Il y a des disparitions qui résonnent bien au-delà d’une famille ou d’un village. Celle de Pua Raiponi, survenue dans sa 39ème année, a profondément touché la communauté de Toahotu, mais aussi le monde du surf à Tahiti. Né le 27 août 1985, il a grandi sur cette terre du sud de l’île, bercé par les traditions polynésiennes et le bruit des vagues qui façonnent la vie locale.
Pua Raiponi n’était pas seulement un passionné de glisse, il était aussi un fils de Toahotu profondément attaché à sa culture. Respectueux des normes polynésiennes, toujours proche de sa grande famille, il incarnait ce lien fort entre les racines et la modernité, entre l’océan et la terre. Ceux qui l’ont connu se souviennent de sa générosité, de sa bienveillance et de cette simplicité qui faisait de lui un homme apprécié de tous.
Il laisse derrière lui une famille aimante : sa mère, Marie-Rose, ses sœurs Orama et Moena, mais surtout sa fille unique, Teahinui, véritable lumière de sa vie.
Passionné de surf et d’images
Au-delà de l’eau, Pua avait un autre regard : celui du photographe. Avec son appareil, il a immortalisé des instants précieux de la vie polynésienne et surtout des vagues mythiques de Teahupo’o, ce spot légendaire qui fait battre le cœur du surf mondial. Ses clichés, partagés au fil des années, témoignaient d’une sensibilité particulière pour l’océan et pour la beauté brute de sa terre natale.
Dans ses images, on retrouvait ce mélange de puissance et de douceur qui le caractérisait lui-même. Comme une extension de son âme, son objectif captait à la fois la démesure des vagues et la fragilité des instants suspendus.
Un hommage émouvant à Teahupo’o
La disparition de Pua Raiponi a bouleversé la communauté du surf polynésien. Après une première haie d’honneur organisée plus tôt dans la semaine, un ultime hommage lui a été rendu le dimanche 24 août 2025 au PK 0 de Teahupo’o. Ce jour-là, le parking était exceptionnellement ouvert, non pas pour une houle attendue, mais pour saluer une dernière fois celui qui avait l’habitude d’affronter la vague mythique.
Amis, habitants, surfeurs et rameurs de va’a se sont rassemblés en nombre pour un moment de recueillement. Certains sont restés sur le rivage, d’autres se sont élancés dans le lagon pour former un cercle en sa mémoire. Cet hommage, initié par le surfeur Matahi Drollet et soutenu par le président de la Fédération tahitienne de surf, Max Wasna, a montré combien Pua était aimé et respecté.
Une disparition douloureuse
La nouvelle de son décès a plongé Toahotu, Faa’a et toute la communauté polynésienne dans une grande tristesse. Les familles Pua, Chambo, Afo, Vehiatua, Roopinia, Utia, Chapman, Lemaire, Jean, Faehau, Holman et leurs proches ont exprimé leur douleur, tout en demandant respect et recueillement dans ces moments difficiles.
Les circonstances exactes de sa disparition restent encore à éclaircir, et la famille appelle chacun à ne pas se laisser emporter par les rumeurs. Les obsèques seront organisées prochainement, lorsque son corps aura pu être rendu aux siens.
Un héritage à travers la mémoire et les images
Si la vie de Pua Raiponi s’est arrêtée trop tôt, son souvenir continue de vibrer à travers ceux qui l’ont aimé et les images qu’il a laissées. Ses photos de Teahupo’o resteront comme un témoignage sincère d’un homme qui savait regarder l’océan autrement.
À travers lui, c’est aussi une part de la culture surf de Tahiti que l’on célèbre : une culture faite d’océan, de famille, de respect et de transmission.
Mise à jour du dimanche 24 août : Erin, l’ouragan qui enflamme l’Atlantique sans battre tous les records
Erin a bien tenu ses promesses en devenant le premier ouragan majeur de la saison 2025, atteignant même la catégorie 5. Mais contrairement à certaines prévisions surréalistes, la tempête n’a pas généré de vagues de 100 pieds sur la côte Est américaine. La réalité est plus nuancée : de grosses conditions, parfois extrêmes, mais loin des exagérations. Et désormais, c’est au tour de l’Europe et de la France de guetter l’arrivée de la houle.
Erin atteint la catégorie 5
Né au large du Cap-Vert, Erin a parcouru l’Atlantique jusqu’aux Caraïbes avant de remonter vers le nord. Les conditions étaient “quasi parfaites” selon Alex DaSilva, expert d’AccuWeather : eaux chaudes, atmosphère stable et trajectoire dégagée ont permis au système de s’intensifier jusqu’au stade d’ouragan catégorie 5, le maximum de l’échelle Saffir-Simpson.
Heureusement, Erin est resté loin des terres, à plusieurs centaines de kilomètres de la côte Est des États-Unis. Les conséquences ont surtout été des vagues puissantes, des courants dangereux et des conditions tempétueuses sur les plages, de la Floride au Canada atlantique.
Pas de “100 pieds” sur la côte Est
Ces derniers jours, certains modèles avaient annoncé des vagues pouvant dépasser les 100 pieds (plus de 30 mètres) – un chiffre qui a immédiatement fait le buzz. Dans les faits, ces estimations concernaient uniquement les zones proches de l’œil du cyclone, loin des zones surfables.
Les observations réelles montrent bien des vagues impressionnantes pour la saison, mais rien d’inédit par rapport aux grands swells cycloniques de l’Atlantique. Des sets de 20 à 25 pieds (6 à 8 mètres) ont été relevés sur certains secteurs, mais la fameuse barre des 100 pieds ne concerne pas nos spots.
En résumé : Erin a été un ouragan majeur et dangereux, mais il n’a pas battu tous les records.
La suite : l’Europe dans la ligne de mire
D’après Surfline et Windguru, Erin va poursuivre sa route vers le nord-est et se transformer en cyclone extratropical puissant dans l’Atlantique Nord. Résultat : une houle longue période va se propager jusqu’en Europe.
Premières lignes en France : lundi soir sur la façade atlantique.
Pic attendu mardi soir : vagues massives, entre 3 et 4 mètres sur la côte landaise et girondine, potentiellement plus sur certaines plages exposées.
Orientation très ouest : ce qui favorise les spots landais et girondins, avec des lignes consistantes mais parfois fermantes sur les beach breaks.
Vent prévu : faible onshore sur la majorité des spots mardi et mercredi. Une fenêtre prometteuse mercredi matin pourrait offrir quelques belles sessions avant que les conditions ne se dégradent à nouveau.
Un swell pour surfeurs aguerris
Avec une telle taille et une telle puissance, les conditions annoncées en France ne sont clairement pas pour tout le monde.
Les beach breaks risquent d’être submergés par des murs d’eau rapides ou plutôt qui ferment, et difficiles à surfer.
Les reefs et points plus abrités pourraient au contraire proposer des vagues de qualité.
Les courants, le shorebreak et la vitesse des vagues imposeront une vigilance maximale.
Le double visage d’Erin
Erin illustre une fois de plus la dualité des houles cycloniques : d’un côté, des surfeurs galvanisés à l’idée de scorer une session hors norme en plein mois d’août ; de l’autre, des conditions dangereuses pour les baigneurs, les plaisanciers et même certains riders trop téméraires.
L’ouragan a marqué l’histoire par son intensité (catégorie 5), mais restera peut-être davantage comme un swell consistant et solide, sans basculer dans l’extravagance annoncée par certains.
La mise à jour du dimanche 24 août remet les pendules à l’heure : Erin a atteint un stade exceptionnel au large de l’Atlantique, mais sans livrer les “100 pieds” promis. Pour les surfeurs européens, le rendez-vous est pris dès mardi, avec deux jours de vagues puissantes sur la côte française. Entre excitation et prudence, la saison cyclonique 2025 est désormais bel et bien lancée.
La saison cyclonique 2025 démarre fort : Erin, désormais classé ouragan, sème déjà l’excitation dans la communauté surf. Sur les modèles météo, la tempête promet une houle impressionnante, avec des périodes dépassant les 22 secondes et même, selon certains scientifiques, des vagues de plus de 100 pieds au large du centre. Mais avant de waxer les planches, rappelons-le : on parle de prévisions à long terme, et un cyclone reste un phénomène capricieux.
Erin, le premier ouragan de la saison
Né à l’ouest des îles du Cap-Vert, Erin a débuté son parcours comme une simple dépression tropicale. Rapidement, le système s’est organisé pour devenir tempête, puis ouragan de catégorie 1. Sa trajectoire actuelle le mène vers les Caraïbes, avec un recourbement attendu au nord-est au large de la côte Est américaine la semaine prochaine.
Les conditions océaniques et atmosphériques sont favorables : températures élevées de l’eau, faible cisaillement du vent et environnement propice à son intensification. De nombreux modèles s’accordent pour prédire qu’Erin atteindra au moins la catégorie 2, voire la catégorie 3, ce qui en ferait un premier cyclone majeur pour l’Atlantique en 2025.
Des prévisions longues… et incertaines
Si les projections météo sont enthousiasmantes pour les surfeurs, il faut aussi garder les pieds (et la planche) sur terre : un swell cyclonique est par nature imprévisible. Il suffit qu’Erin infléchisse sa route — que ce soit vers le nord, le sud, ou en se désorganisant — pour que la houle prévue ne touche jamais nos côtes.
Les différents modèles montrent d’ailleurs une dispersion importante à long terme : un signe clair que le scénario idéal pour le surf est loin d’être garanti. Les prévisions fiables ne se feront que quelques jours avant l’arrivée effective du swell.
Une houle hors norme annoncée
Ce qui interpelle déjà sur Erin, ce sont les données brutes des premières cartes de prévisions. En suivant Windguru et d’autres modèles, on observe une longueur de houle inédite, avec une période annoncée de plus de 22 secondes. Pour situer :
Un swell de 10 à 12 secondes est déjà solide sur la plupart des spots.
Au-delà de 18 secondes, les vagues arrivent avec une puissance et une vitesse impressionnantes.
À 22 secondes, on parle d’une période de vague exceptionnelle. Rappelons qu’on considère une houle longue à partir de 10 secondes d’intervalle, alors 22 secondes, on est sur une autre planète
Qui pourrait profiter de la houle d’Erin
Si le scénario optimiste se confirme, l’ordre d’arrivée des vagues pourrait être :
Caraïbes orientales – Spots comme Barbados ou la Martinique pourraient recevoir les premières lignes dès le lendemain.
Côte Est des États-Unis – De la Floride à New York, avec un pic attendu entre le début et le milieu de semaine prochaine selon la trajectoire.
Europe – Si Erin recourbe suffisamment tôt vers le nord-est, il est possible que l’Atlantique Nord envoie un “rebound swell” vers l’Irlande, le Pays basque ou le Portugal en fin de mois.
Mais encore une fois : cette projection reste hypothétique et dépendra de la capacité du cyclone à rester en mer, loin des terres.
Le débat des “100 pieds”
Les projections autour d’Erin ont même déclenché une petite polémique scientifique. Jean-Raymond Bidlot, chercheur au Centre Européen pour les Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (ECMWF), avance que les modèles indiquent des vagues significatives de plus de 50 pieds, et même des vagues isolées dépassant 100 pieds au cœur du système. Un chiffre qui frappe les esprits, mais qu’il faut replacer dans son contexte : ces monstres d’eau n’atteindront évidemment pas New Jersey ou la Floride, ils concernent la zone la plus proche de l’œil du cyclone.
De son côté, Alex DaSilva, expert ouragans chez AccuWeather, tempère : 100 pieds ne seraient envisageables qu’avec un Erin en catégorie 4 ou 5. Plus réaliste selon lui : des vagues de 50 à 75 pieds au centre, si Erin atteint la catégorie 3. Ce contraste illustre bien la nature des prévisions cycloniques : entre fantasmes et prudence, la vérité se situe souvent quelque part au milieu.
Les précédents : Bill 2009, Larry 2021…
Les swells cycloniques qui restent offshore sont souvent les plus généreux. Larry en 2021 ou Bill en 2009 ont offert plusieurs jours de vagues parfaites sur la côte Est américaine et jusqu’en Europe. À l’inverse, Floyd en 1999, passé près des côtes, n’avait offert que quelques heures de bonnes conditions avant que tout tombe à plat, balayé par le vent.
L’idéal pour les surfeurs : un cyclone qui trace loin au large, générant une houle constante et propre.
Beach breaks et vagues fermées
Avec une telle période, les surfeurs de beach breaks en France devront s’attendre à de longues lignes droites, des bons closiers comme on aime dire. Les points breaks et reefs profonds seront plus à même de canaliser cette puissance pour offrir des vagues surfables. Un swell avec une période aussi longue est un vrai cauchemar pour les surfeurs, car on peut voir des vagues parfaites, des grandes lignes sur un beau plan d’eau, mais avec des vagues qui ferment sur des kilomètres.
NOAA alerte sur les dangers
Au-delà du surf, les autorités rappellent les risques. La NOAA a publié un communiqué : “Les houles générées par Erin commenceront à affecter les îles du nord des Caraïbes, les îles Vierges et Porto Rico dès ce week-end, et devraient s’étendre à l’Atlantique occidental la semaine prochaine. Ces houles sont susceptibles de provoquer des conditions de surf et de courants dangereux pouvant mettre la vie en danger.”
Un rappel essentiel : les houles cycloniques ne sont pas un terrain de jeu. Elles entraînent de puissants courants de baïnes, des shorebreaks destructeurs et des séries imprévisibles. Chaque année, des accidents surviennent parmi ceux qui surestiment leurs capacités ou ignorent les avertissements.
Le double visage des ouragans
C’est là toute l’ambiguïté des swells cycloniques. D’un côté, ils excitent les surfeurs, brisant la monotonie estivale avec des sessions mémorables, parfois historiques. De l’autre, ils menacent les côtes, les populations et les infrastructures. Comme le résumait un surfeur à propos d’Hurricane Floyd en 1999 : “Un jour parfait, le lendemain, plus rien.” Avec Erin, tout reste possible : un swell d’anthologie si le système reste offshore, ou des dégâts humains et matériels si la trajectoire change.
Erin vient tout juste de débuter son voyage à travers l’Atlantique, et déjà les regards sont tournés vers lui. Premières houles ce week-end dans les Caraïbes, possible bombe surf sur la côte Est américaine, et peut-être un cadeau de fin d’été pour l’Europe. Mais gardons en tête la nature imprévisible de ces phénomènes : un simple changement de trajectoire, et toutes ces projections s’évanouissent.
Alors, entre excitation et vigilance, une seule certitude : Erin marque un début de saison cyclonique qui ne laissera personne indifférent.
Héros invincible dans les profondeurs marines à l’écran, Jason Momoa a connu un tout autre scénario dans la vraie vie. Lors d’une session de paddle dans des vagues monstrueuses sur l’île de Maui, l’acteur d’Aquaman a vu sa vie défiler… au point de promettre un changement radical.
Une sortie qui tourne au cauchemar
En 2007, bien avant de porter la couronne du roi d’Atlantis au cinéma, Jason Momoa décide de relever un défi : une traversée de 13 miles le long de la côte de Maui, en passant par le mythique spot de Peʻahi, alias Jaws. Ce jour-là, les conditions sont extrêmes : vent violent, vagues de 10 pieds hawaïens, courant puissant.
À mi-parcours, alors qu’il est à environ un kilomètre au large, son leash casse. Sa planche disparaît dans l’écume. « Je ne pouvais même plus la voir », raconte-t-il dans le podcast SmartLess. Pire encore, il se retrouve dans une zone où personne ne le repère, malgré ses appels au secours.
Quand le corps lâche
Après de longues minutes à encaisser les séries, l’épuisement gagne. « Mes bras et mes jambes ont lâché. Mon corps s’est arrêté. » Momoa se met à dériver, incapable de se déplacer, la tête à peine hors de l’eau pour respirer. Il pense alors à sa fille Lola, âgée de seulement trois mois. « J’ai perdu pied mentalement. J’ai cru que c’était fini. »
Un ami finit par le repérer, mais le chemin du retour est un autre combat : courants contraires, nouvelles chutes, pieds en sang et sept miles restants à parcourir. « J’ai ramé avec mes ancêtres dans la tête. »
Une rencontre providentielle avec Laird Hamilton
Selon certaines versions du récit, c’est la légende du big wave surfing, Laird Hamilton, qui serait intervenu pour l’aider à se sortir de cette situation. Ensemble, ils affrontent les vagues avant de rejoindre la côte, lessivés mais vivants.
La leçon de vie qui a tout changé
Cet accident a laissé des marques profondes. Pas seulement physiques. Ce jour-là, Jason Momoa arrête définitivement de fumer, lui qui consommait deux à trois paquets par jour. « Je n’ai pas pu arrêter pour mes enfants, ni pour mon ex, mais après ça, j’étais mort à l’intérieur. Je n’ai jamais retouché une cigarette. »
Ironie du destin
Difficile de ne pas relever la dimension ironique : celui qui incarne Aquaman, le roi des océans, a bien failli y laisser sa vie. Une piqûre de rappel que, peu importe l’entraînement ou la célébrité, la mer reste la seule et vraie maîtresse du jeu.
Le surfeur français William Aliotti n’a jamais caché son goût pour les lignes de vagues puissantes et les planches qui sortent de l’ordinaire. Basé entre l’Europe, les Caraïbes et l’Indonésie, il a bâti sa réputation sur un surf fluide, créatif et sans compromis. Début août 2025, il s’est offert un défi à la hauteur de sa réputation : affronter le plus gros swell de l’année à Uluwatu, Bali, sur un twin asymétrique signé Ryan Lovelace.
Une session d’exception
Le mercredi 6 août 2025, un train de houle massif s’abat sur l’archipel indonésien. Les prévisions annoncent un Uluwatu XXL, avec des séries solides qui réveillent toute la puissance de la célèbre gauche. Plutôt que de sortir un gun classique, William opte pour sa 5’10” Asym Twin, une planche atypique aux courbes dissymétriques, taillée pour combiner vitesse et liberté.
« C’était le plus gros Uluwatu que j’ai jamais surfé », explique-t-il. « Insensé et intense, certaines vagues comptent parmi les plus grosses que j’ai jamais prises là-bas. Ça m’a rappelé le snowboard. » Une comparaison qui prend tout son sens : lignes longues, virages puissants et sensation de glisse fluide, le tout avec un engagement total.
Le style Aliotti
Le style est une notion insaisissable : difficile à définir, mais évident à reconnaître. Chez William Aliotti, il se traduit par une combinaison unique de vitesse, puissance et flow, agrémentée de cette touche personnelle qui rend chaque manœuvre différente. Dans les murs d’eau massifs d’Uluwatu, son approche prend une dimension supplémentaire : placement précis, trajectoires tendues et variations de rythme qui transforment chaque vague en terrain de jeu.
Ce qui surprend dans cette session, c’est la taille de la planche de surf. Surfer des vagues massives, pleines d’eau en petite planche est tout sauf anodin. William pousse depuis quelques années les limites des Twin-Fins. Le résultat ? Des bottoms engagés suivis de carves appuyés, le tout avec une fluidité qui contraste avec la violence du spot ce jour-là.
Plutôt que de suivre les standards imposés par les compétitions, il choisit ses planches, ses vagues et ses projets en fonction de ce qu’il veut exprimer. Ce choix assumé lui a permis de développer une identité forte, respectée autant par ses pairs que par les passionnés. Un des seuls surfeurs français à avoir une réputation au niveau international.
Cette session à Uluwatu illustre parfaitement cette philosophie : un swell historique, une planche atypique, et un style qui, plus que jamais, fait la différence.
TEAHUPO’O (Tahiti) – L’édition 2025 du Lexus Tahiti Pro Presented by I-SEA a offert un spectacle incroyable dans des tubes massifs de 2 à 2,5 m, sacrant l’Australienne Molly Picklum et son compatriote Jack Robinson. Mais derrière les sourires des vainqueurs, la compétition a aussi été marquée par de vives critiques sur l’arbitrage.
Picklum et Robinson en patron
Chez les femmes, Molly Picklum a dominé la finale face à la championne du monde en titre Caity Simmers (17,26 à 4,94), signant sa première victoire à Tahiti et consolidant sa place de n°1 mondiale avant les WSL Finals à Fidji. « C’est là que les rêves deviennent réalité », a-t-elle déclaré, rayonnante sur le podium.
Côté hommes, Jack Robinson a créé la sensation. Obligé de gagner pour se qualifier dans le Final 5, il a enchaîné les tubes parfaits jusqu’en finale, où il a battu Griffin Colapinto (16,90 à 13,67). Robinson rejoint ainsi l’élite des multi-vainqueurs à Teahupo’o, aux côtés d’Andy Irons et Kelly Slater.
Les Final 5 sont désormais connus :
Hommes : Yago Dora, Jordy Smith, Griffin Colapinto, Jack Robinson, Italo Ferreira
Les titres de Rookie of the Year reviennent à Erin Brooks (CAN) et Marco Mignot (FRA).
Marco Mignot, héritier d’une tradition française
Parmi les autres belles histoires de cette édition, le Français Marco Mignot décroche le titre de Rookie of the Year 2025. Une performance qui rappelle celle de Jérémy Florès, sacré meilleur débutant en 2007 avant de devenir l’un des visages du surf français sur le Tour.
Mignot, installé dans le Top 16 pour sa première année, a prouvé qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs sur les vagues les plus exigeantes du monde. À seulement 24 ans, il s’inscrit déjà dans la lignée des Français capables de marquer l’histoire du surf pro.
La série qui a tout déclenché
Dès le Round of 16, la série Griffin Colapinto vs João Chianca (15.00 – 14.97) a fait grincer des dents. Chianca, éliminé pour trois centièmes, a parlé d’une « blague » sur Instagram, tout en respectant la WSL. Gabriel Medina a enfoncé le clou en appelant à « plus d’unité entre les surfeurs ». Plusieurs pros, dont Lucas Chumbo et Caio Ibelli, ont affiché leur soutien.
Le point de discorde : une vague de Griffin notée 7,23, jugée par beaucoup inférieure à celle de Chianca.
Et puis… l’affaire Kauli Vaast
En quart de finale, le Tahitien Kauli Vaast affrontait Crosby Colapinto, frère de Griffin. Une vague notée 7,87 pour Vaast – selon beaucoup, la meilleure de la série – n’a pourtant pas été considérée comme le meilleur score. Les juges ont attribué la note décisive à Crosby sur sa dernière vague, jugée par certains moins impressionnante.
De quoi relancer un vieux débat : l’avantage du frontside à Teahupo’o est-il surcompensé quand on juge un surfeur backside ?
Entre gloire et frustration
Si Picklum et Robinson célèbrent leur triomphe, ces polémiques sur l’arbitrage viennent rappeler que le surf pro reste un sport jugé… donc sujet aux débats passionnés. Et à quelques semaines des WSL Finals à Cloudbreak, la tension ne risque pas de retomber.
Lakey Peterson, ancienne n°2 mondiale et l’une des surfeuses les plus respectées du circuit, a vécu une scène improbable à Lower Trestles, spot mythique de San Clemente (Californie). Dans une récente vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, on voit l’Américaine de 30 ans surfer une droite tranquille, avant qu’un surfeur tente de lui braquer la vague, puis dans un geste désespéré, il tente de faire tomber la surfeuse, en voulant la pousser ou lui accrocher le leash. Un geste totalement incompréhensible, immortalisé par la caméra et qui a rapidement déclenché une avalanche de réactions outre atlantique.
Une manœuvre dangereuse et… incompréhensible
Les images montrent Lakey, fluide et engagée, en train de dérouler sur sa planche Channel Islands, parfaitement adaptée aux petites vagues du jour. Soudain, un surfeur qui semblait vouloir la “braquerr” (prendre sa vague) saute dans l’eau à quelques centimètres d’elle. Résultat : frayeur immédiate, mais plus de peur que de mal. Lakey ne chute pas et ne subit aucune blessure. “Je ne peux pas croire qu’il ait vraiment fait ça”, réagit-elle dans les commentaires.
Les réseaux s’enflamment, comme d’habitude
La vidéo, partagée sur YouTube, a rapidement suscité un flot de messages de soutien. « Je pensais que l’image était photoshopée, je n’arrive pas à croire qu’il ait vraiment fait ça », écrit un abonné. « Rien de pire qu’un type qui essaie de te griller la priorité et qui, en plus, tombe à l’eau », ironise un autre. Plusieurs internautes avancent que l’homme pourrait être un militaire de la base voisine de Camp Pendleton, un lieu d’où proviennent régulièrement des surfeurs sur les spots alentours.
La question du respect à l’eau
Cet incident relance un débat récurrent dans le surf durant l’été : celui du respect et des règles de priorité. En surf, le rider le plus proche du pic (point de déferlement) a la priorité sur la vague. Ignorer cette règle peut provoquer des collisions dangereuses. Ici, le geste semble aller au-delà d’une simple erreur, puisque le surfeur saute volontairement sur Lakey pour la faire chuter. Bien évidemment, sur internet, les polémiques s’enchainent avec des commentaires du style « Lakey s’est retrouvée face à un comportement machiste, une “manifestation de patriarcat”. Moi je n’y vois rien de plus qu’un surfeur frustré. La scène illustre aussi la réalité de certains line-ups surpeuplés, où la tension peut monter rapidement.
Un rappel nécessaire
Si l’histoire fait sourire certains par son côté absurde, elle rappelle surtout que le surf est un sport où la sécurité dépend du respect mutuel. Dans un line-up bondé, un geste imprévisible peut avoir de lourdes conséquences. Pour Lakey, c’est heureusement un “non-incident” sur le plan physique, mais une expérience de plus qui souligne l’importance du respect des règles à l’eau… et de savoir garder son calme.
Le monde du surf vient de perdre l’une de ses figures les plus singulières et inspirantes. Dale Webster, surnommé Daily Dale ou Daily Wavester, est décédé à l’âge de 77 ans. Cet Américain de la côte nord-californienne détient un record qui semble tout simplement imbattable : 14 641 jours de surf consécutifs, soit plus de 40 années sans manquer une seule session.
Un début de légende en 1975
Né en 1948 à Alhambra, Californie, Dale découvre le surf à 13 ans, en 1961. Mais c’est en septembre 1975, à Bodega Bay, que sa destinée se scelle. Une houle historique, surnommée The Monster From New Zealand, frappe la côte pendant une semaine entière. Dale surfe chaque jour, puis se lance un défi : continuer jusqu’à atteindre 100 jours consécutifs.
Une fois ce cap franchi, il décide de prolonger l’expérience jusqu’à un an… puis deux… puis une vie entière. Ce qui n’était au départ qu’un jeu devient une véritable mission.
Un exploit hors du commun
De 1975 à 2015, Dale Webster n’a jamais manqué un seul jour à l’eau. Pluie, tempêtes hivernales, eau glaciale à 10 °C, requins blancs, maladies, opérations médicales… rien ne l’a arrêté.
Sa règle était simple : trois vagues jusqu’à la plage, en traînant le dérive dans le sable, à la manière de son idole Phil Edwards. Cette routine, il l’a répétée pendant quatre décennies, totalisant plus de 43 000 vagues.
Les sacrifices d’une vie dédiée au surf
Pour maintenir sa série, Dale a bâti toute son existence autour de l’océan. Pas de vacances à l’intérieur des terres, pas de travail qui empiète sur ses sessions. Il a surfé le jour où il a perdu sa femme, affronté les hivers rudes de la Californie du Nord et même bravé les douleurs des calculs rénaux.
Son dévouement lui a valu l’admiration du monde du surf. Kelly Slater lui-même a salué sa persévérance, le décrivant comme “extraordinaire” dans un post Instagram.
La fin d’une ère
Le 5 octobre 2015, Dale est contraint de mettre fin à son incroyable série en raison d’une opération. Mais il continue à surfer régulièrement jusqu’à la fin de sa vie, toujours fidèle à son mantra : « Le seul objectif dans la vie est de la surfer jusqu’au bout et de tenter d’en comprendre le sens. »
Un héritage inégalable
Dale Webster restera dans l’histoire comme le surfeur le plus constant de tous les temps. Plus qu’un record, son parcours est un hymne à la passion pure, à la discipline et à la joie simple d’être dans l’eau.
Dans un monde où tout va vite, il nous laisse une leçon intemporelle : parfois, la plus belle réussite est de rester fidèle à ce que l’on aime, jour après jour, vague après vague.
Face à l’océan, sur l’emblématique site de la Chambre d’Amour, l’International Surf Film Festival revient du 27 au 30 août 2025 pour sa 21ᵉ édition. Pendant quatre jours, les passionnés de glisse et de belles images se retrouvent autour de projections gratuites en plein air, de concerts, d’expositions et de rencontres avec celles et ceux qui font battre le cœur du surf.
Une histoire née à Saint-Jean-de-Luz
Créé en 2004 par Bruno Delaye, le festival a vu le jour à Saint-Jean-de-Luz, avec une ambition claire : offrir au film de surf la reconnaissance qu’il mérite en Europe. À une époque où les réalisateurs regorgeaient de créativité, mais peinaient à trouver une audience, cet événement est devenu une vitrine unique. Rapidement installé à Anglet, il a su s’imposer comme le rendez-vous incontournable des amoureux de glisse et de cinéma.
Une programmation éclectique et internationale
Pour cette édition 2025, le festival propose plus de 30 films venus des quatre coins du monde, mêlant documentaires, portraits, voyages et performances. Parmi les œuvres à ne pas manquer :
The Life and Death of Westerly Windina (USA) – Le récit poignant de Peter Drouyn, icône du surf australien, dans sa transformation en Westerly Windina.
Dos au Mur (France) – Une immersion intime dans la vie de Jérémy Florès, entre combats personnels et détermination à toute épreuve.
A Letter from Antarctica (Australie) – Surf, amitié et prise de conscience environnementale sur le continent blanc.
Some Like It Classic (France) – Sept ans d’images en 16 mm, retraçant l’histoire du longboard sur fond de jazz.
Virei (Portugal) – Un voyage au cœur du surf angolais, entre histoires et avenir.
Chaque soir, le public pourra profiter de projections sur écrans géants en plein air, gratuitement, dans une ambiance unique où le bruit des vagues se mêle aux images.
Un jury prestigieux et engagé
Cette année, c’est Clément Roseyro, waterman et surfeur de grosses vagues, qui présidera le jury. À ses côtés, des personnalités comme Marie-Pierre Abgrall (première Française sur le CT), Paco Grande (journaliste RTVE), Marine Lebreton (Rip Curl Europe) ou encore l’artiste plasticien Fabien Cayeré. Leur mission : décerner 7 prix lors de la cérémonie de clôture.
Plus qu’un festival, une expérience
Au-delà des films, l’International Surf Film Festival, c’est aussi un village des partenaires, des expositions, et une belle place faite à la musique. Cette année, la scène du Jardin de la Grotte accueillera :
The Suns of Beaches (27 août) – Pour une ambiance surf & fun façon années 80-90.
Franck & Damien (28 août) – Un duo folk-rock inspiré des grands espaces.
The Old Bones (29 août) – Rock énergique et intemporel.
Zeze (30 août) – Voyage musical entre instruments du monde et électro.
Un festival ouvert à tous
L’un des charmes du festival, c’est son accès libre. Que l’on soit surfeur confirmé, amateur de cinéma ou simple curieux, on peut s’installer sur les pelouses de la Chambre d’Amour, se laisser emporter par les images, puis échanger avec les réalisateurs et protagonistes.
21 ans d’émotions et de rencontres
En deux décennies, l’International Surf Film Festival a vu défiler des figures majeures de la scène mondiale, projeté des centaines de films et inspiré des générations de spectateurs. Et pour moi, qui ai eu la chance d’y participer à ses débuts, c’est toujours un moment spécial : un mélange de nostalgie, de découvertes et d’envie d’océan.
Pour cette édition, attendez-vous à un cru exceptionnel : des histoires fortes, des paysages à couper le souffle et ce lien unique entre surf et cinéma que seul ce festival sait offrir.
La communauté surf de la Gold Coast pleure l’un de ses enfants prodiges. Jackson “Jacko” Graham, ancien champion des Palm Beach Boardriders et ex-compétiteur sur le circuit junior WSL, est décédé à seulement 22 ans, des suites d’une maladie récente.
À seulement 14 ans, Jackson Graham — affectueusement surnommé “Jacko” par ses amis — remportait le titre très convoité de Palm Beach Boardriders Champion. Né et élevé sur la Gold Coast australienne, il s’était rapidement imposé comme l’un des jeunes talents les plus prometteurs de la région, participant au WSL Junior Tour et accumulant les résultats solides.
Jacko n’était pas seulement un compétiteur redoutable : il était aussi l’incarnation de la culture surf australienne, partageant autant de temps à l’eau qu’à pêcher ou à partir à l’aventure avec ses amis.
Un surfeur au grand cœur
La nouvelle de sa disparition a bouleversé toute la scène locale. Les réseaux sociaux se sont rapidement remplis de messages rendant hommage à son talent, mais surtout à son humanité.
Oscar Berry, ami proche, se souvient :
« Quand je suis arrivé sur la Gold Coast depuis Yamba, le premier à m’accueillir en classe a été Jacko. Depuis ce jour, il est resté l’un de mes meilleurs amis. Jacko était unique, incroyablement talentueux, et surtout doté du plus grand cœur que je connaisse. »
Les Mad Hueys, célèbre marque de surfeurs et pêcheurs australiens, ont partagé un montage photo de leurs escapades passées, accompagné d’un message simple mais lourd de sens :
« Repose en paix, Jacko. Tu resteras toujours dans nos cœurs. »
Pour célébrer sa vie, un paddle out sera organisé à Palm Beach, son spot de cœur. Cette tradition, profondément ancrée dans la culture surf, rassemble amis, famille et inconnus autour d’un cercle formé au large. Fleurs, planches et larmes se mêlent, tandis que chacun rend hommage au disparu en jetant de l’eau vers le ciel ou en partageant un dernier mot.
Ces moments, à la fois solennels et empreints de beauté, rappellent que la communauté surf est avant tout une famille. Peu importe le niveau ou la notoriété, chaque surfeur disparu laisse une empreinte dans les vagues qu’il a tant aimées.
Icônes Surf et la mémoire des surfeurs
Chez Icônes Surf, nous avons toujours pensé que l’histoire du surf ne se racontait pas uniquement à travers les victoires et les exploits. Elle se construit aussi avec ses drames, ses disparitions, ses figures parties trop tôt. Écrire sur Jackson “Jacko” Graham, c’est rendre hommage à un jeune homme qui, même à 22 ans, avait déjà marqué ses pairs.
Parce que chaque surfeur, qu’il ait eu une carrière mondiale ou qu’il ait seulement illuminé son spot local, fait partie de cette grande fresque collective.
Le souvenir d’une vie courte mais intense
Jacko laisse derrière lui une communauté en deuil, mais aussi un héritage : celui de vivre pleinement sa passion, de rester fidèle à ses amis et à ses valeurs, et de savourer chaque session comme si c’était la dernière.
À Palm Beach, les vagues continueront de dérouler. Mais pour ceux qui l’ont connu, chaque série qui arrive rappellera l’absence d’un sourire, d’un take-off radical, et d’un surfeur que beaucoup décrivent comme “absolument unique”.
Imaginez la Côte des Basques un après-midi d’août, quand les planches se frôlent, que les touristes s’essaient au surf, et que les locaux oscillent entre amusement et exaspération… Sauf qu’ici, pas d’algues toxiques, pas de méduses, et beaucoup plus de fun assumé. Bienvenue au Slamarack, la grande “party wave” californienne où les soft tops ou planches en mousse envahissent l’océan dans un joyeux chaos organisé.
Une compétition loufoque qui attire les foules
Chaque été, la plage de Tamarack State Beach, à Carlsbad (Californie), devient le théâtre d’un spectacle unique : des centaines de surfeurs – souvent déguisés ou simplement armés de leur meilleure autodérision – partent ensemble sur la même vague. Le nom ? Slamarack. La règle ? Aucune, si ce n’est de s’amuser… et d’éviter les collisions trop violentes.
Née comme une petite tradition locale, l’événement a pris une nouvelle dimension en 2025 grâce à Kookslams, célèbre compte Instagram qui compile les wipeouts les plus spectaculaires. Résultat : des stories par dizaines, une ambiance survoltée, et un pic de participation jamais vu. « On a toujours eu ce côté un peu chaotique, mais cette année, c’était carrément Noël avant l’heure », s’amuse un participant.
L’échelle du fun
Dans les ports de glisse, on aime bien parler de fun, et il est vrai qu’on aime tous les sensations fortes dans le surf. Et dans notre échelle du fun, il y a plursieurs paliers
Si vous êtes jeune, souple, et que vous en sortez indemne : c’était fun.
Si vous repartez avec quelques bleus : c’était vraiment fun.
Et si vous avez pris un soft top en pleine figure : C’était fun, l’histoire va rentrer dans la légende.
Quand la culture surf se met en scène
Pour Kookslams, c’est l’occasion parfaite de montrer que la culture surf ne se résume pas aux grandes compétitions :
« Voir nos t-shirts dans la foule, publier notre vidéo récap’, ça montre qu’on peut être un acteur culturel fort sur ce type d’événement populaire. »
Et à Carlsbad, tout le monde est déjà prêt pour l’édition 2026.
Ces derniers jours, tout le monde avait les yeux rivés sur Teahupo’o. Et pour cause : la vague tahitienne a offert un spectacle médiatique planétaire, éclipsant presque tout le reste de l’actualité surf. Pourtant, à des milliers de kilomètres de là, sur la péninsule du Bukit à Bali, Padang Padang a déroulé l’une des journées les plus parfaites de son histoire compétitive. Et cette fois, ce sont deux surfeurs indonésiens… âgés de seulement 16 ans, qui ont mis tout le monde d’accord.
Une compétition au format unique
Créée en 2004, la Rip Curl Cup Padang Padang est la plus prestigieuse compétition de surf en Indonésie. Sa particularité ? Elle ne se déroule que lorsque les conditions sont parfaites. Un format « swell-dependent » qui oblige les athlètes à se tenir prêts, souvent avec seulement quelques jours de préavis.
Cette année, l’alerte est donnée le lundi. Les prévisions annoncent un Padang Padang en feu pour le dimanche. Les surfeurs invités – 16 hommes et 8 femmes triés sur le volet – sautent dans le premier avion pour Bali. Parmi eux : Mason Ho, Ivan Florence, Tosh Tudor, Balaram Stack, ainsi qu’une armada de légendes locales. Aucun Européen à l’horizon. Pas même un William Aliotti, pourtant maître reconnu des gauches indonésiennes. Dommage.
Des vagues de rêve
Dès le matin, le décor est planté : des lignes parfaites de six pieds déroulent sur le récif. Les séries sont régulières, les barrels profonds, et la houle déroule vague sur vague comme si elle avait été commandée pour l’occasion. Les spectateurs massés sur la plage et sur les falaises savent qu’ils vont assister à quelque chose de spécial.
La finale femmes : Jasmine Studer, reine du tube
Le tableau féminin a souffert de quelques absences : certaines invitées n’ont pas pu rejoindre Bali à temps. La compétition se jouera donc en un seul heat de cinq surfeuses. Mais peu importe le format : Jasmine Studer, 16 ans, de Kuta, va écrire l’histoire.
Elle décroche un 10 parfait sur un tube dont elle-même avoue ne pas avoir cru sortir :
« Le spit m’a frappée, je pensais que c’était fini. C’est le moment le plus irréel de ma vie. »
Derrière, l’Australienne Willow Hardy répond avec un 9 et un 8.33, mais échoue à 0,84 point du titre. Ziggy Mackenzie manque de peu un buzzer-beater spectaculaire. Résultat final : Jasmine l’emporte avec 18.17 points, sous les ovations.
La finale hommes : Westen Hirst, la relève locale
Chez les hommes, l’histoire est tout aussi marquante. Westen Hirst, 16 ans, originaire de Lakey Peak, affronte Tosh Tudor, Ketut Agus et Ivan Florence en finale. Et il frappe fort dès sa première vague : double barrel, 9.9 points.
Ketut, favori local, tente de revenir avec de superbes tubes, mais Westen verrouille sa victoire avec un 7.33 en toute fin de heat. Score final : 18.57 points. Le jeune prodige devient le premier Indonésien à gagner l’épreuve depuis Mega Semadhi en 2016.
En plus du titre, il signe le meilleur score cumulé des qualifications, preuve que sa domination ne doit rien au hasard :
« J’ai eu mon premier vrai barrel ici à Padang quand j’avais 10 ans. Aujourd’hui, je gagne le Rip Curl Cup. C’est fou. »
Des moments pour l’histoire
La journée a été une succession de clips mémorables : Ivan Florence sortant miraculeusement d’un tube aspirant, Made “Bol” Adi Putra en stand-up barrel parfait, et Ketut Agus décrochant un 9.8 rugissant. Le genre de moments qui nourrissent les légendes locales… et qui mériteraient plus qu’un écho discret dans la presse internationale.
Le doublé indonésien : symbole d’une nouvelle génération
Ce doublé 100 % indonésien chez les hommes et les femmes est un signe fort : la relève du surf indonésien est déjà là, et elle n’a pas peur de s’imposer face à des internationaux confirmés.
Il rappelle la victoire d’Erin Brooks à la Cup il y a quelques années, ou celle de Mega Semadhi. Mais cette fois, ce sont deux adolescents, encore au lycée, qui gravent leur nom sur le trophée. Et ils l’ont fait dans les conditions que tout surfeur rêve de scorer au moins une fois dans sa vie.
Un évènement éclipsé par Teahupo’o
Si cette édition 2025 du Rip Curl Cup avait eu lieu une semaine plus tôt ou plus tard, elle aurait sans doute fait la une des médias surf. Mais Teahupo’o a monopolisé l’attention, avec ses vagues monstrueuses et son timing parfait à l’approche des Jeux.
Résultat : peu de vidéos, peu d’articles, et un événement pourtant historique passé presque sous silence. Une injustice quand on sait que Padang Padang a offert ce jour-là l’un des plus beaux spectacles de l’année.
Le verdict
En une journée, Jasmine Studer et Westen Hirst ont non seulement remporté un titre prestigieux, mais aussi rappelé que le surf indonésien ne se limite pas à accueillir des stars étrangères en quête de barrels tropicaux. Il produit ses propres champions, capables de briller sur leur terrain de jeu face aux meilleurs.
Ce 7 août 2025 restera dans l’histoire du surf local comme un moment de gloire et, espérons-le, comme le point de départ d’une reconnaissance internationale plus large pour ces jeunes prodiges, mais aussi pour ce type de compétition avec une longue waiting period, qui n’est lancée que si les conditions sont optimales.
Un an après avoir donné naissance à son fils Elio, la surfeuse française de grosses vagues est de retour sur les plus gros spots de la planète. Et pas juste pour faire de la figuration : en 2025, Justine Dupont s’invite dans toutes les catégories majeures des Big Wave Challenge et pourrait bien repartir de Newport Beach les bras chargés de trophées.
Maternité et retour fulgurant
Janvier 2024 : Justine Dupont et son mari accueillent leur premier enfant, Elio. Une parenthèse heureuse… mais brève. Moins de deux mois après une naissance par césarienne, la Française était déjà de retour à l’entraînement, portée par une motivation nouvelle. « Maintenant que je suis maman, je suis encore plus professionnelle, plus organisée et plus motivée », confiait-elle à Surfer Magazine. Là où beaucoup s’attendaient à la voir lever le pied, Justine a choisi d’appuyer encore plus fort.
Une saison 2025 XXL
La preuve ? En février 2025, elle remporte pour la troisième fois le Tudor Nazaré Big Wave Challenge, un an à peine après la naissance d’Elio. Mais la saison ne s’arrête pas là :
Deux entrées à Nazaré et une à Jaws dans le Big Wave Challenge.
En moins d’une semaine, elle surfe trois monstres du Pacifique : Jaws, Waimea (pendant l’Eddie) et Maverick’s.
Son entrée à Jaws est particulièrement marquante : un take-off ultra-tardif sur une face parfaite, tenue de rail impeccable, avant d’être engloutie par la mousse. Une image qui a fait le tour du monde et confirmé qu’elle n’avait rien perdu de son engagement.
Finaliste dans (presque) toutes les catégories
À 34 ans, Justine Dupont est finaliste pour :
Ride of the Year
Biggest Paddle Wave
Biggest Wave
Et, sans annonce officielle pour le moment, tout indique qu’elle sera aussi en lice pour Women’s Performer of the Year. La seule catégorie où on ne la verra pas cette année ? Celle de la plus grosse boîte.
Avec 100 000 $ de prize money à se partager entre les lauréats, l’enjeu est aussi financier, même si l’aura sportive prime pour Justine.
Des rivales solides
Dans la catégorie Women’s Biggest Wave, Justine affrontera deux Brésiliennes bien connues du circuit :
Michelle des Bouillons (33 ans), spécialiste de Nazaré, où elle a signé une vague impressionnante captée par Tim Bonython.
Michaela Fregonese (44 ans), habituée aux bombes de Jaws, qui s’est illustrée en décembre 2024 sur une houle massive.
Deux adversaires expérimentées, prêtes à jouer des coudes sur le podium.
Le verdict à Newport Beach
La remise des prix du Big Wave Challenge aura lieu le 13 septembre 2025 à Newport Beach, Californie. Un rendez-vous où se croisent les légendes vivantes du surf de grosses vagues, les jeunes talents et, bien sûr, les images les plus impressionnantes de l’année.
Pour Justine, ramener un ou plusieurs trophées de cette cérémonie serait un nouveau jalon dans une carrière déjà hors normes, et une victoire symbolique pour le surf français.
Une inspiration bien au-delà du surf
Avec 12 distinctions majeures depuis 2019 (Ride of the Year, Biggest Wave, Performance of the Year), Justine Dupont s’est imposée comme l’une des meilleures surfeuses de l’histoire du big wave. Son retour après maternité, mené avec autant de détermination que de douceur, inspire bien au-delà des line-ups.
Qu’elle reparte ou non avec les bras chargés de trophées le 13 septembre, elle a déjà gagné : celui d’inspirer toute une génération, et de prouver qu’on peut être à la fois maman et reine des vagues les plus puissantes de la planète.
Le 5 août 2025 restera dans les mémoires des surfeurs tahitiens. Ce jour-là, Teahupo’o a offert un spectacle comme elle seule sait le faire : des murs d’eau massifs, parfaitement creux, capables de faire trembler les plus aguerris. Au milieu des grands noms du line-up, un jeune de 18 ans a marqué la journée : Naiki Vaast, petit frère de Kauli, qui s’est offert la bombe du jour avec une assurance impressionnante.
Une journée historique à Teahupo’o
Annoncée comme l’une des plus grosses houles de la saison, cette journée a attiré dès l’aube une armada de jet-skis et de bateaux autour du reef. Matahi Drollet, figure emblématique du spot, a ouvert le bal avec un ride magistral. Mais l’autre vague marquante fut celle de Naiki : un monstre d’eau qui gonflait à vue d’œil, avec un volume hallucinant.
Les images parlent d’elles-mêmes : engagement total, trajectoire parfaite, sortie impeccable. Le lendemain, un article étranger le présentait comme le frère de Matahi Drollet… alors qu’il est celui de Kauli Vaast. Une confusion vite dissipée, mais qui prouve que son nom circule désormais bien au-delà de Tahiti.
Un héritage et une enfance dans le tube
L’aisance de Naiki dans un barrel de Teahupo’o ne doit rien au hasard. On se souvient de lui à seulement 12 ans, quand Kauli l’avait poussé sur une bombe à l’entrée du bowl. Casque Gath vissé sur la tête, il avait dévalé un mur d’eau presque aussi grand que lui, une image qui avait fait le tour du web.
Grandir aux côtés d’un frère triple champion d’Europe et habitué du World Tour forge forcément le caractère. Mais Naiki n’a jamais cherché à imiter Kauli. Il suit sa propre voie, loin des circuits professionnels, en cultivant deux passions : le surf et la pêche.
Un surfeur discret, passionné de pêche
Je ne vais pas vous mentir : je n’ai jamais rencontré Naiki, ni même vu surfer ailleurs qu’à Teahupo’o. Mais connaissant Kauli et Aelan Vaast, on devine le niveau du petit frère. Et le 5 août, il l’a prouvé, tout comme son frère et sa sœur qui ont eux aussi brillé ce jour-là.
Contrairement à beaucoup de jeunes surfeurs, Naiki ne court pas après les points qualificatifs de la WSL. Il participe rarement aux compétitions, hormis celles organisées à Tahiti. Pour lui, pas besoin de podiums : l’objectif est simple, prendre la meilleure vague de la journée. Et le 5 août, il a été imbattable.
Teahupo’o, son jardin et son terrain de jeu extrême
À Tahiti, surfer Teahupo’o n’est pas seulement un défi sportif : c’est une vitrine. La famille Drollet en est l’exemple, tout comme certains Hawaïens à Pipeline. Situé à la pointe sud-ouest de l’île, ce récif est aussi magnifique qu’impitoyable. La moindre erreur y est sanctionnée. Les locaux parlent d’ailleurs de « respecter la vague » avant de penser à la surfer.
Naiki connaît le spot par cœur : chaque recoin du reef, chaque mouvement de houle. Son style est fluide, précis et empreint d’une confiance rare pour son âge. Ce 5 août, il n’a pas seulement survécu à sa vague, il l’a domptée. C’est ce qui le fait entrer, à 18 ans, dans le cercle fermé des surfeurs respectés de Teahupo’o.
Un avenir prometteur, même hors du circuit pro
Pas de sponsors tapageurs, pas de tour du monde pour accumuler des points, mais une présence marquée lors des houles historiques : voilà la trajectoire de Naiki Vaast. Dans un surf de plus en plus globalisé et médiatisé, il rappelle que les exploits les plus marquants se vivent parfois loin des podiums, à domicile, face à une vague qui vous connaît autant que vous la connaissez.
Le 5 août 2025 ne fut pas seulement un jour de vagues exceptionnelles : c’est aussi la date où le nom de Naiki Vaast s’est gravé un peu plus profondément dans l’histoire de Teahupo’o. Et pour ceux qui fréquentent ce spot, c’est peut-être la plus belle des reconnaissances.
Dès l’aube, la passe de Hava’e grondait. Dix pieds de vagues puissantes parfaitement alignés s’écrasaient sur le reef de Teahupo’o, un ciel bleu éclatant et la promesse d’une journée à haute intensité. LE Tahiti Pro 2025 a démarré en trombe, offrant son lot de bravoure, de doutes et de débats. Car au-delà des simples résultats, cette première journée a mis en lumière des histoires fortes, notamment celle d’un double champion du monde encore hanté par ce spot, et celle de locaux qui ont une nouvelle fois rappelé que Teahupo’o est chez eux.
Filipe Toledo : du progrès, mais encore loin d’être à l’aise
Depuis plus de dix ans, Teahupo’o et Filipe Toledo vivent une relation compliquée. Le Brésilien traîne comme un poids la série cauchemardesque à zéro point face à Italo Ferreira, expliquant plus tard qu’une blessure au coude l’empêchait de se lever correctement. Mais derrière cette justification se cache une vérité assumée par son père Ricardo : la peur du récif et de la blessure grave.
Hier, Toledo a tenté de changer la donne. Face à deux chargeurs réputés : Leo Fioravanti et Joao Chianca, le brésilien a chargé sur sa première vague en partant un peu late et se calant dans un gros tube. Il y est allé, il a réellement essayé. Il ne trouvera pas de deuxième vague dans sa série, et sera obligé de partir au second tour.
Mais la suite a rappelé que le chemin est encore long. Malgré ce sursaut de combativité, Toledo a été éliminé dès le repêchage par Rio Waida, avec deux vagues faibles, anodines. Sa saison se termine ainsi prématurément, sur sa pire note au classement depuis 2017. Courageux, oui. Libéré de sa peur ? Pas encore.
Kauli Vaast et les locaux, patrons de la passe
Si Teahupo’o est un cauchemar pour certains, c’est un terrain de jeu familier pour d’autres. Kauli Vaast a offert un récital dès la deuxième série de la journée. Trois secondes après le coup de corne, il se jette sur une bombe notée 7,50, avant d’enchaîner avec un 8,33 et un 7,97. Casqué, incisif, sûr de ses placements, le champion olympique a fait passer Kanoa Igarashi et Jake Marshall par la case repêchage avec un total impressionnant de 16,30 points.
Un détail a intrigué certains spectateurs : pourquoi Kauli ne portait-il pas de leash ? La réponse est simple et logique : pour faciliter le travail des jet-skis d’assistance. Sans leash, la planche s’éloigne plus vite du surfeur en cas de chute, évitant qu’elle ne le tire vers la zone d’impact et permettant aux sauveteurs de récupérer l’athlète plus rapidement et en sécurité.
Les autres locaux n’ont pas démérité. Mihimana Braye, vainqueur des trials, s’est qualifié pour les huitièmes en écartant Kanoa Igarashi au terme d’une série rallongée à 50 minutes, marquée par un redémarrage après quinze minutes sans vague. “Teahupo’o m’envoie toujours la bonne vague”, confiait-il en souriant. Marco Mignot, lui, a su rebondir au repêchage, épaulé par Jérémy Florès en coach et caddie. Seul Teiva Tairoa s’est arrêté là, malgré un tube magnifique à 8,33 contre un Jordy Smith impérial.
Juges : la vague de Griffin Colapinto, un 9,33 qui interroge
Si l’action dans l’eau a été intense, la cabine des juges n’a pas échappé aux discussions. Dans la journée, Griffin Colapinto a obtenu un 9,33 sur une vague que beaucoup considèrent inférieure aux meilleurs barrels du matin. Et ils n’ont pas tout à fait tort : les tubes de Kauli Vaast ou de Italo étaient plus gros et plus profonds.
La nuance, c’est que les conditions avaient changé. Moins de sets massifs, vent plus présent, plus difficile de trouver une vague parfaite. Les juges établissent souvent leur barème dès le matin pour différencier des vagues proches en qualité. Au lever du jour, ils avaient besoin de critères précis pour départager des tubes similaires : la taille, la profondeur, la sortie propre. Mais même avec ce contexte, certains observateurs restent convaincus que Griffin a bénéficié d’une certaine clémence.
Une journée à retenir
En résumé, cette première journée a confirmé que Teahupo’o ne se surfe pas seulement avec les jambes, mais aussi avec la tête et le cœur. Toledo a montré un peu plus de courage, mais reste prisonnier d’une appréhension profonde. Kauli Vaast et ses compatriotes, eux, surfent avec l’aisance de ceux qui connaissent chaque recoin du spot. Et les juges, comme souvent ici, naviguent entre cohérence et controverse.
La suite ? Huitièmes de finale explosifs en perspective ou début de compétition pour les femmes, une houle en déclin mais encore solide, et toujours cette promesse : à Teahupo’o, tout peut basculer en quelques secondes.
On connaît tous les risques liés aux scooters et mobylettes à Bali : trafic chaotique, absence de casque, routes glissantes… Mais un autre danger, souvent sous-estimé, concerne des millions de voyageurs chaque année : les traversées en bateau. De Bali aux Mentawai, en passant par Nusa Penida ou les Banyak, les naufrages et accidents graves se multiplient. Et contrairement aux idées reçues, ces drames ne surviennent pas uniquement lors de tempêtes spectaculaires : parfois, une simple vague suffit à tout faire basculer.
Des accidents en série dans les eaux indonésiennes
Août 2025 – Bali, entre Nusa Penida et Sanur Un speedboat, le Fast Boat Dolphin 2, transporte 80 passagers. Au large, une vague frappe le bateau de travers. En quelques secondes, l’embarcation chavire. Deux personnes meurent, une est portée disparue. Parmi les survivants, des Australiens racontent avoir nagé pour leur vie.
« On a vu des gens mourir devant nous », témoigne l’un d’eux, encore sous le choc.
Juillet 2025 – Îles Mentawai Surnommées le “Disneyland du surf”, elles sont un rêve pour les surfeurs. Ce jour-là, un bateau inter-îles coule par mauvais temps. Dix personnes disparaissent, malgré les efforts des sauveteurs. Certains passagers, ne sachant pas nager, sont emportés sous les yeux impuissants de leurs compagnons.
Août 2023 – Îles Banyak Le bateau d’un surf camp disparaît en mer avec sept personnes à bord. Après près de deux jours à dériver sur leurs planches de surf, quatre Australiens et deux Indonésiens sont secourus. Un membre de l’équipage, Fifan Satria, ne sera jamais retrouvé.
Ces histoires ne sont pas des exceptions isolées : elles illustrent une tendance inquiétante dans l’archipel.
Pourquoi ces drames surviennent-ils ?
Plusieurs facteurs se combinent :
Vitesse excessive et imprudence : certains capitaines cherchent à “gagner du temps”, même dans une mer agitée.
Normes de sécurité inégales : gilets de sauvetage absents ou insuffisants, matériel vieillissant.
Surcapacité : embarcations chargées au-delà de leur limite.
Formation limitée : équipages pas toujours préparés à gérer la panique ou un chavirement.
Les risques spécifiques pour les touristes
Pour beaucoup de voyageurs, la traversée est une simple formalité. Pourtant :
La panique est fréquente chez ceux qui ne savent pas nager ou n’ont pas l’habitude de l’océan.
Certaines embarcations n’ont qu’un seul point de sortie, difficile à atteindre en cas de renversement.
Les zones isolées (Mentawai, Banyak) rallongent le temps de secours.
La barrière de la langue peut retarder la compréhension des consignes.
Comment voyager plus sûr en bateau en Indonésie
Avant d’embarquer :
Vérifier la météo : s’informer sur la houle et éviter les jours de vent fort.
Choisir une compagnie réputée : lire les avis, vérifier l’état du bateau.
Repérer les gilets de sauvetage dès l’embarquement.
Informer un proche de votre trajet et heure d’arrivée.
Privilégier les horaires matinaux : la mer est souvent plus calme.
En cas d’accident : garder son sang-froid
Mettre un gilet ou s’agripper à tout objet flottant (planche, bidon, glacière).
S’éloigner de l’épave si elle coule, pour éviter l’aspiration.
Se regrouper avec d’autres passagers pour être plus visible.
Utiliser tout moyen de signalement : sifflet, fusée de détresse, téléphone étanche, miroir.
En Indonésie, les bateaux font partie du quotidien : ferries inter-îles, liaisons touristiques, navettes de surf camps… Mais ces trajets ne sont pas sans danger. Comme pour les scooters, il ne s’agit pas de tout éviter, mais de voyager informé et vigilant. Un peu de prudence peut faire la différence entre un souvenir inoubliable… et un drame.
Du sang, du style et des tubes. Sam Piter, 21 ans, vient de sortir Rogue DNA, un court-métrage de 15 minutes filmé entre l’Afrique de l’Ouest, l’Indonésie et sa maison à Hossegor. Trois destinations, une seule vibe : celle d’un surfeur français au style brut, instinctif, viscéral. Un surf qui semble couler dans les veines.
Réalisée par Arthur Géné, avec des images additionnelles signées Andy Benetrix, Gary Simonneau, Robin Aussenac et Didier Piter, la vidéo est un condensé de ce qu’on attend d’un bon clip de surf : de belles vagues, un bon surfeur et une bande-son qui claque. C’est aussi simple que ça, et Rogue DNA coche toutes les cases.
Au-delà de la performance, ce projet illustre un vrai savoir-faire à la française en matière de production vidéo. Pas besoin de drone au ralenti sur fond d’électro ambient : ici, on filme à l’instinct, avec énergie, en laissant la vague et le style parler. Et Sam a clairement trouvé sa voix.
Le jeune surfeur s’était déjà fait remarquer lors du Stab Highway Europe, mais ce clip marque un tournant. Une forme de « coming out » pour un surfeur désormais adulte, prêt à écrire son propre chapitre. Et ça commence fort : il a remporté le QS 2000 de Lacanau juste après la sortie du film, prenant la tête du classement européen.
Petit clin d’œil à l’histoire : Sam est le fils de Didier Piter, figure du surf français dans les années 90. Mais l’héritage paternel n’écrase pas l’élan du fils — il l’inspire. Et si l’on en croit le buzz autour de Rogue DNA, Sam pourrait bien surpasser un jour l’aura de son père.
Disponible sur YouTube, Rogue DNA n’est pas juste un énième edit estival : c’est une carte de visite pour le futur du surf français. Sauvage, stylé, sincère.
Le monde du surf pleure l’un des siens. Samedi 2 août 2025, à Huntington Beach en Californie, Kolby Aipa, 20 ans, est victime d’un accident tragique alors qu’il circulait en vélo électrique. Deux jours plus tard, la terrible nouvelle tombe : le jeune surfeur ne survivra pas à ses blessures. Il était le petit-fils du légendaire shaper hawaïen Ben Aipa. Sa disparition brutale a bouleversé la communauté surf, des plages d’Hawaii aux spots californiens.
Au-delà de l’émotion, ce drame relance un débat important : celui de l’usage des e-bikes par les surfeurs. Pratiques, rapides, silencieux… mais parfois utilisés sans respect des règles de sécurité élémentaires.
Un nom emblématique, une vie tournée vers l’océan
Kolby Aipa n’était pas un inconnu dans le milieu du surf. Héritier d’une lignée légendaire – son grand-père Ben Aipa est l’un des shapers les plus influents de l’histoire du surf moderne – Kolby incarnait cette nouvelle génération ancrée dans la tradition, mais tournée vers l’avenir.
Membre du Huntington Beach Board Riders Club, il était sponsorisé par des marques comme AVVA, Dakine ou encore Cobian Footwear. Engagé, souriant, respecté de ses pairs, il laissait à chaque rencontre une trace de gentillesse et d’humilité. Sur l’eau, il impressionnait déjà. En dehors, il partageait le Aloha Spirit à sa manière.
Les circonstances de l’accident
Selon les premières informations relayées par la presse locale, Kolby Aipa circulait en vélo électrique et se faisait tracter par une voiture conduite par des amis, une pratique malheureusement répandue chez les jeunes.
C’est ce même véhicule qui, dans des circonstances encore floues, l’aurait percuté accidentellement. Kolby a été transporté à l’hôpital dans un état critique. Mis sous assistance respiratoire, il n’a pas survécu.
L’annonce de son décès a déclenché une vague d’émotion sur les réseaux sociaux. La page officielle d’Aipa Surf Co., tenue par sa famille, a publié un hommage bouleversant :
« Kolby avait le don de toucher les gens. Sa gentillesse était sa manière d’exprimer l’Aloha. À tous ceux qui lisent ce message… transmettez cet Aloha à votre tour. »
Le vélo électrique, nouveau moyen de transport des surfeurs
Depuis quelques années, les vélos électriques ont envahi les spots de surf à travers le monde. À Biarritz, Los Angeles ou Byron Bay, il n’est pas rare de voir des planches fixées sur des racks, des combinaisons qui sèchent sur le guidon, et des jeunes filer d’un spot à l’autre sans faire de bruit.
Les avantages sont nombreux :
Pas de bouchons
Écologique (en apparence)
Économie de carburant
Facilité de stationnement en zone balnéaire
Pratique pour les surfeurs sans permis
Mais cette popularité a un revers : de plus en plus d’accidents sont signalés chaque année, notamment dans des zones urbaines à forte circulation ou sur des routes côtières mal sécurisées.
Des comportements à risque de plus en plus fréquents
Au-delà de l’aspect pratique, certains comportements liés aux vélos électriques ou E-bikes inquiètent :
Se faire par une voiture (comme dans le cas de Kolby)
Rouler à deux ou trois sur une même trottinette ou e-bike
Circuler sans casque ni protections
Rouler de nuit sans éclairage ni gilet
Ne pas respecter le code de la route
Sans parler du comportement des conducteurs de voitures, de camions et de bus
Si le vélo électrique donne un sentiment de liberté, il ne doit pas faire oublier les règles de prudence essentielles, surtout lorsqu’on partage la route avec des véhicules motorisés.
Un appel à la responsabilité dans la communauté surf
La disparition de Kolby Aipa est un choc. Mais elle doit aussi être l’occasion d’un réveil collectif.
Les surfeurs ont toujours été des pionniers. Aujourd’hui, ils doivent aussi devenir des ambassadeurs de la sécurité, notamment auprès des plus jeunes.
« Ce n’est pas cool de se faire tracter pare une voiture. C’est dangereux. Point. »
De nombreuses écoles de surf, shops ou clubs pourraient intégrer des modules de sensibilisation à la sécurité en mobilité douce dans leurs formations. Le sujet n’est plus anecdotique : il devient une question de vie ou de mort.
Les règles d’or à respecter en vélo électrique
Pour que l’usage du vélo électrique reste un plaisir et ne vire pas au drame, voici quelques règles simples à rappeler dans la communauté surf :
Porter un casque systématiquement
Ne jamais se faire tracter, même à faible allure
Installer des lumières avant/arrière pour rouler tôt ou tard
Utiliser des racks solides et bien fixés pour les planches
Respecter le code de la route, même à vélo
Être visible : gilet fluo, habits clairs, feux clignotants
Ne pas rouler à plusieurs sur le même vélo
Ces règles peuvent sembler basiques, mais elles sauvent des vies.
Un héritage d’Aloha à perpétuer
La famille Aipa a publié un message plein de sagesse et d’émotion :
« La manière dont Kolby vous a traité, traitez les autres ainsi. C’est ainsi que vous ferez vivre son héritage d’Aloha. »
Dans cette dernière phrase, il y a toute la beauté du surf. Une communauté liée par l’océan, mais aussi par des valeurs humaines profondes.
Rendons hommage à Kolby non seulement par des mots, mais aussi par nos actes, en prenant soin les uns des autres. Sur l’eau comme sur la route.
L’histoire de Kolby Aipa ne doit pas être un fait divers de plus. Elle doit nous inviter à repenser nos pratiques, à sensibiliser les plus jeunes, et à défendre une culture surf à la fois libre, respectueuse… et responsable.
Dans la nuit du 6 août 2025, la passe de Hava’e à Teahupo’o a résonné sous les cris et les déferlantes. Une houle massive de plus de 4 mètres, couplée à une période de 16 secondes, a transformé le spot tahitien en un monstre liquide. Les plus téméraires se sont jetés à l’eau dès l’aube, dans un mélange de tow-in et de rame engagé. Le spectacle était total.
Locaux et stars du CT réunis pour un échauffement musclé
À deux jours de l’ouverture de la Lexus Tahiti Pro, le gratin du surf mondial était déjà sur place. Jack Robinson, Leonardo Fioravanti, João et Lucas “Chumbo” Chianca, Kai Lenny, mais aussi Italo Ferreira ou encore Koa Rothman se sont mêlés à la scène locale.
Jérémy Florès, présent sur place, résume l’atmosphère dans une vidéo postée sur YouTube :
« C’était le chaos… mais un beau chaos. Des wipeouts de dingue, des vagues énormes. Le petit frère de Kauli Vaast a peut-être pris la bombe de la journée, Matahi Drollet reste le roi du spot, et même les rookies du CT s’y sont frottés. »
Et pour ceux qui doutaient encore :
« À Teahupo’o, faut éteindre le cerveau dix minutes avant le heat. Sinon, tu ne pars jamais. »
La famille Vaast en feu, les filles chargent
Impossible de manquer les performances des enfants Vaast. Kauli, tout juste rentré des Challenger Series à Huntington Beach, a non seulement scoré une belle vague, mais aussi towé sa sœur Aelan et son frère Naiki sur des bombes mémorables. Aelan, finaliste malheureuse des trials, s’est distinguée avec une sortie ultra technique, évitant de peu une board flottant dans le bowl.
Autre rideuse en vue : Izzi Gomez, l’Américano-Colombienne et multiple championne de SUP, qui s’est offert une cavité massive, capturée par les caméras de Redbull et Surfline. Oui, les filles chargent à Teahupo’o.
L’accident de Michel Bourez : le rappel à la réalité
Mais derrière la beauté du spectacle se cache la brutalité du spot. Michel Bourez, figure emblématique du surf tahitien, a lourdement chuté sur une vague prise en tow-in. Transporté à l’hôpital après avoir été blessé au visage, il a heureusement pu rassurer tout le monde sur les réseaux sociaux :
« Plus de peur que de mal. IRM faite, rien de vital n’est touché. Six points de suture. Merci à tous. »
Cet incident vient rappeler que, même pour les plus expérimentés, Teahupo’o ne pardonne pas.
Une ferveur populaire et un air de Jeux Olympiques
Le 6 août 2024, Kauli Vaast remportait l’or olympique à Teahupo’o. Un an plus tard jour pour jour, la nature lui a offert un clin d’œil : une houle historique, un public en liesse, et même une cérémonie surprise organisée au crépuscule. Entouré de fleurs et de sourires, Kauli a symboliquement laissé ses empreintes dans le ciment au PK 0, en hommage à cette année unique.
Et maintenant ? Place à la Lexus Tahiti Pro
Le swell devrait rester solide toute la semaine. L’ouverture de la compétition est prévue jeudi 7 août, avec dès le premier round des conditions estimées à 3 à 4,5 mètres. Plusieurs surfeurs ont déjà dégainé leurs tow boards. L’ambiance est électrique, les locaux affûtés, les rookies tétanisés ou surexcités.
« Let’s see who really packs it. Let’s see who’s got the balls. » — Jérémy Florès
Le Lexus Tahiti Pro s’ouvre dans une ambiance électrique : houle massive, prévisions météo solides, et une wildcard de 12 ans. Mais surtout : quelques favoris pourraient bien mordre la poussière.
Des prévisions musclées, et un swell XXL juste avant le coup d’envoi
Le spot mythique de Teahupo’o, le barrel le plus technique et radical du tour, est sur le point de se réveiller pour de bon. La waiting period du Lexus Tahiti Pro 2025 débute avec une fenêtre météo qui donne le vertige : un premier swell puissant en ouverture, dans les 10 pieds (3 m), qui devrait progressivement s’atténuer mais rester solide pour la suite de la compétition.
Mais surtout, la veille de l’ouverture risque d’offrir des sessions légendaires. Une houle massive – possiblement XXL et tow-in – pourrait déferler sur le récif tahitien, offrant un spectacle rare. Les images, si elles sortent, pourraient mettre en avant les free surfeurs, comme cela pu arriver dans le passé.
Ce swell massif, en lente baisse les premiers jours de la waiting period, pourrait rebattre les cartes stratégiques pour les compétiteurs : certains risquent gros dès le premier tour, là où d’autres, plus habitués aux grosses conditions, pourraient briller.
Kelia Mehani Gallina, 12 ans et déjà dans l’histoire
C’est la wildcard qui fait parler le monde entier. Kelia Mehani Gallina, 12 ans, surfeuse tahitienne, a remporté les Trials et gagne ainsi sa place dans le tableau principal, devenant la plus jeune surfeuse de l’histoire à disputer une épreuve du CT.
Son père Ryan, surfeur chevronné du spot, reste confiant, mais inquiet : « On prie pour que les vagues ne soient pas trop grosses », dit-il, conscient que sa fille devra se jeter seule dans des tubes massifs, sans sa présence dans l’eau comme à l’accoutumée.
Kelia n’a rien à perdre, tout à gagner. Mais dans un Teahupo’o sérieux, chaque vague est un enjeu vital.
S’il y a bien un surfeur à surveiller dans ce contexte de grosse houle, c’est Filipe Toledo. Non pas parce qu’il est favori… mais justement parce qu’il ne l’est pas.
Ancien numéro 1 mondial et champion du monde en titre, Toledo n’a jamais brillé à Teahupo’o. Son meilleur résultat ? Un round 3, dans des petites conditions. Et son plus gros point faible est connu de tous : le manque d’engagement dans les grosses vagues, particulièrement ici, à Tahiti.
Face à des tubes en 10 pieds, difficile de l’imaginer aller loin. Mais quelque part, on ne peut s’empêcher d’espérer qu’il fasse mentir les pronostics. C’est peut-être l’épreuve où il n’a rien à perdre – et donc, paradoxalement, l’occasion de se révéler. Il lui faut un bon résultat pour finir dans le final 5.
Les Tahitiens à la maison, des jokers incontrôlables
Teahupo’o, c’est la maison des Tahitiens, et quand ils ont une wildcard, mieux vaut les prendre au sérieux.
Kauli Vaast en est l’exemple parfait. Goofy, à l’aise dans les gros barrels, champion olympique sur ce même spot quelques semaines plus tôt : il est sans doute le non-tour surfer le plus dangereux de l’épreuve.
Même profil pour Mihimana Braye, lui aussi goofy et extrêmement à l’aise sur le reef tahitien. Leur lecture de la vague, leur timing, leur engagement sans faille font d’eux des pièges pour les têtes de série du CT.
Et côté femmes, Vahine Fierro est peut-être la meilleure surfeuse du monde à Teahupo’o. Son aisance dans des tubes puissants, sa technique et son engagement en font une prétendante crédible au titre, surtout si la houle continue à envoyer.
Une compétition piégée, et une ambiance de gladiateurs
Avec une météo qui offre à la fois du spectaculaire et du jouable, cette édition 2025 s’annonce comme l’une des plus excitantes depuis des années.
Les favoris sont fragiles.
Les Tahitiens sont à l’affût.
Une enfant de 12 ans va affronter des vagues mythiques.
Ajoutez à cela des vagues d’une puissance rare, une lumière polynésienne qui sublime chaque vision, et une tension dramatique dans chaque série… et vous obtenez une compétition que personne ne veut rater.
Le Lexus Tahiti Pro débute dans une ambiance d’excitation générale. Des tubes massifs, des outsiders affûtés, un ancien leader dans le doute, une wildcard de 12 ans, et des Tahitiens prêts à bousculer l’ordre établi.
Le surf mondial a une nouvelle étoile, et elle est tricolore
À seulement 14 ans, la Franco-Tahitienne Tya Zebrowski vient de frapper un grand coup sur la planète surf. Finaliste de l’US Open of Surfing 2025, elle est désormais numéro 1 mondiale du Challenger Series, le circuit qualificatif pour l’élite du surf mondial. Une performance incroyable, qui ne surprendra pourtant pas ceux qui suivent le surf européen de près.
Une ascension fulgurante, mais pas si surprenante
Pour les suiveurs du circuit européen, l’explosion de Tya n’a rien d’un hasard. Dès ses premiers QS (Qualifying Series), elle a bluffé les observateurs par la maturité de son surf et son engagement. L’an dernier, elle a littéralement survolé les compétitions européennes, remportant ou frôlant la victoire à chaque étape, jusqu’à décrocher son ticket pour les Challenger Series.
Ce qui impressionne, au-delà des résultats, c’est sa capacité à dompter des vagues puissantes et variées, souvent dans des conditions très exigeantes. Un style fluide, puissant, précis, et une lecture de vague qui semble déjà appartenir à une surfeuse bien plus expérimentée.
Huntington Beach : la confirmation au sommet
Lors de l’US Open 2025, à Huntington Beach, l’un des événements les plus prestigieux du calendrier, elle s’est hissée jusqu’en finale, où elle a affronté l’Américaine Sawyer Lindblad. Dans les premières minutes, Tya a pris l’avantage avec un total de 12,34 points, enchaînant les manœuvres avec une assurance désarmante. Le public et les commentateurs y voyaient déjà sa première victoire en Challenger Series.
Mais la Californienne, déjà qualifiée pour le CT 2026, a renversé la situation dans les dernières minutes. Sawyer s’impose, mais le véritable choc de la compétition, c’est bien la performance de la Française. Une finale à 14 ans, sur l’un des événements les plus relevés de l’année, face à des surfeuses bien plus expérimentées : c’est un exploit retentissant.
14 ans… et déjà dans la cour des grandes
Oui, 200 jours de moins que la double championne du monde Caroline Marks quand elle avait percé. Oui, plus jeune que Carissa Moore à ses débuts sur le CT. Tya pourrait bien devenir la plus jeune qualifiée de l’histoire du surf féminin moderne. Et contrairement à d’autres jeunes talents qui brillent sur une vague spécifique ou dans un cadre junior, elle domine chez les adultes, en compétition officielle, sous pression.
Son surf est à la fois aérien, engagé, moderne. Dans les dernières secondes de cette finale, elle a même tenté un air reverse qui aurait pu renverser la donne. Le message est clair : elle ne surfe pas pour faire de la figuration. Elle veut gagner. Et elle le peut.
Le parallèle avec le skate féminin
Cette montée en puissance de Tya n’est pas sans rappeler ce qui se passe dans le monde du skate. Des jeunes filles de 12 à 15 ans dominent désormais les grandes compétitions, comme Rayssa Leal ou Sky Brown, avec une aisance et une maturité qui bousculent les repères. Le surf semble suivre cette même dynamique.
Et tant mieux si cette nouvelle vague est française. Car oui, Tya Zebrowski est Franco-Tahitienne, et si son sourire trahit ses origines polynésiennes, son surf peut faire la fierté de tout l’Hexagone.
Une pépite à suivre de très près
Le plus fou dans cette histoire ? Ce n’est que sa première saison sur le Challenger Series. Et elle est déjà leader. À ce rythme, elle pourrait non seulement se qualifier pour le CT 2026, mais aussi y briller dès sa première année, voire plus.
On tient peut-être là la future meilleure surfeuse du monde. Une championne en construction, déjà redoutée par ses adversaires, qui allie talent pur, instinct de compétitrice et grâce naturelle.
Il est invisible à l’œil nu, et pourtant il est partout. Dans l’eau que l’on boit, dans l’air que l’on respire, dans notre sang qui circule. Ce fléau, ce sont les nanoplastiques, ces particules plastiques minuscules, encore plus petites que les désormais tristement célèbres microplastiques. Une nouvelle étude, publiée dans la prestigieuse revue Nature, vient de lever le voile sur leur ampleur dramatique dans l’Atlantique Nord : 27 millions de tonnes de nanoplastiques y flotteraient actuellement. Une pollution invisible de plus pour notre terrain de jeu préféré.
Nanoplastiques : plus petits, plus sournois
Les nanoplastiques sont définis comme des particules de plastique de moins d’un micromètre. C’est-à-dire cinq fois plus petits que les microplastiques (inférieurs à 5 micromètres), eux-mêmes déjà reconnus comme une menace écologique et sanitaire.
Ces nanoparticules proviennent principalement de la dégradation continue des microplastiques sous l’effet du soleil, des vagues, des courants, mais aussi de la digestion par certains animaux marins. Leur taille infinitésimale leur permet de traverser les membranes cellulaires, et donc de s’infiltrer dans les tissus vivants, humains compris.
Une première quantification à grande échelle
Jusqu’à récemment, la communauté scientifique manquait cruellement de données sur l’ampleur réelle de la pollution aux nanoplastiques. C’est ce qui rend cette nouvelle étude, menée par le Royal Netherlands Institute for Sea Research (NIOZ) et l’Université d’Utrecht, si cruciale. À bord du navire de recherche RV Pelagia, les scientifiques ont collecté de l’eau de mer à douze endroits différents, entre les eaux subtropicales de l’Atlantique et les côtes européennes.
En filtrant soigneusement les particules de plus d’un micromètre, ils ont ensuite analysé le résidu au laboratoire grâce à la spectrométrie de masse, une technique permettant d’identifier les types de plastique présents. Le résultat ? Une quantité sidérante de nanoplastiques, jamais mesurée auparavant.
“Un chiffre choquant, mais qui nous permet enfin de comprendre où est passé le plastique manquant”, explique Sophie ten Hietbrink, étudiante en master et co-autrice de l’étude.
Le paradoxe du plastique manquant
Ce “plastique manquant” est un mystère scientifique depuis des années. On sait que des centaines de millions de tonnes de plastique sont produites chaque année, et une grande partie finit dans l’environnement. Pourtant, lorsqu’on mesure la quantité de plastique flottant dans les océans, les chiffres semblent étonnamment bas.
La découverte de cette immense masse de nanoplastiques pourrait donc résoudre cette énigme. Elle suggère que beaucoup du plastique jeté a tout simplement été réduit à l’échelle nanométrique, échappant ainsi aux mesures classiques.
Un impact écologique et sanitaire inquiétant
Mais ce n’est pas qu’une question de chiffres. Les nanoplastiques, du fait de leur extrême petitesse, peuvent pénétrer profondément dans les organismes vivants. Des études menées in vitro sur des cellules humaines ou in vivo sur des souris ont montré des effets alarmants : inflammations, stress oxydatif, troubles métaboliques, dérèglement du microbiote intestinal, voire neurotoxicité.
Chez les espèces marines, leur présence pourrait bouleverser les chaînes alimentaires, de la plus petite larve de plancton jusqu’aux grands prédateurs… et à l’humain, dernier maillon.
L’Atlantique, épicentre de la pollution
L’étude révèle que l’Atlantique Nord, et en particulier les zones de convergence comme les gyres subtropicaux (tourbillon océanique géant formé par les vents dans les zones subtropicales), agit comme une trappe à plastique. Les courants y accumulent les déchets venus de tous horizons : fleuves, atmosphère, navires, littoraux… Autant de voies par lesquelles le plastique rejoint l’océan.
“Il y a probablement plus de plastique sous forme de nanoparticules dans l’Atlantique que de microplastiques ou macroplastiques dans tous les océans réunis”, affirme le professeur Helge Niemann, chercheur au NIOZ.
Une urgence mondiale encore ignorée
L’accumulation de nanoplastiques n’est pas une problématique locale ou ponctuelle. C’est une crise mondiale, silencieuse, mais d’une ampleur colossale. Car contrairement aux sacs plastiques ou aux bouteilles qu’on peut encore ramasser sur une plage, les nanoplastiques ne se nettoient pas. Ils sont trop petits, trop disséminés, trop omniprésents.
Et pourtant, la production de plastique ne faiblit pas. Chaque jour, des millions de tonnes supplémentaires sont fabriquées, utilisées, puis oubliées, avec des conséquences qui s’étendront bien au-delà de notre génération.
Un tournant pour la recherche… et pour l’action ?
L’étude du NIOZ et de l’Université d’Utrecht marque une avancée majeure dans la compréhension de la pollution plastique. En quantifiant pour la première fois les nanoplastiques à l’échelle océanique, elle met en lumière l’urgence d’une réponse collective.
Réduction de la production de plastique, meilleure gestion des déchets, innovations dans les matériaux biodégradables, réglementation plus stricte, sensibilisation du grand public : les leviers existent, mais le temps presse.
Invisible, mais dévastateur. Le plastique que nous rejetons finit toujours par revenir, sous des formes de plus en plus insidieuses. Les 27 millions de tonnes de nanoplastiques dérivant aujourd’hui dans l’Atlantique Nord ne sont qu’un symptôme d’un mal plus profond : notre dépendance au plastique, et notre incapacité à en gérer les conséquences.
Une enfant de 12 ans vient de se qualifier pour la plus dangereuse des étapes du World Tour. À Teahupo’o, Kelia Mehani Gallina écrase les pronostics et entre dans l’histoire… mais à quel prix ?
Miss Teahupo’o, enfant du reef
Teahupo’o. Une vague mythique, un mur liquide qui se fracasse sur un reef aussi tranchant que la lame d’une machette (bon on y va un peu fort, mais le risque est réel). C’est ici que Kelia Mehani Gallina, surnommée « Miss Teahupo’o » sur Instagram, a grandi. Née en 2012, elle y a pris sa première vague à quatre ans, poussée par son père Ryan, au même moment que son meilleur ami. « Mais il était de quelques mois plus jeune, alors techniquement, c’est lui le plus jeune à avoir surfé Teahupo’o », plaisante-t-il.
Le 20 juillet 2025, Kelia remporte les trials féminins du Lexus Tahiti Pro en dominant Aelan Vaast en finale. Elle devient ainsi la première wildcard féminine issue des trials, et surtout, la plus jeune surfeuse de l’histoire à se qualifier pour une épreuve du Championship Tour (CT) de la WSL.
Elle n’a que 12 ans, mais déjà une maturité dans le tube que peu d’adultes peuvent revendiquer. Ce qui est le plus surprenant, c’est qu’elle évolue backside sur la gauche de Teahupoo. Quand on sait que certaines surfeuses pro sur le circuit ne savent pas tuber backside, c’est vraiment impressionnant. Sa victoire a secoué la planète surf. Tatiana Weston-Webb l’a félicitée, Bethany Hamilton a parlé d’un « truc de ouf », et Erin Brooks, autre prodige, l’a congratulée. En 2024, elle avait déjà participé au TOA Pro, une compétition QS à Tahiti, où elle avait terminé 25e.
Sa wild card lui donne droit d’affronter les meilleures surfeuses de la planète dans quelques jours. Ironie du destin, elle fêtera ses 13 ans le 10 août, en plein milieu de la waiting period du Lexus Tahiti Pro (7-16 août). Un anniversaire pas comme les autres, au bout du monde.
Teahupo’o, la vague qui ne pardonne pas
Mais, Teahupo’o n’est pas un terrain de jeu pour enfants. Loin de là. C’est un monstre, une vague creuse, puissante, mécanique, où le moindre retard se paie comptant. En 2024, plusieurs surfeurs y ont laissé des plumes, même parmi l’élite.
Qu’adviendra-t-il si les conditions s’emballent pendant la compétition ? Si le swell dépasse les deux mètres, et que les tubes deviennent aussi épais qu’une voiture ?
Certes, la WSL peut décaler les séries, jouer avec la waiting period. Mais dans une compétition CT, on ne choisit pas toujours son moment, on y va quand il y a des vagues. Actuellement, dans le monde du surf professionnel, on pousse les filles à charger des vagues de plus en plus puissantes, et c’est notre inquiétude vis-à-vis de la jeune tahitienne, qui ne manque pas de talent.
Doit-on fixer une limite ?
Personne ne remet en cause le talent de Kelia. C’est une surfeuse d’exception, probablement l’avenir du surf féminin dans les vagues tubulaires. Mais cela justifie-t-il qu’une enfant affronte, en compétition, l’une des vagues les plus dangereuses au monde ?
Aujourd’hui, il n’existe pas d’âge minimum imposé par la WSL pour participer au CT. Est-ce tenable ? D’autres sports extrêmement encadrés, comme la gymnastique ou la F1, fixent des seuils d’âge et d’expérience pour des raisons de sécurité et de maturité mentale. Pourquoi pas le surf, surtout sur des spots comme Pipeline ou Teahupo’o ?
Kelia n’est pas responsable : elle a le niveau, la passion, et sans doute la maturité pour gérer cette pression. Mais le système qui l’entoure ? Il doit, lui, se poser les bonnes questions.
Une icône en devenir
Kelia incarne une nouvelle ère. Celle d’un surf féminin plus radical, plus ancré dans les vagues engagées. Elle est la preuve vivante que les jeunes filles peuvent dompter les mêmes monstres que les hommes, et avec autant de style.
Teahupo’o, longtemps absent du circuit féminin, est de retour dans les annales. Et cette fois, c’est une enfant du village qui en écrit le chapitre.
Si la météo est avec elle, si la houle reste humaine, elle pourrait bien créer la surprise. Elle pourrait même révéler un visage du surf féminin que le monde attendait.
Mais quoi qu’il advienne, l’image restera : celle d’une gamine de 12 ans, tenant son lycra blanc, les yeux grands ouverts. Un moment d’histoire. Un vertige. Une promesse.
Invisible à l’œil nu, mais bien réelle pour les surfeurs, baigneurs et promeneurs : l’algue Ostreopsis ovata explose cet été sur la Côte basque. Pourquoi ? Le réchauffement climatique semble le principal responsable, tous les surfeurs de la côte basque vous le diront, l’eau est actuellement anormalement chaude. Entre toux, fièvre et plages fermées, les effets se font sentir, au propre comme au figuré.
Une menace qui revient chaque été… mais plus tôt et plus fort
Depuis 2021, la Côte basque connaît chaque été une recrudescence de cette microalgue tropicale, Ostreopsis ovata. En 2025, le phénomène prend une ampleur inédite : à Biarritz, la plage du Port Vieux a enregistré le 15 juillet des pics à 600 000 cellules par litre, contre seulement 18 000 quelques jours plus tôt. Résultat : plage fermée, drapeau rouge, et consultations médicales en hausse.
Le problème ? Cette microalgue est toxique pour l’homme. Elle libère une substance volatile qui se propage par les embruns, touchant non seulement les surfeurs et baigneurs, mais aussi les promeneurs, les enfants qui jouent dans le sable, les secouristes… tout le monde.
Qu’est-ce que Ostreopsis ovata, exactement ?
Ostreopsis ovata est une microalgue tropicale, apparue en Méditerranée dans les années 2000, et identifiée sur la Côte basque à partir de 2021. Sa prolifération, ou “bloom”, est favorisée par :
le réchauffement climatique (eaux plus chaudes),
des eaux calmes et stagnantes,
la houle qui la détache des rochers,
et possiblement, des introductions via les eaux de ballast des navires.
Invisible à l’œil nu dans sa forme initiale, elle forme parfois une pellicule brune et gélatineuse sur les rochers ou en surface. Un goût métallique dans l’eau peut aussi trahir sa présence.
Quels sont les risques pour la santé ?
Les symptômes apparaissent dans les six heures suivant l’exposition, même sans baignade :
👉 Les plus vulnérables : enfants, personnes âgées, asthmatiques, diabétiques ou souffrant de pathologies ORL et respiratoires.
Bonne nouvelle toutefois : les symptômes sont généralement bénins et réversibles sous 3 à 4 jours. Mais pour les surfeurs réguliers ou les travailleurs en bord de mer, la répétition des expositions peut aggraver les effets.
Les spots les plus touchés
En juillet 2025, les plages les plus impactées sont :
Port Vieux (Biarritz) – baignade interdite temporairement
Parlementia (Bidart/Guéthary)
Deux Jumeaux (Hendaye)
Erromardie (Saint-Jean-de-Luz)
D’autres spots comme Cénitz ou la Villa Belza sont étroitement surveillés. La CAPB (Communauté d’Agglomération Pays Basque) a mis en place un suivi rigoureux sur 34 zones de bain, avec 4 niveaux d’alerte allant de simple observation à fermeture de plage.
Quelles précautions pour les surfeurs ?
Même sans fermeture officielle, il est vital d’adopter les bons réflexes :
🧴 À faire après chaque session :
prendre une douche complète (cheveux compris),
laver sa combinaison et son matos (surf, leash, etc.),
éviter de laisser sécher ses affaires sur le sable humide ou les rochers.
🩺 À faire en cas de symptômes :
consulter son médecin en mentionnant une éventuelle exposition à Ostreopsis,
appeler le centre antipoison de Bordeaux (05 56 96 40 80) en cas de doute,
éviter de retourner à l’eau pendant plusieurs jours.
🚫 À éviter en période de bloom :
surfer pieds nus ou torse nu sur les zones rocheuses,
pratiquer dans les zones fermées ou déconseillées,
fréquenter la plage si vous êtes une personne à risque (asthme, diabète, etc.).
Ce que dit la science (et Surfrider)
L’association Surfrider, bien connue des surfeurs, alerte depuis plusieurs années sur les effets de cette microalgue. Elle mène des campagnes de prélèvements réguliers et développe des outils de sensibilisation et même des bio-capteurs de détection rapide.
Selon leurs travaux, l’Ostreopsis ovata est symptomatique du dérèglement climatique, et pourrait devenir la nouvelle norme estivale sur nos côtes si rien n’est fait.
Elle affecte aussi la biodiversité :
elle asphyxie certains organismes marins fixés,
elle intoxique les oursins et les coquillages filtrants,
elle déstabilise les écosystèmes côtiers.
Comment rester informé en temps réel ?
📱 Télécharge l’appli Kalilo, qui relaie les alertes officielles de l’ARS (Agence Régionale de Santé) en direct sur l’état des plages du Pays basque.
📍 Surveille les panneaux à l’entrée des plages : certains sites comme Port Vieux ou Erromardie ont déjà affiché des consignes strictes.
🌊 Suis les campagnes d’information locales et sur les réseaux sociaux : Mairies, Surfrider, surf clubs.
Une question de santé… mais aussi de culture surf
Pour la communauté surf, la mer est un terrain de jeu, un lieu de dépassement, une source de vie. Mais c’est aussi un écosystème fragile, menacé par les changements globaux que l’on vit aujourd’hui en direct.
Les surfeurs sont en première ligne, à la fois exposés, mais aussi responsables et acteurs. Mieux connaître le phénomène Ostreopsis, c’est aussi mieux protéger notre océan, notre santé, notre passion.
C’est devenu un classique… mais encore trop de surfeurs tombent dans le piège. À chaque période de soldes, les faux sites e-commerce se multiplient, copiant l’identité visuelle de marques bien connues comme DHD Surfboards ou Volcom. Prix trop beaux pour être vrais, publicités agressives sur les réseaux sociaux, noms de domaine trompeurs… les escrocs redoublent de créativité. On fait le point pour vous éviter une mauvaise session shopping.
DHDsurf.shop : une arnaque qui a marqué les esprits
En mai 2024, la communauté surf découvre un site aux allures très pro : dhdsurf.shop. Design impeccable, logo de la marque DHD Surfboards, planches à -80 %, comme cette 3DV affichée à 119 € au lieu de 652 €. Un coup de pub ? Une liquidation exceptionnelle ? Non. Une arnaque bien ficelée.
Le site joue sur la confiance dans la marque DHD, rendue célèbre par Mick Fanning et ses performances dans Stab in the Dark. Mais en y regardant de plus près, plusieurs indices alertent : absence de mentions légales complètes, pas de numéro SIREN, et des avis clients introuvables ailleurs que sur le site.
Nouveaux cas en juillet : volcom-europe.shop, billabonguk.shop
Autre exemple plus récent : volcom-europe.shop, qui s’attaque cette fois à la marque iconique de skate et surfwear, Volcom. Même méthode : un site miroir, très proche du véritable volcom.fr, avec des réductions allant jusqu’à -80 %, relayées via des publicités Facebook ou Instagram.
En période de soldes, ce genre de remise ne semble pas aberrant… sauf qu’une marque comme Volcom ne liquide jamais autant sur sa boutique officielle, et surtout, ne crée pas un nouveau nom de domaine du jour au lendemain.
Plus récemment, on est le mercredi 23 juillet 2025, et je viens de tomber sur un nouveau site pratiquant la même arnaque. Cette fois, c’est la marque Billabong qui est visée. Toujours le même procédé, avec une publicité sur facebook, qui renvoie sur un site ressemblant à celui de la marque (d’ailleurs, je me demande s’il n’est pas mieux fait, lol), avec des remises à 80 % sur tous les produits.
Comment fonctionnent ces arnaques ?
Ces sites frauduleux utilisent tous la même stratégie :
Créer un site e-commerce cloné, très proche visuellement de celui de la marque cible.
Acheter des publicités ciblées sur Facebook, Instagram ou TikTok, avec des promesses de remises hallucinantes.
Utiliser un nom de domaine trompeur, souvent proche de l’original (ajout de « shop », « europe », « outlet », etc.).
Encaisser des paiements, puis ne rien envoyer… ou parfois livrer une imitation grossière.
6 réflexes pour éviter de tomber dans le piège
1. Vérifiez l’URL
Un site officiel finit presque toujours par .com ou par .fr. Si vous voyez des variantes comme « volcom-europe.shop », méfiez-vous. Tapez toujours le nom de la marque dans Google plutôt que de cliquer sur une pub.
2. Analysez les prix
Une planche DHD à 119 € ? Un jean Volcom à 9,90 € ? C’est trop beau pour être vrai. Même en fin de série ou déstockage, -80 % reste très rare sur les marques premium.
3. Consultez les mentions légales
Un vrai site e-commerce français affiche :
Son numéro de SIREN
Une adresse complète
Des conditions générales de vente
4. Cherchez des avis clients fiables
Allez voir sur Trustpilot, Avis Vérifiés, Reddit, ou même sur des forums surf. Les avis Google peuvent être falsifiés, alors croisez les sources.
5. Contactez le service client
Envoyez un message ou appelez. Un numéro inactif ou une adresse mail sans réponse = alerte rouge.
6. Méfiez-vous des pubs sur les réseaux
Beaucoup d’escrocs misent sur des campagnes Meta Ads bien ciblées. Un seul clic, et vous voilà sur un site factice bien léché.
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Pendant les soldes, l’euphorie des bonnes affaires peut faire baisser la vigilance. Mais dans le monde du surf comme ailleurs, personne ne vend du matos neuf à -80 % sans raison. Soyez attentif, prenez le temps de vérifier, et n’oubliez pas : un bon surf shop, c’est aussi un commerce transparent et accessible.
Des cris, du punk rock et des tubes à Backdoor. Dunno, le nouveau film de Rip Curl, ne laisse pas respirer une seconde. En 30 minutes à peine, il brosse le portrait d’une génération de surfeurs et surfeuses affamés, filmés au plus près, comme s’ils te fonçaient dessus.
Des tubes, du son et zéro ralenti
La première séquence donne le ton : un cri de joie pure, le genre que tu lâches quand ton pote vient de scorer le tube de sa vie. Sauf que là, c’est Lukas Skinner, 16 ans, qui s’enfonce dans un tube à Backdoor, massif avec le calme d’un vétéran. Fils du longboarder Ben Skinner, Lukas montre ici une maturité impressionnante, entre barrels solides et fin de vidéo truffée d’airs bien stylés.
Et la bande-son ? PENNYWISE. Oui, tu as bien lu. Le punk californien, celui des années Momentum, des VHS usées jusqu’à la corde. On pense à Taylor Steele, à Focus, à cette époque où tout allait vite, haut, profond — sans ralentis ni blabla. Dunno reprend ce flambeau à la sauce Gen Z : brut, énergique et sans concession.
Une armée de juniors, filles et garçons mélangés
Conçu par Vaughan Blakey et Nick Pollet, Dunno est plus qu’un montage d’actions. C’est un manifeste générationnel. Ici, pas de segment “spécial filles” relégué au milieu du film. Les surfeuses comme Tya Zebrowski y prennent autant de place que les garçons, dans un montage fluide et égalitaire. Et ça fait du bien.
Tya, 14 ans, crève l’écran. Déjà sur le Challenger Series, elle impose un surf puissant, technique et engagé. Elle a droit à quelques clips courts, mais révélateurs de son niveau. Si de nombreux observateurs voient en elle une future qualifiée pour le CT 2026, ce n’est pas pour rien.
Les autres jeunes talents de la team Rip Curl enchaînent les sections explosives, dans une ambiance de camaraderie électrique. Pas d’ego, que de l’envie et de l’audace.
Une ode à l’énergie ado
Le film tire sa force d’une sincérité rare. 90 % des images proviennent de parents qui filment leurs enfants, avec une fierté palpable. Ça ajoute une couche d’authenticité touchante, sans jamais verser dans le mièvre. Vaughan Blakey le dit lui-même : “Si tu demandes quelque chose à un ado, il te répond toujours ‘Dunno’. Ils n’ont aucune idée. C’est ça leur charme.”
Et pour coller à cette énergie juvénile, le son a été confié à des groupes de jeunes. Un morceau en particulier, à base de cris et de vapes (ou plutôt de juice sticks), a même dû être censuré par des aboiements… pour ne pas faire fuir les parents venus assister à la première dans un surf shop australien rempli de gamins de 8 à 12 ans.
Une nouvelle génération qui tape à la porte
Dunno n’est pas juste un edit de plus dans l’océan des contenus surf. C’est un coup de projecteur sur une génération qui s’affirme sans demander la permission. Pas besoin de narration, la performance parle d’elle-même. Lukas Skinner, Tya Zebrowski et les autres ne demandent rien. Ils prennent ce qui leur revient.
Et pendant que les anciens regardent ça, le dos un peu plus raide, la génération montante court déjà sur leurs traces — avec des cris de joie dans le barrel et du Pennywise dans les oreilles.
Le monde du surf pleure une nouvelle perte tragique. Le surfeur new-yorkais Austin Gibbons, 27 ans, est décédé le 10 juillet dernier à Long Beach, après avoir été victime d’une crise d’épilepsie dans l’eau. Membre emblématique de la communauté Skudin Surf, il laisse derrière lui des souvenirs impérissables, et un choc profond parmi ses proches comme chez tous ceux qui l’ont croisé sur les vagues.
Austin Gibbons surfait sur son home spot de Long Beach lorsqu’il a été pris d’une crise d’épilepsie. Malgré l’intervention rapide des secours, le jeune homme s’est noyé. L’annonce de sa mort a bouleversé toute la côte Est, et bien au-delà. Car Austin n’était pas un simple surfeur local : il était une figure respectée, un instructeur apprécié, un sauveteur diplômé, et un mentor dévoué pour des centaines de jeunes surfeurs.
Sur les réseaux sociaux, la famille Skudin Surf – école fondée par le big wave rider Will Skudin – lui a rendu un hommage poignant :
« Nous avons le cœur brisé par la perte d’Austin Gibbons, membre de la famille Skudin Surf depuis plus de 15 ans. Il a commencé comme jeune campeur avant de devenir un instructeur exceptionnel. Surfeur talentueux, sauveteur, mais surtout être humain lumineux, il a marqué chaque personne qu’il a encadrée. »
Un miraculé de Pipeline, en 2024
Le destin d’Austin avait déjà frôlé le drame en janvier 2024, sur les vagues de Pipeline, à Hawaï. Alors qu’une houle historique déferlait – au point que la WSL avait annulé l’épreuve du Pipe Pro – Gibbons avait osé se mettre à l’eau. Sa dernière vague du jour avait failli lui coûter la vie : il avait été repêché inconscient, placé en coma artificiel, avant de revenir miraculeusement à lui. Une photo de lui, hospitalisé, souriant et faisant un shaka, avait fait le tour des réseaux.
Ce miracle avait renforcé son aura. C’était un battant, un passionné, un modèle.
Une tragédie qui résonne jusqu’en France
Ce drame n’est pas sans rappeler la disparition d’un jeune surfeur à Biarritz en 2023. Ce dernier, également victime d’une crise d’épilepsie dans l’eau, avait été retrouvé inconscient sur le sable de la Grande Plage. Les secours n’avaient rien pu faire. L’enquête avait révélé qu’il souffrait d’épilepsie, mais n’avait jamais renoncé à sa passion pour les vagues. Son histoire, tout comme celle d’Austin, soulève une question douloureuse mais nécessaire : comment mieux protéger les surfeurs vulnérables, sans les priver de leur liberté de glisser ?
Une communauté soudée dans le deuil
À Long Beach comme à Biarritz, ces drames rappellent la fragilité de la vie, même pour les surfeurs les plus aguerris. La mer, si inspirante, peut aussi être cruelle.
Pour Austin Gibbons, plusieurs cérémonies sont prévues cette semaine à New York. Des centaines de proches, amis, élèves et surfeurs s’y rassembleront pour lui dire adieu. En parallèle, Skudin Surf met en place un accompagnement psychologique pour les jeunes touchés par cette perte brutale.
Il est des noms qui ne quittent jamais les esprits d’une communauté. Austin Gibbons en fait partie. Son sourire, son engagement, sa générosité resteront à jamais gravés dans la mémoire du surf new-yorkais.
En pleine Triple Crown à Hawaï, Aritz Aranburu se retrouve face à une légende du North Shore au tempérament volcanique : Johnny Boy Gomes. Menace physique, score inespéré et fuite prématurée : récit d’une série pas comme les autres, qu’on retrouve dans une interview espagnole.
Le tirage au sort que personne ne voulait
Sunset Beach, côte Nord d’Oahu. Aritz Aranburu est jeune, plein d’ambition, et tout juste qualifié pour participer à la mythique Triple Crown. Cette série de compétitions hawaïennes est considérée comme l’un des sommets du surf professionnel, juste après le titre mondial.
Dans la maison Quiksilver, l’ambiance est détendue… jusqu’à ce que tombe la nouvelle : Johnny Boy Gomes est dans le tableau. Ancienne gloire de Pipeline, membre influent des redoutés Black Shorts, Johnny est une figure aussi respectée que redoutée. S’il revient en compétition, ce n’est pas pour rire.
Blague entre surfeurs : « Mec, imagine si tu tombes contre Johnny ? » Silence. Aritz tire Johnny au premier tour.
« Qu’est-ce que tu fais sur mon pic ? »
Dès le début du heat, les choses tournent mal. Johnny rame sur une série, mais elle ferme. Aritz, sans intention de le gêner, se retrouve légèrement plus à l’intérieur. Maladresse ? Mauvais timing ? Peu importe : Johnny pète un plomb.
« ¿Qué haces dentro de mí pico? » – « Qu’est-ce que tu fous sur mon pic ? »
Il commence à hurler, brandit le poing et saisit même Aritz par la main, menaçant de le frapper. La scène se déroule en plein heat, sous les yeux d’une organisation médusée… qui ne dit rien. À l’époque, personne ne s’oppose à Johnny Boy Gomes.
Une fuite, deux vagues et une victoire
Profitant d’un instant d’inattention, Aritz s’échappe. Il rame loin, très loin, cherchant juste à survivre. Mais au passage, il croise une vague. Il la surfe. Score : 7/10.
Quelques instants plus tard, une deuxième vague se présente à lui. Tube + floater. Résultat : 8,5/10. Aritz est en tête.
Terrifié, il ne veut pas rester une seconde de plus dans l’eau. Il sort du line-up avant la fin du heat, en courant vers les organisateurs pour demander de l’aide. Réponse du speaker de la compétition :
« Mec… planque-toi. Personne ne peut rien faire contre Johnny. »
Reclus à Hawaï, mais qualifié
Aritz remporte pourtant le heat, contre toute attente. Mais il passe la semaine suivante enfermée dans la maison Quiksilver, évitant toute confrontation.
Heureusement, grâce à ses liens avec la famille Pukas et à l’intervention d’un surfeur hawaïen respecté, il apprend que Johnny vit à l’opposé de l’île et ne reviendra pas traîner à Sunset les jours suivants.
Hawaii, la destination la plus intimidante..
Cette histoire, est l’une parmi tant d’autres. Tous les surfeurs pro non hawaïens craignent cette destination pour ses vagues, mais également, pour la pression qui y règnent à l’eau. De nombreux surfeurs n’y vont que pour leurs séries, et n’y prennent aucun plaisir. Promis, un jour on écrira un article sur les plus folles anecdotes qu’on a entendues à Hawaï.
Quand Jamie O’Brien, Ben Gravy et Dylan Graves se jettent dans une rivière canadienne pleine de tourbillons pour surfer une vague statique, c’est que le spectacle vaut le détour. Bienvenue à Skookumchuck Narrows, l’un des spots les plus fous (et dangereux) jamais surfés.
Le Skook, une légende d’eau douce
Nichée sur la Sunshine Coast de Colombie-Britannique, au Canada, la vague de Skookumchuck Narrows est une vague statique unique au monde. Pas formée par une houle océanique, mais par un déferlement titanesque d’eau de marée : jusqu’à 200 milliards de gallons d’eau s’y engouffrent à chaque cycle, générant une vague permanente… et terrifiante.
Ce phénomène rare a longtemps attiré les kayakistes en quête d’adrénaline. Mais depuis quelques années, les surfeurs les plus intrépides s’y aventurent aussi. Et pas n’importe lesquels…
JOB & Ben Gravy : mission survie au Canada
En juillet 2025, à l’annonce d’un pic de marée exceptionnel de 5 à 6 mètres (17 à 20 pieds), Jamie O’Brien (alias JOB) et Ben Gravy, deux stars du surf, toujours à la recherche de vagues insolites, décident de faire le voyage jusqu’à Egmont, petit village canadien d’à peine quelques centaines d’âmes.
Ce qu’ils y trouvent dépasse leurs attentes. Tourbillons, “suck-unders”, remous en tous genres : la vague est massive, mais chaque session ressemble à un test de survie. JOB raconte :
“Je me suis fait aspirer dans le pire tourbillon. Huit vrilles sous l’eau, je ressors la tête, je suis groggy, et je repars pour quatre tours. J’ai serré ma planche comme si ma vie en dépendait. C’était comme une chute à Teahupo’o et Jaws en même temps.”
Gravy, de son côté, résume la session ainsi :
“On l’a scorée. Mais c’était la vague la plus flippante de ma vie. Des remous qui aspirent des bateaux entiers. On a failli y passer.”
Et selon les locaux, c’était le plus gros “Skook” depuis 15 ans.
Une vague pas comme les autres
La vague de Skookumchuck se forme dans un passage étroit entre deux bras de mer, lorsque la marée montante tente de forcer son passage vers le Sechelt Inlet. À partir de 11 nœuds de courant, la vague commence à prendre forme. Entre 13 et 16 nœuds, elle devient surfable et puissante, parfois jusqu’à 30 pieds de large.
Mais attention : cette vague ne pardonne pas. Contrairement à l’océan, ici on ne peut pas “s’échapper” par les côtés. La chute peut vous entraîner loin, très loin, dans les rapides, les rochers immergés et les énormes tourbillons. D’où le port obligatoire d’un casque et, pour beaucoup, d’un gilet de flottaison.
Dylan Graves et le mystique “Tubesteak”
Avant JOB et Gravy, un autre spécialiste des vagues bizarres avait déjà tenté sa chance à Skookumchuck : Dylan Graves, via son excellent show YouTube Weird Waves.
Avec son compère local Nick Legge-Wilkinson, premier à avoir surfé la vague régulièrement, Graves s’attaque au Skook comme à une montagne à gravir. Après quelques rides, il décide d’aller plus loin : viser le “tubesteak”, une section slab ultra rare qui n’apparaît que lors de très fortes marées.
Spoiler : il y arrive, mais finit à un demi-mile en aval, bousculé par un rocher et aspiré par un tourbillon. Sain et sauf, mais secoué.
Infos pratiques : comment voir ou surfer le Skook
Le spot se situe dans le Skookumchuck Narrows Provincial Park, à une heure de randonnée ou de paddle depuis le village d’Egmont. Voici ce qu’il faut savoir :
🌊 Quand y aller ? De mars à octobre, avec des pics autour de la pleine lune ou de la nouvelle lune.
⏰ Durée de la vague : entre 2 et 4 heures autour de la marée montante maximale.
🚗 Accès : prendre un ferry depuis Vancouver (Horseshoe Bay) vers Langdale, puis conduire jusqu’à Egmont.
🏕️ Hébergement : camping local, lodges ou chambres d’hôtes.
📈 Conditions optimales : marée de 13 à 15 nœuds, à consulter sur les sites de prévision (“Sechelt Rapids”).
Un conseil : ne vous y aventurez pas seul. Même avec un bon niveau, Skookumchuck est un spot qui mérite respect et préparation.
Le Skook : une vague, un rite de passage
Skookumchuck signifie “grande eau” en langue Chinook. Et c’est exactement ça : une démonstration brute de la nature, aussi belle que dangereuse.
Ce n’est pas une vague pour faire du nombre. C’est une expérience. Un rite de passage pour les passionnés de surf qui veulent tester leurs limites. JOB, Gravy et Graves ont tous failli y laisser quelques plumes… mais aussi ramené des images inoubliables.
Pour nous autres, simples mortels, regarder leurs vidéos suffit souvent à faire monter l’adrénaline.
Disparu au large lors d’une session de surf, le jeune Australien a été miraculeusement retrouvé sur une île isolée à 13 km du rivage.
Mercredi 9 juillet 2025, en fin d’après-midi, Darcy Deefholts, 19 ans, quitte sa maison de Wooli, un petit village côtier du nord de la Nouvelle-Galles du Sud, en Australie. Comme à son habitude, il part seul avec sa planche de surf, à vélo, direction la plage de One Tree. Il n’a ni téléphone, ni montre connectée. Et il ne reviendra pas ce soir-là.
Une disparition inquiétante
L’alerte est donnée quelques heures plus tard. Ses proches, inquiets de ne pas le voir rentrer, préviennent les secours. Sur place, ils retrouvent rapidement son vélo, ses vêtements et ses chaussures abandonnés sur la plage, à quelques kilomètres au nord de la digue de Wooli. Le pire est à craindre. A-t-il été emporté par un courant ? Est-il tombé de sa planche, blessé ou inconscient quelque part dans l’océan ?
Son père, Terry Deefholts, lance alors un appel désespéré sur les réseaux sociaux :
« J’ai besoin de bateaux, de drones, de 4×4, d’avions. On le cherche partout. Il faut faire vite. »
L’appel est entendu. Dans la nuit, les services de secours maritimes quadrillent la côte, épaulés dès l’aube par des dizaines d’habitants volontaires. Six embarcations privées prennent la mer, tandis que la plage est fouillée à pied. Le petit village de 500 âmes se mobilise comme un seul homme.
Un miracle nommé North Solitary Island
Jeudi matin, vers 9h, un bateau de sauvetage repère une silhouette sur un îlot rocheux perdu au large : North Solitary Island. Une île inhabitée, à 13 kilomètres de la côte, sans abri, balayée par les vents. C’est là, 18 heures après sa disparition, que Darcy est retrouvé vivant.
Selon les sauveteurs, il était en état d’hypothermie légère, frigorifié, mais conscient.
« Il souffrait un peu de l’exposition au froid, mais il allait bien. C’est un miracle », a déclaré le capitaine du bateau de secours, Matthew McLennan.
Darcy aurait probablement été emporté par un courant après s’être trop éloigné en longboard. Sa planche n’a pas été retrouvée. On ignore encore s’il a nagé toute la nuit ou dérivé jusqu’à l’île, mais sa survie dans de telles conditions force le respect.
Une communauté soudée, une famille soulagée
À l’annonce de la nouvelle, Wooli a retenu son souffle, puis explosé de joie.
« On est en larmes de bonheur », a écrit un ami de la famille. « Merci mon Dieu qu’il ait atteint cette île. C’est un miraculé. »
Son père, submergé par l’émotion, a qualifié ce sauvetage de « miracle sur un million ».
« Je n’ai même pas encore pu lui parler. Je suis juste sur un nuage. On n’a pas dormi de la nuit, c’est surréaliste. »
Melissa Smith, la compagne de son père, ajoute :
« C’est un battant, un garçon fort. Il a compris que l’île était son seul refuge. Il s’y est accroché. »
Depuis, Darcy reçoit des soins médicaux. Il est hors de danger.
Leçon de survie : que retenir de l’histoire de Darcy ?
L’histoire de Darcy Deefholts est exceptionnelle, mais elle soulève des questions importantes sur la sécurité en mer, même pour des surfeurs expérimentés :
Et surtout, ne jamais sous-estimer l’océan, aussi familier soit-il.
Toujours prévenir quelqu’un de sa destination et de l’heure prévue de retour.
Ne jamais partir seul, surtout sur des spots isolés.
La communauté surf est en deuil. Un jeune homme de 26 ans a perdu la vie ce mardi 8 juillet au soir à Biarritz, sur la plage emblématique de la Côte des Basques. Il a été retrouvé inconscient dans l’eau, à côté de sa planche. Malgré l’intervention rapide des secours, il n’a pas pu être réanimé.
Un drame en fin de journée
Il était un peu plus de 21h30 lorsqu’un surfeur a été découvert en arrêt cardio-respiratoire, dérivant dans l’eau près de sa planche. Une équipe de sauveteurs côtiers de la caserne d’Anglet est intervenue en urgence pour le sortir de l’eau. Des gestes de réanimation ont immédiatement été prodigués, avec l’appui du SAMU 64. Malgré tous les efforts des secouristes, le jeune homme a été déclaré décédé sur place.
Un sauveteur passionné, emporté par l’océan
La victime n’était pas un surfeur de passage. Il travaillait lui-même comme sauveteur pour la Ville de Biarritz et s’était mis à l’eau après la fin de son service. Selon les premiers éléments recueillis, il aurait été victime d’un malaise en surfant. Une enquête est en cours afin de déterminer les causes exactes de sa disparition : malaise, choc, noyade ou autre complication.
Quelques jours plus tard, nous avons appris que le surfeur-sauveteur avait été victime d’une crise d’épilepsie lors de cette session. D’après les éléments connus, c’est cette crise qui aurait entraîné sa noyade. Cette information, communiquée avec prudence et respect par les autorités, éclaire le drame sous un nouveau jour et souligne l’extrême vulnérabilité d’un corps face à l’océan, même chez un professionnel aguerri.
Des courants puissants et un plan d’eau agité
Les conditions de surf ce mardi étaient plutôt modérées, avec des vagues de moins d’1,50 mètre en baisse constante. Mais le plan d’eau restait agité en raison du vent et de la marée descendante, générant des courants puissants et piégeux.
Victoria, une surfeuse de 29 ans, était à l’eau peu avant le drame. Elle se dit profondément bouleversée :
« Il y avait beaucoup de courant hier soir. Je me suis demandé si c’était lié. Ça nous a tous touchés. On a eu besoin d’en parler entre nous pendant la soirée. »
Thomas, l’un de ses amis présents sur la plage au moment de l’intervention, confie quant à lui être « très choqué » après avoir vu les véhicules de secours et de police évacuer le corps du jeune homme. Pour beaucoup de surfeurs locaux, cette nuit restera gravée dans les mémoires.
La Côte des Basques endeuillée
La plage de la Côte des Basques, avec ses falaises majestueuses et son panorama sur les montagnes, est l’un des spots de surf les plus connus du Pays basque. Haut lieu de la culture surf française, elle attire chaque été des centaines de pratiquants. Ce drame vient douloureusement rappeler que l’océan, aussi beau et accueillant soit-il, reste un milieu naturel à risques.
Un moment d’unité pour la communauté surf
À Biarritz, sur les plages voisines et sur les réseaux sociaux, l’émotion est vive. La communauté surf, déjà très solidaire par nature, s’est rassemblée dans un profond respect. Des surfeurs ont déposé des fleurs et se sont retrouvés en petits groupes pour partager leur tristesse. Beaucoup saluent la mémoire d’un homme passionné, discret, qui connaissait bien l’océan et qui veillait habituellement sur la sécurité des autres.
Quelques rappels essentiels pour surfer en sécurité
Dans un contexte où les pratiquants de surf sont de plus en plus nombreux, il est essentiel de rappeler quelques principes de sécurité élémentaires, même (et surtout) en conditions modérées :
Ne jamais surfer seul, surtout en fin de journée ou dans des zones peu surveillées.
Vérifier son état de santé, en particulier en cas de fatigue, de coup de chaud ou de reprise après une période d’inactivité.
Utiliser un matériel adapté en fonction de votre niveau et des conditions de surf.
Connaître son niveau : rester humble face à l’océan, adapter sa session à ses capacités et aux conditions du jour.
Faire attention aux autres surfeurs : un choc avec une planche ou une dérive peut avoir des conséquences graves.
Observer l’état de la mer : courants, baïnes, série piégeuse… même sur un spot réputé “facile”, les pièges existent.
Alerter rapidement en cas de problème, même s’il semble mineur au départ.
Une pensée pour un des nôtres
Cet accident tragique laisse un vide au sein de la famille surf. Il nous rappelle, avec brutalité, que même les plus expérimentés ne sont pas à l’abri. À l’heure où l’été bat son plein, où les plages se remplissent et les vagues font briller les yeux, n’oublions jamais ce que signifie entrer dans l’eau : un moment de bonheur, oui — mais aussi un engagement envers la prudence et le respect.
Toutes nos pensées accompagnent la famille, les proches, les collègues sauveteurs, et la communauté surf de Biarritz dans ce moment douloureux.