Le circuit mondial de surf entame une véritable révolution en 2026. Entre un calendrier rallongé, une redistribution des points et un changement radical pour la finale mondiale, la World Surf League (WSL) a revu sa copie en profondeur. Pour vous aider à y voir plus clair dans ce nouveau règlement, voici tout ce qu’il faut savoir sur le fonctionnement du Championship Tour (CT) 2026.
Un calendrier à 12 étapes : le retour à la tradition
Contrairement aux années précédentes, la saison 2026 s’articule autour de 12 étapes régulières. La grande nouveauté réside dans l’abandon du format « WSL Finals » sur une seule journée à Trestles. Désormais, le titre mondial se jouera sur la régularité, avec une apothéose finale à Hawaii.
Les étapes clés de la saison :
Bells Beach, Australie (Avril)
Margaret River, Australie (Avril)
Snapper Rocks, Australie (Mai)
Punta Roca, El Salvador (Mai/Juin)
Saquarema, Brésil (Juin)
Jeffreys Bay, Afrique du Sud (Juillet)
Teahupo’o, Tahiti (Août)
Cloudbreak, Fidji (Août/Septembre)
Lower Trestles, USA (Septembre)
Surf Abu Dhabi, UAE (Octobre)
Peniche, Portugal (Octobre/Novembre)
Banzai Pipeline, Hawaii (Décembre)
Le Mid-Season Cut : qui reste, qui sort ?
Le mécanisme du « Cut » de mi-saison reste en vigueur, mais il intervient désormais après la 9ème étape (Trestles). Ce couperet divise le plateau pour les trois dernières compétitions de l’année.
Chez les hommes : Seuls les 22 meilleurs au classement (plus deux wildcards) accèdent à la fin de saison.
Chez les femmes : Seules les 14 meilleures (plus deux wildcards) se maintiennent pour Abu Dhabi, Peniche et Pipeline.
À noter : Les surfeurs qui ne passent pas le Cut sont automatiquement relégués sur le circuit Challenger Series (CS) pour tenter de se requalifier pour l’année suivante.
Le barème de points : le « Super » Pipeline
Le classement mondial est établi sur la base des 9 meilleurs résultats de chaque surfeur sur l’ensemble de la saison. Cependant, toutes les étapes ne se valent pas.
L’ultime rendez-vous à Banzai Pipeline bénéficie d’un statut spécial : il rapporte 50% de points supplémentaires par rapport à une épreuve classique.
Une victoire en saison régulière = 10 000 points.
Une victoire à Pipeline = 15 000 points.
Ce bonus massif garantit que le titre mondial restera disputé jusqu’aux dernières vagues de l’hiver hawaiien.
Formats de compétition : plus de duels
La WSL a simplifié les tableaux de compétition en privilégiant les séries en « man-on-man » (un contre un).
Avant le Cut : Format à 36 surfeurs (hommes) et 24 (femmes).
Après le Cut : Le plateau se resserre avec 24 hommes et 16 femmes pour Peniche et Abu Dhabi.
La Finale à Pipe : Le format repasse à 36 hommes et 24 femmes pour offrir un spectacle total sur le spot le plus dangereux du monde.
Difficile de dire l’impact de ce nouveau format pour l’instant. Le format du man on man du premier tour me semble plus délicat pour les surfeurs qui rentrent sur le World Tour, mais à voir avec le temps. Par contre, l’abandon du mode play off me semble opportun, encore plus avec ce bonus de points à Pipeline.
Le rideau vient de tomber sur la saison 2025/2026 des Qualifying Series (QS) européennes sur les vagues d’Anza, au Maroc. Entre vagues pas terribles et tension nerveuse, le Pro Taghazout Bay a livré son verdict final, désignant officiellement les athlètes qui porteront les couleurs de l’Europe sur le circuit Challenger Series 2026.
Un doublé basque historique au Maroc
La journée finale a été marquée par la domination sans partage des surfeurs basques. Janire Gonzalez Etxabarri a pris sa revanche sur l’édition précédente en s’imposant chez les femmes, décrochant par la même occasion le titre de Championne d’Europe QS. Chez les hommes, Adur Amatriain a réalisé l’exploit de la semaine : arrivé au Maroc au 25ème rang, sa victoire lui offre non seulement le trophée de l’épreuve mais aussi la couronne de Champion d’Europe.
La liste des 11 élus pour les Challenger Series 2026
Le classement final a validé le ticket des sept meilleurs hommes et des quatre meilleures femmes de la région. Ces surfeurs rejoignent l’antichambre de l’élite mondiale (la Championship Tour) pour tenter de décrocher leur place parmi les meilleurs mondiaux.
Le contingent masculin (Top 7) :
Adur Amatriain (EUK)
Guilherme Ribeiro (POR)
Ido Hagag (WRL)
Yago Dominguez (EUK)
Sean Gunning (ESP)
Conor Donegan Dos Santos (ESP)
Tiago Carrique (FRA) : Le seul Français à valider son ticket via le classement.
Le contingent féminin (Top 4) :
Janire Gonzalez Etxabarri (EUK)
Maria Salgado (POR)
Alys Barton (GBR)
Ariane Ochoa (EUK)
À noter qu’une wildcard supplémentaire (invitation) sera attribuée prochainement par la WSL Europe chez les hommes comme chez les femmes pour compléter ce tableau. Pour ces 11 athlètes, le plus dur commence : affronter les meilleurs mondiaux pour espérer intégrer le prestigieux Championship Tour (CT).
Le verdict approche à Anza. Après une journée de samedi intense dans des vagues de 1 mètre, le Pro Taghazout Bay 2026 a rendu son verdict pour les demi-finales. Si le clan basque survole les débats, la délégation française joue sa survie pour intégrer le circuit Challenger Series (CS). Entre calculs de points et performances de haut vol, voici ce qu’il faut retenir avant l’ultime journée.
Le réveil de Justin Becret, le cauchemar de Grainville et Piter
C’est le grand soulagement pour Justin Becret. En se hissant en demi-finale après une victoire solide face à Markel Vizcarguenaga (13.50 pts), le Landais fait un pas de géant vers la qualification pour les Challenger Series. Sa puissance sur les sections critiques a fait la différence et il semble être le seul Tricolore capable de bousculer l’hégémonie basque ce dimanche.
En revanche, la soupe est à la grimace pour le reste du contingent. Pour Renan Grainville et Sam Piter, les espoirs de qualification s’envolent quasiment définitivement après les résultats d’hier. Seule note positive au classement général : Tiago Carrique devrait conserver sa place dans le Top 10 européen, mais à vérifier à la fin de la journée de dimanche.
Les Basques en démonstration
Le spectacle a été assuré par les surfeurs basques qui ont littéralement confisqué les scores d’excellence. Yago Dominguez a signé la performance du jour avec un total de 16.00 points, éliminant le Néerlandais Beyrick De Vries. De son côté, Adur Amatriain a été impitoyable face au Sud-Africain Adin Masencamp, pliant la série avec un 8.17 sur sa dernière vague.
Maëlys Jouault, l’unique chance féminine
Chez les dames, le bilan est tout aussi contrasté. La championne du monde junior Janire Gonzalez Etxabarri semble intouchable et file vers un titre européen. Côté français, seule Maëlys Jouault a réussi à tirer son épingle du jeu en éliminant Ariane Ochoa. Elle est désormais l’unique chance de voir une Française intégrer les Challenger Series, mais la marche sera haute en demi-finale face à l’épouvantail Etxabarri.
L’épilogue de cette saison QS européenne s’annonce électrique. Le « call » est fixé ce dimanche matin à 9h00. Une année globalement décevante pour le surf français, qui compte sur un exploit de Becret ou Jouault pour finir sur une note positive.
Résultats : Quarts de finale (Samedi 28 Mars)
Tableau Masculin Le clan français garde un pied dans la compétition grâce à Justin Becret, tandis que les Basques (EUK) ont écrasé la concurrence.
Série 1 :Justin Becret (FRA) 13.50 bat Markel Vizcarguenaga (EUK) 8.87
Série 2 :Adur Amatriain (EUK) 14.84 bat Adin Masencamp (RSA) 5.66
Série 3 :Yago Dominguez (EUK) 16.00 bat Beyrick De Vries (NLD) 12.73
Série 4 :Conor Donegan Dos Santos (ESP) 10.00 bat Keoni Lasa (EUK) 6.43
Tableau Féminin Une seule rescapée française pour les demies. La favorite Janire Gonzalez Etxabarri semble intouchable.
Série 1 :Maria Salgado (POR) 14.17 bat Nahia Milhau (FRA) 11.43
Série 2 :Alys Barton (GBR) 12.00 bat Janina Zeitler (DEU) 9.23
Série 3 :Janire Gonzalez Etxabarri (EUK) 14.56 bat Naïa Monte (FRA) 12.76
Série 4 :Maelys Jouault (FRA) 12.67 bat Ariane Ochoa (EUK) 11.87
Le programme : Demi-finales (Dimanche 29 Mars)
Les séries qui vont décider de la saison européenne et des précieux tickets pour les Challenger Series.
Demi-finales Hommes | #1 | Justin Becret (FRA) | vs | Adur Amatriain (EUK) | | #2 | Yago Dominguez (EUK) | vs | Conor Donegan (ESP) |
Demi-finales Femmes | #1 | Maria Salgado (POR) | vs | Alys Barton (GBR) | | #2 | J. Gonzalez Etxabarri (EUK) | vs | Maelys Jouault (FRA) |
Et si les sessions légendaires de Tom Curren à J-Bay ou les premiers tubes de Kelly Slater disparaissaient à jamais ? Ce n’est pas un scénario catastrophe, mais une réalité physique : des décennies d’images de surf, stockées sur des pellicules analogiques et des cassettes VHS, sont en train de pourrir littéralement dans des garages californiens ou hawaiiens.
L’héritage de Sonny Miller au bord du gouffre
Tout commence en 2014, au décès brutal de Sonny Miller, le réalisateur de génie derrière la saga The Search de Rip Curl. Derek Hoffmann, son fidèle compagnon de route, réalise alors l’ampleur du désastre potentiel. Miller avait accumulé des tonnes de pellicules 16mm, de diapositives et de bandes magnétiques. Sans une intervention immédiate, ce pan entier de l’histoire du surf risquait de finir à la benne ou dégradé par l’humidité.
C’est ainsi qu’est née Nalu TV, puis la Nalu Film Foundation. La mission ? Exhumer, nettoyer, numériser et restaurer ces chefs-d’œuvre pour les offrir aux nouvelles générations.
Un travail de titan contre « la maladie du vinaigre »
Le film analogique est fragile. Soumis à la chaleur, il dégage une odeur de vinaigre, signe d’une décomposition irréversible. Pour Hoffmann, le combat est technique et financier. Transporter des centaines de kilos d’archives d’Hawaii vers des coffres climatisés en Californie n’est que la première étape.
Grâce à ce travail, des films cultes comme Searching for Tom Curren ont pu être remasterisés. Lors d’une récente projection à Encinitas, des groms de 12 ans faisaient la queue pour un autographe de Curren après avoir découvert ses lignes mythiques sur grand écran. La preuve que la mémoire du surf est un carburant essentiel pour le futur de notre sport.
Vers un « devoir de mémoire » global
Aujourd’hui, la fondation ne se contente plus de sauver le passé. Elle aide les jeunes créateurs via des bourses et l’accès à ces archives inestimables. Chez Icones Surf, nous partageons cette conviction : un média n’est pas seulement un flux de news, c’est un gardien de la culture.
À l’heure où l’IA et les contenus éphémères saturent nos écrans, préserver l’authenticité du grain 16mm et l’effort derrière chaque image est un acte de résistance. L’histoire du surf nous appartient, mais elle a besoin de bras pour ne pas s’effacer.
C’est un vendredi noir pour nos tricolores hommes sur la plage d’Anza. Alors que le Pro Taghazout Bay 2026, l’épreuve la plus importante de la saison (QS 4,000), devait servir de tremplin vers les Challenger Series, elle s’est transformée en véritable cimetière pour les ambitions françaises. Dans des conditions onshore piégeuses de 80 cm à 1 mètre, le Round of 32 masculin a vu tomber les têtes de série les unes après les autres.
L’hécatombe des cadres tricolores
Le constat est glacial : alors que les points distribués ici sont cruciaux pour l’accession à l’élite mondiale, tout le contingent français présent dans le Top 10 européen a été balayé. Tiago Carrique, actuel numéro 2 continental, a subi un coup d’arrêt brutal, éliminé par le Portugais Frederico Morais et le basque Keoni Lasa.
Il n’est malheureusement pas le seul. Nicolas Paulet, Noa Dupouy et Andy Criere quittent également la compétition prématurément. Sur les dix premiers du classement général avant cette étape, seuls deux rescapés pointent encore le bout de leur nez en 8èmes de finale : Guilherme Ribeiro et l’Espagnol Sean Gunning. Pour le reste de la délégation bleue, il va falloir sortir les calculatrices, et le résultat risque de piquer. La qualification pour les Challenger Series ne tient désormais plus qu’à un fil et dépendra des faux pas de leurs concurrents directs.
Sean Gunning et Frederico Morais font le show
Si les Français ont souffert, d’autres ont trouvé la clé du spot d’Anza. Sean Gunning a électrisé la foule en sortant un énorme « grab-rail air » noté 8.00 pour s’extirper d’une situation critique. De son côté, l’ancien pensionnaire du CT, Frederico Morais, a fait parler la puissance avec un enchaînement de trois turns massifs récompensés par un 8.33.
Alys Barton survole les débats chez les femmes
Chez les dames, la sensation du jour s’appelle Alys Barton. La Galloise a donné une véritable leçon de surf backside. Sur une vague qui semblait anodine au départ, elle a déclenché trois rollers critiques dans la « pocket » pour décrocher un 9.33, soit la meilleure note de toute la compétition jusqu’à présent.
Côté Françaises, tout n’est pas noir : Nahia Milhau, Maëlys Jouault et Naïa Monte sauvent l’honneur et se qualifient pour les quarts de finale, rejoignant les redoutables Basques Janire Gonzalez Etxabarri et Ariane Ochoa.
Le prochain call est fixé à samedi, 7h30 locales. Les phases finales s’annoncent sous haute tension.
C’est un énième séisme qui secoue le paddock du Championship Tour (CT). Après une collaboration iconique de 15 ans, la double championne du monde australienne Tyler Wright et le géant du surf Rip Curl ne renouvelleront pas leur contrat. Une annonce qui intervient alors que la surfeuse prépare son grand retour à la compétition après sept mois d’absence forcée.
Un retrait stratégique pour Rip Curl ?
Le départ de Tyler Wright n’est pas un cas isolé. Il intervient dans un contexte économique tendu pour la maison mère de Rip Curl, le groupe néo-zélandais KMD Brands (Kathmandu), qui traverse une zone de fortes turbulences financières. Après s’être séparé de Gabriel Medina fin 2025, la marque au « Search » semble réduire la voilure de son équipe d’élite.
Un retour à l’eau sous le signe du changement
Après sept mois de rééducation intense pour soigner des douleurs chroniques au dos et à la hanche (articulation sacro-iliaque), Tyler a enfin reçu le feu vert médical. Elle a repris ses premières sessions sur la Gold Coast, mais ce retour s’accompagne d’un défi physique inédit.
« C’est un long chemin avant le début de la saison, mais ça fait un bien fou de retrouver l’eau », a-t-elle confié sur ses réseaux.
Un nouveau quiver pour une nouvelle Tyler
Fait rare et courageux dans le milieu du surf professionnel, l’Australienne a partagé en vidéo les ajustements nécessaires à sa reprise. Ayant pris du poids durant sa convalescence — un choix assumé pour gagner en force — elle doit totalement repenser son quiver. Ses planches seront désormais plus épaisses pour compenser ce changement de morphologie, prouvant une fois de plus sa résilience face aux standards du circuit.
Sans sponsor principal sur le nez de sa planche, Tyler Wright entame une nouvelle phase de sa carrière, plus indépendante que jamais.
Après trois jours de « lay days » à scruter l’horizon, l’attente est terminée. Les conditions sur le spot d’Anza se sont enfin réveillées ce vendredi 27 mars, permettant à la direction de course du QS 4,000 Pro Taghazout Bay de lancer les hostilités dès 8h15.
L’enjeu est colossal : les surfeurs européens et africains chassent les derniers points précieux pour la qualification aux Challenger Series. Dans l’eau, le spectacle s’annonce bouillant avec une forte délégation française prête à en découdre. Noa Dupouy ouvre le bal dès le premier heat, tandis que Justin Becret devra batailler dans une série relevée face au leader du classement, le Portugais Guilherme Ribeiro. Chez les femmes, les regards seront tournés vers Lilou Rumiel et Nahia Milhau.
Dans le monde du surf professionnel, on parle souvent de vagues massives, de tubes profonds et de scores serrés. On parle plus rarement de la menace silencieuse qui rampe sur la surface des récifs. Pour la Portugaise Teresa Bonvalot, ex-membre de l’élite mondiale (CT) et figure olympique, ce qui semblait être un incident de routine s’est transformé en un véritable film d’horreur médical.
Une chute banale au Salvador, un enfer de six mois
Tout commence lors des World Surfing Games au Salvador. Une chute, un contact avec les rochers, et Teresa ressort avec des épines d’oursins dans le pied. Dans le milieu, c’est le lot quotidien. On retire les épines, on désinfecte, et on retourne à l’eau. Sauf que pour la championne, la douleur ne s’est jamais dissipée. Au contraire, elle est devenue latente et permanente.
« Les six derniers mois ont été un enfer », a confié la surfeuse sur ses réseaux sociaux. Malgré deux interventions initiales infructueuses, la douleur a atteint son paroxysme lors de la saison à Hawaii. Incapable de marcher normalement ou de solliciter son appui, Teresa a dû composer avec un corps qui la trahissait à chaque manœuvre.
« On a dû gratter l’os » : une opération de la dernière chance
Le diagnostic tombe: les épines ont migré. Elles ne sont plus seulement sous la peau, mais ont pénétré les articulations et touchent désormais l’os. Malgré cela, Teresa refuse d’abandonner la course à la qualification pour le CT. Elle a terminé sa saison sur les Challenger Series avec seulement 20 % de ses capacités physiques, portées par une force mentale hors norme. Malheureusement pour elle, elle a fini au rang 12 et ne sera pas qualifiée pour le WCT.
Une fois la saison terminée, l’urgence chirurgicale est devenue inévitable. L’opération a duré plus de quatre heures et demie. Un travail d’orfèvre où les chirurgiens ont dû ouvrir pour accéder à l’articulation, la nettoyer en profondeur et littéralement gratter l’os pour retirer les derniers débris calcaires qui provoquaient l’infection. (et oui les épines d’oursins se transforme en calcaire qu’on peut voir lors d’une radio).
La résilience d’une championne
Désormais en phase de convalescence, Teresa Bonvalot tourne la page de ce chapitre douloureux. Son histoire rappelle cruellement que derrière le glamour des compétitions se cachent des sacrifices physiques que le public ignore souvent. Pour la Portugaise, une nouvelle étape commence : la rééducation, avec l’espoir de retrouver enfin un surf libéré de toute douleur.
Le surf est un sport de pleine nature, fondamentalement tributaire de la météo. On peut caler une fenêtre d’attente ou « waiting period » sur la meilleure saison possible, compiler toutes les statistiques de houle, à la fin, c’est toujours Mère Nature qui a le dernier mot. Et pour cette édition 2026 du Taghazout Pro, elle a visiblement décidé de s’acharner avec une série noire qui relève de la pure loi de Murphy. (promis je vous écris un article sur la loi de murphy)
Une loi des séries désastreuse pour le surf au Maroc
Le cauchemar a commencé par un cruel manque de vagues, couplé à des prévisions météorologiques particulièrement pessimistes pour la suite de la waiting period.
Le flat et l’invasion des Blue Bottle
Comme si un océan désespérément plat ne suffisait pas, les redoutables méduses Blue Bottle (les tristement célèbres physalies) se sont invitées en masse au line-up. Résultat : les rares sessions de free surf sont devenues particulièrement risquées et douloureuses pour les athlètes.
Mais le coup de grâce a été porté par le ciel. Une tempête aux allures de mini-tornade a balayé la côte, détruisant en partie les infrastructures du site de compétition à Anza. Les images qui tournent sont apocalyptiques : on y voit notamment une tour de l’organisation s’effondrer de tout son poids sur une voiture. Un conseil pour la prochaine fois : blindez votre assurance auto avant de vous garer près d’un contest ! Avec de tels dégâts matériels, il est évident que le matériel de live vidéo, particulièrement sensible aux éléments, a dû sérieusement trinquer.
La WSL sous silence : l’épreuve peut-elle aller à son terme ?
Conséquence directe de ce chaos : nous entamons le troisième jour off consécutif. Plus inquiétant encore, l’organisation est plongée dans un mutisme absolu. Aucun communiqué de presse n’a filtré depuis 48 heures.
Alors, le Taghazout Pro 2026 va-t-il être purement et simplement annulé ? Difficile à dire sans communication officielle. Cependant, connaissant la machine WSL et la détermination légendaire des organisateurs marocains, on se doute qu’ils vont remuer ciel et terre pour réparer les dégâts et aller au bout de cette compétition. Affaire à suivre.
Le QS 4 000 marocain, rendez-vous le plus crucial de la saison européenne, a tenu toutes ses promesses pour son deuxième jour de compétition. Faute de houle suffisante sur les pointes de Taghazout, c’est le spot de repli d’Anza qui a offert des conditions « fun » et nerveuses de 80 cm à 1 mètre. Si le spectacle était au rendez-vous, le clan français a vécu une journée en dents de scie, marquée par des éclats de génie mais aussi par des éliminations qui font mal au classement.
Douche froide pour le Top 10 européen
C’est la sensation (amère) de ce Round of 64. Alors que les points sont plus que jamais précieux pour la qualification aux Challenger Series, quatre piliers du surf français ont mordu la poussière prématurément. Sam Piter, Renan Grainville, Tristan Guilbaud et Thomas Debierre (absent), tous membres du Top 10 WQS européen, quittent le Maroc avec un bilan comptable décevant. Sur un événement doté de 4 000 points, ces sorties de route pourraient peser lourd lors du décompte final.
Charly Quivront et les Bleus qui résistent
Heureusement, tout n’est pas noir dans le ciel d’Agadir. Charly Quivront a dynamité son heat en signant un 8,03 grâce à un air reverse parfaitement replaqué, s’imposant devant Ido Hagag. Justin Becret, Noa Dupouy et Nicolas Paulet ont également composté leur ticket pour la suite, tout comme Tiago Carrique. Actuel deuxième du classement européen, Carrique assure l’essentiel et garde le cap vers l’élite.
Le show Beyrick de Vries et la domination féminine
Le « move » de la journée est à mettre au crédit du Néerlandais Beyrick de Vries, impérial avec un total de 16,47 points, le plus élevé du jour. Côté femmes, la jeune garde britannique a brillé avec Alys Barton (8,33), tandis que la locale Lilias Tebbai sauve l’honneur marocain en se qualifiant pour le tour suivant.
La compétition est loin d’être terminée et le prochain call est fixé à mercredi après une journée off. Avec des têtes de série qui tombent et un niveau qui s’envole, ce Pro Taghazout 2026 s’annonce plus indécis que jamais.
C’est une scène qui dépasse l’entendement, même pour les locaux habitués aux tensions géopolitiques. Lundi 23 mars 2026, alors qu’une houle consistante touchait les côtes de la Méditerranée, le spot de Tel Aviv a été le théâtre d’un spectacle terrifiant. En plein pic de session, des sirènes d’alerte ont retenti, suivies de l’impact immédiat de deux missiles iraniens tombant en plein line-up.
La vidéo, relayée par la page Instagram @wavehub_surf, est saisissante. On y voit un premier projectile percuter la surface de l’eau, projetant une colonne d’écume et de débris à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Quelques secondes plus tard, un second impact survient, encore plus près de la zone de déferlement où une dizaine de surfeurs attendent leur série.
Dans n’importe quel autre pays du monde, ce serait la panique générale. On imaginerait des surfeurs ramer comme des damnés vers le bord, abandonnant leur planche pour chercher un abri de fortune. Mais ici ? Rien. Ou presque.
Le flegme absolu face au chaos
Si l’on observe un surfeur plonger de sa planche — probablement pour se protéger d’éventuels éclats — la majorité des personnes présentes dans l’eau semble habitée par une indifférence totale. Les images montrent des pratiquants qui continuent de ramer vers le large, les yeux rivés sur l’horizon, attendant la prochaine ondulation comme si de rien n’était.
Plus incroyable encore : quelques minutes seulement après les explosions, un surfeur est filmé en train d’enchaîner deux gros « snaps » sur une vague, à l’endroit exact où l’eau bouillonnait encore sous l’effet de la frappe.
Passion dévorante ou anesthésie du danger ?
Cette attitude soulève une question : ces surfeurs sont-ils devenus totalement insensibles au danger à force de vivre sous un dôme de fer, ou la dalle de vagues est-elle devenue leur unique priorité pour échapper à la réalité ? La semaine dernière déjà, des débris de missiles avaient perforé le bassin du surf park de la ville.
Pour la communauté internationale, ces images sont le symbole d’un monde à part, où la quête d’adrénaline dans l’eau semble avoir pris le dessus sur l’instinct de survie le plus élémentaire. Heureusement, aucun blessé n’est à déplorer, mais le message envoyé par ces « accros » du line-up est clair : rien, pas même une pluie de missiles, ne semble pouvoir les sortir de l’eau quand les conditions sont là.
Le paysage du surf business vient de frôler un séisme majeur. Paul Naudé, l’emblématique fondateur de Stokehouse (Vissla, Sisstr, Amuse Society), a officiellement déposé une offre pour racheter Rip Curl. Une tentative de « reprise de pouvoir » par les surfeurs, alors que les grands groupes semblent perdre pied.
Un rachat stratégique pour contrer la crise
La nouvelle, révélée par l’Australian Financial Review, confirme l’ambition de Naudé : réunir des marques authentiques sous une même bannière pour redonner une direction claire à une industrie qu’il juge « à la dérive » depuis une décennie.
Selon Naudé, le secteur souffre d’un manque de leadership de la part de décideurs qui comprennent réellement la culture surf. Avec la chute vertigineuse de l’action de KMD Brands (maison mère de Rip Curl, Kathmandu et Oboz), qui a perdu près de 50 % de sa valeur, l’opportunité semblait parfaite pour une offensive de charme.
« Une industrie à la dérive » : le constat amer de Paul Naudé
L’analyse du patron de Vissla est sans appel : « Depuis 10 ou 12 ans, l’industrie du surf est quelque peu à la dérive, avec de nombreuses grandes marques contrôlées par des gens extérieurs au milieu ». Pour lui, le salut passera par des marques crédibles et une échelle de production suffisante pour peser face aux géants de la distribution.
Pourtant, malgré une situation financière tendue, le groupe néo-zélandais KMD Brands a balayé l’offre de revers de la main. David Kirk, président de KMD, estime que le projet de Naudé ne génère pas assez de valeur pour les actionnaires et doute de la pertinence de faire cohabiter des marques concurrentes au sein d’un même catalogue.
Pourquoi Rip Curl est intouchable (pour l’instant)
Si KMD Brands résiste, c’est que Rip Curl reste la poule aux œufs d’or du groupe. Avec un chiffre d’affaires annuel de 322,8 millions de dollars (au 31 juillet 2025), la marque « The Search » porte littéralement le reste du conglomérat sur ses épaules.
Vendre le joyau de la couronne maintenant reviendrait pour KMD à abandonner son principal levier de croissance. Le groupe préfère miser sur sa stratégie « Next Level » et a même engagé Goldman Sachs pour restructurer ses dettes plutôt que de céder aux sirènes de Stokehouse.
Ce bras de fer illustre parfaitement la tension actuelle dans notre sport : d’un côté, des passionnés qui veulent ramener le surf à ses racines ; de l’autre, des logiques de marché qui luttent pour leur survie. Le feuilleton ne fait sans doute que commencer.
C’est une onde de choc qui traverse aujourd’hui l’ensemble de la communauté glisse. Samedi soir, les routes de Papeete ont été le théâtre d’un drame absolu. Tom Kostyra, figure rayonnante et talentueuse du surf tricolore, a perdu la vie dans un tragique accident de la circulation. Il venait tout juste de fêter ses 23 ans. L’annonce de sa disparition brutale a plongé ses proches, ainsi que l’intégralité des instances sportives et des passionnés, dans une profonde sidération.
L’appel du Fenua : des débuts prometteurs en Polynésie
Originaire de Polynésie française, le jeune homme avait tissé dès son plus jeune âge un lien fusionnel avec l’océan. C’est sur les vagues exigeantes et cristallines de Tahiti qu’il a fait ses premières armes, aiguisant son sens marin sous l’œil bienveillant de Julien Miremont. L’ancien bodyboarder professionnel, reconverti dans le coaching de haut niveau, avait très vite décelé le potentiel brut de ce gamin passionné par les éléments.
Pourtant, le destin de Tom l’a d’abord éloigné des line-ups. À quatorze ans, un déménagement familial l’envoie du côté de Strasbourg pour son entrée en classe de 3e. Loin des déferlantes du Pacifique et de la douceur de vivre polynésienne, il met temporairement sa planche au placard pour se consacrer à son cursus scolaire alsacien.
La Bretagne et l’ascension vers le haut niveau
Mais on ne tourne pas le dos à l’appel de la houle aussi facilement. L’eau salée coulant dans ses veines, le jeune athlète décide de reprendre sa passion à bras-le-corps. Soutenu par un entourage familial compréhensif, il prouve sa détermination en réussissant brillamment les sélections régionales.
Ce retour en grâce l’amène à quitter le cocon familial dès la classe de Seconde pour intégrer le Centre Labellisé d’Entraînement (CLE) en Bretagne. À force de persévérance dans les eaux froides de l’Atlantique, il gravit les échelons jusqu’à rejoindre le prestigieux Pôle Espoirs Surf de la Ligue de Bretagne lors de son année de Terminale. Une sacrée revanche pour celui qui avait dû s’éloigner des vagues quelques années plus tôt.
Un compétiteur respecté aux quatre coins de l’Hexagone
Son parcours sportif témoigne de son ouverture d’esprit et de son amour pour les différents spots français. Tom Kostyra a en effet porté fièrement les lycras de structures emblématiques du littoral. Qu’il s’agisse de l’ESB Surf Club dans le Finistère, du Lacanau Surf Club en Gironde, ou des mythiques Hossegor Surf Club et Santocha Surf Club dans les Landes, il a laissé partout une empreinte indélébile.
Compétiteur acharné mais réputé pour son grand fair-play, il a écumé les épreuves régionales, s’est illustré sur les championnats nationaux et a même goûté à la rigueur du circuit Qualifying Series (QS) de la World Surf League, se frottant ainsi au surf international.
« Son talent, son engagement et surtout sa gentillesse et sa bonne humeur resteront durablement ancrés dans les mémoires. »
Un retour aux sources tahitiennes
Malgré ses nombreuses attaches métropolitaines, le cœur de Tom battait au rythme de la Polynésie. Il y a deux ans, il avait fait le choix fort de retourner vivre sur ses terres d’enfance. Ce retour aux sources n’était pas qu’une simple quête personnelle ; c’était l’aboutissement d’un véritable projet de vie. Devenu moniteur de surf à Tahiti, il transmettait quotidiennement sa passion et son expertise aux nouvelles générations. Ceux qui l’ont côtoyé décrivent un garçon souriant, d’une gentillesse rare, dont l’engagement total envers la culture surf forçait l’admiration.
Aujourd’hui, l’ensemble du milieu de la glisse pleure la perte d’un de ses enfants. Toute l’équipe d’Icones surf s’associe à la douleur de sa famille, de ses amis et de tous ceux qui ont eu le privilège de partager une session à ses côtés.
C’est le genre de secret que l’on garde normalement pour soi, mais quand la magie opère avec une telle intensité, elle finit toujours par filtrer. La vidéo « UNSEEN » vient de capturer l’essence même du surf landais : un banc de sable éphémère, une lumière d’automne/hiver et une gauche qui semble avoir été dessinée à la règle.
Lucien Redon à la réalisation.
Un alignement des planètes rarissime
Pendant quatre jours consécutifs, un banc de sable sur la côte landaise a décidé de s’éveiller. Personne à l’eau, des gauches parfaites, juste la bonne marée et le bon angle de houle. À l’eau, un quatuor de locaux qui connaît la zone par cœur : Vincent Barrère, Louis Popinel, Paul-Loup Laborde et PV Laborde.
Le paradis des « goofy-footers »
Si vous surfez pied droit devant, ces images risquent de vous hanter. On y voit une machine à tubes dérouler sans fin sur un sable parfaitement sculpté. Le montage est sobre, la musique est juste, et le niveau des surfeurs rend hommage à la qualité de la vague.
« UNSEEN » porte bien son nom : c’est la capture de ces moments fugaces, où la nature offre un cadeau à quelques amis seuls au line-up. Pas de foule, pas de bruit, juste le sifflement du vent dans le tube. Une pépite visuelle qui nous rappelle pourquoi on passe autant de temps à scruter les cartes météo.
Le rideau s’est levé ce dimanche sur le Pro Taghazout Bay QS 4,000, l’une des étapes les plus attendues du calendrier africain et européen de la World Surf League. Déplacée sur le spot de repli d’Anza, la compétition a bénéficié de conditions solides avec des séries de 1 mètre à 1,20 mètre (3-4 pieds) offrant un terrain de jeu parfait pour les Round d’ouverture.
Nanook Ballerin et Kepa Housset-Ezponda survolent les débats
La délégation française n’a pas fait de figuration pour ce premier jour de compétition. Nanook Ballerin a marqué les esprits en signant l’un des deux meilleurs scores de la journée : un 8,33/10 salvateur. Avec un total de 14,93 points, il s’impose avec autorité devant son compatriote Léo-Paul Étienne.
Autre démonstration de force : celle de Kepa Housset-Ezponda. Le Basque a littéralement « découpé » les droites d’Anza, enchaînant des turns puissants et rapides pour s’offrir la première place de son heat au Round 96. Il confirme ainsi sa forme étincelante et son statut de sérieux prétendant sur cette épreuve marocaine.
Des scénarios renversants
Le Sud-Africain Paul Sampson a été le héros dramatique du jour. Au bord de l’élimination, il a arraché sa qualification grâce à un « Superman » récompensé par un 5,50 dans les dernières minutes. Chez les dames, la jeune garde française a également répondu présent avec les qualifications de Lilou Rumiel, Anouk Chennaux et Ainhoa Leiceaga.
Le prochain call est fixé au lundi 23 mars à 7h30 (GMT+1). La suite de la compétition s’annonce explosive avec l’entrée en lice des têtes de série.
Pro Taghazout Bay Men’s Round of 112 Results: HEAT 1: Luis Diaz (CNY) 11.00 DEF. Alexander Van Hattem (NLD) 6.44, Tijmen Koning (NLD) 5.43 HEAT 2: Lahcen Ourchim (MAR) 9.67 DEF. Heath Gillespie (GBR) 7.14, Javier Aragón Flores (ESP) 5.83, Rory Murphy (IRL) 5.73 HEAT 3: Christian Venter (RSA) 8.47 DEF. Ayman Gougali (MAR) 8.17, Carlito Casadebaigt (FRA) 6.84, Soufiane Charoub (MAR) 6.03 HEAT 4: Nanook Ballerin (FRA) 9.73 DEF. Luis Perloiro (POR) 8.36, Soulaimane Khafi (MAR) 6.87, Luke Dillon (GBR) 5.20 HEAT 5: Fynn Lange (DEU) 9.03 DEF. Bachir Kindi (MAR) 7.27, Othmane Choufani (MAR) 4.00, Manolo Pochiero (ITA) 3.47 HEAT 6: Kytann Foret (FRA) 9.20 DEF. Thomas La Fonta (FRA) 7.86, Elliot Barton (GBR) 7.47, Jonas Bronnert (DEU) 1.57 HEAT 7: Tomas Fernandes (POR) 12.67 DEF. Khai Tanguay (CHE) 10.40, Selim Barkat (DZA) 4.83 HEAT 8: Tiago Stock (POR) 9.00 DEF. Paul Sampson (RSA) 7.90, Rik Meeder (NLD) 7.40, Tommaso Noah Pavoni (ITA) 6.93
La côte de la Californie du Nord est à nouveau sous le choc. Mercredi dernier, le 18 Mars 2026, aux alentours de 17h00, la session de surf a viré au cauchemar à Big River, près de Mendocino. James Eastman, un professeur de lycée local de 39 ans, a été la cible d’un prédateur dont la taille a glacé le sang des témoins présents sur les falaises.
Une scène d’une violence rare
Selon les rapports du Mendocino Coast News, le requin — dont la taille a été estimée entre 15 et 20 pieds (environ 5 à 6 mètres) — ne s’est pas contenté d’une simple morsure d’exploration. Plusieurs témoins décrivent une scène de chasse terrifiante : le squale a frappé James à plusieurs reprises, revenant à la charge pour le mordre de nouveau alors qu’il tentait de s’extraire de l’eau.
« Le requin a surgi, a frappé la victime, puis a commencé à décrire des cercles autour de lui et des autres surfeurs présents », rapporte un témoin encore sous le choc.
L’instinct de survie face au prédateur
Grièvement blessé aux deux jambes, James Eastman a puisé dans ses dernières ressources pour rejoindre le rivage. Depuis son lit d’hôpital, il a confié à Good Morning America ce qui lui a permis de tenir bon alors qu’il voyait la tête du squale hors de l’eau :
« J’ai pensé à ma femme et à mon enfant. Je me suis dit : « Je ne peux pas mourir maintenant, ce n’est pas possible. » »
Heureusement, la solidarité de la communauté surf a été immédiate. Trois sauveteurs hors service et plusieurs surfeurs ont porté secours à la victime dès sa sortie de l’eau, prodiguant les premiers soins cruciaux avant l’arrivée des secours, qui ont dû utiliser un véhicule tout-terrain pour accéder à la zone nord de la plage.
2025-2026 : Une année record pour les attaques
Si l’espèce n’a pas été formellement identifiée, la piste du Grand Requin Blanc est privilégiée compte tenu de la taille signalée et de la situation géographique. Cette attaque s’inscrit dans une tendance noire pour la Californie, qui enregistre en ce moment un nombre record d’interactions homme-requin. Cette hausse inquiétante des incidents est également observée en Australie, marquant un tournant préoccupant pour la sécurité des pratiquants de sports de glisse à l’échelle mondiale.
Actuellement hospitalisé, les jours de James Eastman ne semblent plus en danger, bien que ses blessures aux jambes soient sérieuses. Une cagnotte GoFundMe a été lancée pour soutenir ce pilier de la communauté locale dans sa convalescence.
Le passage du Taghazout Pro 2026 de janvier/février à la mi-mars n’est pas qu’une simple ligne modifiée sur le calendrier de la WSL. C’est un véritable casse-tête qui place l’organisation entre l’enclume de la météo et le marteau des impératifs religieux/culturels. Si le choix du report semble inévitable, il fait déjà grincer des dents du côté des puristes de la « Pointe ».
Le spectre d’Anza : Le « Swell Magnet » en sauveur ?
Le problème majeur de ce décalage printanier, c’est la consistance. Si la Pointe des Ancres (Anchor Point) a besoin d’une houle solide pour se réveiller, les prévisions actuelles pour la mi-mars (la semaine prochaine) ne sont pas des plus encourageantes. Le risque ? Voir la compétition s’exiler à Anza.
Situé plus au sud, ce spot est un véritable aimant à vagues, capable de capter la moindre ride là où Taghazout reste plat. Certes, Anza est un « skatepark » ultra fun pour les pros, mais on est loin de la majesté et de la puissance des droites de classe mondiale qui ont fait la réputation du Maroc. Pour le spectacle pur et les compétiteurs en mal de qualification sur le Challenger Series, c’est un cran en dessous.
Ramadan : Un impératif humain avant tout
Pourtant, peut-on vraiment blâmer ce choix ? Organiser un QS 4000 en plein Ramadan relève de la mission impossible. Pour les surfeurs marocains, à commencer par les têtes d’affiche, concourir au plus haut niveau en plein jeûne est une épreuve physique herculéenne sous le soleil marocain.
Mais c’est surtout en coulisses que le défi est total : ouvriers montant les structures sous un soleil de plomb, logistique locale au ralenti, respect des rythmes de vie… Accueillir le monde du surf sur un territoire étranger impose de s’adapter à sa culture, et non l’inverse. C’est le prix à payer pour une compétition authentique, même si cela signifie troquer le mythique Anchor Point pour les peaks plus modestes d’Anza.
Le surf n’est plus ce havre de paix solitaire que l’on nous vend dans les publicités. La réalité des spots aujourd’hui, c’est celle d’un parking saturé et d’un plan d’eau qui ressemble parfois à un champ de mines. Une récente étude menée par l’Université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW) vient de poser des chiffres concrets sur un ressenti global : la promiscuité dans les vagues devient dangereuse.
Une enquête qui lève le voile sur les collisions
L’étude, dirigée par les chercheurs Michael Tran et Amy Peden, a interrogé 815 surfeurs australiens. Le résultat est sans appel : 11,4 % des répondants admettent avoir déjà causé une blessure à une autre personne lors d’une session. Si la majorité des incidents sont accidentels, les causes identifiées pointent directement du doigt la gestion des spots.
Selon l’enquête, près de la moitié des collisions sont dues à la surpopulation ou à des problèmes de visibilité. Le matériel est le premier coupable : l’étude recense 26 lacérations causées par les dérives (fins), 14 traumatismes liés à l’impact de la planche et 13 traumatismes crâniens ou commotions.
Des agressions délibérées
Plus inquiétant encore, l’étude révèle une facette brutale de notre sport. Cinq participants ont avoué avoir volontairement provoqué une collision pour punir un manquement aux règles de priorité. L’un des témoignages est particulièrement glaçant : un surfeur explique avoir délibérément percuté un pratiquant qui l’avait taxé quatre fois de suite, le laissant inconscient dans l’eau.
Ce mélange de localisme agressif et de frustration face au non-respect de l’étiquette transforme certains spots en zones de non-droit. Pour les chercheurs de l’UNSW, ces comportements ne font pas qu’augmenter le risque de blessures graves ; ils créent un environnement hostile qui repousse les débutants et dégrade l’esprit même du surf.
Vers des « zones de niveau » sur nos plages ?
Face à ce constat, les scientifiques suggèrent des pistes concrètes pour les autorités côtières. L’idée phare ? Créer des zones de surf par niveau de compétence, à l’image des pistes de ski. Cela permettrait de séparer les débutants aux trajectoires incertaines des surfeurs expérimentés qui évoluent à haute vitesse.
L’étude insiste également sur la nécessité d’intégrer des modules sur l’étiquette et la sécurité interpersonnelle dans toutes les écoles de surf. Savoir ramer ne suffit plus, il faut savoir vivre ensemble sur une vague.
Soyons honnêtes deux minutes : combien de fois avons-nous suivi des compétitions du circuit QS (Qualifying Series) en priant pour qu’une série dépasse les 10 points de total dans un clapot infâme ? Trop souvent. Mais du 22 au 29 mars 2026, le curseur change radicalement. La caravane de la WSL pose ses boards au Maroc pour le Pro Taghazout Bay, et cette fois, le spectacle promet d’être à la hauteur de l’enjeu.
Anchor Point : Le juge de paix que l’on attendait
Ce qui fait vibrer n’importe quel passionné, c’est de voir l’élite sur de vraies vagues. Ici, on oublie les beach breaks aléatoires (sauf si manque de vagues, ce qui peut arriver à cette saison). Le spot de la Pointe des Ancres (Anchor Point) est une machine à droites, une ligne infinie qui permet enfin aux surfeurs d’exprimer leur plein potentiel. Soutenir cet événement, c’est militer pour un surf de performance où la lecture de vague et la puissance des carves priment sur la chance au placement dans la mousse.
Un dénouement sous haute tension
L’enjeu sportif est colossal. Pour les Européens, le Maroc marque le clap de fin de la saison 2025/2026. C’est ici, sur les longues sections marocaines, que les titres de champions régionaux seront décernés et, surtout, que les tickets pour les Challenger Series (CS) seront validés.
Seuls les sept meilleurs hommes et les quatre meilleures femmes décrocheront le précieux sésame pour l’antichambre de l’élite mondiale. Actuellement, le Portugais Guilherme Ribeiro, le Français Tiago Carrique et l’Espagnole Annette Gonzalez Etxabarri mènent la danse, mais rien n’est figé sur une telle vague.
Le retour du « Patron » : Frederico Morais
Parmi les noms à surveiller, l’ancien pensionnaire du CT Frederico Morais fait figure d’épouvantail. Pour « Kikas », Taghazout est une seconde maison : « C’est un endroit spécial, avec des vagues magnifiques et une ambiance unique ». Sa présence, aux côtés de talents comme le Sud-Africain Adin Masencamp, garantit un niveau technique rarement atteint sur le QS européen.
Le Pro Taghazout Bay n’est pas qu’une simple étape de plus. C’est la finale de la saison européenne sur des vagues de qualité. Ne manquez pas le « call » à partir du 22 mars, car quand la Pointe s’allume, le QS prend une tout autre dimension.
Petit préambule, cet article s’appuie essentiellement sur les proposde Joel Tudor, que je n’apprécie pas d’ailleurs. On a donc décidé de créer une nouvelle catégorie d’article « Putaclic », et je pense que tout le monde ac compris de quoi il s’agit.
La légende du longboard, Joel Tudor, n’est pas connue pour sa langue de bois. Mais sa dernière intervention dans le podcast Pinch My Salt de Sterling Spencer a franchi un nouveau palier dans la provocation. En s’attaquant directement à Dirk Ziff, le propriétaire milliardaire de la World Surf League (WSL), Tudor a ressorti des dossiers que l’organisation préférerait sans doute laisser au placard : les connexions passées avec le tristement célèbre producteur hollywoodien Harvey Weinstein.
« Le bras droit de Weinstein » : Les accusations de Tudor
Au micro de Sterling Spencer, Tudor n’a pas mâché ses mots, rebaptisant l’organisation la « Harvey Weinstein Surf League ». Selon le triple champion du monde, Dirk Ziff n’était pas qu’un simple investisseur, mais le « bras droit » de Weinstein à l’époque de la splendeur du producteur déchu.
« Le gars qui possède la WSL était le bras droit de Harvey Weinstein », a lâché Tudor, provoquant la stupéfaction de ses hôtes.
Tudor a notamment évoqué un dîner organisé à Hollywood, photos à l’appui dans l’émission, où plusieurs stars du surf mondial côtoyaient les pontes de la Weinstein Company. Pour le surfeur californien, ce passé sulfureux explique pourquoi, selon lui, la WSL est devenue « insipide et ringarde ». Honnêtement, je ne vois pas le rapport.
Ce que disent les faits : Dirk Ziff et la Weinstein Company
Si les propos de Tudor sont incendiaires, ils s’appuient sur des faits documentés, bien que la réalité soit plus nuancée. Dirk Ziff a effectivement siégé au conseil d’administration de la Weinstein Company. Cependant, l’histoire officielle rapporte qu’il a démissionné rapidement après la révélation des crimes sexuels du producteur, affirmant ignorer les agissements de ce dernier.
Néanmoins, pour Joel Tudor, ces explications ne suffisent pas. Il insiste sur le fait que l’influence et les réseaux de cette époque imprègnent toujours la structure actuelle du surf professionnel.
Une accumulation de polémiques pour la WSL
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte déjà tendu pour la WSL. L’article mentionne également les liens d’amitié entre Ziff et Casey Wasserman, un nom apparu dans les dossiers Epstein et actuel leader de l’organisation des JO de Los Angeles 2028.
Pour Tudor, cette proximité avec les cercles de pouvoir les plus controversés de l’élite américaine dénature l’essence même du surf. Alors que la WSL tente de moderniser son image et de séduire un public plus large, ce genre de rappel historique par l’une des figures les plus respectées de la communauté risque de laisser des traces.
Le surf mondial a-t-il retrouvé son grain de folie ? Si vous pensiez que l’ASP (l’ancienne ligue pro) était enterrée, préparez-vous à un sérieux choc thermique. Sous l’impulsion de Jordan « Djoko » Sevellec et du soutien de Billabong, le Anti Surf Project (ASP) vient de lâcher le teaser de son nouveau projet de long-métrage : Pirates, Not Porate.
L’esprit « punk » au cœur du line-up
Loin des lycras de compétition et des scores millimétrés, ce collectif basque réunit des surfeurs un peu « underground ». Ici, on mélange du surf aérien, une ambiance punk et une esthétique rétro des années 2000. Le film, réalisé par Baptiste Derrien et Théo Preuilh Gereaume, documente une année de pur chaos créatif autour du globe.
Au casting, on retrouve les figures locales qui font bouger les lignes : Tibo Manson, Diego Torre, Mathis Martinelly ou encore Jordan Noodles. À chaque sortie de leur vidéo, j’aime les partager car elle sont toujours rafraichissantes et on y voit des vagues différentes.
Une tournée européenne qui s’arrête chez nous
Après un lancement explosif à Ericeira le 14 mars, la bande de copains s’apprête à envahir nos côtes. Pas de tapis rouge, mais une ambiance garantie dans les bars et cinémas locaux. C’est l’occasion de voir du bon surf sans le filtre poli des réseaux sociaux.
Notez bien les dates dans la région :
21 mars : Le Triangu, Sopelana
28 mars : Le Newquay, Biarritz
3 avril : Le Royal, Biarritz (Clôture de la tournée)
L’ASP est de retour, mais pas celle que vous croyez. Et honnêtement, c’est ce qui pouvait arriver de mieux au surf en 2026.
La World Surf League (WSL) vient d’officialiser les contours de la saison du Championship Tour (CT) 2026, qui marquera le 50ème anniversaire du circuit mondial. Si le coup d’envoi est imminent à Bells Beach le 1er avril, deux informations majeures sont à retenir : une équipe de France bien fournie et la création d’une Wildcard Maternité spécifique, une véritable première dans l’histoire de la WSL.
Équipe de France : Quatre Bleus à l’assaut du Pacifique
C’est une nouvelle qui va réjouir les fans français : la saison 2026 verra un contingent tricolore conséquent sur le tour élite. Quatre surfeurs français porteront haut les couleurs nationales.
Chez les femmes, la Réunionnaise Vahine Fierro, qui a brillamment conservé sa place dans le Top 14 du CT 2025, sera rejointe par la jeune prodige Tya Zebrowski. Tya, qui a explosé sur le Challenger Series (CS) 2025/2026, intègre le CT par la grande porte en remportant le circuit Challenger Series.
Du côté des hommes, la dynamique est tout aussi excitante. Le Tahitien Kauli Vaast, vice-champion olympique à Teahupo’o, a validé son ticket pour le CT grâce à une performance solide sur le Challenger Series, il gagne également le circuit. Il sera accompagné de Marco Mignot, qui a lui aussi sécurisé sa place dans l’élite en terminant dans le Top 22 du CT 2025. C’est une génération dorée qui arrive sur le tour, prête à bousculer la hiérarchie mondiale. Voir évoluer ces quatre athlètes ensemble promet une saison inoubliable pour le surf français.
Révolution WSL : La Maternity Wildcard change la donne pour les surfeuses
L’autre annonce fracassante de ce communiqué concerne Johanne Defay et Tatiana Weston-Webb. Les deux surfeuses, piliers du tour mondial, ont annoncé prendre une pause en 2026 après naissance en 2025. Et c’est ici que la WSL frappe un grand coup en créant une Maternity Wildcard dédiée pour la saison 2027.
Si la WSL octroyait déjà des « Medical Wildcards » pour les athlètes enceintes (considérant la grossesse comme une indisponibilité médicale, une classification biologiquement discutable), la création d’un statut spécifique est une avancée sociétale majeure. Par le passé, des pionnières comme Lisa Andersen ont dû jongler avec la maternité et le haut niveau sans filet de sécurité.
« C’est un tel honneur d’obtenir la toute première Maternity Wildcard », a déclaré Johanne Defay. « Je voulais vraiment garder ma place sur le tour car j’adore mon style de vie d’athlète professionnelle et de surfeuse… Pouvoir partager cela avec ma fille est un cadeau tellement incroyable. » De son côté, Tatiana Weston-Webb a exprimé sa gratitude : « Je me sens tellement privilégiée… C’est magnifique de faire partie de l’évolution et de l’encouragement de la maternité dans le sport, en particulier le surf ! ».
Cette wildcard maternité spécifique pour Johanne Defay et Tatiana Weston-Webb en 2027 montre que la WSL, pour son 50ème anniversaire, choisit de protéger la carrière de ses athlètes féminines, reconnaissant que donner la vie n’est pas une blessure, mais une étape de vie à respecter et à accompagner vers un retour au plus haut niveau.
La saison 2026 s’annonce donc aussi historique que prometteuse, que ce soit par la performance des surfeurs français ou par l’évolution humaniste du règlement de la WSL.
Le line-up landais a un goût amer ce dimanche. L’acteur Bruno Salomone, dont le visage et les répliques sont indissociables de la culture glisse populaire en France, est décédé à l’âge de 55 ans. Si le grand public pleure aujourd’hui le père de famille de « Fais pas ci, fais pas ça », la communauté surf, elle, perd son rival le plus légendaire : Igor d’Hossegor.
Une icône de la « Yellow Wave » s’en va
Apparu sur nos écrans dans les années 2000 aux côtés de Jean Dujardin dans Brice de Nice, Bruno Salomone avait réussi l’exploit de transformer une caricature de surfeur frimeur en un personnage culte. Avec sa combinaison noire et verte, ses pectoraux saillants et son obsession pour « la vague de sa vie », il avait donné à Hossegor une aura médiatique sans précédent, mêlant autodérision et amour du littoral.
L’annonce de son décès, survenu ce 15 mars après un long combat contre la maladie, a provoqué une onde de choc. De Marseille, où il a passé son enfance, aux plages des Landes qu’il a tant contribué à populariser, les hommages affluent.
Petite réplique culte de notre Igor D’Hossegor
Moi c’est Igor d’Hossegor, cherche pas t’as tort, c’est collector.
L’océan Indien ne pardonne que rarement, mais Iurii Orlov semble avoir une bonne étoile particulièrement brillante. Ce touriste russe de 64 ans, venu s’initier aux joies du surf sous le soleil de Bali, a frôlé le drame absolu le 5 mars dernier. Ce qui devait être une session d’initiation entre amis s’est transformé en une dérive solitaire de 20 heures en pleine mer, sans nourriture ni eau, avec pour seul allié une planche de surf.
Emporté par le courant au large de Nusa Dua
Tout bascule lorsque les courants puissants des côtes balinaises, séparent Iurii de ses deux compagnons de session. En quelques minutes, la côte s’éloigne et le surfeur débutant se retrouve aspiré vers le large. Malgré ses efforts, l’épuisement prend le dessus. Pour lui, la nuit commence : une attente interminable dans l’obscurité totale, bercé par la houle, luttant contre l’hypothermie et la peur.
Un cadeau pour mon fils : le sauvetage miracle
L’histoire bascule le lendemain matin grâce à Agus Putra Yohana, un pêcheur local de 34 ans. Ce dernier, qui n’avait rien pêché de la matinée, repère au loin un point blanc flottant. Pensant avoir trouvé une planche de surf abandonnée qu’il pourrait ramener en cadeau à son fils, il s’approche.
À sa grande stupeur, ce n’est pas une simple planche qui flotte, mais un homme, à bout de forces mais toujours accroché à son radeau de fortune. Dans une vidéo capturée lors du sauvetage, on y voit un Iurii Orlov étonnamment serein malgré les circonstances, lançant dans un rire fatigué : « I am tired » (Je suis fatigué).
Une opération de secours
Une fois l’alerte donnée, les autorités de Denpasar et la police maritime de Nusa Dua ont ramené l’homme à bon port. Finalement récupéré sain et sauf, Iurii ne souffre que de blessures mineures et d’un épuisement logique.
Le surf français vient de vivre l’une des semaines les plus mémorables de son histoire sur le sable de Newcastle, en Australie. Pour la toute première fois, la France place deux de ses prodiges sur le toit du circuit Challenger Series (CS) la même saison. Un doublé inédit qui confirme que la « vague bleue » est prête à déferler sur l’élite mondiale dès le mois prochain.
Kauli Vaast : L’or olympique, le titre mondial et le CT
Même si la finale de cette ultime étape australienne lui a échappé de peu, l’essentiel était ailleurs pour Kauli Vaast. En terminant à la deuxième place de l’épreuve de Newcastle, le Tahitien sécurise mathématiquement la première place du classement général 2025/2026.
Après sa victoire éclatante à Ericeira (Portugal) et sa régularité de métronome, le champion olympique de Paris 2024 prouve qu’il n’est pas seulement le roi de Teahupo’o. Kauli Vaast a montré une polyvalence redoutable, capable de briller sur les beachbreaks australiens comme sur les pointbreaks européens. À 24 ans, il devient le premier surfeur de l’histoire à entrer sur le Championship Tour (CT) avec une médaille d’or autour du cou et le titre de champion des Challenger Series en poche.
Tya Zebrowski : La précocité au sommet
L’exploit est d’autant plus retentissant qu’il est partagé. Quelques jours plus tôt, la jeune Tya Zebrowski validait elle aussi son titre de championne du circuit Challenger Series côté féminin. Malgré une élimination en demi-finale à Newcastle, son avance au classement était telle que personne n’a pu la rattraper.
C’est une première absolue : jamais la France n’avait réalisé le doublé homme/femme sur ce circuit de qualification. Si Jérémy Florès avait terminé numéro 1 du circuit qualificatif (WQS) en 2016, aucun Français n’avait encore remporté le titre depuis la création du format « Challenger Series » en 2021.
Cap sur Bells Beach et le World Tour
Pour Kauli Vaast, le repos sera de courte durée. Dès le 1er avril, il fera ses grands débuts en tant que « Rookie » sur le World Tour lors de la mythique étape de Bells Beach. Avec son expérience des wildcards et son statut de favori pour le titre de « Rookie of the Year », le Tahitien semble déjà prêt à bousculer la hiérarchie mondiale dominée par les Australiens et les Brésiliens.
Le surf tricolore n’a jamais semblé aussi solide. Avec deux champions du monde CS dans ses rangs, la France s’affirme plus que jamais comme la nouvelle puissance montante du surf professionnel.
S’il y a bien une voix qui ne s’est jamais laissée lisser par les départements marketing des majors du surf, c’est celle de Joel Tudor. Le double champion du monde de longboard, gardien autoproclamé du « core », vient de signer une apparition d’anthologie dans le dernier épisode du podcast Pinch My Salt, animé par Sterling Spencer et son cousin Ryan. Et comme on pouvait s’y attendre, Tudor n’a pas fait dans la dentelle.
L’épidémie des « pailles en plastique » de l’océan
Joel Tudor n’a jamais caché son mépris pour la démocratisation sauvage du surf, mais il a trouvé une nouvelle analogie percutante : pour lui, les planches en mousse (soft-tops) sont les « pailles en plastique » de l’océan. Plus qu’un simple problème de matériel, Tudor y voit le symbole de la fin de l’étiquette au line-up.
Selon lui, la prolifération de ces engins permet à des « goobers » (débutants maladroits) d’occuper des zones critiques sans aucune connaissance des règles de priorité ou de sécurité. « Les médias s’enflamment pour des conneries », lâche-t-il, déplorant que la culture du surf ait été sacrifiée sur l’autel de l’accessibilité à tout prix.
Kelly Slater et Jonah Hill sous le feu des critiques
Le segment le plus piquant reste sans doute celui consacré aux icônes. Tudor remet en question la place de Kelly Slater et de l’acteur Jonah Hill sur la pyramide du « core ». Pour Joel, la frontière entre le surfeur authentique et l’acteur est devenue trop floue.
Il va même jusqu’à questionner la légitimité des ceintures de Jiu-Jitsu de Slater, tout en dénonçant les théories du complot qui gravitent autour du WSL (World Surf League). Pour Tudor, le surf de compétition moderne est une machine déconnectée de l’âme du sport, où l’image prime désormais sur l’essence même de la glisse.
Les aveux : Surftech et l’hypocrisie « éco »
Fait rare, Joel Tudor a également fait preuve d’une certaine autodérision en revenant sur ses propres erreurs de parcours. Il a évoqué son implication passée avec Surftech, reconnaissant l’ironie (et le péché) de construire des planches dites « éco-responsables » dans des usines asiatiques. Une critique acerbe de l’industrie qui tente de se racheter une conscience écologique à peu de frais tout en délocalisant la production à l’autre bout du monde.
Anecdotes de voyage : Laird, Kong et la « Princesse Française »
Entre deux coups de gueule, Tudor a distillé quelques pépites issues de ses décennies de voyage. Il a notamment raconté une histoire rocambolesque de « kleptomanie mineure » lors d’un trip avec Laird Hamilton et Kong (Gary Elkerton). Imaginez un peu l’ambiance dans le van…
Il a également expliqué l’origine de son surnom de « French Princess », Le surnom de « French Princess » (la Princesse Française) lui a été collé par la bande d’Australiens ultra-virils de l’époque, menée par Gary « Kong » Elkerton. Voici pourquoi :
Le côté « Diva » : Joel aimait le confort, les bons hôtels et le raffinement européen. Pour Kong et sa clique, qui voyaient le surf comme un sport de gladiateurs, cette attitude de « gamin précieux » qui se plaignait si le vent tournait mal ou si le café n’était pas bon était insupportable. Ils ont donc commencé à l’appeler la « Princesse Française » pour se moquer de son côté sélectif et un brin hautain.
Le contraste de style : À l’époque, le surf mondial était dominé par une esthétique « agro » et très macho, portée par les Australiens. Joel, lui, arrivait avec son style californien ultra-léché, ses cheveux longs, son élégance naturelle sur un longboard et un côté très « esthète ».
L’attitude en France : Lors d’un séjour sur la côte basque et landaise (notamment à Biarritz et Hossegor), Tudor ne s’est pas gêné pour exprimer ses exigences. Il était très sélectif sur la qualité des vagues, sur la nourriture, et refusait de se plier au moule « bière-bagarre-dortoir » des Aussies.
Il a réaffirmé sa fidélité indéfectible à Skip Frye, tout en découvrant que l’animateur Sterling Spencer partageait lui aussi une histoire profonde avec le shaper légendaire de San Diego.
En une heure de discussion, Joel Tudor a rappelé pourquoi il reste l’un des personnages les plus clivants, mais aussi les plus nécessaires du surf mondial. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, Tudor dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas dans le line-up.
C’est un événement à ne pas manquer au printemps prochain. Du 8 au 19 avril 2026, le Shapers Club de Marennes accueillera l’un des shapers les plus influents actuellement : l’Américain Dan Mann. Si son nom résonne déjà aux oreilles des techniciens, sa cote de popularité a littéralement explosé ces derniers mois auprès du grand public.
L’homme qui a conquis Kelly Slater et le monde du shape
Pourquoi un tel engouement ? Dan Mann ne se contente plus d’être le shaper phare de chez Firewire. Fin 2025, il a assis sa domination en remportant l’Icon of Shape Award, une consécration ultime jugée par ses pairs (dont Eric Arakawa). Mais pour les surfeurs de « tous les jours », c’est sa victoire retentissante lors du dernier Stab in the Dark qui a marqué les esprits.
Pour rappel, Kelly Slater a passé des semaines à tester des planches anonymes avant de désigner le shape de Dan Mann comme étant le meilleur. Voir ce shaper, capable de satisfaire les exigences chirurgicales du « King », poser ses rabots en Charente-Maritime est un événement historique pour le shape local.
Plus qu’un shaper : un athlète de la rame
Ce qui fait la force de Dan Mann, c’est son passé (et présent) de sportif de haut niveau. Diplômé en littérature anglaise, ce n’est pas qu’un cerveau, c’est aussi une machine à ramer. Ancien champion de paddleboard (prone) et vainqueur de la prestigieuse Catalina Classic, Dan possède une compréhension de l’hydrodynamisme et de l’entrée en vague que peu de shapers égalent.
C’est cette expertise qui a donné naissance à des « best-sellers » mondiaux comme la Sweet Potato, capable de transformer une session médiocre en un festival de vitesse, ou la FRK, la board de performance pure par excellence.
Une résidence exclusive au Shapers Club
Durant ces dix jours à Marennes, Dan Mann ne sera pas là pour faire de la figuration. Il travaillera en direct dans l’atelier du Shapers Club. Pour les passionnés, c’est l’occasion rarissime de voir l’artiste à l’œuvre, d’échanger sur les rails, les concaves et de repartir avec une planche sur-mesure, « shappée » de ses propres mains. On oublie les modèles de série : ici, on parle d’artisanat d’élite.
Les modèles disponibles à la commande :
FRK : Le bijou de performance de Kelly Slater.
Sweet Potato : L’arme absolue pour les petites vagues.
Dominator & Boss Up : La polyvalence incarnée pour nos côtes françaises.
Fuzzy Slipper : Pour ceux qui cherchent du flow.
Comment sécuriser votre planche ?
Attention, les places en « custom » sont limitées. Pour ceux qui veulent s’offrir un bout d’histoire du surf, les commandes sont déjà ouvertes pour toute l’Europe via le site mannkine.eu. Il est également possible de se rendre directement au Shapers Club (13 rue des Entrepreneurs, 17320 Marennes) pour discuter du projet et verser un acompte.
Côté tarifs, comptez à partir de 840 € pour un shortboard en PU et 970 € en EPS. Un investissement, certes, mais pour une planche façonnée par l’un des plus grands noms de la décennie, c’est une opportunité qui ne se représentera peut-être jamais de ce côté de l’Atlantique.
Il y a des noms qui, à eux seuls, font résonner le bruit sourd d’un rail s’enfonçant dans l’eau de J-Bay ou de Bells Beach. Matt Hoy est de ceux-là. Dans les années 90, l’Australien aux cheveux blonds et au style « rock ‘n’ roll » n’était pas seulement un compétiteur de haut niveau ; il était l’incarnation d’une ère où le surf se vivait autant dans le tube qu’au comptoir, une époque où la puissance brute n’avait pas encore été éclipsée par la voltige aérienne.
Aujourd’hui âgé de 54 ans, Hoy se tient sur la terrasse d’une cabane de plage, construite par son grand-père il y a sept décennies à Newcastle. Le contraste est saisissant. L’ancien numéro 4 mondial, qui a brassé des millions et parcouru le globe en première classe, est désormais divorcé, au chômage et se remet d’une opération chirurgicale qui a failli lui coûter la vie. Mais, comme il le dit lui-même avec une bière VB à la main : « Il n’y a rien de mieux au monde que de prendre un barrel et de caler quelques virages. »
Les années d’or : L’apogée du Power Surfing
Pour comprendre la « chute » — si tant est qu’on puisse appeler ainsi un retour à la réalité ouvrière — il faut d’abord se rappeler l’ascension. Matt Hoy était le fer de lance de la « Newcastle Mafia ». Son surf était agressif : des turns frontside d’une violence rare, une lecture de vague intuitive et un charisme qui crevait l’écran dans les vidéos de l’époque, notamment les productions Quiksilver comme Surfers of Fortune.
Le sommet de sa carrière reste sans conteste sa victoire au Rip Curl Pro Bells Beach en 1997. Faire sonner la cloche la plus prestigieuse du circuit mondial est le rêve de tout Australien, et Hoy l’a fait avec la manière, s’imposant comme le 5e (puis 4e) meilleur surfeur de la planète. À cette époque, il était le chouchou des sponsors. Quiksilver, alors au sommet de sa puissance financière, lui offrait un contrat de rêve et un titre officieux qui lui collera à la peau : « Director of Nocturnal Activities » (Directeur des activités nocturnes). Sa mission ? Voyager, surfer, et faire la fête. Un emploi du temps qu’il a honoré avec une rigueur quasi professionnelle pendant 26 ans.
Le réveil brutal : Divorce, béton et fin de l’eldorado
Mais le monde du surf a changé. Les grandes marques se sont financiarisées, sont devenues « corporate », et les icônes de la vieille garde ont été les premières sacrifiées sur l’autel de la rentabilité. Pour Matt Hoy, la transition a été violente. Après avoir quitté le circuit en 2001, il a bénéficié d’une rente d’ambassadeur pendant une décennie, avant que le rideau ne tombe définitivement.
C’est ici que l’histoire prend un tournant radicalement humain. Divorcé, Hoy a vu 60 % de son patrimoine s’évaporer. Le surfeur rockstar a dû troquer sa planche pour une truelle. Il est devenu concreter (maçon spécialisé dans le béton).
« La vie de bétonneur, c’était brutal, » confie-t-il. « Un vrai rappel à la réalité. Tu ne peux plus dépenser comme quand tu étais sur le tour. Commencer à 4 heures du matin, cinq jours par semaine… Ces gars méritent chaque centime qu’ils gagnent. »
Après le béton, il y a eu la tentative entrepreneuriale avec Steel City, une marque de bière lancée avec des amis à Newcastle. Une aventure passionnée qui s’est terminée faute d’investisseurs, mais sans amertume. Pour Hoy, l’essentiel était ailleurs : dans l’interaction sociale, dans cette nécessité pour les hommes de se retrouver autour d’un verre pour parler, pour ne pas sombrer dans l’isolement que dictent parfois la vie de famille et le travail.
Le combat pour la survie : 4 mois à l’hôpital
Si les problèmes financiers sont une chose, la santé en est une autre. Ces dernières années, Matt Hoy a traversé un calvaire médical suite à des complications liées à sa vésicule biliaire. Ce qui aurait dû être une opération de routine s’est transformé en un séjour de quatre mois à l’hôpital de Newcastle. « J’étais maigre, j’avais la peau grise, et un sac pendu à mon corps pour drainer les fluides, » raconte-t-il. Cette épreuve l’a physiquement transformé, le laissant affaibli mais avec une perspective nouvelle sur la fragilité de l’existence. On est loin de l’image invincible du surfeur défiant les vagues de Pipeline ou de Sunset. C’est le portrait d’un homme qui a regardé le vide en face et qui a décidé de continuer à ramer.
L’essence retrouvée : Surfer pour la vitesse
Aujourd’hui, Matt Hoy ne cherche plus à prouver quoi que ce soit. Il ne cherche plus à envoyer des manœuvres explosives pour les photographes. Il surfe pour lui, sur les vagues sauvages de la côte Est australienne, souvent seul, au milieu des grands requins blancs qui croisent régulièrement devant chez lui.
Sa panoplie a changé. Il ride désormais les planches héritées de son père, Brian Hoy, un shaper réputé. Ce sont des 6’6 » généreuses en volume (40 litres), avec des channel bottoms conçus pour une seule chose : la vitesse.
« Je n’ai plus besoin de tourner. Quelqu’un m’a dit l’autre jour : ‘Je veux te voir faire un turn’, et j’ai répondu : ‘J’en ai fait assez, maintenant je veux juste aller vite’. »
Cette philosophie de la vitesse pure est une métaphore de sa vie actuelle. À 54 ans, sans emploi fixe et en quête de nouvelles opportunités, il refuse de sombrer dans l’amertume. Il voit ses enfants réussir — son fils Tex brille en rugby à XIII en Angleterre — et il continue de croire que le surf est le meilleur remède aux maux de l’âme.
Pourquoi Matt Hoy reste-t-il une icône ?
L’histoire de Matt Hoy nous touche parce qu’elle est dénuée de tout filtre Instagram. C’est l’histoire d’une icône qui a connu le sommet absolu et qui, aujourd’hui, galère pour remplir son frigo, mais qui garde cette dignité typiquement australienne. Il n’en veut pas aux marques qui l’ont lâché, il ne regrette pas ses excès. Il accepte la douleur physique — ces épaules et ce cou qui hurlent après une session — car il sait que s’arrêter, c’est mourir un peu.
Hoy nous rappelle que le surf n’est pas qu’une carrière. Que l’on soit en haut de l’affiche ou en train de livrer des meubles pour boucler ses fins de mois, la sensation de glisse sur une planche façonnée par son père reste la seule vérité immuable.
Dans un sport qui cherche désespérément à se lisser et à devenir olympique, des personnages comme Matt Hoy sont les gardiens du temple. Des hommes imparfaits, résilients, et terriblement authentiques.
Alors que le monde du surf attendait son retour avec impatience, John John Florence vient de rappeler à tout le monde pourquoi il a choisi de prolonger son année sabbatique. Avec le lancement de sa nouvelle websérie intitulée « Vela », le triple champion du monde nous plonge dans l’intimité de son périple en haute mer, loin de la pression des lycras et des juges.
Impossible de la partager sur le site, John John a bloqué le partage….Du coup on vous met le lien
Seul au monde avec sa famille
Dans ce premier épisode baptisé « Edge of the Ocean », produit en collaboration avec Yeti, le prodige de North Shore nous embarque sur son voilier. Accompagné de sa femme Lauren et de leur fils Darwin, John John mène une existence hors du temps.
L’image est saisissante : des droites glassy parfaites qui s’enroulent sur des récifs isolés et des gauches massives aux sections finales « slabesques », le tout sans l’ombre d’un autre surfeur à l’horizon. C’est le fantasme absolu de tout pratiquant, devenu réalité pour l’Hawaïen.
Son propre patron, ses propres règles
Si beaucoup se demandaient comment ses sponsors acceptaient cette absence prolongée du circuit professionnel, la réponse est simple : John John est son propre patron. Sans pression extérieure, il choisit la liberté de l’exploration plutôt que les scores sur 10.
« Il est à l’aise dans l’inconfort », confie sa femme Lauren.
Pourtant, cette vie de rêve demande une patience infinie pour accorder la météo, les mouillages sécurisés pour sa famille et les swells capricieux. Mais quand les éléments s’alignent, le résultat est cinématographique. Un rappel puissant que, pour JJF, la vraie victoire ne se trouve plus sur un podium, mais dans le sillage de son bateau vers la prochaine vague inconnue.
Le surf mondial vient de vivre un séisme, et son épicentre se trouve à Newcastle, en Australie. Ce mercredi 11 mars 2026, la jeune prodige française Tya Zebrowski n’a pas seulement validé son ticket pour l’élite(qu’elle a en poche depuis quelques mois) ; elle a gravé son nom dans le marbre en remportant officiellement le classement général des Challenger Series (CS).
À seulement 15 ans, elle devient la plus jeune surfeuse de l’histoire à décrocher ce titre mondial, l’antichambre directe du prestigieux Championship Tour (CT). Un record de précocité qui donne le vertige et confirme ce que les observateurs murmuraient déjà : nous assistons à l’éclosion d’une légende.
Un sacre historique sur le sable australien
Le dénouement s’est joué dans une tension palpable lors de la dernière étape de la saison. Alors que Tya se hissait avec autorité au troisième tour de la compétition, sa rivale directe, la Portugaise Yolanda Hopkins, voyait ses espoirs de titre s’envoler après une élimination prématurée au deuxième tour.
Dès lors, les calculs étaient terminés. Mathématiquement intouchable, la native d’Hossegor, qui réside désormais à Tahiti, pouvait savourer. Micro en main, à peine sortie de l’eau, l’émotion était vive : « C’est un rêve qui se réalise enfin. J’ai toujours voulu être la plus jeune à me qualifier et la plus jeune à gagner ce circuit. » Le contrat est rempli, et de quelle manière !
L’ADN du succès : De Teahupo’o à la gloire mondiale
Si ce record du monde de précocité frappe les esprits, il n’est pas le fruit du hasard. Tya est la fille de Gary Zebrowski, ancien champion de snowboard olympique, dont elle a hérité du sens de la trajectoire et d’un mental d’acier. Mais c’est surtout sur le « Pipe français » et dans les mâchoires de Teahupo’o qu’elle a forgé son style. Surfant la mythique vague tahitienne depuis ses 8 ans, elle possède une lecture de vague et un engagement qui dépassent largement son âge.
Sous l’aile de son coach Joan Duru, figure emblématique du surf français, elle a survolé la saison 2026. Sa victoire éclatante à Ericeira, au Portugal, restera comme le tournant d’une année où elle n’a jamais quitté les sommets du classement.
Le surf français au sommet de son art
Ce sacre vient couronner une période dorée pour le clan tricolore. Tya Zebrowski ne sera pas seule pour sa première saison dans l’élite mondiale. Le contingent français sur le Championship Tour 2026 aura une allure de « Dream Team » avec quatre représentants :
Tya Zebrowski (Rookie historique)
Vahine Fierro (La reine de Tahiti)
Marco Mignot (La confirmation)
Kauli Vaast (Le champion olympique en titre)
Quid de Johanne Defay ?
C’est une configuration qui place la France comme une nation forte à surveiller face aux ogres brésiliens et américains.
Prochaine escale : Les cloches de Bells Beach
L’histoire est en marche, mais Tya n’aura pas beaucoup de temps pour célébrer son titre Challenger Series. Dès le 1er avril, elle fera ses grands débuts officiels sur le CT lors de l’emblématique étape de Bells Beach, en Australie. Elle y entrera comme la plus jeune pensionnaire permanente de l’histoire de la WSL.
Pour les puristes comme pour les néophytes, l’attente est immense. Voir une gamine de 15 ans défier les Caroline Marks ou les Caitlin Simmers sur les vaguess de Bells promet un spectacle électrique. Tya Zebrowski n’est plus seulement un espoir, c’est une patronne qui compte bien faire sonner la cloche dès sa première apparition.