Catégorie : surfer

  • Myélopathie du surfeur : quand le rêve de glisse vire au cauchemar

    Myélopathie du surfeur : quand le rêve de glisse vire au cauchemar

    Imaginez partir en vacances dans les Caraïbes, découvrir le surf pour la première fois… et finir paralysé. Ce scénario absurde, digne d’un film dramatique, est pourtant une réalité pour une poignée de surfeurs dans le monde. Le nom de ce mal encore méconnu : la myélopathie du surfeur.
    Une affection aussi mystérieuse que dévastatrice, qui a déjà brisé plusieurs vies – de la Guadeloupe à Honolulu, en passant par les Alpes suisses.

    Un voyage en Guadeloupe qui tourne au drame

    Février 2025. Flavien, 29 ans, s’envole pour la Guadeloupe avec sa compagne et leur fils. Le séjour s’annonce idyllique : mer chaude, soleil, lagons… C’est lors d’une première leçon de surf à Sainte-Anne que tout bascule. Après quelques minutes passées allongé sur sa planche, en position de rame, Flavien ressent une douleur aiguë dans le bas du dos, rapidement suivie de fourmillements, engourdissements, puis une perte de force dans les jambes.

    Transporté d’urgence à l’hôpital de Pointe-à-Pitre, le premier diagnostic est flou. Mais un second neurologue évoque une cause rare : un infarctus médullaire, autrement dit un accident vasculaire de la moelle épinière, aussi appelé myélopathie du surfeur.

    Le témoignage glaçant de Marc, paralysé à Hawaï

    Marc, 22 ans, originaire des Grisons en Suisse, rêvait de surfer les vagues du Pacifique. Deux jours après son arrivée à Hawaï, il ressent la même douleur foudroyante que Flavien.
    « Je surfais quand soudain, j’ai eu l’impression qu’on m’avait planté un couteau dans le dos », raconte-t-il.
    Ses jambes lâchent. Il coule. Sauveteurs, ambulance, diagnostic : myélopathie du surfeur.

    Les médecins lui annoncent qu’il ne remarchera probablement jamais. Pourtant, après deux ans de rééducation, Marc a retrouvé l’usage partiel de ses jambes :

    « Je peux marcher quelques mètres avec des béquilles. J’ai même refait du snowboard. Mais mon rêve, c’est de retourner surfer, sur cette même plage. »

    Mais qu’est-ce que la myélopathie du surfeur ?

    dentifiée pour la première fois à Hawaï en 2004, la surfer’s myelopathy est une lésion non traumatique de la moelle épinière.
    Elle est causée par une hyperextension prolongée du dos, typique de la position de rame sur la planche.

    En clair : allongé trop longtemps, le surfeur crée une compression qui réduit l’apport sanguin à la moelle. Résultat : une ischémie médullaire, comparable à un mini AVC de la colonne.

    Les symptômes à repérer :

    • Douleur aiguë dans le bas du dos
    • Fourmillements ou engourdissement dans les jambes
    • Perte de force musculaire
    • Troubles urinaires ou intestinaux
    • Paralysie soudaine

    Ce qui rend la maladie perfide, c’est qu’elle survient sans aucun traumatisme. Pas de wipeout, pas de choc contre la planche : tout se passe à l’intérieur du corps.

    Ce que dit la science

    Une étude japonaise publiée en 2019 décrit le cas d’une jeune femme de 19 ans, débutante, victime de la même pathologie.
    En seulement une heure, elle passe de simples picotements à la paraplégie.
    Grâce à une prise en charge rapide (oxygénothérapie, corticoïdes, rééducation), elle a pu remarcher en moins d’un mois.

    Les médecins japonais évoquent plusieurs hypothèses :

    1. Compression artérielle (artère d’Adamkiewicz) causée par l’hyperextension.
    2. Compression veineuse ou spasme lié à la manœuvre de Valsalva (inspiration bloquée lors de l’effort).
    3. Embolie fibrocartilagineuse, quand un fragment de disque intervertébral migre dans une artère spinale.

    Mais aucune cause unique n’a encore été prouvée.

    Une affection rare… mais grave

    Peu d’études existent sur cette pathologie. Une revue scientifique coréenne a analysé 3 cas de jeunes hommes (19 à 30 ans), tous débutants en surf. Deux d’entre eux, traités avec des corticoïdes, sont restés paraplégiques malgré des mois de rééducation. Le troisième, soigné par induction d’hypertension pour améliorer la perfusion médullaire, a quasiment récupéré l’usage complet de ses jambes en quelques jours.

    Autrement dit, le traitement précoce est essentiel, mais il n’existe aucune prise en charge standardisée. Les pistes incluent :

    • L’hyperhydratation et l’induction d’une hypertension contrôlée
    • L’usage de stéroïdes à haute dose (controversé)
    • L’angiographie spinale en urgence pour identifier une cause vasculaire
    • Le drainage lombaire pour réduire la pression du liquide céphalorachidien

    Une urgence médicale méconnue

    En 2016, une revue internationale recensait seulement 64 cas documentés dans le monde.
    Un chiffre probablement sous-estimé, car de nombreux cas légers passent inaperçus.
    Les études montrent pourtant que le pronostic dépend entièrement de la rapidité du diagnostic.

    Un traitement précoce peut inclure :

    • Hyperhydratation et induction d’hypertension pour améliorer la perfusion
    • Corticoïdes à haute dose (usage controversé)
    • Oxygénothérapie hyperbare
    • Drainage lombaire pour réduire la pression céphalorachidienne

    Les patients traités dans les premières heures ont souvent récupéré partiellement.

    Un long combat pour réapprendre à marcher

    Pour Flavien, le diagnostic a été confirmé en métropole après une longue errance médicale. Transféré dans un centre de rééducation en Vendée, il a dû tout réapprendre comme un bébé : respirer profondément, ramasser un objet, activer ses muscles. Aujourd’hui, il recommence à bouger sa jambe droite, un peu la gauche. Son objectif est clair : remarcher d’ici décembre.

    Il témoigne quotidiennement de son combat dans un carnet de bord, avec l’idée d’en faire un livre. Lui et sa compagne veulent surtout sensibiliser : « Si j’étais resté 5 minutes de plus dans l’eau, je me serais peut-être noyé ».

    Une éducation indispensable pour prévenir les cas

    L’un des constats partagés par les études scientifiques est limpide : la prévention est la clé. Aux États-Unis, une fondation a créé le sigle SPINE pour sensibiliser les surfeurs :

    • S : Sit on your board — s’asseoir régulièrement sur sa planche
    • P : Pace yourself — ne pas rester trop longtemps dans l’eau
    • I : Insist on a trained instructor — privilégier un moniteur expérimenté
    • N : Notice symptoms — être attentif aux douleurs ou engourdissements
    • E : Exit the water — sortir immédiatement si un symptôme apparaît

    En France et en Europe, la majorité des moniteurs n’ont jamais entendu parler de ce syndrome. Il serait temps d’intégrer cette information dans les formations de surf, comme cela commence à se faire à Hawaï ou en Corée du Sud.

    Peut-on continuer à surfer après une myélopathie ?

    Dans les cas les plus graves, la reprise du surf est impossible. Mais certains patients ayant récupéré partiellement ont pu remonter sur une planche, avec prudence. Il est cependant recommandé de consulter un neurologue ou un médecin du sport avant toute reprise, et d’éviter les longues périodes de rame en extension.

    Ce que nous dit ce témoignage

    L’histoire de Flavien met en lumière une réalité cruelle : un accident invisible peut briser une vie en quelques minutes, sans prévenir. Et pourtant, en informant mieux, en réagissant plus vite, en adaptant l’enseignement du surf, de nombreux cas pourraient être évités ou atténués.

    La myélopathie du surfeur n’est pas une fatalité. Mais pour que cela devienne vrai, il faut briser le silence, documenter les cas, et surtout, écouter son corps dès les premiers signes d’alerte.

    En résumé : que faut-il retenir ?

    • La myélopathie du surfeur est une pathologie rare mais grave, liée à un manque d’irrigation de la moelle épinière
    • Elle touche surtout des surfeurs débutants, souvent lors de leur première session
    • Les symptômes précoces doivent être pris très au sérieux : douleurs dorsales, fourmillements, faiblesse dans les jambes
    • Aucun traitement n’est standardisé, mais une prise en charge rapide améliore le pronostic
    • La prévention par l’éducation des surfeurs et des moniteurs est essentielle
  • John Peck, pionnier de Pipeline et âme mystique du surf, s’en est allé à 81 ans

    John Peck, pionnier de Pipeline et âme mystique du surf, s’en est allé à 81 ans

    John Peck s’est fatigué de surfer les vagues terrestres. À 81 ans, le pionnier de Pipeline s’est libéré de son corps pour rejoindre les flots cosmiques, là où les houles ne s’arrêtent jamais. On ne pouvait commencer cet article sans une phrase cosmique pour annoncer la disparition de John Peck. Celui qu’on surnommait “The Cosmic Surfer” a tiré sa révérence, laissant derrière lui un héritage immense, entre innovation technique, mysticisme et liberté absolue. Avec sa disparition, c’est une partie du surf originel — celui où l’océan était un temple et la planche une extension de l’âme — qui s’éloigne dans le ressac du temps.

    Des racines nomades vers le Pacifique

    Né en 1944 à Los Angeles, John Peck grandit au rythme des affectations militaires de son père, pilote de la Navy. De la Virginie au Texas, puis de San Diego à Waikiki, il découvre très tôt que le mouvement est une constante dans sa vie. C’est à Coronado, en Californie, qu’il attrape sa première vague à quinze ans, avant que la famille ne s’installe définitivement à Honolulu.

    À 16 ans, il découvre la culture hawaïenne du surf, l’esprit d’Aloha et la puissance des reef breaks. Très vite, son style fluide et instinctif attire l’attention. À la fin des années 1950, il fait déjà partie des jeunes talents prometteurs du North Shore, alors que le surf moderne est encore en train de se construire.

    1963 : le jour où John Peck inventa le “pigdog” ou le « grab the rail backside »

    Le 1er janvier 1963, sur la côte nord d’Oahu, John Peck entre dans la légende. Pipeline rugit. Ce jour-là, le jeune Californien de 19 ans se jette dans une vague massive et, dans un geste instinctif, il agrippe le rail extérieur de sa planche pour se caler dans le tube.
    Un mouvement simple, mais révolutionnaire : la naissance du pigdog, cette position mythique qui permet aux surfeurs backside de se caler profondément dans le barrel.

    Cette session, immortalisée dans plusieurs films de surf (Angry Sea, Gun Ho!, Walk on the Wet Side), bouleversa à jamais la manière de surfer Pipeline. Le geste de Peck lui valut la couverture de Surfer Magazine et un statut de pionnier incontesté. Comme le résume Matt Warshaw dans son Encyclopedia of Surfing :

    “John Peck a spontanément inventé une posture basse, main sur le rail, qui lui permettait de rester haut et serré dans la vague — une révélation pour l’époque.”

    Du surf à la spiritualité : l’ère psychédélique

    Mais John Peck ne fut pas qu’un surfeur technique. Dans les années 1960, il rejoint la Brotherhood of Eternal Love, une communauté de surfeurs et de hippies californiens prônant une vie guidée par la spiritualité, le yoga et… le LSD. Leur credo : paix, illumination et surf.

    Peck, lui, devient une figure de ce mouvement alternatif. Il explore les frontières entre surf et transcendance, entre performance et conscience. Mais cette quête de liberté l’entraîne aussi vers l’excès. Il est arrêté à Maui pour possession de drogue et passe du temps derrière les barreaux.

    En 1984, il met un terme à cette dérive. Il abandonne la drogue, l’alcool, et retrouve le surf sous un nouveau jour. Il s’initie au yoga, qu’il pratiquera jusqu’à devenir enseignant. Ses contemporains le décrivent alors comme un homme à l’énergie intense, presque surnaturelle. Certains disent même qu’il affirmait pouvoir léviter.

    Le shaper visionnaire

    L’influence de John Peck dépasse largement le line-up. Dans les années 60, il conçoit avec Morey-Pope Surfboards le modèle Peck Penetrator : une planche fine, nerveuse, à double stringer et à la dérive innovante. Elle deviendra un symbole de la transition entre le longboard classique et les premiers shortboards de la “révolution du surf” à venir.

    Peck est aussi l’un des premiers à expérimenter le nose winged design, un avant de planche effilé conçu pour mieux contrôler les manœuvres de nose riding. Des innovations qui influenceront durablement le design moderne.

    Mais au-delà des shapes, Peck incarne surtout une philosophie : celle d’un surf organique, intuitif, spirituel — une manière de danser avec la vague plutôt que de la dominer.

    “Brother John”, le mentor

    Au fil des années, John Peck devient une sorte de guide, une figure de sagesse dans la communauté surf. Il partage son savoir sur la respiration, le mouvement, la santé et la spiritualité. Parmi ceux qu’il a inspirés, Joel Tudor, qui lui rend aujourd’hui un hommage bouleversant :

    “Il a été mon premier professeur de yoga à 18 ans. Il m’a appris l’importance d’une vie équilibrée, du mouvement, de la diète et de la paix intérieure. Il surfait encore à plus de 70 ans, à Hanalei Bay et Newport Point. Tu vas me manquer, John. Puisses-tu surfer à jamais les vagues cosmiques.”

    D’autres, comme Wayne Rich ou Jim Hogan, saluent son humanité, sa douceur et sa vision. Tous évoquent un homme qui ne surfait pas seulement des vagues, mais l’existence elle-même.

    Un esprit libre jusqu’au bout

    John Peck n’a jamais cherché la gloire. Il se méfiait de la médiatisation et préférait la communion silencieuse avec l’océan. Son but n’était pas de gagner des compétitions, mais de comprendre l’énergie des vagues, de ressentir la connexion entre le corps, la planche et l’univers.

    Il disait souvent que surfer, c’était “apprendre à danser avec la nature sans la déranger”. Et cette danse, il l’a poursuivie toute sa vie, même dans la vieillesse, mince, bronzé, presque translucide, toujours présent sur les spots au lever du jour.

    Au-delà du reef : la vague éternelle

    Aujourd’hui, la communauté surf pleure la disparition d’un de ses pionniers les plus singuliers.
    Mais il serait réducteur de voir en John Peck seulement un surfeur. Il était aussi un philosophe, un chercheur de vérité, un homme en quête d’harmonie.

    À travers lui, Pipeline n’était plus seulement un champ de bataille, mais un lieu sacré. Le tube, une métaphore de la vie : sombre, incertain, mais débouchant parfois sur une lumière éclatante.

    Alors, au revoir John. Merci pour tes sourires, ta sagesse, tes inventions et ton grain de folie.
    Puisses-tu maintenant surfer la grande vague cosmique, au-delà du reef, là où la houle ne s’éteint jamais.

  • Eli Hanneman, renaissance d’un prodige hawaïen

    Eli Hanneman, renaissance d’un prodige hawaïen

    Sous le soleil brûlant de Lahaina, là où la mer a tout vu et où le feu a tout pris, un jeune homme surfe à nouveau. Dans sa dernière vidéo REBIRTH, Eli Hanneman revient sur les lieux de son enfance, désormais réduits à un champ de cendres. Il y parle peu, mais chaque image, chaque vague qu’il chevauche dit l’essentiel : la reconstruction, la mémoire et l’amour indéfectible pour une terre meurtrie.

    Les flammes de Lahaina et la naissance d’une nouvelle ère

    « Ce port, c’est un peu la colonne vertébrale de tout ce coin. J’ai tellement de souvenirs et de moments vécus dans cet endroit minuscule. »Ces mots d’Eli Hanneman résonnent avec gravité. Dans REBIRTH, le surfeur hawaiien rend hommage à Lahaina, sa ville natale détruite par les incendies de 2023. Ce port, ces rues, ces couchers de soleil qu’il évoque, ne sont plus que souvenirs. Mais au milieu de la désolation, le film capte une émotion rare : celle d’un retour à la vie.

    Les images alternent entre silence, guitare et houle. Eli glisse sur les vagues comme on traverse un souvenir, avec respect et douceur. Il évoque cette « normalité retrouvée » quand les habitants reviennent à l’eau, comme une respiration après le chaos. REBIRTH n’est pas seulement une vidéo de surf. C’est un poème visuel sur la résilience, un hommage à la communauté hawaiienne, à la mer, et à cette flamme qu’aucun incendie ne peut éteindre.

    L’enfant prodige de Maui devenu surfeur accompli

    Né le 7 novembre 2002 à Lahaina, sur l’île de Maui, Eli Hanneman a grandi sous les projecteurs. Avant même d’être majeur, il était déjà présenté comme “the next big thing” du surf mondial. Sa précocité fascine : technique, contrôle, aisance aérienne… tout semble naturel.

    En 2017, il termine 2e du Pipe Junior Pro, battant des jeunes surfeurs hawaïens déjà redoutés comme Finn McGill et Cody Young. Deux ans plus tard, il signe une 3e place au Red Bull Airborne de Bali, face aux meilleurs spécialistes des manœuvres aériennes.

    La suite de sa carrière se construit entre défis et maturité. En 2020, il se distingue au WSL QS Air Tahiti Rangiroa Pro (2e place). En 2022, il triomphe à domicile au Priority Pro Hawaii et décroche une 3e place au World Junior Championships. À seulement 20 ans, Eli s’impose comme un surfeur complet, aussi à l’aise dans les airs que dans les tubes.

    Le style Hanneman : entre feu et fluidité

    Eli Hanneman, c’est un mélange d’explosivité et de style. Sa signature : des rotations aériennes à haute vitesse, enchaînées avec une précision chirurgicale. C’est un mélange de Italo Ferreira et d’un John John Florence, avec un petit gabarit.

    Mais au-delà de la technique, Eli impressionne par sa lucidité. Son surf n’est jamais forcé. Il lit la vague comme un musicien lit une partition. Dans REBIRTH, cette dimension est omniprésente : on sent qu’il ne surfe pas pour la gloire, mais par passion pour les vagues et l’océan.

    « J’aimerais beaucoup être le surfeur préféré d’un gamin. », disait-il à ses débuts. Aujourd’hui, à 22 ans, il incarne ce rêve : celui d’un surfeur humble, passionné, qui avance sans artifice.

    En route vers le CT : la quête de sens et de gloire

    Après des années à gravir les échelons, Eli Hanneman s’est imposé comme l’un des leaders du Challenger Series 2025. Sa victoire au US Open of Surfing en 2023 l’a propulsé parmi les grands espoirs du surf mondial. Il ne cache plus son objectif : intégrer le Championship Tour (CT) et, un jour, viser le titre mondial.

    Mais dans son cas, la quête dépasse les résultats. REBIRTH en témoigne : le surf est devenu pour lui un acte de transmission. Il surfe pour son île, pour sa communauté, pour cette jeunesse de Maui qui grandit dans les cendres mais garde les yeux tournés vers l’horizon.

    Lahaina renaîtra, et avec elle, Eli Hanneman.

    Un symbole de renaissance pour Hawaii

    Dans une époque où les vidéos de surf s’enchaînent à la vitesse des stories, REBIRTH se distingue par sa profondeur.
    Eli n’a pas besoin de commenter chaque manœuvre : il laisse les images parler. La bande-son bluesy (original pour un clip de surf), la lumière dorée du Pacifique et ses rides solitaires sur une eau d’huile traduisent un message simple : le surf peut guérir.

    À 22 ans, Eli Hanneman n’est plus “l’enfant prodige” qu’on observait avec curiosité. Il est devenu un homme, un protagoniste dans l’eau, un témoin de la résilience de son peuple. Et si REBIRTH marque sa renaissance, c’est peut-être aussi celle du surf hawaiien à Maui, entre tradition, humilité et renouveau.

    Eli Hanneman n’a pas seulement grandi sur les vagues de Maui. Il a appris à se relever, à transformer la perte en énergie, la douleur en beauté. Dans chaque tube, on retrouve un peu de Lahaina. Et dans chaque sourire, la promesse que rien n’est jamais perdu tant qu’on peut encore surfer.

  • À 72 ans, il perd la vie dans des vagues de plus de 4 mètres à Porto Rico

    À 72 ans, il perd la vie dans des vagues de plus de 4 mètres à Porto Rico

    C’est une tragédie qui bouleverse la communauté du surf à Rincón, sur la côte ouest de Porto Rico. Robert “Bobby” Oldsman, surfeur américain de 72 ans originaire du Massachusetts, est décédé lundi 20 octobre alors qu’il surfait à Tres Palmas, spot mythique connu pour ses houles massives. Selon les premiers rapports, il aurait été violemment heurté à la tête par sa planche avant de perdre connaissance.

    Les conditions étaient extrêmes ce jour-là. Le National Weather Service avait émis une alerte pour des vagues atteignant 10 à 15 pieds, soit plus de quatre mètres. Malgré ces avertissements, les surfeurs les plus aguerris de Rincón étaient nombreux à l’eau pour profiter de cette rare houle venue du nord.

    “Malheureusement, personne n’était assez proche pour lui porter secours à temps”, a déclaré la météorologue portoricaine Ada Monzón, relayée par la chaîne NotiCentro. “Greg Carson a tenté de le rejoindre après avoir entendu des appels à l’aide, mais il était déjà trop tard.”

    Transporté vers un hôpital local, Robert Oldsman a été déclaré mort à son arrivée.

    Un passionné de surf jusqu’à la fin

    Bobby Oldsman n’était pas un touriste de passage. Installé six mois par an à Porto Rico, il passait ses hivers à Rincón pour surfer les grosses houles de l’Atlantique, avant de retourner dans le Massachusetts où il gérait un service traiteur sur Cape Cod.
    Connus de tous les locaux, ses cheveux argentés et son sourire constant faisaient partie du paysage de Tres Palmas. “Il était toujours là quand les vagues grossissaient”, a confié un surfeur local sur les réseaux sociaux.

    Dans les hommages qui ont suivi son décès, un ami a cité une réplique culte de Point Break :

    “Si tu veux l’ultime, tu dois être prêt à payer le prix ultime. Ce n’est pas tragique de mourir en faisant ce que tu aimes.”

    Tres Palmas, un spot réservé aux experts

    Surnommée le “Sunset Beach portoricain”, Tres Palmas est une vague puissante qui ne fonctionne que lors des très grosses houles hivernales. Le reef est profond, mais les séries peuvent être trompeuses : un “set surprise” peut soudainement balayer le line-up. C’est un lieu qui inspire le respect, où chaque surfeur sait que la marge d’erreur est minime.

    La mort de Bobby Oldsman rappelle à tous la violence des éléments et la fragilité du corps, même après des décennies d’expérience. Mais elle rappelle aussi quelque chose de beau : à 72 ans, il surfait encore des vagues de plus de quatre mètres !!!! et vivait encore pleinement sa passion, avec cette flamme que seuls les amoureux de l’océan comprennent.

  • Jamie Mitchell grièvement blessé sur le North Shore : “J’ai de la chance d’être encore là”

    Jamie Mitchell grièvement blessé sur le North Shore : “J’ai de la chance d’être encore là”

    Le North Shore d’Oahu vient à peine de s’éveiller que la saison d’hiver a déjà fait sa première victime. Jamie Mitchell, légende australienne du surf de gros, s’est violemment blessé au visage après avoir pris sa propre planche en pleine tête, lors d’une session sur l’un de ses spots fétiches d’Hawaï.

    Un départ de saison brutal

    Quelques jours après les premiers gros swells de la saison, Pipeline, Ke Iki ou encore Shark’s Cove ont déjà offert leur lot de tubes, de chutes et d’adrénaline. Mais cette fois, c’est l’un des chargeurs les plus respectés du North Shore qui a payé le prix fort.
    Mitchell, 48 ans, surfait sur une planche de 9’10″ lorsqu’une série imprévisible a tout fait basculer. Propulsé sous l’eau, il a pris la dérive de sa planche de surf de plein fouet, “à quelques millimètres de la jugulaire”, selon ses propres mots.

    Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, il apparaît le visage recouvert de bandages, la voix encore tremblante :

    “J’ai eu une matinée un peu compliquée… J’ai pris ma 9’10” en pleine figure. Dix-huit agrafes à l’arrière de la tête, quinze points de suture dans la gorge, cinq sur la pommette, et quelques autres un peu partout. Mais je vais bien. C’est fou comme tout peut basculer quand tu t’y attends le moins.”

    ATTENTION LES IMAGES CI-DESSOUS SONT IMPRESSIONNANTES

    Une blessure impressionnante, mais pas fatale

    Les images, difficilement soutenables, montrent la coupure profonde sur la joue et le cou du surfeur. Une plaie si proche des veines vitales qu’il aurait pu y laisser sa vie. “Un coup de dérive près de la jugulaire”.
    Malgré la gravité du choc, Jamie a gardé son calme légendaire et son humour typique : “Je suis vivant, endolori, mais déjà en train de penser à la prochaine houle”, a-t-il plaisanté en story.

    La communauté surf a immédiatement réagi : des messages de soutien ont afflué de tous les horizons — de Kelly Slater à Billy Kemper en passant par Mark Healey — saluant la résilience d’un homme qui a toujours repoussé ses limites sans jamais tricher avec la mer.

    Une figure du surf de gros

    Jamie Mitchell n’est pas un inconnu sur le North Shore. Double champion du monde de paddleboard, multiple vainqueur de la course épique Molokai 2 Oahu, il s’est ensuite imposé parmi les meilleurs surfeurs de gros de la planète.
    Que ce soit à Jaws, Nazaré ou Waimea, l’Australien s’est forgé une réputation de guerrier silencieux, capable de dompter les montagnes d’eau les plus intimidantes sans esbroufe ni ego surdimensionné. On se souvient tous de son drop à Belharra en France.

    Ce nouvel accident rappelle que même pour les surfeurs les plus aguerris, la ligne entre maîtrise et drame reste infime. Quelques centimètres de plus, et le surf aurait perdu l’un de ses héros les plus respectés.

    Une leçon d’humilité

    “C’est dans ces moments-là que tu réalises à quel point tout peut s’arrêter vite”, a-t-il confié depuis l’hôpital d’Honolulu.
    Le North Shore est souvent décrit comme le théâtre de la gloire, mais aussi de la douleur. Chaque hiver, il remet les compteurs à zéro, testant la foi et le courage de ceux qui osent s’y frotter.

    Jamie Mitchell, lui, compte bien revenir à l’eau — une fois ses 18 agrafes et ses 30 points de suture retirés. Parce qu’on ne tourne pas le dos à l’océan quand il fait partie de votre ADN.

  • Pedro “Scooby” Vianna, l’enfant indomptable du surf brésilien

    Pedro “Scooby” Vianna, l’enfant indomptable du surf brésilien

    Un destin façonné par les vagues

    Pedro Henrique Mota Vianna, plus connu sous le nom de Pedro “Scooby”, est né le 10 août 1988 à Rio de Janeiro. Pour beaucoup, il incarne à lui seul une certaine idée du surf brésilien : libre, excessif, charismatique et profondément humain.
    S’il n’est pas le plus titré des surfeurs de son pays, il en est sans doute l’un des plus authentiques, un de ceux qui ont choisi la voie la plus risquée : celle du freesurf et des vagues XXL.

    Son premier contact avec la mer, c’est son père qui le lui offre, quand il a à peine cinq ans. Pourtant, son enfance ne ressemble pas à une carte postale de Rio. Son père est arrêté alors qu’il est encore enfant ; la responsabilité du foyer tombe sur ses épaules trop jeunes. « Tout aurait pu mal tourner, mais le surf m’a sauvé », racontera-t-il plus tard.

    De Barra da Tijuca aux premiers sponsors

    C’est à 11 ans que Scooby reprend le surf après plusieurs années loin de la plage. Très vite, il montre un talent instinctif, un goût du risque et une créativité hors norme. À 13 ans, il s’amuse déjà à tenter des aerials improbables — parfois même sans combinaison… ni maillot.

    À 15 ans, il décroche son premier sponsor, une marque californienne séduite par son style explosif. Deux ans plus tard, il devient le premier Brésilien signé par Nike, un symbole fort dans un pays encore peu représenté sur la scène mondiale.

    Mais Pedro ne veut pas du circuit classique. Il choisit une autre voie : celle du freesurf, des sessions sauvages, des voyages, de la recherche du moment parfait plutôt que du score parfait. Une décision rare à l’époque, mais qui définira toute sa carrière.

    L’appel des vagues géantes

    C’est au tournant des années 2010 que Pedro Scooby se rapproche du monde des grosses vagues. À Puerto Escondido, au Mexique, il se jette dans un swell monstrueux avec une planche empruntée. Résultat : l’une des vagues de la journée et une réputation qui explose.

    En août 2011, alors qu’il est en lune de miel à Bora Bora, il demande à sa femme la permission de filer à Tahiti pour une raison que seuls les surfeurs peuvent comprendre : le Code Red d’un swell approche. À Teahupo’o, il se distingue avec une planche trop petite et une audace démesurée. Ce jour-là, le monde du surf XXL découvre vraiment Pedro Scooby.

    Mais la route des chargeurs est toujours bordée de risques. En 2019 à Nazaré, il vit l’une des pires frayeurs de sa vie : percuté par sa planche, il est maintenu sous l’eau par plusieurs vagues. Il perd la vision pendant quelques secondes, mais reste conscient.
    « Je ne voulais pas y aller ce jour-là. Il pleuvait, le vent était mauvais… Et pourtant, j’y suis allé. C’est la vie que j’ai choisie. »
    Un touriste lui viendra en aide sur la plage. Scooby s’en sort indemne, mais profondément transformé.

    Trois ans plus tard, en 2024, il revient à Nazaré en équipe avec Lucas “Chumbo” Chianca, et les deux Brésiliens remportent le Nazaré Big Wave Challenge. Une revanche sur le destin, et une consécration pour celui qu’on avait déjà surnommé le “fou du surf”.

    L’icône du freesurf brésilien

    Pedro Scooby, c’est un style à part : goofy-footer, toujours engagé, souvent imprévisible, parfois borderline. Il surfe avec le cœur, avec les tripes. Il se moque du format, des juges, des codes. Ce qu’il cherche, c’est la sensation pure — celle d’une vague qui peut tout lui prendre.

    Élu meilleur freesurfer de l’année 2012 par le magazine Alma Surf, et lauréat du meilleur tube de l’année pour un ride historique à Teahupo’o, il devient rapidement une figure de la scène alternative.

    En 2014, il apparaît dans la série Pedro Vai Pro Mar sur Canal OFF. L’année suivante, Nike produit une bande dessinée à son effigie, De Volta à Rotina (“De retour à la routine”), une première dans l’histoire du surf brésilien.

    Entre célébrité et authenticité

    Mais Scooby ne se résume pas à un surfeur. Il est aussi une personnalité publique, un phénomène médiatique. En 2016, il participe à l’émission Saltibum (plongeon acrobatique), puis à Exathlon Brasil en 2017, où il termine deuxième.
    En 2022, il entre dans la maison du Big Brother Brasil, et termine cinquième après 95 jours de confinement — la plus longue période de sa vie loin de la mer.

    Cette notoriété dépasse le surf. Publicités, campagnes de mode, plateaux télé… Pedro Vianna devient une icône populaire au Brésil, sans jamais renier ses racines océaniques.

    Il agace autant qu’il fascine. Pour certains, il symbolise l’excès ; pour d’autres, il incarne une liberté rare. Mais dans le line-up, personne ne doute de son engagement. Scooby reste un vrai surfeur, un chargeur capable de tout donner dans un tube à Nazaré ou dans une gauche mexicaine.

    Un surfeur, un père, un homme libre

    Côté personnel, Scooby a toujours vécu à fond. En 2013, il épouse la comédienne Luana Piovani, avec qui il a trois enfants : Dom, Bem et Liz. Le couple se sépare en 2019. Quelques mois plus tard, il vit une relation médiatisée avec la chanteuse Anitta, avant d’épouser la mannequin Cintia Dicker en 2020. Ensemble, ils accueillent une fille, Aurora, en 2022.

    Derrière le buzz, il y a un homme profondément attaché à sa famille et à ses valeurs. Il revendique une éducation spirituelle, une approche détachée du matériel et une philosophie simple : vivre intensément, sans peur.

    L’entrepreneur du surf moderne

    Aujourd’hui, Pedro Scooby ne se contente plus de charger des vagues géantes. Installé entre Rio et Lisbonne, il investit dans l’immobilier, les cosmétiques, les NFT, la crypto et même l’eau en canette. Son patrimoine est estimé à près de 4 millions de dollars.
    Loin du cliché du surfeur fauché, il incarne une nouvelle génération de riders-entrepreneurs, capables de transformer leur notoriété en projets durables.

    Il continue aussi d’apparaître dans des documentaires, des clips, et même dans des chansons : O Surfista e o Sambista, écrite par Rogê et Arlindo Cruz, lui rend hommage — preuve que Scooby a dépassé les frontières du surf pour devenir un symbole de la culture populaire brésilienne.

    L’héritage d’un surfeur sans peur

    Pedro Scooby n’a jamais gagné de titre mondial. Il n’en a jamais vraiment voulu. Sa victoire, c’est d’avoir inspiré toute une génération de surfeurs à vivre le surf autrement : comme un art, une manière de respirer, de tout risquer sans calculer.

    Son surnom, “Scooby”, vient d’un dessin animé, mais il aurait tout aussi bien pu venir de la culture punk ou du fado portugais. C’est un homme à contre-courant, imprévisible, sincère.
    Dans un monde où tout se mesure, il reste l’un des rares à vivre sans chronomètre.

    « Je suis un mélange de rock star et de moine zen », aime-t-il dire.
    Et c’est sans doute cette contradiction qui fait de Pedro Scooby un personnage unique du surf mondial, un symbole du Brésil qui ne lâche jamais — même quand la vague semble trop grosse.

  • Makua Rothman se confie sur ses addictions : “Je sniffais des cachets avant d’aller surfer Jaws”

    Makua Rothman se confie sur ses addictions : “Je sniffais des cachets avant d’aller surfer Jaws”

    Quand on pense à Makua Rothman, on imagine la puissance brute. Le genre de surfeur qui regarde Jaws droit dans les yeux sans broncher. Champion du monde de grosses vagues en 2015, héritier du légendaire Eddie Rothman et figure respectée du North Shore, Makua incarne depuis toujours le respect, le courage, mais aussi la peur et le localisme hawaïen.
    Mais derrière cette image d’acier, il y avait une faille. Une descente aux enfers silencieuse, nourrie par la honte, la culpabilité et des pilules qu’il n’aurait jamais dû toucher.

    “Je prenais des cachets, sans douleur, juste pour me sentir bien”

    Dans un épisode du podcast Good Humans de Cooper Chapman, Makua a brisé le silence.
    “Entre 2015 et 2018, j’ai complètement déraillé”, raconte-t-il. “Je prenais des pilules… Je faisais n’importe quoi. J’étais champion du monde, mais j’étais brisé à l’intérieur.”

    Il parle sans détour d’oxycodone, un antidouleur à base d’opiacés devenu fléau aux États-Unis. “Le pire, c’est que je n’avais même pas mal. Je n’avais aucune blessure. C’était juste le shoot de dopamine qui me faisait oublier les choses que je détestais en moi.”

    L’alcool, la coke, les soirées sans fin : tout servait à masquer une souffrance mentale qu’il refusait d’affronter. “Les pilules n’étaient pas le vrai problème. Le vrai problème, c’était moi. Je n’étais pas assez courageux pour faire face à mes démons.”

    La drogue au line-up : “Je sniffais dans le chenal de Jaws”

    Le moment le plus glaçant ? Quand Makua avoue avoir consommé directement dans l’eau, sur l’un des spots les plus dangereux de la planète.
    “Je suis chanceux d’être encore en vie”, dit-il. “Je sortais à Jaws avec des cachets, je les écrasais, je sniffais, et je repartais à l’eau. J’étais complètement ailleurs.”

    Imaginer un surfeur en plein trip, sur une vague de 15 mètres, suffit à donner des frissons. Pourtant, c’est bien ce qu’il vivait : une double tempête, celle de l’océan et celle de sa tête.

    “Je voulais juste revivre. Redevenir Makua.”

    Tout a changé lorsqu’il a touché le fond. “Un jour, j’ai dit stop. J’étais prêt à mourir, ou à renaître. Et j’ai choisi de vivre.”
    Makua Rothman s’est reconstruit, petit à petit. Par le surf, la musique, la famille, la foi aussi. Aujourd’hui, il parle de santé mentale sans détour, pour briser le tabou chez les athlètes — et surtout dans le monde du surf, où la vulnérabilité reste un mot difficile à prononcer.

    “Je suis fier de mon parcours, parce que beaucoup n’en reviennent pas. Moi, j’ai eu la chance d’en sortir.”

    Un message fort pour toute une génération

    Makua n’est plus seulement un big wave rider. C’est un survivant, un père, un exemple de transparence dans un milieu souvent trop silencieux sur ses blessures invisibles.
    Entre deux sessions à Waimea, il continue de chanter, d’aider, de parler, avec cette même intensité qu’il met dans chacune de ses vagues.

    Et quand on lui demande s’il regrette, il sourit :
    “Non. Parce que sans ces erreurs, je ne serais pas l’homme que je suis devenu.”

  • Quand Carlos Muñoz se fait dépouiller après une session à Hawaii

    Quand Carlos Muñoz se fait dépouiller après une session à Hawaii

    Il pensait vivre une simple session à Rocky Point, sur le North Shore d’Oahu. Mais, pour Carlos Muñoz, surfeur pro costaricien respecté sur le circuit international, la session a viré à la mauvaise série : celle de la violence, du localisme et de la bêtise humaine.

    Une vague, une collision, et l’étincelle

    Tout commence comme une scène banale dans l’océan le plus convoité du monde. Rocky Point, spot mythique d’Oahu, déroule ses droites et gauches nerveuses. Carlos rame sur une vague, un autre surfeur se jette dedans, les trajectoires se croisent, et crac, collision.
    L’homme blond qui a taxé hurle un « f***ing tourist » bien senti. Muñoz, calme, mais pas soumis, lui répond :

    « Je suis un touriste, ok, mais c’était ma vague. »
    Erreur. Le mot “tourist” à Hawaii, c’est parfois comme dire “je ne t’appartiens pas” dans un bar de bikers.

    “Tu n’as pas la tête d’un local”

    L’autre insiste : “Je suis local.”
    Et là, Carlos lâche une phrase anodine, mais qui, mal interprétée, va mettre le feu au line-up :

    “Tu ne ressembles pas à un local.”
    Lui qui explique aujourd’hui qu’il ne voulait pas vexer, que son anglais imparfait a sans doute amplifié le malentendu… Trop tard.

    Le retour sur la plage : neuf contre un

    Il reste pourtant à l’eau. Une heure et demie, tranquille, en se disant que le calme va revenir. Mais à son retour sur la plage, c’est un autre scénario : huit ou neuf types l’attendent, les bras croisés, le regard froid.
    Le blond de tout à l’heure est là, gonflé à bloc, encouragé par ses potes à régler “le problème”.
    Le premier coup part, Carlos esquive. Le deuxième, il encaisse volontairement.

    “J’ai pris un coup dans la mâchoire, ça allait. Je ne voulais pas me battre.”
    Mais les gars en veulent plus. Ils veulent sa planche.

    “Pas celle-là, elle est spéciale”

    La planche qu’il tient, c’est sa préférée. Celle qui l’a accompagné dans ses meilleures sessions. Alors, il tente une négociation de surfeur pacifiste :

    “Prenez-en une autre, j’en ai à la maison.”
    Le groupe le suit jusque chez lui. Là, il tend une vieille board. Le geste apaise la tension, les mecs repartent avec leur trophée dérisoire.

    Le localisme, une maladie mondiale

    Dans son récit, Carlos Muñoz ne crache pas sur Hawaii. Il parle d’un phénomène global. De ce virus du surf qu’on appelle le localisme, cette illusion de possession qui transforme des passionnés de glisse en gardiens de territoire.

    “Ça m’est arrivé aussi au Mexique”, raconte-t-il. “Certains croient protéger leur spot, mais ils détruisent juste l’esprit du surf.”

    L’océan n’appartient à personne

    Le plus amer dans l’histoire, c’est cette contradiction : le surf, né de la liberté, de la communion avec l’océan, devient parfois un espace de domination et d’exclusion.
    Carlos, lui, préfère relativiser : il continue de voyager, de surfer, de partager sa passion. Mais son expérience rappelle une vérité simple : les vagues ne sont la propriété de personne.
    Et qu’à force de vouloir jouer les seigneurs du line-up, certains finissent par oublier l’essence même du surf : la joie pure de glisser.

  • Tya Zebrowski, 14 ans, entre dans l’histoire à Saquarema

    Tya Zebrowski, 14 ans, entre dans l’histoire à Saquarema

    C’est fait !
    À seulement 14 ans, Tya Zebrowski devient la plus jeune surfeuse de l’histoire à se qualifier pour le World Championship Tour (CT).
    La Française a validé sa qualification ce vendredi 11 octobre au Banco do Brasil Saquarema Pro, après avoir remporté sa série du Round of 48 dans les vagues exigeantes d’Itaúna.

    Une qualification historique pour le surf français

    Il suffisait à Tya de passer une série pour rendre sa qualification mathématiquement officielle.
    Mission accomplie.
    Opposée à la Tahitienne Kiara Gold, à l’Australienne Jahly Stokes et à la Brésilienne Sophia Gonçalves, la jeune tricolore a dominé le heat avec un total de 11,67 points, notamment grâce à une gauche notée 6,50.

    Dans un line-up difficile, marqué par un fort backwash et des vagues piégeuses, Tya a fait preuve d’un calme et d’une maturité impressionnants.

    “Elle surfe comme une vétérane du Tour”, commentaient les speakers de la WSL, bluffés par la précision et la puissance de ses manœuvres.

    L’éclosion d’un talent précoce

    En quelques mois, Tya Zebrowski a bouleversé la hiérarchie mondiale du surf féminin.
    Numéro 1 du classement des Challenger Series 2025, elle a cumulé 28 630 points sur quatre étapes — soit l’un des meilleurs bilans de l’histoire récente du circuit.
    Avec une victoire à Ericeira, un deuxième, un troisième et un cinquième place, la Française a construit une saison quasi parfaite.

    Sa progression constante, son surf engagé et son style déjà abouti ont fait d’elle une figure incontournable du renouveau du surf européen.

    Une génération dorée : Kauli Vaast dans la même dynamique

    La réussite de Tya coïncide avec celle d’un autre Français : Kauli Vaast, actuel leader du classement masculin.
    Le Tahitien, vainqueur lui aussi à Ericeira, peut à son tour valider sa qualification dès ce week-end.

    Une double montée française sur le Tour d’élite, du jamais vu, qui marquerait un tournant historique pour le surf tricolore.

    La suite : viser la victoire à Saquarema

    Désormais qualifiée pour le CT 2026, Tya peut surfer sans pression sur le reste du Saquarema Pro.
    Mais connaissant son mental, il serait surprenant de la voir s’arrêter là.
    Prochaine étape : le Round of 32, où elle cherchera à prolonger sa dynamique face aux meilleures. La jeune surfeuse doit viser également de remporter le classement Challenger Séries, histoire de marquer un peu plus l’histoire de son empreinte. Avec Tya Zebrowski, on tient peut-être une chance d’avoir un(e) surfeur/surfeuse championne du monde WSL.

  • Il se fait mordre deux fois par un requin et conduit calmement jusqu’à l’hôpital

    Il se fait mordre deux fois par un requin et conduit calmement jusqu’à l’hôpital

    Le genre d’histoire qu’on ne trouve qu’en Australie

    Mardi 7 octobre 2025, sur Kangaroo Island, au sud de l’Australie, un surfeur d’une cinquantaine d’années s’est fait attaquer deux fois par un requin Cuivre (bronze whaler).
    Jusqu’ici, rien d’inédit sous les tropiques… sauf que l’homme a rejoint la plage, plié sa planche, et conduit lui-même jusqu’à l’hôpital, sérieusement blessé à la jambe.
    Les médecins ont confirmé : blessures graves, mais pronostic vital non engagé.
    Un scénario digne de Mad Max… mais version surf.

    “Le phoque m’a balancé”

    Selon Shark Watch South Australia, le requin poursuivait un phoque à travers la baie de D’Estrees, sur le spot ironiquement nommé The Sewer (“l’égout”).
    Et c’est là que la scène devient cartoonesque :

    “Un phoque a utilisé le surfeur comme leurre pour échapper au requin”, rapporte l’organisation.
    Résultat : deux morsures, une planche entamée, et un phoque qui repart libre comme l’air.
    Pas sûr que les relations interespèces s’en remettent.

    Le témoin du hasard absolu

    Ce jour-là, un visiteur, Jon Souter, se promenait avec sa famille sur les falaises de Kangaroo Island.
    Ils n’avaient “pas vu un seul être humain depuis des heures”, quand soudain, le hasard du siècle : deux silhouettes à l’eau, un phoque qui file, et derrière… un aileron.
    Souter sort son téléphone, filme le phoque qui passe entre les surfeurs — juste avant que le requin ne frappe.

    “J’ai vu la queue du requin fouetter l’eau, et là j’ai compris qu’il y avait un surfeur au mauvais endroit au mauvais moment.”

    Le tout sur un spot désert, perdu entre les falaises et le grand Sud.
    Pas d’autre témoin que quelques mouettes et… un smartphone.

    “C’était comme être percuté par un camion”

    Le surfeur, prénommé Lee, a raconté plus tard aux policiers que l’impact l’avait projeté hors de sa planche :

    “C’était comme être frappé par un camion. Il m’a mordu le dos, la fesse et le coude avant de disparaître.”

    Un témoignage aussi sec que son humour local.
    Et pourtant, le calme olympien.
    En regagnant la plage, Lee croise la famille Souter — qui, par miracle, avait une trousse de secours.
    Encore plus fort : l’autre surfeur à l’eau était médecin.
    Pas de panique : bandage, compresses, un peu de sang, beaucoup de sang-froid.

    “Le docteur a vérifié que ce n’était pas une artère, on a bandé la jambe, et Lee était surtout inquiet pour sa planche,” raconte Souter.
    “Il demandait où était son matériel, pendant qu’on nettoyait la plaie.”

    Toujours aller surfer avec un médecin

    Après quelques minutes d’impro de secourisme, le docteur-surfeur embarque son ami blessé, et les deux partent direction Kingscote, à 40 minutes de route.
    Pas d’hélico, pas d’ambulance.
    Juste un surfeur mordu deux fois, au volant de sa propre voiture, direction l’hôpital. Le lendemain matin ?
    Lee va bien. Il poste même une photo, un flat white à la main. “Il est très reconnaissant pour les soins reçus,” confirme son employeur, Craig Wickham, qui ajoute qu’il “a eu une sacrée chance”.

    Moralité du jour, selon Souter :

    “Always go surfing with a doctor.”
    Toujours aller surfer avec un médecin.
    Pas idiot, vu le menu local.

    Le spot “The Sewer” : pas vraiment une piscine

    Ironie du sort, The Sewer doit son nom à une vieille légende locale : les tubes y “te recrachent comme une merde”, dixit les surfeurs des années 60.
    Le coin, paradisiaque en apparence, est aussi fréquenté par une forte population de phoques et lions de mer, autrement dit… le buffet préféré des requins.
    Ce n’est d’ailleurs pas la première attaque dans la zone : un surfeur y avait déjà été croqué par un grand blanc il y a cinq ans.

    Les requins Cuivre, pas si gentils qu’ils en ont l’air

    Moins célèbres que leurs cousins blancs, les requins Cuivre sont pourtant responsables d’une quinzaine d’attaques recensées depuis 1962, dont une mortelle.
    Ils peuvent mesurer jusqu’à 3 mètres et attaquent surtout par erreur — ou, comme ici, sous la mauvaise influence d’un phoque manipulateur.

    Et après ?

    Aujourd’hui, Lee se remet, les points de suture en place et le sourire en coin.

    Après avoir aidé le surfeur, la famille Souter a d’ailleurs repris sa balade, pique-nique au soleil et glace au miel à la main.
    Parce qu’en Australie, même après une attaque de requin, la journée continue.

    “C’était un moment extraordinaire de timing,” conclut Jon Souter.
    “On n’avait vu personne depuis des heures, et puis… ce truc-là est arrivé.”

    Un phoque qui balance, un requin distrait, un surfeur stoïque, un médecin providentiel, et un café au lait en guise de happy end.
    Bref : une journée typiquement australienne.

    PS: photo non contractuelle, on sait, ce n’est pas un requin Cuivre en photo…

  • Hommage à Ilima Kalama, légende hawaïenne et père du surf moderne

    Hommage à Ilima Kalama, légende hawaïenne et père du surf moderne

    Ilima Kalama, l’âme de l’océan s’est éteinte à 82 ans

    Le monde du surf pleure l’un de ses plus grands esprits de l’océan. Ilima Kalama, légendaire waterman hawaïen et père du surfeur et pionnier du tow-in Dave Kalama, est décédé à l’âge de 82 ans. Figure respectée autant pour sa force tranquille que pour son humilité, Ilima laisse derrière lui un héritage immense, empreint de respect pour la mer, la culture hawaïenne et la transmission d’un savoir ancestral.

    Un pionnier entre Hawaï et la Californie

    Né à Honolulu, Ilima Kalama appartient à une lignée de watermen dont la réputation traverse les générations. Son père, Noah, fut l’un des premiers à introduire la pratique de la pirogue hawaïenne (outrigger canoe) sur la côte ouest des États-Unis après avoir déménagé la famille à Newport Beach à la fin des années 1950.

    Rapidement, le jeune Ilima s’impose sur les plages de Huntington et Newport. En 1962, il remporte les United States Surfing Championships, l’une des compétitions les plus prestigieuses de l’époque. Sponsorisé par Hobie et Hang Ten, il devient une icône de la culture surf naissante, incarnant l’esprit d’aventure, de liberté et de respect de la nature.

    Mais Ilima n’était pas seulement un surfeur. C’était un waterman complet : plongeur, rameur, sauveteur, explorateur. Il vivait la mer dans toutes ses dimensions, au-delà du sport, comme une philosophie.

    Le miraculé du Cortes Bank

    Dans les années 1970, Ilima participe à une série d’expéditions sur la vague mystérieuse Cortes Bank, un haut-fond perdu au large de la Californie, aujourd’hui célèbre pour ses vagues géantes. C’est là qu’il frôle la mort : lors d’une plongée en apnée, son bateau coule en pleine nuit, à des dizaines de kilomètres de toute terre.

    Pendant des heures, Ilima et son compagnon de plongée dérivent dans une eau glacée, à la merci de l’océan. “J’ai pensé à ma famille, à ma mère disparue. J’ai prié, et j’ai senti sa présence. C’est comme si elle me disait de tenir bon.”
    Miraculeusement sauvés par un pêcheur, les deux hommes s’en sortent. Quelques semaines plus tard, Ilima retournera plonger sur le même site, incapable d’ignorer l’appel de l’océan.

    Cette expérience, racontée dans le livre Ghost Wave de Chris Dixon, résume à elle seule la vie de Kalama : le courage, la foi et le respect de la mer.

    La transmission d’un héritage

    Ilima Kalama a transmis sa passion et ses valeurs à son fils Dave Kalama, devenu l’un des watermen les plus respectés au monde. Dave est notamment connu pour avoir, aux côtés de Laird Hamilton, Darrick Doerner et Buzzy Kerbox, inventé le tow-in surfing – cette pratique qui a révolutionné le surf de grosses vagues en permettant de surfer des vagues inaccessibles.

    Chez les Kalama, la mer n’est pas un simple terrain de jeu. Elle est un maître exigeant, un miroir spirituel. “Mon père m’a appris à écouter l’océan”, dira souvent Dave. “À ne jamais le défier, mais à danser avec lui.”

    Une légende honorée de son vivant

    En août 2024, Ilima Kalama était intrônisé au Surfers’ Hall of Fame à Huntington Beach. Ses empreintes de mains et de pieds, désormais figées dans le ciment, rejoignent celles des plus grands noms du surf. Un hommage mérité pour un homme dont la vie a incarné, mieux que quiconque, l’essence même du surf : l’humilité face à la nature, la transmission et la gratitude.

    Dans son dernier témoignage, Ilima confiait :

    “J’ai fait des erreurs, mais la mer m’a toujours pardonné. Je la respecte, je la remercie, et je lui rends tout ce que je peux. Mahalo Ke Akua — merci à Dieu.”

    Un aloha éternel

    Ilima Kalama s’en est allé comme il a vécu : avec dignité, gratitude et sérénité. Son esprit continue de flotter sur les vagues d’Hawaï, là où tout a commencé. Pour tous les surfeurs, il restera un exemple éternel de ce que signifie être un véritable waterman.

  • Nathan Florence, l’électron libre qui rejoint Red Bull

    Nathan Florence, l’électron libre qui rejoint Red Bull

    À 31 ans, le cadet de la fratrie Florence n’a jamais autant pesé sur le surf de gros. Et la signature toute fraîche chez Red Bull ouvre un nouveau chapitre XXL à une carrière déjà riche en tubes en tout genre, en wipeouts pédagogiques et en vidéos YouTube qui cartonnent.

    Bio express

    • Nom : Nathan Florence
    • Naissance : 10 juin 1994, O‘ahu (Hawaii) — 31 ans.
    • Fratrie : John John (aîné) et Ivan (benjamin).
    • Spécialité : vagues creuses et slabs extrêmes (Tahiti, Shipstern Bluff, Mexique, Indo…).

    Le style “heavy water” plutôt que la compète

    Nate a grandi dans le vortex du North Shore et s’est forgé une identité loin des circuits pro : charger les plus grosses houles, expliquer les risques, partager la progression (et les gamelles) avec une sincérité rare. En 2018, il décroche le Surfline Wave of the Winter ; en 2019, il remporte Red Bull Cape Fear à Shipstern Bluff (sa première grande victoire), avec un 9,33 en finale.

    Blessure, retour et consécration

    En 2023, une chute à Jaws lui provoque une fracture par compression lombaire. Il revient plus fort, enchaîne une saison monstrueuse et est élu Stab Surfer of the Year 2023 (meilleur surfeur de l’année). En 2024, il reste au top du débat — John John remportant l’édition 2024, Nate figurant tout en haut des votes.

    Architecte de sa propre audience

    Le vrai “game changer” : sa chaîne YouTube (≈ 518k abonnés, +600 vidéos), vitrine d’un surf engagé et immersif qui documente chaque mission — du barrel fest de J-Bay aux sessions XXL dans le reste du monde. Il l’assume : “si tu ne construis pas ton audience, tu es mort.”

    Sponsors : de Vans à FLORENCE… puis Red Bull

    • 2024 : Nate quitte Vans pour rejoindre FLORENCE (la marque familiale) — un virage stratégique qui officialise l’indépendance du clan. Ivan suivra ensuite.
    • FCS : ailerons big wave signature depuis 2021.
    • 2025 : Red Bull signe Nate pour deux ans. Le deal inclut accès aux performance centers (tests, imagerie médicale), logistique globale (jet-skis partout, gros projets) et un co-branding de casquette avec FLORENCE. Nate parle d’idées “plus grandes que nature”… jusqu’aux slabs antarctiques en hélico.

    Ce que change Red Bull (concrètement)

    1. Capacité d’exécution : feux verts pour des expéditions lourdes (froid, éloignement, sécurité).
    2. Performance & santé : monitoring scientifique pour durer dans l’ultra-gros.
    3. Narration : plus de moyens visuels pour sa série “slab tour”, tout en gardant le rythme hebdo sur YouTube (Nate l’a confirmé via ses contenus).

    Repères chronologiques

    • 2018 — Surfline Wave of the Winter.
    • 2019 — Victoire Red Bull Cape Fear (Shipstern Bluff, Tasmanie).
    • 2023 — Blessure au dos (Jaws) puis Stab Surfer of the Year.
    • 2024 — Arrivée chez FLORENCE (ex-Florence Marine X).
    • 2025Signature Red Bull (contrat 2 ans).

    Matos & quiver

    • Boards : Pyzel (team rider historique).
    • Fins : FCS big wave (modèle signature).

    Pourquoi son impact dépasse le “gros”

    Nate a imposé un modèle hybride : athlète d’ultra-gros et créateur média. Son influence réoriente le sponsoring performance vers des projets éditoriaux “audience-first”. La signature Red Bull valide ce cap : des idées sans plafond, une diffusion mondiale, et des récits qui inspirent autant qu’ils impressionnent.

  • Mort du surfeur costaricien Kevin Kirby : points clés et hommages

    Mort du surfeur costaricien Kevin Kirby : points clés et hommages

    Le 1er octobre 2025, le corps de Kevin Kirby (27 ans) a été retrouvé sur la berge du río María Aguilar, à Hatillo 8 (San José). Les premières constatations de l’OIJ (Organismo de Investigación Judicial) font état de blessures par arme blanche et de contusions, le corps ayant séjourné plusieurs jours dans l’eau. Kevin était porté disparu depuis le dimanche 28 septembre, après une dernière apparition à Sabanilla de Montes de Oca vers 17 h 30, déclenchant une recherche de ses proches et des autorités.

    Qui était Kevin Kirby ?

    D’après la presse costaricienne et les hommages, Kevin Kirby Jiménez était un amoureux de la nature, surfeur et pêcheur, apprécié pour sa gentillesse et son énergie. Son compte Instagram et les témoignages de proches dépeignent un jeune homme positif, proche de sa famille et de sa communauté surf.

    Avancée de l’enquête

    • Les autorités ont interpellé un suspect à Hatillo (Ciudadela María Reina) le 1er octobre, sur la base des premiers éléments de l’OIJ.
    • Les médias costariciens ont indiqué que des perquisitions et analyses de traces (sang, empreintes) sont en cours dans une habitation de Hatillo, tandis que le véhicule que conduisait Kevin a été localisé et expertisé (indices biologiques considérés comme déterminants par l’enquête).

    (Note : ces informations d’enquête peuvent évoluer ; nous suivrons les mises à jour officielles.)

    La communauté surf sous le choc

    Le surfeur Carlos Muñoz a rendu un hommage appuyé : « Fly high my Kirby… La vie est fragile… » — message largement partagé au Costa Rica et dans la presse surf. Des médias proches de la scène locale, comme DUKE Surf et Gallo Pinto TV, décrivent Kevin comme un jeune homme « toujours souriant, électrique, amoureux de la mer ».

  • Pourquoi Lucía Martiño parie sur OnlyFans (sans contenu X)

    Pourquoi Lucía Martiño parie sur OnlyFans (sans contenu X)

    Annonce choc, commentaires en feu, et un malentendu persistant : Lucía Martiño a officialisé un partenariat avec OnlyFans… sans changer de métier. La surfeuse espagnole assure qu’elle ne publiera aucun contenu explicite. Au programme : surf, entraînement, voyages, lives et conseils. On démonte les idées reçues et on explique pourquoi ce deal peut, au contraire, tirer le surf vers le haut.

    Ce qui a vraiment été annoncé

    Mercredi, Lucía Martiño a dévoilé être athlète sponsorisée par OnlyFans, qui devient son sponsor principal. Concrètement, le logo apparaît au nose de sa planche et elle alimente la plateforme avec des contenus 100 % sportifs : sessions, coulisses de trips, préparations physiques, réglages de boards, routines de soins, lives interactifs pour répondre aux questions.

    « J’aime partager ma vie, pas mon intimité », rappelle-t-elle. Pas de contenu explicite, même si l’on verra forcément du surf en bikini sous les tropiques.

    Pourquoi OnlyFans — et pourquoi maintenant ?


    OnlyFans revendique plus de 300 athlètes signés tous sports confondus. En surf, la plateforme a déjà soutenu des noms des grosses houles (comme Billy Kemper, Tony Laureano ou Pedro Scooby). Avec Lucía, première femme surfeuse officiellement sponsorisée, l’entreprise réaffirme son intention d’être un pont entre fans et athlètes, une ambition qui précède la dérive “adult” observée pendant la pandémie.
    Côté athlète, Lucía assume son virage free surf / création de contenus : après des années de compétition, elle veut choisir ses vagues et produire des formats plus créatifs (elle sort d’un projet en Islande par –25 °C). OnlyFans lui apporte la stabilité et la liberté éditoriale qui manquaient depuis la fin de son contrat Deeply en 2024.

    La polémique : un malentendu… et un biais


    La confusion vient du fait que OnlyFans héberge aussi du contenu adulte. Lucía s’y attendait : « Je me figurais que beaucoup penseraient mal ». Elle trace une ligne nette : pas d’explicite.
    Le débat révèle aussi un biais : quand un homme signe chez OF, ça fait moins de bruit ; pour une femme, l’imaginaire sexualisé colle plus vite. D’où l’intérêt de clarifier : ici, OnlyFans est un canal premium pour du contenu surf — point.

    Et pour le surf, c’est une bonne nouvelle ?

    Oui, si l’on regarde les moyens et la portée. Voir un acteur hors industrie, solide et global, investir dans le surf, c’est :

    • plus d’opportunités pour les athlètes (tournages, trips, séries) ;
    • un modèle économique complémentaire aux marques classiques ;
    • une exposition internationale vers un public qui ne suit pas la WSL au quotidien.
      Lucía prévient d’ailleurs : d’autres signatures arrivent, au moins deux en Espagne. L’image du logo OF sur les boards devrait se normaliser rapidement.


  • Hommage à Bern Page, figure respectée de la sécurité du surf mondial

    Hommage à Bern Page, figure respectée de la sécurité du surf mondial

    Le monde du surf est en deuil. Ce matin, la triste nouvelle est tombée : Bern Page, directeur mondial de la sécurité et de la sûreté pour la World Surf League (WSL), est décédé. Présent depuis près d’une décennie sur les compétitions, il était une figure familière pour les surfeurs comme pour les fans, toujours discret, mais essentiel au bon déroulement du Tour.

    C’est une figure bien connue des surfeurs d’Hossegor, puisqu’il y a séjourné. Personnellement, j’ai pu le croiser à de nombreuses reprises, et c’était une figure que j’aimais rencontrer, un mec sympa avec un accent dont j’avais du mal à reconnaître…

    Un hommage a été rendu à Bern Page durant le Quiksilver Festival Hossegor dans la pure tradition surf.

    Un homme de l’ombre, essentiel au bon fonctionnement du Tour

    Son rôle n’était pas de briller devant les caméras, mais de garantir que la sécurité des meilleurs surfeurs du monde. À Jeffreys Bay, à Teahupo’o, à Pipeline ou au Brésil face à des foules immenses, Bern Page veillait à ce que les athlètes passent des vagues au podium sans encombre.
    Sa mission allait bien au-delà de la simple sécurité : il incarnait l’autorité calme, l’intégrité et le professionnalisme qui ont permis à la WSL de maintenir un niveau d’organisation élevé. Même durant la pandémie, son rôle fut crucial pour remettre le Championship Tour en route dans des conditions sanitaires strictes et sécurisées.

    Un homme apprécié et respecté de tous

    Derrière son rôle sérieux, Bern était surtout connu pour sa gentillesse et son humour. Les surfeurs, les équipes et tous ceux qui travaillaient avec lui se rappellent d’un sourire facile, d’un mot pour détendre l’atmosphère et d’une attitude profondément humaine.
    Yago Dora, tout juste sacré champion du monde, lui a rendu hommage sur les réseaux sociaux. La jeune prodige Erin Brooks a également exprimé sa peine, tout comme de nombreux surfeurs de l’élite et du circuit junior. Kelly Slater, qu’il avait accompagné et protégé dans d’innombrables compétitions, figure parmi ceux qui avaient le plus de respect pour son travail et sa personne.
    Tous les témoignages illustrent bien la place particulière qu’occupait Bern Page dans la grande famille du surf : celle d’un homme de confiance, d’un pilier discret, mais indispensable.

    Une vague d’émotion dans la communauté surf

    La World Surf League a publié un message officiel sur Instagram :

    « Son engagement indéfectible a contribué à fixer et maintenir les normes les plus élevées sur nos compétitions et nos événements. Son intégrité et son professionnalisme ont marqué profondément non seulement notre organisation, mais aussi toutes les personnes qui ont eu la chance de travailler à ses côtés. »
    Cette déclaration reflète l’émotion générale : au-delà du professionnel, c’est un ami, un compagnon de route, une figure bienveillante que le surf vient de perdre.

    Un départ qui laisse un vide immense

    À l’heure actuelle, les circonstances de sa disparition n’ont pas été précisées. Mais son absence se fait déjà sentir dans les coulisses du Tour. Dans un univers où la performance et le spectacle attirent la lumière, Bern représentait cette force tranquille qui assurait que tout se passe bien.
    Sa disparition rappelle aussi combien les visages de l’ombre sont essentiels à la vie du sport de haut niveau. On se souvient souvent des champions qui lèvent les trophées, mais rarement de ceux qui rendent ces moments possibles.

    Un dernier mot

    Pour les compétiteurs, les équipes et les passionnés qui suivaient le Tour, Bern Page n’était pas qu’un responsable sécurité. Il était une présence rassurante, un allié discret et un ami. Sa perte est une tragédie pour toute la communauté surf.
    À sa famille, à ses proches et à tous ceux qui l’ont côtoyé, nous adressons nos plus sincères condoléances. Le line-up mondial a perdu l’un de ses gardiens les plus respectés.

  • Louis Marchiset, longboardeur basque qui bouscule les limites

    Louis Marchiset, longboardeur basque qui bouscule les limites

    On l’a croisé d’abord dans les Landes, sur le sable avec Édouard Delpero. « C’est un bon lui », glissait alors le multiple champion. Depuis, j’entends revient régulièrement son nom dans les conversations longboard : Louis Marchiset. Vingtaine d’années, style propre, appétit pour les vagues qui ne pardonnent pas. Et ces derniers mois, une idée fixe : pousser le longboard là où on ne l’attend pas.

    D’un style glissé aux vagues qui serrent le cœur

    Louis a grandi entre Guéthary et les bancs landais, où la culture longboard côtoie des line-ups teigneux. Très vite, il tape dans l’œil des marques et de la scène française et s’impose chez les jeunes, avec un titre national Espoir en 2021, sauf erreur de ma part.

    Mais au-delà des nose-rides parfaitement calés, il cultive une autre obsession : engager des planches de 9 pieds dans des vagues à sections creuses. Une lignée qu’on a déjà vue chez les Delpero, chez Paul Duvignau dans les Landes, ou encore chez quelques locaux d’Hawaii sur le North Shore. Cette école du « longboard sous stéroïdes » réclame ligne, lecture et sang-froid.

    Pourquoi on vous parle de lui aujourd’hui

    Parce que Louis est allé chercher plus loin. Direction Tahiti. Une vague au nom qui claque et qui cloue : Teahupo’o. Un mur d’eau vivant, puissant, mutique, qu’on aborde en respect absolu. Et lui a choisi d’y entrer… en longboard, en backside comme un regular qu’il est, avec ce mélange de témérité et d’humilité qui force l’attention.

    Sur ses réseaux, il raconte surtout le chemin. Pas de fanfaronnade, plutôt une méthode : tenter, analyser, recommencer. Et surtout, accepter que Teahupo’o décide.

    « The End of the Road porte bien son nom.
    Des mois de galères et de travail acharné avant de pouvoir rêver à nouveau.
    […] Repousser les limites du longboard, encore et encore. »

    Cette progression, c’est aussi l’art de se replacer. Être « plus deep », sans se mettre à la faute, pour laisser la lèvre vous engloutir juste ce qu’il faut.

    « Je fais, j’analyse, j’apprends, et je recommence.
    Respect, humilité, patience.
    Ready for the next swell. Go big, but go deep. »

    Le prix de l’engagement : quand le corps dit stop

    Le trip tahitien n’a pas été une ligne droite. Louis raconte avoir contracté la ciguatera après un mauvais poisson. Fièvre, faiblesse, fourmillements : impossible de surfer pendant plusieurs jours. Et puis, la veille du vol retour, deux heures d’énergie retrouvée, suffisantes pour chasser la bombe.

    « Bien deep, sûrement la meilleure gauche de ma vie. Pas d’image, mais elle restera gravée… et dans celle de quelques locaux. »

    Et maintenant ?

    Note à nous-mêmes : le rencontrer. Aller chercher son parcours (coachs, boards, réglages de dérive, quiver tahitien), comprendre ce qui change concrètement entre un nose ride à la maison et un take-off critique à Teahupo’o. Et documenter cette lame de fond du longboard engagé qui traverse la côte basque et au-delà.

  • Décès du waterman hawaiien Hopena Pokipala dans un tragique accident

    Décès du waterman hawaiien Hopena Pokipala dans un tragique accident

    La communauté hawaiienne du surf est en deuil. Le week-end dernier, Fullerton “Hopena” Pokipala, waterman respecté et surfeur de grosses vagues, est décédé à l’âge de 30 ans à la suite d’un accident de voiture survenu à Waimanalo, sur la côte sud-est d’Oahu.

    Un accident brutal

    Selon la police locale, l’accident s’est produit samedi soir aux alentours de 20 heures. Hopena conduisait un véhicule utilitaire lorsqu’il a franchi un stop au croisement de la Kalanianaole Highway. Sa voiture a été percutée par celle d’un automobiliste de 74 ans. Le choc a été violent : le véhicule utilitaire s’est retourné et Hopena a été transporté d’urgence à l’hôpital dans un état critique. Il a succombé à ses blessures peu après.

    Un “ambassadeur de l’aloha”

    La disparition de Pokipala a bouleversé sa famille et ses proches. Son oncle, Clif Botelho, a rendu hommage à un homme profondément généreux :

    “Hopena était un ambassadeur de l’aloha. L’incarnation même de l’amour et du partage. Il aurait donné sa chemise, ses vêtements, tout ce qu’il avait, simplement pour rendre ce monde meilleur. Notre ʻohana est dévastée.”

    Ce témoignage illustre parfaitement la réputation de Hopena : celle d’un homme tourné vers les autres, apprécié bien au-delà de la sphère du surf.

    Un waterman accompli

    Au-delà de son caractère, Hopena était aussi un waterman complet, amoureux de l’océan et de ses défis. Passionné de grosses vagues, il avait surfé à Waimea Bay des murs d’eau qui imposent le respect. Sur son 30ᵉ anniversaire, il avait d’ailleurs partagé une vidéo de lui chevauchant une vague gigantesque, symbole de sa soif d’adrénaline et de sa proximité avec l’océan.

    Mais Hopena ne se limitait pas au surf. Docker de profession, il s’était également lancé dans un business original d’huîtres, et nourrissait des ambitions politiques pour sa communauté. Toujours en quête de nouveaux horizons, il vivait à la fois avec intensité et ouverture.

    Un amour interrompu trop tôt

    La vie personnelle de Pokipala était elle aussi pleine de promesses. Récemment marié à Allie Chu, ancienne Miss Hawaii, il préparait avec elle une réception prévue pour mars prochain. Leur union, saluée comme l’union de deux âmes profondément attachées à leur île, symbolisait l’avenir radieux qui s’ouvrait à eux.

    “Il a eu la chance d’épouser l’amour de sa vie”, a rappelé son oncle. “Ils avaient le rêve de rester ensemble pour toujours. C’est une maigre consolation, mais au moins ils ont pu réaliser ce souhait.”

    Un héritage fort pour la communauté

    La mort de Fullerton “Hopena” Pokipala laisse un vide immense dans la communauté hawaiienne. Son héritage, fait de courage, de générosité et de passion pour l’océan, continuera de marquer ceux qui l’ont connu. À travers ses vagues domptées, ses projets, son sourire et son esprit de partage, il restera pour beaucoup un modèle et une inspiration.

    Que son aloha continue de rayonner.

  • Italo Ferreira entre dans l’histoire avec son premier 720

    Italo Ferreira entre dans l’histoire avec son premier 720

    Le surfeur brésilien Italo Ferreira, champion olympique et ancien champion du monde, vient de réussir une manœuvre historique : son premier 720°. Réalisée dans une piscine de vagues au Brésil, cette rotation aérienne de deux tours complets marque un nouveau jalon dans l’évolution du surf moderne.

    Un 720° signé Italo Ferreira

    Mercredi 17 septembre 2025, Italo Ferreira a publié sur ses réseaux sociaux une vidéo qui a rapidement enflammé la planète surf. Dans la piscine de vagues du Boa Vista Surf Lodge, à Porto Feliz, près de São Paulo, le Brésilien a exécuté, pour la première fois, un aérial 720° parfaitement plaqué.
    Dans sa légende, le surfeur a commenté simplement : « Meu primeiro 720° durante a gravação do meu próximo programa pour Canal Off et Globoplay. Aguardem. » (Mon premier 720° lors du tournage de mon prochain programme pour Canal Off…).

    Une performance captée en direct

    Le moment a été immortalisé par Marcelo Trekinho, ancien pro, et Gabriel Pastori, tous deux animateurs du canal YouTube Uaradei. Enthousiastes, ils ont confirmé qu’Italo ne s’est pas arrêté à une seule tentative : il a reposé la manœuvre une seconde fois pour prouver que ce n’était pas un coup de chance.
    « « Quelle vibe ! Je suis encore sous le choc » », a-t-il écrit sur Instagram, encore sous l’émotion de cet exploit qui témoigne de son incroyable explosivité aérienne.

    La piscine à vagues, nouveau terrain de jeu

    Cet exploit n’est pas anodin : il illustre la montée en puissance des wave pools comme laboratoires d’innovation et d’entrainement. La machine PerfectSwell du Boa Vista Surf Lodge offre des sections calibrées pour les airs, permettant aux surfeurs de repousser leurs limites.
    D’autres avant lui avaient ouvert la voie : Kelly Slater, en 2014, avait fait débat avec une rotation similaire en free surf, tandis que Albee Layer s’est illustré par des airs dans l’océan comme en piscine. Mais le 720 reste rarissime et d’autant plus spectaculaire en backside, ce qui rend la performance d’Italo exceptionnelle.

    Un champion toujours à la recherche de nouveauté

    Ce n’est pas un hasard si c’est Ferreira qui parvient à un tel exploit. Champion olympique à Tokyo en 2021, champion du monde en 2019, il est connu pour son surf aérien explosif, toujours prêt à tenter l’impossible.
    En 2025, il a terminé 4e mondial, s’inclinant en finale WSL à Fiji face à Griffin Colapinto. Mais loin de se reposer, il profite de l’intersaison pour enrichir son répertoire et préparer déjà 2026.

    Débat ou pas débat ?

    Comme souvent avec ce type de manœuvre, une question anime la communauté surf : s’agit-il vraiment d’un 720° ou d’un 540° avec réception switch ? Les puristes aiment débattre sur le nombre des rotations. Mais peu importe le vocabulaire, une chose est sûre : voir deux tours complets en l’air sur une planche de surf reste un spectacle fascinant.

    Un signal pour l’avenir du surf

    Avec ce 720, Italo Ferreira envoie un message clair : les airs sont l’avenir du surf de haut niveau. Reste à savoir si ce type de manœuvre franchira bientôt le pas de la piscine à l’océan, et surtout si elle pourra être plaquée en compétition.
    En attendant, cette performance restera comme un moment fort de l’année 2025, rappelant à tous que le surf est un sport en constante évolution, où chaque génération cherche à repousser les limites du possible.

  • Italo Ferreira prendra-t-il sa retraite en 2028 après les JO de Los Angeles ?

    Italo Ferreira prendra-t-il sa retraite en 2028 après les JO de Los Angeles ?

    À 31 ans, Italo Ferreira est au sommet de son art. Champion olympique à Tokyo en 2021, champion du monde WSL en 2019, le Brésilien est devenu l’un des visages les plus explosifs et charismatiques du surf mondial. Mais derrière son énergie débordante, le « Brabo » (surnom qu’on lui donne au Brésil) a déjà un plan pour l’avenir : tout pourrait s’arrêter en 2028, à Los Angeles.

    Le rêve d’une deuxième médaille d’or

    Dans une interview accordée à l’émission « Hello LA« , Italo a levé le voile sur son objectif majeur : participer aux Jeux Olympiques de Los Angeles pour tenter de décrocher une deuxième médaille d’or. Pour lui, cette échéance n’est pas seulement une compétition, c’est le point culminant d’une carrière commencée sur les plages de Baía Formosa, au Nordeste brésilien.

    « Sans aucun doute, c’est mon plus grand objectif : obtenir une autre médaille d’or pour conclure ma trajectoire dans ce sport et sur le circuit », explique-t-il.

    Une vie consacrée au surf

    Ferreira n’a que 31 ans, mais il surfe déjà depuis plus de deux décennies. Dès ses 8 ans, il passait ses journées à dompter les vagues locales. Depuis, il a conquis le monde : premier champion olympique de l’histoire du surf, titré sur le circuit WSL et reconnu pour un style radical mêlant puissance et aérien.

    Pourtant, après tant d’années de dévouement, il aspire aussi à profiter d’une vie différente : « Je fais ça depuis l’âge de 8 ans, donc il y a un moment où tu veux profiter de tout ce que tu as construit et découvrir un autre côté de la vie », confie-t-il.

    34 ans : la fin ou un nouveau chapitre ?

    En 2028, Italo aura 34 ans. Un âge où beaucoup de surfeurs sont encore compétitifs. Jordy Smith, par exemple, a terminé la saison 2025 à 37 ans. Kelly Slater a, lui, repoussé les limites bien au-delà. Alors pourquoi arrêter si tôt ?

    Peut-être parce qu’Italo vit chaque vague avec une intensité et une énergie rare. Planifier une sortie en apothéose, sur la plus grande scène sportive du monde, colle parfaitement à son tempérament : explosif et inoubliable.

    Le doute reste entier

    Italo, cependant, n’a rien gravé dans le marbre. « Peut-être qu’un peu plus tard, je voudrai continuer encore un peu… ou au contraire, me dire que c’est assez. Je verrai sur le moment », nuance-t-il.

    Encore des titres en ligne de mire

    En attendant Los Angeles, le Brésilien ne compte pas lever le pied. « Pour l’instant, je veux encore être champion du monde à plusieurs reprises », affirme-t-il. Les adversaires sont prévenus : le « Brabo » reste un prétendant au titre mondial et ne compte pas quitter le circuit sur la pointe des pieds.

    Quoi qu’il décide en 2028, Italo Ferreira a déjà marqué l’histoire. Sa victoire aux JO de Tokyo restera comme un moment fondateur, à jamais le premier champion olympique comme aime le dire les marseillais. Son surf spectaculaire a inspiré toute une génération. La question est désormais simple : choisira-t-il d’arrêter au sommet avec deux médailles d’or, ou prolongera-t-il encore une carrière déjà légendaire ?

  • Zion Brocchi, l’étoile montante du surf portugais s’est éteinte

    Zion Brocchi, l’étoile montante du surf portugais s’est éteinte

    Le surf portugais traverse une période de profonde tristesse. La disparition de Zion Alves Brocchi, jeune talent de seulement 12 ans, a bouleversé toute une communauté. Originaire de la Costa da Caparica, Zion était déjà considéré comme un espoir majeur du surf national, un enfant qui vivait pour les vagues et qui inspirait bien au-delà de son âge.

    Un parcours fulgurant malgré son jeune âge

    Fils de la professeure de surf Vânia Brocchi, Zion avait grandi les pieds dans l’eau et la tête dans les embruns. Dès ses premières compétitions, il s’était démarqué par sa passion et sa détermination. En 2024, il remportait le titre régional Sub-12 de Grande Lisboa, confirmant son statut de prodige après avoir déjà brillé dans les catégories Sub-8.

    Mais au-delà des résultats, c’est son énergie contagieuse et son amour pur pour le surf qui marquaient les esprits. À 8 ans seulement, dans une interview donnée à Surftotal, il expliquait avec l’enthousiasme de l’enfance :

    « J’ai commencé à surfer parce que ma mère est professeure de surf, elle m’a mis dans les vagues tout petit. »

    Il rêvait déjà de Bali et de Keramas comme destination surf ultime, et affirmait que pour lui, le surf c’était avant tout « free surf toujours », l’envie de partager, de se faire des amis et de profiter de chaque vague.

    Un combat courageux contre la maladie

    Malheureusement, le destin a rattrapé trop tôt ce jeune champion. Zion s’est battu avec courage contre un tumeur cérébrale, affrontant la maladie avec la même détermination qu’il mettait dans les vagues. Jusqu’au bout, il a gardé ce sourire qui illuminait son entourage et cette force tranquille qui inspirait enfants comme adultes.

    Sa disparition laisse une immense douleur, mais aussi un exemple de résilience et de passion qui restera gravé dans la mémoire collective.

    Un héritage qui dépasse les compétitions

    Zion n’était pas seulement une graine de champion. Pour beaucoup, il incarnait l’esprit du surf dans sa forme la plus pure : la joie, le partage et l’authenticité. Son regard tourné vers l’avenir, il citait avec admiration le jeune Matias Canhoto comme futur Portugais sur le WCT, preuve de son humilité et de sa vision juste du surf.

    Aujourd’hui, la communauté du surf au Portugal, mais aussi à l’international, salue son souvenir. Des hommages affluent, rappelant combien ce garçon, en si peu de temps, avait marqué son entourage par son charisme et son énergie positive.

    Une inspiration pour les générations futures

    La perte de Zion soulève une réflexion profonde : comment honorer sa mémoire ? Pour certains, cela passera par des initiatives locales – compétitions en son nom, actions solidaires ou fondations pour encourager les jeunes talents. Mais pour tous, la meilleure façon de le célébrer sera sans doute de continuer à aimer le surf avec la même intensité que lui.

    Car si Zion Brocchi nous quitte trop tôt, il laisse un héritage immatériel : celui d’un enfant qui voyait dans chaque vague une aventure, dans chaque session une fête, et dans chaque sourire le vrai sens du surf.

  • Jean-Sébastien Lavocat, pilier du surf à Saint-Martin, nous a quittés

    Jean-Sébastien Lavocat, pilier du surf à Saint-Martin, nous a quittés

    C’est une journée noire pour le surf français et caribéen. Le jeudi 11 septembre 2025, la communauté apprenait avec une immense tristesse la disparition de Jean-Sébastien Lavocat, plus connu sous le nom de Jean-Seb. Figure incontournable du surf et du windsurf depuis plus de 30 ans, il laisse derrière lui un héritage immense et des générations de riders marqués par son énergie, son engagement et sa passion.

    Un pionnier du surf et du windsurf aux Antilles

    Arrivé très tôt sur la scène des sports de glisse, Jean-Seb Lavocat a bâti les fondations du surf moderne à Saint-Martin. Fondateur du SXM Surf Club du Galion et de Windy Reef SXM, il a non seulement structuré la pratique locale, mais aussi ouvert les portes d’un avenir sportif à de nombreux jeunes de l’île.

    Cette année, le club du Galion devait fêter ses 30 ans d’existence, symbole de la longévité et de l’impact de son engagement. Pour beaucoup, il représentait bien plus qu’un professeur de surf : un repère, un mentor, parfois même un second père.

    Un compétiteur infatigable

    Jean-Sébastien Lavocat n’était pas seulement un coach ou un formateur. Il était aussi un athlète accompli, particulièrement en windsurf. Son palmarès récent témoigne de son incroyable vitalité : en mars dernier, il participait encore à une compétition de niveau international à Porto Rico (IWT et PWA). Sa performance lui avait offert une qualification pour la prestigieuse finale de l’Aloha Classic, prévue en octobre à Hawaii.

    À plus de 50 ans, il démontrait que la passion et le travail acharné n’ont pas d’âge. Son retour sur le circuit avait impressionné et inspiré aussi bien ses pairs que les jeunes générations.

    Une empreinte indélébile sur les jeunes de Saint-Martin

    Au-delà de ses résultats sportifs, Jean-Seb restera dans les mémoires comme un transmetteur hors pair. La Fédération Française de Surf lui a rendu un hommage poignant :

    « Véritable pilier de la communauté saint-martinoise et président du club SXM Waterboys, il a marqué de son empreinte toute une génération de jeunes surfeurs. »

    Parmi ses élèves et protégés figurent aujourd’hui quelques-uns des plus grands noms de la scène caribéenne et française : William Aliotti, Maud Lecar, Titouan Boyer, Andrew Petrelluzzi, Thomas Doumenjou, Tom Houillez, Renan Grainville, sans oublier sa propre fille, Camille Lavocat. Tous saluent l’influence déterminante de son enseignement et de son humanité.

    Des valeurs humaines avant tout

    Jean-Sébastien Lavocat n’était pas seulement un coach exigeant. Il incarnait des valeurs humaines profondes : le respect, le partage, la solidarité et l’amour de l’océan. Les hommages spontanés fleurissent à Saint-Martin. Sur les murs du Galion, un mot inscrit au marqueur résume l’émotion collective :

    « Tu vas nous manquer Jean-Zboubi. Merci pour les plus belles années de notre jeunesse. Merci pour tous ces sourires. Ride bien là-haut. On t’aime. »

    Un héritage qui survivra aux vagues

    À Saint-Martin comme dans l’ensemble des Antilles, la disparition de Jean-Sébastien Lavocat laisse un vide immense. Mais son héritage demeure vivant, dans chaque vague surfée par ses élèves, dans chaque sourire d’un jeune qui découvre le surf, dans chaque passion qu’il a su transmettre.

    La Fédération Française de Surf adresse ses plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches ainsi qu’à toute la communauté saint-martinoise. Quant au monde du surf, il perd un pionnier… mais garde à jamais en mémoire l’image d’un homme debout, porté par le vent et les vagues, fidèle à sa passion jusqu’au bout.

  • Paul Bontemps, surfeur, créateur et passionné, s’en est allé

    Paul Bontemps, surfeur, créateur et passionné, s’en est allé

    C’est une nouvelle qui attriste profondément la communauté surf et skate en France. Paul Bontemps, surfeur, créateur, entrepreneur et figure de HOA Surf, est décédé à seulement 33 ans, des suites d’une maladie contre laquelle il s’était battu avec courage et espoir.

    Installé en Loire-Atlantique, Paul faisait partie de ces passionnés capables de transformer leurs rêves en réalité. Avec son ami et associé Antoine Bouganne, il avait cofondé HOA Surf, une aventure qui mêlait surf, skate et esprit d’entrepreneuriat. Ensemble, ils avaient commencé modestement, en fabriquant une première petite rampe au fond d’un hangar. Jour après jour, module après module, ils ont façonné de leurs mains un univers qui allait séduire bien au-delà de leur cercle d’amis.

    @hoasurf

    Résumer d’un trio à Tahiti et aussi d’une vie ! Vivez vos rêves et profitez de chaques instant

    ♬ son original – HOASURF

    Un passionné de surf et de skate

    HOA Surf n’était pas seulement une marque de planches : c’était une vision, celle d’unir surf et skate autour d’une même culture. Paul, paysagiste de métier, apportait son savoir-faire pour intégrer des modules de skate dans des environnements extérieurs, tout en partageant sa passion des vagues. Très vite, avec Antoine, ils se sont fait connaître pour leurs rampes, barres et skateparks sur-mesure.

    Mais plus qu’une entreprise, HOA Surf incarnait leur amitié, leur créativité, et cette volonté de rapprocher les cultures de glisse.

    L’esprit de partage avant tout

    Paul Bontemps ne s’intéressait pas à la célébrité ni aux chiffres. Dans une interview, il confiait :

    « Le nombre d’abonnés, je m’en contrefiche. Ce qui compte, c’est le partage qu’on peut avoir dans l’eau, les rencontres, les expériences. HOA Surf, c’est faire découvrir le surf, montrer que c’est accessible à tout le monde… mais avec le respect des autres, la sécurité et le plaisir avant tout. »

    Ces quelques mots résument à eux seuls son état d’esprit : généreux, ouvert, toujours tourné vers l’autre.

    Une communauté derrière lui

    Au fil des années, Paul et Antoine ont aussi investi les réseaux sociaux. Sur TikTok, Instagram ou YouTube, ils partageaient voyages, sessions de surf, créations de modules et moments de vie. Leur communauté, qui compte aujourd’hui des dizaines de milliers d’abonnés, n’était pas une simple audience : c’était une famille de passionnés unis autour de valeurs communes.

    Nombreux sont ceux qui, depuis l’annonce de sa disparition, lui rendent hommage, saluant sa gentillesse, sa créativité et sa passion communicative.

    Un dernier message plein d’espoir

    Jusqu’au bout, Paul a tenu à rester positif et à transmettre de la force à ses proches et à sa communauté. Dans un de ses derniers messages postés il y a quelques semaines, il écrivait :

    « Merci pour cette vague d’amour et de soutien ! Merci à ma famille, à ma copine, à mes proches… Vous me donnez la force de me battre ! On continue d’avancer et de remonter la pente, et on reste positif ! »

    Des mots forts, qui résonnent aujourd’hui comme un testament d’optimisme et de courage.

    Un héritage qui restera

    À travers HOA Surf, ses créations en bois, ses vidéos et ses voyages, Paul Bontemps laisse derrière lui bien plus que des planches et des modules : il laisse un esprit. Celui d’un passionné qui croyait aux rêves d’enfant, qui aimait transmettre et qui plaçait toujours le partage au centre de ses projets.

    À 33 ans, il s’en est allé bien trop tôt. Mais dans chaque rampe qu’il a dessinée, dans chaque vague qu’il a surfée, et dans chaque sourire qu’il a déclenché, son empreinte demeure.

  • Hommage à Mercury Psillakis, surfeur, père et “âme sœur” emporté à Long Reef

    Hommage à Mercury Psillakis, surfeur, père et “âme sœur” emporté à Long Reef

    Dee Why, Northern Beaches (Sydney) — Samedi 6 septembre 2025, vers 10 h, Mercury “Merc” Psillakis, 57 ans, a été mortellement attaqué par un requin au large de Long Reef. L’Australie du surf perd un voisin, un ami, un père, un passionné.

    Un surfeur apprécié, un voisin engagé

    Installé à Dee Why, Merc était connu pour son énergie lumineuse et sa gentillesse au pic comme à terre. Entrepreneur local, amoureux des plantes rares, mari de Maria et père de Freedom, il incarnait ce fil invisible qui relie une communauté autour de l’océan. Les autorités ont confirmé qu’il se trouvait à environ 100 m du rivage lorsque l’attaque s’est produite. D’autres surfeurs l’ont ensuite ramené vers la plage, malgré des blessures « fatales ». Les plages entre Manly et Narrabeen ont été temporairement fermées dans la foulée.

    Le geste héroïque de Merc

    Des témoins et des proches racontent un dernier acte d’un altruisme bouleversant : Merc aurait repéré le squale et appelé les autres à se regrouper pour rentrer vers le bord. Il aurait ainsi aidé ses amis à se mettre à l’abri avant d’être frappé à son tour. « Stoïque, héroïque jusqu’au bout », témoigne un ami de la famille. Ce récit a profondément marqué le littoral nord de Sydney.

    Le deuil d’un jumeau : “Nous partagions la même âme”

    Son frère jumeau, Mikali (Mike), shaper, a publié des mots qui ont traversé l’océan : « C’est le moment le plus difficile de ma vie… il était ma main droite… nous partagions la même âme. » Il appelle chacun à « vivre avec une pure passion » et à dire à ses proches qu’on les aime. Des mots simples, vrais, à l’image de Merc.

    Paroles de la famille : “Impossible de ne pas l’aimer”

    Dans un message public, ses proches décrivent un homme « impossible à ne pas aimer », un mari et un père « dévoué et incroyablement joyeux » qui « savait apporter de l’humour dans chaque situation ». Ils saluent aussi les surfeurs et sauveteurs qui ont risqué leur vie pour le ramener. La communauté de Long Reef Boardriders parle, elle, de « fils préféré de Long Reef ».

    Ce que l’on sait de l’attaque

    Les biologistes du NSW, après examen de la planche brisée, estiment qu’un grand requin blanc d’environ 3,4 à 3,6 m est responsable. Des SMART drumlines supplémentaires et des drones ont été déployés dans la zone les jours suivants, tandis que Dee Why et Long Reef sont restées fermées pendant les opérations de surveillance.

    Un drame qui relance le débat sur la sécurité

    L’onde de choc a immédiatement réouvert le débat sur les filets anti-requins. Le gouvernement du NSW a suspendu, puis maintenu la pause du projet de retrait partiel des filets annoncé pour cet été, le temps d’évaluer les faits et l’efficacité des dispositifs existants (filets, drumlines, drones, stations d’écoute). Les fermetures préventives se sont étendues aux plages voisines dans les jours suivants.

    Au-delà des chiffres, une présence qui manque

    Pour ceux qui croisaient Merc chaque matin, board sous le bras et sourire aux lèvres, la perte est incommensurable. On raconte qu’il « sautillait sur l’herbe » jusqu’au bord, discutait avec tout le monde, puis ramait vers le large avec l’enthousiasme d’un gamin. Ce sont ces images, ces éclats de voix et cette chaleur humaine qui resteront. À sa famille, à ses amis, à ses partenaires d’aube et de marée, toute la tribu du surf vous serre fort.

    Si vous souhaitez aider

    Des élans de solidarité se sont organisés localement pour soutenir sa famille. Renseignez-vous via les canaux officiels et associatifs des Northern Beaches avant toute contribution.

    Repose en paix, Merc

  • Kelly Slater face à la scoliose : la légende dévoile ses radios

    Kelly Slater face à la scoliose : la légende dévoile ses radios

    Depuis qu’il a annoncé mettre un terme à sa carrière de compétiteur, Kelly Slater n’a pas seulement tiré sa révérence sportive. Il a aussi ouvert un nouveau chapitre de sa vie, où l’humain prend le pas sur l’athlète. Ces derniers jours, l’Américain a partagé avec ses fans un examen médical révélant l’ampleur de sa scoliose, une pathologie dont il souffre depuis de nombreuses années.

    Un body scan révélateur

    Kelly Slater a profité de sa nouvelle vie loin du circuit pour passer un bilan de santé complet dans une clinique spécialisée. Sur Instagram, il a expliqué :

    « J’ai fait récemment un body scan afin d’avoir un aperçu de tous les problèmes de santé que je connais déjà, mais aussi de ceux dont je n’avais pas conscience. Maintenant que je suis hors du Tour et que j’ai un peu de temps, c’était le bon moment pour m’y pencher. J’ai eu quelques résultats mineurs et modérés à surveiller, mais je n’entrerai pas dans les détails. Évidemment, ma scoliose, dont j’ai souvent parlé, est un vrai problème. »

    La star de 53 ans n’en est pas à sa première confidence sur son dos fragile, mais voir la courbure de sa colonne vertébrale en noir et blanc a marqué ses fans.

    Un combat qui dure depuis longtemps

    Ce mal de dos, Kelly le connaît depuis longtemps. Dès 2016, il confiait :

    « Je traîne un problème de dos assez sérieux depuis plusieurs années. Je ne sais pas si j’ai été dans le déni ou si je faisais semblant que ce n’était pas si grave, mais il y a beaucoup de jours où je ne surfe pas parce que j’ai trop mal. C’est surtout le bas du dos. J’ai une scoliose assez sévère, avec un déséquilibre : je suis plus court d’un côté que de l’autre. Et au milieu du dos, ça part dans l’autre sens, ce qui forme une sorte de S. »

    Un handicap qui n’a pas empêché le Floridien de continuer à rivaliser avec l’élite mondiale, décrochant encore des victoires après 40 ans. Mais à force, les douleurs et les limites physiques se sont imposées.

    La force de partager sa vulnérabilité

    Publier ses radios n’était pas une démarche évidente pour Slater. Pourtant, il a choisi de le faire pour transmettre un message universel :

    « Montrer ma colonne est très personnel, car c’est impressionnant de voir cette courbure avec laquelle je vis depuis tant d’années. Mais je pense qu’il est important que les gens sachent que nous avons tous des problèmes physiques, et que nous pouvons trouver des moyens de réduire leurs impacts, voire d’inverser certains effets. »

    Un témoignage qui résonne bien au-delà du surf. Slater rappelle aussi l’importance des bilans de santé réguliers, surtout passé la cinquantaine :

    « Ces examens sont particulièrement importants pour les personnes de plus de 50 ans. Je suis très reconnaissant d’avoir pu trouver une place dans leur clinique malgré mon emploi du temps serré. »

    Un geste sincère… ou une opération marketing ?

    Si la transparence de Kelly Slater force le respect, son post interroge aussi. Car au-delà du message de prévention, impossible d’ignorer que l’examen a été réalisé chez Prenuvo, une start-up canadienne qui s’est fait connaître grâce aux célébrités. Kim Kardashian, Paris Hilton ou encore Cindy Crawford en ont déjà fait la promotion, décrivant leur IRM comme une « machine qui sauve des vies ». Problème : ce dépistage intégral du corps est facturé près de 2.500 dollars et suscite de vives critiques du corps médical. En France, plusieurs spécialistes rappellent qu’aucune étude ne prouve l’efficacité préventive de ce type d’examen, qui relève davantage du produit de luxe anxiogène que d’une véritable médecine. Dans ce contexte, on peut se demander si Slater ne s’est pas fait, volontairement ou non, le relais publicitaire d’une entreprise controversée. Après tout, il aurait pu partager ses radios et parler de son combat contre la scoliose sans citer le nom de la clinique.

    La légende reste inspirante

    Même s’il ne portera plus de lycra sur le Tour, Kelly Slater continue d’inspirer. Par sa longévité hors normes, par son palmarès (11 titres mondiaux), mais aussi aujourd’hui par son authenticité. Sa scoliose, visible et assumée, rappelle que même les plus grands champions ne sont pas invincibles.

    Cette transparence transforme sa fin de carrière en un passage de relais symbolique : aux jeunes générations de briller, et à Slater de montrer que vieillir peut aussi être une leçon de courage et de lucidité.

  • Ron DiMenna, l’homme derrière Ron Jon Surf Shop, est décédé à 88 ans

    Ron DiMenna, l’homme derrière Ron Jon Surf Shop, est décédé à 88 ans

    Le créateur du “World’s Most Famous Surf Shop” laisse derrière lui une empreinte unique dans l’histoire du surf

    Le monde du surf vient de perdre l’un de ses personnages les plus singuliers et influents. Ron DiMenna, fondateur du mythique Ron Jon Surf Shop, est décédé le 6 septembre 2025 à l’âge de 88 ans. Derrière ce nom devenu une véritable marque mondiale, se cachait un homme aussi visionnaire qu’énigmatique, qui aura contribué à transformer la culture surf en un phénomène de masse.

    Les débuts à New Jersey, la légende d’un shop

    C’est en 1959, bien loin des palmiers de Cocoa Beach, que l’histoire commence. Ron DiMenna ouvre son premier magasin à Ship Bottom, dans le New Jersey. Jeune passionné de surf, il comprend très vite que cette pratique émergente peut séduire bien au-delà des côtes californiennes. Il se met à vendre des planches importées de Californie, puis à développer un véritable univers autour de ce sport encore marginal.

    Dès 1963, poussé par son instinct d’entrepreneur et son goût pour l’aventure, il s’installe à Cocoa Beach, en Floride. À deux pas du spot de Kelly Slater, il implante ce qui deviendra le plus grand surf shop du monde, ouvert 24 heures sur 24. Aujourd’hui, le flagship de Cocoa Beach attire plus de 1,5 million de visiteurs par an, autant que le Kennedy Space Center voisin.

    Ron Jon, une institution de la côte Est

    Le concept de DiMenna est simple : proposer un lieu où l’on trouve tout ce qui fait la culture surf, des planches aux bikinis en passant par les T-shirts, les autocollants et une infinité de goodies. Son sens du merchandising est visionnaire. Les fameux autocollants gratuits “Ron Jon Surf Shop” se retrouvent collés sur des millions de voitures et de fenêtres à travers les États-Unis, jusqu’au fin fond du Texas ou de l’Ohio.

    Résultat : pour beaucoup, un voyage en Floride n’était complet qu’après un passage au Ron Jon de Cocoa Beach. Certains allaient jusqu’à comparer ce “pèlerinage” à un rite initiatique pour être considéré comme un vrai surfeur.

    Un entrepreneur controversé et insaisissable

    Si son magasin est mondialement connu, l’homme derrière le logo est resté une énigme. Ron DiMenna fuyait les médias, au point que la plupart des journalistes n’avaient jamais réussi à obtenir une photo récente de lui. Seules quelques rares images circulent, dont un mugshot pris en 2010 après une arrestation pour conduite en état d’ivresse.

    Son parcours est jalonné d’anecdotes qui alimentent la légende : une passion pour la dynamite dans les années 70, des démêlés avec la justice liés à la drogue, une vie itinérante dans un camping-car de luxe rebaptisé “Rubber Ranch”. Malgré les rumeurs et les excès, il a toujours cultivé une image de businessman autodidacte, imprévisible mais redoutablement brillant.

    Comme l’a résumé Duke Boyd, cofondateur de Hang Ten :

    « Ce que vous voyez aujourd’hui dans l’industrie du surf découle de son merchandising visionnaire. Il a compris très tôt que le surf pouvait séduire bien au-delà d’une minorité de pratiquants. »

    Une influence durable sur l’industrie du surf

    Bien avant que Quiksilver, Billabong ou Volcom ne s’installent dans les grandes métropoles, Ron Jon avait déjà exporté la culture surf à grande échelle. Ses magasins ont contribué à démocratiser un lifestyle qui dépasse la simple pratique sportive.

    Ron DiMenna a également marqué son époque par sa volonté de préserver le littoral. Avec son épouse Lynne, il a créé la Surfing’s Evolution & Preservation Foundation, qui finance notamment des programmes de protection des plages de Floride grâce à la vente de plaques d’immatriculation “Endless Summer”.

    En 1998, il a été intronisé au East Coast Surfing Hall of Fame, reconnaissance ultime pour son rôle dans la popularisation du surf sur la côte Est des États-Unis.

    Une légende aux multiples visages

    Ron DiMenna laisse derrière lui un héritage contrasté. D’un côté, le fondateur génial d’un empire du surf retail qui a inspiré des générations de surfeurs. De l’autre, un personnage insaisissable, parfois sulfureux, qui refusait obstinément la célébrité.

    Sa disparition marque la fin d’une époque, mais son influence continuera de se ressentir dans chaque T-shirt Ron Jon porté aux quatre coins du monde. Pour beaucoup, son magasin restera le “World’s Most Famous Surf Shop”, une vitrine de la culture surf accessible à tous.

    En Floride, les drapeaux sont actuellement en berne pour lui rendre hommage. Dans la mémoire collective des surfeurs, Ron Jon restera à jamais associé à la démocratisation du surf et à l’idée que cette culture peut rassembler bien au-delà de l’océan.

  • Lorenzo Avvenenti sauvé in extremis après un terrible wipeout à Teahupo’o

    Lorenzo Avvenenti sauvé in extremis après un terrible wipeout à Teahupo’o

    Teahupo’o a encore rappelé pourquoi elle est considérée comme la vague la plus dangereuse au monde. Mercredi dernier, lors d’une session historique sur le récif tahitien, le surfeur local Lorenzo Avvenenti a frôlé la mort après un wipeout d’une violence inouïe. Grâce à une mobilisation immédiate et héroïque, il a été sauvé et se remet aujourd’hui à l’hôpital.

    Une journée de rêve qui a failli tourner au drame

    Le photographe Morgan Maassen était présent pour documenter ce swell d’exception. « C’était probablement l’un des plus beaux jours que j’ai jamais vus à Teahupo’o », raconte-t-il. Vagues parfaites, plan d’eau glassy toute la journée et une poignée de surfeurs à l’eau. Parmi eux, Peio Ostolozaga et Lorenzo Avvenenti, deux riders locaux habitués des lieux.

    Aux alentours de 16 h, un set massif déferle. Peio s’élance sur la première bombe et sort d’un tube aussi magnifique que risqué. Derrière lui, Lorenzo est tracté sur la deuxième vague. Mais son take-off se complique, il perd l’équilibre et chute droit dans la zone d’impact. « Il a chuté dans la vague avant de se faire embarquer par la lèvre façon Niccolo Porcella », témoigne un surfeur présent.

    La puissance implacable de Teahupo’o

    Le récif ne pardonne rien. « Il s’est fait absolument pulvériser », décrit Morgan Maassen. Pris dans le courant, recouvert par les restes du premier set et submergé par la deuxième vague, Lorenzo disparaît sous la mousse. Les jet-skis de sécurité se précipitent, mais la visibilité est quasi nulle et la zone saturée de bateaux et de caméramans.

    Pendant de longues secondes, personne ne le voit réapparaître. Puis, un cri retentit depuis un bateau : « Il est à droite ! » hurle Kim Mean, perchée sur le roof de l’embarcation de Cindy Drollet. À ce moment-là, un nouveau set s’abat et il faut encore trente secondes d’attente avant que l’un des sauveteurs parvienne à hisser le surfeur inanimé sur un jet.

    C’est finalement Matahi Drollet qui le récupère, assisté par Tahurai Henry et Biglush, deux figures locales de la sécurité. Sur le ski, ils entament immédiatement un massage cardiaque et tentent de vider l’eau de ses poumons.

    Un miracle collectif

    Contre toute attente, Lorenzo reprend vie. Transporté vers la côte puis à l’hôpital, il passe par la réanimation, mais son état s’améliore. Hier, sa compagne Mia a donné des nouvelles rassurantes sur Instagram : « Lorenzo est désormais dans un état stable. Il ne peut ni manger ni boire, et il parle à peine, mais il est vivant. Il veut remercier Dieu, Teahupo’o et tous ceux qui ont contribué à son sauvetage. »

    Dans son message, elle adresse aussi une pensée particulière à Matahi Drollet pour l’avoir retrouvé, à Tahurai Henry, et à tous les amis qui ont poussé pour qu’il revienne à la vie.

    Teahupo’o, beauté et danger permanent

    Cet accident rappelle que Teahupo’o est un spot à part, à la fois sublime et impitoyable. Chaque session de gros y est une danse entre fascination et peur. « Tous les bateaux et les surfeurs sont sortis de l’eau après le sauvetage, par respect, mais aussi parce que tout le monde était secoué », confie Maassen.

    Trois mois seulement après le grave accident de l’Irlandais Tom Lowe sur la même vague, cet épisode souligne à quel point la solidarité locale et les équipes de sécurité sont vitales. Sans elles, la journée aurait pu virer au drame irréversible.

  • Mike Stewart, 62 ans, défie encore Teahupo’o

    Mike Stewart, 62 ans, défie encore Teahupo’o

    On dit souvent que le surf est un sport de jeunes. Les images des réseaux sociaux regorgent de kids de 15 ans envoyant des airs insensés, de juniors qui enchaînent tubes et manœuvres comme s’ils étaient nés avec une planche sous les pieds. Mais il y a des exceptions. Des exceptions qui rappellent que l’océan n’a pas d’âge, que le courage ne se mesure pas aux bougies sur un gâteau. Et Mike Stewart, à 62 ans, vient une nouvelle fois de le prouver… à Teahupo’o, rien que ça.

    Une légende vivante toujours en action

    Mike Stewart, c’est une légende du bodyboard et du bodysurf. Neuf fois champion du monde, pionnier de spots mythiques, premier bodyboarder à dompter Jaws ou les outer reefs d’Hawaï… la liste est interminable. Pour beaucoup, il est l’équivalent d’un Kelly Slater version bodyboard : un waterman total, respecté par toutes les générations.

    Mais voilà, là où d’autres choisissent une retraite paisible, Stewart continue de charger les vagues les plus radicales du globe. Son terrain de jeu favori ? Pipeline à Hawaii, mais cette fois, on le retrouve à Teahupo’o, Tahiti. Cette gauche monstrueuse, réputée pour son épaisseur plus que pour sa hauteur, a façonné la légende du surfeur hawaiien. Et il n’a visiblement aucune intention d’arrêter.

    L’airdrop de tous les dangers

    La scène est simple, mais hallucinante : Stewart se cale au pic, rame, se jette dans une bombe et… chute littéralement du ciel. Un airdrop vertical, comme seuls les plus téméraires (ou les plus fous ?) osent tenter à Teahupo’o. La suite ? Un wipeout monumental, une planche brisée, et probablement une côte fissurée.

    Mais ce qui frappe, ce n’est pas la chute en elle-même. C’est l’engagement. À 62 ans, alors que la plupart de ses contemporains se contentent de sessions tranquilles à Waikiki, lui se lance dans une vague qui fait trembler les meilleurs pros du moment.

    Le respect de toute une communauté

    La vidéo, immortalisée par le photographe Tim McKenna, a rapidement fait le tour des réseaux. En légende, une phrase qui résume tout : « 62 ans et toujours à charger comme un grom. » Le terme “grom” désigne habituellement les gamins surfeurs. L’appliquer à Stewart à plus de soixante ans est aussi ironique que révélateur : cet homme a gardé l’énergie et la folie des débuts.

    Dans les commentaires, la communauté du surf et du bodyboard a salué l’exploit. Michel Bourez a lâché un sobre mais puissant : « Once a legend, always a legend. » ou en version française « Une fois une légende, toujours une légende. » Kiron Jabour a opté pour un plus direct « Savage send ! » Quant à Tikanui Smith, figure tahitienne, il résume en deux mots : « That was crazy. »

    Une histoire qui dure depuis les années 80

    Si Stewart continue d’impressionner aujourd’hui, ce n’est pas un hasard. Il fait partie de ceux qui ont écrit les premières pages de Teahupo’o. À la fin des années 80, il était déjà là, aux côtés de Ben Severson, pour explorer ce reef terrifiant alors inconnu du grand public. Dans les années 90, il fut aussi le premier bodyboarder à affronter des vagues de 20 pieds sur les outer reefs d’Oahu, et à rider Jaws en 1993.

    Autrement dit : Mike Stewart n’a pas seulement participé à l’histoire, il l’a construite. Le voir encore charger à 62 ans, c’est un rappel saisissant de ce lien indestructible entre un homme et l’océan.

    L’âge, juste un chiffre

    Bien sûr, on pourrait sourire de la situation. Un sexagénaire qui charge à Teahupo’o, ça a quelque chose de surréaliste. Mais au fond, la vraie leçon est ailleurs : l’âge n’est qu’un chiffre. Ce qui compte, c’est la passion, le feu intérieur qui pousse à ramer encore une fois, à se jeter dans la gueule du monstre pour sentir cette seconde de grâce, même si elle finit en roulade sous des tonnes d’eau.

    Mike Stewart nous rappelle que l’esprit du surf et du bodyboard, ce n’est pas seulement la performance ou les trophées. C’est avant tout une attitude : rester curieux, oser, et ne jamais perdre l’envie d’aller voir ce qu’il y a derrière la prochaine vague.

    Et à 62 ans, franchement, qui peut en dire autant ?

  • Dick Brewer, l’architecte éternel du surf moderne

    Dick Brewer, l’architecte éternel du surf moderne

    Trois ans après sa disparition, l’ombre de Dick Brewer plane toujours sur le surf. Le documentaire The Shape of Things retrace l’héritage du shaper de Kauaï, dont les planches ont transformé la discipline à jamais.

    Une légende au panthéon des shapers

    Comment décrire Dick Brewer ? Génie excentrique pour certains, méthodique et visionnaire pour d’autres, le shaper hawaïen a bouleversé l’histoire du surf. Dans les années 60 et 70, pratiquement tous les grands noms ont surfé ses planches. Matt Warshaw, historien du surf, le résume bien : « Virtually every notable surfer of the 1960s and ’70s rode Brewer’s boards ». (En gros, tous les grands surfeurs des années 60 et 70 ont surfé des planches de surf Brewer)

    Quand d’autres shapers distribuaient gratuitement leurs créations dans l’espoir de gagner en notoriété, Brewer, lui, faisait payer ses boards. Et les surfeurs acceptaient sans broncher, conscients que ses shapes offraient un avantage décisif. De Waimea à Sunset, ses guns sont devenus la référence absolue pour les vagues puissantes du North Shore.

    Un film hommage : The Shape of Things

    Après plusieurs projections en festival, The Shape of Things – The Dick Brewer Story circule enfin à l’international. Réalisé par Bob Campi, triple lauréat d’un Emmy Award, le documentaire rassemble des témoignages d’icônes : Gerry Lopez, Laird Hamilton, Mark Richards, Garrett McNamara, Kai Lenny, Al Merrick… Tous reconnaissent l’influence colossale de Brewer sur leur carrière et sur le surf en général.

    Dans le teaser, une voix résume :

    “He wasn’t just shaping boards. He was shaping the future.”
    (« Il ne façonnait pas seulement des planches. Il façonnait l’avenir. »)

    Une autre séquence appuie encore plus fort l’émotion :

    “Every curve, every line he touched… you could feel it on the wave.”
    (« Chaque courbe, chaque ligne qu’il traçait… tu pouvais la ressentir dans la vague. »)

    Ces phrases suffisent à comprendre pourquoi le film est considéré comme un document historique pour la culture surf.

    Des guns mythiques à l’avant-garde des shapes

    L’histoire de Brewer, c’est aussi une chronologie vertigineuse. Dès 1962, il shape un gun pour Buzzy Trent à Waimea. Trente ans plus tard, il fabrique la planche de tow de Laird Hamilton pour Jaws. Une carrière qui traverse les époques sans jamais perdre en pertinence.

    Brewer n’a cessé d’innover : réduction des longueurs, allègement des matériaux, lignes plus rapides, concaves marqués… Ses designs hydrodynamiques étaient si en avance que beaucoup servent encore de base aux shortboards actuels.

    Al Merrick, fondateur de Channel Islands Surfboards, n’a jamais caché son admiration : « I just think he’s the best there ever was. », qu’on peut traduire par  » Je pense simplement que c’est le meilleur de tous les temps. « 

    L’œil des shapers contemporains : Jon Pizel

    Dans une récente interview sur « The Inertia », le shaper Jon Pizel a replacé Brewer dans la discussion sur « la meilleure planche jamais créée ». Pour lui, le thruster d’Al Merrick surfé par Tom Curren reste un modèle iconique. Mais il ajoute immédiatement :

    « You have to tip your hat to Dick Brewer’s boards too. He was putting concaves in the bottom of boards while everyone else was still making rolled bottoms. Pretty much some version of that is what we use today. » ou en version française  » Il faut aussi tirer son chapeau aux planches de Dick Brewer. Il mettait déjà des concaves dans le dessous des planches alors que tout le monde façonnait encore des carènes arrondies. Aujourd’hui, on utilise tous une version de ce principe. »

    En clair, alors que ses contemporains modelaient encore des carènes arrondies, Brewer sculptait déjà des concaves complets. Une révolution dont chaque shortboard moderne est l’héritier.

    Pizel souligne aussi la modernité des guns façonnés dans les années 70 : « Those boards were so advanced, design-wise. » « Ces planches étaient tellement en avance sur leur temps, d’un point de vue design.  » Leur hydrodynamique reste un modèle étudié et appliqué cinquante ans plus tard.

    Plus qu’un shaper, un visionnaire

    Si l’on ne peut pas toujours isoler une « planche parfaite » signée Brewer, c’est parce que son génie n’était pas concentré sur un seul modèle, mais sur une philosophie globale. L’idée que chaque planche devait être un outil sur-mesure pour la vague et pour le surfeur.

    Cette vision explique pourquoi il a influencé aussi bien les big wave riders de Waimea que les tow-in pioneers de Jaws, mais aussi les générations actuelles qui, sans parfois le savoir, surfent encore sur ses concepts hydrodynamiques.

    L’empreinte éternelle de Dick Brewer

    Aujourd’hui, alors que le documentaire The Shape of Things circule et que de jeunes shapers comme Jon Pizel rappellent l’importance de son héritage, une chose est claire : Dick Brewer n’était pas seulement un artisan. Il était l’architecte du surf moderne.

    Ses boards ont permis aux surfeurs de repousser les limites. Ses innovations sont devenues des standards. Et son nom restera à jamais associé à l’idée même de performance et de vision dans le shaping.

    Comme le dit le teaser, Brewer ne façonnait pas que des planches. Il façonnait le futur.

  • Session de rentrée : Hossegor s’échauffe avant le Quiksilver Festival

    Session de rentrée : Hossegor s’échauffe avant le Quiksilver Festival

    Le mois de septembre démarre enfin sur de meilleures bases à Hossegor. Après deux jours ventés, ce mercredi matin a offert une courte, mais intense session, entre locaux affûtés, surfeurs motivés… et un invité surprise : Issam Auptel.

    Un mercredi matin attendu

    Septembre, ce mois béni des surfeurs, commençait mal : vent fort, vagues hachées, rien de très inspirant. Mais ce matin, on savait que la fenêtre serait courte et bonne. Les prévisions annonçaient un créneau avant que le vent ne se lève. Alors qui était là ? Eh bien, tous. Ceux qui connaissent les prévisions par cœur, ceux qui ont un jet, les locaux, les surfeurs en quête de challenge… et nous.

    Tester les bancs de sable avant la compétition

    Notre mission du jour : observer les bancs de sable, à deux semaines du Quiksilver Festival Hossegor. Et franchement, bonne nouvelle : ils semblent bien en place. Si les prochains jours se calment comme prévu, on peut espérer des conditions idéales pour accueillir la compétition. Les bancs sont là, les surfeurs arrivent, il ne manque plus que la bénédiction de Neptune pour avoir un show digne du nom.

    Les rameurs en rois de la matinée

    La session a été courte, filmée jusqu’à 10h30, mais elle a livré un verdict clair : les rameurs ont gagné. Pas besoin de jet ce matin, les locaux à la rame ont assuré le spectacle. Et parmi eux, une révélation pour nous : Issam Auptel.

    Zoom sur Issam Auptel

    On connaissait son nom, on avait déjà vu des vidéos avec la bande de Biarritz, mais jamais encore en live sous notre caméra. Ce matin, il a pris « la bombe » de la session et l’a surfée à la perfection. Un style fluide, un engagement total… de quoi nous faire dire tout haut : « une wildcard pour Issam ! »

    Une wildcard rêvée

    On ne pèse pas lourd chez Icônes Surf — on renaît à peine de nos cendres, et il est probable que Quiksilver ignore jusqu’à notre existence. Mais si c’était nous qui décidions, on offrirait cette wildcard à Issam Auptel sans hésiter. Promis, on leur enverra un mail : qui sait, peut-être qu’un jour, on aura notre mot à dire.

    En attendant, place à la vidéo

    On vous laisse avec notre vidéo de la session. Comme de bons youtubeurs, on vous invite à nous suivre un peu partout. Le Quiksilver Festival arrive à grands pas, et si les bancs de sable tiennent leurs promesses, ça risque d’être mémorable.

  • Yago Dora : la biographie complète du champion du monde brésilien

    Yago Dora : la biographie complète du champion du monde brésilien

    Né loin de l’océan, mais aujourd’hui au sommet du surf mondial, Yago Dora incarne à lui seul la nouvelle vague brésilienne. De Curitiba à Cloudbreak, son parcours raconte une histoire de passion, de persévérance et d’explosivité sur les vagues.

    Les débuts d’un surfeur atypique

    Yago Dora voit le jour le 18 mai 1996 à Curitiba, dans l’État du Paraná, au Brésil. Un détail surprenant pour un futur surfeur : sa ville natale est située à plusieurs centaines de kilomètres de l’océan. Pas de beach breaks à portée de vélo, pas de sessions au lever du soleil avant l’école.

    C’est seulement à l’âge de 11 ans, lors d’un déménagement familial à Florianópolis (Santa Catarina), que Yago monte pour la première fois sur une planche. Plus tard que la plupart des surfeurs professionnels – ses futurs rivaux étaient déjà des prodiges avant même l’adolescence –, mais son ascension sera fulgurante.

    Son père, Leandro “Grilo” Dora, ancien pro devenu coach renommé (il a travaillé avec Adriano de Souza, Jack Robinson ou encore Lucas Silveira), joue un rôle essentiel. Caméras à la main, il filme les sessions de son fils, décortique chaque manœuvre, et partage sa science du surf de haut niveau.

    Le surnom « Skinny Goat »

    Fin et élancé (1,79 m pour environ 70 kg), Yago se distingue rapidement par son style aérien et son explosivité. Ses amis le surnomment le “Skinny Goat”, la « chèvre maigre », en référence à sa silhouette et à ses qualités sur les vagues, capable de décoller toujours plus haut au-dessus de la lèvre.

    Des débuts hésitants en compétition

    Si son talent crève les yeux, Yago Dora ne se tourne pas immédiatement vers la compétition. À l’adolescence, il préfère le free surf, multipliant les vidéos qui circulent sur internet et dévoilent son style aérien unique. Sa notoriété grandit ainsi en dehors du circuit classique.

    Mais en 2015, il décide de prendre le chemin des compétitions. Dès 2016, il se classe 43ᵉ sur le Qualifying Series. L’année suivante, il explose aux yeux du monde entier :

    • Victoire à Newcastle (Australie)
    • Victoire aux Açores (Portugal)
    • Qualification directe pour le Championship Tour 2018

    Cerise sur le gâteau, il marque les esprits en tant que wildcard au Oi Rio Pro 2017. Devant le public brésilien, il élimine coup sur coup John John Florence, Gabriel Medina et Mick Fanning, pour finalement décrocher une incroyable 3ᵉ place. Le monde découvre alors son surf aérien et imprévisible.

    L’ascension sur le Championship Tour

    En 2018, Yago Dora intègre officiellement l’élite mondiale. Comme tout rookie, il doit apprendre à gérer la pression, voyager sans relâche, et affronter les meilleurs sur toutes les vagues de la planète. Mais son surf polyvalent – aérien en beach break, engagé sur reef, puissant dans les vagues tubulaires – lui permet de se maintenir au plus haut niveau.

    En 2021, il signe une saison solide et termine à la 9ᵉ place mondiale, confirmant qu’il fait partie des hommes forts du circuit. Son style spectaculaire lui vaut l’admiration des fans, qui voient en lui un digne représentant de la Brazilian Storm, cette génération dorée menée par Medina, Toledo et Italo Ferreira.

    L’année 2024 : frustration et désillusions

    Pourtant, tout n’a pas été simple. L’année 2024 est un crève-cœur. Malgré de bons résultats à El Salvador et au Brésil, il échoue à la 6ᵉ place mondiale, juste derrière la ligne des qualifiés pour les WSL Finals. Pire encore : il rate de peu la qualification olympique pour les Jeux de Paris 2024, devancé par Gabriel Medina lors des ISA Games.

    Une saison qui laisse des traces, mais qui servira surtout de carburant pour écrire la suite.

    2025 : la consécration mondiale

    Tout change en 2025. Porté par une nouvelle énergie, Yago Dora réalise une saison parfaite :

    • Victoire à Peniche (Portugal)
    • Victoire en Californie
    • Et surtout, sacré champion du monde en septembre lors des WSL Finals à Cloudbreak (Fidji)

    En finale, il domine l’Américain Griffin Colapinto, confirmant son statut de n°1 de la saison et devenant le troisième Brésilien champion du monde dans l’ère des WSL Finals, après Medina et Toledo.

    Ce titre consacre son surf complet et son mental retrouvé, transformant l’outsider aérien en champion global.

    Un surfeur guidé par le plaisir

    Au-delà des trophées, Yago Dora garde une philosophie simple. Interrogé par Revista Trip, il confiait récemment :

    « J’ai commencé le surf pour le plaisir, et j’essaie de m’en souvenir chaque jour. Je surfe parce que j’aime ça. »

    Cette approche détendue et passionnée se ressent dans son style : créatif, libre, toujours à la recherche de nouvelles lignes.

    Yago Dora aujourd’hui

    • Nom complet : Yago Dora
    • Date de naissance : 18 mai 1996 (29 ans)
    • Lieu de naissance : Curitiba, Paraná, Brésil
    • Taille : 1,79 m
    • Poids : 70 kg
    • Surnom : Skinny Goat
    • Style : Goofy
    • Début WQS : 2013
    • Début CT : 2018
    • Palmarès majeur : Champion du monde WSL 2025

    Aujourd’hui, Yago Dora est non seulement un champion du monde, mais aussi une source d’inspiration pour les jeunes surfeurs qui, comme lui, n’ont pas grandi face à l’océan.

    Un avenir encore plus grand ?

    À seulement 29 ans, Yago Dora a déjà écrit une page de l’histoire du surf. Mais le livre est loin d’être terminé. Sa polyvalence, sa créativité et son mental font de lui un candidat sérieux à de nouveaux titres mondiaux.

    Dans un circuit où la concurrence est plus rude que jamais, il pourrait bien devenir la prochaine grande icône brésilienne, capable de succéder à Medina et Toledo tout en imposant sa propre signature : celle d’un surfeur né loin de la mer, mais destiné à dominer les vagues du monde entier.