Catégorie : surfer

  • Molly Picklum : la surfeuse australienne qui redéfinit la nouvelle génération

    Molly Picklum : la surfeuse australienne qui redéfinit la nouvelle génération

    Encore inconnue du grand public français il y a peu, Molly Picklum s’impose aujourd’hui comme la nouvelle icône du surf mondial. À seulement 22 ans, l’Australienne a déjà écrit l’histoire à Pipeline, Sunset Beach et Teahupo’o, avant de devenir championne du monde WSL 2025. Une trajectoire fulgurante, symbole de cette nouvelle génération de surfeuses prêtes à repousser toutes les limites.

    Enfance et débuts à Gosford

    Molly Picklum est née le 26 novembre 2002 à Gosford, en Nouvelle-Galles du Sud (Australie). Très tôt, elle découvre l’océan : à seulement trois ans, elle se tient déjà debout sur une planche. Elle grandit sur la Central Coast, une région de beachbreaks puissants qui forment les surfeurs à l’engagement et à la polyvalence.

    Au sein du North Shelly Boardriders Club, Molly progresse vite. Avec ses amis, elle alterne entre les sessions matinales avant l’école et les sprints en vélo pour arriver à l’heure après avoir “gratté” une dernière vague. Une enfance typique de surfeuse australienne… sauf que Molly a déjà ce petit quelque chose de plus : une détermination inébranlable.

    Les premiers titres nationaux

    Dès l’adolescence, Molly accumule les résultats. En 2018 et 2019, elle remporte le titre de championne d’Australie junior. En 2019, elle décroche aussi l’Australian Pro Junior. Rapidement, la fédération la reconnaît comme un diamant brut : elle est élue Rising Star aux Australian Surfing Awards 2020.

    En parallèle, la presse spécialisée la place en tête de sa génération. Le magazine Surfing Life la nomme “n°1 junior féminine” la même année.

    Qualification et coup dur en 2022

    En 2022, Molly Picklum intègre enfin le Championship Tour (CT) de la World Surf League. Son année démarre fort avec deux résultats dans le top 5. Mais la WSL instaure le mid-season cut, et Molly est éliminée sans ménagement. Une désillusion qui aurait pu briser sa carrière.

    Au lieu de ça, elle se sert de ce revers comme tremplin. Elle retourne sur le Qualifying Series, enchaîne les résultats et revient plus forte. Dès 2023, le surf mondial découvre une Picklum plus affûtée, plus mature, et surtout plus dangereuse dans toutes les conditions.

    Les exploits à Hawaii : Sunset et Pipeline

    L’année 2023 marque son véritable envol. À Sunset Beach (Hawaï), elle signe sa première victoire sur le CT. Quelques semaines plus tôt, elle avait déjà fait sensation en remportant le Vans Pipe Masters.

    Mais c’est en janvier 2024 qu’elle entre définitivement dans l’histoire : lors du Lexus Pipe Pro, elle devient la première femme à obtenir un 10 parfait à Pipeline, grâce à un backside tube monumental. Une performance qui résonne comme un jalon dans l’histoire du surf féminin.

    Et deux semaines plus tard, elle défend avec brio son titre à Sunset Beach, réalisant un enchaînement de manœuvres spectaculaires, dont un turn aérien décrit comme “le move de la décennie” par Surfer Magazine.

    La route vers Paris 2024 et Tahiti

    Ses performances la qualifient pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, disputés à Teahupo’o, en Polynésie française. L’épreuve olympique restera contrastée pour elle : malgré un engagement total, Molly s’incline face à Johanne Defay en éliminatoires.

    Mais ce passage aux JO, loin d’être un échec, consolide son statut d’athlète de haut niveau : représenter l’Australie à seulement 21 ans sur l’une des vagues les plus redoutées du monde n’est pas donné à tout le monde.

    2025 : l’année du sacre mondial

    En 2025, Molly Picklum aborde la saison comme l’une des grandes favorites. Après une finale à Abu Dhabi, elle enchaîne deux victoires majeures :

    • VIVO Rio Pro (Brésil) : où elle domine les locales avec les meilleurs scores du contest.
    • Lexus Tahiti Pro (Teahupo’o) : où elle terrasse la championne en titre Caitlin Simmers dans un duel historique.

    Ces succès lui permettent d’arriver tête de série n°1 aux WSL Finals à Cloudbreak (Fidji). Et là, la jeune Australienne réalise son rêve : en battant Caroline Marks, elle devient championne du monde WSL 2025.

    Son surf : engagement et polyvalence

    Ce qui frappe chez Molly Picklum, c’est sa polyvalence. Capable de briller dans le gros de Teahupo’o comme dans les beachbreaks rapides de Rio, elle combine :

    • Un tube ride technique, surtout en backside, qui rappelle les plus grands.
    • Un surf aérien et radical, avec un timing parfait.
    • Un engagement sans concession, qui la pousse à tenter des manœuvres rarement vues chez les surfeuses de sa génération.

    Elle incarne cette nouvelle vague du surf féminin, où la recherche de performance et le style explosif se marient à un mental de championne.

    Une personnalité solaire

    Hors de l’eau, Molly est tout aussi attachante. Toujours souriante, blagueuse avec ses amis, elle n’en reste pas moins une bosseuse acharnée. Ses proches témoignent de sa capacité à rester humble malgré une carrière qui décolle à une vitesse folle.

    On la retrouve régulièrement sur ses spots locaux de la Central Coast, où elle continue de s’entraîner dans des vagues puissantes qui rappellent Hawaii.

    Palmarès résumé

    • 2 titres de championne d’Australie junior (2018, 2019)
    • Rising Star des Australian Surfing Awards (2020)
    • Vans Pipe Masters (2022)
    • Hurley Pro Sunset Beach (2023, 2024)
    • Lexus Pipe Pro : premier 10 parfait féminin à Pipeline (2024)
    • VIVO Rio Pro (2025)
    • Lexus Tahiti Pro (2025)
    • Championne du monde WSL (2025)

    En quelques années, Molly Picklum est passée du statut de rookie prometteuse à celui de championne du monde respectée. Son parcours est celui d’une surfeuse qui apprend vite, rebondit après les échecs et ne recule jamais devant l’engagement.

    À seulement 22 ans, elle symbolise une nouvelle ère pour le surf féminin : audacieuse, explosive, sans limites. Une surfeuse qui écrit l’histoire… et qui n’a clairement pas fini de la réinventer.

  • Yago Dora et Molly Picklum, nouveaux rois du surf mondial

    Yago Dora et Molly Picklum, nouveaux rois du surf mondial

    Fidji, 1er septembre 2025. Les vagues de Cloudbreak n’étaient peut-être pas le “monster swell” promis, mais l’histoire s’est bel et bien écrite : le Brésilien Yago Dora et l’Australienne Molly Picklum deviennent pour la première fois champions du monde. Une journée contrastée entre climax sportif, petites vagues et fin d’une ère pour le format controversé des Final 5.

    Un sacre pour Yago, la confirmation d’une décennie brésilienne

    Le scénario ressemblait à une redite : comme Medina en 2021, Toledo (x2) et Florence en 2024, c’est encore le n°1 mondial qui s’impose. Yago Dora, 29 ans, n’a pas tremblé face à Griffin Colapinto, pourtant en feu après avoir écarté Italo Ferreira et Jordy Smith.

    Avec un surf précis et relâché, Dora a frappé dès l’entame avec une combinaison de manœuvres notée 8,33, la meilleure vague de la finale. Colapinto a tenté un baroud d’honneur à quelques secondes du buzzer, en rentrant dans le tube le plus long de la journée. Mais la sortie s’est refermée, comme un symbole : impossible d’arrêter la marche du Brésilien. Score final : 15,66 à 12,33.

    Ce titre prolonge la domination brésilienne : 8 couronnes sur les 10 dernières années pour le Brésil. La “Brazilian Storm” souffle encore.

    Biographie de Yago Dora

    Molly Picklum, la relève australienne

    Chez les femmes, l’histoire est encore plus forte. Molly Picklum (22 ans) devient la première Australienne championne du monde depuis Stephanie Gilmore en 2022. Et surtout, elle l’emporte à Cloudbreak, dans des vagues lourdes et techniques rarement proposées aux finales féminines.

    Son parcours ? Un faux départ dans la première manche, dominée par Caroline Marks. Mais Picklum a ensuite enclenché le turbo : deux heats gagnés avec autorité, deux barrels backside notés 8,83, et le meilleur total de la journée (16,93).

    Avec ce titre, elle confirme la tendance d’une jeunesse conquérante : Marks (2023), Simmers (2024), Picklum (2025). Trois championnes en trois ans, toutes de moins de 23 ans. Le surf féminin a changé de génération.

    Retrouvez la biographie de Molley Picklum

    Cloudbreak, un théâtre… pas si monstrueux

    Le choix de Cloudbreak au lieu de Restaurants promettait des tubes massifs. La réalité fut plus contrastée : peu de barrels, beaucoup de vagues molles ou fermantes. De quoi frustrer certains spectateurs qui attendaient un show tubuesque annoncé.

    Les surfeurs ont dû s’adapter à des vagues plus “performance” que “tube”. Italo Ferreira, fidèle à son style aérien, a régalé par moments, mais n’a pas trouvé de constance. Jack Robinson et Caity Simmers, pourtant favoris si ça avait grossi, sont sortis très tôt.

    La finale a donc ressemblé à une bataille d’endurance et de choix stratégiques plus qu’à une orgie de barrels. Une fin de saison un peu à contre-courant, mais qui n’enlève rien à la valeur des titres.

    Le format Final 5, clap de fin

    Ces finales 2025 étaient aussi la dernière édition du format “sudden death” instauré en 2021. Dès 2026, retour au classement cumulé sur l’ensemble de la saison, avec Pipeline comme bouquet final et un coefficient 1,5.

    Le bilan du Final 5 ?

    • Chez les hommes, le suspense n’a jamais vraiment existé : toujours le n°1 mondial sacré.
    • Chez les femmes, au contraire, le format a ouvert des brèches : Carissa Moore (2021) titrée, puis battue en 2022 et 2023 alors qu’elle partait favorite.

    Les fans resteront partagés. Certains regrettaient la “lotterie” d’un seul jour décisif. D’autres y voyaient un show télé parfait, façon Super Bowl.

    Une journée historique malgré tout

    Entre critiques et célébrations, une chose est sûre : le surf mondial a deux nouveaux visages. Dora, le Brésilien discret mais explosif. Picklum, l’Australienne intrépide qui aime les conditions solides.

    Tous deux entreront dans l’histoire non seulement pour leur premier sacre, mais aussi comme les derniers champions du monde de l’ère Final 5. Et ça, même si le swell n’était pas aussi puissant qu’espéré, c’est une page qui se tourne.

  • Mateus Herdy, le surfeur brésilien à l’aube de son heure de gloire

    Mateus Herdy, le surfeur brésilien à l’aube de son heure de gloire

    Difficile de ne pas tomber sous le charme de Mateus Herdy. Son style aérien, ses manœuvres explosives et son allure de golden boy en font l’un des surfeurs les plus spectaculaires de sa génération. Mais derrière l’image d’enfant prodige du surf brésilien se cache une histoire plus complexe : celle d’un talent immense, fragilisé par l’instabilité de l’industrie surf et par des obstacles personnels, mais qui continue de briller grâce à sa persévérance et à une passion indéfectible pour les vagues. Aujourd’hui, à 24 ans, Herdy semble plus que jamais prêt à franchir le cap et à rejoindre définitivement l’élite mondiale.

    Un « crack » annoncé dès ses débuts

    Né à Florianópolis, au Brésil, en 1998, Mateus Herdy a très vite été propulsé dans la lumière. Avec son style fluide, ses airs insensés et son charisme naturel, il a rapidement été perçu comme le digne héritier de la “Brazilian Storm”, cette génération dorée incarnée par Gabriel Medina, Filipe Toledo et Italo Ferreira. Son image de surfeur jeune, beau et talentueux lui a ouvert les portes des plus grandes marques : Quiksilver et Red Bull ont cru en lui, et son nom a circulé comme celui d’un futur membre incontournable du Championship Tour (CT).

    Les comparaisons avec Julian Wilson, autre crack du surf aérien, n’ont pas tardé. Tous deux partageaient la même élégance dans les airs, une esthétique de surf moderne, et même une ressemblance physique frappante. Mateus grandissait avec l’image de Julian comme modèle, jusqu’à ce que leurs destins finissent par se croiser d’une manière inattendue des années plus tard.

    Les premiers éclats et la frustration des presque-qualifications

    Très tôt, Herdy a montré qu’il n’était pas seulement un free surfeur spectaculaire, mais aussi un compétiteur redoutable. En 2018, il s’invite dans les conversations en frôlant déjà la qualification sur le CT. En 2021, il marque les esprits en décrochant une 3ᵉ place à Mexico en tant que wildcard, prouvant qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs. L’année suivante, il récidive avec une 5ᵉ place à Rio, encore une fois en wildcard.

    Mais à chaque fois, il échoue à une poignée de heats de la qualification officielle. Cette répétition de “presque” a forgé sa réputation de talent incontournable, mais encore inabouti, coincé dans les limbes entre les Challenger Series et le CT.

    Pourtant, dans l’eau, peu doutaient de son potentiel. Ses airs multiples et variés, son surf engagé et son style unique le plaçaient déjà dans la catégorie des surfeurs capables de marquer l’histoire.

    Le revers brutal : sponsors perdus et haine reçue

    À l’aube de 2024, la nouvelle tombe comme un couperet : Quiksilver et Red Bull se retirent. Mateus Herdy, malgré ses résultats, se retrouve sans sponsors majeurs. Une situation incompréhensible pour beaucoup, tant son profil semblait parfait pour incarner une marque de surf moderne.

    Cette perte ne fut pas seulement financière, mais symbolique. Pour un surfeur qui avait grandi en rêvant de mettre un sticker Quiksilver sur sa planche comme ses idoles, c’était comme voir son rêve d’enfant s’effondrer.

    Pire encore, il doit encaisser une vague de haine inattendue. Au Brésil, une interview mal comprise par les médias lui attire des critiques violentes, jusqu’à des attaques personnelles : sa voiture est vandalisée, des insultes homophobes sont gravées dessus. Un épisode sombre qui l’a profondément marqué. “J’étais au plus bas. Je pensais même à arrêter la compétition”, a-t-il confié.

    Le soutien providentiel de Logan Dulien et l’aventure Snapt 5

    Alors que tout semblait s’effondrer, un allié inattendu lui tend la main : Logan “Chucky” Dulien, créateur des films Snapt. Producteur engagé, Logan décide de financer la campagne de Mateus sur les Challenger Series, convaincu que son surf mérite d’être vu et reconnu.

    Cette confiance redonne espoir à Mateus Herdy. Il participe ainsi au très attendu Snapt 5, aux côtés des meilleurs free surfeurs de la planète. Faute de budget pour voyager, il filme une grande partie de sa part chez lui, au Brésil, et sur quelques contests. Le résultat ? Un segment explosif, salué pour sa créativité et ses airs insensés, qui confirme une fois de plus son statut de surfeur incontournable.

    Au-delà du film, ce soutien lui permet de continuer à rêver au CT, tout en prouvant qu’il appartient à l’élite mondiale, qu’importe les stickers présents – ou absents – sur sa planche.

    La renaissance avec Rivvia Projects et Julian Wilson

    En 2025, un nouveau chapitre s’ouvre. Julian Wilson, l’un de ses modèles de jeunesse, décide de lui tendre la main en l’intégrant à sa marque Rivvia Projects. L’histoire est belle : l’ancien génie australien signe le génie brésilien en quête de renouveau. L’accord est scellé de manière presque anecdotique… autour d’un burger chez In-N-Out, pendant l’US Open.

    “Je suis tellement heureux de rejoindre Rivvia. J’ai toujours admiré Julian et je crois vraiment en ce que représente sa marque. Je veux l’aider à grandir au Brésil et en faire quelque chose de durable”, confie Mateus.

    Ce partenariat n’est pas qu’un simple contrat : il symbolise une seconde chance, une reconnaissance méritée et une vraie connexion humaine. Avec Wilson et Ryan Callinan comme alliés, Herdy retrouve un cadre, une famille de surf qui croit en lui.

    Les résultats récents : une finale à l’US Open et un nouveau souffle

    La confiance retrouvée se traduit rapidement en résultats. À l’été 2025, Mateus Herdy atteint la finale de l’US Open, l’un des plus gros événements des Challenger Series. Battu de peu, il sort grandi de cette performance et prouve qu’il est toujours dans la course à la qualification.

    Dans l’eau, son surf reste flamboyant. Ses airs multiples, sa capacité à combiner puissance et créativité, et son style élégant en font l’un des surfeurs les plus excitants à regarder. Nombreux sont ceux qui voient en lui l’un des futurs piliers du CT, à l’instar de Medina ou Italo.

    Avec une nouvelle énergie et le soutien de Rivvia, Herdy aborde la suite de la saison avec détermination : “Je suis en bonne position, mais rien n’est garanti. Je vais continuer à me battre pour décrocher ma place sur le Tour.”

    Pourquoi croire en Mateus Herdy ?

    Mateus Herdy incarne l’essence même du surf moderne : une technique irréprochable, un style aérien qui repousse les limites, et une authenticité rare. Contrairement à certains surfeurs happés par le marketing TikTok ou les contenus artificiels, lui mise sur le surf pur, sur les films, les voyages et la connexion avec l’océan.

    Son parcours, fait de hauts flamboyants et de bas douloureux, prouve sa résilience. Malgré les coups durs, il n’a jamais cessé de se battre, de s’entraîner et de rêver au CT. Aujourd’hui, avec une équipe solide autour de lui, une nouvelle marque qui croit en lui et des résultats qui parlent d’eux-mêmes, tout laisse penser que son heure est proche.

    Et au fond, ce qui fait la différence avec Mateus Herdy, c’est l’émotion qu’il dégage. En le regardant surfer, on ressent quelque chose : une joie, une liberté, une esthétique rare. Comme si, au-delà des classements et des sponsors, il rappelait ce qu’est le surf dans sa plus belle expression.

    Un futur champion en devenir

    À seulement 24 ans, Mateus Herdy a déjà vécu plusieurs vies : celle du prodige sponsorisé, celle du surfeur lâché par l’industrie, celle du combattant qui s’accroche. Aujourd’hui, il entre dans une nouvelle ère, plus mûr, plus fort et toujours aussi spectaculaire.

    S’il n’est pas encore sur le Championship Tour, il n’a jamais été aussi proche d’y entrer. Et quand ce jour viendra, nul doute que le monde entier parlera de son surf, de ses airs insensés et de ce style unique qui fait de lui un surfeur à part.

    Mateus Herdy, c’est l’histoire d’un rêve qui refuse de s’éteindre. Et à le voir aujourd’hui, tout indique qu’il brillera encore plus fort dans les années à venir.

  • Prince Harry, roi du Surf Ranch ?

    Prince Harry, roi du Surf Ranch ?

    Qui aurait parié là-dessus ? Après avoir quitté Buckingham pour la Californie, le Prince Harry vient d’ajouter une nouvelle corde à son arc : surfeur. Et pas sur n’importe quel spot, attention, mais au Surf Ranch de Kelly Slater, le parc à vagues le plus select (et le plus chloré) du monde. Oubliez les beach breaks de Cornouailles, la royauté britannique s’offre désormais des sessions privées dans une piscine géante au milieu de nulle part.

    Meghan, coach média et DJ attitrée

    C’est Meghan Markle qui a vendu la mèche, en postant sur Instagram une vidéo de son cher et tendre, take-off hésitant mais sourire au lèvres. Le tout accompagné du tube “Whatta Man” de Salt-N-Pepa et d’un petit emoji renard – apparemment le surnom intime du duc. On est loin des communiqués officiels du palais de Buckingham, mais niveau mise en scène, Hollywood n’aurait pas fait mieux.

    Take-off assisté et quasi tube royal

    La scène est digne d’une téléréalité : Harry, encouragé par Raimana Van Bastolaer, coach star du Surf Ranch, s’élance avec une petite poussée amicale. Quelques mètres plus loin, il parvient à se caler sur la ligne, avec un style… disons princier, mais pas encore olympique. Et là, moment historique : l’ombre d’un tube. Certes, on est plus proche du ride en douce dans une vague artificielle que du Teahupo’o engagé, mais pour un prince, ça mérite au moins une médaille en chocolat.

    Les haters s’en mêlent

    Bien sûr, Internet n’a pas tardé à dégainer. “Éco-warrior Harry, qui vit au bord de l’océan, roule des heures pour aller surfer une piscine énergivore”, “Ce n’est pas du surf, c’est une croisière chlorée” ou encore “Il est à des kilomètres de la mer !” : les commentaires ont fusé plus vite qu’une série de vagues à Hossegor. Harry a beau se revendiquer défenseur de l’environnement, le paradoxe n’a échappé à personne.

    Une vague de stars avant lui

    Harry n’est pas le premier people à tenter sa chance au Surf Ranch. Avant lui, on a vu défiler Matthew McConaughey, Lewis Hamilton, Chris Hemsworth, Tony Hawk ou encore Eddie Vedder. Bref, une drôle de cour des miracles aquatique, où se croisent acteurs, rockeurs, champions olympiques et désormais… royauté britannique. Si le Surf Ranch était un palace, on pourrait presque parler d’un bal mondain.

    Kelly Slater, le vrai roi

    Reste que dans ce royaume artificiel, un seul monarque règne vraiment : Kelly Slater. L’inventeur du Ranch, onze fois champion du monde, continue d’accueillir les stars comme un hôte bienveillant. Mais attention, si le “King Kelly” est le GOAT, Harry pourrait bien devenir le DUK – Duke of the UK Surf. Ça sonne presque comme un titre officiel, non ?

    Surfer un trône de mousse

    Alors, faut-il s’extasier ou sourire devant cette conversion tardive ? Après tout, si Harry veut troquer la couronne contre une wax, on ne peut que l’encourager. Mais avouons-le : voir un prince en combinaison intégrale, aidé pour se lever sur une vague chlorée au milieu de la Californie, c’est probablement la chose la plus britannique qui puisse arriver au surf. Une tasse de thé à la main, et la boucle aurait été bouclée.

  • Lucas Chianca repousse les limites du surf de grosses vagues au Brésil

    Lucas Chianca repousse les limites du surf de grosses vagues au Brésil

    Quand on pense au surf de grosses vagues, le Brésil n’est pas forcément le premier pays qui vient en tête. Nazaré au Portugal, Jaws à Hawaï, Mavericks en Californie… Ces noms résonnent immédiatement dans l’imaginaire collectif. Pourtant, c’est bien au sud du Brésil, à Laje da Jaguaruna, dans l’État de Santa Catarina, que Lucas “Chumbo” Chianca vient de marquer l’histoire avec une vague mesurée à 14,82 mètres (48 pieds), la plus grosse jamais surfée dans le pays.

    Une mission express à travers le Brésil

    Ce record, Chumbo ne l’a pas arraché par hasard. Comme souvent dans le surf de grosses vagues, tout s’est joué dans une course contre la montre. Alors qu’il se trouvait à Barra Grande, dans l’État de Bahia, à plus de 1 300 kilomètres de Rio, Lucas reçoit l’alerte : une houle historique se prépare au sud du pays. Sans hésiter, il saute dans un véhicule, traverse une bonne partie du Brésil, prend un vol depuis Rio et file vers Santa Catarina.

    En l’espace de 24 heures, il se retrouve sur le spot mythique de Jaguaruna, déjà surnommé par certains le “Nazaré brésilien”. Et cette fois, toutes les conditions étaient réunies.

    Laje da Jaguaruna, un monstre brésilien

    Ce spot méconnu du grand public est pourtant l’un des rares du pays capables de produire de telles montagnes liquides. Situé au large, il aligne des murs d’eau d’une puissance impressionnante, mais les bonnes conditions sont rares. Ce 20 août 2025, elles étaient parfaites : une houle longue, propre, avec une énergie hors du commun.

    Lucas Chianca raconte :

    “J’ai eu l’honneur de surfer la plus grosse vague jamais enregistrée au Brésil, 14,82 mètres à Laje da Jaguaruna. C’était une mission incroyable, avec une équipe au top et une énergie vraiment unique. Une journée que je n’oublierai jamais.”

    Un exploit qui change la donne

    Pour Chumbo, habitué aux XXL de Nazaré ou de Jaws, cette vague n’est peut-être pas la plus haute de sa carrière. Mais symboliquement, elle est énorme. Car le Brésil n’a jamais été considéré comme une destination majeure de big wave surfing. Avec ce record, le pays entre désormais dans la carte mondiale du surf extrême.

    Il faut rappeler que le Brésil a déjà produit une génération de surfeurs de grosses vagues : Maya Gabeira, détentrice du record féminin mondial, Rodrigo Koxa, qui a surfé la plus grosse vague jamais mesurée (24,38 mètres à Nazaré), ou encore Pedro Scooby. Mais la plupart de leurs exploits se sont réalisés à l’étranger. Cette fois, c’est sur les terres brésiliennes qu’un chapitre s’écrit.

    Le symbole d’une “Brazilian Storm XXL”

    Depuis une quinzaine d’années, la “Brazilian Storm” a révolutionné le surf mondial en compétition, avec des champions comme Gabriel Medina, Italo Ferreira, Filipe Toledo ou Tatiana Weston-Webb. Lucas Chianca incarne la même énergie, mais dans l’univers des grosses vagues. Et ce ride record à Jaguaruna montre que la tempête brésilienne souffle aussi sur les big waves.

    Au-delà de la performance, Chumbo a mis en lumière tout un collectif de surfeurs et de sauveteurs qui œuvrent pour développer la pratique dans le pays. Son équipe de jet-skis, les locaux de “Jagua”, et toute l’organisation en sécurité étaient essentiels pour rendre possible une telle session.

    Une fierté nationale

    Dans un Brésil passionné de surf, ce record va résonner comme une fierté. Voir l’un des leurs dompter une vague de près de 15 mètres à domicile, dans une atmosphère quasi mystique, donne de nouvelles perspectives à la scène locale. Jaguaruna pourrait bien attirer de plus en plus l’attention internationale dans les années à venir.

    Pour Lucas “Chumbo” Chianca, c’est une nouvelle ligne dans un palmarès déjà impressionnant, mais surtout un moment d’émotion pure :

    “Immense gratitude envers mon équipe et tous ceux qui ont rendu cette journée possible. Le Brésil a des vagues incroyables, et aujourd’hui on l’a prouvé au monde entier.”

  • Surf de Nuit 2025 : le spectacle revient à Anglet ce week-end

    Surf de Nuit 2025 : le spectacle revient à Anglet ce week-end

    Chaque été, la Chambre d’Amour à Anglet s’illumine d’une aura unique : celle du Caraïbos Surf de Nuit présenté par Rip Curl. Ce vendredi 22 août (ou samedi en cas de météo capricieuse), le spot des Sables d’Or se transformera en véritable arène de surf, avec planches, musique et projecteurs lumineux. Un rendez-vous que le public comme les surfeurs attendent avec impatience.

    Résultats de la compétition en 2025

    C’est finalement l’équipe verte qui s’impose lors de cette édition 2025 du Surf de Nuit d’Anglet, dans des conditions agréables avec un mètre de houle. Le duo Juliette Lacome et Sam Piter a brillé, porté par un Sam Piter en grande forme qui a décroché la meilleure note de la soirée avec un solide 8,10. Leur total de 11,10 points leur offre une victoire méritée après un duel intense face à l’équipe blanche, représentée par Clémence Schorsch et Tiago Carrique. Ce dernier s’est illustré par des envolées spectaculaires, mais leur score de 10,77 les place finalement en deuxième position. Sur la troisième marche du podium, on retrouve Tya Zebrowski et Justin Becret, auteurs d’un total de 9,86.

    Comme le veut la tradition, l’intégralité des gains a été reversée aux associations défendues par chaque équipe, rappelant que le Surf de Nuit est autant une fête populaire qu’un événement solidaire. Quelques images exclusives du surf de nuit 2025.

    Un événement historique à Anglet

    Créé en 1994, le Surf de Nuit fait partie des rendez-vous cultes de la côte basque en été. Le concept est simple, mais spectaculaire : des sessions de surf disputées après la tombée du jour, éclairées par d’immenses ballons lumineux. Résultat : un contraste saisissant entre l’écume des vagues, la nuit noire et les manœuvres des surfeurs.

    Au fil des années, l’événement a connu des fortunes diverses, souvent malmené par la météo estivale parfois capricieuse ou par le manque de houle. Mais malgré ces aléas, le Surf de Nuit a su s’imposer comme un moment unique, autant apprécié par le grand public que par les athlètes.

    Une édition 2025 particulière

    Depuis quelques années, le Surf de Nuit se tenait dans le cadre de la compétition WSL d’Anglet. Cette année, pas de contest international… mais l’événement est conservé, pour le plus grand bonheur des spectateurs.

    Le format de compétition reste inchangé :

    • 6 équipes mixtes (un homme et une femme),
    • deux manches qualificatives,
    • une finale en heat mixte.

    Chaque équipe défend les couleurs d’un partenaire, avec un prize money reversé à une association ou une organisation choisie.

    Les équipes en lice

    Le plateau 2025 affiche une belle diversité de talents, entre jeunesse montante et valeurs sûres :

    • Rip Curl : Tya Zebrowski & Justin Becret
    • Caraïbos : Hina Conradi & Jorgann Couzinet
    • Ville d’Anglet : Pauline Ado & Romain Lauhle
    • Carlbreak : Juliette Lacome & Sam Piter
    • MC Box Events : Tessa Thyssen & Clément Roseyro
    • Surfing France : Clémence Schorsch & Tiago Carrique

    Autant dire que le spectacle sera au rendez-vous, chaque équipe ayant à cœur de briller devant les milliers de spectateurs massés sur la plage et la digue.

    Plus qu’un contest, une fête

    Le Surf de Nuit n’est pas qu’une compétition. L’événement se vit dès l’après-midi, avec un programme pensé pour mêler sport, culture et ambiance estivale : projection de films de surf, ateliers créatifs autour de l’océan avec Save la Mermaid, sets DJ au coucher du soleil, séances de dédicaces et concerts live.

    L’apothéose aura lieu à 22h, quand les surfeurs entreront à l’eau sous les projecteurs. La remise des prix est prévue vers 23h45, mais la soirée, elle, restera longtemps dans les mémoires.

    Un rendez-vous à ne pas manquer

    Entre spectacle sportif, fête populaire et ambiance unique, le Surf de Nuit 2025 confirme sa place à part dans le calendrier des événements basques. Une occasion idéale de (re)découvrir Anglet autrement, sous la lumière des vagues et des projecteurs.

  • Battre des jambes en ramant : une technique qui intrigue les surfeurs

    Battre des jambes en ramant : une technique qui intrigue les surfeurs

    Dans le surf, chaque détail compte. La position du corps, l’épaisseur de la planche, la puissance des bras… mais aussi, parfois, un mouvement que l’on voit rarement expliqué : battre des jambes en ramant. Est-ce vraiment efficace ? Ou juste un réflexe nerveux qu’on a tous eu en voulant arracher une vague de justesse ?

    Certains pros l’utilisent en compétition, d’autres n’y croient pas. Mais une étude scientifique et quelques exemples en live contest donnent des éléments de réponse intéressants.

    Une étude qui fait la différence : +8 % de vitesse

    En 2010, deux chercheurs australiens, Loveless et Minahan, ont publié une étude dans le Journal of Sport Science. Leur protocole était simple : demander à 11 jeunes surfeurs compétiteurs de ramer sur eau plate, avec et sans battements de jambes.

    Résultat ?
    👉 La rame avec battement était en moyenne 8 % plus rapide.
    Sur un effort court (5 à 10 secondes), cela équivalait à un gain de vitesse de 0,16 m/s, soit environ un à deux mètres de distance gagnée.

    Quand on pense aux paddle battles en compétition, où deux surfeurs se disputent une vague au centimètre près, ce petit mètre peut être décisif.

    Des exemples concrets sur le tour pro

    L’idée n’est pas qu’une théorie en labo. On a vu plusieurs exemples sur le Championship Tour (CT), comme on peut le voir dans la vidéo en-dessous :

    • Vahine Fierro vs Isabella Nichols à Tahiti : Vahine a utilisé des battements de jambes pour se démarquer et prendre une vague clé.
    • Seth Moniz vs Ethan Ewing : en pleine bataille de rame, les deux battent des jambes, mais c’est Ewing qui sort vainqueur.
    • Kauli Vaast et Crosby Colapinto : même sans duel direct, on les a vus utiliser cette technique pour “booster” leur rame.

    Ces images donnent une crédibilité à l’idée que battre des jambes, au bon moment, peut offrir un avantage compétitif.

    Mais qu’en est-il pour attraper une vague ?

    C’est là que ça se complique.
    Car ramer en eau plate n’est pas la même chose que se lancer dans une vague. Plusieurs variables changent complètement la donne :

    • L’épaisseur de la planche.
    • Le courant dans l’océan et la vague
    • La puisance de la vague elle-même.
    • L’équilibre du corps : bouger les jambes peut parfois déstabiliser.

    Aucune étude scientifique n’a encore testé les effets réels du battement de jambes au moment précis de l’entrée dans la vague.

    En clair :
    ✅ On sait que ça aide à accélérer sur eau plate.
    🤔 On suppose que ça peut aider à “booster” la dernière poussée avant d’attraper une vague.
    ❌ Mais on ne peut pas l’affirmer scientifiquement.

    Pourquoi ça pourrait marcher

    Même sans preuve formelle, plusieurs hypothèses circulent :

    • Les battements créent un effet de propulsion supplémentaire (même faible) qui s’ajoute à la rame.
    • Ils permettent de maintenir le corps plus haut sur la planche, réduisant la traînée.
    • Ils donnent aussi un effet psychologique : en mode “dernière chance”, ça incite le surfeur à tout donner.

    Alors, faut-il battre des jambes en ramant ?

    La réponse dépend de votre pratique :

    • En freesurf, ça peut aider si vous voulez absolument rentrer dans une vague molle ou si vous manquez de vitesse. Mais inutile d’en abuser, cela peut vite fatiguer.
    • En compétition, ça devient une arme tactique dans un paddle battle. Les pros l’ont intégré, et ce n’est sûrement pas pour rien. N’hésitez pas à battre des pieds pour envoyer des projections d’eau à votre adversaire, c’est de bonne guerre.
    • En apprentissage, mieux vaut d’abord travailler la technique de rame classique (position du corps, efficacité des bras). Le battement vient comme un petit “turbo” à ajouter ensuite.

    Le mot de la fin

    Pour l’instant, battre des jambes en ramant reste un plus anecdotique mais bien réel. La science a montré que ça accélère sur eau plate. L’expérience des pros laisse penser que ça peut aider à prendre des vagues.

    Mais au fond, la meilleure réponse viendra peut-être de votre propre expérience. La prochaine fois que vous sentez qu’il vous manque un petit coup de vitesse… essayez de battre des jambes. Vous verrez bien si ça change la donne !

    PS : Un jour, je me suis blessé aux adducteurs en battant des jambes au take off, la loose totale….lol

  • Kauli Vaast, un an après sa victoire olympique historique

    Kauli Vaast, un an après sa victoire olympique historique

    Le rêve devenu réalité à Teahupo’o

    « Cinq secondes… », se souvient Kauli Vaast. Depuis la tour, le speaker compte à rebours. Dans l’eau, l’Australien avait encore la priorité, mais l’océan est resté muet. Aucun set à l’horizon. À cet instant, le jeune surfeur de Tahiti réalise : il est champion olympique. Premier Français à inscrire son nom au palmarès du surf aux Jeux, et qui plus est à domicile, sur la vague mythique de Teahupo’o.
    Un rêve devenu réalité, mais aussi une mission accomplie. Car Kauli n’a pas seulement gagné pour lui : il a porté haut les couleurs d’une île, d’un pays, et d’une communauté.

    Teahupo’o, l’école de la vie

    Pour Kauli, Teahupo’o n’est pas un simple spot. C’est son terrain de jeu, son jardin, son école. Là où il a appris à se caler dans les tubes, à affronter les grosses houles et à apprivoiser la puissance brute de l’océan.
    « C’est la plus belle vague au monde », affirme-t-il sans détour. Mur de crâne pour les uns (signification de Teahupo’o), cathédrale liquide pour les autres, Teahupo’o est avant tout une énergie unique, une vibration que l’on ne comprend vraiment qu’en y plongeant. Kauli a grandi dans cette intensité, et c’est elle qui a forgé son surf, mais aussi son mental.

    La pression de « l’enfant du pays »

    Représenter la France et Tahiti, dans un spot aussi exigeant, a multiplié la pression par dix. Kauli n’était pas forcément considéré comme un favori mondial avant les Jeux. Mais les connaisseurs savaient qu’il avait le talent pour le faire. La fédération française de surf s’est bien frotté les mains en sachant que les JO auraient lieu à Tahiti, c’était le seul endroit où on pouvait gagner une médaille. Il a su transformer cette attente en force.
    La clé ? Une préparation mentale sans faille. Travailler à transformer le stress en énergie positive, en motivation supplémentaire. Résultat : une victoire libératrice, gravée à jamais dans l’histoire du surf français.

    Un podium partagé avec les siens

    Plus fort encore que la médaille elle-même, Kauli garde en mémoire le moment où il a pu partager sa victoire. Sur le podium, il aperçoit sa famille, ses proches, sa mère, venus jusqu’à Teahupo’o. Une communion rare, qui donne tout son sens à l’effort accompli.
    « Partager ça avec les personnes que tu aimes, il n’y a rien de mieux », confie-t-il. La médaille n’est pas qu’un trophée personnel : elle est le symbole d’une aventure collective, d’un peuple derrière son champion.

    Une victoire qui dépasse le surf

    Le lendemain de son exploit, Kauli découvre l’ampleur de sa victoire. À Paris, à Tahiti, en France métropolitaine, partout on le félicite, on lui sourit, on le remercie. Sa médaille résonne au-delà du surf. Elle inspire une génération.
    Dans l’eau, les jeunes Tahitiens l’interpellent, le reconnaissent. Certains n’étaient pas nés quand il a commencé à se faire un nom. Aujourd’hui, il est un modèle. « Pourquoi pas une deuxième médaille ? Pourquoi pas un titre mondial ? », se dit-il, déjà tourné vers l’avenir.

    Le tremplin d’une carrière

    Si la médaille d’or reste à ce jour son plus grand accomplissement, Kauli refuse d’en faire une fin en soi. Elle est un tremplin, un point de départ.
    Désormais, il vise les Championnats du monde, avec la ferme intention de prouver qu’il peut figurer durablement parmi les meilleurs. La confiance acquise à Teahupo’o lui donne une arme supplémentaire : la certitude qu’il a sa place au sommet.
    Et surtout, il garde une philosophie simple : ne jamais perdre le plaisir. « Il faut toujours s’amuser et profiter », résume-t-il. Car c’est bien l’amour de l’océan, intact, qui continue de guider chacun de ses pas.

  • Griffin Colapinto raconte la plus grosse branlée de sa vie à Teahupo’o

    Griffin Colapinto raconte la plus grosse branlée de sa vie à Teahupo’o

    Quelques jours avant le Lexus Tahiti Pro 2025, Griffin Colapinto a vécu le wipeout le plus violent de sa carrière à Teahupo’o. Entre peur, chaos et adrénaline, le Californien revient sur cet épisode qui aurait pu tourner au drame. Pas le meilleur moyen d’appréhender la compétition….(Quoique)

    Un avant-goût de l’enfer à Teahupo’o

    À Tahiti, avant même que le Lexus Tahiti Pro ne démarre, la houle XXL s’était déjà invitée. Comme souvent à Teahupo’o, chaque session des surfeurs du Tour ressemble à une compétition parallèle, surtout lorsque les meilleurs free surfeurs au monde et les meilleurs du tour se donnent rendez-vous pour une houle historique, où l’océan distribue tubes d’anthologie.

    Griffin Colapinto, actuel n°3 mondial (après la compétition de Teahupoo), est arrivé tôt pour s’entraîner et prendre la température. Et il n’a pas été déçu. Dans une vidéo publiée sur YouTube, le surfeur de San Clemente raconte ce qu’il considère comme le pire wipeout de sa vie.

    « Tout le channel s’est mis à bouger »

    Griffin se souvient :

    « Ce jour-là était énorme. Il y avait des vagues pour le tow-in, mais aussi des opportunités pour ramer. J’ai pris une première vague, j’ai sauté et je suis passé. Je pensais que c’était bon. J’ai ramé vers le chenal, et j’ai senti tout le channel se mettre à tirer vers le large. Là, j’ai compris que quelque chose d’énorme arrivait. »

    En quelques secondes, Colapinto réalise qu’il est mal placé. À sa gauche, il voit Eli Olson se faire tracter sur l’une des bombes de la journée. Et lui est pile dans l’impact zone.

    La décision en une fraction de seconde

    Pris au piège, Griffin n’a pas d’autre choix que de sacrifier sa planche et de plonger sous la lèvre :

    « J’ai pensé enlever mon leash, mais Eli était sur la vague. Je ne voulais pas que ma planche le percute. Alors j’ai plongé, j’ai nagé de toutes mes forces, mais je sentais l’océan me ramener vers le pic. »

    À bout de souffle, il remonte à la surface, parvient à prendre une inspiration salvatrice… avant d’être aspiré à nouveau par la déferlante.

    Une machine à laver sans fin

    Le Californien décrit alors un moment où tout bascule dans une logique de survie :

    « Quand tu réalises que tu ne peux pas lutter, il faut accepter que ça arrive. Sinon tu paniques, et là ça devient dangereux. »

    Propulsé dans le tourbillon, son gilet d’impact est arraché par la puissance de l’eau. Coincé sous l’écume, il reste de longues secondes prisonnier. Lorsqu’il refait surface, c’est pour replonger aussitôt sous une deuxième vague, qui le maintient encore plus longtemps au fond.

    Heureusement, un jet-ski le récupère quelques instants plus tard. Exténué, secoué, mais indemne.

    Matos détruit, mental intact

    Sa planche, en revanche, n’a pas survécu : leash arraché, boîte de dérive éclatée, rails brisés. « Elle était complètement détruite », lâche-t-il. Pourtant, loin de renoncer, Griffin retourne aussitôt au large avec une nouvelle planche.

    Et le karma lui sourit : deux heures après son wipeout, il sort du meilleur tube de sa vie. La vidéo le montre hurlant de joie, tremblant d’adrénaline en criant :

    « Je pense que c’est le meilleur barrel de ma vie. Je suis en train de trembler ! »

    De la peur à l’extase

    Ce contraste entre l’extrême violence d’un wipeout et la récompense ultime d’un barrel parfait résume l’essence même de Teahupo’o. Une vague mythique, capable de tout donner comme de tout prendre.

    Griffin le sait : ce genre d’expérience forge un surfeur. Et malgré la frayeur, il en sort grandi :

    « C’était la plus grosse branlée de ma vie, mais aussi une des journées les plus mémorables. »

    Une préparation pour les WSL Finals

    Quelques jours plus tard, Colapinto atteint la finale du Lexus Tahiti Pro, seulement battu par Jack Robins on. Mais sa performance lui permet de grimper à la troisième place mondiale et d’assurer sa place pour les Finals à Cloudbreak (Fidji).

    Avec ce mélange de lucidité, de courage et de persévérance, il arrivera à Fidji gonflé à bloc, prêt à jouer le titre mondial.

    Le wipeout de Griffin Colapinto à Teahupo’o est un rappel brutal : même pour les meilleurs surfeurs du monde, l’océan reste le maître. Entre peur viscérale et extase pure, Colapinto a vécu en quelques heures les deux extrêmes du surf. Une expérience qui restera gravée dans sa mémoire… et dans celle de tous ceux qui ont vu les images.

  • Michel Bourez blessé au visage à Teahupo’o : “L’océan te rappelle qui commande”

    Michel Bourez blessé au visage à Teahupo’o : “L’océan te rappelle qui commande”

    Le surfeur tahitien Michel Bourez a connu une mésaventure impressionnante à domicile, sur l’une des vagues les plus redoutées au monde. Dix jours plus tôt, lors d’une session de tow-in dans un Teahupo’o massif, sa planche l’a violemment frappé au visage, l’envoyant directement à l’hôpital. Retrouvez la vague dans la vidéo en-dessous.

    Un accident sans perte de conscience

    Heureusement, l’ancien pensionnaire du Championship Tour (CT) n’a pas perdu connaissance. Michel Bourez a raconté l’accident :

    “Parfois l’océan te rappelle qui est le patron. Ma planche m’a frappé en plein visage, mais j’ai eu de la chance. Je retrouve peu à peu mes sensations et j’ai hâte de reprendre l’entraînement.”

    Un témoignage qui illustre la brutalité de Teahupo’o, spot mythique connu pour sa vague massive et creuse, capable d’infliger les pires blessures aux surfeurs, même les plus aguerris.

    Pas de regrets malgré les risques

    Loin de s’apitoyer, le Tahitien a tenu à relativiser :

    “Ces choses-là arrivent. On connaît tous les risques quand les vagues atteignent cette taille. Je n’ai aucun regret… c’était quand même une journée incroyable.”

    Ces mots montrent la résilience d’un surfeur qui a toujours aimé repousser ses limites dans les conditions extrêmes.

    Une carrière au sommet, un retour aux racines

    Surnommé The Spartan, Michel Bourez a marqué le surf mondial avec plus de dix ans passés sur le CT, trois victoires en carrière et une réputation de guerrier dans les vagues et en dehors. Aujourd’hui en dehors du circuit professionnel, il profite de son temps pour se confronter aux houles tahitiennes, là où tout a commencé.

    Et malgré cet accident, Bourez n’a pas perdu son enthousiasme : il a félicité son frère Mihimana pour sa troisième place lors de l’étape de WCT 2025, rappelant que la relève tahitienne est plus que jamais en feu.

    Teahupo’o, toujours aussi impitoyable

    Cet épisode rappelle que, même pour un surfeur expérimenté comme Michel, d’ailleurs son frère Kevin Bourez avait connu une blessure grave sur cette même vague en 2014 avec plusieurs fractures à la mâchoire, de sérieuses ouvertures au visage (dont dents cassées, globe oculaire enfoncé et cervicale touchée) et d’un traumatisme crânien….Une histoire de familles.

    Michel Bourez, fidèle à sa mentalité de Spartan, a déjà les yeux tournés vers son retour à l’eau. Bo rétablissement Michel….

  • Hommage à Daniel Lasserre, figure du surf et du barreau bordelais

    Hommage à Daniel Lasserre, figure du surf et du barreau bordelais

    Un passionné de l’océan et du droit

    La communauté du surf français est en deuil. Daniel Lasserre, surfeur de la Côte des Basques et membre actif du Côte des Basques Surf Club, s’est éteint le 11 août 2025 à l’âge de 69 ans, des suites d’une longue maladie. Homme de passion et d’engagement, il incarnait ce lien rare entre le monde des vagues et celui du droit.

    Depuis 2021, il avait choisi de mettre ses compétences au service de la Fédération Française de Surf en tant que responsable bénévole du Comité de discipline d’appel. Fidèle participant aux conférences Surf et Droit, il y apportait sa vision à la fois juridique et profondément humaine, nourrie par son attachement à l’océan et à la communauté surf.

    Un avocat respecté et un homme d’élégance

    Né à Bordeaux, Daniel Lasserre avait prêté serment en 1978 avant de cofonder le cabinet Elige, spécialisé en droit commercial et des affaires. Ancien membre du Conseil de l’ordre (1986-1993), il était reconnu par ses pairs pour son élégance, son éloquence et sa pugnacité. Ses confrères décrivent un homme joyeux, bienveillant, brillant et profondément humain.

    Son nom restera aussi lié à l’affaire Bettencourt, où il a défendu en 2015 le photographe François-Marie Banier aux côtés de Pierre Cornut-Gentille et Laurent Merlet. Mais au-delà des affaires médiatisées, il restera pour le barreau de Bordeaux une figure respectée, un confrère attachant et un esprit rassembleur.

    Un sportif accompli

    Si le surf occupait une place essentielle dans sa vie, Daniel Lasserre était aussi un sportif accompli. Golf, football – qu’il pratiquait au sein de l’équipe du barreau de Bordeaux – ou sorties en montagne, il cultivait un rapport authentique à l’effort et au dépassement de soi. Sa passion pour l’océan l’accompagnait depuis toujours, faisant de lui un visage familier des vagues de la Côte des Basques.

    Un héritage humain et océanique

    Marié et père de deux filles, Daniel Lasserre laisse derrière lui l’image d’un homme à la fois engagé et accessible, un « vieux de la vieille » du surf basque qui n’a jamais cessé de conjuguer passion et professionnalisme. Sa disparition laisse un vide immense, aussi bien sur les bancs du barreau de Bordeaux que sur le sable de la Côte des Basques.

    Ses obsèques ont eu lieu ce mardi 19 août, à l’église Saint-Seurin de Bordeaux.

  • Roseyro & Rebière font briller le surf français à Itacoatiara

    Roseyro & Rebière font briller le surf français à Itacoatiara

    La Praia de Itacoatiara (Niterói, Brésil) vibrait ce dimanche 17 août lors du Itacoatiara Big Wave 2025, rendez-vous incontournable du surf de grosses vagues au Brésil. Si les conditions – des vagues d’environ trois mètres – ont fait débat, l’intensité de la compétition n’a pas déçu. Et dans ce décor électrique, le duo français Clément Roseyro et Éric Rebière a décroché une magnifique deuxième place derrière les intouchables Lucas “Chumbo” Chianca et Pedro Scooby.

    Une performance française de haut vol

    Les juges ont récompensé la constance et l’engagement des deux Français : 12 points au total (7.00 + 5.00), soit le même score que les troisièmes Dylan Longbottom et Lucas Silveira, mais Roseyro/Rebière ont pris l’avantage grâce à une meilleure vague de série.

    Mais c’est surtout un aerial impressionnant de Clément Roseyro qui a électrisé la plage et enflammé les réseaux sociaux. Dans une compétition généralement dominée par des drops massifs et du tow-in engagé, ce move créatif et radical a apporté une touche spectaculaire.

    Une “vraie-fausse” épreuve de grosses vagues

    Le nom du contest pouvait laisser espérer des murs dignes de Nazaré, mais les images montrent plutôt un Itacoatiara en version moyenne : 3 mètres puissants, certes, mais loin des “monstres” auxquels on associe habituellement les big wave riders.
    Pourtant, la bagarre fut réelle. Pedro Scooby, blessé dès les quarts de finale, a serré les dents pour offrir un doublé consécutif à son duo avec Chumbo.

    Les Français confirment leur statut

    Cette 2ᵉ place marque une nouvelle étape pour Éric Rebière, pionnier français du surf de grosses vagues, et Clément Roseyro, qui s’impose peu à peu comme un des riders les plus explosifs et les plus engagés de sa génération. Une belle complémentarité pour les deux surfeurs français.

    Au classement final :

    • 1er : Lucas Chianca & Pedro Scooby – 13.85 pts
    • 2e : Éric Rebière & Clément Roseyro – 12.00 pts
    • 3e : Dylan Longbottom & Lucas Silveira – 12.00 pts
    • 4e : Alemão de Maresias & Lucas Fink – 5.48 pts

    Le Brésil, nouveau terrain de jeu pour les big wave riders ?

    Avec cette 7ᵉ édition, l’Itacoatiara Big Wave s’installe comme un rendez-vous du surf de gros au Brésil. Même si la taille des vagues n’a pas atteint des dimensions “historiques”, l’événement confirme son importance pour la ville de Niterói et pour la scène internationale.

    Et pour la France, voir ses riders sur le podium, avec un aerial déjà culte signé Roseyro, est une preuve supplémentaire que l’Hexagone s’invite désormais régulièrement dans le cercle fermé des big wave hunters.

  • James Kusitino, premier surfeur professionnel fidjien

    James Kusitino, premier surfeur professionnel fidjien

    À la fin du mois d’août 2025, le monde entier aura les yeux rivés sur Cloudbreak, aux Fidji. C’est là que se tiendra l’ultime étape du Championship Tour de la WSL, qui sacrera le nouveau champion du monde de surf. Mais avant même la bataille des titres, l’archipel du Pacifique Sud a déjà son héros : James Kusitino, 16 ans, devenu officiellement le premier surfeur professionnel fidjien.

    Son histoire, c’est celle d’un enfant discret, amoureux de l’océan, qui a grandi dans l’ombre d’une vague longtemps interdite à ses propres compatriotes. Aujourd’hui, il incarne l’espoir d’un peuple et l’émergence d’une nouvelle voix dans le surf mondial.

    L’histoire d’un paradis longtemps interdit

    Dans les années 80, Tavarua Island Resort obtient un bail exclusif sur l’île et… sur ses vagues. Résultat : Cloudbreak, l’une des plus belles gauches de la planète, devient une chasse gardée pour les touristes fortunés et les pros internationaux.

    « J’ai grandi ici, mais je n’ai surfé Cloudbreak qu’à 20 ans », raconte Che Slatter, mentor de James. Les locaux, même Fijien·nes, se faisaient repousser s’ils tentaient de ramer au large.

    Tout change en 2010, lorsque le Premier ministre Frank Bainimarama met fin à l’exclusivité. Cloudbreak s’ouvre enfin au public. Le timing est parfait : cette même année, James, alors âgé d’un an, faisait ses premiers pas sur la plage où travaillait sa mère.

    L’éclosion d’un talent hors norme

    Issu d’une famille modeste — un père militaire, une mère employée d’hôtel — James découvre vite l’océan comme un refuge. À Sigatoka, au bord d’un beachbreak musclé, il apprend à dompter les courants dès l’âge de quatre ans.

    Sa première planche ? Un soft-top offert par une tante. La suivante ? Une board laissée par un pro, trop grande pour lui, mais qui l’oblige à progresser plus vite. Dans l’eau, il se révèle : solide physiquement, intrépide dans les grosses vagues.

    « Les gens demandaient toujours : qui est ce gamin sans peur ? », se souvient sa mère.

    Cloudbreak comme terrain de jeu

    À 7 ans, à peine six ans après son ouverture au public, James met pour la première fois les pieds sur le reef de Cloudbreak. Le coup de foudre est immédiat.

    Obsédé par le surf, il passe ses journées à l’eau et ses soirées devant les vidéos de Jamie O’Brien et Andy Irons. Comme possédé, il développe un style brut et fluide, mélange d’instinct et de travail acharné.

    « Suivez James dans le line-up », conseille son mentor Che. « Même si vous ne voyez rien, lui sent quand une vague arrive. »

    Un chemin semé d’embûches

    Devenir surfeur pro aux Fidji n’a rien d’évident. Le matériel est rare, l’essence pour les bateaux coûte cher, et les boards cassées sont un luxe difficile à remplacer.

    James lave la vaisselle, balaie des restaurants, dort dans des voitures pour économiser de quoi payer ses sessions. Sa famille, consciente de son talent, prend un pari fou : l’extraire du système scolaire après la 8e année pour lui laisser sa chance.

    « Ce n’est pas un risque », assure son père. « S’il échoue, il sera pêcheur ou capitaine de bateau. La mer lui donnera toujours du travail. »

    De l’ombre à la lumière

    Le déclic arrive grâce à une simple vidéo Instagram. Un clip partagé par Hunter Martinez montre James se calant dans un tube parfait à Cloudbreak. Son style unique attire immédiatement l’attention de Craig Anderson, qui le recommande à Former, la marque fondée par Dane Reynolds et lui-même.

    En juillet 2025, James signe officiellement son premier contrat professionnel. Fidji a enfin son premier surfeur pro.

    Pour lui, c’est un rêve éveillé : « Bula vinaka, Former ! Merci Craig et Dane, c’est un rêve qui devient réalité. »

    L’avenir d’un pionnier

    L’histoire ne fait que commencer. Soutenu par sa communauté, James prépare déjà des voyages à Teahupo’o et à Hawaii. Ses objectifs ? Pipeline, Waimea, et un jour, participer au légendaire Eddie Aikau.

    Craig Anderson ne tarit pas d’éloges : « James est le jeune surfeur le plus doué que j’ai vu à 16 ans. Dans les vagues de conséquence, il est dans son propre monde. »

    Avec la finale WSL 2025 qui se jouera à Cloudbreak, James aura une tribune rêvée pour briller devant la planète surf. Mais quoi qu’il arrive, il a déjà changé l’histoire de son pays.

    À 16 ans, James Kusitino n’est pas seulement un prodige. Il est un pionnier, symbole d’une génération de Fidjiens qui, après des décennies d’exclusion, prennent enfin place dans leur propre line-up. Et si Cloudbreak a souvent couronné les plus grands, il pourrait bien être le tremplin d’un futur champion issu des îles.

  • Un manchot surfeur en Afrique du Sud fait le show, comme ses cousins phoques au Cap Ferret

    Un manchot surfeur en Afrique du Sud fait le show, comme ses cousins phoques au Cap Ferret

    On connaissait les compétitions de surf avec des chiens en Californie. On connaissait You et Off, les phoques stars du Bassin d’Arcachon, toujours prêts à squatter les planches des surfeurs girondins. Voici maintenant… le manchot qui surfe en Afrique du Sud !

    Une rencontre incroyable à Cape Town

    La scène a été filmée sur un beach break du Cap. Le photographe qui accompagnait la session raconte : « J’ai eu des interactions avec des dauphins, des phoques, des baleines, même des requins… mais jamais un manchot n’était venu se joindre à nous. »
    Sorti de nulle part, l’animal s’approche des surfeurs, grimpe sur une planche, puis sur l’épaule d’un surfeur équipé d’une caméra. Pas stressé pour un sou, le manchot semblait chercher de la compagnie… et de l’action.

    Quand le manchot prend la vague

    Entre deux séries, l’oiseau aquatique utilisait carrément l’énergie des vagues pour se faufiler parmi les surfeurs. Pendant quelques instants, tout le monde a eu l’impression qu’il essayait, lui aussi, de « rider » la houle du Cap. Un moment surréaliste, mais surtout plein de tendresse.

    Des cousins sur la côte atlantique

    Cette rencontre rappelle les frasques de You, le phoque au pelage doré devenu une célébrité du Médoc et du Bassin d’Arcachon, et de son « cousin » Off, repéré récemment au Cap Ferret. Ces phoques ont fait la joie des surfeurs, grimpant sans gêne sur leurs planches.
    Des images qui montrent que la glisse n’est pas qu’une affaire d’humains.

    Un rappel essentiel

    Derrière la magie de la scène, le message reste clair : ces animaux sauvages vivent sous la pression humaine – surpêche, pollution, urbanisation. Les manchots du Cap sont particulièrement menacés. Les surfeurs, comme tous les amoureux de l’océan, ont un rôle à jouer pour protéger leur terrain de jeu… et celui de ces compagnons imprévus.

  • Hommage à Pua Raiponi, surfeur et photographe de Toahotu

    Hommage à Pua Raiponi, surfeur et photographe de Toahotu

    Il y a des disparitions qui résonnent bien au-delà d’une famille ou d’un village. Celle de Pua Raiponi, survenue dans sa 39ème année, a profondément touché la communauté de Toahotu, mais aussi le monde du surf à Tahiti. Né le 27 août 1985, il a grandi sur cette terre du sud de l’île, bercé par les traditions polynésiennes et le bruit des vagues qui façonnent la vie locale.

    Un homme attaché à sa culture

    Pua Raiponi n’était pas seulement un passionné de glisse, il était aussi un fils de Toahotu profondément attaché à sa culture. Respectueux des normes polynésiennes, toujours proche de sa grande famille, il incarnait ce lien fort entre les racines et la modernité, entre l’océan et la terre. Ceux qui l’ont connu se souviennent de sa générosité, de sa bienveillance et de cette simplicité qui faisait de lui un homme apprécié de tous.

    Il laisse derrière lui une famille aimante : sa mère, Marie-Rose, ses sœurs Orama et Moena, mais surtout sa fille unique, Teahinui, véritable lumière de sa vie.

    Passionné de surf et d’images

    Au-delà de l’eau, Pua avait un autre regard : celui du photographe. Avec son appareil, il a immortalisé des instants précieux de la vie polynésienne et surtout des vagues mythiques de Teahupo’o, ce spot légendaire qui fait battre le cœur du surf mondial. Ses clichés, partagés au fil des années, témoignaient d’une sensibilité particulière pour l’océan et pour la beauté brute de sa terre natale.

    Dans ses images, on retrouvait ce mélange de puissance et de douceur qui le caractérisait lui-même. Comme une extension de son âme, son objectif captait à la fois la démesure des vagues et la fragilité des instants suspendus.

    Un hommage émouvant à Teahupo’o

    La disparition de Pua Raiponi a bouleversé la communauté du surf polynésien. Après une première haie d’honneur organisée plus tôt dans la semaine, un ultime hommage lui a été rendu le dimanche 24 août 2025 au PK 0 de Teahupo’o.
    Ce jour-là, le parking était exceptionnellement ouvert, non pas pour une houle attendue, mais pour saluer une dernière fois celui qui avait l’habitude d’affronter la vague mythique.

    Amis, habitants, surfeurs et rameurs de va’a se sont rassemblés en nombre pour un moment de recueillement. Certains sont restés sur le rivage, d’autres se sont élancés dans le lagon pour former un cercle en sa mémoire. Cet hommage, initié par le surfeur Matahi Drollet et soutenu par le président de la Fédération tahitienne de surf, Max Wasna, a montré combien Pua était aimé et respecté.

    Une disparition douloureuse

    La nouvelle de son décès a plongé Toahotu, Faa’a et toute la communauté polynésienne dans une grande tristesse. Les familles Pua, Chambo, Afo, Vehiatua, Roopinia, Utia, Chapman, Lemaire, Jean, Faehau, Holman et leurs proches ont exprimé leur douleur, tout en demandant respect et recueillement dans ces moments difficiles.

    Les circonstances exactes de sa disparition restent encore à éclaircir, et la famille appelle chacun à ne pas se laisser emporter par les rumeurs. Les obsèques seront organisées prochainement, lorsque son corps aura pu être rendu aux siens.

    Un héritage à travers la mémoire et les images

    Si la vie de Pua Raiponi s’est arrêtée trop tôt, son souvenir continue de vibrer à travers ceux qui l’ont aimé et les images qu’il a laissées. Ses photos de Teahupo’o resteront comme un témoignage sincère d’un homme qui savait regarder l’océan autrement.

    À travers lui, c’est aussi une part de la culture surf de Tahiti que l’on célèbre : une culture faite d’océan, de famille, de respect et de transmission.

    Que son repos soit doux comme son cœur fut bon.

  • Jason Momoa, l’Aquaman qui a failli se noyer à Maui

    Jason Momoa, l’Aquaman qui a failli se noyer à Maui

    Héros invincible dans les profondeurs marines à l’écran, Jason Momoa a connu un tout autre scénario dans la vraie vie. Lors d’une session de paddle dans des vagues monstrueuses sur l’île de Maui, l’acteur d’Aquaman a vu sa vie défiler… au point de promettre un changement radical.

    Une sortie qui tourne au cauchemar

    En 2007, bien avant de porter la couronne du roi d’Atlantis au cinéma, Jason Momoa décide de relever un défi : une traversée de 13 miles le long de la côte de Maui, en passant par le mythique spot de Peʻahi, alias Jaws. Ce jour-là, les conditions sont extrêmes : vent violent, vagues de 10 pieds hawaïens, courant puissant.

    À mi-parcours, alors qu’il est à environ un kilomètre au large, son leash casse. Sa planche disparaît dans l’écume. « Je ne pouvais même plus la voir », raconte-t-il dans le podcast SmartLess. Pire encore, il se retrouve dans une zone où personne ne le repère, malgré ses appels au secours.

    Quand le corps lâche

    Après de longues minutes à encaisser les séries, l’épuisement gagne. « Mes bras et mes jambes ont lâché. Mon corps s’est arrêté. »
    Momoa se met à dériver, incapable de se déplacer, la tête à peine hors de l’eau pour respirer. Il pense alors à sa fille Lola, âgée de seulement trois mois. « J’ai perdu pied mentalement. J’ai cru que c’était fini. »

    Un ami finit par le repérer, mais le chemin du retour est un autre combat : courants contraires, nouvelles chutes, pieds en sang et sept miles restants à parcourir. « J’ai ramé avec mes ancêtres dans la tête. »

    Une rencontre providentielle avec Laird Hamilton

    Selon certaines versions du récit, c’est la légende du big wave surfing, Laird Hamilton, qui serait intervenu pour l’aider à se sortir de cette situation. Ensemble, ils affrontent les vagues avant de rejoindre la côte, lessivés mais vivants.

    La leçon de vie qui a tout changé

    Cet accident a laissé des marques profondes. Pas seulement physiques. Ce jour-là, Jason Momoa arrête définitivement de fumer, lui qui consommait deux à trois paquets par jour. « Je n’ai pas pu arrêter pour mes enfants, ni pour mon ex, mais après ça, j’étais mort à l’intérieur. Je n’ai jamais retouché une cigarette. »

    Ironie du destin

    Difficile de ne pas relever la dimension ironique : celui qui incarne Aquaman, le roi des océans, a bien failli y laisser sa vie. Une piqûre de rappel que, peu importe l’entraînement ou la célébrité, la mer reste la seule et vraie maîtresse du jeu.

  • William Aliotti face au plus gros Uluwatu de l’année

    William Aliotti face au plus gros Uluwatu de l’année

    Le surfeur français William Aliotti n’a jamais caché son goût pour les lignes de vagues puissantes et les planches qui sortent de l’ordinaire. Basé entre l’Europe, les Caraïbes et l’Indonésie, il a bâti sa réputation sur un surf fluide, créatif et sans compromis. Début août 2025, il s’est offert un défi à la hauteur de sa réputation : affronter le plus gros swell de l’année à Uluwatu, Bali, sur un twin asymétrique signé Ryan Lovelace.

    Une session d’exception

    Le mercredi 6 août 2025, un train de houle massif s’abat sur l’archipel indonésien. Les prévisions annoncent un Uluwatu XXL, avec des séries solides qui réveillent toute la puissance de la célèbre gauche. Plutôt que de sortir un gun classique, William opte pour sa 5’10” Asym Twin, une planche atypique aux courbes dissymétriques, taillée pour combiner vitesse et liberté.

    « C’était le plus gros Uluwatu que j’ai jamais surfé », explique-t-il. « Insensé et intense, certaines vagues comptent parmi les plus grosses que j’ai jamais prises là-bas. Ça m’a rappelé le snowboard. » Une comparaison qui prend tout son sens : lignes longues, virages puissants et sensation de glisse fluide, le tout avec un engagement total.

    Le style Aliotti

    Le style est une notion insaisissable : difficile à définir, mais évident à reconnaître. Chez William Aliotti, il se traduit par une combinaison unique de vitesse, puissance et flow, agrémentée de cette touche personnelle qui rend chaque manœuvre différente. Dans les murs d’eau massifs d’Uluwatu, son approche prend une dimension supplémentaire : placement précis, trajectoires tendues et variations de rythme qui transforment chaque vague en terrain de jeu.

    Ce qui surprend dans cette session, c’est la taille de la planche de surf. Surfer des vagues massives, pleines d’eau en petite planche est tout sauf anodin. William pousse depuis quelques années les limites des Twin-Fins. Le résultat ? Des bottoms engagés suivis de carves appuyés, le tout avec une fluidité qui contraste avec la violence du spot ce jour-là.

    Plutôt que de suivre les standards imposés par les compétitions, il choisit ses planches, ses vagues et ses projets en fonction de ce qu’il veut exprimer. Ce choix assumé lui a permis de développer une identité forte, respectée autant par ses pairs que par les passionnés. Un des seuls surfeurs français à avoir une réputation au niveau international.

    Cette session à Uluwatu illustre parfaitement cette philosophie : un swell historique, une planche atypique, et un style qui, plus que jamais, fait la différence.

  • Lakey Peterson victime d’un incident choquant à Lower Trestles

    Lakey Peterson victime d’un incident choquant à Lower Trestles

    Une session qui vire à l’incident

    Lakey Peterson, ancienne n°2 mondiale et l’une des surfeuses les plus respectées du circuit, a vécu une scène improbable à Lower Trestles, spot mythique de San Clemente (Californie). Dans une récente vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, on voit l’Américaine de 30 ans surfer une droite tranquille, avant qu’un surfeur tente de lui braquer la vague, puis dans un geste désespéré, il tente de faire tomber la surfeuse, en voulant la pousser ou lui accrocher le leash.
    Un geste totalement incompréhensible, immortalisé par la caméra et qui a rapidement déclenché une avalanche de réactions outre atlantique.

    Une manœuvre dangereuse et… incompréhensible

    Les images montrent Lakey, fluide et engagée, en train de dérouler sur sa planche Channel Islands, parfaitement adaptée aux petites vagues du jour. Soudain, un surfeur qui semblait vouloir la “braquerr” (prendre sa vague) saute dans l’eau à quelques centimètres d’elle.
    Résultat : frayeur immédiate, mais plus de peur que de mal. Lakey ne chute pas et ne subit aucune blessure. “Je ne peux pas croire qu’il ait vraiment fait ça”, réagit-elle dans les commentaires.

    Les réseaux s’enflamment, comme d’habitude

    La vidéo, partagée sur YouTube, a rapidement suscité un flot de messages de soutien.
    « Je pensais que l’image était photoshopée, je n’arrive pas à croire qu’il ait vraiment fait ça », écrit un abonné.
    « Rien de pire qu’un type qui essaie de te griller la priorité et qui, en plus, tombe à l’eau », ironise un autre.
    Plusieurs internautes avancent que l’homme pourrait être un militaire de la base voisine de Camp Pendleton, un lieu d’où proviennent régulièrement des surfeurs sur les spots alentours.

    La question du respect à l’eau

    Cet incident relance un débat récurrent dans le surf durant l’été : celui du respect et des règles de priorité. En surf, le rider le plus proche du pic (point de déferlement) a la priorité sur la vague. Ignorer cette règle peut provoquer des collisions dangereuses.
    Ici, le geste semble aller au-delà d’une simple erreur, puisque le surfeur saute volontairement sur Lakey pour la faire chuter.
    Bien évidemment, sur internet, les polémiques s’enchainent avec des commentaires du style « Lakey s’est retrouvée face à un comportement machiste, une “manifestation de patriarcat”. Moi je n’y vois rien de plus qu’un surfeur frustré. La scène illustre aussi la réalité de certains line-ups surpeuplés, où la tension peut monter rapidement.

    Un rappel nécessaire

    Si l’histoire fait sourire certains par son côté absurde, elle rappelle surtout que le surf est un sport où la sécurité dépend du respect mutuel. Dans un line-up bondé, un geste imprévisible peut avoir de lourdes conséquences.
    Pour Lakey, c’est heureusement un “non-incident” sur le plan physique, mais une expérience de plus qui souligne l’importance du respect des règles à l’eau… et de savoir garder son calme.

  • Dale Webster, le surfeur aux 14 641 jours consécutifs à l’eau, s’est éteint

    Dale Webster, le surfeur aux 14 641 jours consécutifs à l’eau, s’est éteint

    Le monde du surf vient de perdre l’une de ses figures les plus singulières et inspirantes. Dale Webster, surnommé Daily Dale ou Daily Wavester, est décédé à l’âge de 77 ans. Cet Américain de la côte nord-californienne détient un record qui semble tout simplement imbattable : 14 641 jours de surf consécutifs, soit plus de 40 années sans manquer une seule session.

    Un début de légende en 1975

    Né en 1948 à Alhambra, Californie, Dale découvre le surf à 13 ans, en 1961. Mais c’est en septembre 1975, à Bodega Bay, que sa destinée se scelle. Une houle historique, surnommée The Monster From New Zealand, frappe la côte pendant une semaine entière. Dale surfe chaque jour, puis se lance un défi : continuer jusqu’à atteindre 100 jours consécutifs.

    Une fois ce cap franchi, il décide de prolonger l’expérience jusqu’à un an… puis deux… puis une vie entière. Ce qui n’était au départ qu’un jeu devient une véritable mission.

    Un exploit hors du commun

    De 1975 à 2015, Dale Webster n’a jamais manqué un seul jour à l’eau. Pluie, tempêtes hivernales, eau glaciale à 10 °C, requins blancs, maladies, opérations médicales… rien ne l’a arrêté.

    Sa règle était simple : trois vagues jusqu’à la plage, en traînant le dérive dans le sable, à la manière de son idole Phil Edwards. Cette routine, il l’a répétée pendant quatre décennies, totalisant plus de 43 000 vagues.

    Les sacrifices d’une vie dédiée au surf

    Pour maintenir sa série, Dale a bâti toute son existence autour de l’océan. Pas de vacances à l’intérieur des terres, pas de travail qui empiète sur ses sessions. Il a surfé le jour où il a perdu sa femme, affronté les hivers rudes de la Californie du Nord et même bravé les douleurs des calculs rénaux.

    Son dévouement lui a valu l’admiration du monde du surf. Kelly Slater lui-même a salué sa persévérance, le décrivant comme “extraordinaire” dans un post Instagram.

    La fin d’une ère

    Le 5 octobre 2015, Dale est contraint de mettre fin à son incroyable série en raison d’une opération. Mais il continue à surfer régulièrement jusqu’à la fin de sa vie, toujours fidèle à son mantra : « Le seul objectif dans la vie est de la surfer jusqu’au bout et de tenter d’en comprendre le sens. »

    Un héritage inégalable

    Dale Webster restera dans l’histoire comme le surfeur le plus constant de tous les temps. Plus qu’un record, son parcours est un hymne à la passion pure, à la discipline et à la joie simple d’être dans l’eau.

    Dans un monde où tout va vite, il nous laisse une leçon intemporelle : parfois, la plus belle réussite est de rester fidèle à ce que l’on aime, jour après jour, vague après vague.

  • Jackson “Jacko” Graham, jeune talent australien, disparaît à 22 ans

    Jackson “Jacko” Graham, jeune talent australien, disparaît à 22 ans


    La communauté surf de la Gold Coast pleure l’un de ses enfants prodiges. Jackson “Jacko” Graham, ancien champion des Palm Beach Boardriders et ex-compétiteur sur le circuit junior WSL, est décédé à seulement 22 ans, des suites d’une maladie récente.

    Un prodige révélé dès l’adolescence

    À seulement 14 ans, Jackson Graham — affectueusement surnommé “Jacko” par ses amis — remportait le titre très convoité de Palm Beach Boardriders Champion. Né et élevé sur la Gold Coast australienne, il s’était rapidement imposé comme l’un des jeunes talents les plus prometteurs de la région, participant au WSL Junior Tour et accumulant les résultats solides.

    Jacko n’était pas seulement un compétiteur redoutable : il était aussi l’incarnation de la culture surf australienne, partageant autant de temps à l’eau qu’à pêcher ou à partir à l’aventure avec ses amis.

    Un surfeur au grand cœur

    La nouvelle de sa disparition a bouleversé toute la scène locale. Les réseaux sociaux se sont rapidement remplis de messages rendant hommage à son talent, mais surtout à son humanité.

    Oscar Berry, ami proche, se souvient :

    « Quand je suis arrivé sur la Gold Coast depuis Yamba, le premier à m’accueillir en classe a été Jacko. Depuis ce jour, il est resté l’un de mes meilleurs amis. Jacko était unique, incroyablement talentueux, et surtout doté du plus grand cœur que je connaisse. »

    Les Mad Hueys, célèbre marque de surfeurs et pêcheurs australiens, ont partagé un montage photo de leurs escapades passées, accompagné d’un message simple mais lourd de sens :

    « Repose en paix, Jacko. Tu resteras toujours dans nos cœurs. »

    Une tradition d’hommage sur l’eau

    Pour célébrer sa vie, un paddle out sera organisé à Palm Beach, son spot de cœur.
    Cette tradition, profondément ancrée dans la culture surf, rassemble amis, famille et inconnus autour d’un cercle formé au large. Fleurs, planches et larmes se mêlent, tandis que chacun rend hommage au disparu en jetant de l’eau vers le ciel ou en partageant un dernier mot.

    Ces moments, à la fois solennels et empreints de beauté, rappellent que la communauté surf est avant tout une famille. Peu importe le niveau ou la notoriété, chaque surfeur disparu laisse une empreinte dans les vagues qu’il a tant aimées.

    Icônes Surf et la mémoire des surfeurs

    Chez Icônes Surf, nous avons toujours pensé que l’histoire du surf ne se racontait pas uniquement à travers les victoires et les exploits. Elle se construit aussi avec ses drames, ses disparitions, ses figures parties trop tôt.
    Écrire sur Jackson “Jacko” Graham, c’est rendre hommage à un jeune homme qui, même à 22 ans, avait déjà marqué ses pairs.

    Parce que chaque surfeur, qu’il ait eu une carrière mondiale ou qu’il ait seulement illuminé son spot local, fait partie de cette grande fresque collective.

    Le souvenir d’une vie courte mais intense

    Jacko laisse derrière lui une communauté en deuil, mais aussi un héritage : celui de vivre pleinement sa passion, de rester fidèle à ses amis et à ses valeurs, et de savourer chaque session comme si c’était la dernière.

    À Palm Beach, les vagues continueront de dérouler. Mais pour ceux qui l’ont connu, chaque série qui arrive rappellera l’absence d’un sourire, d’un take-off radical, et d’un surfeur que beaucoup décrivent comme “absolument unique”.

  • Justine Dupont, maman et reine des grosses vagues, vise les XXL Awards 2025

    Justine Dupont, maman et reine des grosses vagues, vise les XXL Awards 2025

    Un an après avoir donné naissance à son fils Elio, la surfeuse française de grosses vagues est de retour sur les plus gros spots de la planète. Et pas juste pour faire de la figuration : en 2025, Justine Dupont s’invite dans toutes les catégories majeures des Big Wave Challenge et pourrait bien repartir de Newport Beach les bras chargés de trophées.

    Maternité et retour fulgurant

    Janvier 2024 : Justine Dupont et son mari accueillent leur premier enfant, Elio. Une parenthèse heureuse… mais brève. Moins de deux mois après une naissance par césarienne, la Française était déjà de retour à l’entraînement, portée par une motivation nouvelle.
    « Maintenant que je suis maman, je suis encore plus professionnelle, plus organisée et plus motivée », confiait-elle à Surfer Magazine. Là où beaucoup s’attendaient à la voir lever le pied, Justine a choisi d’appuyer encore plus fort.

    Une saison 2025 XXL

    La preuve ? En février 2025, elle remporte pour la troisième fois le Tudor Nazaré Big Wave Challenge, un an à peine après la naissance d’Elio. Mais la saison ne s’arrête pas là :

    • Deux entrées à Nazaré et une à Jaws dans le Big Wave Challenge.
    • En moins d’une semaine, elle surfe trois monstres du Pacifique : Jaws, Waimea (pendant l’Eddie) et Maverick’s.

    Son entrée à Jaws est particulièrement marquante : un take-off ultra-tardif sur une face parfaite, tenue de rail impeccable, avant d’être engloutie par la mousse. Une image qui a fait le tour du monde et confirmé qu’elle n’avait rien perdu de son engagement.

    Finaliste dans (presque) toutes les catégories

    À 34 ans, Justine Dupont est finaliste pour :

    • Ride of the Year
    • Biggest Paddle Wave
    • Biggest Wave

    Et, sans annonce officielle pour le moment, tout indique qu’elle sera aussi en lice pour Women’s Performer of the Year. La seule catégorie où on ne la verra pas cette année ? Celle de la plus grosse boîte.

    Avec 100 000 $ de prize money à se partager entre les lauréats, l’enjeu est aussi financier, même si l’aura sportive prime pour Justine.

    Des rivales solides

    Dans la catégorie Women’s Biggest Wave, Justine affrontera deux Brésiliennes bien connues du circuit :

    • Michelle des Bouillons (33 ans), spécialiste de Nazaré, où elle a signé une vague impressionnante captée par Tim Bonython.
    • Michaela Fregonese (44 ans), habituée aux bombes de Jaws, qui s’est illustrée en décembre 2024 sur une houle massive.

    Deux adversaires expérimentées, prêtes à jouer des coudes sur le podium.

    Le verdict à Newport Beach

    La remise des prix du Big Wave Challenge aura lieu le 13 septembre 2025 à Newport Beach, Californie. Un rendez-vous où se croisent les légendes vivantes du surf de grosses vagues, les jeunes talents et, bien sûr, les images les plus impressionnantes de l’année.

    Pour Justine, ramener un ou plusieurs trophées de cette cérémonie serait un nouveau jalon dans une carrière déjà hors normes, et une victoire symbolique pour le surf français.

    Une inspiration bien au-delà du surf

    Avec 12 distinctions majeures depuis 2019 (Ride of the Year, Biggest Wave, Performance of the Year), Justine Dupont s’est imposée comme l’une des meilleures surfeuses de l’histoire du big wave. Son retour après maternité, mené avec autant de détermination que de douceur, inspire bien au-delà des line-ups.

    Qu’elle reparte ou non avec les bras chargés de trophées le 13 septembre, elle a déjà gagné : celui d’inspirer toute une génération, et de prouver qu’on peut être à la fois maman et reine des vagues les plus puissantes de la planète.

  • Naiki Vaast, 18 ans, et déjà maître des bombes de Teahupo’o

    Naiki Vaast, 18 ans, et déjà maître des bombes de Teahupo’o

    Le 5 août 2025 restera dans les mémoires des surfeurs tahitiens. Ce jour-là, Teahupo’o a offert un spectacle comme elle seule sait le faire : des murs d’eau massifs, parfaitement creux, capables de faire trembler les plus aguerris. Au milieu des grands noms du line-up, un jeune de 18 ans a marqué la journée : Naiki Vaast, petit frère de Kauli, qui s’est offert la bombe du jour avec une assurance impressionnante.

    Une journée historique à Teahupo’o

    Annoncée comme l’une des plus grosses houles de la saison, cette journée a attiré dès l’aube une armada de jet-skis et de bateaux autour du reef. Matahi Drollet, figure emblématique du spot, a ouvert le bal avec un ride magistral. Mais l’autre vague marquante fut celle de Naiki : un monstre d’eau qui gonflait à vue d’œil, avec un volume hallucinant.

    Les images parlent d’elles-mêmes : engagement total, trajectoire parfaite, sortie impeccable. Le lendemain, un article étranger le présentait comme le frère de Matahi Drollet… alors qu’il est celui de Kauli Vaast. Une confusion vite dissipée, mais qui prouve que son nom circule désormais bien au-delà de Tahiti.

    Un héritage et une enfance dans le tube

    L’aisance de Naiki dans un barrel de Teahupo’o ne doit rien au hasard. On se souvient de lui à seulement 12 ans, quand Kauli l’avait poussé sur une bombe à l’entrée du bowl. Casque Gath vissé sur la tête, il avait dévalé un mur d’eau presque aussi grand que lui, une image qui avait fait le tour du web.

    Grandir aux côtés d’un frère triple champion d’Europe et habitué du World Tour forge forcément le caractère. Mais Naiki n’a jamais cherché à imiter Kauli. Il suit sa propre voie, loin des circuits professionnels, en cultivant deux passions : le surf et la pêche.

    Un surfeur discret, passionné de pêche

    Je ne vais pas vous mentir : je n’ai jamais rencontré Naiki, ni même vu surfer ailleurs qu’à Teahupo’o. Mais connaissant Kauli et Aelan Vaast, on devine le niveau du petit frère. Et le 5 août, il l’a prouvé, tout comme son frère et sa sœur qui ont eux aussi brillé ce jour-là.

    Contrairement à beaucoup de jeunes surfeurs, Naiki ne court pas après les points qualificatifs de la WSL. Il participe rarement aux compétitions, hormis celles organisées à Tahiti. Pour lui, pas besoin de podiums : l’objectif est simple, prendre la meilleure vague de la journée. Et le 5 août, il a été imbattable.

    Teahupo’o, son jardin et son terrain de jeu extrême

    À Tahiti, surfer Teahupo’o n’est pas seulement un défi sportif : c’est une vitrine. La famille Drollet en est l’exemple, tout comme certains Hawaïens à Pipeline. Situé à la pointe sud-ouest de l’île, ce récif est aussi magnifique qu’impitoyable. La moindre erreur y est sanctionnée. Les locaux parlent d’ailleurs de « respecter la vague » avant de penser à la surfer.

    Naiki connaît le spot par cœur : chaque recoin du reef, chaque mouvement de houle. Son style est fluide, précis et empreint d’une confiance rare pour son âge. Ce 5 août, il n’a pas seulement survécu à sa vague, il l’a domptée. C’est ce qui le fait entrer, à 18 ans, dans le cercle fermé des surfeurs respectés de Teahupo’o.

    Un avenir prometteur, même hors du circuit pro

    Pas de sponsors tapageurs, pas de tour du monde pour accumuler des points, mais une présence marquée lors des houles historiques : voilà la trajectoire de Naiki Vaast. Dans un surf de plus en plus globalisé et médiatisé, il rappelle que les exploits les plus marquants se vivent parfois loin des podiums, à domicile, face à une vague qui vous connaît autant que vous la connaissez.

    Le 5 août 2025 ne fut pas seulement un jour de vagues exceptionnelles : c’est aussi la date où le nom de Naiki Vaast s’est gravé un peu plus profondément dans l’histoire de Teahupo’o. Et pour ceux qui fréquentent ce spot, c’est peut-être la plus belle des reconnaissances.

  • Kolby Aipa, le surf en deuil après un accident d’e-bike

    Kolby Aipa, le surf en deuil après un accident d’e-bike

    Le monde du surf pleure l’un des siens. Samedi 2 août 2025, à Huntington Beach en Californie, Kolby Aipa, 20 ans, est victime d’un accident tragique alors qu’il circulait en vélo électrique. Deux jours plus tard, la terrible nouvelle tombe : le jeune surfeur ne survivra pas à ses blessures. Il était le petit-fils du légendaire shaper hawaïen Ben Aipa. Sa disparition brutale a bouleversé la communauté surf, des plages d’Hawaii aux spots californiens.

    Au-delà de l’émotion, ce drame relance un débat important : celui de l’usage des e-bikes par les surfeurs. Pratiques, rapides, silencieux… mais parfois utilisés sans respect des règles de sécurité élémentaires.

    Un nom emblématique, une vie tournée vers l’océan

    Kolby Aipa n’était pas un inconnu dans le milieu du surf. Héritier d’une lignée légendaire – son grand-père Ben Aipa est l’un des shapers les plus influents de l’histoire du surf moderne – Kolby incarnait cette nouvelle génération ancrée dans la tradition, mais tournée vers l’avenir.

    Membre du Huntington Beach Board Riders Club, il était sponsorisé par des marques comme AVVA, Dakine ou encore Cobian Footwear. Engagé, souriant, respecté de ses pairs, il laissait à chaque rencontre une trace de gentillesse et d’humilité. Sur l’eau, il impressionnait déjà. En dehors, il partageait le Aloha Spirit à sa manière.

    Les circonstances de l’accident

    Selon les premières informations relayées par la presse locale, Kolby Aipa circulait en vélo électrique et se faisait tracter par une voiture conduite par des amis, une pratique malheureusement répandue chez les jeunes.

    C’est ce même véhicule qui, dans des circonstances encore floues, l’aurait percuté accidentellement. Kolby a été transporté à l’hôpital dans un état critique. Mis sous assistance respiratoire, il n’a pas survécu.

    L’annonce de son décès a déclenché une vague d’émotion sur les réseaux sociaux. La page officielle d’Aipa Surf Co., tenue par sa famille, a publié un hommage bouleversant :

    « Kolby avait le don de toucher les gens. Sa gentillesse était sa manière d’exprimer l’Aloha. À tous ceux qui lisent ce message… transmettez cet Aloha à votre tour. »

    Le vélo électrique, nouveau moyen de transport des surfeurs

    Depuis quelques années, les vélos électriques ont envahi les spots de surf à travers le monde. À Biarritz, Los Angeles ou Byron Bay, il n’est pas rare de voir des planches fixées sur des racks, des combinaisons qui sèchent sur le guidon, et des jeunes filer d’un spot à l’autre sans faire de bruit.

    Les avantages sont nombreux :

    • Pas de bouchons
    • Écologique (en apparence)
    • Économie de carburant
    • Facilité de stationnement en zone balnéaire
    • Pratique pour les surfeurs sans permis

    Mais cette popularité a un revers : de plus en plus d’accidents sont signalés chaque année, notamment dans des zones urbaines à forte circulation ou sur des routes côtières mal sécurisées.

    Des comportements à risque de plus en plus fréquents

    Au-delà de l’aspect pratique, certains comportements liés aux vélos électriques ou E-bikes inquiètent :

    • Se faire par une voiture (comme dans le cas de Kolby)
    • Rouler à deux ou trois sur une même trottinette ou e-bike
    • Circuler sans casque ni protections
    • Rouler de nuit sans éclairage ni gilet
    • Ne pas respecter le code de la route
    • Sans parler du comportement des conducteurs de voitures, de camions et de bus

    Si le vélo électrique donne un sentiment de liberté, il ne doit pas faire oublier les règles de prudence essentielles, surtout lorsqu’on partage la route avec des véhicules motorisés.

    Un appel à la responsabilité dans la communauté surf

    La disparition de Kolby Aipa est un choc. Mais elle doit aussi être l’occasion d’un réveil collectif.

    Les surfeurs ont toujours été des pionniers. Aujourd’hui, ils doivent aussi devenir des ambassadeurs de la sécurité, notamment auprès des plus jeunes.

    « Ce n’est pas cool de se faire tracter pare une voiture. C’est dangereux. Point. »

    De nombreuses écoles de surf, shops ou clubs pourraient intégrer des modules de sensibilisation à la sécurité en mobilité douce dans leurs formations. Le sujet n’est plus anecdotique : il devient une question de vie ou de mort.

    Les règles d’or à respecter en vélo électrique

    Pour que l’usage du vélo électrique reste un plaisir et ne vire pas au drame, voici quelques règles simples à rappeler dans la communauté surf :

    1. Porter un casque systématiquement
    2. Ne jamais se faire tracter, même à faible allure
    3. Installer des lumières avant/arrière pour rouler tôt ou tard
    4. Utiliser des racks solides et bien fixés pour les planches
    5. Respecter le code de la route, même à vélo
    6. Être visible : gilet fluo, habits clairs, feux clignotants
    7. Ne pas rouler à plusieurs sur le même vélo

    Ces règles peuvent sembler basiques, mais elles sauvent des vies.

    Un héritage d’Aloha à perpétuer

    La famille Aipa a publié un message plein de sagesse et d’émotion :

    « La manière dont Kolby vous a traité, traitez les autres ainsi. C’est ainsi que vous ferez vivre son héritage d’Aloha. »

    Dans cette dernière phrase, il y a toute la beauté du surf. Une communauté liée par l’océan, mais aussi par des valeurs humaines profondes.

    Rendons hommage à Kolby non seulement par des mots, mais aussi par nos actes, en prenant soin les uns des autres. Sur l’eau comme sur la route.

    L’histoire de Kolby Aipa ne doit pas être un fait divers de plus. Elle doit nous inviter à repenser nos pratiques, à sensibiliser les plus jeunes, et à défendre une culture surf à la fois libre, respectueuse… et responsable.

  • Teahupo’o explose : swell costaud, wildcard de 12 ans et favoris en danger

    Teahupo’o explose : swell costaud, wildcard de 12 ans et favoris en danger

    Le Lexus Tahiti Pro s’ouvre dans une ambiance électrique : houle massive, prévisions météo solides, et une wildcard de 12 ans. Mais surtout : quelques favoris pourraient bien mordre la poussière.

    Des prévisions musclées, et un swell XXL juste avant le coup d’envoi

    Le spot mythique de Teahupo’o, le barrel le plus technique et radical du tour, est sur le point de se réveiller pour de bon. La waiting period du Lexus Tahiti Pro 2025 débute avec une fenêtre météo qui donne le vertige : un premier swell puissant en ouverture, dans les 10 pieds (3 m), qui devrait progressivement s’atténuer mais rester solide pour la suite de la compétition.

    Mais surtout, la veille de l’ouverture risque d’offrir des sessions légendaires. Une houle massive – possiblement XXL et tow-in – pourrait déferler sur le récif tahitien, offrant un spectacle rare. Les images, si elles sortent, pourraient mettre en avant les free surfeurs, comme cela pu arriver dans le passé.

    Ce swell massif, en lente baisse les premiers jours de la waiting period, pourrait rebattre les cartes stratégiques pour les compétiteurs : certains risquent gros dès le premier tour, là où d’autres, plus habitués aux grosses conditions, pourraient briller.

    Kelia Mehani Gallina, 12 ans et déjà dans l’histoire

    C’est la wildcard qui fait parler le monde entier. Kelia Mehani Gallina, 12 ans, surfeuse tahitienne, a remporté les Trials et gagne ainsi sa place dans le tableau principal, devenant la plus jeune surfeuse de l’histoire à disputer une épreuve du CT.

    Son père Ryan, surfeur chevronné du spot, reste confiant, mais inquiet : « On prie pour que les vagues ne soient pas trop grosses », dit-il, conscient que sa fille devra se jeter seule dans des tubes massifs, sans sa présence dans l’eau comme à l’accoutumée.

    Kelia n’a rien à perdre, tout à gagner. Mais dans un Teahupo’o sérieux, chaque vague est un enjeu vital.

    Retrouvez l’article sur Kelia Mehani Gallina et sa qualification

    Filipe Toledo, le leader sous pression

    S’il y a bien un surfeur à surveiller dans ce contexte de grosse houle, c’est Filipe Toledo. Non pas parce qu’il est favori… mais justement parce qu’il ne l’est pas.

    Ancien numéro 1 mondial et champion du monde en titre, Toledo n’a jamais brillé à Teahupo’o. Son meilleur résultat ? Un round 3, dans des petites conditions. Et son plus gros point faible est connu de tous : le manque d’engagement dans les grosses vagues, particulièrement ici, à Tahiti.

    Face à des tubes en 10 pieds, difficile de l’imaginer aller loin. Mais quelque part, on ne peut s’empêcher d’espérer qu’il fasse mentir les pronostics. C’est peut-être l’épreuve où il n’a rien à perdre – et donc, paradoxalement, l’occasion de se révéler. Il lui faut un bon résultat pour finir dans le final 5.

    Les Tahitiens à la maison, des jokers incontrôlables

    Teahupo’o, c’est la maison des Tahitiens, et quand ils ont une wildcard, mieux vaut les prendre au sérieux.

    Kauli Vaast en est l’exemple parfait. Goofy, à l’aise dans les gros barrels, champion olympique sur ce même spot quelques semaines plus tôt : il est sans doute le non-tour surfer le plus dangereux de l’épreuve.

    Même profil pour Mihimana Braye, lui aussi goofy et extrêmement à l’aise sur le reef tahitien. Leur lecture de la vague, leur timing, leur engagement sans faille font d’eux des pièges pour les têtes de série du CT.

    Et côté femmes, Vahine Fierro est peut-être la meilleure surfeuse du monde à Teahupo’o. Son aisance dans des tubes puissants, sa technique et son engagement en font une prétendante crédible au titre, surtout si la houle continue à envoyer.

    Une compétition piégée, et une ambiance de gladiateurs

    Avec une météo qui offre à la fois du spectaculaire et du jouable, cette édition 2025 s’annonce comme l’une des plus excitantes depuis des années.

    • Les favoris sont fragiles.
    • Les Tahitiens sont à l’affût.
    • Une enfant de 12 ans va affronter des vagues mythiques.

    Ajoutez à cela des vagues d’une puissance rare, une lumière polynésienne qui sublime chaque vision, et une tension dramatique dans chaque série… et vous obtenez une compétition que personne ne veut rater.

    Le Lexus Tahiti Pro débute dans une ambiance d’excitation générale. Des tubes massifs, des outsiders affûtés, un ancien leader dans le doute, une wildcard de 12 ans, et des Tahitiens prêts à bousculer l’ordre établi.

    Le spectacle s’annonce total.

  • Tya Zebrowski, 14 ans, déjà numéro 1 mondiale du Challenger Series

    Tya Zebrowski, 14 ans, déjà numéro 1 mondiale du Challenger Series

    Le surf mondial a une nouvelle étoile, et elle est tricolore

    À seulement 14 ans, la Franco-Tahitienne Tya Zebrowski vient de frapper un grand coup sur la planète surf. Finaliste de l’US Open of Surfing 2025, elle est désormais numéro 1 mondiale du Challenger Series, le circuit qualificatif pour l’élite du surf mondial. Une performance incroyable, qui ne surprendra pourtant pas ceux qui suivent le surf européen de près.

    Une ascension fulgurante, mais pas si surprenante

    Pour les suiveurs du circuit européen, l’explosion de Tya n’a rien d’un hasard. Dès ses premiers QS (Qualifying Series), elle a bluffé les observateurs par la maturité de son surf et son engagement. L’an dernier, elle a littéralement survolé les compétitions européennes, remportant ou frôlant la victoire à chaque étape, jusqu’à décrocher son ticket pour les Challenger Series.

    Ce qui impressionne, au-delà des résultats, c’est sa capacité à dompter des vagues puissantes et variées, souvent dans des conditions très exigeantes. Un style fluide, puissant, précis, et une lecture de vague qui semble déjà appartenir à une surfeuse bien plus expérimentée.

    Tya Zebrowski portrait famille photo Pat Nolan

    Huntington Beach : la confirmation au sommet

    Lors de l’US Open 2025, à Huntington Beach, l’un des événements les plus prestigieux du calendrier, elle s’est hissée jusqu’en finale, où elle a affronté l’Américaine Sawyer Lindblad. Dans les premières minutes, Tya a pris l’avantage avec un total de 12,34 points, enchaînant les manœuvres avec une assurance désarmante. Le public et les commentateurs y voyaient déjà sa première victoire en Challenger Series.

    Mais la Californienne, déjà qualifiée pour le CT 2026, a renversé la situation dans les dernières minutes. Sawyer s’impose, mais le véritable choc de la compétition, c’est bien la performance de la Française. Une finale à 14 ans, sur l’un des événements les plus relevés de l’année, face à des surfeuses bien plus expérimentées : c’est un exploit retentissant.

    14 ans… et déjà dans la cour des grandes

    Oui, 200 jours de moins que la double championne du monde Caroline Marks quand elle avait percé. Oui, plus jeune que Carissa Moore à ses débuts sur le CT. Tya pourrait bien devenir la plus jeune qualifiée de l’histoire du surf féminin moderne. Et contrairement à d’autres jeunes talents qui brillent sur une vague spécifique ou dans un cadre junior, elle domine chez les adultes, en compétition officielle, sous pression.

    Son surf est à la fois aérien, engagé, moderne. Dans les dernières secondes de cette finale, elle a même tenté un air reverse qui aurait pu renverser la donne. Le message est clair : elle ne surfe pas pour faire de la figuration. Elle veut gagner. Et elle le peut.

    Le parallèle avec le skate féminin

    Cette montée en puissance de Tya n’est pas sans rappeler ce qui se passe dans le monde du skate. Des jeunes filles de 12 à 15 ans dominent désormais les grandes compétitions, comme Rayssa Leal ou Sky Brown, avec une aisance et une maturité qui bousculent les repères. Le surf semble suivre cette même dynamique.

    Et tant mieux si cette nouvelle vague est française. Car oui, Tya Zebrowski est Franco-Tahitienne, et si son sourire trahit ses origines polynésiennes, son surf peut faire la fierté de tout l’Hexagone.

    Une pépite à suivre de très près

    Le plus fou dans cette histoire ? Ce n’est que sa première saison sur le Challenger Series. Et elle est déjà leader. À ce rythme, elle pourrait non seulement se qualifier pour le CT 2026, mais aussi y briller dès sa première année, voire plus.

    On tient peut-être là la future meilleure surfeuse du monde. Une championne en construction, déjà redoutée par ses adversaires, qui allie talent pur, instinct de compétitrice et grâce naturelle.

    Et vous savez quoi ? Elle est française.

  • Hommage à Austin Gibbons, surfeur new-yorkais décédé à 27 ans

    Hommage à Austin Gibbons, surfeur new-yorkais décédé à 27 ans

    Le monde du surf pleure une nouvelle perte tragique. Le surfeur new-yorkais Austin Gibbons, 27 ans, est décédé le 10 juillet dernier à Long Beach, après avoir été victime d’une crise d’épilepsie dans l’eau. Membre emblématique de la communauté Skudin Surf, il laisse derrière lui des souvenirs impérissables, et un choc profond parmi ses proches comme chez tous ceux qui l’ont croisé sur les vagues.

    Une disparition brutale au cœur de l’été

    Austin Gibbons surfait sur son home spot de Long Beach lorsqu’il a été pris d’une crise d’épilepsie. Malgré l’intervention rapide des secours, le jeune homme s’est noyé. L’annonce de sa mort a bouleversé toute la côte Est, et bien au-delà. Car Austin n’était pas un simple surfeur local : il était une figure respectée, un instructeur apprécié, un sauveteur diplômé, et un mentor dévoué pour des centaines de jeunes surfeurs.

    Sur les réseaux sociaux, la famille Skudin Surf – école fondée par le big wave rider Will Skudin – lui a rendu un hommage poignant :

    « Nous avons le cœur brisé par la perte d’Austin Gibbons, membre de la famille Skudin Surf depuis plus de 15 ans. Il a commencé comme jeune campeur avant de devenir un instructeur exceptionnel. Surfeur talentueux, sauveteur, mais surtout être humain lumineux, il a marqué chaque personne qu’il a encadrée. »

    Un miraculé de Pipeline, en 2024

    Le destin d’Austin avait déjà frôlé le drame en janvier 2024, sur les vagues de Pipeline, à Hawaï. Alors qu’une houle historique déferlait – au point que la WSL avait annulé l’épreuve du Pipe Pro – Gibbons avait osé se mettre à l’eau. Sa dernière vague du jour avait failli lui coûter la vie : il avait été repêché inconscient, placé en coma artificiel, avant de revenir miraculeusement à lui. Une photo de lui, hospitalisé, souriant et faisant un shaka, avait fait le tour des réseaux.

    Ce miracle avait renforcé son aura. C’était un battant, un passionné, un modèle.

    Une tragédie qui résonne jusqu’en France

    Ce drame n’est pas sans rappeler la disparition d’un jeune surfeur à Biarritz en 2023. Ce dernier, également victime d’une crise d’épilepsie dans l’eau, avait été retrouvé inconscient sur le sable de la Grande Plage. Les secours n’avaient rien pu faire. L’enquête avait révélé qu’il souffrait d’épilepsie, mais n’avait jamais renoncé à sa passion pour les vagues. Son histoire, tout comme celle d’Austin, soulève une question douloureuse mais nécessaire : comment mieux protéger les surfeurs vulnérables, sans les priver de leur liberté de glisser ?

    Une communauté soudée dans le deuil

    À Long Beach comme à Biarritz, ces drames rappellent la fragilité de la vie, même pour les surfeurs les plus aguerris. La mer, si inspirante, peut aussi être cruelle.

    Pour Austin Gibbons, plusieurs cérémonies sont prévues cette semaine à New York. Des centaines de proches, amis, élèves et surfeurs s’y rassembleront pour lui dire adieu. En parallèle, Skudin Surf met en place un accompagnement psychologique pour les jeunes touchés par cette perte brutale.

    Il est des noms qui ne quittent jamais les esprits d’une communauté. Austin Gibbons en fait partie. Son sourire, son engagement, sa générosité resteront à jamais gravés dans la mémoire du surf new-yorkais.

  • Quand Aritz Aranburu a fui Johnny Boy Gomes à Sunset… avant de gagner le heat !

    Quand Aritz Aranburu a fui Johnny Boy Gomes à Sunset… avant de gagner le heat !

    En pleine Triple Crown à Hawaï, Aritz Aranburu se retrouve face à une légende du North Shore au tempérament volcanique : Johnny Boy Gomes. Menace physique, score inespéré et fuite prématurée : récit d’une série pas comme les autres, qu’on retrouve dans une interview espagnole.

    Le tirage au sort que personne ne voulait

    Sunset Beach, côte Nord d’Oahu. Aritz Aranburu est jeune, plein d’ambition, et tout juste qualifié pour participer à la mythique Triple Crown. Cette série de compétitions hawaïennes est considérée comme l’un des sommets du surf professionnel, juste après le titre mondial.

    Dans la maison Quiksilver, l’ambiance est détendue… jusqu’à ce que tombe la nouvelle : Johnny Boy Gomes est dans le tableau. Ancienne gloire de Pipeline, membre influent des redoutés Black Shorts, Johnny est une figure aussi respectée que redoutée. S’il revient en compétition, ce n’est pas pour rire.

    Blague entre surfeurs : « Mec, imagine si tu tombes contre Johnny ? »
    Silence. Aritz tire Johnny au premier tour.

    « Qu’est-ce que tu fais sur mon pic ? »

    Dès le début du heat, les choses tournent mal. Johnny rame sur une série, mais elle ferme. Aritz, sans intention de le gêner, se retrouve légèrement plus à l’intérieur. Maladresse ? Mauvais timing ? Peu importe : Johnny pète un plomb.

    « ¿Qué haces dentro de mí pico? » – « Qu’est-ce que tu fous sur mon pic ? »

    Il commence à hurler, brandit le poing et saisit même Aritz par la main, menaçant de le frapper. La scène se déroule en plein heat, sous les yeux d’une organisation médusée… qui ne dit rien. À l’époque, personne ne s’oppose à Johnny Boy Gomes.

    Une fuite, deux vagues et une victoire

    Profitant d’un instant d’inattention, Aritz s’échappe. Il rame loin, très loin, cherchant juste à survivre. Mais au passage, il croise une vague. Il la surfe. Score : 7/10.

    Quelques instants plus tard, une deuxième vague se présente à lui. Tube + floater. Résultat : 8,5/10.
    Aritz est en tête.

    Terrifié, il ne veut pas rester une seconde de plus dans l’eau. Il sort du line-up avant la fin du heat, en courant vers les organisateurs pour demander de l’aide. Réponse du speaker de la compétition :

    « Mec… planque-toi. Personne ne peut rien faire contre Johnny. »

    Reclus à Hawaï, mais qualifié

    Aritz remporte pourtant le heat, contre toute attente. Mais il passe la semaine suivante enfermée dans la maison Quiksilver, évitant toute confrontation.

    Heureusement, grâce à ses liens avec la famille Pukas et à l’intervention d’un surfeur hawaïen respecté, il apprend que Johnny vit à l’opposé de l’île et ne reviendra pas traîner à Sunset les jours suivants.

    Hawaii, la destination la plus intimidante..

    Cette histoire, est l’une parmi tant d’autres. Tous les surfeurs pro non hawaïens craignent cette destination pour ses vagues, mais également, pour la pression qui y règnent à l’eau. De nombreux surfeurs n’y vont que pour leurs séries, et n’y prennent aucun plaisir. Promis, un jour on écrira un article sur les plus folles anecdotes qu’on a entendues à Hawaï.

  • Tragédie à Biarritz : un jeune surfeur décède à la Côte des Basques

    Tragédie à Biarritz : un jeune surfeur décède à la Côte des Basques

    Mise à jour le 14 juillet 2025

    La communauté surf est en deuil. Un jeune homme de 26 ans a perdu la vie ce mardi 8 juillet au soir à Biarritz, sur la plage emblématique de la Côte des Basques. Il a été retrouvé inconscient dans l’eau, à côté de sa planche. Malgré l’intervention rapide des secours, il n’a pas pu être réanimé.

    Un drame en fin de journée

    Il était un peu plus de 21h30 lorsqu’un surfeur a été découvert en arrêt cardio-respiratoire, dérivant dans l’eau près de sa planche. Une équipe de sauveteurs côtiers de la caserne d’Anglet est intervenue en urgence pour le sortir de l’eau. Des gestes de réanimation ont immédiatement été prodigués, avec l’appui du SAMU 64. Malgré tous les efforts des secouristes, le jeune homme a été déclaré décédé sur place.

    Un sauveteur passionné, emporté par l’océan

    La victime n’était pas un surfeur de passage. Il travaillait lui-même comme sauveteur pour la Ville de Biarritz et s’était mis à l’eau après la fin de son service. Selon les premiers éléments recueillis, il aurait été victime d’un malaise en surfant. Une enquête est en cours afin de déterminer les causes exactes de sa disparition : malaise, choc, noyade ou autre complication.

    Quelques jours plus tard, nous avons appris que le surfeur-sauveteur avait été victime d’une crise d’épilepsie lors de cette session. D’après les éléments connus, c’est cette crise qui aurait entraîné sa noyade. Cette information, communiquée avec prudence et respect par les autorités, éclaire le drame sous un nouveau jour et souligne l’extrême vulnérabilité d’un corps face à l’océan, même chez un professionnel aguerri.

    Des courants puissants et un plan d’eau agité

    Les conditions de surf ce mardi étaient plutôt modérées, avec des vagues de moins d’1,50 mètre en baisse constante. Mais le plan d’eau restait agité en raison du vent et de la marée descendante, générant des courants puissants et piégeux.

    Victoria, une surfeuse de 29 ans, était à l’eau peu avant le drame. Elle se dit profondément bouleversée :

    « Il y avait beaucoup de courant hier soir. Je me suis demandé si c’était lié. Ça nous a tous touchés. On a eu besoin d’en parler entre nous pendant la soirée. »

    Thomas, l’un de ses amis présents sur la plage au moment de l’intervention, confie quant à lui être « très choqué » après avoir vu les véhicules de secours et de police évacuer le corps du jeune homme. Pour beaucoup de surfeurs locaux, cette nuit restera gravée dans les mémoires.

    La Côte des Basques endeuillée

    La plage de la Côte des Basques, avec ses falaises majestueuses et son panorama sur les montagnes, est l’un des spots de surf les plus connus du Pays basque. Haut lieu de la culture surf française, elle attire chaque été des centaines de pratiquants. Ce drame vient douloureusement rappeler que l’océan, aussi beau et accueillant soit-il, reste un milieu naturel à risques.

    Un moment d’unité pour la communauté surf

    À Biarritz, sur les plages voisines et sur les réseaux sociaux, l’émotion est vive. La communauté surf, déjà très solidaire par nature, s’est rassemblée dans un profond respect. Des surfeurs ont déposé des fleurs et se sont retrouvés en petits groupes pour partager leur tristesse. Beaucoup saluent la mémoire d’un homme passionné, discret, qui connaissait bien l’océan et qui veillait habituellement sur la sécurité des autres.

    Quelques rappels essentiels pour surfer en sécurité

    Dans un contexte où les pratiquants de surf sont de plus en plus nombreux, il est essentiel de rappeler quelques principes de sécurité élémentaires, même (et surtout) en conditions modérées :

    • Ne jamais surfer seul, surtout en fin de journée ou dans des zones peu surveillées.
    • Vérifier son état de santé, en particulier en cas de fatigue, de coup de chaud ou de reprise après une période d’inactivité.
    • Utiliser un matériel adapté en fonction de votre niveau et des conditions de surf.
    • Connaître son niveau : rester humble face à l’océan, adapter sa session à ses capacités et aux conditions du jour.
    • Faire attention aux autres surfeurs : un choc avec une planche ou une dérive peut avoir des conséquences graves.
    • Observer l’état de la mer : courants, baïnes, série piégeuse… même sur un spot réputé “facile”, les pièges existent.
    • Alerter rapidement en cas de problème, même s’il semble mineur au départ.

    Une pensée pour un des nôtres

    Cet accident tragique laisse un vide au sein de la famille surf. Il nous rappelle, avec brutalité, que même les plus expérimentés ne sont pas à l’abri. À l’heure où l’été bat son plein, où les plages se remplissent et les vagues font briller les yeux, n’oublions jamais ce que signifie entrer dans l’eau : un moment de bonheur, oui — mais aussi un engagement envers la prudence et le respect.

    Toutes nos pensées accompagnent la famille, les proches, les collègues sauveteurs, et la communauté surf de Biarritz dans ce moment douloureux.

  • Elle pensait avoir un ptérygion… C’était un cancer de l’œil

    Elle pensait avoir un ptérygion… C’était un cancer de l’œil

    Chez les surfeurs, une irritation de l’œil est souvent banalisée. Mais ce qui ressemble à un simple ptérygion peut parfois cacher un danger bien plus grave. L’histoire d’Erin Campbell en est la preuve.

    Une surfeuse, un rêve indonésien… et un œil qui gratte

    Originaire de Valla Beach, en Australie, Erin Campbell, 24 ans, a grandi dans les vagues. Entre sessions de surf et voyages en Afrique avec ses parents, elle mène une vie active et ensoleillée. En 2024, elle concrétise un rêve : créer un surf camp avec son compagnon à Lombok, en Indonésie.

    Mais en plein lancement du projet, une gêne apparaît à l’œil gauche. Une petite excroissance, une sensibilité à la lumière, une impression de voile dans la vision. Erin pense immédiatement au ptérygion, cette affection bénigne bien connue des surfeurs, causée par une exposition répétée au soleil, au vent et au sel.

    Un médecin local confirme ce diagnostic, sans pousser plus loin.

    Quand ce n’est pas “juste” un ptérygion

    Les semaines passent. La douleur augmente. Erin doit porter des lunettes de soleil en intérieur. Elle n’arrive même plus à fermer complètement l’œil.

    De retour en Australie, elle consulte un ophtalmologue. Cette fois, le ton change. L’œil est examiné de près. Une biopsie est lancée. Puis, le diagnostic tombe : carcinome épidermoïde conjonctival. Un cancer rare, mais agressif.

    “Je pensais que j’allais mourir”, confie-t-elle plus tard.

    À 24 ans, Erin découvre que ce qu’elle prenait pour un ptérygion pourrait lui coûter la vie.

    Chimio, cryo et chirurgie éveillée

    Le traitement est lancé immédiatement. Chimiothérapie sous forme de gouttes, stéroïdes, cryothérapie. Puis, une opération chirurgicale au Sydney Eye Hospital.

    Mais l’intervention tourne au cauchemar : l’anesthésie ne fonctionne pas correctement. Erin reste consciente pendant l’opération, incapable de parler, entend tout, ressent tout. Elle vit l’un des moments les plus traumatisants de sa vie.

    On lui retire la lésion, on gèle la zone touchée et on greffe un morceau de conjonctive prélevé à l’arrière de son propre œil.

    Retour à la vie… avec précautions

    Six mois plus tard, Erin a retrouvé les vagues. Mais sa vie a changé : examens tous les six mois à vie, interdiction de boire de l’alcool, vigilance maximale face au stress et à l’exposition solaire.

    Le surf camp a été loué à d’autres. Elle prend du recul. Et témoigne pour prévenir d’autres surfeurs et amoureux du soleil : ne jamais banaliser un ptérygion.

    Le ptérygion : bénin, mais trompeur

    Le ptérygion est une prolifération anormale de la conjonctive sur la cornée. Bénin, il est courant chez les surfeurs, véliplanchistes, skieurs et travailleurs exposés au soleil. En Australie, on estime qu’il touche jusqu’à 10 % de la population générale et beaucoup plus chez les surfeurs réguliers.

    Mais s’il évolue vite, devient douloureux ou change d’aspect, il peut cacher autre chose — comme dans le cas d’Erin.

    Les signes d’alerte à ne pas ignorer

    Voici les symptômes qui doivent vous pousser à consulter immédiatement un ophtalmologue :

    • Tache blanche ou rouge sur l’œil qui persiste
    • Épaississement ou croissance anormale sur la conjonctive
    • Sensibilité à la lumière accrue au fil du temps
    • Irritation chronique, sensation de corps étranger
    • Impossibilité de fermer complètement la paupière

    Un simple examen peut faire la différence entre un traitement précoce… et un drame évitable.

    Conseils de prévention pour surfeurs et amoureux du soleil

    Que vous soyez surfeur quotidien, pratiquant du kayak, randonneur, ou simplement amateur de bronzette, adoptez ces gestes simples :

    • Portez des lunettes de soleil polarisées avec filtre UV400, même par temps couvert.
    • Protégez vos yeux dès l’enfance : les jeunes yeux sont plus vulnérables aux UV.
    • Faites contrôler vos yeux chaque année si vous passez beaucoup de temps dehors.
    • Surveillez tout changement : taille, couleur, gêne inhabituelle.
    • Écoutez votre instinct : si vous sentez que “quelque chose cloche”, agissez.

    Un message fort pour la communauté surf

    “Si ça peut aider une seule personne à se faire examiner, alors ça valait le coup”, dit Erin.

    Aujourd’hui, elle vit avec plus de prudence, mais aussi plus de gratitude. Elle surfe de nouveau, mais avec des lunettes adaptées, une routine de soins, et une conscience aiguë de sa santé.

    Le ptérygion n’est pas toujours ce qu’il semble être

    Dans l’univers du surf, on accepte souvent les petits bobos comme des trophées : oreilles bouchées, peau abîmée, yeux irrités. Mais comme l’a vécu Erin, ce qui ressemble à un simple ptérygion peut cacher un véritable cancer de l’œil.

    Et si son histoire permet à d’autres de réagir à temps, alors ce témoignage a toute sa raison d’être.

  • Bob “Doc” Scott : le surfeur médecin derrière les célèbres bouchons Doc’s Proplugs s’en est allé

    Bob “Doc” Scott : le surfeur médecin derrière les célèbres bouchons Doc’s Proplugs s’en est allé

    Une légende de Santa Cruz, et une page du surf qui se tourne

    Le surf a perdu un de ses grands humanistes. Le 97e anniversaire de Bob « Doc » Scott, pionnier californien du surf et inventeur des emblématiques bouchons Doc’s Proplugs, aurait dû être une fête. Il s’est transformé en hommage. Le 1er juillet 2025, à Steamer Lane, Santa Cruz, la communauté s’est réunie pour un paddle-out vibrant de souvenirs et d’émotions. Car Doc Scott n’était pas qu’un médecin passionné de vagues : il était un mentor, un passeur, un pilier.

    Né à New York mais adopté par la Californie, « Doc » était bien plus qu’un médecin généraliste et chirurgien. Il était cet homme qui embarquait les jeunes surfeurs dans un bus scolaire pour les emmener en compétition, qui organisait les épreuves locales, qui croyait que chaque grom avait droit à une chance, même sans trophée ni sponsor.

    Un médecin qui écoutait… les oreilles

    C’est en tant que praticien installé à Capitola, près de Santa Cruz, que Doc repère un mal qui ronge les surfeurs : l’exostose, ou « surfer’s ear ». Ce bouchon osseux, causé par le froid et l’eau, affecte l’audition et peut nécessiter une opération. Dans les années 1970, aucune protection adaptée n’existe. Alors Doc se retrousse les manches.

    En 1979, il crée un petit accessoire révolutionnaire : un bouchon d’oreille souple, confortable, qui laisse passer le son mais protège du froid. Les Doc’s Proplugs sont nés. D’abord artisanaux, ils se répandent vite dans les line-ups californiens, puis dans le monde entier. Leur design translucide reconnaissable devient culte. Que ce soit pour le surf, l’apnée ou la baignade, ces bouchons médicaux s’imposent comme une référence. Et tout le monde savait qui les avait pensés.

    Plus qu’un accessoire, un héritage

    Mais Doc n’était pas un businessman. Il était un bricoleur génial, un passionné, un papa poule de la tribu surf. Il fallait voir les kids sortir de l’eau et Doc leur coller une caméra dans l’oreille pour prouver que leur canal auditif était en train de se fermer… Il le faisait pour leur bien. Pas pour vendre. Pas pour capitaliser. Et ça change tout.

    Aujourd’hui, sa disparition pose la question de l’avenir de Doc’s Proplugs. Déjà fragilisée ces dernières années, la marque peine à se renouveler dans un marché saturé de solutions plus modernes ou au marketing plus agressif. Beaucoup de shops ont cessé de les distribuer. La marque reste active, mais orpheline de sa figure tutélaire. L’âme du produit, c’était lui.

    Un homme, une philosophie

    Plus que ses inventions, c’est sa manière d’être qui marque les générations. Ken “Skindog” Collins, Marcel Soros, Anthony Ruffo, Bob Pearson… tous les grands noms de Santa Cruz ont été touchés, soutenus, inspirés par Doc. Il ne voulait pas des champions. Il voulait des passionnés. Des enfants qui croient que tout est possible.

    Brenda, sa fille, elle-même championne du monde de surf en 1978, se souvient :

    « Papa disait toujours : Va surfer, même 20 minutes. Une vague, c’est déjà un cadeau. »

    Même à 80 ans, Doc bricolait un casque en plastique avec une cale en liège pour pouvoir garder la tête haute dans les mousses. Parce que l’appel de la vague, chez lui, ne s’éteignait jamais.

    Une double disparition

    Avec Doc, c’est une vision du surf qui disparaît. Celle du surf familial, local, fait de sandwiches au beurre de cacahuète et de voitures pleines à craquer. Celle des pionniers, des médecins-inventeurs qui réparaient les corps et les cœurs. Et avec la lente mise en sommeil de Doc’s Proplugs, c’est aussi un morceau de l’histoire médicale du surf qui s’efface.

    Mais à l’image de son créateur, la trace des Proplugs restera durable. Les vieux surfeurs les gardent précieusement. Les apnéistes les recommandent encore. Et les jeunes qui découvrent leur usage apprennent à leur tour le nom de celui qui les a inventés.

    Passer le flambeau

    « Pass it forward. » Tel était le mantra de Doc. Donner sa chance à l’autre. Croire en chacun. Innover pour protéger, et non pour vendre. Dans un monde où le surf se standardise, son parcours fait figure de rappel essentiel.

    Doc laisse derrière lui une famille immense, biologique comme symbolique, des milliers de surfeurs qu’il a guidés, soutenus, inspirés. Et une petite paire de bouchons translucides, simples mais efficaces, qui continueront peut-être à flotter à la surface, en hommage discret à cet homme hors du commun.