Auteur/autrice : Kelly Slater

  • Ce surfeur brésilien ne se doutait pas qu’il surfait au-dessus d’un groupe de requins

    Ce surfeur brésilien ne se doutait pas qu’il surfait au-dessus d’un groupe de requins

    Si vous pratiquez le surf depuis quelques années, vous avez probablement déjà partagé une session avec des requins sans même vous en rendre compte, surtout si vous avez voyagé. C’est le principe même de l’océan : nous ne sommes que des invités. Mais pour ce surfeur évoluant sur un spot de l’île de Fernando de Noronha, au Brésil, l’ignorance a bien failli se transformer en une rencontre beaucoup plus brutale.

    Une scène surréaliste filmée depuis la plage

    Une vidéo, devenue virale ce lundi 9 mars, montre une scène qui fait froid dans le dos. À seulement quelques mètres du bord, dans une eau relativement claire et peu profonde, au moins trois requins patrouillent activement. Sur le sable, l’agitation est à son comble, notamment à cause d’un chien qui tente courageusement (ou inconsciemment) de chasser les prédateurs depuis le rivage.

    C’est à ce moment précis qu’un surfeur, terminant sa vague, se dirige droit vers la zone. Totalement focalisé sur sa trajectoire, il glisse littéralement au-dessus du groupe de squales, à une distance qui ne laisse aucune place à l’erreur.

    La stupeur une fois sur le sable

    Ce n’est qu’une fois ses pieds posés sur le sable que l’homme a réalisé la situation. Alerté par les cris des passants et des curieux sur la plage, le surfeur s’est retourné pour découvrir les ailerons fendre l’eau là où il se trouvait une seconde plus tôt.

    Son expression de choc, capturée par les témoins, résume parfaitement l’effroi de la situation. Il y a fort à parier que sa session s’est arrêtée net pour la journée. Une preuve de plus que, même sur des spots paradisiaques, la vigilance reste de mise….

  • Marco Mignot : l’incroyable destin du nouveau prodige du surf français dévoilé dans un film

    Marco Mignot : l’incroyable destin du nouveau prodige du surf français dévoilé dans un film

    Il est celui qui a redonné le sourire au surf tricolore. Après une saison 2025 d’anthologie, Marco Mignot vient de lever le voile sur les coulisses de son ascension fulgurante. Le documentaire « La Grandeza », sorti ce dimanche 8 mars 2026, n’est pas qu’un simple film de surf : c’est le récit brut, parfois aux larmes, d’un gamin qui a transformé son talent naturel en une machine de guerre pour conquérir le titre de Rookie of the Year.

    « Je savais que je pouvais battre n’importe qui »

    Le film nous plonge dans le monde de la compétition avec ses hauts et ses bas. On y découvre un Marco Mignot métamorphosé. Si le grand public connaissait le surfeur spectaculaire, « La Grandeza » révèle le stratège. « Marco a ce don de capter très vite », confie son entourage dans la vidéo. Un talent qui lui a permis de signer des victoires mémorables, notamment contre des pointures comme Griffin Colapinto au Portugal ou Jordy Smith.

    Mais derrière les scores de plus de 9 points et les manoeuvres aériennes électriques, le documentaire dévoile la face sombre de l’élite : le doute. Après une défaite précoce au Portugal, on aperçoit Marco, incapable de dormir, partir courir à une heure du matin pour évacuer la frustration. « Je m’en fous du temps que ça prendra, je sais qu’un jour je vais me qualifier », se répétait-il alors.

    L’émotion brute : le moment où tout a basculé

    L’une des séquences les plus fortes du film reste sans doute l’annonce de sa qualification officielle. Marco se fait réveiller en pleine sieste par son père, en larmes. « Marco, c’est le plus beau jour de ta vie ». Un moment de partage intense qui rappelle les années de galère : les nuits dans les parkings avec son frère et son cousin, les périodes sans sponsor… « Mon père était là depuis le premier jour », lâche-t-il avec émotion.

    Cette résilience est la signature de Marco Mignot. Sous l’aile de Jérémy Florès, qu’il considère comme un grand frère, il a appris à canalyser cette énergie. Florès ne s’y trompe pas : « Le travail paye. Il s’est dit : « Ok, si je veux y arriver, il faut que je bosse ». Et il a réussi. »

    Cap sur 2026 et les Jeux Olympiques de 2028

    Aujourd’hui, Marco Mignot n’est plus seulement l’espoir du surf français, il en est le leader. Sacré meilleur débutant mondial en 2025 — un exploit réalisé seulement par Jérémy Florès avant lui chez les Français — il ne compte pas s’arrêter là.

    Le film se termine sur une note d’ambition assumée. Entre deux sessions de perfectionnement en piscine à vagues (le futur du surf selon lui) et des tests physiques poussés au CERS de Hossegor pour préparer Los Angeles 2028, l’objectif est clair : le titre mondial.

    « Je vais tout donner pour devenir champion du monde et gagner la médaille d’or en 2028. C’est mon destin. »

  • Reno Abellira est vivant : l’icône du surf est en prison !

    Reno Abellira est vivant : l’icône du surf est en prison !

    Sortez les planches, mais rangez les couronnes de fleurs. Hier, le monde du surf sortait les mouchoirs pour pleurer la disparition de Reno Abellira, 76 ans, légende absolue du style et génie du rabot. On l’imaginait déjà en train de shaper des Twin Fins avec Dick Brewer sur une onde éternelle. Erreur de timing : l’icône hawaiienne n’a pas rejoint le « Line-up » céleste. Il est simplement… au frais, dans une prison d’Oahu.

    L’art de disparaître (et de réapparaître au mauvais endroit)

    C’est le genre de « fake news » qui vous fait passer du statut de biographe tragique à celui de gaffeur du dimanche. La rumeur a enflammé les réseaux sociaux plus vite qu’un incendie sur le North Shore. Tout le monde y est allé de son hommage vibrant, de Kelly Slater aux vieux loups de mer de Haleiwa. Il faut dire que le CV récent de Reno prêtait à confusion : entre une agression sauvage en 2021 et une vie de marginal dans les campements de fortune d’Alii Beach, les nouvelles étaient sombres.

    Mais Reno, fidèle à sa réputation d’insaisissable, a choisi une sortie de scène plus… administrative. Ce n’est pas la faucheuse qui a frappé à sa porte, mais plutôt les services correctionnels de l’archipel.

    Un « Bad Boy » fidèle à sa légende

    Pour ceux qui découvrent le personnage, Abellira n’a jamais été un enfant de chœur. Si sa victoire au Smirnoff Pro 1974 et son influence sur le matériel de Mark Richards sont gravées dans l’histoire, ses démêlés judiciaires le sont tout autant. On se souvient de sa cavale mythique en 1992 après une affaire de stupéfiants qui l’avait envoyé dans le décor.

    Voir Reno passer du statut de « disparu » à celui de « détenu » est presque un soulagement ironique pour la communauté. Certes, la prison à 76 ans n’est pas le « sunset » dont on rêve, mais c’est une preuve de vie que personne n’avait vue venir. Son cousin a d’ailleurs confirmé avoir vu l’icône en chair et en os lors d’une visite avec son avocat.

    Leçons d’une fausse news

    Que retenir de cet imbroglio ? D’abord, que Reno Abellira est décidément plus dur à cuire qu’une vieille planche en résine teintée. Ensuite, que la « surf sphère » s’emballe parfois plus vite qu’un drop à Waimea. « Surfer » « The Inertia » « Beach Grit » « Yahoo news »…. Tout le monde s’est engouffré dans la news, dont nous, même si il faut l’avouer, il était difficile pour nous de vérifier l’info. On avait attendu que cela paraisse dans « Surfer » pour considérer cela comme une info viable.

    On lui souhaite désormais de retrouver la liberté (et ses rabots) plutôt que de continuer à jouer les fantômes dans le système pénitentiaire hawaiien. Aloha Reno, et désolé pour les fleurs, on les garde pour la prochaine fois !

  • Kauli Vaast sur le CT : Le champion olympique rejoint (enfin) l’élite mondiale !

    Kauli Vaast sur le CT : Le champion olympique rejoint (enfin) l’élite mondiale !

    L’attente est terminée. Ce n’est plus une probabilité statistique ou une projection de calculatrice : Kauli Vaast est officiellement un surfeur du Championship Tour (CT). Le Tahitien, qui a fait vibrer la France entière lors des Jeux Olympiques, vient de valider son ticket pour rejoindre l’élite mondiale du surf en 2027.

    @icones_surf Qualification de kauli vaast sur le world tour 2026 @kaulivaast @quiksilver @quiksilverfrance #surf #surfing #surfer #waves #surfers #wsl ♬ son original – Icônes Surf, le média en ligne

    Un scénario de qualification surréaliste

    Le sport réserve parfois des moments suspendus. Alors que Kauli s’apprêtait à entrer dans l’eau pour sa série lors de cette ultime étape des Challenger Series, son destin était déjà scellé. Sans même le savoir, alors qu’il ramait vers le large pour rejoindre le pic, les pièces du puzzle se sont assemblées sur la terre ferme.

    Le calcul a été facilité par une hécatombe chez ses concurrents directs. Quatre prétendants sérieux au Top 10 ont vu leurs espoirs s’envoler prématurément : Samuel Pupo, Liam O’Brien, Xavier Huxtable et Jordan Lawler. Ces éliminations en cascade ont mathématiquement verrouillé la place de Kauli dans le cercle très fermé des dix qualifiés, avant même qu’il ne donne son premier coup de rame en compétition.

    Une série pour la forme et le panache

    Libéré de toute pression (bien qu’il l’ignorait encore), Kauli a assuré l’essentiel dans l’eau. Dans une série disputée, il termine à la deuxième place, juste derrière la wildcard locale et révélation du jour, Ocean Lancaster. Une performance solide qui confirme son statut, même si une défaite n’aurait rien changé à l’issue finale : ldeux surfeurs françaisseront bien sur le World Tour la saison prochaine.

    Quel avenir pour Jorgann Couzinet ?

    Si la fête est totale pour le clan Vaast, les regards se tournent désormais vers l’autre Français en lice, Jorgann Couzinet. Comme nous l’évoquions récemment, sa situation reste tendue. Avec la qualification de Kauli actée, Jorgann sait désormais qu’il n’y a plus de place pour les calculs d’apothicaire. Pour rejoindre son compatriote, le Réunionnais doit impérativement viser le podium, voire la victoire, pour s’extirper des griffes d’un classement qui ne pardonne rien. Il a passé sa série cette nuit. Le chemin est encore long, mais tout est possible encore.

  • Quand Dane Reynolds sublime le style de Craig Anderson : Le Chili version « Extended Cut »

    Quand Dane Reynolds sublime le style de Craig Anderson : Le Chili version « Extended Cut »

    Qu’obtient-on quand on confie les rushes d’un mois de session au Chili à l’un des meilleurs surfeurs de la planète ? La réponse tient en une vidéo qui vient de bousculer mon planning du jour : Defective Units Vol.1. Derrière les manettes, on retrouve Dane Reynolds, qui a pris le temps de sculpter chaque séquence pour mettre en lumière son ami de longue date, Craig Anderson, et le talent brut de Benny Howard.

    Un montage signé Reynolds : Plus qu’une simple vidéo de surf

    Ce n’est pas un secret, la patte de Dane Reynolds au montage est aussi unique que son virage backside. Pour cet édit de la marque Former, le Californien délaisse l’efficacité rapide des réseaux sociaux pour un format long qui « laisse respirer les moments ». Craig Anderson le confirme : « J’adore l’énergie que Dane apporte. Ses choix musicaux, sa vision… il ne se contente pas d’aligner des vagues, il capture l’âme d’un voyage. »

    Le chili est le pays des gauches, et cette vidéo en est la preuve. Pas une seule droite…

    Entre sessions épiques et galères réelles

    Le trip, qui s’est déroulé sur un mois entier sur la côte chilienne, a permis à l’équipe de s’immerger totalement dans la culture locale, entre barbecues improvisés et bières avec les figures du coin comme Punto (nouvelle recrue de chez Former). Mais le surf de haut niveau a son prix. Alors que les vagues commençaient enfin à pomper sérieusement, Craig Anderson s’est lourdement blessé à la cheville lors de l’avant-dernier jour. Un diagnostic sans appel : une syndesmose (déchirure entre le tibia et le péroné) qui l’a tenu éloigné des planches pendant quatre mois.

    Benny Howard : Du camion au line-up

    L’autre star de ce clip, c’est Benny Howard. L’Australien, qui passait jusque-là ses journées au volant de camions sur la Hume Highway, a posé ses valises chez Noa Deane pour se consacrer pleinement au surf. Son style puissant et ses trajectoires engagées prouvent que Dane Reynolds a eu l’œil juste en l’intégrant au projet.

    Cette vidéo n’est qu’un avant-goût. Former a déjà annoncé que le film complet, Defect, entamera sa tournée mondiale en juin prochain avant une sortie en ligne en juillet. Si vous aimez le surf qui a du style, de la texture et une vraie narration, cet édit est votre priorité de la journée.

  • « Je sors de ma zone de confort » : Maud Le Car raconte son baptême de feu à Belharra

    « Je sors de ma zone de confort » : Maud Le Car raconte son baptême de feu à Belharra

    Le 27 janvier 2025 restera gravé dans la mémoire de Maud Le Car. Alors que la tempête Herminia balayait l’Atlantique, envoyant des signaux de houle comparables au mythique swell Hercules de 2014, la surfeuse saint-martinoise a pris une décision radicale : s’attaquer à la géante basque, Belharra.

    Un virage à 180 degrés

    Après avoir quitté le circuit de compétition pour retrouver l’essence même du surf, Maud s’est lancée un défi titanesque. « Je ne me sentais plus à ma place en compète », confie-t-elle dans sa dernière vidéo, The Rift. Accompagnée de son binôme de confiance, Léo Havion, elle a troqué ses shortboards légers pour une planche de 8 kg, des gilets à cartouches et une logistique millimétrée. Un monde où l’erreur ne pardonne pas.

    Face à la montagne d’eau

    Le jour J, les relevés de la bouée d’Arcachon affichaient plus de 11 mètres. Sur le jet-ski, l’appréhension est palpable. « Là, il y a 15 mètres… je sors complètement de ma zone de confort », explique la rideuse Oxbow. À Belharra, loin de la côte, l’atmosphère est irréelle. Maud décrit ce sentiment paradoxal de vulnérabilité extrême mêlé à une connexion profonde avec les éléments : « On ne sent rien, mais on fait partie de tout. »

    Le prix de l’engagement

    Mais le surf de gros est un « gouffre de galères ». Après une première session intense, Maud subit la puissance brute de la lèvre. Un diagnostic qui tombe quelques jours plus tard : rupture du ligament interne du genou.

    Si cette blessure a mis un coup d’arrêt brutal à sa saison, elle n’a pas entamé sa détermination. Cette expérience à Belharra, bien que douloureuse physiquement, a agi comme un déclic psychologique. Aujourd’hui, quelques mois après sa blessure, Maud Le Car ne regarde plus derrière elle. Elle a des progrès dans les tubes et se trouve actuellement à Nazaré à l’heure où j’écris ces quelques lignes pour un nouveau défi de taille.

  • Tragédie à Buddina Beach : le destin brisé d’un jeune prodige du sauvetage côtier

    Tragédie à Buddina Beach : le destin brisé d’un jeune prodige du sauvetage côtier

    Le monde du surf et du sauvetage sportif australien est en deuil. Ce vendredi, les autorités de la Sunshine Coast ont confirmé la nouvelle que tout le monde redoutait : le corps de Joe Tolano, 18 ans, a été retrouvé après deux jours de recherches intenses. Le jeune homme, figure montante du club de Met Caloundra, a été emporté par l’océan qu’il aimait tant.

    Un « fils de l’océan » emporté par les vagues

    L’accident s’est produit mercredi après-midi à Buddina Beach, dans le Queensland. Alors qu’il s’apprêtait à rejoindre une session d’entraînement, Joe est entré à l’eau pour surfer avec des amis. Selon les premiers éléments, le jeune homme se serait retrouvé en difficulté après une chute, disparaissant sous les déferlantes sous les yeux de ses proches.

    Malgré un dispositif de secours massif — incluant plongeurs de la police, jet-skis, hélicoptères et des dizaines de bénévoles — les conditions de mer particulièrement agitées ont rendu les recherches extrêmement complexes pendant 48 heures.

    L’hommage bouleversant d’une famille et d’un club

    Pour ses parents, Glenn et Clare, et sa sœur Abbie, Joe était bien plus qu’un surfeur : c’était un « fils de l’océan ». Dans un communiqué déchirant, sa famille a tenu à saluer sa mémoire : « Son corps était petit, mais son cœur était immense. Il poursuivait son rêve de devenir un Ironman. Nous l’avons perdu alors qu’il faisait ce qu’il aimait. »

    Sa sœur, Abbie, a partagé sa douleur sur les réseaux sociaux, espérant que son frère trouve désormais des « barrels infinis » là-haut.

    Une communauté sous le choc

    Joe Tolano n’était pas un pratiquant ordinaire. Membre actif du Met Caloundra Surf Life Saving Club, il consacrait son temps libre à surveiller les plages et à assurer la sécurité des baigneurs. Brett Magnussen, président du club, décrit un jeune homme à l’énergie communicative et au dévouement exemplaire.

    Ce drame survient alors qu’un récent rapport de Surf Life Saving Queensland tire la sonnette d’alarme : l’été dernier, l’Australie a enregistré en moyenne une noyade tous les deux jours. Cette disparition rappelle cruellement que, même pour les plus expérimentés et les protecteurs du littoral, l’océan reste une force imprévisible. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de ce drame qui laisse le surf australien orphelin de l’un de ses plus beaux sourires.

  • Alan Cleland : Pourquoi ce « poids lourd » est la meilleure nouvelle du surf mondial

    Alan Cleland : Pourquoi ce « poids lourd » est la meilleure nouvelle du surf mondial

    Dans un sport de plus en plus dominé par des athlètes au format « poids plume » et aux régimes drastiques, le Mexicain Alan Cleland fait figure d’exception culturelle. Avec son gabarit de troisième ligne de rugby, il détonne sur la ligne de départ de la WSL. Mais ne vous y trompez pas : derrière cette carrure imposante se cache l’un des meilleurs tube-riders de la planète.

    L’anti-formatage qui fait du bien

    Sa récente vidéo avec des sessions mémorables chez lui au Mexique, est une leçon de physique et de style. Là où certains voient un handicap dans ses kilos en trop, Cleland y puise une inertie dévastatrice. Pour tous les surfeurs qui ne rentrent pas dans les standards « skinny » de la glisse, voir Alan fracasser des sections avec autant de grâce est une véritable bouffée d’oxygène.

    Il ne se contente pas de pousser de l’eau ; il surfe avec style et se colle dans des tubes avec une profondeur et une aisance qui font de lui, l’un des meilleurs tuberiders sur le tour.

    Un « rugbyman » dans le tube : la puissance au service du flow

    Pour nous, les surfeurs aux épaules larges et aux cuisses solides, Alan Cleland est une source d’inspiration technique. Il prouve que l’on peut être « massif » et avoir un style irréprochable. Il fait parti des surfeurs en surpoids que l’on a pu croiser sur le tour comme kekoa bacalso, Mick Lowe….

    posséder un toucher de rail d’une finesse absolue.

    Le nouveau visage du Top 20 Mondial

    Son ascension dans le Top 20 n’est pas un accident de parcours. C’est le résultat d’un engagement total dans les vagues. Alan ne survole pas la vague, il l’écrase. Son style, ancré et puissant, redonne ses lettres de noblesse au power surfing.

    Si vous avez un gabarit imposant et que vous doutez de votre style, regardez Alan Cleland. Il est la preuve vivante que sur une planche, la seule règle qui compte vraiment, c’est la maîtrise du timing et l’amour du tube.

  • Méditerranée : Ce swell « historique » qui a pulvérisé les spots grecs

    Méditerranée : Ce swell « historique » qui a pulvérisé les spots grecs

    On a l’habitude des images de Mykonos sous un soleil de plomb et une mer d’huile. Pourtant, la Grèce vient de prouver qu’elle peut, elle aussi, sortir les griffes. Rick Krystallis, figure de proue du surf local, vient de témoigner auprès de Surfline sur ce qui semble être le plus gros swell jamais enregistré dans la région.

    Rick Krystallis : Du bulletin météo national aux vagues de classe mondiale

    Pour Rick, l’aventure a commencé bien avant l’ère de l’algorithme Magicseaweed ou des webcams HD. À 9 ans, il débutait le windsurf en scrutant les prévisions sommaires du journal télévisé national. À l’époque, le surf était une chimère en Grèce : pas de surf shops, pas de communauté, juste du vent et du clapot.

    C’est un voyage au Maroc en 2004 qui a servi d’électrochoc. De retour au pays avec une planche ramenée d’Australie, Rick a commencé à explorer la côte nord avec une obsession : prouver que son « jardin » cachait un potentiel insoupçonné.

    Une session d’anthologie et un sacrifice matériel

    La patience a fini par payer. Ces derniers jours, la mer Méditerranée s’est réveillée avec une violence rare, offrant des conditions que Rick qualifie de jamais vues. Des lignes propres, de la taille, et une puissance digne de l’Atlantique.

    Mais la Méditerranée ne donne rien gratuitement. « L’une des plus grosses séries nous a surpris au peak, à l’outside, et a littéralement brisé ma planche toute neuve », raconte-t-il. Un tribut un peu salé, mais dérisoire face à la satisfaction d’avoir scoré les meilleures vagues de sa vie sur ses propres terres.

  • Entre tubes et chaos : le réveil miraculeux du surf dans le Sud-Ouest

    Entre tubes et chaos : le réveil miraculeux du surf dans le Sud-Ouest

    Après un hiver que beaucoup qualifieront de « saison en enfer », le littoral aquitain a enfin offert un répit aux surfeurs. Entre la mi-janvier et la fin février 2026, la région a subi un record de 35 jours de pluie consécutifs, couronné par les ravages des différentes tempêtes. Entre inondations massives, érosion galopante et le triste spectacle de petits pingouins s’échouant par dizaines, épuisés par les tempêtes, le moral des locaux était au plus bas. Mais ce début mars a tout changé.

    La Gravière : « La session de la décennie » ?

    C’est pourtant vers Hossegor que tous les regards se sont tournés. La Gravière, spot mythique s’il en est, a délivré une prestation que les anciens décrivent déjà comme la meilleure depuis plus de dix ans. Un banc de sable parfaitement calé, une houle longue et propre, et surtout cette puissance brute qui fait la renommée mondiale des Landes.

    Si l’on parle souvent de la concentration de talents à Hossegor, ce n’est pas par hasard : ce jour-là, l’élite du surf européen s’est partagé des barrels d’une perfection rare. « On a eu un alignement de planètes, » confie un photographe présent sur la dune. « Après autant de frustration hivernale, voir La Gravière s’allumer comme ça, c’était presque religieux. »

    SI ce n’était pas la session de la décennie, il faut avouer qu’on a assisté à 4 jours d’affilé de vagues incroyables, ce qui est assez exceptionnel.

    Le Pays Basque s’enflamme à Anglet

    La fenêtre météo tant attendue s’est ouverte brusquement. À Anglet, les bancs de sable, pourtant malmenés par les houles successives, ont tenu bon. Dans une vidéo qui tourne en boucle sur les réseaux, on peut voir le local Thomas Bady faire une démonstration de lecture de vague impressionnante. Au cœur de tubes profonds et techniques, il a rappelé pourquoi les spots basques n’ont rien à envier à leurs voisins landais lorsque la période de la houle s’aligne enfin avec le vent offshore.

    Lacanau et la Gironde ne sont pas en reste

    Plus au nord, la Gironde a également profité de l’aubaine. À Lacanau, malgré un plan d’eau parfois plus physique, les surfeurs les plus aguerris ont pu dénicher des pépites sur la plage centrale. L’ensemble de la côte Sud-Ouest, du sud des Landes au nord de la Gironde, semble avoir bénéficié de ce « miracle de mars ».

    Cette parenthèse enchantée arrive juste avant une nouvelle dégradation annoncée. Pour les surfeurs du coin, il s’agissait de ne pas rater le coche : une telle communion entre des bancs de sable performants et une météo clémente est le meilleur remède contre un hiver morose.

  • Surf ou plastique ? Stéphanie Gilmore en boîte chez Mattel

    Surf ou plastique ? Stéphanie Gilmore en boîte chez Mattel

    On pensait avoir tout vu. Entre les JO, les piscines à vagues et le luxe qui s’invite sur les spots, le surf moderne ressemble de plus en plus à un catalogue de mode. Mais là, Mattel vient de poser le « nose » sur la planche de la pop culture : Stéphanie Gilmore, l’octuple championne du monde, a désormais son double en plastique.

    Du « Rail Game » au « Doll Game »

    À 38 ans, alors qu’elle s’apprête à revenir sur le Tour après deux ans de pause, « Queen Steph » rejoint Serena Williams et une astronaute dans la collection des modèles inspirants de la marque. C’est beau, c’est rose, et c’est surtout très… lisse.

    Pour les vieux de la vieille, ceux qui ont été nourris au néoprène râpé et au punk rock dans des vans rouillés, la pilule est un peu dure à avaler. Voir l’une des surfeuses les plus stylées de l’histoire finir coincée entre une brosse à cheveux miniature et un sac à main fuchsia, ça fait un choc thermique. On est loin de l’époque où le surf était une contre-culture. Aujourd’hui, le « lifestyle » se vend en boîte de 30 cm.

    Le prochain ? Kelly Slater en Ken ?

    Ce n’est pas la première fois que Mattel s’attaque au line-up. Teresa Bonvalot et Maya Gabeira avaient déjà eu droit à leur moulage. Mais voir Steph, l’icône de la glisse pure, devenir un « jouet » pose une question : le surf doit-il vraiment être partout ?

    L’argument de Mattel est rodé : inspirer les petites filles. C’est louable. Mais on ne peut s’empêcher d’imaginer la scène : une gamine qui tente d’expliquer ce qu’est un « cutback » à une poupée qui ne peut même pas plier les genoux.

    Finalement, il ne manque plus qu’une chose pour que le tableau soit complet. Après avoir tout gagné, Kelly Slater attend sans doute son heure. Entre une médaille olympique et une figurine « Ken-Slayer » avec crâne rasé et planche en mousse, on sait déjà ce qui ferait le plus jaser sur le parking de Huntington.

    Le surf n’est plus un sport de rebelles, c’est un produit de consommation courante. Reste à savoir si la wax colle sur le plastique.

  • Stab in the Dark : Kelly Slater offre la victoire à sa propre marque et enflamme la toile

    Stab in the Dark : Kelly Slater offre la victoire à sa propre marque et enflamme la toile

    C’est un dénouement qui ne manquera pas de faire jaser sur le parking de la Côte des Basques comme sur les forums spécialisés. Pour la 10ème édition du célèbre test à l’aveugle Stab in the Dark, c’est le shaper Dan Mann, représentant la marque Firewire, qui a décroché la première place. Le problème ? Le pilote d’essai n’était autre que Kelly Slater, actionnaire principal de Firewire. PS: il faut être abonné à Stabmag pour voir les épisodes.

    Le hold-up parfait du King ?

    Le concept de Stab in the Dark est pourtant simple : un surfeur de classe mondiale teste des planches blanches, sans logo, pour désigner la meilleure sans influence marketing. Pour cette édition anniversaire, la production avait invité les anciens vainqueurs (DHD, Pyzel, Channel Islands, Lost, Sharp Eye), et personnellement on aurait aimé Axel Lorentz. Mais Slater a posé une condition : l’ajout d’un « wildcard » pour Dan Mann.

    Résultat des courses : c’est précisément cette planche invitée qui l’emporte. Une coïncidence qui a immédiatement déclenché une vague de théories du complot. Comment le surfeur le plus technique de l’histoire, qui passe sa vie à analyser le moindre millimètre de ses rails, a-t-il pu ne pas reconnaître une planche shapée par son collaborateur de longue date ?

    « Tout le monde savait » : les shapers sortent les griffes

    Si Matt Biolos (Lost) a pris la défaite avec philosophie, d’autres acteurs majeurs ne cachent pas leur scepticisme. Chez Channel Islands (Merrick), on ne traite pas ouvertement Slater de menteur, mais on souligne qu’il est « étrange » qu’il n’ait pas reconnu le design. Marcio Zouvi (Sharp Eye) va plus loin, affirmant que le placement des dérives était « trop évident » pour être ignoré. Quant à Jon Pyzel, il suggère un plan orchestré entre les deux hommes.

    Kelly Slater, de son côté, joue la carte de l’étonnement. Il explique que cette planche victorieuse est en réalité une « version d’une version » d’un vieux shape de 15 ans. Il aurait même confondu la DHD avec sa Firewire à cause de la forme des wings.

    Un scandale ou une révolution ?

    Sam McIntosh, le patron de Stab, a directement confronté le King sur ses intentions commerciales. Réponse de l’intéressé : il ne mentirait pas pour une compétition de surf.

    Pourtant, le malaise persiste. Par le passé, des surfeurs comme Dane Reynolds ou Mick Fanning avaient eu l’élégance de disqualifier une planche dès qu’ils reconnaissaient la patte de leur shaper habituel. En choisissant de porter Firewire au sommet, Slater s’offre un coup de pub magistral, mais entache peut-être la crédibilité d’un format qui reposait sur l’impartialité totale.

  • Révolution sur le Longboard Tour : La WSL dévoile un calendrier 2026 repensé

    Révolution sur le Longboard Tour : La WSL dévoile un calendrier 2026 repensé

    Le monde du nose-riding s’apprête à vivre un tournant historique. La World Surf League (WSL) vient de lever le voile sur les contours de la saison 2026 du Longboard Tour, et le moins que l’on puisse dire, c’est que les cartes sont rebattues. Entre un changement radical de format (comme pour le shortboard) et l’exploration d’e nouveaux spots’un nouveau spot, les prétendants aux titres mondiaux vont devoir s’adapter à une donne inédite.

    Adieu les « Playoffs », place à la régularité

    La grande annonce qui secoue la communauté concerne le système de désignation des champions. Contrairement aux saisons précédentes où tout se jouait sur une seule journée de phase finale, le titre de Champion du Monde de Longboard 2026 sera désormais le fruit d’une accumulation de points sur l’ensemble de la saison.

    Le tour se clôturera en beauté au Salvador en mars 2027. Ce dernier rendez-vous sera le point d’orgue : seuls les 12 meilleurs hommes et femmes du classement y seront conviés pour une épreuve « Major » rapportant 15 000 points, contre 10 000 pour les étapes classiques. Un format qui récompense enfin la constance tout en gardant un final sous haute tension. Personnellement, je trouve que c’est un bon compromis par rapport aux années précédentes.

    Les Philippines : Le nouveau joyau du circuit

    Côté destinations, si les classiques de Huntington Beach (Californie) et de Bells Beach (Australie) conservent leur place, la WSL crée l’événement en intégrant une escale inédite : La Union, aux Philippines.

    Le spot de Monaliza Point, célèbre pour ses droites interminables et ses murs parfaitement dessinés pour le style traditionnel, accueillera la troisième étape en janvier 2027. C’est un signal fort envoyé à la communauté asiatique, très active dans le milieu du longboard, et l’occasion de voir l’enfant du pays, Rogelio Jr Esquievel, briller à domicile.

    Le calendrier complet de la saison 2026/27 :

    • Huntington Beach Longboard Classic (USA) : 25 – 29 juillet 2026
    • Bells Beach Longboard Classic (Australie) : 25 – 29 novembre 2026
    • La Union Longboard Classic (Philippines) : 20 – 24 janvier 2027
    • Surf City El Salvador Longboard Championships : 13 – 21 mars 2027

    Alors que Rachael Tilly et Kai Ellice-Flint s’apprêtent à remettre leurs couronnes en jeu, ce nouveau format promet une saison plus juste et plus spectaculaire. Le rendez-vous est pris sur le sable californien en juillet prochain pour le coup d’envoi.

  • Tragédie à Praia do Canal : Le surfeur Martin « Mantega » Cirko perd la vie au Portugal

    Tragédie à Praia do Canal : Le surfeur Martin « Mantega » Cirko perd la vie au Portugal

    L’océan, qu’il aimait tant, a fini par l’emporter. La communauté internationale du surf est sous le choc après l’annonce du décès de Martin « Mantega » Cirko, survenu le 23 février dernier sur le spot de Praia do Canal, dans la région d’Aljezur au sud du Portugal. Âgé de 39 ans, ce surfeur et artiste d’origine brésilienne, établi en Allemagne, laisse derrière lui une famille dévastée et un vide immense sur les pics de l’Algarve.

    Un accident soudain en pleine session

    Selon les premiers rapports de la Police Maritime et les témoignages de ses proches, Martin surfait avec un ami lorsqu’il s’est retrouvé en difficulté. Après avoir disparu de la surface durant quelques minutes, il a été ramené sur le rivage par son compagnon de session. Malgré l’intervention rapide des pompiers et des secours aériens, les tentatives de réanimation pratiquées sur le sable sont restées vaines.

    Martin n’était pas un surfeur novice. Décrit comme un homme de la nature et un aventurier aguerri, il connaissait les risques de l’océan. Sa compagne, Sophia, a tenu à lui rendre un hommage poignant, le décrivant comme un « professionnel du risque » qui vivait avec deux mantras simples : « Vida boa » (la belle vie) et « Sem medo » (sans peur).

    L’hommage d’une communauté soudée

    D’origine germano-brésilienne, celui que tout le monde surnommait « Mantega » était une figure lumineuse. Artiste et surfeur charismatique, il avait récemment passé du temps en Catalogne avant de rejoindre les côtes portugaises. Sa générosité et sa sensibilité — il était « le genre d’homme à pleurer de bonheur », confie sa compagne — ont marqué tous ceux qui ont croisé sa route.

    Solidarité pour sa famille

    Martin laisse derrière lui sa femme et leur petite fille de 18 mois, Violetta. Pour soutenir sa famille dans cette épreuve insurmontable, des collectes de fonds ont été lancées sur GoFundMe et PayPal. Le message de la famille est clair : Martin est parti en faisant ce qu’il aimait le plus au monde, dans un lieu magnifique, fidèle à ses rêves.

    À Praia do Canal, l’ambiance n’est plus à la fête, mais au recueillement pour un homme qui aura vécu sa passion jusqu’au bout.

    Repose en paix, Mantega.

  • Taj Burrow : « La chose la plus courageuse que j’aie jamais vue »

    Taj Burrow : « La chose la plus courageuse que j’aie jamais vue »

    On le sait, Taj Burrow est une légende australienne, encore plus dans l’Australie de l’ouest. Le gars est le meilleur surfeur WA (Western Australia) et un sourire qui ferait fondre un bloc de wax en plein hiver. Mais là, on a failli perdre notre retraité préféré de 48 balais dans un sauvetage qui a viré au chaos total.

    L’appel du Large

    Alors qu’il scorait des bombes en tow-in à Supertubes avec son fidèle acolyte Dino Adrian, un hélico de la sécurité civile débarque en mode « Urgence ». Signes de la main, agitation dans la cabine… Le message est clair : « Lâchez votre session, y’a des vies en jeu. »

    Taj et Dino ne réfléchissent pas. Ils pointent le nez du jet-ski vers le Nord. Direction : Bears.

    • Conditions : Un solide 12 pieds (4 mètres) qui décale.
    • Le trajet : 10 bornes de « clapot » massif dans une houle de 16 secondes de période. Autant dire que leurs vertèbres ont dégusté pour suivre l’hélico sur la distance.

    Le « Bordel » de Bears

    Arrivés sur zone, c’est la catastrophe :

    1. Un surfeur en perdition (le leash a pété, classique mais mortel ici).
    2. Son pote qui essaie de l’aider.
    3. Une sauveteuse qui saute de l’hélico (sans radio qui marche, sinon c’est pas drôle).

    Taj récupère un gars nommé Ben, au bout du rouleau, et décide de le « beacher » (le déposer sur le sable). Erreur fatale.

    Le « Pinball » au milieu des cailloux

    Une fois dans la zone d’impact, c’est le cauchemar. L’océan se retire, laissant apparaître des rochers secs comme des lames de rasoir.

    « C’était hideux. On aurait dit un tsunami. Tout se vidait sur le reef. »Taj Burrow

    Le jet-ski se transforme en boule de flipper. Taj fait des ronds dans une « lagune » minuscule de 50 cm de fond pendant que des murs d’écume lui tombent sur la gueule. Bilan technique : La direction pète. Le jet ne tourne plus qu’à droite. Ils se font éjecter sur les rochers.

    Le « Straight Shot » vers la liberté

    Coincé, Dino est évacué par l’hélico. Mais Taj refuse d’abandonner son jet-ski (et sa propre peau). Il attend une accalmie, et il décide de tenter le tout pour le tout.

    Sans planche, sans gilet de sauvetage, avec un jet qui ne tourne pas : Full Gaz ou plein pot vers l’infin et l’au-délà. Il évite les têtes de rocher, franchit une barre monstrueuse en mode « vol plané » et réussit à regagner le large par miracle.

    Un bon récit de marin, mais heureusement que ces deux surfeurs d’un excellent était présent, sinon le drame n’aurait pu être évité. On ne parle pas assez du nombre de personnes secourues par les surfeurs….

  • Des vagues parfaites en plein désert : les Français à l’assaut de l’Arabie Saoudite

    Des vagues parfaites en plein désert : les Français à l’assaut de l’Arabie Saoudite

    Le surf continue sa conquête du désert. Cette fois, c’est du côté de la Mer Rouge, en Arabie Saoudite, que le projet Adrena vient de dévoiler sa toute nouvelle lagune de surf. Propulsée par la technologie Endless Surf, cette piscine à vagues « ES36 » promet une expérience haut de gamme en eau salée, intégrée à l’un des développements touristiques les plus ambitieux de la planète.

    Un casting XXL et une touche française

    Pour l’inauguration, le promoteur Red Sea Global n’a pas fait les choses à moitié. On retrouve à l’eau des noms ronflants du circuit mondial comme Yago Dora, le free surfeur Victor Bernardo ou encore la légende Corey Lopez. Mais ce qui a attiré notre regard, c’est la présence de deux visages bien connus de notre littoral : Matthieu Etxebarne et Louis Marchiset.

    Les deux Français se sont offert une session de « testing » sur ces murs d’eau pneumatiques, sculptés avec une précision chirurgicale par le logiciel Swell Studio. Des vagues lisses, répétitives et apparemment parfaites pour progresser… si l’on fait abstraction du décor environnant.

    Espérons que nos frenchies ont eu le temps de rentrer avant le début du conflit en Iran. La vidéo a été postée il y a 4 jours….

  • JO 2028 : Justine Dupont répond à Yago Dora, le surf mondial au bord de la rupture ?

    JO 2028 : Justine Dupont répond à Yago Dora, le surf mondial au bord de la rupture ?

    Le chemin vers les vagues de Los Angeles 2028 ressemble de plus en plus à un champ de mines diplomatique. Alors que le champion brésilien Yago Dora criait au « manque de respect » de la part des instances olympiques, une voix de poids vient de briser le silence pour défendre le nouveau système : celle de la star française Justine Dupont.

    Le coup de gueule de Yago Dora : « Ils ont agi dans notre dos »

    Le point de friction est clair : le calendrier. Pour les surfeurs de l’élite (WSL), devoir valider leur ticket olympique sur seulement quatre épreuves au début de la saison 2028 est une pilule qui ne passe pas. Dora dénonce une International Surfing Association (ISA) qui aurait pris des décisions unilatérales.

    « L’ISA a tout fait derrière notre dos, alors que nous avons essayé de les rencontrer pour trouver un système équitable. Ils nous ont totalement ignorés », s’insurge le Brésilien.

    Justine Dupont recadre le débat : « Un système plus adapté »

    Actuellement en convalescence après sa grave blessure à Todos Santos, la multiple championne du monde de gros et présidente de la commission des athlètes de l’ISA n’a pas tardé à répliquer. Pour Justine Dupont, le nouveau format n’est pas une punition, mais une évolution nécessaire qui donne plus de pouvoir aux fédérations nationales.

    « Je suis convaincue que ce nouveau système est plus approprié », affirme la Française. Selon elle, le travail de la commission a consisté à tirer les leçons de Tokyo et Paris pour trouver un équilibre entre les intérêts privés de la WSL et l’universalité de l’olympisme. Elle rappelle un point crucial : ce système permet désormais à chaque nation de qualifier jusqu’à trois athlètes, une avancée majeure par rapport aux cycles précédents.

    Manuel Selman : Le porte-parole des « petites » nations

    Au milieu de ce duel de titans, le Chilien Manuel Selman soutient la position de la Française. Pour lui, le monde olympique n’est pas le circuit pro. Il rappelle froidement une réalité que les stars du CT ont parfois du mal à accepter : l’ISA n’a aucune obligation de consulter la WSL.

    « L’ISA pourrait même supprimer tous les slots réservés à la WSL à l’avenir selon les règles du CIO », prévient-il, tout en invitant les Brésiliens à « faire taire tout le monde » en gagnant leurs séries sur l’eau.

    Un sport, deux mondes

    Ce bras de fer met en lumière une fracture profonde. D’un côté, l’élite mondiale qui demande de la cohérence avec son calendrier professionnel ; de l’autre, des instances qui veulent faire des JO un événement véritablement mondial, et non une simple extension du circuit privé américain.

    Malgré les tensions, Justine Dupont reste optimiste : « Nous verrons les meilleurs surfeurs du monde à Los Angeles. » Reste à savoir si ces derniers feront le déplacement avec le sourire ou avec un sentiment d’injustice.

  • À 50 ans, Russell Winter terrasse les jeunes au QS de la Barbade : « J’ai fini en larmes »

    À 50 ans, Russell Winter terrasse les jeunes au QS de la Barbade : « J’ai fini en larmes »

    Le surf mondial vient de vivre l’un de ses moments les plus vibrants de l’année. À 50 ans, le Britannique Russell Winter, pionnier absolu du surf européen, a prouvé que la « vieille garde » avait encore des dents. Engagé sur le QS 6000 de la Barbade, sur le spot mythique de Soup Bowl, celui qui fut le premier Anglais à intégrer l’élite mondiale (le WCT) a non seulement passé un tour, mais il l’a fait avec une autorité qui a laissé les jeunes espoirs américains sans voix.

    Une démonstration de « Power Surfing » à l’ancienne

    Alors que le circuit professionnel est aujourd’hui dominé par des athlètes de vingt ans portés sur les manœuvres aériennes, Russell Winter a rappelé à tout le monde ce que signifiait le surf puissant. Avec un total de 14,67 points, il a dominé sa série face à des surfeurs qui pourraient être ses fils.

    Ses turns, ses carves surpuissants et ses gerbes d’eau massives — alimentées, comme le dit la légende, par une force brute venue de ses racines britanniques — ont fait la différence. « Slater a montré qu’on pouvait gagner à Pipeline à 50 ans, Winter vient de prouver qu’on peut encore découper un reef des Caraïbes avec le même âge au compteur », s’enthousiasment les observateurs sur place.

    « Il y a quelques années, je ne voulais plus être sur cette planète »

    Mais au-delà de la performance sportive, c’est l’émotion qui a submergé l’événement. À sa sortie de l’eau, l’icône de Newquay n’a pas pu retenir ses larmes. Dans une interview poignante, il s’est confié sur un parcours de vie chaotique, marqué par des démons personnels et une bataille de deux ans pour la sobriété.

    « Je peux honnêtement dire que c’est l’un des plus beaux moments de ma vie », a-t-il confié sur ses réseaux sociaux. « Après ma deuxième vague, j’ai commencé à pleurer en remontant au peak. Je n’arrivais pas à croire que j’avais la chance de m’exprimer ainsi à 50 ans. »

    Winter a révélé avoir tout vendu par le passé pour poursuivre sa passion et découvrir qui il était vraiment. Sa confession sur sa santé mentale a touché la communauté surf : « Il y a quelques années, je ne voulais plus être sur cette planète. » Aujourd’hui sobre, affûté et apaisé, il semble vivre une seconde naissance.

    Un pionnier qui ouvre encore la voie

    Pour les puristes, Russell Winter est bien plus qu’un vétéran en quête de sensations. En 2002, il remportait le Boardmasters. Il est celui qui a battu Kelly Slater à Sunset Beach à l’époque où l’Europe n’était qu’une simple note de bas de page sur la carte du surf mondial.

    En s’imposant dans série à la Barbade, il n’est pas là pour faire du « storytelling » pour les réseaux sociaux. Il montre la voie à la nouvelle génération britannique, les Lukas Skinner et consorts, en prouvant que le surf est une quête qui ne s’arrête jamais.

    Le message est passé : à 50 ans, Russell Winter n’est pas là pour faire de la figuration. Il est là pour scorer, avec le sourire et les yeux humides d’un homme qui a enfin trouvé la paix entre deux vagues.

    Une carrière « rock’n’roll » : Russell Winter n’a pas toujours été ce sage apaisé des Caraïbes. Savais-tu qu’il a déjà dû s’expliquer devant la justice pour une histoire incroyable impliquant… une épée de cérémonie ?

  • L’esthétique du chaos : Torren Martyn dompte Shipstern Bluff avec style

    L’esthétique du chaos : Torren Martyn dompte Shipstern Bluff avec style

    Quand on pense à Shipstern Bluff, en Tasmanie, on imagine des surfeurs en combinaison 5/4mm, tractés par des jet-skis, tentant de survivre à des vagues mutantes et terrifiantes. On n’imagine rarement un surfeur arriver avec un flow décontracté et une approche « alternative ». C’est pourtant la prouesse que vient de signer Torren Martyn dans sa dernière vidéo.

    Le Twin-Fin face au monstre

    La force de Torren Martyn réside dans sa capacité à adapter son surf à des lignes fluides et originales aux conditions les plus hostiles de la planète. À « Shiptern », le danger vient des célèbres « marches » (steps) qui se forment à l’intérieur du tube. Là où la plupart des surfeurs se raidissent pour encaisser le choc, Martyn semble absorber le relief du récif avec une décontraction presque insolente.

    Dans cette vidéo captivante, annonçante le prochain de Torren, on voit le surfeur de Byron Bay dessiner des trajectoires improbables sur des murs d’eau massifs. Son choix de matériel — souvent des planches plus longues et typées twin-fin — apporte une dimension visuelle inédite sur ce spot : une glisse plus traditionnelle qui contraste avec la violence brute de l’océan Austral.

    Une leçon de lecture de vague

    Ce qui frappe dans cette session, c’est la facilité de Martyn. J’adore toutes ces vidéos car elles sont originales, avec une ambiance à part. C’est un mélange de « lost in the swell » de nos bretons préférés, de « le chemin » d’Arthur Bourbon. Je n’ai pas encore vu le film, mais le teaser me donne cette envie de quitter la côte basque pour une aventure surfistique au fin fond du monde…

  • Session fatale : Comment la pollution de l’océan a brisé la vie de ce surfeur de 35 ans

    Session fatale : Comment la pollution de l’océan a brisé la vie de ce surfeur de 35 ans

    Le rêve de tout surfeur peut-il se transformer en un enfer médical irréversible ? C’est la question qui glace le milieu du surf britannique depuis les révélations entourant l’histoire de Reuben Santer. Ce trentenaire, qui avait tout quitté pour vivre au plus près des vagues du Devon, est aujourd’hui le visage d’un scandale environnemental sans précédent. Son crime ? Avoir surfé une houle de tempête dans une eau chargée de bactéries. C’est un témoignage que je vierns de lire dans The Guardian, et il m’a glacé le sang.

    Une passion dévorante confrontée à la réalité invisible

    Reuben Santer n’était pas un débutant imprudent. En 2021, ce professeur de 35 ans s’installe à Exeter avec un seul objectif : être à moins de 90 minutes des meilleurs « spots » du Royaume-Uni. Comme beaucoup d’entre nous, il surveillait les prévisions de surf avant la couleur de l’eau.

    « Je pensais plus à la perfection des vagues qu’aux eaux usées », confie-t-il dans le cadre du documentaire choc « Dirty Business » diffusé sur Channel 4. Pourtant, la menace était là, invisible et inodore sur certaines plages, mais tragiquement présente à Saunton Sands, là où tout a basculé pour lui en octobre 2022.

    Le jour où l’équilibre a rompu

    Après une pause forcée de deux mois due à une simple otite, Reuben ne résiste pas à l’appel d’une grosse houle générée par une tempête. Malgré une odeur suspecte dans l’eau, il se met à l’eau. « On pense toujours que ça n’arrive qu’aux autres », admet-il. Le lendemain soir, le verdict tombe : une attaque de vertige si violente qu’il ne peut plus tenir debout.

    Ce qui semblait être une banale labyrinthite (infection de l’oreille interne) s’est transformé en un calvaire de quatre mois. Le diagnostic final est tombé comme un couperet : la maladie de Ménière. Une pathologie incurable de l’oreille interne qui provoque des vertiges invalidants, des pertes d’audition et des vomissements chroniques.

    L’avis de l’expert : Bien qu’il soit difficile d’établir un lien de causalité direct à 100 % sur le plan médical, le consultant privé de Santer a été formel : la présence de bactéries issues des eaux usées lors de sa session est la cause la plus probable du déclenchement de la maladie.

    Je tiens à préciser que c’est la version de Reuben. La maladie de Ménière n’est pas très connue et manque d’études scientifiques sur ses origines. Je prends donc des pincettes….

    « Dirty Business » : Le scandale des eaux usées éclate

    L’histoire de Reuben n’est malheureusement pas un cas isolé. Elle est le fil conducteur de Dirty Business, une série factuelle qui dénonce une décennie d’investigations sur les compagnies des eaux anglaises. Le programme met en lumière une pratique révoltante : le rejet massif d’eaux usées non traitées dans l’océan, particulièrement lors de fortes pluies. Ça vous rappelle rien, il me semble que la France, et particulièrement le Pays Basque, connaît la même problématique.

    Pour Reuben, les conséquences sont dramatiques :

    • Perte d’emploi : Incapable de tenir debout sans vomir, il a dû abandonner l’enseignement.
    • Isolement : Durant les crises les plus graves, il devait ramper jusqu’aux toilettes.
    • Deuil du surf : Aujourd’hui, chaque tentative de retour à l’eau déclenche de nouveaux symptômes alarmants.

    La communauté du surf en état d’alerte

    Le cas Santer est un signal d’alarme pour tous ceux qui, comme nous, consultent les applications de qualité de l’eau (comme celle de Surfers Against Sewage en Angleterre) avant de se jeter à l’eau. Si Reuben espère aujourd’hui que la chirurgie stabilisera son état, il a choisi de médiatiser son combat pour forcer les entreprises à moderniser des infrastructures obsolètes qui empoisonnent nos terrains de jeu.

    « Je suis en colère, mais je n’ai plus l’énergie pour militer directement », avoue-t-il. Son témoignage sert désormais de preuve vivante que la pollution de l’eau n’est pas qu’une question d’écologie théorique ou d’odeur désagréable, mais un enjeu de santé publique majeur.

    Et vous, seriez-vous prêt à rater la session de l’année pour protéger votre santé ? Le risque, bien que rare, est désormais tristement documenté. Personnellement, je ne m’en suis jamais préoccupé, mais c’est une grave erreur….

    Note de la rédaction : Le documentaire Dirty Business est actuellement diffusé sur Channel 4. Il rappelle l’importance cruciale de soutenir les associations locales qui luttent pour la transparence sur la qualité des eaux de baignade en Europe.

  • Harry Bryant et sa bande créent une nouvelle discipline : le chaos génial de « RIP 4 »

    Harry Bryant et sa bande créent une nouvelle discipline : le chaos génial de « RIP 4 »

    Le surf a-t-il pris le melon ? À force de bomber le torse et de chercher la ligne parfaite, on en oublierait presque que la gravité finit toujours par gagner. C’est le constat hilarant et radical de RIP 4, une vidéo qui fait trembler les puristes de la planche à voile. Le pitch ? Les meilleurs freesurfers de la planète, dont Noah Deane, Craig Anderson et Harry Bryant, ont décidé de rendre les armes. Ils ont troqué leur posture de héros pour s’allonger sur des planches en mousse de 40 pouces.

    « Drink the BoogAid » : La dérision au pouvoir

    L’introduction est un régal de cynisme : la vie commence et s’achève à l’horizontale. Pourquoi s’acharner à rester debout entre les deux ? C’est l’essence même de ce projet porté par Jimbo Kates. Ici, pas de juges, pas de lycras, juste du caoutchouc malaisien bicolore et un leash de poignet qui vibre au rythme d’une bande-son métal saturée.

    Le clou du spectacle reste sans doute l’approche « no limit » de Harry Bryant. Le fantasque Australien pousse le bouchon jusqu’à s’envoyer dans des tubes massifs… en faisant du bodyboard sur un Malibu de 8 pieds. C’est absurde, c’est visuellement improbable, et pourtant, il charge avec une aisance qui ferait passer n’importe quel surfeur moyen pour un débutant.

    Pourquoi vous devez regarder cette vidéo

    Au-delà de la blague, la vidéo est une claque esthétique. Voir des icônes du style comme Craig Anderson perdre toute dignité posturale pour s’écraser dans le « shorebreak » rappelle que le surf est avant tout un jeu. C’est du grand n’importe quoi, certes, mais exécuté avec un talent brut.

    RIP 4 ne se contente pas de filmer des vagues ; elle capture un état d’esprit. C’est un doigt d’honneur joyeux à l’industrie du surf ultra-léchée. Que vous soyez un puriste du shortboard ou un adepte du « boog », vous ne pourrez pas rester insensible à cette dose de pur chaos.

    Posez votre ego, allongez-vous, et profitez du spectacle.

  • Matt Meola : L’électron libre qui redéfinit le surf moderne

    Matt Meola : L’électron libre qui redéfinit le surf moderne

    Dans l’industrie du surf, il y a les athlètes de circuit, les free surfeurs, les « youtubbeurs », et puis il y a Matt Meola. Si son nom résonne avec un ton particulièr dans le milieu des « core surfers », c’est parce que l’Hawaïen incarne une polyvalence rare, presque anachronique. Capable de plaquer les airs les plus techniques de la planète comme de ramer sur des montagnes à Jaws, Meola est un puriste.

    Dans cette récente vidéo, on redécouvre un homme dont la vie est rythmée par les éléments de son île natale, Maui, loin des paillettes du World Tour.

    Un style « Skate » sans demi-mesure

    Ce qui frappe chez Matt Meola, c’est son engagement total. Pour ceux qui ont eu la chance de le croiser au pic à différentes époques, le constat est le même : Matt ne connaît pas la retenue. Son approche est fondamentalement liée à celle du skateboard. Là où beaucoup de surfeurs cherchent la fluidité et la sécurité pour assurer une note, Meola cherche l’impact.

    Il fait partie de cette race de surfeurs capables de lancer des airs suicidaires avec une réception fréquente sur le plat. C’est brutal, c’est risqué pour les genoux, mais c’est visuellement époustouflant. Comme un skateur qui tente le même trick cinquante fois jusqu’à le plaquer parfaitement, Matt accepte un « déchet » important. Ses sessions sont jonchées de tentatives inachevées, mais lorsqu’il plaque, le résultat est souvent monstrueux, repoussant les limites de la rotation et de la hauteur.

    Le bémol de la discrétion : L’ombre de la hype

    Il est souvent comparé à son ami et voisin Albee Layer. Les deux partagent cette obsession pour l’innovation technique dans les airs et les grosses vagues. Pourtant, Albee occupe souvent une place plus centrale dans les médias spécialisés. Pourquoi ? Parce que Matt Meola a fait un choix : celui de l’authenticité locale.

    On aimerait le voir plus souvent, le voir voyager et produire davantage de contenu. Mais l’homme préfère sa routine sur son île. Pour Matt, une journée réussie ne se résume pas forcément à un édit de 3 minutes sur YouTube. C’est aussi, et surtout, partir chasser ou pêcher pour nourrir les siens. Cette facette de sa personnalité — ce côté « homme de la terre » — explique pourquoi il ne suit pas la hype des trips marketing incessants. Il est l’antithèse du surfeur qui court après les likes ; il court après les sensations brutes.

    « Le surf pour moi, c’est être dans le moment présent. Si je suis à Maui, que les vagues sont là, je suis l’homme le plus heureux. Si ce n’est pas le cas, la forêt et l’océan m’offrent autre chose. »

    Un chargeur hors norme à Pe’ahi (Jaws)

    Si beaucoup le connaissent pour ses airs, il ne faut pas oublier que Matt Meola est l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de Jaws. Sa connaissance du spot de Pe’ahi est chirurgicale. Passer d’une planche de 5’6 à un gun de 10 pieds demande une adaptabilité que peu possèdent.

    Sa capacité à lire la vague et à s’engager sur des murs d’eau massifs prouve que son talent n’est pas qu’une question de technique aérienne, mais de courage pur. À Jaws, il ne s’agit plus de « skater » sur l’eau, mais de survivre et de dompter la puissance brute de l’Océan Pacifique. C’est cette dualité qui fait de lui une véritable icône.

    L’évolution d’un talent brut

    Au fil des années, Meola a su faire évoluer son surf sans trahir son ADN. Dans la vidéo, on ressent cette maturité. Il parle de son rapport à l’équipement, de la nécessité d’avoir une vision claire de ce qu’il veut accomplir sur chaque vague. Il n’est plus seulement le gamin qui veut faire des rotations impossibles ; il est un architecte de sa propre trajectoire.

    Le message est clair : Matt Meola n’a rien à prouver à personne, si ce n’est à lui-même. Son style ne laisse personne de marbre, car il est l’expression directe de sa personnalité : entière, intense et sans compromis.

  • El Quemao Class : Joan Duru magistral, mais privé d’un second sacre historique

    El Quemao Class : Joan Duru magistral, mais privé d’un second sacre historique

    Le village de La Santa, sur l’île de Lanzarote, a une nouvelle fois vibré au rythme de l’El Quemao Class, cet événement sur invitation qui réunit la crème du surf et du bodyboard européen. Si la première journée a laissé les observateurs sur leur faim avec un plan d’eau capricieux, la seconde a offert le spectacle tant attendu : des tubes massifs, techniques et cette gauche de Quemao qu’on compare fréquemment à Pipeline. Mais au-delà du spectacle, c’est le verdict des juges qui est aujourd’hui sur toutes les lèvres.

    Un duel au sommet dans le « Pipe Européen »

    La gauche de Quemao est une bête à part. Puissante, creuse et imprévisible, elle demande un engagement total. Dans ces conditions, les « goofies » (surfeurs ayant le pied droit devant) partent souvent avec un léger avantage technique pour s’engouffrer dans ces cavernes liquides.

    Le Landais Joan Duru, ancien pensionnaire du CT et déjà vainqueur de l’épreuve par le passé, était l’un des favoris de la compétition. Après le sacre d’un autre Français, Marc Lacomare, l’an dernier, Joan Duru semblait en route pour ramener une nouvelle fois le trophée dans les Landes. Calme, précis et d’un engagement rare, il a enchaîné les tubes profonds avec une aisance déconcertante.

    Le verdict qui fâche : Un arbitrage trop « local » ?

    La finale opposait Duru à trois Espagnols, dont le local de l’étape, Conor Donegan. Le score final affiche une victoire de l’Espagnol avec un total de 18,30 points contre 17,50 pour le Français.

    C’est là que le bât blesse. Pour beaucoup d’observateurs présents sur place et derrière leurs écrans (dont moi avec plus de 15 ans sur le tour), la hiérarchie des scores pose question. Dès les demi-finales, un certain penchant du jury pour les surfeurs canariens se faisait sentir. En finale, malgré un tube parfait avec la note de 10 et un deuxième barrel que beaucoup estimaient supérieur, Joan Duru se voit relégué à la deuxième place.

    « Joan méritait clairement la victoire. Son placement et la profondeur de ses tubes étaient un cran au-dessus », murmure-t-on dans les bureaux.

    Un bilan contrasté malgré le spectacle

    Si la victoire de Conor Donegan est officielle, elle laisse un goût amer aux fans de surf français. On ne peut s’empêcher de penser que Duru a été « sous-noté » pour favoriser un succès local dans ce temple du surf canarien.

    Malgré cette frustration, l’El Quemao Class prouve encore qu’elle est l’une des plus belles compétitions de l’hiver. Joan Duru repart de Lanzarote avec une belle deuxième place, mais surtout avec le respect de tous ceux qui savent que, ce jour-là, le vrai patron de la gauche, c’était lui.

  • Chaos au Mexique : Faut-il annuler votre prochain surf trip ?

    Chaos au Mexique : Faut-il annuler votre prochain surf trip ?

    Le Mexique, terre promise des droites infinies, des tubes surpuissants et du « lifestyle » décontractée, vient de basculer dans une zone d’ombre inquiétante. Ce dimanche matin, une opération militaire d’envergure a conduit à l’élimination de Nemesio « El Mencho » Oseguera Cervantes, leader du puissant cartel de Jalisco Nouvelle Génération. Si l’événement est une victoire pour les autorités, les conséquences sur le terrain pour les voyageurs et la communauté surf sont immédiates et violentes.

    Puerto Vallarta et Baja-California sous haute tension

    Dès l’annonce de la mort du narcotrafiquant, dont la tête était mise à prix pour 15 millions de dollars, des scènes de guérilla urbaine ont éclaté. À Puerto Vallarta, point d’entrée stratégique pour rejoindre les spots de Punta Mita ou Sayulita, le chaos règne. Des véhicules en feu bloquent les axes principaux et les autorités américaines ont ordonné à leurs ressortissants de se confiner.

    La menace ne s’arrête pas au Jalisco. Des signalements de barrages routiers et de voitures calcinées remontent également de Baja-California, une zone pourtant prisée par les surfeurs européens et californiens. Les agences locales de transport tirent la sonnette d’alarme : circuler aujourd’hui sur les routes mexicaines relève de la roulette russe.

    Le traumatisme de Gaspard Larsonneur : quand la réalité dépasse la fiction

    Ces événements récents réveillent des souvenirs douloureux pour la communauté française. On se rappelle l’effroyable mésaventure vécue par le surfeur breton Gaspard Larsonneur et le photographe Robin Aussenac dans l’État d’Oaxaca.

    Alors qu’ils pensaient profiter des vagues parfaites de Salina Cruz, leur trip avait tourné au cauchemar en seulement 48 heures. Pris en chasse par des hommes armés, leur véhicule avait essuyé des tirs, blessant leur guide au pied. « À partir du moment où ils se sont mis à tirer, tu te dis qu’ils sont prêts à tout », confiait Gaspard à son retour. Ce témoignage, qui semblait être une exception à l’époque, résonne aujourd’hui comme un avertissement permanent pour tous ceux qui prévoient de s’aventurer hors des sentiers battus.

    Conseils de sécurité : partir ou rester ?

    Le Mexique reste une destination majeure du surf mondial, mais la conjoncture actuelle impose une vigilance extrême. Voici les recommandations de notre rédaction :

    • Évitez les déplacements nocturnes : C’est la règle d’or, d’autant plus en période de tensions entre cartels et militaires.
    • Restez sur les zones touristiques sécurisées : Pour l’instant, Puerto Vallarta est à éviter le temps que la situation se stabilise.
    • Suivez les réseaux locaux : Les groupes de surfeurs locaux et les comptes officiels des ambassades sont les meilleures sources d’information en temps réel.
    • Soutien diplomatique : Gardez en tête que, comme l’avait déploré Gaspard Larsonneur, l’aide des autorités consulaires peut être limitée en cas d’incident grave.

    Le surf trip de rêve peut rapidement se transformer en combat pour la survie. Si vous avez un départ prévu dans les prochains jours pour la côte Pacifique, la prudence est de mise. La situation est en constante évolution, et la « pax mafiosa » pourrait mettre du temps à se rétablir après la chute d’un tel pilier du narcotrafic.

  • JO 2028 : Les stars du surf entrent en guerre contre le nouveau système de qualification

    JO 2028 : Les stars du surf entrent en guerre contre le nouveau système de qualification

    Il y a quelques jours, nous évoquions un possible tournant majeur pour le surf olympique avec la réforme des qualifications pour les Jeux de Los Angeles 2028.

    Notre article sur le sujet: Surf aux JO 2028 : une réforme qui change tout

    L’idée ? Réduire drastiquement la part du Championship Tour (CT) de la World Surf League (WSL) au profit des compétitions de l’International Surfing Association (ISA). Une annonce qui, si elle visait à rééquilibrer les chances et intensifier la compétition, est loin d’avoir fait l’unanimité. En coulisses et sur les réseaux, la grogne monte chez certains des plus grands noms du circuit.

    La réforme contestée : moins de CT, plus d’ISA

    Pour rappel, la proposition de l’ISA limiterait à cinq places par genre via le CT, avec une potentielle restriction à un seul surfeur par pays, là où les cycles précédents (Tokyo 2020, Paris 2024) attribuaient une part bien plus importante via le classement final du CT. L’objectif avoué était de donner plus de poids aux ISA World Surfing Games, offrant ainsi une opportunité aux nations émergentes et intensifiant la valeur de ces championnats du monde.

    La vague de critiques : « Un manque total de respect »

    Cependant, cette réforme, présentée comme stratégique par l’ISA, est perçue comme un affront par de nombreux athlètes du CT. Les réactions ne se sont pas fait attendre, et le ton est monté, notamment sur les réseaux sociaux.

    Parmi les voix les plus critiques, on retrouve des figures de proue comme Yago Dora, l’actuel champion du monde en titre. Son verdict est sans appel : « Très irrespectueux envers les meilleurs surfeurs de compétition du monde. Un manque total de respect dans la manière dont ils ont mené cela, absolument triste pour notre sport et les futures générations de surfeurs. »

    Leo Fioravanti abonde dans ce sens, soulignant que le système précédent fonctionnait « parfaitement » en garantissant la présence des meilleurs. Il s’insurge : « Maintenant, le champion du monde WSL 2027 n’est même pas garanti de participer aux Jeux olympiques. » Il dénonce également un manque de communication : « Au nom des surfeurs de la WSL, nous avons essayé de communiquer avec l’ISA pour trouver la meilleure solution pour tous, mais l’ISA n’a pas voulu collaborer. »

    João « Chumbinho » Chianca exprime sa « honte » face à cette décision prise « derrière notre dos », jugeant le système de qualification « injuste » et reprochant à l’ISA de « ne pas respecter nos opinions ».

    Erin Brooks met l’accent sur la cohérence : « La régularité au plus haut niveau est ce qui définit le surf de compétition. Le WSL Championship Tour est l’endroit où cela se produit, et le chemin de qualification olympique devrait le refléter encore plus fortement. »

    Lakey Peterson partage une déception similaire : « Quel dommage de voir ça. Un manque total de respect envers les surfeurs de la WSL. Nous aurions aimé que vous discutiez avec nous avant de prendre cette décision, car nous avons essayé d’avoir des réunions à plusieurs reprises avec vous, et vous avez annulé, agissant dans notre dos et ne permettant pas une ligne de communication ouverte avec les surfeurs dont la vie est affectée par cela. »

    Même Caity Simmers et Luana Silva ont exprimé leur désaccord, la première avec un simple « deux pouces vers le bas » évocateur, la seconde par un clair « Nous ne sommes pas d’accord avec ce système. »

    Le cœur du problème : peur de perdre ou opportunité manquée ?

    Ces critiques soulèvent une question fondamentale : pourquoi cette réticence à s’investir davantage dans les événements ISA ? Certains éditorialistes n’hésitent pas à parler de « peur de perdre » face à des surfeurs de nations émergentes, ou de « mépris » envers une organisation qui, rappelons-le, est le seul chemin vers les Jeux.

    Le contraste est frappant avec l’exemple de Gabriel Medina à Porto Rico en 2024. Ayant manqué la qualification olympique directe, il s’est engagé pleinement dans les ISA World Surfing Games, remportant le championnat avec une émotion palpable et décrochant ainsi son ticket. Une performance saluée comme un exemple de « courage » et de détermination face à l’enjeu olympique.

    L’ISA est accusée d’agir en coulisses et de défendre ses propres intérêts. De leur côté, les surfeurs du CT estiment que le système actuel, qui favorise la crème de la WSL, est le garant de la qualité olympique. La fracture est profonde.

    Vers Los Angeles 2028 : un chemin « plus disputé »… et plus tendu

    Si l’intention de l’ISA est de rendre la route vers Los Angeles 2028 « bien plus disputée » et de valoriser ses propres compétitions, la méthode et la réception de cette réforme révèlent une tension significative entre les deux entités majeures du surf mondial. Les détails définitifs sont encore à confirmer, mais une chose est certaine : le surf olympique est à la croisée des chemins, et la paix n’est pas encore signée entre tous les acteurs.

    L’enjeu n’est plus seulement sportif, il est aussi politique. Et il pourrait bien redessiner le paysage du surf de compétition pour les années à venir.

  • Alerte lancée à La Santa : Le Lanzarote Quemao Class 2026 prêt à rugir

    Alerte lancée à La Santa : Le Lanzarote Quemao Class 2026 prêt à rugir

    Le « Pipe Masters » des Canaries est sur le point de s’embraser. Les organisateurs du Lanzarote Quemao Class ont officiellement activé l’alerte pour la tenue de l’événement entre le 22 et le 24 février 2026. Si les conditions se maintiennent, les deux meilleures journées de cette fenêtre seront choisies pour lancer l’une des compétitions les plus spectaculaires et périlleuses d’Europe.

    Suivez la compétition sur Youtube

    Suivez le jour 2 de la compétition

    Un plateau de « Gladiateurs » XXL

    L’événement, qui fonctionne exclusivement sur invitation, rassemble 64 athlètes d’élite (32 surfeurs et 32 bodyboarders) prêts à défier la puissance brute de la vague El Quemao.

    Parmi les têtes d’affiche confirmées sur la liste des surfeurs invités (voir visuel), on retrouve un contingent français et international de très haut niveau :

    • Les cadors tricolores : Joan Duru, Marc Lacomare, Sam Piter et William Aliotti.
    • Les stars internationales : Mason Barnes (USA), Noa Deane (Australie), Parker Coffin (USA) et le chargeur de grosses vagues Lucas Chianca (Brésil).
    • L’élite locale : José María Cabrera et une forte délégation des Canaries, habituée à dompter ce récif volcanique acéré.

    Plus qu’une compétition : un hommage

    Au-delà de la performance, le Lanzarote Quemao Class reste profondément ancré dans le respect et la mémoire. Comme chaque année, une cérémonie d’hommage sera rendue à David Infante « El Fula ». C’est en son honneur que la communauté du surf se réunit à La Santa, rappelant que derrière le spectacle se cache l’une des vagues les plus exigeantes du Vieux Continent.

    Le compte à rebours est lancé

    La compétition vient d’être sur les 4 prochains jours. Le but est de profiter des conditions et de choisir les deux meilleures journées.

    Samedi 21 février 2026

    • 14h30 : Enregistrement des compétiteurs. Inscription et retrait des accréditations pour les compétiteurs.
    • 16h00 : Réunion de sécurité. Compétiteurs, équipe de secours, pompiers et service d’ambulance.
    • 16h30 : Photo de famille. Compétiteurs et sponsors *Gradins de la plage de l’événement.
    • 17h30 : Hommage à David Infante « Fula ». Cérémonie près de la plaque commémorative sur la promenade et offrande en mer. La présence de tous les compétiteurs est obligatoire.
  • « Shit got real » : Kolohe Andino échappe de peu à un brasier en Australie

    « Shit got real » : Kolohe Andino échappe de peu à un brasier en Australie

    Le séjour de la délégation californienne sur la Gold Coast australienne a failli virer au drame national. Kolohe Andino, l’ex-pensionnaire de l’élite mondiale et leader du team de San Clemente, a survécu à un incendie spectaculaire qui a ravagé l’immeuble où il résidait lors des World Club Surfing Championships. (championnat du monde des clubs de surf, où était présent le club le 29 Hood Surf Club)

    Une nuit de terreur à Snapper Rocks

    Alors que la compétition battait son plein sur le spot mythique de Snapper Rocks, le feu s’est déclaré vers 1h00 du matin dans un complexe résidentiel de Rainbow Bay. Des témoins rapportent des scènes de chaos, avec des flammes s’échappant des balcons et une fumée épaisse envahissant les couloirs.

    « On a été réveillés par une fille qui criait ‘Où est-ce que tu vas ?’ si désespérément que nos cœurs se sont mis à s’emballer, puis on a vu le reflet du feu sur l’immeuble d’en face, » raconte un témoin sur les réseaux sociaux.

    Le message de Kolohe Andino

    Sain et sauf mais visiblement marqué, le surfeur de 30 ans a partagé son émotion sur Instagram : « C’est devenu très sérieux. Nous sommes reconnaissants et bénis d’être à nouveau sur nos pieds. Merci à tous ceux qui nous ont contactés. » Les images partagées montrent un appartement totalement calcinée au sein d’une tour. Si les causes du sinistre font toujours l’objet d’une enquête par les pompiers du Queensland, le bilan est miraculeux : aucune victime n’est à déplorer malgré la violence de l’incendie.

    Le San Clemente Boardriders sur le podium malgré tout

    Ironie du sort ou force de caractère, cet incident n’a pas empêché le club de San Clemente de briller dans l’eau. Menée par un Andino déterminé, l’équipe californienne a décroché la deuxième place de cette compétition internationale prestigieuse, juste derrière les locaux australiens.

    Kolohe Andino, souvent critiqué pour son franc-parler et ses positions tranchées sur l’industrie du surf, reçoit aujourd’hui une vague de soutien unanime de la part des légendes du sport. Mick Fanning, Kai Lenny et John John Florence ont tous manifesté leur soulagement face à cette fin heureuse.

  • Adieu au Colonel Kilgore : Robert Duvall, l’acteur qui a fait entrer le surf dans la légende du cinéma, s’est éteint

    Adieu au Colonel Kilgore : Robert Duvall, l’acteur qui a fait entrer le surf dans la légende du cinéma, s’est éteint

    Le « Stoke » a un visage, et il vient de s’assombrir. Robert Duvall, l’acteur monumental qui a incarné le Lieutenant-Colonel Bill Kilgore dans le chef-d’œuvre de Francis Ford Coppola, Apocalypse Now, nous a quittés. Pour le grand public, il restera l’homme qui « aimait l’odeur du napalm au petit matin ». Pour nous, les surfeurs, il est celui qui a prouvé que la quête de la vague parfaite est une force capable de défier la folie de la guerre.

    Plus qu’un rôle : une icône de la culture surf

    Peu de personnages de fiction ont autant imprégné l’imaginaire collectif des surfeurs que Bill Kilgore. Sous les traits de Duvall, Kilgore n’était pas seulement un commandant de l’Air Cavalry ; il était une « légende » absolu.

    Qui d’autre aurait pu, avec un flegme déconcertant, ignorer la pluie d’obus pour analyser la période de la houle ? Cette scène mythique où il débarque sur une plage en plein combat, les yeux rivés sur un « peak » d’e deux mètre’un bon mètre glassy alors que les bombes explosent, a résumé à elle seule l’obsession de notre sport. Duvall a su capturer cette étincelle de folie, ce mélange de dévotion totale et d’insouciance que chaque surfeur ressent en apercevant une série parfaite.

    La Yater Spoon : La planche devenue mythique

    L’article ne serait pas complet sans mentionner sa « monture » : la Renny Yater Spoon. Dans le film, Kilgore traite sa planche avec plus de respect que ses propres troupes.

    Ce longboard, shape légendaire de Santa Barbara, est devenu grâce au film un objet de culte. La disparition de Duvall nous rappelle cette époque où le surf était synonyme d’exploration et de liberté brute. Pour la petite histoire, Duvall ne se contentait pas de jouer la comédie : pour coller au rôle, il avait pris des leçons de surf avec les membres de l’équipe entre deux prises, s’imprégnant de la culture du « surf » jusqu’au bout des doigts.

    « Charlie don’t surf ! » – Une réplique qui a paradoxalement donné naissance au surf aux Philippines, là où le film a été tourné.

    Un héritage qui survit au-delà de l’écran

    Si Kilgore affirmait avec arrogance que « Charlie ne surfe pas », l’histoire lui a donné tort de la plus belle des manières. Le passage de l’équipe de production et les planches laissées sur place (dont la fameuse Yater) ont littéralement planté les graines du surf en Asie du Sud-Est. Aujourd’hui, les spots de Baler aux Philippines vibrent encore de l’héritage laissé par ce tournage dantesque.

    Robert Duvall n’était pas un surfeur de naissance, mais par son talent, il est devenu un « brother in fiberglass ». Il a offert au monde du surf sa plus grande vitrine cinématographique, teintée de poésie sauvage et d’une passion inébranlable.

    Aujourd’hui, nous imaginons le Colonel Kilgore quelque part, sur une plage de sable blanc éternelle, sa Yater Spoon sous le bras, observant un line-up parfait sans l’ombre d’un hélicoptère à l’horizon.

    Aloha, Robert. Merci pour le ride.

  • Charly Quivront : 30 ans, l’âge de raison d’un surfeur d’exception

    Charly Quivront : 30 ans, l’âge de raison d’un surfeur d’exception

    Trente ans. Pour ceux qui ont vu le petit prodige de Royan débarquer sur les bancs de sable landais avec ses boucles blondes, le coup de vieux est réel. Mais voir Charly Quivront aujourd’hui, c’est surtout constater une évidence : il fait partie de ces rares athlètes dont le surf s’affine et se bonifie chaque année. Avec la sortie de « The Dilemma », Charly ne nous offre pas qu’un simple edit ; il propose une production cinématographique d’une qualité rare dans le paysage du surf français.

    Un vrai « film » de surf : une perle rare en France

    Il faut le souligner : il est très rare en France de voir un projet de cette envergure dédié à un seul surfeur. Réalisé par Gabriel Boin, ce film est une immersion esthétique et humaine qui dépasse le cadre de la performance pure. C’est une œuvre qui prend le temps de raconter l’homme derrière le lycra, avec des images de voyages (Indo, Barbade, Hawaii). C’est une bonne surprise.

    La progression constante : « Plus fort chaque année »

    Le film retrace ce parcours atypique, ses débuts sur les plages charentaises aux sessions massives à Teahupo’o ou à la Barbade. On y voit un surfeur qui n’a jamais cessé de grimper les échelons.

    « Au début, il disait non à certaines bombes. Aujourd’hui, il y va au charbon », témoigne son entourage.

    Cette progression constante l’a mené dans le Top 50 des Challenger Series. Charly n’est pas un surfeur de « pics » de forme éphémères ; c’est un travailleur de l’ombre dont le niveau technique, que ce soit dans les airs, les tubes profonds ou les manœuvres de rail, est aujourd’hui à son apogée.

    De la « Plage de Pontaillac » à l’élite mondiale : La fierté Royannaise

    Si Charly est aujourd’hui une figure incontournable des Landes, son cœur et son surf sont nés à Royan. Le film nous replonge en 1995, année de sa naissance et de l’ouverture du surf shop familial par ses parents, Yannick et Jennifer. Charly, c’est le « premier bébé » du noyau surf local, un gamin qui a grandi entre les planches et les sessions estivales à Pontillac.

    Il y a une certaine poésie dans son parcours : Royan n’est pas Biarritz, ce n’était pas une « surf city » dans les années 90. C’était une station balnéaire connue pour la voile et sa vie nocturne, pas pour ses tubes. Les locaux du film s’en amusent d’ailleurs, qualifiant parfois le spot de « spot de la honte » à cause de ses vagues souvent molles et capricieuses. Pourtant, c’est sur ces vagues filtrées par l’estuaire que Charly a forgé sa glisse.

    « Un gamin qui sort d’un spot qui n’est pas la vague parfaite pour arriver à ce niveau-là, c’est un sacré coup de chapeau. Il a vécu pour ça dès l’âge de 11 ans », confie-t-on avec émotion dans le documentaire.

    Ce départ pour les Landes à 12 ans pour suivre les cours par correspondance (CNED) était un pari audacieux de la part de ses parents. Un pari gagnant qui n’a jamais effacé son attachement à la Charente-Maritime. Cette humilité du « petit gars de Royan » face aux grosses machines du surf mondial est sans doute ce qui lui donne cette authenticité si rare.

    Le style : L’héritage de Bruce Irons

    C’est sans doute le point qui me frappe le plus, c’est un avis personnel: sa morphologie et sa fluidité rappellent immanquablement Bruce Irons. Didier Piter, qui l’a coaché chez Volcom, ne tarit pas d’éloges sur sa « glisse parfaite ».

    « Pour moi, c’est l’un des surfeurs avec la meilleure glisse. Il a cette fluidité, ces enchaînements sans gestes parasites, sans ‘double pump’. C’est hyper esthétique. »

    Ce sens marin, cette capacité à lire l’océan sans forcer, fait de lui un surfeur complet, aussi à l’aise dans le gros qu’au milieu des airs.

    L’objectif WCT : Le chaînon manquant

    Le film ne cache pas l’ambition ultime : le Championship Tour (WCT). Leonardo Fioravanti, qui le côtoie depuis ses 10 ans, est catégorique :

    « Il a le niveau, il a le talent, il a la puissance. Il lui manque juste d’y croire à 120% et d’être plus rigoureux au quotidien. »

    C’est là tout le « dilemme » et le défi de Charly. Capable de sortir le meilleur score d’une journée de compétition par pur génie, il doit encore dompter cette irrégularité qui le fait parfois passer à côté de ses séries le lendemain. S’il parvient à aligner son immense talent de free surfeur avec la rigueur d’un « tueur » de compétition, la porte du WCT s’ouvrira forcément.

  • Talia : Entre deux vies, la liberté au gré des vagues

    Talia : Entre deux vies, la liberté au gré des vagues

    Il y a des moments dans une vie qui ressemblent à une suspension dans le temps. Ce court instant où l’on n’est plus tout à fait étudiant, mais pas encore tout à fait « actif ». C’est ce vertige, ce besoin d’une dernière aventure avant de s’enfermer dans un bureau, qui a poussé Lucas et Léon à acheter Talia, un voilier de 27 pieds de 1977.

    Pour quiconque regarde leur périple, ce n’est pas seulement un film de voile ou de surf : c’est un remède à la mélancolie, une parenthèse qui nous rappelle ce que signifie être vraiment libre.

    L’apprentissage de la lenteur

    Partis de la Méditerranée pour rejoindre l’Atlantique, ces deux ingénieurs fraîchement diplômés ont fait un choix radical : celui de la lenteur. À bord de Talia, on avance à 3 nœuds.

    « Nous cherchons toujours à aller plus vite, à battre des records… mais je suis convaincu que nous avons tout à perdre à aller trop vite sans remarquer ce que nous croisons. »

    Cette philosophie imprègne toute la vidéo. On les voit apprendre la plomberie, l’électricité, la navigation sur le tas. Ils ne sont pas nés marins, ils le sont devenus par envie de ne pas avoir d’attaches.

    Pas des pros, mais des passionnés

    Côté surf, soyons honnêtes : on n’est pas sur le dernier édit de John John Florence. Nos deux compères ne fracassent pas la lèvre avec la même puissance (désolé les gars, mais on sait que vous êtes d’accord !). Pourtant, il y a quelque chose de plus pur dans leurs sessions.

    C’est le plaisir de dénicher un spot désert sur Google Earth, de guetter la houle depuis le cockpit et de sauter à l’eau entre deux quarts de navigation. C’est un surf de partage, loin des compétitions, qui ressemble à celui que l’on pratique entre potes. Une passion qu’ils partagent d’ailleurs avec JJF : cet amour viscéral pour le mélange sel, vent et planches de surf.

    Pourquoi cette aventure nous touche-t-elle tant ?

    Si cette vidéo fait sourire et apaise, c’est parce qu’elle touche à une corde sensible : le manque de liberté. On vit dans un monde qui ne s’arrête jamais, où chaque minute doit être productive. Voir Lucas et Léon perdre la notion du temps, oublier quel jour on est, et se contenter de « manger, dormir, bouger », c’est une forme de thérapie visuelle. Ils nous rappellent que la nature ne se domine pas, elle s’apprivoise.

    Ce qu’on en retient :

    • L’immersion totale : La mer ne triche pas. Quand l’autopilote brûle ou que les orques rôdent au large de Gibraltar, on revient à l’essentiel.
    • La déconnexion : Ces moments d’apnée où le temps s’arrête, où l’on devient une partie de l’écosystème.
    • La protection : Un message simple mais puissant : « Prenez soin de la nature, elle prendra soin de vous. »

    Regarder l’aventure de Talia, c’est retrouver un peu de ce sentiment de liberté qu’on a parfois laissé derrière nous. C’est une invitation à se souvenir que, peu importe où nous en sommes dans notre carrière, il reste toujours une part de nous capable de larguer les amarres, ne serait-ce que par la pensée.