Auteur/autrice : Kelly Slater

  • Carlos Burle échappe au pire à Nazaré : le wipeout qui change tout

    Carlos Burle échappe au pire à Nazaré : le wipeout qui change tout

    Il a 58 ans, une carrière jalonnée d’exploits, des décennies d’expérience dans les vagues les plus monstrueuses de la planète… et pourtant, Carlos Burle vient de vivre la pire expérience de sa vie.
    Mercredi matin, sur un Nazaré en mode XXL, la légende brésilienne a été littéralement engloutie par une vague massive, entraînée dans les profondeurs, puis frappée par une seconde montagne d’eau avant d’être secourue dans un scénario d’une tension extrême.
    Un accident qui, heureusement, se termine bien — mais qui ouvre une réflexion essentielle sur la sécurité dans le surf de grosses vagues.

    Une mauvaise lecture… et tout bascule

    Burle le dit lui-même : « J’ai mal lu la vague. » Sur cette gauche gigantesque, la vitesse et sa trajectoire lui ont laissé croire qu’il pouvait s’échapper. Il s’est engagé, a tenté de maintenir le cap… et a été pulvérisé.
    Le premier impact l’a entraîné très profondément, plus encore qu’il ne l’imaginait. Là-dessous, une autre bataille a commencé :

    • pression énorme,
    • veste gonflée qui limite les mouvements,
    • combinaison épaisse,
    • souffle qui s’amenuise.

    « Je n’ai jamais eu autant besoin de respirer de ma vie », raconte-t-il.
    Lorsqu’il a enfin atteint la surface, il n’a eu qu’une fraction de seconde pour prendre une inspiration avant qu’une deuxième vague ne l’écrase. Le corps passe alors en « mode survie », dit-il : répondre, sans réfléchir.

    Lucas “Chumbo” Chianca, héros du jour

    Ce qui arrive ensuite tient du miracle — mais aussi d’un professionnalisme absolu. Lucas Chumbo, son partenaire de tow-in, parvient à le rejoindre dans l’impact zone. Burle lui dit aussitôt : « Je ne vais pas bien, amène-moi à la plage. »
    Sauf qu’il reste encore deux vagues à encaisser.

    Dans la tourmente, Chumbo doit abandonner la machine, plonger pour atteindre Burle, et activer deux cylindres de flottabilité pour le maintenir en surface. Une manœuvre risquée, presque irréalisable dans un tel chaos.
    Finalement, c’est Will Santana qui récupère Burle sur le sled (planche à l’arrière du jet ski) et l’amène jusqu’au rivage, où les sauveteurs lui administrent de l’oxygène.

    Quelques heures plus tard, l’hôpital le déclare stable : pas d’eau dans les poumons, aucune blessure grave — un miracle.

    Une GoPro qui change la trajectoire du drame

    Le point le plus frappant du témoignage de Burle est sans doute celui-ci :
    « Je n’aurais jamais dû avoir une GoPro. »

    En voulant filmer un nouvel angle, caméra pointée vers son visage, Burle confesse qu’il n’était plus pleinement concentré sur sa ligne. Au moment de la chute, il serrait encore la caméra, ce qui a retardé le déclenchement de sa veste gonflable. Ensuite, avec une main occupée, remonter sur la motoneige est devenu presque impossible.

    Son message est clair :

    « Dans une situation aussi risquée, on doit être à 100 % concentré sur la sécurité. Pas sur l’image. »

    Un rappel fort, à l’heure où le surf XXL s’accompagne de plus en plus de caméras embarquées.

    Humilité, préparation et gratitude

    Malgré la violence de l’incident, Burle souligne que son calme, sa préparation physique et mentale ont joué un rôle déterminant. Et surtout, il exprime une gratitude immense envers son équipe : « Sans eux, je ne serais peut-être pas là. » Il salue particulièrement le courage de Chumbo, qui a mis sa propre sécurité en jeu pour le sauver.

    Nazaré reste Nazaré

    En quittant l’hôpital, Burle a confié qu’il rêvait déjà d’y retourner. Je ne sais pas s’il sincère, ou s’il essaie de se convaincre, mais un peu de repos ne lui ferait pas de mal.
    Cet accident rappelle cependant une vérité immuable :
    Nazaré ne pardonne jamais. Même aux légendes.

  • Rare swell en Sardaigne : quand la Méditerranée se transforme en machine à vagues

    Rare swell en Sardaigne : quand la Méditerranée se transforme en machine à vagues

    La Méditerranée n’est pas réputée pour ses vagues. Et pourtant… parfois, lorsque la météo s’aligne à la perfection, certaines côtes prennent des allures d’archipels lointains. C’est exactement ce qui s’est produit en Sardaigne, où un swell exceptionnel a réveillé des slabs massifs dignes des spots les plus sauvages du globe. Et la vidéo qui immortalise cette journée confirme une chose : la réputation de la Sardaigne comme l’une des meilleures destinations surf de Méditerranée n’est pas un mythe.

    Une mer qui dort… jusqu’à ce qu’elle se déchaine

    Contrairement aux océans, la Méditerranée est un bassin fermé, moins vaste, bordé de continents. Résultat : les tempêtes ont peu d’espace pour se développer et générer de longues houles. C’est ce qui rend ces épisodes puissants si rares.

    Mais quand les ingrédients se combinent — froid arctique, dépression bien placée, vents synchronisés — la mer s’anime soudainement. Selon Surfline, c’est exactement ce qui s’est produit :

    « Une poussée d’air arctique et une dépression en formation ont envoyé une houle solide balayer la Méditerranée. Le swell a culminé sur les Baléares, la Sardaigne et la Corse avant de se diriger vers l’Afrique du Nord puis l’Italie et la Grèce. » Un scénario météo rarissime, mais redoutablement efficace.

    La Sardaigne, bastion du surf méditerranéen

    La Sardaigne n’est pas une destination secrète pour les surfeurs européens : depuis des années, elle est considérée comme la Mecque du surf méditerranéen. Ses côtes rocheuses, exposées aux vents et orientations variées, permettent de capter une partie des houles qui traversent le bassin. On y trouve :

    • des droites puissantes,
    • des slabs nerveux,
    • et même des point breaks quand la houle persiste.

    Mais cette diversité a une contrepartie : les vagues ne cassent qu’en de très rares occasions, si bien que les locaux vivent au rythme des cartes météo, toujours prêts à partir sur un coup de folie. La vidéo de cette semaine exceptionnelle montre des vagues épaisses, tubulaires, frappant les récifs sardes avec une puissance étonnante pour une mer.

    Matteo Calarti, porte-voix d’un surf insulaire exigeant

    Parmi les surfeurs à l’eau ce jour-là, on retrouve Matteo Calarti, jeune surfeur sarde passionné, témoin privilégié de ce swell historique. Dans une interview donnée à Margruesa, il confie :

    « La Sardaigne a de super vagues, mais elles ne cassent pas souvent. C’est pour ça que je dois beaucoup voyager. Ce qui me tient, c’est la liberté que je ressens dans l’eau et la possibilité de m’exprimer sur les vagues. »

    Ce discours reflète parfaitement l’état d’esprit méditerranéen : engagement, patience et détermination. Ici, on ne surfe pas tous les jours, mais quand le swell arrive, c’est un rendez-vous à ne pas manquer.

    Calarti espère suivre la voie de Leonardo Fioravanti — surfeur romain devenu référence mondiale — et représenter un jour le surf méditerranéen sur la scène internationale.

    Dylan Graves avait déjà flairé le potentiel

    Plus tôt cette année, le surfeur et explorateur de vagues improbables Dylan Graves avait déjà mis en lumière le potentiel du littoral sarde dans sa série dédiée aux “weird waves”.
    Il y décrit parfaitement ce que signifie être surfeur en Méditerranée :

    « Il y a des vagues difficiles, et les surfeurs sont prêts à parcourir des centaines de kilomètres pour les attraper. Il faut être engagé. Et d’une certaine manière, ça les rend meilleurs. »

    À travers son regard curieux, Graves avait déjà capté la spécificité de la Sardaigne : une destination où la rareté décuple la valeur de chaque session.

    Une destination qui gagne en reconnaissance

    Entre la beauté sauvage de ses côtes, ses eaux turquoise et ces épisodes de surf d’exception, la Sardaigne s’impose petit à petit comme une destination alternative pour les surfeurs en quête d’authenticité.

    Ce swell rare ne fait que renforcer l’idée que la Méditerranée, bien que capricieuse, peut offrir des journées dignes des meilleurs spots européens. Et lorsque la Sardaigne s’illumine, le surf prend une saveur unique : celle de l’attente récompensée.

  • Hommage à Ramon Brockington, gardien bienveillant des vagues d’Hawaï

    Hommage à Ramon Brockington, gardien bienveillant des vagues d’Hawaï

    À Hawaï, le surf perd l’une de ses voix les plus discrètes, mais les plus essentielles. Un homme qui ne montait pas sur les podiums, qui ne cherchait pas la lumière, mais qui a illuminé la vie de milliers de surfeurs avec une caméra et un sourire : Ramon Brockington.

    Un œil unique, un cœur immense

    Lorsque la nouvelle de sa disparition a traversé les plages d’O‘ahu, c’est tout un archipel qui s’est arrêté. Ramon, l’âme derrière Oahu Surf Films, n’était pas seulement un caméraman talentueux. Il était un repère. Une présence familière sur le sable de Waikīkī, Ala Moana ou le long des 7 miles légendaires du North Shore.

    Originaire de Caroline du Sud, il débarque sur O‘ahu avec une caméra et une passion brûlante pour raconter les histoires de ceux qui glissent sur les vagues. Ce qui n’était au départ qu’une envie de filmer “les bons jours” est devenu, au fil des années, l’une des archives les plus précieuses de la culture surf hawaïenne moderne.

    Un homme qui voyait vraiment les surfeurs

    Ramon filmait tout le monde. Les groms, les touristes émerveillés, les watermen respectés, les pros affûtés, les locaux, les oncles qui fument entre deux vagues. Peu importe le niveau, peu importe le style : il leur accordait la même attention, la même bienveillance.

    Ce qui rendait son travail exceptionnel, ce n’étaient pas seulement les milliers de vagues capturées, mais la façon dont il faisait se sentir chaque surfeur. Il retenait les prénoms, les familles, les progrès, les doutes. Il félicitait après une bonne session, encourageait après une chute, partageait les clips comme des cadeaux.

    Pour beaucoup, il fut :

    • leur premier highlight vidéo,
    • leur premier souvenir filmé,
    • leur première reconnaissance dans la communauté,
    • leur premier supporter sincère.

    Matt Vasquez, qu’il avait filmé dès ses 19 ans, a livré un témoignage bouleversant : une gratitude profonde, presque filiale, d’avoir été “vu”, aidé, encouragé par Ramon lorsque tout commençait.

    Un bâtisseur de lien, à travers et au-delà du surf

    Ramon n’était pas seulement derrière la caméra. De 2022 à 2024, il a dirigé le Oahu Surf Film Festival, rassemblant cinéastes du monde entier, donnant de la place aux voix locales, à l’écologie, aux récits locaux. Il aimait les images, mais surtout ce que les images créent : des communautés, des rencontres, des émotions partagées.

    Toujours humble, toujours chaleureux, il faisait partie de ces rares personnes capables de transformer une plage — déjà sacrée à Hawaï — en un lieu encore plus accueillant.

    Un héritage qui ne s’effacera jamais

    Plus de 900 vidéos restent disponibles pour continuer à faire vivre son regard. Mais ce que Ramon laisse surtout derrière lui, ce sont des milliers de petites histoires humaines : des sourires, des poignées de main, des tapes sur l’épaule, des mots doux, des services rendus sans rien attendre.

    Chaque série qui déroule à Ala Moana, chaque bombe hivernale sur le North Shore, portera un peu de son énergie.

    Rest in peace, Ramon Brockington.
    Et merci d’avoir tant donné au surf.

  • Malik Joyeux, mémoire d’un prince du surf parti trop tôt

    Malik Joyeux, mémoire d’un prince du surf parti trop tôt

    Chaque 2 décembre réveille une douleur particulière dans la communauté française de surf. Une date qui ne devrait être qu’un simple jour d’hiver, mais qui porte depuis 2005 la lourde trace d’un drame à Pipeline. Pour toute une génération de surfeurs français, dont je fais partie, Malik Joyeux n’était pas seulement un prodige tahitien : il incarnait la pureté du surf, la gentillesse, la simplicité, la beauté d’un style. Aujourd’hui, alors que de plus jeunes pratiquants ne connaissent parfois ni son nom, ni son histoire, il est essentiel de transmettre sa mémoire.

    Le Petit Prince de Tahiti : un talent solaire

    Né en 1980 à Moorea, Malik Joyeux grandit entouré d’océan, de lumière et de vagues qui sculptent son caractère. Très jeune, il se distingue par un style naturel et une aisance qui dépasse le simple don. À huit ans, il surfe déjà tous les jours. À quinze ans, il rivalise avec les grands. À vingt ans, il devient l’un des meilleurs watermen de Tahiti.

    Sa relation avec Teahupo’o forge sa légende. Là où la plupart voient une mâchoire prête à se refermer sur eux, Malik y voit une danse précise, exigeante, presque intime. Il charge en tow-in, puis à la rame, dans un engagement absolu qui impressionne même les anciens. Une vague titanesque, en 2003, lui offre le Billabong XXL Tube of the Year, récompensant l’un des plus gros tubes jamais surfés à la rame. Le monde découvre alors ce sourire permanent, ce talent rare, ce jeune homme humble qui ne semblait jamais forcer quoi que ce soit.

    On le surnomme vite « Le Petit Prince de Tahiti » — un surnom qui ne quittera jamais sa mémoire collective.

    Pipeline, le rêve devenu tragédie

    Pipeline… lieu sacré, temple, juge et bourreau. Le 2 décembre 2005, Malik y surfe comme tant d’autres jours : concentré, solide, confiant. On est sur un swell longue période en forte hausse dans la journée de mémoire. C’est le genre de jour, où ce n’est pas si gros, mais la puissance des vagues indiquent que la houle est en hausse. Les conditions sont sérieuses, mais pas hors norme pour un surfeur de son calibre. Pourtant, comme souvent à Pipe, ce n’est pas le plus gros jour qui fait le plus grand mal.

    Vers 10h30, Malik s’engage sur la première vague d’un set de trois. Un take-off tardif. Un léger déséquilibre. Et la lèvre, lourde, qui s’abat sur lui en pleine accélération. Le choc est violent. Sa planche casse. Son leash est arraché. Ce qui ne devrait être qu’un wipe-out de plus se transforme en drame.

    Les témoins plongent, cherchent, crient. Greg Long, présent ce matin-là, raconte des minutes interminables où personne ne sait si Malik est remonté plus loin, s’il est sur la plage, s’il flotte quelque part sous la mousse. Finalement, son corps est retrouvé une quinzaine de minutes plus tard, dérivant vers Pupukea. Trop tard. Beaucoup trop tard.

    Pipeline a pris un prince.

    Une onde de choc dans le monde du surf

    La nouvelle traverse le monde comme une lame de fond. À Hawaii, un cercle de prière se forme spontanément sur le sable. En Polynésie, la tristesse est immense. En France, où Malik était particulièrement apprécié, la communauté surf est abasourdie.

    Benjamin Sanchis, ami proche, confiera simplement :
    « C’était un pote, un frère. Il était cool avec tout le monde, et tout le monde l’adorait. »

    Car au-delà du rideur spectaculaire, Malik était aimé pour sa simplicité. Aucun ego. Aucune posture. Juste un passionné, heureux d’être là, heureux d’être dans l’eau. Pipeline rappelle souvent sa dangerosité, mais ce jour-là, c’est un symbole qui disparaît. Un de ceux qui rappellent pourquoi ce spot est à la fois mythique et meurtrier.

    L’héritage d’un surfeur qui mérite d’être transmis

    Pour beaucoup d’entre nous, Malik Joyeux représente une époque du surf encore brute, profondément humaine. Une époque où les images de Teahupo’o faisaient frissonner une génération entière. Une époque où les icônes n’étaient pas des influenceurs, mais des garçons discrets qui repoussaient les limites avec un sourire timide.

    Et pourtant…
    Aujourd’hui, nombreux sont les jeunes surfeurs — 16, 18, 20 ans — qui ignorent totalement qui était Malik. La preuve en est mon fils de 18 ans, passionné de surf, ne connaît ni l’homme, ni l’histoire, ni la légende.

    C’est là que réside l’importance de raconter, encore et encore. Parce que la culture surf n’est pas seulement faite de tricks, de boards et de vidéos TikTok. Elle est faite de récits, de figures, de drames et de victoires humaines.
    Elle est faite de surfeurs comme Malik Joyeux.

    Transmettre son histoire, c’est maintenir vivant un héritage, une mentalité humble, un engagement total dans les vagues les plus dangereuses du monde.

    Un devoir de mémoire

    Icônes Surf, ancré depuis des années dans la culture surf française, a toujours eu ce rôle : raconter, documenter, transmettre. Et le 2 décembre reste une date impossible à oublier. Une date qu’on se doit de marquer chaque année, pour rappeler aux nouvelles générations d’où l’on vient, qui étaient les pionniers, qui ont ouvert les portes de Teahupo’o au monde entier.

    Malik n’a pas eu le temps de tout montrer.
    Mais ce qu’il a laissé suffit à inspirer des milliers de surfeurs.

    Qu’on se le dise :
    il fait partie de l’histoire du surf.
    Et notre responsabilité est de faire en sorte qu’il ne tombe jamais dans l’oubli.

    Là où les légendes surfent encore

    On aime imaginer Malik quelque part, dans un barrel sans fin, là où l’eau est claire et les vagues parfaites. Un endroit où le temps ne compte plus. Où les wipe-outs n’existent pas. Où les surfeurs charismatiques conservent pour toujours leur sourire.

    Chaque 2 décembre, on pense à lui.
    À ses proches.
    À ses amis.
    À la communauté tahitienne.
    Et à cet héritage immense qu’il nous a laissé.

    Mauruuru, Malik. I haere ma.

  • Localisme aux Canaries : l’affaire de Tenerife relance le débat sur la violence dans le surf

    Localisme aux Canaries : l’affaire de Tenerife relance le débat sur la violence dans le surf

    Aux Canaries, certaines vagues sont plus dangereuses que d’autres… mais parfois, ce ne sont pas les sets qui frappent le plus fort. Depuis quelques jours, une vidéo tournée à Punta Blanca, à Tenerife, fait le tour du monde : un local en furie qui attaque un couple de surfeurs touristes à coups de poings, puis à coups de pierres. Une scène d’une violence rare, filmée en plein jour, sous le regard impassible des gens sur la plage. Loin d’être un simple “accrochage”, cet épisode interroge la frontière entre le localisme — notion historique du surf — et l’agression pure et simple.

    Un incident choquant qui met Tenerife sous tension

    L’escalade en quelques minutes

    La vidéo montre une altercation qui dégénère : insultes depuis le lineup, coups échangés dans l’eau, poursuite jusqu’au parking, jets de pierres… Alexandra Caraballo et Cristian Mederos, deux touristes vénézuéliens, racontent avoir été agressés sans raison autre que leur simple présence à Punta Blanca.

    Selon l’Instagram Surf en Español :

    “Dès leur arrivée au spot, un local a commencé à leur crier dessus depuis l’eau, exigeant qu’ils partent et affirmant qu’ils n’avaient pas le droit d’être là.”

    Lorsque Cristian tente de désamorcer la situation et propose de se placer ailleurs, la discussion tourne court. Pas de dialogue, seulement l’envie d’en découdre. Les images montrent ensuite la violence monter à un niveau absurde : coups, tirages de leash, corps-à-corps hors de l’eau, puis jets de pierres sur les touristes… et même sur ceux qui les accompagnaient.

    Aucune intervention. Aucun secours. Aucun policier.

    Le local mis en cause se défend

    Rapidement identifié sous le surnom “Tintin”, l’homme visé publie une série de vidéos pour se justifier. Il accuse les touristes d’avoir “provoqué”, affirme que la scène serait “manipulée”, qu’il aurait été “mordu par leur chien”, et que son intention était de “maintenir le respect sur la plage”.

    Une défense qui n’a convaincu quasiment personne, qui dénonce massivement ce déferlement de violence.

    Canaries : un paradis… où certaines vagues ne sont pas vraiment pour tout le monde

    Les îles Canaries, souvent surnommées “le Hawaii de l’Europe”, possèdent une culture du localisme profondément ancrée. Spots accessibles depuis la route, vagues puissantes, lineups limités… et une fréquentation grandissante grâce aux vols low-cost : le cocktail parfait pour la tension.

    Un localisme historique, parfois justifié… mais souvent dépassé

    Les surfeurs des Canaries protègent leurs vagues depuis des décennies. Certains endroits sont explicitement déconseillés aux touristes. D’autres, officieusement réservés aux locaux. Ce n’est pas nouveau : intimidation, regards noirs, remarques sèches… beaucoup d’Européens qui ont surfé là-bas en parlent encore.

    Le problème, c’est quand ce localisme franchit la ligne :

    Ce qu’on voit dans la vidéo de Punta Blanca n’a plus rien à voir avec la défense d’un spot. Ce n’est plus une histoire de règles tacites. C’est un passage à tabac.

    Le localisme avant : rude, mais encadré par des codes

    Il y a trente ans, le localisme était plus dur, oui. Mais les codes étaient clairs, partagés, transmis aux surfeurs. Dire bonjour en arrivant. Respecter la rotation des vagues. Ne pas ramer sur tout. Ne pas se mettre à l’eau sur les rares vagues réservées aux locaux. Observer. Comprendre. S’adapter.

    Aujourd’hui, beaucoup débarquent dans l’eau sans connaître ces règles. Pas celles écrites sur les chartes des fédérations, mais celles qui font vivre un spot depuis cinquante ans.

    Une anecdote personnelle pour illustrer

    Il y a quelques années, aux Canaries, j’ai attendu quarante-cinq minutes au line-up. Tous les locaux avaient pris leur bombe, le spot se vide, une série arrive, je suis seul, je souris : enfin ma vague. Au moment où je démarre, une surfeuse locale jette volontairement sa planche devant moi pour m’empêcher de partir. Message reçu : session terminée. Je suis sorti de l’eau immédiatement pour aller surfer ailleurs.
    Une humiliation ? Oui. Une agression ? Non. C’était leur manière — discutable — d’imposer une règle qui existait déjà.

    À Hawaii, même histoire. Un jour sur un spot réservé aux locaux, personne à l’eau… mais un coup de pied dans la tête pour me rappeler que “personne” ne veut pas dire “tout le monde est bienvenu”. J’avais pris le risque. J’ai été puni. C’était brutal, mais je connaissais les règles (même s’il n’y avait personne au début de la session).

    À Punta Blanca, on n’est plus dans le localisme : on est dans la violence

    Ce qui choque dans cet incident, ce n’est pas la tension entre locaux et touristes — cela existe partout dans le monde du surf. Ce qui choque, c’est la perte totale de proportion.

    Les règles du surf n’ont jamais justifié ça

    Empêcher quelqu’un de prendre une vague ? Faire comprendre qu’un spot est sensible ? Mettre un regard noir ou une remarque sèche ?
    Oui, ça fait partie de la culture du surf, qu’on le veuille ou non.

    Mais frapper un couple, poursuivre des gens, jeter des pierres, se filmer ensuite en victime ?
    C’est un gouffre culturel. Et cela ne représente en rien les valeurs du surf ni des surfeurs canariens — dont une immense majorité condamne cette agression.

    Vers quelle coexistence pour les années à venir ?

    Les Canaries ne cesseront jamais d’attirer les surfeurs du monde entier. Les locaux continueront, légitimement, de vouloir préserver leurs vagues.
    Le défi ?
    Trouver un équilibre qui respecte les codes du surf sans laisser place aux comportements dangereux.

    Car si le localisme est un langage, la violence, elle, n’en est pas un.

  • Asher Pacey et Victor Bernardo : deux styles qui subliment le Maroc

    Asher Pacey et Victor Bernardo : deux styles qui subliment le Maroc

    Quand Asher Pacey et Victor Bernardo se retrouvent sur une longue droite marocaine, c’est une véritable démonstration de contraste et d’harmonie. Deux approches opposées, mais un même amour de la ligne parfaite.

    Asher Pacey : la douceur et la glisse sans effort

    Asher Pacey incarne un surf tout en contrôle. Léger, fluide, presque méditatif, il transforme chaque vague en sculpture mouvante. Son style reposant et minimaliste, amplifié par ses twins oversize, donne l’impression qu’il flotte plus qu’il ne surfe. Chaque manoeuvre paraît évidente, simple, naturelle.

    Victor Bernardo : la précision électrique du quad

    À l’opposé, Victor Bernardo apporte un surf chargé d’énergie. Accélérations soudaines, changements de rythme, prises de rails appuyées : il injecte une dose de vivacité dans chaque section. Son quad nerveux lui permet de garder de la vitesse même dans les passages les plus plats, soulignant une lecture de vague affûtée.

    Deux univers qui dialoguent sur une même vague

    Dans la vidéo d’Album Surfboards, les deux surfeurs dévoilent toute la richesse du point break marocain. Ce n’est pas le Maroc le plus massif de la saison, mais un Maroc élégant, rythmé, sublimé par un montage léché d’Ayoub Abouizza. Les couleurs chaudes, la lumière rasante et la longueur des rides rendent chaque séquence addictive.

    Les twins et les quads apparaissent ici comme un véritable cheat code : vitesse illimitée, transitions fluides et angles variés. Une démonstration de la polyvalence des planches alternatives, parfaitement adaptées aux longues droites locales.

    Le Maroc, terrain de jeu des stylistes

    Après cette vidéo, impossible de ne pas penser à l’histoire surf du pays : Anchor Point, les secrets bien gardés de Safi, et ces kilomètres de lignes qui permettent d’exprimer un style unique. Asher et Victor rappellent qu’au-delà de la performance pure, le surf reste un art — un langage personnel qui se révèle pleinement sur ces vagues interminables.

  • L’hiver débarque à Hawaii : Liam McNamara relance le Wave of the Winter pour un North Shore déjà en feu

    L’hiver débarque à Hawaii : Liam McNamara relance le Wave of the Winter pour un North Shore déjà en feu

    L’hiver hawaiien vient à peine de commencer que le North Shore rugit déjà comme un moteur au redémarrage. Les premiers gros swells ont frappé Oahu, réveillant Pipeline, Backdoor et Off the Wall dans leur version la plus brutale. Comme chaque année, la saison promet d’être sauvage, mais cette fois, un ingrédient mythique revient dans l’équation : le Wave of the Winter. Et c’est Liam McNamara, légende du Pipe des années 80 et 90, qui signe son grand retour.

    Le prix le plus démocratique du surf refait surface

    Depuis les années 2000, le Wave of the Winter récompense une chose simple et pure : la meilleure vague de l’hiver, celle qui fait hurler toutes les team houses alignées le long de la Kamehameha Highway. Une récompense qu’un champion du monde peut partager avec un inconnu. Un prix où la hiérarchie ne tient plus que sur une seule chose : le courage et la chance.

    Disparu depuis presque cinq ans, ce trophée revient grâce à une initiative indépendante menée par Liam McNamara, épaulé par Jeff Hall (Rogue TV) et Jake Howard (Surfer Mag). Sans les marques corporate, sans le bruit marketing : juste la communauté. Résultat : plus de 100 000 dollars levés auprès d’une vingtaine de petites entreprises, toutes prêtes à remettre le surf hawaïen là où il doit être — dans les mains de ceux qui risquent leur peau.

    Pipeline, Backdoor, Off the Wall : les arènes sont prêtes

    Le North Shore est souvent caricaturé, mais la vérité dépasse toujours la légende. À peine huit kilomètres de côte concentrent la violence de l’océan Pacifique, la densité de surfeurs la plus folle du monde et une atmosphère électrique où tout se joue en quelques secondes. Pipeline est au centre du cyclone : la vague la plus belle, la plus célèbre, la plus dangereuse.

    Les premiers swells de la saison ont déjà montré les dents. Les locaux parlent d’un hiver potentiellement énorme. Et comme le rappelle Liam, une vague iconique peut venir de n’importe où : un carve à Haleiwa, un 720 à Rocky Point, un barrel interminable à Sunset… voire un Mason Ho sorti de nulle part en train de kickflip par-dessus un rocher.
    À Hawaii, tout peut arriver.

    Une récompense pensée pour les surfeurs, par les surfeurs

    Le nouveau Wave of the Winter est plus ambitieux que jamais. Le lauréat de l’hiver recevra 25 000 $ pour un unique ride. Chaque mois, trois surfeurs et trois cameramen seront récompensés, avec un minimum de 5 000 $ pour la Wave of the Month. Une prime spéciale de 5 000 $ distinguera même un First Responder (quelqu’un qui portera assistante à un surfeur en difficulté), ces héros du quotidien qui veillent sur les line-ups et ont, dans le cas de McNamara, sauvé la vie de son propre fils.

    Les vagues prises en compétition ne compteront pas, une décision qui renforce l’esprit pur et brut du prix. Exit les heats. Exit les priorités. Ici, le jury, composé notamment de Nathan Fletcher, pourrait couronner un inconnu tout autant qu’un John John Florence.

    Les favoris ? Le hasard reste roi

    Lorsque Nathan Florence — vainqueur du prix 2017/2018 — évoque ses favoris, il rappelle une vérité simple : le Wave of the Winter, c’est la loterie du chaos. Être au bon endroit au bon moment. Avoir l’audace d’aller sur une vague “borderline insurfable”. Et surtout, réussir à en sortir.

    John John Florence et Barron Mamiya, présents toute la saison avant le lancement du tour en avril, font figure de candidats naturels. Jamie O’Brien, lui, peut prendre n’importe quelle vague, n’importe quand. Les Koa Rothman, Eli Olson et Ivan Florence sont des habitués de la hiérarchie locale, capables de se positionner pile là où il faut. Derrière eux, une armée de talents prêts à risquer la chute de leur vie pour décrocher la vague de l’hiver.
    Parmi eux : Eala Stewart, Kala Grace, Shion Crawford…

    Mais la vérité, c’est que tout reste ouvert.

    L’hiver 2025/2026 s’annonce incandescent

    La waiting period commence le 1ᵉʳ décembre et durera 90 jours. Et si l’on en croit les premières images, le premier swell pourrait déjà sortir une vague historique.

    La saison ne fait que commencer. Le concept est relancé. Les spots sont prêts. Les caméras tournent. Les chargeurs sont affûtés.
    L’hiver à Hawaii est officiellement là… et il s’annonce incandescent.

  • The Right, mai 2016 : le jour où la vague a failli tout avaler

    The Right, mai 2016 : le jour où la vague a failli tout avaler

    Il y a des images qui vieillissent bien. Et puis il y a celles qui, dix ans plus tard, te collent encore des frissons. « Death Rites », la dernière vidéo exhumée par Tim Bonython, fait clairement partie de la deuxième catégorie.

    Une journée où tout a basculé

    The Right n’a jamais eu besoin de publicité pour être considérée comme l’une des vagues les plus dangereuses de la planète. Mais ce jour de mai 2016, l’océan a décidé d’aller plus loin : plus gros, plus sombre, plus violent. Dans son spot habituel, posé sur un jet-ski dans le channel, Tim Bonython raconte que chaque set donnait l’impression qu’un marteau gigantesque fonçait droit sur lui. Pas une exagération : cette droite mutante peut aspirer l’océan en quelques secondes, se dresser comme un mur d’acier, puis exploser sur le reef avec la puissance d’un train lancé à pleine vitesse.

    Ce jour-là, l’horizon s’est éteint. L’eau s’est retirée des rochers. L’air vibrait. Le moindre impact produisait un souffle sonore qui n’arrivait qu’après la déflagration — comme un écho de guerre.

    Un casting de légendes… et de survivants

    Si cette session est aujourd’hui rééditée dans une version complète de 22 minutes, c’est parce qu’elle réunit un casting de surfeurs qui connaissent The Right comme personne : Ryan Hipwood, Russell Bierke, Kerby Brown, Mick Corbett, Bradley Norris, Chris Shanahan, Rudi Schwartz, Benny Ruffus, Chris Ross, Jarryd Foster… et même deux bodyboardeurs emblématiques du spot : Brad Stone et Lewy Finnegan.

    Des noms qui, pris séparément, imposent le respect. Ensemble, face à un monstre en furie, ils donnent un aperçu brut de ce que signifie vraiment “engagement”.

    Le jour où la caméra tremble autant que les surfeurs

    Beaucoup d’images de cette session avaient déjà été aperçues dans The Big Wave Project 1. Mais comme souvent avec les archives de Bonython, le meilleur dormait encore sur un disque dur. Dans “Death Rites”, on découvre enfin :

    • la vraie taille des sets, parfois trop gros pour être surfés,
    • des wipeouts d’une violence quasi irréelle,
    • des visions de tubes carrés comme des ascenseurs,
    • et cette sensation d’être coincé dans un endroit où l’erreur n’existe pas.

    Le channel lui-même n’est pas un refuge : chaque vague secoue le jet-ski, arrache l’air ambiant, fait vibrer l’objectif. Tim explique que c’est “le seul angle où tu peux vraiment sentir la vague venir sur toi”. Pas étonnant qu’il parle d’un “marteau” au-dessus de sa tête.

    Pourquoi cette vidéo sort aujourd’hui ?

    Parce que certains moments méritent une seconde vie. Parce que la mémoire du big wave surfing se construit aussi sur ces journées-là : celles où la frontière entre adrénaline, folie et lucidité devient très mince.
    Et surtout parce que cette session de 2016 représente ce que The Right est vraiment : une vague qui frappe sans pitié, un monument de puissance, un laboratoire de courage.

    “Death Rites” n’est pas une vidéo de surf de plus : c’est une immersion. Une façon de ressentir, depuis ton canapé, ce que vivent ceux qui s’aventurent sur l’un des slabs les plus dangereux du monde.

  • L’hiver hawaiien, l’objectif braqué sur le North Shore

    L’hiver hawaiien, l’objectif braqué sur le North Shore

    Quand l’hiver hawaiien démarre, tous les regards se braquent vers Oahu. C’est la saison où il faut briller, même quand les line-ups débordent d’énervés prêts à se jeter sur n’importe quel set. Et au centre du cyclone médiatique, il y a le North Shore, cette bande mythique où les spots s’enchaînent comme les perles d’un collier. De Waimea à Sunset, il n’y a même pas 5 kilomètres : un minuscule village étiré le long de la Kamehameha Highway, où tout le monde se croise, où tout le monde se connaît… et où tout se joue.

    Seule exception : Haleiwa, le centre humain du North Shore, un peu excentré mais indispensable, véritable cœur battant de cette côte qui fascine le monde entier.

    C’est ici que le réalisateur Connor Trimble a posé sa caméra pour son nouveau film Hometown Hype 2025. Un pari difficile : raconter un lieu déjà filmé, photographié et mythifié sous tous les angles.

    Un microcosme unique : la campagne agitée du surf mondial

    La magie du North Shore, c’est sa contradiction permanente. Sur le papier, c’est presque la campagne :

    • des coqs et des poules qui traversent la route en toute impunité,
    • une végétation luxuriante,
    • des maisons modestes noyées dans le vert,
    • ce leitmotiv local : “Keep the North Shore green”.

    Mais cette tranquillité n’existe que dans les cartes postales. Car la réalité du quotidien, c’est un mélange improbable :
    la Kamehameha Highway saturée de voitures,
    des parkings minuscules débordant de surfeurs,
    des foules sur le sable dès la moindre alerte de swell,
    et ce fameux Foodland, point de convergence absolu – on y croise autant de pros que de groms, tous en train de faire leurs courses entre deux sessions.

    Le tout, dominé par une caserne de pompiers qui veille sur l’un des écosystèmes marins les plus dangereux et exigeants du monde.

    Un regard neuf : filmer les gens plutôt que les vagues

    Trimble l’explique clairement : « Le North Shore est la Mecque du surf, mais sa vraie richesse dépasse largement les vagues. Ce sont les gens qui rendent cet endroit unique. »

    Loin des clichés surf porn ou des tubes héroïques déjà vus mille fois, il choisit de raconter la vie qui se joue entre les sets :

    • des locaux qui se connaissent tous,
    • des familles implantées depuis des générations,
    • des surfeurs qui partagent la même route, les mêmes supermarchés, les mêmes horaires de marée,
    • et une communauté soudée malgré l’effervescence permanente.

    Haleiwa, le pivot entre mythe et quotidien

    Le film nous ramène aussi à Haleiwa, cette petite ville attachante où tout converge. C’est ici que Trimble retrouve les visages familiers :

    • Mason Ho, l’âme solaire du North Shore,
    • Jamie O’Brien, quasi résident de Pipeline,
    • Brian Bielmann, œil et photographe légendaire,
    • Jon Pyzel, artisan des planches les plus convoitées,
    • Moona Whyte, incarnation parfaite du souffle hawaiien…

    À travers eux, Trimble montre ce que les touristes ne voient jamais : une culture, une intimité, une identité profondément vivante, qui perdure même lorsque les vagues s’endorment.

    Un hommage à une communauté qui vit dans le surf, mais pas que pour le surf

    Au final, ce film réussit là où tant d’autres échouent : il capte l’âme du North Shore.
    Oui, c’est le terrain d’essai le plus rude et le plus médiatisé du monde.
    Oui, tout y est serré, cher, bruyant, parfois épuisant.
    Mais ce qui fait vibrer cet endroit, c’est la communauté qui, malgré les coqs, le chaos de la route, les foules sur le sable et les swells monstres, continue de répéter :
    “Keep the North Shore green.”

    Un film qui rappelle que derrière les vagues, il y a avant tout une manière de vivre.

  • Joel Tudor encore dans la tourmente : un simple commentaire rallume la polémique

    Joel Tudor encore dans la tourmente : un simple commentaire rallume la polémique

    Difficile de trouver un surfeur qui divise autant que Joel Tudor. Légende du longboard, triple champion du monde, icône du style traditionnel… mais aussi aimant à controverses, spécialiste des sorties de route et figure paternaliste d’un rétro-surf souvent caricatural. Cette semaine, une nouvelle polémique s’ajoute à la liste : un simple commentaire sur Instagram autour du drapeau confédéré a déclenché un feu d’artifice sur Reddit. Et une fois encore, Tudor en prend pour son grade.

    Tout est parti d’un souvenir partagé par le Californien : une planche aperçue il y a des années en Floride, décorée intégralement comme un drapeau confédéré. Il décrit “un travail de résine incroyable” et regrette de ne pas l’avoir achetée. Rien de politique selon lui, juste l’admiration d’un travail artisanal. Mais sur Reddit, l’interprétation est tout autre : les utilisateurs dégainent immédiatement les termes “fasciste”, “quasiment nazi”, “provocation sournoise”. Le ton monte, et les commentaires s’enchaînent.

    Ce n’est pas la première fois que Tudor se retrouve sous le feu des projecteurs pour ses positions ou ses provocations. On parle d’un homme connu pour jouer les “gardes du temple”, qui juge sans filtre, attaque en ligne et se plaît régulièrement à opposer “vrai surf” et “modernité”. Sur Reddit, un commentaire résume parfaitement l’image qu’il renvoie :

    « Il est le leader des talibans du retro single-fin. Si tu surfes une planche moderne au mauvais moment, pas d’invit’ au Duct Tape Invitational. »

    Pas besoin de chercher longtemps pour comprendre pourquoi cette phrase circule depuis des années dans la communauté. Nombreux sont ceux qui reprochent à Tudor d’avoir transformé la culture longboard en micro-secte élitiste, où seuls les puristes estampillés “old school validés par Joel” auraient droit de cité. Et pour certains athlètes—dont des Français pourtant exemplaires—ses prises de position frôlent parfois l’obsession personnelle. Du coup, je vous avoue, avoir adopté la même obsession sur lui….lol

    La polémique actuelle a donc servi de catalyseur : sous couvert d’un débat sur un symbole de l’histoire américaine, les internautes déversent surtout des années de frustration accumulée. Entre les accusations d’arrogance, les commentaires moqueurs sur son attitude condescendante et les récits de rencontres peu flatteuses, l’image de Tudor prend encore un coup.

    Et comme souvent, le débat politique s’invite dans le surf. Certains rappellent que le drapeau confédéré reste un symbole associé au racisme, au suprémacisme blanc et à la ségrégation. D’autres insistent sur la nuance historique. Un utilisateur tente même de remettre un peu de contexte, notant que “la majorité des soldats confédérés n’étaient pas propriétaires d’esclaves”. Une tentative d’équilibrer le débat… noyée immédiatement sous les downvotes.

    En réalité, l’affaire dit moins de choses sur un drapeau que sur l’homme qui l’a mis en lumière. Joel Tudor s’est bâti une réputation : du génie du longboard au provocateur professionnel, il joue souvent avec la ligne rouge. Parfois par passion, parfois par ego, souvent par plaisir de contrarier. Mais à chaque fois, l’étincelle allume un brasier.

    Reste une question : que restera-t-il de tout ça ? Pour beaucoup, pas grand-chose. Juste une polémique de plus sur un surfeur qui semble parfois autant aimer la confrontation que le nose-ride. Mais pour d’autres, c’est un rappel que l’aura d’une légende ne suffit pas à effacer les dérives du personnage.

    Une chose est sûre : Joel Tudor n’a pas fini de diviser.

  • Dylan Graves bat un record du monde improbable sur une vague de marée en Indonésie

    Dylan Graves bat un record du monde improbable sur une vague de marée en Indonésie

    Dans la famille des records de surf les plus insolites, voici un nouveau champion : Dylan Graves, le surfeur porto-ricain spécialiste des weird waves, vient d’être officiellement reconnu par le Guinness World Records pour avoir réalisé… 46 top turns sur une seule vague. Oui, 46.

    Le décor de l’exploit ? The Bono, aussi appelée 7 Ghosts, une vague de mascaret située au fin fond de Sumatra, réputée pour son phénomène unique : un undular bore composé de plusieurs vagues successives qui se forment lors d’une montée de marée extrême. Une vague étrange, capricieuse… mais parfaite pour enchaîner un nombre indécent de virages.

    Graves avait été inspiré par la fameuse expédition The Search de Rip Curl en 2011. Plus d’une décennie plus tard, il est allé vérifier par lui-même si la légende tenait encore debout — et il est revenu avec un record à la clé.

    Ce record arrive dans un contexte où les performances “non traditionnelles” explosent. Il y a quelques semaines, un Autrichien, Maximilian Neuböck, surfait une vague de rivière pendant 8h05min44s, décrochant le titre de la “plus longue vague surfée en eau libre”.
    Pendant ce temps, le record de la plus grosse vague surfée reste bien accroché par Sebastian Steudtner et son monstrueux 86 pieds à Nazaré en 2020.

    Alors oui, ce ne sont peut-être pas les records les plus “classiques”, mais ils poussent les limites du surf là où personne ne regarde… et c’est exactement ce qui rend ces histoires passionnantes.

  • Sean Collins : l’homme qui a changé à jamais les prévisions de surf

    Sean Collins : l’homme qui a changé à jamais les prévisions de surf

    Difficile d’imaginer le surf moderne sans ces cartes colorées, ces modèles météo ultra-précis ou ces webcams braquées sur les meilleurs spots du monde. Pourtant, tout cela n’a pas toujours existé. Avant Surfline, avant Internet, avant même la notion de “prévision de swell”, les surfeurs vivaient littéralement dans le brouillard météo. Puis un homme a tout changé : Sean Collins, le fondateur visionnaire de Surfline, dont l’histoire est racontée dans une vidéo hommage passionnante. Une histoire de passion, de flair, de sciences et d’instinct marin hors du commun.

    De Scorpion Bay aux premières théories modernes du swell

    Tout commence dans les années 70, quand Sean Collins n’est encore qu’un surfeur amoureux de la Basse-Californie et de Scorpion Bay. À l’époque, la croyance générale est simple : les seules houles qui touchent Baja viennent des ouragans. Point final.

    Sauf que Collins, lui, se balade toujours avec un globe terrestre. Et il démontre déjà, avec une avance folle sur tout le monde, que certaines houles peuvent voyager depuis… la Nouvelle-Zélande. Une révélation qui paraît totalement délirante pour ses potes de l’époque — mais qui deviendra plus tard la base même de la science des swells longs périodiques.

    C’est là que l’histoire bascule : Collins n’est plus seulement un surfeur. Il devient un chercheur. Un détective du swell. Un pionnier.

    À l’époque, le forecasting était un art. Un art… analogique

    Les témoignages de la vidéo sont éloquents : avant Collins, c’était “l’âge sombre”. Pas de données satellites, pas de bouées organisées, pas de graphiques en temps réel. Sean, lui, analyse les cartes papier, décodant les pressions, les vents, les dépressions. Il apprend à lire dans les nuages comme d’autres lisent dans les lignes de la main. Il devine les futures houles avec une intuition presque surnaturelle, nourrie par des années de navigation et d’observations.

    “On était en avance sur tout le monde”, raconte un de ceux qui ont travaillé avec lui.
    Et cela, bien avant que le business du forecasting existe.

    976-SURF, le premier contact magique

    Avant Surfline, il y a une innovation méconnue mais culte : 976-SURF, une ligne téléphonique américaine où la voix de Collins annonçait les conditions du jour. Une sorte de hotline de la houle. Les surfeurs écoutaient ça comme une drogue matinale.
    “Le swell arrive vendredi… un petit sud-ouest sur la Californie du Sud…”
    Et soudain, tout un littoral vibrait en même temps.

    Le swell n’était plus un mystère.

    PS: on a connu le même phénomène en France avec Surf Report, et la voix de Michel Boyer, il me semble….

    Puis vint Surfline. Et le surf changea pour toujours

    Avec l’arrivée d’Internet, l’intuition géniale de Collins prend une dimension mondiale. Surfline devient la référence absolue, un allié indispensable aux surfeurs du monde entier, du débutant au big-wave rider.

    Les webcams en direct ?
    C’est lui.
    Les cartes interactives ?
    Encore lui.
    La culture même du “je check la cam avant d’aller surfer” ?
    Oui, lui aussi.

    La vidéo raconte très bien cette sensation d’avoir accès à quelque chose de presque “vaudou” pour l’époque. Regarder Pipeline en direct depuis un ordinateur dans les années 90, c’était de la science-fiction.

    Un instinct que même la technologie ne pouvait égaler

    Malgré les modèles météo, malgré la data, malgré les avancées techniques, Sean Collins gardera toute sa vie une capacité presque animale à “sentir” les swells.

    Certains témoignent qu’il pouvait littéralement sentir un changement de météo… à l’odeur de l’air.
    D’autres racontent qu’il donnait des fenêtres horaires tellement précises que leur carrière de big-wave rider lui doit à peu près tout.

    “Va à l’eau entre 14h et 16h.”
    Et le swell arrivait. Exactement comme prévu.

    Impossible de ne pas être admiratif devant une telle maîtrise.

    Un héritage colossal : des millions de surfeurs connectés à la passion d’un seul homme

    La vidéo se conclut sur la disparition de Collins, en 2011, et sur la gigantesque cérémonie organisée en son honneur. Des centaines de surfeurs rassemblés dans l’océan pour célébrer celui qui, finalement, a offert quelque chose de précieux : la capacité de prévoir la magie.

    Car Sean Collins n’a jamais créé les vagues.
    Mais il nous a appris à les attendre.
    À les comprendre.
    À les rencontrer.

    Et son impact continue encore aujourd’hui, dans chaque refresh de Surfline, dans chaque trip organisé grâce à une carte météo, dans chaque swell anticipé.

    Un homme.
    Un passionné.
    Un génie discret.
    Et l’un des surfeurs les plus influents de toute l’histoire de notre sport.

  • Docteur Strange victime d’un “accident de surf” ? La vraie histoire derrière la révélation de Benedict Cumberbatch

    Docteur Strange victime d’un “accident de surf” ? La vraie histoire derrière la révélation de Benedict Cumberbatch

    Quand on parle de surf et de célébrités, on pense rarement à Benedict Cumberbatch, aka le mythique Docteur Strange de Marvel. Et pourtant… l’acteur anglais a surpris tout le monde en révélant qu’il s’était mis au surf sur le tard — et qu’il avait même dû faire une pause forcée après un sérieux pépin à l’épaule. De quoi déclencher un mini-buzz dans la planète people/surf.

    Tout est parti d’une interview dans le podcast Smartless, où Jason Bateman lui demande s’il y a quelque chose qu’il aimerait maîtriser à moitié aussi bien que son métier d’acteur. Cumberbatch répond du tac au tac : “le surf”. Pas un rôle, pas une technique de jeu… non, une planche et des vagues.

    Un surfeur tardif, mais complètement accro

    L’acteur raconte qu’il a découvert la discipline en Nouvelle-Zélande, pendant le tournage (et surtout l’arrêt brutal) de The Power of the Dog durant le Covid. Bloqué dans le pays avec sa famille, il s’installe près d’une petite droite tranquille de Te Awanga, à Hawke’s Bay — l’endroit où tout a commencé.

    Et comme beaucoup de surfeurs, il se fait happer par la magie du line-up :

    “Je suis tombé amoureux de cette sensation, de l’océan, du littoral, du moment présent… C’est impossible à expliquer à quelqu’un qui n’a jamais surfé.”

    Le “presque accident” qui fait parler

    Mais Cumberbatch glisse aussi une info plus sombre : une opération de la coiffe des rotateurs (les tendons de l’épaule) l’a tenu éloigné de l’eau pendant six mois. Pas un wipe-out dramatique à Hollywood, mais suffisamment sérieux pour devenir… un accident de surf façon Docteur Strange, dans les titres du moment.

    Une passion qui rassemble tout le monde

    Ce qu’il préfère dans le surf ? Le mélange improbable de profils dans l’eau : du dealer au chef de la police, tous dans la même file d’attente pour une vague, “tant que tu ne leur voles pas la leur”. Je pense que l’acteur n’a pas fréquenté les spots avec des locaux pas très accueillants…

  • Roasted : Harry Bryant au cœur d’un typhon en Asie de l’Est

    Roasted : Harry Bryant au cœur d’un typhon en Asie de l’Est

    Quand Harry Bryant décide de partir en mission, ce n’est jamais pour une promenade de santé. Avec Roasted, sa dernière vidéo tournée au bord d’un typhon dans l’Extrême-Orient, le surfeur australien prouve une nouvelle fois que l’exploration pure, sans artifice, existe encore. Et qu’elle peut offrir quelques-unes des vagues les plus improbables de l’année.

    Une mission née d’une intuition (et d’un météorologue amateur obsédé)

    À l’origine de cette aventure : Dav Fox, ami, filmer et compagnon de routes depuis dix ans. Son passe-temps favori ? Scruter Google Earth, disséquer les cartes météo et repérer des anomalies qui pourraient devenir, un jour, des vagues mythiques. Cette fois, il surveillait l’Asie de l’Est, frappée par une saison de typhons particulièrement active.

    Il fallait une conjonction parfaite :
    – un typhon assez proche pour lancer la houle,
    – suffisamment de pluie pour que la rivière locale déverse un banc de sable précis dans l’océan,
    – mais pas trop de vent pour ne pas ruiner le spot.

    Un alignement d’une précision chirurgicale… et une vague qui n’avait pas fonctionné depuis six ans.

    Quand Dav appelle Harry, celui-ci sait immédiatement que quelque chose de spécial est en train de se jouer.

    48 heures pour attraper une vague fantôme

    Le duo monte dans un avion le lendemain, direction un pays où ils ne connaissent absolument personne et dont ils ne maîtrisent pas la langue. Entre les ruelles labyrinthiques d’un village rural, les marchés où des anguilles et crustacés les dévisagent et des menus impossibles à décoder, ils cherchent à atteindre la sortie de rivière repérée sur satellite.

    Ils ne savent même pas si le spot marche.

    Puis, un hasard total : au détour d’un mur, ils tombent sur six surfeurs locaux. L’un d’eux reconnaît Harry instantanément et, hilare, les guide à travers un grillage tordu et quelques mètres de barbelés. Quelques pas plus tard, la magie opère : une droite parfaite déroule, belle, rapide, cylindrique, presque trop belle pour être vraie.

    Une vague chaude, vive et hypnotique

    La vague de Roasted n’a rien d’un slab terrifiant. Pas de rochers, pas de courant glacial. Juste une droite chaude, propre, légèrement « overhead », qui ouvre sur des barrels interminables et des sections où Harry peut laisser parler son sens du timing et de la vitesse.

    Il surfe sur une planche spéciale : une 7’1’’ signée Josh Keogh, retiré depuis longtemps, mais ressuscité pour l’occasion. La même qui lui avait offert des lignes sublimes au Maroc. Dans ce décor asiatique, elle devient presque un talisman.

    Harry ne force rien : il lit les sections avec une fluidité déconcertante, s’engouffre dans les tubes, en ressort propulsé, puis enchaîne les carves incurvés avec cette grande planche comme si la vague lui parlait. Un style incroyable…

    Une aventure improbable devenue un film

    Ce qui devait être un pari météorologique est devenu une vidéo hypnotique, bercée par Afroman, du violon et une harpe chinoise. Roasted, c’est la preuve qu’il reste des surprises, des vagues qu’on ne voit que trop rarement…

    Deux amis, un typhon, un banc de sable, un pays inconnu, et l’une des plus belles surprises de l’année.

  • Un voyage extrême vers le Nord : cinq mois à chercher le silence et les vagues

    Un voyage extrême vers le Nord : cinq mois à chercher le silence et les vagues

    Il y a des projets qui naissent dans la chaleur poussiéreuse du Sénégal… et qui vous emmènent, quelques mois plus tard, au bout du monde. C’est exactement ce qui est arrivé à Paco Elissalde et Isis Gouhry, partis pour un périple de 25 000 kilomètres à travers l’extrême nord, à la recherche de ces line-ups isolés que les surfeurs fantasment depuis toujours. Leur film, qui cumule à peine 800 vues – un véritable scandale – est pourtant l’une des plus belles invitations à l’aventure que vous verrez cet hiver.

    « The most intense, frustrating, exhausting, magnificent, cold trip of our lives » : la description donne le ton. Pendant cinq mois, ils ont traversé des paysages hors du temps, coincés entre des montagnes enneigées et une nature brute, presque inquiétante. Loin des clichés du surf performance, leur voyage raconte autre chose : la recherche d’un sentiment, celui d’être seul au monde face à une vague, aussi petite soit-elle.

    Les journées sont courtes, trop courtes. Le froid est constant, mordant. Les nuits sont interminables, traversées par l’humidité et parfois illuminées par une aurore boréale. À chaque étape, le décor change, mais un fil rouge demeure : cette impression de toucher un bout du monde encore épargné. Ils rencontrent des cultures menacées par la modernité, croisent une faune sauvage intacte et découvrent des terres où la solitude n’est pas un choix, mais une évidence.

    Côté surf, ne cherchez pas le niveau qui claque, les manœuvres à couper le souffle ou des musiques superproduites. Ce film est une ode au voyage, pas un montage de performance. On y voit des vagues modestes, parfois capricieuses, mais sublimées par des décors irréels : fjords silencieux, plages oubliées, montagnes glaciaires qui touchent presque l’eau. Et à chaque session, ce même émerveillement : être là, simplement, sans foule, sans bruit, sans autre objectif que d’aller voir ce qu’il y a derrière la prochaine route gelée.

    Ce voyage rappelle une vérité simple : le surf n’est pas uniquement affaire de puissance, de tubes ou de prises de risques. C’est aussi — et surtout — une quête de liberté. Une manière de renouer avec ce qui nous dépasse, avec ce que beaucoup cherchent sans jamais vraiment le trouver.

    Et si la vidéo ne compte que 800 vues, elle, au moins, a réussi sa mission : donner envie de repartir, de s’enfoncer dans l’hiver, de rêver à un horizon blanc et silencieux.

  • CT 2026 : le retour des superstars… dans le format le plus brutal de l’histoire du surf moderne

    CT 2026 : le retour des superstars… dans le format le plus brutal de l’histoire du surf moderne

    Le surf professionnel adore les revirements. Mais celui que vit la World Surf League en 2026 a quelque chose d’unique : alors qu’elle durcissait comme jamais son système de compétition, les plus grandes stars de la discipline ont décidé… de revenir. Carissa Moore, Stephanie Gilmore, John John Florence, Gabriel Medina : quatre icônes, quatre générations, quatre visions du surf, un même choix.

    Mais là où l’histoire devient fascinante, c’est que ce retour massif survient au moment précis où la WSL adopte son format le plus impitoyable, le plus sélectif de toute son histoire.
    Le CT 2026 est une révolution silencieuse : un mélange de nostalgie assumée et de modernité brutale qui redéfinit entièrement la manière de devenir champion du monde.

    Le retour du championnat cumulatif : la décision que voulaient les champions

    Finies les WSL Finals façon “champion du monde en une journée”. Terminé le format winner-takes-all sur un spot unique. La WSL a remis la couronne là où elle a toujours eu le plus de légitimité : sur la durée d’une saison complète.

    Ce retour à un titre construit étape après étape, performance après performance, a eu l’effet d’un électrochoc dans le monde du surf.

    John John Florence l’avait dit : “Un titre doit se jouer sur une saison entière, pas en un seul jour.”
    Carissa Moore a souffert de deux titres perdus malgré une saison parfaite.
    Steph Gilmore a toujours défendu l’idée que le champion doit être celui qui brille toute l’année.
    Medina, enfin, a toujours favorisé les systèmes exigeants et réguliers.

    En bref, les anciens champions du monde ont eu ce qu’ils voulaient. Simple, net, efficace.

    Sur le plan marketing, la WSL est gagnante : quatre méga-stars de retour, des millions d’abonnés qui réintègrent l’écosystème CT, et un engouement médiatique retrouvé.

    Mais sportivement ?
    L’histoire est beaucoup moins simple.

    Le format 2026 : une montée en puissance… dans un champ de mines

    Pendant que les superstars reprennent place dans le Tour, la WSL annonce des règles plus dures :
    plus de rounds non-éliminatoires
    plus aucune seconde chance
    chaque heat fait avancer ou sortir

    Le CT 2026 devient un système de survie permanente. Même les surfeurs les plus expérimentés n’ont plus le droit à un seul faux pas. C’est la fin du round 2, le round « Joker ». Le problème n’est pas seulement la sévérité des éliminations directes. Le cœur du débat se trouve déplacer ailleurs : dans le système de seeds et dans la manière dont les tableaux sont construits.

    Les wildcards : les vraies sacrifiées du nouveau système

    Contrairement aux rumeurs, aucune superstar ne revient en 2026 via une wildcard saisonnière.
    En revanche, ce sont bien les wildcards classiques — locales ou event wildcards — qui héritent d’un rôle quasi sacrificiel.

    Leur situation est extrêmement compliquée :

    • elles commencent obligatoirement en Round 1,
    • elles affrontent des surfers classés 29 à 34,
    • puis, si elles gagnent, elles tombent directement sur les seeds 1 à 4 (hommes) ou 1 à 8 (femmes),
    • le tout dans un format éliminatoire sans aucun repêchage.

    Le bracket 2026 ressemble plus à une colline verticale qu’à un escalier logique.
    Les wildcards, elles, commencent tout en bas… les pieds attachés.

    Ce n’est pas un hasard : le système est pensé pour “protéger” les têtes de série. Mais dans un format où la moindre erreur coûte toute une étape, cette protection devient un avantage énorme — quasi insurmontable.

    Et les superstars dans tout ça ?

    Ironiquement, les champions historiques — Moore, Gilmore, Florence, Medina — qui reviennent en 2026 ne subissent aucune pénalité structurelle.

    Ils ont :

    • un seed réel (au bout de la première épreuve, j’imagine),
    • une entrée dans le tableau équilibrée,
    • une progression logique,
    • la possibilité d’accumuler des points durablement,
    • et la saison pour construire leur titre.

    En clair :
    Ils reviennent dans le format le plus dur, mais aussi dans les conditions les plus favorables.

    Ce qui crée une situation paradoxale — presque théâtrale :

    • les légendes reviennent grâce à un format qu’ils ont toujours voulu,
    • ce format devient plus brutal que jamais,
    • mais ce sont les wildcards et les rookies… qui en paient le prix fort.

    Un CT 2026 plein de promesses et de dommages collatéraux

    Le surf professionnel vit une mutation rarissime. D’un côté, le retour d’un système plus crédible et respecté par les champions. De l’autre, une intensité compétitive qui n’a jamais été aussi élevée.

    Le CT 2026 sera un mélange explosif avec le retour des superstars, la brutalité du tableau en élimination directe pourrait bien créer autant de héros que de victimes.

    Une chose est sûre :
    la saison 2026 ne sera pas seulement un retour aux sources — ce sera un stress-test permanent.

  • Clément Roseyro ouvre l’hiver à Nazaré avec un premier swell XXL

    Clément Roseyro ouvre l’hiver à Nazaré avec un premier swell XXL

    Quand l’hiver frappe à Nazaré, ce n’est jamais timidement. Et pour ce premier swell de la saison, Clément Roseyro était — évidemment — au rendez-vous. Le Français, devenu en un temps record une référence des grosses vagues, ouvre une nouvelle fois le bal avec une vidéo qui sent la mousse froide, l’adrénaline et cette obsession très personnelle qu’il entretient avec les murs liquides portugais.

    L’éclosion éclair d’un surfeur hors-norme

    Il y a encore quelques années, Clément Roseyro était surtout connu des initiés pour sa polyvalence rare : surf, foil, kite, wing, tow-in… Il touche à tout, et surtout, il excelle partout. Une trajectoire qui rappelle forcément celle de Kai Lenny, souvent citée lorsqu’on parle de ces athlètes multi-supports capables de lire l’océan comme personne. Sauf que cette fois, la comparaison vient avec une bonne dose de fierté : Clément Roseyro, c’est notre Kai Lenny français.

    Et malgré son jeune âge, il fait déjà partie de ceux dont la simple présence rassure les équipes sur l’eau. À Nazaré, on l’a vu très tôt prendre des lignes sérieuses, s’imposer dans les discussions, puis dans les images. Aujourd’hui, il est clairement devenu l’un des noms qui comptent.

    Un premier swell qui donne le ton

    La vidéo démarre comme un bulletin météo diabolique : une houle propre, solide, longue, l’un de ces signaux que tout surfeur de grosses vagues reconnaît instantanément. Clément était déjà sur zone, prêt à dégainer la planche et préparer le jet ski.

    Dans ce premier swell d’hiver, il enchaîne les drops tendus, les lignes à haute vitesse et quelques rides d’école, le genre qui fait comprendre en une seconde pourquoi il a gagné autant de crédibilité sur place. Ce n’est pas juste du courage : c’est du sang-froid, de la lecture, de la technique, et surtout une vraie vision de la vague.

    Une saison qui s’annonce féroce

    Si le premier swell ressemble à ça, la suite promet des épisodes encore plus intenses. On parle d’une année Nina, souvent annonciateur de swell consistant et fréquent sur nos côtes. Nazaré n’a jamais été un spot de demi-mesure, et Clément Roseyro semble plus affûté que jamais pour cette nouvelle saison hivernale. Sa capacité à rester calme dans le chaos, à accélérer là où d’autres ralentissent, et à transformer chaque mur d’eau en ligne artistique laisse présager le meilleur.

    Une chose est sûre : l’hiver ne fait que commencer, mais Clément Roseyro est déjà lancé à pleine vitesse. Et cette nouvelle vidéo en est la première preuve éclatante.

  • Tristan Guilbaud, toujours aussi solide : une vidéo raw qui rappelle le vrai surf

    Tristan Guilbaud, toujours aussi solide : une vidéo raw qui rappelle le vrai surf

    Il y a des vidéos qui claquent par le montage, la musique, les transitions. Et puis il y a celles qui, sans rien de tout ça, disent beaucoup plus. La dernière sortie vidéo de Tristan Guilbaud appartient clairement à la deuxième catégorie. Pas de son, pas de fioritures… juste le bruit des vagues et les « ooooh », un regard brut sur plusieurs sessions landaises et deux sessions basques bien solides.

    Ce format “raw” révèle quelque chose d’essentiel : Guilbaud n’a plus rien à prouver. Le Vendéen, qu’on pourrait presque qualifier de « vieux de la vieille » du surf français, déroule ici toute sa science du tube avec une facilité presque insolente. Des lignes propres, des appuis précis, un placement chirurgical dans des barrels qui ne pardonnent pas. À 30 ans passés, il ne surfe pas, il maîtrise.

    Un tube rider sous-estimé

    Ceux qui suivent Tristan depuis longtemps savent à quel point il excelle sur des longues droites avec du mur. Mais cette vidéo rappelle autre chose : sa capacité à s’engager dans des tubes épais, à serrer son rail au millimètre quand la lèvre tombe devant lui. Plus rare de le voir sortir une grande planche, encore plus au Pays Basque, mais pas de problème pour le surfeur vendéen. C’est brut, sincère, sans maquillage. Et finalement, c’est peut-être ce qui fait tout le charme de cette vidéo.

    Un surfeur généreux dans la transmission

    Ce qu’on oublie parfois, c’est que Tristan n’est pas seulement un très bon surfeur : c’est aussi un coach et un pédagogue. Il partage son expérience, décortique les trajectoires, donne des conseils techniques à ceux qui veulent progresser dans de nombreuses vidéos. Et quand on regarde ces images, on comprend pourquoi ses séances de coaching attirent autant : il sait de quoi il parle, il sait lire une vague, il sait surtout comment aider les autres à mieux la comprendre.

    Cette vidéo de Tristan Guilbaud n’a pas besoin d’artifices. Elle montre un surfeur mature, solide, appliqué et inspirant. Un surfeur qu’on a vu grandir, et qui continue, session après session, à rappeler ce qu’est le vrai surf : une relation brute et honnête avec la vague.

  • Desert Rats : trois surfeurs perdus au milieu de nulle part

    Desert Rats : trois surfeurs perdus au milieu de nulle part

    Le surf a parfois des allures d’aventure extrême. Desert Rats, le nouveau film Volcom, en est la preuve éclatante. Pendant 45 minutes, on suit trois surfeurs — William Aliotti, Pierre Caley et Matt Hollman — lancés dans une virée de 9 000 kilomètres à travers un désert australien. Leur mission : trouver les slabs parfaits, ces vagues puissantes et dangereuses où vous avez pied au moment de la chute.

    Le décor est planté : routes infinies, paysages lunaires, requins blancs omniprésents et conditions météo imprévisibles. Loin des images de surf paradisiaques, Desert Rats montre le vrai visage de la quête de vagues : l’attente, la frustration, et l’adrénaline pure quand tout s’aligne enfin… parfois trop tard. Car, ironie du sort, le swell tant attendu se lève juste après le départ de William Aliotti.

    Produit par Guillaume Dartenuc, filmés par Beni Bagley, Kane Overll et monté par Laura Diaz et Gabriel Boin, le film mêle humour, peur et amitié dans une atmosphère à la fois rude et touchante. Les images signées Beni Bagley et Kane Overall plongent le spectateur dans un univers désertique et fascinant, où la nature impose sa loi.

    En première partie, on découvrira Jungle Fever (15 minutes), un court-métrage réalisé par Arthur Genie, qui suit également William Aliotti à Kandui Resort, en Indonésie.

    🎬 Infos projection

    📅 Mardi 31 octobre 2025 à 20h30
    📍 Le Rex – Hossegor
    🎟️ Billets disponibles en ligne sur le site du cinéma ou directement au guichet.
    👥 Projection en présence de Pierre Caley et William Aliotti.

    📅 Jeudi 30 octobre 2025 à 20h30
    📍 Cinéma Royal – Biarritz
    🎟️ Billets disponibles en ligne sur le site du cinéma ou directement au guichet.
    👥 Projection en présence de Pierre Caley et William Aliotti.

  • Frostbite : la nouvelle bombe visuelle qui révèle Ned Hart, 18 ans et déjà prêt pour le Nord sauvage

    Frostbite : la nouvelle bombe visuelle qui révèle Ned Hart, 18 ans et déjà prêt pour le Nord sauvage

    On ne connaît pas encore tous le nom de Ned Hart, mais cette vidéo risque bien de changer les choses. À seulement 18 ans, le jeune surfeur s’est offert un trip à travers l’Écosse et l’Irlande qui sent la tourbe, les caillasses coupantes et les lèvres épaisses prêtes à tout avaler. Le film, signé par le talentueux Oscar James, est une ode à l’audace, au froid, et à ce goût très particulier qu’ont certains pour les vagues qui ne pardonnent rien.

    Dès les premières images, le ton est donné : ici, on ne parle pas d’un simple surf trip, mais d’une véritable immersion dans la rugosité du North Atlantic, là où la terre semble vouloir avaler l’océan, et où les vagues, souvent épaisses comme des murs, semblent spécialement fabriquées pour les surfeurs dotés d’un mental en béton et d’un cœur un peu fou. Ned fait partie de cette espèce-là. À chaque take-off, on sent qu’il n’est pas seulement là pour survivre : il veut comprendre, apprivoiser, dialoguer avec ces bombes froides.

    Oscar James raconte d’ailleurs que rien n’était prévu. Pas d’idée de film, pas de plan marketing : seulement quelques potes entassés dans une voiture saturée de boards et d’odeur de néoprène humide, prêts à suivre leur instinct. “On ne se prend pas trop au sérieux. On reste de grands enfants qui aiment jouer dans la mer”, dit-il. Et c’est exactement ce que retransmet Frostbite : un concentré de sessions givrées, de souvenirs gravés au scalpel, d’euphorie brute.

    La vidéo a d’ailleurs été projetée dans des salles pleines en Australie, à Bali, Londres ou encore en France. Une sorte de mini-tournée mondiale improvisée qui a confirmé que ce projet touchait quelque chose de vrai, de viscéral. Ce n’est pas un film pensé pour les awards ou les deals de sponsors : c’est un hymne à ceux qui rêvent, à ceux qui tracent leur route là où les cartes ne sont jamais vraiment fiables.

    Et puis surtout : quand Ned Hart rame sur une vague, tu comprends tout de suite que tu regardes quelqu’un qui va compter. Vague après vague, tube après tube, l’adolescent enchaîne les moments “oooeeeee !” comme si de rien n’était, avec une maturité de lecture des sections qui ferait rougir bien des vétérans.

    Bref, Frostbite n’est pas juste une vidéo. C’est le genre de film qui te donne envie de remettre un leash, d’enfiler des chaussons trop froids et d’aller te frotter à ce que l’océan a de plus vrai. Une ode au surf pur, brut, sans compromis.

  • Lost in the Waves : l’art de vivre les galères en souriant

    Lost in the Waves : l’art de vivre les galères en souriant

    Impossible de passer à côté : dès que l’équipe de Lost in the Waves (à mi-chemin entre Lost in the Swell et leurs délires habituels) sort une nouvelle aventure, c’est un petit événement sur Icônes Surf. Leur dernière vidéo en est la preuve : un mélange de mer déchaînée, de bricolage marin, de surf épique, de galères XXL… et surtout de cette bonne humeur contagieuse qui fait leur marque de fabrique.
    Et rien qu’en lisant ces quelques lignes, on comprend pourquoi le teaser avait cartonné.

    L’idée simple (et folle) : louer un voilier 38 jours et partir… là où le vent décide

    Au départ, rien ne semble simple. Louer un bateau ? Pas si évident que ça, mais l’équipe déniche finalement un petit RM 890 — un “van des mers”, parfait pour l’été, mais pas vraiment construit pour traverser l’Europe du Nord en hiver.
    Peu importe : les trois compères partent quand même, avec leur énergie habituelle, quelques tonnes de matériel (dont une quantité absolument indécente de wings, foils et boards), et ce sourire de “bon, ça va être tendu… mais on y va tout de même”.

    Et pour que la mise à jour des compétences soit carrée, ils embarquent rien de moins que Samantha Davies, héroïne du Vendée Globe et navigatrice hors pair, pour un petit “réglage technique” depuis La Trinité jusqu’à Camaret (blague bien évidemment). Une sorte de stage commando, version marine, où Sam les briefe sur tout : les quarts de nuit, les règles de sécurité, les manœuvres, les risques… et les limites de leurs petits gilets.

    Premières nuits : 30 nœuds, du stress, de la brume… et un cargo fantôme dans le noir

    Rapidement, l’ambiance glisse du “petit trip sympa” à “bienvenue dans le Mordor”.
    Entre la brume épaisse, les cargos silencieux qui surgissent de nulle part et les tours de garde nocturnes qui ressemblent à des veillées funèbres, le doute s’installe souvent.
    L’un des moments les plus marquants ? Cette communication radio paniquée en plein milieu du rail d’Ouessant, alors qu’un cargo invisible fond droit sur eux dans la nuit la plus totale.
    “Go faster if you can”… leur lâche le capitaine du mastodonte avec un calme surréaliste.

    C’est le quotidien : froid mordant, rafales à 30 nœuds, bateaux qui couinent, lignes qui claquent, et ce mélange délicieux d’adrénaline et d’angoisse.

    Quand le surf prend le relais : sessions mutantes, mystère… et secret spot en mode floutage absolu

    Puis il y a le surf. Celui qui justifie tout. Même les nuits blanches, les vomis dans les chaussures et les ancrages douteux.

    Leur chasse aux vagues ressemble à un film : une côte mystérieuse, un slab mutant où un seul bodyboarder ose se jeter, un reef qui punit toute erreur, et une ambiance qui alterne entre adrénaline pure et respect total de l’océan.

    L’équipe score des sessions d’anthologie :

    • des gauches interminables,
    • des droites ultra creuses,
    • des lignes parfaites pendant une semaine entière,

    Ils finiront par révéler le secret : ils sont en Corse. (bien sûr qu’on rigole)
    Mais comme toujours, dans le respect total des locaux… tout (littéralement tout) est flouté.
    Même les châteaux, les montagnes, les bateaux, les plaques, les phares… tout y passe, jusqu’à transformer l’editing en travail de fourmi sur plusieurs semaines.

    L’envers du décor : la fatigue, le froid, les galères… mais toujours le rire

    Ce qui marque le plus dans cette équipe qu’on commence à connaître, c’est l’humanité. La capacité de ces trois-là à tourner chaque galère en private joke. Vent glacial ? Ils rient. Autopilote en grève ? Ils rient. Tours de garde interminables ? Ils rient. Sacs de matériel qui envahissent tout le bateau ? Ils rient encore.
    Même la merde absolue du “on est dans le mauvais port, il reste 20 heures de navigation dans la tempête” devient matière à sourire.

    On sent la fatigue :
    l’estomac retourné, les nuits hachées menu, l’humidité permanente, la peur parfois…
    Mais toujours ce fil rouge : la joie de vivre.

    Cette joie rare, authentique, brute, qui fait que Lost in the Waves / Lost in the Swell n’est pas un énième vlog de surf : c’est une philosophie.

    Quand l’aventure se heurte au localisme : le cas irlandais

    La vidéo n’a pas seulement fait parler pour ses images marines et ses galères en série : elle s’est aussi retrouvée au cœur d’une polémique. Plusieurs surfeurs irlandais ont publiquement exprimé leur mécontentement, expliquant que l’équipe aurait surfé — et filmé — des spots tenus secrets de longue date, où la règle non écrite est simple : tu peux surfer, mais tu ne filmes pas, et encore moins tu diffuses.

    Certains commentaires sont sans appel :

    “Ils ont surfé des spots secrets où personne ne filme ni ne prend de photos. Ils ont été accueillis, mais on leur a demandé de ne rien filmer. Six mois plus tard, une vidéo sort. C’est un manque total de respect pour les locaux et le code des surf explorers. Ils ne sont plus les bienvenus en Irlande.”

    Difficile, pour quiconque n’a pas vu la version originale, de dire si les images dévoilaient réellement le spot ou non. La version actuellement en ligne est visiblement coupée, preuve que la contestation a eu un impact réel.

    Un débat aussi vieux que le surf

    Cette histoire en dit long sur un sujet récurrent depuis les débuts du surf moderne :
    la tension entre l’exploration, le partage, la création de contenu… et la protection farouche de certains spots locaux.
    À Hawaii, en Californie, en Afrique du Sud, en Tasmanie, en Bretagne ou au Pays basque : les mêmes frictions existent depuis des décennies.

    Pour les uns, filmer n’est qu’un moyen de raconter une aventure, sans volonté de dévoiler quoi que ce soit. (d’autant qu’ils ont fait de grands efforts pour protéger le spot)
    Pour les autres, chaque plan, même flouté, chaque silhouette de falaise ou nuance de roche peut mener des surfeurs du monde entier sur un terrain qu’ils jugent trop fragile, trop fréquenté, trop précieux.

    La vérité ?
    Elle oscille souvent entre les deux :
    un amour commun de l’océan… mais des visions différentes sur la manière de le partager.

    Une fin à leur image : 4 jours de mer, zéro réseau, des choix météo tendus… et un retour très rock’n’roll

    La dernière partie du trip ressemble à une fuite en avant.
    La météo change toutes les heures. Les routages se contredisent. Les rafales montent.
    Et pourtant, il faut rentrer la bateau à temps pour le propriétaire, prêt à le reprendre le lendemain matin.

    Résultat :

    • départs dans l’aube noire,
    • rafales à 34 nœuds,
    • pluie glaciale,
    • paysages fantomatiques,
    • mer démontée,
    • autopilote capricieux,
    • nuits sur les nerfs…

    Mais ils arrivent.
    Éreintés, rincés, trempés, mais heureux, évidemment.

    Parce que l’aventure, c’est ça :
    une addition de moments difficiles… que l’on transforme ensemble en souvenirs inoubliables.

  • Kauli Vaast en mode tranchant pour un trip explosif au Portugal

    Kauli Vaast en mode tranchant pour un trip explosif au Portugal

    Dès les premières secondes, la dernière vidéo de Kauli Vaast plonge dans une ambiance qui colle parfaitement à son surf : intense, fluide et affûtée. Direction le Portugal, sous une bande-son rap local qui donne immédiatement le ton. Kauli y enchaîne sessions glaciales mais solides, entouré d’amis et de quelques riders Quiksilver croisés dans un format vlog plutôt cool.

    Des turns affûtés et un surf en pleine maturité

    Dans ce clip tourné plus tôt dans l’année, Kauli apparaît dans une forme étincelante. Ses turns millimétrés — rapides, précis et parfaitement engagés — montrent à quel point le jeune Tahitien a encore élevé son surf. Chaque section semble un terrain de jeu où il peut exprimer toute son explosivité.

    On retrouve également cette aisance aérienne qui fait partie de son arsenal depuis plusieurs saisons. Les airs sont propres, posés : juste l’essentiel, exécuté avec une maturité.

    Supertubos en mode claque visuelle

    Difficile de parler de surf au Portugal sans évoquer Supertubos, et Kauli ne s’en prive pas. Quelques séquences bien grasses montrent un Vaast lancé dans des barrels rapides et techniques, où sa lecture de vague fait merveille. Le montage, soigné et dynamique, met parfaitement en valeur les tubes de ce beachbreak mythique.

    Ambiance vlog : Jérémy Florès en mode chamaille et l’équipe Quik au complet

    Une partie du charme de la vidéo réside aussi dans les passages plus légers. Les scènes de vlog dévoilent une atmosphère bonne enfant, notamment quelques piques et chamaillements entre Kauli Vaast et Jérémy Florès, qui apportent une touche familière et amusante. On y aperçoit également des riders Quiksilver venus partager ces sessions.

    Une vidéo simple, bien montée… et très efficace

    Pas de surenchère ni de mise en scène inutile : Kauli montre ce qu’il sait faire de mieux, soutenu par un montage propre, une musique entraînante et l’énergie brute d’un trip entre amis. Résultat : une vidéo punchy, agréable à regarder, et qui donne clairement envie d’aller se geler les mains au Portugal.

  • Deux prodiges tahitiennes brillent à Sunset Beach : Kiara Goold triomphe, Aelan Vaast confirme

    Deux prodiges tahitiennes brillent à Sunset Beach : Kiara Goold triomphe, Aelan Vaast confirme

    Il y a des moments où le surf féminin bascule dans une nouvelle ère. Ce week-end à Sunset Beach, deux jeunes talents tahitiens ont offert au monde une démonstration aussi éclatante que prometteuse. Kiara Goold, 15 ans à peine, a remporté le HTA Sunset Pro avec une maturité qui dépasse largement son âge, tandis que Aelan Vaast a signé un superbe parcours jusqu’en finale, confirmant son statut de surfeuse capable du meilleur… lorsqu’elle parvient à trouver la régularité qui lui manque encore parfois.

    En une seule journée, ces deux jeunes femmes ont rappelé que la Polynésie française n’est pas seulement une terre de vagues, mais un vivier inépuisable de talents.

    Kiara Goold : 15 ans, un tube à Sunset et une victoire historique

    La victoire de Kiara Goold n’est pas qu’un résultat brillant : c’est un signal envoyé à toute la planète surf. Sunset est une vague mythique, puissante, imprévisible, capable d’humilier n’importe quel surfeur adulte. Y gagner à 15 ans relève presque de l’incompréhensible. Pourtant, c’est exactement ce qu’a fait Kiara… et avec panache.

    Dès les premières minutes de la finale, la Tahitienne a donné le ton : un turn engagé, un placement impeccable… puis un vrai barrel à Sunset, parfaitement géré, récompensé par un 8,67, l’une des meilleures notes du contest. À 15 ans, elle a surfé Sunset comme si elle y était née.

    Ce n’est pourtant pas un miracle. Kiara est une prodige, déjà connue des initiés depuis deux ans :

    • À 13 ans, elle remportait le Stab High, la compétition d’airs la plus relevée au monde.
    • En 2024, elle atteignait déjà la finale du Sunset Pro.
    • En 2025, elle décroche une wildcard pour le Challenger Series.
    • À Sunset, elle affiche la meilleure totale de la compétition : 16,34.

    Aerials, tubes, turns engagés… Kiara possède une palette que peu de surfeuses de son âge — voire de son époque — maîtrisent. On parle beaucoup de Tya Zebrowski, qui rejoint le CT l’an prochain, mais Kiara pourrait bien être la prochaine bombe polynésienne à exploser sur la scène mondiale. Elle a la technique, le style, l’audace… et surtout un sang-froid déconcertant.

    Une vague technique qui ne pardonne pas : et pourtant, elle charge

    Ce qui impressionne le plus, ce n’est pas la note. Ni même la victoire. C’est la façon dont elle a surfé Sunset Point, une vague exigeante, irrégulière, qui demande autant de puissance que de lecture. Les plus grands champions le disent : la vague de Sunset ne se surfe pas, elle se comprend.

    Kiara ne s’est pas contentée de prendre la bonne vague : elle a chargé. Elle a lu les sections comme une surfeuse qui aurait vingt ans d’expérience. Elle a attaqué les murs avec agressivité, sans aucune hésitation. À cet âge-là, c’est absolument exceptionnel.

    Aelan Vaast : un parcours solide et une finale méritée

    Dans l’euphorie collective autour de la victoire de Kiara, il serait injuste de ne pas saluer la performance d’Aelan Vaast, finaliste et véritable pilier de cette génération tahitienne.

    Aelan a réalisé un parcours remarquable, notamment avec une demi-finale de haut niveau où elle domine Kiara. Oui, domine. Son total de 14,16 en demi-finale montre à quel point elle peut être explosive lorsqu’elle est connectée à la vague. Sa technique est fluide, son surf engagé, et elle possède une vraie élégance dans les transitions, héritée d’un style polynésien qui mélange puissance et grâce.

    Si Aelan n’a pas encore la régularité qui lui permettrait de franchir un palier supplémentaire, elle reste une surfeuse à très fort potentiel. Elle peut battre n’importe qui sur un bon jour, et ce résultat en finale à Sunset est là pour le rappeler.

    Pourquoi cette génération tahitienne est exceptionnelle

    L’explosion simultanée de Kiara Goold, Aelan Vaast et Tya Zebrowski n’est pas un hasard. La Polynésie française vit un âge d’or du surf :

    • Des vagues d’entraînement parmi les meilleures au monde.
    • Une culture du surf profondément ancrée dans la société.
    • Un niveau général extrêmement élevé dès le plus jeune âge.
    • Une aisance dans les tubes rarement égalée.

    Et surtout, une génération sans complexes, qui surfe contre les meilleures sans trembler. Les Tahitiennes sont en train d’imposer un nouveau standard : maturité précoce, technique moderne, aérial game, lecture des vagues puissantes, gestion des conditions lourdes. Kiara en est la preuve vivante.

    Sunset Beach : une rampe de lancement vers Haleʻiwa

    Le HTA Sunset Pro n’est que le début de la tournée hawaïenne (la fameuse Triple Crown). Kiara et Aelan seront de nouveau en lice à Haleʻiwa, une autre vague mythique, qui demande moins d’expérience que la vague de Sunset. Les surfeuses du CT seront présentes cette fois-ci. Et Kiara l’a dit elle-même : « Je suis super excitée de les affronter. »

    On la croit volontiers. Car si Sunset a révélé une championne, Haleʻiwa pourrait bien confirmer une future star.

  • Drame au spot du Hook à Santa Cruz : un jeune surfeur de 19 ans perd la vie

    Drame au spot du Hook à Santa Cruz : un jeune surfeur de 19 ans perd la vie

    Le Hook, l’un des spots les plus fréquentés de Santa Cruz, est connu pour son ambiance électrique, ses longues droites qui déroulent le long de la falaise… mais aussi pour ses jours compliqués lorsque la houle se mêle au vent et aux marées hautes. Le 5 novembre dernier, le spot a été le théâtre d’un drame qui secoue toute la communauté surf de Californie : deux surfeurs ont été emportés par des conditions particulièrement dangereuses, et l’un d’eux, Nathaniel John Ramirez, 19 ans, n’a pas survécu.

    Un sauvetage difficile dans des eaux chaotiques

    Ce mercredi matin, une tempête balayait la côte. Vent fort, vagues désorganisées, courant puissant et marée haute : un cocktail redoutable, même pour les locaux habitués à voir le spot se déchaîner. Vers 9 h, les secours reçoivent une alerte : deux surfeurs sont en détresse au Hook, en difficulté pour rejoindre la plage.

    Selon le chef de division Patrick Winters (Central Fire District), les conditions rendaient l’intervention extrêmement délicate. Malgré des moyens rapides — rescue watercraft, patrouille portuaire, paramédics —, le chaos du plan d’eau complique tout.

    L’un des deux surfeurs parvient à sortir de l’eau par ses propres moyens. Mais pour l’autre, la situation est bien plus critique.

    Un jeune surfeur retrouvé inconscient sur les rochers

    Les secouristes finissent par localiser la deuxième victime sur la zone rocheuse, inconsciente, sérieusement blessée à la tête. Sa planche de surf avait été retrouvé auparavant, brisée contre les rochers, signe de la violence des impacts.

    L’équipe de secours extrait le surfeur vers un jet-ski puis le transfère immédiatement vers les équipes médicales. Ils pratiquent la réanimation pendant tout le trajet jusqu’au port de Santa Cruz, puis le relaient aux paramédics de la ville.

    Malgré tous leurs efforts, l’espoir s’amenuise rapidement.

    Le jeune surfeur était Nathaniel John Ramirez

    Le lendemain, la Santa Cruz County Sheriff’s Office confirme l’identité de la victime : Nathaniel John Ramirez, originaire de Morgan Hill. Il était âgé de 19 ans à peine.

    Transporté à l’hôpital Dignity Health Dominican Hospital, il est déclaré mort le 7 novembre, deux jours après l’accident. L’autopsie n’a pas encore révélé la cause officielle du décès, mais les premiers éléments indiquent un traumatisme crânien lié aux conditions extrêmes du jour.

    Un hommage à un jeune homme passionné et déterminé

    Selon son avis de décès relayé par la presse locale, Nathaniel était un jeune homme « déterminé », « loyal » et profondément attaché à sa famille, notamment à sa mère avec laquelle il travaillait. Ses proches décrivent un adolescent « plein de vie », amoureux de l’aventure, drôle, parfois timide, mais toujours prêt à profiter de chaque instant.

    « Il a vécu intensément ses 19 années », écrit sa famille. Un service en sa mémoire est organisé dans sa ville natale ce samedi.

    Une tragédie qui rappelle la dangerosité des tempêtes

    Cet accident tragique prend une résonance particulière alors que les tempêtes hivernales arrivent sur la côte californienne. Chaque année, des surfeurs expérimentés ou non sous-estiment la puissance des houles combinées aux courants et aux vents violents.

    Le Hook, spot magnifique mais exigeant, peut se transformer en piège lorsque les conditions se dégradent. Même pour les habitués, l’océan impose un respect total.

    La communauté surf de Santa Cruz, soudée et passionnée, est aujourd’hui en deuil. Le décès de Nathaniel Ramirez rappelle que chaque session comporte une part de risque — et que les décisions prises avant d’entrer à l’eau peuvent, parfois, sauver une vie.

  • L’incroyable parcours de Kev Merifield, pionnier discret et surfeur éternel

    L’incroyable parcours de Kev Merifield, pionnier discret et surfeur éternel

    Il existe des surfeurs dont la légende se construit non pas sur les podiums, mais dans le silence des petites routines de plage, la régularité des sessions à l’aube, les décennies passées à surfer sur les mêmes lignes d’horizon. Kev Merifield fait partie de ceux-là. Une figure discrète, presque invisible hors d’Australie occidentale, mais dont l’histoire résume à elle seule ce qu’est pratiquer le surf par amour, pour toujours.

    Né bien avant les premiers shortboards, avant la révolution des années 70, avant même que Margaret River ne devienne un nom mondialement connu, Kev surfait, à une époque où l’on partait en bagnole sans cartes, où l’on dormait dans le sable, où les vagues n’étaient pas encore des destinations mais des territoires à explorer.

    Dans les années 50 et 60, il fait partie d’une petite bande de pionniers qui tracent les routes du Western Australia. Ces jeunes types n’en avaient pas conscience à l’époque, mais ils étaient en train d’ouvrir des chapitres entiers de l’histoire du surf moderne. Leurs sessions improvisées à Margaret River, leurs nuits passées dans le bush, leurs premières photos des lignes parfaites du Sud-Ouest : tout cela allait influencer des générations entières.

    Mais ce qui rend Kev réellement unique, ce n’est pas ce passé héroïque. C’est ce qu’il a continué à faire pendant les soixante années suivantes.

    Surfing forever : le jour où la vieillesse n’a jamais gagné

    On pourrait croire que l’âge finit toujours par avoir le dernier mot. Chez Kev, il a fallu patienter longtemps. Très longtemps. avant 80 ans, la plupart des surfeurs raccrochent. Lui, non. Lui continuait.

    Même lorsqu’un problème d’équilibre — conséquence d’une blessure à l’oreille — l’a obligé à abandonner la position debout, Kev n’a pas quitté l’océan. Il s’est mis à surfer à plat ventre, sur une sorte de mix entre bodyboard et kneeboard. Et les jours de grosses vagues à Margaret River, il était toujours là. Trois heures à l’eau. À 80 ans passés.

    Pour Taj Burrow, qui le connaît depuis longtemps, Kev représente un objectif de vie :
    « Surfer à 80 ans, ça devrait être le rêve de tout surfeur. Kev est une légende. »

    Et quand on lui demandait pourquoi il continuait encore et encore, sa réponse était toujours la même :
    « Cette première vision de vagues qui déroulent… ça fait battre mon cœur. »

    C’est peut-être ça, finalement, la clé de la longévité dans le surf : ne jamais perdre cette étincelle.

    L’ultime décision : à 87 ans, le surf s’arrête

    Mais même les plus belles histoires ont une dernière page. En 2025, Kev Merifield annonce qu’il arrête de surfer. Il a 87 ans. « C’est très triste, mais j’ai décidé que c’était le moment », confie-t-il. Souffle court, problèmes cardiaques… le corps ne suit plus. Et autant il a passé sa vie à repousser les limites, autant il sait reconnaître le moment où il faut dire stop.

    Pourtant, quand on lit son parcours, on se dit que ce “stop” arrive incroyablement tard. Combien sont ceux qui surfent encore leur spot de prédilection après 60 ans ? Après 70 ans ? Après 80 ? Très, très peu.

    Doc Paskowitz, autre icône du “surf-every-day”, est allé jusqu’à 93 ans, mais d’une manière ou d’une autre, ces deux hommes partageaient la même philosophie : vivre selon le rythme de la mer, sans jamais renoncer.

    Kev, c’est l’antidote à la crispation du surf moderne

    Dans son portrait original de 2018, Alexander Haro expliquait que les surfeurs passaient souvent par trois “couches” psychologiques :

    • l’enthousiasme naïf de la jeunesse
    • la période plus dure, plus orgueilleuse, où l’on prend tout au sérieux
    • et enfin, la sagesse du “vrai” surf, celle du plaisir simple

    Kev, lui, avait clairement atteint ce troisième stade. Il n’était plus là pour le look, ni pour la performance, ni pour la validation sociale. Il était là par amour du mouvement. Par amour de l’océan. Par fidélité à ce qui l’avait construit.

    Les hommes comme Kev Merifield rappellent que le surf n’est pas un sport, mais un compagnon de vie. Quelque chose qu’on n’abandonne pas facilement. Quelque chose qui façonne la manière de voir le monde.

    Un héritage intangible mais immense

    Kev n’a jamais cherché la lumière. La plupart des surfeurs du monde ne connaîtront jamais son nom. Mais là où il vivait, il était considéré comme une sorte de trésor local. Un homme gentil, modeste, présent tous les jours ou presque. Un surfeur qui avait traversé sept décennies de swell. Une mémoire vivante d’un surf pur, brut, débarrassé de tout l’étalage social actuel.

    Aujourd’hui, il ne rame plus. Mais son histoire continue : elle inspire ceux qui se demandent à quel âge il faut “arrêter”, ceux qui redoutent la baisse de niveau, ceux qui pensent qu’il existe un âge pour avoir le droit de se sentir surfeur.

    La réponse de Kev a toujours été simple :
    Tant que le cœur suit. Tant que la passion reste. Tant qu’on a envie.

    Et même si Kev a finalement rangé sa planche, sa vie entière répond à une seule question :
    Oui, on peut être surfeur jusqu’au bout.

  • L’affaire Ian Battrick : la vérité éclate enfin après des semaines de calvaire

    L’affaire Ian Battrick : la vérité éclate enfin après des semaines de calvaire

    C’est une histoire qui aurait pu briser une vie. Une histoire née d’un post officiel, relayée sans vérification, amplifiée par un “digital mob” mondial… avant de s’effondrer, faute de preuves. Aujourd’hui, après des semaines de rumeurs destructrices, Ian Battrick est officiellement blanchi, et la Channel Islands Surfing Federation présente ses excuses. Retour sur une affaire qui interroge profondément la culture surf, la responsabilité des institutions et la mécanique impitoyable des accusations virales.

    Un post officiel… et la machine s’emballe

    Tout commence lors des GB Surfing Finals à Thurso (Écosse). Un incident éclate sur la plage, impliquant une trentaine de personnes. Dans la confusion, un post est publié depuis le compte officiel de la Channel Islands Surfing Federation (CISF). On y accuse Ian Battrick de comportements graves : abus verbaux envers des compétitrices, menace d’un cameraman, voire maintien d’une surfeuse sous l’eau.

    Ces accusations, présentées comme factuelles, partent alors en orbite numérique.
    En 30 minutes, elles sont partagées des centaines de fois.
    En 24 heures, elles deviennent virales.
    En 3 semaines, plusieurs millions d’interactions s’accumulent sur les réseaux sociaux et dans les médias internationaux.

    La machine est lancée. Et rien ne semble pouvoir l’arrêter.

    Aucune preuve, aucune charge, malgré deux livestreams et 300 témoins

    Très vite pourtant, un détail majeur apparaît : aucune preuve n’existe.

    Alors que :

    • deux livestreams couvraient l’événement,
    • environ 300 personnes assistaient depuis le spot,
    • de multiples caméras filmaient les heats…

    aucune image ne montre Ian commettre ce dont il a été accusé.

    La police écossaise confirme également :

    • qu’elle a extrait Ian d’une foule hostile,
    • qu’elle a visionné des images bodycam,
    • qu’elle a ouvert une enquête sur des actes de vandalisme et de désordre,
    • mais n’a retenu aucune charge contre lui.

    Une réalité limpide : les faits reprochés n’ont jamais existé.

    L’excuse officielle : la CISF reconnaît des accusations “fausses, diffamatoires et fabriquées”

    Face aux évidences, l’auteur du post initial a fini par reconnaître :

    • que les accusations étaient fausses,
    • que Ian n’a agressé personne,
    • qu’il n’a pas interféré avec la compétition,
    • que l’histoire de la surfeuse retenue sous l’eau était inventée,
    • que les messages publiés étaient diffamatoires.

    La CISF a donc présenté une excuse officielle, aujourd’hui publiée publiquement.
    Un geste essentiel, mais tardif.

    Ian Battrick : “L’une des périodes les plus traumatisantes de ma vie”

    Ian explique avoir vécu un véritable tsunami émotionnel :

    “Être présenté au monde comme quelqu’un qui ferait du mal à d’autres surfeurs a été dévastateur — pour moi, pour ma famille et pour Lunasurf. La douleur est indescriptible.”

    Car le plus dur n’a pas seulement été l’accusation en elle-même. C’est la violence collective qui a suivi :

    • insultes, menaces, harcèlement,
    • détournements de photos,
    • attaques ciblant sa famille,
    • publications haineuses à l’international.

    À l’ère des réseaux sociaux, un mensonge répété mille fois devient une réalité… pour ceux qui ne verront jamais la correction.

    Lunasurf également ciblée et fragilisée

    En tant que cofondateur de Lunasurf, Ian Battrick a vu son entreprise subir de plein fouet la tempête numérique.
    Des attaques et dénigrements ont visé la marque, pourtant reconnue pour sa culture du respect et sa contribution positive au surf européen.

    Aujourd’hui, avec les excuses officielles, il était indispensable que la vérité soit dite clairement :
    ni Ian Battrick ni Lunasurf n’ont commis le moindre acte fautif.

    Une foule hostile, mais pas à cause de lui

    Lors de l’incident initial, la police a dû intervenir non pas pour arrêter Ian, mais pour le protéger d’une foule :

    • qui le bousculait,
    • l’insultait,
    • le filmait agressivement,
    • l’empêchait de quitter la zone.

    Deux véhicules ont également été vandalisés par des compétiteurs — des faits confirmés par des témoins et consignés par la police.
    À ce jour, aucune action disciplinaire de GB Surfing n’a été engagée contre ces auteurs.

    Un constat qui interroge profondément la gouvernance du surf britannique.

    “Cela pourrait arriver à n’importe qui”

    Pour Ian, cette affaire dépasse désormais son cas personnel :

    “Une seule fausse accusation, postée depuis un compte officiel, peut déclencher un lynchage numérique mondial. Et une fois le feu lancé, plus rien ne l’arrête.”

    Il appelle aujourd’hui à une réforme profonde :

    • contrôle strict des publications officielles,
    • vérification des faits avant toute communication,
    • responsabilisation des médias,
    • protection accrue contre le cyberharcèlement,
    • sanctions effectives contre les comportements violents… même quand ils viennent de compétiteurs.

    Cette affaire met en lumière un problème incontournable : le surf moderne n’est pas immunisé contre les dérives des réseaux sociaux.
    Un monde qui se veut communauté peut, en quelques minutes, devenir un tribunal sans preuve.

    L’excuse officielle marque une victoire pour la vérité.
    Mais elle rappelle surtout que la réputation d’un surfeur — et d’une marque comme Lunasurf — peut être détruite en heures, et qu’il est urgent que tout l’écosystème prenne ses responsabilités.

    Pour rappel, au moment où les accusations ont explosé en ligne, Icônes Surf avait publié un article mettant en garde contre :

    • l’absence totale de preuves malgré deux livestreams,
    • deux versions radicalement opposées circulant sur les réseaux,
    • l’emballement médiatique en cours,
    • la nécessité d’attendre des éléments tangibles avant de condamner un surfeur publiquement.

    Cette mise en garde — rare dans un contexte où la majorité relayait l’affaire sans nuance — prend aujourd’hui tout son sens, puisque la CISF admet que les accusations étaient fictives et diffamatoires.

    Voici l’article lors de l’incident : https://www.icones-surf.fr/incident-gb-surfing-cup-thurso/

  • Hommage à Iñigo Letamendia, légende basque du surf disparu en 2025

    Hommage à Iñigo Letamendia, légende basque du surf disparu en 2025

    Il y a des figures dont la disparition laisse un vide impossible à combler. Des personnalités qui n’ont jamais cherché la lumière, mais qui l’attiraient naturellement, juste par la force de leur présence, de leurs idées, de leur énergie.
    Iñigo Letamendia (1948-2025) fait partie de ces êtres rares. Visionnaire sans plan de carrière, rebelle sans drapeau, pionnier sans jamais se dire pionnier. Avec lui, le surf basque n’a pas seulement grandi : il a explosé en couleurs, en bruit, en chaos, en créativité — bref, en vie.

    Sa trajectoire, de La Concha à Casa Lola, des ateliers improvisés aux podiums internationaux, a façonné l’ADN d’une des marques les plus mythiques d’Europe : Pukas. Et derrière cette aventure, c’est tout un pan de la culture surf espagnole et européenne qui lui doit son élan.

    Cet article est un hommage. À l’homme. À la légende. À “Indigo”.

    Un anticonformiste qui a tout déclenché

    Au début des années 70, Iñigo glisse pour la première fois sur une planche empruntée à La Concha.
    Un moment simple, presque banal. Un moment qui change pourtant toute une vie.

    À l’époque, il est diplômé, marié à Marian Azpiroz, et travaille dans l’hôtellerie. Bref : il est en route vers une vie stable, respectable… mais qui ne lui ressemble pas.

    Ce qu’il veut, c’est l’inconnu. Le surf. La liberté. Et surtout : vivre avec assez d’intensité pour que chaque jour compte.

    Alors, il quitte tout. Et Marian, loin de l’en empêcher, le suit. Elle aussi quitte une carrière prestigieuse, direction un mode de vie bohème où l’on fabrique des planches sur des tréteaux, des bikinis à partir de rideaux, et où une idée folle peut changer un destin.

    Casa Lola : le laboratoire du chaos créatif

    Avant que Pukas ne naisse officiellement, il y a un lieu mythique : Casa Lola, à Somo. Une maison-atelier, un squat créatif, une commune avant l’heure. On y fabrique les premières planches sous les noms :

    • Tablas Santa Marina (1973-74)
    • Jeronimo Surfboards (1975-76)
    • Geronimo Surfboards (1977-78)

    C’est là que naissent :

    • un style
    • une philosophie
    • un mouvement culturel

    C’est aussi là qu’Iñigo devient Iñigo, celui que tout le monde va suivre. Il ignore les règles, les barrières, la logique même. Il crée parce qu’il ne sait pas faire autrement.

    1979 : la naissance de Pukas, un tournant historique

    En 1979, l’arrivée d’un troisième personnage change la donne : Miguel Azpiroz, le petit frère de Marian.
    Travailleur acharné, technicien, instinctif. Le trio Iñigo – Marian – Miguel devient immédiatement un moteur.

    C’est l’acte de naissance officiel de Pukas Surfboards.

    Ce qui n’était qu’un atelier devient une marque.
    Ce qui n’était qu’un rêve devient une entreprise.
    Ce qui n’était qu’une bande d’allumés devient une culture.

    Les années 80-90 : amitiés, excès et surf mondial

    Iñigo est partout.
    Dans l’eau, dans les ateliers, dans les fêtes, dans les contests, sur les routes.
    Un aimant à rencontres.

    Son énergie, parfois indestructible, parfois fragile, lui permet de tisser des relations improbables.
    Les plus grands surfeurs du monde deviennent ses amis :

    • Sunny Garcia, son frère de cœur
    • Occy
    • Vetea “Poto” David
    • Les frères Irons
    • Et une longue liste de légendes internationales

    Tous voient en lui un mélange unique : du génie, de la folie, du cœur, du chaos.

    Son charisme est tel qu’il influence plusieurs générations de surfeurs, d’artistes, de shapers, de rêveurs. Et au Pays basque, il est déjà une figure locale incontournable.

    Sunny Garcia, la consécration d’une vie

    En 2000, un moment symbolique cristallise tout le chemin parcouru. Sunny Garcia devient champion du monde sur une Pukas.

    Pour Iñigo, c’est le sommet. Le triomphe d’un ami, avec une planche née dans un atelier basque. La preuve que l’insolence, la sueur, la créativité et les coups de folie peuvent mener au sommet du monde.

    Ce jour-là, il pleure, rit, hurle de joie. Et il dira plus tard que c’est le plus grand bonheur de sa vie.

    Le rayonnement basque : là où son cœur battait le plus fort

    Mais s’il y a une chose qui rendait Iñigo vraiment fier, ce n’est pas l’international.
    C’est le local.

    Les surfeurs basques qu’il voyait grandir :

    • Ibon Amatriain
    • Aritz Aranburu
    • Aitor “Gallo” Francesena
    • Et tant d’autres…

    Les contests organisés à San Sebastián, Zarautz, ou aux Canaries, avec une énergie brute, un esprit festif presque incontrôlable, et cette folie douce devenue la signature Pukas.

    Les Pukas Pro des années 80-90 étaient des événements cultes : chaotiques, bruyants, incroyablement authentiques.
    Du surf, de la fête, et une atmosphère que personne n’a jamais su reproduire.

    Une entreprise familiale devenue un pilier mondial

    Pukas, ce n’était pas qu’un business. C’était une famille élargie.

    Des ateliers clandestins aux usines professionnelles. Des planches shapées à la main aux collaborations internationales (Quiksilver, Vans…). Des premières boutiques à Zarautz et San Sebastián aux 8 points de vente actuels. Des premiers essais à Casa Lola à l’usine Olatu, devenue l’une des plus grandes fabriques de surf d’Europe.

    Pukas a vu défiler :

    • Ron Roush
    • Pat Rawson
    • Johnny Cabianca
    • DHD
    • Matt Biolos
    • Tokoro
    • Axel Lorentz
    • Et des dizaines d’artistes, shapers et artisans géniaux… ou géniaux et complètement fous.

    Tout cela est né grâce à trois personnes. Mais l’étincelle, l’énergie, la vision… venaient de lui.

    Un homme, un mythe, et une trace indélébile

    Iñigo Letamendia n’était pas parfait. Il ne l’a jamais revendiqué. Il était entier, parfois excessif. Toujours passionné. Toujours en mouvement.

    Il a connu des moments d’ombre, liés notamment à sa santé mentale. Mais il a surtout illuminé des milliers de vies avec une force rare.

    Il laisse :

    • Un mouvement
    • Une marque
    • Une famille élargie
    • Une culture
    • Des générations de surfeurs
    • Et un Pays basque qui ne serait pas le même sans lui

    Il s’est éteint à Saint-Sébastien, entouré de Marian et de leurs enfants, Tala et Adur.
    Et si une légende ne disparaît jamais vraiment, c’est parce que son héritage continue de glisser sur toutes les vagues du monde.

    L’histoire du surf européen s’écrit avec beaucoup de noms. Mais l’un d’eux restera gravé pour toujours.

    Iñigo Letamendia a donné une âme au surf basque.
    Il a donné une famille aux rêveurs, une direction aux shapers, une fierté à une région, une identité à une marque, et un état d’esprit à toute une culture. Plus qu’un homme.
    Un souffle. Un mythe. Une étincelle éternelle.

  • Snapt 5 : le surf movie événement déjà disponible… et déjà en feu

    Snapt 5 : le surf movie événement déjà disponible… et déjà en feu

    Snapt 5 vient à peine de sortir gratuitement sur YouTube que la machine s’emballe déjà : plus de 15 000 vues en moins d’une heure, une section commentaires en fusion, et l’impression rare d’assister en direct à un moment historique. Car ce cinquième opus, présenté comme le dernier de la saga culte de Logan Dulien, n’est pas seulement une vidéo de surf : c’est une déclaration d’amour au freesurf pur, brut, sans algorithme ni filtres, dans un monde saturé de contenus éphémères.

    La fin d’une époque – et l’apogée d’une vision

    Depuis vingt ans, Snapt est devenu l’une des collections les plus importantes de l’histoire du surf moderne. Une série basée sur un principe simple, mais devenu presque impossible aujourd’hui : demander aux surfeurs de mettre de côté leurs meilleurs clips pendant plusieurs années pour un film unique. À l’ère des stories à la chaîne et de la pression des sponsors pour poster chaque semaine, c’est un défi colossal.

    Pour Snapt 5, Dulien a une nouvelle fois réussi un tour de force : plus de cinquante surfeurs réunis dans un même film, dont Mason Ho, Harry Bryant, Noa Deane, Jack Robinson, Clay Marzo, Asher Pacey, Parker Coffin, ou encore Taro Watanabe. Pour la première fois, une section groms fait son apparition, avec… 29 kids ! Rien que la collecte des clips a été un casse-tête monumental.

    Une sortie mondiale très attendue

    La première mondiale du film avait été annoncée pour août 2025 lors du US Open à Huntington Beach, suivie d’une tournée en Australie en septembre. Mais entre-temps, l’attente est devenue démesurée. Au fil des avant-premières et des projections itinérantes, la ferveur n’a fait que grandir — notamment grâce à un partenariat inattendu avec Blak Bear Surf Club, dont le film Ride The Line accompagne Snapt 5 lors de la tournée.

    Ces “party premieres”, façon ancienne école, sont une signature de Logan Dulien : rassembler la communauté, projeter le film dans des surf shops, des parkings, des cinémas improvisés. Une tournée qui a déjà traversé les États-Unis d’est en ouest, avant de se poser ce soir sur YouTube pour la première diffusion libre.

    Le dernier chapitre d’un monument du surf

    Logan Dulien l’a répété : Snapt 5 sera le dernier. Pas par manque d’envie ou d’inspiration, mais parce que coordonner un tel projet est devenu titanesque. Les obligations de sponsoring, les défis logistiques, les carrières à gérer… Le réalisateur veut désormais se retirer « sur la ligne de touche » et soutenir les surfeurs autrement. Snapt 5 apparaît donc comme un adieu chaleureux, presque nostalgique.

    Il représente tout ce qui fait la force du surf filmé : du style, du gros engagement, des sections explosives, et surtout cette magie rare des clips totalement inédits, qui n’ont jamais circulé sur Instagram.

    Une dernière ride à ne pas manquer

    Si tu n’as pas encore cliqué, c’est le moment : Snapt 5 n’est pas juste un autre surf movie, c’est un héritage culturel, un condensé de freesurf moderne et la conclusion d’une saga qui a influencé toute une génération. Et vu l’explosion de vues dès la première heure, on peut déjà dire une chose :

    Snapt 5 est officiellement le banger de l’année.

  • Gabriel Medina revient sur le Tour en 2026 : une saison qui rassemble les légendes

    Gabriel Medina revient sur le Tour en 2026 : une saison qui rassemble les légendes

    L’annonce n’a surpris personne, mais elle fait plaisir à tout le monde : Gabriel Medina sera bien de retour sur le Championship Tour en 2026, porté par une wildcard Season et par une récupération enfin complète de sa blessure à l’épaule. C’était attendu, presque écrit d’avance… Pourtant, derrière cette décision logique se cache un phénomène bien plus intéressant : l’an 2026 marque le grand retour massif des champions du monde, un alignement rare de générations dorées prêt à remettre les pendules à l’heure au moment où le format historique du circuit est rétabli.

    Un retour annoncé, mais un symbole fort

    Gabriel Medina n’avait pas disparu, il s’était mis en retrait. Blessure à l’épaule en janvier 2025, besoin de reset mental et personnel… Un schéma presque cyclique pour la star brésilienne, qui jongle depuis quelques années entre quête de performance pure et nécessité de retrouver un équilibre de vie. Après plusieurs mois hors du CT, il a repris ses marques dans des wave pools brésiliennes où l’on a déjà revu son explosivité, son timing clinique et cette capacité unique à aligner des airs et des turns puissants. Gabriel Medina est sûrement, l’un des surfeurs les plus complets de sa génération, le tout accompagné d’une rame exceptionnelle….

    Le communiqué du jour officialise ce que tout le monde savait : Medina revient, en bonne santé, prêt à jouer la gagne, et la WSL lui donne une place pour toute la saison 2026 grâce à une wildcard logique pour un triple champion du monde.

    À 32 ans, il n’a rien perdu de ce qui fait de lui l’un des surfeurs les plus complets de l’histoire : 18 victoires sur le CT, trois titres mondiaux (2014, 2018, 2021), plus de dix ans dans la top 5, et un rôle absolument central dans l’avènement de la Brazilian Storm.

    2026, l’année où les champions reviennent tous

    Mais l’information la plus intéressante n’est peut-être pas son retour…
    Ce qui frappe, c’est à quel point 2026 attire les champions, presque comme si quelque chose les rappelait au front.

    Stephanie Gilmore ? De retour.
    John John Florence ? De retour.
    Carissa Moore ? De retour.
    Medina ? De retour.
    Et ce n’est pas tout : d’autres champions plus discrets ou en pause pourraient encore annoncer leur comeback.

    Coïncidence ? Pas vraiment.

    2026 marque le retour à un championship pur, où le titre se gagne sur l’ensemble de la saison, sans playoff final, sans format couperet. Un CT « old school », fondé sur la régularité, la stratégie, la gestion d’une année complète et la capacité à briller dans toutes les conditions.

    Ce format, c’est celui qui a sacré les plus grands noms de l’histoire.
    C’est aussi celui où les champions déjà établis excellent le plus naturellement.

    Et si les légendes voulaient reprendre leur place dans leur format ?

    Les playoffs ont créé de la tension, du spectacle, mais aussi de la frustration.
    Perdre un titre sur une seule journée à Trestles a laissé des traces : Medina en 2021, Filipe Toledo en 2023, Carissa Moore à plusieurs reprises…

    Revenir à une course annuelle remet au centre la science du Tour : lire les conditions, performer de Pipe à J-Bay, gérer les coups de mou, dominer sur la durée.
    Ce terrain-là, c’est celui des légendes, des surfeurs complets, de ceux qui savent remporter un world title… pas celui où une seule journée suffit.

    On a donc peut-être affaire à un retour motivé autant par le cœur que par le contexte compétitif.

    Medina, symbole d’une nouvelle ère ?

    Ce retour groupé pourrait marquer un tournant. On a longtemps parlé de « changement de génération », avec Jack Robinson, Ethan Ewing, Molly Picklum, Joao Chianca, ou encore Caitlin Simmers prêts à prendre le pouvoir.
    2026 est en train de rebattre les cartes.

    • Les jeunes arrivent en force.
    • Les champions reviennent en meute.
    • Le format évolue.

    Le Tour 2026 ressemble déjà à une saison mythique : un mix parfait entre la puissance des icônes et l’insolence des nouveaux talents.

    Medina, au milieu de tout ça, pourrait devenir le point d’équilibre : assez mature pour aborder un comeback avec lucidité, mais toujours affamé, toujours capable de sortir les moves les plus décisifs dans les moments clés.

    Un calendrier taillé pour le spectacle

    Avec un retour qui débutera à Bells Beach avant de passer par Margaret River, Teahupoʻo, Saquarema, J-Bay, Tahiti, El Salvador, Trestles… et un Pipe Masters final en décembre, la saison coche toutes les cases pour offrir un duel épique entre générations.

    Medina a déjà remporté dans presque toutes ces destinations.
    Et Teahupoʻo ou Saquarema en pleine forme ? C’est presque son terrain de jeu.

    2026 sera l’année où toute une génération de champions revient défendre son héritage, face à une jeunesse impatiente de renverser la table.

    Et Medina le sait : 2026 pourrait être l’une des saisons les plus importantes de sa carrière.

  • Le retour tant attendu de John John Florence sur le CT en 2026

    Le retour tant attendu de John John Florence sur le CT en 2026

    L’annonce n’a surpris personne, mais elle a enthousiasmé tout le monde : John John Florence sera de retour sur le Championship Tour dès 2026, grâce au Season Wildcard qui lui a été attribué par la WSL. Le triple champion du monde, absent cette année pour voguer à travers le Pacifique avec sa famille, retrouve donc la compétition pour la saison qui marquera les 50 ans du CT. Et c’est peu dire que ce retour promet de rehausser le niveau… et le spectacle.

    Un come-back attendu, un champion reposé

    « J’apprécie vraiment que la WSL m’offre cette wildcard », confie Florence dans le communiqué officiel. Après avoir mis entre parenthèses le Tour début 2025 — alors qu’il était tout simplement le champion du monde en titre — l’Hawaïen a vécu une parenthèse unique : navigation, exploration des îles les plus reculées du Pacifique, sessions de rêve hors des radars… tout en profitant pleinement de sa femme Lauryn et de leur jeune fils.

    Cette pause n’était pas un retrait, mais un souffle. Un moyen de repartir avec l’envie, l’énergie et surtout la liberté retrouvée d’un surfeur qui, depuis 2011, vit sous la pression permanente du très haut niveau.

    Un palmarès hors norme, un style inimitable

    Florence, c’est d’abord un palmarès de légende :

    • Trois titres de champion du monde (2016, 2017, 2024)
    • Neuf victoires en CT
    • Cinq Triple Crown
    • Deux participations olympiques
    • Un exploit unique : gagner l’Eddie Aikau et le World Title la même année

    Mais au-delà des trophées, c’est son surf qui parle : puissant, aérien, fluide, explosif. Il a redéfini ce qu’il est possible de faire dans des vagues comme Margaret River ou Pipeline, où il possède certains des Perfect 10 les plus mythiques de l’histoire récente.

    Son dernier titre mondial, acquis en 2024 lors de sa première participation aux WSL Finals, a consacré un surfeur au sommet de son art.

    2026 : une saison symbolique et pleine de promesses

    La prochaine saison semble taillée sur mesure pour lui :

    • Ouverture à Bells Beach, où il s’est déjà imposé.
    • Clôture à Pipe, chez lui, dans l’arène où il a grandi entouré de Nathan et Ivan.

    Entre les deux, un Tour revisité pour les 50 ans de la WSL, avec une densité de talents impressionnante — de Medina à Robinson, en passant par les nouvelles révélations. Autant dire que le retour de JJF ajoute une dimension narrative parfaite : celle du champion revenu pour reconquérir son trône.

    Et pour les fans ? C’est simple : le meilleur surfeur de sa génération reprend le jersey. L’assurance d’un spectacle XXL.