Catégorie : Voyage Surf

  • Un crocodile géant s’invite sur le meilleur spot de surf du monde aux Mentawai

    Un crocodile géant s’invite sur le meilleur spot de surf du monde aux Mentawai

    Si vous avez déjà rêvé d’un boat trip parfait, les îles Mentawai sont forcément en haut de votre bucket list. Des vagues parfaites, une eau cristalline, la chaleur tropicale… et apparemment, des prédateurs préhistoriques capables de vous engloutir tout rond.

    Le capitaine de légende Martin Daly, véritable pionnier de la zone avec son célèbre Indies Trader, vient de jeter un énorme pavé dans l’eau turquoise. Dans une vidéo qui secoue actuellement les adeptes de surf sur internet, il a capturé les images glaçantes d’un crocodile marin (le redouté « saltie ») d’au moins 3 mètres, en train de patrouiller tranquillement à quelques encablures des line-ups les plus convoités de la planète.

    Le Disneyland du surf prend des airs de Jurassic Park

    Si les surfeurs ont l’habitude d’entendre des histoires de crocos égarés au fond des rivières du Costa Rica ou aux abords des spots mexicains, l’archipel indonésien n’est pas réputé pour ce genre de face-à-face. Pourtant, ce monstre marin d’eau saumâtre est bel et bien là. Pour rappel, ces reptiles sont les plus grands au monde : un mâle moyen frôle facilement les 5 mètres pour près d’une demi-tonne.

    Le commentaire laissé par Daly fait d’ailleurs froid dans le dos : « Je n’aimerais vraiment pas croiser le croco qui a arraché la patte de ce gros pépère de plus de 3 mètres que nous avons repéré il y a une semaine ». Vous avez bien lu : il y en a un autre, et il est visiblement plus agressif.

    Une nouvelle donne pour votre prochain surf trip ?

    Ce n’est malheureusement pas un cas isolé. L’année dernière, le boss de l’Indies Trader avait déjà signalé la présence de ces super-prédateurs sur l’une de ses vagues favorites, qu’il surfe pourtant depuis 40 ans. « Surfer avec des prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire n’est pas l’idéal. Ils nous ont laissés tranquilles jusqu’à présent, mais… » avouait-il.

    La haute saison des Mentawai s’étend d’avril à octobre. Si vous avez déjà booké votre charter pour aller scorer les vagues de votre vie dans les mois qui viennent, une nouvelle règle de survie s’impose au pic : entre deux séries, évitez de laisser traîner vos orteils trop longtemps.

  • Snapper Rocks : Tout ce qu’il faut savoir pour surfer Superbank

    Snapper Rocks : Tout ce qu’il faut savoir pour surfer Superbank

    On a tous en tête ces images de vagues parfaites déroulantes filmées depuis Kirra Hill : des lignes de houle qui s’alignent avec une précision chirurgicale depuis Snapper jusqu’à Kirra. C’est le rêve absolu du surfeur, une sorte de dessin animé qui prendrait vie sous nos yeux. Mais derrière la carte postale se cache une machine hydraulique complexe et un line-up qui ne pardonne aucune erreur d’étiquette. Que vous soyez là pour le tube de votre vie ou pour un premier « ride » sur la Gold Coast, voici le guide ultime pour comprendre et surfer Snapper Rocks.

    1. La genèse d’un miracle : Comment l’homme a créé le Superbank

    Snapper Rocks n’a pas toujours été cette machine à vagues infinie. À l’origine, la côte était constituée de points de rupture distincts et parfois aléatoires. Le « Superbank » tel qu’on le connaît est ce qu’on pourrait appeler une œuvre d’art « man-nurtured » (entretenue par l’homme).

    Le Tweed River Sand Bypass

    Tout bascule en 1962 lorsque les digues de l’embouchure de la Tweed River sont rallongés pour sécuriser la navigation. Ce projet a bloqué le flux naturel du sable vers le nord. Pendant 30 ans, les plages du Queensland ont été privées de sédiments, rendant les bancs de sable instables.

    C’est en 1993, sous l’impulsion de légendes locales comme Wayne « Rabbit » Bartholomew, qu’une solution pérenne est trouvée : le Tweed Sand Bypass. Depuis 2001, ce système pompe environ 600 000 mètres cubes de sable chaque année pour les rejeter au large de Snapper.

    Le saviez-vous ? Ce sable ne s’accumule pas n’importe comment. Il suit le courant le long d’une ligne presque rectiligne, comme tracée à la règle, créant cette continuité légendaire entre Snapper, Rainbow Bay, Greenmount et Kirra.

    2. La mécanique de la vague : Houle, Vent et Marée

    Pour surfer Snapper, il faut savoir lire les cartes météo comme un local. La vague est d’une constance effrayante (plus de 300 jours de surf par an), mais elle change radicalement de visage selon les conditions.

    Les directions de houle idéales

    La « fenêtre de tir » optimale s’étend de janvier à juillet.

    • La houle de Sud-Est : C’est la direction favorite des habitués. Le Sud apporte la puissance nécessaire derrière le rocher (The Rock) pour éviter que le backwash ne ferme la vague, tandis que l’Est assure que le mur continue de se dresser devant vous tout au long du point.
    • Les cyclones tropicaux : En fin d’été et en automne, les houles cycloniques de longue période créent ces lignes interminables qui permettent des rides de plusieurs minutes.
    • L’Est-Sud-Est de courte période : Fréquent en été, ce type de houle a tendance à sectionner la vague. C’est paradoxalement une bonne nouvelle pour les surfeurs intermédiaires, car cela disperse la foule sur plusieurs pics.

    Le vent : Attention au « Devil’s Breath »

    Snapper est naturellement protégé par son relief. Tout vent de secteur Sud à Sud-Ouest est ici « offshore » (vent de terre), lissant parfaitement la face de la vague. En revanche, le vent de secteur Nord à Nord-Est est surnommé le « Souffle du Diable ». Non seulement il hache le plan d’eau, mais il ramène souvent des bancs de méduses (bluebottles) particulièrement urticantes.

    3. L’anatomie du spot : De l’enfer du rocher au paradis de Rainbow

    Surfer Snapper, c’est comme traverser plusieurs mondes sur une seule planche. Chaque section a ses propres règles.

    Behind the Rock (Derrière le rocher)

    C’est la zone de take off la plus intense. Le « take-off » est difficile, late, puissant et doit se négocier avec un œil sur le rocher et l’autre sur le backwash. C’est une zone avec beaucoup de courant et beaucoup de monde. L’eau qui rebondit sur la pierre crée une onde de choc qui peut soit vous propulser dans un tube béant, soit vous désarçonner en une fraction de seconde. Quand la journée est vraiment bonne, c’est quasi impossible pour un surfeur moyen de prendre une vague entre les surfeurs pros et les locaux.

    • Niveau requis : Expert.

    La section rippable (Le milieu)

    Une fois le rocher passé, la vague s’ouvre. C’est probablement l’une des meilleurs sections au monde pour travailler ses manœuvres. La lèvre est prévisible, puissante, et offre une section parfaite pour les snaps et les cutbacks. La section peut doubler à l’occasion, et provoquer un tube plus accessible qu’à Behind The Rock, ou laisser la place à une partie de vague idéale pour les gros turns.

    Little Marley & Rainbow Bay

    Selon la qualité du banc de sable, vous pouvez soit enchaîner un second tube à Little Marley, soit profiter d’un long mur plus doux vers Rainbow Bay. C’est ici que les jambes commencent à brûler. Un ride complet peut durer plusieurs minutes, un effort physique colossal.

    4. Guide de survie : Paddle-out et Etiquette

    Le plus grand défi à Snapper Rocks n’est pas la vague, c’est la foule. C’est l’un des line-ups les plus agressifs et denses au monde.

    Où se mettre à l’eau ?

    Il existe trois options principales pour rejoindre le pic :

    1. Froggies : L’option la plus périlleuse. Entre les courants et les rochers, il est facile de se retrouver coincé dans une zone de « mort » où l’on subit les séries sans pouvoir sortir.
    2. Le saut du rocher (Jump off) : Réservé aux initiés. Il faut synchroniser son saut avec le retrait de l’eau. Un mauvais timing et vous finissez dans les crevasses avec des points de suture en prime.
    3. Le Keyhole (Le trou de serrure) : C’est l’option la plus sûre. Un petit passage entre les rochers qui demande tout de même un bon timing pour ne pas se faire drosser par une série dès les premiers coups de rame.

    La règle d’or du placement

    Avec 200 personnes à l’eau, l’agression est palpable.

    • Ne regardez pas derrière vous : Si vous êtes au pic, soyez prêt.
    • La tactique de la 2ème vague : Souvent, la première vague d’un set « nettoie » le line-up en emportant les plus affamés. La deuxième est souvent plus propre et moins convoitée au départ.
    • Le respect des locaux : Les « grommets » (jeunes) de Coolangatta surfent mieux que 99% des touristes. Ne snobez pas un gamin de 12 ans, il a probablement la priorité et un niveau pro.

    5. Conseils par niveau : Comment profiter de sa session ?

    Pour les surfeurs de niveau intermédiaire

    N’essayez pas de rivaliser avec les pros derrière le rocher. Vous allez perdre votre temps et votre énergie. Décalez-vous vers Rainbow Bay. Les vagues y sont souvent un peu moins creuses, mais le surf reste exceptionnel. C’est aussi là que vous aurez le plus de chances de chopper une vague qui a été abandonnée par un surfeur plus haut sur la pointe.

    Pour les surfeurs avancés

    Travaillez votre lecture du courant. Si la houle vient de l’Est, le courant de retour (reverse rip) va vous ramener systématiquement vers le rocher. Si la houle est de Sud-Est, préparez-vous à marcher. Après chaque vague, ne remontez pas à la rame contre le courant : sortez de l’eau, marchez le long de la plage et recommencez votre circuit. C’est beaucoup moins épuisant.

    Pour tous : La sécurité avant tout

    Snapper Rocks est un fond de sable, mais le sable y est dur comme du béton. À marée basse, certaines sections sont extrêmement peu profondes. Soyez attentifs aux autres : les collisions sont la cause numéro 1 des blessures ici.

    Conclusion : L’expérience d’une vie

    Snapper Rocks est bien plus qu’un spot de surf ; c’est un laboratoire à ciel ouvert, une ville dédiée à la glisse (Coolangatta). Surfer ici, c’est accepter de faire partie d’une fourmilière humaine pour goûter, ne serait-ce que quelques secondes, à la perfection d’une onde sculptée par l’homme et magnifiée par la nature.

    Si vous avez la patience et le respect nécessaires, Snapper vous offrira la vague qui redéfinira votre vision du surf. Préparez vos bras, le Superbank vous attend.

  • Filets de pêche : 49 surfeurs morts depuis 1986

    Filets de pêche : 49 surfeurs morts depuis 1986

    Quand un surfeur disparaît en mer, on pense aux grosses vagues, aux récifs, parfois aux requins. Mais au Brésil, un autre danger tue en silence depuis des décennies : les filets de pêche dérivants. Invisibles sous l’eau, impossibles à éviter à pleine vitesse, ils ont déjà coûté la vie à des dizaines de surfeurs.

    Un danger bien réel sur le littoral brésilien

    Sur les côtes du sud du Brésil, notamment dans l’État du Rio Grande do Sul, les filets de pêche ne sont pas seulement un outil de travail pour les pêcheurs artisanaux. Lorsqu’ils sont coupés, arrachés ou laissés à la dérive, ils deviennent de véritables pièges mortels pour tous ceux qui pratiquent l’océan.

    Selon la Fédération Gaucha de Surf, au moins 49 surfeurs ont perdu la vie depuis 1986, pris au piège dans des filets ou des câbles de pêche sur le littoral local. Un chiffre glaçant, d’autant plus marquant que le dernier décès officiellement recensé remonte à 2010, preuve que ce danger persiste dans le temps, même lorsqu’il disparaît des radars médiatiques.

    Des filets coupés, puis abandonnés en mer

    L’affaire la plus récente s’est produite sur plusieurs plages du nord de l’État, notamment à Imbé, Tramandaí et Xangri-Lá. Des dizaines de câbles de filets de pêche ont été volontairement sectionnés le long du littoral.

    Résultat :

    • des filets flottants non contrôlés,
    • des câbles dérivants quasi invisibles,
    • et un risque immédiat pour les surfeurs qui entrent à l’eau sans se douter de ce qui les attend sous la surface.

    Les pêcheurs locaux ont rapidement tiré la sonnette d’alarme, signalant la présence de plusieurs zones où les filets restaient accrochés au fond ou flottaient entre deux eaux.

    “Ça peut accrocher une planche… ou un corps”

    Armi Ronnau, pêcheur local depuis près de 30 ans, n’avait jamais vu une situation de cette ampleur. Selon lui, une dizaine de filets se retrouvaient à la dérive, suffisamment pour piéger une planche, un leash, ou pire : un surfeur lui-même.

    Le scénario est souvent le même.
    Le surfeur rame, prend une vague, chute ou passe sous l’eau… et se retrouve enchevêtré en quelques secondes. Sous la pression, avec le stress, le courant et parfois la houle, se dégager devient presque impossible, même pour un pratiquant expérimenté.

    Pourquoi les filets sont-ils si dangereux pour les surfeurs ?

    Contrairement à un rocher ou à un récif, un filet ne se voit pas. Il peut être :

    • immergé juste sous la surface,
    • plaqué au fond,
    • ou déplacé par la houle et les courants.

    Une fois pris dedans, le surfeur doit gérer en même temps :

    • l’apnée forcée,
    • la panique,
    • la traction du courant,
    • et parfois la pression de la vague suivante.

    Dans ces conditions, chaque seconde compte.

    Un conflit latent entre usages de l’océan

    La Colônia de Pescadores Z40 a rappelé que la pêche au filet est une activité légale, autorisée entre le 15 mars et le 15 décembre, à condition que les pêcheurs soient déclarés et enregistrés.

    Le problème ne vient donc pas de la pêche en elle-même, mais :

    • des actes de vandalisme,
    • des câbles coupés volontairement,
    • et du manque de sécurisation après les incidents.

    Lorsque ces filets ne sont pas retirés immédiatement, ils deviennent une menace pour toute la communauté nautique.

    Prévenir plutôt que compter les morts

    Les fédérations de surf locales insistent sur plusieurs points essentiels :

    • signaler toute présence suspecte de filets ou câbles,
    • renforcer la communication entre pêcheurs et surfeurs,
    • et informer les pratiquants, notamment les plus jeunes.

    Parce qu’un filet à la dérive n’est pas un simple déchet marin. C’est un piège mortel, silencieux, qui ne laisse aucune seconde chance.

  • Des tubes parfaits en Pologne : la vidéo qui a retourné Internet

    Des tubes parfaits en Pologne : la vidéo qui a retourné Internet

    Pendant quelques heures, la mer Baltique a fait exploser tous les clichés. Oui, des tubes creux, rapides, parfaitement dessinés… en Pologne. Une vidéo devenue virale en quelques heures a suffi à affoler la planète surf, au point de faire douter les plus sceptiques. Non, ce n’est ni l’Indonésie, ni la Namibie (quoique…..). C’est bien la côte polonaise, figée dans le froid, qui a offert un spectacle totalement irréel.

    Une tempête historique à l’origine du phénomène

    À l’origine de ce moment suspendu : une tempête exceptionnelle, la première véritablement sérieuse de l’automne-hiver. Les modèles annonçaient des chiffres rarement vus en Baltique : près de 6 mètres à 12 secondes, une configuration presque absurde pour une mer fermée. Résultat : un fetch parfaitement aligné, une houle longue, propre, et surtout… des gauches tubulaires qui n’auraient pas dépareillé dans un edit de désert africain.

    Le tout documenté par le photographe local Krzysztof Jędrzejak, plus connu sous le pseudo Baltic Surf Scapes. Présent au bon endroit, au bon moment, il capture ce que beaucoup considèrent déjà comme le plus beau swell vu en Pologne depuis des années.

    Personne à l’eau… ou presque

    C’est là que l’histoire devient encore plus folle. Malgré des vagues objectivement parfaites, personne ne surfe. Pas de foule. Pas de bataille de take-off. Pas même un surfeur isolé cherchant à sauver sa vie dans l’inside. Pourquoi ? À cause d’un ennemi invisible mais implacable : le courant.

    Selon Jędrzejak, il était tout simplement impossible de se placer sans jet-ski. Un courant si puissant qu’il traversait la baie, rendant toute tentative de rame vaine. Des vagues de rêve, mais injouables. Le genre de scénario qui rend fou n’importe quel surfeur : regarder des tubes parfaits défiler… sans pouvoir en prendre un seul.

    La Baltique, cet outsider éternel du surf

    La mer Baltique n’a jamais figuré sur la bucket list des surfeurs. Trop froide. Trop capricieuse. Trop molle la plupart du temps. Et pourtant, comme les Grands Lacs ou certains coins improbables d’Europe de l’Est, elle rappelle parfois que le surf ne se limite pas aux tropiques.

    Des surfeurs vivent ici, s’acharnent, scrutent les cartes, acceptent des sessions médiocres en attendant le jour. Ce jour-là, ils l’ont vu… mais n’ont pas pu le surfer.

    Quand le surf devient un mythe visuel

    L’an dernier, Dylan Graves s’était déjà aventuré dans la région avec le Suédois Freddie Meadows pour un épisode de Weird Waves. Une exploration des marges du surf mondial, là où les vagues existent, mais jamais comme on les imagine.

    Cette fois, la Baltique a frappé fort. Très fort. Et a laissé derrière elle une vérité cruelle mais bien connue des chasseurs de vagues rares : “tu aurais dû être là hier… avec un jet-ski.”

  • Eisbach : la vague urbaine qui divise Munich

    Eisbach : la vague urbaine qui divise Munich

    Pendant des décennies, la vague de l’Eisbach a fait de Munich un mythe improbable du surf mondial. Une vague glacée, au cœur de l’English Garden, surfée toute l’année par des locaux et des voyageurs venus des quatre coins du globe. Aujourd’hui pourtant, cette icône est à l’arrêt. Et l’histoire qui se joue dépasse largement le simple cadre du sport.

    Une vague née de l’ingéniosité urbaine

    Dans les années 1970, des aménagements en béton sur ce bras de l’Isar créent un courant puissant sous un pont du parc. L’idée géniale revient à Walter Strasser : placer une planche à l’angle parfait pour faire naître une vague statique. Le spot devient culte, un rite de passage pour des générations de surfeurs urbains. Munich, ville sans océan, entre alors dans la cartographie mondiale du surf.

    L’accident qui change tout

    En avril dernier, un drame frappe la communauté. Une surfeuse de 33 ans perd la vie après que son leash se soit coincé sous l’eau, la maintenant prisonnière du courant. Malgré une intervention rapide, elle décède à l’hôpital. Un choc immense. Le premier accident mortel de l’histoire du spot. La vague est fermée, une enquête de sécurité lancée, et le débat s’enclenche : peut-on encore surfer l’Eisbach ?

    Quand l’administration bloque la relance

    À l’automne, lors d’un nettoyage de routine, la vague disparaît. Le Surf Club Munich se mobilise pour un redémarrage encadré, sûr et durable. Mais après des mois de discussions, l’association jette l’éponge. Trop de lourdeurs administratives, trop peu de volonté politique. Selon le club, la ville ne cherche plus à encadrer le surf… mais à l’empêcher.

    Strasser affirme pourtant pouvoir régler le problème en quelques semaines, avec un budget minime. Il explique avoir tenté de collaborer avec le maire Dieter Reiter, sans succès. Résultat : le projet officiel est abandonné.

    Réouverture clandestine, tension maximale

    Face à l’immobilisme, certains surfeurs passent à l’action. Pendant les fêtes, une planche est installée illégalement. La vague renaît brièvement, dans la clandestinité. Les autorités interviennent rapidement : le dispositif est retiré, et l’interdiction rappelée. Le surf reste officiellement prohibé.

    Une vague devenue politique

    L’Eisbach n’est plus seulement une vague. C’est un symbole. Celui d’un sport urbain vivant, d’une culture locale forte, mais aussi d’un conflit entre passion et réglementation. Le débat est désormais politique, sociétal, presque philosophique : quelle place laisse-t-on à l’expression libre dans l’espace public ?

    À Munich, l’eau coule toujours. Mais la vague, elle, attend.

  • Alerte tsunami au Japon après un séisme de magnitude 7,6

    Alerte tsunami au Japon après un séisme de magnitude 7,6

    Le Japon a de nouveau été secoué lundi soir par l’une de ces secousses qui rappellent à quel point l’archipel vit au contact permanent des forces profondes de la Terre. Un séisme de magnitude 7,6 a frappé au large de l’Aomori Prefecture, dans le nord-est du pays, peu après 23 h (heure locale). La secousse, brève, mais extrêmement puissante, a immédiatement déclenché une vaste opération d’alerte sur les littoraux exposés.

    Selon la Japan Meteorological Agency (JMA), l’épicentre se situait à environ 51 km de profondeur, un facteur qui a amplifié la propagation de l’onde sismique, mais aussi son potentiel à générer un tsunami. Quelques minutes après la secousse, les sirènes de la côte nord-est retentissaient déjà : des alertes tsunami majeures ont été émises, prévoyant des vagues pouvant dépasser 3 mètres pour certaines portions du rivage.

    Pour un pays dont l’histoire est marquée par des catastrophes naturelles liées aux séismes, cette annonce a instantanément ravivé les traumatismes collectifs. Les habitants des zones côtières ont été invités à se mettre en hauteur, dans le calme, mais avec rapidité, tandis que les autorités locales organisaient les premières évacuations préventives.

    Un risque concentré sur le Japon, mais un suivi mondial

    Les premières analyses transmises par la NOAA et le National Weather Service viennent préciser l’ampleur du phénomène. Si l’impact majeur concerne avant tout le Japon, les données indiquent :

    • des vagues entre 0,3 m et 1 m au-dessus du niveau de marée sur plusieurs côtes japonaises,
    • des vagues inférieures à 0,3 m pour d’autres régions du Pacifique : Philippines, Russie, Micronésie, Guam, îles Mariannes, ou encore les îles Hawaii les plus au nord.

    Le risque est donc quasi nul pour Hawaii, la polynésie française et la côte ouest des États-Unis, ce qui apporte un premier soulagement à la communauté internationale. Mais pour les régions japonaises visées, la vigilance reste totale. Les autorités rappellent que même des vagues d’un mètre peuvent être dangereuses en zone portuaire, notamment en raison des courants soudains qu’elles peuvent générer.

    Une réaction immédiate des systèmes d’observation

    Comme à chaque événement d’ampleur dans le Pacifique Nord, les systèmes de surveillance océanique et sismique ont immédiatement pris le relais. Les satellites d’observation suivent en temps réel la propagation éventuelle des ondes de tsunami. Ces dernières années, plusieurs événements avaient déjà démontré la capacité de ces technologies à capter des phénomènes extrêmes, comme le tsunami observé depuis l’espace en 2023, une première historique.

    Une situation toujours incertaine

    À cette heure, aucune perte humaine ni dégâts significatifs n’ont été confirmés, mais les autorités restent prudentes. Des vagues secondaires peuvent encore toucher le littoral, et la JMA actualise systématiquement ses bulletins. Les images diffusées à la télévision montrent des ports calmes mais sous surveillance maximale, tandis que des milliers d’habitants attendent de nouvelles instructions dans les centres d’évacuation.

    Le Japon, habitué à affronter ces épisodes avec une organisation exemplaire, démontre une nouvelle fois son efficacité. Mais la tension reste palpable : le pays tout entier observe, attend et espère que cet événement ne laissera pas de traces profondes.

  • Rare swell en Sardaigne : quand la Méditerranée se transforme en machine à vagues

    Rare swell en Sardaigne : quand la Méditerranée se transforme en machine à vagues

    La Méditerranée n’est pas réputée pour ses vagues. Et pourtant… parfois, lorsque la météo s’aligne à la perfection, certaines côtes prennent des allures d’archipels lointains. C’est exactement ce qui s’est produit en Sardaigne, où un swell exceptionnel a réveillé des slabs massifs dignes des spots les plus sauvages du globe. Et la vidéo qui immortalise cette journée confirme une chose : la réputation de la Sardaigne comme l’une des meilleures destinations surf de Méditerranée n’est pas un mythe.

    Une mer qui dort… jusqu’à ce qu’elle se déchaine

    Contrairement aux océans, la Méditerranée est un bassin fermé, moins vaste, bordé de continents. Résultat : les tempêtes ont peu d’espace pour se développer et générer de longues houles. C’est ce qui rend ces épisodes puissants si rares.

    Mais quand les ingrédients se combinent — froid arctique, dépression bien placée, vents synchronisés — la mer s’anime soudainement. Selon Surfline, c’est exactement ce qui s’est produit :

    « Une poussée d’air arctique et une dépression en formation ont envoyé une houle solide balayer la Méditerranée. Le swell a culminé sur les Baléares, la Sardaigne et la Corse avant de se diriger vers l’Afrique du Nord puis l’Italie et la Grèce. » Un scénario météo rarissime, mais redoutablement efficace.

    La Sardaigne, bastion du surf méditerranéen

    La Sardaigne n’est pas une destination secrète pour les surfeurs européens : depuis des années, elle est considérée comme la Mecque du surf méditerranéen. Ses côtes rocheuses, exposées aux vents et orientations variées, permettent de capter une partie des houles qui traversent le bassin. On y trouve :

    • des droites puissantes,
    • des slabs nerveux,
    • et même des point breaks quand la houle persiste.

    Mais cette diversité a une contrepartie : les vagues ne cassent qu’en de très rares occasions, si bien que les locaux vivent au rythme des cartes météo, toujours prêts à partir sur un coup de folie. La vidéo de cette semaine exceptionnelle montre des vagues épaisses, tubulaires, frappant les récifs sardes avec une puissance étonnante pour une mer.

    Matteo Calarti, porte-voix d’un surf insulaire exigeant

    Parmi les surfeurs à l’eau ce jour-là, on retrouve Matteo Calarti, jeune surfeur sarde passionné, témoin privilégié de ce swell historique. Dans une interview donnée à Margruesa, il confie :

    « La Sardaigne a de super vagues, mais elles ne cassent pas souvent. C’est pour ça que je dois beaucoup voyager. Ce qui me tient, c’est la liberté que je ressens dans l’eau et la possibilité de m’exprimer sur les vagues. »

    Ce discours reflète parfaitement l’état d’esprit méditerranéen : engagement, patience et détermination. Ici, on ne surfe pas tous les jours, mais quand le swell arrive, c’est un rendez-vous à ne pas manquer.

    Calarti espère suivre la voie de Leonardo Fioravanti — surfeur romain devenu référence mondiale — et représenter un jour le surf méditerranéen sur la scène internationale.

    Dylan Graves avait déjà flairé le potentiel

    Plus tôt cette année, le surfeur et explorateur de vagues improbables Dylan Graves avait déjà mis en lumière le potentiel du littoral sarde dans sa série dédiée aux “weird waves”.
    Il y décrit parfaitement ce que signifie être surfeur en Méditerranée :

    « Il y a des vagues difficiles, et les surfeurs sont prêts à parcourir des centaines de kilomètres pour les attraper. Il faut être engagé. Et d’une certaine manière, ça les rend meilleurs. »

    À travers son regard curieux, Graves avait déjà capté la spécificité de la Sardaigne : une destination où la rareté décuple la valeur de chaque session.

    Une destination qui gagne en reconnaissance

    Entre la beauté sauvage de ses côtes, ses eaux turquoise et ces épisodes de surf d’exception, la Sardaigne s’impose petit à petit comme une destination alternative pour les surfeurs en quête d’authenticité.

    Ce swell rare ne fait que renforcer l’idée que la Méditerranée, bien que capricieuse, peut offrir des journées dignes des meilleurs spots européens. Et lorsque la Sardaigne s’illumine, le surf prend une saveur unique : celle de l’attente récompensée.

  • Surf au Mexique : entre tragédies, frayeurs et conseils essentiels pour voyager en sécurité

    Surf au Mexique : entre tragédies, frayeurs et conseils essentiels pour voyager en sécurité

    Le Mexique fascine les surfeurs. Des droites interminables de Salina Cruz aux tubes massifs de Puerto Escondido, le pays fait rêver depuis des décennies. Mais derrière ce décor d’Éden pour goofy et regular, une réalité plus complexe existe : certaines zones présentent de réels risques, et plusieurs faits divers récents ont rappelé que le voyage surf au Mexique nécessite préparation, prudence et information.

    Ces dernières années, deux histoires ont particulièrement marqué la communauté surf :

    • l’assassinat des frères australiens Jake et Callum Robinson et de leur ami américain Carter Rhoad,
    • et la mésaventure intense vécue par Gaspard Larsonneur et Robin Aussenac à Salina Cruz, qui ont échappé de peu à une attaque armée.

    Ces récits ne doivent ni stigmatiser un pays magnifique, ni dissuader tous les voyageurs. Ils servent plutôt de rappel : le surf trip parfait n’existe pas sans une dose de vigilance.

    Le drame des frères Robinson : faits et prudence

    En avril 2024, les Australiens Jake et Callum Robinson, accompagnés de leur ami américain Carter Rhoad, sont portés disparus lors d’un surf trip en Basse-Californie. Quelques jours plus tard, les autorités mexicaines annoncent que les trois surfeurs ont été tués.

    Plusieurs hommes ont été arrêtés, identifiés par leurs prénoms conformément aux règles locales. Le procureur chargé de l’affaire a demandé des peines très lourdes, dépassant 200 ans de prison, en raison des charges retenues : homicide aggravé, vol et disparition forcée. Une femme, accusée d’avoir incité un vol qui aurait dégénéré, doit également comparaître.

    L’enquête se poursuit, les procès ne sont pas encore terminés, et il est important de respecter la présomption d’innocence et les règles judiciaires en vigueur au Mexique.
    Ce que les autorités ont indiqué publiquement :

    • Les suspects n’ont pas accepté d’accords de peine réduite.
    • Des éléments matériels et des témoignages figurent au dossier.
    • L’affaire pourrait durer longtemps, certains témoins étant étrangers et devant revenir au Mexique pour déposer.

    Ce drame a suscité une émotion considérable dans la communauté surf internationale. Il a rappelé que, même si la majorité des voyages au Mexique se passent très bien, certaines zones isolées peuvent être exposées à des risques de criminalité, vol ou extorsion.

    Gaspard Larsonneur : “Quand ils ont tiré, tu comprends que tout peut basculer”

    En 2021, le surfeur breton Gaspard Larsonneur part au Mexique pour un trip d’une dizaine de jours avec son photographe/caméraman Robin Aussenac. Le programme est simple : sessions matinales, lumière parfaite et ambiance caliente.
    Rien ne laissait présager que le voyage tournerait court… au bout de 48 heures.

    Une route isolée, une voiture qui se rapproche trop

    Après une session à Salina Cruz, le trio (Gaspard, Robin et leur guide local) roule vers le surf camp pour manger avant de retourner à l’eau l’après-midi. Au bout d’une trentaine de minutes, une voiture les suit, de plus en plus près, puis les dépasse et bloque la route quelques mètres devant eux.

    Deux individus descendent. Armés.

    Le guide réagit immédiatement

    Gaspard raconte que le guide n’a pas hésité :
    → marche arrière,
    → tentative d’esquive,
    → cris,
    → tension maximale.

    Les individus ouvrent le feu. Au moins cinq balles. L’une atteint le guide au pied.

    Gaspard et Robin se couchent à l’arrière. Ils ne voient qu’une chose : le plafond du véhicule qui vibre sous l’accélération. Le guide manœuvre en marche arrière, joue avec les obstacles, finit par contourner la voiture des assaillants et enclenche une fuite désespérée. Une course-poursuite s’engage sur plusieurs centaines de mètres.

    Finalement, les assaillants font demi-tour.

    Un retour à la réalité brutal

    Le trio se réfugie dans une station-service. La police arrive, échange uniquement avec le guide. Gaspard et Robin constatent le décalage : dans certaines zones du Mexique, les procédures ne ressemblent en rien à ce que l’on connaît en Europe.

    Bilan :

    • Pas de blessés graves,
    • une énorme frayeur,
    • un trip écourté,
    • un retour en France dans la foulée.

    Gaspard partage plus tard :

    « À partir du moment où ils se sont mis à tirer, tu te dis qu’ils sont prêts à tout. Ça aurait pu être bien pire. »

    Cette histoire a marqué les surfeurs européens, car Gaspard est un rider expérimenté, habitué du Mexique. Son récit montre que l’expérience ne protège pas de tout.

    Le Mexique, un pays sublime mais où certaines règles sont indispensables

    Le Mexique n’est pas “dangereux partout”. Il n’est pas “à éviter”. Il n’est pas “pire que d’autres destinations exotiques”.

    Il est… comme beaucoup de destinations de surf éloignées : magnifique, accueillant, mais parfois imprévisible.
    L’immense majorité des surf trips s’y déroule sans problème. Mais certains États – notamment en zones rurales – peuvent comporter des risques liés à :

    • Des vols ciblant les touristes,
    • Des tentatives d’extorsion sur certaines routes isolées,
    • Des conflits locaux ou territoriaux,
    • Des formes d’insécurité spécifiques à des zones très précises.

    Pour surfer le Mexique sereinement, voici ce que les locaux, expatriés et guides professionnels recommandent systématiquement :

    Conseils essentiels pour surfer au Mexique en toute sécurité

    1. Toujours se renseigner sur la zone où l’on va

    Le Mexique est immense : la situation varie énormément d’un État à l’autre.
    Baja Sur touristique ≠ Basse-Californie rurale.
    Salina Cruz ≠ Puerto Vallarta.
    Sayulita ≠ certaines zones désertes du Michoacán.

    2. Ne pas circuler seul dans les zones isolées

    Beaucoup d’agressions recensées se produisent :

    • sur des routes désertes,
    • tôt le matin,
    • ou au coucher du soleil.

    3. Toujours passer par un guide local en zones rurales

    À Salina Cruz, c’est même une règle non écrite du surf trip :
    → les guides connaissent les check-points informels,
    → les routes sûres,
    → les heures à éviter,
    → les gens à respecter,
    → les zones où il ne faut surtout pas traîner.

    Dans le cas de Gaspard, le guide leur a probablement sauvé la vie.

    4. Ne montrer aucun objet de valeur

    Les appareils photo, drones et objectifs attirent l’attention.

    5. Éviter la route de nuit

    Règle absolue partagée par tous les expatriés.

    6. Informer quelqu’un de son itinéraire

    Toujours simple, toujours utile.

    7. Respecter les consignes des locaux

    C’est la meilleure protection possible.

    Un pays incroyable, à aborder avec lucidité

    Le Mexique est l’une des plus belles destinations surf du monde.
    Il offre des vagues exceptionnelles, une culture riche, un accueil chaleureux.
    Mais comme toutes les destinations où l’on s’aventure hors des zones touristiques, il demande préparation et vigilance.

    Les histoires de Gaspard et du drame des frères Robinson ne doivent pas créer la peur – elles doivent informer.

    Parce que le surf, même loin de l’eau, demande d’avoir toujours un œil ouvert sur l’horizon.

  • Faut-il une piscine à vagues en France ?

    Faut-il une piscine à vagues en France ?

    Depuis plusieurs années, les projets de piscines à vagues fleurissent aux quatre coins du monde. D’Abu Dhabi à Bristol, de Palm Springs à Munich, on surfe désormais à des centaines de kilomètres de l’océan.
    Mais en France, chaque projet de surf park déclenche une tempête d’opinions. Pour certains, c’est une hérésie écologique. Pour d’autres, un outil indispensable pour faire grandir le surf français et offrir aux jeunes athlètes des conditions d’entraînement dignes des grandes nations du surf. Alors, faut-il une piscine à vagues en France ?

    Une tendance mondiale impossible à ignorer

    Les piscines à vagues ne sont plus des prototypes de science-fiction. Elles sont devenues une industrie à part entière, soutenue par les plus grandes marques du surf.
    Aux États-Unis, le Kelly Slater Wave Ranch a ouvert la voie. En Angleterre, The Wave Bristol a tourné à plein régime (avant une interruption pour une histoire de changement de propriétaire). En Suisse, Alaïa Bay a transformé une vallée alpine en destination surf. Plus récemment, Munich a ouvert sa première piscine à vagues.

    Chaque semaine, on entend parler de nouveaux projets aux quatre coins de la planète, une multiplication des projets, des technologies différentes, voir des projets pharaoniques comme à Abu Dhabi. Des vagues de 80 euros de l’heure à plus de 150 euros pour une vague unique (Abu Dhabi)
    Oui, ce n’est pas donné, mais le modèle économique fonctionne : ces infrastructures combinent sport, loisirs et tourisme, à l’image d’un golf ou d’une station de ski.

    Et pour les municipalités, l’argument est clair : des emplois, du rayonnement, et une attractivité touristique nouvelle.

    En France, un débat passionnel

    Sur le papier, la France a tout pour accueillir une telle installation. Un million de pratiquants, 60 000 licenciés, un rayonnement international grâce aux compétitions internationales, aux compétiteurs, et désormais, à une discipline olympique où le champion est français.
    Pourtant, aucune piscine à vagues n’a encore vu le jour.

    Le projet le plus avancé, celui de Canéjan, près de Bordeaux, a cristallisé toutes les tensions.
    Implanté sur une ancienne friche industrielle d’IBM, le Surfpark de Canéjan se veut exemplaire : technologie Wavegarden, autonomie en eau, panneaux solaires, circuits fermés, et volonté de créer un centre d’entraînement pour le haut niveau.
    Mais les opposants – associations écologistes et riverains – dénoncent une artificialisation inutile et un projet jugé “illégitime”.

    Pourtant, les promoteurs insistent : « Ce n’est pas un projet sur un terrain naturel. C’est une reconversion industrielle, pensée pour durer », expliquait l’un des fondateurs, Édouard Algayon.
    Leur ambition : faire de Canéjan le Clairefontaine du surf français. Une comparaison forte, validée par Pierre-Louis Costes, champion du monde de bodyboard, et Jorgann Couzinet, surfeur professionnel.

    Le haut niveau français dans une impasse

    C’est là tout l’enjeu.
    La France aligne aujourd’hui des talents exceptionnels : Kauli Vaast, Johanne Defay, Tya Zebrowski, Marco Mignot. Mais pour progresser, tous ont un point commun : ils doivent s’entraînent dans une piscine à vagues à l’étranger.

    Allemagne, Suisse, Australie, États-Unis… la nouvelle génération perfectionne ses manœuvres dans des bassins artificiels.
    Pourquoi ? Parce que répéter une manœuvre identique, des dizaines de fois, dans les mêmes conditions, c’est la clé du haut niveau.
    Impossible à l’océan, où chaque vague est unique, capricieuse et imprévisible. Ou du moins, cela prendrait beaucoup plus de temps.
    Les piscines à vagues offrent la répétition parfaite — un atout fondamental pour les airs, les tubes, ou les enchaînements de turns.

    “Les piscines à vagues, c’est le futur du surf de performance. Pas pour remplacer l’océan, mais pour s’y préparer.”
    Un entraîneur fédéral sous couvert d’anonymat

    Sans installation de ce type, la France prend du retard. Pendant que les Australiens, les Américains ou les Brésiliens s’entraînent sur commande, nos jeunes talents attendent la bonne houle à Hossegor ou partent en avion à l’autre bout du monde.

    Des progrès technologiques majeurs

    Les vagues artificielles ont énormément évolué.
    Il y a vingt ans, elles existaient déjà, mais étaient énergivores, limitées et coûteuses. Aujourd’hui, des sociétés comme Wavegarden, Endless Surf ou Surf Lakes ont révolutionné le concept.

    Leur secret : une production “à la demande”.
    Les vagues ne sont générées que lorsqu’il y a des surfeurs, et leur puissance s’ajuste selon le nombre d’utilisateurs.
    Côté consommation, une vague de surf utilise moins d’énergie qu’une piscine municipale chauffée — un argument que peu de gens connaissent.

    Les systèmes fermés permettent également de recycler l’eau de pluie, limitant les pertes par évaporation.
    Le Surfpark de Canéjan, par exemple, affirme que la moitié de l’eau utilisée proviendrait directement du ciel bordelais, et que sa consommation annuelle serait inférieure à celle d’une seule piscine municipale. Difficile pour nous de vérifier ces différents arguments, et certaines associations de défense de l’environnement les mettent en doute.

    L’argument écologique, entre fantasme et réalité

    C’est ici que le débat devient émotionnel.
    Les opposants dénoncent une “bétonisation du surf”, un “Disneyland aquatique”. Ils rappellent à juste titre que l’énergie et l’eau sont des ressources précieuses, surtout dans un contexte de sécheresses estivales.
    Mais faut-il opposer écologie et innovation ?

    Si l’on compare objectivement, la France compte plus de 4 000 piscines municipales, souvent chauffées, ouvertes à l’année, avec un impact énergétique colossal.
    Pourquoi une seule piscine à vagues, construite sur une friche industrielle et alimentée en solaire, serait-elle un scandale écologique ?

    Le vrai enjeu, c’est la gouvernance : s’assurer que ces projets soient transparents, contrôlés, limités en nombre et inscrits dans une logique d’intérêt public.
    En d’autres termes, une piscine à vagues oui, mais pas n’importe où, ni à n’importe quel prix. Et surtout il vaut éviter une prolifération de projets.

    Un outil pour démocratiser le surf ?

    Au-delà du haut niveau, les piscines à vagues ouvrent une autre porte : celle de l’inclusion et de la pédagogie.
    Le surf reste un sport d’accès difficile. Les conditions changent, les spots sont souvent surchargés, et les débuts peuvent être frustrants.
    Une piscine à vagues permet d’apprendre sans danger, dans une eau calme et sous encadrement.
    C’est aussi un outil social : on peut y emmener des écoles, des enfants éloignés de la mer, ou des personnes en situation de handicap.

    En France ou partout dans le monde, je doute que les piscines à vagues soient une alternative, une option pour désengorger les spots de surf, je n’y crois pas.

    Le surf de compétition entre en piscine

    Depuis 2025, la WSL (World Surf League) organise plusieurs étapes en piscine à vagues.
    Le Surf Abu Dhabi Pro a vu Caitlin Simmers et Italo Ferreira triompher sur des vagues calibrées au centimètre près.
    Les juges peuvent enfin comparer équitablement les performances, les caméras suivent chaque manœuvre, et les spectateurs ont un show continu.

    Certes, l’émotion brute de l’océan manque. Mais le spectacle est là, et il séduit un nouveau public, plus habitué à l’e-sport qu’aux longues attentes entre deux séries à Bells Beach.
    À terme, ces compétitions hybrides pourraient coexister avec celles de l’océan, sans jamais les remplacer. Devant le développement de ces compétitions en piscine, il est important de préparer au mieux nos jeunes surfeurs.

    La France a besoin d’un terrain d’entraînement

    Les Jeux Olympiques de Paris 2024 ont marqué un tournant.
    La France est désormais une nation de surf, reconnue mondialement.
    Mais sans structure d’entraînement, comment rivaliser à long terme ?
    Il ne s’agit pas de construire dix surf parks, mais au moins un, dédié au haut niveau et ouvert au public.
    Un lieu pour apprendre, répéter, progresser, partager — et former les futurs champions du monde.

    La piscine à vagues de Canéjan pourrait être ce lieu.
    S’il parvient à rassurer sur sa gestion de l’eau et de l’énergie, à impliquer les habitants, et à prouver qu’une piscine peut être éco-construit, durable et accessible, alors il deviendra un modèle à suivre.

    La bonne vague, au bon endroit

    Faut-il une piscine à vagues en France ?
    Oui.
    Pas pour remplacer l’océan, ni pour surfer en intérieur à tout prix, mais pour donner au surf français les moyens de ses ambitions.
    Le surf moderne ne s’oppose pas à la nature : il s’en inspire.
    Une vague artificielle peut être un outil d’apprentissage, de performance et de transmission, si elle est pensée avec intelligence et respect.

    La France ne manque pas de vagues, mais elle manque d’infrastructures adaptées à son niveau d’excellence.
    L’avenir du surf ne sera pas chloré, mais il pourrait bien s’écrire, en partie, dans une piscine à vagues.

  • Albany : la vague parfaite devenue embarrassante pour ses créateurs

    Albany : la vague parfaite devenue embarrassante pour ses créateurs

    Ils rêvaient d’une vague parfaite. Ils ont mis trente ans et treize millions de dollars à la construire.
    Problème : elle marche trop bien.

    Bienvenue à Albany, sur la côte sud-ouest de l’Australie, où le récif artificiel de Middleton Beach — censé dynamiser la scène surf locale — s’apprête à être « corrigé » parce qu’il produit des vagues trop puissantes, trop exigeantes pour les surfeurs débutants.
    Oui, tu as bien lu : trop bonnes, trop creuses, trop tubulaires, trop rapides.

    Le rêve d’un surfeur devenu cauchemar administratif

    L’histoire avait pourtant tout d’un conte pour amoureux de la mer.
    Peter Bolt, surfeur local, a passé plus de trente ans à défendre son idée : transformer une plage sans intérêt en véritable spot.
    Études, pétitions, réunions avec les élus, refus répétés — jusqu’au jour où l’Australie fédérale signe enfin le chèque : cinq millions de dollars par ici, cinq autres par là, et un chantier colossal lancé en 2022.

    Soixante-dix mille tonnes de granite, trois couches de roches posées au millimètre, six mois de travaux avec une équipe néo-zélandaise de précision. Résultat : une vague gauche, régulière, creuse, qui déroule à la perfection.
    Le rêve absolu.

    Une réussite trop réussie

    À peine inauguré, le Southern Ocean Surf Reef fait le bonheur des surfeurs d’Albany.
    “On n’a jamais eu de vague aussi puissante ici”, confie Cameron Warburton, local de longue date. “Un vrai take-off vertical, une vague qui pousse, qui creuse, des vagues de haut niveau.”

    Sauf que cette réussite a un petit défaut : elle ne pardonne rien.
    La marée montante transforme la section principale en champ de bataille pour les surfeurs du dimanche. Quelques chutes, quelques bobos, et voilà la panique : le récif serait “trop exigeant”.

    Le maire Greg Stocks s’en explique à la presse locale :

    “Ce sont surtout des surfeurs inexpérimentés qui s’attaquent à des vagues sélectives. Le récif fonctionne très bien, mais la tentation de surfer au-dessus de son niveau provoque certains accidents.”

    La solution ?
    Casser des rochers dans la zone la plus creuse du récif pour “adoucir” la vague. Traduction : détruire la meilleure section.

    Un paradoxe à 13 millions de dollars

    Le projet devait relancer le tourisme, attirer les familles, les jeunes, les écoles de surf… Résultat : la ville a obtenu une vraie vague, une vraie scène surf, et maintenant, elle s’en excuse presque.
    Ironie du sort, Peter Bolt lui-même admettait au lancement :

    “Nous visions une vague intermédiaire, mais elle est plutôt intermédiaire à avancée selon les jours.”
    Autrement dit, mission accomplie. Sauf pour ceux qui voulaient surfer sans effort.

    Et si on y ajoute le coût environnemental :
    – 70 000 tonnes de roches transportées et immergées,
    – des mois de travaux en mer,
    – des engins, du carburant, du béton,
    le tout pour, quelques années plus tard, vouloir tout re-détruire… on atteint des sommets d’absurdité écologique.

    L’histoire se répète

    Ce n’est pas la première fois qu’un récif artificiel tourne à la blague.
    De Boscombe en Angleterre à Narrowneck sur la Gold Coast, les précédents sont nombreux : vagues impraticables, bancs mal calibrés, budgets explosés.
    À croire qu’on n’a toujours pas compris qu’on ne dompte pas l’a mer’océan avec un cahier des charges.

    Le surf est un sport d’adaptation, pas d’ingénierie.
    Une bonne vague, c’est celle qui t’échappe un peu. Celle qui t’oblige à progresser.
    À Albany, on avait enfin créé une vague qui poussait les surfeurs à se dépasser.
    Mais apparemment, en 2025, même la mer doit être “inclusive”.

    La conclusion qui pique un peu

    On voulait une vague parfaite pour les débutants, on a obtenu une vague exigeante pour les surfeurs confirmés.
    Alors plutôt que d’apprendre à surfer, on va modifier les fonds de l’océan.

    Peut-être qu’un jour, on inventera la “vague 100 % sans risque”, garantie sans wipeout. En attendant, le récif d’Albany rappelle une évidence oubliée :
    les bonnes vagues ne se programment pas — elles se méritent.

  • Surf en Islande : vagues glacées, aventure brûlante

    Surf en Islande : vagues glacées, aventure brûlante

    À première vue, l’Islande n’a rien d’un paradis du surf. Des fjords noyés dans le brouillard, des routes de gravier coupées par la neige, un vent qui mord la peau et un océan à 3 °C avec des blocs de glace. Pourtant, c’est bien ici, au bout du monde, que certains viennent chercher ce que les tropiques n’offriront jamais : le silence, la solitude, et des vagues qui semblent naître de la nuit polaire.

    Le surf en Islande, c’est l’aventure dans sa forme la plus brute. Une expérience physique et sensorielle, mais aussi spirituelle. Ceux qui y ont goûté racontent tous la même chose : un mélange d’humilité et d’émerveillement face à la puissance des éléments.

    Des pionniers dans les fjords

    Le surf islandais n’a pas commencé avec Instagram. Bien avant les influenceurs en combi 6/5/4, des photographes et aventuriers comme Elli Thor Magnusson arpentaient les Westfjords pour repérer des vagues jamais surfées. Son approche : explorer l’été, quand les routes sont dégagées, pour revenir en hiver quand la houle et la lumière rasante transforment chaque fjord en décor surréaliste.

    Dans ces contrées isolées, le surf relève du miracle : routes fermées, vents tournants, houles capricieuses. Il faut du temps, de la foi, et une bonne dose de folie. Elli Thor, armé de sa caméra et d’un 4×4, a immortalisé des sessions qui ont fait le tour du monde, révélant une Islande à la beauté glaciale, où la mer fume au lever du jour et où chaque take-off se mérite comme une ascension d’alpiniste.

    J’ai rencontré Elli lors du Nixon Challenge Islande en 2013, une aventure incroyable dans des conditions glaciales. On n’avait pas été les plus chanceux au niveau de la houle, mais assez pour se rendre compte du réel potentiel de cette île. Souvent les musiques marquent certains voyages, et lors ce trip, je me souviens avoir écouté la BO « into the wild », comme une évidence à notre aventure. Comment ne pas oublier, la chanson de Lykke Li « I follow you » raisonnant dans les rues de Reykjavik.

    Les saisons du surf arctique

    L’Islande ne se laisse pas apprivoiser facilement. Pour espérer surfer ici, il faut comprendre les saisons et savoir attendre.

    • L’hiver (novembre à mars) : la saison des houles massives. Les vents sont souvent violents, les tempêtes fréquentes, mais les jours calmes offrent des vagues parfaites sur les côtes sud et ouest.
    • Le printemps (avril à mai) : les routes s’ouvrent, la lumière revient, et la houle reste constante. Une excellente période pour explorer sans trop de gel.
    • L’été (juin à août) : moins de houle, mais des journées sans fin et des conditions plus clémentes pour le surf de découverte.
    • L’automne (septembre à octobre) : sans doute la meilleure saison : houles puissantes, températures supportables et paysages flamboyants.

    Une eau glaciale, mais pas impossible

    Grâce aux progrès spectaculaires des combinaisons modernes, l’Islande est devenue accessible à ceux qui osent. Les néoprènes japonais les plus récents sont souples, légers et incroyablement isolants. Les surfeurs portent ici des combinaisons 6/5/4 mm, avec cagoule intégrée, gants 3 à 5 mm et chaussons 7 mm. Certains ajoutent une sous-couche thermique pour retarder la morsure du froid.

    Le vrai ennemi, ce n’est pas l’eau, mais le vent. Par -5 °C et 30 nœuds d’offshore, la moindre goutte devient de la glace en quelques secondes. Garrett Parkes, surfeur australien, racontait :

    « On pouvait surfer plus longtemps les jours ensoleillés, mais quand le vent soufflait à 30 nœuds, c’était une bataille pour rester vivant. »

    Les spots mythiques d’Islande

    Reykjanes, le berceau

    C’est sur la péninsule de Reykjanes, au sud-ouest de l’île, que le surf islandais a pris racine. Les vagues y sont régulières et variées : beachbreaks de sable noir, reefs volcaniques, et quelques gauches qui n’ont rien à envier à l’Atlantique nord. Les surfeurs de Reykjavik s’y retrouvent dès que les conditions s’y prêtent.

    Les fjords de l’Ouest

    C’est là que le surf devient une expédition. Des heures de route à travers des paysages lunaires, parfois interrompus par des rivières gelées à traverser à pied. Les vagues y sont vierges, puissantes, et souvent parfaites… quand elles veulent bien se montrer.

    Jökulsárlón

    Un décor irréel : des blocs de glace échoués sur le sable noir, une eau turquoise d’où émergent les vagues. Le photographe Chris Burkard y a tourné certaines de ses images les plus célèbres, surfant entre les icebergs dans une lumière surnaturelle.

    Þorlákshöfn (Thorli)

    Le spot le plus célèbre d’Islande, menacé aujourd’hui par un projet d’extension portuaire. La vague de Thorli, un pointbreak parfait, est au cœur d’un combat environnemental mené par la communauté locale et l’association BBFÍ (Brimbrettafélag Íslands). Pour les surfeurs islandais, la disparition de cette vague serait plus qu’une perte sportive : une atteinte à leur patrimoine naturel.

    L’Australien Steve Wall, installé en Islande, résume :

    « Ici, les gens ont toujours craint la mer. Elle a pris tellement de vies que l’idée même de s’y amuser semblait blasphématoire. Mais aujourd’hui, le surf offre une autre relation à l’océan : de la peur à la fascination. »

    L’esprit du surf au bout du monde

    En Islande, le surf n’est pas une performance. C’est une expérience. Chaque session demande une préparation minutieuse, des heures de route et de patience. Le line-up est souvent vide, l’air glacé, mais le sentiment d’être seul face à la nature compense tout.

    Certains parlent d’un retour aux origines du surf : pas de foule, pas de compétition, juste la recherche du moment parfait, celui où la houle, le vent et la lumière s’alignent. L’Islande oblige à ralentir, à observer, à écouter. Ici, chaque vague compte.

    La nature, reine et juge

    Les surfeurs islandais sont rares, mais passionnés. Ils partagent une philosophie proche des pêcheurs et des montagnards : respecter la nature, car elle peut tout reprendre.

    Cette culture naissante, encore fragile, commence à s’organiser. Des associations comme BBFÍ militent pour la protection du littoral et la reconnaissance du surf comme patrimoine culturel. L’Islande, pays des volcans et des tempêtes, pourrait devenir un modèle de surf durable, où aventure et écologie cohabitent.

    Conseils pratiques pour surfer en Islande

    Mois / SaisonTempérature de l’eau (°C)Conditions moyennesÉpaisseur de combinaison recommandée
    Janvier – Mars2 à 4 °CHoules puissantes, tempêtes fréquentesAu mieux 7mm, au pire 6/5/4 mm + cagoule, gants 5 mm, chaussons 7 mm
    Avril – Mai4 à 6 °CHoules régulières, routes plus accessibles5/4/3 mm + cagoule, gants 7 mm
    Juin – Août7 à 10 °CPetites houles, jours sans fin5/4/3mm ou 4/3 mm gants et chaussons 5 mm
    Septembre – Octobre6 à 8 °CMeilleure saison : houles solides, vents modérés5/4/3 mm ou 6/5/4 mm selon météo, gants et chaussons 5 mm
    Novembre – Décembre3 à 5 °CFroid intense, houles constantes6/5/4 mm + accessoires complets

    ⚠️ Les conditions changent vite : surveillez toujours la météo, prévoyez une marge de sécurité et évitez les sessions seul(e). Vous êtes sur une île au milieu des tempêtes de l’Atlantique, ne l’oubliez pas. Autre point, l’eau peut-être beaucoup plus froide s’il y a du vent ou à la sortie des rivières, où des blocs de glace peuvent partager le line-up avec vous.

    Le coût de la vie, un frein important

    S’il y a bien une chose qui refroidit autant que l’eau islandaise, c’est le coût de la vie. L’Islande figure régulièrement parmi les pays les plus chers du monde, et le surf n’y échappe pas. Une simple nuit dans une auberge de jeunesse peut dépasser les 60 €, un plein d’essence flirte avec les 100 €, et un repas au restaurant tourne vite autour de 30 à 40 €. Même les produits de base — pain, fromage, fruits — coûtent deux à trois fois plus qu’en France.

    Les surfeurs qui partent en trip le savent : ici, chaque session se mérite jusque dans le portefeuille. La plupart voyagent en van aménagé ou en 4×4 de location, dorment dans les campings ou sur les parkings des fjords, et cuisinent eux-mêmes pour réduire les dépenses. Louer du matériel sur place est possible, contactez Artic Surfers.

    Bref, surfer en Islande, c’est accepter que l’aventure a un prix, mais aussi la satisfaction rare de découvrir un pays resté sauvage, où chaque vague vaut bien plus que quelques couronnes islandaises.

    surfer là où le monde s’arrête

    Surfer en Islande, ce n’est pas seulement glisser sur une vague. C’est affronter les éléments, accepter l’inconfort, et renouer avec une nature que l’on ne contrôle plus. Chaque session devient un voyage intérieur.

    Sous le ciel violet des aurores boréales, au milieu des fjords silencieux, on comprend que le surf peut être bien plus qu’un sport : une façon de se sentir vivant.

  • We The Surfers : à Robertsport, quand une vague redonne de l’avenir

    We The Surfers : à Robertsport, quand une vague redonne de l’avenir

    Et si un film de surf parlait d’abord de chance — la nôtre, d’être nés au bon endroit — puis de responsabilité ? Avec We The Surfers, Arthur Bourbon retourne à Robertsport, au Libéria, cinq ans après Water Get No Enemy. Il ne signe pas une suite “best of”, mais la chronique d’une communauté qui s’organise et grandit autour d’un club, de programmes éducatifs et d’un surf qui soigne les cicatrices d’hier tout en fabriquant des opportunités pour demain. Le film est disponible en VOD (Prime Video, Apple TV).

    Du cinéma d’action au cinéma d’attention

    Là où tant de films empilent les manœuvres, We The Surfers déplace le regard : moins d’ego, plus d’humains. On suit des surfeurs et surfeuses libériens qui transforment leur plage en espace commun : on y apprend, on y travaille, on y rit, on s’y répare — planches, âmes et liens sociaux. C’est le sens du Robertsport Surf Club, point d’appui d’une économie locale naissante (location de matériel, restauration, hébergements simples) et d’un apprentissage structuré (sécu à l’eau, encadrement des kids, règles de priorité).

    Cette structuration ne se fait pas en vase clos. Des ONG et initiatives de terrain — Universal Outreach, Provide The Slide — ont catalysé le mouvement : dons de planches, bourses, programmes environnementaux, surf thérapie, et un vrai coup d’accélérateur sur l’inclusion des filles. Le résultat visible, ce sont des lieux qui vivent et des trajectoires qui s’ouvrent.

    Le surf comme service public (version locale)

    On serait tenté d’appeler ça du “surf social”. Concrètement, à Robertsport on déjeune au resto du club, on dort chez l’habitant ou dans de petites chambres gérées localement, on loue une board ou on fait réparer la sienne, on apprend à lire la houle et les bancs. Parfois, un prize money de compétition se transforme en micro-investissement pour une boutique d’alimentation. La vague reste la même, mais l’écosystème autour change et, avec lui, la vie des habitants.

    Compétitions et repères : une scène qui dure

    Les marqueurs sportifs jalonnent cette montée en puissance : compétitions nationales régulières et, en 2024, l’accueil d’une étape de l’Africa Surf Tour à Robertsport. Autrement dit, le pays ne coche plus seulement la case “belle vague”; il s’inscrit sur la carte du surf africain qui compte. Ce rythme donne des objectifs aux jeunes, attire quelques voyageurs, et crédibilise le club auprès des autorités.

    “Où l’on naît” : la ligne la plus puissante du film

    Le cœur du message, c’est la chance de naissance. Grandir en France, c’est l’accès (presque) acquis à l’eau potable, aux soins, au sport ; à Robertsport, rien n’est “normal”. Ce rappel n’est pas là pour culpabiliser, mais pour recentrer la gratitude — et pour donner envie d’agir. L’impact de We The Surfers vient de cette tension tenue entre difficultés objectives (pauvreté, scolarité fragile) et énergie positive d’une jeunesse qui choisit la vague plutôt que la violence.

    Voyager sans abîmer : petit guide éthique pour Robertsport

    Le film donne envie de booker un billet — et c’est possible, mais pas comme à Bali. Il faut anticiper (vaccins, visa), s’organiser, contacter le Robertsport Surf Club en amont pour se faire “brancher” correctement (guides, hébergements, location). Sur place, on rémunère les services locaux, on respecte les locaux à l’eau, on évite le geotag outrancier, on ramasse ses déchets. Bref, on surfe et on renforce la scène plutôt que de la parasiter.

    Collecte planche de surf pour les surfeurs de Robertsport Liberia

    Les planches seront expédiées au Liberia par l’association « Provide The Slide »

    Ce qui aide vraiment

    • Matériel utile à apporter/donner : shortboards robustes, fish/twins, longboards solides, dérives (FCS2/US Box), leashes en bon état, kits de répa époxy, combis légères.
    • Dons intelligents : privilégier ce qui se répare facilement et sert à l’apprentissage quotidien.
    • Au-delà du surf : filtres à eau, fournitures scolaires, petit matériel médical — parce qu’une planche ne suffit pas toujours.

    Astuce pratique : depuis l’Europe, suivez les collectes annoncées par le film/le club — Soutenez financièrement les programmes éducatifs ou venir sur place en apportant du matériel utile.

    Pourquoi ce film touche juste

    Parce qu’il reconnecte le surf à son idée de partage. À Robertsport, on se passe des planches, on se félicite sur la plage, et le line-up ressemble plus à une cour de récré organisée qu’à une arène de score. Quand Arthur Bourbon dit préférer les histoires aux montages de tricks, on comprend : l’action est là, mais c’est l’attention qui fait grandir. Et, bonus, ça parle autant aux surfeurs qu’à celles et ceux qui n’ont jamais waxé une board.

    Voir le film, prolonger l’effet

    We The Surfers est visible dès maintenant en VOD (Prime Video, Apple TV). Regardez-le pour le plaisir, mais aussi comme un levier : plus le film circule, plus l’histoire de Robertsport rayonne, plus les initiatives locales trouvent des relais. Et si vous partez, partez bien : par le club, pour le club.

    Encadré — Infos clés

    • Où regarder ? Prime Video et Apple TV (51 min).
    • Contexte : Water Get No Enemy (2020) posait la première pierre ; We The Surfers documente la maturation d’une communauté de surf libérienne.
  • Surf en Angola : un paradis méconnu aux gauches infinies

    Surf en Angola : un paradis méconnu aux gauches infinies

    Quand on pense au surf en Afrique, on imagine souvent les droites mythiques du Maroc ou les droites parfaites de Jeffreys bay en Afrique du Sud ou la meilleure gauche au monde, Skeleton Bay en Namibie. Mais entre ces trois géants se cache une destination encore largement méconnue : l’Angola. Ce pays, bordé par l’océan Atlantique et doté de plus de 1600 kilomètres de côtes vierges, recèle des gauches interminables, des embouchures désertes et des point breaks d’une qualité insoupçonnée. Longtemps marquée par la guerre civile, l’Angola s’ouvre aujourd’hui au surf, offrant aux voyageurs une expérience brute, authentique et hors du temps.

    L’Angola et son histoire : pourquoi si longtemps oublié ?

    L’Angola aurait pu figurer sur les cartes de surf depuis des décennies. Ses points breaks, ses baies ouvertes et ses rivermouths annonçaient déjà un potentiel immense. Pourtant, le pays est resté à l’écart de la scène internationale. La raison est simple : 27 années de guerre civile (1975-2002) ont coupé le pays du reste du monde.

    Les routes étaient impraticables, les campagnes jonchées de mines, et la sécurité quasi inexistante. Voyager avec une planche relevait de la mission impossible. Quelques pionniers, comme le légendaire Randy Rarick dans les années 1970, ont aperçu ces vagues, mais ils sont repartis avec plus d’histoires de convois militaires et de checkpoints que de sessions inoubliables.

    Aujourd’hui, plus de vingt ans après la fin du conflit, l’Angola retrouve sa stabilité. Et avec elle, l’envie d’explorer ses côtes.

    Cabo Ledo : le joyau incontournable

    À seulement deux heures de route au sud de Luanda, la capitale, Cabo Ledo est devenu le spot emblématique de l’Angola. Cette large baie, dominée par une falaise majestueuse, capte parfaitement la houle du sud pour la transformer en une gauche régulière et accessible à toutes les marées.

    Sur les petites houles, Cabo Ledo est une vague tolérante, idéale pour les débutants et les surfeurs intermédiaires. Mais quand le swell grossit, elle se transforme en un long mur puissant, capable d’offrir des rides de plus de 500 mètres. Les take-offs sont francs, la vague déroule proprement, et les sections se prêtent autant aux manœuvres qu’aux tubes.

    Une petite communauté de surfeurs s’y retrouve : quelques groms angolais qui apprennent à se lever, des expatriés en quête de répit loin de Luanda, et quelques voyageurs intrépides. Rien à voir avec la foule des spots indonésiens : l’ambiance reste tranquille et confidentielle.

    Praia do Queiroz : l’alternative paisible

    Non loin de Cabo Ledo, Praia do Queiroz attire ceux qui cherchent une expérience encore plus intime. Moins fréquentée, cette plage offre des vagues régulières et de l’espace en abondance. Ici, pas de bataille au peak : chacun peut tracer ses lignes en toute sérénité.

    Le spot gagne en popularité, mais conserve ce côté “secret spot” qui fait le charme de l’Angola. Ses longues gauches, son décor sauvage et ses sessions silencieuses séduisent de plus en plus de voyageurs en quête de connexion pure avec l’océan.

    La mystérieuse “Left” d’Angola

    Pour les surfeurs en quête d’adrénaline et d’exception, une vague fait rêver : la “Left” d’Angola. Comparée à la légendaire Skeleton Bay en Namibie, elle déroule sur près de 3 kilomètres quand les conditions s’alignent.

    La différence ? Elle est moins effrayante que sa cousine namibienne. Pas de take-off suicidaire en dessous du niveau de la mer, mais des tubes parfaits suivis de murs ouverts pour enchaîner les manœuvres. Certains la décrivent comme un mélange entre Cloudbreak et Skeleton Bay, une combinaison rare qui résume parfaitement le potentiel de l’Angola.

    Cette vague reste rare et exigeante : elle nécessite de gros swells venus d’Antarctique, des vents favorables et une bonne dose de chance. Mais pour les chasseurs de trésors, elle est sans doute l’un des joyaux les plus convoités d’Afrique.

    Le sud du pays : un terrain à explorer

    En descendant plus bas sur la côte, on découvre des villes portuaires comme Lobito, Benguela ou Namibe. Ces cités, où cohabitent vestiges coloniaux portugais et bâtiments soviétiques, offrent une atmosphère hors du temps.

    À quelques kilomètres seulement, la côte se révèle :

    • rivermouths sculptant des bancs de sable mouvants,
    • pointes rocheuses déroulant sans personne au peak,
    • plages désertiques bordées par le désert.

    Chaque arrêt peut réserver une surprise. Le surf n’est pas garanti à chaque coup, mais quand les astres s’alignent, vous pourriez vivre la session de votre vie.

    Quand surfer en Angola ?

    La meilleure période pour partir est la saison sèche, de mai à octobre. C’est à ce moment que les houles australes frappent le plus régulièrement les côtes angolaises.

    L’eau est étonnamment fraîche à cause des remontées d’eaux profondes : prévoyez une combinaison 3/2 mm, voire une 4/3 mm lors des journées plus fraîches. Les matins sont généralement glassy, alors que les après-midis voient souvent se lever un vent thermique qui détruit les conditions.

    Voyager en Angola : réalités pratiques

    Un surf trip en Angola n’a rien de la facilité d’un séjour aux Canaries. Il faut s’attendre à un certain nombre de contraintes :

    • Visa : demande d’e-visa en ligne ou via l’ambassade.
    • Transport : routes parfois défoncées, checkpoints fréquents. Un 4×4 est recommandé.
    • Monnaie : le kwanza (AOA), très instable. Le dollar reste la référence. Cash obligatoire, les distributeurs étant peu fiables.
    • Sécurité : éviter d’afficher du matériel de valeur. En ville, rester discret.
    • Santé : zones impaludées, hôpitaux limités hors de Luanda. Une assurance voyage solide est indispensable.

    Bref, l’Angola n’est pas un trip pour débutants, mais pour ceux qui aiment les voyages à l’ancienne, avec leur part d’incertitude et d’imprévu.

    Pour qui est l’Angola ?

    L’Angola n’est pas une destination de surf “clé en main” avec camp tout inclus. Ici, pas de surf schools à chaque coin de rue ni de beach bars branchés. L’Angola, c’est l’aventure brute, le retour à une époque où chaque session se méritait.

    C’est une destination idéale pour les surfeurs expérimentés, curieux, prêts à rouler des heures sur des routes cabossées pour découvrir une vague encore sans nom. Pour ceux qui rêvent de solitude au line-up et de vagues vierges, l’Angola offre une expérience unique, à la croisée de l’exploration et du surf moderne.

    L’Angola ne sera jamais une nouvelle Bali. Et c’est tant mieux. Le pays garde cette saveur rare des destinations qui demandent de l’engagement. Mais pour les surfeurs prêts à s’aventurer hors des sentiers battus, les gauches angolaises représentent une promesse unique : celle de tracer des lignes là où presque personne n’est encore passé.

    L’océan Atlantique y fait dérouler des vagues parfaites face à des plages désertiques, et chaque session devient un mélange de solitude, de découverte et d’émotion pure. Un surf trip en Angola n’est pas qu’un voyage : c’est une véritable expédition.

  • Les vagues les plus mortelles au monde : entre mythe et tragédie

    Les vagues les plus mortelles au monde : entre mythe et tragédie

    Aux yeux du grand public, le surf rime avec liberté, soleil et communion avec l’océan. Mais derrière les sourires et les tubes parfaits, il y a une réalité plus sombre : certaines vagues ont déjà coûté la vie à des surfeurs, parfois parmi les meilleurs du monde. Pipeline, Nazaré, Teahupo’o… ces noms font rêver et trembler à la fois. Voici un tour d’horizon des vagues les plus mortelles de la planète.

    Pipeline, Hawaï : le paradis et l’enfer

    Située sur la côte nord d’Oahu, Pipeline est à la fois la Mecque du surf et son cimetière le plus célèbre. Considérée comme la vague la plus dangereuse au monde, elle a déjà causé au moins sept morts documentés. Sa beauté hypnotise, mais son danger est implacable : un récif peu profond, une puissance phénoménale et une foule compacte de surfeurs prêts à tout.
    Le moindre faux pas peut être fatal, et même les surfeurs les plus aguerris n’y sont pas à l’abri. C’est la vague qui a emporté Mali Joyeux, un surfeur tahitien connu pour être l’un des meilleurs au monde dans les tubes et les grosses vagues. Chaque année, des accidents surgissent, et heureusement, rares sont ceux mortels. Pipeline reste l’incarnation parfaite de cette dualité : la vague rêvée… et redoutée.

    Puerto Escondido (Playa Zicatela), Mexique : la bombe de sable

    Surnommée le « Pipeline mexicain », Puerto Escondido est un beachbreak situé à Oaxaca. Mais contrairement à un récif fixe, ses bancs de sable rendent la vague imprévisible et encore plus piégeuse.
    Avec cinq décès répertoriés, Zicatela a bâti une réputation redoutable. La puissance des vagues, combinée au fait que vous restez dans la zone d’impact après une « grosse branlée », en fait une arène mortelle. Chaque saison, des images spectaculaires rappellent à quel point ce spot ne pardonne aucune erreur.

    Maverick’s, Californie : le spot des grosses vagues

    À Half Moon Bay, près de San Francisco, se dresse Maverick’s, une vague grise, glaciale et terrifiante. Ici, l’océan Pacifique se lève en murs liquides de plus de 15 mètres, dans une eau infestée de requins.
    Deux grandes figures du surf de gros, Mark Foo (1994) et Sion Milosky (2011), y ont perdu la vie. Ces tragédies ont marqué à jamais la communauté surf, rappelant que même les meilleurs ne sont jamais intouchables. Maverick’s, avec son décor austère (rochers et requins blancs) et la violence de ses vagues, reste l’un des spots les plus respectés – et redoutés – au monde.

    Teahupo’o, Tahiti : le mur liquide

    Impossible de parler de danger sans évoquer Teahupo’o. Cette vague tahitienne est connue pour son barrel/tube monstrueux, qui déferle directement sur un récif de corail tranchant comme une lame. Je n’ai pas trouvé de bilan officiel sur le nombre de surfeurs décédés sur cette vague, certains parlent de 5 surfeurs/bodyboarders. En 2001, alors qu’il surfait une vague de plus de 4 mètres, Briece Taera fut violemment projeté sur le reef. Il se fractura la nuque et le dos en trois endroits, sombra dans le coma et décéda deux jours plus tard. De plus, des dizaines de blessés graves viennent allonger la liste.

    Nazaré, Portugal : la montagne d’eau

    Devenue célèbre grâce aux records de vagues surfées dépassant les 25 mètres, Nazaré attire chaque hiver les chasseurs de titans. Mais derrière les images spectaculaires, le danger est omniprésent.
    En 2023, un surfeur a perdu la vie sur ce spot mythique. Les courants y sont dantesques, la puissance hors norme, et sans l’assistance des jet-skis, la survie devient presque impossible. Nazaré incarne la démesure : la vague qui a fait rêver le grand public, mais qui reste une loterie mortelle pour ceux qui osent s’y aventurer.

    Scheveningen, Pays-Bas : la tragédie de la mer du Nord

    Toutes les vagues mortelles ne se trouvent pas sous les tropiques. En mai 2020, un drame a frappé la plage de Scheveningen, près de La Haye.
    Lors d’une session marquée par du vent fort, des courants puissants et une épaisse couche d’écume, cinq surfeurs et sauveteurs ont trouvé la mort. Parmi eux, des athlètes expérimentés et respectés de la communauté néerlandaise.
    Ce drame, l’un des plus marquants de l’histoire récente du surf, rappelle que même une côte apparemment tranquille peut se transformer en piège mortel lorsque les éléments se déchaînent.

    Pourquoi ces vagues fascinent-elles toujours ?

    Au-delà du danger, ces vagues incarnent quelque chose d’universel : l’attirance de l’homme pour l’extrême.
    Chaque décès grave la mémoire des disparus dans la légende de ces spots. Chaque ride réussie repousse les limites de ce que l’on pensait possible. C’est ce mélange d’adrénaline, de beauté et de tragédie qui fait des vagues comme Pipeline, Nazaré ou Teahupo’o des mythes modernes – aussi fascinants qu’effrayants.

  • Quand la dengue s’invite dans les surf trips : l’exemple Nathan Florence

    Quand la dengue s’invite dans les surf trips : l’exemple Nathan Florence

    Il y a des vagues qui marquent une vie. Pour Nathan Florence, la dernière en date ressemblait à un rêve éveillé : un reef parfait, perdu dans le Pacifique Sud, avec Aaron Gold et Kohl Christensen comme compagnons de session. Des murs de 12 pieds qui se dressent sur un récif dans une eau translucide, et la sensation unique de surfer un peak vierge de toute trace humaine. Mais à peine la wax sèche, le rêve s’est transformé en cauchemar. Nathan s’est retrouvé cloué au lit pendant six jours, frappé par un ennemi invisible, mais redoutable : la dengue.

    Un surf trip paradisiaque qui tourne mal

    Dans sa dernière vidéo, Nathan Florence partage une session hallucinante. L’île qu’il découvre ressemble à une carte postale : cocotiers, lagon turquoise et vagues d’une perfection quasi irréelle. Les sets de la houle tahitienne font trembler le reef. Même pour des spécialistes des grosses vagues comme Gold et Christensen, la session est tendue. Le genre de surf qui fait rêver… mais qui rappelle aussi que les vagues de rêve ont souvent un prix caché.

    À son retour au camp, Nathan commence à ressentir les premiers symptômes : fièvre brutale, courbatures intenses, migraines insupportables. Verdict médical : dengue. Une infection virale transmise par les moustiques Aedes, très présents dans les zones intertropicales. Pendant près d’une semaine, le surfeur hawaiien n’a pu quitter son lit, épuisé, déshydraté, parfois incapable de manger.

    La dengue, une « grippe tropicale » pas si bénigne

    La dengue est souvent surnommée la grippe tropicale. Elle se transmet uniquement par la piqûre de moustiques infectés, principalement Aedes aegypti et Aedes albopictus. Après une incubation de 2 à 7 jours, la maladie se déclare brutalement :

    • forte fièvre (jusqu’à 40 °C),
    • douleurs musculaires et articulaires,
    • céphalées violentes,
    • nausées et vomissements,
    • parfois une éruption cutanée proche de la rougeole.

    Dans 99 % des cas, la dengue reste bénigne, mais extrêmement pénible : une semaine de symptômes intenses, suivie d’une quinzaine de jours de grande fatigue. Dans 1 % des cas, la maladie peut évoluer vers une forme grave, avec des hémorragies ou un choc hypovolémique, mettant en jeu le pronostic vital.

    En 2025, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme : les cas explosent dans le Pacifique. Depuis janvier, plus de 16 000 infections confirmées et 17 décès ont été recensés dans les îles de la région, notamment aux Fidji, à Samoa et à Tonga. Le réchauffement climatique favorise la prolifération des moustiques et allonge la saison de transmission.

    Les surfeurs, des voyageurs particulièrement exposés

    Nathan Florence n’est pas le premier surfeur à être touché. Les amateurs de vagues tropicales voyagent régulièrement vers les zones les plus touchées : Indonésie, Polynésie, Pacifique Sud, Caraïbes… Autant de destinations où les moustiques trouvent des conditions idéales pour proliférer : chaleur, humidité, eaux stagnantes près des villages.

    En surf trip, les conditions d’hébergement ne sont pas toujours optimales : bungalows ouverts, moustiquaires absentes, douches extérieures. Autant de détails qui augmentent les risques. Et contrairement à une coupure de reef ou une otite, la dengue ne se soigne pas. Une fois infecté, le seul traitement est symptomatique : repos, hydratation, médicaments pour la fièvre et les douleurs.

    Pour les surfeurs en déplacement plusieurs semaines, un épisode de dengue peut ruiner un voyage, voire mettre en danger leur santé.

    Conseils pour éviter de se faire piquer

    Si aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe (sauf dans certains pays pour des populations ciblées), la meilleure arme reste la prévention. Quelques réflexes simples peuvent sauver un surf trip :

    • Utiliser des répulsifs cutanés adaptés (DEET, icaridine, IR3535). Attention aux précautions pour les femmes enceintes et les enfants : toujours demander conseil à un médecin ou un pharmacien.
    • Dormir sous moustiquaire (idéalement imprégnée d’insecticide).
    • Porter des vêtements longs et clairs en soirée ou tôt le matin, moments où les moustiques sont les plus actifs.
    • Éviter les zones à eaux stagnantes (bidons, récipients, flaques) autour des logements.
    • Ventiler les chambres : les moustiques détestent les ventilateurs.

    Ces gestes ne garantissent pas une protection totale, mais réduisent fortement le risque.

    Nathan Florence, déjà de retour dans les vagues

    Bonne nouvelle : après quelques jours très difficiles, Nathan a récupéré. Fidèle à sa réputation de guerrier des grosses vagues, il n’a pas tardé à retrouver la rame, profitant du swell d’Erin en Irlande, dans des eaux bien plus fraîches mais sans moustiques.

    Son expérience rappelle que derrière les vidéos spectaculaires de surf trips tropicaux se cache une réalité sanitaire. La dengue est en pleine recrudescence et les surfeurs voyageurs doivent en tenir compte. Préparer un trip, ce n’est pas seulement waxer sa planche et checker la houle : c’est aussi penser à la santé et à la prévention.

  • Surf Fidji : le guide ultime pour surfer au paradis

    Surf Fidji : le guide ultime pour surfer au paradis

    Imaginez un archipel perdu dans le Pacifique Sud, composé de plus de 300 îles bordées de lagons turquoise, de plages de sable blanc et de récifs coralliens. Un décor de carte postale… mais surtout un terrain de jeu hors norme pour les surfeurs. Bienvenue aux Fidji, un paradis tropical où les vagues comptent parmi les plus belles et les plus puissantes du monde.

    Longtemps réservé à quelques privilégiés logeant dans des resorts exclusifs, le surf fidjien s’est peu à peu ouvert à tous les passionnés. Aujourd’hui, Fidji attire les pros en quête de tubes mythiques et les voyageurs prêts à vivre le trip d’une vie. Dans cet article, on vous emmène découvrir tout ce qu’il faut savoir pour organiser un surf trip aux Fidji : spots incontournables, meilleures périodes, hébergements et conseils pratiques.

    Fidji, joyau du Pacifique Sud

    Situées à environ 3 heures de vol de l’Australie et 10 heures de Los Angeles, les Fidji se composent de deux grandes îles principales (Viti Levu et Vanua Levu) et d’une myriade d’îlots paradisiaques.

    La réputation de l’archipel repose autant sur ses paysages que sur l’hospitalité de ses habitants. Ici, le rythme est paisible, marqué par les traditions locales, les cérémonies de kava et le sourire contagieux des Fidjiens. Mais pour les surfeurs, l’attraction numéro un reste bien sûr les vagues : longues, puissantes, parfaites et souvent d’une régularité hallucinante.

    La plupart des spots les plus célèbres se trouvent autour des îles Mamanuca, à une trentaine de kilomètres de Nadi, la porte d’entrée internationale. C’est là que se trouve Cloudbreak, l’une des vagues les plus mythiques de la planète.

    Cloudbreak, la vague légendaire des Fidji

    Un nom qui résonne dans le monde entier

    “Cloudbreak” signifie littéralement “là où les nuages se brisent”. Un surnom poétique pour une gauche monstrueuse qui déroule sur un récif au large de Tavarua. Connue localement sous le nom de Nakuru Kuru Malagi (“Thundercloud Reef”), la vague est à la hauteur de sa réputation : puissante, rapide, souvent creuse, parfois terrifiante.

    Une histoire de pionniers

    Découverte par des marins et surfeurs itinérants dans les années 70, Cloudbreak est véritablement entrée dans la légende au début des années 80 grâce à une photo culte publiée dans Surfer Magazine : Kevin Naughton sautant d’un bateau vers le line-up, avec la vague parfaite en arrière-plan.

    Pendant longtemps, le spot est resté réservé aux clients du Tavarua Island Resort, un resort privé en forme de cœur. Ce n’est qu’en 2010 que le gouvernement fidjien a levé l’exclusivité, ouvrant Cloudbreak et les vagues voisines à tous les surfeurs.

    Un spot hors normes

    Vue du channel, Cloudbreak paraît presque facile : une gauche longue et régulière qui déroule sur 200 mètres. Mais la réalité est toute autre. Le récif est tranchant, l’eau peu profonde, et la vague se divise en trois sections :

    • The Point : la partie la plus accessible, idéale pour se caler dans de longs murs rapides.
    • The Middle : plus creuse et imprévisible, parfaite pour les tubes.
    • Shish Kebabs : la section finale, ultra-shallow et réservée aux plus téméraires.

    Cloudbreak fonctionne quasiment toute l’année, mais donne le meilleur de lui-même entre avril et octobre, quand les houles australes frappent de plein fouet le récif. À taille humaine (1,5 à 2 mètres), c’est déjà une vague exigeante. Mais le spot peut tenir des houles XXL jusqu’à 7-8 mètres, comme lors du fameux “Thundercloud Swell” de 2012, resté gravé dans la mémoire collective comme l’un des plus grands jours de surf de rame de tous les temps.

    Les autres spots de surf incontournables aux Fidji

    Si Cloudbreak est la star, les Fidji recèlent bien d’autres joyaux.

    Restaurants

    Juste en face de l’île de Tavarua, Restaurants est une gauche plus courte mais incroyablement régulière. Elle tire son nom du récif situé sous la terrasse du restaurant du resort. Quand les conditions s’alignent, c’est un skatepark naturel : take-off vertical, section tubulaire, puis mur parfait à manœuvrer.

    Namotu Lefts et Swimming Pools

    À quelques minutes de bateau de Namotu Island, Namotu Lefts offre une gauche plus accessible que Cloudbreak, longue et fun, idéale pour les surfeurs intermédiaires à confirmés. Juste à côté, Swimming Pools est une droite cristalline et rapide, parfaite pour les manœuvres radicales.

    Frigates Passage

    Surnommé le “Pipeline fidjien”, Frigates Passage se trouve à 15 km au large de la côte sud de Viti Levu. C’est une gauche puissante qui tient très bien la taille. Son ambiance plus sauvage en fait une alternative moins fréquentée que Cloudbreak, mais attention : la logistique pour y accéder est plus lourde.

    Natadola Beach

    Tous les spots fidjiens ne sont pas des monstres de reef. Natadola Beach, sur Viti Levu, est une plage où les vagues sont accessibles aux débutants. Parfait pour s’initier au surf dans un décor de rêve.

    Quand partir surfer aux Fidji ?

    La saison idéale pour un surf trip s’étend d’avril à octobre : c’est la période des houles australes qui offrent régularité et puissance. Le vent d’est, souvent dominant, offshore sur Cloudbreak, contribue à sculpter des vagues parfaites.

    • Saison sèche (mai à octobre) : temps plus frais et sec, houles régulières.
    • Saison humide (novembre à avril) : climat plus chaud, averses tropicales, cyclones possibles mais aussi quelques belles houles.

    Température de l’air : 26 à 30 °C.
    Température de l’eau : 27 à 29 °C toute l’année → combinaison inutile, un boardshort ou un lycra suffit.

    Préparer son surf trip aux Fidji

    Comment s’y rendre ?

    Tous les voyageurs atterrissent à l’aéroport international de Nadi sur Viti Levu. Depuis là :

    • Pour rejoindre Tavarua ou Namotu, des navettes vous emmènent en 30 minutes à Momi Bay, puis bateau (25 à 40 min).
    • Pour les resorts du Coral Coast, comptez 2 à 3 heures de route.

    Matériel conseillé

    Cloudbreak et consorts demandent un quiver adapté :

    • Shortboard performant pour les vagues classiques (1m50-2m).
    • Step-up ou gun (6’6 à 7’6) pour les jours solides.
    • Leashs robustes (6 à 8 pieds).
    • Chaussons reef conseillés (corail coupant).

    Conseils sécurité

    • Respecter les priorités : les line-ups sont fréquentés, mais l’ambiance reste souvent détendue.
    • Ne pas sous-estimer la puissance des vagues.
    • Prévoir une bonne assurance voyage couvrant le surf.

    Où loger pour un surf trip aux Fidji ?

    Resorts de luxe sur les îles

    • Tavarua Island Resort : l’expérience ultime, sur une île en forme de cœur, à deux pas de Cloudbreak et Restaurants. All-inclusive, confort maximal, mais prix élevé (plusieurs milliers d’euros la semaine).
    • Namotu Island Resort : plus petit et intimiste, avec seulement 12 chambres, accès direct à Namotu Lefts et Swimming Pools.

    Resorts haut de gamme sur Viti Levu

    • Marriott Momi Bay : luxe, lagon privé, accès rapide aux Mamanuca et à Cloudbreak en bateau.
    • InterContinental Fiji Golf Resort & Spa : idéal pour combiner vacances en famille et surf (Natadola Beach accessible).

    Options plus abordables

    • Funky Fish (Malolo Island) : ambiance conviviale et prix accessibles, transferts surf en bateau quotidiens.
    • Rendezvous Surf Camp Fiji : camp de surfeurs sur le mainland, plus roots, parfait pour un budget serré.
    • Waidroka Bay Resort (Coral Coast) : atmosphère surf & plongée, accès à Frigates Passage.

    Culture fidjienne et expériences hors surf

    Un surf trip aux Fidji, ce n’est pas seulement des vagues parfaites. C’est aussi une immersion culturelle unique.

    • Hospitalité fidjienne : les habitants accueillent les visiteurs avec un sourire sincère.
    • Cérémonie du kava : boisson traditionnelle à base de racine de poivre, consommée lors de rassemblements sociaux.
    • Nature préservée : plongée sur la Grande Barrière de Fidji, randonnées dans la jungle, cascades.

    Les Fidji sont une expérience complète : un surf trip qui nourrit autant l’âme que l’adrénaline.

    FAQ sur le surf à Fidji

    Quel est le meilleur spot de surf à Fidji ?
    Cloudbreak est considéré comme l’un des meilleurs spots du monde, mais Restaurants et Namotu Lefts valent aussi le détour.

    Quand surfer à Cloudbreak ?
    La période idéale s’étend d’avril à octobre, pendant la saison des houles australes.

    Les Fidji sont-elles adaptées aux débutants ?
    Oui, mais pas à Cloudbreak. Natadola Beach est un spot de plage parfait pour s’initier.

    Quel budget prévoir ?
    Un surf trip à Fidji peut coûter de 1 500 € (séjour roots sur le mainland) à plus de 7 000 € (semaine all-inclusive à Tavarua).

    Peut-on surfer sans loger sur les resorts privés ?
    Oui, grâce à des camps et hôtels sur Viti Levu proposant des transferts quotidiens en bateau.

    Le surf aux Fidji, c’est bien plus qu’un voyage : c’est une expérience à part entière. Entre la puissance mythique de Cloudbreak, la variété des spots voisins, la beauté des paysages et la richesse culturelle de l’archipel, Fidji s’impose comme une destination incontournable pour tout surfeur.

    Un trip ici reste un investissement, mais c’est aussi une aventure dont on se souvient toute une vie. Car aux Fidji, chaque vague est une promesse de perfection… et chaque sourire fidjien un rappel que le surf, c’est aussi le partage.

  • Lucas Chianca repousse les limites du surf de grosses vagues au Brésil

    Lucas Chianca repousse les limites du surf de grosses vagues au Brésil

    Quand on pense au surf de grosses vagues, le Brésil n’est pas forcément le premier pays qui vient en tête. Nazaré au Portugal, Jaws à Hawaï, Mavericks en Californie… Ces noms résonnent immédiatement dans l’imaginaire collectif. Pourtant, c’est bien au sud du Brésil, à Laje da Jaguaruna, dans l’État de Santa Catarina, que Lucas “Chumbo” Chianca vient de marquer l’histoire avec une vague mesurée à 14,82 mètres (48 pieds), la plus grosse jamais surfée dans le pays.

    Une mission express à travers le Brésil

    Ce record, Chumbo ne l’a pas arraché par hasard. Comme souvent dans le surf de grosses vagues, tout s’est joué dans une course contre la montre. Alors qu’il se trouvait à Barra Grande, dans l’État de Bahia, à plus de 1 300 kilomètres de Rio, Lucas reçoit l’alerte : une houle historique se prépare au sud du pays. Sans hésiter, il saute dans un véhicule, traverse une bonne partie du Brésil, prend un vol depuis Rio et file vers Santa Catarina.

    En l’espace de 24 heures, il se retrouve sur le spot mythique de Jaguaruna, déjà surnommé par certains le “Nazaré brésilien”. Et cette fois, toutes les conditions étaient réunies.

    Laje da Jaguaruna, un monstre brésilien

    Ce spot méconnu du grand public est pourtant l’un des rares du pays capables de produire de telles montagnes liquides. Situé au large, il aligne des murs d’eau d’une puissance impressionnante, mais les bonnes conditions sont rares. Ce 20 août 2025, elles étaient parfaites : une houle longue, propre, avec une énergie hors du commun.

    Lucas Chianca raconte :

    “J’ai eu l’honneur de surfer la plus grosse vague jamais enregistrée au Brésil, 14,82 mètres à Laje da Jaguaruna. C’était une mission incroyable, avec une équipe au top et une énergie vraiment unique. Une journée que je n’oublierai jamais.”

    Un exploit qui change la donne

    Pour Chumbo, habitué aux XXL de Nazaré ou de Jaws, cette vague n’est peut-être pas la plus haute de sa carrière. Mais symboliquement, elle est énorme. Car le Brésil n’a jamais été considéré comme une destination majeure de big wave surfing. Avec ce record, le pays entre désormais dans la carte mondiale du surf extrême.

    Il faut rappeler que le Brésil a déjà produit une génération de surfeurs de grosses vagues : Maya Gabeira, détentrice du record féminin mondial, Rodrigo Koxa, qui a surfé la plus grosse vague jamais mesurée (24,38 mètres à Nazaré), ou encore Pedro Scooby. Mais la plupart de leurs exploits se sont réalisés à l’étranger. Cette fois, c’est sur les terres brésiliennes qu’un chapitre s’écrit.

    Le symbole d’une “Brazilian Storm XXL”

    Depuis une quinzaine d’années, la “Brazilian Storm” a révolutionné le surf mondial en compétition, avec des champions comme Gabriel Medina, Italo Ferreira, Filipe Toledo ou Tatiana Weston-Webb. Lucas Chianca incarne la même énergie, mais dans l’univers des grosses vagues. Et ce ride record à Jaguaruna montre que la tempête brésilienne souffle aussi sur les big waves.

    Au-delà de la performance, Chumbo a mis en lumière tout un collectif de surfeurs et de sauveteurs qui œuvrent pour développer la pratique dans le pays. Son équipe de jet-skis, les locaux de “Jagua”, et toute l’organisation en sécurité étaient essentiels pour rendre possible une telle session.

    Une fierté nationale

    Dans un Brésil passionné de surf, ce record va résonner comme une fierté. Voir l’un des leurs dompter une vague de près de 15 mètres à domicile, dans une atmosphère quasi mystique, donne de nouvelles perspectives à la scène locale. Jaguaruna pourrait bien attirer de plus en plus l’attention internationale dans les années à venir.

    Pour Lucas “Chumbo” Chianca, c’est une nouvelle ligne dans un palmarès déjà impressionnant, mais surtout un moment d’émotion pure :

    “Immense gratitude envers mon équipe et tous ceux qui ont rendu cette journée possible. Le Brésil a des vagues incroyables, et aujourd’hui on l’a prouvé au monde entier.”

  • William Aliotti face au plus gros Uluwatu de l’année

    William Aliotti face au plus gros Uluwatu de l’année

    Le surfeur français William Aliotti n’a jamais caché son goût pour les lignes de vagues puissantes et les planches qui sortent de l’ordinaire. Basé entre l’Europe, les Caraïbes et l’Indonésie, il a bâti sa réputation sur un surf fluide, créatif et sans compromis. Début août 2025, il s’est offert un défi à la hauteur de sa réputation : affronter le plus gros swell de l’année à Uluwatu, Bali, sur un twin asymétrique signé Ryan Lovelace.

    Une session d’exception

    Le mercredi 6 août 2025, un train de houle massif s’abat sur l’archipel indonésien. Les prévisions annoncent un Uluwatu XXL, avec des séries solides qui réveillent toute la puissance de la célèbre gauche. Plutôt que de sortir un gun classique, William opte pour sa 5’10” Asym Twin, une planche atypique aux courbes dissymétriques, taillée pour combiner vitesse et liberté.

    « C’était le plus gros Uluwatu que j’ai jamais surfé », explique-t-il. « Insensé et intense, certaines vagues comptent parmi les plus grosses que j’ai jamais prises là-bas. Ça m’a rappelé le snowboard. » Une comparaison qui prend tout son sens : lignes longues, virages puissants et sensation de glisse fluide, le tout avec un engagement total.

    Le style Aliotti

    Le style est une notion insaisissable : difficile à définir, mais évident à reconnaître. Chez William Aliotti, il se traduit par une combinaison unique de vitesse, puissance et flow, agrémentée de cette touche personnelle qui rend chaque manœuvre différente. Dans les murs d’eau massifs d’Uluwatu, son approche prend une dimension supplémentaire : placement précis, trajectoires tendues et variations de rythme qui transforment chaque vague en terrain de jeu.

    Ce qui surprend dans cette session, c’est la taille de la planche de surf. Surfer des vagues massives, pleines d’eau en petite planche est tout sauf anodin. William pousse depuis quelques années les limites des Twin-Fins. Le résultat ? Des bottoms engagés suivis de carves appuyés, le tout avec une fluidité qui contraste avec la violence du spot ce jour-là.

    Plutôt que de suivre les standards imposés par les compétitions, il choisit ses planches, ses vagues et ses projets en fonction de ce qu’il veut exprimer. Ce choix assumé lui a permis de développer une identité forte, respectée autant par ses pairs que par les passionnés. Un des seuls surfeurs français à avoir une réputation au niveau international.

    Cette session à Uluwatu illustre parfaitement cette philosophie : un swell historique, une planche atypique, et un style qui, plus que jamais, fait la différence.

  • Bali et Indonésie : pourquoi les trajets en bateau peuvent être plus dangereux qu’on ne le pense

    Bali et Indonésie : pourquoi les trajets en bateau peuvent être plus dangereux qu’on ne le pense

    On connaît tous les risques liés aux scooters et mobylettes à Bali : trafic chaotique, absence de casque, routes glissantes… Mais un autre danger, souvent sous-estimé, concerne des millions de voyageurs chaque année : les traversées en bateau.
    De Bali aux Mentawai, en passant par Nusa Penida ou les Banyak, les naufrages et accidents graves se multiplient. Et contrairement aux idées reçues, ces drames ne surviennent pas uniquement lors de tempêtes spectaculaires : parfois, une simple vague suffit à tout faire basculer.

    Des accidents en série dans les eaux indonésiennes

    Août 2025 – Bali, entre Nusa Penida et Sanur
    Un speedboat, le Fast Boat Dolphin 2, transporte 80 passagers. Au large, une vague frappe le bateau de travers. En quelques secondes, l’embarcation chavire. Deux personnes meurent, une est portée disparue. Parmi les survivants, des Australiens racontent avoir nagé pour leur vie.

    « On a vu des gens mourir devant nous », témoigne l’un d’eux, encore sous le choc.

    Juillet 2025 – Îles Mentawai
    Surnommées le “Disneyland du surf”, elles sont un rêve pour les surfeurs. Ce jour-là, un bateau inter-îles coule par mauvais temps. Dix personnes disparaissent, malgré les efforts des sauveteurs. Certains passagers, ne sachant pas nager, sont emportés sous les yeux impuissants de leurs compagnons.

    Août 2023 – Îles Banyak
    Le bateau d’un surf camp disparaît en mer avec sept personnes à bord. Après près de deux jours à dériver sur leurs planches de surf, quatre Australiens et deux Indonésiens sont secourus. Un membre de l’équipage, Fifan Satria, ne sera jamais retrouvé.

    Ces histoires ne sont pas des exceptions isolées : elles illustrent une tendance inquiétante dans l’archipel.

    Pourquoi ces drames surviennent-ils ?

    Plusieurs facteurs se combinent :

    • Vitesse excessive et imprudence : certains capitaines cherchent à “gagner du temps”, même dans une mer agitée.
    • Conditions météo changeantes : houle puissante, vents soudains, orages tropicaux imprévus.
    • Normes de sécurité inégales : gilets de sauvetage absents ou insuffisants, matériel vieillissant.
    • Surcapacité : embarcations chargées au-delà de leur limite.
    • Formation limitée : équipages pas toujours préparés à gérer la panique ou un chavirement.

    Les risques spécifiques pour les touristes

    Pour beaucoup de voyageurs, la traversée est une simple formalité. Pourtant :

    • La panique est fréquente chez ceux qui ne savent pas nager ou n’ont pas l’habitude de l’océan.
    • Certaines embarcations n’ont qu’un seul point de sortie, difficile à atteindre en cas de renversement.
    • Les zones isolées (Mentawai, Banyak) rallongent le temps de secours.
    • La barrière de la langue peut retarder la compréhension des consignes.

    Comment voyager plus sûr en bateau en Indonésie

    Avant d’embarquer :

    • Vérifier la météo : s’informer sur la houle et éviter les jours de vent fort.
    • Choisir une compagnie réputée : lire les avis, vérifier l’état du bateau.
    • Repérer les gilets de sauvetage dès l’embarquement.
    • Informer un proche de votre trajet et heure d’arrivée.
    • Privilégier les horaires matinaux : la mer est souvent plus calme.

    En cas d’accident : garder son sang-froid

    • Mettre un gilet ou s’agripper à tout objet flottant (planche, bidon, glacière).
    • S’éloigner de l’épave si elle coule, pour éviter l’aspiration.
    • Se regrouper avec d’autres passagers pour être plus visible.
    • Utiliser tout moyen de signalement : sifflet, fusée de détresse, téléphone étanche, miroir.

    En Indonésie, les bateaux font partie du quotidien : ferries inter-îles, liaisons touristiques, navettes de surf camps… Mais ces trajets ne sont pas sans danger.
    Comme pour les scooters, il ne s’agit pas de tout éviter, mais de voyager informé et vigilant. Un peu de prudence peut faire la différence entre un souvenir inoubliable… et un drame.

  • 27 millions de tonnes de nanoplastiques dans l’Atlantique Nord

    27 millions de tonnes de nanoplastiques dans l’Atlantique Nord

    Il est invisible à l’œil nu, et pourtant il est partout. Dans l’eau que l’on boit, dans l’air que l’on respire, dans notre sang qui circule. Ce fléau, ce sont les nanoplastiques, ces particules plastiques minuscules, encore plus petites que les désormais tristement célèbres microplastiques. Une nouvelle étude, publiée dans la prestigieuse revue Nature, vient de lever le voile sur leur ampleur dramatique dans l’Atlantique Nord : 27 millions de tonnes de nanoplastiques y flotteraient actuellement. Une pollution invisible de plus pour notre terrain de jeu préféré.

    Nanoplastiques : plus petits, plus sournois

    Les nanoplastiques sont définis comme des particules de plastique de moins d’un micromètre. C’est-à-dire cinq fois plus petits que les microplastiques (inférieurs à 5 micromètres), eux-mêmes déjà reconnus comme une menace écologique et sanitaire.

    Ces nanoparticules proviennent principalement de la dégradation continue des microplastiques sous l’effet du soleil, des vagues, des courants, mais aussi de la digestion par certains animaux marins. Leur taille infinitésimale leur permet de traverser les membranes cellulaires, et donc de s’infiltrer dans les tissus vivants, humains compris.

    Une première quantification à grande échelle

    Jusqu’à récemment, la communauté scientifique manquait cruellement de données sur l’ampleur réelle de la pollution aux nanoplastiques. C’est ce qui rend cette nouvelle étude, menée par le Royal Netherlands Institute for Sea Research (NIOZ) et l’Université d’Utrecht, si cruciale. À bord du navire de recherche RV Pelagia, les scientifiques ont collecté de l’eau de mer à douze endroits différents, entre les eaux subtropicales de l’Atlantique et les côtes européennes.

    En filtrant soigneusement les particules de plus d’un micromètre, ils ont ensuite analysé le résidu au laboratoire grâce à la spectrométrie de masse, une technique permettant d’identifier les types de plastique présents. Le résultat ? Une quantité sidérante de nanoplastiques, jamais mesurée auparavant.

    “Un chiffre choquant, mais qui nous permet enfin de comprendre où est passé le plastique manquant”, explique Sophie ten Hietbrink, étudiante en master et co-autrice de l’étude.

    Le paradoxe du plastique manquant

    Ce “plastique manquant” est un mystère scientifique depuis des années. On sait que des centaines de millions de tonnes de plastique sont produites chaque année, et une grande partie finit dans l’environnement. Pourtant, lorsqu’on mesure la quantité de plastique flottant dans les océans, les chiffres semblent étonnamment bas.

    La découverte de cette immense masse de nanoplastiques pourrait donc résoudre cette énigme. Elle suggère que beaucoup du plastique jeté a tout simplement été réduit à l’échelle nanométrique, échappant ainsi aux mesures classiques.

    Un impact écologique et sanitaire inquiétant

    Mais ce n’est pas qu’une question de chiffres. Les nanoplastiques, du fait de leur extrême petitesse, peuvent pénétrer profondément dans les organismes vivants. Des études menées in vitro sur des cellules humaines ou in vivo sur des souris ont montré des effets alarmants : inflammations, stress oxydatif, troubles métaboliques, dérèglement du microbiote intestinal, voire neurotoxicité.

    Chez les espèces marines, leur présence pourrait bouleverser les chaînes alimentaires, de la plus petite larve de plancton jusqu’aux grands prédateurs… et à l’humain, dernier maillon.

    L’Atlantique, épicentre de la pollution

    L’étude révèle que l’Atlantique Nord, et en particulier les zones de convergence comme les gyres subtropicaux (tourbillon océanique géant formé par les vents dans les zones subtropicales), agit comme une trappe à plastique. Les courants y accumulent les déchets venus de tous horizons : fleuves, atmosphère, navires, littoraux… Autant de voies par lesquelles le plastique rejoint l’océan.

    “Il y a probablement plus de plastique sous forme de nanoparticules dans l’Atlantique que de microplastiques ou macroplastiques dans tous les océans réunis”, affirme le professeur Helge Niemann, chercheur au NIOZ.

    Une urgence mondiale encore ignorée

    L’accumulation de nanoplastiques n’est pas une problématique locale ou ponctuelle. C’est une crise mondiale, silencieuse, mais d’une ampleur colossale. Car contrairement aux sacs plastiques ou aux bouteilles qu’on peut encore ramasser sur une plage, les nanoplastiques ne se nettoient pas. Ils sont trop petits, trop disséminés, trop omniprésents.

    Et pourtant, la production de plastique ne faiblit pas. Chaque jour, des millions de tonnes supplémentaires sont fabriquées, utilisées, puis oubliées, avec des conséquences qui s’étendront bien au-delà de notre génération.

    Un tournant pour la recherche… et pour l’action ?

    L’étude du NIOZ et de l’Université d’Utrecht marque une avancée majeure dans la compréhension de la pollution plastique. En quantifiant pour la première fois les nanoplastiques à l’échelle océanique, elle met en lumière l’urgence d’une réponse collective.

    Réduction de la production de plastique, meilleure gestion des déchets, innovations dans les matériaux biodégradables, réglementation plus stricte, sensibilisation du grand public : les leviers existent, mais le temps presse.

    Invisible, mais dévastateur. Le plastique que nous rejetons finit toujours par revenir, sous des formes de plus en plus insidieuses. Les 27 millions de tonnes de nanoplastiques dérivant aujourd’hui dans l’Atlantique Nord ne sont qu’un symptôme d’un mal plus profond : notre dépendance au plastique, et notre incapacité à en gérer les conséquences.

  • Ostreopsis ovata : l’algue toxique qui menace les plages basques

    Ostreopsis ovata : l’algue toxique qui menace les plages basques

    Invisible à l’œil nu, mais bien réelle pour les surfeurs, baigneurs et promeneurs : l’algue Ostreopsis ovata explose cet été sur la Côte basque. Pourquoi ? Le réchauffement climatique semble le principal responsable, tous les surfeurs de la côte basque vous le diront, l’eau est actuellement anormalement chaude. Entre toux, fièvre et plages fermées, les effets se font sentir, au propre comme au figuré.

    Une menace qui revient chaque été… mais plus tôt et plus fort

    Depuis 2021, la Côte basque connaît chaque été une recrudescence de cette microalgue tropicale, Ostreopsis ovata. En 2025, le phénomène prend une ampleur inédite : à Biarritz, la plage du Port Vieux a enregistré le 15 juillet des pics à 600 000 cellules par litre, contre seulement 18 000 quelques jours plus tôt. Résultat : plage fermée, drapeau rouge, et consultations médicales en hausse.

    Le problème ? Cette microalgue est toxique pour l’homme. Elle libère une substance volatile qui se propage par les embruns, touchant non seulement les surfeurs et baigneurs, mais aussi les promeneurs, les enfants qui jouent dans le sable, les secouristes… tout le monde.

    Qu’est-ce que Ostreopsis ovata, exactement ?

    Ostreopsis ovata est une microalgue tropicale, apparue en Méditerranée dans les années 2000, et identifiée sur la Côte basque à partir de 2021. Sa prolifération, ou “bloom”, est favorisée par :

    • le réchauffement climatique (eaux plus chaudes),
    • des eaux calmes et stagnantes,
    • la houle qui la détache des rochers,
    • et possiblement, des introductions via les eaux de ballast des navires.

    Invisible à l’œil nu dans sa forme initiale, elle forme parfois une pellicule brune et gélatineuse sur les rochers ou en surface. Un goût métallique dans l’eau peut aussi trahir sa présence.

    Quels sont les risques pour la santé ?

    Les symptômes apparaissent dans les six heures suivant l’exposition, même sans baignade :

    • toux sèche, mal de gorge,
    • yeux et nez qui coulent, saignements nasaux,
    • gêne respiratoire, fièvre, maux de tête,
    • douleurs musculaires, tremblements, éruptions cutanées.

    👉 Les plus vulnérables : enfants, personnes âgées, asthmatiques, diabétiques ou souffrant de pathologies ORL et respiratoires.

    Bonne nouvelle toutefois : les symptômes sont généralement bénins et réversibles sous 3 à 4 jours. Mais pour les surfeurs réguliers ou les travailleurs en bord de mer, la répétition des expositions peut aggraver les effets.

    Les spots les plus touchés

    En juillet 2025, les plages les plus impactées sont :

    • Port Vieux (Biarritz) – baignade interdite temporairement
    • Parlementia (Bidart/Guéthary)
    • Deux Jumeaux (Hendaye)
    • Erromardie (Saint-Jean-de-Luz)

    D’autres spots comme Cénitz ou la Villa Belza sont étroitement surveillés. La CAPB (Communauté d’Agglomération Pays Basque) a mis en place un suivi rigoureux sur 34 zones de bain, avec 4 niveaux d’alerte allant de simple observation à fermeture de plage.

    Quelles précautions pour les surfeurs ?

    Même sans fermeture officielle, il est vital d’adopter les bons réflexes :

    🧴 À faire après chaque session :

    • prendre une douche complète (cheveux compris),
    • laver sa combinaison et son matos (surf, leash, etc.),
    • éviter de laisser sécher ses affaires sur le sable humide ou les rochers.

    🩺 À faire en cas de symptômes :

    • consulter son médecin en mentionnant une éventuelle exposition à Ostreopsis,
    • appeler le centre antipoison de Bordeaux (05 56 96 40 80) en cas de doute,
    • éviter de retourner à l’eau pendant plusieurs jours.

    🚫 À éviter en période de bloom :

    • surfer pieds nus ou torse nu sur les zones rocheuses,
    • pratiquer dans les zones fermées ou déconseillées,
    • fréquenter la plage si vous êtes une personne à risque (asthme, diabète, etc.).

    Ce que dit la science (et Surfrider)

    L’association Surfrider, bien connue des surfeurs, alerte depuis plusieurs années sur les effets de cette microalgue. Elle mène des campagnes de prélèvements réguliers et développe des outils de sensibilisation et même des bio-capteurs de détection rapide.

    Selon leurs travaux, l’Ostreopsis ovata est symptomatique du dérèglement climatique, et pourrait devenir la nouvelle norme estivale sur nos côtes si rien n’est fait.

    Elle affecte aussi la biodiversité :

    • elle asphyxie certains organismes marins fixés,
    • elle intoxique les oursins et les coquillages filtrants,
    • elle déstabilise les écosystèmes côtiers.

    Comment rester informé en temps réel ?

    📱 Télécharge l’appli Kalilo, qui relaie les alertes officielles de l’ARS (Agence Régionale de Santé) en direct sur l’état des plages du Pays basque.

    📍 Surveille les panneaux à l’entrée des plages : certains sites comme Port Vieux ou Erromardie ont déjà affiché des consignes strictes.

    🌊 Suis les campagnes d’information locales et sur les réseaux sociaux : Mairies, Surfrider, surf clubs.

    Une question de santé… mais aussi de culture surf

    Pour la communauté surf, la mer est un terrain de jeu, un lieu de dépassement, une source de vie. Mais c’est aussi un écosystème fragile, menacé par les changements globaux que l’on vit aujourd’hui en direct.

    Les surfeurs sont en première ligne, à la fois exposés, mais aussi responsables et acteurs. Mieux connaître le phénomène Ostreopsis, c’est aussi mieux protéger notre océan, notre santé, notre passion.

  • Skookumchuck Narrows : la vague statique la plus flippante du monde ?

    Skookumchuck Narrows : la vague statique la plus flippante du monde ?

    Quand Jamie O’Brien, Ben Gravy et Dylan Graves se jettent dans une rivière canadienne pleine de tourbillons pour surfer une vague statique, c’est que le spectacle vaut le détour. Bienvenue à Skookumchuck Narrows, l’un des spots les plus fous (et dangereux) jamais surfés.

    Le Skook, une légende d’eau douce

    Nichée sur la Sunshine Coast de Colombie-Britannique, au Canada, la vague de Skookumchuck Narrows est une vague statique unique au monde. Pas formée par une houle océanique, mais par un déferlement titanesque d’eau de marée : jusqu’à 200 milliards de gallons d’eau s’y engouffrent à chaque cycle, générant une vague permanente… et terrifiante.

    Ce phénomène rare a longtemps attiré les kayakistes en quête d’adrénaline. Mais depuis quelques années, les surfeurs les plus intrépides s’y aventurent aussi. Et pas n’importe lesquels…

    JOB & Ben Gravy : mission survie au Canada

    En juillet 2025, à l’annonce d’un pic de marée exceptionnel de 5 à 6 mètres (17 à 20 pieds), Jamie O’Brien (alias JOB) et Ben Gravy, deux stars du surf, toujours à la recherche de vagues insolites, décident de faire le voyage jusqu’à Egmont, petit village canadien d’à peine quelques centaines d’âmes.

    Ce qu’ils y trouvent dépasse leurs attentes. Tourbillons, “suck-unders”, remous en tous genres : la vague est massive, mais chaque session ressemble à un test de survie. JOB raconte :

    “Je me suis fait aspirer dans le pire tourbillon. Huit vrilles sous l’eau, je ressors la tête, je suis groggy, et je repars pour quatre tours. J’ai serré ma planche comme si ma vie en dépendait. C’était comme une chute à Teahupo’o et Jaws en même temps.”

    Gravy, de son côté, résume la session ainsi :

    “On l’a scorée. Mais c’était la vague la plus flippante de ma vie. Des remous qui aspirent des bateaux entiers. On a failli y passer.”

    Et selon les locaux, c’était le plus gros “Skook” depuis 15 ans.

    Une vague pas comme les autres

    La vague de Skookumchuck se forme dans un passage étroit entre deux bras de mer, lorsque la marée montante tente de forcer son passage vers le Sechelt Inlet. À partir de 11 nœuds de courant, la vague commence à prendre forme. Entre 13 et 16 nœuds, elle devient surfable et puissante, parfois jusqu’à 30 pieds de large.

    Mais attention : cette vague ne pardonne pas. Contrairement à l’océan, ici on ne peut pas “s’échapper” par les côtés. La chute peut vous entraîner loin, très loin, dans les rapides, les rochers immergés et les énormes tourbillons. D’où le port obligatoire d’un casque et, pour beaucoup, d’un gilet de flottaison.

    Dylan Graves et le mystique “Tubesteak”

    Avant JOB et Gravy, un autre spécialiste des vagues bizarres avait déjà tenté sa chance à Skookumchuck : Dylan Graves, via son excellent show YouTube Weird Waves.

    Avec son compère local Nick Legge-Wilkinson, premier à avoir surfé la vague régulièrement, Graves s’attaque au Skook comme à une montagne à gravir. Après quelques rides, il décide d’aller plus loin : viser le “tubesteak”, une section slab ultra rare qui n’apparaît que lors de très fortes marées.

    Spoiler : il y arrive, mais finit à un demi-mile en aval, bousculé par un rocher et aspiré par un tourbillon. Sain et sauf, mais secoué.

    Infos pratiques : comment voir ou surfer le Skook

    Le spot se situe dans le Skookumchuck Narrows Provincial Park, à une heure de randonnée ou de paddle depuis le village d’Egmont. Voici ce qu’il faut savoir :

    • 🌊 Quand y aller ? De mars à octobre, avec des pics autour de la pleine lune ou de la nouvelle lune.
    • Durée de la vague : entre 2 et 4 heures autour de la marée montante maximale.
    • 🚗 Accès : prendre un ferry depuis Vancouver (Horseshoe Bay) vers Langdale, puis conduire jusqu’à Egmont.
    • 🏕️ Hébergement : camping local, lodges ou chambres d’hôtes.
    • 📈 Conditions optimales : marée de 13 à 15 nœuds, à consulter sur les sites de prévision (“Sechelt Rapids”).

    Un conseil : ne vous y aventurez pas seul. Même avec un bon niveau, Skookumchuck est un spot qui mérite respect et préparation.

    Le Skook : une vague, un rite de passage

    Skookumchuck signifie “grande eau” en langue Chinook. Et c’est exactement ça : une démonstration brute de la nature, aussi belle que dangereuse.

    Ce n’est pas une vague pour faire du nombre. C’est une expérience. Un rite de passage pour les passionnés de surf qui veulent tester leurs limites. JOB, Gravy et Graves ont tous failli y laisser quelques plumes… mais aussi ramené des images inoubliables.

    Pour nous autres, simples mortels, regarder leurs vidéos suffit souvent à faire monter l’adrénaline.

  • Surfer sous l’orage : peut-on vraiment mourir foudroyé ?

    Surfer sous l’orage : peut-on vraiment mourir foudroyé ?

    Une tragédie récente qui relance les inquiétudes

    Le 20 juin 2025, à New Smyrna Beach (Floride), un surfeur de 29 ans a perdu la vie après avoir été frappé par la foudre, alors qu’il se trouvait dans une eau peu profonde. En lune de miel, il ne faisait que barboter quand un orage est passé au-dessus de la plage. Les secours sont rapidement intervenus, mais l’homme n’a pas pu être réanimé.

    Ce drame n’est pas isolé. Ces dernières années, plusieurs surfeurs ont été foudroyés à mort dans des conditions similaires, parfois même en pleine session.

    La foudre en mer : un danger souvent sous-estimé

    Contrairement à une idée reçue, la mer n’est pas un abri contre la foudre. Bien au contraire : l’eau salée est un excellent conducteur d’électricité, et un surfeur, seul sur sa planche, devient la cible idéale.

    Quand un orage se forme, le risque est immédiat. Même sans être directement frappé, un éclair tombant à proximité peut propager une décharge dans l’eau et toucher les surfeurs alentour.

    Des cas concrets, sur tous les continents

    • Bali (2017) : Denis Dasoul, un surfeur belge, meurt foudroyé à Canggu pendant une session. Son professeur est lui aussi touché.
    • Salvador (2021) : la surfeuse Katherine Diaz, 22 ans, membre de l’équipe nationale, meurt frappée par un éclair alors qu’elle sortait de l’eau.
    • Brésil (2019) : Luzimara Souza, championne nationale, est tuée en pleine session d’entraînement. Un autre surfeur est gravement blessé.
    • Floride (2025) : le surfeur en lune de miel n’était même pas en train de surfer, seulement dans l’eau jusqu’aux chevilles.

    Pourquoi c’est si dangereux de surfer pendant un orage

    • L’eau salée conduit très bien l’électricité.
    • Un surfeur est souvent la seule silhouette verticale sur une étendue plane, ce qui attire la foudre.
    • Un éclair peut frapper jusqu’à 10 km autour du cœur de l’orage, même par ciel partiellement dégagé.

    Les signes qui doivent vous faire sortir immédiatement

    • Vous entendez le tonnerre ? Trop tard pour hésiter.
    • Vous sentez une électricité statique (fourmillements, cheveux qui se dressent) ? Courez vous abriter.
    • Un ciel sombre qui s’épaissit, des éclairs à l’horizon : la prudence s’impose.

    Règle de base : si le tonnerre est audible, vous êtes déjà en danger.
    Attendez au moins 30 minutes après le dernier coup de tonnerre avant de retourner à l’eau.

    Conseils pratiques pour éviter le pire

    • Consultez toujours la météo avant une session (Windguru, Windy, Météo-France, etc.).
    • Utilisez des applis de détection de foudre en temps réel comme My Lightning Tracker ou Blitzortung Live.
    • Ne cherchez jamais à “profiter de quelques vagues avant que ça tombe”. Le risque est mortel.
    • Évitez aussi de rester près de l’eau ou sous des arbres/parapluies métalliques en cas d’orage.

    À retenir : passion ne doit jamais rimer avec inconscience

    Les surfeurs sont passionnés, parfois un peu téméraires. Mais aucune vague ne vaut une vie. Les drames récents montrent que même les athlètes les plus aguerris peuvent être victimes de la foudre.

    Seul un réflexe météo clair et une attitude responsable permettent d’éviter ces accidents. Partagez ces conseils, surtout aux plus jeunes.

    Foire aux questions

    Est-ce que la combinaison néoprène protège de la foudre ?
    Non, elle n’a aucun effet isolant contre une décharge électrique de plusieurs millions de volts.

    Est-ce que rester à la plage, mais hors de l’eau est plus sûr ?
    Pas forcément. Le danger subsiste dans un rayon de plusieurs kilomètres. Le seul abri fiable est un bâtiment fermé ou une voiture.

    Puis-je surfer si je vois des éclairs, mais n’entends pas encore le tonnerre ?
    Non. Les éclairs précèdent parfois le tonnerre audible, et peuvent déjà frapper à distance. Sortez immédiatement.

  • Tom Lowe, miraculé de Teahupo’o pour la deuxième fois en 14 mois

    Tom Lowe, miraculé de Teahupo’o pour la deuxième fois en 14 mois

    Le surfeur britannique Tom Lowe a frôlé la mort une nouvelle fois sur l’une des vagues les plus dangereuses de la planète. Mercredi 4 juin 2025, lors d’un swell massif à Teahupo’o, en Polynésie française, Lowe a été retrouvé inconscient dans le lagon après une série de vagues qui l’ont maintenu sous l’eau. Sauveteurs de l’extrême, récits poignants, et destin hors du commun : retour sur l’un des drames les plus marquants de la saison.

    Une série noire sur le “End of the Road”

    Ce spot, célèbre pour ses tubes massifs et sa lèvre épaisse qui s’écrase sur un récif peu profond, est surnommé le « End of the Road ». Et pour cause : même les surfeurs les plus aguerris y jouent leur vie à chaque take-off. Tom Lowe, figure respectée du big wave riding, y a déjà laissé quelques morceaux. Le 28 avril 2024, il y subissait une première chute violente qui lui avait coûté cinq côtes cassées et un poumon perforé.

    « Je n’avais jamais frôlé la mort à ce point-là. C’était aussi réel que possible », confiait-il après coup.

    Et pourtant, à peine plus d’un an plus tard, le destin s’est acharné sur lui… au même endroit.

    Inconscient dans le lagon, sauvé in extremis

    Le 4 juin dernier, lors d’un swell solide, Tom Lowe s’élance sur une vague. Mais cette fois, il est happé par une série de trois à quatre vagues qui le maintiennent en apnée. Lorsque les sauveteurs, à bord de jet-skis, parviennent enfin à le récupérer dans le lagon, il est inconscient, sans respiration ni pouls.

    Deux hommes vont pourtant faire basculer l’histoire : Sage Burke, surfeur de Newport Beach, et le Tahitien Vetea David. Sur place, ils entament immédiatement un massage cardiaque et des gestes de réanimation, dans des conditions extrêmes.

    Par miracle, le cœur de Lowe repart, et il est évacué vers l’hôpital de Papeete, où il est toujours en observation.

    “Je ne me souviens de rien”

    Quelques jours après l’accident, Tom Lowe a brisé le silence avec un message bouleversant publié sur ses réseaux sociaux.

    🗣️ Paroles de surfeur

    « Alors voilà. Quelles étaient les chances de revivre une expérience de mort imminente à Teahupo’o dès mon retour sur cette vague ? Je suis reconnaissant que mon heure ne soit pas encore venue.
    Je n’ai aucun souvenir de l’accident, juste celui d’avoir craché de l’eau et du sang à la marina. On m’a dit que j’étais resté sous l’eau pendant deux ou trois minutes… Je me suis sûrement assommé sur le récif ou j’ai perdu connaissance sous la pression. C’est terrifiant de ne se souvenir de rien.
    Je dois la vie à mes anges gardiens, Vetea David et Sage Burke, qui m’ont sorti de l’eau et ramené à la vie. Si Vetea n’avait pas attrapé mon corps sans vie dans le lagon, Teahupo’o m’aurait emporté.
    Je suis un homme chanceux. Pour l’instant, je suis juste reconnaissant d’être en vie, de pouvoir serrer ma famille dans mes bras, et pour ces liens profonds tissés ici avec les gens et ce lieu magique. »

    Un témoignage poignant qui révèle l’ampleur du drame vécu — et surtout la force des liens noués autour de cette vague aussi belle que cruelle.

    Une séquence manquante qui interroge

    L’événement a été en partie capté par la caméra de Surfline qui retransmettait la session en direct. Mais une étrange coupure de 10 minutes dans la rediffusion intrigue. C’est justement pendant cette période que les secours sont intervenus.

    Le photographe Tim McKenna a publié sur Instagram des images et des témoignages poignants de la scène, rendant hommage aux sauveteurs et donnant des nouvelles rassurantes sur l’état de Tom : « Il est conscient, respire seul, et les médecins s’occupent d’évacuer l’eau de ses poumons. »

    Deux accidents en 14 mois, même spot, même frayeur

    Surfer deux fois de suite à Teahupo’o et s’en sortir vivant après deux quasi-noyades, cela tient du miracle. En avril 2024, Lowe avait pourtant failli perdre la vie : catapulté tête la première dans le récif, il avait réussi à regagner seul le bord, malgré son état grave, avant d’être évacué par hélicoptère.

    Moins d’un an plus tard, le cauchemar se répète. Cette fois, il perd connaissance, son corps ne réagit plus, et il doit la vie à l’intervention rapide de ses pairs. Deux expériences de mort imminente sur le même spot en l’espace de 14 mois : du jamais-vu dans le monde du surf de gros.

    Qui est Tom Lowe ?

    Originaire de Cornouailles, au Royaume-Uni, Tom Lowe est une figure incontournable du surf de grosses vagues. Son parcours est celui d’un passionné qui a quitté l’Atlantique nord pour se confronter aux vagues les plus terrifiantes de la planète : Mavericks, Puerto Escondido, Jaws ou Teahupo’o.

    En 2017, il monte sur le podium du Puerto Escondido Challenge, une épreuve du Big Wave Tour. Il est ensuite invité à l’Eddie Aikau Invitational en 2023 et 2024, une des compétitions les plus prestigieuses et sélectives du monde.

    Reconnu pour sa gentillesse et sa détermination, Tom est souvent décrit comme un « humble guerrier », respecté aussi bien pour sa technique que pour sa philosophie.

    Une communauté mobilisée

    Suite à l’accident, de nombreux messages de soutien ont afflué. Des légendes du surf comme Greg Long ou Dom Walsh ont appelé à envoyer de l’énergie positive à leur ami, saluant sa force de caractère et sa résilience. Une cagnotte GoFundMe a aussi été ouverte pour couvrir ses frais médicaux, son assurance voyage ne prenant pas en charge l’intégralité de ses soins.

    Sur Instagram, les témoignages de soutien se multiplient, preuve de l’impact de ce surfeur sur la communauté mondiale.

    Et maintenant ?

    L’avenir sportif de Tom Lowe reste incertain. Reviendra-t-il une troisième fois à Teahupo’o ? Cette question hante ceux qui le connaissent. Mais une chose est sûre : Lowe incarne l’essence même du surf de gros, entre courage, engagement et acceptation du risque.

  • Pavones : la gauche de 54 secondes qui fait rêver les surfeurs

    Pavones : la gauche de 54 secondes qui fait rêver les surfeurs

    Une vague, un surfeur, une minute d’exception

    Esteban Chaves, alias StokedChaves, est bien connu des Costaricains pour sa capacité à faire parler la poudre sur les gauches les plus rapides du pays. Mais début mai 2025, c’est le monde entier qui a pu admirer son talent. Sur une vague parfaitement dessinée à Pavones, il a enchaîné près de 54 secondes de glisse fluide, de turns puissants et même une section à tube, malgré le clapot du soir.

    Une minute à dompter une des vagues les plus longues au monde, devant une foule ébahie (environ 5 personnes au bar). Son deuxième turn a envoyé un spray si massif qu’on aurait dit qu’il avait traversé le Golfo Dulce. La section barrel a déclenché des cris d’encouragement depuis le rivage.

    Cette session n’a pas seulement marqué une saison déjà bien lancée dans l’hémisphère Sud ; elle a rappelé à tous pourquoi Pavones est un joyau à part dans l’univers du surf mondial.

    Pavones : la gauche légendaire du Costa Rica

    Situé à l’extrême sud du Costa Rica, presque à la frontière avec le Panama, Pavones est un village reculé, tranquille et hors du temps. On ne passe pas à Pavones par hasard. On s’y rend avec un objectif : surfer l’une des plus longues gauches de la planète.

    Ce pointbreak déroule sur plus de 800 mètres, parfois 1 km selon les houles. Il faut une bonne orientation sud-sud-ouest pour connecter les trois sections principales : la pointe, l’embouchure et le mur. En les enchaînant, c’est une vague de rêve qui s’offre à vous, entre murs lisses, quelques tubes bien placés, et des murs de turns à n’en plus finir.

    La sensation d’avoir surfé “sa plus longue vague à vie” y devient une réalité.

    Un spot exigeant, réservé aux motivés

    Malgré son ambiance “pura vida”, Pavones n’est pas une promenade de santé. Il faut déjà l’atteindre : 8 heures de route depuis San José, ou 1h30 depuis Golfito, à condition d’avoir une voiture adaptée pour finir sur la piste.

    Dans l’eau, la sélection naturelle opère. Le courant est puissant, les séries longues, et la foule parfois compacte quand les prévisions sont optimales. Pas de place pour les surfeurs débutants : ici, on rame beaucoup, on positionne bien son take-off, et on garde de l’énergie pour tenir jusqu’au dernier cutback.

    Comme le dit Esteban Chaves : « Seuls les plus affûtés survivent, seuls les meilleurs en tirent le maximum. »

    Une vague qui ne se contente pas d’être longue

    Si la réputation de Pavones repose sur sa longueur, sa magie réside dans les opportunités qu’elle offre. Certains jours, la vague creuse assez pour offrir un tube, même court, au milieu du ride. D’autres fois, ce sont les sections lisses à perte de vue qui permettent aux surfeurs de tracer des arcs puissants, de glisser d’un turn à l’autre avec un rythme hypnotique.

    La vague d’Esteban en mai 2025 en est l’exemple parfait : un départ fluide, des carves précis, un enchaînement millimétré de manœuvres backside, jusqu’à un barrel final. Une masterclass capturée par Gallo Pinto TV, à étudier au ralenti pour tout surfeur qui rêve de progresser backside.

    Bien plus qu’un simple trip surf

    Pavones, c’est aussi une ambiance unique, loin des spots plus “fashion” comme Santa Teresa. Le village vibre au rythme des marées et du surf, avec quelques sodas typiques, deux-trois restaus, et une vie nocturne quasi inexistante. Idéal pour se coucher tôt et se lever à l’aube.

    Autour, la nature est reine : jungle tropicale, estuaires, cascades, et même observation des baleines à bosse dans le Golfo Dulce. C’est un paradis pour les amoureux de nature sauvage. Vous pouvez partir en randonnée, faire du kayak dans les mangroves, monter à cheval sur la plage ou prendre un cours de yoga en plein air après une session.

    Et quand ça ne marche pas à Pavones ?

    Ce qui rend le sud du Costa Rica si spécial, c’est la possibilité de varier les plaisirs. À quelques kilomètres au sud, Punta Banco offre des gauches et une droite, souvent plus tolérantes. Et si le swell est trop timide, d’autres secrets locaux peuvent se révéler si vous prenez le temps d’échanger avec les habitués.

    Le meilleur moment pour y aller

    La haute saison pour Pavones s’étale d’avril à octobre, avec un pic entre mai et août, quand les houles du sud tapent avec le bon angle. Mais le spot reste surfable toute l’année. Hors saison, vous gagnerez en tranquillité, au risque de ne pas connecter les sections.

    Les logements sont limités, mieux vaut réserver en avance, surtout si vous visez un trip entre potes ou une retraite surf/yoga. Il existe aussi quelques coachs ou guides comme Esteban Chaves, basé à Santa Teresa mais souvent à Pavones, disponibles pour vous faire progresser et comprendre le spot.

    Pavones, pour les amoureux du surf pur

    Pavones, c’est ce rêve d’enfant devenu réalité : une vague interminable, une nature intacte, et une communauté de passionnés loin de l’agitation des grosses stations balnéaires.

    Ce n’est pas un spot pour flâner. C’est une destination pour ceux qui veulent ressentir pleinement ce que le surf a de plus intense à offrir. Une minute de glisse ininterrompue, ça change une vie. Et comme l’a prouvé Esteban Chaves en mai 2025, ces moments-là existent bel et bien.

  • Drame sur l’Eisbach : Munich ferme sa vague iconique après la mort tragique d’une surfeuse

    Drame sur l’Eisbach : Munich ferme sa vague iconique après la mort tragique d’une surfeuse

    Une session nocturne vire au cauchemar

    Dans la nuit du 24 mars 2025, une session de surf sur la vague urbaine de l’Eisbach, en plein cœur de Munich, a tourné au drame. Une jeune surfeuse allemande a perdu la vie après être restée coincée sous l’eau durant près de trente minutes, son leash accroché à un objet non identifié dans le lit de la rivière.

    Malgré l’intervention désespérée de ses amis et des secours, la jeune femme n’a pas survécu. Une semaine après le drame, elle est décédée à l’hôpital. La scène a profondément choqué la communauté locale, mais aussi les amateurs de surf du monde entier.

    Une vague mythique, symbole du surf urbain

    L’Eisbach, cette vague stationnaire formée par un saut hydraulique sous un pont près du musée Haus der Kunst, est un spot mythique. Depuis que le surf y est devenu officiellement autorisé en 2010, il attire riders, curieux et photographes des quatre coins du monde. Alimentée par un débit de 25 000 litres par seconde, la vague est formée par une marche en béton et des blocs immergés, créant un courant puissant et constant.

    Mais cette puissance est aussi ce qui a rendu toute tentative de sauvetage presque impossible. Lorsque la surfeuse a été emportée sous l’eau, ses amis ont tenté de détacher le leash. En vain : la force du courant ne leur a laissé aucune chance.

    Une enquête ouverte, des questions qui dérangent

    Dans les jours qui ont suivi le drame, les autorités munichoises ont décidé de fermer l’accès à l’Eisbach jusqu’à nouvel ordre. La zone a été balisée, des panneaux « Entrée interdite » ont été installés, et les contrevenants s’exposent à des amendes allant jusqu’à 50 000 euros.

    Le parquet de Munich a lancé une enquête pour « atteinte corporelle par négligence ». Le 30 avril 2025, les services de secours ont abaissé le niveau de la rivière afin d’inspecter minutieusement le lit du cours d’eau. Cinquante policiers, dont des plongeurs spécialisés, ont exploré la zone. Aucune structure imposante n’a été retrouvée, mais plusieurs petits objets métalliques ont été collectés pour analyse.

    Le petit ami de la surfeuse porte plainte : négligence pointée du doigt ?

    Fait marquant : le petit ami de la victime a déposé plainte contre la municipalité de Munich. Il dénonce un manque de sécurité et une mauvaise gestion des risques liés à l’environnement du spot. L’affaire pourrait ouvrir un précédent juridique : si une négligence est reconnue, des charges de homicide involontaire pourraient être envisagées.

    Cette plainte soulève des interrogations plus larges sur la gestion des spots de surf urbains, souvent autogérés par la communauté mais peu encadrés juridiquement. L’Eisbach, malgré sa renommée, reste un environnement à haut risque.

    La vague rouvre avec de nouvelles règles

    Le 21 juillet 2025, la mairie de Munich a annoncé la réouverture officielle de la vague, assortie de nouvelles règles strictes.

    Désormais, le surf n’est autorisé qu’entre 5h30 et 22h00, afin de garantir que toute intervention de secours se déroule de jour. Seuls les surfeurs expérimentés sont admis sur le spot, et chaque pratiquant doit désormais utiliser un leash avec système de libération rapide.

    Selon Moritz von Sivers, représentant de l’association de surf de Munich, le véritable danger réside sous la vague, où des pierres de la taille de briques, destinées à limiter l’érosion, peuvent devenir des pièges pour les leashs. Ces éléments structurels ne seront probablement jamais totalement éliminés, mais l’objectif est désormais de réduire le risque au maximum.

    Une vague toujours aussi symbolique

    Pour les nombreux surfeurs munichois, l’Eisbach représente bien plus qu’un simple lieu de pratique : c’est un symbole de liberté, un défi technique et une part essentielle de l’identité surf allemande.

    La réouverture, bien que stricte, est accueillie comme un soulagement par la communauté, encore marquée par le drame. Elle signe aussi une nouvelle ère pour le surf urbain, plus conscient des risques, mais toujours aussi passionné.

    Une alternative coûteuse : la vague artificielle

    En attendant, les surfeurs munichois n’ont qu’une seule alternative : la vague artificielle Endless Surf récemment ouverte en périphérie de la ville. Si la technologie permet des sessions variées et sécurisées, l’accès reste cher, et l’expérience ne remplace pas le charme brut de l’Eisbach.

    Un tournant pour le surf urbain ?

    L’accident de Munich pourrait faire date. Il pose une question cruciale : comment garantir la sécurité dans des environnements urbains où la nature est partiellement maîtrisée, mais jamais domptée ?

    Les vagues de rivière, de plus en plus populaires à travers le monde (Suisse, Canada, États-Unis… France ?), devront sans doute revoir leurs standards de sécurité. Le drame de l’Eisbach rappelle brutalement que le surf, même loin de l’océan, reste un sport à risques. Mais la question qui reste en suspens, est-il possible qu’une plage soit fermée aux surfeurs parce qu’elle est trop dangereuse ? Imaginons la fermeture administrative de certaines plages comme Nazaré, Belharra ou des spots de rocher, où les risques sont réels….

  • Les meilleures destinations surf à explorer en juin

    Les meilleures destinations surf à explorer en juin

    Juin, c’est un mois magique où l’été s’installe au nord, pendant que l’hiver bat son plein au sud. Résultat : les deux hémisphères balancent des vagues à gogo, mais c’est surtout l’hémisphère sud qui commence à dérouler sérieusement. Et comme les foules estivales ne sont pas encore là, c’est le moment idéal pour s’offrir un surf trip bien calé.

    Que tu sois débutant en quête de vagues accessibles ou chargeur à la recherche de pointbreaks tubulaires, voici les meilleures destinations surf pour le mois de juin. Avec à chaque fois, les infos qui comptent : température de l’air, température de l’eau, niveau requis, conditions de vagues et budget moyen.

    Les valeurs sûres de juin

    Indonésie – Bukit, Bali & Mentawai

    • Température de l’air : 27-30°C
    • Température de l’eau : 28°C
    • Conditions : swell régulier, houle longue et propre, vent offshore, spots orientés sud/sud-ouest
    • Niveau : intermédiaire à expert (sauf Kuta et Canggu : parfait débutant)
    • Prix moyen : 30-50€/jour

    Pourquoi y aller ? Parce que c’est l’Indo en juin. Les alizés soufflent offshore, les swells tapent plein sud, et les reefbreaks comme Uluwatu, Padang Padang, ou encore Lances Right dans les Mentawai fonctionnent à plein régime. Le tout dans une ambiance tropicale, bière Bintang à la main après la session.

    Mexique – Salina Cruz & Puerto Escondido

    • Température de l’air : 30-34°C
    • Température de l’eau : 28°C
    • Conditions : swell consistant, beachbreaks puissants (Puerto), points creux (Salina Cruz)
    • Niveau : intermédiaire à expert
    • Prix moyen : 35-60€/jour

    Pourquoi y aller ? Le sud du Mexique vit sa meilleure période surf de l’année en juin. À Salina Cruz, les pointbreaks déroulent avec une régularité bluffante. Et si t’as le niveau (et les nerfs), Puerto Escondido t’attend avec ses tubes monumentaux. Ambiance roots, tacos et sessions en boardshort.

    Afrique du Sud – Jeffreys Bay & plus

    • Température de l’air : 18-22°C
    • Température de l’eau : 16-18°C
    • Conditions : longues droites mécaniques, vent offshore fréquent
    • Niveau : intermédiaire à confirmé
    • Prix moyen : 25-40€/jour

    Pourquoi y aller ? Parce que c’est le pic de saison à J-Bay. Les houles d’hiver venues de l’Atlantique Sud s’enroulent le long de la côte pour donner vie à l’une des plus belles droites du monde. Et si t’as un peu d’aventure en toi, pousse jusqu’en Namibie : Skeleton Bay peut aussi s’aligner en juin. Deux légendes, une même houle.

    Spots débutants-friendly

    France – Biarritz & Hossegor

    • Température de l’air : 20-25°C
    • Température de l’eau : 18-20°C
    • Conditions : beachbreaks variés, houle modérée, bonne fréquence
    • Niveau : débutant à intermédiaire
    • Prix moyen : 60-90€/jour

    Pourquoi y aller ? C’est la maison. Et en juin, les conditions sont souvent idéales pour progresser sans trop se faire peur. Côte des Basques, vague de sable ou point break : que du bonheur pour les débutants. Et en prime, la gastronomie basque et les écoles de surf à tous les coins de plage. Côté Landes, parmi les meilleurs beach breaks au monde avant la surpopulation du mois de juillet ou aout.

    Costa Rica – Tamarindo

    • Température de l’air : 27-30°C
    • Température de l’eau : 28°C
    • Conditions : vagues douces, longues, régulières
    • Niveau : tous niveaux
    • Prix moyen : 40-60€/jour

    Pourquoi y aller ? Parce que Tamarindo, c’est le spot chill par excellence. Tu surfes le matin, tu manges un ceviche à midi, tu surfes encore à marée haute. Les vagues sont douces, les locaux cools, et tu progresses vite dans une ambiance tropicale détendue.

    Maldives – Atolls nord

    • Température de l’air : 28-32°C
    • Température de l’eau : 28-30°C
    • Conditions : reefbreaks accessibles, houle sud/sud-ouest
    • Niveau : intermédiaire
    • Prix moyen : 60-100€/jour (hors vol)

    Pourquoi y aller ? Parce que c’est encore assez calme avant les grosses affluences de juillet. Et surtout, les vagues comme Cokes ou Ninjas sont parfaitement calées, avec des setups propres et réguliers. Tu surfes sur des reefs de rêve dans une eau translucide, avec des dauphins pas loin.

    L’Europe sauvage et fraîche

    🇬🇧 Écosse – Thurso East et la côte nord

    • Température de l’air : 12-18°C
    • Température de l’eau : 11-13°C
    • Conditions : reefbreaks solides, peu fréquentés
    • Niveau : intermédiaire à expert
    • Prix moyen : 60-80€/jour

    Pourquoi y aller ? Parce que personne n’y pense, et que pourtant, les spots comme Thurso peuvent rivaliser avec ceux du Sud. Faut aimer l’eau froide (5/4 obligatoire), mais tu seras presque seul sur des vagues de qualité, avec des paysages dignes d’un film de fantaisie.

    Islande – La côte sud

    • Température de l’air : 10-15°C
    • Température de l’eau : 8-11°C
    • Conditions : reefs isolés, météo changeante, pas un chat à l’eau
    • Niveau : confirmé à expert
    • Prix moyen : 90-150€/jour, c’est une destination onéreuse

    Pourquoi y aller ? Pour le trip de ta vie. L’Islande, c’est pas tous les jours, mais en juin, les conditions sont un peu plus douces (surtout côté météo). Les houles de l’Atlantique Nord tapent régulièrement les côtes, et les spots peuvent réveiller de belles surprises si tu es équipé. Les journées ne s’arrêtent jamais, vous pouvez surfer 24H sur 24H….

    Le bon plan du mois : Sri Lanka – Weligama & Mirissa

    • Température de l’air : 28-32°C
    • Température de l’eau : 28°C
    • Conditions : beachbreaks doux, bonne fréquence, ambiance tropicale
    • Niveau : débutant à intermédiaire
    • Prix moyen : 25-40€/jour

    Pourquoi y aller ? Parce que le Sri Lanka retrouve peu à peu son public, et que le sud fonctionne encore bien en juin. Weligama est un des meilleurs spots pour apprendre, avec une vibe très chill. Idéal si tu veux progresser et déconnecter sans te ruiner.

    Où que tu partes, profitez du surf

    Juin est un mois en or pour les surfeurs qui savent sortir des sentiers battus (ou pas). Entre les valeurs sûres comme l’Indonésie, les destinations zen pour progresser comme le Costa Rica ou les trips plus roots en Islande ou Écosse, il y a forcément un spot qui te fera vibrer.

  • Safi : le secret le mieux gardé du surf mondial

    Safi : le secret le mieux gardé du surf mondial

    Imaginez une droite parfaite, longue d’un kilomètre, creuse, puissante, capable d’offrir des barrels de 20 secondes, nichée au pied des falaises d’une ville portuaire marocaine. Cette vague existe. Elle s’appelle Safi. Et pendant des années, elle est restée secrète. Découverte dans les années 80 par un Français, Luc Soutif, cette vague mythique n’a réellement révélé son potentiel qu’une fois adoptée par un petit cercle de surfeurs passionnés.

    Luc Soutif, pionnier français et visionnaire du tube marocain

    Originaire de Pont Blondin, près de Mohammedia, Luc Soutif est un nom à connaître si l’on s’intéresse à l’histoire du surf au Maroc. Employé sur le port de Safi au début des années 80, il est l’un des premiers à repérer le potentiel de cette vague incroyable qui déroule le long d’une jetée industrielle.

    En 1982-1983, il commence à montrer des photos à ses potes, leur suggérant de faire une halte à Safi pendant leurs trips hivernaux vers Agadir. C’est Henri Elgrichi et Karam Hakim qui, les premiers, suivent son conseil. Lors d’une grosse houle en 1984, ils scorent des vagues de 2,50 m à 3 mètres. C’est le choc. Une vague tubulaire, d’une puissance inédite au Maroc. Rapidement, le bouche-à-oreille s’active dans le cercle très restreint du surf marocain.

    Le Jardin : un nom de code pour protéger le paradis

    La vague est baptisée « Le Jardin » par les premiers initiés. Louant une maison juste au-dessus du spot, ils observaient les conditions depuis le jardin de leur logement. Ce surnom devient un code pour parler du spot en public sans en révéler l’emplacement. De 1984 à 1992, une petite communauté de surfeurs fidèles s’y retrouve : Henri El Grichi, Tarik Ghraïri, Benaidy Hamza, Zino Guemmi, Eric Honegger, et quelques autres. Ils développent un certain localisme, pas agressif mais discret : « Si on n’était pas très accueillants, c’est que la vague le justifiait ».

    Un miracle géologique au pied du désert

    Safi est une anomalie. Une vague parfaite dans une ville industrielle connue pour ses sardines plus que pour son surf. Située entre Casablanca et Agadir, elle bénéficie d’une géologie exceptionnelle : un cap rocheux de 30 km au nord, des falaises abruptes et un sandbar sculpté par les alluvions du désert. Quand une grosse houle hivernale arrive, la vague se forme, roule, tube et s’étire sur près d’un kilomètre. Un slab mutant, dangereux mais magique.

    L’irruption de Ross Clarke-Jones et l’ouverture au monde

    Le secret ne pouvait pas durer. Dans les années 90, le photographe français Eric Chauché et le surfeur Laurent Miramon décident de faire appel à un « maître » pour valider le spot : ce sera Ross Clarke-Jones. L’Australien tombe amoureux du lieu, se cale des barrels de 20 secondes et nomme le point de départ extrême « RCJ’s Point ». Il ouvre une nouvelle ère. Suivront Tom Carroll, Gary Elkerton, Jeff Hakman…

    Une vague de classe mondiale, mais dangereuse

    Safi, ou Ras Lafaâ comme l’appellent les locaux, est une vague magnifique mais impitoyable. Elle déroule proche de la falaise, sur un mélange de sable et de dalles rocheuses tranchantes. Les wipe-outs peuvent être violents, les blessures sévères. Il faut un très bon niveau pour y surfer sérieusement. Le localisme y existe, mais sans violence. Il s’agit avant tout d’un respect du lieu, de ses dangers, et de ses habitués.

    Safi aujourd’hui : fierté locale et enjeu touristique

    Aujourd’hui, Safi est connue mondialement. La vague attire les surfeurs pros et les free surfeurs en quête de sensations fortes. Mais elle est aussi devenue un moteur pour la ville : surf camps, écoles, restaurants, clubs locaux… Toute une économie se développe autour de ce joyau océanique. Les locaux, longtemps spectateurs, sont aujourd’hui acteurs du développement de leur littoral.

    Safi est bien plus qu’une vague. C’est un rêve de surfeur devenu réalité, grâce à la curiosité d’un Français, au flair d’un groupe d’amis, et à la magie brute de l’Atlantique marocain.

  • La vague d’une vie : Eimeo Czermak enflamme Teahupo’o

    La vague d’une vie : Eimeo Czermak enflamme Teahupo’o

    Un nom à retenir : Eimeo Czermak

    Eimeo Czermak n’en est pas à son premier coup d’éclat, mais cette fois, le surfeur tahitien de 21 ans a mis tout le monde d’accord. Le 7 mai 2025, à Teahupo’o, il a réussi l’impensable : surfer à la rame l’une des plus grosses vagues jamais prises sans assistance sur cette vague mythique. Une performance saluée unanimement par les médias spécialisés, qui parlent déjà de moment historique dans l’histoire du surf.

    Un swell classé « Epic » par Surfline

    Ce jour-là, Teahupo’o accueillait le premier très gros swell de la saison. Selon Kevin Wallis, chef prévisionniste chez Surfline, il ne s’agissait pas d’une tempête d’une violence extrême, mais plutôt d’un système parfaitement placé. Son déplacement quasi-direct vers Tahiti et sa proximité (1000 à 1500 miles) ont permis des conditions idéales : du gros surf, sans le vent ni le mauvais temps qui l’accompagnent souvent. Résultat : la journée a reçu le très rare label “Epic” de Surfline — une distinction qui ne tombe que quelques fois par an. Mais ce n’est pas tout : la période de la houle, entre 15 et 16 secondes, a rendu ces montagnes d’eau (à la limite du surf tracté) accessibles — ou presque — aux rameurs. Et c’est là qu’Eimeo Czermak a saisi sa chance.

    Une vague à la rame qui marque l’histoire

    À 4:13 de la vidéo publiée par *Surfer Magazine*, on découvre Eimeo glissant dans un tube massif, techniquement très compliqué, avec un placement chirurgical. Pas de jet ski. Juste ses bras, son mental et un timing parfait. Tikanui Smith, légende locale et témoin de la scène depuis le channel, n’a pas mâché ses mots : “Peut-être l’une des meilleures vagues jamais prises à la rame à Teahupoo.” Un compliment énorme quand on connaît l’historique du spot, où des monstres comme Laird Hamilton ou Nathan Fletcher ont écrit des pages majeures de l’histoire du surf tracté. Mais ici, il ne s’agit pas de tow-in. Il s’agit d’un surfeur local qui a lu parfaitement la vague et qui s’est engagé dans ce que beaucoup décrivent comme le ride de l’année.

    De Pipeline à la gloire mondiale

    Ce n’est pas la première fois qu’Eimeo Czermak fait parler de lui. En 2021, il s’était blessé sérieusement à Pipeline, à Hawaii. Une chute qui aurait pu freiner sa progression, mais qui semble aujourd’hui loin derrière lui. Depuis, le Tahitien n’a cessé de gagner en puissance, en technique et en maturité. Cette vague du 7 mai 2025 pourrait bien changer sa trajectoire : non seulement elle l’inscrit déjà dans le panthéon de Teahupo’o, mais elle le propulse aussi dans une nouvelle dimension médiatique.

    Et maintenant ?

    Le buzz autour de cette session est loin d’être retombé. Des médias américains comme *Surfer*, *Stab* ou encore *Surfline* y consacrent des articles élogieux. Les réseaux sociaux s’enflamment. Certains comparent même cette vague à celle de Laird Hamilton en 2000, surnommée “Millennium Wave”. D’autres estiment qu’on parlera encore de ce ride dans 25 ans. Eimeo, lui, reste humble. Mais cette vague, c’est un marqueur. Un tournant. Et surtout, une promesse : celle que la nouvelle génération tahitienne a de l’avenir, et qu’il faudra désormais compter sur Czermak quand on parlera des plus gros barrels de la planète.

    Une leçon de courage et de lecture de vague

    Au-delà du buzz, cette session rappelle que le surf à Teahupo’o, même après les Jeux Olympiques de Paris 2024, reste un défi extrême. Et que dans ce théâtre naturel, les locaux comme Eimeo Czermak continuent d’écrire l’histoire — non pas avec des artifices, mais avec du courage, de la technique et une connexion unique à la vague.
  • Le Japon, cet eldorado du surf que personne ne regarde

    Le Japon, cet eldorado du surf que personne ne regarde

    Le Japon évoque souvent les cerisiers en fleurs, les ramen fumants ou les stations de ski recouvertes de poudreuse. Mais rares sont ceux qui pensent à ce pays comme une destination de surf de classe mondiale. Et pourtant… À la croisée de l’océan Pacifique et de la mer du Japon, ce territoire insulaire cache des joyaux de vagues, sculptés par les typhons et le hasard du sable.

    Si la plupart des vidéos de surf venues du Japon montrent des sessions tranquilles de longboard dans des petites vagues cristallines, quelques images, plus rares, viennent secouer ce cliché. C’est précisément ce que j’ai vécu en 2011, et ce que cette nouvelle vidéo spectaculaire vient de confirmer : le Japon peut livrer des tubes d’anthologie.

    Flashback : le choc de 2011

    Octobre 2011. Tandis que le monde du surf avait les yeux rivés sur Teahupo’o ou sur un million de dollars distribués à New York, un petit groupe de surfeurs a discrètement mis le cap sur l’Extrême-Orient. Dane Reynolds, Kolohe Andino, Yadin Nicol et Conner Coffin embarquent dans un trip improvisé au Japon, qui deviendra l’un des plus marquants de leur carrière.

    Le typhon les gâte. Des bancs de sable en feu, des barriques parfaites, une culture à découvrir, et surtout cette sensation rare : être en mission, entre potes, à la poursuite de vagues aussi improbables qu’incroyables. John John Florence les rejoindra pour un deuxième round encore plus fou. Le genre de session que même Dane Reynolds, pourtant habitué à scorer, n’oubliera jamais.

    “Le meilleur Japon depuis 40 ans”, titraient les magazines à l’époque. Une sorte d’alignement cosmique. Mais depuis ? Peu d’images, peu de récits. Comme si cette aventure relevait du mythe.

    2024 : nouvelle expédition, nouveau choc visuel

    C’est donc avec des étoiles plein les yeux que j’ai découvert récemment la vidéo « SURF. NEIGE. JAPON. » sur YouTube. Trois surfeurs, dont l’infatigable Keito Matsuoka, Wade Carroll et Tosh Tudor, embarquent pour une odyssée aussi givrée qu’inspirante : surfer les deux côtes du Japon, puis rider la poudreuse en 72h.

    La vidéo débute doucement, avec des plans de 7/11 et de sushi triangle. Mais dès que les premières vagues du Pacifique s’enroulent, le ton change. L’eau est verte, profonde, les tubes crachent. Keito enchaîne les barriques comme dans un rêve. Et ce n’est que le début.

    À peine la session terminée, l’équipe saute dans la voiture pour huit heures de route vers la mer du Japon. Une zone difficile à scorer, où les houles sont capricieuses. Et pourtant, le lendemain, c’est une nouvelle claque visuelle : un spot vierge, des vagues épaisses de 6 pieds, personne à l’eau.

    Ils sont lessivés, mais exaltés. Comme en transe. Et on comprend pourquoi : le cadre est magique, la côte brute, l’eau d’un bleu glacial. Chaque vague devient une victoire. Keito, encore lui, surfe comme si sa vie en dépendait. Le genre de sessions qui marquent une vie.

    Un pays de contrastes, de passion et d’extrêmes

    Ce que montrent ces vidéos, au-delà des tubes parfaits, c’est la richesse du Japon comme terre de glisse. Ce n’est pas Hawaï, ce n’est pas Bali. C’est autre chose. Une culture du détail, de l’humilité et de l’endurance. On enchaîne les vagues, les kilomètres, les repas express au kombini, les capsules hôtels, et on repart. Toujours plus loin. Toujours avec respect.

    Keito Matsuoka incarne cet esprit. Il connaît ses spots comme personne, et n’hésite pas à dire : « La mer du Japon, c’est spécial. » Il ne bluffe pas. Et quand il dit qu’il a déjà fait ça dix jours d’affilée, surf et snow combinés, on le croit.

    Pourquoi ne voit-on pas plus d’images comme celles-là ?

    C’est sans doute la question qui trotte dans toutes les têtes à la fin de cette vidéo. Pourquoi n’entend-on pas plus parler du Japon comme destination de surf ? Pourquoi si peu de clips de shortboarders scorant des barriques à la japonaise ?

    Peut-être parce que ces vagues sont rares, capricieuses, et difficiles d’accès. Peut-être aussi parce que les Japonais ont une culture du secret, du respect des lieux. Pas de surexposition. Pas de tapage. Et quand les étrangers sont invités, c’est souvent avec une grande humilité.

    Mais c’est aussi pour cela que ces images marquent autant. Elles ne sont pas communes. Elles sont précieuses.

    Le Japon, nouvelle frontière du surf d’exploration ?

    Alors que le surf devient un produit mondialisé, prévisible, parfois ennuyant dans sa répétition, le Japon offre une alternative. Une aventure complète, où chaque session se mérite, chaque spot est un trésor caché, chaque virage de route un potentiel line-up vierge.

    C’est ce que ces deux récits – celui de 2011 et celui de 2024 – nous rappellent : le Japon n’est pas seulement un pays de culture, c’est aussi un terrain de jeu radical pour les amoureux de glisse. Et ce n’est pas un hasard si ces deux trips ont laissé une empreinte si forte.

    Une dernière vague pour la route

    Le Japon n’est peut-être pas la première destination à laquelle on pense quand on parle de surf de classe mondiale. Et pourtant, ceux qui y sont allés, qui ont goûté à la magie d’une houle typhon dans un décor de temples et de montagnes enneigées, savent. Ils savent que ces vagues, aussi rares soient-elles, laissent une empreinte bien plus durable que bien des sessions dans les destinations “classiques”.

    Entre les lines parfaites de Keito dans l’eau glacée de la mer du Japon, les tubes fumants de 2011 avec Dane et John John, et cette alchimie unique entre surf, culture et aventure, le Japon s’impose comme un joyau caché du monde de la glisse. Et il est peut-être temps qu’on lui rende la place qu’il mérite dans nos rêves de surfeurs.

    Alors la prochaine fois que tu regarderas une carte météo du Pacifique, jette un œil vers l’archipel nippon. On ne sait jamais. Le Japon pourrait bien te surprendre.