Auteur/autrice : Kelly Slater

  • Le grand retour de Stephanie Gilmore sur le CT en 2026 : une nouvelle bataille générationnelle

    Le grand retour de Stephanie Gilmore sur le CT en 2026 : une nouvelle bataille générationnelle

    Après deux ans hors du circuit et une vie bien remplie entre voyages, projets et collaborations, Stephanie Gilmore, huit fois championne du monde et icône du surf moderne, revient officiellement sur le Championship Tour en 2026. La World Surf League a confirmé qu’elle bénéficierait du season wildcard, lui offrant un ticket direct pour l’intégralité de la saison… et une place de choix dans un affrontement qui s’annonce historique : Carissa Moore et Stephanie Gilmore d’un côté, Caitlin Simmers et Molly Picklum de l’autre.

    Le retour tant attendu d’une championne hors norme

    Le 18 novembre 2025, la WSL a annoncé ce que beaucoup espéraient : Gilmore fera son retour plein temps sur le Tour, qui fêtera cette année-là ses 50 ans.
    Après son huitième titre mondial en 2022, l’Australienne avait marqué une pause, laissant derrière elle une carrière déjà légendaire :
    – 34 victoires en CT (seul Slater fait mieux)
    – Une domination technique basée sur le flow, les rails puissants et une élégance rare
    – Un style devenu une référence pour toute une génération

    Dans le communiqué, Gilmore confie :

    « Je suis très excitée d’accepter la wildcard pour 2026. J’ai profité de ces années pour explorer d’autres projets, mais j’ai très envie de revenir affronter les jeunes talents du Tour. »

    Une phrase simple, mais lourde de sens : Stephanie revient pour gagner, pas pour faire de la figuration.

    Un parcours unique, une influence immense

    Arrivée sur la scène mondiale en 2005, elle remporte sa première épreuve du CT… en tant que wildcard, à 17 ans, à Snapper Rocks.
    Deux ans plus tard, elle décroche le titre mondial dès sa saison rookie, une première dans l’histoire du surf.

    Son règne s’étendra sur près de quinze ans, avec des titres en 2007, 2008, 2009, 2010, 2012, 2014, 2018 et enfin 2022.
    Son style, mélange de grâce absolue et d’autorité sur le rail, a élevé le niveau du surf féminin.
    Et sa victoire « impossible » en 2022 — remontant de la 5e place pour battre successivement les quatre meilleures mondiales à Trestles — reste un moment fondateur du surf moderne.

    Une pause… mais une vie très loin d’être calme

    Pendant son break, Gilmore n’a pas simplement « pris des vacances ». Elle a voyagé à travers le monde pour The Search avec Rip Curl, surfé avec Tom Curren ou Mason Ho, développé plusieurs collections, lancé une marque de tequila (Cinca) et même monté sur scène avec le groupe Spiderbait.

    « C’était fun, mais finalement plus chargé que ce que j’imaginais. Revenir sur le Tour me donnera presque un peu de routine ! », dit-elle.

    Une routine qui commencera le 1er avril 2026, au Rip Curl Pro Bells Beach, qu’elle a déjà remporté quatre fois.

    2026 : l’année du choc des générations

    Le retour de Gilmore intervient seulement quelques jours après une autre bombe : Carissa Moore revient elle aussi sur le CT en 2026.
    Deux légendes vivantes. Deux surfeuses qui ont redéfini leur sport. Deux recordswomen. Et probablement leurs dernières années à leur apogée.

    Face à elles, une génération qui n’a plus peur de rien :

    • Caitlin Simmers, 18 ans, spectaculaire, imprévisible, explosive.
    • Molly Picklum, championne du monde en titre et autorité montante en vagues puissantes.
    • Bettylou Sakura Johnson, ultra régulière.
    • Erin Brooks, phénomène aérien qui pousse déjà les limites techniques.

    2026 pourrait bien être l’une des saisons les plus excitantes de l’histoire du surf féminin, entre héritage, rivalités et affrontements de styles.

    La quête ultime : Pipeline, Tahiti, Fiji

    Gilmore le dit elle-même : certaines étapes lui échappent encore.

    « Pipeline, Tahiti, Fiji… ce sont des endroits où je veux vraiment mieux faire. J’ai envie d’y performer dans de belles vagues. »

    Autrement dit : elle revient pour combler les derniers chapitres manquants d’un palmarès déjà monumental.

  • Quand des surfeurs de Santa Cruz convainquent Shark Tank (Qui veut être mon associé en français) : l’ascension de Surf Skull

    Quand des surfeurs de Santa Cruz convainquent Shark Tank (Qui veut être mon associé en français) : l’ascension de Surf Skull

    L’image d’un surfeur casqué a longtemps été réservé aux surfeurs de grosses vagues ou de vagues dangereuses comme Pipeline. Mais cette époque pourrait être en train de changer. Aux États-Unis, un groupe de surfeurs-entrepreneurs de Santa Cruz vient de créer la surprise dans la version américaine de Qui veut être mon associé (Shark Tank). Leur startup, Surf Skull, a décroché un financement de 50 000 dollars contre 20 % des parts, grâce à une idée simple mais révolutionnaire : un casque de surf caché dans un bucket hat, à la fois discret, confortable et stylé.

    PS: j’ai déjà vu ce type de protection chez une autre marque, il me semble.

    Une innovation née d’un accident en Baja

    Tout part d’une mauvaise chute. Lors d’un trip en Baja California, Davon Larson, surfeur passionné et designer produit chez Google, se blesse grièvement à la tête. Loin de toute structure médicale, il réalise que beaucoup de surfeurs ne portent pas de casque… non pas par manque de conscience du danger, mais parce qu’ils refusent l’image peu flatteuse associée à cet équipement.

    De retour en Californie, Larson rassemble quelques collègues surfeurs travaillant eux aussi chez Google. Leur mission : imaginer une protection crânienne qui ne ressemble pas à un casque. Après plusieurs prototypes, Surf Skull est né.

    “Les gens veulent de la protection, mais pas au prix du ridicule”

    C’est ainsi que Paul Huang, responsable finance et opérations de Surf Skull, résume le problème.
    Leur bucket hat intègre une mousse spécialement conçue pour rester souple pendant la session… tout en durcissant instantanément à l’impact, absorbant les chocs et réduisant considérablement les risques de traumatisme. ( ce qui est une réelle innovation pour le coup)

    Une technologie utilisée dans d’autres sports, mais jamais intégrée de manière aussi discrète dans un accessoire de surf.

    Un pitch convaincant face aux Sharks

    Sur le plateau de l’émission, les surfeurs de Santa Cruz présentent leur produit, leurs chiffres et leur vision : démocratiser la protection en surf, au-delà des seuls chargeurs de vagues massives.

    Leur startup affiche déjà 100 000 dollars de ventes en deux ans. Les coûts de production actuels oscillent entre 10 et 12 dollars, pour un prix de vente de 75 dollars.
    La version 2.0, en cours de fabrication, coûtera 12 à 15 dollars et devrait être commercialisée 100 dollars.

    Séduits, plusieurs investisseurs font une offre.
    L’équipe choisit finalement Daniel Lubetzky, fondateur de KIND Snacks, déjà impliqué dans des projets liés aux sports aquatiques comme TANDM Surf. Lubetzky promet une implication active dans le développement de la marque.

    « Nous sommes super enthousiastes de travailler avec un entrepreneur incroyable », déclare Huang après la signature du deal.

    L’amorce d’une tendance globale ?

    Avec les line-ups toujours plus bondés, les planches plus rapides et le nombre d’accidents graves en hausse, la question de la sécurité s’impose de plus en plus dans le surf. Jusqu’ici, le casque restait un tabou esthétique : utile, mais “pas cool”. Surf Skull pourrait changer la donne.
    Leur bucket hat blindé offre une alternative réaliste pour les surfeurs du quotidien, ceux qui naviguent entre beachbreaks, reefbreaks intermédiaires et sessions entre amis. S’il parvient à rendre le casque “invisible” et socialement accepté, le marché pourrait basculer. Il faut dire que le changement est encours après de nombreux accidents aux quatre coins de la planète. Je vois de plus en plus de compétiteurs, mais encore plus de jeunes surfeurs s’équiper de casque même si nos vagues françaises.

    L’avenir dira si Surf Skull deviendra un standard, mais une chose est sûre : l’innovation arrive au bon moment.

  • Zeke Lau grièvement touché à Rocky Point : « Mon oreille pendait »

    Zeke Lau grièvement touché à Rocky Point : « Mon oreille pendait »

    Les premières houles hivernales viennent tout juste de frapper le North Shore, et déjà les incidents s’enchaînent. Cette fois, c’est Ezekiel “Zeke” Lau, surfeur hawaiien et habitué du spot de Rocky Point, qui a frôlé une blessure bien plus grave lors d’un simple backside air. Une manœuvre banale, un timing malheureux… et une dérive qui vient littéralement se planter dans sa tête. Pour les voyeurs ou curieux, voici la vidéo Youtube calée sur l’incident.

    Un air raté, un leash tendu et la dérive qui revient comme un boomerang

    La scène se passe sur un Rocky Point solide, mais loin d’être massif, environ deux mètres bien formés. Zeke, comme à son habitude, surfe avec engagement et tente un backside air. En ratant son air, il pense simplement foirer la manœuvre. Sauf qu’au moment où il retombe, son leash renvoie sa planche vers lui et la dérive centrale le frappe. Impact direct dans le crâne. Et, surtout, très proche de l’oreille. Dans une vidéo partagée quelques jours après l’accident, Zeke explique la violence du choc :
    « Je suis bien amoché. La dérive m’a tapé juste sur le côté de la tête. Ça a touché mon oreille aussi. C’était assez profond. Le docteur m’a mis quelques points de suture à l’intérieur et cinq à l’extérieur. Mon oreille pendait un peu. »

    Un constat froid, typiquement hawaiien : lacéré, boursouflé, mais… “all good”.

    Un vieux débat relancé : Futures ou FCS ?

    Zeke rebondit avec humour sur un sujet qui divise les surfeurs depuis des années :
    « J’aurais aimé avoir une meilleure histoire… [rires] C’était juste moi qui tentais un air, et la planche est revenue me frapper. La dérive du milieu m’a percé. Je venais de passer sur des Futures. Si j’avais eu des FCS, la dérive aurait sauté, et ça n’aurait pas été aussi grave. »

    Une remarque qui a immédiatement enflammé les réseaux, chacun défendant “son” système comme si c’était une religion surfistique.

    Début de saison, premiers avertissements

    Depuis quelques semaines, le North Shore se réveille. Rien de dramatique pour l’instant : pas d’accident grave à Pipeline, pas de KO subis par des free-surfeurs. Mais des incidents comme celui-ci rappellent une réalité incontournable : même sur un spot “intermédiaire” comme Rocky Point, la moindre erreur peut laisser des traces profondes.

    Zeke Lau devrait revenir rapidement à l’eau. Sans séquelles. Avec une oreille intacte. Mais avec une cicatrice de plus dans la carrière déjà bien remplie d’un solide guerrier du North Shore.

  • Un swell irlandais d’une violence rare avec Kai Lenny, Ben Larg et Nathan Florence

    Un swell irlandais d’une violence rare avec Kai Lenny, Ben Larg et Nathan Florence

    L’Irlande a encore montré son visage le plus brut : un slab difficilement introuvable, capricieux, et capable de transformer une session en véritable lutte pour la survie. Dans la vidéo du jour, où apparaissent Kai Lenny et Ben Larg et Nathan Florence, c’est surtout le début de la vidéo qu’il faut regarder : le reste n’a pas la même intensité, mais les premières minutes suffisent pour vous glacer le sang.

    Un slab parmi les plus capricieux d’Europe

    Ce spot irlandais, dont on taira le nom, coche toutes les cases du slab impossible :

    • marée millimétrée,
    • vent dans le bon quart de degré,
    • direction de houle ultra précise,
    • période longue mais pas trop…

    « C’est un slab compliqué à trouver et encore plus difficile à surfer », explique l’un des surfeurs locaux présents. Une vague rare, brutale, qui n’offre aucune seconde de retard.

    Les premières minutes : une scène terrifiante

    La vidéo s’ouvre sur une session effrayante, captée dans une lumière froide typique de l’Atlantique nord. Les trois compères sont à l’eau avec Kai Lenny et Ben Larg en action, et Nathan Florence dans le chenal à lever les bras. Mais une scène domine tout le reste.

    Un surfeur parvient à passer la section la plus critique du slab (je pense que c’est Kai Lenny). On croit qu’il a géré la vague parfaite… jusqu’à ce que la réalité se rappelle à lui. Derrière, une nouvelle série surgit. Pas le temps de reprendre son souffle. Coincé dans un courant de mousse, il se fait aspirer — littéralement — vers la dalle. Il est balloté, retenu, tiré comme un pantin par l’énergie brute de l’Atlantique, incapable de remonter.

    Les secondes s’étirent. Trop longtemps. Et on le voit enfin réapparaître juste avant la vague suivante, dans un timing miraculeux. Une scène qui glace le sang.

    Après cette séquence, la vidéo change de ton

    Le reste du contenu — sessions plus douces à Lahinch, rencontres avec Jango, Tola, discussions spirituelles des réalisateurs — a son charme, mais l’intensité est clairement dans les premières minutes. C’est là que se trouve l’histoire. Le reste fait davantage office de carnet de bord paisible.

  • Le surfeur de Montréal qui affronte l’hiver et les blocs de glace : un surf venu d’un autre monde

    Le surfeur de Montréal qui affronte l’hiver et les blocs de glace : un surf venu d’un autre monde

    Quand l’eau frôle les 0 °C, que l’air mord à –40 et que des plaques de glace descendent la rivière comme des monstres flottants, la plupart des gens restent chez eux. Pas lui. À Montréal, un surfeur s’élance au cœur de l’hiver sur une vague statique d’une puissance hypnotique, partageant son ride avec des blocs de glace aussi beaux que dangereux. Un surf extrême, presque irréel.

    Un paysage polaire… à quelques minutes du centre-ville

    La vidéo s’ouvre sur un décor que l’on croirait arraché au Grand Nord canadien : brume qui s’élève, eau métallisée, silence glacé. « Avec une eau à peine au-dessus de zéro et un air à –40, la seule raison pour laquelle la rivière ne gèle pas complètement, c’est son mouvement constant », explique le surfeur.
    Quelques minutes de marche suffisent pour quitter Montréal, mais mentalement, on bascule dans un univers de survie. Des plaques de glace gigantesques défilent, certaines « aussi grandes que des semi-remorques », d’autres dentelées comme du cristal.

    La beauté est à couper le souffle, mais la menace est partout : hypothermie, collisions, courant imprévisible. Chaque seconde compte.

    Surfer l’hiver : un sport où l’erreur n’a pas sa place

    La vague statique, alimentée par la puissance du fleuve, ne pardonne rien. « La marge d’erreur est très faible dans ces conditions », confie-t-il. Un simple moment d’hésitation, et c’est la noyade ou l’impact contre la glace.

    Pourtant, il retourne là-bas jour après jour. Pas par addiction au risque, mais par recherche intérieure. Le froid devient un miroir de ses limites. « Le vrai facteur, c’est l’esprit », dit-il. Peu importe la musculation ou la souplesse : seule la maîtrise mentale permet de tenir dans ce froid mordant.

    L’hiver transforme tout : les décisions, l’intensité, la préparation. Il scrute constamment la quantité de glace, les températures, sa capacité de résistance. « On me dit que je suis fou. Avec le bon équipement, ça devrait être facile. Mais ce n’est pas le cas. »

    Le silence, l’isolement… et une vague pour lui seul

    Contrairement à l’été, l’hiver offre une étrange récompense : la solitude totale. Souvent, il n’y a personne d’autre « que moi et la rivière, moi et la glace ».
    Quand il laisse la vague le porter, il atteint un état unique : « Si je me détends et observe, l’énergie de l’eau travaille à travers moi et tout devient sans effort. »

    Il s’arrête parfois de pagayer pour contempler les blocs de glace qui l’entourent. Sous le soleil d’hiver, ils scintillent comme des pièces d’art sculptées par la nature. Et surtout : c’est un spectacle que personne d’autre ne verra jamais. La scène changera dans quelques minutes, remodelée par le courant.

    Le froid comme voie de transformation

    Au fil du temps, l’exposition répétée à cette eau polaire est devenue plus qu’un défi sportif : une pratique mentale et spirituelle.
    « Le froid révèle qui je suis vraiment », dit-il. Il ne s’agit pas d’un ennemi, mais d’un révélateur. En affrontant ce choc physique, il apprend à briser ses propres barrières, à dompter son esprit, à ne plus être prisonnier du stress du quotidien.

    Cette recherche de maîtrise intérieure dépasse désormais le surf : c’est une philosophie de vie. Elle lui donne une ancre, un centre, une force pour affronter tous les autres aspects de son existence.

    Fusion avec la glace, fusion avec la nature

    La scène finale résume tout : lorsqu’il s’accorde au rythme du fleuve, qu’il « cesse de lutter contre la nature », tout devient limpide. La douleur se transforme en clarté, l’inconfort en puissance, le froid en exaltation.

    Surf en eau glaciale, surf mystique, quête personnelle : cette vidéo capture plus qu’une performance. Elle dévoile un voyage intérieur, une communion avec une nature brute et indomptable.
    Et dans cet instant suspendu entre danger et beauté, il trouve ce qu’il cherche : la joie pure d’être vivant.

  • Mondiaux SUP 2025 : un immense niveau pour la France, mais l’or par équipes s’envole

    Mondiaux SUP 2025 : un immense niveau pour la France, mais l’or par équipes s’envole

    Le Surf City El Salvador aura de nouveau vibré en novembre 2025 avec les ISA World SUP and Paddleboard Championships, un événement devenu incontournable pour les nations qui comptent dans la rame et le paddle moderne. Conditions propres, ambiance chaude et un niveau global qui ne cesse de monter d’année en année : tout était réuni pour un grand cru.

    Et il l’a été.
    Sauf que… le scénario final a laissé un goût doux-amer dans la délégation française : malgré un ensemble de performances individuelles de très haut niveau, les Bleus repartent d’El Sunzal sans l’or par équipes. Une nouvelle fois, c’est l’Espagne qui décroche la couronne mondiale — deuxième titre consécutif.

    Pour la France, le bilan reste remarquable. Mais l’objectif suprême, celui qui fait briller une nation entière, ne sera pas pour cette année.

    L’Espagne, reine incontestée du Mondial

    Le communiqué espagnol a été clair :

    « España logró segundo título consecutivo en el mundial de SUP y Paddleboard »
    L’Espagne remporte son deuxième titre mondial consécutif en SUP et Paddleboard.

    Et les chiffres le confirment.

    Selon le classement final que tu m’as fourni, la Roja totalise 13 976 points, devant la France avec 13 552 points. Un écart réduit… mais suffisant pour empêcher les Français de rêver d’une victoire historique.

    Les Espagnols ont été d’une régularité impressionnante, avec 10 podiums sur 14 catégories, dont un titre mondial en Prone Distance grâce à Judit Vergés. Ils ont surtout excellé dans ce qui fait souvent la différence dans un classement par nations : les épreuves féminines, les sprints, et la capacité à éviter les « mauvais résultats » qui plombent un total général.

    Et dans cette logique mathématique impitoyable, l’Espagne a été simplement meilleure.

    La France : un collectif solide, des performances éclatantes

    Même privée du titre par équipes, la France peut quitter le Salvador avec le sentiment du travail bien fait. Le Mondial 2025 a montré l’émergence d’une génération polyvalente, ambitieuse et très compétitive.

    Voici les points marquants du camp français :

    Maël Tissier, l’une des sensations du Mondial

    Véritable métronome, Maël Tissier a offert à la France des performances énormes, avec notamment une victoire en Prone Distance qui a marqué la journée. Solidité, précision, résistance : le Français a confirmé qu’il fait partie des meilleurs rameurs du monde dans sa catégorie.

    Eliott Bry, le futur du SUP français

    Le phénomène tricolore a livré un Mondial d’une maturité impressionnante, notamment dans les épreuves techniques. Il confirme ici ce que tout le microcosme sait déjà : la France a entre ses mains l’un des talents les plus prometteurs du paddle mondial.

    Un collectif homogène

    Ce qui frappe dans cette équipe de France 2025, c’est la cohérence du groupe. Peu de « trous », beaucoup de solidité, et surtout une capacité à performer dans toutes les disciplines : surf SUP, distance, technique, prone, junior.

    Pour reprendre la formule souvent utilisée dans les sports olympiques :

    Ce n’est pas une équipe qui a perdu l’or. C’est une autre qui a été encore plus forte.

    Et c’est souvent la pire frustration.

    Pourquoi l’or s’est envolé : analyse à froid

    Oui, la France a excellé.
    Oui, les podiums ont été nombreux.
    Mais dans un Mondial par équipes, un titre se joue sur des détails.

    Voici les facteurs principaux qui expliquent la défaite française :

    1. L’Espagne intouchable dans certaines catégories féminines

    La course longue distance femmes a été décisive. L’Espagnole Duna Gordillo a imposé un rythme surréaliste, quand la Française Anaïs Guyomarch terminait à la 5ᵉ place. Dans un système de points où chaque position compte, cela crée des écarts que l’on paie plus tard.

    2. Les sprints : un secteur où l’Espagne a creusé un vrai fossé

    Les épreuves de sprint, souvent explosives et imprévisibles, ont été dominées par la Roja. L’équipe française a été régulière, mais pas suffisamment haut placée pour reprendre des points.

    3. Le manque de titres en SUP Surf

    Les divisions de SUP Surf peuvent rapporter gros, mais le niveau international y devient féroce. Les Français y ont été solides, mais sans accrocher l’or, là où l’Espagne a placé ses athlètes très haut.

    4. Une mécanique bien huilée côté espagnol

    Le gros point fort de l’Espagne ?
    Elle a évité toutes les contre-performances. Même dans les divisions où elle ne visait pas la victoire, elle restait dans les positions rentables pour le classement général. Et c’est exactement ce qui fait une nation championne.

    Les hispanophones en force… mais la France devant

    Du côté hispanophone, c’est l’année de la confirmation :

    • Argentine : 6e
    • Puerto Rico : 7e
    • Pérou : 8e
    • Chili : 11e

    Cela ajoute au prestige de la performance française, qui reste la meilleure nation hispanophone + francophone de la compétition, derrière l’Espagne seule.

    La France reste le n°2 mondial, et de loin.

    Quel avenir pour l’équipe de France de SUP ?

    Ce Mondial 2025 ouvre en réalité d’excellentes perspectives pour la France :

    1. Une jeunesse prête à prendre le pouvoir

    Avec des profils comme Eliott Bry, mais aussi toute une vague montante en junior et en SUP technique, la France s’assure un avenir radieux.

    2. Une marge de progression bien identifiée

    Les axes de travail sont clairs :

    • renforcer les sprints,
    • densifier les catégories féminines,
    • viser plus haut en SUP Surf,
    • et conserver l’excellence en prone distance.

    3. Un collectif structuré qui peut viser l’or dès 2026

    Le plus dur dans un Mondial, c’est d’être constant.
    La France l’a montré.
    Pour transformer un podium global en titre, il faudra des victoires nettes dans quelques catégories clés.

    Mais l’écart avec l’Espagne (424 points) est loin d’être insurmontable.

    Entre fierté et frustration, un Mondial qui inspire

    La France quitte El Salvador sans l’or, mais avec un sourire teinté de frustration – signe que cette équipe vise plus haut que des podiums symboliques.

    Dans les faits :

    • les Français ont été réguliers,
    • performants,
    • talentueux,
    • et ultra présents dans presque toutes les finales importantes.

    Il manque encore un petit quelque chose pour décrocher le titre suprême, mais les bases sont là, solides et inspirantes.

    Rendez-vous en 2026 : les Bleus seront très attendus.

  • Christian Fletcher, l’anti-héros qui a réinventé le surf

    Christian Fletcher, l’anti-héros qui a réinventé le surf

    Il y a des surfeurs qui suivent les lignes. Et puis il y a ceux qui les brisent, les brûlent, les réinventent. Christian Fletcher appartient à cette seconde catégorie. Un électron libre, un punk des vagues, un précurseur visionnaire qui a fait voler en éclats les certitudes d’un sport parfois trop sage.
    Atypique, controversé, chaotique, brillant : Fletcher est tout cela à la fois. Et en 2025, à 55 ans, le voir débarquer sur un QS aux Philippines avec un mullet, une planche maison et le sourire d’un gosse en récré a prouvé une chose simple : certains esprits ne vieillissent jamais.

    Ce portrait raconte l’histoire d’un homme qui n’a cessé, toute sa vie, de dire une seule chose : « Je fais les choses à ma manière. Et si ça ne plaît pas, c’est ton problème. »

    Naissance d’un iconoclaste : un destin écrit dans la wax

    Pour comprendre Christian Fletcher, il faut d’abord comprendre d’où il vient. Né en 1970 à Hawaï, il grandit dans une famille où le surf est aussi naturel que respirer.

    • Son père, Herbie Fletcher, pionnier du longboard moderne.
    • Sa mère, Dibi Hoffman, membre d’une lignée mythique du surf.
    • Son grand-père, Walter Hoffman, à l’origine du tissu qui rendra célèbres les chemises hawaïennes.
    • Sa tante, Joyce Hoffman, double championne du monde.

    Avec un tel héritage, Christian aurait pu devenir un surfeur “classique”.
    Mais non. Son truc, ce n’est pas la douceur du longboard. Son ADN s’accorde plutôt sur le bruit d’une guitare saturée, les croûtes de skatepark et les combinaisons vert fluo.

    L’ère des airs : quand Christian met le feu au surf

    À la fin des années 80, le surf n’a pas encore entamé sa révolution aérienne. Et puis Christian arrive. Des airs partout, des grabs venus du skate, des trajectoires verticales, un style agressif qui noircit les pages des magazines.
    L’establishment ne comprend pas. Certains sont outrés.
    Un groupe de surfeurs du Top 16 va même jusqu’à envoyer une lettre aux magazines demandant d’arrêter de publier des photos de Fletcher. Le public, lui, adore Fletcher.
    Les puristes le détestent.
    Parfait : il n’a jamais eu pour mission de plaire à tout le monde.

    Un talent pur : capable de gagner… quand il en avait envie

    En 1989, il remporte le Body Glove Surf Bout, l’un des plus gros prize money de l’époque :
    31 725 $ (oui, c’est important pour lui : pas 30 000, 31 725). Ce jour-là, tout le monde comprend qu’il pourrait devenir champion du monde. Mais il n’en veut pas.
    Il le dit très clairement :
    « Je m’en fiche complètement d’être champion du monde. »

    Et plus tôt encore, lorsqu’il parlait du World Tour :
    « Les mecs sur le World Tour ne s’amusent pas. Je le sais, j’y étais en 87 — c’était l’enfer. »

    Tout est dit.

    Excès, chaos et rock’n’roll : la vie hors cadre

    Sponsors improbables (dont un sex-shop), groupes de métal aux noms censurables, courses en moto, fréquentations borderline… Christian vit vite, fort, trop fort parfois. Une phrase résume parfaitement cette période :
    « J’aime la vitesse. Sous toutes ses formes. Je me retiens juste d’en pratiquer certaines aujourd’hui. »

    Le chaos finit par l’engloutir : addictions, dépression, faillite de sa marque, éloignement progressif du surf. Mais il n’est pas du genre à rester au fond.

    Tomber, se relever : les blessures invisibles

    Dans une interview culte avec Mark Occhilupo, Fletcher raconte son effondrement mental après l’achat précipité d’une maison et une vie de responsabilité imposée trop tôt.

    À Occy, il lâche :
    « 31 725 dollars. Tout est parti dans la maison, la famille, les obligations… C’était trop. »

    Cette lucidité, brute et désarmante, montre Fletcher sans façade : un homme brisé par un costume qui n’était pas taillé pour lui. Il s’en sortira, avec son style, ses excès, et une forme de philosophie personnelle :
    « Je fais ce que je veux, quand je veux. Je choisis juste de ne pas le faire trop souvent. »

    2025 : l’événement improbable – Fletcher en QS à Cloud 9

    Le monde du surf n’en revient pas quand il voit son nom sur la startlist du QS 6000 de Cloud 9 en 2025.

    Pourquoi revenir en compétition à 55 ans ?
    Il le dit lui-même :
    « Je veux juste me faire des tubes, envoyer des airs, et surtout… m’amuser. »

    Il termine troisième de sa série.
    Aucun enjeu.
    Aucun objectif.
    Juste l’envie.

    Lorsqu’il surfe contre un jeune de 13 ans, Jayden Wilcoxen, il poste ensuite :
    « Maltraitance envers une personne âgée ou c’est juste prendre un bonbon à un bébé ? »

    L’humour est intact.
    Le style est intact.
    L’esprit est intact.

    Aujourd’hui : survivant, symbole, inspiration

    Il surfe encore des reefs creux et rapides. Il roule encore comme un dingue à moto. Il continue d’être un électron libre, mais avec un mantra plus mature :
    « Quand tu es prudent, tu finis par te faire embarquer, dans le surf comme dans la vie. Être prudent, c’est hésiter. Tu t’engages ou tu ne t’engages pas — et moi, je m’engage. »

    Et tout est là :
    Christian Fletcher n’a jamais été un modèle, mais il est devenu une référence.

    Les airs d’aujourd’hui ?
    Les manœuvres aériennes en compétition ?
    Les rotations, les grabs, l’attitude skate ?

    Tout vient de lui.

    Christian Fletcher n’a jamais été un héros. Et c’est pour ça qu’il est une icône.

    Pas un prophète, pas un sage, pas un champion :
    un rebelle qui a bousculé le surf parce qu’il refusait catégoriquement d’entrer dans une case.

    Son héritage est immense, et paradoxal : en ne cherchant jamais à révolutionner le surf, il l’a fait sans même s’en rendre compte. Christian Fletcher reste la preuve vivante que le surf n’est pas qu’un sport.
    C’est un cri.
    Un style.
    Une liberté totale.
    Un doigt levé vers les juges.
    Un air au-dessus d’un autre surfeur.
    Un homme qui vieillit sans jamais devenir vieux.

    Un punk éternel.

  • Surf au Mexique : entre tragédies, frayeurs et conseils essentiels pour voyager en sécurité

    Surf au Mexique : entre tragédies, frayeurs et conseils essentiels pour voyager en sécurité

    Le Mexique fascine les surfeurs. Des droites interminables de Salina Cruz aux tubes massifs de Puerto Escondido, le pays fait rêver depuis des décennies. Mais derrière ce décor d’Éden pour goofy et regular, une réalité plus complexe existe : certaines zones présentent de réels risques, et plusieurs faits divers récents ont rappelé que le voyage surf au Mexique nécessite préparation, prudence et information.

    Ces dernières années, deux histoires ont particulièrement marqué la communauté surf :

    • l’assassinat des frères australiens Jake et Callum Robinson et de leur ami américain Carter Rhoad,
    • et la mésaventure intense vécue par Gaspard Larsonneur et Robin Aussenac à Salina Cruz, qui ont échappé de peu à une attaque armée.

    Ces récits ne doivent ni stigmatiser un pays magnifique, ni dissuader tous les voyageurs. Ils servent plutôt de rappel : le surf trip parfait n’existe pas sans une dose de vigilance.

    Le drame des frères Robinson : faits et prudence

    En avril 2024, les Australiens Jake et Callum Robinson, accompagnés de leur ami américain Carter Rhoad, sont portés disparus lors d’un surf trip en Basse-Californie. Quelques jours plus tard, les autorités mexicaines annoncent que les trois surfeurs ont été tués.

    Plusieurs hommes ont été arrêtés, identifiés par leurs prénoms conformément aux règles locales. Le procureur chargé de l’affaire a demandé des peines très lourdes, dépassant 200 ans de prison, en raison des charges retenues : homicide aggravé, vol et disparition forcée. Une femme, accusée d’avoir incité un vol qui aurait dégénéré, doit également comparaître.

    L’enquête se poursuit, les procès ne sont pas encore terminés, et il est important de respecter la présomption d’innocence et les règles judiciaires en vigueur au Mexique.
    Ce que les autorités ont indiqué publiquement :

    • Les suspects n’ont pas accepté d’accords de peine réduite.
    • Des éléments matériels et des témoignages figurent au dossier.
    • L’affaire pourrait durer longtemps, certains témoins étant étrangers et devant revenir au Mexique pour déposer.

    Ce drame a suscité une émotion considérable dans la communauté surf internationale. Il a rappelé que, même si la majorité des voyages au Mexique se passent très bien, certaines zones isolées peuvent être exposées à des risques de criminalité, vol ou extorsion.

    Gaspard Larsonneur : “Quand ils ont tiré, tu comprends que tout peut basculer”

    En 2021, le surfeur breton Gaspard Larsonneur part au Mexique pour un trip d’une dizaine de jours avec son photographe/caméraman Robin Aussenac. Le programme est simple : sessions matinales, lumière parfaite et ambiance caliente.
    Rien ne laissait présager que le voyage tournerait court… au bout de 48 heures.

    Une route isolée, une voiture qui se rapproche trop

    Après une session à Salina Cruz, le trio (Gaspard, Robin et leur guide local) roule vers le surf camp pour manger avant de retourner à l’eau l’après-midi. Au bout d’une trentaine de minutes, une voiture les suit, de plus en plus près, puis les dépasse et bloque la route quelques mètres devant eux.

    Deux individus descendent. Armés.

    Le guide réagit immédiatement

    Gaspard raconte que le guide n’a pas hésité :
    → marche arrière,
    → tentative d’esquive,
    → cris,
    → tension maximale.

    Les individus ouvrent le feu. Au moins cinq balles. L’une atteint le guide au pied.

    Gaspard et Robin se couchent à l’arrière. Ils ne voient qu’une chose : le plafond du véhicule qui vibre sous l’accélération. Le guide manœuvre en marche arrière, joue avec les obstacles, finit par contourner la voiture des assaillants et enclenche une fuite désespérée. Une course-poursuite s’engage sur plusieurs centaines de mètres.

    Finalement, les assaillants font demi-tour.

    Un retour à la réalité brutal

    Le trio se réfugie dans une station-service. La police arrive, échange uniquement avec le guide. Gaspard et Robin constatent le décalage : dans certaines zones du Mexique, les procédures ne ressemblent en rien à ce que l’on connaît en Europe.

    Bilan :

    • Pas de blessés graves,
    • une énorme frayeur,
    • un trip écourté,
    • un retour en France dans la foulée.

    Gaspard partage plus tard :

    « À partir du moment où ils se sont mis à tirer, tu te dis qu’ils sont prêts à tout. Ça aurait pu être bien pire. »

    Cette histoire a marqué les surfeurs européens, car Gaspard est un rider expérimenté, habitué du Mexique. Son récit montre que l’expérience ne protège pas de tout.

    Le Mexique, un pays sublime mais où certaines règles sont indispensables

    Le Mexique n’est pas “dangereux partout”. Il n’est pas “à éviter”. Il n’est pas “pire que d’autres destinations exotiques”.

    Il est… comme beaucoup de destinations de surf éloignées : magnifique, accueillant, mais parfois imprévisible.
    L’immense majorité des surf trips s’y déroule sans problème. Mais certains États – notamment en zones rurales – peuvent comporter des risques liés à :

    • Des vols ciblant les touristes,
    • Des tentatives d’extorsion sur certaines routes isolées,
    • Des conflits locaux ou territoriaux,
    • Des formes d’insécurité spécifiques à des zones très précises.

    Pour surfer le Mexique sereinement, voici ce que les locaux, expatriés et guides professionnels recommandent systématiquement :

    Conseils essentiels pour surfer au Mexique en toute sécurité

    1. Toujours se renseigner sur la zone où l’on va

    Le Mexique est immense : la situation varie énormément d’un État à l’autre.
    Baja Sur touristique ≠ Basse-Californie rurale.
    Salina Cruz ≠ Puerto Vallarta.
    Sayulita ≠ certaines zones désertes du Michoacán.

    2. Ne pas circuler seul dans les zones isolées

    Beaucoup d’agressions recensées se produisent :

    • sur des routes désertes,
    • tôt le matin,
    • ou au coucher du soleil.

    3. Toujours passer par un guide local en zones rurales

    À Salina Cruz, c’est même une règle non écrite du surf trip :
    → les guides connaissent les check-points informels,
    → les routes sûres,
    → les heures à éviter,
    → les gens à respecter,
    → les zones où il ne faut surtout pas traîner.

    Dans le cas de Gaspard, le guide leur a probablement sauvé la vie.

    4. Ne montrer aucun objet de valeur

    Les appareils photo, drones et objectifs attirent l’attention.

    5. Éviter la route de nuit

    Règle absolue partagée par tous les expatriés.

    6. Informer quelqu’un de son itinéraire

    Toujours simple, toujours utile.

    7. Respecter les consignes des locaux

    C’est la meilleure protection possible.

    Un pays incroyable, à aborder avec lucidité

    Le Mexique est l’une des plus belles destinations surf du monde.
    Il offre des vagues exceptionnelles, une culture riche, un accueil chaleureux.
    Mais comme toutes les destinations où l’on s’aventure hors des zones touristiques, il demande préparation et vigilance.

    Les histoires de Gaspard et du drame des frères Robinson ne doivent pas créer la peur – elles doivent informer.

    Parce que le surf, même loin de l’eau, demande d’avoir toujours un œil ouvert sur l’horizon.

  • Ramzi Boukhiam retrouve enfin l’océan après sept mois d’absence

    Ramzi Boukhiam retrouve enfin l’océan après sept mois d’absence

    La scène a ému tout le monde : Ramzi Boukhiam, le meilleur surfeur marocain de l’histoire, a remis les pieds — et surtout la planche — dans l’eau après sept mois de convalescence. Un retour symbolique, attendu, et porteur d’un immense soulagement pour celui qui avait vécu l’une des blessures les plus improbables de sa carrière en avril dernier.

    Un accident improbable à Bells Beach

    Tout a basculé lors du Rip Curl Pro Bells Beach, deuxième étape du Championship Tour 2025. Ramzi venait de terminer sa première manche lorsqu’un simple retour vers le sable a viré au cauchemar : sa jambe s’est coincée dans le récif, une vague l’a frappé par-derrière, et son genou a cédé. Une blessure inattendue, presque « bête », mais dont les conséquences ont été lourdes.

    Quelques jours plus tard, les examens révélaient la nécessité d’une intervention chirurgicale. Le Marocain expliquait alors, sur Instagram, la nature de l’opération : une chirurgie TTA (Avancement de la Tubérosité Tibiale), consistant à déplacer et fixer la proéminence osseuse à l’avant du tibia (un peu comliqué je vous l’accorde). Une prise en charge effectuée dans une clinique sportive de Mérignac, en France.

    « Après six semaines d’attente, mon genou était enfin prêt pour l’opération », écrivait-il. « Cela s’est avéré un peu plus compliqué que prévu, mais j’étais prêt. »

    Sept mois de travail, de doutes et de patience

    La suite, c’est une période longue et douloureuse, comme Ramzi lui-même le décrit aujourd’hui. Pas de surf, peu de déplacements, un quotidien centré sur la récupération et la physiothérapie. Cette blessure l’a touché profondément : « Avec tout ce que j’ai déjà traversé, ça m’a marqué », confiait-il après son retrait de Bells.

    Dans les mois qui ont suivi, il a partagé avec beaucoup de transparence les étapes de sa convalescence. Pas de surenchère, pas de grandes annonces : juste un athlète confronté à un obstacle majeur et déterminé à le surmonter étape par étape.

    Le grand moment : retour dans l’eau

    Et puis, en novembre, la bonne nouvelle tombe. Ramzi est de retour à l’eau.

    « Première fois sur une planche depuis sept mois. Ça a été long, douloureux… Je ne suis pas encore à 100 %, j’ai encore du travail, mais je n’arrivais pas à arrêter de sourire dans l’eau », explique-t-il.

    Pas besoin de plus pour imaginer le poids qui se libère. Le surf fait partie de sa vie, et retrouver l’océan, même prudemment, marque le début d’un nouveau chapitre.

    Et maintenant ?

    Côté compétition, le flou demeure. Le système des wildcards du CT reste opaque, et l’un d’eux devrait déjà être attribué à Gabriel Medina. Ramzi pourrait en bénéficier… ou non. Rien n’est tranché.

    Sportivement, son début d’année n’avait pas été le plus solide, même si sa 9e place au Surf City El Salvador Pro avait rappelé son potentiel. Une fois rétabli, il reste un compétiteur dangereux, complet, affûté, et plus mature que jamais.

    L’essentiel, pour l’instant, est ailleurs : Ramzi Boukhiam est de retour dans l’océan. Et ça, pour lui comme pour ses supporters, c’est déjà une victoire immense.

  • Hommage: ne pas oublier les surfeurs tombés le 13 novembre 2015

    Hommage: ne pas oublier les surfeurs tombés le 13 novembre 2015

    Il y a des dates auxquelles on revient, même quand l’actualité surf nous entraîne vers d’autres horizons. Dix ans après cette nuit qui a marqué la France, impossible de ne pas consacrer un moment à la mémoire. Le 13 novembre 2015, notre pays sombrait dans l’horreur et parmi les 130 victimes figuraient plusieurs passionnés de glisse. Des surfeurs, des amis, des membres silencieux et essentiels de notre communauté.

    Aujourd’hui, leur souvenir mérite plus que quelques lignes : il mérite d’être ravivé, partagé, transmis.

    Dix ans après : une communauté qui se souvient

    Le surf, c’est une famille élargie. Des gens qui ne se connaissent pas forcément mais qui partagent la même lumière au lever du jour, la même adrénaline sur une vague bien creuse, la même complicité tacite au pic. Quand l’un des nôtres disparaît, la blessure remonte jusqu’au rivage.

    Dix ans après les attentats, la communauté n’a rien oublié. Surtout pas ceux qui, le plus souvent, vivaient en harmonie avec l’océan.

    Pierre Innocenti : un homme tourné vers l’infini

    Parmi ces visages, celui de Pierre Innocenti, 40 ans, reste gravé dans beaucoup de mémoires. Patron d’une pizzeria à Neuilly, oui — mais surtout surfeur dans l’âme. Un passionné de glisse totale : skate, snow, wake, surf… Un homme qui vivait pour l’intensité et la liberté.

    Avec son ami d’enfance Jean-Philippe, Pierre avait sillonné le monde dès la fin des années 80 et le début des années 90, à une époque où partir en Indo relevait encore de l’expédition. Bali version “une rue à Kuta”. Nias avant l’électricité. Les Mentawai encore vierges. Ce premier voyage avait façonné leur jeunesse et leur vie d’adultes.

    Les proches décrivent Pierre comme un homme attiré par “l’infini”. Celui des montagnes, de l’océan et du ciel. Un tempérament lumineux, généreux, impossible à oublier.

    Bertrand Navarret : un local du Santosha, un cœur immense

    On se souvient aussi de Bertrand Navarret, 37 ans, charpentier installé à Capbreton pour vivre au plus près des vagues. Passionné de surf, voyageur, amoureux de musique et de rugby, Bertrand faisait partie de ces locaux au sourire reconnaissable et à la présence discrète mais solide.

    Une cérémonie à l’eau avait été organisée en son honneur au Santosha, rassemblant des dizaines de surfeurs formant un grand cercle sur l’eau. Une image forte, presque rituelle, qui reste encore dans les mémoires de Capbreton.

    Deux autres surfeurs basques parmi les victimes

    À l’époque, plusieurs médias locaux et témoignages de la communauté surf basque avaient également évoqué deux autres pratiquants réguliers des spots de Guéthary et Parlementia parmi les victimes du 13 novembre.

    Par respect pour les familles et parce que certaines archives de 2015 ne sont plus disponibles, leurs noms n’étaient pas systématiquement rendus publics. Mais leur présence dans les hommages de la communauté, notamment au Pays Basque, a marqué durablement ceux qui partageaient leurs line-ups.

    Cette mention, discrète mais essentielle, rappelle que la glisse rassemble des individus aux parcours différents… et que chacun, même dans la discrétion, compte profondément.

    Transmettre la mémoire, parler aux nouvelles générations

    Dix ans ont passé. Beaucoup d’entre nous en parlent à leurs enfants, pour expliquer ce qui s’est passé. Pour montrer que la liberté, celle qu’on ressent en surfant, ne se vit que lorsqu’elle est protégée.

    Aujourd’hui, une pensée accompagne Pierre, Bertrand, et ces deux surfeurs anonymes dont la mémoire continue de vivre dans les vagues qu’ils aimaient tant. Une pensée pour leurs proches, leurs amis, leurs familles.

    Parce que se souvenir, c’est déjà honorer. Parce que la mer n’oublie jamais.

  • Carissa Moore signe son grand retour sur le CT en 2026

    Carissa Moore signe son grand retour sur le CT en 2026

    Un an et demi après avoir quitté la compétition pour vivre l’un des plus beaux chapitres de sa vie, Carissa Moore est officiellement de retour sur le Championship Tour 2026. La nouvelle vient de tomber : la quintuple championne du monde et championne olympique recevra le wildcard saisonnier de la WSL, lui ouvrant la porte d’un retour à plein temps sur le circuit.
    Après avoir accueilli son premier enfant, Olena, en février 2025, la surfeuse hawaïenne revient avec une énergie nouvelle – et un message puissant : « Nous pouvons continuer à poursuivre nos rêves, même lorsque la vie évolue. »

    Une championne hors normes, déjà légendaire

    Depuis son arrivée sur le Tour en 2010, Carissa Moore a tout simplement redéfini les standards du surf féminin. À 17 ans, elle remportait déjà des heats contre les meilleures. À 18 ans, elle devenait la plus jeune championne du monde de l’histoire.
    Et les chiffres parlent d’eux-mêmes :

    • 13 saisons complètes sur le CT
    • 28 victoires en carrière
    • Jamais moins bien classée que 3e… sauf une seule fois
    • Médaillée d’or lors de la toute première épreuve olympique de surf en 2020

    Carissa n’a pas seulement gagné. Elle a inspiré. De son surf puissant et progressif, à son sourire constant, jusqu’à ses engagements solidaires à travers la Moore Aloha Foundation, elle a toujours incarné l’ambassadrice parfaite du surf moderne.

    Une pause nécessaire, un retour monumental

    Sa dernière apparition en compétition remonte au Teahupo’o olympique en 2024, où elle avait surfé l’un des gauches les plus dangereuses de la planète… enceinte de deux mois. Quarterfinals. Rien que ça.
    Après cette performance presque irréelle, elle avait choisi de faire une pause pour accueillir son bébé et se recentrer. Mais son amour du surf et de la compétition n’a jamais disparu. Via ses réseaux, on l’a souvent vue en freesurf, les lignes affutées, les appuis précis, les carves toujours aussi puissants. Une certitude se dessinait : Riss n’avait rien perdu.

    « Remettre un lycra après avoir eu un bébé, c’est déjà une victoire », explique-t-elle.

    Un comeback redouté… et redoutable

    Son retour va forcément rebattre les cartes sur le circuit féminin. Les reines actuelles – Caity Simmers, Molly Picklum, Gabriela Bryan – excellent depuis deux saisons et dominent la scène. Mais une Carissa en forme, motivée, et surtout libérée après une pause choisie… ça peut changer le destin d’un Tour entier. On y voit un choc générationnel entre la jeune garde et Carissa, qui représente maintenant la maturité.

    Une saison 2026 déjà très attendue

    Carissa Moore ne reviendra pas directement sur une étape CT, mais fera son premier test de lycra en décembre prochain au Florence Pipe Pro (QS 2000) à Pipeline. Une manière de renouer avec la compétition sans pression.
    Ensuite, place au grand bain :

    • 1er avril 2026 : lancement du CT à Bells Beach
    • Décembre 2026 : fin de saison au Pipe Masters, devant son public hawaïen

    Un scénario parfait pour célébrer les 50 ans du Championship Tour.

    Un retour historique pour une athlète iconique.

  • Uluwatu à 25 pieds : quand Bali bascule en mode XXL

    Uluwatu à 25 pieds : quand Bali bascule en mode XXL

    Il y a des journées où Uluwatu rappelle à tout le monde pourquoi ce spot est une légende, un rêve pour certains… et un cauchemar pour d’autres. Lors du méga swell d’octobre 2025, la fameuse gauche de la péninsule du Bukit a tout simplement explosé ses standards. Une houle titanesque, estimée à 25 pieds, a transformé le temple du surf balinais en machine à broyer les planches… et les égos.

    Même les habitués du lieu en restaient bouche bée. Jacob “Zeke” Szekely, venu avec une bande de surfeurs/de skateurs pour une compétition, lâchait à peine sorti du scooter : « Are you f#cking kidding me ? C’est les plus grosses vagues que j’ai jamais vues ici. »* Une phrase qui résume l’ambiance générale : excitation et un soupçon de terreur.

    Un outsider crew face à la furie d’Uluwatu

    Ce jour-là, pas de line-up parfait, pas de longues parois sculptées par le vent offshore. Uluwatu était en mode bête sauvage. D’énormes close-outs fermaient en chaîne, les séries se succédaient sans laisser un instant de répit, et les rares tentatives ressemblaient plus à un exercice de survie qu’à une démonstration technique.

    Pourtant, la petite troupe s’est jetée dedans.
    Plan B ? Il n’y en avait pas.
    Sortir vivant ? Déjà pas si mal.

    Ramer dans ces conditions relève du courage borderline. Les mecs ramaient entre deux montagnes d’eau, tentaient de trouver un tube improbable… et se faisaient régulièrement avaler par les grosses vagues. Peu de rides aboutis, mais beaucoup de bravoure, de chutes spectaculaires et une bonne dose de chaos.

    À ce jeu-là, les planches ont morflé autant que les corps. Zeke a vu son gun partir en trois morceaux. Une offrande sacrée à la déferlante balinaise.

    Shane Borland, l’homme de la journée

    S’il y a bien eu un moment de grâce au cœur de ce champ de bataille marin, il est signé Shane Borland. Le Californien, surfeur/skateur complet, a décroché la vague du jour : un barrel monstrueux sur une bombe estimée à 20 pieds, prise avec une maîtrise incroyable.
    Littéralement : il l’a “packed”, comme disent les Américains.

    Alors que certains luttaient pour revenir au rivage, Shane-O inscrivait un ride d’anthologie dans l’histoire récente d’Uluwatu. Une vision rare sur un spot généralement pas associé à des tubes de cette taille.

    Le hasard (ou pas) du Keris Cup

    La présence d’un crew mêlant surfeurs et légendes du skate n’avait rien d’un alignement planétaire : tous étaient là pour la toute première Keris Cup, organisée à Uluwatu Surf Villas. Le line-up du bowl faisait rêver : Christian Hosoi, Christian Fletcher, Nathan Fletcher, Greyson Fletcher, Omar Hassan, Pedro Barros, Sky Brown…

    Entre une session apocalyptique dans l’eau et un contest sur le béton, la semaine a été purement historique.

    Et devine qui a raflé la mise ?
    Shane Borland.
    Et Sky Brown chez les femmes.
    Après un tube XXL et une victoire en contest, difficile de faire plus Balinais comme semaine.

  • Annaëlle Challenge 2025 : le dernier rugissement du slab breton

    Annaëlle Challenge 2025 : le dernier rugissement du slab breton

    C’est un monument du bodyboard français qui tire sa révérence. Les mardi 11 et mercredi 12 novembre 2025, au large de Lampaul-Ploudalmézeau (Finistère), la mythique Annaëlle Challenge s’est tenue pour la dernière fois. Portée depuis plus de quinze ans par des bénévoles passionnés et par le souffle d’une communauté fidèle, cette compétition unique en Europe a offert un final à la hauteur de sa légende : houle d’ouest massive, vent offshore parfait, et un plateau de riders digne d’un championnat du monde.

    Suivez la compétition en direct avec le LIVE JOUR 2

    LIVE DE LA COMPÉTITION JOUR 1

    La dernière danse à Annaëlle

    Armide Soliveres remporte la dernière édition de l’Annaëlle Challenge, refermant avec panache un chapitre unique du bodyboard français. C’est un livre qui se ferme dans la joie et la tristesse : la joie d’avoir assisté à une édition magistrale, mais aussi la mélancolie de voir disparaître une compétition mythique, portée par des organisateurs exemplaires et un engagement total.
    Dans une finale d’anthologie, Soliveres s’impose avec 16 points, devant Pierre-Louis Costes (15,97) au terme d’un duel monumental. Yann Salaün complète le podium avec 14,20 points, suivi de Morgan Le Quellec (12,13). Un superbe spectacle qui restera gravé dans les mémoires, ponctué par une série surf d’exception où Titouan Canevet a offert une prestation XXL, saluée par tous.

    Résultats de la première journée

    La première journée de compétition a offert un beau spectacle malgré des conditions capricieuses. Avec une longue période et un vent soutenu, les riders ont dû composer avec de fortes attentes entre les séries et un courant intense, rendant le placement particulièrement délicat sur cette zone de take-off étroite et exigeante. Dans ces vagues puissantes, Jérémy Arnoux s’est illustré en signant la vague du jour avec une note de 8,83 points, confirmant son excellent état de forme. Pierre-Louis Costes, Yann Salaün, Armide Soliveres et Arnoux ont dominé leurs séries respectives, se qualifiant logiquement pour le tour suivant. Aujourd’hui, les prévisions annoncent une houle en légère baisse mais avec un vent plus faible, promettant des conditions plus maniables pour la suite du spectacle.

    Résultats du Round 1 – Annaëlle Challenge 2025

    Heat 1

    PositionSurfeurPaysPoints
    🥇Pierre-Louis CostesFRA11,60
    🥈Louka ZaninottoFRA9,16
    🥉Derek CraterFRA8,74
    4️⃣Laurent JegoudezFRA3,83

    Heat 2

    PositionSurfeurPaysPoints
    🥇Armidé SoliveresCNY8,86
    🥈Steph KokorelisPOR7,13
    🥉Mael MartinezEUSK5,50
    4️⃣Julien Le SehanBZH4,60

    Heat 3

    PositionSurfeurPaysPoints
    🥇Jérémy ArnouxFRA13,70
    🥈Morgan Le QuellecBZH12,20
    🥉Lionel MedinaCNY11,40
    4️⃣Léo Jourdain-DesprezBZH6,10

    Heat 4

    PositionSurfeurPaysPoints
    🥇Yann SalaünBZH9,10
    🥈Benoît CrenBZH8,30
    🥉Max AusinaEUSK7,94
    4️⃣Irwin CloarecFRA6,24

    Une vague indomptable et inaccessible

    Annaëlle n’est pas un simple spot. C’est une entité sauvage, un slab qui casse sur un fond rocheux à fleur d’eau, derrière un îlot protégé, invisible depuis la côte. Impossible à approcher sans bateau, la vague est à la fois fascinante et terrifiante.
    « Annaëlle, c’est le spot le plus dangereux de France », confiait Pierre-Louis Costes, double champion du monde et double tenant du titre.
    Ce dernier, légende du bodyboard français, faisait évidemment partie des seize invités de cette ultime édition, aux côtés d’un casting exceptionnel :

    • Armide Soliveres, champion du monde 2024,
    • Jérémy Arnoux, double vainqueur de l’épreuve,
    • Louka Zaninotto, jeune prodige français et champion du monde junior (16 ans),
    • Yann Salaün, champion de France et local respecté,
      et bien d’autres spécialistes internationaux du slab.

    Des conditions « folles » pour une dernière danse

    Après trois années d’attente sans fenêtre météo favorable, la nature a finalement offert le cadeau rêvé : deux jours de houle puissante, un vent offshore chirurgical et une lumière d’automne dramatique sur les falaises du nord Finistère.
    Les organisateurs, emmenés par Gwen Renambot, ont annoncé la nouvelle le vendredi précédent avec une excitation palpable : « C’est la bonne, on y va ! »
    Et ils avaient raison. Les vagues ont atteint plusieurs mètres, creuses, rapides, et d’une intensité rare, rappelant pourquoi l’Annaëlle Challenge est devenu au fil des ans un événement culte, presque mystique, dans le monde du bodyboard.

    Une compétition sur invitation, un format resserré

    Fidèle à son ADN, la compétition restait fermée à seize bodyboarders triés sur le volet, répartis en séries de quatre sur deux tours, avant la grande finale.
    Pas de public, pas de tribunes, seulement quelques bateaux de sécurité, des drones et les caméras de la chaîne YouTube officielle, qui a permis au grand public d’assister en direct à ce moment d’histoire.
    Cette intimité assumée, loin du spectacle commercial, a toujours été la marque de fabrique du Challenge : un événement pur, brut, à taille humaine.

    Il est important de noter qu’il y a aura aussi une série avec des surfeurs invités sur le volet pour cette dernière édition.

    Une « der » qui marque la fin d’une époque

    Pourquoi s’arrêter maintenant ?
    Parce qu’organiser l’Annaëlle Challenge, c’est un défi logistique et humain colossal. Entre la sécurité, la météo capricieuse, les autorisations environnementales et la mobilisation d’une armée de bénévoles, chaque édition relevait du miracle.
    L’équipe a préféré clôturer l’aventure sur une note de perfection plutôt que de la laisser s’éteindre lentement. Et quelle note ! Tous ceux qui ont suivi les lives ou les images déjà diffusées s’accordent à dire que cette 8ᵉ édition restera dans l’histoire.

    Un héritage gravé dans la roche

    Depuis 2009, l’Annaëlle Challenge a façonné la culture du bodyboard français. Il a inspiré des générations de riders, révélé des talents, et prouvé que la Bretagne pouvait rivaliser en intensité avec les slabs australiens ou canariens.
    Son esprit, celui du surf engagé, respectueux de la nature et de la communauté, continuera de flotter au large de la presqu’île de Saint-Laurent.
    Les légendes passent, la vague reste.

  • Albee Layer, l’homme qui repousse les limites du surf

    Albee Layer, l’homme qui repousse les limites du surf

    Il y a des surfeurs qui excellent dans les airs, d’autres dans les barrels, et quelques rares élus capables d’affronter les monstres de Jaws. Albee Layer, lui, fait tout ça — et il le fait avec un style que personne d’autre n’a. L’Hawaïen est ce mélange improbable de puissance, d’instinct et de créativité. Le genre de surfeur qui ne cherche pas à être le meilleur, mais à repousser sans cesse les frontières de ce qui est possible sur une vague.

    Originaire de Maui, il grandit à quelques kilomètres de Pe‘ahi — plus connu sous le nom de Jaws, le théâtre de ses plus grands exploits et de ses pires blessures. Là où la plupart des surfeurs voient une montagne d’eau prête à les engloutir, Albee y voit un terrain de jeu. Une toile. Un endroit où la peur devient moteur de création.

    « Je passe une partie de presque chaque jour à penser à cette vague et à ce qui aurait pu se passer différemment. Et si ça semble fou, c’est parce que ça l’est », confiait-il récemment à propos d’un wipeout resté gravé dans sa mémoire. Cette phrase dit tout de lui : obsession, lucidité et passion totale.

    Le surfeur complet par excellence

    Replaquer des 540 en freesurf, charger Jaws, se caler dans des barrels monstrueux à The Cave au Portugal ou sur les slabs de Maui… Albee Layer sait tout faire. Et il le fait avec une nonchalance désarmante.
    À une époque où le surf se spécialise, où les compétiteurs et les free surfeurs suivent des voies distinctes, il refuse les étiquettes. Sa mission ? Explorer tout le spectre du surf, du plus technique au plus brutal.

    C’est cette polyvalence qui l’a rendu culte auprès des passionnés. En 2015, il choque la planète surf en replaquant le premier double alley-oop jamais réussi sur une vague. Une manœuvre d’une complexité telle qu’elle semblait impossible. Quelques années plus tard, il devient l’un des rares à prendre les plus grosses vagues du monde à la rame, à Jaws, tout en continuant à tourner des vidéos créatives comme Black Wave ou Nervous Laughter, qui racontent son hiver démentiel sur fond d’El Niño.

    Une chute qui change tout

    Mais derrière la figure du surfeur indestructible, il y a eu un moment où tout a basculé.
    Lors du Jaws Big Wave Contest 2019, Albee chute violemment sur une vague massive. Le choc est brutal : traumatisme crânien sévère. Quand il raconte la scène, on comprend à quel point il a frôlé le pire.
    « Je me suis fait aplatir la tête contre l’eau avec une telle force que ma bouche s’est ouverte toute seule. J’avais les gencives en sang, le nez qui saignait… Et je m’attendais au pire. Quand tu tombes sur une vague de cette taille, tout ce qui n’est pas une noyade te semble une bénédiction. »

    Cette chute, il la revivra longtemps.
    Les mois qui suivent sont sombres. Douleurs, vertiges, crises d’angoisse, perte de repères. Le neurologue qu’il consulte lui conseille simplement : « Ne surfez plus de grosses vagues. »
    Sa réponse ? Un non catégorique. « Ce n’est pas une option. Donnez-moi autre chose. »

    La descente, puis la renaissance

    Privé de ce qui donnait sens à sa vie, Albee sombre dans une période de dépression.
    Il le confie sans détour dans un documentaire pour Rockstar Energy : « Les deux ou trois années qui ont suivi ont été les pires. Je buvais trop, je faisais n’importe quoi, j’étais perdu. »
    Mais cette chute libre deviendra paradoxalement la clé de son retour.

    Grâce au soutien de sa famille, de ses amis — dont Matt Meola, son frère de cœur — et à une volonté de fer, il entame un long processus de guérison. Il rencontre Shawn Dollar, un autre surfeur passé par le même enfer, qui lui partage cette phrase devenue son mantra :

    « C’est une blessure. Ce n’est pas toi. »

    Petit à petit, il remonte. Il découvre des thérapies neuronales, adopte un mode de vie plus sain, s’entraîne dur, participe à la traversée Molokaï-Oahu à la rame.
    Et surtout, il retrouve le plaisir simple de surfer. De sentir l’eau, le vent, et ce frisson d’avant-drop à Jaws.

    Un retour plus fort que jamais

    Aujourd’hui, Albee Layer est revenu au sommet.
    En décembre 2024, il signe ce qu’il décrit lui-même comme « le plus gros swell de ma vie à Jaws ».
    Les images parlent d’elles-mêmes : un barrel XXL, d’une pureté presque irréelle, dans lequel il se permet même un soul arch — ce geste iconique, bras ouverts, savourant chaque seconde dans le tube.

    Cette vague, capturée pendant la houle du 21 décembre, résume sa philosophie.
    Il ne cherche plus à prouver quoi que ce soit. Il veut ressentir, comprendre, partager.
    « Quand je suis dans le barrel, je veux juste être présent. J’ai appris que la peur ne disparaît jamais, mais qu’elle peut devenir ton alliée. »

    L’indépendance comme moteur

    Albee n’a jamais fait partie du système. Il ne court pas après les classements, il fuit les formats imposés.
    D’ailleurs, il ne cache pas son désamour pour les compétitions de grosses vagues :
    « Le Big Wave Tour a changé Jaws. C’est devenu plus individualiste, plus agressif. Avant, on était une équipe, comme dans une mission spatiale. Maintenant, tout le monde veut juste avoir “la vague du jour”. »

    Lui préfère garder sa liberté. En 2025, il annonce un nouveau partenariat avec Anetik, une marque dont il est aussi co-propriétaire, spécialisée dans les vêtements techniques et la protection solaire.
    Un choix à son image : indépendant, sincère, tourné vers l’action plutôt que les discours.
    « Je veux créer des produits qui ont du sens. Et je veux pouvoir dire ce que je pense. »

    Un style forgé par l’expérience

    Son surf est le reflet de sa personnalité : explosif, imprévisible, mais toujours élégant.
    Albee a cette capacité rare à mêler le style d’un artiste et la précision d’un scientifique.
    Lorsqu’il parle de ses sessions à Jaws, on a presque l’impression d’écouter un ingénieur : il calcule, ajuste, anticipe.
    Mais dès qu’il se lève sur la planche, tout devient instinctif.
    Le geste se fait pur, presque poétique.
    Un équilibre fragile entre la survie et l’art.

    « Je veux continuer à tomber, mais seulement parce que je suis trop profond dans le barrel. Pas parce que j’ai choisi la mauvaise vague. »
    Une phrase qui résume parfaitement son évolution : moins d’égo, plus de maîtrise. Moins de rage, plus de justesse.

    L’héritage d’un surfeur libre

    Aujourd’hui, Albee Layer inspire une nouvelle génération.
    Pas seulement pour ses figures ou ses exploits, mais pour sa manière d’habiter le surf.
    Pour lui, ce n’est pas un sport, c’est un langage. Une manière d’explorer les émotions humaines les plus profondes : la peur, la joie, la douleur, la liberté.

    Matt Meola le dit mieux que quiconque :

    « Beaucoup des sessions les plus folles qu’on ait vécues n’auraient jamais eu lieu sans Albee. Il est celui qui te pousse à croire que tout est possible. »

    Et c’est peut-être là, la vraie essence du personnage : un surfeur total, capable de charger Jaws le matin, de tenter un alley-oop le soir, et de parler sans filtre de santé mentale entre les deux.

    À 34 ans, Albee Layer continue de repousser ses limites, mais avec une sagesse nouvelle.
    Son parcours n’est pas une ligne droite, c’est une succession de chutes, de renaissances, et de réinventions.
    Un peu comme les vagues qu’il surfe : puissantes, imprévisibles, mais d’une beauté absolue.

    Et s’il devait résumer sa philosophie, ce serait sans doute celle-ci :

    « Si je dois me blesser, que ce soit en surfant. »

    Une phrase simple, presque banale, mais qui dit tout.
    Albee Layer ne cherche pas la gloire. Il cherche à vivre — pleinement, dangereusement, mais avec grâce.
    Et c’est précisément ce qui en fait un des surfeurs les plus inspirants de sa génération.

  • La France lance sa reconquête mondiale de SUP au Salvador

    La France lance sa reconquête mondiale de SUP au Salvador

    Une entame prometteuse sous le soleil de Surf City

    La première journée des Mondiaux ISA de Stand Up Paddle et Paddleboard a bien souri à la France. Sur les vagues d’El Sunzal, théâtre mythique des Mondiaux 2019, les Bleus ont signé un départ idéal.
    Seuls la France et le Brésil ont réussi à faire passer leurs quatre athlètes engagés dans le tableau principal du SUP Surf. Un départ collectif solide, quand des nations puissantes comme l’Espagne, le Japon ou le Pérou ont déjà vu tomber certains de leurs représentants au repêchage.

    Le retour du SUP Surfing tricolore

    C’est un vrai plaisir de revoir cette discipline au programme mondial. En l’absence de Clément Roseyro, Mathieu Carpentier a endossé le double rôle de coach et compétiteur, rejoignant son frère Benoît, champion du monde 2019 et médaillé en 2022 et 2023.
    Chez les dames, Camille Dubrana et Marine Kerdreux, toutes deux bretonnes, ont bien entamé leur campagne sur une vague exigeante, mais régulière.

    Un collectif complet et ambitieux

    En SUP Race, la France présente un groupe équilibré entre jeunesse et expérience :

    • Arthur Arutkin et Titouan Puyo, deux anciens champions du monde,
    • Ethan Bry et son frère Eliott, première sélection internationale commune,
    • Mélanie Lafenêtre, Iona Rivet et Anaïs Guyomarch, solides références féminines,
    • sans oublier Thaïs Delrieux et Maël Tissier en prone paddleboard, deux athlètes issus du sauvetage côtier.

    Cette diversité d’expériences, associée à la cohésion du staff mené par Serge Lougarot, confirme la France parmi les grandes favorites, avec le Brésil et l’Australie.

    Un objectif clair : reconquérir le titre mondial

    Triple championne du monde par équipes (2019, 2022, 2023), la France entend bien reprendre sa couronne perdue l’an dernier au Danemark, où elle avait terminé troisième derrière l’Espagne et le Japon.
    Le Salvador, qui accueille l’événement pour la deuxième fois, porte une symbolique forte : c’est ici même que les Bleus avaient remporté leur premier titre mondial en 2019.

    La suite de la compétition

    Le round 2 du SUP Surf se tiendra ce mardi après-midi à El Sunzal (22h heure française), avant les épreuves techniques et longue distance programmées en fin de semaine.
    Les conditions annoncées sont bonnes, avec un vent léger et des houles régulières : tout ce qu’il faut pour voir briller le collectif tricolore.

  • João Mendonça, le prodige portugais qui défie les slabs les plus dangereux

    João Mendonça, le prodige portugais qui défie les slabs les plus dangereux

    À seulement 20 ans, João Mendonça s’impose comme l’un des surfeurs les plus audacieux de sa génération. Originaire d’Arrifana, petit village de pêcheurs au sud du Portugal, il vient de lâcher une vidéo impressionnante intitulée “Same Same” — un concentré d’adrénaline, de style et de courage pur.

    Et il ne perd pas de temps : la première vague du clip, c’est The Cave, cette droite monstrueuse et ultra-technique où même les meilleurs hésitent à s’engager. Rochers, fond peu profond, take-off vertical… rien n’arrête Mendonça, qui s’y enfonce avec un calme presque inquiétant.

    Filmée et montée par Hugo Almeida, la vidéo le suit à travers le monde : Madeira, le Chili, l’Indonésie, ou encore Nias, où il démontre une aisance déconcertante dans les tubes les plus lourds. Chaque séquence confirme une chose : João n’est pas qu’un jeune prometteur, il est déjà prêt à rejoindre la cour des grands freesurfers portugais — aux côtés de Nic von Rupp ou Miguel Blanco.

    S’il continue à se frotter aux compétitions du circuit QS, tout indique que Mendonça construira sa légende en dehors du jersey, là où le surf redevient pur, brut et libre.
    Regardez “Same Same” et jugez par vous-même : le Portugal tient sans doute son prochain grand freesurfer.

  • Faut-il une piscine à vagues en France ?

    Faut-il une piscine à vagues en France ?

    Depuis plusieurs années, les projets de piscines à vagues fleurissent aux quatre coins du monde. D’Abu Dhabi à Bristol, de Palm Springs à Munich, on surfe désormais à des centaines de kilomètres de l’océan.
    Mais en France, chaque projet de surf park déclenche une tempête d’opinions. Pour certains, c’est une hérésie écologique. Pour d’autres, un outil indispensable pour faire grandir le surf français et offrir aux jeunes athlètes des conditions d’entraînement dignes des grandes nations du surf. Alors, faut-il une piscine à vagues en France ?

    Une tendance mondiale impossible à ignorer

    Les piscines à vagues ne sont plus des prototypes de science-fiction. Elles sont devenues une industrie à part entière, soutenue par les plus grandes marques du surf.
    Aux États-Unis, le Kelly Slater Wave Ranch a ouvert la voie. En Angleterre, The Wave Bristol a tourné à plein régime (avant une interruption pour une histoire de changement de propriétaire). En Suisse, Alaïa Bay a transformé une vallée alpine en destination surf. Plus récemment, Munich a ouvert sa première piscine à vagues.

    Chaque semaine, on entend parler de nouveaux projets aux quatre coins de la planète, une multiplication des projets, des technologies différentes, voir des projets pharaoniques comme à Abu Dhabi. Des vagues de 80 euros de l’heure à plus de 150 euros pour une vague unique (Abu Dhabi)
    Oui, ce n’est pas donné, mais le modèle économique fonctionne : ces infrastructures combinent sport, loisirs et tourisme, à l’image d’un golf ou d’une station de ski.

    Et pour les municipalités, l’argument est clair : des emplois, du rayonnement, et une attractivité touristique nouvelle.

    En France, un débat passionnel

    Sur le papier, la France a tout pour accueillir une telle installation. Un million de pratiquants, 60 000 licenciés, un rayonnement international grâce aux compétitions internationales, aux compétiteurs, et désormais, à une discipline olympique où le champion est français.
    Pourtant, aucune piscine à vagues n’a encore vu le jour.

    Le projet le plus avancé, celui de Canéjan, près de Bordeaux, a cristallisé toutes les tensions.
    Implanté sur une ancienne friche industrielle d’IBM, le Surfpark de Canéjan se veut exemplaire : technologie Wavegarden, autonomie en eau, panneaux solaires, circuits fermés, et volonté de créer un centre d’entraînement pour le haut niveau.
    Mais les opposants – associations écologistes et riverains – dénoncent une artificialisation inutile et un projet jugé “illégitime”.

    Pourtant, les promoteurs insistent : « Ce n’est pas un projet sur un terrain naturel. C’est une reconversion industrielle, pensée pour durer », expliquait l’un des fondateurs, Édouard Algayon.
    Leur ambition : faire de Canéjan le Clairefontaine du surf français. Une comparaison forte, validée par Pierre-Louis Costes, champion du monde de bodyboard, et Jorgann Couzinet, surfeur professionnel.

    Le haut niveau français dans une impasse

    C’est là tout l’enjeu.
    La France aligne aujourd’hui des talents exceptionnels : Kauli Vaast, Johanne Defay, Tya Zebrowski, Marco Mignot. Mais pour progresser, tous ont un point commun : ils doivent s’entraînent dans une piscine à vagues à l’étranger.

    Allemagne, Suisse, Australie, États-Unis… la nouvelle génération perfectionne ses manœuvres dans des bassins artificiels.
    Pourquoi ? Parce que répéter une manœuvre identique, des dizaines de fois, dans les mêmes conditions, c’est la clé du haut niveau.
    Impossible à l’océan, où chaque vague est unique, capricieuse et imprévisible. Ou du moins, cela prendrait beaucoup plus de temps.
    Les piscines à vagues offrent la répétition parfaite — un atout fondamental pour les airs, les tubes, ou les enchaînements de turns.

    “Les piscines à vagues, c’est le futur du surf de performance. Pas pour remplacer l’océan, mais pour s’y préparer.”
    Un entraîneur fédéral sous couvert d’anonymat

    Sans installation de ce type, la France prend du retard. Pendant que les Australiens, les Américains ou les Brésiliens s’entraînent sur commande, nos jeunes talents attendent la bonne houle à Hossegor ou partent en avion à l’autre bout du monde.

    Des progrès technologiques majeurs

    Les vagues artificielles ont énormément évolué.
    Il y a vingt ans, elles existaient déjà, mais étaient énergivores, limitées et coûteuses. Aujourd’hui, des sociétés comme Wavegarden, Endless Surf ou Surf Lakes ont révolutionné le concept.

    Leur secret : une production “à la demande”.
    Les vagues ne sont générées que lorsqu’il y a des surfeurs, et leur puissance s’ajuste selon le nombre d’utilisateurs.
    Côté consommation, une vague de surf utilise moins d’énergie qu’une piscine municipale chauffée — un argument que peu de gens connaissent.

    Les systèmes fermés permettent également de recycler l’eau de pluie, limitant les pertes par évaporation.
    Le Surfpark de Canéjan, par exemple, affirme que la moitié de l’eau utilisée proviendrait directement du ciel bordelais, et que sa consommation annuelle serait inférieure à celle d’une seule piscine municipale. Difficile pour nous de vérifier ces différents arguments, et certaines associations de défense de l’environnement les mettent en doute.

    L’argument écologique, entre fantasme et réalité

    C’est ici que le débat devient émotionnel.
    Les opposants dénoncent une “bétonisation du surf”, un “Disneyland aquatique”. Ils rappellent à juste titre que l’énergie et l’eau sont des ressources précieuses, surtout dans un contexte de sécheresses estivales.
    Mais faut-il opposer écologie et innovation ?

    Si l’on compare objectivement, la France compte plus de 4 000 piscines municipales, souvent chauffées, ouvertes à l’année, avec un impact énergétique colossal.
    Pourquoi une seule piscine à vagues, construite sur une friche industrielle et alimentée en solaire, serait-elle un scandale écologique ?

    Le vrai enjeu, c’est la gouvernance : s’assurer que ces projets soient transparents, contrôlés, limités en nombre et inscrits dans une logique d’intérêt public.
    En d’autres termes, une piscine à vagues oui, mais pas n’importe où, ni à n’importe quel prix. Et surtout il vaut éviter une prolifération de projets.

    Un outil pour démocratiser le surf ?

    Au-delà du haut niveau, les piscines à vagues ouvrent une autre porte : celle de l’inclusion et de la pédagogie.
    Le surf reste un sport d’accès difficile. Les conditions changent, les spots sont souvent surchargés, et les débuts peuvent être frustrants.
    Une piscine à vagues permet d’apprendre sans danger, dans une eau calme et sous encadrement.
    C’est aussi un outil social : on peut y emmener des écoles, des enfants éloignés de la mer, ou des personnes en situation de handicap.

    En France ou partout dans le monde, je doute que les piscines à vagues soient une alternative, une option pour désengorger les spots de surf, je n’y crois pas.

    Le surf de compétition entre en piscine

    Depuis 2025, la WSL (World Surf League) organise plusieurs étapes en piscine à vagues.
    Le Surf Abu Dhabi Pro a vu Caitlin Simmers et Italo Ferreira triompher sur des vagues calibrées au centimètre près.
    Les juges peuvent enfin comparer équitablement les performances, les caméras suivent chaque manœuvre, et les spectateurs ont un show continu.

    Certes, l’émotion brute de l’océan manque. Mais le spectacle est là, et il séduit un nouveau public, plus habitué à l’e-sport qu’aux longues attentes entre deux séries à Bells Beach.
    À terme, ces compétitions hybrides pourraient coexister avec celles de l’océan, sans jamais les remplacer. Devant le développement de ces compétitions en piscine, il est important de préparer au mieux nos jeunes surfeurs.

    La France a besoin d’un terrain d’entraînement

    Les Jeux Olympiques de Paris 2024 ont marqué un tournant.
    La France est désormais une nation de surf, reconnue mondialement.
    Mais sans structure d’entraînement, comment rivaliser à long terme ?
    Il ne s’agit pas de construire dix surf parks, mais au moins un, dédié au haut niveau et ouvert au public.
    Un lieu pour apprendre, répéter, progresser, partager — et former les futurs champions du monde.

    La piscine à vagues de Canéjan pourrait être ce lieu.
    S’il parvient à rassurer sur sa gestion de l’eau et de l’énergie, à impliquer les habitants, et à prouver qu’une piscine peut être éco-construit, durable et accessible, alors il deviendra un modèle à suivre.

    La bonne vague, au bon endroit

    Faut-il une piscine à vagues en France ?
    Oui.
    Pas pour remplacer l’océan, ni pour surfer en intérieur à tout prix, mais pour donner au surf français les moyens de ses ambitions.
    Le surf moderne ne s’oppose pas à la nature : il s’en inspire.
    Une vague artificielle peut être un outil d’apprentissage, de performance et de transmission, si elle est pensée avec intelligence et respect.

    La France ne manque pas de vagues, mais elle manque d’infrastructures adaptées à son niveau d’excellence.
    L’avenir du surf ne sera pas chloré, mais il pourrait bien s’écrire, en partie, dans une piscine à vagues.

  • Drame aux Canaries : trois morts, quinze blessés….

    Drame aux Canaries : trois morts, quinze blessés….

    Alors que l’archipel des Canaries faisait déjà face à une série d’accidents mortels liés à la houle, le drame s’est alourdi ce week-end. Une quatrième personne est décédée à Tenerife après avoir été emportée par une vague dans la piscine naturelle d’Isla Cangrejo, à Los Gigantes.

    Cette nouvelle victime, une femme, avait été réanimée sur place après un arrêt cardiorespiratoire avant d’être héliportée vers l’hôpital. Malgré les efforts des équipes médicales, elle n’a pas survécu.

    Où et comment s’est produit le drame ?

    Dimanche après-midi, vers 16h07, une vague de grandes dimensions a submergé la zone rocheuse et la piscine naturelle — pourtant fermée au public en raison de l’alerte pour phénomènes côtiers.

    Plusieurs personnes ont été projetées contre les rochers, certaines inconscientes.
    Le bilan actuel :

    • 4 morts confirmés
    • 1 disparu toujours recherché
    • Plusieurs blessés, dont un traumatisme crânien sévère
    • 7 personnes secourues par les équipes locales

    Les secours mobilisés (SUC, Salvamento Marítimo, Bomberos, GES) décrivent une scène d’une intensité rare, aggravée par le non-respect des barrières et des panneaux multilingues qui interdisaient formellement l’accès.

    Une constante inquiétante : la majorité des victimes sont des touristes

    Comme lors des accidents précédents à Puerto de la Cruz et Santa Cruz, les autorités confirment que les personnes impliquées sont principalement des visiteurs — certains étrangers, d’autres venus de la péninsule.

    L’association Canarias 1.500 km de costa parle d’un problème récurrent :

    “Les touristes sous-estiment la puissance de l’Atlantique et franchissent les zones interdites pour filmer la mer de plus près.”

    Une triste répétition : 67 personnes sont mortes noyées aux Canaries en 2025, un record dramatique.

    Ce que change cette nouvelle tragédie

    Cette mise à jour renforce le message de prévention déjà présent dans ton article initial. Pour toi comme pour Discover, cet ajout :

    • montre que le contenu est actualisé,
    • améliore le taux de clics grâce à la contextualisation,
    • répond aux requêtes tendances (“Tenerife”, “Isla Cangrejo”, “golpe de mar”, “vagues Tenerife”, “Los Gigantes”).

    Un enchaînement tragique le mois dernier

    Les incidents se sont produits à différents endroits de Tenerife : une femme est décédée au Puerto de la Cruz, un homme à Santa Cruz de Tenerife, et un troisième a été retrouvé sans vie sur une plage de Granadilla.
    Selon les secours, plusieurs victimes auraient été emportées alors qu’elles tentaient de se rapprocher du bord pour filmer ou photographier la mer.

    Une vidéo partagée par une radio locale montre des promeneurs massés sur la digue du port de Puerto de la Cruz. En quelques secondes, une vague surgit et balaie tout sur son passage. Les cris, la panique et la force des vagues rappellent la puissance implacable de l’océan.

    Tourisme et imprudence : le cocktail dangereux

    Les autorités et les habitants tirent la sonnette d’alarme : beaucoup de touristes ignorent les drapeaux rouges et les alertes météo.

    « Ils vont au bord pour prendre des selfies », témoigne un habitant au micro de l’Associated Press. « Et ces choses arrivent. Nous, on sait comment la mer peut changer. »

    Sur les réseaux sociaux, plusieurs habitants expriment leur frustration. En octobre déjà, une séquence virale montrait des visiteurs emportés par une vague dans la piscine naturelle de Jover, malgré les avertissements de danger.

    L’association locale de sauvetage rappelle qu’entre janvier et septembre 2025, 48 personnes sont mortes par noyade dans l’archipel. Un chiffre alarmant, lié en grande partie à la méconnaissance du littoral et à la force des houles atlantiques.

    Un appel au respect de l’océan

    Si les îles Canaries attirent chaque année des millions de visiteurs, elles demeurent un territoire exposé aux puissances naturelles de l’Atlantique. La beauté des côtes volcaniques cache souvent des courants traîtres, des vagues imprévisibles et des fonds abrupts. On est sur une île au milieu de l’océan, les vagues peuvent grossir très rapidement.
    Les sauveteurs locaux insistent : “une photo ne vaut pas une vie.”

    Les autorités espagnoles envisagent désormais de renforcer les campagnes de prévention et la signalisation sur les zones touristiques les plus exposées.

    Pourquoi en parler encore une fois ?

    Parce que la prévention reste indispensable. À chaque grosse houle, les mêmes images refont surface : des curieux s’approchent trop près, smartphones à la main, pour filmer la puissance de l’océan. En France aussi, ces scènes se répètent à chaque tempête.
    N’hésitez pas à alerter ceux qui prennent des risques — même si l’on sait que certains préfèrent ignorer les avertissements. Ces imprudences ne mettent pas seulement leur vie en danger, mais aussi celle des témoins et des sauveteurs qui tenteront de les secourir.

  • Russell Bierke, l’art de flirter avec la limite

    Russell Bierke, l’art de flirter avec la limite

    Le nom de Russell Bierke résonne comme une énigme dans le monde du surf de gros. À seulement 28 ans, l’Australien est devenu le visage d’un surf extrême, celui où la peur et la lucidité cohabitent dans une harmonie aussi rare que les vagues qu’il surfe. Dans son nouveau film Inner Mechanics, réalisé par Andrew Kaineder, Bierke dévoile enfin ce qui se passe dans sa tête lorsqu’il se jette dans ces slabs, ces murs d’eau brisés par des rochers et des backwahes improbables.

    « Beaucoup des vagues que je chasse ne sont pas parfaites. Elles ont des bumps, des plis, du backwash… mais c’est ça qui les rend spéciales. »

    L’homme qui préfère les vagues imparfaites

    Là où la majorité des surfeurs rêvent de tubes parfaits, Bierke semble attiré par le chaos. Shipstern Bluff, Mullaghmore, Jaws, ou encore des slabs anonymes en Australie : autant d’arènes où l’océan se fait sculpture mouvante, brutale et capricieuse. Là, Russell trouve sa beauté.
    Dans Inner Mechanics, il ne cherche pas à impressionner l’algorithme ou les réseaux sociaux. Il prend le temps de transformer chaque session en une œuvre visuelle (les ralentis aident bien), presque méditative, montée avec soin par Kaineder.

    Le film, plus court que ses précédents projets (Bezerk, Flow State, Outer Edge of Leisure), conserve pourtant cette intensité viscérale, cette tension continue où chaque take-off semble défier la logique et la gravité. Harry Bryant, son ami et complice de galères, le décrit comme un “film d’horreur sur la côte rocheuse” — un compliment dans leur univers.

    Le calme dans le chaos

    Contrairement à l’image du surfeur kamikaze, Bierke incarne la maîtrise. Oui, il a peur. Il l’admet, sans détour :

    « La peur, elle ne part jamais. Le vrai défi, c’est d’apprendre à la gérer. Si tu la laisses te submerger, tu paniques. Mais c’est aussi pour ça que tu y vas. C’est ce combat intérieur qui rend chaque vague unique. »

    Son approche du surf de gros n’a rien d’une quête de gloire ou d’adrénaline pure. C’est une discipline mentale, presque spirituelle. Il attend. Il observe. Il sait que certaines vagues ne se présenteront qu’une fois tous les deux ou trois ans. Et quand elles arrivent, il faut être prêt.

    « Un swell d’exception peut prendre des années. Quand tu sais que c’est peut-être ta seule chance avant longtemps, tout ton être se concentre. C’est maintenant ou jamais. »

    Une quête sans fin

    Dans la séquence finale du film, Bierke lâche une phrase qui résume parfaitement son rapport à l’océan :

    « Tu ne sais pas où est la limite tant que tu ne l’as pas trouvée. »
    Ce n’est pas de la prétention, mais une invitation à explorer les frontières de l’humain face à la nature. Car pour Russell Bierke, la perfection ne se trouve pas dans la perfection d’une vague, mais dans l’imprévisible — dans ce moment suspendu où tout peut basculer.

  • La France sur le toit du monde : le para surf bleu-blanc-rouge entre dans la légende

    La France sur le toit du monde : le para surf bleu-blanc-rouge entre dans la légende

    Trois sacres consécutifs, cinq champions du monde, douze finalistes : l’équipe de France a régné sur Oceanside

    C’est un exploit majuscule.
    Sous le soleil californien d’Oceanside, les surfeurs tricolores ont écrit une page d’histoire : troisième titre mondial consécutif pour la France, cinq titres individuels, douze finalistes dans dix-huit catégories.
    Jamais une nation n’avait aligné une telle domination sur les Championnats du monde de para surf.
    Les Bleus rejoignent les États-Unis au palmarès, mais surtout, ils deviennent la première équipe à réussir un triplé historique.

    Une génération dorée et une cohésion exemplaire

    Il y a les chiffres, vertigineux. Et puis il y a l’esprit, celui d’une équipe qui ne lâche rien.
    Dix ans après la première édition des Mondiaux, la France s’impose désormais comme la référence mondiale du para surf.

    « Ce titre, c’est celui de tout un collectif », confie Guillaume Colin, champion du monde en Sit. « On se tire tous vers le haut, dans l’eau comme à terre. Cette victoire, elle appartient à toute l’équipe. »

    L’aventure bleue est portée par une philosophie simple : la solidarité, le plaisir, et l’exigence.
    Derrière chaque médaille, il y a un entraîneur, un binôme, un kiné, des clubs engagés et une fédération qui a su professionnaliser la discipline sans trahir son âme.

    Cinq champions du monde français à Oceanside

    Guillaume Colin, l’expérience du champion

    À 41 ans, Guillaume Colin (Palus Avis Surf Club) conserve son titre mondial dans la catégorie Sit au terme d’une finale renversante.
    Longtemps mené, il trouve la vague décisive à cinq minutes du buzzer : un enchaînement fluide, précis, noté haut par les juges.
    Deux vagues plus tard, il prend la tête et ne sera plus jamais rattrapé.
    « J’ai attendu, j’ai douté, mais je savais qu’elle finirait par arriver. Quand elle s’est ouverte, je me suis dit : maintenant ou jamais. »
    Le vétéran incarne à lui seul la constance et la maîtrise de cette équipe.

    Thomas Da Silva, la délivrance après trois finales perdues

    Après trois médailles d’argent consécutives (2022, 2023, 2024), Thomas Da Silva (24 ans, BASCS) décroche enfin le titre en VI1.
    Dans une finale au rythme lent, il impose sa loi avec deux vagues bien construites, totalisant 10,50 points.
    L’Australien Watson et l’Allemand Neumann tentent de revenir, en vain.
    « J’étais à fond. Ce n’était pas facile, mais j’ai tout donné. »
    Un sacre mérité, fruit d’un travail acharné mené entre le Pays basque et la Martinique.

    Pierrot Gagliano, la confirmation

    Déjà champion du monde en 2024, Pierrot Gagliano (25 ans, Hourtin Surf Club) conserve son titre en VI2.
    D’entrée de jeu, il frappe fort : un roller backside explosif et un cut back précis pour un 8,33.
    La finale se transforme en duel contre le Chilien Medina, mais Gagliano garde le contrôle et scelle sa victoire avec une deuxième vague à 8,17 pts.
    Humilité totale à la sortie de l’eau : « Je n’ai pas surfé parfait, mais j’ai pris du plaisir. C’est tout ce qui compte. »

    Laurie Phipps, la reconquête

    Deux ans après son titre mondial en 2023, Laurie Phipps (Hossegor Surf Club) récupère sa couronne en Stand 2 dames.
    Son surf est précis, élégant, et son engagement sans faille.
    Elle surfe deux longues droites notées haut, domine sa finale et s’impose avec 14,17 points.
    Son retour au sommet confirme son statut de pionnière du para surf féminin français.

    Valentine Moskoteoc, la nouvelle étoile

    À seulement 15 ans, Valentine Moskoteoc (Handi Surf) remporte son premier titre mondial en VI1 dames.
    Trois fois vice-championne auparavant, la jeune prodige franchit le cap avec une maturité bluffante.
    En finale, elle surclasse la Portugaise Marta Paço avec un surf fluide et engagé.
    Une performance majuscule, qui fait d’elle la nouvelle figure du para surf tricolore.
    L’avenir est déjà là.

    Des podiums en série : la force du collectif

    Derrière les titres, les Bleus continuent de remplir les podiums.
    Béatrice Duran (Prone 2) décroche la médaille d’argent après un parcours exemplaire, Éric Dargent (Stand 3) signe un cinquième titre de vice-champion du monde, Céline Rouillard (Prone 2) et Gaëlle Habri (Stand 2) repartent avec le bronze.
    Derrière eux, les “médailles de cuivre” – ces 4ᵉ places – reviennent à Solange Balay, Maxime Cabanne et Emmanuelle Blanchet, tous finalistes et modèles de persévérance.

    L’émotion est palpable dans le clan français.
    « Ce n’est pas juste une équipe, c’est une famille », confie Céline Rouillard.
    Dans les gradins, les drapeaux tricolores flottent, et le public californien applaudit la cohésion des Bleus.

    Un sacre collectif, symbole d’une décennie de travail

    Dix ans après la première édition du Mondial, la France récolte les fruits d’un projet bâti sur la durée.
    La structuration des clubs Handi Surf, la formation des encadrants, et l’émergence de talents venus de toutes les régions — du Pays basque à la Bretagne, de la Méditerranée à la Charente — ont créé une base solide.

    Les Bleus incarnent cette vision inclusive :
    le para surf français n’est plus seulement une discipline à part, c’est un modèle de performance et d’inspiration.

    Un hommage à Fred Biscayar, pionnier disparu

    Ce triplé historique résonne comme un hommage.
    En 2015, lors du premier championnat du monde à Oceanside, le capitaine s’appelait Fred Biscayar.
    Ancien directeur de la Ligue de Surf Nouvelle-Aquitaine, disparu en 2023, il a été l’un des fondateurs du mouvement Handi Surf.
    Plusieurs membres de l’équipe actuelle — Éric Dargent, Maxime Cabanne, Serge Lougarot — étaient déjà là à ses côtés, il y a dix ans.
    Ce troisième titre mondial est aussi le leur, et le sien.

    Le classement mondial 2025

    RangNationPoints
    🥇 1France13 741
    🥈 2États-Unis10 151
    🥉 3Brésil9 958
    4Australie8 965
    5Italie5 416

    Trois années de domination tricolore (2023, 2024, 2025).
    Un palmarès qui inscrit définitivement la France dans l’histoire du para surf mondial.
    Les États-Unis, longtemps hégémoniques, voient désormais l’écart se creuser.
    Le Brésil et l’Australie complètent un podium qui, depuis trois ans, a pris des allures de duel France/monde.

    L’esprit bleu : plus qu’une équipe, une famille

    Dans le bus du retour vers Los Angeles, les planches empilées et les médailles autour du cou, on entend des rires, des embrassades, et cette phrase qui revient sans cesse :
    « On l’a fait ensemble. »

    C’est peut-être ça, le secret des Bleus : un état d’esprit collectif, une force tranquille, et une joie communicative.
    La victoire n’est pas seulement dans les scores, elle est dans le lien entre ces surfeurs et surfeuses qui incarnent la résilience.

    Des visages différents, des parcours uniques, mais une même flamme : celle de l’océan, du dépassement et du partage.
    Et derrière eux, une France qui peut être fière de ses champions.

    Une hégémonie appelée à durer

    Un titre mondial individuel en 2023, deux en 2024, cinq en 2025 : la progression française est spectaculaire.
    Les jeunes comme Valentine Moskoteoc ou Héloïse Lauriol assurent la relève, pendant que les vétérans guident, transmettent, inspirent.
    La fédération a trouvé la bonne alchimie entre formation, innovation et inclusion.

    Et si ce triplé n’était qu’un début ?
    Oceanside 2025 restera comme une date historique, mais les Bleus ont déjà la tête à 2026.
    L’ambition ? Continuer à repousser les limites — et à prouver que dans l’eau, le courage n’a pas de handicap.

    Ils et elles sont les Bleus du para surf 2025

    Laurie Phipps, Valentine Moskoteoc, Guillaume Colin, Thomas Da Silva, Pierrot Gagliano,
    Béatrice Duran, Éric Dargent, Céline Rouillard, Gaëlle Habri,
    Solange Balay, Maxime Cabanne, Emmanuelle Blanchet, Héloïse Lauriol, Maxime Clarkin, Clément Clavaud,
    et toute la team menée par Jean-Marc St Geours, Serge Lougarot, Carol Combecave, Edouard Manson et les binômes Handi Surf.

    Une équipe pas comme les autres, unie par la même vague : celle du dépassement de soi.

  • Hans Odriozola et Maria Salgado triomphent au Junior Pro Taghazout Bay 2025

    Hans Odriozola et Maria Salgado triomphent au Junior Pro Taghazout Bay 2025

    Le rideau est tombé sur la saison européenne junior 2025. Dans un décor marocain baigné de soleil et de houle, le Junior Pro Taghazout Bay a livré son verdict final : Hans Odriozola (Espagne) et Maria Salgado (Portugal) s’imposent au terme d’une semaine intense à Anza. Une dernière étape décisive pour le classement européen, qui sacre Maria Salgado et Alfonso Suarez champions d’Europe juniors, tout en désignant les surfeurs qualifiés pour les World Junior Championships 2026 aux Philippines.

    Hans Odriozola, première victoire et coup d’éclat à Anza

    À seulement 17 ans, Hans Odriozola a décroché au Maroc le premier titre de sa jeune carrière sur le circuit Junior Qualifying Series (JQS). Parti sans pression — classé sixième avant la compétition — le surfeur basque espagnol a brillé par son surf fluide et engagé, jusqu’à créer la surprise lors d’une finale à suspense.

    Opposé à Michele Scoppa (Italie), Conor Donegan Dos Santos (Espagne) et João Mendonça (Portugal), Odriozola a attendu la dernière minute pour scorer une vague notée 7,47, la meilleure du heat, et s’imposer avec un total de 12,80 points.
    Une victoire pleine d’émotion pour le jeune talent de Saint-Sébastien :

    “Je n’avais rien à perdre, alors j’ai surfé librement. Gagner ici, c’est incroyable, surtout après une saison difficile. Le plus dur a été d’affronter mon frère Kai, c’était un moment particulier.”

    Scoppa, leader jusque dans les dernières secondes, doit se contenter de la deuxième place, devant Donegan Dos Santos et Mendonça.

    Maria Salgado, reine d’Europe avec une troisième victoire

    Chez les filles, Maria Salgado (Portugal) a confirmé son statut de favorite. Déjà victorieuse à Ferrol (Espagne) et Bundoran (Irlande), la Portugaise a ajouté un troisième succès cette saison à Anza, synonyme de titre européen junior 2025.

    Longtemps en duel avec l’Espagnole Carla Morera De La Vall, leader avant l’étape marocaine, Salgado a profité de l’élimination de sa rivale en demi-finales pour prendre l’ascendant. En finale, elle s’est imposée grâce à une vague notée 8,00, dominante face à Sol Borelli (Espagne), Clémence Schorsch (France) et Lilou Rumiel (France).

    “Je n’ai pas de mots, c’est le plus beau jour de ma vie. Gagner au Maroc et décrocher le titre européen, c’est un rêve. Le niveau des filles ne cesse d’augmenter, je veux continuer à progresser et représenter l’Europe du mieux possible.”

    Salgado boucle une saison exceptionnelle, avec régularité, engagement et une maturité impressionnante pour son âge.

    Les qualifiés pour les Championnats du Monde Juniors 2026

    Avec ces résultats, les représentants européens pour les World Junior Championships 2026 aux Philippines (janvier 2026) sont désormais connus.

    • Côté féminin : 🇵🇹 Maria Salgado (championne d’Europe) et 🇪🇸 Carla Morera De La Vall (vice-championne)
    • Côté masculin : 🇪🇸 Alfonso Suarez (champion d’Europe) et 🇪🇸 Conor Donegan Dos Santos (vice-champion)

    L’Espagne confirme sa domination sur le circuit junior cette année, avec trois des quatre qualifiés issus de la péninsule ibérique. Suarez, sacré malgré une élimination précoce à Anza, a vu ses rêves se concrétiser dans l’attente fébrile du résultat final :

    “C’était une saison longue et pleine d’émotions. Être le premier champion junior européen d’Asturies, c’est une fierté énorme. Maintenant, direction les Philippines !”

    Un final de saison réussi pour le surf européen

    Entre jeunes espoirs espagnols, portugais et français, le Junior Pro Taghazout Bay a offert un spectacle à la hauteur des attentes, dans des conditions solides et régulières sur le spot d’Anza. L’étape marocaine confirme son statut de rendez-vous incontournable du calendrier européen, mêlant surf de haut niveau et ambiance locale unique.

    Les champions européens 2025 sont désormais connus, et l’avenir du surf européen semble plus prometteur que jamais. Prochaine étape : les Philippines, pour tenter d’aller chercher un titre mondial junior face à l’élite des surfeurs internationaux.

  • Les 10 surfeurs les mieux payés du monde en 2025

    Les 10 surfeurs les mieux payés du monde en 2025

    Quand les vagues rapportent gros (ou pas tant que ça)

    Le surf fait rêver : tubes parfaits, destinations paradisiaques, vie libre et soleil éternel. Mais côté finances ? Disons que nos héros des vagues ne roulent pas tous sur l’or. Quand Cristiano Ronaldo empoche 275 millions $ par an, les surfeurs peuvent aller waxer leur planche en pleurant dans leur van.

    Malgré la popularité croissante du surf depuis son entrée aux Jeux Olympiques, les revenus restent modestes comparés aux sports majeurs. Peu de prize money, peu de sponsors « hors surf », beaucoup de kilomètres et de boards cassées. Mais une poignée d’entre eux a su transformer sa passion en empire. Voici, selon Celebrity Net Worth (avec les pincettes d’usage), les 10 surfeurs les mieux payés de 2025.

    10. Jamie O’Brien – entre 500 000 $ et 800 000 $/an

    Le clown prince de Pipeline n’est peut-être plus sur le Tour, mais il surfe la vague YouTube mieux que quiconque. Entre ses vlogs hebdos, ses écoles de surf à Hawaï et sa marque de fringues, JOB est devenu un véritable entrepreneur. Et avec Red Bull comme sponsor principal, il n’a pas besoin d’un classement WSL pour bien vivre.

    9. Kai Lenny – 750 000 $ à 1 million $/an

    Half-god, half-waterman. Kai Lenny ne fait pas que surfer : il ride tout ce qui flotte, du foil au kite, avec la même aisance. Ses partenariats avec Red Bull, Hurley, GoPro et Tag Heuer le maintiennent au sommet. Icône du surf extrême, il attire autant les marques de luxe que les gros sponsors de l’outdoor.

    8. Carissa Moore – environ 1 million $/an

    La quintuple championne du monde a pris du recul cette année pour devenir maman, mais ses sponsors ne l’ont pas lâchée. Hurley, Red Bull, Dior et d’autres marques globales continuent de la soutenir. Carissa est l’exemple parfait de la surfeuse moderne : inspirante, performante et bankable.

    7. John John Florence – 1 million $/an

    Le golden boy d’Oahu a lui aussi ralenti la compète pour se consacrer à sa famille et à sa propre marque, Florence Marine X. Ajoute à cela des contrats avec Yeti ou Nixon et ses films de surf arty, et tu obtiens un business solide, ancré dans la coolitude hawaïenne.

    6. Kanoa Igarashi – 1,7 million $/an

    Charmeur, bilingue et ultra-marketé, Kanoa coche toutes les cases. Il séduit autant les marques japonaises que les sponsors US. Même sans dominer le CT, il brille là où ça compte : sur Instagram et dans les boardsrooms des grandes marques.

    5. Filipe Toledo – 1,75 million $/an

    Même après une saison 2025 mitigée, Filipe reste une valeur sûre du surf mondial. Entre Hurley, Monster Energy et Oi Telecom, le Brésilien cumule primes, contrats et statut de star nationale. Il ne gagne peut-être pas toutes les séries, mais côté contrat, il est toujours dans le Top 5.

    4. Mick Fanning – 1,8 million $/an

    À la retraite depuis 2018, « White Lightning » continue d’encaisser. Grâce à ses parts dans Balter Brewing (revendue avec succès) et ses partenariats à long terme avec Rip Curl et Red Bull, il a parfaitement géré sa reconversion. Comme quoi, un bon cutback peut aussi se faire sur Excel.

    3. Gabriel Medina – 2,2 millions $/an

    Absent du Tour, mais omniprésent dans les médias brésiliens, Medina est devenu une icône nationale. Rip Curl, Corona, Audi : ses contrats s’empilent comme des séries parfaites à Teahupo’o. En termes de popularité et de revenus, il reste le véritable rock star du surf mondial.

    2. Laird Hamilton – 3 millions $/an

    Le pionnier du surf de grosses vagues est devenu une marque à part entière. Laird Superfood, documentaires, livres, conférences… il vend aujourd’hui un style de vie plus qu’une performance. À plus de 60 ans, il surfe toujours – mais surtout sur une montagne de cash. (je vous avoue que je suis étonné du chiffre)

    1. Kelly Slater – 3 millions $/an

    Évidemment. Le GOAT reste le roi du surf, sur l’eau comme en affaires. Entre Outerknown, Slater Designs, le Surf Ranch et ses nombreux contrats, Kelly reste indétrônable. Son empire combine écologie, innovation et un brin d’ego — la parfaite recette pour rester n° 1, même loin du podium.

    Moralité : être cool ne suffit pas

    Le surf rapporte, mais pas à tout le monde. Derrière ces dix noms, la majorité des pros galèrent à boucler leurs fins de mois. Le vrai jackpot, c’est l’image : se vendre sans trahir l’esprit du surf. Kelly, Laird ou Medina ont réussi cet équilibre entre authenticité et business. Les autres ? Ils ont encore quelques vagues à rattraper.

  • Junior Pro Taghazout Bay 2025 : les favoris frappent fort avant le Finals Day

    Junior Pro Taghazout Bay 2025 : les favoris frappent fort avant le Finals Day

    Le suspense monte d’un cran à Anza. Pour cette troisième journée du Junior Pro Taghazout Bay 2025, les séries se sont enchaînées dans des vagues d’un bon mètre, propres et puissantes sous un léger vent offshore. Les meilleurs juniors européens ont livré un véritable récital, histoire de se placer idéalement avant le Finals Day prévu demain.

    Conor Donegan Dos Santos en feu 🔥

    Dès les premières minutes du Round of 32, Conor Donegan Dos Santos (ESP) a mis tout le monde d’accord avec un 9.33 quasi parfait, la meilleure vague du contest jusqu’ici. En combinant avec un solide 6.70, il signe un total de 16.03, le plus haut score du jour. Classé quatrième au classement européen, il pourrait bien bouleverser la hiérarchie s’il garde ce rythme.

    Derrière lui, le Basque Oxel Oregi Cortes (EUK) a confirmé sa forme éclatante avec un 15.17, tandis que le Français Coucoulis Lapierre Esteban crée la surprise en éliminant le leader du ranking Alfonso Suarez. Coup dur aussi pour le numéro 2 Dylan Donegan Dos Santos, sorti par un duo espagnol redoutable : Hans Odriozola et Mateo Vazquez.

    Ces éliminations relancent totalement la course au titre européen et aux billets pour les World Junior Championships.

    Carla Morera montre qui est la patronne 👑

    Chez les filles, la numéro 1 Carla Morera De La Vall (ESP) a dû batailler pour trouver son rythme, avant de s’imposer avec une dernière vague à 8.33, synonyme de victoire autoritaire.

    La Française Sarah Leiceaga continue sur sa lancée avec un 8.27 dans sa série, tout comme Clémence Schorsch, Naïa Monte et Maria Salgado, toujours en lice pour le titre régional. Mention spéciale à Sol Borelli (ESP), meilleure performance féminine du jour (13.67).

    En revanche, déception pour les Marocaines Maria Elouedrhiri et Ranya Squalli, sorties malgré le soutien du public local.

    Demain, place aux quarts et aux finales, dans ce qui s’annonce comme une journée décisive pour couronner les champions juniors d’Europe.

    Résultats – Hommes (Round of 32)

    HeatRésultat
    1Conor Donegan Dos Santos (ESP) 16.03 DEF. Louis Escudeiro (BEL) 10.80, Rivan Rosskopf (CHE) 10.23, Malakai Hagley (GBR) 5.00
    2Oxel Oregi Cortes (EUK) 15.17 DEF. João Mendonça (POR) 12.83, Inigo Madina (FRA) 9.14, Gabriel Abiven (FRA) 7.80
    3Coucoulis Lapierre Esteban (FRA) 12.76 DEF. Miguel Lages (POR) 10.86, Alfonso Suarez (ESP) 10.27, Teo Basterra (EUK) 9.20
    4Salvador Vala (POR) 11.33 DEF. Eder Fuentes (EUK) 10.54, Fernando Ibarra (ESP) 10.30, Tiago Guerra (POR) 7.90
    5Hans Odriozola (ESP) 14.27 DEF. Mateo Vazquez (ESP) 8.63, Dylan Donegan Dos Santos (ESP) 8.47, Pietro Garroux (ITA) 4.37
    6Michele Scoppa (ITA) 11.67 DEF. Uri Uziel (ARG) 8.70, Alvaro De La Fuente (ESP) 8.54, Zé Champalimaud (POR) 6.40
    7Tiago Stock (POR) 11.93 DEF. João Roque Pinho (POR) 10.50, Xan Atchoarena Masterson (EUK) 10.47, Hugo Flori (FRA) 9.60
    8TBD : Antoine Habashi (CHE) vs. Oinatz Ortega (EUK) vs. António Lucas (POR) vs. Kai Odriozola (ESP)

    Résultats – Femm

    es (Round of 32)

    HeatRésultat
    1Carla Morera De La Vall (ESP) 12.00 DEF. Laine Fernandez Goenaga (EUK) 10.57, Kaja Millward (GBR) 3.86, Maria Elouedrhiri (MAR) 2.37
    2Sarah Leiceaga (FRA) 13.27 DEF. Sara Romeo Astiazaran (EUK) 7.07, Cristina De Llano Ozores (ESP) 6.60, Ranya Squalli (MAR) 5.60
    3Sol Borelli (ESP) 13.67 DEF. Teresa Pereira (POR) 7.47, Clara Hirigoyen (FRA) 6.64, Maria Dias (POR) 4.36
    4Victoria Backhaus (ITA) 9.33 DEF. Clemence Schorsch (FRA) 8.70, Adriana Fernandez Hidalgo (CNY) 8.47, Sunny Ingram (GBR) 5.70
    5Maria Salgado (POR) 12.94 DEF. Lily Hirigoyen (FRA) 9.16, Lee-Ann Boudine (FRA) 8.44, Magnolia Rossi (ITA) 6.03
    6Lua Escudeiro (POR) 12.30 DEF. Zoé Jaeckin (FRA) 10.27, Anais Blanchard (FRA) 8.90, Oihane Goñi (EUK) 4.87
    7Lilou Rumiel (FRA) 8.47 DEF. Saioa Ortega (EUK) 7.20, Belle Betteridge (GBR) 6.80, Chiara Cuppone (ITA) 5.70
    8Constância Simões (POR) 7.67 DEF. Naïa Monte (FRA) 7.50, Kenia Carril (ESP) 5.30, Malia Dupouy (FRA) 2.80
  • Albany : la vague parfaite devenue embarrassante pour ses créateurs

    Albany : la vague parfaite devenue embarrassante pour ses créateurs

    Ils rêvaient d’une vague parfaite. Ils ont mis trente ans et treize millions de dollars à la construire.
    Problème : elle marche trop bien.

    Bienvenue à Albany, sur la côte sud-ouest de l’Australie, où le récif artificiel de Middleton Beach — censé dynamiser la scène surf locale — s’apprête à être « corrigé » parce qu’il produit des vagues trop puissantes, trop exigeantes pour les surfeurs débutants.
    Oui, tu as bien lu : trop bonnes, trop creuses, trop tubulaires, trop rapides.

    Le rêve d’un surfeur devenu cauchemar administratif

    L’histoire avait pourtant tout d’un conte pour amoureux de la mer.
    Peter Bolt, surfeur local, a passé plus de trente ans à défendre son idée : transformer une plage sans intérêt en véritable spot.
    Études, pétitions, réunions avec les élus, refus répétés — jusqu’au jour où l’Australie fédérale signe enfin le chèque : cinq millions de dollars par ici, cinq autres par là, et un chantier colossal lancé en 2022.

    Soixante-dix mille tonnes de granite, trois couches de roches posées au millimètre, six mois de travaux avec une équipe néo-zélandaise de précision. Résultat : une vague gauche, régulière, creuse, qui déroule à la perfection.
    Le rêve absolu.

    Une réussite trop réussie

    À peine inauguré, le Southern Ocean Surf Reef fait le bonheur des surfeurs d’Albany.
    “On n’a jamais eu de vague aussi puissante ici”, confie Cameron Warburton, local de longue date. “Un vrai take-off vertical, une vague qui pousse, qui creuse, des vagues de haut niveau.”

    Sauf que cette réussite a un petit défaut : elle ne pardonne rien.
    La marée montante transforme la section principale en champ de bataille pour les surfeurs du dimanche. Quelques chutes, quelques bobos, et voilà la panique : le récif serait “trop exigeant”.

    Le maire Greg Stocks s’en explique à la presse locale :

    “Ce sont surtout des surfeurs inexpérimentés qui s’attaquent à des vagues sélectives. Le récif fonctionne très bien, mais la tentation de surfer au-dessus de son niveau provoque certains accidents.”

    La solution ?
    Casser des rochers dans la zone la plus creuse du récif pour “adoucir” la vague. Traduction : détruire la meilleure section.

    Un paradoxe à 13 millions de dollars

    Le projet devait relancer le tourisme, attirer les familles, les jeunes, les écoles de surf… Résultat : la ville a obtenu une vraie vague, une vraie scène surf, et maintenant, elle s’en excuse presque.
    Ironie du sort, Peter Bolt lui-même admettait au lancement :

    “Nous visions une vague intermédiaire, mais elle est plutôt intermédiaire à avancée selon les jours.”
    Autrement dit, mission accomplie. Sauf pour ceux qui voulaient surfer sans effort.

    Et si on y ajoute le coût environnemental :
    – 70 000 tonnes de roches transportées et immergées,
    – des mois de travaux en mer,
    – des engins, du carburant, du béton,
    le tout pour, quelques années plus tard, vouloir tout re-détruire… on atteint des sommets d’absurdité écologique.

    L’histoire se répète

    Ce n’est pas la première fois qu’un récif artificiel tourne à la blague.
    De Boscombe en Angleterre à Narrowneck sur la Gold Coast, les précédents sont nombreux : vagues impraticables, bancs mal calibrés, budgets explosés.
    À croire qu’on n’a toujours pas compris qu’on ne dompte pas l’a mer’océan avec un cahier des charges.

    Le surf est un sport d’adaptation, pas d’ingénierie.
    Une bonne vague, c’est celle qui t’échappe un peu. Celle qui t’oblige à progresser.
    À Albany, on avait enfin créé une vague qui poussait les surfeurs à se dépasser.
    Mais apparemment, en 2025, même la mer doit être “inclusive”.

    La conclusion qui pique un peu

    On voulait une vague parfaite pour les débutants, on a obtenu une vague exigeante pour les surfeurs confirmés.
    Alors plutôt que d’apprendre à surfer, on va modifier les fonds de l’océan.

    Peut-être qu’un jour, on inventera la “vague 100 % sans risque”, garantie sans wipeout. En attendant, le récif d’Albany rappelle une évidence oubliée :
    les bonnes vagues ne se programment pas — elles se méritent.

  • Junior Pro Taghazout Bay : Anza s’enflamme pour les deux premiers jours

    Junior Pro Taghazout Bay : Anza s’enflamme pour les deux premiers jours

    Le Junior Pro Taghazout Bay 2025 bat son plein au Maroc, sur le spot d’Anza, pour la dernière étape du circuit européen WSL Junior. Les deux premières journées ont offert un spectacle de haut niveau, portées par des vagues solides (1,5 à 2 mètres) et un vent offshore quasi parfait.

    En ce 6 novembre, la compétition a coïncidé avec le 50e anniversaire de la Marche Verte, et la nature a fait les choses en grand : séries puissantes, manœuvres engagées, et quelques surprises dans les classements.

    Chez les hommes, l’Espagnol Conor Donegan Dos Santos a signé le meilleur total de la journée (15.27 pts), confirmant son statut de favori. Derrière lui, les Portugais João Mendonça et Miguel Lages se sont distingués, tout comme les Français Gabriel Abiven et Louis Escudeiro, tous deux solides et appliqués dans leurs séries.

    Chez les filles, Sarah Leiceaga (13.66 pts) et Teresa Pereira (14.17 pts) ont dominé les débats, tandis que Zoé Jaeckin (13.60 pts) a porté haut les couleurs françaises avec Sarah avec un surf précis et puissant.

    La suite de la compétition s’annonce intense, avec l’entrée en lice des têtes de série ce vendredi 7 novembre à 7h30 (GMT+1). L’enjeu est immense : les titres européens et la qualification au championnat du monde se joueront à Anza dans les prochaines 48 heures.

    Résultats de la deuxième journée de compétition

    Junior Pro Taghazout Bay – Men, Round of 96 (Anza)
    Heat Surfeur Total Détail (vagues) Statut
    1Michael Monteiro9.836.00 + 3.83Adv to R64 – HT 1
    1Rivan Rosskopf8.104.37 + 3.73Adv to R64 – HT 2
    1Lenny Morel7.274.50 + 2.77Eliminated
    1Odin Villarreal Bahamonde4.572.67 + 1.90Eliminated
    2Oxel Oregi Cortes12.506.83 + 5.67Adv to R64 – HT 1
    2Gabriel Abiven12.508.00 + 4.50Adv to R64 – HT 2
    2Jarko Kreuzeder8.764.83 + 3.93Eliminated
    2Piran Friend3.232.33 + 0.90Eliminated
    3Inigo Madina12.006.33 + 5.67Adv to R64 – HT 3
    3Malakai Hagley10.207.83 + 2.37Adv to R64 – HT 4
    3Thomas De Leonardo6.703.83 + 2.87Eliminated
    3Matias Lopes9.675.17 + 4.50Eliminated
    4Kilian Rosskopf9.635.00 + 4.63Adv to R64 – HT 4
    4Louis Escudeiro9.074.57 + 4.50Adv to R64 – HT 3
    4Teo Cajide8.574.70 + 3.87Eliminated
    4Milo Shani2.941.67 + 1.27Eliminated
    5Kai Schmitz Sanchidrian8.476.07 + 2.40Adv to R64 – HT 6
    5Miguel Lages12.006.17 + 5.83Adv to R64 – HT 5
    5Achille Clerc6.603.50 + 3.10Eliminated
    5Gaston Dheere Gardahaut6.233.13 + 3.10Eliminated
    6Alejo Linares9.044.67 + 4.37Adv to R64 – HT 5
    6Teo Basterra10.305.33 + 4.97Adv to R64 – HT 6
    6Daniel Román8.274.27 + 4.00Eliminated
    6Louka Tirilly De Vera6.633.63 + 3.00Eliminated
    7Marley Benesenes Masse11.166.33 + 4.83Adv to R64 – HT 7
    7Tiago Guerra10.405.73 + 4.67Adv to R64 – HT 8
    7Joaquim Trindade8.865.33 + 3.53Eliminated
    7Rory Murphy7.374.20 + 3.17Eliminated
    8Sun Shlomo Malka11.346.07 + 5.27Adv to R64 – HT 8
    8Ugaitz Zenarrutzabeitia Lazkano8.445.07 + 3.37Adv to R64 – HT 7
    8Stefano Mandozzi6.004.07 + 1.93Eliminated
    8Lahcen Ourchim7.674.17 + 3.50Eliminated
    9Zé Champalimaud8.404.33 + 4.07Adv to R64 – HT 9
    9Alvaro De La Fuente7.844.17 + 3.67Adv to R64 – HT 10
    10Alberto Barzan12.506.50 + 6.00Adv to R64 – HT 10
    10Alvaro Casanova Del Cerro9.435.50 + 3.93Adv to R64 – HT 9
    11Mateo Vazquez11.647.67 + 3.97Adv to R64 – HT 11
    11Marco Marin10.265.93 + 4.33Adv to R64 – HT 12
    12Pietro Garroux8.934.50 + 4.43Adv to R64 – HT 12
    12Baltazar Barbosa Leão7.274.00 + 3.27Adv to R64 – HT 11
    13Antoine Habashi10.676.17 + 4.50Adv to R64 – HT 13
    13Kalani Giraud8.675.00 + 3.67Adv to R64 – HT 14
    14Bruno Amado12.076.40 + 5.67Adv to R64 – HT 14
    14Jose Gonçalves7.343.67 + 3.67Adv to R64 – HT 13
    15António Lucas10.966.13 + 4.83Adv to R64 – HT 15
    15Celyan Denis10.606.00 + 4.60Adv to R64 – HT 16
    16Hugo Flori10.947.07 + 3.87Adv to R64 – HT 16
    16Noah Davis10.666.33 + 4.33Adv to R64 – HT 15
    Junior Pro Taghazout Bay – Women, Round of 48 (Anza)
    Heat Surfeuse Total Détail (vagues) Statut
    1Laine Fernandez Goenaga8.004.83 + 3.17Adv to R32 – HT 1
    1Cristina De Llano Ozores5.333.73 + 1.60Adv to R32 – HT 2
    1Lauren Sandland4.774.00 + 0.77Eliminated
    1Rachel Devin3.172.17 + 1.00Eliminated
    2Sarah Leiceaga13.667.33 + 6.33Adv to R32 – HT 2
    2Kaja Millward5.342.67 + 2.67Adv to R32 – HT 1
    2Anna Gavriel1.330.83 + 0.50Eliminated
    2Sapir Korsia3.172.67 + 0.50Eliminated
    3Teresa Pereira14.177.50 + 6.67Adv to R32 – HT 3
    3Sunny Ingram8.744.87 + 3.87Adv to R32 – HT 4
    3Carla Mendez Acebo7.774.00 + 3.77Eliminated
    3Caterina Congiu4.843.17 + 1.67Eliminated
    4Sol Borelli7.575.00 + 2.57Adv to R32 – HT 3
    4Diana Giorgi6.033.50 + 2.53Eliminated
    4Ana Piñón4.202.53 + 1.67Eliminated
    4Adriana Fernandez Hidalgo9.835.60 + 4.23Adv to R32 – HT 4
    5Oihane Goñi9.105.33 + 3.77Adv to R32 – HT 6
    5Magnolia Rossi9.905.17 + 4.73Adv to R32 – HT 5
    5Maria Butler5.402.83 + 2.57Eliminated
    5Lila Skinner8.004.17 + 3.83Eliminated
    6Lily Hirigoyen9.446.17 + 3.27Adv to R32 – HT 5
    6Costanza De Lisi4.303.00 + 1.30Eliminated
    6Zoé Jaeckin13.606.93 + 6.67Adv to R32 – HT 6
    6Ludovica Chila4.772.50 + 2.27Eliminated
    7Chiara Cuppone8.135.50 + 2.63Adv to R32 – HT 7
    7Ane Loreiro Cubero6.363.43 + 2.93Eliminated
    7Constância Simões6.804.17 + 2.63Adv to R32 – HT 8
    7Margo Liets6.103.57 + 2.53Eliminated
    8Belle Betteridge5.674.67 + 1.00Adv to R32 – HT 7
    8Isabella O’reilly3.833.50 + 0.33Eliminated
    8Ruby Fanning2.201.43 + 0.77Eliminated
    8Malia Dupouy8.544.77 + 3.77Adv to R32 – HT 8
  • Edouard Delpero vice-champion du monde : un goût amer

    Edouard Delpero vice-champion du monde : un goût amer

    L’ancien monde face au nouveau

    C’est une fin de saison cruelle pour Edouard Delpero. Le Français, en position de force avant cette dernière étape à El Salvador, repart finalement vice-champion du monde, battu par l’Australien Kai Ellice-Flint.
    Un dénouement amer, tant cette finale a laissé un sentiment d’incompréhension. Car au-delà du résultat, c’est tout un style de surf qui semblait jugé différemment.

    Depuis plusieurs années, la scène longboard mondiale se déchire entre deux visions : le surf classique, fluide et enraciné dans l’histoire, incarné par Kai Ellice-Flint dans cette finale, et le new school plus aérien, plus radical, parfois plus démonstratif que stylé, incarné Édouard Delpero. Le combat des Singles Fins contre les tri-fins.
    Et ce soir, à El Sunzal, on a eu le sentiment que la balance penchait lourdement d’un côté.

    Quand les detin est contrevous

    Des notes qui interrogent

    Dans le premier heat de la finale, un 9,50 attribué à Ellice-Flint a mis le ton. Une vague certes propre, mais avec des noses courts, où le surfeur met des manoeuvres mais avec l’instabilité d’un single fins. On y voit plus du style que de l’action. (je vous laisse juge, la vidéo est en bas de page)
    Derrière, Edouard enchaîne une vague avec des noses rides bien plus long et propre avec des manoeuvres plus appuyées… pour une note nettement inférieure.
    De quoi susciter la frustration chez le fan que je suis, tant l’écart de notation semble difficile à justifier.

    Et comme si le destin s’en mêlait, une scène totalement improbable se déroule sur la plage :

    Les planches d’Edouard Delpero, perdues pendant le voyage, arrivent… en plein milieu de la finale.
    Jusque-là, le Français surfait sur une planche prêtée par Rachael Tilly elle-même.
    Au moment où ses propres boards réapparaissent, un membre de l’équipe se met à monter les dérives et waxer la planche dans l’urgence, tandis qu’Edouard rame pour sa prochaine vague.
    Un moment presque paranormal, résumé par la WSL :
    “@edouarddelpero was riding @rachaeltilly’s boards the last few days with his lost in transit.
    Halfway through the final, the boards made it! Crazy scenes here at El Salvador Longboard Championships.”

    Le genre de séquence où l’on se dit que le sort a choisi son camp.

    Sur les séries suivantes, le scénario se répète. Delpero peine à trouver les meilleures vagues, la fréquence est faible, les opportunités rares.
    À la deuxième série, alors qu’il a la priorité, il part trop à l’intérieur — une erreur rare, presque symbole d’impuissance.
    Tout semble aller dans le mauvais sens : les conditions, le rythme, les notes.

    Le triomphe d’un style

    En face, Kai Ellice-Flint incarne la nouvelle génération du longboard australien : planches single-fin, on est sur un surf très stylisé qui séduit visiblement le panel de juges. Pour ma part, je suis un peu perdu, comment noter un style ?
    À aucun moment, Edouard n’a semblé en mesure de renverser la tendance. Pourtant, le Basque avait tout pour offrir au public une leçon de pureté dans un surf que beaucoup considèrent comme l’essence même de la discipline.

    Ce duel old school / new school, déjà latent depuis plusieurs saisons, on en parlait déjà lors de la précédente compétition, trouve ici son expression la plus brutale.
    Le résultat n’efface en rien la saison exceptionnelle d’Edouard, revenu au sommet à 35 ans, ni son statut de longboarder exceptionnel.

    Tilly, impériale chez les femmes

    Chez les femmes, Rachael Tilly s’impose une nouvelle fois et décroche un troisième titre mondial, dont deux consécutifs.
    Implacable, la Californienne Rachael Tilly signe un parcours parfait : six victoires consécutives, une domination sans faille, et un troisième titre mondial obtenu face à Avalon Gall (USA), 15.20 à 12.44 puis 13.50 à 12.54.
    À 27 ans, elle rejoint le cercle fermé des triple championnes du monde, aux côtés de Soleil Errico et Honolua Blomfield.

    Femmes

    RoundRésultatScore
    Title Match 2Rachael Tilly (USA) déf. Avalon Gall (USA)13.50 – 12.54
    Title Match 1Rachael Tilly (USA) déf. Avalon Gall (USA)15.20 – 12.44
    Match 4Rachael Tilly (USA) déf. Soleil Errico (USA)13.40 – 12.97
    Match 3Rachael Tilly (USA) déf. Honolua Blomfield (HAW)15.10 – 12.00
    Match 2Rachael Tilly (USA) déf. Hiroka Yoshikawa (JPN), Chloe Calmon (BRA)14.67 – 14.36 – 13.23
    Match 1Rachael Tilly (USA) déf. Kelis Kaleopaa (HAW), Tully White (AUS)15.83 – 15.27 – 10.37

    Hommes

    RoundRésultatScore
    Title Match 2Kai Ellice-Flint (AUS) déf. Edouard Delpero (FRA)16.00 – 10.33
    Title Match 1Kai Ellice-Flint (AUS) déf. Edouard Delpero (FRA)17.67 – 12.84
    Match 4Kai Ellice-Flint (AUS) déf. Taylor Jensen (USA)15.27 – 9.17
    Match 3Taylor Jensen (USA) déf. Declan Wyton (AUS)16.17 – 14.50
    Match 2Declan Wyton (AUS) déf. Max Weston (AUS), Kevin Skvarna (USA)13.36 – 10.90 – 6.67
    Match 1Declan Wyton (AUS) déf. Steven Sawyer (RSA), Rogelio JR Esquievel (PHL)12.73 – 11.83 – 10.43
  • Le surf vieillit, les surfeurs aussi : faut-il s’inquiéter de la hausse des noyades ?

    Le surf vieillit, les surfeurs aussi : faut-il s’inquiéter de la hausse des noyades ?

    C’est un nom de plus, et une vague de trop.
    Sean Anthony Lennon, 54 ans, s’est noyé cette semaine sur le spot de surf « The Bombie« , une droite massive située au large de Margaret River, en Australie de l’Ouest. Une vague qu’il connaissait par cœur, un homme respecté, ancien nageur pro, sauveteur, surfeur solide… et pourtant, la mer l’a gardé.

    Sur les réseaux, la communauté locale parle d’un choc. D’un “accident qui aurait pu arriver à n’importe qui”. Et c’est justement ce “n’importe qui” qui interroge : ces derniers mois, les noyades de surfeurs expérimentés, souvent quadragénaires ou quinquagénaires, voir plus, semblent se multiplier. Simple coïncidence ou signe d’un vieillissement du surf et de ses risques ?

    Une génération dorée qui continue de charger

    Le surf a vieilli. Et c’est plutôt une bonne nouvelle.
    Ce n’est plus seulement un sport d’ados bronzés aux cheveux salés. Ceux qui ont commencé à la grande époque des VHS de Kelly ou des trips Indo dans les années 90 ont aujourd’hui 40, 50, parfois 60 ans — et n’ont aucune envie de raccrocher. Je fais partie de cette génération, et je m’y reconnais totalement.

    Ils ont des planches sur mesure, des combinaisons techniques, du temps libre, et souvent la même envie d’aller se mesurer à des vagues puissantes. Les surfeurs ne “s’arrêtent” plus : ils évoluent, se soignent, s’entretiennent… mais leur passion, elle, ne vieillit pas.

    Sauf que le corps, lui, n’a pas toujours la même endurance qu’avant.

    Le corps dit stop, parfois sans prévenir

    Le surf est un sport d’effort explosif. Ramer, se lever, encaisser, replonger, repartir… Un rythme cardio intense, irrégulier, sous contrainte.
    Et si la mer offre l’impression de jeunesse éternelle, la physiologie, elle, ne ment pas :

    • le rythme cardiaque maximal diminue avec l’âge ;
    • la récupération est plus lente ;
    • la tolérance au froid et à l’apnée baisse ;
    • et les crises cardiaques deviennent plus probables en cas d’effort violent ou de stress hypoxique.

    À « The Bombie », la rame d’approche est interminable. On est loin du rivage, dans le bleu profond, sans repère de taille. Les séries arrivent sans prévenir. Une vague ratée, une chute mal placée, un leash qui tire ou casse — et le corps peut céder, même celui d’un ancien lifeguard comme Sean Lennon.

    L’expérience : force ou piège ?

    Il y a aussi une forme d’illusion de maîtrise chez les surfeurs aguerris.
    Quand tu surfes le même spot depuis vingt ans, tu connais chaque courant, chaque série. Mais cette familiarité peut aussi anesthésier la vigilance.
    Tu y retournes parce que “tu sais”. Parce que tu l’as déjà fait. Parce que tu t’y sens chez toi.

    Sauf qu’à 50 ans, les marges de manœuvre sont plus fines. Et parfois, ce n’est pas une erreur, juste un corps qui ne suit plus.
    La mer ne juge pas ton CV. Elle ne fait pas de différence entre le rookie et le vétéran.

    Le surf est devenu un sport d’adultes

    Aujourd’hui, le surfeur moyen dans le monde a plus de 35 ans. En France, c’est même plus proche de 40.
    Les baby-boomers du surf continuent de remplir les line-ups, de voyager, de chercher la bonne houle. Et c’est beau.
    Mais cette longévité de la pratique pose aussi une question nouvelle : comment adapter le surf ou le matériel surf à des corps plus âgés ?

    Le surf a longtemps ignoré cette problématique, préférant l’image du surfeur éternellement jeune. Pourtant, comme dans le vélo ou la course, la préparation physique et le suivi médical deviennent indispensables pour surfer longtemps… et en sécurité.

    Plus de monde à l’eau, plus d’incidents

    Derrière le sentiment d’une hausse des noyades, il y a aussi un fait simple : jamais il n’y a eu autant de surfeurs à l’eau.
    Les pics de fréquentation, le matériel plus accessible, les spots “connectés” qui permettent d’anticiper les conditions parfaites… Tout cela multiplie mécaniquement le risque d’accidents.

    Et quand la population des surfeurs actifs vieillit, les statistiques bougent. Pas forcément parce que les vagues deviennent plus dangereuses, mais parce que les pratiquants le deviennent un peu plus.

    La mer reste la même

    Au fond, l’océan n’a pas changé. Ce sont les générations qui passent.
    Les mêmes vagues, la même force, les mêmes silences après un drame.

    Sean Lennon était de ceux qui respectaient l’océan, qui en connaissaient la beauté et les pièges. Sa disparition ne dit pas qu’il faut avoir peur — mais qu’il faut rester humble, quel que soit son âge, son niveau ou son passé.

    Le surf est un cadeau. Mais c’est aussi une épreuve, à chaque session.
    Et peut-être qu’à mesure que le surf vieillit, il nous rappelle une chose essentielle : on ne surfe jamais contre la mer, mais avec elle.

    Un petit aperçu du spot dans des conditions solides…

  • Le rêve fou d’Édouard Delpero : à une série du sacre mondial

    Le rêve fou d’Édouard Delpero : à une série du sacre mondial

    Il y a encore quelques semaines, personne n’aurait osé y croire. Édouard Delpero, 13ᵉ au classement mondial, voyait s’éloigner la grande finale du World Longboard Tour. Et pourtant… Après une victoire incroyable à Abu Dhabi, le Français se retrouve aujourd’hui n°1 mondial, à une seule série d’un titre de champion du monde WSL, le seul qui manque à sa légende.

    D’Abu Dhabi à El Salvador : la remontée d’un miraculé

    Le décor ? Une piscine à vagues au cœur du désert. Le scénario ? Totalement improbable. Avant la compétition, Delpero n’était même pas qualifié pour la finale mondiale. Il lui fallait un miracle. Ce miracle a pris la forme d’une victoire magistrale lors du Surf Abu Dhabi Longboard Classic, où il a survolé la compétition, grâce à sa maîtrise parfaite du barrel sur chaque vague artificielle.

    Grâce à ce succès, le Biarrot grimpe du 13ᵉ au 1er rang mondial, décrochant le statut de tête de série pour la grande finale au Salvador. Un renversement de situation comme le surf en produit rarement, et qui résume à lui seul la détermination d’un athlète toujours animé par la passion du longboard et du surf.

    Une finale à suspense : le format “winner-take-all”

    La Surf City El Salvador Longboard Championships (5 au 9 novembre) s’annonce comme un moment historique. Huit hommes et huit femmes s’y disputeront les couronnes mondiales dans un format inspiré du Championship Tour.
    Les règles sont simples : les surfeurs les mieux classés affrontent les autres dans une succession de séries éliminatoires, jusqu’au “Title Match”, où attend le n°1 mondial.

    Pour Édouard Delpero, cela signifie qu’une seule série gagnée pourrait le sacrer champion du monde WSL 2025.
    En cas de défaite lors de la première manche, il aura droit à une revanche immédiate, dans un duel au meilleur des trois séries. Une dernière marche pour boucler un parcours exceptionnel.

    Le rendez-vous d’El Sunzal

    La scène de cette bataille finale : El Sunzal, un point break den droite d’une beauté saisissante, situé à La Libertad, au cœur du projet Surf City du Salvador.
    Une vague longue, régulière, parfaite pour exprimer la grâce et le flow du longboard moderne. “C’est juste une vague parfaite pour un longboard”, résume le quadruple champion du monde Taylor Jensen, qui sera l’un des prétendants.

    Delpero, 35 ans, connaît bien l’endroit. Il y a surfé pour la dernière fois en 2023. Cette fois, il y revient avec un seul objectif : décrocher la couronne mondiale, un titre qui viendrait couronner une carrière exemplaire, marquée par la constance, la technique et une élégance rare.

    Une consécration attendue depuis toujours

    Déjà multiple champion d’Europe, finaliste à plusieurs reprises sur le circuit mondial, Champion du monde ISA, Édouard Delpero a tout connu sauf cette ultime consécration.
    Longtemps dans l’ombre du frère cadet Antoine, également star du longboard, Édouard a tracé sa propre voie, fidèle à un surf pur et sans artifice.

    Aujourd’hui, le Français a l’occasion de marquer l’histoire du surf hexagonal : aucun surfeur tricolore n’a encore remporté le titre mondial WSL Longboard.
    Avec son expérience, sa maturité et sa vision du surf, il est plus prêt que jamais. Et si le scénario de cette saison s’est déjà révélé incroyable, le meilleur reste peut-être à venir.

    🏆 Un champion du monde français ?

    La réponse pourrait tomber dans les heures à venir à El Sunzal. Une victoire, une seule, séparerait désormais Édouard Delpero d’un rêve poursuivi depuis plus d’une décennie.
    Et si la France tenait enfin son premier champion du monde WSL Longboard ? Rendez-vous ce jeudi ou vendredi en fonction des conditions.

  • Le Rip Curl International GromSearch 2025  débarque à Hossegor

    Le Rip Curl International GromSearch 2025 débarque à Hossegor

    Chaque automne, Hossegor devient le centre du monde du surf. Les pros y chassent les tubes parfaits sur nos bancs de sable, les passionnés s’y retrouvent pour un dernier baroud avant l’hiver… et cette année, la relève mondiale y fera ses armes : le Rip Curl International GromSearch 2025 posera ses valises sur les plages landaises du 4 au 8 novembre.
    Un retour symbolique pour un événement qui a vu éclore quelques-uns des plus grands talents du surf moderne.

    L’Australie s’impose à Hossegor : Ocean Lancaster et Eliza Richardson triomphent

    Le rideau est tombé sur le Rip Curl International GromSearch 2025, et c’est une double victoire australienne qui a clôturé une semaine d’exception sur le spot du Santocha à Capbreton. Les vagues ont répondu présentes, avec un mètre cinquante propre et creux, portées par un vent offshore et un public venu nombreux encourager la nouvelle génération du surf mondial.

    Chez les garçons, Ocean Lancaster (16 ans) a livré une démonstration de précision et de sang-froid. En finale, il a dominé le jeune prodige brésilien Arthur Vilar (14 ans), pourtant auteur du meilleur score du contest (9,33) sur un Kerrupt Flip magistral lors de la demi-finale. “C’est irréel, tout s’est passé si vite. C’est le plus beau jour de ma vie de surfeur”, a confié Lancaster, encore tremblant d’émotion après sa victoire (16 pts contre 12,83).

    Côté féminin, la performance d’Eliza Richardson (15 ans) restera dans les mémoires. Blessée l’an dernier, elle signe un retour éclatant en s’imposant face à la Sud-Africaine Emily Jenkinson (16 ans). Grâce à une approche stratégique et des turns puissants dans les secxtions critiques, la surfeuse de Lennox Head s’est assurée un premier sacre international (12,57 pts contre 7,4). “Je n’y crois pas encore. J’ai surfé libérée, sans penser au résultat. C’est magique !”, a-t-elle déclaré en larmes sur le podium.

    Entre les séries, le public a eu droit à un show XXL : Molly Picklum, Crosby Colapinto, Tom Curren, Tya Zebrowski, Lukas Skinner, Kyllian Guerin et Justin Becret ont offert une démonstration de haut vol, dans une ambiance digne d’un mini Quik Pro. Le tout rythmé par les commentaires enjoués de Paul Evans.

    En 2025, le GromSearch confirme son rôle de tremplin planétaire : la majorité des surfeurs actuels du Championship Tour sont passés par cette compétition. Et à voir le niveau affiché cette semaine à Hossegor, la relève est prête à reprendre le flambeau.

    Résultats officiels :

    • U16 Garçons : 1. Ocean Lancaster (AUS) – 16 pts / 2. Arthur Vilar (BRA) – 12,83 pts
    • U16 Filles : 1. Eliza Richardson (AUS) – 12,57 pts / 2. Emily Jenkinson (RSA) – 7,4 pts

    Une finale mondiale au cœur du surf européen

    Après Bali en 2024, la finale internationale du GromSearch, présentée par Sun Bum, prend la direction d’Hossegor. Une destination naturelle pour la marque australienne, tant la région incarne sa philosophie : vagues puissantes, ambiance roots et jeunesse dorée du surf européen.

    “Nous sommes très enthousiastes à l’idée de ramener les meilleurs groms du monde dans un lieu aussi mythique que Hossegor”, a déclaré James Taylor, General Manager Marketing de Rip Curl. “C’est un endroit où les beach breaks peuvent offrir de vraies vagues de compétition, parfaites pour révéler les futurs champions.”

    Le programme s’annonce dense : 16 surfeurs et surfeuses venus d’Australie, du Brésil, d’Argentine, des États-Unis, d’Indonésie, d’Afrique du Sud et d’Europe, auxquels s’ajouteront deux wildcards issues de la compétition digitale #GromSearchOnline, qui était ouverte jusqu’au 1er octobre.

    Les futurs Gabriel Medina et Molly Picklum en action

    Le GromSearch n’est pas un simple contest junior : c’est une usine à champions.
    Depuis 26 ans, cette série déniche les talents qui domineront le surf mondial. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 60 % des surfeurs actuels du Championship Tour sont passés par ce circuit.
    Cinq des six médaillés olympiques en surf ont un jour arboré un lycra GromSearch. Et les 18 derniers titres mondiaux féminins ont tous été remportés par d’anciennes participantes !

    Gabriel Medina, Caroline Marks, Caitlin Simmers, Tatiana Weston-Webb, Leonardo Fioravanti, Samuel Pupo, Brisa Hennessy… la liste ressemble à un panthéon du surf contemporain.
    Pour les jeunes engagés à Hossegor, ce n’est pas qu’une compétition : c’est une porte d’entrée vers l’élite mondiale.

    Les jeunes Français dans la bataille

    Avant la grande finale internationale, deux rendez-vous français viendront pimenter le mois d’octobre :

    • Lacanau (18-20 octobre) : étape reprogrammée du circuit français.
    • Hossegor (22-23 octobre) : Finale européenne, qui désignera les représentants du Vieux Continent pour la finale mondiale.

    On y attend une génération française prometteuse, façonnée par les beach breaks exigeants de la côte Atlantique.

    À l’heure où la France cherche ses futurs représentants pour les Jeux de Los Angeles 2028, le GromSearch s’impose comme un laboratoire du surf de demain.

    Hossegor, le spot parfait pour forger des champions

    Début novembre, Hossegor retrouve souvent ses plus belles conditions : houles consistantes, sable bien sculpté, offshore matinal et tubes parfaits.
    Un terrain de jeu idéal pour ces surfeurs en devenir, qui devront allier puissance et stratégie face à la volatilité du beach break.

    Entre La Nord, Les Culs Nus et La Gravière, les vagues changent sans prévenir, récompensant l’instinct plus que la force brute. C’est justement ce que recherche Rip Curl : déceler ceux qui savent lire l’océan, pas seulement le dompter.

    Et cette année, deux figures du CT seront là pour inspirer la nouvelle génération :

    • Molly Picklum, championne du monde 2025, symbole de persévérance et de style sans compromis.
    • Crosby Colapinto, surfeur californien au flow impeccable, grand frère de la scène grom internationale.

    Leur présence promet d’électriser les jeunes compétiteurs — et de créer de beaux moments de partage sur la plage.

    Le digital au cœur du dispositif

    En 2025, impossible d’imaginer un événement sans sa part d’innovation digitale. Le GromSearch le prouve avec son concours #GromSearchOnline, qui permet à des jeunes du monde entier d’envoyer leurs vidéos pour décrocher une wildcard.
    Un format qui colle à la nouvelle génération : connectée, créative, spontanée.

    Les finales seront retransmises en direct sur ripcurl.com et les réseaux sociaux de la marque, avec des résumés quotidiens et des contenus immersifs.
    Une belle vitrine pour ces jeunes surfeurs dont les premiers tubes pourraient déjà faire le tour du monde avant même d’être jugés.

    Un tremplin plus qu’une compétition

    Au-delà des podiums et des scores, le Rip Curl GromSearch incarne un état d’esprit : celui de la découverte, de la camaraderie et du surf dans sa forme la plus pure.
    Chaque édition révèle non seulement des champions, mais aussi des histoires humaines. Celle du kid brésilien qui découvre l’Europe, de la surfeuse basque qui affronte pour la première fois des vagues landaises, du jeune Indo qui surfe pieds nus sur le sable froid d’Hossegor.

    Cette rencontre des cultures et des styles fait du GromSearch bien plus qu’un simple “event” : c’est une école du surf mondial.

  • Le Nazaré Big Wave Challenge lance sa waiting period : les Français prêts pour le show

    Le Nazaré Big Wave Challenge lance sa waiting period : les Français prêts pour le show

    Chaque année, à l’approche de l’hiver, Nazaré entre en veille active. Les surfeurs de gros scrutent les cartes météo, les équipes de jet-skis font chauffer les moteurs, et les caméras du monde entier attendent la déferlante. Depuis le 1er novembre et jusqu’au 31 mars 2026, la waiting period du Tudor Nazaré Big Wave Challenge est officiellement ouverte. Un seul jour, une seule fenêtre : celle où la houle, le vent et le courage s’aligneront pour écrire une nouvelle page de l’histoire du surf XXL.

    La saison des monstres est ouverte

    Nazaré, c’est un cirque aquatique géant où les vagues atteignent parfois la hauteur d’un immeuble de dix étages. Grâce à son canyon sous-marin unique (bien que ressemblant à celui de Hossegor), Praia do Norte agit comme un entonnoir qui concentre la houle atlantique dans des murs d’eau d’une violence rare. Pour que la compétition ait lieu, il faut un minimum de 25 pieds (environ 8 mètres) et des conditions parfaites : vent offshore, direction de houle idéale et suffisamment de fréquence pour rassasier la folie des athlètes.

    La World Surf League veille : quand un swell monstrueux se profile, elle déclenche une “alerte jaune” 72 heures avant l’éventuelle mise à l’eau. Si les prévisions se confirment, l’“alerte verte” est donnée, et tout le gratin du surf de gros débarque à Nazaré, planches et gilets gonflables sous le bras.

    Le format reste inchangé : neuf équipes de deux surfeurs, alternant entre la conduite du jet-ski et le surf. Trois récompenses sont en jeu : meilleure performance masculine, meilleure performance féminine et meilleure équipe.

    Les Français au rendez-vous… ou presque

    Cette année encore, la France sera bien représentée — et plutôt fièrement. Justine Dupont, reine incontestée de Nazaré, remet son titre en jeu après avoir remporté la meilleure performance féminine en 2025. Elle fera équipe avec Éric Rebière, pionnier du surf de gros français et l’un des meilleurs pilotes de jet au monde.
    Son compatriote Clément Roseyro, la révélation de la dernière édition, sera de nouveau associé au Portugais Nic von Rupp, duo explosif et redoutablement efficace, lauréat du trophée de la meilleure équipe l’an passé.

    Autre tandem franco-chilien : Pierre Rollet avec Rafael Tapia, deux habitués des sessions à Nazaré. Et enfin, Benjamin Sanchis – figure historique du surf de gros tricolore – repartira à l’assaut du monstre portugais aux côtés du Marocain Jérôme Sahyoun.

    Nazaré, théâtre du chaos

    La beauté du Nazaré Big Wave Challenge, c’est son imprévisibilité totale. En quelques heures, une alerte peut tout faire basculer : billets d’avion, matériel, sécurité, logistique… Rien n’est figé, tout dépend du ciel et de l’océan. L’an dernier, les conditions avaient permis une journée historique, avec des vagues de 10 mètres et des performances d’anthologie.

    Mais au-delà de la compétition, Nazaré est devenu un symbole. Popularisé par la série The 100 Foot Wave sur HBO, le spot portugais a dépassé la sphère du surf pour devenir une légende planétaire. Chaque session, chaque wipeout, chaque sauvetage est immortalisé sur les réseaux, contribuant à nourrir ce mythe fascinant du surf de l’extrême.

    En attendant l’alerte jaune

    Pour l’heure, les teams patientent, prient pour une tempête bien positionnée, et se préparent à l’inimaginable. Quand Nazaré s’éveille, le monde du surf retient son souffle. Les jets rugiront, les vagues gronderont, et quelque part au large du phare rouge, un Français – ou quatre – tentera d’inscrire son nom dans l’histoire.