C’est une petite victoire qui résonne dans le milieu de la presse spécialisée. Matt Warshaw, l’historien du surf le plus respecté au monde, vient de confirmer que son œuvre monumentale, l’Encyclopedia of Surfing (EOS), a sécurisé son avenir pour l’année 2025.
Un pactole inespéré pour l’histoire du surf
Alors que le projet a frôlé la banqueroute à plusieurs reprises, les chiffres de l’année passée viennent de tomber : 177 000 $ ont été récoltés grâce à la générosité de 150 donateurs individuels. En ajoutant les abonnements des passionnés, les revenus totaux s’élèvent à près de 240 000 $. Un montant qui, selon Warshaw, suffit enfin à garantir la pérennité du site.
Le pari de l’indépendance totale
Ce qui rend cette réussite unique ? L’EOS refuse catégoriquement la publicité. « Les grands donateurs ont été fantastiques. Ils croient profondément au projet », explique Warshaw. Dans un web saturé par les bannières intrusives et le contenu sponsorisé, ce modèle économique repose uniquement sur la valeur du contenu : photos d’archives rares, vidéos cultes et récits historiques.
Pourquoi c’est une bonne nouvelle pour vous ?
Si vous ne connaissez pas encore l’EOS, c’est tout simplement le Louvre du surf. De l’évolution des shapes aux portraits des pionniers, Matt Warshaw a numérisé l’âme de notre sport. En sauvant ce sanctuaire, la communauté permet à l’histoire de ne pas finir aux oubliettes de l’algorithme Google.
Pour Warshaw, il ne s’agit pas de fausse modestie : l’EOS reste le site de culture surf le plus engageant au monde. Et grâce à ce soutien massif, il va pouvoir continuer à enrichir cette base de données unique, loin des dictats du marketing. Une preuve que le surf a encore une mémoire, et qu’elle a un prix.
En tant que surfeurs, nous aimons nous voir comme des protecteurs de l’océan. On ramasse trois déchets avant de quitter la plage, on évite le plastique… mais avez-vous déjà regardé de près ce que vous portez sur le dos ? J’ai plongé dans le documentaire « The Big Sea », et ce que j’y ai découvert risque de changer radicalement votre prochain achat de matériel.
L’odeur du néoprène : un parfum de « Cancer Alley »
On connaît tous cette odeur caractéristique d’une combinaison neuve. Pour nous, c’est l’odeur de la session qui arrive. Pour les habitants de la « Cancer Alley » en Louisiane, c’est l’odeur de la mort. Le film de Lewis Arnold, Chris Nelson et Demi Taylor met en lumière un lien direct et glaçant entre la production du néoprène — ce matériau pétrochimique dont sont faites 90 % de nos combinaisons — et des taux de cancer records dans les populations locales.
Ce n’est pas seulement un problème écologique, c’est une question de santé public. Les usines qui fabriquent les composants chimiques nécessaires à notre confort thermique sont souvent implantées dans des zones habitées par des communautés marginalisées qui en paient le prix fort.
Derrière le rêve à 10 milliards de dollars
L’industrie du surf pèse aujourd’hui plus de 10 milliards de dollars. Elle s’est construite sur une image de pureté, de liberté et de respect de la nature. Mais « The Big Sea » brise ce miroir. Le documentaire expose comment le greenwashing a permis à de grandes marques de fermer les yeux sur l’impact humain et environnemental de leur chaîne de production pendant des décennies.
Keme Nzerem, journaliste nominé aux BAFTA, ne mâche pas ses mots en qualifiant l’œuvre de « l’un des films de plein air les plus importants de tous les temps ». Il ne s’agit plus de savoir si votre combi est souple ou si elle sèche vite, mais de savoir si quelqu’un est mort pour qu’on puisse surfer au chaud cet hiver.
La solution pousse littéralement sur les arbres
La bonne nouvelle — car il y en a une — c’est que ce film n’est pas qu’un constat d’échec. C’est un véritable appel à l’action. Il existe une alternative : le caoutchouc naturel (souvent connu sous le nom de Yulex). Une matière qui pousse sur les arbres, qui ne nécessite pas de chimie lourde et qui offre aujourd’hui des performances désormais équivalentes au néoprène classique.
Grâce à la pression exercée par ce documentaire réalisé en 2024 et les campagnes associées, le vent tourne :
Plus de 25 marques de combinaisons ont déjà abandonné le néoprène pétrochimique.
Des leaders de l’industrie, comme l’ancien CMO de Xcel Wetsuits, affirment que ce film a « changé l’industrie ».
Quel domino sera le prochain à tomber ?
Le néoprène ne se cache pas que dans nos combinaisons. On le retrouve dans les pneus de voitures, les baskets de luxe et même dans l’architecture. Mais c’est nous, les surfeurs, qui menons la charge.
En refusant d’acheter des produits issus de cette industrie toxique, nous avons le pouvoir de faire basculer le marché. « The Big Sea » nous rappelle que le prix de la vague parfaite ne doit plus être la santé de populations entières.
Pour en savoir plus sur les projections et la campagne : thebigsea.org
ll aura fallu attendre six mois pour que les images sortent enfin, mais le spectacle justifie l’attente. Pour la deuxième édition de son Twin Fin Invitational, William Aliotti n’a pas fait les choses à moitié.
Confronté à un Vieux-Boucau saturé et des conditions trop musclées pour les dérives jumelées, le crew a pris une décision radicale : l’exil au Pays Basque espagnol. Résultat ? Une démonstration de style sur les vagues infinis de Mundaka.
Plus qu’une simple compétition, cette vidéo de 8 jours retrace l’immersion totale d’une équipe soudée sous le même toit. Entre sessions de repli mémorables, art et soirées se terminant à l’aube, l’événement prouve que le surf de haut niveau peut encore rimer avec liberté totale. Le casting est cinq étoiles, la glisse est pure, et malgré le timing décalé, l’énergie de cette « deuxième édition » nous donne déjà envie d’être à la suivante.
Le début de saison 2026 ressemble à une douche froide pour le clan tricolore sur le CT. Après un début de tour éprouvant, tous les espoirs reposaient sur les épaules de Vahine Fierro lors de ce Margaret River Pro 2026. Malheureusement, la sentence est tombée cette nuit : la « reine de Teahupo’o » s’arrête prématurément au Round 2. Voici pourquoi la marche était trop haute aujourd’hui.
Le « mur » Caitlin Simmers
On le savait, le tirage n’était pas un cadeau. Faire face à Caitlin Simmers, la championne du monde 2024, sur un spot aussi mouvant et complexe que Main Break. Mais la tahitienne avait montré dans le passé de belles aptitudes sur cet spot. Dans un surf haché de 1m50 à 2m à plus, balayé par un vent onshore capricieux, Vahine n’a jamais vraiment trouvé son rythme.
Là où Simmers a réussi à poser des laybacks fluides et à lier ses manœuvres dans de belles sections. Vahine a semblé plus en difficulté pour exprimer sa puissance habituelle. Score final : 11.40 à 7.40. Une défaite nette qui laisse un goût amer, d’autant que le reste de la délégation française peine également à trouver la solution en ce début de World Tour.
« Je veux juste surfer » : l’insolence de Simmers
Caitlin Simmers, fidèle à elle-même, n’a même pas semblé forcer son talent. En sortie de série, elle confiait d’ailleurs :
« Je voulais juste surfer. À Bells, je n’avais pas eu beaucoup d’opportunités, alors ici, j’ai juste essayé de faire au mieux avec ce qu’il y avait. Je n’ai toujours pas dépassé les 5 points sur une vague cette année, ça m’énerve un peu, mais je passe. »
Cette exigence montre le niveau actuel du circuit mondial féminin : même en « petite forme », les leaders mondiales comme Simmers ou Molly Picklum (auteur d’un 15.50 stratosphérique) ne laissent aucune miette.
Une hécatombe chez les favoris
Vahine n’est pas la seule à avoir mordu la poussière. Chez les hommes, le choc des frères Colapinto a tourné à l’avantage du cadet, Crosby, qui élimine Griffin pour 0.24 point. Plus impressionnant encore, le « local hero » Jack Robinson a été mis à la porte par un Gabriel Medina des grands jours, prouvant que le Brésilien est loin d’être fini.
Résultats : Western Australia Margaret River Pro (Jour 2)
C’est un rendez-vous que je ne manquerais pour rien au monde. Dans le paysage souvent désertique des podcasts de surf en français, Impact Zone fait figure d’oasis. Et pour leur dernier épisode, l’équipe a frappé fort en invitant une véritable légende de l’ombre de notre industrie : Emmanuel Loheac.
Un parcours hors norme : de l’âge d’or de Gotcha à l’empire PULLIN
Si vous portez un boxer en lycra imprimé aujourd’hui, c’est un peu grâce à lui. Mais résumer Emmanuel Loheac à la création de PULLIN serait une erreur monumentale. Ce que j’ai trouvé de fascinant dans cet échange, c’est la trajectoire d’un homme qui a navigué au sommet des plus grands noms du milieu.
Saviez-vous qu’il a été aux commandes de Gotcha et de DC Shoes Europe ? Durant cet épisode, il revient sur ces années « rock’n’roll » où l’industrie du surf dictait la mode mondiale. Il ne s’agit pas d’une simple success story lisse et ennuyeuse, mais d’un témoignage brut sur la réalité du business des action sports.
« Plus de 25 ans d’erreurs et de renaissances »
Ce qui fait la force de cet Impact Zone, c’est la franchise de Loheac. Il nous livre un regard sans filtre sur :
L’audace nécessaire pour lancer le premier boxer technique en 2000.
Les erreurs stratégiques qui forgent un entrepreneur.
Sa vision sur l’évolution (parfois cruelle) du marché du surfwear actuel.
Que vous soyez un entrepreneur en herbe ou simplement un passionné de la culture surf des années 90 et 2000, ce podcast est une mine d’or. On y comprend comment une marque née dans les Landes a réussi son expansion internationale, mais aussi comment rester pertinent quand les tendances s’essoufflent.
Mon conseil : Foncez l’écouter. C’est le genre d’histoire qui rappelle que derrière nos marques préférées, il y a surtout des prises de risques insensées.
Le surf professionnel aime nous vendre une image de fraternité universelle, baignée dans l’eau salée et le respect mutuel. Mais, ce qui a commencé comme un simple litige de priorité au Round 2 de Magaret River, s’est transformé en un psychodrame mêlant bagarre de parking, censure médiatique et réconciliation ultra-médiatisée.
Plongée dans les coulisses de cette affaire.
L’Étincelle : 23 Minutes de Tension
Tout commence à l’eau. Yago Dora a la priorité. Jacob Willcox, l’enfant du pays, se retrouve sur sa trajectoire. Dora freine, perd la vague, et explose. Les images montrent des échanges verbaux musclés et des jets d’eau rageurs.
Le verdict des juges tombe : pas d’interférence (3 voix contre 2). Dora gagne la série de justesse, mais la frustration est à son comble. En sortant de l’eau, l’entraîneur de Dora s’en prend verbalement à Willcox. L’adrénaline de la compétition vient de muter en quelque chose de beaucoup plus personnel. On vous a calé la vidéo youtube en dessous sur la scène (dans l’eau, pas sur le parking…lol)
Le Parking de la Discorde et le « Stab-gate »
C’est ici que l’histoire quitte le cadre sportif pour entrer dans la rubrique faits divers. Selon les rapports initiaux de Stab Magazine, la tension s’est déplacée sur le parking. Les « crews » des deux surfeurs en seraient venus aux mains, forçant la sécurité de la compétition à intervenir massivement.
C’est là que le scandale médiatique éclate. Stab, média pourtant réputé pour son ton irrévérencieux et « sans filtre », publie l’info… avant de la supprimer brusquement. Pour Pablo Zanocchi de Duke Surf et de nombreux observateurs, le constat est amer : le média le plus puissant du milieu a plié sous la pression des marques et des agents. Cette « disparition » de l’article a laissé un goût de censure, prouvant que même les médias dits indépendants craignent parfois de ternir l’image des « Golden Boys » du CT.
« Est-on si peu respectueux de son propre travail de journaliste pour laisser des marques dicter ce qui doit être lu ? » — La question de Zanocchi reste, encore aujourd’hui, un pavé dans la mare.
Le « Hug » de la Paix : Réconciliation ou Relation Presse ?
Face à l’ampleur de la rumeur, il fallait éteindre l’incendie. Le 17 avril, Yago Dora publie une photo sur Instagram : les deux surfeurs s’enlacent, souriants.
« La compétition est la compétition, et ce genre de situations est inévitable ; nous avons mis tout cela derrière nous », écrit le Brésilien. Il reconnaît que les choses ont dérapé de manière « inutile » la veille et salue en Willcox un « formidable compétiteur ».
Finalement, un échange de coups n’a rien d’incroyable dans une histoire du surf avec des anecdotes plus folles les unes que les autres. À la base, on n’avait pas prévu de parler de cet incident, car on n’était pas témoin de la scène. Mais la censure de Stabmag aura finalement provoqué cet article….
Le fleuve Qiantang, en Chine, n’est pas un cours d’eau comme les autres. Connu pour abriter le plus grand mascaret du monde, surnommé le « Dragon d’Argent », il vient de nous offrir des images qui défient les lois de la physique. Ce n’est plus seulement une vague de 9 mètres de haut qui remonte le courant, c’est un ballet géométrique hypnotisant.
Imaginez deux courants massifs arrivant de directions opposées. Lorsqu’ils se rencontrent, le choc ne crée pas seulement des éclaboussures, mais une véritable collision de forces fluides. En quelques secondes, l’interaction des vagues redessine le lit du fleuve, sculptant des motifs en spirales et des fractales dans le sable qui semblent presque artificielles.
« C’est la dynamique des fluides en action… là où les courants interagissent, des motifs émergent et le paysage se transforme constamment », explique-t-on sur place.
Un terrain de jeu mythique pour les surfeurs
Si ce spectacle visuel ravit les drones, il a longtemps été le terrain de chasse des surfeurs de l’extrême. On se souvient du Red Bull Qiantang Shootout où des pionniers comme Jamie O’Brien venaient défier cette onde capable d’atteindre 40 km/h.
Mais la magie du fleuve réside dans son imprévisibilité. « Chaque jour est différent », affirmaient les locaux lors des compétitions passées. Ce qui n’était qu’une onde de choc hier devient aujourd’hui une œuvre d’art éphémère gravée dans les sédiments. Un rappel brutal, mais magnifique, que dans l’eau, rien n’est jamais figé.
Le Main Break ou la vague de Margaret River a une nouvelle fois prouvé qu’elle ne pardonne rien. Pour cette deuxième étape du WSL Championship Tour 2026, l’océan Indien a offert des conditions solides, avec des murs d’eau de 2 à 2,5 mètres, permettant de boucler un chiffre record de 28 séries en une seule journée. Si le spectacle était au rendez-vous, le bilan est amer pour le surf français, qui voit ses têtes d’affiche tomber.
La loi de Margaret River : Une vague capricieuse et technique
Soyons réalistes : Margaret River est l’une des étapes les plus complexes du circuit mondial. Ce n’est pas seulement une question de taille, mais de lecture. Entre le clapot, le vent changeant et un reef profond qui déplace les zones de « take-off », chaque erreur se paie cash. À ce niveau, la différence ne se fait plus sur l’engagement physique, mais sur des micro-ajustements techniques.
Le moment fort de la journée restera le rematch de la finale olympique de Paris 2024. Dans le jardin de Jack Robinson, l’Australien a pris sa revanche sur Kauli Vaast. Malgré un surf puissant et une attaque de dos très verticale, le Tahitien s’incline de peu (13.60 contre 13.97). Un scénario cruel qui souligne la difficulté de s’imposer et de passer ce premier tour sur le word tour. Avec l’élimination de Marco Mignot et de la jeune Tya Zebrowski, la France accuse le coup. Il ne faudrait pas que ces sorties précoces deviennent une habitude, tant le talent est présent.
Vahine Fierro : Le dernier rempart français
Dans ce tableau masculin désormais vide de drapeaux tricolores, tous les regards se tournent vers Vahine Fierro. La surfeuse de Huahine a su naviguer dans les eaux troubles du Round 1 pour s’imposer face à Nadia Erostarbe. Vahine possède cette expérience des vagues de puissance qui pourrait faire la différence. Elle connaît Margaret River, elle y a déjà brillé, et sa capacité à taper dans le dernier « bowl » sera sa meilleure arme. Le défi sera immense au prochain tour face à la numéro 1 mondiale Caitlin Simmers, mais c’est précisément dans ces duels que les petits détails feront basculer la série.
Résultats & Prochaines Séries : Le Point Complet
Résultats marquants du jour
Jack Robinson (AUS) 13.97 bat Kauli Vaast (FRA) 13.60
Crosby Colapinto (USA) 14.37 bat Marco Mignot (FRA) 12.03
Sally Fitzgibbons (AUS) 11.67 bat Tya Zebrowski (FRA) 10.93
Vahine Fierro (FRA) 11.17 bat Nadia Erostarbe (ESP) 9.76
Meilleur score : Samuel Pupo (BRA) avec un total de 15.50.
Tableau des 16es de finale (Hommes)
Heat
Matchup
1
Samuel Pupo (BRA) vs. Kanoa Igarashi (JPN)
2
Liam O’Brien (AUS) vs. Joel Vaughan (AUS)
3
Crosby Colapinto (USA) vs. Griffin Colapinto (USA)
4
Gabriel Medina (BRA) vs. Jack Robinson (AUS)
5
Yago Dora (BRA) vs. Connor O’Leary (JPN)
6
George Pittar (AUS) vs. Leonardo Fioravanti (ITA)
7
Italo Ferreira (BRA) vs. Joao Chianca (BRA)
8
Ethan Ewing (AUS) vs. Miguel Pupo (BRA)
Tableau du Round 2 (Femmes)
Les séries à suivre absolument pour le clan français :
Heat 7 : Caitlin Simmers (USA) vs. Vahine Fierro (FRA)
Heat 5 : Molly Picklum (AUS) vs. Sally Fitzgibbons (AUS)
Heat 8 : Isabella Nichols (AUS) vs. Carissa Moore (HAW)
Le surf est-il devenu un sport de « flops » et de frustrations ? Pour cette première étape du Championship Tour 2026 à Bells Beach, on attendait du grand spectacle sur les vagues mythiques de Victoria. On a eu le droit à deux polémiques, pas plus : une dose massive de drama, des juges sous le feu des critiques avec deux polémiques, les deux seules choses à retenir, car côté surf, les vagues étaient nuls comme trop souvent à Bells Beach.
1. Le « suicide » tactique de Jack Robinson (et le show de Sammy Pupo)
C’est le premier gros séisme de la saison. Jack Robinson, l’un des favoris au titre, a quitté la compétition par la petite porte suite à une pénalité d’interférence. Sur le papier, la règle est simple.
Alors qu’il restait 9 minutes et que Samuel Pupo tenait la priorité, Robinson a tenté un coup de poker : partir sur une vague pour forcer le Brésilien à l’utiliser ou pour améliorer son propre score. Résultat ? Une perte de contrôle au lip et une planche qui frôle Pupo. La sanction est tombée : interférence de priorité.
Pour être honnête avec vous, c’est un cas d’école. D’un côté, Sammy Pupo en a rajouté des tonnes, jouant l’obstruction comme un attaquant de surface cherche le penalty. De l’autre, Jack a joué avec le feu et s’est brûlé. Même le « King » Kelly Slater y est allé de son petit commentaire assassin en soulignant que, de toute façon, Pupo « fumait » Robinson sur le plan du surf pur. Le verdict est amer, mais Robinson ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Il a joué avec le feu et il a perdu.
Si vous n’avez pas vu le replay de la série entre Italo Ferreira et Gabriel Medina, préparez-vous à hausser les sourcils. Italo nous a gratifié d’une manœuvre qui défie les lois de la physique : un air backside complet où ses pieds quittent totalement la planche en plein vol, avant qu’il ne retombe « par magie » dessus dans le bouillon.
Le score ? Un 7.83. Pour les fans du champion olympique, c’est un vol pur et simple. Pour moi ? C’est la juste application du règlement.
Le critère de maîtrise : Le surf de compétition récompense la radicalité, certes, mais surtout le contrôle.
La comparaison avec Medina : En face, Gabriel Medina, de retour après sa blessure de 2025, a été clinique. Des rotations complètes, propres, engagées et surtout maîtrisées du début à la fin.
Italo a réalisé un exploit de funambule, mais peut-on vraiment noter au sommet une manœuvre où le surfeur ne touche plus sa planche pendant la moitié du air ? Les juges ont tranché pour la technique plutôt que pour le spectaculaire désordonné.
Le surf de jugement : Un éternel débat
Ces deux polémiques nous rappellent une vérité fondamentale : le surf pro n’est pas une science exacte. C’est une affaire d’affinités, de lecture et parfois de « acting ». Que l’on soit pro-style ou pro-performance pure, il y a toujours débat dans le sport moderne….
Et vous, vous auriez mis combien pour l’air d’Italo ?
C’est une séquence qui coupe le souffle et rappelle pourquoi le spot de Cape Solander, affectueusement surnommé « Ours » par les locaux, est considéré comme l’un des plus dangereux de la planète. Lucas Chianca, alias « Chumbo », vient de partager des images de sa dernière session en Australie, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le prodige brésilien a flirté avec ses limites.
Connu pour sa domination insolente sur les montagnes d’eau de Nazaré, Chumbo s’est attaqué ici à un tout autre monstre. Ours n’est pas une vague spécialement connu pour sa taille, c’est une vague épaisse, un « slab » qui explose dans quelques centimètres d’eau, juste devant une falaise de dalles rocheuses. Sur la vidéo, on voit le Brésilien s’engager dans un tube monstrueux avec un calme olympien. Mais, comme souvent à Ours, le tube ferme suite à un backwash.
Pourquoi n’importe qui d’autre y serait resté
Projeté violemment dans le « bouillon », il est aspiré vers les rochers que les Bra Boys craignent tant. Là où un surfeur lambda aurait succombé à la panique ou aux impacts, Chumbo fait preuve d’un calme hors norme. Magré une apnée conséquente, il ressort des écumes sans une égratignure. Je pense qu’il a touché ou frôlé les rochers de près.
Imaginez un instant : vous habitez à Ericeira, avec des tubes world-class à votre porte. Pourquoi tout plaquer pour s’enfermer dans des aéroports, traverser des pistes poussiéreuses en pick-up et finir par attendre 10 jours sous une tempête de sable ? La réponse tient en un mot : Orienta.
Le pari fou d’un « right point » désert
Pour Miguel Blanco, la quête du Graal ne se trouve pas sur Google Maps. Le surfeur portugais a décidé de suivre une simple intuition, une rumeur concernant une droite perdue quelque part sur le littoral africain.
« On est partis chercher une vague sans trop savoir quand, ni où, si elle allait fonctionner », confie-t-il.
Après une semaine de doutes, de sable dans les yeux et d’attente interminable, la magie a fini par opérer. Le décor ? Une eau cristalline, du sable jaune vif, et une droite interminable qui déroule sur des centaines de mètres. Le choc : pas une seule âme à l’horizon.
Une seule planche pour des tubes infinis
Fidèle à l’esprit minimaliste de l’expédition, Miguel n’a emporté que deux planches, passant la quasi-totalité de son temps sur un twinnie signé Akila Aipa. Un choix audacieux pour dompter des sections parfois très « rondes » et imprévisibles.
Si la tentation est grande de vouloir épingler ce spot sur une carte, on respectera ici la règle d’or : on ne nomme pas ce paradis. À l’heure où chaque recoin de la planète est tagué sur Instagram, Blanco nous rappelle que le vrai luxe en 2026, c’est de surfer une merveille avec ses seuls amis. Un souvenir gravé à vie, loin de la foule et du bruit, que vous pouvez découvrir dans son dernier projet visuel.
Le message est clair : la route est longue, mais elle en vaut encore la peine.
On connaît la passion de Mason Ho pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à une anomalie en terme de vagues. Rochers affleurants, vagues à sec, dalles impossibles… plus c’est bizarre, plus le surfeur d’Oahu sourit. Mais cette fois-ci, au Brésil, avec son ami de toujours Sheldon Paishon, l’expérience a pris une tournure particulièrement électrique.
Plus de requins que de vagues ?
Extrait des archives du film Through the Doggy Door, ce clip nous plonge dans une session de « party wave » sur un backwash absolument monstrueux. Si la plupart des surfeurs verraient là un mur d’eau impraticable, Mason et Sheldon y voient une rampe de lancement.
Pourtant, le danger ne venait pas seulement de la collision entre la houle, le backwash ou le rivage. Mason l’avoue lui-même :
« C’est l’endroit où nous avons vu le plus de requins de toute notre vie de surfeurs ! Il ne fallait surtout pas tomber juste à côté de l’un d’eux. »
Le monde du big wave est en ébullition. Une vidéo de Lucas « Chumbo » Chianca, filmée sur le pic de « Big Mama » à Nazaré, vient de refaire surface et les chiffres annoncés donnent le vertige : plus de 22 mètres de face (75 pieds). Si les experts de la mesure s’écharpent déjà pour savoir si le record de Sebastian Steudtner (26,21 m) est en danger, une autre question me brûle les lèvres : est-ce qu’on parle encore vraiment de surf ?
Une montagne d’eau, mais à quel prix ?
Le 13 décembre dernier, les conditions à Praia do Norte étaient dantesques. Sur les images, on aperçoit un point minuscule dévalant une pente liquide absolument terrifiante. Propulsé en jet-ski par Ian Cosenza, Chumbo a repoussé les limites de la vitesse sur une planche. Bill Sharp, l’organisateur du Big Wave Challenge, confirme que le Brésilien a frôlé les limites après avoir passer 30 secondes sous l’eau, manquant de peu de finir broyé contre les falaises.
Le « Tow-in » : l’éternel débat
C’est ici que mon avis de puriste diverge de l’enthousiasme général. Oui, l’engagement est héroïque. Oui, la survie dans un tel chaos relève du miracle. Mais ne nous trompons pas de sport. Pour beaucoup d’entre nous, le surf, le vrai, commence là où le moteur s’arrête.
Le surf à la rame demande une lecture du spot et une puissance physique qui disparaissent dès qu’une corde entre en jeu. En tow-in, on devient un pilote de ski nautique de l’extrême. C’est spectaculaire, c’est médiatique, mais est-ce que cela doit encore être comparé aux exploits de ceux qui rament à la main pour attraper des monstres ?
Alors que les instances officielles tentent encore de définir où s’arrête exactement une vague, le débat sur l’éthique du surf, lui, ne fait que commencer. Chumbo a peut-être un nouveau record en poche, mais la rame, elle, garde son âme.
Tristan Guilbaud vient de dévoiler le premier épisode de sa web-série, un projet intime qui retrace un parcours loin d’être un long fleuve tranquille. Ce n’est pas seulement du surf ; c’est l’histoire d’un gamin de Saint-Gilles-Croix-de-Vie qui a transformé un rêve d’enfant en une carrière de dix ans au plus haut niveau.
Tout a commencé dans un garage vendéen
Si Tristan a pris ses premières vagues à 4 ans à Tahiti (Papenoo), c’est bien dans le garage familial en Vendée que tout s’est joué. Il se souvient encore de l’odeur de la résine et du bruit du ponçage lorsque son père lui fabriquait sa première planche. Ce lien père-fils, d’abord dans l’eau puis derrière la caméra, a été le socle de sa construction. De ses années en sport-étude à Bayonne jusqu’à son immersion chez la famille Beven (coach de Jérémy Florès), Tristan a tout fait pour atteindre l’excellence.
La « claque » téléphonique à 20 ans
Le documentaire révèle un moment charnière : alors qu’il rentre d’un séjour formateur en Australie et qu’il intègre le top 10 européen pro junior, Tristan perd son sponsor principal… par téléphone. Une claque brutale qui aurait pu le stopper net. Au contraire, cette épreuve a décuplé sa détermination. Sans sponsor, il a continué de travailler pour prouver qu’il avait sa place parmi les pros.
L’œil de la rédaction : un talent pur parfois bridé
Le petit plus d’Icones Surf : Pour avoir partagé un trip au Cap-Vert avec lui (on aperçoit d’ailleurs une image dans le film), je peux vous dire que Tristan est un surfeur de courbes et de puissance. En le voyant charger à Punta Preta, j’ai compris que le circuit de compétition classique ne lui rendait pas toujours justice. C’est un surfeur qui a besoin de longs murs, comme à J-Bay, pour exprimer son plein potentiel.
On le voit partout : de Pipeline aux rivières du Texas, Jamie O’Brien est la figure de proue du surf-divertissement. Mais derrière les vlogs survitaminés et les sessions en soft-top, la réalité financière est bien plus complexe qu’un simple compteur de vues. Dans une récente confidence, le plus célèbre des « Free Surfers » a levé le voile sur ses revenus YouTube, et les chiffres risquent de vous surprendre.
Entre jackpot et déficit : la réalité du business
JOB ne s’en cache pas : sur la plateforme de Google, c’est tout ou rien. « Dans un bon mois, je peux toucher 40 000 dollars« , avoue-t-il. Une somme qui fait rêver, mais qui cache une face B beaucoup plus sombre. Lors des périodes creuses, ses revenus chutent drastiquement aux alentours de 5 000 dollars.
Le problème ? Faire tourner une telle machine coûte cher. Entre les salaires de ses cadreurs (sol et drone) et les frais de déplacement constants, un mois à 5 000 $ est synonyme de perte nette pour l’Hawaïen.
« Je ne gagne pas une fortune »
Si l’on pourrait croire que Jamie roule sur l’or grâce aux publicités, il remet les pendules à l’heure. Pour lui, YouTube n’est pas une fin en soi, mais un levier. « C’est un outil pour faire grandir mes marques », explique-t-il. Sans une audience captive de 150 000 à 200 000 vues par vidéo, le modèle s’essouffle vite.
Le combat contre l’algorithme
Comme tout créateur, JOB subit la loi d’un algorithme qu’il juge imprévisible. « C’est une montagne russe. On teste un concept, si ça ne prend pas, on passe à autre chose. » Pour Jamie, la survie dans le surf business en 2026 ne tient pas seulement à la taille des vagues surfées, mais à la capacité de rester pertinent sur un écran de smartphone.
Vouloir cocher une case sur sa « bucket list » est une chose, finir dans une cellule haïtienne en est une autre. Le célèbre youtubeur Ben Gravy, connu pour son projet fou de surfer dans chaque pays du globe, vient de vivre l’expérience la plus tendue de sa carrière. En tentant de franchir la frontière entre la République Dominicaine et Haïti à la nage, planche sous le bras, le surfeur a frôlé la catastrophe.
Une « gauche » un peu trop engagée
Le plan paraissait simple, presque poétique : au sud de l’île, une embouchure de rivière offre une vague en A-frame. Prenez la droite, vous restez en République Dominicaine. Prenez la gauche, et vous glissez directement dans les eaux territoriales d’Haïti. C’est exactement ce qu’a fait Gravy pour valider son 27ème pays. Problème : Haïti traverse actuellement l’une des crises les plus violentes de son histoire, avec une capitale contrôlée à 90 % par des gangs armés.
« Ils auraient pu jeter la clé »
L’aventure a tourné court lorsque le surfeur et son équipe ont été interceptés par les autorités locales. Pas de tampon sur le passeport, pas d’autorisation, juste une entrée illégale par la mer. Detenus et interrogés, ils ont dû faire face à un général pour le moins perplexe.
« Après de longues explications, il a fini par trouver l’idée tellement stupide et nous tellement fous qu’il ne savait plus quoi faire de nous », confie Ben Gravy, encore sous le choc. Le général a été clair : il aurait pu les enfermer pour de bon. Finalement, après un sérieux rappel à la loi, le groupe a été escorté par la police armée jusqu’à leur véhicule.
Le conseil du jour ? Gardez vos dérives du bon côté de la frontière. La chance ne sourit pas deux fois aux surfeurs trop distraits.
Le célèbre spot de Bells Beach, en Australie, vient de livrer son verdict pour cette édition 2026, et le scénario semble tout droit sorti d’un film. Dans des vagues solides de 1m50 à 2m sur le spot de Winkipop, deux destins se sont croisés : celui d’un vétéran brésilien en quête de reconnaissance et d’une jeune hawaïenne bien décidée à régner sur le tour mondial.
Le « vieux » lion Miguel Pupo enfin sur le toit du monde
Si vous aviez dit à Miguel Pupo qu’il porterait le lycra jaune de leader mondial à 34 ans, il vous aurait sûrement ri au nez. Après 14 saisons passées sur le Championship Tour, le Brésilien a enfin fait résonner la cloche la plus convoitée du surf.
En finale, il était opposé à son compatriote et champion du monde en titre, Yago Dora. Dans un duel de « goofy », une rareté à Bells qui n’était plus arrivée depuis 1993, Pupo a fait la différence dans les dix dernières minutes. Grâce à un enchaînement de trois gros turns backside d’une précision chirurgicale, il décroche un 8,10 salvateur.
« Je vis ma carrière à l’envers », a confié Miguel, ému, avec sa deuxième victoire en carrière en poche. « Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de ma fille aînée, je lui ramène une cloche à la maison. »
Gabriela Bryan : la nouvelle patronne du tour
Côté féminin, la domination a été totale. Gabriela Bryan, la pépite de Kauai âgée de 24 ans, a littéralement survolé la compétition. Après une année 2025 exceptionnelle, elle commence 2026 de la plus belle des manières en dominant la championne du monde en titre, Molly Picklum, lors d’une finale à sens unique.
Bryan a rapidement mis l’Australienne « en combo » (nécessitant deux nouvelles vagues pour repasser devant) grâce à des carves puissants et un engagement physique impressionnant. C’est sa cinquième victoire sur le CT, et la jeune hawaïenne s’affirme plus que jamais comme la prétendante numéro 1 au titre mondial cette saison.
Cap sur Margaret River avec le maillot jaune
Grâce à ces victoires, Pupo et Bryan s’emparent des commandes du classement général. Ils arriveront à Margaret River avec le statut de favoris et le précieux maillot jaune sur les épaules. Pour Pupo, c’est une première historique ; pour Bryan, c’est la confirmation d’un talent qui n’en finit plus de grandir. Une chose est sûre : le surf mondial a changé de visage en ce mois d’avril 2026.
Imaginez-vous à des milliers de kilomètres de la Terre, observant le swell frapper la Gold Coast australienne depuis le hublot d’un vaisseau spatial. Ce n’est pas un scénario de science-fiction, mais le quotidien de Christina Koch. Spécialiste de mission sur Artemis II, elle vient de marquer l’histoire en devenant la femme ayant voyagé le plus loin dans l’espace, tout en gardant un œil affûté sur les vagues qu’elle compte surfer à son retour.
Ce qui rend l’histoire de Christina Koch si fascinante pour nous, surfeurs, ce n’est pas seulement son courage face au vide, mais son humilité face à l’océan. Elle a commencé le surf sur le tard, à 35 ans, au Texas.
« Je ne suis pas une experte, j’essaie simplement. J’ai même une certaine peur de l’eau que j’ai dû surmonter », confie-t-elle à la NASA.
Cette peur, elle ne la ressent pas en apesanteur, mais elle l’affronte à chaque session. C’est cette même ténacité, cette approche du « un petit morceau à la fois », qu’elle utilise pour dompter ses entraînements d’astronaute et les vagues de Snapper Rocks ou de Kirra, des spots qu’elle a d’abord photographiés depuis l’ISS avant d’y ramer en personne.
Un splashdown attendu près de San Diego
Après avoir échangé avec Kelly Slater depuis les étoiles et battu tous les records féminins de sortie extravéhiculaire, Christina Koch s’apprête à clore ce chapitre lunaire. Le retour sur Terre est prévu pour ce vendredi vers 17h00.
Le clin d’œil final ? La capsule d’Artemis II doit amerrir au large de San Diego, en Californie. À seulement 80 milles des côtes, elle sera déjà presque chez elle, dans cet océan qu’elle a contemplé depuis la Lune. Un petit pas pour la femme, mais un sacré ride pour la communauté surf.
Le rêve australien s’arrête brutalement pour Marco Mignot. Engagé dans le Round 3 du Rip Curl Pro Bells Beach, le surfeur tricolore a touché du doigt l’exploit face à l’un des ténors du circuit, le Brésilien Yago Dora. Dans des conditions magnifiques mais capricieuses sur le spot de Winkipop, c’est un scénario frustrant qui a scellé le sort du dernier Français en lice.
La meilleure vague, mais pas le backup
Le heat avait pourtant bien commencé pour Mignot. Affichant un engagement total, il a posté la meilleure note de la série avec un solide 7,00 points, prouvant qu’il avait largement le niveau pour bousculer la hiérarchie mondiale. Avec un backup de 5,63, le total du Français semblait compétitif.
Cependant, face à lui, la régularité de Yago Dora a fait la différence. Le Brésilien a su optimiser les sections offertes par le swell de 3-4 pieds pour prendre l’avantage.
Neuf minutes d’agonie avec la priorité
Le plus dur à avaler pour le clan français reste cette fin de série. Alors qu’il avait besoin d’un petit 5,67 pour reprendre la tête et créer la surprise, Marco Mignot a conservé la priorité pendant les neuf dernières minutes de la bataille.
Malheureusement, Poseidon s’est montré avare. Dans une mer devenue soudainement trop calme et inconsistante, aucune opportunité ne s’est présentée au Français. Malgré une lecture de vague impeccable et une attente stratégique, le « set » de la délivrance n’est jamais venu.
Cette élimination précoce à Winkipop laisse un goût amer, tant le surf produit par Mignot méritait un meilleur sort. Le pensionnaire de l’élite devra désormais se remobiliser pour la suite de la saison, avec la certitude que sa pointe de vitesse et son « power surfing » sont désormais au niveau des meilleurs mondiaux.
Après plusieurs jours de calme plat, la mythique cloche de Bells Beach a enfin résonné. Cette quatrième journée de compétition, marquée par une alternance entre le Bowl et le spot de Winkipop, a offert un scénario mitigé pour le clan tricolore. Si Marco Mignot a validé son ticket pour la suite avec brio, Kauli Vaast quitte prématurément Bells Beachavec un immense sentiment d’injustice.
Marco Mignot dompte Crosby Colapinto
Pour son entrée en lice, Marco Mignot n’a pas tremblé. Opposé à l’Américain Crosby Colapinto dans une série piégeuse sur des vagues de 1m20 à 1m50, le Français a fait preuve d’une maturité tactique. Avec un total de 11,83 points, il a su exploiter les sections les plus critiques du Bowl pour s’imposer. Mignot semble avoir trouvé le bon rythme sur ces longues droites australiennes, une victoire qui lui permet de rejoindre le Round 3 où il retrouvera le redoutable Yago Dora, champion du monde l’année précédente.
Le cauchemar de Kauli Vaast : éliminé pour 0,07 !
Le surf est parfois un sport de détails, et Kauli Vaast vient d’en faire la douloureuse expérience. Face à l’Italien Leonardo Fioravanti, le Tahitien a livré un duel de haute volée, tout en puissance et en flow. Malheureusement, le verdict des juges est tombé comme un couperet : 11,60 contre 11,67 pour Fioravanti. Pour seulement 0,07 point, le champion olympique voit son parcours s’arrêter net.
La déferlante brésilienne et les favoris au tapis
Derrière les performances françaises, la journée a été marquée par le réveil des brésiliens. Les champions du monde brésiliens ont fait la loi : Gabriel Medina, pour son grand retour sur le CT, a surclassé Alan Cleland, tandis que Filipe Toledo et Italo Ferreira ont également validé leur passage.
Cependant, Bells Beach ne pardonne pas aux imprudents. Le tenant du titre Jack Robinson a été éliminé par Samuel Pupo, suite à une interférence coûteuse. Chez les femmes, la sensation vient de l’élimination de la n°2 mondiale Caroline Marks, sortie par Alyssa Spencer (qui avait éliminé la française Tya au round 2). De son côté, la championne du monde en titre Molly Picklum a affiché ses ambitions en scorant un 16,50, le meilleur total de l’épreuve.
Prochain rendez-vous : Le « Call » est fixé à cette nuit pour la suite du Round 3, où Marco Mignot tentera de venger le clan français.
Le surf européen s’apprête-t-il à changer de dimension ? Selon le dernier rapport de Market Data Forecast et un article américain de The Inertia, le marché de la planche de surf en Europe, estimé à 1,09 milliard de dollars en 2025, pourrait atteindre le chiffre vertigineux de 3,01 milliards d’ici 2034. Une croissance qui interroge autant qu’elle impressionne, alors que nos lineups affichent déjà complet.
Les moteurs d’une croissance record
Cette envolée financière ne sort pas de nulle part. L’étude pointe plusieurs leviers qui transforment l’industrie :
L’industrialisation de l’apprentissage : La multiplication des surf camps et des écoles booste la demande. Ces structures renouvellent leurs flottes de planches (souvent des modèles évolutifs et « softboards ») tous les deux ans.
L’effet « Wave Pools » : L’arrivée des piscines à vagues au Royaume-Uni, aux Pays-Bas ou en Suisse démocratise le sport loin des côtes. Les futurs parcs en France et en Espagne devraient accentuer ce phénomène.
Le localisme « shaper » : Bonne nouvelle pour l’artisanat, les pratiquants privilégient de plus en plus les shapers locaux, capables d’adapter le matériel aux spécificités des spots européens.
La France, locomotive du business
Sans surprise, la France domine le marché avec 27,7 % des parts de ventes. Pourtant, derrière ces chiffres records, une réalité de terrain vient nuancer l’optimisme des analystes. Le rapport cite la saisonnalité et le coût du matériel hivernal comme des freins, mais oublie parfois l’essentiel : l’espace vital dans l’eau.
Le spectre de la saturation
Si les chiffres prédisent un triplement du marché, une question brûle les lèvres de tous les pratiquants : où vont surfer tous ces gens ? De Biarritz à Peniche, en passant par Cornwall, la saturation des spots est déjà une réalité quotidienne. Le « crowd » n’est plus seulement une gêne, c’est un frein à la pratique. Voir le nombre de surfeurs exploser semble mathématiquement complexe sur des pics déjà surpeuplés. La croissance du marché pourrait donc moins venir de l’Océan que des vagues artificielles et de la transition vers des matériaux éco-responsables (bioresines, mousses recyclées), vendus plus cher à une clientèle soucieuse de son impact.
Je vous rassure, si le nombre de pratiquants est toujours aussi importants, on semble loin de ces projections futures et potentielles pour l’instant.
La vague de Bells Beach a offert un spectacle en demi-teinte encore ce dimanche de Pâques, mais l’intensité était bien réelle. Dans une houle de 1m20 en perte de vitesse, la hiérarchie mondiale a bien failli vaciller lors de ce troisième jour de compétition.
Colapinto revient de l’enfer face à Dane Henry
C’est le duel qui a électrisé la matinée. Le prodige de 19 ans et wildcard, Dane Henry, a bien cru faire chuter le numéro 2 mondial, Griffin Colapinto. Avec un air reverse massif noté 8.00 et un back-up solide à 7.00, le champion du monde Junior menait la danse. Dos au mur, l’Américain a dû puiser dans son expérience pour répliquer avec un total de 15.26 points.
« J’avais les jambes lourdes au début, les nerfs de la première série de l’année. Le 8 de Dane m’a mis un coup de fouet, c’était tout ou rien », a confié Colapinto, soulagé d’éviter l’élimination précoce.
Jordy Smith et Alejo Muniz : Les vieux briscards tiennent bon
Dans le duel 100% sud-africain, Jordy Smith a rappelé à son jeune protégé Luke Thompson que Bells appartient à ceux qui savent lire les vagues. Après un début poussif, Smith a dégoté une bombe au large, claquant un 8.00 pour s’imposer avec autorité.
L’émotion était également palpable pour Alejo Muniz. Le Brésilien, qui effectue sa dernière saison sur le Tour, a éliminé le tenant du titre 2024, Cole Houshmand. En larmes sur les marches avant sa série, le vétéran de 36 ans s’offre un tour supplémentaire dans la mythique cloche.
La suite du programme : La compétition a été stoppée après seulement 7 séries. Le prochain call est prévu demain à 7h15 (heure locale) pour une reprise probable sur le spot de Winkipop. Les Français Marco Mignot et Kauli Vaast entreront toujours en lice pour le Round 2.
Le mythique « Bowl » de Bells Beach a montré son visage le plus capricieux pour le lancement de la saison féminine 2026 du Championship Tour (CT). Dans un swell désordonné de 1m50 à 2 mètres, marqué par des conditions de marée changeantes, le clan tricolore a malheureusement bu la tasse. Entre retours triomphaux et éliminations prématurées, cette deuxième journée de compétition restera gravée comme celle des paradoxes.
Fin de parcours cruelle pour Vahine Fierro et Tya Zebrowski
L’attente était immense, mais la déception est à la hauteur des espoirs placés en nos surfeuses françaises. Pour ses grands débuts sur le circuit d’élite, la jeune prodige de 15 ans Tya Zebrowski a dû s’incliner face à une Alyssa Spencer en état de grâce. En regardant la série, on avait l’impression que la française maitrisait le duel, mais dans les trois dernières minutes, l’Américaine a chopé une bombe, quelle a bien surfé avec un score fatal d 8.33.
Le scénario est encore plus amer pour Vahine Fierro. Dans un duel ultra-serré face à l’Israélienne Anat Lelior, la surfeuse de Teahupo’o a manqué de réussite sur ses derniers choix de vagues. Anat Lelior l’emporte d’un cheveu (13.83 contre 13.50). Avec ces deux sorties de route dès le Round 1, la France perd ses deux meilleures chances de trophée à Victoria.
Carissa Moore rayonne, Stephanie Gilmore chute
C’était l’autre grand événement de la journée : le retour à la compétition des « Reines du surf ». Deux ans après s’être retirée pour devenir maman, la quintuple championne du monde Carissa Moore a prouvé qu’elle n’avait rien perdu de son « rail-to-rail » légendaire. Très sereine, elle s’impose face à Sawyer Lindblad et affiche ses ambitions pour une quatrième cloche à Bells.
« Je n’arrivais même pas à marcher jusqu’à ma boîte aux lettres après l’accouchement il y a un an. Aujourd’hui, remettre un lycra et voir ma fille sur la plage, c’est ma plus belle victoire », a confié l’Hawaïenne avec émotion.
À l’inverse, le conte de fées a tourné court pour Stephanie Gilmore. La « GOAT » australienne, en quête d’un cinquième titre ici, a paru manquer de rythme face à la Brésilienne Luana Silva. Un coup dur pour le public local qui espérait voir son icône aller loin.
Séisme chez les hommes : le tenant du titre Ethan Ewing éliminé
Le tableau masculin n’a pas été épargné par les surprises lors du Round 2. Le favori local et tenant du titre, Ethan Ewing, a été victime d’un véritable hold-up signé George Pittar. Dans un remake de leur duel de 2024, le jeune Australien a pris sa revanche en exploitant parfaitement une longue section ouverte pour décrocher un 7.67 salvateur, laissant Ewing sur le carreau.
La suite de la compétition s’annonce électrique, avec des Français qui devront impérativement relever la tête dans les séries masculines restantes. Marco Mignot et Kauli Vaast sont attendus au tournant dès demain pour sauver l’honneur du surf tricolore.
Prochain call : Demain, 5 avril, à 6h45 (heure locale).
Le monde du surf vient de perdre l’un de ses shapers les plus influents. Don Hansen, le fondateur de l’emblématique marque Hansen Surfboards, s’est éteint paisiblement à l’âge de 88 ans. Plus qu’un simple fabricant de planches, c’est une figure paternelle de l’industrie et un visionnaire de la « Golden Era » qui tire sa révérence, laissant derrière lui un héritage qui continue de glisser sur toutes les vagues du globe.
Rien ne prédestinait ce gamin né en 1937 dans les plaines glacées du South Dakota à devenir une icône de la culture surf. Avant de dompter les vagues, Don Hansen traquait le vison dans le Midwest, gagnant parfois jusqu’à 600 dollars par semaine — une petite fortune pour l’époque. Mais l’appel de l’océan, transmis par des camarades d’université revenus bronzés de Californie, a été plus fort.
À 18 ans, Don plaque tout. Il traverse les États-Unis en stop avec une seule idée en tête : voir le Pacifique. Ce n’était pas seulement une envie de vacances, c’était le début d’une quête qui allait transformer le surf moderne.
L’apprentissage auprès des maîtres : l’école de la rigueur
Don Hansen n’est pas devenu une légende par accident. Il a appris le métier auprès des plus grands. Après un passage dans l’armée, il s’installe à Santa Cruz et devient l’apprenti d’un certain Jack O’Neill. C’est là, dans la brume du nord de la Californie, qu’il affûte son rabot.
Son talent pour le shape devient rapidement une évidence. Il collabore avec d’autres noms qui font aujourd’hui figure de divinités dans le milieu : Hobie Alter et Hap Jacobs. En travaillant pour ces pionniers, Don Hansen a compris une chose essentielle : une planche de surf n’est pas qu’un simple morceau de mousse et de résine, c’est un accessoire indispensable pour les surfeurs.
L’aventure hawaïenne et la naissance d’un empire
En 1961, Don Hansen réalise son pèlerinage ultime : la North Shore d’Oahu. C’est là, dans une petite cabane au bout d’un chemin de terre, qu’il fonde officiellement Hansen Surfboards. Hawaï n’est pas seulement son atelier, c’est aussi son terrain de jeu.
Don n’était pas qu’un artisan talentueux, c’était un surfeur de classe mondiale. Il prouve sa légitimité en remportant les Tandem National Surfing Championships et en décrochant la deuxième place aux championnats du monde de Makaha. En 1962, il consacre son statut de star en faisant la couverture de Surfer Magazine. À cette époque, si vous vouliez savoir ce qui se faisait de mieux en matière de planche de surf, il fallait regarder ce que Don Hansen shapait.
Les modèles cultes : Quand le shape devient art
De retour en Californie, à Cardiff-by-the-Sea, Hansen surfe sur l’explosion du marché dans les années 60. C’est durant cette période faste qu’il crée des modèles qui sont encore aujourd’hui des références absolues pour les puristes du log :
La 50-50 : Un modèle de polyvalence absolue.
La Competitor : Taillée pour la performance pure de l’époque.
La Superlight : Une révolution technique pour l’époque.
Ces planches ne sont pas de simples pièces de musée ; elles sont toujours en production, preuve de la pertinence intemporelle de ses designs. Don Hansen avait compris avant tout le monde l’importance du « signature model », sponsorisant des légendes comme Mike Doyle, Rusty Miller ou encore la pionnière Linda Benson.
Même le « King » Gerry Lopez a reconnu l’influence de Hansen. Avant de devenir Mr. Pipeline, Lopez surfait sur un modèle Hansen baptisé « Lightning Bolt » en 1969, un précurseur direct de ce qui allait devenir la marque la plus cool des années 70.
Un héritage familial au cœur d’Encinitas
Dans les années 70, alors que l’industrie du surf commençait à se structurer, Don a ouvert son shop à Encinitas, sur la mythique Highway 101. Aujourd’hui, Hansen Surfboards reste le plus grand surf shop du comté de San Diego.
Mais la véritable réussite de Don, au-delà des chiffres, réside dans le caractère familial de son entreprise. À une époque où les grands groupes rachètent tout, les Hansen sont restés aux commandes. Don était un homme de clan, un mentor pour ses employés et une figure respectée de sa communauté. Son intronisation au Surfing Walk of Fame en 2023 n’était que la juste reconnaissance d’une vie entière dédiée à la culture du surf.
Ride in Peace, Don
Huit décennies et demie d’une vie bien remplie, à tracer des courbes sur l’eau et dans la mousse. Don Hansen n’a pas seulement fabriqué des planches, il a fabriqué des souvenirs pour des milliers de surfeurs. Comme le soulignait Joel Tudor lors de l’annonce de son décès : « Quel chemin tu as tracé pour notre tribu ! Tu l’as fait à ta façon, selon tes propres termes. »
Don Hansen laisse derrière lui sa femme Shirley, ses enfants Christian, Heidi et Josh, et ses petits-enfants. Mais il laisse aussi une trace indélébile sur chaque vague surfée sur une planche « Hansen ».
À 88 ans, on peut dire que la session fut longue, belle et parfaitement scorée. Bon voyage, Don. On se voit au pic, là-haut.
Le Rip Curl Pro Bells Beach n’est pas une simple étape du circuit mondial. C’est un pèlerinage, une institution où l’on ne gagne pas seulement des points, mais une cloche en bronze qui pèse le poids de l’histoire. Pourtant, derrière le prestige de la « Bell », se cachent des récits que les retransmissions en direct ne racontent jamais.
John Collins, directeur de compétition emblématique entre 1987 et 1993, a vécu l’âge d’or du surf professionnel. Une époque où le sport passait du statut de « club secret » à celui de spectacle planétaire, avec son lot d’improvisations, de drames et de miracles. Voici les coulisses d’un mythe racontées par celui qui tenait les rênes.
1. 1987 : Le gamin de 15 ans que personne n’attendait
Imaginez la scène : vous êtes nommé directeur de la plus grande compétition de surf au monde sans aucune expérience préalable. Vous vous retrouvez lors de votre première conférence de presse, entouré des légendes du sport. Problème ? Vous ne connaissez pas la moitié des visages alignés devant vous.
C’est ce qui est arrivé à John Collins en 1987. Alors qu’il panique discrètement face aux caméras, un adolescent assis à côté de lui, sourire jusqu’aux oreilles, lui souffle les noms des champions un par un. Ce gamin, c’était Nicky Wood.
Le hold-up du siècle
À seulement 15 ans, Nicky Wood n’était pas censé gagner. Il était là pour apprendre. Mais cette année-là, la magie a opéré. Dans une ambiance de fête totale, devant des milliers de spectateurs massés sur les falaises de Torquay, le jeune Australien a balayé l’élite mondiale.
« Je le voyais déchirer les vagues et je me demandais : ‘C’est quoi ce délire ?’ », se souvient Collins.
Nicky Wood est devenu, et reste à ce jour, le plus jeune surfeur de l’histoire à remporter une épreuve du CT. Un record qui semble aujourd’hui intouchable, gravé à jamais dans le bronze de la cloche de Bells.
2. 1992 : Un trophée remis dans une ambulance
Le surf de haut niveau est un sport de gladiateurs, et la finale de 1992 entre Richie Collins et le champion du monde Martin Potter en est la preuve la plus brute.
Les conditions ce jour-là étaient loin d’être idylliques. La houle s’essoufflait sur le reef. Sous la pression du public et des sponsors, John Collins prend la décision de lancer la finale. C’est là que le drame survient. Sur une vague minuscule, Richie Collins chute violemment et percute le récif. Son dos lâche.
Le silence de l’océan
Pendant que Richie est évacué sur une civière, Martin Potter reste à l’eau. Il ne lui manque qu’une seule petite vague pour remporter le titre. Mais l’océan, comme s’il avait décidé que le spectacle était terminé, s’arrête net. « C’était comme si quelqu’un avait coupé le robinet », raconte l’ancien directeur.
À la sirène finale, Richie Collins est déclaré vainqueur depuis son brancard. La scène est surréaliste : John Collins doit se précipiter vers l’ambulance qui s’apprête à partir pour lui remettre officiellement son trophée. Gagner Bells Beach sur un brancard : voilà la définition du sacrifice pour la gloire.
3. 1993 : Le pari fou de la « compétition mobile »
Aujourd’hui, déplacer une compétition de surf pour trouver de meilleures vagues est monnaie courante. Mais en 1993, c’était une hérésie logistique.
Bells Beach était « flat » depuis des jours. La pression montait. Les propriétaires de Rip Curl voulaient de l’action. John Collins prend alors une décision qui va changer l’histoire du circuit pro : déménager l’intégralité de l’événement à Johanna Beach, une plage sauvage et isolée, cachée au fond des forêts de l’Otway.
Hélicoptères et gardes forestiers
L’opération tourne au chaos organisé :
Accès restreint : Johanna est située dans un parc national. Les autorisations ont été négociées dans l’urgence absolue.
Invasion médiatique : Les chaînes de télé nationales ont envoyé des hélicoptères pour le JT de 18h, forçant Collins à improviser une piste d’atterrissage entre les dunes et les gardes forestiers furieux.
Risque financier : L’entrée à Bells coûtait 5 dollars, finançant l’année de Surfing Victoria. En partant à Johanna, Collins a dit adieu à cette recette.
Le pari fut pourtant gagnant. Les vagues étaient massives, brutes et authentiques. Ce geste a prouvé que pour l’intégrité du surf, la qualité des vagues devait primer sur le confort logistique. C’était la naissance du surf professionnel « hardcore ». Dommage qu’on ait un peu oublié cette règle….
Au-delà des anecdotes, Bells Beach est aussi un pionnier de l’écologie. Bien avant que la durabilité ne soit à la mode, la compétition imposait aux surfeurs de planter un arbre pour chaque inscription. C’est grâce à cette pression des surfeurs que le site est devenu la première réserve de surf officiellement reconnue au monde.
L’histoire continue et on espère pouvoir vous raconter d’autres anecdotes dans les années futures.
C’est le transfert qui fait vibrer la planète free-surf en ce début d’année. William Aliotti, l’un des seuls surfeurs français free-surfeurs de sa génération, vient d’officialiser son entrée dans la prestigieuse Billabong Adventure Division. Pour marquer ce nouveau chapitre, le Français livre une épopée visuelle à travers plusieurs pays. Une vidéo simple mais agréable.
Une quête mondiale semée d’embûches
Intitulée simplement pour célébrer cette nouvelle « aventure », la vidéo nous embarque dans un périple qui n’a pas été de tout repos. Pendant des mois, William a parcouru les continents à la recherche de la perfection. Du Panama aux spots plus secrets, le surfeur a dû composer avec une météo capricieuse et des sessions frustrantes.
« Le surf ne se plie pas à l’intention », confie William. Parfois, des semaines de voyage se résument à une seule vague.
Le retour aux sources : un final stratosphérique
C’est finalement là où tout a commencé que la magie a opéré. De retour en Europe, alors que la pression retombait, les éléments se sont enfin alignés. Sur les plages du Portugal et surtout sur ses terres en France, William a retrouvé son flow.
Équipé de ses planches fétiches — Twin Fins et modèles asymétriques — il repousse les limites de la trajectoire avec une fluidité déconcertante. L’apothéose ? Un tube landais absolument stratosphérique en fin de vidéo, qui justifie à lui seul les milliers de kilomètres parcourus.
Le monde du surf retenait son souffle (et ses larmes) en voyant Italo Ferreira frotter ses dérives de collection contre le goudron d’un parking australien. Mais après une deuxième vidéo postée ce matin, le mystère s’éclaircit. Si les experts se déchiraient en commentaires sur la théorie de l’hydrodynamique, la réalité est, comme souvent avec Italo, un mélange de pure folie et de pragmatisme brut.
Certains commentaires sous sa dernière vidéo ne s’y trompent pas : « Si on regarde au-delà de la ponceuse version parking, il est en train d’émousser le bord d’attaque de la dérive surf. » En clair, Italo ne détruit pas son matériel, il le « shape » à la sauvage. Ce n’est pas la première fois que je vois cela, mais soyons honnête les surfeurs utilisent du papier de verre pour ce type d’opération. Une technique un peu plus orthodoxe que celle d’Italo.
Alors, est-ce un Poisson d’avril ? Oui et non. Le timing de la publication (31 mars / 1er avril) est un début de preuve, de mon point de vue. Italo adore jouer avec les nerfs des puristes. Mais la vidéo « after » le montre à l’eau, déchirant littéralement le plan d’eau de Bells avec ces mêmes dérives.
Qu’il ponce sur du papier de verre 400 ou sur le bitume d’un parking, le résultat est le même : Italo vole, et nous, on regarde.
C’est le rendez-vous que tous les passionnés de surf attendaient. Ce soir, la cloche la plus célèbre du surf mondial s’apprête à résonner pour le lancement du Rip Curl Pro Bells Beach 2026 et de la saison de WCT. Pour cette 50ème édition du circuit professionnel, la World Surf League (WSL) frappe fort avec un plateau de stars rarement vu, mêlant jeunes loups affamés et icônes de la discipline de retour aux affaires.
Le retour des « Queens » et du « King » brésilien
L’attraction majeure de cette première étape est sans conteste le retour à la compétition de deux légendes : Stephanie Gilmore (8 titres mondiaux) et Carissa Moore (5 titres). Après une pause prolongée, les deux championnes reviennent avec un regard neuf. Moore, désormais maman, et Gilmore, revigorée, devront faire face à la nouvelle garde menée par la tenante du titre mondial, l’Australienne Molly Picklum, qui rêve de faire sonner la cloche à domicile.
Chez les hommes, tous les regards sont braqués sur Gabriel Medina. Absent en 2025 pour blessure, le triple champion du monde revient avec le lycra numéro 1 et un nouveau coach de renom : Adriano de Souza. Face à lui, le champion en titre Yago Dora et l’Australien Jack Robinson, opéré du genou durant l’intersaison, comptent bien gâcher le retour du « King ».
Prévisions météo : Un démarrage en fanfare
Côté conditions, les nouvelles sont excellentes. Selon les dernières prévisions de Craig Brokensha, un premier swell solide devrait offrir des vagues d’environ de 80 cm à 1,2 m dès le premier jour, des conditions pas folles mais suffisantes pour lancer la compétition. Le vent de secteur nord-nord-ouest garantit des faces propres et lisses sur le spot de Bells, voire un repli sur Winki Pop si la marée haute de la mi-journée l’exige.
Si les journées de jeudi et vendredi s’annoncent plus calmes, une nouvelle rentrée de houle est attendue pour le week-end de Pâques.
Premier Call : Rendez-vous cette nuit !
Pour ne rien rater du spectacle, il faudra veiller (ou se lever très tôt). Le premier call officiel est prévu à 7h45 AEDT, ce qui correspond à 22h45 ce soir, mardi 31 mars, heure de Paris. Un lancement de la compétition est fortement envisageable dès 23h00.
Les Français en lice
La délégation française sera particulièrement scrutée. Vahine Fierro, très attendue après ses performances à Tahiti, affrontera Anat Lelior au premier tour. La jeune prodige Tya Zebrowski aura fort à faire face à l’Américaine Alyssa Spencer. Chez les hommes, Marco Mignot affrontera Crosby Colapinto, alors que le rookie Kauli Vaast sera opposé à l’italien Leonardo Fioraventi.
Pour rappel, le vainqueur du classement général sur les trois étapes australiennes (Bells, Margaret River et Gold Coast) repartira cette année avec un GWM Tank 300. Les enjeux sont posés !
C’était un 14 janvier. Un froid polaire, -5°C au thermomètre, et cette brume épaisse qui enveloppe la côte landaise, transformant l’Océan en un terrain de jeu fantomatique. Pour Vincent Duvignac, l’un des meilleurs tube-riders français, les conditions étaient « impeccables » sur le papier. Un banc de sable qu’il connaît par cœur, des droites tubulaires de 1,20 m à 1,50 m. Rien d’insurmontable pour un surfeur de sa trempe. Et pourtant, en une fraction de seconde, le destin a failli lui arracher bien plus que sa passion pour le surf.
L’impact du choc dans le tube
Dans la vidéo « OUT OF LINE »réalisée par Pierre Frechou et produite par Oxbow, Vincent revient sur cet instant précis où tout bascule. Une vague plus puissante, une onde qui rattrape la précédente. Vincent tente un airdrop engagé, mais son pied glisse. Il se retrouve le genou sur la planche, incapable d’accélérer. Il subit. L’impact est d’une violence inouïe. « C’est une implosion dans le tube », décrit-il. Sa tête percute le sable, dur comme du béton à cause de la faible profondeur.
Sur le moment, la douleur est insoutenable, une résonance macabre dans la boîte crânienne. Accompagné par son ami Pierre, il sort de l’eau, figé, conscient que quelque chose de grave vient de se produire. Le diagnostic tombe aux urgences : fractures instables sur les vertèbres C2 et C3. À quelques millimètres près, la moelle épinière était sectionnée. Le verdict est glaçant : Vincent a frôlé la tétraplégie, voire la mort.
La prison de résine : trois mois dans l’ombre
Pour cet amoureux du mouvement, l’immobilisation est une torture. Équipé d’un corset sur-mesure lui enserrant le buste et la tête, Vincent devient une ombre. Plus de surf, plus de conduite, et surtout, l’impossibilité de serrer ses enfants et sa compagne dans ses bras. « Je me sentais hyper vulnérable », confie-t-il, évoquant les escarres causés par le plastique et les nausées dues aux médicaments.
Pendant trois mois, la question n’est plus de savoir s’il va un jour ressurfer, mais s’il pourra simplement retrouver une vie normale. Le combat est autant mental que physique. Entre les larmes et les doutes, le Landais s’accroche à une rééducation millimétrée, guidé par une équipe médicale qui veille sur chaque millimètre de rotation de son cou.
La renaissance : de « Robocop » à La Nord
C’est en avril 2025 que le miracle se produit. Sans corset, Vincent retrouve enfin l’eau. Mais la reprise est loin d’être idyllique. Ramer est une douleur, lever la tête pour regarder l’horizon est un défi physique. Pourtant, la flamme est toujours là. Le processus est lent, frustrant, mais nécessaire pour « soigner sa santé mentale ».
Le point d’orgue de cette reconstruction arrive dix mois après l’accident. Vincent se présente au pic de La Nord, à Hossegor, pour une session test dans du solide. La peur au ventre, un casque sur la tête pour protéger ce cou si fragile, il affronte ses démons. Après deux heures d’appréhension, le déclic : une bombe dénichée au large, un ride qui efface des mois de souffrance. « Ça a débloqué des choses », lâche-t-il à sa sortie de l’eau, les yeux brillants.
Un nouveau regard sur l’Océan
Aujourd’hui, Vincent Duvignac ne surfe plus tout à fait de la même manière. S’il a retrouvé son style fluide et son engagement, il porte désormais un casque et une humilité nouvelle face aux éléments. Son histoire, racontée avec une pudeur touchante dans « OUT OF LINE », nous rappelle que derrière l’esthétique des vidéos de surf se cache une réalité parfois brutale. Le « chercheur de vagues » est revenu de l’enfer, et chaque nouveau tube est désormais savouré comme un cadeau de la vie.
À quelques jours du coup d’envoi du World Championship Tour (WCT) le 1er avril à Bells Beach, Marco Mignot, le « Rookie of the Year » 2025, vient de boucler une préparation hors norme. Pour échapper aux tempêtes portugaises et françaises, il a choisi les droites parfaites du Maroc. Mais ne vous fiez pas à son sourire permanent : derrière la décontraction, se cache un athlète qui a « signé un contrat avec lui-même ».
« Je ne suis pas là juste pour faire partie du tour »
L’ambition de Marco est limpide. Dans son dernier documentaire, il l’affirme sans détour : « Maintenant que je suis dans le CT, j’ai pas juste envie d’être là. Je veux être le meilleur surfeur du monde. » Pour transformer ce rêve en réalité, il s’est entouré d’une équipe soudée, dont son coach Jason, avec qui il partage une connexion quasi fraternelle. « Quand je perds, il perd aussi. Quand je gagne, il gagne », confie-t-il. Au Maroc, chaque session a été filmée, disséquée et répétée jusqu’à l’automatisme pour que, sous la pression de Bells Beach, son surf devienne une seconde nature.
La « zone d’inconfort » comme moteur de progression
Le quotidien de Marco au Maroc n’avait rien d’un séjour touristique. Entre deux tajines partagés avec les locaux, l’entraînement suivait un rythme militaire : bains d’eau glacée au réveil pour « réveiller le corps », musculation spécifique et heures interminables à l’eau.
Ce qui impressionne chez lui, c’est cette maturité dans l’effort. Marco cherche activement la difficulté : « Je cherche cet endroit où c’est dur, ma zone d’inconfort. C’est là que je me retrouve face à la réalité. » Pour lui, la discipline n’est pas une option, c’est une règle de vie : « Même si je suis fatigué, j’y vais quand même. J’ai signé un contrat avec moi-même, il n’y a pas d’excuses. »
Cap sur Bells Beach et le titre mondial
Le travail physique, axé sur l’ancrage et la puissance, vise à rendre son surf plus « mature » et solide sur les rails, une nécessité pour affronter les murs d’eau australiens. Marco Mignot ne se contente pas de viser un top 5 ou un top 10. « On joue au jeu pour gagner », lance-t-il avec cette détermination qui nous fascine.
Bonne chance Marco, il nous tarde de te voir casser les droites de Bells Beach.