Auteur/autrice : Kelly Slater

  • La France sur le toit du monde : le para surf bleu-blanc-rouge entre dans la légende

    La France sur le toit du monde : le para surf bleu-blanc-rouge entre dans la légende

    Trois sacres consécutifs, cinq champions du monde, douze finalistes : l’équipe de France a régné sur Oceanside

    C’est un exploit majuscule.
    Sous le soleil californien d’Oceanside, les surfeurs tricolores ont écrit une page d’histoire : troisième titre mondial consécutif pour la France, cinq titres individuels, douze finalistes dans dix-huit catégories.
    Jamais une nation n’avait aligné une telle domination sur les Championnats du monde de para surf.
    Les Bleus rejoignent les États-Unis au palmarès, mais surtout, ils deviennent la première équipe à réussir un triplé historique.

    Une génération dorée et une cohésion exemplaire

    Il y a les chiffres, vertigineux. Et puis il y a l’esprit, celui d’une équipe qui ne lâche rien.
    Dix ans après la première édition des Mondiaux, la France s’impose désormais comme la référence mondiale du para surf.

    « Ce titre, c’est celui de tout un collectif », confie Guillaume Colin, champion du monde en Sit. « On se tire tous vers le haut, dans l’eau comme à terre. Cette victoire, elle appartient à toute l’équipe. »

    L’aventure bleue est portée par une philosophie simple : la solidarité, le plaisir, et l’exigence.
    Derrière chaque médaille, il y a un entraîneur, un binôme, un kiné, des clubs engagés et une fédération qui a su professionnaliser la discipline sans trahir son âme.

    Cinq champions du monde français à Oceanside

    Guillaume Colin, l’expérience du champion

    À 41 ans, Guillaume Colin (Palus Avis Surf Club) conserve son titre mondial dans la catégorie Sit au terme d’une finale renversante.
    Longtemps mené, il trouve la vague décisive à cinq minutes du buzzer : un enchaînement fluide, précis, noté haut par les juges.
    Deux vagues plus tard, il prend la tête et ne sera plus jamais rattrapé.
    « J’ai attendu, j’ai douté, mais je savais qu’elle finirait par arriver. Quand elle s’est ouverte, je me suis dit : maintenant ou jamais. »
    Le vétéran incarne à lui seul la constance et la maîtrise de cette équipe.

    Thomas Da Silva, la délivrance après trois finales perdues

    Après trois médailles d’argent consécutives (2022, 2023, 2024), Thomas Da Silva (24 ans, BASCS) décroche enfin le titre en VI1.
    Dans une finale au rythme lent, il impose sa loi avec deux vagues bien construites, totalisant 10,50 points.
    L’Australien Watson et l’Allemand Neumann tentent de revenir, en vain.
    « J’étais à fond. Ce n’était pas facile, mais j’ai tout donné. »
    Un sacre mérité, fruit d’un travail acharné mené entre le Pays basque et la Martinique.

    Pierrot Gagliano, la confirmation

    Déjà champion du monde en 2024, Pierrot Gagliano (25 ans, Hourtin Surf Club) conserve son titre en VI2.
    D’entrée de jeu, il frappe fort : un roller backside explosif et un cut back précis pour un 8,33.
    La finale se transforme en duel contre le Chilien Medina, mais Gagliano garde le contrôle et scelle sa victoire avec une deuxième vague à 8,17 pts.
    Humilité totale à la sortie de l’eau : « Je n’ai pas surfé parfait, mais j’ai pris du plaisir. C’est tout ce qui compte. »

    Laurie Phipps, la reconquête

    Deux ans après son titre mondial en 2023, Laurie Phipps (Hossegor Surf Club) récupère sa couronne en Stand 2 dames.
    Son surf est précis, élégant, et son engagement sans faille.
    Elle surfe deux longues droites notées haut, domine sa finale et s’impose avec 14,17 points.
    Son retour au sommet confirme son statut de pionnière du para surf féminin français.

    Valentine Moskoteoc, la nouvelle étoile

    À seulement 15 ans, Valentine Moskoteoc (Handi Surf) remporte son premier titre mondial en VI1 dames.
    Trois fois vice-championne auparavant, la jeune prodige franchit le cap avec une maturité bluffante.
    En finale, elle surclasse la Portugaise Marta Paço avec un surf fluide et engagé.
    Une performance majuscule, qui fait d’elle la nouvelle figure du para surf tricolore.
    L’avenir est déjà là.

    Des podiums en série : la force du collectif

    Derrière les titres, les Bleus continuent de remplir les podiums.
    Béatrice Duran (Prone 2) décroche la médaille d’argent après un parcours exemplaire, Éric Dargent (Stand 3) signe un cinquième titre de vice-champion du monde, Céline Rouillard (Prone 2) et Gaëlle Habri (Stand 2) repartent avec le bronze.
    Derrière eux, les “médailles de cuivre” – ces 4ᵉ places – reviennent à Solange Balay, Maxime Cabanne et Emmanuelle Blanchet, tous finalistes et modèles de persévérance.

    L’émotion est palpable dans le clan français.
    « Ce n’est pas juste une équipe, c’est une famille », confie Céline Rouillard.
    Dans les gradins, les drapeaux tricolores flottent, et le public californien applaudit la cohésion des Bleus.

    Un sacre collectif, symbole d’une décennie de travail

    Dix ans après la première édition du Mondial, la France récolte les fruits d’un projet bâti sur la durée.
    La structuration des clubs Handi Surf, la formation des encadrants, et l’émergence de talents venus de toutes les régions — du Pays basque à la Bretagne, de la Méditerranée à la Charente — ont créé une base solide.

    Les Bleus incarnent cette vision inclusive :
    le para surf français n’est plus seulement une discipline à part, c’est un modèle de performance et d’inspiration.

    Un hommage à Fred Biscayar, pionnier disparu

    Ce triplé historique résonne comme un hommage.
    En 2015, lors du premier championnat du monde à Oceanside, le capitaine s’appelait Fred Biscayar.
    Ancien directeur de la Ligue de Surf Nouvelle-Aquitaine, disparu en 2023, il a été l’un des fondateurs du mouvement Handi Surf.
    Plusieurs membres de l’équipe actuelle — Éric Dargent, Maxime Cabanne, Serge Lougarot — étaient déjà là à ses côtés, il y a dix ans.
    Ce troisième titre mondial est aussi le leur, et le sien.

    Le classement mondial 2025

    RangNationPoints
    🥇 1France13 741
    🥈 2États-Unis10 151
    🥉 3Brésil9 958
    4Australie8 965
    5Italie5 416
    ………

    Trois années de domination tricolore (2023, 2024, 2025).
    Un palmarès qui inscrit définitivement la France dans l’histoire du para surf mondial.
    Les États-Unis, longtemps hégémoniques, voient désormais l’écart se creuser.
    Le Brésil et l’Australie complètent un podium qui, depuis trois ans, a pris des allures de duel France/monde.

    L’esprit bleu : plus qu’une équipe, une famille

    Dans le bus du retour vers Los Angeles, les planches empilées et les médailles autour du cou, on entend des rires, des embrassades, et cette phrase qui revient sans cesse :
    « On l’a fait ensemble. »

    C’est peut-être ça, le secret des Bleus : un état d’esprit collectif, une force tranquille, et une joie communicative.
    La victoire n’est pas seulement dans les scores, elle est dans le lien entre ces surfeurs et surfeuses qui incarnent la résilience.

    Des visages différents, des parcours uniques, mais une même flamme : celle de l’océan, du dépassement et du partage.
    Et derrière eux, une France qui peut être fière de ses champions.

    Une hégémonie appelée à durer

    Un titre mondial individuel en 2023, deux en 2024, cinq en 2025 : la progression française est spectaculaire.
    Les jeunes comme Valentine Moskoteoc ou Héloïse Lauriol assurent la relève, pendant que les vétérans guident, transmettent, inspirent.
    La fédération a trouvé la bonne alchimie entre formation, innovation et inclusion.

    Et si ce triplé n’était qu’un début ?
    Oceanside 2025 restera comme une date historique, mais les Bleus ont déjà la tête à 2026.
    L’ambition ? Continuer à repousser les limites — et à prouver que dans l’eau, le courage n’a pas de handicap.

    Ils et elles sont les Bleus du para surf 2025

    Laurie Phipps, Valentine Moskoteoc, Guillaume Colin, Thomas Da Silva, Pierrot Gagliano,
    Béatrice Duran, Éric Dargent, Céline Rouillard, Gaëlle Habri,
    Solange Balay, Maxime Cabanne, Emmanuelle Blanchet, Héloïse Lauriol, Maxime Clarkin, Clément Clavaud,
    et toute la team menée par Jean-Marc St Geours, Serge Lougarot, Carol Combecave, Edouard Manson et les binômes Handi Surf.

    Une équipe pas comme les autres, unie par la même vague : celle du dépassement de soi.

  • Hans Odriozola et Maria Salgado triomphent au Junior Pro Taghazout Bay 2025

    Hans Odriozola et Maria Salgado triomphent au Junior Pro Taghazout Bay 2025

    Le rideau est tombé sur la saison européenne junior 2025. Dans un décor marocain baigné de soleil et de houle, le Junior Pro Taghazout Bay a livré son verdict final : Hans Odriozola (Espagne) et Maria Salgado (Portugal) s’imposent au terme d’une semaine intense à Anza. Une dernière étape décisive pour le classement européen, qui sacre Maria Salgado et Alfonso Suarez champions d’Europe juniors, tout en désignant les surfeurs qualifiés pour les World Junior Championships 2026 aux Philippines.

    Hans Odriozola, première victoire et coup d’éclat à Anza

    À seulement 17 ans, Hans Odriozola a décroché au Maroc le premier titre de sa jeune carrière sur le circuit Junior Qualifying Series (JQS). Parti sans pression — classé sixième avant la compétition — le surfeur basque espagnol a brillé par son surf fluide et engagé, jusqu’à créer la surprise lors d’une finale à suspense.

    Opposé à Michele Scoppa (Italie), Conor Donegan Dos Santos (Espagne) et João Mendonça (Portugal), Odriozola a attendu la dernière minute pour scorer une vague notée 7,47, la meilleure du heat, et s’imposer avec un total de 12,80 points.
    Une victoire pleine d’émotion pour le jeune talent de Saint-Sébastien :

    “Je n’avais rien à perdre, alors j’ai surfé librement. Gagner ici, c’est incroyable, surtout après une saison difficile. Le plus dur a été d’affronter mon frère Kai, c’était un moment particulier.”

    Scoppa, leader jusque dans les dernières secondes, doit se contenter de la deuxième place, devant Donegan Dos Santos et Mendonça.

    Maria Salgado, reine d’Europe avec une troisième victoire

    Chez les filles, Maria Salgado (Portugal) a confirmé son statut de favorite. Déjà victorieuse à Ferrol (Espagne) et Bundoran (Irlande), la Portugaise a ajouté un troisième succès cette saison à Anza, synonyme de titre européen junior 2025.

    Longtemps en duel avec l’Espagnole Carla Morera De La Vall, leader avant l’étape marocaine, Salgado a profité de l’élimination de sa rivale en demi-finales pour prendre l’ascendant. En finale, elle s’est imposée grâce à une vague notée 8,00, dominante face à Sol Borelli (Espagne), Clémence Schorsch (France) et Lilou Rumiel (France).

    “Je n’ai pas de mots, c’est le plus beau jour de ma vie. Gagner au Maroc et décrocher le titre européen, c’est un rêve. Le niveau des filles ne cesse d’augmenter, je veux continuer à progresser et représenter l’Europe du mieux possible.”

    Salgado boucle une saison exceptionnelle, avec régularité, engagement et une maturité impressionnante pour son âge.

    Les qualifiés pour les Championnats du Monde Juniors 2026

    Avec ces résultats, les représentants européens pour les World Junior Championships 2026 aux Philippines (janvier 2026) sont désormais connus.

    • Côté féminin : 🇵🇹 Maria Salgado (championne d’Europe) et 🇪🇸 Carla Morera De La Vall (vice-championne)
    • Côté masculin : 🇪🇸 Alfonso Suarez (champion d’Europe) et 🇪🇸 Conor Donegan Dos Santos (vice-champion)

    L’Espagne confirme sa domination sur le circuit junior cette année, avec trois des quatre qualifiés issus de la péninsule ibérique. Suarez, sacré malgré une élimination précoce à Anza, a vu ses rêves se concrétiser dans l’attente fébrile du résultat final :

    “C’était une saison longue et pleine d’émotions. Être le premier champion junior européen d’Asturies, c’est une fierté énorme. Maintenant, direction les Philippines !”

    Un final de saison réussi pour le surf européen

    Entre jeunes espoirs espagnols, portugais et français, le Junior Pro Taghazout Bay a offert un spectacle à la hauteur des attentes, dans des conditions solides et régulières sur le spot d’Anza. L’étape marocaine confirme son statut de rendez-vous incontournable du calendrier européen, mêlant surf de haut niveau et ambiance locale unique.

    Les champions européens 2025 sont désormais connus, et l’avenir du surf européen semble plus prometteur que jamais. Prochaine étape : les Philippines, pour tenter d’aller chercher un titre mondial junior face à l’élite des surfeurs internationaux.

  • Les 10 surfeurs les mieux payés du monde en 2025

    Les 10 surfeurs les mieux payés du monde en 2025

    Quand les vagues rapportent gros (ou pas tant que ça)

    Le surf fait rêver : tubes parfaits, destinations paradisiaques, vie libre et soleil éternel. Mais côté finances ? Disons que nos héros des vagues ne roulent pas tous sur l’or. Quand Cristiano Ronaldo empoche 275 millions $ par an, les surfeurs peuvent aller waxer leur planche en pleurant dans leur van.

    Malgré la popularité croissante du surf depuis son entrée aux Jeux Olympiques, les revenus restent modestes comparés aux sports majeurs. Peu de prize money, peu de sponsors « hors surf », beaucoup de kilomètres et de boards cassées. Mais une poignée d’entre eux a su transformer sa passion en empire. Voici, selon Celebrity Net Worth (avec les pincettes d’usage), les 10 surfeurs les mieux payés de 2025.

    10. Jamie O’Brien – entre 500 000 $ et 800 000 $/an

    Le clown prince de Pipeline n’est peut-être plus sur le Tour, mais il surfe la vague YouTube mieux que quiconque. Entre ses vlogs hebdos, ses écoles de surf à Hawaï et sa marque de fringues, JOB est devenu un véritable entrepreneur. Et avec Red Bull comme sponsor principal, il n’a pas besoin d’un classement WSL pour bien vivre.

    9. Kai Lenny – 750 000 $ à 1 million $/an

    Half-god, half-waterman. Kai Lenny ne fait pas que surfer : il ride tout ce qui flotte, du foil au kite, avec la même aisance. Ses partenariats avec Red Bull, Hurley, GoPro et Tag Heuer le maintiennent au sommet. Icône du surf extrême, il attire autant les marques de luxe que les gros sponsors de l’outdoor.

    8. Carissa Moore – environ 1 million $/an

    La quintuple championne du monde a pris du recul cette année pour devenir maman, mais ses sponsors ne l’ont pas lâchée. Hurley, Red Bull, Dior et d’autres marques globales continuent de la soutenir. Carissa est l’exemple parfait de la surfeuse moderne : inspirante, performante et bankable.

    7. John John Florence – 1 million $/an

    Le golden boy d’Oahu a lui aussi ralenti la compète pour se consacrer à sa famille et à sa propre marque, Florence Marine X. Ajoute à cela des contrats avec Yeti ou Nixon et ses films de surf arty, et tu obtiens un business solide, ancré dans la coolitude hawaïenne.

    6. Kanoa Igarashi – 1,7 million $/an

    Charmeur, bilingue et ultra-marketé, Kanoa coche toutes les cases. Il séduit autant les marques japonaises que les sponsors US. Même sans dominer le CT, il brille là où ça compte : sur Instagram et dans les boardsrooms des grandes marques.

    5. Filipe Toledo – 1,75 million $/an

    Même après une saison 2025 mitigée, Filipe reste une valeur sûre du surf mondial. Entre Hurley, Monster Energy et Oi Telecom, le Brésilien cumule primes, contrats et statut de star nationale. Il ne gagne peut-être pas toutes les séries, mais côté contrat, il est toujours dans le Top 5.

    4. Mick Fanning – 1,8 million $/an

    À la retraite depuis 2018, « White Lightning » continue d’encaisser. Grâce à ses parts dans Balter Brewing (revendue avec succès) et ses partenariats à long terme avec Rip Curl et Red Bull, il a parfaitement géré sa reconversion. Comme quoi, un bon cutback peut aussi se faire sur Excel.

    3. Gabriel Medina – 2,2 millions $/an

    Absent du Tour, mais omniprésent dans les médias brésiliens, Medina est devenu une icône nationale. Rip Curl, Corona, Audi : ses contrats s’empilent comme des séries parfaites à Teahupo’o. En termes de popularité et de revenus, il reste le véritable rock star du surf mondial.

    2. Laird Hamilton – 3 millions $/an

    Le pionnier du surf de grosses vagues est devenu une marque à part entière. Laird Superfood, documentaires, livres, conférences… il vend aujourd’hui un style de vie plus qu’une performance. À plus de 60 ans, il surfe toujours – mais surtout sur une montagne de cash. (je vous avoue que je suis étonné du chiffre)

    1. Kelly Slater – 3 millions $/an

    Évidemment. Le GOAT reste le roi du surf, sur l’eau comme en affaires. Entre Outerknown, Slater Designs, le Surf Ranch et ses nombreux contrats, Kelly reste indétrônable. Son empire combine écologie, innovation et un brin d’ego — la parfaite recette pour rester n° 1, même loin du podium.

    Moralité : être cool ne suffit pas

    Le surf rapporte, mais pas à tout le monde. Derrière ces dix noms, la majorité des pros galèrent à boucler leurs fins de mois. Le vrai jackpot, c’est l’image : se vendre sans trahir l’esprit du surf. Kelly, Laird ou Medina ont réussi cet équilibre entre authenticité et business. Les autres ? Ils ont encore quelques vagues à rattraper.

  • Junior Pro Taghazout Bay 2025 : les favoris frappent fort avant le Finals Day

    Junior Pro Taghazout Bay 2025 : les favoris frappent fort avant le Finals Day

    Le suspense monte d’un cran à Anza. Pour cette troisième journée du Junior Pro Taghazout Bay 2025, les séries se sont enchaînées dans des vagues d’un bon mètre, propres et puissantes sous un léger vent offshore. Les meilleurs juniors européens ont livré un véritable récital, histoire de se placer idéalement avant le Finals Day prévu demain.

    Conor Donegan Dos Santos en feu 🔥

    Dès les premières minutes du Round of 32, Conor Donegan Dos Santos (ESP) a mis tout le monde d’accord avec un 9.33 quasi parfait, la meilleure vague du contest jusqu’ici. En combinant avec un solide 6.70, il signe un total de 16.03, le plus haut score du jour. Classé quatrième au classement européen, il pourrait bien bouleverser la hiérarchie s’il garde ce rythme.

    Derrière lui, le Basque Oxel Oregi Cortes (EUK) a confirmé sa forme éclatante avec un 15.17, tandis que le Français Coucoulis Lapierre Esteban crée la surprise en éliminant le leader du ranking Alfonso Suarez. Coup dur aussi pour le numéro 2 Dylan Donegan Dos Santos, sorti par un duo espagnol redoutable : Hans Odriozola et Mateo Vazquez.

    Ces éliminations relancent totalement la course au titre européen et aux billets pour les World Junior Championships.

    Carla Morera montre qui est la patronne 👑

    Chez les filles, la numéro 1 Carla Morera De La Vall (ESP) a dû batailler pour trouver son rythme, avant de s’imposer avec une dernière vague à 8.33, synonyme de victoire autoritaire.

    La Française Sarah Leiceaga continue sur sa lancée avec un 8.27 dans sa série, tout comme Clémence Schorsch, Naïa Monte et Maria Salgado, toujours en lice pour le titre régional. Mention spéciale à Sol Borelli (ESP), meilleure performance féminine du jour (13.67).

    En revanche, déception pour les Marocaines Maria Elouedrhiri et Ranya Squalli, sorties malgré le soutien du public local.

    Demain, place aux quarts et aux finales, dans ce qui s’annonce comme une journée décisive pour couronner les champions juniors d’Europe.

    Résultats – Hommes (Round of 32)

    HeatRésultat
    1Conor Donegan Dos Santos (ESP) 16.03 DEF. Louis Escudeiro (BEL) 10.80, Rivan Rosskopf (CHE) 10.23, Malakai Hagley (GBR) 5.00
    2Oxel Oregi Cortes (EUK) 15.17 DEF. João Mendonça (POR) 12.83, Inigo Madina (FRA) 9.14, Gabriel Abiven (FRA) 7.80
    3Coucoulis Lapierre Esteban (FRA) 12.76 DEF. Miguel Lages (POR) 10.86, Alfonso Suarez (ESP) 10.27, Teo Basterra (EUK) 9.20
    4Salvador Vala (POR) 11.33 DEF. Eder Fuentes (EUK) 10.54, Fernando Ibarra (ESP) 10.30, Tiago Guerra (POR) 7.90
    5Hans Odriozola (ESP) 14.27 DEF. Mateo Vazquez (ESP) 8.63, Dylan Donegan Dos Santos (ESP) 8.47, Pietro Garroux (ITA) 4.37
    6Michele Scoppa (ITA) 11.67 DEF. Uri Uziel (ARG) 8.70, Alvaro De La Fuente (ESP) 8.54, Zé Champalimaud (POR) 6.40
    7Tiago Stock (POR) 11.93 DEF. João Roque Pinho (POR) 10.50, Xan Atchoarena Masterson (EUK) 10.47, Hugo Flori (FRA) 9.60
    8TBD : Antoine Habashi (CHE) vs. Oinatz Ortega (EUK) vs. António Lucas (POR) vs. Kai Odriozola (ESP)

    Résultats – Femm

    es (Round of 32)

    HeatRésultat
    1Carla Morera De La Vall (ESP) 12.00 DEF. Laine Fernandez Goenaga (EUK) 10.57, Kaja Millward (GBR) 3.86, Maria Elouedrhiri (MAR) 2.37
    2Sarah Leiceaga (FRA) 13.27 DEF. Sara Romeo Astiazaran (EUK) 7.07, Cristina De Llano Ozores (ESP) 6.60, Ranya Squalli (MAR) 5.60
    3Sol Borelli (ESP) 13.67 DEF. Teresa Pereira (POR) 7.47, Clara Hirigoyen (FRA) 6.64, Maria Dias (POR) 4.36
    4Victoria Backhaus (ITA) 9.33 DEF. Clemence Schorsch (FRA) 8.70, Adriana Fernandez Hidalgo (CNY) 8.47, Sunny Ingram (GBR) 5.70
    5Maria Salgado (POR) 12.94 DEF. Lily Hirigoyen (FRA) 9.16, Lee-Ann Boudine (FRA) 8.44, Magnolia Rossi (ITA) 6.03
    6Lua Escudeiro (POR) 12.30 DEF. Zoé Jaeckin (FRA) 10.27, Anais Blanchard (FRA) 8.90, Oihane Goñi (EUK) 4.87
    7Lilou Rumiel (FRA) 8.47 DEF. Saioa Ortega (EUK) 7.20, Belle Betteridge (GBR) 6.80, Chiara Cuppone (ITA) 5.70
    8Constância Simões (POR) 7.67 DEF. Naïa Monte (FRA) 7.50, Kenia Carril (ESP) 5.30, Malia Dupouy (FRA) 2.80
  • Albany : la vague parfaite devenue embarrassante pour ses créateurs

    Albany : la vague parfaite devenue embarrassante pour ses créateurs

    Ils rêvaient d’une vague parfaite. Ils ont mis trente ans et treize millions de dollars à la construire.
    Problème : elle marche trop bien.

    Bienvenue à Albany, sur la côte sud-ouest de l’Australie, où le récif artificiel de Middleton Beach — censé dynamiser la scène surf locale — s’apprête à être « corrigé » parce qu’il produit des vagues trop puissantes, trop exigeantes pour les surfeurs débutants.
    Oui, tu as bien lu : trop bonnes, trop creuses, trop tubulaires, trop rapides.

    Le rêve d’un surfeur devenu cauchemar administratif

    L’histoire avait pourtant tout d’un conte pour amoureux de la mer.
    Peter Bolt, surfeur local, a passé plus de trente ans à défendre son idée : transformer une plage sans intérêt en véritable spot.
    Études, pétitions, réunions avec les élus, refus répétés — jusqu’au jour où l’Australie fédérale signe enfin le chèque : cinq millions de dollars par ici, cinq autres par là, et un chantier colossal lancé en 2022.

    Soixante-dix mille tonnes de granite, trois couches de roches posées au millimètre, six mois de travaux avec une équipe néo-zélandaise de précision. Résultat : une vague gauche, régulière, creuse, qui déroule à la perfection.
    Le rêve absolu.

    Une réussite trop réussie

    À peine inauguré, le Southern Ocean Surf Reef fait le bonheur des surfeurs d’Albany.
    “On n’a jamais eu de vague aussi puissante ici”, confie Cameron Warburton, local de longue date. “Un vrai take-off vertical, une vague qui pousse, qui creuse, des vagues de haut niveau.”

    Sauf que cette réussite a un petit défaut : elle ne pardonne rien.
    La marée montante transforme la section principale en champ de bataille pour les surfeurs du dimanche. Quelques chutes, quelques bobos, et voilà la panique : le récif serait “trop exigeant”.

    Le maire Greg Stocks s’en explique à la presse locale :

    “Ce sont surtout des surfeurs inexpérimentés qui s’attaquent à des vagues sélectives. Le récif fonctionne très bien, mais la tentation de surfer au-dessus de son niveau provoque certains accidents.”

    La solution ?
    Casser des rochers dans la zone la plus creuse du récif pour “adoucir” la vague. Traduction : détruire la meilleure section.

    Un paradoxe à 13 millions de dollars

    Le projet devait relancer le tourisme, attirer les familles, les jeunes, les écoles de surf… Résultat : la ville a obtenu une vraie vague, une vraie scène surf, et maintenant, elle s’en excuse presque.
    Ironie du sort, Peter Bolt lui-même admettait au lancement :

    “Nous visions une vague intermédiaire, mais elle est plutôt intermédiaire à avancée selon les jours.”
    Autrement dit, mission accomplie. Sauf pour ceux qui voulaient surfer sans effort.

    Et si on y ajoute le coût environnemental :
    – 70 000 tonnes de roches transportées et immergées,
    – des mois de travaux en mer,
    – des engins, du carburant, du béton,
    le tout pour, quelques années plus tard, vouloir tout re-détruire… on atteint des sommets d’absurdité écologique.

    L’histoire se répète

    Ce n’est pas la première fois qu’un récif artificiel tourne à la blague.
    De Boscombe en Angleterre à Narrowneck sur la Gold Coast, les précédents sont nombreux : vagues impraticables, bancs mal calibrés, budgets explosés.
    À croire qu’on n’a toujours pas compris qu’on ne dompte pas l’a mer’océan avec un cahier des charges.

    Le surf est un sport d’adaptation, pas d’ingénierie.
    Une bonne vague, c’est celle qui t’échappe un peu. Celle qui t’oblige à progresser.
    À Albany, on avait enfin créé une vague qui poussait les surfeurs à se dépasser.
    Mais apparemment, en 2025, même la mer doit être “inclusive”.

    La conclusion qui pique un peu

    On voulait une vague parfaite pour les débutants, on a obtenu une vague exigeante pour les surfeurs confirmés.
    Alors plutôt que d’apprendre à surfer, on va modifier les fonds de l’océan.

    Peut-être qu’un jour, on inventera la “vague 100 % sans risque”, garantie sans wipeout. En attendant, le récif d’Albany rappelle une évidence oubliée :
    les bonnes vagues ne se programment pas — elles se méritent.

  • Junior Pro Taghazout Bay : Anza s’enflamme pour les deux premiers jours

    Junior Pro Taghazout Bay : Anza s’enflamme pour les deux premiers jours

    Le Junior Pro Taghazout Bay 2025 bat son plein au Maroc, sur le spot d’Anza, pour la dernière étape du circuit européen WSL Junior. Les deux premières journées ont offert un spectacle de haut niveau, portées par des vagues solides (1,5 à 2 mètres) et un vent offshore quasi parfait.

    En ce 6 novembre, la compétition a coïncidé avec le 50e anniversaire de la Marche Verte, et la nature a fait les choses en grand : séries puissantes, manœuvres engagées, et quelques surprises dans les classements.

    Chez les hommes, l’Espagnol Conor Donegan Dos Santos a signé le meilleur total de la journée (15.27 pts), confirmant son statut de favori. Derrière lui, les Portugais João Mendonça et Miguel Lages se sont distingués, tout comme les Français Gabriel Abiven et Louis Escudeiro, tous deux solides et appliqués dans leurs séries.

    Chez les filles, Sarah Leiceaga (13.66 pts) et Teresa Pereira (14.17 pts) ont dominé les débats, tandis que Zoé Jaeckin (13.60 pts) a porté haut les couleurs françaises avec Sarah avec un surf précis et puissant.

    La suite de la compétition s’annonce intense, avec l’entrée en lice des têtes de série ce vendredi 7 novembre à 7h30 (GMT+1). L’enjeu est immense : les titres européens et la qualification au championnat du monde se joueront à Anza dans les prochaines 48 heures.

    Résultats de la deuxième journée de compétition

    Junior Pro Taghazout Bay – Men, Round of 96 (Anza)
    Heat Surfeur Total Détail (vagues) Statut
    1Michael Monteiro9.836.00 + 3.83Adv to R64 – HT 1
    1Rivan Rosskopf8.104.37 + 3.73Adv to R64 – HT 2
    1Lenny Morel7.274.50 + 2.77Eliminated
    1Odin Villarreal Bahamonde4.572.67 + 1.90Eliminated
    2Oxel Oregi Cortes12.506.83 + 5.67Adv to R64 – HT 1
    2Gabriel Abiven12.508.00 + 4.50Adv to R64 – HT 2
    2Jarko Kreuzeder8.764.83 + 3.93Eliminated
    2Piran Friend3.232.33 + 0.90Eliminated
    3Inigo Madina12.006.33 + 5.67Adv to R64 – HT 3
    3Malakai Hagley10.207.83 + 2.37Adv to R64 – HT 4
    3Thomas De Leonardo6.703.83 + 2.87Eliminated
    3Matias Lopes9.675.17 + 4.50Eliminated
    4Kilian Rosskopf9.635.00 + 4.63Adv to R64 – HT 4
    4Louis Escudeiro9.074.57 + 4.50Adv to R64 – HT 3
    4Teo Cajide8.574.70 + 3.87Eliminated
    4Milo Shani2.941.67 + 1.27Eliminated
    5Kai Schmitz Sanchidrian8.476.07 + 2.40Adv to R64 – HT 6
    5Miguel Lages12.006.17 + 5.83Adv to R64 – HT 5
    5Achille Clerc6.603.50 + 3.10Eliminated
    5Gaston Dheere Gardahaut6.233.13 + 3.10Eliminated
    6Alejo Linares9.044.67 + 4.37Adv to R64 – HT 5
    6Teo Basterra10.305.33 + 4.97Adv to R64 – HT 6
    6Daniel Román8.274.27 + 4.00Eliminated
    6Louka Tirilly De Vera6.633.63 + 3.00Eliminated
    7Marley Benesenes Masse11.166.33 + 4.83Adv to R64 – HT 7
    7Tiago Guerra10.405.73 + 4.67Adv to R64 – HT 8
    7Joaquim Trindade8.865.33 + 3.53Eliminated
    7Rory Murphy7.374.20 + 3.17Eliminated
    8Sun Shlomo Malka11.346.07 + 5.27Adv to R64 – HT 8
    8Ugaitz Zenarrutzabeitia Lazkano8.445.07 + 3.37Adv to R64 – HT 7
    8Stefano Mandozzi6.004.07 + 1.93Eliminated
    8Lahcen Ourchim7.674.17 + 3.50Eliminated
    9Zé Champalimaud8.404.33 + 4.07Adv to R64 – HT 9
    9Alvaro De La Fuente7.844.17 + 3.67Adv to R64 – HT 10
    10Alberto Barzan12.506.50 + 6.00Adv to R64 – HT 10
    10Alvaro Casanova Del Cerro9.435.50 + 3.93Adv to R64 – HT 9
    11Mateo Vazquez11.647.67 + 3.97Adv to R64 – HT 11
    11Marco Marin10.265.93 + 4.33Adv to R64 – HT 12
    12Pietro Garroux8.934.50 + 4.43Adv to R64 – HT 12
    12Baltazar Barbosa Leão7.274.00 + 3.27Adv to R64 – HT 11
    13Antoine Habashi10.676.17 + 4.50Adv to R64 – HT 13
    13Kalani Giraud8.675.00 + 3.67Adv to R64 – HT 14
    14Bruno Amado12.076.40 + 5.67Adv to R64 – HT 14
    14Jose Gonçalves7.343.67 + 3.67Adv to R64 – HT 13
    15António Lucas10.966.13 + 4.83Adv to R64 – HT 15
    15Celyan Denis10.606.00 + 4.60Adv to R64 – HT 16
    16Hugo Flori10.947.07 + 3.87Adv to R64 – HT 16
    16Noah Davis10.666.33 + 4.33Adv to R64 – HT 15
    Junior Pro Taghazout Bay – Women, Round of 48 (Anza)
    Heat Surfeuse Total Détail (vagues) Statut
    1Laine Fernandez Goenaga8.004.83 + 3.17Adv to R32 – HT 1
    1Cristina De Llano Ozores5.333.73 + 1.60Adv to R32 – HT 2
    1Lauren Sandland4.774.00 + 0.77Eliminated
    1Rachel Devin3.172.17 + 1.00Eliminated
    2Sarah Leiceaga13.667.33 + 6.33Adv to R32 – HT 2
    2Kaja Millward5.342.67 + 2.67Adv to R32 – HT 1
    2Anna Gavriel1.330.83 + 0.50Eliminated
    2Sapir Korsia3.172.67 + 0.50Eliminated
    3Teresa Pereira14.177.50 + 6.67Adv to R32 – HT 3
    3Sunny Ingram8.744.87 + 3.87Adv to R32 – HT 4
    3Carla Mendez Acebo7.774.00 + 3.77Eliminated
    3Caterina Congiu4.843.17 + 1.67Eliminated
    4Sol Borelli7.575.00 + 2.57Adv to R32 – HT 3
    4Diana Giorgi6.033.50 + 2.53Eliminated
    4Ana Piñón4.202.53 + 1.67Eliminated
    4Adriana Fernandez Hidalgo9.835.60 + 4.23Adv to R32 – HT 4
    5Oihane Goñi9.105.33 + 3.77Adv to R32 – HT 6
    5Magnolia Rossi9.905.17 + 4.73Adv to R32 – HT 5
    5Maria Butler5.402.83 + 2.57Eliminated
    5Lila Skinner8.004.17 + 3.83Eliminated
    6Lily Hirigoyen9.446.17 + 3.27Adv to R32 – HT 5
    6Costanza De Lisi4.303.00 + 1.30Eliminated
    6Zoé Jaeckin13.606.93 + 6.67Adv to R32 – HT 6
    6Ludovica Chila4.772.50 + 2.27Eliminated
    7Chiara Cuppone8.135.50 + 2.63Adv to R32 – HT 7
    7Ane Loreiro Cubero6.363.43 + 2.93Eliminated
    7Constância Simões6.804.17 + 2.63Adv to R32 – HT 8
    7Margo Liets6.103.57 + 2.53Eliminated
    8Belle Betteridge5.674.67 + 1.00Adv to R32 – HT 7
    8Isabella O’reilly3.833.50 + 0.33Eliminated
    8Ruby Fanning2.201.43 + 0.77Eliminated
    8Malia Dupouy8.544.77 + 3.77Adv to R32 – HT 8
  • Edouard Delpero vice-champion du monde : un goût amer

    Edouard Delpero vice-champion du monde : un goût amer

    L’ancien monde face au nouveau

    C’est une fin de saison cruelle pour Edouard Delpero. Le Français, en position de force avant cette dernière étape à El Salvador, repart finalement vice-champion du monde, battu par l’Australien Kai Ellice-Flint.
    Un dénouement amer, tant cette finale a laissé un sentiment d’incompréhension. Car au-delà du résultat, c’est tout un style de surf qui semblait jugé différemment.

    Depuis plusieurs années, la scène longboard mondiale se déchire entre deux visions : le surf classique, fluide et enraciné dans l’histoire, incarné par Kai Ellice-Flint dans cette finale, et le new school plus aérien, plus radical, parfois plus démonstratif que stylé, incarné Édouard Delpero. Le combat des Singles Fins contre les tri-fins.
    Et ce soir, à El Sunzal, on a eu le sentiment que la balance penchait lourdement d’un côté.

    Quand les detin est contrevous

    Des notes qui interrogent

    Dans le premier heat de la finale, un 9,50 attribué à Ellice-Flint a mis le ton. Une vague certes propre, mais avec des noses courts, où le surfeur met des manoeuvres mais avec l’instabilité d’un single fins. On y voit plus du style que de l’action. (je vous laisse juge, la vidéo est en bas de page)
    Derrière, Edouard enchaîne une vague avec des noses rides bien plus long et propre avec des manoeuvres plus appuyées… pour une note nettement inférieure.
    De quoi susciter la frustration chez le fan que je suis, tant l’écart de notation semble difficile à justifier.

    Et comme si le destin s’en mêlait, une scène totalement improbable se déroule sur la plage :

    Les planches d’Edouard Delpero, perdues pendant le voyage, arrivent… en plein milieu de la finale.
    Jusque-là, le Français surfait sur une planche prêtée par Rachael Tilly elle-même.
    Au moment où ses propres boards réapparaissent, un membre de l’équipe se met à monter les dérives et waxer la planche dans l’urgence, tandis qu’Edouard rame pour sa prochaine vague.
    Un moment presque paranormal, résumé par la WSL :
    “@edouarddelpero was riding @rachaeltilly’s boards the last few days with his lost in transit.
    Halfway through the final, the boards made it! Crazy scenes here at El Salvador Longboard Championships.”

    Le genre de séquence où l’on se dit que le sort a choisi son camp.

    Sur les séries suivantes, le scénario se répète. Delpero peine à trouver les meilleures vagues, la fréquence est faible, les opportunités rares.
    À la deuxième série, alors qu’il a la priorité, il part trop à l’intérieur — une erreur rare, presque symbole d’impuissance.
    Tout semble aller dans le mauvais sens : les conditions, le rythme, les notes.

    Le triomphe d’un style

    En face, Kai Ellice-Flint incarne la nouvelle génération du longboard australien : planches single-fin, on est sur un surf très stylisé qui séduit visiblement le panel de juges. Pour ma part, je suis un peu perdu, comment noter un style ?
    À aucun moment, Edouard n’a semblé en mesure de renverser la tendance. Pourtant, le Basque avait tout pour offrir au public une leçon de pureté dans un surf que beaucoup considèrent comme l’essence même de la discipline.

    Ce duel old school / new school, déjà latent depuis plusieurs saisons, on en parlait déjà lors de la précédente compétition, trouve ici son expression la plus brutale.
    Le résultat n’efface en rien la saison exceptionnelle d’Edouard, revenu au sommet à 35 ans, ni son statut de longboarder exceptionnel.

    Tilly, impériale chez les femmes

    Chez les femmes, Rachael Tilly s’impose une nouvelle fois et décroche un troisième titre mondial, dont deux consécutifs.
    Implacable, la Californienne Rachael Tilly signe un parcours parfait : six victoires consécutives, une domination sans faille, et un troisième titre mondial obtenu face à Avalon Gall (USA), 15.20 à 12.44 puis 13.50 à 12.54.
    À 27 ans, elle rejoint le cercle fermé des triple championnes du monde, aux côtés de Soleil Errico et Honolua Blomfield.

    Femmes

    RoundRésultatScore
    Title Match 2Rachael Tilly (USA) déf. Avalon Gall (USA)13.50 – 12.54
    Title Match 1Rachael Tilly (USA) déf. Avalon Gall (USA)15.20 – 12.44
    Match 4Rachael Tilly (USA) déf. Soleil Errico (USA)13.40 – 12.97
    Match 3Rachael Tilly (USA) déf. Honolua Blomfield (HAW)15.10 – 12.00
    Match 2Rachael Tilly (USA) déf. Hiroka Yoshikawa (JPN), Chloe Calmon (BRA)14.67 – 14.36 – 13.23
    Match 1Rachael Tilly (USA) déf. Kelis Kaleopaa (HAW), Tully White (AUS)15.83 – 15.27 – 10.37

    Hommes

    RoundRésultatScore
    Title Match 2Kai Ellice-Flint (AUS) déf. Edouard Delpero (FRA)16.00 – 10.33
    Title Match 1Kai Ellice-Flint (AUS) déf. Edouard Delpero (FRA)17.67 – 12.84
    Match 4Kai Ellice-Flint (AUS) déf. Taylor Jensen (USA)15.27 – 9.17
    Match 3Taylor Jensen (USA) déf. Declan Wyton (AUS)16.17 – 14.50
    Match 2Declan Wyton (AUS) déf. Max Weston (AUS), Kevin Skvarna (USA)13.36 – 10.90 – 6.67
    Match 1Declan Wyton (AUS) déf. Steven Sawyer (RSA), Rogelio JR Esquievel (PHL)12.73 – 11.83 – 10.43
  • Le surf vieillit, les surfeurs aussi : faut-il s’inquiéter de la hausse des noyades ?

    Le surf vieillit, les surfeurs aussi : faut-il s’inquiéter de la hausse des noyades ?

    C’est un nom de plus, et une vague de trop.
    Sean Anthony Lennon, 54 ans, s’est noyé cette semaine sur le spot de surf « The Bombie« , une droite massive située au large de Margaret River, en Australie de l’Ouest. Une vague qu’il connaissait par cœur, un homme respecté, ancien nageur pro, sauveteur, surfeur solide… et pourtant, la mer l’a gardé.

    Sur les réseaux, la communauté locale parle d’un choc. D’un “accident qui aurait pu arriver à n’importe qui”. Et c’est justement ce “n’importe qui” qui interroge : ces derniers mois, les noyades de surfeurs expérimentés, souvent quadragénaires ou quinquagénaires, voir plus, semblent se multiplier. Simple coïncidence ou signe d’un vieillissement du surf et de ses risques ?

    Une génération dorée qui continue de charger

    Le surf a vieilli. Et c’est plutôt une bonne nouvelle.
    Ce n’est plus seulement un sport d’ados bronzés aux cheveux salés. Ceux qui ont commencé à la grande époque des VHS de Kelly ou des trips Indo dans les années 90 ont aujourd’hui 40, 50, parfois 60 ans — et n’ont aucune envie de raccrocher. Je fais partie de cette génération, et je m’y reconnais totalement.

    Ils ont des planches sur mesure, des combinaisons techniques, du temps libre, et souvent la même envie d’aller se mesurer à des vagues puissantes. Les surfeurs ne “s’arrêtent” plus : ils évoluent, se soignent, s’entretiennent… mais leur passion, elle, ne vieillit pas.

    Sauf que le corps, lui, n’a pas toujours la même endurance qu’avant.

    Le corps dit stop, parfois sans prévenir

    Le surf est un sport d’effort explosif. Ramer, se lever, encaisser, replonger, repartir… Un rythme cardio intense, irrégulier, sous contrainte.
    Et si la mer offre l’impression de jeunesse éternelle, la physiologie, elle, ne ment pas :

    • le rythme cardiaque maximal diminue avec l’âge ;
    • la récupération est plus lente ;
    • la tolérance au froid et à l’apnée baisse ;
    • et les crises cardiaques deviennent plus probables en cas d’effort violent ou de stress hypoxique.

    À « The Bombie », la rame d’approche est interminable. On est loin du rivage, dans le bleu profond, sans repère de taille. Les séries arrivent sans prévenir. Une vague ratée, une chute mal placée, un leash qui tire ou casse — et le corps peut céder, même celui d’un ancien lifeguard comme Sean Lennon.

    L’expérience : force ou piège ?

    Il y a aussi une forme d’illusion de maîtrise chez les surfeurs aguerris.
    Quand tu surfes le même spot depuis vingt ans, tu connais chaque courant, chaque série. Mais cette familiarité peut aussi anesthésier la vigilance.
    Tu y retournes parce que “tu sais”. Parce que tu l’as déjà fait. Parce que tu t’y sens chez toi.

    Sauf qu’à 50 ans, les marges de manœuvre sont plus fines. Et parfois, ce n’est pas une erreur, juste un corps qui ne suit plus.
    La mer ne juge pas ton CV. Elle ne fait pas de différence entre le rookie et le vétéran.

    Le surf est devenu un sport d’adultes

    Aujourd’hui, le surfeur moyen dans le monde a plus de 35 ans. En France, c’est même plus proche de 40.
    Les baby-boomers du surf continuent de remplir les line-ups, de voyager, de chercher la bonne houle. Et c’est beau.
    Mais cette longévité de la pratique pose aussi une question nouvelle : comment adapter le surf ou le matériel surf à des corps plus âgés ?

    Le surf a longtemps ignoré cette problématique, préférant l’image du surfeur éternellement jeune. Pourtant, comme dans le vélo ou la course, la préparation physique et le suivi médical deviennent indispensables pour surfer longtemps… et en sécurité.

    Plus de monde à l’eau, plus d’incidents

    Derrière le sentiment d’une hausse des noyades, il y a aussi un fait simple : jamais il n’y a eu autant de surfeurs à l’eau.
    Les pics de fréquentation, le matériel plus accessible, les spots “connectés” qui permettent d’anticiper les conditions parfaites… Tout cela multiplie mécaniquement le risque d’accidents.

    Et quand la population des surfeurs actifs vieillit, les statistiques bougent. Pas forcément parce que les vagues deviennent plus dangereuses, mais parce que les pratiquants le deviennent un peu plus.

    La mer reste la même

    Au fond, l’océan n’a pas changé. Ce sont les générations qui passent.
    Les mêmes vagues, la même force, les mêmes silences après un drame.

    Sean Lennon était de ceux qui respectaient l’océan, qui en connaissaient la beauté et les pièges. Sa disparition ne dit pas qu’il faut avoir peur — mais qu’il faut rester humble, quel que soit son âge, son niveau ou son passé.

    Le surf est un cadeau. Mais c’est aussi une épreuve, à chaque session.
    Et peut-être qu’à mesure que le surf vieillit, il nous rappelle une chose essentielle : on ne surfe jamais contre la mer, mais avec elle.

    Un petit aperçu du spot dans des conditions solides…

  • Le rêve fou d’Édouard Delpero : à une série du sacre mondial

    Le rêve fou d’Édouard Delpero : à une série du sacre mondial

    Il y a encore quelques semaines, personne n’aurait osé y croire. Édouard Delpero, 13ᵉ au classement mondial, voyait s’éloigner la grande finale du World Longboard Tour. Et pourtant… Après une victoire incroyable à Abu Dhabi, le Français se retrouve aujourd’hui n°1 mondial, à une seule série d’un titre de champion du monde WSL, le seul qui manque à sa légende.

    D’Abu Dhabi à El Salvador : la remontée d’un miraculé

    Le décor ? Une piscine à vagues au cœur du désert. Le scénario ? Totalement improbable. Avant la compétition, Delpero n’était même pas qualifié pour la finale mondiale. Il lui fallait un miracle. Ce miracle a pris la forme d’une victoire magistrale lors du Surf Abu Dhabi Longboard Classic, où il a survolé la compétition, grâce à sa maîtrise parfaite du barrel sur chaque vague artificielle.

    Grâce à ce succès, le Biarrot grimpe du 13ᵉ au 1er rang mondial, décrochant le statut de tête de série pour la grande finale au Salvador. Un renversement de situation comme le surf en produit rarement, et qui résume à lui seul la détermination d’un athlète toujours animé par la passion du longboard et du surf.

    Une finale à suspense : le format “winner-take-all”

    La Surf City El Salvador Longboard Championships (5 au 9 novembre) s’annonce comme un moment historique. Huit hommes et huit femmes s’y disputeront les couronnes mondiales dans un format inspiré du Championship Tour.
    Les règles sont simples : les surfeurs les mieux classés affrontent les autres dans une succession de séries éliminatoires, jusqu’au “Title Match”, où attend le n°1 mondial.

    Pour Édouard Delpero, cela signifie qu’une seule série gagnée pourrait le sacrer champion du monde WSL 2025.
    En cas de défaite lors de la première manche, il aura droit à une revanche immédiate, dans un duel au meilleur des trois séries. Une dernière marche pour boucler un parcours exceptionnel.

    Le rendez-vous d’El Sunzal

    La scène de cette bataille finale : El Sunzal, un point break den droite d’une beauté saisissante, situé à La Libertad, au cœur du projet Surf City du Salvador.
    Une vague longue, régulière, parfaite pour exprimer la grâce et le flow du longboard moderne. “C’est juste une vague parfaite pour un longboard”, résume le quadruple champion du monde Taylor Jensen, qui sera l’un des prétendants.

    Delpero, 35 ans, connaît bien l’endroit. Il y a surfé pour la dernière fois en 2023. Cette fois, il y revient avec un seul objectif : décrocher la couronne mondiale, un titre qui viendrait couronner une carrière exemplaire, marquée par la constance, la technique et une élégance rare.

    Une consécration attendue depuis toujours

    Déjà multiple champion d’Europe, finaliste à plusieurs reprises sur le circuit mondial, Champion du monde ISA, Édouard Delpero a tout connu sauf cette ultime consécration.
    Longtemps dans l’ombre du frère cadet Antoine, également star du longboard, Édouard a tracé sa propre voie, fidèle à un surf pur et sans artifice.

    Aujourd’hui, le Français a l’occasion de marquer l’histoire du surf hexagonal : aucun surfeur tricolore n’a encore remporté le titre mondial WSL Longboard.
    Avec son expérience, sa maturité et sa vision du surf, il est plus prêt que jamais. Et si le scénario de cette saison s’est déjà révélé incroyable, le meilleur reste peut-être à venir.

    🏆 Un champion du monde français ?

    La réponse pourrait tomber dans les heures à venir à El Sunzal. Une victoire, une seule, séparerait désormais Édouard Delpero d’un rêve poursuivi depuis plus d’une décennie.
    Et si la France tenait enfin son premier champion du monde WSL Longboard ? Rendez-vous ce jeudi ou vendredi en fonction des conditions.

  • Le Rip Curl International GromSearch 2025  débarque à Hossegor

    Le Rip Curl International GromSearch 2025 débarque à Hossegor

    Chaque automne, Hossegor devient le centre du monde du surf. Les pros y chassent les tubes parfaits sur nos bancs de sable, les passionnés s’y retrouvent pour un dernier baroud avant l’hiver… et cette année, la relève mondiale y fera ses armes : le Rip Curl International GromSearch 2025 posera ses valises sur les plages landaises du 4 au 8 novembre.
    Un retour symbolique pour un événement qui a vu éclore quelques-uns des plus grands talents du surf moderne.

    L’Australie s’impose à Hossegor : Ocean Lancaster et Eliza Richardson triomphent

    Le rideau est tombé sur le Rip Curl International GromSearch 2025, et c’est une double victoire australienne qui a clôturé une semaine d’exception sur le spot du Santocha à Capbreton. Les vagues ont répondu présentes, avec un mètre cinquante propre et creux, portées par un vent offshore et un public venu nombreux encourager la nouvelle génération du surf mondial.

    Chez les garçons, Ocean Lancaster (16 ans) a livré une démonstration de précision et de sang-froid. En finale, il a dominé le jeune prodige brésilien Arthur Vilar (14 ans), pourtant auteur du meilleur score du contest (9,33) sur un Kerrupt Flip magistral lors de la demi-finale. “C’est irréel, tout s’est passé si vite. C’est le plus beau jour de ma vie de surfeur”, a confié Lancaster, encore tremblant d’émotion après sa victoire (16 pts contre 12,83).

    Côté féminin, la performance d’Eliza Richardson (15 ans) restera dans les mémoires. Blessée l’an dernier, elle signe un retour éclatant en s’imposant face à la Sud-Africaine Emily Jenkinson (16 ans). Grâce à une approche stratégique et des turns puissants dans les secxtions critiques, la surfeuse de Lennox Head s’est assurée un premier sacre international (12,57 pts contre 7,4). “Je n’y crois pas encore. J’ai surfé libérée, sans penser au résultat. C’est magique !”, a-t-elle déclaré en larmes sur le podium.

    Entre les séries, le public a eu droit à un show XXL : Molly Picklum, Crosby Colapinto, Tom Curren, Tya Zebrowski, Lukas Skinner, Kyllian Guerin et Justin Becret ont offert une démonstration de haut vol, dans une ambiance digne d’un mini Quik Pro. Le tout rythmé par les commentaires enjoués de Paul Evans.

    En 2025, le GromSearch confirme son rôle de tremplin planétaire : la majorité des surfeurs actuels du Championship Tour sont passés par cette compétition. Et à voir le niveau affiché cette semaine à Hossegor, la relève est prête à reprendre le flambeau.

    Résultats officiels :

    • U16 Garçons : 1. Ocean Lancaster (AUS) – 16 pts / 2. Arthur Vilar (BRA) – 12,83 pts
    • U16 Filles : 1. Eliza Richardson (AUS) – 12,57 pts / 2. Emily Jenkinson (RSA) – 7,4 pts

    Une finale mondiale au cœur du surf européen

    Après Bali en 2024, la finale internationale du GromSearch, présentée par Sun Bum, prend la direction d’Hossegor. Une destination naturelle pour la marque australienne, tant la région incarne sa philosophie : vagues puissantes, ambiance roots et jeunesse dorée du surf européen.

    “Nous sommes très enthousiastes à l’idée de ramener les meilleurs groms du monde dans un lieu aussi mythique que Hossegor”, a déclaré James Taylor, General Manager Marketing de Rip Curl. “C’est un endroit où les beach breaks peuvent offrir de vraies vagues de compétition, parfaites pour révéler les futurs champions.”

    Le programme s’annonce dense : 16 surfeurs et surfeuses venus d’Australie, du Brésil, d’Argentine, des États-Unis, d’Indonésie, d’Afrique du Sud et d’Europe, auxquels s’ajouteront deux wildcards issues de la compétition digitale #GromSearchOnline, qui était ouverte jusqu’au 1er octobre.

    Les futurs Gabriel Medina et Molly Picklum en action

    Le GromSearch n’est pas un simple contest junior : c’est une usine à champions.
    Depuis 26 ans, cette série déniche les talents qui domineront le surf mondial. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 60 % des surfeurs actuels du Championship Tour sont passés par ce circuit.
    Cinq des six médaillés olympiques en surf ont un jour arboré un lycra GromSearch. Et les 18 derniers titres mondiaux féminins ont tous été remportés par d’anciennes participantes !

    Gabriel Medina, Caroline Marks, Caitlin Simmers, Tatiana Weston-Webb, Leonardo Fioravanti, Samuel Pupo, Brisa Hennessy… la liste ressemble à un panthéon du surf contemporain.
    Pour les jeunes engagés à Hossegor, ce n’est pas qu’une compétition : c’est une porte d’entrée vers l’élite mondiale.

    Les jeunes Français dans la bataille

    Avant la grande finale internationale, deux rendez-vous français viendront pimenter le mois d’octobre :

    • Lacanau (18-20 octobre) : étape reprogrammée du circuit français.
    • Hossegor (22-23 octobre) : Finale européenne, qui désignera les représentants du Vieux Continent pour la finale mondiale.

    On y attend une génération française prometteuse, façonnée par les beach breaks exigeants de la côte Atlantique.

    À l’heure où la France cherche ses futurs représentants pour les Jeux de Los Angeles 2028, le GromSearch s’impose comme un laboratoire du surf de demain.

    Hossegor, le spot parfait pour forger des champions

    Début novembre, Hossegor retrouve souvent ses plus belles conditions : houles consistantes, sable bien sculpté, offshore matinal et tubes parfaits.
    Un terrain de jeu idéal pour ces surfeurs en devenir, qui devront allier puissance et stratégie face à la volatilité du beach break.

    Entre La Nord, Les Culs Nus et La Gravière, les vagues changent sans prévenir, récompensant l’instinct plus que la force brute. C’est justement ce que recherche Rip Curl : déceler ceux qui savent lire l’océan, pas seulement le dompter.

    Et cette année, deux figures du CT seront là pour inspirer la nouvelle génération :

    • Molly Picklum, championne du monde 2025, symbole de persévérance et de style sans compromis.
    • Crosby Colapinto, surfeur californien au flow impeccable, grand frère de la scène grom internationale.

    Leur présence promet d’électriser les jeunes compétiteurs — et de créer de beaux moments de partage sur la plage.

    Le digital au cœur du dispositif

    En 2025, impossible d’imaginer un événement sans sa part d’innovation digitale. Le GromSearch le prouve avec son concours #GromSearchOnline, qui permet à des jeunes du monde entier d’envoyer leurs vidéos pour décrocher une wildcard.
    Un format qui colle à la nouvelle génération : connectée, créative, spontanée.

    Les finales seront retransmises en direct sur ripcurl.com et les réseaux sociaux de la marque, avec des résumés quotidiens et des contenus immersifs.
    Une belle vitrine pour ces jeunes surfeurs dont les premiers tubes pourraient déjà faire le tour du monde avant même d’être jugés.

    Un tremplin plus qu’une compétition

    Au-delà des podiums et des scores, le Rip Curl GromSearch incarne un état d’esprit : celui de la découverte, de la camaraderie et du surf dans sa forme la plus pure.
    Chaque édition révèle non seulement des champions, mais aussi des histoires humaines. Celle du kid brésilien qui découvre l’Europe, de la surfeuse basque qui affronte pour la première fois des vagues landaises, du jeune Indo qui surfe pieds nus sur le sable froid d’Hossegor.

    Cette rencontre des cultures et des styles fait du GromSearch bien plus qu’un simple “event” : c’est une école du surf mondial.

  • Le Nazaré Big Wave Challenge lance sa waiting period : les Français prêts pour le show

    Le Nazaré Big Wave Challenge lance sa waiting period : les Français prêts pour le show

    Chaque année, à l’approche de l’hiver, Nazaré entre en veille active. Les surfeurs de gros scrutent les cartes météo, les équipes de jet-skis font chauffer les moteurs, et les caméras du monde entier attendent la déferlante. Depuis le 1er novembre et jusqu’au 31 mars 2026, la waiting period du Tudor Nazaré Big Wave Challenge est officiellement ouverte. Un seul jour, une seule fenêtre : celle où la houle, le vent et le courage s’aligneront pour écrire une nouvelle page de l’histoire du surf XXL.

    La saison des monstres est ouverte

    Nazaré, c’est un cirque aquatique géant où les vagues atteignent parfois la hauteur d’un immeuble de dix étages. Grâce à son canyon sous-marin unique (bien que ressemblant à celui de Hossegor), Praia do Norte agit comme un entonnoir qui concentre la houle atlantique dans des murs d’eau d’une violence rare. Pour que la compétition ait lieu, il faut un minimum de 25 pieds (environ 8 mètres) et des conditions parfaites : vent offshore, direction de houle idéale et suffisamment de fréquence pour rassasier la folie des athlètes.

    La World Surf League veille : quand un swell monstrueux se profile, elle déclenche une “alerte jaune” 72 heures avant l’éventuelle mise à l’eau. Si les prévisions se confirment, l’“alerte verte” est donnée, et tout le gratin du surf de gros débarque à Nazaré, planches et gilets gonflables sous le bras.

    Le format reste inchangé : neuf équipes de deux surfeurs, alternant entre la conduite du jet-ski et le surf. Trois récompenses sont en jeu : meilleure performance masculine, meilleure performance féminine et meilleure équipe.

    Les Français au rendez-vous… ou presque

    Cette année encore, la France sera bien représentée — et plutôt fièrement. Justine Dupont, reine incontestée de Nazaré, remet son titre en jeu après avoir remporté la meilleure performance féminine en 2025. Elle fera équipe avec Éric Rebière, pionnier du surf de gros français et l’un des meilleurs pilotes de jet au monde.
    Son compatriote Clément Roseyro, la révélation de la dernière édition, sera de nouveau associé au Portugais Nic von Rupp, duo explosif et redoutablement efficace, lauréat du trophée de la meilleure équipe l’an passé.

    Autre tandem franco-chilien : Pierre Rollet avec Rafael Tapia, deux habitués des sessions à Nazaré. Et enfin, Benjamin Sanchis – figure historique du surf de gros tricolore – repartira à l’assaut du monstre portugais aux côtés du Marocain Jérôme Sahyoun.

    Nazaré, théâtre du chaos

    La beauté du Nazaré Big Wave Challenge, c’est son imprévisibilité totale. En quelques heures, une alerte peut tout faire basculer : billets d’avion, matériel, sécurité, logistique… Rien n’est figé, tout dépend du ciel et de l’océan. L’an dernier, les conditions avaient permis une journée historique, avec des vagues de 10 mètres et des performances d’anthologie.

    Mais au-delà de la compétition, Nazaré est devenu un symbole. Popularisé par la série The 100 Foot Wave sur HBO, le spot portugais a dépassé la sphère du surf pour devenir une légende planétaire. Chaque session, chaque wipeout, chaque sauvetage est immortalisé sur les réseaux, contribuant à nourrir ce mythe fascinant du surf de l’extrême.

    En attendant l’alerte jaune

    Pour l’heure, les teams patientent, prient pour une tempête bien positionnée, et se préparent à l’inimaginable. Quand Nazaré s’éveille, le monde du surf retient son souffle. Les jets rugiront, les vagues gronderont, et quelque part au large du phare rouge, un Français – ou quatre – tentera d’inscrire son nom dans l’histoire.

  • Sierra Kerr entre dans l’histoire avec le premier backflip féminin en surf

    Sierra Kerr entre dans l’histoire avec le premier backflip féminin en surf

    Sous les projecteurs du bassin URBNSURF de Sydney, Sierra Kerr vient de réaliser ce qu’aucune surfeuse n’avait encore osé imaginer : un backflip parfait. Une première historique dans le surf féminin. Et le plus fou dans tout ça ? C’était son premier essai de la soirée.

    La jeune Australienne de 18 ans a posé cette rotation spectaculaire sur le même spot où elle remportait, un mois plus tôt, son quatrième titre Stab High. Portée par l’énergie des sessions nocturnes, Sierra s’est élancée, a saisi les deux rails en plein vol et a atterri proprement. Un instant d’histoire gravé à jamais, filmé sous les lumières du bassin et acclamé par la communauté surf mondiale.

    Une progression fulgurante, malgré la maladie

    Si ce backflip a tant d’écho, c’est aussi parce qu’il symbolise une renaissance personnelle. En 2025, Sierra Kerr revenait de loin.
    Victime de la maladie de Lyme, une infection transmise par les tiques, elle avait passé des mois à l’hôpital, incapable de marcher, encore moins de surfer. « J’étais tellement faible que je ne pouvais même pas me tenir debout sur ma planche », confiait-elle dans un post bouleversant.

    Mais avec une détermination hors norme, Sierra a repris le chemin de l’eau, d’abord timidement, puis avec une énergie retrouvée. Jusqu’à redevenir la surfeuse explosive que tout le monde voyait déjà comme une future championne du monde.

    L’héritage des Kerr

    Ce n’est sans doute pas un hasard si ce premier backflip féminin porte le nom de Kerr.
    Son père, Josh Kerr, ancien pro et inventeur du mythique Kerrupt flip, a marqué sa génération par sa créativité aérienne. Aujourd’hui, sa fille perpétue la lignée, avec un style tout aussi aérien et moderne, le tout accompagné d’une capacité à repousser les limites à chaque session.

    Entre héritage, talent pur et mental d’acier, Sierra Kerr incarne cette nouvelle génération de surfeuses capables de réécrire les codes du surf féminin. Et si ce backflip n’est qu’un début, le monde du surf n’a pas fini d’entendre parler du clan Kerr.

  • Le Pro Junior européen s’offre une grande finale à Taghazout

    Le Pro Junior européen s’offre une grande finale à Taghazout

    C’est au Maroc, que se joue la dernière manche du circuit européen Pro Junior 2025. À partir de demain, les meilleurs surfeurs et surfeuses de moins de 20 ans se retrouveront sur le spot d’Anza (faute de houle suffisante pour surfer la Pointe Des Ancres) pour clore une saison qui, pour une fois, aura vraiment eu de la gueule.

    Un final décisif au Maroc

    Le Junior Pro Taghazout Bay marque la quatrième et dernière étape du circuit WSL Europe Junior 2025. Après la France, l’Espagne et l’Irlande, la caravane junior pose ses planches sur les côtes marocaines pour une semaine qui s’annonce aussi ensoleillée que stratégique.

    Certes, le suspense pour le titre européen est déjà retombé : aucun surfeur ou surfeuse français ne peut mathématiquement coiffer la couronne avant même le premier heat. Mais l’enjeu reste de taille. Cette dernière compétition déterminera qui se qualifiera pour les WSL World Junior Championships, l’équivalent d’un ticket pour le surf mondial de demain.

    En tête du classement, on retrouve l’Espagnol Alfonso Suarez, impressionnant de régularité cette saison avec une victoire à Ferrol et un podium à Razo. Chez les filles, sa compatriote Carla Morera De La Vall mène la danse après deux victoires éclatantes (Razo et Capbreton), mais la Portugaise Maria Salgado n’a pas dit son dernier mot.

    Anza, un spot taillé pour les jeunes talents

    Si le choix du Maroc peut surprendre pour une finale européenne, il prend tout son sens. Le spot d’Anza, situé juste avant Taghazout, offre une vague assez proche de Trestles, parfaite pour les juniors. Beaucoup plus consistante que la célèbre Pointe des Ancres, la vague d’Anza déroule régulièrement et autorise de nombreux enchaînements — un terrain de jeu idéal pour juger du style et de la créativité des surfeurs.

    Et pour les jours de grâce, si la houle venait à grossir, la Pointe des Ancres reste là, prête à délivrer ses longues droites tubulaires. Un combo rare sur le circuit junior, souvent habitué à des plages ventées et inconsistantes. Cette étape montre une vraie volonté de la WSL Europe d’emmener les jeunes vers des vagues dignes de ce nom, et pas seulement vers les beachbreaks moyens du Vieux Continent.

    Comme le souligne un coach présent sur place :

    “C’est ce genre d’expérience qui forge un vrai surfeur professionnel. Surfer au Maroc, c’est apprendre la patience, la lecture de vague, et le respect d’une culture du surf différente.”

    Une belle saison pour le surf junior européen

    Ce final marocain vient clôturer une saison 2025 bien plus homogène et inspirante que les précédentes. Des étapes comme Capbreton, Razo ou l’Irlande ont offert une vraie diversité de conditions, loin du format aseptisé que l’on reprochait parfois au circuit junior. On a vu des jeunes européens capables de performer dans le froid du nord comme dans la chaleur du sud, preuve que le niveau s’élève et que l’Europe sait produire des surfeurs complets.

    La présence de Kai Odriozola, déjà habitué du Challenger Series, ajoute un peu de piment à cette finale. Le Basque, quart-de-finaliste du QS 3000 de Taghazout plus tôt dans l’année, fera figure de favori logique. Mais dans ces compétitions juniors, tout reste possible.

    Quoi qu’il en soit, voir un Pro Junior se dérouler au Maroc à Taghazout, est une excellente nouvelle pour la scène européenne. Le royaume chérifien confirme son ancrage dans le surf international, avec des infrastructures solides, une hospitalité légendaire et surtout, des vagues qui méritent leur place sur les calendriers pros.

    La compétition débutera demain mercredi 5 novembre à 8h00 (GMT+1) avec un premier call à Anza. Et cette fois, le futur champion junior surf européen pourra se vanter d’avoir gagner un vrai circuit…

  • Andy Irons, quinze ans après : l’icône qu’on n’oubliera jamais

    Andy Irons, quinze ans après : l’icône qu’on n’oubliera jamais

    Le 2 novembre 2010, le monde du surf s’est figé. Andy Irons, triple champion du monde, enfant de Kaua’i et incarnation brute du surf moderne, s’éteignait dans une chambre d’hôtel à Dallas. Quinze ans plus tard, son absence reste une présence. Son nom, un battement dans le cœur de chaque surfeur qui a grandi en rêvant de vague, de rage et de liberté.
    Andy Irons n’était pas qu’un champion. Il était le miroir de tout ce que le surf a de plus humain : la beauté, la peur, la démesure, les démons, et cette recherche insensée de quelque chose de plus grand que soi — au fond d’un tube.

    L’étoile filante du surf moderne

    Quand Andy surgit sur le World Tour à la fin des années 90, le surf est dominé par un homme : Kelly Slater. Poli, méthodique, presque chirurgical. Andy, lui, débarque comme une déflagration hawaïenne. Le genre de surfeur qui ne cherche pas la perfection, mais l’intensité.
    Entre 2002 et 2004, il rafle trois titres mondiaux consécutifs. Trois années où son surf, sa rage et son charisme font trembler le système.
    “De 98 à 2005, on était intouchables”, dira plus tard son frère Bruce. Intouchables, oui. Parce qu’ils représentaient quelque chose que le surf avait presque oublié : le feu.

    Andy ne surfait pas pour les juges. Il surfait avec passion, avec l’envie de se dépasser, de toucher les limites. Dans chaque vague, il y avait un cri, une colère, une prière. Ce n’était pas de la technique — c’était du rock’n’roll.
    Face à Slater, il incarne l’anti-héros parfait. Là où Kelly calculait tout, Andy explosait. Là où Kelly méditait, Andy vivait trop fort.
    C’est ce contraste qui a fait de leur rivalité une légende vivante du surf. Deux pôles, deux philosophies : la perfection contre la passion. Et pendant un temps, la passion a gagné.

    Le feu et la grâce : l’art du backside selon Andy

    Il y a un consensus dans le monde du surf : personne, avant ou depuis, n’a surfé en backside comme Andy Irons.
    Son approche, mélange de puissance et de contrôle absolu, a redéfini ce que signifiait surfer dos à la vague. CJ Hobgood l’a dit un jour : “Le backside, c’est la plus haute forme de l’art. Et Andy en était le maître.”

    À Teahupo’o, il entrait sous le lip comme un kamikaze, no grab, toujours à la limite. À Cloudbreak, il découpait les sections avec une violence presque élégante.
    Chaque bottom turn était un mélange de style et de puissance. Chaque tube était plus engagé que les précédents, la peur n’avait pas sa place.
    Les images tournées par Jack McCoy dans Blue Horizon restent parmi les plus intenses jamais filmées : Andy, Bruce et Rastovich dans 8 à 10 pieds à Chopes, le regard fixé sur le gouffre, comme si la vague était la seule chose qui pouvait le comprendre.
    McCoy racontera :

    “Ce matin-là, il a pris une vague sous le lip, a décroché, puis replanté le rail de sa planche dans la vague, pour après sortir du tube. C’était un moment légendaire. Bruce disait qu’il n’y serait jamais allé sans lui crier ‘Go !’. Ce genre d’instant, c’est ce qui fait une légende.”

    Dans l’eau, Andy était un tigre.
    Mais hors de l’eau, il avait quelque chose d’un enfant. McCoy se souvenait aussi d’un cliché perdu : Andy tenant un petit chaton dans ses bras. “Le champion du monde prêt à tout pour gagner, mais capable de la plus grande douceur.”
    C’est cette dualité, ce mélange d’acier et de tendresse, qui faisait d’Andy une figure unique.

    L’homme derrière le mythe

    Sous les tubes et les trophées, il y avait l’humain — fragile, instable, vrai.
    Andy souffrait de troubles bipolaires, de dépression, et d’une addiction qui le rongeait lentement. Longtemps, ces blessures sont restées dans l’ombre, couvertes par l’image du guerrier invincible.
    Mais en 2018, le film Andy Irons: Kissed by God a ouvert les portes de la vérité.
    Réalisé par Steve Jones, il révèle un homme à la fois lumineux et déchiré. “Andy voulait raconter son histoire pour aider les autres”, confiait Kelly Slater dans le documentaire. “Il m’avait dit : si je peux changer la vie d’un seul gamin, j’aurai réussi la mienne.”

    Ce film, soutenu par Lyndie Irons, sa femme, et Bruce, son frère, brise le silence. On y découvre un Andy vulnérable, lucide sur ses failles, conscient de ses excès, mais incapable de les fuir.
    Jones dira plus tard :

    “Andy n’était pas seulement un surfeur, c’était un être humain avec un cœur immense, qui se battait contre des démons plus grands que lui.”

    Son histoire dépasse le surf. Elle parle de santé mentale, d’addiction, de solitude — des sujets longtemps tabous dans ce milieu.
    Car derrière les sourires et les vagues parfaites, beaucoup de surfeurs partagent ces blessures invisibles. Andy en a payé le prix fort. Mais il a aussi ouvert la voie à une parole plus honnête.

    Les hommages d’une génération

    Le jour de sa mort, le circuit professionnel s’est arrêté. Les larmes ont coulé à Puerto Rico, sur le sable et dans les line-ups.
    Joel Parkinson, son ami, racontera plus tard :

    “Quand j’ai appris la nouvelle, j’ai blêmi. J’ai pleuré, puis j’ai été comme anesthésié. Le lendemain, j’ai compris que c’était réel : je ne reverrai plus jamais mon frère.”

    Parko se souvient de nuits passées à camper dans le désert australien, de rires, de colères, de tubes partagés.

    “Il avait ce côté fou, imprévisible, mais aussi une gentillesse incroyable. Il se souvenait de chaque visage, de chaque prénom. Il faisait se sentir spécial n’importe qui croisait sa route.”

    C’est ce lien humain, plus encore que son palmarès, qui a marqué ceux qui l’ont connu.
    Kelly Slater lui-même, son rival éternel, dira qu’Andy était le seul à l’avoir vraiment fait douter. Le seul à lui rappeler que le surf, ce n’était pas un sport, mais un combat intérieur.

    La mort de la rébellion

    Après sa disparition, quelque chose a changé dans le surf.
    Comme l’écrivait Stab Magazine : “Après Andy, les surfeurs sont devenus des athlètes du jour au lendemain.”
    Fini les excès, les gueules cassées, les colères sincères. Place aux entraînements, aux smoothies verts et aux interviews calibrées.
    Et c’est peut-être ça, le plus grand vide laissé par Andy Irons : la disparition d’un certain esprit du surf, celui de la rébellion, de l’imperfection, de la liberté.

    Andy représentait tout ce que la génération actuelle n’ose plus être : sauvage, contradictoire, incontrôlable, vrai.
    Il avait ce “fuck you” dans le style, ce mélange de grâce et de rage qu’aucun coach ne peut enseigner.
    Regarde les meilleurs surfeurs d’aujourd’hui : la plupart ont été formés, polis, programmés. Aucun n’a cette imprévisibilité brute, cette étincelle qui faisait qu’une vague surfée par Andy était un moment d’histoire.

    Mais son héritage demeure.
    Quand Crosby Colapinto enchaîne un combo hallucinant à Cloudbreak, les comparaisons pleuvent : “C’est du Andy.”
    Quand une jeune surfeuse de 15 ans, Skai Suitt, remporte Stab High avec un spray inspiré de lui, c’est encore Andy.
    Quand on revoit Blue Horizon ou Kissed by God, c’est toujours lui qu’on cherche — parce qu’il symbolise le surf comme on l’aime : humain, intense, imparfait.

    L’héritage d’un roi

    Sur les plages du monde entier, des groms portent encore ses boardshorts, des tatouages rappellent son nom, et les tubes les plus profonds lui sont dédiés en silence.
    Andy Irons, c’est plus qu’un souvenir : c’est une boussole.
    Il nous rappelle que surfer, c’est aussi tomber, se relever, vivre trop fort.

    De nombreux noms célèbres perpétuent son nom et son héritage, que cela soit son fils Axel, qu’il n’a jamais connu, et qui porte aujourd’hui ce flambeau à sa manière. À chaque image de lui à l’eau, c’est comme un message du passé.
    Bruce, son frère, qui continue d’entretenir la flamme de son frère avec cette même énergie : rebelle, libre, poétique dans la destruction.

    Et nous, quinze ans plus tard, on regarde le line-up et on se dit que le surf a peut-être perdu un champion, mais gagné une légende.
    Parce qu’Andy Irons, c’est le livre qu’on ne peut pas refermer.
    Chaque vague de Teahupo’o, chaque drop à pleine vitesse, chaque cri dans le vent — tout ça lui appartient un peu. Je me souviens encore de la finale qu’il gagne contre son frère la Nord à Hossegor, un moment inscrit dans ma mémoire.

    Quinze ans après : le roi est toujours là

    Quinze ans après, le surf continue d’avancer, de s’entraîner, de se discipliner. Mais au fond, on sait tous qu’il manque quelque chose : le chaos magnifique d’un homme qui vivait pour la vague, pas pour le résultat.
    Andy Irons, c’est la preuve que la légende ne se mesure pas en points, mais en émotions.

    Sur sa tombe à Hanalei, les fleurs se renouvellent sans cesse.
    Les vagues déferlent toujours dans la baie.
    Et quelque part, dans le vacarme du Pacifique, on croit encore entendre ce cri :

    “Go, Andy, go !”

  • Jordy Smith à Durban : le surf brut, sans fioritures

    Jordy Smith à Durban : le surf brut, sans fioritures

    Pas de musique, pas de transitions léchées, pas de filtres flatteurs : juste Jordy Smith, son surf, et son home spot. La dernière vidéo du Sud-Africain est un retour aux sources, tournée à Durban, là où tout a commencé pour lui.

    Dès les premières secondes, on comprend qu’on ne va pas assister à un énième edit de surf surproduit. Ici, c’est du raw, du vrai. On garde les meilleures vagues, on coupe le reste. L’océan parle, Jordy répond.

    Une séquence le montre demandant au caméraman s’il a de la crème solaire. Les commentaires s’en amusent : “Pas besoin de crème quand tu passes la moitié de ta session dans le tube.” Il faut dire que sur certaines vagues, Jordy enchaîne trois barrels successifs. Rien de moins.

    Mais blague à part, protégez-vous du soleil. On ne le dira jamais assez.

    Ce qui impressionne aussi, c’est le timing de la session. L’aube à peine levée, presque la nuit encore. Pas un spot de surf tranquille : Durban et sa réputation de territoire de requins est bien connue. Il faut du cran — ou quelques potes “soldats” autour de soi — pour se jeter à l’eau à cette heure-là. Heureusement, certaines plages du coin disposent de filets anti-requins, mais tout de même…

    Sur le plan du surf pur, c’est un récital. Jordy Smith prouve encore qu’il reste l’un des surfeurs les plus puissants et les plus précis de sa génération. Chaque manœuvre semble sortir d’un manuel, mais avec cette nonchalance qui n’appartient qu’à lui. Des tubes profonds, des carves millimétrés, un style qui respire la maturité.

    Simple, brut, parfait. Jordy Smith n’a pas besoin d’artifice pour briller : son surf parle pour lui.

  • Une nouvelle piscine à vagues en Chine qui fait parler d’elle

    Une nouvelle piscine à vagues en Chine qui fait parler d’elle

    Les piscines à vagues continuent leur conquête du monde, et la Chine vient d’ajouter une pièce maîtresse à la collection : le Riyue Bay Surf Resort, sur l’île de Hainan, véritable berceau du surf chinois. Alimenté par la technologie American Wave Machines, le spot promet des sessions d’exception — et surtout, une section à air qui affole déjà les pros.

    Dans une vidéo publiée fin octobre, le Japonais Ryji Masuda (inconnu au bataillon) a littéralement déchiré la vague, envoyant des airs stratosphériques parfaitement maîtrisés sur une rampe artificielle digne d’un skatepark aquatique. De quoi donner un aperçu du potentiel de cette installation, capable de produire des vagues jusqu’à 2,7 mètres (vous êtes sûr des mesures) de haut, avec une nouvelle vague toutes les six secondes.

    Mais le Riyue Bay Surf Resort ne se résume pas à un simple bassin. Le lieu a été conçu comme un complexe surf global, combinant un hôtel thématique, une zone commerciale et surtout, une immersion totale dans la culture glisse. Situé à Wanning, au cœur de la scène surf chinoise et à deux pas du spot mythique de Riyue Bay (où s’entraîne l’équipe nationale), le projet ambitionne d’attirer les voyageurs du monde entier.

    L’ouverture officielle est prévue pour le 11 novembre 2025, symbole d’un tournant pour le surf en Chine. Car au-delà de la performance technologique, cette piscine à vagues illustre la volonté du pays de s’imposer comme une destination surf majeure.

    Sur une île déjà célèbre pour son climat tropical et ses plages dorées, Riyue Bay Surf Resort pourrait devenir le premier véritable épicentre du surf asiatique. Et si les puristes grimacent encore face à la montée des piscines à vagues, force est de constater que ces bassins permettent à des milliers de nouveaux surfeurs de découvrir la glisse… et de rêver plus grand.

  • Quand OnlyFans devient sponsor : bénédiction ou signal d’alarme pour le surf ?

    Quand OnlyFans devient sponsor : bénédiction ou signal d’alarme pour le surf ?

    Moana Jones Wong, Lucía Martiño… et demain, qui ? Le surf s’invite sur une plateforme où l’économie prend le pas sur les tabous.

    Le monde du surf est en pleine mutation. Les stickers s’effacent, les budgets fondent, et les carrières se construisent désormais autant sur l’eau que sur les écrans. Dans ce nouveau paysage, une plateforme improbable s’impose comme acteur du sponsoring dans le surf : OnlyFans.

    Après Pedro Scooby, Billy Kemper, António Laureano et Lucía Martiño, la Hawaïenne Moana Jones Wong vient d’être officiellement sponsorisée par la plateforme. Le surf professionnel cherche de nouveaux modèles économiques.

    Moana, Lucía et le changement de paradigme

    Quand Moana Jones Wong, “Queen of Pipeline”, a annoncé son arrivée sur OnlyFans, les réactions ont fusé : admiration, incompréhension, jugements hâtifs. Pourtant, le message de la surfeuse hawaïenne était limpide : « Je veux partager ce que les gens ne voient pas : mes entraînements, mes voyages, mes conseils. »

    Rien de sulfureux, juste un pas vers plus d’indépendance. Moana, déjà diplômée en culture et santé autochtones, voit dans OnlyFans une plateforme pour parler de surf autrement.

    Il ya quelques semaines, c’était Lucía Martiño, surfeuse espagnole connue pour son style fluide et son esthétique soignée, qui annonçait une collaboration officielle avec la marque OnlyFans. Cette fois, la frontière est franchie : OnlyFans n’est plus un simple canal personnel, c’est un véritable sponsor.

    Un sponsoring qui dit beaucoup de notre époque

    Pendant des décennies, l’économie du surf reposait sur un modèle simple : performance + image = contrat. Les marques historiques (Rip Curl, Billabong, Roxy…) finançaient les carrières et façonnaient les légendes. Mais la bulle a éclaté.

    Entre la mondialisation du sport, la fin du “cool” institutionnalisé et la concentration des groupes, les budgets marketing se sont effondrés. Aujourd’hui, rares sont ceux qui vivent réellement de leur surf.

    Les athlètes deviennent donc leurs propres médias. YouTube, TikTok, Instagram… et désormais OnlyFans. Ce dernier, en se repositionnant comme une plateforme pour créateurs de contenu exclusif, offre une alternative directe : un espace sans intermédiaires, où les fans paient pour un lien authentique.

    Tabou ou révolution ?

    Évidemment, le nom d’OnlyFans reste chargé. Il évoque le glamour, le corps, la provocation. Mais ce serait oublier que la plateforme, en 2025, s’est largement diversifiée. Athlètes, musiciens, coachs y partagent des contenus pédagogiques ou inspirants.

    Dans le surf, cette évolution soulève une question fondamentale : jusqu’où un surfeur doit-il aller pour continuer à vivre de sa passion ?

    Moana Jones Wong l’a dit sans détour : « Être une femme de foi, ce n’est pas se cacher du monde, c’est y être présente avec respect. » Une déclaration forte, qui résume bien le dilemme actuel : entre préjugés et liberté, chaque surfeur trace sa propre ligne.

    Un miroir de la crise du surf pro

    Le fait qu’OnlyFans devienne sponsor dit tout de l’époque. Le surf n’est plus un sport doré, c’est une niche en quête de survie économique. Les compétitions souffrent, les circuits se contractent, et les marques misent désormais sur les visages qui font cliquer plus que sur ceux qui gagnent des séries.

    Dans ce contexte, être sponsorisé par une plateforme aussi puissante qu’OnlyFans est peut-être moins une provocation qu’une nécessité.
    Le surf, discipline libre par essence, a toujours flirté avec la marginalité. Ce virage n’est qu’une nouvelle forme d’indépendance — avec une part de risque, certes, mais aussi une promesse : celle de reprendre le contrôle et son indépendance vis à vis des marques historiques. On retrouve dans cette tendance lorsque Jami O’Brien quittait le circuit WSL pour se concentrer sur sa chaine Youtube, avec succès.

    Une chance, mais à quel prix ?

    Pour certains, c’est une opportunité en or : la chance de construire une communauté fidèle, une audience, sans dépendre des marques ou des fédérations. Pour d’autres, c’est le signe d’une déchéance, la preuve que le surf a perdu de sa superbe.

    La vérité se situe sans doute entre les deux.
    OnlyFans ne sauvera pas le surf, mais il révèle son état. En 2025, pour exister, un surfeur doit être entrepreneur, réalisateur, marketeur, et parfois… influenceur malgré lui.

    Et si l’on doit choisir entre ne plus surfer et surfer autrement, beaucoup préféreront, sans doute, poster depuis la plage plutôt que rester sur la touche.

  • La Niña 2025-2026 : l’hiver des grosses houles  est lancé

    La Niña 2025-2026 : l’hiver des grosses houles est lancé

    C’est officiel : La Niña est de retour, confirmée par les observatoires météorologiques du Pacifique et par les modèles climatiques mondiaux. Ce phénomène océanique et atmosphérique, parfois mystérieux pour le grand public, a pourtant un impact direct sur notre quotidien de surfeurs. Des spots hawaïens aux plages landaises, son influence se fait sentir jusque dans les line-ups européens. Et cette saison 2025-2026 ne fera pas exception.

    Mais que signifie concrètement l’arrivée d’une La Niña ? Et surtout, comment cela va-t-il transformer les vagues de cet hiver ?

    Comprendre La Niña : quand le Pacifique refroidit, le reste du monde bouge

    La Niña, c’est le pendant froid du fameux El Niño.
    Alors que El Niño réchauffe les eaux du Pacifique Est, bouleversant les courants et provoquant des sécheresses ou des tempêtes selon les régions, La Niña fait exactement l’inverse : les alizés se renforcent, poussant les eaux chaudes vers l’ouest du Pacifique, tandis que de l’eau froide remonte à la surface près de l’Amérique du Sud.

    Ce refroidissement crée une énorme “bulle froide” dans le Pacifique Est, qui va modifier la trajectoire du Jet Stream, ce courant atmosphérique rapide qui contrôle la formation des tempêtes autour du globe.
    Résultat : des hivers plus actifs dans le Nord, des cyclones plus nombreux sous les tropiques, et des variations considérables dans la distribution des houles.

    Autrement dit : ce qui se passe à des milliers de kilomètres de la Polynésie peut décider de la qualité des vagues à Hossegor ou à Nazaré.

    En Europe : un hiver plus froid… et plus musclé

    Pour les surfeurs européens, La Niña est souvent synonyme d’un hiver plus consistant.
    Quand le Jet Stream remonte vers le nord de l’Atlantique, les dépressions se forment plus souvent et plus puissamment entre Terre-Neuve et l’Irlande. Ce sont elles qui génèrent les longues houles d’ouest tant attendues par les big wave riders et les passionnés de beach breaks puissants.

    👉 Côté positif :

    • Les vagues sont plus grosses, les houles sont plus longues et plus fréquentes sur les côtes françaises et européennes.
    • Des spots mythiques comme Nazaré, Mullaghmore ou Belharra peuvent s’enflammer plus fréquemment.
    • Les houles fréquentes permettent de créer de meilleurs bancs de sable.

    👉 Côté moins glamour :

    • Plus de tempêtes = plus de vents d’ouest soutenus. Les fenêtres calmes seront rares.
    • Les températures chutent souvent, dans l’air comme dans l’eau.
    • Les houles sont plus puissantes, parfois difficiles à dompter pour les surfeurs intermédiaires.
    • Houles fréquentes, des bancs de sable qui se modifient rapidement.

    En clair : un hiver parfait pour les chargeurs, un peu moins pour les amateurs de sessions tranquilles au coucher du soleil.

    Et ailleurs dans le monde ?

    Pacifique Nord : la fête des grosses vagues

    Les surfeurs de Mavericks ou du North Shore d’Hawaï ont déjà les yeux rivés sur les cartes météo.
    En période de La Niña, les tempêtes se forment plus haut dans le Pacifique Nord, générant des houles massives et régulières vers l’Alaska, l’Oregon et la Californie du Nord.
    Le célèbre spot de Mavericks, au large de Half Moon Bay, est souvent l’un des grands gagnants du phénomène.
    En revanche, le sud de la Californie et certaines îles hawaïennes reçoivent moins de houles franches, car les tempêtes contournent leur zone d’influence.

    Indonésie et Australie : plus de vent, moins de glassy

    Sous les tropiques, les alizés renforcés qui caractérisent La Niña peuvent transformer un trip paradisiaque en session frustrante.
    En Indonésie comme en Australie, le vent d’est souffle plus fort, amenant des conditions plus agitées et moins “glassy”.
    Mais tout n’est pas perdu : les houles, elles, ne manquent pas — simplement, il faudra choisir le bon spot, bien orienté et à l’abri du vent.

    Caraïbes et Atlantique Ouest : une saison cyclonique plus intense

    Autre effet bien documenté : La Niña favorise la formation d’ouragans.
    Les vents verticaux qui dispersent habituellement les tempêtes tropicales sont affaiblis, permettant aux systèmes de se développer plus facilement.
    Les surfeurs de Floride, des Antilles et de Porto Rico peuvent donc s’attendre à plus de houles cycloniques, parfois destructrices, mais aussi propices à des sessions épiques sur des reefs rarement réveillés.

    Pourquoi les surfeurs européens peuvent se réjouir

    Si l’on devait tirer une seule conclusion : c’est l’Europe qui a le plus à gagner de ce nouvel épisode La Niña.
    Les prévisions saisonnières annoncent un début d’hiver actif dès novembre, avec des séries de dépressions atlantiques rapprochées.
    Cela signifie plus de houles solides pour la façade ouest, de la Bretagne au Pays basque, en passant par la Galice et le Portugal.

    Les amateurs de gros surf attendent déjà leurs fenêtres à Nazaré, Mullaghmore ou Belharra.
    Et pour les autres, les beach breaks landais ou galiciens devraient multiplier les jours “parfaits” — à condition de surveiller les vents et de s’armer d’une bonne 4/3.

    En résumé : La Niña, c’est (plutôt) bon pour le surf européen

    • 🌊 Europe : houles longues et puissantes, saison dynamique mais tempétueuse.
    • 🌀 Pacifique Nord : gros swell au nord, plus calme au sud.
    • 🌧️ Indo / Australie : plus de vent, conditions inégales.
    • 🌡️ Globalement : hivers plus frais, plus de tempêtes, plus de mouvement.

    Si vous aimez le surf engagé, les combinaisons épaisses et les line-ups balayés par le vent offshore, cette La Niña 2025-2026 risque de vous plaire.
    Et pour ceux qui préfèrent les sessions faciles sous les tropiques… il va peut-être falloir patienter jusqu’au prochain El Niño.

  • Surf en Islande : vagues glacées, aventure brûlante

    Surf en Islande : vagues glacées, aventure brûlante

    À première vue, l’Islande n’a rien d’un paradis du surf. Des fjords noyés dans le brouillard, des routes de gravier coupées par la neige, un vent qui mord la peau et un océan à 3 °C avec des blocs de glace. Pourtant, c’est bien ici, au bout du monde, que certains viennent chercher ce que les tropiques n’offriront jamais : le silence, la solitude, et des vagues qui semblent naître de la nuit polaire.

    Le surf en Islande, c’est l’aventure dans sa forme la plus brute. Une expérience physique et sensorielle, mais aussi spirituelle. Ceux qui y ont goûté racontent tous la même chose : un mélange d’humilité et d’émerveillement face à la puissance des éléments.

    Des pionniers dans les fjords

    Le surf islandais n’a pas commencé avec Instagram. Bien avant les influenceurs en combi 6/5/4, des photographes et aventuriers comme Elli Thor Magnusson arpentaient les Westfjords pour repérer des vagues jamais surfées. Son approche : explorer l’été, quand les routes sont dégagées, pour revenir en hiver quand la houle et la lumière rasante transforment chaque fjord en décor surréaliste.

    Dans ces contrées isolées, le surf relève du miracle : routes fermées, vents tournants, houles capricieuses. Il faut du temps, de la foi, et une bonne dose de folie. Elli Thor, armé de sa caméra et d’un 4×4, a immortalisé des sessions qui ont fait le tour du monde, révélant une Islande à la beauté glaciale, où la mer fume au lever du jour et où chaque take-off se mérite comme une ascension d’alpiniste.

    J’ai rencontré Elli lors du Nixon Challenge Islande en 2013, une aventure incroyable dans des conditions glaciales. On n’avait pas été les plus chanceux au niveau de la houle, mais assez pour se rendre compte du réel potentiel de cette île. Souvent les musiques marquent certains voyages, et lors ce trip, je me souviens avoir écouté la BO « into the wild », comme une évidence à notre aventure. Comment ne pas oublier, la chanson de Lykke Li « I follow you » raisonnant dans les rues de Reykjavik.

    Les saisons du surf arctique

    L’Islande ne se laisse pas apprivoiser facilement. Pour espérer surfer ici, il faut comprendre les saisons et savoir attendre.

    • L’hiver (novembre à mars) : la saison des houles massives. Les vents sont souvent violents, les tempêtes fréquentes, mais les jours calmes offrent des vagues parfaites sur les côtes sud et ouest.
    • Le printemps (avril à mai) : les routes s’ouvrent, la lumière revient, et la houle reste constante. Une excellente période pour explorer sans trop de gel.
    • L’été (juin à août) : moins de houle, mais des journées sans fin et des conditions plus clémentes pour le surf de découverte.
    • L’automne (septembre à octobre) : sans doute la meilleure saison : houles puissantes, températures supportables et paysages flamboyants.

    Une eau glaciale, mais pas impossible

    Grâce aux progrès spectaculaires des combinaisons modernes, l’Islande est devenue accessible à ceux qui osent. Les néoprènes japonais les plus récents sont souples, légers et incroyablement isolants. Les surfeurs portent ici des combinaisons 6/5/4 mm, avec cagoule intégrée, gants 3 à 5 mm et chaussons 7 mm. Certains ajoutent une sous-couche thermique pour retarder la morsure du froid.

    Le vrai ennemi, ce n’est pas l’eau, mais le vent. Par -5 °C et 30 nœuds d’offshore, la moindre goutte devient de la glace en quelques secondes. Garrett Parkes, surfeur australien, racontait :

    « On pouvait surfer plus longtemps les jours ensoleillés, mais quand le vent soufflait à 30 nœuds, c’était une bataille pour rester vivant. »

    Les spots mythiques d’Islande

    Reykjanes, le berceau

    C’est sur la péninsule de Reykjanes, au sud-ouest de l’île, que le surf islandais a pris racine. Les vagues y sont régulières et variées : beachbreaks de sable noir, reefs volcaniques, et quelques gauches qui n’ont rien à envier à l’Atlantique nord. Les surfeurs de Reykjavik s’y retrouvent dès que les conditions s’y prêtent.

    Les fjords de l’Ouest

    C’est là que le surf devient une expédition. Des heures de route à travers des paysages lunaires, parfois interrompus par des rivières gelées à traverser à pied. Les vagues y sont vierges, puissantes, et souvent parfaites… quand elles veulent bien se montrer.

    Jökulsárlón

    Un décor irréel : des blocs de glace échoués sur le sable noir, une eau turquoise d’où émergent les vagues. Le photographe Chris Burkard y a tourné certaines de ses images les plus célèbres, surfant entre les icebergs dans une lumière surnaturelle.

    Þorlákshöfn (Thorli)

    Le spot le plus célèbre d’Islande, menacé aujourd’hui par un projet d’extension portuaire. La vague de Thorli, un pointbreak parfait, est au cœur d’un combat environnemental mené par la communauté locale et l’association BBFÍ (Brimbrettafélag Íslands). Pour les surfeurs islandais, la disparition de cette vague serait plus qu’une perte sportive : une atteinte à leur patrimoine naturel.

    L’Australien Steve Wall, installé en Islande, résume :

    « Ici, les gens ont toujours craint la mer. Elle a pris tellement de vies que l’idée même de s’y amuser semblait blasphématoire. Mais aujourd’hui, le surf offre une autre relation à l’océan : de la peur à la fascination. »

    L’esprit du surf au bout du monde

    En Islande, le surf n’est pas une performance. C’est une expérience. Chaque session demande une préparation minutieuse, des heures de route et de patience. Le line-up est souvent vide, l’air glacé, mais le sentiment d’être seul face à la nature compense tout.

    Certains parlent d’un retour aux origines du surf : pas de foule, pas de compétition, juste la recherche du moment parfait, celui où la houle, le vent et la lumière s’alignent. L’Islande oblige à ralentir, à observer, à écouter. Ici, chaque vague compte.

    La nature, reine et juge

    Les surfeurs islandais sont rares, mais passionnés. Ils partagent une philosophie proche des pêcheurs et des montagnards : respecter la nature, car elle peut tout reprendre.

    Cette culture naissante, encore fragile, commence à s’organiser. Des associations comme BBFÍ militent pour la protection du littoral et la reconnaissance du surf comme patrimoine culturel. L’Islande, pays des volcans et des tempêtes, pourrait devenir un modèle de surf durable, où aventure et écologie cohabitent.

    Conseils pratiques pour surfer en Islande

    Mois / SaisonTempérature de l’eau (°C)Conditions moyennesÉpaisseur de combinaison recommandée
    Janvier – Mars2 à 4 °CHoules puissantes, tempêtes fréquentesAu mieux 7mm, au pire 6/5/4 mm + cagoule, gants 5 mm, chaussons 7 mm
    Avril – Mai4 à 6 °CHoules régulières, routes plus accessibles5/4/3 mm + cagoule, gants 7 mm
    Juin – Août7 à 10 °CPetites houles, jours sans fin5/4/3mm ou 4/3 mm gants et chaussons 5 mm
    Septembre – Octobre6 à 8 °CMeilleure saison : houles solides, vents modérés5/4/3 mm ou 6/5/4 mm selon météo, gants et chaussons 5 mm
    Novembre – Décembre3 à 5 °CFroid intense, houles constantes6/5/4 mm + accessoires complets

    ⚠️ Les conditions changent vite : surveillez toujours la météo, prévoyez une marge de sécurité et évitez les sessions seul(e). Vous êtes sur une île au milieu des tempêtes de l’Atlantique, ne l’oubliez pas. Autre point, l’eau peut-être beaucoup plus froide s’il y a du vent ou à la sortie des rivières, où des blocs de glace peuvent partager le line-up avec vous.

    Le coût de la vie, un frein important

    S’il y a bien une chose qui refroidit autant que l’eau islandaise, c’est le coût de la vie. L’Islande figure régulièrement parmi les pays les plus chers du monde, et le surf n’y échappe pas. Une simple nuit dans une auberge de jeunesse peut dépasser les 60 €, un plein d’essence flirte avec les 100 €, et un repas au restaurant tourne vite autour de 30 à 40 €. Même les produits de base — pain, fromage, fruits — coûtent deux à trois fois plus qu’en France.

    Les surfeurs qui partent en trip le savent : ici, chaque session se mérite jusque dans le portefeuille. La plupart voyagent en van aménagé ou en 4×4 de location, dorment dans les campings ou sur les parkings des fjords, et cuisinent eux-mêmes pour réduire les dépenses. Louer du matériel sur place est possible, contactez Artic Surfers.

    Bref, surfer en Islande, c’est accepter que l’aventure a un prix, mais aussi la satisfaction rare de découvrir un pays resté sauvage, où chaque vague vaut bien plus que quelques couronnes islandaises.

    surfer là où le monde s’arrête

    Surfer en Islande, ce n’est pas seulement glisser sur une vague. C’est affronter les éléments, accepter l’inconfort, et renouer avec une nature que l’on ne contrôle plus. Chaque session devient un voyage intérieur.

    Sous le ciel violet des aurores boréales, au milieu des fjords silencieux, on comprend que le surf peut être bien plus qu’un sport : une façon de se sentir vivant.

  • Les nouveaux visages du surf français : Sam Piter et Hina Conradi sacrés champions de France 2025

    Les nouveaux visages du surf français : Sam Piter et Hina Conradi sacrés champions de France 2025

    Le surf français tient ses nouveaux rois et reines. Ce vendredi 31 octobre, sur les vagues des Bourdaines et de La Sud, les Championnats de France 2025 ont offert un feu d’artifice final digne de leur 61ᵉ édition. Au terme d’une journée pleine de rebondissements, Sam Piter a pris sa revanche sur Justin Becret, tandis que Hina Conradi a décroché son tout premier titre en Open. Ajoutez à cela le doublé historique de Margaux Vieuge et la performance solide de Teiva Portilla, et vous obtenez une journée qui restera dans les annales.

    Sam Piter, la revanche du stratège

    L’histoire entre Sam Piter et Justin Becret est désormais une rivalité à part entière du surf français. Un an après avoir dû s’incliner derrière son pote d’Hossegor, Sam a cette fois renversé le scénario avec une maîtrise et un sang-froid impressionnants.
    Sur les Bourdaines, les vagues n’avaient rien d’un long fleuve tranquille : houle solide, vent capricieux et séries qui fermaient sans prévenir. Dans ce chaos organisé, Sam Piter a fait parler sa tête. Après une première vague au large, il a choisi d’abandonner la zone principale pour se concentrer sur les vagues de bord, plus régulières.
    Un choix payant : un 6,1 pts dans les dernières minutes lui offre le titre, après une suspense à la seconde près. La plage entière a retenu son souffle, avant d’exploser quand le verdict est tombé.

    « J’ai pris le risque de rester au bord, et ça a marché. Justin a gagné l’an dernier, je termine devant cette fois… », confiait Sam, sourire discret mais regard habité.

    Avec ce titre, le Landais confirme ce que beaucoup savaient déjà : il a franchi un cap. Moins impulsif, plus tactique, il semble avoir trouvé l’équilibre entre son surf aérien et la maturité nécessaire pour gagner.

    Résultat final championnat de France Homme Open 2025

    1 – Piter Sam (Nouvelle-Aquitaine) – 12,77 pts
    2 – Becret Justin (Nouvelle-Aquitaine) – 12,23 pts
    3 – Larsonneur Gaspard (Bretagne) – 6,2 pts
    4 – Quivront Charly (Nouvelle-Aquitaine) – 2,74 pts

    Hina Conradi, la révélation venue du large

    Chez les filles, Hina Conradi a fait chavirer La Réunion et la métropole dans la même vague d’émotion. Face à Aelan Vaast, la tenante du titre, la jeune surfeuse réunionnaise a dû puiser dans ses réserves physiques et mentales.
    Les séries étaient puissantes, la barre difficile à passer. Après plusieurs tentatives infructueuses au large, Hina change de plan : direction le bord, où les vagues, plus petites mais mieux formées, offrent un terrain propice à son surf précis et engagé.
    Deux bonnes vagues plus tard, la voilà championne de France.

    « J’étais épuisée, je ne voyais personne au large… Mais quand j’ai entendu toute la team réunionnaise descendre sur la plage, j’ai compris que c’était peut-être pour moi », a-t-elle soufflé, encore haletante à la sortie de l’eau.

    Une victoire symbole d’une génération montante, à la fois technique et instinctive, capable d’adapter sa stratégie en plein combat.

    Championnat de France Open Femme 2025

    1 – Conradi Hina (La Réunion) – 8,03 pts
    2 – Vaast Aelan (Nouvelle-Aquitaine) – 7,93 pts
    3 – Schorsch Clémence (Nouvelle-Aquitaine) – 7,3 pts
    4 – Rumiel Lilou (Nouvelle-Aquitaine) – 5,67 pts

    Margaux Vieuge, la double couronne de Bidart

    Difficile de faire mieux que Margaux Vieuge ce vendredi. La jeune longboardeuse du Bidarteko Surf Club a signé un doublé rare et magistral : championne de France en espoirs, puis en open, à quelques minutes d’intervalle seulement.
    La scène, sur la plage de La Sud, valait son pesant de wax : Margaux portée en triomphe deux fois en une heure, sourire éclatant et planche en l’air.

    « Je n’y croyais pas… J’étais juste venue prendre du plaisir. Deux titres, c’est fou », racontait-elle, encore incrédule.

    Après le sacre de son frère Malone Vieuge chez les cadets, c’est toute la famille qui brille cette année. Et au-delà du symbole, c’est une confirmation : le longboard féminin français a de l’avenir, et il s’écrit à Bidart.

    Championnat de France longboard Open Femme 2025

    1 – Vieuge Margaux (Nouvelle-Aquitaine) – 14,33 pts
    2 – Lebreton Canelle (Pays de la Loire) – 14,06 pts
    3 – Glasenapp Maya (La Réunion) – 11,06 pts
    4 – Duboscq Oana (Guadeloupe) – 9,03 pts

    Teiva Portilla, la nouvelle force tranquille du longboard

    Du côté des hommes, Teiva Portilla a lui aussi réalisé un doublé espoirs-open, digne des plus grands. Le jeune longboardeur a dominé les anciens champions de France avec assurance, notamment Roland Lefeuvre et Martin Coret, références du style français.

    « Je suis encore sous le choc. Je rêvais d’un titre, pas de deux », souriait Teiva, lucide et modeste.

    Un surf élégant, une constance rare, et une attitude exemplaire : tout laisse penser que Teiva Portilla s’installe durablement parmi les grands noms du longboard hexagonal.

    Résultat Championnat France longboard Open Homme 2025

    1 – Portilla Teiva (Nouvelle-Aquitaine) – 14,9 pts
    2 – Coret Martin (Nouvelle-Aquitaine) – 11,03 pts
    3 – Lefeuvre Roland (Nouvelle-Aquitaine) – 9,9 pts
    4 – Agazar Jules (Région Sud de France) – 8,87 pts

    Une génération qui prend le relais

    Cette édition 2025 restera comme celle du renouveau. Les Piter, Conradi, Vieuge ou Portilla incarnent une génération à la fois humble, affamée et inspirante. Ils surfent vite, bien, et surtout avec une intelligence rare pour leur âge.
    Entre la fougue des anciens et la fraîcheur de ces nouveaux visages, le surf français vit un passage de témoin réussi. Et si cette journée aux Bourdaines et à La Sud a prouvé une chose, c’est que l’avenir du surf tricolore s’annonce… explosif.

  • Maud Le Car et Kaito Ohashi triomphent au Twin Fin Invitational 2025

    Maud Le Car et Kaito Ohashi triomphent au Twin Fin Invitational 2025

    Entre le 20 et le 28 octobre, Vieux-Boucau s’apprête à accueillir un événement pas comme les autres : le Twin Fin Invitational, imaginé par William Aliotti. Ici, pas de stress du classement ni de dossards : twins only, style, flow et innovation guident le show. C’est la deuxième édition de cette compétition pas comme les autres.

    Les grands vainqueurs 2025

    Maud Le Car (France) et Kaito Ohashi (Japon)**** ont été élus par leurs pairs pour leur style, leur créativité et leur flow.
    Ils incarnent à merveille l’esprit libre et artistique du Twin Fin Invitational.
    Autour d’eux, un plateau d’exception : Tom Curren, Ozzy Wright, Alex Knost, Aritz Aranburu, Gony Zubizarreta ou encore Victor Bernardo, tous venus célébrer la glisse pure, sans scores ni pression.

    “Le Twin Fin, c’est avant tout un état d’esprit, pas une compétition. C’est une conversation entre la vague et le surfeur, à deux dérives.” — William Aliotti

    Le concept en deux mots

    • Deux dérives, point. Pas de trailer qui traîne : l’ADN du contest, c’est le twinnie pur.
    • Pas d’élimination. Plusieurs sessions par jour, pour multiplier les opportunités et laisser la créativité s’exprimer.
    • Jugement par les pairs. Chaque soir, surfeur·euse·s et réalisateurs visionnent les meilleurs moments et votent ensemble. Ambiance crew, pas usine à scores.
    • Board-swap encouragé. Changer de planche, tenter d’autres lignes, surprendre… le format pousse à sortir de l’ordinaire.

    Pourquoi ça cartonne ?

    Le twin fin offre une vitesse immédiate et des lignes différentes : trajectoires hautes,des lignes différentes, glisse “fast & loose” qui déclenche des idées neuves. Sur la plage, ça se voit — barrels, carves haute ligne, petits airs propres — et à l’écran, c’est magnifique, une glisse qui privilégie le style. Bref, un antidote aux formats trop standardisés : moins de chiffres, plus de sensations.

    Flashback 2024 : une première convaincante

    La première édition, disputée à Seignosse, a réuni un casting international mêlant locaux affûtés et freesurfeurs de caractère. Résultat : deux jours de vagues landaises bien rangées, des A-frames qui ouvrent, des highlights à la pelle. À l’issue des visionnages collectifs, Victor Bernardo et Ainara Aymat ont été plébiscités — preuve que le duo fun & performance peut parfaitement cohabiter. L’esprit retenu ? Liberté, créativité, partage.

    2025 : cap sur Vieux-Boucau

    • Waiting period : 20–28 octobre. L’organisation déclenche sur la meilleure fenêtre houle/vent.
    • Terrain de jeu. Entre Soustons et Vieux-Boucau, les bancs automnaux savent délivrer des pics qui tendent, des sections rapides, et de la place pour dessiner des lignes… à deux dérives.
    • Philosophie inchangée. Twins only, sessions multiples, vote du soir. Le spot précis sera révélé au dernier moment selon l’état des bancs.

    Un événement à part

    Plus qu’un contest, le Twin Fin Invitational 2025 a confirmé qu’il n’existe pas de frontière entre art et surf.
    Que ce soit sur les bancs landais ou dans la gauche mythique de Mundaka, les planches ont dansé, les caméras ont capté des moments de grâce, et l’esprit du twinnie a une nouvelle fois trouvé son écrin.

    Infos pratiques

    • Quand ? Entre le 20 et le 28 octobre (déclenchement selon conditions).
    • Où ? Vieux-Boucau (Landes). Spot exact annoncé en dernière minute.
    • Format. Plusieurs sessions par jour, pas d’élimination, vote des pairs chaque soir.
    • Ambiance. Conviviale et exigeante à la fois : on surfe pour le plaisir, mais le niveau est élevé.
    • Public. Accès libre sur la plage ; suivez les annonces de dernière minute pour ne pas rater la meilleure fenêtre.
  • Dane Reynolds, le retour du feu sacré

    Dane Reynolds, le retour du feu sacré

    Il y a des jours où l’on hésite. La combi encore humide de la veille, le vent qui pique un peu trop fort, la marée qui n’est « pas parfaite »… Et puis on tombe sur la dernière vidéo de Dane Reynolds, 83 S Palm Street, et tout s’éclaire : il suffit d’un surfeur qui s’enflamme pour rallumer la mèche chez nous tous.

    Car oui, Dane est de retour. Pas juste sur un shortboard, mais avec cette intensité qui faisait de lui une légende malgré lui. À 40 ans, le Californien semble avoir retrouvé ce qu’il avait laissé filer entre les obligations, les affaires et la vie de famille : l’envie brute de détruire des vagues.

    Pourquoi la vidéo s’appelle 83 S Palm Street, parce que c’est l’adresse du surf shop de Dane Reynolds à Ventura, et je vous avoue que je rêverai de my rendre et d’y penser un peu de temps à discuter avec le propriétaire du lieu.

    Un comeback à la Dane Reynolds

    La nouvelle production de Chapter 11, la structure qu’il a fondée à Ventura, n’a rien d’un simple « edit ». C’est un petit film de 17 minutes, un condensé de ce que le surf a de plus pur : du style, du flow, de la violence dans les turns et cette impression que Dane surfe toujours aussi bien, un style à part, reconnaissable malgré quelques kilos en trop par rapport à la grande époque. (on l’a connu plus gros dans le passé, lol)

    Son fidèle acolyte Hunter Martinez, derrière la caméra, résume tout :

    « Même ses kickouts sont agressifs. Il se lève à 6 h pour checker les vagues. C’est le Dane que j’admirais gamin. »

    Après des mois d’absence et d’énergie dispersée, Dane s’est remis à ramer à l’aube, à traquer la moindre session. C’est un peu comme si l’un des surfeurs les plus influents des années 2010 refusait soudain d’accepter le déclin. Et ça, ça fait du bien.

    Quand la passion revient frapper à la porte

    Il y a quelque chose de profondément humain dans ce retour : ce moment où un surfeur, quel qu’il soit, sent à nouveau le besoin de se confronter à l’océan.
    Parce qu’on a tous connu cette phase : on regarde les prévisions, on trouve toujours une excuse, et puis un jour, on se surprend à rouvrir la housse, à vérifier le leash, à y aller « juste pour voir ».

    Dane, c’est ça, puissance mille. Un gars qui a tout connu — les podiums, les sponsors, les enfants, la routine — et qui revient, simplement parce qu’il a besoin de sentir la planche vibrer sous ses pieds.

    La preuve qu’on ne surfe jamais vraiment pour les autres

    Dans 83 S Palm Street, on sent qu’il n’y a plus rien à prouver. Il surfe, parce qu’il aime surfer, pour le plaisir et n on la performance à tout prix.
    Et c’est exactement ce qu’on attendait.

    Dane n’a jamais été le surfeur le plus lisse. Il n’a jamais cherché à plaire. Et c’est sans doute ce qui fait qu’aujourd’hui, en 2025, il inspire encore autant. Il nous rappelle que le surf n’a rien à voir avec les scores, ni les likes, ni les vues. C’est une affaire d’instinct, de pulsion et de plaisir

    Alors si tu hésitais à aller à l’eau ce matin, si tu pensais que le vent était un peu trop side ou la marée trop haute, fais-toi une faveur : regarde 83 S Palm Street, enfile ta combi, et rame.
    Parce que si Dane Reynolds peut retrouver le feu à 40 ans, toi aussi, tu peux le rallumer aujourd’hui.

  • Hugues Oyarzabal, l’âme libre du surf français

    Hugues Oyarzabal, l’âme libre du surf français

    L’enfant de Biriatou qui rêvait d’ailleurs

    Certains naissent pour suivre les traces des autres. D’autres, comme Hugues Oyarzabal, tracent la leur, quitte à s’y brûler les ailes. Né à Biriatou, petit village perché au-dessus de la Bidassoa, il grandit face à l’océan, avec Hendaye pour terrain de jeu. Très vite, la mer devient son refuge et son miroir. D’abord tennisman, puis bodyboardeur, il découvre le surf à l’âge de dix ans et n’en ressortira jamais vraiment.

    À 16 ans, il quitte tout – l’école, la routine, le confort – pour partir étudier en Australie. Un choix radical, presque instinctif. Là-bas, loin du Pays basque, il perfectionne son art. Ce n’est pas la compétition qui l’attire, mais la sensation pure, l’exploration, la liberté. Pendant que d’autres apprennent à gagner des heats, Hugues apprend à vivre autrement : en dehors des cadres, en quête de sens, de vagues et d’images.

    Dès son retour, le jeune Basque se forge une réputation de surfeur complet et imprévisible. Capable de charger un gros Parlementia, de se caler dans les tubes de Mundaka ou de s’envoler sur un beach break landais, il se distingue par une aisance naturelle et un style instinctif. Un surdoué du surf, mais surtout un électron libre, rétif à toute forme d’enfermement.

    Le free surfeur avant l’heure

    Avant que le mot free surf ne devienne un label marketing, Hugues Oyarzabal incarnait déjà cet esprit : celui d’un surfeur qui ne répond à personne, qui choisit ses vagues, ses voyages, ses images, et sa propre manière d’exister.

    Sur une même semaine, il pouvait sortir un single fin à Lafitenia, un fish rétro à Bidart, un shortboard high performance à Mundaka ou un skimboard sur le sable d’Hendaye. Il surfait tout, partout, tout le temps. Cette curiosité sans limite faisait de lui un expérimentateur plus qu’un simple surfeur.

    Au Pays basque, il est l’un des premiers à s’attaquer à des slabs encore considérés comme insurfables, dont Vanthrax, au large d’Hendaye. Les locaux le regardent d’abord avec incrédulité : la vague est courte, creuse, semée de marches et fermantes. Lui, s’y cale un tube monstrueux, immortalisé en couverture de Surf Session. Cet épisode résume à lui seul le personnage : téméraire, visionnaire, obstiné. Là où les autres voient une limite, Hugues voit un défi.

    Ses amis le décrivent comme un fou génial, capable de surfer nu une gauche indonésienne sous champignon comme de s’extasier devant une vague de 30 centimètres. Le surf, pour lui, n’est pas une performance mais une expérience, presque mystique.

    Le visionnaire de l’image

    Au début des années 2010, bien avant que YouTube ne devienne la vitrine du surf mondial, Hugues Oyarzabal tourne, monte et diffuse ses propres films.
    Sa trilogie Peace & Left est un ovni. Réalisée en autoproduction, sans sponsor majeur, elle mêle surf, poésie visuelle et esprit do it yourself. La caméra, souvent tenue par son ex femme Jana, des caméramans locaux ou son père, capte les reflets dorés de Bali, les gauches parfaites de Desert Point, les ombres dansantes d’Uluwatu.

    Mais ce qui frappe surtout, c’est la présence de la caméra dans le tube. Bien avant la déferlante GoPro, Oyarzabal bricole ses propres systèmes embarqués : perche tenue entre les dents, caméra fixée dans un sac étanche, angles improbables. Le résultat ? Des images inédites, viscérales, qui plongent le spectateur au cœur de la vague.

    Cette créativité lui vaut, en 2012 à Hawaii, le tout premier GoPro Award jamais décerné. Et c’est Kelly Slater en personne qui lui remet le trophée, devant les meilleurs surfeurs du monde. La séquence récompensée : un tube interminable à Skeleton Bay (Namibie), filmé de l’intérieur. Une immersion totale dans la vague, un moment d’histoire du surf filmé comme jamais auparavant.

    Ce jour-là, le monde du surf découvre ce que les Basques savaient déjà : Hugues n’est pas seulement un surfeur, c’est un créateur d’images, un pionnier de la narration embarquée. Il avait dix ans d’avance sur tout le monde.

    L’Indonésie, son second foyer

    S’il existe un lieu qui incarne Hugues Oyarzabal, c’est l’Indonésie.
    Là-bas, il trouvait l’équilibre qu’il cherchait ailleurs : la lumière, la lenteur, les gauches infinies. À force d’y voyager, il finit par adopter un prénom local : Wayan, celui qu’on donne au premier fils balinais. En associant ce nom à ses initiales (H.O.), il invente sa propre signature : WHO.

    L’archipel devient son sanctuaire. Il connaît Desert Point comme d’autres connaissent leur jardin. Il y surfe des vagues de rêve, seul, souvent à l’aube, caméra au poing. Son style, compact et précis, épouse la paroi liquide des tubes avec une élégance rare. Dans les lineup balinais, il n’est plus un étranger : il est devenu l’un des leurs.

    Hugues y tourne aussi certaines de ses plus belles séquences. On y retrouve cette esthétique faite de contrastes : la puissance du tube, la douceur des musiques, la simplicité des plans. Toujours en quête de perfection, il monte ses films la nuit, apprend sur Google, explore Final Cut, Twixtor et Cinema Tools jusqu’à la dernière compression.
    Il disait souvent : “Google is my professor.”

    Loin des circuits commerciaux, il offre ses films gratuitement sur Vimeo. Peace & Left II se télécharge librement, sans contrepartie. Une philosophie du partage, fidèle à son esprit : le surf appartient à tout le monde.

    L’homme complexe et lumineux

    Derrière la caméra et les tubes parfaits se cache un homme tourmenté.
    Hugues Oyarzabal souffrait de TDAH (trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité), un trouble qu’il évoquait ouvertement. Cette hyperactivité, moteur de sa créativité, pouvait aussi devenir un fardeau. Toujours en mouvement, toujours à mille projets, il vivait à un rythme effréné.

    Certains proches parlent d’un tempérament bipolaire: des périodes d’euphorie créative suivies de phases d’abattement. Ce déséquilibre faisait partie de son génie. Il pouvait être épuisant, insupportable parfois, mais jamais indifférent.

    C’était un illuminé au sens noble du terme. Un homme qui ressentait tout plus fort que les autres : la joie, la colère, la beauté, la douleur. Il avait cette intensité qui dérange, mais qui crée. Cette folie douce qui alimente les grandes œuvres.

    Son entourage raconte qu’il pouvait passer de l’euphorie d’un barrel parfait à l’angoisse la plus profonde en quelques heures. Mais il y avait toujours la mer, ce remède universel. “Après une session de surf, on est apaisé, calmé…” disait-il.

    L’héritage d’un pionnier oublié

    En France, le nom de Hugues Oyarzabal ne résonne pas autant qu’il le devrait. Pourtant, son influence sur le surf moderne est immense. Il a inspiré toute une génération de free surfeurs, de vidéastes et de créateurs de contenu sans jamais revendiquer quoi que ce soit.

    Les médias américains et australiens, eux, ne s’y sont pas trompés. Stab Magazine lui a rendu hommage en le comparant à Ozzie Wright ou Nathan Fletcher : des figures rebelles, créatives, inclassables. Surfer Magazine a salué son avant-gardisme et sa capacité à “faire du surf un art total”.

    En France, il est souvent resté dans l’ombre, peut-être parce qu’il ne rentrait dans aucune case. Ni compétiteur, ni influenceur, ni businessman. Juste un surfeur libre, habité, sincère.
    Mais ceux qui l’ont croisé savent : Hugues était l’un des premiers vrais free surfeurs européens, un pionnier au même titre que les grands noms australiens des années 90.

    Il a surfé Belharra dès ses premières sessions historiques, dompté Vanthrax quand personne n’osait, filmé Skeleton Bay comme personne ne l’avait jamais fait. Et surtout, il a vécu selon ses propres règles.

    Le drame et la lumière

    Le 23 février 2025, la nouvelle de sa disparition bouleverse la communauté surf.
    Il avait 39 ans. Ses parents confirment plus tard qu’il s’est donné la mort, épuisé par des années de souffrance physique et psychologique. “Son corps et son esprit n’en pouvaient plus, il a choisi de retrouver la paix qu’il ne trouvait plus ici-bas”, dira sa famille.

    La Fédération Française de Surf lui rend hommage :

    “Un surfeur comme Hugues transmet aux nouvelles générations un surf non formaté, un sport vivant, sans limite dans la créativité.”

    Dans un message bouleversant, le free surfeur Fred Compagnon résume le sentiment général : “On ne doit pas l’oublier.”

    À Hendaye, à Mundaka, à Bali, les vagues semblent orphelines. Mais son sillage, lui, continue de briller.

    Un père, un passeur

    Ces dernières années, Hugues Oyarzabal partageait sa passion avec sa fille Kailani.
    Ils surfaient ensemble, riaient ensemble. Elle avait hérité de son aisance naturelle, de sa curiosité et de cette même énergie solaire. Pour lui, c’était la plus belle de toutes ses victoires.

    Dans les vidéos postées sur ses réseaux, on les voit côte à côte, glissant sur des vagues, comme deux miroirs. Cette transmission symbolise l’essence même de son parcours : le surf comme lien, comme héritage, comme refuge.

    Une légende à sa manière

    Hugues Oyarzabal n’a jamais gagné de titre mondial, mais il a marqué à vie la culture surf.
    Il a prouvé qu’on pouvait exister sans podium, qu’on pouvait créer sans sponsor, qu’on pouvait vivre du surf sans appartenir à son système.

    Il était artiste, inventeur, explorateur, surfeur et père.
    Un homme habité par la mer, guidé par l’instinct, tiraillé par la vie.

    Aujourd’hui encore, ses films circulent sur Vimeo et YouTube. Ils rappellent qu’avant les drones, les caméras 360 et les vlogs de surfeurs, il y avait ce Basque un peu fou qui bricolait dans son garage pour montrer au monde ce qu’il ressentait dans un tube.

    Rest in Peace and Lefts

    Dans la mémoire du surf, certains noms résonnent comme des évidences. D’autres, comme celui d’Hugues Oyarzabal, reviennent comme des murmures, portés par la houle et la nostalgie. Mais au fond, peu importe la notoriété. Ce qui compte, c’est la trace laissée. Et celle d’Hugues, comme la mousse d’une vague, ne s’effacera jamais tout à fait.

    Il était l’un de ces rares surfeurs à rappeler que le surf est un art de vivre avant d’être un sport.
    Un art d’être libre, d’essayer, de créer, de rêver, de se perdre et de se retrouver.

    Les légendes ne meurent pas : elles deviennent des courants.
    Et dans celui qui relie Hendaye à Desert Point, il y a sans doute encore un peu de WHO.

  • Royal Barrique 2025 : Joan Duru triomphe dans un tube d’anthologie à Hossegor

    Royal Barrique 2025 : Joan Duru triomphe dans un tube d’anthologie à Hossegor

    L’édition 2025 du Royal Barrique s’est tenue lundi 6 octobre 2025 au sud des Culs Nus, à Hossegor. Quatre heures d’action entre midi et 16h30, dans des conditions solides et techniques. Et ce mercredi 29 octobre 2025, au restaurant Le Surfing, les résultats ont été dévoilés : Joan Duru s’impose avec un tube backside d’une technicité extrême, devant Charly Martin et Paul-César Distinguin.

    Une compétition à part dans le paysage du surf français

    Organisé par l’association Estim, le Royal Barrique reste une compétition unique au monde. Son principe : seul le tube compte. Pas de manœuvres, pas de total de points — un seul tube peut suffire pour décrocher la victoire. Et surtout, les vagues sont jugées sur vidéo : sans image, pas de vague validée.

    Chaque automne, la fenêtre d’attente s’ouvre sur les bancs de sable landais, et dès que les conditions s’alignent, l’appel est lancé. Cette année, la nouveauté majeure tenait dans la formule par équipes, huit au total, avec un capitaine, plusieurs surfeurs et des alternates en cas d’absence.

    Un “call” à midi, et un océan en mouvement

    La journée du lundi 6 octobre avait tout du pari risqué. Dès 12h, les surfeurs étaient rassemblés pour le “call”, fixant le coup d’envoi à 12h30. Le plein bas était passé à 10h30, et les débats allaient bon train.
    Avec des coefficients de marée de 100, les avis divergeaient : fallait-il lancer tout de suite ou attendre un peu plus de remontant ?

    « C’est ignoble », lâchait un surfeur, constatant un plan d’eau propre mais encore trop changeant. D’autres, plus optimistes, pressentaient que la fenêtre idéale serait courte : « Voyant une ou deux vagues souffler, la majorité s’est rangée sur l’avis des derniers, et on a fixé le démarrage à 12h30 », raconte l’organisation.

    Le stand de compétition est installé. Les équipes se préparent : wax, crème solaire des partenaires sont partagés, chants d’encouragement pour la team Bérêt Noir, tandis que les premiers tubes font déjà crier les spectateurs.

    Une heure magique sur le remontant

    Dès la première série, le potentiel du spot saute aux yeux. Après une demi-heure d’observation, la marée montante réveille le banc. Pendant près d’une heure, le Royal Barrique touche à la perfection.

    Des vagues de 2m50 bien rondes, un take-off vertical, et des souffles puissants à la sortie du tube. « C’était court, mais intense », résume un des juges présents. Ceux qui ont choisi de venir tôt ont assisté à la meilleure heure de la journée : la fameuse “heure magique”.

    Le sud, une planche de salut

    Mais la perfection ne dure jamais longtemps avec un coefficient de marée de 100. Après une heure d’action continue, les tubes se font plus rares. Le courant devient fort, les pics se déplacent, et la tension monte.
    C’est alors que Louis Poupinel prend une décision qui changera la suite : « Ça a l’air plus creux un peu plus au sud, let’s go ! »

    Un coup de mégaphone, quelques oriflammes déplacées, et les séries 3 et 4 se décalent plus bas. Un nouveau banc se met à fonctionner, offrant encore quelques jolis barrels. Ce déplacement improvisé sauve la session et permet de tenir jusqu’à 16h30.

    Soleil, bières et after au Surfing

    Après quatre heures de soleil et deux heures de surf effectif pour chaque équipe, les participants accueillent avec enthousiasme les bières glacées. Le Royal Barrique, c’est aussi ça : une ambiance, une camaraderie, un plaisir simple après la tension de la session.

    Le débrief se prolonge jusqu’à la nuit au Surfing, aux Estagnots, autour de tacos et d’histoires de tubes manqués. Un moment de partage fidèle à l’esprit de cette compétition atypique.

    Montage express et soirée de remise des prix

    Dès le lundi soir, la team images s’est mise au travail pour dérusher les centaines de séquences tournées par les vidéastes présents. Un film récapitulatif, signé Étienne Bellan-Huchery, compile les meilleurs moments : souffles puissants, wipeouts impressionnants, sourires éclatants et vent offshore à gogo.

    Le 24 octobre, la soirée de remise des prix s’est tenue à nouveau au Surfing, en présence des surfeurs, juges et spectateurs. L’occasion de revivre les plus belles images, de remettre le 13e trophée du Royal Barrique, et d’annoncer les résultats officiels.

    Le palmarès 2025 : Duru, la classe mondiale

    Cette année, la victoire revient à Joan Duru, auteur d’un tube backside d’une rare technicité. Le surfeur d’Hossegor, déjà deuxième en 2012, devient le 12e vainqueur du Royal Barrique depuis sa création en 2007. Sa vague, filmée sous plusieurs angles, a marqué les juges par son engagement.

    « C’est une vague incroyable, au timing parfait. N’importe quel surfeur qui tenterait la même aujourd’hui n’y arriverait pas », confiait un juge lors de la soirée.

    Le classement complet :

    1. Joan Duru
    2. Charly Martin
    3. Paul-César Distinguin
    4. Justin Becret
    5. Aldric God
    6. Nicolas Paulet
    7. Nelson Cloarec
    8. Kyllian Guerin
    9. Vincent Verdier
    10. Charly Quivront

    Chez les équipes, la victoire revient à Local Heroes, menée par Guillaume Mangiarotti (capitaine), accompagné de Joan Duru, Charly Martin, Aldric God et Paul-Loup Laborde.

    Il reste un vainqueur dont on n’a pas parlé, celui de la plus belle chute, bravo Mathias Maalem, pour cette royale tombette.

    Les héros de l’ombre : les vidéastes

    Sans eux, rien de tout cela n’existerait. Le Royal Barrique repose sur les images capturées depuis la plage, les dunes ou les drones. Chaque tube est jugé à partir des vidéos envoyées à l’organisation.

    Un immense merci à ceux qui ont immortalisé cette édition 2025 :
    Grégory Ménager, Adrien Bulus, Ted Boutin, Judith Emmanuel, Victorien Issouri, Jérémie Gabrien, Arthur Génie, Étienne Bellan-Huchery, Nico Lep et Ludovic Lasserre.

    Un format d’équipe qui séduit

    Si le Royal Barrique garde son ADN de compétition “à part”, le format en équipes a clairement séduit. Plus d’entraide, plus d’échanges, et un sentiment d’appartenance fort, sans nuire à la rivalité saine entre surfeurs. Moins de surfeurs à l’eau, moins de bataille pour prendre la bombe.

    Entre adrénaline, camaraderie et passion commune du tube landais, cette édition 2025 s’impose déjà comme l’une des plus réussies de ces dernières années.

  • La planche de surf perdue en Tasmanie réapparaît 18 mois plus tard à 2 400 km de là, retrouvée par un Français

    La planche de surf perdue en Tasmanie réapparaît 18 mois plus tard à 2 400 km de là, retrouvée par un Français

    C’est une histoire comme seuls les océans savent en écrire. Une planche de surf tombée d’un bateau en Tasmanie, oubliée depuis un an et demi, retrouvée par hasard en Nouvelle-Zélande par un Français installé à Raglan. 2 400 kilomètres plus loin, 18 mois de dérive, et un destin que seul le courant pouvait orchestrer.

    Un voyage insensé porté par les courants

    Mai 2024. Quelque part au large de la Tasmanie, une planche sur mesure glisse sur le pont d’un bateau, heurte le rebord, puis disparaît dans la houle. Son propriétaire, un surfeur australien prénommé Liam, la regarde s’éloigner, impuissant. L’océan l’a avalée, sans promesse de retour.
    Dix-huit mois plus tard, cette même planche va réapparaître… à 2 400 km de là, sur la côte ouest néo-zélandaise.

    Entre les deux, personne ne saura jamais vraiment quel chemin elle a emprunté. Peut-être a-t-elle traversé la mer de Tasmanie portée par les vents d’ouest, s’est échouée un temps sur une côte déserte avant de repartir. Ce qu’on sait, c’est qu’elle a survécu — intacte, marquée, mais debout. Un miracle flottant, couvert de balanes et de coquillages, témoin du passage du temps et des voyages invisibles que tracent les courants marins.

    La découverte d’un Français à Raglan

    Mi-octobre 2025, un Français du nom d’Alvaro Bon profite d’une session de kitesurf dans le port de Raglan, sur l’île du Nord. Installé depuis une dizaine d’années en Nouvelle-Zélande, il connaît ces eaux par cœur. Ce jour-là, le vent est fort, trop fort. Il perd le contrôle de son cerf-volant, qui s’envole au large. En rejoignant la terre, il aperçoit quelque chose d’étrange flottant à la surface : une planche de surf couleur crème, piquée de coquillages, comme sortie d’un rêve.

    « Je l’ai cachée dans les dunes, je ne savais pas trop quoi en faire », racontera-t-il plus tard à la BBC.
    Quelques jours après, il la nettoie et publie des photos sur les réseaux sociaux, espérant retrouver le propriétaire. À son retour de surf, son téléphone est inondé de messages. Parmi eux, celui d’un certain Liam, accompagné d’une photo : c’était bien la sienne. « Il n’arrivait pas à y croire », confie Alvaro.

    Un symbole de résilience et de hasard

    La planche, malgré 18 mois passés à dériver en plein océan, est en bon état. Quelques traces du sel, quelques cicatrices laissées par les coquillages — rien qui ne puisse l’empêcher de flotter.
    Pour Liam, c’est une planche fétiche, un morceau de lui revenu du large. Pour Alvaro, c’est un signe.

    « Le jour où j’ai trouvé la planche, j’ai perdu mon cerf-volant, raconte-t-il. Peut-être que c’était ça le sens… Parfois il faut lâcher prise pour trouver mieux. »

    Difficile d’imaginer phrase plus juste.
    Dans un monde où tout semble contrôlé, l’océan rappelle qu’il reste le maître des histoires. Ce jour-là, il a rendu ce qu’il avait pris. Et entre deux inconnus, il a tracé un fil invisible, une ligne de swell entre la Tasmanie et la Nouvelle-Zélande.

    L’océan, narrateur d’histoires incroyables

    Cette dérive n’est pas qu’une anecdote insolite : elle dit quelque chose de la mer, de sa puissance et de sa poésie.
    Les scientifiques savent que les courants marins de la mer de Tasmanie sont parmi les plus imprévisibles du Pacifique Sud. Des objets peuvent dériver des mois entiers avant d’atteindre les plages néo-zélandaises. Mais au-delà des données, c’est l’imaginaire qui fascine : la mer transporte aussi bien des déchets que des miracles.

    Une planche perdue, retrouvée 18 mois plus tard, c’est un message venu des profondeurs : la mer garde, transforme, restitue. Et parfois, elle choisit à qui offrir le dénouement.

    Dans quelques jours, la planche rejoindra son propriétaire à Auckland. Mais son histoire, elle, a déjà fait le tour du monde — et des cœurs.

  • Myélopathie du surfeur : quand le rêve de glisse vire au cauchemar

    Myélopathie du surfeur : quand le rêve de glisse vire au cauchemar

    Imaginez partir en vacances dans les Caraïbes, découvrir le surf pour la première fois… et finir paralysé. Ce scénario absurde, digne d’un film dramatique, est pourtant une réalité pour une poignée de surfeurs dans le monde. Le nom de ce mal encore méconnu : la myélopathie du surfeur.
    Une affection aussi mystérieuse que dévastatrice, qui a déjà brisé plusieurs vies – de la Guadeloupe à Honolulu, en passant par les Alpes suisses.

    Un voyage en Guadeloupe qui tourne au drame

    Février 2025. Flavien, 29 ans, s’envole pour la Guadeloupe avec sa compagne et leur fils. Le séjour s’annonce idyllique : mer chaude, soleil, lagons… C’est lors d’une première leçon de surf à Sainte-Anne que tout bascule. Après quelques minutes passées allongé sur sa planche, en position de rame, Flavien ressent une douleur aiguë dans le bas du dos, rapidement suivie de fourmillements, engourdissements, puis une perte de force dans les jambes.

    Transporté d’urgence à l’hôpital de Pointe-à-Pitre, le premier diagnostic est flou. Mais un second neurologue évoque une cause rare : un infarctus médullaire, autrement dit un accident vasculaire de la moelle épinière, aussi appelé myélopathie du surfeur.

    Le témoignage glaçant de Marc, paralysé à Hawaï

    Marc, 22 ans, originaire des Grisons en Suisse, rêvait de surfer les vagues du Pacifique. Deux jours après son arrivée à Hawaï, il ressent la même douleur foudroyante que Flavien.
    « Je surfais quand soudain, j’ai eu l’impression qu’on m’avait planté un couteau dans le dos », raconte-t-il.
    Ses jambes lâchent. Il coule. Sauveteurs, ambulance, diagnostic : myélopathie du surfeur.

    Les médecins lui annoncent qu’il ne remarchera probablement jamais. Pourtant, après deux ans de rééducation, Marc a retrouvé l’usage partiel de ses jambes :

    « Je peux marcher quelques mètres avec des béquilles. J’ai même refait du snowboard. Mais mon rêve, c’est de retourner surfer, sur cette même plage. »

    Mais qu’est-ce que la myélopathie du surfeur ?

    dentifiée pour la première fois à Hawaï en 2004, la surfer’s myelopathy est une lésion non traumatique de la moelle épinière.
    Elle est causée par une hyperextension prolongée du dos, typique de la position de rame sur la planche.

    En clair : allongé trop longtemps, le surfeur crée une compression qui réduit l’apport sanguin à la moelle. Résultat : une ischémie médullaire, comparable à un mini AVC de la colonne.

    Les symptômes à repérer :

    • Douleur aiguë dans le bas du dos
    • Fourmillements ou engourdissement dans les jambes
    • Perte de force musculaire
    • Troubles urinaires ou intestinaux
    • Paralysie soudaine

    Ce qui rend la maladie perfide, c’est qu’elle survient sans aucun traumatisme. Pas de wipeout, pas de choc contre la planche : tout se passe à l’intérieur du corps.

    Ce que dit la science

    Une étude japonaise publiée en 2019 décrit le cas d’une jeune femme de 19 ans, débutante, victime de la même pathologie.
    En seulement une heure, elle passe de simples picotements à la paraplégie.
    Grâce à une prise en charge rapide (oxygénothérapie, corticoïdes, rééducation), elle a pu remarcher en moins d’un mois.

    Les médecins japonais évoquent plusieurs hypothèses :

    1. Compression artérielle (artère d’Adamkiewicz) causée par l’hyperextension.
    2. Compression veineuse ou spasme lié à la manœuvre de Valsalva (inspiration bloquée lors de l’effort).
    3. Embolie fibrocartilagineuse, quand un fragment de disque intervertébral migre dans une artère spinale.

    Mais aucune cause unique n’a encore été prouvée.

    Une affection rare… mais grave

    Peu d’études existent sur cette pathologie. Une revue scientifique coréenne a analysé 3 cas de jeunes hommes (19 à 30 ans), tous débutants en surf. Deux d’entre eux, traités avec des corticoïdes, sont restés paraplégiques malgré des mois de rééducation. Le troisième, soigné par induction d’hypertension pour améliorer la perfusion médullaire, a quasiment récupéré l’usage complet de ses jambes en quelques jours.

    Autrement dit, le traitement précoce est essentiel, mais il n’existe aucune prise en charge standardisée. Les pistes incluent :

    • L’hyperhydratation et l’induction d’une hypertension contrôlée
    • L’usage de stéroïdes à haute dose (controversé)
    • L’angiographie spinale en urgence pour identifier une cause vasculaire
    • Le drainage lombaire pour réduire la pression du liquide céphalorachidien

    Une urgence médicale méconnue

    En 2016, une revue internationale recensait seulement 64 cas documentés dans le monde.
    Un chiffre probablement sous-estimé, car de nombreux cas légers passent inaperçus.
    Les études montrent pourtant que le pronostic dépend entièrement de la rapidité du diagnostic.

    Un traitement précoce peut inclure :

    • Hyperhydratation et induction d’hypertension pour améliorer la perfusion
    • Corticoïdes à haute dose (usage controversé)
    • Oxygénothérapie hyperbare
    • Drainage lombaire pour réduire la pression céphalorachidienne

    Les patients traités dans les premières heures ont souvent récupéré partiellement.

    Un long combat pour réapprendre à marcher

    Pour Flavien, le diagnostic a été confirmé en métropole après une longue errance médicale. Transféré dans un centre de rééducation en Vendée, il a dû tout réapprendre comme un bébé : respirer profondément, ramasser un objet, activer ses muscles. Aujourd’hui, il recommence à bouger sa jambe droite, un peu la gauche. Son objectif est clair : remarcher d’ici décembre.

    Il témoigne quotidiennement de son combat dans un carnet de bord, avec l’idée d’en faire un livre. Lui et sa compagne veulent surtout sensibiliser : « Si j’étais resté 5 minutes de plus dans l’eau, je me serais peut-être noyé ».

    Une éducation indispensable pour prévenir les cas

    L’un des constats partagés par les études scientifiques est limpide : la prévention est la clé. Aux États-Unis, une fondation a créé le sigle SPINE pour sensibiliser les surfeurs :

    • S : Sit on your board — s’asseoir régulièrement sur sa planche
    • P : Pace yourself — ne pas rester trop longtemps dans l’eau
    • I : Insist on a trained instructor — privilégier un moniteur expérimenté
    • N : Notice symptoms — être attentif aux douleurs ou engourdissements
    • E : Exit the water — sortir immédiatement si un symptôme apparaît

    En France et en Europe, la majorité des moniteurs n’ont jamais entendu parler de ce syndrome. Il serait temps d’intégrer cette information dans les formations de surf, comme cela commence à se faire à Hawaï ou en Corée du Sud.

    Peut-on continuer à surfer après une myélopathie ?

    Dans les cas les plus graves, la reprise du surf est impossible. Mais certains patients ayant récupéré partiellement ont pu remonter sur une planche, avec prudence. Il est cependant recommandé de consulter un neurologue ou un médecin du sport avant toute reprise, et d’éviter les longues périodes de rame en extension.

    Ce que nous dit ce témoignage

    L’histoire de Flavien met en lumière une réalité cruelle : un accident invisible peut briser une vie en quelques minutes, sans prévenir. Et pourtant, en informant mieux, en réagissant plus vite, en adaptant l’enseignement du surf, de nombreux cas pourraient être évités ou atténués.

    La myélopathie du surfeur n’est pas une fatalité. Mais pour que cela devienne vrai, il faut briser le silence, documenter les cas, et surtout, écouter son corps dès les premiers signes d’alerte.

    En résumé : que faut-il retenir ?

    • La myélopathie du surfeur est une pathologie rare mais grave, liée à un manque d’irrigation de la moelle épinière
    • Elle touche surtout des surfeurs débutants, souvent lors de leur première session
    • Les symptômes précoces doivent être pris très au sérieux : douleurs dorsales, fourmillements, faiblesse dans les jambes
    • Aucun traitement n’est standardisé, mais une prise en charge rapide améliore le pronostic
    • La prévention par l’éducation des surfeurs et des moniteurs est essentielle

  • Joel Tudor souffle le chaud et le froid après la victoire d’Édouard Delpero

    Joel Tudor souffle le chaud et le froid après la victoire d’Édouard Delpero

    Il ne peut pas s’en empêcher. À chaque fois qu’un contest de longboard WSL se termine, Joel Tudor y va de son avis tranchant. Le triple champion du monde, 49 ans, a une plume aussi affûtée qu’une dérive single fin, et cette fois, c’est la compétition d’Abou Dhabi qui a ravivé sa flamme polémique.

    Quelques heures après la victoire du Français Édouard Delpero et de l’Hawaïenne Honolua Blomfield, Tudor a posté un mème devenu viral :

    “La WSL a encore réglé la piscine à vagues sur le mode débutant pour les longboarders.”

    Et le message, limpide : selon Tudor, la WSL bride le niveau en proposant des vagues trop molles, trop faciles, presque insultantes pour les surfeurs de haut niveau. Et pour le coup, nous sommes d’accord et nous en avions parlé dans ce premier article, résumé de la journée 1 homme Abu dhabi 2025

    Mais comme souvent avec le Californien, le discours cache plusieurs couches de contradictions.

    Le roi du “classic” qui réclame du “modern”

    Ce qui fait sourire (jaune), c’est que Joel Tudor a lui-même milité pendant des années pour le retour du longboard classique, celui du style, du noseride et des planches single fin.
    Un surf élégant, mais par définition moins technique quand il s’agit d’engager backside dans un barrel ou de taper un roller vertical avec une seule dérive.

    Autrement dit, Tudor a contribué à façonner une génération de longboarders ultra-stylés, mais peu polyvalents. Et aujourd’hui, il s’étonne que la majorité d’entre eux “ne sache pas tuber”.

    “Le plus triste, c’est que la majorité de ceux qui participent ne savent même pas surfer un barrel”, a-t-il écrit sur Instagram.
    “S’il n’y a personne pour les guider, personne pour défendre le vrai longboard, alors la discipline est condamnée.”

    Sauf qu’en voulant protéger la pureté du style, Joel Tudor a aussi fermé la porte au modern longboard, celui qu’incarnent justement des surfeurs comme Édouard Delpero, Ben Skinner ou Harrison Roach : des riders capables d’allier grâce et puissance, noseride et tube.

    Les hommes et le tube backside : une réalité nuancée

    Pour autant, le constat de Tudor n’est pas entièrement faux.
    Si les longboardeuses comme Honolua Blomfield affichent souvent une technique fluide et complète, le niveau des femmes dans le tube est faible comme se fut le cas en shortboard dans le passé. Au niveau des hommes, on va dire que frontside la majorité s’en sorte bien, mais au niveau backside dans le tube la grande majorité des longboarders ne savent pas tuber, il faut le dire.
    Il faut le dire : 90 % des longboarders ne savent pas vraiment tuber backside. Non pas qu’ils ne puissent pas le faire, mais parce que le format de compétition et les spots choisis ne les y encouragent jamais.

    À Abou Dhabi, les vagues artificielles de la piscine WSL offrent peu de sections tubulaires, et un mur d’eau bien trop docile pour espérer un tube engagé.
    Alors évidemment, difficile de reprocher aux compétiteurs de “fuir le barrel” quand le barrel n’existe pas vraiment.

    La pique oubliée : Blomfield félicitée, Delpero ignoré

    Autre détail piquant : dans son discours incendiaire, Tudor félicite Honolua Blomfield (dans les commentaires) pour sa victoire… mais passe totalement sous silence Édouard Delpero.
    Un oubli ? Difficile à croire.

    Entre les deux hommes, le courant n’a jamais vraiment passé.
    Delpero incarne tout ce que Tudor déteste : un surf de longboard moderne, inspiré du shortboard, avec engagement, avec une configuration tri-fins.
    En clair, la tête de gondole du modern longboard.

    Pour Tudor, Delpero symbolise ce qu’il considère comme une “dérive” du longboard, celle où le style s’efface au profit de la performance.
    Mais la réalité est peut-être plus simple : Delpero représente l’évolution naturelle de la discipline, là où Tudor, lui, reste campé dans un passé idéalisé.

    Un débat sans fin, mais essentiel

    Cette nouvelle sortie médiatique relance un débat qui divise le longboard depuis toujours :
    Faut-il préserver le classic style, avec ses lignes pures et son minimalisme ?
    Ou faut-il embrasser le modern longboard, plus technique, plus radical, et plus proche du shortboard ?

    Entre les deux, la vérité est sans doute dans l’équilibre.
    Le longboard n’a jamais été aussi riche, ni aussi diversifié. Et s’il y a bien une chose que prouve la victoire d’Édouard Delpero à Abou Dhabi, c’est que le style et la technique peuvent cohabiter.
    Tudor le sait sans doute très bien. Mais fidèle à sa nature, il préfère encore allumer un feu pour rappeler qu’il existe.

  • Max Neuböck surfe plus de 8 heures d’affilée sur une vague… pour un record Guinness

    Max Neuböck surfe plus de 8 heures d’affilée sur une vague… pour un record Guinness

    Huit heures, cinq minutes et quarante-quatre secondes. C’est le temps que l’Autrichien Maximilian Neuböck a passé debout sur une vague, sans jamais tomber. Pas sur un swell mythique de l’océan Pacifique, non — sur The RiverWave, la plus grande vague artificielle d’Europe en Autriche. Le tout validé par le Guinness World Records. Résultat : un record aussi absurde qu’hypnotisant, qui interroge autant qu’il impressionne.

    Le surfeur autrichien qui ne voulait plus sortir de l’eau

    La scène se déroule à Ebensee, en Autriche, loin des spots salés de Nazaré ou Teahupo’o. Là, The RiverWave génère une vague stationnaire, perpétuelle, comme un tapis roulant aquatique. Et Max Neuböck a décidé d’y rester dessus aussi longtemps que possible, sans descendre, sans pause, sans toilettes — mais pas sans ravitaillement.

    Pendant son marathon liquide, il a mangé une soupe, avalé une pizza, bu du Red Bull et utilisé un pistolet de massage pour ses cuisses. Tout cela, sans jamais cesser de glisser sur place. À la fin, épuisé mais euphorique, il s’est jeté à l’eau en criant de joie : huit heures de surf continu, un record officiellement homologué par Guinness.

    “Il n’est revenu à terre qu’après huit heures, certain d’avoir battu le record. Il a ensuite sauté dans l’eau en criant, les bras levés”, raconte Guinness dans son communiqué officiel.

    Le triomphe du “record pour le record”

    Soyons honnêtes : le surf n’avait pas forcément besoin de ce record. Mais dans un monde obsédé par les chiffres, les likes et les “premières fois”, il fallait bien que quelqu’un tente l’impossible : tenir debout sur une vague pendant une journée de travail complète.

    Ce n’est pas un exploit d’océan, ni un tube de légende — c’est un exploit d’endurance et, surtout, de volonté. Neuböck incarne cette tendance moderne à vouloir “faire un record pour le record”, comme s’il fallait tout mesurer, tout chronométrer, même la glisse.
    Une performance à la frontière du sport, de l’art contemporain et de la méditation sous caféine. Bref, je m’égare…

    8 heures contre 3 heures 55 : la revanche des vagues statiques

    Avant Neuböck, le Panaméen Gary Saavedra détenait un autre record Guinness : celui de la plus longue vague surfée en eau libre, en 2011. Il avait surfé le sillage d’un bateau pendant 43,1 miles dans le canal de Panama, pendant près de quatre heures.
    Mais la comparaison s’arrête là : Saavedra avançait, Neuböck restait sur place. Deux visions du surf, deux formes d’absurdité héroïque.

    Entre absurde et poésie

    Passer huit heures à surfer sans tomber, c’est certes un exploit physique. Mais c’est surtout un symbole : le surf peut aussi être statique, introspectif, presque méditatif. Entre deux gorgées de soupe, Neuböck a probablement exploré les frontières du calme, du courage et de l’ennui absolu.

    Ces records Guinness qui font sourire

    Le Guinness World Records adore ces exploits improbables. À côté de Neuböck, on trouve par exemple le “plus grand nombre de Big Macs mangés dans une vie” (26 000), le “5 mètres les plus rapides en skateboard par un chat”, ou encore le montage le plus rapide de Mr. Potato Head les yeux bandés.
    Et dans la catégorie “records de surf plus sérieux”, Sebastian Steudtner détient toujours le titre de la plus grosse vague surfée, avec son 86 pieds à Nazaré en 2020.

    Mais entre la démesure portugaise et la patience autrichienne, un même fil rouge : l’amour du geste inutile mais fascinant.

  • Quiksilver et Primaloft : la combinaison qui promet de changer l’hiver des surfeurs

    Quiksilver et Primaloft : la combinaison qui promet de changer l’hiver des surfeurs

    Quiksilver vient de lever le voile sur une innovation qui pourrait bien transformer nos sessions hivernales : une nouvelle génération de combinaisons intégrant la technologie Primaloft Bio.
    Une avancée qui permettrait, selon la marque, de surfer en 3/2 quand tout le monde enfile une 4/3. Rien que ça.

    Une fibre née dans l’armée américaine

    Inventée il y a quarante ans pour l’armée des États-Unis, la fibre Primaloft a été pensée comme une alternative synthétique au duvet naturel.
    Légère, respirante et chaude, elle est aujourd’hui utilisée dans la plupart des doudounes techniques haut de gamme.
    Mais jusqu’à présent, elle n’avait jamais franchi la barrière du surf.

    Avec cette collaboration inédite, Quiksilver (et Roxy) deviennent les premiers à intégrer Primaloft dans une combinaison néoprène.
    Objectif affiché : plus de chaleur, moins d’épaisseur, donc plus de liberté sur la planche.

    35 % plus chaud que les précédentes générations

    Selon les tests réalisés par la marque, le Primaloft Bio offrirait une chaleur supérieure de 35 % à celle de l’ancien revêtement interne Warmflight Eco Velvet.
    Pour le prouver, les équipes ont mené une expérience scientifique :

    “On expose la combinaison à une plaque froide contrôlée, on attend quelques minutes, et on mesure la température à l’intérieur avec un laser. Résultat : les modèles Primaloft conservent bien mieux la chaleur”,
    explique Paolo Magiorelli, designer chez Quiksilver et ancien architecte naval (qui, paraît-il, fabrique aussi son propre limoncello).

    Concrètement, cela signifie qu’un surfeur équipé d’une 3/2 Primaloft pourra surfer dans des eaux à 15°C, là où une 4/3 était jusque-là indispensable.

    Chaleur, souplesse et durabilité

    L’innovation ne se limite pas à l’isolation.
    Le Primaloft est tissé dans la doublure interne des combinaisons, sous forme de deux variantes :

    • Primaloft Warm, plus épais et isolant, utilisé sur le corps et les jambes,
    • Primaloft Stretch, plus fin et souple, réservé aux bras et épaules.

    Résultat : une sensation de légèreté et de liberté rarement atteinte.
    Comme le résume le surfeur indonésien Rio Waida :

    “Je n’ai pas l’habitude de surfer en combinaison, mais celle-ci est folle. Je me sens au chaud dans une 3/2 comme dans une 4/3. C’est léger, c’est souple, c’est un vrai plaisir.”

    Des tests grandeur nature

    Lors d’une session de tests organisée au Portugal, avec des températures d’eau autour de 15°C et un vent glacial, la plupart des surfeurs du team Quiksilver — Kanoa Igarashi, Jackson Bunch — ont surfé en 3/2 toute la semaine.

    “C’est un game-changer absolu. J’ai porté une 3-millimètres tout le trip, alors que tout le monde était en 4/3”,
    témoigne Jackson Bunch, surfeur hawaiien du CT.

    Pour Kanoa Igarashi, l’innovation se ressent surtout à la rame :

    “Le meilleur wetsuit, c’est celui auquel tu ne penses pas. Là, je ne pense plus à la combinaison, ni au froid. C’est exactement ce qu’on recherche.”

    Une démarche écologique assumée

    Autre atout de taille : la fibre Primaloft Bio est biodégradable et fabriquée à partir de matériaux recyclés.
    Quiksilver l’associe à un néoprène naturel, issu du caoutchouc végétal, et à des tissus extérieurs en fibres recyclées post-consommation.
    Un pas vers une production plus responsable, même si la marque reste lucide :

    “Une combinaison restera toujours un produit imparfait écologiquement, mais on veut avancer dans la bonne direction, sans greenwashing”, souligne Alain Riou, un représentant de Quiksilver.

    Une gamme complète pour tous les surfeurs

    La technologie Primaloft sera intégrée sur l’ensemble des gammes 2025 :

    • Highline : la plus légère et la plus stretch, pour les compétiteurs.
    • Marathon Session : la plus chaude, avec Primaloft Warm sur tout le corps.
    • Everyday Session : le modèle accessible (environ 200 €), intégrant déjà la technologie Primaloft Stretch.

    Une démocratisation de l’innovation, qui permet à chacun de bénéficier du même niveau de confort que les pros du team Quik.

    Vers un nouveau standard du surf technique

    Plus chaude, plus légère, plus souple et plus durable : la nouvelle génération de combinaisons Quiksilver x Primaloft Bio pourrait bien redéfinir les attentes des surfeurs du monde entier.
    Et surtout, elle pose une question simple :

    Et si, cet hiver, on pouvait troquer nos 4/3 pour une 3/2 sans grelotter ?

    Nous sommes actuellement en train de tester la combinaison pour faire un review plus personnalisé avec nos impressions après plusieurs sessions. Nous avons choisi la combinaison 4/3mm Marathon Sessions à 410 euros TTC, ce qui est un budget, il faut l’avouer, mais si cher pour du haut de gamme. Bientôt plus d’infos pratiques.

  • Incident à la GB Surfing Cup : quand les free surfers gâchent la fête

    Incident à la GB Surfing Cup : quand les free surfers gâchent la fête

    Le surf britannique secoué par un triste épisode

    La GB Surfing Cup 2025, censée célébrer le meilleur du surf britannique à Thurso, en Écosse, s’est terminée sur une note amère. Alors que les demi-finales féminines battaient leur plein, un groupe de free surfers a fait irruption dans le line-up, droppant sur les compétitrices et leur lançant des insultes.
    Un comportement inacceptable, qui a conduit à l’arrêt immédiat de la compétition et à l’ouverture d’une enquête policière.

    L’organisation GB Surfing a publié un communiqué officiel exprimant sa “profonde inquiétude” face à ces actes, d’abord dirigés vers les surfeuses. “Nous reconnaissons que les surfeurs en finale seront déçus par la fin prématurée de l’événement, mais nous sommes reconnaissants à l’équipe organisatrice et à la police pour leur réactivité”, précise la fédération.

    Un choc pour toute la communauté du surf britannique

    L’émotion a rapidement gagné les réseaux sociaux.
    La surfeuse Lainy Cruickshank a résumé le sentiment général dans un message poignant :

    “Je me sens absolument dévastée que tout le surf britannique ait dû être témoin d’un tel comportement. Voir mes enfants regarder leurs amis se faire insulter, c’était insoutenable. Les vagues étaient incroyables, le surf magnifique, mais tout a été gâché.”

    Ce qui devait être une célébration du surf anglais, écossais, gallois et des îles anglo-normandes s’est transformé en triste symbole de division. D’autant plus cruel que la journée offrait des conditions parfaites à Thurso, la plus belle droite d’Écosse.

    Le problème récurrent du “partage du line-up”

    L’incident de Thurso rappelle un phénomène récurrent dans le surf mondial : la tension entre compétiteurs et free surfers lorsqu’un événement se déroule sur un spot public.
    En France, les Championnats d’Allemagne à Hossegor avaient connu un scénario similaire. Des surfeurs locaux, irrités par la privatisation du pic pendant la compétition, avaient délibérément perturbé les séries, provoquant une vive polémique sur la notion de respect et de légitimité dans l’océan.

    Le problème est universel : contrairement à d’autres sports, le surf ne se pratique pas dans un espace fermé. Normalement, du moins en France, un arrêté est pris par la mairie pour privatiser cet espace public. Tout repose donc sur le respect mutuel et la conscience collective du moment.
    Et lorsque ces valeurs disparaissent, c’est toute la culture surf qui s’en trouve salie.

    Quand la liberté devient égoïsme

    Le surf s’est construit sur la liberté, la communion avec la nature et l’esprit d’entraide.
    Mais cet incident montre que la liberté sans respect devient vite égoïsme.
    Les compétitions amateurs comme la GB Cup reposent sur des bénévoles, des familles, des jeunes surfeurs motivés. Les insulter, c’est s’en prendre à la base même du surf : une communauté passionnée, non une machine commerciale.

    L’affaire est désormais entre les mains de la police écossaise, et GB Surfing a promis un nouveau communiqué prochainement. Mais le mal est fait : la confiance est brisée, et les images de cette journée ternissent l’image d’un surf britannique en pleine reconstruction.

    L’onde de choc numérique

    Au-delà de l’incident dans l’eau, une seconde tempête a éclaté en ligne. Des vidéos, extraits de live et témoignages contradictoires ont envahi les réseaux sociaux, nourrissant la confusion.
    Entre indignation légitime et emballement médiatique, la frontière s’est vite brouillée. Comme souvent, la rumeur a pris le pas sur les faits — au point que personne ne sait plus vraiment ce qui s’est passé.

    Ce phénomène n’est pas nouveau : le surf, autrefois confidentiel, est désormais scruté en permanence. La moindre erreur, la moindre vague partagée au mauvais moment, devient virale. Et les réseaux peuvent transformer un incident local en crise internationale, voir même un tribunal populaire. D’un côté, des témoignages assez accablant sur une possible agression physique (surfeuse plaquée au fond) avec des insultes, et de l’autre un surfeur avouant sa faute d’être allé sur l’épaule de la vague, et qui, sur une série qui a décalé, a pris le set en pleine poire et s’emmêlant le leash avec celui de la compétitrice. Deux versions très différentes… La police mène son enquête, on n’en dira pas plus.
    Une dérive qui interroge notre rapport collectif à l’image, à la réputation et à la vérité dans le monde du surf.

    Un triste miroir pour le surf européen

    Ce qui s’est passé à Thurso aurait pu arriver n’importe où.
    L’épisode d’Hossegor l’a déjà prouvé : quand l’ego prend le pas sur la passion, la culture surf perd une part de son âme. Même si on ne partage pas certaines valeurs, il est important de faire preuve de respect.
    Espérons que cet incident serve de leçon, et que les line-ups — en compétition comme en free surf — redeviennent ce qu’ils devraient toujours être : des lieux de partage, pas de confrontation.

    PS: photo non contractuelle de la confrontation bagarre…lol