Auteur/autrice : Kelly Slater

  • Des tubes parfaits en Pologne : la vidéo qui a retourné Internet

    Des tubes parfaits en Pologne : la vidéo qui a retourné Internet

    Pendant quelques heures, la mer Baltique a fait exploser tous les clichés. Oui, des tubes creux, rapides, parfaitement dessinés… en Pologne. Une vidéo devenue virale en quelques heures a suffi à affoler la planète surf, au point de faire douter les plus sceptiques. Non, ce n’est ni l’Indonésie, ni la Namibie (quoique…..). C’est bien la côte polonaise, figée dans le froid, qui a offert un spectacle totalement irréel.

    Une tempête historique à l’origine du phénomène

    À l’origine de ce moment suspendu : une tempête exceptionnelle, la première véritablement sérieuse de l’automne-hiver. Les modèles annonçaient des chiffres rarement vus en Baltique : près de 6 mètres à 12 secondes, une configuration presque absurde pour une mer fermée. Résultat : un fetch parfaitement aligné, une houle longue, propre, et surtout… des gauches tubulaires qui n’auraient pas dépareillé dans un edit de désert africain.

    Le tout documenté par le photographe local Krzysztof Jędrzejak, plus connu sous le pseudo Baltic Surf Scapes. Présent au bon endroit, au bon moment, il capture ce que beaucoup considèrent déjà comme le plus beau swell vu en Pologne depuis des années.

    Personne à l’eau… ou presque

    C’est là que l’histoire devient encore plus folle. Malgré des vagues objectivement parfaites, personne ne surfe. Pas de foule. Pas de bataille de take-off. Pas même un surfeur isolé cherchant à sauver sa vie dans l’inside. Pourquoi ? À cause d’un ennemi invisible mais implacable : le courant.

    Selon Jędrzejak, il était tout simplement impossible de se placer sans jet-ski. Un courant si puissant qu’il traversait la baie, rendant toute tentative de rame vaine. Des vagues de rêve, mais injouables. Le genre de scénario qui rend fou n’importe quel surfeur : regarder des tubes parfaits défiler… sans pouvoir en prendre un seul.

    La Baltique, cet outsider éternel du surf

    La mer Baltique n’a jamais figuré sur la bucket list des surfeurs. Trop froide. Trop capricieuse. Trop molle la plupart du temps. Et pourtant, comme les Grands Lacs ou certains coins improbables d’Europe de l’Est, elle rappelle parfois que le surf ne se limite pas aux tropiques.

    Des surfeurs vivent ici, s’acharnent, scrutent les cartes, acceptent des sessions médiocres en attendant le jour. Ce jour-là, ils l’ont vu… mais n’ont pas pu le surfer.

    Quand le surf devient un mythe visuel

    L’an dernier, Dylan Graves s’était déjà aventuré dans la région avec le Suédois Freddie Meadows pour un épisode de Weird Waves. Une exploration des marges du surf mondial, là où les vagues existent, mais jamais comme on les imagine.

    Cette fois, la Baltique a frappé fort. Très fort. Et a laissé derrière elle une vérité cruelle mais bien connue des chasseurs de vagues rares : “tu aurais dû être là hier… avec un jet-ski.”

  • La Nord à Hossegor : le jour où tout s’est aligné

    La Nord à Hossegor : le jour où tout s’est aligné

    Il y a des jours où tout s’aligne. Le genre de session dont on parle longtemps après, avec ce mélange d’excitation et d’incrédulité dans la voix. À La Nord, à Hossegor, ce jour-là est arrivé en plein cœur de l’hiver, quelques jours avant Noël, porté par un swell massif et une météo quasi irréelle.

    « Une session absolument incroyable sur le légendaire spot de grosses vagues de Hossegor. Honnêtement, je ne l’avais jamais vu aussi gros et aussi parfait. Tube après tube, quasiment à chaque vague. » Le constat est unanime. La Nord a offert une version presque fantasmée d’elle-même : puissante, creuse, propre, avec cette régularité qui transforme une bonne session en moment d’histoire.

    La Nord au sommet de la hiérarchie européenne

    Avec La Gravière, La Nord fait partie de ces vagues que les chasseurs de tubes français surveillent dès que l’Atlantique s’active sérieusement. Quand le large s’illumine, beaucoup savent que les meilleurs chargeurs du monde sont déjà en train de préparer leurs jet-skis direction Nazaré.

    Mais ce week-end de décembre 2025, La Nord n’avait rien à envier aux spots mythiques du continent. Le beachbreak landais ressemblait à un dessin animé de perfection : des vagues massives, une lèvre épaisse, des sections interminables et des barrels qui s’enchaînaient presque sans pause. Sans surfeur dans le cadre, les images semblaient irréelles. Avec un surfeur ou un jet-ski pour donner l’échelle, la taille et la violence prenaient soudain tout leur sens. On n’est pas sur une session XXL au sens propre du terme, mais sur une gavade de barrel mutant.

    Peu de monde, beaucoup de vagues

    Autre élément rare : le line-up. Beaucoup de locaux étaient absents. Certains partis à Mundaka, coincés à attendre leur tour sur un pic saturé. D’autres avaient mis le cap sur l’Irlande, bien équipés pour affronter le froid et les slabs. Résultat : ceux qui sont restés à Hossegor ont vécu un luxe devenu presque introuvable.

    Des vagues réellement parfaites, partagées entre amis, dans une atmosphère détendue malgré la taille. Une session presque intime sur l’un des beachbreaks les plus redoutés d’Europe, à une époque où la surfréquentation est souvent la norme.

    Le tube en step-off de Charly Quivront

    Parmi les images marquantes de la journée, impossible de ne pas évoquer Charly Quivront. Le Français s’est offert l’un des plus beaux moments de la session avec un tube en step-off d’une rare pureté. Engagement total, timing chirurgical, et cette sensation que tout peut basculer à la moindre hésitation.

    Ce genre de vague qui résume parfaitement La Nord : spectaculaire, exigeante, sans droit à l’erreur. Une sortie de tube qui marque les esprits et s’inscrit naturellement dans les images fortes de l’hiver.

  • Eisbach : la vague urbaine qui divise Munich

    Eisbach : la vague urbaine qui divise Munich

    Pendant des décennies, la vague de l’Eisbach a fait de Munich un mythe improbable du surf mondial. Une vague glacée, au cœur de l’English Garden, surfée toute l’année par des locaux et des voyageurs venus des quatre coins du globe. Aujourd’hui pourtant, cette icône est à l’arrêt. Et l’histoire qui se joue dépasse largement le simple cadre du sport.

    Une vague née de l’ingéniosité urbaine

    Dans les années 1970, des aménagements en béton sur ce bras de l’Isar créent un courant puissant sous un pont du parc. L’idée géniale revient à Walter Strasser : placer une planche à l’angle parfait pour faire naître une vague statique. Le spot devient culte, un rite de passage pour des générations de surfeurs urbains. Munich, ville sans océan, entre alors dans la cartographie mondiale du surf.

    L’accident qui change tout

    En avril dernier, un drame frappe la communauté. Une surfeuse de 33 ans perd la vie après que son leash se soit coincé sous l’eau, la maintenant prisonnière du courant. Malgré une intervention rapide, elle décède à l’hôpital. Un choc immense. Le premier accident mortel de l’histoire du spot. La vague est fermée, une enquête de sécurité lancée, et le débat s’enclenche : peut-on encore surfer l’Eisbach ?

    Quand l’administration bloque la relance

    À l’automne, lors d’un nettoyage de routine, la vague disparaît. Le Surf Club Munich se mobilise pour un redémarrage encadré, sûr et durable. Mais après des mois de discussions, l’association jette l’éponge. Trop de lourdeurs administratives, trop peu de volonté politique. Selon le club, la ville ne cherche plus à encadrer le surf… mais à l’empêcher.

    Strasser affirme pourtant pouvoir régler le problème en quelques semaines, avec un budget minime. Il explique avoir tenté de collaborer avec le maire Dieter Reiter, sans succès. Résultat : le projet officiel est abandonné.

    Réouverture clandestine, tension maximale

    Face à l’immobilisme, certains surfeurs passent à l’action. Pendant les fêtes, une planche est installée illégalement. La vague renaît brièvement, dans la clandestinité. Les autorités interviennent rapidement : le dispositif est retiré, et l’interdiction rappelée. Le surf reste officiellement prohibé.

    Une vague devenue politique

    L’Eisbach n’est plus seulement une vague. C’est un symbole. Celui d’un sport urbain vivant, d’une culture locale forte, mais aussi d’un conflit entre passion et réglementation. Le débat est désormais politique, sociétal, presque philosophique : quelle place laisse-t-on à l’expression libre dans l’espace public ?

    À Munich, l’eau coule toujours. Mais la vague, elle, attend.

  • Joel Tudor, le vieux grincheux sur instagram

    Joel Tudor, le vieux grincheux sur instagram

    À Pipeline, il y a le reef, les barrels, la peur… et parfois quelque chose d’encore plus dangereux : l’ego.
    La récente altercation entre Joel Tudor et Maddix Alotis n’est pas qu’un simple quasi-accident de plus sur la vague la plus célèbre du monde.

    PS: Joel Tudor est un surfeur qu’on n’apprécie pas malgré le fait qu’il soit une référence…

    Quand l’ancienneté devient une arme

    La scène est claire. Maddix Alotis, 20 ans, local du North Shore, s’élance sur une gauche parfaite à Pipeline. Engagement total, trajectoire propre.
    Sur l’épaule, une autre planche surgit. Drop-in. Collision évitée de justesse.

    Celui qui force le passage ? Joel Tudor.
    Et le plus choquant n’est pas tant le geste que ce qui suit.

    Dans les commentaires, Tudor assume. Pire : il revendique. Il parle de “leçon”, de respect des anciens, d’années passées à l’eau comme si cela donnait un droit permanent à mettre les autres en danger. 36 hivers à Pipeline contre trois pour le jeune surfeur, donc circulez.

    Pipeline n’est pas un trône

    Oui, Pipeline a une hiérarchie. Oui, l’expérience compte. Mais depuis quand l’ancienneté autorise-t-elle à piétiner la règle la plus basique du surf : la sécurité ?
    À ce niveau d’engagement, un drop-in n’est pas un message symbolique. C’est un risque réel. Reef, planches, vitesse, violence de la vague : tout est là pour que ça tourne mal.

    Le malaise d’une légende

    Joel Tudor reste une icône du longboard, personne ne le conteste. Mais sur cette séquence, il incarne surtout un refus de passer le relais.
    La nouvelle génération charge plus fort, plus tôt, plus sérieusement. Elle connaît Pipeline. Elle y a grandi. Elle ne demande pas la permission, elle gagne sa place à la rame.

    Et c’est peut-être ça, le vrai problème.

    Le respect ne se réclame pas, il se mérite

    À Pipeline, personne n’est intouchable. Pas même les légendes.
    Le respect ne se décrète pas dans un commentaire Instagram, encore moins après un drop-in dangereux. Il se gagne par l’exemple, la retenue, et la responsabilité.

    Car sur la gauche de Pipeline, ce ne sont pas les années qui tuent. Ce sont les erreurs.

  • Décembre 2025, le mois où l’Atlantique Nord a dépassé toutes les attentes

    Décembre 2025, le mois où l’Atlantique Nord a dépassé toutes les attentes

    Décembre 2025 restera gravé dans la mémoire des surfeurs européens comme un mois hors normes, presque irréel. Pendant près de trente jours, l’Atlantique Nord n’a laissé aucun répit : swell sur swell, tempête sur tempête, avec une régularité rarement observée à cette échelle. Pour les côtes atlantiques européennes, de l’Irlande au Portugal, ce fut un véritable cadeau… musclé.

    Selon les analyses de Surfline, jamais autant de systèmes majeurs n’avaient frappé l’Atlantique Nord sur une période aussi courte. En cause : l’absence prolongée d’anticyclone sur l’Europe de l’Ouest, laissant le champ libre à une succession de dépressions profondes, alimentées par la rencontre explosive entre air arctique et air subtropical. Résultat : des périodes longues, des houles massives et une énergie océanique constante, jour après jour.

    Des sessions historiques à travers l’Europe

    Sur la façade nord, l’Irlande a logiquement encaissé le cœur des tempêtes. À Mullaghmore, les bouées au large ont enregistré des pics à 12 mètres pour 22 secondes, flirtant avec les 40 pieds. Des conditions extrêmes, réservées à une élite du big wave surfing, mais qui ont offert certaines des vagues les plus impressionnantes jamais vues en Europe. Plusieurs riders parlent déjà de la vague d’une vie, tant par la taille que par la pureté du swell.

    Plus au sud, le Portugal a vécu un mois tout aussi exceptionnel. Nazaré a aligné des journées dignes des plus grandes éditions de compétitions de gros, mais la surprise est venue des spots plus “classiques”. À Carcavelos, beach break pourtant capricieux, les surfeurs ont enchaîné plusieurs jours consécutifs de conditions parfaites, une rareté absolue. Beaucoup évoquent les meilleures vagues jamais surfées sur ce spot emblématique.

    Un mois éprouvant, mais inoubliable

    Si l’excitation était permanente, la fatigue l’était aussi. En moyenne, près de vingt jours de surf solide sur le mois, parfois dans des conditions XXL, froides et exigeantes. Trouver la bonne fenêtre entre deux fronts météo est devenu un exercice quotidien, aussi bien pour les surfeurs que pour les prévisionnistes. Chaque session se méritait.

    Mais décembre 2025 aura surtout marqué un tournant : une nouvelle génération européenne, mieux préparée, plus structurée, capable d’exploiter ces conditions extrêmes avec sérieux et humilité. Le surf de gros en Europe a clairement changé de dimension.

    L’Atlantique Nord dans toute sa démesure

    Ce mois exceptionnel ne se résume pas à des chiffres ou à des records. Il raconte avant tout la puissance brute de l’Atlantique Nord, capable d’offrir en quelques semaines ce que l’on attend parfois toute une vie de surfeur. Décembre 2025 restera comme un rappel : ici, quand tout s’aligne, l’océan peut devenir aussi généreux qu’impitoyable.

  • Le plus gros Mullaghmore depuis cinq ans : l’Irlande face à son monstre

    Le plus gros Mullaghmore depuis cinq ans : l’Irlande face à son monstre

    Il y a des sessions qui marquent une carrière. Et d’autres qui marquent une génération entière de surfeurs. À Mullaghmore, sur la côte ouest de l’Irlande, le swell de décembre restera comme le plus massif observé depuis cinq ans sur cette gauche aussi mythique que redoutée. Un de ces jours où l’Atlantique Nord ne fait pas semblant, où chaque décision engage, et où le moindre détail compte.

    Ce matin-là, tout commence dans la pénombre. À 7h30, la lumière est encore absente, le froid mord les doigts, et la route vers le spot se fait dans un silence lourd. Le genre de silence qui précède les grandes batailles. Les prévisions sont “mentales” : une houle énorme, un vent sud-sud-est quasi parfait — le Graal pour Mullaghmore. Mais ici, les chiffres ne disent jamais toute la vérité. Ça peut être énorme… ou totalement ingérable.

    Une mécanique millimétrée pour une vague hors norme

    Mullaghmore n’est pas un spot comme les autres. Cette gauche sur reef exige engagement total, timing absolu et confiance aveugle dans l’équipe. Le moindre retard, la moindre hésitation, et la vague vous rappelle instantanément qui commande.

    Quand le swell rentre, il n’y a pas de place pour l’improvisation. Jets-skis, safety, caméras, communication : tout doit être parfaitement huilé. Ce jour-là, l’eau est saturée de machines — près de 25 jets skis — signe que quelque chose d’exceptionnel est en train de se produire. Les séries sont massives, propres, d’une taille rarement vue avec une telle qualité de vent.

    Conor Maguire et la vague d’une vie

    Au cœur de cette session hors normes, Conor Maguire prend une vague qui pourrait bien entrer dans l’histoire du spot. Les mesures officielles se font attendre, mais une chose est sûre : elle pourrait être la plus grosse jamais surfée à Mullaghmore.

    Dans ces conditions, rien n’est laissé au hasard. Préparation physique, lecture du plan d’eau, synchronisation avec le pilote de jet-ski… tout converge vers un instant suspendu. Maguire parle d’un moment “très spécial”, de ceux où tout s’aligne enfin. À Mullaghmore, ce genre d’instant ne se donne pas facilement.

    Un swell que personne n’oubliera

    Le lendemain, les visages sont marqués, les corps fatigués, mais les regards brillent encore. Beaucoup parlent des vagues de leur vie. Certains n’en ont pris qu’une. D’autres deux. Mais tous savent qu’ils ont assisté à quelque chose de rare.

    Des conditions aussi grosses, aussi propres, avec une telle organisation collective, ne se produisent qu’une poignée de fois par décennie sur cette gauche irlandaise. Et quand elles arrivent, Mullaghmore rappelle pourquoi elle est considérée comme l’un des spots de grosses vagues les plus dangereux et respectés d’Europe.

  • Tom Curren, 61 ans, et toujours ce surf hors du temps

    Tom Curren, 61 ans, et toujours ce surf hors du temps

    À 61 ans, Tom Curren continue de faire vaciller nos certitudes. Vieillir, ralentir, lever le pied… vraiment ? La récente vidéo tournée dans la piscine à vagues du Wavegarden en Espagne a l’effet d’un électrochoc. Quelques secondes suffisent : lignes parfaites, placements impeccables, variations subtiles. Rien de démonstratif, rien de forcé. Juste du surf, pur, lisible, intemporel.

    Et une question qui s’impose naturellement : comment est-ce encore possible de surfer à ce niveau à 61 ans ?

    Un surf qui ne dépend pas de l’âge

    Le surf de Tom Curren n’a jamais été une affaire de force brute ou de démonstration physique. Depuis ses débuts, il repose sur autre chose :

    • le timing,
    • la lecture de vague,
    • LE STYLE

    Dans une piscine à vagues ultra-technique, où chaque section est prévisible, ce style prend encore plus de relief. Là où beaucoup cherchent à “rentabiliser” chaque mètre de vague, Curren choisit, filtre, nuance. Il ne surfe pas contre le temps, il surfe avec lui.

    Vieillir en surf, une autre façon de performer

    Dans le microcosme du surf, l’âge a longtemps été vu comme une date de péremption. Pourtant, la génération dorée des années 80-90 est en train de faire mentir ce dogme.
    Mark Occhilupo approche les 60 ans, Tom Carroll les a dépassés, Kelly Slater continue à défier le calendrier… et Curren, lui, trace sa route à part.

    Son message n’est pas celui de la performance à tout prix. Il est plus subtil : oui, le corps change, mais le surf peut évoluer avec lui. Moins d’impact, plus de précision. Moins de radicalité, plus de sens.

    La piscine à vagues comme terrain d’expression

    Voir Tom Curren à la Wavegarden n’a rien d’anodin. La piscine à vagues est souvent associée à la répétition, à la performance calibrée, parfois même à une forme de standardisation du surf. Curren fait exactement l’inverse :
    il y injecte de l’imprévu, du relâchement…

    Chaque vague est la même, mais chaque ride est différent. C’est là que son surf devient presque pédagogique : le style ne vieillit pas quand il est sincère.

    Une influence toujours intacte

    L’an dernier, Stephanie Gilmore rendait hommage à Curren en reproduisant l’une de ses vagues mythiques à Jeffreys Bay. Même planche, même combinaison, même ligne. Preuve que, des décennies plus tard, son surf reste une référence esthétique absolue.

    Regarder Tom Curren aujourd’hui, ce n’est pas céder à la nostalgie. C’est constater que certaines formes de surf ne vieillissent pas, parce qu’elles ne cherchent pas à suivre une époque.

    Tom Curren, réponse vivante à une fausse question

    Alors, peut-on surfer à 61 ans ?
    Tom Curren apporte une réponse simple, presque désarmante : oui, si l’on a su construire un surf qui ne dépend pas du chrono.

    Dans cette courte vidéo, il ne choque pas par la radicalité. Il fascine par sa cohérence. Et rappelle, à tous ceux qui doutent, que le surf n’est pas une course contre le temps… mais un dialogue avec lui.

  • Yago Dora, champion du monde 2025, met fin à 14 ans avec Volcom

    Yago Dora, champion du monde 2025, met fin à 14 ans avec Volcom

    Trois mois seulement après avoir décroché le titre suprême, Yago Dora surprend la planète surf. Le Brésilien, sacré champion du monde 2025, a officiellement annoncé la fin de son partenariat historique avec Volcom, une collaboration qui aura duré quatorze années. Une décision forte, surprenante, et révélatrice des mutations actuelles du surf professionnel.

    Une séparation qui interpelle dans le surf moderne

    Voir un champion du monde se séparer de son sponsor principal si peu de temps après un sacre mondial reste rare. Dans un sport où la stabilité des contrats est souvent associée à la performance, ce choix questionne. Mais, il reflète aussi une réalité plus large : le surf professionnel évolue, et les trajectoires des athlètes s’individualisent de plus en plus.

    Yago Dora n’était pas seulement un surfeur sponsorisé par Volcom. Il en était devenu l’un des visages forts. Depuis ses débuts adolescents jusqu’à son accession au sommet du Championship Tour, la marque californienne a accompagné chaque étape de sa progression.

    De grom prometteur à champion du monde

    Soutenu par Volcom dès l’âge de 15 ans, Yago Dora a grandi sous les projecteurs, passant du statut de jeune prodige à celui de compétiteur redoutable. Sa carrière s’est construite entre freesurf de haut niveau, films marquants, et montée en puissance sur le circuit mondial.

    L’année 2025 marque l’aboutissement de ce parcours. Deux victoires majeures sur le CT, une régularité impressionnante, le lycra jaune porté une grande partie de la saison, et une performance décisive lors des Finales WSL ont fait de lui un champion du monde incontestable.

    Une décision sans conflit avec Volcom

    Dans son message, Yago Dora parle de “nouveau chapitre”. Le ton est clair : pas de conflit public, pas de règlement de comptes. Ces dernières années, le Brésilien a déjà montré qu’il n’hésitait pas à prendre des décisions fortes, notamment en se séparant de son père et entraîneur historique pour repenser son approche sportive.

    2026, une année clé en préparation

    Derrière cette annonce se cache forcément une suite. Nouveau sponsor titre ? Projet personnel ? Structure indépendante ? Dans un contexte où certains champions misent sur des contrats plus courts, des collaborations ciblées ou une image plus entrepreneuriale, Yago Dora pourrait incarner une nouvelle génération de surfeurs champions, moins dépendants d’un modèle unique.

    Une chose est sûre : en 2026, le nose de sa planche ne portera plus le célèbre Stone… mais il portera sans doute un symbole fort de la suite de son histoire.

  • SURFILMUSIC : Jack Johnson remet le surf au centre de l’écran

    SURFILMUSIC : Jack Johnson remet le surf au centre de l’écran

    Il y a des trailers qui balancent des images jolies et des promesses creuses. Et il y a ceux qui te donnent envie de ressortir la board du garage, de remettre une cassette et de te rappeler pourquoi tu aimes cette culture. La dernière vidéo de Jack Johnson, autour de son projet SURFILMUSIC, fait clairement partie de la deuxième catégorie : un mélange de souvenirs salés, de création artisanale et de “crew spirit” qui sent le sable encore humide sur les sièges de la voiture.

    Dès les premières secondes, on comprend que ce n’est pas seulement une annonce de film ou de tournée. C’est une boucle qui se referme — ou plutôt un cercle qui s’agrandit : le surf, l’image, la musique… et tout ce qui relie ces mondes depuis plus de vingt ans chez Jack.

    Un documentaire qui raconte une évolution, sans renier l’océan

    SURFILMUSIC s’annonce comme un documentaire sur la trajectoire de Jack : surfeur, puis filmmaker, puis musicien devenu une référence mondiale. Mais l’intérêt, c’est que le récit ne cherche pas à faire “success story” à l’américaine. Le ton est plus intime : l’idée que la création vient de la même source que le surf — l’observation, le rythme, la patience, l’instant.

    Le trailer insiste aussi sur un point qui parle à tous ceux qui ont déjà partagé un line-up : personne ne construit ça tout seul. Les projets naissent d’une bande, de rencontres, d’amitiés qui traversent les années. Et c’est exactement ce qui donne à SURFILMUSIC une saveur particulière : on ne regarde pas juste une carrière, on suit une communauté.

    Retour sur deux films cultes : Thicker Than Water et The September Sessions

    Le cœur émotionnel du projet, c’est le retour sur deux surf films qui ont marqué une génération : Thicker Than Water (1999) et The September Sessions (2000). SURFILMUSIC va raconter la fabrication de ces films, l’énergie “do it yourself” de l’époque, et surtout comment cette aventure visuelle a servi de tremplin à la musique de Jack.

    C’est là que l’histoire devient intéressante pour Icônes Surf : ces films n’étaient pas juste “de belles vagues”. Ils ont contribué à façonner une esthétique, une manière de filmer le surf, et une façon de raconter la glisse sans hurler, sans surjouer — juste en laissant parler la lumière, la vitesse, et le silence entre deux séries.

    Les invités qui parlent à tous les surfeurs

    Le documentaire promet aussi de retrouver des figures présentes dans ces films et dans cette époque, avec des noms qui résonnent immédiatement : Kelly Slater, Rob Machado, et les Malloy Brothers. Rien que ça, c’est un joli ticket pour la nostalgie… mais aussi pour remettre en perspective une période où le surf film avait une aura presque “underground”, avant l’ère du scroll infini.

    Un single pour ouvrir la porte : “Hold On To The Light”

    Pour accompagner la sortie du trailer, Jack Johnson a dévoilé “Hold On To The Light”, un nouveau morceau réalisé avec Hermanos Gutiérrez. C’est présenté comme un premier aperçu de la bande-son de SURFILMUSIC : une musique qui garde le côté chaleureux de Jack, avec une texture plus cinématographique, plus “road movie”. Le genre de son qui colle parfaitement à des images de trip, de sessions, de moments simples.

    SURFILMUSIC Tour 2026 : une tournée comme un grand road trip

    La vidéo sert aussi de rampe de lancement à la SURFILMUSIC Tour, une tournée nord-américaine annoncée sur 43 dates en 2026, marquant un vrai retour sur la route après plusieurs années plus calmes. L’idée, c’est de prolonger l’expérience du film en live : du son, des images, et une ambiance pensée pour des salles (et surtout des amphithéâtres) qui respirent l’été.

    Un ADN “green” assumé

    Jack Johnson n’a jamais séparé musique et engagement. Sa tournée est annoncée avec un dispositif éco-responsable (partenariats, actions sur place, mise en avant d’associations, initiatives contre le plastique, etc.), et une logique de redistribution qui vise à soutenir des projets locaux et environnementaux. Là encore, ce n’est pas un argument marketing plaqué : c’est dans son identité depuis longtemps.

    Pourquoi ça peut cartonner auprès des surfeurs

    Parce que SURFILMUSIC ne cherche pas à “faire tendance”. Il revient à l’essence : filmer ce qu’on aime, jouer ce qu’on ressent, et partager avec les gens qui étaient là avant que tout devienne “contenu”. Le trailer ressemble à un message simple : tu peux changer de vie, de métier, d’endroit… mais l’océan, lui, reste un point fixe.

    Dates de la tournée

    Nantes – Mardi 9 juin 2026 19h – Pathé Nantes,  12 Place du Commerce,  44000 Nantes

    Le Grand Rex, Paris – Mardi 9 juin 2026 – 21:00

    GRAAC Getari Enea, Guéthary – Mercredi 10 juin 2026 – 20:30

    Cinéville Parc-Lann, Vannes – Mercredi 10 juin 2026 – 21:00

    Ciné Cambaie, St-Paul, La Réunion – Jeudi 11 juin 2026 – 18:45

    Pathé Madeleine, Marseille – Jeudi 11 juin 2026 – 19:30

    Cinéville, Pont L’Abbé – Jeudi 11 juin 2026 – 20:00

    Le Rex, Hossegor – Jeudi 11 juin 2026 – 20:00

    Kinépolis Lomme, Lille – Jeudi 11 juin 2026 – 20:00

    Le Royal, Biarritz – Jeudi 11 juin 2026 – 20:15

    Mégarama, Bordeaux – Jeudi 11 juin 2026 – 20:30

    Cinéma Liberty, Papeete, Tahiti – Vendredi 12 juin 2026 – 18:00

    Ciné Grand Sud, Saint-Pierre, La Réunion – Vendredi 12 juin 2026 – 19:15

    CGR Dragon, La Rochelle – Vendredi 12 juin 2026 – 19:30

    Les Studios, Brest – Vendredi 12 juin 2026 – 20:00

    Pathé Wilson, Toulouse – Mardi 16 juin 2026 – 20:00

    Pathé Gare du Sud, Nice – Vendredi 19 juin 2026 – 20:00

    Pathé, Toulon – Jeudi 25 juin 2026 – 19:30

    Salle L’Escoure, Lacanau – Mercredi 8 juillet 2026 – 21:00

    Cinéma Eldorado, Saint-Pierre d’Oléron – Jeudi 9 juillet 2026 – 20:30

  • À Bondi Beach, l’océan comme réponse à la violence

    À Bondi Beach, l’océan comme réponse à la violence

    Au lever du soleil, l’océan de Bondi Beach s’est couvert de silhouettes. Des planches, des corps, des bras tendus vers l’horizon. Plus de 2 000 personnes ont pris part à un paddle-out hors norme, organisé en hommage aux victimes de l’attentat qui a récemment frappé cette plage iconique d’Australie. Un moment suspendu, à la fois silencieux et chargé d’une énergie collective rare.

    Un rituel surf pour dire l’indicible

    Dans la culture surf, le paddle-out n’est pas une simple cérémonie. C’est un geste profondément ancré, utilisé pour honorer les disparus, soutenir les vivants et rappeler que l’océan est un espace de communion. Ce vendredi matin, surfeurs, nageurs, habitants du quartier, familles et enfants se sont retrouvés à environ 200 mètres du rivage pour former un immense cercle sur une mer étonnamment calme.

    Le silence a d’abord dominé. Puis, au signal d’un coup de sifflet, le cercle a explosé en cris, en applaudissements, en éclaboussures. Une libération collective, comme un souffle repris après plusieurs jours de choc et de sidération.

    Une communauté rassemblée, sans distinction

    Ce paddle-out n’était pas réservé aux initiés. Certains participants ne savaient pas surfer, d’autres sont venus à la nage. Peu importait le niveau ou l’équipement. Ce qui comptait, c’était la présence. Sauveteurs, coureurs matinaux, membres de clubs voisins, habitants anonymes : Bondi s’est retrouvée unie dans l’eau, là où beaucoup trouvent habituellement refuge et équilibre.

    Sur le sable, les passants se sont arrêtés. Les regards suivaient le cercle au large, pendant que des bouquets de fleurs continuaient de s’accumuler près du lieu de l’attaque. L’océan, lui, offrait un espace de respiration, presque thérapeutique.

    Un message de paix et de solidarité

    Au-delà de l’hommage aux victimes, ce rassemblement portait un message clair de soutien à la communauté juive, directement touchée par l’attentat. Des prises de parole ont eu lieu depuis la plage, rappelant l’importance de rester unis face à la haine. Sans slogans agressifs, sans colère ostentatoire, mais avec une force tranquille.

    Dans l’eau, beaucoup parlaient d’un sentiment paradoxal : la tristesse toujours présente, mais allégée par le simple fait d’être ensemble, dans ce lieu si cher aux habitants de Bondi.

    Quand l’océan aide à guérir

    Depuis l’attentat, les élans de solidarité se multiplient à travers le pays : collectes de fonds, dons du sang, soutien aux blessés et aux proches des victimes. Ce paddle-out s’inscrit dans cette dynamique.

    À Bondi Beach, ce cercle humain restera comme une image forte. Celle d’une communauté debout, flottant ensemble, utilisant la plus belle tradition du surf pour répondre à la violence par la paix, le lien et la dignité.

  • Mayhem contre Mayhem : …Lost encaisse un sale coup face à Lady Gaga

    Mayhem contre Mayhem : …Lost encaisse un sale coup face à Lady Gaga

    Dans le surf, “Mayhem” n’est pas juste un mot cool à coller sur un t-shirt. C’est une marque, un nom qu’on connait tous. Une signature. Une époque entière résumée en quelques lettres, comme un autocollant sur un nose. Sauf qu’en 2025, cette signature s’est retrouvée planté au beau milieu d’un stade pop : Lady Gaga a baptisé son dernier album Mayhem, et a décliné le nom sur le merchandising de tournée. Résultat : …Lost Surfboards (la marque de Matt “Mayhem” Biolos) a décidé de se retourner vers les tribunaux pour protéger ses droits.

    Le dossier est simple à raconter, moins simple à gagner. Côté …Lost, on martèle que “Mayhem” fait partie de l’ADN de la maison depuis des décennies : le logo existe depuis la fin des années 80 et est utilisé commercialement depuis le début des années 90. Le surnom de Biolos, lui, remonte encore plus loin, nourri par un vieux délire musical et une époque où les logos se dessinaient au marqueur, pas dans un tableur.

    En face, Gaga joue dans une autre stratosphère : Mayhem, sorti le 7 mars 2025, a débarqué en tête des charts, avec ses singles (dont Disease et Abracadabra) et un gros duo avec Bruno Mars (Die With a Smile). Une machine mondiale, huilée, bruyante, et surtout… capable de vendre des tonnes de t-shirts avant même que la justice ne finisse son café.

    Le juge dit “non” au stop immédiat sur le merchandising

    La semaine qui vient de passer marque un tournant : à Los Angeles, le juge fédéral Fernando Olguin a refusé la demande de préliminary injunction déposée par …Lost. Traduction sans latin : …Lost voulait que le tribunal bloque tout de suite la vente de fringues “Mayhem” le temps que l’affaire soit tranchée sur le fond. Le juge a répondu : non.

    Et ce n’est pas un “non” poli. C’est un “non” qui ressemble à un panneau sens interdit pour la stratégie de …Lost, parce que la décision s’appuie sur une idée centrale : dans le cas de Gaga, “Mayhem” relève d’un usage artistique et expressif (album, univers de tournée, création), davantage que d’un usage destiné à faire croire à l’origine commerciale d’un produit. Autrement dit, la liberté d’expression pèse lourd, et …Lost n’a pas convaincu le tribunal qu’il y avait une volonté claire de tromper le public.

    Pourquoi ça sent le courant d’arrachement financier

    Soyons clairs : le procès n’est pas terminé. Ce refus d’injonction n’est pas un jugement final. Mais dans ce genre d’affaire, perdre l’injonction, c’est souvent perdre… le momentum. Parce que pendant que la procédure continue, la tournée continue aussi, les ventes s’empilent, et l’attention du public se déplace à la vitesse d’un scroll TikTok.

    C’est là que ton angle prend tout son sens : “Lost Mayhem pourrait disparaître prochainement” — non pas parce que quelqu’un va venir arracher les stickers des planches dans les garages, mais parce que la bataille judiciaire peut devenir une guerre d’usure.

    D’un côté, …Lost, marque surf puissante dans son monde, mais qui reste une entreprise à taille “surf industry”, avec ses marges, ses saisons et ses humeurs de marché. De l’autre, une superstar et une armée juridique. Et quand l’affaire s’éternise, la vraie question devient parfois moins “qui a raison ?” que “qui peut tenir ?”.

    Le risque, pour …Lost, c’est de se retrouver à devoir poursuivre “pour le principe”… tout en voyant la facture grimper. Et il existe un scénario encore plus brutal : celui où le tribunal considère que l’action en justice ne méritait pas d’aller aussi loin, ouvrant la porte à une prise en charge de frais d’avocats côté gagnant. Ce n’est pas automatique, mais c’est le genre de menace qui transforme une plainte en roulette russe comptable.

    Biolos serre les dents : “on va au bout”

    Matt Biolos, lui, ne joue pas la marche arrière. Dans ses déclarations, il assume que l’injonction était une demande difficile et insiste sur l’idée que “Mayhem” n’est pas un caprice marketing mais un pilier de la marque depuis près de 40 ans. En résumé : il ne veut pas “laisser faire”, parce que laisser faire aujourd’hui, c’est banaliser demain.

    Reste que le tribunal vient d’envoyer un message limpide : à ce stade, Gaga a le droit de continuer à vendre, et …Lost doit revoir sa copie pour espérer une victoire sur le fond. Dans l’océan, on appelle ça s’adapter à la série. En justice, c’est pareil : soit tu changes de plan de jeu, soit tu te fais rincer.

  • MASCARAS : Kyllian Guérin sort le grand jeu au Mexique

    MASCARAS : Kyllian Guérin sort le grand jeu au Mexique

    Il aura fallu patienter, mais ça valait le coup : Kyllian Guérin revient avec MASCARAS, une vidéo qui sent la super production à plein nez. Image léchée, montage nerveux, ambiance soignée… On est sur un clip qui se regarde une première fois pour les vagues, puis une deuxième parce qu’on a kiffé.

    Derrière le projet, on retrouve Arthur Genie : un vrai bon derrière la caméra, un monteur solide, et (spoiler) un mec cool. Ensemble, ils ont pris la direction du Mexique, avec une idée claire : filmer un trip surf qui joue sur les contrastes, autant dans les spots que dans les ambiances.

    Le concept : le masque comme symbole (et comme miroir)

    Le film puise sa force dans la symbolique des masques mexicains : des objets chargés de sens, à la fois protection et révélation. Ils cachent un visage, mais révèlent autre chose : une énergie, une intention, une part d’ombre ou de lumière.

    Et cette dualité traverse tout MASCARAS :

    • calme vs intensité
    • sérénité vs tempête
    • maîtrise vs lâcher-prise

    C’est exactement ce que le surf nous fait vivre. Un jour tu danses sur une vague “facile”, le lendemain tu te fais remettre à ta place par un set plus sérieux. Le masque, ici, devient presque une métaphore du surfeur : celui qui avance, même quand ça secoue. (j’ai l’impression d’être un philosophe)

    Puerto Escondido : là où Kyllian est dans son élément

    Direction Puerto Escondido. Et clairement, c’est le terrain de jeu parfait pour ce que Kyllian fait de mieux : s’engager et claquer de gros barrels avec ce mélange de précision et d’instinct qu’on aime voir dans les vagues puissantes.

    Ce qui frappe, c’est à quel point il a ce style “propre” dans le lourd : pas de cinéma inutile, pas de gestes en trop. Il se place, il lit, il y va.

    Et puis… on ne voit pas assez de Français à Puerto, non ?

    Franchement, c’est toujours une petite frustration : les Français sont souvent excellents dans les tubes, et ça ne sort pas de nulle part. Entre les tubes landais, les hivers à se faire brasser et la culture du placement, on a des vrais tube riders en France. Alors voir un Français se faire plaisir à Puerto, ça fait du bien.

    Petit crochet à Salina Cruz : longues droites, autre ambiance

    Le film joue aussi sur l’opposition des spots : après la puissance brute, place à un surf plus fluide avec Salina Cruz et ses longues droites. On change d’énergie, mais pas de niveau : Kyllian est aussi à l’aise quand il faut enchaîner les sections, gérer la vitesse et poser un surf plus “dessiné”.

    C’est justement ce contraste qui rend la vidéo complète : pas juste un clip “heavy”, mais un vrai récital sur des longues droites .

    La question essentielle (et totalement scientifique) : le grip sur le gun

    Bon… petite parenthèse : pourquoi coller un grip sur son gun alors que sur tout le clip, il n’a pas vraiment posé le pied dessus ? 😄
    Évidemment je plaisante — mais avoue, toi aussi tu as regardé en te disant : “Il va s’en servir quand ?”

  • WSL vs Pedro Scooby : l’affaire Saquarema, du scandale de scoring à l’accord

    WSL vs Pedro Scooby : l’affaire Saquarema, du scandale de scoring à l’accord

    Il y a des polémiques qui durent le temps d’une story. Et puis il y a celles qui deviennent un cas d’école. À Saquarema, en 2025, on n’a pas seulement eu un débat classique de passionnés (“j’aurais mis 0,5 de plus”, “t’as vu la section ?”). On a eu un cocktail beaucoup plus sérieux : une contestation publique du jugement, des accusations de racisme, une démarche judiciaire engagée au Brésil… et, au final, une résolution discrète, loin des caméras, avec rétractation et accord entre les parties.

    Le point de départ : une note, deux vagues, et une vidéo qui met le feu

    L’étincelle, c’est un heat du Challenger Series à Saquarema. Dans le surf, la note n’est jamais “juste un chiffre” : c’est une décision qui résume un enchaînement de manœuvres, un choix de vague, un style, un niveau de risque, une comparaison directe avec l’adversaire… et parfois une frustration qui explose.

    Pedro Scooby, surfeur brésilien et personnalité ultra-médiatique, prend la parole publiquement. Son point de vue est simple et percutant : il compare deux vagues notées de manière très proche (voire identique selon la présentation qui circule) et estime que la vague de Weslley Dantas, plus engagée et plus “riche” en manœuvres, méritait mieux que celle de George Pittar. Là où l’histoire bascule, c’est que la critique ne reste pas cantonnée à “mauvaise appréciation”. Scooby associe cet épisode à une lecture beaucoup plus lourde : racisme, et impression que “le système choisit” qui doit avancer.

    Résultat : la polémique sort du microcosme surf. Elle se transforme en sujet grand public, parce qu’un avis amplifié par des millions d’abonnés n’est plus un commentaire.

    Pourquoi la WSL ne pouvait pas laisser passer

    La World Surf League vit d’un contrat implicite avec le public : “vous acceptez que le surf soit jugé, donc subjectif, parce que vous croyez au sérieux du cadre”. Si ce cadre est publiquement qualifié de raciste ou manipulé, on ne critique plus un heat : on attaque l’intégrité du produit sportif.

    Dans ce contexte, la réaction de la WSL est presque mécanique. Quand une organisation estime que son arbitrage est mis en cause au niveau de la réputation, elle cherche à reprendre le contrôle de deux choses :

    1. Les faits (qu’est-ce qui a été dit exactement ? sur quoi se base l’accusation ?)
    2. Le cadre (est-ce une opinion, une dénonciation, une affirmation ?)

    C’est là qu’intervient la démarche judiciaire : une demande formelle d’explications, déposée localement. En clair, on demande à la personne de préciser : “qu’entends-tu par là ? Maintiens-tu tes propos ? As-tu des preuves ?”. Ce n’est pas encore un “procès show” au sens populaire du terme ; c’est aussi une façon de fixer une version officielle, datée, opposable, dans un dossier.

    L’enjeu réel : le surf est subjectif… mais la confiance ne peut pas l’être

    On touche ici à un paradoxe permanent. Le surf est jugé parce qu’il n’est pas chronométrable comme un 100 mètres. Mais plus la discipline grandit, plus la demande de transparence augmente.

    Or, sur un heat tendu, la perception du public est souvent binaire :

    • soit “les juges ont vu un détail que je n’ai pas vu” (confiance)
    • soit “il y a quelque chose derrière” (soupçon)

    Quand on ajoute une accusation de racisme, la barre monte d’un cran. Parce que même si, juridiquement, tout se joue sur la nature des propos et les preuves, symboliquement, on est sur une question qui dépasse la compétition : qui bénéficie du doute ? qui subit les biais ? qui a accès aux opportunités, aux sponsors, à la visibilité ?

    Le twist : une affaire “en cours”… alors que c’était déjà réglé

    Ce qui rend cet épisode fascinant, c’est sa deuxième vie médiatique. Des articles relancent l’histoire autour de la procédure engagée, donnant l’impression d’un conflit qui s’installe. Puis surgit l’information clé : le dossier est déjà clos depuis un moment, avec une résolution hors tribunal.

    La logique est classique dans les conflits à forte charge réputationnelle :

    • on discute
    • il peut y avoir une rétractation (totale ou partielle)
    • on acte un accord mutuel
    • et on évite l’escalade (qui serait souvent perdant-perdant)

    En clair : tout le monde a intérêt à éteindre l’incendie. La WSL protège la crédibilité de son système. Scooby évite que la polémique ne se transforme en feuilleton judiciaire long et coûteux, où chaque mot serait disséqué.

    Pourquoi ça reste un signal fort pour la suite

    Même “résolue”, l’affaire Saquarema laisse trois enseignements.

    1) Les athlètes-influenceurs pèsent autant que les athlètes-résultats
    Aujourd’hui, une déclaration peut secouer le circuit plus vite qu’un podium. L’audience est un levier de pouvoir, et la WSL doit composer avec.

    2) Le jugement est le talon d’Achille structurel du surf
    On peut perfectionner les critères, former, auditer, publier davantage de détails… mais il restera toujours un espace d’interprétation. La question devient : comment rendre cet espace acceptable, compréhensible, et perçu comme équitable ?

    3) La frontière entre critique légitime et accusation grave est devenue centrale
    Dire “je ne suis pas d’accord avec la note” est normal. Dire “c’est raciste / manipulé” engage un autre niveau de responsabilité. Dans l’ère des réseaux, cette frontière est franchie plus vite—et les institutions répliquent plus vite aussi.

    Et maintenant ?

    Le plus intéressant, ce n’est pas de “choisir un camp”. C’est de voir comment le surf va évoluer : plus de pédagogie sur le scoring, plus de transparence, peut-être des formats vidéo explicatifs, des communications plus réactives, et une gestion de crise mieux huilée.

    Parce que la prochaine polémique de notes n’est pas une possibilité. C’est une certitude. Et après Saquarema, tout le monde sait que ça peut aller plus loin qu’un débat de parking… jusqu’aux portes d’un tribunal, avant de revenir—silencieusement—à la table des discussions.

  • Affaire Karim Braire : quand les médias ont fermé les yeux

    Affaire Karim Braire : quand les médias ont fermé les yeux

    Pendant plus de dix ans, Karim Braire a incarné un fantasme parfait : celui de la rédemption par le surf, du « ghetto à Nazaré », du destin arraché à la fatalité. Une histoire calibrée pour la télévision, les plateaux du prime time, les maisons d’édition et, le cinéma.
    Une histoire trop belle pour être vraie. Et pourtant, largement relayée.

    Un récit séduisant, mais fragile dès l’origine

    Dès ses premières apparitions médiatiques, des zones d’ombre apparaissent. Des surfeurs reconnus alertent publiquement :
    – images de surf empruntées à Justine Dupont,
    – contrat Quiksilver introuvable,
    – palmarès inexistant,
    – incohérences factuelles grossières.

    Ces alertes n’étaient ni discrètes ni confidentielles. Elles étaient publiques, documentées, répétées. Mais elles contredisaient une narration trop rentable pour être abandonnée. D’ailleurs, l’équipe avait écrit à l’époque un article dénonçant les fausses déclarations de l’intéressé.

    Le mythe avant les faits

    Le cas Karim Braire illustre un mécanisme bien connu : quand une histoire coche toutes les cases émotionnelles, le fact-checking devient secondaire.
    La figure du survivant charismatique, du self-made-man inspirant, était plus vendeuse que la réalité.

    Résultat :
    – des journalistes ont relayé sans vérifier,
    – des éditeurs ont publié sans enquêter,
    – des producteurs ont réalisé sans recouper.

    Non par ignorance, mais par choix éditorial.

    Une violence rendue invisible

    Pendant que le personnage médiatique prospérait, la violence, elle, se déployait dans l’ombre : violences conjugales, viols, actes de torture, violences sur enfants.
    La justice vient de le confirmer avec une condamnation lourde : 15 ans de réclusion criminelle, assortis d’une période de sûreté et d’un retrait total de l’autorité parentale.

    Ce contraste est glaçant : d’un côté, un homme célébré,
    de l’autre, une famille terrorisée, réduite au silence.

    Le silence complice des relais médiatiques

    Ce procès pose une question essentielle : que vaut une “belle histoire” quand des signaux d’alerte sont volontairement ignorés ?
    Car certains savaient. Certains avaient été prévenus. Et pourtant, la machine médiatique a continué à tourner.

    Dans cette affaire, il n’y a pas seulement un coupable pénal.
    Il y a aussi une chaîne de responsabilités morales : celles de médias, de journalistes, d’éditeurs, qui ont préféré l’audience, l’émotion et l’argent à la rigueur et à l’éthique.

    Le vrai procès qui n’aura pas lieu

    Karim Braire a été jugé et condamné.
    Mais le procès du traitement médiatique, lui, n’aura probablement jamais lieu.

    Et pourtant, il mérite d’être posé noir sur blanc :
    raconter le réel n’est pas vendre des fables,
    et vérifier n’est pas une option quand on se revendique journaliste.

    Car derrière chaque “success story” non vérifiée, il peut y avoir des victimes.
    Et cette fois, elles ont payé le prix fort.

  • John John Florence signe un retour magistral en compétition à Pipeline

    John John Florence signe un retour magistral en compétition à Pipeline

    La nuit dernière, à Hawaï, le surf mondial a assisté à une scène aussi symbolique que spectaculaire : John John Florence de retour en compétition, chez lui, à Pipeline et Backdoor, sur la vague qui a façonné sa légende. À l’occasion du Florence Pipe Pro Presented by HTA, un QS 2000 sponsorisé par sa propre marque, le triple champion du monde a rappelé à tout le monde pourquoi son nom reste indissociable de Banzai Pipeline.

    Dans des conditions propres, avec des vagues de quatre à six pieds et un vent parfait pour ouvrir les tubes, Florence a livré un véritable récital dès son entrée en lice en Round of 64.

    John John Florence, un retour au sommet et sans retenue

    Aligné en Heat 16, John John Florence n’a pas perdu de temps. Très rapidement, il s’engouffre profond dans un tube de Backdoor, ressort avec vitesse et contrôle, puis tente presque de conclure la vague par un énorme air. Note : 9,33. Le message est clair.

    Il enchaîne avec un second tube massif, parfaitement négocié, noté 8,77, pour un total de 18,10, l’un des meilleurs scores de la compétition. À Pipeline, ce genre de performance ne trompe personne : Florence est chez lui, en confiance, et visiblement heureux d’être de retour avec un jersey.

    Au-delà du résultat brut, c’est surtout l’attitude qui marque. Détendu, souriant, fluide, John John surfe comme quelqu’un qui n’a rien à prouver, mais beaucoup à partager. Sponsoriser l’événement avec ses frères Ivan et Nathan, tout en y participant, ajoute une dimension presque irréelle à ce comeback.

    Pipeline n’était pas qu’un terrain de jeu cette nuit-là : c’était le théâtre d’un retour chargé de sens.

    Les Français et Tahitiens bien présents dans le tableau

    Si Florence a capté tous les regards, les surfeurs français/tahitiens ont eux aussi marqué cette journée sur une vague où l’engagement est non négociable.

    Kauli Vaast a parfaitement tenu son rang. Le champion olympique en titre a remporté son heat avec autorité, démontrant une lecture très juste de Backdoor et une aisance de plus en plus évidente dans les tubes hawaiiens. Une performance solide qui confirme qu’il a de plus en plus d’expérience sur une vague plus capricieuse que Teahupoo.

    Sa petite soeur, Aelan Vaast s’est illustrée de belle manière chez les femmes, en remportant son quart de finale et en décrochant sa place pour les demi-finales. Une performance importante sur un spot aussi exigeant que Pipeline, où l’expérience et la précision font toute la différence. Après sa performance sur la vague de Sunset, on attend beaucoup d’elle.

    Toujours côté Polynésie française, Kéo Tamatoa Chabrier et Tereva David ont livré des prestations engagées face à une concurrence relevée, dans un tableau masculin particulièrement dense. Les Tahitiens aiment les vagues tubulaires et puissantes et ils sont en train de le démontrer lors de cette édition.

    Un événement à part dans le calendrier WSL

    Le Florence Pipe Pro n’est pas un QS comme les autres. Entre Pipeline, Backdoor, des conditions propres, un plateau relevé mêlant anciens CT, espoirs locaux et internationaux, et la présence de figures majeures comme John John Florence ou Carissa Moore, l’événement dégage une atmosphère unique.

    La suite de la compétition s’annonce tout aussi passionnante, avec un tableau désormais verrouillé et une possible Finals Day en ligne de mire. Une chose est sûre : le retour de John John Florence n’est pas symbolique, il est compétitif.

    Et à Pipeline, cela suffit à faire vibrer toute la planète surf.

  • Nazaré, aspiré par la vague : la chute glaçante de Lucas Chianca

    Nazaré, aspiré par la vague : la chute glaçante de Lucas Chianca

    Être aspiré par la lèvre d’une vague fait partie des pires cauchemars d’un surfeur. À Nazaré, ce scénario prend une dimension presque irréelle. Quand l’océan dresse des murs d’eau de 15 mètres et plus, chaque erreur peut se transformer en lutte pour la survie.

    Nazaré, une vague imprévisible et sans pardon

    Praia do Norte n’est pas une vague comme les autres. Alimentée par un canyon sous-marin unique au monde, Nazaré concentre une énergie brute, lourde, incontrôlable. Le moindre changement de vent, d’angle de houle ou de marée peut transformer une vague apparemment « propre » en piège mortel.

    Malgré une zone de surf relativement contenue, Nazaré conserve l’ADN d’un beach break, avec des sections qui ferment brutalement et des retours de backwash violents près du phare et des rochers.

    Le premier avertissement : une chute près des rochers

    Le 12 décembre 2025, Lucas « Chumbo » Chianca s’élance sur une gauche qui semble jouable. Le take off est rapide, engagé, mais au bas de la vague, il est rattrapé une masse de mousse chaotique. Le Brésilien reste sous l’eau près de trente secondes avant d’être récupéré in extremis par un jet-ski, à quelques mètres seulement des rochers.
    « C’était un moment très difficile, une des chutes les plus violentes de ma vie », confiera-t-il après coup.

    Aspiré over the falls : l’image qui glace le sang

    Plus tard, Chianca retourne à l’eau. Sur une nouvelle vague, il adopte une ligne haute, anticipant un close-out. Comprenant qu’il n’existe aucune sortie possible, il tente de passer à travers la vague. Mais, la vague est trop épaisse, trop puissante. Il est violemment tiré en arrière et aspiré par la vague.

    L’image est saisissante, presque irréelle. Elle incarne à elle seule la force brute de Nazaré et rappelle une vérité essentielle : ici, même les meilleurs ne contrôlent pas tout. À Nazaré, survivre reste parfois la seule victoire.

  • Hans Odriozola change de drapeau et représentera l’Allemagne

    Hans Odriozola change de drapeau et représentera l’Allemagne

    Le champion du monde junior ISA 2023 quitte l’Espagne pour viser plus haut

    Le monde du surf européen a été pris de court ces derniers jours. Hans Odriozola, champion du monde junior ISA 2023 sous les couleurs espagnoles, a officiellement annoncé qu’il représenterait désormais l’Allemagne dans les compétitions internationales. Une décision inattendue, qui a rapidement fait naître des doutes sur les réseaux sociaux. Poisson d’avril en avance ? Pas du tout.

    C’est via un message sobre publié sur Instagram que le jeune surfeur basque a confirmé l’information, après près de six mois de démarches administratives. Un choix mûrement réfléchi, loin du coup de tête, et qui s’inscrit clairement dans une stratégie sportive à long terme.

    Une annonce officielle après six mois de bureaucratie

    « Après avoir lutté avec la bureaucratie pendant presque six mois, je suis heureux d’annoncer qu’à partir de maintenant, je représenterai l’Allemagne », explique Hans Odriozola. Le surfeur se dit enthousiaste à l’idée d’ouvrir « un nouveau chapitre » et de travailler avec la fédération allemande, le Wellenreitverband.

    La possibilité de ce changement repose sur un élément clé : la mère de Hans est allemande. Un détail juridique déterminant qui lui permet de changer de nationalité sportive sans enfreindre les règlements internationaux.

    Un timing cruel : pas de dernier Mondial Junior ISA

    Conséquence directe de ce changement de drapeau, Hans Odriozola ne pourra pas participer à son dernier Championnat du monde junior ISA. Une décision frustrante pour le surfeur, qui précise manquer le délai réglementaire « de seulement quelques jours ». Une situation amère, mais assumée : « C’est comme ça. Je me concentre désormais sur la suite. »

    Ce renoncement symbolise bien le tournant pris par le jeune talent, prêt à sacrifier un dernier rendez-vous junior pour se projeter pleinement vers le très haut niveau.

    Pourquoi l’Allemagne ? Une question d’opportunités

    Derrière ce choix, il serait naïf de ne voir qu’un simple changement administratif. Selon El Diario Vasco, cette décision est aussi étroitement liée aux perspectives olympiques. La concurrence au sein de l’équipe espagnole est rude, avec un vivier dense et des places extrêmement chères pour les grandes échéances internationales.

    À l’inverse, l’Allemagne offre un cadre bien différent. Les athlètes, en particulier ceux engagés dans un projet olympique, bénéficient d’un soutien économique et structurel solide, bien supérieur à ce que proposent certaines fédérations du sud de l’Europe. Un argument de poids pour un surfeur en phase de transition entre carrière junior et circuit élite.

    Un choix stratégique, pas une trahison

    Ce changement de nationalité sportive ne remet en rien en cause le parcours de Hans Odriozola sous le drapeau espagnol. Champion du monde junior, figure montante du surf européen, il reste profondément attaché à ses racines basques.

    Mais dans un surf moderne de plus en plus professionnalisé, ces décisions font désormais partie du jeu. À seulement quelques années des Jeux Olympiques, Hans Odriozola fait un pari audacieux : celui de se donner toutes les chances d’atteindre le sommet.

  • Kelly Slater de retour à la compétition à 53 ans : la surprise Pipeline

    Kelly Slater de retour à la compétition à 53 ans : la surprise Pipeline

    Le surf pensait avoir tourné la page. Et pourtant. À 53 ans, Kelly Slater vient de rallumer une flamme que beaucoup croyaient définitivement éteinte. Le GOAT a annoncé son retour à la compétition pour le Da Hui Backdoor Shootout 2026, une épreuve mythique disputée à Pipeline, sur la North Shore d’Oahu. Une annonce à la fois surprenante… et parfaitement mesurée.

    Car non, Kelly Slater ne signe pas un retour à plein temps sur le Championship Tour. Pas de saison complète, pas de quête d’un 12ᵉ titre mondial. Juste une compétition, choisie avec soin, sur la vague la plus emblématique de sa carrière.

    Un retour symbolique, pas une retraite annulée

    Officiellement, Kelly Slater a quitté le CT en 2024, après avoir été éliminé par le Mid-Season Cut à Margaret River. Officieusement, il n’a jamais vraiment disparu. Depuis, on l’a vu réapparaître sous forme de wildcards, notamment à Pipeline ou à Lower Trestles, rappelant qu’à certains endroits, il reste dangereux pour n’importe qui.

    Son retour annoncé pour le Da Hui Backdoor Shootout, dont la fenêtre s’étend du 4 au 16 janvier 2026, s’inscrit dans cette logique. Ce n’est pas un come-back au sens classique du terme, mais un clin d’œil à l’histoire, à son histoire.

    À quelques semaines de son 54ᵉ anniversaire, Slater prouve surtout qu’il choisit désormais ses batailles.

    Pipeline, le terrain de jeu éternel de Slater

    S’il y a bien un endroit où Kelly Slater peut encore faire parler l’instinct, l’expérience et le timing, c’est Pipeline. Onze fois champion du monde, il y a signé certaines des performances les plus marquantes de l’histoire du surf de compétition.

    Le Da Hui Backdoor Shootout n’est pas un contest comme les autres. Format par équipes, ambiance old-school, pression maximale, respect absolu du spot. Un événement qui résiste au temps, comme Slater lui-même.

    Peter King, figure historique de l’épreuve, le résume parfaitement : le Shootout est un survivant sur le North Shore, là où tant d’événements ont disparu.

    Une équipe taillée pour Pipeline

    Kelly Slater fera partie de la team A New Earth Project, aux côtés de surfeurs qui incarnent l’ADN de Pipeline :

    • Jamie O’Brien, maître du chaos maîtrisé
    • Moana Jones-Wong, référence absolue côté femmes
    • Koa Smith, Shayden Pacarro, et Luke Tema en alternate

    Un mélange de générations, de styles et de connaissances du spot, parfaitement adapté à la brutalité de Backdoor et Pipeline.

    L’ombre des blessures, la lucidité du champion

    Ce retour reste néanmoins conditionné à une réalité que Slater n’a jamais cachée : son corps. Blessures à répétition, usure naturelle, scoliose… Le Floridien avance désormais avec prudence.

    Sur ses réseaux, fidèle à son ton à la fois détaché et honnête, il a simplement écrit :

    “Hoping I’m healed enough to surf by early mid January.” « « J’espère être suffisamment rétabli pour pouvoir surfer mi janvier. »

    Pas de promesse héroïque. Pas de storytelling forcé. Juste un champion qui écoute enfin ses limites, sans renoncer à ce qui le fait vibrer.

    À Pipeline, l’âge compte moins que le placement. Et dans ce domaine, Slater reste une référence absolue.

    En janvier 2026, il ne s’agira pas de prouver qu’il est encore le meilleur. Juste de rappeler pourquoi il est devenu une légende.

  • Nazaré a tremblé : une journée d’anthologie au TUDOR Big Wave Challenge

    Nazaré a tremblé : une journée d’anthologie au TUDOR Big Wave Challenge

    Le 13 décembre 2025 restera gravé dans l’histoire du surf de grosses vagues. À Praia do Norte, Nazaré a offert un spectacle d’une rare intensité lors du TUDOR Nazaré Big Wave Challenge, disputé dans des conditions extrêmes avec des vagues estimées entre 45 et 60 pieds. Des falaises noires de monde, une houle massive, du brouillard au lever du jour… tous les ingrédients étaient réunis pour une journée hors norme.

    Une victoire collective pour von Rupp et Roseyro

    Dans ce chaos parfaitement orchestré par l’océan, Nic von Rupp et Clément Roseyro ont livré une performance d’une justesse impressionnante. Déjà vainqueurs lors de l’édition précédente, les deux hommes conservent leur Best Team Performance Award, preuve de leur parfaite lecture du spot et de leur synchronisation dans l’action.

    Roseyro a notamment tracté von Rupp sur l’une des bombes du jour, une vague monumentale parfaitement négociée par le Portugais, récompensée par un score exceptionnel de 16,66/20. Plus qu’une démonstration de puissance, c’est l’intelligence de placement et le timing qui ont fait la différence.

    Lucas Chianca, l’engagement total

    S’il ne fallait retenir qu’un mot pour décrire la journée de Lucas “Chumbo” Chianca, ce serait : engagement. Le Brésilien a tout donné, au prix de deux des plus violents wipeouts du contest. Relevé une première fois après être passé par-dessus les chutes, Chianca est reparti immédiatement à l’attaque… pour encaisser un second impact monumental.

    Malgré tout, sa détermination et la taille des vagues surfées lui valent logiquement le Men’s Best Performance Award. Un trophée mérité, mais surtout une journée où la solidarité entre surfeurs a une nouvelle fois été déterminante, notamment grâce à l’intervention salvatrice de Sebastian Steudtner.

    Justine Dupont, impériale et inspirante

    Déjà victorieuse lors de l’édition précédente, Justine Dupont signe un back-to-back historique en remportant une nouvelle fois la Women’s Best Performance. Installée à Nazaré avec sa famille, la Française a démontré une maîtrise impressionnante dans des conditions parmi les plus exigeantes jamais vues sur l’épreuve.

    Tractée par Éric Rebière, Dupont a su gérer la taille, la vitesse et la pression, sortant proprement de vagues massives pour rejoindre l’épaule en toute sécurité. Une performance fluide, engagée et pleine de sang-froid.

    Une fin de compétition sous contrainte

    La compétition n’a toutefois pas pu aller à son terme. Entre brouillard matinal, panne de courant sur le headland et lumière déclinante, la WSL a pris la décision de stopper l’épreuve après le Round 1, afin de garantir la sécurité des athlètes. Un choix responsable, salué par l’ensemble des compétiteurs.

    Au final, au-delà des trophées, cette journée restera comme l’une des plus intenses jamais vécues à Nazaré. Un rappel brutal et fascinant de ce que représente réellement le surf de grosses vagues : engagement, humilité et respect absolu de l’océan.

    Nazaré passe en mode compétition de gros XXL

    C’est désormais officiel : le TUDOR Nazaré Big Wave Challenge est appelé ON. La World Surf League a déclenché ce vendredi 12 décembre l’alerte verte, confirmant un run day potentiel dès samedi 13 décembre, avec un premier call prévu à 9h00 GMT, soit 10 heure française.

    Les équipes disposent de 24 heures pour finaliser leur stratégie, ajuster le matériel et se préparer mentalement à affronter Praia do Norte dans ce qu’elle sait offrir de plus brutal. Les conditions observées ces dernières semaines ont permis aux riders de s’entraîner longuement sur place, un facteur clé quand les vagues annoncées flirtent avec les 50 à 70 pieds pendant la nuit, avant de se stabiliser autour de 40 à 60 pieds en journée.

    Le vent, attendu NE modéré le matin, pourrait évoluer vers un léger cross-offshore dans l’après-midi, laissant espérer des murs massifs mais exploitables pour les équipes les plus précises.

    Tableau des séries – TUDOR Nazaré Big Wave Challenge 2025

    Les neuf équipes engagées sont réparties en trois groupes de trois, chacune disputant deux heats de 45 minutes en tow-in.

    Série 1

    ÉquipeSurfeurs
    Team 1Nic von Rupp (POR) / Clément Roseyro (FRA)
    Team 2Lucas “Chumbo” Chianca (BRA) / Pedro “Scooby” Vianna (BRA)
    Team 3Andrew Cotton (GBR) / James Carew (AUS)

    Série 2

    ÉquipeSurfeurs
    Team 4Rodrigo Koxa (BRA) / Vitor Faria (BRA)
    Team 5Rafael Tapia (CHL) / Pierre Rollet (FRA)
    Team 6Benjamin Sanchis (FRA) / Jérôme Sahyoun (MAR)

    Série 3

    ÉquipeSurfeurs
    Team 7Justine Dupont (FRA) / Éric Rebière (FRA)
    Team 8Michelle des Bouillons (BRA) / Ian Cosenza (BRA)
    Team 9Laura Crane (GBR) / Antonio Laureano (POR)

    Des favoris déjà bien identifiés

    Tenant du titre masculin, Clément Roseyro, associé à Nic von Rupp, arrive avec le plein de confiance. Chez les femmes, Justine Dupont, lauréate de la précédente édition, retrouve Nazaré avec une équipe parfaitement rodée.
    Mais l’expérience cumulée de Chumbo & Scooby, tout comme la science de la trajectoire de Koxa, pourrait redistribuer les cartes si les séries deviennent longues et irrégulières.

    Un samedi potentiellement historique

    Depuis ce mercredi 10 décembre, la World Surf League a déclenché une alerte jaune pour le TUDOR Nazaré Big Wave Challenge. La compétition pourrait être lancée dès samedi 13 décembre, si les conditions restent alignées avec les prévisions. Et cette fois, tout semble converger vers un run day épique.

    Un système dépressionnaire massif remonte l’Atlantique, envoyant vers le Portugal un swell NW puissant, attendu dès vendredi après-midi. Le pic — prévu dans la nuit — annonce un réveil brutal de Nazaré, avec des estimations oscillant entre 40 et 60 pieds au petit matin.
    Vent offshore au lever du jour, orientation propre, énergie longue période : la mécanique des grandes journées semble se mettre en place.

    L’ambiance sur place : effervescence totale

    D’après les premiers retours, de nombreux rideurs et équipes sont déjà sur le terrain. Les parkings se remplissent, les housses de tow-in s’ouvrent, les repérages s’enchaînent. Nazaré vit dans ce curieux mélange d’attente électrique et de concentration glacée, propre aux grandes sessions où tout peut arriver.

    Chaque coureur sait que la fenêtre est atypique : gros pic nocturne, baisse progressive en journée, mais suffisamment d’amplitude pour offrir des murs massifs et rideables. L’élan dépendra surtout de la fréquence et de la régularité des bombes. C’est là que se jouera l’alerte verte.

    La prochaine annonce officielle est prévue vendredi 12 décembre à 8h30 GMT.

    Le format : tow-in, précision et sang-froid

    Comme chaque année, l’épreuve se déroulera en tow-in, format conçu pour révéler le meilleur des équipes pilote/surfeur dans la machine instable qu’est Praia do Norte.

    Neuf équipes, réparties en trois groupes, disputeront deux heats de 45 minutes, alternant rôle de rider et driver. Le classement se fera sur les deux meilleures vagues de chaque athlète — avec un bonus double pour la meilleure. Score maximum : 30 points.

    Les distinctions décernées en fin d’événement :

    • Best Men’s Performance
    • Best Women’s Performance
    • Best Team Performance

    Et la liste des invités donne déjà des frissons :

    • Chumbo & Scooby
    • Nic von Rupp & Clément Roseyro
    • Andrew Cotton & Ben Larg
    • Rodrigo Koxa & Vitor Faria
    • Rafael Tapia & Pierre Rollet
    • Benjamin Sanchis & Jerome Sayhoun
    • Justine Dupont & Eric Rebière
    • Michelle des Bouillons & Ian Cosenza
    • Laura Crane & Antonio Laureano

    Un casting de spécialistes rompus aux lignes de vie et aux zones d’impact de Nazaré.

  • Juliette Lacome au Mexique : Tangolunda, un film entre surf et sensations

    Juliette Lacome au Mexique : Tangolunda, un film entre surf et sensations

    Il existe des vidéos de surf qui montrent des vagues.
    Et puis il y a celles qui racontent une atmosphère, un moment, une émotion.

    Avec Tangolunda, tournée à Barra de la Cruz, sur la côte Pacifique du Mexique, Juliette Lacome signe un film à part. Un projet où le surf donne envie de se jeter à l’eau en boardshort, tout l’inverse des conditions actuelles.

    Barra de la Cruz, un décor qui parle de lui-même

    Spot mythique pour ses longues droites régulières, Barra de la Cruz offre un terrain idéal pour un surf fluide et posé. Les images sont pleines de couleurs, des textures naturelles et le rythme lent du lieu. Ici, pas de montage frénétique : chaque vague est laissée, pas de coupure à tout va, on y voit Juliette surfer avec élégance, avec naturel, avec fluidité, cela semble presque simple.

    Une identité mexicaine assumée

    L’un des points forts de Tangolunda réside dans sa bande-son 100 % locale. Grâce à une collaboration avec Isurfmex, le film intègre des musiques mexicaines authentiques, notamment des mariachis de la région de Huatulco. Un choix de musique original, qui ancre le projet dans la culture locale et renforce son caractère immersif.

    Une vidéo qui résonne avec le parcours de Juliette

    Difficile de ne pas faire le lien avec le parcours récent de la surfeuse française. Début 2025, Juliette Lacome a traversé une période marquante après l’opération d’une tumeur osseuse, suivie de plusieurs semaines loin de l’eau. Tangolunda ne parle pas directement de cette épreuve, mais elle s’en ressent dans la douceur du film, dans ce surf apaisé, presque reconnaissant.

    Un film sincère, loin des codes classiques

    Réalisé par Michael Darrigade, Tangolunda s’éloigne des edits classiques pour proposer un regard sensible et humain sur le surf. Une vidéo qui rappelle que le surf, avant d’être un sport, est une histoire de style.

    Une parenthèse simple et inspirante, à regarder sans se presser.

  • Tristant Guilbaud en Indonésie : trois semaines entre Nias, Krui et perfection tropicale

    Tristant Guilbaud en Indonésie : trois semaines entre Nias, Krui et perfection tropicale

    Nias et Krui : trois semaines entre perfection, rencontres et lignes infinies

    Il y a des destinations qui hantent un surfeur depuis l’enfance. Des vagues rêvées qu’on griffonne au fond d’un cahier, persuadé qu’un jour, on marchera enfin sur le sable qui mène jusqu’à elles. En septembre dernier, Tristant Guilbaud a coché l’une de ces cases mythiques : Lagundri Bay, sur l’île de Nias, là où déferle l’une des droites les plus belles de toute l’Indonésie.

    La houle n’a peut-être pas offert son visage le plus massif, mais peu importe : la vague parfaite de Lagundri suffit à transformer chaque session en moment suspendu. la houle s’enroule sur le reef comme dessinée au compas, déroule propre, régulière, assez longue pour laisser respirer les turns ou oser le rythme d’un barrel proprement taillé.
    Une vague qui synthétise tout ce qui fait rêver : la simplicité d’une droite parfaite, la constance, l’énergie de l’océan indien, ce quelque chose d’intemporel qui rattache le surfeur à l’histoire du surf indo.

    Après dix jours de glisse hypnotique, direction Krui, plus au sud, sur la côte ouest de Sumatra. Là, le décor change, l’ambiance aussi — et le potentiel explose. Krui, c’est un véritable terrain de jeu tropical :
    ▪️ beach breaks nerveux et tubulaires,
    ▪️ gauches interminables qui déroulent sans fin sur les pointes,
    ▪️ slabs puissants, exigeants, pour ceux qui aiment le creux et les take-offs sérieux.

    Mais pour scorer là-bas, il faut savoir lire plus que les prévisions : le vent, capricieux, souffle depuis les montagnes, tourne, accélère, se calme, modifie tout. Chaque jour devient un pari, un choix stratégique. Et c’est justement ce qui rend le voyage encore plus excitant.

    Au final, ces trois semaines à Nias et Krui ressemblent à ce que le surf a de plus pur à offrir : la découverte, la simplicité, l’accueil chaleureux des locaux, les rires après les sessions, et ces petites pépites de paradis où le temps semble ralentir.
    La vidéo de Tristant capture tout : les lignes parfaites, les éclats de rire, les coups d’œil émerveillés, les moments où la vie semble tenir dans un seul rayon de soleil sur l’eau.

    Un voyage qui rappelle une vérité essentielle : l’Indonésie n’a pas besoin d’être XXL pour être grandiose.

  • Jour 1 lancé au Florence Pipe Pro : Pipeline délivre déjà

    Jour 1 lancé au Florence Pipe Pro : Pipeline délivre déjà

    Le Florence Pipe Pro 2025 a officiellement démarré ce mercredi à Pipeline, et l’ouverture est à la hauteur de l’événement : 8 à 12 pieds, du verre, du nerf, et un plateau 100 % hawaiien prêt à en découdre. La WSL a donné le coup d’envoi à 8h00 HST pour la Round of 128, avant d’enchaîner avec le début de la Round of 96.
    La compétition féminine, elle, reste en stand-by.

    Pipeline rugit dès l’aube

    Les premières images du jour donnent le ton : un couloir turquoise à travers l’objectif de John John Florence, une lumière parfaite, et un récif qui n’accorde aucune erreur. On le savait, ce QS 2000 a beau être un événement régional, il attire toutes les légendes du North Shore.
    Au programme : un mélange explosif de jeunes prodiges, de free-surfers iconiques et de vétérans intraitables.

    Les premiers heats : place aux locaux affamés

    Le Round of 128 ouvre avec un heat chargé :

    • Dusty Payne, ex-surfeur CT au surf puissant
    • Love Hodel, talent en plein essor
    • Idren Sardinha et Noah Abril, jeunes du North Shore en quête de performances marquantes.

    Les séries qui suivent annoncent la couleur : Pipeline sera juge, jury et bourreau aujourd’hui.

    Les têtes d’affiche entrent en scène

    Le premier tour inclut une liste hallucinante de noms que l’on associe instinctivement au reef de Banzai :

    • Nathan Florence, maître du spot dans les conditions lourdes
    • Ivan Florence, style chirurgical et danger permanent
    • Jamie O’Brien, l’inévitable
    • Mason Ho, créatif comme personne
    • Torrey Meister, Koa Smith, Koa Rothman, Michael O’Shaughnessy, Sheldon Paishon… la liste est interminable.

    Chaque heat ressemble presque à une finale.

    Tous les match-ups du Round of 128

    L’article inclut ici la liste complète donnée dans le communiqué WSL, parfaite pour l’UX et le référencement. Les lecteurs passionnés y trouveront les heats de leurs surfeurs préférés (et Pipeline, on le sait, a beaucoup de favoris locaux).

    Suivre la compétition en direct

    Le Florence Pipe Pro reste en période d’attente jusqu’au 20 décembre, ce qui laisse espérer une succession de journées épiques.
    ➡️ Live disponible sur WorldSurfLeague.com et l’application WSL.
    L’événement est soutenu par Florence, la Hawaii Tourism Authority, Salt + Air et H2O Audio.

  • Faut-il laisser des enfants charger Nazaré ? Le débat relancé après l’exploit d’Aninha Dagostini

    Faut-il laisser des enfants charger Nazaré ? Le débat relancé après l’exploit d’Aninha Dagostini

    Le surf de grosses vagues vit une nouvelle ère : plus jeune, plus exposée, plus spectaculaire. La preuve avec Ana Gabriela Aninha Pessoti Dagostini, Brésilienne de 13 ans, aperçue début décembre 2025 à Nazaré — le colosse portugais qui engloutit même les surfeurs les plus expérimentés.

    Encadrée par Lucas « Chumbo » Chianca, elle a pris plusieurs bombes à Praia do Norte avant d’être violemment aspirée par une mousse massive. Dix secondes sous l’eau, un gilet déclenché, une récupération rapide par le jet : un scénario que même les adultes redoutent.

    Mais derrière l’exploit, un malaise grandissant

    Honnêtement, difficile de comprendre cette course à l’extrême où l’on cherche à savoir qui sera « le plus jeune » à charger des vagues capables de tuer. Jusqu’où ira-t-on dans cette surenchère ?

    Un point essentiel revient dans toutes les discussions :
    jusqu’à un certain âge, un mineur ne devrait pas être autorisé à surfer des vagues de cette taille s’il n’est pas capable de les prendre à la rame.

    Parce qu’il faut le dire :

    • le surf tracté rend l’accès aux vagues géantes trompeusement facile ;
    • les gilets gonflables donnent un sentiment de sécurité qui n’efface pas la violence réelle des impacts ;
    • un surfeur moyen peut, grâce au tow-in, accéder à des vagues qu’il ne pourrait jamais approcher par lui-même.

    Tout le monde dans l’industrie le sait. Mais, tout le monde ne le dit pas.

    Quand le risque rencontre le marketing

    Il suffit qu’un sponsor mise sur un jeune, lui promette une exposition mondiale parce qu’il « charge Nazaré à 13 ans », pour que le phénomène se reproduise ailleurs.
    D’autres enfants essaieront.
    D’autres parents accepteront.
    D’autres marques y verront une opportunité.

    Et ce n’est pas la première mise en garde que la communauté lance.

    Où placer les limites ?

    Nazaré n’est pas un terrain de jeu. C’est un spot qui a envoyé à l’hôpital — ou pire — certains des meilleurs big wave riders du monde. Alors imaginer des enfants dans ces mêmes conditions pose une question urgente :

    Avons-nous perdu la notion de limite dans la quête d’images spectaculaires ?

    Le surf a toujours été un sport de passion. Mais, la passion seule ne peut justifier de mettre des mineurs dans des situations où, objectivement, même les professionnels rompus au danger hésitent avant de s’engager.

    Affaire à suivre. Mais, le débat, lui, est bien lancé.

  • El Quemao Class 2025 : l’événement surf le plus redouté des Canaries

    El Quemao Class 2025 : l’événement surf le plus redouté des Canaries

    La côte sauvage de Lanzarote retient son souffle. Comme chaque année, El Quemao Class plonge la communauté surf internationale dans un mélange d’impatience et de fascination. Perchée au bord du petit village de La Santa, dans la commune de Tinajo, cette vague mythique n’accepte qu’une seule chose : la perfection. Pas de date fixe, pas de programme établi… seulement un période de waiting period qui s’étend jusqu’en avril 2026, et un système d’alertes qui rythme l’espoir des athlètes.

    Pour cette 9ᵉ édition, 64 invités triés sur le volet — 32 surfeurs et 32 bodyboardeurs — se tiennent prêts à foncer sur l’une des vagues les plus dangereuses et spectaculaires au monde. Une gauche volcanique, courte, ultra-creuse, qui explose directement sur un reef noir acéré. Chaque vague peut devenir historique… ou cauchemardesque.

    Le temple du surf engagé

    Le Quemao n’est pas une vague comme les autres. C’est une vague capricieuse qui nécessite la présence d’une houle précise, d’un vent bien orienté, d’une marée parfaitement alignée. Quand les planètes sont alignées, alors seulement, la compétition peut se lancer. C’est la raison pour laquelle l’événement fonctionne avec un code couleur :

    • Orange : période d’attente (état actuel).
    • Jaune : tentative de lancement, conditions potentiellement bonnes.
    • Vert : validation officielle des dates, show imminent.

    Cette mécanique nourrit le mythe. L’événement peut être annoncé 48 heures avant seulement, transformant Lanzarote en place forte du surf de haut niveau dès la première ondulation de houle.

    Les champions reviennent défendre leur couronne

    L’édition précédente a marqué les esprits :

    • Joan Duru, impérial, s’est offert la victoire en surf.
    • Amaury Lavernhe, double champion du monde de bodyboard, a confirmé sa suprématie dans cette arène de lave et de tubes fracassants.

    Les deux hommes seront de retour cette année, prêts à remettre leur titre en jeu. Duru, maître du rail puissant et des tubes, connaît le spot comme peu de surfers européens. Lavernhe, lui, entretient avec El Quemao une relation presque intime : technique chirurgicale, lecture millimétrée et courage.

    Une scène volcanique unique au monde

    Au-delà de la compétition, le Quemao Class est un hommage à Lanzarote elle-même. Sa géologie, son architecture naturelle, ses couleurs sombres et brûlées, tout renforce la dramaturgie de la vague. Les spectateurs se massent sur les roches volcaniques pour assister à ce ballet brutal entre mer et basalte.

    La question n’est donc pas si la compétition aura lieu. La vraie question, c’est : quand El Quemao offrira-t-il son moment de grâce ?
    Et quand cela arrivera, le monde du surf aura les yeux rivés sur Lanzarote.

  • Alerte tsunami au Japon après un séisme de magnitude 7,6

    Alerte tsunami au Japon après un séisme de magnitude 7,6

    Le Japon a de nouveau été secoué lundi soir par l’une de ces secousses qui rappellent à quel point l’archipel vit au contact permanent des forces profondes de la Terre. Un séisme de magnitude 7,6 a frappé au large de l’Aomori Prefecture, dans le nord-est du pays, peu après 23 h (heure locale). La secousse, brève, mais extrêmement puissante, a immédiatement déclenché une vaste opération d’alerte sur les littoraux exposés.

    Selon la Japan Meteorological Agency (JMA), l’épicentre se situait à environ 51 km de profondeur, un facteur qui a amplifié la propagation de l’onde sismique, mais aussi son potentiel à générer un tsunami. Quelques minutes après la secousse, les sirènes de la côte nord-est retentissaient déjà : des alertes tsunami majeures ont été émises, prévoyant des vagues pouvant dépasser 3 mètres pour certaines portions du rivage.

    Pour un pays dont l’histoire est marquée par des catastrophes naturelles liées aux séismes, cette annonce a instantanément ravivé les traumatismes collectifs. Les habitants des zones côtières ont été invités à se mettre en hauteur, dans le calme, mais avec rapidité, tandis que les autorités locales organisaient les premières évacuations préventives.

    Un risque concentré sur le Japon, mais un suivi mondial

    Les premières analyses transmises par la NOAA et le National Weather Service viennent préciser l’ampleur du phénomène. Si l’impact majeur concerne avant tout le Japon, les données indiquent :

    • des vagues entre 0,3 m et 1 m au-dessus du niveau de marée sur plusieurs côtes japonaises,
    • des vagues inférieures à 0,3 m pour d’autres régions du Pacifique : Philippines, Russie, Micronésie, Guam, îles Mariannes, ou encore les îles Hawaii les plus au nord.

    Le risque est donc quasi nul pour Hawaii, la polynésie française et la côte ouest des États-Unis, ce qui apporte un premier soulagement à la communauté internationale. Mais pour les régions japonaises visées, la vigilance reste totale. Les autorités rappellent que même des vagues d’un mètre peuvent être dangereuses en zone portuaire, notamment en raison des courants soudains qu’elles peuvent générer.

    Une réaction immédiate des systèmes d’observation

    Comme à chaque événement d’ampleur dans le Pacifique Nord, les systèmes de surveillance océanique et sismique ont immédiatement pris le relais. Les satellites d’observation suivent en temps réel la propagation éventuelle des ondes de tsunami. Ces dernières années, plusieurs événements avaient déjà démontré la capacité de ces technologies à capter des phénomènes extrêmes, comme le tsunami observé depuis l’espace en 2023, une première historique.

    Une situation toujours incertaine

    À cette heure, aucune perte humaine ni dégâts significatifs n’ont été confirmés, mais les autorités restent prudentes. Des vagues secondaires peuvent encore toucher le littoral, et la JMA actualise systématiquement ses bulletins. Les images diffusées à la télévision montrent des ports calmes mais sous surveillance maximale, tandis que des milliers d’habitants attendent de nouvelles instructions dans les centres d’évacuation.

    Le Japon, habitué à affronter ces épisodes avec une organisation exemplaire, démontre une nouvelle fois son efficacité. Mais la tension reste palpable : le pays tout entier observe, attend et espère que cet événement ne laissera pas de traces profondes.

  • Un surfeur de 28 ans décède à Lafitenia : la côte basque en deuil après un dramatique accident

    Un surfeur de 28 ans décède à Lafitenia : la côte basque en deuil après un dramatique accident

    PS: Bien évidemment ce n’est pas le surfeur sur la photo

    La côte basque est une nouvelle fois endeuillée. Samedi 6 décembre 2025, vers 16 h, un surfeur de 28 ans a perdu la vie sur le spot de Lafitenia, à Saint-Jean-de-Luz, dans des conditions de mer particulièrement puissantes. Malgré l’intervention rapide d’autres pratiquants et des secours, le jeune homme n’a pu être réanimé.

    Une session qui bascule dans le drame

    Selon plusieurs témoins, la mer était déjà bien agitée en fin d’après-midi, avec une houle dépassant les 4 mètres et un coefficient de marée rendant l’endroit technique et potentiellement piégeux. Dans une interview donnée à Sud Ouest dans, quelques minutes avant l’accident, deux surfeurs, dont Éric Bonnamy, profitaient de la fin d’une session jugée « solide mais satisfaisante ». Assis sur la murette dominant la baie, ils observent la mer lorsqu’ils remarquent deux autres pratiquants entrer à l’eau durant une accalmie.

    « Derrière, la mer a regonflé d’un coup », témoigne Éric. « On est à marée haute, l’accès au pic est délicat, et les séries étaient vraiment massives. » C’est dans cette phase que le drame se joue. Selon leurs observations, l’un des deux surfeurs semble rapidement en difficulté, surpris par une vague plus grosse que les autres.

    Le corps poussé vers l’intérieur du spot

    Les témoins décrivent une scène d’une grande violence. Après avoir disparu sous l’eau, le jeune homme serait resté submergé durant près de trois minutes, avant que son corps ne réapparaisse, poussé vers l’intérieur du spot par une vague de retour.

    « On a vu le corps traverser le spot, emporté par la masse d’eau », raconte un surfeur présent sur place. Immédiatement, plusieurs pratiquants, déjà dans l’eau, se dirigent vers lui pour tenter de le ramener au rivage. Ils parviennent à le hisser sur une planche puis à l’extirper de l’eau en attendant les secours.

    Une prise en charge immédiate, mais vaine

    Les pompiers de Saint-Jean-de-Luz et d’Hendaye, rapidement rejoints par une équipe du SMUR, engagent aussitôt les manœuvres de réanimation. Malgré des tentatives prolongées, l’homme est déclaré décédé sur la plage peu après 16 h.

    Pour l’heure, l’origine exacte du drame reste inconnue. Malaise ? Choc sous l’eau ? Simple noyade liée à la puissance des vagues ? Les circonstances devront être précisées par l’enquête en cours.

    Une communauté sous le choc

    Lafitenia est un spot réputé pour ses longues droites mais aussi pour ses mouvements d’eau, particulièrement lorsque la houle grossit. Les habitués connaissent les pièges du courant, les séries qui décalent. Ce samedi, les conditions étaient qualifiées de « sérieuses » voire « dangereuses » par plusieurs présents.

    Ce décès rappelle tragiquement que, même pour des pratiquants expérimentés, l’océan peut devenir imprévisible. Ces dernières années, plusieurs accidents ont déjà endeuillé la côte basque, soulignant la nécessité d’adapter sa pratique aux conditions du jour, surtout lorsque la houle excède les seuils habituels.

    En attendant plus d’informations

    Pour l’instant, les autorités n’ont pas communiqué sur l’identité de la victime ni sur les conclusions premières de l’enquête. Les témoignages recueillis convergent toutefois vers un accident brutal survenu en quelques secondes, sans que le surfeur n’ait eu le temps de s’extraire de la zone de turbulence.

    L’émotion est vive à Saint-Jean-de-Luz et dans toute la communauté du surf basque, qui adresse son soutien à la famille et aux proches du jeune homme.

  • Punta Galea Big Wave Challenge 2025 : Clément Roseyro et Justine Dupont vainqueurs

    Punta Galea Big Wave Challenge 2025 : Clément Roseyro et Justine Dupont vainqueurs

    Un dénouement spectaculaire pour cette édition 2025


    Au-delà des conditions changeantes et du suspense propre à Punta Galea, cette édition 2025 restera surtout dans les mémoires pour un final des plus performants lors des phases finales. La montée en puissance de la houle, combinée à un vent enfin favorable, a offert un terrain de jeu idéal aux spécialistes du surf de gros. Et lorsque la lumière s’est améliorée, laissant apparaître ces murs d’eau caractéristiques de Getxo, les meilleurs ont su se démarquer.

    Chez les hommes, la finale a rapidement pris des allures de duel entre l’expérience locale et la fraîcheur venue de France. Natxo González, poussé par son public et fort de sa connaissance intime de la vague, a longtemps semblé tenir la clé de la victoire. Mais c’était sans compter sur Clément Roseyro, encore porté par son récent triomphe à Nazaré. Invité de dernière minute, il a parfaitement saisi sa chance : deux take offs critiques, maîtrisées du début à la fin, lui ont permis de s’imposer en patron sur une vague qu’il découvrait quasiment en conditions XXL.

    Du côté des femmes, l’histoire s’est écrite en lettres capitales : première finale féminine de l’événement et première démonstration collective à Punta Galea. Malgré une série particulièrement lourde qui a balayé les trois compétitrices, elles sont toutes revenues au pic avec détermination. Laura Coviella, pionnière du jour, a lancé le mouvement. Domi Charrier, jeune chargeuse chilienne, a impressionné par son engagement pour une première dans ces conditions. Mais la reine du jour s’appelait Justine Dupont, dominatrice, précise et imperturbable.

    Classement masculin – Punta Galea Challenge 2025

    1. Clément Roseyro
    2. Natxo González
    3. Aritz Aranburu
    4. Xabi López
    5. Eder Fuentes
    6. Pierre Rollet

    Classement féminin – Punta Galea Challenge 2025

    1. Justine Dupont
    2. Laura Coviella
    3. Domi Charrier

    Une édition qui signe le renouveau de l’épreuve, et peut-être le début d’une nouvelle ère pour Punta Galea.

    Le call du samedi 6 Décembre 2025

    Alors que l’hiver frappe enfin la façade atlantique, le Pays Basque s’apprête peut-être à vivre l’un des moments les plus spectaculaires de la saison : le déclenchement du Punta Galea Big Wave Challenge, la compétition de surf de grosses vagues la plus ancienne d’Europe. La nouvelle est tombée ce matin : la compétition sera officiellement lancée samedi 6 décembre 2025.
    Si les prévisions se confirment, la luz verde — le feu vert — sera donnée jeudi, soit 48 heures avant l’épreuve… pour un possible lancement ce samedi.

    Une semaine décisive commence, et l’excitation est déjà palpable sur toute la côte basque espagnole.

    Une tempête solide arrive sur la côte basque

    Les prévisionnistes annoncent ce que les big riders espèrent depuis des jours : une houle puissante, consistante et propre, portée par une dépression qui remonte depuis l’Atlantique Nord.
    Les modèles convergent vers des vagues de 5 mètres, peut-être davantage sur les plus gros sets, avec une période solide — le cocktail parfait pour réveiller la falaise mythique de Punta Galea.

    Un autre paramètre crucial est scruté de près : le vent. Les premiers bulletins annoncent une brise soutenue vendredi, puis un affaiblissement notable samedi, laissant espérer des conditions propres et surfables, idéales pour des drops vertigineux sous les applaudissements d’un public toujours massif.

    L’événement est officiellement lancé ce samedi 6 décembre 2025 : Punta Galea va rugir

    C’est désormais officiel : le Punta Galea Big Wave Challenge 2025 se tiendra ce samedi. Après plusieurs jours d’attente sous alerte jaune, les prévisions se sont confirmées et l’organisation a donné la luz verde. Une solide houle d’ouest, des vagues avoisinant les six mètres, une période longue et un vent beaucoup plus faible qu’annoncé en début de semaine composent le scénario parfait pour déclencher une des plus emblématiques compétitions de grosses vagues d’Europe.
    Le Pays Basque se prépare donc à vivre une journée historique : dès les premières heures du matin, les falaises de Getxo se transformeront en amphithéâtre naturel, prêtes à accueillir des milliers de spectateurs venus voir les meilleurs big riders du monde affronter une mer en furie.
    L’attente est terminée : samedi, La Galea rugira, et le spectacle s’annonce colossal.

    Punta Galea, un amphithéâtre naturel pour le surf XXL

    Situé à Getxo (Ville qui touche Bilbao), au cœur de la côte biscayenne, Punta Galea est un spot absolument unique.
    Ici, aucun bateau, aucun jet-ski ne vient perturber le cadre : les vagues cassent au pied d’un acantilado de 60 mètres, une falaise qui forme un véritable amphithéâtre naturel.
    Les spectateurs, parfois des milliers, se massent sur le rebord pour assister à huit heures de show, surplombant les rideurs comme dans une arène antique dédiée à la puissance de l’océan.

    Cette configuration en fait un événement à la fois spectaculaire et incroyablement accessible, d’où sa popularité croissante au fil des éditions.

    Un plateau exceptionnel : les meilleurs big riders du monde réunis

    Pour cette édition, 30 surfeurs sont conviés, dont une liste absolument impressionnante de talents internationaux. Et grande nouveauté : une finale 100% féminine viendra écrire un chapitre historique pour l’événement.

    Voici quelques-uns des noms qui feront vibrer la falaise :

    Les superstars mondiales

    • Grant « Twiggy » Baker : triple champion du monde, vainqueur ici en 2014. Une référence absolue.
    • Laura Enever : détentrice du record Guinness de la plus grosse vague surfée par une femme (13 m à Hawaii).
    • Francisco Porcella : figure incontournable de Jaws et Nazaré, habitué à La Galea.
    • Mason Barnes : auteur d’une vague monstrueuse de 30 m à Nazaré, big rider ultra-régulier.
    • Tom Lowe : le Britannique au mental d’acier, héros de Mullaghmore et de Jaws.

    Les talents internationaux en feu

    • Russell Bierke, le génie australien nourri aux slabs de Nouvelle-Galles du Sud.
    • Tony Laureano, prodige de Nazaré, big rider depuis… ses 13 ans.
    • Lucas “Chumbo” Chianca, star brésilienne, champion du monde XXL, auteur d’un 10/10 ici en 2019.
    • Ramón Navarro, légende chilienne et défenseur de Punta de Lobos.

    Les locaux et représentants européens

    • Natxo González, champion en titre, héros local, prêt à défendre son trône.
    • Nadia Erostarbe, olympienne, championne du Ballito Pro 2024, première Basque à participer.
    • Justine Dupont, reine européenne, multi-championne du monde, enfin présente pour une finale féminine historique.
    • Pierre Rollet, le Français d’Hossegor, champion ici en 2018, toujours très aimé du public.
    • Axi Muniain, vainqueur de la première édition en 2005, figure reference.
    • Indar Unanue, vétéran basque, multiple finaliste, dont la connaissance des vagues XXL n’est plus à prouver.
    • Miguel Blanco, freesurfer portugais engagé et activiste environnemental.
    • Xabi López, spécialiste du sauvetage et habitué des spots extrêmes comme Roca Puta.

    Avec un tel plateau, le spectacle est garanti — et potentiellement l’une des éditions les plus relevées de l’histoire.

    Un événement populaire, organisé au millimètre

    Pour accueillir la foule attendue, la mairie de Getxo prévoit des navettes gratuites depuis la station de métro de Bidezabal. Une initiative essentielle pour fluidifier l’accès à la falaise et éviter l’engorgement habituel sur les petites routes côtières.

    En clair : la fête des grosses vagues.

    Liste officielle des 30 participants (2025)

    Surfeurs Hommes

    Nic Lamb (USA)
    Mason Hyce Barnes (USA)
    Tony Laureano (PRT)
    Xabi López (EUK)
    Conor Maguire (IRL)
    Yago Domínguez (EUK)
    Pierre Rollet (FRA)
    Manuel Lezcano (ESP – Canarias)
    Axi Muniain (EUK)
    Aritz Aranburu (EUK)
    Indar Unanue (EUK)
    Miguel Blanco (PRT)
    Lucas “Chumbo” Chianca (BRA)
    Ramón Navarro (CHL)
    Grant “Twiggy” Baker (ZAF)
    Natxo González (EUK)
    Russell Bierke (AUS)
    Francisco Porcella (ITA)
    Tom Lowe (GBR)
    Ibon López (EUK)
    Kosme Fernández (EUK)
    Zuku (EUK)
    Endika Ruiz (EUK)
    Txaber Garmendia (EUK)

    Surfeuses Femmes

    Laura Coviella (ESP – Canarias)
    Justine Dupont (FRA)
    Nadia Erostarbe (EUK)
    Laura Enever (AUS)
    Dominique Charrier (CHL)
    Felicity Palmateer (AUS)

  • Premières déferlantes XXL de la saison à Nazaré : Justine Dupont impériale, tension maximale pour Carlos Burle

    Premières déferlantes XXL de la saison à Nazaré : Justine Dupont impériale, tension maximale pour Carlos Burle

    Les premier gros swells de la saison ont réveillé Nazaré. Une fenêtre courte, parfaite, violente. Une lumière hivernale, un vent oscillant entre offshore et side shore, et des murs d’eau qui semblaient sortir tout droit des profondeurs du canyon. La vidéo qui immortalise cette session montre une fois encore pourquoi Nazaré reste un univers à part : un théâtre où beauté, peur et maîtrise absolue se mêlent dans chaque vague.

    La session de vendredi 5 Décembre 2025

    La journée a encore défié toutes les attentes à Nazaré. Une matinée sombre et détrempée a soudain laissé place à un court créneau d’énergie brute, où des séries massives ont explosé en sortie de canyon, prenant de court les spectateurs postés sur la falaise. Dans ce décor changeant, les équipages ont lutté contre les éléments : bourrasques, pluie battante, boue, matériel trempé… la routine, finalement, lorsqu’on poursuit l’histoire des vagues XXL.

    Ce que vous allez voir, c’est l’essence de ce jour-là : les take-offs les plus engagés, les instants les plus intenses, les chutes marquantes, la beauté sauvage et le chaos total. Nazaré dans ce qu’elle a de plus pur, rappelant encore pourquoi ce spot ne ressemble à aucun autre sur la planète.

    La session de mercredi 3 Décembre 2025

    Un Nazaré “parfaitement monstrueux”

    La journée commence sur un plan d’eau agité par un vent side à offshore. Les premières images montrent une mer avec des montagnes d’eau qui s’élèvent au large avant de venir exploser devant le phare.

    Ce n’était pourtant pas un swell attendu comme exceptionnel. Une tempête intense, une fenêtre minuscule… puis soudain, le miracle : une plage horaire surfable, courte, mais magique. Nazaré a rappelé à tous qu’elle n’a pas besoin de plusieurs jours pour offrir un spectacle démesuré.

    Justine Dupont en totale maîtrise

    Parmi les rideuses les plus impressionnantes de la journée, Justine Dupont marque une fois encore les esprits. Sa capacité à dompter ces masses d’eau – puissantes, rapides, irrégulières – frôle aujourd’hui l’invraisemblable.
    Le vent, changeant, oscillant entre offshore et side shore, créait des sections verticales imprévisibles. Là où beaucoup hésitent, elle s’engage. Ligne parfaite, timing chirurgical, contrôle absolu : Justine a semblé lire le chaos comme personne.

    Une vague hors norme pour Clément Roseyro

    La vidéo montre également une vague spectaculaire signé Clément Roseyro. Une vague difficile à mesurer tant elle semble dépasser les standards habituels de notre perception du surf. Un immense triangle, un ride engagé d’un sang-froid total.

    Grâce aux ralentis, le spectateur ressent toute la lourdeur, la vitesse et la dangerosité de la scène. Chaque image amplifie la tension. Ce n’est plus seulement du surf : c’est un dialogue entre un humain minuscule et un colosse d’eau en mouvement.

    Le crash invisible de la vidéo : Carlos Burle avalé par une montagne d’eau

    Ce que la vidéo ne montre pas, en revanche, est sans doute l’un des moments les plus marquants de la journée : l’incident de Carlos Burle, pionnier et légende du big wave surfing.

    Face à une bombe d’environ 80 pieds, Burle s’engage. La ligne est parfaite… jusqu’à ce qu’une montagne d’eau surgisse derrière lui, plus rapide, plus massive encore. Elle le rattrape, le dépasse, l’avale littéralement.
    Le commentaire d’un témoin parle de “tensión máxima en Nazaré”. Et c’est exactement cela : une scène où le cœur se serre, même en simple spectateur.

    Heureusement, l’issue est positive. Lucas “Chumbo” Chianca et Willyams Santana interviennent instantanément, appliquant avec précision les protocoles de sécurité qui font aujourd’hui de Nazaré une référence mondiale.
    Burle va bien, mais le choc fut immense. Une piqûre de rappel : ici, l’erreur ne pardonne pas toujours.

    Nazaré reste ce lieu où l’océan règne en maître, où chaque ride est un pari, et où chaque nouvelle vidéo témoigne d’un respect total pour la puissance de la nature.

  • Safi Invitational 2025/2026 : une édition nocturne et la victoire de Joan Duru

    Safi Invitational 2025/2026 : une édition nocturne et la victoire de Joan Duru

    Résultats de l’édition 2025 : Joan Duru impérial, Armide Soliveres et Lilia Tebbai impressionnent

    La compétition qui s’est tenue le samedi 6 décembre 2025 a offert un spectacle rare à Safi. Malgré des séries parfois longues à se mettre en place et un manque de tubes pour un spot pourtant réputé pour sa perfection tubulaire, l’ambiance est restée électrique. Car surfer Le Jardin (ancien nom du spot) à quatre dans l’eau, même dans un format plus “open”, reste un privilège absolu.

    Le moment le plus marquant de la journée ?
    Les finales disputées de nuit, sous un éclairage monumental qui a transformé Ras Lafâa en arène futuriste. Une image qui restera probablement parmi les moments forts de l’histoire récente du surf marocain.

    Résultats officiels 2025 :

    Surf Open 2025

    🥇 Joan Duru (15.7 pts) – Un surf précis, engagé, dominant.
    🥈 Adur Amatriain (9.65 pts)
    🥉 Charly Quivront (8.45 pts)
    4. Marc Lacomare – 7.15 pts

    Bodyboard Open 2025

    🥇 Armide Soliveres (14.4 pts) – Puissance et contrôle dans les sections critiques.
    🥈 Badr E. Chaljri (13.35 pts)
    🥉 Maxime Castillo (10.35 pts)
    4. Achraf El Ghazi – 9.4 pts

    Surf Filles 2025

    🥇 Lilia Tebbai (11.8 pts) – La jeune Marocaine marque les esprits avec une solide prestation.
    🥈 Maud Le Car (10.15 pts)
    🥉 Lee-Ann Curren (4.8 pts)
    4. Jade Magnien – 3.6 pts
    5. Agouri Ines – 2.45 pts

    Ces résultats confirment la diversité du plateau et la montée en puissance des athlètes marocains, particulièrement en surf féminin et en bodyboard.

    Lancement de la compétition ce samedi 6 Décembre 2025

    La compétition sur la célèbre droite de Safi au Maroc a été lancé ce samedi 06 décembre 2025. Suivez la compétition en direct sur Icônes Surf avec une session possible en nocturne. On a des belles conditions avec de nombreux surfeurs français en course pour la victoire…. Les finales auront lieu de nuit avec un check-in à 18H. Pas de décalage horaire en hiver avec le Maroc.

    Le Jardin en alerte : Safi se prépare

    Chaque hiver, quand la houle s’excite sur Windguru en Europe, un frisson parcourt la communauté surf mondiale, ou plutôt un œil indiscret sur les prévisions marocaines. Safi, “Le Jardin”, l’une des meilleures droites de la planète, se réveille. Une vague aussi parfaite que brutale, tube après tube, section après section, où les erreurs ne pardonnent jamais. Les accidents de Billy Kemper ou d’Édouard Delpero l’ont rappelé : s’engager ici n’a rien d’une promenade.

    C’est pourtant sur ce terrain mythique que s’ouvrira, entre cet hiver, la deuxième édition du Safi Surf Invitational, événement hors du commun, sur invitation uniquement. Et cette année, on vient officiellement de passer en alerte jaune en ce début de « waiting period ».

    Une compétition rare, exigeante et… précieuse

    Être invité à cette compétition est un luxe que personne ne refuse. Seulement 4 athlètes à l’eau par série, une vague d’exception, une journée entière de surf entre le lever et le coucher du soleil… et même des séries nocturnes, éclairées par un dispositif unique posé sur les rochers de Ras Lafâa. Une atmosphère irréelle où les tubes prennent une dimension presque cinématographique.

    L’événement est organisé par l’Association Bahri, avec la Fédération Royale Marocaine de Surf et en partenariat avec l’OCP. Ce trio porte une ambition claire : faire rayonner Safi, son patrimoine et son surf, bien au-delà des frontières marocaines.

    Le cadre : Ras Lafâa, 9e meilleure vague du monde

    Safi n’est pas une vague comme les autres. La longue droite de Ras Lafâa déroule avec une précision chirurgicale. Parfois ronde, parfois carrée, toujours rapide. Une vague qui récompense les techniciens du tube, met les chargeurs à l’épreuve et ne pardonne à personne.

    Ce spot d’une beauté rare attire autant les surfeurs que les bodyboardeurs, et c’est ce qui fait la particularité du Safi Invitational : un événement commun aux deux disciplines, chacun trouvant sa place dans le tube majestueux de la pointe.

    Un format unique : jour, nuit et intensité maximale

    L’édition 2023 avait surpris tout le monde avec son format :

    • Call à 7h du matin,
    • Surf non-stop en fonction des marées,
    • Pause obligatoire (Ramadan, marée, lumière),
    • Reprise nocturne, s’il le faut.

    La formule sera reconduite en 2025/2026, avec un setup lumineux encore amélioré. Ceux qui ont déjà vu des sessions de nuit à Safi – notamment celle d’Aritz Aranburu – savent à quel point le décor est magique.

    L’esprit ne change pas : tout se joue en une seule journée, une immersion totale où chaque vague compte.

    60 invités, 16 nationalités, et une dimension sociale forte

    Si la liste complète des invités n’est pas encore connue – elle dépendra des disponibilités en fonction des swells – on sait déjà que :

    • 60 athlètes seront sélectionnés,
    • 16 nationalités seront représentées,
    • Les meilleurs Marocains auront une exposition rare face à des têtes d’affiche mondiales.

    Lors de la première édition, Marc Lacomare, Justine Dupont, Lee-Ann Curren, Maxime Castillo ou Pierre-Louis Costes avaient répondu présents. Le niveau était stratosphérique, les locaux galvanisés, et les podiums avaient offert un bel équilibre entre talents marocains et internationaux.

    Ce mélange, c’est précisément ce que défend l’Association Bahri :
    élever les surfeurs locaux,
    créer un événement fédérateur,
    mettre Safi au centre d’un surf responsable, solidaire et festif.

    Un village de surf et un programme qui va au-delà du sport

    Le Safi Surf Invitational n’est pas qu’une compétition. C’est une célébration. Un village de surf animé accueillera :

    • artisans locaux,
    • expositions de produits de Safi,
    • ateliers créatifs,
    • street art,
    • concerts,
    • visites guidées.

    L’objectif est clair : mettre en lumière le patrimoine de Safi, du surf aux traditions artisanales.

    Et la dimension sociale n’est pas en reste :

    • nettoyage de plage,
    • cours de surf gratuits pour les enfants des orphelinats,
    • actions éducatives sur l’environnement.

    Ici, le surf est un prétexte pour transmettre, partager, inspirer.

    Une histoire de persévérance

    Ce qui rend cet événement encore plus beau, c’est qu’il a mis près de 10 ans à voir le jour. Les routes, les autorisations, les infrastructures : rien n’était prêt en 2014. Il a fallu la ténacité de Saad Abid et de l’équipe Bahri pour qu’un rêve devienne réalité.

    Et désormais, la machine est lancée. Le Safi Invitational pourrait devenir l’un des événements majeurs du calendrier surf international, une sorte de “Pipeline marocain” dont la renommée ne cessera de grandir.

    Ce qui nous attend pour 2025/2026

    Avec la waiting period active et les signaux au vert, il ne manque plus qu’un swell solide venu de l’Atlantique pour donner rendez-vous aux invités. Inutile de dire que le monde du surf commence à surveiller les charts…

    Une chose est sûre :
    quand Safi s’allume, personne ne veut manquer ça.

  • Quand la communauté surf doit regarder la réalité en face : pourquoi la prévention est indispensable

    Quand la communauté surf doit regarder la réalité en face : pourquoi la prévention est indispensable

    Depuis quelques jours, toute la presse australienne, et quelques médias internationaux spécialisés surf — relaie une affaire qui secoue profondément notre communauté : la condamnation d’un coach australien, ancien compétiteur WQS, pour une longue série d’agressions sexuelles sur mineurs. Les détails, rendus publics lors de l’audience, ont choqué toute la communauté. Pas uniquement pour l’horreur des faits, mais parce qu’ils rappellent brutalement une vérité que beaucoup préfèrent éviter : le surf n’est pas un sanctuaire.

    L’image du surf est souvent associée à la liberté, à la confiance, à la camaraderie. Un univers lumineux, presque utopique. Mais la réalité, c’est que le surf — comme tout milieu sportif, associatif ou éducatif — peut attirer des individus cherchant à profiter de la vulnérabilité et de la confiance des plus jeunes.

    Un coach reconnu coupable de 31 infractions sexuelles

    L’affaire qui a éclaté en Australie met en lumière ce que ce décalage entre image et réalité peut coûter. L’ancien surfeur professionnel devenu coach, longtemps présenté comme un mentor auprès des jeunes, a plaidé coupable à 31 chefs d’accusation liés à des agressions sexuelles sur des garçons de 7 à 10 ans.

    Selon les documents du tribunal, l’encadrement des enfants était présenté comme un “espace sûr” pour progresser. Derrière cette façade, l’enquête a révélé plusieurs années de manipulations, d’abus, de dissimulation de preuves, et même l’admission d’un accès régulier à du matériel pédopornographique.

    L’homme a été condamné à cinq ans de prison et pourra demander une libération conditionnelle dès juin 2026 — une décision largement critiquée.

    Pourquoi c’est important d’en parler — ici aussi

    Ce dossier, aussi sordide soit-il, doit servir de rappel salutaire : aucun sport, aucune culture, aucune communauté n’est immunisée contre ce type de violence.
    Le surf, avec son ambiance décontractée et ses structures parfois informelles, peut même devenir un terrain propice pour des prédateurs cherchant à gagner la confiance des familles et des jeunes pratiquants.

    Ignorer ce sujet sous prétexte que “le surf, c’est cool”, serait une faute collective.

    Le risque existe — mais la prévention peut tout changer

    Pour que de telles situations ne puissent plus se reproduire, la prévention doit devenir une priorité à tous les niveaux :

    1. Des règles claires dans les écoles de surf

    Les structures doivent établir et communiquer :

    • des protocoles stricts autour de l’encadrement des enfants,
    • l’interdiction absolue d’isoler un mineur avec un adulte,
    • la nécessité de contrôles d’antécédents judiciaires systématiques,
    • des moyens simples pour signaler un comportement suspect.

    2. Une vigilance partagée

    Parents, encadrants, bénévoles et membres de clubs doivent apprendre à reconnaître des signaux d’alerte : attitudes intrusives, communications privées excessives, insistance à créer un lien exclusif, situations d’isolement non justifiées.

    3. Une parole protégée

    Les enfants doivent être encouragés à dire ce qui les met mal à l’aise, à reconnaître qu’un adulte peut avoir tort, même un coach admiré. La culture du silence protège toujours l’agresseur, jamais la victime.

    Protéger les jeunes, c’est protéger le surf

    Parler de ces affaires n’est pas “ternir l’image du surf”. C’est au contraire affirmer haut et fort que notre communauté refuse que de telles violences soient banalisées ou passées sous silence.

    Le surf doit rester un espace où l’on se sent en sécurité, où l’on découvre l’océan sereinement, où la progression se fait dans la confiance. Cela ne sera possible que si nous acceptons cette idée simple :
    la prévention est une responsabilité collective, et elle commence par la lucidité.