Auteur/autrice : Kelly Slater

  • « Harvey Weinstein Surf League » : Le coup de gueule viral de Joel Tudor contre la WSL

    « Harvey Weinstein Surf League » : Le coup de gueule viral de Joel Tudor contre la WSL

    Petit préambule, cet article s’appuie essentiellement sur les proposde Joel Tudor, que je n’apprécie pas d’ailleurs. On a donc décidé de créer une nouvelle catégorie d’article « Putaclic », et je pense que tout le monde ac compris de quoi il s’agit.

    La légende du longboard, Joel Tudor, n’est pas connue pour sa langue de bois. Mais sa dernière intervention dans le podcast Pinch My Salt de Sterling Spencer a franchi un nouveau palier dans la provocation. En s’attaquant directement à Dirk Ziff, le propriétaire milliardaire de la World Surf League (WSL), Tudor a ressorti des dossiers que l’organisation préférerait sans doute laisser au placard : les connexions passées avec le tristement célèbre producteur hollywoodien Harvey Weinstein.

    « Le bras droit de Weinstein » : Les accusations de Tudor

    Au micro de Sterling Spencer, Tudor n’a pas mâché ses mots, rebaptisant l’organisation la « Harvey Weinstein Surf League ». Selon le triple champion du monde, Dirk Ziff n’était pas qu’un simple investisseur, mais le « bras droit » de Weinstein à l’époque de la splendeur du producteur déchu.

    « Le gars qui possède la WSL était le bras droit de Harvey Weinstein », a lâché Tudor, provoquant la stupéfaction de ses hôtes.

    Tudor a notamment évoqué un dîner organisé à Hollywood, photos à l’appui dans l’émission, où plusieurs stars du surf mondial côtoyaient les pontes de la Weinstein Company. Pour le surfeur californien, ce passé sulfureux explique pourquoi, selon lui, la WSL est devenue « insipide et ringarde ». Honnêtement, je ne vois pas le rapport.

    Ce que disent les faits : Dirk Ziff et la Weinstein Company

    Si les propos de Tudor sont incendiaires, ils s’appuient sur des faits documentés, bien que la réalité soit plus nuancée. Dirk Ziff a effectivement siégé au conseil d’administration de la Weinstein Company. Cependant, l’histoire officielle rapporte qu’il a démissionné rapidement après la révélation des crimes sexuels du producteur, affirmant ignorer les agissements de ce dernier.

    Néanmoins, pour Joel Tudor, ces explications ne suffisent pas. Il insiste sur le fait que l’influence et les réseaux de cette époque imprègnent toujours la structure actuelle du surf professionnel.

    Une accumulation de polémiques pour la WSL

    Cette sortie médiatique intervient dans un contexte déjà tendu pour la WSL. L’article mentionne également les liens d’amitié entre Ziff et Casey Wasserman, un nom apparu dans les dossiers Epstein et actuel leader de l’organisation des JO de Los Angeles 2028.

    Pour Tudor, cette proximité avec les cercles de pouvoir les plus controversés de l’élite américaine dénature l’essence même du surf. Alors que la WSL tente de moderniser son image et de séduire un public plus large, ce genre de rappel historique par l’une des figures les plus respectées de la communauté risque de laisser des traces.

  • Le « Anti Surf Project » ressuscite l’ASP : le collectif basque qui bouscule les codes

    Le « Anti Surf Project » ressuscite l’ASP : le collectif basque qui bouscule les codes

    Le surf mondial a-t-il retrouvé son grain de folie ? Si vous pensiez que l’ASP (l’ancienne ligue pro) était enterrée, préparez-vous à un sérieux choc thermique. Sous l’impulsion de Jordan « Djoko » Sevellec et du soutien de Billabong, le Anti Surf Project (ASP) vient de lâcher le teaser de son nouveau projet de long-métrage : Pirates, Not Porate.

    L’esprit « punk » au cœur du line-up

    Loin des lycras de compétition et des scores millimétrés, ce collectif basque réunit des surfeurs un peu « underground ». Ici, on mélange du surf aérien, une ambiance punk et une esthétique rétro des années 2000. Le film, réalisé par Baptiste Derrien et Théo Preuilh Gereaume, documente une année de pur chaos créatif autour du globe.

    Au casting, on retrouve les figures locales qui font bouger les lignes : Tibo Manson, Diego Torre, Mathis Martinelly ou encore Jordan Noodles. À chaque sortie de leur vidéo, j’aime les partager car elle sont toujours rafraichissantes et on y voit des vagues différentes.

    Une tournée européenne qui s’arrête chez nous

    Après un lancement explosif à Ericeira le 14 mars, la bande de copains s’apprête à envahir nos côtes. Pas de tapis rouge, mais une ambiance garantie dans les bars et cinémas locaux. C’est l’occasion de voir du bon surf sans le filtre poli des réseaux sociaux.

    Notez bien les dates dans la région :

    • 21 mars : Le Triangu, Sopelana
    • 28 mars : Le Newquay, Biarritz
    • 3 avril : Le Royal, Biarritz (Clôture de la tournée)

    L’ASP est de retour, mais pas celle que vous croyez. Et honnêtement, c’est ce qui pouvait arriver de mieux au surf en 2026.

  • Surf Pro 2026 : La France en force et une Wildcard Maternité historique

    Surf Pro 2026 : La France en force et une Wildcard Maternité historique

    La World Surf League (WSL) vient d’officialiser les contours de la saison du Championship Tour (CT) 2026, qui marquera le 50ème anniversaire du circuit mondial. Si le coup d’envoi est imminent à Bells Beach le 1er avril, deux informations majeures sont à retenir : une équipe de France bien fournie et la création d’une Wildcard Maternité spécifique, une véritable première dans l’histoire de la WSL.

    Équipe de France : Quatre Bleus à l’assaut du Pacifique

    C’est une nouvelle qui va réjouir les fans français : la saison 2026 verra un contingent tricolore conséquent sur le tour élite. Quatre surfeurs français porteront haut les couleurs nationales.

    Chez les femmes, la Réunionnaise Vahine Fierro, qui a brillamment conservé sa place dans le Top 14 du CT 2025, sera rejointe par la jeune prodige Tya Zebrowski. Tya, qui a explosé sur le Challenger Series (CS) 2025/2026, intègre le CT par la grande porte en remportant le circuit Challenger Series.

    Du côté des hommes, la dynamique est tout aussi excitante. Le Tahitien Kauli Vaast, vice-champion olympique à Teahupo’o, a validé son ticket pour le CT grâce à une performance solide sur le Challenger Series, il gagne également le circuit. Il sera accompagné de Marco Mignot, qui a lui aussi sécurisé sa place dans l’élite en terminant dans le Top 22 du CT 2025. C’est une génération dorée qui arrive sur le tour, prête à bousculer la hiérarchie mondiale. Voir évoluer ces quatre athlètes ensemble promet une saison inoubliable pour le surf français.

    Révolution WSL : La Maternity Wildcard change la donne pour les surfeuses

    L’autre annonce fracassante de ce communiqué concerne Johanne Defay et Tatiana Weston-Webb. Les deux surfeuses, piliers du tour mondial, ont annoncé prendre une pause en 2026 après naissance en 2025. Et c’est ici que la WSL frappe un grand coup en créant une Maternity Wildcard dédiée pour la saison 2027.

    Si la WSL octroyait déjà des « Medical Wildcards » pour les athlètes enceintes (considérant la grossesse comme une indisponibilité médicale, une classification biologiquement discutable), la création d’un statut spécifique est une avancée sociétale majeure. Par le passé, des pionnières comme Lisa Andersen ont dû jongler avec la maternité et le haut niveau sans filet de sécurité.

    « C’est un tel honneur d’obtenir la toute première Maternity Wildcard », a déclaré Johanne Defay. « Je voulais vraiment garder ma place sur le tour car j’adore mon style de vie d’athlète professionnelle et de surfeuse… Pouvoir partager cela avec ma fille est un cadeau tellement incroyable. » De son côté, Tatiana Weston-Webb a exprimé sa gratitude : « Je me sens tellement privilégiée… C’est magnifique de faire partie de l’évolution et de l’encouragement de la maternité dans le sport, en particulier le surf ! ».

    Cette wildcard maternité spécifique pour Johanne Defay et Tatiana Weston-Webb en 2027 montre que la WSL, pour son 50ème anniversaire, choisit de protéger la carrière de ses athlètes féminines, reconnaissant que donner la vie n’est pas une blessure, mais une étape de vie à respecter et à accompagner vers un retour au plus haut niveau.

    La saison 2026 s’annonce donc aussi historique que prometteuse, que ce soit par la performance des surfeurs français ou par l’évolution humaniste du règlement de la WSL.

  • Le monde du surf en deuil : l’iconique « Igor d’Hossegor » s’est éteint

    Le monde du surf en deuil : l’iconique « Igor d’Hossegor » s’est éteint

    Le line-up landais a un goût amer ce dimanche. L’acteur Bruno Salomone, dont le visage et les répliques sont indissociables de la culture glisse populaire en France, est décédé à l’âge de 55 ans. Si le grand public pleure aujourd’hui le père de famille de « Fais pas ci, fais pas ça », la communauté surf, elle, perd son rival le plus légendaire : Igor d’Hossegor.

    Une icône de la « Yellow Wave » s’en va

    Apparu sur nos écrans dans les années 2000 aux côtés de Jean Dujardin dans Brice de Nice, Bruno Salomone avait réussi l’exploit de transformer une caricature de surfeur frimeur en un personnage culte. Avec sa combinaison noire et verte, ses pectoraux saillants et son obsession pour « la vague de sa vie », il avait donné à Hossegor une aura médiatique sans précédent, mêlant autodérision et amour du littoral.

    L’annonce de son décès, survenu ce 15 mars après un long combat contre la maladie, a provoqué une onde de choc. De Marseille, où il a passé son enfance, aux plages des Landes qu’il a tant contribué à populariser, les hommages affluent.

    Petite réplique culte de notre Igor D’Hossegor

    Moi c’est Igor d’Hossegor, cherche pas t’as tort, c’est collector.

  • 20 heures en enfer : l’incroyable survie d’un surfeur de 64 ans à Bali

    20 heures en enfer : l’incroyable survie d’un surfeur de 64 ans à Bali

    L’océan Indien ne pardonne que rarement, mais Iurii Orlov semble avoir une bonne étoile particulièrement brillante. Ce touriste russe de 64 ans, venu s’initier aux joies du surf sous le soleil de Bali, a frôlé le drame absolu le 5 mars dernier. Ce qui devait être une session d’initiation entre amis s’est transformé en une dérive solitaire de 20 heures en pleine mer, sans nourriture ni eau, avec pour seul allié une planche de surf.

    Emporté par le courant au large de Nusa Dua

    Tout bascule lorsque les courants puissants des côtes balinaises, séparent Iurii de ses deux compagnons de session. En quelques minutes, la côte s’éloigne et le surfeur débutant se retrouve aspiré vers le large. Malgré ses efforts, l’épuisement prend le dessus. Pour lui, la nuit commence : une attente interminable dans l’obscurité totale, bercé par la houle, luttant contre l’hypothermie et la peur.

    Un cadeau pour mon fils : le sauvetage miracle

    L’histoire bascule le lendemain matin grâce à Agus Putra Yohana, un pêcheur local de 34 ans. Ce dernier, qui n’avait rien pêché de la matinée, repère au loin un point blanc flottant. Pensant avoir trouvé une planche de surf abandonnée qu’il pourrait ramener en cadeau à son fils, il s’approche.

    À sa grande stupeur, ce n’est pas une simple planche qui flotte, mais un homme, à bout de forces mais toujours accroché à son radeau de fortune. Dans une vidéo capturée lors du sauvetage, on y voit un Iurii Orlov étonnamment serein malgré les circonstances, lançant dans un rire fatigué : « I am tired » (Je suis fatigué).

    Une opération de secours

    Une fois l’alerte donnée, les autorités de Denpasar et la police maritime de Nusa Dua ont ramené l’homme à bon port. Finalement récupéré sain et sauf, Iurii ne souffre que de blessures mineures et d’un épuisement logique.

  • Sacre mondial en Australie : Kauli Vaast et Tya Zebrowski marquent l’histoire du surf

    Sacre mondial en Australie : Kauli Vaast et Tya Zebrowski marquent l’histoire du surf

    Le surf français vient de vivre l’une des semaines les plus mémorables de son histoire sur le sable de Newcastle, en Australie. Pour la toute première fois, la France place deux de ses prodiges sur le toit du circuit Challenger Series (CS) la même saison. Un doublé inédit qui confirme que la « vague bleue » est prête à déferler sur l’élite mondiale dès le mois prochain.

    Kauli Vaast : L’or olympique, le titre mondial et le CT

    Même si la finale de cette ultime étape australienne lui a échappé de peu, l’essentiel était ailleurs pour Kauli Vaast. En terminant à la deuxième place de l’épreuve de Newcastle, le Tahitien sécurise mathématiquement la première place du classement général 2025/2026.

    Après sa victoire éclatante à Ericeira (Portugal) et sa régularité de métronome, le champion olympique de Paris 2024 prouve qu’il n’est pas seulement le roi de Teahupo’o. Kauli Vaast a montré une polyvalence redoutable, capable de briller sur les beachbreaks australiens comme sur les pointbreaks européens. À 24 ans, il devient le premier surfeur de l’histoire à entrer sur le Championship Tour (CT) avec une médaille d’or autour du cou et le titre de champion des Challenger Series en poche.

    Tya Zebrowski : La précocité au sommet

    L’exploit est d’autant plus retentissant qu’il est partagé. Quelques jours plus tôt, la jeune Tya Zebrowski validait elle aussi son titre de championne du circuit Challenger Series côté féminin. Malgré une élimination en demi-finale à Newcastle, son avance au classement était telle que personne n’a pu la rattraper.

    C’est une première absolue : jamais la France n’avait réalisé le doublé homme/femme sur ce circuit de qualification. Si Jérémy Florès avait terminé numéro 1 du circuit qualificatif (WQS) en 2016, aucun Français n’avait encore remporté le titre depuis la création du format « Challenger Series » en 2021.

    Cap sur Bells Beach et le World Tour

    Pour Kauli Vaast, le repos sera de courte durée. Dès le 1er avril, il fera ses grands débuts en tant que « Rookie » sur le World Tour lors de la mythique étape de Bells Beach. Avec son expérience des wildcards et son statut de favori pour le titre de « Rookie of the Year », le Tahitien semble déjà prêt à bousculer la hiérarchie mondiale dominée par les Australiens et les Brésiliens.

    Le surf tricolore n’a jamais semblé aussi solide. Avec deux champions du monde CS dans ses rangs, la France s’affirme plus que jamais comme la nouvelle puissance montante du surf professionnel.

  • « Le surf est devenu mou » : Joel Tudor vide son sac et n’épargne personne

    « Le surf est devenu mou » : Joel Tudor vide son sac et n’épargne personne

    S’il y a bien une voix qui ne s’est jamais laissée lisser par les départements marketing des majors du surf, c’est celle de Joel Tudor. Le double champion du monde de longboard, gardien autoproclamé du « core », vient de signer une apparition d’anthologie dans le dernier épisode du podcast Pinch My Salt, animé par Sterling Spencer et son cousin Ryan. Et comme on pouvait s’y attendre, Tudor n’a pas fait dans la dentelle.

    L’épidémie des « pailles en plastique » de l’océan

    Joel Tudor n’a jamais caché son mépris pour la démocratisation sauvage du surf, mais il a trouvé une nouvelle analogie percutante : pour lui, les planches en mousse (soft-tops) sont les « pailles en plastique » de l’océan. Plus qu’un simple problème de matériel, Tudor y voit le symbole de la fin de l’étiquette au line-up.

    Selon lui, la prolifération de ces engins permet à des « goobers » (débutants maladroits) d’occuper des zones critiques sans aucune connaissance des règles de priorité ou de sécurité. « Les médias s’enflamment pour des conneries », lâche-t-il, déplorant que la culture du surf ait été sacrifiée sur l’autel de l’accessibilité à tout prix.

    Kelly Slater et Jonah Hill sous le feu des critiques

    Le segment le plus piquant reste sans doute celui consacré aux icônes. Tudor remet en question la place de Kelly Slater et de l’acteur Jonah Hill sur la pyramide du « core ». Pour Joel, la frontière entre le surfeur authentique et l’acteur est devenue trop floue.

    Il va même jusqu’à questionner la légitimité des ceintures de Jiu-Jitsu de Slater, tout en dénonçant les théories du complot qui gravitent autour du WSL (World Surf League). Pour Tudor, le surf de compétition moderne est une machine déconnectée de l’âme du sport, où l’image prime désormais sur l’essence même de la glisse.

    Les aveux : Surftech et l’hypocrisie « éco »

    Fait rare, Joel Tudor a également fait preuve d’une certaine autodérision en revenant sur ses propres erreurs de parcours. Il a évoqué son implication passée avec Surftech, reconnaissant l’ironie (et le péché) de construire des planches dites « éco-responsables » dans des usines asiatiques. Une critique acerbe de l’industrie qui tente de se racheter une conscience écologique à peu de frais tout en délocalisant la production à l’autre bout du monde.

    Anecdotes de voyage : Laird, Kong et la « Princesse Française »

    Entre deux coups de gueule, Tudor a distillé quelques pépites issues de ses décennies de voyage. Il a notamment raconté une histoire rocambolesque de « kleptomanie mineure » lors d’un trip avec Laird Hamilton et Kong (Gary Elkerton). Imaginez un peu l’ambiance dans le van…

    Il a également expliqué l’origine de son surnom de « French Princess », Le surnom de « French Princess » (la Princesse Française) lui a été collé par la bande d’Australiens ultra-virils de l’époque, menée par Gary « Kong » Elkerton. Voici pourquoi :

    Le côté « Diva » : Joel aimait le confort, les bons hôtels et le raffinement européen. Pour Kong et sa clique, qui voyaient le surf comme un sport de gladiateurs, cette attitude de « gamin précieux » qui se plaignait si le vent tournait mal ou si le café n’était pas bon était insupportable. Ils ont donc commencé à l’appeler la « Princesse Française » pour se moquer de son côté sélectif et un brin hautain.

    Le contraste de style : À l’époque, le surf mondial était dominé par une esthétique « agro » et très macho, portée par les Australiens. Joel, lui, arrivait avec son style californien ultra-léché, ses cheveux longs, son élégance naturelle sur un longboard et un côté très « esthète ».

    L’attitude en France : Lors d’un séjour sur la côte basque et landaise (notamment à Biarritz et Hossegor), Tudor ne s’est pas gêné pour exprimer ses exigences. Il était très sélectif sur la qualité des vagues, sur la nourriture, et refusait de se plier au moule « bière-bagarre-dortoir » des Aussies.

    Il a réaffirmé sa fidélité indéfectible à Skip Frye, tout en découvrant que l’animateur Sterling Spencer partageait lui aussi une histoire profonde avec le shaper légendaire de San Diego.

    En une heure de discussion, Joel Tudor a rappelé pourquoi il reste l’un des personnages les plus clivants, mais aussi les plus nécessaires du surf mondial. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, Tudor dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas dans le line-up.

  • Dan Mann en résidence au Shapers Club : une occasion unique à Marennes

    Dan Mann en résidence au Shapers Club : une occasion unique à Marennes

    C’est un événement à ne pas manquer au printemps prochain. Du 8 au 19 avril 2026, le Shapers Club de Marennes accueillera l’un des shapers les plus influents actuellement : l’Américain Dan Mann. Si son nom résonne déjà aux oreilles des techniciens, sa cote de popularité a littéralement explosé ces derniers mois auprès du grand public.

    L’homme qui a conquis Kelly Slater et le monde du shape

    Pourquoi un tel engouement ? Dan Mann ne se contente plus d’être le shaper phare de chez Firewire. Fin 2025, il a assis sa domination en remportant l’Icon of Shape Award, une consécration ultime jugée par ses pairs (dont Eric Arakawa). Mais pour les surfeurs de « tous les jours », c’est sa victoire retentissante lors du dernier Stab in the Dark qui a marqué les esprits.

    Pour rappel, Kelly Slater a passé des semaines à tester des planches anonymes avant de désigner le shape de Dan Mann comme étant le meilleur. Voir ce shaper, capable de satisfaire les exigences chirurgicales du « King », poser ses rabots en Charente-Maritime est un événement historique pour le shape local.

    Plus qu’un shaper : un athlète de la rame

    Ce qui fait la force de Dan Mann, c’est son passé (et présent) de sportif de haut niveau. Diplômé en littérature anglaise, ce n’est pas qu’un cerveau, c’est aussi une machine à ramer. Ancien champion de paddleboard (prone) et vainqueur de la prestigieuse Catalina Classic, Dan possède une compréhension de l’hydrodynamisme et de l’entrée en vague que peu de shapers égalent.

    C’est cette expertise qui a donné naissance à des « best-sellers » mondiaux comme la Sweet Potato, capable de transformer une session médiocre en un festival de vitesse, ou la FRK, la board de performance pure par excellence.

    Une résidence exclusive au Shapers Club

    Durant ces dix jours à Marennes, Dan Mann ne sera pas là pour faire de la figuration. Il travaillera en direct dans l’atelier du Shapers Club. Pour les passionnés, c’est l’occasion rarissime de voir l’artiste à l’œuvre, d’échanger sur les rails, les concaves et de repartir avec une planche sur-mesure, « shappée » de ses propres mains. On oublie les modèles de série : ici, on parle d’artisanat d’élite.

    Les modèles disponibles à la commande :

    • FRK : Le bijou de performance de Kelly Slater.
    • Sweet Potato : L’arme absolue pour les petites vagues.
    • Dominator & Boss Up : La polyvalence incarnée pour nos côtes françaises.
    • Fuzzy Slipper : Pour ceux qui cherchent du flow.

    Comment sécuriser votre planche ?

    Attention, les places en « custom » sont limitées. Pour ceux qui veulent s’offrir un bout d’histoire du surf, les commandes sont déjà ouvertes pour toute l’Europe via le site mannkine.eu. Il est également possible de se rendre directement au Shapers Club (13 rue des Entrepreneurs, 17320 Marennes) pour discuter du projet et verser un acompte.

    Côté tarifs, comptez à partir de 840 € pour un shortboard en PU et 970 € en EPS. Un investissement, certes, mais pour une planche façonnée par l’un des plus grands noms de la décennie, c’est une opportunité qui ne se représentera peut-être jamais de ce côté de l’Atlantique.

  • Matt Hoy : Gloire, chaos et planches héritées à 54 ans

    Matt Hoy : Gloire, chaos et planches héritées à 54 ans

    Il y a des noms qui, à eux seuls, font résonner le bruit sourd d’un rail s’enfonçant dans l’eau de J-Bay ou de Bells Beach. Matt Hoy est de ceux-là. Dans les années 90, l’Australien aux cheveux blonds et au style « rock ‘n’ roll » n’était pas seulement un compétiteur de haut niveau ; il était l’incarnation d’une ère où le surf se vivait autant dans le tube qu’au comptoir, une époque où la puissance brute n’avait pas encore été éclipsée par la voltige aérienne.

    Aujourd’hui âgé de 54 ans, Hoy se tient sur la terrasse d’une cabane de plage, construite par son grand-père il y a sept décennies à Newcastle. Le contraste est saisissant. L’ancien numéro 4 mondial, qui a brassé des millions et parcouru le globe en première classe, est désormais divorcé, au chômage et se remet d’une opération chirurgicale qui a failli lui coûter la vie. Mais, comme il le dit lui-même avec une bière VB à la main : « Il n’y a rien de mieux au monde que de prendre un barrel et de caler quelques virages. »

    Les années d’or : L’apogée du Power Surfing

    Pour comprendre la « chute » — si tant est qu’on puisse appeler ainsi un retour à la réalité ouvrière — il faut d’abord se rappeler l’ascension. Matt Hoy était le fer de lance de la « Newcastle Mafia ». Son surf était agressif : des turns frontside d’une violence rare, une lecture de vague intuitive et un charisme qui crevait l’écran dans les vidéos de l’époque, notamment les productions Quiksilver comme Surfers of Fortune.

    Le sommet de sa carrière reste sans conteste sa victoire au Rip Curl Pro Bells Beach en 1997. Faire sonner la cloche la plus prestigieuse du circuit mondial est le rêve de tout Australien, et Hoy l’a fait avec la manière, s’imposant comme le 5e (puis 4e) meilleur surfeur de la planète. À cette époque, il était le chouchou des sponsors. Quiksilver, alors au sommet de sa puissance financière, lui offrait un contrat de rêve et un titre officieux qui lui collera à la peau : « Director of Nocturnal Activities » (Directeur des activités nocturnes). Sa mission ? Voyager, surfer, et faire la fête. Un emploi du temps qu’il a honoré avec une rigueur quasi professionnelle pendant 26 ans.

    Le réveil brutal : Divorce, béton et fin de l’eldorado

    Mais le monde du surf a changé. Les grandes marques se sont financiarisées, sont devenues « corporate », et les icônes de la vieille garde ont été les premières sacrifiées sur l’autel de la rentabilité. Pour Matt Hoy, la transition a été violente. Après avoir quitté le circuit en 2001, il a bénéficié d’une rente d’ambassadeur pendant une décennie, avant que le rideau ne tombe définitivement.

    C’est ici que l’histoire prend un tournant radicalement humain. Divorcé, Hoy a vu 60 % de son patrimoine s’évaporer. Le surfeur rockstar a dû troquer sa planche pour une truelle. Il est devenu concreter (maçon spécialisé dans le béton).

    « La vie de bétonneur, c’était brutal, » confie-t-il. « Un vrai rappel à la réalité. Tu ne peux plus dépenser comme quand tu étais sur le tour. Commencer à 4 heures du matin, cinq jours par semaine… Ces gars méritent chaque centime qu’ils gagnent. »

    Après le béton, il y a eu la tentative entrepreneuriale avec Steel City, une marque de bière lancée avec des amis à Newcastle. Une aventure passionnée qui s’est terminée faute d’investisseurs, mais sans amertume. Pour Hoy, l’essentiel était ailleurs : dans l’interaction sociale, dans cette nécessité pour les hommes de se retrouver autour d’un verre pour parler, pour ne pas sombrer dans l’isolement que dictent parfois la vie de famille et le travail.

    Le combat pour la survie : 4 mois à l’hôpital

    Si les problèmes financiers sont une chose, la santé en est une autre. Ces dernières années, Matt Hoy a traversé un calvaire médical suite à des complications liées à sa vésicule biliaire. Ce qui aurait dû être une opération de routine s’est transformé en un séjour de quatre mois à l’hôpital de Newcastle. « J’étais maigre, j’avais la peau grise, et un sac pendu à mon corps pour drainer les fluides, » raconte-t-il. Cette épreuve l’a physiquement transformé, le laissant affaibli mais avec une perspective nouvelle sur la fragilité de l’existence. On est loin de l’image invincible du surfeur défiant les vagues de Pipeline ou de Sunset. C’est le portrait d’un homme qui a regardé le vide en face et qui a décidé de continuer à ramer.

    L’essence retrouvée : Surfer pour la vitesse

    Aujourd’hui, Matt Hoy ne cherche plus à prouver quoi que ce soit. Il ne cherche plus à envoyer des manœuvres explosives pour les photographes. Il surfe pour lui, sur les vagues sauvages de la côte Est australienne, souvent seul, au milieu des grands requins blancs qui croisent régulièrement devant chez lui.

    Sa panoplie a changé. Il ride désormais les planches héritées de son père, Brian Hoy, un shaper réputé. Ce sont des 6’6 » généreuses en volume (40 litres), avec des channel bottoms conçus pour une seule chose : la vitesse.

    « Je n’ai plus besoin de tourner. Quelqu’un m’a dit l’autre jour : ‘Je veux te voir faire un turn’, et j’ai répondu : ‘J’en ai fait assez, maintenant je veux juste aller vite’. »

    Cette philosophie de la vitesse pure est une métaphore de sa vie actuelle. À 54 ans, sans emploi fixe et en quête de nouvelles opportunités, il refuse de sombrer dans l’amertume. Il voit ses enfants réussir — son fils Tex brille en rugby à XIII en Angleterre — et il continue de croire que le surf est le meilleur remède aux maux de l’âme.

    Pourquoi Matt Hoy reste-t-il une icône ?

    L’histoire de Matt Hoy nous touche parce qu’elle est dénuée de tout filtre Instagram. C’est l’histoire d’une icône qui a connu le sommet absolu et qui, aujourd’hui, galère pour remplir son frigo, mais qui garde cette dignité typiquement australienne. Il n’en veut pas aux marques qui l’ont lâché, il ne regrette pas ses excès. Il accepte la douleur physique — ces épaules et ce cou qui hurlent après une session — car il sait que s’arrêter, c’est mourir un peu.

    Hoy nous rappelle que le surf n’est pas qu’une carrière. Que l’on soit en haut de l’affiche ou en train de livrer des meubles pour boucler ses fins de mois, la sensation de glisse sur une planche façonnée par son père reste la seule vérité immuable.

    Dans un sport qui cherche désespérément à se lisser et à devenir olympique, des personnages comme Matt Hoy sont les gardiens du temple. Des hommes imparfaits, résilients, et terriblement authentiques.

  • John John Florence : Les images incroyables de sa nouvelle vie loin de la compétition

    John John Florence : Les images incroyables de sa nouvelle vie loin de la compétition

    Alors que le monde du surf attendait son retour avec impatience, John John Florence vient de rappeler à tout le monde pourquoi il a choisi de prolonger son année sabbatique. Avec le lancement de sa nouvelle websérie intitulée « Vela », le triple champion du monde nous plonge dans l’intimité de son périple en haute mer, loin de la pression des lycras et des juges.

    https://youtu.be/9hthDolM2zg?si=Z-OkkXEZcEJKNEkZ

    Impossible de la partager sur le site, John John a bloqué le partage….Du coup on vous met le lien

    Seul au monde avec sa famille

    Dans ce premier épisode baptisé « Edge of the Ocean », produit en collaboration avec Yeti, le prodige de North Shore nous embarque sur son voilier. Accompagné de sa femme Lauren et de leur fils Darwin, John John mène une existence hors du temps.

    L’image est saisissante : des droites glassy parfaites qui s’enroulent sur des récifs isolés et des gauches massives aux sections finales « slabesques », le tout sans l’ombre d’un autre surfeur à l’horizon. C’est le fantasme absolu de tout pratiquant, devenu réalité pour l’Hawaïen.

    Son propre patron, ses propres règles

    Si beaucoup se demandaient comment ses sponsors acceptaient cette absence prolongée du circuit professionnel, la réponse est simple : John John est son propre patron. Sans pression extérieure, il choisit la liberté de l’exploration plutôt que les scores sur 10.

    « Il est à l’aise dans l’inconfort », confie sa femme Lauren.

    Pourtant, cette vie de rêve demande une patience infinie pour accorder la météo, les mouillages sécurisés pour sa famille et les swells capricieux. Mais quand les éléments s’alignent, le résultat est cinématographique. Un rappel puissant que, pour JJF, la vraie victoire ne se trouve plus sur un podium, mais dans le sillage de son bateau vers la prochaine vague inconnue.

  • À 15 ans, Tya Zebrowski s’offre un record mondial et le titre CS !

    À 15 ans, Tya Zebrowski s’offre un record mondial et le titre CS !

    Le surf mondial vient de vivre un séisme, et son épicentre se trouve à Newcastle, en Australie. Ce mercredi 11 mars 2026, la jeune prodige française Tya Zebrowski n’a pas seulement validé son ticket pour l’élite(qu’elle a en poche depuis quelques mois) ; elle a gravé son nom dans le marbre en remportant officiellement le classement général des Challenger Series (CS).

    À seulement 15 ans, elle devient la plus jeune surfeuse de l’histoire à décrocher ce titre mondial, l’antichambre directe du prestigieux Championship Tour (CT). Un record de précocité qui donne le vertige et confirme ce que les observateurs murmuraient déjà : nous assistons à l’éclosion d’une légende.

    Un sacre historique sur le sable australien

    Le dénouement s’est joué dans une tension palpable lors de la dernière étape de la saison. Alors que Tya se hissait avec autorité au troisième tour de la compétition, sa rivale directe, la Portugaise Yolanda Hopkins, voyait ses espoirs de titre s’envoler après une élimination prématurée au deuxième tour.

    Dès lors, les calculs étaient terminés. Mathématiquement intouchable, la native d’Hossegor, qui réside désormais à Tahiti, pouvait savourer. Micro en main, à peine sortie de l’eau, l’émotion était vive : « C’est un rêve qui se réalise enfin. J’ai toujours voulu être la plus jeune à me qualifier et la plus jeune à gagner ce circuit. » Le contrat est rempli, et de quelle manière !

    L’ADN du succès : De Teahupo’o à la gloire mondiale

    Si ce record du monde de précocité frappe les esprits, il n’est pas le fruit du hasard. Tya est la fille de Gary Zebrowski, ancien champion de snowboard olympique, dont elle a hérité du sens de la trajectoire et d’un mental d’acier. Mais c’est surtout sur le « Pipe français » et dans les mâchoires de Teahupo’o qu’elle a forgé son style. Surfant la mythique vague tahitienne depuis ses 8 ans, elle possède une lecture de vague et un engagement qui dépassent largement son âge.

    Sous l’aile de son coach Joan Duru, figure emblématique du surf français, elle a survolé la saison 2026. Sa victoire éclatante à Ericeira, au Portugal, restera comme le tournant d’une année où elle n’a jamais quitté les sommets du classement.

    Le surf français au sommet de son art

    Ce sacre vient couronner une période dorée pour le clan tricolore. Tya Zebrowski ne sera pas seule pour sa première saison dans l’élite mondiale. Le contingent français sur le Championship Tour 2026 aura une allure de « Dream Team » avec quatre représentants :

    • Tya Zebrowski (Rookie historique)
    • Vahine Fierro (La reine de Tahiti)
    • Marco Mignot (La confirmation)
    • Kauli Vaast (Le champion olympique en titre)
    • Quid de Johanne Defay ?

    C’est une configuration qui place la France comme une nation forte à surveiller face aux ogres brésiliens et américains.

    Prochaine escale : Les cloches de Bells Beach

    L’histoire est en marche, mais Tya n’aura pas beaucoup de temps pour célébrer son titre Challenger Series. Dès le 1er avril, elle fera ses grands débuts officiels sur le CT lors de l’emblématique étape de Bells Beach, en Australie. Elle y entrera comme la plus jeune pensionnaire permanente de l’histoire de la WSL.

    Pour les puristes comme pour les néophytes, l’attente est immense. Voir une gamine de 15 ans défier les Caroline Marks ou les Caitlin Simmers sur les vaguess de Bells promet un spectacle électrique. Tya Zebrowski n’est plus seulement un espoir, c’est une patronne qui compte bien faire sonner la cloche dès sa première apparition.

  • Ce surfeur brésilien ne se doutait pas qu’il surfait au-dessus d’un groupe de requins

    Ce surfeur brésilien ne se doutait pas qu’il surfait au-dessus d’un groupe de requins

    Si vous pratiquez le surf depuis quelques années, vous avez probablement déjà partagé une session avec des requins sans même vous en rendre compte, surtout si vous avez voyagé. C’est le principe même de l’océan : nous ne sommes que des invités. Mais pour ce surfeur évoluant sur un spot de l’île de Fernando de Noronha, au Brésil, l’ignorance a bien failli se transformer en une rencontre beaucoup plus brutale.

    Une scène surréaliste filmée depuis la plage

    Une vidéo, devenue virale ce lundi 9 mars, montre une scène qui fait froid dans le dos. À seulement quelques mètres du bord, dans une eau relativement claire et peu profonde, au moins trois requins patrouillent activement. Sur le sable, l’agitation est à son comble, notamment à cause d’un chien qui tente courageusement (ou inconsciemment) de chasser les prédateurs depuis le rivage.

    C’est à ce moment précis qu’un surfeur, terminant sa vague, se dirige droit vers la zone. Totalement focalisé sur sa trajectoire, il glisse littéralement au-dessus du groupe de squales, à une distance qui ne laisse aucune place à l’erreur.

    La stupeur une fois sur le sable

    Ce n’est qu’une fois ses pieds posés sur le sable que l’homme a réalisé la situation. Alerté par les cris des passants et des curieux sur la plage, le surfeur s’est retourné pour découvrir les ailerons fendre l’eau là où il se trouvait une seconde plus tôt.

    Son expression de choc, capturée par les témoins, résume parfaitement l’effroi de la situation. Il y a fort à parier que sa session s’est arrêtée net pour la journée. Une preuve de plus que, même sur des spots paradisiaques, la vigilance reste de mise….

  • Marco Mignot : l’incroyable destin du nouveau prodige du surf français dévoilé dans un film

    Marco Mignot : l’incroyable destin du nouveau prodige du surf français dévoilé dans un film

    Il est celui qui a redonné le sourire au surf tricolore. Après une saison 2025 d’anthologie, Marco Mignot vient de lever le voile sur les coulisses de son ascension fulgurante. Le documentaire « La Grandeza », sorti ce dimanche 8 mars 2026, n’est pas qu’un simple film de surf : c’est le récit brut, parfois aux larmes, d’un gamin qui a transformé son talent naturel en une machine de guerre pour conquérir le titre de Rookie of the Year.

    « Je savais que je pouvais battre n’importe qui »

    Le film nous plonge dans le monde de la compétition avec ses hauts et ses bas. On y découvre un Marco Mignot métamorphosé. Si le grand public connaissait le surfeur spectaculaire, « La Grandeza » révèle le stratège. « Marco a ce don de capter très vite », confie son entourage dans la vidéo. Un talent qui lui a permis de signer des victoires mémorables, notamment contre des pointures comme Griffin Colapinto au Portugal ou Jordy Smith.

    Mais derrière les scores de plus de 9 points et les manoeuvres aériennes électriques, le documentaire dévoile la face sombre de l’élite : le doute. Après une défaite précoce au Portugal, on aperçoit Marco, incapable de dormir, partir courir à une heure du matin pour évacuer la frustration. « Je m’en fous du temps que ça prendra, je sais qu’un jour je vais me qualifier », se répétait-il alors.

    L’émotion brute : le moment où tout a basculé

    L’une des séquences les plus fortes du film reste sans doute l’annonce de sa qualification officielle. Marco se fait réveiller en pleine sieste par son père, en larmes. « Marco, c’est le plus beau jour de ta vie ». Un moment de partage intense qui rappelle les années de galère : les nuits dans les parkings avec son frère et son cousin, les périodes sans sponsor… « Mon père était là depuis le premier jour », lâche-t-il avec émotion.

    Cette résilience est la signature de Marco Mignot. Sous l’aile de Jérémy Florès, qu’il considère comme un grand frère, il a appris à canalyser cette énergie. Florès ne s’y trompe pas : « Le travail paye. Il s’est dit : « Ok, si je veux y arriver, il faut que je bosse ». Et il a réussi. »

    Cap sur 2026 et les Jeux Olympiques de 2028

    Aujourd’hui, Marco Mignot n’est plus seulement l’espoir du surf français, il en est le leader. Sacré meilleur débutant mondial en 2025 — un exploit réalisé seulement par Jérémy Florès avant lui chez les Français — il ne compte pas s’arrêter là.

    Le film se termine sur une note d’ambition assumée. Entre deux sessions de perfectionnement en piscine à vagues (le futur du surf selon lui) et des tests physiques poussés au CERS de Hossegor pour préparer Los Angeles 2028, l’objectif est clair : le titre mondial.

    « Je vais tout donner pour devenir champion du monde et gagner la médaille d’or en 2028. C’est mon destin. »

  • Reno Abellira est vivant : l’icône du surf est en prison !

    Reno Abellira est vivant : l’icône du surf est en prison !

    Sortez les planches, mais rangez les couronnes de fleurs. Hier, le monde du surf sortait les mouchoirs pour pleurer la disparition de Reno Abellira, 76 ans, légende absolue du style et génie du rabot. On l’imaginait déjà en train de shaper des Twin Fins avec Dick Brewer sur une onde éternelle. Erreur de timing : l’icône hawaiienne n’a pas rejoint le « Line-up » céleste. Il est simplement… au frais, dans une prison d’Oahu.

    L’art de disparaître (et de réapparaître au mauvais endroit)

    C’est le genre de « fake news » qui vous fait passer du statut de biographe tragique à celui de gaffeur du dimanche. La rumeur a enflammé les réseaux sociaux plus vite qu’un incendie sur le North Shore. Tout le monde y est allé de son hommage vibrant, de Kelly Slater aux vieux loups de mer de Haleiwa. Il faut dire que le CV récent de Reno prêtait à confusion : entre une agression sauvage en 2021 et une vie de marginal dans les campements de fortune d’Alii Beach, les nouvelles étaient sombres.

    Mais Reno, fidèle à sa réputation d’insaisissable, a choisi une sortie de scène plus… administrative. Ce n’est pas la faucheuse qui a frappé à sa porte, mais plutôt les services correctionnels de l’archipel.

    Un « Bad Boy » fidèle à sa légende

    Pour ceux qui découvrent le personnage, Abellira n’a jamais été un enfant de chœur. Si sa victoire au Smirnoff Pro 1974 et son influence sur le matériel de Mark Richards sont gravées dans l’histoire, ses démêlés judiciaires le sont tout autant. On se souvient de sa cavale mythique en 1992 après une affaire de stupéfiants qui l’avait envoyé dans le décor.

    Voir Reno passer du statut de « disparu » à celui de « détenu » est presque un soulagement ironique pour la communauté. Certes, la prison à 76 ans n’est pas le « sunset » dont on rêve, mais c’est une preuve de vie que personne n’avait vue venir. Son cousin a d’ailleurs confirmé avoir vu l’icône en chair et en os lors d’une visite avec son avocat.

    Leçons d’une fausse news

    Que retenir de cet imbroglio ? D’abord, que Reno Abellira est décidément plus dur à cuire qu’une vieille planche en résine teintée. Ensuite, que la « surf sphère » s’emballe parfois plus vite qu’un drop à Waimea. « Surfer » « The Inertia » « Beach Grit » « Yahoo news »…. Tout le monde s’est engouffré dans la news, dont nous, même si il faut l’avouer, il était difficile pour nous de vérifier l’info. On avait attendu que cela paraisse dans « Surfer » pour considérer cela comme une info viable.

    On lui souhaite désormais de retrouver la liberté (et ses rabots) plutôt que de continuer à jouer les fantômes dans le système pénitentiaire hawaiien. Aloha Reno, et désolé pour les fleurs, on les garde pour la prochaine fois !

  • Kauli Vaast sur le CT : Le champion olympique rejoint (enfin) l’élite mondiale !

    Kauli Vaast sur le CT : Le champion olympique rejoint (enfin) l’élite mondiale !

    L’attente est terminée. Ce n’est plus une probabilité statistique ou une projection de calculatrice : Kauli Vaast est officiellement un surfeur du Championship Tour (CT). Le Tahitien, qui a fait vibrer la France entière lors des Jeux Olympiques, vient de valider son ticket pour rejoindre l’élite mondiale du surf en 2027.

    @icones_surf Qualification de kauli vaast sur le world tour 2026 @kaulivaast @quiksilver @quiksilverfrance #surf #surfing #surfer #waves #surfers #wsl ♬ son original – Icônes Surf, le média en ligne

    Un scénario de qualification surréaliste

    Le sport réserve parfois des moments suspendus. Alors que Kauli s’apprêtait à entrer dans l’eau pour sa série lors de cette ultime étape des Challenger Series, son destin était déjà scellé. Sans même le savoir, alors qu’il ramait vers le large pour rejoindre le pic, les pièces du puzzle se sont assemblées sur la terre ferme.

    Le calcul a été facilité par une hécatombe chez ses concurrents directs. Quatre prétendants sérieux au Top 10 ont vu leurs espoirs s’envoler prématurément : Samuel Pupo, Liam O’Brien, Xavier Huxtable et Jordan Lawler. Ces éliminations en cascade ont mathématiquement verrouillé la place de Kauli dans le cercle très fermé des dix qualifiés, avant même qu’il ne donne son premier coup de rame en compétition.

    Une série pour la forme et le panache

    Libéré de toute pression (bien qu’il l’ignorait encore), Kauli a assuré l’essentiel dans l’eau. Dans une série disputée, il termine à la deuxième place, juste derrière la wildcard locale et révélation du jour, Ocean Lancaster. Une performance solide qui confirme son statut, même si une défaite n’aurait rien changé à l’issue finale : ldeux surfeurs françaisseront bien sur le World Tour la saison prochaine.

    Quel avenir pour Jorgann Couzinet ?

    Si la fête est totale pour le clan Vaast, les regards se tournent désormais vers l’autre Français en lice, Jorgann Couzinet. Comme nous l’évoquions récemment, sa situation reste tendue. Avec la qualification de Kauli actée, Jorgann sait désormais qu’il n’y a plus de place pour les calculs d’apothicaire. Pour rejoindre son compatriote, le Réunionnais doit impérativement viser le podium, voire la victoire, pour s’extirper des griffes d’un classement qui ne pardonne rien. Il a passé sa série cette nuit. Le chemin est encore long, mais tout est possible encore.

  • Quand Dane Reynolds sublime le style de Craig Anderson : Le Chili version « Extended Cut »

    Quand Dane Reynolds sublime le style de Craig Anderson : Le Chili version « Extended Cut »

    Qu’obtient-on quand on confie les rushes d’un mois de session au Chili à l’un des meilleurs surfeurs de la planète ? La réponse tient en une vidéo qui vient de bousculer mon planning du jour : Defective Units Vol.1. Derrière les manettes, on retrouve Dane Reynolds, qui a pris le temps de sculpter chaque séquence pour mettre en lumière son ami de longue date, Craig Anderson, et le talent brut de Benny Howard.

    Un montage signé Reynolds : Plus qu’une simple vidéo de surf

    Ce n’est pas un secret, la patte de Dane Reynolds au montage est aussi unique que son virage backside. Pour cet édit de la marque Former, le Californien délaisse l’efficacité rapide des réseaux sociaux pour un format long qui « laisse respirer les moments ». Craig Anderson le confirme : « J’adore l’énergie que Dane apporte. Ses choix musicaux, sa vision… il ne se contente pas d’aligner des vagues, il capture l’âme d’un voyage. »

    Le chili est le pays des gauches, et cette vidéo en est la preuve. Pas une seule droite…

    Entre sessions épiques et galères réelles

    Le trip, qui s’est déroulé sur un mois entier sur la côte chilienne, a permis à l’équipe de s’immerger totalement dans la culture locale, entre barbecues improvisés et bières avec les figures du coin comme Punto (nouvelle recrue de chez Former). Mais le surf de haut niveau a son prix. Alors que les vagues commençaient enfin à pomper sérieusement, Craig Anderson s’est lourdement blessé à la cheville lors de l’avant-dernier jour. Un diagnostic sans appel : une syndesmose (déchirure entre le tibia et le péroné) qui l’a tenu éloigné des planches pendant quatre mois.

    Benny Howard : Du camion au line-up

    L’autre star de ce clip, c’est Benny Howard. L’Australien, qui passait jusque-là ses journées au volant de camions sur la Hume Highway, a posé ses valises chez Noa Deane pour se consacrer pleinement au surf. Son style puissant et ses trajectoires engagées prouvent que Dane Reynolds a eu l’œil juste en l’intégrant au projet.

    Cette vidéo n’est qu’un avant-goût. Former a déjà annoncé que le film complet, Defect, entamera sa tournée mondiale en juin prochain avant une sortie en ligne en juillet. Si vous aimez le surf qui a du style, de la texture et une vraie narration, cet édit est votre priorité de la journée.

  • « Je sors de ma zone de confort » : Maud Le Car raconte son baptême de feu à Belharra

    « Je sors de ma zone de confort » : Maud Le Car raconte son baptême de feu à Belharra

    Le 27 janvier 2025 restera gravé dans la mémoire de Maud Le Car. Alors que la tempête Herminia balayait l’Atlantique, envoyant des signaux de houle comparables au mythique swell Hercules de 2014, la surfeuse saint-martinoise a pris une décision radicale : s’attaquer à la géante basque, Belharra.

    Un virage à 180 degrés

    Après avoir quitté le circuit de compétition pour retrouver l’essence même du surf, Maud s’est lancée un défi titanesque. « Je ne me sentais plus à ma place en compète », confie-t-elle dans sa dernière vidéo, The Rift. Accompagnée de son binôme de confiance, Léo Havion, elle a troqué ses shortboards légers pour une planche de 8 kg, des gilets à cartouches et une logistique millimétrée. Un monde où l’erreur ne pardonne pas.

    Face à la montagne d’eau

    Le jour J, les relevés de la bouée d’Arcachon affichaient plus de 11 mètres. Sur le jet-ski, l’appréhension est palpable. « Là, il y a 15 mètres… je sors complètement de ma zone de confort », explique la rideuse Oxbow. À Belharra, loin de la côte, l’atmosphère est irréelle. Maud décrit ce sentiment paradoxal de vulnérabilité extrême mêlé à une connexion profonde avec les éléments : « On ne sent rien, mais on fait partie de tout. »

    Le prix de l’engagement

    Mais le surf de gros est un « gouffre de galères ». Après une première session intense, Maud subit la puissance brute de la lèvre. Un diagnostic qui tombe quelques jours plus tard : rupture du ligament interne du genou.

    Si cette blessure a mis un coup d’arrêt brutal à sa saison, elle n’a pas entamé sa détermination. Cette expérience à Belharra, bien que douloureuse physiquement, a agi comme un déclic psychologique. Aujourd’hui, quelques mois après sa blessure, Maud Le Car ne regarde plus derrière elle. Elle a des progrès dans les tubes et se trouve actuellement à Nazaré à l’heure où j’écris ces quelques lignes pour un nouveau défi de taille.

  • Tragédie à Buddina Beach : le destin brisé d’un jeune prodige du sauvetage côtier

    Tragédie à Buddina Beach : le destin brisé d’un jeune prodige du sauvetage côtier

    Le monde du surf et du sauvetage sportif australien est en deuil. Ce vendredi, les autorités de la Sunshine Coast ont confirmé la nouvelle que tout le monde redoutait : le corps de Joe Tolano, 18 ans, a été retrouvé après deux jours de recherches intenses. Le jeune homme, figure montante du club de Met Caloundra, a été emporté par l’océan qu’il aimait tant.

    Un « fils de l’océan » emporté par les vagues

    L’accident s’est produit mercredi après-midi à Buddina Beach, dans le Queensland. Alors qu’il s’apprêtait à rejoindre une session d’entraînement, Joe est entré à l’eau pour surfer avec des amis. Selon les premiers éléments, le jeune homme se serait retrouvé en difficulté après une chute, disparaissant sous les déferlantes sous les yeux de ses proches.

    Malgré un dispositif de secours massif — incluant plongeurs de la police, jet-skis, hélicoptères et des dizaines de bénévoles — les conditions de mer particulièrement agitées ont rendu les recherches extrêmement complexes pendant 48 heures.

    L’hommage bouleversant d’une famille et d’un club

    Pour ses parents, Glenn et Clare, et sa sœur Abbie, Joe était bien plus qu’un surfeur : c’était un « fils de l’océan ». Dans un communiqué déchirant, sa famille a tenu à saluer sa mémoire : « Son corps était petit, mais son cœur était immense. Il poursuivait son rêve de devenir un Ironman. Nous l’avons perdu alors qu’il faisait ce qu’il aimait. »

    Sa sœur, Abbie, a partagé sa douleur sur les réseaux sociaux, espérant que son frère trouve désormais des « barrels infinis » là-haut.

    Une communauté sous le choc

    Joe Tolano n’était pas un pratiquant ordinaire. Membre actif du Met Caloundra Surf Life Saving Club, il consacrait son temps libre à surveiller les plages et à assurer la sécurité des baigneurs. Brett Magnussen, président du club, décrit un jeune homme à l’énergie communicative et au dévouement exemplaire.

    Ce drame survient alors qu’un récent rapport de Surf Life Saving Queensland tire la sonnette d’alarme : l’été dernier, l’Australie a enregistré en moyenne une noyade tous les deux jours. Cette disparition rappelle cruellement que, même pour les plus expérimentés et les protecteurs du littoral, l’océan reste une force imprévisible. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de ce drame qui laisse le surf australien orphelin de l’un de ses plus beaux sourires.

  • Alan Cleland : Pourquoi ce « poids lourd » est la meilleure nouvelle du surf mondial

    Alan Cleland : Pourquoi ce « poids lourd » est la meilleure nouvelle du surf mondial

    Dans un sport de plus en plus dominé par des athlètes au format « poids plume » et aux régimes drastiques, le Mexicain Alan Cleland fait figure d’exception culturelle. Avec son gabarit de troisième ligne de rugby, il détonne sur la ligne de départ de la WSL. Mais ne vous y trompez pas : derrière cette carrure imposante se cache l’un des meilleurs tube-riders de la planète.

    L’anti-formatage qui fait du bien

    Sa récente vidéo avec des sessions mémorables chez lui au Mexique, est une leçon de physique et de style. Là où certains voient un handicap dans ses kilos en trop, Cleland y puise une inertie dévastatrice. Pour tous les surfeurs qui ne rentrent pas dans les standards « skinny » de la glisse, voir Alan fracasser des sections avec autant de grâce est une véritable bouffée d’oxygène.

    Il ne se contente pas de pousser de l’eau ; il surfe avec style et se colle dans des tubes avec une profondeur et une aisance qui font de lui, l’un des meilleurs tuberiders sur le tour.

    Un « rugbyman » dans le tube : la puissance au service du flow

    Pour nous, les surfeurs aux épaules larges et aux cuisses solides, Alan Cleland est une source d’inspiration technique. Il prouve que l’on peut être « massif » et avoir un style irréprochable. Il fait parti des surfeurs en surpoids que l’on a pu croiser sur le tour comme kekoa bacalso, Mick Lowe….

    posséder un toucher de rail d’une finesse absolue.

    Le nouveau visage du Top 20 Mondial

    Son ascension dans le Top 20 n’est pas un accident de parcours. C’est le résultat d’un engagement total dans les vagues. Alan ne survole pas la vague, il l’écrase. Son style, ancré et puissant, redonne ses lettres de noblesse au power surfing.

    Si vous avez un gabarit imposant et que vous doutez de votre style, regardez Alan Cleland. Il est la preuve vivante que sur une planche, la seule règle qui compte vraiment, c’est la maîtrise du timing et l’amour du tube.

  • Méditerranée : Ce swell « historique » qui a pulvérisé les spots grecs

    Méditerranée : Ce swell « historique » qui a pulvérisé les spots grecs

    On a l’habitude des images de Mykonos sous un soleil de plomb et une mer d’huile. Pourtant, la Grèce vient de prouver qu’elle peut, elle aussi, sortir les griffes. Rick Krystallis, figure de proue du surf local, vient de témoigner auprès de Surfline sur ce qui semble être le plus gros swell jamais enregistré dans la région.

    Rick Krystallis : Du bulletin météo national aux vagues de classe mondiale

    Pour Rick, l’aventure a commencé bien avant l’ère de l’algorithme Magicseaweed ou des webcams HD. À 9 ans, il débutait le windsurf en scrutant les prévisions sommaires du journal télévisé national. À l’époque, le surf était une chimère en Grèce : pas de surf shops, pas de communauté, juste du vent et du clapot.

    C’est un voyage au Maroc en 2004 qui a servi d’électrochoc. De retour au pays avec une planche ramenée d’Australie, Rick a commencé à explorer la côte nord avec une obsession : prouver que son « jardin » cachait un potentiel insoupçonné.

    Une session d’anthologie et un sacrifice matériel

    La patience a fini par payer. Ces derniers jours, la mer Méditerranée s’est réveillée avec une violence rare, offrant des conditions que Rick qualifie de jamais vues. Des lignes propres, de la taille, et une puissance digne de l’Atlantique.

    Mais la Méditerranée ne donne rien gratuitement. « L’une des plus grosses séries nous a surpris au peak, à l’outside, et a littéralement brisé ma planche toute neuve », raconte-t-il. Un tribut un peu salé, mais dérisoire face à la satisfaction d’avoir scoré les meilleures vagues de sa vie sur ses propres terres.

  • Entre tubes et chaos : le réveil miraculeux du surf dans le Sud-Ouest

    Entre tubes et chaos : le réveil miraculeux du surf dans le Sud-Ouest

    Après un hiver que beaucoup qualifieront de « saison en enfer », le littoral aquitain a enfin offert un répit aux surfeurs. Entre la mi-janvier et la fin février 2026, la région a subi un record de 35 jours de pluie consécutifs, couronné par les ravages des différentes tempêtes. Entre inondations massives, érosion galopante et le triste spectacle de petits pingouins s’échouant par dizaines, épuisés par les tempêtes, le moral des locaux était au plus bas. Mais ce début mars a tout changé.

    La Gravière : « La session de la décennie » ?

    C’est pourtant vers Hossegor que tous les regards se sont tournés. La Gravière, spot mythique s’il en est, a délivré une prestation que les anciens décrivent déjà comme la meilleure depuis plus de dix ans. Un banc de sable parfaitement calé, une houle longue et propre, et surtout cette puissance brute qui fait la renommée mondiale des Landes.

    Si l’on parle souvent de la concentration de talents à Hossegor, ce n’est pas par hasard : ce jour-là, l’élite du surf européen s’est partagé des barrels d’une perfection rare. « On a eu un alignement de planètes, » confie un photographe présent sur la dune. « Après autant de frustration hivernale, voir La Gravière s’allumer comme ça, c’était presque religieux. »

    SI ce n’était pas la session de la décennie, il faut avouer qu’on a assisté à 4 jours d’affilé de vagues incroyables, ce qui est assez exceptionnel.

    Le Pays Basque s’enflamme à Anglet

    La fenêtre météo tant attendue s’est ouverte brusquement. À Anglet, les bancs de sable, pourtant malmenés par les houles successives, ont tenu bon. Dans une vidéo qui tourne en boucle sur les réseaux, on peut voir le local Thomas Bady faire une démonstration de lecture de vague impressionnante. Au cœur de tubes profonds et techniques, il a rappelé pourquoi les spots basques n’ont rien à envier à leurs voisins landais lorsque la période de la houle s’aligne enfin avec le vent offshore.

    Lacanau et la Gironde ne sont pas en reste

    Plus au nord, la Gironde a également profité de l’aubaine. À Lacanau, malgré un plan d’eau parfois plus physique, les surfeurs les plus aguerris ont pu dénicher des pépites sur la plage centrale. L’ensemble de la côte Sud-Ouest, du sud des Landes au nord de la Gironde, semble avoir bénéficié de ce « miracle de mars ».

    Cette parenthèse enchantée arrive juste avant une nouvelle dégradation annoncée. Pour les surfeurs du coin, il s’agissait de ne pas rater le coche : une telle communion entre des bancs de sable performants et une météo clémente est le meilleur remède contre un hiver morose.

  • Surf ou plastique ? Stéphanie Gilmore en boîte chez Mattel

    Surf ou plastique ? Stéphanie Gilmore en boîte chez Mattel

    On pensait avoir tout vu. Entre les JO, les piscines à vagues et le luxe qui s’invite sur les spots, le surf moderne ressemble de plus en plus à un catalogue de mode. Mais là, Mattel vient de poser le « nose » sur la planche de la pop culture : Stéphanie Gilmore, l’octuple championne du monde, a désormais son double en plastique.

    Du « Rail Game » au « Doll Game »

    À 38 ans, alors qu’elle s’apprête à revenir sur le Tour après deux ans de pause, « Queen Steph » rejoint Serena Williams et une astronaute dans la collection des modèles inspirants de la marque. C’est beau, c’est rose, et c’est surtout très… lisse.

    Pour les vieux de la vieille, ceux qui ont été nourris au néoprène râpé et au punk rock dans des vans rouillés, la pilule est un peu dure à avaler. Voir l’une des surfeuses les plus stylées de l’histoire finir coincée entre une brosse à cheveux miniature et un sac à main fuchsia, ça fait un choc thermique. On est loin de l’époque où le surf était une contre-culture. Aujourd’hui, le « lifestyle » se vend en boîte de 30 cm.

    Le prochain ? Kelly Slater en Ken ?

    Ce n’est pas la première fois que Mattel s’attaque au line-up. Teresa Bonvalot et Maya Gabeira avaient déjà eu droit à leur moulage. Mais voir Steph, l’icône de la glisse pure, devenir un « jouet » pose une question : le surf doit-il vraiment être partout ?

    L’argument de Mattel est rodé : inspirer les petites filles. C’est louable. Mais on ne peut s’empêcher d’imaginer la scène : une gamine qui tente d’expliquer ce qu’est un « cutback » à une poupée qui ne peut même pas plier les genoux.

    Finalement, il ne manque plus qu’une chose pour que le tableau soit complet. Après avoir tout gagné, Kelly Slater attend sans doute son heure. Entre une médaille olympique et une figurine « Ken-Slayer » avec crâne rasé et planche en mousse, on sait déjà ce qui ferait le plus jaser sur le parking de Huntington.

    Le surf n’est plus un sport de rebelles, c’est un produit de consommation courante. Reste à savoir si la wax colle sur le plastique.

  • Stab in the Dark : Kelly Slater offre la victoire à sa propre marque et enflamme la toile

    Stab in the Dark : Kelly Slater offre la victoire à sa propre marque et enflamme la toile

    C’est un dénouement qui ne manquera pas de faire jaser sur le parking de la Côte des Basques comme sur les forums spécialisés. Pour la 10ème édition du célèbre test à l’aveugle Stab in the Dark, c’est le shaper Dan Mann, représentant la marque Firewire, qui a décroché la première place. Le problème ? Le pilote d’essai n’était autre que Kelly Slater, actionnaire principal de Firewire. PS: il faut être abonné à Stabmag pour voir les épisodes.

    Le hold-up parfait du King ?

    Le concept de Stab in the Dark est pourtant simple : un surfeur de classe mondiale teste des planches blanches, sans logo, pour désigner la meilleure sans influence marketing. Pour cette édition anniversaire, la production avait invité les anciens vainqueurs (DHD, Pyzel, Channel Islands, Lost, Sharp Eye), et personnellement on aurait aimé Axel Lorentz. Mais Slater a posé une condition : l’ajout d’un « wildcard » pour Dan Mann.

    Résultat des courses : c’est précisément cette planche invitée qui l’emporte. Une coïncidence qui a immédiatement déclenché une vague de théories du complot. Comment le surfeur le plus technique de l’histoire, qui passe sa vie à analyser le moindre millimètre de ses rails, a-t-il pu ne pas reconnaître une planche shapée par son collaborateur de longue date ?

    « Tout le monde savait » : les shapers sortent les griffes

    Si Matt Biolos (Lost) a pris la défaite avec philosophie, d’autres acteurs majeurs ne cachent pas leur scepticisme. Chez Channel Islands (Merrick), on ne traite pas ouvertement Slater de menteur, mais on souligne qu’il est « étrange » qu’il n’ait pas reconnu le design. Marcio Zouvi (Sharp Eye) va plus loin, affirmant que le placement des dérives était « trop évident » pour être ignoré. Quant à Jon Pyzel, il suggère un plan orchestré entre les deux hommes.

    Kelly Slater, de son côté, joue la carte de l’étonnement. Il explique que cette planche victorieuse est en réalité une « version d’une version » d’un vieux shape de 15 ans. Il aurait même confondu la DHD avec sa Firewire à cause de la forme des wings.

    Un scandale ou une révolution ?

    Sam McIntosh, le patron de Stab, a directement confronté le King sur ses intentions commerciales. Réponse de l’intéressé : il ne mentirait pas pour une compétition de surf.

    Pourtant, le malaise persiste. Par le passé, des surfeurs comme Dane Reynolds ou Mick Fanning avaient eu l’élégance de disqualifier une planche dès qu’ils reconnaissaient la patte de leur shaper habituel. En choisissant de porter Firewire au sommet, Slater s’offre un coup de pub magistral, mais entache peut-être la crédibilité d’un format qui reposait sur l’impartialité totale.

  • Révolution sur le Longboard Tour : La WSL dévoile un calendrier 2026 repensé

    Révolution sur le Longboard Tour : La WSL dévoile un calendrier 2026 repensé

    Le monde du nose-riding s’apprête à vivre un tournant historique. La World Surf League (WSL) vient de lever le voile sur les contours de la saison 2026 du Longboard Tour, et le moins que l’on puisse dire, c’est que les cartes sont rebattues. Entre un changement radical de format (comme pour le shortboard) et l’exploration d’e nouveaux spots’un nouveau spot, les prétendants aux titres mondiaux vont devoir s’adapter à une donne inédite.

    Adieu les « Playoffs », place à la régularité

    La grande annonce qui secoue la communauté concerne le système de désignation des champions. Contrairement aux saisons précédentes où tout se jouait sur une seule journée de phase finale, le titre de Champion du Monde de Longboard 2026 sera désormais le fruit d’une accumulation de points sur l’ensemble de la saison.

    Le tour se clôturera en beauté au Salvador en mars 2027. Ce dernier rendez-vous sera le point d’orgue : seuls les 12 meilleurs hommes et femmes du classement y seront conviés pour une épreuve « Major » rapportant 15 000 points, contre 10 000 pour les étapes classiques. Un format qui récompense enfin la constance tout en gardant un final sous haute tension. Personnellement, je trouve que c’est un bon compromis par rapport aux années précédentes.

    Les Philippines : Le nouveau joyau du circuit

    Côté destinations, si les classiques de Huntington Beach (Californie) et de Bells Beach (Australie) conservent leur place, la WSL crée l’événement en intégrant une escale inédite : La Union, aux Philippines.

    Le spot de Monaliza Point, célèbre pour ses droites interminables et ses murs parfaitement dessinés pour le style traditionnel, accueillera la troisième étape en janvier 2027. C’est un signal fort envoyé à la communauté asiatique, très active dans le milieu du longboard, et l’occasion de voir l’enfant du pays, Rogelio Jr Esquievel, briller à domicile.

    Le calendrier complet de la saison 2026/27 :

    • Huntington Beach Longboard Classic (USA) : 25 – 29 juillet 2026
    • Bells Beach Longboard Classic (Australie) : 25 – 29 novembre 2026
    • La Union Longboard Classic (Philippines) : 20 – 24 janvier 2027
    • Surf City El Salvador Longboard Championships : 13 – 21 mars 2027

    Alors que Rachael Tilly et Kai Ellice-Flint s’apprêtent à remettre leurs couronnes en jeu, ce nouveau format promet une saison plus juste et plus spectaculaire. Le rendez-vous est pris sur le sable californien en juillet prochain pour le coup d’envoi.

  • Tragédie à Praia do Canal : Le surfeur Martin « Mantega » Cirko perd la vie au Portugal

    Tragédie à Praia do Canal : Le surfeur Martin « Mantega » Cirko perd la vie au Portugal

    L’océan, qu’il aimait tant, a fini par l’emporter. La communauté internationale du surf est sous le choc après l’annonce du décès de Martin « Mantega » Cirko, survenu le 23 février dernier sur le spot de Praia do Canal, dans la région d’Aljezur au sud du Portugal. Âgé de 39 ans, ce surfeur et artiste d’origine brésilienne, établi en Allemagne, laisse derrière lui une famille dévastée et un vide immense sur les pics de l’Algarve.

    Un accident soudain en pleine session

    Selon les premiers rapports de la Police Maritime et les témoignages de ses proches, Martin surfait avec un ami lorsqu’il s’est retrouvé en difficulté. Après avoir disparu de la surface durant quelques minutes, il a été ramené sur le rivage par son compagnon de session. Malgré l’intervention rapide des pompiers et des secours aériens, les tentatives de réanimation pratiquées sur le sable sont restées vaines.

    Martin n’était pas un surfeur novice. Décrit comme un homme de la nature et un aventurier aguerri, il connaissait les risques de l’océan. Sa compagne, Sophia, a tenu à lui rendre un hommage poignant, le décrivant comme un « professionnel du risque » qui vivait avec deux mantras simples : « Vida boa » (la belle vie) et « Sem medo » (sans peur).

    L’hommage d’une communauté soudée

    D’origine germano-brésilienne, celui que tout le monde surnommait « Mantega » était une figure lumineuse. Artiste et surfeur charismatique, il avait récemment passé du temps en Catalogne avant de rejoindre les côtes portugaises. Sa générosité et sa sensibilité — il était « le genre d’homme à pleurer de bonheur », confie sa compagne — ont marqué tous ceux qui ont croisé sa route.

    Solidarité pour sa famille

    Martin laisse derrière lui sa femme et leur petite fille de 18 mois, Violetta. Pour soutenir sa famille dans cette épreuve insurmontable, des collectes de fonds ont été lancées sur GoFundMe et PayPal. Le message de la famille est clair : Martin est parti en faisant ce qu’il aimait le plus au monde, dans un lieu magnifique, fidèle à ses rêves.

    À Praia do Canal, l’ambiance n’est plus à la fête, mais au recueillement pour un homme qui aura vécu sa passion jusqu’au bout.

    Repose en paix, Mantega.

  • Taj Burrow : « La chose la plus courageuse que j’aie jamais vue »

    Taj Burrow : « La chose la plus courageuse que j’aie jamais vue »

    On le sait, Taj Burrow est une légende australienne, encore plus dans l’Australie de l’ouest. Le gars est le meilleur surfeur WA (Western Australia) et un sourire qui ferait fondre un bloc de wax en plein hiver. Mais là, on a failli perdre notre retraité préféré de 48 balais dans un sauvetage qui a viré au chaos total.

    L’appel du Large

    Alors qu’il scorait des bombes en tow-in à Supertubes avec son fidèle acolyte Dino Adrian, un hélico de la sécurité civile débarque en mode « Urgence ». Signes de la main, agitation dans la cabine… Le message est clair : « Lâchez votre session, y’a des vies en jeu. »

    Taj et Dino ne réfléchissent pas. Ils pointent le nez du jet-ski vers le Nord. Direction : Bears.

    • Conditions : Un solide 12 pieds (4 mètres) qui décale.
    • Le trajet : 10 bornes de « clapot » massif dans une houle de 16 secondes de période. Autant dire que leurs vertèbres ont dégusté pour suivre l’hélico sur la distance.

    Le « Bordel » de Bears

    Arrivés sur zone, c’est la catastrophe :

    1. Un surfeur en perdition (le leash a pété, classique mais mortel ici).
    2. Son pote qui essaie de l’aider.
    3. Une sauveteuse qui saute de l’hélico (sans radio qui marche, sinon c’est pas drôle).

    Taj récupère un gars nommé Ben, au bout du rouleau, et décide de le « beacher » (le déposer sur le sable). Erreur fatale.

    Le « Pinball » au milieu des cailloux

    Une fois dans la zone d’impact, c’est le cauchemar. L’océan se retire, laissant apparaître des rochers secs comme des lames de rasoir.

    « C’était hideux. On aurait dit un tsunami. Tout se vidait sur le reef. » — Taj Burrow

    Le jet-ski se transforme en boule de flipper. Taj fait des ronds dans une « lagune » minuscule de 50 cm de fond pendant que des murs d’écume lui tombent sur la gueule. Bilan technique : La direction pète. Le jet ne tourne plus qu’à droite. Ils se font éjecter sur les rochers.

    Le « Straight Shot » vers la liberté

    Coincé, Dino est évacué par l’hélico. Mais Taj refuse d’abandonner son jet-ski (et sa propre peau). Il attend une accalmie, et il décide de tenter le tout pour le tout.

    Sans planche, sans gilet de sauvetage, avec un jet qui ne tourne pas : Full Gaz ou plein pot vers l’infin et l’au-délà. Il évite les têtes de rocher, franchit une barre monstrueuse en mode « vol plané » et réussit à regagner le large par miracle.

    Un bon récit de marin, mais heureusement que ces deux surfeurs d’un excellent était présent, sinon le drame n’aurait pu être évité. On ne parle pas assez du nombre de personnes secourues par les surfeurs….

  • Des vagues parfaites en plein désert : les Français à l’assaut de l’Arabie Saoudite

    Des vagues parfaites en plein désert : les Français à l’assaut de l’Arabie Saoudite

    Le surf continue sa conquête du désert. Cette fois, c’est du côté de la Mer Rouge, en Arabie Saoudite, que le projet Adrena vient de dévoiler sa toute nouvelle lagune de surf. Propulsée par la technologie Endless Surf, cette piscine à vagues « ES36 » promet une expérience haut de gamme en eau salée, intégrée à l’un des développements touristiques les plus ambitieux de la planète.

    Un casting XXL et une touche française

    Pour l’inauguration, le promoteur Red Sea Global n’a pas fait les choses à moitié. On retrouve à l’eau des noms ronflants du circuit mondial comme Yago Dora, le free surfeur Victor Bernardo ou encore la légende Corey Lopez. Mais ce qui a attiré notre regard, c’est la présence de deux visages bien connus de notre littoral : Matthieu Etxebarne et Louis Marchiset.

    Les deux Français se sont offert une session de « testing » sur ces murs d’eau pneumatiques, sculptés avec une précision chirurgicale par le logiciel Swell Studio. Des vagues lisses, répétitives et apparemment parfaites pour progresser… si l’on fait abstraction du décor environnant.

    Espérons que nos frenchies ont eu le temps de rentrer avant le début du conflit en Iran. La vidéo a été postée il y a 4 jours….

  • JO 2028 : Justine Dupont répond à Yago Dora, le surf mondial au bord de la rupture ?

    JO 2028 : Justine Dupont répond à Yago Dora, le surf mondial au bord de la rupture ?

    Le chemin vers les vagues de Los Angeles 2028 ressemble de plus en plus à un champ de mines diplomatique. Alors que le champion brésilien Yago Dora criait au « manque de respect » de la part des instances olympiques, une voix de poids vient de briser le silence pour défendre le nouveau système : celle de la star française Justine Dupont.

    Le coup de gueule de Yago Dora : « Ils ont agi dans notre dos »

    Le point de friction est clair : le calendrier. Pour les surfeurs de l’élite (WSL), devoir valider leur ticket olympique sur seulement quatre épreuves au début de la saison 2028 est une pilule qui ne passe pas. Dora dénonce une International Surfing Association (ISA) qui aurait pris des décisions unilatérales.

    « L’ISA a tout fait derrière notre dos, alors que nous avons essayé de les rencontrer pour trouver un système équitable. Ils nous ont totalement ignorés », s’insurge le Brésilien.

    Justine Dupont recadre le débat : « Un système plus adapté »

    Actuellement en convalescence après sa grave blessure à Todos Santos, la multiple championne du monde de gros et présidente de la commission des athlètes de l’ISA n’a pas tardé à répliquer. Pour Justine Dupont, le nouveau format n’est pas une punition, mais une évolution nécessaire qui donne plus de pouvoir aux fédérations nationales.

    « Je suis convaincue que ce nouveau système est plus approprié », affirme la Française. Selon elle, le travail de la commission a consisté à tirer les leçons de Tokyo et Paris pour trouver un équilibre entre les intérêts privés de la WSL et l’universalité de l’olympisme. Elle rappelle un point crucial : ce système permet désormais à chaque nation de qualifier jusqu’à trois athlètes, une avancée majeure par rapport aux cycles précédents.

    Manuel Selman : Le porte-parole des « petites » nations

    Au milieu de ce duel de titans, le Chilien Manuel Selman soutient la position de la Française. Pour lui, le monde olympique n’est pas le circuit pro. Il rappelle froidement une réalité que les stars du CT ont parfois du mal à accepter : l’ISA n’a aucune obligation de consulter la WSL.

    « L’ISA pourrait même supprimer tous les slots réservés à la WSL à l’avenir selon les règles du CIO », prévient-il, tout en invitant les Brésiliens à « faire taire tout le monde » en gagnant leurs séries sur l’eau.

    Un sport, deux mondes

    Ce bras de fer met en lumière une fracture profonde. D’un côté, l’élite mondiale qui demande de la cohérence avec son calendrier professionnel ; de l’autre, des instances qui veulent faire des JO un événement véritablement mondial, et non une simple extension du circuit privé américain.

    Malgré les tensions, Justine Dupont reste optimiste : « Nous verrons les meilleurs surfeurs du monde à Los Angeles. » Reste à savoir si ces derniers feront le déplacement avec le sourire ou avec un sentiment d’injustice.

  • À 50 ans, Russell Winter terrasse les jeunes au QS de la Barbade : « J’ai fini en larmes »

    À 50 ans, Russell Winter terrasse les jeunes au QS de la Barbade : « J’ai fini en larmes »

    Le surf mondial vient de vivre l’un de ses moments les plus vibrants de l’année. À 50 ans, le Britannique Russell Winter, pionnier absolu du surf européen, a prouvé que la « vieille garde » avait encore des dents. Engagé sur le QS 6000 de la Barbade, sur le spot mythique de Soup Bowl, celui qui fut le premier Anglais à intégrer l’élite mondiale (le WCT) a non seulement passé un tour, mais il l’a fait avec une autorité qui a laissé les jeunes espoirs américains sans voix.

    Une démonstration de « Power Surfing » à l’ancienne

    Alors que le circuit professionnel est aujourd’hui dominé par des athlètes de vingt ans portés sur les manœuvres aériennes, Russell Winter a rappelé à tout le monde ce que signifiait le surf puissant. Avec un total de 14,67 points, il a dominé sa série face à des surfeurs qui pourraient être ses fils.

    Ses turns, ses carves surpuissants et ses gerbes d’eau massives — alimentées, comme le dit la légende, par une force brute venue de ses racines britanniques — ont fait la différence. « Slater a montré qu’on pouvait gagner à Pipeline à 50 ans, Winter vient de prouver qu’on peut encore découper un reef des Caraïbes avec le même âge au compteur », s’enthousiasment les observateurs sur place.

    « Il y a quelques années, je ne voulais plus être sur cette planète »

    Mais au-delà de la performance sportive, c’est l’émotion qui a submergé l’événement. À sa sortie de l’eau, l’icône de Newquay n’a pas pu retenir ses larmes. Dans une interview poignante, il s’est confié sur un parcours de vie chaotique, marqué par des démons personnels et une bataille de deux ans pour la sobriété.

    « Je peux honnêtement dire que c’est l’un des plus beaux moments de ma vie », a-t-il confié sur ses réseaux sociaux. « Après ma deuxième vague, j’ai commencé à pleurer en remontant au peak. Je n’arrivais pas à croire que j’avais la chance de m’exprimer ainsi à 50 ans. »

    Winter a révélé avoir tout vendu par le passé pour poursuivre sa passion et découvrir qui il était vraiment. Sa confession sur sa santé mentale a touché la communauté surf : « Il y a quelques années, je ne voulais plus être sur cette planète. » Aujourd’hui sobre, affûté et apaisé, il semble vivre une seconde naissance.

    Un pionnier qui ouvre encore la voie

    Pour les puristes, Russell Winter est bien plus qu’un vétéran en quête de sensations. En 2002, il remportait le Boardmasters. Il est celui qui a battu Kelly Slater à Sunset Beach à l’époque où l’Europe n’était qu’une simple note de bas de page sur la carte du surf mondial.

    En s’imposant dans série à la Barbade, il n’est pas là pour faire du « storytelling » pour les réseaux sociaux. Il montre la voie à la nouvelle génération britannique, les Lukas Skinner et consorts, en prouvant que le surf est une quête qui ne s’arrête jamais.

    Le message est passé : à 50 ans, Russell Winter n’est pas là pour faire de la figuration. Il est là pour scorer, avec le sourire et les yeux humides d’un homme qui a enfin trouvé la paix entre deux vagues.

    Une carrière « rock’n’roll » : Russell Winter n’a pas toujours été ce sage apaisé des Caraïbes. Savais-tu qu’il a déjà dû s’expliquer devant la justice pour une histoire incroyable impliquant… une épée de cérémonie ?

  • L’esthétique du chaos : Torren Martyn dompte Shipstern Bluff avec style

    L’esthétique du chaos : Torren Martyn dompte Shipstern Bluff avec style

    Quand on pense à Shipstern Bluff, en Tasmanie, on imagine des surfeurs en combinaison 5/4mm, tractés par des jet-skis, tentant de survivre à des vagues mutantes et terrifiantes. On n’imagine rarement un surfeur arriver avec un flow décontracté et une approche « alternative ». C’est pourtant la prouesse que vient de signer Torren Martyn dans sa dernière vidéo.

    Le Twin-Fin face au monstre

    La force de Torren Martyn réside dans sa capacité à adapter son surf à des lignes fluides et originales aux conditions les plus hostiles de la planète. À « Shiptern », le danger vient des célèbres « marches » (steps) qui se forment à l’intérieur du tube. Là où la plupart des surfeurs se raidissent pour encaisser le choc, Martyn semble absorber le relief du récif avec une décontraction presque insolente.

    Dans cette vidéo captivante, annonçante le prochain de Torren, on voit le surfeur de Byron Bay dessiner des trajectoires improbables sur des murs d’eau massifs. Son choix de matériel — souvent des planches plus longues et typées twin-fin — apporte une dimension visuelle inédite sur ce spot : une glisse plus traditionnelle qui contraste avec la violence brute de l’océan Austral.

    Une leçon de lecture de vague

    Ce qui frappe dans cette session, c’est la facilité de Martyn. J’adore toutes ces vidéos car elles sont originales, avec une ambiance à part. C’est un mélange de « lost in the swell » de nos bretons préférés, de « le chemin » d’Arthur Bourbon. Je n’ai pas encore vu le film, mais le teaser me donne cette envie de quitter la côte basque pour une aventure surfistique au fin fond du monde…