Auteur/autrice : Kelly Slater

  • Le Wharf : spot de repli mythique… et tuyau qui dérange

    Le Wharf : spot de repli mythique… et tuyau qui dérange

    Pour les surfeurs et bodyboardeurs du bassin d’Arcachon et de Biscarrosse, le Wharf n’est pas un spot comme les autres. C’est un plan B bien connu, celui qu’on coche quand ailleurs ça ferme. Les jours parfaits, le Wharf peut offrir de vrais barrels, courts, puissants, souvent inattendus.
    Mais derrière cette image de spot de repli généreux se cache une réalité beaucoup moins glamour : ce fameux tuyau géant qui s’avance dans l’océan Atlantique, visible depuis la plage, et dont le rôle fait débat depuis des décennies.

    Pourquoi ce spot s’appelle “le Wharf” ?

    Pas besoin d’un cours d’étymologie : il suffit de s’y rendre. Le nom du spot vient directement de cette longue canalisation métallique, prolongée en mer, soutenue par une structure digne d’un décor industriel.
    À l’origine, ce “wharf” a été conçu comme une solution technique pour évacuer au large les eaux usées traitées du bassin d’Arcachon. Un choix d’aménagement hérité des années 60, à une époque où la population et le tourisme explosaient, et où l’océan était encore perçu comme un immense dilueur naturel.

    Eaux traitées… mais pas inoffensives

    Sur le papier, tout est conforme. Les eaux rejetées sont traitées dans une station d’épuration avant d’être évacuées en mer. Problème : “traité” ne signifie pas “sans impact”.
    Comme l’explique très clairement la vidéo, ces eaux peuvent encore contenir bactéries, résidus chimiques, microplastiques ou traces de médicaments, même après traitement.

    L’idée initiale était simple : rejeter loin, laisser les courants disperser. Sauf que la mer ne fait pas disparaître la pollution, elle la déplace. Et parfois, elle la ramène exactement là où on préférerait l’éviter : plages, zones de baignade, bancs de sable… et spots de surf.

    Surfeurs, locaux et odeurs suspectes

    Depuis des années, surfeurs, riverains et associations locales alertent. Odeurs inhabituelles, eau trouble, mousses, résidus flottants : autant de signaux faibles qui, mis bout à bout, finissent par interroger.
    Des analyses indépendantes ont parfois révélé des concentrations élevées de bactéries fécales, supérieures à ce qu’on attendrait dans une zone fréquentée par les baigneurs et les pratiquants de sports nautiques.

    De leur côté, les contrôles officiels concluent généralement à une eau dans les normes réglementaires. Résultat : deux lectures d’une même réalité. Conforme, oui. Rassurante, pas forcément.

    Un spot de surf pris entre passion et inquiétude

    Le paradoxe du Wharf, c’est ça :

    • un spot apprécié, parfois magique quand les bancs sont en place ;
    • un symbole industriel qui rappelle que le littoral n’est pas qu’un terrain de jeu ;
    • une zone où la question sanitaire plane, sans réponse tranchée.

    Fermer ou remplacer le système du Wharf impliquerait de repenser toute la gestion des eaux usées du bassin, avec des investissements colossaux. Tant que le dispositif reste légal et qu’aucune crise majeure n’éclate, le statu quo perdure.

    Le Wharf, miroir d’un modèle à bout de souffle ?

    Ce tuyau planté dans l’océan raconte quelque chose de plus large : notre rapport à la mer, longtemps considérée comme infinie, capable d’absorber nos excès. Aujourd’hui, les usages ont changé. Le surf, la baignade, la protection des écosystèmes côtiers posent une question simple : ce modèle est-il encore adapté ?

    Derrière cet exemple, on retrouve la même problématique sur les stations balnéaires, comme la côte basque qui doit fermer ses baignades l’été après chaque orage.

  • Filets de pêche : 49 surfeurs morts depuis 1986

    Filets de pêche : 49 surfeurs morts depuis 1986

    Quand un surfeur disparaît en mer, on pense aux grosses vagues, aux récifs, parfois aux requins. Mais au Brésil, un autre danger tue en silence depuis des décennies : les filets de pêche dérivants. Invisibles sous l’eau, impossibles à éviter à pleine vitesse, ils ont déjà coûté la vie à des dizaines de surfeurs.

    Un danger bien réel sur le littoral brésilien

    Sur les côtes du sud du Brésil, notamment dans l’État du Rio Grande do Sul, les filets de pêche ne sont pas seulement un outil de travail pour les pêcheurs artisanaux. Lorsqu’ils sont coupés, arrachés ou laissés à la dérive, ils deviennent de véritables pièges mortels pour tous ceux qui pratiquent l’océan.

    Selon la Fédération Gaucha de Surf, au moins 49 surfeurs ont perdu la vie depuis 1986, pris au piège dans des filets ou des câbles de pêche sur le littoral local. Un chiffre glaçant, d’autant plus marquant que le dernier décès officiellement recensé remonte à 2010, preuve que ce danger persiste dans le temps, même lorsqu’il disparaît des radars médiatiques.

    Des filets coupés, puis abandonnés en mer

    L’affaire la plus récente s’est produite sur plusieurs plages du nord de l’État, notamment à Imbé, Tramandaí et Xangri-Lá. Des dizaines de câbles de filets de pêche ont été volontairement sectionnés le long du littoral.

    Résultat :

    • des filets flottants non contrôlés,
    • des câbles dérivants quasi invisibles,
    • et un risque immédiat pour les surfeurs qui entrent à l’eau sans se douter de ce qui les attend sous la surface.

    Les pêcheurs locaux ont rapidement tiré la sonnette d’alarme, signalant la présence de plusieurs zones où les filets restaient accrochés au fond ou flottaient entre deux eaux.

    “Ça peut accrocher une planche… ou un corps”

    Armi Ronnau, pêcheur local depuis près de 30 ans, n’avait jamais vu une situation de cette ampleur. Selon lui, une dizaine de filets se retrouvaient à la dérive, suffisamment pour piéger une planche, un leash, ou pire : un surfeur lui-même.

    Le scénario est souvent le même.
    Le surfeur rame, prend une vague, chute ou passe sous l’eau… et se retrouve enchevêtré en quelques secondes. Sous la pression, avec le stress, le courant et parfois la houle, se dégager devient presque impossible, même pour un pratiquant expérimenté.

    Pourquoi les filets sont-ils si dangereux pour les surfeurs ?

    Contrairement à un rocher ou à un récif, un filet ne se voit pas. Il peut être :

    • immergé juste sous la surface,
    • plaqué au fond,
    • ou déplacé par la houle et les courants.

    Une fois pris dedans, le surfeur doit gérer en même temps :

    • l’apnée forcée,
    • la panique,
    • la traction du courant,
    • et parfois la pression de la vague suivante.

    Dans ces conditions, chaque seconde compte.

    Un conflit latent entre usages de l’océan

    La Colônia de Pescadores Z40 a rappelé que la pêche au filet est une activité légale, autorisée entre le 15 mars et le 15 décembre, à condition que les pêcheurs soient déclarés et enregistrés.

    Le problème ne vient donc pas de la pêche en elle-même, mais :

    • des actes de vandalisme,
    • des câbles coupés volontairement,
    • et du manque de sécurisation après les incidents.

    Lorsque ces filets ne sont pas retirés immédiatement, ils deviennent une menace pour toute la communauté nautique.

    Prévenir plutôt que compter les morts

    Les fédérations de surf locales insistent sur plusieurs points essentiels :

    • signaler toute présence suspecte de filets ou câbles,
    • renforcer la communication entre pêcheurs et surfeurs,
    • et informer les pratiquants, notamment les plus jeunes.

    Parce qu’un filet à la dérive n’est pas un simple déchet marin. C’est un piège mortel, silencieux, qui ne laisse aucune seconde chance.

  • Pipeline comme on l’aime : une soirée de surf rare et un carton français

    Pipeline comme on l’aime : une soirée de surf rare et un carton français

    Une soirée presque parfaite sur le Challenger Series

    Il y a des soirées de compétition que l’on regarde distraitement, et d’autres qui rappellent pourquoi on aime profondément le surf de compétition.
    La nuit passée sur le Banzai Pipeline fait clairement partie de la seconde catégorie.

    Des vagues propres, ni trop grosses ni trop petites, un vent offshore bien calé, des lignes lisibles à Backdoor comme à Pipeline… Bref, des conditions presque idéales, plus proches de ce que l’on voit habituellement sur le Championship Tour que sur les Challenger Series.
    Un luxe rare, encore plus à ce stade de la saison.

    Et quand le décor est parfait, le surf suit.

    @icones_surf pipeline lexus pro jour 3 #surfing #surfer #waves #surfers #surf #wsl ♬ son original – Icônes Surf, le média en ligne

    Une démonstration française à Pipeline

    Cette soirée avait aussi une saveur particulière côté tricolore.
    Trois Français à l’eau, trois qualifications, et surtout des performances solides, intelligentes et engagées dans une vague qui ne pardonne rien.

    Kauli Vaast, sérieux candidat au CT

    En lice pour une qualification sur le CT, Kauli Vaast a rappelé pourquoi il est aujourd’hui l’un des surfeurs les plus dangereux dans les vagues tubulaires.
    Sur une série pourtant peu fournie en opportunités, le Tahitien a su rester patient avant de trouver la droite qu’il attendait à Backdoor, puis une seconde vague décisive en fin de heat.

    Un surf propre, sans précipitation, parfaitement maîtrisé, qui lui permet de signer le meilleur total de la journée et de se replacer idéalement au classement général.
    Après cette victoire de série, Vaast se rapproche encore un peu plus de son objectif : intégrer le CT.

    Jorgann Couzinet, la surprise qui n’en est plus une

    C’est peut-être la performance qui a le plus marqué la soirée.
    Jorgann Couzinet, au parcours atypique et longtemps privé de véritables campagnes hawaïennes, a livré une démonstration de maîtrise dans les tubes de Pipeline.

    Dès sa première vague, un take-off engagé et un tube parfaitement négocié donnent le ton.
    Loin de subir la série, Couzinet la contrôle, éliminant au passage Samuel Pupo, pourtant deuxième du classement Challenger Series avant ce round.

    Une prestation qui confirme une progression évidente et qui replace Jorgann comme un sérieux outsider pour la suite de la saison, même si la route vers le CT reste encore longue.

    Charly Quivront, opportuniste et efficace

    Dans cette même série, Charly Quivront n’a rien lâché.
    Très intelligent tactiquement, il a longtemps contenu Samuel Pupo avant d’aller chercher le tube décisif en fin de heat.

    Résultat : une deuxième place méritée et une qualification de plus pour le clan français.
    Un sans-faute collectif qui fait du bien au moral… et au classement.

    Les autres faits marquants de la journée

    La journée a également été marquée par plusieurs performances de haut vol :

    • Mikey McDonagh a fait exploser les compteurs avec un 9,50 à Backdoor, meilleure vague de l’événement jusqu’ici.
    • Taro Watanabe, dos au mur, a trouvé un tube salvateur dans les dernières minutes pour renverser sa série.
    • Lucas Silveira a sorti le grand jeu face à Barron Mamiya, prouvant une nouvelle fois qu’il a l’étoffe d’un futur rookie du CT.
    • Les locaux hawaïens, à l’image de Joey Johnston et Benji Brand, ont continué à jouer les trouble-fête en éliminant plusieurs têtes de série.

    Même les stars du CT, comme Griffin Colapinto ou Seth Moniz, ont dû s’employer sérieusement pour passer ce premier vrai test à Pipeline.

    Une suite de compétition sous haute tension

    Si cette soirée restera comme l’un des temps forts de l’événement, la suite s’annonce beaucoup plus délicate.
    Il reste encore 29 séries à disputer, hommes et femmes confondus, de 25 à 30 minutes.

    Surtout, les prévisions météo inquiètent :
    houle massive, vents onshore annoncés, journées potentiellement hors de contrôle avant un possible retour de l’offshore pour le final.

    Dans ce contexte, les surfeurs à l’aise dans le gros, les tubes engagés et les conditions chaotiques pourraient tirer leur épingle du jeu.
    Un scénario qui semble plutôt favorable à Kauli Vaast, plus incertain pour d’autres Français.

    Une chose est sûre : à Pipeline, rien n’est jamais acquis.

  • Challenger Series à Pipeline : quand la compétition bascule enfin dans le vrai surf

    Challenger Series à Pipeline : quand la compétition bascule enfin dans le vrai surf

    Après une première journée frustrante et clairement indigne de Pipeline, le Lexus Pipe Challenger Presented by Billabong est enfin entré dans une autre dimension. Le spot mythique d’Oʻahu a rappelé à tout le monde pourquoi il reste l’examen ultime pour celles et ceux qui rêvent du Championship Tour. Mais avant les gros tubes masculins, retour sur une journée femmes tout sauf simple.

    Journée femmes : stratégie, frustration et grand soulagement

    Les conditions de la première journée féminine n’avaient rien d’hawaïen. Vent offshore en début de journée, onshore plus, vagues molles, tubes rare : un vrai casse-tête tactique.

    Dans ce contexte piégeux, Vahine Fierro s’est montrée solide. Sans forcer, elle a fait parler sa maturité et sa lecture du plan d’eau pour se qualifier dans une série fermée, où chaque vague comptait double.

    À l’inverse, la jeune Kiara Goold n’a jamais trouvé l’ouverture dans une série rendue quasi impossible par le vent et l’absence de sections exploitables.

    Le scénario semblait pouvoir se répéter pour Tya Zebrowski… jusqu’à ce que le vent monte encore d’un cran. Alors que la série était déjà à l’eau, la compétition a été placée on hold. Un énorme ouf de soulagement pour la Française, tant les conditions devenaient absurdes pour une épreuve à Pipeline.

    Chez les hommes, Pipeline reprend le contrôle

    Le contraste avec les hommes a été saisissant. Dès les premiers heats, Pipeline s’est réveillée, offrant des conditions lourdes, imprévisibles et clairement intimidantes. Exactement ce que ce spot exige. Les spécialistes locaux ont immédiatement pris le pouvoir. Joey Johnston a frappé fort en trouvant deux des meilleurs barrels de la journée à Backdoor. Makana Pang a rappelé pourquoi il fait partie des chargeurs les plus respectés du North Shore, avec des take-offs engagés et une lecture parfaite dde la vague.

    Mais la performance qui a marqué les esprits reste celle de Mason Ho. Toujours imprévisible, toujours spectaculaire, il a claqué un 9,07 dans des conditions solides, prouvant une nouvelle fois qu’il est aussi dangereux en compétition que lors des freesurfs les plus fous.

    Les Français entre espoir et cruauté de Pipe

    Côté tricolore, Charly Quivront a parfaitement tiré son épingle du jeu en remportant son heat dans un Pipeline exigeant, confirmant sa capacité à répondre présent dans les vagues hawaiennes.

    En revanche, petite déception pour Maxime Huscenot. Très en vue avant le début de la compétition, avec de nombreuses vidéos le montrant à l’aise dans les barrels hawaïens, il n’a pas trouvé l’alignement parfait le jour J. À Pipeline, le talent ne suffit pas : il faut aussi le bon timing, la bonne priorité… et un soupçon de chance.

    La preuve ultime ? Jamie O’Brien, pourtant l’un des rois incontestés de Pipeline, a été éliminé avec un total dérisoire de 1 point. À Pipe, personne n’est à l’abri.

    Pipeline, juge impitoyable du haut niveau

    Ces deux journées ont parfaitement résumé ce qu’est Pipeline : une vague qui ne pardonne rien, qui remet tout le monde à égalité et qui sépare brutalement le freesurf de la compétition.

    Avec des locaux ultra-affûtés, des favoris sous pression et des outsiders capables de coups d’éclat, la suite du Challenger Series à Pipeline s’annonce explosive. Et cette fois, on est enfin dans le vrai surf.

  • Comment un réseau a pillé des surfeurs en Californie… grâce à une simple clé cachée

    Comment un réseau a pillé des surfeurs en Californie… grâce à une simple clé cachée

    Pendant qu’ils surfent, quelqu’un les observe. Un réseau méthodique vidait leurs comptes bancaires depuis les parkings de surf californiens.
    Tout est parti d’un geste banal que presque tous les surfeurs font… sans en mesurer les conséquences.

    Une vague, un parking… et le début d’une affaire hors norme

    Tout commence par une session anodine. Un de ces surfs « pour la tête », quand l’océan sert d’exutoire.

    Ce jour-là, Logan ‘Chucky’ Dulien se met à l’eau aux River Jetties, en Californie, quelques heures seulement avant une réunion destinée à organiser la crémation de sa mère. Un moment intime, fragile, loin de toute parano.

    Pendant qu’il est à l’eau, quelqu’un observe.
    Repère.
    Attend.

    À son retour, tout s’enchaîne : clés compromises, maison visitée, voiture fouillée, téléphone piraté, comptes bancaires siphonnés. 150 000 dollars disparaissent en quelques heures. Mais ce vol n’est pas un coup isolé.

    Un mode opératoire glaçant, taillé pour les spots de surf

    Très vite, Dulien comprend que quelque chose cloche. Les détails sont trop précis. Trop propres.

    Les témoignages affluent : mêmes parkings, mêmes horaires, mêmes profils. Des surfeurs à l’eau, des voitures laissées seules, et toujours cette même faille : la clé cachée sur le véhicule.

    Le réseau semble fonctionner comme un surfeur chevronné :

    • analyse des prévisions Surfline,
    • lecture des marées,
    • repérage des parkings exposés,
    • timing parfait pendant les fenêtres de surf.

    De Malibu à San Diego, les comptes bancaires se vident pendant que les victimes sont occupées à prendre des vagues. Le plus troublant ? Les vols sont rapides, silencieux, sans effraction visible. Juste une clé… et tout devient accessible.

    Quand un surfeur fait ce que la police n’a pas fait

    Refusant de classer l’affaire, Dulien se transforme malgré lui en enquêteur. Il compile, recoupe, relie les points. Vidéosurveillance, messages privés, témoignages anonymes. Petit à petit, un nom revient : Moundir Kamil.
    Un habitué des arnaques complexes, déjà condamné par le passé pour vols bancaires et usurpations d’identité.

    L’affaire prend une ampleur nationale lorsque CNN s’en empare. À l’écran, Anderson Cooper commente les images de surfeurs cachant leurs clés dans les passages de roue — un geste désormais décrit comme une invitation ouverte au vol.

    Verdict : prison fédérale et fin de cavale

    Après des mois d’enquête, la justice tranche. Moundir Kamil, aujourd’hui âgé de 56 ans, est condamné à trois ans et huit mois de prison fédérale.

    Le bilan est lourd :

    • près d’un million de dollars volés,
    • des centaines de cartes bancaires photographiées et utilisées,
    • des dizaines de surfeurs impactés financièrement et psychologiquement.

    Il exprime des remords, évoque sa famille, sans convaincre. À l’issue de sa peine, il devrait être expulsé vers le Maroc. Attention à la destination Maroc dans 4 ans, lol… Grâce à cette affaire, les assurances commencent à indemniser les victimes. Mais le mal est fait.

    Une habitude mondiale… exploitée à grande échelle

    Ce qui rend cette histoire si dérangeante, c’est sa banalité. Le réseau n’a rien inventé. Il a simplement exploité une habitude universelle du surf. En Californie, comme ailleurs, cacher sa clé sur sa voiture est devenu une habitude.

    Et en France ?

    On fait exactement la même chose. Je l’ai moi-même vécu : retour de session, voiture ouverte, clé laissée sur le siège. Rien de volé, mais un avertissement clair. Depuis, cadenas à code obligatoire pour y laisser ma clé et surfer tranquille.

  • Disparition de Claudy Robin, fondateur de See Surf et pionnier du surf inclusif

    Disparition de Claudy Robin, fondateur de See Surf et pionnier du surf inclusif

    La communauté du surf français est en deuil. La Fédération Française de Surf a annoncé avec une profonde tristesse la disparition de Claudy Robin, fondateur et président de l’association See Surf, engagée depuis plus de dix ans pour rendre le surf accessible aux personnes aveugles et malvoyantes.

    Un homme discret, profondément humain, dont l’engagement a laissé une trace indélébile bien au-delà des plages de Lacanau.

    « Je me suis envolé ce matin… »

    C’est par un message bouleversant publié dans le groupe See Surf que la nouvelle s’est répandue :

    « À tous mes amis de See Surf, je me suis envolé ce matin, je vous aime fort et vous promets d’être enfin assez libre pour venir surfer avec vous… »

    Des mots simples, puissants, à l’image de celui qui les a laissés. Claudy Robin était aveugle à la suite d’une maladie génétique de la rétine. Une cécité qui ne l’a jamais empêché de voir plus loin que les autres.

    Découvrir le surf sans la vue, mais avec l’essentiel

    Claudy Robin découvre le surf à l’âge adulte. Très vite, il comprend que cette discipline, souvent perçue comme visuelle, peut devenir une expérience sensorielle totale, à condition d’un encadrement adapté, d’une écoute permanente et d’un engagement humain sincère.

    De cette conviction naît See Surf, fondée en 2012 à Lacanau. L’association se donne une mission claire : permettre aux personnes aveugles ou malvoyantes de ressentir la glisse, la vague, l’océan, sans barrières ni condescendance.

    See Surf, une aventure collective et humaine

    Grâce à un travail étroit mené avec le Lacanau Surf Club, des moniteurs diplômés, et un réseau de bénévoles passionnés, See Surf a permis à des dizaines de pratiquants de vivre leurs premières vagues.

    Loin du simple symbole, l’association s’est inscrite dans une démarche durable, exigeante, respectueuse du surf et de celles et ceux qui le pratiquent.

    Plusieurs figures du surf français ont également croisé la route de See Surf. Lou Méchiche, championne de France et championne du monde par équipes avec l’équipe de France, s’est notamment investie au sein de l’association, accompagnant des pratiquants lors de journées d’initiation.

    Hawaii, Pipeline et un souvenir gravé à jamais

    En 2013, la Fédération Française de Surf accompagne Claudy Robin et des membres de See Surf à Hawaii, pour un voyage hors du temps. Sur le sable mythique de Pipeline, les rencontres avec de grands champions du surf mondial donnent lieu à des moments d’une intensité rare.

    Un voyage inoubliable, profondément émouvant, qui symbolise parfaitement le message porté par Claudy Robin : le surf appartient à toutes et tous.

    Un héritage immense pour le surf et le sport inclusif

    Par son engagement, sa détermination et son humanité, Claudy Robin a marqué durablement la communauté du surf, mais aussi le champ plus large du sport inclusif en France.

    La Fédération Française de Surf et l’Association Nationale Handi Surf ont adressé leurs pensées les plus sincères à sa compagne, à ses proches, ainsi qu’à l’ensemble des membres et bénévoles de See Surf.

    Aujourd’hui, les vagues de Lacanau, et bien au-delà, portent un peu de son héritage. Celui d’un homme qui n’a jamais eu besoin de voir pour faire ressentir l’essentiel.

  • Disparition de Max Fernandez, l’âme discrète du Lacanau Pro

    Disparition de Max Fernandez, l’âme discrète du Lacanau Pro

    Il y a des noms qui ne s’affichent pas sur les lycras, qui ne s’inscrivent pas dans les palmarès, mais sans lesquels l’histoire du surf ne se serait tout simplement jamais écrite. Max Fernandez était de ceux-là.
    En ce début d’année 2026, le surf français perd l’un de ses bâtisseurs les plus discrets et les plus essentiels. Un homme de l’ombre, mais une colonne vertébrale.

    Un hommage nécessaire, à l’ère du numérique

    Pourquoi rendre hommage sur un site internet ?
    Parce qu’aujourd’hui, les livres se ferment plus vite qu’ils ne s’ouvrent, et que la transmission passe désormais par le web. Demain, elle passera aussi par l’IA. Si ces histoires ne sont pas racontées, elles disparaissent. Et avec elles, une part de la culture surf.

    Rendre hommage à Max Fernandez, c’est documenter une mémoire collective. Celle d’un Canaulais qui a façonné le surf français bien avant qu’il ne devienne un produit, un spectacle ou une industrie.

    Le Lacanau Surf Club, racine du projet

    Fondé en 1968, le Lacanau Surf Club est l’un des tout premiers clubs de surf en France. À la fin des années 1970, le surf reste marginal, artisanal, presque confidentiel.

    En 1978, une réunion décisive a lieu sous l’impulsion de passionnés visionnaires. Autour de la table : Max Fernandez, Francis Boutrois, René Guillet, Patrice Chrzan (Atlantic Surf Shop). Une idée simple, presque folle pour l’époque : organiser une compétition réunissant les meilleurs surfeurs pros et amateurs.

    1979 : naissance d’un monument

    La première édition voit le jour en septembre 1979. La finale est serrée, intense, déjà internationale.
    En 1983, l’événement entre dans une autre dimension : il devient une étape du circuit professionnel mondial ASP. Le Lacanau Pro est né. Et il ne s’arrêtera plus.

    Dans l’ombre, Max Fernandez orchestre, structure, anticipe. Technique, logistique, organisation : tout passe par lui. Aux côtés de son épouse Monique — devenue au fil des années la “maman” du Lacanau Pro — il fait de l’événement une référence européenne, puis mondiale.

    Une aventure aussi familiale

    L’histoire est aussi intime. Le fils de Max, Thierry Fernandez, entre lui aussi dans la légende en remportant le Lacanau Pro 1982.
    Premier Français à s’imposer sur cette épreuve mythique, il sera également Champion d’Europe en 1985, et l’un des piliers du surf français des années 80.

    Il faudra attendre 27 ans pour revoir un Français s’imposer à Lacanau. Joan Duru en 2009, puis 2016. La suite confirmera l’héritage : Maud Le Car, Marco Mignot, Sam Piter… Tous surfent, d’une manière ou d’une autre, sur une vague initiée par Max Fernandez.

    Lacanau, laboratoire du surf moderne

    Sous l’impulsion du Lacanau Surf Club et de figures comme Max Fernandez, Lacanau devient bien plus qu’un spot.
    Maison de la Glisse (1990), premières écoles de surf, compétitions internationales, surf féminin, parasurf, éveil des enfants avec le “Jardin des Vagues”, conscience environnementale… Tout est pensé avant l’heure.

    Lacanau accueille des championnats d’Europe, du monde amateur, des générations de surfeurs et de surfeuses. Tom Curren, Tom Carroll, Gary Elkerton, Flavio Padaratz… Les légendes passent, l’esprit reste.

    L’héritage d’un homme de valeurs

    Ce que laisse Max Fernandez dépasse largement un événement ou une structure. Il laisse une méthode, une rigueur, un sens du collectif. Une vision du surf comme culture, pas uniquement comme performance.

    La Fédération Française de Surf, le Comité de Gironde, le Lacanau Surf Club, et toute la communauté surf lui doivent énormément. Son héritage est désormais inscrit dans l’ADN du surf français.

    Se souvenir, pour ne pas oublier

    Chez Icônes Surf, raconter ces histoires n’est pas un exercice nostalgique. C’est un acte de transmission.
    Parce qu’un jour, quelqu’un tapera “Lacanau Pro” dans un moteur de recherche. Et il devra savoir que derrière cette compétition mythique, il y avait un homme : Max Fernandez.

    Qu’il repose en paix, aux côtés de Monique. Et merci, tout simplement.

  • Disparition tragique de Yam Wisman, jeune talent du surf brésilien

    Disparition tragique de Yam Wisman, jeune talent du surf brésilien

    La communauté surf internationale est en deuil. Le surfeur brésilien Yam Wisman est décédé à l’âge de 23 ans dans un accident de moto aux Philippines, où il se trouvait pour disputer une compétition de longboard. Une disparition brutale qui laisse un grand vide, tant son talent que son humanité marquaient tous ceux qui l’ont croisé.

    Une carrière prometteuse brutalement interrompue

    Originaire de Jericoacoara, au nord-est du Brésil, Yam Wisman s’était imposé comme l’un des jeunes visages montants du longboard moderne, tout en restant un free surfeur complet, à l’aise sur shortboard et dans les vagues creuses. Il voyageait beaucoup, toujours animé par la recherche de nouvelles vagues et de nouvelles expériences.

    Présent récemment aux Philippines pour un WSL Longboard Qualifier à La Unión, il avait atteint les 32ᵉ de finale, confirmant son talent. Quelques jours plus tard, alors qu’il circulait à moto sur l’île de Palawan, un accident de la route lui a coûté la vie.

    Une vague d’hommages dans le monde du surf

    L’annonce de son décès a rapidement suscité une immense émotion. La légende du longboard Joel Tudor a partagé un message sobre et poignant : « Parti bien trop tôt. Repose en paix Yam. Mes condoléances à la famille ».

    La surfeuse brésilienne Chloé Calmon, multiple fois vice-championne du monde, a également rendu hommage à un surfeur « toujours souriant, bienveillant, inspirant et incroyablement talentueux ».

    La ville de Jericoacoara a salué un enfant du pays qui « portait le nom du village dans le monde avec humilité, amour de l’océan et respect des autres ».

    Moto et scooter en Asie : un danger souvent sous-estimé

    Le drame de Yam Wisman rappelle une réalité trop souvent banalisée : les déplacements en moto ou en scooter représentent un risque majeur dans plusieurs pays d’Asie, notamment aux Philippines ou en Indonésie, où les deux-roues sont le principal moyen de transport.

    Dans ces pays, les motocyclistes représentent la majorité des victimes d’accidents de la route. Circulation dense, infrastructures parfois inadaptées, règles de conduite peu respectées, non-port du casque ou conduite à contresens font partie des causes les plus fréquentes. Chez les jeunes adultes, les accidents de deux-roues figurent parmi les premières causes de mortalité accidentelle.

    Prévention : quelques règles essentielles pour les voyageurs

    Pour les surfeurs et voyageurs amenés à se déplacer en deux-roues en Asie, quelques principes simples peuvent sauver des vies :

    • Toujours porter un casque, même pour un court trajet, même si cela n’est pas obligatoire
    • Éviter de rouler de nuit, lorsque la visibilité et la vigilance chutent
    • Refuser les motos surchargées ou en mauvais état
    • Adapter sa vitesse, même si le trafic semble chaotique
    • Privilégier les transports alternatifs lorsque c’est possible

    Le surf est une passion qui pousse au voyage, mais la prudence sur la route est aussi importante que dans l’eau.

    Un talent qui restera dans les mémoires

    Yam Wisman incarnait une génération de surfeurs libres, passionnés et profondément connectés à l’océan. Son sourire, son style fluide et son humilité resteront gravés dans la mémoire de la communauté surf mondiale.

  • Officiel : Raglan remplace Jeffreys Bay sur le CT 2026

    Officiel : Raglan remplace Jeffreys Bay sur le CT 2026

    C’est désormais acté. La World Surf League a officialisé une annonce surprise : Jeffreys Bay disparaît du calendrier 2026, remplacée par Raglan et sa mythique gauche de Manu Bay.
    La compétition se déroulera du 15 au 25 mai 2026, sur la côte ouest de l’île du Nord, en plein automne austral — une période idéale pour voir Raglan fonctionner à plein régime.

    Une décision économique assumée

    Dans son communiqué, le CEO de la WSL Ryan Crosby a été clair : malgré l’attachement à Jeffreys Bay, les coûts logistiques et l’absence de soutien financier suffisant rendent l’étape non viable à court terme. L’objectif affiché est de préserver la santé globale du circuit et son avenir économique.

    Une excellente nouvelle pour les goofy-footers

    Sportivement, l’arrivée de Raglan rééquilibre le tour. Avec cette longue gauche ultra-technique, le CT comptera désormais quatre véritables gauches majeures, aux côtés de Teahupoʻo, Cloudbreak et Pipeline.
    Un changement salué par de nombreux surfeurs, dont Yago Dora, ravi de voir enfin une nouvelle gauche de haut niveau intégrer le calendrier.

    Raglan, pari audacieux mais logique

    Moins iconique que J-Bay dans l’imaginaire collectif, Raglan offre pourtant un cadre naturel spectaculaire et une vague parfaitement adaptée au surf moderne. Reste une inconnue : la régularité de la houle pendant la fenêtre de compétition. Mais sur le papier, le choix est fort, cohérent… et excitant.

  • John John Florence renonce finalement au Championship Tour 2026

    John John Florence renonce finalement au Championship Tour 2026

    La nouvelle est tombée comme un coup de froid dans l’eau chaude d’Hawaï. Il y a encore quelques semaines, le retour de John John Florence sur le Championship Tour 2026 semblait acté. Une annonce qui avait rallumé la flamme chez les fans, déjà portés par les retours annoncés d’icônes comme Gabriel Medina ou Filipe Toledo.
    Mais le triple champion du monde a une nouvelle fois changé de cap.

    Une décision mûrie, loin de la compétition

    Dans un message limpide, John John Florence a confirmé qu’il ne serait finalement pas engagé à temps plein sur le CT en 2026. Après une année 2025 déjà mise entre parenthèses, le Hawaiien a choisi de prolonger cette parenthèse hors compétition, privilégiant une vie de voyage et d’exploration avec sa famille.

    Son discours est clair : continuer à surfer, progresser encore, mais hors du cadre ultra-structuré du tour mondial. Devenir un meilleur surfeur, mais aussi – et surtout – un meilleur père, en combinant aventure, curiosité et liberté. Il insiste d’ailleurs sur un point important : il ne s’agit pas d’une retraite, mais d’un chemin différent, pour l’instant.

    Un vide énorme sur le Tour

    Sportivement, l’absence de John John Florence en 2026 laisse un goût amer. Sa dernière saison complète, en 2024, avait été tout simplement impressionnante : victoire à El Salvador, finale à Pipeline et un titre mondial décroché avec autorité. Beaucoup voyaient encore en lui l’homme à battre, capable d’écrire quelques chapitres supplémentaires à une carrière déjà légendaire.

    Même s’il pourrait réapparaître ponctuellement via des wildcards – notamment à Pipeline ou sur des événements mythiques comme The Eddie – le CT perd l’un de ses piliers les plus respectés.

    Ramzi Boukhiam, le grand bénéficiaire

    La question que tout le monde se pose désormais : qui héritera de la place laissée vacante ? La nouvelle vient de tomber, c’est Ramzi Boukhiam qui sera le grand bénéficiaire de cette décision.

    Avec une confirmation officielle de la World Surf League, le Marocain a définitivement un pied sur le Championship Tour 2026. Une opportunité inespérée pour Ramzi Boukhiam, qui se retrouve propulsé au plus haut niveau après une période d’incertitude liée à une blessure sur le WCT. Une chance rare, qu’il devra saisir sans calcul.

    Une page se tourne… sans se refermer

    Pour les fans, la déception est réelle. Voir John John Florence s’éloigner une nouvelle fois du Tour laisse un vide sportif et émotionnel. Mais connaissant le personnage, personne n’ose vraiment parler de chapitre clos. Tant que John John surfe, l’histoire reste ouverte.

  • Challenger Series à Pipeline : le moment de vérité pour Kauli Vaast

    Challenger Series à Pipeline : le moment de vérité pour Kauli Vaast

    Pipeline n’est jamais une étape comme les autres. Mais cette année, le Lexus Pipe Challenger prend une dimension particulière pour les surfeurs engagés dans la course au Championship Tour 2026. À deux compétitions de la fin du calendrier Challenger Series, chaque série compte, chaque vague peut faire basculer une carrière. Et pour Kauli Vaast, l’enjeu est clair : se rapprocher, voire verrouiller définitivement, sa place parmi l’élite mondiale.

    Pipeline, juge impitoyable de la course au CT

    Organiser l’avant-dernière étape des Challenger Series à Pipeline, c’est accepter une part d’imprévisible. Tubes massifs, take-offs critiques, reef ultra-shallow : la vague hawaïenne ne pardonne rien. Elle ne récompense ni les calculs ni la prudence excessive, mais l’engagement pur et la lecture instinctive. C’est une vague qui demande de l’expérience et une science du tube.

    Cette étape arrive à un moment charnière de la saison. Sur les 10 places qualificatives chez les hommes et 7 chez les femmes, seules deux certitudes existent à ce stade.

    Kauli Vaast, une qualification à portée de main

    Actuellement 6e du classement Challenger Series, Kauli Vaast aborde Pipeline en position de force. Son surf dans les tubes à Teahupoo, sa gestion des sections critiques et son calme sous pression font de lui l’un des prétendants sérieux à la victoire. Une demi-finale à Pipeline suffirait à le qualifier mathématiquement et officiellement pour le CT 2026.

    Même sans atteindre ce stade, un résultat solide permettrait au Tahitien d’aborder la dernière étape australienne avec un net avantage, et surtout sans pression excessive. Pipeline n’est donc pas une obligation absolue… mais une occasion en or.

    Tya Zebrowski déjà qualifiée, objectif titre

    Chez les femmes, Tya Zebrowski a déjà validé son ticket pour le Championship Tour 2026. Pour elle, l’enjeu est ailleurs : la lutte pour le titre Challenger Series, face notamment à la Portugaise Yolanda Hopkins. Pipeline est une vague difficile pour les femmes, et encore plus pour une jeune fille de 14 ans. On sait qu’elle est à l’aise dans les tubes, mais à quel point, sur une vague aussi exigeance.

    Une pression maximale pour les autres Français

    Derrière Kauli Vaast, la marge est beaucoup plus fine. Jorgann Couzinet, actuellement hors du Top 10, doit impérativement signer deux grosses performances consécutives s’il veut encore y croire. Pipeline, dans ce contexte, peut être soit un accélérateur… soit un couperet.

    Un plateau relevé digne d’un CT

    Ce qui rend cette étape encore plus délicate, c’est le niveau du plateau. Spécialistes locaux, surfeurs du CT venus se frotter aux barrels du North Shore, et prétendants des challengers affamés se retrouvent dans un même tableau. À Pipeline, le classement importe peu : seule la capacité à prendre les bonnes vagues au bon moment fait la différence.

    Classement Challenger Series – focus sur les Français

    Messieurs

    • 6. Kauli Vaast (France) – 19 800 pts
    • 20. Jorgann Couzinet (France) – 10 785 pts
    • 48. Charly Quivront (France) – 5 500 pts
    • 53. Maxime Huscenot (France) – 4 600 pts
    • 65. Justin Becret (France) – 3 100 pts
    • 95. Renan Grainville (France) – 250 pts

    Dames

    • 2. Tya Zebrowski (France) – 33 375 pts (Q)
    • 26. Tessa Thyssen (France) – 8 900 pts
    • 29. Kiara Goold (France) – 8 445 pts
    • 42. Vahine Fierro (France) – 4 745 pts (Q)
  • Méditerranée, cyclone Harry: des records de vagues et des sessions historiques

    Méditerranée, cyclone Harry: des records de vagues et des sessions historiques

    La Méditerranée n’est pas réputée pour ses vagues géantes. Fetch limité, houles souvent courtes et capricieuses… et pourtant. En janvier 2026, elle a rappelé qu’elle pouvait, dans certaines configurations extrêmes, rivaliser avec les océans. À l’origine de cet épisode hors normes : Cyclone Harry, une tempête d’une intensité exceptionnelle qui a balayé le sud de l’Italie, la Sicile, la Sardaigne et Malte.

    Les chiffres donnent le vertige : une bouée océanographique située entre la Sicile et Malte a enregistré une vague de 16 mètres, soit 52 pieds, un record absolu jamais mesuré en Méditerranée. Un chiffre qui dépasse largement le cadre du simple fait divers météo et qui marque un tournant dans l’histoire océanographique de la région.

    Une côte pas taillée pour encaisser de telles houles

    @melomagenta 10 Gennaio 2026 🌊🙏🏻🙏🏻🙏🏻🌊 #mare #tempesta #tik_tok #oceano #calabria ♬ Hoist The Colours – Bass Singers Version – The Wellermen & Bobby Bass & Eric Hollaway

    Contrairement à l’Atlantique, la Méditerranée ne dispose ni de grandes plages dissipatives ni de canyons profonds capables d’absorber l’énergie d’une houle longue. Résultat : lorsque des vagues de cette ampleur frappent les côtes, les conséquences sont immédiates. Submersions, routes coupées, digues détruites, façades éventrées… À Malte comme en Calabre, la mer est littéralement entrée dans les villes.

    L’exemple le plus marquant reste la ville de Scilla, où une vague a failli emporter plusieurs voitures sur une route côtière, dans une scène devenue virale. Ici, pas de spot de surf, pas de line-up : juste une démonstration brute de la puissance de la mer, sur un littoral totalement exposé.

    Tout le monde n’en a pas profité… mais certains ont vécu l’impensable

    Comme souvent en Méditerranée, cette houle exceptionnelle n’a pas offert des conditions surfables partout. Trop de vent, line-up agité, spots qui saturent. Mais dans quelques fenêtres très précises, la magie a opéré. En Sardaigne notamment, certains surfeurs ont réussi à se placer au bon endroit, au bon moment.

    Parmi eux, Roberto D’Amico, figure incontournable du surf italien. Habitué des houles méditerranéennes depuis plus de quinze ans, il a pourtant reconnu n’avoir jamais rien vécu de comparable. Non pas par la taille pure des vagues, mais par leur intensité, leur densité, leur violence. Une Méditerranée méconnaissable, lourde, sombre, engagée.

    La Méditerranée face à son nouveau visage

    Ces images, ces mesures, ces témoignages posent une vraie question : assiste-t-on à une multiplication de ces événements extrêmes ? Les météorologues restent prudents, mais une chose est sûre : la Méditerranée montre un visage de plus en plus imprévisible. Et lorsqu’elle s’énerve, elle ne fait pas semblant.

    Ce swell restera comme un épisode historique. Pas seulement pour les records battus, mais pour ce qu’il révèle : même une mer que l’on croit connaître peut, en quelques jours, devenir totalement hors norme.

  • Nazaré sous la tempête Ingrid : surfer quand le vent devient l’ennemi

    Nazaré sous la tempête Ingrid : surfer quand le vent devient l’ennemi

    Il y a quelques années, Jordy Smith lâchait une phrase devenue culte : « onshore is the new offshore ». Une punchline pensée pour le surf moderne, les airs, les sections qui rampent sous le vent. Mais à Nazaré, quand la houle dépasse les standards humains, cette théorie mérite d’être sérieusement reconsidérée.

    Car en surf de grosses vagues, le vent — onshore ou offshore — reste l’ennemi numéro un. À la rame, il complique le take-off, déséquilibre la lecture de la vague et transforme chaque tentative en pari physique. En onshore, s’ajoute un facteur encore plus critique : la dégradation du plan d’eau. Bumps, rebonds, vibrations permanentes… autant d’éléments qui, sur des vagues XXL, ne pardonnent pas.

    Et pourtant, samedi, sous les coups de boutoir de la tempête Ingrid, certains ont répondu présent.

    Quand l’engagement dépasse les conditions

    Voir des équipages comme Éric Rebière et Sebastian Steudtner évoluer dans ces conditions force le respect. Comment font-ils ? Difficile à expliquer rationnellement. Les images parlent d’elles-mêmes.

    On y voit des corps qui absorbent, des jambes en compression constante pour encaisser les bumps, des trajectoires jamais vraiment lisses mais toujours engagées. Le surf devient alors un exercice de survie maîtrisée, où la technique se met au service de l’instinct.

    À Nazaré, le vent onshore ne facilite rien. Il oblige à surfer plus bas, plus compact, plus solide. Chaque erreur se paie cash, mais chaque vague passée renforce la légende.

    Nazaré désertée, le Maroc en ligne de mire

    Si Ingrid n’a pas arrêté les plus déterminés au Portugal, elle a tout de même provoqué un exode notable. Une grande partie des riders a préféré fuir Portugal pour se réfugier au Maroc, où les conditions s’annoncent plus propres et potentiellement historiques.

    Pendant que Nazaré encaissait la tempête, l’Atlantique déroulait ailleurs des promesses de sessions d’anthologie. Deux visions du surf de gros : l’une brute, chaotique, presque violente ; l’autre plus lisible, mais tout aussi engagée.

    Une chose est sûre : samedi, à Nazaré, le vent n’était pas un allié. Et ceux qui ont mis à l’eau l’ont fait avec une conviction rare, rappelant que le big wave surfing commence là où le confort s’arrête.

  • Mercato surf : William Aliotti rejoint Billabong

    Mercato surf : William Aliotti rejoint Billabong

    Petit mouvement de mercato qui n’est pas passé inaperçu dans le monde du surf français: William Aliotti signe chez Billabong. Une annonce aussi élégante que surprenante pour un surfeur qui a longtemps incarné l’ADN de Volcom, aussi bien dans l’eau qu’en dehors.

    Dans son post Instagram, Billabong ne parle ni de résultats, ni de compétitions. Le message est clair : Aliotti fait partie de ces rares surfeurs qui tracent leur propre voie, loin du circuit, à la recherche de vagues exigeantes, de lignes pures et d’une vision personnelle du surf. Un profil qui colle parfaitement à l’image “Only a surfer knows the feeling” que la marque remet en avant ces dernières années.

    Pour William Aliotti, connu pour son engagement dans les vagues creuses et puissantes, ce changement de logo marque une nouvelle étape, sans renier ce qui a fait sa singularité. Plus qu’un transfert, c’est un alignement de valeurs et de budget (soyons réaliste): aventure, liberté et engagement total dans l’océan.

    Un move discret, mais symbolique, qui confirme que le monde du surf est en pleine révolution, avec de nombreux départs chez de nombreuses marques. Il nous tarde les résultats de cette collaboration entre William et Billabong.

  • Le CT de J-Bay vers une annulation ? Raglan évoquée en plan B

    Le CT de J-Bay vers une annulation ? Raglan évoquée en plan B

    La rumeur enfle dans les coulisses du circuit pro : l’étape du Championship Tour à Jeffreys Bay, pourtant annoncée du 10 au 20 juillet, pourrait une nouvelle fois être annulée. Selon Stab, qui cite des sources proches du dossier, la World Surf League étudierait déjà des solutions de remplacement. Et un nom revient avec insistance : Raglan, en Nouvelle-Zélande.

    Une étape mythique… mais coûteuse

    Sur le plan sportif, J-Bay reste l’un des joyaux du circuit. Supertubes, ses murs interminables et ses sections ultra-techniques font partie de l’ADN du surf de performance. Mais en coulisses, la réalité est plus froide : avec des coûts de déplacement estimés à plus de 4 millions de dollars, l’étape sud-africaine serait la plus chère de la saison.

    À cela s’ajoute un problème stratégique pour la WSL : l’audience. Située loin des deux principaux bassins de fans que sont les États-Unis et le Brésil, l’étape de J-Bay souffre d’un suivi en direct relativement faible, ce qui pèse lourd dans la balance économique.

    Raglan, une gauche qui change la donne

    C’est là que Raglan entre en scène. Selon Luke Cederman, résident local, des discussions seraient en cours pour accueillir une étape du CT sur ce spot mythique de l’hémisphère sud. Une idée qui fait déjà saliver une partie du tour, notamment les goofy-footers, régulièrement frustrés par la surreprésentation des droites sur le calendrier.

    Raglan, avec ses longues gauches de type point break, offrirait une vraie alternative : moins de prestige historique que J-Bay, certes, mais une vague ultra-performante, exigeante, et parfaitement adaptée au surf moderne.

    Un calendrier encore inchangé… pour l’instant

    Pour l’heure, rien d’officiel. L’étape de Jeffreys Bay figure toujours sur le calendrier 2026 de la WSL. Mais l’accumulation de rumeurs et la recherche affichée de nouvelles options montrent que le dossier est loin d’être verrouillé.

    Si la tendance se confirme, cette possible bascule symboliserait un tournant : celui d’un circuit qui cherche à équilibrer spectacle, diversité des vagues et viabilité économique. J-Bay ou Raglan ? La décision pourrait bien faire débat, autant chez les puristes que chez les surfeurs du tour.

  • Joan Duru sur Mullaghmore : première fois, premier barrel

    Joan Duru sur Mullaghmore : première fois, premier barrel

    Cet hiver, la gauche de Mullaghmore n’en finit plus de faire parler d’elle. Après plusieurs sessions déjà qualifiées d’historiques, la vague irlandaise continue d’attirer les regards — et les rameurs. Cette fois, c’est Joan Duru qui s’y colle, pour une grande première à la fois en Irlande… et sur un gun.

    La vidéo s’ouvre simplement, presque modestement, avec cette phrase : « First time in Ireland, first time on a gun, and I loved it! » Tout est dit. Pas de record, pas de jet-ski, pas de chasse au buzz. Juste de grosses vagues, à la rame, dans une eau glaciale, sur l’une des gauches les plus exigeantes d’Europe.

    Une gauche puissante, entre Tahiti et Atlantique Nord

    Impossible de ne pas faire le parallèle : Mullaghmore, avec son reef massif et sa lèvre lourde, peut parfois rappeler Teahupo’o. Même engagement, même intensité… mais avec une combinaison bien plus épaisseet une planche bien plus longue.

    L’hiver 2025-2026 confirme d’ailleurs que la vague est particulièrement prolifique, enchaînant les sessions solides, parfois monstrueuses, toujours impressionnantes.

    Les conseils de Sancho et l’apprentissage express

    Avant de se jeter à l’eau, Joan passe un coup de fil à Benjamin Sanchis, alias Sancho. Conseil ironique mais terriblement vrai : « Tu attends la plus grosse et tu t’y jettes. »

    Quelques wipe outs plus tard — inévitables — Joan Duru montre qu’il est parfaitement à l’aise sur un gun. Personne n’en doutait vraiment. La récompense arrive avec un joli barrel, bien engagé, qui signe sa première expérience réussie sur “la bête”.

    Une entrée en matière sobre, solide, et prometteuse sur l’une des vagues les plus respectées d’Europe.

  • Une houle de 30 mètres en Europe : des prévisions XXL en Europe et à Nazaré ?

    Une houle de 30 mètres en Europe : des prévisions XXL en Europe et à Nazaré ?

    Depuis quelques jours, une formule circule partout dans les médias surf : “une houle de 30 mètres en Europe” ou plutôt la version anglophone « 100 foot wavesé. Un chiffre spectaculaire, presque irréel, qui alimente fantasmes, vidéos virales et titres accrocheurs. Mais que signifie réellement cette annonce, et faut-il s’attendre à voir tomber un nouveau record à Nazaré ou ailleurs ?

    Un Atlantique Nord en mode déchaîné

    L’Atlantique Nord traverse actuellement une séquence de tempêtes exceptionnelle, avec une succession de dépressions creuses générant des houles puissantes et longues. Les modèles annoncent plusieurs houles de 7 à 8 mètres mesurés au large… des chiffres déjà énormes en données océaniques. Une première houle devrait toucher nos côtes ce jeudi 22 janvier 2026, puis samedi 24 janvier, et à parti de mardi 27 janvier….

    Des trains de houle énormes pouvant provoquer de nombreux dégâts sur la façade atlantique, mais également des vagues records…

    Nazaré : l’amplificateur géant

    Ce qui rend Nazaré incomparable, c’est son canyon sous-marin, une faille abyssale qui canalise, refracte et concentre l’énergie de la houle vers la côte. Lorsque l’angle de houle dépasse les 310° (nord-ouest), le canyon entre en “plein régime” et peut littéralement doubler la taille des vagues.

    On parle alors de réfraction et parfois d’interférence constructive, lorsque deux houles se croisent pour former des A-frames monstrueux. Résultat : une houle “raisonnable” sur le papier peut devenir apocalyptique à la plage.

    Un run XXL sur plus de 10 jours

    Selon les prévisions, ce run pourrait durer jusqu’à 11 jours, un scénario rare, rappelant la séquence pré-Covid durant laquelle Kai Lenny avait marqué les esprits à Nazaré. Le pic est attendu autour du 24 janvier, avec du vent onshore modéré, ce qui compliquera les tentatives à la rame… mais pas forcément le tow-in.

    Belharra va t’elle casser ?

    D’après les premières prévisions, la question ne se pose pas vraiment, c’est sûr. Mais, avec une marée haute le matin, il faudra attendre les dernières heures pour savoir si des équipages défieront le monstre basque. Rappelons que ce ne sont que des prévisions, attendons de voir les bouées pour avoir des certitudes.

    Le record peut-il tomber ?

    Le record actuel est détenu par Sebastian Steudtner, avec une vague mesurée à 93,73 pieds (28,6 m) en février 2024. Ce jour-là, la houle était plus petite qu’aujourd’hui sur le papier, mais l’angle était parfait (308°).

    Cette fois, l’angle annoncé serait plus ouest (autour de 298°), moins optimal… mais la taille brute de la houle pourrait compenser. Suffisant pour dépasser les 30 mètres ? Impossible à affirmer, mais le potentiel est bien réel, à condition que le vent ne gache la fête.

    Les riders sont en stand-by

    Des images circulent déjà, notamment avec Nic von Rupp, toujours en première ligne lorsque Nazaré s’éveille, espérant une fenêtre météo clémente pour affronter la bête. Les prochains jours devraient livrer leur lot de chutes vertigineuses, de vagues hors normes… et peut-être d’un moment historique.

  • « Le meilleur surf de ma vie » : Jordy Smith lâche une bombe vidéo

    « Le meilleur surf de ma vie » : Jordy Smith lâche une bombe vidéo

    Quand Jordy Smith affirme que c’est le meilleur surf de sa vie, on tend immédiatement l’oreille. Pas parce que la phrase est bien tournée, mais parce qu’elle vient d’un surfeur qui a passé près de deux décennies sur le Dream Tour (je suis un peu large), sillonnant la planète à la recherche des vagues les plus parfaites. Alors forcément, la curiosité est totale.

    La vidéo publiée sur sa chaîne YouTube dure moins de sept minutes, mais elle concentre une intensité rare. Direction l’Afrique du Sud, tout près de Durban, là où Jordy a grandi. Une droite tubulaire, puissante, parfaitement calée… et surtout une succession de tubes propres, profonds, enchaînés sans temps mort. Ce n’est peut-être pas la meilleure vidéo de surf jamais réalisée, mais si tout cela s’est déroulé sur une seule session, alors oui, on comprend parfaitement le propos.

    Une session irréelle plus qu’une simple vidéo

    Ce qui frappe, ce n’est pas un tube isolé ou un moment de grâce unique. C’est l’accumulation. Tube après tube. Placement chirurgical. Lecture parfaite de la vague. Jordy ne force rien, il se cale, disparaît, ressort, recommence. Une forme de surf presque insolente tant tout semble fluide et maîtrisé.

    Les vagues de cette région peuvent être exceptionnelles lorsque les conditions s’alignent, mais ici, le curseur est clairement monté d’un cran. Et qui de mieux que Jordy Smith, porte-drapeau du surf sud-africain depuis près de vingt ans, pour se gaver dans ses barrels locaux ?

    Un Jordy Smith toujours au sommet

    À 36 ans, Jordy continue de prouver qu’il fait partie de l’élite mondiale. Troisième du Championship Tour la saison dernière, éliminé par Griffin Colapinto lors du Final Five à Cloudbreak, il abordera la reprise du CT avec une motivation intacte et, visiblement, une confiance maximale.

  • Tragédie à Puertecillo : la communauté surf pleure Gabriel, 11 ans

    Tragédie à Puertecillo : la communauté surf pleure Gabriel, 11 ans

    La communauté surf chilienne est en deuil. Gabriel Christensen Pérez, âgé de seulement 11 ans, est décédé ce week-end alors qu’il surfait à Puertecillo, un spot emblématique de la côte centrale du Chili. Une nouvelle bouleversante, relayée par plusieurs médias sud-américains et confirmée par les proches du jeune surfeur.

    Un accident dramatique en session

    Selon les premiers éléments partagés sur les réseaux sociaux, le leash de Gabriel se serait coincé sur un rocher alors qu’il était à l’eau. Pris au piège, le jeune garçon n’aurait pas réussi à refaire surface. Les secours sont rapidement intervenus et tous les moyens médicaux ont été mobilisés, incluant une évacuation par hélicoptère vers un centre médical spécialisé. Malgré ces efforts, l’enfant n’a malheureusement pas survécu.

    Une vague d’hommages dans tout le pays

    L’émotion est immense au sein de la communauté surf, mais aussi bien au-delà. Son école, le Colegio Francisco Didier, a salué la mobilisation des secours et rendu hommage à un élève apprécié de tous.
    Son club de surf local, Puertecillo Surf Club, a publié un message poignant, tout comme son équipe de football, le Club Deportivo Zapallar, rappelant la joie de vivre et la gentillesse de Gabriel.

    Lors de la première étape du circuit chilien de surf, organisée ce week-end, une minute de silence a été observée. Une cérémonie émouvante, retransmise par le média local Latinwave, a rassemblé surfeurs, organisateurs et spectateurs.

    « Aujourd’hui, nous faisons une pause pour dire au revoir à Gabo, un jeune surfeur aimant et joyeux, qui a marqué ceux qui ont partagé du temps avec lui dans et hors de l’eau. Sa mémoire vivra dans chaque vague et dans l’esprit de cette communauté. »

    Funérailles à Zapallar

    Les obsèques de Gabriel Christensen Pérez se tiendront ce lundi 19 janvier à 15h, à la paroisse Santa Teresa de Jesús, à Zapallar. De nombreux membres de la communauté surf chilienne devraient être présents pour lui rendre un dernier hommage.

    Ce drame rappelle, avec une brutalité terrible, que l’océan reste un environnement imprévisible, même pour les plus jeunes et les plus passionnés. Toute la famille surf est aujourd’hui unie dans la tristesse et le souvenir de Gabriel.

  • Australie : quatre attaques de requin en trois jours, une série inquiétante

    Australie : quatre attaques de requin en trois jours, une série inquiétante

    La côte de la Nouvelle-Galles du Sud traverse un épisode aussi rare qu’inquiétant. En l’espace de trois jours, quatre attaques de requin ont été recensées, dont plusieurs visant directement des surfeurs. Une succession d’incidents qui a conduit à la fermeture massive de plages et relancé les débats sur l’impact des conditions météo extrêmes.

    Un quatrième surfeur attaqué à Point Plomer

    Dernier incident en date : mardi matin à Point Plomer, sur la Mid North Coast, près de Crescent Head.
    Un surfeur de 39 ans a vu sa planche violemment mordue par un requin bouledogue, projeté hors de l’eau selon les témoins. Touché à la jambe et légèrement au torse, il s’en sort avec des blessures superficielles et a pu quitter l’hôpital dans la journée.

    Les biologistes du NSW Department of Primary Industries estiment que le requin mesurait entre 2,4 et 2,8 mètres, confirmant une nouvelle fois l’implication probable du requin bouledogue, espèce côtière connue pour fréquenter les eaux troubles.

    Retour sur les trois attaques précédentes

    Cette attaque s’ajoute à une série déjà lourde :

    • Manly – North Steyne Beach : un surfeur d’une vingtaine d’années lutte toujours pour sa vie après une grave morsure à la jambe.
    • Dee Why : un jeune surfeur s’en est sorti indemne après que sa planche a perdu un rail sous les morsures d’un requin.
    • Vaucluse – Shark Beach : un garçon de 12 ans a été grièvement blessé aux jambes et reste hospitalisé.

    Au total, quatre attaques confirmées, dont trois sur des surfeurs, en moins de 72 heures.

    Météo extrême : un facteur déclencheur majeur

    Selon les autorités australiennes et plusieurs experts, cette série ne serait pas le fruit du hasard.
    Les pluies torrentielles qui ont frappé Sydney et la côte du NSW ont provoqué un afflux massif d’eau douce, de nutriments agricoles et de déchets organiques vers l’océan, un phénomène largement documenté et expliqué dans une analyse vidéo récente harpa-transcripts (19).

    Résultat :

    • eau plus trouble
    • poissons-appâts attirés près des côtes
    • prédateurs, dont les requins bouledogues, qui suivent ce déplacement de nourriture jusque dans les zones de surf

    Plages fermées et message clair aux surfeurs

    De Port Macquarie à Sydney, de nombreuses plages restent fermées ou sous surveillance par drones et hélicoptères. Les autorités rappellent une règle essentielle :
    👉 éviter les embouchures de rivières, surtout après de fortes pluies, et ne pas surfer dans une eau trouble.

    Cette série d’attaques rappelle une réalité parfois oubliée : le surf se pratique dans un environnement sauvage, sensible aux bouleversements climatiques. Et ces derniers jours, l’océan australien l’a rappelé avec une brutalité rare.

  • Des champions sacrés aux Philippines… sans drapeau français à l’horizon

    Des champions sacrés aux Philippines… sans drapeau français à l’horizon

    Le verdict est tombé à Urbiztondo Beach, à San Juan, aux Philippines. Dans des conditions délicates — petites vagues d’un à deux pieds, irrégulières et piégeuses — Isla Huppatz et Dane Henry ont été sacrés champions du monde juniors World Surf League 2025. Deux titres majeurs pour l’Australie… et une compétition qui laisse un goût amer côté français.

    Car au-delà des performances sportives, un constat saute aux yeux : aucun représentant français n’était présent sur ces World Junior Championships. Une absence rare, presque inquiétante, surtout chez les garçons.

    Isla Huppatz et Dane Henry, patrons de la nouvelle génération

    À seulement 18 ans, Isla Huppatz a confirmé son statut de révélation mondiale en dominant Sierra Kerr, pourtant championne du monde junior 2023, au terme d’une finale tendue. Solide toute la semaine, Huppatz s’inscrit dans la lignée des grandes championnes australiennes et décroche, en prime, son ticket pour les Challenger Series 2026.

    Chez les garçons, Dane Henry a lui aussi frappé fort. Déjà médaillé d’or ISA et champion junior Océanie, l’Australien a parfaitement géré la pression pour s’imposer face à l’outsider israélien Nadav Attar. Un sacre logique pour un surfeur promis au plus haut niveau.

    Pourquoi aucun Français n’était présent ?

    L’accès aux World Juniors est strict : seuls les deux meilleurs juniors par continent, chez les garçons et les filles, peuvent se qualifier, auxquels s’ajoutent quelques invitations. Autrement dit, l’élite mondiale des moins de 20 ans.

    Côté filles : une absence… plutôt rassurante

    L’absence française n’est pas alarmante chez les filles. La meilleure d’entre elles, Tya Zebrowsky, a déjà quitté les juniors pour le circuit CT à seulement 14 ans. Même constat pour Kiara Goold, engagée en compétitions open à 15 ans.
    Derrière, le réservoir est impressionnant avec Naia Monte, Clémence Schorsch et Lilou Muriel, toutes solidement installées dans le top européen.

    Chez les garçons, le vrai signal d’alarme

    C’est ici que le bât blesse. Le meilleur Français junior, Axel Dominguez, pointe seulement à la 7ᵉ place européenne. Il est le seul Tricolore dans le top 10. Une situation presque inédite, qui interroge sérieusement.

    Difficile de ne pas parler de trou générationnel chez les juniors garçons. Manque de résultats, déficit de régularité, concurrence européenne plus dense… Les causes sont multiples, mais le constat est là : la France décroche pendant que d’autres nations accélèrent.

    Une domination australienne… et un miroir pour la France

    Ces World Juniors 2025 rappellent une chose essentielle : le très haut niveau se prépare tôt. Pendant que l’Australie aligne des talents prêts pour le Challenger Series, la France doit rapidement se poser les bonnes questions sur sa filière masculine junior.

    Les résultats brillent aux Philippines. L’absence française, elle, fait beaucoup plus de bruit.

  • Challenge de La Nord 2026 : une victoire au bout du suspense pour Kyllian Guérin

    Challenge de La Nord 2026 : une victoire au bout du suspense pour Kyllian Guérin

    Le jour se lève difficilement sur Hossegor. Brume persistante, plan d’eau imparfait, houle encore hésitante… Les conditions ne sont pas idéales. Malgré une bouée Ouest Arcachon en hausse, l’orientation défavorable du swell et le vent nul à la côte limitent le potentiel de La Nord. Les vagues oscillent entre 3 et 4 mètres, puissantes mais désordonnées.

    Avant même le début de la compétition, un meeting matinal réunit les surfeurs engagés. Le choix est laissé aux riders : attendre ou lancer l’épreuve. Le vote est clair. Le Challenge de La Nord est officiellement lancé.

    Une finale haletante jusqu’au dernier instant

    Tout au long de la journée, Kyllian Guérin fait preuve de régularité et de sang-froid. En finale, il est sérieusement bousculé par un Nelson Cloarec impressionnant d’engagement.

    Nelson frappe fort avec un 9,33 dans une série précédente, puis un 10 parfait en finale. Il ne lui manque pourtant qu’une deuxième vague solide. Son back-up plafonne à 3,17, alors qu’un 3,87 lui aurait permis de décrocher la victoire. Une issue cruelle, à l’image du surf de grosses vagues.

    Podium officiel du Challenge de La Nord 2026

    🥇 Kyllian Guérin
    🥈 Nelson Cloarec
    🥉 Jeff Lartigue

    Une édition fidèle à l’ADN de La Nord

    Sans offrir les plus conditions météos, cette édition 2026 rappelle pourquoi La Nord reste une vague à part. Exigeante, imprévisible, elle sacre des surfeurs capables de gérer la pression… parfois pour moins d’un demi-point. Un grand bravo pour l’organisation qui a pris un risque payant en clôturant cette édition 2026

  • Lost in Paradise at a Perfect Left : une vague irréelle, loin de tout

    Lost in Paradise at a Perfect Left : une vague irréelle, loin de tout

    Parfois, le surf se résume à une chose simple : être au bon endroit, au bon moment, avec les bonnes personnes. Lost in Paradise at a Perfect Left avec Kauli Vaast, capture exactement cet instant suspendu, quand tout s’aligne et que le monde extérieur disparaît.

    Une gauche parfaite, simple et envoûtante

    Dès les premières images, le décor est planté : eau chaude, limpide, poissons visibles sous la planche, et surtout une gauche longue, lisse et régulière. Une vague décrite comme “simple”, mais capable d’offrir des barrels interminables, au point d’être comparée à une vague artificielle… en mieux. Ici, rien de mécanique : tout est naturel, fluide, vivant.

    Surf trip minimaliste, plaisir maximal

    Pas de foule, pas de pression, pas de compétition. Juste des sessions à répétition, des retours à terre pour remettre de la crème solaire, enfiler une casquette, puis repartir à l’eau. Le film insiste sur cette sensation rare : surfer sans contrainte, avec seulement le rythme des marées et l’envie de repartir pour une dernière vague… qui devient souvent la meilleure.

    L’énergie du groupe avant tout

    La vidéo respire la camaraderie. Le surf n’est pas seulement une performance, c’est un moment partagé. Les sourires, les discussions à chaud, la fatigue dans les yeux au coucher du soleil : tout rappelle pourquoi on voyage pour surfer. Cette “perfect left” n’est pas qu’une vague, c’est un prétexte pour vivre pleinement, ensemble.

    C’est le genre de trip dont on rêve tous, et c’est ce qui rend cette vidéo si cool à regarder

  • Challenge La Nord : la seule compétition de gros surf en France de retour demain à Hossegor

    Challenge La Nord : la seule compétition de gros surf en France de retour demain à Hossegor

    Demain, au lever du jour, Hossegor va une nouvelle fois vibrer au rythme des grosses vagues. Les organisateurs du Challenge La Nord ont décidé de lancer la compétition, profitant d’une fenêtre météo et océanique particulièrement prometteuse sur La Nord, cette vague mythique située à deux pas de la centrale d’Hossegor.

    Des conditions solides attendues dès l’aube

    Les prévisions annoncent des vagues comprises entre 3 mètres et 3,50 mètres, avec un potentiel légèrement supérieur selon l’évolution du swell dans la nuit. Comme toujours sur La Nord, c’est la marée basse qui fera la différence : elle est prévue demain matin à 9h, une heure idéale pour révéler toute la puissance et la verticalité de cette vague aussi rare que redoutée.

    Bonne nouvelle côté météo : le vent offshore soufflera quasiment toute la journée, offrant des conditions propres et bien dessinées. Les dernières houles ont montré que le banc de sable était à son avantage. Seul petit bémol, quelques pluies faibles sont attendues, sans réel impact sur le spectacle annoncé.

    La Nord, une vague à part sur la côte landaise

    La Nord n’est pas un spot comme les autres. Située dans l’ombre de la centrale, elle ne fonctionne que lors de configurations très spécifiques : houle solide, direction idéale, marée basse et vent offshore. Quand tous les voyants passent au vert, elle se transforme en une vague creuse, rapide et engagée, réservée à des surfeurs expérimentés. C’est un beach break avec uniquement du sable, une sable plus hasardeuse que sur les reefs basques.

    C’est précisément pour cette rareté et le creux des vagues que le Challenge La Nord est devenu une compétition emblématique, à la fois attendue et respectée par toute la communauté surf.

    Une compétition unique en France

    Le Challenge La Nord est tout simplement la seule compétition de surf de grosses vagues en France. Depuis de nombreuses années, elle rassemble l’élite du surf engagé hexagonal, avec un format à l’ancienne : peu de fenêtres, peu d’essais… mais un niveau d’engagement maximal.

    Ici, pas de triche possible : il faut savoir lire l’océan, choisir la bonne vague et assumer jusqu’au bout.

    Un rendez-vous à ne pas manquer

    Si les conditions se confirment au lever du soleil, le spectacle promet d’être intense, aussi bien pour les surfeurs à l’eau que pour les spectateurs massés sur la plage. Demain, Hossegor pourrait offrir l’une de ses plus belles démonstrations de surf de gros de la saison.

  • Dusty Surfboards : quand les planches vintage reprennent la parole

    Dusty Surfboards : quand les planches vintage reprennent la parole

    Il y a des concepts qu’on découvre un peu tard… et qu’on regrette de ne pas avoir suivis dès le début. Dusty Surfboards fait clairement partie de ceux-là. Portée par Arnaud Mestelan, cette série YouTube remet à l’eau des planches anciennes, parfois plus vieilles que ceux qui les surfent aujourd’hui, pour une seule raison : voir ce qu’elles racontent encore dans les vagues.

    Ici, pas de nostalgie forcée ni de démonstration technique. Le surf parle, simplement.

    Une série surf entre mémoire et sensations

    Dusty Surfboards s’appuie sur la collection personnelle d’Arnaud Mestelan et de ses amis, véritables gardiens du patrimoine surf. Chaque épisode met en lumière une planche vintage, son histoire, son shape, son époque… mais surtout son comportement réel dans l’eau, loin des fantasmes.

    Sessions partagées, échanges spontanés, ressentis à chaud : la série relie planches, surfeurs et spots, sans sur-explication. Une approche rare, presque brute.

    Épisode 1 – Un longboard George Rice des années 60 à Guéthary

    Le premier épisode frappe fort avec un longboard shapé au début des années 60 par George Rice. Importée de Melbourne par des surfeurs australiens venus explorer les vagues basques, cette planche a traversé les décennies.

    Testée à Parlementia, à Guéthary, elle n’est pas qu’un objet de collection : elle a servi à former de nombreux jeunes surfeurs au club Le Surfing. Une planche chargée d’histoire, remise à l’eau sans filtre.

    Épisode 2 – Un single fin en bois entre Mundaka et Lafitenia

    Dans l’épisode 2, direction une pièce rare du surf français : un single fin en bois shapé en 1977 par Baptiste Dupouy.

    Arnaud Mestelan la teste dans deux contextes opposés : une longue session frontside à Mundaka, puis un passage backside à Lafitenia. Deux vagues, deux lectures, un même verdict : la planche impose son rythme et sa logique.

  • Surfeur retrouvé vivant après 30 heures en mer à Porto Rico

    Surfeur retrouvé vivant après 30 heures en mer à Porto Rico

    Un surfeur de 68 ans a été retrouvé vivant après avoir passé plus de 30 heures perdu en mer, au large de Surfer’s Beach. Parti surfer sans donner de nouvelles, l’homme a été porté disparu, déclenchant une importante opération de recherche coordonnée par la United States Coast Guard.

    Disparition signalée, recherche immédiate

    L’alerte est donnée le 9 janvier au soir, lorsque le propriétaire de l’Airbnb où séjournait le surfeur signale son absence prolongée. Sa fille confirme rapidement que son père est allé surfer la veille, le 8 janvier, à la mi-journée… sans jamais rentrer.

    Face au dépassement du seuil critique des 24 heures, la Garde côtière passe en phase de détresse, diffuse un bulletin maritime urgent et lance une vaste opération impliquant plusieurs agences fédérales et locales.

    Repéré sur un récif, hélitreuillé de nuit

    C’est finalement un hélicoptère MH-60 Jayhawk de la station aérienne de Borinquen qui fait la différence. Lors d’un survol côtier, l’équipage repère un homme bloqué sur un récif, à proximité de sa planche, tentant de signaler l’appareil.

    Impossible d’intervenir par bateau ou à pied : rochers, récifs et houle rendent la zone inaccessible. Malgré une visibilité réduite et des conditions nocturnes difficiles, l’équipage réalise un hélitreuillage parfait et récupère le surfeur sain et sauf.

    « Ce sauvetage aurait pu tourner autrement »

    Pris en charge par les secours, l’homme est retrouvé conscient, stable, mais déshydraté. Le capitaine Robert Stiles, coordinateur des opérations, résume l’émotion générale :

    « Ce sauvetage est une issue formidable. Mais il aurait très facilement pu se terminer autrement. »

    La Garde côtière rappelle à cette occasion l’importance, pour toute activité nautique, de prévenir un proche, de communiquer ses intentions et de s’équiper correctement, même pour une simple session de surf.

  • Miguel Tudela suspendu 16 mois, une erreur médicale à l’origine

    Miguel Tudela suspendu 16 mois, une erreur médicale à l’origine

    Le surf olympique n’échappe pas aux règles strictes de l’antidopage. Cette semaine, une décision passée relativement inaperçue a pourtant fait l’effet d’une petite onde de choc : le surfeur péruvien Miguel Tudela, engagé aux Jeux de Tokyo, a écopé d’une suspension de 16 mois après un contrôle positif à un stéroïde… malgré l’absence d’intention reconnue par la justice sportive.

    Une suspension rétroactive déjà purgée

    Âgé de 31 ans, Miguel Tudela a été contrôlé hors compétition en 2024 dans le cadre d’un programme mené par l’International Testing Agency pour le compte de l’International Surfing Association, l’instance qui gère le surf au niveau olympique.

    Le test a révélé la présence de « méténolone », un stéroïde figurant sur la liste des substances interdites. L’affaire a alors été transmise au Tribunal arbitral du sport (TAS), qui a rendu sa décision à l’été 2025 : 16 mois de suspension, appliqués rétroactivement à partir du 6 janvier 2024. Résultat : la sanction était déjà entièrement purgée au moment de son officialisation.

    Une erreur médicale reconnue… mais sanctionnée

    Point central du dossier : Miguel Tudela n’a jamais nié la présence de la substance, mais en a contesté l’intention. Selon lui, le produit interdit aurait été administré par erreur lors d’un traitement de plasma destiné à soigner une blessure au genou contractée aux Jeux panaméricains de 2023.

    Devant le tribunal, les juges ont reconnu la crédibilité des preuves apportées par le surfeur et conclu à l’absence de dopage intentionnel ou de volonté de tricher. Un élément clé… qui n’a pourtant pas suffi à éviter la sanction.

    Le règlement antidopage est clair : même sans intention, un athlète reste responsable de ce qui entre dans son organisme. Une logique implacable, mais assumée par les instances sportives.

    Des résultats annulés, sauf exception

    Conséquence directe : tous les résultats de Miguel Tudela sur la période concernée ont été annulés, à une exception près. Le Péruvien a été autorisé à participer aux ISA World Surfing Games 2024 à Porto Rico, où il a terminé 37e. Il n’a en revanche pas pris part à l’édition 2025 de la compétition.

    Un feuilleton administratif éprouvant pour un athlète également impliqué dans la gouvernance du sport, puisqu’il a siégé par le passé à la commission des athlètes de l’ISA.

    Le dopage, un sujet encore tabou dans le surf

    Longtemps considéré comme marginal dans le monde du surf, le dopage est un sujet qui revient de plus en plus souvent depuis l’entrée de la discipline aux Jeux olympiques. Les contrôles se sont durcis, les protocoles se sont professionnalisés… et les sanctions tombent.

    En 2024, le Portugais Vasco Ribeiro avait ainsi écopé d’une suspension de trois ans pour avoir refusé un contrôle antidopage à domicile. Des cas rares, mais suffisamment marquants pour rappeler que le surf n’est plus un sport “à part” sur le plan réglementaire.

    Un message amer mais clair

    De son côté, Miguel Tudela assure vouloir tourner la page, tout en continuant à défendre les valeurs de fair-play. Soutenu par ses sponsors tout au long de la procédure, il sort blanchi sur le plan moral, mais marqué par un système qui ne laisse que très peu de place à l’erreur.

    Un rappel brutal : à l’ère du surf olympique, l’amateurisme n’a plus sa place, même dans les salles de soin.

    Des contrôles antidopage difficiles à concilier avec le surf

    Les surfeurs soumis aux contrôles antidopage hors compétition doivent déclarer longtemps à l’avance leur localisation quotidienne, en précisant où ils se trouvent chaque jour à 6 heures du matin, afin de permettre des contrôles inopinés. Une règle complexe pour un sport dépendant de la météo et des swells, où les déplacements de dernière minute sont fréquents. Un changement de plan non signalé ou une absence lors d’un contrôle est considéré comme un manquement. Trois manquements sur douze mois peuvent entraîner une sanction disciplinaire, même sans test positif.

  • Wedge Heads Unite : quand Dylan Graves et Mason Ho parlent le langage du chaos

    Wedge Heads Unite : quand Dylan Graves et Mason Ho parlent le langage du chaos

    Il y a des vidéos de surf bien produites, léchées, calibrées. Et puis il y a celles qui sentent le sel, l’imprévu et l’amitié sincère. Wedge Heads Unite appartient clairement à la seconde catégorie. Le clip réunit Dylan Graves et Mason Ho, deux esprits faits pour comprendre – et aimer – les vagues qui ne tournent pas rond.

    Une rencontre presque évidente

    Dylan Graves s’est imposé comme l’explorateur numéro un des wedges, ces vagues courtes, violentes et imprévisibles qui cassent souvent sur très peu d’eau. Mason Ho, de son côté, n’a jamais eu besoin d’étiquette : il surfe à l’instinct, joue avec des vagues qui n’attirent pas grand monde, et transforme le chaos en terrain d’expression.

    Les voir ensemble n’a donc rien d’un hasard. Dylan l’avoue d’ailleurs sans détour : à chaque fois qu’il surfe cette vague de Porto Rico, il se demande ce que ferait Mason. Une phrase qui résume parfaitement l’ADN du clip.

    Un wedge aussi joueur que punitif

    La vague choisie est l’une des préférées de Dylan… mais aussi l’une des plus dures à dompter. Ici, tout peut mal tourner : take-off mal synchronisé, lèvre qui retombe sans prévenir, sections qui écrasent plus qu’elles n’ouvrent. Une vague qui pardonne rarement, mais qui offre des sensations uniques quand tout s’aligne.

    C’est précisément ce qui rend la session si captivante. Rien n’est parfaitement propre, tout est vivant. On ressent autant la tension que le plaisir, avec ce mélange d’adrénaline et de rires qui accompagne souvent les meilleures sessions entre amis.

    La dérive FCS qui vole la vedette

    Difficile de ne pas évoquer la scène la plus mémorable du clip. Après quelques heures dans l’eau, Dylan grimpe à un cocotier, attrape une noix de coco… et l’ouvre à l’aide d’une dérive FCS. Sans outil, sans vis, sans prise de tête. Puis il remet la dérive et retourne surfer.

    Un moment aussi absurde que génial, qui résume l’esprit de la vidéo : créatif, pratique, et totalement décomplexé.

  • Kitesurf : quand le vent devient mortel

    Kitesurf : quand le vent devient mortel

    Vendredi dernier, sur le spot de Bat Yam, en Israël, un accident d’une violence rare a coûté la vie à Lior Dadon, kitesurfeur expérimenté de 42 ans. Lors de conditions météo instables, deux riders ont été soudainement happés par un vortex de vent, un phénomène aérologique brutal capable de créer une forte ascendance verticale.

    Selon les autorités locales, les deux kitesurfeurs ont été soulevés à plus de 150 mètres de hauteur avant d’être projetés vers la terre. Lior Dadon a été violemment éjecté contre des rochers et est décédé sur place. Un autre pratiquant a été blessé, sans que son pronostic vital ne soit engagé.

    Les images de l’accident montrent une session qui semblait, quelques secondes auparavant, parfaitement maîtrisée. Plusieurs riders naviguent normalement, profitant d’un vent soutenu mais jugé praticable. Puis, en un instant, une rafale anormale emporte l’un d’eux hors de l’eau, sans possibilité de reprise de contrôle.

    Attention les images montrent l’accident avec une vue lointaine pour les plus jeunes

    Un phénomène connu, mais toujours sous-estimé

    Le lofting, ou projection verticale incontrôlée, est un risque bien identifié en kitesurf. Il survient généralement lors de :

    • conditions orageuses ou pré-orageuses,
    • vents rafaleux ou instables,
    • effets thermiques de fin de journée,
    • zones côtières avec obstacles (falaises, immeubles, digues).

    Contrairement au surf, le kitesurf expose directement le pratiquant à des forces aériennes invisibles. Une rafale descendante ou un vortex peut se former sans avertissement perceptible depuis la plage, rendant toute réaction humaine insuffisante.

    ATTENTION, les images sont lointaines, mais on voit l’accident

    L’expérience ne protège pas de tout


    Lior Dadon n’était ni débutant, ni inconscient. Il pratiquait le kitesurf depuis plus de vingt ans et était connu localement pour sa passion et sa bienveillance. Cet accident rappelle une réalité difficile à accepter : l’expérience réduit certains risques, mais n’annule pas les phénomènes extrêmes.

    En France, plusieurs accidents graves ont déjà été recensés ces dernières années, notamment lors de décollages ou d’atterrissages dans des vents irréguliers. Certains ont entraîné de lourdes blessures, d’autres des décès. La plupart ont un point commun : une météo sous-estimée ou une évolution rapide des conditions.

    Surf et kitesurf : une pratique complémentaire, mais exigeante

    De nombreux surfeurs pratiquent également le kitesurf, et cette transversalité a du sens. Le kite permet de continuer à glisser lorsque le vent rend les vagues impraticables. Mais il ne peut jamais être abordé comme un simple “plan B”.

    Le rapport au danger est fondamentalement différent. Là où le surf confronte le pratiquant à l’océan, le kitesurf l’expose à l’air, un élément plus instable encore.

    Naviguer par vent orageux ou instable reste l’un des principaux facteurs de risque en kitesurf. Réduire la taille de son aile, éviter les zones à obstacles, surveiller l’évolution météo en temps réel et accepter de renoncer à l’eau sont des décisions qui sauvent des vies. En kitesurf, la meilleure session est parfois celle que l’on ne fait pas.

  • Du tube parfait à l’export : et si le Capitulo Perfeito devenait un exemple ?

    Du tube parfait à l’export : et si le Capitulo Perfeito devenait un exemple ?

    Le tube est sans doute l’essence la plus pure du surf. Pas le plus simple, pas le plus accessible, mais le plus spectaculaire, le plus exigeant, le plus respecté. Quand une compétition choisit d’en faire son ADN, elle ne cherche pas le consensus : elle assume une vision. C’est exactement ce que fait Capítulo Perfeito, dont l’édition 2026 marque un tournant majeur avec une expansion internationale vers le Mozambique et l’Indonésie.

    Une annonce forte, presque symbolique : le tube n’appartient plus à un seul pays. Il devient un langage universel.

    Capítulo Perfeito : une idée simple, une exécution radicale

    Depuis sa création, Capítulo Perfeito repose sur un principe aussi évident que génial : one day, one swell. Pas de waiting period interminable, pas de vagues moyennes pour sauver un planning TV. On attend le jour parfait, celui où Carcavelos se transforme en machine à tubes lourds et imprévisibles.

    En 2026, le concept change d’échelle sans perdre son âme.

    • Portugal – Carcavelos, berceau historique
    • Mozambique – Praia da Barra, puissance brute et peu médiatisée
    • Indonésie – Desert Point, la référence absolue du tube long et profond

    Trois continents, trois cultures, une même obsession : le tube engagé.

    Et pendant ce temps-là, en France…

    En octobre, quand les premières vraies houles d’automne réveillent les bancs de sable landais, Royal Barrique s’installe discrètement à Hossegor. Pas de bruit inutile. Pas de promesses marketing surdimensionnées. Juste une vérité simple : probablement la meilleure compétition de tube au monde.

    Oui, probablement.
    Non, ce n’est pas chauvin.

    Le Royal Barrique, c’est La Gravière ou les tubes d’hossegor dans ce qu’il a de plus brut : rapide, creux, imprévisible. Une vague qui ne pardonne rien et qui sélectionne naturellement les vrais tube riders. Ici, pas besoin d’effets spéciaux : la vague fait le travail.

    Deux compétitions, une même philosophie

    Capítulo Perfeito et Royal Barrique partagent bien plus qu’un goût prononcé pour les barrels :

    • Un format événementiel, rare, presque cérémonial
    • Une sélection exigeante, loin des formats standardisés
    • Une culture du risque maîtrisé, où le style compte autant que l’engagement
    • Une identité forte, ancrée dans un territoire précis

    Ces compétitions ne sont pas des produits WSL. Ce sont des objets culturels du surf moderne.

    Et si le Royal Barrique s’exportait à son tour ?

    La question mérite d’être posée. Si Capítulo Perfeito peut s’exporter sans se diluer, pourquoi pas le Royal Barrique ?

    Imagine un Royal Barrique Desert Point, un Royal Barrique Skeleton Bay, ou même un Royal Barrique Chili. Même exigence. Même esthétique. Même radicalité. Le nom deviendrait un label : quand tu vois “Royal Barrique”, tu sais que ça va tuber fort.

    La France tient là un concept premium, rare, crédible, respecté par les surfeurs. Un vrai pan de l’histoire du surf français, au même titre que le Royal Barrique l’est déjà pour Hossegor, comme Capítulo Perfeito l’est pour les Portugais. La vrai différence réside dans les moyens entre les deux évènements. Difficile pour la compétition française de s’exporter, elle manque cruellement de moyen, et c’est un vrai problème au niveau national. Le désengagement des marques historiques a frappé de plein fouet l’organisation des compétitions en France.

    Le tube comme héritage, pas comme spectacle

    Dans un surf de plus en plus lissé, ces compétitions rappellent une chose essentielle : le tube reste la manoeuvre phare du surf.

    Et tant mieux si ces événements restent rares. C’est ce qui leur donne leur valeur.