Auteur/autrice : Kelly Slater

  • Filipe Toledo divise la communauté avec un air stratosphérique au Salvador (vidéo)

    Filipe Toledo divise la communauté avec un air stratosphérique au Salvador (vidéo)

    En direct d’El Zonte au Salvador, le double champion du monde Filipe Toledo vient de lâcher une bombe sur ses réseaux. Selon lui, il a plaqué le plus haut alley-oop de sa vie. Les images sont folles…

    Dans les commentaires, le débat fait rage. Si la légende Mick Fanning préfère son move mythique à Jeffreys Bay, tout le monde valide ce vol comme l’un des plus massifs de l’histoire. Éliminé prématurément au Round 2 par Kauli Vaast, Toledo quitte la compétition tôt mais signe l’action la plus mémorable de la semaine.

  • Duel électrique dans un gros 3 M à El Salvador : comment Marco Mignot a fait plier Yago Dora

    Duel électrique dans un gros 3 M à El Salvador : comment Marco Mignot a fait plier Yago Dora

    J’ai vu la série et honnêtement, le braquage est total, mais tellement mérité. Dans un spot verrouillé par des bombes massives d’un bon 3 mètres, Marco Mignot s’est offert le scalp du champion du monde Yago Dora au terme d’un duel d’une rare violence physique.

    Le Français a immédiatement planté le décor en scorant un 6,67 après une prise de risque monstrueuse sur sa dernière manœuvre. Dos au mur dans ces conditions musclées, le Brésilien a poussé ses dérives à la limite, mais ses espoirs se sont fracassés sur ses fins de vagues. C’est finalement à la dernière minute, sur un ride ultra-engagé noté 6,17, que Marco arrache la victoire pour un minuscule 0,01 point. Les Brésiliens vont hurler au vol, mais le patron, c’est Marco.

  • Ce jour où tout a basculé pour Léo-Paul Étienne avant de défier les vagues les plus lourdes du Pacifique

    Ce jour où tout a basculé pour Léo-Paul Étienne avant de défier les vagues les plus lourdes du Pacifique

    Quand un surfeur de ce niveau se blesse gravement au genou, le doute s’installe forcément. Pour le Guadeloupéen Léo-Paul Étienne, l’éloignement forcé de l’océan a été une épreuve mentale autant que physique. Mais l’ancien champion du monde ISA junior n’est pas du genre à regarder le train passer. Son tout dernier édit, intitulé RELENTLESS, retrace cette reconstruction acharnée, loin des projecteurs.

    De l’enfer de la rééduc au paradis de Tahiti

    Le film nous plonge directement dans le vif du sujet : l’intensité brute des barrels de Teahupoo, à Tahiti. Là-bas, la moindre erreur se paie cash, d’autant plus quand on revient avec un genou tout juste réparé.

    Après la tension du Pacifique, place au retour aux sources. Léo-Paul nous emmène dans les eaux chaudes de son enfance en Guadeloupe, avant de partir explorer des bancs de sable totalement isolés et secrets au cœur des Caraïbes.

    « Surfer, voler en foil, partir à l’aventure… C’est juste la poursuite sans fin de ce que j’aime. » — Léo-Paul Étienne

    Entre sessions de pur surf engagé, lignes de foil ultra-fluides et ride sauvage, cette vidéo est vraiment cool, elle motive. C’est le récit d’un waterman complet qui renoue enfin avec son élément, poussé par une quête obsessionnelle. Une vraie dose d’adrénaline et d’inspiration pour quiconque a déjà dû repartir après une blessure.

  • Le coup de folie à la dernière seconde qui a enflammé le Salvador Pro

    Le coup de folie à la dernière seconde qui a enflammé le Salvador Pro

    Le Round 2 féminin du Surf City El Salvador Pro a offert un spectacle d’une intensité rare sur les droites de Punta Roca. Entre envolées de dernière minute et bonnes vagues, les meilleures surfeuses de la planète ont totalement redistribué les cartes avant les quarts de finale.

    Le pari fou de Carissa Moore face au chrono

    C’est l’image forte de cette troisième journée de compétition. Opposée à la redoutable Brisa Hennessy, la quintuple championne du monde Carissa Moore s’est retrouvée au pied du mur. À moins d’une minute de la sirène, l’Hawaïenne avait impérativement besoin d’un score pour inverser la tendance. C’est là qu’elle a choisi de s’envoler : un grab-rail air-reverse de dernière minute, plaqué in extremis au cœur de la mousse. Note finale : 5,80. Suffisant pour éliminer Hennessy et prouver qu’à ce niveau, la qualification se joue souvent au mental et à l’audace.

    Caity Simmers dicte sa loi

    Si Moore a signé le moment le plus dramatique de la journée, Caitlin Simmers a, elle, redéfini les standards de performance de l’épreuve du jour. Dans son duel face à sa compatriote Bella Kenworthy, la championne du monde 2024 a fait parler la poudre. Enchaînant des trajectoires ultra-agressives et une variété de manœuvres impressionnante, elle décroche un total brut de 16,50 points (8,00 + 8,50), le meilleur score de l’événement hommes et femmes confondus.

    De leur côté, la lycra jaune Gabriela Bryan et sa dauphine Luana Silva ont solidement tenu leur rang. La surprise du jour est signée par la rookie israélienne Anat Lelior, qui s’offre une place de choix en quarts après avoir éliminé Sawyer Lindblad grâce à un surf puissant et engagé.

    Round 2 des femmes au Salvador

    HEAT 1: Gabriela Bryan (HAW) 14.17 DEF. Yolanda Hopkins (POR) 8.17
    HEAT 2: Anat Lelior (ISR) 14.60 DEF. Sawyer Lindblad (USA) 12.06
    HEAT 3: Luana Silva (BRA) 12.50 DEF. Nadia Erostarbe (ESP) 10.90
    HEAT 4: Carissa Moore (HAW) 11.97 DEF. Brisa Hennessy (CRC) 11.50
    HEAT 5: Molly Picklum (AUS) 13.66 DEF. Sally Fitzgibbons (AUS) 10.23
    HEAT 6: Caroline Marks (USA) 12.17 DEF. Bettylou Sakura Johnson (HAW) 10.00
    HEAT 7: Tyler Wright (AUS) 12.73 DEF. Lakey Peterson (USA) 9.94
    HEAT 8: Caitlin Simmers (USA) 16.50 DEF. Bella Kenworthy (USA) 11.10

    Quart de finale à Surf City El Salvador Pro:

    HEAT 1: Gabriela Bryan (HAW) vs. Anat Lelior (ISR)
    HEAT 2: Luana Silva (BRA) vs. Carissa Moore (HAW)
    HEAT 3: Molly Picklum (AUS) vs. Caroline Marks (USA)
    HEAT 4: Tyler Wright (AUS) vs. Caitlin Simmers (USA)

    Round 3 des hommes

    HEAT 1: Liam O’Brien (AUS) vs. Callum Robson (AUS)
    HEAT 2: Eli Hanneman (HAW) vs. Kanoa Igarashi (JPN)
    HEAT 3: Marco Mignot (FRA) vs. Yago Dora (BRA)
    HEAT 4: Samuel Pupo (BRA) vs. Leonardo Fioravanti (ITA)
    HEAT 5: Italo Ferreira (BRA) vs. Crosby Colapinto (USA)
    HEAT 6: Kauli Vaast (FRA) vs. Joao Chianca (BRA)
    HEAT 7: Gabriel Medina (BRA) vs. Jack Robinson (AUS)
    HEAT 8: Barron Mamiya (HAW) vs. Alan Cleland (MEX)

  • Drame à Capbreton : quand l’océan piège les premiers baigneurs de la saison

    Drame à Capbreton : quand l’océan piège les premiers baigneurs de la saison

    C’est le genre de nouvelle qui glace le sang et qui, malheureusement, sonne comme un violent rappel à l’ordre. Ce dimanche 7 juin, un Landais d’environ 35 ans a perdu la vie par noyade sur la plage de la Savane, à Capbreton. L’homme profitait d’une fin d’après-midi ensoleillée dans une zone non surveillée lorsque le drame s’est produit. Malgré l’intervention ultra-rapide des sauveteurs de la plage Centrale voisine et 45 minutes de massage cardiaque, il n’a pas pu être réanimé.

    Cette année, la météo nous gâte avec un mois de mai et un début juin anormalement chauds. Une eau à cette température, ça donne envie de foncer à l’eau. Mais ne vous y trompez pas : l’océan reste un milieu sauvage et imprévisible, les surfeurs le savent, les baigneurs moins. Ce dimanche matin, le Sud-Ouest a été touché par un swell massif pour la saison, avec des séries frôlant les 4 mètres tôt le matin.

    Le piège est là. Tous les postes MNS ne sont pas encore ouverts. Si vous surfez ces vagues ou que vous profitez de la plage, ouvrez l’œil. Vous voyez quelqu’un en difficulté ? Appelez immédiatement les secours. Si vous avez le niveau et l’expérience en surf, portez-lui assistance en attendant les renforts. Et surtout, pas de prise de risque inutile : la baignade, c’est uniquement entre les drapeaux.

  • Coup de pression au Salvador : Jack Robinson viré du pic par un local ?

    Coup de pression au Salvador : Jack Robinson viré du pic par un local ?

    Le warm-up des compétitions internationales vire parfois au vinaigre. Avec l’enchaînement des Challenger Series et du World Tour, les pros débarquent en meute sur les spots, pressés de caler leurs dérives et de tester leurs planches. Résultat ? Une cohabitation explosive avec les locaux, las de voir leurs vagues squattées.

    Cette semaine à Punta Roca, c’est Jack Robinson qui a goûté à la loi du pic salvadorien. Connu pour son appétit féroce, l’Australien aurait braqué un surfeur local. Les images montrent une trajectoire ultra-tendue où la planche du local a failli le trouer. Après une explication musclée, Robinson a préféré plier les gaules et sortir de l’eau. Quand la tension monte, même le lycra du CT ne protège pas du free surf local.

  • Surf en Angola : le paradis à la mode aux gauches infinies

    Surf en Angola : le paradis à la mode aux gauches infinies

    Quand on pense au surf en Afrique, on imagine souvent les droites mythiques du Maroc ou les droites parfaites de Jeffreys bay en Afrique du Sud ou la meilleure gauche au monde, Skeleton Bay en Namibie. Mais entre ces trois géants se cache une destination encore largement méconnue : l’Angola. Ce pays, bordé par l’océan Atlantique et doté de plus de 1600 kilomètres de côtes vierges, recèle des gauches interminables, des embouchures désertes et des point breaks d’une qualité insoupçonnée. Longtemps marquée par la guerre civile, l’Angola s’ouvre aujourd’hui au surf, offrant aux voyageurs une expérience brute, authentique et hors du temps.

    L’Angola et son histoire : pourquoi si longtemps oublié ?

    L’Angola aurait pu figurer sur les cartes de surf depuis des décennies. Ses points breaks, ses baies ouvertes et ses rivermouths annonçaient déjà un potentiel immense. Pourtant, le pays est resté à l’écart de la scène internationale. La raison est simple : 27 années de guerre civile (1975-2002) ont coupé le pays du reste du monde.

    Les routes étaient impraticables, les campagnes jonchées de mines, et la sécurité quasi inexistante. Voyager avec une planche relevait de la mission impossible. Quelques pionniers, comme le légendaire Randy Rarick dans les années 1970, ont aperçu ces vagues, mais ils sont repartis avec plus d’histoires de convois militaires et de checkpoints que de sessions inoubliables.

    Aujourd’hui, plus de vingt ans après la fin du conflit, l’Angola retrouve sa stabilité. Et avec elle, l’envie d’explorer ses côtes.

    Cabo Ledo : le joyau incontournable

    À seulement deux heures de route au sud de Luanda, la capitale, Cabo Ledo est devenu le spot emblématique de l’Angola. Cette large baie, dominée par une falaise majestueuse, capte parfaitement la houle du sud pour la transformer en une gauche régulière et accessible à toutes les marées.

    Sur les petites houles, Cabo Ledo est une vague tolérante, idéale pour les débutants et les surfeurs intermédiaires. Mais quand le swell grossit, elle se transforme en un long mur puissant, capable d’offrir des rides de plus de 500 mètres. Les take-offs sont francs, la vague déroule proprement, et les sections se prêtent autant aux manœuvres qu’aux tubes.

    Une petite communauté de surfeurs s’y retrouve : quelques groms angolais qui apprennent à se lever, des expatriés en quête de répit loin de Luanda, et quelques voyageurs intrépides. Rien à voir avec la foule des spots indonésiens : l’ambiance reste tranquille et confidentielle.

    Praia do Queiroz : l’alternative paisible

    Non loin de Cabo Ledo, Praia do Queiroz attire ceux qui cherchent une expérience encore plus intime. Moins fréquentée, cette plage offre des vagues régulières et de l’espace en abondance. Ici, pas de bataille au peak : chacun peut tracer ses lignes en toute sérénité.

    Le spot gagne en popularité, mais conserve ce côté “secret spot” qui fait le charme de l’Angola. Ses longues gauches, son décor sauvage et ses sessions silencieuses séduisent de plus en plus de voyageurs en quête de connexion pure avec l’océan.

    La mystérieuse “Left” d’Angola

    Pour les surfeurs en quête d’adrénaline et d’exception, une vague fait rêver : la “Left” d’Angola. Comparée à la légendaire Skeleton Bay en Namibie, elle déroule sur près de 3 kilomètres quand les conditions s’alignent.

    La différence ? Elle est moins effrayante que sa cousine namibienne. Pas de take-off suicidaire en dessous du niveau de la mer, mais des tubes parfaits suivis de murs ouverts pour enchaîner les manœuvres. Certains la décrivent comme un mélange entre Cloudbreak et Skeleton Bay, une combinaison rare qui résume parfaitement le potentiel de l’Angola.

    Cette vague reste rare et exigeante : elle nécessite de gros swells venus d’Antarctique, des vents favorables et une bonne dose de chance. Mais pour les chasseurs de trésors, elle est sans doute l’un des joyaux les plus convoités d’Afrique.

    Le sud du pays : un terrain à explorer

    En descendant plus bas sur la côte, on découvre des villes portuaires comme Lobito, Benguela ou Namibe. Ces cités, où cohabitent vestiges coloniaux portugais et bâtiments soviétiques, offrent une atmosphère hors du temps.

    À quelques kilomètres seulement, la côte se révèle :

    • rivermouths sculptant des bancs de sable mouvants,
    • pointes rocheuses déroulant sans personne au peak,
    • plages désertiques bordées par le désert.

    Chaque arrêt peut réserver une surprise. Le surf n’est pas garanti à chaque coup, mais quand les astres s’alignent, vous pourriez vivre la session de votre vie.

    Quand surfer en Angola ?

    La meilleure période pour partir est la saison sèche, de mai à octobre. C’est à ce moment que les houles australes frappent le plus régulièrement les côtes angolaises.

    L’eau est étonnamment fraîche à cause des remontées d’eaux profondes : prévoyez une combinaison 3/2 mm, voire une 4/3 mm lors des journées plus fraîches. Les matins sont généralement glassy, alors que les après-midis voient souvent se lever un vent thermique qui détruit les conditions.

    Voyager en Angola : réalités pratiques

    Un surf trip en Angola n’a rien de la facilité d’un séjour aux Canaries. Il faut s’attendre à un certain nombre de contraintes :

    • Visa : demande d’e-visa en ligne ou via l’ambassade.
    • Transport : routes parfois défoncées, checkpoints fréquents. Un 4×4 est recommandé.
    • Monnaie : le kwanza (AOA), très instable. Le dollar reste la référence. Cash obligatoire, les distributeurs étant peu fiables.
    • Sécurité : éviter d’afficher du matériel de valeur. En ville, rester discret.
    • Santé : zones impaludées, hôpitaux limités hors de Luanda. Une assurance voyage solide est indispensable.

    Bref, l’Angola n’est pas un trip pour débutants, mais pour ceux qui aiment les voyages à l’ancienne, avec leur part d’incertitude et d’imprévu.

    2026 : Le buzz mondial et la vague des « deux minutes » de Luis Perloiro

    Ce qui devait arriver arriva. Depuis mon premier focus en septembre 2025, l’Angola a vu fleurir sur la toile de nombreuses vidéos qui ont définitivement propulsé le pays au rang de destination à la mode. Les images de ces gauches longues, parfaites, faciles et surtout désertes font rêver la communauté mondiale. Mais en mai 2026, un palier a été franchi lorsque le spot emblématique de Cabo Ledo s’est réveillé de manière spectaculaire pendant plusieurs jours consécutifs.

    C’est le surfeur professionnel portugais Luis Perloiro qui a capturé une session d’anthologie filmée par drone. Le natif de Lisbonne y a surfé ce qu’il a qualifié de « plus longue vague de sa vie » : un ride ahurissant de 2 minutes et 18 seconds sur une seule et même gauche ! Si l’on dit souvent qu’une excellente vague dure en moyenne entre 10 et 20 secondes, l’Angola prouve qu’il joue désormais dans la cour des grands, rivalisant avec les lignes interminables de Pacasmayo au Pérou.

    Une telle longueur se paye physiquement. Les images vues du ciel montrent Perloiro enchaîner plusieurs dizaines de manœuvres puissantes. À seulement 45 secondes de ride, les premiers signes de fatigue se faisaient déjà sentir. « Certaines vagues étaient de vrais brûleurs de cuisses (leg burners), tout comme celle-ci. Cela fait plus d’une semaine et je ne sens toujours pas mes jambes », a-t-il confié après sa session. Cette performance hors norme confirme ce que nous pressentions : l’Angola n’est plus seulement une promesse pour aventuriers, c’est le nouveau paradis des vagues infinies.

    Pour qui est l’Angola ?

    L’Angola n’est pas une destination de surf “clé en main” avec camp tout inclus. Ici, pas de surf schools à chaque coin de rue ni de beach bars branchés. L’Angola, c’est l’aventure brute, le retour à une époque où chaque session se méritait.

    C’est une destination idéale pour les surfeurs expérimentés, curieux, prêts à rouler des heures sur des routes cabossées pour découvrir une vague encore sans nom. Pour ceux qui rêvent de solitude au line-up et de vagues vierges, l’Angola offre une expérience unique, à la croisée de l’exploration et du surf moderne.

    L’Angola ne sera jamais une nouvelle Bali. Et c’est tant mieux. Le pays garde cette saveur rare des destinations qui demandent de l’engagement. Mais pour les surfeurs prêts à s’aventurer hors des sentiers battus, les gauches angolaises représentent une promesse unique : celle de tracer des lignes là où presque personne n’est encore passé.

    L’océan Atlantique y fait dérouler des vagues parfaites face à des plages désertiques, et chaque session devient un mélange de solitude, de découverte et d’émotion pure. Un surf trip en Angola n’est pas qu’un voyage : c’est une véritable expédition.

  • Trip surf aux Maldives, le guide complet

    Trip surf aux Maldives, le guide complet

    L’histoire de la pratique du surf aux Maldives possède une dimension presque légendaire, profondément ancrée dans l’aventure et le hasard. Au milieu des années 1970, deux surfeurs australiens, Tony Hussein-Hinde et Mark Scanlon, font naufrage dans l’archipel alors qu’ils naviguent vers l’Afrique de l’Est. Durant les opérations de sauvetage de leur embarcation, ils découvrent les récifs parfaits de l’atoll de Malé Nord, réalisant immédiatement le potentiel exceptionnel de ces vagues vierges. Tony Hussein-Hinde s’établit alors sur place, épouse une Maldivienne et garde jalousement le secret de ces vagues parfaites pendant près de quinze ans, avant de fonder Atoll Adventures au début des années 1990. Cette introduction progressive et respectueuse de la culture locale explique l’absence historique de tensions ou de localisme agressif dans l’eau, une caractéristique rare qui distingue encore aujourd’hui l’archipel d’autres destinations mondiales.

    Pendant plusieurs décennies, le surf aux Maldives est resté le domaine exclusif de voyageurs fortunés séjournant dans des îles-hôtels privées ou naviguant à bord de charters haut de gamme. Cependant, une réforme législative majeure survenue en 2009 a autorisé les habitants des îles locales à ouvrir des guesthouses et des structures d’accueil touristiques. Cette ouverture a radicalement démocratisé l’accès aux récifs de l’archipel, permettant à une nouvelle catégorie de surfeurs d’organiser un surf trip aux Maldives de manière indépendante et à moindre coût, tout en s’imprégnant de la culture locale.

    L’archipel des Maldives s’étire à travers l’océan Indien et capte les mêmes houles de fond de sud-ouest et de sud-est que l’Indonésie, garantissant une régularité de vagues exceptionnelle tout au long d’une saison qui s’étend sur plus de six mois. Lorsque le vent souffle de manière défavorable sur une région, la géographie circulaire des atolls permet presque toujours de trouver un récif orienté de manière optimale où le vent souffle offshore.

    Les Trois Zones de Surf des Maldives : Une Géographie de la Houle

    La structure géographique de l’archipel, étirée sur plus de 1 190 îles coralliennes, se divise en trois grandes régions de surf présentant chacune des caractéristiques bathymétriques, climatiques et d’accessibilité bien distinctes.

    Les Atolls de Malé (Nord et Sud) : L’accessibilité et la régularité

    Cette région constitue le cœur historique et logistique du surf maldivien. Situés à proximité immédiate de l’aéroport international de Velana, les atolls de Malé Nord et Sud offrent une logistique simplifiée. L’atoll de Malé Nord bénéficie d’une exposition directe aux houles de sud-est, ce qui lui confère une régularité exceptionnelle de mars à octobre, alimentée par les dépressions de l’hémisphère sud. C’est ici que se concentrent les vagues les plus réputées du pays.

    Les spots incontournables de Malé Nord :

    • Cokes : Située sur l’île locale de Thulusdhoo, cette droite rapide, creuse et particulièrement technique déferle sur un récif peu profond. Très prisée des surfeurs confirmés, elle fonctionne de manière optimale sous l’influence d’une houle de sud-est et par vent de sud-ouest.
    • Chickens : Située juste en face de Cokes, cette gauche très longue et manœuvrable offre de magnifiques sections à turns. Elle est accessible par une rapide navette en bateau depuis Thulusdhoo.
    • Jailbreaks : Située en face de l’île locale de Himmafushi, cette droite propose un mur d’une régularité métronomique avec plusieurs sections de manœuvres et de vitesse.
    • Lohi’s : Une gauche de haute performance très constante, qui s’enroule le long du récif d’une île privée pour finir sa course dans une petite baie abritée. Elle offre trois sections distinctes, dont un take-off engagé sur un mur tendu qui tend à se creuser en tube. Elle fonctionne à marée haute, par houle de sud-est et vents de nord à nord-ouest.
    • Pasta Point : Une des vagues les plus célèbres et régulières des Maldives. Très bien protégée des vents dominants, elle génère des gauches mécaniques idéales de toutes tailles, se découpant en trois sections sur un parcours de plus de 100 mètres. Elle marche de préférence à mi-marée, par houle de sud-est et vent de nord à nord-est.
    • Sultans & Honky’s : Situés sur l’île inhabitée de Thanburudhoo, ces deux spots fonctionnent en binôme. Sultans est une droite rapide, longue et plutôt accessible. À quelques mètres, Honky’s est une gauche de classe mondiale qui s’étire et gagne en puissance à mesure qu’elle contourne l’île. L’immense avantage de ce doublé est qu’ils tolèrent des orientations de vents opposées, garantissant des vagues surfables dans presque toutes les configurations.

    Les Atolls Centraux : Le compromis idéal pour les surfeurs intermédiaires

    Situés à une nuit de navigation ou à un court vol domestique au sud de Malé, les Atolls Centraux (comprenant Meemu, Laamu, Thaa et Dhaalu) représentent une excellente zone de transition. Moins bloqués par les structures récifales que les atolls du Nord, ils captent les houles de sud et de sud-ouest. Les vagues y déferlent avec un peu moins de puissance brute que dans le sud ou en Indonésie, ce qui en fait un terrain de jeu privilégié pour les surfeurs de niveau intermédiaire désireux de progresser sur des récifs coralliens. Les conditions y sont fréquemment glassy en raison de vents généralement légers.

    Les spots incontournables des Atolls Centraux :

    • Vodi : Une gauche cristalline, lisse et particulièrement facile à aborder, idéale pour progresser sur du récif.
    • Kasabu : Une droite creuse et de grande qualité, accessible rapidement en bateau depuis l’atoll de Dhaalu.
    • Yin Yang : L’une des vagues les plus célèbres et consistantes de cette zone, offrant une droite puissante qui se creuse sur l’inside.
    • Mikado : Une droite puissante et très consistante. Bien qu’elle soit sensible aux variations de vent, elle offre des barrels mémorables et particulièrement intenses lorsque les conditions sont alignées.
    • Tsunami’s : Une gauche consistante qui a tendance à sectionner proprement. Cette configuration permet aux surfeurs de se répartir idéalement sur le line-up, entre une zone à tubes (barrels) et une section offrant des murs plus ouverts pour les manœuvres.

    Les Atolls du Sud : La frontière sauvage et puissante

    Les atolls du sud (Gaafu Dhaalu, Huvadhoo, Addu) représentent la région la plus reculée, sauvage et technique de l’archipel. Sans aucune masse terrestre pour faire écran entre ces récifs et l’Antarctique, les houles australes y frappent directement et sans réfraction préalable, générant les vagues les plus puissantes, creuses et lourdes des Maldives.

    Les spots incontournables des Atolls du Sud :

    • Tiger Stripes : Une gauche solide et constante, qui doit son nom aux motifs formés par les canaux de corail sous l’eau.
    • Blue Bowls : Une droite particulièrement appréciée des surfeurs confirmés dans la région. Très longue, elle offre des murs massifs et puissants pour les turns, ainsi que des sections à tubes. Elle se surfe à toutes les marées et fonctionne au mieux par houle de sud ou sud-est et vents de secteur ouest à sud-ouest.
    • Love Charms : Une gauche consistante, fiable et un peu plus accessible que ses voisines, bien qu’elle puisse proposer un joli tube sur l’inside. À marée basse, elle se sépare en deux sections qui se connectent parfaitement à marée haute pour offrir un run rapide et propice aux manœuvres. Elle demande une houle de sud et des vents légers de nord à nord-est.
    • Five Islands : Une droite rapide et tendue qui déferle sur un plateau de corail très peu profond, ce qui la réserve exclusivement aux surfeurs expérimentés. Elle gère parfaitement les grosses houles de sud à sud-est et offre des sections de tubes intenses sous un vent d’ouest à sud-ouest.
    • Beacons : Réputée pour être la vague la plus épaisse, puissante et engagée des Maldives. Cette droite redoutable casse dans très peu d’eau sur une dalle corallienne acérée. Réservée strictement aux experts, elle requiert une houle de sud ou sud-ouest et un vent de nord ou nord-est.
    Région de SurfAtolls concernésProfil des vaguesNiveau recommandéAccessibilité logistique
    Atolls de Malé Malé Nord & Malé Sud Droites et gauches régulières, sections à tubes et murs à manœuvres Intermédiaire à Expert Très facile (20-30 min de bateau depuis l’aéroport de Malé)
    Atolls Centraux Meemu, Laamu, Thaa, Dhaalu Vagues plus douces, moins puissantes mais très régulières et glassy Évolutif à Confirmé Moyenne (vol domestique ou bateau de croisière requis)
    Atolls du Sud Gaafu Dhaalu, Huvadhoo, Addu Vagues lourdes, creuses, cassant sur des platiers de corail peu profonds Confirmé à Expert Difficile (vol domestique long et transferts en hors-bord obligatoires)

    Saisons et Conditions Météorologiques : Une Dynamique Moussonnière

    Le climat et les conditions de surf aux Maldives sont régis par l’alternance de deux moussons distinctes, qui influencent la direction des vents et la taille des houles.

    La mousson de sud-ouest (mai à octobre)

    Cette période correspond à la saison de surf principale pour la majorité de l’archipel, et en particulier pour les atolls de Malé et les Atolls Centraux. Les tempêtes de l’hiver austral dans l’océan Indien génèrent des houles régulières de sud-sud-ouest à sud-est.

    En mai, la saison s’ouvre en douceur avec des vents légers et des sessions matinales calmes, particulièrement adaptées aux surfeurs intermédiaires. Durant les mois de juin et juillet, la mousson bat son plein, apportant des vagues puissantes allant d’une hauteur d’épaule à bien au-dessus de la tête. Le mois d’août est traditionnellement celui qui enregistre les plus grosses houles de l’année, alimentées par d’intenses tempêtes dans le sud de l’océan Indien. En raison de vents parfois forts après la mi-journée, les sessions se planifient généralement en trois créneaux : à l’aube, en fin d’après-midi et au coucher du soleil. Les mois de septembre et octobre marquent une transition très appréciée des guides locaux : la houle reste consistante mais les vents s’adoucissent, offrant des conditions de l’eau particulièrement lisses alors que la fréquentation touristique diminue.

    La mousson de nord-est (novembre à avril)

    Cette période correspond à la saison sèche de l’archipel. Les vents s’orientent au nord-est, ce qui réduit considérablement la taille des vagues dans le nord et le centre du pays. Les spots deviennent alors l’apanage des débutants et des surfeurs en phase d’apprentissage, avec des vagues propres de hauteur de hanche.

    En revanche, c’est précisément durant cette période de basse saison globale (spécialement de décembre à février) que les Atolls du Sud fonctionnent de manière optimale. L’orientation des vents de nord-est souffle de façon parfaitement de terre (offshore) sur les passes exposées aux houles de sud qui continuent de circuler, offrant des conditions exceptionnelles et des vagues désertes de toute présence de bateaux de charter.

    Période de l’annéeComportement de la houleRégime de ventRégions optimalesProfil de surfeurs ciblés
    Mai Soft opening (houle en hausse progressive) Vent léger de sud-ouest Atolls de Malé & Centraux Intermédiaires à Confirmés
    Juin & Juillet Peak season (houle consistante et punchy) Vent modéré à fort de sud-ouest Atolls de Malé & Centraux Confirmés à Experts
    Août Maximum annuel (houles massives de tempête) Vent soutenu de sud-ouest (rafales après-midi) Atolls de Malé & Cent de raux Surfeurs expérimentés uniquement
    Septembre & Octobre Transition idéale (houle solide mais en baisse) Vents très légers (conditions glassy) Atolls de Malé & Centraux Tous niveaux (selon les spots)
    Novembre à Mars Houle minimale au nord, consistante à l’extrême sud Vent de nord-est (offshore au sud) Atolls du Sud uniquement Débutants au nord, Experts au sud
    Avril Transition (houle de sud naissante) Vents variables et calmes Toutes régions Intermédiaires à Confirmés

    Guide des Hébergements : Choisir Entre Guesthouse, Charter et Resort de Luxe

    L’évolution de l’offre touristique permet aujourd’hui d’envisager un voyage aux Maldives selon trois configurations distinctes, influençant directement la flexibilité, le confort et le budget global du séjour.

    Les Guesthouses sur les îles locales : L’immersion économique

    Séjourner dans une pension de famille sur une île habitée constitue la méthode la plus accessible pour pratiquer le surf aux Maldives sans subir les tarifs prohibitifs des complexes hôteliers privés. Deux îles principales de l’atoll de Malé Nord se distinguent par leur positionnement stratégique à proximité immédiate de vagues de classe mondiale accessibles sans logistique lourde.

    • Thulusdhoo : Cette île réputée mondialement permet d’accéder au spot de Cokes à la rame directement depuis le rivage. Pour surfer la gauche de Chickens située en face, les surfeurs empruntent des bateaux navettes locaux pour environ 10 à 15 USD l’aller-retour. Des établissements comme le Midsummer y proposent des nuitées aux alentours de 50 USD, complétées par une taxe environnementale gouvernementale obligatoire de 3 USD par jour. L’île héberge en outre une curiosité industrielle : l’une des rares usines Coca-Cola au monde alimentée par de l’eau de mer dessalée.
    • Himmafushi : Plus tranquille et moins fréquentée que Thulusdhoo, Himmafushi offre un accès pédestre au spot de Jailbreaks. Des structures dédiées au surf à l’instar du Jail Break Surf Inn ou du Noah Private Beach House proposent des formules complètes incluant l’hébergement, la pension et les transferts quotidiens en bateau vers les spots voisins comme Sultans, Honky’s ou Ninjas.

    Les Resorts de luxe : Le confort absolu et l’accès privatisé

    Pour les voyageurs recherchant l’exclusivité, certains resorts haut de gamme détiennent des accès privilégiés ou exclusifs aux vagues situées devant leur lagon. Le spot de Lohis, par exemple, est géré de manière exclusive par le resort Hudhuranfushi, ce qui garantit un nombre de surfeurs strictement limité sur le plan d’eau. D’autres établissements prestigieux comme le W Maldives ou le Niyama Private Islands (à proximité du spot de Kasabu) offrent des prestations haut de gamme avec spas, restaurants de cuisine fine et bars élégants sur pilotis, ciblant une clientèle exigeante ou des couples en lune de miel.

    Les Surf Charters (Bateaux de Croisière) : La mobilité tactique

    Le choix d’un bateau de croisière habitable représente l’option ultime pour maximiser le nombre de vagues surfées. Un charter permet de s’affranchir des contraintes géographiques d’une île fixe en naviguant de nuit vers les zones de l’archipel les mieux exposées aux prévisions de houle et de vent du lendemain. Cette formule est particulièrement recommandée pour explorer les Atolls Centraux et les Atolls du Sud, où les distances entre les passes de récifs sont importantes.

    Budgets et Tarifs Pratiques : Estimation d’un Surf Trip de 7 Jours

    Pour un surfeur indépendant, la maîtrise des coûts passe par la compréhension des tarifs pratiqués sur place pour les transferts, le logement et la location du matériel.

    Options de transport depuis l’aéroport de Malé vers les îles locales

    Pour rejoindre Himmafushi ou Thulusdhoo depuis l’aéroport, les voyageurs disposent de trois options logistiques distinctes, détaillées dans le tableau suivant :

    Moyen de transportTarif par trajetDurée du trajetFréquence et contraintes
    Ferry Public Local ~ 2 USD 1h00 (Himmafushi) à 1h30 (Thulusdhoo) Unique départ quotidien à 15h00 depuis Malé (sauf le vendredi). Nécessite un transfert en taxi de l’aéroport au quai.
    Speedboat Public 10 à 25 USD 20 à 35 minutes Plusieurs rotations quotidiennes directement depuis l’aéroport ou les jetées de Malé.
    Speedboat Privé (Charter) ~ 100 USD 20 à 30 minutes À la demande, idéal pour les groupes arrivant sur des vols tardifs ou de nuit.

    Tarification des services de surf sur les îles locales

    À terre, les d épenses liées au matériel et aux déplacements vers les vagues du large s’additionnent rapidement si elles ne sont pas anticipées.

    • Location de planche de surf : Pour éviter l’encombrement d’un boardbag, les surfeurs peuvent louer du matériel directement sur place. À Thulusdhoo, les tarifs sont dégressifs : 25 USD pour une seule journée, 20 USD par jour pour un engagement de deux à trois jours, et tombent à 15 USD par jour pour les périodes plus longues. À Himmafushi, les planches de qualité issues de boutiques spécialisées se louent environ 30 USD par jour.
    • Bateaux navettes (Surf Taxis) : Pour les spots non accessibles à la rame, les guesthouses organisent des navettes régulières. Depuis Himmafushi, un dépôt et une récupération sur le spot de Jailbreaks coûtent 13 USD par personne. Pour rejoindre Sultans ou Honky’s, le tarif est de 38 USD par personne, tandis qu’un déplacement vers Ninjas s’élève à 80 USD. Des excursions de quatre heures vers les spots plus lointains de Cokes ou Chickens sont facturées 155 USD par bateau.
    • Prestations de guidage et cours : Faire appel à un guide local pour optimiser le choix du spot selon les marées coûte entre 20 et 60 USD par personne selon la taille du groupe. Un cours particulier de surf de 2h30 incluant le coaching et la sécurité s’affiche à 100 USD.

    Simulation de budget pour un séjour de 7 jours (Thulusdhoo ou Himmafushi)

    Le tableau ci-dessous compare deux profils de dépenses pour une semaine complète de surf sur place :

    Catégorie de d épensesProfil « Swell Hunter » Éco (Rame et autonomie)Profil « Comfort Surf » (Navettes bateau et pension complète)
    Logement (7 nuits)350 USD (Guesthouse simple) 700 USD (Chambre supérieure / Surf Camp de charme)
    Transferts Aéroport (A/R)4 USD (Ferry local) 50 USD (Speedboat partagé régulier)
    Repas (Petit-déjeuner inclus)100 USD (Cafés locaux de l’île) 180 USD (Pension complète à la guesthouse)
    Navettes bateaux vers les vagues0 USD (Uniquement surf à la rame à Cokes ou Jails) 120 USD (Sorties quotidiennes sur d’autres spots)
    Location de matériel de surf105 USD (Propre planche non louée ou tarif long séjour) 210 USD (Planche de location haute performance)
    Extras (Taxes, Snorkeling, Sim card)35 USD (Taxe verte + SIM locale) 90 USD (Excursion banc de sable, photos de surf)
    Total estimé par voyageurEnviron 594 USD Environ 1 350 USD

    Législation Islamique, Respect des Coutumes et Vie Nocturne

    La réussite d’un séjour aux Maldives dépend également du strict respect des règles religieuses et des lois en vigueur sur les îles habitées, sous peine de confiscation de matériel ou d’amendes.

    Tenue vestimentaire et comportement à terre

    Sur les îles locales telles que Thulusdhoo ou Himmafushi, les surfeurs partagent l’espace public avec une communauté locale conservatrice de confession musulmane. En dehors de l’eau et des zones de plages spécifiquement désignées pour les étrangers (appelées Bikini Beaches), il est obligatoire de porter des vêtements décents. Les femmes doivent couvrir leurs épaules et leurs genoux, et les hommes doivent éviter de circuler torse nu dans les rues des villages. Le non-respect de ces consignes est perçu comme une offense par les résidents locaux, réputés par ailleurs pour leur sens de l’accueil et leur gentillesse.

    Le cas spécifique de la consommation d’alcool : Les Floating Bars

    La législation maldivienne proscrit de manière absolue la vente, l’achat et la détention de boissons alcoolisées sur toutes les îles habitées de l’archipel, y compris dans la capitale Malé. Pour contourner cette interdiction sans violer la souveraineté territoriale des îles, un système de bars flottants s’est développé.

    Ces navires de croisière, disposant de licences spéciales d’importation d’alcool pour les touristes, mouillent à l’extérieur des lagons des îles de surf. Pour un tarif de transfert en bateau rapide d’environ 5 USD, les voyageurs peuvent s’y rendre pour consommer une bière ou un cocktail en fin de journée face au coucher du soleil, avant de revenir dîner à terre sur leur île guesthouse. Cette alternative contraste fortement avec la vie nocturne des îles-resorts privées, où la consommation d’alcool est libre mais soumise à des prix de boissons très élevés.

    Logistique Aérienne, Réglementation des Bagages et Formalités d’Entrée

    L’organisation d’un surf trip aux Maldives demande une attention rigoureuse quant au choix de la compagnie aérienne et à la préparation administrative du voyage.

    Comparatif des politiques bagages des compagnies aériennes pour les surfeurs

    La gestion du transport des housses de surf (boardbags) varie grandement d’un transporteur à l’autre et peut rapidement alourdir la facture globale du voyage s’il n’est pas anticipé.

    • Air France : Transporte gratuitement une planche de surf à condition qu’elle soit considérée comme l’unique bagage de soute enregistré, qu’elle ne dépasse pas 23 kg et que sa longueur reste inférieure à 300 cm. Attention toutefois aux classes tarifaires d’entrée de gamme (tarifs « Light » ou « Basic ») qui n’incluent pas de franchise bagage en soute par défaut. Il est également requis de déclarer l’équipement de sport au moins 48 heures avant l’embarquement.
    • Corsair : Exclut catégoriquement les planches de surf de type longboard de la franchise bagage incluse dans le billet. Le paiement d’un forfait bagage spécial par trajet est systématique. Par ailleurs, au départ de l’aéroport de Paris-Orly 4, la compagnie impose que toutes les housses enregistrées soient préalablement filmées en orange par l’entreprise agréée Excess Baggage sous peine de refus d’enregistrement.
    • Vols domestiques internes : Pour les surfeurs devant emprunter un vol intérieur vers les atolls du sud ou du centre, la longueur maximale absolue des planches de surf autorisée à bord des appareils régionaux est de 8 pieds (2,43 mètres). Tout matériel excédant cette taille sera refusé à l’embarquement en soute.

    Formalités administratives obligatoires : Le système IMUGA

    Tous les voyageurs internationaux, quelle que soit leur nationalité, ont l’obligation stricte de soumettre une déclaration de voyage en ligne via le portail officiel de l’immigration maldivienne, nommé IMUGA.

    • Délai de soumission : La déclaration doit être complétée impérativement dans les 96 heures précédant l’heure de départ du vol à destination des Maldives.
    • Tarification : Ce service de déclaration en ligne est entièrement gratuit. Les voyageurs doivent faire preuve d’une grande vigilance face à la prolifération de plateformes frauduleuses sur internet imitant le portail gouvernemental pour facturer indûment des frais de dossier. La soumission doit être réalisée directement sur l’adresse officielle : imuga.immigration.gov.mv.
    • Validité du passeport : Le document d’identité doit présenter une durée de validité minimale de 6 mois après la date de retour prévue.

    Équipements techniques indispensables à emporter

    Compte tenu de l’isolement géographique de la plupart des îles de surf et de l’absence de surf shops d’envergure en dehors de Malé et d’Himmafushi, le voyageur doit veiller à emporter un ensemble d’accessoires critiques.

    • Protection solaire : L’indice d’exposition UV aux Maldives, très proche de l’équateur, impose l’usage quotidien d’un lycra épais et de crèmes solaires haute protection respectueuses des coraux. Un chapeau de surf ou une casquette technique s’avèrent très précieux lors des longues sessions de mi-journée.
    • Chaussons de récif (Reef Booties) : Bien que de nombreux spots se surfent sans difficulté à marée haute, la baisse des eaux révèle un platier corallien tranchant. Les chaussons de récif s’avèrent essentiels pour éviter les blessures sérieuses lors des phases d’entrée et de sortie de l’eau à pied.
    • Prévention des irritations : Pour les sessions prolongées dans une eau chaude de 28°C, l’échauffement de la peau contre la wax de la planche est fréquent. L’emport d’un top en néoprène fin de 0,5 mm ou d’un gilet de protection contre les frottements prévient efficacement ces lésions cutanées douloureuses.
    • Télécommunications : Pour conserver un accès internet de qualité à bord des navettes maritimes ou des bateaux de charter, l’achat d’une carte SIM locale (environ 150 Go de données pour 50 USD) à l’aéroport de Malé reste le choix le plus efficace.

    Fiche Pratique Express du Voyageur

    Pour planifier efficacement votre logistique de départ, voici un récapitulatif des paramètres administratifs et de vie quotidienne à prendre en compte :

    • Durée de vol : Comptez au minimum 12 heures de trajet au départ de Paris, incluant au moins une escale. Les temps de transit et les aéroports de correspondance varient selon la compagnie sélectionnée (Emirates, Qatar Airways, etc.).
    • Fuseau horaire : L’archipel applique un décalage de +3 heures en été et +4 heures en hiver par rapport à la France.
    • Régime des visas : Un visa de séjour gratuit de 30 jours vous est accordé d’office à votre arrivée (sous réserve d’un passeport valide au moins 6 mois après votre date de retour).
    • Santé et vaccination : Aucun vaccin n’est administrativement obligatoire pour franchir la frontière maldivienne.
    • Monnaie et transactions : Bien que la Rufiyaa maldivienne (MVR) soit la monnaie nationale officielle, les dollars américains (USD) sont acceptés, plébiscités et d’usage courant dans l’ensemble des guesthouses et des services touristiques.
    • Langues parlées : Le dhivehi est la langue nationale de l’archipel. L’anglais est toutefois extrêmement répandu et parfaitement maîtrisé par tous les prestataires et professionnels du surf.
  • Surf City El Salvador Pro 2026 : la victoire de Kauli Vaast face à Filipe Toledo

    Surf City El Salvador Pro 2026 : la victoire de Kauli Vaast face à Filipe Toledo

    La nuit a été relativement calme en nombre de séries sur le spot de Punta Roca, mais l’intensité à l’eau a atteint des sommets. Ce deuxième tour de repêchages du Surf City El Salvador Pro 2026 restera gravé dans les mémoires grâce à une belle victoire tricolore.

    Kauli Vaast fait tomber le roi Toledo

    L’exploit retentissant de la journée est signé Kauli Vaast. Le rookie français s’est retrouvé face au double champion du monde et tenant du titre de l’épreuve, le Brésilien Filipe Toledo. Sur des séries consistantes de 1,5 à 2 mètres, le Tahitien a fait preuve d’une maturité tactique impressionnante.

    Grâce à un surf backside ultra-puissant et engagé, Vaast a décroché une vague excellente notée 8,33 points. Mettant Toledo sous pression jusqu’aux dernières secondes, le Français s’impose d’un souffle avec un total de 14,03 contre 13,87. Une victoire libératrice qui le propulse au Round 3 face à Joao Chianca.

    Ferreira héroïque, Cleland Jr. crée l’idole locale

    Le reste de ce Round 2 a offert un scénario digne d’Hollywood :

    • Italo Ferreira au courage : Le numéro 1 mondial s’est qualifié malgré une blessure au genou nécessitant 8 points de suture, éliminant de justesse le Marocain Ramzi Boukhiam.
    • Le coup de tonnerre Cleland Jr. : Porté par le public centraméricain, le Mexicain Alan Cleland Jr. a signé sa première victoire de la saison en éliminant l’un des grands favoris au titre mondial, Griffin Colapinto.
    • Medina en démonstration : Gabriel Medina a survolé les débats avec un total de 15,17 points, allant jusqu’à plier sa planche sur sa dernière manœuvre avant de l’offrir à un jeune local.

    Le prochain call est programmé ce dimanche à 7h00 (heure locale) pour le lancement des hostilités.

    Résultats et tableau des séries

    Men’s Surf City El Salvador Pro Round One Two (Heats 7 – 16) Results:
    HEAT 7: Samuel Pupo (BRA) 15.17 DEF. Joel Vaughan (AUS) 10.50
    HEAT 8: Leonardo Fioravanti (ITA) 15.04 DEF. Mateus Herdy (BRA) 14.70
    HEAT 9: Italo Ferreira (BRA) 12.50 DEF. Ramzi Boukhiam (MAR) 11.86
    HEAT 10: Crosby Colapinto (USA) 15.17 DEF. Morgan Cibilic (AUS) 13.03
    HEAT 11: Kauli Vaast (FRA) 14.03 DEF. Filipe Toledo (BRA) 13.87
    HEAT 12: Joao Chianca (BRA) 11.50 DEF. George Pittar (AUS) 11.00
    HEAT 13: Gabriel Medina (BRA) 15.17 DEF. Seth Moniz (HAW) 7.00
    HEAT 14: Jack Robinson (AUS) 12.33 DEF. Cole Houshmand (USA) 11.77
    HEAT 15: Barron Mamiya (HAW) 12.50 DEF. Connor O’Leary (JPN) 8.27
    HEAT 16: Alan Cleland (MEX) 12.34 DEF. Griffin Colapinto (USA) 11.07

    Men’s Surf City El Salvador Pro Round Three Matchups:
    HEAT 1: Liam O’Brien (AUS) vs. Callum Robson (AUS)
    HEAT 2: Eli Hanneman (HAW) vs. Kanoa Igarashi (JPN)
    HEAT 3: Marco Mignot (FRA) vs. Yago Dora (BRA)
    HEAT 4: Samuel Pupo (BRA) vs. Leonardo Fioravanti (ITA)
    HEAT 5: Italo Ferreira (BRA) vs. Crosby Colapinto (USA)
    HEAT 6: Kauli Vaast (FRA) vs. Joao Chianca (BRA)
    HEAT 7: Gabriel Medina (BRA) vs. Jack Robinson (AUS)
    HEAT 8: Barron Mamiya (HAW) vs. Alan Cleland (MEX)

    Women’s Surf City El Salvador Pro Round Two Matchups:
    HEAT 1: Gabriela Bryan (HAW) vs. Yolanda Hopkins (POR)
    HEAT 2: Sawyer Lindblad (USA) vs. Anat Lelior (ISR)
    HEAT 3: Luana Silva (BRA) vs. Nadia Erostarbe (ESP)
    HEAT 4: Carissa Moore (HAW) vs. Brisa Hennessy (CRC)
    HEAT 5: Molly Picklum (AUS) vs. Sally Fitzgibbons (AUS)
    HEAT 6: Bettylou Sakura Johnson (HAW) vs. Caroline Marks (USA)
    HEAT 7: Lakey Peterson (USA) vs. Tyler Wright (AUS)
    HEAT 8: Caitlin Simmers (USA) vs. Bella Kenworthy (USA)

  • Le chaos des bateaux à Teahupoo : Matahi Drollet évite le pire de justesse

    Le chaos des bateaux à Teahupoo : Matahi Drollet évite le pire de justesse

    C’est l’un des spectacles les plus intenses de la planète, mais la situation est en train de devenir incontrôlable. À Tahiti, la mythique vague de Teahupoo attire autant les chargeurs d’élite que les touristes avides de sensations fortes. Le problème ? Pour admirer le show, tout le monde s’entasse en bateau dans ce qu’on appelle le « channel », le chenal, quelques mètres de quiétude dans ce chaos. Sauf qu’à Teahupoo, cette zone de sécurité est une illusion.

    Un choix à la fraction de seconde

    Lors du dernier gros swell, le surfeur tahitien Matahi Drollet a bien failli voir sa carrière — et sa vie — s’arrêter net. Après avoir dompté un monstre de plusieurs mètres de haut, le local s’est retrouvé nez à nez avec une embarcation de spectateurs garée en plein milieu de sa trajectoire de sortie.

    « J’ai dû choisir entre le bateau ou la lèvre… Mon mode survie m’a poussé à attraper le rail et à faire un cutback en pleine explosion pour éviter de le percuter », a-t-il confié. Un réflexe de génie qui lui évite le pire à quelques centimètres près.

    Le « channel » de la mort ?

    Ceux qui connaissent la vague le savent : le chenal de Teahupoo ne fait que quelques mètres de large, ce n’est pas une passe (qui elle se trouve plus loin). Juste derrière la célèbre gauche, un « bowl » en droite ferme la zone. L’espace y est minuscule.

    Pourtant, le nombre d’embarcations explose. Photographes à l’affût de l’image du siècle, caméramans et charters de touristes s’agglutinent au plus près du Peak, quitte à mettre la vie des surfeurs en péril pour satisfaire le client.

    Ce n’est pas le premier avertissement. Par le passé, il y avait eu une photographe brésilienne qui s’étaient brisée les vertèbres.

    Même le King, Kelly Slater, est monté au créneau suite à ce nouvel incident : « Il faut faire quelque chose pour la conduite de ces bateaux. Ça va mal finir, tôt ou tard. » La question n’est plus de savoir si un drame va arriver, mais quand.

  • Surf City El Salvador Pro 2026 : Une entame électrique entre miracles et arbitrages houleux

    Surf City El Salvador Pro 2026 : Une entame électrique entre miracles et arbitrages houleux

    Le pointbreak de Punta Roca a tenu toutes ses promesses pour le lancement de la cinquième étape du Championship Tour (CT) 2026. Dans des droites solides de 2 mètres à 2 mètres 50, les meilleurs surfeurs du monde ont immédiatement été poussés dans leurs retranchements. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette première journée a déjà fait mal au clan français.

    L’exploit héroïque de Ramzi Boukhiam

    Aligné face au redoutable Sud-Africain Matthew McGillivray, le Marocain Ramzi Boukhiam a vécu un cauchemar absolu dès ses premières secondes à l’eau : sa planche fétiche s’est brisée en deux sur sa toute première vague.

    Obligé de revenir au bord en urgence pour changer de board, le goofy-footer ne s’est pas laissé démonter. Avec un sang-froid impressionnant, il est retourné au peak pour fracasser les murs de Punta Roca, scorant un 7.83 pour un total combiné de 14.50 points, s’offrant ainsi sa première victoire de série en 2026.

    Au prochain tour, un duel au sommet l’attend face au numéro 1 mondial, Italo Ferreira. Le Brésilien, vainqueur en Nouvelle-Zélande, est pourtant en sursis après avoir été percuté par un longboardeur amateur lors d’un entraînement, un accident qui lui a valu entre 8 et 10 points de suture au genou selon les versions. Ce choc de titans s’annonce d’ores et déjà bouillant, ou pas si le brésilien abandonne.

    Le clan français face à la sévérité des juges

    Si le camp marocain jubile, l’amertume domine du côté des Françaises, où les critères de notation laissent une fois de plus planer le débat.

    Vahine Fierro s’est inclinée face à l’expérimentée Sally Fitzgibbons (8.93 contre 9.87). Si la défaite se joue sur de minces détails et une sélection de vagues perfectible, la sévérité des scores attribués à la tricolore interroge légitimement les fans. Il faudrait que je regarde encore une fois la série….

    Le scénario est encore plus rageant pour la jeune prodige de 16 ans, Tya Zebrowski, opposée à la double championne du monde Tyler Wright. Tya a payé le prix fort pour une chute sur la vague qui offrait pourtant le plus gros potentiel de points de la série. Malgré un surf frontside ultra-engagé et une lecture parfaite sur une vague plus petite, elle s’incline pour seulement un dixième de point (11.90 contre 12.00). Cruel et frustrant, tant le niveau global de la jeune Française paraissait supérieur et plus dynamique que celui de l’Australienne sur ce coup-là.

    Marco Mignot solide pour la suite

    Heureusement, le tableau masculin a apporté son lot de réconfort avec la qualification autoritaire de Marco Mignot lors du Round 2. Opposé à l’Indonésien Rio Waida, le Français a parfaitement géré son timing et la construction de son score pour plier le match (12.87 contre 6.67).

    Une bouffée d’oxygène pour le clan tricolore. Marco décroche ainsi son ticket pour le Round 3 où l’attend un morceau de choix : le champion du monde en titre, Yago Dora.

  • Surf City El Salvador Pro 2026 : Coup d’envoi imminent à Punta Roca sous haute tension

    Surf City El Salvador Pro 2026 : Coup d’envoi imminent à Punta Roca sous haute tension

    Le Championship Tour (CT) de la World Surf League s’installe au Salvador pour la cinquième étape de la saison. Alors qu’une houle massive et prometteuse est attendue sur le célèbre pointbreak en droite de Punta Roca, l’ambiance est électrique. Entre la course au titre mondial qui s’intensifie et les rebondissements de dernière minute dans les tableaux, cette édition 2026 s’annonce mémorable.

    Le cas Italo Ferreira : Huit points de suture et un tableau sous clé

    Actuel numéro 1 mondial après son récent triomphe en Nouvelle-Zélande, le Brésilien Italo Ferreira est au centre de toutes les interrogations. Blessé au genou par la dérive d’un surfeur amateur lors des entraînements, le champion olympique a dû recevoir huit points de suture (ou 10 points les récits varient). Selon les dernières informations en provenance du Salvador, le surfeur compte tout de même tenter de s’aligner sur sa série du premier tour, donc au round 2.

    Cette incertitude physique pourrait redistribuer les cartes de manière spectaculaire. Le règlement de la WSL stipule que si un athlète déclare forfait après le Round 1, aucun remplaçant n’est intégré : son adversaire direct au tour suivant accède directement au Round 3 par « walkover » (forfait). Ce scénario est suivi de très près par le Marocain Ramzi Boukhiam. Aligné dans le Heat 1 du premier tour, Boukhiam pourrait voir son horizon s’éclaircir considérablement vers le Round 3 s’il passe son premier obstacle et que le physique de Ferreira cède.

    Round 2 : Un tirage contrasté pour le clan français

    Les phases de repêchage du Round 2 proposent des trajectoires radicalement opposées pour les compétiteurs tricolores. Marco Mignot bénéficie d’une opportunité en or dans le Heat 5 avec un tirage abordable qui lui laisse de sérieuses chances de qualification pour les phases finales.

    La situation s’avère en revanche bien plus périlleuse pour le champion olympique Kauli Vaast. Le Tahitien se retrouve propulsé face à Filipe Toledo, un adversaire redoutable et particulièrement à l’aise sur les murs sculptés du Salvador. Vaast devra signer un coup d’éclat pour sortir le double champion du monde brésilien de la compétition. Chez les femmes, la tenante du titre Gabriela Bryan défendra son maillot jaune de leader face à une opposition féroce menée par Stephanie Gilmore et Caroline Marks, tandis que les Françaises Vahine Fierro et Tya Zebrowski feront face à de gros morceaux dès leur entrée en lice.

    Le tableau complet des séries (Round 1)

    Séries Hommes – Tour 1 :

    • HEAT 1 : Ramzi Boukhiam (MAR) vs Matthew McGillivray (RSA)
    • HEAT 2 : Luke Thompson (RSA) vs Melvin Ayala (SLV)
    • HEAT 3 : Eli Hanneman (HAW) vs Bryan Perez (SLV)
    • HEAT 4 : Seth Moniz (HAW) vs Oscar Berry (AUS)

    Séries Femmes – Tour 1 :

    • HEAT 1 : Vahine Fierro (FRA) vs Sally Fitzgibbons (AUS)
    • HEAT 2 : Erin Brooks (CAN) vs Yolanda Hopkins (POR)
    • HEAT 3 : Nadia Erostarbe (ESP) vs Francisca Veselko (POR)
    • HEAT 4 : Tyler Wright (AUS) vs Tya Zebrowski (FRA)
    • HEAT 5 : Stephanie Gilmore (AUS) vs Anat Lelior (ISR)
    • HEAT 6 : Isabella Nichols (AUS) vs Bella Kenworthy (USA)
    • HEAT 7 : Alyssa Spencer (USA) vs Brisa Hennessy (CRC)
    • HEAT 8 : Caroline Marks (USA) vs Kirra Pinkerton (USA)

    Affiches marquantes à suivre au Round 2 (Hommes) :

    • HEAT 5 : Marco Mignot (FRA) [Tirage favorable]
    • Série à élimination directe : Kauli Vaast (FRA) vs Filipe Toledo (BRA)
  • Juju’s Diary : Quand la grâce de Juliette Lacome sublime les vagues de Java

    Juju’s Diary : Quand la grâce de Juliette Lacome sublime les vagues de Java

    Oubliez les clips standardisés et la performance millimétrée des compétitions. Avec sa nouvelle vidéo YouTube Juju’s Diary: We Drove Through Indonesia in a Bus, Juliette Lacome nous embarque dans un road-trip javanais à l’état brut. À bord d’un bus transformé en maison roulante, elle réunit une bande d’icônes de la scène alternative mondiale : Alex Knost, Karina Rozunko, Jaleesa Vincent et Noah Collins, tous partis explorer des spots oubliés.

    Mais au-delà de l’aventure humaine entre volcans et villages côtiers, ce qui marque profondément les esprits, c’est le contraste saisissant entre la rudesse de la route, une bande-son indie-rock presque hallucinée, et la pureté absolue des lignes tracées par Juliette.

    Là où l’Indonésie rime souvent avec puissance et surf agressif, la Française impose un flow d’une élégance rare. Chaque virage devient une démonstration de style, chaque transition s’exécute avec une fluidité presque hypnotique.

    Capturé par Luka Raubenheimer avec des images additionnelles de Jimmy Jazz, ce film monté par Juliette elle-même réinvente le format du carnet de voyage. Elle ne cherche pas à impressionner, elle danse sur la vague avec une grâce unique. Une œuvre intime et inspirante.

  • WSL 2026 : Ce que la WSL ne vous dit pas sur l’enfer tropical du Salvador Pro

    WSL 2026 : Ce que la WSL ne vous dit pas sur l’enfer tropical du Salvador Pro

    Le Championship Tour (CT) pose ses valises au Salvador du 5 au 15 juin pour le Surf City El Salvador Pro Presented by Corona Cero. Après une escale historique en Nouvelle-Zélande, les meilleurs surfeurs de la planète s’apprêtent à défier la légendaire droite de Punta Roca, située dans la région de La Libertad. Si l’enjeu sportif est colossal pour la course au titre mondial — avec la tenante du titre Gabriela Bryan en jaune et le champion olympique Italo Ferreira (il est annoncé absent d’après les rumeurs à cause d’un accident de surf) en pleine confiance —, les coulisses de cette étape réservent des réalités bien loin des clichés des cartes postales.

    Derrière la perfection des vagues se cache un quotidien local surprenant, fait de pièges physiques douloureux et d’une transformation politique radicale. Voici l’envers du décor que vous ne verrez pas forcément sur le live de la WSL.

    Sur cette vue de la pointe, on distingue la couleur sombre qui caractérise le rivage de La Libertad. Ce tapis de roche volcanique accumule la chaleur tout au long de la journée, créant une barrière thermique redoutable entre l’océan et la terre ferme pour les athlètes.

    1. Le calvaire des galets noirs : pas d’autographes à la sortie de l’eau

    C’est une scène récurrente qu’on ne voit pas toujours sur les vidéos. À Punta Roca, la plage est exclusivement recouverte de sable et de gros galets d’un noir volcanique intense. À la sortie de l’eau, les galets sont glissants, on voit les surfeurs et surfeuses pros sortirent difficilement. Sous le soleil de plomb du Salvador, ce sol se transforme en une véritable plaque de cuisson réfractaire.

    Pour les surfeurs qui sortent de leur série, le retour sur la terre ferme est un calvaire. Impossible de s’arrêter pour signer des autographes ou faire des selfies avec les fans massés sur le rivage : les athlètes doivent courir pieds nus sur les cailloux brûlants sous peine de se carboniser les pieds. Un sprint obligatoire qui prive le public de ses moments de complicité habituels.

    2. Le piège de la marée haute et des murs en béton

    Punta Roca offre des murs de droite exceptionnels, mais à marée haute, la configuration change du tout au tout et la sortie de l’eau devient une zone de combat. Lorsque l’océan remonte, le rivage disparaît et les vagues viennent se fracasser directement contre les murs en béton des habitations côtières.

    Ce phénomène crée un ressac ultra-violent. Lors des championnats du monde ISA, le public avait assisté, impuissant, au calvaire d’une longboardeuse en totale détresse, incapable de s’extraire de l’eau et projetée contre les structures en béton. En l’absence du vétéran Jordy Smith cette année (forfait sur blessure), les cadors du circuit comme Kanoa Igarashi ou les rookies vont devoir surveiller l’horaire des marées comme le lait sur le feu.

    3. « Surf City » : D’une zone rouge au paradis des influenceurs

    Il y a encore quelques années, le Salvador figurait parmi les pays les plus dangereux au monde en raison de la terreur imposée par les gangs. Tout a changé sous l’impulsion du président actuel au style de gouvernance ultra-autoritaire (souvent qualifié de dictateur), qui a fait incarcérer massivement les criminels. Pour redorer l’image du pays, l’État a tout misé sur le tourisme en labellisant toute une région « Surf City ».

    Le pays déroule désormais le tapis rouge pour les pros de manière unique au monde : la municipalité embauche des caméramans professionnels à plein temps sur la plage pour filmer gratuitement les sessions libres des surfeurs étrangers et leur donner les fichiers vidéo pour leurs réseaux sociaux. Mieux encore, l’État invite et prend en charge directement certains surfeurs de renom pour s’assurer une communication parfaite.

  • Italo Ferreira percuté à El Sunzal : le maillot jaune en sursis au Salvador

    Italo Ferreira percuté à El Sunzal : le maillot jaune en sursis au Salvador

    Coup de tonnerre à quelques heures du lancement du Surf City El Salvador Pro. Le champion olympique et actuel leader du circuit mondial de la WSL, Italo Ferreira, a été victime d’un accident inattendu lors d’une session de free surf sur le spot d’El Sunzal.

    Selon plusieurs témoins sur place, le Brésilien partageait une session tranquille tout en donnant des conseils à sa compagne lorsqu’un longboardeur débutant l’a percuté de plein fouet. La trajectoire mal maîtrisée de l’amateur a causé une coupure profonde au niveau du genou de la jambe avant du champion.

    Évacué rapidement vers la ville côtière d’El Tunco, Italo Ferreira a dû recevoir plus de dix points de suture. Bien que la WSL confirme qu’il soit actuellement sous traitement, sans douleur aiguë et suivi de près par le staff médical, le doute plane sur sa participation. Positionné dans la série 9 du round 2, le Brésilien dispose d’environ deux jours de repos avant de devoir ramer sur les puissantes droites de Punta Roca. Sa décision finale dépendra uniquement du feu vert médical.

  • SEAFOAM : Le choc thermique de Gaspard Larsonneur entre tempêtes bretonnes et vagues marocaines

    SEAFOAM : Le choc thermique de Gaspard Larsonneur entre tempêtes bretonnes et vagues marocaines

    La Bretagne a ce truc en plus. Loin du surf business clinquant, c’est une terre de puristes, façonnée par les éléments. Cet hiver, l’Atlantique n’a laissé aucun répit : dépressions massives, pluie continue et tempêtes en série. Pourtant, sur cette côte ultra-découpée, le jeu consiste à traquer l’impossible. Peu importe la direction du vent, il y a toujours un pli de falaise pour s’abriter et dénicher un spot offshore bien propre.

    C’est ce quotidien brut que retrace SEAFOAM, le tout dernier édit qui capture l’essence d’une saison dantesque. Au cœur du bouillon, Gaspard Larsonneur rappelle pourquoi il est l’un des surfeurs les plus stylés et respectés de l’Hexagone. Même dans le jus et le froid grisant, ses trajectoires restent fluides, engagées et d’une justesse rare.

    L’homme de l’ombre derrière l’objectif

    Mais une production de cette intensité ne se fait pas seule. On glorifie souvent ceux qui glissent, mais qu’en est-il de celui qui subit les bourrasques en gelant sur le rivage ? Le caméraman Robin Aussenac est la véritable cheville ouvrière de ce projet. (déformation professionnelle de mon ancienne carrière professionnelle)

    Trépied ancré dans la roche glissante, les doigts engourdis par le vent glacial, il a su capter la lumière rare et l’ambiance mystique de cet hiver armoricain. Sans sa persévérance à tenir le boîtier sous les grains, cette immersion n’existerait pas.

    Le salut sous le soleil marocain

    Après des mois de résistance thermique et de pénombre, le besoin de rupture est devenu vital pour l’équipe. La seconde moitié de SEAFOAM opère un virage radical vers le Maroc.

    Changement d’ambiance immédiat : place aux sessions sans cagoule, à la lumière dorée et aux longues droites parfaites des pointbreaks d’Afrique du Nord. Ce contraste thermique et visuel fait office de récompense ultime après une saison particulièrement éprouvante. Un édit sincère, qui transpire la passion du surf à l’état pur.

  • Session surréaliste en Californie : un hydrofoil catapulté par le coup de queue d’une baleine grise

    Session surréaliste en Californie : un hydrofoil catapulté par le coup de queue d’une baleine grise

    Imaginez la scène. Vous glissez tranquillement en foil au large après le boulot, et soudain, l’océan se soulève sous vos pieds. C’est la mésaventure complètement dingue vécue par Tavis Boise au large de Miramar Beach, en Californie.

    Alors qu’il naviguait à environ 400 mètres du bord lors d’un downwind, le surfeur a vu surgir deux masses monumentales.

    « On aurait dit de la terre ferme émergent de l’eau », raconte-t-il au Santa Barbara Independent.

    Il s’agissait en réalité d’une baleine grise et de son baleineau en pleine migration vers le nord.

    Tavis ralentit immédiatement pour respecter leur espace, mais la curiosité du jeune cétacé et l’instinct protecteur de la mère changent la donne. Sur les images spectaculaires de sa GoPro, on voit les mastodontes passer à quelques centimètres de sa planche.

    C’est là que la session bascule : d’un simple coup de queue, la maman baleine génère une turbulence d’une puissance inouïe, catapultant littéralement le foiler dans les airs avant qu’il ne finisse dans les turbulences du remous.

    Un aimant à créatures marines ?

    Plus de peur que de mal pour l’Américain qui s’en sort sans une égratignure. Mais le plus fou dans cette histoire reste la probabilité d’un tel enchaînement :

    • Il y a un mois : Tavis filmait son ami Ron Takeda pris en chasse pendant de longues minutes par un grand requin blanc sur ce même spot.
    • Aujourd’hui : Il se fait éjecter par le plus grand mammifère de la côte.

    Deux interactions virales et surréalistes avec la faune marine en à peine trente jours… Ce foiler a définitivement un aimant à monstres marins caché dans sa planche ! Ou alors…(ce n’est plus le 1er avril)

  • Ce surfeur français a dépensé toutes ses économies pour sauver l’esprit du surf d’autrefois

    Ce surfeur français a dépensé toutes ses économies pour sauver l’esprit du surf d’autrefois

    Le surf moderne est-il devenu trop lisse ? Entre les vidéos de trois secondes calibrées pour les algorithmes d’Instagram et des jeunes athlètes ultra-coachés qui ne mettent plus un pied à l’eau sans un adulte sur la plage, la culture glisse traverse une crise identitaire. C’est ce constat amer qui a poussé Enzo Cavallini, surfeur de 27 ans originaire de Guadeloupe, à injecter toutes ses économies dans un projet à contre-courant.

    Pendant deux ans, entre deux compétitions et plusieurs blessures, il a financé lui-même ses billets d’avion pour capturer l’essence d’un surf sans filtre. Le résultat s’appelle Malware, un film de 20 minutes qui impressionne et lui permet de s’inviter dans la course au prestigieux Stab Edit of the Year.

    Le choc thermique : de la Guadeloupe aux monstres d’Irlande

    Réalisé par son compatriote Simon Levalois-Bazer, le projet jongle entre les tubes parfaits d’Indonésie, les vagues chaudes des Caraïbes et les beach breaks massifs d’Hossegor. Mais c’est en Irlande que le film bascule dans une autre dimension.

    Là-bas, Enzo s’est attaqué aux dalles rocheuses les plus terrifiantes d’Europe (Mullaghmore, Riley’s) avec une approche radicale. Quand les locaux débarquent équipés de planches massives, de gilets gonflables de sécurité et de motomarines prêtes à les repêcher, le Français se jette à l’eau avec une simple combinaison et un équipement minimaliste. Une prise de risque maximale, dictée par le manque de budget, mais qui transpire à l’écran par une authenticité devenue rare.

    Une claque visuelle contre la génération TikTok

    Visuellement, Malware porte bien son nom. Le film s’ouvre sur un gamin découvrant un vieux DVD de surf poussiéreux, une relique d’une époque où l’on se posait encore devant un écran pour apprécier le style d’un athlète.

    Loin des images 4K ultra-nettes, le montage s’amuse à détruire l’image : textures analogiques lo-fi, bugs numériques volontaires et musique à l’ambiance presque anxiogène. C’est hypnotique, brut, et surtout très aérien. Enzo Cavallini prouve qu’il n’a pas besoin de l’approbation des marques ou d’un format standardisé pour affirmer sa place parmi l’élite européenne. Reste une question cruciale posée par les réalisateurs : un adolescent d’aujourd’hui, nourri aux vidéos courtes, aura-t-il encore l’attention nécessaire pour regarder ce chef-d’œuvre jusqu’au bout ?

  • Un terrible drame ravive la psychose des squales sur cette plage brésilienne

    Un terrible drame ravive la psychose des squales sur cette plage brésilienne

    Le surf et la baignade ont parfois un visage bien sombre. Dimanche dernier, la plage de Piedade, située à Jaboatão dos Guararapes près de Recife, a été le théâtre d’une scène d’horreur absolue. Un jeune garçon de seulement 11 ans y a perdu sa jambe gauche après l’attaque d’un squale, sous les yeux terrifiés de sa famille.

    PS: nous avons décidé de ne pas diffuser les images

    « S’il vous plaît, ne me laissez pas mourir »

    Alors qu’il se baignait vers 13h40, l’impensable s’est produit. Son oncle, sorti de l’eau quelques instants plus tôt, raconte avoir entendu un bruit étrange. En se retournant, l’eau était déjà rouge de sang. Dans un élan de courage, il a plongé pour extirper son neveu des vagues. Conscient malgré le choc, l’enfant a supplié les sauveteurs de le sauver. Transféré en urgence absolue à l’Hospital da Restauração, les chirurgiens ont dû se résoudre à l’amputation. Ses jours ne sont aujourd’hui plus en danger.

    Un « hotspot » mondial sous haute surveillance

    Ce secteur de la région de Pernambouc est connu des surfeurs pour être l’un des points noirs de la planète concernant les attaques. Nous déconseillons aux surfeurs français de se surfer sur la zone. L’accident s’est d’ailleurs produit dans une zone pourtant truffée de panneaux de signalisation interdisant la baignade. Il s’agit de la 83ème attaque recensée dans l’État depuis 1992, et la 24ème sur cette seule plage de Piedade. Une des plages les plus danegreuses au monde.

    Bien que l’espèce de requin (probablement un bouledogue ou un tigre) n’ait pas été identifiée, ce drame rappelle cruellement le décès d’un adolescent de 13 ans en janvier dernier sur la plage voisine de Del Chifre. Une tension palpable alors que l’élite mondiale du surf s’apprête à débarquer dans le pays du 19 au 27 juin 2026 pour le Vivo Rio Pro.

  • En 2065, réalité virtuelle et sessions chronométrées : le pire cauchemar des surfeurs bretons ?

    En 2065, réalité virtuelle et sessions chronométrées : le pire cauchemar des surfeurs bretons ?

    Le surf en Bretagne fêtera bientôt ses 100 ans, mais à quoi ressemblera-t-il vraiment ? Le surfeur pro Yan Fontaine s’est prêté au jeu dans une vidéo futuriste et totalement décalée qui imagine notre quotidien en 2065.

    Oubliez la liberté sauvage de La Torche. Dans ce futur ultra-connecté, le surf est devenu électrique, assisté par une réalité virtuelle indispensable pour « rendre les vagues moins pourries ». Pire encore, pour éviter la surpopulation sur les spots, l’accès à l’eau est rationné : vous n’aurez le droit qu’à une heure et quinze minutes de session par jour, sur des créneaux ultra-verrouillés.

    Face à cette dérive technologique, le vieux briscard breton hausse le ton. Pour lui, le surf moderne se résume à des « branleurs » armés de smartphones qui analysent le vent à la seconde près. Rien à voir avec l’époque bénie où l’on checkait les spots à l’aveugle, comme une vraie chasse aux champignons. Une satire hilarante, mais terriblement efficace.

  • Teahupo’o : une vague de 6 mètres avale le photographe Guy Mac

    Teahupo’o : une vague de 6 mètres avale le photographe Guy Mac

    La première houle significative de la saison de l’hémisphère sud a déferlé sur Teahupo’o, en Polynésie française, produisant l’une des images les plus marquantes de l’année dans le surf mondial.

    Positionné dans le chenal, le photographe Guy Mac a été violemment touché par l’explosion d’eau projetée par un tube de 6 mètres. La vague était surfée en tow-in par Matahi Drollet, lancé par son compatriote tahitien Tavaitoa David. La vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux, cumule des millions de vues et illustre crûment la puissance du spot polynésien. Guy Mac est sorti indemne de l’incident.

    James Kusitino : le wipeout qui fait mal à regarder

    Le Fidjien James Kusitino a lui subi l’un des chutes les plus violentes de la session, recevant la lèvre de plein fouet. Il s’en est sorti par miracle sans dégât. Par contre, deux surfeurs ont du être évacué avec des blessures au dos. Un grand bravo à la water patrol.

    Cette houle, générée dans le sud-ouest du Pacifique avec des mers entre 12 et 14 mètres, doit encore toucher les côtes sud d’Hawaï avant de rejoindre la Californie du Sud.

  • Jordy Smith forfait au Punta Roca Pro : le début de la fin pour le Sud-Africain ?

    Jordy Smith forfait au Punta Roca Pro : le début de la fin pour le Sud-Africain ?

    C’est la douche froide pour les fans de power surfing. Alors qu’il devait défendre son titre décroché en 2025 sur la mythique droite de Punta Roca, Jordy Smith vient d’annoncer son retrait de l’épreuve salvadorienne pour cause de blessure.

    Si la World Surf League n’a pas encore précisé la nature exacte de ce pépin physique, les conséquences au classement sont, elles, très claires. Actuellement enlisé à la 26ème place mondiale avec une saison 2026 compliquée (trois 17èmes places et une 9ème), le colosse sud-africain joue sa survie sur le Championship Tour. Sans un miracle lors de la seconde moitié de saison, il n’atteindra pas le top 22 qualificatif pour 2027. À 38 ans, on l’imagine mal retourner batailler sur les vagues souvent ingrates des Challenger Series.

    L’ironie du sort pour Matt McGillivray

    Pour remplacer Smith, la WSL a fait appel à son compatriote Matt McGillivray. Le clin d’œil du destin est cruel quand on sait que c’est précisément McGillivray que Jordy avait battu en finale ici-même l’an dernier.

    Première victime du mid-season cut la saison passée, McGillivray a soif de revanche. Mais le retour aux affaires s’annonce corsé : il va devoir dompter le nouveau format sans élimination directe qui donne du fil à retordre à beaucoup de surfeurs. Son premier obstacle en round 1 ? Ramzi Boukhiam. Et s’il passe, c’est l’actuel leader du classement, Italo Ferreira, qui l’attendra de pied ferme.

    Le malheur de l’un fera-t-il la gloire de l’autre ? Réponse la semaine prochaine.

  • Tragédie à San Francisco : un surfeur décède dans une houle exceptionnelle à Ocean Beach

    Tragédie à San Francisco : un surfeur décède dans une houle exceptionnelle à Ocean Beach

    La fin du mois de mai a offert un visage aussi exceptionnel que terrifiant à San Francisco. Alors que les locaux s’attendent habituellement à des vents onshore et des conditions printanières médiocres, Ocean Beach s’est réveillée avec une houle digne du mois de janvier. Au menu : des vagues massives, poussées par un swell ouest de 20 secondes de période et un vent offshore hurlant. Des conditions rares, mais qui ont prélevé un lourd tribut.

    Un signal de détresse au milieu du line-up

    Vers 13h20 ce jeudi, près de Lincoln Avenue, les sauveteurs ont repéré un surfeur agitant les bras, un signal universel de détresse. Malgré l’intervention immédiate d’un garde-côte hors service qui surfait la zone et de trois sauveteurs, l’homme d’une cinquantaine d’années a été retrouvé inconscient, face contre l’eau.

    Ramené d’urgence sur le sable pour des manœuvres de réanimation, il a été transporté dans un état critique avant de malheureusement succomber à l’hôpital. Si les pompiers locaux évoquent la piste d’une crise cardiaque, l’océan nous rappelle brutalement que même la session de nos rêves peut basculer en une fraction de seconde. Nos pensées accompagnent la communauté locale et les proches de la victime.

  • Le surfeur australien Nathan Bartlett succombe à une session tragique à Jervis Bay

    Le surfeur australien Nathan Bartlett succombe à une session tragique à Jervis Bay

    Le monde du surf de gros est en deuil. Ce mercredi 27 mai 2026, l’Australien Nathan Bartlett, figure respectée du surf underground, a perdu la vie à l’âge de 43 ans alors qu’il défiait un slab massif à Jervis Bay, sur la côte sud du pays.

    Une session fatale entre frères

    Nathan Bartlett n’était pas un compétiteur en quête de projecteurs, mais un véritable waterman, admiré de tous pour son engagement absolu dans les vagues les plus massives de la mer de Tasman. Il partageait cette session de gros swell avec son frère, Byron Bartlett, lui aussi surfeur chevronné.

    Selon les premières informations, Nathan aurait subi un violent choc à la tête, le laissant inconscient dans l’eau. Malgré l’intervention rapide des secours aux alentours de 13h50, le quadragénaire n’a malheureusement pas pu être réanimé.

    Un miraculé de l’océan

    Ce drame résonne douloureusement dans la communauté, d’autant que Nathan Bartlett avait déjà trompé la mort de manière spectaculaire par le passé. En 2017, lors d’un terrible wipeout à Desert Point, en Indonésie, son cœur s’était arrêté après un drop ultra-tardif. Repêché sans pouls par des surfeurs brésiliens qui lui avaient prodigué un massage cardiaque d’urgence, il s’en était sorti miraculeusement après une lourde reconstruction faciale.

    Un héritage gravé dans le reef

    Marié et père de deux enfants, il laisse derrière lui une famille soudée et une communauté locale sous le choc à Manyana. Son fils, Taylor Bartlett, marche déjà dignement sur ses traces, s’illustrant récemment comme l’un des meilleurs espoirs mondiaux du tube en remportant la division des moins de 10 ans du BL’s Blast Off.

    Nathan Bartlett incarnait le surf dans sa forme la plus pure : l’amour du risque, la quête des vagues lourdes et le respect de l’océan, loin du strass et des sponsors. Toutes nos pensées vont à sa famille et à ses proches.

  • Jon Pyzel chez Embassy Surf Supply : une opportunité unique à Hossegor

    Jon Pyzel chez Embassy Surf Supply : une opportunité unique à Hossegor

    Alerte masterclass dans les Landes. Ce vendredi 29 mai, dès 17h30, Jon Pyzel pose ses templates chez Embassy Surf Supply (165 Av. des Rémouleurs, Soorts-Hossegor).

    On parle quand même du shaper de John John Florence (d’ailleurs de toute la famille) et du surfeur français Kyllian Guerin. C’est la chance de votre année pour lui commander une board sur-mesure en direct, mais attention : les slots pour son Euro Tour sont ultra-limités.

    L’équipe d’Icones Surf sera sur place pour checker les shapes et partager une bière fraîche avec la légende. Passez au shop caler votre custom avant qu’il ne soit trop tard.

    @icones_surf Jon Pyzel En france à Hossegor demain à partir de 17H30 chez Embassy Surf Supply #surf #surfing #pyzelsurfboards #hossegor ♬ son original – Icônes Surf, le média en ligne
  • Teahupo’o lance sa saison avec un swell massif et un Kauli Vaast intouchable

    Teahupo’o lance sa saison avec un swell massif et un Kauli Vaast intouchable

    Le mois de mai ne faillit pas à sa réputation. Le Pacifique Sud vient de délivrer sa première véritable bombe de la saison, transformant le mythique spot de Teahupo’o en un chaos de vagues dantesques. Propulsée par une tempête massive aux vents de plus de 40 nœuds, la houle de sud-sud-ouest a levé des vagues de 15 à 20 pieds les 26 et 27 mai derniers.

    Si les conditions massives exigeaient un engagement total, un homme a rappelé à la planète entière pourquoi il règne sans partage à la maison. Tout juste rentré du CT, le local Kauli Vaast s’est fendu d’une masterclass absolue. On attend plus d’images dans les prochaines heures

  • Budget, écologie, boulot : à quoi ressemble le vrai profil du surfeur français en 2026 ?

    Budget, écologie, boulot : à quoi ressemble le vrai profil du surfeur français en 2026 ?

    On les croise tous les matins au beach break, la truffe collée aux webcams ou en train d’enfiler une combinaison encore humide sur un parking de Nouvelle-Aquitaine. Mais sait-on vraiment comment vivent, consomment et pensent les surfeurs de l’Hexagone ?

    L’EuroSIMA et l’Union Sport & Cycle viennent de jeter un énorme pavé dans le line-up en publiant une grande enquête. Un panel ultra-robuste de 2 300 pratiquants (des passionnés, des vrais : 60 % affichent plus de 10 ans de glisse au compteur) a accepté de vider son sac, son armoire et son compte en banque.

    Entre petits arrangements professionnels, budgets sacrés et grosses contradictions écologiques, on a décortiqué les chiffres. Accrochez-vous, les résultats sont parfois surprenant.

    Le surf business : ce que nous coûte vraiment notre passion

    Disons-le clairement : le surf est devenu un sport de riches, ou du moins de grands passionnés prêts à d’énormes sacrifices financiers. Le cœur de notre pratique reste la planche, et là-dessus, les chiffres ne mentent pas.

    La planche de surf : l’amour du sur-mesure

    En moyenne, un surfeur français dépense 635 € pour sa monture. Un investissement qu’il renouvelle tous les 2 ans. Mais la statistique qui fait vibrer notre corde romantique est ailleurs : 50 % des surfeurs interrogés ont déjà possédé une planche sur-mesure (custom), et parmi eux, 90 % sont passés par un shaper local ou un petit atelier indépendant. Mieux encore, 69 % se disent intéressés par cette démarche pour leur prochain achat.

    Du côté des marques industrielles, le marché est ultra-atomisé (plus de 150 marques citées), mais le géant Al Merrick / Channel Islands conserve la tête du pic avec 9 % des suffrages, talonné par Lost (5 %) et JS Industries (4 %).

    PS: nous ne sommes pas d’accord avec ces chiffres, car ils reflètent un panel de passionnés dont 60% ont plus de 10 ans de pratique.

    La combinaison : le consommable indispensable

    Pour affronter les eaux de l’Atlantique ou de la Manche, la combinaison reste le nerf de la guerre. Les surfeurs dépensent en moyenne 250 € pour leur néoprène, avec une fréquence de renouvellement fixée à 31 mois (soit un peu plus de deux ans et demi). Ici, la fidélité est plus forte que pour les planches : 42 % des pratiquants rachètent systématiquement la même marque, guidés d’abord par la qualité, le prix et l’adaptation à leur morphologie.

    Le paradoxe écologique : vert dans l’âme, mais pas trop dans le portefeuille

    C’est le point chaud de cette étude EuroSIMA. On aime tous l’océan, les sessions sauvages et la nature préservée. Mais quand vient le moment de passer à la caisse ou de changer nos habitudes de voyage, le vernis éco-responsable se craquelle un peu.

    Le prix de l’éco-conception

    Certes, 89 % des surfeurs se disent prêts à payer un surcoût pour une planche éco-conçue ou plus respectueuse de l’environnement. Un chiffre magnifique sur le papier. Sauf que dans la réalité, le montant moyen de ce surcoût accepté n’est que de 46 € (soit entre 5 et 10 % du prix d’une planche neuve).

    • 31 % des acheteurs refusent de mettre plus de 31 à 50 € de surplus.
    • Seuls 11 % acceptent de débourser plus de 100 € pour sauver la planète.

    Le constat est identique concernant les critères RSE qui importent le plus : si la durabilité du produit arrive en tête (74 %), les critères de transport (23 %) ou le packaging (12 %) n’intéressent presque personne.

    Les ailes du désir (de vagues)

    Deuxième contradiction : le voyage. Si 42 % des personnes interrogées affirment réduire l’usage de l’avion par conscience écologique et 40 % privilégient les vacances en France, ils sont 38 % à admettre ne faire strictement aucun effort sur ce plan-là. Pire, pour ceux qui s’envolent vers des destinations lointaines, 48 % choisissent leur compagnie aérienne uniquement en fonction de sa politique de transport des planches. Le barrel à l’autre bout du monde passe avant le bilan carbone.

    Métro, boulot, surf : quand la session dicte l’agenda

    Le surf n’est pas un loisir du dimanche, c’est une organisation militaire. L’étude montre à quel point la glisse façonne le quotidien des pratiquants.

    • 71 % des surfeurs aménagent leur temps de travail pour pouvoir aller surfer (28 % le font « souvent », 43 % « parfois »).
    • 46 % d’entre eux vivent et pratiquent à moins de 10 km de leur domicile (et 80 % à moins de 50 km).

    Le surfeur français est donc un opportuniste ultra-localisé, capable de poser un RTT en urgence ou de décaler une réunion Zoom si la marée et le vent s’alignent proprement.

    Cette pratique est aussi un art de vivre qui s’anticipe : 58 % surfent toute l’année sans interruption hivernale, et 37 % se mettent à l’eau plusieurs fois par semaine. Pour la dimension sociale, si le surf reste une action individuelle au pic, 82 % déclarent pratiquer en groupe ou en communauté, notamment avec des amis (56 %) ou en famille (37 %).

    Ce que cachent nos armoires : la check-list du vestiaire

    Pour finir, l’étude s’est penchée sur l’intimité de nos vestiaires et de nos garages. Au-delà de la planche et de la combi, le surfeur accumule un équipement bien spécifique.

    L’équipement textile et matériel en chiffres :

    ÉquipementTaux de possessionPrix moyenFréquence de renouvellement
    Chaussons néoprène88 %
    Boardshort79 %56 €34 mois
    Bikini78 %64 €24 mois
    Grip arrière (Pad)63 %

    On note une domination écrasante de certaines marques historiques sur les pièces textiles phares. Il est important de noter que les chiffres sont basés sur du déclaratif, c’est à dire les marques préférées, mais pas forcément celles achetées. Pour les boardshorts, le trio Quiksilver (26 %), Rip Curl (16 %) et Billabong (11 %) verrouille le marché. Chez les femmes, Roxy mène la danse sur le marché du bikini (23 %), suivi de près par Billabong (19 %) et Rip Curl (18 %).

    Côté hardware, la marque FCS assoit une hégémonie quasi-totale. Elle équipe 52 % des surfeurs en dérives via son système FCS 2 (auxquels s’ajoutent 27 % pour le FCS 1) et domine outrageusement le marché du grip arrière avec 32 % des planches équipées.

    Une dernière statistique pour briser un vieux débat de parking ? Le line-up français compte désormais 59 % de Regular (pied gauche devant) pour 41 % de Goofy (pied droit devant). De quoi anticiper vos priorités lors de la prochaine session sur un pic en peak-split !

  • Il part surfer à Pavones, il ressort avec un poisson planté dans le cœur

    Il part surfer à Pavones, il ressort avec un poisson planté dans le cœur

    Fabiano Duarte da Costa voulait juste attraper des vagues au Costa Rica. Il a failli ne jamais rentrer chez lui. En cause : un poisson-aiguille, la menace que personne ne voit venir.

    Un matin ordinaire qui vire au cauchemar

    Le 26 mai 2026, Fabiano Duarte da Costa, 42 ans, prof d’éducation physique et instructeur de canoë originaire d’Itajaí au Brésil, était en session à Playa Pavones. Un spot de surf costaricien réputé, pas une zone de guerre. Et pourtant, c’est là qu’un poisson-aiguille a jailli de l’eau pour lui perforer le cœur. Littéralement.

    Sa femme, Priscila Carlesso, résume la situation avec une sobriété déchirante : « Fabiano est allé surfer et tout a basculé. » On peut difficilement dire mieux.

    La chance dans ce tableau apocalyptique ? Un médecin se trouvait par hasard sur la plage. Sans lui pour stabiliser Fabiano, l’histoire s’arrêtait là.

    Une évacuation d’urgence et une chirurgie cardiaque complexe

    Pris en charge dans un hôpital local, le surfeur a ensuite été évacué par hélicoptère jusqu’à San José, où il a subi une opération cardiaque lourde. Il est aujourd’hui hors de danger, mais les épreuves sont loin d’être terminées : les frais médicaux s’accumulent et il lui faut encore rentrer au Brésil. Sa femme a lancé une cagnotte en ligne pour financer son rapatriement.

    Le poisson-aiguille, une menace sous-estimée

    Ce genre d’accident est rarissime… mais pas inédit. En 2024, la surfeuse italienne Giulia Manfrini avait été empalée dans la poitrine par un poisson-aiguille lors d’une session aux Mentawai. Elle n’avait pas survécu. Deux accidents, deux trajectoires différentes. Un rappel brutal que la mer n’offre aucune garantie, même dans ses meilleurs jours.

  • La « Brazilian Storm » est-elle vraiment détestée sur les spots ?

    La « Brazilian Storm » est-elle vraiment détestée sur les spots ?

    L’avènement de la Brazilian Storm au milieu des années 2010 a agi comme un coup de pied dans la fourmilière du surf mondial. Quand Gabriel Medina et Adriano de Souza ont commencé à truster les podiums mondiaux, brisant l’hégémonie historique des Américains, des Australiens et des Hawaïens, le line-up international s’est crispé. Derrière les écrans et dans l’eau, une vague de critiques virulentes, frôlant parfois la xénophobie, a déferlé sur les surfeurs auriverde.

    Mais d’où vient ce désamour persistant, et est-il partagé de la même manière partout sur la planète, notamment en Europe ?

    Le procès anglo-saxon : intensité, « snaking » et survie financière

    Pour comprendre la genèse de cette tension, il faut se pencher sur les reproches classiques formulés par la presse et les forums anglophones. On accuse souvent les Brésiliens de surfer « en meute », d’adopter une attitude ultra-agressive à l’eau (le fameux snaking ou vol de priorité) et de vouloir saturer le line-up en attrapant la moindre vague.

    Pourtant, cette intensité s’explique par une réalité socio-économique flagrante que l’establishment du surf a longtemps refusé de voir :

    • L’absence de plan B : Contrairement à leurs homologues californiens ou australiens, les pros brésiliens n’ont pas de filet de sécurité. Le marché lucratif du freesurf ou les rôles de consultants dans l’industrie leur sont historiquement fermés. Un John John Florence ou un Dane Reynolds peuvent briller hors compétition via des productions vidéo multimillionnaires. Pour un Brésilien, exister signifie gagner des séries. C’est le surf de la dalle contre le surf du confort.
    • La conquête des gros morceaux : Longtemps cantonnés au statut de « grovelers » (bons uniquement dans les petites vagues de beach breaks), ils ont prouvé leur polyvalence. Les performances de Medina à Teahupoo ou de Carlos Burle et Maya Gabeira à Nazaré ont définitivement enterré le mythe selon lequel ils ne savaient pas charger le gros surf.

    L’exception française : une proximité culturelle historique

    Si le ressentiment a été fort dans les pays anglo-saxons, le regard européen – et particulièrement français – s’avère beaucoup plus tempéré. En réalité, sur les plages landaises ou basques, les Brésiliens ne souffrent pas de ce désamour systématique.

    Cette tolérance s’explique d’abord par la porte d’entrée du surf européen : le Portugal. L’absence de barrière de la langue y favorise une intégration naturelle. Côté français, l’histoire même de notre surf de haut niveau est intimement liée à des figures franco-brésiliennes majeures. Des surfeurs comme les frères Patrick et Yannick Beven, ou encore Eric Rebière, ont été les piliers et les parrains de l’âge d’or du surf de performance dans le Sud-Ouest.

    De plus, la culture du surf en France s’est nourrie d’une autre passion importée du Brésil : le jiu-jitsu brésilien (JJB). Depuis les années 90, les plages landaises et basques ont vu leurs profs et leurs locaux adopter massivement cette discipline pour l’entraînement hivernal. Cette hybridation culturelle a créé des ponts de respect mutuel solides, loin des tensions observées en Indonésie ou aux Maldives, ou dans le reste du monde.

    Ce qui agace vraiment les Européens : l’esthétique et le « claim »

    Pour autant, le surfeur français n’est pas sans reproches envers ses cousins d’Amérique du Sud. Mais ici, la critique n’est pas identitaire, elle est purement esthétique et comportementale. Deux points précis cristallisent l’agacement sur nos côtes :

    • L’over-claiming systématique : S’il y a bien une chose que le purisme européen déteste, c’est la célébration excessive à destination des juges. Lever les bras au ciel et hurler après une vague moyenne est perçu comme un manque d’élégance. Le milieu se souvient encore, non sans ironie, de Caio Ibelli revendiquant de manière théâtrale un ride médiocre noté 3 points.
    • Le tout-aérien au détriment du rail-to-rail : La culture surf européenne reste très attachée au style pur, aux trajectoires fluides et aux carves puissants. La tendance de la nouvelle école brésilienne à vouloir placer des airs sur chaque section, quitte à casser le rythme de la vague, lasse parfois les observateurs. Le public français aime l’innovation, mais seulement si elle respecte la beauté de la vague.

    La prétendue « haine » envers les surfeurs brésiliens s’essouffle à mesure que le sport se globalise. La rage de vaincre de la Brazilian Storm a redéfini les standards du professionnalisme, forçant le reste du monde à sortir de sa zone de confort. Si leur exubérance continue parfois de diviser les puristes au pic, leur place au sommet du patrimoine mondial de la glisse est désormais indiscutable.

  • Drame en Gironde : pourquoi ce début de saison estival s’avère particulièrement meurtrier

    Drame en Gironde : pourquoi ce début de saison estival s’avère particulièrement meurtrier

    Le thermomètre explose, l’océan appelle, mais le piège est grand ouvert. Depuis une semaine, le Sud-Ouest étouffe sous une canicule précoce avec des températures dépassant les 30°C. Si l’eau s’est réchauffée, elle reste traîtresse et cache un danger d’autant plus redoutable que les plages ne sont pas encore surveillées avec les pleins effectifs. Ce week-end, le bilan est lourd : deux personnes ont perdu la vie, emportées par les baïnes à Lacanau et Lège-Cap-Ferret. On a entendu des histoires avec de nombreux baigneurs en difficulté.

    Au total, les secours ont dû intervenir pour 31 personnes en détresse sur le seul littoral girondin (sans parler des autres départements et des nombreux témoignages reçus). Avec des effectifs de sauveteurs réduits, voire inexistants à cette période de l’année, la situation devient critique. Les vagues actuelles ne semblent pas massives, mais cette petite houle printanière suffit à lever des courants de baïnes ultra-violents, surprenant les baigneurs venus chercher un peu de fraîcheur.

    Le surfeur, premier et dernier rempart

    Dans ce contexte de « vigilance maximale » décrétée par la préfecture, la communauté surf se retrouve en première ligne. Dotés d’une planche et d’une lecture affûtée du plan d’eau, nous sommes souvent les seuls témoins capables d’agir rapidement.

    Cependant, la règle d’or absolue reste d’éviter le sur-accident. Si vous repérez une personne en difficulté dans une baïne :

    • Ne vous jetez pas à l’eau tête baissée si vous n’avez pas le niveau pour ramener quelqu’un.
    • Donnez l’alerte immédiatement en prévenant les secours (le 112) ou les locaux plus expérimentés sur la plage.
    • Utilisez votre matériel (votre board) comme flotteur pour sécuriser la victime, sans jamais vous faire agripper ou submerger. Et attendez les secours.

    Autre danger, comme il n’y a pas de baignade surveillée, de nombreux baigneurs peuvent se retrouver dans votre trajectoire e fin de vague.

    Profitez des vagues, mais gardez un œil grand ouvert sur ceux qui n’ont ni vos dérives, ni votre expérience de la glisse. Ce mois de mai ne pardonne pas.