Auteur/autrice : Kelly Slater

  • Quand Mason Ho et la meute hawaiienne s’approprient les tubes de Teahupo’o

    Quand Mason Ho et la meute hawaiienne s’approprient les tubes de Teahupo’o

    Chaque année en mai, c’est le même rituel. Dès que la North Shore s’endort, une véritable migration s’opère : la crème du surf hawaiien met le cap sur la Polynésie et en Indonésie. Tahiti devient alors leur seconde maison.

    Dernier exemple en date ? Mason Ho. Pour lui, la gauche de Teahupo’o est presque une vague « normale » : pas de roche qui dépasse, pas de falaise à frôler. Juste un énorme tube qui aspire sur un récif de corail tranchant. Au programme de ses dernières sessions sbackside : des tubes, des tubes et encore des tubes….

  • La fin d’une époque : quand le surf business chasse les vrais passionnés

    La fin d’une époque : quand le surf business chasse les vrais passionnés

    600 € la planche de surf, 300 € la combinaison, destinations tropicales transformée en Disneyland aquatique. La vague a tout emporté sur son passage — y compris l’âme du surf.

    Il fut un temps — pas si lointain — où un surfeur se reconnaissait à ses pieds calleux, sa planche ébréchée et son van en bout de vie garé face à l’océan. Aujourd’hui, il se reconnaît à son application de météo marine payante, sa combinaison à 340 € et son abonnement à la wave pool du coin. Bienvenue dans le surf nouvelle génération : même adrénaline, budget multiplié par dix.

    La question agite les lineups depuis des années, mais elle n’a jamais été aussi urgente. Sur le podcast Stab Mike, Nathan Fletcher — fils de la légende Herbie Fletcher, icône du big wave — lâche sans détour ce qui dérange : les destinations de surf sont désormais calibrées pour des gens qui travaillent toute leur vie avant de découvrir le surf, et non plus pour ceux qui ont consacré leur vie à l’océan. Un aveu d’une franchise brutale, venant d’un passionné du milieu.

    La grande braderie du matériel

    Commençons par les fondamentaux. Une planche de surf de marque correcte : à partir de 600 €. Une combinaison qui ne vous transforme pas en bloc de glace en décembre : 300 €. Un leash pour ne pas perdre ladite planche : 50 €. Un pad arrière — soit littéralement un morceau de mousse texturée collée sur votre planche — également dans les 50 €. Total pour sortir dans l’eau convenablement équipé : on approche allègrement les 1 000 €, sans avoir acheté une seule heure de cours ni réservé le moindre voyage.

    Et encore, on parle d’entrée de gamme raisonnable. Parce qu’à côté, les grandes enseignes de sport outdoor ont compris le filon : surfer est devenu un lifestyle. On ne vend plus du matériel, on vend une identité. Une certaine influenceuse — moins de 30 ans, combinaison flambant neuve, planche assortie — parade fièrement avec son équipement acheté dans une chaîne de distribution. Les surfeurs punks des années 80-90 en mode PLS.

    « C’est désormais calibré pour des gens riches qui surfent en hobby, pas pour le surfeur qui a sacrifié sa vie à l’océan. »Nathan Fletcher, Stab Mike Podcast

    L’inflation a avalé les spots

    Le problème ne s’arrête pas au parking du shop. Il traverse les océans. Bali, pendant des décennies le paradis abordable du surfeur au budget serré, est devenu un terrain de jeu pour touristes aisés. Les prix ont explosé, les guides se multiplient — Nathan Fletcher lui-même raconte s’être vu imposer un guide dans un spot qu’il fréquente depuis des années, sans que personne n’en ait eu besoin avant. La logique économique a rattrapé le mythe.

    L’Indonésie, jadis terra incognita où quelques bateaux solitaires se partageaient des vagues désertes, compte aujourd’hui des camps terrestres, des stations wifi, des aéroports internationaux, et des spots où dix bateaux attendent au line-up dès l’aube. En vingt-cinq ans. Le surfeur a été sorti du game par son propre engouement, victime de la médiatisation qui l’a rendu célèbre.

    « Vous alliez dans des endroits incroyables avec un budget de surfeur. Maintenant, c’est 5 dollars le café, le wifi, et vous êtes là à vous dire : mais qu’est-ce qui s’est passé au juste ? »Nathan Fletcher

    La culture s’est noyée dans le marketing

    Ce qui se perd dans l’histoire, c’est peut-être l’essentiel : une culture. Les trade shows où se croisaient shaper, photographe, pro et gamin de 15 ans fans. Les magazines où le surfeur du bout du monde pouvait décrocher une couverture. Les sponsors qui misaient sur des personnalités, pas sur des métriques d’engagement. Cette époque est révolue. Ce qui reste ? Des wave pools à abonnement, des influenceurs en combinaison neuve, et des resorts qui ont compris qu’un cadre supérieur de 45 ans découvrant le surf représente un pouvoir d’achat bien supérieur à celui d’un kid de 20 ans qui dort dans son van.

    Le surf a toujours coûté cher — c’est là un mythe à déconstruire. Même dans les années 80, une planche représentait un investissement significatif. Mais la dernière décennie a creusé un fossé net entre ceux qui peuvent vraiment pratiquer — voyager, se former, s’équiper correctement — et ceux qui regardent les vagues depuis le bord, iPad à la main, pour choper le meilleur angle Instagram. Le surf baba cool ? Il ne survit que dans les représentations mentales de gens qui ne l’ont jamais pratiqué.

    Alors, sport de riches ?

    Pas tout à fait — et c’est là que la réponse devient nuancée. L’océan, lui, ne facture toujours rien. On peut encore surfer avec une planche d’occasion à 150 €, une combi de seconde main et du sel dans les yeux. Mais le surf tel qu’il se pratique désormais, tel qu’il se vend, tel qu’il se montre — celui-là, oui, s’est offert un lifestyle upgrade dont tout le monde n’a pas les moyens. La vague a changé de main. Et quelque part, dans un van en bout de piste, un vieux surfeur aux pieds salés lève les yeux au ciel.

  • WSL 2026 : Carissa Moore et Italo Ferreira s’imposent à Raglan pour une finale historique

    WSL 2026 : Carissa Moore et Italo Ferreira s’imposent à Raglan pour une finale historique

    Le Corona Cero New Zealand Pro présenté par Bonsoy, quatrième étape du World Surf League (WSL) Championship Tour (CT) 2026, s’est achevé en apothéose sur le mythique pointbreak de Manu Bay, à Raglan. Dans des conditions parfaites offrant des vagues de plus d’un mètre cinquante, la compétition a sacré deux légendes de la discipline, champions olympiques à Tokyo et champions du monde 2019 : l’Hawaïenne Carissa Moore et le Brésilien Italo Ferreira. Cette étape inaugurale sur le sol néo-zélandais restera gravée dans les mémoires, marquée par le triomphe de deux athlètes récemment devenus parents.

    Le retour triomphal et symbolique de Carissa Moore

    Éloignée du circuit régulier depuis deux saisons pour donner naissance à sa fille Olena, la quintuple championne du monde Carissa Moore a signé un retour fracassant au premier plan. Dominant la compétition de bout en bout sur cette longue gauche néo-zélandaise, l’Hawaïenne a survolé chaque série. Elle a notamment signé le total le plus élevé de la saison en demi-finale avec un score quasi parfait de 19,00 points sur 20.

    En finale, Moore a dû faire face à la fougue de la jeune Américaine Sawyer Lindblad (20 ans). Menée après une note de 9,00 points de la Californienne, Moore a su répliquer à six minutes de la sirène grâce à un enchaînement engagé de trois manœuvres puissantes sur le backhand, gratifié d’un 9,40. Avec cette 29e victoire en carrière, elle consolide sa deuxième place historique au classement des victoires sur le CT et se repositionne au 6e rang mondial. Ce succès résonne comme un hommage à sa première victoire professionnelle acquise ici même en Nouvelle-Zélande en 2010, alors qu’elle n’avait que 17 ans.

    Italo Ferreira s’empare de la place de numéro un mondial

    Chez les hommes, Italo Ferreira a fait parler sa vitesse et son surf aérien explosif pour dominer l’Australien Morgan Cibilic. Face aux trajectoires puissantes et aux gros turns sur le backside de son adversaire, Ferreira a fait la différence en envoyant deux airs reverses consécutifs sur la même vague pour obtenir un score de 9,33.

    Grâce à cette 11e victoire sur le CT, sa première depuis plus d’un an, le surfeur brésilien s’empare de la tête du classement mondial et portera le lycra jaune de leader lors de la prochaine étape au Salvador. Cette victoire confirme la mainmise de la « Tempête Brésilienne » sur la saison 2026, le Brésil comptant désormais six représentants aux avant-postes du classement mondial.

    Résultats des finales du Corona Cero New Zealand Pro 2026

    Finale Femmes

    • 1. Carissa Moore (HAW) : 17.90 points
    • 2. Sawyer Lindblad (USA) : 16.67 points

    Finale Hommes

    • 1. Italo Ferreira (BRA) : 17.50 points
    • 2. Morgan Cibilic (AUS) : 15.80 points

    Demi-finales Hommes

    • Série 1 : Morgan Cibilic (AUS) 15.34 bat Griffin Colapinto (USA) 12.20
    • Série 2 : Italo Ferreira (BRA) 15.10 bat Yago Dora (BRA) 12.33
  • Panique à Raglan : une créature non identifiée a mordu un photographe de surf

    Panique à Raglan : une créature non identifiée a mordu un photographe de surf

    Le spot mythique de Manu Bay, en Nouvelle-Zélande, vient de vivre les minutes les plus folles et les plus flippantes de l’histoire du circuit mondial. Alors que la deuxième demi-finale masculine du New Zealand Pro battait son plein, le klaxon de la WSL a retenti pour une raison totalement inédite : une attaque en direct.

    L’instant où tout a basculé à Manu Bay

    Le légendaire photographe aquatique Ed Sloane flottait tranquillement au line-up, palmes aux pieds, pour shooter les trajectoires d’Italo Ferreira et Yago Dora. Soudain, de violents éclaboussements et un saut désespéré sur le jet-ski de la Water Patrol ont glacé le public. Une créature marine de grande taille venait de lui enfoncer les dents dans la cheville.

    Face à l’urgence, le directeur du circuit, Renato Hickel, a pris une décision historique : activer le tout premier Code Red de l’histoire de la WSL. Les surfeurs ont été évacués de l’eau en urgence absolue.

    « Les secours ont trouvé des marques de morsure profondes et sa palme a carrément été arrachée », confie un paramédical sur place.

    Transporté d’urgence à l’hôpital dans un état stable, Ed Sloane a rapidement donné des nouvelles rassurantes, remerciant la patrouille pour leur réactivité légendaire.

    Requin plat-nez ou otarie territoriale ?

    La question qui brûle toutes les lèvres sur le parking : qu’est-ce qui s’en est pris à Sloane ? Si le staff médical a d’abord évoqué une otarie à fourrure un peu trop agressive, les locaux penchent plutôt pour un coup du requin plat-nez (Sevengill), un prédateur très commun dans les eaux de l’île du Nord. C’est exactement cette espèce qui avait mordu le jeune Elliot Paerata-Reid au même endroit en 2006.

    Après de longues minutes d’angoisse et l’évacuation de quelques groms locaux qui tentaient bêtement de braver l’interdiction pour choper les vagues vides, la compétition a pu reprendre. Italo Ferreira a finalement survolé les débats pour s’offrir la victoire face à Morgan Cibilic, tandis que la nouvelle maman Carissa Moore dictait sa loi chez les femmes. Mais à Raglan, l’histoire retiendra surtout ce frisson venu des profondeurs.

  • Raglan 2026 : Dora claque un 10 parfait, Moore en mode déesse — la finale s’annonce brûlante

    Raglan 2026 : Dora claque un 10 parfait, Moore en mode déesse — la finale s’annonce brûlante

    On vous avait dit que le New Zealand Pro allait finir en beauté. Ce n’était pas qu’une promesse de communiqué de presse. La Journée 5 du Corona Cero New Zealand Pro Presented by Bonsoy à Raglan a tenu toutes ses promesses, avec deux performances qui vont rester dans les mémoires.

    Dora sort le 10 parfait au moment où tout semblait perdu

    Yago Dora (BRA), champion du monde en titre, était au bord du gouffre. Cole Houshmand venait de placer deux 8.50 d’affilée et le Brésilien avait besoin d’un 9.50 minimum, avec trois petites minutes au compteur. Là où d’autres auraient plié bagage mentalement, Dora a lancé un air avec rotation complète suivie d’un layback monumental. Les cinq juges ont affiché 10.00 à l’unanimité — le premier score parfait de la saison. Total de la série : 17.50. Le cadeau d’anniversaire en retard le plus spectaculaire du circuit.

    Moore, 19.00 et une fille qui apprend à applaudir

    En demi-finale féminine, Carissa Moore (HAW) a posté le meilleur total de la saison avec un score quasi-parfait de 19.00 sur 20, enchaînant trois notes dans les 9 points face à sa compatriote Bettylou Sakura Johnson. La championne olympique a surfé comme si elle avait quelque chose à prouver — et ce quelque chose, c’était peut-être à sa fille d’un an qui regardait depuis la plage. Difficile de faire plus fort comme décor de compétition.

    Le programme de la finale

    Côté hommes, Dora affrontera Italo Ferreira dans un choc de champions du monde brésiliens. De l’autre côté du tableau, Griffin Colapinto (USA), auteur d’un 17.10 face à Filipe Toledo (grosse surprise l’élimination de celui qui dominait jusqu’à présent le tableau masculin), jouera contre Morgan Cibilic (AUS). Chez les femmes, Moore retrouvera Sawyer Lindblad (USA), 20 ans, qui rêve de son premier titre CT.

    Le premier appel est à 7h15 NZST, ce qui correspond à 20h15 heure française (CEST, UTC+2) – Le départ possible de la finale est à 20h35 heure française.

  • Le tabou du Twin-Fin sur le WCT : l’audace payante de Filipe Toledo à Raglan

    Le tabou du Twin-Fin sur le WCT : l’audace payante de Filipe Toledo à Raglan

    Le World Championship Tour (WCT) est une machine à uniformiser les trajectoires, les styles, les planches de surf. Depuis l’avènement du Thruster au début des années 1980, le shortboard trois dérives ultra-performant, étroit et au rocker prononcé est devenu la norme absolue en compétition. Une formule magique qui pousse parfois au conservatisme technique. Rares sont les surfeurs de l’élite qui osent bousculer ce dogme en série, de peur de se heurter à l’incompréhension des juges. Pourtant, lors de l’étape de Raglan en Nouvelle-Zélande, Filipe Toledo a brisé ce plafond de verre en s’alignant avec un montage en Twin-Fin customisé, relançant un vieux débat : pourquoi la configuration de planche la plus rapide du surf est-elle si redoutée en compétition ?

    Le coup de poker mécanique de Toledo

    Face aux conditions piégeuses et molles de Raglan, qui rappellent les vagues d’été de Californie ou du Brésil, le double champion du monde brésilien a délaissé son shortboard classique pour une Modern 2 de chez Sharp Eye, un shape plus large au maître-bau avancé, qui finit par un swallow tail. Surtout, Toledo y a vissé une configuration en « deux plus un » : deux grands Twin-Fins latéraux épaulés par un micro-stabilisateur central à l’arrière.

    Le résultat ? Une note stratosphérique de 8.83, le meilleur score de la journée, obtenue grâce à une série de sept manœuvres fluides. Sur un pointbreak à sections plates comme Raglan, la vitesse pure est la clé. Là où un Thruster traditionnel crée de la traînée et demande au surfeur de relancer constamment, le Twin-Fin offre une glisse immédiate et un flux ininterrompu. Toledo a pu se concentrer uniquement sur le placement de ses turns, libéré du besoin de générer artificiellement de la vitesse.

    Le syndrome du « jugement qui ne suit pas »

    L’exploit reste pourtant une anomalie sur le circuit mondial. Historiquement, les compétiteurs savent que sortir des sentiers battus est un risque immense. Dans les petites vagues, un Fish ou un Twin-Fin générerait plus de vitesse et de spectacle, mais les critères de jugement du WCT restent profondément ancrés dans l’esthétique du Thruster : des dérives qui mordent, des virages dans le point de rupture le plus critique et des projections d’eau massives.

    Le Twin-Fin, par nature, offre un pivot différent, plus glissé, parfois jugé à tort comme moins radical ou trop « facile ». Cette crainte de la sous-notation paralyse la créativité des athlètes. Seuls quelques génies iconoclastes ont osé défier cette norme par le passé. Kelly Slater lui-même s’est souvenu, en voyant Toledo, d’une série mythique en France où Dane Reynolds avait surclassé tout le monde sur un Twin-Fin Al Merrick dans des vagues minuscules. Slater a lui-même expérimenté des configurations Quads atypiques lors des qualifications olympiques en 2019, mais ces moments restent des parenthèses dans l’histoire moderne.

    Une évolution durable ou un simple mirage ?

    Le coup d’éclat de Toledo à Raglan prouve que lorsque le style d’un surfeur ultra-radical rencontre le shape adapté à la perfection, les juges savent juger l’excellence, peu importe le nombre de dérives sous la planche. Le stabilisateur arrière apporte ce compromis indispensable pour le CT : la vitesse de ligne du Twin combinée au contrôle nécessaire pour ne pas déraper lors des gros carves. La nuit dernière, Toledo a répété sa performance avec la même planche, en éliminant Gabriel Medina, qui vient de perdre son lycra de leader. Ce choix de shape va-t-il désinhiber le reste du tour, ou le Thruster reprendra-t-il immédiatement ses droits dès que les vagues grossiront ? Une chose est sûre, la brèche est ouverte.

  • Corona Cero New Zealand Pro : Toledo détrône Medina, Moore intouchable

    Corona Cero New Zealand Pro : Toledo détrône Medina, Moore intouchable

    Après une semaine d’attente interminable, la machine à vagues de Manu Bay s’est enfin mise en marche avec des gauches parfaites d’un bon mètre. Selon le communiqué de presse, le spot a tenu ses promesses, selon moi, c’est laconique, lent, long, répétitif. La journée a été fatale pour les leaders.

    Le choc Toledo Medina

    Le vrai choc de ce Round 3 ? Le duel fratricide brésilien. Filipe Toledo arrache la victoire à Gabriel Medina dans les toutes dernières secondes avec un 7.93 assassin. Sur un twin-fin ultra rapide, Toledo a non seulement égalisé leur face-à-face en carrière (5-5), mais il a surtout dépouillé son compatriote du précieux maillot jaune.

    La domination de Carissa Moore

    Chez les femmes, la pause aura été bénéfique pour Carissa Moore. La jeune maman a prouvé que son surf n’a rien perdu de sa magie. Avec un total monstrueux de 17.06 (le meilleur score de l’épreuve), elle a littéralement écrasé Caroline Marks. Elle file en demi-finale pour un choc 100% hawaïen face à Bettylou Sakura Johnson.

    La défaite de Marco Mignot

    Côté tricolore, la douche est froide. Notre rookie français Marco Mignot s’est heurté à un mur nommé Yago Dora. Le Brésilien a posé un 16.33 implacable sur les longues parois néo-zélandaises, stoppant net le parcours du Français.

    Selon le communiqué de presse, les phases finales s’annoncent épiques demain si le swell se maintient. Ils ont dit « si », wharffff

  • La « dure » vie de John John Florence en mode surf-trip

    La « dure » vie de John John Florence en mode surf-trip

    Ah, la vie de John John Florence. Quelle épreuve. Alors que vous étiez probablement en train de lutter avec votre café lundi matin, le double champion du monde a été « aperçu » – par un pur hasard, évidemment – en train de se gaver de tubes bien épais à Bluff Beach, au Panama.

    Parce qu’on ne pouvait pas le laisser tranquille dans son coin, on a suivi sa trace : le gars profite d’une fin de swell aux Caraïbes pendant que le commun des mortels enfile un jean. Il s’est même offert quelques wipeouts bien salés sur ce shorebreak qui broie les planches comme des cure-dents. C’est la seule petite consolation pour nous, pauvres mortels.

    Maintenant qu’il a bien poncé les vagues de Bocas del Toro, le voilà qui remonte sur son bateau pour filer vers le Pacifique et disparaître dans l’abysse liquide. Allez, courage, nous aussi on profite actuellement de bonnes vagues.

  • Tragédie aux Maldives : le surf canarien pleure la disparition de Jorge Acosta

    Tragédie aux Maldives : le surf canarien pleure la disparition de Jorge Acosta

    Le monde du surf est en deuil. Ce lundi 18 mai, Jorge Acosta, surfeur expérimenté et figure emblématique de l’île de Lanzarote aux Canaries, a tragiquement perdu la vie à l’âge de 53 ans lors d’un surf trip aux Maldives.

    Le drame s’est déroulé à la mi-journée sur la célèbre droite de Blue Bowls (atoll de Gaafu Dhaalu). Si les autorités locales n’ont pas encore officialisé les circonstances exactes, son ami Franito Saenz redoute que Jorge ait été violemment assommé par sa propre planche avant de se noyer. Transporté en urgence vers le centre de santé voisin, le quinquagénaire n’a malheureusement pas pu être réanimé.

    Sur les réseaux sociaux, l’onde de choc est totale. L’organisation du Quemao Class a rendu un vibrant hommage à ce pilier local : « Se nos ha ido un gran amigo… un clásico de nuestras olas » (Nous avons perdu un grand ami, une légende de nos vagues. Repose en paix). Une bien sombre période pour les Maldives, ce drame survenant quatre jours seulement après le décès accidentel de cinq plongeurs italiens un peu plus au nord de l’archipel.

  • Quand le spot de Nazaré rend aveugle : le cauchemar d’Anderson Cooper

    Quand le spot de Nazaré rend aveugle : le cauchemar d’Anderson Cooper

    En 2013, le monde découvrait à peine l’immensité effrayante de Nazaré. Le célèbre journaliste américain Anderson Cooper, visage emblématique de l’émission 60 Minutes, y rejoint la légende Garrett McNamara. L’objectif de la star de la télé ? S’immerger au cœur des immenses houles portugaises depuis la selle d’un jet-ski.

    Pendant des heures, Cooper vit le frisson absolu. Grisé par l’adrénaline et l’ambiance, il avoue même avoir poussé McNamara à prendre des risques stupides, frôlant les zones d’impact des monstres d’eau. La session de tournage est un succès total, jusqu’à la nuit suivante.

    Un réveil dans une douleur insoutenable

    Au beau milieu de la nuit, le présentateur se réveille en pleine agonie. La sensation est atroce : ses yeux le brûlent à vif et, surtout, il est plongé dans l’obscurité la plus totale.

    Un mauvais wipeout ? Un violent retour de jet-ski ? Rien de tout cela. Le monstre de Praia do Norte n’a pas frappé avec ses milliers de tonnes d’eau, mais avec une arme bien plus pernicieuse et invisible.

    Le coupable que personne ne voyait venir

    Le diagnostic est sans appel : une cécité temporaire causée par la réverbération extrême des rayons UV sur l’eau salée. Ses cornées ont été littéralement brûlées par le soleil (une photokératite aiguë).

    « C’est probablement l’une des choses les plus stupides que j’ai jamais faites, et j’en ai fait beaucoup », a récemment confié Cooper en revenant sur cet incident traumatisant qui a forcé l’annulation du tournage. La cause de tout ce chaos ? Il n’avait pas mis de lunettes de soleil.

    Je vais vous avouer une chose, cela m’est arrivé en Nouvelle Calédonie après une journée folle de surf dans l’eau ou sur le bateau. Lors du retour sur terre (plus de 20 minutes de trajet), je n’avais pas de lunette de soleil, et je ne m’étais pas rincé les yeux avec de l’eau douce, et j’ai vécu le même calvaire. Quand cela arrive, c’est vraiment désagréable….

    En tant que surfeurs, nous passons notre vie à scruter l’horizon, souvent obnubilés par la taille de la houle ou l’orientation du vent. Cette mésaventure nous rappelle une règle de sécurité fondamentale mais trop souvent zappée au line-up : la réverbération de l’océan agit comme un miroir géant et décuple les UV. Ne jouez pas avec votre vue, le surf ne pardonne aucune négligence.

  • Scandale à Raglan : le jugement de la série Vaast-Robinson sous le feu des critiques

    Scandale à Raglan : le jugement de la série Vaast-Robinson sous le feu des critiques

    Patrick Florès, l’ancien coach des Bleus, a lâché un post acerbe sur les réseaux : « Les juges WSL ne changeront jamais ». Et il n’est pas le seul à s’étrangler devant le résultat de la série opposant Kauli Vaast à Jack Robinson sur la mythique gauche néo-zélandaise.

    J’ai passé au crible ce heat. Au-delà de la frustration légitime des supporters, l’analyse technique du line-up met en lumière un traitement pour le moins douteux.

    Le piège de Raglan : une opposition de styles

    Nous étions exactement dans la configuration annoncée : de très petites conditions qui transforment le point break en véritable concours de rollers. Sur cette gauche au profil spécifique, les deux surfeurs exploitaient des armes différentes :

    • L’option backside pour Robinson : L’Australien (regular) pouvait taper verticalement directement dans la poche, la section la plus critique. C’est un paramètre que les juges survalorisent quasi-systématiquement.
    • L’option frontside pour Vaast : Face à la lèvre, le goofy a su apporter une vraie variation dans ses turns, en maximisant le potentiel d’une vague manquant cruellement d’épaule.

    La bombe de Kauli, récompensée d’un 9 ? Une évidence. C’est la vague la plus longue, la mieux surfée avec de la variété en bonus, la meilleure vague de la série sans aucun doute.

    Le poids du « rookie tax » ou « local tax »

    La polémique se cache en réalité dans les autres scores de la série. Des dizièmes de point par ici, d’autres par là :

    • Le back-up de Kauli est sévèrement sous-évalué.
    • La dernière tentative de Jack bénéficie d’une notation extrêmement généreuse.

    À l’arrivée, seuls 0,27 point séparent les deux hommes. Cet écart artificiel ressemble au fameux « rookie tax », ce bonus tacite accordé aux vétérans du CT avant même le coup de corne. Le meilleur score de Jack est noté uniquement de 0,83 pt de moins que Kauli

    Le coup de grâce vient de la tour des juges. Avec quatre surfeurs français sur le WCT, nous n’avons aucun juge tricolore. Face à Kauli ce jour-là ? Un panel comptant trois Australiens prêts à évaluer leur compatriote. Je ne comprends pas pourquoi il y a un juge basque/espagnol, alors qu’il n’y a qu’une surfeuse sur le CT, et zéro juge français…..Tous ces détails participent aux doutes. Mais, au final, comme au rugby, il faut savoir respecter la décision des juges, même si c’est parfois difficile…

  • Drame à Rottnest Island : un père de famille tué par un grand requin blanc de 4 mètres

    Drame à Rottnest Island : un père de famille tué par un grand requin blanc de 4 mètres

    Le rideau de la tragédie s’est à nouveau abattu sur l’Australie-Occidentale. Ce samedi, Horseshoe Reef – un spot de plongée et de chasse sous-marine très fréquenté de Rottnest Island – a été le théâtre d’une attaque de requin d’une violence extrême.

    Steven Mattaboni, un habitué de l’océan âgé de 38 ans, transperçait les eaux en apnée avec quatre amis lorsqu’un grand requin blanc, estimé entre 4 et 5 mètres par les témoins, a surgi. L’homme se trouvait à peine à vingt mètres de son embarcation quand le prédateur l’a mortellement mordu aux jambes. Malgré la réactivité héroïque de ses camarades pour le ramener à bord et l’évacuer vers la jetée de Geordie Bay, les secours n’ont pas pu le ranimer.

    Pour la communauté locale et le monde de la mer, le choc est immense. Père de deux petites filles – dont un nourrisson de quatre mois –, « Mattas » était une figure respectée, membre actif du club de football de Kingsley et d’un groupe de travail pour l’équité de la chasse sous-marine (Recfishwest). Sa femme, Shirene, lui a rendu un hommage déchirant, saluant un homme « férocement loyal, infiniment généreux et en totale symbiose avec l’océan ».

    Pour les passionnés de glisse, Rottnest Island résonne encore comme le théâtre du CT de la WSL en 2021, où Gabriel Medina et Sally Fitzgibbons s’étaient imposés dans des conditions mémorables. Ce drame rappelle cruellement la prévisibilité de la faune sauvage sur ces côtes ultra-exposées. Selon les autorités locales, aucun dispositif de répulsion individuel anti-requin n’était porté par la victime. Une cagnotte GoFundMe a immédiatement été lancée pour soutenir sa jeune famille.

    Cet article complète les premières informations reçues samedi dans cet article

  • Stab High 2026 : Hughie Vaughan repousse les limites du surf aérien avec un run parfait

    Stab High 2026 : Hughie Vaughan repousse les limites du surf aérien avec un run parfait

    Le surf en piscine à vagues vient de franchir un cap irréversible. Le week-end dernier à Virginia Beach, l’édition 2026 du Stab High a prouvé que les manœuvres aériennes ne sont plus une simple catégorie bonus, mais le cœur même de la performance moderne.

    Le premier run parfait de l’histoire du pool surf

    Au centre de cette escalade technique, l’Australien Hughie Vaughan a redéfini les standards. Après avoir frôlé le plafond sur un gauche avec un stalefish twist hyper désaxé noté 49/50, le surfeur a trouvé les clés du score parfait sur la droite du bassin.

    En envoyant un lien backflip ultra-engagé, replaqué proprement, il a décroché le tout premier 50/50 de l’histoire de la compétition. Comme le souligne le juge en chef Nathan Fletcher, le niveau s’est tellement élevé que les airs gagnants d’il y a trois ans sont désormais les manœuvres de transition d’aujourd’hui.

    Sky Brown dicte sa loi face à Sierra Kerr

    Chez les femmes, la finale s’est transformée en une confrontation de styles très attendue. Face à la technicité de Sierra Kerr, Sky Brown a fait parler son héritage du skate. En misant sur une amplitude folle et un straight air massif parfaitement tweaké, elle s’est emparée du titre. Une victoire qui valide ses ambitions pour les Jeux de 2028, où elle compte doubler skate et surf.

    Chez les plus jeunes, la relève pousse déjà les murs. Isla Hardy a dominé la finale des Ladybirds en privilégiant l’amplitude à la rotation, tandis que le rookie King Nicol (fils de Yadin Nicol) a raflé la catégorie Bottle Rockets grâce à des grabs hyper techniques. À Virginia Beach, les juges ont été clairs : la prime va désormais à ceux qui osent mettre des airs loin au-dessus de la lèvre.

  • Le paradis a sa part d’ombre : ce terrible accident qui secoue les Maldives

    Le paradis a sa part d’ombre : ce terrible accident qui secoue les Maldives

    C’est le genre de nouvelles qui glace le sang de tous ceux qui aiment profondément l’océan. Les Maldives, cet archipel célèbre pour ses vagues parfaites et ses lagons cristallins, viennent de connaître la pire tragédie de leur histoire maritime. Six personnes ont perdu la vie de manière dramatique dans l’atoll de Vaavu.

    Parmi les victimes, cinq scientifiques italiens de l’Université de Gênes et un jeune sauveteur local, venu héroïquement à leur secours. Leurs corps ont été retrouvés piégés au cœur d’une grotte sous-marine, à plus de 60 mètres de profondeur.

    Mais que faisaient-ils si bas ? C’est toute l’énigme qui entoure ce drame. Alors que la législation locale interdit strictement de descendre au-delà de 30 mètres, l’équipe s’est aventurée dans la section la plus reculée d’une cavité obscure, alors qu’une alerte météo jaune pour mer agitée était active. Les autorités ont confirmé que cette grotte ne figurait pas dans leur plan de recherche initial.

    Ce terrible accident rappelle brutalement à la communauté du surf et aux passionnés de glisse que derrière la carte postale paradisiaque des atolls se cache une nature sauvage et imprévisible. Une enquête est en cours pour faire toute la lumière sur ce drame.

  • Ce surfeur a survécu à un courant massif grâce à un seul réflexe

    Ce surfeur a survécu à un courant massif grâce à un seul réflexe

    Vendredi matin, sur le spot de Belhaven en Écosse, un surfeur ultra-expérimenté s’est fait littéralement aspirer vers le large par un courant de baïne dantesque, durant une session solide avec des vagues de 3 mètres.

    Alors que les sauveteurs de la RNLI déclenchaient immédiatement l’alerte face à une mer déchaînée, l’homme s’est retrouvé piégé, seul face aux éléments. Pourtant, au lieu de céder à la panique, il a tenu bon.

    Pendant 40 minutes d’un combat épuisant, il a ramé sans relâche pour regagner la terre ferme par ses propres moyens, juste avant l’arrivée des bateaux de secours. Son secret ? Il a appliqué à la lettre les seules règles de survie que trop de pratiquants oublient encore : ne pas paniquer, ne jamais abandonner sa planche et ramer de côté, parallèlement à la plage, pour s’extraire de la baïne, plutôt que de lutter contre le courant. Un sans-faute salvateur.

  • Corona Cero New Zealand Pro 2026 : Marco Mignot seul rescapé tricolore à Manu Bay

    Corona Cero New Zealand Pro 2026 : Marco Mignot seul rescapé tricolore à Manu Bay

    La nuit a été rude pour nos surfeurs sur le mythique spot de Manu Bay (Raglan), en Nouvelle-Zélande. Alors que la houle offrait des murs propres de plus d’un mètre pour ce deuxième jour de compétition sur le CT, les espoirs tricolores se sont heurtés à la dure loi des séries. Bilan des courses : il ne nous reste plus qu’un seul représentant en lice.

    La vague magique de Kauli Vaast n’a pas suffi

    C’était une affiche de la journée : le remake de la finale des Jeux de Paris 2024. Et le duel entre Kauli Vaast et l’Australien Jack Robinson a tenu toutes ses promesses. Le prodige tahitien a pourtant frappé un grand coup en dénichant la pépite de la journée, scorant un magistral 9.00 (la meilleure note individuelle du jour). Le bémol ? Dans des conditions capricieuses et lentes à se mettre en place, il lui aura manqué un véritable back-up. Faute d’une bonne deuxième vague, Kauli s’incline d’un souffle face à l’expérience et la régularité d’un Robinson redoutable (16.10 contre 15.83).

    Fin de parcours pour les Françaises

    Le couperet est également tombé sur le tableau féminin. Nos deux surfeuses n’ont pas réussi à franchir ce Round 2 particulièrement relevé :

    • Tya Zebrowski n’a pas pu créer l’exploit face à une Caroline Marks solide et très sélective sur ses choix de vagues (14.63 à 10.67).
    • Vahine Fierro voit elle aussi son aventure néo-zélandaise s’arrêter prématurément, éliminée d’un cheveu par Molly Picklum dans un heat au coude-à-coude (9.84 à 9.40).

    Marco Mignot, seul contre tous

    Au milieu de cette tempête, l’éclaircie est venue de Marco Mignot. Le Français a géré son heat avec intelligence pour se défaire de l’Hawaïen Barron Mamiya (13.16 à 9.50). Le voilà propulsé au Round 3, avec la lourde responsabilité de porter seul le drapeau tricolore pour la suite de l’événement. Mais la marche s’annonce immense : il devra affronter Yago Dora, auteur de la meilleure performance de la nuit avec un stratosphérique 17.76. Rendez-vous au prochain call !

  • Tragédie à Rottnest Island : un homme tué par un grand requin blanc

    Tragédie à Rottnest Island : un homme tué par un grand requin blanc

    C’est le cauchemar absolu pour quiconque met un orteil dans l’océan. Ce samedi matin, les eaux cristallines de Rottnest Island, véritable joyau au large de Perth, ont basculé dans l’horreur.

    Il était environ 10 heures. Un homme de 38 ans se trouvait dans l’eau au niveau de Horseshoe Reef quand il a été percuté par un grand requin blanc. On ne sait pas encore s’il s’agit d’un surfeur ou d’un baigneur, mais qu’importe. Les autorités et les secours évoquent un spécimen massif, repéré rôdant à 80 mètres du rivage juste après le drame et estimé à 5 mètres de long. Malgré l’intervention éclair d’un hélicoptère et l’évacuation d’urgence de la victime en bateau vers la baie de Geordie, le pire n’a pu être évité. Le trentenaire n’a pas pu être réanimé.

    Si l’Australie-Occidentale est un sanctuaire connu pour ces super-prédateurs, ce drame choque par sa violence sur une île aussi touristique. Les autorités appellent à la plus grande vigilance dans le secteur. Un rappel aussi triste que brutal que l’océan reste, avant tout, leur territoire.

  • Italo Ferreira : la pile électrique brésilienne qui sature le line-up de Raglan

    Italo Ferreira : la pile électrique brésilienne qui sature le line-up de Raglan

    Si vous espériez une session tranquille à Raglan ces derniers jours, c’est raté. Luke Cederman, l’iconique trublion de Raglan Surf Report, a jeté l’éponge au moment de pronostiquer le vainqueur du contest local. La raison ? Un Brésilien monté sur ressorts.

    « Italo Ferreira a pris environ 80% des vagues », lâche Cederman, mi-amusé, mi-exaspéré par cette frénésie. Il le compare au fameux lapin Duracell, littéralement incapable de s’arrêter. Et pour cause : quand on le croise sur les compétitions depuis des années, le constat est toujours identique. On pourrait parfois croire à un athlète sous produits (n’en tirer pas de s cocnlusions attives) tant son rythme affole les compteurs de la droite vers la gauche, mais c’est avant tout un hyperactif pur jus. Une véritable pile inépuisable.

    Face à ce rouleau compresseur, les pronostics de l’épreuve penchent pour un goofy-footer. Cederman estime qu’ils ont l’avantage de la variété de manœuvres sur cette gauche mythique, contrairement aux regulars. Reste que pour espérer battre Italo, Medina ou Dora, il faudra déjà réussir à attraper une vague.

  • CT Raglan : Les gauches parfaites sourient à Tya Zebrowski et Vahine Fierro

    CT Raglan : Les gauches parfaites sourient à Tya Zebrowski et Vahine Fierro

    Manu Bay a tenu ses promesses, mais avec une petite subtilité. Pour l’entame historique du Corona Cero New Zealand Pro, le mythique spot de Raglan a offert des gauches d’une pureté absolue. Mais à cette taille (autour du mètre), la vague a eu cette fâcheuse tendance à se transformer en un long concours de rollers. Sans véritable section critique pour engager de gros turns verticaux, il fallait une lecture de vague millimétrée, de la glisse pure et un rythme irréprochable. À ce petit jeu d’équilibriste, nos Françaises ont dicté leur loi lors de ce premier round.

    Tya Zebrowski brille pour la première fois

    On l’attendait depuis des semaines. Tya Zebrowski, du haut de ses 15 ans, a enfin conjuré le sort en s’offrant sa toute première victoire sur le Championship Tour. Face à l’Espagnole Nadia Erostarbe, la surfeuse a bien surfé sa série. Ce n’était clairement pas une question de niveau depuis le début de l’année, mais bien une histoire de petits ajustements tactiques qui font basculer un heat. Avec une maîtrise impressionnante et un total de 14.60, le déclic a bien eu lieu. La machine est lancée, du moins on l’espère.

    Avant cette série, Vahine Fierro avait également trouvé l’ouverture. Sur un spot qui favorise naturellement son surf frontside, la Tahitienne a écarté la vétérane Sally Fitzgibbons avec une belle fluidité.

    Début des séries hommes

    Du côté du tableau masculin, ce line-up a été une véritable cour de récréation pour les goofy-footers. Gabriel Medina a fracassé la lèvre avec son aisance habituelle, tandis que Filipe Toledo, ridant un twin fin atypique pour l’occasion, a prouvé que la vitesse primait sur tout le reste en scorant la meilleure vague du jour (8.83). Je me demande si ce n’est pas une première sur le WCT, du moins dans les temps modernes du world tour, un surfeur en twin fins…À vérifier

    Les résultats complets de ce premier jour à Raglan :

    Corona Cero New Zealand Pro – Résultats Round 1 Hommes

    • HEAT 1: Luke Thompson (RSA) 12.50 DEF. Tom Butland (NZL) 10.10
    • HEAT 2: Morgan Cibilic (AUS) 14.50 DEF. Billy Stairmand (NZL) 12.97
    • HEAT 3: Eli Hanneman (HAW) 13.50 DEF. Oscar Berry (AUS) 13.33
    • HEAT 4: Seth Moniz (HAW) 12.10 DEF. Ramzi Boukhiam (MAR) 11.40

    Corona Cero New Zealand Pro – Résultats Round 1 Femmes

    • HEAT 1: Vahine Fierro (FRA) 12.60 DEF. Sally Fitzgibbons (AUS) 10.60
    • HEAT 2: Erin Brooks (CAN) 14.20 DEF. Yolanda Hopkins (POR) 11.30
    • HEAT 3: Tyler Wright (AUS) 12.50 DEF. Francisca Veselko (POR) 10.27
    • HEAT 4: Carissa Moore (HAW) 16.34 DEF. Bella Kenworthy (USA) 12.43
    • HEAT 5: Alyssa Spencer (USA) 14.10 DEF. Brisa Hennessy (CRC) 11.74
    • HEAT 6: Tya Zebrowski (FRA) 14.60 DEF. Nadia Erostarbe (ESP) 10.73
    • HEAT 7: Stephanie Gilmore (AUS) 12.80 DEF. Anat Lelior (ISR) 5.87
    • HEAT 8: Bettylou Sakura Johnson (HAW) 14.16 DEF. Alani Morse (NZL) 8.30

    Corona Cero New Zealand Pro – Résultats Round 2 Hommes (Heats 1-8)

    • HEAT 1: Crosby Colapinto (USA) 10.70 DEF. Jordy Smith (RSA) 9.40
    • HEAT 2: Griffin Colapinto (USA) 14.17 DEF. Alan Cleland (MEX) 10.50
    • HEAT 3: Gabriel Medina (BRA) 15.20 DEF. Eli Hanneman (HAW) 10.06
    • HEAT 4: Filipe Toledo (BRA) 15.66 DEF. Joao Chianca (BRA) 10.84
    • HEAT 5: Liam O’Brien (AUS) 11.97 DEF. Jake Marshall (USA) 11.46
    • HEAT 6: Morgan Cibilic (AUS) 14.33 DEF. Ethan Ewing (AUS) 10.00
    • HEAT 7: Rio Waida (INA) 15.20 DEF. Connor O’Leary (JPN) 13.44
    • HEAT 8: Alejo Muniz (BRA) 15.50 DEF. George Pittar (AUS) 14.84
  • Tragédie aux Blancs-Sablons : ce que l’on sait du drame de marche aquatique au Conquet

    Tragédie aux Blancs-Sablons : ce que l’on sait du drame de marche aquatique au Conquet

    On pense souvent que le danger se limite aux vagues massives de La Torche. Pourtant, ce jeudi 14 mai 2026, c’est une activité réputée pour sa douceur, le longe-côte, qui a endeuillé le Finistère. À la plage des Blancs-Sablons, au Conquet, une banale sortie entre passionnés a viré au cauchemar absolu.

    Le piège des éléments

    Huit marcheurs, âgés de 60 à 75 ans, s’étaient donné rendez-vous vers 10 h. Malgré une eau à 13 °C et une mer agitée par une houle marquée et des rafales de vent, le groupe s’est élancé. Mais l’équilibre est précaire dès que l’Océan décide de bousculer les règles. Submergés par des séries plus fortes que prévu, plusieurs pratiquants ont soudainement perdu pied, emportés par le ressac.

    Un bilan lourd Le bilan est terrible, presque irréel pour une telle pratique : un homme et une femme ont péri par noyade. Deux autres femmes luttent actuellement pour leur vie au CHU de Brest, classées en « urgence absolue ». Au total, 37 pompiers et deux hélicoptères ont été mobilisés pour arracher les victimes aux flots.

    Ce drame nous rappelle une vérité brutale que chaque surfeur connaît : dès que l’on entre dans l’eau, le risque est réel.

  • La vérité cachée sur les pionnières du surf et le mythe des planches lourdes

    La vérité cachée sur les pionnières du surf et le mythe des planches lourdes

    Si on vous demande d’imaginer l’âge d’or du surf californien, vous pensez très certainement au film documentaire The Endless Summer, aux disques des Beach Boys et à des gars blonds s’élançant sur des vagues parfaites dans les années 60. C’est exactement le récit qu’on nous a vendu. Mais en me plongeant dans les travaux de Jeffrey Swartwood, maître de conférences à l’Université de Bordeaux Montaigne, j’ai découvert une réalité qui bouleverse complètement notre vision de la culture glisse.

    On nous a caché une énorme partie de l’histoire.

    Les femmes effacées des line-ups

    Bien avant l’après-guerre, le surf était une discipline profondément mixte. Aux origines hawaïennes, des observateurs comme Mark Twain ou Jack London relataient déjà avec stupéfaction que les femmes maîtrisaient la houle avec bien plus de talent qu’eux.

    Et ce n’est pas resté cantonné au Pacifique. En Californie du Sud, dès les années 1920 et 1930, des figures comme Ladybird Fraser ou Mary Ann Hawkins chargeaient des spots particulièrement techniques et exigeants (parfois en bas de falaises rocheuses comme à Palos Verdes) avec un engagement total. Elles surfaient seules, voyageaient pour trouver les meilleures vagues, et dominaient souvent les hommes au pic.

    Le mythe de la planche « trop lourde »

    Alors, comment a-t-on justifié cette disparition soudaine des surfeuses des magazines et des films à partir des années 50 ? L’excuse officielle du milieu a longtemps été l’équipement. On a prétendu que les planches en bois massif de l’époque étaient bien trop lourdes et dangereuses pour le gabarit féminin.

    C’est factuellement faux.

    Les archives prouvent qu’on utilisait déjà des constructions astucieuses. Tom Blake avait inventé les planches « hollow » (creuses pour gagner du poids), et les shapeurs de l’époque récupéraient le balsa très léger des radeaux de sauvetage de la Marine américaine. Résultat ? Une planche des années 40 pesait souvent entre 12 et 15 kilos. C’est encombrant, certes, mais largement manipulable par une adulte, comme l’a d’ailleurs prouvé Swartwood en reconstruisant fidèlement un modèle d’époque à la main pour le faire tester à des surfeuses actuelles.

    Une mise à l’écart volontaire

    La réalité de cette disparition est beaucoup moins reluisante. L’effacement des femmes du surf n’est absolument pas lié au matériel. Il correspond simplement au retour en force d’une vision patriarcale après la Seconde Guerre mondiale. Il fallait refaire de la place aux hommes revenus du front, sur la plage comme au travail. L’industrie naissante a ensuite pris le relais, préférant utiliser l’image de la femme comme un accessoire de plage sexualisé sur le sable, plutôt que de la montrer sur la vague.

    La prochaine fois que vous croiserez une longboardeuse à la Côte des Basques, rappelez-vous qu’elle ne surfe pas sur une simple tendance : elle perpétue une tradition centenaire qu’une partie de l’histoire a bien failli nous faire oublier.

  • L’anecdote secrète : quand Kelly Slater snobait Jack Johnson et Tom Curren pour son album

    L’anecdote secrète : quand Kelly Slater snobait Jack Johnson et Tom Curren pour son album

    Vous connaissez Jack Johnson pour ses tubes planétaires et ses films de surf culte. Vous connaissez Kelly Slater pour ses 11 titres mondiaux. Mais connaissiez-vous l’histoire du jour où le second a tout simplement évincé le premier de son projet musical ?

    Invité du dernier épisode du podcast Pinch My Salt animé par Sterling Spencer, l’enfant chéri du North Shore s’est laissé aller à quelques confidences sur les années 90, époque bénie où la culture surf bouillonnait. Au milieu des anecdotes croustillantes sur ses sessions à Pipeline et le regretté Tamayo Perry, Jack a lâché une bombe nostalgique : la véritable genèse du mythique groupe « The Surfers ».

    Au milieu des années 90, Kelly Slater achète un enregistreur 4 pistes sur les conseils de Peter King. Sur le North Shore, entre deux vagues, les sessions acoustiques s’improvisent. Jack Johnson raconte alors l’unique concert de ce qui allait devenir la toute première formation de The Surfers : « C’était pour une petite levée de fonds pour une école du coin. Rob Machado et Peter King jouaient de la guitare, Kelly chantait. Moi, je jouais de la basse. Et devinez qui était à la batterie ? Tom Curren ! »

    Une véritable dream team réunie sur une seule et même scène pour un soir. Mais le rêve s’est arrêté net.

    « Ensuite, j’ai entendu dire qu’ils faisaient un album. Ils ne m’ont jamais appelé. Ni moi, ni Curren d’ailleurs ! », s’amuse-t-il aujourd’hui au micro de Spencer.

    Une éviction en douce qui, avec le recul, prête à sourire quand on connaît l’empire musical que Johnson allait bâtir. Slater, Machado et King sortiront finalement l’album Songs from the Pipe en 1998, sans leur bassiste. Une erreur de casting historique, mais sans aucune rancune pour Jack, qui prépare d’ailleurs un nouveau film de surf et un double album très attendus pour cet été.

  • La WSL débarque à Raglan : le pari néo-zélandais à 4 millions de dollars

    La WSL débarque à Raglan : le pari néo-zélandais à 4 millions de dollars

    Il y a quelques décennies, j’ai eu l’occasion de ramer au pic à Raglan. Pour être tout à fait honnête avec vous, je n’en garde pas un souvenir impérissable (à l’inverse de ma femme). Je me rappelle surtout d’une session à la mauvaise marée, avec une houle un peu molle et des sections rapides tout bonnement impossibles à passer. Alors, quand la WSL a annoncé que le Championship Tour posait ses valises sur ce mythique point break gauche néo-zélandais, j’avoue avoir tiqué. Est-ce vraiment un spot de classe mondiale capable d’accueillir l’élite, ou un simple mirage marketing pour les réseaux sociaux ?

    Un événement historique bouclé en un temps record

    Pourtant, sur l’île, l’excitation est palpable. Sous la houlette de Ben Kennings, l’incontournable directeur de Surfing New Zealand, ce projet colossal a été bouclé en à peine cinq mois. Un véritable tour de force logistique et financier qui coûte entre 3 et 4 millions de dollars.

    C’est le gouvernement néo-zélandais qui a majoritairement mis la main au portefeuille, voyant là une opportunité en or de stimuler le tourisme international. Selon Kennings, cet événement éclipse de loin tout ce que le pays a connu, des anciens CT féminins jusqu’aux fameux mondiaux ISA juniors marqués par le ride parfait de Gabriel Medina il y a quelques années. Le plus gros défi ? Sécuriser les accès et gérer le plan de circulation dans une zone aussi restreinte que la petite ville de Raglan, qui s’apprête à être prise d’assaut par les fans.

    Le test de vérité : loin des clips parfaits d’Instagram

    Mais les millions ne suffisent pas à sculpter une houle parfaite. On a tous vu ces vidéos incroyables où la gauche déroule à l’infini. La réalité quotidienne est souvent beaucoup moins flatteuse. Connor O’Leary est d’ailleurs récemment parti en reconnaissance sur le spot. Les images brutes de ses sessions d’entraînement confirment mes vieilles impressions.

    Loin des jours épiques, on le voit lutter pour trouver son rythme sur une vague capricieuse. Il alterne entre des sections molles hachées par le vent et quelques murs plus tendus lui permettant de lâcher ses puissants carves sur le rail. Quelques rares visions dans le tube apparaissent, mais elles se méritent.

    La vraie question est désormais de savoir quel visage Raglan choisira de montrer le jour J. L’océan décidera si ce pari à plusieurs millions est un coup de génie ou un flop magistral.

  • Le surf pro est-il en train de se vendre à Netflix ? Enquête sur un séisme

    Le surf pro est-il en train de se vendre à Netflix ? Enquête sur un séisme

    Depuis quelques jours, Des rumeurs persistantes ont fait leur apparition dans les médias spécialisés en Australie ou aux USA. Les indices s’accumulent : la World Surf League (WSL) ne se contente plus de chercher son second souffle, elle cherche un nouveau propriétaire.

    J’ai analysé les récents mouvements de la ligue, de la vente discrète du Surf Ranch aux documents fuités vers les investisseurs. Si vous pensiez que le surf resterait cette petite niche « cool » et gratuite sur YouTube, préparez-vous à un réveil brutal.

    La vente « fantôme » du Surf Ranch : le premier domino

    C’est l’information qui a mis le feu aux poudres le 7 mai 2026. Sans aucun communiqué officiel, on a appris que la WSL n’est plus propriétaire de la piscine à vagues de Kelly Slater à Lemoore. Le temple de la perfection artificielle appartient désormais à Global Mutual Properties, un fonds immobilier basé à Los Angeles.

    Pourquoi est-ce un signal d’alarme ?

    • L’indépendance opérationnelle : La WSL et la Kelly Slater Wave Co. opéraient séparément depuis un an déjà.
    • Le « cash-out » : Se débarrasser d’un actif aussi coûteux en entretien est souvent la première étape avant de polir le bilan financier pour une vente globale.
    • L’échec du modèle : Après avoir tenté de dupliquer le Ranch au Texas ou en Floride sans succès, la ligue semble admettre que son avenir n’est pas dans la gestion immobilière, mais dans le contenu.

    Le « Raine Group » entre en scène : le surf à la sauce UFC

    Si le nom de Raine Group ne vous dit rien, sachez qu’ils sont les architectes des ventes de Manchester United et de l’UFC. Le fait que la WSL leur ait confié un mandat de vente ou de recherche d’investisseurs massifs prouve que Dirk Ziff, le propriétaire milliardaire, est prêt à passer la main.

    Après des années de philanthropie (on parle de centaines de millions de dollars injectés à perte), le business reprend ses droits. La WSL affiche fièrement 80 millions de spectateurs annuels et une croissance de 30 % sur le digital. C’est le moment idéal pour vendre une « marque » en pleine ascension, du moins sur le papier.

    Le chiffre à retenir : 77 % des abonnés Instagram de la WSL ne suivent aucune autre ligue sportive majeure. Une donnée qui fait saliver les annonceurs en quête d’une audience captive et exclusive.

    Le scénario « Netflix » : la fin du surf gratuit ?

    C’est là que le bât blesse pour nous, les fans. Si un géant comme Netflix, Disney ou Amazon rachète la ligue, le modèle actuel du « tout gratuit sur YouTube » va s’évaporer.

    Comme pour la Formule 1 avec Drive to Survive, l’objectif sera de transformer le surf en un produit de divertissement pur. Mais contrairement à la F1, le surf souffre d’un problème structurel : c’est techniquement complexe et parfois mortellement ennuyeux à regarder pour un néophyte.

    Attendre 15 minutes qu’une série rentre alors que deux surfeurs se battent pour la priorité, c’est passionnant pour un puriste, mais c’est un suicide d’audience pour un utilisateur de streaming lambda. Pour « vendre » le surf au grand public, les nouveaux propriétaires pourraient être tentés de dénaturer le format :

    1. Plus de piscines à vagues (pour le contrôle du temps et de l’image).
    2. Des formats ultra-courts (adieu les heats de 35 minutes).
    3. Un accès payant systématique.

    Pourquoi le surf restera (probablement) une niche

    On rêve tous de voir le surf exploser comme la F1 (enfin pas moi). Mais la F1 est simple : le premier qui passe la ligne gagne. En surf, le meilleur surfeur du monde peut perdre parce que l’océan n’a pas voulu lui envoyer de vagues. C’est cette part d’aléatoire qui fait la beauté de notre sport, mais c’est aussi ce qui empêche une monétisation industrielle.

    Alors, la WSL est-elle à vendre ? Oui, sans aucun doute. Est-ce que cela va améliorer notre expérience de visionnage ? Rien n’est moins sûr. On risque de voir débarquer une armée de « noobs » attirés par le lifestyle, tandis que nous devrons sortir la carte bleue pour voir nos athlètes préférés ramer dans le line-up.

    Le surf pro vit ses derniers instants d’innocence. Profitez bien de la prochaine étape, car on ne sait ce que pourrait nous coûter de visionner les prochaines compétitions de surf.

  • Morocco Mall Junior Pro : Un changement de génération à observer de près

    Morocco Mall Junior Pro : Un changement de génération à observer de près

    Le rideau est tombé sur le Morocco Mall Junior Pro Casablanca dans des conditions de surf optimales. Sur le spot d’Ain Diab, des vagues de 1,50 m et un vent offshore soutenu ont permis aux meilleurs espoirs européens et africains de s’exprimer. Si l’Espagnole Sol Borelli a décroché son premier titre et que le Britannique Lukas Skinner a marqué les esprits avec un 10 parfait en finale, les performances françaises méritent une analyse nuancée, loin des conclusions hâtives.

    Résultats des finales :

    • Femmes : 1. Sol Borelli (ESP), 2. Carla Morera De La Vall (ESP), 3. Ibone Gomez (ESP), 4. Lily Hirigoyen (FRA).
    • Hommes : 1. Lukas Skinner (GBR), 2. Joshua Karbus (IRL), 3. Hans Odriozola (DEU), 4. Alai Rodriguez Albeniz (FRA).

    Des finalistes tricolores prometteurs

    Contrairement aux idées reçues, le drapeau français était bien représenté lors de l’ultime journée. Chez les hommes, le jeune Alai Rodriguez Albeniz s’est hissé jusqu’en finale, terminant à une encourageante quatrième place. Chez les femmes, Lily Hirigoyen, seulement 16 ans, a imité son compatriote en décrochant également la quatrième place d’une finale très disputée.

    Ces résultats, bien que dépourvus de victoire, témoignent de la vitalité d’une nouvelle garde qui commence à peine son apprentissage sur le circuit. Parler de déclin serait prématuré ; il s’agit plutôt d’un renouvellement des cadres dans un contexte européen de plus en plus concurrentiel.

    Une hiérarchie européenne bousculée

    Il est indéniable que l’époque où les surfeurs français survolaient systématiquement les podiums Pro Junior semble s’estomper. La montée en puissance de nations comme la Grande-Bretagne, l’Irlande ou l’Espagne redistribue les cartes. Ce constat s’était déjà dessiné lors de la dernière saison WQS européenne, où le premier Français ne pointait qu’à la 7ème place du classement général.

    Toutefois, ce manque de domination immédiate chez les garçons doit être relativisé. Le surf français traverse un cycle de transition où les nouveaux visages doivent encore gagner en maturité physique et stratégique pour s’imposer face à des profils comme Skinner.

    L’arbre qui cache la forêt

    L’analyse serait incomplète sans mentionner les talents précoces qui brûlent les étapes. Si le circuit Junior paraît moins « bleu » qu’auparavant, c’est aussi parce que les meilleures pépites tricolores évoluent déjà à l’échelon supérieur. Tya Zebrowski, à seulement 15 ans, fait déjà partie du tour mondial et surclasserait sans difficulté le circuit junior si elle y participait. Le potentiel de la Tahitienne Kiara Goold suit une trajectoire similaire, confirmant que le réservoir de talent est loin d’être à sec.

    En conclusion, le bilan de Casablanca n’appelle pas à l’inquiétude mais à la lucidité. Entre une élite féminine déjà projetée vers les sommets mondiaux et une nouvelle génération masculine en plein rodage, le surf français apprend à composer avec une concurrence accrue. Laissons à ces jeunes le temps de faire leurs preuves.

  • Surfer au milieu des décombres : la résilience d’un des derniers surfeurs de Gaza

    Surfer au milieu des décombres : la résilience d’un des derniers surfeurs de Gaza

    On a tous en tête les images des gros QS à Netanya dans le passé, avec ses vagues et ses infrastructures impeccables. Mais si vous longez cette même côte de quelques dizaines de kilomètres vers le sud, le contraste est glaçant.

    À Gaza City, au milieu des frappes et des bâtiments en ruines, une poignée d’irréductibles continue de ramer vers le large. Ils ne sont plus que trois ou quatre à l’eau. Tasin Abuasi est l’un d’eux, et son quotidien risque de remettre en perspective votre prochaine session foirée à cause du vent.

    Une relique en fibre de verre sauvée coûte que coûte

    Imaginez surfer la même board depuis 2007. C’est la réalité de Tasin. Selon lui, aucune planche neuve n’a franchi la frontière depuis près de vingt ans. La résine, le solarez, les pains de mousse ? Totalement introuvables. La moindre session sur un pic un peu creux se joue à quitte ou double : si la planche plie, le surf s’arrête définitivement pour lui.

    Mais le plus bouleversant dans le récit de ce surfeur palestinien, c’est son rapport viscéral à son matériel. Tasin a dû fuir son domicile à quatre ou cinq reprises à cause des combats. À chaque ordre d’évacuation, alors que les avions grondaient au-dessus de sa tête, il a pris sa planche sous le bras. Il avoue même avec une honnêteté désarmante l’avoir sécurisée avant de s’occuper du reste de sa famille. « C’est la seule que j’ai. S’il lui arrive quelque chose, je ne pourrai pas en avoir une autre », explique-t-il.

    L’océan, dernière zone de paix

    Pourquoi risquer sa vie pour un simple bout de mousse jauni ? Parce que dans un territoire où les infrastructures civiles n’existent quasiment plus et où le bilan humain est catastrophique, cette planche est son seul passeport pour la liberté.

    Alors, quand la houle finit par rentrer – ce qui reste rare en Méditerranée orientale –, Tasin et ses derniers potes de line-up se mettent à l’eau. Même en plein cœur de la guerre. Glisser sur une vague n’est plus seulement une passion sportive pour eux. C’est devenu l’ultime acte de résistance pour se sentir encore vivant.

  • L’Eisbachwelle ressuscite à Munich : la vague de rivière impose sa loi

    L’Eisbachwelle ressuscite à Munich : la vague de rivière impose sa loi

    C’est un énorme soulagement pour toute la communauté surf bavaroise. L’Eisbachwelle, cette légendaire vague statique en plein cœur de Munich qui a vu passer des gars comme Mick Fanning ou Jamie O’Brien, vient tout juste de ressusciter.

    L’année dernière, le spot avait été fermé par la mairie suite à un drame effroyable : une femme s’était noyée après que son leash s’est coincé sous l’eau. Pour sécuriser la zone, les autorités avaient coupé le courant. Le problème, c’est qu’en relançant la machine, la vague avait tout simplement disparu, rendant les locaux furieux contre une municipalité sourde à l’expertise des pionniers comme Walter Strasser.

    Mais la nature a repris ses droits. L’onde est de retour, et le Surf Club de Munich a jubilé sur Instagram en précisant bien que « ce n’est ni la politique ni l’administration qui a ramené la vague, c’est la rivière elle-même ».

    Attention cependant, la réouverture s’accompagne d’un changement de taille. Une nouvelle règle vient d’être plaquée sur le spot : « Seuls les surfeurs expérimentés sont autorisés sur la vague jusqu’à 22h ». Imaginez un instant si on appliquait cette consigne sur tous les line-ups du monde… Reste à savoir comment les bavarois comptent définir un surfeur « expérimenté ».

  • L’incroyable fiasco de Jacob Szekely : embauché puis viré par la WSL en une semaine

    L’incroyable fiasco de Jacob Szekely : embauché puis viré par la WSL en une semaine

    La World Surf League pensait faire un joli coup de communication en embauchant Jacob « Zeke » Szekely pour couvrir le Bonsoy Gold Coast Pro. L’idée de départ semblait bonne : ramener un vent de fraîcheur et un esprit décalé dans les coulisses, un peu comme le faisait Paul Fisher avec son micro atypique à la grande époque.

    Mais l’expérience a tourné court. Très court.

    Doté d’un pass VIP et payé par l’organisation, Zeke a eu carte blanche pour interroger tout le monde, des locaux australiens jusqu’aux stars du CT comme Kelly Slater, Italo Ferreira ou Griffin Colapinto. Le problème, c’est que ses questions n’avaient rien à voir avec les dérives ou la taille de la houle. Devant la caméra, il a préféré demander aux pros leur body count (nombre de conquêtes) ou s’ils préféraient Sydney Sweeney à Megan Fox.

    Forcément, le décalage frontal entre le lissage institutionnel de la WSL et l’humour brut du surfeur a fait des étincelles. Jugeant le contenu totalement inapproprié, la direction de la ligue a paniqué. Ils ont menacé de lui retirer son accréditation presse, annulé la collaboration sur-le-champ et exigé la suppression immédiate de son montage sur Instagram.

    Résultat des courses ? Zeke a été remercié en moins d’une semaine, mais il a évidemment tout balancé sur sa chaîne YouTube. « Je veux juste montrer à quel point ces gars sont drôles et cools en vrai », a-t-il expliqué. Un pari réussi pour l’audience, mais un cauchemar RP pour la WSL. Au pire, il lui reste toujours le Stab High… et son compte OnlyFans pour rebondir.

  • Le cauchemar dans les rapides de Kimberley

    Le cauchemar dans les rapides de Kimberley

    Avez-vous déjà imaginé surfer une rivière en furie au beau milieu de l’océan ? Dans la région reculée de Kimberley, en Australie-Occidentale, les marées sont si extrêmes qu’elles transforment l’eau stagnante en rapides destructeurs. Les locaux fuient ce spot qu’ils surnomment le « tueur de bateaux ». Pourtant, Dylan Graves et le chargeur australien Anthony Walsh ont décidé d’y jeter leurs planches. Ce qu’ils ont trouvé dépasse l’entendement.

    40 secondes en enfer

    L’excitation de l’exploration a très vite laissé place à un pur instinct de survie. Oubliez les tubes massifs et prévisibles : ici, le danger absolu ne vient pas de la chute initiale, mais des tourbillons géants qui se forment dans le sillage de la vague.

    Lors d’un passage chaotique, la situation a dégénéré. Anthony Walsh a été aspiré par le courant implacable du rapide, subissant un violent plaquage sous-marin de près de 40 secondes. Une véritable éternité quand on est broyé dans tous les sens par des tonnes d’eau sombre, sans aucune indication de l’endroit où se trouve la surface. « Après être resté sous l’eau comme ça, n’importe qui aurait abandonné », confie Dylan Graves, encore secoué par la scène. Mais Walsh a tenu bon, frôlant la noyade de justesse.

    Le mystère de la planche fantôme

    Dans ce bouillon d’écume imprévisible, même les sauvetages en jet-ski relevaient de la roulette russe. C’est dans la panique de l’une de ces récupérations in extremis que le spot a réclamé son tribut.

    La planche de surf de Dylan Graves a été perdue, engloutie par le vortex en un clin d’œil. Un véritable sacrifice aux « dieux des marées » pour célébrer le fait d’être sortis vivants de ce piège. Mais la question demeure : où a-t-elle bien pu atterrir ? Poussée par des courants d’une puissance inouïe, elle dérive peut-être en ce moment même vers l’Indonésie, ou s’échouera un jour au sud de l’Australie. Si vous croisez une board fantôme sur une plage du bout du monde, vous connaissez désormais son incroyable histoire.

  • Le circuit Pro Junior européen s’enflamme pour sa grande rentrée au Maroc

    Le circuit Pro Junior européen s’enflamme pour sa grande rentrée au Maroc

    La saison 2026 est officiellement lancée ! C’est sur le spot d’Ain Diab, à Casablanca, que les meilleurs espoirs du surf européen ont repris le chemin de la compétition pour le Morocco Mall Junior Pro Casablanca. Si vous pensiez que la reprise serait tranquille, les premiers heats ont prouvé tout le contraire.

    Le show monstrueux d’Erica Maximo

    S’il y a bien un nom à retenir de cette deuxième journée, c’est celui d’Erica Maximo. La Portugaise, qui dispute sa dernière année chez les juniors, n’est pas venue au Maroc pour faire de la figuration. Dans des vagues qui demandaient de l’engagement, elle a littéralement découpé le spot en signant un 8.00 d’entrée de jeu.

    Elle a ensuite enfoncé le clou avec un total de 15.00 points, le plus élevé de la journée. Sa puissance sur son backside (elle est goofy-foot) a laissé ses adversaires sans voix.

    Les pépites françaises et le duel des favoris

    Côté tricolore, la jeune Rose Calvez a montré qu’elle avait les nerfs solides. Malgré des conditions devenant piégeuses à marée basse, elle se hisse en quarts de finale. Chez les garçons, on a eu droit à un duel de haute voltige entre l’Italien Pietro Garroux et le prodige britannique Lukas Skinner. Les deux ne se sont pas lâchés d’une semelle, mais c’est l’Italien qui prend l’ascendant pour quelques fractions de points.

    À noter aussi la sensation Marley Benesenes Masse. À seulement 14 ans, le Français a posté le meilleur total masculin (14.30), prouvant que la « Next Gen » n’a peur de rien.

    Une seule chance de titre pour le Maroc

    Le public local a eu quelques sueurs froides : presque tout le contingent marocain a été éliminé. Tous les espoirs reposent désormais sur les épaules de Maria Elouedrhiri, seule représentante du pays encore en lice pour les quarts de finale.

    Prochain rendez-vous : Vendredi 8 mai à 14h00 (GMT+1) pour la suite de la compétition masculine.