Il existe des vidéos de surf qui montrent des vagues. Et puis il y a celles qui racontent une atmosphère, un moment, une émotion.
Avec Tangolunda, tournée à Barra de la Cruz, sur la côte Pacifique du Mexique, Juliette Lacome signe un film à part. Un projet où le surf donne envie de se jeter à l’eau en boardshort, tout l’inverse des conditions actuelles.
Barra de la Cruz, un décor qui parle de lui-même
Spot mythique pour ses longues droites régulières, Barra de la Cruz offre un terrain idéal pour un surf fluide et posé. Les images sont pleines de couleurs, des textures naturelles et le rythme lent du lieu. Ici, pas de montage frénétique : chaque vague est laissée, pas de coupure à tout va, on y voit Juliette surfer avec élégance, avec naturel, avec fluidité, cela semble presque simple.
Une identité mexicaine assumée
L’un des points forts de Tangolunda réside dans sa bande-son 100 % locale. Grâce à une collaboration avec Isurfmex, le film intègre des musiques mexicaines authentiques, notamment des mariachis de la région de Huatulco. Un choix de musique original, qui ancre le projet dans la culture locale et renforce son caractère immersif.
Une vidéo qui résonne avec le parcours de Juliette
Difficile de ne pas faire le lien avec le parcours récent de la surfeuse française. Début 2025, Juliette Lacome a traversé une période marquante après l’opération d’une tumeur osseuse, suivie de plusieurs semaines loin de l’eau. Tangolunda ne parle pas directement de cette épreuve, mais elle s’en ressent dans la douceur du film, dans ce surf apaisé, presque reconnaissant.
Un film sincère, loin des codes classiques
Réalisé par Michael Darrigade, Tangolunda s’éloigne des edits classiques pour proposer un regard sensible et humain sur le surf. Une vidéo qui rappelle que le surf, avant d’être un sport, est une histoire de style.
Une parenthèse simple et inspirante, à regarder sans se presser.
Nias et Krui : trois semaines entre perfection, rencontres et lignes infinies
Il y a des destinations qui hantent un surfeur depuis l’enfance. Des vagues rêvées qu’on griffonne au fond d’un cahier, persuadé qu’un jour, on marchera enfin sur le sable qui mène jusqu’à elles. En septembre dernier, Tristant Guilbaud a coché l’une de ces cases mythiques : Lagundri Bay, sur l’île de Nias, là où déferle l’une des droites les plus belles de toute l’Indonésie.
La houle n’a peut-être pas offert son visage le plus massif, mais peu importe : la vague parfaite de Lagundri suffit à transformer chaque session en moment suspendu. la houle s’enroule sur le reef comme dessinée au compas, déroule propre, régulière, assez longue pour laisser respirer les turns ou oser le rythme d’un barrel proprement taillé. Une vague qui synthétise tout ce qui fait rêver : la simplicité d’une droite parfaite, la constance, l’énergie de l’océan indien, ce quelque chose d’intemporel qui rattache le surfeur à l’histoire du surf indo.
Après dix jours de glisse hypnotique, direction Krui, plus au sud, sur la côte ouest de Sumatra. Là, le décor change, l’ambiance aussi — et le potentiel explose. Krui, c’est un véritable terrain de jeu tropical : ▪️ beach breaks nerveux et tubulaires, ▪️ gauches interminables qui déroulent sans fin sur les pointes, ▪️ slabs puissants, exigeants, pour ceux qui aiment le creux et les take-offs sérieux.
Mais pour scorer là-bas, il faut savoir lire plus que les prévisions : le vent, capricieux, souffle depuis les montagnes, tourne, accélère, se calme, modifie tout. Chaque jour devient un pari, un choix stratégique. Et c’est justement ce qui rend le voyage encore plus excitant.
Au final, ces trois semaines à Nias et Krui ressemblent à ce que le surf a de plus pur à offrir : la découverte, la simplicité, l’accueil chaleureux des locaux, les rires après les sessions, et ces petites pépites de paradis où le temps semble ralentir. La vidéo de Tristant capture tout : les lignes parfaites, les éclats de rire, les coups d’œil émerveillés, les moments où la vie semble tenir dans un seul rayon de soleil sur l’eau.
Un voyage qui rappelle une vérité essentielle : l’Indonésie n’a pas besoin d’être XXL pour être grandiose.
Le Florence Pipe Pro 2025 a officiellement démarré ce mercredi à Pipeline, et l’ouverture est à la hauteur de l’événement : 8 à 12 pieds, du verre, du nerf, et un plateau 100 % hawaiien prêt à en découdre. La WSL a donné le coup d’envoi à 8h00 HST pour la Round of 128, avant d’enchaîner avec le début de la Round of 96. La compétition féminine, elle, reste en stand-by.
Pipeline rugit dès l’aube
Les premières images du jour donnent le ton : un couloir turquoise à travers l’objectif de John John Florence, une lumière parfaite, et un récif qui n’accorde aucune erreur. On le savait, ce QS 2000 a beau être un événement régional, il attire toutes les légendes du North Shore. Au programme : un mélange explosif de jeunes prodiges, de free-surfers iconiques et de vétérans intraitables.
Les premiers heats : place aux locaux affamés
Le Round of 128 ouvre avec un heat chargé :
Dusty Payne, ex-surfeur CT au surf puissant
Love Hodel, talent en plein essor
Idren Sardinha et Noah Abril, jeunes du North Shore en quête de performances marquantes.
Les séries qui suivent annoncent la couleur : Pipeline sera juge, jury et bourreau aujourd’hui.
Les têtes d’affiche entrent en scène
Le premier tour inclut une liste hallucinante de noms que l’on associe instinctivement au reef de Banzai :
Nathan Florence, maître du spot dans les conditions lourdes
Ivan Florence, style chirurgical et danger permanent
Jamie O’Brien, l’inévitable
Mason Ho, créatif comme personne
Torrey Meister, Koa Smith, Koa Rothman, Michael O’Shaughnessy, Sheldon Paishon… la liste est interminable.
Chaque heat ressemble presque à une finale.
Tous les match-ups du Round of 128
L’article inclut ici la liste complète donnée dans le communiqué WSL, parfaite pour l’UX et le référencement. Les lecteurs passionnés y trouveront les heats de leurs surfeurs préférés (et Pipeline, on le sait, a beaucoup de favoris locaux).
Suivre la compétition en direct
Le Florence Pipe Pro reste en période d’attente jusqu’au 20 décembre, ce qui laisse espérer une succession de journées épiques. ➡️ Live disponible sur WorldSurfLeague.com et l’application WSL. L’événement est soutenu par Florence, la Hawaii Tourism Authority, Salt + Air et H2O Audio.
Le surf de grosses vagues vit une nouvelle ère : plus jeune, plus exposée, plus spectaculaire. La preuve avec Ana Gabriela Aninha Pessoti Dagostini, Brésilienne de 13 ans, aperçue début décembre 2025 à Nazaré — le colosse portugais qui engloutit même les surfeurs les plus expérimentés.
Encadrée par Lucas « Chumbo » Chianca, elle a pris plusieurs bombes à Praia do Norte avant d’être violemment aspirée par une mousse massive. Dix secondes sous l’eau, un gilet déclenché, une récupération rapide par le jet : un scénario que même les adultes redoutent.
Mais derrière l’exploit, un malaise grandissant
Honnêtement, difficile de comprendre cette course à l’extrême où l’on cherche à savoir qui sera « le plus jeune » à charger des vagues capables de tuer. Jusqu’où ira-t-on dans cette surenchère ?
Un point essentiel revient dans toutes les discussions : jusqu’à un certain âge, un mineur ne devrait pas être autorisé à surfer des vagues de cette taille s’il n’est pas capable de les prendre à la rame.
Parce qu’il faut le dire :
le surf tracté rend l’accès aux vagues géantes trompeusement facile ;
les gilets gonflables donnent un sentiment de sécurité qui n’efface pas la violence réelle des impacts ;
un surfeur moyen peut, grâce au tow-in, accéder à des vagues qu’il ne pourrait jamais approcher par lui-même.
Tout le monde dans l’industrie le sait. Mais, tout le monde ne le dit pas.
Il suffit qu’un sponsor mise sur un jeune, lui promette une exposition mondiale parce qu’il « charge Nazaré à 13 ans », pour que le phénomène se reproduise ailleurs. D’autres enfants essaieront. D’autres parents accepteront. D’autres marques y verront une opportunité.
Et ce n’est pas la première mise en garde que la communauté lance.
Où placer les limites ?
Nazaré n’est pas un terrain de jeu. C’est un spot qui a envoyé à l’hôpital — ou pire — certains des meilleurs big wave riders du monde. Alors imaginer des enfants dans ces mêmes conditions pose une question urgente :
Avons-nous perdu la notion de limite dans la quête d’images spectaculaires ?
Le surf a toujours été un sport de passion. Mais, la passion seule ne peut justifier de mettre des mineurs dans des situations où, objectivement, même les professionnels rompus au danger hésitent avant de s’engager.
Affaire à suivre. Mais, le débat, lui, est bien lancé.
La côte sauvage de Lanzarote retient son souffle. Comme chaque année, El Quemao Class plonge la communauté surf internationale dans un mélange d’impatience et de fascination. Perchée au bord du petit village de La Santa, dans la commune de Tinajo, cette vague mythique n’accepte qu’une seule chose : la perfection. Pas de date fixe, pas de programme établi… seulement un période de waiting period qui s’étend jusqu’en avril 2026, et un système d’alertes qui rythme l’espoir des athlètes.
Pour cette 9ᵉ édition, 64 invités triés sur le volet — 32 surfeurs et 32 bodyboardeurs — se tiennent prêts à foncer sur l’une des vagues les plus dangereuses et spectaculaires au monde. Une gauche volcanique, courte, ultra-creuse, qui explose directement sur un reef noir acéré. Chaque vague peut devenir historique… ou cauchemardesque.
Le temple du surf engagé
Le Quemao n’est pas une vague comme les autres. C’est une vague capricieuse qui nécessite la présence d’une houle précise, d’un vent bien orienté, d’une marée parfaitement alignée. Quand les planètes sont alignées, alors seulement, la compétition peut se lancer. C’est la raison pour laquelle l’événement fonctionne avec un code couleur :
Orange : période d’attente (état actuel).
Jaune : tentative de lancement, conditions potentiellement bonnes.
Vert : validation officielle des dates, show imminent.
Cette mécanique nourrit le mythe. L’événement peut être annoncé 48 heures avant seulement, transformant Lanzarote en place forte du surf de haut niveau dès la première ondulation de houle.
Les champions reviennent défendre leur couronne
L’édition précédente a marqué les esprits :
Joan Duru, impérial, s’est offert la victoire en surf.
Amaury Lavernhe, double champion du monde de bodyboard, a confirmé sa suprématie dans cette arène de lave et de tubes fracassants.
Les deux hommes seront de retour cette année, prêts à remettre leur titre en jeu. Duru, maître du rail puissant et des tubes, connaît le spot comme peu de surfers européens. Lavernhe, lui, entretient avec El Quemao une relation presque intime : technique chirurgicale, lecture millimétrée et courage.
Une scène volcanique unique au monde
Au-delà de la compétition, le Quemao Class est un hommage à Lanzarote elle-même. Sa géologie, son architecture naturelle, ses couleurs sombres et brûlées, tout renforce la dramaturgie de la vague. Les spectateurs se massent sur les roches volcaniques pour assister à ce ballet brutal entre mer et basalte.
La question n’est donc pas si la compétition aura lieu. La vraie question, c’est : quand El Quemao offrira-t-il son moment de grâce ? Et quand cela arrivera, le monde du surf aura les yeux rivés sur Lanzarote.
Le Japon a de nouveau été secoué lundi soir par l’une de ces secousses qui rappellent à quel point l’archipel vit au contact permanent des forces profondes de la Terre. Un séisme de magnitude 7,6 a frappé au large de l’Aomori Prefecture, dans le nord-est du pays, peu après 23 h (heure locale). La secousse, brève, mais extrêmement puissante, a immédiatement déclenché une vaste opération d’alerte sur les littoraux exposés.
Selon la Japan Meteorological Agency (JMA), l’épicentre se situait à environ 51 km de profondeur, un facteur qui a amplifié la propagation de l’onde sismique, mais aussi son potentiel à générer un tsunami. Quelques minutes après la secousse, les sirènes de la côte nord-est retentissaient déjà : des alertes tsunami majeures ont été émises, prévoyant des vagues pouvant dépasser 3 mètres pour certaines portions du rivage.
Pour un pays dont l’histoire est marquée par des catastrophes naturelles liées aux séismes, cette annonce a instantanément ravivé les traumatismes collectifs. Les habitants des zones côtières ont été invités à se mettre en hauteur, dans le calme, mais avec rapidité, tandis que les autorités locales organisaient les premières évacuations préventives.
Un risque concentré sur le Japon, mais un suivi mondial
Les premières analyses transmises par la NOAA et le National Weather Service viennent préciser l’ampleur du phénomène. Si l’impact majeur concerne avant tout le Japon, les données indiquent :
des vagues entre 0,3 m et 1 m au-dessus du niveau de marée sur plusieurs côtes japonaises,
des vagues inférieures à 0,3 m pour d’autres régions du Pacifique : Philippines, Russie, Micronésie, Guam, îles Mariannes, ou encore les îles Hawaii les plus au nord.
Le risque est donc quasi nul pour Hawaii, la polynésie française et la côte ouest des États-Unis, ce qui apporte un premier soulagement à la communauté internationale. Mais pour les régions japonaises visées, la vigilance reste totale. Les autorités rappellent que même des vagues d’un mètre peuvent être dangereuses en zone portuaire, notamment en raison des courants soudains qu’elles peuvent générer.
Une réaction immédiate des systèmes d’observation
Comme à chaque événement d’ampleur dans le Pacifique Nord, les systèmes de surveillance océanique et sismique ont immédiatement pris le relais. Les satellites d’observation suivent en temps réel la propagation éventuelle des ondes de tsunami. Ces dernières années, plusieurs événements avaient déjà démontré la capacité de ces technologies à capter des phénomènes extrêmes, comme le tsunami observé depuis l’espace en 2023, une première historique.
Une situation toujours incertaine
À cette heure, aucune perte humaine ni dégâts significatifs n’ont été confirmés, mais les autorités restent prudentes. Des vagues secondaires peuvent encore toucher le littoral, et la JMA actualise systématiquement ses bulletins. Les images diffusées à la télévision montrent des ports calmes mais sous surveillance maximale, tandis que des milliers d’habitants attendent de nouvelles instructions dans les centres d’évacuation.
Le Japon, habitué à affronter ces épisodes avec une organisation exemplaire, démontre une nouvelle fois son efficacité. Mais la tension reste palpable : le pays tout entier observe, attend et espère que cet événement ne laissera pas de traces profondes.
PS: Bien évidemment ce n’est pas le surfeur sur la photo
La côte basque est une nouvelle fois endeuillée. Samedi 6 décembre 2025, vers 16 h, un surfeur de 28 ans a perdu la vie sur le spot de Lafitenia, à Saint-Jean-de-Luz, dans des conditions de mer particulièrement puissantes. Malgré l’intervention rapide d’autres pratiquants et des secours, le jeune homme n’a pu être réanimé.
Une session qui bascule dans le drame
Selon plusieurs témoins, la mer était déjà bien agitée en fin d’après-midi, avec une houle dépassant les 4 mètres et un coefficient de marée rendant l’endroit technique et potentiellement piégeux. Dans une interview donnée à Sud Ouest dans, quelques minutes avant l’accident, deux surfeurs, dont Éric Bonnamy, profitaient de la fin d’une session jugée « solide mais satisfaisante ». Assis sur la murette dominant la baie, ils observent la mer lorsqu’ils remarquent deux autres pratiquants entrer à l’eau durant une accalmie.
« Derrière, la mer a regonflé d’un coup », témoigne Éric. « On est à marée haute, l’accès au pic est délicat, et les séries étaient vraiment massives. » C’est dans cette phase que le drame se joue. Selon leurs observations, l’un des deux surfeurs semble rapidement en difficulté, surpris par une vague plus grosse que les autres.
Le corps poussé vers l’intérieur du spot
Les témoins décrivent une scène d’une grande violence. Après avoir disparu sous l’eau, le jeune homme serait resté submergé durant près de trois minutes, avant que son corps ne réapparaisse, poussé vers l’intérieur du spot par une vague de retour.
« On a vu le corps traverser le spot, emporté par la masse d’eau », raconte un surfeur présent sur place. Immédiatement, plusieurs pratiquants, déjà dans l’eau, se dirigent vers lui pour tenter de le ramener au rivage. Ils parviennent à le hisser sur une planche puis à l’extirper de l’eau en attendant les secours.
Une prise en charge immédiate, mais vaine
Les pompiers de Saint-Jean-de-Luz et d’Hendaye, rapidement rejoints par une équipe du SMUR, engagent aussitôt les manœuvres de réanimation. Malgré des tentatives prolongées, l’homme est déclaré décédé sur la plage peu après 16 h.
Pour l’heure, l’origine exacte du drame reste inconnue. Malaise ? Choc sous l’eau ? Simple noyade liée à la puissance des vagues ? Les circonstances devront être précisées par l’enquête en cours.
Une communauté sous le choc
Lafitenia est un spot réputé pour ses longues droites mais aussi pour ses mouvements d’eau, particulièrement lorsque la houle grossit. Les habitués connaissent les pièges du courant, les séries qui décalent. Ce samedi, les conditions étaient qualifiées de « sérieuses » voire « dangereuses » par plusieurs présents.
Ce décès rappelle tragiquement que, même pour des pratiquants expérimentés, l’océan peut devenir imprévisible. Ces dernières années, plusieurs accidents ont déjà endeuillé la côte basque, soulignant la nécessité d’adapter sa pratique aux conditions du jour, surtout lorsque la houle excède les seuils habituels.
En attendant plus d’informations
Pour l’instant, les autorités n’ont pas communiqué sur l’identité de la victime ni sur les conclusions premières de l’enquête. Les témoignages recueillis convergent toutefois vers un accident brutal survenu en quelques secondes, sans que le surfeur n’ait eu le temps de s’extraire de la zone de turbulence.
L’émotion est vive à Saint-Jean-de-Luz et dans toute la communauté du surf basque, qui adresse son soutien à la famille et aux proches du jeune homme.
Un dénouement spectaculaire pour cette édition 2025
Au-delà des conditions changeantes et du suspense propre à Punta Galea, cette édition 2025 restera surtout dans les mémoires pour un final des plus performants lors des phases finales. La montée en puissance de la houle, combinée à un vent enfin favorable, a offert un terrain de jeu idéal aux spécialistes du surf de gros. Et lorsque la lumière s’est améliorée, laissant apparaître ces murs d’eau caractéristiques de Getxo, les meilleurs ont su se démarquer.
Chez les hommes, la finale a rapidement pris des allures de duel entre l’expérience locale et la fraîcheur venue de France. Natxo González, poussé par son public et fort de sa connaissance intime de la vague, a longtemps semblé tenir la clé de la victoire. Mais c’était sans compter sur Clément Roseyro, encore porté par son récent triomphe à Nazaré. Invité de dernière minute, il a parfaitement saisi sa chance : deux take offs critiques, maîtrisées du début à la fin, lui ont permis de s’imposer en patron sur une vague qu’il découvrait quasiment en conditions XXL.
Du côté des femmes, l’histoire s’est écrite en lettres capitales : première finale féminine de l’événement et première démonstration collective à Punta Galea. Malgré une série particulièrement lourde qui a balayé les trois compétitrices, elles sont toutes revenues au pic avec détermination. Laura Coviella, pionnière du jour, a lancé le mouvement. Domi Charrier, jeune chargeuse chilienne, a impressionné par son engagement pour une première dans ces conditions. Mais la reine du jour s’appelait Justine Dupont, dominatrice, précise et imperturbable.
Classement masculin – Punta Galea Challenge 2025
Clément Roseyro
Natxo González
Aritz Aranburu
Xabi López
Eder Fuentes
Pierre Rollet
Classement féminin – Punta Galea Challenge 2025
Justine Dupont
Laura Coviella
Domi Charrier
Une édition qui signe le renouveau de l’épreuve, et peut-être le début d’une nouvelle ère pour Punta Galea.
Le call du samedi 6 Décembre 2025
Alors que l’hiver frappe enfin la façade atlantique, le Pays Basque s’apprête peut-être à vivre l’un des moments les plus spectaculaires de la saison : le déclenchement du Punta Galea Big Wave Challenge, la compétition de surf de grosses vagues la plus ancienne d’Europe. La nouvelle est tombée ce matin : la compétition sera officiellement lancée samedi 6 décembre 2025. Si les prévisions se confirment, la luz verde — le feu vert — sera donnée jeudi, soit 48 heures avant l’épreuve… pour un possible lancement ce samedi.
Une semaine décisive commence, et l’excitation est déjà palpable sur toute la côte basque espagnole.
Une tempête solide arrive sur la côte basque
Les prévisionnistes annoncent ce que les big riders espèrent depuis des jours : une houle puissante, consistante et propre, portée par une dépression qui remonte depuis l’Atlantique Nord. Les modèles convergent vers des vagues de 5 mètres, peut-être davantage sur les plus gros sets, avec une période solide — le cocktail parfait pour réveiller la falaise mythique de Punta Galea.
Un autre paramètre crucial est scruté de près : le vent. Les premiers bulletins annoncent une brise soutenue vendredi, puis un affaiblissement notable samedi, laissant espérer des conditions propres et surfables, idéales pour des drops vertigineux sous les applaudissements d’un public toujours massif.
L’événement est officiellement lancé ce samedi 6 décembre 2025 : Punta Galea va rugir
C’est désormais officiel : le Punta Galea Big Wave Challenge 2025 se tiendra ce samedi. Après plusieurs jours d’attente sous alerte jaune, les prévisions se sont confirmées et l’organisation a donné la luz verde. Une solide houle d’ouest, des vagues avoisinant les six mètres, une période longue et un vent beaucoup plus faible qu’annoncé en début de semaine composent le scénario parfait pour déclencher une des plus emblématiques compétitions de grosses vagues d’Europe. Le Pays Basque se prépare donc à vivre une journée historique : dès les premières heures du matin, les falaises de Getxo se transformeront en amphithéâtre naturel, prêtes à accueillir des milliers de spectateurs venus voir les meilleurs big riders du monde affronter une mer en furie. L’attente est terminée : samedi, La Galea rugira, et le spectacle s’annonce colossal.
Punta Galea, un amphithéâtre naturel pour le surf XXL
Situé à Getxo (Ville qui touche Bilbao), au cœur de la côte biscayenne, Punta Galea est un spot absolument unique. Ici, aucun bateau, aucun jet-ski ne vient perturber le cadre : les vagues cassent au pied d’un acantilado de 60 mètres, une falaise qui forme un véritable amphithéâtre naturel. Les spectateurs, parfois des milliers, se massent sur le rebord pour assister à huit heures de show, surplombant les rideurs comme dans une arène antique dédiée à la puissance de l’océan.
Cette configuration en fait un événement à la fois spectaculaire et incroyablement accessible, d’où sa popularité croissante au fil des éditions.
Un plateau exceptionnel : les meilleurs big riders du monde réunis
Pour cette édition, 30 surfeurs sont conviés, dont une liste absolument impressionnante de talents internationaux. Et grande nouveauté : une finale 100% féminine viendra écrire un chapitre historique pour l’événement.
Voici quelques-uns des noms qui feront vibrer la falaise :
Les superstars mondiales
Grant « Twiggy » Baker : triple champion du monde, vainqueur ici en 2014. Une référence absolue.
Laura Enever : détentrice du record Guinness de la plus grosse vague surfée par une femme (13 m à Hawaii).
Francisco Porcella : figure incontournable de Jaws et Nazaré, habitué à La Galea.
Mason Barnes : auteur d’une vague monstrueuse de 30 m à Nazaré, big rider ultra-régulier.
Tom Lowe : le Britannique au mental d’acier, héros de Mullaghmore et de Jaws.
Les talents internationaux en feu
Russell Bierke, le génie australien nourri aux slabs de Nouvelle-Galles du Sud.
Tony Laureano, prodige de Nazaré, big rider depuis… ses 13 ans.
Lucas “Chumbo” Chianca, star brésilienne, champion du monde XXL, auteur d’un 10/10 ici en 2019.
Ramón Navarro, légende chilienne et défenseur de Punta de Lobos.
Les locaux et représentants européens
Natxo González, champion en titre, héros local, prêt à défendre son trône.
Nadia Erostarbe, olympienne, championne du Ballito Pro 2024, première Basque à participer.
Justine Dupont, reine européenne, multi-championne du monde, enfin présente pour une finale féminine historique.
Pierre Rollet, le Français d’Hossegor, champion ici en 2018, toujours très aimé du public.
Axi Muniain, vainqueur de la première édition en 2005, figure reference.
Indar Unanue, vétéran basque, multiple finaliste, dont la connaissance des vagues XXL n’est plus à prouver.
Miguel Blanco, freesurfer portugais engagé et activiste environnemental.
Xabi López, spécialiste du sauvetage et habitué des spots extrêmes comme Roca Puta.
Avec un tel plateau, le spectacle est garanti — et potentiellement l’une des éditions les plus relevées de l’histoire.
Un événement populaire, organisé au millimètre
Pour accueillir la foule attendue, la mairie de Getxo prévoit des navettes gratuites depuis la station de métro de Bidezabal. Une initiative essentielle pour fluidifier l’accès à la falaise et éviter l’engorgement habituel sur les petites routes côtières.
En clair : la fête des grosses vagues.
Liste officielle des 30 participants (2025)
Surfeurs Hommes
Nic Lamb (USA) Mason Hyce Barnes (USA) Tony Laureano (PRT) Xabi López (EUK) Conor Maguire (IRL) Yago Domínguez (EUK) Pierre Rollet (FRA) Manuel Lezcano (ESP – Canarias) Axi Muniain (EUK) Aritz Aranburu (EUK) Indar Unanue (EUK) Miguel Blanco (PRT) Lucas “Chumbo” Chianca (BRA) Ramón Navarro (CHL) Grant “Twiggy” Baker (ZAF) Natxo González (EUK) Russell Bierke (AUS) Francisco Porcella (ITA) Tom Lowe (GBR) Ibon López (EUK) Kosme Fernández (EUK) Zuku (EUK) Endika Ruiz (EUK) Txaber Garmendia (EUK)
Surfeuses Femmes
Laura Coviella (ESP – Canarias) Justine Dupont (FRA) Nadia Erostarbe (EUK) Laura Enever (AUS) Dominique Charrier (CHL) Felicity Palmateer (AUS)
Les premier gros swells de la saison ont réveillé Nazaré. Une fenêtre courte, parfaite, violente. Une lumière hivernale, un vent oscillant entre offshore et side shore, et des murs d’eau qui semblaient sortir tout droit des profondeurs du canyon. La vidéo qui immortalise cette session montre une fois encore pourquoi Nazaré reste un univers à part : un théâtre où beauté, peur et maîtrise absolue se mêlent dans chaque vague.
La session de vendredi 5 Décembre 2025
La journée a encore défié toutes les attentes à Nazaré. Une matinée sombre et détrempée a soudain laissé place à un court créneau d’énergie brute, où des séries massives ont explosé en sortie de canyon, prenant de court les spectateurs postés sur la falaise. Dans ce décor changeant, les équipages ont lutté contre les éléments : bourrasques, pluie battante, boue, matériel trempé… la routine, finalement, lorsqu’on poursuit l’histoire des vagues XXL.
Ce que vous allez voir, c’est l’essence de ce jour-là : les take-offs les plus engagés, les instants les plus intenses, les chutes marquantes, la beauté sauvage et le chaos total. Nazaré dans ce qu’elle a de plus pur, rappelant encore pourquoi ce spot ne ressemble à aucun autre sur la planète.
La session de mercredi 3 Décembre 2025
Un Nazaré “parfaitement monstrueux”
La journée commence sur un plan d’eau agité par un vent side à offshore. Les premières images montrent une mer avec des montagnes d’eau qui s’élèvent au large avant de venir exploser devant le phare.
Ce n’était pourtant pas un swell attendu comme exceptionnel. Une tempête intense, une fenêtre minuscule… puis soudain, le miracle : une plage horaire surfable, courte, mais magique. Nazaré a rappelé à tous qu’elle n’a pas besoin de plusieurs jours pour offrir un spectacle démesuré.
Justine Dupont en totale maîtrise
Parmi les rideuses les plus impressionnantes de la journée, Justine Dupont marque une fois encore les esprits. Sa capacité à dompter ces masses d’eau – puissantes, rapides, irrégulières – frôle aujourd’hui l’invraisemblable. Le vent, changeant, oscillant entre offshore et side shore, créait des sections verticales imprévisibles. Là où beaucoup hésitent, elle s’engage. Ligne parfaite, timing chirurgical, contrôle absolu : Justine a semblé lire le chaos comme personne.
Une vague hors norme pour Clément Roseyro
La vidéo montre également une vague spectaculaire signé Clément Roseyro. Une vague difficile à mesurer tant elle semble dépasser les standards habituels de notre perception du surf. Un immense triangle, un ride engagé d’un sang-froid total.
Grâce aux ralentis, le spectateur ressent toute la lourdeur, la vitesse et la dangerosité de la scène. Chaque image amplifie la tension. Ce n’est plus seulement du surf : c’est un dialogue entre un humain minuscule et un colosse d’eau en mouvement.
Le crash invisible de la vidéo : Carlos Burle avalé par une montagne d’eau
Ce que la vidéo ne montre pas, en revanche, est sans doute l’un des moments les plus marquants de la journée : l’incident de Carlos Burle, pionnier et légende du big wave surfing.
Face à une bombe d’environ 80 pieds, Burle s’engage. La ligne est parfaite… jusqu’à ce qu’une montagne d’eau surgisse derrière lui, plus rapide, plus massive encore. Elle le rattrape, le dépasse, l’avale littéralement. Le commentaire d’un témoin parle de “tensión máxima en Nazaré”. Et c’est exactement cela : une scène où le cœur se serre, même en simple spectateur.
Heureusement, l’issue est positive. Lucas “Chumbo” Chianca et Willyams Santana interviennent instantanément, appliquant avec précision les protocoles de sécurité qui font aujourd’hui de Nazaré une référence mondiale. Burle va bien, mais le choc fut immense. Une piqûre de rappel : ici, l’erreur ne pardonne pas toujours.
Nazaré reste ce lieu où l’océan règne en maître, où chaque ride est un pari, et où chaque nouvelle vidéo témoigne d’un respect total pour la puissance de la nature.
Résultats de l’édition 2025 : Joan Duru impérial, Armide Soliveres et Lilia Tebbai impressionnent
La compétition qui s’est tenue le samedi 6 décembre 2025 a offert un spectacle rare à Safi. Malgré des séries parfois longues à se mettre en place et un manque de tubes pour un spot pourtant réputé pour sa perfection tubulaire, l’ambiance est restée électrique. Car surfer Le Jardin (ancien nom du spot) à quatre dans l’eau, même dans un format plus “open”, reste un privilège absolu.
Le moment le plus marquant de la journée ? Les finales disputées de nuit, sous un éclairage monumental qui a transformé Ras Lafâa en arène futuriste. Une image qui restera probablement parmi les moments forts de l’histoire récente du surf marocain.
Résultats officiels 2025 :
Surf Open 2025
🥇 Joan Duru (15.7 pts) – Un surf précis, engagé, dominant. 🥈 Adur Amatriain (9.65 pts) 🥉 Charly Quivront (8.45 pts) 4. Marc Lacomare – 7.15 pts
Bodyboard Open 2025
🥇 Armide Soliveres (14.4 pts) – Puissance et contrôle dans les sections critiques. 🥈 Badr E. Chaljri (13.35 pts) 🥉 Maxime Castillo (10.35 pts) 4. Achraf El Ghazi – 9.4 pts
Surf Filles 2025
🥇 Lilia Tebbai (11.8 pts) – La jeune Marocaine marque les esprits avec une solide prestation. 🥈 Maud Le Car (10.15 pts) 🥉 Lee-Ann Curren (4.8 pts) 4. Jade Magnien – 3.6 pts 5. Agouri Ines – 2.45 pts
Ces résultats confirment la diversité du plateau et la montée en puissance des athlètes marocains, particulièrement en surf féminin et en bodyboard.
Lancement de la compétition ce samedi 6 Décembre 2025
La compétition sur la célèbre droite de Safi au Maroc a été lancé ce samedi 06 décembre 2025. Suivez la compétition en direct sur Icônes Surf avec une session possible en nocturne. On a des belles conditions avec de nombreux surfeurs français en course pour la victoire…. Les finales auront lieu de nuit avec un check-in à 18H. Pas de décalage horaire en hiver avec le Maroc.
Le Jardin en alerte : Safi se prépare
Chaque hiver, quand la houle s’excite sur Windguru en Europe, un frisson parcourt la communauté surf mondiale, ou plutôt un œil indiscret sur les prévisions marocaines. Safi, “Le Jardin”, l’une des meilleures droites de la planète, se réveille. Une vague aussi parfaite que brutale, tube après tube, section après section, où les erreurs ne pardonnent jamais. Les accidents de Billy Kemper ou d’Édouard Delpero l’ont rappelé : s’engager ici n’a rien d’une promenade.
C’est pourtant sur ce terrain mythique que s’ouvrira, entre cet hiver, la deuxième édition du Safi Surf Invitational, événement hors du commun, sur invitation uniquement. Et cette année, on vient officiellement de passer en alerte jaune en ce début de « waiting period ».
Une compétition rare, exigeante et… précieuse
Être invité à cette compétition est un luxe que personne ne refuse. Seulement 4 athlètes à l’eau par série, une vague d’exception, une journée entière de surf entre le lever et le coucher du soleil… et même des séries nocturnes, éclairées par un dispositif unique posé sur les rochers de Ras Lafâa. Une atmosphère irréelle où les tubes prennent une dimension presque cinématographique.
L’événement est organisé par l’Association Bahri, avec la Fédération Royale Marocaine de Surf et en partenariat avec l’OCP. Ce trio porte une ambition claire : faire rayonner Safi, son patrimoine et son surf, bien au-delà des frontières marocaines.
Le cadre : Ras Lafâa, 9e meilleure vague du monde
Safi n’est pas une vague comme les autres. La longue droite de Ras Lafâa déroule avec une précision chirurgicale. Parfois ronde, parfois carrée, toujours rapide. Une vague qui récompense les techniciens du tube, met les chargeurs à l’épreuve et ne pardonne à personne.
Ce spot d’une beauté rare attire autant les surfeurs que les bodyboardeurs, et c’est ce qui fait la particularité du Safi Invitational : un événement commun aux deux disciplines, chacun trouvant sa place dans le tube majestueux de la pointe.
Un format unique : jour, nuit et intensité maximale
L’édition 2023 avait surpris tout le monde avec son format :
Call à 7h du matin,
Surf non-stop en fonction des marées,
Pause obligatoire (Ramadan, marée, lumière),
Reprise nocturne, s’il le faut.
La formule sera reconduite en 2025/2026, avec un setup lumineux encore amélioré. Ceux qui ont déjà vu des sessions de nuit à Safi – notamment celle d’Aritz Aranburu – savent à quel point le décor est magique.
L’esprit ne change pas : tout se joue en une seule journée, une immersion totale où chaque vague compte.
60 invités, 16 nationalités, et une dimension sociale forte
Si la liste complète des invités n’est pas encore connue – elle dépendra des disponibilités en fonction des swells – on sait déjà que :
60 athlètes seront sélectionnés,
16 nationalités seront représentées,
Les meilleurs Marocains auront une exposition rare face à des têtes d’affiche mondiales.
Lors de la première édition, Marc Lacomare, Justine Dupont, Lee-Ann Curren, Maxime Castillo ou Pierre-Louis Costes avaient répondu présents. Le niveau était stratosphérique, les locaux galvanisés, et les podiums avaient offert un bel équilibre entre talents marocains et internationaux.
Ce mélange, c’est précisément ce que défend l’Association Bahri : – élever les surfeurs locaux, – créer un événement fédérateur, – mettre Safi au centre d’un surf responsable, solidaire et festif.
Un village de surf et un programme qui va au-delà du sport
Le Safi Surf Invitational n’est pas qu’une compétition. C’est une célébration. Un village de surf animé accueillera :
artisans locaux,
expositions de produits de Safi,
ateliers créatifs,
street art,
concerts,
visites guidées.
L’objectif est clair : mettre en lumière le patrimoine de Safi, du surf aux traditions artisanales.
Et la dimension sociale n’est pas en reste :
nettoyage de plage,
cours de surf gratuits pour les enfants des orphelinats,
actions éducatives sur l’environnement.
Ici, le surf est un prétexte pour transmettre, partager, inspirer.
Une histoire de persévérance
Ce qui rend cet événement encore plus beau, c’est qu’il a mis près de 10 ans à voir le jour. Les routes, les autorisations, les infrastructures : rien n’était prêt en 2014. Il a fallu la ténacité de Saad Abid et de l’équipe Bahri pour qu’un rêve devienne réalité.
Et désormais, la machine est lancée. Le Safi Invitational pourrait devenir l’un des événements majeurs du calendrier surf international, une sorte de “Pipeline marocain” dont la renommée ne cessera de grandir.
Ce qui nous attend pour 2025/2026
Avec la waiting period active et les signaux au vert, il ne manque plus qu’un swell solide venu de l’Atlantique pour donner rendez-vous aux invités. Inutile de dire que le monde du surf commence à surveiller les charts…
Une chose est sûre : quand Safi s’allume, personne ne veut manquer ça.
Depuis quelques jours, toute la presse australienne, et quelques médias internationaux spécialisés surf — relaie une affaire qui secoue profondément notre communauté : la condamnation d’un coach australien, ancien compétiteur WQS, pour une longue série d’agressions sexuelles sur mineurs. Les détails, rendus publics lors de l’audience, ont choqué toute la communauté. Pas uniquement pour l’horreur des faits, mais parce qu’ils rappellent brutalement une vérité que beaucoup préfèrent éviter : le surf n’est pas un sanctuaire.
L’image du surf est souvent associée à la liberté, à la confiance, à la camaraderie. Un univers lumineux, presque utopique. Mais la réalité, c’est que le surf — comme tout milieu sportif, associatif ou éducatif — peut attirer des individus cherchant à profiter de la vulnérabilité et de la confiance des plus jeunes.
Un coach reconnu coupable de 31 infractions sexuelles
L’affaire qui a éclaté en Australie met en lumière ce que ce décalage entre image et réalité peut coûter. L’ancien surfeur professionnel devenu coach, longtemps présenté comme un mentor auprès des jeunes, a plaidé coupable à 31 chefs d’accusation liés à des agressions sexuelles sur des garçons de 7 à 10 ans.
Selon les documents du tribunal, l’encadrement des enfants était présenté comme un “espace sûr” pour progresser. Derrière cette façade, l’enquête a révélé plusieurs années de manipulations, d’abus, de dissimulation de preuves, et même l’admission d’un accès régulier à du matériel pédopornographique.
L’homme a été condamné à cinq ans de prison et pourra demander une libération conditionnelle dès juin 2026 — une décision largement critiquée.
Pourquoi c’est important d’en parler — ici aussi
Ce dossier, aussi sordide soit-il, doit servir de rappel salutaire : aucun sport, aucune culture, aucune communauté n’est immunisée contre ce type de violence. Le surf, avec son ambiance décontractée et ses structures parfois informelles, peut même devenir un terrain propice pour des prédateurs cherchant à gagner la confiance des familles et des jeunes pratiquants.
Ignorer ce sujet sous prétexte que “le surf, c’est cool”, serait une faute collective.
Le risque existe — mais la prévention peut tout changer
Pour que de telles situations ne puissent plus se reproduire, la prévention doit devenir une priorité à tous les niveaux :
1. Des règles claires dans les écoles de surf
Les structures doivent établir et communiquer :
des protocoles stricts autour de l’encadrement des enfants,
l’interdiction absolue d’isoler un mineur avec un adulte,
la nécessité de contrôles d’antécédents judiciaires systématiques,
des moyens simples pour signaler un comportement suspect.
2. Une vigilance partagée
Parents, encadrants, bénévoles et membres de clubs doivent apprendre à reconnaître des signaux d’alerte : attitudes intrusives, communications privées excessives, insistance à créer un lien exclusif, situations d’isolement non justifiées.
3. Une parole protégée
Les enfants doivent être encouragés à dire ce qui les met mal à l’aise, à reconnaître qu’un adulte peut avoir tort, même un coach admiré. La culture du silence protège toujours l’agresseur, jamais la victime.
Protéger les jeunes, c’est protéger le surf
Parler de ces affaires n’est pas “ternir l’image du surf”. C’est au contraire affirmer haut et fort que notre communauté refuse que de telles violences soient banalisées ou passées sous silence.
Le surf doit rester un espace où l’on se sent en sécurité, où l’on découvre l’océan sereinement, où la progression se fait dans la confiance. Cela ne sera possible que si nous acceptons cette idée simple : la prévention est une responsabilité collective, et elle commence par la lucidité.
Il a 58 ans, une carrière jalonnée d’exploits, des décennies d’expérience dans les vagues les plus monstrueuses de la planète… et pourtant, Carlos Burle vient de vivre la pire expérience de sa vie. Mercredi matin, sur un Nazaré en mode XXL, la légende brésilienne a été littéralement engloutie par une vague massive, entraînée dans les profondeurs, puis frappée par une seconde montagne d’eau avant d’être secourue dans un scénario d’une tension extrême. Un accident qui, heureusement, se termine bien — mais qui ouvre une réflexion essentielle sur la sécurité dans le surf de grosses vagues.
Une mauvaise lecture… et tout bascule
Burle le dit lui-même : « J’ai mal lu la vague. » Sur cette gauche gigantesque, la vitesse et sa trajectoire lui ont laissé croire qu’il pouvait s’échapper. Il s’est engagé, a tenté de maintenir le cap… et a été pulvérisé. Le premier impact l’a entraîné très profondément, plus encore qu’il ne l’imaginait. Là-dessous, une autre bataille a commencé :
pression énorme,
veste gonflée qui limite les mouvements,
combinaison épaisse,
souffle qui s’amenuise.
« Je n’ai jamais eu autant besoin de respirer de ma vie », raconte-t-il. Lorsqu’il a enfin atteint la surface, il n’a eu qu’une fraction de seconde pour prendre une inspiration avant qu’une deuxième vague ne l’écrase. Le corps passe alors en « mode survie », dit-il : répondre, sans réfléchir.
Lucas “Chumbo” Chianca, héros du jour
Ce qui arrive ensuite tient du miracle — mais aussi d’un professionnalisme absolu. Lucas Chumbo, son partenaire de tow-in, parvient à le rejoindre dans l’impact zone. Burle lui dit aussitôt : « Je ne vais pas bien, amène-moi à la plage. » Sauf qu’il reste encore deux vagues à encaisser.
Dans la tourmente, Chumbo doit abandonner la machine, plonger pour atteindre Burle, et activer deux cylindres de flottabilité pour le maintenir en surface. Une manœuvre risquée, presque irréalisable dans un tel chaos. Finalement, c’est Will Santana qui récupère Burle sur le sled (planche à l’arrière du jet ski) et l’amène jusqu’au rivage, où les sauveteurs lui administrent de l’oxygène.
Quelques heures plus tard, l’hôpital le déclare stable : pas d’eau dans les poumons, aucune blessure grave — un miracle.
Une GoPro qui change la trajectoire du drame
Le point le plus frappant du témoignage de Burle est sans doute celui-ci : « Je n’aurais jamais dû avoir une GoPro. »
En voulant filmer un nouvel angle, caméra pointée vers son visage, Burle confesse qu’il n’était plus pleinement concentré sur sa ligne. Au moment de la chute, il serrait encore la caméra, ce qui a retardé le déclenchement de sa veste gonflable. Ensuite, avec une main occupée, remonter sur la motoneige est devenu presque impossible.
Son message est clair :
« Dans une situation aussi risquée, on doit être à 100 % concentré sur la sécurité. Pas sur l’image. »
Un rappel fort, à l’heure où le surf XXL s’accompagne de plus en plus de caméras embarquées.
Humilité, préparation et gratitude
Malgré la violence de l’incident, Burle souligne que son calme, sa préparation physique et mentale ont joué un rôle déterminant. Et surtout, il exprime une gratitude immense envers son équipe : « Sans eux, je ne serais peut-être pas là. » Il salue particulièrement le courage de Chumbo, qui a mis sa propre sécurité en jeu pour le sauver.
Nazaré reste Nazaré
En quittant l’hôpital, Burle a confié qu’il rêvait déjà d’y retourner. Je ne sais pas s’il sincère, ou s’il essaie de se convaincre, mais un peu de repos ne lui ferait pas de mal. Cet accident rappelle cependant une vérité immuable : Nazaré ne pardonne jamais. Même aux légendes.
La Méditerranée n’est pas réputée pour ses vagues. Et pourtant… parfois, lorsque la météo s’aligne à la perfection, certaines côtes prennent des allures d’archipels lointains. C’est exactement ce qui s’est produit en Sardaigne, où un swell exceptionnel a réveillé des slabs massifs dignes des spots les plus sauvages du globe. Et la vidéo qui immortalise cette journée confirme une chose : la réputation de la Sardaigne comme l’une des meilleures destinations surf de Méditerranée n’est pas un mythe.
Une mer qui dort… jusqu’à ce qu’elle se déchaine
Contrairement aux océans, la Méditerranée est un bassin fermé, moins vaste, bordé de continents. Résultat : les tempêtes ont peu d’espace pour se développer et générer de longues houles. C’est ce qui rend ces épisodes puissants si rares.
Mais quand les ingrédients se combinent — froid arctique, dépression bien placée, vents synchronisés — la mer s’anime soudainement. Selon Surfline, c’est exactement ce qui s’est produit :
« Une poussée d’air arctique et une dépression en formation ont envoyé une houle solide balayer la Méditerranée. Le swell a culminé sur les Baléares, la Sardaigne et la Corse avant de se diriger vers l’Afrique du Nord puis l’Italie et la Grèce. » Un scénario météo rarissime, mais redoutablement efficace.
La Sardaigne, bastion du surf méditerranéen
La Sardaigne n’est pas une destination secrète pour les surfeurs européens : depuis des années, elle est considérée comme la Mecque du surf méditerranéen. Ses côtes rocheuses, exposées aux vents et orientations variées, permettent de capter une partie des houles qui traversent le bassin. On y trouve :
des droites puissantes,
des slabs nerveux,
et même des point breaks quand la houle persiste.
Mais cette diversité a une contrepartie : les vagues ne cassent qu’en de très rares occasions, si bien que les locaux vivent au rythme des cartes météo, toujours prêts à partir sur un coup de folie. La vidéo de cette semaine exceptionnelle montre des vagues épaisses, tubulaires, frappant les récifs sardes avec une puissance étonnante pour une mer.
Matteo Calarti, porte-voix d’un surf insulaire exigeant
Parmi les surfeurs à l’eau ce jour-là, on retrouve Matteo Calarti, jeune surfeur sarde passionné, témoin privilégié de ce swell historique. Dans une interview donnée à Margruesa, il confie :
« La Sardaigne a de super vagues, mais elles ne cassent pas souvent. C’est pour ça que je dois beaucoup voyager. Ce qui me tient, c’est la liberté que je ressens dans l’eau et la possibilité de m’exprimer sur les vagues. »
Ce discours reflète parfaitement l’état d’esprit méditerranéen : engagement, patience et détermination. Ici, on ne surfe pas tous les jours, mais quand le swell arrive, c’est un rendez-vous à ne pas manquer.
Calarti espère suivre la voie de Leonardo Fioravanti — surfeur romain devenu référence mondiale — et représenter un jour le surf méditerranéen sur la scène internationale.
Dylan Graves avait déjà flairé le potentiel
Plus tôt cette année, le surfeur et explorateur de vagues improbables Dylan Graves avait déjà mis en lumière le potentiel du littoral sarde dans sa série dédiée aux “weird waves”. Il y décrit parfaitement ce que signifie être surfeur en Méditerranée :
« Il y a des vagues difficiles, et les surfeurs sont prêts à parcourir des centaines de kilomètres pour les attraper. Il faut être engagé. Et d’une certaine manière, ça les rend meilleurs. »
À travers son regard curieux, Graves avait déjà capté la spécificité de la Sardaigne : une destination où la rareté décuple la valeur de chaque session.
Une destination qui gagne en reconnaissance
Entre la beauté sauvage de ses côtes, ses eaux turquoise et ces épisodes de surf d’exception, la Sardaigne s’impose petit à petit comme une destination alternative pour les surfeurs en quête d’authenticité.
Ce swell rare ne fait que renforcer l’idée que la Méditerranée, bien que capricieuse, peut offrir des journées dignes des meilleurs spots européens. Et lorsque la Sardaigne s’illumine, le surf prend une saveur unique : celle de l’attente récompensée.
À Hawaï, le surf perd l’une de ses voix les plus discrètes, mais les plus essentielles. Un homme qui ne montait pas sur les podiums, qui ne cherchait pas la lumière, mais qui a illuminé la vie de milliers de surfeurs avec une caméra et un sourire : Ramon Brockington.
Un œil unique, un cœur immense
Lorsque la nouvelle de sa disparition a traversé les plages d’O‘ahu, c’est tout un archipel qui s’est arrêté. Ramon, l’âme derrière Oahu Surf Films, n’était pas seulement un caméraman talentueux. Il était un repère. Une présence familière sur le sable de Waikīkī, Ala Moana ou le long des 7 miles légendaires du North Shore.
Originaire de Caroline du Sud, il débarque sur O‘ahu avec une caméra et une passion brûlante pour raconter les histoires de ceux qui glissent sur les vagues. Ce qui n’était au départ qu’une envie de filmer “les bons jours” est devenu, au fil des années, l’une des archives les plus précieuses de la culture surf hawaïenne moderne.
Un homme qui voyait vraiment les surfeurs
Ramon filmait tout le monde. Les groms, les touristes émerveillés, les watermen respectés, les pros affûtés, les locaux, les oncles qui fument entre deux vagues. Peu importe le niveau, peu importe le style : il leur accordait la même attention, la même bienveillance.
Ce qui rendait son travail exceptionnel, ce n’étaient pas seulement les milliers de vagues capturées, mais la façon dont il faisait se sentir chaque surfeur. Il retenait les prénoms, les familles, les progrès, les doutes. Il félicitait après une bonne session, encourageait après une chute, partageait les clips comme des cadeaux.
Pour beaucoup, il fut :
leur premier highlight vidéo,
leur premier souvenir filmé,
leur première reconnaissance dans la communauté,
leur premier supporter sincère.
Matt Vasquez, qu’il avait filmé dès ses 19 ans, a livré un témoignage bouleversant : une gratitude profonde, presque filiale, d’avoir été “vu”, aidé, encouragé par Ramon lorsque tout commençait.
Un bâtisseur de lien, à travers et au-delà du surf
Ramon n’était pas seulement derrière la caméra. De 2022 à 2024, il a dirigé le Oahu Surf Film Festival, rassemblant cinéastes du monde entier, donnant de la place aux voix locales, à l’écologie, aux récits locaux. Il aimait les images, mais surtout ce que les images créent : des communautés, des rencontres, des émotions partagées.
Toujours humble, toujours chaleureux, il faisait partie de ces rares personnes capables de transformer une plage — déjà sacrée à Hawaï — en un lieu encore plus accueillant.
Un héritage qui ne s’effacera jamais
Plus de 900 vidéos restent disponibles pour continuer à faire vivre son regard. Mais ce que Ramon laisse surtout derrière lui, ce sont des milliers de petites histoires humaines : des sourires, des poignées de main, des tapes sur l’épaule, des mots doux, des services rendus sans rien attendre.
Chaque série qui déroule à Ala Moana, chaque bombe hivernale sur le North Shore, portera un peu de son énergie.
Rest in peace, Ramon Brockington. Et merci d’avoir tant donné au surf.
Chaque 2 décembre réveille une douleur particulière dans la communauté française de surf. Une date qui ne devrait être qu’un simple jour d’hiver, mais qui porte depuis 2005 la lourde trace d’un drame à Pipeline. Pour toute une génération de surfeurs français, dont je fais partie, Malik Joyeux n’était pas seulement un prodige tahitien : il incarnait la pureté du surf, la gentillesse, la simplicité, la beauté d’un style. Aujourd’hui, alors que de plus jeunes pratiquants ne connaissent parfois ni son nom, ni son histoire, il est essentiel de transmettre sa mémoire.
Le Petit Prince de Tahiti : un talent solaire
Né en 1980 à Moorea, Malik Joyeux grandit entouré d’océan, de lumière et de vagues qui sculptent son caractère. Très jeune, il se distingue par un style naturel et une aisance qui dépasse le simple don. À huit ans, il surfe déjà tous les jours. À quinze ans, il rivalise avec les grands. À vingt ans, il devient l’un des meilleurs watermen de Tahiti.
Sa relation avec Teahupo’o forge sa légende. Là où la plupart voient une mâchoire prête à se refermer sur eux, Malik y voit une danse précise, exigeante, presque intime. Il charge en tow-in, puis à la rame, dans un engagement absolu qui impressionne même les anciens. Une vague titanesque, en 2003, lui offre le Billabong XXL Tube of the Year, récompensant l’un des plus gros tubes jamais surfés à la rame. Le monde découvre alors ce sourire permanent, ce talent rare, ce jeune homme humble qui ne semblait jamais forcer quoi que ce soit.
On le surnomme vite « Le Petit Prince de Tahiti » — un surnom qui ne quittera jamais sa mémoire collective.
Pipeline, le rêve devenu tragédie
Pipeline… lieu sacré, temple, juge et bourreau. Le 2 décembre 2005, Malik y surfe comme tant d’autres jours : concentré, solide, confiant. On est sur un swell longue période en forte hausse dans la journée de mémoire. C’est le genre de jour, où ce n’est pas si gros, mais la puissance des vagues indiquent que la houle est en hausse. Les conditions sont sérieuses, mais pas hors norme pour un surfeur de son calibre. Pourtant, comme souvent à Pipe, ce n’est pas le plus gros jour qui fait le plus grand mal.
Vers 10h30, Malik s’engage sur la première vague d’un set de trois. Un take-off tardif. Un léger déséquilibre. Et la lèvre, lourde, qui s’abat sur lui en pleine accélération. Le choc est violent. Sa planche casse. Son leash est arraché. Ce qui ne devrait être qu’un wipe-out de plus se transforme en drame.
Les témoins plongent, cherchent, crient. Greg Long, présent ce matin-là, raconte des minutes interminables où personne ne sait si Malik est remonté plus loin, s’il est sur la plage, s’il flotte quelque part sous la mousse. Finalement, son corps est retrouvé une quinzaine de minutes plus tard, dérivant vers Pupukea. Trop tard. Beaucoup trop tard.
Pipeline a pris un prince.
Une onde de choc dans le monde du surf
La nouvelle traverse le monde comme une lame de fond. À Hawaii, un cercle de prière se forme spontanément sur le sable. En Polynésie, la tristesse est immense. En France, où Malik était particulièrement apprécié, la communauté surf est abasourdie.
Benjamin Sanchis, ami proche, confiera simplement : « C’était un pote, un frère. Il était cool avec tout le monde, et tout le monde l’adorait. »
Car au-delà du rideur spectaculaire, Malik était aimé pour sa simplicité. Aucun ego. Aucune posture. Juste un passionné, heureux d’être là, heureux d’être dans l’eau. Pipeline rappelle souvent sa dangerosité, mais ce jour-là, c’est un symbole qui disparaît. Un de ceux qui rappellent pourquoi ce spot est à la fois mythique et meurtrier.
L’héritage d’un surfeur qui mérite d’être transmis
Pour beaucoup d’entre nous, Malik Joyeux représente une époque du surf encore brute, profondément humaine. Une époque où les images de Teahupo’o faisaient frissonner une génération entière. Une époque où les icônes n’étaient pas des influenceurs, mais des garçons discrets qui repoussaient les limites avec un sourire timide.
Et pourtant… Aujourd’hui, nombreux sont les jeunes surfeurs — 16, 18, 20 ans — qui ignorent totalement qui était Malik. La preuve en est mon fils de 18 ans, passionné de surf, ne connaît ni l’homme, ni l’histoire, ni la légende.
C’est là que réside l’importance de raconter, encore et encore. Parce que la culture surf n’est pas seulement faite de tricks, de boards et de vidéos TikTok. Elle est faite de récits, de figures, de drames et de victoires humaines. Elle est faite de surfeurs comme Malik Joyeux.
Transmettre son histoire, c’est maintenir vivant un héritage, une mentalité humble, un engagement total dans les vagues les plus dangereuses du monde.
Un devoir de mémoire
Icônes Surf, ancré depuis des années dans la culture surf française, a toujours eu ce rôle : raconter, documenter, transmettre. Et le 2 décembre reste une date impossible à oublier. Une date qu’on se doit de marquer chaque année, pour rappeler aux nouvelles générations d’où l’on vient, qui étaient les pionniers, qui ont ouvert les portes de Teahupo’o au monde entier.
Malik n’a pas eu le temps de tout montrer. Mais ce qu’il a laissé suffit à inspirer des milliers de surfeurs.
Qu’on se le dise : il fait partie de l’histoire du surf. Et notre responsabilité est de faire en sorte qu’il ne tombe jamais dans l’oubli.
Là où les légendes surfent encore
On aime imaginer Malik quelque part, dans un barrel sans fin, là où l’eau est claire et les vagues parfaites. Un endroit où le temps ne compte plus. Où les wipe-outs n’existent pas. Où les surfeurs charismatiques conservent pour toujours leur sourire.
Chaque 2 décembre, on pense à lui. À ses proches. À ses amis. À la communauté tahitienne. Et à cet héritage immense qu’il nous a laissé.
Aux Canaries, certaines vagues sont plus dangereuses que d’autres… mais parfois, ce ne sont pas les sets qui frappent le plus fort. Depuis quelques jours, une vidéo tournée à Punta Blanca, à Tenerife, fait le tour du monde : un local en furie qui attaque un couple de surfeurs touristes à coups de poings, puis à coups de pierres. Une scène d’une violence rare, filmée en plein jour, sous le regard impassible des gens sur la plage. Loin d’être un simple “accrochage”, cet épisode interroge la frontière entre le localisme — notion historique du surf — et l’agression pure et simple.
Un incident choquant qui met Tenerife sous tension
L’escalade en quelques minutes
La vidéo montre une altercation qui dégénère : insultes depuis le lineup, coups échangés dans l’eau, poursuite jusqu’au parking, jets de pierres… Alexandra Caraballo et Cristian Mederos, deux touristes vénézuéliens, racontent avoir été agressés sans raison autre que leur simple présence à Punta Blanca.
Selon l’Instagram Surf en Español :
“Dès leur arrivée au spot, un local a commencé à leur crier dessus depuis l’eau, exigeant qu’ils partent et affirmant qu’ils n’avaient pas le droit d’être là.”
Lorsque Cristian tente de désamorcer la situation et propose de se placer ailleurs, la discussion tourne court. Pas de dialogue, seulement l’envie d’en découdre. Les images montrent ensuite la violence monter à un niveau absurde : coups, tirages de leash, corps-à-corps hors de l’eau, puis jets de pierres sur les touristes… et même sur ceux qui les accompagnaient.
Rapidement identifié sous le surnom “Tintin”, l’homme visé publie une série de vidéos pour se justifier. Il accuse les touristes d’avoir “provoqué”, affirme que la scène serait “manipulée”, qu’il aurait été “mordu par leur chien”, et que son intention était de “maintenir le respect sur la plage”.
Une défense qui n’a convaincu quasiment personne, qui dénonce massivement ce déferlement de violence.
Canaries : un paradis… où certaines vagues ne sont pas vraiment pour tout le monde
Les îles Canaries, souvent surnommées “le Hawaii de l’Europe”, possèdent une culture du localisme profondément ancrée. Spots accessibles depuis la route, vagues puissantes, lineups limités… et une fréquentation grandissante grâce aux vols low-cost : le cocktail parfait pour la tension.
Un localisme historique, parfois justifié… mais souvent dépassé
Les surfeurs des Canaries protègent leurs vagues depuis des décennies. Certains endroits sont explicitement déconseillés aux touristes. D’autres, officieusement réservés aux locaux. Ce n’est pas nouveau : intimidation, regards noirs, remarques sèches… beaucoup d’Européens qui ont surfé là-bas en parlent encore.
Le problème, c’est quand ce localisme franchit la ligne :
Ce qu’on voit dans la vidéo de Punta Blanca n’a plus rien à voir avec la défense d’un spot. Ce n’est plus une histoire de règles tacites. C’est un passage à tabac.
Le localisme avant : rude, mais encadré par des codes
Il y a trente ans, le localisme était plus dur, oui. Mais les codes étaient clairs, partagés, transmis aux surfeurs. Dire bonjour en arrivant. Respecter la rotation des vagues. Ne pas ramer sur tout. Ne pas se mettre à l’eau sur les rares vagues réservées aux locaux. Observer. Comprendre. S’adapter.
Aujourd’hui, beaucoup débarquent dans l’eau sans connaître ces règles. Pas celles écrites sur les chartes des fédérations, mais celles qui font vivre un spot depuis cinquante ans.
Une anecdote personnelle pour illustrer
Il y a quelques années, aux Canaries, j’ai attendu quarante-cinq minutes au line-up. Tous les locaux avaient pris leur bombe, le spot se vide, une série arrive, je suis seul, je souris : enfin ma vague. Au moment où je démarre, une surfeuse locale jette volontairement sa planche devant moi pour m’empêcher de partir. Message reçu : session terminée. Je suis sorti de l’eau immédiatement pour aller surfer ailleurs. Une humiliation ? Oui. Une agression ? Non. C’était leur manière — discutable — d’imposer une règle qui existait déjà.
À Hawaii, même histoire. Un jour sur un spot réservé aux locaux, personne à l’eau… mais un coup de pied dans la tête pour me rappeler que “personne” ne veut pas dire “tout le monde est bienvenu”. J’avais pris le risque. J’ai été puni. C’était brutal, mais je connaissais les règles (même s’il n’y avait personne au début de la session).
À Punta Blanca, on n’est plus dans le localisme : on est dans la violence
Ce qui choque dans cet incident, ce n’est pas la tension entre locaux et touristes — cela existe partout dans le monde du surf. Ce qui choque, c’est la perte totale de proportion.
Les règles du surf n’ont jamais justifié ça
Empêcher quelqu’un de prendre une vague ? Faire comprendre qu’un spot est sensible ? Mettre un regard noir ou une remarque sèche ? Oui, ça fait partie de la culture du surf, qu’on le veuille ou non.
Mais frapper un couple, poursuivre des gens, jeter des pierres, se filmer ensuite en victime ? C’est un gouffre culturel. Et cela ne représente en rien les valeurs du surf ni des surfeurs canariens — dont une immense majorité condamne cette agression.
Vers quelle coexistence pour les années à venir ?
Les Canaries ne cesseront jamais d’attirer les surfeurs du monde entier. Les locaux continueront, légitimement, de vouloir préserver leurs vagues. Le défi ? Trouver un équilibre qui respecte les codes du surf sans laisser place aux comportements dangereux.
Car si le localisme est un langage, la violence, elle, n’en est pas un.
Quand Asher Pacey et Victor Bernardo se retrouvent sur une longue droite marocaine, c’est une véritable démonstration de contraste et d’harmonie. Deux approches opposées, mais un même amour de la ligne parfaite.
Asher Pacey : la douceur et la glisse sans effort
Asher Pacey incarne un surf tout en contrôle. Léger, fluide, presque méditatif, il transforme chaque vague en sculpture mouvante. Son style reposant et minimaliste, amplifié par ses twins oversize, donne l’impression qu’il flotte plus qu’il ne surfe. Chaque manoeuvre paraît évidente, simple, naturelle.
Victor Bernardo : la précision électrique du quad
À l’opposé, Victor Bernardo apporte un surf chargé d’énergie. Accélérations soudaines, changements de rythme, prises de rails appuyées : il injecte une dose de vivacité dans chaque section. Son quad nerveux lui permet de garder de la vitesse même dans les passages les plus plats, soulignant une lecture de vague affûtée.
Deux univers qui dialoguent sur une même vague
Dans la vidéo d’Album Surfboards, les deux surfeurs dévoilent toute la richesse du point break marocain. Ce n’est pas le Maroc le plus massif de la saison, mais un Maroc élégant, rythmé, sublimé par un montage léché d’Ayoub Abouizza. Les couleurs chaudes, la lumière rasante et la longueur des rides rendent chaque séquence addictive.
Les twins et les quads apparaissent ici comme un véritable cheat code : vitesse illimitée, transitions fluides et angles variés. Une démonstration de la polyvalence des planches alternatives, parfaitement adaptées aux longues droites locales.
Le Maroc, terrain de jeu des stylistes
Après cette vidéo, impossible de ne pas penser à l’histoire surf du pays : Anchor Point, les secrets bien gardés de Safi, et ces kilomètres de lignes qui permettent d’exprimer un style unique. Asher et Victor rappellent qu’au-delà de la performance pure, le surf reste un art — un langage personnel qui se révèle pleinement sur ces vagues interminables.
L’hiver hawaiien vient à peine de commencer que le North Shore rugit déjà comme un moteur au redémarrage. Les premiers gros swells ont frappé Oahu, réveillant Pipeline, Backdoor et Off the Wall dans leur version la plus brutale. Comme chaque année, la saison promet d’être sauvage, mais cette fois, un ingrédient mythique revient dans l’équation : le Wave of the Winter. Et c’est Liam McNamara, légende du Pipe des années 80 et 90, qui signe son grand retour.
Le prix le plus démocratique du surf refait surface
Depuis les années 2000, le Wave of the Winter récompense une chose simple et pure : la meilleure vague de l’hiver, celle qui fait hurler toutes les team houses alignées le long de la Kamehameha Highway. Une récompense qu’un champion du monde peut partager avec un inconnu. Un prix où la hiérarchie ne tient plus que sur une seule chose : le courage et la chance.
Disparu depuis presque cinq ans, ce trophée revient grâce à une initiative indépendante menée par Liam McNamara, épaulé par Jeff Hall (Rogue TV) et Jake Howard (Surfer Mag). Sans les marques corporate, sans le bruit marketing : juste la communauté. Résultat : plus de 100 000 dollars levés auprès d’une vingtaine de petites entreprises, toutes prêtes à remettre le surf hawaïen là où il doit être — dans les mains de ceux qui risquent leur peau.
Pipeline, Backdoor, Off the Wall : les arènes sont prêtes
Le North Shore est souvent caricaturé, mais la vérité dépasse toujours la légende. À peine huit kilomètres de côte concentrent la violence de l’océan Pacifique, la densité de surfeurs la plus folle du monde et une atmosphère électrique où tout se joue en quelques secondes. Pipeline est au centre du cyclone : la vague la plus belle, la plus célèbre, la plus dangereuse.
Les premiers swells de la saison ont déjà montré les dents. Les locaux parlent d’un hiver potentiellement énorme. Et comme le rappelle Liam, une vague iconique peut venir de n’importe où : un carve à Haleiwa, un 720 à Rocky Point, un barrel interminable à Sunset… voire un Mason Ho sorti de nulle part en train de kickflip par-dessus un rocher. À Hawaii, tout peut arriver.
Une récompense pensée pour les surfeurs, par les surfeurs
Le nouveau Wave of the Winter est plus ambitieux que jamais. Le lauréat de l’hiver recevra 25 000 $ pour un unique ride. Chaque mois, trois surfeurs et trois cameramen seront récompensés, avec un minimum de 5 000 $ pour la Wave of the Month. Une prime spéciale de 5 000 $ distinguera même un First Responder (quelqu’un qui portera assistante à un surfeur en difficulté), ces héros du quotidien qui veillent sur les line-ups et ont, dans le cas de McNamara, sauvé la vie de son propre fils.
Les vagues prises en compétition ne compteront pas, une décision qui renforce l’esprit pur et brut du prix. Exit les heats. Exit les priorités. Ici, le jury, composé notamment de Nathan Fletcher, pourrait couronner un inconnu tout autant qu’un John John Florence.
Les favoris ? Le hasard reste roi
Lorsque Nathan Florence — vainqueur du prix 2017/2018 — évoque ses favoris, il rappelle une vérité simple : le Wave of the Winter, c’est la loterie du chaos. Être au bon endroit au bon moment. Avoir l’audace d’aller sur une vague “borderline insurfable”. Et surtout, réussir à en sortir.
John John Florence et Barron Mamiya, présents toute la saison avant le lancement du tour en avril, font figure de candidats naturels. Jamie O’Brien, lui, peut prendre n’importe quelle vague, n’importe quand. Les Koa Rothman, Eli Olson et Ivan Florence sont des habitués de la hiérarchie locale, capables de se positionner pile là où il faut. Derrière eux, une armée de talents prêts à risquer la chute de leur vie pour décrocher la vague de l’hiver. Parmi eux : Eala Stewart, Kala Grace, Shion Crawford…
Mais la vérité, c’est que tout reste ouvert.
L’hiver 2025/2026 s’annonce incandescent
La waiting period commence le 1ᵉʳ décembre et durera 90 jours. Et si l’on en croit les premières images, le premier swell pourrait déjà sortir une vague historique.
La saison ne fait que commencer. Le concept est relancé. Les spots sont prêts. Les caméras tournent. Les chargeurs sont affûtés. L’hiver à Hawaii est officiellement là… et il s’annonce incandescent.
Il y a des images qui vieillissent bien. Et puis il y a celles qui, dix ans plus tard, te collent encore des frissons. « Death Rites », la dernière vidéo exhumée par Tim Bonython, fait clairement partie de la deuxième catégorie.
Une journée où tout a basculé
The Right n’a jamais eu besoin de publicité pour être considérée comme l’une des vagues les plus dangereuses de la planète. Mais ce jour de mai 2016, l’océan a décidé d’aller plus loin : plus gros, plus sombre, plus violent. Dans son spot habituel, posé sur un jet-ski dans le channel, Tim Bonython raconte que chaque set donnait l’impression qu’un marteau gigantesque fonçait droit sur lui. Pas une exagération : cette droite mutante peut aspirer l’océan en quelques secondes, se dresser comme un mur d’acier, puis exploser sur le reef avec la puissance d’un train lancé à pleine vitesse.
Ce jour-là, l’horizon s’est éteint. L’eau s’est retirée des rochers. L’air vibrait. Le moindre impact produisait un souffle sonore qui n’arrivait qu’après la déflagration — comme un écho de guerre.
Un casting de légendes… et de survivants
Si cette session est aujourd’hui rééditée dans une version complète de 22 minutes, c’est parce qu’elle réunit un casting de surfeurs qui connaissent The Right comme personne : Ryan Hipwood, Russell Bierke, Kerby Brown, Mick Corbett, Bradley Norris, Chris Shanahan, Rudi Schwartz, Benny Ruffus, Chris Ross, Jarryd Foster… et même deux bodyboardeurs emblématiques du spot : Brad Stone et Lewy Finnegan.
Des noms qui, pris séparément, imposent le respect. Ensemble, face à un monstre en furie, ils donnent un aperçu brut de ce que signifie vraiment “engagement”.
Le jour où la caméra tremble autant que les surfeurs
Beaucoup d’images de cette session avaient déjà été aperçues dans The Big Wave Project 1. Mais comme souvent avec les archives de Bonython, le meilleur dormait encore sur un disque dur. Dans “Death Rites”, on découvre enfin :
la vraie taille des sets, parfois trop gros pour être surfés,
des wipeouts d’une violence quasi irréelle,
des visions de tubes carrés comme des ascenseurs,
et cette sensation d’être coincé dans un endroit où l’erreur n’existe pas.
Le channel lui-même n’est pas un refuge : chaque vague secoue le jet-ski, arrache l’air ambiant, fait vibrer l’objectif. Tim explique que c’est “le seul angle où tu peux vraiment sentir la vague venir sur toi”. Pas étonnant qu’il parle d’un “marteau” au-dessus de sa tête.
Pourquoi cette vidéo sort aujourd’hui ?
Parce que certains moments méritent une seconde vie. Parce que la mémoire du big wave surfing se construit aussi sur ces journées-là : celles où la frontière entre adrénaline, folie et lucidité devient très mince. Et surtout parce que cette session de 2016 représente ce que The Right est vraiment : une vague qui frappe sans pitié, un monument de puissance, un laboratoire de courage.
“Death Rites” n’est pas une vidéo de surf de plus : c’est une immersion. Une façon de ressentir, depuis ton canapé, ce que vivent ceux qui s’aventurent sur l’un des slabs les plus dangereux du monde.
Quand l’hiver hawaiien démarre, tous les regards se braquent vers Oahu. C’est la saison où il faut briller, même quand les line-ups débordent d’énervés prêts à se jeter sur n’importe quel set. Et au centre du cyclone médiatique, il y a le North Shore, cette bande mythique où les spots s’enchaînent comme les perles d’un collier. De Waimea à Sunset, il n’y a même pas 5 kilomètres : un minuscule village étiré le long de la Kamehameha Highway, où tout le monde se croise, où tout le monde se connaît… et où tout se joue.
Seule exception : Haleiwa, le centre humain du North Shore, un peu excentré mais indispensable, véritable cœur battant de cette côte qui fascine le monde entier.
C’est ici que le réalisateur Connor Trimble a posé sa caméra pour son nouveau film Hometown Hype 2025. Un pari difficile : raconter un lieu déjà filmé, photographié et mythifié sous tous les angles.
Un microcosme unique : la campagne agitée du surf mondial
La magie du North Shore, c’est sa contradiction permanente. Sur le papier, c’est presque la campagne :
des coqs et des poules qui traversent la route en toute impunité,
une végétation luxuriante,
des maisons modestes noyées dans le vert,
ce leitmotiv local : “Keep the North Shore green”.
Mais cette tranquillité n’existe que dans les cartes postales. Car la réalité du quotidien, c’est un mélange improbable : la Kamehameha Highway saturée de voitures, des parkings minuscules débordant de surfeurs, des foules sur le sable dès la moindre alerte de swell, et ce fameux Foodland, point de convergence absolu – on y croise autant de pros que de groms, tous en train de faire leurs courses entre deux sessions.
Le tout, dominé par une caserne de pompiers qui veille sur l’un des écosystèmes marins les plus dangereux et exigeants du monde.
Un regard neuf : filmer les gens plutôt que les vagues
Trimble l’explique clairement : « Le North Shore est la Mecque du surf, mais sa vraie richesse dépasse largement les vagues. Ce sont les gens qui rendent cet endroit unique. »
Loin des clichés surf porn ou des tubes héroïques déjà vus mille fois, il choisit de raconter la vie qui se joue entre les sets :
des locaux qui se connaissent tous,
des familles implantées depuis des générations,
des surfeurs qui partagent la même route, les mêmes supermarchés, les mêmes horaires de marée,
et une communauté soudée malgré l’effervescence permanente.
Haleiwa, le pivot entre mythe et quotidien
Le film nous ramène aussi à Haleiwa, cette petite ville attachante où tout converge. C’est ici que Trimble retrouve les visages familiers :
Mason Ho, l’âme solaire du North Shore,
Jamie O’Brien, quasi résident de Pipeline,
Brian Bielmann, œil et photographe légendaire,
Jon Pyzel, artisan des planches les plus convoitées,
Moona Whyte, incarnation parfaite du souffle hawaiien…
À travers eux, Trimble montre ce que les touristes ne voient jamais : une culture, une intimité, une identité profondément vivante, qui perdure même lorsque les vagues s’endorment.
Un hommage à une communauté qui vit dans le surf, mais pas que pour le surf
Au final, ce film réussit là où tant d’autres échouent : il capte l’âme du North Shore. Oui, c’est le terrain d’essai le plus rude et le plus médiatisé du monde. Oui, tout y est serré, cher, bruyant, parfois épuisant. Mais ce qui fait vibrer cet endroit, c’est la communauté qui, malgré les coqs, le chaos de la route, les foules sur le sable et les swells monstres, continue de répéter : “Keep the North Shore green.”
Un film qui rappelle que derrière les vagues, il y a avant tout une manière de vivre.
Difficile de trouver un surfeur qui divise autant que Joel Tudor. Légende du longboard, triple champion du monde, icône du style traditionnel… mais aussi aimant à controverses, spécialiste des sorties de route et figure paternaliste d’un rétro-surf souvent caricatural. Cette semaine, une nouvelle polémique s’ajoute à la liste : un simple commentaire sur Instagram autour du drapeau confédéré a déclenché un feu d’artifice sur Reddit. Et une fois encore, Tudor en prend pour son grade.
Tout est parti d’un souvenir partagé par le Californien : une planche aperçue il y a des années en Floride, décorée intégralement comme un drapeau confédéré. Il décrit “un travail de résine incroyable” et regrette de ne pas l’avoir achetée. Rien de politique selon lui, juste l’admiration d’un travail artisanal. Mais sur Reddit, l’interprétation est tout autre : les utilisateurs dégainent immédiatement les termes “fasciste”, “quasiment nazi”, “provocation sournoise”. Le ton monte, et les commentaires s’enchaînent.
Ce n’est pas la première fois que Tudor se retrouve sous le feu des projecteurs pour ses positions ou ses provocations. On parle d’un homme connu pour jouer les “gardes du temple”, qui juge sans filtre, attaque en ligne et se plaît régulièrement à opposer “vrai surf” et “modernité”. Sur Reddit, un commentaire résume parfaitement l’image qu’il renvoie :
« Il est le leader des talibans du retro single-fin. Si tu surfes une planche moderne au mauvais moment, pas d’invit’ au Duct Tape Invitational. »
Pas besoin de chercher longtemps pour comprendre pourquoi cette phrase circule depuis des années dans la communauté. Nombreux sont ceux qui reprochent à Tudor d’avoir transformé la culture longboard en micro-secte élitiste, où seuls les puristes estampillés “old school validés par Joel” auraient droit de cité. Et pour certains athlètes—dont des Français pourtant exemplaires—ses prises de position frôlent parfois l’obsession personnelle. Du coup, je vous avoue, avoir adopté la même obsession sur lui….lol
La polémique actuelle a donc servi de catalyseur : sous couvert d’un débat sur un symbole de l’histoire américaine, les internautes déversent surtout des années de frustration accumulée. Entre les accusations d’arrogance, les commentaires moqueurs sur son attitude condescendante et les récits de rencontres peu flatteuses, l’image de Tudor prend encore un coup.
Et comme souvent, le débat politique s’invite dans le surf. Certains rappellent que le drapeau confédéré reste un symbole associé au racisme, au suprémacisme blanc et à la ségrégation. D’autres insistent sur la nuance historique. Un utilisateur tente même de remettre un peu de contexte, notant que “la majorité des soldats confédérés n’étaient pas propriétaires d’esclaves”. Une tentative d’équilibrer le débat… noyée immédiatement sous les downvotes.
En réalité, l’affaire dit moins de choses sur un drapeau que sur l’homme qui l’a mis en lumière. Joel Tudor s’est bâti une réputation : du génie du longboard au provocateur professionnel, il joue souvent avec la ligne rouge. Parfois par passion, parfois par ego, souvent par plaisir de contrarier. Mais à chaque fois, l’étincelle allume un brasier.
Reste une question : que restera-t-il de tout ça ? Pour beaucoup, pas grand-chose. Juste une polémique de plus sur un surfeur qui semble parfois autant aimer la confrontation que le nose-ride. Mais pour d’autres, c’est un rappel que l’aura d’une légende ne suffit pas à effacer les dérives du personnage.
Une chose est sûre : Joel Tudor n’a pas fini de diviser.
Dans la famille des records de surf les plus insolites, voici un nouveau champion : Dylan Graves, le surfeur porto-ricain spécialiste des weird waves, vient d’être officiellement reconnu par le Guinness World Records pour avoir réalisé… 46 top turns sur une seule vague. Oui, 46.
Le décor de l’exploit ? The Bono, aussi appelée 7 Ghosts, une vague de mascaret située au fin fond de Sumatra, réputée pour son phénomène unique : un undular bore composé de plusieurs vagues successives qui se forment lors d’une montée de marée extrême. Une vague étrange, capricieuse… mais parfaite pour enchaîner un nombre indécent de virages.
Graves avait été inspiré par la fameuse expédition The Search de Rip Curl en 2011. Plus d’une décennie plus tard, il est allé vérifier par lui-même si la légende tenait encore debout — et il est revenu avec un record à la clé.
Ce record arrive dans un contexte où les performances “non traditionnelles” explosent. Il y a quelques semaines, un Autrichien, Maximilian Neuböck, surfait une vague de rivière pendant 8h05min44s, décrochant le titre de la “plus longue vague surfée en eau libre”. Pendant ce temps, le record de la plus grosse vague surfée reste bien accroché par Sebastian Steudtner et son monstrueux 86 pieds à Nazaré en 2020.
Alors oui, ce ne sont peut-être pas les records les plus “classiques”, mais ils poussent les limites du surf là où personne ne regarde… et c’est exactement ce qui rend ces histoires passionnantes.
Difficile d’imaginer le surf moderne sans ces cartes colorées, ces modèles météo ultra-précis ou ces webcams braquées sur les meilleurs spots du monde. Pourtant, tout cela n’a pas toujours existé. Avant Surfline, avant Internet, avant même la notion de “prévision de swell”, les surfeurs vivaient littéralement dans le brouillard météo. Puis un homme a tout changé : Sean Collins, le fondateur visionnaire de Surfline, dont l’histoire est racontée dans une vidéo hommage passionnante. Une histoire de passion, de flair, de sciences et d’instinct marin hors du commun.
De Scorpion Bay aux premières théories modernes du swell
Tout commence dans les années 70, quand Sean Collins n’est encore qu’un surfeur amoureux de la Basse-Californie et de Scorpion Bay. À l’époque, la croyance générale est simple : les seules houles qui touchent Baja viennent des ouragans. Point final.
Sauf que Collins, lui, se balade toujours avec un globe terrestre. Et il démontre déjà, avec une avance folle sur tout le monde, que certaines houles peuvent voyager depuis… la Nouvelle-Zélande. Une révélation qui paraît totalement délirante pour ses potes de l’époque — mais qui deviendra plus tard la base même de la science des swells longs périodiques.
C’est là que l’histoire bascule : Collins n’est plus seulement un surfeur. Il devient un chercheur. Un détective du swell. Un pionnier.
À l’époque, le forecasting était un art. Un art… analogique
Les témoignages de la vidéo sont éloquents : avant Collins, c’était “l’âge sombre”. Pas de données satellites, pas de bouées organisées, pas de graphiques en temps réel. Sean, lui, analyse les cartes papier, décodant les pressions, les vents, les dépressions. Il apprend à lire dans les nuages comme d’autres lisent dans les lignes de la main. Il devine les futures houles avec une intuition presque surnaturelle, nourrie par des années de navigation et d’observations.
“On était en avance sur tout le monde”, raconte un de ceux qui ont travaillé avec lui. Et cela, bien avant que le business du forecasting existe.
976-SURF, le premier contact magique
Avant Surfline, il y a une innovation méconnue mais culte : 976-SURF, une ligne téléphonique américaine où la voix de Collins annonçait les conditions du jour. Une sorte de hotline de la houle. Les surfeurs écoutaient ça comme une drogue matinale. “Le swell arrive vendredi… un petit sud-ouest sur la Californie du Sud…” Et soudain, tout un littoral vibrait en même temps.
Le swell n’était plus un mystère.
PS: on a connu le même phénomène en France avec Surf Report, et la voix de Michel Boyer, il me semble….
Puis vint Surfline. Et le surf changea pour toujours
Avec l’arrivée d’Internet, l’intuition géniale de Collins prend une dimension mondiale. Surfline devient la référence absolue, un allié indispensable aux surfeurs du monde entier, du débutant au big-wave rider.
Les webcams en direct ? C’est lui. Les cartes interactives ? Encore lui. La culture même du “je check la cam avant d’aller surfer” ? Oui, lui aussi.
La vidéo raconte très bien cette sensation d’avoir accès à quelque chose de presque “vaudou” pour l’époque. Regarder Pipeline en direct depuis un ordinateur dans les années 90, c’était de la science-fiction.
Un instinct que même la technologie ne pouvait égaler
Malgré les modèles météo, malgré la data, malgré les avancées techniques, Sean Collins gardera toute sa vie une capacité presque animale à “sentir” les swells.
Certains témoignent qu’il pouvait littéralement sentir un changement de météo… à l’odeur de l’air. D’autres racontent qu’il donnait des fenêtres horaires tellement précises que leur carrière de big-wave rider lui doit à peu près tout.
“Va à l’eau entre 14h et 16h.” Et le swell arrivait. Exactement comme prévu.
Impossible de ne pas être admiratif devant une telle maîtrise.
Un héritage colossal : des millions de surfeurs connectés à la passion d’un seul homme
La vidéo se conclut sur la disparition de Collins, en 2011, et sur la gigantesque cérémonie organisée en son honneur. Des centaines de surfeurs rassemblés dans l’océan pour célébrer celui qui, finalement, a offert quelque chose de précieux : la capacité de prévoir la magie.
Car Sean Collins n’a jamais créé les vagues. Mais il nous a appris à les attendre. À les comprendre. À les rencontrer.
Et son impact continue encore aujourd’hui, dans chaque refresh de Surfline, dans chaque trip organisé grâce à une carte météo, dans chaque swell anticipé.
Un homme. Un passionné. Un génie discret. Et l’un des surfeurs les plus influents de toute l’histoire de notre sport.
Quand on parle de surf et de célébrités, on pense rarement à Benedict Cumberbatch, aka le mythique Docteur Strange de Marvel. Et pourtant… l’acteur anglais a surpris tout le monde en révélant qu’il s’était mis au surf sur le tard — et qu’il avait même dû faire une pause forcée après un sérieux pépin à l’épaule. De quoi déclencher un mini-buzz dans la planète people/surf.
Tout est parti d’une interview dans le podcast Smartless, où Jason Bateman lui demande s’il y a quelque chose qu’il aimerait maîtriser à moitié aussi bien que son métier d’acteur. Cumberbatch répond du tac au tac : “le surf”. Pas un rôle, pas une technique de jeu… non, une planche et des vagues.
Un surfeur tardif, mais complètement accro
L’acteur raconte qu’il a découvert la discipline en Nouvelle-Zélande, pendant le tournage (et surtout l’arrêt brutal) de The Power of the Dog durant le Covid. Bloqué dans le pays avec sa famille, il s’installe près d’une petite droite tranquille de Te Awanga, à Hawke’s Bay — l’endroit où tout a commencé.
Et comme beaucoup de surfeurs, il se fait happer par la magie du line-up :
“Je suis tombé amoureux de cette sensation, de l’océan, du littoral, du moment présent… C’est impossible à expliquer à quelqu’un qui n’a jamais surfé.”
Le “presque accident” qui fait parler
Mais Cumberbatch glisse aussi une info plus sombre : une opération de la coiffe des rotateurs (les tendons de l’épaule) l’a tenu éloigné de l’eau pendant six mois. Pas un wipe-out dramatique à Hollywood, mais suffisamment sérieux pour devenir… un accident de surf façon Docteur Strange, dans les titres du moment.
Une passion qui rassemble tout le monde
Ce qu’il préfère dans le surf ? Le mélange improbable de profils dans l’eau : du dealer au chef de la police, tous dans la même file d’attente pour une vague, “tant que tu ne leur voles pas la leur”. Je pense que l’acteur n’a pas fréquenté les spots avec des locaux pas très accueillants…
Quand Harry Bryant décide de partir en mission, ce n’est jamais pour une promenade de santé. Avec Roasted, sa dernière vidéo tournée au bord d’un typhon dans l’Extrême-Orient, le surfeur australien prouve une nouvelle fois que l’exploration pure, sans artifice, existe encore. Et qu’elle peut offrir quelques-unes des vagues les plus improbables de l’année.
Une mission née d’une intuition (et d’un météorologue amateur obsédé)
À l’origine de cette aventure : Dav Fox, ami, filmer et compagnon de routes depuis dix ans. Son passe-temps favori ? Scruter Google Earth, disséquer les cartes météo et repérer des anomalies qui pourraient devenir, un jour, des vagues mythiques. Cette fois, il surveillait l’Asie de l’Est, frappée par une saison de typhons particulièrement active.
Il fallait une conjonction parfaite : – un typhon assez proche pour lancer la houle, – suffisamment de pluie pour que la rivière locale déverse un banc de sable précis dans l’océan, – mais pas trop de vent pour ne pas ruiner le spot.
Un alignement d’une précision chirurgicale… et une vague qui n’avait pas fonctionné depuis six ans.
Quand Dav appelle Harry, celui-ci sait immédiatement que quelque chose de spécial est en train de se jouer.
48 heures pour attraper une vague fantôme
Le duo monte dans un avion le lendemain, direction un pays où ils ne connaissent absolument personne et dont ils ne maîtrisent pas la langue. Entre les ruelles labyrinthiques d’un village rural, les marchés où des anguilles et crustacés les dévisagent et des menus impossibles à décoder, ils cherchent à atteindre la sortie de rivière repérée sur satellite.
Ils ne savent même pas si le spot marche.
Puis, un hasard total : au détour d’un mur, ils tombent sur six surfeurs locaux. L’un d’eux reconnaît Harry instantanément et, hilare, les guide à travers un grillage tordu et quelques mètres de barbelés. Quelques pas plus tard, la magie opère : une droite parfaite déroule, belle, rapide, cylindrique, presque trop belle pour être vraie.
Une vague chaude, vive et hypnotique
La vague de Roasted n’a rien d’un slab terrifiant. Pas de rochers, pas de courant glacial. Juste une droite chaude, propre, légèrement « overhead », qui ouvre sur des barrels interminables et des sections où Harry peut laisser parler son sens du timing et de la vitesse.
Il surfe sur une planche spéciale : une 7’1’’ signée Josh Keogh, retiré depuis longtemps, mais ressuscité pour l’occasion. La même qui lui avait offert des lignes sublimes au Maroc. Dans ce décor asiatique, elle devient presque un talisman.
Harry ne force rien : il lit les sections avec une fluidité déconcertante, s’engouffre dans les tubes, en ressort propulsé, puis enchaîne les carves incurvés avec cette grande planche comme si la vague lui parlait. Un style incroyable…
Une aventure improbable devenue un film
Ce qui devait être un pari météorologique est devenu une vidéo hypnotique, bercée par Afroman, du violon et une harpe chinoise. Roasted, c’est la preuve qu’il reste des surprises, des vagues qu’on ne voit que trop rarement…
Deux amis, un typhon, un banc de sable, un pays inconnu, et l’une des plus belles surprises de l’année.
Il y a des projets qui naissent dans la chaleur poussiéreuse du Sénégal… et qui vous emmènent, quelques mois plus tard, au bout du monde. C’est exactement ce qui est arrivé à Paco Elissalde et Isis Gouhry, partis pour un périple de 25 000 kilomètres à travers l’extrême nord, à la recherche de ces line-ups isolés que les surfeurs fantasment depuis toujours. Leur film, qui cumule à peine 800 vues – un véritable scandale – est pourtant l’une des plus belles invitations à l’aventure que vous verrez cet hiver.
« The most intense, frustrating, exhausting, magnificent, cold trip of our lives » : la description donne le ton. Pendant cinq mois, ils ont traversé des paysages hors du temps, coincés entre des montagnes enneigées et une nature brute, presque inquiétante. Loin des clichés du surf performance, leur voyage raconte autre chose : la recherche d’un sentiment, celui d’être seul au monde face à une vague, aussi petite soit-elle.
Les journées sont courtes, trop courtes. Le froid est constant, mordant. Les nuits sont interminables, traversées par l’humidité et parfois illuminées par une aurore boréale. À chaque étape, le décor change, mais un fil rouge demeure : cette impression de toucher un bout du monde encore épargné. Ils rencontrent des cultures menacées par la modernité, croisent une faune sauvage intacte et découvrent des terres où la solitude n’est pas un choix, mais une évidence.
Côté surf, ne cherchez pas le niveau qui claque, les manœuvres à couper le souffle ou des musiques superproduites. Ce film est une ode au voyage, pas un montage de performance. On y voit des vagues modestes, parfois capricieuses, mais sublimées par des décors irréels : fjords silencieux, plages oubliées, montagnes glaciaires qui touchent presque l’eau. Et à chaque session, ce même émerveillement : être là, simplement, sans foule, sans bruit, sans autre objectif que d’aller voir ce qu’il y a derrière la prochaine route gelée.
Ce voyage rappelle une vérité simple : le surf n’est pas uniquement affaire de puissance, de tubes ou de prises de risques. C’est aussi — et surtout — une quête de liberté. Une manière de renouer avec ce qui nous dépasse, avec ce que beaucoup cherchent sans jamais vraiment le trouver.
Et si la vidéo ne compte que 800 vues, elle, au moins, a réussi sa mission : donner envie de repartir, de s’enfoncer dans l’hiver, de rêver à un horizon blanc et silencieux.
Le surf professionnel adore les revirements. Mais celui que vit la World Surf League en 2026 a quelque chose d’unique : alors qu’elle durcissait comme jamais son système de compétition, les plus grandes stars de la discipline ont décidé… de revenir. Carissa Moore, Stephanie Gilmore, John John Florence, Gabriel Medina : quatre icônes, quatre générations, quatre visions du surf, un même choix.
Mais là où l’histoire devient fascinante, c’est que ce retour massif survient au moment précis où la WSL adopte son format le plus impitoyable, le plus sélectif de toute son histoire. Le CT 2026 est une révolution silencieuse : un mélange de nostalgie assumée et de modernité brutale qui redéfinit entièrement la manière de devenir champion du monde.
Le retour du championnat cumulatif : la décision que voulaient les champions
Finies les WSL Finals façon “champion du monde en une journée”. Terminé le format winner-takes-all sur un spot unique. La WSL a remis la couronne là où elle a toujours eu le plus de légitimité : sur la durée d’une saison complète.
Ce retour à un titre construit étape après étape, performance après performance, a eu l’effet d’un électrochoc dans le monde du surf.
John John Florence l’avait dit : “Un titre doit se jouer sur une saison entière, pas en un seul jour.” Carissa Moore a souffert de deux titres perdus malgré une saison parfaite. Steph Gilmore a toujours défendu l’idée que le champion doit être celui qui brille toute l’année. Medina, enfin, a toujours favorisé les systèmes exigeants et réguliers.
En bref, les anciens champions du monde ont eu ce qu’ils voulaient. Simple, net, efficace.
Sur le plan marketing, la WSL est gagnante : quatre méga-stars de retour, des millions d’abonnés qui réintègrent l’écosystème CT, et un engouement médiatique retrouvé.
Mais sportivement ? L’histoire est beaucoup moins simple.
Le format 2026 : une montée en puissance… dans un champ de mines
Pendant que les superstars reprennent place dans le Tour, la WSL annonce des règles plus dures : – plus de rounds non-éliminatoires – plus aucune seconde chance – chaque heat fait avancer ou sortir
Le CT 2026 devient un système de survie permanente. Même les surfeurs les plus expérimentés n’ont plus le droit à un seul faux pas. C’est la fin du round 2, le round « Joker ». Le problème n’est pas seulement la sévérité des éliminations directes. Le cœur du débat se trouve déplacer ailleurs : dans le système de seeds et dans la manière dont les tableaux sont construits.
Les wildcards : les vraies sacrifiées du nouveau système
Contrairement aux rumeurs, aucune superstar ne revient en 2026 via une wildcard saisonnière. En revanche, ce sont bien les wildcards classiques — locales ou event wildcards — qui héritent d’un rôle quasi sacrificiel.
Leur situation est extrêmement compliquée :
elles commencent obligatoirement en Round 1,
elles affrontent des surfers classés 29 à 34,
puis, si elles gagnent, elles tombent directement sur les seeds 1 à 4 (hommes) ou 1 à 8 (femmes),
le tout dans un format éliminatoire sans aucun repêchage.
Le bracket 2026 ressemble plus à une colline verticale qu’à un escalier logique. Les wildcards, elles, commencent tout en bas… les pieds attachés.
Ce n’est pas un hasard : le système est pensé pour “protéger” les têtes de série. Mais dans un format où la moindre erreur coûte toute une étape, cette protection devient un avantage énorme — quasi insurmontable.
Et les superstars dans tout ça ?
Ironiquement, les champions historiques — Moore, Gilmore, Florence, Medina — qui reviennent en 2026 ne subissent aucune pénalité structurelle.
Ils ont :
un seed réel (au bout de la première épreuve, j’imagine),
une entrée dans le tableau équilibrée,
une progression logique,
la possibilité d’accumuler des points durablement,
et la saison pour construire leur titre.
En clair : Ils reviennent dans le format le plus dur, mais aussi dans les conditions les plus favorables.
Ce qui crée une situation paradoxale — presque théâtrale :
les légendes reviennent grâce à un format qu’ils ont toujours voulu,
ce format devient plus brutal que jamais,
mais ce sont les wildcards et les rookies… qui en paient le prix fort.
Un CT 2026 plein de promesses et de dommages collatéraux
Le surf professionnel vit une mutation rarissime. D’un côté, le retour d’un système plus crédible et respecté par les champions. De l’autre, une intensité compétitive qui n’a jamais été aussi élevée.
Le CT 2026 sera un mélange explosif avec le retour des superstars, la brutalité du tableau en élimination directe pourrait bien créer autant de héros que de victimes.
Une chose est sûre : la saison 2026 ne sera pas seulement un retour aux sources — ce sera un stress-test permanent.
Quand l’hiver frappe à Nazaré, ce n’est jamais timidement. Et pour ce premier swell de la saison, Clément Roseyro était — évidemment — au rendez-vous. Le Français, devenu en un temps record une référence des grosses vagues, ouvre une nouvelle fois le bal avec une vidéo qui sent la mousse froide, l’adrénaline et cette obsession très personnelle qu’il entretient avec les murs liquides portugais.
L’éclosion éclair d’un surfeur hors-norme
Il y a encore quelques années, Clément Roseyro était surtout connu des initiés pour sa polyvalence rare : surf, foil, kite, wing, tow-in… Il touche à tout, et surtout, il excelle partout. Une trajectoire qui rappelle forcément celle de Kai Lenny, souvent citée lorsqu’on parle de ces athlètes multi-supports capables de lire l’océan comme personne. Sauf que cette fois, la comparaison vient avec une bonne dose de fierté : Clément Roseyro, c’est notre Kai Lenny français.
Et malgré son jeune âge, il fait déjà partie de ceux dont la simple présence rassure les équipes sur l’eau. À Nazaré, on l’a vu très tôt prendre des lignes sérieuses, s’imposer dans les discussions, puis dans les images. Aujourd’hui, il est clairement devenu l’un des noms qui comptent.
Un premier swell qui donne le ton
La vidéo démarre comme un bulletin météo diabolique : une houle propre, solide, longue, l’un de ces signaux que tout surfeur de grosses vagues reconnaît instantanément. Clément était déjà sur zone, prêt à dégainer la planche et préparer le jet ski.
Dans ce premier swell d’hiver, il enchaîne les drops tendus, les lignes à haute vitesse et quelques rides d’école, le genre qui fait comprendre en une seconde pourquoi il a gagné autant de crédibilité sur place. Ce n’est pas juste du courage : c’est du sang-froid, de la lecture, de la technique, et surtout une vraie vision de la vague.
Une saison qui s’annonce féroce
Si le premier swell ressemble à ça, la suite promet des épisodes encore plus intenses. On parle d’une année Nina, souvent annonciateur de swell consistant et fréquent sur nos côtes. Nazaré n’a jamais été un spot de demi-mesure, et Clément Roseyro semble plus affûté que jamais pour cette nouvelle saison hivernale. Sa capacité à rester calme dans le chaos, à accélérer là où d’autres ralentissent, et à transformer chaque mur d’eau en ligne artistique laisse présager le meilleur.
Une chose est sûre : l’hiver ne fait que commencer, mais Clément Roseyro est déjà lancé à pleine vitesse. Et cette nouvelle vidéo en est la première preuve éclatante.
Il y a des vidéos qui claquent par le montage, la musique, les transitions. Et puis il y a celles qui, sans rien de tout ça, disent beaucoup plus. La dernière sortie vidéo de Tristan Guilbaud appartient clairement à la deuxième catégorie. Pas de son, pas de fioritures… juste le bruit des vagues et les « ooooh », un regard brut sur plusieurs sessions landaises et deux sessions basques bien solides.
Ce format “raw” révèle quelque chose d’essentiel : Guilbaud n’a plus rien à prouver. Le Vendéen, qu’on pourrait presque qualifier de « vieux de la vieille » du surf français, déroule ici toute sa science du tube avec une facilité presque insolente. Des lignes propres, des appuis précis, un placement chirurgical dans des barrels qui ne pardonnent pas. À 30 ans passés, il ne surfe pas, il maîtrise.
Un tube rider sous-estimé
Ceux qui suivent Tristan depuis longtemps savent à quel point il excelle sur des longues droites avec du mur. Mais cette vidéo rappelle autre chose : sa capacité à s’engager dans des tubes épais, à serrer son rail au millimètre quand la lèvre tombe devant lui. Plus rare de le voir sortir une grande planche, encore plus au Pays Basque, mais pas de problème pour le surfeur vendéen. C’est brut, sincère, sans maquillage. Et finalement, c’est peut-être ce qui fait tout le charme de cette vidéo.
Un surfeur généreux dans la transmission
Ce qu’on oublie parfois, c’est que Tristan n’est pas seulement un très bon surfeur : c’est aussi un coach et un pédagogue. Il partage son expérience, décortique les trajectoires, donne des conseils techniques à ceux qui veulent progresser dans de nombreuses vidéos. Et quand on regarde ces images, on comprend pourquoi ses séances de coaching attirent autant : il sait de quoi il parle, il sait lire une vague, il sait surtout comment aider les autres à mieux la comprendre.
Cette vidéo de Tristan Guilbaud n’a pas besoin d’artifices. Elle montre un surfeur mature, solide, appliqué et inspirant. Un surfeur qu’on a vu grandir, et qui continue, session après session, à rappeler ce qu’est le vrai surf : une relation brute et honnête avec la vague.
Le surf a parfois des allures d’aventure extrême. Desert Rats, le nouveau film Volcom, en est la preuve éclatante. Pendant 45 minutes, on suit trois surfeurs — William Aliotti, Pierre Caley et Matt Hollman — lancés dans une virée de 9 000 kilomètres à travers un désert australien. Leur mission : trouver les slabs parfaits, ces vagues puissantes et dangereuses où vous avez pied au moment de la chute.
Le décor est planté : routes infinies, paysages lunaires, requins blancs omniprésents et conditions météo imprévisibles. Loin des images de surf paradisiaques, Desert Rats montre le vrai visage de la quête de vagues : l’attente, la frustration, et l’adrénaline pure quand tout s’aligne enfin… parfois trop tard. Car, ironie du sort, le swell tant attendu se lève juste après le départ de William Aliotti.
Produit par Guillaume Dartenuc, filmés par Beni Bagley, Kane Overll et monté par Laura Diaz et Gabriel Boin, le film mêle humour, peur et amitié dans une atmosphère à la fois rude et touchante. Les images signées Beni Bagley et Kane Overall plongent le spectateur dans un univers désertique et fascinant, où la nature impose sa loi.
En première partie, on découvrira Jungle Fever (15 minutes), un court-métrage réalisé par Arthur Genie, qui suit également William Aliotti à Kandui Resort, en Indonésie.
🎬 Infos projection
📅 Mardi 31 octobre 2025 à 20h30 📍 Le Rex – Hossegor 🎟️ Billets disponibles en ligne sur le site du cinéma ou directement au guichet. 👥 Projection en présence de Pierre Caley et William Aliotti.
📅 Jeudi 30 octobre 2025 à 20h30 📍 Cinéma Royal – Biarritz 🎟️ Billets disponibles en ligne sur le site du cinéma ou directement au guichet. 👥 Projection en présence de Pierre Caley et William Aliotti.