Auteur/autrice : Kelly Slater

  • Tragédie aux Blancs-Sablons : ce que l’on sait du drame de marche aquatique au Conquet

    Tragédie aux Blancs-Sablons : ce que l’on sait du drame de marche aquatique au Conquet

    On pense souvent que le danger se limite aux vagues massives de La Torche. Pourtant, ce jeudi 14 mai 2026, c’est une activité réputée pour sa douceur, le longe-côte, qui a endeuillé le Finistère. À la plage des Blancs-Sablons, au Conquet, une banale sortie entre passionnés a viré au cauchemar absolu.

    Le piège des éléments

    Huit marcheurs, âgés de 60 à 75 ans, s’étaient donné rendez-vous vers 10 h. Malgré une eau à 13 °C et une mer agitée par une houle marquée et des rafales de vent, le groupe s’est élancé. Mais l’équilibre est précaire dès que l’Océan décide de bousculer les règles. Submergés par des séries plus fortes que prévu, plusieurs pratiquants ont soudainement perdu pied, emportés par le ressac.

    Un bilan lourd Le bilan est terrible, presque irréel pour une telle pratique : un homme et une femme ont péri par noyade. Deux autres femmes luttent actuellement pour leur vie au CHU de Brest, classées en « urgence absolue ». Au total, 37 pompiers et deux hélicoptères ont été mobilisés pour arracher les victimes aux flots.

    Ce drame nous rappelle une vérité brutale que chaque surfeur connaît : dès que l’on entre dans l’eau, le risque est réel.

  • La vérité cachée sur les pionnières du surf et le mythe des planches lourdes

    La vérité cachée sur les pionnières du surf et le mythe des planches lourdes

    Si on vous demande d’imaginer l’âge d’or du surf californien, vous pensez très certainement au film documentaire The Endless Summer, aux disques des Beach Boys et à des gars blonds s’élançant sur des vagues parfaites dans les années 60. C’est exactement le récit qu’on nous a vendu. Mais en me plongeant dans les travaux de Jeffrey Swartwood, maître de conférences à l’Université de Bordeaux Montaigne, j’ai découvert une réalité qui bouleverse complètement notre vision de la culture glisse.

    On nous a caché une énorme partie de l’histoire.

    Les femmes effacées des line-ups

    Bien avant l’après-guerre, le surf était une discipline profondément mixte. Aux origines hawaïennes, des observateurs comme Mark Twain ou Jack London relataient déjà avec stupéfaction que les femmes maîtrisaient la houle avec bien plus de talent qu’eux.

    Et ce n’est pas resté cantonné au Pacifique. En Californie du Sud, dès les années 1920 et 1930, des figures comme Ladybird Fraser ou Mary Ann Hawkins chargeaient des spots particulièrement techniques et exigeants (parfois en bas de falaises rocheuses comme à Palos Verdes) avec un engagement total. Elles surfaient seules, voyageaient pour trouver les meilleures vagues, et dominaient souvent les hommes au pic.

    Le mythe de la planche « trop lourde »

    Alors, comment a-t-on justifié cette disparition soudaine des surfeuses des magazines et des films à partir des années 50 ? L’excuse officielle du milieu a longtemps été l’équipement. On a prétendu que les planches en bois massif de l’époque étaient bien trop lourdes et dangereuses pour le gabarit féminin.

    C’est factuellement faux.

    Les archives prouvent qu’on utilisait déjà des constructions astucieuses. Tom Blake avait inventé les planches « hollow » (creuses pour gagner du poids), et les shapeurs de l’époque récupéraient le balsa très léger des radeaux de sauvetage de la Marine américaine. Résultat ? Une planche des années 40 pesait souvent entre 12 et 15 kilos. C’est encombrant, certes, mais largement manipulable par une adulte, comme l’a d’ailleurs prouvé Swartwood en reconstruisant fidèlement un modèle d’époque à la main pour le faire tester à des surfeuses actuelles.

    Une mise à l’écart volontaire

    La réalité de cette disparition est beaucoup moins reluisante. L’effacement des femmes du surf n’est absolument pas lié au matériel. Il correspond simplement au retour en force d’une vision patriarcale après la Seconde Guerre mondiale. Il fallait refaire de la place aux hommes revenus du front, sur la plage comme au travail. L’industrie naissante a ensuite pris le relais, préférant utiliser l’image de la femme comme un accessoire de plage sexualisé sur le sable, plutôt que de la montrer sur la vague.

    La prochaine fois que vous croiserez une longboardeuse à la Côte des Basques, rappelez-vous qu’elle ne surfe pas sur une simple tendance : elle perpétue une tradition centenaire qu’une partie de l’histoire a bien failli nous faire oublier.

  • L’anecdote secrète : quand Kelly Slater snobait Jack Johnson et Tom Curren pour son album

    L’anecdote secrète : quand Kelly Slater snobait Jack Johnson et Tom Curren pour son album

    Vous connaissez Jack Johnson pour ses tubes planétaires et ses films de surf culte. Vous connaissez Kelly Slater pour ses 11 titres mondiaux. Mais connaissiez-vous l’histoire du jour où le second a tout simplement évincé le premier de son projet musical ?

    Invité du dernier épisode du podcast Pinch My Salt animé par Sterling Spencer, l’enfant chéri du North Shore s’est laissé aller à quelques confidences sur les années 90, époque bénie où la culture surf bouillonnait. Au milieu des anecdotes croustillantes sur ses sessions à Pipeline et le regretté Tamayo Perry, Jack a lâché une bombe nostalgique : la véritable genèse du mythique groupe « The Surfers ».

    Au milieu des années 90, Kelly Slater achète un enregistreur 4 pistes sur les conseils de Peter King. Sur le North Shore, entre deux vagues, les sessions acoustiques s’improvisent. Jack Johnson raconte alors l’unique concert de ce qui allait devenir la toute première formation de The Surfers : « C’était pour une petite levée de fonds pour une école du coin. Rob Machado et Peter King jouaient de la guitare, Kelly chantait. Moi, je jouais de la basse. Et devinez qui était à la batterie ? Tom Curren ! »

    Une véritable dream team réunie sur une seule et même scène pour un soir. Mais le rêve s’est arrêté net.

    « Ensuite, j’ai entendu dire qu’ils faisaient un album. Ils ne m’ont jamais appelé. Ni moi, ni Curren d’ailleurs ! », s’amuse-t-il aujourd’hui au micro de Spencer.

    Une éviction en douce qui, avec le recul, prête à sourire quand on connaît l’empire musical que Johnson allait bâtir. Slater, Machado et King sortiront finalement l’album Songs from the Pipe en 1998, sans leur bassiste. Une erreur de casting historique, mais sans aucune rancune pour Jack, qui prépare d’ailleurs un nouveau film de surf et un double album très attendus pour cet été.

  • La WSL débarque à Raglan : le pari néo-zélandais à 4 millions de dollars

    La WSL débarque à Raglan : le pari néo-zélandais à 4 millions de dollars

    Il y a quelques décennies, j’ai eu l’occasion de ramer au pic à Raglan. Pour être tout à fait honnête avec vous, je n’en garde pas un souvenir impérissable (à l’inverse de ma femme). Je me rappelle surtout d’une session à la mauvaise marée, avec une houle un peu molle et des sections rapides tout bonnement impossibles à passer. Alors, quand la WSL a annoncé que le Championship Tour posait ses valises sur ce mythique point break gauche néo-zélandais, j’avoue avoir tiqué. Est-ce vraiment un spot de classe mondiale capable d’accueillir l’élite, ou un simple mirage marketing pour les réseaux sociaux ?

    Un événement historique bouclé en un temps record

    Pourtant, sur l’île, l’excitation est palpable. Sous la houlette de Ben Kennings, l’incontournable directeur de Surfing New Zealand, ce projet colossal a été bouclé en à peine cinq mois. Un véritable tour de force logistique et financier qui coûte entre 3 et 4 millions de dollars.

    C’est le gouvernement néo-zélandais qui a majoritairement mis la main au portefeuille, voyant là une opportunité en or de stimuler le tourisme international. Selon Kennings, cet événement éclipse de loin tout ce que le pays a connu, des anciens CT féminins jusqu’aux fameux mondiaux ISA juniors marqués par le ride parfait de Gabriel Medina il y a quelques années. Le plus gros défi ? Sécuriser les accès et gérer le plan de circulation dans une zone aussi restreinte que la petite ville de Raglan, qui s’apprête à être prise d’assaut par les fans.

    Le test de vérité : loin des clips parfaits d’Instagram

    Mais les millions ne suffisent pas à sculpter une houle parfaite. On a tous vu ces vidéos incroyables où la gauche déroule à l’infini. La réalité quotidienne est souvent beaucoup moins flatteuse. Connor O’Leary est d’ailleurs récemment parti en reconnaissance sur le spot. Les images brutes de ses sessions d’entraînement confirment mes vieilles impressions.

    Loin des jours épiques, on le voit lutter pour trouver son rythme sur une vague capricieuse. Il alterne entre des sections molles hachées par le vent et quelques murs plus tendus lui permettant de lâcher ses puissants carves sur le rail. Quelques rares visions dans le tube apparaissent, mais elles se méritent.

    La vraie question est désormais de savoir quel visage Raglan choisira de montrer le jour J. L’océan décidera si ce pari à plusieurs millions est un coup de génie ou un flop magistral.

  • Le surf pro est-il en train de se vendre à Netflix ? Enquête sur un séisme

    Le surf pro est-il en train de se vendre à Netflix ? Enquête sur un séisme

    Depuis quelques jours, Des rumeurs persistantes ont fait leur apparition dans les médias spécialisés en Australie ou aux USA. Les indices s’accumulent : la World Surf League (WSL) ne se contente plus de chercher son second souffle, elle cherche un nouveau propriétaire.

    J’ai analysé les récents mouvements de la ligue, de la vente discrète du Surf Ranch aux documents fuités vers les investisseurs. Si vous pensiez que le surf resterait cette petite niche « cool » et gratuite sur YouTube, préparez-vous à un réveil brutal.

    La vente « fantôme » du Surf Ranch : le premier domino

    C’est l’information qui a mis le feu aux poudres le 7 mai 2026. Sans aucun communiqué officiel, on a appris que la WSL n’est plus propriétaire de la piscine à vagues de Kelly Slater à Lemoore. Le temple de la perfection artificielle appartient désormais à Global Mutual Properties, un fonds immobilier basé à Los Angeles.

    Pourquoi est-ce un signal d’alarme ?

    • L’indépendance opérationnelle : La WSL et la Kelly Slater Wave Co. opéraient séparément depuis un an déjà.
    • Le « cash-out » : Se débarrasser d’un actif aussi coûteux en entretien est souvent la première étape avant de polir le bilan financier pour une vente globale.
    • L’échec du modèle : Après avoir tenté de dupliquer le Ranch au Texas ou en Floride sans succès, la ligue semble admettre que son avenir n’est pas dans la gestion immobilière, mais dans le contenu.

    Le « Raine Group » entre en scène : le surf à la sauce UFC

    Si le nom de Raine Group ne vous dit rien, sachez qu’ils sont les architectes des ventes de Manchester United et de l’UFC. Le fait que la WSL leur ait confié un mandat de vente ou de recherche d’investisseurs massifs prouve que Dirk Ziff, le propriétaire milliardaire, est prêt à passer la main.

    Après des années de philanthropie (on parle de centaines de millions de dollars injectés à perte), le business reprend ses droits. La WSL affiche fièrement 80 millions de spectateurs annuels et une croissance de 30 % sur le digital. C’est le moment idéal pour vendre une « marque » en pleine ascension, du moins sur le papier.

    Le chiffre à retenir : 77 % des abonnés Instagram de la WSL ne suivent aucune autre ligue sportive majeure. Une donnée qui fait saliver les annonceurs en quête d’une audience captive et exclusive.

    Le scénario « Netflix » : la fin du surf gratuit ?

    C’est là que le bât blesse pour nous, les fans. Si un géant comme Netflix, Disney ou Amazon rachète la ligue, le modèle actuel du « tout gratuit sur YouTube » va s’évaporer.

    Comme pour la Formule 1 avec Drive to Survive, l’objectif sera de transformer le surf en un produit de divertissement pur. Mais contrairement à la F1, le surf souffre d’un problème structurel : c’est techniquement complexe et parfois mortellement ennuyeux à regarder pour un néophyte.

    Attendre 15 minutes qu’une série rentre alors que deux surfeurs se battent pour la priorité, c’est passionnant pour un puriste, mais c’est un suicide d’audience pour un utilisateur de streaming lambda. Pour « vendre » le surf au grand public, les nouveaux propriétaires pourraient être tentés de dénaturer le format :

    1. Plus de piscines à vagues (pour le contrôle du temps et de l’image).
    2. Des formats ultra-courts (adieu les heats de 35 minutes).
    3. Un accès payant systématique.

    Pourquoi le surf restera (probablement) une niche

    On rêve tous de voir le surf exploser comme la F1 (enfin pas moi). Mais la F1 est simple : le premier qui passe la ligne gagne. En surf, le meilleur surfeur du monde peut perdre parce que l’océan n’a pas voulu lui envoyer de vagues. C’est cette part d’aléatoire qui fait la beauté de notre sport, mais c’est aussi ce qui empêche une monétisation industrielle.

    Alors, la WSL est-elle à vendre ? Oui, sans aucun doute. Est-ce que cela va améliorer notre expérience de visionnage ? Rien n’est moins sûr. On risque de voir débarquer une armée de « noobs » attirés par le lifestyle, tandis que nous devrons sortir la carte bleue pour voir nos athlètes préférés ramer dans le line-up.

    Le surf pro vit ses derniers instants d’innocence. Profitez bien de la prochaine étape, car on ne sait ce que pourrait nous coûter de visionner les prochaines compétitions de surf.

  • Morocco Mall Junior Pro : Un changement de génération à observer de près

    Morocco Mall Junior Pro : Un changement de génération à observer de près

    Le rideau est tombé sur le Morocco Mall Junior Pro Casablanca dans des conditions de surf optimales. Sur le spot d’Ain Diab, des vagues de 1,50 m et un vent offshore soutenu ont permis aux meilleurs espoirs européens et africains de s’exprimer. Si l’Espagnole Sol Borelli a décroché son premier titre et que le Britannique Lukas Skinner a marqué les esprits avec un 10 parfait en finale, les performances françaises méritent une analyse nuancée, loin des conclusions hâtives.

    Résultats des finales :

    • Femmes : 1. Sol Borelli (ESP), 2. Carla Morera De La Vall (ESP), 3. Ibone Gomez (ESP), 4. Lily Hirigoyen (FRA).
    • Hommes : 1. Lukas Skinner (GBR), 2. Joshua Karbus (IRL), 3. Hans Odriozola (DEU), 4. Alai Rodriguez Albeniz (FRA).

    Des finalistes tricolores prometteurs

    Contrairement aux idées reçues, le drapeau français était bien représenté lors de l’ultime journée. Chez les hommes, le jeune Alai Rodriguez Albeniz s’est hissé jusqu’en finale, terminant à une encourageante quatrième place. Chez les femmes, Lily Hirigoyen, seulement 16 ans, a imité son compatriote en décrochant également la quatrième place d’une finale très disputée.

    Ces résultats, bien que dépourvus de victoire, témoignent de la vitalité d’une nouvelle garde qui commence à peine son apprentissage sur le circuit. Parler de déclin serait prématuré ; il s’agit plutôt d’un renouvellement des cadres dans un contexte européen de plus en plus concurrentiel.

    Une hiérarchie européenne bousculée

    Il est indéniable que l’époque où les surfeurs français survolaient systématiquement les podiums Pro Junior semble s’estomper. La montée en puissance de nations comme la Grande-Bretagne, l’Irlande ou l’Espagne redistribue les cartes. Ce constat s’était déjà dessiné lors de la dernière saison WQS européenne, où le premier Français ne pointait qu’à la 7ème place du classement général.

    Toutefois, ce manque de domination immédiate chez les garçons doit être relativisé. Le surf français traverse un cycle de transition où les nouveaux visages doivent encore gagner en maturité physique et stratégique pour s’imposer face à des profils comme Skinner.

    L’arbre qui cache la forêt

    L’analyse serait incomplète sans mentionner les talents précoces qui brûlent les étapes. Si le circuit Junior paraît moins « bleu » qu’auparavant, c’est aussi parce que les meilleures pépites tricolores évoluent déjà à l’échelon supérieur. Tya Zebrowski, à seulement 15 ans, fait déjà partie du tour mondial et surclasserait sans difficulté le circuit junior si elle y participait. Le potentiel de la Tahitienne Kiara Goold suit une trajectoire similaire, confirmant que le réservoir de talent est loin d’être à sec.

    En conclusion, le bilan de Casablanca n’appelle pas à l’inquiétude mais à la lucidité. Entre une élite féminine déjà projetée vers les sommets mondiaux et une nouvelle génération masculine en plein rodage, le surf français apprend à composer avec une concurrence accrue. Laissons à ces jeunes le temps de faire leurs preuves.

  • Surfer au milieu des décombres : la résilience d’un des derniers surfeurs de Gaza

    Surfer au milieu des décombres : la résilience d’un des derniers surfeurs de Gaza

    On a tous en tête les images des gros QS à Netanya dans le passé, avec ses vagues et ses infrastructures impeccables. Mais si vous longez cette même côte de quelques dizaines de kilomètres vers le sud, le contraste est glaçant.

    À Gaza City, au milieu des frappes et des bâtiments en ruines, une poignée d’irréductibles continue de ramer vers le large. Ils ne sont plus que trois ou quatre à l’eau. Tasin Abuasi est l’un d’eux, et son quotidien risque de remettre en perspective votre prochaine session foirée à cause du vent.

    Une relique en fibre de verre sauvée coûte que coûte

    Imaginez surfer la même board depuis 2007. C’est la réalité de Tasin. Selon lui, aucune planche neuve n’a franchi la frontière depuis près de vingt ans. La résine, le solarez, les pains de mousse ? Totalement introuvables. La moindre session sur un pic un peu creux se joue à quitte ou double : si la planche plie, le surf s’arrête définitivement pour lui.

    Mais le plus bouleversant dans le récit de ce surfeur palestinien, c’est son rapport viscéral à son matériel. Tasin a dû fuir son domicile à quatre ou cinq reprises à cause des combats. À chaque ordre d’évacuation, alors que les avions grondaient au-dessus de sa tête, il a pris sa planche sous le bras. Il avoue même avec une honnêteté désarmante l’avoir sécurisée avant de s’occuper du reste de sa famille. « C’est la seule que j’ai. S’il lui arrive quelque chose, je ne pourrai pas en avoir une autre », explique-t-il.

    L’océan, dernière zone de paix

    Pourquoi risquer sa vie pour un simple bout de mousse jauni ? Parce que dans un territoire où les infrastructures civiles n’existent quasiment plus et où le bilan humain est catastrophique, cette planche est son seul passeport pour la liberté.

    Alors, quand la houle finit par rentrer – ce qui reste rare en Méditerranée orientale –, Tasin et ses derniers potes de line-up se mettent à l’eau. Même en plein cœur de la guerre. Glisser sur une vague n’est plus seulement une passion sportive pour eux. C’est devenu l’ultime acte de résistance pour se sentir encore vivant.

  • L’Eisbachwelle ressuscite à Munich : la vague de rivière impose sa loi

    L’Eisbachwelle ressuscite à Munich : la vague de rivière impose sa loi

    C’est un énorme soulagement pour toute la communauté surf bavaroise. L’Eisbachwelle, cette légendaire vague statique en plein cœur de Munich qui a vu passer des gars comme Mick Fanning ou Jamie O’Brien, vient tout juste de ressusciter.

    L’année dernière, le spot avait été fermé par la mairie suite à un drame effroyable : une femme s’était noyée après que son leash s’est coincé sous l’eau. Pour sécuriser la zone, les autorités avaient coupé le courant. Le problème, c’est qu’en relançant la machine, la vague avait tout simplement disparu, rendant les locaux furieux contre une municipalité sourde à l’expertise des pionniers comme Walter Strasser.

    Mais la nature a repris ses droits. L’onde est de retour, et le Surf Club de Munich a jubilé sur Instagram en précisant bien que « ce n’est ni la politique ni l’administration qui a ramené la vague, c’est la rivière elle-même ».

    Attention cependant, la réouverture s’accompagne d’un changement de taille. Une nouvelle règle vient d’être plaquée sur le spot : « Seuls les surfeurs expérimentés sont autorisés sur la vague jusqu’à 22h ». Imaginez un instant si on appliquait cette consigne sur tous les line-ups du monde… Reste à savoir comment les bavarois comptent définir un surfeur « expérimenté ».

  • L’incroyable fiasco de Jacob Szekely : embauché puis viré par la WSL en une semaine

    L’incroyable fiasco de Jacob Szekely : embauché puis viré par la WSL en une semaine

    La World Surf League pensait faire un joli coup de communication en embauchant Jacob « Zeke » Szekely pour couvrir le Bonsoy Gold Coast Pro. L’idée de départ semblait bonne : ramener un vent de fraîcheur et un esprit décalé dans les coulisses, un peu comme le faisait Paul Fisher avec son micro atypique à la grande époque.

    Mais l’expérience a tourné court. Très court.

    Doté d’un pass VIP et payé par l’organisation, Zeke a eu carte blanche pour interroger tout le monde, des locaux australiens jusqu’aux stars du CT comme Kelly Slater, Italo Ferreira ou Griffin Colapinto. Le problème, c’est que ses questions n’avaient rien à voir avec les dérives ou la taille de la houle. Devant la caméra, il a préféré demander aux pros leur body count (nombre de conquêtes) ou s’ils préféraient Sydney Sweeney à Megan Fox.

    Forcément, le décalage frontal entre le lissage institutionnel de la WSL et l’humour brut du surfeur a fait des étincelles. Jugeant le contenu totalement inapproprié, la direction de la ligue a paniqué. Ils ont menacé de lui retirer son accréditation presse, annulé la collaboration sur-le-champ et exigé la suppression immédiate de son montage sur Instagram.

    Résultat des courses ? Zeke a été remercié en moins d’une semaine, mais il a évidemment tout balancé sur sa chaîne YouTube. « Je veux juste montrer à quel point ces gars sont drôles et cools en vrai », a-t-il expliqué. Un pari réussi pour l’audience, mais un cauchemar RP pour la WSL. Au pire, il lui reste toujours le Stab High… et son compte OnlyFans pour rebondir.

  • Le cauchemar dans les rapides de Kimberley

    Le cauchemar dans les rapides de Kimberley

    Avez-vous déjà imaginé surfer une rivière en furie au beau milieu de l’océan ? Dans la région reculée de Kimberley, en Australie-Occidentale, les marées sont si extrêmes qu’elles transforment l’eau stagnante en rapides destructeurs. Les locaux fuient ce spot qu’ils surnomment le « tueur de bateaux ». Pourtant, Dylan Graves et le chargeur australien Anthony Walsh ont décidé d’y jeter leurs planches. Ce qu’ils ont trouvé dépasse l’entendement.

    40 secondes en enfer

    L’excitation de l’exploration a très vite laissé place à un pur instinct de survie. Oubliez les tubes massifs et prévisibles : ici, le danger absolu ne vient pas de la chute initiale, mais des tourbillons géants qui se forment dans le sillage de la vague.

    Lors d’un passage chaotique, la situation a dégénéré. Anthony Walsh a été aspiré par le courant implacable du rapide, subissant un violent plaquage sous-marin de près de 40 secondes. Une véritable éternité quand on est broyé dans tous les sens par des tonnes d’eau sombre, sans aucune indication de l’endroit où se trouve la surface. « Après être resté sous l’eau comme ça, n’importe qui aurait abandonné », confie Dylan Graves, encore secoué par la scène. Mais Walsh a tenu bon, frôlant la noyade de justesse.

    Le mystère de la planche fantôme

    Dans ce bouillon d’écume imprévisible, même les sauvetages en jet-ski relevaient de la roulette russe. C’est dans la panique de l’une de ces récupérations in extremis que le spot a réclamé son tribut.

    La planche de surf de Dylan Graves a été perdue, engloutie par le vortex en un clin d’œil. Un véritable sacrifice aux « dieux des marées » pour célébrer le fait d’être sortis vivants de ce piège. Mais la question demeure : où a-t-elle bien pu atterrir ? Poussée par des courants d’une puissance inouïe, elle dérive peut-être en ce moment même vers l’Indonésie, ou s’échouera un jour au sud de l’Australie. Si vous croisez une board fantôme sur une plage du bout du monde, vous connaissez désormais son incroyable histoire.

  • Le circuit Pro Junior européen s’enflamme pour sa grande rentrée au Maroc

    Le circuit Pro Junior européen s’enflamme pour sa grande rentrée au Maroc

    La saison 2026 est officiellement lancée ! C’est sur le spot d’Ain Diab, à Casablanca, que les meilleurs espoirs du surf européen ont repris le chemin de la compétition pour le Morocco Mall Junior Pro Casablanca. Si vous pensiez que la reprise serait tranquille, les premiers heats ont prouvé tout le contraire.

    Le show monstrueux d’Erica Maximo

    S’il y a bien un nom à retenir de cette deuxième journée, c’est celui d’Erica Maximo. La Portugaise, qui dispute sa dernière année chez les juniors, n’est pas venue au Maroc pour faire de la figuration. Dans des vagues qui demandaient de l’engagement, elle a littéralement découpé le spot en signant un 8.00 d’entrée de jeu.

    Elle a ensuite enfoncé le clou avec un total de 15.00 points, le plus élevé de la journée. Sa puissance sur son backside (elle est goofy-foot) a laissé ses adversaires sans voix.

    Les pépites françaises et le duel des favoris

    Côté tricolore, la jeune Rose Calvez a montré qu’elle avait les nerfs solides. Malgré des conditions devenant piégeuses à marée basse, elle se hisse en quarts de finale. Chez les garçons, on a eu droit à un duel de haute voltige entre l’Italien Pietro Garroux et le prodige britannique Lukas Skinner. Les deux ne se sont pas lâchés d’une semelle, mais c’est l’Italien qui prend l’ascendant pour quelques fractions de points.

    À noter aussi la sensation Marley Benesenes Masse. À seulement 14 ans, le Français a posté le meilleur total masculin (14.30), prouvant que la « Next Gen » n’a peur de rien.

    Une seule chance de titre pour le Maroc

    Le public local a eu quelques sueurs froides : presque tout le contingent marocain a été éliminé. Tous les espoirs reposent désormais sur les épaules de Maria Elouedrhiri, seule représentante du pays encore en lice pour les quarts de finale.

    Prochain rendez-vous : Vendredi 8 mai à 14h00 (GMT+1) pour la suite de la compétition masculine.

  • Un crocodile géant s’invite sur le meilleur spot de surf du monde aux Mentawai

    Un crocodile géant s’invite sur le meilleur spot de surf du monde aux Mentawai

    Si vous avez déjà rêvé d’un boat trip parfait, les îles Mentawai sont forcément en haut de votre bucket list. Des vagues parfaites, une eau cristalline, la chaleur tropicale… et apparemment, des prédateurs préhistoriques capables de vous engloutir tout rond.

    Le capitaine de légende Martin Daly, véritable pionnier de la zone avec son célèbre Indies Trader, vient de jeter un énorme pavé dans l’eau turquoise. Dans une vidéo qui secoue actuellement les adeptes de surf sur internet, il a capturé les images glaçantes d’un crocodile marin (le redouté « saltie ») d’au moins 3 mètres, en train de patrouiller tranquillement à quelques encablures des line-ups les plus convoités de la planète.

    Le Disneyland du surf prend des airs de Jurassic Park

    Si les surfeurs ont l’habitude d’entendre des histoires de crocos égarés au fond des rivières du Costa Rica ou aux abords des spots mexicains, l’archipel indonésien n’est pas réputé pour ce genre de face-à-face. Pourtant, ce monstre marin d’eau saumâtre est bel et bien là. Pour rappel, ces reptiles sont les plus grands au monde : un mâle moyen frôle facilement les 5 mètres pour près d’une demi-tonne.

    Le commentaire laissé par Daly fait d’ailleurs froid dans le dos : « Je n’aimerais vraiment pas croiser le croco qui a arraché la patte de ce gros pépère de plus de 3 mètres que nous avons repéré il y a une semaine ». Vous avez bien lu : il y en a un autre, et il est visiblement plus agressif.

    Une nouvelle donne pour votre prochain surf trip ?

    Ce n’est malheureusement pas un cas isolé. L’année dernière, le boss de l’Indies Trader avait déjà signalé la présence de ces super-prédateurs sur l’une de ses vagues favorites, qu’il surfe pourtant depuis 40 ans. « Surfer avec des prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire n’est pas l’idéal. Ils nous ont laissés tranquilles jusqu’à présent, mais… » avouait-il.

    La haute saison des Mentawai s’étend d’avril à octobre. Si vous avez déjà booké votre charter pour aller scorer les vagues de votre vie dans les mois qui viennent, une nouvelle règle de survie s’impose au pic : entre deux séries, évitez de laisser traîner vos orteils trop longtemps.

  • L’embrouille tourne mal à Steamer Lane : il harcèle un maître de jiu-jitsu et finit en larmes sur le parking

    L’embrouille tourne mal à Steamer Lane : il harcèle un maître de jiu-jitsu et finit en larmes sur le parking

    L’histoire se déroule sur le célèbre spot de Steamer Lane, à Santa Cruz. Début mai, ce qui ressemblait à une énième embrouille de line-up pour une priorité non respectée a pris une tournure inattendue. La vidéo de l’incident tourne en boucle sur les réseaux, et pour cause : elle offre une satisfaction immédiate face à la bêtise.

    PS: nous n’étions pas présent, donc on rapporte les propos recueillis par la presse étrangère.

    Un harcèlement en règle au line-up

    Vers 7h20 du matin, un surfeur local s’en prend violemment à un autre. Le motif ? Une simple remarque faite la semaine précédente sur les règles de courtoisie au pic (ne pas sauter depuis la falaise et taxer la première série qui passe). L’agresseur perd rapidement ses nerfs : il insulte sa cible, lui hurle de « retourner dans son pays », menace de le noyer, l’éclabousse et finit par lui asséner plusieurs coups de poing.

    Face à ce déchaînement de violence gratuite, la victime encaisse sans rendre les coups. Elle se contente de bloquer les attaques, de s’éloigner et lui donne rendez-vous sur la terre ferme. Ce que le harceleur de Steamer Lane ignore totalement, c’est qu’il vient de frapper Sandro « Batata » Santiago. Et Sandro n’est pas qu’un simple free surfeur : c’est une ceinture noire 6ème dan de jiu-jitsu brésilien.

    La soumission sur le parking

    Une fois sortis de l’eau, le rapport de force s’inverse radicalement. Les images partagées par Sandro sur Instagram montrent l’agresseur complètement neutralisé sur la falaise, maintenu au sol par une prise implacable. Pas de coups de poing vengeurs, pas de bagarre de rue sanglante. Juste une maîtrise absolue.

    « Avec tact et sans lui faire de mal, je l’ai simplement forcé à s’excuser pour son comportement stupide », explique le Brésilien. L’homme, si menaçant dans l’eau, s’est transformé en véritable pleurnichard, suppliant qu’on le relâche.

    En tant que véritable expert en arts martiaux, Santiago a choisi la voie de la discipline. Il savait pertinemment ce dont il était capable, mais a préféré offrir à ce « bully » une leçon d’humilité monumentale plutôt qu’un passage aux urgences. Une scène de justice expéditive que les habitués de la zone affirment ne pas avoir vue depuis les années 90.

  • Jacob Szekely rejoint OnlyFans et sème la zizanie au Snapper Rocks Pro

    Jacob Szekely rejoint OnlyFans et sème la zizanie au Snapper Rocks Pro

    L’époque bénie où un simple sticker sur le nose suffisait à payer les factures semble bel et bien révolue. Face à l’inflation et la précarité croissante dans notre milieu, certains rideurs sortent des sentiers battus. Et le Californien Jacob Szekely vient de lâcher une bombe : son nouveau sponsor principal n’est autre qu’OnlyFans.

    Pourquoi fuir YouTube pour OnlyFans ?

    Avant de crier au scandale, calmez-vous : « Zeke » ne va pas se déshabiller devant la webcam. Il rejoint en réalité le cercle grandissant des athlètes de la plateforme (comme Nathan Florence, Billy Kemper ou Pedro Scooby) qui y publient du contenu tout public. Le but ? Contourner la censure infernale de YouTube.

    Dans son dernier vlog, il est très clair. Ses vidéos d’action, ses cascades et les soirées un peu trop festives se font constamment striker ou démonétiser. Avec OF, il trouve enfin un soutien financier solide et une liberté d’expression totale pour documenter sa vraie vie.

    Des coulisses sans aucun filtre sur la Gold Coast

    Cette liberté, il l’a emmenée avec lui en Australie. Fait hallucinant : la très lisse WSL l’a carrément autorisé à filmer les coulisses du Snapper Rocks Pro. Szekely en a profité pour retourner l’espace athlètes avec les questions chocs de sa communauté.

    Oubliez les interviews ennuyeuses sur le litrage des planches. Il a coincé les pros pour savoir qui avait le plus gros tableau de chasse sur le CT (Gabriel Medina a été balancé direct), ou lancé des débats vitaux pour savoir qui de Megan Fox ou Sydney Sweeney remportait les suffrages. Il a même attrapé le GOAT, Kelly Slater, pour parler piscines à vagues. Pour Slater, un trick inédit plaqué en wavepool compte bel et bien, mais il doit ensuite être validé dans l’océan. Le rêve ultime du King ? Un tube artificiel de 6 mètres de haut, rien que ça.

    Le nouveau sponsor numéro 1 du surf ?

    En regardant Zeke (son surnom) poser fièrement avec son énorme sticker bleu, je me suis fait une réflexion qui me fait autant rire que grincer des dents : d’ici peu, OnlyFans sponsorisera probablement plus de surfeurs que certaines de nos marques historiques du marché.

    L’argent est là où l’attention se trouve. Maintenant, une vraie question se pose pour notre scène locale : à votre avis, qui sera le premier surfeur professionnel français à oser assumer ce sponsor pour continuer à vivre de sa passion ? Les paris sont ouverts.

  • Le couperet est tombé : des séries sous haute tension pour le CT de Raglan

    Le couperet est tombé : des séries sous haute tension pour le CT de Raglan

    Vous attendiez le tableau de la prochaine étape du Championship Tour pour faire vos pronostics ? C’est fait. La WSL vient de lâcher les séries pour Raglan, la quatrième étape très attendue qui se tiendra en Nouvelle-Zélande du 15 au 25 mai. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le hasard n’a épargné personne d’entrée de jeu.

    Si vous suivez le parcours de nos surfeurs, préparez-vous à retenir votre souffle. Marco Mignot retrouve Barron Mamiya sur sa route. Un affrontement direct qui sent la poudre et qui s’annonce déjà comme l’un des moments forts du Round 1 masculin. Du côté des femmes, la jeune Tya Zebrowski hérite d’un sacré morceau en affrontant l’Espagnole Nadia Erostarbe, qui a impressionné à Snapper Rocks. Un vrai test de solidité.

    Kauli Vaast hérite de Jack Robinson alors que la franco/tahitienne se retrouvera confronter à Sally Fitzgibbons.

    Le reste du tableau nous réserve aussi de sérieux face-à-face. Le Mexicain Alan Cleland devra sortir le grand jeu face à l’ogre américain Griffin Colapinto, tandis que le vétéran Alejo Muñiz croisera le fer avec George Pittar. Chez les filles, le choc entre la Costaricienne Brisa Hennessy et Alyssa Spencer s’annonce particulièrement indécis.

    Sur la mythique longue gauche néo-zélandaise, l’engagement devra être total. Les planches sont prêtes, à vous de régler vos réveils.

  • Snapper Rocks : Tout ce qu’il faut savoir pour surfer Superbank

    Snapper Rocks : Tout ce qu’il faut savoir pour surfer Superbank

    On a tous en tête ces images de vagues parfaites déroulantes filmées depuis Kirra Hill : des lignes de houle qui s’alignent avec une précision chirurgicale depuis Snapper jusqu’à Kirra. C’est le rêve absolu du surfeur, une sorte de dessin animé qui prendrait vie sous nos yeux. Mais derrière la carte postale se cache une machine hydraulique complexe et un line-up qui ne pardonne aucune erreur d’étiquette. Que vous soyez là pour le tube de votre vie ou pour un premier « ride » sur la Gold Coast, voici le guide ultime pour comprendre et surfer Snapper Rocks.

    1. La genèse d’un miracle : Comment l’homme a créé le Superbank

    Snapper Rocks n’a pas toujours été cette machine à vagues infinie. À l’origine, la côte était constituée de points de rupture distincts et parfois aléatoires. Le « Superbank » tel qu’on le connaît est ce qu’on pourrait appeler une œuvre d’art « man-nurtured » (entretenue par l’homme).

    Le Tweed River Sand Bypass

    Tout bascule en 1962 lorsque les digues de l’embouchure de la Tweed River sont rallongés pour sécuriser la navigation. Ce projet a bloqué le flux naturel du sable vers le nord. Pendant 30 ans, les plages du Queensland ont été privées de sédiments, rendant les bancs de sable instables.

    C’est en 1993, sous l’impulsion de légendes locales comme Wayne « Rabbit » Bartholomew, qu’une solution pérenne est trouvée : le Tweed Sand Bypass. Depuis 2001, ce système pompe environ 600 000 mètres cubes de sable chaque année pour les rejeter au large de Snapper.

    Le saviez-vous ? Ce sable ne s’accumule pas n’importe comment. Il suit le courant le long d’une ligne presque rectiligne, comme tracée à la règle, créant cette continuité légendaire entre Snapper, Rainbow Bay, Greenmount et Kirra.

    2. La mécanique de la vague : Houle, Vent et Marée

    Pour surfer Snapper, il faut savoir lire les cartes météo comme un local. La vague est d’une constance effrayante (plus de 300 jours de surf par an), mais elle change radicalement de visage selon les conditions.

    Les directions de houle idéales

    La « fenêtre de tir » optimale s’étend de janvier à juillet.

    • La houle de Sud-Est : C’est la direction favorite des habitués. Le Sud apporte la puissance nécessaire derrière le rocher (The Rock) pour éviter que le backwash ne ferme la vague, tandis que l’Est assure que le mur continue de se dresser devant vous tout au long du point.
    • Les cyclones tropicaux : En fin d’été et en automne, les houles cycloniques de longue période créent ces lignes interminables qui permettent des rides de plusieurs minutes.
    • L’Est-Sud-Est de courte période : Fréquent en été, ce type de houle a tendance à sectionner la vague. C’est paradoxalement une bonne nouvelle pour les surfeurs intermédiaires, car cela disperse la foule sur plusieurs pics.

    Le vent : Attention au « Devil’s Breath »

    Snapper est naturellement protégé par son relief. Tout vent de secteur Sud à Sud-Ouest est ici « offshore » (vent de terre), lissant parfaitement la face de la vague. En revanche, le vent de secteur Nord à Nord-Est est surnommé le « Souffle du Diable ». Non seulement il hache le plan d’eau, mais il ramène souvent des bancs de méduses (bluebottles) particulièrement urticantes.

    3. L’anatomie du spot : De l’enfer du rocher au paradis de Rainbow

    Surfer Snapper, c’est comme traverser plusieurs mondes sur une seule planche. Chaque section a ses propres règles.

    Behind the Rock (Derrière le rocher)

    C’est la zone de take off la plus intense. Le « take-off » est difficile, late, puissant et doit se négocier avec un œil sur le rocher et l’autre sur le backwash. C’est une zone avec beaucoup de courant et beaucoup de monde. L’eau qui rebondit sur la pierre crée une onde de choc qui peut soit vous propulser dans un tube béant, soit vous désarçonner en une fraction de seconde. Quand la journée est vraiment bonne, c’est quasi impossible pour un surfeur moyen de prendre une vague entre les surfeurs pros et les locaux.

    • Niveau requis : Expert.

    La section rippable (Le milieu)

    Une fois le rocher passé, la vague s’ouvre. C’est probablement l’une des meilleurs sections au monde pour travailler ses manœuvres. La lèvre est prévisible, puissante, et offre une section parfaite pour les snaps et les cutbacks. La section peut doubler à l’occasion, et provoquer un tube plus accessible qu’à Behind The Rock, ou laisser la place à une partie de vague idéale pour les gros turns.

    Little Marley & Rainbow Bay

    Selon la qualité du banc de sable, vous pouvez soit enchaîner un second tube à Little Marley, soit profiter d’un long mur plus doux vers Rainbow Bay. C’est ici que les jambes commencent à brûler. Un ride complet peut durer plusieurs minutes, un effort physique colossal.

    4. Guide de survie : Paddle-out et Etiquette

    Le plus grand défi à Snapper Rocks n’est pas la vague, c’est la foule. C’est l’un des line-ups les plus agressifs et denses au monde.

    Où se mettre à l’eau ?

    Il existe trois options principales pour rejoindre le pic :

    1. Froggies : L’option la plus périlleuse. Entre les courants et les rochers, il est facile de se retrouver coincé dans une zone de « mort » où l’on subit les séries sans pouvoir sortir.
    2. Le saut du rocher (Jump off) : Réservé aux initiés. Il faut synchroniser son saut avec le retrait de l’eau. Un mauvais timing et vous finissez dans les crevasses avec des points de suture en prime.
    3. Le Keyhole (Le trou de serrure) : C’est l’option la plus sûre. Un petit passage entre les rochers qui demande tout de même un bon timing pour ne pas se faire drosser par une série dès les premiers coups de rame.

    La règle d’or du placement

    Avec 200 personnes à l’eau, l’agression est palpable.

    • Ne regardez pas derrière vous : Si vous êtes au pic, soyez prêt.
    • La tactique de la 2ème vague : Souvent, la première vague d’un set « nettoie » le line-up en emportant les plus affamés. La deuxième est souvent plus propre et moins convoitée au départ.
    • Le respect des locaux : Les « grommets » (jeunes) de Coolangatta surfent mieux que 99% des touristes. Ne snobez pas un gamin de 12 ans, il a probablement la priorité et un niveau pro.

    5. Conseils par niveau : Comment profiter de sa session ?

    Pour les surfeurs de niveau intermédiaire

    N’essayez pas de rivaliser avec les pros derrière le rocher. Vous allez perdre votre temps et votre énergie. Décalez-vous vers Rainbow Bay. Les vagues y sont souvent un peu moins creuses, mais le surf reste exceptionnel. C’est aussi là que vous aurez le plus de chances de chopper une vague qui a été abandonnée par un surfeur plus haut sur la pointe.

    Pour les surfeurs avancés

    Travaillez votre lecture du courant. Si la houle vient de l’Est, le courant de retour (reverse rip) va vous ramener systématiquement vers le rocher. Si la houle est de Sud-Est, préparez-vous à marcher. Après chaque vague, ne remontez pas à la rame contre le courant : sortez de l’eau, marchez le long de la plage et recommencez votre circuit. C’est beaucoup moins épuisant.

    Pour tous : La sécurité avant tout

    Snapper Rocks est un fond de sable, mais le sable y est dur comme du béton. À marée basse, certaines sections sont extrêmement peu profondes. Soyez attentifs aux autres : les collisions sont la cause numéro 1 des blessures ici.

    Conclusion : L’expérience d’une vie

    Snapper Rocks est bien plus qu’un spot de surf ; c’est un laboratoire à ciel ouvert, une ville dédiée à la glisse (Coolangatta). Surfer ici, c’est accepter de faire partie d’une fourmilière humaine pour goûter, ne serait-ce que quelques secondes, à la perfection d’une onde sculptée par l’homme et magnifiée par la nature.

    Si vous avez la patience et le respect nécessaires, Snapper vous offrira la vague qui redéfinira votre vision du surf. Préparez vos bras, le Superbank vous attend.

  • Snapper Rocks : Le sacre de la Reine Gilmore et la précision d’Ewing

    Snapper Rocks : Le sacre de la Reine Gilmore et la précision d’Ewing

    Le spot de Snapper Rocks a rappelé aujourd’hui pourquoi il est le théâtre des plus grandes épopées du surf mondial. Pour cette édition 2026, le public australien a exulté devant le triomphe de ses deux protégés, Ethan Ewing et Stephanie Gilmore, au terme d’une journée riche en émotions.

    Kauli Vaast, éliminé en quart de finale

    Auteur d’un beau parcours le franco/tahitien a été éliminé par le vainqueur de la compétition en quart de finale Ethan Ewing. Un bon parcours pour le surfeur français en quête de résultat depuis le début du tour.

    Gilmore : La Queen reprend sa couronne

    Huit titres mondiaux ne lui suffisaient manifestement pas. Pour sa 51ème finale sur le Championship Tour, Stephanie Gilmore a fait étalage de toute sa science de la glisse. Face à une Luana Silva combative, l’Australienne a d’abord posé les bases avec un 7.83, avant de littéralement assommer la série.

    En allant chercher un 9.50 quasi parfait grâce à son flow légendaire, Gilmore décroche sa 7ème victoire à domicile et son 34ème trophée en carrière. Si Silva s’incline en finale, elle repart toutefois avec une récompense de taille : le lycra jaune de numéro 1 mondiale.

    Le séisme O’Leary et la maîtrise d’Ewing

    Le coup de tonnerre du jour a eu lieu dans les demi-finales. Alors que Filipe Toledo écrasait la compétition depuis le premier round, le Brésilien s’est fait surprendre par un Connor O’Leary transcendé. Une élimination directe qui a ouvert la voie à une finale 100 % australienne. Alors oui, Connor est « japonais » maintenant, mais tout le monde, même le public, il est australien…lol

    En finale, Ethan Ewing n’a laissé aucune place au doute. Avec son surf de rail si caractéristique, il a rapidement scoré un 8.33 pour mettre O’Leary dans les cordes. Malgré une belle réplique de l’enfant de Lennox Head, Ewing a verrouillé son deuxième succès sur le sol australien. Cette victoire le propulse à la 4ème place mondiale, confirmant qu’il faudra compter sur lui pour la course au titre final cette saison.

  • Snapper Rocks : Quand un requin s’invite dans le duel Fierro vs Simmers

    Snapper Rocks : Quand un requin s’invite dans le duel Fierro vs Simmers

    Imaginez la scène : le line-up parfait de Snapper Rocks, l’élite du surf mondial en plein « Bonsoy Gold Coast Pro », et seulement 5 minutes restantes au chrono lors d’un duel crucial entre la championne du monde Caity Simmers et notre Tahitienne Vahiné Fierro. Soudain, le sang-froid des officiels est mis à rude épreuve. Un invité surprise, un requin bouledogue d’environ 2 mètres, est repéré à moins de 500 mètres de la zone de compétition.

    Le protocole d’urgence activé

    Dès le signalement, la série a été immédiatement suspendue conformément aux protocoles de sécurité de la ligue. Si certains fans ont crié à l’interruption prématurée, Renato Hickel, vice-président des tours et de la compétition à la WSL, a été catégorique : la sécurité prime sur le spectacle. Les surfeuses ont été évacuées par les équipes de sécurité en jet-ski, laissant le score en suspens alors que Simmers menait la danse.

    Ce que dit le Rulebook 2026 (Règle 10.04)

    C’est ici que les notes du WSL Rule Book 2026 deviennent passionnantes pour tout mordu de stratégie. La règle 10.04 stipule qu’en cas de danger extrême ou de circonstances imprévues (incluant explicitement le risque d’attaque animale dans l’article 10.04(b)), le juge en chef doit stopper la série.

    Le règlement prévoit deux options pour la reprise (Règle 10.04(a)(iii)) :

    • Reprendre (Resume) : On relance le chrono là où il s’était arrêté, avec les mêmes positions et priorités.
    • Recommencer (Restart) : On efface tout et on repart de zéro si le juge estime que les conditions ont trop changé ou que l’équité est compromise.

    Une polémique qui divise le milieu

    L’interruption a déclenché un vif débat sur les réseaux sociaux. Chacun a son point de vue

    Finalement, la série a repris le lendemain et Caity Simmers a validé son ticket pour le tour suivant. Si le résultat sportif semble logique, l’épisode rappelle que même avec le règlement le plus précis du monde, c’est bien l’océan — et ses habitants — qui ont toujours le dernier mot. Restez prudents, l’été s’annonce « sharky ».

  • Bonsoy Gold Coast Pro : Kauli Vaast brise le plafond de verre et file en quarts

    Bonsoy Gold Coast Pro : Kauli Vaast brise le plafond de verre et file en quarts

    La nuit a été historique pour le clan tricolore à Snapper Rocks. Pour la première fois de la saison 2026, un Français intègre le tableau final d’une épreuve du Championship Tour (CT). Sous le soleil du Queensland, Kauli Vaast a marqué les esprits, tandis que le reste du tableau a vu les légendes reprendre leurs droits dans des vagues frôlant la perfection.

    Le duel fratricide : Kauli Vaast s’impose face à Marco Mignot

    C’était le choc que tous les fans de surf français attendaient au Round 3 : un face-à-face entre Kauli Vaast et Marco Mignot. Dans des conditions de trois à quatre pieds (environ 1,2 mètre), le champion olympique tahitien a su trouver le rythme nécessaire pour devancer son compatriote.

    Avec un total de 14,33, Vaast a pris le meilleur sur un Marco Mignot très solide (13,97) mais qui a manqué d’une seconde opportunité majeure pour renverser le score. Ce succès propulse Kauli Vaast en quarts de finale, une étape que les Français n’avaient pas encore atteinte cette année. Il y retrouvera l’Australien et enfant du pays, Ethan Ewing.

    Vahine Fierro sort avec les honneurs dans un contexte difficile

    Du côté des femmes, le parcours de Vahine Fierro s’arrête au Round 2. La Tahitienne affrontait la championne du monde en titre, Caity Simmers, dans une série qui portait encore les stigmates de la veille.

    Pour rappel, la confrontation avait été suspendue en raison de la présence d’un requin dans la zone de compétition, cassant totalement le rythme et la dynamique de la série. À la reprise, Fierro a dû composer avec une Simmers chirurgicale. Malgré quelques beaux enchaînements sur le rail, Vahine s’incline (14,26 contre 10,60). Une élimination qui laisse un goût amer.

    Filipe Toledo et Stephanie Gilmore : La démonstration de force

    Le reste de la compétition a été marqué par des performances stratosphériques. Filipe Toledo a envoyé un message clair à ses concurrents en réalisant le meilleur total de la saison avec un 18,94/20, incluant un 9,77. Sa victoire face à Gabriel Medina dans un « derby » brésilien restera comme l’un des moments forts de l’événement.

    Chez les femmes, l’inoxydable Stephanie Gilmore continue sa marche en avant à domicile. L’octuple championne du monde a éliminé Caity Simmers en quarts de finale, s’offrant une neuvième demi-finale sur la Gold Coast.

    Prochain rendez-vous : Finals Day imminent

    La WSL a émis une Yellow Alert pour demain, le 4 mai. Les prévisions annoncent des conditions en hausse, ce qui pourrait offrir un dénouement épique à cette troisième étape du Tour.

    Tableau des Quarts de finale (H) :

    • Heat 1 : Kauli Vaast (FRA) vs Ethan Ewing (AUS)
    • Heat 2 : Mateus Herdy (BRA) vs Liam O’Brien (AUS)
    • Heat 3 : Connor O’Leary (JPN) vs Leonardo Fioravanti (ITA)
    • Heat 4 : Filipe Toledo (BRA) vs Samuel Pupo (BRA)
  • Quand la mer Baltique se transforme en slab monstrueux : le pari fou de Freddie Meadows

    Quand la mer Baltique se transforme en slab monstrueux : le pari fou de Freddie Meadows

    Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur le surf en Europe du Nord. Si pour vous la Suède se résume à des petites vagues de vent et des combinaisons 6mm pour survivre à une session médiocre, la dernière vidéo de Freddie Meadows va vous coller une véritable claque visuelle.

    Un « Teahupoo » au milieu des glaces

    Imaginez un slab épais, mutant, qui explose sur un fond rocheux peu profond par une température frôlant le zéro. Ce n’est pas la Tasmanie, c’est la mer Baltique. Dans son dernier édit, Meadows nous emmène dans une « odyssée gelée » où l’on découvre des conditions que l’on pensait réservées aux archipels du Pacifique.

    Le point d’orgue ? Une session de gros absolument terrifiante. Accompagné de pointures mondiales comme Nic Von Rupp et Andrew Cotton, le surfeur suédois a scoré une vague qui n’a rien à envier à un Tahiti des grands jours. Voir ces monstres d’eau sombre et froide se briser sous la neige est un spectacle aussi effrayant que fascinant.

    Freddie Meadows : L’enfant du pays

    Contrairement aux idées reçues, Freddie n’est pas un expatrié ayant simplement adopté les couleurs de la Suède pour faciliter son entrée sur le WQS. Né à Åhus, dans le sud du pays, il est le premier surfeur professionnel suédois de l’histoire. Ce projet est l’aboutissement de années de traque le long de côtes découpées, bravant des tempêtes de neige pour quelques heures de swell miraculeuses.

    « Nous avons scoré des vagues qui rivalisaient avec celles de Tahiti ou des Fidji », confie le réalisateur du clip.

    Pour les amateurs de sensations fortes, filez directement à la fin de la vidéo. L’engagement est total, le décor est irréel, et la performance de Meadows prouve que le talent n’a pas de frontière, même au-delà du cercle arctique. Une leçon de passion brute.

  • Coup de théâtre à Snapper Rocks : un requin interrompt le duel Fierro-Simmers

    Coup de théâtre à Snapper Rocks : un requin interrompt le duel Fierro-Simmers

    L’alerte a été donnée instantanément. Un requin a été identifié à moins de 500 mètres de la zone de compétition, déclenchant le protocole de sécurité strict de la WSL. Renato Hickel, vice-président du circuit, a été clair : aucune prise de risque.

    La série a été mise en pause, puis officiellement reportée au lendemain. Le suspense reste donc entier pour Vahine Fierro, qui devra soit reprendre là où elle s’était arrêtée, soit recommencer la série selon les conditions de demain matin.

    Une pluie de scores d’excellence

    Avant ce chaos final, une bonne journée avait débuté. Snapper Rocks a délivré des lignes parfaites de 1m50, permettant aux surfeurs de signer 11 scores dans la zone « excellente ».

    Les favoris en démonstration

    Pendant que les Australiens comme Jack Robinson et Ethan Ewing retrouvaient leur rythme à domicile, le Brésil a rappelé qui tenait les rênes. Filipe Toledo a survolé la journée avec un total stratosphérique de 18.00 points, incluant un 9.50, la meilleure note du contest. Il retrouvera son compatriote Gabriel Medina au prochain tour pour un choc de titans.


    Résultats du Round 2 (Hommes)

    VainqueurScoreÉliminéScore
    Marco Mignot (FRA)13.40Barron Mamiya (HAW)13.17
    Kauli Vaast (FRA)15.16Jordy Smith (RSA)13.40
    Ethan Ewing (AUS)15.50Rio Waida (INA)13.44
    Gabriel Medina (BRA)15.56Morgan Cibilic (AUS)10.17
    Filipe Toledo (BRA)18.00Cole Houshmand (USA)14.87

    Résultats partiels du Round 2 (Femmes)

    • Heat 1 : Gabriela Bryan (HAW) 16.66 bat Sally Fitzgibbons (AUS) 13.60
    • Heat 2 : Nadia Erostarbe (ESP) 14.67 bat Caroline Marks (USA) 13.93
    • Heat 3 (En cours) : Caitlin Simmers (USA) vs Vahine Fierro (FRA) – Suspendu (requin)
  • « Now Days » : La vidéo de surf féminine de référence

    « Now Days » : La vidéo de surf féminine de référence

    J’avoue, j’avais mes petites habitudes avant d’enfiler la combi. Un vieil edit deTaylor Steele ou une part de Dane Reynolds pour me chauffer. Mais là, je suis tombé sur une pépite qui a balayé mes certitudes. « Now Days », ce n’est pas « juste » du surf féminin, c’est l’essence même de ce qu’on cherche tous en allant à l’eau.

    Dès les premières secondes, l’intro laisse place à un hymne punk qui m’a instantanément projeté vingt ans en arrière, à l’époque légendaire de la vidéo Lost Across America. L’énergie est brute, l’engagement est total. On y suit la « New Gen » — de Caity Simmers à Sierra Kerr en passant par Erin Brooks — et le niveau est tout simplement stratosphérique.

    Ce qui frappe ? Ce n’est plus seulement une question de grâce, c’est une démonstration de force, de camaraderie et de rivalité saine. Elles se tirent vers le haut sur les plus grosses vagues du globe, de Tahiti à Fidji. Honnêtement, que vous soyez surfeur ou surfeuse, c’est la vidéo indispensable avant de ramer au pic. Le futur du surf est là, et il fait un boucan d’enfer.

  • Snapper Rocks : Le clan tricolore dicte sa loi pour le retour du CT sur le Superbank

    Snapper Rocks : Le clan tricolore dicte sa loi pour le retour du CT sur le Superbank

    Le temple du surf australien n’avait plus vibré au rythme de l’élite mondiale depuis 2018. Pour ce premier jour du Bonsoy Gold Coast Pro 2026, les vagues de trois à quatre pieds de Snapper Rocks ont offert un spectacle à la hauteur de la légende. Mais au milieu des icônes locales comme Stephanie Gilmore, c’est bien une déferlante française qui a secoué le pointbreak. Avec trois qualifiés sur quatre engagés, la France réaliser enfin un bon début de compétition sur le world tour cette année.

    Vahine Fierro : La reine du bakcside a frappé

    Si l’on connaît le talent de Vahine Fierro dans les tubes de Teahupo’o, elle a prouvé aujourd’hui qu’elle était tout aussi redoutable sur les droites interminables du Queensland. Face à la redoutable Brisa Hennessy, la Tahitienne a livré une masterclass backside.

    Avec un total de 16,50 points — dont la meilleure note de la journée (8,67) — Vahine a montré une verticalité et un « flow » qui ont laissé les juges conquis. « Snapper est mon épreuve favorite, à égalité avec Teahupo’o », a-t-elle confié après sa série. Sa capacité à enchaîner les turns puissants sur le rail sans jamais perdre de vitesse la place désormais parmi les favorites de l’épreuve.

    Le duel fratricide : Vaast et Mignot se donnent rendez-vous

    Chez les hommes, la réussite est totale mais le tirage au sort cruel. Marco Mignot a ouvert le bal avec une incroyable remontée face à l’Hawaïen Barron Mamiya. Mené pendant 25 minutes, le Français a déniché une pépite dans les derniers instants pour claquer un 8,33 salvateur.

    Dans la foulée, Kauli Vaast, le champion olympique de Paris 2024, a littéralement éteint le vétéran Jordy Smith. Avec un surf backside d’une précision chirurgicale, Vaast a posté un 15,16 qui ne laissait aucune place au doute.

    Le « petit plus » de la rédac : La suite du tableau nous réserve un moment de haute tension. Puisque Kauli Vaast et Marco Mignot s’affronteront lors du Round 3, nous avons la certitude d’avoir un Français en quart de finale. C’est une excellente nouvelle, même si l’on aurait préféré voir nos deux champions s’éviter plus longtemps.

    Tya Zebrowski : La cruelle leçon du haut niveau

    C’est la seule ombre au tableau tricolore, mais quelle promesse pour l’avenir ! À seulement 15 ans, Tya Zebrowski a frôlé l’exploit monumental face à la quintuple championne du monde Carissa Moore. Tya a mené la série pendant presque l’intégralité du temps imparti, affichant une maturité technique déconcertante pour son âge.

    Il aura fallu un sursaut d’orgueil et une vague miraculeuse à la dernière seconde pour que Moore arrache la victoire. Les larmes de détresse de la jeune Française contrastaient avec les larmes de soulagement de l’Hawaïenne. C’est l’apprentissage cruel du WCT : le talent est là, immense, mais la gestion des dernières secondes et ce petit facteur chance manquent encore à l’appel. Nul doute que Tya reviendra plus forte, elle a prouvé aujourd’hui qu’elle avait déjà sa place dans la cour des grandes.

    Les légendes reprennent leurs marques

    Au-delà du clan français, la journée a été marquée par le retour aux affaires de Stephanie Gilmore. Après deux saisons sabbatiques, l’octuple championne du monde a enfin remporté sa première série de l’année sur son home spot, écartant la prodige Erin Brooks. De son côté, Carissa Moore, qui voyage désormais en tant que maman, a montré qu’elle n’avait rien perdu de sa hargne de compétitrice. Seul le premier tour et deux séries masculines ont été lancées.

    La compétition reprendra demain matin, samedi 2 mai, à 6h45 (heure locale). Restez connectés sur Icones Surf pour suivre les performances de Vahine, Kauli et Marco dans ce qui s’annonce déjà comme un week-end historique à Snapper Rocks.

    Résultats complets de la journée (Day 1)

    Femmes – Round 1 (Françaises & Tops) :

    • Vahine Fierro (FRA) 16.50 DEF. Brisa Hennessy (CRC) 12.10
    • Carissa Moore (HAW) 12.33 DEF. Tya Zebrowski (FRA) 12.10
    • Stephanie Gilmore (AUS) 13.26 DEF. Erin Brooks (CAN) 12.63
    • Yolanda Hopkins (POR) 11.27 DEF. Francisca Veselko (POR) 10.86

    Hommes – Round 2 (Les Bleus qualifiés) :

    • Marco Mignot (FRA) 13.40 DEF. Barron Mamiya (HAW) 13.17
    • Kauli Vaast (FRA) 15.16 DEF. Jordy Smith (RSA) 13.40

    Les séries à ne pas manquer (Round 2 & 3)

    Le spectacle continue dès demain (samedi 2 mai) avec des duels qui sentent la poudre. Voici ce qu’il faut surveiller :

    Chez les femmes (Round 2) :

    • Série 3 : Caitlin Simmers (USA) vs. Vahine Fierro (FRA) (Un choc de styles monumental)
    • Série 4 : Bettylou Sakura Johnson (HAW) vs. Stephanie Gilmore (AUS)

    Chez les hommes (Fin du Round 2 & Round 3) :

    • Série 6 : Griffin Colapinto (USA) vs. Mateus Herdy (BRA)
    • Série 13 : Gabriel Medina (BRA) vs. Morgan Cibilic (AUS)
    • Le choc attendu : Kauli Vaast (FRA) vs. Marco Mignot (FRA) (Date et heure à confirmer selon l’avancée du Round 2).
  • « Je ne savais pas qu’une partie de ma planche était encore en moi » : l’histoire folle de Davide Lopez

    « Je ne savais pas qu’une partie de ma planche était encore en moi » : l’histoire folle de Davide Lopez

    Imaginez un instant : vous rentrez d’un voyage de surf, vous reprenez votre vie quotidienne, vous consultez même plusieurs médecins… tout en ignorant qu’un morceau de plastique de 3 centimètres est planté au milieu de votre visage. C’est le scénario de film d’horreur qu’a vécu le surfeur toscan Davide Lopez après une session mémorable (et brutale) sur le spot de Supertubos, au Portugal.

    Le « Crack-Crack » qui aurait pu être fatal

    Tout commence lors d’une session que Davide décrit comme « l’une des meilleures de sa vie ». Mais à Supertubos, la sanction n’est jamais loin. Une lèvre épaisse projette sa planche directement dans son visage. Sur le coup, Davide entend deux sons secs : « Crack, crack ».

    En état de choc mais conscient, il regagne la plage le visage en sang. À ce moment-là, il est persuadé d’avoir pris un rail ou le nose de sa planche. « L’impact était si fort que je me suis dit que si c’était une dérive, je serais déjà mort », confie-t-il. Les secours arrivent, perplexes face à l’ampleur des dégâts.

    Le gros raté du diagnostic médical

    C’est ici que l’histoire bascule dans l’absurde. Emmené à l’hôpital, Davide reçoit dix points de suture et passe un scanner. L’opérateur du scanner lui demande si sa planche va bien, car il voit « quelque chose de bizarre » dans son nez. Pourtant, après cinq heures d’attente, le verdict tombe : un simple nez cassé. Les médecins lui disent que « le truc bizarre » a disparu des images et le laissent repartir.

    Le lendemain, Davide s’envole pour l’Italie. Il appelle son médecin, lui envoie les scans : « Ne vous inquiétez pas, le nez a l’air normal ».

    « Félicitations, c’est une dérive ! »

    Pendant six jours, Davide vit avec ce corps étranger. Il ne ressent aucune douleur particulière, si ce n’est une difficulté persistante à respirer. C’est finalement une spécialiste, horrifiée lors d’un examen en personne, qui découvre la vérité. En insérant une caméra dans ses narines, l’écran affiche une forme bleue. Impossible que ce soit de l’os ou du cartilage.

    Le lendemain, Davide passe sur la table d’opération. Les chirurgiens extraient un morceau de dérive de 3 cm de côté. Par un miracle absolu, l’objet n’a touché ni ses yeux, ni son cerveau.

    Un retour à l’eau sous protection

    Aujourd’hui, Davide Lopez a repris le travail, mais le sel attendra. Son nez est encore en piteux état. S’il prévoit de retourner à l’eau d’ici un mois, ce sera avec un masque de protection digne d’un footballeur professionnel.

    « J’ai un ange gardien, c’est certain », conclut l’Italien, qui garde un amour intact pour les tubes portugais malgré la « taxe » très élevée qu’il a dû payer. Quant à son choix de dérives pour le futur ? Disons qu’il risque de regarder son matériel d’un œil un peu plus méfiant lors de son prochain « wipeout ».

  • Le « surfeur du futur » s’est éteint : pourquoi Paul Strauch restera unique

    Le « surfeur du futur » s’est éteint : pourquoi Paul Strauch restera unique

    Le line-up hawaiien vient de perdre l’une de ses étoiles les plus singulières. Paul Strauch, l’homme que Barry Kanaiaupuni décrivait comme un être « venu du futur », nous a quittés à 82 ans. Si son nom ne vous dit rien, sachez que vous pratiquez probablement le surf qu’il a inventé.

    Pourquoi un tel choc dans la communauté ? Bien plus qu’un simple compétiteur, Strauch a brisé les codes techniques dès les années 60. Il est le créateur du mythique « cheater five », cette posture élégante où on est sur son pied arrière avec son pied avant proche du nose. Bon, d’accord la description n’est pas terrible, mais regardez la vidéo ci-dessous. Mais ce n’est pas tout : il a été l’un des premiers à oser le bottom turn profond dans les vagues massives, là où d’autres se contentaient de survivre.

    Apparu dans le légendaire The Endless Summer, ce prodige d’Honolulu avait reçu ses premières planches des mains de Tom Blake lui-même. Malgré un talent pur et un style « freestyle » inégalé, il avait choisi de rester loin des projecteurs. Le monde du surf perd aujourd’hui son plus grand styliste, un homme qui surfait déjà demain, alors que nous étions encore à hier.

  • Snapper Rocks : Justin Becret se fracture le nez mais continue de tuber

    Snapper Rocks : Justin Becret se fracture le nez mais continue de tuber

    Snapper Rocks, c’est le paradis du surf… ou l’enfer du trafic. Justin Becret vient d’en faire l’amère expérience lors d’une session sur la Gold Coast qui aurait pu virer au drame. Alors qu’il dénichait un petit miracle — une vague en solo au milieu de la meute australienne — le sort s’est acharné.

    Un choc frontal en plein barrel

    Dès son premier tube, une planche égarée est venue percuter son visage de plein fouet. Le verdict est immédiat : nez cassé. Mais c’est là que le Landais bascule dans la catégorie « warrior ». Au lieu de regagner le bord en urgence (il le fait juste après, il reste un homme), Justin reste sur sa lancée.

    L’image surréaliste de la session

    Dans une séquence captée par Clancy Dawson, on voit le surfeur s’engager dans un deuxième tube tout en maintenant son visage en sang entre ses mains. Un mélange de douleur et de pur instinct.

    « Le trafic de Snapper m’a bien eu ce matin », a-t-il commenté avec humour sur son compte Instagram.

    Si Justin doit désormais observer quelques jours de repos forcé, il a prouvé qu’il fallait plus qu’une fracture pour l’empêcher de tuber.

  • Le verdict est tombé : voici les 10 surfeurs que vous préférez vraiment (et ce n’est pas ceux du CT)

    Le verdict est tombé : voici les 10 surfeurs que vous préférez vraiment (et ce n’est pas ceux du CT)

    Premier point, c’est un sondage récent australien mené auprès de 7 500 lecteurs de Stab. Et vous allez rire, mais le classement s’en ressent.

    Le choc : le désamour pour le maillot lycra

    La première claque est statistique. Sur les 10 surfeurs les plus cités, seuls deux membres permanents du Tour parviennent à se hisser dans le classement. Exit la course aux points, les fans plébiscitent désormais l’esthétique et la liberté. Des noms comme Mason Ho, Michael February ou l’éternel Dave Rastovich prouvent que la culture du « free surf » et du style pur l’emporte sur la performance brute en série de 30 minutes.

    L’énigme de la « Brazilian Storm »

    C’est l’enseignement le plus brûlant de cette enquête : malgré une domination outrageuse sur le titre mondial ces dernières années, aucun surfeur brésilien n’apparaît dans le Top 10. Pas de Gabriel Medina, pas d’Italo Ferreira ou de Yago Dora. Si ce résultat reflète l’audience principalement anglo-saxonne du sondage, il souligne aussi une fracture nette entre l’efficacité en compétition et l’inspiration dégagée auprès du grand public californien, australien ou européen.

    John John Florence, seul sur son trône

    Au milieu de ce séisme, un homme fait l’unanimité. John John Florence écrase la concurrence avec 31,92 % des suffrages. Il est le seul à réussir le grand écart parfait : être une bête de compétition tout en restant l’icône ultime du surf libre.

    Le Top 10 des votes :

    1. John John Florence (31,92 %)
    2. Ethan Ewing (15,64 %)
    3. Mason Ho (15,6 %)
    4. Dane Reynolds (15,43 %)
    5. Michael February (13,02 %)
    6. Kelly Slater (10,15 %)
    7. Harry Bryant (9,64 %)
    8. Jack Robinson (8,63 %)
    9. Nathan Florence (7,4 %)
    10. Dave Rastovich (6,96 %)

    La suite, réaliser une mesure au niveau national. Chez Icônes Surf, nous avons réalisé le même travail il y a quelques mois, mais en se basant sur une autre métrique, le nombre de recherche de tels noms de surfeurs sur Google. On l’a réalisé uniquement sur les surfeurs français, mais on réalisera le même travail sur tous les surfeurs. Voir ci-dessous le lien

  • « Ne pas tomber » : Ce foiler a été traqué par un Grand Blanc sur 15 km

    « Ne pas tomber » : Ce foiler a été traqué par un Grand Blanc sur 15 km

    Au premier abord, j’ai cru à un fake. Une mise en scène un peu trop léchée façon Hollywood. Mais quand la légende Kai Lenny relaie l’information et que les images brutes tombent, la réalité dépasse la fiction. Ce qui s’est passé entre Santa Barbara et Carpinteria est sans doute l’un des moments les plus oppressants jamais filmés en foil.

    Un jeu du chat et de la souris version prédateur

    Lors d’une session de downwind épique de 30 kilomètres, Ron Takeada et ses compagnons ont survolé, sans le vouloir, un Grand requin blanc d’environ 3,50 mètres. Ce qui n’aurait pu être qu’une observation furtive s’est transformé en une traque psychologique.

    Attiré par les vibrations de l’aile ou simple curiosité ? Le squale s’est mis à coller à la planche de Ron. « Il tournait à gauche, le requin tournait à gauche. Il accélérait, le requin accélérait », raconte son binôme. Un duel silencieux où la moindre chute aurait pu transformer cette session en drame.

    La Californie en alerte « Marine Heatwave »

    Si les experts prédisent un été particulièrement « sharky » en Californie, c’est que l’océan Pacifique subit actuellement une vague de chaleur marine. De Huntington Beach à Newport, les interactions se multiplient, mais rarement avec une telle insistance.

    Pendant de longues minutes, Ron a dû garder son sang-froid, maintenant son vol au-dessus de l’eau alors que l’aileron fendait la surface juste derrière lui. Une preuve de maîtrise technique absolue sous une pression que peu de surfeurs aimeraient connaître. Le prédateur a fini par s’éloigner, laissant les riders terminer leur run, le cœur à 200 bpm. La nature est belle, mais elle sait nous rappeler qu’on n’est que des invités.

  • Ce spot de surf en Inde est-il le plus étrange au monde ?

    Ce spot de surf en Inde est-il le plus étrange au monde ?

    Le surf a ce pouvoir unique de nous propulser dans des rêves éveillés. Pour toute une génération, l’image de Dave Rastovich glissant sur une droite cristalline en Inde, déferlant le long d’une jetée en bois, est restée gravée comme une icône de l’aventure pure. C’était dans « Castles In The Sky » de Taylor Steele.

    Aujourd’hui, une nouvelle vidéo met en lumière ce spot, ravivant le mythe de cette île perdue, sorte d’atoll corallien recouvert d’une jungle épaisse. Le contraste est total : d’un côté, le chaos organique des ports indiens, les traversées risquées sur des barques bondées et l’odeur du poisson frais ; de l’autre, une perfection liquide improbable.

    Ce qui rend ce spot unique ? Ce ponton massif planté au milieu du line-up. On y court, on saute, et on se retrouve instantanément dans le tube. Un « dream trip » qui nous rappelle que les plus belles vagues sont souvent celles qui demandent le plus de patience.

  • Ce que le surf moderne a perdu, Andy Irons le possède encore (et voici pourquoi il nous manque tant)

    Ce que le surf moderne a perdu, Andy Irons le possède encore (et voici pourquoi il nous manque tant)

    Le monde a radicalement changé depuis ce triste jour de novembre 2010. Nous avons traversé des pandémies, des crises géopolitiques majeures, et vu nos vies aspirées par des algorithmes de réseaux sociaux toujours plus lisses. Pourtant, au milieu de ce tumulte numérique et d’un surf de compétition devenu parfois trop « propre », un nom continue de résonner comme un cri de ralliement : Andy Irons.

    Le Kurt Cobain des océans

    Si vous vous demandez pourquoi Billabong continue de célébrer « AI » avec une telle ferveur, la réponse ne se trouve pas dans un fichier Excel de marketing. Elle réside dans ce que j’appellerais l’âme « Core » du surf. Andy était notre Kurt Cobain. Il incarnait ce mélange explosif de génie pur et de vulnérabilité, de rébellion et d’imprévisibilité. À une époque où chaque surfeur du tour semble sortir d’un moule de media-training, le souvenir d’Andy nous rappelle pourquoi nous sommes tombés amoureux de ce sport : pour la passion brute, pas pour les lycras de supermarché.

    Plus qu’une collection, un héritage thérapeutique

    Billabong vient de sortir sa nouvelle collection Andy Irons Forever, accompagnée du deuxième épisode de la série Next Gen. Mais ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas d’une simple opération de « retail therapy ». C’est un pont jeté entre les époques. Dans ce film, les légendes comme Shane Dorian, Joel Parkinson et Mark Occhilupo — qui ont vu de leurs propres yeux les prouesses (et les frasques) d’Andy — témoignent d’une vérité universelle : le surf d’Irons fait l’unanimité.

    Alors que nous vivons dans une ère de division constante, la ligne de trajectoire d’Andy sur une vague à Pinetrees ou à Teahupo’o reste l’une des rares choses sur lesquelles tout le monde s’accorde encore. C’est le standard d’or, le surf dans sa forme la plus viscérale.

    Pourquoi nous avons besoin d’AI, et non d’IA en 2026

    Lors de la récente rétrospective au JS Garage à Oceanside, l’émotion était palpable devant les clichés de photographes légendaires comme Brian Bielmann ou Steve Sherman. Les bénéfices des ventes soutiennent la Andy Irons Foundation, prouvant que l’impact de l’Hawaïen dépasse largement le cadre du sport.

    « Je regarde le surf actuel et je vois des athlètes incroyables, comme Ethan Ewing. Mais Andy… Andy avait ce supplément de danger qui nous tenait en haleine. »

    Le surf moderne est efficace, millimétré, presque chirurgical. Andy, lui, était électrique. Il était capable de perdre ses nerfs au premier tour et de fracasser le meilleur surfeur de l’histoire en finale une heure plus tard. C’est ce côté imprévisible qui nous manque cruellement. Porter une pièce de sa collection, c’est un peu comme porter un badge de résistance contre la standardisation du surf. C’est affirmer que le « Core » n’est pas mort, qu’il attend juste de se réveiller dans la prochaine génération.

    Andy Irons ne se contentait pas de gagner des titres ; il nous faisait ressentir quelque chose. Et c’est précisément pour cela que, 15 ans après, nous continuons de scroller, de regarder ses vidéos et de porter son nom sur nos poitrines.