Quand on pense à Makua Rothman, on imagine la puissance brute. Le genre de surfeur qui regarde Jaws droit dans les yeux sans broncher. Champion du monde de grosses vagues en 2015, héritier du légendaire Eddie Rothman et figure respectée du North Shore, Makua incarne depuis toujours le respect, le courage, mais aussi la peur et le localisme hawaïen. Mais derrière cette image d’acier, il y avait une faille. Une descente aux enfers silencieuse, nourrie par la honte, la culpabilité et des pilules qu’il n’aurait jamais dû toucher.
“Je prenais des cachets, sans douleur, juste pour me sentir bien”
Dans un épisode du podcast Good Humans de Cooper Chapman, Makua a brisé le silence. “Entre 2015 et 2018, j’ai complètement déraillé”, raconte-t-il. “Je prenais des pilules… Je faisais n’importe quoi. J’étais champion du monde, mais j’étais brisé à l’intérieur.”
Il parle sans détour d’oxycodone, un antidouleur à base d’opiacés devenu fléau aux États-Unis. “Le pire, c’est que je n’avais même pas mal. Je n’avais aucune blessure. C’était juste le shoot de dopamine qui me faisait oublier les choses que je détestais en moi.”
L’alcool, la coke, les soirées sans fin : tout servait à masquer une souffrance mentale qu’il refusait d’affronter. “Les pilules n’étaient pas le vrai problème. Le vrai problème, c’était moi. Je n’étais pas assez courageux pour faire face à mes démons.”
La drogue au line-up : “Je sniffais dans le chenal de Jaws”
Le moment le plus glaçant ? Quand Makua avoue avoir consommé directement dans l’eau, sur l’un des spots les plus dangereux de la planète. “Je suis chanceux d’être encore en vie”, dit-il. “Je sortais à Jaws avec des cachets, je les écrasais, je sniffais, et je repartais à l’eau. J’étais complètement ailleurs.”
Imaginer un surfeur en plein trip, sur une vague de 15 mètres, suffit à donner des frissons. Pourtant, c’est bien ce qu’il vivait : une double tempête, celle de l’océan et celle de sa tête.
“Je voulais juste revivre. Redevenir Makua.”
Tout a changé lorsqu’il a touché le fond. “Un jour, j’ai dit stop. J’étais prêt à mourir, ou à renaître. Et j’ai choisi de vivre.” Makua Rothman s’est reconstruit, petit à petit. Par le surf, la musique, la famille, la foi aussi. Aujourd’hui, il parle de santé mentale sans détour, pour briser le tabou chez les athlètes — et surtout dans le monde du surf, où la vulnérabilité reste un mot difficile à prononcer.
“Je suis fier de mon parcours, parce que beaucoup n’en reviennent pas. Moi, j’ai eu la chance d’en sortir.”
Un message fort pour toute une génération
Makua n’est plus seulement un big wave rider. C’est un survivant, un père, un exemple de transparence dans un milieu souvent trop silencieux sur ses blessures invisibles. Entre deux sessions à Waimea, il continue de chanter, d’aider, de parler, avec cette même intensité qu’il met dans chacune de ses vagues.
Et quand on lui demande s’il regrette, il sourit : “Non. Parce que sans ces erreurs, je ne serais pas l’homme que je suis devenu.”
Il pensait vivre une simple session à Rocky Point, sur le North Shore d’Oahu. Mais, pour Carlos Muñoz, surfeur pro costaricien respecté sur le circuit international, la session a viré à la mauvaise série : celle de la violence, du localisme et de la bêtise humaine.
Une vague, une collision, et l’étincelle
Tout commence comme une scène banale dans l’océan le plus convoité du monde. Rocky Point, spot mythique d’Oahu, déroule ses droites et gauches nerveuses. Carlos rame sur une vague, un autre surfeur se jette dedans, les trajectoires se croisent, et crac, collision. L’homme blond qui a taxé hurle un « f***ing tourist » bien senti. Muñoz, calme, mais pas soumis, lui répond :
« Je suis un touriste, ok, mais c’était ma vague. » Erreur. Le mot “tourist” à Hawaii, c’est parfois comme dire “je ne t’appartiens pas” dans un bar de bikers.
“Tu n’as pas la tête d’un local”
L’autre insiste : “Je suis local.” Et là, Carlos lâche une phrase anodine, mais qui, mal interprétée, va mettre le feu au line-up :
“Tu ne ressembles pas à un local.” Lui qui explique aujourd’hui qu’il ne voulait pas vexer, que son anglais imparfait a sans doute amplifié le malentendu… Trop tard.
Le retour sur la plage : neuf contre un
Il reste pourtant à l’eau. Une heure et demie, tranquille, en se disant que le calme va revenir. Mais à son retour sur la plage, c’est un autre scénario : huit ou neuf types l’attendent, les bras croisés, le regard froid. Le blond de tout à l’heure est là, gonflé à bloc, encouragé par ses potes à régler “le problème”. Le premier coup part, Carlos esquive. Le deuxième, il encaisse volontairement.
“J’ai pris un coup dans la mâchoire, ça allait. Je ne voulais pas me battre.” Mais les gars en veulent plus. Ils veulent sa planche.
“Pas celle-là, elle est spéciale”
La planche qu’il tient, c’est sa préférée. Celle qui l’a accompagné dans ses meilleures sessions. Alors, il tente une négociation de surfeur pacifiste :
“Prenez-en une autre, j’en ai à la maison.” Le groupe le suit jusque chez lui. Là, il tend une vieille board. Le geste apaise la tension, les mecs repartent avec leur trophée dérisoire.
Le localisme, une maladie mondiale
Dans son récit, Carlos Muñoz ne crache pas sur Hawaii. Il parle d’un phénomène global. De ce virus du surf qu’on appelle le localisme, cette illusion de possession qui transforme des passionnés de glisse en gardiens de territoire.
“Ça m’est arrivé aussi au Mexique”, raconte-t-il. “Certains croient protéger leur spot, mais ils détruisent juste l’esprit du surf.”
L’océan n’appartient à personne
Le plus amer dans l’histoire, c’est cette contradiction : le surf, né de la liberté, de la communion avec l’océan, devient parfois un espace de domination et d’exclusion. Carlos, lui, préfère relativiser : il continue de voyager, de surfer, de partager sa passion. Mais son expérience rappelle une vérité simple : les vagues ne sont la propriété de personne. Et qu’à force de vouloir jouer les seigneurs du line-up, certains finissent par oublier l’essence même du surf : la joie pure de glisser.
C’est fait ! À seulement 14 ans, Tya Zebrowski devient la plus jeune surfeuse de l’histoire à se qualifier pour le World Championship Tour (CT). La Française a validé sa qualification ce vendredi 11 octobre au Banco do Brasil Saquarema Pro, après avoir remporté sa série du Round of 48 dans les vagues exigeantes d’Itaúna.
Une qualification historique pour le surf français
Il suffisait à Tya de passer une série pour rendre sa qualification mathématiquement officielle. Mission accomplie. Opposée à la Tahitienne Kiara Gold, à l’Australienne Jahly Stokes et à la Brésilienne Sophia Gonçalves, la jeune tricolore a dominé le heat avec un total de 11,67 points, notamment grâce à une gauche notée 6,50.
Dans un line-up difficile, marqué par un fort backwash et des vagues piégeuses, Tya a fait preuve d’un calme et d’une maturité impressionnants.
“Elle surfe comme une vétérane du Tour”, commentaient les speakers de la WSL, bluffés par la précision et la puissance de ses manœuvres.
L’éclosion d’un talent précoce
En quelques mois, Tya Zebrowski a bouleversé la hiérarchie mondiale du surf féminin. Numéro 1 du classement des Challenger Series 2025, elle a cumulé 28 630 points sur quatre étapes — soit l’un des meilleurs bilans de l’histoire récente du circuit. Avec une victoire à Ericeira, un deuxième, un troisième et un cinquième place, la Française a construit une saison quasi parfaite.
Sa progression constante, son surf engagé et son style déjà abouti ont fait d’elle une figure incontournable du renouveau du surf européen.
Une génération dorée : Kauli Vaast dans la même dynamique
La réussite de Tya coïncide avec celle d’un autre Français : Kauli Vaast, actuel leader du classement masculin. Le Tahitien, vainqueur lui aussi à Ericeira, peut à son tour valider sa qualification dès ce week-end.
Une double montée française sur le Tour d’élite, du jamais vu, qui marquerait un tournant historique pour le surf tricolore.
La suite : viser la victoire à Saquarema
Désormais qualifiée pour le CT 2026, Tya peut surfer sans pression sur le reste du Saquarema Pro. Mais connaissant son mental, il serait surprenant de la voir s’arrêter là. Prochaine étape : le Round of 32, où elle cherchera à prolonger sa dynamique face aux meilleures. La jeune surfeuse doit viser également de remporter le classement Challenger Séries, histoire de marquer un peu plus l’histoire de son empreinte. Avec Tya Zebrowski, on tient peut-être une chance d’avoir un(e) surfeur/surfeuse championne du monde WSL.
Le genre d’histoire qu’on ne trouve qu’en Australie
Mardi 7 octobre 2025, sur Kangaroo Island, au sud de l’Australie, un surfeur d’une cinquantaine d’années s’est fait attaquer deux fois par un requin Cuivre (bronze whaler). Jusqu’ici, rien d’inédit sous les tropiques… sauf que l’homme a rejoint la plage, plié sa planche, et conduit lui-même jusqu’à l’hôpital, sérieusement blessé à la jambe. Les médecins ont confirmé : blessures graves, mais pronostic vital non engagé. Un scénario digne de Mad Max… mais version surf.
“Le phoque m’a balancé”
Selon Shark Watch South Australia, le requin poursuivait un phoque à travers la baie de D’Estrees, sur le spot ironiquement nommé The Sewer (“l’égout”). Et c’est là que la scène devient cartoonesque :
“Un phoque a utilisé le surfeur comme leurre pour échapper au requin”, rapporte l’organisation. Résultat : deux morsures, une planche entamée, et un phoque qui repart libre comme l’air. Pas sûr que les relations interespèces s’en remettent.
Le témoin du hasard absolu
Ce jour-là, un visiteur, Jon Souter, se promenait avec sa famille sur les falaises de Kangaroo Island. Ils n’avaient “pas vu un seul être humain depuis des heures”, quand soudain, le hasard du siècle : deux silhouettes à l’eau, un phoque qui file, et derrière… un aileron. Souter sort son téléphone, filme le phoque qui passe entre les surfeurs — juste avant que le requin ne frappe.
“J’ai vu la queue du requin fouetter l’eau, et là j’ai compris qu’il y avait un surfeur au mauvais endroit au mauvais moment.”
Le tout sur un spot désert, perdu entre les falaises et le grand Sud. Pas d’autre témoin que quelques mouettes et… un smartphone.
“C’était comme être percuté par un camion”
Le surfeur, prénommé Lee, a raconté plus tard aux policiers que l’impact l’avait projeté hors de sa planche :
“C’était comme être frappé par un camion. Il m’a mordu le dos, la fesse et le coude avant de disparaître.”
Un témoignage aussi sec que son humour local. Et pourtant, le calme olympien. En regagnant la plage, Lee croise la famille Souter — qui, par miracle, avait une trousse de secours. Encore plus fort : l’autre surfeur à l’eau était médecin. Pas de panique : bandage, compresses, un peu de sang, beaucoup de sang-froid.
“Le docteur a vérifié que ce n’était pas une artère, on a bandé la jambe, et Lee était surtout inquiet pour sa planche,” raconte Souter. “Il demandait où était son matériel, pendant qu’on nettoyait la plaie.”
Toujours aller surfer avec un médecin
Après quelques minutes d’impro de secourisme, le docteur-surfeur embarque son ami blessé, et les deux partent direction Kingscote, à 40 minutes de route. Pas d’hélico, pas d’ambulance. Juste un surfeur mordu deux fois, au volant de sa propre voiture, direction l’hôpital. Le lendemain matin ? Lee va bien. Il poste même une photo, un flat white à la main. “Il est très reconnaissant pour les soins reçus,” confirme son employeur, Craig Wickham, qui ajoute qu’il “a eu une sacrée chance”.
Moralité du jour, selon Souter :
“Always go surfing with a doctor.” Toujours aller surfer avec un médecin. Pas idiot, vu le menu local.
Le spot “The Sewer” : pas vraiment une piscine
Ironie du sort, The Sewer doit son nom à une vieille légende locale : les tubes y “te recrachent comme une merde”, dixit les surfeurs des années 60. Le coin, paradisiaque en apparence, est aussi fréquenté par une forte population de phoques et lions de mer, autrement dit… le buffet préféré des requins. Ce n’est d’ailleurs pas la première attaque dans la zone : un surfeur y avait déjà été croqué par un grand blanc il y a cinq ans.
Les requins Cuivre, pas si gentils qu’ils en ont l’air
Moins célèbres que leurs cousins blancs, les requins Cuivre sont pourtant responsables d’une quinzaine d’attaques recensées depuis 1962, dont une mortelle. Ils peuvent mesurer jusqu’à 3 mètres et attaquent surtout par erreur — ou, comme ici, sous la mauvaise influence d’un phoque manipulateur.
Et après ?
Aujourd’hui, Lee se remet, les points de suture en place et le sourire en coin.
Après avoir aidé le surfeur, la famille Souter a d’ailleurs repris sa balade, pique-nique au soleil et glace au miel à la main. Parce qu’en Australie, même après une attaque de requin, la journée continue.
“C’était un moment extraordinaire de timing,” conclut Jon Souter. “On n’avait vu personne depuis des heures, et puis… ce truc-là est arrivé.”
Un phoque qui balance, un requin distrait, un surfeur stoïque, un médecin providentiel, et un café au lait en guise de happy end. Bref : une journée typiquement australienne.
PS: photo non contractuelle, on sait, ce n’est pas un requin Cuivre en photo…
Ilima Kalama, l’âme de l’océan s’est éteinte à 82 ans
Le monde du surf pleure l’un de ses plus grands esprits de l’océan. Ilima Kalama, légendaire waterman hawaïen et père du surfeur et pionnier du tow-in Dave Kalama, est décédé à l’âge de 82 ans. Figure respectée autant pour sa force tranquille que pour son humilité, Ilima laisse derrière lui un héritage immense, empreint de respect pour la mer, la culture hawaïenne et la transmission d’un savoir ancestral.
Un pionnier entre Hawaï et la Californie
Né à Honolulu, Ilima Kalama appartient à une lignée de watermen dont la réputation traverse les générations. Son père, Noah, fut l’un des premiers à introduire la pratique de la pirogue hawaïenne (outrigger canoe) sur la côte ouest des États-Unis après avoir déménagé la famille à Newport Beach à la fin des années 1950.
Rapidement, le jeune Ilima s’impose sur les plages de Huntington et Newport. En 1962, il remporte les United States Surfing Championships, l’une des compétitions les plus prestigieuses de l’époque. Sponsorisé par Hobie et Hang Ten, il devient une icône de la culture surf naissante, incarnant l’esprit d’aventure, de liberté et de respect de la nature.
Mais Ilima n’était pas seulement un surfeur. C’était un waterman complet : plongeur, rameur, sauveteur, explorateur. Il vivait la mer dans toutes ses dimensions, au-delà du sport, comme une philosophie.
Le miraculé du Cortes Bank
Dans les années 1970, Ilima participe à une série d’expéditions sur la vague mystérieuse Cortes Bank, un haut-fond perdu au large de la Californie, aujourd’hui célèbre pour ses vagues géantes. C’est là qu’il frôle la mort : lors d’une plongée en apnée, son bateau coule en pleine nuit, à des dizaines de kilomètres de toute terre.
Pendant des heures, Ilima et son compagnon de plongée dérivent dans une eau glacée, à la merci de l’océan. “J’ai pensé à ma famille, à ma mère disparue. J’ai prié, et j’ai senti sa présence. C’est comme si elle me disait de tenir bon.” Miraculeusement sauvés par un pêcheur, les deux hommes s’en sortent. Quelques semaines plus tard, Ilima retournera plonger sur le même site, incapable d’ignorer l’appel de l’océan.
Cette expérience, racontée dans le livre Ghost Wave de Chris Dixon, résume à elle seule la vie de Kalama : le courage, la foi et le respect de la mer.
La transmission d’un héritage
Ilima Kalama a transmis sa passion et ses valeurs à son fils Dave Kalama, devenu l’un des watermen les plus respectés au monde. Dave est notamment connu pour avoir, aux côtés de Laird Hamilton, Darrick Doerner et Buzzy Kerbox, inventé le tow-in surfing – cette pratique qui a révolutionné le surf de grosses vagues en permettant de surfer des vagues inaccessibles.
Chez les Kalama, la mer n’est pas un simple terrain de jeu. Elle est un maître exigeant, un miroir spirituel. “Mon père m’a appris à écouter l’océan”, dira souvent Dave. “À ne jamais le défier, mais à danser avec lui.”
Une légende honorée de son vivant
En août 2024, Ilima Kalama était intrônisé au Surfers’ Hall of Fame à Huntington Beach. Ses empreintes de mains et de pieds, désormais figées dans le ciment, rejoignent celles des plus grands noms du surf. Un hommage mérité pour un homme dont la vie a incarné, mieux que quiconque, l’essence même du surf : l’humilité face à la nature, la transmission et la gratitude.
Dans son dernier témoignage, Ilima confiait :
“J’ai fait des erreurs, mais la mer m’a toujours pardonné. Je la respecte, je la remercie, et je lui rends tout ce que je peux. Mahalo Ke Akua — merci à Dieu.”
Un aloha éternel
Ilima Kalama s’en est allé comme il a vécu : avec dignité, gratitude et sérénité. Son esprit continue de flotter sur les vagues d’Hawaï, là où tout a commencé. Pour tous les surfeurs, il restera un exemple éternel de ce que signifie être un véritable waterman.
À 31 ans, le cadet de la fratrie Florence n’a jamais autant pesé sur le surf de gros. Et la signature toute fraîche chez Red Bull ouvre un nouveau chapitre XXL à une carrière déjà riche en tubes en tout genre, en wipeouts pédagogiques et en vidéos YouTube qui cartonnent.
Bio express
Nom : Nathan Florence
Naissance : 10 juin 1994, O‘ahu (Hawaii) — 31 ans.
Nate a grandi dans le vortex du North Shore et s’est forgé une identité loin des circuits pro : charger les plus grosses houles, expliquer les risques, partager la progression (et les gamelles) avec une sincérité rare. En 2018, il décroche le Surfline Wave of the Winter ; en 2019, il remporte Red Bull Cape Fear à Shipstern Bluff (sa première grande victoire), avec un 9,33 en finale.
Blessure, retour et consécration
En 2023, une chute à Jaws lui provoque une fracture par compression lombaire. Il revient plus fort, enchaîne une saison monstrueuse et est élu Stab Surfer of the Year 2023 (meilleur surfeur de l’année). En 2024, il reste au top du débat — John John remportant l’édition 2024, Nate figurant tout en haut des votes.
Architecte de sa propre audience
Le vrai “game changer” : sa chaîne YouTube (≈ 518k abonnés, +600 vidéos), vitrine d’un surf engagé et immersif qui documente chaque mission — du barrel fest de J-Bay aux sessions XXL dans le reste du monde. Il l’assume : “si tu ne construis pas ton audience, tu es mort.”
Sponsors : de Vans à FLORENCE… puis Red Bull
2024 : Nate quitte Vans pour rejoindre FLORENCE (la marque familiale) — un virage stratégique qui officialise l’indépendance du clan. Ivan suivra ensuite.
FCS : ailerons big wave signature depuis 2021.
2025 : Red Bull signe Nate pour deux ans. Le deal inclut accès aux performance centers (tests, imagerie médicale), logistique globale (jet-skis partout, gros projets) et un co-branding de casquette avec FLORENCE. Nate parle d’idées “plus grandes que nature”… jusqu’aux slabs antarctiques en hélico.
Ce que change Red Bull (concrètement)
Capacité d’exécution : feux verts pour des expéditions lourdes (froid, éloignement, sécurité).
Performance & santé : monitoring scientifique pour durer dans l’ultra-gros.
Narration : plus de moyens visuels pour sa série “slab tour”, tout en gardant le rythme hebdo sur YouTube (Nate l’a confirmé via ses contenus).
Repères chronologiques
2018 — Surfline Wave of the Winter.
2019 — Victoire Red Bull Cape Fear (Shipstern Bluff, Tasmanie).
2023 — Blessure au dos (Jaws) puis Stab Surfer of the Year.
2024 — Arrivée chez FLORENCE (ex-Florence Marine X).
2025 — Signature Red Bull (contrat 2 ans).
Matos & quiver
Boards : Pyzel (team rider historique).
Fins : FCS big wave (modèle signature).
Pourquoi son impact dépasse le “gros”
Nate a imposé un modèle hybride : athlète d’ultra-gros et créateur média. Son influence réoriente le sponsoring performance vers des projets éditoriaux “audience-first”. La signature Red Bull valide ce cap : des idées sans plafond, une diffusion mondiale, et des récits qui inspirent autant qu’ils impressionnent.
Le 1er octobre 2025, le corps de Kevin Kirby (27 ans) a été retrouvé sur la berge du río María Aguilar, à Hatillo 8 (San José). Les premières constatations de l’OIJ (Organismo de Investigación Judicial) font état de blessures par arme blanche et de contusions, le corps ayant séjourné plusieurs jours dans l’eau. Kevin était porté disparu depuis le dimanche 28 septembre, après une dernière apparition à Sabanilla de Montes de Oca vers 17 h 30, déclenchant une recherche de ses proches et des autorités.
D’après la presse costaricienne et les hommages, Kevin Kirby Jiménez était un amoureux de la nature, surfeur et pêcheur, apprécié pour sa gentillesse et son énergie. Son compte Instagram et les témoignages de proches dépeignent un jeune homme positif, proche de sa famille et de sa communauté surf.
Les autorités ont interpellé un suspect à Hatillo (Ciudadela María Reina) le 1er octobre, sur la base des premiers éléments de l’OIJ.
Les médias costariciens ont indiqué que des perquisitions et analyses de traces (sang, empreintes) sont en cours dans une habitation de Hatillo, tandis que le véhicule que conduisait Kevin a été localisé et expertisé (indices biologiques considérés comme déterminants par l’enquête).
(Note : ces informations d’enquête peuvent évoluer ; nous suivrons les mises à jour officielles.)
La communauté surf sous le choc
Le surfeur Carlos Muñoz a rendu un hommage appuyé : « Fly high my Kirby… La vie est fragile… » — message largement partagé au Costa Rica et dans la presse surf. Des médias proches de la scène locale, comme DUKE Surf et Gallo Pinto TV, décrivent Kevin comme un jeune homme « toujours souriant, électrique, amoureux de la mer ».
Annonce choc, commentaires en feu, et un malentendu persistant : Lucía Martiño a officialisé un partenariat avec OnlyFans… sans changer de métier. La surfeuse espagnole assure qu’elle ne publiera aucun contenu explicite. Au programme : surf, entraînement, voyages, lives et conseils. On démonte les idées reçues et on explique pourquoi ce deal peut, au contraire, tirer le surf vers le haut.
Ce qui a vraiment été annoncé
Mercredi, Lucía Martiño a dévoilé être athlète sponsorisée par OnlyFans, qui devient son sponsor principal. Concrètement, le logo apparaît au nose de sa planche et elle alimente la plateforme avec des contenus 100 % sportifs : sessions, coulisses de trips, préparations physiques, réglages de boards, routines de soins, lives interactifs pour répondre aux questions.
« J’aime partager ma vie, pas mon intimité », rappelle-t-elle. Pas de contenu explicite, même si l’on verra forcément du surf en bikini sous les tropiques.
Pourquoi OnlyFans — et pourquoi maintenant ?
OnlyFans revendique plus de 300 athlètes signés tous sports confondus. En surf, la plateforme a déjà soutenu des noms des grosses houles (comme Billy Kemper, Tony Laureano ou Pedro Scooby). Avec Lucía, première femme surfeuse officiellement sponsorisée, l’entreprise réaffirme son intention d’être un pont entre fans et athlètes, une ambition qui précède la dérive “adult” observée pendant la pandémie. Côté athlète, Lucía assume son virage free surf / création de contenus : après des années de compétition, elle veut choisir ses vagues et produire des formats plus créatifs (elle sort d’un projet en Islande par –25 °C). OnlyFans lui apporte la stabilité et la liberté éditoriale qui manquaient depuis la fin de son contrat Deeply en 2024.
La polémique : un malentendu… et un biais
La confusion vient du fait que OnlyFans héberge aussi du contenu adulte. Lucía s’y attendait : « Je me figurais que beaucoup penseraient mal ». Elle trace une ligne nette : pas d’explicite. Le débat révèle aussi un biais : quand un homme signe chez OF, ça fait moins de bruit ; pour une femme, l’imaginaire sexualisé colle plus vite. D’où l’intérêt de clarifier : ici, OnlyFans est un canal premium pour du contenu surf — point.
Et pour le surf, c’est une bonne nouvelle ?
Oui, si l’on regarde les moyens et la portée. Voir un acteur hors industrie, solide et global, investir dans le surf, c’est :
plus d’opportunités pour les athlètes (tournages, trips, séries) ;
un modèle économique complémentaire aux marques classiques ;
une exposition internationale vers un public qui ne suit pas la WSL au quotidien. Lucía prévient d’ailleurs : d’autres signatures arrivent, au moins deux en Espagne. L’image du logo OF sur les boards devrait se normaliser rapidement.
Le monde du surf est en deuil. Ce matin, la triste nouvelle est tombée : Bern Page, directeur mondial de la sécurité et de la sûreté pour la World Surf League (WSL), est décédé. Présent depuis près d’une décennie sur les compétitions, il était une figure familière pour les surfeurs comme pour les fans, toujours discret, mais essentiel au bon déroulement du Tour.
C’est une figure bien connue des surfeurs d’Hossegor, puisqu’il y a séjourné. Personnellement, j’ai pu le croiser à de nombreuses reprises, et c’était une figure que j’aimais rencontrer, un mec sympa avec un accent dont j’avais du mal à reconnaître…
Un hommage a été rendu à Bern Page durant le Quiksilver Festival Hossegor dans la pure tradition surf.
Un homme de l’ombre, essentiel au bon fonctionnement du Tour
Son rôle n’était pas de briller devant les caméras, mais de garantir que la sécurité des meilleurs surfeurs du monde. À Jeffreys Bay, à Teahupo’o, à Pipeline ou au Brésil face à des foules immenses, Bern Page veillait à ce que les athlètes passent des vagues au podium sans encombre. Sa mission allait bien au-delà de la simple sécurité : il incarnait l’autorité calme, l’intégrité et le professionnalisme qui ont permis à la WSL de maintenir un niveau d’organisation élevé. Même durant la pandémie, son rôle fut crucial pour remettre le Championship Tour en route dans des conditions sanitaires strictes et sécurisées.
Un homme apprécié et respecté de tous
Derrière son rôle sérieux, Bern était surtout connu pour sa gentillesse et son humour. Les surfeurs, les équipes et tous ceux qui travaillaient avec lui se rappellent d’un sourire facile, d’un mot pour détendre l’atmosphère et d’une attitude profondément humaine. Yago Dora, tout juste sacré champion du monde, lui a rendu hommage sur les réseaux sociaux. La jeune prodige Erin Brooks a également exprimé sa peine, tout comme de nombreux surfeurs de l’élite et du circuit junior. Kelly Slater, qu’il avait accompagné et protégé dans d’innombrables compétitions, figure parmi ceux qui avaient le plus de respect pour son travail et sa personne. Tous les témoignages illustrent bien la place particulière qu’occupait Bern Page dans la grande famille du surf : celle d’un homme de confiance, d’un pilier discret, mais indispensable.
Une vague d’émotion dans la communauté surf
La World Surf League a publié un message officiel sur Instagram :
« Son engagement indéfectible a contribué à fixer et maintenir les normes les plus élevées sur nos compétitions et nos événements. Son intégrité et son professionnalisme ont marqué profondément non seulement notre organisation, mais aussi toutes les personnes qui ont eu la chance de travailler à ses côtés. » Cette déclaration reflète l’émotion générale : au-delà du professionnel, c’est un ami, un compagnon de route, une figure bienveillante que le surf vient de perdre.
Un départ qui laisse un vide immense
À l’heure actuelle, les circonstances de sa disparition n’ont pas été précisées. Mais son absence se fait déjà sentir dans les coulisses du Tour. Dans un univers où la performance et le spectacle attirent la lumière, Bern représentait cette force tranquille qui assurait que tout se passe bien. Sa disparition rappelle aussi combien les visages de l’ombre sont essentiels à la vie du sport de haut niveau. On se souvient souvent des champions qui lèvent les trophées, mais rarement de ceux qui rendent ces moments possibles.
Un dernier mot
Pour les compétiteurs, les équipes et les passionnés qui suivaient le Tour, Bern Page n’était pas qu’un responsable sécurité. Il était une présence rassurante, un allié discret et un ami. Sa perte est une tragédie pour toute la communauté surf. À sa famille, à ses proches et à tous ceux qui l’ont côtoyé, nous adressons nos plus sincères condoléances. Le line-up mondial a perdu l’un de ses gardiens les plus respectés.
On l’a croisé d’abord dans les Landes, sur le sable avec Édouard Delpero. « C’est un bon lui », glissait alors le multiple champion. Depuis, j’entends revient régulièrement son nom dans les conversations longboard : Louis Marchiset. Vingtaine d’années, style propre, appétit pour les vagues qui ne pardonnent pas. Et ces derniers mois, une idée fixe : pousser le longboard là où on ne l’attend pas.
Louis a grandi entre Guéthary et les bancs landais, où la culture longboard côtoie des line-ups teigneux. Très vite, il tape dans l’œil des marques et de la scène française et s’impose chez les jeunes, avec un titre national Espoir en 2021, sauf erreur de ma part.
Mais au-delà des nose-rides parfaitement calés, il cultive une autre obsession : engager des planches de 9 pieds dans des vagues à sections creuses. Une lignée qu’on a déjà vue chez les Delpero, chez Paul Duvignau dans les Landes, ou encore chez quelques locaux d’Hawaii sur le North Shore. Cette école du « longboard sous stéroïdes » réclame ligne, lecture et sang-froid.
Parce que Louis est allé chercher plus loin. Direction Tahiti. Une vague au nom qui claque et qui cloue : Teahupo’o. Un mur d’eau vivant, puissant, mutique, qu’on aborde en respect absolu. Et lui a choisi d’y entrer… en longboard, en backside comme un regular qu’il est, avec ce mélange de témérité et d’humilité qui force l’attention.
Sur ses réseaux, il raconte surtout le chemin. Pas de fanfaronnade, plutôt une méthode : tenter, analyser, recommencer. Et surtout, accepter que Teahupo’o décide.
« The End of the Road porte bien son nom. Des mois de galères et de travail acharné avant de pouvoir rêver à nouveau. […] Repousser les limites du longboard, encore et encore. »
Cette progression, c’est aussi l’art de se replacer. Être « plus deep », sans se mettre à la faute, pour laisser la lèvre vous engloutir juste ce qu’il faut.
« Je fais, j’analyse, j’apprends, et je recommence. Respect, humilité, patience. Ready for the next swell. Go big, but go deep. »
Le prix de l’engagement : quand le corps dit stop
Le trip tahitien n’a pas été une ligne droite. Louis raconte avoir contracté la ciguatera après un mauvais poisson. Fièvre, faiblesse, fourmillements : impossible de surfer pendant plusieurs jours. Et puis, la veille du vol retour, deux heures d’énergie retrouvée, suffisantes pour chasser la bombe.
« Bien deep, sûrement la meilleure gauche de ma vie. Pas d’image, mais elle restera gravée… et dans celle de quelques locaux. »
Et maintenant ?
Note à nous-mêmes : le rencontrer. Aller chercher son parcours (coachs, boards, réglages de dérive, quiver tahitien), comprendre ce qui change concrètement entre un nose ride à la maison et un take-off critique à Teahupo’o. Et documenter cette lame de fond du longboard engagé qui traverse la côte basque et au-delà.
La communauté hawaiienne du surf est en deuil. Le week-end dernier, Fullerton “Hopena” Pokipala, waterman respecté et surfeur de grosses vagues, est décédé à l’âge de 30 ans à la suite d’un accident de voiture survenu à Waimanalo, sur la côte sud-est d’Oahu.
Selon la police locale, l’accident s’est produit samedi soir aux alentours de 20 heures. Hopena conduisait un véhicule utilitaire lorsqu’il a franchi un stop au croisement de la Kalanianaole Highway. Sa voiture a été percutée par celle d’un automobiliste de 74 ans. Le choc a été violent : le véhicule utilitaire s’est retourné et Hopena a été transporté d’urgence à l’hôpital dans un état critique. Il a succombé à ses blessures peu après.
Un “ambassadeur de l’aloha”
La disparition de Pokipala a bouleversé sa famille et ses proches. Son oncle, Clif Botelho, a rendu hommage à un homme profondément généreux :
“Hopena était un ambassadeur de l’aloha. L’incarnation même de l’amour et du partage. Il aurait donné sa chemise, ses vêtements, tout ce qu’il avait, simplement pour rendre ce monde meilleur. Notre ʻohana est dévastée.”
Ce témoignage illustre parfaitement la réputation de Hopena : celle d’un homme tourné vers les autres, apprécié bien au-delà de la sphère du surf.
Un waterman accompli
Au-delà de son caractère, Hopena était aussi un waterman complet, amoureux de l’océan et de ses défis. Passionné de grosses vagues, il avait surfé à Waimea Bay des murs d’eau qui imposent le respect. Sur son 30ᵉ anniversaire, il avait d’ailleurs partagé une vidéo de lui chevauchant une vague gigantesque, symbole de sa soif d’adrénaline et de sa proximité avec l’océan.
Mais Hopena ne se limitait pas au surf. Docker de profession, il s’était également lancé dans un business original d’huîtres, et nourrissait des ambitions politiques pour sa communauté. Toujours en quête de nouveaux horizons, il vivait à la fois avec intensité et ouverture.
Un amour interrompu trop tôt
La vie personnelle de Pokipala était elle aussi pleine de promesses. Récemment marié à Allie Chu, ancienne Miss Hawaii, il préparait avec elle une réception prévue pour mars prochain. Leur union, saluée comme l’union de deux âmes profondément attachées à leur île, symbolisait l’avenir radieux qui s’ouvrait à eux.
“Il a eu la chance d’épouser l’amour de sa vie”, a rappelé son oncle. “Ils avaient le rêve de rester ensemble pour toujours. C’est une maigre consolation, mais au moins ils ont pu réaliser ce souhait.”
Un héritage fort pour la communauté
La mort de Fullerton “Hopena” Pokipala laisse un vide immense dans la communauté hawaiienne. Son héritage, fait de courage, de générosité et de passion pour l’océan, continuera de marquer ceux qui l’ont connu. À travers ses vagues domptées, ses projets, son sourire et son esprit de partage, il restera pour beaucoup un modèle et une inspiration.
Le surfeur brésilien Italo Ferreira, champion olympique et ancien champion du monde, vient de réussir une manœuvre historique : son premier 720°. Réalisée dans une piscine de vagues au Brésil, cette rotation aérienne de deux tours complets marque un nouveau jalon dans l’évolution du surf moderne.
Mercredi 17 septembre 2025, Italo Ferreira a publié sur ses réseaux sociaux une vidéo qui a rapidement enflammé la planète surf. Dans la piscine de vagues du Boa Vista Surf Lodge, à Porto Feliz, près de São Paulo, le Brésilien a exécuté, pour la première fois, un aérial 720° parfaitement plaqué. Dans sa légende, le surfeur a commenté simplement : « Meu primeiro 720° durante a gravação do meu próximo programa pour Canal Off et Globoplay. Aguardem. » (Mon premier 720° lors du tournage de mon prochain programme pour Canal Off…).
Une performance captée en direct
Le moment a été immortalisé par Marcelo Trekinho, ancien pro, et Gabriel Pastori, tous deux animateurs du canal YouTube Uaradei. Enthousiastes, ils ont confirmé qu’Italo ne s’est pas arrêté à une seule tentative : il a reposé la manœuvre une seconde fois pour prouver que ce n’était pas un coup de chance. « « Quelle vibe ! Je suis encore sous le choc » », a-t-il écrit sur Instagram, encore sous l’émotion de cet exploit qui témoigne de son incroyable explosivité aérienne.
La piscine à vagues, nouveau terrain de jeu
Cet exploit n’est pas anodin : il illustre la montée en puissance des wave pools comme laboratoires d’innovation et d’entrainement. La machine PerfectSwell du Boa Vista Surf Lodge offre des sections calibrées pour les airs, permettant aux surfeurs de repousser leurs limites. D’autres avant lui avaient ouvert la voie : Kelly Slater, en 2014, avait fait débat avec une rotation similaire en free surf, tandis que Albee Layer s’est illustré par des airs dans l’océan comme en piscine. Mais le 720 reste rarissime et d’autant plus spectaculaire en backside, ce qui rend la performance d’Italo exceptionnelle.
Un champion toujours à la recherche de nouveauté
Ce n’est pas un hasard si c’est Ferreira qui parvient à un tel exploit. Champion olympique à Tokyo en 2021, champion du monde en 2019, il est connu pour son surf aérien explosif, toujours prêt à tenter l’impossible. En 2025, il a terminé 4e mondial, s’inclinant en finale WSL à Fiji face à Griffin Colapinto. Mais loin de se reposer, il profite de l’intersaison pour enrichir son répertoire et préparer déjà 2026.
Comme souvent avec ce type de manœuvre, une question anime la communauté surf : s’agit-il vraiment d’un 720° ou d’un 540° avec réception switch ? Les puristes aiment débattre sur le nombre des rotations. Mais peu importe le vocabulaire, une chose est sûre : voir deux tours complets en l’air sur une planche de surf reste un spectacle fascinant.
Un signal pour l’avenir du surf
Avec ce 720, Italo Ferreira envoie un message clair : les airs sont l’avenir du surf de haut niveau. Reste à savoir si ce type de manœuvre franchira bientôt le pas de la piscine à l’océan, et surtout si elle pourra être plaquée en compétition. En attendant, cette performance restera comme un moment fort de l’année 2025, rappelant à tous que le surf est un sport en constante évolution, où chaque génération cherche à repousser les limites du possible.
À 31 ans, Italo Ferreira est au sommet de son art. Champion olympique à Tokyo en 2021, champion du monde WSL en 2019, le Brésilien est devenu l’un des visages les plus explosifs et charismatiques du surf mondial. Mais derrière son énergie débordante, le « Brabo » (surnom qu’on lui donne au Brésil) a déjà un plan pour l’avenir : tout pourrait s’arrêter en 2028, à Los Angeles.
Le rêve d’une deuxième médaille d’or
Dans une interview accordée à l’émission « Hello LA« , Italo a levé le voile sur son objectif majeur : participer aux Jeux Olympiques de Los Angeles pour tenter de décrocher une deuxième médaille d’or. Pour lui, cette échéance n’est pas seulement une compétition, c’est le point culminant d’une carrière commencée sur les plages de Baía Formosa, au Nordeste brésilien.
« Sans aucun doute, c’est mon plus grand objectif : obtenir une autre médaille d’or pour conclure ma trajectoire dans ce sport et sur le circuit », explique-t-il.
Une vie consacrée au surf
Ferreira n’a que 31 ans, mais il surfe déjà depuis plus de deux décennies. Dès ses 8 ans, il passait ses journées à dompter les vagues locales. Depuis, il a conquis le monde : premier champion olympique de l’histoire du surf, titré sur le circuit WSL et reconnu pour un style radical mêlant puissance et aérien.
Pourtant, après tant d’années de dévouement, il aspire aussi à profiter d’une vie différente : « Je fais ça depuis l’âge de 8 ans, donc il y a un moment où tu veux profiter de tout ce que tu as construit et découvrir un autre côté de la vie », confie-t-il.
34 ans : la fin ou un nouveau chapitre ?
En 2028, Italo aura 34 ans. Un âge où beaucoup de surfeurs sont encore compétitifs. Jordy Smith, par exemple, a terminé la saison 2025 à 37 ans. Kelly Slater a, lui, repoussé les limites bien au-delà. Alors pourquoi arrêter si tôt ?
Peut-être parce qu’Italo vit chaque vague avec une intensité et une énergie rare. Planifier une sortie en apothéose, sur la plus grande scène sportive du monde, colle parfaitement à son tempérament : explosif et inoubliable.
Le doute reste entier
Italo, cependant, n’a rien gravé dans le marbre. « Peut-être qu’un peu plus tard, je voudrai continuer encore un peu… ou au contraire, me dire que c’est assez. Je verrai sur le moment », nuance-t-il.
Encore des titres en ligne de mire
En attendant Los Angeles, le Brésilien ne compte pas lever le pied. « Pour l’instant, je veux encore être champion du monde à plusieurs reprises », affirme-t-il. Les adversaires sont prévenus : le « Brabo » reste un prétendant au titre mondial et ne compte pas quitter le circuit sur la pointe des pieds.
Quoi qu’il décide en 2028, Italo Ferreira a déjà marqué l’histoire. Sa victoire aux JO de Tokyo restera comme un moment fondateur, à jamais le premier champion olympique comme aime le dire les marseillais. Son surf spectaculaire a inspiré toute une génération. La question est désormais simple : choisira-t-il d’arrêter au sommet avec deux médailles d’or, ou prolongera-t-il encore une carrière déjà légendaire ?
Le surf portugais traverse une période de profonde tristesse. La disparition de Zion Alves Brocchi, jeune talent de seulement 12 ans, a bouleversé toute une communauté. Originaire de la Costa da Caparica, Zion était déjà considéré comme un espoir majeur du surf national, un enfant qui vivait pour les vagues et qui inspirait bien au-delà de son âge.
Fils de la professeure de surf Vânia Brocchi, Zion avait grandi les pieds dans l’eau et la tête dans les embruns. Dès ses premières compétitions, il s’était démarqué par sa passion et sa détermination. En 2024, il remportait le titre régional Sub-12 de Grande Lisboa, confirmant son statut de prodige après avoir déjà brillé dans les catégories Sub-8.
Mais au-delà des résultats, c’est son énergie contagieuse et son amour pur pour le surf qui marquaient les esprits. À 8 ans seulement, dans une interview donnée à Surftotal, il expliquait avec l’enthousiasme de l’enfance :
« J’ai commencé à surfer parce que ma mère est professeure de surf, elle m’a mis dans les vagues tout petit. »
Il rêvait déjà de Bali et de Keramas comme destination surf ultime, et affirmait que pour lui, le surf c’était avant tout « free surf toujours », l’envie de partager, de se faire des amis et de profiter de chaque vague.
Un combat courageux contre la maladie
Malheureusement, le destin a rattrapé trop tôt ce jeune champion. Zion s’est battu avec courage contre un tumeur cérébrale, affrontant la maladie avec la même détermination qu’il mettait dans les vagues. Jusqu’au bout, il a gardé ce sourire qui illuminait son entourage et cette force tranquille qui inspirait enfants comme adultes.
Sa disparition laisse une immense douleur, mais aussi un exemple de résilience et de passion qui restera gravé dans la mémoire collective.
Un héritage qui dépasse les compétitions
Zion n’était pas seulement une graine de champion. Pour beaucoup, il incarnait l’esprit du surf dans sa forme la plus pure : la joie, le partage et l’authenticité. Son regard tourné vers l’avenir, il citait avec admiration le jeune Matias Canhoto comme futur Portugais sur le WCT, preuve de son humilité et de sa vision juste du surf.
Aujourd’hui, la communauté du surf au Portugal, mais aussi à l’international, salue son souvenir. Des hommages affluent, rappelant combien ce garçon, en si peu de temps, avait marqué son entourage par son charisme et son énergie positive.
Une inspiration pour les générations futures
La perte de Zion soulève une réflexion profonde : comment honorer sa mémoire ? Pour certains, cela passera par des initiatives locales – compétitions en son nom, actions solidaires ou fondations pour encourager les jeunes talents. Mais pour tous, la meilleure façon de le célébrer sera sans doute de continuer à aimer le surf avec la même intensité que lui.
Car si Zion Brocchi nous quitte trop tôt, il laisse un héritage immatériel : celui d’un enfant qui voyait dans chaque vague une aventure, dans chaque session une fête, et dans chaque sourire le vrai sens du surf.
C’est une journée noire pour le surf français et caribéen. Le jeudi 11 septembre 2025, la communauté apprenait avec une immense tristesse la disparition de Jean-Sébastien Lavocat, plus connu sous le nom de Jean-Seb. Figure incontournable du surf et du windsurf depuis plus de 30 ans, il laisse derrière lui un héritage immense et des générations de riders marqués par son énergie, son engagement et sa passion.
Arrivé très tôt sur la scène des sports de glisse, Jean-Seb Lavocat a bâti les fondations du surf moderne à Saint-Martin. Fondateur du SXM Surf Club du Galion et de Windy Reef SXM, il a non seulement structuré la pratique locale, mais aussi ouvert les portes d’un avenir sportif à de nombreux jeunes de l’île.
Cette année, le club du Galion devait fêter ses 30 ans d’existence, symbole de la longévité et de l’impact de son engagement. Pour beaucoup, il représentait bien plus qu’un professeur de surf : un repère, un mentor, parfois même un second père.
Un compétiteur infatigable
Jean-Sébastien Lavocat n’était pas seulement un coach ou un formateur. Il était aussi un athlète accompli, particulièrement en windsurf. Son palmarès récent témoigne de son incroyable vitalité : en mars dernier, il participait encore à une compétition de niveau international à Porto Rico (IWT et PWA). Sa performance lui avait offert une qualification pour la prestigieuse finale de l’Aloha Classic, prévue en octobre à Hawaii.
À plus de 50 ans, il démontrait que la passion et le travail acharné n’ont pas d’âge. Son retour sur le circuit avait impressionné et inspiré aussi bien ses pairs que les jeunes générations.
Une empreinte indélébile sur les jeunes de Saint-Martin
Au-delà de ses résultats sportifs, Jean-Seb restera dans les mémoires comme un transmetteur hors pair. La Fédération Française de Surf lui a rendu un hommage poignant :
« Véritable pilier de la communauté saint-martinoise et président du club SXM Waterboys, il a marqué de son empreinte toute une génération de jeunes surfeurs. »
Parmi ses élèves et protégés figurent aujourd’hui quelques-uns des plus grands noms de la scène caribéenne et française : William Aliotti, Maud Lecar, Titouan Boyer, Andrew Petrelluzzi, Thomas Doumenjou, Tom Houillez, Renan Grainville, sans oublier sa propre fille, Camille Lavocat. Tous saluent l’influence déterminante de son enseignement et de son humanité.
Des valeurs humaines avant tout
Jean-Sébastien Lavocat n’était pas seulement un coach exigeant. Il incarnait des valeurs humaines profondes : le respect, le partage, la solidarité et l’amour de l’océan. Les hommages spontanés fleurissent à Saint-Martin. Sur les murs du Galion, un mot inscrit au marqueur résume l’émotion collective :
« Tu vas nous manquer Jean-Zboubi. Merci pour les plus belles années de notre jeunesse. Merci pour tous ces sourires. Ride bien là-haut. On t’aime. »
Un héritage qui survivra aux vagues
À Saint-Martin comme dans l’ensemble des Antilles, la disparition de Jean-Sébastien Lavocat laisse un vide immense. Mais son héritage demeure vivant, dans chaque vague surfée par ses élèves, dans chaque sourire d’un jeune qui découvre le surf, dans chaque passion qu’il a su transmettre.
La Fédération Française de Surf adresse ses plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches ainsi qu’à toute la communauté saint-martinoise. Quant au monde du surf, il perd un pionnier… mais garde à jamais en mémoire l’image d’un homme debout, porté par le vent et les vagues, fidèle à sa passion jusqu’au bout.
C’est une nouvelle qui attriste profondément la communauté surf et skate en France. Paul Bontemps, surfeur, créateur, entrepreneur et figure de HOA Surf, est décédé à seulement 33 ans, des suites d’une maladie contre laquelle il s’était battu avec courage et espoir.
Installé en Loire-Atlantique, Paul faisait partie de ces passionnés capables de transformer leurs rêves en réalité. Avec son ami et associé Antoine Bouganne, il avait cofondé HOA Surf, une aventure qui mêlait surf, skate et esprit d’entrepreneuriat. Ensemble, ils avaient commencé modestement, en fabriquant une première petite rampe au fond d’un hangar. Jour après jour, module après module, ils ont façonné de leurs mains un univers qui allait séduire bien au-delà de leur cercle d’amis.
HOA Surf n’était pas seulement une marque de planches : c’était une vision, celle d’unir surf et skate autour d’une même culture. Paul, paysagiste de métier, apportait son savoir-faire pour intégrer des modules de skate dans des environnements extérieurs, tout en partageant sa passion des vagues. Très vite, avec Antoine, ils se sont fait connaître pour leurs rampes, barres et skateparks sur-mesure.
Mais plus qu’une entreprise, HOA Surf incarnait leur amitié, leur créativité, et cette volonté de rapprocher les cultures de glisse.
L’esprit de partage avant tout
Paul Bontemps ne s’intéressait pas à la célébrité ni aux chiffres. Dans une interview, il confiait :
« Le nombre d’abonnés, je m’en contrefiche. Ce qui compte, c’est le partage qu’on peut avoir dans l’eau, les rencontres, les expériences. HOA Surf, c’est faire découvrir le surf, montrer que c’est accessible à tout le monde… mais avec le respect des autres, la sécurité et le plaisir avant tout. »
Ces quelques mots résument à eux seuls son état d’esprit : généreux, ouvert, toujours tourné vers l’autre.
Une communauté derrière lui
Au fil des années, Paul et Antoine ont aussi investi les réseaux sociaux. Sur TikTok, Instagram ou YouTube, ils partageaient voyages, sessions de surf, créations de modules et moments de vie. Leur communauté, qui compte aujourd’hui des dizaines de milliers d’abonnés, n’était pas une simple audience : c’était une famille de passionnés unis autour de valeurs communes.
Nombreux sont ceux qui, depuis l’annonce de sa disparition, lui rendent hommage, saluant sa gentillesse, sa créativité et sa passion communicative.
Un dernier message plein d’espoir
Jusqu’au bout, Paul a tenu à rester positif et à transmettre de la force à ses proches et à sa communauté. Dans un de ses derniers messages postés il y a quelques semaines, il écrivait :
« Merci pour cette vague d’amour et de soutien ! Merci à ma famille, à ma copine, à mes proches… Vous me donnez la force de me battre ! On continue d’avancer et de remonter la pente, et on reste positif ! »
Des mots forts, qui résonnent aujourd’hui comme un testament d’optimisme et de courage.
Un héritage qui restera
À travers HOA Surf, ses créations en bois, ses vidéos et ses voyages, Paul Bontemps laisse derrière lui bien plus que des planches et des modules : il laisse un esprit. Celui d’un passionné qui croyait aux rêves d’enfant, qui aimait transmettre et qui plaçait toujours le partage au centre de ses projets.
À 33 ans, il s’en est allé bien trop tôt. Mais dans chaque rampe qu’il a dessinée, dans chaque vague qu’il a surfée, et dans chaque sourire qu’il a déclenché, son empreinte demeure.
Dee Why, Northern Beaches (Sydney) — Samedi 6 septembre 2025, vers 10 h, Mercury “Merc” Psillakis, 57 ans, a été mortellement attaqué par un requin au large de Long Reef. L’Australie du surf perd un voisin, un ami, un père, un passionné.
Un surfeur apprécié, un voisin engagé
Installé à Dee Why, Merc était connu pour son énergie lumineuse et sa gentillesse au pic comme à terre. Entrepreneur local, amoureux des plantes rares, mari de Maria et père de Freedom, il incarnait ce fil invisible qui relie une communauté autour de l’océan. Les autorités ont confirmé qu’il se trouvait à environ 100 m du rivage lorsque l’attaque s’est produite. D’autres surfeurs l’ont ensuite ramené vers la plage, malgré des blessures « fatales ». Les plages entre Manly et Narrabeen ont été temporairement fermées dans la foulée.
Le geste héroïque de Merc
Des témoins et des proches racontent un dernier acte d’un altruisme bouleversant : Merc aurait repéré le squale et appelé les autres à se regrouper pour rentrer vers le bord. Il aurait ainsi aidé ses amis à se mettre à l’abri avant d’être frappé à son tour. « Stoïque, héroïque jusqu’au bout », témoigne un ami de la famille. Ce récit a profondément marqué le littoral nord de Sydney.
Le deuil d’un jumeau : “Nous partagions la même âme”
Son frère jumeau, Mikali (Mike), shaper, a publié des mots qui ont traversé l’océan : « C’est le moment le plus difficile de ma vie… il était ma main droite… nous partagions la même âme. » Il appelle chacun à « vivre avec une pure passion » et à dire à ses proches qu’on les aime. Des mots simples, vrais, à l’image de Merc.
Paroles de la famille : “Impossible de ne pas l’aimer”
Dans un message public, ses proches décrivent un homme « impossible à ne pas aimer », un mari et un père « dévoué et incroyablement joyeux » qui « savait apporter de l’humour dans chaque situation ». Ils saluent aussi les surfeurs et sauveteurs qui ont risqué leur vie pour le ramener. La communauté de Long Reef Boardriders parle, elle, de « fils préféré de Long Reef ».
Ce que l’on sait de l’attaque
Les biologistes du NSW, après examen de la planche brisée, estiment qu’un grand requin blanc d’environ 3,4 à 3,6 m est responsable. Des SMART drumlines supplémentaires et des drones ont été déployés dans la zone les jours suivants, tandis que Dee Why et Long Reef sont restées fermées pendant les opérations de surveillance.
Un drame qui relance le débat sur la sécurité
L’onde de choc a immédiatement réouvert le débat sur les filets anti-requins. Le gouvernement du NSW a suspendu, puis maintenu la pause du projet de retrait partiel des filets annoncé pour cet été, le temps d’évaluer les faits et l’efficacité des dispositifs existants (filets, drumlines, drones, stations d’écoute). Les fermetures préventives se sont étendues aux plages voisines dans les jours suivants.
Au-delà des chiffres, une présence qui manque
Pour ceux qui croisaient Merc chaque matin, board sous le bras et sourire aux lèvres, la perte est incommensurable. On raconte qu’il « sautillait sur l’herbe » jusqu’au bord, discutait avec tout le monde, puis ramait vers le large avec l’enthousiasme d’un gamin. Ce sont ces images, ces éclats de voix et cette chaleur humaine qui resteront. À sa famille, à ses amis, à ses partenaires d’aube et de marée, toute la tribu du surf vous serre fort.
Si vous souhaitez aider
Des élans de solidarité se sont organisés localement pour soutenir sa famille. Renseignez-vous via les canaux officiels et associatifs des Northern Beaches avant toute contribution.
Depuis qu’il a annoncé mettre un terme à sa carrière de compétiteur, Kelly Slater n’a pas seulement tiré sa révérence sportive. Il a aussi ouvert un nouveau chapitre de sa vie, où l’humain prend le pas sur l’athlète. Ces derniers jours, l’Américain a partagé avec ses fans un examen médical révélant l’ampleur de sa scoliose, une pathologie dont il souffre depuis de nombreuses années.
Un body scan révélateur
Kelly Slater a profité de sa nouvelle vie loin du circuit pour passer un bilan de santé complet dans une clinique spécialisée. Sur Instagram, il a expliqué :
« J’ai fait récemment un body scan afin d’avoir un aperçu de tous les problèmes de santé que je connais déjà, mais aussi de ceux dont je n’avais pas conscience. Maintenant que je suis hors du Tour et que j’ai un peu de temps, c’était le bon moment pour m’y pencher. J’ai eu quelques résultats mineurs et modérés à surveiller, mais je n’entrerai pas dans les détails. Évidemment, ma scoliose, dont j’ai souvent parlé, est un vrai problème. »
La star de 53 ans n’en est pas à sa première confidence sur son dos fragile, mais voir la courbure de sa colonne vertébrale en noir et blanc a marqué ses fans.
Ce mal de dos, Kelly le connaît depuis longtemps. Dès 2016, il confiait :
« Je traîne un problème de dos assez sérieux depuis plusieurs années. Je ne sais pas si j’ai été dans le déni ou si je faisais semblant que ce n’était pas si grave, mais il y a beaucoup de jours où je ne surfe pas parce que j’ai trop mal. C’est surtout le bas du dos. J’ai une scoliose assez sévère, avec un déséquilibre : je suis plus court d’un côté que de l’autre. Et au milieu du dos, ça part dans l’autre sens, ce qui forme une sorte de S. »
Un handicap qui n’a pas empêché le Floridien de continuer à rivaliser avec l’élite mondiale, décrochant encore des victoires après 40 ans. Mais à force, les douleurs et les limites physiques se sont imposées.
La force de partager sa vulnérabilité
Publier ses radios n’était pas une démarche évidente pour Slater. Pourtant, il a choisi de le faire pour transmettre un message universel :
« Montrer ma colonne est très personnel, car c’est impressionnant de voir cette courbure avec laquelle je vis depuis tant d’années. Mais je pense qu’il est important que les gens sachent que nous avons tous des problèmes physiques, et que nous pouvons trouver des moyens de réduire leurs impacts, voire d’inverser certains effets. »
Un témoignage qui résonne bien au-delà du surf. Slater rappelle aussi l’importance des bilans de santé réguliers, surtout passé la cinquantaine :
« Ces examens sont particulièrement importants pour les personnes de plus de 50 ans. Je suis très reconnaissant d’avoir pu trouver une place dans leur clinique malgré mon emploi du temps serré. »
Un geste sincère… ou une opération marketing ?
Si la transparence de Kelly Slater force le respect, son post interroge aussi. Car au-delà du message de prévention, impossible d’ignorer que l’examen a été réalisé chez Prenuvo, une start-up canadienne qui s’est fait connaître grâce aux célébrités. Kim Kardashian, Paris Hilton ou encore Cindy Crawford en ont déjà fait la promotion, décrivant leur IRM comme une « machine qui sauve des vies ». Problème : ce dépistage intégral du corps est facturé près de 2.500 dollars et suscite de vives critiques du corps médical. En France, plusieurs spécialistes rappellent qu’aucune étude ne prouve l’efficacité préventive de ce type d’examen, qui relève davantage du produit de luxe anxiogène que d’une véritable médecine. Dans ce contexte, on peut se demander si Slater ne s’est pas fait, volontairement ou non, le relais publicitaire d’une entreprise controversée. Après tout, il aurait pu partager ses radios et parler de son combat contre la scoliose sans citer le nom de la clinique.
La légende reste inspirante
Même s’il ne portera plus de lycra sur le Tour, Kelly Slater continue d’inspirer. Par sa longévité hors normes, par son palmarès (11 titres mondiaux), mais aussi aujourd’hui par son authenticité. Sa scoliose, visible et assumée, rappelle que même les plus grands champions ne sont pas invincibles.
Cette transparence transforme sa fin de carrière en un passage de relais symbolique : aux jeunes générations de briller, et à Slater de montrer que vieillir peut aussi être une leçon de courage et de lucidité.
Le créateur du “World’s Most Famous Surf Shop” laisse derrière lui une empreinte unique dans l’histoire du surf
Le monde du surf vient de perdre l’un de ses personnages les plus singuliers et influents. Ron DiMenna, fondateur du mythique Ron Jon Surf Shop, est décédé le 6 septembre 2025 à l’âge de 88 ans. Derrière ce nom devenu une véritable marque mondiale, se cachait un homme aussi visionnaire qu’énigmatique, qui aura contribué à transformer la culture surf en un phénomène de masse.
Les débuts à New Jersey, la légende d’un shop
C’est en 1959, bien loin des palmiers de Cocoa Beach, que l’histoire commence. Ron DiMenna ouvre son premier magasin à Ship Bottom, dans le New Jersey. Jeune passionné de surf, il comprend très vite que cette pratique émergente peut séduire bien au-delà des côtes californiennes. Il se met à vendre des planches importées de Californie, puis à développer un véritable univers autour de ce sport encore marginal.
Dès 1963, poussé par son instinct d’entrepreneur et son goût pour l’aventure, il s’installe à Cocoa Beach, en Floride. À deux pas du spot de Kelly Slater, il implante ce qui deviendra le plus grand surf shop du monde, ouvert 24 heures sur 24. Aujourd’hui, le flagship de Cocoa Beach attire plus de 1,5 million de visiteurs par an, autant que le Kennedy Space Center voisin.
Ron Jon, une institution de la côte Est
Le concept de DiMenna est simple : proposer un lieu où l’on trouve tout ce qui fait la culture surf, des planches aux bikinis en passant par les T-shirts, les autocollants et une infinité de goodies. Son sens du merchandising est visionnaire. Les fameux autocollants gratuits “Ron Jon Surf Shop” se retrouvent collés sur des millions de voitures et de fenêtres à travers les États-Unis, jusqu’au fin fond du Texas ou de l’Ohio.
Résultat : pour beaucoup, un voyage en Floride n’était complet qu’après un passage au Ron Jon de Cocoa Beach. Certains allaient jusqu’à comparer ce “pèlerinage” à un rite initiatique pour être considéré comme un vrai surfeur.
Un entrepreneur controversé et insaisissable
Si son magasin est mondialement connu, l’homme derrière le logo est resté une énigme. Ron DiMenna fuyait les médias, au point que la plupart des journalistes n’avaient jamais réussi à obtenir une photo récente de lui. Seules quelques rares images circulent, dont un mugshot pris en 2010 après une arrestation pour conduite en état d’ivresse.
Son parcours est jalonné d’anecdotes qui alimentent la légende : une passion pour la dynamite dans les années 70, des démêlés avec la justice liés à la drogue, une vie itinérante dans un camping-car de luxe rebaptisé “Rubber Ranch”. Malgré les rumeurs et les excès, il a toujours cultivé une image de businessman autodidacte, imprévisible mais redoutablement brillant.
Comme l’a résumé Duke Boyd, cofondateur de Hang Ten :
« Ce que vous voyez aujourd’hui dans l’industrie du surf découle de son merchandising visionnaire. Il a compris très tôt que le surf pouvait séduire bien au-delà d’une minorité de pratiquants. »
Une influence durable sur l’industrie du surf
Bien avant que Quiksilver, Billabong ou Volcom ne s’installent dans les grandes métropoles, Ron Jon avait déjà exporté la culture surf à grande échelle. Ses magasins ont contribué à démocratiser un lifestyle qui dépasse la simple pratique sportive.
Ron DiMenna a également marqué son époque par sa volonté de préserver le littoral. Avec son épouse Lynne, il a créé la Surfing’s Evolution & Preservation Foundation, qui finance notamment des programmes de protection des plages de Floride grâce à la vente de plaques d’immatriculation “Endless Summer”.
En 1998, il a été intronisé au East Coast Surfing Hall of Fame, reconnaissance ultime pour son rôle dans la popularisation du surf sur la côte Est des États-Unis.
Une légende aux multiples visages
Ron DiMenna laisse derrière lui un héritage contrasté. D’un côté, le fondateur génial d’un empire du surf retail qui a inspiré des générations de surfeurs. De l’autre, un personnage insaisissable, parfois sulfureux, qui refusait obstinément la célébrité.
Sa disparition marque la fin d’une époque, mais son influence continuera de se ressentir dans chaque T-shirt Ron Jon porté aux quatre coins du monde. Pour beaucoup, son magasin restera le “World’s Most Famous Surf Shop”, une vitrine de la culture surf accessible à tous.
En Floride, les drapeaux sont actuellement en berne pour lui rendre hommage. Dans la mémoire collective des surfeurs, Ron Jon restera à jamais associé à la démocratisation du surf et à l’idée que cette culture peut rassembler bien au-delà de l’océan.
Teahupo’o a encore rappelé pourquoi elle est considérée comme la vague la plus dangereuse au monde. Mercredi dernier, lors d’une session historique sur le récif tahitien, le surfeur local Lorenzo Avvenenti a frôlé la mort après un wipeout d’une violence inouïe. Grâce à une mobilisation immédiate et héroïque, il a été sauvé et se remet aujourd’hui à l’hôpital.
Une journée de rêve qui a failli tourner au drame
Le photographe Morgan Maassen était présent pour documenter ce swell d’exception. « C’était probablement l’un des plus beaux jours que j’ai jamais vus à Teahupo’o », raconte-t-il. Vagues parfaites, plan d’eau glassy toute la journée et une poignée de surfeurs à l’eau. Parmi eux, Peio Ostolozaga et Lorenzo Avvenenti, deux riders locaux habitués des lieux.
Aux alentours de 16 h, un set massif déferle. Peio s’élance sur la première bombe et sort d’un tube aussi magnifique que risqué. Derrière lui, Lorenzo est tracté sur la deuxième vague. Mais son take-off se complique, il perd l’équilibre et chute droit dans la zone d’impact. « Il a chuté dans la vague avant de se faire embarquer par la lèvre façon Niccolo Porcella », témoigne un surfeur présent.
Le récif ne pardonne rien. « Il s’est fait absolument pulvériser », décrit Morgan Maassen. Pris dans le courant, recouvert par les restes du premier set et submergé par la deuxième vague, Lorenzo disparaît sous la mousse. Les jet-skis de sécurité se précipitent, mais la visibilité est quasi nulle et la zone saturée de bateaux et de caméramans.
Pendant de longues secondes, personne ne le voit réapparaître. Puis, un cri retentit depuis un bateau : « Il est à droite ! » hurle Kim Mean, perchée sur le roof de l’embarcation de Cindy Drollet. À ce moment-là, un nouveau set s’abat et il faut encore trente secondes d’attente avant que l’un des sauveteurs parvienne à hisser le surfeur inanimé sur un jet.
C’est finalement Matahi Drollet qui le récupère, assisté par Tahurai Henry et Biglush, deux figures locales de la sécurité. Sur le ski, ils entament immédiatement un massage cardiaque et tentent de vider l’eau de ses poumons.
Un miracle collectif
Contre toute attente, Lorenzo reprend vie. Transporté vers la côte puis à l’hôpital, il passe par la réanimation, mais son état s’améliore. Hier, sa compagne Mia a donné des nouvelles rassurantes sur Instagram : « Lorenzo est désormais dans un état stable. Il ne peut ni manger ni boire, et il parle à peine, mais il est vivant. Il veut remercier Dieu, Teahupo’o et tous ceux qui ont contribué à son sauvetage. »
Dans son message, elle adresse aussi une pensée particulière à Matahi Drollet pour l’avoir retrouvé, à Tahurai Henry, et à tous les amis qui ont poussé pour qu’il revienne à la vie.
Teahupo’o, beauté et danger permanent
Cet accident rappelle que Teahupo’o est un spot à part, à la fois sublime et impitoyable. Chaque session de gros y est une danse entre fascination et peur. « Tous les bateaux et les surfeurs sont sortis de l’eau après le sauvetage, par respect, mais aussi parce que tout le monde était secoué », confie Maassen.
Trois mois seulement après le grave accident de l’Irlandais Tom Lowe sur la même vague, cet épisode souligne à quel point la solidarité locale et les équipes de sécurité sont vitales. Sans elles, la journée aurait pu virer au drame irréversible.
On dit souvent que le surf est un sport de jeunes. Les images des réseaux sociaux regorgent de kids de 15 ans envoyant des airs insensés, de juniors qui enchaînent tubes et manœuvres comme s’ils étaient nés avec une planche sous les pieds. Mais il y a des exceptions. Des exceptions qui rappellent que l’océan n’a pas d’âge, que le courage ne se mesure pas aux bougies sur un gâteau. Et Mike Stewart, à 62 ans, vient une nouvelle fois de le prouver… à Teahupo’o, rien que ça.
Une légende vivante toujours en action
Mike Stewart, c’est une légende du bodyboard et du bodysurf. Neuf fois champion du monde, pionnier de spots mythiques, premier bodyboarder à dompter Jaws ou les outer reefs d’Hawaï… la liste est interminable. Pour beaucoup, il est l’équivalent d’un Kelly Slater version bodyboard : un waterman total, respecté par toutes les générations.
Mais voilà, là où d’autres choisissent une retraite paisible, Stewart continue de charger les vagues les plus radicales du globe. Son terrain de jeu favori ? Pipeline à Hawaii, mais cette fois, on le retrouve à Teahupo’o, Tahiti. Cette gauche monstrueuse, réputée pour son épaisseur plus que pour sa hauteur, a façonné la légende du surfeur hawaiien. Et il n’a visiblement aucune intention d’arrêter.
L’airdrop de tous les dangers
La scène est simple, mais hallucinante : Stewart se cale au pic, rame, se jette dans une bombe et… chute littéralement du ciel. Un airdrop vertical, comme seuls les plus téméraires (ou les plus fous ?) osent tenter à Teahupo’o. La suite ? Un wipeout monumental, une planche brisée, et probablement une côte fissurée.
Mais ce qui frappe, ce n’est pas la chute en elle-même. C’est l’engagement. À 62 ans, alors que la plupart de ses contemporains se contentent de sessions tranquilles à Waikiki, lui se lance dans une vague qui fait trembler les meilleurs pros du moment.
Le respect de toute une communauté
La vidéo, immortalisée par le photographe Tim McKenna, a rapidement fait le tour des réseaux. En légende, une phrase qui résume tout : « 62 ans et toujours à charger comme un grom. » Le terme “grom” désigne habituellement les gamins surfeurs. L’appliquer à Stewart à plus de soixante ans est aussi ironique que révélateur : cet homme a gardé l’énergie et la folie des débuts.
Dans les commentaires, la communauté du surf et du bodyboard a salué l’exploit. Michel Bourez a lâché un sobre mais puissant : « Once a legend, always a legend. » ou en version française « Une fois une légende, toujours une légende. » Kiron Jabour a opté pour un plus direct « Savage send ! » Quant à Tikanui Smith, figure tahitienne, il résume en deux mots : « That was crazy. »
Si Stewart continue d’impressionner aujourd’hui, ce n’est pas un hasard. Il fait partie de ceux qui ont écrit les premières pages de Teahupo’o. À la fin des années 80, il était déjà là, aux côtés de Ben Severson, pour explorer ce reef terrifiant alors inconnu du grand public. Dans les années 90, il fut aussi le premier bodyboarder à affronter des vagues de 20 pieds sur les outer reefs d’Oahu, et à rider Jaws en 1993.
Autrement dit : Mike Stewart n’a pas seulement participé à l’histoire, il l’a construite. Le voir encore charger à 62 ans, c’est un rappel saisissant de ce lien indestructible entre un homme et l’océan.
L’âge, juste un chiffre
Bien sûr, on pourrait sourire de la situation. Un sexagénaire qui charge à Teahupo’o, ça a quelque chose de surréaliste. Mais au fond, la vraie leçon est ailleurs : l’âge n’est qu’un chiffre. Ce qui compte, c’est la passion, le feu intérieur qui pousse à ramer encore une fois, à se jeter dans la gueule du monstre pour sentir cette seconde de grâce, même si elle finit en roulade sous des tonnes d’eau.
Mike Stewart nous rappelle que l’esprit du surf et du bodyboard, ce n’est pas seulement la performance ou les trophées. C’est avant tout une attitude : rester curieux, oser, et ne jamais perdre l’envie d’aller voir ce qu’il y a derrière la prochaine vague.
Et à 62 ans, franchement, qui peut en dire autant ?
Trois ans après sa disparition, l’ombre de Dick Brewer plane toujours sur le surf. Le documentaire The Shape of Things retrace l’héritage du shaper de Kauaï, dont les planches ont transformé la discipline à jamais.
Une légende au panthéon des shapers
Comment décrire Dick Brewer ? Génie excentrique pour certains, méthodique et visionnaire pour d’autres, le shaper hawaïen a bouleversé l’histoire du surf. Dans les années 60 et 70, pratiquement tous les grands noms ont surfé ses planches. Matt Warshaw, historien du surf, le résume bien : « Virtually every notable surfer of the 1960s and ’70s rode Brewer’s boards ». (En gros, tous les grands surfeurs des années 60 et 70 ont surfé des planches de surf Brewer)
Quand d’autres shapers distribuaient gratuitement leurs créations dans l’espoir de gagner en notoriété, Brewer, lui, faisait payer ses boards. Et les surfeurs acceptaient sans broncher, conscients que ses shapes offraient un avantage décisif. De Waimea à Sunset, ses guns sont devenus la référence absolue pour les vagues puissantes du North Shore.
Un film hommage : The Shape of Things
Après plusieurs projections en festival, The Shape of Things – The Dick Brewer Story circule enfin à l’international. Réalisé par Bob Campi, triple lauréat d’un Emmy Award, le documentaire rassemble des témoignages d’icônes : Gerry Lopez, Laird Hamilton, Mark Richards, Garrett McNamara, Kai Lenny, Al Merrick… Tous reconnaissent l’influence colossale de Brewer sur leur carrière et sur le surf en général.
Dans le teaser, une voix résume :
“He wasn’t just shaping boards. He was shaping the future.” (« Il ne façonnait pas seulement des planches. Il façonnait l’avenir. »)
Une autre séquence appuie encore plus fort l’émotion :
“Every curve, every line he touched… you could feel it on the wave.” (« Chaque courbe, chaque ligne qu’il traçait… tu pouvais la ressentir dans la vague. »)
Ces phrases suffisent à comprendre pourquoi le film est considéré comme un document historique pour la culture surf.
Des guns mythiques à l’avant-garde des shapes
L’histoire de Brewer, c’est aussi une chronologie vertigineuse. Dès 1962, il shape un gun pour Buzzy Trent à Waimea. Trente ans plus tard, il fabrique la planche de tow de Laird Hamilton pour Jaws. Une carrière qui traverse les époques sans jamais perdre en pertinence.
Brewer n’a cessé d’innover : réduction des longueurs, allègement des matériaux, lignes plus rapides, concaves marqués… Ses designs hydrodynamiques étaient si en avance que beaucoup servent encore de base aux shortboards actuels.
Al Merrick, fondateur de Channel Islands Surfboards, n’a jamais caché son admiration : « I just think he’s the best there ever was. », qu’on peut traduire par » Je pense simplement que c’est le meilleur de tous les temps. «
L’œil des shapers contemporains : Jon Pizel
Dans une récente interview sur « The Inertia », le shaper Jon Pizel a replacé Brewer dans la discussion sur « la meilleure planche jamais créée ». Pour lui, le thruster d’Al Merrick surfé par Tom Curren reste un modèle iconique. Mais il ajoute immédiatement :
« You have to tip your hat to Dick Brewer’s boards too. He was putting concaves in the bottom of boards while everyone else was still making rolled bottoms. Pretty much some version of that is what we use today. » ou en version française » Il faut aussi tirer son chapeau aux planches de Dick Brewer. Il mettait déjà des concaves dans le dessous des planches alors que tout le monde façonnait encore des carènes arrondies. Aujourd’hui, on utilise tous une version de ce principe. »
En clair, alors que ses contemporains modelaient encore des carènes arrondies, Brewer sculptait déjà des concaves complets. Une révolution dont chaque shortboard moderne est l’héritier.
Pizel souligne aussi la modernité des guns façonnés dans les années 70 : « Those boards were so advanced, design-wise. » « Ces planches étaient tellement en avance sur leur temps, d’un point de vue design. » Leur hydrodynamique reste un modèle étudié et appliqué cinquante ans plus tard.
Plus qu’un shaper, un visionnaire
Si l’on ne peut pas toujours isoler une « planche parfaite » signée Brewer, c’est parce que son génie n’était pas concentré sur un seul modèle, mais sur une philosophie globale. L’idée que chaque planche devait être un outil sur-mesure pour la vague et pour le surfeur.
Cette vision explique pourquoi il a influencé aussi bien les big wave riders de Waimea que les tow-in pioneers de Jaws, mais aussi les générations actuelles qui, sans parfois le savoir, surfent encore sur ses concepts hydrodynamiques.
L’empreinte éternelle de Dick Brewer
Aujourd’hui, alors que le documentaire The Shape of Things circule et que de jeunes shapers comme Jon Pizel rappellent l’importance de son héritage, une chose est claire : Dick Brewer n’était pas seulement un artisan. Il était l’architecte du surf moderne.
Ses boards ont permis aux surfeurs de repousser les limites. Ses innovations sont devenues des standards. Et son nom restera à jamais associé à l’idée même de performance et de vision dans le shaping.
Comme le dit le teaser, Brewer ne façonnait pas que des planches. Il façonnait le futur.
Le mois de septembre démarre enfin sur de meilleures bases à Hossegor. Après deux jours ventés, ce mercredi matin a offert une courte, mais intense session, entre locaux affûtés, surfeurs motivés… et un invité surprise : Issam Auptel.
Un mercredi matin attendu
Septembre, ce mois béni des surfeurs, commençait mal : vent fort, vagues hachées, rien de très inspirant. Mais ce matin, on savait que la fenêtre serait courte et bonne. Les prévisions annonçaient un créneau avant que le vent ne se lève. Alors qui était là ? Eh bien, tous. Ceux qui connaissent les prévisions par cœur, ceux qui ont un jet, les locaux, les surfeurs en quête de challenge… et nous.
Tester les bancs de sable avant la compétition
Notre mission du jour : observer les bancs de sable, à deux semaines du Quiksilver Festival Hossegor. Et franchement, bonne nouvelle : ils semblent bien en place. Si les prochains jours se calment comme prévu, on peut espérer des conditions idéales pour accueillir la compétition. Les bancs sont là, les surfeurs arrivent, il ne manque plus que la bénédiction de Neptune pour avoir un show digne du nom.
Les rameurs en rois de la matinée
La session a été courte, filmée jusqu’à 10h30, mais elle a livré un verdict clair : les rameurs ont gagné. Pas besoin de jet ce matin, les locaux à la rame ont assuré le spectacle. Et parmi eux, une révélation pour nous : Issam Auptel.
Zoom sur Issam Auptel
On connaissait son nom, on avait déjà vu des vidéos avec la bande de Biarritz, mais jamais encore en live sous notre caméra. Ce matin, il a pris « la bombe » de la session et l’a surfée à la perfection. Un style fluide, un engagement total… de quoi nous faire dire tout haut : « une wildcard pour Issam ! »
Une wildcard rêvée
On ne pèse pas lourd chez Icônes Surf — on renaît à peine de nos cendres, et il est probable que Quiksilver ignore jusqu’à notre existence. Mais si c’était nous qui décidions, on offrirait cette wildcard à Issam Auptel sans hésiter. Promis, on leur enverra un mail : qui sait, peut-être qu’un jour, on aura notre mot à dire.
En attendant, place à la vidéo
On vous laisse avec notre vidéo de la session. Comme de bons youtubeurs, on vous invite à nous suivre un peu partout. Le Quiksilver Festival arrive à grands pas, et si les bancs de sable tiennent leurs promesses, ça risque d’être mémorable.
Né loin de l’océan, mais aujourd’hui au sommet du surf mondial, Yago Dora incarne à lui seul la nouvelle vague brésilienne. De Curitiba à Cloudbreak, son parcours raconte une histoire de passion, de persévérance et d’explosivité sur les vagues.
Les débuts d’un surfeur atypique
Yago Dora voit le jour le 18 mai 1996 à Curitiba, dans l’État du Paraná, au Brésil. Un détail surprenant pour un futur surfeur : sa ville natale est située à plusieurs centaines de kilomètres de l’océan. Pas de beach breaks à portée de vélo, pas de sessions au lever du soleil avant l’école.
C’est seulement à l’âge de 11 ans, lors d’un déménagement familial à Florianópolis (Santa Catarina), que Yago monte pour la première fois sur une planche. Plus tard que la plupart des surfeurs professionnels – ses futurs rivaux étaient déjà des prodiges avant même l’adolescence –, mais son ascension sera fulgurante.
Son père, Leandro “Grilo” Dora, ancien pro devenu coach renommé (il a travaillé avec Adriano de Souza, Jack Robinson ou encore Lucas Silveira), joue un rôle essentiel. Caméras à la main, il filme les sessions de son fils, décortique chaque manœuvre, et partage sa science du surf de haut niveau.
Le surnom « Skinny Goat »
Fin et élancé (1,79 m pour environ 70 kg), Yago se distingue rapidement par son style aérien et son explosivité. Ses amis le surnomment le “Skinny Goat”, la « chèvre maigre », en référence à sa silhouette et à ses qualités sur les vagues, capable de décoller toujours plus haut au-dessus de la lèvre.
Des débuts hésitants en compétition
Si son talent crève les yeux, Yago Dora ne se tourne pas immédiatement vers la compétition. À l’adolescence, il préfère le free surf, multipliant les vidéos qui circulent sur internet et dévoilent son style aérien unique. Sa notoriété grandit ainsi en dehors du circuit classique.
Mais en 2015, il décide de prendre le chemin des compétitions. Dès 2016, il se classe 43ᵉ sur le Qualifying Series. L’année suivante, il explose aux yeux du monde entier :
Victoire à Newcastle (Australie)
Victoire aux Açores (Portugal)
Qualification directe pour le Championship Tour 2018
Cerise sur le gâteau, il marque les esprits en tant que wildcard au Oi Rio Pro 2017. Devant le public brésilien, il élimine coup sur coup John John Florence, Gabriel Medina et Mick Fanning, pour finalement décrocher une incroyable 3ᵉ place. Le monde découvre alors son surf aérien et imprévisible.
L’ascension sur le Championship Tour
En 2018, Yago Dora intègre officiellement l’élite mondiale. Comme tout rookie, il doit apprendre à gérer la pression, voyager sans relâche, et affronter les meilleurs sur toutes les vagues de la planète. Mais son surf polyvalent – aérien en beach break, engagé sur reef, puissant dans les vagues tubulaires – lui permet de se maintenir au plus haut niveau.
En 2021, il signe une saison solide et termine à la 9ᵉ place mondiale, confirmant qu’il fait partie des hommes forts du circuit. Son style spectaculaire lui vaut l’admiration des fans, qui voient en lui un digne représentant de la Brazilian Storm, cette génération dorée menée par Medina, Toledo et Italo Ferreira.
L’année 2024 : frustration et désillusions
Pourtant, tout n’a pas été simple. L’année 2024 est un crève-cœur. Malgré de bons résultats à El Salvador et au Brésil, il échoue à la 6ᵉ place mondiale, juste derrière la ligne des qualifiés pour les WSL Finals. Pire encore : il rate de peu la qualification olympique pour les Jeux de Paris 2024, devancé par Gabriel Medina lors des ISA Games.
Une saison qui laisse des traces, mais qui servira surtout de carburant pour écrire la suite.
2025 : la consécration mondiale
Tout change en 2025. Porté par une nouvelle énergie, Yago Dora réalise une saison parfaite :
Victoire à Peniche (Portugal)
Victoire en Californie
Et surtout, sacré champion du monde en septembre lors des WSL Finals à Cloudbreak (Fidji)
En finale, il domine l’Américain Griffin Colapinto, confirmant son statut de n°1 de la saison et devenant le troisième Brésilien champion du monde dans l’ère des WSL Finals, après Medina et Toledo.
Ce titre consacre son surf complet et son mental retrouvé, transformant l’outsider aérien en champion global.
Un surfeur guidé par le plaisir
Au-delà des trophées, Yago Dora garde une philosophie simple. Interrogé par Revista Trip, il confiait récemment :
« J’ai commencé le surf pour le plaisir, et j’essaie de m’en souvenir chaque jour. Je surfe parce que j’aime ça. »
Cette approche détendue et passionnée se ressent dans son style : créatif, libre, toujours à la recherche de nouvelles lignes.
Yago Dora aujourd’hui
Nom complet : Yago Dora
Date de naissance : 18 mai 1996 (29 ans)
Lieu de naissance : Curitiba, Paraná, Brésil
Taille : 1,79 m
Poids : 70 kg
Surnom : Skinny Goat
Style : Goofy
Début WQS : 2013
Début CT : 2018
Palmarès majeur : Champion du monde WSL 2025
Aujourd’hui, Yago Dora est non seulement un champion du monde, mais aussi une source d’inspiration pour les jeunes surfeurs qui, comme lui, n’ont pas grandi face à l’océan.
Un avenir encore plus grand ?
À seulement 29 ans, Yago Dora a déjà écrit une page de l’histoire du surf. Mais le livre est loin d’être terminé. Sa polyvalence, sa créativité et son mental font de lui un candidat sérieux à de nouveaux titres mondiaux.
Dans un circuit où la concurrence est plus rude que jamais, il pourrait bien devenir la prochaine grande icône brésilienne, capable de succéder à Medina et Toledo tout en imposant sa propre signature : celle d’un surfeur né loin de la mer, mais destiné à dominer les vagues du monde entier.
Encore inconnue du grand public français il y a peu, Molly Picklum s’impose aujourd’hui comme la nouvelle icône du surf mondial. À seulement 22 ans, l’Australienne a déjà écrit l’histoire à Pipeline, Sunset Beach et Teahupo’o, avant de devenir championne du monde WSL 2025. Une trajectoire fulgurante, symbole de cette nouvelle génération de surfeuses prêtes à repousser toutes les limites.
Enfance et débuts à Gosford
Molly Picklum est née le 26 novembre 2002 à Gosford, en Nouvelle-Galles du Sud (Australie). Très tôt, elle découvre l’océan : à seulement trois ans, elle se tient déjà debout sur une planche. Elle grandit sur la Central Coast, une région de beachbreaks puissants qui forment les surfeurs à l’engagement et à la polyvalence.
Au sein du North Shelly Boardriders Club, Molly progresse vite. Avec ses amis, elle alterne entre les sessions matinales avant l’école et les sprints en vélo pour arriver à l’heure après avoir “gratté” une dernière vague. Une enfance typique de surfeuse australienne… sauf que Molly a déjà ce petit quelque chose de plus : une détermination inébranlable.
Les premiers titres nationaux
Dès l’adolescence, Molly accumule les résultats. En 2018 et 2019, elle remporte le titre de championne d’Australie junior. En 2019, elle décroche aussi l’Australian Pro Junior. Rapidement, la fédération la reconnaît comme un diamant brut : elle est élue Rising Star aux Australian Surfing Awards 2020.
En parallèle, la presse spécialisée la place en tête de sa génération. Le magazine Surfing Life la nomme “n°1 junior féminine” la même année.
Qualification et coup dur en 2022
En 2022, Molly Picklum intègre enfin le Championship Tour (CT) de la World Surf League. Son année démarre fort avec deux résultats dans le top 5. Mais la WSL instaure le mid-season cut, et Molly est éliminée sans ménagement. Une désillusion qui aurait pu briser sa carrière.
Au lieu de ça, elle se sert de ce revers comme tremplin. Elle retourne sur le Qualifying Series, enchaîne les résultats et revient plus forte. Dès 2023, le surf mondial découvre une Picklum plus affûtée, plus mature, et surtout plus dangereuse dans toutes les conditions.
Les exploits à Hawaii : Sunset et Pipeline
L’année 2023 marque son véritable envol. À Sunset Beach (Hawaï), elle signe sa première victoire sur le CT. Quelques semaines plus tôt, elle avait déjà fait sensation en remportant le Vans Pipe Masters.
Mais c’est en janvier 2024 qu’elle entre définitivement dans l’histoire : lors du Lexus Pipe Pro, elle devient la première femme à obtenir un 10 parfait à Pipeline, grâce à un backside tube monumental. Une performance qui résonne comme un jalon dans l’histoire du surf féminin.
Et deux semaines plus tard, elle défend avec brio son titre à Sunset Beach, réalisant un enchaînement de manœuvres spectaculaires, dont un turn aérien décrit comme “le move de la décennie” par Surfer Magazine.
La route vers Paris 2024 et Tahiti
Ses performances la qualifient pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, disputés à Teahupo’o, en Polynésie française. L’épreuve olympique restera contrastée pour elle : malgré un engagement total, Molly s’incline face à Johanne Defay en éliminatoires.
Mais ce passage aux JO, loin d’être un échec, consolide son statut d’athlète de haut niveau : représenter l’Australie à seulement 21 ans sur l’une des vagues les plus redoutées du monde n’est pas donné à tout le monde.
2025 : l’année du sacre mondial
En 2025, Molly Picklum aborde la saison comme l’une des grandes favorites. Après une finale à Abu Dhabi, elle enchaîne deux victoires majeures :
VIVO Rio Pro (Brésil) : où elle domine les locales avec les meilleurs scores du contest.
Lexus Tahiti Pro (Teahupo’o) : où elle terrasse la championne en titre Caitlin Simmers dans un duel historique.
Ces succès lui permettent d’arriver tête de série n°1 aux WSL Finals à Cloudbreak (Fidji). Et là, la jeune Australienne réalise son rêve : en battant Caroline Marks, elle devient championne du monde WSL 2025.
Son surf : engagement et polyvalence
Ce qui frappe chez Molly Picklum, c’est sa polyvalence. Capable de briller dans le gros de Teahupo’o comme dans les beachbreaks rapides de Rio, elle combine :
Un tube ride technique, surtout en backside, qui rappelle les plus grands.
Un surf aérien et radical, avec un timing parfait.
Un engagement sans concession, qui la pousse à tenter des manœuvres rarement vues chez les surfeuses de sa génération.
Elle incarne cette nouvelle vague du surf féminin, où la recherche de performance et le style explosif se marient à un mental de championne.
Une personnalité solaire
Hors de l’eau, Molly est tout aussi attachante. Toujours souriante, blagueuse avec ses amis, elle n’en reste pas moins une bosseuse acharnée. Ses proches témoignent de sa capacité à rester humble malgré une carrière qui décolle à une vitesse folle.
On la retrouve régulièrement sur ses spots locaux de la Central Coast, où elle continue de s’entraîner dans des vagues puissantes qui rappellent Hawaii.
Palmarès résumé
2 titres de championne d’Australie junior (2018, 2019)
Rising Star des Australian Surfing Awards (2020)
Vans Pipe Masters (2022)
Hurley Pro Sunset Beach (2023, 2024)
Lexus Pipe Pro : premier 10 parfait féminin à Pipeline (2024)
VIVO Rio Pro (2025)
Lexus Tahiti Pro (2025)
Championne du monde WSL (2025)
En quelques années, Molly Picklum est passée du statut de rookie prometteuse à celui de championne du monde respectée. Son parcours est celui d’une surfeuse qui apprend vite, rebondit après les échecs et ne recule jamais devant l’engagement.
À seulement 22 ans, elle symbolise une nouvelle ère pour le surf féminin : audacieuse, explosive, sans limites. Une surfeuse qui écrit l’histoire… et qui n’a clairement pas fini de la réinventer.
Fidji, 1er septembre 2025. Les vagues de Cloudbreak n’étaient peut-être pas le “monster swell” promis, mais l’histoire s’est bel et bien écrite : le Brésilien Yago Dora et l’Australienne Molly Picklum deviennent pour la première fois champions du monde. Une journée contrastée entre climax sportif, petites vagues et fin d’une ère pour le format controversé des Final 5.
Un sacre pour Yago, la confirmation d’une décennie brésilienne
Le scénario ressemblait à une redite : comme Medina en 2021, Toledo (x2) et Florence en 2024, c’est encore le n°1 mondial qui s’impose. Yago Dora, 29 ans, n’a pas tremblé face à Griffin Colapinto, pourtant en feu après avoir écarté Italo Ferreira et Jordy Smith.
Avec un surf précis et relâché, Dora a frappé dès l’entame avec une combinaison de manœuvres notée 8,33, la meilleure vague de la finale. Colapinto a tenté un baroud d’honneur à quelques secondes du buzzer, en rentrant dans le tube le plus long de la journée. Mais la sortie s’est refermée, comme un symbole : impossible d’arrêter la marche du Brésilien. Score final : 15,66 à 12,33.
Ce titre prolonge la domination brésilienne : 8 couronnes sur les 10 dernières années pour le Brésil. La “Brazilian Storm” souffle encore.
Chez les femmes, l’histoire est encore plus forte. Molly Picklum (22 ans) devient la première Australienne championne du monde depuis Stephanie Gilmore en 2022. Et surtout, elle l’emporte à Cloudbreak, dans des vagues lourdes et techniques rarement proposées aux finales féminines.
Son parcours ? Un faux départ dans la première manche, dominée par Caroline Marks. Mais Picklum a ensuite enclenché le turbo : deux heats gagnés avec autorité, deux barrels backside notés 8,83, et le meilleur total de la journée (16,93).
Avec ce titre, elle confirme la tendance d’une jeunesse conquérante : Marks (2023), Simmers (2024), Picklum (2025). Trois championnes en trois ans, toutes de moins de 23 ans. Le surf féminin a changé de génération.
Le choix de Cloudbreak au lieu de Restaurants promettait des tubes massifs. La réalité fut plus contrastée : peu de barrels, beaucoup de vagues molles ou fermantes. De quoi frustrer certains spectateurs qui attendaient un show tubuesque annoncé.
Les surfeurs ont dû s’adapter à des vagues plus “performance” que “tube”. Italo Ferreira, fidèle à son style aérien, a régalé par moments, mais n’a pas trouvé de constance. Jack Robinson et Caity Simmers, pourtant favoris si ça avait grossi, sont sortis très tôt.
La finale a donc ressemblé à une bataille d’endurance et de choix stratégiques plus qu’à une orgie de barrels. Une fin de saison un peu à contre-courant, mais qui n’enlève rien à la valeur des titres.
Le format Final 5, clap de fin
Ces finales 2025 étaient aussi la dernière édition du format “sudden death” instauré en 2021. Dès 2026, retour au classement cumulé sur l’ensemble de la saison, avec Pipeline comme bouquet final et un coefficient 1,5.
Le bilan du Final 5 ?
Chez les hommes, le suspense n’a jamais vraiment existé : toujours le n°1 mondial sacré.
Chez les femmes, au contraire, le format a ouvert des brèches : Carissa Moore (2021) titrée, puis battue en 2022 et 2023 alors qu’elle partait favorite.
Les fans resteront partagés. Certains regrettaient la “lotterie” d’un seul jour décisif. D’autres y voyaient un show télé parfait, façon Super Bowl.
Une journée historique malgré tout
Entre critiques et célébrations, une chose est sûre : le surf mondial a deux nouveaux visages. Dora, le Brésilien discret mais explosif. Picklum, l’Australienne intrépide qui aime les conditions solides.
Tous deux entreront dans l’histoire non seulement pour leur premier sacre, mais aussi comme les derniers champions du monde de l’ère Final 5. Et ça, même si le swell n’était pas aussi puissant qu’espéré, c’est une page qui se tourne.
Difficile de ne pas tomber sous le charme de Mateus Herdy. Son style aérien, ses manœuvres explosives et son allure de golden boy en font l’un des surfeurs les plus spectaculaires de sa génération. Mais derrière l’image d’enfant prodige du surf brésilien se cache une histoire plus complexe : celle d’un talent immense, fragilisé par l’instabilité de l’industrie surf et par des obstacles personnels, mais qui continue de briller grâce à sa persévérance et à une passion indéfectible pour les vagues. Aujourd’hui, à 24 ans, Herdy semble plus que jamais prêt à franchir le cap et à rejoindre définitivement l’élite mondiale.
Un « crack » annoncé dès ses débuts
Né à Florianópolis, au Brésil, en 1998, Mateus Herdy a très vite été propulsé dans la lumière. Avec son style fluide, ses airs insensés et son charisme naturel, il a rapidement été perçu comme le digne héritier de la “Brazilian Storm”, cette génération dorée incarnée par Gabriel Medina, Filipe Toledo et Italo Ferreira. Son image de surfeur jeune, beau et talentueux lui a ouvert les portes des plus grandes marques : Quiksilver et Red Bull ont cru en lui, et son nom a circulé comme celui d’un futur membre incontournable du Championship Tour (CT).
Les comparaisons avec Julian Wilson, autre crack du surf aérien, n’ont pas tardé. Tous deux partageaient la même élégance dans les airs, une esthétique de surf moderne, et même une ressemblance physique frappante. Mateus grandissait avec l’image de Julian comme modèle, jusqu’à ce que leurs destins finissent par se croiser d’une manière inattendue des années plus tard.
Les premiers éclats et la frustration des presque-qualifications
Très tôt, Herdy a montré qu’il n’était pas seulement un free surfeur spectaculaire, mais aussi un compétiteur redoutable. En 2018, il s’invite dans les conversations en frôlant déjà la qualification sur le CT. En 2021, il marque les esprits en décrochant une 3ᵉ place à Mexico en tant que wildcard, prouvant qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs. L’année suivante, il récidive avec une 5ᵉ place à Rio, encore une fois en wildcard.
Mais à chaque fois, il échoue à une poignée de heats de la qualification officielle. Cette répétition de “presque” a forgé sa réputation de talent incontournable, mais encore inabouti, coincé dans les limbes entre les Challenger Series et le CT.
Pourtant, dans l’eau, peu doutaient de son potentiel. Ses airs multiples et variés, son surf engagé et son style unique le plaçaient déjà dans la catégorie des surfeurs capables de marquer l’histoire.
Le revers brutal : sponsors perdus et haine reçue
À l’aube de 2024, la nouvelle tombe comme un couperet : Quiksilver et Red Bull se retirent. Mateus Herdy, malgré ses résultats, se retrouve sans sponsors majeurs. Une situation incompréhensible pour beaucoup, tant son profil semblait parfait pour incarner une marque de surf moderne.
Cette perte ne fut pas seulement financière, mais symbolique. Pour un surfeur qui avait grandi en rêvant de mettre un sticker Quiksilver sur sa planche comme ses idoles, c’était comme voir son rêve d’enfant s’effondrer.
Pire encore, il doit encaisser une vague de haine inattendue. Au Brésil, une interview mal comprise par les médias lui attire des critiques violentes, jusqu’à des attaques personnelles : sa voiture est vandalisée, des insultes homophobes sont gravées dessus. Un épisode sombre qui l’a profondément marqué. “J’étais au plus bas. Je pensais même à arrêter la compétition”, a-t-il confié.
Le soutien providentiel de Logan Dulien et l’aventure Snapt 5
Alors que tout semblait s’effondrer, un allié inattendu lui tend la main : Logan “Chucky” Dulien, créateur des films Snapt. Producteur engagé, Logan décide de financer la campagne de Mateus sur les Challenger Series, convaincu que son surf mérite d’être vu et reconnu.
Cette confiance redonne espoir à Mateus Herdy. Il participe ainsi au très attendu Snapt 5, aux côtés des meilleurs free surfeurs de la planète. Faute de budget pour voyager, il filme une grande partie de sa part chez lui, au Brésil, et sur quelques contests. Le résultat ? Un segment explosif, salué pour sa créativité et ses airs insensés, qui confirme une fois de plus son statut de surfeur incontournable.
Au-delà du film, ce soutien lui permet de continuer à rêver au CT, tout en prouvant qu’il appartient à l’élite mondiale, qu’importe les stickers présents – ou absents – sur sa planche.
La renaissance avec Rivvia Projects et Julian Wilson
En 2025, un nouveau chapitre s’ouvre. Julian Wilson, l’un de ses modèles de jeunesse, décide de lui tendre la main en l’intégrant à sa marque Rivvia Projects. L’histoire est belle : l’ancien génie australien signe le génie brésilien en quête de renouveau. L’accord est scellé de manière presque anecdotique… autour d’un burger chez In-N-Out, pendant l’US Open.
“Je suis tellement heureux de rejoindre Rivvia. J’ai toujours admiré Julian et je crois vraiment en ce que représente sa marque. Je veux l’aider à grandir au Brésil et en faire quelque chose de durable”, confie Mateus.
Ce partenariat n’est pas qu’un simple contrat : il symbolise une seconde chance, une reconnaissance méritée et une vraie connexion humaine. Avec Wilson et Ryan Callinan comme alliés, Herdy retrouve un cadre, une famille de surf qui croit en lui.
Les résultats récents : une finale à l’US Open et un nouveau souffle
La confiance retrouvée se traduit rapidement en résultats. À l’été 2025, Mateus Herdy atteint la finale de l’US Open, l’un des plus gros événements des Challenger Series. Battu de peu, il sort grandi de cette performance et prouve qu’il est toujours dans la course à la qualification.
Dans l’eau, son surf reste flamboyant. Ses airs multiples, sa capacité à combiner puissance et créativité, et son style élégant en font l’un des surfeurs les plus excitants à regarder. Nombreux sont ceux qui voient en lui l’un des futurs piliers du CT, à l’instar de Medina ou Italo.
Avec une nouvelle énergie et le soutien de Rivvia, Herdy aborde la suite de la saison avec détermination : “Je suis en bonne position, mais rien n’est garanti. Je vais continuer à me battre pour décrocher ma place sur le Tour.”
Pourquoi croire en Mateus Herdy ?
Mateus Herdy incarne l’essence même du surf moderne : une technique irréprochable, un style aérien qui repousse les limites, et une authenticité rare. Contrairement à certains surfeurs happés par le marketing TikTok ou les contenus artificiels, lui mise sur le surf pur, sur les films, les voyages et la connexion avec l’océan.
Son parcours, fait de hauts flamboyants et de bas douloureux, prouve sa résilience. Malgré les coups durs, il n’a jamais cessé de se battre, de s’entraîner et de rêver au CT. Aujourd’hui, avec une équipe solide autour de lui, une nouvelle marque qui croit en lui et des résultats qui parlent d’eux-mêmes, tout laisse penser que son heure est proche.
Et au fond, ce qui fait la différence avec Mateus Herdy, c’est l’émotion qu’il dégage. En le regardant surfer, on ressent quelque chose : une joie, une liberté, une esthétique rare. Comme si, au-delà des classements et des sponsors, il rappelait ce qu’est le surf dans sa plus belle expression.
Un futur champion en devenir
À seulement 24 ans, Mateus Herdy a déjà vécu plusieurs vies : celle du prodige sponsorisé, celle du surfeur lâché par l’industrie, celle du combattant qui s’accroche. Aujourd’hui, il entre dans une nouvelle ère, plus mûr, plus fort et toujours aussi spectaculaire.
S’il n’est pas encore sur le Championship Tour, il n’a jamais été aussi proche d’y entrer. Et quand ce jour viendra, nul doute que le monde entier parlera de son surf, de ses airs insensés et de ce style unique qui fait de lui un surfeur à part.
Mateus Herdy, c’est l’histoire d’un rêve qui refuse de s’éteindre. Et à le voir aujourd’hui, tout indique qu’il brillera encore plus fort dans les années à venir.
Qui aurait parié là-dessus ? Après avoir quitté Buckingham pour la Californie, le Prince Harry vient d’ajouter une nouvelle corde à son arc : surfeur. Et pas sur n’importe quel spot, attention, mais au Surf Ranch de Kelly Slater, le parc à vagues le plus select (et le plus chloré) du monde. Oubliez les beach breaks de Cornouailles, la royauté britannique s’offre désormais des sessions privées dans une piscine géante au milieu de nulle part.
C’est Meghan Markle qui a vendu la mèche, en postant sur Instagram une vidéo de son cher et tendre, take-off hésitant mais sourire au lèvres. Le tout accompagné du tube “Whatta Man” de Salt-N-Pepa et d’un petit emoji renard – apparemment le surnom intime du duc. On est loin des communiqués officiels du palais de Buckingham, mais niveau mise en scène, Hollywood n’aurait pas fait mieux.
Take-off assisté et quasi tube royal
La scène est digne d’une téléréalité : Harry, encouragé par Raimana Van Bastolaer, coach star du Surf Ranch, s’élance avec une petite poussée amicale. Quelques mètres plus loin, il parvient à se caler sur la ligne, avec un style… disons princier, mais pas encore olympique. Et là, moment historique : l’ombre d’un tube. Certes, on est plus proche du ride en douce dans une vague artificielle que du Teahupo’o engagé, mais pour un prince, ça mérite au moins une médaille en chocolat.
Les haters s’en mêlent
Bien sûr, Internet n’a pas tardé à dégainer. “Éco-warrior Harry, qui vit au bord de l’océan, roule des heures pour aller surfer une piscine énergivore”, “Ce n’est pas du surf, c’est une croisière chlorée” ou encore “Il est à des kilomètres de la mer !” : les commentaires ont fusé plus vite qu’une série de vagues à Hossegor. Harry a beau se revendiquer défenseur de l’environnement, le paradoxe n’a échappé à personne.
Une vague de stars avant lui
Harry n’est pas le premier people à tenter sa chance au Surf Ranch. Avant lui, on a vu défiler Matthew McConaughey, Lewis Hamilton, Chris Hemsworth, Tony Hawk ou encore Eddie Vedder. Bref, une drôle de cour des miracles aquatique, où se croisent acteurs, rockeurs, champions olympiques et désormais… royauté britannique. Si le Surf Ranch était un palace, on pourrait presque parler d’un bal mondain.
Kelly Slater, le vrai roi
Reste que dans ce royaume artificiel, un seul monarque règne vraiment : Kelly Slater. L’inventeur du Ranch, onze fois champion du monde, continue d’accueillir les stars comme un hôte bienveillant. Mais attention, si le “King Kelly” est le GOAT, Harry pourrait bien devenir le DUK – Duke of the UK Surf. Ça sonne presque comme un titre officiel, non ?
Surfer un trône de mousse
Alors, faut-il s’extasier ou sourire devant cette conversion tardive ? Après tout, si Harry veut troquer la couronne contre une wax, on ne peut que l’encourager. Mais avouons-le : voir un prince en combinaison intégrale, aidé pour se lever sur une vague chlorée au milieu de la Californie, c’est probablement la chose la plus britannique qui puisse arriver au surf. Une tasse de thé à la main, et la boucle aurait été bouclée.
Quand on pense au surf de grosses vagues, le Brésil n’est pas forcément le premier pays qui vient en tête. Nazaré au Portugal, Jaws à Hawaï, Mavericks en Californie… Ces noms résonnent immédiatement dans l’imaginaire collectif. Pourtant, c’est bien au sud du Brésil, à Laje da Jaguaruna, dans l’État de Santa Catarina, que Lucas “Chumbo” Chianca vient de marquer l’histoire avec une vague mesurée à 14,82 mètres (48 pieds), la plus grosse jamais surfée dans le pays.
Ce record, Chumbo ne l’a pas arraché par hasard. Comme souvent dans le surf de grosses vagues, tout s’est joué dans une course contre la montre. Alors qu’il se trouvait à Barra Grande, dans l’État de Bahia, à plus de 1 300 kilomètres de Rio, Lucas reçoit l’alerte : une houle historique se prépare au sud du pays. Sans hésiter, il saute dans un véhicule, traverse une bonne partie du Brésil, prend un vol depuis Rio et file vers Santa Catarina.
En l’espace de 24 heures, il se retrouve sur le spot mythique de Jaguaruna, déjà surnommé par certains le “Nazaré brésilien”. Et cette fois, toutes les conditions étaient réunies.
Laje da Jaguaruna, un monstre brésilien
Ce spot méconnu du grand public est pourtant l’un des rares du pays capables de produire de telles montagnes liquides. Situé au large, il aligne des murs d’eau d’une puissance impressionnante, mais les bonnes conditions sont rares. Ce 20 août 2025, elles étaient parfaites : une houle longue, propre, avec une énergie hors du commun.
Lucas Chianca raconte :
“J’ai eu l’honneur de surfer la plus grosse vague jamais enregistrée au Brésil, 14,82 mètres à Laje da Jaguaruna. C’était une mission incroyable, avec une équipe au top et une énergie vraiment unique. Une journée que je n’oublierai jamais.”
Un exploit qui change la donne
Pour Chumbo, habitué aux XXL de Nazaré ou de Jaws, cette vague n’est peut-être pas la plus haute de sa carrière. Mais symboliquement, elle est énorme. Car le Brésil n’a jamais été considéré comme une destination majeure de big wave surfing. Avec ce record, le pays entre désormais dans la carte mondiale du surf extrême.
Il faut rappeler que le Brésil a déjà produit une génération de surfeurs de grosses vagues : Maya Gabeira, détentrice du record féminin mondial, Rodrigo Koxa, qui a surfé la plus grosse vague jamais mesurée (24,38 mètres à Nazaré), ou encore Pedro Scooby. Mais la plupart de leurs exploits se sont réalisés à l’étranger. Cette fois, c’est sur les terres brésiliennes qu’un chapitre s’écrit.
Le symbole d’une “Brazilian Storm XXL”
Depuis une quinzaine d’années, la “Brazilian Storm” a révolutionné le surf mondial en compétition, avec des champions comme Gabriel Medina, Italo Ferreira, Filipe Toledo ou Tatiana Weston-Webb. Lucas Chianca incarne la même énergie, mais dans l’univers des grosses vagues. Et ce ride record à Jaguaruna montre que la tempête brésilienne souffle aussi sur les big waves.
Au-delà de la performance, Chumbo a mis en lumière tout un collectif de surfeurs et de sauveteurs qui œuvrent pour développer la pratique dans le pays. Son équipe de jet-skis, les locaux de “Jagua”, et toute l’organisation en sécurité étaient essentiels pour rendre possible une telle session.
Une fierté nationale
Dans un Brésil passionné de surf, ce record va résonner comme une fierté. Voir l’un des leurs dompter une vague de près de 15 mètres à domicile, dans une atmosphère quasi mystique, donne de nouvelles perspectives à la scène locale. Jaguaruna pourrait bien attirer de plus en plus l’attention internationale dans les années à venir.
Pour Lucas “Chumbo” Chianca, c’est une nouvelle ligne dans un palmarès déjà impressionnant, mais surtout un moment d’émotion pure :
“Immense gratitude envers mon équipe et tous ceux qui ont rendu cette journée possible. Le Brésil a des vagues incroyables, et aujourd’hui on l’a prouvé au monde entier.”
Chaque été, la Chambre d’Amour à Anglet s’illumine d’une aura unique : celle du Caraïbos Surf de Nuit présenté par Rip Curl. Ce vendredi 22 août (ou samedi en cas de météo capricieuse), le spot des Sables d’Or se transformera en véritable arène de surf, avec planches, musique et projecteurs lumineux. Un rendez-vous que le public comme les surfeurs attendent avec impatience.
Résultats de la compétition en 2025
C’est finalement l’équipe verte qui s’impose lors de cette édition 2025 du Surf de Nuit d’Anglet, dans des conditions agréables avec un mètre de houle. Le duo Juliette Lacome et Sam Piter a brillé, porté par un Sam Piter en grande forme qui a décroché la meilleure note de la soirée avec un solide 8,10. Leur total de 11,10 points leur offre une victoire méritée après un duel intense face à l’équipe blanche, représentée par Clémence Schorsch et Tiago Carrique. Ce dernier s’est illustré par des envolées spectaculaires, mais leur score de 10,77 les place finalement en deuxième position. Sur la troisième marche du podium, on retrouve Tya Zebrowski et Justin Becret, auteurs d’un total de 9,86.
Comme le veut la tradition, l’intégralité des gains a été reversée aux associations défendues par chaque équipe, rappelant que le Surf de Nuit est autant une fête populaire qu’un événement solidaire. Quelques images exclusives du surf de nuit 2025.
Un événement historique à Anglet
Créé en 1994, le Surf de Nuit fait partie des rendez-vous cultes de la côte basque en été. Le concept est simple, mais spectaculaire : des sessions de surf disputées après la tombée du jour, éclairées par d’immenses ballons lumineux. Résultat : un contraste saisissant entre l’écume des vagues, la nuit noire et les manœuvres des surfeurs.
Au fil des années, l’événement a connu des fortunes diverses, souvent malmené par la météo estivale parfois capricieuse ou par le manque de houle. Mais malgré ces aléas, le Surf de Nuit a su s’imposer comme un moment unique, autant apprécié par le grand public que par les athlètes.
Une édition 2025 particulière
Depuis quelques années, le Surf de Nuit se tenait dans le cadre de la compétition WSL d’Anglet. Cette année, pas de contest international… mais l’événement est conservé, pour le plus grand bonheur des spectateurs.
Le format de compétition reste inchangé :
6 équipes mixtes (un homme et une femme),
deux manches qualificatives,
une finale en heat mixte.
Chaque équipe défend les couleurs d’un partenaire, avec un prize money reversé à une association ou une organisation choisie.
Les équipes en lice
Le plateau 2025 affiche une belle diversité de talents, entre jeunesse montante et valeurs sûres :
Rip Curl : Tya Zebrowski & Justin Becret
Caraïbos : Hina Conradi & Jorgann Couzinet
Ville d’Anglet : Pauline Ado & Romain Lauhle
Carlbreak : Juliette Lacome & Sam Piter
MC Box Events : Tessa Thyssen & Clément Roseyro
Surfing France : Clémence Schorsch & Tiago Carrique
Autant dire que le spectacle sera au rendez-vous, chaque équipe ayant à cœur de briller devant les milliers de spectateurs massés sur la plage et la digue.
Plus qu’un contest, une fête
Le Surf de Nuit n’est pas qu’une compétition. L’événement se vit dès l’après-midi, avec un programme pensé pour mêler sport, culture et ambiance estivale : projection de films de surf, ateliers créatifs autour de l’océan avec Save la Mermaid, sets DJ au coucher du soleil, séances de dédicaces et concerts live.
L’apothéose aura lieu à 22h, quand les surfeurs entreront à l’eau sous les projecteurs. La remise des prix est prévue vers 23h45, mais la soirée, elle, restera longtemps dans les mémoires.
Un rendez-vous à ne pas manquer
Entre spectacle sportif, fête populaire et ambiance unique, le Surf de Nuit 2025 confirme sa place à part dans le calendrier des événements basques. Une occasion idéale de (re)découvrir Anglet autrement, sous la lumière des vagues et des projecteurs.