Si vous avez déjà rêvé d’un boat trip parfait, les îles Mentawai sont forcément en haut de votre bucket list. Des vagues parfaites, une eau cristalline, la chaleur tropicale… et apparemment, des prédateurs préhistoriques capables de vous engloutir tout rond.
Le capitaine de légende Martin Daly, véritable pionnier de la zone avec son célèbre Indies Trader, vient de jeter un énorme pavé dans l’eau turquoise. Dans une vidéo qui secoue actuellement les adeptes de surf sur internet, il a capturé les images glaçantes d’un crocodile marin (le redouté « saltie ») d’au moins 3 mètres, en train de patrouiller tranquillement à quelques encablures des line-ups les plus convoités de la planète.
Le Disneyland du surf prend des airs de Jurassic Park
Si les surfeurs ont l’habitude d’entendre des histoires de crocos égarés au fond des rivières du Costa Rica ou aux abords des spots mexicains, l’archipel indonésien n’est pas réputé pour ce genre de face-à-face. Pourtant, ce monstre marin d’eau saumâtre est bel et bien là. Pour rappel, ces reptiles sont les plus grands au monde : un mâle moyen frôle facilement les 5 mètres pour près d’une demi-tonne.
Le commentaire laissé par Daly fait d’ailleurs froid dans le dos : « Je n’aimerais vraiment pas croiser le croco qui a arraché la patte de ce gros pépère de plus de 3 mètres que nous avons repéré il y a une semaine ». Vous avez bien lu : il y en a un autre, et il est visiblement plus agressif.
Une nouvelle donne pour votre prochain surf trip ?
Ce n’est malheureusement pas un cas isolé. L’année dernière, le boss de l’Indies Trader avait déjà signalé la présence de ces super-prédateurs sur l’une de ses vagues favorites, qu’il surfe pourtant depuis 40 ans. « Surfer avec des prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire n’est pas l’idéal. Ils nous ont laissés tranquilles jusqu’à présent, mais… » avouait-il.
La haute saison des Mentawai s’étend d’avril à octobre. Si vous avez déjà booké votre charter pour aller scorer les vagues de votre vie dans les mois qui viennent, une nouvelle règle de survie s’impose au pic : entre deux séries, évitez de laisser traîner vos orteils trop longtemps.
L’histoire se déroule sur le célèbre spot de Steamer Lane, à Santa Cruz. Début mai, ce qui ressemblait à une énième embrouille de line-up pour une priorité non respectée a pris une tournure inattendue. La vidéo de l’incident tourne en boucle sur les réseaux, et pour cause : elle offre une satisfaction immédiate face à la bêtise.
PS: nous n’étions pas présent, donc on rapporte les propos recueillis par la presse étrangère.
Vers 7h20 du matin, un surfeur local s’en prend violemment à un autre. Le motif ? Une simple remarque faite la semaine précédente sur les règles de courtoisie au pic (ne pas sauter depuis la falaise et taxer la première série qui passe). L’agresseur perd rapidement ses nerfs : il insulte sa cible, lui hurle de « retourner dans son pays », menace de le noyer, l’éclabousse et finit par lui asséner plusieurs coups de poing.
Face à ce déchaînement de violence gratuite, la victime encaisse sans rendre les coups. Elle se contente de bloquer les attaques, de s’éloigner et lui donne rendez-vous sur la terre ferme. Ce que le harceleur de Steamer Lane ignore totalement, c’est qu’il vient de frapper Sandro « Batata » Santiago. Et Sandro n’est pas qu’un simple free surfeur : c’est une ceinture noire 6ème dan de jiu-jitsu brésilien.
La soumission sur le parking
Une fois sortis de l’eau, le rapport de force s’inverse radicalement. Les images partagées par Sandro sur Instagram montrent l’agresseur complètement neutralisé sur la falaise, maintenu au sol par une prise implacable. Pas de coups de poing vengeurs, pas de bagarre de rue sanglante. Juste une maîtrise absolue.
« Avec tact et sans lui faire de mal, je l’ai simplement forcé à s’excuser pour son comportement stupide », explique le Brésilien. L’homme, si menaçant dans l’eau, s’est transformé en véritable pleurnichard, suppliant qu’on le relâche.
En tant que véritable expert en arts martiaux, Santiago a choisi la voie de la discipline. Il savait pertinemment ce dont il était capable, mais a préféré offrir à ce « bully » une leçon d’humilité monumentale plutôt qu’un passage aux urgences. Une scène de justice expéditive que les habitués de la zone affirment ne pas avoir vue depuis les années 90.
L’époque bénie où un simple sticker sur le nose suffisait à payer les factures semble bel et bien révolue. Face à l’inflation et la précarité croissante dans notre milieu, certains rideurs sortent des sentiers battus. Et le Californien Jacob Szekely vient de lâcher une bombe : son nouveau sponsor principal n’est autre qu’OnlyFans.
Pourquoi fuir YouTube pour OnlyFans ?
Avant de crier au scandale, calmez-vous : « Zeke » ne va pas se déshabiller devant la webcam. Il rejoint en réalité le cercle grandissant des athlètes de la plateforme (comme Nathan Florence, Billy Kemper ou Pedro Scooby) qui y publient du contenu tout public. Le but ? Contourner la censure infernale de YouTube.
Dans son dernier vlog, il est très clair. Ses vidéos d’action, ses cascades et les soirées un peu trop festives se font constamment striker ou démonétiser. Avec OF, il trouve enfin un soutien financier solide et une liberté d’expression totale pour documenter sa vraie vie.
Des coulisses sans aucun filtre sur la Gold Coast
Cette liberté, il l’a emmenée avec lui en Australie. Fait hallucinant : la très lisse WSL l’a carrément autorisé à filmer les coulisses du Snapper Rocks Pro. Szekely en a profité pour retourner l’espace athlètes avec les questions chocs de sa communauté.
Oubliez les interviews ennuyeuses sur le litrage des planches. Il a coincé les pros pour savoir qui avait le plus gros tableau de chasse sur le CT (Gabriel Medina a été balancé direct), ou lancé des débats vitaux pour savoir qui de Megan Fox ou Sydney Sweeney remportait les suffrages. Il a même attrapé le GOAT, Kelly Slater, pour parler piscines à vagues. Pour Slater, un trick inédit plaqué en wavepool compte bel et bien, mais il doit ensuite être validé dans l’océan. Le rêve ultime du King ? Un tube artificiel de 6 mètres de haut, rien que ça.
Le nouveau sponsor numéro 1 du surf ?
En regardant Zeke (son surnom) poser fièrement avec son énorme sticker bleu, je me suis fait une réflexion qui me fait autant rire que grincer des dents : d’ici peu, OnlyFans sponsorisera probablement plus de surfeurs que certaines de nos marques historiques du marché.
L’argent est là où l’attention se trouve. Maintenant, une vraie question se pose pour notre scène locale : à votre avis, qui sera le premier surfeur professionnel français à oser assumer ce sponsor pour continuer à vivre de sa passion ? Les paris sont ouverts.
Vous attendiez le tableau de la prochaine étape du Championship Tour pour faire vos pronostics ? C’est fait. La WSL vient de lâcher les séries pour Raglan, la quatrième étape très attendue qui se tiendra en Nouvelle-Zélande du 15 au 25 mai. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le hasard n’a épargné personne d’entrée de jeu.
Si vous suivez le parcours de nos surfeurs, préparez-vous à retenir votre souffle. Marco Mignot retrouve Barron Mamiya sur sa route. Un affrontement direct qui sent la poudre et qui s’annonce déjà comme l’un des moments forts du Round 1 masculin. Du côté des femmes, la jeune Tya Zebrowski hérite d’un sacré morceau en affrontant l’Espagnole Nadia Erostarbe, qui a impressionné à Snapper Rocks. Un vrai test de solidité.
Kauli Vaast hérite de Jack Robinson alors que la franco/tahitienne se retrouvera confronter à Sally Fitzgibbons.
Le reste du tableau nous réserve aussi de sérieux face-à-face. Le Mexicain Alan Cleland devra sortir le grand jeu face à l’ogre américain Griffin Colapinto, tandis que le vétéran Alejo Muñiz croisera le fer avec George Pittar. Chez les filles, le choc entre la Costaricienne Brisa Hennessy et Alyssa Spencer s’annonce particulièrement indécis.
Sur la mythique longue gauche néo-zélandaise, l’engagement devra être total. Les planches sont prêtes, à vous de régler vos réveils.
On a tous en tête ces images de vagues parfaites déroulantes filmées depuis Kirra Hill : des lignes de houle qui s’alignent avec une précision chirurgicale depuis Snapper jusqu’à Kirra. C’est le rêve absolu du surfeur, une sorte de dessin animé qui prendrait vie sous nos yeux. Mais derrière la carte postale se cache une machine hydraulique complexe et un line-up qui ne pardonne aucune erreur d’étiquette. Que vous soyez là pour le tube de votre vie ou pour un premier « ride » sur la Gold Coast, voici le guide ultime pour comprendre et surfer Snapper Rocks.
1. La genèse d’un miracle : Comment l’homme a créé le Superbank
Snapper Rocks n’a pas toujours été cette machine à vagues infinie. À l’origine, la côte était constituée de points de rupture distincts et parfois aléatoires. Le « Superbank » tel qu’on le connaît est ce qu’on pourrait appeler une œuvre d’art « man-nurtured » (entretenue par l’homme).
Le Tweed River Sand Bypass
Tout bascule en 1962 lorsque les digues de l’embouchure de la Tweed River sont rallongés pour sécuriser la navigation. Ce projet a bloqué le flux naturel du sable vers le nord. Pendant 30 ans, les plages du Queensland ont été privées de sédiments, rendant les bancs de sable instables.
C’est en 1993, sous l’impulsion de légendes locales comme Wayne « Rabbit » Bartholomew, qu’une solution pérenne est trouvée : le Tweed Sand Bypass. Depuis 2001, ce système pompe environ 600 000 mètres cubes de sable chaque année pour les rejeter au large de Snapper.
Le saviez-vous ? Ce sable ne s’accumule pas n’importe comment. Il suit le courant le long d’une ligne presque rectiligne, comme tracée à la règle, créant cette continuité légendaire entre Snapper, Rainbow Bay, Greenmount et Kirra.
2. La mécanique de la vague : Houle, Vent et Marée
Pour surfer Snapper, il faut savoir lire les cartes météo comme un local. La vague est d’une constance effrayante (plus de 300 jours de surf par an), mais elle change radicalement de visage selon les conditions.
Les directions de houle idéales
La « fenêtre de tir » optimale s’étend de janvier à juillet.
La houle de Sud-Est : C’est la direction favorite des habitués. Le Sud apporte la puissance nécessaire derrière le rocher (The Rock) pour éviter que le backwash ne ferme la vague, tandis que l’Est assure que le mur continue de se dresser devant vous tout au long du point.
Les cyclones tropicaux : En fin d’été et en automne, les houles cycloniques de longue période créent ces lignes interminables qui permettent des rides de plusieurs minutes.
L’Est-Sud-Est de courte période : Fréquent en été, ce type de houle a tendance à sectionner la vague. C’est paradoxalement une bonne nouvelle pour les surfeurs intermédiaires, car cela disperse la foule sur plusieurs pics.
Le vent : Attention au « Devil’s Breath »
Snapper est naturellement protégé par son relief. Tout vent de secteur Sud à Sud-Ouest est ici « offshore » (vent de terre), lissant parfaitement la face de la vague. En revanche, le vent de secteur Nord à Nord-Est est surnommé le « Souffle du Diable ». Non seulement il hache le plan d’eau, mais il ramène souvent des bancs de méduses (bluebottles) particulièrement urticantes.
3. L’anatomie du spot : De l’enfer du rocher au paradis de Rainbow
Surfer Snapper, c’est comme traverser plusieurs mondes sur une seule planche. Chaque section a ses propres règles.
Behind the Rock (Derrière le rocher)
C’est la zone de take off la plus intense. Le « take-off » est difficile, late, puissant et doit se négocier avec un œil sur le rocher et l’autre sur le backwash. C’est une zone avec beaucoup de courant et beaucoup de monde. L’eau qui rebondit sur la pierre crée une onde de choc qui peut soit vous propulser dans un tube béant, soit vous désarçonner en une fraction de seconde. Quand la journée est vraiment bonne, c’est quasi impossible pour un surfeur moyen de prendre une vague entre les surfeurs pros et les locaux.
Niveau requis : Expert.
La section rippable (Le milieu)
Une fois le rocher passé, la vague s’ouvre. C’est probablement l’une des meilleurs sections au monde pour travailler ses manœuvres. La lèvre est prévisible, puissante, et offre une section parfaite pour les snaps et les cutbacks. La section peut doubler à l’occasion, et provoquer un tube plus accessible qu’à Behind The Rock, ou laisser la place à une partie de vague idéale pour les gros turns.
Little Marley & Rainbow Bay
Selon la qualité du banc de sable, vous pouvez soit enchaîner un second tube à Little Marley, soit profiter d’un long mur plus doux vers Rainbow Bay. C’est ici que les jambes commencent à brûler. Un ride complet peut durer plusieurs minutes, un effort physique colossal.
4. Guide de survie : Paddle-out et Etiquette
Le plus grand défi à Snapper Rocks n’est pas la vague, c’est la foule. C’est l’un des line-ups les plus agressifs et denses au monde.
Où se mettre à l’eau ?
Il existe trois options principales pour rejoindre le pic :
Froggies : L’option la plus périlleuse. Entre les courants et les rochers, il est facile de se retrouver coincé dans une zone de « mort » où l’on subit les séries sans pouvoir sortir.
Le saut du rocher (Jump off) : Réservé aux initiés. Il faut synchroniser son saut avec le retrait de l’eau. Un mauvais timing et vous finissez dans les crevasses avec des points de suture en prime.
Le Keyhole (Le trou de serrure) : C’est l’option la plus sûre. Un petit passage entre les rochers qui demande tout de même un bon timing pour ne pas se faire drosser par une série dès les premiers coups de rame.
La règle d’or du placement
Avec 200 personnes à l’eau, l’agression est palpable.
Ne regardez pas derrière vous : Si vous êtes au pic, soyez prêt.
La tactique de la 2ème vague : Souvent, la première vague d’un set « nettoie » le line-up en emportant les plus affamés. La deuxième est souvent plus propre et moins convoitée au départ.
Le respect des locaux : Les « grommets » (jeunes) de Coolangatta surfent mieux que 99% des touristes. Ne snobez pas un gamin de 12 ans, il a probablement la priorité et un niveau pro.
5. Conseils par niveau : Comment profiter de sa session ?
Pour les surfeurs de niveau intermédiaire
N’essayez pas de rivaliser avec les pros derrière le rocher. Vous allez perdre votre temps et votre énergie. Décalez-vous vers Rainbow Bay. Les vagues y sont souvent un peu moins creuses, mais le surf reste exceptionnel. C’est aussi là que vous aurez le plus de chances de chopper une vague qui a été abandonnée par un surfeur plus haut sur la pointe.
Pour les surfeurs avancés
Travaillez votre lecture du courant. Si la houle vient de l’Est, le courant de retour (reverse rip) va vous ramener systématiquement vers le rocher. Si la houle est de Sud-Est, préparez-vous à marcher. Après chaque vague, ne remontez pas à la rame contre le courant : sortez de l’eau, marchez le long de la plage et recommencez votre circuit. C’est beaucoup moins épuisant.
Pour tous : La sécurité avant tout
Snapper Rocks est un fond de sable, mais le sable y est dur comme du béton. À marée basse, certaines sections sont extrêmement peu profondes. Soyez attentifs aux autres : les collisions sont la cause numéro 1 des blessures ici.
Conclusion : L’expérience d’une vie
Snapper Rocks est bien plus qu’un spot de surf ; c’est un laboratoire à ciel ouvert, une ville dédiée à la glisse (Coolangatta). Surfer ici, c’est accepter de faire partie d’une fourmilière humaine pour goûter, ne serait-ce que quelques secondes, à la perfection d’une onde sculptée par l’homme et magnifiée par la nature.
Si vous avez la patience et le respect nécessaires, Snapper vous offrira la vague qui redéfinira votre vision du surf. Préparez vos bras, le Superbank vous attend.
Le spot de Snapper Rocks a rappelé aujourd’hui pourquoi il est le théâtre des plus grandes épopées du surf mondial. Pour cette édition 2026, le public australien a exulté devant le triomphe de ses deux protégés, Ethan Ewing et Stephanie Gilmore, au terme d’une journée riche en émotions.
Kauli Vaast, éliminé en quart de finale
Auteur d’un beau parcours le franco/tahitien a été éliminé par le vainqueur de la compétition en quart de finale Ethan Ewing. Un bon parcours pour le surfeur français en quête de résultat depuis le début du tour.
Gilmore : La Queen reprend sa couronne
Huit titres mondiaux ne lui suffisaient manifestement pas. Pour sa 51ème finale sur le Championship Tour, Stephanie Gilmore a fait étalage de toute sa science de la glisse. Face à une Luana Silva combative, l’Australienne a d’abord posé les bases avec un 7.83, avant de littéralement assommer la série.
En allant chercher un 9.50 quasi parfait grâce à son flow légendaire, Gilmore décroche sa 7ème victoire à domicile et son 34ème trophée en carrière. Si Silva s’incline en finale, elle repart toutefois avec une récompense de taille : le lycra jaune de numéro 1 mondiale.
Le séisme O’Leary et la maîtrise d’Ewing
Le coup de tonnerre du jour a eu lieu dans les demi-finales. Alors que Filipe Toledo écrasait la compétition depuis le premier round, le Brésilien s’est fait surprendre par un Connor O’Leary transcendé. Une élimination directe qui a ouvert la voie à une finale 100 % australienne. Alors oui, Connor est « japonais » maintenant, mais tout le monde, même le public, il est australien…lol
En finale, Ethan Ewing n’a laissé aucune place au doute. Avec son surf de rail si caractéristique, il a rapidement scoré un 8.33 pour mettre O’Leary dans les cordes. Malgré une belle réplique de l’enfant de Lennox Head, Ewing a verrouillé son deuxième succès sur le sol australien. Cette victoire le propulse à la 4ème place mondiale, confirmant qu’il faudra compter sur lui pour la course au titre final cette saison.
Imaginez la scène : le line-up parfait de Snapper Rocks, l’élite du surf mondial en plein « Bonsoy Gold Coast Pro », et seulement 5 minutes restantes au chrono lors d’un duel crucial entre la championne du monde Caity Simmers et notre Tahitienne Vahiné Fierro. Soudain, le sang-froid des officiels est mis à rude épreuve. Un invité surprise, un requin bouledogue d’environ 2 mètres, est repéré à moins de 500 mètres de la zone de compétition.
Le protocole d’urgence activé
Dès le signalement, la série a été immédiatement suspendue conformément aux protocoles de sécurité de la ligue. Si certains fans ont crié à l’interruption prématurée, Renato Hickel, vice-président des tours et de la compétition à la WSL, a été catégorique : la sécurité prime sur le spectacle. Les surfeuses ont été évacuées par les équipes de sécurité en jet-ski, laissant le score en suspens alors que Simmers menait la danse.
Ce que dit le Rulebook 2026 (Règle 10.04)
C’est ici que les notes du WSL Rule Book 2026 deviennent passionnantes pour tout mordu de stratégie. La règle 10.04 stipule qu’en cas de danger extrême ou de circonstances imprévues (incluant explicitement le risque d’attaque animale dans l’article 10.04(b)), le juge en chef doit stopper la série.
Le règlement prévoit deux options pour la reprise (Règle 10.04(a)(iii)) :
Reprendre (Resume) : On relance le chrono là où il s’était arrêté, avec les mêmes positions et priorités.
Recommencer (Restart) : On efface tout et on repart de zéro si le juge estime que les conditions ont trop changé ou que l’équité est compromise.
Une polémique qui divise le milieu
L’interruption a déclenché un vif débat sur les réseaux sociaux. Chacun a son point de vue
Finalement, la série a repris le lendemain et Caity Simmers a validé son ticket pour le tour suivant. Si le résultat sportif semble logique, l’épisode rappelle que même avec le règlement le plus précis du monde, c’est bien l’océan — et ses habitants — qui ont toujours le dernier mot. Restez prudents, l’été s’annonce « sharky ».
La nuit a été historique pour le clan tricolore à Snapper Rocks. Pour la première fois de la saison 2026, un Français intègre le tableau final d’une épreuve du Championship Tour (CT). Sous le soleil du Queensland, Kauli Vaast a marqué les esprits, tandis que le reste du tableau a vu les légendes reprendre leurs droits dans des vagues frôlant la perfection.
Le duel fratricide : Kauli Vaast s’impose face à Marco Mignot
C’était le choc que tous les fans de surf français attendaient au Round 3 : un face-à-face entre Kauli Vaast et Marco Mignot. Dans des conditions de trois à quatre pieds (environ 1,2 mètre), le champion olympique tahitien a su trouver le rythme nécessaire pour devancer son compatriote.
Avec un total de 14,33, Vaast a pris le meilleur sur un Marco Mignot très solide (13,97) mais qui a manqué d’une seconde opportunité majeure pour renverser le score. Ce succès propulse Kauli Vaast en quarts de finale, une étape que les Français n’avaient pas encore atteinte cette année. Il y retrouvera l’Australien et enfant du pays, Ethan Ewing.
Vahine Fierro sort avec les honneurs dans un contexte difficile
Du côté des femmes, le parcours de Vahine Fierro s’arrête au Round 2. La Tahitienne affrontait la championne du monde en titre, Caity Simmers, dans une série qui portait encore les stigmates de la veille.
Pour rappel, la confrontation avait été suspendue en raison de la présence d’un requin dans la zone de compétition, cassant totalement le rythme et la dynamique de la série. À la reprise, Fierro a dû composer avec une Simmers chirurgicale. Malgré quelques beaux enchaînements sur le rail, Vahine s’incline (14,26 contre 10,60). Une élimination qui laisse un goût amer.
Filipe Toledo et Stephanie Gilmore : La démonstration de force
Le reste de la compétition a été marqué par des performances stratosphériques. Filipe Toledo a envoyé un message clair à ses concurrents en réalisant le meilleur total de la saison avec un 18,94/20, incluant un 9,77. Sa victoire face à Gabriel Medina dans un « derby » brésilien restera comme l’un des moments forts de l’événement.
Chez les femmes, l’inoxydable Stephanie Gilmore continue sa marche en avant à domicile. L’octuple championne du monde a éliminé Caity Simmers en quarts de finale, s’offrant une neuvième demi-finale sur la Gold Coast.
Prochain rendez-vous : Finals Day imminent
La WSL a émis une Yellow Alert pour demain, le 4 mai. Les prévisions annoncent des conditions en hausse, ce qui pourrait offrir un dénouement épique à cette troisième étape du Tour.
Tableau des Quarts de finale (H) :
Heat 1 : Kauli Vaast (FRA) vs Ethan Ewing (AUS)
Heat 2 : Mateus Herdy (BRA) vs Liam O’Brien (AUS)
Heat 3 : Connor O’Leary (JPN) vs Leonardo Fioravanti (ITA)
Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur le surf en Europe du Nord. Si pour vous la Suède se résume à des petites vagues de vent et des combinaisons 6mm pour survivre à une session médiocre, la dernière vidéo de Freddie Meadows va vous coller une véritable claque visuelle.
Un « Teahupoo » au milieu des glaces
Imaginez un slab épais, mutant, qui explose sur un fond rocheux peu profond par une température frôlant le zéro. Ce n’est pas la Tasmanie, c’est la mer Baltique. Dans son dernier édit, Meadows nous emmène dans une « odyssée gelée » où l’on découvre des conditions que l’on pensait réservées aux archipels du Pacifique.
Le point d’orgue ? Une session de gros absolument terrifiante. Accompagné de pointures mondiales comme Nic Von Rupp et Andrew Cotton, le surfeur suédois a scoré une vague qui n’a rien à envier à un Tahiti des grands jours. Voir ces monstres d’eau sombre et froide se briser sous la neige est un spectacle aussi effrayant que fascinant.
Freddie Meadows : L’enfant du pays
Contrairement aux idées reçues, Freddie n’est pas un expatrié ayant simplement adopté les couleurs de la Suède pour faciliter son entrée sur le WQS. Né à Åhus, dans le sud du pays, il est le premier surfeur professionnel suédois de l’histoire. Ce projet est l’aboutissement de années de traque le long de côtes découpées, bravant des tempêtes de neige pour quelques heures de swell miraculeuses.
« Nous avons scoré des vagues qui rivalisaient avec celles de Tahiti ou des Fidji », confie le réalisateur du clip.
Pour les amateurs de sensations fortes, filez directement à la fin de la vidéo. L’engagement est total, le décor est irréel, et la performance de Meadows prouve que le talent n’a pas de frontière, même au-delà du cercle arctique. Une leçon de passion brute.
L’alerte a été donnée instantanément. Un requin a été identifié à moins de 500 mètres de la zone de compétition, déclenchant le protocole de sécurité strict de la WSL. Renato Hickel, vice-président du circuit, a été clair : aucune prise de risque.
La série a été mise en pause, puis officiellement reportée au lendemain. Le suspense reste donc entier pour Vahine Fierro, qui devra soit reprendre là où elle s’était arrêtée, soit recommencer la série selon les conditions de demain matin.
Une pluie de scores d’excellence
Avant ce chaos final, une bonne journée avait débuté. Snapper Rocks a délivré des lignes parfaites de 1m50, permettant aux surfeurs de signer 11 scores dans la zone « excellente ».
Les favoris en démonstration
Pendant que les Australiens comme Jack Robinson et Ethan Ewing retrouvaient leur rythme à domicile, le Brésil a rappelé qui tenait les rênes. Filipe Toledo a survolé la journée avec un total stratosphérique de 18.00 points, incluant un 9.50, la meilleure note du contest. Il retrouvera son compatriote Gabriel Medina au prochain tour pour un choc de titans.
J’avoue, j’avais mes petites habitudes avant d’enfiler la combi. Un vieil edit deTaylor Steele ou une part de Dane Reynolds pour me chauffer. Mais là, je suis tombé sur une pépite qui a balayé mes certitudes. « Now Days », ce n’est pas « juste » du surf féminin, c’est l’essence même de ce qu’on cherche tous en allant à l’eau.
Dès les premières secondes, l’intro laisse place à un hymne punk qui m’a instantanément projeté vingt ans en arrière, à l’époque légendaire de la vidéo Lost Across America. L’énergie est brute, l’engagement est total. On y suit la « New Gen » — de Caity Simmers à Sierra Kerr en passant par Erin Brooks — et le niveau est tout simplement stratosphérique.
Ce qui frappe ? Ce n’est plus seulement une question de grâce, c’est une démonstration de force, de camaraderie et de rivalité saine. Elles se tirent vers le haut sur les plus grosses vagues du globe, de Tahiti à Fidji. Honnêtement, que vous soyez surfeur ou surfeuse, c’est la vidéo indispensable avant de ramer au pic. Le futur du surf est là, et il fait un boucan d’enfer.
Le temple du surf australien n’avait plus vibré au rythme de l’élite mondiale depuis 2018. Pour ce premier jour du Bonsoy Gold Coast Pro 2026, les vagues de trois à quatre pieds de Snapper Rocks ont offert un spectacle à la hauteur de la légende. Mais au milieu des icônes locales comme Stephanie Gilmore, c’est bien une déferlante française qui a secoué le pointbreak. Avec trois qualifiés sur quatre engagés, la France réaliser enfin un bon début de compétition sur le world tour cette année.
Vahine Fierro : La reine du bakcside a frappé
Si l’on connaît le talent de Vahine Fierro dans les tubes de Teahupo’o, elle a prouvé aujourd’hui qu’elle était tout aussi redoutable sur les droites interminables du Queensland. Face à la redoutable Brisa Hennessy, la Tahitienne a livré une masterclass backside.
Avec un total de 16,50 points — dont la meilleure note de la journée (8,67) — Vahine a montré une verticalité et un « flow » qui ont laissé les juges conquis. « Snapper est mon épreuve favorite, à égalité avec Teahupo’o », a-t-elle confié après sa série. Sa capacité à enchaîner les turns puissants sur le rail sans jamais perdre de vitesse la place désormais parmi les favorites de l’épreuve.
Le duel fratricide : Vaast et Mignot se donnent rendez-vous
Chez les hommes, la réussite est totale mais le tirage au sort cruel. Marco Mignot a ouvert le bal avec une incroyable remontée face à l’Hawaïen Barron Mamiya. Mené pendant 25 minutes, le Français a déniché une pépite dans les derniers instants pour claquer un 8,33 salvateur.
Dans la foulée, Kauli Vaast, le champion olympique de Paris 2024, a littéralement éteint le vétéran Jordy Smith. Avec un surf backside d’une précision chirurgicale, Vaast a posté un 15,16 qui ne laissait aucune place au doute.
Le « petit plus » de la rédac : La suite du tableau nous réserve un moment de haute tension. Puisque Kauli Vaast et Marco Mignot s’affronteront lors du Round 3, nous avons la certitude d’avoir un Français en quart de finale. C’est une excellente nouvelle, même si l’on aurait préféré voir nos deux champions s’éviter plus longtemps.
Tya Zebrowski : La cruelle leçon du haut niveau
C’est la seule ombre au tableau tricolore, mais quelle promesse pour l’avenir ! À seulement 15 ans, Tya Zebrowski a frôlé l’exploit monumental face à la quintuple championne du monde Carissa Moore. Tya a mené la série pendant presque l’intégralité du temps imparti, affichant une maturité technique déconcertante pour son âge.
Il aura fallu un sursaut d’orgueil et une vague miraculeuse à la dernière seconde pour que Moore arrache la victoire. Les larmes de détresse de la jeune Française contrastaient avec les larmes de soulagement de l’Hawaïenne. C’est l’apprentissage cruel du WCT : le talent est là, immense, mais la gestion des dernières secondes et ce petit facteur chance manquent encore à l’appel. Nul doute que Tya reviendra plus forte, elle a prouvé aujourd’hui qu’elle avait déjà sa place dans la cour des grandes.
Les légendes reprennent leurs marques
Au-delà du clan français, la journée a été marquée par le retour aux affaires de Stephanie Gilmore. Après deux saisons sabbatiques, l’octuple championne du monde a enfin remporté sa première série de l’année sur son home spot, écartant la prodige Erin Brooks. De son côté, Carissa Moore, qui voyage désormais en tant que maman, a montré qu’elle n’avait rien perdu de sa hargne de compétitrice. Seul le premier tour et deux séries masculines ont été lancées.
La compétition reprendra demain matin, samedi 2 mai, à 6h45 (heure locale). Restez connectés sur Icones Surf pour suivre les performances de Vahine, Kauli et Marco dans ce qui s’annonce déjà comme un week-end historique à Snapper Rocks.
Imaginez un instant : vous rentrez d’un voyage de surf, vous reprenez votre vie quotidienne, vous consultez même plusieurs médecins… tout en ignorant qu’un morceau de plastique de 3 centimètres est planté au milieu de votre visage. C’est le scénario de film d’horreur qu’a vécu le surfeur toscan Davide Lopez après une session mémorable (et brutale) sur le spot de Supertubos, au Portugal.
Le « Crack-Crack » qui aurait pu être fatal
Tout commence lors d’une session que Davide décrit comme « l’une des meilleures de sa vie ». Mais à Supertubos, la sanction n’est jamais loin. Une lèvre épaisse projette sa planche directement dans son visage. Sur le coup, Davide entend deux sons secs : « Crack, crack ».
En état de choc mais conscient, il regagne la plage le visage en sang. À ce moment-là, il est persuadé d’avoir pris un rail ou le nose de sa planche. « L’impact était si fort que je me suis dit que si c’était une dérive, je serais déjà mort », confie-t-il. Les secours arrivent, perplexes face à l’ampleur des dégâts.
Le gros raté du diagnostic médical
C’est ici que l’histoire bascule dans l’absurde. Emmené à l’hôpital, Davide reçoit dix points de suture et passe un scanner. L’opérateur du scanner lui demande si sa planche va bien, car il voit « quelque chose de bizarre » dans son nez. Pourtant, après cinq heures d’attente, le verdict tombe : un simple nez cassé. Les médecins lui disent que « le truc bizarre » a disparu des images et le laissent repartir.
Le lendemain, Davide s’envole pour l’Italie. Il appelle son médecin, lui envoie les scans : « Ne vous inquiétez pas, le nez a l’air normal ».
« Félicitations, c’est une dérive ! »
Pendant six jours, Davide vit avec ce corps étranger. Il ne ressent aucune douleur particulière, si ce n’est une difficulté persistante à respirer. C’est finalement une spécialiste, horrifiée lors d’un examen en personne, qui découvre la vérité. En insérant une caméra dans ses narines, l’écran affiche une forme bleue. Impossible que ce soit de l’os ou du cartilage.
Le lendemain, Davide passe sur la table d’opération. Les chirurgiens extraient un morceau de dérive de 3 cm de côté. Par un miracle absolu, l’objet n’a touché ni ses yeux, ni son cerveau.
Un retour à l’eau sous protection
Aujourd’hui, Davide Lopez a repris le travail, mais le sel attendra. Son nez est encore en piteux état. S’il prévoit de retourner à l’eau d’ici un mois, ce sera avec un masque de protection digne d’un footballeur professionnel.
« J’ai un ange gardien, c’est certain », conclut l’Italien, qui garde un amour intact pour les tubes portugais malgré la « taxe » très élevée qu’il a dû payer. Quant à son choix de dérives pour le futur ? Disons qu’il risque de regarder son matériel d’un œil un peu plus méfiant lors de son prochain « wipeout ».
Le line-up hawaiien vient de perdre l’une de ses étoiles les plus singulières. Paul Strauch, l’homme que Barry Kanaiaupuni décrivait comme un être « venu du futur », nous a quittés à 82 ans. Si son nom ne vous dit rien, sachez que vous pratiquez probablement le surf qu’il a inventé.
Pourquoi un tel choc dans la communauté ? Bien plus qu’un simple compétiteur, Strauch a brisé les codes techniques dès les années 60. Il est le créateur du mythique « cheater five », cette posture élégante où on est sur son pied arrière avec son pied avant proche du nose. Bon, d’accord la description n’est pas terrible, mais regardez la vidéo ci-dessous. Mais ce n’est pas tout : il a été l’un des premiers à oser le bottom turn profond dans les vagues massives, là où d’autres se contentaient de survivre.
Apparu dans le légendaire The Endless Summer, ce prodige d’Honolulu avait reçu ses premières planches des mains de Tom Blake lui-même. Malgré un talent pur et un style « freestyle » inégalé, il avait choisi de rester loin des projecteurs. Le monde du surf perd aujourd’hui son plus grand styliste, un homme qui surfait déjà demain, alors que nous étions encore à hier.
Snapper Rocks, c’est le paradis du surf… ou l’enfer du trafic. Justin Becret vient d’en faire l’amère expérience lors d’une session sur la Gold Coast qui aurait pu virer au drame. Alors qu’il dénichait un petit miracle — une vague en solo au milieu de la meute australienne — le sort s’est acharné.
Dès son premier tube, une planche égarée est venue percuter son visage de plein fouet. Le verdict est immédiat : nez cassé. Mais c’est là que le Landais bascule dans la catégorie « warrior ». Au lieu de regagner le bord en urgence (il le fait juste après, il reste un homme), Justin reste sur sa lancée.
L’image surréaliste de la session
Dans une séquence captée par Clancy Dawson, on voit le surfeur s’engager dans un deuxième tube tout en maintenant son visage en sang entre ses mains. Un mélange de douleur et de pur instinct.
« Le trafic de Snapper m’a bien eu ce matin », a-t-il commenté avec humour sur son compte Instagram.
Si Justin doit désormais observer quelques jours de repos forcé, il a prouvé qu’il fallait plus qu’une fracture pour l’empêcher de tuber.
Premier point, c’est un sondage récent australien mené auprès de 7 500 lecteurs de Stab. Et vous allez rire, mais le classement s’en ressent.
Le choc : le désamour pour le maillot lycra
La première claque est statistique. Sur les 10 surfeurs les plus cités, seuls deux membres permanents du Tour parviennent à se hisser dans le classement. Exit la course aux points, les fans plébiscitent désormais l’esthétique et la liberté. Des noms comme Mason Ho, Michael February ou l’éternel Dave Rastovich prouvent que la culture du « free surf » et du style pur l’emporte sur la performance brute en série de 30 minutes.
L’énigme de la « Brazilian Storm »
C’est l’enseignement le plus brûlant de cette enquête : malgré une domination outrageuse sur le titre mondial ces dernières années, aucun surfeur brésilien n’apparaît dans le Top 10. Pas de Gabriel Medina, pas d’Italo Ferreira ou de Yago Dora. Si ce résultat reflète l’audience principalement anglo-saxonne du sondage, il souligne aussi une fracture nette entre l’efficacité en compétition et l’inspiration dégagée auprès du grand public californien, australien ou européen.
John John Florence, seul sur son trône
Au milieu de ce séisme, un homme fait l’unanimité. John John Florence écrase la concurrence avec 31,92 % des suffrages. Il est le seul à réussir le grand écart parfait : être une bête de compétition tout en restant l’icône ultime du surf libre.
Le Top 10 des votes :
John John Florence (31,92 %)
Ethan Ewing (15,64 %)
Mason Ho (15,6 %)
Dane Reynolds (15,43 %)
Michael February (13,02 %)
Kelly Slater (10,15 %)
Harry Bryant (9,64 %)
Jack Robinson (8,63 %)
Nathan Florence (7,4 %)
Dave Rastovich (6,96 %)
La suite, réaliser une mesure au niveau national. Chez Icônes Surf, nous avons réalisé le même travail il y a quelques mois, mais en se basant sur une autre métrique, le nombre de recherche de tels noms de surfeurs sur Google. On l’a réalisé uniquement sur les surfeurs français, mais on réalisera le même travail sur tous les surfeurs. Voir ci-dessous le lien
Au premier abord, j’ai cru à un fake. Une mise en scène un peu trop léchée façon Hollywood. Mais quand la légende Kai Lenny relaie l’information et que les images brutes tombent, la réalité dépasse la fiction. Ce qui s’est passé entre Santa Barbara et Carpinteria est sans doute l’un des moments les plus oppressants jamais filmés en foil.
Un jeu du chat et de la souris version prédateur
Lors d’une session de downwind épique de 30 kilomètres, Ron Takeada et ses compagnons ont survolé, sans le vouloir, un Grand requin blanc d’environ 3,50 mètres. Ce qui n’aurait pu être qu’une observation furtive s’est transformé en une traque psychologique.
Attiré par les vibrations de l’aile ou simple curiosité ? Le squale s’est mis à coller à la planche de Ron. « Il tournait à gauche, le requin tournait à gauche. Il accélérait, le requin accélérait », raconte son binôme. Un duel silencieux où la moindre chute aurait pu transformer cette session en drame.
La Californie en alerte « Marine Heatwave »
Si les experts prédisent un été particulièrement « sharky » en Californie, c’est que l’océan Pacifique subit actuellement une vague de chaleur marine. De Huntington Beach à Newport, les interactions se multiplient, mais rarement avec une telle insistance.
Pendant de longues minutes, Ron a dû garder son sang-froid, maintenant son vol au-dessus de l’eau alors que l’aileron fendait la surface juste derrière lui. Une preuve de maîtrise technique absolue sous une pression que peu de surfeurs aimeraient connaître. Le prédateur a fini par s’éloigner, laissant les riders terminer leur run, le cœur à 200 bpm. La nature est belle, mais elle sait nous rappeler qu’on n’est que des invités.
Le surf a ce pouvoir unique de nous propulser dans des rêves éveillés. Pour toute une génération, l’image de Dave Rastovich glissant sur une droite cristalline en Inde, déferlant le long d’une jetée en bois, est restée gravée comme une icône de l’aventure pure. C’était dans « Castles In The Sky » de Taylor Steele.
Aujourd’hui, une nouvelle vidéo met en lumière ce spot, ravivant le mythe de cette île perdue, sorte d’atoll corallien recouvert d’une jungle épaisse. Le contraste est total : d’un côté, le chaos organique des ports indiens, les traversées risquées sur des barques bondées et l’odeur du poisson frais ; de l’autre, une perfection liquide improbable.
Ce qui rend ce spot unique ? Ce ponton massif planté au milieu du line-up. On y court, on saute, et on se retrouve instantanément dans le tube. Un « dream trip » qui nous rappelle que les plus belles vagues sont souvent celles qui demandent le plus de patience.
Le monde a radicalement changé depuis ce triste jour de novembre 2010. Nous avons traversé des pandémies, des crises géopolitiques majeures, et vu nos vies aspirées par des algorithmes de réseaux sociaux toujours plus lisses. Pourtant, au milieu de ce tumulte numérique et d’un surf de compétition devenu parfois trop « propre », un nom continue de résonner comme un cri de ralliement : Andy Irons.
Le Kurt Cobain des océans
Si vous vous demandez pourquoi Billabong continue de célébrer « AI » avec une telle ferveur, la réponse ne se trouve pas dans un fichier Excel de marketing. Elle réside dans ce que j’appellerais l’âme « Core » du surf. Andy était notre Kurt Cobain. Il incarnait ce mélange explosif de génie pur et de vulnérabilité, de rébellion et d’imprévisibilité. À une époque où chaque surfeur du tour semble sortir d’un moule de media-training, le souvenir d’Andy nous rappelle pourquoi nous sommes tombés amoureux de ce sport : pour la passion brute, pas pour les lycras de supermarché.
Plus qu’une collection, un héritage thérapeutique
Billabong vient de sortir sa nouvelle collection Andy Irons Forever, accompagnée du deuxième épisode de la série Next Gen. Mais ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas d’une simple opération de « retail therapy ». C’est un pont jeté entre les époques. Dans ce film, les légendes comme Shane Dorian, Joel Parkinson et Mark Occhilupo — qui ont vu de leurs propres yeux les prouesses (et les frasques) d’Andy — témoignent d’une vérité universelle : le surf d’Irons fait l’unanimité.
Alors que nous vivons dans une ère de division constante, la ligne de trajectoire d’Andy sur une vague à Pinetrees ou à Teahupo’o reste l’une des rares choses sur lesquelles tout le monde s’accorde encore. C’est le standard d’or, le surf dans sa forme la plus viscérale.
Pourquoi nous avons besoin d’AI, et non d’IA en 2026
Lors de la récente rétrospective au JS Garage à Oceanside, l’émotion était palpable devant les clichés de photographes légendaires comme Brian Bielmann ou Steve Sherman. Les bénéfices des ventes soutiennent la Andy Irons Foundation, prouvant que l’impact de l’Hawaïen dépasse largement le cadre du sport.
« Je regarde le surf actuel et je vois des athlètes incroyables, comme Ethan Ewing. Mais Andy… Andy avait ce supplément de danger qui nous tenait en haleine. »
Le surf moderne est efficace, millimétré, presque chirurgical. Andy, lui, était électrique. Il était capable de perdre ses nerfs au premier tour et de fracasser le meilleur surfeur de l’histoire en finale une heure plus tard. C’est ce côté imprévisible qui nous manque cruellement. Porter une pièce de sa collection, c’est un peu comme porter un badge de résistance contre la standardisation du surf. C’est affirmer que le « Core » n’est pas mort, qu’il attend juste de se réveiller dans la prochaine génération.
Andy Irons ne se contentait pas de gagner des titres ; il nous faisait ressentir quelque chose. Et c’est précisément pour cela que, 15 ans après, nous continuons de scroller, de regarder ses vidéos et de porter son nom sur nos poitrines.
Le monde du surf professionnel ne retient souvent que les scores, les podiums et les tubes parfaits. Mais derrière le lycra se cachent parfois des récits de vie d’une violence rare. Celui de Beyrick De Vries est de ceux-là. L’homme qui a marqué l’histoire avec un 10 parfait à Sunset Beach vient de briser le silence : après avoir touché le fond, entre blessure physique et addictions, il annonce son retour officiel sur le circuit des Challenger Series, après une qualification sur le WQS Afrique.
Tout bascule lors d’une session de surf en France. Sur une chute qui aurait pu être banale pour un athlète de son niveau, le diagnostic tombe, brutal : fémur fracturé en cinq points. Pour un surfeur dont la jambe avant est le moteur, c’est un arrêt de mort sportif potentiel.
De retour en Afrique du Sud, cloué dans un fauteuil roulant, Beyrick se retrouve face à un ennemi qu’il n’avait jamais appris à combattre : le vide. « Assis dans un fauteuil, plus de chaos, plus d’excitation, plus de nouveaux pays toutes les deux semaines… rien pour me distraire des choses importantes de la vie », confie-t-il avec une honnêteté désarmante.
La chute : l’alcool et les substances pour combler le silence
L’adrénaline de la compétition est une drogue puissante. Quand elle disparaît, le manque est immense. Beyrick l’admet aujourd’hui sans détour : pour fuir ses sentiments et ce silence pesant, il a cherché refuge dans les paradis artificiels. Le whisky et diverses « substances » sont devenus son quotidien.
« Je cherchais n’importe quoi pour rester « high », pour être distrait, pour éviter de m’asseoir avec mes propres émotions. C’était l’opposé total de la paix et de la sérénité. »
Cette spirale autodestructrice aurait pu sonner la fin de l’histoire pour le surfeur de 31 ans. Mais le combat ne faisait que commencer.
La rédemption : deux cliniques et un nouveau souffle
Le déclic survient quand Beyrick décide de prendre la direction opposée. Après des séjours dans deux cliniques de réhabilitation différentes, il parvient à décrocher. Ce « comeback » n’est pas seulement sportif, il est spirituel. Sur ses réseaux sociaux, il attribue sa renaissance à sa foi : « We do recover. All Glory to God » (Nous guérissons. Toute la gloire revient à Dieu).
Désormais installé aux Pays-Bas, Beyrick a entamé un nouveau chapitre. S’il occupe aujourd’hui un rôle de coach pour l’équipe nationale néerlandaise (il a d’ailleurs la nationalité maintenant), il a senti qu’il se devait une dernière chance. « Je pense qu’il est juste de me donner cette opportunité », explique-t-il à ses fans.
Le défi technique : surmonter le blocage mental
Le retour à l’eau n’a pas été un long fleuve tranquille. Au-delà de la rééducation physique, le traumatisme psychologique est resté ancré. Reposer tout son poids sur sa jambe avant lors d’un air ou d’une manœuvre radicale a longtemps été un blocage insurmontable.
Récemment, lors d’une session à Umdloti, Beyrick a pourtant franchi un cap symbolique en reposant ses premiers frontside airs. Un moment qu’il décrit comme le début d’un nouveau chapitre. Aujourd’hui, physiquement plus affûté que jamais et l’esprit enfin apaisé, il s’envole pour les championnats d’Europe avec un double objectif : encadrer ses élèves et prouver qu’à 31 ans, le « miraculé de Sunset » a encore sa place parmi l’élite mondiale.
L’histoire de Beyrick De Vries nous rappelle que la plus belle victoire d’un surfeur ne se joue pas toujours sur une vague, mais parfois dans le calme d’une chambre de clinique, loin des projecteurs.
Après une annonce qui a secoué le surf français, Johanne Defay profite de son année « off » pour se ressourcer sur son île intense. Mais ne vous y trompez pas : la championne n’a pas rangé la planche au garage. Entre deux moments privilégiés avec sa fille, la Réunionnaise prépare activement son retour sur le CT en 2027.
Dans son dernier vlog, elle nous plonge dans l’intimité d’une journée type. Au programme ? Une session matinale pour retrouver le « flow » suivie d’un entraînement physique intense l’après-midi.
« Les sensations reviennent doucement à l’eau et à l’entraînement », confie-t-elle avec ce sourire qu’on lui connaît tant.
Entourée de ses amis, Johanne mise sur le plaisir et la motivation collective pour garder le rythme sans la brûlure du lycra de compétition. C’est une athlète apaisée, mais toujours aussi affûtée, qui nous prouve que s’éloigner du circuit est parfois le meilleur moyen de revenir plus forte. Une parenthèse nécessaire pour mieux briller l’an prochain.
On le surnomme « Tinkerbell » pour la grâce de ses pas croisés sur un longboard, mais ne vous y trompez pas : Joel Tudor est sans doute un des hommes les plus dangereux du line-up. À 49 ans, le triple champion du monde ne se contente pas de collectionner les trophées de surf ; il porte une ceinture noire de Jiu-Jitsu brésilien (BJJ) tellement usée qu’elle témoigne de décennies de combat.
Récemment, une anecdote croustillante est remontée à la surface grâce au surfeur Jesse Billauer. Ce dernier a raconté comment Tudor a littéralement « éteint » la légende du gros, Garrett McNamara, sur le spot mythique de Malibu. La raison ? Garrett aurait eu l’audace de griller la priorité à Billauer. La réaction de Joel fut immédiate : un bras autour du cou pour rappeler les règles de savoir-vivre locales.
Si vous voulez apprendre à gérer les tensions au pic comme un pro, Tudor vient de sortir une vidéo pédagogique avec BJJ Fanatics. Le titre est évocateur : « Comment étrangler un homme qui s’échappe ». On y voit le maître expliquer avec un calme olympien comment transformer une tentative de fuite en une clé de cou ou un écrasement cervical dévastateur.
Tudor n’est pas un amateur. Double champion des États-Unis et double champion du monde de « No-Gi » (combat sans kimono), il maîtrise l’art de la soumission comme personne. Cette vidéo n’est pas seulement une démonstration technique ; c’est un rappel que derrière l’esthète du surf se cache un guerrier redoutable.
Mon conseil ? La prochaine fois que vous croisez Joel à Malibu, assurez-vous de bien respecter la priorité. Sinon, vous pourriez bien finir par apprendre, à vos dépens, ce qu’est un « neck crank » en direct du rivage.
On attendait des tubes massifs sur le slab de The Box, on a eu… un concours de virages sur une section qui ferme. Pour cette deuxième étape du Championship Tour (CT) 2026 en Australie Occidentale, la frustration est palpable. Si Margaret River est capable du meilleur, cette édition restera celle d’un dimanche propre mais sans génie, où le talent pur a dû compenser des conditions de vagues loin des standards de rêve de l’Océan Indien.
Le hold-up monumental de George Pittar
Si vous ne connaissiez pas encore George Pittar, vous n’allez plus l’oublier. L’Australien de 23 ans a réalisé ce que les statisticiens appellent un « Giant-Slaying » parfait. Pour s’offrir sa première victoire sur le tour d’élite, Pittar n’a pas choisi le chemin le plus facile : il a éliminé, les uns après les autres, quatre champions du monde.
Filipe Toledo, Yago Dora, Italo Ferreira et enfin, en finale, le « King » Gabriel Medina. Dans une finale tactique, Pittar a attendu patiemment la bombe de la série pour envoyer quatre turns sur le rail, d’une précision chirurgicale, notés 9.00. Un score qui a laissé Medina sans réponse, malgré toute sa hargne. Pour celui qui avait subi le « cut » de mi-saison l’an dernier sur cette même vague, la revanche est totale.
Lakey Peterson : La patronne résiste à la nouvelle garde
Chez les femmes, c’est l’expérience qui a parlé. À 31 ans, Lakey Peterson prouve qu’elle n’est pas prête à laisser sa place aux adolescentes qui poussent sur le tour. En s’imposant face à Luana Silva en finale, l’Américaine signe sa septième victoire en carrière et sa deuxième sur la terre des kangourous.
Pourtant, le scénario était mal engagé. Luana Silva semblait tenir sa victoire grâce à un énorme virage sur la plus grosse vague de la série (6.83). Mais à moins de cinq minutes du terme, Peterson a trouvé l’ouverture sur un enchaînement de deux manoeuvres puissantes pour arracher un 6.40 salvateur.
Nos Français « dans les choux » : L’heure de la réaction
C’est le point noir de cette étape pour nous. Les surfeurs tricolores ont semblé manquer de rythme et de lecture sur ce plan d’eau haché de Margaret River. Éliminés prématurément, nos « Frenchies » pointent en bas de classement après les deux premières étapes.
On le sait, le niveau est mondial, mais la réaction est attendue dès la prochaine étape. Le passage sur la Gold Coast (Snapper Rocks) sera crucial pour éviter de voir le haut du classement s’envoler définitivement. On espère que la magie des vagues du Queensland saura réveiller l’instinct de tueur de nos représentants.
Classement mondial : Les nouveaux visages du Lycra Jaune
À l’issue de cette étape mouvementée, le classement mondial subit un gros lifting :
Catégorie
Leader Mondial (N°1)
Hommes
Gabriel Medina (Brésil)
Femmes
Gabriela Bryan (Hawaii)
Malgré sa défaite en finale, Medina reprend les commandes du circuit, prouvant que son année sabbatique ne lui a rien fait perdre de son talent. Chez les femmes, Gabriela Bryan conserve sa première place de justesse.
Prochain rendez-vous : le Bonsoy Gold Coast Pro, dès le 1er mai. On croise les doigts pour que Snapper Rocks nous offre enfin du grand spectacle.
Le monde du surf vient de perdre l’un de ses artisans les plus solaires. Jean-Pierre Van Swae, que tout le monde appelait affectueusement « The Fly », s’est éteint cette semaine, laissant derrière lui un vide immense dans les ateliers de Dana Point et une montagne d’anecdotes qui ont forgé la culture core californienne.
Du plat pays aux vagues de Laguna
Né en Belgique, Van Swae débarque enfant en Californie du Sud. C’est à Laguna Beach, à la fin des années 50, que le virus du surf le pique. Dès 1961, il pousse la porte de Wardy Surfboards, marquant le début d’une carrière de plus de 60 ans consacrée à l’excellence.
Reconnu pour la précision chirurgicale de son glaçage et ses dérives innovantes, il a côtoyé les plus grands noms de « l’Âge d’Or », de Dale Velzy à Hobie Alter. C’est d’ailleurs ses mains qui ont glacé en 1977 l’« Awhoo », ce gun mythique de 15 pieds shapé par Micky Munoz pour les sessions XXL d’Hawaï.
L’homme derrière le surnom
Mais pourquoi « The Fly » ? Fidèle à son tempérament de tête brûlée, il avait accepté, sur un défi entre amis, de sauter d’un avion en plein vol. Le pseudonyme est resté, tout comme son humour parfois décapant. Il adorait raconter comment, dans les années 70, les surfeurs se faisaient bannir de Trestles non pas à cause de la politique de Nixon, mais parce qu’ils s’amusaient à « montrer leur lune » (browning) aux passagers des trains qui longeaient la plage.
Un héritage gravé dans le bois
Jusqu’à son dernier souffle, Jean-Pierre n’a jamais quitté son rabot. Sous son propre label, Fly Surfboards, il créait des pièces d’une élégance rare, mêlant résine et essences de bois nobles. Membre du Hall of Fame des shapers de San Clemente, il était bien plus qu’un fabricant : il était le gardien d’un savoir-faire qui se raréfie.
Aujourd’hui, alors que « The Fly » s’en est allé rejoindre les vagues éternelles, son fils JP Van Swae, photographe reconnu, perpétue la lignée. Pour nous, il reste ce sourire malicieux au milieu de la poussière de pain de mousse. Ride in peace, Fly.
Il existe des surfeurs talentueux, et puis il y a Clay Marzo. Un électron libre, un prodige qui semble lire l’océan dans une langue que nous ne comprenons pas. On le sait capable de manœuvres mutantes sur ses thrusters habituels, mais le voir débarquer avec un twin fin sous le bras, c’est un peu comme voir un pilote de F1 faire un chrono record avec une voiture de collection.
Dans cette séquence brute filmée par sa compagne Leilani Zerkle, l’intimité du moment laisse place à une performance irréelle. Clay ne surfe pas pour les juges, ni pour les sponsors, il surfe pour lui. Sur ses modèles Album Surfboards (le Warptwin et le VBSM en 5’11”), il transforme un slab technique et capricieux en un terrain de jeu élastique.
Là où n’importe quel mortel subirait la vague, Marzo enchaîne des tubes, courbes et des laybacks d’une radicalité effrayante, avec cette fluidité et cette vitesse propre aux Twins. C’est cool à visionner. Une question demeure : y a-t-il vraiment une planche que ce type ne peut pas dompter ? Regardez bien, car des talents aussi purs, on n’en croise qu’un par génération.
Le traumatisme des récentes attaques en Australie et en Nouvelle-Calédonie a relancé une course contre la montre technologique. Au cœur de la Nouvelle-Galles du Sud, une équipe de scientifiques est sur le point de transformer un simple accessoire de surf en un véritable bouclier contre les attaques de requin.
Une technologie invisible nichée dans vos dérives
Le projet, doté d’un budget colossal de 2,5 millions de dollars, est piloté par le Surf Flex Lab de l’Université de Wollongong. L’idée ? Ne plus compter sur de lourds boîtiers fixés sous la planche, mais intégrer un dispositif de répulsion directement dans les dérives de surf.
Le principe repose sur la surcharge sensorielle. Les requins possèdent des récepteurs ultra-sensibles appelés ampoules de Lorenzini. Le dispositif émet des impulsions électriques qui saturent ce système, provoquant chez le prédateur un inconfort immédiat et des spasmes musculaires, le poussant à s’éloigner sans le blesser.
« L’espace est limité, une dérive pèse environ 100 grammes. Le défi est d’y loger l’intelligence sans altérer les performances de glisse », explique le professeur Marc in het Panhuis.
« Coexister avec l’océan » : le témoignage d’un survivant
Parmi les piliers de ce projet, on retrouve Brett Connellan. Ce nom résonne fort dans la communauté surf : il y a dix ans, il survivait miraculeusement à l’attaque d’un Grand Blanc à Bombo Beach. Aujourd’hui, il travaille main dans la main avec les chercheurs.
Pour lui, il ne s’agit pas de « tuer » ou de « chasser » le squale, mais de redonner de la confiance aux pratiquants. Cette technologie est une passerelle vers une cohabitation apaisée, permettant aux surfeurs de reprendre le line-up avec une assurance nouvelle, là où le risque est omniprésent.
Bientôt dans nos shops de surf ?
Le processus suit un protocole éthique strict. Avant la commercialisation, des tests en mer sont prévus, d’abord pour valider l’hydrodynamisme des dérives, puis sous supervision scientifique en présence de la faune marine.
À terme, cette innovation ne se limitera pas au surf. Les chercheurs envisagent déjà d’équiper :
Les embarcations légères (kayaks, paddles).
Le matériel de plongée sous-marine.
Les équipements de sauvetage en mer.
Alors que les autorités de Nouvelle-Galles du Sud encouragent déjà l’usage de dispositifs personnels testés scientifiquement, cette dérive « intelligente » pourrait bien devenir le nouveau standard de sécurité mondial.
Difficile de parler de « rookie » pour un surfeur qui possède déjà une médaille d’or olympique et une finale à Teahupo’o au compteur. Pourtant, en ce mois d’avril 2026, Kauli Vaast fait officiellement ses premières armes en tant que membre permanent du Championship Tour (CT). Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le baptême du feu est particulièrement piquant.
La loi du « 0,5 point »
Le Tahitien vient de publier le premier épisode de sa nouvelle série de vlogs, nous plongeant dans les coulisses de l’étape de Bells Beach. Ce qu’on y découvre, c’est la face cachée de la compétition de haut niveau : une préparation millimétrée, des heures de voyage et de sessions de « free surf » intensives, pour finalement voir tout s’écrouler en une seule série de 30 minutes.
Le constat est cruel : Kauli a entamé sa campagne 2026 avec deux éliminations consécutives, les deux fois par moins d’un demi-point d’écart. Dans ce nouveau format de la WSL où le droit à l’erreur n’existe plus (pas de tour de repêchage pour les têtes de série les plus basses), chaque micro-erreur se paie cash.
Apprendre à perdre pour mieux rebondir
« C’était un début d’année difficile, mais on apprend et on passe à la suite », confie Kauli avec une maturité désarmante. Pour un « goofy-footer » (pied droit devant), la tournée australienne et ses longues droites est un test de patience et de technique.
Si le prochain rendez-vous à Snapper Rocks s’annonce encore comme un défi stratégique, la suite de la saison devrait enfin jouer en sa faveur. Avec le retour de tubes massifs à Fidji, Tahiti et Pipeline, Kauli Vaast aura l’occasion de transformer cette frustration en performance pure. En attendant, son vlog offre une immersion rare dans le mental d’un champion qui apprend, dans la douleur, que le CT ne fait aucun cadeau, même aux rois de l’Olympe.
Le streaming de la WSL nous montre des vagues bleues et des scores parfaits (quoique pas trop cette année encore). Mais derrière le vernis de la compétition, Margaret River cache une réalité que les caméras oublient souvent : c’est l’un des endroits les plus hostiles de la planète.
« Je vais lui mettre mon poing dans la gueule »
Dans les années 70, poser sa planche à Margaret River était une déclaration de guerre. La communauté locale, composée de bûcherons et de fermiers installés là depuis 140 ans, ne voyait pas d’un bon œil l’arrivée de ces « outcasts » aux cheveux longs.
L’ambiance dans les pubs de l’époque ? Électrique. Un local témoigne dans les archives : « Mon pays, c’est ici. Si un de ces types dit quoi que ce soit, je lui casse les dents. » Les tensions ne se réglaient pas avec des priorités à l’eau, mais à coup de phalanges sur le parking. Pour ces pionniers, le surf n’était pas un sport, c’était une intrusion.
Des vendanges à l’impact zone : l’économie de la survie
Saviez-vous que Margaret River doit son industrie du vin… aux surfeurs ? C’est l’un des paradoxes les plus fous du spot. Pour pouvoir se payer le droit de charger des murs de 15 tonnes l’après-midi, les surfeurs sont devenus la main-d’œuvre du vignoble naissant.
Imaginez la scène : ramasser des grappes de raisin dans la brume glaciale du matin, le dos cassé, pour ensuite aller affronter des vagues capables de vous briser en deux. C’était ça, le deal. Pas de sponsors, pas de réseaux sociaux. Juste du raisin et de l’adrénaline pure.
Le « Cimetière » n’était pas qu’une métaphore
Le nom des pistes qui menaient aux spots n’avait rien de romantique. Dans les années 50, Mal Bramley et Warren McKinley devaient piloter leurs vieux pick-ups sur une piste de terre défoncée qui s’arrêtait pile devant le cimetière local. C’est de là qu’ils observaient les « monstres bleus » pour la première fois. Un message assez clair de la part du destin.
Le supplice des pieds nus sur les « briques »
Le vrai carnage, il se passe sur la section finale. Contrairement à d’autres spots de la WSL, la droite de Main Break vous force à un choix cornélien : soit vous sortez tôt et perdez des points, soit vous restez pour le « score » et vous finissez sur les briques.
Les pros sont littéralement forcés de sauter de leur planche et de courir pieds nus sur un reef calcaire acéré, dans une zone où des tonnes d’eau vous tombent sur la tête. Un seul pied coincé dans un trou du récif et c’est la fracture garantie.
« C’est ici qu’on sépare les hommes des enfants », disait Gary Elkerton. Aujourd’hui, alors que les planches volent en éclats et que les chevilles grincent, on comprend que Margaret River n’a jamais vraiment été apprivoisée. C’est toujours cette frontière sauvage, impitoyable, où chaque vague est une partie de poker avec le bloc opératoire.
Alors, la prochaine fois que vous verrez un pro prendre un 9.0, regardez bien où il finit sa vague. Il ne cherche pas la plage, il cherche juste à survivre aux rochers.
Le premier jour d’un surf trip aux Fidji est censé être celui de l’excitation pure. Pour Guy Rowles, un surfeur australien de 30 ans, ce rêve a basculé en quelques secondes dans un combat pour sa survie sur le spot mythique de Cloudbreak. Entre douleur indescriptible, paralysie et peur de mourir, son témoignage nous rappelle que le paradis peut cacher des prédateurs invisibles.
Tout commence au large de l’île de Tavarua. Guy est à l’eau depuis à peine 30 minutes. Les conditions sont parfaites, l’adrénaline est là. Soudain, une douleur fulgurante lui traverse le bras.
« C’était comme si on m’avait versé de l’huile bouillante sur la peau », explique Guy Rowles.
Il ne s’agit pas d’une simple brûlure de méduse classique. Guy vient de croiser la route d’une méduse-boîte (cuboméduse), souvent décrite comme l’animal le plus venimeux de la planète. Très vite, son guide local, Sujee, comprend la gravité de la situation : « C’est une box jellyfish, il faut regagner le bateau immédiatement ».
« Est-ce que je vais mourir ? » : le venin en action
Sur le trajet vers l’hôpital, le corps de Guy commence à lâcher. Les photos de son bras montrent des zébrures rouges sang, marques indélébiles de l’attaque. Mais le pire est interne. Le venin des cuboméduses attaque simultanément le cœur, le système nerveux et les cellules cutanées.
Guy décrit des symptômes terrifiants :
Difficultés respiratoires : « J’avais l’impression de respirer à travers une paille ».
Convulsions et tremblements : Son corps est pris de secousses incontrôlables.
Tachycardie : Son cœur s’emballe, menaçant de lâcher à tout moment.
Fourmillements : Une perte de sensation dans les extrémités (doigts et orteils).
Face à son père, Guy pose la question que tout surfeur redoute : « Est-ce que je vais mourir ? ». Arrivé à l’hôpital, le verdict tombe : il est trop tard pour l’antivenin. Guy doit « encaisser » la douleur sous morphine et espérer que son cœur tienne le coup. Miraculeusement, après quatre heures sous haute surveillance, il survit.
C’est une amitié que personne n’avait vue venir. D’un côté, Raimana Van Bastolaer, le parrain de Teahupo’o, l’homme qui veille sur la vague la plus dangereuse du monde à Tahiti. De l’autre, le Prince Harry, Duc de Sussex. Entre les deux ? Une passion commune pour la glisse et des sessions ultra-privées dans la piscine à vagues de Kelly Slater en Californie.
Tout a commencé au Surf Ranch de Kelly Slater, cette piscine à vagues perfectionnée située à Lemoore. Raimana, qui y officie comme coach de luxe pour les célébrités et les pros, a été chargé d’accueillir le Prince. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le Tahitien s’attendait à une rencontre très formelle.
« Je pensais que je devrais dire ‘oui, Monsieur’ ou ‘oui, Prince’. S’il vous plaît, Prince, et tout le tralala. Mais il a été tout l’inverse », confie Raimana.
Le surfeur décrit un homme calme, « incroyablement humble » et surtout, un élève exemplaire. « C’est quelqu’un qui écoute vraiment. Il est prêt à tout essayer. » Cette simplicité a rapidement transformé la relation prof-élève en une véritable amitié. Aujourd’hui, ils sont « très proches », au point que Raimana n’a plus qu’une idée en tête : faire venir Harry sur ses terres, en Polynésie.
Une « addiction » à 50 000 dollars la session
Si Harry reste discret sur ses loisirs depuis son installation à Montecito avec Meghan Markle, sa passion pour le surf n’est plus un secret pour les habitués du Ranch. Selon certaines rumeurs, le Duc n’hésiterait pas à débourser jusqu’à 50 000 $ pour privatiser le bassin et perfectionner son take-off loin des regards indiscrets.
Et le travail paie. Harry serait aujourd’hui le seul membre de la famille royale britannique à pouvoir se targuer d’avoir déjà pris un « vrai » tube. Une progression fulgurante qu’il doit aux conseils avisés de Raimana, qui le pousse désormais à franchir l’étape supérieure.
Bientôt Meghan à Tahiti ?
Si le Prince est un habitué des vagues artificielles de Slater, il voyage pour l’instant en solo. Meghan Markle n’a pas encore été aperçue sur une planche au Surf Ranch, mais Raimana compte bien changer la donne.
« Meghan n’est jamais venue. Et j’ai vraiment hâte qu’elle vienne. Ou plutôt, j’ai hâte qu’elle vienne à Tahiti », explique-t-il avec son enthousiasme légendaire. Le plan est simple : une fois qu’elle aura goûté à la magie de la glisse, elle ne pourra plus s’en passer.
En attendant de voir le couple princier sur le récif de Teahupo’o, une chose est sûre : Harry a trouvé en Raimana bien plus qu’un coach. Il a trouvé un mentor capable de lui offrir ce qu’il recherche le plus : la liberté, loin du protocole, au milieu de l’écume.