Trois Bretons, un voilier de 9 mètres, et une obsession : trouver — à la voile — des vagues qui n’appartiennent encore à personne. Avec SLOWS, Lost in the Swell (Ewen Le Goff, Aurélien “Aurel” Jacob, Ronan Gladu) signe un nouveau film de surf à hauteur d’hommes, drôle, brut, et (comme d’habitude)… qui donne parfois envie d’avaler un Mercalm. Au programme : apprentissage express avec la navigatrice du Vendée Globe Samantha Davies, tempêtes, frayeurs au large, un requin de 5 m au line-up, et le jackpot : des vagues parfaites, surfées entre amis, loin des foules.
Pourquoi ce film peut (vraiment) faire date
Contrairement aux road-trips classiques, SLOWS remet au centre la lenteur choisie : avancer au rythme du vent, économiser l’essence, accepter l’imprévu. C’est la continuité d’une démarche entamée depuis des années par le trio — souvenez-vous du camion à l’huile de friture, des galères en train, ou des voyages embarqués sur des voiliers d’expédition comme Maewan en Patagonie. Cette logique “low impact” fait partie de l’ADN du projet et lui donne une tonalité plus durable que le surf-trip jetable.
Samantha Davies, crash-course au large
Avant de “tirer des bords” en Atlantique Nord, les compagnons de Lost in the swell ont bénéficié de quelques jours de formation avec Samantha Davies, figure du Vendée Globe. Ce passage accéléré de la théorie à la pratique apporte une vraie tension narrative : le trio, plus surfeurs que marins pros, affronte vite la vraie vie du large — grains, esprit d’équipage, veille de nuit, procédures d’évitement… et ce fameux cargo à esquiver de justesse.
L’Atlantique Nord en version brute
Le film assume ses contrastes : euphorie quand les cartes météo ouvrent une fenêtre, coups de tabac qui lessivent les nerfs, rencontre avec un requin de 5 m qui glace l’eau du line-up, et ces sessions où l’on sait, dès la prise de vitesse, que la destination — la vague parfaite — valait des semaines de patience. Résultat : 1 h 20 d’images salées, rythmées par l’humour maison et une bande-son à la bonne température.
Lost in the Swell, un style bien à eux
Depuis leurs débuts, Ewen, Aurel et Ronan ont développé une écriture singulière : DIY, débrouille, auto-dérision, et un sens du récit qui laisse la place aux rencontres. Leur site résume bien la boussole : partir pour des vagues, mais revenir pour les gens et la nature qui les entourent. SLOWS prolonge cette ligne, en rappelant qu’une aventure réussie, c’est autant le chemin que la destination.
Où voir SLOWS en avant-première
Le film part en tournée en France d’octobre à novembre 2025. Voici les dates annoncées (présence de LITS indiquée quand précisée) :
Biarritz — 17 octobre, Cinéma Le Royal – 20h. Free drinks + dédicace au shop Oxbow (18h30). Présence des aventuriers de Lost In The Swell
Hossegor — 18 octobre, Joe&Joe – 20h30. Présence des surfeurs
Bordeaux — 23 octobre, Cinéma Le Mégarama – 20h. After à Alaia Surf Café – 22h. Présence des acteurs
Montalivet — 25 octobre, Salle culturelle Vendays – 20h30. Billetterie HelloAsso.Présence de la bande
Paris — 20 novembre, Le Grand Rex – 20h30 (billetterie officielle). Présence des surfeurs
Durée du film : 1 h 20 — Format : documentaire surf & aventure — Réalisation : Ronan Gladu — Avec : Ewen Le Goff, Aurel Jacob, Ronan Gladu. Surf Session
Ce que SLOWS raconte du surf en 2025
Au-delà du frisson, SLOWS parle d’un surf qui assume ses contradictions : on veut l’inconnu, mais on respecte les lieux ; on rêve de vitesse, mais on accepte la lenteur ; on cherche la belle session, mais on célèbre surtout l’amitié et le chemin. C’est ce dosage — sincère, parfois bordélique — qui explique l’attachement du public à Lost in the Swell depuis plus de dix ans.
Infos pratiques & billetterie
Tournée complète et mises à jour : consulte les annonces locales et la page des cinémas (ex. Grand Rex pour Paris). Certaines dates disposent d’une billetterie en ligne (Cinéville Lorient, Arvor, Mégarama Bordeaux, etc.).
Événements partenaires : quelques séances proposent after, free drinks ou dédicaces en shop Oxbow. Détails dans chaque fiche séance.
69 tubes, 3 turns, un interrogatoire façon FBI signé Jonah Hill, et la sensation déroutante que se caler au cœur d’un barrel parfait peut paraître… simple. La nouvelle vidéo de Tosh Tudor, Tubefession, pousse encore plus loin l’obsession du tube révélée l’an dernier avec Tube Therapy. Et c’est précisément ce qui nous plaît : cette nonchalance, ce relâchement qui ne sacrifie jamais la vitesse ni la ligne.
De Tube Therapy à Tubefession : la suite logique (et plus affûtée)
En 2024, Tosh signe Tube Therapy, un long format qui le place au centre du club très fermé des “tube addicts” modernes. Il y réglait déjà un compte avec les cavernes d’Indo, du Mexique ou d’Hawaï, sur des planches finement choisies avec Thomas Bexon. Tubefession (2025) en est la déclinaison “confessionnal” : 69 tubes précisément (honnêtement, je n’ai pas compté), seulement trois manœuvres, et un fil comique où Jonah Hill joue un enquêteur bien décidé à prouver que le Californien est “coupable” d’abus de barrels. Le film a été tourné entre Indonésie, Australie, Japon, Tahiti et quelques autres stops, avec un final polynésien qui sent la perfection.
Le style Tosh : calme dans la tempête
Ce qui saute aux yeux, c’est cette posture dans le barrel sur les gauches, et une technique du tube backside originale. Tosh ne force jamais : il se tasse juste ce qu’il faut, sans crispation. Son secret ? Une recherche permanente de la parfaite ligne et de vitesse, en particulier en backside. En frontside, il reprend la leçon de Gerry Lopez : la main traînante dans le mur de la vague. Résultat : des lignes pures, un contrôle qui semble évident — et pourtant rare à ce niveau.
Matos et placements : quand la board disparaît
Tosh ne s’enferme pas dans un quiver dogmatique. Il alterne thrusters, singles et dérives alternatives selon le plan d’eau, souvent avec des shapes Thomas Surfboards (Bexon) ou sortis de l’atelier familial. Son travail sur les planches “tube-minded” s’est matérialisé jusqu’à donner naissance au modèle Therapist chez Thomas, mis au point pendant Tube Therapy et pensé pour garder la ligne dans le barrel. Là encore, le style prime : la planche s’efface, la trajectoire reste.
Jonah Hill, l’arme comique
Clin d’œil parfaitement dosé : Jonah Hill endosse un rôle d’agent (trop) informé et pousse Tosh à “avouer”. Le gag fonctionne parce qu’il ne parasite jamais le surf (après, je ne suis pas fan de ce genre de mise en scène ) . Il encadre l’action et souligne l’idée-force du film : quand on parle de barrels, la preuve se fait images à l’appui — et Tubefession en aligne 69.
Le 24 septembre, un surfeur écossais de 63 ans a été retrouvé inconscient à Gwithian Beach (Hayle, Cornouailles). Malgré l’intervention rapide des sauveteurs et des services d’urgence, l’homme a été déclaré décédé sur place. La police indique qu’il n’y a pas de circonstances suspectes et qu’un dossier sera transmis au coroner.
Ce que l’on sait à cette heure
Selon Devon & Cornwall Police, l’alerte a été donnée vers 17h30. Le surfeur, originaire d’Écosse, « était en train de surfer au moment de l’incident » et a été récupéré par les lifeguards avant l’arrivée de l’ambulance, de l’hélicoptère médicalisé et des garde-côtes. Malgré les efforts des secours, le décès a été constaté sur la plage. L’enquête du coroner doit préciser les causes exactes du drame (malaise, noyade…); l’identité de la victime n’a pas encore été rendue publique.
Gwithian et la Cornouailles, cœur battant du surf anglais
La côte atlantique des Cornouailles est exposée aux houles d’ouest et du sud, offrant une fréquence de vagues qui a façonné la culture surf locale depuis les années 1960. Gwithian, vaste bancs de sable face au St Ives Bay, est prisé pour ses longues vagues quand les conditions s’alignent — et peut vite devenir exigeant lors des coups de vent. Il est important de rappeler que l’automne est souvent la meilleure saison dans la région, tout comme chez nous en France… Mais aussi celle où les conditions se musclent.
Sécurité : quelques rappels utiles (sans spéculer sur ce cas)
Sans préjuger des circonstances de ce décès, quelques principes valent pour tous, surtout en automne :
Évaluer le plan d’eau (bancs, baïnes, vent et période).
Adapter l’équipement : combinaison plus épaisse, leash en bon état, planche en bon état.
Surfer accompagné, éviter de surfer, est surement le meilleur conseil.
Connaître les procédures de premiers secours de base (alerte, PLS, défibrillateur si disponible).
Une pensée pour la famille et les proches
La communauté surf se serre les coudes dans ces moments-là. Nos condoléances vont à la famille et aux amis du surfeur disparu. Les rédactions généralistes et spécialisées qui relaient l’information insistent sur l’absence de caractère suspect et sur la procédure en cours du coroner — un rappel que chaque incident en mer fait l’objet d’un examen rigoureux au Royaume-Uni.
Annonce choc, commentaires en feu, et un malentendu persistant : Lucía Martiño a officialisé un partenariat avec OnlyFans… sans changer de métier. La surfeuse espagnole assure qu’elle ne publiera aucun contenu explicite. Au programme : surf, entraînement, voyages, lives et conseils. On démonte les idées reçues et on explique pourquoi ce deal peut, au contraire, tirer le surf vers le haut.
Ce qui a vraiment été annoncé
Mercredi, Lucía Martiño a dévoilé être athlète sponsorisée par OnlyFans, qui devient son sponsor principal. Concrètement, le logo apparaît au nose de sa planche et elle alimente la plateforme avec des contenus 100 % sportifs : sessions, coulisses de trips, préparations physiques, réglages de boards, routines de soins, lives interactifs pour répondre aux questions.
« J’aime partager ma vie, pas mon intimité », rappelle-t-elle. Pas de contenu explicite, même si l’on verra forcément du surf en bikini sous les tropiques.
Pourquoi OnlyFans — et pourquoi maintenant ?
OnlyFans revendique plus de 300 athlètes signés tous sports confondus. En surf, la plateforme a déjà soutenu des noms des grosses houles (comme Billy Kemper, Tony Laureano ou Pedro Scooby). Avec Lucía, première femme surfeuse officiellement sponsorisée, l’entreprise réaffirme son intention d’être un pont entre fans et athlètes, une ambition qui précède la dérive “adult” observée pendant la pandémie. Côté athlète, Lucía assume son virage free surf / création de contenus : après des années de compétition, elle veut choisir ses vagues et produire des formats plus créatifs (elle sort d’un projet en Islande par –25 °C). OnlyFans lui apporte la stabilité et la liberté éditoriale qui manquaient depuis la fin de son contrat Deeply en 2024.
La polémique : un malentendu… et un biais
La confusion vient du fait que OnlyFans héberge aussi du contenu adulte. Lucía s’y attendait : « Je me figurais que beaucoup penseraient mal ». Elle trace une ligne nette : pas d’explicite. Le débat révèle aussi un biais : quand un homme signe chez OF, ça fait moins de bruit ; pour une femme, l’imaginaire sexualisé colle plus vite. D’où l’intérêt de clarifier : ici, OnlyFans est un canal premium pour du contenu surf — point.
Et pour le surf, c’est une bonne nouvelle ?
Oui, si l’on regarde les moyens et la portée. Voir un acteur hors industrie, solide et global, investir dans le surf, c’est :
plus d’opportunités pour les athlètes (tournages, trips, séries) ;
un modèle économique complémentaire aux marques classiques ;
une exposition internationale vers un public qui ne suit pas la WSL au quotidien. Lucía prévient d’ailleurs : d’autres signatures arrivent, au moins deux en Espagne. L’image du logo OF sur les boards devrait se normaliser rapidement.
À l’approche de ses 20 ans, le Royal Barrique garde son âme de contest 100 % tubes, mais muscle son format pour offrir une journée plus lisible, collective et spectaculaire.
Première alerte lundi 6 octobre 2025. Après un dimanche agité par le vent et une houle de 3 mètres, lundi 6 octobre semble très favorable à lancer la compétition avec une houle en baisse de 2m50 tôt le matin et un vent offshore modéré toute la journée selon les prévisions. Le plein bas aura lieu dans la matinée avec un gros coefficient, et le premier call aura lieu à la plage des « culs nus » à midi.
L’ADN du Royal Barrique reste intact
Créée en 2007 par l’association Estim, la compétition landaise s’est bâtie une réputation unique : un seul tube compte. Pas de combos, pas de figures bonus — le vainqueur est tout simplement l’auteur du plus beau barrel, et repart avec 1 000 €. C’est cette simplicité redoutable qui a fait la magie du Royal Barrique : une lecture de bancs chirurgicale, un placement millimétré, et ce moment suspendu où l’on disparaît dans le barrel avant de jaillir, bras levés, tel un gladiateur.
La waiting period demeure inchangée : 31 jours pendant tout le mois d’octobre. L’organisation déclenche l’épreuve le jour où tout s’aligne (houle, vent, marée, bancs). Côté terrain de jeu, on reste sur les bancs mythiques des Landes, Hossegor ou Capbreton selon la meilleure fenêtre.
2025 : un format plus collectif, pensé avec les invités
Après l’édition 2024, Estim a sollicité les surfeurs pour recueillir leurs retours. Résultat : un format revisité qui conserve la règle d’or du « meilleur tube », tout en apportant plus de clarté pour le public et plus d’implication pour les athlètes.
1) Invitations : 8 équipes, 48 invités
Cette année, l’organisation convie 8 équipes. Chacune sélectionne 9 surfeurs — 6 titulaires + 3 alternates — afin d’aligner 6 surfeurs le jour J. Le but : garantir un niveau homogène, éviter les forfaits de dernière minute et créer une dynamique de team. On passe d’un casting individuel à un véritable esprit d’équipe, sans diluer la quête du barrel parfait.
2) Déroulé : 4 heures, 4 sessions
Le contest se structure en 4 sessions d’1 heure. Chaque invité(e) surfe deux sessions d’une heure. Par session, on envoie 3 riders par équipe, soit 24 surfeurs à l’eau simultanément. Ce rythme soutenu promet un flux continu d’action, idéal pour le live, les highlights et les réseaux sociaux. Pour les surfeurs, c’est un double enjeu : gérer son énergie et choisir ses bombes au moment opportun.
3) Le call : 8 capitaines, 8 voix
Grande nouveauté, chaque équipe désigne un capitaine. Le jour où les conditions s’annoncent parfaites, ces 8 capitaines votent pour définir le “call” et lancer officiellement la compétition. Fini la décision verticale : place à un call partagé, plus représentatif des sensibilités du line-up. En prime, cela responsabilise les teams sur la lecture de houle, la marée et l’état des bancs.
4) Palmarès : le plus beau tube… et la meilleure équipe
La couronne individuelle du meilleur tube reste la récompense suprême. Mais en 2025, un nouveau prix d’équipe fait son apparition pour célébrer la cohésion, la stratégie de placement et la capacité d’un collectif à optimiser chaque fenêtre. On garde la légende des barrels, on ajoute un récit de team.
Ce que ça change concrètement
Pour les surfeurs : finie la solitude totale. Il faut composer avec sa team, lire le spot à plusieurs, gérer les priorités, anticiper la marée et calibrer le risque. Les alternates deviennent stratégiques pour maintenir un niveau maximal si la journée parfaite tombe en semaine ou en fin de waiting period.
Pour le public : un programme plus lisible (4 blocs d’1 h), plus dense et plus spectaculaire. On sait quand regarder, quoi attendre, et on profite d’un turn-over constant d’actions.
Pour les médias : un format idéal pour TikTok, Reels et Discover : règles claires, storytelling d’équipes, et ces clips toujours magnétiques où un surfeur disparaît dans l’ombre avant de ressortir au soleil.
Les équipes invitées au Royal Barrique 2025
Béret Noir
Louis Poupinel – capitaine
F. Guilhemsang – vice-capitaine
Antoine Benetrix
Camille Liets
Thomas Tribout
Paul Bayle Alternates : Boris Tachon, Nolan Poirier, Léo Havion
Lou Surfou
Justin Bécret – capitaine
Nanook Ballerin – vice-capitaine
Nelson Cloarec
Pierre Rollet
Marley Benesenes Masse
Arnaud Binard Alternates : Tom Cloarec, Paul Duvignau, Margo Liets
Estim Friends
Thomas Baché – capitaine
Stéphane Ducos – vice-capitaine
Romain Laulhé
Thomas Esquillot
Naum Ildefonse
Maxime Huscenot Alternates : Jorgann Couzinet, Pierre Picat, Rémi Derepas
Hossegor Surf Club
PV Laborde – capitaine
Marc Lacomare – vice-capitaine
Miky Picon
Nicolas Paulet
Axel Dominguez
Paul Boniface Alternates : PC Distinguin, Hugo Prins, Zoé Jaeckin
Local Heroes
Guillaume Mangiariotti – capitaine
Thomas Maallem – vice-capitaine
Benjamin Sanchis
Joan Duru
Aldric God
Tya Zebrowsky Alternates : Tim Ehrhard, Charly Martin, Paul Lou Laborde
Partners All Stars
Mathias Maallem – capitaine
E. Cavallini – vice-capitaine
William Aliotti
Charly Quivront
Boris Romann
Maxime Perez Alternates : Malone Viegue, Maud Lecar, Aelan Vaast
Santocha Surf Club
Arnaud Darrigade – capitaine
Vincent Verdier – vice-capitaine
Léo Bernatas
Théo Coathalem
Mathieu Agnès
Roc Marquez Alternates : Daniel Germain, Enzo Merceron, Benjamin Pilon
Krabing
Sam Piter – capitaine
Kyllian Guerin – vice-capitaine
Didier Piter
Aaron Bacon
Jade Magnien
Noa Dupouy Alternates : Oscar Aumont, Selyann Zouhir, Jules Zancanaro
Les catégories d’invités (philosophie de sélection)
Des locaux : majorité des invités basés dans le sud des Landes.
Des performeurs : priorité à ceux qui ont « répondu présent » les années passées.
Des surfeuses : faire venir les meilleures tuberiders.
Des légendes : habitués des cavernes landaises.
Des young guns : révélés sur les dernières sessions de tubes.
Des riders Estim : membres de l’asso et tuberiders émérites.
Des “hors Landes” : ils font la route quand ça tube.
Des pros : fine fleur du surf français.
Des wildcards partenaires : les meilleurs tuberiders de leurs marques.
À retenir
Le Royal Barrique 2025 réussit un équilibre rare : préserver la pureté d’un contest « tubes only » tout en modernisant son fonctionnement. Plus collectif, plus rythmé, plus limpide — sans rien enlever à l’essentiel : ce frisson quand un surfeur s’enferme profondément, que le monde se tait, et que tout le spot explose à la sortie.
FAQ express
Quand ? À n’importe quel moment en octobre 2025 (waiting period 31 jours). Où ?Hossegor ou Capbreton, selon les bancs de sable, les marées et les conditions de surf. Comment gagner ? En rentrant le plus beau tube (1 000 €). Un prix d’équipe est ajouté. Combien de surfeurs à l’eau ?24 par session (3 par équipe), 4 sessions d’1 h, chaque invité(e) surfe deux fois.
Biarritz a vibré tout le week-end : style, lignes infinies et ambiance feel good sur la plus iconique compète de longboard d’Europe.
Les faits marquants
Pour sa 9e édition, la O’Neill Belza Classic a tenu toutes ses promesses du 26 au 28 septembre sur la Côte des Basques. Soixante-dix longboardeurs et longboardeuses — un plateau record depuis la création en 2016 — se sont disputé les podiums dans des conditions idéales pour exprimer un surf précis, élégant et engagé.
Chez les hommes, la légende locale Édouard Delpero s’impose à domicile, confirmant son statut de référence internationale du style classique moderne. Le champion du monde ISA, déjà vainqueur en 2024, a dompté les longues droites biarrotes avec ce mélange de technique et de style qui fait sa signature.
Chez les femmes, la sensation venue d’Italie Ginger Caimi réalise un rêve d’enfance : première place à la Belza Classic 2025. À seulement 13 ans, la benjamine du World Longboard Tour empile les succès (QS, titres nationaux, couronnes européennes juniors) et signe à Biarritz une victoire majeure dans une année déjà étincelante, avant de s’envoler vers Abu Dhabi pour la troisième étape WLT.
Ambiance et animations
Si le show à l’eau a régalé chaque journée, le spectacle s’est prolongé en fin d’après-midi par concerts, DJ sets et une buvette conviviale avec vue imprenable sur l’Atlantique.
Au fil du week-end, le public a profité d’animations gratuites : yoga et Pilates pour réveiller les corps, expos photo et sculpture, atelier de custom de planches, sans oublier des rendez-vous ludiques devenus cultes. Mention spéciale au Wine4Tricks, où les riders rivalisent de créativité, et à la Skateboard Slalom Race du samedi (17 h), qui a transformé la promenade en mini-asphalte de compétition.
Entre l’exécution chirurgicale d’Édouard Delpero et la fraîcheur insolente de Ginger Caimi, l’édition 2025 restera comme un millésime charnière : record de participation, show à l’eau, et une atmosphère qui fait dire à beaucoup qu’à Biarritz, la Belza Classic est plus qu’une compétition : c’est un rendez-vous de la culture glisse.
Grosse frayeur au Tunel Crew Shootout (Itacoatiara, Brésil) : le jeune talent Gabriel Klaussner a frôlé la noyade après un wipeout ultra-violent. Grâce à l’intervention express de Weslley Dantas et d’autres surfeurs, l’histoire se termine bien.
Un choc violent qui a désorienté le surfeur
En pleine série de compétition, Gabriel Klaussner (20 ans) s’engage un peu « late » sur une droite épaisse, il réalise ton take off sur la pointe des pieds, il perd le contrôle en bas de vague avant de percuter eau et sable de plein fouet. Désorienté, il reste sous l’eau de longues secondes, remonte hébété, puis se fait à nouveau brasser par la série. Il racontera avoir frappé très fort au niveau de son oreille, ne plus savoir où était la surface, et s’être agrippé à son leash par pur réflexe de survie.
Depuis la plage, les commentateurs alertent immédiatement, et demandent l’aide du jet-ski. Dans l’eau, plusieurs compétiteurs quittent le line up pour aider. En tête, Weslley Dantas fonce, saisit Klaussner et le maintient à flot dans un shorebreak remuant et sans pitié, rapidement épaulé par Valentin Neves, Pedro Barbosa et d’autres surfeurs, ainsi qu’un sauveteur local. Le post officiel du Tunel Crew souligne cette chaîne de solidarité, qui a permis encore une fois qu’un drame ait lieu. Le jeune surfeur brésilien Gabriel klaussner a rapidement rassuré ses proches, expliquant se remettre, tout en remerciant Dantas (“Weslley”) et “Tin” (Valentin Neves).
État de santé et précautions
Au moment où nous écrivons ces quelques lignes, Gabriel évoque un tympan probablement perforé, des vertiges intermittents et une douleur vive, sans diagnostic médical formel. Rappel basique, mais vital : en cas de suspicion de lésion de l’oreille (douleur, sifflement, vertiges), on stoppe net, on évite toute immersion et on consulte rapidement (ORL).
Itacoatiara, un puissant beach break
Itacoatiara est le beach break le plus violent au Brésil, une réputation qui a fait plusieurs fois le tour de la terre. D’ailleurs, il y a quelques semaines, une compétition de grosses vagues avaient eu lieu, où le surfeur français Clément Roseyro avait brillé. Cette fois, c’était une compétition de tubes, l’équivalent de notre Royal Barrique.
Cette année, c’est le surfeur brésilien Lucas Chumbo, qui a gagné le O Tunel Crew Shootout Itacoatiara 2025.
Soleil landais, houle bien orientée, public massif : la dernière journée du Quiksilver Festival 2025 a tenu ses promesses sur la plage du Boiteux à Hossegor. Au terme d’un format par équipes qui a rythmé toute la semaine, le duo Zeke Lau (HAW) / Leonardo Fioravanti (ITA) remporte l’édition 2025, devant des tribunes naturelles bondées et une ambiance de fête mêlant surf, skate et musique.
Une belle houle générée par l’ex dépression tropicale Gabrielle a déroulé toute la journée sur la plage du Boiteux à Hossegor. Pas de vent ce matin, un plan d’eau “vert brillant” : le type de condition qui autorise à la fois les airs techniques et manœuvres radicales. Parfait pour conclure une semaine où le festival a alterné formats ludiques et show pur.
Session 1 : « Best Combo »
Le thème du matin imposait le combo parfait : enchaîner au minimum deux manœuvres par vague, avec style et variété, sans sacrifier la qualité. Les compétiteurs ont multiplié carves appuyés, snaps précis, re-entries engagés et fins de vagues chirurgicales. Les équipes les plus régulières ont pris une longueur d’avance en misant sur l’enchainement de deux manœuvres engagées plutôt que sur la simple addition de turns.
Session 2 : « Biggest Turn »
L’après-midi, place au gros engagement. Objectif : claquer la manœuvre de la journée. On a vu des airs spectaculaires et des rollers à midi qui ont électrisé la plage. Dans cet exercice “one shot”, les gros scores se sont joués dans les airs et l’engagement — avec bonus public garanti quand l’atterrissage était propre.
Les vainqueurs et les temps forts
Zeke Lau & Leonardo Fioravanti s’adjugent la couronne 2025, maîtres de la lecture de vague et du timing, capables de scorer dans les deux themes du jour.
Le festival a aussi brillé par son casting : Kai Lenny, Jérémy Florès, Kauli Vaast (champion olympique), Marco Mignot (Rookie WSL 2025), Vahiné Fierro (reine de Teahupo’o) ou encore Hughie Vaughan, sensation australienne très en vue sur les sections aériennes.
Format par équipes
Au total, 6 manches se sont déroulées durant l’événement, chacune avec un thème imposé et un format en duo. Cette mécanique a laissé la place à la créativité, à la complicité entre surfeurs, et à un spectacle lisible pour le public.
Classement officiel
Zeke Lau (HAW) & Leonardo Fioravanti (ITA) — 68,29 pts
Kyllian Guerin (FRA) & Sam Piter (FRA) & Noa Dupouy (FRA) — 66,26 pts
Kanoa Igarashi (JPN) & Alan Cleland (MEX) — 65,19 pts
Note : la 2e place regroupe une équipe tricolore élargie particulièrement en forme sur la journée finale, récompensée par la constance et quelques gros moments de bravoure.
Une semaine de fête : live, skate, ciné, éco-gestes
En dehors de l’eau, le Quiksilver Festival a déroulé son ADN lifestyle : concerts live, contests de skate, projections et ateliers de ramassage. Avec un public venu de toute l’Europe pour dix jours dédiés à la culture surf/skate/musique, Jérémy Florès et Quiksilver confirment le festival comme rendez-vous incontournable dans le monde du surf.
Hier à Hossegor, le Quiksilver Festival présenté par Swatch a repris avec un mot d’ordre simple et ludique lancé par Miky Picon à 11h15 : “Combo”. Petites vagues propres, séries de 30 minutes et liberté totale de matériel — l’ambiance parfaite pour laisser parler la créativité. La foule s’est massée dès la première série de la journée, fidèle à sa réputation.
Un format “Combo” qui change tout
Le thème imposait la variété des manœuvres plutôt que le one-move killer. Résultat : des séries rythmées, du flow et des vagues surfées du début à la fin avec des carves, re-entries et airs. Ceux qui ont su enchaîner sans temps mort ont pris une longueur d’avance.
Les moments forts sur l’eau
Noah Dupouy a immédiatement donné le ton, fluide et incisif, comme au premier jour.
Michel Bourez a choisi majoritairement les gauches pour exprimer sa puissance, timing impeccable et style propre.
Série survoltée entre Ace Buchan, Clay Marzo, Zeke Lau, Al Cleland et Jaime Veselko : beaucoup de vagues, beaucoup d’action.
Mikey Wright, présent, mais généreux, a de nouveau cédé sa place à la relève Quik (après Rocco la veille, Jaime hier), signe fort de transmission ou de fatigue.
Coup d’éclat aérien pour Noah Beschen avec un full rotation frontside énorme. Noté 6,83 seulement — rappel utile : hier, c’était le combo qui payait, pas le single trick.
L’instant d’union : hommage à Bern Page
La compétition s’est interrompue pour un paddle-out en mémoire de Bern Page, directeur Sécurité de la WSL récemment disparu. Plage muette, cercle humain refermé au large : un moment de recueillement fort qui a rappelé ce que la communauté surf a de plus beau. Pour en savoir plus sur Bern Page
La note la plus haute pour Thomas Debierre
En fin de journée, Thomas Debierre a trouvé une pépite, qu’il a parfaitement surfée : 8,17, meilleure note du jour — comme la veille. Régularité chirurgicale, enchaînements propres et aucune hésitation. C’est le seul surfeur de la compétition qui a décidé de garder sa planche twin-fins pour l’épreuve combo. Je pense qu’il a une board magique. Dans la même série, Marc Lacomare et Sam Piter ont rappelé que Hossegor est leur jardin.
Classement provisoire : l’Europe en tête… sauf exception
Les équipes européennes dominent le tableau avec trois teams en haut du ranking. Seule entorse au monopole : Zeke Lau, associé à Leonardo Fioravanti, conservait la première place avec suffisamment d’avance pour aborder la journée finale en favoris.
Le monde du surf est en deuil. Ce matin, la triste nouvelle est tombée : Bern Page, directeur mondial de la sécurité et de la sûreté pour la World Surf League (WSL), est décédé. Présent depuis près d’une décennie sur les compétitions, il était une figure familière pour les surfeurs comme pour les fans, toujours discret, mais essentiel au bon déroulement du Tour.
C’est une figure bien connue des surfeurs d’Hossegor, puisqu’il y a séjourné. Personnellement, j’ai pu le croiser à de nombreuses reprises, et c’était une figure que j’aimais rencontrer, un mec sympa avec un accent dont j’avais du mal à reconnaître…
Un hommage a été rendu à Bern Page durant le Quiksilver Festival Hossegor dans la pure tradition surf.
Un homme de l’ombre, essentiel au bon fonctionnement du Tour
Son rôle n’était pas de briller devant les caméras, mais de garantir que la sécurité des meilleurs surfeurs du monde. À Jeffreys Bay, à Teahupo’o, à Pipeline ou au Brésil face à des foules immenses, Bern Page veillait à ce que les athlètes passent des vagues au podium sans encombre. Sa mission allait bien au-delà de la simple sécurité : il incarnait l’autorité calme, l’intégrité et le professionnalisme qui ont permis à la WSL de maintenir un niveau d’organisation élevé. Même durant la pandémie, son rôle fut crucial pour remettre le Championship Tour en route dans des conditions sanitaires strictes et sécurisées.
Un homme apprécié et respecté de tous
Derrière son rôle sérieux, Bern était surtout connu pour sa gentillesse et son humour. Les surfeurs, les équipes et tous ceux qui travaillaient avec lui se rappellent d’un sourire facile, d’un mot pour détendre l’atmosphère et d’une attitude profondément humaine. Yago Dora, tout juste sacré champion du monde, lui a rendu hommage sur les réseaux sociaux. La jeune prodige Erin Brooks a également exprimé sa peine, tout comme de nombreux surfeurs de l’élite et du circuit junior. Kelly Slater, qu’il avait accompagné et protégé dans d’innombrables compétitions, figure parmi ceux qui avaient le plus de respect pour son travail et sa personne. Tous les témoignages illustrent bien la place particulière qu’occupait Bern Page dans la grande famille du surf : celle d’un homme de confiance, d’un pilier discret, mais indispensable.
Une vague d’émotion dans la communauté surf
La World Surf League a publié un message officiel sur Instagram :
« Son engagement indéfectible a contribué à fixer et maintenir les normes les plus élevées sur nos compétitions et nos événements. Son intégrité et son professionnalisme ont marqué profondément non seulement notre organisation, mais aussi toutes les personnes qui ont eu la chance de travailler à ses côtés. » Cette déclaration reflète l’émotion générale : au-delà du professionnel, c’est un ami, un compagnon de route, une figure bienveillante que le surf vient de perdre.
Un départ qui laisse un vide immense
À l’heure actuelle, les circonstances de sa disparition n’ont pas été précisées. Mais son absence se fait déjà sentir dans les coulisses du Tour. Dans un univers où la performance et le spectacle attirent la lumière, Bern représentait cette force tranquille qui assurait que tout se passe bien. Sa disparition rappelle aussi combien les visages de l’ombre sont essentiels à la vie du sport de haut niveau. On se souvient souvent des champions qui lèvent les trophées, mais rarement de ceux qui rendent ces moments possibles.
Un dernier mot
Pour les compétiteurs, les équipes et les passionnés qui suivaient le Tour, Bern Page n’était pas qu’un responsable sécurité. Il était une présence rassurante, un allié discret et un ami. Sa perte est une tragédie pour toute la communauté surf. À sa famille, à ses proches et à tous ceux qui l’ont côtoyé, nous adressons nos plus sincères condoléances. Le line-up mondial a perdu l’un de ses gardiens les plus respectés.
Deux systèmes tropicaux – l’ouragan Humberto et une dépression appelée Invest 94L (susceptible de devenir Imelda) – évoluent actuellement dans l’Atlantique. Leur proximité pourrait déclencher un effet Fujiwhara, un phénomène météorologique rare qui complique fortement les prévisions… et qui peut modifier la trajectoire, l’intensité et la houle attendue des deux systèmes.
Qu’est-ce que l’effet Fujiwhara ?
L’effet Fujiwhara survient lorsque deux cyclones tropicaux s’approchent suffisamment l’un de l’autre : ils commencent alors à tourner autour d’un centre commun, un peu comme deux patineurs se saisissant par les mains. Selon l’équilibre de puissance, plusieurs scénarios existent : le plus faible peut être absorbé par le plus fort ; deux systèmes de force comparable peuvent fusionner ou simplement se déphaser et repartir chacun sur sa route.
Situation actuelle (samedi 27 septembre 2025, heure de Paris)
Humberto : le NHC a confirmé qu’il s’agit d’un ouragan majeur en Atlantique central, positionné au NE des Petites Antilles, générant une mer dangereuse vers Porto Rico, les Îles Vierges et jusqu’à Bermuda au cours du week-end. Trajectoire générale d’abord vers le nord, puis accélération vers le nord-est en début de semaine.
Invest 94L → “Imelda” (Pot. Tropical Cyclone Nine) : vaste zone perturbée proche d’Hispaniola / Cuba oriental, susceptible de devenir Imelda. Pluies diluviennes et inondations sont déjà signalées en République dominicaine ; l’évolution future reste incertaine (Bahamas, Carolines, blocage anticyclonique possible, ou décalage en mer). Le NHC publie des messages clés dédiés.
Pourquoi c’est compliqué ? La proximité d’Humberto et de 94L pourrait enclencher un couplage partiel (type Fujiwhara) qui brouille les modèles : variations d’intensité, d’angle de recourbement, voire capture/repoussement mutuels. Les médias météo américains notent des scénarios concurrents, du ralentissement avec boucle près des Bahamas jusqu’à un atterrissage pluvieux sur le Sud-Est des États-Unis (Géorgie/Caroline du Sud), ou un maintien au large sous l’effet d’une dorsale.
Les trois trajectoires principales évoquées
Lenteur puis sortie au large : un minimum se creuse, stationne vers l’ouest des Bahamas plusieurs jours, avant de filer au NE ; gros risque d’inondations locales, mais impact continental direct limité. politico.com
Atterrissage sur le Sud-Est US : renforcement de la perturbation vers Géorgie/Caroline du Sud, avec vents forts, pluie et surcote. Des mesures préventives sont déjà enclenchées (état d’urgence/local). AP News
Blocage anticyclonique : la dorsale garde le système au large, retombant surtout en houle longue et courants de baïnes, tout en préservant les côtes américaines d’un impact direct. politico.com
Impacts possibles côté Atlantique (météo & surf)
Bermuda / Antilles nord : houle dangereuse et courants ce week-end sous l’influence d’Humberto.
Sud-Est des États-Unis : selon le scénario, de fortes pluies et inondations côtières sont plausibles en début de semaine. Rester aligné sur les avis NHC et autorités locales.
Atlantique Nord-Est (Europe) : trop tôt pour parler d’un signal net vers la Péninsule Ibérique / France. Si Humberto s’évacue vers le NE en restant puissant, un train de houle longue pourrait traverser le bassin plus tard, sans garantie à ce stade. (Point de situation à réactualiser avec les prochains bulletins du NHC.)
Pourquoi cet épisode intéresse les surfeurs et les côtes atlantiques ?
Tous les surfeurs européens le savent : les houles cycloniques sont des temps forts de l’année. Quand un ouragan longe la côte américaine avant de remonter vers l’Europe, l’espoir de belles vagues renaît. Avec les conditions faméliques du moment, chacun scrute les cartes à la recherche d’un train de houle salvateur. Car si un cyclone peut offrir de longues houles parfaitement rangées, l’éventuel effet Fujiwhara promet, lui, un vrai casse-tête pour les météorologues en herbe que nous sommes.
Même quand l’Atlantique ressemble à un lac, Hossegor sait mettre le feu. Après la fiesta de la veille, le Quiksilver Festival presenté par Swatch (première fois que je l’invoque) a patienté jusqu’à l’après-midi pour lancer le Round 3, sous un thème imposé : twin fins (2+1 toléré). Menu du jour : petites gauches, un soupçon d’onshore, sections qui s’écrasent vite. Bref, il fallait bien choisir ses vagues, générer sa vitesse et soigner les fins de vague.
Joan Duru co-partage sa série avec Griffin Colapinto, mais hausse réellement le niveau avec un 7,93 — rare sur un line-up aussi radin.
Kai Lenny déroule à volonté (même switch par moments), multipliant les “manœuvres” sur les gauches rikiki.
Al Cleland, malgré zéro heure de sommeil, gagne son heat et joue le sauveur de la team Quik. Vahine Fierro échoue à 0,23 point : après ses droites des jours précédents, elle prouve une vraie maîtrise en gauche en twin.
Hughie Vaughan, Conner Coffin, Luís Perloiro et Kanoa Igarashi (qui sort de nulle part après six jours, lol) alternent les opportunités à marée haute, traquant chaque section notée.
L’ovation du jour pour Thomas Debierre : une gauche White Fiji-style jusqu’au sable pour un 8,07, bruitomètre au taquet.
Mikey Wright cède sa place au supergrom italien de 12 ans, Rocco Rigliaco (récent vainqueur du SHELTER 4teens). Pas d’appréhension face à Matt Wilkinson, qui signe sa meilleure vague avec une finition impeccable.
Le matin, Raipoe Chapelier (toute jeune, cheveux platine) transforme un close-out en pointbreak miniature : style, flow, self-power. Un nom à retenir.
À terre : la ville en mode festival Côté surf c’était modeste, mais Hossegor vibrait :
Première de Snapt5 devant un public médusé.
Quiksilver prend la ville : rues fermées, skate jam, concerts, meet & greet XXL au flagship.
Au Café de Paris, les girafes de bière disparaissent jusqu’à rupture.
Swatch accueille discrètement sa nouvelle signature avant un détour plus bruyant au Boardriders Capbreton.
Prochaine échéance, aujourd’hui, samedi 27 septembre 2025, le call est à 10H pour un début de compétition à 11H, afin de profiter de la marée descendante. Un seul tour aura lieu. La houle est en baisse, pas les meilleures conditions, mais un vent favorable une grande partie de la journée. Dimanche, plus de vagues, plus de vent, on devrait avoir du surf toute la journée.
On l’a croisé d’abord dans les Landes, sur le sable avec Édouard Delpero. « C’est un bon lui », glissait alors le multiple champion. Depuis, j’entends revient régulièrement son nom dans les conversations longboard : Louis Marchiset. Vingtaine d’années, style propre, appétit pour les vagues qui ne pardonnent pas. Et ces derniers mois, une idée fixe : pousser le longboard là où on ne l’attend pas.
Louis a grandi entre Guéthary et les bancs landais, où la culture longboard côtoie des line-ups teigneux. Très vite, il tape dans l’œil des marques et de la scène française et s’impose chez les jeunes, avec un titre national Espoir en 2021, sauf erreur de ma part.
Mais au-delà des nose-rides parfaitement calés, il cultive une autre obsession : engager des planches de 9 pieds dans des vagues à sections creuses. Une lignée qu’on a déjà vue chez les Delpero, chez Paul Duvignau dans les Landes, ou encore chez quelques locaux d’Hawaii sur le North Shore. Cette école du « longboard sous stéroïdes » réclame ligne, lecture et sang-froid.
Parce que Louis est allé chercher plus loin. Direction Tahiti. Une vague au nom qui claque et qui cloue : Teahupo’o. Un mur d’eau vivant, puissant, mutique, qu’on aborde en respect absolu. Et lui a choisi d’y entrer… en longboard, en backside comme un regular qu’il est, avec ce mélange de témérité et d’humilité qui force l’attention.
Sur ses réseaux, il raconte surtout le chemin. Pas de fanfaronnade, plutôt une méthode : tenter, analyser, recommencer. Et surtout, accepter que Teahupo’o décide.
« The End of the Road porte bien son nom. Des mois de galères et de travail acharné avant de pouvoir rêver à nouveau. […] Repousser les limites du longboard, encore et encore. »
Cette progression, c’est aussi l’art de se replacer. Être « plus deep », sans se mettre à la faute, pour laisser la lèvre vous engloutir juste ce qu’il faut.
« Je fais, j’analyse, j’apprends, et je recommence. Respect, humilité, patience. Ready for the next swell. Go big, but go deep. »
Le prix de l’engagement : quand le corps dit stop
Le trip tahitien n’a pas été une ligne droite. Louis raconte avoir contracté la ciguatera après un mauvais poisson. Fièvre, faiblesse, fourmillements : impossible de surfer pendant plusieurs jours. Et puis, la veille du vol retour, deux heures d’énergie retrouvée, suffisantes pour chasser la bombe.
« Bien deep, sûrement la meilleure gauche de ma vie. Pas d’image, mais elle restera gravée… et dans celle de quelques locaux. »
Et maintenant ?
Note à nous-mêmes : le rencontrer. Aller chercher son parcours (coachs, boards, réglages de dérive, quiver tahitien), comprendre ce qui change concrètement entre un nose ride à la maison et un take-off critique à Teahupo’o. Et documenter cette lame de fond du longboard engagé qui traverse la côte basque et au-delà.
Depuis mardi, rideau total sur le Quiksilver Festival : quelques bouts sont passés, mais rien de digne du casting. Le tableau change enfin. Vendredi, un petit surf propre revient et grossit doucement. Samedi, fenêtre technique à saisir très tôt. Dimanche, l’ex-dépression Gabrielle envoie une houle longue potentiellement décisive… mais à double tranchant.
Vendredi 26 septembre — petit propre le matin, mieux le soir
Taille : 50–80 cm à l’aube → 0,8–1,0 m en fin de journée.
Vent : offshore le matin, favorable jusqu’à la mi-journée, puis thermique faible à modéré.
Timing malin : viser la mi-marée à la marée basse.
Spots : le spot du boiteux n’a pas l’air le plus consistant sur la marée haute. Par contre, dés que la marée est bien basse, le spot est consistant.
Compétition : call 10 h – plage du Boiteux.
Samedi 27 septembre — fenêtre technique à l’aube
Taille : 80 cm–1 m tôt → 50–70 cm l’après-midi (tassement).
Vent : encore offshore au lever du jour, onshore modéré ensuite.
Stratégie compétition : Ben, on ne sait pas, on n’est pas directeur de la compétition. Mais on devrait avoir du surf de la mi-marée à la marée basse. Attention, conditions poussives dans l’après-midi. On saura le call demain soir
Dimanche 28 septembre — la journée « joker »
Houle : arrivée d’une ONO très longue période (~17 s) liée à l’ex-Gabrielle.
Taille attendue : 1,0–1,2 m en première partie de journée, pouvant tendre vers 1,5 m sur les meilleurs créneaux.
Vent : tendance favorable une bonne partie de la journée.
Double tranchant : une période très longue, donc des vagues très longues et plein ouest sur des bancs de sable dont on ne sait pas comment ils réagissent face à une houle si longue. Il y a un banc de sable à quelques mètres au nord qui pourrait se réveiller avec une telle orientation.
Plan d’action : Finir la compétition, avec un call pas trop tôt après la fête du samedi soir à la place des landais.
Météo & état de mer (contexte)
Ce matin : dépression ~1015 hPa glissant de l’ouest Gironde vers l’est, ciel couvert à pluvieux.
Températures eau : 20–21 °C (Gironde), 22–21 °C (Côte Basque).
Large : 3–4 m de houle au large Golfe de Gascogne, énergie en baisse puis ré-alimentation par la houle longue de dimanche.
Des animations tous les soirs
il y a la compétition, mais n’oubliez pas les différentes animations tout au long de la journée, mais encore plus le soir. Il y a de nombreux concerts, notamment le vendredi et samedi soir place des landais.
La communauté hawaiienne du surf est en deuil. Le week-end dernier, Fullerton “Hopena” Pokipala, waterman respecté et surfeur de grosses vagues, est décédé à l’âge de 30 ans à la suite d’un accident de voiture survenu à Waimanalo, sur la côte sud-est d’Oahu.
Selon la police locale, l’accident s’est produit samedi soir aux alentours de 20 heures. Hopena conduisait un véhicule utilitaire lorsqu’il a franchi un stop au croisement de la Kalanianaole Highway. Sa voiture a été percutée par celle d’un automobiliste de 74 ans. Le choc a été violent : le véhicule utilitaire s’est retourné et Hopena a été transporté d’urgence à l’hôpital dans un état critique. Il a succombé à ses blessures peu après.
Un “ambassadeur de l’aloha”
La disparition de Pokipala a bouleversé sa famille et ses proches. Son oncle, Clif Botelho, a rendu hommage à un homme profondément généreux :
“Hopena était un ambassadeur de l’aloha. L’incarnation même de l’amour et du partage. Il aurait donné sa chemise, ses vêtements, tout ce qu’il avait, simplement pour rendre ce monde meilleur. Notre ʻohana est dévastée.”
Ce témoignage illustre parfaitement la réputation de Hopena : celle d’un homme tourné vers les autres, apprécié bien au-delà de la sphère du surf.
Un waterman accompli
Au-delà de son caractère, Hopena était aussi un waterman complet, amoureux de l’océan et de ses défis. Passionné de grosses vagues, il avait surfé à Waimea Bay des murs d’eau qui imposent le respect. Sur son 30ᵉ anniversaire, il avait d’ailleurs partagé une vidéo de lui chevauchant une vague gigantesque, symbole de sa soif d’adrénaline et de sa proximité avec l’océan.
Mais Hopena ne se limitait pas au surf. Docker de profession, il s’était également lancé dans un business original d’huîtres, et nourrissait des ambitions politiques pour sa communauté. Toujours en quête de nouveaux horizons, il vivait à la fois avec intensité et ouverture.
Un amour interrompu trop tôt
La vie personnelle de Pokipala était elle aussi pleine de promesses. Récemment marié à Allie Chu, ancienne Miss Hawaii, il préparait avec elle une réception prévue pour mars prochain. Leur union, saluée comme l’union de deux âmes profondément attachées à leur île, symbolisait l’avenir radieux qui s’ouvrait à eux.
“Il a eu la chance d’épouser l’amour de sa vie”, a rappelé son oncle. “Ils avaient le rêve de rester ensemble pour toujours. C’est une maigre consolation, mais au moins ils ont pu réaliser ce souhait.”
Un héritage fort pour la communauté
La mort de Fullerton “Hopena” Pokipala laisse un vide immense dans la communauté hawaiienne. Son héritage, fait de courage, de générosité et de passion pour l’océan, continuera de marquer ceux qui l’ont connu. À travers ses vagues domptées, ses projets, son sourire et son esprit de partage, il restera pour beaucoup un modèle et une inspiration.
Après plusieurs jours de tempête, le Quiksilver Festival 2025 a enfin repris ce matin à Hossegor. Les compétiteurs ont retrouvé des vagues d’un bon mètre, bien propres avec un vent offshore glacial, mais parfait pour le surf. Des conditions idéales pour un spectacle à la hauteur du casting. Le Quiksilver Festival Hossegor est « on ».
Une matinée explosive
Dès les premières séries, le ton était donné. Le moment fort reste l’énorme full rotation de Sam Peter sur une gauche, noté 8,50 par les juges. Dans la foulée, Noah Beschen a poursuivi le spectacle avec ses envolées aériennes toujours aussi engagées.
De retour de son mariage, Leonardo Fioravanti n’a pas perdu de temps pour marquer les esprits : vitesse, gros airs et surf incisif ont ponctué sa première apparition dans cette édition. Griffin Colapinto, lui, a confirmé sa polyvalence avec un petit tube calé, des turns puissants et des airs parfaitement posés.
Chez les filles, la plus impressionnante fut Vahine Fierro, auteur(e) d’un surf rapide et tranchant, frappant la lèvre avec puissance et précision à chaque manœuvre.
Les jeunes mettent le feu
Si les têtes d’affiche ont assuré le spectacle, Hughie Vaughan a littéralement éclaboussé la compétition de son talent. Le jeune surfeur australien de 18 ans a enchaîné les airs engagés, souvent posés sur le plat, avec des réceptions périlleuses, mais spectaculaires, déclenchant l’enthousiasme du public.
Classement après le round 2
Le classement provisoire place Ezekiel Lau et Leonardo Fioravanti en tête avec un total de 28 points (mais nous posons réclamation car sa meilleure vague n’était pas posée), devant l’équipe de Kyllian Guerin, Sam Peter et Noa Dupouy (24 pts) et le duo Jeremy Flores / Marco Mignot (23 pts).
Parmi les poursuivants, Noah Beschen et Clay Marzo confirment leur explosivité, enfin surtout Noah (21 pts), tandis que la performance collective du team 14 (Vaast, Brown, Colapinto, Bourez, Coffin) leur permet de rester dans le coup.
(Tableau complet des résultats ci-dessous)
Round 3 : les séries à suivre
Le public peut déjà se préparer à un nouveau spectacle, puisque le round 3 s’annonce relevé :
Série 1 : Ezekiel Lau, Michel Bourez, Jai Glindeman, Marc Lacomare, Aelan Vaast
Série 2 : Lungi Slabb, Joan Duru, Leonardo Fioravanti, Kai Lenny, Zoe Mcdougal
Série 3 : Alan Cleland, Vahine Fierro, Maud Lecar, Sky Brown, Griffin Colapinto
Série 4 : Mikey Wright, Luis Perloiro, Kauli Vaast, Conner Coffin, Juliette Lacome
Série 5 : Noah Beschen, Coco Ho, Marco Mignot, Thomas Debierre, Noa Dupouy
Série 6 : Dusty Payne, Eithan Osborne, Matt Wilkinson, Hughie Vaughan, Heimiti/Kohai Fierro
Série 7 : Adrian Buchan, Kyllian Guerin, Clay Marzo, Jackson Dorian, Jeremy Flores
La suite du festival
La compétition s’est arrêtée vers 13h, après avoir lancé un tour complet et terminé la série restée en suspens samedi. L’après-midi, le public a pu profiter d’une démonstration de freesurf signée par les jeunes Français et Tahitiens, avec notamment Marco Mignot dans l’eau.
Le prochain call est fixé demain matin à 9h30 pour un éventuel lancement à 10h30. En attendant, direction Seignosse pour une soirée festive au restaurant Le Surfing, histoire de prolonger la journée dans une ambiance conviviale.
L’édition 2025 du Quiksilver Festival à Hossegor avait tout pour bien commencer. Samedi matin, la plage du boiteux s’éveillait sous un soleil automnal malgré le calendrier encore estival. Dans l’eau, un joli mètre à plus déroulait, suffisant pour offrir un premier spectacle intense. La compétition était lancée, débutant avec un duel Noah Beschen contre Noa Dupouy. Dès les premières minutes, les deux jeunes se sont livrés une bataille aérienne, multipliant les manœuvres au-dessus de la lèvre. Un départ explosif qui annonçait une édition vibrante.
Mais à 14 heures, après 5 séries, tout a basculé. En quelques secondes, le vent a tourné et s’est transformé en véritable tempête. Les parasols plantés dans le sable se sont envolés dans une scène surréaliste : spectateurs courant après leur matériel, cris, rires nerveux. La tente de la marque Carver, emportée comme une voile géante, a signé le point d’orgue de ce chaos improvisé. La compétition a été stoppée net…
Une météo capricieuse
La soirée aurait pu sauver cette première journée. Les festivités ont bien débuté avec concerts et animations, l’ambiance était électrique. Mais la météo, décidément déchaînée, s’est rappelée à tout le monde. Rafales violentes, pluie battante : Hossegor s’est transformée en décor apocalyptique, forçant l’arrêt prématuré de la fête.
Dimanche matin, même constat : pluie, vent, ciel bas. Impossible d’imaginer relancer les séries dans ces conditions. La plage, balayée par les bourrasques, avait des airs d’hiver landais. Les organisateurs ont logiquement décidé d’annuler la journée, maintenant le suspense.
Lundi : faux espoir et nouveau report
Ce lundi 22 septembre, alors que la journée devait être « off », un call de dernière minute a surpris tout le monde. Les équipes ont envisagé de relancer la compétition malgré un vent toujours omniprésent. Mais après inspection du spot, la décision est tombée : aucune série ne sera surfée. Nouveau rendez-vous demain matin à 8h pour finir enfin ce premier tour.
Les résultats provisoires
Malgré cette interruption, quelques séries ont tout de même pu être validées avant la tempête de samedi. Voici les résultats provisoires :
1ers : Jérémy Florès & Marco
2es : Jackson Dorian & Eithan
3es : Coco & Zoë McDougall
La réplique du jour est signée Jérémy Florès, qui au micro a lâché avec son humour habituel : « J’ai créé l’événement juste pour le gagner. » Une punchline qui a fait sourire le public, même si Michel Bourez, à ses côtés, semblait émettre quelques réserves amusées.
Et maintenant ?
Demain, la plage d’Hossegor devrait vibrer à nouveau dès l’aube. Le call est fixé à 8h précises, avec l’espoir de terminer le premier round et continuer. Les surfeurs, eux, sont prêts à composer avec cette météo capricieuse. Après tout, qu’est-ce que le surf sinon l’art de s’adapter à l’océan et à ses humeurs ?
Avoir sa propre piscine à vagues dans le jardin. Une utopie pour la plupart d’entre nous, mais une réalité pour quelques passionnés américains. Aux États-Unis, un projet baptisé The Wave Source vient de voir le jour, et il est en train de faire rêver la planète surf.
The Wave Source : un rêve devenu réalité
Dans l’imaginaire collectif, la piscine à vagues est souvent associée aux grands complexes touristiques, aux parcs aquatiques ou aux mastodontes du surf business comme Kelly Slater Wave Co, Wavegarden ou PerfectSwell. Mais cette fois, l’histoire est différente : The Wave Source a été construite dans un simple jardin privé.
Deux ans de démarches administratives, deux mois de travaux, et un pari un peu fou : créer une vague surfable, sur commande, dans un bassin d’environ 200 pieds (soit plus de 60 mètres). L’idée est née de la passion de Tony, Ash et Justin, trois inventeurs amateurs, bien décidés à prouver que l’on peut rivaliser avec les géants du secteur, à échelle réduite et avec une bonne dose d’ingéniosité.
Une vague sur mesure
Le système mis au point est étonnant. La vague parcourt environ 200 pieds le long d’un mur et peut se surfer en gauche comme en droite. Dans la vidéo de présentation, seule la droite a été utilisée, car les gauches provoquaient trop d’éclaboussures hors du bassin.
Mais le plus impressionnant reste la modularité de la vague. Longueur, hauteur, puissance, variations… tout peut être ajusté grâce à un système de réglages accessible. Une véritable « vague sur mesure », qui transforme chaque session en laboratoire de surf.
Comme le raconte le spécialiste de skimboard et de surf de piscine Blair Conklin :
« Le plus fun pour moi a été de pouvoir régler les boutons et de voir quelle vague on allait créer ensuite. Les possibilités sont vraiment infinies. »
Testée par Ben Gravy et Blair Conklin
Pour donner vie au projet, les créateurs ont invité deux figures incontournables du surf alternatif et des vagues artificielles : Ben Gravy et Blair Conklin.
Habitué des sessions les plus improbables, Ben avoue avoir eu des doutes en voyant les premières photos. Mais une fois arrivé en Arizona, il a été bluffé :
« J’ai reçu un message au hasard pour tester cette piscine. Les images ne rendaient pas justice, j’avais du mal à imaginer la taille des vagues. Mais dès la première série, mon point de vue a changé. On avait devant nous un layout énorme avec des vagues parfaites de 3 à 4 pieds qui déroulaient à la demande. »
De son côté, Blair a noté le potentiel du concept et son côté ludique, presque expérimental. L’idée de pouvoir créer des vagues uniques, d’enchaîner les tests et de jouer avec les paramètres, ouvre des perspectives inédites pour le surf en piscine.
Un futur pour les piscines DIY ?
Bien sûr, The Wave Source reste pour l’instant un prototype, loin de concurrencer les installations millionnaires des leaders du marché. Les limites existent : bassin réduit, perte d’eau lors de certaines configurations, coûts de construction encore flous.
Mais l’initiative montre que la passion et la créativité peuvent parfois se substituer aux gros budgets. Dans un monde où le surf en piscine devient un business global, avec des piscines géantes prévus aux quatre coins du globe, cette version « artisanale » a quelque chose d’original.
Et si demain, d’autres passionnés s’en inspiraient pour créer de petites vagues domestiques ? Peut-être que ce projet marquera le début d’un mouvement parallèle, plus accessible, où l’on réinvente le surf dans son propre jardin.
The Wave Source n’est pas seulement une piscine à vagues bricolée dans un jardin. C’est la preuve qu’avec de la passion et de la persévérance, même le plus fou des rêves de surfeur peut devenir réalité. Maintenant, la question que je me pose, n’est-ce pas dangereux en terme d’environnement de voir naître de plus en plus de piscine à vagues ? Encore plus, si une solution low cost permette de créer des piscines à vagues privées … Le débat est ouvert…
Vendredi après-midi, les surfeurs rassemblés à Lower Trestles, spot mythique de Californie, ont vécu un moment d’effroi. Sur les images filmées par une caméra en direct de Surfline, on distingue clairement un bateau de pêche sportive d’environ 30 pieds foncer droit dans le line-up, slalomant entre les surfeurs médusés. Un incident aussi spectaculaire qu’incompréhensible, qui aurait pu virer au drame.
Lower Trestles, situé dans le San Onofre State Park, à la frontière entre le comté d’Orange et celui de San Diego, est réputé pour ses vagues parfaites… et pour son affluence. Chaque swell attire une véritable marée humaine, parfois comparable aux bouchons de l’Interstate 5 qui longe le spot. Mais cette fois, la foule à l’eau n’avait rien de banal : en plein milieu des séries, un bateau à moteur a traversé la zone de surf, laissant les spectateurs et les surfeurs sans voix.
Heureusement, aucun blessé n’a été signalé. Le navire a poursuivi sa route vers Uppers, un autre pic du spot. Les images montrent bien qu’il y avait quelqu’un à la barre, mais la question demeure : accident mécanique ou décision volontaire et dangereuse ?
La loi est claire
Aux États-Unis, et en Californie en particulier, la législation encadrant la navigation près des baigneurs et des surfeurs est stricte : impossible de dépasser 5 mph dans un rayon de 100 pieds autour d’un surfeur, ou de s’approcher à moins de 200 pieds d’une plage avec une embarcation motorisée. Toute autre conduite est qualifiée de « reckless » : imprudente, et donc illégale.
Comme l’a rappelé Surfline dans sa description de l’incident, « la loi californienne est limpide : on ne conduit pas un bateau à pleine vitesse au milieu d’un line-up. » Une évidence qui n’a pas empêché cette incursion insensée.
Les réactions enflammées
Sur les réseaux sociaux, la vidéo relayée notamment par le compte @lottrolls a déclenché une avalanche de réactions. Certains se sont contentés de souligner la chance inouïe qu’aucun surfeur n’ait été percuté. D’autres se sont montrés bien plus virulents, allant jusqu’à comparer l’incident à ce qui aurait pu se passer à Hawaii.
L’un des commentaires les plus marquants résume l’état d’esprit : « Essaie ça à Hawaii. Les locaux t’attendront au port. » Une façon de rappeler que dans certaines zones du Pacifique, les règles tacites de respect et de protection des line-ups sont encore plus strictes qu’en Californie.
Un précédent déjà arrivé
Aussi improbable que cela puisse paraître, ce n’est pas la première fois qu’un bateau se retrouve au milieu des vagues de Trestles. En 2020, en pleine pandémie, deux surfeurs avaient tenté de rejoindre le spot par la mer avec une petite embarcation depuis Dana Point Harbor. Mal leur en avait pris : pris dans une houle conséquente, ils avaient fini par chavirer et perdre leur bateau, sous les rires (et les caméras) des surfeurs déjà présents au pic.
L’épisode de vendredi n’a pas eu la même fin comique, mais il aurait pu avoir une issue tragique. Le fait qu’aucun accident n’ait été signalé relève presque du miracle.
Le symbole d’un spot sous pression
Au-delà de l’incident, cet épisode met en lumière la fragilité de la cohabitation entre surfeurs, baigneurs et usagers motorisés de l’océan. Trestles est un joyau du surf californien, un lieu qui attire aussi bien les meilleurs surfeurs du monde que des milliers d’amateurs. Mais son succès fait aussi sa vulnérabilité.
Qu’il s’agisse d’un pilote imprudent, d’une défaillance mécanique ou d’un simple coup de folie, ce bateau n’avait rien à faire si proche d’un line-up bondé, encore moins lancé à pleine vitesse. Un incident qui ne doit plus se reproduire.
Le Quiksilver Festival 2025 a lancé les hostilités sur la plage du Boiteux. Soleil radieux, public nombreux, et des séries qui ont offert de beaux moments jusqu’à ce qu’un vent thermique vienne gâcher la fête en début d’après-midi. Une entrée en matière fidèle à l’esprit de ce rendez-vous hors norme : plus show que compétition, et toujours aussi imprévisible.
Kelly Slater absent, Kauli Vaast focus sur le WCT
La rumeur s’est confirmée : Kelly Slater n’est pas à Hossegor. Le GOAT, attendu par le public landais, serait toujours freiné par ses douleurs au dos et sa scoliose, ou pas. Un coup dur pour le festival, mais qui n’a pas refroidi l’ambiance sur la plage.
Autre absence remarquée dans l’eau : Kauli Vaast. Bien présent à Hossegor, le champion olympique préfère se concentrer sur sa qualification au WCT. Il doit partir dans les prochains jours pour le Portugal et a donc renoncé à prendre part à l’événement.
Tya Zebrowski en action… mais sur le départ
La jeune surfeuse Tya Zebrowski a, elle, bel et bien participé à cette première journée. Sourires, engagement et énergie communicative : elle a marqué les spectateurs par son style et son aisance. Mais comme Kauli, elle doit quitter le festival dès demain pour rejoindre le Portugal, où se jouent des points cruciaux dans la course à l’élite mondiale.
Du bon surf jusqu’au vent thermique
La matinée a tenu ses promesses : de belles droites creuses à marée basse, quelques tubes bien rentrés, et un public ravi de voir défiler des figures comme Jérémy Florès, Marco Mignot, Joan Duru ou encore les sœurs Fierro. Le format festif du Quik Festival — séries thématiques et surf synchronisé en nouveauté 2025 — a déjà montré son potentiel.
Mais à partir de 14 heures, tout a basculé : un vent thermique s’est levé brutalement, transformant en quelques minutes un spot parfait en plan d’eau haché. Impossible de terminer le premier tour dans ces conditions. Dommage, car la matinée laissait présager un début d’édition haut en couleur.
Rendez-vous demain matin
Le prochain call est fixé à 9h – 9h30 demain pour un début de compétition possible à 10h30 – 11h. Les prévisions ne sont pas forcément meilleures, mais peut-être une fenêtre exploitable pour relancer la machine.
Quand on pense à Hossegor, difficile de ne pas imaginer ses beachbreaks mythiques, la Place des Landais en ébullition et une foule bigarrée de surfeurs, skateurs, artistes et passionnés venus de toute l’Europe. Du 20 au 28 septembre 2025, la côte landaise s’apprête à vibrer de nouveau au son des vagues et des amplis avec la troisième édition du Quiksilver Festival by Swatch. Plus qu’un simple rendez-vous sportif, cet événement est devenu en trois ans un incontournable de la rentrée surf, mélange explosif de compétitions, de musique live, d’art et de fête au bord de l’Atlantique.
De la compétition au festival : un héritage assumé
Le Quiksilver Festival est né d’un vide laissé dans le cœur des surfeurs : celui du Quiksilver Pro France, longtemps étape phare du Championship Tour de la WSL. Quand la compétition mondiale s’est arrêtée, l’idée n’était pas de tourner la page, mais de réinventer le format. Hossegor, Capbreton et Seignosse avaient besoin de conserver une grande fête du surf à la hauteur de leur réputation mondiale. C’est ainsi qu’est né le festival : une rencontre hybride entre surf de haut niveau et culture glisse, orchestrée par deux figures majeures du surf français, Jérémy Florès et Miky Picon.
Dès sa première édition, le pari était réussi : de belles vagues, un plateau d’invités prestigieux et une ambiance unique qui rappelle à quel point la côte landaise est une capitale mondiale du surf. L’année dernière, les conditions ont été plus capricieuses, mais la fête n’en a pas pâti. Cette année, tout le monde espère un retour des bancs de sable en feu et des tubes landais pour offrir le spectacle que seule l’Atlantique sait proposer.
Le spot des boiteux est le site principal de la compétition: comment s’y rendre ?
L’organisation, dirigée par Miky Picon, a choisi le spot des Boiteux pour accueillir les épreuves de surf. Ce spot se situe entre la Gravière, plus au sud, et les Culs Nus, plus au nord. Les habitués l’appellent le spot de la “maison Volcom”, en référence à une maison louée par la marque il y a quelques années. Ouverte toute l’année, elle accueillait une grande partie des surfeurs du team et se trouvait juste en bas de la dune.
Ces derniers jours, plusieurs sessions de qualité ont eu lieu, le banc de sable étant particulièrement favorable en ce moment. Le spot offre un pic très tubulaire, rappelant la Gravière, mais un peu plus au large. Il fonctionne surtout à marée basse. Ci-dessus, une vue de la plage des Boiteux sur une carte.
Découvrez également quelques images de la dernière session sur le spot de compétition.
Un casting cinq étoiles sur les vagues landaises
Côté surf, l’édition 2025 promet un niveau exceptionnel. Pas moins de 24 surfeurs et surfeuses internationaux ont été conviés, avec un mélange subtil de légendes vivantes, stars confirmées et jeunes talents. On retrouvera ainsi Kelly Slater, le GOAT américain qui ne manque jamais une occasion de revenir défier les beachbreaks d’Hossegor, aux côtés de riders aussi variés que Kai Lenny, waterman hawaiien aux mille talents, l’Australien excentrique Matt Wilkinson, la stylée Coco Ho, le puissant Zeke Lau ou encore la prometteuse Milla Coco Brown.
Chez les Français, le line-up est tout aussi alléchant. Kauli Vaast, récent champion olympique et véritable star montante du surf mondial, sera l’une des têtes d’affiche. Il sera accompagné de figures respectées comme Michel Bourez, ainsi que des locaux Joan Duru et Maud Le Car, toujours redoutables sur leurs vagues d’entraînement.
Le format du festival laisse place à la créativité : pas de pression de classement mondial, mais du spectacle pur, du surf engagé et une liberté qui plaît aux athlètes autant qu’au public.
Un programme qui dépasse le surf
Si les journées seront rythmées par les Surf Days répartis entre Capbreton, Hossegor et Seignosse, le festival se distingue par son éclectisme culturel. Chaque soir ou presque, un nouveau temps fort vient enflammer la côte landaise :
Programme complet du Quiksilver Festival 2025
Capbreton • Hossegor • Seignosse — du samedi 20 au dimanche 28 septembre 2025 Accès libre à la plupart des animations. Les Surf Days se déroulent selon les bancs de sable et les conditions.
Samedi 20 septembre — Lancement
8h–18h • Hossegor (Plage du Boiteux)
Surf Day
Première immersion dans les beachbreaks landais : free sessions des invités et possibles heats d’exhibition selon les conditions.
10h–11h • Hossegor (Plage Blanche, lac)
Session Yoga ROXY
Échauffement en douceur face au lac — focus respiration/mobilité. Une serviette yoga est prévue pour les participantes.
19h30–00h30 • Hossegor (Place des Landais)
Opening Party
Coup d’envoi sur la place la plus électrique des Landes : concerts rock en plein air, ambiance 100 % Hossegor.
Dimanche 21 septembre
8h–18h • Hossegor (Plage du Boiteux)
Surf Day
Journée surf ouverte : expression sessions, passages des athlètes et testing matos possibles.
19h30–22h30 • Hossegor (Bell Store)
Bell’s Barbecue
Grillades, boards et bonne humeur. Rencontres informelles avec des surfeurs invités et teasing de contenus exclusifs.
Lundi 22 septembre
8h–18h • Hossegor (Plage du Boiteux)
Surf Day
20h–22h30 • Capbreton (Salle Ph’Art)
Projection — DOS AU MUR
Documentaire intime sur la carrière de Jérémy Florès (réal. Julie & Vincent Kardasik) : coulisses, blessures invisibles, victoires et doutes.
Mardi 23 septembre
8h–18h • Hossegor (Plage du Boiteux)
Surf Day
9h30–13h • Hossegor (RVCA Store)
Surf, Train & Breathe — avec Xabi XST Mike & Taylor Knox
Brief café, 1h30 d’entraînement DNS (stabilisation neuromusculaire + respiration diaphragmatique), puis mise en pratique à l’eau aux côtés de l’icône Taylor Knox. Infos & réservations en boutique RVCA Hossegor.
19h30–00h • Seignosse (Le Surfing — Les Estagnots)
Concert & Movie Night
Sélection de films de surf face à l’océan, food & drinks, live music dans l’esprit chill du festival.
Mercredi 24 septembre
8h–18h • Hossegor (Plage du Boiteux)
Surf Day
14h–16h • Plage à confirmer (Capbreton/Hossegor/Seignosse)
Beach Clean-Up
Ramassage convivial et sensibilisation éco pour prendre soin du terrain de jeu.
18h–21h • Hossegor (Quiksilver Store)
Meet & Greet + Cash for Tricks (Element x Vincent Milou) + Live
Rencontres avec des surfeurs, mini contest skate « cash for tricks » mené par Element & Vincent Milou, et live de Gwayav’ — en plein centre-ville.
Jeudi 25 septembre
8h–18h • Hossegor (Plage du Boiteux)
Surf Day
19h30–00h • Capbreton (Boardriders)
Quiksilver Party
La soirée culte du Boardriders : DJ, guests et grosse affluence. Édition 2025 annoncée encore plus musclée.
Vendredi 26 septembre
8h–18h • Hossegor (Plage du Boiteux)
Surf Day
9h–12h • Capbreton (Plage du Santocha)
Surf For All
Session inclusive en partenariat avec Handi-Surf & Kind Surf : para surf, surf adapté, partage et émotions fortes.
18h–20h • Capbreton (Capzoo Skatepark)
Element & Swatch Team Session
Démonstrations des teams, session publique et énergie maxi. Amenez votre board !
19h30–00h • Hossegor (Place des Landais)
Quiksilver Festival Official Party
Le collectif Halfpipe Records transforme la scène en mini-rampe vivante : mix club & skate en temps réel.
Samedi 27 septembre
8h–18h • Hossegor (Plage du Boiteux)
Surf Day
10h–12h • Capbreton (Plage de l’Estacade)
ROXY Paddle Out — Édition #2
Rassemblement 100 % féminin intergénérationnel dans l’eau — de l’initiation à la surfeuse confirmée. Partage et sororité.
14h–19h • Seignosse (Skatepark du Penon)
Swatch Skate Demo & Workshops
Coaching et démos avec les riders Swatch (ex. Gustavo Ribeiro, Brandon Valjalo, Val Laforge, Lofti Lamaali).
Challenges & Cash for Tricks
Modules additionnels, death race, skate jams, prize money. Présence conjointe des teams Swatch & Element.
19h30–01h • Hossegor (Place des Landais)
Closing Party by Deezer
Clôture sous haute tension : house/techno/électro avec Romain Garcia, Mandragora et Urumi (label All Night Long).
Dimanche 28 septembre
8h–18h • Hossegor (Plage du Boiteux)
Surf Day
Dernières vagues du festival : sessions libres, highlights finaux et au revoir aux Landes.
Focus Musique — temps forts scéniques
Samedi 20/09 — Place des Landais (19h30–00h30)
Kid Kapichi : rock UK abrasif (Hastings) entre punk/indie/alt-rock, textes sociaux au vitriol.
Ménades : post-punk parisien avec éclats shoegaze/psyché et énergie live survoltée.
Mardi 23/09 — Place des Landais (19h30–00h00)
Kim Churchill : one-man band australien (fingerpicking, harmonica, stomp) — un road-trip musical brut et solaire.
Halfpipe Records : collision skate x club culture. Rampe + DJs : UKG, tech house, jungle & co.
Samedi 27/09 — Place des Landais (19h30–01h00)
All Night Long Takeover : Urumi • Romain Garcia • Mandragora pour une dernière nuit sous le signe du label.
Infos pratiques
Lieux : Capbreton (Santocha/Boardriders/Capzoo), Hossegor (Place des Landais, Plage du Boiteux, Plage Blanche, stores Quiksilver & RVCA), Seignosse (Les Estagnots, Skatepark du Penon, Le Surfing).
Accès : animations gratuites (hors éventuelles réservations/quotas pour ateliers spécifiques).
Surf Days : spots confirmés la veille selon houle/vents/marées.
Écoresponsabilité : privilégiez le vélo et le covoiturage ; participez au Beach Clean-Up du 24/09.
Tout au long de la semaine, le festival offrira aussi des séances de dédicaces, des expositions, des rencontres avec les athlètes, et même une collection capsule signée par l’artiste Jean Jullien, invité cette année en directeur artistique.
Une ambiance unique sur la côte landaise
Le Quiksilver Festival n’est pas seulement un événement de surf : c’est une immersion totale dans la culture boardriding. Hossegor et les Landes deviennent, pendant neuf jours, le cœur battant du surf européen. Les terrasses se remplissent, les skates crissent sur le béton, les concerts résonnent dans la nuit, et les sessions de surf s’enchaînent entre deux marées.
Le public y trouve autant d’émotions dans un tube parfait au Nord d’Hossegor que dans un riff de guitare live sur la Place des Landais. C’est ce mélange des genres qui fait le succès de l’événement : ici, on célèbre autant les performances sportives que la convivialité, le partage et l’art de vivre qui entourent la glisse.
2025 : vers une édition record ?
La troisième édition marque déjà une forme de maturité pour le Quiksilver Festival. Désormais bien installé dans le calendrier, l’événement attire chaque année plus de public, de partenaires et de médias. L’attente est donc forte : les surfeurs espèrent des vagues dignes de la réputation landaise, les festivaliers veulent retrouver l’ambiance électrique des deux premières éditions, et les organisateurs comptent bien franchir un nouveau cap.
Icônes Surf sera présent pour couvrir les temps forts de cette édition 2025. Nous espérons, comme vous, que la magie opérera : de gros tubes, des soirées mémorables, et ce sentiment unique que le surf, ici, est bien plus qu’un sport, c’est une fête, une culture et une communauté.
Le surfeur brésilien Italo Ferreira, champion olympique et ancien champion du monde, vient de réussir une manœuvre historique : son premier 720°. Réalisée dans une piscine de vagues au Brésil, cette rotation aérienne de deux tours complets marque un nouveau jalon dans l’évolution du surf moderne.
Mercredi 17 septembre 2025, Italo Ferreira a publié sur ses réseaux sociaux une vidéo qui a rapidement enflammé la planète surf. Dans la piscine de vagues du Boa Vista Surf Lodge, à Porto Feliz, près de São Paulo, le Brésilien a exécuté, pour la première fois, un aérial 720° parfaitement plaqué. Dans sa légende, le surfeur a commenté simplement : « Meu primeiro 720° durante a gravação do meu próximo programa pour Canal Off et Globoplay. Aguardem. » (Mon premier 720° lors du tournage de mon prochain programme pour Canal Off…).
Une performance captée en direct
Le moment a été immortalisé par Marcelo Trekinho, ancien pro, et Gabriel Pastori, tous deux animateurs du canal YouTube Uaradei. Enthousiastes, ils ont confirmé qu’Italo ne s’est pas arrêté à une seule tentative : il a reposé la manœuvre une seconde fois pour prouver que ce n’était pas un coup de chance. « « Quelle vibe ! Je suis encore sous le choc » », a-t-il écrit sur Instagram, encore sous l’émotion de cet exploit qui témoigne de son incroyable explosivité aérienne.
La piscine à vagues, nouveau terrain de jeu
Cet exploit n’est pas anodin : il illustre la montée en puissance des wave pools comme laboratoires d’innovation et d’entrainement. La machine PerfectSwell du Boa Vista Surf Lodge offre des sections calibrées pour les airs, permettant aux surfeurs de repousser leurs limites. D’autres avant lui avaient ouvert la voie : Kelly Slater, en 2014, avait fait débat avec une rotation similaire en free surf, tandis que Albee Layer s’est illustré par des airs dans l’océan comme en piscine. Mais le 720 reste rarissime et d’autant plus spectaculaire en backside, ce qui rend la performance d’Italo exceptionnelle.
Un champion toujours à la recherche de nouveauté
Ce n’est pas un hasard si c’est Ferreira qui parvient à un tel exploit. Champion olympique à Tokyo en 2021, champion du monde en 2019, il est connu pour son surf aérien explosif, toujours prêt à tenter l’impossible. En 2025, il a terminé 4e mondial, s’inclinant en finale WSL à Fiji face à Griffin Colapinto. Mais loin de se reposer, il profite de l’intersaison pour enrichir son répertoire et préparer déjà 2026.
Comme souvent avec ce type de manœuvre, une question anime la communauté surf : s’agit-il vraiment d’un 720° ou d’un 540° avec réception switch ? Les puristes aiment débattre sur le nombre des rotations. Mais peu importe le vocabulaire, une chose est sûre : voir deux tours complets en l’air sur une planche de surf reste un spectacle fascinant.
Un signal pour l’avenir du surf
Avec ce 720, Italo Ferreira envoie un message clair : les airs sont l’avenir du surf de haut niveau. Reste à savoir si ce type de manœuvre franchira bientôt le pas de la piscine à l’océan, et surtout si elle pourra être plaquée en compétition. En attendant, cette performance restera comme un moment fort de l’année 2025, rappelant à tous que le surf est un sport en constante évolution, où chaque génération cherche à repousser les limites du possible.
Il y a des vidéos qui marquent par leur puissance visuelle et par l’émotion qu’elles dégagent. Celle-ci en fait partie. On parle souvent du surf dans les Caraïbes à travers Porto Rico, la Barbade ou la République Dominicaine, mais beaucoup plus rarement de la Guadeloupe. Et encore moins à travers le prisme du longboard. C’est ce qui rend cette production si précieuse : elle ouvre une fenêtre sur un visage inédit du surf caribéen.
Un joyau rare du surf caribéen
La Guadeloupe ne figure pas parmi les destinations surf les plus médiatisées. Pourtant, ses côtes volcaniques et ses récifs coralliens abritent de véritables trésors. Le surf y existe bel et bien, porté par une communauté passionnée, mais il reste souvent en retrait dans l’imaginaire collectif. La vidéo dont il est question ici vient justement combler ce vide : elle capte l’essence du surf local avec une élégance rare.
On y découvre des paysages luxuriants, des vagues parfaitement mises en valeur, et cette atmosphère si particulière propre aux îles. L’océan y apparaît à la fois puissant et accueillant, dans une lumière caribéenne qui sublime chaque détail.
Le longboard sous un nouveau jour
Quand on pense à la Guadeloupe, on imagine davantage des vagues rapides et parfois capricieuses, plus adaptées au shortboard qu’à autre chose. C’est pourquoi voir des images de longboard est une vraie surprise. La vidéo dévoile des vagues qui déroulent avec une douceur idéale pour tracer de longues courbes, marcher vers le nose ou simplement savourer le plaisir d’une glisse fluide.
Le longboard, par nature, exige des vagues régulières et pas trop creuses. Les séquences filmées démontrent que la Guadeloupe peut offrir tout cela, quand les conditions s’alignent. C’est une redécouverte du potentiel de l’île, une sorte de révélation pour qui n’avait jamais imaginé le longboard dans ce décor.
Plus qu’un sport, une culture en mouvement
Mais ce qui frappe avant tout, au-delà des vagues, c’est l’ambiance. La vidéo n’est pas seulement un montage de sessions surf : c’est une plongée dans la culture caribéenne. La musique, les couleurs, les visages, tout concourt à une expérience sensorielle complète. On sent que le surf n’est pas seulement un sport, mais un élément intégré dans un mode de vie, un langage commun entre l’océan et les habitants. Bien que la culture locale ne soit pas par tradition tournée vers l’océan, on ressent le besoin des nouvelles générations de faire ce pas vers l’eau.
Cette dimension culturelle apporte une profondeur unique au film. Le surf en Guadeloupe n’est pas un produit d’exportation pour touristes en quête d’exotisme, mais une pratique authentique, enracinée dans l’île et en résonance avec son identité.
Une invitation à voir plus loin
Au final, cette vidéo est bien plus qu’un simple clip de surf. C’est une invitation à élargir notre regard, à sortir des clichés habituels et à reconnaître la richesse de scènes moins connues. Elle donne envie de croire que la Guadeloupe a encore beaucoup à offrir au monde du surf, et pourquoi pas de la voir émerger un jour comme une destination phare du longboard caribéen.
Mercredi 17 septembre 2025. Trois jours avant le coup d’envoi du Quiksilver Festival, Hossegor s’est déjà offert son spectacle. Le spot des Boiteux, futur théâtre de la compétition, a réuni les meilleurs surfeurs locaux pour ce qui restera probablement comme l’une des plus belles sessions de l’été. Pas la plus grosse, pas la plus parfaite… mais une session où les tubes ont défilé sans relâche.
Le spot des Boiteux en mode préchauffe
L’été s’achève doucement sur la côte landaise. Mais mercredi matin, en arrivant sur le sable d’Hossegor, on aurait cru à une mise en bouche officielle du Festival. Les bancs de sable des Boiteux, réglés au millimètre, ont livré des vagues d’un bon mètre à plus. La houle n’avait rien de monstrueux, mais la fréquence des séries a transformé le spot en véritable manège.
Avec les internationaux encore en route, c’est la scène locale qui a tenu la maison. Les surfeurs d’Hossegor et des alentours étaient tous là, comme aimantés par la promesse d’une matinée hors norme.
Des vagues à la pelle et une ambiance électrique
Ce qui a marqué cette session, c’est la quantité de vagues. Pas de longue attente, pas de line-up endormi : les séries s’enchaînaient sans laisser de répit. Sur la plage comme au pic, on sentait une tension joyeuse, une excitation particulière.
Un bon 2 mètres bien tassé, des droites essentiellement qui ouvraient assez pour offrir des gros tubes, et ce petit grain de folie qu’on ne trouve qu’à Hossegor quand tout s’aligne.
La folie des tubes
Mais la vraie magie de ce mercredi, c’étaient les tubes à répétition. Pas les tubes parfaits des cartes postales, pas ceux qui semblent tracés au cordeau. Du courant, des pics à droite, à gauche, de nombreux surfeurs ont eu des très bons tubes, d’autres se sont brossés…
Certains surfeurs ont eu la chance d’enchainer deux sections. Pour l’anecdote, le surfeur hawaiien Manalu Chandler a passé trois heures à l’eau en boardshort alors qu’il faisait vraiment froid, et que le vent était glacial. Ce mac a le sang chaud…lol
Tout le monde n’a pas scoré, mais chacun a eu l’occasion de tenter sa chance. Et c’est sans doute cela qui a rendu la session si unique : l’abondance de vagues, l’abondance d’opportunités.
Un parfum de Festival
À trois jours du Quiksilver Festival, difficile de ne pas voir dans cette session un signe. Hossegor est prêt. Le spot des Boiteux s’est dévoilé comme un terrain de jeu idéal, capable de délivrer autant de spectacle que de frustration, cette alchimie qui fait les grandes compétitions.
La plage s’emplissait déjà de spectateurs curieux, venus respirer l’ambiance avant la foule des grands jours. Les planches cassaient en deux au fils des séries, les photographes et caméraman étaient aux aguets, et chacun semblait content d’assister à la meilleures session de l’été.
Cette matinée a eu le goût d’un teaser. Une bande-annonce grandeur nature qui annonce la couleur : si les bancs tiennent, si la houle continue de pointer, le Quiksilver Festival 2025 pourrait bien être un millésime explosif.
Pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’être là, la session a été filmée et visible en haut de l’article. On y retrouve quelques-uns des meilleurs tubes de la matinée. On peut également y voir le monde à l’eau, je crois que tout le monde s’était donné rendez-vous sur le spot.
Car c’est ça Hossegor : des vagues imprévisibles, des locaux affamés, et une intensité qui monte d’un cran à l’approche d’un événement mondial. La compétition n’a pas encore commencé, mais déjà, le spectacle est lancé.
À 31 ans, Italo Ferreira est au sommet de son art. Champion olympique à Tokyo en 2021, champion du monde WSL en 2019, le Brésilien est devenu l’un des visages les plus explosifs et charismatiques du surf mondial. Mais derrière son énergie débordante, le « Brabo » (surnom qu’on lui donne au Brésil) a déjà un plan pour l’avenir : tout pourrait s’arrêter en 2028, à Los Angeles.
Le rêve d’une deuxième médaille d’or
Dans une interview accordée à l’émission « Hello LA« , Italo a levé le voile sur son objectif majeur : participer aux Jeux Olympiques de Los Angeles pour tenter de décrocher une deuxième médaille d’or. Pour lui, cette échéance n’est pas seulement une compétition, c’est le point culminant d’une carrière commencée sur les plages de Baía Formosa, au Nordeste brésilien.
« Sans aucun doute, c’est mon plus grand objectif : obtenir une autre médaille d’or pour conclure ma trajectoire dans ce sport et sur le circuit », explique-t-il.
Une vie consacrée au surf
Ferreira n’a que 31 ans, mais il surfe déjà depuis plus de deux décennies. Dès ses 8 ans, il passait ses journées à dompter les vagues locales. Depuis, il a conquis le monde : premier champion olympique de l’histoire du surf, titré sur le circuit WSL et reconnu pour un style radical mêlant puissance et aérien.
Pourtant, après tant d’années de dévouement, il aspire aussi à profiter d’une vie différente : « Je fais ça depuis l’âge de 8 ans, donc il y a un moment où tu veux profiter de tout ce que tu as construit et découvrir un autre côté de la vie », confie-t-il.
34 ans : la fin ou un nouveau chapitre ?
En 2028, Italo aura 34 ans. Un âge où beaucoup de surfeurs sont encore compétitifs. Jordy Smith, par exemple, a terminé la saison 2025 à 37 ans. Kelly Slater a, lui, repoussé les limites bien au-delà. Alors pourquoi arrêter si tôt ?
Peut-être parce qu’Italo vit chaque vague avec une intensité et une énergie rare. Planifier une sortie en apothéose, sur la plus grande scène sportive du monde, colle parfaitement à son tempérament : explosif et inoubliable.
Le doute reste entier
Italo, cependant, n’a rien gravé dans le marbre. « Peut-être qu’un peu plus tard, je voudrai continuer encore un peu… ou au contraire, me dire que c’est assez. Je verrai sur le moment », nuance-t-il.
Encore des titres en ligne de mire
En attendant Los Angeles, le Brésilien ne compte pas lever le pied. « Pour l’instant, je veux encore être champion du monde à plusieurs reprises », affirme-t-il. Les adversaires sont prévenus : le « Brabo » reste un prétendant au titre mondial et ne compte pas quitter le circuit sur la pointe des pieds.
Quoi qu’il décide en 2028, Italo Ferreira a déjà marqué l’histoire. Sa victoire aux JO de Tokyo restera comme un moment fondateur, à jamais le premier champion olympique comme aime le dire les marseillais. Son surf spectaculaire a inspiré toute une génération. La question est désormais simple : choisira-t-il d’arrêter au sommet avec deux médailles d’or, ou prolongera-t-il encore une carrière déjà légendaire ?
Aux yeux du grand public, le surf rime avec liberté, soleil et communion avec l’océan. Mais derrière les sourires et les tubes parfaits, il y a une réalité plus sombre : certaines vagues ont déjà coûté la vie à des surfeurs, parfois parmi les meilleurs du monde. Pipeline, Nazaré, Teahupo’o… ces noms font rêver et trembler à la fois. Voici un tour d’horizon des vagues les plus mortelles de la planète.
Pipeline, Hawaï : le paradis et l’enfer
Située sur la côte nord d’Oahu, Pipeline est à la fois la Mecque du surf et son cimetière le plus célèbre. Considérée comme la vague la plus dangereuse au monde, elle a déjà causé au moins sept morts documentés. Sa beauté hypnotise, mais son danger est implacable : un récif peu profond, une puissance phénoménale et une foule compacte de surfeurs prêts à tout. Le moindre faux pas peut être fatal, et même les surfeurs les plus aguerris n’y sont pas à l’abri. C’est la vague qui a emporté Mali Joyeux, un surfeur tahitien connu pour être l’un des meilleurs au monde dans les tubes et les grosses vagues. Chaque année, des accidents surgissent, et heureusement, rares sont ceux mortels. Pipeline reste l’incarnation parfaite de cette dualité : la vague rêvée… et redoutée.
Puerto Escondido (Playa Zicatela), Mexique : la bombe de sable
Surnommée le « Pipeline mexicain », Puerto Escondido est un beachbreak situé à Oaxaca. Mais contrairement à un récif fixe, ses bancs de sable rendent la vague imprévisible et encore plus piégeuse. Avec cinq décès répertoriés, Zicatela a bâti une réputation redoutable. La puissance des vagues, combinée au fait que vous restez dans la zone d’impact après une « grosse branlée », en fait une arène mortelle. Chaque saison, des images spectaculaires rappellent à quel point ce spot ne pardonne aucune erreur.
Maverick’s, Californie : le spot des grosses vagues
À Half Moon Bay, près de San Francisco, se dresse Maverick’s, une vague grise, glaciale et terrifiante. Ici, l’océan Pacifique se lève en murs liquides de plus de 15 mètres, dans une eau infestée de requins. Deux grandes figures du surf de gros, Mark Foo (1994) et Sion Milosky (2011), y ont perdu la vie. Ces tragédies ont marqué à jamais la communauté surf, rappelant que même les meilleurs ne sont jamais intouchables. Maverick’s, avec son décor austère (rochers et requins blancs) et la violence de ses vagues, reste l’un des spots les plus respectés – et redoutés – au monde.
Teahupo’o, Tahiti : le mur liquide
Impossible de parler de danger sans évoquer Teahupo’o. Cette vague tahitienne est connue pour son barrel/tube monstrueux, qui déferle directement sur un récif de corail tranchant comme une lame. Je n’ai pas trouvé de bilan officiel sur le nombre de surfeurs décédés sur cette vague, certains parlent de 5 surfeurs/bodyboarders. En 2001, alors qu’il surfait une vague de plus de 4 mètres, Briece Taera fut violemment projeté sur le reef. Il se fractura la nuque et le dos en trois endroits, sombra dans le coma et décéda deux jours plus tard. De plus, des dizaines de blessés graves viennent allonger la liste.
Nazaré, Portugal : la montagne d’eau
Devenue célèbre grâce aux records de vagues surfées dépassant les 25 mètres, Nazaré attire chaque hiver les chasseurs de titans. Mais derrière les images spectaculaires, le danger est omniprésent. En 2023, un surfeur a perdu la vie sur ce spot mythique. Les courants y sont dantesques, la puissance hors norme, et sans l’assistance des jet-skis, la survie devient presque impossible. Nazaré incarne la démesure : la vague qui a fait rêver le grand public, mais qui reste une loterie mortelle pour ceux qui osent s’y aventurer.
Scheveningen, Pays-Bas : la tragédie de la mer du Nord
Toutes les vagues mortelles ne se trouvent pas sous les tropiques. En mai 2020, un drame a frappé la plage de Scheveningen, près de La Haye. Lors d’une session marquée par du vent fort, des courants puissants et une épaisse couche d’écume, cinq surfeurs et sauveteurs ont trouvé la mort. Parmi eux, des athlètes expérimentés et respectés de la communauté néerlandaise. Ce drame, l’un des plus marquants de l’histoire récente du surf, rappelle que même une côte apparemment tranquille peut se transformer en piège mortel lorsque les éléments se déchaînent.
Pourquoi ces vagues fascinent-elles toujours ?
Au-delà du danger, ces vagues incarnent quelque chose d’universel : l’attirance de l’homme pour l’extrême. Chaque décès grave la mémoire des disparus dans la légende de ces spots. Chaque ride réussie repousse les limites de ce que l’on pensait possible. C’est ce mélange d’adrénaline, de beauté et de tragédie qui fait des vagues comme Pipeline, Nazaré ou Teahupo’o des mythes modernes – aussi fascinants qu’effrayants.
Neuf jours de vagues solides à Surf City, Salvador, une finale messieurs d’une intensité rare, et une équipe de France rajeunie, mais combative. Retour sur des Mondiaux ISA au Salvador qui ont couronné l’Australie et confirmé Kauli Vaast comme l’un des patrons du surf mondial.
Une finale hommes au sommet : Henry vs Vaast
Dimanche, le spot de La Bocana a servi une grande finale messieurs à la hauteur de la réputation du spot et de la compétition. Vagues puissantes de 2,50 m, droites rapides et exigeantes, pression maximale : tout était réuni pour offrir un duel de haut vol.
Kauli Vaast, champion olympique en titre, a livré une prestation exceptionnelle. Après un début de série en retrait, le Tahitien a claqué deux vagues magistrales notées 8,70 et 8,87, pour un total de 17,57 points. Un surf puissant, engagé, à la hauteur de son talent.
Mais en face, l’Australien Dane Henry, 19 ans seulement, a pris tous les risques. Dès les premières minutes, il envoie un air full rotation noté 8,67, puis enchaîne avec une longue droite où il varie les manœuvres, récompensée d’un 9,50 jugé généreux par certains observateurs (on est français ou on ne l’est pas). Avec 18,17 points, Henry s’impose et prive Kauli Vaast de l’or pour seulement 0,60 point.
Un verdict serré, mais révélateur : le Français confirme sa régularité dans l’élite mondiale ISA (5e en 2023, 3e en 2024, 2e en 2025). La trajectoire est tracée.
Jorgann Couzinet, solide mais frustré
Autre pilier tricolore, Jorgann Couzinet a connu une fin de parcours plus difficile. En finale du tableau principal, le Réunionnais n’a pas trouvé son rythme et s’est retrouvé en repêchages. Là encore, il avait une chance de rejoindre la grande finale, mais plusieurs chutes et mauvais choix stratégiques ont ruiné ses espoirs. Résultat : une 6e place mondiale.
Un classement qui laisse un goût amer, tant son surf des jours précédents avait impressionné. Ajoutons à cela un contexte personnel éprouvant — la perte d’un ami proche durant la compétition (cf article sur Paul Bontemps) — et l’on comprend mieux la difficulté de Jorgann à rester concentré jusqu’au bout.
Malgré tout, ce retour en équipe de France lui a fait du bien. « J’ai retrouvé une vraie cohésion, on se pousse les uns les autres, ça me donne envie de revenir plus fort », a-t-il confié. Rendez-vous est pris pour 2026.
La France, médaille de cuivre par nations
Avec la médaille d’argent de Vaast et la 6e place de Couzinet, les Bleus décrochent la 4e place au classement des nations, derrière l’Australie, le Pérou et l’Espagne. Un classement honorable, surtout au regard d’une équipe largement renouvelée.
Les jeunes filles françaises, Kiara Goold (15 ans), Clémence Schorsch (16 ans) et Aelan Vaast (20 ans), ont montré de belles promesses malgré un manque d’expérience évident. La moyenne d’âge chez les filles : 17 ans seulement. De quoi envisager l’avenir avec optimisme.
Côté garçons, Sam Piter (22 ans) a vécu une compétition compliquée, mais son potentiel reste intact. Globalement, cette équipe de France 2025 illustre un passage de témoin entre une génération dorée et de nouvelles têtes bien décidées à marquer leur époque.
L’Australie retrouve son trône mondial
Après 14 ans sans titre mondial ISA par nations, l’Australie a renoué avec l’or. La performance de Dane Henry a été complétée par le bronze de Morgan Cibilic, le bronze de Sally Fitzgibbons et les résultats solides d’Ellie Harrison et Callum Robson. Une domination collective qui rappelle la profondeur du vivier australien.
Chez les dames, c’est l’Espagnole Janire Gonzalez-Etxabarri, 20 ans, qui a marqué l’histoire. En remportant l’or, elle devient la première championne du monde ISA de l’histoire de l’Espagne. Un exploit qui propulse la Roja du surf à la 3e place du classement par nations.
Finale dames :
Janire Gonzalez-Etxabarri (ESP) 14,57 pts
Yolanda Sequeira (POR) 13,57 pts
Sally Fitzgibbons (AUS) 13,57 pts
Arena Rodriguez (PER) 8,53 pts
Un marathon appelé World Surfing Games
Les Mondiaux ISA ne ressemblent à aucune autre compétition. Neuf jours de surf intensif, un tableau principal et un système de repêchages qui peut rapidement user les organismes : c’est un véritable marathon.
Dane Henry et Kauli Vaast sont les seuls à avoir atteint la finale sans passer une seule fois par les repêchages, preuve d’une constance et d’une fraîcheur physique supérieures. Pour les autres, la fatigue cumulée joue souvent un rôle décisif.
Un staff renouvelé et ambitieux
Derrière les planches, l’encadrement français a aussi marqué des points. Pour sa 4e campagne à la tête des Bleus, Jérémy Florès a su fédérer un groupe jeune, épaulé par Joan Duru et Pauline Ado.
« On savait qu’on venait avec une équipe incomplète et jeune, mais l’ADN de la France, c’est de ne rien lâcher », a résumé Florès. Une philosophie qui colle parfaitement à l’esprit des ISA : apprendre, progresser, et préparer la suite.
Les résultats français
Kauli Vaast : 2e (argent)
Jorgann Couzinet : 6e
Kiara Goold : 17e
Clémence Schorsch : 21e
Aelan Vaast : 29e
Sam Piter : 61e
Cap sur 2026 et Los Angeles 202
Cette 4e place mondiale permet à la France de s’assurer un statut de tête de série pour les Mondiaux 2026, qui attribueront les premiers quotas olympiques. L’objectif est clair : transformer le potentiel de cette jeune équipe en médailles, avec en ligne de mire les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
Greenbush, cette gauche mythique des Mentawai réputée pour ses tubes aussi profonds que dangereux, n’avait sans doute jamais imaginé accueillir un Kai Lenny… en switch stance. Et pourtant, le surfeur hawaiien, habitué à repousser toutes les limites possibles du surf, vient de signer une performance qui fait déjà beaucoup parler.
Greenbush : une vague aussi sublime que brutale
Située au large des îles Mentawai, en Indonésie, Greenbush est une gauche redoutée. Creuse, rapide et souvent imprévisible, elle se déroule au-dessus d’un reef tranchant comme une lame de rasoir. En backside, elle demande une précision chirurgicale pour se caler dans le tube et surtout en sortir. En frontside, elle offre une vision totale du barrel, mais réclame autant de technique que de courage.
Pour un surfeur regular comme Kai Lenny, Greenbush est donc normalement une vague backside. Mais Kai n’aime pas faire « normalement ». Résultat : il l’a surfée en switch, pied droit devant, pour transformer ce backside en un frontside parfaitement contrôlé.
Le switch stance selon Kai Lenny
Le switch stance n’est pas une simple fantaisie pour Kai Lenny. C’est un vrai outil d’entraînement. Dans une interview récente, il expliquait :
« Tu travailles une autre partie de ton cerveau en surfant dans la position opposée. Quand tu reviens à ta stance normale, ta technique est encore plus affinée, car ton cerveau a dû forcer pour l’assimiler. »
Pour lui, surfer switch n’est donc pas un numéro de cirque, mais un exercice de neuro appliqué au surf. Chaque vague surfée ainsi renforce sa lecture des trajectoires, son équilibre et sa capacité d’adaptation.
Une démonstration à Greenbush
La vidéo, postée sur sa chaîne YouTube, montre un Kai Lenny, quasi seul à l’eau à Greenbush, enchaînant les tubes comme si de rien n’était. Ce qui frappe, c’est la fluidité : pas de raideur, pas d’hésitation. Ses bottom-turns, ses entrées dans le barrel, tout semble naturel, alors qu’il surfe du « mauvais » pied.
Et lorsqu’arrivent les sections les plus critiques, Kai repasse en backside… comme pour rappeler qu’il maîtrise les deux registres, sans jamais perdre le fil.
L’ADN d’un surfeur hors catégorie
Ce qui fait la différence chez Kai Lenny, ce n’est pas seulement son talent, mais sa curiosité. Là où d’autres se contentent d’exceller dans une discipline, lui multiplie les terrains de jeu : surf, foil, windsurf, kitesurf, tow-in, SUP… Et maintenant, le switch stance devient une corde de plus à son arc.
Cette approche expérimentale et sans barrière le pousse à explorer toutes les possibilités offertes par l’océan. À Greenbush, il a non seulement prouvé sa capacité d’adaptation, mais aussi ouvert une nouvelle voie : et si surfer switch devenait un véritable outil de progression pour tous les surfeurs ? Surfer en switch stance montre une technique et connaissance parfaite d’une vague. Il existe d’autres exemples comme Kauli Vaast à Teahupoo ou Jamie O’Brien à Pipeline. Mais, il faut avouer que Kai Lenny le pratique avec une fluidité et une maitrise rare.
Une performance qui restera
Greenbush restera toujours une vague impitoyable, mais Kai Lenny vient d’y écrire une page originale. En surfant switch, il transforme un backside contraint en un frontside libéré. Et surtout, il continue à bousculer les codes du surf de haut niveau, en montrant que la technique pure ne suffit pas : il faut aussi savoir sortir du cadre.
Kai Lenny ne surfe pas seulement des vagues. Il surfe aussi les limites du possible.
Le surf portugais traverse une période de profonde tristesse. La disparition de Zion Alves Brocchi, jeune talent de seulement 12 ans, a bouleversé toute une communauté. Originaire de la Costa da Caparica, Zion était déjà considéré comme un espoir majeur du surf national, un enfant qui vivait pour les vagues et qui inspirait bien au-delà de son âge.
Fils de la professeure de surf Vânia Brocchi, Zion avait grandi les pieds dans l’eau et la tête dans les embruns. Dès ses premières compétitions, il s’était démarqué par sa passion et sa détermination. En 2024, il remportait le titre régional Sub-12 de Grande Lisboa, confirmant son statut de prodige après avoir déjà brillé dans les catégories Sub-8.
Mais au-delà des résultats, c’est son énergie contagieuse et son amour pur pour le surf qui marquaient les esprits. À 8 ans seulement, dans une interview donnée à Surftotal, il expliquait avec l’enthousiasme de l’enfance :
« J’ai commencé à surfer parce que ma mère est professeure de surf, elle m’a mis dans les vagues tout petit. »
Il rêvait déjà de Bali et de Keramas comme destination surf ultime, et affirmait que pour lui, le surf c’était avant tout « free surf toujours », l’envie de partager, de se faire des amis et de profiter de chaque vague.
Un combat courageux contre la maladie
Malheureusement, le destin a rattrapé trop tôt ce jeune champion. Zion s’est battu avec courage contre un tumeur cérébrale, affrontant la maladie avec la même détermination qu’il mettait dans les vagues. Jusqu’au bout, il a gardé ce sourire qui illuminait son entourage et cette force tranquille qui inspirait enfants comme adultes.
Sa disparition laisse une immense douleur, mais aussi un exemple de résilience et de passion qui restera gravé dans la mémoire collective.
Un héritage qui dépasse les compétitions
Zion n’était pas seulement une graine de champion. Pour beaucoup, il incarnait l’esprit du surf dans sa forme la plus pure : la joie, le partage et l’authenticité. Son regard tourné vers l’avenir, il citait avec admiration le jeune Matias Canhoto comme futur Portugais sur le WCT, preuve de son humilité et de sa vision juste du surf.
Aujourd’hui, la communauté du surf au Portugal, mais aussi à l’international, salue son souvenir. Des hommages affluent, rappelant combien ce garçon, en si peu de temps, avait marqué son entourage par son charisme et son énergie positive.
Une inspiration pour les générations futures
La perte de Zion soulève une réflexion profonde : comment honorer sa mémoire ? Pour certains, cela passera par des initiatives locales – compétitions en son nom, actions solidaires ou fondations pour encourager les jeunes talents. Mais pour tous, la meilleure façon de le célébrer sera sans doute de continuer à aimer le surf avec la même intensité que lui.
Car si Zion Brocchi nous quitte trop tôt, il laisse un héritage immatériel : celui d’un enfant qui voyait dans chaque vague une aventure, dans chaque session une fête, et dans chaque sourire le vrai sens du surf.
Alors que les ISA World Surfing Games battent leur plein au Salvador, une série du tableau féminin a suscité de vives discussions dans la communauté surf. La Française-Tahitienne Aelan Vaast a écopé d’une interférence contestée face à la Chilienne Estela López Cross, une décision arbitrale qui continue de faire débat.
La scène s’est déroulée lors des premiers tours, sur un pic bien dessiné, ces bancs de sable offrant simultanément une gauche et une droite de potentiel équivalent. Dès le début de la série, aucune priorité n’était encore attribuée. Dans cette situation particulière, chaque surfeuse est libre de choisir sa vague, mais le règlement prévoit une sanction en cas de collision ou de gêne pour éviter, ce qui arriva.
Estela López Cross est partie sur la droite gauche, tandis qu’Aelan Vaast s’est élancée sur la gauche de la même vague. La manœuvre est peu fréquente en compétition, car l’un des deux compétiteurs préfèrent ne pas prendre le risque. Mais là, les deux surfeuses pensent avoir la priorité. Généralement c’est la vague avec le plus de potentiel qui a la priorité. Pourtant, les juges ont décidé de sanctionner Vaast pour interférence, donnant l’avantage à la Chilienne.
Pourquoi une double interférence semblait logique
L’analyse technique de l’action laisse penser que la décision aurait pu être plus équilibrée. Dans les cas de pic droite – gauche, les règles permettent de sanctionner les deux athlètes si la situation est jugée équivoque. Or, la gauche et la droite offraient un potentiel similaire, et aucune priorité n’avait été clairement définie.
Dans cette configuration, attribuer une double interférence aurait été une interprétation plus juste. Elle aurait reflété la responsabilité partagée entre les deux compétitrices dans une situation ambiguë.
Une décision sans impact sur le résultat, mais lourde de sens
Il est important de préciser que ce choix arbitral n’a pas directement influencé l’issue de la série : Estela López Cross a finalement terminé troisième, Aelan Vaast dernière de la série, et les deux surfeuses ont été envoyées au repêchage. Autrement dit, l’interférence n’a pas changé la hiérarchie immédiate.
En revanche, l’incident interroge sur la cohérence des décisions prises par les juges. Dans une compétition internationale où chaque série compte pour l’accès aux Jeux Olympiques de Los Angeles 2028, la moindre erreur d’arbitrage peut avoir des répercussions lourdes sur la confiance des athlètes et l’image du sport.
Entre récit sobre et polémique médiatique
Sur place, les médias spécialisés ont rapporté l’incident de manière factuelle : « Comienzo de la serie sin prioridad marcada… Se cobró interferencia a la francesa sobre la chilena. Al final de la serie las dos cayeron al repechaje. » Un résumé simple, sans fioriture.
À l’inverse, certains médias internationaux ont opté pour une lecture sensationnaliste, allant jusqu’à évoquer une « bagarre » entre les deux surfeuses et convoquant de vieilles rancunes diplomatiques entre la France et le Chili. Une exagération sans fondement, qui détourne l’attention de l’aspect purement sportif. Hein Beach Grit….
L’arbitrage, talon d’Achille du surf de compétition
Ce n’est pas la première fois que l’arbitrage fait polémique dans le surf. La subjectivité inhérente à l’évaluation des vagues, combinée à des situations de règles parfois complexes, laisse toujours place à l’interprétation. Si l’incident entre Vaast et López Cross ne change rien au tableau, il rappelle combien la clarté des décisions est essentielle pour éviter les polémiques inutiles.
Le surf de compétition reste un sport où l’imprévisible fait partie du jeu : les vagues varient, les bancs de sable évoluent, et les interprétations des juges aussi. Mais à ce niveau, où se jouent des places qualificatives pour les Jeux, la cohérence doit rester la priorité.