Auteur/autrice : Kelly Slater

  • Billabong USA : quand quitter le navire permet de bâtir des empires

    Billabong USA : quand quitter le navire permet de bâtir des empires

    Dans le surf business, il existe un vieil adage qui traverse les générations : « Les plus grandes vagues ne se surfent jamais depuis le bord ». L’histoire de Billabong USA et de ses anciens dirigeants en est sans doute l’illustration la plus frappante. Deux hommes, un même point de départ, et à l’arrivée… trois des marques les plus influentes du surf moderne.

    Quand Billabong conquiert l’Amérique

    Au début des années 80, Billabong n’est qu’une marque australienne parmi d’autres, encore largement inconnue aux États-Unis. Tout change en 1983 lorsque Bob Hurley rachète la licence nord-américaine. Visionnaire, stratège et fin connaisseur du marketing, il transforme Billabong USA en machine de guerre.

    Sous son impulsion, la marque s’entoure d’athlètes iconiques, s’ancre dans la culture compétitive hawaïenne, sponsorise des événements majeurs et s’impose rapidement aux côtés de Quiksilver et Rip Curl comme pilier du surf mondial.

    Mais à la fin des années 90, alors que tout semble aller pour le mieux, Hurley prend une décision que peu auraient osé : partir.

    Bob Hurley, le pari du large

    En 1999, il fonde Hurley. Une marque plus jeune, plus disruptive, plus connectée à la culture surf-skate émergente. Trois ans plus tard, le coup de génie absolu : la vente de Hurley à Nike, qui injecte 95 millions de dollars dans le surf.

    Ce deal reste encore aujourd’hui l’un des plus rentables jamais réalisés dans l’industrie. Hurley, lui, n’a jamais vraiment quitté l’océan. Il est désormais associé à Florence Marine X, une marque premium portée par la performance, la durabilité et une vision très contemporaine du surf.

    Paul Naudé et la revanche silencieuse

    Après le départ de Hurley, c’est Paul Naudé qui prend les commandes de Billabong USA. Sous sa direction, la marque atteint une valorisation vertigineuse de 3,7 milliards de dollars. Mais cette ascension fulgurante précède une chute tout aussi spectaculaire. Endettement, introduction en bourse mal maîtrisée, perte d’ADN… Billabong s’effondre.

    Naudé tente alors de racheter l’entreprise. Les actionnaires refusent. Il quitte le navire à son tour.

    En 2013, il lance Vissla. Une marque indépendante, engagée, plus responsable, qui parle autant aux surfeurs qu’à l’époque. En quelques années, Vissla s’impose sur tous les continents. Dernier symbole en date : la signature du champion du monde Yago Dora.

    Billabong, ou le prix de la bourse

    Pendant ce temps, Billabong multiplie les passages de main en main : Boardriders, Bluestar Alliance, puis la faillite de Liberated Brands. Une trajectoire chaotique, symptomatique d’un surf business devenu trop financier, trop éloigné de sa culture originelle.

    Quitter pour mieux créer

    L’histoire de Billabong USA pose une question centrale : faut-il parfois quitter le confort pour préserver une vision ? Bob Hurley et Paul Naudé ont choisi de partir au sommet. Résultat : trois marques majeures sont nées de cette prise de risque.

    Comme souvent dans le surf, ceux qui ont osé ramer à contre-courant sont aussi ceux qui ont trouvé les plus belles lignes.

  • Free Time : le film qui confirme Cam Richards parmi l’élite du surf mondial

    Free Time : le film qui confirme Cam Richards parmi l’élite du surf mondial

    Avec Free Time, Cam Richards confirme qu’il fait partie de ce cercle très fermé de surfeurs capables d’être ultra-crédibles partout, tout le temps. Originaire de Caroline du Sud, un État loin d’être connu pour ses vagues XXL, Cam enchaîne pourtant les performances de très haut niveau sur les spots les plus exigeants de la planète.

    Pendant près de 40 minutes, le film le montre à son avantage sur des vagues mythiques comme Pipeline ou Teahupo’o, mais aussi au Mexique, au Portugal ou en Indonésie. Tubes profonds, pig-dog engagé, surf puissant et aérien : Free Time est bien plus qu’une simple compile, c’est un portrait complet d’un surfeur à la palette incroyablement large.

    Longtemps associé à ses exploits à Pipeline, Cam Richards prouve ici qu’il ne se résume pas à un spot ou à une image. Le film, réalisé avec son ami Layne Stratton, a aussi une vraie dimension humaine, avec une tournée de projections improvisées sur toute la côte Est des États-Unis, ramenant le surf à l’essentiel : le partage et la communauté.

    Cette sortie marque aussi un tournant dans sa carrière. Après avoir quitté Vissla (faut bien payer Yago Dora), Cam s’investit désormais dans Free Fly, une marque locale qu’il souhaite aider à développer dans le surf. Un choix cohérent pour un surfeur aussi libre dans ses trajectoires que dans l’eau.

  • Skier Nazaré en 2026 : quand le buzz enterre définitivement le surf

    Skier Nazaré en 2026 : quand le buzz enterre définitivement le surf

    On pensait avoir tout vu à Nazaré. Les wipeouts XXL, les vagues qui avalent des immeubles, les jet-skis en PLS et les surfeurs transformés en figurines Playmobil, une gamine de 13 ans tractée sur des grosses vagues. Mais non. 2026 nous offre un nouveau sommet de l’absurde : Chuck Patterson a skié Nazaré. Oui, avec des skis. Et des bâtons. Et une paire de boots capables d’envoyer, n’importe qui, direct au fond de l’Atlantique.

    Quand la métaphore devient trop littérale

    Depuis toujours, on compare les grosses vagues à des pistes noires : raides, engagées, réservées à une élite. Chuck Patterson a visiblement pris l’analogie au pied de la lettre. Quitte à oublier un détail : la mer n’est pas une montagne, et Nazaré n’est pas un snowpark freestyle.

    À Nazaré, on surfe des murs d’eau vivants, imprévisibles, violents. On ne les “descend” pas, on les négocie. Les skis, eux, glissent droit. Très droit. Trop droit.

    Résultat ? Une glisse raide, figée, sans lecture de vague, sans adaptation. Du ride ? Non. Du pilotage sous anxiolytiques.

    Danger public (et privé)

    Le plus gênant dans cette histoire, ce n’est même pas le ridicule esthétique. C’est le niveau de danger.
    Petit rappel technique pour ceux du fond :

    • Des chaussures de ski lourdes
    • Des fixations rigides
    • Une impossibilité totale de nager en cas de chute (du moins j’en ai l’impression)
    • Et une vague qui ne pardonne absolument rien

    En cas de wipeout, Chuck devient littéralement une ancre humaine. Et qui doit aller le chercher ? Les équipes de sécurité. Les jet-skis. Les gars qui, eux, n’ont rien demandé (enfin si, j’imagine qu’ils sont payés) et prennent des risques bien réels pour sauver un mec venu “tester un concept”.

    À ce stade, on ne parle plus d’engagement personnel, mais de mise en danger collective.

    Du surf ? Non. Du contenu.

    Soyons honnêtes : cette “performance” n’a strictement rien à voir avec le surf.
    Pas de ligne.
    Pas de style.
    Pas de lecture.
    Pas de respect du spot.

    Mais beaucoup de caméras. Beaucoup de buzz. Beaucoup de “regardez-moi”.

    On n’est plus dans la glisse, on est dans la course à l’algorithme. Aujourd’hui des skis, demain quoi ?
    Un type à Nazaré sur une porte de placard Ikea pendant que tout le monde applaudit l’“innovation” ?

    🤡 Le cirque de la vague géante

    Nazaré est déjà devenu un théâtre permanent. Entre records discutables, jet-skis en surnombre et performances plus médiatiques que sportives, le spot se transforme peu à peu en foire aux exploits absurdes.

    Chuck Patterson ne surfe pas Nazaré.
    Il l’utilise comme décor.

    Et c’est peut-être ça le plus triste : transformer l’une des vagues les plus mythiques de la planète en simple toile de fond pour une vidéo YouTube de plus.

    👉 Oui, c’est spectaculaire
    👉 Oui, ça fait cliquer
    👉 Oui, c’est “jamais vu”

    Mais non, ce n’est pas du surf.
    Et surtout, ce n’est pas de la glisse.

    Juste une démonstration de plus que, parfois, le buzz prend définitivement le dessus sur le sens.

  • Qui veut sponsoriser Gabriel Medina ?

    Qui veut sponsoriser Gabriel Medina ?

    Il y a des départs qui font du bruit. Et puis il y a ceux qui font trembler toute une industrie. En retirant le logo Rip Curl de ses planches après 17 ans de collaboration, Gabriel Medina n’a pas seulement quitté un sponsor : il a ouvert un vide. Un vide stratégique, culturel, presque idéologique. Et depuis, une question flotte au-dessus du line-up mondial : qui veut – et surtout qui peut – sponsoriser Gabriel Medina ?

    Un marché du surf en pleine mutation

    Le timing n’est pas anodin. Le surf professionnel traverse une période étrange : plus médiatisé que jamais, mais économiquement fragilisé. Les grandes marques historiques peinent à suivre, plombées par leur héritage, leurs structures lourdes et des modèles devenus obsolètes. Medina libre, aujourd’hui, c’est presque un symbole de cette bascule.

    Dans les autres sports, un triple champion du monde au sommet de sa carrière serait intouchable. Dans le surf, il devient disponible. Et cette anomalie en dit long.

    Le précédent Yago Dora : un signal fort

    Quelques jours avant le cas Medina, un autre mouvement a surpris tout le monde : Yago Dora, champion du monde en titre, quitte Volcom pour rejoindre Vissla. Sur le papier, un downgrade. Dans la réalité, un énorme signal.

    On apprend que Yago n’était lié à Volcom que par un contrat régional brésilien, sans bonus de titre mondial. Une situation presque absurde pour un champion du monde. Volcom ne pouvait tout simplement plus payer ce qu’il méritait. Vissla, plus agile, plus légère, a su saisir l’opportunité.

    Ce transfert illustre parfaitement la nouvelle économie du surf : ce ne sont plus forcément les marques les plus grosses qui gagnent, mais celles qui savent choisir.

    Medina, le “Bad Boy” que le surf a perdu

    Mais Medina, ce n’est pas Yago Dora. Aucun projet surf actuel n’a les épaules pour soutenir le personnage, et surtout son audience. Car nous vous y trompez pas, Gabriel Medina touche bien plus que l’audience du surf, c’est une star au Brésil et dans le monde entier, avec des amis comme Neymar ou Lewis Hamilton. Medina est clivant. Dominant. Assumé. Il polarise comme CR7 ou McGregor. Il n’est pas seulement un champion : il est un personnage.

    Et c’est peut-être là que le bât blesse. Le surf manque aujourd’hui cruellement d’un “personnage”. Une marque prête à assumer un rôle moins lisse, moins consensuel. Trop propre, trop corpo, trop policé : le marché a gommé ce qui faisait sa tension narrative. Volcom occupait autrefois cet espace. Plus personne aujourd’hui.

    Medina, lui, incarne encore ce chaos contrôlé. Celui qui attire autant qu’il dérange. Celui qui fait parler. Celui qui vend.

    Adidas, Nike… et la porte d’entrée idéale

    Dans ce contexte, les rumeurs les plus folles circulent comme l’idée de voir Adidas aller plus loin que de simples contrats chaussures. Medina est ambassadeur de la marque Adidas depuis 2019. Un deal global, “head to toe”, offrirait à Adidas une entrée propre, maîtrisée et relativement abordable dans le surf… par l’un des rares athlètes capables de dépasser la niche.

    D’autant plus que son compatriote Italo Ferreira est déjà solidement installé chez Nike. La concurrence existe. Le modèle aussi. Nike a montré qu’un athlète pouvait suffire à porter une vision surf sans s’enfermer dans les codes historiques du milieu. En parlant de Nike, certains protagonistes le voient rejoindre Italo, mais est-ce opportun pour la marque d’avoir comme seul représentants masculins de la marque deux brésiliens, j’ai des doutes personnellement…

    Qui veut être mon sponsor ?

    Au fond, le feuilleton Medina ressemble de plus en plus à une émission de prime time version business : Qui veut être mon sponsor ?
    Les marques sont là, les projets aussi. Mais le rapport de force a changé. Ce n’est plus Medina qui doit convaincre. Ce sont les sponsors. A moins que…Gabriel Medina pourrait lui aussi se lancer dans l’entreprenariat comme les frères Florès, c’est un bruit qu’on entend, et qui de mieux qu’un athlète suivi par plus de 13 millions de followers…

    La vraie question n’est donc pas où ira Gabriel Medina, mais quelle marque aura le courage de l’assumer pleinement et de sortir le chéquier….

  • Quand l’océan s’illumine : une session de surf bioluminescente sous un ciel de feu

    Quand l’océan s’illumine : une session de surf bioluminescente sous un ciel de feu

    Un ciel rouge sang zébré d’éclairs, un océan électrique qui s’illumine à chaque mouvement, et un surfeur seul face à la nature déchaînée. Non, ce n’est pas une scène de film, mais une session bien réelle vécue par Santi Medeiro, quelque part sur les côtes d’Uruguay, pour clore l’année 2025 de la manière la plus irréelle possible.

    Une session “hors matrice”

    La vidéo a rapidement fait le tour du monde : on y voit Santi Medeiro glisser sur des vagues nocturnes qui s’illuminent d’un bleu fluorescent à chaque bottom turn, tandis que le ciel explose en éclairs rougeoyants. Un contraste visuel saisissant, presque trop parfait pour être vrai. Et pourtant.

    Dans son message, le surfeur uruguayen ne cache pas son émotion. Entre 23 h et 1 h du matin, il dit avoir vécu « le surf le plus magique de sa vie ». Une session unique, amplifiée par l’orage en arrière-plan, qui transformait chaque vague en tableau vivant.

    Bioluminescence : quand la mer devient néon

    Ce bleu électrique n’a rien de surnaturel, même s’il en donne l’impression. Il s’agit de bioluminescence, un phénomène naturel provoqué par des micro-organismes marins (souvent des dinoflagellés) qui émettent de la lumière lorsqu’ils sont agités.

    Chaque mouvement – pagaie, take-off, rail qui mord l’eau – déclenche alors une réaction chimique produisant cette lueur presque irréelle. Un phénomène rare à observer en surf, encore plus rare lorsqu’il est combiné à un orage aussi spectaculaire.

    Un ciel rouge, présage de surf divin ?

    Le dicton « ciel rouge le soir, laisse bon espoir » traverse les siècles, de la Bible à Shakespeare. Mais ici, on est clairement monté d’un cran. Le ciel embrasé, saturé d’éclairs rouges, a rappelé à certains l’univers sombre et fantastique de Stranger Things. Une sorte de “monde à l’envers”, version surf, sans monstres… mais avec des vagues luminescentes.

    Une expérience impossible à reproduire

    Ce genre de session coche toutes les cases de l’instant parfait : conditions météo extrêmes mais surfables, présence de bioluminescence, nuit noire, et surtout, le courage (ou l’inconscience ?) d’aller à l’eau à ce moment précis. Autant dire que très peu de surfeurs pourront un jour raconter une histoire similaire.

    Une chose est sûre : cette session rappelle pourquoi le surf dépasse largement le cadre du sport. Parfois, il devient une expérience sensorielle totale, presque mystique. Et quand la nature décide de sortir le grand jeu, il ne reste plus qu’à ramer… et ouvrir grand les yeux.

  • Pourquoi les planches alternatives ont bouleversé la pratique du surf

    Pourquoi les planches alternatives ont bouleversé la pratique du surf

    Une statistique qui résume une révolution silencieuse

    En 2007, 70 % des mousses vendues par US Blanks servaient à façonner des shortboards de haute performance. En 2025, ce chiffre est tombé à 17 %. À l’inverse, les fish, mid-lengths et autres planches alternatives représentent désormais 83 % des ventes.
    Derrière ce basculement industriel se cache surtout une évolution profonde de la manière dont les surfeurs pratiquent, consomment et vivent le surf.

    Ces chiffres ont été donnés par US Blanks dans une vidéo de Stabmag.

    Des surfeurs différents, des attentes différentes

    Le surfeur “moyen” de 2025 n’est plus celui de la fin des années 90 ou du début des années 2000. Il est souvent plus âgé, parfois moins en forme physiquement, avec moins de temps à consacrer à l’eau.
    Résultat : la recherche de performance pure — vitesse, radicalité, manœuvres serrées — n’est plus la priorité absolue. Le plaisir, la facilité de rame, la tolérance dans les sections molles ou surpeuplées prennent le dessus.

    Les planches plus larges, plus volumineuses et plus longues répondent parfaitement à ces attentes. Elles permettent de prendre plus de vagues, de surfer plus longtemps et de s’adapter à des conditions imparfaites, devenues la norme sur de nombreux spots.

    Une démocratisation assumée du surf

    L’explosion des planches alternatives accompagne aussi la démocratisation massive du surf. Jamais autant de personnes n’ont pratiqué, essayé ou repris le surf.
    Fish, mid-lengths et autres designs hybrides offrent une porte d’entrée bien plus accessible que le shortboard haute performance, souvent exigeant et frustrant pour les pratiquants occasionnels.

    Cette accessibilité change la culture même de la session : moins d’élitisme technique, plus de glisse, plus de liberté dans les trajectoires. Le surf devient moins un sport de démonstration qu’un espace d’expression personnelle.

    Vieillir… sans arrêter de surfer

    Il faut aussi parler d’un sujet longtemps tabou : le vieillissement des surfeurs. Beaucoup de pratiquants historiques continuent de surfer, mais autrement.
    Les planches alternatives leur permettent de rester à l’eau sans se battre contre leur corps ou contre des planches devenues trop exigeantes. Ce n’est pas un renoncement, mais une adaptation intelligente.

    Une pratique qui s’éloigne du modèle pro

    Enfin, cette évolution marque une prise de distance nette avec le surf de compétition. Le shortboard haute performance reste l’outil ultime pour le très haut niveau, mais il ne représente plus la réalité quotidienne de la majorité des surfeurs.
    Le surf s’éloigne du modèle unique imposé par le circuit professionnel pour retrouver une pluralité de pratiques, de styles et de plaisirs.

  • Ben Gravy et la tempête du siècle sur les Grands Lacs

    Ben Gravy et la tempête du siècle sur les Grands Lacs

    Juste avant les fêtes de fin d’année, une tempête hors norme a frappé une partie des États-Unis : un phénomène météorologique aussi spectaculaire que son nom, le Bomb Cyclone.
    Derrière cette appellation digne d’un film catastrophe se cache un terme bien réel : la bombogenèse. Il désigne une dépression qui s’intensifie extrêmement rapidement, lorsque de l’air froid rencontre brutalement de l’air chaud, provoquant une chute massive de la pression atmosphérique.

    Résultat : vents violents, neige, chaos aérien… et, phénomène plus rare encore, des vagues géantes sur les Grands Lacs.

    Le « swell d’une vie » version eau douce

    C’est dans ce contexte que Ben Gravy, habitué des vagues improbables, parle sans hésiter du “swell of a lifetime”.
    Les prévisions annoncent alors certaines des plus grosses vagues observées depuis des années sur ces immenses étendues d’eau douce. Des médias évoquent même des murs d’eau dépassant les 30 pieds.

    En route vers les Grands Lacs, Gravy et son équipe connaissent retards d’avion et galères logistiques, directement causés par la tempête. À deux doigts de renoncer. Mais ils persistent. Et ils scorent.

    Tubes sur un lac : une expérience à part

    Soyons clairs : ce ne sera pas la plus grosse session jamais surfée sur les Grands Lacs. Pas encore.
    Mais tuber sur un lac, au cœur de l’hiver, sous une tempête d’une rare intensité, reste une expérience presque irréelle.

    Les vagues sont froides, imprévisibles, puissantes, et surgissent là où on ne les attend pas. Loin des standards du big wave surfing, mais avec une intensité brute qui fascine autant qu’elle intimide.

    Une destination qui ne fait pas rêver… mais qui cartonne

    Les Grands Lacs n’ont rien d’exotique. Pas de récifs tropicaux, pas de plages mythiques.
    Et pourtant, chaque vidéo tournée là-bas fonctionne. Toujours.

    Parce que le surf y est mérité. Parce que les fenêtres sont ultra-rares. Parce que l’échec est souvent plus probable que la réussite. Et parce que, dans un monde saturé d’images parfaites, ces sessions froides, grises et chaotiques racontent autre chose : l’engagement ou la résilience.

    Mais scorer là-bas reste une affaire de timing parfait, de commitment total… et d’un peu de folie.

  • La houle la plus multipic du monde : simple vague ou bug de la matrice ?

    La houle la plus multipic du monde : simple vague ou bug de la matrice ?

    Il y a des vagues étranges… et puis il y a celle-ci. Une houle totalement improbable, découpée en une multitude de pics successifs, comme si l’océan avait appuyé trop fort sur le bouton copier-coller. Une « infinity wave » qui a laissé les surfeurs – et internet – complètement perplexes.

    Blair Conklin, habitué des phénomènes aquatiques hors normes, avoue n’avoir jamais rien vu de tel.

    Une vague, mille théories (plus ou moins sérieuses)

    Face à cette houle multipic totalement hallucinante, les hypothèses les plus farfelues ont évidemment fusé.
    Certains y verront une vague interdimensionnelle, d’autres une faille spatio-temporelle, ou encore la trace laissée par le monstre du Loch Ness en vacances sous les tropiques. Plus crédible encore : une vague générée par une intelligence artificielle qui aurait décidé de se mettre au surf.

    Bref, le grand n’importe quoi. Et c’est aussi pour ça que cette vidéo fascine autant.

    L’hypothèse la plus crédible : le sillage de bateau

    Une fois l’euphorie retombée, une explication bien plus rationnelle semble s’imposer.
    La théorie la plus probable serait celle d’un sillage de bateau réfracté vers le rivage, qui, en se combinant à une houle existante et à un fond particulier, aurait créé ces multiples pics parfaitement découpés sur une seule vague.

    Ce type de phénomène reste extrêmement rare, mais super à regarder.

  • Un shorebreak cauchemardesque au Brésil

    Un shorebreak cauchemardesque au Brésil

    Il y a des vidéos qui donnent envie d’aller à l’eau… et d’autres qui rappellent violemment pourquoi certaines vagues doivent être regardées depuis la plage. À Itaipuaçu, au nord-est de Rio de Janeiro, le shorebreak est de cette seconde catégorie : brutal, sec, imprévisible et clairement pas là pour plaisanter.

    Dans une séquence devenue virale, le bodysurfer brésilien Victor Ugo Peixoto s’engage sur une vague totalement hors norme. Un mur d’eau sombre, qui casse dans quelques centimètres d’eau à peine. Pas de marge. Pas de sortie propre. Juste l’impact. Résultat : annihilation totale, englouti par la lèvre et projeté violemment sur le sable. Le genre de wipeout qui fait mal rien qu’en regardant.

    Un spot réservé aux locaux… et aux inconscients

    Praia de Itaipuaçu est connue des bodysurfeurs expérimentés pour ses shorebreaks mutantes. Les locaux y voient un terrain de jeu extrême, mais les avertissements sont clairs : pour les visiteurs, ce spot est dangereux. Très dangereux.

    Les panneaux sont explicites, et les messages aussi :
    « Respect the signs and save lives. »

    Ici, pas question de paddle, encore moins de surf classique. Même pour le bodysurf, le spot exige une lecture parfaite de l’océan, un timing chirurgical et une vraie tolérance à la violence.

    Rien à voir avec Saquarema

    À quelques kilomètres de là, Saquarema, théâtre de l’étape brésilienne de la World Surf League, propose un beachbreak parfois capricieux mais bien plus « humain ». Itaipuaçu, elle, joue clairement dans une autre dimension.

    Cette vague-là n’est pas là pour être surfée. Elle est là pour rappeler que l’océan n’est jamais un parc d’attractions.

  • Le mercato surf 2026 secoue les marques historiques

    Le mercato surf 2026 secoue les marques historiques

    Le début de saison 2026 n’a même pas encore livré ses premières grosses houles que le mercato du surf professionnel fait déjà trembler l’industrie. En quelques jours, plusieurs annonces ont agi comme de véritables séismes : Gabriel Medina quitte Rip Curl, William Aliotti n’est plus chez Volcom, et Yago Dora, champion du monde en titre, change lui aussi de maison. Des départs qui racontent beaucoup plus qu’un simple jeu de chaises musicales.

    Gabriel Medina et Rip Curl : la fin d’une ère

    L’annonce a fait l’effet d’une bombe. Après des années d’association étroite, Gabriel Medina n’est plus sponsorisé par Rip Curl. Une séparation lourde de symboles pour une marque historique du surf. Medina, triple champion du monde et figure planétaire, incarnait à lui seul une certaine idée de la puissance marketing du surf moderne. Son départ marque un tournant : même les icônes ne sont plus intouchables.

    Yago Dora, de Volcom à Vissla : un pari fort

    La décision la plus commentée reste celle de Yago Dora, champion du monde en titre, qui quitte Volcom pour devenir le nouveau visage de Vissla à partir de 2026. Un choix surprenant sur le papier : Vissla est une marque plus jeune, plus petite, loin des standards financiers d’un champion du monde.

    Selon plusieurs sources, son ancien contrat avec Volcom Brésil était inférieur à 100 000 dollars par an, sans bonus lié au titre mondial. Un chiffre révélateur de la contraction du marché. Chez Vissla, le projet semble différent : moins d’athlètes, plus de sens, et une vision assumée portée par Paul Naudé, ancien dirigeant de Billabong, qui n’hésite pas à affirmer que les marques traditionnelles sont en déclin.

    William Aliotti quitte Volcom, sobriété et authenticité en question

    Autre séparation notable : celle entre William Aliotti et Volcom. Le Français, ambassadeur de la marque, incarnait une image à contre-courant, loin du surf business tapageur. Ce départ illustre la difficulté pour les marques historiques de conserver des surfeurs. William Aliotti a un profil original, de free surfeur avec une vrai reconnaissance au niveau international, ce qui est rare pour un français.

    Tristan Guilbaud n’est plus chez Protest

    C’est l’info de dernière minute, mais Tristan Guilbaud vient d’annoncer sur ses réseaux sociaux qu’après 15 ans de partenariat, les chemins de la marque Protest et du surfeur vendéen s’arrêtaient. Une situation pas facile pour un surfeur qui a dépassé la trentaine, mais qui paradoxalement, est en course pour se qualifier sur le Challenger Series. Il faut comprendre derrière cette phrase, que le coût pour suivre ce circuit nécessite des moyens conséquents avec des épreuves aux quatre coins du monde.

    Un mercato révélateur de la crise du surf business

    Ces mouvements ne sont pas isolés. Ils traduisent une mutation profonde du surf professionnel. Moins d’argent, moins de teams surdimensionnés, mais davantage de paris ciblés. Les marques historiques réduisent la voilure depuis de nombreuses années, pendant que des labels plus agiles tentent de rebattre les cartes.

    Le surf entre dans une nouvelle ère. Ce mercato 2026 n’est peut-être que le début d’un grand ménage….

  • Les surfeurs français les plus populaires en France en 2025

    Les surfeurs français les plus populaires en France en 2025

    Qui sont réellement les surfeurs français les plus populaires en France aujourd’hui ? Pas les plus titrés, pas forcément les plus médiatisés à la télévision, ni ceux invités sur les plateaux ou suivis par des millions de fans hors du surf. Ici, l’idée est volontairement différente : s’intéresser aux surfeurs et surfeuses français(es) “de profession”, dont la notoriété s’est construite avant tout par le surf, la performance, l’image et l’histoire dans l’eau.

    Pour tenter d’y voir plus clair, cet article repose sur une méthode simple, assumée et surtout comparable : les données de recherche Google. Concrètement, nous avons analysé le volume moyen de recherches mensuelles pour chaque surfeur et surfeuse français(e), sur une période allant de janvier 2025 à décembre 2025. Un indicateur imparfait, bien sûr, mais qui a le mérite d’être mesurable, objectif et identique pour tous.

    Point important à souligner : ce classement ne distingue volontairement pas les hommes des femmes. Les surfeuses et les surfeurs sont ici réunis dans une seule et même liste, sur un pied d’égalité, avec un unique critère de lecture : l’intérêt réel des internautes mesuré via Google. Pas de catégories, pas de sous-classement, pas de séparation artificielle. Une approche qui reflète aussi une réalité : lorsqu’un nom marque le public, peu importe le genre, il est recherché.

    Ce classement ne prétend pas désigner les “meilleurs” surfeurs français, ni les plus titrés ou les plus influents au sens marketing du terme. Il cherche simplement à répondre à une question très concrète : quels noms de surfeurs et surfeuses français(es) les internautes tapent-ils réellement sur Google ? À indicateur égal, la comparaison devient possible, lisible et surtout cohérente.

    Un parti pris assumé, une base de données claire, et une photographie de la popularité surf made in France, à un instant T.
    Place maintenant aux chiffres… et aux noms qui font vibrer le surf français.

    Classement des surfeurs français les plus populaires sur Google en 2025

    Sur la base des volumes de recherche Google moyens mensuels, cumulés sur la période janvier 2025 – décembre 2025, voici les surfeurs et surfeuses français(es) les plus recherchés en France, toutes disciplines et tous genres confondus.

    🥇 1. Kauli Vaast

    Révélation mondiale issue de Tahiti, Kauli Vaast domine largement les recherches. Entre performances sportives, image forte et exposition médiatique internationale, son nom s’impose comme le plus tapé sur Google en France en 2025. Sa médaille d’or aux jeux olympiques en France, ont fait de lui le surfeur français le plus populaire

    🥈 2. Jérémy Florès

    Figure historique du surf français moderne, Jérémy Florès conserve une popularité très élevée. Son parcours, ses combats personnels et son statut d’icône expliquent une présence toujours massive dans les recherches.

    🥉 3. Justine Dupont

    Référence mondiale du big wave surfing, Justine Dupont confirme qu’une carrière hors des circuits classiques peut générer un intérêt public immense et durable.

    4. Johanne Defay

    Pilier du surf féminin français depuis plus d’une décennie, Johanne Defay reste l’une des surfeuses les plus recherchées, portée par sa régularité au plus haut niveau. Elle a mis au monde cette année son premier enfant…

    5. Marco Mignot

    Nouvelle génération du surf français, Marco Mignot bénéficie d’une forte dynamique de recherches, portée par ses résultats et une montée en puissance progressive sur la scène internationale.

    6. Vahiné Fierro

    Athlète charismatique et engagée, Vahiné Fierro s’impose comme l’une des figures féminines les plus suivies et recherchées du surf français actuel.

    7. Tya Zebrowski

    Très jeune mais déjà ultra médiatisée, Tya Zebrowski illustre parfaitement la corrélation entre exposition, résultats et recherches Google.

    8. Maud Le Car

    Entre carrière sportive, engagement écologique et entrepreneuriat, Maud Le Car continue de susciter un intérêt constant auprès du public français.

    9. Jorgann Couzinet

    Surfeur spectaculaire et attachant, Jorgann Couzinet reste solidement installé dans l’imaginaire collectif et les recherches Google.

    10. Édouard Delpero

    Figure incontournable du longboard mondial, Édouard Delpero clôt ce top 10 grâce à des bons résultats en compétition. Il finit vice champion du monde WSL dans un scénario catastrophe, ce qui lui permet d’intégrer le top 10

    D’autres surfeurs aux portes du top 10, Michel Bourez, Benjamain Sanchis, Joan Duru ou Justin Bécret sont les surfeurs aux portes du top 10. Je ne sais pas si c’est un format qu’il plaira mais on pourrait

  • Des tubes parfaits en Pologne : la vidéo qui a retourné Internet

    Des tubes parfaits en Pologne : la vidéo qui a retourné Internet

    Pendant quelques heures, la mer Baltique a fait exploser tous les clichés. Oui, des tubes creux, rapides, parfaitement dessinés… en Pologne. Une vidéo devenue virale en quelques heures a suffi à affoler la planète surf, au point de faire douter les plus sceptiques. Non, ce n’est ni l’Indonésie, ni la Namibie (quoique…..). C’est bien la côte polonaise, figée dans le froid, qui a offert un spectacle totalement irréel.

    Une tempête historique à l’origine du phénomène

    À l’origine de ce moment suspendu : une tempête exceptionnelle, la première véritablement sérieuse de l’automne-hiver. Les modèles annonçaient des chiffres rarement vus en Baltique : près de 6 mètres à 12 secondes, une configuration presque absurde pour une mer fermée. Résultat : un fetch parfaitement aligné, une houle longue, propre, et surtout… des gauches tubulaires qui n’auraient pas dépareillé dans un edit de désert africain.

    Le tout documenté par le photographe local Krzysztof Jędrzejak, plus connu sous le pseudo Baltic Surf Scapes. Présent au bon endroit, au bon moment, il capture ce que beaucoup considèrent déjà comme le plus beau swell vu en Pologne depuis des années.

    Personne à l’eau… ou presque

    C’est là que l’histoire devient encore plus folle. Malgré des vagues objectivement parfaites, personne ne surfe. Pas de foule. Pas de bataille de take-off. Pas même un surfeur isolé cherchant à sauver sa vie dans l’inside. Pourquoi ? À cause d’un ennemi invisible mais implacable : le courant.

    Selon Jędrzejak, il était tout simplement impossible de se placer sans jet-ski. Un courant si puissant qu’il traversait la baie, rendant toute tentative de rame vaine. Des vagues de rêve, mais injouables. Le genre de scénario qui rend fou n’importe quel surfeur : regarder des tubes parfaits défiler… sans pouvoir en prendre un seul.

    La Baltique, cet outsider éternel du surf

    La mer Baltique n’a jamais figuré sur la bucket list des surfeurs. Trop froide. Trop capricieuse. Trop molle la plupart du temps. Et pourtant, comme les Grands Lacs ou certains coins improbables d’Europe de l’Est, elle rappelle parfois que le surf ne se limite pas aux tropiques.

    Des surfeurs vivent ici, s’acharnent, scrutent les cartes, acceptent des sessions médiocres en attendant le jour. Ce jour-là, ils l’ont vu… mais n’ont pas pu le surfer.

    Quand le surf devient un mythe visuel

    L’an dernier, Dylan Graves s’était déjà aventuré dans la région avec le Suédois Freddie Meadows pour un épisode de Weird Waves. Une exploration des marges du surf mondial, là où les vagues existent, mais jamais comme on les imagine.

    Cette fois, la Baltique a frappé fort. Très fort. Et a laissé derrière elle une vérité cruelle mais bien connue des chasseurs de vagues rares : “tu aurais dû être là hier… avec un jet-ski.”

  • La Nord à Hossegor : le jour où tout s’est aligné

    La Nord à Hossegor : le jour où tout s’est aligné

    Il y a des jours où tout s’aligne. Le genre de session dont on parle longtemps après, avec ce mélange d’excitation et d’incrédulité dans la voix. À La Nord, à Hossegor, ce jour-là est arrivé en plein cœur de l’hiver, quelques jours avant Noël, porté par un swell massif et une météo quasi irréelle.

    « Une session absolument incroyable sur le légendaire spot de grosses vagues de Hossegor. Honnêtement, je ne l’avais jamais vu aussi gros et aussi parfait. Tube après tube, quasiment à chaque vague. » Le constat est unanime. La Nord a offert une version presque fantasmée d’elle-même : puissante, creuse, propre, avec cette régularité qui transforme une bonne session en moment d’histoire.

    La Nord au sommet de la hiérarchie européenne

    Avec La Gravière, La Nord fait partie de ces vagues que les chasseurs de tubes français surveillent dès que l’Atlantique s’active sérieusement. Quand le large s’illumine, beaucoup savent que les meilleurs chargeurs du monde sont déjà en train de préparer leurs jet-skis direction Nazaré.

    Mais ce week-end de décembre 2025, La Nord n’avait rien à envier aux spots mythiques du continent. Le beachbreak landais ressemblait à un dessin animé de perfection : des vagues massives, une lèvre épaisse, des sections interminables et des barrels qui s’enchaînaient presque sans pause. Sans surfeur dans le cadre, les images semblaient irréelles. Avec un surfeur ou un jet-ski pour donner l’échelle, la taille et la violence prenaient soudain tout leur sens. On n’est pas sur une session XXL au sens propre du terme, mais sur une gavade de barrel mutant.

    Peu de monde, beaucoup de vagues

    Autre élément rare : le line-up. Beaucoup de locaux étaient absents. Certains partis à Mundaka, coincés à attendre leur tour sur un pic saturé. D’autres avaient mis le cap sur l’Irlande, bien équipés pour affronter le froid et les slabs. Résultat : ceux qui sont restés à Hossegor ont vécu un luxe devenu presque introuvable.

    Des vagues réellement parfaites, partagées entre amis, dans une atmosphère détendue malgré la taille. Une session presque intime sur l’un des beachbreaks les plus redoutés d’Europe, à une époque où la surfréquentation est souvent la norme.

    Le tube en step-off de Charly Quivront

    Parmi les images marquantes de la journée, impossible de ne pas évoquer Charly Quivront. Le Français s’est offert l’un des plus beaux moments de la session avec un tube en step-off d’une rare pureté. Engagement total, timing chirurgical, et cette sensation que tout peut basculer à la moindre hésitation.

    Ce genre de vague qui résume parfaitement La Nord : spectaculaire, exigeante, sans droit à l’erreur. Une sortie de tube qui marque les esprits et s’inscrit naturellement dans les images fortes de l’hiver.

  • Eisbach : la vague urbaine qui divise Munich

    Eisbach : la vague urbaine qui divise Munich

    Pendant des décennies, la vague de l’Eisbach a fait de Munich un mythe improbable du surf mondial. Une vague glacée, au cœur de l’English Garden, surfée toute l’année par des locaux et des voyageurs venus des quatre coins du globe. Aujourd’hui pourtant, cette icône est à l’arrêt. Et l’histoire qui se joue dépasse largement le simple cadre du sport.

    Une vague née de l’ingéniosité urbaine

    Dans les années 1970, des aménagements en béton sur ce bras de l’Isar créent un courant puissant sous un pont du parc. L’idée géniale revient à Walter Strasser : placer une planche à l’angle parfait pour faire naître une vague statique. Le spot devient culte, un rite de passage pour des générations de surfeurs urbains. Munich, ville sans océan, entre alors dans la cartographie mondiale du surf.

    L’accident qui change tout

    En avril dernier, un drame frappe la communauté. Une surfeuse de 33 ans perd la vie après que son leash se soit coincé sous l’eau, la maintenant prisonnière du courant. Malgré une intervention rapide, elle décède à l’hôpital. Un choc immense. Le premier accident mortel de l’histoire du spot. La vague est fermée, une enquête de sécurité lancée, et le débat s’enclenche : peut-on encore surfer l’Eisbach ?

    Quand l’administration bloque la relance

    À l’automne, lors d’un nettoyage de routine, la vague disparaît. Le Surf Club Munich se mobilise pour un redémarrage encadré, sûr et durable. Mais après des mois de discussions, l’association jette l’éponge. Trop de lourdeurs administratives, trop peu de volonté politique. Selon le club, la ville ne cherche plus à encadrer le surf… mais à l’empêcher.

    Strasser affirme pourtant pouvoir régler le problème en quelques semaines, avec un budget minime. Il explique avoir tenté de collaborer avec le maire Dieter Reiter, sans succès. Résultat : le projet officiel est abandonné.

    Réouverture clandestine, tension maximale

    Face à l’immobilisme, certains surfeurs passent à l’action. Pendant les fêtes, une planche est installée illégalement. La vague renaît brièvement, dans la clandestinité. Les autorités interviennent rapidement : le dispositif est retiré, et l’interdiction rappelée. Le surf reste officiellement prohibé.

    Une vague devenue politique

    L’Eisbach n’est plus seulement une vague. C’est un symbole. Celui d’un sport urbain vivant, d’une culture locale forte, mais aussi d’un conflit entre passion et réglementation. Le débat est désormais politique, sociétal, presque philosophique : quelle place laisse-t-on à l’expression libre dans l’espace public ?

    À Munich, l’eau coule toujours. Mais la vague, elle, attend.

  • Joel Tudor, le vieux grincheux sur instagram

    Joel Tudor, le vieux grincheux sur instagram

    À Pipeline, il y a le reef, les barrels, la peur… et parfois quelque chose d’encore plus dangereux : l’ego.
    La récente altercation entre Joel Tudor et Maddix Alotis n’est pas qu’un simple quasi-accident de plus sur la vague la plus célèbre du monde.

    PS: Joel Tudor est un surfeur qu’on n’apprécie pas malgré le fait qu’il soit une référence…

    Quand l’ancienneté devient une arme

    La scène est claire. Maddix Alotis, 20 ans, local du North Shore, s’élance sur une gauche parfaite à Pipeline. Engagement total, trajectoire propre.
    Sur l’épaule, une autre planche surgit. Drop-in. Collision évitée de justesse.

    Celui qui force le passage ? Joel Tudor.
    Et le plus choquant n’est pas tant le geste que ce qui suit.

    Dans les commentaires, Tudor assume. Pire : il revendique. Il parle de “leçon”, de respect des anciens, d’années passées à l’eau comme si cela donnait un droit permanent à mettre les autres en danger. 36 hivers à Pipeline contre trois pour le jeune surfeur, donc circulez.

    Pipeline n’est pas un trône

    Oui, Pipeline a une hiérarchie. Oui, l’expérience compte. Mais depuis quand l’ancienneté autorise-t-elle à piétiner la règle la plus basique du surf : la sécurité ?
    À ce niveau d’engagement, un drop-in n’est pas un message symbolique. C’est un risque réel. Reef, planches, vitesse, violence de la vague : tout est là pour que ça tourne mal.

    Le malaise d’une légende

    Joel Tudor reste une icône du longboard, personne ne le conteste. Mais sur cette séquence, il incarne surtout un refus de passer le relais.
    La nouvelle génération charge plus fort, plus tôt, plus sérieusement. Elle connaît Pipeline. Elle y a grandi. Elle ne demande pas la permission, elle gagne sa place à la rame.

    Et c’est peut-être ça, le vrai problème.

    Le respect ne se réclame pas, il se mérite

    À Pipeline, personne n’est intouchable. Pas même les légendes.
    Le respect ne se décrète pas dans un commentaire Instagram, encore moins après un drop-in dangereux. Il se gagne par l’exemple, la retenue, et la responsabilité.

    Car sur la gauche de Pipeline, ce ne sont pas les années qui tuent. Ce sont les erreurs.

  • Décembre 2025, le mois où l’Atlantique Nord a dépassé toutes les attentes

    Décembre 2025, le mois où l’Atlantique Nord a dépassé toutes les attentes

    Décembre 2025 restera gravé dans la mémoire des surfeurs européens comme un mois hors normes, presque irréel. Pendant près de trente jours, l’Atlantique Nord n’a laissé aucun répit : swell sur swell, tempête sur tempête, avec une régularité rarement observée à cette échelle. Pour les côtes atlantiques européennes, de l’Irlande au Portugal, ce fut un véritable cadeau… musclé.

    Selon les analyses de Surfline, jamais autant de systèmes majeurs n’avaient frappé l’Atlantique Nord sur une période aussi courte. En cause : l’absence prolongée d’anticyclone sur l’Europe de l’Ouest, laissant le champ libre à une succession de dépressions profondes, alimentées par la rencontre explosive entre air arctique et air subtropical. Résultat : des périodes longues, des houles massives et une énergie océanique constante, jour après jour.

    Des sessions historiques à travers l’Europe

    Sur la façade nord, l’Irlande a logiquement encaissé le cœur des tempêtes. À Mullaghmore, les bouées au large ont enregistré des pics à 12 mètres pour 22 secondes, flirtant avec les 40 pieds. Des conditions extrêmes, réservées à une élite du big wave surfing, mais qui ont offert certaines des vagues les plus impressionnantes jamais vues en Europe. Plusieurs riders parlent déjà de la vague d’une vie, tant par la taille que par la pureté du swell.

    Plus au sud, le Portugal a vécu un mois tout aussi exceptionnel. Nazaré a aligné des journées dignes des plus grandes éditions de compétitions de gros, mais la surprise est venue des spots plus “classiques”. À Carcavelos, beach break pourtant capricieux, les surfeurs ont enchaîné plusieurs jours consécutifs de conditions parfaites, une rareté absolue. Beaucoup évoquent les meilleures vagues jamais surfées sur ce spot emblématique.

    Un mois éprouvant, mais inoubliable

    Si l’excitation était permanente, la fatigue l’était aussi. En moyenne, près de vingt jours de surf solide sur le mois, parfois dans des conditions XXL, froides et exigeantes. Trouver la bonne fenêtre entre deux fronts météo est devenu un exercice quotidien, aussi bien pour les surfeurs que pour les prévisionnistes. Chaque session se méritait.

    Mais décembre 2025 aura surtout marqué un tournant : une nouvelle génération européenne, mieux préparée, plus structurée, capable d’exploiter ces conditions extrêmes avec sérieux et humilité. Le surf de gros en Europe a clairement changé de dimension.

    L’Atlantique Nord dans toute sa démesure

    Ce mois exceptionnel ne se résume pas à des chiffres ou à des records. Il raconte avant tout la puissance brute de l’Atlantique Nord, capable d’offrir en quelques semaines ce que l’on attend parfois toute une vie de surfeur. Décembre 2025 restera comme un rappel : ici, quand tout s’aligne, l’océan peut devenir aussi généreux qu’impitoyable.

  • Le plus gros Mullaghmore depuis cinq ans : l’Irlande face à son monstre

    Le plus gros Mullaghmore depuis cinq ans : l’Irlande face à son monstre

    Il y a des sessions qui marquent une carrière. Et d’autres qui marquent une génération entière de surfeurs. À Mullaghmore, sur la côte ouest de l’Irlande, le swell de décembre restera comme le plus massif observé depuis cinq ans sur cette gauche aussi mythique que redoutée. Un de ces jours où l’Atlantique Nord ne fait pas semblant, où chaque décision engage, et où le moindre détail compte.

    Ce matin-là, tout commence dans la pénombre. À 7h30, la lumière est encore absente, le froid mord les doigts, et la route vers le spot se fait dans un silence lourd. Le genre de silence qui précède les grandes batailles. Les prévisions sont “mentales” : une houle énorme, un vent sud-sud-est quasi parfait — le Graal pour Mullaghmore. Mais ici, les chiffres ne disent jamais toute la vérité. Ça peut être énorme… ou totalement ingérable.

    Une mécanique millimétrée pour une vague hors norme

    Mullaghmore n’est pas un spot comme les autres. Cette gauche sur reef exige engagement total, timing absolu et confiance aveugle dans l’équipe. Le moindre retard, la moindre hésitation, et la vague vous rappelle instantanément qui commande.

    Quand le swell rentre, il n’y a pas de place pour l’improvisation. Jets-skis, safety, caméras, communication : tout doit être parfaitement huilé. Ce jour-là, l’eau est saturée de machines — près de 25 jets skis — signe que quelque chose d’exceptionnel est en train de se produire. Les séries sont massives, propres, d’une taille rarement vue avec une telle qualité de vent.

    Conor Maguire et la vague d’une vie

    Au cœur de cette session hors normes, Conor Maguire prend une vague qui pourrait bien entrer dans l’histoire du spot. Les mesures officielles se font attendre, mais une chose est sûre : elle pourrait être la plus grosse jamais surfée à Mullaghmore.

    Dans ces conditions, rien n’est laissé au hasard. Préparation physique, lecture du plan d’eau, synchronisation avec le pilote de jet-ski… tout converge vers un instant suspendu. Maguire parle d’un moment “très spécial”, de ceux où tout s’aligne enfin. À Mullaghmore, ce genre d’instant ne se donne pas facilement.

    Un swell que personne n’oubliera

    Le lendemain, les visages sont marqués, les corps fatigués, mais les regards brillent encore. Beaucoup parlent des vagues de leur vie. Certains n’en ont pris qu’une. D’autres deux. Mais tous savent qu’ils ont assisté à quelque chose de rare.

    Des conditions aussi grosses, aussi propres, avec une telle organisation collective, ne se produisent qu’une poignée de fois par décennie sur cette gauche irlandaise. Et quand elles arrivent, Mullaghmore rappelle pourquoi elle est considérée comme l’un des spots de grosses vagues les plus dangereux et respectés d’Europe.

  • Tom Curren, 61 ans, et toujours ce surf hors du temps

    Tom Curren, 61 ans, et toujours ce surf hors du temps

    À 61 ans, Tom Curren continue de faire vaciller nos certitudes. Vieillir, ralentir, lever le pied… vraiment ? La récente vidéo tournée dans la piscine à vagues du Wavegarden en Espagne a l’effet d’un électrochoc. Quelques secondes suffisent : lignes parfaites, placements impeccables, variations subtiles. Rien de démonstratif, rien de forcé. Juste du surf, pur, lisible, intemporel.

    Et une question qui s’impose naturellement : comment est-ce encore possible de surfer à ce niveau à 61 ans ?

    Un surf qui ne dépend pas de l’âge

    Le surf de Tom Curren n’a jamais été une affaire de force brute ou de démonstration physique. Depuis ses débuts, il repose sur autre chose :

    • le timing,
    • la lecture de vague,
    • LE STYLE

    Dans une piscine à vagues ultra-technique, où chaque section est prévisible, ce style prend encore plus de relief. Là où beaucoup cherchent à “rentabiliser” chaque mètre de vague, Curren choisit, filtre, nuance. Il ne surfe pas contre le temps, il surfe avec lui.

    Vieillir en surf, une autre façon de performer

    Dans le microcosme du surf, l’âge a longtemps été vu comme une date de péremption. Pourtant, la génération dorée des années 80-90 est en train de faire mentir ce dogme.
    Mark Occhilupo approche les 60 ans, Tom Carroll les a dépassés, Kelly Slater continue à défier le calendrier… et Curren, lui, trace sa route à part.

    Son message n’est pas celui de la performance à tout prix. Il est plus subtil : oui, le corps change, mais le surf peut évoluer avec lui. Moins d’impact, plus de précision. Moins de radicalité, plus de sens.

    La piscine à vagues comme terrain d’expression

    Voir Tom Curren à la Wavegarden n’a rien d’anodin. La piscine à vagues est souvent associée à la répétition, à la performance calibrée, parfois même à une forme de standardisation du surf. Curren fait exactement l’inverse :
    il y injecte de l’imprévu, du relâchement…

    Chaque vague est la même, mais chaque ride est différent. C’est là que son surf devient presque pédagogique : le style ne vieillit pas quand il est sincère.

    Une influence toujours intacte

    L’an dernier, Stephanie Gilmore rendait hommage à Curren en reproduisant l’une de ses vagues mythiques à Jeffreys Bay. Même planche, même combinaison, même ligne. Preuve que, des décennies plus tard, son surf reste une référence esthétique absolue.

    Regarder Tom Curren aujourd’hui, ce n’est pas céder à la nostalgie. C’est constater que certaines formes de surf ne vieillissent pas, parce qu’elles ne cherchent pas à suivre une époque.

    Tom Curren, réponse vivante à une fausse question

    Alors, peut-on surfer à 61 ans ?
    Tom Curren apporte une réponse simple, presque désarmante : oui, si l’on a su construire un surf qui ne dépend pas du chrono.

    Dans cette courte vidéo, il ne choque pas par la radicalité. Il fascine par sa cohérence. Et rappelle, à tous ceux qui doutent, que le surf n’est pas une course contre le temps… mais un dialogue avec lui.

  • Yago Dora, champion du monde 2025, met fin à 14 ans avec Volcom

    Yago Dora, champion du monde 2025, met fin à 14 ans avec Volcom

    Trois mois seulement après avoir décroché le titre suprême, Yago Dora surprend la planète surf. Le Brésilien, sacré champion du monde 2025, a officiellement annoncé la fin de son partenariat historique avec Volcom, une collaboration qui aura duré quatorze années. Une décision forte, surprenante, et révélatrice des mutations actuelles du surf professionnel.

    Une séparation qui interpelle dans le surf moderne

    Voir un champion du monde se séparer de son sponsor principal si peu de temps après un sacre mondial reste rare. Dans un sport où la stabilité des contrats est souvent associée à la performance, ce choix questionne. Mais, il reflète aussi une réalité plus large : le surf professionnel évolue, et les trajectoires des athlètes s’individualisent de plus en plus.

    Yago Dora n’était pas seulement un surfeur sponsorisé par Volcom. Il en était devenu l’un des visages forts. Depuis ses débuts adolescents jusqu’à son accession au sommet du Championship Tour, la marque californienne a accompagné chaque étape de sa progression.

    De grom prometteur à champion du monde

    Soutenu par Volcom dès l’âge de 15 ans, Yago Dora a grandi sous les projecteurs, passant du statut de jeune prodige à celui de compétiteur redoutable. Sa carrière s’est construite entre freesurf de haut niveau, films marquants, et montée en puissance sur le circuit mondial.

    L’année 2025 marque l’aboutissement de ce parcours. Deux victoires majeures sur le CT, une régularité impressionnante, le lycra jaune porté une grande partie de la saison, et une performance décisive lors des Finales WSL ont fait de lui un champion du monde incontestable.

    Une décision sans conflit avec Volcom

    Dans son message, Yago Dora parle de “nouveau chapitre”. Le ton est clair : pas de conflit public, pas de règlement de comptes. Ces dernières années, le Brésilien a déjà montré qu’il n’hésitait pas à prendre des décisions fortes, notamment en se séparant de son père et entraîneur historique pour repenser son approche sportive.

    2026, une année clé en préparation

    Derrière cette annonce se cache forcément une suite. Nouveau sponsor titre ? Projet personnel ? Structure indépendante ? Dans un contexte où certains champions misent sur des contrats plus courts, des collaborations ciblées ou une image plus entrepreneuriale, Yago Dora pourrait incarner une nouvelle génération de surfeurs champions, moins dépendants d’un modèle unique.

    Une chose est sûre : en 2026, le nose de sa planche ne portera plus le célèbre Stone… mais il portera sans doute un symbole fort de la suite de son histoire.

  • SURFILMUSIC : Jack Johnson remet le surf au centre de l’écran

    SURFILMUSIC : Jack Johnson remet le surf au centre de l’écran

    Il y a des trailers qui balancent des images jolies et des promesses creuses. Et il y a ceux qui te donnent envie de ressortir la board du garage, de remettre une cassette et de te rappeler pourquoi tu aimes cette culture. La dernière vidéo de Jack Johnson, autour de son projet SURFILMUSIC, fait clairement partie de la deuxième catégorie : un mélange de souvenirs salés, de création artisanale et de “crew spirit” qui sent le sable encore humide sur les sièges de la voiture.

    Dès les premières secondes, on comprend que ce n’est pas seulement une annonce de film ou de tournée. C’est une boucle qui se referme — ou plutôt un cercle qui s’agrandit : le surf, l’image, la musique… et tout ce qui relie ces mondes depuis plus de vingt ans chez Jack.

    Un documentaire qui raconte une évolution, sans renier l’océan

    SURFILMUSIC s’annonce comme un documentaire sur la trajectoire de Jack : surfeur, puis filmmaker, puis musicien devenu une référence mondiale. Mais l’intérêt, c’est que le récit ne cherche pas à faire “success story” à l’américaine. Le ton est plus intime : l’idée que la création vient de la même source que le surf — l’observation, le rythme, la patience, l’instant.

    Le trailer insiste aussi sur un point qui parle à tous ceux qui ont déjà partagé un line-up : personne ne construit ça tout seul. Les projets naissent d’une bande, de rencontres, d’amitiés qui traversent les années. Et c’est exactement ce qui donne à SURFILMUSIC une saveur particulière : on ne regarde pas juste une carrière, on suit une communauté.

    Retour sur deux films cultes : Thicker Than Water et The September Sessions

    Le cœur émotionnel du projet, c’est le retour sur deux surf films qui ont marqué une génération : Thicker Than Water (1999) et The September Sessions (2000). SURFILMUSIC va raconter la fabrication de ces films, l’énergie “do it yourself” de l’époque, et surtout comment cette aventure visuelle a servi de tremplin à la musique de Jack.

    C’est là que l’histoire devient intéressante pour Icônes Surf : ces films n’étaient pas juste “de belles vagues”. Ils ont contribué à façonner une esthétique, une manière de filmer le surf, et une façon de raconter la glisse sans hurler, sans surjouer — juste en laissant parler la lumière, la vitesse, et le silence entre deux séries.

    Les invités qui parlent à tous les surfeurs

    Le documentaire promet aussi de retrouver des figures présentes dans ces films et dans cette époque, avec des noms qui résonnent immédiatement : Kelly Slater, Rob Machado, et les Malloy Brothers. Rien que ça, c’est un joli ticket pour la nostalgie… mais aussi pour remettre en perspective une période où le surf film avait une aura presque “underground”, avant l’ère du scroll infini.

    Un single pour ouvrir la porte : “Hold On To The Light”

    Pour accompagner la sortie du trailer, Jack Johnson a dévoilé “Hold On To The Light”, un nouveau morceau réalisé avec Hermanos Gutiérrez. C’est présenté comme un premier aperçu de la bande-son de SURFILMUSIC : une musique qui garde le côté chaleureux de Jack, avec une texture plus cinématographique, plus “road movie”. Le genre de son qui colle parfaitement à des images de trip, de sessions, de moments simples.

    SURFILMUSIC Tour 2026 : une tournée comme un grand road trip

    La vidéo sert aussi de rampe de lancement à la SURFILMUSIC Tour, une tournée nord-américaine annoncée sur 43 dates en 2026, marquant un vrai retour sur la route après plusieurs années plus calmes. L’idée, c’est de prolonger l’expérience du film en live : du son, des images, et une ambiance pensée pour des salles (et surtout des amphithéâtres) qui respirent l’été.

    Un ADN “green” assumé

    Jack Johnson n’a jamais séparé musique et engagement. Sa tournée est annoncée avec un dispositif éco-responsable (partenariats, actions sur place, mise en avant d’associations, initiatives contre le plastique, etc.), et une logique de redistribution qui vise à soutenir des projets locaux et environnementaux. Là encore, ce n’est pas un argument marketing plaqué : c’est dans son identité depuis longtemps.

    Pourquoi ça peut cartonner auprès des surfeurs

    Parce que SURFILMUSIC ne cherche pas à “faire tendance”. Il revient à l’essence : filmer ce qu’on aime, jouer ce qu’on ressent, et partager avec les gens qui étaient là avant que tout devienne “contenu”. Le trailer ressemble à un message simple : tu peux changer de vie, de métier, d’endroit… mais l’océan, lui, reste un point fixe.

    Dates de la tournée

    Nantes – Mardi 9 juin 2026 19h – Pathé Nantes,  12 Place du Commerce,  44000 Nantes

    Le Grand Rex, Paris – Mardi 9 juin 2026 – 21:00

    GRAAC Getari Enea, Guéthary – Mercredi 10 juin 2026 – 20:30

    Cinéville Parc-Lann, Vannes – Mercredi 10 juin 2026 – 21:00

    Ciné Cambaie, St-Paul, La Réunion – Jeudi 11 juin 2026 – 18:45

    Pathé Madeleine, Marseille – Jeudi 11 juin 2026 – 19:30

    Cinéville, Pont L’Abbé – Jeudi 11 juin 2026 – 20:00

    Le Rex, Hossegor – Jeudi 11 juin 2026 – 20:00

    Kinépolis Lomme, Lille – Jeudi 11 juin 2026 – 20:00

    Le Royal, Biarritz – Jeudi 11 juin 2026 – 20:15

    Mégarama, Bordeaux – Jeudi 11 juin 2026 – 20:30

    Cinéma Liberty, Papeete, Tahiti – Vendredi 12 juin 2026 – 18:00

    Ciné Grand Sud, Saint-Pierre, La Réunion – Vendredi 12 juin 2026 – 19:15

    CGR Dragon, La Rochelle – Vendredi 12 juin 2026 – 19:30

    Les Studios, Brest – Vendredi 12 juin 2026 – 20:00

    Pathé Wilson, Toulouse – Mardi 16 juin 2026 – 20:00

    Pathé Gare du Sud, Nice – Vendredi 19 juin 2026 – 20:00

    Pathé, Toulon – Jeudi 25 juin 2026 – 19:30

    Salle L’Escoure, Lacanau – Mercredi 8 juillet 2026 – 21:00

    Cinéma Eldorado, Saint-Pierre d’Oléron – Jeudi 9 juillet 2026 – 20:30

  • À Bondi Beach, l’océan comme réponse à la violence

    À Bondi Beach, l’océan comme réponse à la violence

    Au lever du soleil, l’océan de Bondi Beach s’est couvert de silhouettes. Des planches, des corps, des bras tendus vers l’horizon. Plus de 2 000 personnes ont pris part à un paddle-out hors norme, organisé en hommage aux victimes de l’attentat qui a récemment frappé cette plage iconique d’Australie. Un moment suspendu, à la fois silencieux et chargé d’une énergie collective rare.

    Un rituel surf pour dire l’indicible

    Dans la culture surf, le paddle-out n’est pas une simple cérémonie. C’est un geste profondément ancré, utilisé pour honorer les disparus, soutenir les vivants et rappeler que l’océan est un espace de communion. Ce vendredi matin, surfeurs, nageurs, habitants du quartier, familles et enfants se sont retrouvés à environ 200 mètres du rivage pour former un immense cercle sur une mer étonnamment calme.

    Le silence a d’abord dominé. Puis, au signal d’un coup de sifflet, le cercle a explosé en cris, en applaudissements, en éclaboussures. Une libération collective, comme un souffle repris après plusieurs jours de choc et de sidération.

    Une communauté rassemblée, sans distinction

    Ce paddle-out n’était pas réservé aux initiés. Certains participants ne savaient pas surfer, d’autres sont venus à la nage. Peu importait le niveau ou l’équipement. Ce qui comptait, c’était la présence. Sauveteurs, coureurs matinaux, membres de clubs voisins, habitants anonymes : Bondi s’est retrouvée unie dans l’eau, là où beaucoup trouvent habituellement refuge et équilibre.

    Sur le sable, les passants se sont arrêtés. Les regards suivaient le cercle au large, pendant que des bouquets de fleurs continuaient de s’accumuler près du lieu de l’attaque. L’océan, lui, offrait un espace de respiration, presque thérapeutique.

    Un message de paix et de solidarité

    Au-delà de l’hommage aux victimes, ce rassemblement portait un message clair de soutien à la communauté juive, directement touchée par l’attentat. Des prises de parole ont eu lieu depuis la plage, rappelant l’importance de rester unis face à la haine. Sans slogans agressifs, sans colère ostentatoire, mais avec une force tranquille.

    Dans l’eau, beaucoup parlaient d’un sentiment paradoxal : la tristesse toujours présente, mais allégée par le simple fait d’être ensemble, dans ce lieu si cher aux habitants de Bondi.

    Quand l’océan aide à guérir

    Depuis l’attentat, les élans de solidarité se multiplient à travers le pays : collectes de fonds, dons du sang, soutien aux blessés et aux proches des victimes. Ce paddle-out s’inscrit dans cette dynamique.

    À Bondi Beach, ce cercle humain restera comme une image forte. Celle d’une communauté debout, flottant ensemble, utilisant la plus belle tradition du surf pour répondre à la violence par la paix, le lien et la dignité.

  • Mayhem contre Mayhem : …Lost encaisse un sale coup face à Lady Gaga

    Mayhem contre Mayhem : …Lost encaisse un sale coup face à Lady Gaga

    Dans le surf, “Mayhem” n’est pas juste un mot cool à coller sur un t-shirt. C’est une marque, un nom qu’on connait tous. Une signature. Une époque entière résumée en quelques lettres, comme un autocollant sur un nose. Sauf qu’en 2025, cette signature s’est retrouvée planté au beau milieu d’un stade pop : Lady Gaga a baptisé son dernier album Mayhem, et a décliné le nom sur le merchandising de tournée. Résultat : …Lost Surfboards (la marque de Matt “Mayhem” Biolos) a décidé de se retourner vers les tribunaux pour protéger ses droits.

    Le dossier est simple à raconter, moins simple à gagner. Côté …Lost, on martèle que “Mayhem” fait partie de l’ADN de la maison depuis des décennies : le logo existe depuis la fin des années 80 et est utilisé commercialement depuis le début des années 90. Le surnom de Biolos, lui, remonte encore plus loin, nourri par un vieux délire musical et une époque où les logos se dessinaient au marqueur, pas dans un tableur.

    En face, Gaga joue dans une autre stratosphère : Mayhem, sorti le 7 mars 2025, a débarqué en tête des charts, avec ses singles (dont Disease et Abracadabra) et un gros duo avec Bruno Mars (Die With a Smile). Une machine mondiale, huilée, bruyante, et surtout… capable de vendre des tonnes de t-shirts avant même que la justice ne finisse son café.

    Le juge dit “non” au stop immédiat sur le merchandising

    La semaine qui vient de passer marque un tournant : à Los Angeles, le juge fédéral Fernando Olguin a refusé la demande de préliminary injunction déposée par …Lost. Traduction sans latin : …Lost voulait que le tribunal bloque tout de suite la vente de fringues “Mayhem” le temps que l’affaire soit tranchée sur le fond. Le juge a répondu : non.

    Et ce n’est pas un “non” poli. C’est un “non” qui ressemble à un panneau sens interdit pour la stratégie de …Lost, parce que la décision s’appuie sur une idée centrale : dans le cas de Gaga, “Mayhem” relève d’un usage artistique et expressif (album, univers de tournée, création), davantage que d’un usage destiné à faire croire à l’origine commerciale d’un produit. Autrement dit, la liberté d’expression pèse lourd, et …Lost n’a pas convaincu le tribunal qu’il y avait une volonté claire de tromper le public.

    Pourquoi ça sent le courant d’arrachement financier

    Soyons clairs : le procès n’est pas terminé. Ce refus d’injonction n’est pas un jugement final. Mais dans ce genre d’affaire, perdre l’injonction, c’est souvent perdre… le momentum. Parce que pendant que la procédure continue, la tournée continue aussi, les ventes s’empilent, et l’attention du public se déplace à la vitesse d’un scroll TikTok.

    C’est là que ton angle prend tout son sens : “Lost Mayhem pourrait disparaître prochainement” — non pas parce que quelqu’un va venir arracher les stickers des planches dans les garages, mais parce que la bataille judiciaire peut devenir une guerre d’usure.

    D’un côté, …Lost, marque surf puissante dans son monde, mais qui reste une entreprise à taille “surf industry”, avec ses marges, ses saisons et ses humeurs de marché. De l’autre, une superstar et une armée juridique. Et quand l’affaire s’éternise, la vraie question devient parfois moins “qui a raison ?” que “qui peut tenir ?”.

    Le risque, pour …Lost, c’est de se retrouver à devoir poursuivre “pour le principe”… tout en voyant la facture grimper. Et il existe un scénario encore plus brutal : celui où le tribunal considère que l’action en justice ne méritait pas d’aller aussi loin, ouvrant la porte à une prise en charge de frais d’avocats côté gagnant. Ce n’est pas automatique, mais c’est le genre de menace qui transforme une plainte en roulette russe comptable.

    Biolos serre les dents : “on va au bout”

    Matt Biolos, lui, ne joue pas la marche arrière. Dans ses déclarations, il assume que l’injonction était une demande difficile et insiste sur l’idée que “Mayhem” n’est pas un caprice marketing mais un pilier de la marque depuis près de 40 ans. En résumé : il ne veut pas “laisser faire”, parce que laisser faire aujourd’hui, c’est banaliser demain.

    Reste que le tribunal vient d’envoyer un message limpide : à ce stade, Gaga a le droit de continuer à vendre, et …Lost doit revoir sa copie pour espérer une victoire sur le fond. Dans l’océan, on appelle ça s’adapter à la série. En justice, c’est pareil : soit tu changes de plan de jeu, soit tu te fais rincer.

  • MASCARAS : Kyllian Guérin sort le grand jeu au Mexique

    MASCARAS : Kyllian Guérin sort le grand jeu au Mexique

    Il aura fallu patienter, mais ça valait le coup : Kyllian Guérin revient avec MASCARAS, une vidéo qui sent la super production à plein nez. Image léchée, montage nerveux, ambiance soignée… On est sur un clip qui se regarde une première fois pour les vagues, puis une deuxième parce qu’on a kiffé.

    Derrière le projet, on retrouve Arthur Genie : un vrai bon derrière la caméra, un monteur solide, et (spoiler) un mec cool. Ensemble, ils ont pris la direction du Mexique, avec une idée claire : filmer un trip surf qui joue sur les contrastes, autant dans les spots que dans les ambiances.

    Le concept : le masque comme symbole (et comme miroir)

    Le film puise sa force dans la symbolique des masques mexicains : des objets chargés de sens, à la fois protection et révélation. Ils cachent un visage, mais révèlent autre chose : une énergie, une intention, une part d’ombre ou de lumière.

    Et cette dualité traverse tout MASCARAS :

    • calme vs intensité
    • sérénité vs tempête
    • maîtrise vs lâcher-prise

    C’est exactement ce que le surf nous fait vivre. Un jour tu danses sur une vague “facile”, le lendemain tu te fais remettre à ta place par un set plus sérieux. Le masque, ici, devient presque une métaphore du surfeur : celui qui avance, même quand ça secoue. (j’ai l’impression d’être un philosophe)

    Puerto Escondido : là où Kyllian est dans son élément

    Direction Puerto Escondido. Et clairement, c’est le terrain de jeu parfait pour ce que Kyllian fait de mieux : s’engager et claquer de gros barrels avec ce mélange de précision et d’instinct qu’on aime voir dans les vagues puissantes.

    Ce qui frappe, c’est à quel point il a ce style “propre” dans le lourd : pas de cinéma inutile, pas de gestes en trop. Il se place, il lit, il y va.

    Et puis… on ne voit pas assez de Français à Puerto, non ?

    Franchement, c’est toujours une petite frustration : les Français sont souvent excellents dans les tubes, et ça ne sort pas de nulle part. Entre les tubes landais, les hivers à se faire brasser et la culture du placement, on a des vrais tube riders en France. Alors voir un Français se faire plaisir à Puerto, ça fait du bien.

    Petit crochet à Salina Cruz : longues droites, autre ambiance

    Le film joue aussi sur l’opposition des spots : après la puissance brute, place à un surf plus fluide avec Salina Cruz et ses longues droites. On change d’énergie, mais pas de niveau : Kyllian est aussi à l’aise quand il faut enchaîner les sections, gérer la vitesse et poser un surf plus “dessiné”.

    C’est justement ce contraste qui rend la vidéo complète : pas juste un clip “heavy”, mais un vrai récital sur des longues droites .

    La question essentielle (et totalement scientifique) : le grip sur le gun

    Bon… petite parenthèse : pourquoi coller un grip sur son gun alors que sur tout le clip, il n’a pas vraiment posé le pied dessus ? 😄
    Évidemment je plaisante — mais avoue, toi aussi tu as regardé en te disant : “Il va s’en servir quand ?”

  • WSL vs Pedro Scooby : l’affaire Saquarema, du scandale de scoring à l’accord

    WSL vs Pedro Scooby : l’affaire Saquarema, du scandale de scoring à l’accord

    Il y a des polémiques qui durent le temps d’une story. Et puis il y a celles qui deviennent un cas d’école. À Saquarema, en 2025, on n’a pas seulement eu un débat classique de passionnés (“j’aurais mis 0,5 de plus”, “t’as vu la section ?”). On a eu un cocktail beaucoup plus sérieux : une contestation publique du jugement, des accusations de racisme, une démarche judiciaire engagée au Brésil… et, au final, une résolution discrète, loin des caméras, avec rétractation et accord entre les parties.

    Le point de départ : une note, deux vagues, et une vidéo qui met le feu

    L’étincelle, c’est un heat du Challenger Series à Saquarema. Dans le surf, la note n’est jamais “juste un chiffre” : c’est une décision qui résume un enchaînement de manœuvres, un choix de vague, un style, un niveau de risque, une comparaison directe avec l’adversaire… et parfois une frustration qui explose.

    Pedro Scooby, surfeur brésilien et personnalité ultra-médiatique, prend la parole publiquement. Son point de vue est simple et percutant : il compare deux vagues notées de manière très proche (voire identique selon la présentation qui circule) et estime que la vague de Weslley Dantas, plus engagée et plus “riche” en manœuvres, méritait mieux que celle de George Pittar. Là où l’histoire bascule, c’est que la critique ne reste pas cantonnée à “mauvaise appréciation”. Scooby associe cet épisode à une lecture beaucoup plus lourde : racisme, et impression que “le système choisit” qui doit avancer.

    Résultat : la polémique sort du microcosme surf. Elle se transforme en sujet grand public, parce qu’un avis amplifié par des millions d’abonnés n’est plus un commentaire.

    Pourquoi la WSL ne pouvait pas laisser passer

    La World Surf League vit d’un contrat implicite avec le public : “vous acceptez que le surf soit jugé, donc subjectif, parce que vous croyez au sérieux du cadre”. Si ce cadre est publiquement qualifié de raciste ou manipulé, on ne critique plus un heat : on attaque l’intégrité du produit sportif.

    Dans ce contexte, la réaction de la WSL est presque mécanique. Quand une organisation estime que son arbitrage est mis en cause au niveau de la réputation, elle cherche à reprendre le contrôle de deux choses :

    1. Les faits (qu’est-ce qui a été dit exactement ? sur quoi se base l’accusation ?)
    2. Le cadre (est-ce une opinion, une dénonciation, une affirmation ?)

    C’est là qu’intervient la démarche judiciaire : une demande formelle d’explications, déposée localement. En clair, on demande à la personne de préciser : “qu’entends-tu par là ? Maintiens-tu tes propos ? As-tu des preuves ?”. Ce n’est pas encore un “procès show” au sens populaire du terme ; c’est aussi une façon de fixer une version officielle, datée, opposable, dans un dossier.

    L’enjeu réel : le surf est subjectif… mais la confiance ne peut pas l’être

    On touche ici à un paradoxe permanent. Le surf est jugé parce qu’il n’est pas chronométrable comme un 100 mètres. Mais plus la discipline grandit, plus la demande de transparence augmente.

    Or, sur un heat tendu, la perception du public est souvent binaire :

    • soit “les juges ont vu un détail que je n’ai pas vu” (confiance)
    • soit “il y a quelque chose derrière” (soupçon)

    Quand on ajoute une accusation de racisme, la barre monte d’un cran. Parce que même si, juridiquement, tout se joue sur la nature des propos et les preuves, symboliquement, on est sur une question qui dépasse la compétition : qui bénéficie du doute ? qui subit les biais ? qui a accès aux opportunités, aux sponsors, à la visibilité ?

    Le twist : une affaire “en cours”… alors que c’était déjà réglé

    Ce qui rend cet épisode fascinant, c’est sa deuxième vie médiatique. Des articles relancent l’histoire autour de la procédure engagée, donnant l’impression d’un conflit qui s’installe. Puis surgit l’information clé : le dossier est déjà clos depuis un moment, avec une résolution hors tribunal.

    La logique est classique dans les conflits à forte charge réputationnelle :

    • on discute
    • il peut y avoir une rétractation (totale ou partielle)
    • on acte un accord mutuel
    • et on évite l’escalade (qui serait souvent perdant-perdant)

    En clair : tout le monde a intérêt à éteindre l’incendie. La WSL protège la crédibilité de son système. Scooby évite que la polémique ne se transforme en feuilleton judiciaire long et coûteux, où chaque mot serait disséqué.

    Pourquoi ça reste un signal fort pour la suite

    Même “résolue”, l’affaire Saquarema laisse trois enseignements.

    1) Les athlètes-influenceurs pèsent autant que les athlètes-résultats
    Aujourd’hui, une déclaration peut secouer le circuit plus vite qu’un podium. L’audience est un levier de pouvoir, et la WSL doit composer avec.

    2) Le jugement est le talon d’Achille structurel du surf
    On peut perfectionner les critères, former, auditer, publier davantage de détails… mais il restera toujours un espace d’interprétation. La question devient : comment rendre cet espace acceptable, compréhensible, et perçu comme équitable ?

    3) La frontière entre critique légitime et accusation grave est devenue centrale
    Dire “je ne suis pas d’accord avec la note” est normal. Dire “c’est raciste / manipulé” engage un autre niveau de responsabilité. Dans l’ère des réseaux, cette frontière est franchie plus vite—et les institutions répliquent plus vite aussi.

    Et maintenant ?

    Le plus intéressant, ce n’est pas de “choisir un camp”. C’est de voir comment le surf va évoluer : plus de pédagogie sur le scoring, plus de transparence, peut-être des formats vidéo explicatifs, des communications plus réactives, et une gestion de crise mieux huilée.

    Parce que la prochaine polémique de notes n’est pas une possibilité. C’est une certitude. Et après Saquarema, tout le monde sait que ça peut aller plus loin qu’un débat de parking… jusqu’aux portes d’un tribunal, avant de revenir—silencieusement—à la table des discussions.

  • Affaire Karim Braire : quand les médias ont fermé les yeux

    Affaire Karim Braire : quand les médias ont fermé les yeux

    Pendant plus de dix ans, Karim Braire a incarné un fantasme parfait : celui de la rédemption par le surf, du « ghetto à Nazaré », du destin arraché à la fatalité. Une histoire calibrée pour la télévision, les plateaux du prime time, les maisons d’édition et, le cinéma.
    Une histoire trop belle pour être vraie. Et pourtant, largement relayée.

    Un récit séduisant, mais fragile dès l’origine

    Dès ses premières apparitions médiatiques, des zones d’ombre apparaissent. Des surfeurs reconnus alertent publiquement :
    – images de surf empruntées à Justine Dupont,
    – contrat Quiksilver introuvable,
    – palmarès inexistant,
    – incohérences factuelles grossières.

    Ces alertes n’étaient ni discrètes ni confidentielles. Elles étaient publiques, documentées, répétées. Mais elles contredisaient une narration trop rentable pour être abandonnée. D’ailleurs, l’équipe avait écrit à l’époque un article dénonçant les fausses déclarations de l’intéressé.

    Le mythe avant les faits

    Le cas Karim Braire illustre un mécanisme bien connu : quand une histoire coche toutes les cases émotionnelles, le fact-checking devient secondaire.
    La figure du survivant charismatique, du self-made-man inspirant, était plus vendeuse que la réalité.

    Résultat :
    – des journalistes ont relayé sans vérifier,
    – des éditeurs ont publié sans enquêter,
    – des producteurs ont réalisé sans recouper.

    Non par ignorance, mais par choix éditorial.

    Une violence rendue invisible

    Pendant que le personnage médiatique prospérait, la violence, elle, se déployait dans l’ombre : violences conjugales, viols, actes de torture, violences sur enfants.
    La justice vient de le confirmer avec une condamnation lourde : 15 ans de réclusion criminelle, assortis d’une période de sûreté et d’un retrait total de l’autorité parentale.

    Ce contraste est glaçant : d’un côté, un homme célébré,
    de l’autre, une famille terrorisée, réduite au silence.

    Le silence complice des relais médiatiques

    Ce procès pose une question essentielle : que vaut une “belle histoire” quand des signaux d’alerte sont volontairement ignorés ?
    Car certains savaient. Certains avaient été prévenus. Et pourtant, la machine médiatique a continué à tourner.

    Dans cette affaire, il n’y a pas seulement un coupable pénal.
    Il y a aussi une chaîne de responsabilités morales : celles de médias, de journalistes, d’éditeurs, qui ont préféré l’audience, l’émotion et l’argent à la rigueur et à l’éthique.

    Le vrai procès qui n’aura pas lieu

    Karim Braire a été jugé et condamné.
    Mais le procès du traitement médiatique, lui, n’aura probablement jamais lieu.

    Et pourtant, il mérite d’être posé noir sur blanc :
    raconter le réel n’est pas vendre des fables,
    et vérifier n’est pas une option quand on se revendique journaliste.

    Car derrière chaque “success story” non vérifiée, il peut y avoir des victimes.
    Et cette fois, elles ont payé le prix fort.

  • John John Florence signe un retour magistral en compétition à Pipeline

    John John Florence signe un retour magistral en compétition à Pipeline

    La nuit dernière, à Hawaï, le surf mondial a assisté à une scène aussi symbolique que spectaculaire : John John Florence de retour en compétition, chez lui, à Pipeline et Backdoor, sur la vague qui a façonné sa légende. À l’occasion du Florence Pipe Pro Presented by HTA, un QS 2000 sponsorisé par sa propre marque, le triple champion du monde a rappelé à tout le monde pourquoi son nom reste indissociable de Banzai Pipeline.

    Dans des conditions propres, avec des vagues de quatre à six pieds et un vent parfait pour ouvrir les tubes, Florence a livré un véritable récital dès son entrée en lice en Round of 64.

    John John Florence, un retour au sommet et sans retenue

    Aligné en Heat 16, John John Florence n’a pas perdu de temps. Très rapidement, il s’engouffre profond dans un tube de Backdoor, ressort avec vitesse et contrôle, puis tente presque de conclure la vague par un énorme air. Note : 9,33. Le message est clair.

    Il enchaîne avec un second tube massif, parfaitement négocié, noté 8,77, pour un total de 18,10, l’un des meilleurs scores de la compétition. À Pipeline, ce genre de performance ne trompe personne : Florence est chez lui, en confiance, et visiblement heureux d’être de retour avec un jersey.

    Au-delà du résultat brut, c’est surtout l’attitude qui marque. Détendu, souriant, fluide, John John surfe comme quelqu’un qui n’a rien à prouver, mais beaucoup à partager. Sponsoriser l’événement avec ses frères Ivan et Nathan, tout en y participant, ajoute une dimension presque irréelle à ce comeback.

    Pipeline n’était pas qu’un terrain de jeu cette nuit-là : c’était le théâtre d’un retour chargé de sens.

    Les Français et Tahitiens bien présents dans le tableau

    Si Florence a capté tous les regards, les surfeurs français/tahitiens ont eux aussi marqué cette journée sur une vague où l’engagement est non négociable.

    Kauli Vaast a parfaitement tenu son rang. Le champion olympique en titre a remporté son heat avec autorité, démontrant une lecture très juste de Backdoor et une aisance de plus en plus évidente dans les tubes hawaiiens. Une performance solide qui confirme qu’il a de plus en plus d’expérience sur une vague plus capricieuse que Teahupoo.

    Sa petite soeur, Aelan Vaast s’est illustrée de belle manière chez les femmes, en remportant son quart de finale et en décrochant sa place pour les demi-finales. Une performance importante sur un spot aussi exigeant que Pipeline, où l’expérience et la précision font toute la différence. Après sa performance sur la vague de Sunset, on attend beaucoup d’elle.

    Toujours côté Polynésie française, Kéo Tamatoa Chabrier et Tereva David ont livré des prestations engagées face à une concurrence relevée, dans un tableau masculin particulièrement dense. Les Tahitiens aiment les vagues tubulaires et puissantes et ils sont en train de le démontrer lors de cette édition.

    Un événement à part dans le calendrier WSL

    Le Florence Pipe Pro n’est pas un QS comme les autres. Entre Pipeline, Backdoor, des conditions propres, un plateau relevé mêlant anciens CT, espoirs locaux et internationaux, et la présence de figures majeures comme John John Florence ou Carissa Moore, l’événement dégage une atmosphère unique.

    La suite de la compétition s’annonce tout aussi passionnante, avec un tableau désormais verrouillé et une possible Finals Day en ligne de mire. Une chose est sûre : le retour de John John Florence n’est pas symbolique, il est compétitif.

    Et à Pipeline, cela suffit à faire vibrer toute la planète surf.

  • Nazaré, aspiré par la vague : la chute glaçante de Lucas Chianca

    Nazaré, aspiré par la vague : la chute glaçante de Lucas Chianca

    Être aspiré par la lèvre d’une vague fait partie des pires cauchemars d’un surfeur. À Nazaré, ce scénario prend une dimension presque irréelle. Quand l’océan dresse des murs d’eau de 15 mètres et plus, chaque erreur peut se transformer en lutte pour la survie.

    Nazaré, une vague imprévisible et sans pardon

    Praia do Norte n’est pas une vague comme les autres. Alimentée par un canyon sous-marin unique au monde, Nazaré concentre une énergie brute, lourde, incontrôlable. Le moindre changement de vent, d’angle de houle ou de marée peut transformer une vague apparemment « propre » en piège mortel.

    Malgré une zone de surf relativement contenue, Nazaré conserve l’ADN d’un beach break, avec des sections qui ferment brutalement et des retours de backwash violents près du phare et des rochers.

    Le premier avertissement : une chute près des rochers

    Le 12 décembre 2025, Lucas « Chumbo » Chianca s’élance sur une gauche qui semble jouable. Le take off est rapide, engagé, mais au bas de la vague, il est rattrapé une masse de mousse chaotique. Le Brésilien reste sous l’eau près de trente secondes avant d’être récupéré in extremis par un jet-ski, à quelques mètres seulement des rochers.
    « C’était un moment très difficile, une des chutes les plus violentes de ma vie », confiera-t-il après coup.

    Aspiré over the falls : l’image qui glace le sang

    Plus tard, Chianca retourne à l’eau. Sur une nouvelle vague, il adopte une ligne haute, anticipant un close-out. Comprenant qu’il n’existe aucune sortie possible, il tente de passer à travers la vague. Mais, la vague est trop épaisse, trop puissante. Il est violemment tiré en arrière et aspiré par la vague.

    L’image est saisissante, presque irréelle. Elle incarne à elle seule la force brute de Nazaré et rappelle une vérité essentielle : ici, même les meilleurs ne contrôlent pas tout. À Nazaré, survivre reste parfois la seule victoire.

  • Hans Odriozola change de drapeau et représentera l’Allemagne

    Hans Odriozola change de drapeau et représentera l’Allemagne

    Le champion du monde junior ISA 2023 quitte l’Espagne pour viser plus haut

    Le monde du surf européen a été pris de court ces derniers jours. Hans Odriozola, champion du monde junior ISA 2023 sous les couleurs espagnoles, a officiellement annoncé qu’il représenterait désormais l’Allemagne dans les compétitions internationales. Une décision inattendue, qui a rapidement fait naître des doutes sur les réseaux sociaux. Poisson d’avril en avance ? Pas du tout.

    C’est via un message sobre publié sur Instagram que le jeune surfeur basque a confirmé l’information, après près de six mois de démarches administratives. Un choix mûrement réfléchi, loin du coup de tête, et qui s’inscrit clairement dans une stratégie sportive à long terme.

    Une annonce officielle après six mois de bureaucratie

    « Après avoir lutté avec la bureaucratie pendant presque six mois, je suis heureux d’annoncer qu’à partir de maintenant, je représenterai l’Allemagne », explique Hans Odriozola. Le surfeur se dit enthousiaste à l’idée d’ouvrir « un nouveau chapitre » et de travailler avec la fédération allemande, le Wellenreitverband.

    La possibilité de ce changement repose sur un élément clé : la mère de Hans est allemande. Un détail juridique déterminant qui lui permet de changer de nationalité sportive sans enfreindre les règlements internationaux.

    Un timing cruel : pas de dernier Mondial Junior ISA

    Conséquence directe de ce changement de drapeau, Hans Odriozola ne pourra pas participer à son dernier Championnat du monde junior ISA. Une décision frustrante pour le surfeur, qui précise manquer le délai réglementaire « de seulement quelques jours ». Une situation amère, mais assumée : « C’est comme ça. Je me concentre désormais sur la suite. »

    Ce renoncement symbolise bien le tournant pris par le jeune talent, prêt à sacrifier un dernier rendez-vous junior pour se projeter pleinement vers le très haut niveau.

    Pourquoi l’Allemagne ? Une question d’opportunités

    Derrière ce choix, il serait naïf de ne voir qu’un simple changement administratif. Selon El Diario Vasco, cette décision est aussi étroitement liée aux perspectives olympiques. La concurrence au sein de l’équipe espagnole est rude, avec un vivier dense et des places extrêmement chères pour les grandes échéances internationales.

    À l’inverse, l’Allemagne offre un cadre bien différent. Les athlètes, en particulier ceux engagés dans un projet olympique, bénéficient d’un soutien économique et structurel solide, bien supérieur à ce que proposent certaines fédérations du sud de l’Europe. Un argument de poids pour un surfeur en phase de transition entre carrière junior et circuit élite.

    Un choix stratégique, pas une trahison

    Ce changement de nationalité sportive ne remet en rien en cause le parcours de Hans Odriozola sous le drapeau espagnol. Champion du monde junior, figure montante du surf européen, il reste profondément attaché à ses racines basques.

    Mais dans un surf moderne de plus en plus professionnalisé, ces décisions font désormais partie du jeu. À seulement quelques années des Jeux Olympiques, Hans Odriozola fait un pari audacieux : celui de se donner toutes les chances d’atteindre le sommet.

  • Kelly Slater de retour à la compétition à 53 ans : la surprise Pipeline

    Kelly Slater de retour à la compétition à 53 ans : la surprise Pipeline

    Le surf pensait avoir tourné la page. Et pourtant. À 53 ans, Kelly Slater vient de rallumer une flamme que beaucoup croyaient définitivement éteinte. Le GOAT a annoncé son retour à la compétition pour le Da Hui Backdoor Shootout 2026, une épreuve mythique disputée à Pipeline, sur la North Shore d’Oahu. Une annonce à la fois surprenante… et parfaitement mesurée.

    Car non, Kelly Slater ne signe pas un retour à plein temps sur le Championship Tour. Pas de saison complète, pas de quête d’un 12ᵉ titre mondial. Juste une compétition, choisie avec soin, sur la vague la plus emblématique de sa carrière.

    Un retour symbolique, pas une retraite annulée

    Officiellement, Kelly Slater a quitté le CT en 2024, après avoir été éliminé par le Mid-Season Cut à Margaret River. Officieusement, il n’a jamais vraiment disparu. Depuis, on l’a vu réapparaître sous forme de wildcards, notamment à Pipeline ou à Lower Trestles, rappelant qu’à certains endroits, il reste dangereux pour n’importe qui.

    Son retour annoncé pour le Da Hui Backdoor Shootout, dont la fenêtre s’étend du 4 au 16 janvier 2026, s’inscrit dans cette logique. Ce n’est pas un come-back au sens classique du terme, mais un clin d’œil à l’histoire, à son histoire.

    À quelques semaines de son 54ᵉ anniversaire, Slater prouve surtout qu’il choisit désormais ses batailles.

    Pipeline, le terrain de jeu éternel de Slater

    S’il y a bien un endroit où Kelly Slater peut encore faire parler l’instinct, l’expérience et le timing, c’est Pipeline. Onze fois champion du monde, il y a signé certaines des performances les plus marquantes de l’histoire du surf de compétition.

    Le Da Hui Backdoor Shootout n’est pas un contest comme les autres. Format par équipes, ambiance old-school, pression maximale, respect absolu du spot. Un événement qui résiste au temps, comme Slater lui-même.

    Peter King, figure historique de l’épreuve, le résume parfaitement : le Shootout est un survivant sur le North Shore, là où tant d’événements ont disparu.

    Une équipe taillée pour Pipeline

    Kelly Slater fera partie de la team A New Earth Project, aux côtés de surfeurs qui incarnent l’ADN de Pipeline :

    • Jamie O’Brien, maître du chaos maîtrisé
    • Moana Jones-Wong, référence absolue côté femmes
    • Koa Smith, Shayden Pacarro, et Luke Tema en alternate

    Un mélange de générations, de styles et de connaissances du spot, parfaitement adapté à la brutalité de Backdoor et Pipeline.

    L’ombre des blessures, la lucidité du champion

    Ce retour reste néanmoins conditionné à une réalité que Slater n’a jamais cachée : son corps. Blessures à répétition, usure naturelle, scoliose… Le Floridien avance désormais avec prudence.

    Sur ses réseaux, fidèle à son ton à la fois détaché et honnête, il a simplement écrit :

    “Hoping I’m healed enough to surf by early mid January.” « « J’espère être suffisamment rétabli pour pouvoir surfer mi janvier. »

    Pas de promesse héroïque. Pas de storytelling forcé. Juste un champion qui écoute enfin ses limites, sans renoncer à ce qui le fait vibrer.

    À Pipeline, l’âge compte moins que le placement. Et dans ce domaine, Slater reste une référence absolue.

    En janvier 2026, il ne s’agira pas de prouver qu’il est encore le meilleur. Juste de rappeler pourquoi il est devenu une légende.

  • Nazaré a tremblé : une journée d’anthologie au TUDOR Big Wave Challenge

    Nazaré a tremblé : une journée d’anthologie au TUDOR Big Wave Challenge

    Le 13 décembre 2025 restera gravé dans l’histoire du surf de grosses vagues. À Praia do Norte, Nazaré a offert un spectacle d’une rare intensité lors du TUDOR Nazaré Big Wave Challenge, disputé dans des conditions extrêmes avec des vagues estimées entre 45 et 60 pieds. Des falaises noires de monde, une houle massive, du brouillard au lever du jour… tous les ingrédients étaient réunis pour une journée hors norme.

    Une victoire collective pour von Rupp et Roseyro

    Dans ce chaos parfaitement orchestré par l’océan, Nic von Rupp et Clément Roseyro ont livré une performance d’une justesse impressionnante. Déjà vainqueurs lors de l’édition précédente, les deux hommes conservent leur Best Team Performance Award, preuve de leur parfaite lecture du spot et de leur synchronisation dans l’action.

    Roseyro a notamment tracté von Rupp sur l’une des bombes du jour, une vague monumentale parfaitement négociée par le Portugais, récompensée par un score exceptionnel de 16,66/20. Plus qu’une démonstration de puissance, c’est l’intelligence de placement et le timing qui ont fait la différence.

    Lucas Chianca, l’engagement total

    S’il ne fallait retenir qu’un mot pour décrire la journée de Lucas “Chumbo” Chianca, ce serait : engagement. Le Brésilien a tout donné, au prix de deux des plus violents wipeouts du contest. Relevé une première fois après être passé par-dessus les chutes, Chianca est reparti immédiatement à l’attaque… pour encaisser un second impact monumental.

    Malgré tout, sa détermination et la taille des vagues surfées lui valent logiquement le Men’s Best Performance Award. Un trophée mérité, mais surtout une journée où la solidarité entre surfeurs a une nouvelle fois été déterminante, notamment grâce à l’intervention salvatrice de Sebastian Steudtner.

    Justine Dupont, impériale et inspirante

    Déjà victorieuse lors de l’édition précédente, Justine Dupont signe un back-to-back historique en remportant une nouvelle fois la Women’s Best Performance. Installée à Nazaré avec sa famille, la Française a démontré une maîtrise impressionnante dans des conditions parmi les plus exigeantes jamais vues sur l’épreuve.

    Tractée par Éric Rebière, Dupont a su gérer la taille, la vitesse et la pression, sortant proprement de vagues massives pour rejoindre l’épaule en toute sécurité. Une performance fluide, engagée et pleine de sang-froid.

    Une fin de compétition sous contrainte

    La compétition n’a toutefois pas pu aller à son terme. Entre brouillard matinal, panne de courant sur le headland et lumière déclinante, la WSL a pris la décision de stopper l’épreuve après le Round 1, afin de garantir la sécurité des athlètes. Un choix responsable, salué par l’ensemble des compétiteurs.

    Au final, au-delà des trophées, cette journée restera comme l’une des plus intenses jamais vécues à Nazaré. Un rappel brutal et fascinant de ce que représente réellement le surf de grosses vagues : engagement, humilité et respect absolu de l’océan.

    Nazaré passe en mode compétition de gros XXL

    C’est désormais officiel : le TUDOR Nazaré Big Wave Challenge est appelé ON. La World Surf League a déclenché ce vendredi 12 décembre l’alerte verte, confirmant un run day potentiel dès samedi 13 décembre, avec un premier call prévu à 9h00 GMT, soit 10 heure française.

    Les équipes disposent de 24 heures pour finaliser leur stratégie, ajuster le matériel et se préparer mentalement à affronter Praia do Norte dans ce qu’elle sait offrir de plus brutal. Les conditions observées ces dernières semaines ont permis aux riders de s’entraîner longuement sur place, un facteur clé quand les vagues annoncées flirtent avec les 50 à 70 pieds pendant la nuit, avant de se stabiliser autour de 40 à 60 pieds en journée.

    Le vent, attendu NE modéré le matin, pourrait évoluer vers un léger cross-offshore dans l’après-midi, laissant espérer des murs massifs mais exploitables pour les équipes les plus précises.

    Tableau des séries – TUDOR Nazaré Big Wave Challenge 2025

    Les neuf équipes engagées sont réparties en trois groupes de trois, chacune disputant deux heats de 45 minutes en tow-in.

    Série 1

    ÉquipeSurfeurs
    Team 1Nic von Rupp (POR) / Clément Roseyro (FRA)
    Team 2Lucas “Chumbo” Chianca (BRA) / Pedro “Scooby” Vianna (BRA)
    Team 3Andrew Cotton (GBR) / James Carew (AUS)

    Série 2

    ÉquipeSurfeurs
    Team 4Rodrigo Koxa (BRA) / Vitor Faria (BRA)
    Team 5Rafael Tapia (CHL) / Pierre Rollet (FRA)
    Team 6Benjamin Sanchis (FRA) / Jérôme Sahyoun (MAR)

    Série 3

    ÉquipeSurfeurs
    Team 7Justine Dupont (FRA) / Éric Rebière (FRA)
    Team 8Michelle des Bouillons (BRA) / Ian Cosenza (BRA)
    Team 9Laura Crane (GBR) / Antonio Laureano (POR)

    Des favoris déjà bien identifiés

    Tenant du titre masculin, Clément Roseyro, associé à Nic von Rupp, arrive avec le plein de confiance. Chez les femmes, Justine Dupont, lauréate de la précédente édition, retrouve Nazaré avec une équipe parfaitement rodée.
    Mais l’expérience cumulée de Chumbo & Scooby, tout comme la science de la trajectoire de Koxa, pourrait redistribuer les cartes si les séries deviennent longues et irrégulières.

    Un samedi potentiellement historique

    Depuis ce mercredi 10 décembre, la World Surf League a déclenché une alerte jaune pour le TUDOR Nazaré Big Wave Challenge. La compétition pourrait être lancée dès samedi 13 décembre, si les conditions restent alignées avec les prévisions. Et cette fois, tout semble converger vers un run day épique.

    Un système dépressionnaire massif remonte l’Atlantique, envoyant vers le Portugal un swell NW puissant, attendu dès vendredi après-midi. Le pic — prévu dans la nuit — annonce un réveil brutal de Nazaré, avec des estimations oscillant entre 40 et 60 pieds au petit matin.
    Vent offshore au lever du jour, orientation propre, énergie longue période : la mécanique des grandes journées semble se mettre en place.

    L’ambiance sur place : effervescence totale

    D’après les premiers retours, de nombreux rideurs et équipes sont déjà sur le terrain. Les parkings se remplissent, les housses de tow-in s’ouvrent, les repérages s’enchaînent. Nazaré vit dans ce curieux mélange d’attente électrique et de concentration glacée, propre aux grandes sessions où tout peut arriver.

    Chaque coureur sait que la fenêtre est atypique : gros pic nocturne, baisse progressive en journée, mais suffisamment d’amplitude pour offrir des murs massifs et rideables. L’élan dépendra surtout de la fréquence et de la régularité des bombes. C’est là que se jouera l’alerte verte.

    La prochaine annonce officielle est prévue vendredi 12 décembre à 8h30 GMT.

    Le format : tow-in, précision et sang-froid

    Comme chaque année, l’épreuve se déroulera en tow-in, format conçu pour révéler le meilleur des équipes pilote/surfeur dans la machine instable qu’est Praia do Norte.

    Neuf équipes, réparties en trois groupes, disputeront deux heats de 45 minutes, alternant rôle de rider et driver. Le classement se fera sur les deux meilleures vagues de chaque athlète — avec un bonus double pour la meilleure. Score maximum : 30 points.

    Les distinctions décernées en fin d’événement :

    • Best Men’s Performance
    • Best Women’s Performance
    • Best Team Performance

    Et la liste des invités donne déjà des frissons :

    • Chumbo & Scooby
    • Nic von Rupp & Clément Roseyro
    • Andrew Cotton & Ben Larg
    • Rodrigo Koxa & Vitor Faria
    • Rafael Tapia & Pierre Rollet
    • Benjamin Sanchis & Jerome Sayhoun
    • Justine Dupont & Eric Rebière
    • Michelle des Bouillons & Ian Cosenza
    • Laura Crane & Antonio Laureano

    Un casting de spécialistes rompus aux lignes de vie et aux zones d’impact de Nazaré.