Auteur/autrice : Kelly Slater

  • Le monde du surf pleure Kurt Van Dyke, assassiné au Costa Rica

    Le monde du surf pleure Kurt Van Dyke, assassiné au Costa Rica

    Le paradis a pris des airs de cauchemar ce week-end sur la côte caraïbe du Costa Rica. Kurt Van Dyke, figure emblématique de la communauté surf et héritier d’une des lignées les plus prestigieuses de Santa Cruz, a été retrouvé sans vie dans sa résidence de Cahuita. Un drame d’une violence inouïe qui secoue l’ensemble de la communauté internationale des surfeurs.

    Une agression d’une violence extrême

    Les faits, rapportés par les autorités locales et le San Francisco Chronicle, se sont déroulés samedi dernier. Des intrus auraient pénétré dans l’appartement que Kurt, 66 ans, partageait avec sa compagne. Selon les premiers éléments de l’enquête menée par l’Organisme d’Investigation Judiciaire (OIJ), le couple aurait été ligoté avec des attaches en plastique avant de subir une agression physique.

    Si sa compagne a miraculeusement survécu sans blessures graves, le corps de Kurt Van Dyke a été découvert dissimulé sous un lit, présentant des traces de strangulation et plusieurs plaies à l’arme blanche. Les assaillants ont pris la fuite après avoir dérobé des objets de valeur et le véhicule du couple.

    « The King » : Un pilier de Puerto Viejo

    Installé depuis de nombreuses années au Costa Rica, Kurt n’était pas un simple expatrié. Propriétaire de l’Hôtel Puerto Viejo, il avait bâti un véritable sanctuaire pour les surfeurs du monde entier. Surnommé « The King » par les locaux, il était reconnu pour son engagement envers la communauté et son style de surf radical, malgré les années.

    « Mon frère était une personne profondément bienveillante qui aidait absolument tout le monde », a confié son frère, Peter Van Dyke. « Kurt n’aurait jamais fait de mal à personne. »

    L’héritage d’une dynastie de Santa Cruz

    Le nom Van Dyke résonne comme une légende dans le nord de la Californie. Kurt était le fils de Gene Van Dyke, surfeur notoire de Santa Cruz, et de Betty Van Dyke, une pionnière absolue qui fut l’une des premières femmes à braver les vagues de la région dans les années 50.

    C’est cet héritage de liberté et de passion que Kurt avait emporté avec lui dans les eaux chaudes des Caraïbes. Son décès laisse un vide immense, tant sur les spots de Pleasure Point que sur les récifs de Puerto Viejo.

    Un acte isolé dans une région d’ordinaire paisible

    Face à l’émoi suscité, Roger Sams, président de la Chambre de Tourisme du Sud des Caraïbes, a tenu à rassurer les voyageurs en précisant qu’il s’agissait d’un « cas isolé » visant un résident et non un touriste de passage. La zone, réputée pour son calme et son atmosphère « pueblo », reste sous le choc de cette explosion de violence.

    Pour l’heure, les autorités costariciennes poursuivent leurs recherches pour retrouver les auteurs de ce crime qui vient ternir l’image de la Pura Vida.

  • Vincent Duvignac, de la chute au retour : le teaser d’un film bouleversant

    Vincent Duvignac, de la chute au retour : le teaser d’un film bouleversant

    Le 14 janvier 2025, la carrière – et la vie – de Vincent Duvignac bascule sur un banc de sable landais. Multiple champion de France de free surf, le Landais est victime d’un accident aussi brutal qu’improbable sur un spot proche de Vielle-Saint-Girons.

    Ce jour-là, les vagues ne sont pas énormes. “Très jolies”, racontera-t-il plus tard. Après deux heures à l’eau avec des amis et un cameraman, il décide de prendre une dernière vague. La plus belle. La plus creuse aussi. Son pied arrière glisse. Projeté vers l’avant, il heurte violemment le fond. “J’ai tapé la tête directement dans le sable.” Il entend deux craquements : un au niveau du crâne, l’autre aux cervicales.

    Le diagnostic est glaçant : dislocation et triple fracture des cervicales. À quelques millimètres près, c’était la paralysie ou pire. Conscient, il parvient pourtant à sortir de l’eau avant d’être évacué vers l’hôpital. Très vite, il mesure l’ampleur du choc. “J’ai de la chance d’être vivant.”

    Trois mois immobile, des doutes à la pelle

    Commencent alors trois mois d’immobilisation dans un corset sur mesure. Lit médicalisé. Douleurs constantes. Incertitude totale. Les quinze premiers jours sont les plus durs : la possibilité de ne plus jamais surfer devient réelle. S’ajoutent les doutes, la peur, les pleurs. Un suivi psychologique accompagne la rééducation.

    Puis, lentement, le corps répond. La mobilité revient. La confiance aussi.

    Neuf mois après l’accident, sur la plage de Seignosse, Vincent Duvignac renoue avec l’eau. Il parle d’“énorme victoire”. Il retrouve la sensation de glisse. Mieux encore : il replaque ses premiers tubes. L’extase, dit-il. Récemment, il a même participé au Challenge de La Nord à Hossegor, malgré une mobilité encore réduite.

    Un film pour raconter la résilience

    C’est cette traversée – de la chute à la renaissance – que retrace le teaser d’un film très attendu. Plus qu’un simple récit d’accident, il s’agit d’une plongée intime dans la fragilité d’un sportif de haut niveau et dans la puissance de la reconstruction.

    Dates des avant-premières :

    • Hossegor ► Samedi 28/02, Le Rex
    • Nantes ► Lundi 02/03, Pathé Nantes
    • Vannes ► Mercredi 04/03, Cinéville Parc Lann
    • Bordeaux ► Jeudi 05/03, Mégarama
    • Marseille ► Jeudi 05/03, Pathé Madeleine
    • Biarritz ► Vendredi 06/03, Le Royal
    • Paris ► Vendredi 06/03, Le Grand Rex
  • Surf aux JO 2028 : une réforme qui change tout

    Surf aux JO 2028 : une réforme qui change tout

    Le système de qualification olympique en surf pourrait connaître un tournant majeur pour les Jeux de Jeux Olympiques de Los Angeles 2028. Plusieurs médias spécialisés révèlent que l’International Surfing Association (ISA) souhaiterait réduire drastiquement le nombre de places attribuées via le World Surf League Championship Tour (CT).

    Moins de places via le CT

    Lors des cycles précédents (Tokyo 2020 et Paris 2024), une part importante des quotas olympiques provenait du classement final du CT. Ce système favorisait logiquement les surfeurs déjà installés au plus haut niveau mondial.

    La nouvelle orientation envisagée limiterait à cinq places par genre via le CT, avec potentiellement une restriction à un surfeur par pays. Une décision stratégique qui renforcerait le rôle des compétitions ISA dans la course aux Jeux.

    L’ISA au centre du jeu

    Si la réforme est confirmée, les ISA World Surfing Games deviendraient un passage quasi incontournable pour décrocher un ticket olympique. Les surfeurs du CT devraient alors s’investir pleinement dans ces épreuves, au lieu d’y participer sans enjeu majeur.

    L’objectif est clair :

    • Rééquilibrer les chances entre nations traditionnelles et émergentes
    • Intensifier la compétition internationale
    • Donner plus de valeur aux performances en championnat du monde ISA

    Une motivation décuplée

    On se souvient de la performance exceptionnelle de Gabriel Medina à Porto Rico en 2024, portée par l’enjeu olympique. Avec un système plus exigeant, chaque compétition pourrait devenir décisive, aussi bien en ISA qu’en CT.

    Cette réforme corrigerait plusieurs critiques du modèle précédent : manque d’intensité stratégique, qualifications quasi automatiques et faible pression concurrentielle.

    Les détails définitifs restent à confirmer, mais une chose est sûre : la route vers Los Angeles 2028 s’annonce bien plus disputée.

    Sources

    • Duke Surf – ISA seeks to reduce the number of qualifiers through the CT to five by 2028
    • The Inertia – ISA and WSL Olympic qualification discussions for LA 2028
  • Quand l’IA confond Filipe Toledo avec le père de John John Florence

    Quand l’IA confond Filipe Toledo avec le père de John John Florence

    Une nouvelle vidéo générée par intelligence artificielle circule dans la sphère surf… et elle prouve surtout une chose : même en 2026, l’IA peut raconter n’importe quoi, et certains le croient.

    Dans ce clip devenu viral, l’algorithme affirme sérieusement que Filipe Toledo serait le père de John John Florence. Oui, vraiment. De quoi faire sourire – ou lever les yeux au ciel – n’importe quel passionné de surf ayant suivi l’histoire pourtant bien connue de la famille Florence.

    Une erreur qui en dit long sur le contenu de cette vidéo

    Le problème n’est pas seulement l’erreur factuelle. C’est surtout la facilité avec laquelle une information absurde peut sembler crédible lorsqu’elle est portée par une vidéo bien montée, une voix synthétique convaincante et quelques images de tubes parfaits.

    Dans la réalité, l’histoire de John John Florence est documentée depuis des années. Son père, John Florence Sr., a même publié un mémoire autobiographique détaillant son parcours chaotique et sa vie familiale. Rien, absolument rien, n’y relie Filipe Toledo.

    Cette confusion montre que l’IA excelle encore davantage dans la mise en scène que dans la vérité.

    Le surf face au miroir déformant de l’intelligence artificielle

    Le monde du surf, déjà nourri de storytelling, de légendes et de récits héroïques, devient un terrain idéal pour ce type de dérives. Une simple hallucination algorithmique peut transformer une fiction en quasi-réalité virale.

    Ironiquement, cette bévue rappelle aussi pourquoi la culture surf repose encore sur la mémoire humaine : les magazines, les films, les témoignages… et cette transmission entre générations que même la meilleure IA ne peut pas improviser.

    Au fond, cette vidéo n’est peut-être pas qu’une erreur. C’est un rappel amusant que, malgré toute la technologie du monde, connaître réellement le surf demande encore de vivre dedans.

  • Kai McKenzie : le prodige australien de retour sur sa planche après une attaque de requin

    Kai McKenzie : le prodige australien de retour sur sa planche après une attaque de requin

    Juillet 2024, Nouvelle-Galles du Sud. Le destin de Kai McKenzie bascule sous les mâchoires d’un grand requin blanc. À seulement 23 ans, alors qu’il était l’un des espoirs les plus prometteurs du surf australien, le jeune homme perd sa jambe droite dans une attaque d’une violence rare. On le pensait perdu pour le surf de haut niveau ; il vient de prouver au monde entier que la passion est plus forte que le traumatisme.

    Un retour progressif vers l’élite

    Le chemin vers la rédemption n’a pas été linéaire. Peu de temps après son accident à North Shore Beach, Port Macquarie, Kai McKenzie s’était déjà illustré en retournant à l’eau sur une planche en mousse (soft-top), surfant sur une seule jambe. Mais les images qui circulent aujourd’hui marquent une étape supérieure, presque irréelle.

    Équipé d’une prothèse de haute technologie, le surfeur a repris possession de sa board habituelle en résine et fibre de verre. La vidéo de sa session montre un bon niveau : Kai pompe sur la vague, gagne de la vitesse et envoie un re-entry frontside avec une fluidité déconcertante. Sa légende sur Instagram résume parfaitement son état d’esprit : « J’ai perdu ma jambe, mais je n’ai pas perdu le surf. »

    Le respect des légendes du circuit

    Ce comeback n’est pas passé inaperçu auprès de la communauté internationale. Les plus grands noms du surf mondial ont exprimé leur admiration. Mick Fanning, triple champion du monde et lui-même rescapé d’une rencontre célèbre avec un grand blanc, a salué « un cœur et une volonté incroyables ». D’autres icônes comme Taj Burrow, Laura Enever ou Noa Deane ont rejoint le concert d’éloges, qualifiant Kai de « légende vivante ».

    Le chemin n’est pourtant pas sans embûches. Plus tôt cette année, Kai a dû repasser sur la table d’opération suite à des complications liées à son amputation. Sa capacité à surmonter ces rechutes physiques et mentales force le respect, notamment dans un contexte australien tendu où les attaques de requins (notamment de bouledogues à Sydney) rappellent quotidiennement les risques inhérents à notre sport.

    Une inspiration pour la culture glisse

    L’histoire de Kai McKenzie dépasse le simple fait divers sportif. Elle s’inscrit dans la lignée des récits de résilience qui forgent l’âme de la culture surf et du sport. Son message est clair : avec le bon entourage et une détermination d’acier, aucune vague n’est infranchissable, même après avoir frôlé l’irréparable. Bravo à lui…

  • Justine Dupont : la vidéo montre l’instant précis où tout bascule à Todos Santos

    Justine Dupont : la vidéo montre l’instant précis où tout bascule à Todos Santos

    On savait que la chute était violente.
    On ne mesurait pas encore à quel point.

    La vidéo du wipeout de Justine Dupont lors du Thriller at Killers, à Todos Santos, révèle le moment exact où la surfeuse française se fracture la vertèbre L1 dans une vague estimée à 25 pieds.

    Aspirée par la lèvre, envoyée par-dessus les chutes

    Les premières informations laissaient penser que la blessure était survenue sur un take-off manqué plus tôt dans la série. Mais les images racontent une autre histoire.

    Sur une grosse vague, Justine est happée par la lèvre. Elle passe dans la lèvre et disparaît dans la zone d’impact. L’impact, lourd.

    C’est là que se produit la fracture.

    Dans le channel, l’atmosphère change immédiatement. Sur le traîneau du jet ski, la Française reste allongée, visiblement touchée. Les équipes de sécurité interviennent sans délai.

    Une intervention rapide, un diagnostic rassurant

    Évacuée vers l’hôpital d’Ensenada puis transférée à San Diego, Justine apprend qu’elle souffre d’une fracture de la vertèbre L1.

    Pas d’opération nécessaire.
    Mais plusieurs semaines de corset et une rééducation avant un retour progressif à l’eau.

    Depuis l’hôpital, elle a partagé ces mots :

    « Je fais ce sport par passion, en étant pleinement consciente des risques. »

    Une phrase qui résume tout l’engagement du big wave surfing.

    Killers : une vague magnifique… et sans indulgence

    Todos Santos reste l’un des spots les plus impressionnants du circuit big wave. Une vague massive, exigeante, où l’engagement est total à chaque take-off.

    Même pour une spécialiste des conditions XXL comme Justine Dupont, l’erreur ne pardonne pas.

    Cette séquence en est la démonstration brutale.

    👉 Lire aussi

    Pour revenir en détail sur sa blessure, son message et le contexte de la compétition, tu peux consulter notre premier article :

    ➡️ Justine Dupont blessée à Todos Santos après une lourde chute

  • Miracle à Santa Cruz : Un bateau avec quatre enfants chavire dans un « lineup » déchaîné

    Miracle à Santa Cruz : Un bateau avec quatre enfants chavire dans un « lineup » déchaîné

    Ce qui devait être une sortie en mer a viré au cauchemar ce dimanche 8 février à Steamer Lane, en Californie. Un bateau de plaisance avec une famille de six personnes à son bord a tenté de traverser la zone de surf en plein « swell » massif. Le bilan aurait pu être tragique sans l’intervention héroïque des surfeurs présents sur place.

    Une « missile maritime » fonce sur les surfeurs

    Alors que la côte pacifique était placée sous alerte de forte houle avec des vagues de 2 à 3 mètres (6-8 pieds), une panga de 15 pieds a commis l’irréparable : s’engager à pleine vitesse entre Middle Peak et The Slot, le cœur de l’action à Santa Cruz.

    Le journaliste de Stab, Holden Trnka, à peine descendu de l’avion en provenance d’Hawaï, se trouvait dans l’eau au moment du drame :

    « Le plus gros set de la journée arrivait. Ce bateau a essayé de forcer le passage entre deux séries. Il a dévalé la face d’une vague à pleine vitesse, a planté l’avant et s’est retourné instantanément. »

    « Maman, je veux rentrer » : Un sauvetage contre la montre

    À bord, le chaos est total. Deux parents et quatre enfants, âgés de 4 à 10 ans, sont projetés dans une eau glaciale, au milieu des débris et des canettes de bière flottantes. Si les enfants portaient des gilets de sauvetage, ce n’était pas le cas des parents.

    La légende locale du surf de gros, Darryl “Flea” Virotsko, témoin de la scène, raconte l’urgence absolue : « Je l’ai vu foncer droit dans la mousse. Je savais qu’ils allaient couler. Il a fallu ramer le plus vite possible pour sauver ces petits. »

    Holde a réussi à hisser une petite fille sur sa planche :

    « Elle hurlait, elle appelait ses parents en pleurant. C’était extrêmement traumatisant. On ne savait pas si tout le monde était sain et sauf sous la coque retournée. »

    Un bilan miraculeux malgré l’imprudence

    Le père de famille, retrouvé sans pantalon et avec une profonde entaille au cuir chevelu, a été récupéré par les secours en état de choc, s’excusant à plusieurs reprises. Grâce à la solidarité immédiate des 30 à 40 surfeurs présents dans l’eau, les six membres de la famille ont pu être transférés sur un bateau des garde-côtes puis pris en charge par des ambulances au port de Santa Cruz.

  • L’incroyable survie d’un surfeur accroché à un casier à homards en pleine mer

    L’incroyable survie d’un surfeur accroché à un casier à homards en pleine mer

    Ce qui devait être une session de surf nocturne mémorable a failli virer au drame ce week-end à Haskell’s Beach, près de Goleta. Un jeune surfeur de 26 ans doit aujourd’hui sa vie à un équipement de pêche pourtant controversé : un casier à homards.

    Une session de nuit qui vire au cauchemar

    Alors que les conditions étaient annoncées comme « pumping » par les surf reports locaux, deux amis se sont mis à l’eau à la tombée de la nuit. Aux alentours de 18h30, la situation a dérapé. Après la perte de sa planche, l’un des surfeurs a été rapidement entraîné vers le large par les courants.

    L’alerte a été donnée immédiatement par son compagnon resté sur le rivage. Un réflexe salvateur qui a permis aux secours du Santa Barbara County Fire Department d’intervenir dans des délais records.

    La technologie infrarouge au service du sauvetage

    La découverte de la planche de surf échouée sur le sable a d’abord laissé craindre le pire. Mais c’est grâce au déploiement de drones équipés de caméras thermiques que l’impensable a été repéré : à plus de 400 mètres de la côte, une signature thermique oscillait dans l’eau sombre.

    Le naufragé avait réussi à s’agripper à la bouée d’un casier à homards (ou « cray pot »), un point d’ancrage providentiel qui lui a permis de ne pas couler malgré l’épuisement et la température de l’eau.

    Le casier à homards : sauveur inattendu

    Ironie du sort, ces casiers font souvent l’objet de critiques environnementales. L’association Santa Barbara Channelkeeper en recensait encore 44 autour de cette plage en 2021, pointant du doigt les risques pour la faune marine. Cette fois, ce « débris » marin est devenu une bouée de sauvetage.

    Récupéré sain et sauf par les nageurs-sauveteurs, le jeune homme n’a pas eu besoin d’hospitalisation. Un dénouement heureux qui rappelle les dangers extrêmes du surf nocturne, même pour les pratiquants expérimentés.

  • Justine Dupont blessée à Todos Santos après une lourde chute

    Justine Dupont blessée à Todos Santos après une lourde chute

    La victoire et le podium ne racontent jamais toute l’histoire. Derrière la troisième place décrochée au Thriller at Killers, Justine Dupont a vécu un épisode bien plus rude que ce que laissait présager le classement final. La surfeuse française a révélé sur ses réseaux sociaux s’être fracturé une vertèbre lors de la compétition de grosses vagues à Todos Santos, au Mexique.

    Engagée comme toujours, Justine cherchait « une méga vague ». Elle l’a trouvée… mais l’impact a été violent. Aspirée par la vague après une chute lourde, elle ressent immédiatement une vive douleur dans le dos. Rapidement prise en charge, elle est évacuée vers l’hôpital d’Ensenada avant d’être transférée aux États-Unis pour des examens complémentaires. Verdict : fracture vertébrale, sans complication grave heureusement.

    Une blessure sérieuse, mais un état d’esprit intact

    Dans son message, Justine Dupont rassure. Pas d’opération, mais quelques semaines avec un corset, suivies d’une rééducation conséquente. Le retour à l’eau est déjà dans un coin de sa tête. « Dans quelques mois, je serai de retour à l’eau », écrit-elle, fidèle à cet état d’esprit qui la caractérise depuis ses débuts en grosse vague, et plus généralement dans le surf.

    La Française a tenu à remercier l’ensemble des personnes impliquées dans sa prise en charge : surfeurs, équipe de sécurité, médecins, personnel hospitalier, mais aussi Gary Linden, organisateur du Thriller at Killers, pour la qualité de l’organisation et de la water safety sur place.

    Todos Santos, un rappel brutal de la réalité du big wave

    Cette blessure rappelle à quel point Killers, au large de Todos Santos, reste l’un des spots les plus exigeants au monde. Une vague massive, imprévisible, où l’engagement est total et les conséquences bien réelles. Même pour les surfeurs et surfeuses les plus expérimentés.

    Malgré tout, Justine conclut son message avec une promesse claire : elle reviendra. Rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine, face à cette vague qui l’a durement frappée, mais qui continue d’alimenter sa passion intacte pour le surf de grosses vagues. N’oublions pas son expérience à Jaws.

  • Adrien Toyon de retour dans les tubes de Desert Point

    Adrien Toyon de retour dans les tubes de Desert Point

    Il y a des vidéos qui font simplement plaisir. Celle d’Adrien Toyon à Desert Point en fait clairement partie.
    Cela faisait un moment qu’on n’avait pas vu le Réunionnais sous ce jour-là, et le retrouver dans les longs tubes de Lombok a quelque chose d’évident : cette vague lui va comme un gant.

    Adrien Toyon, c’est avant tout une classe naturelle, un surf propre, posé, sans gestes inutiles. À Desert Point, il déroule. La vidéo Desierto le montre à l’aise, précis, parfaitement calé dans des gauches interminables. Un tube rider pur, qui sait attendre, lire la vague et disparaître là où beaucoup se feraient éjecter.

    Le film raconte aussi l’envers du décor. Un coup de fil, un swell éclair, deux jours de voyage depuis la France, et cette attente avant de pouvoir enfin se jeter à l’eau sur l’une des vagues les plus capricieuses – et mythiques – de la planète. Desierto, ce n’est pas seulement le désert géographique, c’est aussi le temps, la patience, l’engagement nécessaire pour être au bon endroit au bon moment.

    Résultat : des barrels longs, profonds, presque hypnotiques, et un Adrien Toyon motivé comme un grom de 14 ans. Une vidéo courte, sincère, qui rappelle à quel point son surf reste une référence dès que ça creuse à gauche.

  • Thriller at Killers 2026 : Todos Santos sacre ses rois de la grosse vague

    Thriller at Killers 2026 : Todos Santos sacre ses rois de la grosse vague

    Todos Santos est un spot capricieux de Baja California, et plus précisément la vague de Killers, a offert ce week-end une édition 2026 du Thriller at Killers aussi brève qu’intense. Feu vert donné mercredi, compétition lancée à l’aube samedi 7 février, dans des vagues estimées entre 20 et 25 pieds. Sans fioritures, sans détour : ici, seuls les vrais répondent présent.

    Organisé sous l’impulsion de la légende de grosse vague Gary Linden, le Thriller at Killers conserve un format unique. Les surfeurs sont sélectionnés via un système hybride mêlant performances vidéo, résultats de l’édition précédente et wildcards attribuées par Linden lui-même. Un casting élitiste, pensé pour une vague qui ne pardonne rien.

    Des conditions massives et une finale à très haute intensité

    Dès les premières séries, Todos Santos a montré son vrai visage : des grosses marches dans la vague, take-offs engagés, sections rapides. Chez les hommes, le Sud-Africain Grant Twiggy Baker a imposé son autorité avec un surf engagé et parfaitement adapté aux vagues de Killers. Il s’impose devant Nic Lamb et Greg Long, dans une finale où chaque vague comptait.

    Mention spéciale au Mexicain Quetzal Estrada, auteur d’une bombe notée 9,5 en demi-finale. Un drop engagé, parfaitement maîtrisé, qui l’envoie en finale et confirme l’émergence d’une nouvelle génération locale capable de rivaliser avec l’élite mondiale.

    Justine Dupont, encore sur le podium mondial

    Chez les femmes, la victoire revient à l’Américaine Katie McConnell, déjà lauréate en 2024, solide et stratégique dans ces conditions. Mais côté français, la performance à retenir est celle de Justine Dupont, qui décroche une superbe troisième place.

    Déjà victorieuse à Nazaré et référence absolue en grosse vague, Justine a une nouvelle fois démontré sa régularité et sa lecture exceptionnelle de l’océan. Dans un spot aussi aléatoire que Todos Santos, cette constance est tout sauf anodine. Elle confirme son statut parmi les surfeuses les plus fiables du circuit big wave mondial.

    Todos Santos, un spot à part dans le monde de la grosse vague

    Killers n’est ni Nazaré, ni Jaws. C’est une vague imprévisible, exigeante, qui récompense l’engagement total et la patience. Chaque édition du Thriller at Killers rappelle pourquoi cette compétition reste l’une des plus respectées du calendrier big wave. Peu de manches, peu de vagues… mais aucune place pour l’erreur.

    En 2026, Todos Santos a encore tenu sa promesse : du surf brut, sans filtre, et un verdict clair. Seuls les surfeurs capables d’affronter l’inconfort absolu peuvent prétendre briller ici.

  • Defect : le nouveau film Former que les fans de Dane Reynolds attendent déjà

    Defect : le nouveau film Former que les fans de Dane Reynolds attendent déjà

    Quand Former annonce un nouveau long-métrage, l’excitation monte immédiatement d’un cran. Et avec Defect, la marque fondée par Dane Reynolds promet clairement l’un de ses projets les plus bruts, les plus sincères et les plus attendus depuis System Is Yours (2022). Bonne nouvelle : l’attente touche à sa fin.

    Chapter 11 à l’arrêt… pour de bonnes raisons

    À Ventura, les portes du surf shop Chapter 11 sont temporairement fermées. Pas par manque d’activité, bien au contraire. Hunter Martinez, réalisateur et pilier du projet, est plongé jusqu’au cou dans le montage de Defect. Le film accapare toute l’énergie de l’équipe, entre post-production, gestion du roster Former et sélection des clips les plus lourds accumulés ces derniers mois.

    Contrairement à l’image fantasmée du job de rêve — “surfer avec Dane tous les jours” — la réalité est plus sérieuse : rigueur, organisation et une vraie vision créative.

    Defect : blessures, galères… et surf de très haut niveau

    Le titre Defect n’a rien d’un hasard. Le film est né dans la douleur. Littéralement. Dane Reynolds s’est fracturé le pied sur le reef indonésien, Craig Anderson a enchaîné les blessures, Shaun Manners a subi une lourde commotion, Dion Agius s’est perforé un poumon, Jay Davies traîne des soucis à l’épaule… Un casting de guerre.

    Mais comme souvent chez Former, les moments les plus chaotiques donnent naissance aux images les plus marquantes. Martinez le confirme : tout le meilleur footage est dans Defect. Attendez-vous à du surf engagé, des slabs massifs, et une approche toujours aussi anti-format.

    Un casting élargi et des invités remarqués

    Depuis 2022, l’équipe Former s’est largement étoffée. Aux piliers historiques (Reynolds, Anderson, Ben Howard…), se sont ajoutés Shaun Manners, Dion Agius, Jay Davies, Jake Kelley, mais aussi une nouvelle génération incarnée par Timo Simmers et Gabe Morvil.

    Cerise sur le gâteau : un cameo de James Kusitino, premier surfeur pro fidjien et Stab Surfer of the Year, avec des backside barrels qui risquent de marquer les esprits.

    Dates de sortie et avant-goûts

    Defect partira en tournée mondiale en juin, avant une sortie en ligne prévue pour juillet. D’ici là, Former prévoit plusieurs “préquel” vidéos, plus longues, plus respirantes, loin du surf content jetable. Une vraie déclaration d’amour au storytelling.

  • Pipeline au féminin : Bryan s’impose, Zebrowski confirme son immense potentiel

    Pipeline au féminin : Bryan s’impose, Zebrowski confirme son immense potentiel

    La compétition féminine du Lexus Pipe Challenger s’est conclue dans la nuit à Pipeline, dans des conditions finalement plus clémentes que prévu. Pas le Pipe XXL des grandes légendes, mais des vagues propres, solides, entre quatre et six pieds, suffisantes pour rappeler à quel point ce spot reste l’un des terrains de jeu les plus exigeants du circuit, même lorsqu’il se montre plus accessible.

    Au terme d’une journée finale intense, c’est Gabriela Bryan qui s’est imposée, devant Erin Brooks, Molly Picklum et Anat Lelior. Une finale relevée, presque générationnelle, qui donne déjà le ton pour la saison à venir.

    Des conditions imparfaites… mais formatrices

    Comme l’a souligné la vainqueure elle-même, Pipeline n’était « pas idéal », avec un swell en construction et du vent par moments, mais c’est précisément dans ce type de configuration que se forgent les vraies compétitrices. Lecture de vague, patience, choix de priorité : chaque série a demandé une maîtrise tactique totale, bien au-delà du simple tube parfait.

    Dans ce contexte, la victoire de Gabriela Bryan a une saveur particulière. Déjà quadruple gagnante sur le Championship Tour, la surfeuse de Kauaʻi signe ici son premier succès sur le Challenger Series, à domicile, sur un spot mythique chargé de l’héritage d’Andy Irons. Un signal fort envoyé avant le coup d’envoi de la saison CT 2026 à Bells Beach.

    Tya Zebrowski : la confirmation, pas la surprise

    Côté français, la performance de Tya Zebrowski mérite clairement qu’on s’y attarde. À seulement 14 ans, Tya continue d’impressionner par sa maturité compétitive, et surtout par son aisance dans les vagues creuses, un registre où l’erreur ne pardonne pas à Pipeline.

    Dès le premier tour de la journée précédente, elle se retrouvait dans une série particulièrement relevée face à Yolanda Hopkins, actuelle numéro une du classement, Anat Lelior et Vahine Fierro. Une série piège, tendue, où la moindre hésitation pouvait coûter cher. Pourtant, Zebrowski s’en sort avec autorité et se qualifie pour les quarts de finale, aux côtés d’Anat Lelior.

    En quart, la Française livre une prestation solide et se hisse en demi-finale, confirmant sa régularité au plus haut niveau du Challenger Series. Elle s’arrête finalement à ce stade, mais sans réelle déception comptable : avec déjà d’excellents résultats engrangés cette saison, cette demi-finale remplace un score équivalent dans son total annuel. Autrement dit, le classement final ne bouge pas Yolando Hopkins et Tya Zebrowski ont le même nombre de points.

    Vaïne Fierro : une série cruelle

    Pour Vahine Fierro, l’aventure s’est arrêtée plus tôt. Engagée elle aussi dans la série d’ouverture face à Zebrowski, Hopkins et Lelior, la Polynésienne n’a pas trouvé les opportunités nécessaires pour s’exprimer pleinement. Une élimination frustrante, dans un série difficile.

  • Amaury Lavernhe devient Espagnol : le signal d’alarme d’une crise profonde pour le surf tricolore

    Amaury Lavernhe devient Espagnol : le signal d’alarme d’une crise profonde pour le surf tricolore

    Le monde du bodyboard s’est réveillé avec une nouvelle amère. Amaury Lavernhe, alias « Moz », l’un des athlètes les plus titrés de l’histoire du sport français, ne portera plus la bannière tricolore. À 40 ans, alors qu’il entame sa 21e saison sur le circuit mondial (IBC), le Réunionnais a officiellement pris la nationalité espagnole. Ce choix, loin d’être une simple formalité administrative, est le résultat d’une politique sportive française qui laisse ses talents sur le carreau.

    Le couperet du statut de « Haut Niveau »

    Depuis ses 13 ans, Amaury Lavernhe figurait sur la liste ministérielle des athlètes de haut niveau. Un statut crucial qui permet d’obtenir des subventions, des aides aux déplacements et un accompagnement professionnel. Mais les règles ont changé. Le ministère des Sports a décidé de retirer le bodyboard de cette liste, justifiant cette décision par l’absence de la discipline aux Jeux Olympiques.

    « C’était une mauvaise décision, car la France n’a jamais eu autant de bodyboarders sur le circuit mondial », regrette l’athlète. Résidant aux Canaries depuis de nombreuses années, Amaury a constaté que l’Espagne, elle, continue de soutenir massivement ses bodyboarders. Pour survivre professionnellement et continuer à porter ses projets sportifs, Moz (surnom d’amaury) a dû se résoudre à changer de pavillon.

    Après le bodyboard, le longboard dans la tourmente ?

    Le cas Lavernhe n’est que la partie émergée de l’iceberg. Le débat s’élargit désormais aux longboarders. Il y a quelques mois, la sentence tombait pour les JO de Los Angeles 2028 : le longboard ne sera pas intégré au programme olympique.

    Cette exclusion fait peser une menace directe sur les athlètes français. Si la logique ministérielle reste la même — « pas d’Olympe, pas de soutien » — qu’adviendra-t-il de nos champions comme Edouard Delpero, Alice Lemoigne ou Zoé Grospiron ? Sans le précieux statut de haut niveau, ces athlètes perdent non seulement des revenus, mais aussi la reconnaissance institutionnelle nécessaire pour attirer des sponsors privés.

    Vers une fuite des talents vers l’étranger ?

    La France est une nation majeure du surf sous toutes ses formes. Pourtant, en conditionnant son aide à la seule vitrine olympique, elle crée un système à deux vitesses. D’un côté, le shortboard bénéficie de toutes les attentions ; de l’autre, les disciplines « historiques » et tout aussi performantes s’étiolent.

    Le départ d’Amaury Lavernhe vers l’Espagne pourrait créer un précédent. Si les conditions de pratique et de soutien financier sont meilleures chez nos voisins, rien n’empêchera d’autres riders de suivre le même chemin. Le risque est réel : voir le savoir-faire et le palmarès français nourrir les fédérations concurrentes, faute de considération nationale.

  • Challenger Series : Kauli Vaast qualifié statistiquement, quels scénarios pour Jorgann Couzinet ?

    Challenger Series : Kauli Vaast qualifié statistiquement, quels scénarios pour Jorgann Couzinet ?

    À une étape de la fin des Challenger Series, le classement commence enfin à parler clair.
    Certains surfeurs peuvent déjà respirer, d’autres sont condamnés à sortir la calculatrice… et à prier pour des éliminations précoces chez leurs rivaux.

    Deux Français incarnent parfaitement ces deux réalités opposées : Kauli Vaast, déjà assuré de son ticket pour le Championship Tour, et Jorgann Couzinet, toujours en embuscade, mais sans droit à l’erreur.

    Kauli Vaast : une qualification acquise statistiquement

    Actuel 2e du classement Challenger Series, Kauli Vaast totalise 22 520 points avant le dernier événement.
    Un chiffre clé quand on sait que seuls les 10 premiers du classement final décrochent leur place sur le CT la saison suivante.

    Même dans le pire des scénarios possibles — une élimination précoce combinée à une victoire d’un concurrent direct — Kauli ne pourrait sortir du top 10 qu’avec une prestation sans faute des 11 surfeurs derrière lui et avec un classement très spécifique. C’est mathématiquement faisable, mais statistiquement, c’est une autre histoire

    • Liam O’Brien : finale (7 800) → passe au-dessus de 22 520
    • Mateus Herdy : demi-finale (6 085) → passe au-dessus
    • Callum Robson : demi-finale (6 085) → passe au-dessus
    • Oscar Berry : 5e (4 745) → passe au-dessus
    • Morgan Cibilic : 5e (4 745) → passe au-dessus
    • Jacob Willcox : 5e (4 745) → passe au-dessus
    • George Pittar : 9e (3 320) → passe au-dessus
    • Samuel Pupo : 9e (3 320) → passe au-dessus
    • Luke Thompson : 9e (3 320) → passe au-dessus

    La qualification de Kauli Vaast est statistiquement acquise.
    Il s’agit déjà d’un immense succès sportif, mais aussi d’un symbole fort : le surf français place à nouveau un de ses talents majeurs parmi l’élite mondiale.

    Jorgann Couzinet : tout reste possible… mais rien n’est garanti

    La situation est nettement plus complexe pour Jorgann Couzinet.
    Avant le dernier event, il pointe à la 13e place avec 14 930 points.

    Le détail crucial :
    Sur les Challenger Series, seuls les meilleurs résultats comptent. Le plus faible résultat comptabilisé de Jorgann est actuellement 700 points. Cela signifie que toute performance supérieure viendra remplacer ce score et faire grimper son total.

    Les totaux possibles pour Jorgann Couzinet

    Selon son résultat au dernier Challenger Series, voici où Jorgann pourrait terminer :

    • 5e place18 975 points
    • 3e place20 315 points
    • 2e place22 030 points
    • Victoire24 230 points

    À titre de comparaison, le 10e actuel (Jacob Willcox) affiche 18 840 points.

    Scénario 1 : la qualification “propre” (mais fragile)

    ➡️ Jorgann termine 5e

    Il passerait alors devant la barre du top 10… à condition que :

    • Jacob Willcox ne dépasse pas les 33e
    • Callum Robson ne dépasse pas les 33e

    Dans ce scénario, aucun des deux ne remplacerait leur plus faible résultat, et Jorgann entrerait dans les dix premiers.

    ⚠️ Problème : ce scénario dépend fortement des contre-performances des autres.

    Scénario 2 : la qualification sous contrôle

    ➡️ Jorgann termine 3e

    Avec plus de 20 000 points, il se protège déjà bien mieux :

    • Il passe devant Willcox même si celui-ci atteint les 17e
    • Il garde une marge sur la majorité des poursuivants directs

    C’est le scénario qui commence à rendre la qualification réaliste et solide.

    Scénario 3 : aucune discussion possible

    ➡️ Jorgann termine 2e ou gagne l’event

    Dans ce cas :

    • Il dépasse largement la barre des 22 000 points
    • Il devient quasiment intouchable, même en cas de gros résultat des concurrents directs

    👉 Une victoire ou une finale rendrait la qualification quasi automatique, sans dépendre des autres tableaux.

    Le vrai danger : les attaques venues de l’arrière

    Même si le duel médiatique se concentre sur Willcox ou Robson, d’autres noms restent dangereux :

    • Dimitri Poulos
    • Levi Slawson
    • Jordan Lawler

    Un podium surprise de l’un d’eux pourrait totalement redistribuer les cartes. C’est pour cela qu’un simple quart de finale ne garantit rien à Jorgann.

    Verdict final

    Kauli Vaast est officiellement qualifié pour le Championship Tour

    Jorgann Couzinet doit viser au minimum un podium

    Une victoire le qualifierait sans calculs

    La différence entre les deux Français illustre parfaitement la cruauté des Challenger Series :
    un circuit où une saison entière peut se jouer sur une seule vague, un seul heat, un seul score.

    Classement Challenger Series – Top 20 actuel

    1. Eli Hanneman (Hawaï) – 26 215 pts
    2. Kauli Vaast (France) – 22 520 ptsqualifié
    3. George Pittar (Australie) – 22 320 pts
    4. Samuel Pupo (Brésil) – 21 860 pts
    5. Luke Thompson (Afrique du Sud) – 21 465 pts
    6. Oscar Berry (Australie) – 20 710 pts
    7. Morgan Cibilic (Australie) – 19 885 pts
    8. Mateus Herdy (Brésil) – 19 460 pts
    9. Liam O’Brien (Australie) – 19 450 pts
    10. Jacob Willcox (Australie) – 18 840 ptscut line CT

    Callum Robson (Australie) – 17 620 pts

    Winter Vincent (Australie) – 14 990 pts

    Jorgann Couzinet (France) – 14 930 pts

    Dimitri Poulos (USA) – 14 790 pts

    Levi Slawson (USA) – 14 700 pts

    Jordan Lawler (Australie) – 13 905 pts

    Xavier Huxtable (Australie) – 13 810 pts

    Kade Matson (USA) – 12 685 pts

    Taro Watanabe (USA) – 12 265 pts

    Hiroto Ohhara (Japon) – 11 985 pts

  • Une journée de tubes mémorable à Pipeline pour les Français

    Une journée de tubes mémorable à Pipeline pour les Français

    Encore une belle journée de surf à Banzai Pipeline, du genre à rappeler pourquoi cette vague reste le juge de paix ultime du surf mondial. On savait que ce serait solide, puissant, engagé. Il y avait même une petite crainte : trop gros, trop désordonné, ou gâché par un vent de shore capricieux. Finalement, rien de tout ça. Les organisateurs ont eu le nez fin : conditions exigeantes mais surfables, et surtout un spectacle XXL jusqu’au terme de la compétition masculine du Lexus Pipe Challenger Presented by Billabong.

    Des tubes, des vraies prises de risque, et une intensité constante. Pipeline a parlé. Et les surfeurs ont répondu.

    Les Français brillent dès les 32es de finale

    C’est sans doute l’un des grands enseignements de cette journée : les trois Français engagés se qualifient avec autorité pour les quarts de finale, dans des séries loin d’être simples. Une performance collective remarquable, surtout dans des conditions où l’erreur se paie cash.

    Kauli Vaast, la confirmation dans le tube

    Aucune surprise ici. Kauli Vaast est reconnu comme l’un des meilleurs tube riders de sa génération, et il l’a encore prouvé à Pipeline. Lecture impeccable, engagement total, et surtout cette capacité à choisir LA bonne vague. Dans un heat ultra relevé, il sort des tubes propres, profonds, notés. Pipeline ou Backdoor lui vont bien, tout simplement.

    Jorgann Couzinet, la révélation

    Là, on parle clairement de la surprise française de la compétition. Son histoire avec Hawaii est compliquée : par le passé, Jorgann avait déjà laissé filer une qualification au CT à Sunset, éliminé prématurément alors qu’il était presque qualifié. Cette fois, le scénario est inversé.

    Il arrive à Pipeline avec beaucoup de retard au classement Challenger Series, peu de chances mathématiques… et il surfe libéré. Résultat : des choix justes, une gestion intelligente du line-up, et surtout une vraie solidité mentale. Quoi qu’il arrive pour la qualification finale, il a clairement débloqué quelque chose ici à Hawaii.

    Charly Quivront, le show

    En 32es, Charly Quivront régale. Un énorme tube à Pipe, engagé, propre, sans grab, parfaitement exécuté. Le genre de vague qui fait lever le public et rappelle que Charly est capable de performances spectaculaires sur les vagues de récif.

    Un quart de finale 100 % haute tension… et presque 100 % bleu-blanc-rouge

    Le tirage offre une série complètement folle : Kauli Vaast, Jorgann Couzinet, Charly Quivront, face au local Joey Johnston. Pipeline, des Français, un local affûté : ambiance électrique.

    Couzinet impérial

    Jorgann Couzinet surfe sa série comme un patron. Calme, précis, opportuniste. Il termine largement en tête, une nouvelle fois, confirmant que son parcours n’a rien d’un accident.

    Le crève-cœur Vaast

    Derrière, le scénario est cruel. Joey Johnston et Kauli Vaast terminent avec le même total : 12,20 points. La différence ? La meilleure vague. Johnston sort un 6,77, contre un 6,00 pour Vaast. En compétition, ce détail suffit à faire basculer une carrière.

    C’est frustrant, d’autant plus que Kauli avait clairement le niveau pour aller plus loin. Cela dit, un quart de finale à Pipe, dans ces conditions, reste un très gros résultat. Kauli Vaast valide son ticket pour le CT. Une demi-finale aurait été la cerise, mais l’essentiel est là.

    Charly Quivront s’arrête également à ce stade, après une série intense, sans démériter.

    Demi-finale à Pipeline : Couzinet défie les pronostics

    Soyons honnêtes : personne n’avait mis Jorgann Couzinet en demi-finale à Pipeline, surtout avec les prévisions de gros swell. Et pourtant. Il y est. Une performance énorme, presque irréelle sur le papier.

    Est-ce suffisant pour décrocher la qualification au CT ? Rien n’est encore joué. Il reste un gap avec le Top 10, et une dernière étape en Australie. Mais attention : la vague peut lui convenir, et cette confiance nouvelle pourrait tout changer.

    Quoi qu’il arrive, cette demi-finale à Pipe marquera un tournant dans sa carrière.

    Robson sacré, Pipeline fidèle à sa légende

    Devant, Callum Robson s’impose au terme d’une finale solide face à Morgan Cibilic, Griffin Colapinto et Eli Hanneman. Une victoire qui relance complètement Robson dans la course au CT, tandis qu’Hanneman valide officiellement sa requalification devant son public.

    Pipeline, une fois encore, n’a rien donné gratuitement. Mais elle a offert une journée de surf spectaculaire, des trajectoires qui se dessinent, et une certitude : le surf français a clairement franchi un cap à Hawaii.

  • Kelly Slater et Al Merrick : une dernière planche pour transmettre l’héritage

    Kelly Slater et Al Merrick : une dernière planche pour transmettre l’héritage

    Dans la dernière vidéo de Stab In The Dark, Kelly Slater lâche une information aussi discrète que bouleversante : il a demandé à Al Merrick de façonner une ultime planche de surf. Pas pour lui. Mais pour son fils, Tao.

    Une phrase presque lancée à la volée, au détour d’une discussion entre deux légendes, alors que Slater et Merrick regardaient ensemble de vieilles planches, chargées d’histoire. Kelly explique avoir fait la demande un mois avant le tournage. Une dernière planche. La dernière de la vie d’Al Merrick.

    Al Merrick, le shaper de toute une carrière

    Al Merrick n’est pas un shaper comme les autres dans l’histoire du surf. Il est le shaper de Kelly Slater. Onze titres mondiaux, une révolution du surf de haute performance, des modèles devenus mythiques… Leur collaboration est considérée comme la plus fructueuse jamais vue entre un surfeur et un artisan.

    Mais Al Merrick a pris sa retraite il y a plusieurs années, laissant Channel Islands à son fils Britt. Depuis, il s’est éloigné du monde médiatique, vivant une vie discrète, presque mystique. D’où la portée immense de cette demande.

    Une planche comme passage de relais

    Kelly raconte que Al Merrick a esquivé la question. Sans dire non. Sans dire oui. Et c’est peut-être là que réside la beauté de l’histoire.

    Cette planche n’est pas un simple objet. Elle symbolise une transmission. Celle d’un savoir, d’une relation, et d’un pan entier de l’histoire du surf moderne. Une planche façonnée par l’homme qui a construit la carrière du père, pour accompagner les premiers pas du fils.

    Plus qu’une planche, un héritage

    À l’heure où le surf s’industrialise, où les planches sortent d’usines à la chaîne, cette anecdote rappelle que le surf reste avant tout une histoire humaine. De liens, de respect, et de transmission.

    Qu’Al Merrick accepte ou non, la demande de Kelly Slater restera comme l’un des moments les plus forts et les plus symboliques révélés dans Stab In The Dark. Une dernière planche. Peut-être. Mais surtout, une dernière histoire à raconter.

  • Prince Harry lâche 50 000 $ pour surfer la vague artificielle de Kelly Slater

    Prince Harry lâche 50 000 $ pour surfer la vague artificielle de Kelly Slater

    Le surf n’est plus seulement une affaire d’océan et de marées. Prince Harry en est l’illustration parfaite. Le duc de Sussex a une nouvelle fois été aperçu en train de surfer au Surf Ranch, la piscine à vagues ultra-exclusive imaginée par Kelly Slater.

    Située à Lemoore, en Californie, cette installation propose une vague mécanique d’une régularité chirurgicale, capable de dérouler des tubes identiques à l’infini. Un terrain de jeu idéal pour progresser… à condition d’en avoir les moyens.

    Un habitué discret du Surf Ranch

    Ce n’est pas une première pour Prince Harry. Depuis son installation aux États-Unis, il fréquente régulièrement le Surf Ranch, souvent sous l’œil bienveillant de Raimana van Bastolaer, coach de surf reconnu et waterman respecté.

    Dans une récente vidéo publiée sur les réseaux sociaux, on voit Harry un peu hésitant dans la section tubulaire de la vague. La légende, simple et fraternelle, résume l’ambiance : « Cannot stop you my brother for having a good time ».

    Une polémique écologique relancée

    Ces images ont toutefois ravivé une controverse déjà connue. Prince Harry, engagé de longue date sur les questions environnementales, a été critiqué pour son choix de surfer dans une piscine à vagues artificielle, perçue comme énergivore et éloignée de l’esprit originel du surf.

    La polémique avait déjà éclaté après une vidéo partagée par Meghan Markle, montrant son mari glissant sur cette vague artificielle, provoquant une avalanche de commentaires sceptiques.

    Un surf de luxe… à prix très élevé

    Car surfer au Surf Ranch n’est pas donné. Selon les tarifs connus, une journée privée coûte entre 50 000 et 70 000 dollars selon la saison. À ce prix-là, chaque vague revient à plusieurs centaines de dollars, chaque seconde de glisse est littéralement comptée.

    Le Surf Ranch met en avant ses efforts écologiques : énergie solaire, matériaux recyclés, suppression du plastique à usage unique. Suffisant pour convaincre ? Pas pour tout le monde.

  • Ben Gravy surfe des vagues gelées à Montauk

    Ben Gravy surfe des vagues gelées à Montauk

    Il y a des images qui semblent tout droit sorties d’un film de science-fiction. Celles de Ben Gravy surfant des vagues partiellement gelées à Montauk, sur la côte Est des États-Unis, en font clairement partie. Sous l’effet d’un froid extrême provoqué par un bomb cyclone, l’océan s’est transformé en une étrange soupe glacée, donnant naissance à un phénomène rarissime : des « slushy waves« , des vagues à moitié gelées.

    Une session hors du temps

    Quand les températures chutent brutalement et que le vent s’aligne parfaitement, l’eau de mer peut commencer à se figer en surface. À Montauk, ce mélange d’eau, de glace et d’écume a offert un spectacle hypnotique. La question était simple : est-ce surfable ?
    Réponse : oui… mais pas comme on l’imagine.

    Spécialiste mondial des vagues improbables, Ben Gravy n’a pas hésité longtemps. Originaire du New Jersey, il a rejoint le spot dès que les conditions se sont mises en place, bien conscient de vivre quelque chose d’unique.

    “Comme des Slushies du 7-Eleven”

    Dans la vidéo, devenue virale en quelques heures, on voit Gravy glisser sur une vague qui semble avancer au ralenti. Une impression confirmée par le principal intéressé :

    “La texture était comme des Slushies du 7-Eleven. Tu te lèves, puis tu touches la glace et tout ralentit. Tu n’as presque plus de contrôle… mais en même temps si, parce que la vague casse en slow motion.”

    Qu’est ce que les Slushies du 7 Eleven ? Ce sont des granités glaces d’une chaine de magasin 7 eleven, je vous laisse chercher sur internet.

    La perte de vitesse, la faible portance et la rigidité de l’eau rendent chaque take-off délicat. Mais c’est aussi ce qui donne à ces vagues une dimension presque irréelle, loin du surf classique.

    Un phénomène aussi beau que dangereux

    Surfer dans une eau proche de 0 °C n’est pas anodin : engourdissement, leash qui durcit, chutes potentiellement violentes. Cette session n’avait rien d’un coup improvisé. Gravy le rappelle : c’est une vague exceptionnelle, à ne pas banaliser.

    Il n’empêche. Cette expérience restera gravée comme l’une des plus étranges et marquantes de sa carrière. Il la classe même dans son top 3 personnel des vagues les plus insolites jamais surfées.

    Une parenthèse glacée, fascinante, et déjà culte.

  • Le Wharf : spot de repli mythique… et tuyau qui dérange

    Le Wharf : spot de repli mythique… et tuyau qui dérange

    Pour les surfeurs et bodyboardeurs du bassin d’Arcachon et de Biscarrosse, le Wharf n’est pas un spot comme les autres. C’est un plan B bien connu, celui qu’on coche quand ailleurs ça ferme. Les jours parfaits, le Wharf peut offrir de vrais barrels, courts, puissants, souvent inattendus.
    Mais derrière cette image de spot de repli généreux se cache une réalité beaucoup moins glamour : ce fameux tuyau géant qui s’avance dans l’océan Atlantique, visible depuis la plage, et dont le rôle fait débat depuis des décennies.

    Pourquoi ce spot s’appelle “le Wharf” ?

    Pas besoin d’un cours d’étymologie : il suffit de s’y rendre. Le nom du spot vient directement de cette longue canalisation métallique, prolongée en mer, soutenue par une structure digne d’un décor industriel.
    À l’origine, ce “wharf” a été conçu comme une solution technique pour évacuer au large les eaux usées traitées du bassin d’Arcachon. Un choix d’aménagement hérité des années 60, à une époque où la population et le tourisme explosaient, et où l’océan était encore perçu comme un immense dilueur naturel.

    Eaux traitées… mais pas inoffensives

    Sur le papier, tout est conforme. Les eaux rejetées sont traitées dans une station d’épuration avant d’être évacuées en mer. Problème : “traité” ne signifie pas “sans impact”.
    Comme l’explique très clairement la vidéo, ces eaux peuvent encore contenir bactéries, résidus chimiques, microplastiques ou traces de médicaments, même après traitement.

    L’idée initiale était simple : rejeter loin, laisser les courants disperser. Sauf que la mer ne fait pas disparaître la pollution, elle la déplace. Et parfois, elle la ramène exactement là où on préférerait l’éviter : plages, zones de baignade, bancs de sable… et spots de surf.

    Surfeurs, locaux et odeurs suspectes

    Depuis des années, surfeurs, riverains et associations locales alertent. Odeurs inhabituelles, eau trouble, mousses, résidus flottants : autant de signaux faibles qui, mis bout à bout, finissent par interroger.
    Des analyses indépendantes ont parfois révélé des concentrations élevées de bactéries fécales, supérieures à ce qu’on attendrait dans une zone fréquentée par les baigneurs et les pratiquants de sports nautiques.

    De leur côté, les contrôles officiels concluent généralement à une eau dans les normes réglementaires. Résultat : deux lectures d’une même réalité. Conforme, oui. Rassurante, pas forcément.

    Un spot de surf pris entre passion et inquiétude

    Le paradoxe du Wharf, c’est ça :

    • un spot apprécié, parfois magique quand les bancs sont en place ;
    • un symbole industriel qui rappelle que le littoral n’est pas qu’un terrain de jeu ;
    • une zone où la question sanitaire plane, sans réponse tranchée.

    Fermer ou remplacer le système du Wharf impliquerait de repenser toute la gestion des eaux usées du bassin, avec des investissements colossaux. Tant que le dispositif reste légal et qu’aucune crise majeure n’éclate, le statu quo perdure.

    Le Wharf, miroir d’un modèle à bout de souffle ?

    Ce tuyau planté dans l’océan raconte quelque chose de plus large : notre rapport à la mer, longtemps considérée comme infinie, capable d’absorber nos excès. Aujourd’hui, les usages ont changé. Le surf, la baignade, la protection des écosystèmes côtiers posent une question simple : ce modèle est-il encore adapté ?

    Derrière cet exemple, on retrouve la même problématique sur les stations balnéaires, comme la côte basque qui doit fermer ses baignades l’été après chaque orage.

  • Filets de pêche : 49 surfeurs morts depuis 1986

    Filets de pêche : 49 surfeurs morts depuis 1986

    Quand un surfeur disparaît en mer, on pense aux grosses vagues, aux récifs, parfois aux requins. Mais au Brésil, un autre danger tue en silence depuis des décennies : les filets de pêche dérivants. Invisibles sous l’eau, impossibles à éviter à pleine vitesse, ils ont déjà coûté la vie à des dizaines de surfeurs.

    Un danger bien réel sur le littoral brésilien

    Sur les côtes du sud du Brésil, notamment dans l’État du Rio Grande do Sul, les filets de pêche ne sont pas seulement un outil de travail pour les pêcheurs artisanaux. Lorsqu’ils sont coupés, arrachés ou laissés à la dérive, ils deviennent de véritables pièges mortels pour tous ceux qui pratiquent l’océan.

    Selon la Fédération Gaucha de Surf, au moins 49 surfeurs ont perdu la vie depuis 1986, pris au piège dans des filets ou des câbles de pêche sur le littoral local. Un chiffre glaçant, d’autant plus marquant que le dernier décès officiellement recensé remonte à 2010, preuve que ce danger persiste dans le temps, même lorsqu’il disparaît des radars médiatiques.

    Des filets coupés, puis abandonnés en mer

    L’affaire la plus récente s’est produite sur plusieurs plages du nord de l’État, notamment à Imbé, Tramandaí et Xangri-Lá. Des dizaines de câbles de filets de pêche ont été volontairement sectionnés le long du littoral.

    Résultat :

    • des filets flottants non contrôlés,
    • des câbles dérivants quasi invisibles,
    • et un risque immédiat pour les surfeurs qui entrent à l’eau sans se douter de ce qui les attend sous la surface.

    Les pêcheurs locaux ont rapidement tiré la sonnette d’alarme, signalant la présence de plusieurs zones où les filets restaient accrochés au fond ou flottaient entre deux eaux.

    “Ça peut accrocher une planche… ou un corps”

    Armi Ronnau, pêcheur local depuis près de 30 ans, n’avait jamais vu une situation de cette ampleur. Selon lui, une dizaine de filets se retrouvaient à la dérive, suffisamment pour piéger une planche, un leash, ou pire : un surfeur lui-même.

    Le scénario est souvent le même.
    Le surfeur rame, prend une vague, chute ou passe sous l’eau… et se retrouve enchevêtré en quelques secondes. Sous la pression, avec le stress, le courant et parfois la houle, se dégager devient presque impossible, même pour un pratiquant expérimenté.

    Pourquoi les filets sont-ils si dangereux pour les surfeurs ?

    Contrairement à un rocher ou à un récif, un filet ne se voit pas. Il peut être :

    • immergé juste sous la surface,
    • plaqué au fond,
    • ou déplacé par la houle et les courants.

    Une fois pris dedans, le surfeur doit gérer en même temps :

    • l’apnée forcée,
    • la panique,
    • la traction du courant,
    • et parfois la pression de la vague suivante.

    Dans ces conditions, chaque seconde compte.

    Un conflit latent entre usages de l’océan

    La Colônia de Pescadores Z40 a rappelé que la pêche au filet est une activité légale, autorisée entre le 15 mars et le 15 décembre, à condition que les pêcheurs soient déclarés et enregistrés.

    Le problème ne vient donc pas de la pêche en elle-même, mais :

    • des actes de vandalisme,
    • des câbles coupés volontairement,
    • et du manque de sécurisation après les incidents.

    Lorsque ces filets ne sont pas retirés immédiatement, ils deviennent une menace pour toute la communauté nautique.

    Prévenir plutôt que compter les morts

    Les fédérations de surf locales insistent sur plusieurs points essentiels :

    • signaler toute présence suspecte de filets ou câbles,
    • renforcer la communication entre pêcheurs et surfeurs,
    • et informer les pratiquants, notamment les plus jeunes.

    Parce qu’un filet à la dérive n’est pas un simple déchet marin. C’est un piège mortel, silencieux, qui ne laisse aucune seconde chance.

  • Pipeline comme on l’aime : une soirée de surf rare et un carton français

    Pipeline comme on l’aime : une soirée de surf rare et un carton français

    Une soirée presque parfaite sur le Challenger Series

    Il y a des soirées de compétition que l’on regarde distraitement, et d’autres qui rappellent pourquoi on aime profondément le surf de compétition.
    La nuit passée sur le Banzai Pipeline fait clairement partie de la seconde catégorie.

    Des vagues propres, ni trop grosses ni trop petites, un vent offshore bien calé, des lignes lisibles à Backdoor comme à Pipeline… Bref, des conditions presque idéales, plus proches de ce que l’on voit habituellement sur le Championship Tour que sur les Challenger Series.
    Un luxe rare, encore plus à ce stade de la saison.

    Et quand le décor est parfait, le surf suit.

    @icones_surf pipeline lexus pro jour 3 #surfing #surfer #waves #surfers #surf #wsl ♬ son original – Icônes Surf, le média en ligne

    Une démonstration française à Pipeline

    Cette soirée avait aussi une saveur particulière côté tricolore.
    Trois Français à l’eau, trois qualifications, et surtout des performances solides, intelligentes et engagées dans une vague qui ne pardonne rien.

    Kauli Vaast, sérieux candidat au CT

    En lice pour une qualification sur le CT, Kauli Vaast a rappelé pourquoi il est aujourd’hui l’un des surfeurs les plus dangereux dans les vagues tubulaires.
    Sur une série pourtant peu fournie en opportunités, le Tahitien a su rester patient avant de trouver la droite qu’il attendait à Backdoor, puis une seconde vague décisive en fin de heat.

    Un surf propre, sans précipitation, parfaitement maîtrisé, qui lui permet de signer le meilleur total de la journée et de se replacer idéalement au classement général.
    Après cette victoire de série, Vaast se rapproche encore un peu plus de son objectif : intégrer le CT.

    Jorgann Couzinet, la surprise qui n’en est plus une

    C’est peut-être la performance qui a le plus marqué la soirée.
    Jorgann Couzinet, au parcours atypique et longtemps privé de véritables campagnes hawaïennes, a livré une démonstration de maîtrise dans les tubes de Pipeline.

    Dès sa première vague, un take-off engagé et un tube parfaitement négocié donnent le ton.
    Loin de subir la série, Couzinet la contrôle, éliminant au passage Samuel Pupo, pourtant deuxième du classement Challenger Series avant ce round.

    Une prestation qui confirme une progression évidente et qui replace Jorgann comme un sérieux outsider pour la suite de la saison, même si la route vers le CT reste encore longue.

    Charly Quivront, opportuniste et efficace

    Dans cette même série, Charly Quivront n’a rien lâché.
    Très intelligent tactiquement, il a longtemps contenu Samuel Pupo avant d’aller chercher le tube décisif en fin de heat.

    Résultat : une deuxième place méritée et une qualification de plus pour le clan français.
    Un sans-faute collectif qui fait du bien au moral… et au classement.

    Les autres faits marquants de la journée

    La journée a également été marquée par plusieurs performances de haut vol :

    • Mikey McDonagh a fait exploser les compteurs avec un 9,50 à Backdoor, meilleure vague de l’événement jusqu’ici.
    • Taro Watanabe, dos au mur, a trouvé un tube salvateur dans les dernières minutes pour renverser sa série.
    • Lucas Silveira a sorti le grand jeu face à Barron Mamiya, prouvant une nouvelle fois qu’il a l’étoffe d’un futur rookie du CT.
    • Les locaux hawaïens, à l’image de Joey Johnston et Benji Brand, ont continué à jouer les trouble-fête en éliminant plusieurs têtes de série.

    Même les stars du CT, comme Griffin Colapinto ou Seth Moniz, ont dû s’employer sérieusement pour passer ce premier vrai test à Pipeline.

    Une suite de compétition sous haute tension

    Si cette soirée restera comme l’un des temps forts de l’événement, la suite s’annonce beaucoup plus délicate.
    Il reste encore 29 séries à disputer, hommes et femmes confondus, de 25 à 30 minutes.

    Surtout, les prévisions météo inquiètent :
    houle massive, vents onshore annoncés, journées potentiellement hors de contrôle avant un possible retour de l’offshore pour le final.

    Dans ce contexte, les surfeurs à l’aise dans le gros, les tubes engagés et les conditions chaotiques pourraient tirer leur épingle du jeu.
    Un scénario qui semble plutôt favorable à Kauli Vaast, plus incertain pour d’autres Français.

    Une chose est sûre : à Pipeline, rien n’est jamais acquis.

  • Challenger Series à Pipeline : quand la compétition bascule enfin dans le vrai surf

    Challenger Series à Pipeline : quand la compétition bascule enfin dans le vrai surf

    Après une première journée frustrante et clairement indigne de Pipeline, le Lexus Pipe Challenger Presented by Billabong est enfin entré dans une autre dimension. Le spot mythique d’Oʻahu a rappelé à tout le monde pourquoi il reste l’examen ultime pour celles et ceux qui rêvent du Championship Tour. Mais avant les gros tubes masculins, retour sur une journée femmes tout sauf simple.

    Journée femmes : stratégie, frustration et grand soulagement

    Les conditions de la première journée féminine n’avaient rien d’hawaïen. Vent offshore en début de journée, onshore plus, vagues molles, tubes rare : un vrai casse-tête tactique.

    Dans ce contexte piégeux, Vahine Fierro s’est montrée solide. Sans forcer, elle a fait parler sa maturité et sa lecture du plan d’eau pour se qualifier dans une série fermée, où chaque vague comptait double.

    À l’inverse, la jeune Kiara Goold n’a jamais trouvé l’ouverture dans une série rendue quasi impossible par le vent et l’absence de sections exploitables.

    Le scénario semblait pouvoir se répéter pour Tya Zebrowski… jusqu’à ce que le vent monte encore d’un cran. Alors que la série était déjà à l’eau, la compétition a été placée on hold. Un énorme ouf de soulagement pour la Française, tant les conditions devenaient absurdes pour une épreuve à Pipeline.

    Chez les hommes, Pipeline reprend le contrôle

    Le contraste avec les hommes a été saisissant. Dès les premiers heats, Pipeline s’est réveillée, offrant des conditions lourdes, imprévisibles et clairement intimidantes. Exactement ce que ce spot exige. Les spécialistes locaux ont immédiatement pris le pouvoir. Joey Johnston a frappé fort en trouvant deux des meilleurs barrels de la journée à Backdoor. Makana Pang a rappelé pourquoi il fait partie des chargeurs les plus respectés du North Shore, avec des take-offs engagés et une lecture parfaite dde la vague.

    Mais la performance qui a marqué les esprits reste celle de Mason Ho. Toujours imprévisible, toujours spectaculaire, il a claqué un 9,07 dans des conditions solides, prouvant une nouvelle fois qu’il est aussi dangereux en compétition que lors des freesurfs les plus fous.

    Les Français entre espoir et cruauté de Pipe

    Côté tricolore, Charly Quivront a parfaitement tiré son épingle du jeu en remportant son heat dans un Pipeline exigeant, confirmant sa capacité à répondre présent dans les vagues hawaiennes.

    En revanche, petite déception pour Maxime Huscenot. Très en vue avant le début de la compétition, avec de nombreuses vidéos le montrant à l’aise dans les barrels hawaïens, il n’a pas trouvé l’alignement parfait le jour J. À Pipeline, le talent ne suffit pas : il faut aussi le bon timing, la bonne priorité… et un soupçon de chance.

    La preuve ultime ? Jamie O’Brien, pourtant l’un des rois incontestés de Pipeline, a été éliminé avec un total dérisoire de 1 point. À Pipe, personne n’est à l’abri.

    Pipeline, juge impitoyable du haut niveau

    Ces deux journées ont parfaitement résumé ce qu’est Pipeline : une vague qui ne pardonne rien, qui remet tout le monde à égalité et qui sépare brutalement le freesurf de la compétition.

    Avec des locaux ultra-affûtés, des favoris sous pression et des outsiders capables de coups d’éclat, la suite du Challenger Series à Pipeline s’annonce explosive. Et cette fois, on est enfin dans le vrai surf.

  • Comment un réseau a pillé des surfeurs en Californie… grâce à une simple clé cachée

    Comment un réseau a pillé des surfeurs en Californie… grâce à une simple clé cachée

    Pendant qu’ils surfent, quelqu’un les observe. Un réseau méthodique vidait leurs comptes bancaires depuis les parkings de surf californiens.
    Tout est parti d’un geste banal que presque tous les surfeurs font… sans en mesurer les conséquences.

    Une vague, un parking… et le début d’une affaire hors norme

    Tout commence par une session anodine. Un de ces surfs « pour la tête », quand l’océan sert d’exutoire.

    Ce jour-là, Logan ‘Chucky’ Dulien se met à l’eau aux River Jetties, en Californie, quelques heures seulement avant une réunion destinée à organiser la crémation de sa mère. Un moment intime, fragile, loin de toute parano.

    Pendant qu’il est à l’eau, quelqu’un observe.
    Repère.
    Attend.

    À son retour, tout s’enchaîne : clés compromises, maison visitée, voiture fouillée, téléphone piraté, comptes bancaires siphonnés. 150 000 dollars disparaissent en quelques heures. Mais ce vol n’est pas un coup isolé.

    Un mode opératoire glaçant, taillé pour les spots de surf

    Très vite, Dulien comprend que quelque chose cloche. Les détails sont trop précis. Trop propres.

    Les témoignages affluent : mêmes parkings, mêmes horaires, mêmes profils. Des surfeurs à l’eau, des voitures laissées seules, et toujours cette même faille : la clé cachée sur le véhicule.

    Le réseau semble fonctionner comme un surfeur chevronné :

    • analyse des prévisions Surfline,
    • lecture des marées,
    • repérage des parkings exposés,
    • timing parfait pendant les fenêtres de surf.

    De Malibu à San Diego, les comptes bancaires se vident pendant que les victimes sont occupées à prendre des vagues. Le plus troublant ? Les vols sont rapides, silencieux, sans effraction visible. Juste une clé… et tout devient accessible.

    Quand un surfeur fait ce que la police n’a pas fait

    Refusant de classer l’affaire, Dulien se transforme malgré lui en enquêteur. Il compile, recoupe, relie les points. Vidéosurveillance, messages privés, témoignages anonymes. Petit à petit, un nom revient : Moundir Kamil.
    Un habitué des arnaques complexes, déjà condamné par le passé pour vols bancaires et usurpations d’identité.

    L’affaire prend une ampleur nationale lorsque CNN s’en empare. À l’écran, Anderson Cooper commente les images de surfeurs cachant leurs clés dans les passages de roue — un geste désormais décrit comme une invitation ouverte au vol.

    Verdict : prison fédérale et fin de cavale

    Après des mois d’enquête, la justice tranche. Moundir Kamil, aujourd’hui âgé de 56 ans, est condamné à trois ans et huit mois de prison fédérale.

    Le bilan est lourd :

    • près d’un million de dollars volés,
    • des centaines de cartes bancaires photographiées et utilisées,
    • des dizaines de surfeurs impactés financièrement et psychologiquement.

    Il exprime des remords, évoque sa famille, sans convaincre. À l’issue de sa peine, il devrait être expulsé vers le Maroc. Attention à la destination Maroc dans 4 ans, lol… Grâce à cette affaire, les assurances commencent à indemniser les victimes. Mais le mal est fait.

    Une habitude mondiale… exploitée à grande échelle

    Ce qui rend cette histoire si dérangeante, c’est sa banalité. Le réseau n’a rien inventé. Il a simplement exploité une habitude universelle du surf. En Californie, comme ailleurs, cacher sa clé sur sa voiture est devenu une habitude.

    Et en France ?

    On fait exactement la même chose. Je l’ai moi-même vécu : retour de session, voiture ouverte, clé laissée sur le siège. Rien de volé, mais un avertissement clair. Depuis, cadenas à code obligatoire pour y laisser ma clé et surfer tranquille.

  • Disparition de Claudy Robin, fondateur de See Surf et pionnier du surf inclusif

    Disparition de Claudy Robin, fondateur de See Surf et pionnier du surf inclusif

    La communauté du surf français est en deuil. La Fédération Française de Surf a annoncé avec une profonde tristesse la disparition de Claudy Robin, fondateur et président de l’association See Surf, engagée depuis plus de dix ans pour rendre le surf accessible aux personnes aveugles et malvoyantes.

    Un homme discret, profondément humain, dont l’engagement a laissé une trace indélébile bien au-delà des plages de Lacanau.

    « Je me suis envolé ce matin… »

    C’est par un message bouleversant publié dans le groupe See Surf que la nouvelle s’est répandue :

    « À tous mes amis de See Surf, je me suis envolé ce matin, je vous aime fort et vous promets d’être enfin assez libre pour venir surfer avec vous… »

    Des mots simples, puissants, à l’image de celui qui les a laissés. Claudy Robin était aveugle à la suite d’une maladie génétique de la rétine. Une cécité qui ne l’a jamais empêché de voir plus loin que les autres.

    Découvrir le surf sans la vue, mais avec l’essentiel

    Claudy Robin découvre le surf à l’âge adulte. Très vite, il comprend que cette discipline, souvent perçue comme visuelle, peut devenir une expérience sensorielle totale, à condition d’un encadrement adapté, d’une écoute permanente et d’un engagement humain sincère.

    De cette conviction naît See Surf, fondée en 2012 à Lacanau. L’association se donne une mission claire : permettre aux personnes aveugles ou malvoyantes de ressentir la glisse, la vague, l’océan, sans barrières ni condescendance.

    See Surf, une aventure collective et humaine

    Grâce à un travail étroit mené avec le Lacanau Surf Club, des moniteurs diplômés, et un réseau de bénévoles passionnés, See Surf a permis à des dizaines de pratiquants de vivre leurs premières vagues.

    Loin du simple symbole, l’association s’est inscrite dans une démarche durable, exigeante, respectueuse du surf et de celles et ceux qui le pratiquent.

    Plusieurs figures du surf français ont également croisé la route de See Surf. Lou Méchiche, championne de France et championne du monde par équipes avec l’équipe de France, s’est notamment investie au sein de l’association, accompagnant des pratiquants lors de journées d’initiation.

    Hawaii, Pipeline et un souvenir gravé à jamais

    En 2013, la Fédération Française de Surf accompagne Claudy Robin et des membres de See Surf à Hawaii, pour un voyage hors du temps. Sur le sable mythique de Pipeline, les rencontres avec de grands champions du surf mondial donnent lieu à des moments d’une intensité rare.

    Un voyage inoubliable, profondément émouvant, qui symbolise parfaitement le message porté par Claudy Robin : le surf appartient à toutes et tous.

    Un héritage immense pour le surf et le sport inclusif

    Par son engagement, sa détermination et son humanité, Claudy Robin a marqué durablement la communauté du surf, mais aussi le champ plus large du sport inclusif en France.

    La Fédération Française de Surf et l’Association Nationale Handi Surf ont adressé leurs pensées les plus sincères à sa compagne, à ses proches, ainsi qu’à l’ensemble des membres et bénévoles de See Surf.

    Aujourd’hui, les vagues de Lacanau, et bien au-delà, portent un peu de son héritage. Celui d’un homme qui n’a jamais eu besoin de voir pour faire ressentir l’essentiel.

  • Disparition de Max Fernandez, l’âme discrète du Lacanau Pro

    Disparition de Max Fernandez, l’âme discrète du Lacanau Pro

    Il y a des noms qui ne s’affichent pas sur les lycras, qui ne s’inscrivent pas dans les palmarès, mais sans lesquels l’histoire du surf ne se serait tout simplement jamais écrite. Max Fernandez était de ceux-là.
    En ce début d’année 2026, le surf français perd l’un de ses bâtisseurs les plus discrets et les plus essentiels. Un homme de l’ombre, mais une colonne vertébrale.

    Un hommage nécessaire, à l’ère du numérique

    Pourquoi rendre hommage sur un site internet ?
    Parce qu’aujourd’hui, les livres se ferment plus vite qu’ils ne s’ouvrent, et que la transmission passe désormais par le web. Demain, elle passera aussi par l’IA. Si ces histoires ne sont pas racontées, elles disparaissent. Et avec elles, une part de la culture surf.

    Rendre hommage à Max Fernandez, c’est documenter une mémoire collective. Celle d’un Canaulais qui a façonné le surf français bien avant qu’il ne devienne un produit, un spectacle ou une industrie.

    Le Lacanau Surf Club, racine du projet

    Fondé en 1968, le Lacanau Surf Club est l’un des tout premiers clubs de surf en France. À la fin des années 1970, le surf reste marginal, artisanal, presque confidentiel.

    En 1978, une réunion décisive a lieu sous l’impulsion de passionnés visionnaires. Autour de la table : Max Fernandez, Francis Boutrois, René Guillet, Patrice Chrzan (Atlantic Surf Shop). Une idée simple, presque folle pour l’époque : organiser une compétition réunissant les meilleurs surfeurs pros et amateurs.

    1979 : naissance d’un monument

    La première édition voit le jour en septembre 1979. La finale est serrée, intense, déjà internationale.
    En 1983, l’événement entre dans une autre dimension : il devient une étape du circuit professionnel mondial ASP. Le Lacanau Pro est né. Et il ne s’arrêtera plus.

    Dans l’ombre, Max Fernandez orchestre, structure, anticipe. Technique, logistique, organisation : tout passe par lui. Aux côtés de son épouse Monique — devenue au fil des années la “maman” du Lacanau Pro — il fait de l’événement une référence européenne, puis mondiale.

    Une aventure aussi familiale

    L’histoire est aussi intime. Le fils de Max, Thierry Fernandez, entre lui aussi dans la légende en remportant le Lacanau Pro 1982.
    Premier Français à s’imposer sur cette épreuve mythique, il sera également Champion d’Europe en 1985, et l’un des piliers du surf français des années 80.

    Il faudra attendre 27 ans pour revoir un Français s’imposer à Lacanau. Joan Duru en 2009, puis 2016. La suite confirmera l’héritage : Maud Le Car, Marco Mignot, Sam Piter… Tous surfent, d’une manière ou d’une autre, sur une vague initiée par Max Fernandez.

    Lacanau, laboratoire du surf moderne

    Sous l’impulsion du Lacanau Surf Club et de figures comme Max Fernandez, Lacanau devient bien plus qu’un spot.
    Maison de la Glisse (1990), premières écoles de surf, compétitions internationales, surf féminin, parasurf, éveil des enfants avec le “Jardin des Vagues”, conscience environnementale… Tout est pensé avant l’heure.

    Lacanau accueille des championnats d’Europe, du monde amateur, des générations de surfeurs et de surfeuses. Tom Curren, Tom Carroll, Gary Elkerton, Flavio Padaratz… Les légendes passent, l’esprit reste.

    L’héritage d’un homme de valeurs

    Ce que laisse Max Fernandez dépasse largement un événement ou une structure. Il laisse une méthode, une rigueur, un sens du collectif. Une vision du surf comme culture, pas uniquement comme performance.

    La Fédération Française de Surf, le Comité de Gironde, le Lacanau Surf Club, et toute la communauté surf lui doivent énormément. Son héritage est désormais inscrit dans l’ADN du surf français.

    Se souvenir, pour ne pas oublier

    Chez Icônes Surf, raconter ces histoires n’est pas un exercice nostalgique. C’est un acte de transmission.
    Parce qu’un jour, quelqu’un tapera “Lacanau Pro” dans un moteur de recherche. Et il devra savoir que derrière cette compétition mythique, il y avait un homme : Max Fernandez.

    Qu’il repose en paix, aux côtés de Monique. Et merci, tout simplement.

  • Disparition tragique de Yam Wisman, jeune talent du surf brésilien

    Disparition tragique de Yam Wisman, jeune talent du surf brésilien

    La communauté surf internationale est en deuil. Le surfeur brésilien Yam Wisman est décédé à l’âge de 23 ans dans un accident de moto aux Philippines, où il se trouvait pour disputer une compétition de longboard. Une disparition brutale qui laisse un grand vide, tant son talent que son humanité marquaient tous ceux qui l’ont croisé.

    Une carrière prometteuse brutalement interrompue

    Originaire de Jericoacoara, au nord-est du Brésil, Yam Wisman s’était imposé comme l’un des jeunes visages montants du longboard moderne, tout en restant un free surfeur complet, à l’aise sur shortboard et dans les vagues creuses. Il voyageait beaucoup, toujours animé par la recherche de nouvelles vagues et de nouvelles expériences.

    Présent récemment aux Philippines pour un WSL Longboard Qualifier à La Unión, il avait atteint les 32ᵉ de finale, confirmant son talent. Quelques jours plus tard, alors qu’il circulait à moto sur l’île de Palawan, un accident de la route lui a coûté la vie.

    Une vague d’hommages dans le monde du surf

    L’annonce de son décès a rapidement suscité une immense émotion. La légende du longboard Joel Tudor a partagé un message sobre et poignant : « Parti bien trop tôt. Repose en paix Yam. Mes condoléances à la famille ».

    La surfeuse brésilienne Chloé Calmon, multiple fois vice-championne du monde, a également rendu hommage à un surfeur « toujours souriant, bienveillant, inspirant et incroyablement talentueux ».

    La ville de Jericoacoara a salué un enfant du pays qui « portait le nom du village dans le monde avec humilité, amour de l’océan et respect des autres ».

    Moto et scooter en Asie : un danger souvent sous-estimé

    Le drame de Yam Wisman rappelle une réalité trop souvent banalisée : les déplacements en moto ou en scooter représentent un risque majeur dans plusieurs pays d’Asie, notamment aux Philippines ou en Indonésie, où les deux-roues sont le principal moyen de transport.

    Dans ces pays, les motocyclistes représentent la majorité des victimes d’accidents de la route. Circulation dense, infrastructures parfois inadaptées, règles de conduite peu respectées, non-port du casque ou conduite à contresens font partie des causes les plus fréquentes. Chez les jeunes adultes, les accidents de deux-roues figurent parmi les premières causes de mortalité accidentelle.

    Prévention : quelques règles essentielles pour les voyageurs

    Pour les surfeurs et voyageurs amenés à se déplacer en deux-roues en Asie, quelques principes simples peuvent sauver des vies :

    • Toujours porter un casque, même pour un court trajet, même si cela n’est pas obligatoire
    • Éviter de rouler de nuit, lorsque la visibilité et la vigilance chutent
    • Refuser les motos surchargées ou en mauvais état
    • Adapter sa vitesse, même si le trafic semble chaotique
    • Privilégier les transports alternatifs lorsque c’est possible

    Le surf est une passion qui pousse au voyage, mais la prudence sur la route est aussi importante que dans l’eau.

    Un talent qui restera dans les mémoires

    Yam Wisman incarnait une génération de surfeurs libres, passionnés et profondément connectés à l’océan. Son sourire, son style fluide et son humilité resteront gravés dans la mémoire de la communauté surf mondiale.

  • Officiel : Raglan remplace Jeffreys Bay sur le CT 2026

    Officiel : Raglan remplace Jeffreys Bay sur le CT 2026

    C’est désormais acté. La World Surf League a officialisé une annonce surprise : Jeffreys Bay disparaît du calendrier 2026, remplacée par Raglan et sa mythique gauche de Manu Bay.
    La compétition se déroulera du 15 au 25 mai 2026, sur la côte ouest de l’île du Nord, en plein automne austral — une période idéale pour voir Raglan fonctionner à plein régime.

    Une décision économique assumée

    Dans son communiqué, le CEO de la WSL Ryan Crosby a été clair : malgré l’attachement à Jeffreys Bay, les coûts logistiques et l’absence de soutien financier suffisant rendent l’étape non viable à court terme. L’objectif affiché est de préserver la santé globale du circuit et son avenir économique.

    Une excellente nouvelle pour les goofy-footers

    Sportivement, l’arrivée de Raglan rééquilibre le tour. Avec cette longue gauche ultra-technique, le CT comptera désormais quatre véritables gauches majeures, aux côtés de Teahupoʻo, Cloudbreak et Pipeline.
    Un changement salué par de nombreux surfeurs, dont Yago Dora, ravi de voir enfin une nouvelle gauche de haut niveau intégrer le calendrier.

    Raglan, pari audacieux mais logique

    Moins iconique que J-Bay dans l’imaginaire collectif, Raglan offre pourtant un cadre naturel spectaculaire et une vague parfaitement adaptée au surf moderne. Reste une inconnue : la régularité de la houle pendant la fenêtre de compétition. Mais sur le papier, le choix est fort, cohérent… et excitant.

  • John John Florence renonce finalement au Championship Tour 2026

    John John Florence renonce finalement au Championship Tour 2026

    La nouvelle est tombée comme un coup de froid dans l’eau chaude d’Hawaï. Il y a encore quelques semaines, le retour de John John Florence sur le Championship Tour 2026 semblait acté. Une annonce qui avait rallumé la flamme chez les fans, déjà portés par les retours annoncés d’icônes comme Gabriel Medina ou Filipe Toledo.
    Mais le triple champion du monde a une nouvelle fois changé de cap.

    Une décision mûrie, loin de la compétition

    Dans un message limpide, John John Florence a confirmé qu’il ne serait finalement pas engagé à temps plein sur le CT en 2026. Après une année 2025 déjà mise entre parenthèses, le Hawaiien a choisi de prolonger cette parenthèse hors compétition, privilégiant une vie de voyage et d’exploration avec sa famille.

    Son discours est clair : continuer à surfer, progresser encore, mais hors du cadre ultra-structuré du tour mondial. Devenir un meilleur surfeur, mais aussi – et surtout – un meilleur père, en combinant aventure, curiosité et liberté. Il insiste d’ailleurs sur un point important : il ne s’agit pas d’une retraite, mais d’un chemin différent, pour l’instant.

    Un vide énorme sur le Tour

    Sportivement, l’absence de John John Florence en 2026 laisse un goût amer. Sa dernière saison complète, en 2024, avait été tout simplement impressionnante : victoire à El Salvador, finale à Pipeline et un titre mondial décroché avec autorité. Beaucoup voyaient encore en lui l’homme à battre, capable d’écrire quelques chapitres supplémentaires à une carrière déjà légendaire.

    Même s’il pourrait réapparaître ponctuellement via des wildcards – notamment à Pipeline ou sur des événements mythiques comme The Eddie – le CT perd l’un de ses piliers les plus respectés.

    Ramzi Boukhiam, le grand bénéficiaire

    La question que tout le monde se pose désormais : qui héritera de la place laissée vacante ? La nouvelle vient de tomber, c’est Ramzi Boukhiam qui sera le grand bénéficiaire de cette décision.

    Avec une confirmation officielle de la World Surf League, le Marocain a définitivement un pied sur le Championship Tour 2026. Une opportunité inespérée pour Ramzi Boukhiam, qui se retrouve propulsé au plus haut niveau après une période d’incertitude liée à une blessure sur le WCT. Une chance rare, qu’il devra saisir sans calcul.

    Une page se tourne… sans se refermer

    Pour les fans, la déception est réelle. Voir John John Florence s’éloigner une nouvelle fois du Tour laisse un vide sportif et émotionnel. Mais connaissant le personnage, personne n’ose vraiment parler de chapitre clos. Tant que John John surfe, l’histoire reste ouverte.

  • Challenger Series à Pipeline : le moment de vérité pour Kauli Vaast

    Challenger Series à Pipeline : le moment de vérité pour Kauli Vaast

    Pipeline n’est jamais une étape comme les autres. Mais cette année, le Lexus Pipe Challenger prend une dimension particulière pour les surfeurs engagés dans la course au Championship Tour 2026. À deux compétitions de la fin du calendrier Challenger Series, chaque série compte, chaque vague peut faire basculer une carrière. Et pour Kauli Vaast, l’enjeu est clair : se rapprocher, voire verrouiller définitivement, sa place parmi l’élite mondiale.

    Pipeline, juge impitoyable de la course au CT

    Organiser l’avant-dernière étape des Challenger Series à Pipeline, c’est accepter une part d’imprévisible. Tubes massifs, take-offs critiques, reef ultra-shallow : la vague hawaïenne ne pardonne rien. Elle ne récompense ni les calculs ni la prudence excessive, mais l’engagement pur et la lecture instinctive. C’est une vague qui demande de l’expérience et une science du tube.

    Cette étape arrive à un moment charnière de la saison. Sur les 10 places qualificatives chez les hommes et 7 chez les femmes, seules deux certitudes existent à ce stade.

    Kauli Vaast, une qualification à portée de main

    Actuellement 6e du classement Challenger Series, Kauli Vaast aborde Pipeline en position de force. Son surf dans les tubes à Teahupoo, sa gestion des sections critiques et son calme sous pression font de lui l’un des prétendants sérieux à la victoire. Une demi-finale à Pipeline suffirait à le qualifier mathématiquement et officiellement pour le CT 2026.

    Même sans atteindre ce stade, un résultat solide permettrait au Tahitien d’aborder la dernière étape australienne avec un net avantage, et surtout sans pression excessive. Pipeline n’est donc pas une obligation absolue… mais une occasion en or.

    Tya Zebrowski déjà qualifiée, objectif titre

    Chez les femmes, Tya Zebrowski a déjà validé son ticket pour le Championship Tour 2026. Pour elle, l’enjeu est ailleurs : la lutte pour le titre Challenger Series, face notamment à la Portugaise Yolanda Hopkins. Pipeline est une vague difficile pour les femmes, et encore plus pour une jeune fille de 14 ans. On sait qu’elle est à l’aise dans les tubes, mais à quel point, sur une vague aussi exigeance.

    Une pression maximale pour les autres Français

    Derrière Kauli Vaast, la marge est beaucoup plus fine. Jorgann Couzinet, actuellement hors du Top 10, doit impérativement signer deux grosses performances consécutives s’il veut encore y croire. Pipeline, dans ce contexte, peut être soit un accélérateur… soit un couperet.

    Un plateau relevé digne d’un CT

    Ce qui rend cette étape encore plus délicate, c’est le niveau du plateau. Spécialistes locaux, surfeurs du CT venus se frotter aux barrels du North Shore, et prétendants des challengers affamés se retrouvent dans un même tableau. À Pipeline, le classement importe peu : seule la capacité à prendre les bonnes vagues au bon moment fait la différence.

    Classement Challenger Series – focus sur les Français

    Messieurs

    • 6. Kauli Vaast (France) – 19 800 pts
    • 20. Jorgann Couzinet (France) – 10 785 pts
    • 48. Charly Quivront (France) – 5 500 pts
    • 53. Maxime Huscenot (France) – 4 600 pts
    • 65. Justin Becret (France) – 3 100 pts
    • 95. Renan Grainville (France) – 250 pts

    Dames

    • 2. Tya Zebrowski (France) – 33 375 pts (Q)
    • 26. Tessa Thyssen (France) – 8 900 pts
    • 29. Kiara Goold (France) – 8 445 pts
    • 42. Vahine Fierro (France) – 4 745 pts (Q)