Un grave accident est survenu ce vendredi 5 septembre en fin de matinée sur la plage centrale de Lacanau. Vers 10h45, un homme d’une quarantaine d’années a été aperçu en grande difficulté dans les vagues par deux surfeurs présents à l’eau. Ces derniers ont réussi à le ramener sur le rivage alors qu’il était inconscient.
Une réanimation sur la plage
La victime, en arrêt cardiorespiratoire au moment de son extraction de l’eau, a immédiatement bénéficié des premiers gestes de secours. Un moniteur de surf, épaulé par le responsable du club de sauvetage côtier de Lacanau, a entamé un massage cardiaque. Un défibrillateur, apporté par un autre moniteur du Lacanau Surf Club, a également été utilisé dans les premières minutes cruciales.
Rapidement, les sauveteurs CRS, les pompiers et l’équipe médicale du Samu, arrivée par l’hélicoptère Dragon 33 de la Sécurité civile posé directement sur la plage, ont pris le relais. Après plusieurs tentatives, un pouls a pu être rétabli. L’homme a ensuite été évacué vers le CHU de Bordeaux, dans un état grave.
Des conditions de mer compliquées
Cet accident dramatique s’est produit alors que l’océan présentait des conditions particulièrement piégeuses. Une houle avoisinant les 1,5 à 2 mètres combinée à la présence de forts courants de baïnes rendaient la baignade et la pratique du surf risquées ce vendredi matin.
Les autorités locales rappellent régulièrement que les courants de baïnes, typiques de la côte aquitaine, représentent un danger même pour des pratiquants expérimentés.
Un été jusque-là épargné
Ce drame survient après deux mois d’été durant lesquels aucune noyade mortelle n’avait été recensée sur les plages girondines. Grâce au dispositif renforcé de surveillance — avec la présence de dizaines de sauveteurs CRS et des équipes communales — juillet et août avaient été marqués par une absence de tragédies liées à la baignade.
Il est important de rappeler que les accidents de surf de type noyade sont rares chez les surfeurs. Nous espérons que son état va vite s’améliorer, courage à la famille
On dit souvent que le surf est un sport de jeunes. Les images des réseaux sociaux regorgent de kids de 15 ans envoyant des airs insensés, de juniors qui enchaînent tubes et manœuvres comme s’ils étaient nés avec une planche sous les pieds. Mais il y a des exceptions. Des exceptions qui rappellent que l’océan n’a pas d’âge, que le courage ne se mesure pas aux bougies sur un gâteau. Et Mike Stewart, à 62 ans, vient une nouvelle fois de le prouver… à Teahupo’o, rien que ça.
Une légende vivante toujours en action
Mike Stewart, c’est une légende du bodyboard et du bodysurf. Neuf fois champion du monde, pionnier de spots mythiques, premier bodyboarder à dompter Jaws ou les outer reefs d’Hawaï… la liste est interminable. Pour beaucoup, il est l’équivalent d’un Kelly Slater version bodyboard : un waterman total, respecté par toutes les générations.
Mais voilà, là où d’autres choisissent une retraite paisible, Stewart continue de charger les vagues les plus radicales du globe. Son terrain de jeu favori ? Pipeline à Hawaii, mais cette fois, on le retrouve à Teahupo’o, Tahiti. Cette gauche monstrueuse, réputée pour son épaisseur plus que pour sa hauteur, a façonné la légende du surfeur hawaiien. Et il n’a visiblement aucune intention d’arrêter.
L’airdrop de tous les dangers
La scène est simple, mais hallucinante : Stewart se cale au pic, rame, se jette dans une bombe et… chute littéralement du ciel. Un airdrop vertical, comme seuls les plus téméraires (ou les plus fous ?) osent tenter à Teahupo’o. La suite ? Un wipeout monumental, une planche brisée, et probablement une côte fissurée.
Mais ce qui frappe, ce n’est pas la chute en elle-même. C’est l’engagement. À 62 ans, alors que la plupart de ses contemporains se contentent de sessions tranquilles à Waikiki, lui se lance dans une vague qui fait trembler les meilleurs pros du moment.
Le respect de toute une communauté
La vidéo, immortalisée par le photographe Tim McKenna, a rapidement fait le tour des réseaux. En légende, une phrase qui résume tout : « 62 ans et toujours à charger comme un grom. » Le terme “grom” désigne habituellement les gamins surfeurs. L’appliquer à Stewart à plus de soixante ans est aussi ironique que révélateur : cet homme a gardé l’énergie et la folie des débuts.
Dans les commentaires, la communauté du surf et du bodyboard a salué l’exploit. Michel Bourez a lâché un sobre mais puissant : « Once a legend, always a legend. » ou en version française « Une fois une légende, toujours une légende. » Kiron Jabour a opté pour un plus direct « Savage send ! » Quant à Tikanui Smith, figure tahitienne, il résume en deux mots : « That was crazy. »
Si Stewart continue d’impressionner aujourd’hui, ce n’est pas un hasard. Il fait partie de ceux qui ont écrit les premières pages de Teahupo’o. À la fin des années 80, il était déjà là, aux côtés de Ben Severson, pour explorer ce reef terrifiant alors inconnu du grand public. Dans les années 90, il fut aussi le premier bodyboarder à affronter des vagues de 20 pieds sur les outer reefs d’Oahu, et à rider Jaws en 1993.
Autrement dit : Mike Stewart n’a pas seulement participé à l’histoire, il l’a construite. Le voir encore charger à 62 ans, c’est un rappel saisissant de ce lien indestructible entre un homme et l’océan.
L’âge, juste un chiffre
Bien sûr, on pourrait sourire de la situation. Un sexagénaire qui charge à Teahupo’o, ça a quelque chose de surréaliste. Mais au fond, la vraie leçon est ailleurs : l’âge n’est qu’un chiffre. Ce qui compte, c’est la passion, le feu intérieur qui pousse à ramer encore une fois, à se jeter dans la gueule du monstre pour sentir cette seconde de grâce, même si elle finit en roulade sous des tonnes d’eau.
Mike Stewart nous rappelle que l’esprit du surf et du bodyboard, ce n’est pas seulement la performance ou les trophées. C’est avant tout une attitude : rester curieux, oser, et ne jamais perdre l’envie d’aller voir ce qu’il y a derrière la prochaine vague.
Et à 62 ans, franchement, qui peut en dire autant ?
Trois ans après sa disparition, l’ombre de Dick Brewer plane toujours sur le surf. Le documentaire The Shape of Things retrace l’héritage du shaper de Kauaï, dont les planches ont transformé la discipline à jamais.
Une légende au panthéon des shapers
Comment décrire Dick Brewer ? Génie excentrique pour certains, méthodique et visionnaire pour d’autres, le shaper hawaïen a bouleversé l’histoire du surf. Dans les années 60 et 70, pratiquement tous les grands noms ont surfé ses planches. Matt Warshaw, historien du surf, le résume bien : « Virtually every notable surfer of the 1960s and ’70s rode Brewer’s boards ». (En gros, tous les grands surfeurs des années 60 et 70 ont surfé des planches de surf Brewer)
Quand d’autres shapers distribuaient gratuitement leurs créations dans l’espoir de gagner en notoriété, Brewer, lui, faisait payer ses boards. Et les surfeurs acceptaient sans broncher, conscients que ses shapes offraient un avantage décisif. De Waimea à Sunset, ses guns sont devenus la référence absolue pour les vagues puissantes du North Shore.
Un film hommage : The Shape of Things
Après plusieurs projections en festival, The Shape of Things – The Dick Brewer Story circule enfin à l’international. Réalisé par Bob Campi, triple lauréat d’un Emmy Award, le documentaire rassemble des témoignages d’icônes : Gerry Lopez, Laird Hamilton, Mark Richards, Garrett McNamara, Kai Lenny, Al Merrick… Tous reconnaissent l’influence colossale de Brewer sur leur carrière et sur le surf en général.
Dans le teaser, une voix résume :
“He wasn’t just shaping boards. He was shaping the future.” (« Il ne façonnait pas seulement des planches. Il façonnait l’avenir. »)
Une autre séquence appuie encore plus fort l’émotion :
“Every curve, every line he touched… you could feel it on the wave.” (« Chaque courbe, chaque ligne qu’il traçait… tu pouvais la ressentir dans la vague. »)
Ces phrases suffisent à comprendre pourquoi le film est considéré comme un document historique pour la culture surf.
Des guns mythiques à l’avant-garde des shapes
L’histoire de Brewer, c’est aussi une chronologie vertigineuse. Dès 1962, il shape un gun pour Buzzy Trent à Waimea. Trente ans plus tard, il fabrique la planche de tow de Laird Hamilton pour Jaws. Une carrière qui traverse les époques sans jamais perdre en pertinence.
Brewer n’a cessé d’innover : réduction des longueurs, allègement des matériaux, lignes plus rapides, concaves marqués… Ses designs hydrodynamiques étaient si en avance que beaucoup servent encore de base aux shortboards actuels.
Al Merrick, fondateur de Channel Islands Surfboards, n’a jamais caché son admiration : « I just think he’s the best there ever was. », qu’on peut traduire par » Je pense simplement que c’est le meilleur de tous les temps. «
L’œil des shapers contemporains : Jon Pizel
Dans une récente interview sur « The Inertia », le shaper Jon Pizel a replacé Brewer dans la discussion sur « la meilleure planche jamais créée ». Pour lui, le thruster d’Al Merrick surfé par Tom Curren reste un modèle iconique. Mais il ajoute immédiatement :
« You have to tip your hat to Dick Brewer’s boards too. He was putting concaves in the bottom of boards while everyone else was still making rolled bottoms. Pretty much some version of that is what we use today. » ou en version française » Il faut aussi tirer son chapeau aux planches de Dick Brewer. Il mettait déjà des concaves dans le dessous des planches alors que tout le monde façonnait encore des carènes arrondies. Aujourd’hui, on utilise tous une version de ce principe. »
En clair, alors que ses contemporains modelaient encore des carènes arrondies, Brewer sculptait déjà des concaves complets. Une révolution dont chaque shortboard moderne est l’héritier.
Pizel souligne aussi la modernité des guns façonnés dans les années 70 : « Those boards were so advanced, design-wise. » « Ces planches étaient tellement en avance sur leur temps, d’un point de vue design. » Leur hydrodynamique reste un modèle étudié et appliqué cinquante ans plus tard.
Plus qu’un shaper, un visionnaire
Si l’on ne peut pas toujours isoler une « planche parfaite » signée Brewer, c’est parce que son génie n’était pas concentré sur un seul modèle, mais sur une philosophie globale. L’idée que chaque planche devait être un outil sur-mesure pour la vague et pour le surfeur.
Cette vision explique pourquoi il a influencé aussi bien les big wave riders de Waimea que les tow-in pioneers de Jaws, mais aussi les générations actuelles qui, sans parfois le savoir, surfent encore sur ses concepts hydrodynamiques.
L’empreinte éternelle de Dick Brewer
Aujourd’hui, alors que le documentaire The Shape of Things circule et que de jeunes shapers comme Jon Pizel rappellent l’importance de son héritage, une chose est claire : Dick Brewer n’était pas seulement un artisan. Il était l’architecte du surf moderne.
Ses boards ont permis aux surfeurs de repousser les limites. Ses innovations sont devenues des standards. Et son nom restera à jamais associé à l’idée même de performance et de vision dans le shaping.
Comme le dit le teaser, Brewer ne façonnait pas que des planches. Il façonnait le futur.
Le mois de septembre démarre enfin sur de meilleures bases à Hossegor. Après deux jours ventés, ce mercredi matin a offert une courte, mais intense session, entre locaux affûtés, surfeurs motivés… et un invité surprise : Issam Auptel.
Un mercredi matin attendu
Septembre, ce mois béni des surfeurs, commençait mal : vent fort, vagues hachées, rien de très inspirant. Mais ce matin, on savait que la fenêtre serait courte et bonne. Les prévisions annonçaient un créneau avant que le vent ne se lève. Alors qui était là ? Eh bien, tous. Ceux qui connaissent les prévisions par cœur, ceux qui ont un jet, les locaux, les surfeurs en quête de challenge… et nous.
Tester les bancs de sable avant la compétition
Notre mission du jour : observer les bancs de sable, à deux semaines du Quiksilver Festival Hossegor. Et franchement, bonne nouvelle : ils semblent bien en place. Si les prochains jours se calment comme prévu, on peut espérer des conditions idéales pour accueillir la compétition. Les bancs sont là, les surfeurs arrivent, il ne manque plus que la bénédiction de Neptune pour avoir un show digne du nom.
Les rameurs en rois de la matinée
La session a été courte, filmée jusqu’à 10h30, mais elle a livré un verdict clair : les rameurs ont gagné. Pas besoin de jet ce matin, les locaux à la rame ont assuré le spectacle. Et parmi eux, une révélation pour nous : Issam Auptel.
Zoom sur Issam Auptel
On connaissait son nom, on avait déjà vu des vidéos avec la bande de Biarritz, mais jamais encore en live sous notre caméra. Ce matin, il a pris « la bombe » de la session et l’a surfée à la perfection. Un style fluide, un engagement total… de quoi nous faire dire tout haut : « une wildcard pour Issam ! »
Une wildcard rêvée
On ne pèse pas lourd chez Icônes Surf — on renaît à peine de nos cendres, et il est probable que Quiksilver ignore jusqu’à notre existence. Mais si c’était nous qui décidions, on offrirait cette wildcard à Issam Auptel sans hésiter. Promis, on leur enverra un mail : qui sait, peut-être qu’un jour, on aura notre mot à dire.
En attendant, place à la vidéo
On vous laisse avec notre vidéo de la session. Comme de bons youtubeurs, on vous invite à nous suivre un peu partout. Le Quiksilver Festival arrive à grands pas, et si les bancs de sable tiennent leurs promesses, ça risque d’être mémorable.
Né loin de l’océan, mais aujourd’hui au sommet du surf mondial, Yago Dora incarne à lui seul la nouvelle vague brésilienne. De Curitiba à Cloudbreak, son parcours raconte une histoire de passion, de persévérance et d’explosivité sur les vagues.
Les débuts d’un surfeur atypique
Yago Dora voit le jour le 18 mai 1996 à Curitiba, dans l’État du Paraná, au Brésil. Un détail surprenant pour un futur surfeur : sa ville natale est située à plusieurs centaines de kilomètres de l’océan. Pas de beach breaks à portée de vélo, pas de sessions au lever du soleil avant l’école.
C’est seulement à l’âge de 11 ans, lors d’un déménagement familial à Florianópolis (Santa Catarina), que Yago monte pour la première fois sur une planche. Plus tard que la plupart des surfeurs professionnels – ses futurs rivaux étaient déjà des prodiges avant même l’adolescence –, mais son ascension sera fulgurante.
Son père, Leandro “Grilo” Dora, ancien pro devenu coach renommé (il a travaillé avec Adriano de Souza, Jack Robinson ou encore Lucas Silveira), joue un rôle essentiel. Caméras à la main, il filme les sessions de son fils, décortique chaque manœuvre, et partage sa science du surf de haut niveau.
Le surnom « Skinny Goat »
Fin et élancé (1,79 m pour environ 70 kg), Yago se distingue rapidement par son style aérien et son explosivité. Ses amis le surnomment le “Skinny Goat”, la « chèvre maigre », en référence à sa silhouette et à ses qualités sur les vagues, capable de décoller toujours plus haut au-dessus de la lèvre.
Des débuts hésitants en compétition
Si son talent crève les yeux, Yago Dora ne se tourne pas immédiatement vers la compétition. À l’adolescence, il préfère le free surf, multipliant les vidéos qui circulent sur internet et dévoilent son style aérien unique. Sa notoriété grandit ainsi en dehors du circuit classique.
Mais en 2015, il décide de prendre le chemin des compétitions. Dès 2016, il se classe 43ᵉ sur le Qualifying Series. L’année suivante, il explose aux yeux du monde entier :
Victoire à Newcastle (Australie)
Victoire aux Açores (Portugal)
Qualification directe pour le Championship Tour 2018
Cerise sur le gâteau, il marque les esprits en tant que wildcard au Oi Rio Pro 2017. Devant le public brésilien, il élimine coup sur coup John John Florence, Gabriel Medina et Mick Fanning, pour finalement décrocher une incroyable 3ᵉ place. Le monde découvre alors son surf aérien et imprévisible.
L’ascension sur le Championship Tour
En 2018, Yago Dora intègre officiellement l’élite mondiale. Comme tout rookie, il doit apprendre à gérer la pression, voyager sans relâche, et affronter les meilleurs sur toutes les vagues de la planète. Mais son surf polyvalent – aérien en beach break, engagé sur reef, puissant dans les vagues tubulaires – lui permet de se maintenir au plus haut niveau.
En 2021, il signe une saison solide et termine à la 9ᵉ place mondiale, confirmant qu’il fait partie des hommes forts du circuit. Son style spectaculaire lui vaut l’admiration des fans, qui voient en lui un digne représentant de la Brazilian Storm, cette génération dorée menée par Medina, Toledo et Italo Ferreira.
L’année 2024 : frustration et désillusions
Pourtant, tout n’a pas été simple. L’année 2024 est un crève-cœur. Malgré de bons résultats à El Salvador et au Brésil, il échoue à la 6ᵉ place mondiale, juste derrière la ligne des qualifiés pour les WSL Finals. Pire encore : il rate de peu la qualification olympique pour les Jeux de Paris 2024, devancé par Gabriel Medina lors des ISA Games.
Une saison qui laisse des traces, mais qui servira surtout de carburant pour écrire la suite.
2025 : la consécration mondiale
Tout change en 2025. Porté par une nouvelle énergie, Yago Dora réalise une saison parfaite :
Victoire à Peniche (Portugal)
Victoire en Californie
Et surtout, sacré champion du monde en septembre lors des WSL Finals à Cloudbreak (Fidji)
En finale, il domine l’Américain Griffin Colapinto, confirmant son statut de n°1 de la saison et devenant le troisième Brésilien champion du monde dans l’ère des WSL Finals, après Medina et Toledo.
Ce titre consacre son surf complet et son mental retrouvé, transformant l’outsider aérien en champion global.
Un surfeur guidé par le plaisir
Au-delà des trophées, Yago Dora garde une philosophie simple. Interrogé par Revista Trip, il confiait récemment :
« J’ai commencé le surf pour le plaisir, et j’essaie de m’en souvenir chaque jour. Je surfe parce que j’aime ça. »
Cette approche détendue et passionnée se ressent dans son style : créatif, libre, toujours à la recherche de nouvelles lignes.
Yago Dora aujourd’hui
Nom complet : Yago Dora
Date de naissance : 18 mai 1996 (29 ans)
Lieu de naissance : Curitiba, Paraná, Brésil
Taille : 1,79 m
Poids : 70 kg
Surnom : Skinny Goat
Style : Goofy
Début WQS : 2013
Début CT : 2018
Palmarès majeur : Champion du monde WSL 2025
Aujourd’hui, Yago Dora est non seulement un champion du monde, mais aussi une source d’inspiration pour les jeunes surfeurs qui, comme lui, n’ont pas grandi face à l’océan.
Un avenir encore plus grand ?
À seulement 29 ans, Yago Dora a déjà écrit une page de l’histoire du surf. Mais le livre est loin d’être terminé. Sa polyvalence, sa créativité et son mental font de lui un candidat sérieux à de nouveaux titres mondiaux.
Dans un circuit où la concurrence est plus rude que jamais, il pourrait bien devenir la prochaine grande icône brésilienne, capable de succéder à Medina et Toledo tout en imposant sa propre signature : celle d’un surfeur né loin de la mer, mais destiné à dominer les vagues du monde entier.
Encore inconnue du grand public français il y a peu, Molly Picklum s’impose aujourd’hui comme la nouvelle icône du surf mondial. À seulement 22 ans, l’Australienne a déjà écrit l’histoire à Pipeline, Sunset Beach et Teahupo’o, avant de devenir championne du monde WSL 2025. Une trajectoire fulgurante, symbole de cette nouvelle génération de surfeuses prêtes à repousser toutes les limites.
Enfance et débuts à Gosford
Molly Picklum est née le 26 novembre 2002 à Gosford, en Nouvelle-Galles du Sud (Australie). Très tôt, elle découvre l’océan : à seulement trois ans, elle se tient déjà debout sur une planche. Elle grandit sur la Central Coast, une région de beachbreaks puissants qui forment les surfeurs à l’engagement et à la polyvalence.
Au sein du North Shelly Boardriders Club, Molly progresse vite. Avec ses amis, elle alterne entre les sessions matinales avant l’école et les sprints en vélo pour arriver à l’heure après avoir “gratté” une dernière vague. Une enfance typique de surfeuse australienne… sauf que Molly a déjà ce petit quelque chose de plus : une détermination inébranlable.
Les premiers titres nationaux
Dès l’adolescence, Molly accumule les résultats. En 2018 et 2019, elle remporte le titre de championne d’Australie junior. En 2019, elle décroche aussi l’Australian Pro Junior. Rapidement, la fédération la reconnaît comme un diamant brut : elle est élue Rising Star aux Australian Surfing Awards 2020.
En parallèle, la presse spécialisée la place en tête de sa génération. Le magazine Surfing Life la nomme “n°1 junior féminine” la même année.
Qualification et coup dur en 2022
En 2022, Molly Picklum intègre enfin le Championship Tour (CT) de la World Surf League. Son année démarre fort avec deux résultats dans le top 5. Mais la WSL instaure le mid-season cut, et Molly est éliminée sans ménagement. Une désillusion qui aurait pu briser sa carrière.
Au lieu de ça, elle se sert de ce revers comme tremplin. Elle retourne sur le Qualifying Series, enchaîne les résultats et revient plus forte. Dès 2023, le surf mondial découvre une Picklum plus affûtée, plus mature, et surtout plus dangereuse dans toutes les conditions.
Les exploits à Hawaii : Sunset et Pipeline
L’année 2023 marque son véritable envol. À Sunset Beach (Hawaï), elle signe sa première victoire sur le CT. Quelques semaines plus tôt, elle avait déjà fait sensation en remportant le Vans Pipe Masters.
Mais c’est en janvier 2024 qu’elle entre définitivement dans l’histoire : lors du Lexus Pipe Pro, elle devient la première femme à obtenir un 10 parfait à Pipeline, grâce à un backside tube monumental. Une performance qui résonne comme un jalon dans l’histoire du surf féminin.
Et deux semaines plus tard, elle défend avec brio son titre à Sunset Beach, réalisant un enchaînement de manœuvres spectaculaires, dont un turn aérien décrit comme “le move de la décennie” par Surfer Magazine.
La route vers Paris 2024 et Tahiti
Ses performances la qualifient pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, disputés à Teahupo’o, en Polynésie française. L’épreuve olympique restera contrastée pour elle : malgré un engagement total, Molly s’incline face à Johanne Defay en éliminatoires.
Mais ce passage aux JO, loin d’être un échec, consolide son statut d’athlète de haut niveau : représenter l’Australie à seulement 21 ans sur l’une des vagues les plus redoutées du monde n’est pas donné à tout le monde.
2025 : l’année du sacre mondial
En 2025, Molly Picklum aborde la saison comme l’une des grandes favorites. Après une finale à Abu Dhabi, elle enchaîne deux victoires majeures :
VIVO Rio Pro (Brésil) : où elle domine les locales avec les meilleurs scores du contest.
Lexus Tahiti Pro (Teahupo’o) : où elle terrasse la championne en titre Caitlin Simmers dans un duel historique.
Ces succès lui permettent d’arriver tête de série n°1 aux WSL Finals à Cloudbreak (Fidji). Et là, la jeune Australienne réalise son rêve : en battant Caroline Marks, elle devient championne du monde WSL 2025.
Son surf : engagement et polyvalence
Ce qui frappe chez Molly Picklum, c’est sa polyvalence. Capable de briller dans le gros de Teahupo’o comme dans les beachbreaks rapides de Rio, elle combine :
Un tube ride technique, surtout en backside, qui rappelle les plus grands.
Un surf aérien et radical, avec un timing parfait.
Un engagement sans concession, qui la pousse à tenter des manœuvres rarement vues chez les surfeuses de sa génération.
Elle incarne cette nouvelle vague du surf féminin, où la recherche de performance et le style explosif se marient à un mental de championne.
Une personnalité solaire
Hors de l’eau, Molly est tout aussi attachante. Toujours souriante, blagueuse avec ses amis, elle n’en reste pas moins une bosseuse acharnée. Ses proches témoignent de sa capacité à rester humble malgré une carrière qui décolle à une vitesse folle.
On la retrouve régulièrement sur ses spots locaux de la Central Coast, où elle continue de s’entraîner dans des vagues puissantes qui rappellent Hawaii.
Palmarès résumé
2 titres de championne d’Australie junior (2018, 2019)
Rising Star des Australian Surfing Awards (2020)
Vans Pipe Masters (2022)
Hurley Pro Sunset Beach (2023, 2024)
Lexus Pipe Pro : premier 10 parfait féminin à Pipeline (2024)
VIVO Rio Pro (2025)
Lexus Tahiti Pro (2025)
Championne du monde WSL (2025)
En quelques années, Molly Picklum est passée du statut de rookie prometteuse à celui de championne du monde respectée. Son parcours est celui d’une surfeuse qui apprend vite, rebondit après les échecs et ne recule jamais devant l’engagement.
À seulement 22 ans, elle symbolise une nouvelle ère pour le surf féminin : audacieuse, explosive, sans limites. Une surfeuse qui écrit l’histoire… et qui n’a clairement pas fini de la réinventer.
Fidji, 1er septembre 2025. Les vagues de Cloudbreak n’étaient peut-être pas le “monster swell” promis, mais l’histoire s’est bel et bien écrite : le Brésilien Yago Dora et l’Australienne Molly Picklum deviennent pour la première fois champions du monde. Une journée contrastée entre climax sportif, petites vagues et fin d’une ère pour le format controversé des Final 5.
Un sacre pour Yago, la confirmation d’une décennie brésilienne
Le scénario ressemblait à une redite : comme Medina en 2021, Toledo (x2) et Florence en 2024, c’est encore le n°1 mondial qui s’impose. Yago Dora, 29 ans, n’a pas tremblé face à Griffin Colapinto, pourtant en feu après avoir écarté Italo Ferreira et Jordy Smith.
Avec un surf précis et relâché, Dora a frappé dès l’entame avec une combinaison de manœuvres notée 8,33, la meilleure vague de la finale. Colapinto a tenté un baroud d’honneur à quelques secondes du buzzer, en rentrant dans le tube le plus long de la journée. Mais la sortie s’est refermée, comme un symbole : impossible d’arrêter la marche du Brésilien. Score final : 15,66 à 12,33.
Ce titre prolonge la domination brésilienne : 8 couronnes sur les 10 dernières années pour le Brésil. La “Brazilian Storm” souffle encore.
Chez les femmes, l’histoire est encore plus forte. Molly Picklum (22 ans) devient la première Australienne championne du monde depuis Stephanie Gilmore en 2022. Et surtout, elle l’emporte à Cloudbreak, dans des vagues lourdes et techniques rarement proposées aux finales féminines.
Son parcours ? Un faux départ dans la première manche, dominée par Caroline Marks. Mais Picklum a ensuite enclenché le turbo : deux heats gagnés avec autorité, deux barrels backside notés 8,83, et le meilleur total de la journée (16,93).
Avec ce titre, elle confirme la tendance d’une jeunesse conquérante : Marks (2023), Simmers (2024), Picklum (2025). Trois championnes en trois ans, toutes de moins de 23 ans. Le surf féminin a changé de génération.
Le choix de Cloudbreak au lieu de Restaurants promettait des tubes massifs. La réalité fut plus contrastée : peu de barrels, beaucoup de vagues molles ou fermantes. De quoi frustrer certains spectateurs qui attendaient un show tubuesque annoncé.
Les surfeurs ont dû s’adapter à des vagues plus “performance” que “tube”. Italo Ferreira, fidèle à son style aérien, a régalé par moments, mais n’a pas trouvé de constance. Jack Robinson et Caity Simmers, pourtant favoris si ça avait grossi, sont sortis très tôt.
La finale a donc ressemblé à une bataille d’endurance et de choix stratégiques plus qu’à une orgie de barrels. Une fin de saison un peu à contre-courant, mais qui n’enlève rien à la valeur des titres.
Le format Final 5, clap de fin
Ces finales 2025 étaient aussi la dernière édition du format “sudden death” instauré en 2021. Dès 2026, retour au classement cumulé sur l’ensemble de la saison, avec Pipeline comme bouquet final et un coefficient 1,5.
Le bilan du Final 5 ?
Chez les hommes, le suspense n’a jamais vraiment existé : toujours le n°1 mondial sacré.
Chez les femmes, au contraire, le format a ouvert des brèches : Carissa Moore (2021) titrée, puis battue en 2022 et 2023 alors qu’elle partait favorite.
Les fans resteront partagés. Certains regrettaient la “lotterie” d’un seul jour décisif. D’autres y voyaient un show télé parfait, façon Super Bowl.
Une journée historique malgré tout
Entre critiques et célébrations, une chose est sûre : le surf mondial a deux nouveaux visages. Dora, le Brésilien discret mais explosif. Picklum, l’Australienne intrépide qui aime les conditions solides.
Tous deux entreront dans l’histoire non seulement pour leur premier sacre, mais aussi comme les derniers champions du monde de l’ère Final 5. Et ça, même si le swell n’était pas aussi puissant qu’espéré, c’est une page qui se tourne.
La scène a fait le tour des réseaux sociaux : à Seignosse, des plagistes en plein mois d’août ont été surpris par une montée d’eau soudaine, qui a balayé serviettes, glacières et parasols. Certains médias n’ont pas hésité à parler de “mini tsunami”. Et c’est précisément là que le bât blesse.
Car non, ce n’était pas un tsunami. Et employer ce terme à tort et à travers est non seulement faux, mais aussi dangereux, car il entretient la confusion entre un phénomène naturel d’une ampleur dramatique et une simple (quoique puissante) vague.
Un tsunami naît d’un séisme sous-marin, d’une coulée de terrain ou d’une éruption volcanique. Ce sont des vagues longues, puissantes, qui traversent des océans entiers et provoquent des catastrophes humaines. Rien à voir avec ce qui s’est produit sur la côte landaise.
À Seignosse, il s’agissait simplement d’une série de vagues puissantes, issues de la houle cyclonique Erin. Des vagues avec une période longue (plus de 15 secondes), chargées d’énergie, arrivant par sets. Pour un surfeur, c’est classique. Pour un baigneur ou un vacancier distrait, c’est une surprise brutale.
Employer le mot tsunami pour ce type d’événement, c’est un raccourci sensationnaliste qui brouille la compréhension du public.
Ce qui s’est passé sur la plage
La houle Erin, née dans l’Atlantique, a frappé l’Europe fin août. Avec des coefficients de marées importants, les vagues ont eu tendance à remonter plus haut que d’habitude sur la plage.
Résultat : alors que tout semblait calme, une série de vagues plus grosses a surpris les plagistes installés trop près du rivage. En quelques secondes, l’eau a recouvert une large zone de sable, transformant une après-midi tranquille en scène de panique improvisée.
Des vidéos montrent des familles courant avec enfants et serviettes sous le bras, d’autres observant, médusés, les vagues récupérer leur pique-nique.
L’océan rappelle ses règles
Cet épisode n’a rien d’exceptionnel pour les surfeurs. C’est un phénomène bien connu qu’on retrouve sur de nombreuses plages de sable.
Ce qui choque, ce n’est pas tant la vague elle-même que l’absence de culture océanique. Beaucoup de gens ignorent que la mer peut changer de visage en quelques minutes, qu’une série plus grosse arrive toujours, et qu’il ne faut jamais s’installer trop près de l’eau, surtout lors de fortes houles.
Un rappel de prévention
Les sauveteurs l’ont rappelé : avec la houle Erin, la mer transporte beaucoup d’eau, les courants sont puissants, et le risque de se faire emporter est réel.
Quelques conseils simples :
Ne pas s’installer juste proche de l’eau.
Toujours écouter les maîtres-nageurs sauveteurs.
Surveiller la marée, particulièrement lors des grandes marées.
ne jamais tourner le dos à l’océan dans ces conditions.
Comprendre que la mer est vivante, imprévisible, et qu’elle mérite respect.
Pendant ce temps-là, des vagues d’anthologie
Ironie de l’histoire : alors que les plagistes paniquaient à Seignosse, les surfeurs profitaient de conditions exceptionnelles partout en Europe. Hossegor, Mundaka, l’Irlande, le Portugal… la houle Erin a offert des vagues d’anthologie.
Deux mondes, deux réalités face à une même houle : pour les uns, une journée gâchée et une peur bleue ; pour les autres, le souvenir d’un swell historique.
Pour conclure
Appeler “mini tsunami” une vague plus grosse que les autres, amplifiées par un phénomène de marée, est faux.
La scène de Seignosse n’était pas un cataclysme, mais un rappel : l’océan est puissant, imprévisible et demande du respect. Aux surfeurs, il a offert un festin. Aux plagistes imprudents, une bonne leçon.
Il y a des vagues qui marquent une vie. Pour Nathan Florence, la dernière en date ressemblait à un rêve éveillé : un reef parfait, perdu dans le Pacifique Sud, avec Aaron Gold et Kohl Christensen comme compagnons de session. Des murs de 12 pieds qui se dressent sur un récif dans une eau translucide, et la sensation unique de surfer un peak vierge de toute trace humaine. Mais à peine la wax sèche, le rêve s’est transformé en cauchemar. Nathan s’est retrouvé cloué au lit pendant six jours, frappé par un ennemi invisible, mais redoutable : la dengue.
Un surf trip paradisiaque qui tourne mal
Dans sa dernière vidéo, Nathan Florence partage une session hallucinante. L’île qu’il découvre ressemble à une carte postale : cocotiers, lagon turquoise et vagues d’une perfection quasi irréelle. Les sets de la houle tahitienne font trembler le reef. Même pour des spécialistes des grosses vagues comme Gold et Christensen, la session est tendue. Le genre de surf qui fait rêver… mais qui rappelle aussi que les vagues de rêve ont souvent un prix caché.
À son retour au camp, Nathan commence à ressentir les premiers symptômes : fièvre brutale, courbatures intenses, migraines insupportables. Verdict médical : dengue. Une infection virale transmise par les moustiques Aedes, très présents dans les zones intertropicales. Pendant près d’une semaine, le surfeur hawaiien n’a pu quitter son lit, épuisé, déshydraté, parfois incapable de manger.
La dengue, une « grippe tropicale » pas si bénigne
La dengue est souvent surnommée la grippe tropicale. Elle se transmet uniquement par la piqûre de moustiques infectés, principalement Aedes aegypti et Aedes albopictus. Après une incubation de 2 à 7 jours, la maladie se déclare brutalement :
forte fièvre (jusqu’à 40 °C),
douleurs musculaires et articulaires,
céphalées violentes,
nausées et vomissements,
parfois une éruption cutanée proche de la rougeole.
Dans 99 % des cas, la dengue reste bénigne, mais extrêmement pénible : une semaine de symptômes intenses, suivie d’une quinzaine de jours de grande fatigue. Dans 1 % des cas, la maladie peut évoluer vers une forme grave, avec des hémorragies ou un choc hypovolémique, mettant en jeu le pronostic vital.
En 2025, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme : les cas explosent dans le Pacifique. Depuis janvier, plus de 16 000 infections confirmées et 17 décès ont été recensés dans les îles de la région, notamment aux Fidji, à Samoa et à Tonga. Le réchauffement climatique favorise la prolifération des moustiques et allonge la saison de transmission.
Les surfeurs, des voyageurs particulièrement exposés
Nathan Florence n’est pas le premier surfeur à être touché. Les amateurs de vagues tropicales voyagent régulièrement vers les zones les plus touchées : Indonésie, Polynésie, Pacifique Sud, Caraïbes… Autant de destinations où les moustiques trouvent des conditions idéales pour proliférer : chaleur, humidité, eaux stagnantes près des villages.
En surf trip, les conditions d’hébergement ne sont pas toujours optimales : bungalows ouverts, moustiquaires absentes, douches extérieures. Autant de détails qui augmentent les risques. Et contrairement à une coupure de reef ou une otite, la dengue ne se soigne pas. Une fois infecté, le seul traitement est symptomatique : repos, hydratation, médicaments pour la fièvre et les douleurs.
Pour les surfeurs en déplacement plusieurs semaines, un épisode de dengue peut ruiner un voyage, voire mettre en danger leur santé.
Conseils pour éviter de se faire piquer
Si aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe (sauf dans certains pays pour des populations ciblées), la meilleure arme reste la prévention. Quelques réflexes simples peuvent sauver un surf trip :
Utiliser des répulsifs cutanés adaptés (DEET, icaridine, IR3535). Attention aux précautions pour les femmes enceintes et les enfants : toujours demander conseil à un médecin ou un pharmacien.
Dormir sous moustiquaire (idéalement imprégnée d’insecticide).
Porter des vêtements longs et clairs en soirée ou tôt le matin, moments où les moustiques sont les plus actifs.
Éviter les zones à eaux stagnantes (bidons, récipients, flaques) autour des logements.
Ventiler les chambres : les moustiques détestent les ventilateurs.
Ces gestes ne garantissent pas une protection totale, mais réduisent fortement le risque.
Nathan Florence, déjà de retour dans les vagues
Bonne nouvelle : après quelques jours très difficiles, Nathan a récupéré. Fidèle à sa réputation de guerrier des grosses vagues, il n’a pas tardé à retrouver la rame, profitant du swell d’Erin en Irlande, dans des eaux bien plus fraîches mais sans moustiques.
Son expérience rappelle que derrière les vidéos spectaculaires de surf trips tropicaux se cache une réalité sanitaire. La dengue est en pleine recrudescence et les surfeurs voyageurs doivent en tenir compte. Préparer un trip, ce n’est pas seulement waxer sa planche et checker la houle : c’est aussi penser à la santé et à la prévention.
Depuis toujours, le surf fait rêver par sa simplicité : une planche, une vague, un océan. Mais à Abu Dhabi, cette équation prend une tournure inattendue. Dans la piscine à vague imaginée par Kelly Slater, le champion aux 11 titres mondiaux, une session se monnaie à prix d’or. On ne parle plus de wax ou de combinaisons, mais bien de 160 dollars la vague, dans un décor digne d’un palace.
Une vague parfaite… et calibrée
Ouvert en octobre 2024, Surf Abu Dhabi s’est rapidement imposé comme un temple du surf de luxe. Avec sa technologie développée par la Kelly Slater Wave Company, le bassin de 690 mètres recrée la vague « idéale » : un ride de 55 secondes, deux tubes garantis (pour les meilleurs surfeurs) et une régularité à faire pâlir les plus beaux spots de la planète.
La magie repose sur une aile sous-marine tractée par un système de poulies. En se déplaçant, elle soulève une masse d’eau qui vient se briser sur un fond spécialement dessiné. Résultat : la plus longue vague artificielle au monde, alimentée par 80 millions de litres d’eau de mer légèrement dessalée.
Le prix d’un rêve
Ce rêve, cependant, a un coût. L’entrée au bassin pour les surfeurs confirmés se fait par groupe de quatre maximum. Chaque participant débourse 3 500 dirhams émiratis (environ 950 dollars), avec six vagues garanties. Le calcul est vite fait : 158 dollars la vague.
Mais la majorité des clients ne s’embarrassent pas d’un partage. Ils préfèrent louer la vague en exclusivité : 20 000 dirhams (5 450 dollars) pour 90 minutes, seul face à la perfection mécanique. Autant dire que le business modèle n’a rien d’un surf club associatif.
Entre luxe et spectacle
L’expérience va bien au-delà de la vague. Le site d’Abu Dhabi se compare davantage à un resort cinq étoiles qu’à un simple surf park. Restaurant haut de gamme, piscines et jacuzzis, terrasse avec vue sur la skyline : tout est pensé pour séduire une clientèle de CEOs, stars d’Hollywood ou pilotes de Formule 1. Chris Hemsworth, Lewis Hamilton ou encore Steve Aoki ont déjà goûté au tube sur commande.
Le général manager Ryan Watkins assume ce positionnement : « Nous avons choisi la qualité plutôt que la quantité. Nous ne faisons pas le plus de vagues, mais les meilleures vagues du monde. »
Quand le surf devient un sport de riches
Ce positionnement interroge. Pendant que certains comparent la piscine d’Abu Dhabi au mythique Augusta National, club de golf le plus exclusif de la planète, d’autres dénoncent une rupture avec l’essence du surf. Le parallèle n’est pas anodin : là où les cadres supérieurs passaient leurs week-ends sur le green, ils se retrouvent désormais dans un barrel climatisé, loin de l’océan.
L’industrie semble pourtant suivre cette tendance. Le surf trip de luxe explose : jets privés pour rejoindre des spots secrets, météorologues personnels pour prévoir les swells, et budgets à six chiffres pour quatre jours aux Maldives. Le marché mondial du surf tourisme, évalué à 68,3 milliards de dollars en 2024, devrait atteindre 96 milliards en 2030. Surf Abu Dhabi veut capter cette clientèle pressée, fortunée et en quête d’expériences exclusives.
Le débat : authenticité ou accessibilité ?
Reste une question : est-ce encore du surf ? Pour beaucoup, la discipline rime avec nature, imprévu et humilité face à l’océan. De nombreux surfeurs considèrent le sens marin et la science du placement comme la principale qualité d’un surfeur. Ce rapport à la nature est très important pour nombreux d’entre nous.
À l’inverse, Watkins estime que le modèle ouvre le surf à de nouveaux publics. Plus besoin d’attendre la houle, d’affronter des courants dangereux ou de ramer à s’épuiser. À Surf Abu Dhabi, un débutant peut progresser vite, encadré par des coachs, avec un retour vidéo après chaque vague. Loin des clichés du surfeur fauché, le bassin attire des surfeurs de 8 à 86 ans.
Une vision signée Kelly Slater
Derrière ce projet pharaonique, on retrouve évidemment la figure de Kelly Slater. Dans son autobiographie de 2003, il écrivait déjà : « Les surfeurs ont toujours rêvé de créer la vague parfaite. Cela rendrait le surf aussi populaire que le football. »
Vingt ans plus tard, ce rêve prend forme à Abu Dhabi. Après le Surf Ranch de Californie, il ne s’agit que du deuxième bassin au monde utilisant cette technologie, avec un troisième en construction à Austin, Texas. Le coût total du projet reste confidentiel, mais Bloomberg évoque 90 millions de dollars d’investissement.
Le futur du surf en question
Alors, 160 dollars la vague : coup de folie ou avant-goût du futur ? Peut-être un peu des deux. Pour certains, c’est le prix d’une expérience inégalable, un « tube sur commande » qu’aucun océan ne peut garantir. Pour d’autres, c’est une dérive mercantile qui transforme une culture populaire en loisir de milliardaires.
Une chose est sûre : la piscine de Kelly Slater à Abu Dhabi ne laisse personne indifférent. Entre fascination et indignation, elle pose une question cruciale : le surf restera-t-il une passion universelle ou deviendra-t-il le nouveau golf des élites mondialisées ?
Aujourd’hui, j’ai pris ma caméra pour filmer cette houle Erin dont tous les médias parlent comme d’un phénomène « historique ». On a lu partout « houle cyclonique », « océan en furie », comme si l’Apocalypse allait balayer nos côtes.
La réalité ? Oui, les vagues étaient impressionnantes, mais surtout pour un mois d’août. Surfer Mullaghmore en Irlande en 3/2 mm, c’est rare. Des monstres ont frappé Nazaré, mais là encore, rien de surprenant pour ce spot hors norme. En France, les journalistes et les curieux se sont rués vers Belharra, à la recherche d’un spectacle inédit. Sauf que la vague basque a cassé de manière sporadique, mal orientée, trop petite pour entrer dans l’histoire. Quelques riders ont profité d’une session de foil et se sont sûrement régalés, mais rien de la déferlante apocalyptique promise par certains gros titres.
Un mois d’août hors normes
Ce qui rend Erin remarquable, c’est moins la taille des vagues que leur saisonnalité. Voir des lignes à 4 mètres passer sur un reef du Pays basque en plein été, avec un plan d’eau glassy, reste une anomalie météo rare. La session a attiré une foule inhabituelle, preuve que l’appel de la houle n’épargne pas les vacances estivales.
Une scène de solidarité marquante
Mais au-delà des vagues, c’est une scène de solidarité qui restera gravée. Alors que je pliais mon matériel, juste après avoir filmé Edouard Delpero, je l’ai vu replonger à l’eau, sans comprendre pourquoi. Quelques instants plus tard, j’aperçois un groupe de cinq ou six surfeurs ramenant un rider en difficulté.
De loin, j’entends : « Appelez les pompiers ! ». Puis, un mot glaçant résonne : « fémorale ». Pour ceux qui ne le savent pas, une blessure à l’artère fémorale entraîne une hémorragie massive, souvent mortelle en quelques minutes. L’inquiétude monte, mais la chaîne de solidarité s’active aussitôt.
Les surfeurs s’organisent, d’autres accourent, la police municipale arrive, des ciseaux sont demandés pour découper la combinaison et vérifier la blessure. Finalement, l’artère n’est pas touchée. Le surfeur est pris en charge par les secours, rapidement arrivés sur place.
Plus qu’un sport, une communauté
De cette matinée, je retiens moins la violence des vagues que la force de la communauté. Personne ne s’est posé de question : tous ont agi ensemble pour sauver un surfeur en détresse.
Ce n’est pas de l’inconscience, ce n’est pas une question de niveau ou de taille de vagues. Cet accident aurait pu arriver n’importe où, même dans de petites conditions. Mais ce qui compte, c’est la preuve que dans l’océan, la solidarité l’emporte toujours.
Alors, au nom de tous ceux qui aiment la mer, un immense bravo et merci à ces surfeurs anonymes. 🙌
Le WQS Pantin durant la houle Erin
La houle cyclonique Erin s’est invitée sur le WQS de Pantin, en Galice. Des vagues massives dépassant les 8 pieds ont transformé la compétition en véritable défi. Certains surfeurs ont brillé par leur engagement, d’autres ont subi la puissance de l’océan : planches brisées, leashs cassés, et même des séries entières sans pouvoir prendre une seule vague. Un scénario extrême, mais qui a offert un spectacle à la hauteur de la réputation de Pantin.
Les meilleures sessions de la houle Erin
mise à jour vendredi 29 Aout 2025
Cette houle a offert des images incroyables aux quatre coins de l’Atlantique Nord, et plusieurs surfeurs de renom ont partagé leurs sessions.
Hossegor vs Mundaka : le choix de Pierre Rollet
Le big wave rider basque Pierre Rollet s’est retrouvé face à un dilemme : Mundaka ou Hossegor ? Finalement, comme beaucoup de surfeurs français, il a opté pour les bancs landais. Sa vidéo en témoigne : des vagues puissantes, parfaitement sculptées par un vent offshore discret, un Hossegor de gala en plein mois d’août.
Mullaghmore en 3/2 mm : du jamais vu
Si l’Irlande est connue pour ses vagues glaciales et ses surfeurs en combinaison épaisse, la houle Erin a offert une scène inédite : surfer Mullaghmore en 3/2 mm, en plein été. Des monstres liquides ont frappé le reef, une rareté climatique et une anomalie qui restera dans les mémoires.
Impossible d’évoquer un swell de cette ampleur sans parler de Nazaré. Des montagnes d’eau ont encore frappé la Praia do Norte. Mais, comme souvent, le géant portugais a montré son visage habituel : spectaculaire, massif, mais presque devenu « normal » pour les habitués des lieux.
Belharra, un spectacle inabouti
Beaucoup espéraient voir Belharra s’embraser. Les médias s’y sont rués, les curieux aussi. Mais la vague basque n’a pas vraiment tenu ses promesses : trop petite, trop irrégulière, trop mal orientée. Quelques surfeurs ont pu en profiter en foil, mais l’épisode restera plus comme une curiosité estivale qu’une session de légende.
Et même au Canada…
Preuve de l’ampleur de cette houle, le Canada a lui aussi profité de belles vagues. Des images impressionnantes circulent déjà, rappelant que l’Atlantique Nord est vaste et que la houle Erin a touché bien plus que l’Europe.
Dans le monde du surf, on a l’habitude de glorifier les chargeurs de grosses vagues ou les champions de compétitions. Mais Cliff Kapono échappe à toutes les cases habituelles. Originaire d’Hawaï, il est à la fois surfeur professionnel, scientifique reconnu et storyteller. Un profil rare, qui fait de lui sans doute le surfeur le plus “smart” du monde. Pour être honnête avec vous, sans cette vidéo de Vice, qui est juste en-dessous, je n’aurai jamais connu Cliff Kapono.
Un surfeur à la double casquette : science et océan
Cliff Kapono n’a pas choisi entre ses deux passions : les vagues et la recherche scientifique. Après avoir grandi dans l’eau à Hilo, sur Big Island, il s’est lancé dans des études poussées de biochimie, jusqu’à décrocher un doctorat à l’Université de Californie à San Diego. Son sujet ? L’étude des interactions entre l’homme et l’océan, et comment nos modes de vie impactent la biodiversité marine.
À travers son travail, Cliff s’intéresse notamment au microbiome des surfeurs, ces milliards de micro-organismes présents sur notre peau et dans nos corps. Une approche inédite qui relie directement la pratique du surf à la science de la santé et de l’environnement.
Après 33 minutes de visionnage, c’est un super surfeur, avec un style incroyable, capable de surfer tous types de planches, de shooter des énormes vagues comme mettre des airs, c’est un excellent surfeur comme le dit très bien le photographe Arto Saari.
Une vision holistique du surf
Pour Cliff, le surf n’est pas seulement une recherche de performance ou d’adrénaline. C’est une manière d’entrer en connexion avec la nature et de comprendre les équilibres fragiles qui régissent la planète. Dans la vidéo « The Smartest Surfer in the World« , il partage cette vision : chaque vague est une leçon, chaque session une immersion dans un laboratoire à ciel ouvert.
Son approche bouscule l’image traditionnelle du surfeur. Là où d’autres se contentent de chercher le prochain swell, lui réfléchit à la manière dont nos choix individuels résonnent dans l’océan et au-delà.
Entre science et narration
Mais Kapono ne s’arrête pas à la recherche pure. Conscient que la science a besoin d’être partagée pour avoir un impact, il a aussi développé un talent de conteur. Ses documentaires et interventions publiques traduisent des concepts scientifiques complexes en histoires accessibles, qui touchent aussi bien les surfeurs que le grand public.
Il a notamment contribué à des projets pour National Geographic, Patagonia ou encore Surfer Magazine, en mettant toujours en avant la nécessité de protéger les océans.
L’intelligence comme nouvelle forme de performance
Dans un monde où l’on glorifie souvent la puissance, la technique ou le style, Cliff Kapono incarne une autre forme de performance : celle de l’intelligence et de la réflexion. Être un “smart surfer”, c’est comprendre que nos sessions ne sont pas déconnectées du reste du monde, mais inscrites dans un écosystème plus vaste.
Ce message résonne particulièrement à une époque où le changement climatique et la pollution des océans mettent en danger la pratique même du surf. Kapono rappelle que chaque surfeur, à sa manière, est un ambassadeur de la planète.
Un modèle pour la nouvelle génération
À travers son parcours, Cliff Kapono inspire une génération de surfeurs qui ne veulent plus choisir entre passion et engagement. Oui, on peut surfer Pipeline et écrire un article scientifique publié dans Nature. Oui, on peut concilier plaisir et responsabilité.
Et si, finalement, être le surfeur le plus smart du monde, c’était simplement réussir à lier l’amour des vagues avec la conscience de ce qu’elles représentent ?
Le week-end dernier, à Los Angeles, une poignée de Landais ont écrit une page d’histoire à Hollywood. Derrière la série documentaire 100 Foot Wave, diffusée sur HBO et suivie par des millions de spectateurs, se cache une équipe française de l’ombre : Julie et Vincent Kardasik, Laurent Pujol, Michael Darrigade et Alexandre Lesbats. Ensemble, ils viennent de décrocher l’Emmy Award de la « Cinématographie exceptionnelle pour un programme de non-fiction » — une récompense suprême qui consacre leur travail acharné, entre jet-skis lancés au cœur des monstres de Nazaré et caméras embarquées sur les falaises d’Hawaii. Peu médiatisés en France, ces artisans de l’image redéfinissent pourtant la manière de filmer le surf de grosses vagues, au point de faire vibrer un public bien au-delà de la sphère des passionnés.
Une équipe landaise couronnée à Hollywood
Ils étaient encore à Los Angeles il y a quelques jours, savourant leur victoire dans les couloirs du Ritz-Carlton. Quatre Français, tous liés au littoral des Landes et du Pays Basque, ont porté haut les couleurs de l’Hexagone sur la scène mondiale en décrochant la statuette dorée des Emmy Awards. Un prix prestigieux qui, pour eux, représente le Graal : celui de la reconnaissance de leur art, bien au-delà des rivages, où ils ont appris à dompter vagues et caméras.
Ce sacre n’est pas un coup d’éclat isolé : 100 Foot Wave avait déjà marqué les esprits en remportant plusieurs prix aux saisons précédentes, et la série continue de fasciner par son mélange d’adrénaline et d’humanité. Car si l’on parle souvent de Garrett McNamara, Justine Dupont ou Lucas “Chumbo” Chianca, ceux qui font exister leur héroïsme à l’écran restent généralement dans l’ombre.
Vincent Kardasik, le chef d’orchestre
Au sein de l’équipe, Vincent Kardasik joue le rôle central du chef d’orchestre. Ancien surfeur, réalisateur et producteur, il est l’un des piliers de la série. C’est lui qui coordonne les prises de vue, anticipe les mouvements de caméra et veille à ce que chaque image reflète à la fois la puissance des vagues et l’émotion humaine qui en découle. Mais, dans son ombre, il ne faut pas oublier Julie, qui a apporté toute son expertise dans le montage et la retouche des couleurs. C’est un duo indissociable.
Installé dans les Landes, Julie et Vincent Kardasik ont fait leurs armes en filmant le surf européen avant de se lancer dans des projets internationaux, des productions plus grosses. Son sens du rythme et sa vision cinématographique apportent une cohérence à cette fresque aquatique. Dans l’univers du surf filmé, souvent amateur ou trop formaté, il impose une signature visuelle qui touche autant les passionnés que les novices.
Laurent Pujol, du surf pro aux caméras Emmy
Parmi les visages de cette équipe, Laurent Pujol incarne à merveille la passerelle entre l’athlète et l’artiste. Ancien surfeur professionnel, il a connu vingt ans de carrière sur le circuit avant de changer de planche pour une caméra. Mais il n’a pas totalement quitté la houle : il filme aujourd’hui au plus près de l’action, perché à l’arrière d’un jet-ski spécialement conçu pour son art. Avant de passer derrière la caméra, il avait déjà marqué les esprits avec ses clichés aquatiques. Installé sur sa planche, il suivait les surfeurs au plus près pour capturer l’action de l’intérieur, mêlant instinct de rider et regard d’artiste. Ce style unique a inspiré une génération entière de photographes à travers le monde, et ses images portent encore aujourd’hui une véritable signature visuelle.
“Je deviens un gimbal humain”, aime-t-il dire. Son engin est équipé de sangles et d’un appui dorsal qui lui permettent de stabiliser sa RED V-RAPTOR, une caméra de cinéma capable de filmer jusqu’à 8K, tout en slalomant dans les vagues géantes. À Nazaré, Jaws ou Teahupo’o, il capture ainsi des images impossibles à obtenir depuis la plage. Barrels parfaits, wipeouts cataclysmiques, visages tendus de concentration : ses plans donnent chair à cette quête insensée de la vague ultime.
La singularité de Laurent Pujol réside dans son double vécu : il connaît intimement la peur et la jubilation des surfeurs qu’il filme. Cela lui permet d’anticiper les trajectoires, de se placer “au bon endroit au bon moment” et, souvent, de provoquer cette fameuse “chance” qui fait les grands cinéastes.
Michael Darrigade et Alexandre Lesbats, capteurs d’instants bruts
Aux côtés de Kardasik et Pujol, deux autres Landais complètent ce quatuor magique : Michael Darrigade et Alexandre Lesbats. Moins connus du grand public, ils jouent pourtant un rôle essentiel dans l’esthétique de la série.
Michael Darrigade est un œil affûté pour les scènes de vie, les instants de vérité hors de l’eau. C’est lui qui capte les visages tendus à l’approche d’une session, les regards complices sur la plage ou la fatigue qui s’affiche après une journée d’affrontement avec l’océan. Ses images ancrent la série dans une dimension humaine qui dépasse le simple spectacle.
Alexandre Lesbats, lui, est un virtuose des prises de vue et des plans larges. Il il offre au spectateur la vision d’ensemble, la démesure du décor et la petitesse de l’homme face à la nature. Sa sensibilité artistique donne à 100 Foot Wave, ce souffle épique, qui transforme une session de surf en odyssée mythologique.
Filmer l’impossible : la technique au service de l’émotion
Ce qui distingue 100 Foot Wave d’un simple film de surf, c’est l’extrême sophistication du dispositif technique. Chaque session mobilise une équipe de terrain capable de déployer des caméras depuis la plage, la mer et le ciel. Jet-skis customisés, objectifs ultra-stabilisateurs, drones de dernière génération : rien n’est laissé au hasard pour capter l’instant où l’homme affronte une vague haute comme un immeuble.
Mais la technologie ne serait rien sans le courage et l’instinct de ces caméramans. Car filmer au ras de l’eau, dans des conditions de tempête, relève presque de la même folie que surfer ces vagues. La moindre erreur peut avoir des conséquences dramatiques. “Big-wave surfing is life and death”, rappelait le producteur Joe Lewis. Pour les caméramans, c’est une immersion totale dans ce même risque.
De Nazaré à Hawaii : raconter l’universel
Si 100 Foot Wave séduit autant, c’est parce qu’il ne se contente pas de montrer des exploits sportifs. Comme l’a souligné son réalisateur Chris Smith, il s’agit avant tout d’“un drame humain, une histoire d’esprit”. Les Français derrière la caméra l’ont bien compris : ils ne filment pas seulement des vagues, mais des hommes et des femmes confrontés à leurs peurs, à leurs rêves et à leurs limites.
De la falaise de Nazaré aux récifs de Jaws, leurs images racontent la fragilité et la grandeur de l’aventure humaine. Elles transcendent le surf pour toucher quiconque a déjà affronté l’inconnu ou rêvé d’impossible.
Les Landes, terre d’images et de surf
Il y a aussi quelque chose de profondément symbolique à voir cette équipe landaise triompher à Hollywood. Le littoral des Landes, avec ses beachbreaks puissants et ses communautés soudées autour du surf, est une école de vie autant qu’un terrain de jeu. C’est là qu’ont grandi Kardasik, Pujol, Darrigade et Lesbats, forgeant leur sensibilité et leur rapport à l’océan.
Aujourd’hui, leurs images font voyager le monde entier. Mais à chaque statuette brandie à Los Angeles, c’est un peu de sable landais qui s’invite sur le tapis rouge.
Les surfeurs de l’ombre deviennent les stars
Avec ce nouvel Emmy Award, l’équipe française de 100 Foot Wave ne se contente pas de célébrer un succès télévisuel. Elle démontre que la passion, la persévérance et l’authenticité peuvent transcender les frontières. Ces caméramans de l’extrême, longtemps restés dans l’ombre des surfeurs qu’ils filment, deviennent à leur tour des icônes.
Et si le public mondial rêve aujourd’hui devant les vagues de Nazaré ou d’Hawaii, c’est aussi grâce à ces Landais qui, caméra au poing, transforment la peur en beauté.
Difficile de ne pas tomber sous le charme de Mateus Herdy. Son style aérien, ses manœuvres explosives et son allure de golden boy en font l’un des surfeurs les plus spectaculaires de sa génération. Mais derrière l’image d’enfant prodige du surf brésilien se cache une histoire plus complexe : celle d’un talent immense, fragilisé par l’instabilité de l’industrie surf et par des obstacles personnels, mais qui continue de briller grâce à sa persévérance et à une passion indéfectible pour les vagues. Aujourd’hui, à 24 ans, Herdy semble plus que jamais prêt à franchir le cap et à rejoindre définitivement l’élite mondiale.
Un « crack » annoncé dès ses débuts
Né à Florianópolis, au Brésil, en 1998, Mateus Herdy a très vite été propulsé dans la lumière. Avec son style fluide, ses airs insensés et son charisme naturel, il a rapidement été perçu comme le digne héritier de la “Brazilian Storm”, cette génération dorée incarnée par Gabriel Medina, Filipe Toledo et Italo Ferreira. Son image de surfeur jeune, beau et talentueux lui a ouvert les portes des plus grandes marques : Quiksilver et Red Bull ont cru en lui, et son nom a circulé comme celui d’un futur membre incontournable du Championship Tour (CT).
Les comparaisons avec Julian Wilson, autre crack du surf aérien, n’ont pas tardé. Tous deux partageaient la même élégance dans les airs, une esthétique de surf moderne, et même une ressemblance physique frappante. Mateus grandissait avec l’image de Julian comme modèle, jusqu’à ce que leurs destins finissent par se croiser d’une manière inattendue des années plus tard.
Les premiers éclats et la frustration des presque-qualifications
Très tôt, Herdy a montré qu’il n’était pas seulement un free surfeur spectaculaire, mais aussi un compétiteur redoutable. En 2018, il s’invite dans les conversations en frôlant déjà la qualification sur le CT. En 2021, il marque les esprits en décrochant une 3ᵉ place à Mexico en tant que wildcard, prouvant qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs. L’année suivante, il récidive avec une 5ᵉ place à Rio, encore une fois en wildcard.
Mais à chaque fois, il échoue à une poignée de heats de la qualification officielle. Cette répétition de “presque” a forgé sa réputation de talent incontournable, mais encore inabouti, coincé dans les limbes entre les Challenger Series et le CT.
Pourtant, dans l’eau, peu doutaient de son potentiel. Ses airs multiples et variés, son surf engagé et son style unique le plaçaient déjà dans la catégorie des surfeurs capables de marquer l’histoire.
Le revers brutal : sponsors perdus et haine reçue
À l’aube de 2024, la nouvelle tombe comme un couperet : Quiksilver et Red Bull se retirent. Mateus Herdy, malgré ses résultats, se retrouve sans sponsors majeurs. Une situation incompréhensible pour beaucoup, tant son profil semblait parfait pour incarner une marque de surf moderne.
Cette perte ne fut pas seulement financière, mais symbolique. Pour un surfeur qui avait grandi en rêvant de mettre un sticker Quiksilver sur sa planche comme ses idoles, c’était comme voir son rêve d’enfant s’effondrer.
Pire encore, il doit encaisser une vague de haine inattendue. Au Brésil, une interview mal comprise par les médias lui attire des critiques violentes, jusqu’à des attaques personnelles : sa voiture est vandalisée, des insultes homophobes sont gravées dessus. Un épisode sombre qui l’a profondément marqué. “J’étais au plus bas. Je pensais même à arrêter la compétition”, a-t-il confié.
Le soutien providentiel de Logan Dulien et l’aventure Snapt 5
Alors que tout semblait s’effondrer, un allié inattendu lui tend la main : Logan “Chucky” Dulien, créateur des films Snapt. Producteur engagé, Logan décide de financer la campagne de Mateus sur les Challenger Series, convaincu que son surf mérite d’être vu et reconnu.
Cette confiance redonne espoir à Mateus Herdy. Il participe ainsi au très attendu Snapt 5, aux côtés des meilleurs free surfeurs de la planète. Faute de budget pour voyager, il filme une grande partie de sa part chez lui, au Brésil, et sur quelques contests. Le résultat ? Un segment explosif, salué pour sa créativité et ses airs insensés, qui confirme une fois de plus son statut de surfeur incontournable.
Au-delà du film, ce soutien lui permet de continuer à rêver au CT, tout en prouvant qu’il appartient à l’élite mondiale, qu’importe les stickers présents – ou absents – sur sa planche.
La renaissance avec Rivvia Projects et Julian Wilson
En 2025, un nouveau chapitre s’ouvre. Julian Wilson, l’un de ses modèles de jeunesse, décide de lui tendre la main en l’intégrant à sa marque Rivvia Projects. L’histoire est belle : l’ancien génie australien signe le génie brésilien en quête de renouveau. L’accord est scellé de manière presque anecdotique… autour d’un burger chez In-N-Out, pendant l’US Open.
“Je suis tellement heureux de rejoindre Rivvia. J’ai toujours admiré Julian et je crois vraiment en ce que représente sa marque. Je veux l’aider à grandir au Brésil et en faire quelque chose de durable”, confie Mateus.
Ce partenariat n’est pas qu’un simple contrat : il symbolise une seconde chance, une reconnaissance méritée et une vraie connexion humaine. Avec Wilson et Ryan Callinan comme alliés, Herdy retrouve un cadre, une famille de surf qui croit en lui.
Les résultats récents : une finale à l’US Open et un nouveau souffle
La confiance retrouvée se traduit rapidement en résultats. À l’été 2025, Mateus Herdy atteint la finale de l’US Open, l’un des plus gros événements des Challenger Series. Battu de peu, il sort grandi de cette performance et prouve qu’il est toujours dans la course à la qualification.
Dans l’eau, son surf reste flamboyant. Ses airs multiples, sa capacité à combiner puissance et créativité, et son style élégant en font l’un des surfeurs les plus excitants à regarder. Nombreux sont ceux qui voient en lui l’un des futurs piliers du CT, à l’instar de Medina ou Italo.
Avec une nouvelle énergie et le soutien de Rivvia, Herdy aborde la suite de la saison avec détermination : “Je suis en bonne position, mais rien n’est garanti. Je vais continuer à me battre pour décrocher ma place sur le Tour.”
Pourquoi croire en Mateus Herdy ?
Mateus Herdy incarne l’essence même du surf moderne : une technique irréprochable, un style aérien qui repousse les limites, et une authenticité rare. Contrairement à certains surfeurs happés par le marketing TikTok ou les contenus artificiels, lui mise sur le surf pur, sur les films, les voyages et la connexion avec l’océan.
Son parcours, fait de hauts flamboyants et de bas douloureux, prouve sa résilience. Malgré les coups durs, il n’a jamais cessé de se battre, de s’entraîner et de rêver au CT. Aujourd’hui, avec une équipe solide autour de lui, une nouvelle marque qui croit en lui et des résultats qui parlent d’eux-mêmes, tout laisse penser que son heure est proche.
Et au fond, ce qui fait la différence avec Mateus Herdy, c’est l’émotion qu’il dégage. En le regardant surfer, on ressent quelque chose : une joie, une liberté, une esthétique rare. Comme si, au-delà des classements et des sponsors, il rappelait ce qu’est le surf dans sa plus belle expression.
Un futur champion en devenir
À seulement 24 ans, Mateus Herdy a déjà vécu plusieurs vies : celle du prodige sponsorisé, celle du surfeur lâché par l’industrie, celle du combattant qui s’accroche. Aujourd’hui, il entre dans une nouvelle ère, plus mûr, plus fort et toujours aussi spectaculaire.
S’il n’est pas encore sur le Championship Tour, il n’a jamais été aussi proche d’y entrer. Et quand ce jour viendra, nul doute que le monde entier parlera de son surf, de ses airs insensés et de ce style unique qui fait de lui un surfeur à part.
Mateus Herdy, c’est l’histoire d’un rêve qui refuse de s’éteindre. Et à le voir aujourd’hui, tout indique qu’il brillera encore plus fort dans les années à venir.
Mardi 26 août 2025, 17 heures. Les bouées du large affichent des relevés impressionnants pour la saison, mais rien qui ressemble à l’apocalypse annoncée. Pourtant, depuis plusieurs jours, l’expression « houle cyclonique » a envahi les réseaux sociaux, les sites d’info et les conversations de comptoir. Résultat : arrêtés préfectoraux, fermetures de plages et interdiction de surfer. Un scénario qui interroge : assiste-t-on à un vrai épisode océanique hors norme… ou à un emballement médiatique parfaitement orchestré ?
Une houle rare pour août, mais pas la fin du monde
Soyons clairs : voir une houle de 3 à 5 mètres avec une période de 20 secondes en plein mois d’août, ce n’est pas banal. Habituellement, ces conditions sont réservées à l’automne et à l’hiver. C’est donc surtout la saisonnalité qui rend l’épisode remarquable.
En revanche, sur le plan purement océanographique, ce n’est pas la « houle du siècle ». Les Landes et la côte basque ont déjà encaissé des tempêtes hivernales autrement plus musclées. On est loin des swells Hercules, Petra ou Ruth qui avaient enregistré des vagues supérieures à 12 mètres.
Là où la houle actuelle se distingue vraiment, c’est sur sa période, comprise entre 17 et 22 secondes. Une donnée rare sur nos côtes, qui traduit une énergie bien supérieure à celle des houles estivales habituelles. Assez pour attirer l’attention des big wave riders, mais pas de quoi fermer toutes les plages au cordeau.
Les arrêtés en cascade : sécurité ou communication ?
Face à ces prévisions, plusieurs mairies et la préfecture ont dégainé une série d’arrêtés : plages fermées, baignade interdite, surf prohibé. La Grande Plage de Biarritz, l’Estacade de Capbreton, certains secteurs d’Hossegor et Seignosse : tout y est passé.
Officiellement, il s’agit d’éviter les accidents et d’alléger la tâche des sauveteurs. En pratique, difficile de ne pas y voir une réaction disproportionnée, nourrie par le battage médiatique autour de cette fameuse “houle cyclonique”. Un mot savamment choisi, qui sonne presque comme une bande-annonce hollywoodienne.
Surfeurs et locaux en colère contre une société de l’interdit
Dans la communauté surf, la pilule a du mal à passer. « Même en hiver, avec des houles bien plus grosses, on n’a jamais interdit aux surfeurs expérimentés d’aller à l’eau », rappelle Guillaume Barucq. Pour lui, on glisse doucement vers une « société de l’interdiction », où l’on infantilise les pratiquants au nom d’un principe de précaution hypertrophié.
L’argument revient souvent : mettre sur le même plan un surfeur aguerri, équipé et préparé, et un touriste imprudent qui se jette dans les vagues au mois d’août n’a aucun sens. D’où la frustration d’une partie de la population locale, qui vit cette interdiction comme une déresponsabilisation forcée.
Le principe de précaution, bouclier des élus
Les défenseurs des mesures rappellent que les arrêtés visent aussi à protéger les secouristes. « On leur demande de ne pas aller se mettre en danger pour sauver des gens inconscients », explique un internaute. Mais d’autres répliquent : « Les sauveteurs sont des pros, ils n’interviennent que si c’est possible. »
En toile de fond, un climat de judiciarisation croissante. Dans un monde où chaque accident peut se transformer en affaire politico-médiatique, les élus préfèrent interdire par excès plutôt que d’avoir à justifier une absence d’action.
Entre fascination et déception
Pendant que les arrêtés s’empilent, certains big wave riders se frottent les mains. À Hossegor, des groupes se préparent à sortir les jet-skis. Pour eux, cette houle d’août a des allures de cadeau anticipé.
Pour les spectateurs aussi, l’attente est forte : beaucoup espéraient des images spectaculaires depuis la plage des Culs Nuls ou des Estagnots. Mais l’excitation a parfois laissé place à une légère déception : la houle, bien réelle, n’a pas totalement tenu les promesses du battage médiatique.
Oui, cette houle d’août restera atypique, avec sa période longue et sa puissance rare pour la saison. Mais non, ce n’était pas « la houle du siècle ».
Au final, le buzz médiatique a sans doute pesé autant que la météo dans les décisions d’interdiction. Entre principe de précaution, peur du procès et emballement journalistique, l’océan a été réduit à un risque zéro.
Reste une question en suspens : veut-on vraiment transformer chaque vague en alerte nationale, ou accepter que l’océan reste un espace de liberté… et de responsabilité individuelle ?
Qui aurait parié là-dessus ? Après avoir quitté Buckingham pour la Californie, le Prince Harry vient d’ajouter une nouvelle corde à son arc : surfeur. Et pas sur n’importe quel spot, attention, mais au Surf Ranch de Kelly Slater, le parc à vagues le plus select (et le plus chloré) du monde. Oubliez les beach breaks de Cornouailles, la royauté britannique s’offre désormais des sessions privées dans une piscine géante au milieu de nulle part.
C’est Meghan Markle qui a vendu la mèche, en postant sur Instagram une vidéo de son cher et tendre, take-off hésitant mais sourire au lèvres. Le tout accompagné du tube “Whatta Man” de Salt-N-Pepa et d’un petit emoji renard – apparemment le surnom intime du duc. On est loin des communiqués officiels du palais de Buckingham, mais niveau mise en scène, Hollywood n’aurait pas fait mieux.
Take-off assisté et quasi tube royal
La scène est digne d’une téléréalité : Harry, encouragé par Raimana Van Bastolaer, coach star du Surf Ranch, s’élance avec une petite poussée amicale. Quelques mètres plus loin, il parvient à se caler sur la ligne, avec un style… disons princier, mais pas encore olympique. Et là, moment historique : l’ombre d’un tube. Certes, on est plus proche du ride en douce dans une vague artificielle que du Teahupo’o engagé, mais pour un prince, ça mérite au moins une médaille en chocolat.
Les haters s’en mêlent
Bien sûr, Internet n’a pas tardé à dégainer. “Éco-warrior Harry, qui vit au bord de l’océan, roule des heures pour aller surfer une piscine énergivore”, “Ce n’est pas du surf, c’est une croisière chlorée” ou encore “Il est à des kilomètres de la mer !” : les commentaires ont fusé plus vite qu’une série de vagues à Hossegor. Harry a beau se revendiquer défenseur de l’environnement, le paradoxe n’a échappé à personne.
Une vague de stars avant lui
Harry n’est pas le premier people à tenter sa chance au Surf Ranch. Avant lui, on a vu défiler Matthew McConaughey, Lewis Hamilton, Chris Hemsworth, Tony Hawk ou encore Eddie Vedder. Bref, une drôle de cour des miracles aquatique, où se croisent acteurs, rockeurs, champions olympiques et désormais… royauté britannique. Si le Surf Ranch était un palace, on pourrait presque parler d’un bal mondain.
Kelly Slater, le vrai roi
Reste que dans ce royaume artificiel, un seul monarque règne vraiment : Kelly Slater. L’inventeur du Ranch, onze fois champion du monde, continue d’accueillir les stars comme un hôte bienveillant. Mais attention, si le “King Kelly” est le GOAT, Harry pourrait bien devenir le DUK – Duke of the UK Surf. Ça sonne presque comme un titre officiel, non ?
Surfer un trône de mousse
Alors, faut-il s’extasier ou sourire devant cette conversion tardive ? Après tout, si Harry veut troquer la couronne contre une wax, on ne peut que l’encourager. Mais avouons-le : voir un prince en combinaison intégrale, aidé pour se lever sur une vague chlorée au milieu de la Californie, c’est probablement la chose la plus britannique qui puisse arriver au surf. Une tasse de thé à la main, et la boucle aurait été bouclée.
Imaginez un archipel perdu dans le Pacifique Sud, composé de plus de 300 îles bordées de lagons turquoise, de plages de sable blanc et de récifs coralliens. Un décor de carte postale… mais surtout un terrain de jeu hors norme pour les surfeurs. Bienvenue aux Fidji, un paradis tropical où les vagues comptent parmi les plus belles et les plus puissantes du monde.
Longtemps réservé à quelques privilégiés logeant dans des resorts exclusifs, le surf fidjien s’est peu à peu ouvert à tous les passionnés. Aujourd’hui, Fidji attire les pros en quête de tubes mythiques et les voyageurs prêts à vivre le trip d’une vie. Dans cet article, on vous emmène découvrir tout ce qu’il faut savoir pour organiser un surf trip aux Fidji : spots incontournables, meilleures périodes, hébergements et conseils pratiques.
Fidji, joyau du Pacifique Sud
Situées à environ 3 heures de vol de l’Australie et 10 heures de Los Angeles, les Fidji se composent de deux grandes îles principales (Viti Levu et Vanua Levu) et d’une myriade d’îlots paradisiaques.
La réputation de l’archipel repose autant sur ses paysages que sur l’hospitalité de ses habitants. Ici, le rythme est paisible, marqué par les traditions locales, les cérémonies de kava et le sourire contagieux des Fidjiens. Mais pour les surfeurs, l’attraction numéro un reste bien sûr les vagues : longues, puissantes, parfaites et souvent d’une régularité hallucinante.
La plupart des spots les plus célèbres se trouvent autour des îles Mamanuca, à une trentaine de kilomètres de Nadi, la porte d’entrée internationale. C’est là que se trouve Cloudbreak, l’une des vagues les plus mythiques de la planète.
Cloudbreak, la vague légendaire des Fidji
Un nom qui résonne dans le monde entier
“Cloudbreak” signifie littéralement “là où les nuages se brisent”. Un surnom poétique pour une gauche monstrueuse qui déroule sur un récif au large de Tavarua. Connue localement sous le nom de Nakuru Kuru Malagi (“Thundercloud Reef”), la vague est à la hauteur de sa réputation : puissante, rapide, souvent creuse, parfois terrifiante.
Une histoire de pionniers
Découverte par des marins et surfeurs itinérants dans les années 70, Cloudbreak est véritablement entrée dans la légende au début des années 80 grâce à une photo culte publiée dans Surfer Magazine : Kevin Naughton sautant d’un bateau vers le line-up, avec la vague parfaite en arrière-plan.
Pendant longtemps, le spot est resté réservé aux clients du Tavarua Island Resort, un resort privé en forme de cœur. Ce n’est qu’en 2010 que le gouvernement fidjien a levé l’exclusivité, ouvrant Cloudbreak et les vagues voisines à tous les surfeurs.
Un spot hors normes
Vue du channel, Cloudbreak paraît presque facile : une gauche longue et régulière qui déroule sur 200 mètres. Mais la réalité est toute autre. Le récif est tranchant, l’eau peu profonde, et la vague se divise en trois sections :
The Point : la partie la plus accessible, idéale pour se caler dans de longs murs rapides.
The Middle : plus creuse et imprévisible, parfaite pour les tubes.
Shish Kebabs : la section finale, ultra-shallow et réservée aux plus téméraires.
Cloudbreak fonctionne quasiment toute l’année, mais donne le meilleur de lui-même entre avril et octobre, quand les houles australes frappent de plein fouet le récif. À taille humaine (1,5 à 2 mètres), c’est déjà une vague exigeante. Mais le spot peut tenir des houles XXL jusqu’à 7-8 mètres, comme lors du fameux “Thundercloud Swell” de 2012, resté gravé dans la mémoire collective comme l’un des plus grands jours de surf de rame de tous les temps.
Les autres spots de surf incontournables aux Fidji
Si Cloudbreak est la star, les Fidji recèlent bien d’autres joyaux.
Restaurants
Juste en face de l’île de Tavarua, Restaurants est une gauche plus courte mais incroyablement régulière. Elle tire son nom du récif situé sous la terrasse du restaurant du resort. Quand les conditions s’alignent, c’est un skatepark naturel : take-off vertical, section tubulaire, puis mur parfait à manœuvrer.
Namotu Lefts et Swimming Pools
À quelques minutes de bateau de Namotu Island, Namotu Lefts offre une gauche plus accessible que Cloudbreak, longue et fun, idéale pour les surfeurs intermédiaires à confirmés. Juste à côté, Swimming Pools est une droite cristalline et rapide, parfaite pour les manœuvres radicales.
Frigates Passage
Surnommé le “Pipeline fidjien”, Frigates Passage se trouve à 15 km au large de la côte sud de Viti Levu. C’est une gauche puissante qui tient très bien la taille. Son ambiance plus sauvage en fait une alternative moins fréquentée que Cloudbreak, mais attention : la logistique pour y accéder est plus lourde.
Natadola Beach
Tous les spots fidjiens ne sont pas des monstres de reef. Natadola Beach, sur Viti Levu, est une plage où les vagues sont accessibles aux débutants. Parfait pour s’initier au surf dans un décor de rêve.
Quand partir surfer aux Fidji ?
La saison idéale pour un surf trip s’étend d’avril à octobre : c’est la période des houles australes qui offrent régularité et puissance. Le vent d’est, souvent dominant, offshore sur Cloudbreak, contribue à sculpter des vagues parfaites.
Saison sèche (mai à octobre) : temps plus frais et sec, houles régulières.
Saison humide (novembre à avril) : climat plus chaud, averses tropicales, cyclones possibles mais aussi quelques belles houles.
Température de l’air : 26 à 30 °C. Température de l’eau : 27 à 29 °C toute l’année → combinaison inutile, un boardshort ou un lycra suffit.
Préparer son surf trip aux Fidji
Comment s’y rendre ?
Tous les voyageurs atterrissent à l’aéroport international de Nadi sur Viti Levu. Depuis là :
Pour rejoindre Tavarua ou Namotu, des navettes vous emmènent en 30 minutes à Momi Bay, puis bateau (25 à 40 min).
Pour les resorts du Coral Coast, comptez 2 à 3 heures de route.
Matériel conseillé
Cloudbreak et consorts demandent un quiver adapté :
Shortboard performant pour les vagues classiques (1m50-2m).
Step-up ou gun (6’6 à 7’6) pour les jours solides.
Leashs robustes (6 à 8 pieds).
Chaussons reef conseillés (corail coupant).
Conseils sécurité
Respecter les priorités : les line-ups sont fréquentés, mais l’ambiance reste souvent détendue.
Ne pas sous-estimer la puissance des vagues.
Prévoir une bonne assurance voyage couvrant le surf.
Où loger pour un surf trip aux Fidji ?
Resorts de luxe sur les îles
Tavarua Island Resort : l’expérience ultime, sur une île en forme de cœur, à deux pas de Cloudbreak et Restaurants. All-inclusive, confort maximal, mais prix élevé (plusieurs milliers d’euros la semaine).
Namotu Island Resort : plus petit et intimiste, avec seulement 12 chambres, accès direct à Namotu Lefts et Swimming Pools.
Resorts haut de gamme sur Viti Levu
Marriott Momi Bay : luxe, lagon privé, accès rapide aux Mamanuca et à Cloudbreak en bateau.
InterContinental Fiji Golf Resort & Spa : idéal pour combiner vacances en famille et surf (Natadola Beach accessible).
Options plus abordables
Funky Fish (Malolo Island) : ambiance conviviale et prix accessibles, transferts surf en bateau quotidiens.
Rendezvous Surf Camp Fiji : camp de surfeurs sur le mainland, plus roots, parfait pour un budget serré.
Waidroka Bay Resort (Coral Coast) : atmosphère surf & plongée, accès à Frigates Passage.
Culture fidjienne et expériences hors surf
Un surf trip aux Fidji, ce n’est pas seulement des vagues parfaites. C’est aussi une immersion culturelle unique.
Hospitalité fidjienne : les habitants accueillent les visiteurs avec un sourire sincère.
Cérémonie du kava : boisson traditionnelle à base de racine de poivre, consommée lors de rassemblements sociaux.
Nature préservée : plongée sur la Grande Barrière de Fidji, randonnées dans la jungle, cascades.
Les Fidji sont une expérience complète : un surf trip qui nourrit autant l’âme que l’adrénaline.
FAQ sur le surf à Fidji
Quel est le meilleur spot de surf à Fidji ? Cloudbreak est considéré comme l’un des meilleurs spots du monde, mais Restaurants et Namotu Lefts valent aussi le détour.
Quand surfer à Cloudbreak ? La période idéale s’étend d’avril à octobre, pendant la saison des houles australes.
Les Fidji sont-elles adaptées aux débutants ? Oui, mais pas à Cloudbreak. Natadola Beach est un spot de plage parfait pour s’initier.
Quel budget prévoir ? Un surf trip à Fidji peut coûter de 1 500 € (séjour roots sur le mainland) à plus de 7 000 € (semaine all-inclusive à Tavarua).
Peut-on surfer sans loger sur les resorts privés ? Oui, grâce à des camps et hôtels sur Viti Levu proposant des transferts quotidiens en bateau.
Le surf aux Fidji, c’est bien plus qu’un voyage : c’est une expérience à part entière. Entre la puissance mythique de Cloudbreak, la variété des spots voisins, la beauté des paysages et la richesse culturelle de l’archipel, Fidji s’impose comme une destination incontournable pour tout surfeur.
Un trip ici reste un investissement, mais c’est aussi une aventure dont on se souvient toute une vie. Car aux Fidji, chaque vague est une promesse de perfection… et chaque sourire fidjien un rappel que le surf, c’est aussi le partage.
Depuis plus de vingt ans, la saga SNAPT s’est imposée comme un véritable antidote aux images lisses et formatées des réseaux sociaux. Pas de filtres, pas d’effets “arty” : ici, c’est du surf pur et dur, capté dans son essence la plus brute. En 2025, le réalisateur américain Logan “Chucky” Dulien livre le cinquième et dernier opus de la série, un film déjà culte avant même sa sortie officielle.
Un film de surf à l’ancienne
Dans un monde où l’on consomme des clips de 30 secondes sur Instagram ou TikTok, SNAPT 5 fait figure d’ovni. Conçu comme les surf movies des années 90-2000, il réunit une sélection de free surfers explosifs, propulsés par une bande-son nerveuse et un montage sans concession. Pas question de “storytelling sponsorisé” ou de posture marketing : ici, les surfeurs s’expriment en liberté, et ça change tout.
Dulien résume son projet simplement : “C’est un film qui donne envie d’aller surfer, un défouloir à l’état brut.” Une vision qui séduit parce qu’elle ramène le surf à son ADN : la passion, le risque, la folie.
Une distribution de rêve
Le casting de SNAPT 5 réunit une poignée de riders parmi les plus inspirants de la planète. On retrouve Jack Robinson, valeur sûre du surf mondial, Mason Ho, toujours aussi imprévisible, ou encore des free surfers mythiques comme Clay Marzo, Asher Pacey ou Eithan Osborne. Chacun y va de son style : technique chirurgicale, créativité aérienne, engagement insensé dans des barrels monstrueux. Résultat : un film qui donne le vertige et qui célèbre la diversité des approches du surf moderne.
Des sessions aux quatre coins du globe
Tourné entre l’Indonésie, Hawaï, l’Amérique centrale et l’Australie, le film enchaîne les décors spectaculaires. Vagues turquoises et puissantes, reef breaks tubulaires, spots secrets à l’ambiance sauvage : tout y est pour capturer l’essence du surf de performance.
Le teaser, déjà disponible en ligne, donne le ton : drops vertigineux, airs insensés, close-outs fracassants. De quoi faire saliver tous les passionnés avant de découvrir l’intégralité sur grand écran.
Un rendez-vous en France et en Europe
Bonne nouvelle pour les surfeurs français : la tournée SNAPT 5 passera par l’Hexagone. Le film sera projeté gratuitement dans le cadre du Quiksilver Festival 2025 à Hossegor, le mardi 23 septembre au Surfing. L’occasion de vivre une projection à l’ancienne, entouré d’une communauté passionnée, avec les applaudissements et les cris qui font vibrer la salle à chaque manœuvre incroyable.
D’autres dates en France et en Europe devraient suivre, confirmant que SNAPT 5 n’est pas seulement un film : c’est un événement fédérateur, une célébration du surf “core” qui échappe aux codes commerciaux pour remettre l’émotion au centre.
Un dernier chapitre pour une saga culte
Avec ce cinquième opus, Logan Dulien met un point final à une aventure démarrée en 2002. Entre-temps, le réalisateur a connu des hauts, des bas, et une véritable résurrection personnelle grâce à sa passion pour le surf. Aujourd’hui, il livre ce qu’il considère comme l’ultime hommage à la culture surf libre et sans compromis.
Si les SNAPT resteront comme une série de films mythiques, ce cinquième épisode s’annonce comme l’apothéose : une heure de surf sans filtre, faite pour être vue et vécue ensemble. Car c’est peut-être là que réside la force de ces films : loin des écrans de poche, ils rappellent que le surf est avant tout une expérience collective, vibrante, qui se partage.
Quand on pense au surf de grosses vagues, le Brésil n’est pas forcément le premier pays qui vient en tête. Nazaré au Portugal, Jaws à Hawaï, Mavericks en Californie… Ces noms résonnent immédiatement dans l’imaginaire collectif. Pourtant, c’est bien au sud du Brésil, à Laje da Jaguaruna, dans l’État de Santa Catarina, que Lucas “Chumbo” Chianca vient de marquer l’histoire avec une vague mesurée à 14,82 mètres (48 pieds), la plus grosse jamais surfée dans le pays.
Ce record, Chumbo ne l’a pas arraché par hasard. Comme souvent dans le surf de grosses vagues, tout s’est joué dans une course contre la montre. Alors qu’il se trouvait à Barra Grande, dans l’État de Bahia, à plus de 1 300 kilomètres de Rio, Lucas reçoit l’alerte : une houle historique se prépare au sud du pays. Sans hésiter, il saute dans un véhicule, traverse une bonne partie du Brésil, prend un vol depuis Rio et file vers Santa Catarina.
En l’espace de 24 heures, il se retrouve sur le spot mythique de Jaguaruna, déjà surnommé par certains le “Nazaré brésilien”. Et cette fois, toutes les conditions étaient réunies.
Laje da Jaguaruna, un monstre brésilien
Ce spot méconnu du grand public est pourtant l’un des rares du pays capables de produire de telles montagnes liquides. Situé au large, il aligne des murs d’eau d’une puissance impressionnante, mais les bonnes conditions sont rares. Ce 20 août 2025, elles étaient parfaites : une houle longue, propre, avec une énergie hors du commun.
Lucas Chianca raconte :
“J’ai eu l’honneur de surfer la plus grosse vague jamais enregistrée au Brésil, 14,82 mètres à Laje da Jaguaruna. C’était une mission incroyable, avec une équipe au top et une énergie vraiment unique. Une journée que je n’oublierai jamais.”
Un exploit qui change la donne
Pour Chumbo, habitué aux XXL de Nazaré ou de Jaws, cette vague n’est peut-être pas la plus haute de sa carrière. Mais symboliquement, elle est énorme. Car le Brésil n’a jamais été considéré comme une destination majeure de big wave surfing. Avec ce record, le pays entre désormais dans la carte mondiale du surf extrême.
Il faut rappeler que le Brésil a déjà produit une génération de surfeurs de grosses vagues : Maya Gabeira, détentrice du record féminin mondial, Rodrigo Koxa, qui a surfé la plus grosse vague jamais mesurée (24,38 mètres à Nazaré), ou encore Pedro Scooby. Mais la plupart de leurs exploits se sont réalisés à l’étranger. Cette fois, c’est sur les terres brésiliennes qu’un chapitre s’écrit.
Le symbole d’une “Brazilian Storm XXL”
Depuis une quinzaine d’années, la “Brazilian Storm” a révolutionné le surf mondial en compétition, avec des champions comme Gabriel Medina, Italo Ferreira, Filipe Toledo ou Tatiana Weston-Webb. Lucas Chianca incarne la même énergie, mais dans l’univers des grosses vagues. Et ce ride record à Jaguaruna montre que la tempête brésilienne souffle aussi sur les big waves.
Au-delà de la performance, Chumbo a mis en lumière tout un collectif de surfeurs et de sauveteurs qui œuvrent pour développer la pratique dans le pays. Son équipe de jet-skis, les locaux de “Jagua”, et toute l’organisation en sécurité étaient essentiels pour rendre possible une telle session.
Une fierté nationale
Dans un Brésil passionné de surf, ce record va résonner comme une fierté. Voir l’un des leurs dompter une vague de près de 15 mètres à domicile, dans une atmosphère quasi mystique, donne de nouvelles perspectives à la scène locale. Jaguaruna pourrait bien attirer de plus en plus l’attention internationale dans les années à venir.
Pour Lucas “Chumbo” Chianca, c’est une nouvelle ligne dans un palmarès déjà impressionnant, mais surtout un moment d’émotion pure :
“Immense gratitude envers mon équipe et tous ceux qui ont rendu cette journée possible. Le Brésil a des vagues incroyables, et aujourd’hui on l’a prouvé au monde entier.”
Chaque été, la Chambre d’Amour à Anglet s’illumine d’une aura unique : celle du Caraïbos Surf de Nuit présenté par Rip Curl. Ce vendredi 22 août (ou samedi en cas de météo capricieuse), le spot des Sables d’Or se transformera en véritable arène de surf, avec planches, musique et projecteurs lumineux. Un rendez-vous que le public comme les surfeurs attendent avec impatience.
Résultats de la compétition en 2025
C’est finalement l’équipe verte qui s’impose lors de cette édition 2025 du Surf de Nuit d’Anglet, dans des conditions agréables avec un mètre de houle. Le duo Juliette Lacome et Sam Piter a brillé, porté par un Sam Piter en grande forme qui a décroché la meilleure note de la soirée avec un solide 8,10. Leur total de 11,10 points leur offre une victoire méritée après un duel intense face à l’équipe blanche, représentée par Clémence Schorsch et Tiago Carrique. Ce dernier s’est illustré par des envolées spectaculaires, mais leur score de 10,77 les place finalement en deuxième position. Sur la troisième marche du podium, on retrouve Tya Zebrowski et Justin Becret, auteurs d’un total de 9,86.
Comme le veut la tradition, l’intégralité des gains a été reversée aux associations défendues par chaque équipe, rappelant que le Surf de Nuit est autant une fête populaire qu’un événement solidaire. Quelques images exclusives du surf de nuit 2025.
Un événement historique à Anglet
Créé en 1994, le Surf de Nuit fait partie des rendez-vous cultes de la côte basque en été. Le concept est simple, mais spectaculaire : des sessions de surf disputées après la tombée du jour, éclairées par d’immenses ballons lumineux. Résultat : un contraste saisissant entre l’écume des vagues, la nuit noire et les manœuvres des surfeurs.
Au fil des années, l’événement a connu des fortunes diverses, souvent malmené par la météo estivale parfois capricieuse ou par le manque de houle. Mais malgré ces aléas, le Surf de Nuit a su s’imposer comme un moment unique, autant apprécié par le grand public que par les athlètes.
Une édition 2025 particulière
Depuis quelques années, le Surf de Nuit se tenait dans le cadre de la compétition WSL d’Anglet. Cette année, pas de contest international… mais l’événement est conservé, pour le plus grand bonheur des spectateurs.
Le format de compétition reste inchangé :
6 équipes mixtes (un homme et une femme),
deux manches qualificatives,
une finale en heat mixte.
Chaque équipe défend les couleurs d’un partenaire, avec un prize money reversé à une association ou une organisation choisie.
Les équipes en lice
Le plateau 2025 affiche une belle diversité de talents, entre jeunesse montante et valeurs sûres :
Rip Curl : Tya Zebrowski & Justin Becret
Caraïbos : Hina Conradi & Jorgann Couzinet
Ville d’Anglet : Pauline Ado & Romain Lauhle
Carlbreak : Juliette Lacome & Sam Piter
MC Box Events : Tessa Thyssen & Clément Roseyro
Surfing France : Clémence Schorsch & Tiago Carrique
Autant dire que le spectacle sera au rendez-vous, chaque équipe ayant à cœur de briller devant les milliers de spectateurs massés sur la plage et la digue.
Plus qu’un contest, une fête
Le Surf de Nuit n’est pas qu’une compétition. L’événement se vit dès l’après-midi, avec un programme pensé pour mêler sport, culture et ambiance estivale : projection de films de surf, ateliers créatifs autour de l’océan avec Save la Mermaid, sets DJ au coucher du soleil, séances de dédicaces et concerts live.
L’apothéose aura lieu à 22h, quand les surfeurs entreront à l’eau sous les projecteurs. La remise des prix est prévue vers 23h45, mais la soirée, elle, restera longtemps dans les mémoires.
Un rendez-vous à ne pas manquer
Entre spectacle sportif, fête populaire et ambiance unique, le Surf de Nuit 2025 confirme sa place à part dans le calendrier des événements basques. Une occasion idéale de (re)découvrir Anglet autrement, sous la lumière des vagues et des projecteurs.
Sur YouTube, on trouve de tout : des tutos bricolage improbables, des chats pianistes, et parfois… des vidéos de surf sur des glaciers qui explosent. Dernière trouvaille en date : un clip ultra-spectaculaire où trois riders en paddle affrontent la vague d’un iceberg qui s’effondre dans l’océan. Ça en jette, mais problème : ça ne tient pas debout.
Sur YouTube, on trouve de tout : des tutos bricolage improbables, des chats pianistes, et parfois… des vidéos de surf sur des glaciers qui explosent. Dernière trouvaille en date : un clip ultra-spectaculaire où trois riders en paddle affrontent la vague d’un iceberg qui s’effondre dans l’océan. Ça en jette, mais problème : ça ne tient pas debout.
Les détails qui trahissent le fake
À première vue, on est bluffé. De l’eau glaciale, des surfeurs courageux ou suicidaire, un bateau proche de la zone d’impact, et le tout dans le plus grand calme… Mais en regardant bien, ça cloche :
Ils sont trois au line-up, mais seulement deux prennent la vague. Le troisième ? Disparu comme par magie, probablement « avalé » par l’algorithme de montage IA.
Le bateau, censé être à deux doigts de chavirer, reste parfaitement immobile. Pas une vaguelette, pas un tangage. Du grand cinéma.
Et surtout, la vague est beaucoup trop parfaite. Un mur d’eau lisse, façon Hossegor un matin d’été, alors qu’une chute de glace génère normalement du gros clapot chaotique.
Bref, merci l’IA pour le spectacle, mais la physique, elle, n’a pas été invitée.
La réalité, encore plus folle
Mais là où c’est savoureux, c’est que ce scénario complètement fake a pourtant déjà existé… pour de vrai. En 2013, deux surfeurs d’exception – Garrett McNamara (l’homme aux records de Nazaré) et son pote hawaïen Kealii Mamala – ont relevé un défi dingue : surfer les vagues créées par la chute d’un glacier.
Direction l’Alaska, au Child’s Glacier près de Cordova. Températures glaciales, combinaisons épaisses, et un pari insensé : attendre qu’un bloc de glace de la taille d’un immeuble s’effondre dans l’eau… et se jeter dans les vagues que ça provoque.
Trois semaines d’attente, quelques secondes d’adrénaline
McNamara et Mamala ont campé trois semaines à proximité, parfois jusqu’à 20 heures par jour dans l’eau. Imagine : tu patientes, tu trembles, tu scrutes une montagne de glace de 90 mètres de haut en espérant qu’elle tombe droit dans l’eau et pas sur toi.
Quand enfin le glacier a cédé, ils se sont lancés. McNamara décrira l’expérience comme « la chose la plus lourde et la plus flippante » de sa vie. Une comparaison ? « Comme si l’Empire State Building s’écroulait sur toi. » Ambiance.
Entre mythe et réalité
Alors, la vidéo YouTube ? Un joli fake, certes bien monté, mais qui fait sourire quand on connaît l’histoire. Car oui, des surfeurs ont déjà affronté ce type de vagues venues de nulle part, au péril de leur vie.
Finalement, c’est peut-être ça qui rend le surf si fascinant : même les vidéos trafiquées peinent à égaler la réalité. Entre IA et adrénaline, l’océan – ou même les glaciers – gardent toujours une longueur d’avance.
Dans le surf, chaque détail compte. La position du corps, l’épaisseur de la planche, la puissance des bras… mais aussi, parfois, un mouvement que l’on voit rarement expliqué : battre des jambes en ramant. Est-ce vraiment efficace ? Ou juste un réflexe nerveux qu’on a tous eu en voulant arracher une vague de justesse ?
Certains pros l’utilisent en compétition, d’autres n’y croient pas. Mais une étude scientifique et quelques exemples en live contest donnent des éléments de réponse intéressants.
Une étude qui fait la différence : +8 % de vitesse
En 2010, deux chercheurs australiens, Loveless et Minahan, ont publié une étude dans le Journal of Sport Science. Leur protocole était simple : demander à 11 jeunes surfeurs compétiteurs de ramer sur eau plate, avec et sans battements de jambes.
Résultat ? 👉 La rame avec battement était en moyenne 8 % plus rapide. Sur un effort court (5 à 10 secondes), cela équivalait à un gain de vitesse de 0,16 m/s, soit environ un à deux mètres de distance gagnée.
Quand on pense aux paddle battles en compétition, où deux surfeurs se disputent une vague au centimètre près, ce petit mètre peut être décisif.
Des exemples concrets sur le tour pro
L’idée n’est pas qu’une théorie en labo. On a vu plusieurs exemples sur le Championship Tour (CT), comme on peut le voir dans la vidéo en-dessous :
Vahine Fierro vs Isabella Nichols à Tahiti : Vahine a utilisé des battements de jambes pour se démarquer et prendre une vague clé.
Seth Moniz vs Ethan Ewing : en pleine bataille de rame, les deux battent des jambes, mais c’est Ewing qui sort vainqueur.
Kauli Vaast et Crosby Colapinto : même sans duel direct, on les a vus utiliser cette technique pour “booster” leur rame.
Ces images donnent une crédibilité à l’idée que battre des jambes, au bon moment, peut offrir un avantage compétitif.
Mais qu’en est-il pour attraper une vague ?
C’est là que ça se complique. Car ramer en eau plate n’est pas la même chose que se lancer dans une vague. Plusieurs variables changent complètement la donne :
L’épaisseur de la planche.
Le courant dans l’océan et la vague
La puisance de la vague elle-même.
L’équilibre du corps : bouger les jambes peut parfois déstabiliser.
Aucune étude scientifique n’a encore testé les effets réels du battement de jambes au moment précis de l’entrée dans la vague.
En clair : ✅ On sait que ça aide à accélérer sur eau plate. 🤔 On suppose que ça peut aider à “booster” la dernière poussée avant d’attraper une vague. ❌ Mais on ne peut pas l’affirmer scientifiquement.
Pourquoi ça pourrait marcher
Même sans preuve formelle, plusieurs hypothèses circulent :
Les battements créent un effet de propulsion supplémentaire (même faible) qui s’ajoute à la rame.
Ils permettent de maintenir le corps plus haut sur la planche, réduisant la traînée.
Ils donnent aussi un effet psychologique : en mode “dernière chance”, ça incite le surfeur à tout donner.
Alors, faut-il battre des jambes en ramant ?
La réponse dépend de votre pratique :
En freesurf, ça peut aider si vous voulez absolument rentrer dans une vague molle ou si vous manquez de vitesse. Mais inutile d’en abuser, cela peut vite fatiguer.
En compétition, ça devient une arme tactique dans un paddle battle. Les pros l’ont intégré, et ce n’est sûrement pas pour rien. N’hésitez pas à battre des pieds pour envoyer des projections d’eau à votre adversaire, c’est de bonne guerre.
En apprentissage, mieux vaut d’abord travailler la technique de rame classique (position du corps, efficacité des bras). Le battement vient comme un petit “turbo” à ajouter ensuite.
Le mot de la fin
Pour l’instant, battre des jambes en ramant reste un plus anecdotique mais bien réel. La science a montré que ça accélère sur eau plate. L’expérience des pros laisse penser que ça peut aider à prendre des vagues.
Mais au fond, la meilleure réponse viendra peut-être de votre propre expérience. La prochaine fois que vous sentez qu’il vous manque un petit coup de vitesse… essayez de battre des jambes. Vous verrez bien si ça change la donne !
PS : Un jour, je me suis blessé aux adducteurs en battant des jambes au take off, la loose totale….lol
Début août 2025, la planète surf a eu droit à un spectacle hors norme. Un swell massif, le même qui a frappé Teahupo’o juste avant la compétition WSL, a parcouru des milliers de kilomètres à travers le Pacifique. Ces trains de houle, générés par de puissantes dépressions au large, se propagent comme des vagues de fond, venant s’écraser des jours plus tard sur des rivages parfois très éloignés. À Hawaï, ce fut le cas sur la côte sud d’Oahu, notamment à Waikiki et Kewalos, spot réputé pour ses vagues accessibles… mais qui s’est transformé, le temps d’une journée, en un véritable champ de mines.
Le chaos à Kewalos : un bateau en plein line-up
Alors que les surfeurs se jetaient dans l’eau pour profiter des conditions XXL, une scène improbable s’est déroulée sous leurs yeux. Un bateau de 75 pieds, appartenant à la compagnie Atlantis Cruises, a tenté de franchir la passe du port de Kewalos. Malheureusement à cause de la forte houle, l’embarcation s’est retrouvée embarquer par une grosse vague… jusqu’à littéralement traverser le line-up. Certains témoins affirment qu’à un moment donné, le bateau a presque “posé un floater”, comme un surfeur sur une planche d’acier. Une image surréaliste, qui aurait pu tourner au drame si des surfeurs s’étaient trouvés sur sa trajectoire.
Un échouage sans blessés, mais inquiétant
Finalement, le bateau a fini sa course en s’échouant sur le récif de Kewalos. Heureusement, aucun passager ne se trouvait à bord : seuls deux membres d’équipage expérimentés, indemnes, tentaient de manœuvrer le navire. Atlantis Adventures a précisé qu’aucune fuite de carburant ni de pollution n’avait été constatée, et qu’ils travaillaient avec les autorités pour retirer le bateau sans endommager davantage le récif. Mais au-delà de la peur rétrospective, l’incident soulève la question de la fragilité de ces zones coralliennes. Déjà mises à mal par la fréquentation humaine et le réchauffement climatique, elles se retrouvent ici menacées par un accident évitable.
Quand la règle du surf s’applique aussi aux bateaux
Les surfeurs connaissent l’adage : “When in doubt, don’t go out” – si tu doutes, n’y va pas. Une maxime qui s’est révélée universelle : elle vaut aussi pour les capitaines de bateaux. Dans ce cas précis, la décision de tenter de franchir la passe malgré la houle s’est soldée par un échouage spectaculaire, heureusement sans conséquences humaines. Mais l’incident rappelle une évidence : face à la puissance de l’océan, la prudence n’est jamais de trop. Le swell qui relie Tahiti à Hawaï nous rappelle que la houle n’a pas de frontières, et qu’en mer comme au line-up, il vaut mieux parfois attendre que le calme revienne.
« Cinq secondes… », se souvient Kauli Vaast. Depuis la tour, le speaker compte à rebours. Dans l’eau, l’Australien avait encore la priorité, mais l’océan est resté muet. Aucun set à l’horizon. À cet instant, le jeune surfeur de Tahiti réalise : il est champion olympique. Premier Français à inscrire son nom au palmarès du surf aux Jeux, et qui plus est à domicile, sur la vague mythique de Teahupo’o. Un rêve devenu réalité, mais aussi une mission accomplie. Car Kauli n’a pas seulement gagné pour lui : il a porté haut les couleurs d’une île, d’un pays, et d’une communauté.
Teahupo’o, l’école de la vie
Pour Kauli, Teahupo’o n’est pas un simple spot. C’est son terrain de jeu, son jardin, son école. Là où il a appris à se caler dans les tubes, à affronter les grosses houles et à apprivoiser la puissance brute de l’océan. « C’est la plus belle vague au monde », affirme-t-il sans détour. Mur de crâne pour les uns (signification de Teahupo’o), cathédrale liquide pour les autres, Teahupo’o est avant tout une énergie unique, une vibration que l’on ne comprend vraiment qu’en y plongeant. Kauli a grandi dans cette intensité, et c’est elle qui a forgé son surf, mais aussi son mental.
La pression de « l’enfant du pays »
Représenter la France et Tahiti, dans un spot aussi exigeant, a multiplié la pression par dix. Kauli n’était pas forcément considéré comme un favori mondial avant les Jeux. Mais les connaisseurs savaient qu’il avait le talent pour le faire. La fédération française de surf s’est bien frotté les mains en sachant que les JO auraient lieu à Tahiti, c’était le seul endroit où on pouvait gagner une médaille. Il a su transformer cette attente en force. La clé ? Une préparation mentale sans faille. Travailler à transformer le stress en énergie positive, en motivation supplémentaire. Résultat : une victoire libératrice, gravée à jamais dans l’histoire du surf français.
Un podium partagé avec les siens
Plus fort encore que la médaille elle-même, Kauli garde en mémoire le moment où il a pu partager sa victoire. Sur le podium, il aperçoit sa famille, ses proches, sa mère, venus jusqu’à Teahupo’o. Une communion rare, qui donne tout son sens à l’effort accompli. « Partager ça avec les personnes que tu aimes, il n’y a rien de mieux », confie-t-il. La médaille n’est pas qu’un trophée personnel : elle est le symbole d’une aventure collective, d’un peuple derrière son champion.
Une victoire qui dépasse le surf
Le lendemain de son exploit, Kauli découvre l’ampleur de sa victoire. À Paris, à Tahiti, en France métropolitaine, partout on le félicite, on lui sourit, on le remercie. Sa médaille résonne au-delà du surf. Elle inspire une génération. Dans l’eau, les jeunes Tahitiens l’interpellent, le reconnaissent. Certains n’étaient pas nés quand il a commencé à se faire un nom. Aujourd’hui, il est un modèle. « Pourquoi pas une deuxième médaille ? Pourquoi pas un titre mondial ? », se dit-il, déjà tourné vers l’avenir.
Le tremplin d’une carrière
Si la médaille d’or reste à ce jour son plus grand accomplissement, Kauli refuse d’en faire une fin en soi. Elle est un tremplin, un point de départ. Désormais, il vise les Championnats du monde, avec la ferme intention de prouver qu’il peut figurer durablement parmi les meilleurs. La confiance acquise à Teahupo’o lui donne une arme supplémentaire : la certitude qu’il a sa place au sommet. Et surtout, il garde une philosophie simple : ne jamais perdre le plaisir. « Il faut toujours s’amuser et profiter », résume-t-il. Car c’est bien l’amour de l’océan, intact, qui continue de guider chacun de ses pas.
Quelques jours avant le Lexus Tahiti Pro 2025, Griffin Colapinto a vécu le wipeout le plus violent de sa carrière à Teahupo’o. Entre peur, chaos et adrénaline, le Californien revient sur cet épisode qui aurait pu tourner au drame. Pas le meilleur moyen d’appréhender la compétition….(Quoique)
Un avant-goût de l’enfer à Teahupo’o
À Tahiti, avant même que le Lexus Tahiti Pro ne démarre, la houle XXL s’était déjà invitée. Comme souvent à Teahupo’o, chaque session des surfeurs du Tour ressemble à une compétition parallèle, surtout lorsque les meilleurs free surfeurs au monde et les meilleurs du tour se donnent rendez-vous pour une houle historique, où l’océan distribue tubes d’anthologie.
Griffin Colapinto, actuel n°3 mondial (après la compétition de Teahupoo), est arrivé tôt pour s’entraîner et prendre la température. Et il n’a pas été déçu. Dans une vidéo publiée sur YouTube, le surfeur de San Clemente raconte ce qu’il considère comme le pire wipeout de sa vie.
« Tout le channel s’est mis à bouger »
Griffin se souvient :
« Ce jour-là était énorme. Il y avait des vagues pour le tow-in, mais aussi des opportunités pour ramer. J’ai pris une première vague, j’ai sauté et je suis passé. Je pensais que c’était bon. J’ai ramé vers le chenal, et j’ai senti tout le channel se mettre à tirer vers le large. Là, j’ai compris que quelque chose d’énorme arrivait. »
En quelques secondes, Colapinto réalise qu’il est mal placé. À sa gauche, il voit Eli Olson se faire tracter sur l’une des bombes de la journée. Et lui est pile dans l’impact zone.
La décision en une fraction de seconde
Pris au piège, Griffin n’a pas d’autre choix que de sacrifier sa planche et de plonger sous la lèvre :
« J’ai pensé enlever mon leash, mais Eli était sur la vague. Je ne voulais pas que ma planche le percute. Alors j’ai plongé, j’ai nagé de toutes mes forces, mais je sentais l’océan me ramener vers le pic. »
À bout de souffle, il remonte à la surface, parvient à prendre une inspiration salvatrice… avant d’être aspiré à nouveau par la déferlante.
Une machine à laver sans fin
Le Californien décrit alors un moment où tout bascule dans une logique de survie :
« Quand tu réalises que tu ne peux pas lutter, il faut accepter que ça arrive. Sinon tu paniques, et là ça devient dangereux. »
Propulsé dans le tourbillon, son gilet d’impact est arraché par la puissance de l’eau. Coincé sous l’écume, il reste de longues secondes prisonnier. Lorsqu’il refait surface, c’est pour replonger aussitôt sous une deuxième vague, qui le maintient encore plus longtemps au fond.
Heureusement, un jet-ski le récupère quelques instants plus tard. Exténué, secoué, mais indemne.
Matos détruit, mental intact
Sa planche, en revanche, n’a pas survécu : leash arraché, boîte de dérive éclatée, rails brisés. « Elle était complètement détruite », lâche-t-il. Pourtant, loin de renoncer, Griffin retourne aussitôt au large avec une nouvelle planche.
Et le karma lui sourit : deux heures après son wipeout, il sort du meilleur tube de sa vie. La vidéo le montre hurlant de joie, tremblant d’adrénaline en criant :
« Je pense que c’est le meilleur barrel de ma vie. Je suis en train de trembler ! »
De la peur à l’extase
Ce contraste entre l’extrême violence d’un wipeout et la récompense ultime d’un barrel parfait résume l’essence même de Teahupo’o. Une vague mythique, capable de tout donner comme de tout prendre.
Griffin le sait : ce genre d’expérience forge un surfeur. Et malgré la frayeur, il en sort grandi :
« C’était la plus grosse branlée de ma vie, mais aussi une des journées les plus mémorables. »
Une préparation pour les WSL Finals
Quelques jours plus tard, Colapinto atteint la finale du Lexus Tahiti Pro, seulement battu par Jack Robins on. Mais sa performance lui permet de grimper à la troisième place mondiale et d’assurer sa place pour les Finals à Cloudbreak (Fidji).
Avec ce mélange de lucidité, de courage et de persévérance, il arrivera à Fidji gonflé à bloc, prêt à jouer le titre mondial.
Le wipeout de Griffin Colapinto à Teahupo’o est un rappel brutal : même pour les meilleurs surfeurs du monde, l’océan reste le maître. Entre peur viscérale et extase pure, Colapinto a vécu en quelques heures les deux extrêmes du surf. Une expérience qui restera gravée dans sa mémoire… et dans celle de tous ceux qui ont vu les images.
Le surfeur tahitien Michel Bourez a connu une mésaventure impressionnante à domicile, sur l’une des vagues les plus redoutées au monde. Dix jours plus tôt, lors d’une session de tow-in dans un Teahupo’o massif, sa planche l’a violemment frappé au visage, l’envoyant directement à l’hôpital. Retrouvez la vague dans la vidéo en-dessous.
Un accident sans perte de conscience
Heureusement, l’ancien pensionnaire du Championship Tour (CT) n’a pas perdu connaissance. Michel Bourez a raconté l’accident :
“Parfois l’océan te rappelle qui est le patron. Ma planche m’a frappé en plein visage, mais j’ai eu de la chance. Je retrouve peu à peu mes sensations et j’ai hâte de reprendre l’entraînement.”
Un témoignage qui illustre la brutalité de Teahupo’o, spot mythique connu pour sa vague massive et creuse, capable d’infliger les pires blessures aux surfeurs, même les plus aguerris.
Pas de regrets malgré les risques
Loin de s’apitoyer, le Tahitien a tenu à relativiser :
“Ces choses-là arrivent. On connaît tous les risques quand les vagues atteignent cette taille. Je n’ai aucun regret… c’était quand même une journée incroyable.”
Ces mots montrent la résilience d’un surfeur qui a toujours aimé repousser ses limites dans les conditions extrêmes.
Une carrière au sommet, un retour aux racines
Surnommé The Spartan, Michel Bourez a marqué le surf mondial avec plus de dix ans passés sur le CT, trois victoires en carrière et une réputation de guerrier dans les vagues et en dehors. Aujourd’hui en dehors du circuit professionnel, il profite de son temps pour se confronter aux houles tahitiennes, là où tout a commencé.
Et malgré cet accident, Bourez n’a pas perdu son enthousiasme : il a félicité son frère Mihimana pour sa troisième place lors de l’étape de WCT 2025, rappelant que la relève tahitienne est plus que jamais en feu.
Teahupo’o, toujours aussi impitoyable
Cet épisode rappelle que, même pour un surfeur expérimenté comme Michel, d’ailleurs son frère Kevin Bourez avait connu une blessure grave sur cette même vague en 2014 avec plusieurs fractures à la mâchoire, de sérieuses ouvertures au visage (dont dents cassées, globe oculaire enfoncé et cervicale touchée) et d’un traumatisme crânien….Une histoire de familles.
Michel Bourez, fidèle à sa mentalité de Spartan, a déjà les yeux tournés vers son retour à l’eau. Bo rétablissement Michel….
La communauté du surf français est en deuil. Daniel Lasserre, surfeur de la Côte des Basques et membre actif du Côte des Basques Surf Club, s’est éteint le 11 août 2025 à l’âge de 69 ans, des suites d’une longue maladie. Homme de passion et d’engagement, il incarnait ce lien rare entre le monde des vagues et celui du droit.
Depuis 2021, il avait choisi de mettre ses compétences au service de la Fédération Française de Surf en tant que responsable bénévole du Comité de discipline d’appel. Fidèle participant aux conférences Surf et Droit, il y apportait sa vision à la fois juridique et profondément humaine, nourrie par son attachement à l’océan et à la communauté surf.
Un avocat respecté et un homme d’élégance
Né à Bordeaux, Daniel Lasserre avait prêté serment en 1978 avant de cofonder le cabinet Elige, spécialisé en droit commercial et des affaires. Ancien membre du Conseil de l’ordre (1986-1993), il était reconnu par ses pairs pour son élégance, son éloquence et sa pugnacité. Ses confrères décrivent un homme joyeux, bienveillant, brillant et profondément humain.
Son nom restera aussi lié à l’affaire Bettencourt, où il a défendu en 2015 le photographe François-Marie Banier aux côtés de Pierre Cornut-Gentille et Laurent Merlet. Mais au-delà des affaires médiatisées, il restera pour le barreau de Bordeaux une figure respectée, un confrère attachant et un esprit rassembleur.
Un sportif accompli
Si le surf occupait une place essentielle dans sa vie, Daniel Lasserre était aussi un sportif accompli. Golf, football – qu’il pratiquait au sein de l’équipe du barreau de Bordeaux – ou sorties en montagne, il cultivait un rapport authentique à l’effort et au dépassement de soi. Sa passion pour l’océan l’accompagnait depuis toujours, faisant de lui un visage familier des vagues de la Côte des Basques.
Un héritage humain et océanique
Marié et père de deux filles, Daniel Lasserre laisse derrière lui l’image d’un homme à la fois engagé et accessible, un « vieux de la vieille » du surf basque qui n’a jamais cessé de conjuguer passion et professionnalisme. Sa disparition laisse un vide immense, aussi bien sur les bancs du barreau de Bordeaux que sur le sable de la Côte des Basques.
Ses obsèques ont eu lieu ce mardi 19 août, à l’église Saint-Seurin de Bordeaux.
La Praia de Itacoatiara (Niterói, Brésil) vibrait ce dimanche 17 août lors du Itacoatiara Big Wave 2025, rendez-vous incontournable du surf de grosses vagues au Brésil. Si les conditions – des vagues d’environ trois mètres – ont fait débat, l’intensité de la compétition n’a pas déçu. Et dans ce décor électrique, le duo français Clément Roseyro et Éric Rebière a décroché une magnifique deuxième place derrière les intouchables Lucas “Chumbo” Chianca et Pedro Scooby.
Les juges ont récompensé la constance et l’engagement des deux Français : 12 points au total (7.00 + 5.00), soit le même score que les troisièmes Dylan Longbottom et Lucas Silveira, mais Roseyro/Rebière ont pris l’avantage grâce à une meilleure vague de série.
Mais c’est surtout un aerial impressionnant de Clément Roseyro qui a électrisé la plage et enflammé les réseaux sociaux. Dans une compétition généralement dominée par des drops massifs et du tow-in engagé, ce move créatif et radical a apporté une touche spectaculaire.
Une “vraie-fausse” épreuve de grosses vagues
Le nom du contest pouvait laisser espérer des murs dignes de Nazaré, mais les images montrent plutôt un Itacoatiara en version moyenne : 3 mètres puissants, certes, mais loin des “monstres” auxquels on associe habituellement les big wave riders. Pourtant, la bagarre fut réelle. Pedro Scooby, blessé dès les quarts de finale, a serré les dents pour offrir un doublé consécutif à son duo avec Chumbo.
Les Français confirment leur statut
Cette 2ᵉ place marque une nouvelle étape pour Éric Rebière, pionnier français du surf de grosses vagues, et Clément Roseyro, qui s’impose peu à peu comme un des riders les plus explosifs et les plus engagés de sa génération. Une belle complémentarité pour les deux surfeurs français.
Au classement final :
1er : Lucas Chianca & Pedro Scooby – 13.85 pts
2e : Éric Rebière & Clément Roseyro – 12.00 pts
3e : Dylan Longbottom & Lucas Silveira – 12.00 pts
4e : Alemão de Maresias & Lucas Fink – 5.48 pts
Le Brésil, nouveau terrain de jeu pour les big wave riders ?
Avec cette 7ᵉ édition, l’Itacoatiara Big Wave s’installe comme un rendez-vous du surf de gros au Brésil. Même si la taille des vagues n’a pas atteint des dimensions “historiques”, l’événement confirme son importance pour la ville de Niterói et pour la scène internationale.
Et pour la France, voir ses riders sur le podium, avec un aerial déjà culte signé Roseyro, est une preuve supplémentaire que l’Hexagone s’invite désormais régulièrement dans le cercle fermé des big wave hunters.
À la fin du mois d’août 2025, le monde entier aura les yeux rivés sur Cloudbreak, aux Fidji. C’est là que se tiendra l’ultime étape du Championship Tour de la WSL, qui sacrera le nouveau champion du monde de surf. Mais avant même la bataille des titres, l’archipel du Pacifique Sud a déjà son héros : James Kusitino, 16 ans, devenu officiellement le premier surfeur professionnel fidjien.
Son histoire, c’est celle d’un enfant discret, amoureux de l’océan, qui a grandi dans l’ombre d’une vague longtemps interdite à ses propres compatriotes. Aujourd’hui, il incarne l’espoir d’un peuple et l’émergence d’une nouvelle voix dans le surf mondial.
L’histoire d’un paradis longtemps interdit
Dans les années 80, Tavarua Island Resort obtient un bail exclusif sur l’île et… sur ses vagues. Résultat : Cloudbreak, l’une des plus belles gauches de la planète, devient une chasse gardée pour les touristes fortunés et les pros internationaux.
« J’ai grandi ici, mais je n’ai surfé Cloudbreak qu’à 20 ans », raconte Che Slatter, mentor de James. Les locaux, même Fijien·nes, se faisaient repousser s’ils tentaient de ramer au large.
Tout change en 2010, lorsque le Premier ministre Frank Bainimarama met fin à l’exclusivité. Cloudbreak s’ouvre enfin au public. Le timing est parfait : cette même année, James, alors âgé d’un an, faisait ses premiers pas sur la plage où travaillait sa mère.
L’éclosion d’un talent hors norme
Issu d’une famille modeste — un père militaire, une mère employée d’hôtel — James découvre vite l’océan comme un refuge. À Sigatoka, au bord d’un beachbreak musclé, il apprend à dompter les courants dès l’âge de quatre ans.
Sa première planche ? Un soft-top offert par une tante. La suivante ? Une board laissée par un pro, trop grande pour lui, mais qui l’oblige à progresser plus vite. Dans l’eau, il se révèle : solide physiquement, intrépide dans les grosses vagues.
« Les gens demandaient toujours : qui est ce gamin sans peur ? », se souvient sa mère.
Cloudbreak comme terrain de jeu
À 7 ans, à peine six ans après son ouverture au public, James met pour la première fois les pieds sur le reef de Cloudbreak. Le coup de foudre est immédiat.
Obsédé par le surf, il passe ses journées à l’eau et ses soirées devant les vidéos de Jamie O’Brien et Andy Irons. Comme possédé, il développe un style brut et fluide, mélange d’instinct et de travail acharné.
« Suivez James dans le line-up », conseille son mentor Che. « Même si vous ne voyez rien, lui sent quand une vague arrive. »
Un chemin semé d’embûches
Devenir surfeur pro aux Fidji n’a rien d’évident. Le matériel est rare, l’essence pour les bateaux coûte cher, et les boards cassées sont un luxe difficile à remplacer.
James lave la vaisselle, balaie des restaurants, dort dans des voitures pour économiser de quoi payer ses sessions. Sa famille, consciente de son talent, prend un pari fou : l’extraire du système scolaire après la 8e année pour lui laisser sa chance.
« Ce n’est pas un risque », assure son père. « S’il échoue, il sera pêcheur ou capitaine de bateau. La mer lui donnera toujours du travail. »
De l’ombre à la lumière
Le déclic arrive grâce à une simple vidéo Instagram. Un clip partagé par Hunter Martinez montre James se calant dans un tube parfait à Cloudbreak. Son style unique attire immédiatement l’attention de Craig Anderson, qui le recommande à Former, la marque fondée par Dane Reynolds et lui-même.
En juillet 2025, James signe officiellement son premier contrat professionnel. Fidji a enfin son premier surfeur pro.
Pour lui, c’est un rêve éveillé : « Bula vinaka, Former ! Merci Craig et Dane, c’est un rêve qui devient réalité. »
L’avenir d’un pionnier
L’histoire ne fait que commencer. Soutenu par sa communauté, James prépare déjà des voyages à Teahupo’o et à Hawaii. Ses objectifs ? Pipeline, Waimea, et un jour, participer au légendaire Eddie Aikau.
Craig Anderson ne tarit pas d’éloges : « James est le jeune surfeur le plus doué que j’ai vu à 16 ans. Dans les vagues de conséquence, il est dans son propre monde. »
Avec la finale WSL 2025 qui se jouera à Cloudbreak, James aura une tribune rêvée pour briller devant la planète surf. Mais quoi qu’il arrive, il a déjà changé l’histoire de son pays.
À 16 ans, James Kusitino n’est pas seulement un prodige. Il est un pionnier, symbole d’une génération de Fidjiens qui, après des décennies d’exclusion, prennent enfin place dans leur propre line-up. Et si Cloudbreak a souvent couronné les plus grands, il pourrait bien être le tremplin d’un futur champion issu des îles.
On connaissait les compétitions de surf avec des chiens en Californie. On connaissait You et Off, les phoques stars du Bassin d’Arcachon, toujours prêts à squatter les planches des surfeurs girondins. Voici maintenant… le manchot qui surfe en Afrique du Sud !
Une rencontre incroyable à Cape Town
La scène a été filmée sur un beach break du Cap. Le photographe qui accompagnait la session raconte : « J’ai eu des interactions avec des dauphins, des phoques, des baleines, même des requins… mais jamais un manchot n’était venu se joindre à nous. » Sorti de nulle part, l’animal s’approche des surfeurs, grimpe sur une planche, puis sur l’épaule d’un surfeur équipé d’une caméra. Pas stressé pour un sou, le manchot semblait chercher de la compagnie… et de l’action.
Quand le manchot prend la vague
Entre deux séries, l’oiseau aquatique utilisait carrément l’énergie des vagues pour se faufiler parmi les surfeurs. Pendant quelques instants, tout le monde a eu l’impression qu’il essayait, lui aussi, de « rider » la houle du Cap. Un moment surréaliste, mais surtout plein de tendresse.
Des cousins sur la côte atlantique
Cette rencontre rappelle les frasques de You, le phoque au pelage doré devenu une célébrité du Médoc et du Bassin d’Arcachon, et de son « cousin » Off, repéré récemment au Cap Ferret. Ces phoques ont fait la joie des surfeurs, grimpant sans gêne sur leurs planches. Des images qui montrent que la glisse n’est pas qu’une affaire d’humains.
Un rappel essentiel
Derrière la magie de la scène, le message reste clair : ces animaux sauvages vivent sous la pression humaine – surpêche, pollution, urbanisation. Les manchots du Cap sont particulièrement menacés. Les surfeurs, comme tous les amoureux de l’océan, ont un rôle à jouer pour protéger leur terrain de jeu… et celui de ces compagnons imprévus.