Auteur/autrice : Kelly Slater

  • Quand les loutres de Santa Cruz volent les planches (et se moquent des surfeurs)

    Quand les loutres de Santa Cruz volent les planches (et se moquent des surfeurs)

    À Santa Cruz, sur la côte californienne, les surfeurs ont un nouveau problème au line-up. Pas les requins, ni les SUPs envahissants, les algues ou les méduses. Non, pire : les loutres de mer. Et pas n’importe lesquelles — celles devenues célèbres pour leur goût prononcé du surf.

    Le retour d’Otter 841, la voleuse de planches

    L’histoire avait déjà fait grand bruit en 2023, lorsqu’une femelle loutre, surnommée Otter 841, s’était mise à grimper sur les planches des surfeurs, à les mordre et à refuser de les rendre. La scène, digne d’un dessin animé, avait tourné en boucle sur les réseaux.
    Deux ans plus tard, rebelote. À Steamer Lane, le spot mythique de Santa Cruz, une surfeuse, Isabella Orduna, a ressenti un « petit coup de dent » sur le pied avant de voir son longboard… entre les pattes d’une loutre hilare. L’animal a refusé de lâcher la planche pendant plus de vingt minutes, sous les yeux amusés — et un peu inquiets — des autres surfeurs.

    Les secours ont même dû intervenir. “Tu ne t’attends pas à te faire piquer ta planche par une loutre quand tu vas surfer”, a déclaré un pompier local. Heureusement, Isabella s’en est tirée avec une simple égratignure et beaucoup d’humour.

    La revanche des animaux marins

    Depuis, les médias américains s’en donnent à cœur joie : “furry thief”, “puckish otter”, “aggressive but cute”. Les vidéos s’accumulent sur Instagram. Et certains photographes jurent avoir vu la loutre “imiter” les surfeurs après leurs manœuvres, comme si elle se moquait de leur style.
    S’il est difficile de prouver qu’une loutre se paye littéralement ta tête, il faut reconnaître qu’elle a du flair : Santa Cruz est le berceau du surf californien, et rien ne vaut un peu d’ironie dans un line-up parfois trop sérieux.

    “On empiète sur leur territoire”

    Derrière l’humour, les biologistes rappellent que ce comportement n’a rien d’anormal. Selon Gena Bentall, spécialiste des otaries et loutres marines, ces animaux sont harcelés quotidiennement par les humains. Moins craintifs, ils deviennent plus curieux — et parfois, un peu trop joueurs. “Ce n’est pas une épidémie de vols de planches, mais un signal clair : on partage leur espace.”

    Et si ça arrivait en France ?

    L’histoire prête à sourire, mais elle résonne étrangement avec nos côtes. Souviens-toi du phoque You, devenu star en Gironde après avoir squatté les planches des surfeurs du Médoc (entre Hourtin et Cap Ferret), posant pour les photos et accumulant des milliers de fans sur Facebook.
    Son “cousin”, Off, a lui aussi été aperçu au Cap Ferret, montant sur les planches comme sur un transat, au grand plaisir des locaux. Moins agressifs que leurs cousines américaines, ces phoques avaient tout de même fini par être capturés et relâchés plus loin, pour éviter tout accident.

    Entre tendresse et prudence

    Les rencontres entre surfeurs et animaux marins se multiplient, et pas seulement avec les requins. L’expansion des populations de phoques, de loutres ou même de dauphins dans certaines zones côtières crée parfois des situations inattendues. Entre fascination et peur, il faut apprendre à cohabiter.
    Les experts le rappellent : ne jamais tenter d’approcher ou de nourrir ces animaux, aussi mignons soient-ils. Les morsures sont rares, mais réelles, et ces contacts rapprochés perturbent leur comportement naturel.

    Alors oui, les images de la loutre 841 cramponnée à un longboard font le tour du web et déclenchent des fous rires. Mais elles rappellent aussi une vérité : dans l’eau, nous devons cohabiter.

  • Kael Walsh lâche “Strung”, un bijou brut du surf moderne

    Kael Walsh lâche “Strung”, un bijou brut du surf moderne

    Il y a des surfeurs qui tracent leur route sans jamais regarder derrière. Kael Walsh fait partie de ceux-là. À 26 ans, l’Australien originaire de Yallingup, en Australie-Occidentale, vient de dévoiler Strung, une vidéo de quinze minutes qui remet le surf de haut niveau à sa juste place : entre obsession, folie et perfection visuelle.

    Un projet titanesque pour l’amour du surf

    Dans une époque où les “reels” de quinze secondes s’enchaînent à la vitesse d’un scroll, Kael prend le contre-pied total. Strung a nécessité deux ans et demi de tournage, près de 100 000 dollars australiens investis, et des heures de voyage à travers la planète. Afrique du Sud, Namibie, Indonésie, P-Pass, et bien sûr l’Ouest australien : le garçon a cherché la perfection, et il l’a trouvée.

    Loin des formats aseptisés, Strung transpire la passion brute. On y retrouve la puissance caractéristique de Kael : des tubes monstrueux, des aerials insensés et des carves dignes d’un uppercut. Mais surtout, une intensité qu’on ne retrouve plus beaucoup dans le freesurf actuel. Derrière la caméra, Wade Carroll signe un montage chirurgical, soutenu par la patte Quiksilver et des apparitions de Rolando Montes, Eithan Osborne, Brendon Gibbens et Matt Hoy.

    Le surf comme un acte total

    Kael Walsh, c’est l’anti-influenceur. Pas de story, pas de vlogs, pas de posture : juste du surf, pur et dur. Sa philosophie, “go big or go home”, s’applique autant à sa vie qu’à ses vagues. Il dépense sans compter, voyage souvent seul, et assume la part de hasard que suppose chaque swell.

    Dans l’interview donnée à Stab, il raconte s’être ruiné lors d’un premier trip à P-Pass, sans résultat. Dix mille dollars envolés. Il y est retourné plus tard, seul, pour finalement scorer la session qu’il espérait. “Tu dois être prêt à tout perdre pour espérer gagner quelque chose”, dit-il en souriant.

    Cette approche old-school, romantique presque, fait de Strung une œuvre à part. Un surf trip étalé sur plusieurs continents, sans sponsor miracle ni production hollywoodienne. Seulement un surfeur déterminé à montrer ce que le surf peut encore transmettre : de la tension, du risque, et cette étrange beauté née du chaos.

    Une halte à La Réunion

    Parmi les séquences, Kael fait un détour par l’île de La Réunion pour y surfer la droite de Saint-Pierre. Une vague explosive, taillée pour les airs, que le surfeur australien affectionne depuis des années. Une vague qui a eu son succès dans le passé, mais la crise requin a fait son œuvre. Qu’importe, Kael, fidèle à son ADN, y retrouve ce qu’il aime : la vitesse, la verticalité, et cette adrénaline qu’il cherche dans chaque session.

    Après l’introduction, on atterrit à la Réunion et les images parlent d’elles-mêmes : des take-offs millimétrés, des rotations parfaites et un engagement total. Saint-Pierre n’a jamais semblé aussi photogénique.

    Entre art et blessure

    Strung aurait pu s’arrêter là, sur une apothéose de surf pur. Mais quelques semaines après la fin du tournage, Kael s’est blessé en Irlande. Une chute violente sur un slab, un impact à la tête, et une période de doute. “J’ai voulu continuer à surfer malgré tout, mais je sentais que quelque chose n’allait pas”, confie-t-il. Après quelques mois de pause, il revient plus motivé que jamais.

    Kael Walsh, dernier romantique du freesurf

    Dans un monde où le surf se consomme, Kael Walsh le vit. Il incarne cette génération de surfeurs qui refusent de se laisser dicter leur rythme par les algorithmes. Ses vidéos — Idiot Box, Soft Serve et maintenant Strung — ne sont pas des produits, mais des manifestes.

    Regarder Strung, c’est se rappeler pourquoi on aime le surf. Pour cette envie de tout donner, sans calcul, sans filtre.
    Et ça, Kael Walsh le fait mieux que quiconque.

  • Yen, la nouvelle vidéo de Théo Julitte qui donne envie de se jeter à l’eau

    Yen, la nouvelle vidéo de Théo Julitte qui donne envie de se jeter à l’eau

    Il y a des vidéos de surf qu’on regarde distraitement, et puis il y a celles qui nous font enfiler la combinaison sans réfléchir. Yen, le dernier clip vidéo de Théo Julitte, fait clairement partie de la seconde catégorie.

    Le surf breton en cinématique brute

    Signée par une jeune équipe — Titouan Visioli à la caméra et au montage, Vincent Delvalle, Manholeo Becker et Antonin Chavrier à la réalisation — Yen capture l’essence du surf breton : brut, froid, sincère. Les couleurs sont sombres, la bande-son garage rock ajoute une texture rugueuse, et les trcks de Théo Julitte claquent comme une bourrasque d’hiver sur la pointe du Raz.

    Théo Julitte, l’anti-compétiteur inspirant

    À 26 ans, Théo n’est plus très présent sur les compétitions. Et tant mieux. Son surf respire la liberté et l’authenticité, loin des jerseys numérotés. Avec ses blow tails backside et ses gauches parfaitement tendues, il incarne ce free surf que l’on aime tant : celui où chaque vague devient un terrain d’expression.
    Difficile d’ailleurs de ne pas penser à la relève bretonne. Qui sera le prochain Ian Fontaine ou Gaspard Larsonneur ? Peut-être personne. Peut-être que l’avenir du surf breton est justement là, dans ces vidéos faites entre potes, avec du cœur et du style.

    Une vidéo qui sent l’hiver et la passion

    Yen n’est pas une superproduction, et c’est ce qui la rend précieuse. On y sent la pluie, le vent, les mains gelées, mais aussi ce moment où la mer devient soudain parfaite et où tout le monde se tait. Ce genre de vidéo, c’est exactement ce qu’il faut avant une session d’hiver : une dose de motivation, brute et sincère.

  • Un top shaper à la sauce Top Chef

    Un top shaper à la sauce Top Chef

    Et si les maîtres du rabot avaient droit à leur propre Top Chef ? Pas de cuisine moléculaire ni de jury de stars, mais de la poussière blanche, du bruit de râpe, et cette odeur d’époxy chaude qui flotte dans l’air. Bienvenue au Boardroom Show, le concours qui célèbre le savoir-faire des artisans du surf comme jamais auparavant.

    Le Boardroom Show : le grand banquet du shape

    Chaque année à Del Mar, en Californie, le Boardroom Show réunit les meilleurs shapers de la planète. L’idée est née après la fermeture de Clark Foam en 2005, un choc pour toute l’industrie. “Les shapers n’avaient plus de scène pour exposer leurs planches”, raconte Scott Bass, surfeur, journaliste et fondateur de l’événement. Alors il a décidé de créer un rendez-vous où les artisans reprennent leur place au centre de la culture surf — là où elle a toujours été.

    Dans un immense hall baigné de lumière, les stands s’enchaînent : shapes old school, guns hawaiiens, fish modernes ou twin fins sculptés à la main. Mais ce n’est pas seulement un salon professionnel : c’est une célébration vivante du surfboard, un hommage à ceux qui transforment un pain de mousse en pur plaisir de glisse.

    Icons of Foam : le Top Chef du shape

    Le clou du spectacle, c’est l’Icons of Foam Shape-Off, une compétition où huit shapers s’affrontent sous les yeux d’un invité d’honneur. Le concept ? Reproduire à la main, en temps limité, une planche mythique du maître choisi. Cette année, c’est la légende hawaiienne Eric Arakawa qui jugeait les participants. Au menu : trois planches historiques, dont le gun de Waimea façonné pour Ronnie Burns en 1986, et surtout la board d’Andy Irons, celle de son titre mondial à Pipeline en 2003.

    Chrono en main, deux artisans s’affrontent côte à côte. Les gestes sont précis, rapides, presque chorégraphiés. Le public retient son souffle, comme devant une finale de Top Chef. Et à la fin, c’est Dan Mann — shaper californien connu pour ses designs puissants chez Firewire — qui remporte le titre. “Winner winner, Nobu dinner”, plaisante Scott Bass. L’ambiance est bon enfant, mais le respect est total.

    Le “British Bake Off” du surf

    À côté de la compétition reine, le Boardroom Show propose un autre défi : le Best in Show, sorte de “British Bake Off” du surf. Les règles sont simples : chaque participant fabrique une planche sur un thème donné. Cette année : le fish revisité avec des accents de bois et un symbole personnel. Les créations sont ensuite soumises au vote du public. C’est Steve Farwell, de Newport Beach, qui remporte l’édition 2025 avec un fish incrusté de motifs familiaux, hommage à son grand-père charpentier.

    C’est ce mélange d’artisanat, de passion et d’émotion qui donne à l’événement son âme. Un salon où l’on parle autant d’équilibre hydrodynamique que d’histoires humaines.

    Et si on relançait ça en France ?

    Depuis la disparition du Glissexpo, la France n’a plus vraiment de grand rendez-vous où shapers et surfeurs se croisent. Le Hotdogger de Biarritz fait vivre un esprit rétro et convivial, mais il manque un événement dédié au shape, à la création, au contact direct entre artisans et passionnés.

    Imagine un instant un “Top Shaper France”, dans un hangar de la Côte Basque : Axel Lorentz, Chienville, Rob Vaughan, et des shapers internationaux… tous à l’œuvre, sous les yeux d’un public curieux, entre copeaux et histoires de surf trips. Une rencontre où l’on parlerait volumes, rails, et courbes comme d’art et de cuisine fine.

    Le surf traverse une crise économique profonde : les marques souffrent, les shops résistent, mais la passion reste. Ce genre d’événement, humain et culturel, pourrait bien rallumer la flamme.

    Derrière chaque vague parfaite, il y a une planche. Et derrière chaque planche, un artisan. Si le Boardroom Show a su transformer le shape en spectacle, il nous rappelle surtout une chose : le surf, avant d’être une industrie, est une culture. Une histoire de mains, de bois et de mousse. Et peut-être, bientôt, de concours… à la française.

    On y était pas sur place, mais on aurait pu croiser S-Wings, la marque française de dérives surf.

  • Oscar Langburne : le surf comme art de vivre

    Oscar Langburne : le surf comme art de vivre

    À seulement 22 ans, l’Australien Oscar Langburne incarne une vision du surf à contre-courant. Pas de compétition, pas de performance à outrance : juste du style, du ressenti et une liberté totale. Sa nouvelle vidéo, Ever Changing Moods, produite avec Rip Curl, en est la plus belle démonstration.

    Le film suit Oscar après une année compliquée : une blessure au genou, une opération, puis la dengue, qui l’ont éloigné de l’eau pendant près de six mois. Une éternité pour celui qui vit le surf comme un exutoire. « Ne plus pouvoir surfer m’a fait toucher du doigt à quel point j’en avais besoin, » confie-t-il. Le retour à l’eau, filmé entre l’Indonésie et l’Australie, a pris des allures de renaissance : des lignes pures, des glissés sans effort, un rapport presque spirituel à la vague.

    Élève des icônes Craig Anderson et Tom Carroll, Oscar s’est forgé un style fluide, poétique, sans jamais chercher à copier. Très jeune, il a choisi une voie différente de celle du circuit compétitif. Influencé par la musique, l’art et la contre-culture, il considère le surf comme une expression personnelle, un moyen d’échapper à la norme.

    Dans Ever Changing Moods, on retrouve cette esthétique libre : images soignées, ambiance planante, et ce flow unique qui rappelle les grands stylistes du surf moderne. La bande-son, éclectique et soignée, traduit sa personnalité d’artiste autant que de surfeur.

    Loin du formatage des réseaux, Langburne continue de tracer sa route avec sincérité. « Le surf, c’était un truc punk, un échappatoire à la société. C’est ce que j’essaie de garder vivant dans mes vidéos, » dit-il. À travers ses lignes et son approche, il perpétue cette idée que surfer, c’est avant tout ressentir.

  • Pupo et Hopkins triomphent à Saquarema : le Brésil et l’Europe en feu

    Pupo et Hopkins triomphent à Saquarema : le Brésil et l’Europe en feu

    Le Banco do Brasil Saquarema Pro 2025, présenté par Corona Cero, a tenu toutes ses promesses. Dans une ambiance incandescente sur les plages brésiliennes, Miguel Pupo et Yolanda Hopkins ont décroché la victoire finale d’une étape décisive du Challenger Series. Entre ferveur populaire, surf de haut vol et qualifications historiques, cette édition restera dans les mémoires.

    Miguel Pupo, roi de Saquarema pour la deuxième fois

    Le surfeur brésilien Miguel Pupo a une nouvelle fois conquis son public. Déjà vainqueur à Saquarema en 2022, il s’offre en 2025 un second titre sur cette vague mythique et grimpe à la deuxième place du classement mondial du Challenger Series.

    Dans une finale 100 % explosive face au jeune prodige hawaïen Eli Hanneman, actuel leader du classement (après cette compétition), Pupo a imposé son surf puissant et fluide dès les premières minutes. En combinant vitesse, engagement et précision, il a pris le contrôle de la série pour ne plus jamais le lâcher.

    Soutenu par une foule en délire, Pupo a célébré bras levés, drapeau brésilien sur les épaules. « Gagner ici, devant ma famille et mes amis, c’est unique. Saquarema, c’est la maison du surf brésilien », a-t-il déclaré, ému, à la sortie de l’eau.

    Sa victoire relance totalement la course au CT 2026, où il espère retrouver une place parmi l’élite mondiale. Pour l’info, le surfeur français Kauli Vaast, éliminé rapidement sur cette compétition chute à la sixième place du classement Challenger Series. Il reste pour l’instant dans le top 10, signe de qualification sur le Championship Tour. Il reste deux épreuves.

    Yolanda Hopkins, la Portugaise historique

    Chez les femmes, Yolanda Hopkins a signé un exploit monumental. En remportant la première victoire Challenger Series de sa carrière, la Portugaise devient la nouvelle N°1 mondiale (à égalité avec la française Tya Zebrowsky) et confirme sa qualification pour le Championship Tour 2026.

    Face à la jeune Espagnole Annette Gonzalez Etxabarri, révélation de la saison, Hopkins a surfé avec une confiance impressionnante. Solide sur ses appuis, précise dans ses manœuvres, elle a pris le dessus dès les premiers échanges et n’a jamais cédé.

    Ce triomphe fait d’elle la première surfeuse portugaise à s’imposer sur une étape majeure du circuit de qualification. « C’est un rêve d’enfant. J’ai travaillé dur pour en arriver là, et ressentir cette énergie à Saquarema, c’est incroyable », a-t-elle confié.

    Le spectacle au rendez-vous et les nouveaux visages du CT

    Au-delà des victoires, cette édition 2025 a été marquée par plusieurs moments forts. Les sœurs Etxabarri se sont affrontées en demi-finale, symbole d’une nouvelle génération européenne ambitieuse.
    Les surfeurs japonais ont également brillé, confirmant la montée en puissance du surf sur le continent asiatique.

    Mais l’un des faits les plus marquants reste la qualification de la Française Tya Zebrowski, devenue la plus jeune surfeuse de l’histoire à décrocher sa place sur le Championship Tour. À seulement 17 ans, la Tahitienne d’adoption incarne l’avenir du surf féminin.

    Le Top 5 “Dr. Peanut Moments” du contest résume parfaitement l’événement : domination nippone, duel des sœurs basques, première victoire d’Hopkins, retour triomphal de Pupo et cette vague de jeunesse qui déferle sur le surf mondial.

    Prochaine étape : direction Pipeline

    La poussière retombe sur les plages de Saquarema, mais le circuit ne s’arrête pas là. Dès le 28 janvier 2026, les meilleurs surfeurs et surfeuses du monde se retrouveront sur le North Shore d’Hawaï, pour l’ouverture de la saison à Pipeline.

    Le duel pour les dernières places qualificatives s’annonce intense, avec un mélange explosif de nouveaux talents et de revenants affamés. Après l’énergie brésilienne, le rêve hawaïen se dessine déjà à l’horizon.

    Entre émotions locales et exploits internationaux, le Saquarema Pro 2025 a confirmé son statut d’événement clé du surf mondial. Pupo a réaffirmé la puissance brésilienne, Hopkins a ouvert une nouvelle ère pour le surf portugais, et une génération entière s’est révélée sous les yeux du public le plus passionné du monde.

  • Craig Anderson, la grâce du surf libre dans Samudra Spirit Glitters

    Craig Anderson, la grâce du surf libre dans Samudra Spirit Glitters

    Les apparitions de Craig Anderson sont rares, mais toujours précieuses. À chaque fois qu’il revient, c’est un rappel brutal de ce qu’est le surf libre – un mélange de grâce, de lenteur assumée et d’élégance dans un monde où tout va trop vite. Avec sa nouvelle vidéo Samudra Spirit Glitters, le surfeur australien prouve une fois de plus qu’il n’a besoin ni de likes ni de podiums pour exister.

    Le luxe de prendre son temps

    Dans une époque saturée de clips, de stories et de reels à 15 secondes, Craig Anderson avance à contre-courant. Là où la majorité des pros doivent poster sans relâche pour rester visibles, lui choisit la rareté. Il préfère attendre la bonne lumière, la bonne vague, la bonne émotion. Et cette lenteur, ce choix délibéré de qualité plutôt que de quantité, transparaît dans chaque seconde de Samudra Spirit Glitters.

    Réalisé par Dave Fox, ce court-métrage de onze minutes transporte le spectateur quelque part en Indonésie, entre un wedge gauche massif et une gauche interminable à tube dont on taira le nom. Pas un surfeur à l’horizon, juste Ando, sa planche, et une nature encore sauvage. Dans un monde où filmer sans surpopulation relève de l’exploit, cette solitude donne au film une dimension presque spirituelle.

    Le surf comme un art visuel

    Craig Anderson a toujours surfé avec une certaine esthétique. Il surfe avec émotion, et cela transpire dans ses vidéos. Son style, fait de belles courbes, un style particulier avec une gestuelle singulière et des take-offs improbables, rappelle qu’un bottom turn peut être une œuvre d’art.
    La réalisation de Dave Fox sublime cette essence : palette de couleurs travaillée, bande-son audacieuse, montage minimaliste. L’ensemble forme une expérience sensorielle plus qu’un simple edit. On ne regarde pas Samudra Spirit Glitters, on s’y perd.

    Entre liberté et exigence

    Derrière cette nonchalance apparente, il y a une rigueur presque obsessionnelle. En début d’année, alors en trip au Portugal, Craig confiait qu’il choisissait toujours des vagues « qui correspondent à son surf » pour être aussi productif que possible.
    Rien n’est laissé au hasard : chaque session, chaque angle de caméra, chaque drop est pensé pour capturer une sensation plutôt qu’une performance.
    C’est cette approche — le surf comme art, pas comme sport — qui le distingue et qui fascine depuis plus d’une décennie.

    Le charme de l’inaccessible

    Samudra Spirit Glitters rappelle aussi pourquoi le free surf reste vital pour la culture. Loin des jerseys, des scores et des formats imposés, Craig Anderson incarne une forme d’authenticité presque perdue.
    Il ne cherche pas à convaincre : il surfe pour lui, pour le plaisir et par extension pour ceux qui aiment le surf lent, stylé et viscéral.
    Le spot du film reste mystérieux, mais peu importe — ce secret ajoute à la magie.

  • WSL : 13 règles (parfois) WTF qui rendent les compètes… uniques

    WSL : 13 règles (parfois) WTF qui rendent les compètes… uniques

    Vous pensiez que le règlement WSL se limitait à “priorité à l’intérieur et basta” ? Spoiler : non. Entre « best efforts », caddies verbalisés, applis obligatoires et skateboards interdits pendant les heats (!), voici un décorticage croustillant — et sourcé — des passages les plus originaux du Rule Book 2025.

    1) « Blocking Rule » et hassling : quand gêner coûte (très) cher

    La WSL a formalisé l’art de “se mettre dans les pattes” du voisin. En non-priorité, bloquer un adversaire en faisant une rame engagée ou en s’asseyant dans la zone de take-off = passage direct à la dernière priorité. Le hassling (harcèlemen) excessif peut même valoir une pénalité d’interférence. Et en priorité, utiliser sa prio juste pour empêcher l’autre de surfer (sans intention de scorer) fait… perdre la prio.

    2) Le couperet des 5 dernières minutes

    En CT et Challenger Series, une interférence qui empêche un score potentiel dans les 5 dernières minutes déclenche la Penalty 3 (meilleur score = zéro). Si c’était intentionnel, c’est disqualification. Brutal, mais clair.

    3) Le “transport non autorisé” (adieu vélo plage)

    Besoin de sprinter le long du shorebreak ? Interdit d’utiliser skateboard, trottinette, vélo, voiture… Ou un jet-ski/bateau non autorisé pour retourner au pic. Bilan : Interference Penalty 2 (deuxième meilleur score à 0). Oui, même un skate, lol….

    4) Jet-skis : priorité suspendue, trajets balisés

    Avec assistance jets skis, la priorité peut être suspendue si tu sors de la Primary Take-Off Zone, soit la zone où tu es capable de prendre une vague. Deux surfeurs tractés en même temps ? La priorité est attribuée au cas par cas. Partir en vague avant le début de heat ? Tu commences dernier en priorité.

    5) L’appli WSL devient… du matos officiel

    En CT, les surfeurs doivent avoir installer la WSL App (wearable). Si les infos de l’appli contredisent le panneau LED ou le speaker, LED/speaker > appli. Et un bug d’appli n’annule jamais un résultat.

    6) Coaching électronique : radio silence

    Toute communication électronique vers l’eau (hors WSL) est proscrite. Pour demander des infos, il existe un langage de signes officiel (bras tendu pour les scores, mains au-dessus de la tête pour la priorité, etc.).

    7) Les speakers n’ont pas le droit d’annoncer… les sets qui arrivent

    Oui, c’est explicitement écrit : pas d’annonce “set en approche”. Et si le speaker donne un mauvais score, aucune protestation possible. Ouch. En pratique, c’est déjà arrivé que les speakers parlent un peu trop, un rappel à l’ordre est déjà arrivé…

    8) Caddies : des règles (et amendes) très précises

    Un seul caddy enregistré, qui ne surfe pas : s’il prend une vague, amende pour le surfeur et interférence contre lui. Un caddy peut utiliser l’assistance jet ski pour récupérer une planche perdue, mais s’il est déposé à la plage, il doit repartir à la rame.

    9) Photographes à l’eau : maximum deux et expulsables

    La WSL autorise et limite : deux photographes aquatiques max au line-up, sous contrôle direct du Head Judge, qui peut les sortir à sa discrétion. Mieux vaut être pote avec le Head Juge. On se souvient du photographe qui a gêné Toledo sur le contest piscine à vague. Sa carrière s’est terminée ce jour-là.

    10) Tenue et podium : drapeaux, planches et logos sous contrôle

    Impossible de couvrir le lycra au podium (drapeaux, serviettes… non), ni de monter sa planche sur scène. Les combis ne peuvent afficher que la marque fabricante (sauf exception encadrée). Et zéro logo gambling sans feu vert WSL.

    11) « Best Efforts » : l’anti-tankage avec barème d’amendes

    Ne pas surfer à son meilleur niveau intentionnellement ? Amende graduée (jusqu’à 50 000 $ pour un top 10 en récidive) et possibles suspensions. Message sous-titré : pas de heat « touristique ». Difficile à juger, mais je me rappelle d’un heat litigieux dans le passé avec un brésilien. Je n’en dirai pas plus…

    12) Réseaux sociaux & “image du surf” : très, très sérieux

    Propos dégradants, attaques sur la neutralité des juges, contenus obscènes ou haineux : amendes de 1 000 à 100 000 $, disqualification, voire suspension. Et la WSL considère aussi les posts du staff du surfeur. N’oublions pas notre Jérémy national, recordman des amendes et des fucks en tout genre…lol

    13) Paris sportifs : l’exception “fantasy” qui n’en est pas une

    Toute forme de pari sur le surf pro est interdite pour surfeurs et staff, avec une amende pouvant aller jusqu’à 5× le gain potentiel. Les jeux “fantasy” ne violent pas la règle… sauf pour les compétiteurs et le staff WSL & Competition, à qui c’est interdit. J’ai fait parti du staff WSL et je ne le savais même pas…lol. Ce qui est ridicule, car il n’y a rien à gagner sur Fantasy.

    Bonus track : détails qui piquent

    • Âge minimum : 13 ans pour surfer dans sa région, 15 ans pour sortir de sa région ; et les mineurs doivent avoir un parent/tuteur sur site.
    • Zones fumeurs & alcool : espaces fermés 100 % non-fumeurs ; alcool VIP only.
    • Fins & cérémonies : finalistes absents au podium = amendes salées (jusqu’à 20 000 $ pour le top 10 CT). Et surfer la vague du heat suivant : 500 $ par vague.

    Pourquoi ça compte (vraiment)

    Au-delà de l’anecdote, ces règles visent trois objectifs : protéger l’intégrité sportive (best efforts, anti-blocking), garantir la sécurité (PWC, caddies, photographes) et maîtriser l’image globale du surf pro (tenue, social, paris). C’est parfois tatillon, souvent surprenant… mais toujours structurant pour comprendre un heat CT quand ça part en vrille.

    Bonus, la vague de dernière minute

    Une des règles les plus méconnues, qui a été utilisée à plusieurs reprises. Une fois le heat terminé, toute priorité cesse. Si un surfeur est en train de rider quand le heat se termine, il ne peut pas être gêné par un autre surfeur (même si ce dernier avait la priorité avant la fin du heat) ». Si interférence il y a après le buzzer, on applique une Interference Penalty 2 en situation de priorité, c’est-à-dire un zéro sur la deuxième meilleure vague du fautif — exactement le cas d’école qui avait piégé Kolohe Andino face à Patrick Gudauskas à Hossegor en 2018.

  • Saquarema : Tya Zebrowski s’arrête en quart pour un dixième de point

    Saquarema : Tya Zebrowski s’arrête en quart pour un dixième de point

    Battue d’un souffle par Annette Gonzalez Etxabarri, la Franco-Tahitienne voit son parcours brésilien s’arrêter en quart de finale. Une défaite frustrante dans des vagues capricieuses, mais sans conséquence sur sa place au sommet du classement.

    Un quart de finale irrespirable

    Le genre de série qu’on n’oublie pas. 10,60 contre 10,50. C’est par cet écart infime que Tya Zebrowski a été éliminée ce jeudi à Saquarema, lors d’un quart de finale ultra serré face à Annette Gonzalez Etxabarri.
    Sous un soleil de plomb et dans un petit mètre glassy, multipics, la Franco-Tahitienne n’a jamais lâché l’affaire, mais n’a pas trouvé la vague qui lui aurait permis de s’envoler vers les demi-finales.
    Ses deux meilleures vagues — 5,67 et 4,83 — traduisent la constance et la lecture de vague qu’on lui connaît, mais aussi la frustration d’une série où chaque choix valait un podium.

    La revanche du hasard

    En face, la surfeuse basque-espagnole a surfé intelligemment, enchaînant un 4,77 et un 5,83 solide, suffisant pour faire la différence.
    Un scénario cruel mais révélateur : dans ces conditions, le moindre dixième devient décisif. “Tya n’a pas commis d’erreur, il a juste manqué cette vague qui aurait pu tout changer”, commentait un membre du staff français en bord de plage.

    Le duel Zebrowski-Hopkins continue

    Si Tya Zebrowski reste assurée de son ticket pour le Championship Tour 2026, elle garde un œil attentif sur sa principale rivale au classement général, Yolanda Hopkins.
    La Portugaise est toujours en course à Saquarema, et si elle venait à remporter la compétition, elle rejoindrait Tya à égalité de points en tête du ranking des Challenger Series.
    Rien d’alarmant pour la Française, mais la symbolique est forte : terminer la saison numéro 1 serait la plus belle façon de boucler cette année de rêve.

    L’histoire ne fait que commencer

    À seulement 17 ans, Tya Zebrowski continue de fasciner. Elle a déjà atteint l’objectif de toute une carrière — la qualification pour le CT —, mais son attitude à l’eau, sa maturité et sa régularité prouvent qu’elle ne se contente pas de “participer”.
    Cette défaite n’est qu’un épisode de plus dans la construction d’une championne. Et connaissant Tya, il y a fort à parier qu’elle ne gardera qu’une idée en tête : revenir plus forte pour gagner.

  • Quand Ryanair transforme les planches de surf en crêpes à l’aéroport de Biarritz

    Quand Ryanair transforme les planches de surf en crêpes à l’aéroport de Biarritz

    Il y a des histoires de surf qui finissent à l’hôpital, d’autres à la douane… et puis il y a celles qui se terminent sous un camion.

    C’est exactement ce qui est arrivé à Willem Beck, surfeur gallois de retour d’un trip à Biarritz, quand ses planches flambant neuves ont connu un destin digne d’un sketch des Monty Python. Trois boards soigneusement emballées, chargées avec amour dans la soute d’un vol Ryanair pour Stansted. Et à l’arrivée ? Une scène d’horreur en slow motion sur le tarmac.

    La planche qui valait 700 euros

    Selon Willem, un véhicule d’escalier aurait tout simplement roulé sur son boardbag, avant de faire marche arrière, « pour être sûr ». Résultat : trois planches réduites en mille-feuilles, des combinaisons transformées en tapis de chantier, et des dérives fusionnées au goudron. Une œuvre d’art contemporaine qu’on pourrait baptiser “Abstract Surfing, 2025”.

    Willem raconte :

    “Le sac est resté coincé sous la roue et a été traîné sur plusieurs mètres avant qu’ils réalisent. Tout était écrasé, déchiré ou couvert de tarmac. Même mes chaussettes.”

    Un massacre. Un véritable carnage logistique. À tel point qu’on se demande si Ryanair n’envisage pas d’ouvrir une nouvelle ligne “Biarritz – Compostelle” pour planches de surf martyrisées.

    Le surf trip le plus cher du monde

    Deux des trois planches étaient toutes neuves. À 700 euros pièce, on dépasse les 2000 euros de matériel vaporisé sur le bitume biarrot. Mais pas d’inquiétude : Ryanair a bien évidemment fait preuve de son légendaire sens du service client en lui donnant… un lien pour remplir un formulaire. Depuis, silence radio.

    Pour tout surfeur qui a déjà attendu fébrilement son boardbag à l’aéroport, cette histoire réveille des sueurs froides. Les bagagistes du monde entier semblent jouer à un jeu étrange : “Devine à quoi sert cet objet long et fragile”.
    Spoiler : personne n’a encore trouvé la bonne réponse.

    Un problème vieux comme le surf trip

    Des exemples, il y en a à la pelle. L’Américaine Kirra Pinkerton avait déjà vu ses planches explosées sur un vol United Airlines. Une Britannique, Charlotte W, a raconté sur Tripadvisor que sa board avait été “complètement détruite” après un trajet EasyJet. Bref, transporter une planche d’un point A à un point B reste un sport extrême.

    Alors oui, on espère que Willem récupérera un dédommagement. Mais quelque chose nous dit que Ryanair ne verse pas les larmes aussi facilement que l’eau salée sur un spot de Biarritz.

  • Jamie Mitchell grièvement blessé sur le North Shore : “J’ai de la chance d’être encore là”

    Jamie Mitchell grièvement blessé sur le North Shore : “J’ai de la chance d’être encore là”

    Le North Shore d’Oahu vient à peine de s’éveiller que la saison d’hiver a déjà fait sa première victime. Jamie Mitchell, légende australienne du surf de gros, s’est violemment blessé au visage après avoir pris sa propre planche en pleine tête, lors d’une session sur l’un de ses spots fétiches d’Hawaï.

    Un départ de saison brutal

    Quelques jours après les premiers gros swells de la saison, Pipeline, Ke Iki ou encore Shark’s Cove ont déjà offert leur lot de tubes, de chutes et d’adrénaline. Mais cette fois, c’est l’un des chargeurs les plus respectés du North Shore qui a payé le prix fort.
    Mitchell, 48 ans, surfait sur une planche de 9’10″ lorsqu’une série imprévisible a tout fait basculer. Propulsé sous l’eau, il a pris la dérive de sa planche de surf de plein fouet, “à quelques millimètres de la jugulaire”, selon ses propres mots.

    Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, il apparaît le visage recouvert de bandages, la voix encore tremblante :

    “J’ai eu une matinée un peu compliquée… J’ai pris ma 9’10” en pleine figure. Dix-huit agrafes à l’arrière de la tête, quinze points de suture dans la gorge, cinq sur la pommette, et quelques autres un peu partout. Mais je vais bien. C’est fou comme tout peut basculer quand tu t’y attends le moins.”

    ATTENTION LES IMAGES CI-DESSOUS SONT IMPRESSIONNANTES

    Une blessure impressionnante, mais pas fatale

    Les images, difficilement soutenables, montrent la coupure profonde sur la joue et le cou du surfeur. Une plaie si proche des veines vitales qu’il aurait pu y laisser sa vie. “Un coup de dérive près de la jugulaire”.
    Malgré la gravité du choc, Jamie a gardé son calme légendaire et son humour typique : “Je suis vivant, endolori, mais déjà en train de penser à la prochaine houle”, a-t-il plaisanté en story.

    La communauté surf a immédiatement réagi : des messages de soutien ont afflué de tous les horizons — de Kelly Slater à Billy Kemper en passant par Mark Healey — saluant la résilience d’un homme qui a toujours repoussé ses limites sans jamais tricher avec la mer.

    Une figure du surf de gros

    Jamie Mitchell n’est pas un inconnu sur le North Shore. Double champion du monde de paddleboard, multiple vainqueur de la course épique Molokai 2 Oahu, il s’est ensuite imposé parmi les meilleurs surfeurs de gros de la planète.
    Que ce soit à Jaws, Nazaré ou Waimea, l’Australien s’est forgé une réputation de guerrier silencieux, capable de dompter les montagnes d’eau les plus intimidantes sans esbroufe ni ego surdimensionné. On se souvient tous de son drop à Belharra en France.

    Ce nouvel accident rappelle que même pour les surfeurs les plus aguerris, la ligne entre maîtrise et drame reste infime. Quelques centimètres de plus, et le surf aurait perdu l’un de ses héros les plus respectés.

    Une leçon d’humilité

    “C’est dans ces moments-là que tu réalises à quel point tout peut s’arrêter vite”, a-t-il confié depuis l’hôpital d’Honolulu.
    Le North Shore est souvent décrit comme le théâtre de la gloire, mais aussi de la douleur. Chaque hiver, il remet les compteurs à zéro, testant la foi et le courage de ceux qui osent s’y frotter.

    Jamie Mitchell, lui, compte bien revenir à l’eau — une fois ses 18 agrafes et ses 30 points de suture retirés. Parce qu’on ne tourne pas le dos à l’océan quand il fait partie de votre ADN.

  • Pedro “Scooby” Vianna, l’enfant indomptable du surf brésilien

    Pedro “Scooby” Vianna, l’enfant indomptable du surf brésilien

    Un destin façonné par les vagues

    Pedro Henrique Mota Vianna, plus connu sous le nom de Pedro “Scooby”, est né le 10 août 1988 à Rio de Janeiro. Pour beaucoup, il incarne à lui seul une certaine idée du surf brésilien : libre, excessif, charismatique et profondément humain.
    S’il n’est pas le plus titré des surfeurs de son pays, il en est sans doute l’un des plus authentiques, un de ceux qui ont choisi la voie la plus risquée : celle du freesurf et des vagues XXL.

    Son premier contact avec la mer, c’est son père qui le lui offre, quand il a à peine cinq ans. Pourtant, son enfance ne ressemble pas à une carte postale de Rio. Son père est arrêté alors qu’il est encore enfant ; la responsabilité du foyer tombe sur ses épaules trop jeunes. « Tout aurait pu mal tourner, mais le surf m’a sauvé », racontera-t-il plus tard.

    De Barra da Tijuca aux premiers sponsors

    C’est à 11 ans que Scooby reprend le surf après plusieurs années loin de la plage. Très vite, il montre un talent instinctif, un goût du risque et une créativité hors norme. À 13 ans, il s’amuse déjà à tenter des aerials improbables — parfois même sans combinaison… ni maillot.

    À 15 ans, il décroche son premier sponsor, une marque californienne séduite par son style explosif. Deux ans plus tard, il devient le premier Brésilien signé par Nike, un symbole fort dans un pays encore peu représenté sur la scène mondiale.

    Mais Pedro ne veut pas du circuit classique. Il choisit une autre voie : celle du freesurf, des sessions sauvages, des voyages, de la recherche du moment parfait plutôt que du score parfait. Une décision rare à l’époque, mais qui définira toute sa carrière.

    L’appel des vagues géantes

    C’est au tournant des années 2010 que Pedro Scooby se rapproche du monde des grosses vagues. À Puerto Escondido, au Mexique, il se jette dans un swell monstrueux avec une planche empruntée. Résultat : l’une des vagues de la journée et une réputation qui explose.

    En août 2011, alors qu’il est en lune de miel à Bora Bora, il demande à sa femme la permission de filer à Tahiti pour une raison que seuls les surfeurs peuvent comprendre : le Code Red d’un swell approche. À Teahupo’o, il se distingue avec une planche trop petite et une audace démesurée. Ce jour-là, le monde du surf XXL découvre vraiment Pedro Scooby.

    Mais la route des chargeurs est toujours bordée de risques. En 2019 à Nazaré, il vit l’une des pires frayeurs de sa vie : percuté par sa planche, il est maintenu sous l’eau par plusieurs vagues. Il perd la vision pendant quelques secondes, mais reste conscient.
    « Je ne voulais pas y aller ce jour-là. Il pleuvait, le vent était mauvais… Et pourtant, j’y suis allé. C’est la vie que j’ai choisie. »
    Un touriste lui viendra en aide sur la plage. Scooby s’en sort indemne, mais profondément transformé.

    Trois ans plus tard, en 2024, il revient à Nazaré en équipe avec Lucas “Chumbo” Chianca, et les deux Brésiliens remportent le Nazaré Big Wave Challenge. Une revanche sur le destin, et une consécration pour celui qu’on avait déjà surnommé le “fou du surf”.

    L’icône du freesurf brésilien

    Pedro Scooby, c’est un style à part : goofy-footer, toujours engagé, souvent imprévisible, parfois borderline. Il surfe avec le cœur, avec les tripes. Il se moque du format, des juges, des codes. Ce qu’il cherche, c’est la sensation pure — celle d’une vague qui peut tout lui prendre.

    Élu meilleur freesurfer de l’année 2012 par le magazine Alma Surf, et lauréat du meilleur tube de l’année pour un ride historique à Teahupo’o, il devient rapidement une figure de la scène alternative.

    En 2014, il apparaît dans la série Pedro Vai Pro Mar sur Canal OFF. L’année suivante, Nike produit une bande dessinée à son effigie, De Volta à Rotina (“De retour à la routine”), une première dans l’histoire du surf brésilien.

    Entre célébrité et authenticité

    Mais Scooby ne se résume pas à un surfeur. Il est aussi une personnalité publique, un phénomène médiatique. En 2016, il participe à l’émission Saltibum (plongeon acrobatique), puis à Exathlon Brasil en 2017, où il termine deuxième.
    En 2022, il entre dans la maison du Big Brother Brasil, et termine cinquième après 95 jours de confinement — la plus longue période de sa vie loin de la mer.

    Cette notoriété dépasse le surf. Publicités, campagnes de mode, plateaux télé… Pedro Vianna devient une icône populaire au Brésil, sans jamais renier ses racines océaniques.

    Il agace autant qu’il fascine. Pour certains, il symbolise l’excès ; pour d’autres, il incarne une liberté rare. Mais dans le line-up, personne ne doute de son engagement. Scooby reste un vrai surfeur, un chargeur capable de tout donner dans un tube à Nazaré ou dans une gauche mexicaine.

    Un surfeur, un père, un homme libre

    Côté personnel, Scooby a toujours vécu à fond. En 2013, il épouse la comédienne Luana Piovani, avec qui il a trois enfants : Dom, Bem et Liz. Le couple se sépare en 2019. Quelques mois plus tard, il vit une relation médiatisée avec la chanteuse Anitta, avant d’épouser la mannequin Cintia Dicker en 2020. Ensemble, ils accueillent une fille, Aurora, en 2022.

    Derrière le buzz, il y a un homme profondément attaché à sa famille et à ses valeurs. Il revendique une éducation spirituelle, une approche détachée du matériel et une philosophie simple : vivre intensément, sans peur.

    L’entrepreneur du surf moderne

    Aujourd’hui, Pedro Scooby ne se contente plus de charger des vagues géantes. Installé entre Rio et Lisbonne, il investit dans l’immobilier, les cosmétiques, les NFT, la crypto et même l’eau en canette. Son patrimoine est estimé à près de 4 millions de dollars.
    Loin du cliché du surfeur fauché, il incarne une nouvelle génération de riders-entrepreneurs, capables de transformer leur notoriété en projets durables.

    Il continue aussi d’apparaître dans des documentaires, des clips, et même dans des chansons : O Surfista e o Sambista, écrite par Rogê et Arlindo Cruz, lui rend hommage — preuve que Scooby a dépassé les frontières du surf pour devenir un symbole de la culture populaire brésilienne.

    L’héritage d’un surfeur sans peur

    Pedro Scooby n’a jamais gagné de titre mondial. Il n’en a jamais vraiment voulu. Sa victoire, c’est d’avoir inspiré toute une génération de surfeurs à vivre le surf autrement : comme un art, une manière de respirer, de tout risquer sans calculer.

    Son surnom, “Scooby”, vient d’un dessin animé, mais il aurait tout aussi bien pu venir de la culture punk ou du fado portugais. C’est un homme à contre-courant, imprévisible, sincère.
    Dans un monde où tout se mesure, il reste l’un des rares à vivre sans chronomètre.

    « Je suis un mélange de rock star et de moine zen », aime-t-il dire.
    Et c’est sans doute cette contradiction qui fait de Pedro Scooby un personnage unique du surf mondial, un symbole du Brésil qui ne lâche jamais — même quand la vague semble trop grosse.

  • Le coup de gueule de Pedro Scooby qui accuse WSL de raciste

    Le coup de gueule de Pedro Scooby qui accuse WSL de raciste

    À Saquarema, une série du Challenger Series a mis le feu aux réseaux : Pedro Scooby accuse la WSL de racisme après l’élimination de Weslley Dantas. Mais en y regardant de plus près, le verdict n’est pas si simple.

    Le surf brésilien en ébullition

    Dimanche 12 octobre 2025, le spot de Saquarema vibrait au rythme des séries décisives dans la course à la qualification sur le Challenger Series brésilien. Pour plusieurs surfeurs brésiliens, c’était l’ultime chance de décrocher leur billet pour le Championship Tour 2026.
    Parmi eux, Weslley Dantas, frère de Wiggolly, solide surfeur plein de puissance, connu pour son surf engagé et explosif. En face : George Pittar (Australie), Lucca Mesinas (Pérou) et Shion Crawford (Hawaï).

    Le score final a fait grincer des dents : Pittar obtient 5,67, Dantas 5,73 (en début de série), mais c’est pourtant l’Australien qui passe. Une décision étrange à première vue, amplifiée par le contexte : neuf Brésiliens éliminés le même jour. Il n’en fallait pas plus pour que les réseaux s’enflamment.

    Pedro Scooby, une voix qui porte

    C’est Pedro “Scooby” Vianna, surfeur de grosses vagues, figure médiatique et star de la télé brésilienne, qui a allumé la mèche.
    Sur Instagram, ses 7 millions d’abonnés ont découvert un message sans détour :

    “Les gens croient que seuls les juges du CT ont leurs préférés, mais ça arrive aussi dans le Challenger. C’est incroyable ! Je vais montrer les deux vagues : celle du gringo George Pittar et celle de Weslley Dantas. Impossible de mettre la même note. Bien sûr, Weslley Dantas est noir ; on va me dire qu’il n’y a pas de racisme, mon cul qu’il n’y en a pas, bien sûr qu’il y en a ! Et il n’a pas de sponsor, et il est brésilien »”

    Une déclaration choc, aussitôt relayée par la presse brésilienne et internationale. Certains ont salué son courage, d’autres ont pointé du doigt un coup de buzz. Mais au Brésil, où la question du racisme reste brûlante, le message a trouvé un écho immédiat.

    Racisme ou erreur de jugement ?

    Pour comprendre, il faut plonger dans les détails.
    La série a été jugée par un panel de cinq officiels : deux Brésiliens, un Australien, un Américain et un Basque. Et surprise : les deux juges les plus sévères ont été… un Brésilien et l’Américain.

    Difficile, dans ces conditions, de conclure à une discrimination nationale.
    En revanche, plusieurs analystes ont reconnu que les juges avaient sans doute “raté” leur lecture des vagues.
    Weslley Dantas a proposé un surf plus radical, des carves puissants, un tail slide engagé ; Pittar, lui, a surfé plus propre, mais moins explosif. Deux styles, deux lectures : le surf est subjectif, et c’est bien là le problème.

    Les juges, humains avant tout, peuvent se tromper. Mais la frontière entre erreur d’appréciation et injustice ressentie devient floue dès que la passion entre en jeu.

    Un débat récurrent dans le surf mondial

    Ce n’est pas la première fois que le sujet du favoritisme ressurgit.
    Gabriel Medina avait parlé du “pire jugement de sa vie” à Bells Beach.
    Italo Ferreira ou Filipe Toledo ont plusieurs fois dénoncé des notations incohérentes à El Salvador ou Surf Ranch.
    Le surf reste un sport jugé, donc vulnérable à la subjectivité.

    Mais là où Scooby dénonce un racisme systémique, les faits montrent plutôt une culture du flou, où la transparence fait défaut.
    La WSL, malgré ses outils modernes et ses replays vidéo, peine encore à expliquer les décisions au grand public. Et à l’ère des réseaux, chaque erreur devient un scandale mondial.

    Un sport encore trop peu diversifié

    Il faut reconnaître que le surf, historiquement dominé par les athlètes blancs australiens, américains et sud-africains, souffre d’un manque de diversité visible.
    Les surfeurs noirs, qu’ils soient brésiliens, africains ou américains, restent rares sur le circuit élite.
    Dans ce contexte, le cri de Scooby prend une dimension symbolique : il exprime un ras-le-bol, celui de voir des surfeurs talentueux, mais sans sponsors galérer à percer.
    Et sur ce point, il a raison : Weslley Dantas n’a pas de sponsor majeur, une anomalie pour un surfeur de son niveau.

    Des juges dépassés, pas racistes

    Affirmer que les juges ont été mauvais ? Probablement.
    Dire qu’ils sont racistes ? Rien ne le prouve.
    La vérité est peut-être plus simple : la WSL souffre d’un manque de clarté et de communication.
    Une décision floue, sans explication publique, devient vite suspecte.
    Et dans un Brésil passionné, où le surf est presque une religion, les mots de Scooby trouvent un terrain explosif.

    Mais les faits restent têtus : parmi les juges, deux étaient brésiliens, et aucun élément ne démontre une intention discriminatoire.
    Un juge brésilien raciste contre un Brésilien ? C’est peu crédible.

    Le vrai enjeu : la confiance

    Cette affaire révèle surtout une fracture entre le public et les institutions du surf.
    Quand les fans n’ont plus confiance dans les scores, le sport perd en légitimité.
    Il est urgent que la WSL repense son système : publication des notes détaillées, justification des scores, analyse vidéo ouverte.
    Le surf ne peut plus se contenter de “faire confiance aux juges”.

    Pedro Scooby, avec sa notoriété, a mis le doigt là où ça fait mal.
    Pas sur le racisme, mais sur la crédibilité d’un système à bout de souffle.

    Conclusion

    L’affaire Weslley Dantas restera comme l’un des épisodes les plus controversés de la saison.
    Oui, les juges se sont trompés. Non, rien ne prouve un racisme intentionnel.
    Mais le message de Pedro Scooby, au-delà de la colère, rappelle une chose essentielle :
    le surf a besoin de transparence.
    Et dans un sport où chaque vague compte, la notation des vagues devrait être aussi fluide qu’un carve bien taillé.

    Retrouvez la biographie de Pedro Scooby

  • Makua Rothman se confie sur ses addictions : “Je sniffais des cachets avant d’aller surfer Jaws”

    Makua Rothman se confie sur ses addictions : “Je sniffais des cachets avant d’aller surfer Jaws”

    Quand on pense à Makua Rothman, on imagine la puissance brute. Le genre de surfeur qui regarde Jaws droit dans les yeux sans broncher. Champion du monde de grosses vagues en 2015, héritier du légendaire Eddie Rothman et figure respectée du North Shore, Makua incarne depuis toujours le respect, le courage, mais aussi la peur et le localisme hawaïen.
    Mais derrière cette image d’acier, il y avait une faille. Une descente aux enfers silencieuse, nourrie par la honte, la culpabilité et des pilules qu’il n’aurait jamais dû toucher.

    “Je prenais des cachets, sans douleur, juste pour me sentir bien”

    Dans un épisode du podcast Good Humans de Cooper Chapman, Makua a brisé le silence.
    “Entre 2015 et 2018, j’ai complètement déraillé”, raconte-t-il. “Je prenais des pilules… Je faisais n’importe quoi. J’étais champion du monde, mais j’étais brisé à l’intérieur.”

    Il parle sans détour d’oxycodone, un antidouleur à base d’opiacés devenu fléau aux États-Unis. “Le pire, c’est que je n’avais même pas mal. Je n’avais aucune blessure. C’était juste le shoot de dopamine qui me faisait oublier les choses que je détestais en moi.”

    L’alcool, la coke, les soirées sans fin : tout servait à masquer une souffrance mentale qu’il refusait d’affronter. “Les pilules n’étaient pas le vrai problème. Le vrai problème, c’était moi. Je n’étais pas assez courageux pour faire face à mes démons.”

    La drogue au line-up : “Je sniffais dans le chenal de Jaws”

    Le moment le plus glaçant ? Quand Makua avoue avoir consommé directement dans l’eau, sur l’un des spots les plus dangereux de la planète.
    “Je suis chanceux d’être encore en vie”, dit-il. “Je sortais à Jaws avec des cachets, je les écrasais, je sniffais, et je repartais à l’eau. J’étais complètement ailleurs.”

    Imaginer un surfeur en plein trip, sur une vague de 15 mètres, suffit à donner des frissons. Pourtant, c’est bien ce qu’il vivait : une double tempête, celle de l’océan et celle de sa tête.

    “Je voulais juste revivre. Redevenir Makua.”

    Tout a changé lorsqu’il a touché le fond. “Un jour, j’ai dit stop. J’étais prêt à mourir, ou à renaître. Et j’ai choisi de vivre.”
    Makua Rothman s’est reconstruit, petit à petit. Par le surf, la musique, la famille, la foi aussi. Aujourd’hui, il parle de santé mentale sans détour, pour briser le tabou chez les athlètes — et surtout dans le monde du surf, où la vulnérabilité reste un mot difficile à prononcer.

    “Je suis fier de mon parcours, parce que beaucoup n’en reviennent pas. Moi, j’ai eu la chance d’en sortir.”

    Un message fort pour toute une génération

    Makua n’est plus seulement un big wave rider. C’est un survivant, un père, un exemple de transparence dans un milieu souvent trop silencieux sur ses blessures invisibles.
    Entre deux sessions à Waimea, il continue de chanter, d’aider, de parler, avec cette même intensité qu’il met dans chacune de ses vagues.

    Et quand on lui demande s’il regrette, il sourit :
    “Non. Parce que sans ces erreurs, je ne serais pas l’homme que je suis devenu.”

  • Les Français trébuchent à Saquarema, mais la course continue

    Les Français trébuchent à Saquarema, mais la course continue

    Les journées se suivent, mais ne se ressemblent pas à Saquarema. Après un début de compétition encourageant avec la qualificationde Tya Zebrowsky, le contest a tourné au cauchemar pour deux de nos meilleurs représentants français : Kauli Vaast et Jorgann Couzinet. Tous deux ont été éliminés prématurément, un coup dur dans la course à la qualification pour le Championship Tour 2026.

    Kauli Vaast perd la tête du classement

    Avant d’arriver au Brésil, Kauli Vaast menait le classement des Challenger Series. Impressionnant sur le spot portugais, il y a moins de deux semaines, lors de sa victoire. Kauli Vaast a chuté tôt, trop tôt. Kauli voit ses espoirs de qualification directe légèrement ralentis. Saquarema en a décidé autrement.

    Il glisse désormais à la troisième place du classement, une position encore solide, mais la chute risque de continuer d’ici à la fin de la semaine. Il faut rappeler que seuls les dix premiers du classement valideront leur ticket pour le CT. Rien d’irrémédiable, mais une mauvaise opération pour celui qu’on attendait.

    Le bon côté ? Il lui reste deux épreuves pour se rattraper — et pas des moindres : Pipeline et Newcastle. Deux compétitions très différentes, mais où Kauli a les armes pour briller. À Pipe, sa lecture du tube et son engagement sont des atouts majeurs. On sait à quel point le Tahitien aime ce genre de conditions. Il a encore deux cartouches pour remplacer ses moins bons résultats et rester dans le top 10.

    Jorgann Couzinet : l’espoir malgré tout

    De son côté, Jorgann Couzinet n’a pas connu meilleure fortune. Sorti lui aussi prématurément, le Réunionnais recule au classement général. Sa qualification semble plus compliquée désormais, mais pas impossible.

    Il faudra frapper fort à Newcastle, un spot où son surf puissant et ses airs pourraient bien faire la différence. En revanche, Pipeline reste une inconnue : peu d’expérience sur cette vague mythique et ultra exigeante, face à des adversaires aguerris. Mais si Jorgann nous a appris quelque chose au fil des années, c’est qu’il ne lâche jamais rien.

    Les Bleus en effectif réduit

    Le contingent français s’amenuise. Après les éliminations de Justin Bécret, Maxime Huscenot, Tessa Thyssen et Kiara Gold, il ne reste plus que deux rescapés : Tya Zebrowski, encore impressionnante chez les filles, et Charly Quivront.

    Pipeline, l’étape de vérité

    La prochaine étape à Pipeline, sur le North Shore d’Hawaï, s’annonce décisive. C’est là que tout peut basculer. Entre les tubes monstrueux et la pression du classement, les Français joueront gros.
    Kauli Vaast, enfant du Pacifique, aura l’occasion parfaite de remettre les pendules à l’heure. Et si tout se jouait justement là, dans la vague la plus mythique du monde ?

  • Quand Carlos Muñoz se fait dépouiller après une session à Hawaii

    Quand Carlos Muñoz se fait dépouiller après une session à Hawaii

    Il pensait vivre une simple session à Rocky Point, sur le North Shore d’Oahu. Mais, pour Carlos Muñoz, surfeur pro costaricien respecté sur le circuit international, la session a viré à la mauvaise série : celle de la violence, du localisme et de la bêtise humaine.

    Une vague, une collision, et l’étincelle

    Tout commence comme une scène banale dans l’océan le plus convoité du monde. Rocky Point, spot mythique d’Oahu, déroule ses droites et gauches nerveuses. Carlos rame sur une vague, un autre surfeur se jette dedans, les trajectoires se croisent, et crac, collision.
    L’homme blond qui a taxé hurle un « f***ing tourist » bien senti. Muñoz, calme, mais pas soumis, lui répond :

    « Je suis un touriste, ok, mais c’était ma vague. »
    Erreur. Le mot “tourist” à Hawaii, c’est parfois comme dire “je ne t’appartiens pas” dans un bar de bikers.

    “Tu n’as pas la tête d’un local”

    L’autre insiste : “Je suis local.”
    Et là, Carlos lâche une phrase anodine, mais qui, mal interprétée, va mettre le feu au line-up :

    “Tu ne ressembles pas à un local.”
    Lui qui explique aujourd’hui qu’il ne voulait pas vexer, que son anglais imparfait a sans doute amplifié le malentendu… Trop tard.

    Le retour sur la plage : neuf contre un

    Il reste pourtant à l’eau. Une heure et demie, tranquille, en se disant que le calme va revenir. Mais à son retour sur la plage, c’est un autre scénario : huit ou neuf types l’attendent, les bras croisés, le regard froid.
    Le blond de tout à l’heure est là, gonflé à bloc, encouragé par ses potes à régler “le problème”.
    Le premier coup part, Carlos esquive. Le deuxième, il encaisse volontairement.

    “J’ai pris un coup dans la mâchoire, ça allait. Je ne voulais pas me battre.”
    Mais les gars en veulent plus. Ils veulent sa planche.

    “Pas celle-là, elle est spéciale”

    La planche qu’il tient, c’est sa préférée. Celle qui l’a accompagné dans ses meilleures sessions. Alors, il tente une négociation de surfeur pacifiste :

    “Prenez-en une autre, j’en ai à la maison.”
    Le groupe le suit jusque chez lui. Là, il tend une vieille board. Le geste apaise la tension, les mecs repartent avec leur trophée dérisoire.

    Le localisme, une maladie mondiale

    Dans son récit, Carlos Muñoz ne crache pas sur Hawaii. Il parle d’un phénomène global. De ce virus du surf qu’on appelle le localisme, cette illusion de possession qui transforme des passionnés de glisse en gardiens de territoire.

    “Ça m’est arrivé aussi au Mexique”, raconte-t-il. “Certains croient protéger leur spot, mais ils détruisent juste l’esprit du surf.”

    L’océan n’appartient à personne

    Le plus amer dans l’histoire, c’est cette contradiction : le surf, né de la liberté, de la communion avec l’océan, devient parfois un espace de domination et d’exclusion.
    Carlos, lui, préfère relativiser : il continue de voyager, de surfer, de partager sa passion. Mais son expérience rappelle une vérité simple : les vagues ne sont la propriété de personne.
    Et qu’à force de vouloir jouer les seigneurs du line-up, certains finissent par oublier l’essence même du surf : la joie pure de glisser.

  • Tya Zebrowski, 14 ans, entre dans l’histoire à Saquarema

    Tya Zebrowski, 14 ans, entre dans l’histoire à Saquarema

    C’est fait !
    À seulement 14 ans, Tya Zebrowski devient la plus jeune surfeuse de l’histoire à se qualifier pour le World Championship Tour (CT).
    La Française a validé sa qualification ce vendredi 11 octobre au Banco do Brasil Saquarema Pro, après avoir remporté sa série du Round of 48 dans les vagues exigeantes d’Itaúna.

    Une qualification historique pour le surf français

    Il suffisait à Tya de passer une série pour rendre sa qualification mathématiquement officielle.
    Mission accomplie.
    Opposée à la Tahitienne Kiara Gold, à l’Australienne Jahly Stokes et à la Brésilienne Sophia Gonçalves, la jeune tricolore a dominé le heat avec un total de 11,67 points, notamment grâce à une gauche notée 6,50.

    Dans un line-up difficile, marqué par un fort backwash et des vagues piégeuses, Tya a fait preuve d’un calme et d’une maturité impressionnants.

    “Elle surfe comme une vétérane du Tour”, commentaient les speakers de la WSL, bluffés par la précision et la puissance de ses manœuvres.

    L’éclosion d’un talent précoce

    En quelques mois, Tya Zebrowski a bouleversé la hiérarchie mondiale du surf féminin.
    Numéro 1 du classement des Challenger Series 2025, elle a cumulé 28 630 points sur quatre étapes — soit l’un des meilleurs bilans de l’histoire récente du circuit.
    Avec une victoire à Ericeira, un deuxième, un troisième et un cinquième place, la Française a construit une saison quasi parfaite.

    Sa progression constante, son surf engagé et son style déjà abouti ont fait d’elle une figure incontournable du renouveau du surf européen.

    Une génération dorée : Kauli Vaast dans la même dynamique

    La réussite de Tya coïncide avec celle d’un autre Français : Kauli Vaast, actuel leader du classement masculin.
    Le Tahitien, vainqueur lui aussi à Ericeira, peut à son tour valider sa qualification dès ce week-end.

    Une double montée française sur le Tour d’élite, du jamais vu, qui marquerait un tournant historique pour le surf tricolore.

    La suite : viser la victoire à Saquarema

    Désormais qualifiée pour le CT 2026, Tya peut surfer sans pression sur le reste du Saquarema Pro.
    Mais connaissant son mental, il serait surprenant de la voir s’arrêter là.
    Prochaine étape : le Round of 32, où elle cherchera à prolonger sa dynamique face aux meilleures. La jeune surfeuse doit viser également de remporter le classement Challenger Séries, histoire de marquer un peu plus l’histoire de son empreinte. Avec Tya Zebrowski, on tient peut-être une chance d’avoir un(e) surfeur/surfeuse championne du monde WSL.

  • Tya Zebrowski à un heat de l’histoire à Saquarema

    Tya Zebrowski à un heat de l’histoire à Saquarema

    Le Banco do Brasil Saquarema Pro débute ce samedi 11 octobre sur la mythique plage d’Itaúna, au Brésil. Et tous les regards sont tournés vers une surfeuse française de 14 ans : Tya Zebrowski.
    Si elle passe une seule série, elle deviendra la plus jeune surfeuse de l’histoire à se qualifier pour le Championship Tour (CT).

    Une performance inédite, presque irréelle, qui marquerait une nouvelle ère pour le surf tricolore.

    Une saison exceptionnelle pour Tya Zebrowski

    Depuis le début des Challenger Series 2025, la jeune Française affole les compteurs.
    Avec déjà 28 630 points sur quatre étapes, dont une victoire à Ericeira, une seconde, une troisième et une cinquième place, Tya domine le classement féminin.
    Elle compte plus de 5 000 points d’avance sur la Portugaise Yolanda Hopkins, sa plus proche poursuivante.

    Même en cas d’élimination précoce, plusieurs combinaisons de résultats pourraient lui offrir la qualification mathématique.
    Mais une seule victoire de heat rendrait les calculs inutiles : Tya serait officiellement sur le CT 2026.

    Kauli Vaast, autre espoir français en route vers le CT

    Chez les hommes, la dynamique est tout aussi prometteuse.
    Kauli Vaast, vainqueur à Ericeira et actuel leader du classement masculin, peut lui aussi assurer sa montée sur le Tour s’il atteint les dernières phases à Saquarema.

    Le Tahitien de 22 ans, déjà finaliste à Teahupo’o sur le CT en tant qu’invité, a cette fois son destin entre ses mains.
    Avec Luke Thompson, George Pittar et Mateus Herdy dans son sillage, la bataille s’annonce intense sur le beach break d’Itaúna.

    Une double qualification française — Tya et Kauli — serait une première dans l’histoire du surf hexagonal. (on n’a jamais eu de qualification homme et femme une même année)

    Le public brésilien, une énergie pour les locaux

    Le Challenger Series de Saquarema est la seule étape sud-américaine du circuit.
    Itaúna est réputée pour ses vagues rapides et puissantes, mais aussi pour son ambiance électrique : le public brésilien est connu pour transformer chaque série en arène.

    Cette énergie galvanise les surfeurs locaux — à commencer par Mateus Herdy, Samuel Pupo ou encore Michael Rodrigues, tous capables de créer la surprise.
    Mais elle pourrait aussi pousser les Français à se transcender.

    Wildcards et outsider : la relève brésilienne au rendez-vous

    Le Brésil sera également bien représenté par deux wildcards annoncés par la WSL :

    • Tainá Hinckel, 20 ans, considérée comme l’une des plus prometteuses de sa génération ;
    • Weslley Dantas, au surf explosif, déjà vainqueur d’un QS à Itaúna.

    Ils viendront bousculer le classement et pourraient jouer les trouble-fête dans la course au CT.

    Le surf français aux portes d’un exploit historique

    Tya Zebrowski n’a que 14 ans, mais elle pourrait entrer dans la légende du surf mondial d’ici quelques jours.
    Jamais une surfeuse aussi jeune ne s’est qualifiée pour le Tour d’élite.

    Dans une discipline où l’expérience prime souvent, son sang-froid, sa technique et sa maturité bluffent les observateurs.
    À Saquarema, la Française surfera pour bien plus qu’une victoire : elle surfera pour l’histoire.

  • Créer sa piscine à vagues DIY : le rêve (presque) accessible ?

    Créer sa piscine à vagues DIY : le rêve (presque) accessible ?

    Imagine un lac isolé, une plaque d’acier, un treuil bricolé et quelques surfeurs qui refusent de se résigner à attendre la houle. Bienvenue dans le monde fascinant — et un peu fou — des piscines à vagues artisanales. En Finlande ou au Brésil, des groupes de passionnés ont prouvé que, même sans millions d’euros ni ingénieurs de la NASA, on pouvait créer une vague surfable. Oui, une vraie.

    L’expérience Artwave : le surf au milieu des pins

    L’histoire commence quelque part en Finlande, sur un lac gardé secret. Là-bas, Atso Andersen et son équipe ont conçu Artwave Surf, une vague 100 % faite maison. Pas de technologie high-tech, pas de compresseurs géants. Juste une idée : “Si les Portugais peuvent apprendre à surfer dès l’enfance, pourquoi pas nous, ici, sur nos lacs ?”

    Leur système repose sur des “ailes” sous-marines tirées par un treuil motorisé. En se déplaçant, ces ailes déplacent l’eau et génèrent une vague surfable sur plusieurs mètres. Le tout est mobile, démontable et assez simple pour tenir sur une remorque.
    Un peu comme un “wavepool nomade” que l’on pourrait installer où bon nous semble — tant qu’il y a un plan d’eau calme et une rallonge électrique.

    Le plus fou ? Cette invention fonctionne (c’est pas la fête, non plus). Les vidéos montrent des surfeurs glissant sur une vague petite, molle, constante, certes courte, mais réelle. Comme une version artisanale du Kelly Slater Wave Ranch, sans le prix d’un manoir californien et sans la qualité également…lol

    L’exemple brésilien

    Dans le genre DIY, les brésiliens sont à un niveau supérieur. On prend la bâche agricole, on creuse un trou, on met des rails au fond, et on crée une vague… Honnêtement, les vagues sont minuscules, on est loin des vagues commercialisées. On est vraiment sur du DIY…Cela me rappelle les débuts de la Wavegarden

    Combien coûterait une vague maison ?

    C’est la question qui fait rêver.
    Une piscine à vagues commerciale coûte entre 5 et 30 millions d’euros, selon la technologie (Wavegarden, Surf Lakes, Alaïa Bay, Slater Ranch…). Autant dire, hors de portée pour 99,9 % des surfeurs.

    Mais un prototype DIY ?
    Imaginons :

    • un treuil électrique : 500 à 1 000 €
    • une structure métallique sous-marine : 2 000 à 3 000 € selon les matériaux
    • un lac privé ou communal : gratuit si autorisé
    • un peu d’huile de coude et d’ingénierie collective

    👉 On parle d’un budget de 5 000 à 10 000 €, soit le prix d’une bonne voiture d’occasion.
    Pas donné, mais loin des folies industrielles.
    Reste la partie la plus compliquée : la sécurité, la régularité de la vague, et surtout, l’autorisation administrative. En France, toute installation dans un plan d’eau public demande une autorisation préfectorale stricte (impact écologique, sécurité des baigneurs, ancrage au fond, etc.).

    L’esprit “garage surf” : retour aux sources

    Ce qui rend ces expériences passionnantes, c’est leur esprit.

    Les pionniers d’Artwave ou les bricoleurs de plaques métalliques ne cherchent pas à concurrencer Kelly Slater : ils veulent juste créer du surf là où il n’existe pas.
    Et il y a quelque chose de profondément poétique là-dedans.
    La vague devient une œuvre humaine, un geste d’ingénieur-poète, un “tube de cœur” façonné par l’envie de glisser.

    Et en France, c’est possible ?

    Sur le papier, oui.
    Les lacs et plans d’eau sont nombreux : Landes, Bretagne, Alpes, Jura…
    Mais entre les réglementations environnementales, les contraintes d’énergie, et les assurances, la France n’est pas le pays le plus souple pour les expérimentations aquatiques.
    En revanche, un collectif ou une école de surf pourrait, avec l’aide d’un ingénieur, concevoir une micro-vague artificielle pédagogique pour débutants, bodyboarders ou foilistes.

    Pourquoi pas un jour un “Garage Wave Project” en France, soutenu par une communauté open-source de makers du surf ? Les technologies se démocratisent, l’impression 3D permet des prototypes rapides, et la culture surf aime les défis impossibles.
    Alors oui, c’est encore un rêve. Mais chaque vague a commencé quelque part — souvent dans un garage.

  • Il se fait mordre deux fois par un requin et conduit calmement jusqu’à l’hôpital

    Il se fait mordre deux fois par un requin et conduit calmement jusqu’à l’hôpital

    Le genre d’histoire qu’on ne trouve qu’en Australie

    Mardi 7 octobre 2025, sur Kangaroo Island, au sud de l’Australie, un surfeur d’une cinquantaine d’années s’est fait attaquer deux fois par un requin Cuivre (bronze whaler).
    Jusqu’ici, rien d’inédit sous les tropiques… sauf que l’homme a rejoint la plage, plié sa planche, et conduit lui-même jusqu’à l’hôpital, sérieusement blessé à la jambe.
    Les médecins ont confirmé : blessures graves, mais pronostic vital non engagé.
    Un scénario digne de Mad Max… mais version surf.

    “Le phoque m’a balancé”

    Selon Shark Watch South Australia, le requin poursuivait un phoque à travers la baie de D’Estrees, sur le spot ironiquement nommé The Sewer (“l’égout”).
    Et c’est là que la scène devient cartoonesque :

    “Un phoque a utilisé le surfeur comme leurre pour échapper au requin”, rapporte l’organisation.
    Résultat : deux morsures, une planche entamée, et un phoque qui repart libre comme l’air.
    Pas sûr que les relations interespèces s’en remettent.

    Le témoin du hasard absolu

    Ce jour-là, un visiteur, Jon Souter, se promenait avec sa famille sur les falaises de Kangaroo Island.
    Ils n’avaient “pas vu un seul être humain depuis des heures”, quand soudain, le hasard du siècle : deux silhouettes à l’eau, un phoque qui file, et derrière… un aileron.
    Souter sort son téléphone, filme le phoque qui passe entre les surfeurs — juste avant que le requin ne frappe.

    “J’ai vu la queue du requin fouetter l’eau, et là j’ai compris qu’il y avait un surfeur au mauvais endroit au mauvais moment.”

    Le tout sur un spot désert, perdu entre les falaises et le grand Sud.
    Pas d’autre témoin que quelques mouettes et… un smartphone.

    “C’était comme être percuté par un camion”

    Le surfeur, prénommé Lee, a raconté plus tard aux policiers que l’impact l’avait projeté hors de sa planche :

    “C’était comme être frappé par un camion. Il m’a mordu le dos, la fesse et le coude avant de disparaître.”

    Un témoignage aussi sec que son humour local.
    Et pourtant, le calme olympien.
    En regagnant la plage, Lee croise la famille Souter — qui, par miracle, avait une trousse de secours.
    Encore plus fort : l’autre surfeur à l’eau était médecin.
    Pas de panique : bandage, compresses, un peu de sang, beaucoup de sang-froid.

    “Le docteur a vérifié que ce n’était pas une artère, on a bandé la jambe, et Lee était surtout inquiet pour sa planche,” raconte Souter.
    “Il demandait où était son matériel, pendant qu’on nettoyait la plaie.”

    Toujours aller surfer avec un médecin

    Après quelques minutes d’impro de secourisme, le docteur-surfeur embarque son ami blessé, et les deux partent direction Kingscote, à 40 minutes de route.
    Pas d’hélico, pas d’ambulance.
    Juste un surfeur mordu deux fois, au volant de sa propre voiture, direction l’hôpital. Le lendemain matin ?
    Lee va bien. Il poste même une photo, un flat white à la main. “Il est très reconnaissant pour les soins reçus,” confirme son employeur, Craig Wickham, qui ajoute qu’il “a eu une sacrée chance”.

    Moralité du jour, selon Souter :

    “Always go surfing with a doctor.”
    Toujours aller surfer avec un médecin.
    Pas idiot, vu le menu local.

    Le spot “The Sewer” : pas vraiment une piscine

    Ironie du sort, The Sewer doit son nom à une vieille légende locale : les tubes y “te recrachent comme une merde”, dixit les surfeurs des années 60.
    Le coin, paradisiaque en apparence, est aussi fréquenté par une forte population de phoques et lions de mer, autrement dit… le buffet préféré des requins.
    Ce n’est d’ailleurs pas la première attaque dans la zone : un surfeur y avait déjà été croqué par un grand blanc il y a cinq ans.

    Les requins Cuivre, pas si gentils qu’ils en ont l’air

    Moins célèbres que leurs cousins blancs, les requins Cuivre sont pourtant responsables d’une quinzaine d’attaques recensées depuis 1962, dont une mortelle.
    Ils peuvent mesurer jusqu’à 3 mètres et attaquent surtout par erreur — ou, comme ici, sous la mauvaise influence d’un phoque manipulateur.

    Et après ?

    Aujourd’hui, Lee se remet, les points de suture en place et le sourire en coin.

    Après avoir aidé le surfeur, la famille Souter a d’ailleurs repris sa balade, pique-nique au soleil et glace au miel à la main.
    Parce qu’en Australie, même après une attaque de requin, la journée continue.

    “C’était un moment extraordinaire de timing,” conclut Jon Souter.
    “On n’avait vu personne depuis des heures, et puis… ce truc-là est arrivé.”

    Un phoque qui balance, un requin distrait, un surfeur stoïque, un médecin providentiel, et un café au lait en guise de happy end.
    Bref : une journée typiquement australienne.

    PS: photo non contractuelle, on sait, ce n’est pas un requin Cuivre en photo…

  • We The Surfers : à Robertsport, quand une vague redonne de l’avenir

    We The Surfers : à Robertsport, quand une vague redonne de l’avenir

    Et si un film de surf parlait d’abord de chance — la nôtre, d’être nés au bon endroit — puis de responsabilité ? Avec We The Surfers, Arthur Bourbon retourne à Robertsport, au Libéria, cinq ans après Water Get No Enemy. Il ne signe pas une suite “best of”, mais la chronique d’une communauté qui s’organise et grandit autour d’un club, de programmes éducatifs et d’un surf qui soigne les cicatrices d’hier tout en fabriquant des opportunités pour demain. Le film est disponible en VOD (Prime Video, Apple TV).

    Du cinéma d’action au cinéma d’attention

    Là où tant de films empilent les manœuvres, We The Surfers déplace le regard : moins d’ego, plus d’humains. On suit des surfeurs et surfeuses libériens qui transforment leur plage en espace commun : on y apprend, on y travaille, on y rit, on s’y répare — planches, âmes et liens sociaux. C’est le sens du Robertsport Surf Club, point d’appui d’une économie locale naissante (location de matériel, restauration, hébergements simples) et d’un apprentissage structuré (sécu à l’eau, encadrement des kids, règles de priorité).

    Cette structuration ne se fait pas en vase clos. Des ONG et initiatives de terrain — Universal Outreach, Provide The Slide — ont catalysé le mouvement : dons de planches, bourses, programmes environnementaux, surf thérapie, et un vrai coup d’accélérateur sur l’inclusion des filles. Le résultat visible, ce sont des lieux qui vivent et des trajectoires qui s’ouvrent.

    Le surf comme service public (version locale)

    On serait tenté d’appeler ça du “surf social”. Concrètement, à Robertsport on déjeune au resto du club, on dort chez l’habitant ou dans de petites chambres gérées localement, on loue une board ou on fait réparer la sienne, on apprend à lire la houle et les bancs. Parfois, un prize money de compétition se transforme en micro-investissement pour une boutique d’alimentation. La vague reste la même, mais l’écosystème autour change et, avec lui, la vie des habitants.

    Compétitions et repères : une scène qui dure

    Les marqueurs sportifs jalonnent cette montée en puissance : compétitions nationales régulières et, en 2024, l’accueil d’une étape de l’Africa Surf Tour à Robertsport. Autrement dit, le pays ne coche plus seulement la case “belle vague”; il s’inscrit sur la carte du surf africain qui compte. Ce rythme donne des objectifs aux jeunes, attire quelques voyageurs, et crédibilise le club auprès des autorités.

    “Où l’on naît” : la ligne la plus puissante du film

    Le cœur du message, c’est la chance de naissance. Grandir en France, c’est l’accès (presque) acquis à l’eau potable, aux soins, au sport ; à Robertsport, rien n’est “normal”. Ce rappel n’est pas là pour culpabiliser, mais pour recentrer la gratitude — et pour donner envie d’agir. L’impact de We The Surfers vient de cette tension tenue entre difficultés objectives (pauvreté, scolarité fragile) et énergie positive d’une jeunesse qui choisit la vague plutôt que la violence.

    Voyager sans abîmer : petit guide éthique pour Robertsport

    Le film donne envie de booker un billet — et c’est possible, mais pas comme à Bali. Il faut anticiper (vaccins, visa), s’organiser, contacter le Robertsport Surf Club en amont pour se faire “brancher” correctement (guides, hébergements, location). Sur place, on rémunère les services locaux, on respecte les locaux à l’eau, on évite le geotag outrancier, on ramasse ses déchets. Bref, on surfe et on renforce la scène plutôt que de la parasiter.

    Collecte planche de surf pour les surfeurs de Robertsport Liberia

    Les planches seront expédiées au Liberia par l’association « Provide The Slide »

    Ce qui aide vraiment

    • Matériel utile à apporter/donner : shortboards robustes, fish/twins, longboards solides, dérives (FCS2/US Box), leashes en bon état, kits de répa époxy, combis légères.
    • Dons intelligents : privilégier ce qui se répare facilement et sert à l’apprentissage quotidien.
    • Au-delà du surf : filtres à eau, fournitures scolaires, petit matériel médical — parce qu’une planche ne suffit pas toujours.

    Astuce pratique : depuis l’Europe, suivez les collectes annoncées par le film/le club — Soutenez financièrement les programmes éducatifs ou venir sur place en apportant du matériel utile.

    Pourquoi ce film touche juste

    Parce qu’il reconnecte le surf à son idée de partage. À Robertsport, on se passe des planches, on se félicite sur la plage, et le line-up ressemble plus à une cour de récré organisée qu’à une arène de score. Quand Arthur Bourbon dit préférer les histoires aux montages de tricks, on comprend : l’action est là, mais c’est l’attention qui fait grandir. Et, bonus, ça parle autant aux surfeurs qu’à celles et ceux qui n’ont jamais waxé une board.

    Voir le film, prolonger l’effet

    We The Surfers est visible dès maintenant en VOD (Prime Video, Apple TV). Regardez-le pour le plaisir, mais aussi comme un levier : plus le film circule, plus l’histoire de Robertsport rayonne, plus les initiatives locales trouvent des relais. Et si vous partez, partez bien : par le club, pour le club.

    Encadré — Infos clés

    • Où regarder ? Prime Video et Apple TV (51 min).
    • Contexte : Water Get No Enemy (2020) posait la première pierre ; We The Surfers documente la maturation d’une communauté de surf libérienne.
  • Board Culture Exposure 2025 : Biarritz au cœur de la culture glisse

    Board Culture Exposure 2025 : Biarritz au cœur de la culture glisse

    Sous les plafonds dorés du Casino municipal, au bruit des vagues de la Grande Plage toute proche, Biarritz s’apprête à accueillir l’un des rendez-vous les plus inspirants de la saison : le Board Culture Exposure 2025. Du 24 octobre au 1er novembre, la capitale basque du surf se transforme en un vaste terrain d’expression artistique, où la glisse devient langage, la photographie un manifeste, et la fête un prolongement naturel du ride.

    Né en 2024 de la rencontre entre la passion du surf, du skate et du snowboard, et le regard poétique de ceux qui les capturent, le BCE revient avec une seconde édition plus dense, plus ouverte, plus vibrante. Expositions, workshops, projections, masterclasses, concerts, conférences… Pendant dix jours, la culture board s’expose, se raconte, se vit. Et comme souvent à Biarritz, la magie opère : ici, l’art et le sel de mer se confondent.

    Le Casino, épicentre de la board culture

    Le Salon Diane du Casino municipal devient cette année encore le cœur battant du festival. C’est là que se déploient les photographies finalistes du concours international BCE, réunissant les meilleurs clichés de surf, skate, snowboard, lifestyle et reportage. Des images puissantes, parfois brutes, souvent poétiques, venues des quatre coins du monde pour célébrer la beauté du mouvement et l’instant suspendu.

    L’ouverture officielle, le 24 octobre à 16h, marque le coup d’envoi d’une semaine de célébrations. La soirée s’ouvre avec une projection de films autour des trois disciplines, avant une cérémonie inaugurale et un premier DJ set jusqu’à minuit, histoire de donner le ton : le BCE est autant une expérience visuelle qu’une fête collective.

    Le lendemain, le Casino vibre au rythme d’une journée marathon : workshops photo signés Leica x RVCA, lectures de portfolio, conférences et projections. Parmi les moments forts, une table ronde sur les nouvelles perspectives offertes par l’intelligence artificielle dans la photographie de glisse, avec Fabrice Laroche, Sylvain Cazenave, Basile Di Manski ou encore Mathias Fennetaux. En soirée, la projection de trois films cultes au Cinéma Le Royal : The Eternal Beauty of Snowboarding de Jérôme Tanon, Es Menikmati (25 ans déjà !) de Fred Mortagne, et The Big Sea de Lewis Arnold. Trois visions, trois époques, une même passion pour la beauté du geste.

    Une constellation d’expositions à travers la ville

    Cette année, le festival rayonne bien au-delà du Casino. Cinq lieux emblématiques de Biarritz accueillent des expositions en accès libre, formant une véritable carte sensible de la board culture mondiale.

    Côte des Basques : Beyond the Sandbank

    Sur le sable même de la Côte des Basques, l’exposition “Beyond the Sandbank” se déploie au rythme des marées. Soixante photographies posées à même la plage racontent un surf contemplatif, poétique, loin du spectaculaire. Le grain argentique, les silhouettes en contre-jour, les visages fatigués par le sel… Ici, le surf est une émotion, un souffle, une trace.
    Cette installation éphémère rend hommage aux regards singuliers — et notamment féminins — qui redéfinissent la culture surf comme un art de vivre plus que comme un sport. Une exposition vivante, mouvante, offerte à l’océan.

    Le Labho : Dance of the Seagulls – Riding Downhill with BTZ’ activist youth

    Quelques rues plus haut, au Labho, place à la jeunesse biarrote et à son énergie urbaine. Dance of the Seagulls raconte l’histoire du collectif BTZ Downhill, ces riders qui transforment les pentes de la ville en terrain d’expression sauvage.
    À travers des clichés à la fois bruts et poétiques, l’exposition saisit la liberté d’une génération qui ride autant qu’elle milite — pour la créativité, pour la rue, pour l’esprit de communauté. Le vernissage du 27 octobre, avec projection et DJ set, promet d’être un des moments phares du festival.

    ❄️ L’Atabal : White Umami – Snowboarding in Japan

    Direction l’Atabal pour une escale hivernale. White Umami réunit douze des plus grands photographes de snowboard autour d’un thème mythique : le Japon, ses montagnes silencieuses et sa poudreuse infinie, le fameux “Japow”.
    Le 30 octobre, le vernissage s’accompagne d’un DJ set de Falcon puis d’un live d’Étienne de Crécy, fusionnant ainsi culture glisse et scène électro française. Entre ride et rythme, cette soirée promet d’être une expérience multisensorielle.

    📚 La Médiathèque : Benjamin Deberdt – Rétro

    Figure majeure du skate européen, Benjamin Deberdt fait l’objet d’une grande rétrospective à la Médiathèque de Biarritz. Photographe légendaire et fondateur de Sugar, Kingpin ou Pause, il a documenté la scène skate avec une sincérité rare.
    Son travail, exclusivement argentique, capture la fragilité et la beauté du moment, l’âme d’une culture souvent mal comprise. Le 28 octobre, Deberdt sera présent pour une projection documentaire et un échange avec le public, suivi d’un DJ set signé Aberdeen Records.

    Ateliers, rencontres et masterclasses

    Parce que la photographie de glisse est un art vivant, le Board Culture Exposure encourage l’échange et la transmission. Tout au long du festival, des workshops Leica offrent aux participants la possibilité d’apprendre aux côtés de grands noms : Fred Mortagne, Arthur de Kersauson, ou encore Fabrice Laroche.

    On pourra aussi s’essayer au cyanotype avec le Labo Estampe, participer à des lectures de portfolios, ou assister à la masterclass d’Arthur de Kersauson (le 29 octobre) autour du lien entre image, voyage et aventure.

    Le Live Photo Contest, véritable signature du BCE, fait également son retour : une compétition photo en temps réel, sur la Grande Plage et l’esplanade du Casino. Photographes amateurs et pros y capturent surfeurs et skateurs en action, avant de soumettre leurs clichés à un jury exigeant. Les meilleurs recevront leurs prix lors de la cérémonie de clôture du 1er novembre, dans une ambiance festive et électrique.

    Journée spéciale : l’empreinte féminine dans la board culture

    Le 31 octobre, le festival met à l’honneur les femmes qui font bouger la glisse. En partenariat avec l’association Skate Her, la journée s’articule autour d’un atelier photo dédié au skate féminin, d’une conférence intitulée “Entre planches et objectifs : l’empreinte féminine dans la board culture”, et d’une série de projections engagées : Akwaba (sur la scène skate en Côte d’Ivoire), Water Guardians de Caroline Mardock, et Morena de Steve Won, portrait de la surfeuse philippine Ikit Agudo.
    En fin d’après-midi, Jérôme Tanon présentera son livre Woman Heroes, avant une Nixon Party et un DJ set Repier. Un hommage vibrant à toutes celles qui, dans l’ombre ou la lumière, redéfinissent la place des femmes dans la glisse et dans l’image.

    Entre art, engagement et fête

    Ce qui fait la singularité du Board Culture Exposure, c’est sa capacité à fédérer : photographes, riders, artistes, curieux, habitants, touristes… tous se retrouvent autour d’une même passion.
    Chaque lieu raconte une facette de la board culture : la nostalgie argentique de Deberdt, l’énergie rebelle du BTZ Downhill, la poésie saline de la Côte des Basques, ou la transe nocturne de l’Atabal.
    Mais au-delà des images, c’est une vision du monde qui s’exprime : celle d’une jeunesse libre, créative, solidaire, consciente des enjeux écologiques et sociétaux, mais toujours animée par le même besoin vital — glisser, créer, partager.

    Biarritz, berceau du surf européen, se réinvente ainsi en capitale d’une culture plus large, plus universelle : celle de la planche sous toutes ses formes. Et le Board Culture Exposure en devient le miroir, la vitrine et le manifeste.

    Infos pratiques

    📍 Lieux principaux :

    • Casino municipal – Salon Diane (exposition principale, workshops, projections, conférences, DJ sets)
    • Côte des Basques – Beyond the Sandbank (exposition en plein air)
    • Labho – Dance of the Seagulls (vernissage + soirée le 27 octobre)
    • Médiathèque de Biarritz – Benjamin Deberdt Rétro (du 28 octobre au 29 novembre)
    • Atabal – White Umami + concerts (30 octobre au 3 novembre)

    🎞 Projections spéciales :

    • The Eternal Beauty of Snowboarding – Jérôme Tanon
    • Es Menikmati – Fred Mortagne
    • The Big Sea – Lewis Arnold

    🎧 Soirées et DJ sets :

    • La Division Deux (24 octobre)
    • DJ Falcon & Étienne de Crécy (30 octobre)
    • Repier & Nixon Party (31 octobre)

    🎟 Accès :
    Toutes les expositions sont en accès libre, seules certaines soirées concerts sont payantes (Atabal).
    Les workshops Leica, lectures de portfolio et sessions photo sont sur inscription.

    Un festival qui a trouvé sa vague

    Le Board Culture Exposure 2025 n’est pas seulement un événement de plus sur le calendrier culturel basque. C’est une respiration.
    Une rencontre entre ceux qui glissent et ceux qui regardent, entre la vitesse et la lenteur, entre le geste et son empreinte. Dans un monde saturé d’images, le BCE nous rappelle qu’une photo peut encore nous faire vibrer — quand elle capture l’âme de la glisse, ce moment où le mouvement devient silence, où le rider devient poète.

    Alors, si vous êtes à Biarritz entre le 24 octobre et le 1er novembre, ne manquez pas cette célébration unique de la board culture. Car ici, la planche est bien plus qu’un outil : c’est un moyen de voir le monde autrement.

  • Hommage à Ilima Kalama, légende hawaïenne et père du surf moderne

    Hommage à Ilima Kalama, légende hawaïenne et père du surf moderne

    Ilima Kalama, l’âme de l’océan s’est éteinte à 82 ans

    Le monde du surf pleure l’un de ses plus grands esprits de l’océan. Ilima Kalama, légendaire waterman hawaïen et père du surfeur et pionnier du tow-in Dave Kalama, est décédé à l’âge de 82 ans. Figure respectée autant pour sa force tranquille que pour son humilité, Ilima laisse derrière lui un héritage immense, empreint de respect pour la mer, la culture hawaïenne et la transmission d’un savoir ancestral.

    Un pionnier entre Hawaï et la Californie

    Né à Honolulu, Ilima Kalama appartient à une lignée de watermen dont la réputation traverse les générations. Son père, Noah, fut l’un des premiers à introduire la pratique de la pirogue hawaïenne (outrigger canoe) sur la côte ouest des États-Unis après avoir déménagé la famille à Newport Beach à la fin des années 1950.

    Rapidement, le jeune Ilima s’impose sur les plages de Huntington et Newport. En 1962, il remporte les United States Surfing Championships, l’une des compétitions les plus prestigieuses de l’époque. Sponsorisé par Hobie et Hang Ten, il devient une icône de la culture surf naissante, incarnant l’esprit d’aventure, de liberté et de respect de la nature.

    Mais Ilima n’était pas seulement un surfeur. C’était un waterman complet : plongeur, rameur, sauveteur, explorateur. Il vivait la mer dans toutes ses dimensions, au-delà du sport, comme une philosophie.

    Le miraculé du Cortes Bank

    Dans les années 1970, Ilima participe à une série d’expéditions sur la vague mystérieuse Cortes Bank, un haut-fond perdu au large de la Californie, aujourd’hui célèbre pour ses vagues géantes. C’est là qu’il frôle la mort : lors d’une plongée en apnée, son bateau coule en pleine nuit, à des dizaines de kilomètres de toute terre.

    Pendant des heures, Ilima et son compagnon de plongée dérivent dans une eau glacée, à la merci de l’océan. “J’ai pensé à ma famille, à ma mère disparue. J’ai prié, et j’ai senti sa présence. C’est comme si elle me disait de tenir bon.”
    Miraculeusement sauvés par un pêcheur, les deux hommes s’en sortent. Quelques semaines plus tard, Ilima retournera plonger sur le même site, incapable d’ignorer l’appel de l’océan.

    Cette expérience, racontée dans le livre Ghost Wave de Chris Dixon, résume à elle seule la vie de Kalama : le courage, la foi et le respect de la mer.

    La transmission d’un héritage

    Ilima Kalama a transmis sa passion et ses valeurs à son fils Dave Kalama, devenu l’un des watermen les plus respectés au monde. Dave est notamment connu pour avoir, aux côtés de Laird Hamilton, Darrick Doerner et Buzzy Kerbox, inventé le tow-in surfing – cette pratique qui a révolutionné le surf de grosses vagues en permettant de surfer des vagues inaccessibles.

    Chez les Kalama, la mer n’est pas un simple terrain de jeu. Elle est un maître exigeant, un miroir spirituel. “Mon père m’a appris à écouter l’océan”, dira souvent Dave. “À ne jamais le défier, mais à danser avec lui.”

    Une légende honorée de son vivant

    En août 2024, Ilima Kalama était intrônisé au Surfers’ Hall of Fame à Huntington Beach. Ses empreintes de mains et de pieds, désormais figées dans le ciment, rejoignent celles des plus grands noms du surf. Un hommage mérité pour un homme dont la vie a incarné, mieux que quiconque, l’essence même du surf : l’humilité face à la nature, la transmission et la gratitude.

    Dans son dernier témoignage, Ilima confiait :

    “J’ai fait des erreurs, mais la mer m’a toujours pardonné. Je la respecte, je la remercie, et je lui rends tout ce que je peux. Mahalo Ke Akua — merci à Dieu.”

    Un aloha éternel

    Ilima Kalama s’en est allé comme il a vécu : avec dignité, gratitude et sérénité. Son esprit continue de flotter sur les vagues d’Hawaï, là où tout a commencé. Pour tous les surfeurs, il restera un exemple éternel de ce que signifie être un véritable waterman.

  • Comment se qualifier sur le WCT (Championship Tour) de la WSL ?

    Comment se qualifier sur le WCT (Championship Tour) de la WSL ?

    Vous rêvez d’entrer dans l’élite du surf mondial ? La World Surf League a tracé une route claire vers le Championship Tour (CT). Entre Mid-Season Cut, Challenger Series et wildcards, voici un guide complet — concret et à jour — pour comprendre comment décrocher (ou garder) sa place sur le WCT.

    Le cadre : une saison CT en deux temps

    Le CT démarre en début d’année avec 36 hommes et 18 femmes. Après cinq étapes environ, la WSL opère un Mid-Season Cut qui réduit le tableau à 24 hommes et 12 femmes.

    • Les surfeurs au-dessus du cut (soit Top 22 hommes et Top 10 femmes, hors wildcards d’épreuve) poursuivent la saison et, surtout, sont automatiquement qualifiés pour le début de la saison suivante.
    • Les surfeurs en dessous du cut basculent sur le Challenger Series pour tenter de regagner le CT par la voie “promotion”.

    À noter : en cas d’égalité pour la dernière place conservée (22e chez les hommes / 10e chez les femmes), le règlement départage d’abord au meilleur résultat comptant, puis au nombre de heats gagnés, puis à la moyenne des notes.

    La voie royale d’accès : le Challenger Series (CS)

    Le Challenger Series est le circuit d’accession. En fin d’année, il attribue la majorité des tickets pour le CT de la saison suivante :

    • Hommes : les Top 10 CS (non déjà qualifiés via le cut CT) montent sur le CT.
    • Femmes : les Top 7 CS (non déjà qualifiées via le cut CT) montent sur le CT.

    Côté barème, la WSL ne compte que vos meilleurs résultats : par exemple, si la saison comporte 7 épreuves, seuls vos 5 meilleurs scores entrent au total. Cela limite l’aléa (blessure, mauvais call, houle capricieuse) et valorise la régularité.

    Wildcards & remplacements : les exceptions qui confirment la règle

    • Wildcards de saison (WSL Season Wildcards) : la WSL dispose de places nominatives pour compléter le plateau (notamment en début de saison).
    • Wildcards d’épreuve (Event Wildcards) : des invitations ponctuelles, souvent pour des locaux ou des talents en forme. Elles n’offrent généralement pas de points CT (sauf cas précisés par la WSL).
    • Remplacements (Replacements) : en cas de blessure ou de retraite avant le cut, la WSL peut nommer un(e) remplaçant(e) pour des épreuves spécifiques.

    Important : lorsqu’un(e) surfeur(se) est doublement qualifié(e) (ex. conserve sa place via le cut et termine dans le Top CS), la place “en trop” ne descend pas mécaniquement au suivant du CS : elle redevient wildcard WSL, que la Ligue attribue selon ses critères.

    Feuille de route express pour se qualifier (hommes et femmes)

    1. Commencer sur le QS (Qualifying Series), des étapes régionales pour accéder au Challenger Series.
    2. Briller sur le CS : viser Top 10 (H) ou Top 7 (F) en fin d’année.
    3. Intégrer le CT l’année suivante — et tenir le cut de mi-saison pour s’y installer durablement.
    4. Alternative : décrocher une wildcard WSL (rare, non maîtrisable), ou profiter d’un remplacement ponctuel.

    Cas concrets 2025 : Tya Zebrowski et Kauli Vaast

    • Tya Zebrowski (France) a éclaboussé le CS féminin par sa précocité et sa constance. Scénario de qualif : si elle termine la saison dans le Top 7 du CS (et qu’elle n’est pas déjà qualifiée via le cut CT), elle décroche son ticket pour le CT 2026. Comptablement, elle n’est pas encore qualifiée sur le CT ou Championship Tour. Mais, au vu de son avance, il faudrait un concours de circonstance improbable pour qu’elle ne soit pas qualifiée
    • Kauli Vaast (Tahiti/France) est dans une dynamique similaire côté masculin. Scénario de qualif : viser le Top 10 du CS en fin de saison (hors qualification automatique via cut CT). Pour Kauli Vaast, la marge est moindre, et ses chances de qualification ne sont pas du tout acquises. La prochaine étape au Brésil sera primordiale.

    FAQ rapide

    • Faut-il gagner une épreuve CS pour monter ? Non. La constance prime : plusieurs quarts/semis peuvent suffire.
    • Que se passe-t-il si je rate le cut CT ? Vous redescendez sur le CS immédiatement pour rejouer votre chance.
    • Les wildcards donnent des points CT ? Les Event Wildcards, en règle générale, non. Les Season Wildcards relèvent d’un statut particulier défini par la WSL.
  • Waimea river, version XXL : Jamie O’Brien dompte la vague statique d’Oʻahu

    Waimea river, version XXL : Jamie O’Brien dompte la vague statique d’Oʻahu

    À Waimea Bay, il existe un mirage de surfeur : une vague qui ne vient pas de l’océan, mais d’une rivière en crue. Quand le Waimea Valley déborde et perce la barre de sable (ou plutôt quand les surfeurs creusent un tranchée), un fleuve brun se jette dans la baie, sculpte un chenal et, pendant quelques heures, transforme la plage mythique en une machine de vagues statiques dignes d’un snowpark aquatique. Ces derniers jours, le phénomène a livré son plus beau visage. Jamie O’Brien (JOB) a parlé sans trembler : “10/10, probablement la meilleure river wave de ma vie”, aux côtés de Koa Smith, à l’aube, quand la rivière prête à éclater promet le jackpot aux premiers arrivés.

    Aube, sable taillé au scalpel, vagues glassy parfaites

    La session commence avant le lever du soleil. Le chenal est gonflé, la plage encore vide, l’océan lui-même offre de beaux sets au large de Waimea, mais les deux compères préfèrent la folie douce du fleuve. Dans la lumière laiteuse, la surface devient glassy : un verre dépoli, si lisse qu’on se demande s’il va tenir sous les dérives. JOB enchaîne des runs de trois à quatre minutes avec de nombreuses manœuvres, porté par une onde stationnaire qui respire comme un poumon. “Absolument insane”, résume-t-il en sortant de l’eau, rincé et hilare.

    Comment naît une telle perfection ?

    Le décor est simple et pourtant capricieux : de fortes pluies remplissent le Waimea Valley. C’est un bassin dans un parc naturel qui n’est séparé de la plage de Waimea que par une langue de sable de quelques mètres. On commence par creuser une tranchée reliant ce bassin naturel à l’océan. L’eau douce accélère, creuse des “dunes” sous-marines dans le chenal, qui renvoient l’énergie comme un tremplin. Quand le débit et le profil du fond s’alignent, une vague statique se met à fonctionner, parfois grande, quand le débit est suffisant, mais toujours d’une régularité hypnotique. C’est une obsession pour les locaux.

    Le contraste avec la version “monstre” de l’hiver dernier

    Souviens-toi : en février, la rivière avait explosé en mode superlatif, session nocturne, crue furieuse, risques énormes. JOB, Koa, Italo Ferreira et une poignée de locaux au coucher du soleil. C’était spectaculaire… et franchement hostile. La différence cette fois ? Moins de chaos, plus propre. Une ligne lisible, glassy, idéale pour carver et jouer avec les changements de section. La vague statique de Waimea River n’a pas de standard : elle a des humeurs. Et, ce jour-là, elle était de bonne humeur.

    Une beauté, non sans danger

    Waimea River casse depuis de nombreuses années sans qu’aucun incident sérieux n’ait lieu. Cependant, c’est un phénomène puissant, qui demande d’être à l’aise avec l’élément marin. Lorsque vous tombez de votre planche, ou que vous ratez la vague. Le courant est si violent que vous allez être éjecté dans l’océan sans pouvoir faire quoique cela. Une personne sans expérience pourrait paniquer, on a l’impression d’être pris dans une baïne violente. Autre phénomène inquiétant, le risque requin existe à Hawaiii et sur le North Shore. Ce phénomène pourrait attirer des requins tigres ou boudelogues, aucune étude existante ou accident, mais je me souviens m’être fait la réflexion lorsque j’ai dans le passé surfer la vague statique de Waimea River.

  • Andrew Jacobson, du kid de Malibu au chasseur de monstres

    Andrew Jacobson, du kid de Malibu au chasseur de monstres

    Coach haut de gamme, membre du crew Chapter 11 et chasseur de bombes, Andrew Jacobson signe un film qui met des gifles : Teahupo’o, l’Irlande, Fidji… et une bombe à Pipeline, le tout présenté par Dane Reynolds, légende en personne. Un portrait humain et une claque visuelle.

    Un coach pas comme les autres

    Andrew Jacobson n’est pas le moniteur qui pousse des mousses à Zuma. À Malibu, il a bâti un coaching ultra ciblé, pensé pour des clients exigeants et discrets, capables de l’emmener à la demande jusqu’à un wavepool en jet privé ou d’investir sérieusement dans la progression d’un jeune talent. Ce modèle lui permet de rester maître de son temps, de caler ses semaines sur les houles et de financer sa vie d’athlète sans renoncer aux voyages. Être son propre patron n’a rien d’un caprice : c’est la condition pour poursuivre une obsession, celle d’aller chercher les meilleures vagues possibles, où qu’elles se lèvent.

    Dane Reynolds, narrateur de luxe

    Dans le film This Is Where I Am, réalisé par Hunter Martinez avec Chapter 11, Dane Reynolds ne se contente pas d’introduire le personnage : il l’humanise. On traverse des scènes de maison familiale, un tea time à la fois gênant et tendre, et l’on découvre un Andrew drôle, pudique, focalisé. La frontière symbolique entre Malibu et Ventura s’efface pour laisser place à une relation simple, faite d’admiration réciproque et de petites piques. Cette proximité donne au récit un ton rare : au lieu de vendre un héros, le film dévoile un surfeur qui aime l’océan plus que le storytelling.

    Teahupo’o, Irlande, Fidji : la claque visuelle

    Quand l’action démarre, tout s’accélère. À Teahupo’o, Andrew se lance dans la gueule du monstre avec une lecture millimétrée, une ligne et une sortie propre. En Irlande, les murs d’eau froide et le vent glacial ne lui arrachent pas sa fluidité ; il reste droit dans ses appuis, rapide, fluide. Aux Fidji, il retrouve ce tempo élastique où chaque section appelle une décision franche, sans gestuelle superflue. Les images tiennent par leur évidence : il ne subit pas ces vagues lourdes, il les sculpte.

    Pipeline, la bombe et la fanfaronnade qui fait sourire

    Le sommet de la vidéo arrive à Pipeline. La vague filmée est un gros set à Pipeline, un bon deuxième reef, mais Andrew s’y place exactement où il faut. La trajectoire est chirurgicale, la prise de vitesse parfaite, la sortie impeccable. Depuis mon siège, cela parait trop simple. Il en rit ensuite en lâchant qu’il est peut-être l’habitant de Malibu qui a la meilleure vague à Pipe. La phrase a le goût de la provocation légère et de l’autodérision, mais les images, elles, ne plaisantent pas. Ce clin d’œil offre un gimmick parfait : assez culotté pour faire réagir, assez vrai pour tenir la route.

    La cicatrice Cloudbreak et la revanche

    Le film raconte aussi la face cachée de l’engagement. En 2018, à Cloudbreak, Andrew se brise le genou dans un wipeout violent. La reconstruction est longue, physique et mentale, et revenir scorer là-bas a tout d’une revanche. On comprend alors le triangle affectif qui structure sa pratique : Pipeline pour l’histoire et la densité, Teahupo’o pour la pureté et la verticalité, Cloudbreak comme l’ancienne flamme avec laquelle il fallait solder les comptes. Cette relation aux vagues lourdes éclaire sa manière d’habiter chaque take-off : calme froid, lecture rapide, goût du risque maîtrisé.

  • « Seconds from death » à Oceanside : ce drame nous rappelle les bons réflexes en surf

    « Seconds from death » à Oceanside : ce drame nous rappelle les bons réflexes en surf

    Le 28 septembre 2025, en plein swell lié à l’ouragan Narda, le surfeur californien Scott Muir a heurté le fond, tête la première à Oceanside (San Diego County). Sauvé in extremis par des surfeurs et des sauveteurs, il a subi une grave lésion de la moelle épinière et une chirurgie d’urgence. La communauté se mobilise aujourd’hui pour sa rééducation.

    Les faits, datés et sourcés

    Selon Surfer Magazine, l’accident est survenu le 28 septembre 2025, avec un héliportage à Scripps Memorial Hospital (La Jolla) et une opération immédiate. Trois jours plus tard, une cagnotte “Keep Scott Surfing” est lancée et une vidéo tournée depuis l’hôpital montre Scott conscient, remerciant les soutiens.

    Un swell puissant à l’origine de l’incident

    Le National Weather Service et les médias locaux avaient émis un Beach Hazard Advisory pour la côte de San Diego autour du 28–30 septembre, évoquant des courants de retour puissants et des sets pouvant atteindre 6–8 pieds sur les plages exposées au sud/sud-ouest. Comme tous les swells de cyclone ou d’ouragan, ce sont des vagues avec une longue période, souvent plus puissantes qu’à la normale.

    Pourquoi ces traumatismes surviennent (même sur un beachbreak)

    Récemment plusieurs incidents du même genre ont eu lieu, on peut nommer Soli Bailey ou plus proche de chez nous Vincent Duvignac, a été victime d’une terrible chute, entraînant une fracture aux cervicales C2 et C3, un vrai miraculé.

    Hauteur d’eau trompeuse : sur des bancs mobiles, un take-off un peu tardif peut projeter verticalement vers un fond à moins d’un mètre.
    Période et énergie : un swell de période moyenne/longue concentre l’énergie ; un 1–2 m « propre » peut frapper beaucoup plus fort qu’il n’y paraît.
    Mauvais réflexes : le « plongeon » bras tendus, tête en extension, multiplie le risque de compression cervicale en cas d’impact.
    Fatigue euphorique : après quelques bonnes vagues, on prend plus de risques, et la fatigue amplifie le phénomène.

    Selon ses proches, Scott a été sauvé à quelques secondes de la noyade d’où le titre « seconds from death »: retrouvé face contre l’eau et paralysé sous le cou, il a été immobilisé et pris en charge sur la plage, puis héliporté en urgence pour une intervention chirurgicale.

    Prévention : les réflexes qui protègent ta nuque (et ta vie)

    1. Posture de chute : menton rentré, avant-bras croisés derrière la tête, dos arrondi, rouler sur l’épaule — surtout éviter le « plongeon ».
    2. Prendre en compte la profondeur de l’eau, notamment dans les shore breaks.
    3. Toutes les vagues ne sont pas bonnes à prendre, adapter votre choix de vagues en fonction de votre niveau.
    4. Méfiez-vous de la lèvre, elle peut être votre pire ennemi. On sous-estime sa puissance.
    5. Renseignez-vous avant de vous mettre à l’eau. Regardez les panneaux, n’hésitez pas à demander des conseils à des surfeurs locaux.
    6. Regarder les prévisions de surf et ne surestimez pas votre niveau de surf.
    7. Échauffement nuque/dos (5–8 min) : mobilité cervicale douce, gainage léger, ouverture de hanches et épaules.
    8. Humilité : deux lessivages à l’inside d’affilée ? Pause, hydratation, changement de pic. Quand on ne le sent pas; n’y allez pas.

    Si un accident survient sous tes yeux : les 6 gestes essentiels

    1. Alerte immédiate : Appelez les sauveteurs, les premiers gestes sont primordiaux.
    2. Approche par l’aval du courant, planche entre toi et les vagues.
    3. Maintien tête–cou–tronc dans l’axe ; ne tire pas par les bras.
    4. Décubitus dorsal sur la planche, surélever légèrement les épaules (nose) si possible.
    5. Parler à la victime, surveiller respiration et conscience ; éviter hypothermie et choc.
    6. Ne pas faire « craquer » le cou ni tenter de « remettre » quoi que ce soit : c’est interdit.

    Au-delà du choc : solidarité et horizon

    La campagne “Keep Scott Surfing” aide à financer 12–18 mois de rééducation, l’adaptation du logement familial et les frais médicaux. Dans sa vidéo, Scott remercie proches, amis lointains et inconnus pour cet élan. Le message de sa famille est limpide : ne pas renoncer à l’océan, mais mieux l’aborder — avec respect, information et préparation.

  • Ericeira : double victoire française historique sur le Challenger Series

    Ericeira : double victoire française historique sur le Challenger Series

    La France a fait carton plein à Ericeira. Sur la quatrième étape du Challenger Series, Tya Zebrowski (14 ans et demi) s’impose chez les femmes au terme d’une semaine bluffante de maîtrise, tandis que Kauli Vaast remporte la finale hommes après un parcours contrôlé de bout en bout. Une performance XXL qui propulse les deux Tricolores au cœur de la course à la qualification CT et offre au surf français une journée mémorable au Portugal. Le summun de cette journée historique est le classement général du Challenger Series, puisque après 4 épreuves sur 7, le classement masculin est dominé par Kauli Vaast et le classement féminin est largement contrôlé par Tya Zebrowski, du jamais vu…

    Tya Zebrowski, 14 ans et demi, déjà un mental de CT

    À seulement 14 ans (née le 9 mars 2011), Tya a empilé les heats solides et confirmé ce que toute la scène savait déjà : maturité tactique, lecture chirurgicale de Ribeira d’Ilhas, premiers turns posés au bon timing, puis variations rail-to-rail pour verrouiller les notes clés. Cette victoire consolide sa place en tête du classement CS (challengers series) à mi-saison et la rapproche très nettement d’une montée sur le Championship Tour dès ses 15 ans.

    Repère historique. La plus jeune qualifiée CT de l’ère WSL moderne reste Caroline Marks (qualifiée à 15 ans 264 jours en 2017). Si Tya valide sa montée à 15 ans, elle entrera dans ce cercle extrêmement restreint des ados sur le CT — potentiellement plus jeune que Marks selon la date de validation officielle.

    Ce qui a fait la différence :

    • Choix de vagues intelligents sur les longues droites d’Ericeira.
    • Gestion du temps de série.
    • Calme face à des adversaires plus expérimentées, signe d’un vrai mindset de compétitrice.
      Des indices visibles toute la saison et déjà entrevus lors de ses succès QS et de son statut de championne d’Europe QS 2024/25.

    Kauli Vaast, autoritaire du début à la fin

    Chez les hommes, Kauli Vaast a pris l’ascendant dès l’entame de la finale avec une première vague forte qui a laissé son adversaire à distance. Il n’a jamais vraiment été inquiété, gardant la priorité et le rythme sur les meilleures sections. Cette victoire le cale solidement dans le Top-5/Top-10 du classement CS et relance plus que jamais son projet CT pour la saison prochaine.

    Au-delà du titre du jour, Kauli confirme son profil de grand rendez-vous : précision de placement, lecture du banc, et un surf connecté aux sections critiques (carves puissants + closes nets). Pour rappel, l’Olympique de Teahupo’o 2024 a déjà mis en lumière son sens du timing et sa constance au plus haut niveau. Ce n’est qu’une confirmation de son talent.

    Pourquoi ce doublé compte (énormément)

    • Impact symbolique : un doublé tricolore femmes/hommes sur une même étape du Challenger Series est rarissime — à notre connaissance, une première pour la France sur ce circuit.
    • Une prodige de 14 ans et demi qui gagne + un champion olympique en route vers le CT = une histoire forte, lisible, grand public.
    • Projection qualification : Tya creuse l’écart en tête du CS ; Kauli se replace très haut à trois épreuves de la fin, avec la possibilité d’effacer ses moins bons résultats.

    Prochaine étape du Challenger Series au Brésil du 11 au 19 Octobre à Saquarema.

  • Nathan Florence, l’électron libre qui rejoint Red Bull

    Nathan Florence, l’électron libre qui rejoint Red Bull

    À 31 ans, le cadet de la fratrie Florence n’a jamais autant pesé sur le surf de gros. Et la signature toute fraîche chez Red Bull ouvre un nouveau chapitre XXL à une carrière déjà riche en tubes en tout genre, en wipeouts pédagogiques et en vidéos YouTube qui cartonnent.

    Bio express

    • Nom : Nathan Florence
    • Naissance : 10 juin 1994, O‘ahu (Hawaii) — 31 ans.
    • Fratrie : John John (aîné) et Ivan (benjamin).
    • Spécialité : vagues creuses et slabs extrêmes (Tahiti, Shipstern Bluff, Mexique, Indo…).

    Le style “heavy water” plutôt que la compète

    Nate a grandi dans le vortex du North Shore et s’est forgé une identité loin des circuits pro : charger les plus grosses houles, expliquer les risques, partager la progression (et les gamelles) avec une sincérité rare. En 2018, il décroche le Surfline Wave of the Winter ; en 2019, il remporte Red Bull Cape Fear à Shipstern Bluff (sa première grande victoire), avec un 9,33 en finale.

    Blessure, retour et consécration

    En 2023, une chute à Jaws lui provoque une fracture par compression lombaire. Il revient plus fort, enchaîne une saison monstrueuse et est élu Stab Surfer of the Year 2023 (meilleur surfeur de l’année). En 2024, il reste au top du débat — John John remportant l’édition 2024, Nate figurant tout en haut des votes.

    Architecte de sa propre audience

    Le vrai “game changer” : sa chaîne YouTube (≈ 518k abonnés, +600 vidéos), vitrine d’un surf engagé et immersif qui documente chaque mission — du barrel fest de J-Bay aux sessions XXL dans le reste du monde. Il l’assume : “si tu ne construis pas ton audience, tu es mort.”

    Sponsors : de Vans à FLORENCE… puis Red Bull

    • 2024 : Nate quitte Vans pour rejoindre FLORENCE (la marque familiale) — un virage stratégique qui officialise l’indépendance du clan. Ivan suivra ensuite.
    • FCS : ailerons big wave signature depuis 2021.
    • 2025 : Red Bull signe Nate pour deux ans. Le deal inclut accès aux performance centers (tests, imagerie médicale), logistique globale (jet-skis partout, gros projets) et un co-branding de casquette avec FLORENCE. Nate parle d’idées “plus grandes que nature”… jusqu’aux slabs antarctiques en hélico.

    Ce que change Red Bull (concrètement)

    1. Capacité d’exécution : feux verts pour des expéditions lourdes (froid, éloignement, sécurité).
    2. Performance & santé : monitoring scientifique pour durer dans l’ultra-gros.
    3. Narration : plus de moyens visuels pour sa série “slab tour”, tout en gardant le rythme hebdo sur YouTube (Nate l’a confirmé via ses contenus).

    Repères chronologiques

    • 2018 — Surfline Wave of the Winter.
    • 2019 — Victoire Red Bull Cape Fear (Shipstern Bluff, Tasmanie).
    • 2023 — Blessure au dos (Jaws) puis Stab Surfer of the Year.
    • 2024 — Arrivée chez FLORENCE (ex-Florence Marine X).
    • 2025Signature Red Bull (contrat 2 ans).

    Matos & quiver

    • Boards : Pyzel (team rider historique).
    • Fins : FCS big wave (modèle signature).

    Pourquoi son impact dépasse le “gros”

    Nate a imposé un modèle hybride : athlète d’ultra-gros et créateur média. Son influence réoriente le sponsoring performance vers des projets éditoriaux “audience-first”. La signature Red Bull valide ce cap : des idées sans plafond, une diffusion mondiale, et des récits qui inspirent autant qu’ils impressionnent.

  • Mort du surfeur costaricien Kevin Kirby : points clés et hommages

    Mort du surfeur costaricien Kevin Kirby : points clés et hommages

    Le 1er octobre 2025, le corps de Kevin Kirby (27 ans) a été retrouvé sur la berge du río María Aguilar, à Hatillo 8 (San José). Les premières constatations de l’OIJ (Organismo de Investigación Judicial) font état de blessures par arme blanche et de contusions, le corps ayant séjourné plusieurs jours dans l’eau. Kevin était porté disparu depuis le dimanche 28 septembre, après une dernière apparition à Sabanilla de Montes de Oca vers 17 h 30, déclenchant une recherche de ses proches et des autorités.

    Qui était Kevin Kirby ?

    D’après la presse costaricienne et les hommages, Kevin Kirby Jiménez était un amoureux de la nature, surfeur et pêcheur, apprécié pour sa gentillesse et son énergie. Son compte Instagram et les témoignages de proches dépeignent un jeune homme positif, proche de sa famille et de sa communauté surf.

    Avancée de l’enquête

    • Les autorités ont interpellé un suspect à Hatillo (Ciudadela María Reina) le 1er octobre, sur la base des premiers éléments de l’OIJ.
    • Les médias costariciens ont indiqué que des perquisitions et analyses de traces (sang, empreintes) sont en cours dans une habitation de Hatillo, tandis que le véhicule que conduisait Kevin a été localisé et expertisé (indices biologiques considérés comme déterminants par l’enquête).

    (Note : ces informations d’enquête peuvent évoluer ; nous suivrons les mises à jour officielles.)

    La communauté surf sous le choc

    Le surfeur Carlos Muñoz a rendu un hommage appuyé : « Fly high my Kirby… La vie est fragile… » — message largement partagé au Costa Rica et dans la presse surf. Des médias proches de la scène locale, comme DUKE Surf et Gallo Pinto TV, décrivent Kevin comme un jeune homme « toujours souriant, électrique, amoureux de la mer ».