slater en personne, peu après le drame : « Tu n’es pas prête. Tu mets les gens autour de toi en danger […] et je pense que si tu continues, tu vas mourir. Je te recommande vivement d’arrêter. »
Une sentence glaciale. Maya raconte l’avoir lu, en avoir ri, avant de continuer sa route.
Mais dans le milieu, les langues se délient. Le photographe emblématique Tom Servais a tenu à clarifier les choses : ce n’était pas du sexisme. Selon lui, Kelly et Laird Hamilton estimaient simplement que le courage de la surfeuse ne compensait pas son manque de technique pure. Julian Wilson, aux premières loges ce jour-là, appuie ce constat : « J’étais à trois mètres d’elle quand la première vague l’a balayée alors qu’elle nageait vers sa planche. […] C’était une situation terrifiante. »
Ces sessions extrêmes n’ont pas seulement laissé des traces physiques, elles ont aussi fait exploser son entourage. Gabeira garde aujourd’hui une rancœur tenace envers son mentor de l’époque, Carlos Burle. La raison ? Après l’avoir réanimée lors d’un autre drame à Nazaré, il l’a expédiée à l’hôpital pour retourner surfer la vague du jour. Une trahison ultime qui s’est terminée par une bagarre à poings nus entre Burle et le petit ami de Maya, Sebastian Steudner.
Dans le surf de gros, l’océan n’est décidément pas le seul à faire de violents dégâts.
Jérémy Florès a mené Kauli Vaast jusqu’à l’or olympique à Teahupo’o. Autant dire que niveau coaching, le Réunionnais sait de quoi il parle. Pourtant, l’ancien pensionnaire du CT vient de lâcher un message qui prend à contre-pied la tendance actuelle du « tout-analytique ».
Aujourd’hui, les surfeurs de haut niveau sont entourés d’armadas : préparateurs physiques, analystes vidéo, psys. Une structure que Florès juge nécessaire pour la compétition moderne, mais qui cache un piège redoutable. « Le surf est censé être simple, instinctif », rappelle-t-il. Face à la sur-intellectualisation de la glisse, le constat est sans appel : à trop disséquer la technique, on en oublie l’océan.
L’art avant la méthode
Pour lui, la véritable essence du surf reste la liberté et le feeling. Son conseil aux jeunes loups du circuit ? Ne jamais perdre cette flamme spontanée. « C’est votre projet. C’est vous qui passez des heures à l’eau, qui gérez vos doutes et la pression », insiste-t-il, avant de lâcher la phrase qui résume tout : « Le rôle d’un coach n’est pas de surfer à votre place. »
Le coach est une boussole, un regard extérieur pour booster la confiance. Mais au moment de ramer sur la série de sa vie, la méthode s’efface. Seul l’instinct reste.
Vous avez toujours rêvé de savoir ce qui se passe dans les coulisses d’une alerte rouge au Portugal ? Oubliez la falaise bondée, le froid glacial et les jumelles. Nic Von Rupp vient de lancer une offre qui vous plonge littéralement dans les entrailles du monstre. Mais attention, le ticket d’entrée risque de vous faire avaler la tasse.
Pour la modique somme de 6 000 euros, le chargeur portugais vous ouvre les portes de son cercle très fermé. L’expérience commence bien avant la mise à l’eau : dès l’annonce d’une houle massive, vous intégrez son groupe WhatsApp privé pour suivre l’évolution des cartes. Une fois le feu vert donné, direction Lisbonne. Si le vol reste à votre charge, les transferts et deux nuits d’hôtel sont assurés.
Au programme de cette immersion totale ? Vous assistez à la préparation millimétrée dans son hangar de Praia do Norte, avant de grimper sur un jet-ski pour deux heures d’action directement dans la zone de surf – heureusement à bonne distance des montagnes d’écume. La journée se poursuit avec une place de choix au sommet du fort, au chaud avec les spotters, avant de partager le débriefing. Vous finirez même dans le bain froid avec le surfeur avant un dîner exclusif pour célébrer la survie de l’équipe.
Derrière cette offre hors norme se cache une réalité financière cruelle : surfer Nazaré coûte une fortune. La sécurité, l’entretien des machines et la logistique exigent des budgets colossaux. Très peu de surfeurs de gros vivent uniquement de leurs exploits à l’eau. Dans ce line-up devenu une véritable arène économique brassant des millions d’euros chaque hiver, les pilotes de jet-ski de classe mondiale gagnent d’ailleurs souvent mieux leur vie que les athlètes eux-mêmes.
Nazaré n’est plus juste une vague, c’est une industrie. Alors, prêt à faire chauffer la carte bleue pour le frisson d’une vie ?
C’est une critique qui lui colle à la peau, et soyons honnêtes, elle est légitime. Malgré tout son immense talent, Filipe Toledo a une peur évidente des grosses vagues. Ses prestations souvent effacées sur des spots comme Pipeline ou Teahupo’o le prouvent régulièrement : il lui manque cet engagement total dans le surf pour s’asseoir définitivement à la table des vraies légendes de ce sport. Il n’est certes pas le seul sur le Tour dans cette situation, mais avec ses titres mondiaux, l’attente du public est impitoyable.
Pourtant, l’histoire pourrait prendre une tournure inattendue. Lors d’un récent échange en podcast avec Jack Freestone, Albee Layer, l’un des locaux les plus engagés et francs de Maui, a tendu une perche redoutable au Brésilien : une invitation formelle à venir se frotter au monstre de Jaws (Pe’ahi).
« Imaginez s’il le fait pour faire taire tous ses détracteurs », a glissé l’Hawaïen. Un avis validé par Freestone, intimement persuadé que Toledo a les capacités mentales pour relever le challenge.
Il y a quelques semaines, le Brésilien évoquait justement son envie de se tester un jour à Nazaré et Jaws. L’invitation est désormais publique. Filipe Toledo ira-t-il chercher sa rédemption pour clouer le bec à ses haters ? (dont moi et je n’attends que ça) Le monde du surf n’attend que ça.
Oubliez les vagues molles et les séries sans fin. La première étape des Challenger Series 2026 à Ballito vient de nous offrir un beau spectacle. Deux athlètes ont littéralement retourné le spot sud-africain le samedi 18 juillet, chacun avec une histoire qui force le respect.
Le miracle portugais : Teresa Bonvalot revient de l’enfer
Imaginez devoir rester hors de l’eau pendant des mois après une opération chirurgicale compliquée due à de simples épines d’oursin plantées dans le pied. C’est le cauchemar qu’a vécu Teresa Bonvalot. Et pourtant, la native de Cascais a déjoué tous les pronostics.
Dans une finale 100 % portugaise – une première absolue en 57 ans d’histoire de l’événement – elle a affronté sa compatriote et grande amie Francisca « Kika » Veselko. Faisant preuve d’une intelligence tactique redoutable, Bonvalot s’est décalée plus au nord du banc de sable pour dénicher des vagues glassy dans le dos de son adversaire. Ses puissants turns backside ont été fatals.
« C’est irréel. Si vous m’aviez dit que j’allais gagner mon premier événement après si longtemps, je vous aurais cru en plein rêve », a lâché Bonvalot, submergée par l’émotion à sa sortie de l’eau.
Du côté de Veselko, cette deuxième place agit tout de même comme une bouffée d’oxygène après un début d’année sans gagner la moindre série sur le CT.
Cole Houshmand sort l’artillerie lourde (et frôle la casse)
Chez les hommes, le Californien Cole Houshmand avait faim. Très faim. Après une entame de saison laborieuse sur le Championship Tour, le vainqueur du Ballito Pro 2023 n’avait qu’un seul objectif : retrouver son rythme de croisière.
Mais face à lui en finale, le Brésilien Weslley Dantas (28 ans) était complètement en feu, multipliant les air reverses frontside hallucinants. Face à cette démonstration aérienne, Houshmand a dû prendre des risques insensés.
« Je pensais pouvoir m’en tenir à mon power surfing, mais quand il a posé ce premier air, j’ai su qu’il fallait que je joue à son jeu », a expliqué l’Américain.
Pour contrer Dantas, Houshmand s’est envolé sur une rampe de lancement parfaite pour replaquer un straight air massif. Un atterrissage d’une violence telle qu’il a avoué avoir eu peur de briser sa planche en deux. Verdict des juges ? Un 8.90/10 magistral qui plie le match et lui offre un deuxième titre à Ballito.
Houshmand et Bonvalot prennent ainsi la tête des classements Challenger Series. La prochaine bataille ? Le Lexus US Open of Surfing à Huntington Beach, dès le 25 juillet. La course à la qualification est officiellement lancée, et le niveau n’a jamais été aussi élevé.
Vous pensiez que le King avait définitivement tiré sa révérence ? Détrompez-vous. À 54 ans, Kelly Slater sera bien au line-up du prochain Outerknown Tahiti Pro 2026. Mais si son retour sur la mythique vague de Teahupoo aurait dû être une fête, il se transforme en polémique. Et pour cause : la manière dont il a obtenu sa wildcard est discutable.
Le sponsor, le boss et le passe-droit
Traditionnellement, le sponsor principal d’une étape du CT offre sa fameuse wildcard (invitation) à un jeune talent local. C’est l’occasion en or pour un rookie de briller face aux meilleurs mondiaux. Le hic ? Le sponsor à Tahiti s’appelle Outerknown. C’est la propre marque de vêtements « éco-responsables » de Kelly Slater.
Au lieu de propulser un prodige tahitien sur le devant de la scène, le divin chauve s’est tout simplement auto-invité.
Sur les réseaux, les médias et dans les podcasts spécialisés, la pilule a du mal à passer. Et soyons claire, la communauté est partagée entre :
La frustration : L’impression tenace que Slater « double tout le monde dans la file d’attente », comme il l’a souvent fait dans le passé.
L’erreur de com’ : La WSL aurait pu inviter Kelly pour l’ensemble de son œuvre, laissant la marque offrir sa place à un local.
Et s’il raflait la mise à la fin ?
Malgré l’agacement de voir le King confisquer la place d’un jeune, une vérité incontestable demeure. Slater est un maître absolu du tube. Si Teahupoo offre un swell ouest massif, son sens du placement sur le récif reste inégalé.
Dites-lui qu’il est trop vieux ou qu’il n’a plus le niveau, c’est exactement là qu’il devient le plus dangereux. S’il gagne ce contest, cela pourrait même lui donner des idées.
Slater n’a plus rien à prouver, mais il refuse de raccrocher. Coup de génie marketing ou ego démesuré ? Une chose est sûre : quand Kelly dropera sa première bombe à Teahupoo, vous arrêterez de scroller pour regarder comme tout le monde….
Le couperet est tombé sur les vagues sud-africaines de KwaDukuza. Alors que le Ballito Pro 2026, première étape des Challenger Series, entre dans sa phase finale, les deux derniers représentants français ont vu leur parcours s’arrêter net en huitièmes de finale. Le constat est lucide : nos surfeurs sont tombés sur plus forts qu’eux.
La puissance de Houshmand a eu raison de Braye
Dans la quatrième série de la journée, Mihimana Braye faisait face à un gros morceau : l’Américain Cole Houshmand, ancien vainqueur de l’épreuve. Le Tahitien n’a pas démérité, mais il a dû s’incliner face à l’évidence. Houshmand a dicté le rythme de bout en bout grâce à un surf tout en puissance et, surtout, un bon choix de vague. Ne voulant pas attendre les dernières minutes pour scorer, l’Américain a rapidement mis la pression pour s’imposer logiquement avec un total de 15.33 contre 11.36 pour Braye. Houshmand retrouvera le Brésilien Ian Gouveia en quarts.
Frustration pour Quivront face à Marshall
La série suivante n’a malheureusement pas ramené le sourire dans le camp tricolore. Charly Quivront affrontait le Californien Jake Marshall dans un duel tactique. Le scénario est tout aussi dur : il a simplement manqué une deuxième vague de qualité à Charly pour pouvoir rivaliser jusqu’au coup de corne. Marshall, plus opportuniste sur ses choix au line-up, valide son ticket pour les quarts sur un score de 13.83 à 12.00.
Le tableau final se dessine
Sans les Français, la compétition se poursuit avec un casting très relevé. Chez les hommes, l’Australien Jarvis Earle, impressionnant de fluidité (15.00), et le rookie californien Taj Lindblad seront à surveiller de près en quarts de finale. Du côté féminin, les affiches des demi-finales sont connues : la Basque Ariane Ochoa, tombeuse de Sierra Kerr au bout du suspense, défiera la Portugaise Francisca Veselko, tandis que la Péruvienne Sol Aguirre affrontera Teresa Bonvalot.
Le prochain call est fixé vendredi matin pour le couronnement des vainqueurs.
Imaginez : 9 nuits face aux vagues mythiques de Peniche, un accès VIP exclusif à toutes les séries du MEO Rip Curl Pro, et un guide local aux petits oignons pour vous dégoter les meilleurs spots de surf sauvages du coin. Ça fait rêver ? C’est l’expérience ultra-VIP que propose la WSL pour son étape portugaise. Mais attendez de voir la douloureuse.
Pour vivre ce fantasme de surfeur fortuné, le ticket d’entrée pique un peu les yeux. Il faudra débourser entre 6 295 $(en chambre double) et 8 295$ (si vous voyagez en solo). À ce tarif, le pack inclut l’hébergement haut de gamme, des guides locaux pour scorer des sessions parfaites hors des sentiers battus lors des jours de flat, et des excursions culturelles dans les plus beaux vignobles de la région.
Mais voici le détail qui fâche : pour près de 8 300 $, vos billets d’avion ne sont pas compris. Pire encore, les repas du midi et du soir restent entièrement à votre charge. Seul le petit-déjeuner est inclus. À ce prix-là, on aurait au moins pu espérer un chef privé pour nous cuisiner des pastéis de nata tout chauds à la sortie de l’eau. Alors, expérience ultime ou folie pure ? On vous laisse faire le calcul.
Le surf professionnel sait se montrer d’une injustice rare. Alors que les vagues consistantes de 4 à 6 pieds de Willard Beach offraient un spectacle impressionnant pour ce round de 32, le clan tricolore a vécu un ascenseur émotionnel intense. Au cœur de cette journée, le sort s’est acharné sur Jorgann Couzinet, éliminé prématurément de la compétition sud-africaine dans des circonstances particulièrement frustrantes.
Une série d’anthologie mais un manque d’opportunités pour Couzinet
Tout n’avait pas commencé de la meilleure des manières pour Jorgann Couzinet, qui a commis quelques erreurs de placement en début de heat. Pourtant, le Réunionnais s’est rapidement ressaisi pour se retrouver acteur de ce qui restera sans doute comme l’une des plus belles batailles de la journée.
Engagé dans un duel aérien et puissant face au Brésilien Weslley Dantas — auteur d’un énorme air reverse récompensé d’un 8,70 — Jorgann a répliqué avec ses armes : des turns ultra-engagés et des enchaînements puissants. Malheureusement, dans ce festival de gros combos et de manœuvres progressives, le Français a manqué d’une dernière vague offrant le potentiel nécessaire pour exprimer pleinement son surf et combler l’écart. Un manque de réussite qui lui coûte une place en huitièmes de finale, malgré une prestation qui aurait mérité de passer dans n’importe quelle autre série.
L’expérience paye pour Charly Quivront et Mihimana Braye
Si la pilule est difficile à avaler pour Couzinet, le reste du contingent bleu affiche une solidité exemplaire. Mihimana Braye et Charly Quivront ont parfaitement géré la pression en faisant parler leur expérience des Challenger Series.
Dans des conditions changeantes et sélectives, les deux surfeurs ont assuré l’essentiel sans chercher le coup d’éclat inutile. Une approche tactique et clinique qui leur permet de franchir ce tour crucial.
Ce résultat est particulièrement encourageant pour Charly Quivront. Par le passé, le Français avait parfois tendance à se faire piéger dans ce genre de séries à haute tension. En parvenant à sécuriser sa qualification avec autant de sang-froid, il prouve sa maturité et valide ses ambitions de qualification pour le CT.
La compétition continue en Afrique du Sud avec nos deux derniers représentants tricolores, déterminés à porter haut les couleurs françaises dans ces vagues de classe mondiale.
En tant que surfeur, on a tous le réflexe de scruter les cartes météo de l’Atlantique Nord pour débusquer la prochaine houle. Et si le grand chef d’orchestre de nos saisons de surf opère à des dizaines de milliers de kilomètres de nos côtes : dans le Pacifique.
Le phénomène climatique El Niño, caractérisé par un réchauffement anormal des eaux équatoriales, ne se contente pas de bouleverser la météo américaine ou asiatique. Par un immense effet domino atmosphérique, il dicte l’humeur de l’océan Atlantique et, par ricochet, la qualité de vos sessions sur le littoral français. Fini les théories scientifiques complexes, voici concrètement ce que ce monstre climatique change pour vous.
L’été et l’automne : le syndrome du « lac Atlantique »
Si vous trouvez qu’en ce mois de juillet 2026, l’Atlantique ressemble davantage à une piscine municipale qu’à un terrain de jeu pour surfeurs, vous avez trouvé le coupable.
La phase de développement d’El Niño, qui s’étale souvent sur le printemps et l’été, agit comme un bouclier anticyclonique au-dessus de l’Europe occidentale. Concrètement, le ciel se fige. Les dépressions sont bloquées bien au nord, et le Golfe de Gascogne se transforme en un immense plan d’eau étale. Pendant des semaines, la pratique du surf se limite alors à traquer les rares vaguelettes soulevées par le vent thermique de l’après-midi. Pour l’instant, cela se confirme…
Pire encore, El Niño coupe littéralement l’herbe sous le pied de la saison des ouragans dans l’Atlantique tropical. Ses vents d’altitude « cisaillent » les tempêtes tropicales avant même qu’elles ne se forment. Conséquence directe pour nous : adieu les fameuses « houles cycloniques » d’automne, ces houles longues, propres et puissantes qui font d’ordinaire la magie des mois de septembre et octobre dans les Landes ou au Pays Basque.
L’hiver : quand la machine à houle devient hors de contrôle
Si l’été est frustrant, l’hiver sous l’influence d’El Niño réserve un scénario inverse, parfois effrayant. Lorsque le phénomène atteint son apogée thermique (entre novembre et février), il dérègle le courant-jet. C’est ici qu’entre en jeu un indicateur dont vous allez beaucoup entendre parler : l’indice WEPA (West Europe Pressure Anomaly).
Développé par des chercheurs français, cet indice explique à lui seul jusqu’à 80 % de la puissance des vagues hivernales chez nous. Lors d’un hiver El Niño, la WEPA a tendance à s’affoler. Le couloir des dépressions atlantiques s’abaisse vers le sud et pointe directement sur le Golfe de Gascogne.
Le résultat ? Des trains de houle massifs et continus s’abattent sur nos côtes.
Saison sous El Niño
État de l’Océan
Caractéristiques de la houle
Conditions de vent (générales)
Été / Automne
Calme (« Lac Atlantique »)
Absente à très faible
Thermiques locaux
Hiver
Tempétueux
Très longue période (massive)
Forts vents Onshore (défavorables)
C’est l’heure de gloire pour les spots de gros surf du Pays Basque (comme Belharra ou Parlementia) qui encaissent ces ondes titanesques de plus de 15 secondes de période. Le revers de la médaille, c’est que ces tempêtes sont souvent accompagnées de vents d’ouest destructeurs. Les beach breaks aquitains et bretons deviennent des champs de bataille chaotiques, obligeant les surfeurs à migrer vers les rares spots de repli capables de filtrer cette énergie.
Érosion et eau bouillante : la mutation de nos spots
Au-delà de la taille des vagues, l’empreinte d’El Niño modifie durablement le terrain de jeu.
Le recul des plages : L’assaut répété des houles hivernales XXL extraie massivement le sable de nos plages et de nos dunes. En une seule saison hivernale boostée par El Niño, le trait de côte peut reculer de plusieurs dizaines de mètres.
Des canicules marines asphyxiantes : Poussé par le réchauffement climatique et la chaleur libérée par El Niño, l’Atlantique surchauffe. En 2026, l’eau a parfois dépassé les 22,5°C dans le Golfe de Gascogne. Si surfer en boardshort est agréable, cette température est une catastrophe écologique : elle favorise les bactéries, détruit les écosystèmes locaux, et perturbe la vie marine.
En fin de compte, El Nino est un phénomène météorologique complexe dont il est parfois difficile de comprendre les impacts sur nos côtes françaises. De mémoire de surfeur, on a tendance à dire qu’un été El Nino est plutôt flat, avec beaucoup de houles courtes. Alors que l’hiver, le phénomène a dans le passé créé des houles XXL. On se donne rendez-vous dans un an pour faire le bilan.
Si vous avez passé le cap de la quarantaine, ce nom réveille forcément en vous le souvenir d’interminables sessions virtuelles. En 2002, Kelly Slater’s Pro Surfer débarquait sur nos immenses télévisions cathodiques. Plus de deux décennies plus tard, une simple vidéo de gameplay vient de créer un buzz inattendu sur les réseaux, accumulant les réactions ébahies. La raison ? Le réalisme de l’océan.
« La physique de l’eau est encore meilleure que dans certains jeux d’aujourd’hui », s’étonne un internaute face aux images de la vague de Teahupo’o. Développé à l’âge d’or des jeux de glisse, ce titre est au surf ce que Tony Hawk’s Pro Skater est au skateboard : une légende fondatrice. On a poncé ce jeu sur nos vieilles PlayStation jusqu’à en effacer les boutons de la manette, enchaînant les combos irréels sur les spots de Pipeline ou de Mundaka.
À quand la relève ?
Depuis ce coup de maître d’Activision, notre sport a tristement déserté le paysage vidéoludique majeur sur console. Il existe bien des jeux sur les mobiles comme True Surf, que j’aime bien, me lançant dans des combats sans fin avec mes enfants, chacun sur son mobile. En attendant de voir si les rumeurs persistantes d’une option surf dans le très attendu GTA VI se confirment, la référence absolue reste inchangée. De quoi donner sérieusement envie d’aller fouiller dans les cartons du garage pour rebrancher sa bonne vieille PS2.
Le soleil déclinait sur la plage du Miramar, mais ce n’est pas la beauté du crépuscule qui a marqué ce mardi soir. C’est ce silence, lourd, presque palpable, que 150 surfeurs à Biarritz sont venus briser avec respect. Deux semaines après le drame qui a coûté la vie à Salomé Lasla Boireau et Louis Bel Chabauty, happés par l’effondrement d’une falaise au phare de Biarritz, la communauté a choisi l’eau pour leur dire au revoir.
La famille nous a transmis cette vidéo pour la partager, et rendre un dernier hommage à Salomé et Louis, deux amoureux de l’océan. Toutes nos condoléances….
Le « Paddle Out », un dernier lien avec l’océan
Le rituel est connu des habitués des spots, mais chaque cérémonie reste unique dans sa douleur. Ramer jusqu’au pic, planche sous le bras, n’est pas un acte sportif ici : c’est une communion. Dans le creux des vagues, les planches se sont soudées pour former un cercle. Au centre, l’absence de Salomé et Louis, comblée par la mémoire de leurs proches.
La symbolique a atteint son paroxysme lorsque la mère de Salomé, embarquée par la SNSM, a dispersé les cendres de sa fille. Dans ce geste, tout le paradoxe de notre passion a refait surface : cette mer qui nous donne tant et qui, parfois, reprend tout.
Une tristesse qui traverse les côtes
Cet hommage ne s’est pas limité au Pays basque. La veille, sur la plage Nord de Lacanau, c’est le HCL Océan Club qui s’est figé. Salomé, ancienne licenciée, y a laissé des souvenirs de bodyboard, de voyages et une joie de vivre que ses anciens camarades peinent encore à réaliser éteinte.
Plus qu’une tragédie locale, c’est l’histoire de deux amoureux de l’océan, liés par le destin jusqu’à cette troublante ressemblance avec la légende de la Chambre d’Amour. S et L. Un écho qui, pour les parents de Louis, devient une étrange source de résilience. Face à l’horizon, le cercle s’est finalement ouvert, laissant les fleurs dériver vers le grand large. Un dernier salut, en toute simplicité.
Si vous pensiez que l’adrénaline de Lewis Hamilton se limitait aux cockpits étriqués et aux pointes à 350 km/h sur l’asphalte, vous faites fausse route. Loin de l’effervescence des paddocks, le septuple champion du monde de Formule 1 nourrit une obsession bien plus brute. Une passion viscérale pour l’océan qui l’a poussé à se frotter aux vagues les plus redoutables de la planète et à s’attirer le respect des plus grands noms du surf mondial.
Une vidéo virale : un 360 old school qui enflamme le circuit
C’est sur Instagram que le pilote britannique a récemment fait trembler la sphère surf. Oubliez les monoplaces, Hamilton s’est affiché sur un wake surf, sculptant une vague artificielle dans le sillage d’un bateau de haute performance. Mais ce n’est pas tant sa présence sur l’eau qui a choqué, c’est la manœuvre qu’il a plaquée avec une déconcertante facilité.
Hamilton a posé un 360 degrés à plat sur la vague d’un bateau. Bon, pour être honnête, je n’ai pas crié d’extase, mais c’est plutôt cool de voir que Lewis Hamilton n’est pas le boss partout. Bon, bien évidemment, tout le monde l’applaudit alors que moi, personne ne m’envoie des DM. Kai Lenny a salué un moment « épique », le Brésilien Italo Ferreira a souligné qu’il « connaissait cette sensation », tandis que le compte officiel de la WSL n’a pu s’empêcher d’applaudir la performance. Il y en a qui cherche à avoir des places gratuites pour le prochain grand prix.
25 pieds à Pipeline : la fois où il a cru voir sa dernière heure
Mais l’engagement du Britannique ne se limite pas aux vagues dociles d’un lac ou aux piscines à vagues, bien qu’il soit un habitué du Surf Ranch de Lemoore. Son amour pour l’océan l’a conduit sur le North Shore d’Oahu, face à la reine des vagues : Pipeline.
Dans une interview révélatrice, Hamilton a raconté cette session d’anthologie aux côtés du GOAT en personne, Kelly Slater. Le décor ? Un Pipe fumant, annoncé à « 25 pieds » selon les dires du pilote. Slater lui aurait formellement déconseillé d’y aller, ce à quoi Hamilton a répondu avec l’entêtement d’un champion : « Kelly, j’y vais. »
La suite ressemble à un cauchemar pour n’importe quel surfeur amateur. Alors que Slater s’engouffrait dans un tunnel massif, Hamilton s’est retrouvé dans la zone d’impact. « J’ai dû m’assurer de ne pas être aspiré. J’ai plongé, s’est-il souvenu. J’ai attrapé le reef et j’ai prié. J’ai entendu la lèvre exploser derrière moi comme une bombe. Ma planche a été arrachée et coupée en deux. »
Hamilton avoue avoir vu la mort de très près ce jour-là. Entre nous, annoncer 25 pieds à Pipe relève sans doute d’une petite exagération floridienne — il barbotait fort probablement sur l’épaule d’Ehukai Beach Park pour sauver sa peau. Mais survivre à un gros set fantôme sur ce banc de sable reste une épreuve terrifiante qui force le respect.
La quête d’une connexion plus pure
Pourquoi un homme qui risque sa vie à chaque virage sur circuit cherche-t-il à s’infliger de telles frayeurs sous l’eau ? La réponse réside dans la déconnexion absolue.
Le surf est devenu son exutoire physique et émotionnel. Hamilton l’avoue lui-même : être au large, sentir la puissance de l’océan, le ramène à une humilité nécessaire. Il ne s’agit plus de dompter une machine sur-motorisée, mais d’accepter la suprématie de la nature. Il a d’ailleurs déclaré vouloir, un jour, surfer quotidiennement pour ne faire plus qu’un avec cet élément.
Une belle leçon de lâcher-prise pour celui qui passe sa vie à traquer le moindre millième de seconde.
Le réveil est particulièrement difficile pour le clan tricolore en Afrique du Sud. Alors que le Ballito Pro ouvrait la saison des Challenger Series 2026 dans des conditions initialement idylliques, le surf français vient de perdre sa toute dernière représentante féminine. Tessa Thyssen a été éliminée ce matin au Round of 32, laissant un goût amer d’inachevé sur le spot de KwaDukuza.
Le piège d’un jour sans pour Tessa Thyssen
Il y a des jours où rien ne veut sourire, et ce mardi en fait clairement partie. Engagée dans la sixième série de la matinée face à l’Australienne Ellie Harrison et la Costaricienne Leilani McGonagle, Tessa Thyssen n’a jamais réussi à trouver le bon tempo, ni surtout les vagues capables de scorer.
Dans un line-up solide de 4 à 6 pieds devenu extrêmement sélectif, la Française s’est retrouvée bloquée, sans réelles opportunités pour exprimer son surf. Elle plie bagage prématurément avec un tout petit total de 5,06 points. Cette élimination frustrante sonne la fin des espoirs bleus dans le tableau féminin.
Du grand spectacle et des exploits héroïques
Si la déception est de mise côté français, le show a pourtant été grandiose avant que le vent onshore ne vienne gâcher la fête en début d’après-midi. La performance fracassante du jour est à mettre au crédit de la Basque Ariane Ochoa. Avec un surf backside ultra-engagé sur un mur massif double overhead, elle a envoyé deux énormes turns pour décrocher un 9,00 d’anthologie, éliminant au passage la pensionnaire de l’élite Isabella Nichols.
Autre démonstration de courage : celle de la Brésilienne Laura Raupp. Blessée au pied par ses propres dérives lors d’une session d’entraînement un peu plus tôt dans la semaine, elle a surfé avec trois points de suture pour s’offrir une victoire de prestige face à Francisca Veselko, grâce à un enchaînement noté 8,10.
Des dauphins au line-up et un vent capricieux
Le moment magique de la journée est survenu lors de la série ultra-serrée de la locale Sarah Baum et de la vétérante Sally Fitzgibbons. Un immense banc de dauphins est venu jouer les invités surprises, surfant les bombes sud-africaines aux côtés des compétitrices dans un final à couper le souffle où Baum a arraché la première place sous les acclamations du public.
La compétition masculine a ensuite été interrompue par les organisateurs après seulement deux séries à cause de la dégradation du plan d’eau. Si Ryan Kainalo et Vitor Ferreira ont validé leur ticket pour les huitièmes. Par contre, élimination du marocain Teva Bouchagua. On attend désormais l’entrée en lice des Français Mihimana Braye, Charly Quivront et Jorgann Couzinet, qui auront la lourde tâche de laver l’affront tricolore dès la prochaine occasion.
Vous connaissez la stratégie. S’inscrire à une épreuve QS locale sur le même spot, juste avant le grand lancement des Challenger Series. C’est le calcul tactique que font de nombreux surfeurs pros pour prendre leurs marques dans des conditions de compétition optimales.
L’Hawaïen Finn McGill avait exactement ce plan en tête pour Ballito, en Afrique du Sud. Et tout se passait à merveille. Il s’était hissé avec brio jusqu’en finale du QS 2000, validant haut la main sa préparation.
Une manœuvre banale, des conséquences désastreuses
Ce n’est pas sur un drop monstrueux du North Shore que le chargeur hawaïen a vu sa saison basculer. Sur la toute première vague de sa série, après avoir replaqué un turn floater, McGill chute au bottom turn. Il plante sa main dans l’eau, perd le contrôle de ses appuis et heurte violemment la surface, la tête la première.
Le verdict physique est immédiat : l’épaule saute.
Mais le cauchemar ne fait que commencer. Coincé dans la zone d’impact avec une épaule luxée, l’Hawaïen se fait littéralement chahuter par les séries suivantes. Heureusement, le compétiteur sud-africain Luke Thompson intervient pour le ramener vers le rivage. Sur le sable, le corps de McGill a tellement compensé que ses muscles sont complètement tétanisés. Les secours sont incapables de lui remettre l’épaule en place sur la plage, l’obligeant à un passage forcé par l’hôpital.
Un calendrier qui ne pardonne pas
« C’est nul que ça arrive la veille du début des Challenger Series, mais c’est la vie j’imagine », a déclaré McGill sur ses réseaux, prenant le temps de remercier ceux qui l’ont sorti de l’eau.
La réalité sportive est pourtant cruelle. Commencer la saison de qualification de cette façon est un véritable désastre. Contraint de se retirer du tableau du Ballito Pro qui vient de s’ouvrir, McGill voit sa campagne CS sérieusement compromise. Quand on sait que le circuit enchaîne directement avec l’US Open de Huntington Beach dans à peine 15 jours, on peut légitimement douter de sa présence en Californie. Le délai semble bien trop court pour rééduquer une articulation aussi cruciale.
Un choix de préparation qui était brillant sur le papier, anéanti en une fraction de seconde.
Le premier stop de la Challenger Series 2026 a tenu toutes ses promesses aujourd’hui en Afrique du Sud. Dans des vagues consistantes de 1,50 m à plus de 2 mètres (4 à 6 pieds), le spot de Ballito a offert un spectacle grandiose, mais surtout un scénario de rêve pour le surf tricolore. Trois Français officiels en lice, un « médocain d’adoption » sous drapeau marocain, et au final : quatre qualifications magistrales pour le Round of 32. Retour sur une journée parfaite.
Mihimana Braye dompte les favoris
Dans la cinquième série de la journée, le Tahitien Mihimana Braye a livré une prestation de patron. Opposé notamment au solide Brésilien Ian Gouveia et surtout au tenant du titre local, Luke Thompson, Mihimana n’a pas tremblé. En trouvant des trajectoires ultra-tendues et en fracassant les sections critiques backside, il s’empare de la première place avec un total de 12,64 points. Une victoire de prestige qui élimine d’entrée le champion en titre sud-africain et lance idéalement la dynamique bleue.
Jorgann Couzinet retrouve son surf de puissance
On connaît la hargne et la puissance de Jorgann Couzinet lorsque l’océan muscle son jeu. Le Réunionnais a retrouvé son meilleur niveau dans la série 15. Face à une opposition féroce menée par l’Américain Kade Matson, Jorgann a patiemment construit sa série. Grâce à ses turns puissants et engagés sur les sections critiques, il s’impose avec un excellent total de 14,10 points. Une première place rassurante qui prouve qu’il faudra compter sur lui pour la suite des hostilités.
Charly Quivront assure l’essentiel
De son côté, le Royannais Charly Quivront a dû batailler ferme dans la série 9. Face à un Jake Marshall (USA) très en jambes (13,23 points), Charly a su rester calme et passé cette série à l’expérience. Avec un total de 11,77 points, il s’octroie une deuxième place salvatrice, éliminant au passage l’Espagnol Conor Donegan Dos Santos. Le contrat est parfaitement rempli.
Teva Bouchgua, la surprise girondine
Impossible de ne pas associer à cette fête Teva Bouchgua. S’il surfe officiellement sous les couleurs du Maroc, le surfeur réside et s’entraîne quotidiennement à Carcans, en Gironde. Dans la deuxième série du jour, Teva s’est fendu d’une superbe prestation tactique (9,00 points) pour décrocher la deuxième place qualificative derrière le Brésilien Ryan Kainalo. Sa qualification vient compléter ce tableau idyllique pour le clan de l’Hexagone.
Les cadors au tapis, les jeunes s’envolent
Au-delà de la réussite tricolore, cette journée du Round of 64 a été marquée par d’énormes surprises. Le gros coup de tonnerre est venu de l’élimination de l’Australien Jacob Willcox (ex-pensionnaire de l’élite mondiale), sorti prématurément par le « giant-slayer » brésilien Vitor Ferreira.
Du côté du spectacle pur, le champion du monde junior WSL 2025, Dane Henry (AUS), a encore enflammé le spot avec ses envolées aériennes, tandis que le jeune Winter Vincent (AUS) a décroché la note du jour : un incroyable 9,33 après avoir survécu à un turn ultra-engagé dans une section qui fermait de manière terrifiante.
La prochaine décision de la direction de course aura lieu ce mardi 14 juillet à 6h30 (GMT+2) pour un lancement potentiel à 7h05.
Résultats des séries (Round of 64)
SÉRIE 2 : Ryan Kainalo (BRA) 12.17 DEF. Teva Bouchgua (MAR) 9.00, Taro Watanabe (USA) 8.83, Dimitri Poulos (USA) 8.67
SÉRIE 5 :Mihimana Braye (PYF) 12.64 DEF. Ian Gouveia (BRA) 12.47, Keijiro Nishi (JPN) 9.10, Luke Thompson (RSA) 7.10
La tension monte d’un cran entre le line-up et la tour des juges. Et cette fois, il ne s’agit pas d’une simple frustration liée à un score trop serré sur la dernière vague d’un heat, mais d’une remise en question brutale du casting même de la World Surf League.
L’interview de Griffin Colapinto
Au micro du podcast Stab Mic cette semaine, Griffin Colapinto a jeté un véritable pavé dans la mare. L’actuel top mondial estime que l’instance dirigeante devrait faire passer un test pratique sur l’eau à ses juges avant de valider leur embauche. La raison est implacable : un surfeur classique, même doté d’un excellent sens de l’observation, ne peut pas physiquement appréhender la biomécanique et la difficulté extrême d’un carving appuyé ou d’une rotation aérienne. Pour l’Américain, évaluer la justesse et l’engagement d’une manœuvre critique demande de l’avoir soi-même exécutée au plus haut niveau.
Un constat tranché qui a immédiatement fait réagir le GOAT en personne. Kelly Slater a appuyé le propos en faisant le parallèle avec d’autres disciplines ultra-exigeantes comme la gymnastique, les arts martiaux mixtes (MMA) ou le patinage artistique. L’ex-roi du Tour a souligné que le standard de jugement nécessitait une véritable expertise du terrain, tout en admettant qu’après une carrière éreintante sur le circuit, rares sont les anciens pros qui ont envie d’enfiler le maillot ingrat du juge.
Le cas Ben Dunn : l’évidence que la WSL ignore ?
Pourtant, c’est exactement vers ce vivier que la WSL devrait se tourner massivement. Si l’on se penche sur la liste des juges (comme celle qui avait fuité en 2018), certains profils d’anciens pensionnaires du WCT cochent toutes les cases pour rétablir cette légitimité.
Prenons l’exemple concret de Ben Dunn (fils dune coach surf très respecté). Ancien surfeur professionnel respecté, compétiteur féroce et habitué du WCT, l’Australien incarne le profil parfait. Il connaît la pression écrasante de la priorité, le timing d’une lecture de vague parfaite, et surtout, il maîtrise la technique pure. Intégrer davantage d’anciens guerriers du Tour de ce calibre dans la cabine permettrait non seulement d’affiner radicalement les scores, mais surtout de restaurer une confiance devenue très fragile entre les surfeurs et l’organisation.
La saison des Challenger Series (CS) 2026 vient d’être officiellement lancée sur la côte de KwaDukuza, en Afrique du Sud. Pour cette première journée du Ballito Pro 2026, l’océan a offert des conditions optimales : un plan d’eau propre de un mètre à un mètre cinquante, balayé par un vent offshore idéal. Si le spectacle international a tenu toutes ses promesses, la situation est déjà tendue pour le contingent tricolore.
Un effectif français réduit au strict minimum
Il faut se rendre à l’évidence : la délégation française est particulièrement mince cette année. Avec seulement quatre surfeurs et deux surfeuses engagés sur ce circuit d’accès à l’élite, les chances de qualification s’annoncent serrées, même si elles sont loin d’être nulles.
Ce manque de densité s’explique par deux facteurs majeurs :
Des WQS régionaux compliqués l’an dernier, qui ont laissé plusieurs de nos habitués sur le carreau.
L’élite qui a aspiré nos leaders, avec les montées légitimes de Kauli Vaast et Tya Zebrowski directement sur le CT.
Les premiers verdicts : Thyssen passe, Carrique et Goold éliminés
Dans l’eau, les premiers affrontements ont donné des résultats contrastés pour nos troupes. Tessa Thyssen a parfaitement fait parler son expérience du circuit international. Dans une série piégeuse du Round of 48, elle s’est imposée à l’expérience avec un total de 8,97 points, validant ainsi son ticket pour le tour suivant.
Le bilan est malheureusement plus lourd pour le reste des engagés du jour. Tiago Carrique s’arrête prématurément au Round of 80, terminant quatrième de sa série malgré un score honorable de 11,93 points. Même coup d’arrêt pour la jeune et très prometteuse Kiara Goold. À seulement 15 ans, elle quitte l’épreuve au Round of 48 avec un total de 9,96 points, impuissante face au festival de l’Australienne Sierra Kerr.
Tout l’espoir repose désormais sur l’entrée en lice de nos deux derniers guerriers dans le Round of 64 : Maihimana Braye que j’avais oublié dans un premier temps, Charly Quivront, redoutable quand les vagues sont bonnes, et Jorgann Couzinet, qui court après cette qualification de rêve depuis tant d’années.
Le show international : Vaughan et Kerr affolent les compteurs
Hors de nos frontières, cette entame a été marquée par des performances stratosphériques. L’Australien Joel Vaughan a envoyé une rotation aérienne massive notée 9,00, s’offrant le meilleur ride de la journée chez les hommes.
Chez les femmes, la performance du jour revient à Sierra Kerr. De retour aux affaires après de sérieux pépins de santé, la championne du monde junior a littéralement fracassé les sections sud-africaines pour claquer un total impressionnant de 16,83 points, incluant une vague frôlant la perfection à 9,33.
Le prochain call est fixé à lundi matin, 6h30, heure locale.
La 45e édition du Caraïbos Lacanau Pro s’est achevée en apothéose sur la Grande Plage. Après un début de semaine marqué par de petites vagues capricieuses, les bancs de sable girondins se sont réveillés pour offrir des conditions inespérées le jour des phases finales. Au bout du suspense, l’Allemand Hans Odriozola (enfin espagnol à la base) et l’Américaine Victoria Duprat ont tous les deux décroché leur tout premier titre sur le circuit Qualifying Series (QS 2,000) de la WSL.
Le hold-up parfait de Victoria Duprat en vacances
C’est l’histoire insolite de ce week-end en Gironde. Championne scolaire en Californie, Victoria Duprat était simplement en vacances en France avec ses proches, sa mère shapant ses planches et son père officiant comme coach.
Inscrite pour le plaisir sur cette épreuve, la jeune Américaine a survolé les débats. Après avoir écarté la favorite Lucia Machado en demi-finale, elle a dicté son rythme face à la Portugaise Erica Maximo lors de l’ultime série (13,60 points). Portée par sa famille locale et ses amis d’enfance, Duprat s’offre une victoire aussi inattendue que mémorable sur ses terres d’adoption.
Hans Odriozola : le sacre après le duel fratricide
Chez les hommes, Hans Odriozola tient enfin sa délivrance. Souvent placé mais jamais couronné à Lacanau, l’Allemand a dû passer par un ascenseur émotionnel rare en demi-finale : affronter son propre frère, Kai.
Une fois ce duel familial particulièrement difficile à gérer mentalement digéré, Hans a profité des droites canaulaises pour exprimer son meilleur surf et dominer le Français Noe Ledee en finale. Un succès fondateur qui lance parfaitement sa saison vers son objectif majeur : la qualification pour les Challenger Series.
Le circuit européen de la WSL prend désormais la direction de l’Angleterre pour le Boardmasters (QS 4,000), prévu du 5 au 9 août prochains.