Auteur/autrice : Kelly Slater

  • 🏆 Édouard Delpero triomphe à Abu Dhabi et prend la tête du classement mondial

    🏆 Édouard Delpero triomphe à Abu Dhabi et prend la tête du classement mondial

    Le Français s’impose au Surf Abu Dhabi Longboard Classic 2025 au terme d’une finale haletante face au champion en titre Steven Sawyer.

    Un dimanche de surf sous haute tension

    Sur la vague artificielle d’Abu Dhabi, les conditions ne laissaient aucune marge d’erreur. Un plan d’eau capricieux lors des finales et un format impitoyable : chaque compétiteur n’avait que deux gauche et deux droites pour briller.
    Et dans ce jeu d’équilibre où la précision et la régularité priment sur l’a puissance’exploit, Édouard Delpero a une fois de plus démontré qu’il était l’un des longboardeurs les plus complets au monde.

    Noémie Lemoigne, la meilleure Française du tableau féminin

    Avant de parler de la finale masculine, impossible de ne pas saluer le parcours de Noémie Lemoigne, seule Française à atteindre les quarts de finale du tableau féminin.
    Opposée à l’Américaine Avalon Gall, la surfeuse réunionnaise a livré un duel serré, joué sur le fil des hang five. Plus engagée sur le nose, Gall a pris l’avantage d’une courte tête.
    Avec cette élimination, Noémie finit malheureusement aux portes du top 8 mondial, synonyme de qualification pour la grande finale au Salvador.

    Une demi-finale crispante face à Taylor Jensen

    Chez les hommes, le parcours d’Édouard Delpero a pris une dimension presque romanesque. En demi-finale, il affrontait Taylor Jensen, triple champion du monde et rival historique.
    Dès sa première vague, Delpero chute — sa seule erreur de toute la compétition. La tension est maximale : il n’a plus qu’une seule chance. Mais fidèle à son style, fluide et déterminé, il surfe la vague parfaite. Take-off précis, section tubulaire, nose ride maîtrisé.
    La démonstration est totale : Édouard se qualifie pour la finale et envoie un message clair — il est prêt à tout pour aller au bout.

    La finale : Delpero contre Sawyer, duel de maîtres

    Face à lui, Steven Sawyer, vainqueur de l’édition 2024, qui maitrise parfaitement la vague comme vous pouvez l’imaginer. Dès la première vague, le Sud-Africain chute sur une gauche instable, visiblement gêné par les conditions “bumpy”.
    Delpero, lui, reste concentré. Il enchaîne deux vagues solides, mais confie en sortant de l’eau :

    “Ce n’est pas suffisant.”

    Quelques minutes plus tard, Sawyer retente une gauche décisive… et chute de nouveau. Cette fois, tout bascule : Édouard Delpero remporte le Surf Abu Dhabi Longboard Classic 2025 !

    Un exploit monumental : Édouard Delpero devient numéro un mondial

    Ce succès est bien plus qu’une victoire d’étape. En s’imposant à Abu Dhabi, Édouard Delpero prend la tête du classement mondial avant la grande finale au Salvador.
    Un exploit immense pour le Biarrot, qui n’était pas dans le top 10 avant cette compétition.
    Sa régularité, son engagement et sa maîtrise du tube tout au long de la compétition que cela soit backside ou frontside, font d’Edouard Delpero une référence absolue du style et de la techniquet : Delpero reste une référence absolue du style et de la technique.

    Cette polyvalence ajoutée à sa régularité ont fait de lui le grand vainqueur de cette compétition.

    Le retour du roi français

    À 35 ans, Édouard Delpero prouve qu’il est toujours au sommet de son art. Cette victoire symbolise la longévité, la précision et la passion d’un surfeur qui continue d’écrire l’histoire du longboard français.
    Le rendez-vous est désormais pris : la grande finale mondiale au Salvador, où il défendra sa nouvelle position de leader face aux meilleurs du monde.

  • Oxbow Stoked 4 Cash : le surf retrouve son esprit libre

    Oxbow Stoked 4 Cash : le surf retrouve son esprit libre

    Quand Oxbow relance un contest de surf, ce n’est pas pour rejouer les formats WSL. Avec le Stoked 4 Cash, la marque française réinvente la compétition à sa manière : fun, locale, sans prise de tête et surtout centrée sur le plaisir pur de surfer. Après une première édition réussie au printemps 2025 aux Gardians, le concept a fait son retour le 15 octobre sur le spot du Boiteux, dans les Landes. Même ambiance décontractée, mêmes sourires, et toujours cette philosophie simple : récompenser le style, la créativité et le flow.

    Un format 100 % Oxbow

    Le Stoked 4 Cash n’a rien d’un championnat traditionnel. Oxbow a imaginé un contest de best tricks, où le fun et la progression priment sur le règlement. Le principe : plusieurs heats en free surf, des vagues partagées, pas de priorité stricte, et un seul mot d’ordre — oser. Les juges notent le style, l’engagement et la difficulté des manœuvres, avec un prize money total de 2 000 euros.

    Ce format, inspiré de l’esprit “cash for tricks” des années 2000, colle parfaitement à l’ADN de la marque : liberté, authenticité, surf en bande et bon esprit. Oxbow prouve qu’il est possible d’organiser un event compétitif sans dénaturer le surf. Pas de pression, juste du ride, du partage et une bonne dose de spectacle.

    Hossegor, le lancement d’un concept

    La première édition, en mai dernier, avait déjà posé les bases. Sous un soleil landais et dans des conditions idéales, plus de quarante surfeurs et surfeuses avaient répondu présent aux Gardians : Pierre Rollet, William Aliotti, Jorgann Couzinet, Noa Dupouy, Zoé Jackin ou encore Killian Guerin.

    Trois heats en mode free surf, une seule vague qui compte, et une ambiance de plage façon session entre potes. Les locaux François Liets et Vincent Duvignac, figures respectées du surf français, officiaient comme juges, donnant un ton familial à la compétition.

    Les meilleurs tricks avaient alors été récompensés :

    • Enzo Cavallini remportait la catégorie Men’s Best Trick,
    • Nahia Milhau s’imposait chez les femmes,
    • tandis que le Surfing, à Seignosse, accueillait un after à la cool pour clôturer la journée.

    Un premier test concluant qui laissait déjà présager la suite.

    Le Boiteux, version 2.0

    Pour cette deuxième édition, Oxbow a gardé la même recette gagnante, cette fois sur le spot du Boiteux, à Hossegor. Les conditions étaient parfaites : un mètre à 1,30 m, un vent léger side-shore et des bancs de sable magiques.

    Treize surfeurs par série, trois heats de 1h15, et une ambiance toujours aussi détendue. Le jury, composé de François Liets, Vincent Duvignac et Maud Le Car, a pu assister à un vrai festival de turns engagés et d’airs stylés.

    Côté résultats, le niveau de surf était impressionnant :

    • Hugo Flori décroche le Best Maneuver chez les hommes,
    • Jade Manien s’impose chez les femmes,
    • Samuel Redon repart avec le prix du Best Combo.

    Comme toujours, la remise des prix s’est faite dans la bonne humeur, lors d’une soirée au Coolin, accompagnée des fameuses pizzas du Spot Palace et de la projection des meilleures vagues de la journée.

    Une philosophie qui fait du bien

    À travers cet événement, Oxbow confirme son envie de reconnecter le surf à sa culture d’origine, celle du partage, de la créativité et du plaisir pur. Pas de lycra, pas de chrono : juste des surfeurs libres sur un banc de sable parfait.

    L’approche contraste avec les compétitions classiques, où la tension et les calculs dominent. Ici, le style compte autant que la performance, et chaque manœuvre est une prise de risque. Ce retour à l’essence du surf correspond parfaitement à l’image que la marque cultive depuis son retour en force sur la scène surf française : un label ancré, authentique, et proche de ses riders.

    Une suite déjà annoncée

    Face au succès de ces deux premières éditions, Oxbow a déjà confirmé qu’une troisième étape aura lieu au printemps prochain. L’objectif : continuer à faire vivre cette série d’événements locaux, où les surfeurs du cru se retrouvent pour repousser leurs limites dans la bonne humeur.

    Le Stoked 4 Cash s’impose ainsi comme une nouvelle référence des contests alternatifs, une bouffée d’air frais dans un circuit parfois trop formaté. Et surtout, un rappel essentiel : le surf, avant tout, est un jeu.

  • Edouard Delpero régale à Abu Dhabi : le tube en héritage

    Edouard Delpero régale à Abu Dhabi : le tube en héritage

    Première journée pour les hommes sur la compétition Surf Abu Dhabi Longboard Classic 2025, et déjà un Français au sommet.
    Edouard Delpero, multiple champion d’Europe et figure du longboard mondial, a frappé fort d’entrée avec un total de 18,43 points. Une démonstration d’élégance et de maîtrise technique, marquée par une approche radicale dans les barrels, preuve que l’art du longboard peut se conjuguer avec puissance et précision.

    Un départ parfait pour le Biarrot

    Dès les premières minutes de sa série, Edouard Delpero a imposé son tempo.Il a trouvé deux barrels d’une fluidité chirurgicale. Son timing, sa posture compacte et sa lecture de vague ont fait la différence.
    Alors que beaucoup de concurrents cherchaient encore le bon placement, le Français, lui, semblait déjà “connecté” à la vague d’Abu Dhabi. Résultat : deux vagues notées au-dessus de 9 points, un total stratosphérique de 18,43, et une avance nette sur ses poursuivants.

    Sur le spot artificiel, les conditions étaient propres, avec un mètre cinquante parfaitement calé et une lumière du désert offrant un spectacle presque surréaliste.

    L’arme secrète : le tube

    Le longboard n’est pas souvent associé au surf de tube. Pourtant, c’est là qu’Edouard Delpero excelle, en plus de toutes ses autres qualités. Son expérience en shortboard lui permet d’aborder les sections creuses avec une lecture différente de la plupart des longboarders. Là où beaucoup hésitent ou sortent de la vague, Edouard s’engage, se cale et ressort, souvent avec un petit sourire discret.

    C’est sans doute ce mélange rare entre technicité et instinct qui fait sa force. On l’a vu backside, genoux fléchis, parfaitement centré sur sa planche, glisser sous la lèvre avec la même aisance qu’en frontside. Peu de longboarders dans le monde peuvent se targuer d’un tel équilibre.
    Et si le tube d’Abu Dhabi n’a pas la profondeur d’un Teahupo’o miniature, il exige une précision absolue. Delpero l’a trouvé dès le premier tour, confirmant son statut de surfeur complet.

    Le débat éternel : single fin vs tri fin

    Cette performance relance un vieux débat qui agite le monde du longboard : faut-il privilégier le style du single fin ou la performance du tri fin ?
    Depuis plusieurs saisons, la WSL tente de trouver un équilibre entre ces deux philosophies. En 2017, pour l’anecdote, une étape en Papouasie-Nouvelle-Guinée avait tenté d’imposer le single fin à tous les concurrents. Mauvais timing : le swell conséquent et tubulaire rendait presque impossible l’utilisation de ce type de montage de dérive. Beaucoup s’étaient retrouvés à lutter plus qu’à surfer.

    À Abu Dhabi, la rumeur parlait de rendre la vague non tubulaire pour favoriser la pratique d’un longboard classic, une crainte partagée par Edouard Delpero, qui se sait à l’aise dans des conditions creuses. Alors, oui, la vague est moins tubulaire qu’à son habitude, mais il reste des portions à tube, qui ont vraiment fait la différence sur ce premier jour de compétition chez les hommes.

    Edouard Delpero, la synthèse parfaite

    Ce qui impressionne le plus chez lui, c’est cette capacité à faire cohabiter deux univers : celui du style traditionnel et celui de la performance moderne.
    Sur ses vagues à Abu Dhabi, il enchaîne les pas croisés, les nose rides élégants et les sorties de tube millimétrées.
    Il surfe propre, précis, sans esbroufe. Et c’est peut-être ce qui plaît tant : l’impression que tout est facile.

    Delpero ne cherche pas à révolutionner le longboard. Il en révèle simplement toutes les nuances. Sa victoire dans ce premier round n’est pas qu’une question de score, c’est une leçon de lecture de vague et de placement. Là où beaucoup voient encore le longboard comme un art lent et contemplatif, Edouard rappelle qu’il peut aussi être rapide, dynamique et terriblement efficace.

    Une première journée prometteuse

    Cette ouverture du Surf Abu Dhabi Longboard Classic a mis en lumière le niveau global de la discipline, mais aussi ses contradictions. Les barrels ont souvent fait la différence entre un bon score et une élimination précoce.
    Et dans cet exercice, personne n’a semblé plus à l’aise qu’Edouard Delpero. Sa performance donne le ton : il faudra compter sur lui pour la suite du contest.

    Les finales hommes et femmes auront lieu demain à Abu Dhabi.

  • John Peck, pionnier de Pipeline et âme mystique du surf, s’en est allé à 81 ans

    John Peck, pionnier de Pipeline et âme mystique du surf, s’en est allé à 81 ans

    John Peck s’est fatigué de surfer les vagues terrestres. À 81 ans, le pionnier de Pipeline s’est libéré de son corps pour rejoindre les flots cosmiques, là où les houles ne s’arrêtent jamais. On ne pouvait commencer cet article sans une phrase cosmique pour annoncer la disparition de John Peck. Celui qu’on surnommait “The Cosmic Surfer” a tiré sa révérence, laissant derrière lui un héritage immense, entre innovation technique, mysticisme et liberté absolue. Avec sa disparition, c’est une partie du surf originel — celui où l’océan était un temple et la planche une extension de l’âme — qui s’éloigne dans le ressac du temps.

    Des racines nomades vers le Pacifique

    Né en 1944 à Los Angeles, John Peck grandit au rythme des affectations militaires de son père, pilote de la Navy. De la Virginie au Texas, puis de San Diego à Waikiki, il découvre très tôt que le mouvement est une constante dans sa vie. C’est à Coronado, en Californie, qu’il attrape sa première vague à quinze ans, avant que la famille ne s’installe définitivement à Honolulu.

    À 16 ans, il découvre la culture hawaïenne du surf, l’esprit d’Aloha et la puissance des reef breaks. Très vite, son style fluide et instinctif attire l’attention. À la fin des années 1950, il fait déjà partie des jeunes talents prometteurs du North Shore, alors que le surf moderne est encore en train de se construire.

    1963 : le jour où John Peck inventa le “pigdog” ou le « grab the rail backside »

    Le 1er janvier 1963, sur la côte nord d’Oahu, John Peck entre dans la légende. Pipeline rugit. Ce jour-là, le jeune Californien de 19 ans se jette dans une vague massive et, dans un geste instinctif, il agrippe le rail extérieur de sa planche pour se caler dans le tube.
    Un mouvement simple, mais révolutionnaire : la naissance du pigdog, cette position mythique qui permet aux surfeurs backside de se caler profondément dans le barrel.

    Cette session, immortalisée dans plusieurs films de surf (Angry Sea, Gun Ho!, Walk on the Wet Side), bouleversa à jamais la manière de surfer Pipeline. Le geste de Peck lui valut la couverture de Surfer Magazine et un statut de pionnier incontesté. Comme le résume Matt Warshaw dans son Encyclopedia of Surfing :

    “John Peck a spontanément inventé une posture basse, main sur le rail, qui lui permettait de rester haut et serré dans la vague — une révélation pour l’époque.”

    Du surf à la spiritualité : l’ère psychédélique

    Mais John Peck ne fut pas qu’un surfeur technique. Dans les années 1960, il rejoint la Brotherhood of Eternal Love, une communauté de surfeurs et de hippies californiens prônant une vie guidée par la spiritualité, le yoga et… le LSD. Leur credo : paix, illumination et surf.

    Peck, lui, devient une figure de ce mouvement alternatif. Il explore les frontières entre surf et transcendance, entre performance et conscience. Mais cette quête de liberté l’entraîne aussi vers l’excès. Il est arrêté à Maui pour possession de drogue et passe du temps derrière les barreaux.

    En 1984, il met un terme à cette dérive. Il abandonne la drogue, l’alcool, et retrouve le surf sous un nouveau jour. Il s’initie au yoga, qu’il pratiquera jusqu’à devenir enseignant. Ses contemporains le décrivent alors comme un homme à l’énergie intense, presque surnaturelle. Certains disent même qu’il affirmait pouvoir léviter.

    Le shaper visionnaire

    L’influence de John Peck dépasse largement le line-up. Dans les années 60, il conçoit avec Morey-Pope Surfboards le modèle Peck Penetrator : une planche fine, nerveuse, à double stringer et à la dérive innovante. Elle deviendra un symbole de la transition entre le longboard classique et les premiers shortboards de la “révolution du surf” à venir.

    Peck est aussi l’un des premiers à expérimenter le nose winged design, un avant de planche effilé conçu pour mieux contrôler les manœuvres de nose riding. Des innovations qui influenceront durablement le design moderne.

    Mais au-delà des shapes, Peck incarne surtout une philosophie : celle d’un surf organique, intuitif, spirituel — une manière de danser avec la vague plutôt que de la dominer.

    “Brother John”, le mentor

    Au fil des années, John Peck devient une sorte de guide, une figure de sagesse dans la communauté surf. Il partage son savoir sur la respiration, le mouvement, la santé et la spiritualité. Parmi ceux qu’il a inspirés, Joel Tudor, qui lui rend aujourd’hui un hommage bouleversant :

    “Il a été mon premier professeur de yoga à 18 ans. Il m’a appris l’importance d’une vie équilibrée, du mouvement, de la diète et de la paix intérieure. Il surfait encore à plus de 70 ans, à Hanalei Bay et Newport Point. Tu vas me manquer, John. Puisses-tu surfer à jamais les vagues cosmiques.”

    D’autres, comme Wayne Rich ou Jim Hogan, saluent son humanité, sa douceur et sa vision. Tous évoquent un homme qui ne surfait pas seulement des vagues, mais l’existence elle-même.

    Un esprit libre jusqu’au bout

    John Peck n’a jamais cherché la gloire. Il se méfiait de la médiatisation et préférait la communion silencieuse avec l’océan. Son but n’était pas de gagner des compétitions, mais de comprendre l’énergie des vagues, de ressentir la connexion entre le corps, la planche et l’univers.

    Il disait souvent que surfer, c’était “apprendre à danser avec la nature sans la déranger”. Et cette danse, il l’a poursuivie toute sa vie, même dans la vieillesse, mince, bronzé, presque translucide, toujours présent sur les spots au lever du jour.

    Au-delà du reef : la vague éternelle

    Aujourd’hui, la communauté surf pleure la disparition d’un de ses pionniers les plus singuliers.
    Mais il serait réducteur de voir en John Peck seulement un surfeur. Il était aussi un philosophe, un chercheur de vérité, un homme en quête d’harmonie.

    À travers lui, Pipeline n’était plus seulement un champ de bataille, mais un lieu sacré. Le tube, une métaphore de la vie : sombre, incertain, mais débouchant parfois sur une lumière éclatante.

    Alors, au revoir John. Merci pour tes sourires, ta sagesse, tes inventions et ton grain de folie.
    Puisses-tu maintenant surfer la grande vague cosmique, au-delà du reef, là où la houle ne s’éteint jamais.

  • Noémie Lemoigne sauve l’honneur français au Surf Abu Dhabi Longboard Classic

    Noémie Lemoigne sauve l’honneur français au Surf Abu Dhabi Longboard Classic

    L’édition 2025 du Surf Abu Dhabi Longboard Classic a lancé la dernière ligne droite du World Longboard Tour dans des conditions parfaites sur la vague artificielle d’Hudayriyat Island. Si les têtes de série ont répondu présentes, côté français, la journée a été pleine d’émotions. Noémie Lemoigne, grande habituée du circuit, est la seule à s’en être sortie, tandis qu’Ophélie Ah-Kouen et Justine Dupont ont dû plier bagage dès le premier tour.

    Un événement décisif avant le couronnement mondial

    Troisième étape du World Longboard Tour 2025, la compétition d’Abu Dhabi joue un rôle crucial. C’est le dernier stop avant le Surf City El Salvador Longboard Championships, où le titre mondial se jouera sur une seule journée, format “winner-take-all”. Autant dire que les longboardeuses n’avaient pas droit à l’erreur sous le soleil du désert.

    Les compétitions dans les piscines à vagues restent quelque chose d’exceptionnel et spécial, qui donne une autre dimension au longboard de haut niveau : précision des trajectoires, constance des noses et lecture technique de la vague.

    Noémie Lemoigne, la guerrière du repêchage

    Championne d’Europe et figure incontournable du longboard français, Noémie Lemoigne a une fois encore montré qu’elle faisait partie de l’élite mondiale.
    Après un premier round relevé, où elle a été devancée par la jeune Hawaïenne Kelis Kaleopa’a, Noémie a dû passer par le round de repêchage. Une étape piégeuse où la moindre erreur se paie cash. Seule la meilleure vagues sur deux est retenue.

    Mais la Réunionnaise a sorti le grand jeu : grâce à un 8.00 sur sa meilleure vague, elle décroche la deuxième place qualificative derrière Honolua Blomfield, triple championne du monde, et file en quarts de finale.

    Elle affrontera désormais l’Américaine Avalon Gall, actuelle n°2 mondiale et auteure d’un impressionnant 9.33 lors du premier tour. Une série explosive en perspective entre deux surfeuses au style radicalement différent : la puissance élégante de Noémie face à la précision millimétrée de Gall.

    Ophélie Ah-Kouen : une première frustrante mais prometteuse

    Également originaire de la Réunion, Ophélie Ah-Kouen participait à sa première compétition majeure sur le Tour. Opposée à la très solide Australienne Tully White et à la jeune Hawaïenne Sophia Culhane, elle n’a pas démérité, mais termine deuxième de sa série avec un total de 12.73 points.

    Deux chutes au second round, lui coûte sa place en quart de finale. Sa première expérience à Abu Dhabi lui offrira une courbe d’apprentissage précieuse pour la suite de sa carrière.

    Justine Dupont, la surprise du jour

    La présence de Justine Dupont sur cette compétition a surpris beaucoup d’observateurs. La championne de gros surf, habituée aux vagues titanesques de Nazaré ou Jaws, est aussi une longboardeuse aguerrie. Peu le savent, mais la Girondine a longtemps brillé sur le circuit européen avant de se consacrer au big wave surfing.

    Son retour dans la discipline, plus de dix ans après ses dernières compétitions de longboard, avait des allures de clin d’œil nostalgique. Alignée dans une série relevée aux côtés d’Avalon Gall et Honolua Blomfield, elle termine avec un honorable 11.64, insuffisant pour se qualifier dans une série très relevée. Mais sa participation rappelle la polyvalence et la passion d’une athlète hors norme, capable d’alterner entre les vagues les plus massives et la grâce du nose riding.

    Les têtes d’affiche dominent à Abu Dhabi

    Sur le plan sportif, la journée a confirmé la domination des favorites. Avalon Gall et Honolua Blomfield ont livré un duel magistral avec des scores de 17.16 et 17.00 respectivement.
    Chloe Calmon, la Brésilienne au style soyeux, a également impressionné avec un 15.67 total et une série d’une élégance rare.

    La jeune Hawaïenne Kelis Kaleopa’a, finaliste à plusieurs reprises ces dernières saisons, a quant à elle battu Lemoigne d’un souffle (15.66 contre 15.43) dans un heat d’un très haut niveau. Ces quatre noms se retrouvent logiquement en quarts, aux côtés des Australiennes Rachael Tilly et Tully White, et de la Japonaise Natsumi Taoka.

    Lemoigne, dernier espoir tricolore

    Pour la France, les regards se tournent donc vers Noémie Lemoigne, unique représentante tricolore encore en lice. Sa qualification relance son espoir de décrocher un ticket pour la grande finale au Salvador, où seuls les huit meilleurs du classement général seront invités.

    Toujours fidèle à son style fluide et à son engagement sans faille, Noémie incarne aujourd’hui la constance et la maturité du longboard français sur la scène mondiale.

  • Barron Mamiya sublime Teahupo’o dans une journée d’anthologie

    Barron Mamiya sublime Teahupo’o dans une journée d’anthologie

    Il y a des vidéos de Teahupo’o, et puis il y a celles qui marquent. Celle que vient de publier Barron Mamiya fait partie de cette catégorie. Et pourtant, soyons honnêtes : la plupart d’entre nous saturent un peu. Teahupo’o a été filmée sous tous les angles possibles, à toutes les heures du jour et de la nuit. Si on calculait la couverture médiatique des vagues du monde, on découvrirait probablement que 1 % des spots représentent 95 % des vidéos surf… (aucune donnée scientifique derrière cette affirmation, juste une intuition journalistique, disons-le).

    Et pourtant, cette vidéo mérite le détour. Parce qu’elle capture non seulement la puissance brute de la gauche tahitienne, mais aussi sa beauté et son intensité émotionnelle, dans une journée qui restera gravée dans les mémoires.

    Une journée hors du temps à Teahupo’o

    Le 3 septembre 2025, Teahupo’o s’est réveillée dans toute sa splendeur. Une houle massive venue du sud-ouest a frappé la presqu’île de Tahiti, offrant des vagues de plus de quatre mètres parfaitement formées. Les locaux étaient là, bien sûr — Matahi Drollet, Eimeo Czermak, Lorenzo Avvenenti — mais aussi une poignée d’Hawaïens en visite : Barron Mamiya, Makana Pang, Noah Beschen.

    Cette journée aurait pu être parfaite de bout en bout, si elle n’avait pas été marquée par un accident sérieux. Le surfeur tahitien Lorenzo Avvenenti a été victime d’un grave incident lors d’une session de tow-in. Retrouvé inconscient, il a été secouru par Matahi Drollet et d’autres surfeurs présents sur place. Heureusement, il est aujourd’hui hors de danger.

    Ce drame rappelle la violence du spot : à Teahupo’o, chaque vague peut être la plus belle… ou la plus dangereuse de ta vie.

    Barron Mamiya et la grâce dans la lourdeur

    Parmi les surfeurs présents ce jour-là, Barron Mamiya a brillé par son aisance et sa précision. Pensionnaire du World Championship Tour (WCT), il fait partie de cette nouvelle génération d’Hawaïens qui mêlent puissance et élégance.

    Sur cette vidéo, Barron ne surfe pas seulement Teahupo’o. Il danse avec elle. Ses take-offs sont d’une sérénité déconcertante, ses lignes épurées, ses sorties de tubes parfaites. À chaque vague, il semble flotter entre contrôle absolu et abandon total.

    Teahupo’o est une vague de vérité, qui ne pardonne rien. Barron, lui, y trouve une forme d’équilibre, comme s’il y puisait une connexion entre peur, respect et beauté.

    Chris Bryan, l’œil qui transforme l’océan en cinéma

    C’est aussi là que cette vidéo se distingue. Les ralentis signés Chris Bryan — l’un des maîtres de la caméra Phantom — ajoutent une dimension quasi mystique à l’ensemble. Chaque goutte d’eau semble suspendue dans le temps. Les plans en jet ski, qui suivent le surfeur au plus près, dévoilent l’épaisseur hallucinante de la lèvre, et rappellent à quel point cette vague est une bête vivante.

    Le montage est simple, mais efficace. Pas de narration inutile, pas de musique envahissante. Juste du surf, de la lumière, et cette esthétique cinématographique que peu savent encore maîtriser sans tomber dans la surenchère.

    Faire du neuf avec du déjà-vu

    Alors oui, encore une vidéo sur Teahupo’o. Mais celle-ci rappelle que le surf, quand il est vrai, n’a pas besoin d’inédit pour être bouleversant.
    Teahupo’o, filmée mille fois, continue de fasciner parce que chaque session y est différente, chaque vague raconte une histoire, chaque surfeur y laisse un morceau de lui-même.

    Barron Mamiya, ce jour-là, a simplement su écouter la vague. Et grâce à Chris Bryan, nous, spectateurs, avons pu la voir — et la ressentir — comme si c’était la première fois.

  • Tragédie à Frankston Beach : un surfeur britannique et son ami se noient en Australie

    Tragédie à Frankston Beach : un surfeur britannique et son ami se noient en Australie

    Les autorités australiennes ont confirmé la mort d’un surfeur britannique de 36 ans et de son ami de 43 ans, tragiquement noyés mercredi 22 octobre à Frankston Beach, près de Melbourne. Selon la police de l’État de Victoria, le drame s’est produit en pleine tempête, alors que des rafales de vent atteignaient jusqu’à 130 km/h.

    Il était environ 17 h lorsque des témoins ont aperçu deux hommes en difficulté dans l’eau. Les secours, appuyés par un hélicoptère de la police, ont réussi à les ramener sur le rivage, mais aucun des deux n’a pu être réanimé. Un membre des équipes de sauvetage a lui aussi dû être hospitalisé après avoir avalé une grande quantité d’eau.

    Un surfeur débutant pris dans une tempête

    D’après les premières investigations, le surfeur britannique se serait aventuré à l’eau malgré des conditions extrêmes. Son niveau de surf était très limité, a précisé l’inspectrice Melissa Nixon :

    « Il semble qu’il apprenait tout juste à surfer. La mer était déchaînée et la planche s’est brisée sous la puissance des vagues. »

    Lorsque sa planche a cédé, l’homme aurait tenté de rejoindre la plage à la nage. Son ami, témoin de la scène, a alors sauté à l’eau pour tenter de lui porter secours. Pris à leur tour dans les vagues et le vent violent, les deux hommes se sont rapidement retrouvés en difficulté, avant d’être submergés.

    Des conditions météorologiques extrêmes

    Le sud de l’Australie a été frappé ces dernières 24 heures par une tempête, provoquant des coupures d’électricité et la chute de nombreux arbres dans la région de Melbourne.
    Les autorités avaient pourtant multiplié les avertissements sur les dangers liés à la mer et appelé les habitants à ne pas s’aventurer à l’eau.

    « Ces conditions n’étaient pas sûres, même pour les surfeurs expérimentés », a insisté la police de Victoria. « Aller à l’eau par ce type de météo, c’est risquer sa vie et celle de ceux qui viendront vous secourir. »

    Un drame qui relance le débat sur la sécurité

    Le maire de Frankston, Kris Bolam, a exprimé sa profonde tristesse et a rappelé que le drame survenait à un moment crucial : la municipalité envisage actuellement de financer à nouveau un service de sauvetage côtier.

    « C’est une tragédie. Deux personnes sont mortes alors qu’elles n’auraient jamais dû perdre la vie », a-t-il déclaré.
    « Cela remet clairement la sécurité sur nos plages au cœur du débat. »

    Une enquête est toujours en cours pour confirmer les identités et les causes précises du décès, mais tout indique que l’imprudence face à une mer en furie aura été fatale à deux hommes animés d’un simple élan d’entraide.

  • Eli Hanneman, renaissance d’un prodige hawaïen

    Eli Hanneman, renaissance d’un prodige hawaïen

    Sous le soleil brûlant de Lahaina, là où la mer a tout vu et où le feu a tout pris, un jeune homme surfe à nouveau. Dans sa dernière vidéo REBIRTH, Eli Hanneman revient sur les lieux de son enfance, désormais réduits à un champ de cendres. Il y parle peu, mais chaque image, chaque vague qu’il chevauche dit l’essentiel : la reconstruction, la mémoire et l’amour indéfectible pour une terre meurtrie.

    Les flammes de Lahaina et la naissance d’une nouvelle ère

    « Ce port, c’est un peu la colonne vertébrale de tout ce coin. J’ai tellement de souvenirs et de moments vécus dans cet endroit minuscule. »Ces mots d’Eli Hanneman résonnent avec gravité. Dans REBIRTH, le surfeur hawaiien rend hommage à Lahaina, sa ville natale détruite par les incendies de 2023. Ce port, ces rues, ces couchers de soleil qu’il évoque, ne sont plus que souvenirs. Mais au milieu de la désolation, le film capte une émotion rare : celle d’un retour à la vie.

    Les images alternent entre silence, guitare et houle. Eli glisse sur les vagues comme on traverse un souvenir, avec respect et douceur. Il évoque cette « normalité retrouvée » quand les habitants reviennent à l’eau, comme une respiration après le chaos. REBIRTH n’est pas seulement une vidéo de surf. C’est un poème visuel sur la résilience, un hommage à la communauté hawaiienne, à la mer, et à cette flamme qu’aucun incendie ne peut éteindre.

    L’enfant prodige de Maui devenu surfeur accompli

    Né le 7 novembre 2002 à Lahaina, sur l’île de Maui, Eli Hanneman a grandi sous les projecteurs. Avant même d’être majeur, il était déjà présenté comme “the next big thing” du surf mondial. Sa précocité fascine : technique, contrôle, aisance aérienne… tout semble naturel.

    En 2017, il termine 2e du Pipe Junior Pro, battant des jeunes surfeurs hawaïens déjà redoutés comme Finn McGill et Cody Young. Deux ans plus tard, il signe une 3e place au Red Bull Airborne de Bali, face aux meilleurs spécialistes des manœuvres aériennes.

    La suite de sa carrière se construit entre défis et maturité. En 2020, il se distingue au WSL QS Air Tahiti Rangiroa Pro (2e place). En 2022, il triomphe à domicile au Priority Pro Hawaii et décroche une 3e place au World Junior Championships. À seulement 20 ans, Eli s’impose comme un surfeur complet, aussi à l’aise dans les airs que dans les tubes.

    Le style Hanneman : entre feu et fluidité

    Eli Hanneman, c’est un mélange d’explosivité et de style. Sa signature : des rotations aériennes à haute vitesse, enchaînées avec une précision chirurgicale. C’est un mélange de Italo Ferreira et d’un John John Florence, avec un petit gabarit.

    Mais au-delà de la technique, Eli impressionne par sa lucidité. Son surf n’est jamais forcé. Il lit la vague comme un musicien lit une partition. Dans REBIRTH, cette dimension est omniprésente : on sent qu’il ne surfe pas pour la gloire, mais par passion pour les vagues et l’océan.

    « J’aimerais beaucoup être le surfeur préféré d’un gamin. », disait-il à ses débuts. Aujourd’hui, à 22 ans, il incarne ce rêve : celui d’un surfeur humble, passionné, qui avance sans artifice.

    En route vers le CT : la quête de sens et de gloire

    Après des années à gravir les échelons, Eli Hanneman s’est imposé comme l’un des leaders du Challenger Series 2025. Sa victoire au US Open of Surfing en 2023 l’a propulsé parmi les grands espoirs du surf mondial. Il ne cache plus son objectif : intégrer le Championship Tour (CT) et, un jour, viser le titre mondial.

    Mais dans son cas, la quête dépasse les résultats. REBIRTH en témoigne : le surf est devenu pour lui un acte de transmission. Il surfe pour son île, pour sa communauté, pour cette jeunesse de Maui qui grandit dans les cendres mais garde les yeux tournés vers l’horizon.

    Lahaina renaîtra, et avec elle, Eli Hanneman.

    Un symbole de renaissance pour Hawaii

    Dans une époque où les vidéos de surf s’enchaînent à la vitesse des stories, REBIRTH se distingue par sa profondeur.
    Eli n’a pas besoin de commenter chaque manœuvre : il laisse les images parler. La bande-son bluesy (original pour un clip de surf), la lumière dorée du Pacifique et ses rides solitaires sur une eau d’huile traduisent un message simple : le surf peut guérir.

    À 22 ans, Eli Hanneman n’est plus “l’enfant prodige” qu’on observait avec curiosité. Il est devenu un homme, un protagoniste dans l’eau, un témoin de la résilience de son peuple. Et si REBIRTH marque sa renaissance, c’est peut-être aussi celle du surf hawaiien à Maui, entre tradition, humilité et renouveau.

    Eli Hanneman n’a pas seulement grandi sur les vagues de Maui. Il a appris à se relever, à transformer la perte en énergie, la douleur en beauté. Dans chaque tube, on retrouve un peu de Lahaina. Et dans chaque sourire, la promesse que rien n’est jamais perdu tant qu’on peut encore surfer.

  • Washed : Quiksilver balance une déferlante mondiale

    Washed : Quiksilver balance une déferlante mondiale

    Un condensé de pur surf, sans scénario inutile

    Quiksilver revient fort avec Washed, un film sans narration, sans fioriture, mais avec une seule idée : montrer du surf brut, puissant et inspiré. Le ton est donné dès les premières secondes avec la voix de Peter Fonda tirée du mythique Easy Rider, sur fond de Loaded de Primal Scream. Une entrée en matière qui sent la liberté, la poussière et le sel.
    Mais très vite, la douceur laisse place à la fureur : Mudhoney enchaîne, et c’est Kauli Vaast qui ouvre le bal avec une vague monstrueuse à Teahupo’o. Sans exagérer, probablement la vague la plus impressionnante filmée à Tahiti. Kauli y disparaît dans un tube aussi épais qu’une grosse caverne, avant de partir avec la lèvre, si l’on peut encore appeler cela une lèvre. La suite ? Une avalanche d’images et de manœuvres insensées.

    Un casting XXL, un montage frénétique

    Washed réunit ce que Quiksilver fait de mieux : une armée de surfeurs de haut niveau, six compétiteurs du Championship Tour, des prodiges du free surf, et quelques électrons libres à la Kael Walsh, capable de tout casser en Irlande.
    Tourné par 34 cameramans différents aux quatre coins du globe, le film ressemble à un patchwork de sessions folles, sans vraie cohérence, mais avec une énergie contagieuse. Le résultat est brut, rapide, presque punk — comme un vieux fanzine de surf en VHS. Et c’est peut-être ce qui lui donne tout son charme.

    Les Français en pleine lumière : Kauli Vaast et Marco Mignot

    Les Français ont clairement marqué leur empreinte dans Washed.
    D’abord Kauli Vaast, qu’on ne présente plus. Son passage à Teahupo’o est tout simplement mythique : maîtrise, engagement et sang-froid total. Le Tahitien prouve encore une fois qu’il joue dans la cour des très grands, entre la précision d’un tube rider pro et la folie d’un gamin du reef.
    Puis vient Marco Mignot, en milieu de film. Et là, changement d’ambiance : un style plus aérien, plus moderne, avec des airs massifs, des turns précis et ultra-rapides, et une réelle aisance dans les barrels. Sa séquence respire la jeunesse, le fun et la liberté — tout ce qu’on aime voir chez un surfeur français. On aimerait d’ailleurs le voir plus souvent dans cet univers free surf où il semble totalement à sa place.
    Les deux Français, chacun dans leur registre, donnent une belle image du surf tricolore : audacieux, créatif, et libéré.

    Du surf pur jus, sans filtre

    Pas d’histoire, pas de voix off, pas de message marketing. Washed n’essaie pas de raconter autre chose que ce qu’il est : un défouloir visuel, une célébration du surf pur, de la vitesse et de la prise de risque.
    Quiksilver signe là un film qui, sans révolutionner le genre, rappelle pourquoi on aime encore regarder du surf.

  • La règle de surf la plus géniale du monde vient du Liberia

    La règle de surf la plus géniale du monde vient du Liberia

    Au Liberia, le surf ne se pratique pas seulement avec style, il se pratique avec cœur. Dans l’excellent film d’Arthur Bourbon « We The Surfers », une séquence en particulier a fait sourire et réfléchir pas mal de surfeurs : celle où un local explique, face caméra, les règles de leur line-up. Et croyez-nous, elles sont aussi simples qu’efficaces.

    Ici, pas de tension, pas de surfeur grincheux, pas de rivalité d’égo au pic. Les Libériens ont instauré une règle d’or pour préserver la paix dans l’eau. Si tu grilles une priorité, si tu « snakes » ou gênes un autre surfeur, tu ne t’en tires pas avec un simple regard noir. Non. Tu dois sortir de l’eau immédiatement, faire dix push ups sur la plage, puis remplir deux sacs de déchets ramassés sur le sable.

    Une sanction à la fois drôle, intelligente et terriblement juste. Car au Liberia, le surf est un symbole de renaissance. Après des années de guerre civile, la population s’est réapproprié ses plages, transformant ces lieux de souffrance en terrains de liberté. Alors forcément, l’agressivité n’a pas sa place dans l’eau.

    Le message est clair : ici, le surf se partage. Et si tu manques de respect à cet esprit, tu participes quand même à la communauté — en la rendant un peu plus propre.

    Au fond, cette idée pourrait bien être l’une des plus belles innovations du surf moderne. On imagine déjà la scène sur nos côtes françaises : dix push ups sur la plage de la Côte des Basques, sac poubelle à la main… et des rochers qui brillent de propreté !

    Entre leçon de civisme et clin d’œil humoristique, cette règle résume parfaitement ce qu’on aime dans le surf : un mélange de respect, d’humilité et de bonne humeur. Et si on l’appliquait chez nous ?

  • À 72 ans, il perd la vie dans des vagues de plus de 4 mètres à Porto Rico

    À 72 ans, il perd la vie dans des vagues de plus de 4 mètres à Porto Rico

    C’est une tragédie qui bouleverse la communauté du surf à Rincón, sur la côte ouest de Porto Rico. Robert “Bobby” Oldsman, surfeur américain de 72 ans originaire du Massachusetts, est décédé lundi 20 octobre alors qu’il surfait à Tres Palmas, spot mythique connu pour ses houles massives. Selon les premiers rapports, il aurait été violemment heurté à la tête par sa planche avant de perdre connaissance.

    Les conditions étaient extrêmes ce jour-là. Le National Weather Service avait émis une alerte pour des vagues atteignant 10 à 15 pieds, soit plus de quatre mètres. Malgré ces avertissements, les surfeurs les plus aguerris de Rincón étaient nombreux à l’eau pour profiter de cette rare houle venue du nord.

    “Malheureusement, personne n’était assez proche pour lui porter secours à temps”, a déclaré la météorologue portoricaine Ada Monzón, relayée par la chaîne NotiCentro. “Greg Carson a tenté de le rejoindre après avoir entendu des appels à l’aide, mais il était déjà trop tard.”

    Transporté vers un hôpital local, Robert Oldsman a été déclaré mort à son arrivée.

    Un passionné de surf jusqu’à la fin

    Bobby Oldsman n’était pas un touriste de passage. Installé six mois par an à Porto Rico, il passait ses hivers à Rincón pour surfer les grosses houles de l’Atlantique, avant de retourner dans le Massachusetts où il gérait un service traiteur sur Cape Cod.
    Connus de tous les locaux, ses cheveux argentés et son sourire constant faisaient partie du paysage de Tres Palmas. “Il était toujours là quand les vagues grossissaient”, a confié un surfeur local sur les réseaux sociaux.

    Dans les hommages qui ont suivi son décès, un ami a cité une réplique culte de Point Break :

    “Si tu veux l’ultime, tu dois être prêt à payer le prix ultime. Ce n’est pas tragique de mourir en faisant ce que tu aimes.”

    Tres Palmas, un spot réservé aux experts

    Surnommée le “Sunset Beach portoricain”, Tres Palmas est une vague puissante qui ne fonctionne que lors des très grosses houles hivernales. Le reef est profond, mais les séries peuvent être trompeuses : un “set surprise” peut soudainement balayer le line-up. C’est un lieu qui inspire le respect, où chaque surfeur sait que la marge d’erreur est minime.

    La mort de Bobby Oldsman rappelle à tous la violence des éléments et la fragilité du corps, même après des décennies d’expérience. Mais elle rappelle aussi quelque chose de beau : à 72 ans, il surfait encore des vagues de plus de quatre mètres !!!! et vivait encore pleinement sa passion, avec cette flamme que seuls les amoureux de l’océan comprennent.

  • Quand les loutres de Santa Cruz volent les planches (et se moquent des surfeurs)

    Quand les loutres de Santa Cruz volent les planches (et se moquent des surfeurs)

    À Santa Cruz, sur la côte californienne, les surfeurs ont un nouveau problème au line-up. Pas les requins, ni les SUPs envahissants, les algues ou les méduses. Non, pire : les loutres de mer. Et pas n’importe lesquelles — celles devenues célèbres pour leur goût prononcé du surf.

    Le retour d’Otter 841, la voleuse de planches

    L’histoire avait déjà fait grand bruit en 2023, lorsqu’une femelle loutre, surnommée Otter 841, s’était mise à grimper sur les planches des surfeurs, à les mordre et à refuser de les rendre. La scène, digne d’un dessin animé, avait tourné en boucle sur les réseaux.
    Deux ans plus tard, rebelote. À Steamer Lane, le spot mythique de Santa Cruz, une surfeuse, Isabella Orduna, a ressenti un « petit coup de dent » sur le pied avant de voir son longboard… entre les pattes d’une loutre hilare. L’animal a refusé de lâcher la planche pendant plus de vingt minutes, sous les yeux amusés — et un peu inquiets — des autres surfeurs.

    Les secours ont même dû intervenir. “Tu ne t’attends pas à te faire piquer ta planche par une loutre quand tu vas surfer”, a déclaré un pompier local. Heureusement, Isabella s’en est tirée avec une simple égratignure et beaucoup d’humour.

    La revanche des animaux marins

    Depuis, les médias américains s’en donnent à cœur joie : “furry thief”, “puckish otter”, “aggressive but cute”. Les vidéos s’accumulent sur Instagram. Et certains photographes jurent avoir vu la loutre “imiter” les surfeurs après leurs manœuvres, comme si elle se moquait de leur style.
    S’il est difficile de prouver qu’une loutre se paye littéralement ta tête, il faut reconnaître qu’elle a du flair : Santa Cruz est le berceau du surf californien, et rien ne vaut un peu d’ironie dans un line-up parfois trop sérieux.

    “On empiète sur leur territoire”

    Derrière l’humour, les biologistes rappellent que ce comportement n’a rien d’anormal. Selon Gena Bentall, spécialiste des otaries et loutres marines, ces animaux sont harcelés quotidiennement par les humains. Moins craintifs, ils deviennent plus curieux — et parfois, un peu trop joueurs. “Ce n’est pas une épidémie de vols de planches, mais un signal clair : on partage leur espace.”

    Et si ça arrivait en France ?

    L’histoire prête à sourire, mais elle résonne étrangement avec nos côtes. Souviens-toi du phoque You, devenu star en Gironde après avoir squatté les planches des surfeurs du Médoc (entre Hourtin et Cap Ferret), posant pour les photos et accumulant des milliers de fans sur Facebook.
    Son “cousin”, Off, a lui aussi été aperçu au Cap Ferret, montant sur les planches comme sur un transat, au grand plaisir des locaux. Moins agressifs que leurs cousines américaines, ces phoques avaient tout de même fini par être capturés et relâchés plus loin, pour éviter tout accident.

    Entre tendresse et prudence

    Les rencontres entre surfeurs et animaux marins se multiplient, et pas seulement avec les requins. L’expansion des populations de phoques, de loutres ou même de dauphins dans certaines zones côtières crée parfois des situations inattendues. Entre fascination et peur, il faut apprendre à cohabiter.
    Les experts le rappellent : ne jamais tenter d’approcher ou de nourrir ces animaux, aussi mignons soient-ils. Les morsures sont rares, mais réelles, et ces contacts rapprochés perturbent leur comportement naturel.

    Alors oui, les images de la loutre 841 cramponnée à un longboard font le tour du web et déclenchent des fous rires. Mais elles rappellent aussi une vérité : dans l’eau, nous devons cohabiter.

  • Kael Walsh lâche “Strung”, un bijou brut du surf moderne

    Kael Walsh lâche “Strung”, un bijou brut du surf moderne

    Il y a des surfeurs qui tracent leur route sans jamais regarder derrière. Kael Walsh fait partie de ceux-là. À 26 ans, l’Australien originaire de Yallingup, en Australie-Occidentale, vient de dévoiler Strung, une vidéo de quinze minutes qui remet le surf de haut niveau à sa juste place : entre obsession, folie et perfection visuelle.

    Un projet titanesque pour l’amour du surf

    Dans une époque où les “reels” de quinze secondes s’enchaînent à la vitesse d’un scroll, Kael prend le contre-pied total. Strung a nécessité deux ans et demi de tournage, près de 100 000 dollars australiens investis, et des heures de voyage à travers la planète. Afrique du Sud, Namibie, Indonésie, P-Pass, et bien sûr l’Ouest australien : le garçon a cherché la perfection, et il l’a trouvée.

    Loin des formats aseptisés, Strung transpire la passion brute. On y retrouve la puissance caractéristique de Kael : des tubes monstrueux, des aerials insensés et des carves dignes d’un uppercut. Mais surtout, une intensité qu’on ne retrouve plus beaucoup dans le freesurf actuel. Derrière la caméra, Wade Carroll signe un montage chirurgical, soutenu par la patte Quiksilver et des apparitions de Rolando Montes, Eithan Osborne, Brendon Gibbens et Matt Hoy.

    Le surf comme un acte total

    Kael Walsh, c’est l’anti-influenceur. Pas de story, pas de vlogs, pas de posture : juste du surf, pur et dur. Sa philosophie, “go big or go home”, s’applique autant à sa vie qu’à ses vagues. Il dépense sans compter, voyage souvent seul, et assume la part de hasard que suppose chaque swell.

    Dans l’interview donnée à Stab, il raconte s’être ruiné lors d’un premier trip à P-Pass, sans résultat. Dix mille dollars envolés. Il y est retourné plus tard, seul, pour finalement scorer la session qu’il espérait. “Tu dois être prêt à tout perdre pour espérer gagner quelque chose”, dit-il en souriant.

    Cette approche old-school, romantique presque, fait de Strung une œuvre à part. Un surf trip étalé sur plusieurs continents, sans sponsor miracle ni production hollywoodienne. Seulement un surfeur déterminé à montrer ce que le surf peut encore transmettre : de la tension, du risque, et cette étrange beauté née du chaos.

    Une halte à La Réunion

    Parmi les séquences, Kael fait un détour par l’île de La Réunion pour y surfer la droite de Saint-Pierre. Une vague explosive, taillée pour les airs, que le surfeur australien affectionne depuis des années. Une vague qui a eu son succès dans le passé, mais la crise requin a fait son œuvre. Qu’importe, Kael, fidèle à son ADN, y retrouve ce qu’il aime : la vitesse, la verticalité, et cette adrénaline qu’il cherche dans chaque session.

    Après l’introduction, on atterrit à la Réunion et les images parlent d’elles-mêmes : des take-offs millimétrés, des rotations parfaites et un engagement total. Saint-Pierre n’a jamais semblé aussi photogénique.

    Entre art et blessure

    Strung aurait pu s’arrêter là, sur une apothéose de surf pur. Mais quelques semaines après la fin du tournage, Kael s’est blessé en Irlande. Une chute violente sur un slab, un impact à la tête, et une période de doute. “J’ai voulu continuer à surfer malgré tout, mais je sentais que quelque chose n’allait pas”, confie-t-il. Après quelques mois de pause, il revient plus motivé que jamais.

    Kael Walsh, dernier romantique du freesurf

    Dans un monde où le surf se consomme, Kael Walsh le vit. Il incarne cette génération de surfeurs qui refusent de se laisser dicter leur rythme par les algorithmes. Ses vidéos — Idiot Box, Soft Serve et maintenant Strung — ne sont pas des produits, mais des manifestes.

    Regarder Strung, c’est se rappeler pourquoi on aime le surf. Pour cette envie de tout donner, sans calcul, sans filtre.
    Et ça, Kael Walsh le fait mieux que quiconque.

  • Yen, la nouvelle vidéo de Théo Julitte qui donne envie de se jeter à l’eau

    Yen, la nouvelle vidéo de Théo Julitte qui donne envie de se jeter à l’eau

    Il y a des vidéos de surf qu’on regarde distraitement, et puis il y a celles qui nous font enfiler la combinaison sans réfléchir. Yen, le dernier clip vidéo de Théo Julitte, fait clairement partie de la seconde catégorie.

    Le surf breton en cinématique brute

    Signée par une jeune équipe — Titouan Visioli à la caméra et au montage, Vincent Delvalle, Manholeo Becker et Antonin Chavrier à la réalisation — Yen capture l’essence du surf breton : brut, froid, sincère. Les couleurs sont sombres, la bande-son garage rock ajoute une texture rugueuse, et les trcks de Théo Julitte claquent comme une bourrasque d’hiver sur la pointe du Raz.

    Théo Julitte, l’anti-compétiteur inspirant

    À 26 ans, Théo n’est plus très présent sur les compétitions. Et tant mieux. Son surf respire la liberté et l’authenticité, loin des jerseys numérotés. Avec ses blow tails backside et ses gauches parfaitement tendues, il incarne ce free surf que l’on aime tant : celui où chaque vague devient un terrain d’expression.
    Difficile d’ailleurs de ne pas penser à la relève bretonne. Qui sera le prochain Ian Fontaine ou Gaspard Larsonneur ? Peut-être personne. Peut-être que l’avenir du surf breton est justement là, dans ces vidéos faites entre potes, avec du cœur et du style.

    Une vidéo qui sent l’hiver et la passion

    Yen n’est pas une superproduction, et c’est ce qui la rend précieuse. On y sent la pluie, le vent, les mains gelées, mais aussi ce moment où la mer devient soudain parfaite et où tout le monde se tait. Ce genre de vidéo, c’est exactement ce qu’il faut avant une session d’hiver : une dose de motivation, brute et sincère.

  • Un top shaper à la sauce Top Chef

    Un top shaper à la sauce Top Chef

    Et si les maîtres du rabot avaient droit à leur propre Top Chef ? Pas de cuisine moléculaire ni de jury de stars, mais de la poussière blanche, du bruit de râpe, et cette odeur d’époxy chaude qui flotte dans l’air. Bienvenue au Boardroom Show, le concours qui célèbre le savoir-faire des artisans du surf comme jamais auparavant.

    Le Boardroom Show : le grand banquet du shape

    Chaque année à Del Mar, en Californie, le Boardroom Show réunit les meilleurs shapers de la planète. L’idée est née après la fermeture de Clark Foam en 2005, un choc pour toute l’industrie. “Les shapers n’avaient plus de scène pour exposer leurs planches”, raconte Scott Bass, surfeur, journaliste et fondateur de l’événement. Alors il a décidé de créer un rendez-vous où les artisans reprennent leur place au centre de la culture surf — là où elle a toujours été.

    Dans un immense hall baigné de lumière, les stands s’enchaînent : shapes old school, guns hawaiiens, fish modernes ou twin fins sculptés à la main. Mais ce n’est pas seulement un salon professionnel : c’est une célébration vivante du surfboard, un hommage à ceux qui transforment un pain de mousse en pur plaisir de glisse.

    Icons of Foam : le Top Chef du shape

    Le clou du spectacle, c’est l’Icons of Foam Shape-Off, une compétition où huit shapers s’affrontent sous les yeux d’un invité d’honneur. Le concept ? Reproduire à la main, en temps limité, une planche mythique du maître choisi. Cette année, c’est la légende hawaiienne Eric Arakawa qui jugeait les participants. Au menu : trois planches historiques, dont le gun de Waimea façonné pour Ronnie Burns en 1986, et surtout la board d’Andy Irons, celle de son titre mondial à Pipeline en 2003.

    Chrono en main, deux artisans s’affrontent côte à côte. Les gestes sont précis, rapides, presque chorégraphiés. Le public retient son souffle, comme devant une finale de Top Chef. Et à la fin, c’est Dan Mann — shaper californien connu pour ses designs puissants chez Firewire — qui remporte le titre. “Winner winner, Nobu dinner”, plaisante Scott Bass. L’ambiance est bon enfant, mais le respect est total.

    Le “British Bake Off” du surf

    À côté de la compétition reine, le Boardroom Show propose un autre défi : le Best in Show, sorte de “British Bake Off” du surf. Les règles sont simples : chaque participant fabrique une planche sur un thème donné. Cette année : le fish revisité avec des accents de bois et un symbole personnel. Les créations sont ensuite soumises au vote du public. C’est Steve Farwell, de Newport Beach, qui remporte l’édition 2025 avec un fish incrusté de motifs familiaux, hommage à son grand-père charpentier.

    C’est ce mélange d’artisanat, de passion et d’émotion qui donne à l’événement son âme. Un salon où l’on parle autant d’équilibre hydrodynamique que d’histoires humaines.

    Et si on relançait ça en France ?

    Depuis la disparition du Glissexpo, la France n’a plus vraiment de grand rendez-vous où shapers et surfeurs se croisent. Le Hotdogger de Biarritz fait vivre un esprit rétro et convivial, mais il manque un événement dédié au shape, à la création, au contact direct entre artisans et passionnés.

    Imagine un instant un “Top Shaper France”, dans un hangar de la Côte Basque : Axel Lorentz, Chienville, Rob Vaughan, et des shapers internationaux… tous à l’œuvre, sous les yeux d’un public curieux, entre copeaux et histoires de surf trips. Une rencontre où l’on parlerait volumes, rails, et courbes comme d’art et de cuisine fine.

    Le surf traverse une crise économique profonde : les marques souffrent, les shops résistent, mais la passion reste. Ce genre d’événement, humain et culturel, pourrait bien rallumer la flamme.

    Derrière chaque vague parfaite, il y a une planche. Et derrière chaque planche, un artisan. Si le Boardroom Show a su transformer le shape en spectacle, il nous rappelle surtout une chose : le surf, avant d’être une industrie, est une culture. Une histoire de mains, de bois et de mousse. Et peut-être, bientôt, de concours… à la française.

    On y était pas sur place, mais on aurait pu croiser S-Wings, la marque française de dérives surf.

  • Oscar Langburne : le surf comme art de vivre

    Oscar Langburne : le surf comme art de vivre

    À seulement 22 ans, l’Australien Oscar Langburne incarne une vision du surf à contre-courant. Pas de compétition, pas de performance à outrance : juste du style, du ressenti et une liberté totale. Sa nouvelle vidéo, Ever Changing Moods, produite avec Rip Curl, en est la plus belle démonstration.

    Le film suit Oscar après une année compliquée : une blessure au genou, une opération, puis la dengue, qui l’ont éloigné de l’eau pendant près de six mois. Une éternité pour celui qui vit le surf comme un exutoire. « Ne plus pouvoir surfer m’a fait toucher du doigt à quel point j’en avais besoin, » confie-t-il. Le retour à l’eau, filmé entre l’Indonésie et l’Australie, a pris des allures de renaissance : des lignes pures, des glissés sans effort, un rapport presque spirituel à la vague.

    Élève des icônes Craig Anderson et Tom Carroll, Oscar s’est forgé un style fluide, poétique, sans jamais chercher à copier. Très jeune, il a choisi une voie différente de celle du circuit compétitif. Influencé par la musique, l’art et la contre-culture, il considère le surf comme une expression personnelle, un moyen d’échapper à la norme.

    Dans Ever Changing Moods, on retrouve cette esthétique libre : images soignées, ambiance planante, et ce flow unique qui rappelle les grands stylistes du surf moderne. La bande-son, éclectique et soignée, traduit sa personnalité d’artiste autant que de surfeur.

    Loin du formatage des réseaux, Langburne continue de tracer sa route avec sincérité. « Le surf, c’était un truc punk, un échappatoire à la société. C’est ce que j’essaie de garder vivant dans mes vidéos, » dit-il. À travers ses lignes et son approche, il perpétue cette idée que surfer, c’est avant tout ressentir.

  • Pupo et Hopkins triomphent à Saquarema : le Brésil et l’Europe en feu

    Pupo et Hopkins triomphent à Saquarema : le Brésil et l’Europe en feu

    Le Banco do Brasil Saquarema Pro 2025, présenté par Corona Cero, a tenu toutes ses promesses. Dans une ambiance incandescente sur les plages brésiliennes, Miguel Pupo et Yolanda Hopkins ont décroché la victoire finale d’une étape décisive du Challenger Series. Entre ferveur populaire, surf de haut vol et qualifications historiques, cette édition restera dans les mémoires.

    Miguel Pupo, roi de Saquarema pour la deuxième fois

    Le surfeur brésilien Miguel Pupo a une nouvelle fois conquis son public. Déjà vainqueur à Saquarema en 2022, il s’offre en 2025 un second titre sur cette vague mythique et grimpe à la deuxième place du classement mondial du Challenger Series.

    Dans une finale 100 % explosive face au jeune prodige hawaïen Eli Hanneman, actuel leader du classement (après cette compétition), Pupo a imposé son surf puissant et fluide dès les premières minutes. En combinant vitesse, engagement et précision, il a pris le contrôle de la série pour ne plus jamais le lâcher.

    Soutenu par une foule en délire, Pupo a célébré bras levés, drapeau brésilien sur les épaules. « Gagner ici, devant ma famille et mes amis, c’est unique. Saquarema, c’est la maison du surf brésilien », a-t-il déclaré, ému, à la sortie de l’eau.

    Sa victoire relance totalement la course au CT 2026, où il espère retrouver une place parmi l’élite mondiale. Pour l’info, le surfeur français Kauli Vaast, éliminé rapidement sur cette compétition chute à la sixième place du classement Challenger Series. Il reste pour l’instant dans le top 10, signe de qualification sur le Championship Tour. Il reste deux épreuves.

    Yolanda Hopkins, la Portugaise historique

    Chez les femmes, Yolanda Hopkins a signé un exploit monumental. En remportant la première victoire Challenger Series de sa carrière, la Portugaise devient la nouvelle N°1 mondiale (à égalité avec la française Tya Zebrowsky) et confirme sa qualification pour le Championship Tour 2026.

    Face à la jeune Espagnole Annette Gonzalez Etxabarri, révélation de la saison, Hopkins a surfé avec une confiance impressionnante. Solide sur ses appuis, précise dans ses manœuvres, elle a pris le dessus dès les premiers échanges et n’a jamais cédé.

    Ce triomphe fait d’elle la première surfeuse portugaise à s’imposer sur une étape majeure du circuit de qualification. « C’est un rêve d’enfant. J’ai travaillé dur pour en arriver là, et ressentir cette énergie à Saquarema, c’est incroyable », a-t-elle confié.

    Le spectacle au rendez-vous et les nouveaux visages du CT

    Au-delà des victoires, cette édition 2025 a été marquée par plusieurs moments forts. Les sœurs Etxabarri se sont affrontées en demi-finale, symbole d’une nouvelle génération européenne ambitieuse.
    Les surfeurs japonais ont également brillé, confirmant la montée en puissance du surf sur le continent asiatique.

    Mais l’un des faits les plus marquants reste la qualification de la Française Tya Zebrowski, devenue la plus jeune surfeuse de l’histoire à décrocher sa place sur le Championship Tour. À seulement 17 ans, la Tahitienne d’adoption incarne l’avenir du surf féminin.

    Le Top 5 “Dr. Peanut Moments” du contest résume parfaitement l’événement : domination nippone, duel des sœurs basques, première victoire d’Hopkins, retour triomphal de Pupo et cette vague de jeunesse qui déferle sur le surf mondial.

    Prochaine étape : direction Pipeline

    La poussière retombe sur les plages de Saquarema, mais le circuit ne s’arrête pas là. Dès le 28 janvier 2026, les meilleurs surfeurs et surfeuses du monde se retrouveront sur le North Shore d’Hawaï, pour l’ouverture de la saison à Pipeline.

    Le duel pour les dernières places qualificatives s’annonce intense, avec un mélange explosif de nouveaux talents et de revenants affamés. Après l’énergie brésilienne, le rêve hawaïen se dessine déjà à l’horizon.

    Entre émotions locales et exploits internationaux, le Saquarema Pro 2025 a confirmé son statut d’événement clé du surf mondial. Pupo a réaffirmé la puissance brésilienne, Hopkins a ouvert une nouvelle ère pour le surf portugais, et une génération entière s’est révélée sous les yeux du public le plus passionné du monde.

  • Craig Anderson, la grâce du surf libre dans Samudra Spirit Glitters

    Craig Anderson, la grâce du surf libre dans Samudra Spirit Glitters

    Les apparitions de Craig Anderson sont rares, mais toujours précieuses. À chaque fois qu’il revient, c’est un rappel brutal de ce qu’est le surf libre – un mélange de grâce, de lenteur assumée et d’élégance dans un monde où tout va trop vite. Avec sa nouvelle vidéo Samudra Spirit Glitters, le surfeur australien prouve une fois de plus qu’il n’a besoin ni de likes ni de podiums pour exister.

    Le luxe de prendre son temps

    Dans une époque saturée de clips, de stories et de reels à 15 secondes, Craig Anderson avance à contre-courant. Là où la majorité des pros doivent poster sans relâche pour rester visibles, lui choisit la rareté. Il préfère attendre la bonne lumière, la bonne vague, la bonne émotion. Et cette lenteur, ce choix délibéré de qualité plutôt que de quantité, transparaît dans chaque seconde de Samudra Spirit Glitters.

    Réalisé par Dave Fox, ce court-métrage de onze minutes transporte le spectateur quelque part en Indonésie, entre un wedge gauche massif et une gauche interminable à tube dont on taira le nom. Pas un surfeur à l’horizon, juste Ando, sa planche, et une nature encore sauvage. Dans un monde où filmer sans surpopulation relève de l’exploit, cette solitude donne au film une dimension presque spirituelle.

    Le surf comme un art visuel

    Craig Anderson a toujours surfé avec une certaine esthétique. Il surfe avec émotion, et cela transpire dans ses vidéos. Son style, fait de belles courbes, un style particulier avec une gestuelle singulière et des take-offs improbables, rappelle qu’un bottom turn peut être une œuvre d’art.
    La réalisation de Dave Fox sublime cette essence : palette de couleurs travaillée, bande-son audacieuse, montage minimaliste. L’ensemble forme une expérience sensorielle plus qu’un simple edit. On ne regarde pas Samudra Spirit Glitters, on s’y perd.

    Entre liberté et exigence

    Derrière cette nonchalance apparente, il y a une rigueur presque obsessionnelle. En début d’année, alors en trip au Portugal, Craig confiait qu’il choisissait toujours des vagues « qui correspondent à son surf » pour être aussi productif que possible.
    Rien n’est laissé au hasard : chaque session, chaque angle de caméra, chaque drop est pensé pour capturer une sensation plutôt qu’une performance.
    C’est cette approche — le surf comme art, pas comme sport — qui le distingue et qui fascine depuis plus d’une décennie.

    Le charme de l’inaccessible

    Samudra Spirit Glitters rappelle aussi pourquoi le free surf reste vital pour la culture. Loin des jerseys, des scores et des formats imposés, Craig Anderson incarne une forme d’authenticité presque perdue.
    Il ne cherche pas à convaincre : il surfe pour lui, pour le plaisir et par extension pour ceux qui aiment le surf lent, stylé et viscéral.
    Le spot du film reste mystérieux, mais peu importe — ce secret ajoute à la magie.

  • WSL : 13 règles (parfois) WTF qui rendent les compètes… uniques

    WSL : 13 règles (parfois) WTF qui rendent les compètes… uniques

    Vous pensiez que le règlement WSL se limitait à “priorité à l’intérieur et basta” ? Spoiler : non. Entre « best efforts », caddies verbalisés, applis obligatoires et skateboards interdits pendant les heats (!), voici un décorticage croustillant — et sourcé — des passages les plus originaux du Rule Book 2025.

    1) « Blocking Rule » et hassling : quand gêner coûte (très) cher

    La WSL a formalisé l’art de “se mettre dans les pattes” du voisin. En non-priorité, bloquer un adversaire en faisant une rame engagée ou en s’asseyant dans la zone de take-off = passage direct à la dernière priorité. Le hassling (harcèlemen) excessif peut même valoir une pénalité d’interférence. Et en priorité, utiliser sa prio juste pour empêcher l’autre de surfer (sans intention de scorer) fait… perdre la prio.

    2) Le couperet des 5 dernières minutes

    En CT et Challenger Series, une interférence qui empêche un score potentiel dans les 5 dernières minutes déclenche la Penalty 3 (meilleur score = zéro). Si c’était intentionnel, c’est disqualification. Brutal, mais clair.

    3) Le “transport non autorisé” (adieu vélo plage)

    Besoin de sprinter le long du shorebreak ? Interdit d’utiliser skateboard, trottinette, vélo, voiture… Ou un jet-ski/bateau non autorisé pour retourner au pic. Bilan : Interference Penalty 2 (deuxième meilleur score à 0). Oui, même un skate, lol….

    4) Jet-skis : priorité suspendue, trajets balisés

    Avec assistance jets skis, la priorité peut être suspendue si tu sors de la Primary Take-Off Zone, soit la zone où tu es capable de prendre une vague. Deux surfeurs tractés en même temps ? La priorité est attribuée au cas par cas. Partir en vague avant le début de heat ? Tu commences dernier en priorité.

    5) L’appli WSL devient… du matos officiel

    En CT, les surfeurs doivent avoir installer la WSL App (wearable). Si les infos de l’appli contredisent le panneau LED ou le speaker, LED/speaker > appli. Et un bug d’appli n’annule jamais un résultat.

    6) Coaching électronique : radio silence

    Toute communication électronique vers l’eau (hors WSL) est proscrite. Pour demander des infos, il existe un langage de signes officiel (bras tendu pour les scores, mains au-dessus de la tête pour la priorité, etc.).

    7) Les speakers n’ont pas le droit d’annoncer… les sets qui arrivent

    Oui, c’est explicitement écrit : pas d’annonce “set en approche”. Et si le speaker donne un mauvais score, aucune protestation possible. Ouch. En pratique, c’est déjà arrivé que les speakers parlent un peu trop, un rappel à l’ordre est déjà arrivé…

    8) Caddies : des règles (et amendes) très précises

    Un seul caddy enregistré, qui ne surfe pas : s’il prend une vague, amende pour le surfeur et interférence contre lui. Un caddy peut utiliser l’assistance jet ski pour récupérer une planche perdue, mais s’il est déposé à la plage, il doit repartir à la rame.

    9) Photographes à l’eau : maximum deux et expulsables

    La WSL autorise et limite : deux photographes aquatiques max au line-up, sous contrôle direct du Head Judge, qui peut les sortir à sa discrétion. Mieux vaut être pote avec le Head Juge. On se souvient du photographe qui a gêné Toledo sur le contest piscine à vague. Sa carrière s’est terminée ce jour-là.

    10) Tenue et podium : drapeaux, planches et logos sous contrôle

    Impossible de couvrir le lycra au podium (drapeaux, serviettes… non), ni de monter sa planche sur scène. Les combis ne peuvent afficher que la marque fabricante (sauf exception encadrée). Et zéro logo gambling sans feu vert WSL.

    11) « Best Efforts » : l’anti-tankage avec barème d’amendes

    Ne pas surfer à son meilleur niveau intentionnellement ? Amende graduée (jusqu’à 50 000 $ pour un top 10 en récidive) et possibles suspensions. Message sous-titré : pas de heat « touristique ». Difficile à juger, mais je me rappelle d’un heat litigieux dans le passé avec un brésilien. Je n’en dirai pas plus…

    12) Réseaux sociaux & “image du surf” : très, très sérieux

    Propos dégradants, attaques sur la neutralité des juges, contenus obscènes ou haineux : amendes de 1 000 à 100 000 $, disqualification, voire suspension. Et la WSL considère aussi les posts du staff du surfeur. N’oublions pas notre Jérémy national, recordman des amendes et des fucks en tout genre…lol

    13) Paris sportifs : l’exception “fantasy” qui n’en est pas une

    Toute forme de pari sur le surf pro est interdite pour surfeurs et staff, avec une amende pouvant aller jusqu’à 5× le gain potentiel. Les jeux “fantasy” ne violent pas la règle… sauf pour les compétiteurs et le staff WSL & Competition, à qui c’est interdit. J’ai fait parti du staff WSL et je ne le savais même pas…lol. Ce qui est ridicule, car il n’y a rien à gagner sur Fantasy.

    Bonus track : détails qui piquent

    • Âge minimum : 13 ans pour surfer dans sa région, 15 ans pour sortir de sa région ; et les mineurs doivent avoir un parent/tuteur sur site.
    • Zones fumeurs & alcool : espaces fermés 100 % non-fumeurs ; alcool VIP only.
    • Fins & cérémonies : finalistes absents au podium = amendes salées (jusqu’à 20 000 $ pour le top 10 CT). Et surfer la vague du heat suivant : 500 $ par vague.

    Pourquoi ça compte (vraiment)

    Au-delà de l’anecdote, ces règles visent trois objectifs : protéger l’intégrité sportive (best efforts, anti-blocking), garantir la sécurité (PWC, caddies, photographes) et maîtriser l’image globale du surf pro (tenue, social, paris). C’est parfois tatillon, souvent surprenant… mais toujours structurant pour comprendre un heat CT quand ça part en vrille.

    Bonus, la vague de dernière minute

    Une des règles les plus méconnues, qui a été utilisée à plusieurs reprises. Une fois le heat terminé, toute priorité cesse. Si un surfeur est en train de rider quand le heat se termine, il ne peut pas être gêné par un autre surfeur (même si ce dernier avait la priorité avant la fin du heat) ». Si interférence il y a après le buzzer, on applique une Interference Penalty 2 en situation de priorité, c’est-à-dire un zéro sur la deuxième meilleure vague du fautif — exactement le cas d’école qui avait piégé Kolohe Andino face à Patrick Gudauskas à Hossegor en 2018.

  • Saquarema : Tya Zebrowski s’arrête en quart pour un dixième de point

    Saquarema : Tya Zebrowski s’arrête en quart pour un dixième de point

    Battue d’un souffle par Annette Gonzalez Etxabarri, la Franco-Tahitienne voit son parcours brésilien s’arrêter en quart de finale. Une défaite frustrante dans des vagues capricieuses, mais sans conséquence sur sa place au sommet du classement.

    Un quart de finale irrespirable

    Le genre de série qu’on n’oublie pas. 10,60 contre 10,50. C’est par cet écart infime que Tya Zebrowski a été éliminée ce jeudi à Saquarema, lors d’un quart de finale ultra serré face à Annette Gonzalez Etxabarri.
    Sous un soleil de plomb et dans un petit mètre glassy, multipics, la Franco-Tahitienne n’a jamais lâché l’affaire, mais n’a pas trouvé la vague qui lui aurait permis de s’envoler vers les demi-finales.
    Ses deux meilleures vagues — 5,67 et 4,83 — traduisent la constance et la lecture de vague qu’on lui connaît, mais aussi la frustration d’une série où chaque choix valait un podium.

    La revanche du hasard

    En face, la surfeuse basque-espagnole a surfé intelligemment, enchaînant un 4,77 et un 5,83 solide, suffisant pour faire la différence.
    Un scénario cruel mais révélateur : dans ces conditions, le moindre dixième devient décisif. “Tya n’a pas commis d’erreur, il a juste manqué cette vague qui aurait pu tout changer”, commentait un membre du staff français en bord de plage.

    Le duel Zebrowski-Hopkins continue

    Si Tya Zebrowski reste assurée de son ticket pour le Championship Tour 2026, elle garde un œil attentif sur sa principale rivale au classement général, Yolanda Hopkins.
    La Portugaise est toujours en course à Saquarema, et si elle venait à remporter la compétition, elle rejoindrait Tya à égalité de points en tête du ranking des Challenger Series.
    Rien d’alarmant pour la Française, mais la symbolique est forte : terminer la saison numéro 1 serait la plus belle façon de boucler cette année de rêve.

    L’histoire ne fait que commencer

    À seulement 17 ans, Tya Zebrowski continue de fasciner. Elle a déjà atteint l’objectif de toute une carrière — la qualification pour le CT —, mais son attitude à l’eau, sa maturité et sa régularité prouvent qu’elle ne se contente pas de “participer”.
    Cette défaite n’est qu’un épisode de plus dans la construction d’une championne. Et connaissant Tya, il y a fort à parier qu’elle ne gardera qu’une idée en tête : revenir plus forte pour gagner.

  • Quand Ryanair transforme les planches de surf en crêpes à l’aéroport de Biarritz

    Quand Ryanair transforme les planches de surf en crêpes à l’aéroport de Biarritz

    Il y a des histoires de surf qui finissent à l’hôpital, d’autres à la douane… et puis il y a celles qui se terminent sous un camion.

    C’est exactement ce qui est arrivé à Willem Beck, surfeur gallois de retour d’un trip à Biarritz, quand ses planches flambant neuves ont connu un destin digne d’un sketch des Monty Python. Trois boards soigneusement emballées, chargées avec amour dans la soute d’un vol Ryanair pour Stansted. Et à l’arrivée ? Une scène d’horreur en slow motion sur le tarmac.

    La planche qui valait 700 euros

    Selon Willem, un véhicule d’escalier aurait tout simplement roulé sur son boardbag, avant de faire marche arrière, « pour être sûr ». Résultat : trois planches réduites en mille-feuilles, des combinaisons transformées en tapis de chantier, et des dérives fusionnées au goudron. Une œuvre d’art contemporaine qu’on pourrait baptiser “Abstract Surfing, 2025”.

    Willem raconte :

    “Le sac est resté coincé sous la roue et a été traîné sur plusieurs mètres avant qu’ils réalisent. Tout était écrasé, déchiré ou couvert de tarmac. Même mes chaussettes.”

    Un massacre. Un véritable carnage logistique. À tel point qu’on se demande si Ryanair n’envisage pas d’ouvrir une nouvelle ligne “Biarritz – Compostelle” pour planches de surf martyrisées.

    Le surf trip le plus cher du monde

    Deux des trois planches étaient toutes neuves. À 700 euros pièce, on dépasse les 2000 euros de matériel vaporisé sur le bitume biarrot. Mais pas d’inquiétude : Ryanair a bien évidemment fait preuve de son légendaire sens du service client en lui donnant… un lien pour remplir un formulaire. Depuis, silence radio.

    Pour tout surfeur qui a déjà attendu fébrilement son boardbag à l’aéroport, cette histoire réveille des sueurs froides. Les bagagistes du monde entier semblent jouer à un jeu étrange : “Devine à quoi sert cet objet long et fragile”.
    Spoiler : personne n’a encore trouvé la bonne réponse.

    Un problème vieux comme le surf trip

    Des exemples, il y en a à la pelle. L’Américaine Kirra Pinkerton avait déjà vu ses planches explosées sur un vol United Airlines. Une Britannique, Charlotte W, a raconté sur Tripadvisor que sa board avait été “complètement détruite” après un trajet EasyJet. Bref, transporter une planche d’un point A à un point B reste un sport extrême.

    Alors oui, on espère que Willem récupérera un dédommagement. Mais quelque chose nous dit que Ryanair ne verse pas les larmes aussi facilement que l’eau salée sur un spot de Biarritz.

  • Jamie Mitchell grièvement blessé sur le North Shore : “J’ai de la chance d’être encore là”

    Jamie Mitchell grièvement blessé sur le North Shore : “J’ai de la chance d’être encore là”

    Le North Shore d’Oahu vient à peine de s’éveiller que la saison d’hiver a déjà fait sa première victime. Jamie Mitchell, légende australienne du surf de gros, s’est violemment blessé au visage après avoir pris sa propre planche en pleine tête, lors d’une session sur l’un de ses spots fétiches d’Hawaï.

    Un départ de saison brutal

    Quelques jours après les premiers gros swells de la saison, Pipeline, Ke Iki ou encore Shark’s Cove ont déjà offert leur lot de tubes, de chutes et d’adrénaline. Mais cette fois, c’est l’un des chargeurs les plus respectés du North Shore qui a payé le prix fort.
    Mitchell, 48 ans, surfait sur une planche de 9’10″ lorsqu’une série imprévisible a tout fait basculer. Propulsé sous l’eau, il a pris la dérive de sa planche de surf de plein fouet, “à quelques millimètres de la jugulaire”, selon ses propres mots.

    Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, il apparaît le visage recouvert de bandages, la voix encore tremblante :

    “J’ai eu une matinée un peu compliquée… J’ai pris ma 9’10” en pleine figure. Dix-huit agrafes à l’arrière de la tête, quinze points de suture dans la gorge, cinq sur la pommette, et quelques autres un peu partout. Mais je vais bien. C’est fou comme tout peut basculer quand tu t’y attends le moins.”

    ATTENTION LES IMAGES CI-DESSOUS SONT IMPRESSIONNANTES

    Une blessure impressionnante, mais pas fatale

    Les images, difficilement soutenables, montrent la coupure profonde sur la joue et le cou du surfeur. Une plaie si proche des veines vitales qu’il aurait pu y laisser sa vie. “Un coup de dérive près de la jugulaire”.
    Malgré la gravité du choc, Jamie a gardé son calme légendaire et son humour typique : “Je suis vivant, endolori, mais déjà en train de penser à la prochaine houle”, a-t-il plaisanté en story.

    La communauté surf a immédiatement réagi : des messages de soutien ont afflué de tous les horizons — de Kelly Slater à Billy Kemper en passant par Mark Healey — saluant la résilience d’un homme qui a toujours repoussé ses limites sans jamais tricher avec la mer.

    Une figure du surf de gros

    Jamie Mitchell n’est pas un inconnu sur le North Shore. Double champion du monde de paddleboard, multiple vainqueur de la course épique Molokai 2 Oahu, il s’est ensuite imposé parmi les meilleurs surfeurs de gros de la planète.
    Que ce soit à Jaws, Nazaré ou Waimea, l’Australien s’est forgé une réputation de guerrier silencieux, capable de dompter les montagnes d’eau les plus intimidantes sans esbroufe ni ego surdimensionné. On se souvient tous de son drop à Belharra en France.

    Ce nouvel accident rappelle que même pour les surfeurs les plus aguerris, la ligne entre maîtrise et drame reste infime. Quelques centimètres de plus, et le surf aurait perdu l’un de ses héros les plus respectés.

    Une leçon d’humilité

    “C’est dans ces moments-là que tu réalises à quel point tout peut s’arrêter vite”, a-t-il confié depuis l’hôpital d’Honolulu.
    Le North Shore est souvent décrit comme le théâtre de la gloire, mais aussi de la douleur. Chaque hiver, il remet les compteurs à zéro, testant la foi et le courage de ceux qui osent s’y frotter.

    Jamie Mitchell, lui, compte bien revenir à l’eau — une fois ses 18 agrafes et ses 30 points de suture retirés. Parce qu’on ne tourne pas le dos à l’océan quand il fait partie de votre ADN.

  • Pedro “Scooby” Vianna, l’enfant indomptable du surf brésilien

    Pedro “Scooby” Vianna, l’enfant indomptable du surf brésilien

    Un destin façonné par les vagues

    Pedro Henrique Mota Vianna, plus connu sous le nom de Pedro “Scooby”, est né le 10 août 1988 à Rio de Janeiro. Pour beaucoup, il incarne à lui seul une certaine idée du surf brésilien : libre, excessif, charismatique et profondément humain.
    S’il n’est pas le plus titré des surfeurs de son pays, il en est sans doute l’un des plus authentiques, un de ceux qui ont choisi la voie la plus risquée : celle du freesurf et des vagues XXL.

    Son premier contact avec la mer, c’est son père qui le lui offre, quand il a à peine cinq ans. Pourtant, son enfance ne ressemble pas à une carte postale de Rio. Son père est arrêté alors qu’il est encore enfant ; la responsabilité du foyer tombe sur ses épaules trop jeunes. « Tout aurait pu mal tourner, mais le surf m’a sauvé », racontera-t-il plus tard.

    De Barra da Tijuca aux premiers sponsors

    C’est à 11 ans que Scooby reprend le surf après plusieurs années loin de la plage. Très vite, il montre un talent instinctif, un goût du risque et une créativité hors norme. À 13 ans, il s’amuse déjà à tenter des aerials improbables — parfois même sans combinaison… ni maillot.

    À 15 ans, il décroche son premier sponsor, une marque californienne séduite par son style explosif. Deux ans plus tard, il devient le premier Brésilien signé par Nike, un symbole fort dans un pays encore peu représenté sur la scène mondiale.

    Mais Pedro ne veut pas du circuit classique. Il choisit une autre voie : celle du freesurf, des sessions sauvages, des voyages, de la recherche du moment parfait plutôt que du score parfait. Une décision rare à l’époque, mais qui définira toute sa carrière.

    L’appel des vagues géantes

    C’est au tournant des années 2010 que Pedro Scooby se rapproche du monde des grosses vagues. À Puerto Escondido, au Mexique, il se jette dans un swell monstrueux avec une planche empruntée. Résultat : l’une des vagues de la journée et une réputation qui explose.

    En août 2011, alors qu’il est en lune de miel à Bora Bora, il demande à sa femme la permission de filer à Tahiti pour une raison que seuls les surfeurs peuvent comprendre : le Code Red d’un swell approche. À Teahupo’o, il se distingue avec une planche trop petite et une audace démesurée. Ce jour-là, le monde du surf XXL découvre vraiment Pedro Scooby.

    Mais la route des chargeurs est toujours bordée de risques. En 2019 à Nazaré, il vit l’une des pires frayeurs de sa vie : percuté par sa planche, il est maintenu sous l’eau par plusieurs vagues. Il perd la vision pendant quelques secondes, mais reste conscient.
    « Je ne voulais pas y aller ce jour-là. Il pleuvait, le vent était mauvais… Et pourtant, j’y suis allé. C’est la vie que j’ai choisie. »
    Un touriste lui viendra en aide sur la plage. Scooby s’en sort indemne, mais profondément transformé.

    Trois ans plus tard, en 2024, il revient à Nazaré en équipe avec Lucas “Chumbo” Chianca, et les deux Brésiliens remportent le Nazaré Big Wave Challenge. Une revanche sur le destin, et une consécration pour celui qu’on avait déjà surnommé le “fou du surf”.

    L’icône du freesurf brésilien

    Pedro Scooby, c’est un style à part : goofy-footer, toujours engagé, souvent imprévisible, parfois borderline. Il surfe avec le cœur, avec les tripes. Il se moque du format, des juges, des codes. Ce qu’il cherche, c’est la sensation pure — celle d’une vague qui peut tout lui prendre.

    Élu meilleur freesurfer de l’année 2012 par le magazine Alma Surf, et lauréat du meilleur tube de l’année pour un ride historique à Teahupo’o, il devient rapidement une figure de la scène alternative.

    En 2014, il apparaît dans la série Pedro Vai Pro Mar sur Canal OFF. L’année suivante, Nike produit une bande dessinée à son effigie, De Volta à Rotina (“De retour à la routine”), une première dans l’histoire du surf brésilien.

    Entre célébrité et authenticité

    Mais Scooby ne se résume pas à un surfeur. Il est aussi une personnalité publique, un phénomène médiatique. En 2016, il participe à l’émission Saltibum (plongeon acrobatique), puis à Exathlon Brasil en 2017, où il termine deuxième.
    En 2022, il entre dans la maison du Big Brother Brasil, et termine cinquième après 95 jours de confinement — la plus longue période de sa vie loin de la mer.

    Cette notoriété dépasse le surf. Publicités, campagnes de mode, plateaux télé… Pedro Vianna devient une icône populaire au Brésil, sans jamais renier ses racines océaniques.

    Il agace autant qu’il fascine. Pour certains, il symbolise l’excès ; pour d’autres, il incarne une liberté rare. Mais dans le line-up, personne ne doute de son engagement. Scooby reste un vrai surfeur, un chargeur capable de tout donner dans un tube à Nazaré ou dans une gauche mexicaine.

    Un surfeur, un père, un homme libre

    Côté personnel, Scooby a toujours vécu à fond. En 2013, il épouse la comédienne Luana Piovani, avec qui il a trois enfants : Dom, Bem et Liz. Le couple se sépare en 2019. Quelques mois plus tard, il vit une relation médiatisée avec la chanteuse Anitta, avant d’épouser la mannequin Cintia Dicker en 2020. Ensemble, ils accueillent une fille, Aurora, en 2022.

    Derrière le buzz, il y a un homme profondément attaché à sa famille et à ses valeurs. Il revendique une éducation spirituelle, une approche détachée du matériel et une philosophie simple : vivre intensément, sans peur.

    L’entrepreneur du surf moderne

    Aujourd’hui, Pedro Scooby ne se contente plus de charger des vagues géantes. Installé entre Rio et Lisbonne, il investit dans l’immobilier, les cosmétiques, les NFT, la crypto et même l’eau en canette. Son patrimoine est estimé à près de 4 millions de dollars.
    Loin du cliché du surfeur fauché, il incarne une nouvelle génération de riders-entrepreneurs, capables de transformer leur notoriété en projets durables.

    Il continue aussi d’apparaître dans des documentaires, des clips, et même dans des chansons : O Surfista e o Sambista, écrite par Rogê et Arlindo Cruz, lui rend hommage — preuve que Scooby a dépassé les frontières du surf pour devenir un symbole de la culture populaire brésilienne.

    L’héritage d’un surfeur sans peur

    Pedro Scooby n’a jamais gagné de titre mondial. Il n’en a jamais vraiment voulu. Sa victoire, c’est d’avoir inspiré toute une génération de surfeurs à vivre le surf autrement : comme un art, une manière de respirer, de tout risquer sans calculer.

    Son surnom, “Scooby”, vient d’un dessin animé, mais il aurait tout aussi bien pu venir de la culture punk ou du fado portugais. C’est un homme à contre-courant, imprévisible, sincère.
    Dans un monde où tout se mesure, il reste l’un des rares à vivre sans chronomètre.

    « Je suis un mélange de rock star et de moine zen », aime-t-il dire.
    Et c’est sans doute cette contradiction qui fait de Pedro Scooby un personnage unique du surf mondial, un symbole du Brésil qui ne lâche jamais — même quand la vague semble trop grosse.

  • Le coup de gueule de Pedro Scooby qui accuse WSL de raciste

    Le coup de gueule de Pedro Scooby qui accuse WSL de raciste

    À Saquarema, une série du Challenger Series a mis le feu aux réseaux : Pedro Scooby accuse la WSL de racisme après l’élimination de Weslley Dantas. Mais en y regardant de plus près, le verdict n’est pas si simple.

    Le surf brésilien en ébullition

    Dimanche 12 octobre 2025, le spot de Saquarema vibrait au rythme des séries décisives dans la course à la qualification sur le Challenger Series brésilien. Pour plusieurs surfeurs brésiliens, c’était l’ultime chance de décrocher leur billet pour le Championship Tour 2026.
    Parmi eux, Weslley Dantas, frère de Wiggolly, solide surfeur plein de puissance, connu pour son surf engagé et explosif. En face : George Pittar (Australie), Lucca Mesinas (Pérou) et Shion Crawford (Hawaï).

    Le score final a fait grincer des dents : Pittar obtient 5,67, Dantas 5,73 (en début de série), mais c’est pourtant l’Australien qui passe. Une décision étrange à première vue, amplifiée par le contexte : neuf Brésiliens éliminés le même jour. Il n’en fallait pas plus pour que les réseaux s’enflamment.

    Pedro Scooby, une voix qui porte

    C’est Pedro “Scooby” Vianna, surfeur de grosses vagues, figure médiatique et star de la télé brésilienne, qui a allumé la mèche.
    Sur Instagram, ses 7 millions d’abonnés ont découvert un message sans détour :

    “Les gens croient que seuls les juges du CT ont leurs préférés, mais ça arrive aussi dans le Challenger. C’est incroyable ! Je vais montrer les deux vagues : celle du gringo George Pittar et celle de Weslley Dantas. Impossible de mettre la même note. Bien sûr, Weslley Dantas est noir ; on va me dire qu’il n’y a pas de racisme, mon cul qu’il n’y en a pas, bien sûr qu’il y en a ! Et il n’a pas de sponsor, et il est brésilien »”

    Une déclaration choc, aussitôt relayée par la presse brésilienne et internationale. Certains ont salué son courage, d’autres ont pointé du doigt un coup de buzz. Mais au Brésil, où la question du racisme reste brûlante, le message a trouvé un écho immédiat.

    Racisme ou erreur de jugement ?

    Pour comprendre, il faut plonger dans les détails.
    La série a été jugée par un panel de cinq officiels : deux Brésiliens, un Australien, un Américain et un Basque. Et surprise : les deux juges les plus sévères ont été… un Brésilien et l’Américain.

    Difficile, dans ces conditions, de conclure à une discrimination nationale.
    En revanche, plusieurs analystes ont reconnu que les juges avaient sans doute “raté” leur lecture des vagues.
    Weslley Dantas a proposé un surf plus radical, des carves puissants, un tail slide engagé ; Pittar, lui, a surfé plus propre, mais moins explosif. Deux styles, deux lectures : le surf est subjectif, et c’est bien là le problème.

    Les juges, humains avant tout, peuvent se tromper. Mais la frontière entre erreur d’appréciation et injustice ressentie devient floue dès que la passion entre en jeu.

    Un débat récurrent dans le surf mondial

    Ce n’est pas la première fois que le sujet du favoritisme ressurgit.
    Gabriel Medina avait parlé du “pire jugement de sa vie” à Bells Beach.
    Italo Ferreira ou Filipe Toledo ont plusieurs fois dénoncé des notations incohérentes à El Salvador ou Surf Ranch.
    Le surf reste un sport jugé, donc vulnérable à la subjectivité.

    Mais là où Scooby dénonce un racisme systémique, les faits montrent plutôt une culture du flou, où la transparence fait défaut.
    La WSL, malgré ses outils modernes et ses replays vidéo, peine encore à expliquer les décisions au grand public. Et à l’ère des réseaux, chaque erreur devient un scandale mondial.

    Un sport encore trop peu diversifié

    Il faut reconnaître que le surf, historiquement dominé par les athlètes blancs australiens, américains et sud-africains, souffre d’un manque de diversité visible.
    Les surfeurs noirs, qu’ils soient brésiliens, africains ou américains, restent rares sur le circuit élite.
    Dans ce contexte, le cri de Scooby prend une dimension symbolique : il exprime un ras-le-bol, celui de voir des surfeurs talentueux, mais sans sponsors galérer à percer.
    Et sur ce point, il a raison : Weslley Dantas n’a pas de sponsor majeur, une anomalie pour un surfeur de son niveau.

    Des juges dépassés, pas racistes

    Affirmer que les juges ont été mauvais ? Probablement.
    Dire qu’ils sont racistes ? Rien ne le prouve.
    La vérité est peut-être plus simple : la WSL souffre d’un manque de clarté et de communication.
    Une décision floue, sans explication publique, devient vite suspecte.
    Et dans un Brésil passionné, où le surf est presque une religion, les mots de Scooby trouvent un terrain explosif.

    Mais les faits restent têtus : parmi les juges, deux étaient brésiliens, et aucun élément ne démontre une intention discriminatoire.
    Un juge brésilien raciste contre un Brésilien ? C’est peu crédible.

    Le vrai enjeu : la confiance

    Cette affaire révèle surtout une fracture entre le public et les institutions du surf.
    Quand les fans n’ont plus confiance dans les scores, le sport perd en légitimité.
    Il est urgent que la WSL repense son système : publication des notes détaillées, justification des scores, analyse vidéo ouverte.
    Le surf ne peut plus se contenter de “faire confiance aux juges”.

    Pedro Scooby, avec sa notoriété, a mis le doigt là où ça fait mal.
    Pas sur le racisme, mais sur la crédibilité d’un système à bout de souffle.

    Conclusion

    L’affaire Weslley Dantas restera comme l’un des épisodes les plus controversés de la saison.
    Oui, les juges se sont trompés. Non, rien ne prouve un racisme intentionnel.
    Mais le message de Pedro Scooby, au-delà de la colère, rappelle une chose essentielle :
    le surf a besoin de transparence.
    Et dans un sport où chaque vague compte, la notation des vagues devrait être aussi fluide qu’un carve bien taillé.

    Retrouvez la biographie de Pedro Scooby

  • Makua Rothman se confie sur ses addictions : “Je sniffais des cachets avant d’aller surfer Jaws”

    Makua Rothman se confie sur ses addictions : “Je sniffais des cachets avant d’aller surfer Jaws”

    Quand on pense à Makua Rothman, on imagine la puissance brute. Le genre de surfeur qui regarde Jaws droit dans les yeux sans broncher. Champion du monde de grosses vagues en 2015, héritier du légendaire Eddie Rothman et figure respectée du North Shore, Makua incarne depuis toujours le respect, le courage, mais aussi la peur et le localisme hawaïen.
    Mais derrière cette image d’acier, il y avait une faille. Une descente aux enfers silencieuse, nourrie par la honte, la culpabilité et des pilules qu’il n’aurait jamais dû toucher.

    “Je prenais des cachets, sans douleur, juste pour me sentir bien”

    Dans un épisode du podcast Good Humans de Cooper Chapman, Makua a brisé le silence.
    “Entre 2015 et 2018, j’ai complètement déraillé”, raconte-t-il. “Je prenais des pilules… Je faisais n’importe quoi. J’étais champion du monde, mais j’étais brisé à l’intérieur.”

    Il parle sans détour d’oxycodone, un antidouleur à base d’opiacés devenu fléau aux États-Unis. “Le pire, c’est que je n’avais même pas mal. Je n’avais aucune blessure. C’était juste le shoot de dopamine qui me faisait oublier les choses que je détestais en moi.”

    L’alcool, la coke, les soirées sans fin : tout servait à masquer une souffrance mentale qu’il refusait d’affronter. “Les pilules n’étaient pas le vrai problème. Le vrai problème, c’était moi. Je n’étais pas assez courageux pour faire face à mes démons.”

    La drogue au line-up : “Je sniffais dans le chenal de Jaws”

    Le moment le plus glaçant ? Quand Makua avoue avoir consommé directement dans l’eau, sur l’un des spots les plus dangereux de la planète.
    “Je suis chanceux d’être encore en vie”, dit-il. “Je sortais à Jaws avec des cachets, je les écrasais, je sniffais, et je repartais à l’eau. J’étais complètement ailleurs.”

    Imaginer un surfeur en plein trip, sur une vague de 15 mètres, suffit à donner des frissons. Pourtant, c’est bien ce qu’il vivait : une double tempête, celle de l’océan et celle de sa tête.

    “Je voulais juste revivre. Redevenir Makua.”

    Tout a changé lorsqu’il a touché le fond. “Un jour, j’ai dit stop. J’étais prêt à mourir, ou à renaître. Et j’ai choisi de vivre.”
    Makua Rothman s’est reconstruit, petit à petit. Par le surf, la musique, la famille, la foi aussi. Aujourd’hui, il parle de santé mentale sans détour, pour briser le tabou chez les athlètes — et surtout dans le monde du surf, où la vulnérabilité reste un mot difficile à prononcer.

    “Je suis fier de mon parcours, parce que beaucoup n’en reviennent pas. Moi, j’ai eu la chance d’en sortir.”

    Un message fort pour toute une génération

    Makua n’est plus seulement un big wave rider. C’est un survivant, un père, un exemple de transparence dans un milieu souvent trop silencieux sur ses blessures invisibles.
    Entre deux sessions à Waimea, il continue de chanter, d’aider, de parler, avec cette même intensité qu’il met dans chacune de ses vagues.

    Et quand on lui demande s’il regrette, il sourit :
    “Non. Parce que sans ces erreurs, je ne serais pas l’homme que je suis devenu.”

  • Les Français trébuchent à Saquarema, mais la course continue

    Les Français trébuchent à Saquarema, mais la course continue

    Les journées se suivent, mais ne se ressemblent pas à Saquarema. Après un début de compétition encourageant avec la qualificationde Tya Zebrowsky, le contest a tourné au cauchemar pour deux de nos meilleurs représentants français : Kauli Vaast et Jorgann Couzinet. Tous deux ont été éliminés prématurément, un coup dur dans la course à la qualification pour le Championship Tour 2026.

    Kauli Vaast perd la tête du classement

    Avant d’arriver au Brésil, Kauli Vaast menait le classement des Challenger Series. Impressionnant sur le spot portugais, il y a moins de deux semaines, lors de sa victoire. Kauli Vaast a chuté tôt, trop tôt. Kauli voit ses espoirs de qualification directe légèrement ralentis. Saquarema en a décidé autrement.

    Il glisse désormais à la troisième place du classement, une position encore solide, mais la chute risque de continuer d’ici à la fin de la semaine. Il faut rappeler que seuls les dix premiers du classement valideront leur ticket pour le CT. Rien d’irrémédiable, mais une mauvaise opération pour celui qu’on attendait.

    Le bon côté ? Il lui reste deux épreuves pour se rattraper — et pas des moindres : Pipeline et Newcastle. Deux compétitions très différentes, mais où Kauli a les armes pour briller. À Pipe, sa lecture du tube et son engagement sont des atouts majeurs. On sait à quel point le Tahitien aime ce genre de conditions. Il a encore deux cartouches pour remplacer ses moins bons résultats et rester dans le top 10.

    Jorgann Couzinet : l’espoir malgré tout

    De son côté, Jorgann Couzinet n’a pas connu meilleure fortune. Sorti lui aussi prématurément, le Réunionnais recule au classement général. Sa qualification semble plus compliquée désormais, mais pas impossible.

    Il faudra frapper fort à Newcastle, un spot où son surf puissant et ses airs pourraient bien faire la différence. En revanche, Pipeline reste une inconnue : peu d’expérience sur cette vague mythique et ultra exigeante, face à des adversaires aguerris. Mais si Jorgann nous a appris quelque chose au fil des années, c’est qu’il ne lâche jamais rien.

    Les Bleus en effectif réduit

    Le contingent français s’amenuise. Après les éliminations de Justin Bécret, Maxime Huscenot, Tessa Thyssen et Kiara Gold, il ne reste plus que deux rescapés : Tya Zebrowski, encore impressionnante chez les filles, et Charly Quivront.

    Pipeline, l’étape de vérité

    La prochaine étape à Pipeline, sur le North Shore d’Hawaï, s’annonce décisive. C’est là que tout peut basculer. Entre les tubes monstrueux et la pression du classement, les Français joueront gros.
    Kauli Vaast, enfant du Pacifique, aura l’occasion parfaite de remettre les pendules à l’heure. Et si tout se jouait justement là, dans la vague la plus mythique du monde ?

  • Quand Carlos Muñoz se fait dépouiller après une session à Hawaii

    Quand Carlos Muñoz se fait dépouiller après une session à Hawaii

    Il pensait vivre une simple session à Rocky Point, sur le North Shore d’Oahu. Mais, pour Carlos Muñoz, surfeur pro costaricien respecté sur le circuit international, la session a viré à la mauvaise série : celle de la violence, du localisme et de la bêtise humaine.

    Une vague, une collision, et l’étincelle

    Tout commence comme une scène banale dans l’océan le plus convoité du monde. Rocky Point, spot mythique d’Oahu, déroule ses droites et gauches nerveuses. Carlos rame sur une vague, un autre surfeur se jette dedans, les trajectoires se croisent, et crac, collision.
    L’homme blond qui a taxé hurle un « f***ing tourist » bien senti. Muñoz, calme, mais pas soumis, lui répond :

    « Je suis un touriste, ok, mais c’était ma vague. »
    Erreur. Le mot “tourist” à Hawaii, c’est parfois comme dire “je ne t’appartiens pas” dans un bar de bikers.

    “Tu n’as pas la tête d’un local”

    L’autre insiste : “Je suis local.”
    Et là, Carlos lâche une phrase anodine, mais qui, mal interprétée, va mettre le feu au line-up :

    “Tu ne ressembles pas à un local.”
    Lui qui explique aujourd’hui qu’il ne voulait pas vexer, que son anglais imparfait a sans doute amplifié le malentendu… Trop tard.

    Le retour sur la plage : neuf contre un

    Il reste pourtant à l’eau. Une heure et demie, tranquille, en se disant que le calme va revenir. Mais à son retour sur la plage, c’est un autre scénario : huit ou neuf types l’attendent, les bras croisés, le regard froid.
    Le blond de tout à l’heure est là, gonflé à bloc, encouragé par ses potes à régler “le problème”.
    Le premier coup part, Carlos esquive. Le deuxième, il encaisse volontairement.

    “J’ai pris un coup dans la mâchoire, ça allait. Je ne voulais pas me battre.”
    Mais les gars en veulent plus. Ils veulent sa planche.

    “Pas celle-là, elle est spéciale”

    La planche qu’il tient, c’est sa préférée. Celle qui l’a accompagné dans ses meilleures sessions. Alors, il tente une négociation de surfeur pacifiste :

    “Prenez-en une autre, j’en ai à la maison.”
    Le groupe le suit jusque chez lui. Là, il tend une vieille board. Le geste apaise la tension, les mecs repartent avec leur trophée dérisoire.

    Le localisme, une maladie mondiale

    Dans son récit, Carlos Muñoz ne crache pas sur Hawaii. Il parle d’un phénomène global. De ce virus du surf qu’on appelle le localisme, cette illusion de possession qui transforme des passionnés de glisse en gardiens de territoire.

    “Ça m’est arrivé aussi au Mexique”, raconte-t-il. “Certains croient protéger leur spot, mais ils détruisent juste l’esprit du surf.”

    L’océan n’appartient à personne

    Le plus amer dans l’histoire, c’est cette contradiction : le surf, né de la liberté, de la communion avec l’océan, devient parfois un espace de domination et d’exclusion.
    Carlos, lui, préfère relativiser : il continue de voyager, de surfer, de partager sa passion. Mais son expérience rappelle une vérité simple : les vagues ne sont la propriété de personne.
    Et qu’à force de vouloir jouer les seigneurs du line-up, certains finissent par oublier l’essence même du surf : la joie pure de glisser.

  • Tya Zebrowski, 14 ans, entre dans l’histoire à Saquarema

    Tya Zebrowski, 14 ans, entre dans l’histoire à Saquarema

    C’est fait !
    À seulement 14 ans, Tya Zebrowski devient la plus jeune surfeuse de l’histoire à se qualifier pour le World Championship Tour (CT).
    La Française a validé sa qualification ce vendredi 11 octobre au Banco do Brasil Saquarema Pro, après avoir remporté sa série du Round of 48 dans les vagues exigeantes d’Itaúna.

    Une qualification historique pour le surf français

    Il suffisait à Tya de passer une série pour rendre sa qualification mathématiquement officielle.
    Mission accomplie.
    Opposée à la Tahitienne Kiara Gold, à l’Australienne Jahly Stokes et à la Brésilienne Sophia Gonçalves, la jeune tricolore a dominé le heat avec un total de 11,67 points, notamment grâce à une gauche notée 6,50.

    Dans un line-up difficile, marqué par un fort backwash et des vagues piégeuses, Tya a fait preuve d’un calme et d’une maturité impressionnants.

    “Elle surfe comme une vétérane du Tour”, commentaient les speakers de la WSL, bluffés par la précision et la puissance de ses manœuvres.

    L’éclosion d’un talent précoce

    En quelques mois, Tya Zebrowski a bouleversé la hiérarchie mondiale du surf féminin.
    Numéro 1 du classement des Challenger Series 2025, elle a cumulé 28 630 points sur quatre étapes — soit l’un des meilleurs bilans de l’histoire récente du circuit.
    Avec une victoire à Ericeira, un deuxième, un troisième et un cinquième place, la Française a construit une saison quasi parfaite.

    Sa progression constante, son surf engagé et son style déjà abouti ont fait d’elle une figure incontournable du renouveau du surf européen.

    Une génération dorée : Kauli Vaast dans la même dynamique

    La réussite de Tya coïncide avec celle d’un autre Français : Kauli Vaast, actuel leader du classement masculin.
    Le Tahitien, vainqueur lui aussi à Ericeira, peut à son tour valider sa qualification dès ce week-end.

    Une double montée française sur le Tour d’élite, du jamais vu, qui marquerait un tournant historique pour le surf tricolore.

    La suite : viser la victoire à Saquarema

    Désormais qualifiée pour le CT 2026, Tya peut surfer sans pression sur le reste du Saquarema Pro.
    Mais connaissant son mental, il serait surprenant de la voir s’arrêter là.
    Prochaine étape : le Round of 32, où elle cherchera à prolonger sa dynamique face aux meilleures. La jeune surfeuse doit viser également de remporter le classement Challenger Séries, histoire de marquer un peu plus l’histoire de son empreinte. Avec Tya Zebrowski, on tient peut-être une chance d’avoir un(e) surfeur/surfeuse championne du monde WSL.

  • Tya Zebrowski à un heat de l’histoire à Saquarema

    Tya Zebrowski à un heat de l’histoire à Saquarema

    Le Banco do Brasil Saquarema Pro débute ce samedi 11 octobre sur la mythique plage d’Itaúna, au Brésil. Et tous les regards sont tournés vers une surfeuse française de 14 ans : Tya Zebrowski.
    Si elle passe une seule série, elle deviendra la plus jeune surfeuse de l’histoire à se qualifier pour le Championship Tour (CT).

    Une performance inédite, presque irréelle, qui marquerait une nouvelle ère pour le surf tricolore.

    Une saison exceptionnelle pour Tya Zebrowski

    Depuis le début des Challenger Series 2025, la jeune Française affole les compteurs.
    Avec déjà 28 630 points sur quatre étapes, dont une victoire à Ericeira, une seconde, une troisième et une cinquième place, Tya domine le classement féminin.
    Elle compte plus de 5 000 points d’avance sur la Portugaise Yolanda Hopkins, sa plus proche poursuivante.

    Même en cas d’élimination précoce, plusieurs combinaisons de résultats pourraient lui offrir la qualification mathématique.
    Mais une seule victoire de heat rendrait les calculs inutiles : Tya serait officiellement sur le CT 2026.

    Kauli Vaast, autre espoir français en route vers le CT

    Chez les hommes, la dynamique est tout aussi prometteuse.
    Kauli Vaast, vainqueur à Ericeira et actuel leader du classement masculin, peut lui aussi assurer sa montée sur le Tour s’il atteint les dernières phases à Saquarema.

    Le Tahitien de 22 ans, déjà finaliste à Teahupo’o sur le CT en tant qu’invité, a cette fois son destin entre ses mains.
    Avec Luke Thompson, George Pittar et Mateus Herdy dans son sillage, la bataille s’annonce intense sur le beach break d’Itaúna.

    Une double qualification française — Tya et Kauli — serait une première dans l’histoire du surf hexagonal. (on n’a jamais eu de qualification homme et femme une même année)

    Le public brésilien, une énergie pour les locaux

    Le Challenger Series de Saquarema est la seule étape sud-américaine du circuit.
    Itaúna est réputée pour ses vagues rapides et puissantes, mais aussi pour son ambiance électrique : le public brésilien est connu pour transformer chaque série en arène.

    Cette énergie galvanise les surfeurs locaux — à commencer par Mateus Herdy, Samuel Pupo ou encore Michael Rodrigues, tous capables de créer la surprise.
    Mais elle pourrait aussi pousser les Français à se transcender.

    Wildcards et outsider : la relève brésilienne au rendez-vous

    Le Brésil sera également bien représenté par deux wildcards annoncés par la WSL :

    • Tainá Hinckel, 20 ans, considérée comme l’une des plus prometteuses de sa génération ;
    • Weslley Dantas, au surf explosif, déjà vainqueur d’un QS à Itaúna.

    Ils viendront bousculer le classement et pourraient jouer les trouble-fête dans la course au CT.

    Le surf français aux portes d’un exploit historique

    Tya Zebrowski n’a que 14 ans, mais elle pourrait entrer dans la légende du surf mondial d’ici quelques jours.
    Jamais une surfeuse aussi jeune ne s’est qualifiée pour le Tour d’élite.

    Dans une discipline où l’expérience prime souvent, son sang-froid, sa technique et sa maturité bluffent les observateurs.
    À Saquarema, la Française surfera pour bien plus qu’une victoire : elle surfera pour l’histoire.

  • Créer sa piscine à vagues DIY : le rêve (presque) accessible ?

    Créer sa piscine à vagues DIY : le rêve (presque) accessible ?

    Imagine un lac isolé, une plaque d’acier, un treuil bricolé et quelques surfeurs qui refusent de se résigner à attendre la houle. Bienvenue dans le monde fascinant — et un peu fou — des piscines à vagues artisanales. En Finlande ou au Brésil, des groupes de passionnés ont prouvé que, même sans millions d’euros ni ingénieurs de la NASA, on pouvait créer une vague surfable. Oui, une vraie.

    L’expérience Artwave : le surf au milieu des pins

    L’histoire commence quelque part en Finlande, sur un lac gardé secret. Là-bas, Atso Andersen et son équipe ont conçu Artwave Surf, une vague 100 % faite maison. Pas de technologie high-tech, pas de compresseurs géants. Juste une idée : “Si les Portugais peuvent apprendre à surfer dès l’enfance, pourquoi pas nous, ici, sur nos lacs ?”

    Leur système repose sur des “ailes” sous-marines tirées par un treuil motorisé. En se déplaçant, ces ailes déplacent l’eau et génèrent une vague surfable sur plusieurs mètres. Le tout est mobile, démontable et assez simple pour tenir sur une remorque.
    Un peu comme un “wavepool nomade” que l’on pourrait installer où bon nous semble — tant qu’il y a un plan d’eau calme et une rallonge électrique.

    Le plus fou ? Cette invention fonctionne (c’est pas la fête, non plus). Les vidéos montrent des surfeurs glissant sur une vague petite, molle, constante, certes courte, mais réelle. Comme une version artisanale du Kelly Slater Wave Ranch, sans le prix d’un manoir californien et sans la qualité également…lol

    L’exemple brésilien

    Dans le genre DIY, les brésiliens sont à un niveau supérieur. On prend la bâche agricole, on creuse un trou, on met des rails au fond, et on crée une vague… Honnêtement, les vagues sont minuscules, on est loin des vagues commercialisées. On est vraiment sur du DIY…Cela me rappelle les débuts de la Wavegarden

    Combien coûterait une vague maison ?

    C’est la question qui fait rêver.
    Une piscine à vagues commerciale coûte entre 5 et 30 millions d’euros, selon la technologie (Wavegarden, Surf Lakes, Alaïa Bay, Slater Ranch…). Autant dire, hors de portée pour 99,9 % des surfeurs.

    Mais un prototype DIY ?
    Imaginons :

    • un treuil électrique : 500 à 1 000 €
    • une structure métallique sous-marine : 2 000 à 3 000 € selon les matériaux
    • un lac privé ou communal : gratuit si autorisé
    • un peu d’huile de coude et d’ingénierie collective

    👉 On parle d’un budget de 5 000 à 10 000 €, soit le prix d’une bonne voiture d’occasion.
    Pas donné, mais loin des folies industrielles.
    Reste la partie la plus compliquée : la sécurité, la régularité de la vague, et surtout, l’autorisation administrative. En France, toute installation dans un plan d’eau public demande une autorisation préfectorale stricte (impact écologique, sécurité des baigneurs, ancrage au fond, etc.).

    L’esprit “garage surf” : retour aux sources

    Ce qui rend ces expériences passionnantes, c’est leur esprit.

    Les pionniers d’Artwave ou les bricoleurs de plaques métalliques ne cherchent pas à concurrencer Kelly Slater : ils veulent juste créer du surf là où il n’existe pas.
    Et il y a quelque chose de profondément poétique là-dedans.
    La vague devient une œuvre humaine, un geste d’ingénieur-poète, un “tube de cœur” façonné par l’envie de glisser.

    Et en France, c’est possible ?

    Sur le papier, oui.
    Les lacs et plans d’eau sont nombreux : Landes, Bretagne, Alpes, Jura…
    Mais entre les réglementations environnementales, les contraintes d’énergie, et les assurances, la France n’est pas le pays le plus souple pour les expérimentations aquatiques.
    En revanche, un collectif ou une école de surf pourrait, avec l’aide d’un ingénieur, concevoir une micro-vague artificielle pédagogique pour débutants, bodyboarders ou foilistes.

    Pourquoi pas un jour un “Garage Wave Project” en France, soutenu par une communauté open-source de makers du surf ? Les technologies se démocratisent, l’impression 3D permet des prototypes rapides, et la culture surf aime les défis impossibles.
    Alors oui, c’est encore un rêve. Mais chaque vague a commencé quelque part — souvent dans un garage.