Auteur/autrice : Kelly Slater

  • Sierra Kerr entre dans l’histoire avec le premier backflip féminin en surf

    Sierra Kerr entre dans l’histoire avec le premier backflip féminin en surf

    Sous les projecteurs du bassin URBNSURF de Sydney, Sierra Kerr vient de réaliser ce qu’aucune surfeuse n’avait encore osé imaginer : un backflip parfait. Une première historique dans le surf féminin. Et le plus fou dans tout ça ? C’était son premier essai de la soirée.

    La jeune Australienne de 18 ans a posé cette rotation spectaculaire sur le même spot où elle remportait, un mois plus tôt, son quatrième titre Stab High. Portée par l’énergie des sessions nocturnes, Sierra s’est élancée, a saisi les deux rails en plein vol et a atterri proprement. Un instant d’histoire gravé à jamais, filmé sous les lumières du bassin et acclamé par la communauté surf mondiale.

    Une progression fulgurante, malgré la maladie

    Si ce backflip a tant d’écho, c’est aussi parce qu’il symbolise une renaissance personnelle. En 2025, Sierra Kerr revenait de loin.
    Victime de la maladie de Lyme, une infection transmise par les tiques, elle avait passé des mois à l’hôpital, incapable de marcher, encore moins de surfer. « J’étais tellement faible que je ne pouvais même pas me tenir debout sur ma planche », confiait-elle dans un post bouleversant.

    Mais avec une détermination hors norme, Sierra a repris le chemin de l’eau, d’abord timidement, puis avec une énergie retrouvée. Jusqu’à redevenir la surfeuse explosive que tout le monde voyait déjà comme une future championne du monde.

    L’héritage des Kerr

    Ce n’est sans doute pas un hasard si ce premier backflip féminin porte le nom de Kerr.
    Son père, Josh Kerr, ancien pro et inventeur du mythique Kerrupt flip, a marqué sa génération par sa créativité aérienne. Aujourd’hui, sa fille perpétue la lignée, avec un style tout aussi aérien et moderne, le tout accompagné d’une capacité à repousser les limites à chaque session.

    Entre héritage, talent pur et mental d’acier, Sierra Kerr incarne cette nouvelle génération de surfeuses capables de réécrire les codes du surf féminin. Et si ce backflip n’est qu’un début, le monde du surf n’a pas fini d’entendre parler du clan Kerr.

  • Le Pro Junior européen s’offre une grande finale à Taghazout

    Le Pro Junior européen s’offre une grande finale à Taghazout

    C’est au Maroc, que se joue la dernière manche du circuit européen Pro Junior 2025. À partir de demain, les meilleurs surfeurs et surfeuses de moins de 20 ans se retrouveront sur le spot d’Anza (faute de houle suffisante pour surfer la Pointe Des Ancres) pour clore une saison qui, pour une fois, aura vraiment eu de la gueule.

    Un final décisif au Maroc

    Le Junior Pro Taghazout Bay marque la quatrième et dernière étape du circuit WSL Europe Junior 2025. Après la France, l’Espagne et l’Irlande, la caravane junior pose ses planches sur les côtes marocaines pour une semaine qui s’annonce aussi ensoleillée que stratégique.

    Certes, le suspense pour le titre européen est déjà retombé : aucun surfeur ou surfeuse français ne peut mathématiquement coiffer la couronne avant même le premier heat. Mais l’enjeu reste de taille. Cette dernière compétition déterminera qui se qualifiera pour les WSL World Junior Championships, l’équivalent d’un ticket pour le surf mondial de demain.

    En tête du classement, on retrouve l’Espagnol Alfonso Suarez, impressionnant de régularité cette saison avec une victoire à Ferrol et un podium à Razo. Chez les filles, sa compatriote Carla Morera De La Vall mène la danse après deux victoires éclatantes (Razo et Capbreton), mais la Portugaise Maria Salgado n’a pas dit son dernier mot.

    Anza, un spot taillé pour les jeunes talents

    Si le choix du Maroc peut surprendre pour une finale européenne, il prend tout son sens. Le spot d’Anza, situé juste avant Taghazout, offre une vague assez proche de Trestles, parfaite pour les juniors. Beaucoup plus consistante que la célèbre Pointe des Ancres, la vague d’Anza déroule régulièrement et autorise de nombreux enchaînements — un terrain de jeu idéal pour juger du style et de la créativité des surfeurs.

    Et pour les jours de grâce, si la houle venait à grossir, la Pointe des Ancres reste là, prête à délivrer ses longues droites tubulaires. Un combo rare sur le circuit junior, souvent habitué à des plages ventées et inconsistantes. Cette étape montre une vraie volonté de la WSL Europe d’emmener les jeunes vers des vagues dignes de ce nom, et pas seulement vers les beachbreaks moyens du Vieux Continent.

    Comme le souligne un coach présent sur place :

    “C’est ce genre d’expérience qui forge un vrai surfeur professionnel. Surfer au Maroc, c’est apprendre la patience, la lecture de vague, et le respect d’une culture du surf différente.”

    Une belle saison pour le surf junior européen

    Ce final marocain vient clôturer une saison 2025 bien plus homogène et inspirante que les précédentes. Des étapes comme Capbreton, Razo ou l’Irlande ont offert une vraie diversité de conditions, loin du format aseptisé que l’on reprochait parfois au circuit junior. On a vu des jeunes européens capables de performer dans le froid du nord comme dans la chaleur du sud, preuve que le niveau s’élève et que l’Europe sait produire des surfeurs complets.

    La présence de Kai Odriozola, déjà habitué du Challenger Series, ajoute un peu de piment à cette finale. Le Basque, quart-de-finaliste du QS 3000 de Taghazout plus tôt dans l’année, fera figure de favori logique. Mais dans ces compétitions juniors, tout reste possible.

    Quoi qu’il en soit, voir un Pro Junior se dérouler au Maroc à Taghazout, est une excellente nouvelle pour la scène européenne. Le royaume chérifien confirme son ancrage dans le surf international, avec des infrastructures solides, une hospitalité légendaire et surtout, des vagues qui méritent leur place sur les calendriers pros.

    La compétition débutera demain mercredi 5 novembre à 8h00 (GMT+1) avec un premier call à Anza. Et cette fois, le futur champion junior surf européen pourra se vanter d’avoir gagner un vrai circuit…

  • Andy Irons, quinze ans après : l’icône qu’on n’oubliera jamais

    Andy Irons, quinze ans après : l’icône qu’on n’oubliera jamais

    Le 2 novembre 2010, le monde du surf s’est figé. Andy Irons, triple champion du monde, enfant de Kaua’i et incarnation brute du surf moderne, s’éteignait dans une chambre d’hôtel à Dallas. Quinze ans plus tard, son absence reste une présence. Son nom, un battement dans le cœur de chaque surfeur qui a grandi en rêvant de vague, de rage et de liberté.
    Andy Irons n’était pas qu’un champion. Il était le miroir de tout ce que le surf a de plus humain : la beauté, la peur, la démesure, les démons, et cette recherche insensée de quelque chose de plus grand que soi — au fond d’un tube.

    L’étoile filante du surf moderne

    Quand Andy surgit sur le World Tour à la fin des années 90, le surf est dominé par un homme : Kelly Slater. Poli, méthodique, presque chirurgical. Andy, lui, débarque comme une déflagration hawaïenne. Le genre de surfeur qui ne cherche pas la perfection, mais l’intensité.
    Entre 2002 et 2004, il rafle trois titres mondiaux consécutifs. Trois années où son surf, sa rage et son charisme font trembler le système.
    De 98 à 2005, on était intouchables”, dira plus tard son frère Bruce. Intouchables, oui. Parce qu’ils représentaient quelque chose que le surf avait presque oublié : le feu.

    Andy ne surfait pas pour les juges. Il surfait avec passion, avec l’envie de se dépasser, de toucher les limites. Dans chaque vague, il y avait un cri, une colère, une prière. Ce n’était pas de la technique — c’était du rock’n’roll.
    Face à Slater, il incarne l’anti-héros parfait. Là où Kelly calculait tout, Andy explosait. Là où Kelly méditait, Andy vivait trop fort.
    C’est ce contraste qui a fait de leur rivalité une légende vivante du surf. Deux pôles, deux philosophies : la perfection contre la passion. Et pendant un temps, la passion a gagné.

    Le feu et la grâce : l’art du backside selon Andy

    Il y a un consensus dans le monde du surf : personne, avant ou depuis, n’a surfé en backside comme Andy Irons.
    Son approche, mélange de puissance et de contrôle absolu, a redéfini ce que signifiait surfer dos à la vague. CJ Hobgood l’a dit un jour : “Le backside, c’est la plus haute forme de l’art. Et Andy en était le maître.”

    À Teahupo’o, il entrait sous le lip comme un kamikaze, no grab, toujours à la limite. À Cloudbreak, il découpait les sections avec une violence presque élégante.
    Chaque bottom turn était un mélange de style et de puissance. Chaque tube était plus engagé que les précédents, la peur n’avait pas sa place.
    Les images tournées par Jack McCoy dans Blue Horizon restent parmi les plus intenses jamais filmées : Andy, Bruce et Rastovich dans 8 à 10 pieds à Chopes, le regard fixé sur le gouffre, comme si la vague était la seule chose qui pouvait le comprendre.
    McCoy racontera :

    “Ce matin-là, il a pris une vague sous le lip, a décroché, puis replanté le rail de sa planche dans la vague, pour après sortir du tube. C’était un moment légendaire. Bruce disait qu’il n’y serait jamais allé sans lui crier ‘Go !’. Ce genre d’instant, c’est ce qui fait une légende.”

    Dans l’eau, Andy était un tigre.
    Mais hors de l’eau, il avait quelque chose d’un enfant. McCoy se souvenait aussi d’un cliché perdu : Andy tenant un petit chaton dans ses bras. “Le champion du monde prêt à tout pour gagner, mais capable de la plus grande douceur.”
    C’est cette dualité, ce mélange d’acier et de tendresse, qui faisait d’Andy une figure unique.

    L’homme derrière le mythe

    Sous les tubes et les trophées, il y avait l’humain — fragile, instable, vrai.
    Andy souffrait de troubles bipolaires, de dépression, et d’une addiction qui le rongeait lentement. Longtemps, ces blessures sont restées dans l’ombre, couvertes par l’image du guerrier invincible.
    Mais en 2018, le film Andy Irons: Kissed by God a ouvert les portes de la vérité.
    Réalisé par Steve Jones, il révèle un homme à la fois lumineux et déchiré. “Andy voulait raconter son histoire pour aider les autres”, confiait Kelly Slater dans le documentaire. “Il m’avait dit : si je peux changer la vie d’un seul gamin, j’aurai réussi la mienne.”

    Ce film, soutenu par Lyndie Irons, sa femme, et Bruce, son frère, brise le silence. On y découvre un Andy vulnérable, lucide sur ses failles, conscient de ses excès, mais incapable de les fuir.
    Jones dira plus tard :

    “Andy n’était pas seulement un surfeur, c’était un être humain avec un cœur immense, qui se battait contre des démons plus grands que lui.”

    Son histoire dépasse le surf. Elle parle de santé mentale, d’addiction, de solitude — des sujets longtemps tabous dans ce milieu.
    Car derrière les sourires et les vagues parfaites, beaucoup de surfeurs partagent ces blessures invisibles. Andy en a payé le prix fort. Mais il a aussi ouvert la voie à une parole plus honnête.

    Les hommages d’une génération

    Le jour de sa mort, le circuit professionnel s’est arrêté. Les larmes ont coulé à Puerto Rico, sur le sable et dans les line-ups.
    Joel Parkinson, son ami, racontera plus tard :

    “Quand j’ai appris la nouvelle, j’ai blêmi. J’ai pleuré, puis j’ai été comme anesthésié. Le lendemain, j’ai compris que c’était réel : je ne reverrai plus jamais mon frère.”

    Parko se souvient de nuits passées à camper dans le désert australien, de rires, de colères, de tubes partagés.

    “Il avait ce côté fou, imprévisible, mais aussi une gentillesse incroyable. Il se souvenait de chaque visage, de chaque prénom. Il faisait se sentir spécial n’importe qui croisait sa route.”

    C’est ce lien humain, plus encore que son palmarès, qui a marqué ceux qui l’ont connu.
    Kelly Slater lui-même, son rival éternel, dira qu’Andy était le seul à l’avoir vraiment fait douter. Le seul à lui rappeler que le surf, ce n’était pas un sport, mais un combat intérieur.

    La mort de la rébellion

    Après sa disparition, quelque chose a changé dans le surf.
    Comme l’écrivait Stab Magazine : “Après Andy, les surfeurs sont devenus des athlètes du jour au lendemain.”
    Fini les excès, les gueules cassées, les colères sincères. Place aux entraînements, aux smoothies verts et aux interviews calibrées.
    Et c’est peut-être ça, le plus grand vide laissé par Andy Irons : la disparition d’un certain esprit du surf, celui de la rébellion, de l’imperfection, de la liberté.

    Andy représentait tout ce que la génération actuelle n’ose plus être : sauvage, contradictoire, incontrôlable, vrai.
    Il avait ce “fuck you” dans le style, ce mélange de grâce et de rage qu’aucun coach ne peut enseigner.
    Regarde les meilleurs surfeurs d’aujourd’hui : la plupart ont été formés, polis, programmés. Aucun n’a cette imprévisibilité brute, cette étincelle qui faisait qu’une vague surfée par Andy était un moment d’histoire.

    Mais son héritage demeure.
    Quand Crosby Colapinto enchaîne un combo hallucinant à Cloudbreak, les comparaisons pleuvent : “C’est du Andy.”
    Quand une jeune surfeuse de 15 ans, Skai Suitt, remporte Stab High avec un spray inspiré de lui, c’est encore Andy.
    Quand on revoit Blue Horizon ou Kissed by God, c’est toujours lui qu’on cherche — parce qu’il symbolise le surf comme on l’aime : humain, intense, imparfait.

    L’héritage d’un roi

    Sur les plages du monde entier, des groms portent encore ses boardshorts, des tatouages rappellent son nom, et les tubes les plus profonds lui sont dédiés en silence.
    Andy Irons, c’est plus qu’un souvenir : c’est une boussole.
    Il nous rappelle que surfer, c’est aussi tomber, se relever, vivre trop fort.

    De nombreux noms célèbres perpétuent son nom et son héritage, que cela soit son fils Axel, qu’il n’a jamais connu, et qui porte aujourd’hui ce flambeau à sa manière. À chaque image de lui à l’eau, c’est comme un message du passé.
    Bruce, son frère, qui continue d’entretenir la flamme de son frère avec cette même énergie : rebelle, libre, poétique dans la destruction.

    Et nous, quinze ans plus tard, on regarde le line-up et on se dit que le surf a peut-être perdu un champion, mais gagné une légende.
    Parce qu’Andy Irons, c’est le livre qu’on ne peut pas refermer.
    Chaque vague de Teahupo’o, chaque drop à pleine vitesse, chaque cri dans le vent — tout ça lui appartient un peu. Je me souviens encore de la finale qu’il gagne contre son frère la Nord à Hossegor, un moment inscrit dans ma mémoire.

    Quinze ans après : le roi est toujours là

    Quinze ans après, le surf continue d’avancer, de s’entraîner, de se discipliner. Mais au fond, on sait tous qu’il manque quelque chose : le chaos magnifique d’un homme qui vivait pour la vague, pas pour le résultat.
    Andy Irons, c’est la preuve que la légende ne se mesure pas en points, mais en émotions.

    Sur sa tombe à Hanalei, les fleurs se renouvellent sans cesse.
    Les vagues déferlent toujours dans la baie.
    Et quelque part, dans le vacarme du Pacifique, on croit encore entendre ce cri :

    “Go, Andy, go !”

  • Jordy Smith à Durban : le surf brut, sans fioritures

    Jordy Smith à Durban : le surf brut, sans fioritures

    Pas de musique, pas de transitions léchées, pas de filtres flatteurs : juste Jordy Smith, son surf, et son home spot. La dernière vidéo du Sud-Africain est un retour aux sources, tournée à Durban, là où tout a commencé pour lui.

    Dès les premières secondes, on comprend qu’on ne va pas assister à un énième edit de surf surproduit. Ici, c’est du raw, du vrai. On garde les meilleures vagues, on coupe le reste. L’océan parle, Jordy répond.

    Une séquence le montre demandant au caméraman s’il a de la crème solaire. Les commentaires s’en amusent : “Pas besoin de crème quand tu passes la moitié de ta session dans le tube.” Il faut dire que sur certaines vagues, Jordy enchaîne trois barrels successifs. Rien de moins.

    Mais blague à part, protégez-vous du soleil. On ne le dira jamais assez.

    Ce qui impressionne aussi, c’est le timing de la session. L’aube à peine levée, presque la nuit encore. Pas un spot de surf tranquille : Durban et sa réputation de territoire de requins est bien connue. Il faut du cran — ou quelques potes “soldats” autour de soi — pour se jeter à l’eau à cette heure-là. Heureusement, certaines plages du coin disposent de filets anti-requins, mais tout de même…

    Sur le plan du surf pur, c’est un récital. Jordy Smith prouve encore qu’il reste l’un des surfeurs les plus puissants et les plus précis de sa génération. Chaque manœuvre semble sortir d’un manuel, mais avec cette nonchalance qui n’appartient qu’à lui. Des tubes profonds, des carves millimétrés, un style qui respire la maturité.

    Simple, brut, parfait. Jordy Smith n’a pas besoin d’artifice pour briller : son surf parle pour lui.

  • Une nouvelle piscine à vagues en Chine qui fait parler d’elle

    Une nouvelle piscine à vagues en Chine qui fait parler d’elle

    Les piscines à vagues continuent leur conquête du monde, et la Chine vient d’ajouter une pièce maîtresse à la collection : le Riyue Bay Surf Resort, sur l’île de Hainan, véritable berceau du surf chinois. Alimenté par la technologie American Wave Machines, le spot promet des sessions d’exception — et surtout, une section à air qui affole déjà les pros.

    Dans une vidéo publiée fin octobre, le Japonais Ryji Masuda (inconnu au bataillon) a littéralement déchiré la vague, envoyant des airs stratosphériques parfaitement maîtrisés sur une rampe artificielle digne d’un skatepark aquatique. De quoi donner un aperçu du potentiel de cette installation, capable de produire des vagues jusqu’à 2,7 mètres (vous êtes sûr des mesures) de haut, avec une nouvelle vague toutes les six secondes.

    Mais le Riyue Bay Surf Resort ne se résume pas à un simple bassin. Le lieu a été conçu comme un complexe surf global, combinant un hôtel thématique, une zone commerciale et surtout, une immersion totale dans la culture glisse. Situé à Wanning, au cœur de la scène surf chinoise et à deux pas du spot mythique de Riyue Bay (où s’entraîne l’équipe nationale), le projet ambitionne d’attirer les voyageurs du monde entier.

    L’ouverture officielle est prévue pour le 11 novembre 2025, symbole d’un tournant pour le surf en Chine. Car au-delà de la performance technologique, cette piscine à vagues illustre la volonté du pays de s’imposer comme une destination surf majeure.

    Sur une île déjà célèbre pour son climat tropical et ses plages dorées, Riyue Bay Surf Resort pourrait devenir le premier véritable épicentre du surf asiatique. Et si les puristes grimacent encore face à la montée des piscines à vagues, force est de constater que ces bassins permettent à des milliers de nouveaux surfeurs de découvrir la glisse… et de rêver plus grand.

  • Quand OnlyFans devient sponsor : bénédiction ou signal d’alarme pour le surf ?

    Quand OnlyFans devient sponsor : bénédiction ou signal d’alarme pour le surf ?

    Moana Jones Wong, Lucía Martiño… et demain, qui ? Le surf s’invite sur une plateforme où l’économie prend le pas sur les tabous.

    Le monde du surf est en pleine mutation. Les stickers s’effacent, les budgets fondent, et les carrières se construisent désormais autant sur l’eau que sur les écrans. Dans ce nouveau paysage, une plateforme improbable s’impose comme acteur du sponsoring dans le surf : OnlyFans.

    Après Pedro Scooby, Billy Kemper, António Laureano et Lucía Martiño, la Hawaïenne Moana Jones Wong vient d’être officiellement sponsorisée par la plateforme. Le surf professionnel cherche de nouveaux modèles économiques.

    Moana, Lucía et le changement de paradigme

    Quand Moana Jones Wong, “Queen of Pipeline”, a annoncé son arrivée sur OnlyFans, les réactions ont fusé : admiration, incompréhension, jugements hâtifs. Pourtant, le message de la surfeuse hawaïenne était limpide : « Je veux partager ce que les gens ne voient pas : mes entraînements, mes voyages, mes conseils. »

    Rien de sulfureux, juste un pas vers plus d’indépendance. Moana, déjà diplômée en culture et santé autochtones, voit dans OnlyFans une plateforme pour parler de surf autrement.

    Il ya quelques semaines, c’était Lucía Martiño, surfeuse espagnole connue pour son style fluide et son esthétique soignée, qui annonçait une collaboration officielle avec la marque OnlyFans. Cette fois, la frontière est franchie : OnlyFans n’est plus un simple canal personnel, c’est un véritable sponsor.

    Un sponsoring qui dit beaucoup de notre époque

    Pendant des décennies, l’économie du surf reposait sur un modèle simple : performance + image = contrat. Les marques historiques (Rip Curl, Billabong, Roxy…) finançaient les carrières et façonnaient les légendes. Mais la bulle a éclaté.

    Entre la mondialisation du sport, la fin du “cool” institutionnalisé et la concentration des groupes, les budgets marketing se sont effondrés. Aujourd’hui, rares sont ceux qui vivent réellement de leur surf.

    Les athlètes deviennent donc leurs propres médias. YouTube, TikTok, Instagram… et désormais OnlyFans. Ce dernier, en se repositionnant comme une plateforme pour créateurs de contenu exclusif, offre une alternative directe : un espace sans intermédiaires, où les fans paient pour un lien authentique.

    Tabou ou révolution ?

    Évidemment, le nom d’OnlyFans reste chargé. Il évoque le glamour, le corps, la provocation. Mais ce serait oublier que la plateforme, en 2025, s’est largement diversifiée. Athlètes, musiciens, coachs y partagent des contenus pédagogiques ou inspirants.

    Dans le surf, cette évolution soulève une question fondamentale : jusqu’où un surfeur doit-il aller pour continuer à vivre de sa passion ?

    Moana Jones Wong l’a dit sans détour : « Être une femme de foi, ce n’est pas se cacher du monde, c’est y être présente avec respect. » Une déclaration forte, qui résume bien le dilemme actuel : entre préjugés et liberté, chaque surfeur trace sa propre ligne.

    Un miroir de la crise du surf pro

    Le fait qu’OnlyFans devienne sponsor dit tout de l’époque. Le surf n’est plus un sport doré, c’est une niche en quête de survie économique. Les compétitions souffrent, les circuits se contractent, et les marques misent désormais sur les visages qui font cliquer plus que sur ceux qui gagnent des séries.

    Dans ce contexte, être sponsorisé par une plateforme aussi puissante qu’OnlyFans est peut-être moins une provocation qu’une nécessité.
    Le surf, discipline libre par essence, a toujours flirté avec la marginalité. Ce virage n’est qu’une nouvelle forme d’indépendance — avec une part de risque, certes, mais aussi une promesse : celle de reprendre le contrôle et son indépendance vis à vis des marques historiques. On retrouve dans cette tendance lorsque Jami O’Brien quittait le circuit WSL pour se concentrer sur sa chaine Youtube, avec succès.

    Une chance, mais à quel prix ?

    Pour certains, c’est une opportunité en or : la chance de construire une communauté fidèle, une audience, sans dépendre des marques ou des fédérations. Pour d’autres, c’est le signe d’une déchéance, la preuve que le surf a perdu de sa superbe.

    La vérité se situe sans doute entre les deux.
    OnlyFans ne sauvera pas le surf, mais il révèle son état. En 2025, pour exister, un surfeur doit être entrepreneur, réalisateur, marketeur, et parfois… influenceur malgré lui.

    Et si l’on doit choisir entre ne plus surfer et surfer autrement, beaucoup préféreront, sans doute, poster depuis la plage plutôt que rester sur la touche.

  • La Niña 2025-2026 : l’hiver des grosses houles  est lancé

    La Niña 2025-2026 : l’hiver des grosses houles est lancé

    C’est officiel : La Niña est de retour, confirmée par les observatoires météorologiques du Pacifique et par les modèles climatiques mondiaux. Ce phénomène océanique et atmosphérique, parfois mystérieux pour le grand public, a pourtant un impact direct sur notre quotidien de surfeurs. Des spots hawaïens aux plages landaises, son influence se fait sentir jusque dans les line-ups européens. Et cette saison 2025-2026 ne fera pas exception.

    Mais que signifie concrètement l’arrivée d’une La Niña ? Et surtout, comment cela va-t-il transformer les vagues de cet hiver ?

    Comprendre La Niña : quand le Pacifique refroidit, le reste du monde bouge

    La Niña, c’est le pendant froid du fameux El Niño.
    Alors que El Niño réchauffe les eaux du Pacifique Est, bouleversant les courants et provoquant des sécheresses ou des tempêtes selon les régions, La Niña fait exactement l’inverse : les alizés se renforcent, poussant les eaux chaudes vers l’ouest du Pacifique, tandis que de l’eau froide remonte à la surface près de l’Amérique du Sud.

    Ce refroidissement crée une énorme “bulle froide” dans le Pacifique Est, qui va modifier la trajectoire du Jet Stream, ce courant atmosphérique rapide qui contrôle la formation des tempêtes autour du globe.
    Résultat : des hivers plus actifs dans le Nord, des cyclones plus nombreux sous les tropiques, et des variations considérables dans la distribution des houles.

    Autrement dit : ce qui se passe à des milliers de kilomètres de la Polynésie peut décider de la qualité des vagues à Hossegor ou à Nazaré.

    En Europe : un hiver plus froid… et plus musclé

    Pour les surfeurs européens, La Niña est souvent synonyme d’un hiver plus consistant.
    Quand le Jet Stream remonte vers le nord de l’Atlantique, les dépressions se forment plus souvent et plus puissamment entre Terre-Neuve et l’Irlande. Ce sont elles qui génèrent les longues houles d’ouest tant attendues par les big wave riders et les passionnés de beach breaks puissants.

    👉 Côté positif :

    • Les vagues sont plus grosses, les houles sont plus longues et plus fréquentes sur les côtes françaises et européennes.
    • Des spots mythiques comme Nazaré, Mullaghmore ou Belharra peuvent s’enflammer plus fréquemment.
    • Les houles fréquentes permettent de créer de meilleurs bancs de sable.

    👉 Côté moins glamour :

    • Plus de tempêtes = plus de vents d’ouest soutenus. Les fenêtres calmes seront rares.
    • Les températures chutent souvent, dans l’air comme dans l’eau.
    • Les houles sont plus puissantes, parfois difficiles à dompter pour les surfeurs intermédiaires.
    • Houles fréquentes, des bancs de sable qui se modifient rapidement.

    En clair : un hiver parfait pour les chargeurs, un peu moins pour les amateurs de sessions tranquilles au coucher du soleil.

    Et ailleurs dans le monde ?

    Pacifique Nord : la fête des grosses vagues

    Les surfeurs de Mavericks ou du North Shore d’Hawaï ont déjà les yeux rivés sur les cartes météo.
    En période de La Niña, les tempêtes se forment plus haut dans le Pacifique Nord, générant des houles massives et régulières vers l’Alaska, l’Oregon et la Californie du Nord.
    Le célèbre spot de Mavericks, au large de Half Moon Bay, est souvent l’un des grands gagnants du phénomène.
    En revanche, le sud de la Californie et certaines îles hawaïennes reçoivent moins de houles franches, car les tempêtes contournent leur zone d’influence.

    Indonésie et Australie : plus de vent, moins de glassy

    Sous les tropiques, les alizés renforcés qui caractérisent La Niña peuvent transformer un trip paradisiaque en session frustrante.
    En Indonésie comme en Australie, le vent d’est souffle plus fort, amenant des conditions plus agitées et moins “glassy”.
    Mais tout n’est pas perdu : les houles, elles, ne manquent pas — simplement, il faudra choisir le bon spot, bien orienté et à l’abri du vent.

    Caraïbes et Atlantique Ouest : une saison cyclonique plus intense

    Autre effet bien documenté : La Niña favorise la formation d’ouragans.
    Les vents verticaux qui dispersent habituellement les tempêtes tropicales sont affaiblis, permettant aux systèmes de se développer plus facilement.
    Les surfeurs de Floride, des Antilles et de Porto Rico peuvent donc s’attendre à plus de houles cycloniques, parfois destructrices, mais aussi propices à des sessions épiques sur des reefs rarement réveillés.

    Pourquoi les surfeurs européens peuvent se réjouir

    Si l’on devait tirer une seule conclusion : c’est l’Europe qui a le plus à gagner de ce nouvel épisode La Niña.
    Les prévisions saisonnières annoncent un début d’hiver actif dès novembre, avec des séries de dépressions atlantiques rapprochées.
    Cela signifie plus de houles solides pour la façade ouest, de la Bretagne au Pays basque, en passant par la Galice et le Portugal.

    Les amateurs de gros surf attendent déjà leurs fenêtres à Nazaré, Mullaghmore ou Belharra.
    Et pour les autres, les beach breaks landais ou galiciens devraient multiplier les jours “parfaits” — à condition de surveiller les vents et de s’armer d’une bonne 4/3.

    En résumé : La Niña, c’est (plutôt) bon pour le surf européen

    • 🌊 Europe : houles longues et puissantes, saison dynamique mais tempétueuse.
    • 🌀 Pacifique Nord : gros swell au nord, plus calme au sud.
    • 🌧️ Indo / Australie : plus de vent, conditions inégales.
    • 🌡️ Globalement : hivers plus frais, plus de tempêtes, plus de mouvement.

    Si vous aimez le surf engagé, les combinaisons épaisses et les line-ups balayés par le vent offshore, cette La Niña 2025-2026 risque de vous plaire.
    Et pour ceux qui préfèrent les sessions faciles sous les tropiques… il va peut-être falloir patienter jusqu’au prochain El Niño.

  • Surf en Islande : vagues glacées, aventure brûlante

    Surf en Islande : vagues glacées, aventure brûlante

    À première vue, l’Islande n’a rien d’un paradis du surf. Des fjords noyés dans le brouillard, des routes de gravier coupées par la neige, un vent qui mord la peau et un océan à 3 °C avec des blocs de glace. Pourtant, c’est bien ici, au bout du monde, que certains viennent chercher ce que les tropiques n’offriront jamais : le silence, la solitude, et des vagues qui semblent naître de la nuit polaire.

    Le surf en Islande, c’est l’aventure dans sa forme la plus brute. Une expérience physique et sensorielle, mais aussi spirituelle. Ceux qui y ont goûté racontent tous la même chose : un mélange d’humilité et d’émerveillement face à la puissance des éléments.

    Des pionniers dans les fjords

    Le surf islandais n’a pas commencé avec Instagram. Bien avant les influenceurs en combi 6/5/4, des photographes et aventuriers comme Elli Thor Magnusson arpentaient les Westfjords pour repérer des vagues jamais surfées. Son approche : explorer l’été, quand les routes sont dégagées, pour revenir en hiver quand la houle et la lumière rasante transforment chaque fjord en décor surréaliste.

    Dans ces contrées isolées, le surf relève du miracle : routes fermées, vents tournants, houles capricieuses. Il faut du temps, de la foi, et une bonne dose de folie. Elli Thor, armé de sa caméra et d’un 4×4, a immortalisé des sessions qui ont fait le tour du monde, révélant une Islande à la beauté glaciale, où la mer fume au lever du jour et où chaque take-off se mérite comme une ascension d’alpiniste.

    J’ai rencontré Elli lors du Nixon Challenge Islande en 2013, une aventure incroyable dans des conditions glaciales. On n’avait pas été les plus chanceux au niveau de la houle, mais assez pour se rendre compte du réel potentiel de cette île. Souvent les musiques marquent certains voyages, et lors ce trip, je me souviens avoir écouté la BO « into the wild », comme une évidence à notre aventure. Comment ne pas oublier, la chanson de Lykke Li « I follow you » raisonnant dans les rues de Reykjavik.

    Les saisons du surf arctique

    L’Islande ne se laisse pas apprivoiser facilement. Pour espérer surfer ici, il faut comprendre les saisons et savoir attendre.

    • L’hiver (novembre à mars) : la saison des houles massives. Les vents sont souvent violents, les tempêtes fréquentes, mais les jours calmes offrent des vagues parfaites sur les côtes sud et ouest.
    • Le printemps (avril à mai) : les routes s’ouvrent, la lumière revient, et la houle reste constante. Une excellente période pour explorer sans trop de gel.
    • L’été (juin à août) : moins de houle, mais des journées sans fin et des conditions plus clémentes pour le surf de découverte.
    • L’automne (septembre à octobre) : sans doute la meilleure saison : houles puissantes, températures supportables et paysages flamboyants.

    Une eau glaciale, mais pas impossible

    Grâce aux progrès spectaculaires des combinaisons modernes, l’Islande est devenue accessible à ceux qui osent. Les néoprènes japonais les plus récents sont souples, légers et incroyablement isolants. Les surfeurs portent ici des combinaisons 6/5/4 mm, avec cagoule intégrée, gants 3 à 5 mm et chaussons 7 mm. Certains ajoutent une sous-couche thermique pour retarder la morsure du froid.

    Le vrai ennemi, ce n’est pas l’eau, mais le vent. Par -5 °C et 30 nœuds d’offshore, la moindre goutte devient de la glace en quelques secondes. Garrett Parkes, surfeur australien, racontait :

    « On pouvait surfer plus longtemps les jours ensoleillés, mais quand le vent soufflait à 30 nœuds, c’était une bataille pour rester vivant. »

    Les spots mythiques d’Islande

    Reykjanes, le berceau

    C’est sur la péninsule de Reykjanes, au sud-ouest de l’île, que le surf islandais a pris racine. Les vagues y sont régulières et variées : beachbreaks de sable noir, reefs volcaniques, et quelques gauches qui n’ont rien à envier à l’Atlantique nord. Les surfeurs de Reykjavik s’y retrouvent dès que les conditions s’y prêtent.

    Les fjords de l’Ouest

    C’est là que le surf devient une expédition. Des heures de route à travers des paysages lunaires, parfois interrompus par des rivières gelées à traverser à pied. Les vagues y sont vierges, puissantes, et souvent parfaites… quand elles veulent bien se montrer.

    Jökulsárlón

    Un décor irréel : des blocs de glace échoués sur le sable noir, une eau turquoise d’où émergent les vagues. Le photographe Chris Burkard y a tourné certaines de ses images les plus célèbres, surfant entre les icebergs dans une lumière surnaturelle.

    Þorlákshöfn (Thorli)

    Le spot le plus célèbre d’Islande, menacé aujourd’hui par un projet d’extension portuaire. La vague de Thorli, un pointbreak parfait, est au cœur d’un combat environnemental mené par la communauté locale et l’association BBFÍ (Brimbrettafélag Íslands). Pour les surfeurs islandais, la disparition de cette vague serait plus qu’une perte sportive : une atteinte à leur patrimoine naturel.

    L’Australien Steve Wall, installé en Islande, résume :

    « Ici, les gens ont toujours craint la mer. Elle a pris tellement de vies que l’idée même de s’y amuser semblait blasphématoire. Mais aujourd’hui, le surf offre une autre relation à l’océan : de la peur à la fascination. »

    L’esprit du surf au bout du monde

    En Islande, le surf n’est pas une performance. C’est une expérience. Chaque session demande une préparation minutieuse, des heures de route et de patience. Le line-up est souvent vide, l’air glacé, mais le sentiment d’être seul face à la nature compense tout.

    Certains parlent d’un retour aux origines du surf : pas de foule, pas de compétition, juste la recherche du moment parfait, celui où la houle, le vent et la lumière s’alignent. L’Islande oblige à ralentir, à observer, à écouter. Ici, chaque vague compte.

    La nature, reine et juge

    Les surfeurs islandais sont rares, mais passionnés. Ils partagent une philosophie proche des pêcheurs et des montagnards : respecter la nature, car elle peut tout reprendre.

    Cette culture naissante, encore fragile, commence à s’organiser. Des associations comme BBFÍ militent pour la protection du littoral et la reconnaissance du surf comme patrimoine culturel. L’Islande, pays des volcans et des tempêtes, pourrait devenir un modèle de surf durable, où aventure et écologie cohabitent.

    Conseils pratiques pour surfer en Islande

    Mois / SaisonTempérature de l’eau (°C)Conditions moyennesÉpaisseur de combinaison recommandée
    Janvier – Mars2 à 4 °CHoules puissantes, tempêtes fréquentesAu mieux 7mm, au pire 6/5/4 mm + cagoule, gants 5 mm, chaussons 7 mm
    Avril – Mai4 à 6 °CHoules régulières, routes plus accessibles5/4/3 mm + cagoule, gants 7 mm
    Juin – Août7 à 10 °CPetites houles, jours sans fin5/4/3mm ou 4/3 mm gants et chaussons 5 mm
    Septembre – Octobre6 à 8 °CMeilleure saison : houles solides, vents modérés5/4/3 mm ou 6/5/4 mm selon météo, gants et chaussons 5 mm
    Novembre – Décembre3 à 5 °CFroid intense, houles constantes6/5/4 mm + accessoires complets

    ⚠️ Les conditions changent vite : surveillez toujours la météo, prévoyez une marge de sécurité et évitez les sessions seul(e). Vous êtes sur une île au milieu des tempêtes de l’Atlantique, ne l’oubliez pas. Autre point, l’eau peut-être beaucoup plus froide s’il y a du vent ou à la sortie des rivières, où des blocs de glace peuvent partager le line-up avec vous.

    Le coût de la vie, un frein important

    S’il y a bien une chose qui refroidit autant que l’eau islandaise, c’est le coût de la vie. L’Islande figure régulièrement parmi les pays les plus chers du monde, et le surf n’y échappe pas. Une simple nuit dans une auberge de jeunesse peut dépasser les 60 €, un plein d’essence flirte avec les 100 €, et un repas au restaurant tourne vite autour de 30 à 40 €. Même les produits de base — pain, fromage, fruits — coûtent deux à trois fois plus qu’en France.

    Les surfeurs qui partent en trip le savent : ici, chaque session se mérite jusque dans le portefeuille. La plupart voyagent en van aménagé ou en 4×4 de location, dorment dans les campings ou sur les parkings des fjords, et cuisinent eux-mêmes pour réduire les dépenses. Louer du matériel sur place est possible, contactez Artic Surfers.

    Bref, surfer en Islande, c’est accepter que l’aventure a un prix, mais aussi la satisfaction rare de découvrir un pays resté sauvage, où chaque vague vaut bien plus que quelques couronnes islandaises.

    surfer là où le monde s’arrête

    Surfer en Islande, ce n’est pas seulement glisser sur une vague. C’est affronter les éléments, accepter l’inconfort, et renouer avec une nature que l’on ne contrôle plus. Chaque session devient un voyage intérieur.

    Sous le ciel violet des aurores boréales, au milieu des fjords silencieux, on comprend que le surf peut être bien plus qu’un sport : une façon de se sentir vivant.

  • Les nouveaux visages du surf français : Sam Piter et Hina Conradi sacrés champions de France 2025

    Les nouveaux visages du surf français : Sam Piter et Hina Conradi sacrés champions de France 2025

    Le surf français tient ses nouveaux rois et reines. Ce vendredi 31 octobre, sur les vagues des Bourdaines et de La Sud, les Championnats de France 2025 ont offert un feu d’artifice final digne de leur 61ᵉ édition. Au terme d’une journée pleine de rebondissements, Sam Piter a pris sa revanche sur Justin Becret, tandis que Hina Conradi a décroché son tout premier titre en Open. Ajoutez à cela le doublé historique de Margaux Vieuge et la performance solide de Teiva Portilla, et vous obtenez une journée qui restera dans les annales.

    Sam Piter, la revanche du stratège

    L’histoire entre Sam Piter et Justin Becret est désormais une rivalité à part entière du surf français. Un an après avoir dû s’incliner derrière son pote d’Hossegor, Sam a cette fois renversé le scénario avec une maîtrise et un sang-froid impressionnants.
    Sur les Bourdaines, les vagues n’avaient rien d’un long fleuve tranquille : houle solide, vent capricieux et séries qui fermaient sans prévenir. Dans ce chaos organisé, Sam Piter a fait parler sa tête. Après une première vague au large, il a choisi d’abandonner la zone principale pour se concentrer sur les vagues de bord, plus régulières.
    Un choix payant : un 6,1 pts dans les dernières minutes lui offre le titre, après une suspense à la seconde près. La plage entière a retenu son souffle, avant d’exploser quand le verdict est tombé.

    « J’ai pris le risque de rester au bord, et ça a marché. Justin a gagné l’an dernier, je termine devant cette fois… », confiait Sam, sourire discret mais regard habité.

    Avec ce titre, le Landais confirme ce que beaucoup savaient déjà : il a franchi un cap. Moins impulsif, plus tactique, il semble avoir trouvé l’équilibre entre son surf aérien et la maturité nécessaire pour gagner.

    Résultat final championnat de France Homme Open 2025

    1 – Piter Sam (Nouvelle-Aquitaine) – 12,77 pts
    2 – Becret Justin (Nouvelle-Aquitaine) – 12,23 pts
    3 – Larsonneur Gaspard (Bretagne) – 6,2 pts
    4 – Quivront Charly (Nouvelle-Aquitaine) – 2,74 pts

    Hina Conradi, la révélation venue du large

    Chez les filles, Hina Conradi a fait chavirer La Réunion et la métropole dans la même vague d’émotion. Face à Aelan Vaast, la tenante du titre, la jeune surfeuse réunionnaise a dû puiser dans ses réserves physiques et mentales.
    Les séries étaient puissantes, la barre difficile à passer. Après plusieurs tentatives infructueuses au large, Hina change de plan : direction le bord, où les vagues, plus petites mais mieux formées, offrent un terrain propice à son surf précis et engagé.
    Deux bonnes vagues plus tard, la voilà championne de France.

    « J’étais épuisée, je ne voyais personne au large… Mais quand j’ai entendu toute la team réunionnaise descendre sur la plage, j’ai compris que c’était peut-être pour moi », a-t-elle soufflé, encore haletante à la sortie de l’eau.

    Une victoire symbole d’une génération montante, à la fois technique et instinctive, capable d’adapter sa stratégie en plein combat.

    Championnat de France Open Femme 2025

    1 – Conradi Hina (La Réunion) – 8,03 pts
    2 – Vaast Aelan (Nouvelle-Aquitaine) – 7,93 pts
    3 – Schorsch Clémence (Nouvelle-Aquitaine) – 7,3 pts
    4 – Rumiel Lilou (Nouvelle-Aquitaine) – 5,67 pts

    Margaux Vieuge, la double couronne de Bidart

    Difficile de faire mieux que Margaux Vieuge ce vendredi. La jeune longboardeuse du Bidarteko Surf Club a signé un doublé rare et magistral : championne de France en espoirs, puis en open, à quelques minutes d’intervalle seulement.
    La scène, sur la plage de La Sud, valait son pesant de wax : Margaux portée en triomphe deux fois en une heure, sourire éclatant et planche en l’air.

    « Je n’y croyais pas… J’étais juste venue prendre du plaisir. Deux titres, c’est fou », racontait-elle, encore incrédule.

    Après le sacre de son frère Malone Vieuge chez les cadets, c’est toute la famille qui brille cette année. Et au-delà du symbole, c’est une confirmation : le longboard féminin français a de l’avenir, et il s’écrit à Bidart.

    Championnat de France longboard Open Femme 2025

    1 – Vieuge Margaux (Nouvelle-Aquitaine) – 14,33 pts
    2 – Lebreton Canelle (Pays de la Loire) – 14,06 pts
    3 – Glasenapp Maya (La Réunion) – 11,06 pts
    4 – Duboscq Oana (Guadeloupe) – 9,03 pts

    Teiva Portilla, la nouvelle force tranquille du longboard

    Du côté des hommes, Teiva Portilla a lui aussi réalisé un doublé espoirs-open, digne des plus grands. Le jeune longboardeur a dominé les anciens champions de France avec assurance, notamment Roland Lefeuvre et Martin Coret, références du style français.

    « Je suis encore sous le choc. Je rêvais d’un titre, pas de deux », souriait Teiva, lucide et modeste.

    Un surf élégant, une constance rare, et une attitude exemplaire : tout laisse penser que Teiva Portilla s’installe durablement parmi les grands noms du longboard hexagonal.

    Résultat Championnat France longboard Open Homme 2025

    1 – Portilla Teiva (Nouvelle-Aquitaine) – 14,9 pts
    2 – Coret Martin (Nouvelle-Aquitaine) – 11,03 pts
    3 – Lefeuvre Roland (Nouvelle-Aquitaine) – 9,9 pts
    4 – Agazar Jules (Région Sud de France) – 8,87 pts

    Une génération qui prend le relais

    Cette édition 2025 restera comme celle du renouveau. Les Piter, Conradi, Vieuge ou Portilla incarnent une génération à la fois humble, affamée et inspirante. Ils surfent vite, bien, et surtout avec une intelligence rare pour leur âge.
    Entre la fougue des anciens et la fraîcheur de ces nouveaux visages, le surf français vit un passage de témoin réussi. Et si cette journée aux Bourdaines et à La Sud a prouvé une chose, c’est que l’avenir du surf tricolore s’annonce… explosif.

  • Maud Le Car et Kaito Ohashi triomphent au Twin Fin Invitational 2025

    Maud Le Car et Kaito Ohashi triomphent au Twin Fin Invitational 2025

    Entre le 20 et le 28 octobre, Vieux-Boucau s’apprête à accueillir un événement pas comme les autres : le Twin Fin Invitational, imaginé par William Aliotti. Ici, pas de stress du classement ni de dossards : twins only, style, flow et innovation guident le show. C’est la deuxième édition de cette compétition pas comme les autres.

    Les grands vainqueurs 2025

    Maud Le Car (France) et Kaito Ohashi (Japon)**** ont été élus par leurs pairs pour leur style, leur créativité et leur flow.
    Ils incarnent à merveille l’esprit libre et artistique du Twin Fin Invitational.
    Autour d’eux, un plateau d’exception : Tom Curren, Ozzy Wright, Alex Knost, Aritz Aranburu, Gony Zubizarreta ou encore Victor Bernardo, tous venus célébrer la glisse pure, sans scores ni pression.

    “Le Twin Fin, c’est avant tout un état d’esprit, pas une compétition. C’est une conversation entre la vague et le surfeur, à deux dérives.” — William Aliotti

    Le concept en deux mots

    • Deux dérives, point. Pas de trailer qui traîne : l’ADN du contest, c’est le twinnie pur.
    • Pas d’élimination. Plusieurs sessions par jour, pour multiplier les opportunités et laisser la créativité s’exprimer.
    • Jugement par les pairs. Chaque soir, surfeur·euse·s et réalisateurs visionnent les meilleurs moments et votent ensemble. Ambiance crew, pas usine à scores.
    • Board-swap encouragé. Changer de planche, tenter d’autres lignes, surprendre… le format pousse à sortir de l’ordinaire.

    Pourquoi ça cartonne ?

    Le twin fin offre une vitesse immédiate et des lignes différentes : trajectoires hautes,des lignes différentes, glisse “fast & loose” qui déclenche des idées neuves. Sur la plage, ça se voit — barrels, carves haute ligne, petits airs propres — et à l’écran, c’est magnifique, une glisse qui privilégie le style. Bref, un antidote aux formats trop standardisés : moins de chiffres, plus de sensations.

    Flashback 2024 : une première convaincante

    La première édition, disputée à Seignosse, a réuni un casting international mêlant locaux affûtés et freesurfeurs de caractère. Résultat : deux jours de vagues landaises bien rangées, des A-frames qui ouvrent, des highlights à la pelle. À l’issue des visionnages collectifs, Victor Bernardo et Ainara Aymat ont été plébiscités — preuve que le duo fun & performance peut parfaitement cohabiter. L’esprit retenu ? Liberté, créativité, partage.

    2025 : cap sur Vieux-Boucau

    • Waiting period : 20–28 octobre. L’organisation déclenche sur la meilleure fenêtre houle/vent.
    • Terrain de jeu. Entre Soustons et Vieux-Boucau, les bancs automnaux savent délivrer des pics qui tendent, des sections rapides, et de la place pour dessiner des lignes… à deux dérives.
    • Philosophie inchangée. Twins only, sessions multiples, vote du soir. Le spot précis sera révélé au dernier moment selon l’état des bancs.

    Un événement à part

    Plus qu’un contest, le Twin Fin Invitational 2025 a confirmé qu’il n’existe pas de frontière entre art et surf.
    Que ce soit sur les bancs landais ou dans la gauche mythique de Mundaka, les planches ont dansé, les caméras ont capté des moments de grâce, et l’esprit du twinnie a une nouvelle fois trouvé son écrin.

    Infos pratiques

    • Quand ? Entre le 20 et le 28 octobre (déclenchement selon conditions).
    • Où ? Vieux-Boucau (Landes). Spot exact annoncé en dernière minute.
    • Format. Plusieurs sessions par jour, pas d’élimination, vote des pairs chaque soir.
    • Ambiance. Conviviale et exigeante à la fois : on surfe pour le plaisir, mais le niveau est élevé.
    • Public. Accès libre sur la plage ; suivez les annonces de dernière minute pour ne pas rater la meilleure fenêtre.
  • Dane Reynolds, le retour du feu sacré

    Dane Reynolds, le retour du feu sacré

    Il y a des jours où l’on hésite. La combi encore humide de la veille, le vent qui pique un peu trop fort, la marée qui n’est « pas parfaite »… Et puis on tombe sur la dernière vidéo de Dane Reynolds, 83 S Palm Street, et tout s’éclaire : il suffit d’un surfeur qui s’enflamme pour rallumer la mèche chez nous tous.

    Car oui, Dane est de retour. Pas juste sur un shortboard, mais avec cette intensité qui faisait de lui une légende malgré lui. À 40 ans, le Californien semble avoir retrouvé ce qu’il avait laissé filer entre les obligations, les affaires et la vie de famille : l’envie brute de détruire des vagues.

    Pourquoi la vidéo s’appelle 83 S Palm Street, parce que c’est l’adresse du surf shop de Dane Reynolds à Ventura, et je vous avoue que je rêverai de my rendre et d’y penser un peu de temps à discuter avec le propriétaire du lieu.

    Un comeback à la Dane Reynolds

    La nouvelle production de Chapter 11, la structure qu’il a fondée à Ventura, n’a rien d’un simple « edit ». C’est un petit film de 17 minutes, un condensé de ce que le surf a de plus pur : du style, du flow, de la violence dans les turns et cette impression que Dane surfe toujours aussi bien, un style à part, reconnaissable malgré quelques kilos en trop par rapport à la grande époque. (on l’a connu plus gros dans le passé, lol)

    Son fidèle acolyte Hunter Martinez, derrière la caméra, résume tout :

    « Même ses kickouts sont agressifs. Il se lève à 6 h pour checker les vagues. C’est le Dane que j’admirais gamin. »

    Après des mois d’absence et d’énergie dispersée, Dane s’est remis à ramer à l’aube, à traquer la moindre session. C’est un peu comme si l’un des surfeurs les plus influents des années 2010 refusait soudain d’accepter le déclin. Et ça, ça fait du bien.

    Quand la passion revient frapper à la porte

    Il y a quelque chose de profondément humain dans ce retour : ce moment où un surfeur, quel qu’il soit, sent à nouveau le besoin de se confronter à l’océan.
    Parce qu’on a tous connu cette phase : on regarde les prévisions, on trouve toujours une excuse, et puis un jour, on se surprend à rouvrir la housse, à vérifier le leash, à y aller « juste pour voir ».

    Dane, c’est ça, puissance mille. Un gars qui a tout connu — les podiums, les sponsors, les enfants, la routine — et qui revient, simplement parce qu’il a besoin de sentir la planche vibrer sous ses pieds.

    La preuve qu’on ne surfe jamais vraiment pour les autres

    Dans 83 S Palm Street, on sent qu’il n’y a plus rien à prouver. Il surfe, parce qu’il aime surfer, pour le plaisir et n on la performance à tout prix.
    Et c’est exactement ce qu’on attendait.

    Dane n’a jamais été le surfeur le plus lisse. Il n’a jamais cherché à plaire. Et c’est sans doute ce qui fait qu’aujourd’hui, en 2025, il inspire encore autant. Il nous rappelle que le surf n’a rien à voir avec les scores, ni les likes, ni les vues. C’est une affaire d’instinct, de pulsion et de plaisir

    Alors si tu hésitais à aller à l’eau ce matin, si tu pensais que le vent était un peu trop side ou la marée trop haute, fais-toi une faveur : regarde 83 S Palm Street, enfile ta combi, et rame.
    Parce que si Dane Reynolds peut retrouver le feu à 40 ans, toi aussi, tu peux le rallumer aujourd’hui.

  • Hugues Oyarzabal, l’âme libre du surf français

    Hugues Oyarzabal, l’âme libre du surf français

    L’enfant de Biriatou qui rêvait d’ailleurs

    Certains naissent pour suivre les traces des autres. D’autres, comme Hugues Oyarzabal, tracent la leur, quitte à s’y brûler les ailes. Né à Biriatou, petit village perché au-dessus de la Bidassoa, il grandit face à l’océan, avec Hendaye pour terrain de jeu. Très vite, la mer devient son refuge et son miroir. D’abord tennisman, puis bodyboardeur, il découvre le surf à l’âge de dix ans et n’en ressortira jamais vraiment.

    À 16 ans, il quitte tout – l’école, la routine, le confort – pour partir étudier en Australie. Un choix radical, presque instinctif. Là-bas, loin du Pays basque, il perfectionne son art. Ce n’est pas la compétition qui l’attire, mais la sensation pure, l’exploration, la liberté. Pendant que d’autres apprennent à gagner des heats, Hugues apprend à vivre autrement : en dehors des cadres, en quête de sens, de vagues et d’images.

    Dès son retour, le jeune Basque se forge une réputation de surfeur complet et imprévisible. Capable de charger un gros Parlementia, de se caler dans les tubes de Mundaka ou de s’envoler sur un beach break landais, il se distingue par une aisance naturelle et un style instinctif. Un surdoué du surf, mais surtout un électron libre, rétif à toute forme d’enfermement.

    Le free surfeur avant l’heure

    Avant que le mot free surf ne devienne un label marketing, Hugues Oyarzabal incarnait déjà cet esprit : celui d’un surfeur qui ne répond à personne, qui choisit ses vagues, ses voyages, ses images, et sa propre manière d’exister.

    Sur une même semaine, il pouvait sortir un single fin à Lafitenia, un fish rétro à Bidart, un shortboard high performance à Mundaka ou un skimboard sur le sable d’Hendaye. Il surfait tout, partout, tout le temps. Cette curiosité sans limite faisait de lui un expérimentateur plus qu’un simple surfeur.

    Au Pays basque, il est l’un des premiers à s’attaquer à des slabs encore considérés comme insurfables, dont Vanthrax, au large d’Hendaye. Les locaux le regardent d’abord avec incrédulité : la vague est courte, creuse, semée de marches et fermantes. Lui, s’y cale un tube monstrueux, immortalisé en couverture de Surf Session. Cet épisode résume à lui seul le personnage : téméraire, visionnaire, obstiné. Là où les autres voient une limite, Hugues voit un défi.

    Ses amis le décrivent comme un fou génial, capable de surfer nu une gauche indonésienne sous champignon comme de s’extasier devant une vague de 30 centimètres. Le surf, pour lui, n’est pas une performance mais une expérience, presque mystique.

    Le visionnaire de l’image

    Au début des années 2010, bien avant que YouTube ne devienne la vitrine du surf mondial, Hugues Oyarzabal tourne, monte et diffuse ses propres films.
    Sa trilogie Peace & Left est un ovni. Réalisée en autoproduction, sans sponsor majeur, elle mêle surf, poésie visuelle et esprit do it yourself. La caméra, souvent tenue par son ex femme Jana, des caméramans locaux ou son père, capte les reflets dorés de Bali, les gauches parfaites de Desert Point, les ombres dansantes d’Uluwatu.

    Mais ce qui frappe surtout, c’est la présence de la caméra dans le tube. Bien avant la déferlante GoPro, Oyarzabal bricole ses propres systèmes embarqués : perche tenue entre les dents, caméra fixée dans un sac étanche, angles improbables. Le résultat ? Des images inédites, viscérales, qui plongent le spectateur au cœur de la vague.

    Cette créativité lui vaut, en 2012 à Hawaii, le tout premier GoPro Award jamais décerné. Et c’est Kelly Slater en personne qui lui remet le trophée, devant les meilleurs surfeurs du monde. La séquence récompensée : un tube interminable à Skeleton Bay (Namibie), filmé de l’intérieur. Une immersion totale dans la vague, un moment d’histoire du surf filmé comme jamais auparavant.

    Ce jour-là, le monde du surf découvre ce que les Basques savaient déjà : Hugues n’est pas seulement un surfeur, c’est un créateur d’images, un pionnier de la narration embarquée. Il avait dix ans d’avance sur tout le monde.

    L’Indonésie, son second foyer

    S’il existe un lieu qui incarne Hugues Oyarzabal, c’est l’Indonésie.
    Là-bas, il trouvait l’équilibre qu’il cherchait ailleurs : la lumière, la lenteur, les gauches infinies. À force d’y voyager, il finit par adopter un prénom local : Wayan, celui qu’on donne au premier fils balinais. En associant ce nom à ses initiales (H.O.), il invente sa propre signature : WHO.

    L’archipel devient son sanctuaire. Il connaît Desert Point comme d’autres connaissent leur jardin. Il y surfe des vagues de rêve, seul, souvent à l’aube, caméra au poing. Son style, compact et précis, épouse la paroi liquide des tubes avec une élégance rare. Dans les lineup balinais, il n’est plus un étranger : il est devenu l’un des leurs.

    Hugues y tourne aussi certaines de ses plus belles séquences. On y retrouve cette esthétique faite de contrastes : la puissance du tube, la douceur des musiques, la simplicité des plans. Toujours en quête de perfection, il monte ses films la nuit, apprend sur Google, explore Final Cut, Twixtor et Cinema Tools jusqu’à la dernière compression.
    Il disait souvent : “Google is my professor.

    Loin des circuits commerciaux, il offre ses films gratuitement sur Vimeo. Peace & Left II se télécharge librement, sans contrepartie. Une philosophie du partage, fidèle à son esprit : le surf appartient à tout le monde.

    L’homme complexe et lumineux

    Derrière la caméra et les tubes parfaits se cache un homme tourmenté.
    Hugues Oyarzabal souffrait de TDAH (trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité), un trouble qu’il évoquait ouvertement. Cette hyperactivité, moteur de sa créativité, pouvait aussi devenir un fardeau. Toujours en mouvement, toujours à mille projets, il vivait à un rythme effréné.

    Certains proches parlent d’un tempérament bipolaire: des périodes d’euphorie créative suivies de phases d’abattement. Ce déséquilibre faisait partie de son génie. Il pouvait être épuisant, insupportable parfois, mais jamais indifférent.

    C’était un illuminé au sens noble du terme. Un homme qui ressentait tout plus fort que les autres : la joie, la colère, la beauté, la douleur. Il avait cette intensité qui dérange, mais qui crée. Cette folie douce qui alimente les grandes œuvres.

    Son entourage raconte qu’il pouvait passer de l’euphorie d’un barrel parfait à l’angoisse la plus profonde en quelques heures. Mais il y avait toujours la mer, ce remède universel. “Après une session de surf, on est apaisé, calmé…” disait-il.

    L’héritage d’un pionnier oublié

    En France, le nom de Hugues Oyarzabal ne résonne pas autant qu’il le devrait. Pourtant, son influence sur le surf moderne est immense. Il a inspiré toute une génération de free surfeurs, de vidéastes et de créateurs de contenu sans jamais revendiquer quoi que ce soit.

    Les médias américains et australiens, eux, ne s’y sont pas trompés. Stab Magazine lui a rendu hommage en le comparant à Ozzie Wright ou Nathan Fletcher : des figures rebelles, créatives, inclassables. Surfer Magazine a salué son avant-gardisme et sa capacité à “faire du surf un art total”.

    En France, il est souvent resté dans l’ombre, peut-être parce qu’il ne rentrait dans aucune case. Ni compétiteur, ni influenceur, ni businessman. Juste un surfeur libre, habité, sincère.
    Mais ceux qui l’ont croisé savent : Hugues était l’un des premiers vrais free surfeurs européens, un pionnier au même titre que les grands noms australiens des années 90.

    Il a surfé Belharra dès ses premières sessions historiques, dompté Vanthrax quand personne n’osait, filmé Skeleton Bay comme personne ne l’avait jamais fait. Et surtout, il a vécu selon ses propres règles.

    Le drame et la lumière

    Le 23 février 2025, la nouvelle de sa disparition bouleverse la communauté surf.
    Il avait 39 ans. Ses parents confirment plus tard qu’il s’est donné la mort, épuisé par des années de souffrance physique et psychologique. “Son corps et son esprit n’en pouvaient plus, il a choisi de retrouver la paix qu’il ne trouvait plus ici-bas”, dira sa famille.

    La Fédération Française de Surf lui rend hommage :

    “Un surfeur comme Hugues transmet aux nouvelles générations un surf non formaté, un sport vivant, sans limite dans la créativité.”

    Dans un message bouleversant, le free surfeur Fred Compagnon résume le sentiment général : “On ne doit pas l’oublier.

    À Hendaye, à Mundaka, à Bali, les vagues semblent orphelines. Mais son sillage, lui, continue de briller.

    Un père, un passeur

    Ces dernières années, Hugues Oyarzabal partageait sa passion avec sa fille Kailani.
    Ils surfaient ensemble, riaient ensemble. Elle avait hérité de son aisance naturelle, de sa curiosité et de cette même énergie solaire. Pour lui, c’était la plus belle de toutes ses victoires.

    Dans les vidéos postées sur ses réseaux, on les voit côte à côte, glissant sur des vagues, comme deux miroirs. Cette transmission symbolise l’essence même de son parcours : le surf comme lien, comme héritage, comme refuge.

    Une légende à sa manière

    Hugues Oyarzabal n’a jamais gagné de titre mondial, mais il a marqué à vie la culture surf.
    Il a prouvé qu’on pouvait exister sans podium, qu’on pouvait créer sans sponsor, qu’on pouvait vivre du surf sans appartenir à son système.

    Il était artiste, inventeur, explorateur, surfeur et père.
    Un homme habité par la mer, guidé par l’instinct, tiraillé par la vie.

    Aujourd’hui encore, ses films circulent sur Vimeo et YouTube. Ils rappellent qu’avant les drones, les caméras 360 et les vlogs de surfeurs, il y avait ce Basque un peu fou qui bricolait dans son garage pour montrer au monde ce qu’il ressentait dans un tube.

    Rest in Peace and Lefts

    Dans la mémoire du surf, certains noms résonnent comme des évidences. D’autres, comme celui d’Hugues Oyarzabal, reviennent comme des murmures, portés par la houle et la nostalgie. Mais au fond, peu importe la notoriété. Ce qui compte, c’est la trace laissée. Et celle d’Hugues, comme la mousse d’une vague, ne s’effacera jamais tout à fait.

    Il était l’un de ces rares surfeurs à rappeler que le surf est un art de vivre avant d’être un sport.
    Un art d’être libre, d’essayer, de créer, de rêver, de se perdre et de se retrouver.

    Les légendes ne meurent pas : elles deviennent des courants.
    Et dans celui qui relie Hendaye à Desert Point, il y a sans doute encore un peu de WHO.

  • Royal Barrique 2025 : Joan Duru triomphe dans un tube d’anthologie à Hossegor

    Royal Barrique 2025 : Joan Duru triomphe dans un tube d’anthologie à Hossegor

    L’édition 2025 du Royal Barrique s’est tenue lundi 6 octobre 2025 au sud des Culs Nus, à Hossegor. Quatre heures d’action entre midi et 16h30, dans des conditions solides et techniques. Et ce mercredi 29 octobre 2025, au restaurant Le Surfing, les résultats ont été dévoilés : Joan Duru s’impose avec un tube backside d’une technicité extrême, devant Charly Martin et Paul-César Distinguin.

    Une compétition à part dans le paysage du surf français

    Organisé par l’association Estim, le Royal Barrique reste une compétition unique au monde. Son principe : seul le tube compte. Pas de manœuvres, pas de total de points — un seul tube peut suffire pour décrocher la victoire. Et surtout, les vagues sont jugées sur vidéo : sans image, pas de vague validée.

    Chaque automne, la fenêtre d’attente s’ouvre sur les bancs de sable landais, et dès que les conditions s’alignent, l’appel est lancé. Cette année, la nouveauté majeure tenait dans la formule par équipes, huit au total, avec un capitaine, plusieurs surfeurs et des alternates en cas d’absence.

    Un “call” à midi, et un océan en mouvement

    La journée du lundi 6 octobre avait tout du pari risqué. Dès 12h, les surfeurs étaient rassemblés pour le “call”, fixant le coup d’envoi à 12h30. Le plein bas était passé à 10h30, et les débats allaient bon train.
    Avec des coefficients de marée de 100, les avis divergeaient : fallait-il lancer tout de suite ou attendre un peu plus de remontant ?

    « C’est ignoble », lâchait un surfeur, constatant un plan d’eau propre mais encore trop changeant. D’autres, plus optimistes, pressentaient que la fenêtre idéale serait courte : « Voyant une ou deux vagues souffler, la majorité s’est rangée sur l’avis des derniers, et on a fixé le démarrage à 12h30 », raconte l’organisation.

    Le stand de compétition est installé. Les équipes se préparent : wax, crème solaire des partenaires sont partagés, chants d’encouragement pour la team Bérêt Noir, tandis que les premiers tubes font déjà crier les spectateurs.

    Une heure magique sur le remontant

    Dès la première série, le potentiel du spot saute aux yeux. Après une demi-heure d’observation, la marée montante réveille le banc. Pendant près d’une heure, le Royal Barrique touche à la perfection.

    Des vagues de 2m50 bien rondes, un take-off vertical, et des souffles puissants à la sortie du tube. « C’était court, mais intense », résume un des juges présents. Ceux qui ont choisi de venir tôt ont assisté à la meilleure heure de la journée : la fameuse “heure magique”.

    Le sud, une planche de salut

    Mais la perfection ne dure jamais longtemps avec un coefficient de marée de 100. Après une heure d’action continue, les tubes se font plus rares. Le courant devient fort, les pics se déplacent, et la tension monte.
    C’est alors que Louis Poupinel prend une décision qui changera la suite : « Ça a l’air plus creux un peu plus au sud, let’s go ! »

    Un coup de mégaphone, quelques oriflammes déplacées, et les séries 3 et 4 se décalent plus bas. Un nouveau banc se met à fonctionner, offrant encore quelques jolis barrels. Ce déplacement improvisé sauve la session et permet de tenir jusqu’à 16h30.

    Soleil, bières et after au Surfing

    Après quatre heures de soleil et deux heures de surf effectif pour chaque équipe, les participants accueillent avec enthousiasme les bières glacées. Le Royal Barrique, c’est aussi ça : une ambiance, une camaraderie, un plaisir simple après la tension de la session.

    Le débrief se prolonge jusqu’à la nuit au Surfing, aux Estagnots, autour de tacos et d’histoires de tubes manqués. Un moment de partage fidèle à l’esprit de cette compétition atypique.

    Montage express et soirée de remise des prix

    Dès le lundi soir, la team images s’est mise au travail pour dérusher les centaines de séquences tournées par les vidéastes présents. Un film récapitulatif, signé Étienne Bellan-Huchery, compile les meilleurs moments : souffles puissants, wipeouts impressionnants, sourires éclatants et vent offshore à gogo.

    Le 24 octobre, la soirée de remise des prix s’est tenue à nouveau au Surfing, en présence des surfeurs, juges et spectateurs. L’occasion de revivre les plus belles images, de remettre le 13e trophée du Royal Barrique, et d’annoncer les résultats officiels.

    Le palmarès 2025 : Duru, la classe mondiale

    Cette année, la victoire revient à Joan Duru, auteur d’un tube backside d’une rare technicité. Le surfeur d’Hossegor, déjà deuxième en 2012, devient le 12e vainqueur du Royal Barrique depuis sa création en 2007. Sa vague, filmée sous plusieurs angles, a marqué les juges par son engagement.

    « C’est une vague incroyable, au timing parfait. N’importe quel surfeur qui tenterait la même aujourd’hui n’y arriverait pas », confiait un juge lors de la soirée.

    Le classement complet :

    1. Joan Duru
    2. Charly Martin
    3. Paul-César Distinguin
    4. Justin Becret
    5. Aldric God
    6. Nicolas Paulet
    7. Nelson Cloarec
    8. Kyllian Guerin
    9. Vincent Verdier
    10. Charly Quivront

    Chez les équipes, la victoire revient à Local Heroes, menée par Guillaume Mangiarotti (capitaine), accompagné de Joan Duru, Charly Martin, Aldric God et Paul-Loup Laborde.

    Il reste un vainqueur dont on n’a pas parlé, celui de la plus belle chute, bravo Mathias Maalem, pour cette royale tombette.

    Les héros de l’ombre : les vidéastes

    Sans eux, rien de tout cela n’existerait. Le Royal Barrique repose sur les images capturées depuis la plage, les dunes ou les drones. Chaque tube est jugé à partir des vidéos envoyées à l’organisation.

    Un immense merci à ceux qui ont immortalisé cette édition 2025 :
    Grégory Ménager, Adrien Bulus, Ted Boutin, Judith Emmanuel, Victorien Issouri, Jérémie Gabrien, Arthur Génie, Étienne Bellan-Huchery, Nico Lep et Ludovic Lasserre.

    Un format d’équipe qui séduit

    Si le Royal Barrique garde son ADN de compétition “à part”, le format en équipes a clairement séduit. Plus d’entraide, plus d’échanges, et un sentiment d’appartenance fort, sans nuire à la rivalité saine entre surfeurs. Moins de surfeurs à l’eau, moins de bataille pour prendre la bombe.

    Entre adrénaline, camaraderie et passion commune du tube landais, cette édition 2025 s’impose déjà comme l’une des plus réussies de ces dernières années.

  • La planche de surf perdue en Tasmanie réapparaît 18 mois plus tard à 2 400 km de là, retrouvée par un Français

    La planche de surf perdue en Tasmanie réapparaît 18 mois plus tard à 2 400 km de là, retrouvée par un Français

    C’est une histoire comme seuls les océans savent en écrire. Une planche de surf tombée d’un bateau en Tasmanie, oubliée depuis un an et demi, retrouvée par hasard en Nouvelle-Zélande par un Français installé à Raglan. 2 400 kilomètres plus loin, 18 mois de dérive, et un destin que seul le courant pouvait orchestrer.

    Un voyage insensé porté par les courants

    Mai 2024. Quelque part au large de la Tasmanie, une planche sur mesure glisse sur le pont d’un bateau, heurte le rebord, puis disparaît dans la houle. Son propriétaire, un surfeur australien prénommé Liam, la regarde s’éloigner, impuissant. L’océan l’a avalée, sans promesse de retour.
    Dix-huit mois plus tard, cette même planche va réapparaître… à 2 400 km de là, sur la côte ouest néo-zélandaise.

    Entre les deux, personne ne saura jamais vraiment quel chemin elle a emprunté. Peut-être a-t-elle traversé la mer de Tasmanie portée par les vents d’ouest, s’est échouée un temps sur une côte déserte avant de repartir. Ce qu’on sait, c’est qu’elle a survécu — intacte, marquée, mais debout. Un miracle flottant, couvert de balanes et de coquillages, témoin du passage du temps et des voyages invisibles que tracent les courants marins.

    La découverte d’un Français à Raglan

    Mi-octobre 2025, un Français du nom d’Alvaro Bon profite d’une session de kitesurf dans le port de Raglan, sur l’île du Nord. Installé depuis une dizaine d’années en Nouvelle-Zélande, il connaît ces eaux par cœur. Ce jour-là, le vent est fort, trop fort. Il perd le contrôle de son cerf-volant, qui s’envole au large. En rejoignant la terre, il aperçoit quelque chose d’étrange flottant à la surface : une planche de surf couleur crème, piquée de coquillages, comme sortie d’un rêve.

    « Je l’ai cachée dans les dunes, je ne savais pas trop quoi en faire », racontera-t-il plus tard à la BBC.
    Quelques jours après, il la nettoie et publie des photos sur les réseaux sociaux, espérant retrouver le propriétaire. À son retour de surf, son téléphone est inondé de messages. Parmi eux, celui d’un certain Liam, accompagné d’une photo : c’était bien la sienne. « Il n’arrivait pas à y croire », confie Alvaro.

    Un symbole de résilience et de hasard

    La planche, malgré 18 mois passés à dériver en plein océan, est en bon état. Quelques traces du sel, quelques cicatrices laissées par les coquillages — rien qui ne puisse l’empêcher de flotter.
    Pour Liam, c’est une planche fétiche, un morceau de lui revenu du large. Pour Alvaro, c’est un signe.

    « Le jour où j’ai trouvé la planche, j’ai perdu mon cerf-volant, raconte-t-il. Peut-être que c’était ça le sens… Parfois il faut lâcher prise pour trouver mieux. »

    Difficile d’imaginer phrase plus juste.
    Dans un monde où tout semble contrôlé, l’océan rappelle qu’il reste le maître des histoires. Ce jour-là, il a rendu ce qu’il avait pris. Et entre deux inconnus, il a tracé un fil invisible, une ligne de swell entre la Tasmanie et la Nouvelle-Zélande.

    L’océan, narrateur d’histoires incroyables

    Cette dérive n’est pas qu’une anecdote insolite : elle dit quelque chose de la mer, de sa puissance et de sa poésie.
    Les scientifiques savent que les courants marins de la mer de Tasmanie sont parmi les plus imprévisibles du Pacifique Sud. Des objets peuvent dériver des mois entiers avant d’atteindre les plages néo-zélandaises. Mais au-delà des données, c’est l’imaginaire qui fascine : la mer transporte aussi bien des déchets que des miracles.

    Une planche perdue, retrouvée 18 mois plus tard, c’est un message venu des profondeurs : la mer garde, transforme, restitue. Et parfois, elle choisit à qui offrir le dénouement.

    Dans quelques jours, la planche rejoindra son propriétaire à Auckland. Mais son histoire, elle, a déjà fait le tour du monde — et des cœurs.

  • Myélopathie du surfeur : quand le rêve de glisse vire au cauchemar

    Myélopathie du surfeur : quand le rêve de glisse vire au cauchemar

    Imaginez partir en vacances dans les Caraïbes, découvrir le surf pour la première fois… et finir paralysé. Ce scénario absurde, digne d’un film dramatique, est pourtant une réalité pour une poignée de surfeurs dans le monde. Le nom de ce mal encore méconnu : la myélopathie du surfeur.
    Une affection aussi mystérieuse que dévastatrice, qui a déjà brisé plusieurs vies – de la Guadeloupe à Honolulu, en passant par les Alpes suisses.

    Un voyage en Guadeloupe qui tourne au drame

    Février 2025. Flavien, 29 ans, s’envole pour la Guadeloupe avec sa compagne et leur fils. Le séjour s’annonce idyllique : mer chaude, soleil, lagons… C’est lors d’une première leçon de surf à Sainte-Anne que tout bascule. Après quelques minutes passées allongé sur sa planche, en position de rame, Flavien ressent une douleur aiguë dans le bas du dos, rapidement suivie de fourmillements, engourdissements, puis une perte de force dans les jambes.

    Transporté d’urgence à l’hôpital de Pointe-à-Pitre, le premier diagnostic est flou. Mais un second neurologue évoque une cause rare : un infarctus médullaire, autrement dit un accident vasculaire de la moelle épinière, aussi appelé myélopathie du surfeur.

    Le témoignage glaçant de Marc, paralysé à Hawaï

    Marc, 22 ans, originaire des Grisons en Suisse, rêvait de surfer les vagues du Pacifique. Deux jours après son arrivée à Hawaï, il ressent la même douleur foudroyante que Flavien.
    « Je surfais quand soudain, j’ai eu l’impression qu’on m’avait planté un couteau dans le dos », raconte-t-il.
    Ses jambes lâchent. Il coule. Sauveteurs, ambulance, diagnostic : myélopathie du surfeur.

    Les médecins lui annoncent qu’il ne remarchera probablement jamais. Pourtant, après deux ans de rééducation, Marc a retrouvé l’usage partiel de ses jambes :

    « Je peux marcher quelques mètres avec des béquilles. J’ai même refait du snowboard. Mais mon rêve, c’est de retourner surfer, sur cette même plage. »

    Mais qu’est-ce que la myélopathie du surfeur ?

    dentifiée pour la première fois à Hawaï en 2004, la surfer’s myelopathy est une lésion non traumatique de la moelle épinière.
    Elle est causée par une hyperextension prolongée du dos, typique de la position de rame sur la planche.

    En clair : allongé trop longtemps, le surfeur crée une compression qui réduit l’apport sanguin à la moelle. Résultat : une ischémie médullaire, comparable à un mini AVC de la colonne.

    Les symptômes à repérer :

    • Douleur aiguë dans le bas du dos
    • Fourmillements ou engourdissement dans les jambes
    • Perte de force musculaire
    • Troubles urinaires ou intestinaux
    • Paralysie soudaine

    Ce qui rend la maladie perfide, c’est qu’elle survient sans aucun traumatisme. Pas de wipeout, pas de choc contre la planche : tout se passe à l’intérieur du corps.

    Ce que dit la science

    Une étude japonaise publiée en 2019 décrit le cas d’une jeune femme de 19 ans, débutante, victime de la même pathologie.
    En seulement une heure, elle passe de simples picotements à la paraplégie.
    Grâce à une prise en charge rapide (oxygénothérapie, corticoïdes, rééducation), elle a pu remarcher en moins d’un mois.

    Les médecins japonais évoquent plusieurs hypothèses :

    1. Compression artérielle (artère d’Adamkiewicz) causée par l’hyperextension.
    2. Compression veineuse ou spasme lié à la manœuvre de Valsalva (inspiration bloquée lors de l’effort).
    3. Embolie fibrocartilagineuse, quand un fragment de disque intervertébral migre dans une artère spinale.

    Mais aucune cause unique n’a encore été prouvée.

    Une affection rare… mais grave

    Peu d’études existent sur cette pathologie. Une revue scientifique coréenne a analysé 3 cas de jeunes hommes (19 à 30 ans), tous débutants en surf. Deux d’entre eux, traités avec des corticoïdes, sont restés paraplégiques malgré des mois de rééducation. Le troisième, soigné par induction d’hypertension pour améliorer la perfusion médullaire, a quasiment récupéré l’usage complet de ses jambes en quelques jours.

    Autrement dit, le traitement précoce est essentiel, mais il n’existe aucune prise en charge standardisée. Les pistes incluent :

    • L’hyperhydratation et l’induction d’une hypertension contrôlée
    • L’usage de stéroïdes à haute dose (controversé)
    • L’angiographie spinale en urgence pour identifier une cause vasculaire
    • Le drainage lombaire pour réduire la pression du liquide céphalorachidien

    Une urgence médicale méconnue

    En 2016, une revue internationale recensait seulement 64 cas documentés dans le monde.
    Un chiffre probablement sous-estimé, car de nombreux cas légers passent inaperçus.
    Les études montrent pourtant que le pronostic dépend entièrement de la rapidité du diagnostic.

    Un traitement précoce peut inclure :

    • Hyperhydratation et induction d’hypertension pour améliorer la perfusion
    • Corticoïdes à haute dose (usage controversé)
    • Oxygénothérapie hyperbare
    • Drainage lombaire pour réduire la pression céphalorachidienne

    Les patients traités dans les premières heures ont souvent récupéré partiellement.

    Un long combat pour réapprendre à marcher

    Pour Flavien, le diagnostic a été confirmé en métropole après une longue errance médicale. Transféré dans un centre de rééducation en Vendée, il a dû tout réapprendre comme un bébé : respirer profondément, ramasser un objet, activer ses muscles. Aujourd’hui, il recommence à bouger sa jambe droite, un peu la gauche. Son objectif est clair : remarcher d’ici décembre.

    Il témoigne quotidiennement de son combat dans un carnet de bord, avec l’idée d’en faire un livre. Lui et sa compagne veulent surtout sensibiliser : « Si j’étais resté 5 minutes de plus dans l’eau, je me serais peut-être noyé ».

    Une éducation indispensable pour prévenir les cas

    L’un des constats partagés par les études scientifiques est limpide : la prévention est la clé. Aux États-Unis, une fondation a créé le sigle SPINE pour sensibiliser les surfeurs :

    • S : Sit on your board — s’asseoir régulièrement sur sa planche
    • P : Pace yourself — ne pas rester trop longtemps dans l’eau
    • I : Insist on a trained instructor — privilégier un moniteur expérimenté
    • N : Notice symptoms — être attentif aux douleurs ou engourdissements
    • E : Exit the water — sortir immédiatement si un symptôme apparaît

    En France et en Europe, la majorité des moniteurs n’ont jamais entendu parler de ce syndrome. Il serait temps d’intégrer cette information dans les formations de surf, comme cela commence à se faire à Hawaï ou en Corée du Sud.

    Peut-on continuer à surfer après une myélopathie ?

    Dans les cas les plus graves, la reprise du surf est impossible. Mais certains patients ayant récupéré partiellement ont pu remonter sur une planche, avec prudence. Il est cependant recommandé de consulter un neurologue ou un médecin du sport avant toute reprise, et d’éviter les longues périodes de rame en extension.

    Ce que nous dit ce témoignage

    L’histoire de Flavien met en lumière une réalité cruelle : un accident invisible peut briser une vie en quelques minutes, sans prévenir. Et pourtant, en informant mieux, en réagissant plus vite, en adaptant l’enseignement du surf, de nombreux cas pourraient être évités ou atténués.

    La myélopathie du surfeur n’est pas une fatalité. Mais pour que cela devienne vrai, il faut briser le silence, documenter les cas, et surtout, écouter son corps dès les premiers signes d’alerte.

    En résumé : que faut-il retenir ?

    • La myélopathie du surfeur est une pathologie rare mais grave, liée à un manque d’irrigation de la moelle épinière
    • Elle touche surtout des surfeurs débutants, souvent lors de leur première session
    • Les symptômes précoces doivent être pris très au sérieux : douleurs dorsales, fourmillements, faiblesse dans les jambes
    • Aucun traitement n’est standardisé, mais une prise en charge rapide améliore le pronostic
    • La prévention par l’éducation des surfeurs et des moniteurs est essentielle

  • Joel Tudor souffle le chaud et le froid après la victoire d’Édouard Delpero

    Joel Tudor souffle le chaud et le froid après la victoire d’Édouard Delpero

    Il ne peut pas s’en empêcher. À chaque fois qu’un contest de longboard WSL se termine, Joel Tudor y va de son avis tranchant. Le triple champion du monde, 49 ans, a une plume aussi affûtée qu’une dérive single fin, et cette fois, c’est la compétition d’Abou Dhabi qui a ravivé sa flamme polémique.

    Quelques heures après la victoire du Français Édouard Delpero et de l’Hawaïenne Honolua Blomfield, Tudor a posté un mème devenu viral :

    “La WSL a encore réglé la piscine à vagues sur le mode débutant pour les longboarders.”

    Et le message, limpide : selon Tudor, la WSL bride le niveau en proposant des vagues trop molles, trop faciles, presque insultantes pour les surfeurs de haut niveau. Et pour le coup, nous sommes d’accord et nous en avions parlé dans ce premier article, résumé de la journée 1 homme Abu dhabi 2025

    Mais comme souvent avec le Californien, le discours cache plusieurs couches de contradictions.

    Le roi du “classic” qui réclame du “modern”

    Ce qui fait sourire (jaune), c’est que Joel Tudor a lui-même milité pendant des années pour le retour du longboard classique, celui du style, du noseride et des planches single fin.
    Un surf élégant, mais par définition moins technique quand il s’agit d’engager backside dans un barrel ou de taper un roller vertical avec une seule dérive.

    Autrement dit, Tudor a contribué à façonner une génération de longboarders ultra-stylés, mais peu polyvalents. Et aujourd’hui, il s’étonne que la majorité d’entre eux “ne sache pas tuber”.

    “Le plus triste, c’est que la majorité de ceux qui participent ne savent même pas surfer un barrel”, a-t-il écrit sur Instagram.
    “S’il n’y a personne pour les guider, personne pour défendre le vrai longboard, alors la discipline est condamnée.”

    Sauf qu’en voulant protéger la pureté du style, Joel Tudor a aussi fermé la porte au modern longboard, celui qu’incarnent justement des surfeurs comme Édouard Delpero, Ben Skinner ou Harrison Roach : des riders capables d’allier grâce et puissance, noseride et tube.

    Les hommes et le tube backside : une réalité nuancée

    Pour autant, le constat de Tudor n’est pas entièrement faux.
    Si les longboardeuses comme Honolua Blomfield affichent souvent une technique fluide et complète, le niveau des femmes dans le tube est faible comme se fut le cas en shortboard dans le passé. Au niveau des hommes, on va dire que frontside la majorité s’en sorte bien, mais au niveau backside dans le tube la grande majorité des longboarders ne savent pas tuber, il faut le dire.
    Il faut le dire : 90 % des longboarders ne savent pas vraiment tuber backside. Non pas qu’ils ne puissent pas le faire, mais parce que le format de compétition et les spots choisis ne les y encouragent jamais.

    À Abou Dhabi, les vagues artificielles de la piscine WSL offrent peu de sections tubulaires, et un mur d’eau bien trop docile pour espérer un tube engagé.
    Alors évidemment, difficile de reprocher aux compétiteurs de “fuir le barrel” quand le barrel n’existe pas vraiment.

    La pique oubliée : Blomfield félicitée, Delpero ignoré

    Autre détail piquant : dans son discours incendiaire, Tudor félicite Honolua Blomfield (dans les commentaires) pour sa victoire… mais passe totalement sous silence Édouard Delpero.
    Un oubli ? Difficile à croire.

    Entre les deux hommes, le courant n’a jamais vraiment passé.
    Delpero incarne tout ce que Tudor déteste : un surf de longboard moderne, inspiré du shortboard, avec engagement, avec une configuration tri-fins.
    En clair, la tête de gondole du modern longboard.

    Pour Tudor, Delpero symbolise ce qu’il considère comme une “dérive” du longboard, celle où le style s’efface au profit de la performance.
    Mais la réalité est peut-être plus simple : Delpero représente l’évolution naturelle de la discipline, là où Tudor, lui, reste campé dans un passé idéalisé.

    Un débat sans fin, mais essentiel

    Cette nouvelle sortie médiatique relance un débat qui divise le longboard depuis toujours :
    Faut-il préserver le classic style, avec ses lignes pures et son minimalisme ?
    Ou faut-il embrasser le modern longboard, plus technique, plus radical, et plus proche du shortboard ?

    Entre les deux, la vérité est sans doute dans l’équilibre.
    Le longboard n’a jamais été aussi riche, ni aussi diversifié. Et s’il y a bien une chose que prouve la victoire d’Édouard Delpero à Abou Dhabi, c’est que le style et la technique peuvent cohabiter.
    Tudor le sait sans doute très bien. Mais fidèle à sa nature, il préfère encore allumer un feu pour rappeler qu’il existe.

  • Max Neuböck surfe plus de 8 heures d’affilée sur une vague… pour un record Guinness

    Max Neuböck surfe plus de 8 heures d’affilée sur une vague… pour un record Guinness

    Huit heures, cinq minutes et quarante-quatre secondes. C’est le temps que l’Autrichien Maximilian Neuböck a passé debout sur une vague, sans jamais tomber. Pas sur un swell mythique de l’océan Pacifique, non — sur The RiverWave, la plus grande vague artificielle d’Europe en Autriche. Le tout validé par le Guinness World Records. Résultat : un record aussi absurde qu’hypnotisant, qui interroge autant qu’il impressionne.

    Le surfeur autrichien qui ne voulait plus sortir de l’eau

    La scène se déroule à Ebensee, en Autriche, loin des spots salés de Nazaré ou Teahupo’o. Là, The RiverWave génère une vague stationnaire, perpétuelle, comme un tapis roulant aquatique. Et Max Neuböck a décidé d’y rester dessus aussi longtemps que possible, sans descendre, sans pause, sans toilettes — mais pas sans ravitaillement.

    Pendant son marathon liquide, il a mangé une soupe, avalé une pizza, bu du Red Bull et utilisé un pistolet de massage pour ses cuisses. Tout cela, sans jamais cesser de glisser sur place. À la fin, épuisé mais euphorique, il s’est jeté à l’eau en criant de joie : huit heures de surf continu, un record officiellement homologué par Guinness.

    “Il n’est revenu à terre qu’après huit heures, certain d’avoir battu le record. Il a ensuite sauté dans l’eau en criant, les bras levés”, raconte Guinness dans son communiqué officiel.

    Le triomphe du “record pour le record”

    Soyons honnêtes : le surf n’avait pas forcément besoin de ce record. Mais dans un monde obsédé par les chiffres, les likes et les “premières fois”, il fallait bien que quelqu’un tente l’impossible : tenir debout sur une vague pendant une journée de travail complète.

    Ce n’est pas un exploit d’océan, ni un tube de légende — c’est un exploit d’endurance et, surtout, de volonté. Neuböck incarne cette tendance moderne à vouloir “faire un record pour le record”, comme s’il fallait tout mesurer, tout chronométrer, même la glisse.
    Une performance à la frontière du sport, de l’art contemporain et de la méditation sous caféine. Bref, je m’égare…

    8 heures contre 3 heures 55 : la revanche des vagues statiques

    Avant Neuböck, le Panaméen Gary Saavedra détenait un autre record Guinness : celui de la plus longue vague surfée en eau libre, en 2011. Il avait surfé le sillage d’un bateau pendant 43,1 miles dans le canal de Panama, pendant près de quatre heures.
    Mais la comparaison s’arrête là : Saavedra avançait, Neuböck restait sur place. Deux visions du surf, deux formes d’absurdité héroïque.

    Entre absurde et poésie

    Passer huit heures à surfer sans tomber, c’est certes un exploit physique. Mais c’est surtout un symbole : le surf peut aussi être statique, introspectif, presque méditatif. Entre deux gorgées de soupe, Neuböck a probablement exploré les frontières du calme, du courage et de l’ennui absolu.

    Ces records Guinness qui font sourire

    Le Guinness World Records adore ces exploits improbables. À côté de Neuböck, on trouve par exemple le “plus grand nombre de Big Macs mangés dans une vie” (26 000), le “5 mètres les plus rapides en skateboard par un chat”, ou encore le montage le plus rapide de Mr. Potato Head les yeux bandés.
    Et dans la catégorie “records de surf plus sérieux”, Sebastian Steudtner détient toujours le titre de la plus grosse vague surfée, avec son 86 pieds à Nazaré en 2020.

    Mais entre la démesure portugaise et la patience autrichienne, un même fil rouge : l’amour du geste inutile mais fascinant.

  • Quiksilver et Primaloft : la combinaison qui promet de changer l’hiver des surfeurs

    Quiksilver et Primaloft : la combinaison qui promet de changer l’hiver des surfeurs

    Quiksilver vient de lever le voile sur une innovation qui pourrait bien transformer nos sessions hivernales : une nouvelle génération de combinaisons intégrant la technologie Primaloft Bio.
    Une avancée qui permettrait, selon la marque, de surfer en 3/2 quand tout le monde enfile une 4/3. Rien que ça.

    Une fibre née dans l’armée américaine

    Inventée il y a quarante ans pour l’armée des États-Unis, la fibre Primaloft a été pensée comme une alternative synthétique au duvet naturel.
    Légère, respirante et chaude, elle est aujourd’hui utilisée dans la plupart des doudounes techniques haut de gamme.
    Mais jusqu’à présent, elle n’avait jamais franchi la barrière du surf.

    Avec cette collaboration inédite, Quiksilver (et Roxy) deviennent les premiers à intégrer Primaloft dans une combinaison néoprène.
    Objectif affiché : plus de chaleur, moins d’épaisseur, donc plus de liberté sur la planche.

    35 % plus chaud que les précédentes générations

    Selon les tests réalisés par la marque, le Primaloft Bio offrirait une chaleur supérieure de 35 % à celle de l’ancien revêtement interne Warmflight Eco Velvet.
    Pour le prouver, les équipes ont mené une expérience scientifique :

    “On expose la combinaison à une plaque froide contrôlée, on attend quelques minutes, et on mesure la température à l’intérieur avec un laser. Résultat : les modèles Primaloft conservent bien mieux la chaleur”,
    explique Paolo Magiorelli, designer chez Quiksilver et ancien architecte naval (qui, paraît-il, fabrique aussi son propre limoncello).

    Concrètement, cela signifie qu’un surfeur équipé d’une 3/2 Primaloft pourra surfer dans des eaux à 15°C, là où une 4/3 était jusque-là indispensable.

    Chaleur, souplesse et durabilité

    L’innovation ne se limite pas à l’isolation.
    Le Primaloft est tissé dans la doublure interne des combinaisons, sous forme de deux variantes :

    • Primaloft Warm, plus épais et isolant, utilisé sur le corps et les jambes,
    • Primaloft Stretch, plus fin et souple, réservé aux bras et épaules.

    Résultat : une sensation de légèreté et de liberté rarement atteinte.
    Comme le résume le surfeur indonésien Rio Waida :

    “Je n’ai pas l’habitude de surfer en combinaison, mais celle-ci est folle. Je me sens au chaud dans une 3/2 comme dans une 4/3. C’est léger, c’est souple, c’est un vrai plaisir.”

    Des tests grandeur nature

    Lors d’une session de tests organisée au Portugal, avec des températures d’eau autour de 15°C et un vent glacial, la plupart des surfeurs du team Quiksilver — Kanoa Igarashi, Jackson Bunch — ont surfé en 3/2 toute la semaine.

    “C’est un game-changer absolu. J’ai porté une 3-millimètres tout le trip, alors que tout le monde était en 4/3”,
    témoigne Jackson Bunch, surfeur hawaiien du CT.

    Pour Kanoa Igarashi, l’innovation se ressent surtout à la rame :

    “Le meilleur wetsuit, c’est celui auquel tu ne penses pas. Là, je ne pense plus à la combinaison, ni au froid. C’est exactement ce qu’on recherche.”

    Une démarche écologique assumée

    Autre atout de taille : la fibre Primaloft Bio est biodégradable et fabriquée à partir de matériaux recyclés.
    Quiksilver l’associe à un néoprène naturel, issu du caoutchouc végétal, et à des tissus extérieurs en fibres recyclées post-consommation.
    Un pas vers une production plus responsable, même si la marque reste lucide :

    “Une combinaison restera toujours un produit imparfait écologiquement, mais on veut avancer dans la bonne direction, sans greenwashing”, souligne Alain Riou, un représentant de Quiksilver.

    Une gamme complète pour tous les surfeurs

    La technologie Primaloft sera intégrée sur l’ensemble des gammes 2025 :

    • Highline : la plus légère et la plus stretch, pour les compétiteurs.
    • Marathon Session : la plus chaude, avec Primaloft Warm sur tout le corps.
    • Everyday Session : le modèle accessible (environ 200 €), intégrant déjà la technologie Primaloft Stretch.

    Une démocratisation de l’innovation, qui permet à chacun de bénéficier du même niveau de confort que les pros du team Quik.

    Vers un nouveau standard du surf technique

    Plus chaude, plus légère, plus souple et plus durable : la nouvelle génération de combinaisons Quiksilver x Primaloft Bio pourrait bien redéfinir les attentes des surfeurs du monde entier.
    Et surtout, elle pose une question simple :

    Et si, cet hiver, on pouvait troquer nos 4/3 pour une 3/2 sans grelotter ?

    Nous sommes actuellement en train de tester la combinaison pour faire un review plus personnalisé avec nos impressions après plusieurs sessions. Nous avons choisi la combinaison 4/3mm Marathon Sessions à 410 euros TTC, ce qui est un budget, il faut l’avouer, mais si cher pour du haut de gamme. Bientôt plus d’infos pratiques.

  • Incident à la GB Surfing Cup : quand les free surfers gâchent la fête

    Incident à la GB Surfing Cup : quand les free surfers gâchent la fête

    Le surf britannique secoué par un triste épisode

    La GB Surfing Cup 2025, censée célébrer le meilleur du surf britannique à Thurso, en Écosse, s’est terminée sur une note amère. Alors que les demi-finales féminines battaient leur plein, un groupe de free surfers a fait irruption dans le line-up, droppant sur les compétitrices et leur lançant des insultes.
    Un comportement inacceptable, qui a conduit à l’arrêt immédiat de la compétition et à l’ouverture d’une enquête policière.

    L’organisation GB Surfing a publié un communiqué officiel exprimant sa “profonde inquiétude” face à ces actes, d’abord dirigés vers les surfeuses. “Nous reconnaissons que les surfeurs en finale seront déçus par la fin prématurée de l’événement, mais nous sommes reconnaissants à l’équipe organisatrice et à la police pour leur réactivité”, précise la fédération.

    Un choc pour toute la communauté du surf britannique

    L’émotion a rapidement gagné les réseaux sociaux.
    La surfeuse Lainy Cruickshank a résumé le sentiment général dans un message poignant :

    “Je me sens absolument dévastée que tout le surf britannique ait dû être témoin d’un tel comportement. Voir mes enfants regarder leurs amis se faire insulter, c’était insoutenable. Les vagues étaient incroyables, le surf magnifique, mais tout a été gâché.”

    Ce qui devait être une célébration du surf anglais, écossais, gallois et des îles anglo-normandes s’est transformé en triste symbole de division. D’autant plus cruel que la journée offrait des conditions parfaites à Thurso, la plus belle droite d’Écosse.

    Le problème récurrent du “partage du line-up”

    L’incident de Thurso rappelle un phénomène récurrent dans le surf mondial : la tension entre compétiteurs et free surfers lorsqu’un événement se déroule sur un spot public.
    En France, les Championnats d’Allemagne à Hossegor avaient connu un scénario similaire. Des surfeurs locaux, irrités par la privatisation du pic pendant la compétition, avaient délibérément perturbé les séries, provoquant une vive polémique sur la notion de respect et de légitimité dans l’océan.

    Le problème est universel : contrairement à d’autres sports, le surf ne se pratique pas dans un espace fermé. Normalement, du moins en France, un arrêté est pris par la mairie pour privatiser cet espace public. Tout repose donc sur le respect mutuel et la conscience collective du moment.
    Et lorsque ces valeurs disparaissent, c’est toute la culture surf qui s’en trouve salie.

    Quand la liberté devient égoïsme

    Le surf s’est construit sur la liberté, la communion avec la nature et l’esprit d’entraide.
    Mais cet incident montre que la liberté sans respect devient vite égoïsme.
    Les compétitions amateurs comme la GB Cup reposent sur des bénévoles, des familles, des jeunes surfeurs motivés. Les insulter, c’est s’en prendre à la base même du surf : une communauté passionnée, non une machine commerciale.

    L’affaire est désormais entre les mains de la police écossaise, et GB Surfing a promis un nouveau communiqué prochainement. Mais le mal est fait : la confiance est brisée, et les images de cette journée ternissent l’image d’un surf britannique en pleine reconstruction.

    L’onde de choc numérique

    Au-delà de l’incident dans l’eau, une seconde tempête a éclaté en ligne. Des vidéos, extraits de live et témoignages contradictoires ont envahi les réseaux sociaux, nourrissant la confusion.
    Entre indignation légitime et emballement médiatique, la frontière s’est vite brouillée. Comme souvent, la rumeur a pris le pas sur les faits — au point que personne ne sait plus vraiment ce qui s’est passé.

    Ce phénomène n’est pas nouveau : le surf, autrefois confidentiel, est désormais scruté en permanence. La moindre erreur, la moindre vague partagée au mauvais moment, devient virale. Et les réseaux peuvent transformer un incident local en crise internationale, voir même un tribunal populaire. D’un côté, des témoignages assez accablant sur une possible agression physique (surfeuse plaquée au fond) avec des insultes, et de l’autre un surfeur avouant sa faute d’être allé sur l’épaule de la vague, et qui, sur une série qui a décalé, a pris le set en pleine poire et s’emmêlant le leash avec celui de la compétitrice. Deux versions très différentes… La police mène son enquête, on n’en dira pas plus.
    Une dérive qui interroge notre rapport collectif à l’image, à la réputation et à la vérité dans le monde du surf.

    Un triste miroir pour le surf européen

    Ce qui s’est passé à Thurso aurait pu arriver n’importe où.
    L’épisode d’Hossegor l’a déjà prouvé : quand l’ego prend le pas sur la passion, la culture surf perd une part de son âme. Même si on ne partage pas certaines valeurs, il est important de faire preuve de respect.
    Espérons que cet incident serve de leçon, et que les line-ups — en compétition comme en free surf — redeviennent ce qu’ils devraient toujours être : des lieux de partage, pas de confrontation.

    PS: photo non contractuelle de la confrontation bagarre…lol

  • 🏆 Édouard Delpero triomphe à Abu Dhabi et prend la tête du classement mondial

    🏆 Édouard Delpero triomphe à Abu Dhabi et prend la tête du classement mondial

    Le Français s’impose au Surf Abu Dhabi Longboard Classic 2025 au terme d’une finale haletante face au champion en titre Steven Sawyer.

    Un dimanche de surf sous haute tension

    Sur la vague artificielle d’Abu Dhabi, les conditions ne laissaient aucune marge d’erreur. Un plan d’eau capricieux lors des finales et un format impitoyable : chaque compétiteur n’avait que deux gauche et deux droites pour briller.
    Et dans ce jeu d’équilibre où la précision et la régularité priment sur l’a puissance’exploit, Édouard Delpero a une fois de plus démontré qu’il était l’un des longboardeurs les plus complets au monde.

    Noémie Lemoigne, la meilleure Française du tableau féminin

    Avant de parler de la finale masculine, impossible de ne pas saluer le parcours de Noémie Lemoigne, seule Française à atteindre les quarts de finale du tableau féminin.
    Opposée à l’Américaine Avalon Gall, la surfeuse réunionnaise a livré un duel serré, joué sur le fil des hang five. Plus engagée sur le nose, Gall a pris l’avantage d’une courte tête.
    Avec cette élimination, Noémie finit malheureusement aux portes du top 8 mondial, synonyme de qualification pour la grande finale au Salvador.

    Une demi-finale crispante face à Taylor Jensen

    Chez les hommes, le parcours d’Édouard Delpero a pris une dimension presque romanesque. En demi-finale, il affrontait Taylor Jensen, triple champion du monde et rival historique.
    Dès sa première vague, Delpero chute — sa seule erreur de toute la compétition. La tension est maximale : il n’a plus qu’une seule chance. Mais fidèle à son style, fluide et déterminé, il surfe la vague parfaite. Take-off précis, section tubulaire, nose ride maîtrisé.
    La démonstration est totale : Édouard se qualifie pour la finale et envoie un message clair — il est prêt à tout pour aller au bout.

    La finale : Delpero contre Sawyer, duel de maîtres

    Face à lui, Steven Sawyer, vainqueur de l’édition 2024, qui maitrise parfaitement la vague comme vous pouvez l’imaginer. Dès la première vague, le Sud-Africain chute sur une gauche instable, visiblement gêné par les conditions “bumpy”.
    Delpero, lui, reste concentré. Il enchaîne deux vagues solides, mais confie en sortant de l’eau :

    “Ce n’est pas suffisant.”

    Quelques minutes plus tard, Sawyer retente une gauche décisive… et chute de nouveau. Cette fois, tout bascule : Édouard Delpero remporte le Surf Abu Dhabi Longboard Classic 2025 !

    Un exploit monumental : Édouard Delpero devient numéro un mondial

    Ce succès est bien plus qu’une victoire d’étape. En s’imposant à Abu Dhabi, Édouard Delpero prend la tête du classement mondial avant la grande finale au Salvador.
    Un exploit immense pour le Biarrot, qui n’était pas dans le top 10 avant cette compétition.
    Sa régularité, son engagement et sa maîtrise du tube tout au long de la compétition que cela soit backside ou frontside, font d’Edouard Delpero une référence absolue du style et de la techniquet : Delpero reste une référence absolue du style et de la technique.

    Cette polyvalence ajoutée à sa régularité ont fait de lui le grand vainqueur de cette compétition.

    Le retour du roi français

    À 35 ans, Édouard Delpero prouve qu’il est toujours au sommet de son art. Cette victoire symbolise la longévité, la précision et la passion d’un surfeur qui continue d’écrire l’histoire du longboard français.
    Le rendez-vous est désormais pris : la grande finale mondiale au Salvador, où il défendra sa nouvelle position de leader face aux meilleurs du monde.

  • Oxbow Stoked 4 Cash : le surf retrouve son esprit libre

    Oxbow Stoked 4 Cash : le surf retrouve son esprit libre

    Quand Oxbow relance un contest de surf, ce n’est pas pour rejouer les formats WSL. Avec le Stoked 4 Cash, la marque française réinvente la compétition à sa manière : fun, locale, sans prise de tête et surtout centrée sur le plaisir pur de surfer. Après une première édition réussie au printemps 2025 aux Gardians, le concept a fait son retour le 15 octobre sur le spot du Boiteux, dans les Landes. Même ambiance décontractée, mêmes sourires, et toujours cette philosophie simple : récompenser le style, la créativité et le flow.

    Un format 100 % Oxbow

    Le Stoked 4 Cash n’a rien d’un championnat traditionnel. Oxbow a imaginé un contest de best tricks, où le fun et la progression priment sur le règlement. Le principe : plusieurs heats en free surf, des vagues partagées, pas de priorité stricte, et un seul mot d’ordre — oser. Les juges notent le style, l’engagement et la difficulté des manœuvres, avec un prize money total de 2 000 euros.

    Ce format, inspiré de l’esprit “cash for tricks” des années 2000, colle parfaitement à l’ADN de la marque : liberté, authenticité, surf en bande et bon esprit. Oxbow prouve qu’il est possible d’organiser un event compétitif sans dénaturer le surf. Pas de pression, juste du ride, du partage et une bonne dose de spectacle.

    Hossegor, le lancement d’un concept

    La première édition, en mai dernier, avait déjà posé les bases. Sous un soleil landais et dans des conditions idéales, plus de quarante surfeurs et surfeuses avaient répondu présent aux Gardians : Pierre Rollet, William Aliotti, Jorgann Couzinet, Noa Dupouy, Zoé Jackin ou encore Killian Guerin.

    Trois heats en mode free surf, une seule vague qui compte, et une ambiance de plage façon session entre potes. Les locaux François Liets et Vincent Duvignac, figures respectées du surf français, officiaient comme juges, donnant un ton familial à la compétition.

    Les meilleurs tricks avaient alors été récompensés :

    • Enzo Cavallini remportait la catégorie Men’s Best Trick,
    • Nahia Milhau s’imposait chez les femmes,
    • tandis que le Surfing, à Seignosse, accueillait un after à la cool pour clôturer la journée.

    Un premier test concluant qui laissait déjà présager la suite.

    Le Boiteux, version 2.0

    Pour cette deuxième édition, Oxbow a gardé la même recette gagnante, cette fois sur le spot du Boiteux, à Hossegor. Les conditions étaient parfaites : un mètre à 1,30 m, un vent léger side-shore et des bancs de sable magiques.

    Treize surfeurs par série, trois heats de 1h15, et une ambiance toujours aussi détendue. Le jury, composé de François Liets, Vincent Duvignac et Maud Le Car, a pu assister à un vrai festival de turns engagés et d’airs stylés.

    Côté résultats, le niveau de surf était impressionnant :

    • Hugo Flori décroche le Best Maneuver chez les hommes,
    • Jade Manien s’impose chez les femmes,
    • Samuel Redon repart avec le prix du Best Combo.

    Comme toujours, la remise des prix s’est faite dans la bonne humeur, lors d’une soirée au Coolin, accompagnée des fameuses pizzas du Spot Palace et de la projection des meilleures vagues de la journée.

    Une philosophie qui fait du bien

    À travers cet événement, Oxbow confirme son envie de reconnecter le surf à sa culture d’origine, celle du partage, de la créativité et du plaisir pur. Pas de lycra, pas de chrono : juste des surfeurs libres sur un banc de sable parfait.

    L’approche contraste avec les compétitions classiques, où la tension et les calculs dominent. Ici, le style compte autant que la performance, et chaque manœuvre est une prise de risque. Ce retour à l’essence du surf correspond parfaitement à l’image que la marque cultive depuis son retour en force sur la scène surf française : un label ancré, authentique, et proche de ses riders.

    Une suite déjà annoncée

    Face au succès de ces deux premières éditions, Oxbow a déjà confirmé qu’une troisième étape aura lieu au printemps prochain. L’objectif : continuer à faire vivre cette série d’événements locaux, où les surfeurs du cru se retrouvent pour repousser leurs limites dans la bonne humeur.

    Le Stoked 4 Cash s’impose ainsi comme une nouvelle référence des contests alternatifs, une bouffée d’air frais dans un circuit parfois trop formaté. Et surtout, un rappel essentiel : le surf, avant tout, est un jeu.

  • Edouard Delpero régale à Abu Dhabi : le tube en héritage

    Edouard Delpero régale à Abu Dhabi : le tube en héritage

    Première journée pour les hommes sur la compétition Surf Abu Dhabi Longboard Classic 2025, et déjà un Français au sommet.
    Edouard Delpero, multiple champion d’Europe et figure du longboard mondial, a frappé fort d’entrée avec un total de 18,43 points. Une démonstration d’élégance et de maîtrise technique, marquée par une approche radicale dans les barrels, preuve que l’art du longboard peut se conjuguer avec puissance et précision.

    Un départ parfait pour le Biarrot

    Dès les premières minutes de sa série, Edouard Delpero a imposé son tempo.Il a trouvé deux barrels d’une fluidité chirurgicale. Son timing, sa posture compacte et sa lecture de vague ont fait la différence.
    Alors que beaucoup de concurrents cherchaient encore le bon placement, le Français, lui, semblait déjà “connecté” à la vague d’Abu Dhabi. Résultat : deux vagues notées au-dessus de 9 points, un total stratosphérique de 18,43, et une avance nette sur ses poursuivants.

    Sur le spot artificiel, les conditions étaient propres, avec un mètre cinquante parfaitement calé et une lumière du désert offrant un spectacle presque surréaliste.

    L’arme secrète : le tube

    Le longboard n’est pas souvent associé au surf de tube. Pourtant, c’est là qu’Edouard Delpero excelle, en plus de toutes ses autres qualités. Son expérience en shortboard lui permet d’aborder les sections creuses avec une lecture différente de la plupart des longboarders. Là où beaucoup hésitent ou sortent de la vague, Edouard s’engage, se cale et ressort, souvent avec un petit sourire discret.

    C’est sans doute ce mélange rare entre technicité et instinct qui fait sa force. On l’a vu backside, genoux fléchis, parfaitement centré sur sa planche, glisser sous la lèvre avec la même aisance qu’en frontside. Peu de longboarders dans le monde peuvent se targuer d’un tel équilibre.
    Et si le tube d’Abu Dhabi n’a pas la profondeur d’un Teahupo’o miniature, il exige une précision absolue. Delpero l’a trouvé dès le premier tour, confirmant son statut de surfeur complet.

    Le débat éternel : single fin vs tri fin

    Cette performance relance un vieux débat qui agite le monde du longboard : faut-il privilégier le style du single fin ou la performance du tri fin ?
    Depuis plusieurs saisons, la WSL tente de trouver un équilibre entre ces deux philosophies. En 2017, pour l’anecdote, une étape en Papouasie-Nouvelle-Guinée avait tenté d’imposer le single fin à tous les concurrents. Mauvais timing : le swell conséquent et tubulaire rendait presque impossible l’utilisation de ce type de montage de dérive. Beaucoup s’étaient retrouvés à lutter plus qu’à surfer.

    À Abu Dhabi, la rumeur parlait de rendre la vague non tubulaire pour favoriser la pratique d’un longboard classic, une crainte partagée par Edouard Delpero, qui se sait à l’aise dans des conditions creuses. Alors, oui, la vague est moins tubulaire qu’à son habitude, mais il reste des portions à tube, qui ont vraiment fait la différence sur ce premier jour de compétition chez les hommes.

    Edouard Delpero, la synthèse parfaite

    Ce qui impressionne le plus chez lui, c’est cette capacité à faire cohabiter deux univers : celui du style traditionnel et celui de la performance moderne.
    Sur ses vagues à Abu Dhabi, il enchaîne les pas croisés, les nose rides élégants et les sorties de tube millimétrées.
    Il surfe propre, précis, sans esbroufe. Et c’est peut-être ce qui plaît tant : l’impression que tout est facile.

    Delpero ne cherche pas à révolutionner le longboard. Il en révèle simplement toutes les nuances. Sa victoire dans ce premier round n’est pas qu’une question de score, c’est une leçon de lecture de vague et de placement. Là où beaucoup voient encore le longboard comme un art lent et contemplatif, Edouard rappelle qu’il peut aussi être rapide, dynamique et terriblement efficace.

    Une première journée prometteuse

    Cette ouverture du Surf Abu Dhabi Longboard Classic a mis en lumière le niveau global de la discipline, mais aussi ses contradictions. Les barrels ont souvent fait la différence entre un bon score et une élimination précoce.
    Et dans cet exercice, personne n’a semblé plus à l’aise qu’Edouard Delpero. Sa performance donne le ton : il faudra compter sur lui pour la suite du contest.

    Les finales hommes et femmes auront lieu demain à Abu Dhabi.

  • John Peck, pionnier de Pipeline et âme mystique du surf, s’en est allé à 81 ans

    John Peck, pionnier de Pipeline et âme mystique du surf, s’en est allé à 81 ans

    John Peck s’est fatigué de surfer les vagues terrestres. À 81 ans, le pionnier de Pipeline s’est libéré de son corps pour rejoindre les flots cosmiques, là où les houles ne s’arrêtent jamais. On ne pouvait commencer cet article sans une phrase cosmique pour annoncer la disparition de John Peck. Celui qu’on surnommait “The Cosmic Surfer” a tiré sa révérence, laissant derrière lui un héritage immense, entre innovation technique, mysticisme et liberté absolue. Avec sa disparition, c’est une partie du surf originel — celui où l’océan était un temple et la planche une extension de l’âme — qui s’éloigne dans le ressac du temps.

    Des racines nomades vers le Pacifique

    Né en 1944 à Los Angeles, John Peck grandit au rythme des affectations militaires de son père, pilote de la Navy. De la Virginie au Texas, puis de San Diego à Waikiki, il découvre très tôt que le mouvement est une constante dans sa vie. C’est à Coronado, en Californie, qu’il attrape sa première vague à quinze ans, avant que la famille ne s’installe définitivement à Honolulu.

    À 16 ans, il découvre la culture hawaïenne du surf, l’esprit d’Aloha et la puissance des reef breaks. Très vite, son style fluide et instinctif attire l’attention. À la fin des années 1950, il fait déjà partie des jeunes talents prometteurs du North Shore, alors que le surf moderne est encore en train de se construire.

    1963 : le jour où John Peck inventa le “pigdog” ou le « grab the rail backside »

    Le 1er janvier 1963, sur la côte nord d’Oahu, John Peck entre dans la légende. Pipeline rugit. Ce jour-là, le jeune Californien de 19 ans se jette dans une vague massive et, dans un geste instinctif, il agrippe le rail extérieur de sa planche pour se caler dans le tube.
    Un mouvement simple, mais révolutionnaire : la naissance du pigdog, cette position mythique qui permet aux surfeurs backside de se caler profondément dans le barrel.

    Cette session, immortalisée dans plusieurs films de surf (Angry Sea, Gun Ho!, Walk on the Wet Side), bouleversa à jamais la manière de surfer Pipeline. Le geste de Peck lui valut la couverture de Surfer Magazine et un statut de pionnier incontesté. Comme le résume Matt Warshaw dans son Encyclopedia of Surfing :

    “John Peck a spontanément inventé une posture basse, main sur le rail, qui lui permettait de rester haut et serré dans la vague — une révélation pour l’époque.”

    Du surf à la spiritualité : l’ère psychédélique

    Mais John Peck ne fut pas qu’un surfeur technique. Dans les années 1960, il rejoint la Brotherhood of Eternal Love, une communauté de surfeurs et de hippies californiens prônant une vie guidée par la spiritualité, le yoga et… le LSD. Leur credo : paix, illumination et surf.

    Peck, lui, devient une figure de ce mouvement alternatif. Il explore les frontières entre surf et transcendance, entre performance et conscience. Mais cette quête de liberté l’entraîne aussi vers l’excès. Il est arrêté à Maui pour possession de drogue et passe du temps derrière les barreaux.

    En 1984, il met un terme à cette dérive. Il abandonne la drogue, l’alcool, et retrouve le surf sous un nouveau jour. Il s’initie au yoga, qu’il pratiquera jusqu’à devenir enseignant. Ses contemporains le décrivent alors comme un homme à l’énergie intense, presque surnaturelle. Certains disent même qu’il affirmait pouvoir léviter.

    Le shaper visionnaire

    L’influence de John Peck dépasse largement le line-up. Dans les années 60, il conçoit avec Morey-Pope Surfboards le modèle Peck Penetrator : une planche fine, nerveuse, à double stringer et à la dérive innovante. Elle deviendra un symbole de la transition entre le longboard classique et les premiers shortboards de la “révolution du surf” à venir.

    Peck est aussi l’un des premiers à expérimenter le nose winged design, un avant de planche effilé conçu pour mieux contrôler les manœuvres de nose riding. Des innovations qui influenceront durablement le design moderne.

    Mais au-delà des shapes, Peck incarne surtout une philosophie : celle d’un surf organique, intuitif, spirituel — une manière de danser avec la vague plutôt que de la dominer.

    “Brother John”, le mentor

    Au fil des années, John Peck devient une sorte de guide, une figure de sagesse dans la communauté surf. Il partage son savoir sur la respiration, le mouvement, la santé et la spiritualité. Parmi ceux qu’il a inspirés, Joel Tudor, qui lui rend aujourd’hui un hommage bouleversant :

    “Il a été mon premier professeur de yoga à 18 ans. Il m’a appris l’importance d’une vie équilibrée, du mouvement, de la diète et de la paix intérieure. Il surfait encore à plus de 70 ans, à Hanalei Bay et Newport Point. Tu vas me manquer, John. Puisses-tu surfer à jamais les vagues cosmiques.”

    D’autres, comme Wayne Rich ou Jim Hogan, saluent son humanité, sa douceur et sa vision. Tous évoquent un homme qui ne surfait pas seulement des vagues, mais l’existence elle-même.

    Un esprit libre jusqu’au bout

    John Peck n’a jamais cherché la gloire. Il se méfiait de la médiatisation et préférait la communion silencieuse avec l’océan. Son but n’était pas de gagner des compétitions, mais de comprendre l’énergie des vagues, de ressentir la connexion entre le corps, la planche et l’univers.

    Il disait souvent que surfer, c’était “apprendre à danser avec la nature sans la déranger”. Et cette danse, il l’a poursuivie toute sa vie, même dans la vieillesse, mince, bronzé, presque translucide, toujours présent sur les spots au lever du jour.

    Au-delà du reef : la vague éternelle

    Aujourd’hui, la communauté surf pleure la disparition d’un de ses pionniers les plus singuliers.
    Mais il serait réducteur de voir en John Peck seulement un surfeur. Il était aussi un philosophe, un chercheur de vérité, un homme en quête d’harmonie.

    À travers lui, Pipeline n’était plus seulement un champ de bataille, mais un lieu sacré. Le tube, une métaphore de la vie : sombre, incertain, mais débouchant parfois sur une lumière éclatante.

    Alors, au revoir John. Merci pour tes sourires, ta sagesse, tes inventions et ton grain de folie.
    Puisses-tu maintenant surfer la grande vague cosmique, au-delà du reef, là où la houle ne s’éteint jamais.

  • Noémie Lemoigne sauve l’honneur français au Surf Abu Dhabi Longboard Classic

    Noémie Lemoigne sauve l’honneur français au Surf Abu Dhabi Longboard Classic

    L’édition 2025 du Surf Abu Dhabi Longboard Classic a lancé la dernière ligne droite du World Longboard Tour dans des conditions parfaites sur la vague artificielle d’Hudayriyat Island. Si les têtes de série ont répondu présentes, côté français, la journée a été pleine d’émotions. Noémie Lemoigne, grande habituée du circuit, est la seule à s’en être sortie, tandis qu’Ophélie Ah-Kouen et Justine Dupont ont dû plier bagage dès le premier tour.

    Un événement décisif avant le couronnement mondial

    Troisième étape du World Longboard Tour 2025, la compétition d’Abu Dhabi joue un rôle crucial. C’est le dernier stop avant le Surf City El Salvador Longboard Championships, où le titre mondial se jouera sur une seule journée, format “winner-take-all”. Autant dire que les longboardeuses n’avaient pas droit à l’erreur sous le soleil du désert.

    Les compétitions dans les piscines à vagues restent quelque chose d’exceptionnel et spécial, qui donne une autre dimension au longboard de haut niveau : précision des trajectoires, constance des noses et lecture technique de la vague.

    Noémie Lemoigne, la guerrière du repêchage

    Championne d’Europe et figure incontournable du longboard français, Noémie Lemoigne a une fois encore montré qu’elle faisait partie de l’élite mondiale.
    Après un premier round relevé, où elle a été devancée par la jeune Hawaïenne Kelis Kaleopa’a, Noémie a dû passer par le round de repêchage. Une étape piégeuse où la moindre erreur se paie cash. Seule la meilleure vagues sur deux est retenue.

    Mais la Réunionnaise a sorti le grand jeu : grâce à un 8.00 sur sa meilleure vague, elle décroche la deuxième place qualificative derrière Honolua Blomfield, triple championne du monde, et file en quarts de finale.

    Elle affrontera désormais l’Américaine Avalon Gall, actuelle n°2 mondiale et auteure d’un impressionnant 9.33 lors du premier tour. Une série explosive en perspective entre deux surfeuses au style radicalement différent : la puissance élégante de Noémie face à la précision millimétrée de Gall.

    Ophélie Ah-Kouen : une première frustrante mais prometteuse

    Également originaire de la Réunion, Ophélie Ah-Kouen participait à sa première compétition majeure sur le Tour. Opposée à la très solide Australienne Tully White et à la jeune Hawaïenne Sophia Culhane, elle n’a pas démérité, mais termine deuxième de sa série avec un total de 12.73 points.

    Deux chutes au second round, lui coûte sa place en quart de finale. Sa première expérience à Abu Dhabi lui offrira une courbe d’apprentissage précieuse pour la suite de sa carrière.

    Justine Dupont, la surprise du jour

    La présence de Justine Dupont sur cette compétition a surpris beaucoup d’observateurs. La championne de gros surf, habituée aux vagues titanesques de Nazaré ou Jaws, est aussi une longboardeuse aguerrie. Peu le savent, mais la Girondine a longtemps brillé sur le circuit européen avant de se consacrer au big wave surfing.

    Son retour dans la discipline, plus de dix ans après ses dernières compétitions de longboard, avait des allures de clin d’œil nostalgique. Alignée dans une série relevée aux côtés d’Avalon Gall et Honolua Blomfield, elle termine avec un honorable 11.64, insuffisant pour se qualifier dans une série très relevée. Mais sa participation rappelle la polyvalence et la passion d’une athlète hors norme, capable d’alterner entre les vagues les plus massives et la grâce du nose riding.

    Les têtes d’affiche dominent à Abu Dhabi

    Sur le plan sportif, la journée a confirmé la domination des favorites. Avalon Gall et Honolua Blomfield ont livré un duel magistral avec des scores de 17.16 et 17.00 respectivement.
    Chloe Calmon, la Brésilienne au style soyeux, a également impressionné avec un 15.67 total et une série d’une élégance rare.

    La jeune Hawaïenne Kelis Kaleopa’a, finaliste à plusieurs reprises ces dernières saisons, a quant à elle battu Lemoigne d’un souffle (15.66 contre 15.43) dans un heat d’un très haut niveau. Ces quatre noms se retrouvent logiquement en quarts, aux côtés des Australiennes Rachael Tilly et Tully White, et de la Japonaise Natsumi Taoka.

    Lemoigne, dernier espoir tricolore

    Pour la France, les regards se tournent donc vers Noémie Lemoigne, unique représentante tricolore encore en lice. Sa qualification relance son espoir de décrocher un ticket pour la grande finale au Salvador, où seuls les huit meilleurs du classement général seront invités.

    Toujours fidèle à son style fluide et à son engagement sans faille, Noémie incarne aujourd’hui la constance et la maturité du longboard français sur la scène mondiale.

  • Barron Mamiya sublime Teahupo’o dans une journée d’anthologie

    Barron Mamiya sublime Teahupo’o dans une journée d’anthologie

    Il y a des vidéos de Teahupo’o, et puis il y a celles qui marquent. Celle que vient de publier Barron Mamiya fait partie de cette catégorie. Et pourtant, soyons honnêtes : la plupart d’entre nous saturent un peu. Teahupo’o a été filmée sous tous les angles possibles, à toutes les heures du jour et de la nuit. Si on calculait la couverture médiatique des vagues du monde, on découvrirait probablement que 1 % des spots représentent 95 % des vidéos surf… (aucune donnée scientifique derrière cette affirmation, juste une intuition journalistique, disons-le).

    Et pourtant, cette vidéo mérite le détour. Parce qu’elle capture non seulement la puissance brute de la gauche tahitienne, mais aussi sa beauté et son intensité émotionnelle, dans une journée qui restera gravée dans les mémoires.

    Une journée hors du temps à Teahupo’o

    Le 3 septembre 2025, Teahupo’o s’est réveillée dans toute sa splendeur. Une houle massive venue du sud-ouest a frappé la presqu’île de Tahiti, offrant des vagues de plus de quatre mètres parfaitement formées. Les locaux étaient là, bien sûr — Matahi Drollet, Eimeo Czermak, Lorenzo Avvenenti — mais aussi une poignée d’Hawaïens en visite : Barron Mamiya, Makana Pang, Noah Beschen.

    Cette journée aurait pu être parfaite de bout en bout, si elle n’avait pas été marquée par un accident sérieux. Le surfeur tahitien Lorenzo Avvenenti a été victime d’un grave incident lors d’une session de tow-in. Retrouvé inconscient, il a été secouru par Matahi Drollet et d’autres surfeurs présents sur place. Heureusement, il est aujourd’hui hors de danger.

    Ce drame rappelle la violence du spot : à Teahupo’o, chaque vague peut être la plus belle… ou la plus dangereuse de ta vie.

    Barron Mamiya et la grâce dans la lourdeur

    Parmi les surfeurs présents ce jour-là, Barron Mamiya a brillé par son aisance et sa précision. Pensionnaire du World Championship Tour (WCT), il fait partie de cette nouvelle génération d’Hawaïens qui mêlent puissance et élégance.

    Sur cette vidéo, Barron ne surfe pas seulement Teahupo’o. Il danse avec elle. Ses take-offs sont d’une sérénité déconcertante, ses lignes épurées, ses sorties de tubes parfaites. À chaque vague, il semble flotter entre contrôle absolu et abandon total.

    Teahupo’o est une vague de vérité, qui ne pardonne rien. Barron, lui, y trouve une forme d’équilibre, comme s’il y puisait une connexion entre peur, respect et beauté.

    Chris Bryan, l’œil qui transforme l’océan en cinéma

    C’est aussi là que cette vidéo se distingue. Les ralentis signés Chris Bryan — l’un des maîtres de la caméra Phantom — ajoutent une dimension quasi mystique à l’ensemble. Chaque goutte d’eau semble suspendue dans le temps. Les plans en jet ski, qui suivent le surfeur au plus près, dévoilent l’épaisseur hallucinante de la lèvre, et rappellent à quel point cette vague est une bête vivante.

    Le montage est simple, mais efficace. Pas de narration inutile, pas de musique envahissante. Juste du surf, de la lumière, et cette esthétique cinématographique que peu savent encore maîtriser sans tomber dans la surenchère.

    Faire du neuf avec du déjà-vu

    Alors oui, encore une vidéo sur Teahupo’o. Mais celle-ci rappelle que le surf, quand il est vrai, n’a pas besoin d’inédit pour être bouleversant.
    Teahupo’o, filmée mille fois, continue de fasciner parce que chaque session y est différente, chaque vague raconte une histoire, chaque surfeur y laisse un morceau de lui-même.

    Barron Mamiya, ce jour-là, a simplement su écouter la vague. Et grâce à Chris Bryan, nous, spectateurs, avons pu la voir — et la ressentir — comme si c’était la première fois.

  • Tragédie à Frankston Beach : un surfeur britannique et son ami se noient en Australie

    Tragédie à Frankston Beach : un surfeur britannique et son ami se noient en Australie

    Les autorités australiennes ont confirmé la mort d’un surfeur britannique de 36 ans et de son ami de 43 ans, tragiquement noyés mercredi 22 octobre à Frankston Beach, près de Melbourne. Selon la police de l’État de Victoria, le drame s’est produit en pleine tempête, alors que des rafales de vent atteignaient jusqu’à 130 km/h.

    Il était environ 17 h lorsque des témoins ont aperçu deux hommes en difficulté dans l’eau. Les secours, appuyés par un hélicoptère de la police, ont réussi à les ramener sur le rivage, mais aucun des deux n’a pu être réanimé. Un membre des équipes de sauvetage a lui aussi dû être hospitalisé après avoir avalé une grande quantité d’eau.

    Un surfeur débutant pris dans une tempête

    D’après les premières investigations, le surfeur britannique se serait aventuré à l’eau malgré des conditions extrêmes. Son niveau de surf était très limité, a précisé l’inspectrice Melissa Nixon :

    « Il semble qu’il apprenait tout juste à surfer. La mer était déchaînée et la planche s’est brisée sous la puissance des vagues. »

    Lorsque sa planche a cédé, l’homme aurait tenté de rejoindre la plage à la nage. Son ami, témoin de la scène, a alors sauté à l’eau pour tenter de lui porter secours. Pris à leur tour dans les vagues et le vent violent, les deux hommes se sont rapidement retrouvés en difficulté, avant d’être submergés.

    Des conditions météorologiques extrêmes

    Le sud de l’Australie a été frappé ces dernières 24 heures par une tempête, provoquant des coupures d’électricité et la chute de nombreux arbres dans la région de Melbourne.
    Les autorités avaient pourtant multiplié les avertissements sur les dangers liés à la mer et appelé les habitants à ne pas s’aventurer à l’eau.

    « Ces conditions n’étaient pas sûres, même pour les surfeurs expérimentés », a insisté la police de Victoria. « Aller à l’eau par ce type de météo, c’est risquer sa vie et celle de ceux qui viendront vous secourir. »

    Un drame qui relance le débat sur la sécurité

    Le maire de Frankston, Kris Bolam, a exprimé sa profonde tristesse et a rappelé que le drame survenait à un moment crucial : la municipalité envisage actuellement de financer à nouveau un service de sauvetage côtier.

    « C’est une tragédie. Deux personnes sont mortes alors qu’elles n’auraient jamais dû perdre la vie », a-t-il déclaré.
    « Cela remet clairement la sécurité sur nos plages au cœur du débat. »

    Une enquête est toujours en cours pour confirmer les identités et les causes précises du décès, mais tout indique que l’imprudence face à une mer en furie aura été fatale à deux hommes animés d’un simple élan d’entraide.

  • Eli Hanneman, renaissance d’un prodige hawaïen

    Eli Hanneman, renaissance d’un prodige hawaïen

    Sous le soleil brûlant de Lahaina, là où la mer a tout vu et où le feu a tout pris, un jeune homme surfe à nouveau. Dans sa dernière vidéo REBIRTH, Eli Hanneman revient sur les lieux de son enfance, désormais réduits à un champ de cendres. Il y parle peu, mais chaque image, chaque vague qu’il chevauche dit l’essentiel : la reconstruction, la mémoire et l’amour indéfectible pour une terre meurtrie.

    Les flammes de Lahaina et la naissance d’une nouvelle ère

    « Ce port, c’est un peu la colonne vertébrale de tout ce coin. J’ai tellement de souvenirs et de moments vécus dans cet endroit minuscule. »Ces mots d’Eli Hanneman résonnent avec gravité. Dans REBIRTH, le surfeur hawaiien rend hommage à Lahaina, sa ville natale détruite par les incendies de 2023. Ce port, ces rues, ces couchers de soleil qu’il évoque, ne sont plus que souvenirs. Mais au milieu de la désolation, le film capte une émotion rare : celle d’un retour à la vie.

    Les images alternent entre silence, guitare et houle. Eli glisse sur les vagues comme on traverse un souvenir, avec respect et douceur. Il évoque cette « normalité retrouvée » quand les habitants reviennent à l’eau, comme une respiration après le chaos. REBIRTH n’est pas seulement une vidéo de surf. C’est un poème visuel sur la résilience, un hommage à la communauté hawaiienne, à la mer, et à cette flamme qu’aucun incendie ne peut éteindre.

    L’enfant prodige de Maui devenu surfeur accompli

    Né le 7 novembre 2002 à Lahaina, sur l’île de Maui, Eli Hanneman a grandi sous les projecteurs. Avant même d’être majeur, il était déjà présenté comme “the next big thing” du surf mondial. Sa précocité fascine : technique, contrôle, aisance aérienne… tout semble naturel.

    En 2017, il termine 2e du Pipe Junior Pro, battant des jeunes surfeurs hawaïens déjà redoutés comme Finn McGill et Cody Young. Deux ans plus tard, il signe une 3e place au Red Bull Airborne de Bali, face aux meilleurs spécialistes des manœuvres aériennes.

    La suite de sa carrière se construit entre défis et maturité. En 2020, il se distingue au WSL QS Air Tahiti Rangiroa Pro (2e place). En 2022, il triomphe à domicile au Priority Pro Hawaii et décroche une 3e place au World Junior Championships. À seulement 20 ans, Eli s’impose comme un surfeur complet, aussi à l’aise dans les airs que dans les tubes.

    Le style Hanneman : entre feu et fluidité

    Eli Hanneman, c’est un mélange d’explosivité et de style. Sa signature : des rotations aériennes à haute vitesse, enchaînées avec une précision chirurgicale. C’est un mélange de Italo Ferreira et d’un John John Florence, avec un petit gabarit.

    Mais au-delà de la technique, Eli impressionne par sa lucidité. Son surf n’est jamais forcé. Il lit la vague comme un musicien lit une partition. Dans REBIRTH, cette dimension est omniprésente : on sent qu’il ne surfe pas pour la gloire, mais par passion pour les vagues et l’océan.

    « J’aimerais beaucoup être le surfeur préféré d’un gamin. », disait-il à ses débuts. Aujourd’hui, à 22 ans, il incarne ce rêve : celui d’un surfeur humble, passionné, qui avance sans artifice.

    En route vers le CT : la quête de sens et de gloire

    Après des années à gravir les échelons, Eli Hanneman s’est imposé comme l’un des leaders du Challenger Series 2025. Sa victoire au US Open of Surfing en 2023 l’a propulsé parmi les grands espoirs du surf mondial. Il ne cache plus son objectif : intégrer le Championship Tour (CT) et, un jour, viser le titre mondial.

    Mais dans son cas, la quête dépasse les résultats. REBIRTH en témoigne : le surf est devenu pour lui un acte de transmission. Il surfe pour son île, pour sa communauté, pour cette jeunesse de Maui qui grandit dans les cendres mais garde les yeux tournés vers l’horizon.

    Lahaina renaîtra, et avec elle, Eli Hanneman.

    Un symbole de renaissance pour Hawaii

    Dans une époque où les vidéos de surf s’enchaînent à la vitesse des stories, REBIRTH se distingue par sa profondeur.
    Eli n’a pas besoin de commenter chaque manœuvre : il laisse les images parler. La bande-son bluesy (original pour un clip de surf), la lumière dorée du Pacifique et ses rides solitaires sur une eau d’huile traduisent un message simple : le surf peut guérir.

    À 22 ans, Eli Hanneman n’est plus “l’enfant prodige” qu’on observait avec curiosité. Il est devenu un homme, un protagoniste dans l’eau, un témoin de la résilience de son peuple. Et si REBIRTH marque sa renaissance, c’est peut-être aussi celle du surf hawaiien à Maui, entre tradition, humilité et renouveau.

    Eli Hanneman n’a pas seulement grandi sur les vagues de Maui. Il a appris à se relever, à transformer la perte en énergie, la douleur en beauté. Dans chaque tube, on retrouve un peu de Lahaina. Et dans chaque sourire, la promesse que rien n’est jamais perdu tant qu’on peut encore surfer.

  • Washed : Quiksilver balance une déferlante mondiale

    Washed : Quiksilver balance une déferlante mondiale

    Un condensé de pur surf, sans scénario inutile

    Quiksilver revient fort avec Washed, un film sans narration, sans fioriture, mais avec une seule idée : montrer du surf brut, puissant et inspiré. Le ton est donné dès les premières secondes avec la voix de Peter Fonda tirée du mythique Easy Rider, sur fond de Loaded de Primal Scream. Une entrée en matière qui sent la liberté, la poussière et le sel.
    Mais très vite, la douceur laisse place à la fureur : Mudhoney enchaîne, et c’est Kauli Vaast qui ouvre le bal avec une vague monstrueuse à Teahupo’o. Sans exagérer, probablement la vague la plus impressionnante filmée à Tahiti. Kauli y disparaît dans un tube aussi épais qu’une grosse caverne, avant de partir avec la lèvre, si l’on peut encore appeler cela une lèvre. La suite ? Une avalanche d’images et de manœuvres insensées.

    Un casting XXL, un montage frénétique

    Washed réunit ce que Quiksilver fait de mieux : une armée de surfeurs de haut niveau, six compétiteurs du Championship Tour, des prodiges du free surf, et quelques électrons libres à la Kael Walsh, capable de tout casser en Irlande.
    Tourné par 34 cameramans différents aux quatre coins du globe, le film ressemble à un patchwork de sessions folles, sans vraie cohérence, mais avec une énergie contagieuse. Le résultat est brut, rapide, presque punk — comme un vieux fanzine de surf en VHS. Et c’est peut-être ce qui lui donne tout son charme.

    Les Français en pleine lumière : Kauli Vaast et Marco Mignot

    Les Français ont clairement marqué leur empreinte dans Washed.
    D’abord Kauli Vaast, qu’on ne présente plus. Son passage à Teahupo’o est tout simplement mythique : maîtrise, engagement et sang-froid total. Le Tahitien prouve encore une fois qu’il joue dans la cour des très grands, entre la précision d’un tube rider pro et la folie d’un gamin du reef.
    Puis vient Marco Mignot, en milieu de film. Et là, changement d’ambiance : un style plus aérien, plus moderne, avec des airs massifs, des turns précis et ultra-rapides, et une réelle aisance dans les barrels. Sa séquence respire la jeunesse, le fun et la liberté — tout ce qu’on aime voir chez un surfeur français. On aimerait d’ailleurs le voir plus souvent dans cet univers free surf où il semble totalement à sa place.
    Les deux Français, chacun dans leur registre, donnent une belle image du surf tricolore : audacieux, créatif, et libéré.

    Du surf pur jus, sans filtre

    Pas d’histoire, pas de voix off, pas de message marketing. Washed n’essaie pas de raconter autre chose que ce qu’il est : un défouloir visuel, une célébration du surf pur, de la vitesse et de la prise de risque.
    Quiksilver signe là un film qui, sans révolutionner le genre, rappelle pourquoi on aime encore regarder du surf.

  • La règle de surf la plus géniale du monde vient du Liberia

    La règle de surf la plus géniale du monde vient du Liberia

    Au Liberia, le surf ne se pratique pas seulement avec style, il se pratique avec cœur. Dans l’excellent film d’Arthur Bourbon « We The Surfers », une séquence en particulier a fait sourire et réfléchir pas mal de surfeurs : celle où un local explique, face caméra, les règles de leur line-up. Et croyez-nous, elles sont aussi simples qu’efficaces.

    Ici, pas de tension, pas de surfeur grincheux, pas de rivalité d’égo au pic. Les Libériens ont instauré une règle d’or pour préserver la paix dans l’eau. Si tu grilles une priorité, si tu « snakes » ou gênes un autre surfeur, tu ne t’en tires pas avec un simple regard noir. Non. Tu dois sortir de l’eau immédiatement, faire dix push ups sur la plage, puis remplir deux sacs de déchets ramassés sur le sable.

    Une sanction à la fois drôle, intelligente et terriblement juste. Car au Liberia, le surf est un symbole de renaissance. Après des années de guerre civile, la population s’est réapproprié ses plages, transformant ces lieux de souffrance en terrains de liberté. Alors forcément, l’agressivité n’a pas sa place dans l’eau.

    Le message est clair : ici, le surf se partage. Et si tu manques de respect à cet esprit, tu participes quand même à la communauté — en la rendant un peu plus propre.

    Au fond, cette idée pourrait bien être l’une des plus belles innovations du surf moderne. On imagine déjà la scène sur nos côtes françaises : dix push ups sur la plage de la Côte des Basques, sac poubelle à la main… et des rochers qui brillent de propreté !

    Entre leçon de civisme et clin d’œil humoristique, cette règle résume parfaitement ce qu’on aime dans le surf : un mélange de respect, d’humilité et de bonne humeur. Et si on l’appliquait chez nous ?

  • À 72 ans, il perd la vie dans des vagues de plus de 4 mètres à Porto Rico

    À 72 ans, il perd la vie dans des vagues de plus de 4 mètres à Porto Rico

    C’est une tragédie qui bouleverse la communauté du surf à Rincón, sur la côte ouest de Porto Rico. Robert “Bobby” Oldsman, surfeur américain de 72 ans originaire du Massachusetts, est décédé lundi 20 octobre alors qu’il surfait à Tres Palmas, spot mythique connu pour ses houles massives. Selon les premiers rapports, il aurait été violemment heurté à la tête par sa planche avant de perdre connaissance.

    Les conditions étaient extrêmes ce jour-là. Le National Weather Service avait émis une alerte pour des vagues atteignant 10 à 15 pieds, soit plus de quatre mètres. Malgré ces avertissements, les surfeurs les plus aguerris de Rincón étaient nombreux à l’eau pour profiter de cette rare houle venue du nord.

    “Malheureusement, personne n’était assez proche pour lui porter secours à temps”, a déclaré la météorologue portoricaine Ada Monzón, relayée par la chaîne NotiCentro. “Greg Carson a tenté de le rejoindre après avoir entendu des appels à l’aide, mais il était déjà trop tard.”

    Transporté vers un hôpital local, Robert Oldsman a été déclaré mort à son arrivée.

    Un passionné de surf jusqu’à la fin

    Bobby Oldsman n’était pas un touriste de passage. Installé six mois par an à Porto Rico, il passait ses hivers à Rincón pour surfer les grosses houles de l’Atlantique, avant de retourner dans le Massachusetts où il gérait un service traiteur sur Cape Cod.
    Connus de tous les locaux, ses cheveux argentés et son sourire constant faisaient partie du paysage de Tres Palmas. “Il était toujours là quand les vagues grossissaient”, a confié un surfeur local sur les réseaux sociaux.

    Dans les hommages qui ont suivi son décès, un ami a cité une réplique culte de Point Break :

    “Si tu veux l’ultime, tu dois être prêt à payer le prix ultime. Ce n’est pas tragique de mourir en faisant ce que tu aimes.”

    Tres Palmas, un spot réservé aux experts

    Surnommée le “Sunset Beach portoricain”, Tres Palmas est une vague puissante qui ne fonctionne que lors des très grosses houles hivernales. Le reef est profond, mais les séries peuvent être trompeuses : un “set surprise” peut soudainement balayer le line-up. C’est un lieu qui inspire le respect, où chaque surfeur sait que la marge d’erreur est minime.

    La mort de Bobby Oldsman rappelle à tous la violence des éléments et la fragilité du corps, même après des décennies d’expérience. Mais elle rappelle aussi quelque chose de beau : à 72 ans, il surfait encore des vagues de plus de quatre mètres !!!! et vivait encore pleinement sa passion, avec cette flamme que seuls les amoureux de l’océan comprennent.