Auteur/autrice : Kelly Slater

  • Frostbite : la nouvelle bombe visuelle qui révèle Ned Hart, 18 ans et déjà prêt pour le Nord sauvage

    Frostbite : la nouvelle bombe visuelle qui révèle Ned Hart, 18 ans et déjà prêt pour le Nord sauvage

    On ne connaît pas encore tous le nom de Ned Hart, mais cette vidéo risque bien de changer les choses. À seulement 18 ans, le jeune surfeur s’est offert un trip à travers l’Écosse et l’Irlande qui sent la tourbe, les caillasses coupantes et les lèvres épaisses prêtes à tout avaler. Le film, signé par le talentueux Oscar James, est une ode à l’audace, au froid, et à ce goût très particulier qu’ont certains pour les vagues qui ne pardonnent rien.

    Dès les premières images, le ton est donné : ici, on ne parle pas d’un simple surf trip, mais d’une véritable immersion dans la rugosité du North Atlantic, là où la terre semble vouloir avaler l’océan, et où les vagues, souvent épaisses comme des murs, semblent spécialement fabriquées pour les surfeurs dotés d’un mental en béton et d’un cœur un peu fou. Ned fait partie de cette espèce-là. À chaque take-off, on sent qu’il n’est pas seulement là pour survivre : il veut comprendre, apprivoiser, dialoguer avec ces bombes froides.

    Oscar James raconte d’ailleurs que rien n’était prévu. Pas d’idée de film, pas de plan marketing : seulement quelques potes entassés dans une voiture saturée de boards et d’odeur de néoprène humide, prêts à suivre leur instinct. “On ne se prend pas trop au sérieux. On reste de grands enfants qui aiment jouer dans la mer”, dit-il. Et c’est exactement ce que retransmet Frostbite : un concentré de sessions givrées, de souvenirs gravés au scalpel, d’euphorie brute.

    La vidéo a d’ailleurs été projetée dans des salles pleines en Australie, à Bali, Londres ou encore en France. Une sorte de mini-tournée mondiale improvisée qui a confirmé que ce projet touchait quelque chose de vrai, de viscéral. Ce n’est pas un film pensé pour les awards ou les deals de sponsors : c’est un hymne à ceux qui rêvent, à ceux qui tracent leur route là où les cartes ne sont jamais vraiment fiables.

    Et puis surtout : quand Ned Hart rame sur une vague, tu comprends tout de suite que tu regardes quelqu’un qui va compter. Vague après vague, tube après tube, l’adolescent enchaîne les moments “oooeeeee !” comme si de rien n’était, avec une maturité de lecture des sections qui ferait rougir bien des vétérans.

    Bref, Frostbite n’est pas juste une vidéo. C’est le genre de film qui te donne envie de remettre un leash, d’enfiler des chaussons trop froids et d’aller te frotter à ce que l’océan a de plus vrai. Une ode au surf pur, brut, sans compromis.

  • Lost in the Waves : l’art de vivre les galères en souriant

    Lost in the Waves : l’art de vivre les galères en souriant

    Impossible de passer à côté : dès que l’équipe de Lost in the Waves (à mi-chemin entre Lost in the Swell et leurs délires habituels) sort une nouvelle aventure, c’est un petit événement sur Icônes Surf. Leur dernière vidéo en est la preuve : un mélange de mer déchaînée, de bricolage marin, de surf épique, de galères XXL… et surtout de cette bonne humeur contagieuse qui fait leur marque de fabrique.
    Et rien qu’en lisant ces quelques lignes, on comprend pourquoi le teaser avait cartonné.

    L’idée simple (et folle) : louer un voilier 38 jours et partir… là où le vent décide

    Au départ, rien ne semble simple. Louer un bateau ? Pas si évident que ça, mais l’équipe déniche finalement un petit RM 890 — un “van des mers”, parfait pour l’été, mais pas vraiment construit pour traverser l’Europe du Nord en hiver.
    Peu importe : les trois compères partent quand même, avec leur énergie habituelle, quelques tonnes de matériel (dont une quantité absolument indécente de wings, foils et boards), et ce sourire de “bon, ça va être tendu… mais on y va tout de même”.

    Et pour que la mise à jour des compétences soit carrée, ils embarquent rien de moins que Samantha Davies, héroïne du Vendée Globe et navigatrice hors pair, pour un petit “réglage technique” depuis La Trinité jusqu’à Camaret (blague bien évidemment). Une sorte de stage commando, version marine, où Sam les briefe sur tout : les quarts de nuit, les règles de sécurité, les manœuvres, les risques… et les limites de leurs petits gilets.

    Premières nuits : 30 nœuds, du stress, de la brume… et un cargo fantôme dans le noir

    Rapidement, l’ambiance glisse du “petit trip sympa” à “bienvenue dans le Mordor”.
    Entre la brume épaisse, les cargos silencieux qui surgissent de nulle part et les tours de garde nocturnes qui ressemblent à des veillées funèbres, le doute s’installe souvent.
    L’un des moments les plus marquants ? Cette communication radio paniquée en plein milieu du rail d’Ouessant, alors qu’un cargo invisible fond droit sur eux dans la nuit la plus totale.
    “Go faster if you can”… leur lâche le capitaine du mastodonte avec un calme surréaliste.

    C’est le quotidien : froid mordant, rafales à 30 nœuds, bateaux qui couinent, lignes qui claquent, et ce mélange délicieux d’adrénaline et d’angoisse.

    Quand le surf prend le relais : sessions mutantes, mystère… et secret spot en mode floutage absolu

    Puis il y a le surf. Celui qui justifie tout. Même les nuits blanches, les vomis dans les chaussures et les ancrages douteux.

    Leur chasse aux vagues ressemble à un film : une côte mystérieuse, un slab mutant où un seul bodyboarder ose se jeter, un reef qui punit toute erreur, et une ambiance qui alterne entre adrénaline pure et respect total de l’océan.

    L’équipe score des sessions d’anthologie :

    • des gauches interminables,
    • des droites ultra creuses,
    • des lignes parfaites pendant une semaine entière,

    Ils finiront par révéler le secret : ils sont en Corse. (bien sûr qu’on rigole)
    Mais comme toujours, dans le respect total des locaux… tout (littéralement tout) est flouté.
    Même les châteaux, les montagnes, les bateaux, les plaques, les phares… tout y passe, jusqu’à transformer l’editing en travail de fourmi sur plusieurs semaines.

    L’envers du décor : la fatigue, le froid, les galères… mais toujours le rire

    Ce qui marque le plus dans cette équipe qu’on commence à connaître, c’est l’humanité. La capacité de ces trois-là à tourner chaque galère en private joke. Vent glacial ? Ils rient. Autopilote en grève ? Ils rient. Tours de garde interminables ? Ils rient. Sacs de matériel qui envahissent tout le bateau ? Ils rient encore.
    Même la merde absolue du “on est dans le mauvais port, il reste 20 heures de navigation dans la tempête” devient matière à sourire.

    On sent la fatigue :
    l’estomac retourné, les nuits hachées menu, l’humidité permanente, la peur parfois…
    Mais toujours ce fil rouge : la joie de vivre.

    Cette joie rare, authentique, brute, qui fait que Lost in the Waves / Lost in the Swell n’est pas un énième vlog de surf : c’est une philosophie.

    Quand l’aventure se heurte au localisme : le cas irlandais

    La vidéo n’a pas seulement fait parler pour ses images marines et ses galères en série : elle s’est aussi retrouvée au cœur d’une polémique. Plusieurs surfeurs irlandais ont publiquement exprimé leur mécontentement, expliquant que l’équipe aurait surfé — et filmé — des spots tenus secrets de longue date, où la règle non écrite est simple : tu peux surfer, mais tu ne filmes pas, et encore moins tu diffuses.

    Certains commentaires sont sans appel :

    “Ils ont surfé des spots secrets où personne ne filme ni ne prend de photos. Ils ont été accueillis, mais on leur a demandé de ne rien filmer. Six mois plus tard, une vidéo sort. C’est un manque total de respect pour les locaux et le code des surf explorers. Ils ne sont plus les bienvenus en Irlande.”

    Difficile, pour quiconque n’a pas vu la version originale, de dire si les images dévoilaient réellement le spot ou non. La version actuellement en ligne est visiblement coupée, preuve que la contestation a eu un impact réel.

    Un débat aussi vieux que le surf

    Cette histoire en dit long sur un sujet récurrent depuis les débuts du surf moderne :
    la tension entre l’exploration, le partage, la création de contenu… et la protection farouche de certains spots locaux.
    À Hawaii, en Californie, en Afrique du Sud, en Tasmanie, en Bretagne ou au Pays basque : les mêmes frictions existent depuis des décennies.

    Pour les uns, filmer n’est qu’un moyen de raconter une aventure, sans volonté de dévoiler quoi que ce soit. (d’autant qu’ils ont fait de grands efforts pour protéger le spot)
    Pour les autres, chaque plan, même flouté, chaque silhouette de falaise ou nuance de roche peut mener des surfeurs du monde entier sur un terrain qu’ils jugent trop fragile, trop fréquenté, trop précieux.

    La vérité ?
    Elle oscille souvent entre les deux :
    un amour commun de l’océan… mais des visions différentes sur la manière de le partager.

    Une fin à leur image : 4 jours de mer, zéro réseau, des choix météo tendus… et un retour très rock’n’roll

    La dernière partie du trip ressemble à une fuite en avant.
    La météo change toutes les heures. Les routages se contredisent. Les rafales montent.
    Et pourtant, il faut rentrer la bateau à temps pour le propriétaire, prêt à le reprendre le lendemain matin.

    Résultat :

    • départs dans l’aube noire,
    • rafales à 34 nœuds,
    • pluie glaciale,
    • paysages fantomatiques,
    • mer démontée,
    • autopilote capricieux,
    • nuits sur les nerfs…

    Mais ils arrivent.
    Éreintés, rincés, trempés, mais heureux, évidemment.

    Parce que l’aventure, c’est ça :
    une addition de moments difficiles… que l’on transforme ensemble en souvenirs inoubliables.

  • Kauli Vaast en mode tranchant pour un trip explosif au Portugal

    Kauli Vaast en mode tranchant pour un trip explosif au Portugal

    Dès les premières secondes, la dernière vidéo de Kauli Vaast plonge dans une ambiance qui colle parfaitement à son surf : intense, fluide et affûtée. Direction le Portugal, sous une bande-son rap local qui donne immédiatement le ton. Kauli y enchaîne sessions glaciales mais solides, entouré d’amis et de quelques riders Quiksilver croisés dans un format vlog plutôt cool.

    Des turns affûtés et un surf en pleine maturité

    Dans ce clip tourné plus tôt dans l’année, Kauli apparaît dans une forme étincelante. Ses turns millimétrés — rapides, précis et parfaitement engagés — montrent à quel point le jeune Tahitien a encore élevé son surf. Chaque section semble un terrain de jeu où il peut exprimer toute son explosivité.

    On retrouve également cette aisance aérienne qui fait partie de son arsenal depuis plusieurs saisons. Les airs sont propres, posés : juste l’essentiel, exécuté avec une maturité.

    Supertubos en mode claque visuelle

    Difficile de parler de surf au Portugal sans évoquer Supertubos, et Kauli ne s’en prive pas. Quelques séquences bien grasses montrent un Vaast lancé dans des barrels rapides et techniques, où sa lecture de vague fait merveille. Le montage, soigné et dynamique, met parfaitement en valeur les tubes de ce beachbreak mythique.

    Ambiance vlog : Jérémy Florès en mode chamaille et l’équipe Quik au complet

    Une partie du charme de la vidéo réside aussi dans les passages plus légers. Les scènes de vlog dévoilent une atmosphère bonne enfant, notamment quelques piques et chamaillements entre Kauli Vaast et Jérémy Florès, qui apportent une touche familière et amusante. On y aperçoit également des riders Quiksilver venus partager ces sessions.

    Une vidéo simple, bien montée… et très efficace

    Pas de surenchère ni de mise en scène inutile : Kauli montre ce qu’il sait faire de mieux, soutenu par un montage propre, une musique entraînante et l’énergie brute d’un trip entre amis. Résultat : une vidéo punchy, agréable à regarder, et qui donne clairement envie d’aller se geler les mains au Portugal.

  • Deux prodiges tahitiennes brillent à Sunset Beach : Kiara Goold triomphe, Aelan Vaast confirme

    Deux prodiges tahitiennes brillent à Sunset Beach : Kiara Goold triomphe, Aelan Vaast confirme

    Il y a des moments où le surf féminin bascule dans une nouvelle ère. Ce week-end à Sunset Beach, deux jeunes talents tahitiens ont offert au monde une démonstration aussi éclatante que prometteuse. Kiara Goold, 15 ans à peine, a remporté le HTA Sunset Pro avec une maturité qui dépasse largement son âge, tandis que Aelan Vaast a signé un superbe parcours jusqu’en finale, confirmant son statut de surfeuse capable du meilleur… lorsqu’elle parvient à trouver la régularité qui lui manque encore parfois.

    En une seule journée, ces deux jeunes femmes ont rappelé que la Polynésie française n’est pas seulement une terre de vagues, mais un vivier inépuisable de talents.

    Kiara Goold : 15 ans, un tube à Sunset et une victoire historique

    La victoire de Kiara Goold n’est pas qu’un résultat brillant : c’est un signal envoyé à toute la planète surf. Sunset est une vague mythique, puissante, imprévisible, capable d’humilier n’importe quel surfeur adulte. Y gagner à 15 ans relève presque de l’incompréhensible. Pourtant, c’est exactement ce qu’a fait Kiara… et avec panache.

    Dès les premières minutes de la finale, la Tahitienne a donné le ton : un turn engagé, un placement impeccable… puis un vrai barrel à Sunset, parfaitement géré, récompensé par un 8,67, l’une des meilleures notes du contest. À 15 ans, elle a surfé Sunset comme si elle y était née.

    Ce n’est pourtant pas un miracle. Kiara est une prodige, déjà connue des initiés depuis deux ans :

    • À 13 ans, elle remportait le Stab High, la compétition d’airs la plus relevée au monde.
    • En 2024, elle atteignait déjà la finale du Sunset Pro.
    • En 2025, elle décroche une wildcard pour le Challenger Series.
    • À Sunset, elle affiche la meilleure totale de la compétition : 16,34.

    Aerials, tubes, turns engagés… Kiara possède une palette que peu de surfeuses de son âge — voire de son époque — maîtrisent. On parle beaucoup de Tya Zebrowski, qui rejoint le CT l’an prochain, mais Kiara pourrait bien être la prochaine bombe polynésienne à exploser sur la scène mondiale. Elle a la technique, le style, l’audace… et surtout un sang-froid déconcertant.

    Une vague technique qui ne pardonne pas : et pourtant, elle charge

    Ce qui impressionne le plus, ce n’est pas la note. Ni même la victoire. C’est la façon dont elle a surfé Sunset Point, une vague exigeante, irrégulière, qui demande autant de puissance que de lecture. Les plus grands champions le disent : la vague de Sunset ne se surfe pas, elle se comprend.

    Kiara ne s’est pas contentée de prendre la bonne vague : elle a chargé. Elle a lu les sections comme une surfeuse qui aurait vingt ans d’expérience. Elle a attaqué les murs avec agressivité, sans aucune hésitation. À cet âge-là, c’est absolument exceptionnel.

    Aelan Vaast : un parcours solide et une finale méritée

    Dans l’euphorie collective autour de la victoire de Kiara, il serait injuste de ne pas saluer la performance d’Aelan Vaast, finaliste et véritable pilier de cette génération tahitienne.

    Aelan a réalisé un parcours remarquable, notamment avec une demi-finale de haut niveau où elle domine Kiara. Oui, domine. Son total de 14,16 en demi-finale montre à quel point elle peut être explosive lorsqu’elle est connectée à la vague. Sa technique est fluide, son surf engagé, et elle possède une vraie élégance dans les transitions, héritée d’un style polynésien qui mélange puissance et grâce.

    Si Aelan n’a pas encore la régularité qui lui permettrait de franchir un palier supplémentaire, elle reste une surfeuse à très fort potentiel. Elle peut battre n’importe qui sur un bon jour, et ce résultat en finale à Sunset est là pour le rappeler.

    Pourquoi cette génération tahitienne est exceptionnelle

    L’explosion simultanée de Kiara Goold, Aelan Vaast et Tya Zebrowski n’est pas un hasard. La Polynésie française vit un âge d’or du surf :

    • Des vagues d’entraînement parmi les meilleures au monde.
    • Une culture du surf profondément ancrée dans la société.
    • Un niveau général extrêmement élevé dès le plus jeune âge.
    • Une aisance dans les tubes rarement égalée.

    Et surtout, une génération sans complexes, qui surfe contre les meilleures sans trembler. Les Tahitiennes sont en train d’imposer un nouveau standard : maturité précoce, technique moderne, aérial game, lecture des vagues puissantes, gestion des conditions lourdes. Kiara en est la preuve vivante.

    Sunset Beach : une rampe de lancement vers Haleʻiwa

    Le HTA Sunset Pro n’est que le début de la tournée hawaïenne (la fameuse Triple Crown). Kiara et Aelan seront de nouveau en lice à Haleʻiwa, une autre vague mythique, qui demande moins d’expérience que la vague de Sunset. Les surfeuses du CT seront présentes cette fois-ci. Et Kiara l’a dit elle-même : « Je suis super excitée de les affronter. »

    On la croit volontiers. Car si Sunset a révélé une championne, Haleʻiwa pourrait bien confirmer une future star.

  • Drame au spot du Hook à Santa Cruz : un jeune surfeur de 19 ans perd la vie

    Drame au spot du Hook à Santa Cruz : un jeune surfeur de 19 ans perd la vie

    Le Hook, l’un des spots les plus fréquentés de Santa Cruz, est connu pour son ambiance électrique, ses longues droites qui déroulent le long de la falaise… mais aussi pour ses jours compliqués lorsque la houle se mêle au vent et aux marées hautes. Le 5 novembre dernier, le spot a été le théâtre d’un drame qui secoue toute la communauté surf de Californie : deux surfeurs ont été emportés par des conditions particulièrement dangereuses, et l’un d’eux, Nathaniel John Ramirez, 19 ans, n’a pas survécu.

    Un sauvetage difficile dans des eaux chaotiques

    Ce mercredi matin, une tempête balayait la côte. Vent fort, vagues désorganisées, courant puissant et marée haute : un cocktail redoutable, même pour les locaux habitués à voir le spot se déchaîner. Vers 9 h, les secours reçoivent une alerte : deux surfeurs sont en détresse au Hook, en difficulté pour rejoindre la plage.

    Selon le chef de division Patrick Winters (Central Fire District), les conditions rendaient l’intervention extrêmement délicate. Malgré des moyens rapides — rescue watercraft, patrouille portuaire, paramédics —, le chaos du plan d’eau complique tout.

    L’un des deux surfeurs parvient à sortir de l’eau par ses propres moyens. Mais pour l’autre, la situation est bien plus critique.

    Un jeune surfeur retrouvé inconscient sur les rochers

    Les secouristes finissent par localiser la deuxième victime sur la zone rocheuse, inconsciente, sérieusement blessée à la tête. Sa planche de surf avait été retrouvé auparavant, brisée contre les rochers, signe de la violence des impacts.

    L’équipe de secours extrait le surfeur vers un jet-ski puis le transfère immédiatement vers les équipes médicales. Ils pratiquent la réanimation pendant tout le trajet jusqu’au port de Santa Cruz, puis le relaient aux paramédics de la ville.

    Malgré tous leurs efforts, l’espoir s’amenuise rapidement.

    Le jeune surfeur était Nathaniel John Ramirez

    Le lendemain, la Santa Cruz County Sheriff’s Office confirme l’identité de la victime : Nathaniel John Ramirez, originaire de Morgan Hill. Il était âgé de 19 ans à peine.

    Transporté à l’hôpital Dignity Health Dominican Hospital, il est déclaré mort le 7 novembre, deux jours après l’accident. L’autopsie n’a pas encore révélé la cause officielle du décès, mais les premiers éléments indiquent un traumatisme crânien lié aux conditions extrêmes du jour.

    Un hommage à un jeune homme passionné et déterminé

    Selon son avis de décès relayé par la presse locale, Nathaniel était un jeune homme « déterminé », « loyal » et profondément attaché à sa famille, notamment à sa mère avec laquelle il travaillait. Ses proches décrivent un adolescent « plein de vie », amoureux de l’aventure, drôle, parfois timide, mais toujours prêt à profiter de chaque instant.

    « Il a vécu intensément ses 19 années », écrit sa famille. Un service en sa mémoire est organisé dans sa ville natale ce samedi.

    Une tragédie qui rappelle la dangerosité des tempêtes

    Cet accident tragique prend une résonance particulière alors que les tempêtes hivernales arrivent sur la côte californienne. Chaque année, des surfeurs expérimentés ou non sous-estiment la puissance des houles combinées aux courants et aux vents violents.

    Le Hook, spot magnifique mais exigeant, peut se transformer en piège lorsque les conditions se dégradent. Même pour les habitués, l’océan impose un respect total.

    La communauté surf de Santa Cruz, soudée et passionnée, est aujourd’hui en deuil. Le décès de Nathaniel Ramirez rappelle que chaque session comporte une part de risque — et que les décisions prises avant d’entrer à l’eau peuvent, parfois, sauver une vie.

  • L’incroyable parcours de Kev Merifield, pionnier discret et surfeur éternel

    L’incroyable parcours de Kev Merifield, pionnier discret et surfeur éternel

    Il existe des surfeurs dont la légende se construit non pas sur les podiums, mais dans le silence des petites routines de plage, la régularité des sessions à l’aube, les décennies passées à surfer sur les mêmes lignes d’horizon. Kev Merifield fait partie de ceux-là. Une figure discrète, presque invisible hors d’Australie occidentale, mais dont l’histoire résume à elle seule ce qu’est pratiquer le surf par amour, pour toujours.

    Né bien avant les premiers shortboards, avant la révolution des années 70, avant même que Margaret River ne devienne un nom mondialement connu, Kev surfait, à une époque où l’on partait en bagnole sans cartes, où l’on dormait dans le sable, où les vagues n’étaient pas encore des destinations mais des territoires à explorer.

    Dans les années 50 et 60, il fait partie d’une petite bande de pionniers qui tracent les routes du Western Australia. Ces jeunes types n’en avaient pas conscience à l’époque, mais ils étaient en train d’ouvrir des chapitres entiers de l’histoire du surf moderne. Leurs sessions improvisées à Margaret River, leurs nuits passées dans le bush, leurs premières photos des lignes parfaites du Sud-Ouest : tout cela allait influencer des générations entières.

    Mais ce qui rend Kev réellement unique, ce n’est pas ce passé héroïque. C’est ce qu’il a continué à faire pendant les soixante années suivantes.

    Surfing forever : le jour où la vieillesse n’a jamais gagné

    On pourrait croire que l’âge finit toujours par avoir le dernier mot. Chez Kev, il a fallu patienter longtemps. Très longtemps. avant 80 ans, la plupart des surfeurs raccrochent. Lui, non. Lui continuait.

    Même lorsqu’un problème d’équilibre — conséquence d’une blessure à l’oreille — l’a obligé à abandonner la position debout, Kev n’a pas quitté l’océan. Il s’est mis à surfer à plat ventre, sur une sorte de mix entre bodyboard et kneeboard. Et les jours de grosses vagues à Margaret River, il était toujours là. Trois heures à l’eau. À 80 ans passés.

    Pour Taj Burrow, qui le connaît depuis longtemps, Kev représente un objectif de vie :
    « Surfer à 80 ans, ça devrait être le rêve de tout surfeur. Kev est une légende. »

    Et quand on lui demandait pourquoi il continuait encore et encore, sa réponse était toujours la même :
    « Cette première vision de vagues qui déroulent… ça fait battre mon cœur. »

    C’est peut-être ça, finalement, la clé de la longévité dans le surf : ne jamais perdre cette étincelle.

    L’ultime décision : à 87 ans, le surf s’arrête

    Mais même les plus belles histoires ont une dernière page. En 2025, Kev Merifield annonce qu’il arrête de surfer. Il a 87 ans. « C’est très triste, mais j’ai décidé que c’était le moment », confie-t-il. Souffle court, problèmes cardiaques… le corps ne suit plus. Et autant il a passé sa vie à repousser les limites, autant il sait reconnaître le moment où il faut dire stop.

    Pourtant, quand on lit son parcours, on se dit que ce “stop” arrive incroyablement tard. Combien sont ceux qui surfent encore leur spot de prédilection après 60 ans ? Après 70 ans ? Après 80 ? Très, très peu.

    Doc Paskowitz, autre icône du “surf-every-day”, est allé jusqu’à 93 ans, mais d’une manière ou d’une autre, ces deux hommes partageaient la même philosophie : vivre selon le rythme de la mer, sans jamais renoncer.

    Kev, c’est l’antidote à la crispation du surf moderne

    Dans son portrait original de 2018, Alexander Haro expliquait que les surfeurs passaient souvent par trois “couches” psychologiques :

    • l’enthousiasme naïf de la jeunesse
    • la période plus dure, plus orgueilleuse, où l’on prend tout au sérieux
    • et enfin, la sagesse du “vrai” surf, celle du plaisir simple

    Kev, lui, avait clairement atteint ce troisième stade. Il n’était plus là pour le look, ni pour la performance, ni pour la validation sociale. Il était là par amour du mouvement. Par amour de l’océan. Par fidélité à ce qui l’avait construit.

    Les hommes comme Kev Merifield rappellent que le surf n’est pas un sport, mais un compagnon de vie. Quelque chose qu’on n’abandonne pas facilement. Quelque chose qui façonne la manière de voir le monde.

    Un héritage intangible mais immense

    Kev n’a jamais cherché la lumière. La plupart des surfeurs du monde ne connaîtront jamais son nom. Mais là où il vivait, il était considéré comme une sorte de trésor local. Un homme gentil, modeste, présent tous les jours ou presque. Un surfeur qui avait traversé sept décennies de swell. Une mémoire vivante d’un surf pur, brut, débarrassé de tout l’étalage social actuel.

    Aujourd’hui, il ne rame plus. Mais son histoire continue : elle inspire ceux qui se demandent à quel âge il faut “arrêter”, ceux qui redoutent la baisse de niveau, ceux qui pensent qu’il existe un âge pour avoir le droit de se sentir surfeur.

    La réponse de Kev a toujours été simple :
    Tant que le cœur suit. Tant que la passion reste. Tant qu’on a envie.

    Et même si Kev a finalement rangé sa planche, sa vie entière répond à une seule question :
    Oui, on peut être surfeur jusqu’au bout.

  • L’affaire Ian Battrick : la vérité éclate enfin après des semaines de calvaire

    L’affaire Ian Battrick : la vérité éclate enfin après des semaines de calvaire

    C’est une histoire qui aurait pu briser une vie. Une histoire née d’un post officiel, relayée sans vérification, amplifiée par un “digital mob” mondial… avant de s’effondrer, faute de preuves. Aujourd’hui, après des semaines de rumeurs destructrices, Ian Battrick est officiellement blanchi, et la Channel Islands Surfing Federation présente ses excuses. Retour sur une affaire qui interroge profondément la culture surf, la responsabilité des institutions et la mécanique impitoyable des accusations virales.

    Un post officiel… et la machine s’emballe

    Tout commence lors des GB Surfing Finals à Thurso (Écosse). Un incident éclate sur la plage, impliquant une trentaine de personnes. Dans la confusion, un post est publié depuis le compte officiel de la Channel Islands Surfing Federation (CISF). On y accuse Ian Battrick de comportements graves : abus verbaux envers des compétitrices, menace d’un cameraman, voire maintien d’une surfeuse sous l’eau.

    Ces accusations, présentées comme factuelles, partent alors en orbite numérique.
    En 30 minutes, elles sont partagées des centaines de fois.
    En 24 heures, elles deviennent virales.
    En 3 semaines, plusieurs millions d’interactions s’accumulent sur les réseaux sociaux et dans les médias internationaux.

    La machine est lancée. Et rien ne semble pouvoir l’arrêter.

    Aucune preuve, aucune charge, malgré deux livestreams et 300 témoins

    Très vite pourtant, un détail majeur apparaît : aucune preuve n’existe.

    Alors que :

    • deux livestreams couvraient l’événement,
    • environ 300 personnes assistaient depuis le spot,
    • de multiples caméras filmaient les heats…

    …aucune image ne montre Ian commettre ce dont il a été accusé.

    La police écossaise confirme également :

    • qu’elle a extrait Ian d’une foule hostile,
    • qu’elle a visionné des images bodycam,
    • qu’elle a ouvert une enquête sur des actes de vandalisme et de désordre,
    • mais n’a retenu aucune charge contre lui.

    Une réalité limpide : les faits reprochés n’ont jamais existé.

    L’excuse officielle : la CISF reconnaît des accusations “fausses, diffamatoires et fabriquées”

    Face aux évidences, l’auteur du post initial a fini par reconnaître :

    • que les accusations étaient fausses,
    • que Ian n’a agressé personne,
    • qu’il n’a pas interféré avec la compétition,
    • que l’histoire de la surfeuse retenue sous l’eau était inventée,
    • que les messages publiés étaient diffamatoires.

    La CISF a donc présenté une excuse officielle, aujourd’hui publiée publiquement.
    Un geste essentiel, mais tardif.

    Ian Battrick : “L’une des périodes les plus traumatisantes de ma vie”

    Ian explique avoir vécu un véritable tsunami émotionnel :

    “Être présenté au monde comme quelqu’un qui ferait du mal à d’autres surfeurs a été dévastateur — pour moi, pour ma famille et pour Lunasurf. La douleur est indescriptible.”

    Car le plus dur n’a pas seulement été l’accusation en elle-même. C’est la violence collective qui a suivi :

    • insultes, menaces, harcèlement,
    • détournements de photos,
    • attaques ciblant sa famille,
    • publications haineuses à l’international.

    À l’ère des réseaux sociaux, un mensonge répété mille fois devient une réalité… pour ceux qui ne verront jamais la correction.

    Lunasurf également ciblée et fragilisée

    En tant que cofondateur de Lunasurf, Ian Battrick a vu son entreprise subir de plein fouet la tempête numérique.
    Des attaques et dénigrements ont visé la marque, pourtant reconnue pour sa culture du respect et sa contribution positive au surf européen.

    Aujourd’hui, avec les excuses officielles, il était indispensable que la vérité soit dite clairement :
    ni Ian Battrick ni Lunasurf n’ont commis le moindre acte fautif.

    Une foule hostile, mais pas à cause de lui

    Lors de l’incident initial, la police a dû intervenir non pas pour arrêter Ian, mais pour le protéger d’une foule :

    • qui le bousculait,
    • l’insultait,
    • le filmait agressivement,
    • l’empêchait de quitter la zone.

    Deux véhicules ont également été vandalisés par des compétiteurs — des faits confirmés par des témoins et consignés par la police.
    À ce jour, aucune action disciplinaire de GB Surfing n’a été engagée contre ces auteurs.

    Un constat qui interroge profondément la gouvernance du surf britannique.

    “Cela pourrait arriver à n’importe qui”

    Pour Ian, cette affaire dépasse désormais son cas personnel :

    “Une seule fausse accusation, postée depuis un compte officiel, peut déclencher un lynchage numérique mondial. Et une fois le feu lancé, plus rien ne l’arrête.”

    Il appelle aujourd’hui à une réforme profonde :

    • contrôle strict des publications officielles,
    • vérification des faits avant toute communication,
    • responsabilisation des médias,
    • protection accrue contre le cyberharcèlement,
    • sanctions effectives contre les comportements violents… même quand ils viennent de compétiteurs.

    Cette affaire met en lumière un problème incontournable : le surf moderne n’est pas immunisé contre les dérives des réseaux sociaux.
    Un monde qui se veut communauté peut, en quelques minutes, devenir un tribunal sans preuve.

    L’excuse officielle marque une victoire pour la vérité.
    Mais elle rappelle surtout que la réputation d’un surfeur — et d’une marque comme Lunasurf — peut être détruite en heures, et qu’il est urgent que tout l’écosystème prenne ses responsabilités.

    Pour rappel, au moment où les accusations ont explosé en ligne, Icônes Surf avait publié un article mettant en garde contre :

    • l’absence totale de preuves malgré deux livestreams,
    • deux versions radicalement opposées circulant sur les réseaux,
    • l’emballement médiatique en cours,
    • la nécessité d’attendre des éléments tangibles avant de condamner un surfeur publiquement.

    Cette mise en garde — rare dans un contexte où la majorité relayait l’affaire sans nuance — prend aujourd’hui tout son sens, puisque la CISF admet que les accusations étaient fictives et diffamatoires.

    Voici l’article lors de l’incident : https://www.icones-surf.fr/incident-gb-surfing-cup-thurso/

  • Hommage à Iñigo Letamendia, légende basque du surf disparu en 2025

    Hommage à Iñigo Letamendia, légende basque du surf disparu en 2025

    Il y a des figures dont la disparition laisse un vide impossible à combler. Des personnalités qui n’ont jamais cherché la lumière, mais qui l’attiraient naturellement, juste par la force de leur présence, de leurs idées, de leur énergie.
    Iñigo Letamendia (1948-2025) fait partie de ces êtres rares. Visionnaire sans plan de carrière, rebelle sans drapeau, pionnier sans jamais se dire pionnier. Avec lui, le surf basque n’a pas seulement grandi : il a explosé en couleurs, en bruit, en chaos, en créativité — bref, en vie.

    Sa trajectoire, de La Concha à Casa Lola, des ateliers improvisés aux podiums internationaux, a façonné l’ADN d’une des marques les plus mythiques d’Europe : Pukas. Et derrière cette aventure, c’est tout un pan de la culture surf espagnole et européenne qui lui doit son élan.

    Cet article est un hommage. À l’homme. À la légende. À “Indigo”.

    Un anticonformiste qui a tout déclenché

    Au début des années 70, Iñigo glisse pour la première fois sur une planche empruntée à La Concha.
    Un moment simple, presque banal. Un moment qui change pourtant toute une vie.

    À l’époque, il est diplômé, marié à Marian Azpiroz, et travaille dans l’hôtellerie. Bref : il est en route vers une vie stable, respectable… mais qui ne lui ressemble pas.

    Ce qu’il veut, c’est l’inconnu. Le surf. La liberté. Et surtout : vivre avec assez d’intensité pour que chaque jour compte.

    Alors, il quitte tout. Et Marian, loin de l’en empêcher, le suit. Elle aussi quitte une carrière prestigieuse, direction un mode de vie bohème où l’on fabrique des planches sur des tréteaux, des bikinis à partir de rideaux, et où une idée folle peut changer un destin.

    Casa Lola : le laboratoire du chaos créatif

    Avant que Pukas ne naisse officiellement, il y a un lieu mythique : Casa Lola, à Somo. Une maison-atelier, un squat créatif, une commune avant l’heure. On y fabrique les premières planches sous les noms :

    • Tablas Santa Marina (1973-74)
    • Jeronimo Surfboards (1975-76)
    • Geronimo Surfboards (1977-78)

    C’est là que naissent :

    • un style
    • une philosophie
    • un mouvement culturel

    C’est aussi là qu’Iñigo devient Iñigo, celui que tout le monde va suivre. Il ignore les règles, les barrières, la logique même. Il crée parce qu’il ne sait pas faire autrement.

    1979 : la naissance de Pukas, un tournant historique

    En 1979, l’arrivée d’un troisième personnage change la donne : Miguel Azpiroz, le petit frère de Marian.
    Travailleur acharné, technicien, instinctif. Le trio Iñigo – Marian – Miguel devient immédiatement un moteur.

    C’est l’acte de naissance officiel de Pukas Surfboards.

    Ce qui n’était qu’un atelier devient une marque.
    Ce qui n’était qu’un rêve devient une entreprise.
    Ce qui n’était qu’une bande d’allumés devient une culture.

    Les années 80-90 : amitiés, excès et surf mondial

    Iñigo est partout.
    Dans l’eau, dans les ateliers, dans les fêtes, dans les contests, sur les routes.
    Un aimant à rencontres.

    Son énergie, parfois indestructible, parfois fragile, lui permet de tisser des relations improbables.
    Les plus grands surfeurs du monde deviennent ses amis :

    • Sunny Garcia, son frère de cœur
    • Occy
    • Vetea “Poto” David
    • Les frères Irons
    • Et une longue liste de légendes internationales

    Tous voient en lui un mélange unique : du génie, de la folie, du cœur, du chaos.

    Son charisme est tel qu’il influence plusieurs générations de surfeurs, d’artistes, de shapers, de rêveurs. Et au Pays basque, il est déjà une figure locale incontournable.

    Sunny Garcia, la consécration d’une vie

    En 2000, un moment symbolique cristallise tout le chemin parcouru. Sunny Garcia devient champion du monde sur une Pukas.

    Pour Iñigo, c’est le sommet. Le triomphe d’un ami, avec une planche née dans un atelier basque. La preuve que l’insolence, la sueur, la créativité et les coups de folie peuvent mener au sommet du monde.

    Ce jour-là, il pleure, rit, hurle de joie. Et il dira plus tard que c’est le plus grand bonheur de sa vie.

    Le rayonnement basque : là où son cœur battait le plus fort

    Mais s’il y a une chose qui rendait Iñigo vraiment fier, ce n’est pas l’international.
    C’est le local.

    Les surfeurs basques qu’il voyait grandir :

    • Ibon Amatriain
    • Aritz Aranburu
    • Aitor “Gallo” Francesena
    • Et tant d’autres…

    Les contests organisés à San Sebastián, Zarautz, ou aux Canaries, avec une énergie brute, un esprit festif presque incontrôlable, et cette folie douce devenue la signature Pukas.

    Les Pukas Pro des années 80-90 étaient des événements cultes : chaotiques, bruyants, incroyablement authentiques.
    Du surf, de la fête, et une atmosphère que personne n’a jamais su reproduire.

    Une entreprise familiale devenue un pilier mondial

    Pukas, ce n’était pas qu’un business. C’était une famille élargie.

    Des ateliers clandestins aux usines professionnelles. Des planches shapées à la main aux collaborations internationales (Quiksilver, Vans…). Des premières boutiques à Zarautz et San Sebastián aux 8 points de vente actuels. Des premiers essais à Casa Lola à l’usine Olatu, devenue l’une des plus grandes fabriques de surf d’Europe.

    Pukas a vu défiler :

    • Ron Roush
    • Pat Rawson
    • Johnny Cabianca
    • DHD
    • Matt Biolos
    • Tokoro
    • Axel Lorentz
    • Et des dizaines d’artistes, shapers et artisans géniaux… ou géniaux et complètement fous.

    Tout cela est né grâce à trois personnes. Mais l’étincelle, l’énergie, la vision… venaient de lui.

    Un homme, un mythe, et une trace indélébile

    Iñigo Letamendia n’était pas parfait. Il ne l’a jamais revendiqué. Il était entier, parfois excessif. Toujours passionné. Toujours en mouvement.

    Il a connu des moments d’ombre, liés notamment à sa santé mentale. Mais il a surtout illuminé des milliers de vies avec une force rare.

    Il laisse :

    • Un mouvement
    • Une marque
    • Une famille élargie
    • Une culture
    • Des générations de surfeurs
    • Et un Pays basque qui ne serait pas le même sans lui

    Il s’est éteint à Saint-Sébastien, entouré de Marian et de leurs enfants, Tala et Adur.
    Et si une légende ne disparaît jamais vraiment, c’est parce que son héritage continue de glisser sur toutes les vagues du monde.

    L’histoire du surf européen s’écrit avec beaucoup de noms. Mais l’un d’eux restera gravé pour toujours.

    Iñigo Letamendia a donné une âme au surf basque.
    Il a donné une famille aux rêveurs, une direction aux shapers, une fierté à une région, une identité à une marque, et un état d’esprit à toute une culture. Plus qu’un homme.
    Un souffle. Un mythe. Une étincelle éternelle.

  • Snapt 5 : le surf movie événement déjà disponible… et déjà en feu

    Snapt 5 : le surf movie événement déjà disponible… et déjà en feu

    Snapt 5 vient à peine de sortir gratuitement sur YouTube que la machine s’emballe déjà : plus de 15 000 vues en moins d’une heure, une section commentaires en fusion, et l’impression rare d’assister en direct à un moment historique. Car ce cinquième opus, présenté comme le dernier de la saga culte de Logan Dulien, n’est pas seulement une vidéo de surf : c’est une déclaration d’amour au freesurf pur, brut, sans algorithme ni filtres, dans un monde saturé de contenus éphémères.

    La fin d’une époque – et l’apogée d’une vision

    Depuis vingt ans, Snapt est devenu l’une des collections les plus importantes de l’histoire du surf moderne. Une série basée sur un principe simple, mais devenu presque impossible aujourd’hui : demander aux surfeurs de mettre de côté leurs meilleurs clips pendant plusieurs années pour un film unique. À l’ère des stories à la chaîne et de la pression des sponsors pour poster chaque semaine, c’est un défi colossal.

    Pour Snapt 5, Dulien a une nouvelle fois réussi un tour de force : plus de cinquante surfeurs réunis dans un même film, dont Mason Ho, Harry Bryant, Noa Deane, Jack Robinson, Clay Marzo, Asher Pacey, Parker Coffin, ou encore Taro Watanabe. Pour la première fois, une section groms fait son apparition, avec… 29 kids ! Rien que la collecte des clips a été un casse-tête monumental.

    Une sortie mondiale très attendue

    La première mondiale du film avait été annoncée pour août 2025 lors du US Open à Huntington Beach, suivie d’une tournée en Australie en septembre. Mais entre-temps, l’attente est devenue démesurée. Au fil des avant-premières et des projections itinérantes, la ferveur n’a fait que grandir — notamment grâce à un partenariat inattendu avec Blak Bear Surf Club, dont le film Ride The Line accompagne Snapt 5 lors de la tournée.

    Ces “party premieres”, façon ancienne école, sont une signature de Logan Dulien : rassembler la communauté, projeter le film dans des surf shops, des parkings, des cinémas improvisés. Une tournée qui a déjà traversé les États-Unis d’est en ouest, avant de se poser ce soir sur YouTube pour la première diffusion libre.

    Le dernier chapitre d’un monument du surf

    Logan Dulien l’a répété : Snapt 5 sera le dernier. Pas par manque d’envie ou d’inspiration, mais parce que coordonner un tel projet est devenu titanesque. Les obligations de sponsoring, les défis logistiques, les carrières à gérer… Le réalisateur veut désormais se retirer « sur la ligne de touche » et soutenir les surfeurs autrement. Snapt 5 apparaît donc comme un adieu chaleureux, presque nostalgique.

    Il représente tout ce qui fait la force du surf filmé : du style, du gros engagement, des sections explosives, et surtout cette magie rare des clips totalement inédits, qui n’ont jamais circulé sur Instagram.

    Une dernière ride à ne pas manquer

    Si tu n’as pas encore cliqué, c’est le moment : Snapt 5 n’est pas juste un autre surf movie, c’est un héritage culturel, un condensé de freesurf moderne et la conclusion d’une saga qui a influencé toute une génération. Et vu l’explosion de vues dès la première heure, on peut déjà dire une chose :

    Snapt 5 est officiellement le banger de l’année.

  • Gabriel Medina revient sur le Tour en 2026 : une saison qui rassemble les légendes

    Gabriel Medina revient sur le Tour en 2026 : une saison qui rassemble les légendes

    L’annonce n’a surpris personne, mais elle fait plaisir à tout le monde : Gabriel Medina sera bien de retour sur le Championship Tour en 2026, porté par une wildcard Season et par une récupération enfin complète de sa blessure à l’épaule. C’était attendu, presque écrit d’avance… Pourtant, derrière cette décision logique se cache un phénomène bien plus intéressant : l’an 2026 marque le grand retour massif des champions du monde, un alignement rare de générations dorées prêt à remettre les pendules à l’heure au moment où le format historique du circuit est rétabli.

    Un retour annoncé, mais un symbole fort

    Gabriel Medina n’avait pas disparu, il s’était mis en retrait. Blessure à l’épaule en janvier 2025, besoin de reset mental et personnel… Un schéma presque cyclique pour la star brésilienne, qui jongle depuis quelques années entre quête de performance pure et nécessité de retrouver un équilibre de vie. Après plusieurs mois hors du CT, il a repris ses marques dans des wave pools brésiliennes où l’on a déjà revu son explosivité, son timing clinique et cette capacité unique à aligner des airs et des turns puissants. Gabriel Medina est sûrement, l’un des surfeurs les plus complets de sa génération, le tout accompagné d’une rame exceptionnelle….

    Le communiqué du jour officialise ce que tout le monde savait : Medina revient, en bonne santé, prêt à jouer la gagne, et la WSL lui donne une place pour toute la saison 2026 grâce à une wildcard logique pour un triple champion du monde.

    À 32 ans, il n’a rien perdu de ce qui fait de lui l’un des surfeurs les plus complets de l’histoire : 18 victoires sur le CT, trois titres mondiaux (2014, 2018, 2021), plus de dix ans dans la top 5, et un rôle absolument central dans l’avènement de la Brazilian Storm.

    2026, l’année où les champions reviennent tous

    Mais l’information la plus intéressante n’est peut-être pas son retour…
    Ce qui frappe, c’est à quel point 2026 attire les champions, presque comme si quelque chose les rappelait au front.

    Stephanie Gilmore ? De retour.
    John John Florence ? De retour.
    Carissa Moore ? De retour.
    Medina ? De retour.
    Et ce n’est pas tout : d’autres champions plus discrets ou en pause pourraient encore annoncer leur comeback.

    Coïncidence ? Pas vraiment.

    2026 marque le retour à un championship pur, où le titre se gagne sur l’ensemble de la saison, sans playoff final, sans format couperet. Un CT « old school », fondé sur la régularité, la stratégie, la gestion d’une année complète et la capacité à briller dans toutes les conditions.

    Ce format, c’est celui qui a sacré les plus grands noms de l’histoire.
    C’est aussi celui où les champions déjà établis excellent le plus naturellement.

    Et si les légendes voulaient reprendre leur place dans leur format ?

    Les playoffs ont créé de la tension, du spectacle, mais aussi de la frustration.
    Perdre un titre sur une seule journée à Trestles a laissé des traces : Medina en 2021, Filipe Toledo en 2023, Carissa Moore à plusieurs reprises…

    Revenir à une course annuelle remet au centre la science du Tour : lire les conditions, performer de Pipe à J-Bay, gérer les coups de mou, dominer sur la durée.
    Ce terrain-là, c’est celui des légendes, des surfeurs complets, de ceux qui savent remporter un world title… pas celui où une seule journée suffit.

    On a donc peut-être affaire à un retour motivé autant par le cœur que par le contexte compétitif.

    Medina, symbole d’une nouvelle ère ?

    Ce retour groupé pourrait marquer un tournant. On a longtemps parlé de « changement de génération », avec Jack Robinson, Ethan Ewing, Molly Picklum, Joao Chianca, ou encore Caitlin Simmers prêts à prendre le pouvoir.
    2026 est en train de rebattre les cartes.

    • Les jeunes arrivent en force.
    • Les champions reviennent en meute.
    • Le format évolue.

    Le Tour 2026 ressemble déjà à une saison mythique : un mix parfait entre la puissance des icônes et l’insolence des nouveaux talents.

    Medina, au milieu de tout ça, pourrait devenir le point d’équilibre : assez mature pour aborder un comeback avec lucidité, mais toujours affamé, toujours capable de sortir les moves les plus décisifs dans les moments clés.

    Un calendrier taillé pour le spectacle

    Avec un retour qui débutera à Bells Beach avant de passer par Margaret River, Teahupoʻo, Saquarema, J-Bay, Tahiti, El Salvador, Trestles… et un Pipe Masters final en décembre, la saison coche toutes les cases pour offrir un duel épique entre générations.

    Medina a déjà remporté dans presque toutes ces destinations.
    Et Teahupoʻo ou Saquarema en pleine forme ? C’est presque son terrain de jeu.

    2026 sera l’année où toute une génération de champions revient défendre son héritage, face à une jeunesse impatiente de renverser la table.

    Et Medina le sait : 2026 pourrait être l’une des saisons les plus importantes de sa carrière.

  • Le retour tant attendu de John John Florence sur le CT en 2026

    Le retour tant attendu de John John Florence sur le CT en 2026

    L’annonce n’a surpris personne, mais elle a enthousiasmé tout le monde : John John Florence sera de retour sur le Championship Tour dès 2026, grâce au Season Wildcard qui lui a été attribué par la WSL. Le triple champion du monde, absent cette année pour voguer à travers le Pacifique avec sa famille, retrouve donc la compétition pour la saison qui marquera les 50 ans du CT. Et c’est peu dire que ce retour promet de rehausser le niveau… et le spectacle.

    Un come-back attendu, un champion reposé

    « J’apprécie vraiment que la WSL m’offre cette wildcard », confie Florence dans le communiqué officiel. Après avoir mis entre parenthèses le Tour début 2025 — alors qu’il était tout simplement le champion du monde en titre — l’Hawaïen a vécu une parenthèse unique : navigation, exploration des îles les plus reculées du Pacifique, sessions de rêve hors des radars… tout en profitant pleinement de sa femme Lauryn et de leur jeune fils.

    Cette pause n’était pas un retrait, mais un souffle. Un moyen de repartir avec l’envie, l’énergie et surtout la liberté retrouvée d’un surfeur qui, depuis 2011, vit sous la pression permanente du très haut niveau.

    Un palmarès hors norme, un style inimitable

    Florence, c’est d’abord un palmarès de légende :

    • Trois titres de champion du monde (2016, 2017, 2024)
    • Neuf victoires en CT
    • Cinq Triple Crown
    • Deux participations olympiques
    • Un exploit unique : gagner l’Eddie Aikau et le World Title la même année

    Mais au-delà des trophées, c’est son surf qui parle : puissant, aérien, fluide, explosif. Il a redéfini ce qu’il est possible de faire dans des vagues comme Margaret River ou Pipeline, où il possède certains des Perfect 10 les plus mythiques de l’histoire récente.

    Son dernier titre mondial, acquis en 2024 lors de sa première participation aux WSL Finals, a consacré un surfeur au sommet de son art.

    2026 : une saison symbolique et pleine de promesses

    La prochaine saison semble taillée sur mesure pour lui :

    • Ouverture à Bells Beach, où il s’est déjà imposé.
    • Clôture à Pipe, chez lui, dans l’arène où il a grandi entouré de Nathan et Ivan.

    Entre les deux, un Tour revisité pour les 50 ans de la WSL, avec une densité de talents impressionnante — de Medina à Robinson, en passant par les nouvelles révélations. Autant dire que le retour de JJF ajoute une dimension narrative parfaite : celle du champion revenu pour reconquérir son trône.

    Et pour les fans ? C’est simple : le meilleur surfeur de sa génération reprend le jersey. L’assurance d’un spectacle XXL.

  • Le grand retour de Stephanie Gilmore sur le CT en 2026 : une nouvelle bataille générationnelle

    Le grand retour de Stephanie Gilmore sur le CT en 2026 : une nouvelle bataille générationnelle

    Après deux ans hors du circuit et une vie bien remplie entre voyages, projets et collaborations, Stephanie Gilmore, huit fois championne du monde et icône du surf moderne, revient officiellement sur le Championship Tour en 2026. La World Surf League a confirmé qu’elle bénéficierait du season wildcard, lui offrant un ticket direct pour l’intégralité de la saison… et une place de choix dans un affrontement qui s’annonce historique : Carissa Moore et Stephanie Gilmore d’un côté, Caitlin Simmers et Molly Picklum de l’autre.

    Le retour tant attendu d’une championne hors norme

    Le 18 novembre 2025, la WSL a annoncé ce que beaucoup espéraient : Gilmore fera son retour plein temps sur le Tour, qui fêtera cette année-là ses 50 ans.
    Après son huitième titre mondial en 2022, l’Australienne avait marqué une pause, laissant derrière elle une carrière déjà légendaire :
    – 34 victoires en CT (seul Slater fait mieux)
    – Une domination technique basée sur le flow, les rails puissants et une élégance rare
    – Un style devenu une référence pour toute une génération

    Dans le communiqué, Gilmore confie :

    « Je suis très excitée d’accepter la wildcard pour 2026. J’ai profité de ces années pour explorer d’autres projets, mais j’ai très envie de revenir affronter les jeunes talents du Tour. »

    Une phrase simple, mais lourde de sens : Stephanie revient pour gagner, pas pour faire de la figuration.

    Un parcours unique, une influence immense

    Arrivée sur la scène mondiale en 2005, elle remporte sa première épreuve du CT… en tant que wildcard, à 17 ans, à Snapper Rocks.
    Deux ans plus tard, elle décroche le titre mondial dès sa saison rookie, une première dans l’histoire du surf.

    Son règne s’étendra sur près de quinze ans, avec des titres en 2007, 2008, 2009, 2010, 2012, 2014, 2018 et enfin 2022.
    Son style, mélange de grâce absolue et d’autorité sur le rail, a élevé le niveau du surf féminin.
    Et sa victoire « impossible » en 2022 — remontant de la 5e place pour battre successivement les quatre meilleures mondiales à Trestles — reste un moment fondateur du surf moderne.

    Une pause… mais une vie très loin d’être calme

    Pendant son break, Gilmore n’a pas simplement « pris des vacances ». Elle a voyagé à travers le monde pour The Search avec Rip Curl, surfé avec Tom Curren ou Mason Ho, développé plusieurs collections, lancé une marque de tequila (Cinca) et même monté sur scène avec le groupe Spiderbait.

    « C’était fun, mais finalement plus chargé que ce que j’imaginais. Revenir sur le Tour me donnera presque un peu de routine ! », dit-elle.

    Une routine qui commencera le 1er avril 2026, au Rip Curl Pro Bells Beach, qu’elle a déjà remporté quatre fois.

    2026 : l’année du choc des générations

    Le retour de Gilmore intervient seulement quelques jours après une autre bombe : Carissa Moore revient elle aussi sur le CT en 2026.
    Deux légendes vivantes. Deux surfeuses qui ont redéfini leur sport. Deux recordswomen. Et probablement leurs dernières années à leur apogée.

    Face à elles, une génération qui n’a plus peur de rien :

    • Caitlin Simmers, 18 ans, spectaculaire, imprévisible, explosive.
    • Molly Picklum, championne du monde en titre et autorité montante en vagues puissantes.
    • Bettylou Sakura Johnson, ultra régulière.
    • Erin Brooks, phénomène aérien qui pousse déjà les limites techniques.

    2026 pourrait bien être l’une des saisons les plus excitantes de l’histoire du surf féminin, entre héritage, rivalités et affrontements de styles.

    La quête ultime : Pipeline, Tahiti, Fiji

    Gilmore le dit elle-même : certaines étapes lui échappent encore.

    « Pipeline, Tahiti, Fiji… ce sont des endroits où je veux vraiment mieux faire. J’ai envie d’y performer dans de belles vagues. »

    Autrement dit : elle revient pour combler les derniers chapitres manquants d’un palmarès déjà monumental.

  • Quand des surfeurs de Santa Cruz convainquent Shark Tank (Qui veut être mon associé en français) : l’ascension de Surf Skull

    Quand des surfeurs de Santa Cruz convainquent Shark Tank (Qui veut être mon associé en français) : l’ascension de Surf Skull

    L’image d’un surfeur casqué a longtemps été réservé aux surfeurs de grosses vagues ou de vagues dangereuses comme Pipeline. Mais cette époque pourrait être en train de changer. Aux États-Unis, un groupe de surfeurs-entrepreneurs de Santa Cruz vient de créer la surprise dans la version américaine de Qui veut être mon associé (Shark Tank). Leur startup, Surf Skull, a décroché un financement de 50 000 dollars contre 20 % des parts, grâce à une idée simple mais révolutionnaire : un casque de surf caché dans un bucket hat, à la fois discret, confortable et stylé.

    PS: j’ai déjà vu ce type de protection chez une autre marque, il me semble.

    Une innovation née d’un accident en Baja

    Tout part d’une mauvaise chute. Lors d’un trip en Baja California, Davon Larson, surfeur passionné et designer produit chez Google, se blesse grièvement à la tête. Loin de toute structure médicale, il réalise que beaucoup de surfeurs ne portent pas de casque… non pas par manque de conscience du danger, mais parce qu’ils refusent l’image peu flatteuse associée à cet équipement.

    De retour en Californie, Larson rassemble quelques collègues surfeurs travaillant eux aussi chez Google. Leur mission : imaginer une protection crânienne qui ne ressemble pas à un casque. Après plusieurs prototypes, Surf Skull est né.

    “Les gens veulent de la protection, mais pas au prix du ridicule”

    C’est ainsi que Paul Huang, responsable finance et opérations de Surf Skull, résume le problème.
    Leur bucket hat intègre une mousse spécialement conçue pour rester souple pendant la session… tout en durcissant instantanément à l’impact, absorbant les chocs et réduisant considérablement les risques de traumatisme. ( ce qui est une réelle innovation pour le coup)

    Une technologie utilisée dans d’autres sports, mais jamais intégrée de manière aussi discrète dans un accessoire de surf.

    Un pitch convaincant face aux Sharks

    Sur le plateau de l’émission, les surfeurs de Santa Cruz présentent leur produit, leurs chiffres et leur vision : démocratiser la protection en surf, au-delà des seuls chargeurs de vagues massives.

    Leur startup affiche déjà 100 000 dollars de ventes en deux ans. Les coûts de production actuels oscillent entre 10 et 12 dollars, pour un prix de vente de 75 dollars.
    La version 2.0, en cours de fabrication, coûtera 12 à 15 dollars et devrait être commercialisée 100 dollars.

    Séduits, plusieurs investisseurs font une offre.
    L’équipe choisit finalement Daniel Lubetzky, fondateur de KIND Snacks, déjà impliqué dans des projets liés aux sports aquatiques comme TANDM Surf. Lubetzky promet une implication active dans le développement de la marque.

    « Nous sommes super enthousiastes de travailler avec un entrepreneur incroyable », déclare Huang après la signature du deal.

    L’amorce d’une tendance globale ?

    Avec les line-ups toujours plus bondés, les planches plus rapides et le nombre d’accidents graves en hausse, la question de la sécurité s’impose de plus en plus dans le surf. Jusqu’ici, le casque restait un tabou esthétique : utile, mais “pas cool”. Surf Skull pourrait changer la donne.
    Leur bucket hat blindé offre une alternative réaliste pour les surfeurs du quotidien, ceux qui naviguent entre beachbreaks, reefbreaks intermédiaires et sessions entre amis. S’il parvient à rendre le casque “invisible” et socialement accepté, le marché pourrait basculer. Il faut dire que le changement est encours après de nombreux accidents aux quatre coins de la planète. Je vois de plus en plus de compétiteurs, mais encore plus de jeunes surfeurs s’équiper de casque même si nos vagues françaises.

    L’avenir dira si Surf Skull deviendra un standard, mais une chose est sûre : l’innovation arrive au bon moment.

  • Zeke Lau grièvement touché à Rocky Point : « Mon oreille pendait »

    Zeke Lau grièvement touché à Rocky Point : « Mon oreille pendait »

    Les premières houles hivernales viennent tout juste de frapper le North Shore, et déjà les incidents s’enchaînent. Cette fois, c’est Ezekiel “Zeke” Lau, surfeur hawaiien et habitué du spot de Rocky Point, qui a frôlé une blessure bien plus grave lors d’un simple backside air. Une manœuvre banale, un timing malheureux… et une dérive qui vient littéralement se planter dans sa tête. Pour les voyeurs ou curieux, voici la vidéo Youtube calée sur l’incident.

    Un air raté, un leash tendu et la dérive qui revient comme un boomerang

    La scène se passe sur un Rocky Point solide, mais loin d’être massif, environ deux mètres bien formés. Zeke, comme à son habitude, surfe avec engagement et tente un backside air. En ratant son air, il pense simplement foirer la manœuvre. Sauf qu’au moment où il retombe, son leash renvoie sa planche vers lui et la dérive centrale le frappe. Impact direct dans le crâne. Et, surtout, très proche de l’oreille. Dans une vidéo partagée quelques jours après l’accident, Zeke explique la violence du choc :
    « Je suis bien amoché. La dérive m’a tapé juste sur le côté de la tête. Ça a touché mon oreille aussi. C’était assez profond. Le docteur m’a mis quelques points de suture à l’intérieur et cinq à l’extérieur. Mon oreille pendait un peu. »

    Un constat froid, typiquement hawaiien : lacéré, boursouflé, mais… “all good”.

    Un vieux débat relancé : Futures ou FCS ?

    Zeke rebondit avec humour sur un sujet qui divise les surfeurs depuis des années :
    « J’aurais aimé avoir une meilleure histoire… [rires] C’était juste moi qui tentais un air, et la planche est revenue me frapper. La dérive du milieu m’a percé. Je venais de passer sur des Futures. Si j’avais eu des FCS, la dérive aurait sauté, et ça n’aurait pas été aussi grave. »

    Une remarque qui a immédiatement enflammé les réseaux, chacun défendant “son” système comme si c’était une religion surfistique.

    Début de saison, premiers avertissements

    Depuis quelques semaines, le North Shore se réveille. Rien de dramatique pour l’instant : pas d’accident grave à Pipeline, pas de KO subis par des free-surfeurs. Mais des incidents comme celui-ci rappellent une réalité incontournable : même sur un spot “intermédiaire” comme Rocky Point, la moindre erreur peut laisser des traces profondes.

    Zeke Lau devrait revenir rapidement à l’eau. Sans séquelles. Avec une oreille intacte. Mais avec une cicatrice de plus dans la carrière déjà bien remplie d’un solide guerrier du North Shore.

  • Un swell irlandais d’une violence rare avec Kai Lenny, Ben Larg et Nathan Florence

    Un swell irlandais d’une violence rare avec Kai Lenny, Ben Larg et Nathan Florence

    L’Irlande a encore montré son visage le plus brut : un slab difficilement introuvable, capricieux, et capable de transformer une session en véritable lutte pour la survie. Dans la vidéo du jour, où apparaissent Kai Lenny et Ben Larg et Nathan Florence, c’est surtout le début de la vidéo qu’il faut regarder : le reste n’a pas la même intensité, mais les premières minutes suffisent pour vous glacer le sang.

    Un slab parmi les plus capricieux d’Europe

    Ce spot irlandais, dont on taira le nom, coche toutes les cases du slab impossible :

    • marée millimétrée,
    • vent dans le bon quart de degré,
    • direction de houle ultra précise,
    • période longue mais pas trop…

    « C’est un slab compliqué à trouver et encore plus difficile à surfer », explique l’un des surfeurs locaux présents. Une vague rare, brutale, qui n’offre aucune seconde de retard.

    Les premières minutes : une scène terrifiante

    La vidéo s’ouvre sur une session effrayante, captée dans une lumière froide typique de l’Atlantique nord. Les trois compères sont à l’eau avec Kai Lenny et Ben Larg en action, et Nathan Florence dans le chenal à lever les bras. Mais une scène domine tout le reste.

    Un surfeur parvient à passer la section la plus critique du slab (je pense que c’est Kai Lenny). On croit qu’il a géré la vague parfaite… jusqu’à ce que la réalité se rappelle à lui. Derrière, une nouvelle série surgit. Pas le temps de reprendre son souffle. Coincé dans un courant de mousse, il se fait aspirer — littéralement — vers la dalle. Il est balloté, retenu, tiré comme un pantin par l’énergie brute de l’Atlantique, incapable de remonter.

    Les secondes s’étirent. Trop longtemps. Et on le voit enfin réapparaître juste avant la vague suivante, dans un timing miraculeux. Une scène qui glace le sang.

    Après cette séquence, la vidéo change de ton

    Le reste du contenu — sessions plus douces à Lahinch, rencontres avec Jango, Tola, discussions spirituelles des réalisateurs — a son charme, mais l’intensité est clairement dans les premières minutes. C’est là que se trouve l’histoire. Le reste fait davantage office de carnet de bord paisible.

  • Le surfeur de Montréal qui affronte l’hiver et les blocs de glace : un surf venu d’un autre monde

    Le surfeur de Montréal qui affronte l’hiver et les blocs de glace : un surf venu d’un autre monde

    Quand l’eau frôle les 0 °C, que l’air mord à –40 et que des plaques de glace descendent la rivière comme des monstres flottants, la plupart des gens restent chez eux. Pas lui. À Montréal, un surfeur s’élance au cœur de l’hiver sur une vague statique d’une puissance hypnotique, partageant son ride avec des blocs de glace aussi beaux que dangereux. Un surf extrême, presque irréel.

    Un paysage polaire… à quelques minutes du centre-ville

    La vidéo s’ouvre sur un décor que l’on croirait arraché au Grand Nord canadien : brume qui s’élève, eau métallisée, silence glacé. « Avec une eau à peine au-dessus de zéro et un air à –40, la seule raison pour laquelle la rivière ne gèle pas complètement, c’est son mouvement constant », explique le surfeur.
    Quelques minutes de marche suffisent pour quitter Montréal, mais mentalement, on bascule dans un univers de survie. Des plaques de glace gigantesques défilent, certaines « aussi grandes que des semi-remorques », d’autres dentelées comme du cristal.

    La beauté est à couper le souffle, mais la menace est partout : hypothermie, collisions, courant imprévisible. Chaque seconde compte.

    Surfer l’hiver : un sport où l’erreur n’a pas sa place

    La vague statique, alimentée par la puissance du fleuve, ne pardonne rien. « La marge d’erreur est très faible dans ces conditions », confie-t-il. Un simple moment d’hésitation, et c’est la noyade ou l’impact contre la glace.

    Pourtant, il retourne là-bas jour après jour. Pas par addiction au risque, mais par recherche intérieure. Le froid devient un miroir de ses limites. « Le vrai facteur, c’est l’esprit », dit-il. Peu importe la musculation ou la souplesse : seule la maîtrise mentale permet de tenir dans ce froid mordant.

    L’hiver transforme tout : les décisions, l’intensité, la préparation. Il scrute constamment la quantité de glace, les températures, sa capacité de résistance. « On me dit que je suis fou. Avec le bon équipement, ça devrait être facile. Mais ce n’est pas le cas. »

    Le silence, l’isolement… et une vague pour lui seul

    Contrairement à l’été, l’hiver offre une étrange récompense : la solitude totale. Souvent, il n’y a personne d’autre « que moi et la rivière, moi et la glace ».
    Quand il laisse la vague le porter, il atteint un état unique : « Si je me détends et observe, l’énergie de l’eau travaille à travers moi et tout devient sans effort. »

    Il s’arrête parfois de pagayer pour contempler les blocs de glace qui l’entourent. Sous le soleil d’hiver, ils scintillent comme des pièces d’art sculptées par la nature. Et surtout : c’est un spectacle que personne d’autre ne verra jamais. La scène changera dans quelques minutes, remodelée par le courant.

    Le froid comme voie de transformation

    Au fil du temps, l’exposition répétée à cette eau polaire est devenue plus qu’un défi sportif : une pratique mentale et spirituelle.
    « Le froid révèle qui je suis vraiment », dit-il. Il ne s’agit pas d’un ennemi, mais d’un révélateur. En affrontant ce choc physique, il apprend à briser ses propres barrières, à dompter son esprit, à ne plus être prisonnier du stress du quotidien.

    Cette recherche de maîtrise intérieure dépasse désormais le surf : c’est une philosophie de vie. Elle lui donne une ancre, un centre, une force pour affronter tous les autres aspects de son existence.

    Fusion avec la glace, fusion avec la nature

    La scène finale résume tout : lorsqu’il s’accorde au rythme du fleuve, qu’il « cesse de lutter contre la nature », tout devient limpide. La douleur se transforme en clarté, l’inconfort en puissance, le froid en exaltation.

    Surf en eau glaciale, surf mystique, quête personnelle : cette vidéo capture plus qu’une performance. Elle dévoile un voyage intérieur, une communion avec une nature brute et indomptable.
    Et dans cet instant suspendu entre danger et beauté, il trouve ce qu’il cherche : la joie pure d’être vivant.

  • Mondiaux SUP 2025 : un immense niveau pour la France, mais l’or par équipes s’envole

    Mondiaux SUP 2025 : un immense niveau pour la France, mais l’or par équipes s’envole

    Le Surf City El Salvador aura de nouveau vibré en novembre 2025 avec les ISA World SUP and Paddleboard Championships, un événement devenu incontournable pour les nations qui comptent dans la rame et le paddle moderne. Conditions propres, ambiance chaude et un niveau global qui ne cesse de monter d’année en année : tout était réuni pour un grand cru.

    Et il l’a été.
    Sauf que… le scénario final a laissé un goût doux-amer dans la délégation française : malgré un ensemble de performances individuelles de très haut niveau, les Bleus repartent d’El Sunzal sans l’or par équipes. Une nouvelle fois, c’est l’Espagne qui décroche la couronne mondiale — deuxième titre consécutif.

    Pour la France, le bilan reste remarquable. Mais l’objectif suprême, celui qui fait briller une nation entière, ne sera pas pour cette année.

    L’Espagne, reine incontestée du Mondial

    Le communiqué espagnol a été clair :

    « España logró segundo título consecutivo en el mundial de SUP y Paddleboard »
    L’Espagne remporte son deuxième titre mondial consécutif en SUP et Paddleboard.

    Et les chiffres le confirment.

    Selon le classement final que tu m’as fourni, la Roja totalise 13 976 points, devant la France avec 13 552 points. Un écart réduit… mais suffisant pour empêcher les Français de rêver d’une victoire historique.

    Les Espagnols ont été d’une régularité impressionnante, avec 10 podiums sur 14 catégories, dont un titre mondial en Prone Distance grâce à Judit Vergés. Ils ont surtout excellé dans ce qui fait souvent la différence dans un classement par nations : les épreuves féminines, les sprints, et la capacité à éviter les « mauvais résultats » qui plombent un total général.

    Et dans cette logique mathématique impitoyable, l’Espagne a été simplement meilleure.

    La France : un collectif solide, des performances éclatantes

    Même privée du titre par équipes, la France peut quitter le Salvador avec le sentiment du travail bien fait. Le Mondial 2025 a montré l’émergence d’une génération polyvalente, ambitieuse et très compétitive.

    Voici les points marquants du camp français :

    Maël Tissier, l’une des sensations du Mondial

    Véritable métronome, Maël Tissier a offert à la France des performances énormes, avec notamment une victoire en Prone Distance qui a marqué la journée. Solidité, précision, résistance : le Français a confirmé qu’il fait partie des meilleurs rameurs du monde dans sa catégorie.

    Eliott Bry, le futur du SUP français

    Le phénomène tricolore a livré un Mondial d’une maturité impressionnante, notamment dans les épreuves techniques. Il confirme ici ce que tout le microcosme sait déjà : la France a entre ses mains l’un des talents les plus prometteurs du paddle mondial.

    Un collectif homogène

    Ce qui frappe dans cette équipe de France 2025, c’est la cohérence du groupe. Peu de « trous », beaucoup de solidité, et surtout une capacité à performer dans toutes les disciplines : surf SUP, distance, technique, prone, junior.

    Pour reprendre la formule souvent utilisée dans les sports olympiques :

    Ce n’est pas une équipe qui a perdu l’or. C’est une autre qui a été encore plus forte.

    Et c’est souvent la pire frustration.

    Pourquoi l’or s’est envolé : analyse à froid

    Oui, la France a excellé.
    Oui, les podiums ont été nombreux.
    Mais dans un Mondial par équipes, un titre se joue sur des détails.

    Voici les facteurs principaux qui expliquent la défaite française :

    1. L’Espagne intouchable dans certaines catégories féminines

    La course longue distance femmes a été décisive. L’Espagnole Duna Gordillo a imposé un rythme surréaliste, quand la Française Anaïs Guyomarch terminait à la 5ᵉ place. Dans un système de points où chaque position compte, cela crée des écarts que l’on paie plus tard.

    2. Les sprints : un secteur où l’Espagne a creusé un vrai fossé

    Les épreuves de sprint, souvent explosives et imprévisibles, ont été dominées par la Roja. L’équipe française a été régulière, mais pas suffisamment haut placée pour reprendre des points.

    3. Le manque de titres en SUP Surf

    Les divisions de SUP Surf peuvent rapporter gros, mais le niveau international y devient féroce. Les Français y ont été solides, mais sans accrocher l’or, là où l’Espagne a placé ses athlètes très haut.

    4. Une mécanique bien huilée côté espagnol

    Le gros point fort de l’Espagne ?
    Elle a évité toutes les contre-performances. Même dans les divisions où elle ne visait pas la victoire, elle restait dans les positions rentables pour le classement général. Et c’est exactement ce qui fait une nation championne.

    Les hispanophones en force… mais la France devant

    Du côté hispanophone, c’est l’année de la confirmation :

    • Argentine : 6e
    • Puerto Rico : 7e
    • Pérou : 8e
    • Chili : 11e

    Cela ajoute au prestige de la performance française, qui reste la meilleure nation hispanophone + francophone de la compétition, derrière l’Espagne seule.

    La France reste le n°2 mondial, et de loin.

    Quel avenir pour l’équipe de France de SUP ?

    Ce Mondial 2025 ouvre en réalité d’excellentes perspectives pour la France :

    1. Une jeunesse prête à prendre le pouvoir

    Avec des profils comme Eliott Bry, mais aussi toute une vague montante en junior et en SUP technique, la France s’assure un avenir radieux.

    2. Une marge de progression bien identifiée

    Les axes de travail sont clairs :

    • renforcer les sprints,
    • densifier les catégories féminines,
    • viser plus haut en SUP Surf,
    • et conserver l’excellence en prone distance.

    3. Un collectif structuré qui peut viser l’or dès 2026

    Le plus dur dans un Mondial, c’est d’être constant.
    La France l’a montré.
    Pour transformer un podium global en titre, il faudra des victoires nettes dans quelques catégories clés.

    Mais l’écart avec l’Espagne (424 points) est loin d’être insurmontable.

    Entre fierté et frustration, un Mondial qui inspire

    La France quitte El Salvador sans l’or, mais avec un sourire teinté de frustration – signe que cette équipe vise plus haut que des podiums symboliques.

    Dans les faits :

    • les Français ont été réguliers,
    • performants,
    • talentueux,
    • et ultra présents dans presque toutes les finales importantes.

    Il manque encore un petit quelque chose pour décrocher le titre suprême, mais les bases sont là, solides et inspirantes.

    Rendez-vous en 2026 : les Bleus seront très attendus.

  • Christian Fletcher, l’anti-héros qui a réinventé le surf

    Christian Fletcher, l’anti-héros qui a réinventé le surf

    Il y a des surfeurs qui suivent les lignes. Et puis il y a ceux qui les brisent, les brûlent, les réinventent. Christian Fletcher appartient à cette seconde catégorie. Un électron libre, un punk des vagues, un précurseur visionnaire qui a fait voler en éclats les certitudes d’un sport parfois trop sage.
    Atypique, controversé, chaotique, brillant : Fletcher est tout cela à la fois. Et en 2025, à 55 ans, le voir débarquer sur un QS aux Philippines avec un mullet, une planche maison et le sourire d’un gosse en récré a prouvé une chose simple : certains esprits ne vieillissent jamais.

    Ce portrait raconte l’histoire d’un homme qui n’a cessé, toute sa vie, de dire une seule chose : « Je fais les choses à ma manière. Et si ça ne plaît pas, c’est ton problème. »

    Naissance d’un iconoclaste : un destin écrit dans la wax

    Pour comprendre Christian Fletcher, il faut d’abord comprendre d’où il vient. Né en 1970 à Hawaï, il grandit dans une famille où le surf est aussi naturel que respirer.

    • Son père, Herbie Fletcher, pionnier du longboard moderne.
    • Sa mère, Dibi Hoffman, membre d’une lignée mythique du surf.
    • Son grand-père, Walter Hoffman, à l’origine du tissu qui rendra célèbres les chemises hawaïennes.
    • Sa tante, Joyce Hoffman, double championne du monde.

    Avec un tel héritage, Christian aurait pu devenir un surfeur “classique”.
    Mais non. Son truc, ce n’est pas la douceur du longboard. Son ADN s’accorde plutôt sur le bruit d’une guitare saturée, les croûtes de skatepark et les combinaisons vert fluo.

    L’ère des airs : quand Christian met le feu au surf

    À la fin des années 80, le surf n’a pas encore entamé sa révolution aérienne. Et puis Christian arrive. Des airs partout, des grabs venus du skate, des trajectoires verticales, un style agressif qui noircit les pages des magazines.
    L’establishment ne comprend pas. Certains sont outrés.
    Un groupe de surfeurs du Top 16 va même jusqu’à envoyer une lettre aux magazines demandant d’arrêter de publier des photos de Fletcher. Le public, lui, adore Fletcher.
    Les puristes le détestent.
    Parfait : il n’a jamais eu pour mission de plaire à tout le monde.

    Un talent pur : capable de gagner… quand il en avait envie

    En 1989, il remporte le Body Glove Surf Bout, l’un des plus gros prize money de l’époque :
    31 725 $ (oui, c’est important pour lui : pas 30 000, 31 725). Ce jour-là, tout le monde comprend qu’il pourrait devenir champion du monde. Mais il n’en veut pas.
    Il le dit très clairement :
    « Je m’en fiche complètement d’être champion du monde. »

    Et plus tôt encore, lorsqu’il parlait du World Tour :
    « Les mecs sur le World Tour ne s’amusent pas. Je le sais, j’y étais en 87 — c’était l’enfer. »

    Tout est dit.

    Excès, chaos et rock’n’roll : la vie hors cadre

    Sponsors improbables (dont un sex-shop), groupes de métal aux noms censurables, courses en moto, fréquentations borderline… Christian vit vite, fort, trop fort parfois. Une phrase résume parfaitement cette période :
    « J’aime la vitesse. Sous toutes ses formes. Je me retiens juste d’en pratiquer certaines aujourd’hui. »

    Le chaos finit par l’engloutir : addictions, dépression, faillite de sa marque, éloignement progressif du surf. Mais il n’est pas du genre à rester au fond.

    Tomber, se relever : les blessures invisibles

    Dans une interview culte avec Mark Occhilupo, Fletcher raconte son effondrement mental après l’achat précipité d’une maison et une vie de responsabilité imposée trop tôt.

    À Occy, il lâche :
    « 31 725 dollars. Tout est parti dans la maison, la famille, les obligations… C’était trop. »

    Cette lucidité, brute et désarmante, montre Fletcher sans façade : un homme brisé par un costume qui n’était pas taillé pour lui. Il s’en sortira, avec son style, ses excès, et une forme de philosophie personnelle :
    « Je fais ce que je veux, quand je veux. Je choisis juste de ne pas le faire trop souvent. »

    2025 : l’événement improbable – Fletcher en QS à Cloud 9

    Le monde du surf n’en revient pas quand il voit son nom sur la startlist du QS 6000 de Cloud 9 en 2025.

    Pourquoi revenir en compétition à 55 ans ?
    Il le dit lui-même :
    « Je veux juste me faire des tubes, envoyer des airs, et surtout… m’amuser. »

    Il termine troisième de sa série.
    Aucun enjeu.
    Aucun objectif.
    Juste l’envie.

    Lorsqu’il surfe contre un jeune de 13 ans, Jayden Wilcoxen, il poste ensuite :
    « Maltraitance envers une personne âgée ou c’est juste prendre un bonbon à un bébé ? »

    L’humour est intact.
    Le style est intact.
    L’esprit est intact.

    Aujourd’hui : survivant, symbole, inspiration

    Il surfe encore des reefs creux et rapides. Il roule encore comme un dingue à moto. Il continue d’être un électron libre, mais avec un mantra plus mature :
    « Quand tu es prudent, tu finis par te faire embarquer, dans le surf comme dans la vie. Être prudent, c’est hésiter. Tu t’engages ou tu ne t’engages pas — et moi, je m’engage. »

    Et tout est là :
    Christian Fletcher n’a jamais été un modèle, mais il est devenu une référence.

    Les airs d’aujourd’hui ?
    Les manœuvres aériennes en compétition ?
    Les rotations, les grabs, l’attitude skate ?

    Tout vient de lui.

    Christian Fletcher n’a jamais été un héros. Et c’est pour ça qu’il est une icône.

    Pas un prophète, pas un sage, pas un champion :
    un rebelle qui a bousculé le surf parce qu’il refusait catégoriquement d’entrer dans une case.

    Son héritage est immense, et paradoxal : en ne cherchant jamais à révolutionner le surf, il l’a fait sans même s’en rendre compte. Christian Fletcher reste la preuve vivante que le surf n’est pas qu’un sport.
    C’est un cri.
    Un style.
    Une liberté totale.
    Un doigt levé vers les juges.
    Un air au-dessus d’un autre surfeur.
    Un homme qui vieillit sans jamais devenir vieux.

    Un punk éternel.

  • Surf au Mexique : entre tragédies, frayeurs et conseils essentiels pour voyager en sécurité

    Surf au Mexique : entre tragédies, frayeurs et conseils essentiels pour voyager en sécurité

    Le Mexique fascine les surfeurs. Des droites interminables de Salina Cruz aux tubes massifs de Puerto Escondido, le pays fait rêver depuis des décennies. Mais derrière ce décor d’Éden pour goofy et regular, une réalité plus complexe existe : certaines zones présentent de réels risques, et plusieurs faits divers récents ont rappelé que le voyage surf au Mexique nécessite préparation, prudence et information.

    Ces dernières années, deux histoires ont particulièrement marqué la communauté surf :

    • l’assassinat des frères australiens Jake et Callum Robinson et de leur ami américain Carter Rhoad,
    • et la mésaventure intense vécue par Gaspard Larsonneur et Robin Aussenac à Salina Cruz, qui ont échappé de peu à une attaque armée.

    Ces récits ne doivent ni stigmatiser un pays magnifique, ni dissuader tous les voyageurs. Ils servent plutôt de rappel : le surf trip parfait n’existe pas sans une dose de vigilance.

    Le drame des frères Robinson : faits et prudence

    En avril 2024, les Australiens Jake et Callum Robinson, accompagnés de leur ami américain Carter Rhoad, sont portés disparus lors d’un surf trip en Basse-Californie. Quelques jours plus tard, les autorités mexicaines annoncent que les trois surfeurs ont été tués.

    Plusieurs hommes ont été arrêtés, identifiés par leurs prénoms conformément aux règles locales. Le procureur chargé de l’affaire a demandé des peines très lourdes, dépassant 200 ans de prison, en raison des charges retenues : homicide aggravé, vol et disparition forcée. Une femme, accusée d’avoir incité un vol qui aurait dégénéré, doit également comparaître.

    L’enquête se poursuit, les procès ne sont pas encore terminés, et il est important de respecter la présomption d’innocence et les règles judiciaires en vigueur au Mexique.
    Ce que les autorités ont indiqué publiquement :

    • Les suspects n’ont pas accepté d’accords de peine réduite.
    • Des éléments matériels et des témoignages figurent au dossier.
    • L’affaire pourrait durer longtemps, certains témoins étant étrangers et devant revenir au Mexique pour déposer.

    Ce drame a suscité une émotion considérable dans la communauté surf internationale. Il a rappelé que, même si la majorité des voyages au Mexique se passent très bien, certaines zones isolées peuvent être exposées à des risques de criminalité, vol ou extorsion.

    Gaspard Larsonneur : “Quand ils ont tiré, tu comprends que tout peut basculer”

    En 2021, le surfeur breton Gaspard Larsonneur part au Mexique pour un trip d’une dizaine de jours avec son photographe/caméraman Robin Aussenac. Le programme est simple : sessions matinales, lumière parfaite et ambiance caliente.
    Rien ne laissait présager que le voyage tournerait court… au bout de 48 heures.

    Une route isolée, une voiture qui se rapproche trop

    Après une session à Salina Cruz, le trio (Gaspard, Robin et leur guide local) roule vers le surf camp pour manger avant de retourner à l’eau l’après-midi. Au bout d’une trentaine de minutes, une voiture les suit, de plus en plus près, puis les dépasse et bloque la route quelques mètres devant eux.

    Deux individus descendent. Armés.

    Le guide réagit immédiatement

    Gaspard raconte que le guide n’a pas hésité :
    → marche arrière,
    → tentative d’esquive,
    → cris,
    → tension maximale.

    Les individus ouvrent le feu. Au moins cinq balles. L’une atteint le guide au pied.

    Gaspard et Robin se couchent à l’arrière. Ils ne voient qu’une chose : le plafond du véhicule qui vibre sous l’accélération. Le guide manœuvre en marche arrière, joue avec les obstacles, finit par contourner la voiture des assaillants et enclenche une fuite désespérée. Une course-poursuite s’engage sur plusieurs centaines de mètres.

    Finalement, les assaillants font demi-tour.

    Un retour à la réalité brutal

    Le trio se réfugie dans une station-service. La police arrive, échange uniquement avec le guide. Gaspard et Robin constatent le décalage : dans certaines zones du Mexique, les procédures ne ressemblent en rien à ce que l’on connaît en Europe.

    Bilan :

    • Pas de blessés graves,
    • une énorme frayeur,
    • un trip écourté,
    • un retour en France dans la foulée.

    Gaspard partage plus tard :

    « À partir du moment où ils se sont mis à tirer, tu te dis qu’ils sont prêts à tout. Ça aurait pu être bien pire. »

    Cette histoire a marqué les surfeurs européens, car Gaspard est un rider expérimenté, habitué du Mexique. Son récit montre que l’expérience ne protège pas de tout.

    Le Mexique, un pays sublime mais où certaines règles sont indispensables

    Le Mexique n’est pas “dangereux partout”. Il n’est pas “à éviter”. Il n’est pas “pire que d’autres destinations exotiques”.

    Il est… comme beaucoup de destinations de surf éloignées : magnifique, accueillant, mais parfois imprévisible.
    L’immense majorité des surf trips s’y déroule sans problème. Mais certains États – notamment en zones rurales – peuvent comporter des risques liés à :

    • Des vols ciblant les touristes,
    • Des tentatives d’extorsion sur certaines routes isolées,
    • Des conflits locaux ou territoriaux,
    • Des formes d’insécurité spécifiques à des zones très précises.

    Pour surfer le Mexique sereinement, voici ce que les locaux, expatriés et guides professionnels recommandent systématiquement :

    Conseils essentiels pour surfer au Mexique en toute sécurité

    1. Toujours se renseigner sur la zone où l’on va

    Le Mexique est immense : la situation varie énormément d’un État à l’autre.
    Baja Sur touristique ≠ Basse-Californie rurale.
    Salina Cruz ≠ Puerto Vallarta.
    Sayulita ≠ certaines zones désertes du Michoacán.

    2. Ne pas circuler seul dans les zones isolées

    Beaucoup d’agressions recensées se produisent :

    • sur des routes désertes,
    • tôt le matin,
    • ou au coucher du soleil.

    3. Toujours passer par un guide local en zones rurales

    À Salina Cruz, c’est même une règle non écrite du surf trip :
    → les guides connaissent les check-points informels,
    → les routes sûres,
    → les heures à éviter,
    → les gens à respecter,
    → les zones où il ne faut surtout pas traîner.

    Dans le cas de Gaspard, le guide leur a probablement sauvé la vie.

    4. Ne montrer aucun objet de valeur

    Les appareils photo, drones et objectifs attirent l’attention.

    5. Éviter la route de nuit

    Règle absolue partagée par tous les expatriés.

    6. Informer quelqu’un de son itinéraire

    Toujours simple, toujours utile.

    7. Respecter les consignes des locaux

    C’est la meilleure protection possible.

    Un pays incroyable, à aborder avec lucidité

    Le Mexique est l’une des plus belles destinations surf du monde.
    Il offre des vagues exceptionnelles, une culture riche, un accueil chaleureux.
    Mais comme toutes les destinations où l’on s’aventure hors des zones touristiques, il demande préparation et vigilance.

    Les histoires de Gaspard et du drame des frères Robinson ne doivent pas créer la peur – elles doivent informer.

    Parce que le surf, même loin de l’eau, demande d’avoir toujours un œil ouvert sur l’horizon.

  • Ramzi Boukhiam retrouve enfin l’océan après sept mois d’absence

    Ramzi Boukhiam retrouve enfin l’océan après sept mois d’absence

    La scène a ému tout le monde : Ramzi Boukhiam, le meilleur surfeur marocain de l’histoire, a remis les pieds — et surtout la planche — dans l’eau après sept mois de convalescence. Un retour symbolique, attendu, et porteur d’un immense soulagement pour celui qui avait vécu l’une des blessures les plus improbables de sa carrière en avril dernier.

    Un accident improbable à Bells Beach

    Tout a basculé lors du Rip Curl Pro Bells Beach, deuxième étape du Championship Tour 2025. Ramzi venait de terminer sa première manche lorsqu’un simple retour vers le sable a viré au cauchemar : sa jambe s’est coincée dans le récif, une vague l’a frappé par-derrière, et son genou a cédé. Une blessure inattendue, presque « bête », mais dont les conséquences ont été lourdes.

    Quelques jours plus tard, les examens révélaient la nécessité d’une intervention chirurgicale. Le Marocain expliquait alors, sur Instagram, la nature de l’opération : une chirurgie TTA (Avancement de la Tubérosité Tibiale), consistant à déplacer et fixer la proéminence osseuse à l’avant du tibia (un peu comliqué je vous l’accorde). Une prise en charge effectuée dans une clinique sportive de Mérignac, en France.

    « Après six semaines d’attente, mon genou était enfin prêt pour l’opération », écrivait-il. « Cela s’est avéré un peu plus compliqué que prévu, mais j’étais prêt. »

    Sept mois de travail, de doutes et de patience

    La suite, c’est une période longue et douloureuse, comme Ramzi lui-même le décrit aujourd’hui. Pas de surf, peu de déplacements, un quotidien centré sur la récupération et la physiothérapie. Cette blessure l’a touché profondément : « Avec tout ce que j’ai déjà traversé, ça m’a marqué », confiait-il après son retrait de Bells.

    Dans les mois qui ont suivi, il a partagé avec beaucoup de transparence les étapes de sa convalescence. Pas de surenchère, pas de grandes annonces : juste un athlète confronté à un obstacle majeur et déterminé à le surmonter étape par étape.

    Le grand moment : retour dans l’eau

    Et puis, en novembre, la bonne nouvelle tombe. Ramzi est de retour à l’eau.

    « Première fois sur une planche depuis sept mois. Ça a été long, douloureux… Je ne suis pas encore à 100 %, j’ai encore du travail, mais je n’arrivais pas à arrêter de sourire dans l’eau », explique-t-il.

    Pas besoin de plus pour imaginer le poids qui se libère. Le surf fait partie de sa vie, et retrouver l’océan, même prudemment, marque le début d’un nouveau chapitre.

    Et maintenant ?

    Côté compétition, le flou demeure. Le système des wildcards du CT reste opaque, et l’un d’eux devrait déjà être attribué à Gabriel Medina. Ramzi pourrait en bénéficier… ou non. Rien n’est tranché.

    Sportivement, son début d’année n’avait pas été le plus solide, même si sa 9e place au Surf City El Salvador Pro avait rappelé son potentiel. Une fois rétabli, il reste un compétiteur dangereux, complet, affûté, et plus mature que jamais.

    L’essentiel, pour l’instant, est ailleurs : Ramzi Boukhiam est de retour dans l’océan. Et ça, pour lui comme pour ses supporters, c’est déjà une victoire immense.

  • Hommage: ne pas oublier les surfeurs tombés le 13 novembre 2015

    Hommage: ne pas oublier les surfeurs tombés le 13 novembre 2015

    Il y a des dates auxquelles on revient, même quand l’actualité surf nous entraîne vers d’autres horizons. Dix ans après cette nuit qui a marqué la France, impossible de ne pas consacrer un moment à la mémoire. Le 13 novembre 2015, notre pays sombrait dans l’horreur et parmi les 130 victimes figuraient plusieurs passionnés de glisse. Des surfeurs, des amis, des membres silencieux et essentiels de notre communauté.

    Aujourd’hui, leur souvenir mérite plus que quelques lignes : il mérite d’être ravivé, partagé, transmis.

    Dix ans après : une communauté qui se souvient

    Le surf, c’est une famille élargie. Des gens qui ne se connaissent pas forcément mais qui partagent la même lumière au lever du jour, la même adrénaline sur une vague bien creuse, la même complicité tacite au pic. Quand l’un des nôtres disparaît, la blessure remonte jusqu’au rivage.

    Dix ans après les attentats, la communauté n’a rien oublié. Surtout pas ceux qui, le plus souvent, vivaient en harmonie avec l’océan.

    Pierre Innocenti : un homme tourné vers l’infini

    Parmi ces visages, celui de Pierre Innocenti, 40 ans, reste gravé dans beaucoup de mémoires. Patron d’une pizzeria à Neuilly, oui — mais surtout surfeur dans l’âme. Un passionné de glisse totale : skate, snow, wake, surf… Un homme qui vivait pour l’intensité et la liberté.

    Avec son ami d’enfance Jean-Philippe, Pierre avait sillonné le monde dès la fin des années 80 et le début des années 90, à une époque où partir en Indo relevait encore de l’expédition. Bali version “une rue à Kuta”. Nias avant l’électricité. Les Mentawai encore vierges. Ce premier voyage avait façonné leur jeunesse et leur vie d’adultes.

    Les proches décrivent Pierre comme un homme attiré par “l’infini”. Celui des montagnes, de l’océan et du ciel. Un tempérament lumineux, généreux, impossible à oublier.

    Bertrand Navarret : un local du Santosha, un cœur immense

    On se souvient aussi de Bertrand Navarret, 37 ans, charpentier installé à Capbreton pour vivre au plus près des vagues. Passionné de surf, voyageur, amoureux de musique et de rugby, Bertrand faisait partie de ces locaux au sourire reconnaissable et à la présence discrète mais solide.

    Une cérémonie à l’eau avait été organisée en son honneur au Santosha, rassemblant des dizaines de surfeurs formant un grand cercle sur l’eau. Une image forte, presque rituelle, qui reste encore dans les mémoires de Capbreton.

    Deux autres surfeurs basques parmi les victimes

    À l’époque, plusieurs médias locaux et témoignages de la communauté surf basque avaient également évoqué deux autres pratiquants réguliers des spots de Guéthary et Parlementia parmi les victimes du 13 novembre.

    Par respect pour les familles et parce que certaines archives de 2015 ne sont plus disponibles, leurs noms n’étaient pas systématiquement rendus publics. Mais leur présence dans les hommages de la communauté, notamment au Pays Basque, a marqué durablement ceux qui partageaient leurs line-ups.

    Cette mention, discrète mais essentielle, rappelle que la glisse rassemble des individus aux parcours différents… et que chacun, même dans la discrétion, compte profondément.

    Transmettre la mémoire, parler aux nouvelles générations

    Dix ans ont passé. Beaucoup d’entre nous en parlent à leurs enfants, pour expliquer ce qui s’est passé. Pour montrer que la liberté, celle qu’on ressent en surfant, ne se vit que lorsqu’elle est protégée.

    Aujourd’hui, une pensée accompagne Pierre, Bertrand, et ces deux surfeurs anonymes dont la mémoire continue de vivre dans les vagues qu’ils aimaient tant. Une pensée pour leurs proches, leurs amis, leurs familles.

    Parce que se souvenir, c’est déjà honorer. Parce que la mer n’oublie jamais.

  • Carissa Moore signe son grand retour sur le CT en 2026

    Carissa Moore signe son grand retour sur le CT en 2026

    Un an et demi après avoir quitté la compétition pour vivre l’un des plus beaux chapitres de sa vie, Carissa Moore est officiellement de retour sur le Championship Tour 2026. La nouvelle vient de tomber : la quintuple championne du monde et championne olympique recevra le wildcard saisonnier de la WSL, lui ouvrant la porte d’un retour à plein temps sur le circuit.
    Après avoir accueilli son premier enfant, Olena, en février 2025, la surfeuse hawaïenne revient avec une énergie nouvelle – et un message puissant : « Nous pouvons continuer à poursuivre nos rêves, même lorsque la vie évolue. »

    Une championne hors normes, déjà légendaire

    Depuis son arrivée sur le Tour en 2010, Carissa Moore a tout simplement redéfini les standards du surf féminin. À 17 ans, elle remportait déjà des heats contre les meilleures. À 18 ans, elle devenait la plus jeune championne du monde de l’histoire.
    Et les chiffres parlent d’eux-mêmes :

    • 13 saisons complètes sur le CT
    • 28 victoires en carrière
    • Jamais moins bien classée que 3e… sauf une seule fois
    • Médaillée d’or lors de la toute première épreuve olympique de surf en 2020

    Carissa n’a pas seulement gagné. Elle a inspiré. De son surf puissant et progressif, à son sourire constant, jusqu’à ses engagements solidaires à travers la Moore Aloha Foundation, elle a toujours incarné l’ambassadrice parfaite du surf moderne.

    Une pause nécessaire, un retour monumental

    Sa dernière apparition en compétition remonte au Teahupo’o olympique en 2024, où elle avait surfé l’un des gauches les plus dangereuses de la planète… enceinte de deux mois. Quarterfinals. Rien que ça.
    Après cette performance presque irréelle, elle avait choisi de faire une pause pour accueillir son bébé et se recentrer. Mais son amour du surf et de la compétition n’a jamais disparu. Via ses réseaux, on l’a souvent vue en freesurf, les lignes affutées, les appuis précis, les carves toujours aussi puissants. Une certitude se dessinait : Riss n’avait rien perdu.

    « Remettre un lycra après avoir eu un bébé, c’est déjà une victoire », explique-t-elle.

    Un comeback redouté… et redoutable

    Son retour va forcément rebattre les cartes sur le circuit féminin. Les reines actuelles – Caity Simmers, Molly Picklum, Gabriela Bryan – excellent depuis deux saisons et dominent la scène. Mais une Carissa en forme, motivée, et surtout libérée après une pause choisie… ça peut changer le destin d’un Tour entier. On y voit un choc générationnel entre la jeune garde et Carissa, qui représente maintenant la maturité.

    Une saison 2026 déjà très attendue

    Carissa Moore ne reviendra pas directement sur une étape CT, mais fera son premier test de lycra en décembre prochain au Florence Pipe Pro (QS 2000) à Pipeline. Une manière de renouer avec la compétition sans pression.
    Ensuite, place au grand bain :

    • 1er avril 2026 : lancement du CT à Bells Beach
    • Décembre 2026 : fin de saison au Pipe Masters, devant son public hawaïen

    Un scénario parfait pour célébrer les 50 ans du Championship Tour.

    Un retour historique pour une athlète iconique.

  • Uluwatu à 25 pieds : quand Bali bascule en mode XXL

    Uluwatu à 25 pieds : quand Bali bascule en mode XXL

    Il y a des journées où Uluwatu rappelle à tout le monde pourquoi ce spot est une légende, un rêve pour certains… et un cauchemar pour d’autres. Lors du méga swell d’octobre 2025, la fameuse gauche de la péninsule du Bukit a tout simplement explosé ses standards. Une houle titanesque, estimée à 25 pieds, a transformé le temple du surf balinais en machine à broyer les planches… et les égos.

    Même les habitués du lieu en restaient bouche bée. Jacob “Zeke” Szekely, venu avec une bande de surfeurs/de skateurs pour une compétition, lâchait à peine sorti du scooter : « Are you f#cking kidding me ? C’est les plus grosses vagues que j’ai jamais vues ici. »* Une phrase qui résume l’ambiance générale : excitation et un soupçon de terreur.

    Un outsider crew face à la furie d’Uluwatu

    Ce jour-là, pas de line-up parfait, pas de longues parois sculptées par le vent offshore. Uluwatu était en mode bête sauvage. D’énormes close-outs fermaient en chaîne, les séries se succédaient sans laisser un instant de répit, et les rares tentatives ressemblaient plus à un exercice de survie qu’à une démonstration technique.

    Pourtant, la petite troupe s’est jetée dedans.
    Plan B ? Il n’y en avait pas.
    Sortir vivant ? Déjà pas si mal.

    Ramer dans ces conditions relève du courage borderline. Les mecs ramaient entre deux montagnes d’eau, tentaient de trouver un tube improbable… et se faisaient régulièrement avaler par les grosses vagues. Peu de rides aboutis, mais beaucoup de bravoure, de chutes spectaculaires et une bonne dose de chaos.

    À ce jeu-là, les planches ont morflé autant que les corps. Zeke a vu son gun partir en trois morceaux. Une offrande sacrée à la déferlante balinaise.

    Shane Borland, l’homme de la journée

    S’il y a bien eu un moment de grâce au cœur de ce champ de bataille marin, il est signé Shane Borland. Le Californien, surfeur/skateur complet, a décroché la vague du jour : un barrel monstrueux sur une bombe estimée à 20 pieds, prise avec une maîtrise incroyable.
    Littéralement : il l’a “packed”, comme disent les Américains.

    Alors que certains luttaient pour revenir au rivage, Shane-O inscrivait un ride d’anthologie dans l’histoire récente d’Uluwatu. Une vision rare sur un spot généralement pas associé à des tubes de cette taille.

    Le hasard (ou pas) du Keris Cup

    La présence d’un crew mêlant surfeurs et légendes du skate n’avait rien d’un alignement planétaire : tous étaient là pour la toute première Keris Cup, organisée à Uluwatu Surf Villas. Le line-up du bowl faisait rêver : Christian Hosoi, Christian Fletcher, Nathan Fletcher, Greyson Fletcher, Omar Hassan, Pedro Barros, Sky Brown…

    Entre une session apocalyptique dans l’eau et un contest sur le béton, la semaine a été purement historique.

    Et devine qui a raflé la mise ?
    Shane Borland.
    Et Sky Brown chez les femmes.
    Après un tube XXL et une victoire en contest, difficile de faire plus Balinais comme semaine.

  • Annaëlle Challenge 2025 : le dernier rugissement du slab breton

    Annaëlle Challenge 2025 : le dernier rugissement du slab breton

    C’est un monument du bodyboard français qui tire sa révérence. Les mardi 11 et mercredi 12 novembre 2025, au large de Lampaul-Ploudalmézeau (Finistère), la mythique Annaëlle Challenge s’est tenue pour la dernière fois. Portée depuis plus de quinze ans par des bénévoles passionnés et par le souffle d’une communauté fidèle, cette compétition unique en Europe a offert un final à la hauteur de sa légende : houle d’ouest massive, vent offshore parfait, et un plateau de riders digne d’un championnat du monde.

    Suivez la compétition en direct avec le LIVE JOUR 2

    LIVE DE LA COMPÉTITION JOUR 1

    La dernière danse à Annaëlle

    Armide Soliveres remporte la dernière édition de l’Annaëlle Challenge, refermant avec panache un chapitre unique du bodyboard français. C’est un livre qui se ferme dans la joie et la tristesse : la joie d’avoir assisté à une édition magistrale, mais aussi la mélancolie de voir disparaître une compétition mythique, portée par des organisateurs exemplaires et un engagement total.
    Dans une finale d’anthologie, Soliveres s’impose avec 16 points, devant Pierre-Louis Costes (15,97) au terme d’un duel monumental. Yann Salaün complète le podium avec 14,20 points, suivi de Morgan Le Quellec (12,13). Un superbe spectacle qui restera gravé dans les mémoires, ponctué par une série surf d’exception où Titouan Canevet a offert une prestation XXL, saluée par tous.

    Résultats de la première journée

    La première journée de compétition a offert un beau spectacle malgré des conditions capricieuses. Avec une longue période et un vent soutenu, les riders ont dû composer avec de fortes attentes entre les séries et un courant intense, rendant le placement particulièrement délicat sur cette zone de take-off étroite et exigeante. Dans ces vagues puissantes, Jérémy Arnoux s’est illustré en signant la vague du jour avec une note de 8,83 points, confirmant son excellent état de forme. Pierre-Louis Costes, Yann Salaün, Armide Soliveres et Arnoux ont dominé leurs séries respectives, se qualifiant logiquement pour le tour suivant. Aujourd’hui, les prévisions annoncent une houle en légère baisse mais avec un vent plus faible, promettant des conditions plus maniables pour la suite du spectacle.

    Résultats du Round 1 – Annaëlle Challenge 2025

    Heat 1

    PositionSurfeurPaysPoints
    🥇Pierre-Louis CostesFRA11,60
    🥈Louka ZaninottoFRA9,16
    🥉Derek CraterFRA8,74
    4️⃣Laurent JegoudezFRA3,83

    Heat 2

    PositionSurfeurPaysPoints
    🥇Armidé SoliveresCNY8,86
    🥈Steph KokorelisPOR7,13
    🥉Mael MartinezEUSK5,50
    4️⃣Julien Le SehanBZH4,60

    Heat 3

    PositionSurfeurPaysPoints
    🥇Jérémy ArnouxFRA13,70
    🥈Morgan Le QuellecBZH12,20
    🥉Lionel MedinaCNY11,40
    4️⃣Léo Jourdain-DesprezBZH6,10

    Heat 4

    PositionSurfeurPaysPoints
    🥇Yann SalaünBZH9,10
    🥈Benoît CrenBZH8,30
    🥉Max AusinaEUSK7,94
    4️⃣Irwin CloarecFRA6,24

    Une vague indomptable et inaccessible

    Annaëlle n’est pas un simple spot. C’est une entité sauvage, un slab qui casse sur un fond rocheux à fleur d’eau, derrière un îlot protégé, invisible depuis la côte. Impossible à approcher sans bateau, la vague est à la fois fascinante et terrifiante.
    « Annaëlle, c’est le spot le plus dangereux de France », confiait Pierre-Louis Costes, double champion du monde et double tenant du titre.
    Ce dernier, légende du bodyboard français, faisait évidemment partie des seize invités de cette ultime édition, aux côtés d’un casting exceptionnel :

    • Armide Soliveres, champion du monde 2024,
    • Jérémy Arnoux, double vainqueur de l’épreuve,
    • Louka Zaninotto, jeune prodige français et champion du monde junior (16 ans),
    • Yann Salaün, champion de France et local respecté,
      et bien d’autres spécialistes internationaux du slab.

    Des conditions « folles » pour une dernière danse

    Après trois années d’attente sans fenêtre météo favorable, la nature a finalement offert le cadeau rêvé : deux jours de houle puissante, un vent offshore chirurgical et une lumière d’automne dramatique sur les falaises du nord Finistère.
    Les organisateurs, emmenés par Gwen Renambot, ont annoncé la nouvelle le vendredi précédent avec une excitation palpable : « C’est la bonne, on y va ! »
    Et ils avaient raison. Les vagues ont atteint plusieurs mètres, creuses, rapides, et d’une intensité rare, rappelant pourquoi l’Annaëlle Challenge est devenu au fil des ans un événement culte, presque mystique, dans le monde du bodyboard.

    Une compétition sur invitation, un format resserré

    Fidèle à son ADN, la compétition restait fermée à seize bodyboarders triés sur le volet, répartis en séries de quatre sur deux tours, avant la grande finale.
    Pas de public, pas de tribunes, seulement quelques bateaux de sécurité, des drones et les caméras de la chaîne YouTube officielle, qui a permis au grand public d’assister en direct à ce moment d’histoire.
    Cette intimité assumée, loin du spectacle commercial, a toujours été la marque de fabrique du Challenge : un événement pur, brut, à taille humaine.

    Il est important de noter qu’il y a aura aussi une série avec des surfeurs invités sur le volet pour cette dernière édition.

    Une « der » qui marque la fin d’une époque

    Pourquoi s’arrêter maintenant ?
    Parce qu’organiser l’Annaëlle Challenge, c’est un défi logistique et humain colossal. Entre la sécurité, la météo capricieuse, les autorisations environnementales et la mobilisation d’une armée de bénévoles, chaque édition relevait du miracle.
    L’équipe a préféré clôturer l’aventure sur une note de perfection plutôt que de la laisser s’éteindre lentement. Et quelle note ! Tous ceux qui ont suivi les lives ou les images déjà diffusées s’accordent à dire que cette 8ᵉ édition restera dans l’histoire.

    Un héritage gravé dans la roche

    Depuis 2009, l’Annaëlle Challenge a façonné la culture du bodyboard français. Il a inspiré des générations de riders, révélé des talents, et prouvé que la Bretagne pouvait rivaliser en intensité avec les slabs australiens ou canariens.
    Son esprit, celui du surf engagé, respectueux de la nature et de la communauté, continuera de flotter au large de la presqu’île de Saint-Laurent.
    Les légendes passent, la vague reste.

  • Albee Layer, l’homme qui repousse les limites du surf

    Albee Layer, l’homme qui repousse les limites du surf

    Il y a des surfeurs qui excellent dans les airs, d’autres dans les barrels, et quelques rares élus capables d’affronter les monstres de Jaws. Albee Layer, lui, fait tout ça — et il le fait avec un style que personne d’autre n’a. L’Hawaïen est ce mélange improbable de puissance, d’instinct et de créativité. Le genre de surfeur qui ne cherche pas à être le meilleur, mais à repousser sans cesse les frontières de ce qui est possible sur une vague.

    Originaire de Maui, il grandit à quelques kilomètres de Pe‘ahi — plus connu sous le nom de Jaws, le théâtre de ses plus grands exploits et de ses pires blessures. Là où la plupart des surfeurs voient une montagne d’eau prête à les engloutir, Albee y voit un terrain de jeu. Une toile. Un endroit où la peur devient moteur de création.

    « Je passe une partie de presque chaque jour à penser à cette vague et à ce qui aurait pu se passer différemment. Et si ça semble fou, c’est parce que ça l’est », confiait-il récemment à propos d’un wipeout resté gravé dans sa mémoire. Cette phrase dit tout de lui : obsession, lucidité et passion totale.

    Le surfeur complet par excellence

    Replaquer des 540 en freesurf, charger Jaws, se caler dans des barrels monstrueux à The Cave au Portugal ou sur les slabs de Maui… Albee Layer sait tout faire. Et il le fait avec une nonchalance désarmante.
    À une époque où le surf se spécialise, où les compétiteurs et les free surfeurs suivent des voies distinctes, il refuse les étiquettes. Sa mission ? Explorer tout le spectre du surf, du plus technique au plus brutal.

    C’est cette polyvalence qui l’a rendu culte auprès des passionnés. En 2015, il choque la planète surf en replaquant le premier double alley-oop jamais réussi sur une vague. Une manœuvre d’une complexité telle qu’elle semblait impossible. Quelques années plus tard, il devient l’un des rares à prendre les plus grosses vagues du monde à la rame, à Jaws, tout en continuant à tourner des vidéos créatives comme Black Wave ou Nervous Laughter, qui racontent son hiver démentiel sur fond d’El Niño.

    Une chute qui change tout

    Mais derrière la figure du surfeur indestructible, il y a eu un moment où tout a basculé.
    Lors du Jaws Big Wave Contest 2019, Albee chute violemment sur une vague massive. Le choc est brutal : traumatisme crânien sévère. Quand il raconte la scène, on comprend à quel point il a frôlé le pire.
    « Je me suis fait aplatir la tête contre l’eau avec une telle force que ma bouche s’est ouverte toute seule. J’avais les gencives en sang, le nez qui saignait… Et je m’attendais au pire. Quand tu tombes sur une vague de cette taille, tout ce qui n’est pas une noyade te semble une bénédiction. »

    Cette chute, il la revivra longtemps.
    Les mois qui suivent sont sombres. Douleurs, vertiges, crises d’angoisse, perte de repères. Le neurologue qu’il consulte lui conseille simplement : « Ne surfez plus de grosses vagues. »
    Sa réponse ? Un non catégorique. « Ce n’est pas une option. Donnez-moi autre chose. »

    La descente, puis la renaissance

    Privé de ce qui donnait sens à sa vie, Albee sombre dans une période de dépression.
    Il le confie sans détour dans un documentaire pour Rockstar Energy : « Les deux ou trois années qui ont suivi ont été les pires. Je buvais trop, je faisais n’importe quoi, j’étais perdu. »
    Mais cette chute libre deviendra paradoxalement la clé de son retour.

    Grâce au soutien de sa famille, de ses amis — dont Matt Meola, son frère de cœur — et à une volonté de fer, il entame un long processus de guérison. Il rencontre Shawn Dollar, un autre surfeur passé par le même enfer, qui lui partage cette phrase devenue son mantra :

    « C’est une blessure. Ce n’est pas toi. »

    Petit à petit, il remonte. Il découvre des thérapies neuronales, adopte un mode de vie plus sain, s’entraîne dur, participe à la traversée Molokaï-Oahu à la rame.
    Et surtout, il retrouve le plaisir simple de surfer. De sentir l’eau, le vent, et ce frisson d’avant-drop à Jaws.

    Un retour plus fort que jamais

    Aujourd’hui, Albee Layer est revenu au sommet.
    En décembre 2024, il signe ce qu’il décrit lui-même comme « le plus gros swell de ma vie à Jaws ».
    Les images parlent d’elles-mêmes : un barrel XXL, d’une pureté presque irréelle, dans lequel il se permet même un soul arch — ce geste iconique, bras ouverts, savourant chaque seconde dans le tube.

    Cette vague, capturée pendant la houle du 21 décembre, résume sa philosophie.
    Il ne cherche plus à prouver quoi que ce soit. Il veut ressentir, comprendre, partager.
    « Quand je suis dans le barrel, je veux juste être présent. J’ai appris que la peur ne disparaît jamais, mais qu’elle peut devenir ton alliée. »

    L’indépendance comme moteur

    Albee n’a jamais fait partie du système. Il ne court pas après les classements, il fuit les formats imposés.
    D’ailleurs, il ne cache pas son désamour pour les compétitions de grosses vagues :
    « Le Big Wave Tour a changé Jaws. C’est devenu plus individualiste, plus agressif. Avant, on était une équipe, comme dans une mission spatiale. Maintenant, tout le monde veut juste avoir “la vague du jour”. »

    Lui préfère garder sa liberté. En 2025, il annonce un nouveau partenariat avec Anetik, une marque dont il est aussi co-propriétaire, spécialisée dans les vêtements techniques et la protection solaire.
    Un choix à son image : indépendant, sincère, tourné vers l’action plutôt que les discours.
    « Je veux créer des produits qui ont du sens. Et je veux pouvoir dire ce que je pense. »

    Un style forgé par l’expérience

    Son surf est le reflet de sa personnalité : explosif, imprévisible, mais toujours élégant.
    Albee a cette capacité rare à mêler le style d’un artiste et la précision d’un scientifique.
    Lorsqu’il parle de ses sessions à Jaws, on a presque l’impression d’écouter un ingénieur : il calcule, ajuste, anticipe.
    Mais dès qu’il se lève sur la planche, tout devient instinctif.
    Le geste se fait pur, presque poétique.
    Un équilibre fragile entre la survie et l’art.

    « Je veux continuer à tomber, mais seulement parce que je suis trop profond dans le barrel. Pas parce que j’ai choisi la mauvaise vague. »
    Une phrase qui résume parfaitement son évolution : moins d’égo, plus de maîtrise. Moins de rage, plus de justesse.

    L’héritage d’un surfeur libre

    Aujourd’hui, Albee Layer inspire une nouvelle génération.
    Pas seulement pour ses figures ou ses exploits, mais pour sa manière d’habiter le surf.
    Pour lui, ce n’est pas un sport, c’est un langage. Une manière d’explorer les émotions humaines les plus profondes : la peur, la joie, la douleur, la liberté.

    Matt Meola le dit mieux que quiconque :

    « Beaucoup des sessions les plus folles qu’on ait vécues n’auraient jamais eu lieu sans Albee. Il est celui qui te pousse à croire que tout est possible. »

    Et c’est peut-être là, la vraie essence du personnage : un surfeur total, capable de charger Jaws le matin, de tenter un alley-oop le soir, et de parler sans filtre de santé mentale entre les deux.

    À 34 ans, Albee Layer continue de repousser ses limites, mais avec une sagesse nouvelle.
    Son parcours n’est pas une ligne droite, c’est une succession de chutes, de renaissances, et de réinventions.
    Un peu comme les vagues qu’il surfe : puissantes, imprévisibles, mais d’une beauté absolue.

    Et s’il devait résumer sa philosophie, ce serait sans doute celle-ci :

    « Si je dois me blesser, que ce soit en surfant. »

    Une phrase simple, presque banale, mais qui dit tout.
    Albee Layer ne cherche pas la gloire. Il cherche à vivre — pleinement, dangereusement, mais avec grâce.
    Et c’est précisément ce qui en fait un des surfeurs les plus inspirants de sa génération.

  • La France lance sa reconquête mondiale de SUP au Salvador

    La France lance sa reconquête mondiale de SUP au Salvador

    Une entame prometteuse sous le soleil de Surf City

    La première journée des Mondiaux ISA de Stand Up Paddle et Paddleboard a bien souri à la France. Sur les vagues d’El Sunzal, théâtre mythique des Mondiaux 2019, les Bleus ont signé un départ idéal.
    Seuls la France et le Brésil ont réussi à faire passer leurs quatre athlètes engagés dans le tableau principal du SUP Surf. Un départ collectif solide, quand des nations puissantes comme l’Espagne, le Japon ou le Pérou ont déjà vu tomber certains de leurs représentants au repêchage.

    Le retour du SUP Surfing tricolore

    C’est un vrai plaisir de revoir cette discipline au programme mondial. En l’absence de Clément Roseyro, Mathieu Carpentier a endossé le double rôle de coach et compétiteur, rejoignant son frère Benoît, champion du monde 2019 et médaillé en 2022 et 2023.
    Chez les dames, Camille Dubrana et Marine Kerdreux, toutes deux bretonnes, ont bien entamé leur campagne sur une vague exigeante, mais régulière.

    Un collectif complet et ambitieux

    En SUP Race, la France présente un groupe équilibré entre jeunesse et expérience :

    • Arthur Arutkin et Titouan Puyo, deux anciens champions du monde,
    • Ethan Bry et son frère Eliott, première sélection internationale commune,
    • Mélanie Lafenêtre, Iona Rivet et Anaïs Guyomarch, solides références féminines,
    • sans oublier Thaïs Delrieux et Maël Tissier en prone paddleboard, deux athlètes issus du sauvetage côtier.

    Cette diversité d’expériences, associée à la cohésion du staff mené par Serge Lougarot, confirme la France parmi les grandes favorites, avec le Brésil et l’Australie.

    Un objectif clair : reconquérir le titre mondial

    Triple championne du monde par équipes (2019, 2022, 2023), la France entend bien reprendre sa couronne perdue l’an dernier au Danemark, où elle avait terminé troisième derrière l’Espagne et le Japon.
    Le Salvador, qui accueille l’événement pour la deuxième fois, porte une symbolique forte : c’est ici même que les Bleus avaient remporté leur premier titre mondial en 2019.

    La suite de la compétition

    Le round 2 du SUP Surf se tiendra ce mardi après-midi à El Sunzal (22h heure française), avant les épreuves techniques et longue distance programmées en fin de semaine.
    Les conditions annoncées sont bonnes, avec un vent léger et des houles régulières : tout ce qu’il faut pour voir briller le collectif tricolore.

  • João Mendonça, le prodige portugais qui défie les slabs les plus dangereux

    João Mendonça, le prodige portugais qui défie les slabs les plus dangereux

    À seulement 20 ans, João Mendonça s’impose comme l’un des surfeurs les plus audacieux de sa génération. Originaire d’Arrifana, petit village de pêcheurs au sud du Portugal, il vient de lâcher une vidéo impressionnante intitulée “Same Same” — un concentré d’adrénaline, de style et de courage pur.

    Et il ne perd pas de temps : la première vague du clip, c’est The Cave, cette droite monstrueuse et ultra-technique où même les meilleurs hésitent à s’engager. Rochers, fond peu profond, take-off vertical… rien n’arrête Mendonça, qui s’y enfonce avec un calme presque inquiétant.

    Filmée et montée par Hugo Almeida, la vidéo le suit à travers le monde : Madeira, le Chili, l’Indonésie, ou encore Nias, où il démontre une aisance déconcertante dans les tubes les plus lourds. Chaque séquence confirme une chose : João n’est pas qu’un jeune prometteur, il est déjà prêt à rejoindre la cour des grands freesurfers portugais — aux côtés de Nic von Rupp ou Miguel Blanco.

    S’il continue à se frotter aux compétitions du circuit QS, tout indique que Mendonça construira sa légende en dehors du jersey, là où le surf redevient pur, brut et libre.
    Regardez “Same Same” et jugez par vous-même : le Portugal tient sans doute son prochain grand freesurfer.

  • Faut-il une piscine à vagues en France ?

    Faut-il une piscine à vagues en France ?

    Depuis plusieurs années, les projets de piscines à vagues fleurissent aux quatre coins du monde. D’Abu Dhabi à Bristol, de Palm Springs à Munich, on surfe désormais à des centaines de kilomètres de l’océan.
    Mais en France, chaque projet de surf park déclenche une tempête d’opinions. Pour certains, c’est une hérésie écologique. Pour d’autres, un outil indispensable pour faire grandir le surf français et offrir aux jeunes athlètes des conditions d’entraînement dignes des grandes nations du surf. Alors, faut-il une piscine à vagues en France ?

    Une tendance mondiale impossible à ignorer

    Les piscines à vagues ne sont plus des prototypes de science-fiction. Elles sont devenues une industrie à part entière, soutenue par les plus grandes marques du surf.
    Aux États-Unis, le Kelly Slater Wave Ranch a ouvert la voie. En Angleterre, The Wave Bristol a tourné à plein régime (avant une interruption pour une histoire de changement de propriétaire). En Suisse, Alaïa Bay a transformé une vallée alpine en destination surf. Plus récemment, Munich a ouvert sa première piscine à vagues.

    Chaque semaine, on entend parler de nouveaux projets aux quatre coins de la planète, une multiplication des projets, des technologies différentes, voir des projets pharaoniques comme à Abu Dhabi. Des vagues de 80 euros de l’heure à plus de 150 euros pour une vague unique (Abu Dhabi)
    Oui, ce n’est pas donné, mais le modèle économique fonctionne : ces infrastructures combinent sport, loisirs et tourisme, à l’image d’un golf ou d’une station de ski.

    Et pour les municipalités, l’argument est clair : des emplois, du rayonnement, et une attractivité touristique nouvelle.

    En France, un débat passionnel

    Sur le papier, la France a tout pour accueillir une telle installation. Un million de pratiquants, 60 000 licenciés, un rayonnement international grâce aux compétitions internationales, aux compétiteurs, et désormais, à une discipline olympique où le champion est français.
    Pourtant, aucune piscine à vagues n’a encore vu le jour.

    Le projet le plus avancé, celui de Canéjan, près de Bordeaux, a cristallisé toutes les tensions.
    Implanté sur une ancienne friche industrielle d’IBM, le Surfpark de Canéjan se veut exemplaire : technologie Wavegarden, autonomie en eau, panneaux solaires, circuits fermés, et volonté de créer un centre d’entraînement pour le haut niveau.
    Mais les opposants – associations écologistes et riverains – dénoncent une artificialisation inutile et un projet jugé “illégitime”.

    Pourtant, les promoteurs insistent : « Ce n’est pas un projet sur un terrain naturel. C’est une reconversion industrielle, pensée pour durer », expliquait l’un des fondateurs, Édouard Algayon.
    Leur ambition : faire de Canéjan le Clairefontaine du surf français. Une comparaison forte, validée par Pierre-Louis Costes, champion du monde de bodyboard, et Jorgann Couzinet, surfeur professionnel.

    Le haut niveau français dans une impasse

    C’est là tout l’enjeu.
    La France aligne aujourd’hui des talents exceptionnels : Kauli Vaast, Johanne Defay, Tya Zebrowski, Marco Mignot. Mais pour progresser, tous ont un point commun : ils doivent s’entraînent dans une piscine à vagues à l’étranger.

    Allemagne, Suisse, Australie, États-Unis… la nouvelle génération perfectionne ses manœuvres dans des bassins artificiels.
    Pourquoi ? Parce que répéter une manœuvre identique, des dizaines de fois, dans les mêmes conditions, c’est la clé du haut niveau.
    Impossible à l’océan, où chaque vague est unique, capricieuse et imprévisible. Ou du moins, cela prendrait beaucoup plus de temps.
    Les piscines à vagues offrent la répétition parfaite — un atout fondamental pour les airs, les tubes, ou les enchaînements de turns.

    “Les piscines à vagues, c’est le futur du surf de performance. Pas pour remplacer l’océan, mais pour s’y préparer.”
    — Un entraîneur fédéral sous couvert d’anonymat

    Sans installation de ce type, la France prend du retard. Pendant que les Australiens, les Américains ou les Brésiliens s’entraînent sur commande, nos jeunes talents attendent la bonne houle à Hossegor ou partent en avion à l’autre bout du monde.

    Des progrès technologiques majeurs

    Les vagues artificielles ont énormément évolué.
    Il y a vingt ans, elles existaient déjà, mais étaient énergivores, limitées et coûteuses. Aujourd’hui, des sociétés comme Wavegarden, Endless Surf ou Surf Lakes ont révolutionné le concept.

    Leur secret : une production “à la demande”.
    Les vagues ne sont générées que lorsqu’il y a des surfeurs, et leur puissance s’ajuste selon le nombre d’utilisateurs.
    Côté consommation, une vague de surf utilise moins d’énergie qu’une piscine municipale chauffée — un argument que peu de gens connaissent.

    Les systèmes fermés permettent également de recycler l’eau de pluie, limitant les pertes par évaporation.
    Le Surfpark de Canéjan, par exemple, affirme que la moitié de l’eau utilisée proviendrait directement du ciel bordelais, et que sa consommation annuelle serait inférieure à celle d’une seule piscine municipale. Difficile pour nous de vérifier ces différents arguments, et certaines associations de défense de l’environnement les mettent en doute.

    L’argument écologique, entre fantasme et réalité

    C’est ici que le débat devient émotionnel.
    Les opposants dénoncent une “bétonisation du surf”, un “Disneyland aquatique”. Ils rappellent à juste titre que l’énergie et l’eau sont des ressources précieuses, surtout dans un contexte de sécheresses estivales.
    Mais faut-il opposer écologie et innovation ?

    Si l’on compare objectivement, la France compte plus de 4 000 piscines municipales, souvent chauffées, ouvertes à l’année, avec un impact énergétique colossal.
    Pourquoi une seule piscine à vagues, construite sur une friche industrielle et alimentée en solaire, serait-elle un scandale écologique ?

    Le vrai enjeu, c’est la gouvernance : s’assurer que ces projets soient transparents, contrôlés, limités en nombre et inscrits dans une logique d’intérêt public.
    En d’autres termes, une piscine à vagues oui, mais pas n’importe où, ni à n’importe quel prix. Et surtout il vaut éviter une prolifération de projets.

    Un outil pour démocratiser le surf ?

    Au-delà du haut niveau, les piscines à vagues ouvrent une autre porte : celle de l’inclusion et de la pédagogie.
    Le surf reste un sport d’accès difficile. Les conditions changent, les spots sont souvent surchargés, et les débuts peuvent être frustrants.
    Une piscine à vagues permet d’apprendre sans danger, dans une eau calme et sous encadrement.
    C’est aussi un outil social : on peut y emmener des écoles, des enfants éloignés de la mer, ou des personnes en situation de handicap.

    En France ou partout dans le monde, je doute que les piscines à vagues soient une alternative, une option pour désengorger les spots de surf, je n’y crois pas.

    Le surf de compétition entre en piscine

    Depuis 2025, la WSL (World Surf League) organise plusieurs étapes en piscine à vagues.
    Le Surf Abu Dhabi Pro a vu Caitlin Simmers et Italo Ferreira triompher sur des vagues calibrées au centimètre près.
    Les juges peuvent enfin comparer équitablement les performances, les caméras suivent chaque manœuvre, et les spectateurs ont un show continu.

    Certes, l’émotion brute de l’océan manque. Mais le spectacle est là, et il séduit un nouveau public, plus habitué à l’e-sport qu’aux longues attentes entre deux séries à Bells Beach.
    À terme, ces compétitions hybrides pourraient coexister avec celles de l’océan, sans jamais les remplacer. Devant le développement de ces compétitions en piscine, il est important de préparer au mieux nos jeunes surfeurs.

    La France a besoin d’un terrain d’entraînement

    Les Jeux Olympiques de Paris 2024 ont marqué un tournant.
    La France est désormais une nation de surf, reconnue mondialement.
    Mais sans structure d’entraînement, comment rivaliser à long terme ?
    Il ne s’agit pas de construire dix surf parks, mais au moins un, dédié au haut niveau et ouvert au public.
    Un lieu pour apprendre, répéter, progresser, partager — et former les futurs champions du monde.

    La piscine à vagues de Canéjan pourrait être ce lieu.
    S’il parvient à rassurer sur sa gestion de l’eau et de l’énergie, à impliquer les habitants, et à prouver qu’une piscine peut être éco-construit, durable et accessible, alors il deviendra un modèle à suivre.

    La bonne vague, au bon endroit

    Faut-il une piscine à vagues en France ?
    Oui.
    Pas pour remplacer l’océan, ni pour surfer en intérieur à tout prix, mais pour donner au surf français les moyens de ses ambitions.
    Le surf moderne ne s’oppose pas à la nature : il s’en inspire.
    Une vague artificielle peut être un outil d’apprentissage, de performance et de transmission, si elle est pensée avec intelligence et respect.

    La France ne manque pas de vagues, mais elle manque d’infrastructures adaptées à son niveau d’excellence.
    L’avenir du surf ne sera pas chloré, mais il pourrait bien s’écrire, en partie, dans une piscine à vagues.

  • Drame aux Canaries : trois morts, quinze blessés….

    Drame aux Canaries : trois morts, quinze blessés….

    Alors que l’archipel des Canaries faisait déjà face à une série d’accidents mortels liés à la houle, le drame s’est alourdi ce week-end. Une quatrième personne est décédée à Tenerife après avoir été emportée par une vague dans la piscine naturelle d’Isla Cangrejo, à Los Gigantes.

    Cette nouvelle victime, une femme, avait été réanimée sur place après un arrêt cardiorespiratoire avant d’être héliportée vers l’hôpital. Malgré les efforts des équipes médicales, elle n’a pas survécu.

    Où et comment s’est produit le drame ?

    Dimanche après-midi, vers 16h07, une vague de grandes dimensions a submergé la zone rocheuse et la piscine naturelle — pourtant fermée au public en raison de l’alerte pour phénomènes côtiers.

    Plusieurs personnes ont été projetées contre les rochers, certaines inconscientes.
    Le bilan actuel :

    • 4 morts confirmés
    • 1 disparu toujours recherché
    • Plusieurs blessés, dont un traumatisme crânien sévère
    • 7 personnes secourues par les équipes locales

    Les secours mobilisés (SUC, Salvamento Marítimo, Bomberos, GES) décrivent une scène d’une intensité rare, aggravée par le non-respect des barrières et des panneaux multilingues qui interdisaient formellement l’accès.

    Une constante inquiétante : la majorité des victimes sont des touristes

    Comme lors des accidents précédents à Puerto de la Cruz et Santa Cruz, les autorités confirment que les personnes impliquées sont principalement des visiteurs — certains étrangers, d’autres venus de la péninsule.

    L’association Canarias 1.500 km de costa parle d’un problème récurrent :

    “Les touristes sous-estiment la puissance de l’Atlantique et franchissent les zones interdites pour filmer la mer de plus près.”

    Une triste répétition : 67 personnes sont mortes noyées aux Canaries en 2025, un record dramatique.

    Ce que change cette nouvelle tragédie

    Cette mise à jour renforce le message de prévention déjà présent dans ton article initial. Pour toi comme pour Discover, cet ajout :

    • montre que le contenu est actualisé,
    • améliore le taux de clics grâce à la contextualisation,
    • répond aux requêtes tendances (“Tenerife”, “Isla Cangrejo”, “golpe de mar”, “vagues Tenerife”, “Los Gigantes”).

    Un enchaînement tragique le mois dernier

    Les incidents se sont produits à différents endroits de Tenerife : une femme est décédée au Puerto de la Cruz, un homme à Santa Cruz de Tenerife, et un troisième a été retrouvé sans vie sur une plage de Granadilla.
    Selon les secours, plusieurs victimes auraient été emportées alors qu’elles tentaient de se rapprocher du bord pour filmer ou photographier la mer.

    Une vidéo partagée par une radio locale montre des promeneurs massés sur la digue du port de Puerto de la Cruz. En quelques secondes, une vague surgit et balaie tout sur son passage. Les cris, la panique et la force des vagues rappellent la puissance implacable de l’océan.

    Tourisme et imprudence : le cocktail dangereux

    Les autorités et les habitants tirent la sonnette d’alarme : beaucoup de touristes ignorent les drapeaux rouges et les alertes météo.

    « Ils vont au bord pour prendre des selfies », témoigne un habitant au micro de l’Associated Press. « Et ces choses arrivent. Nous, on sait comment la mer peut changer. »

    Sur les réseaux sociaux, plusieurs habitants expriment leur frustration. En octobre déjà, une séquence virale montrait des visiteurs emportés par une vague dans la piscine naturelle de Jover, malgré les avertissements de danger.

    L’association locale de sauvetage rappelle qu’entre janvier et septembre 2025, 48 personnes sont mortes par noyade dans l’archipel. Un chiffre alarmant, lié en grande partie à la méconnaissance du littoral et à la force des houles atlantiques.

    Un appel au respect de l’océan

    Si les îles Canaries attirent chaque année des millions de visiteurs, elles demeurent un territoire exposé aux puissances naturelles de l’Atlantique. La beauté des côtes volcaniques cache souvent des courants traîtres, des vagues imprévisibles et des fonds abrupts. On est sur une île au milieu de l’océan, les vagues peuvent grossir très rapidement.
    Les sauveteurs locaux insistent : “une photo ne vaut pas une vie.”

    Les autorités espagnoles envisagent désormais de renforcer les campagnes de prévention et la signalisation sur les zones touristiques les plus exposées.

    Pourquoi en parler encore une fois ?

    Parce que la prévention reste indispensable. À chaque grosse houle, les mêmes images refont surface : des curieux s’approchent trop près, smartphones à la main, pour filmer la puissance de l’océan. En France aussi, ces scènes se répètent à chaque tempête.
    N’hésitez pas à alerter ceux qui prennent des risques — même si l’on sait que certains préfèrent ignorer les avertissements. Ces imprudences ne mettent pas seulement leur vie en danger, mais aussi celle des témoins et des sauveteurs qui tenteront de les secourir.

  • Russell Bierke, l’art de flirter avec la limite

    Russell Bierke, l’art de flirter avec la limite

    Le nom de Russell Bierke résonne comme une énigme dans le monde du surf de gros. À seulement 28 ans, l’Australien est devenu le visage d’un surf extrême, celui où la peur et la lucidité cohabitent dans une harmonie aussi rare que les vagues qu’il surfe. Dans son nouveau film Inner Mechanics, réalisé par Andrew Kaineder, Bierke dévoile enfin ce qui se passe dans sa tête lorsqu’il se jette dans ces slabs, ces murs d’eau brisés par des rochers et des backwahes improbables.

    « Beaucoup des vagues que je chasse ne sont pas parfaites. Elles ont des bumps, des plis, du backwash… mais c’est ça qui les rend spéciales. »

    L’homme qui préfère les vagues imparfaites

    Là où la majorité des surfeurs rêvent de tubes parfaits, Bierke semble attiré par le chaos. Shipstern Bluff, Mullaghmore, Jaws, ou encore des slabs anonymes en Australie : autant d’arènes où l’océan se fait sculpture mouvante, brutale et capricieuse. Là, Russell trouve sa beauté.
    Dans Inner Mechanics, il ne cherche pas à impressionner l’algorithme ou les réseaux sociaux. Il prend le temps de transformer chaque session en une œuvre visuelle (les ralentis aident bien), presque méditative, montée avec soin par Kaineder.

    Le film, plus court que ses précédents projets (Bezerk, Flow State, Outer Edge of Leisure), conserve pourtant cette intensité viscérale, cette tension continue où chaque take-off semble défier la logique et la gravité. Harry Bryant, son ami et complice de galères, le décrit comme un “film d’horreur sur la côte rocheuse” — un compliment dans leur univers.

    Le calme dans le chaos

    Contrairement à l’image du surfeur kamikaze, Bierke incarne la maîtrise. Oui, il a peur. Il l’admet, sans détour :

    « La peur, elle ne part jamais. Le vrai défi, c’est d’apprendre à la gérer. Si tu la laisses te submerger, tu paniques. Mais c’est aussi pour ça que tu y vas. C’est ce combat intérieur qui rend chaque vague unique. »

    Son approche du surf de gros n’a rien d’une quête de gloire ou d’adrénaline pure. C’est une discipline mentale, presque spirituelle. Il attend. Il observe. Il sait que certaines vagues ne se présenteront qu’une fois tous les deux ou trois ans. Et quand elles arrivent, il faut être prêt.

    « Un swell d’exception peut prendre des années. Quand tu sais que c’est peut-être ta seule chance avant longtemps, tout ton être se concentre. C’est maintenant ou jamais. »

    Une quête sans fin

    Dans la séquence finale du film, Bierke lâche une phrase qui résume parfaitement son rapport à l’océan :

    « Tu ne sais pas où est la limite tant que tu ne l’as pas trouvée. »
    Ce n’est pas de la prétention, mais une invitation à explorer les frontières de l’humain face à la nature. Car pour Russell Bierke, la perfection ne se trouve pas dans la perfection d’une vague, mais dans l’imprévisible — dans ce moment suspendu où tout peut basculer.