Auteur/autrice : Kelly Slater

  • Session fatale : Comment la pollution de l’océan a brisé la vie de ce surfeur de 35 ans

    Session fatale : Comment la pollution de l’océan a brisé la vie de ce surfeur de 35 ans

    Le rêve de tout surfeur peut-il se transformer en un enfer médical irréversible ? C’est la question qui glace le milieu du surf britannique depuis les révélations entourant l’histoire de Reuben Santer. Ce trentenaire, qui avait tout quitté pour vivre au plus près des vagues du Devon, est aujourd’hui le visage d’un scandale environnemental sans précédent. Son crime ? Avoir surfé une houle de tempête dans une eau chargée de bactéries. C’est un témoignage que je vierns de lire dans The Guardian, et il m’a glacé le sang.

    Une passion dévorante confrontée à la réalité invisible

    Reuben Santer n’était pas un débutant imprudent. En 2021, ce professeur de 35 ans s’installe à Exeter avec un seul objectif : être à moins de 90 minutes des meilleurs « spots » du Royaume-Uni. Comme beaucoup d’entre nous, il surveillait les prévisions de surf avant la couleur de l’eau.

    « Je pensais plus à la perfection des vagues qu’aux eaux usées », confie-t-il dans le cadre du documentaire choc « Dirty Business » diffusé sur Channel 4. Pourtant, la menace était là, invisible et inodore sur certaines plages, mais tragiquement présente à Saunton Sands, là où tout a basculé pour lui en octobre 2022.

    Le jour où l’équilibre a rompu

    Après une pause forcée de deux mois due à une simple otite, Reuben ne résiste pas à l’appel d’une grosse houle générée par une tempête. Malgré une odeur suspecte dans l’eau, il se met à l’eau. « On pense toujours que ça n’arrive qu’aux autres », admet-il. Le lendemain soir, le verdict tombe : une attaque de vertige si violente qu’il ne peut plus tenir debout.

    Ce qui semblait être une banale labyrinthite (infection de l’oreille interne) s’est transformé en un calvaire de quatre mois. Le diagnostic final est tombé comme un couperet : la maladie de Ménière. Une pathologie incurable de l’oreille interne qui provoque des vertiges invalidants, des pertes d’audition et des vomissements chroniques.

    L’avis de l’expert : Bien qu’il soit difficile d’établir un lien de causalité direct à 100 % sur le plan médical, le consultant privé de Santer a été formel : la présence de bactéries issues des eaux usées lors de sa session est la cause la plus probable du déclenchement de la maladie.

    Je tiens à préciser que c’est la version de Reuben. La maladie de Ménière n’est pas très connue et manque d’études scientifiques sur ses origines. Je prends donc des pincettes….

    « Dirty Business » : Le scandale des eaux usées éclate

    L’histoire de Reuben n’est malheureusement pas un cas isolé. Elle est le fil conducteur de Dirty Business, une série factuelle qui dénonce une décennie d’investigations sur les compagnies des eaux anglaises. Le programme met en lumière une pratique révoltante : le rejet massif d’eaux usées non traitées dans l’océan, particulièrement lors de fortes pluies. Ça vous rappelle rien, il me semble que la France, et particulièrement le Pays Basque, connaît la même problématique.

    Pour Reuben, les conséquences sont dramatiques :

    • Perte d’emploi : Incapable de tenir debout sans vomir, il a dû abandonner l’enseignement.
    • Isolement : Durant les crises les plus graves, il devait ramper jusqu’aux toilettes.
    • Deuil du surf : Aujourd’hui, chaque tentative de retour à l’eau déclenche de nouveaux symptômes alarmants.

    La communauté du surf en état d’alerte

    Le cas Santer est un signal d’alarme pour tous ceux qui, comme nous, consultent les applications de qualité de l’eau (comme celle de Surfers Against Sewage en Angleterre) avant de se jeter à l’eau. Si Reuben espère aujourd’hui que la chirurgie stabilisera son état, il a choisi de médiatiser son combat pour forcer les entreprises à moderniser des infrastructures obsolètes qui empoisonnent nos terrains de jeu.

    « Je suis en colère, mais je n’ai plus l’énergie pour militer directement », avoue-t-il. Son témoignage sert désormais de preuve vivante que la pollution de l’eau n’est pas qu’une question d’écologie théorique ou d’odeur désagréable, mais un enjeu de santé publique majeur.

    Et vous, seriez-vous prêt à rater la session de l’année pour protéger votre santé ? Le risque, bien que rare, est désormais tristement documenté. Personnellement, je ne m’en suis jamais préoccupé, mais c’est une grave erreur….

    Note de la rédaction : Le documentaire Dirty Business est actuellement diffusé sur Channel 4. Il rappelle l’importance cruciale de soutenir les associations locales qui luttent pour la transparence sur la qualité des eaux de baignade en Europe.

  • Harry Bryant et sa bande créent une nouvelle discipline : le chaos génial de « RIP 4 »

    Harry Bryant et sa bande créent une nouvelle discipline : le chaos génial de « RIP 4 »

    Le surf a-t-il pris le melon ? À force de bomber le torse et de chercher la ligne parfaite, on en oublierait presque que la gravité finit toujours par gagner. C’est le constat hilarant et radical de RIP 4, une vidéo qui fait trembler les puristes de la planche à voile. Le pitch ? Les meilleurs freesurfers de la planète, dont Noah Deane, Craig Anderson et Harry Bryant, ont décidé de rendre les armes. Ils ont troqué leur posture de héros pour s’allonger sur des planches en mousse de 40 pouces.

    « Drink the BoogAid » : La dérision au pouvoir

    L’introduction est un régal de cynisme : la vie commence et s’achève à l’horizontale. Pourquoi s’acharner à rester debout entre les deux ? C’est l’essence même de ce projet porté par Jimbo Kates. Ici, pas de juges, pas de lycras, juste du caoutchouc malaisien bicolore et un leash de poignet qui vibre au rythme d’une bande-son métal saturée.

    Le clou du spectacle reste sans doute l’approche « no limit » de Harry Bryant. Le fantasque Australien pousse le bouchon jusqu’à s’envoyer dans des tubes massifs… en faisant du bodyboard sur un Malibu de 8 pieds. C’est absurde, c’est visuellement improbable, et pourtant, il charge avec une aisance qui ferait passer n’importe quel surfeur moyen pour un débutant.

    Pourquoi vous devez regarder cette vidéo

    Au-delà de la blague, la vidéo est une claque esthétique. Voir des icônes du style comme Craig Anderson perdre toute dignité posturale pour s’écraser dans le « shorebreak » rappelle que le surf est avant tout un jeu. C’est du grand n’importe quoi, certes, mais exécuté avec un talent brut.

    RIP 4 ne se contente pas de filmer des vagues ; elle capture un état d’esprit. C’est un doigt d’honneur joyeux à l’industrie du surf ultra-léchée. Que vous soyez un puriste du shortboard ou un adepte du « boog », vous ne pourrez pas rester insensible à cette dose de pur chaos.

    Posez votre ego, allongez-vous, et profitez du spectacle.

  • Matt Meola : L’électron libre qui redéfinit le surf moderne

    Matt Meola : L’électron libre qui redéfinit le surf moderne

    Dans l’industrie du surf, il y a les athlètes de circuit, les free surfeurs, les « youtubbeurs », et puis il y a Matt Meola. Si son nom résonne avec un ton particulièr dans le milieu des « core surfers », c’est parce que l’Hawaïen incarne une polyvalence rare, presque anachronique. Capable de plaquer les airs les plus techniques de la planète comme de ramer sur des montagnes à Jaws, Meola est un puriste.

    Dans cette récente vidéo, on redécouvre un homme dont la vie est rythmée par les éléments de son île natale, Maui, loin des paillettes du World Tour.

    Un style « Skate » sans demi-mesure

    Ce qui frappe chez Matt Meola, c’est son engagement total. Pour ceux qui ont eu la chance de le croiser au pic à différentes époques, le constat est le même : Matt ne connaît pas la retenue. Son approche est fondamentalement liée à celle du skateboard. Là où beaucoup de surfeurs cherchent la fluidité et la sécurité pour assurer une note, Meola cherche l’impact.

    Il fait partie de cette race de surfeurs capables de lancer des airs suicidaires avec une réception fréquente sur le plat. C’est brutal, c’est risqué pour les genoux, mais c’est visuellement époustouflant. Comme un skateur qui tente le même trick cinquante fois jusqu’à le plaquer parfaitement, Matt accepte un « déchet » important. Ses sessions sont jonchées de tentatives inachevées, mais lorsqu’il plaque, le résultat est souvent monstrueux, repoussant les limites de la rotation et de la hauteur.

    Le bémol de la discrétion : L’ombre de la hype

    Il est souvent comparé à son ami et voisin Albee Layer. Les deux partagent cette obsession pour l’innovation technique dans les airs et les grosses vagues. Pourtant, Albee occupe souvent une place plus centrale dans les médias spécialisés. Pourquoi ? Parce que Matt Meola a fait un choix : celui de l’authenticité locale.

    On aimerait le voir plus souvent, le voir voyager et produire davantage de contenu. Mais l’homme préfère sa routine sur son île. Pour Matt, une journée réussie ne se résume pas forcément à un édit de 3 minutes sur YouTube. C’est aussi, et surtout, partir chasser ou pêcher pour nourrir les siens. Cette facette de sa personnalité — ce côté « homme de la terre » — explique pourquoi il ne suit pas la hype des trips marketing incessants. Il est l’antithèse du surfeur qui court après les likes ; il court après les sensations brutes.

    « Le surf pour moi, c’est être dans le moment présent. Si je suis à Maui, que les vagues sont là, je suis l’homme le plus heureux. Si ce n’est pas le cas, la forêt et l’océan m’offrent autre chose. »

    Un chargeur hors norme à Pe’ahi (Jaws)

    Si beaucoup le connaissent pour ses airs, il ne faut pas oublier que Matt Meola est l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de Jaws. Sa connaissance du spot de Pe’ahi est chirurgicale. Passer d’une planche de 5’6 à un gun de 10 pieds demande une adaptabilité que peu possèdent.

    Sa capacité à lire la vague et à s’engager sur des murs d’eau massifs prouve que son talent n’est pas qu’une question de technique aérienne, mais de courage pur. À Jaws, il ne s’agit plus de « skater » sur l’eau, mais de survivre et de dompter la puissance brute de l’Océan Pacifique. C’est cette dualité qui fait de lui une véritable icône.

    L’évolution d’un talent brut

    Au fil des années, Meola a su faire évoluer son surf sans trahir son ADN. Dans la vidéo, on ressent cette maturité. Il parle de son rapport à l’équipement, de la nécessité d’avoir une vision claire de ce qu’il veut accomplir sur chaque vague. Il n’est plus seulement le gamin qui veut faire des rotations impossibles ; il est un architecte de sa propre trajectoire.

    Le message est clair : Matt Meola n’a rien à prouver à personne, si ce n’est à lui-même. Son style ne laisse personne de marbre, car il est l’expression directe de sa personnalité : entière, intense et sans compromis.

  • El Quemao Class : Joan Duru magistral, mais privé d’un second sacre historique

    El Quemao Class : Joan Duru magistral, mais privé d’un second sacre historique

    Le village de La Santa, sur l’île de Lanzarote, a une nouvelle fois vibré au rythme de l’El Quemao Class, cet événement sur invitation qui réunit la crème du surf et du bodyboard européen. Si la première journée a laissé les observateurs sur leur faim avec un plan d’eau capricieux, la seconde a offert le spectacle tant attendu : des tubes massifs, techniques et cette gauche de Quemao qu’on compare fréquemment à Pipeline. Mais au-delà du spectacle, c’est le verdict des juges qui est aujourd’hui sur toutes les lèvres.

    Un duel au sommet dans le « Pipe Européen »

    La gauche de Quemao est une bête à part. Puissante, creuse et imprévisible, elle demande un engagement total. Dans ces conditions, les « goofies » (surfeurs ayant le pied droit devant) partent souvent avec un léger avantage technique pour s’engouffrer dans ces cavernes liquides.

    Le Landais Joan Duru, ancien pensionnaire du CT et déjà vainqueur de l’épreuve par le passé, était l’un des favoris de la compétition. Après le sacre d’un autre Français, Marc Lacomare, l’an dernier, Joan Duru semblait en route pour ramener une nouvelle fois le trophée dans les Landes. Calme, précis et d’un engagement rare, il a enchaîné les tubes profonds avec une aisance déconcertante.

    Le verdict qui fâche : Un arbitrage trop « local » ?

    La finale opposait Duru à trois Espagnols, dont le local de l’étape, Conor Donegan. Le score final affiche une victoire de l’Espagnol avec un total de 18,30 points contre 17,50 pour le Français.

    C’est là que le bât blesse. Pour beaucoup d’observateurs présents sur place et derrière leurs écrans (dont moi avec plus de 15 ans sur le tour), la hiérarchie des scores pose question. Dès les demi-finales, un certain penchant du jury pour les surfeurs canariens se faisait sentir. En finale, malgré un tube parfait avec la note de 10 et un deuxième barrel que beaucoup estimaient supérieur, Joan Duru se voit relégué à la deuxième place.

    « Joan méritait clairement la victoire. Son placement et la profondeur de ses tubes étaient un cran au-dessus », murmure-t-on dans les bureaux.

    Un bilan contrasté malgré le spectacle

    Si la victoire de Conor Donegan est officielle, elle laisse un goût amer aux fans de surf français. On ne peut s’empêcher de penser que Duru a été « sous-noté » pour favoriser un succès local dans ce temple du surf canarien.

    Malgré cette frustration, l’El Quemao Class prouve encore qu’elle est l’une des plus belles compétitions de l’hiver. Joan Duru repart de Lanzarote avec une belle deuxième place, mais surtout avec le respect de tous ceux qui savent que, ce jour-là, le vrai patron de la gauche, c’était lui.

  • Chaos au Mexique : Faut-il annuler votre prochain surf trip ?

    Chaos au Mexique : Faut-il annuler votre prochain surf trip ?

    Le Mexique, terre promise des droites infinies, des tubes surpuissants et du « lifestyle » décontractée, vient de basculer dans une zone d’ombre inquiétante. Ce dimanche matin, une opération militaire d’envergure a conduit à l’élimination de Nemesio « El Mencho » Oseguera Cervantes, leader du puissant cartel de Jalisco Nouvelle Génération. Si l’événement est une victoire pour les autorités, les conséquences sur le terrain pour les voyageurs et la communauté surf sont immédiates et violentes.

    Puerto Vallarta et Baja-California sous haute tension

    Dès l’annonce de la mort du narcotrafiquant, dont la tête était mise à prix pour 15 millions de dollars, des scènes de guérilla urbaine ont éclaté. À Puerto Vallarta, point d’entrée stratégique pour rejoindre les spots de Punta Mita ou Sayulita, le chaos règne. Des véhicules en feu bloquent les axes principaux et les autorités américaines ont ordonné à leurs ressortissants de se confiner.

    La menace ne s’arrête pas au Jalisco. Des signalements de barrages routiers et de voitures calcinées remontent également de Baja-California, une zone pourtant prisée par les surfeurs européens et californiens. Les agences locales de transport tirent la sonnette d’alarme : circuler aujourd’hui sur les routes mexicaines relève de la roulette russe.

    Le traumatisme de Gaspard Larsonneur : quand la réalité dépasse la fiction

    Ces événements récents réveillent des souvenirs douloureux pour la communauté française. On se rappelle l’effroyable mésaventure vécue par le surfeur breton Gaspard Larsonneur et le photographe Robin Aussenac dans l’État d’Oaxaca.

    Alors qu’ils pensaient profiter des vagues parfaites de Salina Cruz, leur trip avait tourné au cauchemar en seulement 48 heures. Pris en chasse par des hommes armés, leur véhicule avait essuyé des tirs, blessant leur guide au pied. « À partir du moment où ils se sont mis à tirer, tu te dis qu’ils sont prêts à tout », confiait Gaspard à son retour. Ce témoignage, qui semblait être une exception à l’époque, résonne aujourd’hui comme un avertissement permanent pour tous ceux qui prévoient de s’aventurer hors des sentiers battus.

    Conseils de sécurité : partir ou rester ?

    Le Mexique reste une destination majeure du surf mondial, mais la conjoncture actuelle impose une vigilance extrême. Voici les recommandations de notre rédaction :

    • Évitez les déplacements nocturnes : C’est la règle d’or, d’autant plus en période de tensions entre cartels et militaires.
    • Restez sur les zones touristiques sécurisées : Pour l’instant, Puerto Vallarta est à éviter le temps que la situation se stabilise.
    • Suivez les réseaux locaux : Les groupes de surfeurs locaux et les comptes officiels des ambassades sont les meilleures sources d’information en temps réel.
    • Soutien diplomatique : Gardez en tête que, comme l’avait déploré Gaspard Larsonneur, l’aide des autorités consulaires peut être limitée en cas d’incident grave.

    Le surf trip de rêve peut rapidement se transformer en combat pour la survie. Si vous avez un départ prévu dans les prochains jours pour la côte Pacifique, la prudence est de mise. La situation est en constante évolution, et la « pax mafiosa » pourrait mettre du temps à se rétablir après la chute d’un tel pilier du narcotrafic.

  • JO 2028 : Les stars du surf entrent en guerre contre le nouveau système de qualification

    JO 2028 : Les stars du surf entrent en guerre contre le nouveau système de qualification

    Il y a quelques jours, nous évoquions un possible tournant majeur pour le surf olympique avec la réforme des qualifications pour les Jeux de Los Angeles 2028.

    Notre article sur le sujet: Surf aux JO 2028 : une réforme qui change tout

    L’idée ? Réduire drastiquement la part du Championship Tour (CT) de la World Surf League (WSL) au profit des compétitions de l’International Surfing Association (ISA). Une annonce qui, si elle visait à rééquilibrer les chances et intensifier la compétition, est loin d’avoir fait l’unanimité. En coulisses et sur les réseaux, la grogne monte chez certains des plus grands noms du circuit.

    La réforme contestée : moins de CT, plus d’ISA

    Pour rappel, la proposition de l’ISA limiterait à cinq places par genre via le CT, avec une potentielle restriction à un seul surfeur par pays, là où les cycles précédents (Tokyo 2020, Paris 2024) attribuaient une part bien plus importante via le classement final du CT. L’objectif avoué était de donner plus de poids aux ISA World Surfing Games, offrant ainsi une opportunité aux nations émergentes et intensifiant la valeur de ces championnats du monde.

    La vague de critiques : « Un manque total de respect »

    Cependant, cette réforme, présentée comme stratégique par l’ISA, est perçue comme un affront par de nombreux athlètes du CT. Les réactions ne se sont pas fait attendre, et le ton est monté, notamment sur les réseaux sociaux.

    Parmi les voix les plus critiques, on retrouve des figures de proue comme Yago Dora, l’actuel champion du monde en titre. Son verdict est sans appel : « Très irrespectueux envers les meilleurs surfeurs de compétition du monde. Un manque total de respect dans la manière dont ils ont mené cela, absolument triste pour notre sport et les futures générations de surfeurs. »

    Leo Fioravanti abonde dans ce sens, soulignant que le système précédent fonctionnait « parfaitement » en garantissant la présence des meilleurs. Il s’insurge : « Maintenant, le champion du monde WSL 2027 n’est même pas garanti de participer aux Jeux olympiques. » Il dénonce également un manque de communication : « Au nom des surfeurs de la WSL, nous avons essayé de communiquer avec l’ISA pour trouver la meilleure solution pour tous, mais l’ISA n’a pas voulu collaborer. »

    João « Chumbinho » Chianca exprime sa « honte » face à cette décision prise « derrière notre dos », jugeant le système de qualification « injuste » et reprochant à l’ISA de « ne pas respecter nos opinions ».

    Erin Brooks met l’accent sur la cohérence : « La régularité au plus haut niveau est ce qui définit le surf de compétition. Le WSL Championship Tour est l’endroit où cela se produit, et le chemin de qualification olympique devrait le refléter encore plus fortement. »

    Lakey Peterson partage une déception similaire : « Quel dommage de voir ça. Un manque total de respect envers les surfeurs de la WSL. Nous aurions aimé que vous discutiez avec nous avant de prendre cette décision, car nous avons essayé d’avoir des réunions à plusieurs reprises avec vous, et vous avez annulé, agissant dans notre dos et ne permettant pas une ligne de communication ouverte avec les surfeurs dont la vie est affectée par cela. »

    Même Caity Simmers et Luana Silva ont exprimé leur désaccord, la première avec un simple « deux pouces vers le bas » évocateur, la seconde par un clair « Nous ne sommes pas d’accord avec ce système. »

    Le cœur du problème : peur de perdre ou opportunité manquée ?

    Ces critiques soulèvent une question fondamentale : pourquoi cette réticence à s’investir davantage dans les événements ISA ? Certains éditorialistes n’hésitent pas à parler de « peur de perdre » face à des surfeurs de nations émergentes, ou de « mépris » envers une organisation qui, rappelons-le, est le seul chemin vers les Jeux.

    Le contraste est frappant avec l’exemple de Gabriel Medina à Porto Rico en 2024. Ayant manqué la qualification olympique directe, il s’est engagé pleinement dans les ISA World Surfing Games, remportant le championnat avec une émotion palpable et décrochant ainsi son ticket. Une performance saluée comme un exemple de « courage » et de détermination face à l’enjeu olympique.

    L’ISA est accusée d’agir en coulisses et de défendre ses propres intérêts. De leur côté, les surfeurs du CT estiment que le système actuel, qui favorise la crème de la WSL, est le garant de la qualité olympique. La fracture est profonde.

    Vers Los Angeles 2028 : un chemin « plus disputé »… et plus tendu

    Si l’intention de l’ISA est de rendre la route vers Los Angeles 2028 « bien plus disputée » et de valoriser ses propres compétitions, la méthode et la réception de cette réforme révèlent une tension significative entre les deux entités majeures du surf mondial. Les détails définitifs sont encore à confirmer, mais une chose est certaine : le surf olympique est à la croisée des chemins, et la paix n’est pas encore signée entre tous les acteurs.

    L’enjeu n’est plus seulement sportif, il est aussi politique. Et il pourrait bien redessiner le paysage du surf de compétition pour les années à venir.

  • Alerte lancée à La Santa : Le Lanzarote Quemao Class 2026 prêt à rugir

    Alerte lancée à La Santa : Le Lanzarote Quemao Class 2026 prêt à rugir

    Le « Pipe Masters » des Canaries est sur le point de s’embraser. Les organisateurs du Lanzarote Quemao Class ont officiellement activé l’alerte pour la tenue de l’événement entre le 22 et le 24 février 2026. Si les conditions se maintiennent, les deux meilleures journées de cette fenêtre seront choisies pour lancer l’une des compétitions les plus spectaculaires et périlleuses d’Europe.

    Suivez la compétition sur Youtube

    Suivez le jour 2 de la compétition

    Un plateau de « Gladiateurs » XXL

    L’événement, qui fonctionne exclusivement sur invitation, rassemble 64 athlètes d’élite (32 surfeurs et 32 bodyboarders) prêts à défier la puissance brute de la vague El Quemao.

    Parmi les têtes d’affiche confirmées sur la liste des surfeurs invités (voir visuel), on retrouve un contingent français et international de très haut niveau :

    • Les cadors tricolores : Joan Duru, Marc Lacomare, Sam Piter et William Aliotti.
    • Les stars internationales : Mason Barnes (USA), Noa Deane (Australie), Parker Coffin (USA) et le chargeur de grosses vagues Lucas Chianca (Brésil).
    • L’élite locale : José María Cabrera et une forte délégation des Canaries, habituée à dompter ce récif volcanique acéré.

    Plus qu’une compétition : un hommage

    Au-delà de la performance, le Lanzarote Quemao Class reste profondément ancré dans le respect et la mémoire. Comme chaque année, une cérémonie d’hommage sera rendue à David Infante « El Fula ». C’est en son honneur que la communauté du surf se réunit à La Santa, rappelant que derrière le spectacle se cache l’une des vagues les plus exigeantes du Vieux Continent.

    Le compte à rebours est lancé

    La compétition vient d’être sur les 4 prochains jours. Le but est de profiter des conditions et de choisir les deux meilleures journées.

    Samedi 21 février 2026

    • 14h30 : Enregistrement des compétiteurs. Inscription et retrait des accréditations pour les compétiteurs.
    • 16h00 : Réunion de sécurité. Compétiteurs, équipe de secours, pompiers et service d’ambulance.
    • 16h30 : Photo de famille. Compétiteurs et sponsors *Gradins de la plage de l’événement.
    • 17h30 : Hommage à David Infante « Fula ». Cérémonie près de la plaque commémorative sur la promenade et offrande en mer. La présence de tous les compétiteurs est obligatoire.
  • « Shit got real » : Kolohe Andino échappe de peu à un brasier en Australie

    « Shit got real » : Kolohe Andino échappe de peu à un brasier en Australie

    Le séjour de la délégation californienne sur la Gold Coast australienne a failli virer au drame national. Kolohe Andino, l’ex-pensionnaire de l’élite mondiale et leader du team de San Clemente, a survécu à un incendie spectaculaire qui a ravagé l’immeuble où il résidait lors des World Club Surfing Championships. (championnat du monde des clubs de surf, où était présent le club le 29 Hood Surf Club)

    Une nuit de terreur à Snapper Rocks

    Alors que la compétition battait son plein sur le spot mythique de Snapper Rocks, le feu s’est déclaré vers 1h00 du matin dans un complexe résidentiel de Rainbow Bay. Des témoins rapportent des scènes de chaos, avec des flammes s’échappant des balcons et une fumée épaisse envahissant les couloirs.

    « On a été réveillés par une fille qui criait ‘Où est-ce que tu vas ?’ si désespérément que nos cœurs se sont mis à s’emballer, puis on a vu le reflet du feu sur l’immeuble d’en face, » raconte un témoin sur les réseaux sociaux.

    Le message de Kolohe Andino

    Sain et sauf mais visiblement marqué, le surfeur de 30 ans a partagé son émotion sur Instagram : « C’est devenu très sérieux. Nous sommes reconnaissants et bénis d’être à nouveau sur nos pieds. Merci à tous ceux qui nous ont contactés. » Les images partagées montrent un appartement totalement calcinée au sein d’une tour. Si les causes du sinistre font toujours l’objet d’une enquête par les pompiers du Queensland, le bilan est miraculeux : aucune victime n’est à déplorer malgré la violence de l’incendie.

    Le San Clemente Boardriders sur le podium malgré tout

    Ironie du sort ou force de caractère, cet incident n’a pas empêché le club de San Clemente de briller dans l’eau. Menée par un Andino déterminé, l’équipe californienne a décroché la deuxième place de cette compétition internationale prestigieuse, juste derrière les locaux australiens.

    Kolohe Andino, souvent critiqué pour son franc-parler et ses positions tranchées sur l’industrie du surf, reçoit aujourd’hui une vague de soutien unanime de la part des légendes du sport. Mick Fanning, Kai Lenny et John John Florence ont tous manifesté leur soulagement face à cette fin heureuse.

  • Adieu au Colonel Kilgore : Robert Duvall, l’acteur qui a fait entrer le surf dans la légende du cinéma, s’est éteint

    Adieu au Colonel Kilgore : Robert Duvall, l’acteur qui a fait entrer le surf dans la légende du cinéma, s’est éteint

    Le « Stoke » a un visage, et il vient de s’assombrir. Robert Duvall, l’acteur monumental qui a incarné le Lieutenant-Colonel Bill Kilgore dans le chef-d’œuvre de Francis Ford Coppola, Apocalypse Now, nous a quittés. Pour le grand public, il restera l’homme qui « aimait l’odeur du napalm au petit matin ». Pour nous, les surfeurs, il est celui qui a prouvé que la quête de la vague parfaite est une force capable de défier la folie de la guerre.

    Plus qu’un rôle : une icône de la culture surf

    Peu de personnages de fiction ont autant imprégné l’imaginaire collectif des surfeurs que Bill Kilgore. Sous les traits de Duvall, Kilgore n’était pas seulement un commandant de l’Air Cavalry ; il était une « légende » absolu.

    Qui d’autre aurait pu, avec un flegme déconcertant, ignorer la pluie d’obus pour analyser la période de la houle ? Cette scène mythique où il débarque sur une plage en plein combat, les yeux rivés sur un « peak » d’e deux mètre’un bon mètre glassy alors que les bombes explosent, a résumé à elle seule l’obsession de notre sport. Duvall a su capturer cette étincelle de folie, ce mélange de dévotion totale et d’insouciance que chaque surfeur ressent en apercevant une série parfaite.

    La Yater Spoon : La planche devenue mythique

    L’article ne serait pas complet sans mentionner sa « monture » : la Renny Yater Spoon. Dans le film, Kilgore traite sa planche avec plus de respect que ses propres troupes.

    Ce longboard, shape légendaire de Santa Barbara, est devenu grâce au film un objet de culte. La disparition de Duvall nous rappelle cette époque où le surf était synonyme d’exploration et de liberté brute. Pour la petite histoire, Duvall ne se contentait pas de jouer la comédie : pour coller au rôle, il avait pris des leçons de surf avec les membres de l’équipe entre deux prises, s’imprégnant de la culture du « surf » jusqu’au bout des doigts.

    « Charlie don’t surf ! » – Une réplique qui a paradoxalement donné naissance au surf aux Philippines, là où le film a été tourné.

    Un héritage qui survit au-delà de l’écran

    Si Kilgore affirmait avec arrogance que « Charlie ne surfe pas », l’histoire lui a donné tort de la plus belle des manières. Le passage de l’équipe de production et les planches laissées sur place (dont la fameuse Yater) ont littéralement planté les graines du surf en Asie du Sud-Est. Aujourd’hui, les spots de Baler aux Philippines vibrent encore de l’héritage laissé par ce tournage dantesque.

    Robert Duvall n’était pas un surfeur de naissance, mais par son talent, il est devenu un « brother in fiberglass ». Il a offert au monde du surf sa plus grande vitrine cinématographique, teintée de poésie sauvage et d’une passion inébranlable.

    Aujourd’hui, nous imaginons le Colonel Kilgore quelque part, sur une plage de sable blanc éternelle, sa Yater Spoon sous le bras, observant un line-up parfait sans l’ombre d’un hélicoptère à l’horizon.

    Aloha, Robert. Merci pour le ride.

  • Charly Quivront : 30 ans, l’âge de raison d’un surfeur d’exception

    Charly Quivront : 30 ans, l’âge de raison d’un surfeur d’exception

    Trente ans. Pour ceux qui ont vu le petit prodige de Royan débarquer sur les bancs de sable landais avec ses boucles blondes, le coup de vieux est réel. Mais voir Charly Quivront aujourd’hui, c’est surtout constater une évidence : il fait partie de ces rares athlètes dont le surf s’affine et se bonifie chaque année. Avec la sortie de « The Dilemma », Charly ne nous offre pas qu’un simple edit ; il propose une production cinématographique d’une qualité rare dans le paysage du surf français.

    Un vrai « film » de surf : une perle rare en France

    Il faut le souligner : il est très rare en France de voir un projet de cette envergure dédié à un seul surfeur. Réalisé par Gabriel Boin, ce film est une immersion esthétique et humaine qui dépasse le cadre de la performance pure. C’est une œuvre qui prend le temps de raconter l’homme derrière le lycra, avec des images de voyages (Indo, Barbade, Hawaii). C’est une bonne surprise.

    La progression constante : « Plus fort chaque année »

    Le film retrace ce parcours atypique, ses débuts sur les plages charentaises aux sessions massives à Teahupo’o ou à la Barbade. On y voit un surfeur qui n’a jamais cessé de grimper les échelons.

    « Au début, il disait non à certaines bombes. Aujourd’hui, il y va au charbon », témoigne son entourage.

    Cette progression constante l’a mené dans le Top 50 des Challenger Series. Charly n’est pas un surfeur de « pics » de forme éphémères ; c’est un travailleur de l’ombre dont le niveau technique, que ce soit dans les airs, les tubes profonds ou les manœuvres de rail, est aujourd’hui à son apogée.

    De la « Plage de Pontaillac » à l’élite mondiale : La fierté Royannaise

    Si Charly est aujourd’hui une figure incontournable des Landes, son cœur et son surf sont nés à Royan. Le film nous replonge en 1995, année de sa naissance et de l’ouverture du surf shop familial par ses parents, Yannick et Jennifer. Charly, c’est le « premier bébé » du noyau surf local, un gamin qui a grandi entre les planches et les sessions estivales à Pontillac.

    Il y a une certaine poésie dans son parcours : Royan n’est pas Biarritz, ce n’était pas une « surf city » dans les années 90. C’était une station balnéaire connue pour la voile et sa vie nocturne, pas pour ses tubes. Les locaux du film s’en amusent d’ailleurs, qualifiant parfois le spot de « spot de la honte » à cause de ses vagues souvent molles et capricieuses. Pourtant, c’est sur ces vagues filtrées par l’estuaire que Charly a forgé sa glisse.

    « Un gamin qui sort d’un spot qui n’est pas la vague parfaite pour arriver à ce niveau-là, c’est un sacré coup de chapeau. Il a vécu pour ça dès l’âge de 11 ans », confie-t-on avec émotion dans le documentaire.

    Ce départ pour les Landes à 12 ans pour suivre les cours par correspondance (CNED) était un pari audacieux de la part de ses parents. Un pari gagnant qui n’a jamais effacé son attachement à la Charente-Maritime. Cette humilité du « petit gars de Royan » face aux grosses machines du surf mondial est sans doute ce qui lui donne cette authenticité si rare.

    Le style : L’héritage de Bruce Irons

    C’est sans doute le point qui me frappe le plus, c’est un avis personnel: sa morphologie et sa fluidité rappellent immanquablement Bruce Irons. Didier Piter, qui l’a coaché chez Volcom, ne tarit pas d’éloges sur sa « glisse parfaite ».

    « Pour moi, c’est l’un des surfeurs avec la meilleure glisse. Il a cette fluidité, ces enchaînements sans gestes parasites, sans ‘double pump’. C’est hyper esthétique. »

    Ce sens marin, cette capacité à lire l’océan sans forcer, fait de lui un surfeur complet, aussi à l’aise dans le gros qu’au milieu des airs.

    L’objectif WCT : Le chaînon manquant

    Le film ne cache pas l’ambition ultime : le Championship Tour (WCT). Leonardo Fioravanti, qui le côtoie depuis ses 10 ans, est catégorique :

    « Il a le niveau, il a le talent, il a la puissance. Il lui manque juste d’y croire à 120% et d’être plus rigoureux au quotidien. »

    C’est là tout le « dilemme » et le défi de Charly. Capable de sortir le meilleur score d’une journée de compétition par pur génie, il doit encore dompter cette irrégularité qui le fait parfois passer à côté de ses séries le lendemain. S’il parvient à aligner son immense talent de free surfeur avec la rigueur d’un « tueur » de compétition, la porte du WCT s’ouvrira forcément.

  • Talia : Entre deux vies, la liberté au gré des vagues

    Talia : Entre deux vies, la liberté au gré des vagues

    Il y a des moments dans une vie qui ressemblent à une suspension dans le temps. Ce court instant où l’on n’est plus tout à fait étudiant, mais pas encore tout à fait « actif ». C’est ce vertige, ce besoin d’une dernière aventure avant de s’enfermer dans un bureau, qui a poussé Lucas et Léon à acheter Talia, un voilier de 27 pieds de 1977.

    Pour quiconque regarde leur périple, ce n’est pas seulement un film de voile ou de surf : c’est un remède à la mélancolie, une parenthèse qui nous rappelle ce que signifie être vraiment libre.

    L’apprentissage de la lenteur

    Partis de la Méditerranée pour rejoindre l’Atlantique, ces deux ingénieurs fraîchement diplômés ont fait un choix radical : celui de la lenteur. À bord de Talia, on avance à 3 nœuds.

    « Nous cherchons toujours à aller plus vite, à battre des records… mais je suis convaincu que nous avons tout à perdre à aller trop vite sans remarquer ce que nous croisons. »

    Cette philosophie imprègne toute la vidéo. On les voit apprendre la plomberie, l’électricité, la navigation sur le tas. Ils ne sont pas nés marins, ils le sont devenus par envie de ne pas avoir d’attaches.

    Pas des pros, mais des passionnés

    Côté surf, soyons honnêtes : on n’est pas sur le dernier édit de John John Florence. Nos deux compères ne fracassent pas la lèvre avec la même puissance (désolé les gars, mais on sait que vous êtes d’accord !). Pourtant, il y a quelque chose de plus pur dans leurs sessions.

    C’est le plaisir de dénicher un spot désert sur Google Earth, de guetter la houle depuis le cockpit et de sauter à l’eau entre deux quarts de navigation. C’est un surf de partage, loin des compétitions, qui ressemble à celui que l’on pratique entre potes. Une passion qu’ils partagent d’ailleurs avec JJF : cet amour viscéral pour le mélange sel, vent et planches de surf.

    Pourquoi cette aventure nous touche-t-elle tant ?

    Si cette vidéo fait sourire et apaise, c’est parce qu’elle touche à une corde sensible : le manque de liberté. On vit dans un monde qui ne s’arrête jamais, où chaque minute doit être productive. Voir Lucas et Léon perdre la notion du temps, oublier quel jour on est, et se contenter de « manger, dormir, bouger », c’est une forme de thérapie visuelle. Ils nous rappellent que la nature ne se domine pas, elle s’apprivoise.

    Ce qu’on en retient :

    • L’immersion totale : La mer ne triche pas. Quand l’autopilote brûle ou que les orques rôdent au large de Gibraltar, on revient à l’essentiel.
    • La déconnexion : Ces moments d’apnée où le temps s’arrête, où l’on devient une partie de l’écosystème.
    • La protection : Un message simple mais puissant : « Prenez soin de la nature, elle prendra soin de vous. »

    Regarder l’aventure de Talia, c’est retrouver un peu de ce sentiment de liberté qu’on a parfois laissé derrière nous. C’est une invitation à se souvenir que, peu importe où nous en sommes dans notre carrière, il reste toujours une part de nous capable de larguer les amarres, ne serait-ce que par la pensée.

  • Le monde du surf pleure Kurt Van Dyke, assassiné au Costa Rica

    Le monde du surf pleure Kurt Van Dyke, assassiné au Costa Rica

    Le paradis a pris des airs de cauchemar ce week-end sur la côte caraïbe du Costa Rica. Kurt Van Dyke, figure emblématique de la communauté surf et héritier d’une des lignées les plus prestigieuses de Santa Cruz, a été retrouvé sans vie dans sa résidence de Cahuita. Un drame d’une violence inouïe qui secoue l’ensemble de la communauté internationale des surfeurs.

    Une agression d’une violence extrême

    Les faits, rapportés par les autorités locales et le San Francisco Chronicle, se sont déroulés samedi dernier. Des intrus auraient pénétré dans l’appartement que Kurt, 66 ans, partageait avec sa compagne. Selon les premiers éléments de l’enquête menée par l’Organisme d’Investigation Judiciaire (OIJ), le couple aurait été ligoté avec des attaches en plastique avant de subir une agression physique.

    Si sa compagne a miraculeusement survécu sans blessures graves, le corps de Kurt Van Dyke a été découvert dissimulé sous un lit, présentant des traces de strangulation et plusieurs plaies à l’arme blanche. Les assaillants ont pris la fuite après avoir dérobé des objets de valeur et le véhicule du couple.

    « The King » : Un pilier de Puerto Viejo

    Installé depuis de nombreuses années au Costa Rica, Kurt n’était pas un simple expatrié. Propriétaire de l’Hôtel Puerto Viejo, il avait bâti un véritable sanctuaire pour les surfeurs du monde entier. Surnommé « The King » par les locaux, il était reconnu pour son engagement envers la communauté et son style de surf radical, malgré les années.

    « Mon frère était une personne profondément bienveillante qui aidait absolument tout le monde », a confié son frère, Peter Van Dyke. « Kurt n’aurait jamais fait de mal à personne. »

    L’héritage d’une dynastie de Santa Cruz

    Le nom Van Dyke résonne comme une légende dans le nord de la Californie. Kurt était le fils de Gene Van Dyke, surfeur notoire de Santa Cruz, et de Betty Van Dyke, une pionnière absolue qui fut l’une des premières femmes à braver les vagues de la région dans les années 50.

    C’est cet héritage de liberté et de passion que Kurt avait emporté avec lui dans les eaux chaudes des Caraïbes. Son décès laisse un vide immense, tant sur les spots de Pleasure Point que sur les récifs de Puerto Viejo.

    Un acte isolé dans une région d’ordinaire paisible

    Face à l’émoi suscité, Roger Sams, président de la Chambre de Tourisme du Sud des Caraïbes, a tenu à rassurer les voyageurs en précisant qu’il s’agissait d’un « cas isolé » visant un résident et non un touriste de passage. La zone, réputée pour son calme et son atmosphère « pueblo », reste sous le choc de cette explosion de violence.

    Pour l’heure, les autorités costariciennes poursuivent leurs recherches pour retrouver les auteurs de ce crime qui vient ternir l’image de la Pura Vida.

  • Vincent Duvignac, de la chute au retour : le teaser d’un film bouleversant

    Vincent Duvignac, de la chute au retour : le teaser d’un film bouleversant

    Le 14 janvier 2025, la carrière – et la vie – de Vincent Duvignac bascule sur un banc de sable landais. Multiple champion de France de free surf, le Landais est victime d’un accident aussi brutal qu’improbable sur un spot proche de Vielle-Saint-Girons.

    Ce jour-là, les vagues ne sont pas énormes. “Très jolies”, racontera-t-il plus tard. Après deux heures à l’eau avec des amis et un cameraman, il décide de prendre une dernière vague. La plus belle. La plus creuse aussi. Son pied arrière glisse. Projeté vers l’avant, il heurte violemment le fond. “J’ai tapé la tête directement dans le sable.” Il entend deux craquements : un au niveau du crâne, l’autre aux cervicales.

    Le diagnostic est glaçant : dislocation et triple fracture des cervicales. À quelques millimètres près, c’était la paralysie ou pire. Conscient, il parvient pourtant à sortir de l’eau avant d’être évacué vers l’hôpital. Très vite, il mesure l’ampleur du choc. “J’ai de la chance d’être vivant.”

    Trois mois immobile, des doutes à la pelle

    Commencent alors trois mois d’immobilisation dans un corset sur mesure. Lit médicalisé. Douleurs constantes. Incertitude totale. Les quinze premiers jours sont les plus durs : la possibilité de ne plus jamais surfer devient réelle. S’ajoutent les doutes, la peur, les pleurs. Un suivi psychologique accompagne la rééducation.

    Puis, lentement, le corps répond. La mobilité revient. La confiance aussi.

    Neuf mois après l’accident, sur la plage de Seignosse, Vincent Duvignac renoue avec l’eau. Il parle d’“énorme victoire”. Il retrouve la sensation de glisse. Mieux encore : il replaque ses premiers tubes. L’extase, dit-il. Récemment, il a même participé au Challenge de La Nord à Hossegor, malgré une mobilité encore réduite.

    Un film pour raconter la résilience

    C’est cette traversée – de la chute à la renaissance – que retrace le teaser d’un film très attendu. Plus qu’un simple récit d’accident, il s’agit d’une plongée intime dans la fragilité d’un sportif de haut niveau et dans la puissance de la reconstruction.

    Dates des avant-premières :

    • Hossegor ► Samedi 28/02, Le Rex
    • Nantes ► Lundi 02/03, Pathé Nantes
    • Vannes ► Mercredi 04/03, Cinéville Parc Lann
    • Bordeaux ► Jeudi 05/03, Mégarama
    • Marseille ► Jeudi 05/03, Pathé Madeleine
    • Biarritz ► Vendredi 06/03, Le Royal
    • Paris ► Vendredi 06/03, Le Grand Rex
  • Surf aux JO 2028 : une réforme qui change tout

    Surf aux JO 2028 : une réforme qui change tout

    Le système de qualification olympique en surf pourrait connaître un tournant majeur pour les Jeux de Jeux Olympiques de Los Angeles 2028. Plusieurs médias spécialisés révèlent que l’International Surfing Association (ISA) souhaiterait réduire drastiquement le nombre de places attribuées via le World Surf League Championship Tour (CT).

    Moins de places via le CT

    Lors des cycles précédents (Tokyo 2020 et Paris 2024), une part importante des quotas olympiques provenait du classement final du CT. Ce système favorisait logiquement les surfeurs déjà installés au plus haut niveau mondial.

    La nouvelle orientation envisagée limiterait à cinq places par genre via le CT, avec potentiellement une restriction à un surfeur par pays. Une décision stratégique qui renforcerait le rôle des compétitions ISA dans la course aux Jeux.

    L’ISA au centre du jeu

    Si la réforme est confirmée, les ISA World Surfing Games deviendraient un passage quasi incontournable pour décrocher un ticket olympique. Les surfeurs du CT devraient alors s’investir pleinement dans ces épreuves, au lieu d’y participer sans enjeu majeur.

    L’objectif est clair :

    • Rééquilibrer les chances entre nations traditionnelles et émergentes
    • Intensifier la compétition internationale
    • Donner plus de valeur aux performances en championnat du monde ISA

    Une motivation décuplée

    On se souvient de la performance exceptionnelle de Gabriel Medina à Porto Rico en 2024, portée par l’enjeu olympique. Avec un système plus exigeant, chaque compétition pourrait devenir décisive, aussi bien en ISA qu’en CT.

    Cette réforme corrigerait plusieurs critiques du modèle précédent : manque d’intensité stratégique, qualifications quasi automatiques et faible pression concurrentielle.

    Les détails définitifs restent à confirmer, mais une chose est sûre : la route vers Los Angeles 2028 s’annonce bien plus disputée.

    Sources

    • Duke Surf – ISA seeks to reduce the number of qualifiers through the CT to five by 2028
    • The Inertia – ISA and WSL Olympic qualification discussions for LA 2028
  • Quand l’IA confond Filipe Toledo avec le père de John John Florence

    Quand l’IA confond Filipe Toledo avec le père de John John Florence

    Une nouvelle vidéo générée par intelligence artificielle circule dans la sphère surf… et elle prouve surtout une chose : même en 2026, l’IA peut raconter n’importe quoi, et certains le croient.

    Dans ce clip devenu viral, l’algorithme affirme sérieusement que Filipe Toledo serait le père de John John Florence. Oui, vraiment. De quoi faire sourire – ou lever les yeux au ciel – n’importe quel passionné de surf ayant suivi l’histoire pourtant bien connue de la famille Florence.

    Une erreur qui en dit long sur le contenu de cette vidéo

    Le problème n’est pas seulement l’erreur factuelle. C’est surtout la facilité avec laquelle une information absurde peut sembler crédible lorsqu’elle est portée par une vidéo bien montée, une voix synthétique convaincante et quelques images de tubes parfaits.

    Dans la réalité, l’histoire de John John Florence est documentée depuis des années. Son père, John Florence Sr., a même publié un mémoire autobiographique détaillant son parcours chaotique et sa vie familiale. Rien, absolument rien, n’y relie Filipe Toledo.

    Cette confusion montre que l’IA excelle encore davantage dans la mise en scène que dans la vérité.

    Le surf face au miroir déformant de l’intelligence artificielle

    Le monde du surf, déjà nourri de storytelling, de légendes et de récits héroïques, devient un terrain idéal pour ce type de dérives. Une simple hallucination algorithmique peut transformer une fiction en quasi-réalité virale.

    Ironiquement, cette bévue rappelle aussi pourquoi la culture surf repose encore sur la mémoire humaine : les magazines, les films, les témoignages… et cette transmission entre générations que même la meilleure IA ne peut pas improviser.

    Au fond, cette vidéo n’est peut-être pas qu’une erreur. C’est un rappel amusant que, malgré toute la technologie du monde, connaître réellement le surf demande encore de vivre dedans.

  • Kai McKenzie : le prodige australien de retour sur sa planche après une attaque de requin

    Kai McKenzie : le prodige australien de retour sur sa planche après une attaque de requin

    Juillet 2024, Nouvelle-Galles du Sud. Le destin de Kai McKenzie bascule sous les mâchoires d’un grand requin blanc. À seulement 23 ans, alors qu’il était l’un des espoirs les plus prometteurs du surf australien, le jeune homme perd sa jambe droite dans une attaque d’une violence rare. On le pensait perdu pour le surf de haut niveau ; il vient de prouver au monde entier que la passion est plus forte que le traumatisme.

    Un retour progressif vers l’élite

    Le chemin vers la rédemption n’a pas été linéaire. Peu de temps après son accident à North Shore Beach, Port Macquarie, Kai McKenzie s’était déjà illustré en retournant à l’eau sur une planche en mousse (soft-top), surfant sur une seule jambe. Mais les images qui circulent aujourd’hui marquent une étape supérieure, presque irréelle.

    Équipé d’une prothèse de haute technologie, le surfeur a repris possession de sa board habituelle en résine et fibre de verre. La vidéo de sa session montre un bon niveau : Kai pompe sur la vague, gagne de la vitesse et envoie un re-entry frontside avec une fluidité déconcertante. Sa légende sur Instagram résume parfaitement son état d’esprit : « J’ai perdu ma jambe, mais je n’ai pas perdu le surf. »

    Le respect des légendes du circuit

    Ce comeback n’est pas passé inaperçu auprès de la communauté internationale. Les plus grands noms du surf mondial ont exprimé leur admiration. Mick Fanning, triple champion du monde et lui-même rescapé d’une rencontre célèbre avec un grand blanc, a salué « un cœur et une volonté incroyables ». D’autres icônes comme Taj Burrow, Laura Enever ou Noa Deane ont rejoint le concert d’éloges, qualifiant Kai de « légende vivante ».

    Le chemin n’est pourtant pas sans embûches. Plus tôt cette année, Kai a dû repasser sur la table d’opération suite à des complications liées à son amputation. Sa capacité à surmonter ces rechutes physiques et mentales force le respect, notamment dans un contexte australien tendu où les attaques de requins (notamment de bouledogues à Sydney) rappellent quotidiennement les risques inhérents à notre sport.

    Une inspiration pour la culture glisse

    L’histoire de Kai McKenzie dépasse le simple fait divers sportif. Elle s’inscrit dans la lignée des récits de résilience qui forgent l’âme de la culture surf et du sport. Son message est clair : avec le bon entourage et une détermination d’acier, aucune vague n’est infranchissable, même après avoir frôlé l’irréparable. Bravo à lui…

  • Justine Dupont : la vidéo montre l’instant précis où tout bascule à Todos Santos

    Justine Dupont : la vidéo montre l’instant précis où tout bascule à Todos Santos

    On savait que la chute était violente.
    On ne mesurait pas encore à quel point.

    La vidéo du wipeout de Justine Dupont lors du Thriller at Killers, à Todos Santos, révèle le moment exact où la surfeuse française se fracture la vertèbre L1 dans une vague estimée à 25 pieds.

    Aspirée par la lèvre, envoyée par-dessus les chutes

    Les premières informations laissaient penser que la blessure était survenue sur un take-off manqué plus tôt dans la série. Mais les images racontent une autre histoire.

    Sur une grosse vague, Justine est happée par la lèvre. Elle passe dans la lèvre et disparaît dans la zone d’impact. L’impact, lourd.

    C’est là que se produit la fracture.

    Dans le channel, l’atmosphère change immédiatement. Sur le traîneau du jet ski, la Française reste allongée, visiblement touchée. Les équipes de sécurité interviennent sans délai.

    Une intervention rapide, un diagnostic rassurant

    Évacuée vers l’hôpital d’Ensenada puis transférée à San Diego, Justine apprend qu’elle souffre d’une fracture de la vertèbre L1.

    Pas d’opération nécessaire.
    Mais plusieurs semaines de corset et une rééducation avant un retour progressif à l’eau.

    Depuis l’hôpital, elle a partagé ces mots :

    « Je fais ce sport par passion, en étant pleinement consciente des risques. »

    Une phrase qui résume tout l’engagement du big wave surfing.

    Killers : une vague magnifique… et sans indulgence

    Todos Santos reste l’un des spots les plus impressionnants du circuit big wave. Une vague massive, exigeante, où l’engagement est total à chaque take-off.

    Même pour une spécialiste des conditions XXL comme Justine Dupont, l’erreur ne pardonne pas.

    Cette séquence en est la démonstration brutale.

    👉 Lire aussi

    Pour revenir en détail sur sa blessure, son message et le contexte de la compétition, tu peux consulter notre premier article :

    ➡️ Justine Dupont blessée à Todos Santos après une lourde chute

  • Miracle à Santa Cruz : Un bateau avec quatre enfants chavire dans un « lineup » déchaîné

    Miracle à Santa Cruz : Un bateau avec quatre enfants chavire dans un « lineup » déchaîné

    Ce qui devait être une sortie en mer a viré au cauchemar ce dimanche 8 février à Steamer Lane, en Californie. Un bateau de plaisance avec une famille de six personnes à son bord a tenté de traverser la zone de surf en plein « swell » massif. Le bilan aurait pu être tragique sans l’intervention héroïque des surfeurs présents sur place.

    Une « missile maritime » fonce sur les surfeurs

    Alors que la côte pacifique était placée sous alerte de forte houle avec des vagues de 2 à 3 mètres (6-8 pieds), une panga de 15 pieds a commis l’irréparable : s’engager à pleine vitesse entre Middle Peak et The Slot, le cœur de l’action à Santa Cruz.

    Le journaliste de Stab, Holden Trnka, à peine descendu de l’avion en provenance d’Hawaï, se trouvait dans l’eau au moment du drame :

    « Le plus gros set de la journée arrivait. Ce bateau a essayé de forcer le passage entre deux séries. Il a dévalé la face d’une vague à pleine vitesse, a planté l’avant et s’est retourné instantanément. »

    « Maman, je veux rentrer » : Un sauvetage contre la montre

    À bord, le chaos est total. Deux parents et quatre enfants, âgés de 4 à 10 ans, sont projetés dans une eau glaciale, au milieu des débris et des canettes de bière flottantes. Si les enfants portaient des gilets de sauvetage, ce n’était pas le cas des parents.

    La légende locale du surf de gros, Darryl “Flea” Virotsko, témoin de la scène, raconte l’urgence absolue : « Je l’ai vu foncer droit dans la mousse. Je savais qu’ils allaient couler. Il a fallu ramer le plus vite possible pour sauver ces petits. »

    Holde a réussi à hisser une petite fille sur sa planche :

    « Elle hurlait, elle appelait ses parents en pleurant. C’était extrêmement traumatisant. On ne savait pas si tout le monde était sain et sauf sous la coque retournée. »

    Un bilan miraculeux malgré l’imprudence

    Le père de famille, retrouvé sans pantalon et avec une profonde entaille au cuir chevelu, a été récupéré par les secours en état de choc, s’excusant à plusieurs reprises. Grâce à la solidarité immédiate des 30 à 40 surfeurs présents dans l’eau, les six membres de la famille ont pu être transférés sur un bateau des garde-côtes puis pris en charge par des ambulances au port de Santa Cruz.

  • L’incroyable survie d’un surfeur accroché à un casier à homards en pleine mer

    L’incroyable survie d’un surfeur accroché à un casier à homards en pleine mer

    Ce qui devait être une session de surf nocturne mémorable a failli virer au drame ce week-end à Haskell’s Beach, près de Goleta. Un jeune surfeur de 26 ans doit aujourd’hui sa vie à un équipement de pêche pourtant controversé : un casier à homards.

    Une session de nuit qui vire au cauchemar

    Alors que les conditions étaient annoncées comme « pumping » par les surf reports locaux, deux amis se sont mis à l’eau à la tombée de la nuit. Aux alentours de 18h30, la situation a dérapé. Après la perte de sa planche, l’un des surfeurs a été rapidement entraîné vers le large par les courants.

    L’alerte a été donnée immédiatement par son compagnon resté sur le rivage. Un réflexe salvateur qui a permis aux secours du Santa Barbara County Fire Department d’intervenir dans des délais records.

    La technologie infrarouge au service du sauvetage

    La découverte de la planche de surf échouée sur le sable a d’abord laissé craindre le pire. Mais c’est grâce au déploiement de drones équipés de caméras thermiques que l’impensable a été repéré : à plus de 400 mètres de la côte, une signature thermique oscillait dans l’eau sombre.

    Le naufragé avait réussi à s’agripper à la bouée d’un casier à homards (ou « cray pot »), un point d’ancrage providentiel qui lui a permis de ne pas couler malgré l’épuisement et la température de l’eau.

    Le casier à homards : sauveur inattendu

    Ironie du sort, ces casiers font souvent l’objet de critiques environnementales. L’association Santa Barbara Channelkeeper en recensait encore 44 autour de cette plage en 2021, pointant du doigt les risques pour la faune marine. Cette fois, ce « débris » marin est devenu une bouée de sauvetage.

    Récupéré sain et sauf par les nageurs-sauveteurs, le jeune homme n’a pas eu besoin d’hospitalisation. Un dénouement heureux qui rappelle les dangers extrêmes du surf nocturne, même pour les pratiquants expérimentés.

  • Justine Dupont blessée à Todos Santos après une lourde chute

    Justine Dupont blessée à Todos Santos après une lourde chute

    La victoire et le podium ne racontent jamais toute l’histoire. Derrière la troisième place décrochée au Thriller at Killers, Justine Dupont a vécu un épisode bien plus rude que ce que laissait présager le classement final. La surfeuse française a révélé sur ses réseaux sociaux s’être fracturé une vertèbre lors de la compétition de grosses vagues à Todos Santos, au Mexique.

    Engagée comme toujours, Justine cherchait « une méga vague ». Elle l’a trouvée… mais l’impact a été violent. Aspirée par la vague après une chute lourde, elle ressent immédiatement une vive douleur dans le dos. Rapidement prise en charge, elle est évacuée vers l’hôpital d’Ensenada avant d’être transférée aux États-Unis pour des examens complémentaires. Verdict : fracture vertébrale, sans complication grave heureusement.

    Une blessure sérieuse, mais un état d’esprit intact

    Dans son message, Justine Dupont rassure. Pas d’opération, mais quelques semaines avec un corset, suivies d’une rééducation conséquente. Le retour à l’eau est déjà dans un coin de sa tête. « Dans quelques mois, je serai de retour à l’eau », écrit-elle, fidèle à cet état d’esprit qui la caractérise depuis ses débuts en grosse vague, et plus généralement dans le surf.

    La Française a tenu à remercier l’ensemble des personnes impliquées dans sa prise en charge : surfeurs, équipe de sécurité, médecins, personnel hospitalier, mais aussi Gary Linden, organisateur du Thriller at Killers, pour la qualité de l’organisation et de la water safety sur place.

    Todos Santos, un rappel brutal de la réalité du big wave

    Cette blessure rappelle à quel point Killers, au large de Todos Santos, reste l’un des spots les plus exigeants au monde. Une vague massive, imprévisible, où l’engagement est total et les conséquences bien réelles. Même pour les surfeurs et surfeuses les plus expérimentés.

    Malgré tout, Justine conclut son message avec une promesse claire : elle reviendra. Rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine, face à cette vague qui l’a durement frappée, mais qui continue d’alimenter sa passion intacte pour le surf de grosses vagues. N’oublions pas son expérience à Jaws.

  • Adrien Toyon de retour dans les tubes de Desert Point

    Adrien Toyon de retour dans les tubes de Desert Point

    Il y a des vidéos qui font simplement plaisir. Celle d’Adrien Toyon à Desert Point en fait clairement partie.
    Cela faisait un moment qu’on n’avait pas vu le Réunionnais sous ce jour-là, et le retrouver dans les longs tubes de Lombok a quelque chose d’évident : cette vague lui va comme un gant.

    Adrien Toyon, c’est avant tout une classe naturelle, un surf propre, posé, sans gestes inutiles. À Desert Point, il déroule. La vidéo Desierto le montre à l’aise, précis, parfaitement calé dans des gauches interminables. Un tube rider pur, qui sait attendre, lire la vague et disparaître là où beaucoup se feraient éjecter.

    Le film raconte aussi l’envers du décor. Un coup de fil, un swell éclair, deux jours de voyage depuis la France, et cette attente avant de pouvoir enfin se jeter à l’eau sur l’une des vagues les plus capricieuses – et mythiques – de la planète. Desierto, ce n’est pas seulement le désert géographique, c’est aussi le temps, la patience, l’engagement nécessaire pour être au bon endroit au bon moment.

    Résultat : des barrels longs, profonds, presque hypnotiques, et un Adrien Toyon motivé comme un grom de 14 ans. Une vidéo courte, sincère, qui rappelle à quel point son surf reste une référence dès que ça creuse à gauche.

  • Thriller at Killers 2026 : Todos Santos sacre ses rois de la grosse vague

    Thriller at Killers 2026 : Todos Santos sacre ses rois de la grosse vague

    Todos Santos est un spot capricieux de Baja California, et plus précisément la vague de Killers, a offert ce week-end une édition 2026 du Thriller at Killers aussi brève qu’intense. Feu vert donné mercredi, compétition lancée à l’aube samedi 7 février, dans des vagues estimées entre 20 et 25 pieds. Sans fioritures, sans détour : ici, seuls les vrais répondent présent.

    Organisé sous l’impulsion de la légende de grosse vague Gary Linden, le Thriller at Killers conserve un format unique. Les surfeurs sont sélectionnés via un système hybride mêlant performances vidéo, résultats de l’édition précédente et wildcards attribuées par Linden lui-même. Un casting élitiste, pensé pour une vague qui ne pardonne rien.

    Des conditions massives et une finale à très haute intensité

    Dès les premières séries, Todos Santos a montré son vrai visage : des grosses marches dans la vague, take-offs engagés, sections rapides. Chez les hommes, le Sud-Africain Grant Twiggy Baker a imposé son autorité avec un surf engagé et parfaitement adapté aux vagues de Killers. Il s’impose devant Nic Lamb et Greg Long, dans une finale où chaque vague comptait.

    Mention spéciale au Mexicain Quetzal Estrada, auteur d’une bombe notée 9,5 en demi-finale. Un drop engagé, parfaitement maîtrisé, qui l’envoie en finale et confirme l’émergence d’une nouvelle génération locale capable de rivaliser avec l’élite mondiale.

    Justine Dupont, encore sur le podium mondial

    Chez les femmes, la victoire revient à l’Américaine Katie McConnell, déjà lauréate en 2024, solide et stratégique dans ces conditions. Mais côté français, la performance à retenir est celle de Justine Dupont, qui décroche une superbe troisième place.

    Déjà victorieuse à Nazaré et référence absolue en grosse vague, Justine a une nouvelle fois démontré sa régularité et sa lecture exceptionnelle de l’océan. Dans un spot aussi aléatoire que Todos Santos, cette constance est tout sauf anodine. Elle confirme son statut parmi les surfeuses les plus fiables du circuit big wave mondial.

    Todos Santos, un spot à part dans le monde de la grosse vague

    Killers n’est ni Nazaré, ni Jaws. C’est une vague imprévisible, exigeante, qui récompense l’engagement total et la patience. Chaque édition du Thriller at Killers rappelle pourquoi cette compétition reste l’une des plus respectées du calendrier big wave. Peu de manches, peu de vagues… mais aucune place pour l’erreur.

    En 2026, Todos Santos a encore tenu sa promesse : du surf brut, sans filtre, et un verdict clair. Seuls les surfeurs capables d’affronter l’inconfort absolu peuvent prétendre briller ici.

  • Defect : le nouveau film Former que les fans de Dane Reynolds attendent déjà

    Defect : le nouveau film Former que les fans de Dane Reynolds attendent déjà

    Quand Former annonce un nouveau long-métrage, l’excitation monte immédiatement d’un cran. Et avec Defect, la marque fondée par Dane Reynolds promet clairement l’un de ses projets les plus bruts, les plus sincères et les plus attendus depuis System Is Yours (2022). Bonne nouvelle : l’attente touche à sa fin.

    Chapter 11 à l’arrêt… pour de bonnes raisons

    À Ventura, les portes du surf shop Chapter 11 sont temporairement fermées. Pas par manque d’activité, bien au contraire. Hunter Martinez, réalisateur et pilier du projet, est plongé jusqu’au cou dans le montage de Defect. Le film accapare toute l’énergie de l’équipe, entre post-production, gestion du roster Former et sélection des clips les plus lourds accumulés ces derniers mois.

    Contrairement à l’image fantasmée du job de rêve — “surfer avec Dane tous les jours” — la réalité est plus sérieuse : rigueur, organisation et une vraie vision créative.

    Defect : blessures, galères… et surf de très haut niveau

    Le titre Defect n’a rien d’un hasard. Le film est né dans la douleur. Littéralement. Dane Reynolds s’est fracturé le pied sur le reef indonésien, Craig Anderson a enchaîné les blessures, Shaun Manners a subi une lourde commotion, Dion Agius s’est perforé un poumon, Jay Davies traîne des soucis à l’épaule… Un casting de guerre.

    Mais comme souvent chez Former, les moments les plus chaotiques donnent naissance aux images les plus marquantes. Martinez le confirme : tout le meilleur footage est dans Defect. Attendez-vous à du surf engagé, des slabs massifs, et une approche toujours aussi anti-format.

    Un casting élargi et des invités remarqués

    Depuis 2022, l’équipe Former s’est largement étoffée. Aux piliers historiques (Reynolds, Anderson, Ben Howard…), se sont ajoutés Shaun Manners, Dion Agius, Jay Davies, Jake Kelley, mais aussi une nouvelle génération incarnée par Timo Simmers et Gabe Morvil.

    Cerise sur le gâteau : un cameo de James Kusitino, premier surfeur pro fidjien et Stab Surfer of the Year, avec des backside barrels qui risquent de marquer les esprits.

    Dates de sortie et avant-goûts

    Defect partira en tournée mondiale en juin, avant une sortie en ligne prévue pour juillet. D’ici là, Former prévoit plusieurs “préquel” vidéos, plus longues, plus respirantes, loin du surf content jetable. Une vraie déclaration d’amour au storytelling.

  • Pipeline au féminin : Bryan s’impose, Zebrowski confirme son immense potentiel

    Pipeline au féminin : Bryan s’impose, Zebrowski confirme son immense potentiel

    La compétition féminine du Lexus Pipe Challenger s’est conclue dans la nuit à Pipeline, dans des conditions finalement plus clémentes que prévu. Pas le Pipe XXL des grandes légendes, mais des vagues propres, solides, entre quatre et six pieds, suffisantes pour rappeler à quel point ce spot reste l’un des terrains de jeu les plus exigeants du circuit, même lorsqu’il se montre plus accessible.

    Au terme d’une journée finale intense, c’est Gabriela Bryan qui s’est imposée, devant Erin Brooks, Molly Picklum et Anat Lelior. Une finale relevée, presque générationnelle, qui donne déjà le ton pour la saison à venir.

    Des conditions imparfaites… mais formatrices

    Comme l’a souligné la vainqueure elle-même, Pipeline n’était « pas idéal », avec un swell en construction et du vent par moments, mais c’est précisément dans ce type de configuration que se forgent les vraies compétitrices. Lecture de vague, patience, choix de priorité : chaque série a demandé une maîtrise tactique totale, bien au-delà du simple tube parfait.

    Dans ce contexte, la victoire de Gabriela Bryan a une saveur particulière. Déjà quadruple gagnante sur le Championship Tour, la surfeuse de Kauaʻi signe ici son premier succès sur le Challenger Series, à domicile, sur un spot mythique chargé de l’héritage d’Andy Irons. Un signal fort envoyé avant le coup d’envoi de la saison CT 2026 à Bells Beach.

    Tya Zebrowski : la confirmation, pas la surprise

    Côté français, la performance de Tya Zebrowski mérite clairement qu’on s’y attarde. À seulement 14 ans, Tya continue d’impressionner par sa maturité compétitive, et surtout par son aisance dans les vagues creuses, un registre où l’erreur ne pardonne pas à Pipeline.

    Dès le premier tour de la journée précédente, elle se retrouvait dans une série particulièrement relevée face à Yolanda Hopkins, actuelle numéro une du classement, Anat Lelior et Vahine Fierro. Une série piège, tendue, où la moindre hésitation pouvait coûter cher. Pourtant, Zebrowski s’en sort avec autorité et se qualifie pour les quarts de finale, aux côtés d’Anat Lelior.

    En quart, la Française livre une prestation solide et se hisse en demi-finale, confirmant sa régularité au plus haut niveau du Challenger Series. Elle s’arrête finalement à ce stade, mais sans réelle déception comptable : avec déjà d’excellents résultats engrangés cette saison, cette demi-finale remplace un score équivalent dans son total annuel. Autrement dit, le classement final ne bouge pas Yolando Hopkins et Tya Zebrowski ont le même nombre de points.

    Vaïne Fierro : une série cruelle

    Pour Vahine Fierro, l’aventure s’est arrêtée plus tôt. Engagée elle aussi dans la série d’ouverture face à Zebrowski, Hopkins et Lelior, la Polynésienne n’a pas trouvé les opportunités nécessaires pour s’exprimer pleinement. Une élimination frustrante, dans un série difficile.

  • Amaury Lavernhe devient Espagnol : le signal d’alarme d’une crise profonde pour le surf tricolore

    Amaury Lavernhe devient Espagnol : le signal d’alarme d’une crise profonde pour le surf tricolore

    Le monde du bodyboard s’est réveillé avec une nouvelle amère. Amaury Lavernhe, alias « Moz », l’un des athlètes les plus titrés de l’histoire du sport français, ne portera plus la bannière tricolore. À 40 ans, alors qu’il entame sa 21e saison sur le circuit mondial (IBC), le Réunionnais a officiellement pris la nationalité espagnole. Ce choix, loin d’être une simple formalité administrative, est le résultat d’une politique sportive française qui laisse ses talents sur le carreau.

    Le couperet du statut de « Haut Niveau »

    Depuis ses 13 ans, Amaury Lavernhe figurait sur la liste ministérielle des athlètes de haut niveau. Un statut crucial qui permet d’obtenir des subventions, des aides aux déplacements et un accompagnement professionnel. Mais les règles ont changé. Le ministère des Sports a décidé de retirer le bodyboard de cette liste, justifiant cette décision par l’absence de la discipline aux Jeux Olympiques.

    « C’était une mauvaise décision, car la France n’a jamais eu autant de bodyboarders sur le circuit mondial », regrette l’athlète. Résidant aux Canaries depuis de nombreuses années, Amaury a constaté que l’Espagne, elle, continue de soutenir massivement ses bodyboarders. Pour survivre professionnellement et continuer à porter ses projets sportifs, Moz (surnom d’amaury) a dû se résoudre à changer de pavillon.

    Après le bodyboard, le longboard dans la tourmente ?

    Le cas Lavernhe n’est que la partie émergée de l’iceberg. Le débat s’élargit désormais aux longboarders. Il y a quelques mois, la sentence tombait pour les JO de Los Angeles 2028 : le longboard ne sera pas intégré au programme olympique.

    Cette exclusion fait peser une menace directe sur les athlètes français. Si la logique ministérielle reste la même — « pas d’Olympe, pas de soutien » — qu’adviendra-t-il de nos champions comme Edouard Delpero, Alice Lemoigne ou Zoé Grospiron ? Sans le précieux statut de haut niveau, ces athlètes perdent non seulement des revenus, mais aussi la reconnaissance institutionnelle nécessaire pour attirer des sponsors privés.

    Vers une fuite des talents vers l’étranger ?

    La France est une nation majeure du surf sous toutes ses formes. Pourtant, en conditionnant son aide à la seule vitrine olympique, elle crée un système à deux vitesses. D’un côté, le shortboard bénéficie de toutes les attentions ; de l’autre, les disciplines « historiques » et tout aussi performantes s’étiolent.

    Le départ d’Amaury Lavernhe vers l’Espagne pourrait créer un précédent. Si les conditions de pratique et de soutien financier sont meilleures chez nos voisins, rien n’empêchera d’autres riders de suivre le même chemin. Le risque est réel : voir le savoir-faire et le palmarès français nourrir les fédérations concurrentes, faute de considération nationale.

  • Challenger Series : Kauli Vaast qualifié statistiquement, quels scénarios pour Jorgann Couzinet ?

    Challenger Series : Kauli Vaast qualifié statistiquement, quels scénarios pour Jorgann Couzinet ?

    À une étape de la fin des Challenger Series, le classement commence enfin à parler clair.
    Certains surfeurs peuvent déjà respirer, d’autres sont condamnés à sortir la calculatrice… et à prier pour des éliminations précoces chez leurs rivaux.

    Deux Français incarnent parfaitement ces deux réalités opposées : Kauli Vaast, déjà assuré de son ticket pour le Championship Tour, et Jorgann Couzinet, toujours en embuscade, mais sans droit à l’erreur.

    Kauli Vaast : une qualification acquise statistiquement

    Actuel 2e du classement Challenger Series, Kauli Vaast totalise 22 520 points avant le dernier événement.
    Un chiffre clé quand on sait que seuls les 10 premiers du classement final décrochent leur place sur le CT la saison suivante.

    Même dans le pire des scénarios possibles — une élimination précoce combinée à une victoire d’un concurrent direct — Kauli ne pourrait sortir du top 10 qu’avec une prestation sans faute des 11 surfeurs derrière lui et avec un classement très spécifique. C’est mathématiquement faisable, mais statistiquement, c’est une autre histoire

    • Liam O’Brien : finale (7 800) → passe au-dessus de 22 520
    • Mateus Herdy : demi-finale (6 085) → passe au-dessus
    • Callum Robson : demi-finale (6 085) → passe au-dessus
    • Oscar Berry : 5e (4 745) → passe au-dessus
    • Morgan Cibilic : 5e (4 745) → passe au-dessus
    • Jacob Willcox : 5e (4 745) → passe au-dessus
    • George Pittar : 9e (3 320) → passe au-dessus
    • Samuel Pupo : 9e (3 320) → passe au-dessus
    • Luke Thompson : 9e (3 320) → passe au-dessus

    La qualification de Kauli Vaast est statistiquement acquise.
    Il s’agit déjà d’un immense succès sportif, mais aussi d’un symbole fort : le surf français place à nouveau un de ses talents majeurs parmi l’élite mondiale.

    Jorgann Couzinet : tout reste possible… mais rien n’est garanti

    La situation est nettement plus complexe pour Jorgann Couzinet.
    Avant le dernier event, il pointe à la 13e place avec 14 930 points.

    Le détail crucial :
    Sur les Challenger Series, seuls les meilleurs résultats comptent. Le plus faible résultat comptabilisé de Jorgann est actuellement 700 points. Cela signifie que toute performance supérieure viendra remplacer ce score et faire grimper son total.

    Les totaux possibles pour Jorgann Couzinet

    Selon son résultat au dernier Challenger Series, voici où Jorgann pourrait terminer :

    • 5e place → 18 975 points
    • 3e place → 20 315 points
    • 2e place → 22 030 points
    • Victoire → 24 230 points

    À titre de comparaison, le 10e actuel (Jacob Willcox) affiche 18 840 points.

    Scénario 1 : la qualification “propre” (mais fragile)

    ➡️ Jorgann termine 5e

    Il passerait alors devant la barre du top 10… à condition que :

    • Jacob Willcox ne dépasse pas les 33e
    • Callum Robson ne dépasse pas les 33e

    Dans ce scénario, aucun des deux ne remplacerait leur plus faible résultat, et Jorgann entrerait dans les dix premiers.

    ⚠️ Problème : ce scénario dépend fortement des contre-performances des autres.

    Scénario 2 : la qualification sous contrôle

    ➡️ Jorgann termine 3e

    Avec plus de 20 000 points, il se protège déjà bien mieux :

    • Il passe devant Willcox même si celui-ci atteint les 17e
    • Il garde une marge sur la majorité des poursuivants directs

    C’est le scénario qui commence à rendre la qualification réaliste et solide.

    Scénario 3 : aucune discussion possible

    ➡️ Jorgann termine 2e ou gagne l’event

    Dans ce cas :

    • Il dépasse largement la barre des 22 000 points
    • Il devient quasiment intouchable, même en cas de gros résultat des concurrents directs

    👉 Une victoire ou une finale rendrait la qualification quasi automatique, sans dépendre des autres tableaux.

    Le vrai danger : les attaques venues de l’arrière

    Même si le duel médiatique se concentre sur Willcox ou Robson, d’autres noms restent dangereux :

    • Dimitri Poulos
    • Levi Slawson
    • Jordan Lawler

    Un podium surprise de l’un d’eux pourrait totalement redistribuer les cartes. C’est pour cela qu’un simple quart de finale ne garantit rien à Jorgann.

    Verdict final

    Kauli Vaast est officiellement qualifié pour le Championship Tour

    Jorgann Couzinet doit viser au minimum un podium

    Une victoire le qualifierait sans calculs

    La différence entre les deux Français illustre parfaitement la cruauté des Challenger Series :
    un circuit où une saison entière peut se jouer sur une seule vague, un seul heat, un seul score.

    Classement Challenger Series – Top 20 actuel

    1. Eli Hanneman (Hawaï) – 26 215 pts
    2. Kauli Vaast (France) – 22 520 pts ✅ qualifié
    3. George Pittar (Australie) – 22 320 pts
    4. Samuel Pupo (Brésil) – 21 860 pts
    5. Luke Thompson (Afrique du Sud) – 21 465 pts
    6. Oscar Berry (Australie) – 20 710 pts
    7. Morgan Cibilic (Australie) – 19 885 pts
    8. Mateus Herdy (Brésil) – 19 460 pts
    9. Liam O’Brien (Australie) – 19 450 pts
    10. Jacob Willcox (Australie) – 18 840 pts ⛔ cut line CT

    Callum Robson (Australie) – 17 620 pts

    Winter Vincent (Australie) – 14 990 pts

    Jorgann Couzinet (France) – 14 930 pts

    Dimitri Poulos (USA) – 14 790 pts

    Levi Slawson (USA) – 14 700 pts

    Jordan Lawler (Australie) – 13 905 pts

    Xavier Huxtable (Australie) – 13 810 pts

    Kade Matson (USA) – 12 685 pts

    Taro Watanabe (USA) – 12 265 pts

    Hiroto Ohhara (Japon) – 11 985 pts

  • Une journée de tubes mémorable à Pipeline pour les Français

    Une journée de tubes mémorable à Pipeline pour les Français

    Encore une belle journée de surf à Banzai Pipeline, du genre à rappeler pourquoi cette vague reste le juge de paix ultime du surf mondial. On savait que ce serait solide, puissant, engagé. Il y avait même une petite crainte : trop gros, trop désordonné, ou gâché par un vent de shore capricieux. Finalement, rien de tout ça. Les organisateurs ont eu le nez fin : conditions exigeantes mais surfables, et surtout un spectacle XXL jusqu’au terme de la compétition masculine du Lexus Pipe Challenger Presented by Billabong.

    Des tubes, des vraies prises de risque, et une intensité constante. Pipeline a parlé. Et les surfeurs ont répondu.

    Les Français brillent dès les 32es de finale

    C’est sans doute l’un des grands enseignements de cette journée : les trois Français engagés se qualifient avec autorité pour les quarts de finale, dans des séries loin d’être simples. Une performance collective remarquable, surtout dans des conditions où l’erreur se paie cash.

    Kauli Vaast, la confirmation dans le tube

    Aucune surprise ici. Kauli Vaast est reconnu comme l’un des meilleurs tube riders de sa génération, et il l’a encore prouvé à Pipeline. Lecture impeccable, engagement total, et surtout cette capacité à choisir LA bonne vague. Dans un heat ultra relevé, il sort des tubes propres, profonds, notés. Pipeline ou Backdoor lui vont bien, tout simplement.

    Jorgann Couzinet, la révélation

    Là, on parle clairement de la surprise française de la compétition. Son histoire avec Hawaii est compliquée : par le passé, Jorgann avait déjà laissé filer une qualification au CT à Sunset, éliminé prématurément alors qu’il était presque qualifié. Cette fois, le scénario est inversé.

    Il arrive à Pipeline avec beaucoup de retard au classement Challenger Series, peu de chances mathématiques… et il surfe libéré. Résultat : des choix justes, une gestion intelligente du line-up, et surtout une vraie solidité mentale. Quoi qu’il arrive pour la qualification finale, il a clairement débloqué quelque chose ici à Hawaii.

    Charly Quivront, le show

    En 32es, Charly Quivront régale. Un énorme tube à Pipe, engagé, propre, sans grab, parfaitement exécuté. Le genre de vague qui fait lever le public et rappelle que Charly est capable de performances spectaculaires sur les vagues de récif.

    Un quart de finale 100 % haute tension… et presque 100 % bleu-blanc-rouge

    Le tirage offre une série complètement folle : Kauli Vaast, Jorgann Couzinet, Charly Quivront, face au local Joey Johnston. Pipeline, des Français, un local affûté : ambiance électrique.

    Couzinet impérial

    Jorgann Couzinet surfe sa série comme un patron. Calme, précis, opportuniste. Il termine largement en tête, une nouvelle fois, confirmant que son parcours n’a rien d’un accident.

    Le crève-cœur Vaast

    Derrière, le scénario est cruel. Joey Johnston et Kauli Vaast terminent avec le même total : 12,20 points. La différence ? La meilleure vague. Johnston sort un 6,77, contre un 6,00 pour Vaast. En compétition, ce détail suffit à faire basculer une carrière.

    C’est frustrant, d’autant plus que Kauli avait clairement le niveau pour aller plus loin. Cela dit, un quart de finale à Pipe, dans ces conditions, reste un très gros résultat. Kauli Vaast valide son ticket pour le CT. Une demi-finale aurait été la cerise, mais l’essentiel est là.

    Charly Quivront s’arrête également à ce stade, après une série intense, sans démériter.

    Demi-finale à Pipeline : Couzinet défie les pronostics

    Soyons honnêtes : personne n’avait mis Jorgann Couzinet en demi-finale à Pipeline, surtout avec les prévisions de gros swell. Et pourtant. Il y est. Une performance énorme, presque irréelle sur le papier.

    Est-ce suffisant pour décrocher la qualification au CT ? Rien n’est encore joué. Il reste un gap avec le Top 10, et une dernière étape en Australie. Mais attention : la vague peut lui convenir, et cette confiance nouvelle pourrait tout changer.

    Quoi qu’il arrive, cette demi-finale à Pipe marquera un tournant dans sa carrière.

    Robson sacré, Pipeline fidèle à sa légende

    Devant, Callum Robson s’impose au terme d’une finale solide face à Morgan Cibilic, Griffin Colapinto et Eli Hanneman. Une victoire qui relance complètement Robson dans la course au CT, tandis qu’Hanneman valide officiellement sa requalification devant son public.

    Pipeline, une fois encore, n’a rien donné gratuitement. Mais elle a offert une journée de surf spectaculaire, des trajectoires qui se dessinent, et une certitude : le surf français a clairement franchi un cap à Hawaii.

  • Kelly Slater et Al Merrick : une dernière planche pour transmettre l’héritage

    Kelly Slater et Al Merrick : une dernière planche pour transmettre l’héritage

    Dans la dernière vidéo de Stab In The Dark, Kelly Slater lâche une information aussi discrète que bouleversante : il a demandé à Al Merrick de façonner une ultime planche de surf. Pas pour lui. Mais pour son fils, Tao.

    Une phrase presque lancée à la volée, au détour d’une discussion entre deux légendes, alors que Slater et Merrick regardaient ensemble de vieilles planches, chargées d’histoire. Kelly explique avoir fait la demande un mois avant le tournage. Une dernière planche. La dernière de la vie d’Al Merrick.

    Al Merrick, le shaper de toute une carrière

    Al Merrick n’est pas un shaper comme les autres dans l’histoire du surf. Il est le shaper de Kelly Slater. Onze titres mondiaux, une révolution du surf de haute performance, des modèles devenus mythiques… Leur collaboration est considérée comme la plus fructueuse jamais vue entre un surfeur et un artisan.

    Mais Al Merrick a pris sa retraite il y a plusieurs années, laissant Channel Islands à son fils Britt. Depuis, il s’est éloigné du monde médiatique, vivant une vie discrète, presque mystique. D’où la portée immense de cette demande.

    Une planche comme passage de relais

    Kelly raconte que Al Merrick a esquivé la question. Sans dire non. Sans dire oui. Et c’est peut-être là que réside la beauté de l’histoire.

    Cette planche n’est pas un simple objet. Elle symbolise une transmission. Celle d’un savoir, d’une relation, et d’un pan entier de l’histoire du surf moderne. Une planche façonnée par l’homme qui a construit la carrière du père, pour accompagner les premiers pas du fils.

    Plus qu’une planche, un héritage

    À l’heure où le surf s’industrialise, où les planches sortent d’usines à la chaîne, cette anecdote rappelle que le surf reste avant tout une histoire humaine. De liens, de respect, et de transmission.

    Qu’Al Merrick accepte ou non, la demande de Kelly Slater restera comme l’un des moments les plus forts et les plus symboliques révélés dans Stab In The Dark. Une dernière planche. Peut-être. Mais surtout, une dernière histoire à raconter.

  • Prince Harry lâche 50 000 $ pour surfer la vague artificielle de Kelly Slater

    Prince Harry lâche 50 000 $ pour surfer la vague artificielle de Kelly Slater

    Le surf n’est plus seulement une affaire d’océan et de marées. Prince Harry en est l’illustration parfaite. Le duc de Sussex a une nouvelle fois été aperçu en train de surfer au Surf Ranch, la piscine à vagues ultra-exclusive imaginée par Kelly Slater.

    Située à Lemoore, en Californie, cette installation propose une vague mécanique d’une régularité chirurgicale, capable de dérouler des tubes identiques à l’infini. Un terrain de jeu idéal pour progresser… à condition d’en avoir les moyens.

    Un habitué discret du Surf Ranch

    Ce n’est pas une première pour Prince Harry. Depuis son installation aux États-Unis, il fréquente régulièrement le Surf Ranch, souvent sous l’œil bienveillant de Raimana van Bastolaer, coach de surf reconnu et waterman respecté.

    Dans une récente vidéo publiée sur les réseaux sociaux, on voit Harry un peu hésitant dans la section tubulaire de la vague. La légende, simple et fraternelle, résume l’ambiance : « Cannot stop you my brother for having a good time ».

    Une polémique écologique relancée

    Ces images ont toutefois ravivé une controverse déjà connue. Prince Harry, engagé de longue date sur les questions environnementales, a été critiqué pour son choix de surfer dans une piscine à vagues artificielle, perçue comme énergivore et éloignée de l’esprit originel du surf.

    La polémique avait déjà éclaté après une vidéo partagée par Meghan Markle, montrant son mari glissant sur cette vague artificielle, provoquant une avalanche de commentaires sceptiques.

    Un surf de luxe… à prix très élevé

    Car surfer au Surf Ranch n’est pas donné. Selon les tarifs connus, une journée privée coûte entre 50 000 et 70 000 dollars selon la saison. À ce prix-là, chaque vague revient à plusieurs centaines de dollars, chaque seconde de glisse est littéralement comptée.

    Le Surf Ranch met en avant ses efforts écologiques : énergie solaire, matériaux recyclés, suppression du plastique à usage unique. Suffisant pour convaincre ? Pas pour tout le monde.

  • Ben Gravy surfe des vagues gelées à Montauk

    Ben Gravy surfe des vagues gelées à Montauk

    Il y a des images qui semblent tout droit sorties d’un film de science-fiction. Celles de Ben Gravy surfant des vagues partiellement gelées à Montauk, sur la côte Est des États-Unis, en font clairement partie. Sous l’effet d’un froid extrême provoqué par un bomb cyclone, l’océan s’est transformé en une étrange soupe glacée, donnant naissance à un phénomène rarissime : des « slushy waves« , des vagues à moitié gelées.

    Une session hors du temps

    Quand les températures chutent brutalement et que le vent s’aligne parfaitement, l’eau de mer peut commencer à se figer en surface. À Montauk, ce mélange d’eau, de glace et d’écume a offert un spectacle hypnotique. La question était simple : est-ce surfable ?
    Réponse : oui… mais pas comme on l’imagine.

    Spécialiste mondial des vagues improbables, Ben Gravy n’a pas hésité longtemps. Originaire du New Jersey, il a rejoint le spot dès que les conditions se sont mises en place, bien conscient de vivre quelque chose d’unique.

    “Comme des Slushies du 7-Eleven”

    Dans la vidéo, devenue virale en quelques heures, on voit Gravy glisser sur une vague qui semble avancer au ralenti. Une impression confirmée par le principal intéressé :

    “La texture était comme des Slushies du 7-Eleven. Tu te lèves, puis tu touches la glace et tout ralentit. Tu n’as presque plus de contrôle… mais en même temps si, parce que la vague casse en slow motion.”

    Qu’est ce que les Slushies du 7 Eleven ? Ce sont des granités glaces d’une chaine de magasin 7 eleven, je vous laisse chercher sur internet.

    La perte de vitesse, la faible portance et la rigidité de l’eau rendent chaque take-off délicat. Mais c’est aussi ce qui donne à ces vagues une dimension presque irréelle, loin du surf classique.

    Un phénomène aussi beau que dangereux

    Surfer dans une eau proche de 0 °C n’est pas anodin : engourdissement, leash qui durcit, chutes potentiellement violentes. Cette session n’avait rien d’un coup improvisé. Gravy le rappelle : c’est une vague exceptionnelle, à ne pas banaliser.

    Il n’empêche. Cette expérience restera gravée comme l’une des plus étranges et marquantes de sa carrière. Il la classe même dans son top 3 personnel des vagues les plus insolites jamais surfées.

    Une parenthèse glacée, fascinante, et déjà culte.