Auteur/autrice : Kelly Slater

  • Le Lacanau Pro : 45 ans de surf, de sueur… et de merguez

    Le Lacanau Pro : 45 ans de surf, de sueur… et de merguez

    Le Lacanau Pro commence aujourd’hui, et comme chaque année, il promet du spectacle. Mais connais-tu les histoires folles qui ont façonné cette légende du surf européen ? Accroche-toi, on t’embarque dans un voyage à travers l’improbable et le génial.

    Les anecdotes les plus folles du Lacanau Pro

    150 kilos de merguez pour lancer l’événement

    C’est en 1979 que tout commence. Une bande de passionnés du Lacanau Surf Club décide d’organiser la toute première compétition internationale de surf en France. Budget quasi nul, idées plein la tête. Solution ? Vendre des merguez.

    Résultat : 150 kilos écoulés en trois jours. Le surf européen vient de naître… à coups de sandwichs.

    Le juge au briquet

    Lors de cette première édition, les conditions sont capricieuses. Les vagues arrivent… au dernier moment. La finale se joue en extrême urgence. Et pour noter les scores sur la plage centrale ? Les juges n’ont même pas de lampe frontale. Ils utilisent des briquets pour écrire les notes. Ambiance roots garantie.

    Slater vs Curren : le duel légendaire

    En 1990, un choc mythique se produit à Lacanau : Tom Curren affronte Kelly Slater, alors âgé de seulement 18 ans. Les deux légendes ne se croiseront en compétition que cette fois-là. Curren l’emporte. Quatre ans plus tard, Slater revient et gagne à son tour le Lacanau Pro.

    Tractopelles sur la plage pour créer des vagues

    Pas de vagues ? Pas grave pour Jacques Hèle, l’un des fondateurs. En 1989, il fait intervenir des tractopelles de la mairie en pleine nuit pour modeler un banc de sable artificiel. Objectif : booster les vagues. La presse s’empare du sujet, et Lacanau est à la une. Coup de génie ou douce folie ? Les deux.

    18 surfeurs… dans une maison

    1. Lacanau est pleine à craquer, aucun logement n’est dispo. Patrice Schrzan, organisateur emblématique, héberge 18 surfeurs chez lui. Parmi eux, un certain Tom Carroll, futur champion du monde. L’ambiance ? Une colloc XXL façon surf house.

    La tornade de 1989

    Cette édition-là est un feuilleton météo. D’abord, les tracteurs pour façonner les vagues. Puis, une mini-tornade ravage le village exposant : les tentes s’envolent et s’écrasent sur les voitures en face. On parle d’un Lacanau Pro… électrique.

    Le surfeur australien et ses traveler’s chèques

    Jason Buttenshaw, jeune Australien, s’inscrit à la compet’ avec des traveler’s chèques de 100$… non signés. Impossible de les encaisser. En janvier suivant, un membre de l’orga en vacances en Australie le croise… et le fait signer les chèques six mois plus tard. Lacanau, c’est aussi ça.

    1200 surfeurs contre la pollution

    En 1995, 1200 surfeurs et sympathisants forment une chaîne humaine sur la plage pour dénoncer la pollution des océans. Trois ans plus tard, le Lacanau Pro est menacé par la marée noire du Prestige. L’activisme surf à la française.

    1998 : l’année sans vagues

    Seule vraie annulation “naturelle” : en 1998, l’océan est plat pendant toute la waiting period. Rien. Nada. Zéro vague. La compétition est annulée. Triste ironie pour un événement qui célèbre la puissance de l’océan.

    Aux origines du Lacanau Pro : l’audace de 1979

    Tout commence par un rêve un peu fou en 1978 : créer une compète de surf digne d’Hawaii… mais à Lacanau. Jacques Hèle, Patrice Schrzan, René Guillet et quelques autres y croient dur comme wax. Avec peu de moyens, ils créent le Grand Prix Open de Lacanau Océan.

    En 1981, la compet’ est annulée faute de sponsor principal. Mais en 1983, elle renaît : elle devient Lacanau Pro, et surtout rejoint l’ASP (devenue aujourd’hui WSL). C’est la consécration.

    Un rendez-vous mythique pour les champions

    Le palmarès du Lacanau Pro est impressionnant :

    • Tom Curren (1984 et 1990)
    • Kelly Slater (vainqueur en 1994)
    • Barton Lynch (vainqueur en 1983, champion du monde en 1988)
    • Gabriel Medina, qui s’impose en junior en 2011 avant de devenir champion du monde

    Sans oublier les Français comme Jérémy Florès, Pauline Ado (3 fois gagnante chez les juniors) ou Maud Le Car.

    Le surf féminin à Lacanau

    En 1987, le Lacanau Pro intègre une compétition féminine. Dès la première édition, c’est la Sud-Africaine Wendy Botha qui s’impose. Plus tard, Lisa Andersen, quatre fois championne du monde, brille en 1995 et 1996 sur les vagues canaulaises.

    Lacanau Pro 2025
    photo WSL/Masurel

    Les affiches et tee shirts du Lacanau Pro : un patrimoine visuel

    Du crayonné naïf de 1979 aux illustrations pop des années 90, les affiches du Lacanau Pro sont une véritable mémoire visuelle du surf en France.

    Elles racontent une époque, une culture, un rêve. Collées dans les foyers, elles sont devenues objets de collection, véhiculant un imaginaire d’évasion, de glamour et de liberté.

    Certaines années, le surfeur disparaît au profit de paysages idéalisés. D’autres fois, on le retrouve en plein tube ou en aerial, symbole du surf performance. Un miroir de la société glisse. Quelques années plus tard, les tee-shirts connaissent un grand succès. De nombreuses familles ne connaissant rien au surf, n’hésite pas à se donner rendez-vous chaque année durant la compétition, pour acheter le tee-shirt officiel du Lacanau Pro.

    Public lacanau pro
    photo wsl/Masurel

    Jacques Hèle, le « Grand Jacques » visionnaire

    Pionnier du surf à Lacanau, Jacques Hèle est une figure clé de cette aventure. Surfeur dès les années 60, entrepreneur, président du Lacanau Pro pendant 18 ans, puis de l’ISA (la fédé internationale) de 1992 à 1996.

    C’est lui qui entame les premières discussions avec le CIO pour intégrer le surf aux JO. Il n’aura pas vu Tokyo 2021, mais il aura tout lancé. Sa disparition en 2023 a laissé un vide immense.

    Et toujours cette anecdote culte des tractopelles de nuit pour sculpter la vague, qui résume bien le personnage : fou, génial, habité.

    Lacanau Pro aujourd’hui : entre histoire et futur

    En 2025, le Caraïbos Lacanau Pro est devenu la plus ancienne compétition de surf en Europe. Un statut qu’il assume fièrement. Il reste un tremplin pour les jeunes, avec toujours une division junior et une énergie festive unique.

    Plus qu’un simple contest, c’est une célébration annuelle de la culture surf : concerts, expositions, stands, ambiance de plage… et parfois, un grain de folie.

    Le Lacanau Pro, c’est 45 ans d’histoire du surf, mais aussi de passion, de débrouille, de créativité, de résistance… et d’humanité. Un monument vivant du surf européen, toujours debout, toujours vibrant, toujours prêt à écrire une nouvelle anecdote.

    Alors oui, le spectacle commence aujourd’hui. Et si la prochaine histoire légendaire du Lacanau Pro, c’était toi qui la vivais, sur le sable ?

  • Elle pensait avoir un ptérygion… C’était un cancer de l’œil

    Elle pensait avoir un ptérygion… C’était un cancer de l’œil

    Chez les surfeurs, une irritation de l’œil est souvent banalisée. Mais ce qui ressemble à un simple ptérygion peut parfois cacher un danger bien plus grave. L’histoire d’Erin Campbell en est la preuve.

    Une surfeuse, un rêve indonésien… et un œil qui gratte

    Originaire de Valla Beach, en Australie, Erin Campbell, 24 ans, a grandi dans les vagues. Entre sessions de surf et voyages en Afrique avec ses parents, elle mène une vie active et ensoleillée. En 2024, elle concrétise un rêve : créer un surf camp avec son compagnon à Lombok, en Indonésie.

    Mais en plein lancement du projet, une gêne apparaît à l’œil gauche. Une petite excroissance, une sensibilité à la lumière, une impression de voile dans la vision. Erin pense immédiatement au ptérygion, cette affection bénigne bien connue des surfeurs, causée par une exposition répétée au soleil, au vent et au sel.

    Un médecin local confirme ce diagnostic, sans pousser plus loin.

    Quand ce n’est pas “juste” un ptérygion

    Les semaines passent. La douleur augmente. Erin doit porter des lunettes de soleil en intérieur. Elle n’arrive même plus à fermer complètement l’œil.

    De retour en Australie, elle consulte un ophtalmologue. Cette fois, le ton change. L’œil est examiné de près. Une biopsie est lancée. Puis, le diagnostic tombe : carcinome épidermoïde conjonctival. Un cancer rare, mais agressif.

    “Je pensais que j’allais mourir”, confie-t-elle plus tard.

    À 24 ans, Erin découvre que ce qu’elle prenait pour un ptérygion pourrait lui coûter la vie.

    Chimio, cryo et chirurgie éveillée

    Le traitement est lancé immédiatement. Chimiothérapie sous forme de gouttes, stéroïdes, cryothérapie. Puis, une opération chirurgicale au Sydney Eye Hospital.

    Mais l’intervention tourne au cauchemar : l’anesthésie ne fonctionne pas correctement. Erin reste consciente pendant l’opération, incapable de parler, entend tout, ressent tout. Elle vit l’un des moments les plus traumatisants de sa vie.

    On lui retire la lésion, on gèle la zone touchée et on greffe un morceau de conjonctive prélevé à l’arrière de son propre œil.

    Retour à la vie… avec précautions

    Six mois plus tard, Erin a retrouvé les vagues. Mais sa vie a changé : examens tous les six mois à vie, interdiction de boire de l’alcool, vigilance maximale face au stress et à l’exposition solaire.

    Le surf camp a été loué à d’autres. Elle prend du recul. Et témoigne pour prévenir d’autres surfeurs et amoureux du soleil : ne jamais banaliser un ptérygion.

    Le ptérygion : bénin, mais trompeur

    Le ptérygion est une prolifération anormale de la conjonctive sur la cornée. Bénin, il est courant chez les surfeurs, véliplanchistes, skieurs et travailleurs exposés au soleil. En Australie, on estime qu’il touche jusqu’à 10 % de la population générale et beaucoup plus chez les surfeurs réguliers.

    Mais s’il évolue vite, devient douloureux ou change d’aspect, il peut cacher autre chose — comme dans le cas d’Erin.

    Les signes d’alerte à ne pas ignorer

    Voici les symptômes qui doivent vous pousser à consulter immédiatement un ophtalmologue :

    • Tache blanche ou rouge sur l’œil qui persiste
    • Épaississement ou croissance anormale sur la conjonctive
    • Sensibilité à la lumière accrue au fil du temps
    • Irritation chronique, sensation de corps étranger
    • Impossibilité de fermer complètement la paupière

    Un simple examen peut faire la différence entre un traitement précoce… et un drame évitable.

    Conseils de prévention pour surfeurs et amoureux du soleil

    Que vous soyez surfeur quotidien, pratiquant du kayak, randonneur, ou simplement amateur de bronzette, adoptez ces gestes simples :

    • Portez des lunettes de soleil polarisées avec filtre UV400, même par temps couvert.
    • Protégez vos yeux dès l’enfance : les jeunes yeux sont plus vulnérables aux UV.
    • Faites contrôler vos yeux chaque année si vous passez beaucoup de temps dehors.
    • Surveillez tout changement : taille, couleur, gêne inhabituelle.
    • Écoutez votre instinct : si vous sentez que “quelque chose cloche”, agissez.

    Un message fort pour la communauté surf

    “Si ça peut aider une seule personne à se faire examiner, alors ça valait le coup”, dit Erin.

    Aujourd’hui, elle vit avec plus de prudence, mais aussi plus de gratitude. Elle surfe de nouveau, mais avec des lunettes adaptées, une routine de soins, et une conscience aiguë de sa santé.

    Le ptérygion n’est pas toujours ce qu’il semble être

    Dans l’univers du surf, on accepte souvent les petits bobos comme des trophées : oreilles bouchées, peau abîmée, yeux irrités. Mais comme l’a vécu Erin, ce qui ressemble à un simple ptérygion peut cacher un véritable cancer de l’œil.

    Et si son histoire permet à d’autres de réagir à temps, alors ce témoignage a toute sa raison d’être.

  • Bob “Doc” Scott : le surfeur médecin derrière les célèbres bouchons Doc’s Proplugs s’en est allé

    Bob “Doc” Scott : le surfeur médecin derrière les célèbres bouchons Doc’s Proplugs s’en est allé

    Une légende de Santa Cruz, et une page du surf qui se tourne

    Le surf a perdu un de ses grands humanistes. Le 97e anniversaire de Bob « Doc » Scott, pionnier californien du surf et inventeur des emblématiques bouchons Doc’s Proplugs, aurait dû être une fête. Il s’est transformé en hommage. Le 1er juillet 2025, à Steamer Lane, Santa Cruz, la communauté s’est réunie pour un paddle-out vibrant de souvenirs et d’émotions. Car Doc Scott n’était pas qu’un médecin passionné de vagues : il était un mentor, un passeur, un pilier.

    Né à New York mais adopté par la Californie, « Doc » était bien plus qu’un médecin généraliste et chirurgien. Il était cet homme qui embarquait les jeunes surfeurs dans un bus scolaire pour les emmener en compétition, qui organisait les épreuves locales, qui croyait que chaque grom avait droit à une chance, même sans trophée ni sponsor.

    Un médecin qui écoutait… les oreilles

    C’est en tant que praticien installé à Capitola, près de Santa Cruz, que Doc repère un mal qui ronge les surfeurs : l’exostose, ou « surfer’s ear ». Ce bouchon osseux, causé par le froid et l’eau, affecte l’audition et peut nécessiter une opération. Dans les années 1970, aucune protection adaptée n’existe. Alors Doc se retrousse les manches.

    En 1979, il crée un petit accessoire révolutionnaire : un bouchon d’oreille souple, confortable, qui laisse passer le son mais protège du froid. Les Doc’s Proplugs sont nés. D’abord artisanaux, ils se répandent vite dans les line-ups californiens, puis dans le monde entier. Leur design translucide reconnaissable devient culte. Que ce soit pour le surf, l’apnée ou la baignade, ces bouchons médicaux s’imposent comme une référence. Et tout le monde savait qui les avait pensés.

    Plus qu’un accessoire, un héritage

    Mais Doc n’était pas un businessman. Il était un bricoleur génial, un passionné, un papa poule de la tribu surf. Il fallait voir les kids sortir de l’eau et Doc leur coller une caméra dans l’oreille pour prouver que leur canal auditif était en train de se fermer… Il le faisait pour leur bien. Pas pour vendre. Pas pour capitaliser. Et ça change tout.

    Aujourd’hui, sa disparition pose la question de l’avenir de Doc’s Proplugs. Déjà fragilisée ces dernières années, la marque peine à se renouveler dans un marché saturé de solutions plus modernes ou au marketing plus agressif. Beaucoup de shops ont cessé de les distribuer. La marque reste active, mais orpheline de sa figure tutélaire. L’âme du produit, c’était lui.

    Un homme, une philosophie

    Plus que ses inventions, c’est sa manière d’être qui marque les générations. Ken “Skindog” Collins, Marcel Soros, Anthony Ruffo, Bob Pearson… tous les grands noms de Santa Cruz ont été touchés, soutenus, inspirés par Doc. Il ne voulait pas des champions. Il voulait des passionnés. Des enfants qui croient que tout est possible.

    Brenda, sa fille, elle-même championne du monde de surf en 1978, se souvient :

    « Papa disait toujours : Va surfer, même 20 minutes. Une vague, c’est déjà un cadeau. »

    Même à 80 ans, Doc bricolait un casque en plastique avec une cale en liège pour pouvoir garder la tête haute dans les mousses. Parce que l’appel de la vague, chez lui, ne s’éteignait jamais.

    Une double disparition

    Avec Doc, c’est une vision du surf qui disparaît. Celle du surf familial, local, fait de sandwiches au beurre de cacahuète et de voitures pleines à craquer. Celle des pionniers, des médecins-inventeurs qui réparaient les corps et les cœurs. Et avec la lente mise en sommeil de Doc’s Proplugs, c’est aussi un morceau de l’histoire médicale du surf qui s’efface.

    Mais à l’image de son créateur, la trace des Proplugs restera durable. Les vieux surfeurs les gardent précieusement. Les apnéistes les recommandent encore. Et les jeunes qui découvrent leur usage apprennent à leur tour le nom de celui qui les a inventés.

    Passer le flambeau

    « Pass it forward. » Tel était le mantra de Doc. Donner sa chance à l’autre. Croire en chacun. Innover pour protéger, et non pour vendre. Dans un monde où le surf se standardise, son parcours fait figure de rappel essentiel.

    Doc laisse derrière lui une famille immense, biologique comme symbolique, des milliers de surfeurs qu’il a guidés, soutenus, inspirés. Et une petite paire de bouchons translucides, simples mais efficaces, qui continueront peut-être à flotter à la surface, en hommage discret à cet homme hors du commun.

  • Attaque de requin à Cabarita : un adolescent gravement blessé

    Attaque de requin à Cabarita : un adolescent gravement blessé

    Dimanche 29 juin 2025, un adolescent a été violemment attaqué par un requin à Cabarita Beach, sur la côte est de l’Australie. Transporté en urgence à l’hôpital universitaire de Gold Coast, sa vie n’est plus en danger, mais son état reste sérieux. Le suspect ? Un requin-bouledogue, l’un des plus redoutés par les surfeurs.

    Une attaque brutale en plein hiver australien

    Il était environ 15h30 lorsqu’un jeune surfeur a été mordu au bras droit, au poignet et à la jambe droite. Selon les secours et les témoins, l’attaque s’est produite dans des conditions météo peu engageantes : ciel bas, pluie, eau trouble… Autant dire, des conditions idéales pour les squales, beaucoup moins pour les surfeurs.

    C’est le journaliste surf indépendant Nicka35, souvent présent sur les plages de la Gold Coast, qui a donné l’alerte. Il raconte : « Plusieurs personnes dans l’eau ont vu une immense dorsale tourner dans la zone, longtemps après l’attaque. »

    Une vidéo diffusée peu après montre un requin d’environ 2,5 mètres de long, probablement un requin-bouledogue, qui suit la victime jusque dans l’eau peu profonde avant de repartir vers le large. L’attaque ne ressemble pas à une simple morsure exploratoire : elle évoque plutôt un prélude de festin interrompu.

    Cabarita Beach, spot de rêve… et parfois de cauchemar

    Située dans les Northern Rivers de Nouvelle-Galles du Sud, Cabarita Beach est habituellement un spot paisible, prisé des surfeurs pour ses longues droites et sa nature sauvage. Mais elle se situe aussi dans une zone connue pour être un couloir de passage des grands prédateurs.

    Deux jours avant l’attaque, un requin-tigre avait été capturé, tagué puis relâché dans cette même zone par l’équipe de NSW Shark Smart. Si ce n’est pas le même spécimen, cela rappelle à quel point ces eaux sont fréquentées par différentes espèces de requins, attirées par la migration des cétacés.

    Baleines, requins… et surfeurs

    De juin à octobre, la côte est australienne vit au rythme du passage de près de 40 000 baleines à bosse, qui migrent vers le nord. Ce ballet majestueux attire aussi les squales, qui traquent les baleineaux, les blessés ou les retardataires. Requins-tigres, blancs et bouledogues patrouillent donc à proximité des côtes, souvent bien plus proches qu’on ne l’imagine.

    Cabarita, comme Byron Bay, Broken Head ou Lennox Head, se trouve exactement sur cette route migratoire. Sur les hauteurs du phare de Byron, il n’est pas rare d’observer des sauts de baleines en surface. Sous l’eau, on perçoit leurs chants, leurs sifflements, leurs clics… Mais cette beauté naturelle s’accompagne de dangers réels.

    Le surf en Australie, une passion plus forte que la peur

    Conseiller aux surfeurs de rester à terre en hiver relèverait presque de la blague. Ici, le surf est une religion. L’océan fait partie du quotidien. Mais ces événements rappellent la part de risque inhérente à cette pratique.

    L’Australie a tenté il y a quelques années de parler de « rencontres négatives » plutôt que d’ »attaques de requins », une tentative de dédramatiser qui a peu convaincu la population.

    Nos pensées vont au jeune surfeur et à ses proches

    À l’heure où nous écrivons ces lignes, la victime est en état sérieux mais stable. On espère qu’il pourra retrouver sa mobilité, et pourquoi pas, retourner à l’eau un jour. D’ici là, l’émotion reste vive sur les plages de la région.

  • Matt Meola repousse encore les limites à Waco avec un air insensé

    Matt Meola repousse encore les limites à Waco avec un air insensé

    Une figure indéfinissable, signée Matt Meola, enflamme le Swatch Nines Surf 2025

    Matt Meola n’est pas un inconnu dans le monde du surf aérien. Bien au contraire. Depuis plus d’une décennie, l’Hawaïen fascine par sa capacité à rêver l’impossible et, parfois, à le rendre réel. Cette semaine, lors du Swatch Nines Surf 2025 à Waco, au Texas, Meola a une nouvelle fois prouvé qu’il restait l’un des artistes les plus inventifs et radicaux du ciel du surf.

    Un air venu d’ailleurs

    La séquence a été postée sur Instagram par la page Get Sendy, mais des bruits couraient depuis quelques jours. On y voit Meola s’élancer sur une vague artificielle de la piscine de Waco Surf, prendre une vitesse hallucinante sur la rampe liquide, puis décoller dans un mouvement complexe et fluide mêlant un rodeo/wodeo 540 revert vers un 720… ou peut-être un alley-oop stale fish 540, selon Tony Hawk lui-même. J’ai « rien comprendu ». L’ironie ? Personne ne sait exactement comment nommer ce trick. Et c’est peut-être là que réside tout le génie de Matt Meola.

    Le « Meola Flip » est né ?

    Les commentaires sont unanimes : on tient là l’une des figures les plus techniques jamais posées dans une piscine à vagues. Si Hughie Vaughan avait marqué les esprits quelques jours plus tôt avec un air salué comme « le meilleur jamais réalisé en wave pool », Meola vient d’ajouter un nouveau chapitre à l’histoire du surf moderne. Certains veulent déjà baptiser la figure « Meola Flip ». D’autres, plus prudents, se contentent d’admirer, bouche bée.

    Un habitué des hauteurs

    Ce n’est pas la première fois que Matt Meola surprend son monde. Déjà en 2012, dans les Red Bull Air Shows à la Gravière, il avait impressionné par des envolées stratosphériques, flirtant avec les limites de ce que le corps humain peut encaisser. S’il n’avait pas replaqué ses manœuvres les plus folles à l’époque, le message était clair : Meola est un visionnaire.

    Au fil des années, il a continué à peaufiner sa technique, à repousser les frontières du surf aérien, sans jamais céder à la facilité. Ses vidéos sur les côtes de Maui sont devenues cultes, avec des figures toujours plus complexes, mixant rotations multiples, grabs inventifs, et une lecture unique de la vague.

    Swatch Nines, terrain d’expérimentation

    Le Swatch Nines Surf n’est pas un événement comme les autres. Organisé dans un environnement ultra-créatif, avec rampes de skate suspendues au-dessus de l’eau, riders BMX et surfeurs réunis dans une ambiance laboratoire, il offre à des talents comme Meola l’occasion rêvée de tester l’inédit. Cette édition 2025, centrée sur les possibilités infinies de la wave pool de Waco, aura servi de tremplin – au sens propre – à cette figure historique.

    Le surf aérien dans une nouvelle ère

    Cette performance illustre aussi un tournant dans l’évolution du surf. Grâce aux piscines à vagues comme Waco, aux événements sans pression de classement comme Swatch Nines, et à la créativité débridée de surfeurs comme Matt Meola, le surf aérien entre dans une nouvelle ère. Une ère où l’imagination dicte les figures, et où la technique atteint des sommets.

  • Quand l’IA surfe (mal) sur nos fantasmes

    Quand l’IA surfe (mal) sur nos fantasmes

    Entre rêves de vagues parfaites, vidéos inventées et réalité numérique qui dérive

    Ce vieux fantasme de la vague parfaite… sans la mer

    Depuis toujours, le surf oscille entre quête mystique et galère logistique. Être au bon endroit au bon moment, c’est souvent l’affaire d’un miracle. Vagues, vent, lumière, forme du banc de sable… il faut un alignement des planètes, littéralement. Alors forcément, l’idée de contrôler tout ça, de figer une vision parfaite du surf dans une machine, fascine.

    Déjà en 2006, le film The Secret Machine de Globe explorait ce thème : une machine créait de faux souvenirs de sessions parfaites, avec des surfeurs pro générés par ordinateur. Un fantasme vintage, qui résonne étrangement avec ce qu’on voit aujourd’hui : des vidéos générées par IA, aussi délirantes qu’inquiétantes, où les vagues sont liquides comme du chewing-gum, et les surfeurs ont l’air de ballerines sous kétamine.

    La réalité : un délire visuel souvent absurde

    Depuis l’essor des IA génératives, on a vu fleurir sur les réseaux des clips de surf entièrement fabriqués par machines. Et soyons clairs : c’est rarement crédible. Les surfeurs sont souvent de face, les pieds parallèles, la planche fusionne avec l’eau ou se plie comme une biscotte, et les vagues ressemblent à une peinture fondue sous acide.

    Mais ces vidéos font le buzz. Surtout depuis la sortie de Veo 3, un nouveau générateur vidéo dopé à l’IA. En quelques clics, certains ont produit des séquences stylisées, étranges, presque hypnotiques. Peu réalistes certes, mais puissantes en termes de viralité. Et c’est précisément là qu’on s’interroge : bientôt, qui pourra encore dire si une vidéo de surf est vraie ou non ?

    L’IA dans le surf : déjà plus présente qu’on ne le croit

    Ces clips absurdes nous font rire, mais ils cachent une réalité en marche. L’intelligence artificielle s’infiltre déjà dans le surf : prédiction des conditions, analyse des manœuvres, coaching personnalisé… Et surtout, modélisation de vagues artificielles. Les wavepools ne sont qu’un début. Une IA peut déjà t’inventer une vague sur mesure, selon ton niveau ou ton style.

    Ce que l’on voit dans ces vidéos générées aujourd’hui, ce sont peut-être les balbutiements d’un futur où chaque vague est pensée, calculée, simulée avant même d’exister. On surfera dans des bassins, sur commande. L’océan devient code.

    Un futur excitant, ou franchement flippant ?

    Alors, est-ce qu’il faut s’inquiéter ? Elon Musk, expert en voitures électriques et citations dramatiques, dit que “l’IA sera la meilleure ou la pire chose qui soit arrivée à l’humanité”. Dans le surf, ce sera peut-être les deux à la fois.

    D’un côté, une IA qui te permet de revivre chaque vague surfée comme un film d’auteur en slow motion. De l’autre, une machine qui crée des vidéos de toi… sans que tu y sois jamais allé.

    Et moi là-dedans ?

    Je ne sais pas encore si je dois m’enthousiasmer ou m’inquiéter. Ces images IA me fascinent autant qu’elles me dérangent. Peut-être parce qu’au fond, le surf est fait de vérité fragile. Une vague captée à temps, un moment de grâce, souvent difficile à filmer, encore plus à recréer.

    Alors, en attendant le grand virage, je regarde ces clips absurdes d’un œil moqueur et curieux. Et je continue de croire que la plus belle vague, c’est encore celle qu’on rate de peu – mais qui, elle, était bien réelle.

  • James Casey VS les rochers : foil, chute et miracle en direct

    James Casey VS les rochers : foil, chute et miracle en direct

    Il y a des moments dans la vie où l’on se dit : « mais comment suis-je encore en vie ? » C’est exactement ce que s’est demandé James Casey, waterman australien et champion de foil, après une tentative (ratée) de rock jump immortalisée dans une vidéo devenue virale.

    On parle ici d’un gars sérieux. Le type a traversé Molokai to Oahu en foil deux fois, et s’entraînait justement pour une nouvelle tentative quand il s’est transformé en… râpe à fromage humaine.

    Le rock jump : cette épreuve qui humilie tout le monde

    Dans le surf, avant même d’attraper une vague, il faut parfois surmonter un obstacle bien plus sournois : l’entrée à l’eau. Si certains spots offrent une mise à l’eau sablonneuse et accueillante, d’autres t’obligent à sauter depuis des rochers tranchants en espérant ne pas finir en sashimi.

    James Casey, malgré son palmarès, n’a pas échappé à cette loterie. Dans une vidéo publiée par KookSlams, on le voit se jeter à l’eau avec son foil sous le bras, le tenant à l’écart du corps pour éviter le pire. Spoiler : le pire est arrivé quand même.

    Un saut, une vague, et l’effet râpe à fromage

    Casey saute, pagaie comme si sa vie en dépendait (elle en dépendait, en fait), mais une vague vicieuse le cueille au mauvais moment. Résultat : aspiré, retourné, projeté en arrière… sur les mêmes rochers qu’il venait de quitter.

    « En revoyant la vidéo, je me suis demandé comment j’étais encore vivant« , confie-t-il avec un calme presque suspect. « Le rock jump est particulièrement difficile. Si tu atterris à plat, ton foil touche les rochers. Il faut plutôt atterrir de côté… enfin, en théorie. »

    Finalement, il s’en sort avec quelques égratignures au talon. Rien de cassé, ni de foil plié — ce qui relève d’un petit miracle. Casey résume ça avec philosophie : « J’ai été incroyablement malchanceux… mais aussi incroyablement chanceux.« 

    Même les meilleurs se font avoir

    Et c’est là que l’histoire prend tout son sens. Parce que oui, même un pro, même un double vainqueur de Molokai to Oahu, peut se faire aspirer comme un débutant. L’erreur est humaine, l’océan est sans pitié, et les rochers ne font pas de distinction entre amateur et champion.

    Et entre nous, qui n’a jamais eu un moment de solitude aquatique ? Je parle d’expérience : depuis mon premier trip au Maroc, il y a 25 ans, je n’ai plus jamais connu ce genre de crash-test en direct. Et pourtant, j’en ai connu des mises à l’eau borderline, des sauts un peu trop confiants, et des rochers un peu trop affûtés.

    Mais il faut avouer que le foil ajoute un bon niveau de complexité — et de danger — à l’équation. Ce n’est pas comme sauter avec une planche en mousse sous le bras.

    Morale de l’histoire ? Respect éternel aux rochers

    L’océan t’apprend l’humilité, mais les rochers te l’imposent. Et si une légende du foil comme James Casey peut se faire recadrer par Dame Nature, ça nous rappelle à tous une chose essentielle : peu importe l’expérience, le surf reste un sport d’humilité permanente.

    Heureusement, l’histoire finit bien. Une vidéo virale, quelques égratignures, et une bonne dose d’autodérision. Et pour nous autres spectateurs, une leçon : on n’est jamais trop expérimenté pour éviter une bonne raclée de rochers.

  • Un air pour l’Histoire ? Hughie Vaughan fait trembler la planète surf

    Un air pour l’Histoire ? Hughie Vaughan fait trembler la planète surf

    Une piscine texane, un trick venu d’une autre dimension, et Tony Hawk lui-même en caution officielle. Hughie Vaughan vient peut-être de redéfinir les standards de l’aerial surfing.

    On savait que les piscines à vagues allaient accélérer la progression technique. Mais on ne s’attendait pas à ça. À seulement 17 ans, Hughie Vaughan a électrisé le Swatch-9’s au Texas en posant un stale fish flipper irréel, combinant style, amplitude et rotation aérienne dans un seul mouvement parfaitement fluide. Résultat ? Une onde de choc sur le surf mondial.

    Cerise sur la mousse : Tony Hawk en personne a baptisé le trick. Oui, le pionnier du 900 en skate a validé ce move, probablement le plus technique jamais réalisé dans une piscine à vagues.

    Un move improvisé, une exécution parfaite

    Ce qui rend l’histoire encore plus folle, c’est que Hughie n’avait même pas prévu ce trick. Selon les témoins, il tentait des Kerrupts de plus en plus décalés, jusqu’à ce que surgisse ce stale fish flipper totalement inattendu. Aucun claim, aucune gesticulation : juste un ride glacial de maîtrise et de contrôle.

    Récompensé par une pluie de commentaires admiratifs, le jeune Australien a reçu les félicitations de Gabriel Medina, Julian Wilson, Mick Fanning, Italo Ferreira, et même Diplo, le DJ, qui s’est demandé si ce n’était pas de l’IA. 89 % des sondés sur Instagram ont voté “meilleur air de tous les temps”. Rien que ça.

    La liste des airs légendaires remise en question

    Depuis plus de 20 ans, les plus gros airs sont associés à des noms mythiques : John Florence à Backdoor, Filipe Toledo au Brésil, Matt Meola à Maui, ou encore Albee Layer et ses doubles rotations. Des manœuvres posées dans l’océan, avec ses aléas, son imprévisibilité, et cette touche de folie qu’on croyait intraduisible en piscine.

    Mais voilà : même les puristes s’inclinent. La vague est artificielle, certes, mais le trick est authentique. Et pour une fois, la “note d’astérisque” qui accompagne les airs en piscine semble s’être évaporée.

    L’ombre de Lee Wilson plane sur la progression

    Derrière cette avancée technique, un nom revient comme un filigrane : Lee Wilson, éternel pourfendeur du double grab. Depuis des années, il combat la tendance en jugeant les tricks sur leur pureté, leur engagement. Ses prises de position lui ont valu moqueries, critiques, mais aussi… peut-être une influence déterminante.

    Car sans cette guerre contre les figures “indignes”, Hughie aurait-il cherché autre chose ? Moins de facilité, plus d’inventivité. Le stale fish flipper, en ce sens, est aussi une réponse culturelle. Un statement.

    L’avenir de l’aerial surfing s’écrit aussi en eau chlorée

    Avec cet exploit, la progression aérienne dans le surf vient de franchir un nouveau cap. La piscine ne remplace pas l’océan, mais elle devient clairement un terrain d’exploration. Et Hughie Vaughan vient d’en tracer la carte.

    Alors, le plus gros air de l’histoire ? L’avenir nous dira si ce move restera une anomalie ou s’il ouvre une ère nouvelle. Ce qui est certain, c’est qu’il est impossible d’en détourner les yeux.

  • Surfer sous l’orage : peut-on vraiment mourir foudroyé ?

    Surfer sous l’orage : peut-on vraiment mourir foudroyé ?

    Une tragédie récente qui relance les inquiétudes

    Le 20 juin 2025, à New Smyrna Beach (Floride), un surfeur de 29 ans a perdu la vie après avoir été frappé par la foudre, alors qu’il se trouvait dans une eau peu profonde. En lune de miel, il ne faisait que barboter quand un orage est passé au-dessus de la plage. Les secours sont rapidement intervenus, mais l’homme n’a pas pu être réanimé.

    Ce drame n’est pas isolé. Ces dernières années, plusieurs surfeurs ont été foudroyés à mort dans des conditions similaires, parfois même en pleine session.

    La foudre en mer : un danger souvent sous-estimé

    Contrairement à une idée reçue, la mer n’est pas un abri contre la foudre. Bien au contraire : l’eau salée est un excellent conducteur d’électricité, et un surfeur, seul sur sa planche, devient la cible idéale.

    Quand un orage se forme, le risque est immédiat. Même sans être directement frappé, un éclair tombant à proximité peut propager une décharge dans l’eau et toucher les surfeurs alentour.

    Des cas concrets, sur tous les continents

    • Bali (2017) : Denis Dasoul, un surfeur belge, meurt foudroyé à Canggu pendant une session. Son professeur est lui aussi touché.
    • Salvador (2021) : la surfeuse Katherine Diaz, 22 ans, membre de l’équipe nationale, meurt frappée par un éclair alors qu’elle sortait de l’eau.
    • Brésil (2019) : Luzimara Souza, championne nationale, est tuée en pleine session d’entraînement. Un autre surfeur est gravement blessé.
    • Floride (2025) : le surfeur en lune de miel n’était même pas en train de surfer, seulement dans l’eau jusqu’aux chevilles.

    Pourquoi c’est si dangereux de surfer pendant un orage

    • L’eau salée conduit très bien l’électricité.
    • Un surfeur est souvent la seule silhouette verticale sur une étendue plane, ce qui attire la foudre.
    • Un éclair peut frapper jusqu’à 10 km autour du cœur de l’orage, même par ciel partiellement dégagé.

    Les signes qui doivent vous faire sortir immédiatement

    • Vous entendez le tonnerre ? Trop tard pour hésiter.
    • Vous sentez une électricité statique (fourmillements, cheveux qui se dressent) ? Courez vous abriter.
    • Un ciel sombre qui s’épaissit, des éclairs à l’horizon : la prudence s’impose.

    Règle de base : si le tonnerre est audible, vous êtes déjà en danger.
    Attendez au moins 30 minutes après le dernier coup de tonnerre avant de retourner à l’eau.

    Conseils pratiques pour éviter le pire

    • Consultez toujours la météo avant une session (Windguru, Windy, Météo-France, etc.).
    • Utilisez des applis de détection de foudre en temps réel comme My Lightning Tracker ou Blitzortung Live.
    • Ne cherchez jamais à “profiter de quelques vagues avant que ça tombe”. Le risque est mortel.
    • Évitez aussi de rester près de l’eau ou sous des arbres/parapluies métalliques en cas d’orage.

    À retenir : passion ne doit jamais rimer avec inconscience

    Les surfeurs sont passionnés, parfois un peu téméraires. Mais aucune vague ne vaut une vie. Les drames récents montrent que même les athlètes les plus aguerris peuvent être victimes de la foudre.

    Seul un réflexe météo clair et une attitude responsable permettent d’éviter ces accidents. Partagez ces conseils, surtout aux plus jeunes.

    Foire aux questions

    Est-ce que la combinaison néoprène protège de la foudre ?
    Non, elle n’a aucun effet isolant contre une décharge électrique de plusieurs millions de volts.

    Est-ce que rester à la plage, mais hors de l’eau est plus sûr ?
    Pas forcément. Le danger subsiste dans un rayon de plusieurs kilomètres. Le seul abri fiable est un bâtiment fermé ou une voiture.

    Puis-je surfer si je vois des éclairs, mais n’entends pas encore le tonnerre ?
    Non. Les éclairs précèdent parfois le tonnerre audible, et peuvent déjà frapper à distance. Sortez immédiatement.

  • Zoltan “The Magician” Torkos réussit un kickflip en wave pool

    Zoltan “The Magician” Torkos réussit un kickflip en wave pool

    Et si la magie existait vraiment… en boardshort ? Zoltan Torkos, alias “The Magician”, vient de poser un kickflip en surf dans une piscine à vagues – une première selon lui, et une nouvelle démonstration de son obsession pour les figures venues du skate.

    Le kickflip, encore et toujours

    Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Zoltan Torkos est un surfeur de Santa Cruz pas comme les autres. Depuis plus de 15 ans, il consacre sa vie à un trick venu tout droit du skatepark : le kickflip, cette rotation du surfboard sous les pieds, signature de milliers de skateurs… mais cauchemar pour 99,9 % des surfeurs.

    Mais voilà : Zoltan ne lâche rien. Son premier « claim » remonte à 2011, lorsqu’il participe à un concours organisé par Volcom, qui promettait 10 000 dollars au premier kickflip de l’histoire du surf. Torkos l’a fait. Enfin, presque. Le flip était propre… mais pas “au-dessus de la lèvre”, comme stipulé dans le règlement. Après des débats, Volcom lui donne quand même le prix. Et Zoltan finira par replaquer son kickflip “au-dessus de la lèvre” quelque temps plus tard, histoire de fermer les bouches.

    Nouveau terrain de jeu : Waco Surf

    Cette fois, c’est au Texas, dans le célèbre wave pool de Waco Surf, que “The Magician” a récidivé. Dans une vidéo publiée le 23 juin 2025, on le voit lancer son trick au milieu d’une droite bien propre. La rotation est nette, le stomp solide. Et surtout : il le fait dans une vague artificielle, une première mondiale selon lui.

    Alors bien sûr, les puristes viendront chipoter sur la définition exacte du “premier kickflip en wave pool”. Mais ce n’est pas vraiment la question. Ce qui compte ici, c’est l’acharnement d’un homme à faire exister une vision du surf totalement barrée, où les tricks de skate deviennent possibles sur l’eau.

    Bonus trick : le darkslide

    Comme si ça ne suffisait pas, Zoltan a aussi balancé un darkslide, autre figure venue du skate, dans laquelle le rider glisse sur la planche retournée, grip dans l’eau. Oui, tu as bien lu. En surf. Dans une piscine.

    Autant dire que ce genre de move est rarissime, même en skate. Alors sur une board de surf, on touche à quelque chose d’hallucinant – ou d’absurde, selon les goûts. Mais c’est aussi ce qui rend Zoltan attachant. Il est là pour faire rêver, pour inventer, pour tenter. Même si ça ne rentre pas dans les cases du surf performance classique.

    Un surfeur à part

    Il y a quelque chose de touchant dans cette quête surfistique. Zoltan ne cherche pas la reconnaissance du CT, ni même des sponsors. Il veut juste pousser les limites de ce qu’un surfeur peut faire avec sa board. Qu’on trouve ça stylé, risible ou génial, une chose est sûre : il ouvre des portes.

    Mais à titre personnel, j’avoue avoir du mal à savoir dans quelle case ranger Zoltan Torkos. Est-ce un surfeur, un skateur, un magicien ou… un clown des mers ? Un peu tout ça à la fois. Et c’est peut-être là que le bât blesse pour moi : je suis plus sensible au style qu’à la nouveauté. Ce qui me fait vibrer dans un air, ce n’est pas seulement la figure, mais l’amplitude, la fluidité, l’élégance du mouvement. Et de ce point de vue-là, les tricks de Zoltan manquent souvent de hauteur, de vitesse, de grâce. C’est plus des ollies de milieu de vague que des vrais airs. L’idée est là, mais le rendu reste parfois trop « truc de cirque » pour vraiment m’embarquer.

    Reste que dans un monde du surf parfois un peu trop sérieux, trop codifié, ça fait du bien de voir quelqu’un qui ose, qui s’amuse, qui tente. Et rien que pour ça, merci Zoltan.

  • Dylan Graves et l’absurde beauté de la quête des vagues parfaites

    Dylan Graves et l’absurde beauté de la quête des vagues parfaites

    Prévisions météo, planches cassées, nuits écourtées et kilomètres de sable à perte de vue… Dylan Graves repart en quête de la vague parfaite, et signe un bijou de storytelling sur YouTube.

    Il y a ceux qui surfent quand les conditions sont bonnes. Et puis il y a Dylan Graves, ceux qui partent, sans prévenir, à l’autre bout du monde sur une intuition météo et une pincée de folie. Dans sa nouvelle vidéo The Absurdity of Scoring Good Waves, le surfeur portoricain nous embarque dans une aventure aussi sincère que drôle, aussi absurde qu’émouvante.

    Ce n’est pas un surf trip comme les autres. C’est une introspection joyeuse sur ce qui nous pousse à tout quitter pour une poignée de vagues. Une confession filmée sur l’obsession — parfois déraisonnable — de la perfection en surf.

    Une comédie documentaire en quatre actes

    Divisée en quatre chapitres – forecasting, sand, endurance, magic – la vidéo pose un regard sans filtre sur les sacrifices et les moments de grâce qui jalonnent le chemin vers « la bonne session ».

    Graves ne se prend pas au sérieux, mais sa quête, elle, l’est. Il y a des heures passées à décortiquer des cartes météo, des boards explosées sur un pointbreak sablonneux de 7 km, et des visages marqués par la fatigue autant que par l’excitation.

    Ce format hybride, entre documentaire de surf et comédie existentielle, nous rappelle que le surf n’est pas toujours fun – il est surtout une série d’essais, d’échecs et d’espoirs.

    Une vague rare, quelque part en Afrique

    Le clou du voyage ? Une vague quasi-mythique nichée sur la côte africaine, filmée sous tous les angles avec un casting cinq étoiles : Mikey February, Aritz Aranburu, Brendon Gibbens, William Aliotti… et Graves, bien sûr.

    Certains chutent sur les take-offs, d’autres trouvent enfin la ligne parfaite. Le spot, capricieux, impose patience et humilité. La récompense, elle, est sensorielle. Dylan parle d’“un vent chaud jusqu’à la moelle des os”, et on comprend pourquoi.

    L’addiction douce-amère des surfeurs

    “Est-ce une passion saine ou une obsession maladive ?” demande Dylan en voix-off. Difficile de trancher. Le film ne juge pas, mais montre avec tendresse les effets collatéraux de cette vie rythmée par les houles : annulations de dernière minute, partenaires délaissés, valises toujours prêtes.

    “Si t’as réussi à en faire ton métier, comme moi, t’as probablement rendu fou tous ceux qui t’entourent”, confesse-t-il, mi-sérieux, mi-résigné.

    Une déclaration d’amour au chaos

    The Absurdity of Scoring Good Waves n’est pas une simple vidéo de surf. C’est une déclaration d’amour à la beauté du chaos. À ces moments qui n’existent que parce qu’on a osé y croire, même quand tout semblait perdu. C’est aussi un rappel que, derrière chaque image de tube parfait, il y a des dizaines d’heures de galères, de doutes, de sable dans les draps.

    Graves continue d’explorer ce qu’est réellement être surfeur : un poète en quête, un fou à demi lucide, ou peut-être juste un humain qui refuse la routine.

    Ce qu’on en retient

    En 15 minutes, Dylan Graves condense une vérité universelle pour tous les passionnés de glisse : ce n’est pas la destination qui compte, mais tout ce qu’il faut traverser pour l’atteindre. Et si cette obsession peut sembler absurde de l’extérieur, elle donne du sens à ceux qui la vivent de l’intérieur.

  • Une rencontre à distance entre un surfeur et son shaper

    Une rencontre à distance entre un surfeur et son shaper

    Quand un surfeur basé à Hossegor et un shaper californien conçoivent ensemble une planche sans se voir, cela donne un objet hybride, unique, pensé pour repousser les limites. William Aliotti et Ryan Lovelace n’ont surfé ensemble que deux fois, mais leur collaboration est l’une des plus inspirantes du moment.

    L’histoire d’un lien surfeur/shaper

    Tout commence avec une planche livrée en main propre par un ami. William la teste, l’adopte, et les échanges à distance avec Ryan Lovelace s’enchaînent. Un modèle initial va servir de base à plusieurs itérations : ajustements de concave, réduction de taille, nouvelles combinaisons d’ailerons… jusqu’à ce que la magie opère.

    « Si tu attends des résultats précis d’une planche, tu risques la déception », explique Ryan. Il préfère façonner, laisser William tester, puis échanger.

    Le retour d’une idée oubliée : l’asymétrie

    La planche qu’ils développent ensemble est asymétrique : chaque côté est différent pour épouser au mieux la posture du surfeur et son sens de glisse. Ce concept, s’il peut sembler récent, est en fait un héritage du surf des années 60.

    Dès 1967, Carl Ekstrom brevète une forme asymétrique. D’autres pionniers comme Bob Cooper ou Scott Dillon expérimentent avec des rails et des tail shapes décalés. Mais ces idées, trop en avance sur leur temps, sombrent dans l’oubli… jusqu’à leur résurgence à San Diego dans les années 2010, avec des shapers comme Ryan Burch ou Donald Brink. Ryan Lovelace, lui, fait le lien entre tradition et modernité.

    Une planche au service de la sensation

    William n’est pas immédiatement conquis : « Je ne l’aimais pas trop lors de ma première session en France. » Mais sur les longues gauches creuses du Chili, puis dans les tubes interminables de Skeleton Bay, la planche révèle tout son potentiel : ultra rapide, précise, explosive.

    Ryan, de son côté, affine son shape à chaque retour de Will. Il cherche les petits détails : là où la planche mord, là où elle accélère, ce qui aide à tourner… « Chaque board est un pas de plus vers quelque chose de plus juste. »

    Deux visions qui se rejoignent

    Ce duo fonctionne parce que chacun pousse l’autre : Ryan veut repousser les limites du design, William celles de sa glisse. Ensemble, ils font vivre une planche qui est autant une œuvre artisanale qu’un outil de haute performance.

    Et surtout, ils rendent hommage à une idée longtemps mise de côté : l’asymétrie. Une idée qui, entre leurs mains, n’est plus un concept marginal, mais un vrai levier de progression dans le surf moderne.

  • Seignosse : tensions sur la plage lors des championnats allemands de surf

    Seignosse : tensions sur la plage lors des championnats allemands de surf

    Un incident survenu à Seignosse lors des championnats universitaires allemands de surf a récemment enflammé les réseaux. Une surfeuse allemande, Maya Sauer, a publié une vidéo où un surfeur local la pousse hors de sa vague en pleine compétition. Si le geste a été unanimement condamné, il soulève aussi des questions plus profondes sur le partage de l’océan, le localisme et la surenchère de compétitions sur le littoral français.

    Les faits : un drop-in agressif en pleine compète

    Le 16 juin, alors que se déroulaient les championnats universitaires allemands (20e édition) à Seignosse, plusieurs surfeurs à priori du coin ont pénétré dans la zone de compétition malgré les injonctions des maîtres-nageurs. Drapeaux hissés, licences en règle, surveillance assurée : l’organisation avait tout prévu. Pourtant, cela n’a pas empêché une scène « violente ».

    Dans une vidéo relayée par Maya Sauer, un surfeur local drope volontairement sur sa vague, avant de la pousser violemment. L’homme ne s’excuse pas, ne montre aucun remords, et aurait même semblé « fier » de son geste. Ce comportement a suscité de vives réactions dans la communauté surf, en particulier en Allemagne où l’événement est suivi de près.

    La surfeuse dénonce un climat hostile

    Dans un long post Instagram, Maya Sauer évoque la montée des tensions à l’eau :

    « Je comprends que c’est frustrant de voir son home spot devenir bondé, mais la violence, surtout envers les femmes, ne devrait jamais avoir sa place dans le surf. »
    Elle souligne que cette situation n’est pas isolée et que le respect dans les line-ups se détériore, même pendant des compétitions autorisées.

    Édito : entre localisme, saturation et ironie du “partage”

    Je n’étais pas présent ce jour-là, mais en tant qu’observateur régulier du monde du surf, permettez-moi d’apporter quelques nuances. Ce type d’incident, aussi choquant soit-il, n’est pas nouveau. J’ai vu bien des compétitions où des locaux testaient les limites du règlement en prenant des vagues dans des zones réservées. Le fait que ce soit une femme ne change rien à la fréquence du phénomène – même si cela change, bien sûr, la perception publique.

    Parlons aussi de “partage”. Maya Sauer appelle à respecter l’océan comme un bien commun. On ne peut qu’approuver. Mais organiser une compétition universitaire allemande, avec espace privatisé, sur une plage française déjà saturée de compétitions… est-ce vraiment un exemple de partage ? Et pourquoi Seignosse encore ? Les Landes regorgent de plages sous-exploitées. Pourquoi toujours revenir sur les mêmes bancs de sable ?

    À mes yeux : carton rouge pour le surfeur local – il n’a rien à faire là, et encore moins à jouer des bras. Carton jaune pour l’organisation et les municipalités qui, chaque été, empilent les événements sans réflexion sur la saturation. Et carton jaune aussi pour cette tendance à faire d’un fait divers une tribune “buzz” sur les réseaux.

    L’océan appartient à tous ? Oui. Alors respectons-le ensemble, sans double discours.

    Une image à reconstruire

    Cet incident rappelle à quel point le surf reste un sport en tension. Tension entre localisme et mondialisation, entre liberté et réglementation, entre image cool et comportements déplacés. Si l’on veut préserver ce qui fait la beauté du surf – le respect, le plaisir, l’harmonie avec l’océan – il faudra que chacun fasse un pas.

    Surfeurs locaux, compétiteurs, organisateurs, élus : il est temps de repenser notre rapport à l’océan, avant que la vague ne nous échappe.

  • William Aliotti dompte Uluwatu sur un twin de 5’5 : style et puissance au rendez-vous

    William Aliotti dompte Uluwatu sur un twin de 5’5 : style et puissance au rendez-vous

    Surfer Uluwatu est un rêve pour beaucoup, mais William Aliotti y glisse avec une aisance presque irréelle. Dans une vidéo intitulée “Chasing Uluwatu With William Aliotti”, le surfeur de Saint Martin nous offre un condensé de glisse pure, de lignes précises et de turns appuyés sur l’une des gauches les plus emblématiques de Bali.

    Un lien fort avec Uluwatu

    Dès les premières secondes, William nous partage son expérience avec la vague d’ Uluwatu. « C’est une vague piégeuse », explique-t-il. « Si tu n’es pas parfaitement placé au pic, tu la rates. Mais après quelques années, tu apprends à lire cette gauche magique. » Et quand il la lit, il la lit bien : drops engagés, barrels serrés, et surtout cette capacité à pousser chaque manœuvre jusqu’au bout, sans retenue, sans accroche.

    Une planche atypique pour des conditions sérieuses

    Le plus surprenant ? Il surfe un twin asymétrique de 5’5, 26L, taillé pour les gauches, dans un swell annoncé à 8-10 pieds. Loin de brider son surf, cette config lui permet d’exprimer toute sa créativité, avec un style fluide et puissantr à la fois. « Cette planche est magique », dit-il simplement. Et ça se voit.

    Quand Uluwatu marche comme ça

    La session est vraiment bonne. J’ai rarement vu des vagues aussi bien surfées à Uluwatu. Comme cette vague, où après un drop critique, William enchaîne avec un barrel profond, malgré une mer un peu agitée par le vent et une marée encore haute. « Cette vague me laisse faire ce que je veux », glisse-t-il, comme pour résumer cette session parfaite.

    Une masterclass de glisse

    Cette vidéo est bien plus qu’un simple edit : c’est une démonstration de style, de lecture de vague et de confiance en sa planche de surf. Si vous cherchez de l’inspiration ou une dose de surf pur, ne passez pas à côté de cette pépite. Si vous êtes à Uluwatu en surf trip, checkez bien son placement

  • Chris Hemsworth à Hossegor : un surf trip 5 étoiles avec Picon et Florès

    Chris Hemsworth à Hossegor : un surf trip 5 étoiles avec Picon et Florès

    Il y a des visiteurs qu’on remarque plus que d’autres sur les plages landaises. Ce week-end, c’est carrément un super-héros qui a rejoint le line-up d’Hossegor : Chris Hemsworth, alias Thor dans l’univers Marvel, a été aperçu en train de scorer quelques vagues bien placées dans le sud-ouest de la France.

    Mais cette fois, pas de marteau, pas de cape… juste une planche de surf, un sourire détendu, et surtout deux guides de luxe : Miky Picon et Jérémy Florès, deux monuments du surf français. Autant dire que l’Australien était entre de bonnes mains pour s’attaquer aux bancs de sable les plus réputés d’Europe.

    Une passion bien réelle pour le surf

    Contrairement à certaines célébrités qui se contentent de poser avec une planche pour la photo, Chris Hemsworth est un vrai surfeur. Depuis ses jeunes années à Phillip Island en Australie, le surf fait partie intégrante de son quotidien.

    Dans une interview accordée à GQ, il confiait :

    « Je ne pensais qu’à ça toute la semaine. Je n’avais pas vraiment de vie sociale au lycée. Je voulais juste surfer et regarder des films. »

    Un style de vie qu’il a conservé malgré la célébrité. Quand il ne tourne pas un blockbuster, Chris est souvent à l’eau : que ce soit dans les vagues froides de l’Arctique pour son émission Limitless, à l’aube avec Kelly Slater, ou dans les meilleures wavepools du monde.

    Une session discrète mais remarquée

    Son passage à Hossegor est resté plutôt discret… jusqu’à ce qu’un post Instagram commence à circuler, où on voit l’acteur aux côtés de Miky Picon et Jérémy Florès. Pas de paparazzis, pas de flashs, juste du bon surf et du bon esprit, à la landaise.

    Les locaux l’ont aperçu à l’eau, respectueux, discret, concentré sur ses vagues. Avec deux mentors comme Miky et Jérémy pour le guider, Chris a eu droit à un surf trip 5 étoiles. Les conditions estivales étaient au rendez-vous, avec des bancs bien en place et un vent favorable.

    Thor, le meilleur surfeur d’Hollywood ?

    C’est une question qui fait sourire… mais qui mérite d’être posée. Si l’on devait faire un classement des surfeurs célébrités, Chris Hemsworth serait probablement tout en haut.

    Il a récemment fait le buzz en Australie lors d’une houle monstrueuse et mortelle : remorqué à la corde, il s’est engouffré dans une énorme cavité aquatique. La vidéo avait fait réagir tout le monde du surf, avec des commentaires élogieux de Kai Lenny, Italo Ferreira, Strider Wasilewski, ou encore Kalani Robb qui l’a surnommé « Thor de la Backdoor ».

  • Alaïa Bay : la session aérienne des Frenchies qui tutoient les airs

    Alaïa Bay : la session aérienne des Frenchies qui tutoient les airs

    Un quatuor de Frenchies s’est envolé dans la piscine à vagues d’Alaïa Bay pour une session d’entraînement 100 % aerial. Résultat : une vidéo brute, fun et ultra efficace.

    Une tricks list et des airs

    Et si les surfeurs s’inspiraient des skateurs ? C’est l’idée derrière cette session signée Charly Quivront. Le surfeur charentais s’est entouré de trois autres pointures – Sam Piter, Enzo Cavallini et William Aliotti – pour cocher une liste de tricks aériens sur la fameuse « air section » d’Alaïa Bay, en Suisse.

    Comme sur un park en béton, les gars répètent, ajustent, réessayent. Même vague, même section, conditions parfaites pour travailler des manœuvres techniques qu’il serait difficile d’enchaîner dans l’océan.

    De la variété et du style

    Le résultat ? Une vidéo d’entraînement, mais avec du style. Les frontside airs de Sam Piter sont bluffants d’amplitude, la variété des manœuvres impressionne, et l’ambiance reste détendue, portée par une bande-son groovy bien choisie.

    Chacun apporte sa patte : Quivront reste fluide, Aliotti toujours free, Cavallini solide et précis.

    Une vidéo simple, mais qui impressionne

    Pas de chichi ici. Juste quatre surfeurs qui envoient du lourd, dans un lieu qui devient un vrai camp d’entraînement pour les figures modernes. Si les piscines à vagues divisent, cette vidéo montre à quel point elles peuvent servir l’exigence technique du surf de haut niveau.

    On en reparlera dans un article dédié, mais pour l’instant, on profite de cette belle démonstration.

  • Occy éternel : le film Billabong qui remet le surf à l’endroit

    Occy éternel : le film Billabong qui remet le surf à l’endroit

    Trois semaines après sa sortie, le film OCCY! signé Billabong continue de faire vibrer les surfeurs du monde entier. Plus qu’un simple edit, c’est une déclaration d’amour à un style de surf qu’on croyait révolu — et qui revient ici avec une force rare. Un retour en grâce signé Mark Occhilupo, à presque 60 ans, dans deux vagues mythiques : Bells Beach et Cloudbreak.

    Un comeback ? Plutôt une renaissance

    Mark Occhilupo, dit « Occy », n’a jamais vraiment quitté le cœur des surfeurs. Champion du monde en 1999, icône des années 80 et 90, le « Raging Bull » revient dans ce court-métrage avec une forme physique et mentale bluffante. Sobre depuis six ans, rayonnant, il semble surfer avec plus de joie et de fluidité qu’à l’époque de l’Occumentary.

    Dans le film, il retrouve deux spots qui ont marqué sa carrière : Bells Beach, sa vague fétiche sur le World Tour, et Cloudbreak, à Fidji, où il avait remporté le Quiksilver Pro en 1999. Mais ce n’est pas une rétrospective figée. C’est un film d’action pure, où Occy déploie une puissance, un timing et un style qui ridiculisent les années qui passent. Il a 59 ans, qui ne rêve pas de surfer comme lui à 59 ans….

    Une vidéo qui parle aux surfeurs puristes

    Ce qui fait le succès fulgurant d’OCCY! — au-delà des images spectaculaires — c’est son ADN profondément nostalgique. La réalisation, le montage, la musique (Gang Gajang, Yothu Yindi) : tout rappelle l’époque des films cultes comme Green Iguana ou Bunyip Dreaming. Des œuvres qui ont formé toute une génération de surfeurs, et qui trouvent ici un écho contemporain saisissant.

    Les commentaires YouTube sont éloquents :

    “Le meilleur edit de la décennie.”
    “J’ai eu la chair de poule quand Yothu Yindi est arrivé.”
    “On dirait un film de Jack McCoy, mais en 2025.”
    “Le surf moderne manque d’âme, ce film le prouve.”

    Et difficile de les contredire.

    Une ode au surf sur le rail

    Pas un air reverse en vue. Juste des bottom turns profonds, des carves puissants, des tubes solides, et une lecture de vague chirurgicale. Occy surfe comme un artisan du rail, comme s’il sculptait chaque section avec une intention presque spirituelle, nostalgique de surf d’une époque. À Cloudbreak, il engage frontside avec l’élégance d’un félin et la force d’un buffle. À Bells, il retrouve ses marques sur le Bowl avec une aisance stupéfiante.

    Et ce n’est pas un hasard. Comme il l’explique dans l’interview qui accompagne le film, le brief était clair : surfer comme à l’époque de ses films de surf. Sans forcer. Avec style. Résultat : une démonstration intemporelle de ce que peut être le surf quand il est habité.

    Un passage de relais générationnel

    Le film est aussi l’occasion de voir Occy partager ce moment avec son fils Jay, lui-même surfeur prometteur. Une capsule père-fils dans l’univers de Billabong, la marque qui sponsorise Mark depuis 40 ans — un record dans l’histoire du surf pro. Cette longévité, aujourd’hui célébrée à travers une collection capsule Occy 2025, est elle aussi un hommage à une autre époque. Couleurs vives, coupes old school, énergie brute : une ligne qui pourrait être portée aussi bien par un ado que par son père.

    Plus qu’un film, un manifeste

    OCCY! arrive dans un contexte où le surf compétitif peine parfois à séduire. Les figures aériennes, devenues monnaie courante, peinent à transmettre l’émotion brute du surf. Ce film, lui, ravive cette émotion. Il nous rappelle pourquoi on est tombés amoureux du surf : pour ce sentiment de liberté, pour l’expression personnelle, pour le flow.

    Et il le fait sans nostalgie molle. Juste avec du surf pur, de la sueur, des lignes parfaites, et un Occy plus vivant que jamais.

    Une postérité déjà assurée

    Trois semaines après sa mise en ligne, la vidéo atteint déjà un statut culte. Elle est partagée, commentée, revisitée. Certains la comparent déjà aux chefs-d’œuvre de Jack McCoy. D’autres réclament une suite. Un nouveau Occumentary ? Peut-être. Mais en attendant, OCCY! version 2025 a déjà marqué les esprits. Et probablement redonné envie à beaucoup de surfeurs de (re)prendre une planche et d’aller tirer un bon gros bottom backside.

  • Kelly Slater, l’éternel prodige du surf mondial

    Kelly Slater, l’éternel prodige du surf mondial

    Quand on parle de surf, un nom s’impose naturellement : Kelly Slater. Plus qu’un simple champion, il incarne une légende vivante, un athlète hors normes, une icône planétaire qui a transcendé les vagues et les générations. À 50 ans passés, il continue d’alimenter l’imaginaire collectif, porté par une longévité exceptionnelle et une quête perpétuelle de perfection.

    De Cocoa Beach à Teahupo’o, des planches de compétition au Surf Ranch high-tech, Kelly Slater a tout vu, tout gagné, tout bousculé. Voici l’histoire d’un homme qui a réécrit les règles du surf moderne.

    Les origines d’un phénomène

    Une enfance sur la côte Est

    Né le 11 février 1972 à Cocoa Beach, en Floride, Robert Kelly Slater grandit dans une ambiance familiale contrastée. Son père, pêcheur, quitte le foyer lorsqu’il est encore enfant. Sa mère, d’origine irlandaise, élève seule Kelly et ses deux frères, Sean et Stephen. Le quotidien est modeste, parfois chaotique, mais les vagues locales offrent au jeune Kelly une échappatoire.

    Il découvre le surf très tôt, encouragé par ses frères, et se fait rapidement remarquer sur les plages floridiennes. À l’âge où d’autres s’intéressent aux jeux vidéo, lui affine déjà son style dans les shorebreaks turbulents de la côte Est.

    Le surf comme refuge et discipline

    Ce n’est pas seulement le plaisir qui attire Kelly à l’eau : c’est aussi une forme de thérapie. La glisse devient son langage, sa structure, son terrain de maîtrise. Il apprend vite, très vite. Son équilibre est naturel, sa lecture des vagues presque instinctive. À 10 ans, il remporte déjà des compétitions junior et attire l’œil des sponsors.

    Ce mélange de talent, de détermination et de résilience va devenir sa marque de fabrique.

    L’ascension fulgurante

    Champion du monde à 20 ans

    En 1992, Kelly Slater marque l’histoire du surf en devenant le plus jeune champion du monde de tous les temps à 20 ans. Ce n’est pas un coup d’éclat isolé, mais le début d’un règne implacable.

    De 1994 à 1998, il enchaîne cinq titres mondiaux consécutifs. Jamais le surf professionnel n’avait connu une telle domination. Son style, fluide et aérien, s’impose sur tous les spots : Pipeline, Bells Beach, J-Bay, Teahupo’o… Slater n’a pas d’équivalent.

    Une retraite… et un retour triomphal

    En 1999, il se retire une première fois, las du rythme effréné du tour. Il explore d’autres passions, notamment la musique, et fait des apparitions à Hollywood. Mais le surf coule trop profondément dans ses veines.

    En 2003, il revient sur le circuit. Deux ans plus tard, il décroche son septième titre mondial, puis un huitième, un neuvième… Jusqu’à porter son total à onze titres – un record inégalé à ce jour.

    Un palmarès stratosphérique

    11 titres de champion du monde

    1992, 1994, 1995, 1996, 1997, 1998, 2005, 2006, 2008, 2010, 2011 : les années défilent, mais Kelly reste en tête. Ce n’est pas seulement son nombre de victoires qui impressionne, c’est leur régularité. Il gagne à 20 ans. Il gagne à 39. Il gagne encore à 50.

    Plus de 50 victoires sur le WCT

    Au fil de sa carrière, Slater accumule 56 victoires sur le Championship Tour, et plus de 60 en comptant les épreuves hors-tour. Personne n’a jamais atteint un tel total.

    Pipeline, son jardin

    S’il fallait associer un spot à sa légende, ce serait le Banzai Pipeline, à Hawaï. Il y a remporté 8 fois le Pipe Masters, dont sa dernière victoire en 2022, à 50 ans. Une performance qui restera comme l’un des plus grands moments du surf professionnel.

    L’art de la glisse selon Slater

    Une lecture des vagues inégalée

    Kelly n’est pas le plus costaud, ni le plus puissant, mais sa compréhension de l’océan est quasi mystique. Il anticipe, il improvise, il s’adapte. Il surfe comme un danseur de jazz jouerait un solo : libre mais précis.

    Des figures signature

    Backside fluide, floaters surhumains, airs millimétrés, switchfoots maîtrisés… Slater a repoussé les limites de la performance sans jamais sacrifier l’esthétique.

    Inspiré par les maîtres

    Il cite souvent Tom Curren comme mentor. « Le surf est une ligne, une courbe, une danse », disait Curren. Kelly l’a pris au mot et l’a réinventé.

    Une vie sous les projecteurs

    L’histoire avec Pamela Anderson

    Dans les années 90, sa relation avec Pamela Anderson le propulse au rang de célébrité mondiale. L’icône de Baywatch et le surfeur prodige forment un couple aussi médiatisé qu’éphémère. Pour le meilleur et pour le glamour.

    Apparitions au cinéma et à la télévision

    Kelly apparaît dans Alerte à Malibu, joue son propre rôle dans des documentaires, et double un personnage dans Les Rois de la glisse. Il flirte avec Hollywood sans jamais s’y perdre.

    Le Surf Ranch : la vague parfaite

    Une vision technologique du surf

    En 2015, Kelly dévoile le Surf Ranch, une piscine à vagues révolutionnaire située à Lemoore, en Californie. Une vague de compétition, constante, creuse, longue et tubulaire. Le Graal pour les surfeurs.

    Un outil d’entraînement… mais aussi une vision controversée

    Certains puristes crient à la trahison, d’autres saluent l’innovation. Pour Slater, c’est une extension logique de son obsession de la perfection.

    Engagements et projets

    Outerknown et la mode éthique

    En 2014, il quitte Quiksilver et lance sa propre marque : Outerknown, en collaboration avec le designer John Moore. Une marque tournée vers la durabilité et l’éthique, pionnière dans l’upcycling et le respect des chaînes de production.

    Écologie et sensibilisation

    Kelly est également impliqué dans des projets environnementaux, notamment la préservation des récifs coralliens avec Reef Check. Son discours est souvent tourné vers la responsabilité écologique.

    Vie privée et transmission

    Une vie discrète… et une nouvelle paternité ?

    Père d’une fille, Taylor, née en 1996, Kelly partage aujourd’hui sa vie avec Kalani Miller, créatrice de la marque Mikoh. Le couple attend un enfant pour l’été 2024, une nouvelle étape pour le surfeur quinquagénaire.

    Le rôle de mentor

    Slater inspire des générations entières. Il échange souvent avec les jeunes surfeurs, comme John John Florence ou Italo Ferreira. Son approche reste humble et tournée vers le partage.

    Kelly Slater en 2025 : toujours sur la vague ?

    En 2023, il termine 23e du classement mondial. En 2024, il ne se qualifie pas pour la deuxième moitié du CT. Pourtant, aucune annonce de retraite officielle.

    Il continue de s’entraîner, de surfer, d’apparaître dans les compétitions majeures. La WSL pourrait lui offrir un wildcard pour les épreuves mythiques comme Pipeline ou Teahupo’o. Après tout, le GOAT n’a jamais dit son dernier mot.

    FAQ – Questions fréquentes sur Kelly Slater

    Quel est l’âge de Kelly Slater ?

    Il est né le 11 février 1972. En 2025, il a 53 ans.

    Combien de titres a-t-il remportés ?

    Kelly Slater a remporté 11 titres de champion du monde, un record absolu.

    Est-il encore en activité ?

    Oui, même s’il ne participe plus à l’intégralité du CT, il reste actif et peut recevoir des wildcards. Il a déclaré en 2025 souffrir de la hanche et d’anciennes blessures qui l’empêchent de réaliser toutes les manœuvres qu’il souhaite.

    Quelle est sa marque de vêtements ?

    Il a fondé Outerknown, une marque éthique et responsable.

    Où se trouve le Surf Ranch ?

    À Lemoore, en Californie, à plusieurs heures de la côte.

    Qui est Kalani Miller ?

    Sa compagne actuelle, entrepreneuse dans la mode et cofondatrice de Mikoh.

    Slater est-il engagé pour l’environnement ?

    Oui, il soutient plusieurs initiatives, notamment la protection des océans.

    Quelle est sa plus meilleure vague ?

    Il a marqué l’histoire à Pipeline, Teahupo’o, et même dans son Surf Ranch. Son tube de 2022 à Pipeline est mythique. Dans une interview dans le passé, il avait déclaré que l’une de ses vagues préférées était G Land en indonésie.

    Pourquoi est-il considéré comme le GOAT ?

    Pour son palmarès unique, sa longévité, son style et son influence culturelle et technique.

    Quels sont ses projets actuels ?

    Outre Outerknown, il est le papa d’un jeune enfant avec sa compagne Kalani Miller.

  • Surfer la vague d’une vie… sur la planche du frère décédé de Mick Fanning

    Surfer la vague d’une vie… sur la planche du frère décédé de Mick Fanning

    L’histoire commence par une houle mythique. Fin février 2025, la côte Est australienne se prépare à encaisser les restes du cyclone Alfred. À Kirra, spot légendaire de la Gold Coast, les conditions sont dantesques. Une droite tubulaire, glassy, rapide comme un éclair. Les plus courageux sont là, les caméras aussi. La journée entre dans la légende du spot.

    Et au milieu de cette foule de surfeurs affamés, un inconnu nommé Saxon McCorquodale attrape la vague de sa vie. Mais ce n’est que le début d’une histoire qui dépasse la performance, le surf, ou même le hasard.

    Une planche de surf à 20 dollars

    Saxon n’est pas pro, ni sponsorisé. Il ne vit pas de surf, mais c’est un passionné. Originaire d’Alstonvale, dans le nord de la Nouvelle-Galles du Sud, il partage son temps entre son métier dans le soutien aux personnes handicapées, sa passion pour l’art, la musique… et les vagues.

    Pour ce swell historique, Saxon ne sort pas une board d’un shaper mondialement connu. Il rame sur un gun jauni de 7’0” signé Günther Rohn, dégotté pour 20 dollars dans un magasin d’occasions à Lismore. Une planche cabossée, presque oubliée. Ce jour-là, ce sera son ticket vers un tube parfait, un moment suspendu.

    « Je me suis retrouvé, il y avait trois gars autour de moi… La vague est arrivée, ils m’ont juste dit « vas-y » dans un murmure. »

    Le tube parfait

    Saxon se jette dans un « late take off ». La vague est critique. Il place un bottom turn parfait, se cale, et disparaît dans un cylindre d’une beauté rare avec les bras en l’air. À l’intérieur du tube, le temps se fige, Saxon se laisse glisser avec une ligne parfaite, sans pomper, juste porté par l’énergie brute de Kirra.

    « C’était le moment de ma vie. Je hurlais. Je pleurais. J’étais hors de mon corps. »

    De l’extérieur, dans le chenal, Mick Fanning observe la scène. Le triple champion du monde a tout vu. L’engagement, le style, le timing. Il file vers Saxon en jet-ski pour le féliciter.

    Mais une fois à ses côtés, quelque chose attire son attention.

    Le détail qui change tout

    Mick observe la planche de Saxon. La forme, les logos, les couleurs… Il la reconnaît. Il demande à Saxon de la retourner. Et là, le choc : c’est la planche de son frère Ed Fanning, disparu tragiquement un an plus tôt.

    Le temps s’arrête une seconde fois. Saxon est en larmes. Mick aussi. Ils se regardent, sans vraiment savoir quoi dire.

    « C’était un moment cosmique. Une planche oubliée. Un inconnu. Une vague parfaite. Et mon frère, d’une certaine manière, là au milieu », racontera Mick plus tard.

    La planche, déjà bien abîmée, est fendue, imbibée d’eau. Elle ne survivra pas à cette dernière vague. Mais quelle fin pour une board : son dernier ride aura été un 10/10, sous les yeux du frère de son ancien propriétaire.

    Une histoire qui dépasse le surf

    Dans les jours qui suivent, la vidéo fait le tour du web. Saxon devient, malgré lui, une icône (quand je peux la faire, je n’hésite pas). Les messages affluent, les médias s’en mêlent. Lui reste humble, un peu déboussolé, mais profondément touché par la portée de ce qu’il vient de vivre.

    « Je veux proposer la planche à Mick. Peut-être qu’il la voudra. Ce sera dur de m’en séparer… mais je pense que ce serait juste. »

    Cette histoire n’est pas juste celle d’un tube de rêve ou d’un coup de chance. C’est une parenthèse magique où le surf devient un langage du destin, une passerelle entre les vivants et les disparus, entre le hasard et les souvenirs.

    Un spot, une houle, une âme

    Kirra a toujours été spéciale. Des vagues rapides, longues, tubulaires avec un fort courant. C’est le genre de spot où tu peux avoir la vague de ta vie, ou rentrer bredouille. Une vague qui récompense l’engagement, et nécessite de se trouver au bon endroit, au bon moment. Ce jour-là, elle a offert bien plus qu’un mur d’eau : elle a réuni deux mondes.

    « J’ai surfé des grosses houles. J’ai tout donné. Mais je n’ai jamais rien vécu de tel. Cette vague-là… elle m’a changé. »

    Pour Saxon, cette journée ne sera jamais égalée. Et pour Mick Fanning, elle restera gravée comme un signe, un clin d’œil de son frère, dans ce monde où les planches parlent parfois mieux que les mots.

  • Le top des vidéos surf de la semaine

    Le top des vidéos surf de la semaine

    Des vagues de rêve, des stars sous-cotées, et des tubes à n’en plus finir : voici notre sélection des meilleures vidéos à ne pas manquer.

    Jackson Bunch & Shion Crawford, trop forts pour être ignorés


    6000 vues à peine ? On parle pourtant d’un duo volcanique à Rocky Point. Jackson Bunch, fraichement écarté du CT, et Shion Crawford, machine à tubes et à airs, livrent 4 minutes de pur spectacle. Mention spéciale pour le air à 5 000 $ de Shion.

    Les 10 meilleures vagues de la semaine


    Un format efficace pour les accros à la performance. Le montage met en avant les plus belles vagues surfées récemment, tous spots confondus. Un condensé parfait de style et de puissance.

    Teahupoo, la machine à tubes tourne à plein régime

    Le récif tahitien a encore fait parler sa magie. Si tu veux voir des take-offs suicidaires et des barrels interminables, ces deux vidéos sont pour toi. Aucune fioriture, que du lourd.

    Yago Dora, toujours plus aérien


    Quand il ne fracasse pas les compétitions, Yago Dora s’offre des freesurfs d’une fluidité rare. Ce clip est une masterclass d’engagement et d’esthétique, entre carves millimétrés et envolées sans fin.

  • Kelly Slater, la fin d’un règne dans un surf pro en crise

    Kelly Slater, la fin d’un règne dans un surf pro en crise

    Ils n’ont cessé de le répéter : « Kelly Slater a 53 ans ! ». À croire que son âge suffisait à justifier sa présence sur le Tour. Mais à force d’encenser la légende, les commentateurs ont fini par dévoiler l’absurdité de la situation : le surf professionnel s’accroche à son passé pendant que le présent se vide de sens.

    kelly slater trestles 2025

    Un héros fatigué, des scores en berne

    Sur le spot de Trestles, Kelly Slater s’est fait balayer par Italo Ferreira (15.17 contre 7.53), avant de s’incliner face à Barron Mamiya dans le repêchage. Son analyse ? Des nuits hachées depuis la naissance de son fils Tao, une hanche douloureuse et un corps trop abîmé pour rivaliser. « Je n’étais pas vraiment dans ma tête », a-t-il avoué après sa défaite.

    L’obsession du mythe… et l’aveu d’échec

    Pendant les lives, les commentateurs n’ont cessé de rappeler qu’il avait 53 ans, comme s’il s’agissait d’un exploit en soi. Mais justement : quand tout ce qu’on a à dire d’un compétiteur, c’est qu’il est encore là, c’est que le problème est profond. C’est un peu comme applaudir un boxeur KO qui se relève encore : impressionnant, mais gênant.

    Le Tour pro en quête de sens

    Dans le même temps, Gabriel Medina est forfait, John John Florence préfère faire de la voile, et la relève peine à briller dans des vagues trop molles, sur un circuit aseptisé. Le rêve s’effrite. L’image glamour du CT s’étiole, et Kelly Slater devient malgré lui le symbole d’un système à bout de souffle.

    Pipeline, la dernière danse ?

    Il reste une wildcard à Pipeline, son jardin. Ce sera peut-être la dernière fois qu’on verra Kelly en lycra sur le CT. Un hommage mérité ? Sans aucun doute. Mais aussi un besoin pressant pour la WSL de passer à autre chose, d’écrire un nouveau chapitre. Et vite.

  • Ivanka Trump surfe pendant que l’Amérique brûle, et alors ?

    Ivanka Trump surfe pendant que l’Amérique brûle, et alors ?

    On s’en fout, mais visiblement pas tout le monde. Ivanka Trump, ex-conseillère de papa et influenceuse en reconversion lifestyle-océan, a posté une photo d’elle en train de surfer pour la Journée mondiale des océans. Jolie glisse, jolie lumière, joli message ? Raté.

    Au moment exact où son paternel envoyait la Garde nationale mater les manifestations contre les expulsions massives d’immigrés, Ivanka se prenait pour une waterwoman, pieds bien calés sur la mousse, sourire Colgate au vent. Résultat : les réseaux sociaux se sont déchaînés comme un shorebreak à Nazaré.

    « Mon père met le feu au pays, moi je vais surfer ! Lol ! »

    « Le narcissisme ne tombe jamais loin de l’oranger. »

    « Pendant que l’Amérique brûle, elle surfe. »

    Une pluie de commentaires, entre ironie mordante et colère bien sentie. Certains l’ont même comparée à Marie-Antoinette : version boardshort et lycra, façon « Qu’ils mangent de la wax ».

    Un post, un océan d’indifférence

    Ce qui devait être une ode aux océans est devenu un chef-d’œuvre de dissonance. Car oui, il existe une règle d’or sur les réseaux : si ton clan politique déclenche une crise humanitaire, évite peut-être de poster une photo les pieds dans l’eau comme si de rien n’était.

    Mais Ivanka s’en fout. Et c’est peut-être ça le plus fascinant. Son truc, c’est le lifestyle. Une glisse proprette, sur vague artificielle (merci Kelly Slater), assistée par coach VIP (merci Raimana), et surtout sans trop d’éclaboussures.

    Un surf aseptisé. Un surf de magazine. Un surf sans la merde.

    L’image avant la réalité

    Dans un monde où les vagues sont générées sur commande et les messages calibrés pour l’algorithme, Ivanka Trump surfe. Pas parce qu’elle aime ça. Mais parce que ça fait bien dans le feed.

    Son sourire ? Ultra-bright. Son surf ? Ultra-coaché. Son timing ? Ultra-maladroit. Ou au contraire, parfaitement assumé ? Après tout, pendant que les médias se passionnent pour sa session de mousse, personne ne parle de la répression, des disparitions, des camps.

    Qu’on la laisse surfer, non ?

    Alors oui, on pourrait s’indigner. Mais à quoi bon ? Le vrai malaise n’est pas dans la photo. Il est dans le monde où une image de surf peut servir de fumigène politique. Où une glissade devient un écran de fumée.

    Alors surfons. Rions. Grinçons des dents. Et rappelons-nous qu’une vague peut aussi servir à détourner l’attention.

    Ou comme disait une certaine Antoinette avant de perdre la tête : « Tant qu’il y a du swell… »

  • Les couvertures truquées du surf : le grand tabou

    Les couvertures truquées du surf : le grand tabou

    Dans le surf, une image vaut mille mots – mais que se passe-t-il quand cette image ment ? À l’inverse du skate, les magazines de surf continuent de publier des figures non plaquées en couverture. Un scandale silencieux que peu osent dénoncer.

    Une tradition bien établie dans le surf… mais problématique

    Depuis des décennies, les photographes de surf capturent des instants de grâce : des tubes profonds, des airs gigantesques, des silhouettes figées dans le chaos de la vague. Mais ce que beaucoup ignorent, c’est que ces figures ne sont pas toujours “plaquées”. Autrement dit, le surfeur ou la surfeuse ne termine pas la manœuvre.

    Contrairement au skateboard – où l’on ne publie quasiment jamais une figure non réussie –, le surf semble s’accommoder de ce flou artistique. Pourquoi ? Parce que la photo est belle, spectaculaire, iconique. Mais est-ce suffisant ?

    Erin Brooks, une couverture qui relance le débat

    La couverture du 65ᵉ anniversaire de SURFER Magazine met en scène la jeune Erin Brooks, shootée par le célèbre Brian Bielmann à Rocky Point, exécutant un énorme air frontside. Problème : elle ne l’a pas plaqué.

    Sur les réseaux sociaux, la communauté ne tarde pas à réagir. Certains commentent :

    “Did she land that? Or am I missing something…”

    “@erinbrookssurf you did not land this tf”

    “Who cares about authenticity anymore?”

    Même si la photo reste impressionnante, la réaction est révélatrice d’un ras-le-bol croissant face à cette pratique que certains n’hésitent plus à qualifier de fraude visuelle.

    Une réalité bien française aussi

    On aurait tort de croire que ce phénomène se limite aux magazines américains ou australiens. En France aussi, les couvertures « trompeuses » font partie du décor. Surf Session, Surf Europe, Trip Surf… difficile de compter le nombre de couvertures illustrées par un air non plaqué, un tube non sorti, voire pire : un bon gros « closier », cette section finale qui ferme inévitablement sur le surfeur.

    Je me souviens d’une journée il y a une dizaine d’années, quelque part sur un beachbreak landais. Les vagues faisaient deux mètres, creuses, classiques, avec quelques jolis tubes à prendre — mais aussi beaucoup de sections qui ferment brutalement.

    On avait calé une session avec un surfeur pro et un photographe aquatique. Moi, j’étais à l’eau avec la caméra. Pendant deux heures, le surfeur a enchaîné les tentatives, sans sortir un seul tube. Que des closings, parfois esthétiques, mais toujours ratés.

    J’étais un peu blasé, persuadé d’avoir filmé deux heures de footage inutilisable. Mais quand ils sont sortis de l’eau, le surfeur et le photographe affichaient un grand sourire. Je leur demande : “Alors ?” — “C’est bon, on a la couv”, me répondent-ils.

    Et devinez quoi ? Ils l’ont eue. Couverture de Surf Session. Un joli cliché, bien calé, bien éclairé… d’un tube qui n’a jamais été sorti.

    Pourquoi le skate ne tolère pas ça ?

    Dans le skateboard, il est impensable qu’une figure non réussie apparaisse dans une vidéo ou en couverture. Les photographes attendent la réussite parfaite avant de shooter. Les caméramans montent scrupuleusement chaque séquence, et l’éthique de la réussite est sacrée.

    Pourquoi cette exigence ne s’applique-t-elle pas au surf ? Est-ce lié à la difficulté technique, à l’imprévisibilité de l’océan, ou à une culture plus “esthétique” qu’authentique ?

    Et les vidéos alors ? Une tendance qui se propage

    En vidéo, le phénomène est moins répandu – mais il existe. Certains éditeurs coupent juste avant la chute, ou jouent sur les ralentis pour donner l’illusion d’un trick réussi. C’est rare, mais pas inexistant. Et cela nourrit une culture de l’apparence, au détriment de la performance réelle.

    Quel message pour la jeune génération ?

    Des figures non plaquées mises en avant par les plus grands médias donnent un message trouble : “ça suffit d’essayer”. Pourtant, la progression réelle passe par la réussite, par la chute et par le dépassement. Le surf est un sport de vérité. Ne trahissons pas cette essence.

    Vers une nouvelle éthique de l’image dans le surf ?

    À l’heure où les jeunes talents comme Erin Brooks repoussent les limites du surf féminin, il est temps de demander davantage de rigueur visuelle. Oui, l’esthétique compte. Mais la vérité compte plus encore.

  • Le WSL Junior Pro de San Sebastien annulé après un boycott lié à Israël

    Le WSL Junior Pro de San Sebastien annulé après un boycott lié à Israël

    Le surf rattrapé par les tensions internationales

    Du 6 au 8 juin 2025, la plage de Zurriola à San Sebastián devait accueillir une étape du circuit junior de la World Surf League (WSL). L’événement n’aura finalement pas eu lieu sous l’égide de WSL. En cause : le retrait du soutien logistique du club local Groseko Indarra Surf Taldea, motivé par la présence de plusieurs surfeurs israéliens sur la liste des participants.

    Une déclaration politique forte du club basque

    Dans un message publié sur Instagram quelques jours avant la compétition, le club a expliqué son refus de coopérer avec la WSL pour l’organisation de l’événement, en fournissant notamment l’électricité et la connexion internet nécessaires. La raison invoquée : la participation de nombreux athlètes israéliens, alors que le club affirme vouloir dénoncer ce qu’il qualifie de « génocide du peuple palestinien ».

    Le message poursuivait en établissant un parallèle avec les sanctions sportives imposées à la Russie depuis 2022, estimant que des mesures similaires devraient s’appliquer à Israël :

    « Des décisions politiques sont prises dans le sport, comme l’interdiction faite à la Russie de participer à des compétitions internationales. Nous pensons qu’Israël doit être soumis aux mêmes pressions. »

    La position de la WSL : neutralité et sécurité

    La World Surf League, confrontée à cette rupture de collaboration et au retrait de l’appui des autorités locales, a jugé ne plus pouvoir garantir les conditions de sécurité minimales pour les compétiteurs. Dans un message adressé aux athlètes (relayé par le média Surf30), l’organisation a précisé que toute exclusion fondée sur la nationalité violerait son règlement interne, qui prône une politique de tolérance zéro envers toute forme de discrimination.

    Face à l’impasse, la WSL a donc annulé l’étape junior, tout en précisant qu’aucun surfeur ne pouvait être exclu sur la base de sa nationalité.

    Une requalification locale de l’événement

    Malgré l’annulation officielle, l’événement n’a pas complètement disparu. Des organisateurs locaux ont reconfiguré la compétition sous un nouveau nom, le Waxdays Junior Pro, en dehors du cadre de la WSL. La victoire est revenue à Kai Odriozola chez les garçons U20, et à Sarah Leiceaga chez les filles U20 — deux jeunes talents du Pays basque.

    Le cas Anat Lelior : entre neutralité affichée et effacement discret

    L’incident de Zurriola s’inscrit dans un contexte plus large, où la question de la représentation des athlètes israéliens sur le circuit mondial est devenue particulièrement sensible.

    Quelques mois plus tôt, Anat Lelior, surfeuse olympique israélienne, avait participé au QS 3000 de Taghazout (Maroc) sans que sa nationalité n’apparaisse sur le site de la WSL. Elle y était listée comme appartenant au « monde », une désignation neutre déjà utilisée dans d’autres contextes tendus — notamment lors d’une étape à Abu Dhabi où toutes les nationalités avaient été masquées, après que la surfeuse australienne Tyler Wright ait porté un maillot aux couleurs du drapeau de la diversité.

    Le sport, un terrain de plus en plus politique

    La situation illustre l’équilibre délicat que doivent maintenir les instances sportives internationales, prises entre des exigences de neutralité et les pressions géopolitiques croissantes. Tandis que des organisations comme l’International Surfing Association (ISA) ont banni les surfeurs russes dès 2022, la WSL avait initialement adopté un label neutre pour les Russes — avant de revenir à l’appellation « Russian Federation » ces deux dernières années.

    Ces positions contradictoires alimentent les critiques. Certains y voient un deux poids deux mesures, d’autres dénoncent au contraire des interférences politiques dans des compétitions censées rassembler plutôt que diviser.

    L’annulation du WSL Junior Pro de Zurriola rappelle que même des disciplines perçues comme apolitiques peuvent être rattrapées par les tensions du monde. Le surf, à travers ses circuits professionnels, n’échappe plus aux débats internationaux sur la guerre, la représentation et les droits humains. Entre volonté d’inclusion et pressions locales, les organisateurs devront, à l’avenir, composer avec une réalité de plus en plus complexe.

  • Tom Lowe, miraculé de Teahupo’o pour la deuxième fois en 14 mois

    Tom Lowe, miraculé de Teahupo’o pour la deuxième fois en 14 mois

    Le surfeur britannique Tom Lowe a frôlé la mort une nouvelle fois sur l’une des vagues les plus dangereuses de la planète. Mercredi 4 juin 2025, lors d’un swell massif à Teahupo’o, en Polynésie française, Lowe a été retrouvé inconscient dans le lagon après une série de vagues qui l’ont maintenu sous l’eau. Sauveteurs de l’extrême, récits poignants, et destin hors du commun : retour sur l’un des drames les plus marquants de la saison.

    Une série noire sur le “End of the Road”

    Ce spot, célèbre pour ses tubes massifs et sa lèvre épaisse qui s’écrase sur un récif peu profond, est surnommé le « End of the Road ». Et pour cause : même les surfeurs les plus aguerris y jouent leur vie à chaque take-off. Tom Lowe, figure respectée du big wave riding, y a déjà laissé quelques morceaux. Le 28 avril 2024, il y subissait une première chute violente qui lui avait coûté cinq côtes cassées et un poumon perforé.

    « Je n’avais jamais frôlé la mort à ce point-là. C’était aussi réel que possible », confiait-il après coup.

    Et pourtant, à peine plus d’un an plus tard, le destin s’est acharné sur lui… au même endroit.

    Inconscient dans le lagon, sauvé in extremis

    Le 4 juin dernier, lors d’un swell solide, Tom Lowe s’élance sur une vague. Mais cette fois, il est happé par une série de trois à quatre vagues qui le maintiennent en apnée. Lorsque les sauveteurs, à bord de jet-skis, parviennent enfin à le récupérer dans le lagon, il est inconscient, sans respiration ni pouls.

    Deux hommes vont pourtant faire basculer l’histoire : Sage Burke, surfeur de Newport Beach, et le Tahitien Vetea David. Sur place, ils entament immédiatement un massage cardiaque et des gestes de réanimation, dans des conditions extrêmes.

    Par miracle, le cœur de Lowe repart, et il est évacué vers l’hôpital de Papeete, où il est toujours en observation.

    “Je ne me souviens de rien”

    Quelques jours après l’accident, Tom Lowe a brisé le silence avec un message bouleversant publié sur ses réseaux sociaux.

    🗣️ Paroles de surfeur

    « Alors voilà. Quelles étaient les chances de revivre une expérience de mort imminente à Teahupo’o dès mon retour sur cette vague ? Je suis reconnaissant que mon heure ne soit pas encore venue.
    Je n’ai aucun souvenir de l’accident, juste celui d’avoir craché de l’eau et du sang à la marina. On m’a dit que j’étais resté sous l’eau pendant deux ou trois minutes… Je me suis sûrement assommé sur le récif ou j’ai perdu connaissance sous la pression. C’est terrifiant de ne se souvenir de rien.
    Je dois la vie à mes anges gardiens, Vetea David et Sage Burke, qui m’ont sorti de l’eau et ramené à la vie. Si Vetea n’avait pas attrapé mon corps sans vie dans le lagon, Teahupo’o m’aurait emporté.
    Je suis un homme chanceux. Pour l’instant, je suis juste reconnaissant d’être en vie, de pouvoir serrer ma famille dans mes bras, et pour ces liens profonds tissés ici avec les gens et ce lieu magique. »

    Un témoignage poignant qui révèle l’ampleur du drame vécu — et surtout la force des liens noués autour de cette vague aussi belle que cruelle.

    Une séquence manquante qui interroge

    L’événement a été en partie capté par la caméra de Surfline qui retransmettait la session en direct. Mais une étrange coupure de 10 minutes dans la rediffusion intrigue. C’est justement pendant cette période que les secours sont intervenus.

    Le photographe Tim McKenna a publié sur Instagram des images et des témoignages poignants de la scène, rendant hommage aux sauveteurs et donnant des nouvelles rassurantes sur l’état de Tom : « Il est conscient, respire seul, et les médecins s’occupent d’évacuer l’eau de ses poumons. »

    Deux accidents en 14 mois, même spot, même frayeur

    Surfer deux fois de suite à Teahupo’o et s’en sortir vivant après deux quasi-noyades, cela tient du miracle. En avril 2024, Lowe avait pourtant failli perdre la vie : catapulté tête la première dans le récif, il avait réussi à regagner seul le bord, malgré son état grave, avant d’être évacué par hélicoptère.

    Moins d’un an plus tard, le cauchemar se répète. Cette fois, il perd connaissance, son corps ne réagit plus, et il doit la vie à l’intervention rapide de ses pairs. Deux expériences de mort imminente sur le même spot en l’espace de 14 mois : du jamais-vu dans le monde du surf de gros.

    Qui est Tom Lowe ?

    Originaire de Cornouailles, au Royaume-Uni, Tom Lowe est une figure incontournable du surf de grosses vagues. Son parcours est celui d’un passionné qui a quitté l’Atlantique nord pour se confronter aux vagues les plus terrifiantes de la planète : Mavericks, Puerto Escondido, Jaws ou Teahupo’o.

    En 2017, il monte sur le podium du Puerto Escondido Challenge, une épreuve du Big Wave Tour. Il est ensuite invité à l’Eddie Aikau Invitational en 2023 et 2024, une des compétitions les plus prestigieuses et sélectives du monde.

    Reconnu pour sa gentillesse et sa détermination, Tom est souvent décrit comme un « humble guerrier », respecté aussi bien pour sa technique que pour sa philosophie.

    Une communauté mobilisée

    Suite à l’accident, de nombreux messages de soutien ont afflué. Des légendes du surf comme Greg Long ou Dom Walsh ont appelé à envoyer de l’énergie positive à leur ami, saluant sa force de caractère et sa résilience. Une cagnotte GoFundMe a aussi été ouverte pour couvrir ses frais médicaux, son assurance voyage ne prenant pas en charge l’intégralité de ses soins.

    Sur Instagram, les témoignages de soutien se multiplient, preuve de l’impact de ce surfeur sur la communauté mondiale.

    Et maintenant ?

    L’avenir sportif de Tom Lowe reste incertain. Reviendra-t-il une troisième fois à Teahupo’o ? Cette question hante ceux qui le connaissent. Mais une chose est sûre : Lowe incarne l’essence même du surf de gros, entre courage, engagement et acceptation du risque.

  • Pavones : la gauche de 54 secondes qui fait rêver les surfeurs

    Pavones : la gauche de 54 secondes qui fait rêver les surfeurs

    Une vague, un surfeur, une minute d’exception

    Esteban Chaves, alias StokedChaves, est bien connu des Costaricains pour sa capacité à faire parler la poudre sur les gauches les plus rapides du pays. Mais début mai 2025, c’est le monde entier qui a pu admirer son talent. Sur une vague parfaitement dessinée à Pavones, il a enchaîné près de 54 secondes de glisse fluide, de turns puissants et même une section à tube, malgré le clapot du soir.

    Une minute à dompter une des vagues les plus longues au monde, devant une foule ébahie (environ 5 personnes au bar). Son deuxième turn a envoyé un spray si massif qu’on aurait dit qu’il avait traversé le Golfo Dulce. La section barrel a déclenché des cris d’encouragement depuis le rivage.

    Cette session n’a pas seulement marqué une saison déjà bien lancée dans l’hémisphère Sud ; elle a rappelé à tous pourquoi Pavones est un joyau à part dans l’univers du surf mondial.

    Pavones : la gauche légendaire du Costa Rica

    Situé à l’extrême sud du Costa Rica, presque à la frontière avec le Panama, Pavones est un village reculé, tranquille et hors du temps. On ne passe pas à Pavones par hasard. On s’y rend avec un objectif : surfer l’une des plus longues gauches de la planète.

    Ce pointbreak déroule sur plus de 800 mètres, parfois 1 km selon les houles. Il faut une bonne orientation sud-sud-ouest pour connecter les trois sections principales : la pointe, l’embouchure et le mur. En les enchaînant, c’est une vague de rêve qui s’offre à vous, entre murs lisses, quelques tubes bien placés, et des murs de turns à n’en plus finir.

    La sensation d’avoir surfé “sa plus longue vague à vie” y devient une réalité.

    Un spot exigeant, réservé aux motivés

    Malgré son ambiance “pura vida”, Pavones n’est pas une promenade de santé. Il faut déjà l’atteindre : 8 heures de route depuis San José, ou 1h30 depuis Golfito, à condition d’avoir une voiture adaptée pour finir sur la piste.

    Dans l’eau, la sélection naturelle opère. Le courant est puissant, les séries longues, et la foule parfois compacte quand les prévisions sont optimales. Pas de place pour les surfeurs débutants : ici, on rame beaucoup, on positionne bien son take-off, et on garde de l’énergie pour tenir jusqu’au dernier cutback.

    Comme le dit Esteban Chaves : « Seuls les plus affûtés survivent, seuls les meilleurs en tirent le maximum. »

    Une vague qui ne se contente pas d’être longue

    Si la réputation de Pavones repose sur sa longueur, sa magie réside dans les opportunités qu’elle offre. Certains jours, la vague creuse assez pour offrir un tube, même court, au milieu du ride. D’autres fois, ce sont les sections lisses à perte de vue qui permettent aux surfeurs de tracer des arcs puissants, de glisser d’un turn à l’autre avec un rythme hypnotique.

    La vague d’Esteban en mai 2025 en est l’exemple parfait : un départ fluide, des carves précis, un enchaînement millimétré de manœuvres backside, jusqu’à un barrel final. Une masterclass capturée par Gallo Pinto TV, à étudier au ralenti pour tout surfeur qui rêve de progresser backside.

    Bien plus qu’un simple trip surf

    Pavones, c’est aussi une ambiance unique, loin des spots plus “fashion” comme Santa Teresa. Le village vibre au rythme des marées et du surf, avec quelques sodas typiques, deux-trois restaus, et une vie nocturne quasi inexistante. Idéal pour se coucher tôt et se lever à l’aube.

    Autour, la nature est reine : jungle tropicale, estuaires, cascades, et même observation des baleines à bosse dans le Golfo Dulce. C’est un paradis pour les amoureux de nature sauvage. Vous pouvez partir en randonnée, faire du kayak dans les mangroves, monter à cheval sur la plage ou prendre un cours de yoga en plein air après une session.

    Et quand ça ne marche pas à Pavones ?

    Ce qui rend le sud du Costa Rica si spécial, c’est la possibilité de varier les plaisirs. À quelques kilomètres au sud, Punta Banco offre des gauches et une droite, souvent plus tolérantes. Et si le swell est trop timide, d’autres secrets locaux peuvent se révéler si vous prenez le temps d’échanger avec les habitués.

    Le meilleur moment pour y aller

    La haute saison pour Pavones s’étale d’avril à octobre, avec un pic entre mai et août, quand les houles du sud tapent avec le bon angle. Mais le spot reste surfable toute l’année. Hors saison, vous gagnerez en tranquillité, au risque de ne pas connecter les sections.

    Les logements sont limités, mieux vaut réserver en avance, surtout si vous visez un trip entre potes ou une retraite surf/yoga. Il existe aussi quelques coachs ou guides comme Esteban Chaves, basé à Santa Teresa mais souvent à Pavones, disponibles pour vous faire progresser et comprendre le spot.

    Pavones, pour les amoureux du surf pur

    Pavones, c’est ce rêve d’enfant devenu réalité : une vague interminable, une nature intacte, et une communauté de passionnés loin de l’agitation des grosses stations balnéaires.

    Ce n’est pas un spot pour flâner. C’est une destination pour ceux qui veulent ressentir pleinement ce que le surf a de plus intense à offrir. Une minute de glisse ininterrompue, ça change une vie. Et comme l’a prouvé Esteban Chaves en mai 2025, ces moments-là existent bel et bien.

  • Drame sur l’Eisbach : Munich ferme sa vague iconique après la mort tragique d’une surfeuse

    Drame sur l’Eisbach : Munich ferme sa vague iconique après la mort tragique d’une surfeuse

    Une session nocturne vire au cauchemar

    Dans la nuit du 24 mars 2025, une session de surf sur la vague urbaine de l’Eisbach, en plein cœur de Munich, a tourné au drame. Une jeune surfeuse allemande a perdu la vie après être restée coincée sous l’eau durant près de trente minutes, son leash accroché à un objet non identifié dans le lit de la rivière.

    Malgré l’intervention désespérée de ses amis et des secours, la jeune femme n’a pas survécu. Une semaine après le drame, elle est décédée à l’hôpital. La scène a profondément choqué la communauté locale, mais aussi les amateurs de surf du monde entier.

    Une vague mythique, symbole du surf urbain

    L’Eisbach, cette vague stationnaire formée par un saut hydraulique sous un pont près du musée Haus der Kunst, est un spot mythique. Depuis que le surf y est devenu officiellement autorisé en 2010, il attire riders, curieux et photographes des quatre coins du monde. Alimentée par un débit de 25 000 litres par seconde, la vague est formée par une marche en béton et des blocs immergés, créant un courant puissant et constant.

    Mais cette puissance est aussi ce qui a rendu toute tentative de sauvetage presque impossible. Lorsque la surfeuse a été emportée sous l’eau, ses amis ont tenté de détacher le leash. En vain : la force du courant ne leur a laissé aucune chance.

    Une enquête ouverte, des questions qui dérangent

    Dans les jours qui ont suivi le drame, les autorités munichoises ont décidé de fermer l’accès à l’Eisbach jusqu’à nouvel ordre. La zone a été balisée, des panneaux « Entrée interdite » ont été installés, et les contrevenants s’exposent à des amendes allant jusqu’à 50 000 euros.

    Le parquet de Munich a lancé une enquête pour « atteinte corporelle par négligence ». Le 30 avril 2025, les services de secours ont abaissé le niveau de la rivière afin d’inspecter minutieusement le lit du cours d’eau. Cinquante policiers, dont des plongeurs spécialisés, ont exploré la zone. Aucune structure imposante n’a été retrouvée, mais plusieurs petits objets métalliques ont été collectés pour analyse.

    Le petit ami de la surfeuse porte plainte : négligence pointée du doigt ?

    Fait marquant : le petit ami de la victime a déposé plainte contre la municipalité de Munich. Il dénonce un manque de sécurité et une mauvaise gestion des risques liés à l’environnement du spot. L’affaire pourrait ouvrir un précédent juridique : si une négligence est reconnue, des charges de homicide involontaire pourraient être envisagées.

    Cette plainte soulève des interrogations plus larges sur la gestion des spots de surf urbains, souvent autogérés par la communauté mais peu encadrés juridiquement. L’Eisbach, malgré sa renommée, reste un environnement à haut risque.

    La vague rouvre avec de nouvelles règles

    Le 21 juillet 2025, la mairie de Munich a annoncé la réouverture officielle de la vague, assortie de nouvelles règles strictes.

    Désormais, le surf n’est autorisé qu’entre 5h30 et 22h00, afin de garantir que toute intervention de secours se déroule de jour. Seuls les surfeurs expérimentés sont admis sur le spot, et chaque pratiquant doit désormais utiliser un leash avec système de libération rapide.

    Selon Moritz von Sivers, représentant de l’association de surf de Munich, le véritable danger réside sous la vague, où des pierres de la taille de briques, destinées à limiter l’érosion, peuvent devenir des pièges pour les leashs. Ces éléments structurels ne seront probablement jamais totalement éliminés, mais l’objectif est désormais de réduire le risque au maximum.

    Une vague toujours aussi symbolique

    Pour les nombreux surfeurs munichois, l’Eisbach représente bien plus qu’un simple lieu de pratique : c’est un symbole de liberté, un défi technique et une part essentielle de l’identité surf allemande.

    La réouverture, bien que stricte, est accueillie comme un soulagement par la communauté, encore marquée par le drame. Elle signe aussi une nouvelle ère pour le surf urbain, plus conscient des risques, mais toujours aussi passionné.

    Une alternative coûteuse : la vague artificielle

    En attendant, les surfeurs munichois n’ont qu’une seule alternative : la vague artificielle Endless Surf récemment ouverte en périphérie de la ville. Si la technologie permet des sessions variées et sécurisées, l’accès reste cher, et l’expérience ne remplace pas le charme brut de l’Eisbach.

    Un tournant pour le surf urbain ?

    L’accident de Munich pourrait faire date. Il pose une question cruciale : comment garantir la sécurité dans des environnements urbains où la nature est partiellement maîtrisée, mais jamais domptée ?

    Les vagues de rivière, de plus en plus populaires à travers le monde (Suisse, Canada, États-Unis… France ?), devront sans doute revoir leurs standards de sécurité. Le drame de l’Eisbach rappelle brutalement que le surf, même loin de l’océan, reste un sport à risques. Mais la question qui reste en suspens, est-il possible qu’une plage soit fermée aux surfeurs parce qu’elle est trop dangereuse ? Imaginons la fermeture administrative de certaines plages comme Nazaré, Belharra ou des spots de rocher, où les risques sont réels….

  • Le combat de Jérémy Florès : de la vague au vertige de la maladie

    Le combat de Jérémy Florès : de la vague au vertige de la maladie

    Derrière les victoires en série et les tubes parfaits, un autre défi attendait Jérémy Florès. Invisible. Implacable. Depuis 2022, le meilleur surfeur français de l’histoire affronte une tumeur cérébrale. Un bouleversement intime qu’il révèle dans le bouleversant documentaire Dos au mur.

    Un champion français devenu icône mondiale

    Révélé à 18 ans en 2006, Jérémy Florès devient alors le plus jeune surfeur de l’histoire à se qualifier pour le World Tour. Une ascension fulgurante ponctuée de premières historiques : premier Français vainqueur sur le CT à Pipeline (2010), un score parfait à Teahupo’o (20/20 en 2011), une victoire mythique à la maison lors du Quiksilver Pro France.

    Mais derrière cette success story, l’enfant de La Réunion portait déjà des blessures invisibles.

    Les prémices d’un mal profond

    Avant même son retrait du circuit en 2021, des signes s’accumulent. Fatigue chronique, migraines violentes, recours quotidien aux anti-inflammatoires. Au départ, Jérémy met ces douleurs sur le compte de ses multiples chutes, des traumatismes liés à une vie entière passée à défier l’océan.

    Mais à l’automne 2022, le verdict tombe : une tumeur est détectée à la base de son cerveau. Le ciel s’écroule.

    « Tu ne peux pas être préparé à ce genre d’annonce. Le pire moment de ma vie. »

    Il confesse aussi avoir longtemps gardé le silence, par fierté. « Je suis quelqu’un de très fier, je n’ai jamais eu envie de montrer mes faiblesses. » Ce n’est qu’à travers ce documentaire qu’il a choisi de tout dire, comme une forme de libération : « Les gens qui me suivent depuis longtemps ont le droit de savoir. »

    Un choc, puis une plongée intérieure

    La nouvelle frappe Jérémy alors qu’il pensait tourner une page paisible. Jeune père, il imaginait profiter de la vie, loin des compétitions, auprès de sa famille. Mais l’opération devient inévitable. Risquée. À l’issue incertaine.

    En octobre 2022, il subit une intervention en condition éveillée à Montpellier, supervisée par le neurochirurgien Hugues Duffau.

    « Pendant plusieurs semaines, je n’ai fait que pleurer. Pourquoi moi, pourquoi maintenant ? »

    La convalescence est rude : Jérémy doit réapprendre à parler, lire, écrire. Il raconte avoir eu des pertes de mémoire si sévères qu’il ne reconnaissait plus ses enfants. Aujourd’hui encore, il vit avec des séquelles. Des IRM réguliers permettent de suivre l’évolution des 10 % de la tumeur encore présents.

    « Niveau mémoire, je suis encore loin d’être au top. » plus jamais surfer.

    Des cicatrices invisibles : santé mentale et sport de haut niveau

    Le documentaire STRoNG, aussi forts que fragiles, diffusé sur Prime Video, avait déjà levé le voile sur une autre facette du champion : la santé mentale. Dépression, burn-out, perte de repères, pensées noires… autant d’épisodes douloureux que Florès a traversés avant même son diagnostic physique.

    « Je n’ai jamais fait de tentatives suicidaires, mais j’y ai pensé. Quand tu ne ressens plus d’émotions, tu te demandes à quoi bon. »

    La performance cache souvent des souffrances. Derrière les podiums, l’athlète accumulait le poids des attentes, de la pression, et d’un rythme effréné qui ne laisse pas place à l’introspection.

    La famille comme bouée de sauvetage

    Sa rencontre avec Hinarani de Longeaux, ex-Miss Tahiti, a été un tournant. Leur couple devient un refuge, un socle. Puis la naissance de leurs enfants, en particulier celle de leur fille Hinahei, agit comme une véritable renaissance.

    « Elle m’a guéri. Elle a cicatrisé toutes ces plaies un peu à vif. »

    Aujourd’hui, c’est dans ce cocon qu’il puise la force de continuer. Le surf reste là, mais la priorité, désormais, c’est le présent. Chaque jour.

    “Dos au mur” : un documentaire poignant

    Réalisé par Julie et Vincent Kardasik, Dos au mur sera diffusé le 16 juin sur Canal+ Docs. Ce film suit Jérémy dans son intimité, depuis son retrait du circuit jusqu’à l’opération, en passant par son engagement auprès de la jeune génération française (Kauli Vaast, Vahine Fierro). On y découvre aussi son rôle de père, d’entraîneur, et d’homme confronté à sa plus grande peur.

    Documenté comme un hommage à sa carrière et à sa résilience, Dos au mur explore les multiples facettes de Florès : le compétiteur féroce, l’enfant réunionnais, le mentor de Kauli Vaast, le père, le mari, le survivant. Kelly Slater, son père Patrick, ou encore sa compagne y livrent des témoignages bouleversants.

    Le film ne montre pas seulement des exploits. Il dévoile un homme, dans ses forces et ses fragilités, dans ses larmes comme dans ses sourires. Un surfeur qui apprend à vivre autrement, sans calendrier ni pression.

    Une inspiration pour toute une génération

    Aujourd’hui âgé de 37 ans, Jérémy Florès vit avec sa tumeur. Aucun miracle, pas de rémission totale annoncée. Mais il est là. Vivant. Et surtout, lucide.

    « Je vis au jour le jour, et j’espère, le plus longtemps possible. »

    Son témoignage brise les tabous sur la maladie, physique ou mentale. Il incarne une autre vision du surf de haut niveau, plus humaine, plus vulnérable – et donc plus puissante encore.

    Le coach, le passeur, l’héritier

    Un an après l’opération, Jérémy reprend pied dans l’action. Il devient coach de l’équipe de France pour les JO de Paris 2024. Il accompagne notamment Kauli Vaast (or olympique) et sa belle-sœur Vahine Fierro (victorieuse du Tahiti Pro 2024). Ces réussites, il les vit comme les siennes.

    « C’était le moment le plus fort de ma carrière. »

    Il développe aujourd’hui le projet Héritage, une structure commune entre les fédérations française et tahitienne pour former l’élite de demain, en vue des JO de Los Angeles 2028 et Brisbane 2032.

    Au-delà de la vague

    L’histoire de Jérémy Florès n’est pas celle d’un homme qui tombe. C’est celle d’un homme qui se relève, encore et encore. Qui ose montrer ses failles, et les transforme en force. Qui apprend à vivre sans gagner, à aimer sans compétition, à se réinventer hors de l’eau.

    À ceux qui le regardaient comme un champion, il répond aujourd’hui comme un père, un mari, un homme en quête d’équilibre. Et à tous les jeunes, surfeurs ou non, qui doutent, il adresse ce message : même les héros pleurent. Et ils continuent d’avancer.

    Il lui reste 10 % de la tumeur, une épée de Damoclès qu’il apprend à apprivoiser. Mais Florès ne vit plus dans la peur. Il avance, au jour le jour, avec sa famille, ses projets, et une nouvelle vision de la vie. Un message fort à retrouver dans Dos au mur, le 16 juin sur Canal+ Docs.

  • Les meilleures destinations surf à explorer en juin

    Les meilleures destinations surf à explorer en juin

    Juin, c’est un mois magique où l’été s’installe au nord, pendant que l’hiver bat son plein au sud. Résultat : les deux hémisphères balancent des vagues à gogo, mais c’est surtout l’hémisphère sud qui commence à dérouler sérieusement. Et comme les foules estivales ne sont pas encore là, c’est le moment idéal pour s’offrir un surf trip bien calé.

    Que tu sois débutant en quête de vagues accessibles ou chargeur à la recherche de pointbreaks tubulaires, voici les meilleures destinations surf pour le mois de juin. Avec à chaque fois, les infos qui comptent : température de l’air, température de l’eau, niveau requis, conditions de vagues et budget moyen.

    Les valeurs sûres de juin

    Indonésie – Bukit, Bali & Mentawai

    • Température de l’air : 27-30°C
    • Température de l’eau : 28°C
    • Conditions : swell régulier, houle longue et propre, vent offshore, spots orientés sud/sud-ouest
    • Niveau : intermédiaire à expert (sauf Kuta et Canggu : parfait débutant)
    • Prix moyen : 30-50€/jour

    Pourquoi y aller ? Parce que c’est l’Indo en juin. Les alizés soufflent offshore, les swells tapent plein sud, et les reefbreaks comme Uluwatu, Padang Padang, ou encore Lances Right dans les Mentawai fonctionnent à plein régime. Le tout dans une ambiance tropicale, bière Bintang à la main après la session.

    Mexique – Salina Cruz & Puerto Escondido

    • Température de l’air : 30-34°C
    • Température de l’eau : 28°C
    • Conditions : swell consistant, beachbreaks puissants (Puerto), points creux (Salina Cruz)
    • Niveau : intermédiaire à expert
    • Prix moyen : 35-60€/jour

    Pourquoi y aller ? Le sud du Mexique vit sa meilleure période surf de l’année en juin. À Salina Cruz, les pointbreaks déroulent avec une régularité bluffante. Et si t’as le niveau (et les nerfs), Puerto Escondido t’attend avec ses tubes monumentaux. Ambiance roots, tacos et sessions en boardshort.

    Afrique du Sud – Jeffreys Bay & plus

    • Température de l’air : 18-22°C
    • Température de l’eau : 16-18°C
    • Conditions : longues droites mécaniques, vent offshore fréquent
    • Niveau : intermédiaire à confirmé
    • Prix moyen : 25-40€/jour

    Pourquoi y aller ? Parce que c’est le pic de saison à J-Bay. Les houles d’hiver venues de l’Atlantique Sud s’enroulent le long de la côte pour donner vie à l’une des plus belles droites du monde. Et si t’as un peu d’aventure en toi, pousse jusqu’en Namibie : Skeleton Bay peut aussi s’aligner en juin. Deux légendes, une même houle.

    Spots débutants-friendly

    France – Biarritz & Hossegor

    • Température de l’air : 20-25°C
    • Température de l’eau : 18-20°C
    • Conditions : beachbreaks variés, houle modérée, bonne fréquence
    • Niveau : débutant à intermédiaire
    • Prix moyen : 60-90€/jour

    Pourquoi y aller ? C’est la maison. Et en juin, les conditions sont souvent idéales pour progresser sans trop se faire peur. Côte des Basques, vague de sable ou point break : que du bonheur pour les débutants. Et en prime, la gastronomie basque et les écoles de surf à tous les coins de plage. Côté Landes, parmi les meilleurs beach breaks au monde avant la surpopulation du mois de juillet ou aout.

    Costa Rica – Tamarindo

    • Température de l’air : 27-30°C
    • Température de l’eau : 28°C
    • Conditions : vagues douces, longues, régulières
    • Niveau : tous niveaux
    • Prix moyen : 40-60€/jour

    Pourquoi y aller ? Parce que Tamarindo, c’est le spot chill par excellence. Tu surfes le matin, tu manges un ceviche à midi, tu surfes encore à marée haute. Les vagues sont douces, les locaux cools, et tu progresses vite dans une ambiance tropicale détendue.

    Maldives – Atolls nord

    • Température de l’air : 28-32°C
    • Température de l’eau : 28-30°C
    • Conditions : reefbreaks accessibles, houle sud/sud-ouest
    • Niveau : intermédiaire
    • Prix moyen : 60-100€/jour (hors vol)

    Pourquoi y aller ? Parce que c’est encore assez calme avant les grosses affluences de juillet. Et surtout, les vagues comme Cokes ou Ninjas sont parfaitement calées, avec des setups propres et réguliers. Tu surfes sur des reefs de rêve dans une eau translucide, avec des dauphins pas loin.

    L’Europe sauvage et fraîche

    🇬🇧 Écosse – Thurso East et la côte nord

    • Température de l’air : 12-18°C
    • Température de l’eau : 11-13°C
    • Conditions : reefbreaks solides, peu fréquentés
    • Niveau : intermédiaire à expert
    • Prix moyen : 60-80€/jour

    Pourquoi y aller ? Parce que personne n’y pense, et que pourtant, les spots comme Thurso peuvent rivaliser avec ceux du Sud. Faut aimer l’eau froide (5/4 obligatoire), mais tu seras presque seul sur des vagues de qualité, avec des paysages dignes d’un film de fantaisie.

    Islande – La côte sud

    • Température de l’air : 10-15°C
    • Température de l’eau : 8-11°C
    • Conditions : reefs isolés, météo changeante, pas un chat à l’eau
    • Niveau : confirmé à expert
    • Prix moyen : 90-150€/jour, c’est une destination onéreuse

    Pourquoi y aller ? Pour le trip de ta vie. L’Islande, c’est pas tous les jours, mais en juin, les conditions sont un peu plus douces (surtout côté météo). Les houles de l’Atlantique Nord tapent régulièrement les côtes, et les spots peuvent réveiller de belles surprises si tu es équipé. Les journées ne s’arrêtent jamais, vous pouvez surfer 24H sur 24H….

    Le bon plan du mois : Sri Lanka – Weligama & Mirissa

    • Température de l’air : 28-32°C
    • Température de l’eau : 28°C
    • Conditions : beachbreaks doux, bonne fréquence, ambiance tropicale
    • Niveau : débutant à intermédiaire
    • Prix moyen : 25-40€/jour

    Pourquoi y aller ? Parce que le Sri Lanka retrouve peu à peu son public, et que le sud fonctionne encore bien en juin. Weligama est un des meilleurs spots pour apprendre, avec une vibe très chill. Idéal si tu veux progresser et déconnecter sans te ruiner.

    Où que tu partes, profitez du surf

    Juin est un mois en or pour les surfeurs qui savent sortir des sentiers battus (ou pas). Entre les valeurs sûres comme l’Indonésie, les destinations zen pour progresser comme le Costa Rica ou les trips plus roots en Islande ou Écosse, il y a forcément un spot qui te fera vibrer.

  • Une vague parfaite née du chaos au Chili

    Une vague parfaite née du chaos au Chili

    Le 28 août 2023 restera gravé dans les esprits des surfeurs chiliens comme le jour où l’improbable est devenu réel. Ce jour-là, à Cahuil, petit village côtier de la région de O’Higgins, une vague parfaite a vu le jour. Une gauche tubulaire, longue, puissante, sculptée par le hasard des éléments. Un mirage éphémère né d’un événement climatique hors normes.

    Une crue qui redessine le littoral

    Quelques jours plus tôt, un système frontal d’une rare intensité avait balayé le centre et le sud du Chili. En six jours, il est tombé jusqu’à 791 mm de pluie. Une pluie diluvienne qui a gonflé les rivières, débordé les estuaires, bouleversé les équilibres naturels.

    À Cahuil, l’estuaire a littéralement explosé sous la pression des eaux. Sa géographie a été redessinée. Le sable a bougé, les bancs se sont formés autrement, ouvrant un passage nouveau vers l’océan. Et dans cette ouverture : une vague. Unique. Improbable. Magique.

    Le rendez-vous parfait entre houle et sable

    Le 28 août, la houle du sud-ouest est arrivée pile au bon moment. Les conditions étaient réunies : fond sablonneux sculpté par les crues, courant modifié, vent favorable. Le résultat : une gauche tubulaire d’une perfection presque irréelle. Des tubes longs, creux, rapides – jamais vus auparavant à Cahuil.

    La vidéo intitulée “Cahuil Perfección” documente ce moment suspendu dans le temps. On y voit des surfeurs locaux dompter cette vague comme si elle sortait tout droit d’un rêve. Le plus fou ? Cette vague ne se reproduira peut-être jamais. Elle est le fruit d’une combinaison météorologique rarissime.

    Quand la nature façonne des joyaux

    Ce type de phénomène rappelle que les meilleures vagues ne sont pas toujours celles qu’on trouve sur la carte. Parfois, elles apparaissent là où on ne les attend pas. Parfois, elles ne vivent qu’un jour. Et c’est ce qui les rend encore plus précieuses.