Catégorie : Actualités surf

  • Bob “Doc” Scott : le surfeur médecin derrière les célèbres bouchons Doc’s Proplugs s’en est allé

    Bob “Doc” Scott : le surfeur médecin derrière les célèbres bouchons Doc’s Proplugs s’en est allé

    Une légende de Santa Cruz, et une page du surf qui se tourne

    Le surf a perdu un de ses grands humanistes. Le 97e anniversaire de Bob « Doc » Scott, pionnier californien du surf et inventeur des emblématiques bouchons Doc’s Proplugs, aurait dû être une fête. Il s’est transformé en hommage. Le 1er juillet 2025, à Steamer Lane, Santa Cruz, la communauté s’est réunie pour un paddle-out vibrant de souvenirs et d’émotions. Car Doc Scott n’était pas qu’un médecin passionné de vagues : il était un mentor, un passeur, un pilier.

    Né à New York mais adopté par la Californie, « Doc » était bien plus qu’un médecin généraliste et chirurgien. Il était cet homme qui embarquait les jeunes surfeurs dans un bus scolaire pour les emmener en compétition, qui organisait les épreuves locales, qui croyait que chaque grom avait droit à une chance, même sans trophée ni sponsor.

    Un médecin qui écoutait… les oreilles

    C’est en tant que praticien installé à Capitola, près de Santa Cruz, que Doc repère un mal qui ronge les surfeurs : l’exostose, ou « surfer’s ear ». Ce bouchon osseux, causé par le froid et l’eau, affecte l’audition et peut nécessiter une opération. Dans les années 1970, aucune protection adaptée n’existe. Alors Doc se retrousse les manches.

    En 1979, il crée un petit accessoire révolutionnaire : un bouchon d’oreille souple, confortable, qui laisse passer le son mais protège du froid. Les Doc’s Proplugs sont nés. D’abord artisanaux, ils se répandent vite dans les line-ups californiens, puis dans le monde entier. Leur design translucide reconnaissable devient culte. Que ce soit pour le surf, l’apnée ou la baignade, ces bouchons médicaux s’imposent comme une référence. Et tout le monde savait qui les avait pensés.

    Plus qu’un accessoire, un héritage

    Mais Doc n’était pas un businessman. Il était un bricoleur génial, un passionné, un papa poule de la tribu surf. Il fallait voir les kids sortir de l’eau et Doc leur coller une caméra dans l’oreille pour prouver que leur canal auditif était en train de se fermer… Il le faisait pour leur bien. Pas pour vendre. Pas pour capitaliser. Et ça change tout.

    Aujourd’hui, sa disparition pose la question de l’avenir de Doc’s Proplugs. Déjà fragilisée ces dernières années, la marque peine à se renouveler dans un marché saturé de solutions plus modernes ou au marketing plus agressif. Beaucoup de shops ont cessé de les distribuer. La marque reste active, mais orpheline de sa figure tutélaire. L’âme du produit, c’était lui.

    Un homme, une philosophie

    Plus que ses inventions, c’est sa manière d’être qui marque les générations. Ken “Skindog” Collins, Marcel Soros, Anthony Ruffo, Bob Pearson… tous les grands noms de Santa Cruz ont été touchés, soutenus, inspirés par Doc. Il ne voulait pas des champions. Il voulait des passionnés. Des enfants qui croient que tout est possible.

    Brenda, sa fille, elle-même championne du monde de surf en 1978, se souvient :

    « Papa disait toujours : Va surfer, même 20 minutes. Une vague, c’est déjà un cadeau. »

    Même à 80 ans, Doc bricolait un casque en plastique avec une cale en liège pour pouvoir garder la tête haute dans les mousses. Parce que l’appel de la vague, chez lui, ne s’éteignait jamais.

    Une double disparition

    Avec Doc, c’est une vision du surf qui disparaît. Celle du surf familial, local, fait de sandwiches au beurre de cacahuète et de voitures pleines à craquer. Celle des pionniers, des médecins-inventeurs qui réparaient les corps et les cœurs. Et avec la lente mise en sommeil de Doc’s Proplugs, c’est aussi un morceau de l’histoire médicale du surf qui s’efface.

    Mais à l’image de son créateur, la trace des Proplugs restera durable. Les vieux surfeurs les gardent précieusement. Les apnéistes les recommandent encore. Et les jeunes qui découvrent leur usage apprennent à leur tour le nom de celui qui les a inventés.

    Passer le flambeau

    « Pass it forward. » Tel était le mantra de Doc. Donner sa chance à l’autre. Croire en chacun. Innover pour protéger, et non pour vendre. Dans un monde où le surf se standardise, son parcours fait figure de rappel essentiel.

    Doc laisse derrière lui une famille immense, biologique comme symbolique, des milliers de surfeurs qu’il a guidés, soutenus, inspirés. Et une petite paire de bouchons translucides, simples mais efficaces, qui continueront peut-être à flotter à la surface, en hommage discret à cet homme hors du commun.

  • Attaque de requin à Cabarita : un adolescent gravement blessé

    Attaque de requin à Cabarita : un adolescent gravement blessé

    Dimanche 29 juin 2025, un adolescent a été violemment attaqué par un requin à Cabarita Beach, sur la côte est de l’Australie. Transporté en urgence à l’hôpital universitaire de Gold Coast, sa vie n’est plus en danger, mais son état reste sérieux. Le suspect ? Un requin-bouledogue, l’un des plus redoutés par les surfeurs.

    Une attaque brutale en plein hiver australien

    Il était environ 15h30 lorsqu’un jeune surfeur a été mordu au bras droit, au poignet et à la jambe droite. Selon les secours et les témoins, l’attaque s’est produite dans des conditions météo peu engageantes : ciel bas, pluie, eau trouble… Autant dire, des conditions idéales pour les squales, beaucoup moins pour les surfeurs.

    C’est le journaliste surf indépendant Nicka35, souvent présent sur les plages de la Gold Coast, qui a donné l’alerte. Il raconte : « Plusieurs personnes dans l’eau ont vu une immense dorsale tourner dans la zone, longtemps après l’attaque. »

    Une vidéo diffusée peu après montre un requin d’environ 2,5 mètres de long, probablement un requin-bouledogue, qui suit la victime jusque dans l’eau peu profonde avant de repartir vers le large. L’attaque ne ressemble pas à une simple morsure exploratoire : elle évoque plutôt un prélude de festin interrompu.

    Cabarita Beach, spot de rêve… et parfois de cauchemar

    Située dans les Northern Rivers de Nouvelle-Galles du Sud, Cabarita Beach est habituellement un spot paisible, prisé des surfeurs pour ses longues droites et sa nature sauvage. Mais elle se situe aussi dans une zone connue pour être un couloir de passage des grands prédateurs.

    Deux jours avant l’attaque, un requin-tigre avait été capturé, tagué puis relâché dans cette même zone par l’équipe de NSW Shark Smart. Si ce n’est pas le même spécimen, cela rappelle à quel point ces eaux sont fréquentées par différentes espèces de requins, attirées par la migration des cétacés.

    Baleines, requins… et surfeurs

    De juin à octobre, la côte est australienne vit au rythme du passage de près de 40 000 baleines à bosse, qui migrent vers le nord. Ce ballet majestueux attire aussi les squales, qui traquent les baleineaux, les blessés ou les retardataires. Requins-tigres, blancs et bouledogues patrouillent donc à proximité des côtes, souvent bien plus proches qu’on ne l’imagine.

    Cabarita, comme Byron Bay, Broken Head ou Lennox Head, se trouve exactement sur cette route migratoire. Sur les hauteurs du phare de Byron, il n’est pas rare d’observer des sauts de baleines en surface. Sous l’eau, on perçoit leurs chants, leurs sifflements, leurs clics… Mais cette beauté naturelle s’accompagne de dangers réels.

    Le surf en Australie, une passion plus forte que la peur

    Conseiller aux surfeurs de rester à terre en hiver relèverait presque de la blague. Ici, le surf est une religion. L’océan fait partie du quotidien. Mais ces événements rappellent la part de risque inhérente à cette pratique.

    L’Australie a tenté il y a quelques années de parler de « rencontres négatives » plutôt que d’ »attaques de requins », une tentative de dédramatiser qui a peu convaincu la population.

    Nos pensées vont au jeune surfeur et à ses proches

    À l’heure où nous écrivons ces lignes, la victime est en état sérieux mais stable. On espère qu’il pourra retrouver sa mobilité, et pourquoi pas, retourner à l’eau un jour. D’ici là, l’émotion reste vive sur les plages de la région.

  • Matt Meola repousse encore les limites à Waco avec un air insensé

    Matt Meola repousse encore les limites à Waco avec un air insensé

    Une figure indéfinissable, signée Matt Meola, enflamme le Swatch Nines Surf 2025

    Matt Meola n’est pas un inconnu dans le monde du surf aérien. Bien au contraire. Depuis plus d’une décennie, l’Hawaïen fascine par sa capacité à rêver l’impossible et, parfois, à le rendre réel. Cette semaine, lors du Swatch Nines Surf 2025 à Waco, au Texas, Meola a une nouvelle fois prouvé qu’il restait l’un des artistes les plus inventifs et radicaux du ciel du surf.

    Un air venu d’ailleurs

    La séquence a été postée sur Instagram par la page Get Sendy, mais des bruits couraient depuis quelques jours. On y voit Meola s’élancer sur une vague artificielle de la piscine de Waco Surf, prendre une vitesse hallucinante sur la rampe liquide, puis décoller dans un mouvement complexe et fluide mêlant un rodeo/wodeo 540 revert vers un 720… ou peut-être un alley-oop stale fish 540, selon Tony Hawk lui-même. J’ai « rien comprendu ». L’ironie ? Personne ne sait exactement comment nommer ce trick. Et c’est peut-être là que réside tout le génie de Matt Meola.

    Le « Meola Flip » est né ?

    Les commentaires sont unanimes : on tient là l’une des figures les plus techniques jamais posées dans une piscine à vagues. Si Hughie Vaughan avait marqué les esprits quelques jours plus tôt avec un air salué comme « le meilleur jamais réalisé en wave pool », Meola vient d’ajouter un nouveau chapitre à l’histoire du surf moderne. Certains veulent déjà baptiser la figure « Meola Flip ». D’autres, plus prudents, se contentent d’admirer, bouche bée.

    Un habitué des hauteurs

    Ce n’est pas la première fois que Matt Meola surprend son monde. Déjà en 2012, dans les Red Bull Air Shows à la Gravière, il avait impressionné par des envolées stratosphériques, flirtant avec les limites de ce que le corps humain peut encaisser. S’il n’avait pas replaqué ses manœuvres les plus folles à l’époque, le message était clair : Meola est un visionnaire.

    Au fil des années, il a continué à peaufiner sa technique, à repousser les frontières du surf aérien, sans jamais céder à la facilité. Ses vidéos sur les côtes de Maui sont devenues cultes, avec des figures toujours plus complexes, mixant rotations multiples, grabs inventifs, et une lecture unique de la vague.

    Swatch Nines, terrain d’expérimentation

    Le Swatch Nines Surf n’est pas un événement comme les autres. Organisé dans un environnement ultra-créatif, avec rampes de skate suspendues au-dessus de l’eau, riders BMX et surfeurs réunis dans une ambiance laboratoire, il offre à des talents comme Meola l’occasion rêvée de tester l’inédit. Cette édition 2025, centrée sur les possibilités infinies de la wave pool de Waco, aura servi de tremplin – au sens propre – à cette figure historique.

    Le surf aérien dans une nouvelle ère

    Cette performance illustre aussi un tournant dans l’évolution du surf. Grâce aux piscines à vagues comme Waco, aux événements sans pression de classement comme Swatch Nines, et à la créativité débridée de surfeurs comme Matt Meola, le surf aérien entre dans une nouvelle ère. Une ère où l’imagination dicte les figures, et où la technique atteint des sommets.

  • Quand l’IA surfe (mal) sur nos fantasmes

    Quand l’IA surfe (mal) sur nos fantasmes

    Entre rêves de vagues parfaites, vidéos inventées et réalité numérique qui dérive

    Ce vieux fantasme de la vague parfaite… sans la mer

    Depuis toujours, le surf oscille entre quête mystique et galère logistique. Être au bon endroit au bon moment, c’est souvent l’affaire d’un miracle. Vagues, vent, lumière, forme du banc de sable… il faut un alignement des planètes, littéralement. Alors forcément, l’idée de contrôler tout ça, de figer une vision parfaite du surf dans une machine, fascine.

    Déjà en 2006, le film The Secret Machine de Globe explorait ce thème : une machine créait de faux souvenirs de sessions parfaites, avec des surfeurs pro générés par ordinateur. Un fantasme vintage, qui résonne étrangement avec ce qu’on voit aujourd’hui : des vidéos générées par IA, aussi délirantes qu’inquiétantes, où les vagues sont liquides comme du chewing-gum, et les surfeurs ont l’air de ballerines sous kétamine.

    La réalité : un délire visuel souvent absurde

    Depuis l’essor des IA génératives, on a vu fleurir sur les réseaux des clips de surf entièrement fabriqués par machines. Et soyons clairs : c’est rarement crédible. Les surfeurs sont souvent de face, les pieds parallèles, la planche fusionne avec l’eau ou se plie comme une biscotte, et les vagues ressemblent à une peinture fondue sous acide.

    Mais ces vidéos font le buzz. Surtout depuis la sortie de Veo 3, un nouveau générateur vidéo dopé à l’IA. En quelques clics, certains ont produit des séquences stylisées, étranges, presque hypnotiques. Peu réalistes certes, mais puissantes en termes de viralité. Et c’est précisément là qu’on s’interroge : bientôt, qui pourra encore dire si une vidéo de surf est vraie ou non ?

    L’IA dans le surf : déjà plus présente qu’on ne le croit

    Ces clips absurdes nous font rire, mais ils cachent une réalité en marche. L’intelligence artificielle s’infiltre déjà dans le surf : prédiction des conditions, analyse des manœuvres, coaching personnalisé… Et surtout, modélisation de vagues artificielles. Les wavepools ne sont qu’un début. Une IA peut déjà t’inventer une vague sur mesure, selon ton niveau ou ton style.

    Ce que l’on voit dans ces vidéos générées aujourd’hui, ce sont peut-être les balbutiements d’un futur où chaque vague est pensée, calculée, simulée avant même d’exister. On surfera dans des bassins, sur commande. L’océan devient code.

    Un futur excitant, ou franchement flippant ?

    Alors, est-ce qu’il faut s’inquiéter ? Elon Musk, expert en voitures électriques et citations dramatiques, dit que “l’IA sera la meilleure ou la pire chose qui soit arrivée à l’humanité”. Dans le surf, ce sera peut-être les deux à la fois.

    D’un côté, une IA qui te permet de revivre chaque vague surfée comme un film d’auteur en slow motion. De l’autre, une machine qui crée des vidéos de toi… sans que tu y sois jamais allé.

    Et moi là-dedans ?

    Je ne sais pas encore si je dois m’enthousiasmer ou m’inquiéter. Ces images IA me fascinent autant qu’elles me dérangent. Peut-être parce qu’au fond, le surf est fait de vérité fragile. Une vague captée à temps, un moment de grâce, souvent difficile à filmer, encore plus à recréer.

    Alors, en attendant le grand virage, je regarde ces clips absurdes d’un œil moqueur et curieux. Et je continue de croire que la plus belle vague, c’est encore celle qu’on rate de peu – mais qui, elle, était bien réelle.

  • James Casey VS les rochers : foil, chute et miracle en direct

    James Casey VS les rochers : foil, chute et miracle en direct

    Il y a des moments dans la vie où l’on se dit : « mais comment suis-je encore en vie ? » C’est exactement ce que s’est demandé James Casey, waterman australien et champion de foil, après une tentative (ratée) de rock jump immortalisée dans une vidéo devenue virale.

    On parle ici d’un gars sérieux. Le type a traversé Molokai to Oahu en foil deux fois, et s’entraînait justement pour une nouvelle tentative quand il s’est transformé en… râpe à fromage humaine.

    Le rock jump : cette épreuve qui humilie tout le monde

    Dans le surf, avant même d’attraper une vague, il faut parfois surmonter un obstacle bien plus sournois : l’entrée à l’eau. Si certains spots offrent une mise à l’eau sablonneuse et accueillante, d’autres t’obligent à sauter depuis des rochers tranchants en espérant ne pas finir en sashimi.

    James Casey, malgré son palmarès, n’a pas échappé à cette loterie. Dans une vidéo publiée par KookSlams, on le voit se jeter à l’eau avec son foil sous le bras, le tenant à l’écart du corps pour éviter le pire. Spoiler : le pire est arrivé quand même.

    Un saut, une vague, et l’effet râpe à fromage

    Casey saute, pagaie comme si sa vie en dépendait (elle en dépendait, en fait), mais une vague vicieuse le cueille au mauvais moment. Résultat : aspiré, retourné, projeté en arrière… sur les mêmes rochers qu’il venait de quitter.

    « En revoyant la vidéo, je me suis demandé comment j’étais encore vivant« , confie-t-il avec un calme presque suspect. « Le rock jump est particulièrement difficile. Si tu atterris à plat, ton foil touche les rochers. Il faut plutôt atterrir de côté… enfin, en théorie. »

    Finalement, il s’en sort avec quelques égratignures au talon. Rien de cassé, ni de foil plié — ce qui relève d’un petit miracle. Casey résume ça avec philosophie : « J’ai été incroyablement malchanceux… mais aussi incroyablement chanceux.« 

    Même les meilleurs se font avoir

    Et c’est là que l’histoire prend tout son sens. Parce que oui, même un pro, même un double vainqueur de Molokai to Oahu, peut se faire aspirer comme un débutant. L’erreur est humaine, l’océan est sans pitié, et les rochers ne font pas de distinction entre amateur et champion.

    Et entre nous, qui n’a jamais eu un moment de solitude aquatique ? Je parle d’expérience : depuis mon premier trip au Maroc, il y a 25 ans, je n’ai plus jamais connu ce genre de crash-test en direct. Et pourtant, j’en ai connu des mises à l’eau borderline, des sauts un peu trop confiants, et des rochers un peu trop affûtés.

    Mais il faut avouer que le foil ajoute un bon niveau de complexité — et de danger — à l’équation. Ce n’est pas comme sauter avec une planche en mousse sous le bras.

    Morale de l’histoire ? Respect éternel aux rochers

    L’océan t’apprend l’humilité, mais les rochers te l’imposent. Et si une légende du foil comme James Casey peut se faire recadrer par Dame Nature, ça nous rappelle à tous une chose essentielle : peu importe l’expérience, le surf reste un sport d’humilité permanente.

    Heureusement, l’histoire finit bien. Une vidéo virale, quelques égratignures, et une bonne dose d’autodérision. Et pour nous autres spectateurs, une leçon : on n’est jamais trop expérimenté pour éviter une bonne raclée de rochers.

  • Un air pour l’Histoire ? Hughie Vaughan fait trembler la planète surf

    Un air pour l’Histoire ? Hughie Vaughan fait trembler la planète surf

    Une piscine texane, un trick venu d’une autre dimension, et Tony Hawk lui-même en caution officielle. Hughie Vaughan vient peut-être de redéfinir les standards de l’aerial surfing.

    On savait que les piscines à vagues allaient accélérer la progression technique. Mais on ne s’attendait pas à ça. À seulement 17 ans, Hughie Vaughan a électrisé le Swatch-9’s au Texas en posant un stale fish flipper irréel, combinant style, amplitude et rotation aérienne dans un seul mouvement parfaitement fluide. Résultat ? Une onde de choc sur le surf mondial.

    Cerise sur la mousse : Tony Hawk en personne a baptisé le trick. Oui, le pionnier du 900 en skate a validé ce move, probablement le plus technique jamais réalisé dans une piscine à vagues.

    Un move improvisé, une exécution parfaite

    Ce qui rend l’histoire encore plus folle, c’est que Hughie n’avait même pas prévu ce trick. Selon les témoins, il tentait des Kerrupts de plus en plus décalés, jusqu’à ce que surgisse ce stale fish flipper totalement inattendu. Aucun claim, aucune gesticulation : juste un ride glacial de maîtrise et de contrôle.

    Récompensé par une pluie de commentaires admiratifs, le jeune Australien a reçu les félicitations de Gabriel Medina, Julian Wilson, Mick Fanning, Italo Ferreira, et même Diplo, le DJ, qui s’est demandé si ce n’était pas de l’IA. 89 % des sondés sur Instagram ont voté “meilleur air de tous les temps”. Rien que ça.

    La liste des airs légendaires remise en question

    Depuis plus de 20 ans, les plus gros airs sont associés à des noms mythiques : John Florence à Backdoor, Filipe Toledo au Brésil, Matt Meola à Maui, ou encore Albee Layer et ses doubles rotations. Des manœuvres posées dans l’océan, avec ses aléas, son imprévisibilité, et cette touche de folie qu’on croyait intraduisible en piscine.

    Mais voilà : même les puristes s’inclinent. La vague est artificielle, certes, mais le trick est authentique. Et pour une fois, la “note d’astérisque” qui accompagne les airs en piscine semble s’être évaporée.

    L’ombre de Lee Wilson plane sur la progression

    Derrière cette avancée technique, un nom revient comme un filigrane : Lee Wilson, éternel pourfendeur du double grab. Depuis des années, il combat la tendance en jugeant les tricks sur leur pureté, leur engagement. Ses prises de position lui ont valu moqueries, critiques, mais aussi… peut-être une influence déterminante.

    Car sans cette guerre contre les figures “indignes”, Hughie aurait-il cherché autre chose ? Moins de facilité, plus d’inventivité. Le stale fish flipper, en ce sens, est aussi une réponse culturelle. Un statement.

    L’avenir de l’aerial surfing s’écrit aussi en eau chlorée

    Avec cet exploit, la progression aérienne dans le surf vient de franchir un nouveau cap. La piscine ne remplace pas l’océan, mais elle devient clairement un terrain d’exploration. Et Hughie Vaughan vient d’en tracer la carte.

    Alors, le plus gros air de l’histoire ? L’avenir nous dira si ce move restera une anomalie ou s’il ouvre une ère nouvelle. Ce qui est certain, c’est qu’il est impossible d’en détourner les yeux.

  • Surfer sous l’orage : peut-on vraiment mourir foudroyé ?

    Surfer sous l’orage : peut-on vraiment mourir foudroyé ?

    Une tragédie récente qui relance les inquiétudes

    Le 20 juin 2025, à New Smyrna Beach (Floride), un surfeur de 29 ans a perdu la vie après avoir été frappé par la foudre, alors qu’il se trouvait dans une eau peu profonde. En lune de miel, il ne faisait que barboter quand un orage est passé au-dessus de la plage. Les secours sont rapidement intervenus, mais l’homme n’a pas pu être réanimé.

    Ce drame n’est pas isolé. Ces dernières années, plusieurs surfeurs ont été foudroyés à mort dans des conditions similaires, parfois même en pleine session.

    La foudre en mer : un danger souvent sous-estimé

    Contrairement à une idée reçue, la mer n’est pas un abri contre la foudre. Bien au contraire : l’eau salée est un excellent conducteur d’électricité, et un surfeur, seul sur sa planche, devient la cible idéale.

    Quand un orage se forme, le risque est immédiat. Même sans être directement frappé, un éclair tombant à proximité peut propager une décharge dans l’eau et toucher les surfeurs alentour.

    Des cas concrets, sur tous les continents

    • Bali (2017) : Denis Dasoul, un surfeur belge, meurt foudroyé à Canggu pendant une session. Son professeur est lui aussi touché.
    • Salvador (2021) : la surfeuse Katherine Diaz, 22 ans, membre de l’équipe nationale, meurt frappée par un éclair alors qu’elle sortait de l’eau.
    • Brésil (2019) : Luzimara Souza, championne nationale, est tuée en pleine session d’entraînement. Un autre surfeur est gravement blessé.
    • Floride (2025) : le surfeur en lune de miel n’était même pas en train de surfer, seulement dans l’eau jusqu’aux chevilles.

    Pourquoi c’est si dangereux de surfer pendant un orage

    • L’eau salée conduit très bien l’électricité.
    • Un surfeur est souvent la seule silhouette verticale sur une étendue plane, ce qui attire la foudre.
    • Un éclair peut frapper jusqu’à 10 km autour du cœur de l’orage, même par ciel partiellement dégagé.

    Les signes qui doivent vous faire sortir immédiatement

    • Vous entendez le tonnerre ? Trop tard pour hésiter.
    • Vous sentez une électricité statique (fourmillements, cheveux qui se dressent) ? Courez vous abriter.
    • Un ciel sombre qui s’épaissit, des éclairs à l’horizon : la prudence s’impose.

    Règle de base : si le tonnerre est audible, vous êtes déjà en danger.
    Attendez au moins 30 minutes après le dernier coup de tonnerre avant de retourner à l’eau.

    Conseils pratiques pour éviter le pire

    • Consultez toujours la météo avant une session (Windguru, Windy, Météo-France, etc.).
    • Utilisez des applis de détection de foudre en temps réel comme My Lightning Tracker ou Blitzortung Live.
    • Ne cherchez jamais à “profiter de quelques vagues avant que ça tombe”. Le risque est mortel.
    • Évitez aussi de rester près de l’eau ou sous des arbres/parapluies métalliques en cas d’orage.

    À retenir : passion ne doit jamais rimer avec inconscience

    Les surfeurs sont passionnés, parfois un peu téméraires. Mais aucune vague ne vaut une vie. Les drames récents montrent que même les athlètes les plus aguerris peuvent être victimes de la foudre.

    Seul un réflexe météo clair et une attitude responsable permettent d’éviter ces accidents. Partagez ces conseils, surtout aux plus jeunes.

    Foire aux questions

    Est-ce que la combinaison néoprène protège de la foudre ?
    Non, elle n’a aucun effet isolant contre une décharge électrique de plusieurs millions de volts.

    Est-ce que rester à la plage, mais hors de l’eau est plus sûr ?
    Pas forcément. Le danger subsiste dans un rayon de plusieurs kilomètres. Le seul abri fiable est un bâtiment fermé ou une voiture.

    Puis-je surfer si je vois des éclairs, mais n’entends pas encore le tonnerre ?
    Non. Les éclairs précèdent parfois le tonnerre audible, et peuvent déjà frapper à distance. Sortez immédiatement.

  • Zoltan “The Magician” Torkos réussit un kickflip en wave pool

    Zoltan “The Magician” Torkos réussit un kickflip en wave pool

    Et si la magie existait vraiment… en boardshort ? Zoltan Torkos, alias “The Magician”, vient de poser un kickflip en surf dans une piscine à vagues – une première selon lui, et une nouvelle démonstration de son obsession pour les figures venues du skate.

    Le kickflip, encore et toujours

    Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Zoltan Torkos est un surfeur de Santa Cruz pas comme les autres. Depuis plus de 15 ans, il consacre sa vie à un trick venu tout droit du skatepark : le kickflip, cette rotation du surfboard sous les pieds, signature de milliers de skateurs… mais cauchemar pour 99,9 % des surfeurs.

    Mais voilà : Zoltan ne lâche rien. Son premier « claim » remonte à 2011, lorsqu’il participe à un concours organisé par Volcom, qui promettait 10 000 dollars au premier kickflip de l’histoire du surf. Torkos l’a fait. Enfin, presque. Le flip était propre… mais pas “au-dessus de la lèvre”, comme stipulé dans le règlement. Après des débats, Volcom lui donne quand même le prix. Et Zoltan finira par replaquer son kickflip “au-dessus de la lèvre” quelque temps plus tard, histoire de fermer les bouches.

    Nouveau terrain de jeu : Waco Surf

    Cette fois, c’est au Texas, dans le célèbre wave pool de Waco Surf, que “The Magician” a récidivé. Dans une vidéo publiée le 23 juin 2025, on le voit lancer son trick au milieu d’une droite bien propre. La rotation est nette, le stomp solide. Et surtout : il le fait dans une vague artificielle, une première mondiale selon lui.

    Alors bien sûr, les puristes viendront chipoter sur la définition exacte du “premier kickflip en wave pool”. Mais ce n’est pas vraiment la question. Ce qui compte ici, c’est l’acharnement d’un homme à faire exister une vision du surf totalement barrée, où les tricks de skate deviennent possibles sur l’eau.

    Bonus trick : le darkslide

    Comme si ça ne suffisait pas, Zoltan a aussi balancé un darkslide, autre figure venue du skate, dans laquelle le rider glisse sur la planche retournée, grip dans l’eau. Oui, tu as bien lu. En surf. Dans une piscine.

    Autant dire que ce genre de move est rarissime, même en skate. Alors sur une board de surf, on touche à quelque chose d’hallucinant – ou d’absurde, selon les goûts. Mais c’est aussi ce qui rend Zoltan attachant. Il est là pour faire rêver, pour inventer, pour tenter. Même si ça ne rentre pas dans les cases du surf performance classique.

    Un surfeur à part

    Il y a quelque chose de touchant dans cette quête surfistique. Zoltan ne cherche pas la reconnaissance du CT, ni même des sponsors. Il veut juste pousser les limites de ce qu’un surfeur peut faire avec sa board. Qu’on trouve ça stylé, risible ou génial, une chose est sûre : il ouvre des portes.

    Mais à titre personnel, j’avoue avoir du mal à savoir dans quelle case ranger Zoltan Torkos. Est-ce un surfeur, un skateur, un magicien ou… un clown des mers ? Un peu tout ça à la fois. Et c’est peut-être là que le bât blesse pour moi : je suis plus sensible au style qu’à la nouveauté. Ce qui me fait vibrer dans un air, ce n’est pas seulement la figure, mais l’amplitude, la fluidité, l’élégance du mouvement. Et de ce point de vue-là, les tricks de Zoltan manquent souvent de hauteur, de vitesse, de grâce. C’est plus des ollies de milieu de vague que des vrais airs. L’idée est là, mais le rendu reste parfois trop « truc de cirque » pour vraiment m’embarquer.

    Reste que dans un monde du surf parfois un peu trop sérieux, trop codifié, ça fait du bien de voir quelqu’un qui ose, qui s’amuse, qui tente. Et rien que pour ça, merci Zoltan.

  • Dylan Graves et l’absurde beauté de la quête des vagues parfaites

    Dylan Graves et l’absurde beauté de la quête des vagues parfaites

    Prévisions météo, planches cassées, nuits écourtées et kilomètres de sable à perte de vue… Dylan Graves repart en quête de la vague parfaite, et signe un bijou de storytelling sur YouTube.

    Il y a ceux qui surfent quand les conditions sont bonnes. Et puis il y a Dylan Graves, ceux qui partent, sans prévenir, à l’autre bout du monde sur une intuition météo et une pincée de folie. Dans sa nouvelle vidéo The Absurdity of Scoring Good Waves, le surfeur portoricain nous embarque dans une aventure aussi sincère que drôle, aussi absurde qu’émouvante.

    Ce n’est pas un surf trip comme les autres. C’est une introspection joyeuse sur ce qui nous pousse à tout quitter pour une poignée de vagues. Une confession filmée sur l’obsession — parfois déraisonnable — de la perfection en surf.

    Une comédie documentaire en quatre actes

    Divisée en quatre chapitres – forecasting, sand, endurance, magic – la vidéo pose un regard sans filtre sur les sacrifices et les moments de grâce qui jalonnent le chemin vers « la bonne session ».

    Graves ne se prend pas au sérieux, mais sa quête, elle, l’est. Il y a des heures passées à décortiquer des cartes météo, des boards explosées sur un pointbreak sablonneux de 7 km, et des visages marqués par la fatigue autant que par l’excitation.

    Ce format hybride, entre documentaire de surf et comédie existentielle, nous rappelle que le surf n’est pas toujours fun – il est surtout une série d’essais, d’échecs et d’espoirs.

    Une vague rare, quelque part en Afrique

    Le clou du voyage ? Une vague quasi-mythique nichée sur la côte africaine, filmée sous tous les angles avec un casting cinq étoiles : Mikey February, Aritz Aranburu, Brendon Gibbens, William Aliotti… et Graves, bien sûr.

    Certains chutent sur les take-offs, d’autres trouvent enfin la ligne parfaite. Le spot, capricieux, impose patience et humilité. La récompense, elle, est sensorielle. Dylan parle d’“un vent chaud jusqu’à la moelle des os”, et on comprend pourquoi.

    L’addiction douce-amère des surfeurs

    “Est-ce une passion saine ou une obsession maladive ?” demande Dylan en voix-off. Difficile de trancher. Le film ne juge pas, mais montre avec tendresse les effets collatéraux de cette vie rythmée par les houles : annulations de dernière minute, partenaires délaissés, valises toujours prêtes.

    “Si t’as réussi à en faire ton métier, comme moi, t’as probablement rendu fou tous ceux qui t’entourent”, confesse-t-il, mi-sérieux, mi-résigné.

    Une déclaration d’amour au chaos

    The Absurdity of Scoring Good Waves n’est pas une simple vidéo de surf. C’est une déclaration d’amour à la beauté du chaos. À ces moments qui n’existent que parce qu’on a osé y croire, même quand tout semblait perdu. C’est aussi un rappel que, derrière chaque image de tube parfait, il y a des dizaines d’heures de galères, de doutes, de sable dans les draps.

    Graves continue d’explorer ce qu’est réellement être surfeur : un poète en quête, un fou à demi lucide, ou peut-être juste un humain qui refuse la routine.

    Ce qu’on en retient

    En 15 minutes, Dylan Graves condense une vérité universelle pour tous les passionnés de glisse : ce n’est pas la destination qui compte, mais tout ce qu’il faut traverser pour l’atteindre. Et si cette obsession peut sembler absurde de l’extérieur, elle donne du sens à ceux qui la vivent de l’intérieur.

  • Une rencontre à distance entre un surfeur et son shaper

    Une rencontre à distance entre un surfeur et son shaper

    Quand un surfeur basé à Hossegor et un shaper californien conçoivent ensemble une planche sans se voir, cela donne un objet hybride, unique, pensé pour repousser les limites. William Aliotti et Ryan Lovelace n’ont surfé ensemble que deux fois, mais leur collaboration est l’une des plus inspirantes du moment.

    L’histoire d’un lien surfeur/shaper

    Tout commence avec une planche livrée en main propre par un ami. William la teste, l’adopte, et les échanges à distance avec Ryan Lovelace s’enchaînent. Un modèle initial va servir de base à plusieurs itérations : ajustements de concave, réduction de taille, nouvelles combinaisons d’ailerons… jusqu’à ce que la magie opère.

    « Si tu attends des résultats précis d’une planche, tu risques la déception », explique Ryan. Il préfère façonner, laisser William tester, puis échanger.

    Le retour d’une idée oubliée : l’asymétrie

    La planche qu’ils développent ensemble est asymétrique : chaque côté est différent pour épouser au mieux la posture du surfeur et son sens de glisse. Ce concept, s’il peut sembler récent, est en fait un héritage du surf des années 60.

    Dès 1967, Carl Ekstrom brevète une forme asymétrique. D’autres pionniers comme Bob Cooper ou Scott Dillon expérimentent avec des rails et des tail shapes décalés. Mais ces idées, trop en avance sur leur temps, sombrent dans l’oubli… jusqu’à leur résurgence à San Diego dans les années 2010, avec des shapers comme Ryan Burch ou Donald Brink. Ryan Lovelace, lui, fait le lien entre tradition et modernité.

    Une planche au service de la sensation

    William n’est pas immédiatement conquis : « Je ne l’aimais pas trop lors de ma première session en France. » Mais sur les longues gauches creuses du Chili, puis dans les tubes interminables de Skeleton Bay, la planche révèle tout son potentiel : ultra rapide, précise, explosive.

    Ryan, de son côté, affine son shape à chaque retour de Will. Il cherche les petits détails : là où la planche mord, là où elle accélère, ce qui aide à tourner… « Chaque board est un pas de plus vers quelque chose de plus juste. »

    Deux visions qui se rejoignent

    Ce duo fonctionne parce que chacun pousse l’autre : Ryan veut repousser les limites du design, William celles de sa glisse. Ensemble, ils font vivre une planche qui est autant une œuvre artisanale qu’un outil de haute performance.

    Et surtout, ils rendent hommage à une idée longtemps mise de côté : l’asymétrie. Une idée qui, entre leurs mains, n’est plus un concept marginal, mais un vrai levier de progression dans le surf moderne.

  • Seignosse : tensions sur la plage lors des championnats allemands de surf

    Seignosse : tensions sur la plage lors des championnats allemands de surf

    Un incident survenu à Seignosse lors des championnats universitaires allemands de surf a récemment enflammé les réseaux. Une surfeuse allemande, Maya Sauer, a publié une vidéo où un surfeur local la pousse hors de sa vague en pleine compétition. Si le geste a été unanimement condamné, il soulève aussi des questions plus profondes sur le partage de l’océan, le localisme et la surenchère de compétitions sur le littoral français.

    Les faits : un drop-in agressif en pleine compète

    Le 16 juin, alors que se déroulaient les championnats universitaires allemands (20e édition) à Seignosse, plusieurs surfeurs à priori du coin ont pénétré dans la zone de compétition malgré les injonctions des maîtres-nageurs. Drapeaux hissés, licences en règle, surveillance assurée : l’organisation avait tout prévu. Pourtant, cela n’a pas empêché une scène « violente ».

    Dans une vidéo relayée par Maya Sauer, un surfeur local drope volontairement sur sa vague, avant de la pousser violemment. L’homme ne s’excuse pas, ne montre aucun remords, et aurait même semblé « fier » de son geste. Ce comportement a suscité de vives réactions dans la communauté surf, en particulier en Allemagne où l’événement est suivi de près.

    La surfeuse dénonce un climat hostile

    Dans un long post Instagram, Maya Sauer évoque la montée des tensions à l’eau :

    « Je comprends que c’est frustrant de voir son home spot devenir bondé, mais la violence, surtout envers les femmes, ne devrait jamais avoir sa place dans le surf. »
    Elle souligne que cette situation n’est pas isolée et que le respect dans les line-ups se détériore, même pendant des compétitions autorisées.

    Édito : entre localisme, saturation et ironie du “partage”

    Je n’étais pas présent ce jour-là, mais en tant qu’observateur régulier du monde du surf, permettez-moi d’apporter quelques nuances. Ce type d’incident, aussi choquant soit-il, n’est pas nouveau. J’ai vu bien des compétitions où des locaux testaient les limites du règlement en prenant des vagues dans des zones réservées. Le fait que ce soit une femme ne change rien à la fréquence du phénomène – même si cela change, bien sûr, la perception publique.

    Parlons aussi de “partage”. Maya Sauer appelle à respecter l’océan comme un bien commun. On ne peut qu’approuver. Mais organiser une compétition universitaire allemande, avec espace privatisé, sur une plage française déjà saturée de compétitions… est-ce vraiment un exemple de partage ? Et pourquoi Seignosse encore ? Les Landes regorgent de plages sous-exploitées. Pourquoi toujours revenir sur les mêmes bancs de sable ?

    À mes yeux : carton rouge pour le surfeur local – il n’a rien à faire là, et encore moins à jouer des bras. Carton jaune pour l’organisation et les municipalités qui, chaque été, empilent les événements sans réflexion sur la saturation. Et carton jaune aussi pour cette tendance à faire d’un fait divers une tribune “buzz” sur les réseaux.

    L’océan appartient à tous ? Oui. Alors respectons-le ensemble, sans double discours.

    Une image à reconstruire

    Cet incident rappelle à quel point le surf reste un sport en tension. Tension entre localisme et mondialisation, entre liberté et réglementation, entre image cool et comportements déplacés. Si l’on veut préserver ce qui fait la beauté du surf – le respect, le plaisir, l’harmonie avec l’océan – il faudra que chacun fasse un pas.

    Surfeurs locaux, compétiteurs, organisateurs, élus : il est temps de repenser notre rapport à l’océan, avant que la vague ne nous échappe.

  • William Aliotti dompte Uluwatu sur un twin de 5’5 : style et puissance au rendez-vous

    William Aliotti dompte Uluwatu sur un twin de 5’5 : style et puissance au rendez-vous

    Surfer Uluwatu est un rêve pour beaucoup, mais William Aliotti y glisse avec une aisance presque irréelle. Dans une vidéo intitulée “Chasing Uluwatu With William Aliotti”, le surfeur de Saint Martin nous offre un condensé de glisse pure, de lignes précises et de turns appuyés sur l’une des gauches les plus emblématiques de Bali.

    Un lien fort avec Uluwatu

    Dès les premières secondes, William nous partage son expérience avec la vague d’ Uluwatu. « C’est une vague piégeuse », explique-t-il. « Si tu n’es pas parfaitement placé au pic, tu la rates. Mais après quelques années, tu apprends à lire cette gauche magique. » Et quand il la lit, il la lit bien : drops engagés, barrels serrés, et surtout cette capacité à pousser chaque manœuvre jusqu’au bout, sans retenue, sans accroche.

    Une planche atypique pour des conditions sérieuses

    Le plus surprenant ? Il surfe un twin asymétrique de 5’5, 26L, taillé pour les gauches, dans un swell annoncé à 8-10 pieds. Loin de brider son surf, cette config lui permet d’exprimer toute sa créativité, avec un style fluide et puissantr à la fois. « Cette planche est magique », dit-il simplement. Et ça se voit.

    Quand Uluwatu marche comme ça

    La session est vraiment bonne. J’ai rarement vu des vagues aussi bien surfées à Uluwatu. Comme cette vague, où après un drop critique, William enchaîne avec un barrel profond, malgré une mer un peu agitée par le vent et une marée encore haute. « Cette vague me laisse faire ce que je veux », glisse-t-il, comme pour résumer cette session parfaite.

    Une masterclass de glisse

    Cette vidéo est bien plus qu’un simple edit : c’est une démonstration de style, de lecture de vague et de confiance en sa planche de surf. Si vous cherchez de l’inspiration ou une dose de surf pur, ne passez pas à côté de cette pépite. Si vous êtes à Uluwatu en surf trip, checkez bien son placement

  • Occy éternel : le film Billabong qui remet le surf à l’endroit

    Occy éternel : le film Billabong qui remet le surf à l’endroit

    Trois semaines après sa sortie, le film OCCY! signé Billabong continue de faire vibrer les surfeurs du monde entier. Plus qu’un simple edit, c’est une déclaration d’amour à un style de surf qu’on croyait révolu — et qui revient ici avec une force rare. Un retour en grâce signé Mark Occhilupo, à presque 60 ans, dans deux vagues mythiques : Bells Beach et Cloudbreak.

    Un comeback ? Plutôt une renaissance

    Mark Occhilupo, dit « Occy », n’a jamais vraiment quitté le cœur des surfeurs. Champion du monde en 1999, icône des années 80 et 90, le « Raging Bull » revient dans ce court-métrage avec une forme physique et mentale bluffante. Sobre depuis six ans, rayonnant, il semble surfer avec plus de joie et de fluidité qu’à l’époque de l’Occumentary.

    Dans le film, il retrouve deux spots qui ont marqué sa carrière : Bells Beach, sa vague fétiche sur le World Tour, et Cloudbreak, à Fidji, où il avait remporté le Quiksilver Pro en 1999. Mais ce n’est pas une rétrospective figée. C’est un film d’action pure, où Occy déploie une puissance, un timing et un style qui ridiculisent les années qui passent. Il a 59 ans, qui ne rêve pas de surfer comme lui à 59 ans….

    Une vidéo qui parle aux surfeurs puristes

    Ce qui fait le succès fulgurant d’OCCY! — au-delà des images spectaculaires — c’est son ADN profondément nostalgique. La réalisation, le montage, la musique (Gang Gajang, Yothu Yindi) : tout rappelle l’époque des films cultes comme Green Iguana ou Bunyip Dreaming. Des œuvres qui ont formé toute une génération de surfeurs, et qui trouvent ici un écho contemporain saisissant.

    Les commentaires YouTube sont éloquents :

    “Le meilleur edit de la décennie.”
    “J’ai eu la chair de poule quand Yothu Yindi est arrivé.”
    “On dirait un film de Jack McCoy, mais en 2025.”
    “Le surf moderne manque d’âme, ce film le prouve.”

    Et difficile de les contredire.

    Une ode au surf sur le rail

    Pas un air reverse en vue. Juste des bottom turns profonds, des carves puissants, des tubes solides, et une lecture de vague chirurgicale. Occy surfe comme un artisan du rail, comme s’il sculptait chaque section avec une intention presque spirituelle, nostalgique de surf d’une époque. À Cloudbreak, il engage frontside avec l’élégance d’un félin et la force d’un buffle. À Bells, il retrouve ses marques sur le Bowl avec une aisance stupéfiante.

    Et ce n’est pas un hasard. Comme il l’explique dans l’interview qui accompagne le film, le brief était clair : surfer comme à l’époque de ses films de surf. Sans forcer. Avec style. Résultat : une démonstration intemporelle de ce que peut être le surf quand il est habité.

    Un passage de relais générationnel

    Le film est aussi l’occasion de voir Occy partager ce moment avec son fils Jay, lui-même surfeur prometteur. Une capsule père-fils dans l’univers de Billabong, la marque qui sponsorise Mark depuis 40 ans — un record dans l’histoire du surf pro. Cette longévité, aujourd’hui célébrée à travers une collection capsule Occy 2025, est elle aussi un hommage à une autre époque. Couleurs vives, coupes old school, énergie brute : une ligne qui pourrait être portée aussi bien par un ado que par son père.

    Plus qu’un film, un manifeste

    OCCY! arrive dans un contexte où le surf compétitif peine parfois à séduire. Les figures aériennes, devenues monnaie courante, peinent à transmettre l’émotion brute du surf. Ce film, lui, ravive cette émotion. Il nous rappelle pourquoi on est tombés amoureux du surf : pour ce sentiment de liberté, pour l’expression personnelle, pour le flow.

    Et il le fait sans nostalgie molle. Juste avec du surf pur, de la sueur, des lignes parfaites, et un Occy plus vivant que jamais.

    Une postérité déjà assurée

    Trois semaines après sa mise en ligne, la vidéo atteint déjà un statut culte. Elle est partagée, commentée, revisitée. Certains la comparent déjà aux chefs-d’œuvre de Jack McCoy. D’autres réclament une suite. Un nouveau Occumentary ? Peut-être. Mais en attendant, OCCY! version 2025 a déjà marqué les esprits. Et probablement redonné envie à beaucoup de surfeurs de (re)prendre une planche et d’aller tirer un bon gros bottom backside.

  • Surfer la vague d’une vie… sur la planche du frère décédé de Mick Fanning

    Surfer la vague d’une vie… sur la planche du frère décédé de Mick Fanning

    L’histoire commence par une houle mythique. Fin février 2025, la côte Est australienne se prépare à encaisser les restes du cyclone Alfred. À Kirra, spot légendaire de la Gold Coast, les conditions sont dantesques. Une droite tubulaire, glassy, rapide comme un éclair. Les plus courageux sont là, les caméras aussi. La journée entre dans la légende du spot.

    Et au milieu de cette foule de surfeurs affamés, un inconnu nommé Saxon McCorquodale attrape la vague de sa vie. Mais ce n’est que le début d’une histoire qui dépasse la performance, le surf, ou même le hasard.

    Une planche de surf à 20 dollars

    Saxon n’est pas pro, ni sponsorisé. Il ne vit pas de surf, mais c’est un passionné. Originaire d’Alstonvale, dans le nord de la Nouvelle-Galles du Sud, il partage son temps entre son métier dans le soutien aux personnes handicapées, sa passion pour l’art, la musique… et les vagues.

    Pour ce swell historique, Saxon ne sort pas une board d’un shaper mondialement connu. Il rame sur un gun jauni de 7’0” signé Günther Rohn, dégotté pour 20 dollars dans un magasin d’occasions à Lismore. Une planche cabossée, presque oubliée. Ce jour-là, ce sera son ticket vers un tube parfait, un moment suspendu.

    « Je me suis retrouvé, il y avait trois gars autour de moi… La vague est arrivée, ils m’ont juste dit « vas-y » dans un murmure. »

    Le tube parfait

    Saxon se jette dans un « late take off ». La vague est critique. Il place un bottom turn parfait, se cale, et disparaît dans un cylindre d’une beauté rare avec les bras en l’air. À l’intérieur du tube, le temps se fige, Saxon se laisse glisser avec une ligne parfaite, sans pomper, juste porté par l’énergie brute de Kirra.

    « C’était le moment de ma vie. Je hurlais. Je pleurais. J’étais hors de mon corps. »

    De l’extérieur, dans le chenal, Mick Fanning observe la scène. Le triple champion du monde a tout vu. L’engagement, le style, le timing. Il file vers Saxon en jet-ski pour le féliciter.

    Mais une fois à ses côtés, quelque chose attire son attention.

    Le détail qui change tout

    Mick observe la planche de Saxon. La forme, les logos, les couleurs… Il la reconnaît. Il demande à Saxon de la retourner. Et là, le choc : c’est la planche de son frère Ed Fanning, disparu tragiquement un an plus tôt.

    Le temps s’arrête une seconde fois. Saxon est en larmes. Mick aussi. Ils se regardent, sans vraiment savoir quoi dire.

    « C’était un moment cosmique. Une planche oubliée. Un inconnu. Une vague parfaite. Et mon frère, d’une certaine manière, là au milieu », racontera Mick plus tard.

    La planche, déjà bien abîmée, est fendue, imbibée d’eau. Elle ne survivra pas à cette dernière vague. Mais quelle fin pour une board : son dernier ride aura été un 10/10, sous les yeux du frère de son ancien propriétaire.

    Une histoire qui dépasse le surf

    Dans les jours qui suivent, la vidéo fait le tour du web. Saxon devient, malgré lui, une icône (quand je peux la faire, je n’hésite pas). Les messages affluent, les médias s’en mêlent. Lui reste humble, un peu déboussolé, mais profondément touché par la portée de ce qu’il vient de vivre.

    « Je veux proposer la planche à Mick. Peut-être qu’il la voudra. Ce sera dur de m’en séparer… mais je pense que ce serait juste. »

    Cette histoire n’est pas juste celle d’un tube de rêve ou d’un coup de chance. C’est une parenthèse magique où le surf devient un langage du destin, une passerelle entre les vivants et les disparus, entre le hasard et les souvenirs.

    Un spot, une houle, une âme

    Kirra a toujours été spéciale. Des vagues rapides, longues, tubulaires avec un fort courant. C’est le genre de spot où tu peux avoir la vague de ta vie, ou rentrer bredouille. Une vague qui récompense l’engagement, et nécessite de se trouver au bon endroit, au bon moment. Ce jour-là, elle a offert bien plus qu’un mur d’eau : elle a réuni deux mondes.

    « J’ai surfé des grosses houles. J’ai tout donné. Mais je n’ai jamais rien vécu de tel. Cette vague-là… elle m’a changé. »

    Pour Saxon, cette journée ne sera jamais égalée. Et pour Mick Fanning, elle restera gravée comme un signe, un clin d’œil de son frère, dans ce monde où les planches parlent parfois mieux que les mots.

  • Le top des vidéos surf de la semaine

    Le top des vidéos surf de la semaine

    Des vagues de rêve, des stars sous-cotées, et des tubes à n’en plus finir : voici notre sélection des meilleures vidéos à ne pas manquer.

    Jackson Bunch & Shion Crawford, trop forts pour être ignorés


    6000 vues à peine ? On parle pourtant d’un duo volcanique à Rocky Point. Jackson Bunch, fraichement écarté du CT, et Shion Crawford, machine à tubes et à airs, livrent 4 minutes de pur spectacle. Mention spéciale pour le air à 5 000 $ de Shion.

    Les 10 meilleures vagues de la semaine


    Un format efficace pour les accros à la performance. Le montage met en avant les plus belles vagues surfées récemment, tous spots confondus. Un condensé parfait de style et de puissance.

    Teahupoo, la machine à tubes tourne à plein régime

    Le récif tahitien a encore fait parler sa magie. Si tu veux voir des take-offs suicidaires et des barrels interminables, ces deux vidéos sont pour toi. Aucune fioriture, que du lourd.

    Yago Dora, toujours plus aérien


    Quand il ne fracasse pas les compétitions, Yago Dora s’offre des freesurfs d’une fluidité rare. Ce clip est une masterclass d’engagement et d’esthétique, entre carves millimétrés et envolées sans fin.

  • Kelly Slater, la fin d’un règne dans un surf pro en crise

    Kelly Slater, la fin d’un règne dans un surf pro en crise

    Ils n’ont cessé de le répéter : « Kelly Slater a 53 ans ! ». À croire que son âge suffisait à justifier sa présence sur le Tour. Mais à force d’encenser la légende, les commentateurs ont fini par dévoiler l’absurdité de la situation : le surf professionnel s’accroche à son passé pendant que le présent se vide de sens.

    kelly slater trestles 2025

    Un héros fatigué, des scores en berne

    Sur le spot de Trestles, Kelly Slater s’est fait balayer par Italo Ferreira (15.17 contre 7.53), avant de s’incliner face à Barron Mamiya dans le repêchage. Son analyse ? Des nuits hachées depuis la naissance de son fils Tao, une hanche douloureuse et un corps trop abîmé pour rivaliser. « Je n’étais pas vraiment dans ma tête », a-t-il avoué après sa défaite.

    L’obsession du mythe… et l’aveu d’échec

    Pendant les lives, les commentateurs n’ont cessé de rappeler qu’il avait 53 ans, comme s’il s’agissait d’un exploit en soi. Mais justement : quand tout ce qu’on a à dire d’un compétiteur, c’est qu’il est encore là, c’est que le problème est profond. C’est un peu comme applaudir un boxeur KO qui se relève encore : impressionnant, mais gênant.

    Le Tour pro en quête de sens

    Dans le même temps, Gabriel Medina est forfait, John John Florence préfère faire de la voile, et la relève peine à briller dans des vagues trop molles, sur un circuit aseptisé. Le rêve s’effrite. L’image glamour du CT s’étiole, et Kelly Slater devient malgré lui le symbole d’un système à bout de souffle.

    Pipeline, la dernière danse ?

    Il reste une wildcard à Pipeline, son jardin. Ce sera peut-être la dernière fois qu’on verra Kelly en lycra sur le CT. Un hommage mérité ? Sans aucun doute. Mais aussi un besoin pressant pour la WSL de passer à autre chose, d’écrire un nouveau chapitre. Et vite.

  • Ivanka Trump surfe pendant que l’Amérique brûle, et alors ?

    Ivanka Trump surfe pendant que l’Amérique brûle, et alors ?

    On s’en fout, mais visiblement pas tout le monde. Ivanka Trump, ex-conseillère de papa et influenceuse en reconversion lifestyle-océan, a posté une photo d’elle en train de surfer pour la Journée mondiale des océans. Jolie glisse, jolie lumière, joli message ? Raté.

    Au moment exact où son paternel envoyait la Garde nationale mater les manifestations contre les expulsions massives d’immigrés, Ivanka se prenait pour une waterwoman, pieds bien calés sur la mousse, sourire Colgate au vent. Résultat : les réseaux sociaux se sont déchaînés comme un shorebreak à Nazaré.

    « Mon père met le feu au pays, moi je vais surfer ! Lol ! »

    « Le narcissisme ne tombe jamais loin de l’oranger. »

    « Pendant que l’Amérique brûle, elle surfe. »

    Une pluie de commentaires, entre ironie mordante et colère bien sentie. Certains l’ont même comparée à Marie-Antoinette : version boardshort et lycra, façon « Qu’ils mangent de la wax ».

    Un post, un océan d’indifférence

    Ce qui devait être une ode aux océans est devenu un chef-d’œuvre de dissonance. Car oui, il existe une règle d’or sur les réseaux : si ton clan politique déclenche une crise humanitaire, évite peut-être de poster une photo les pieds dans l’eau comme si de rien n’était.

    Mais Ivanka s’en fout. Et c’est peut-être ça le plus fascinant. Son truc, c’est le lifestyle. Une glisse proprette, sur vague artificielle (merci Kelly Slater), assistée par coach VIP (merci Raimana), et surtout sans trop d’éclaboussures.

    Un surf aseptisé. Un surf de magazine. Un surf sans la merde.

    L’image avant la réalité

    Dans un monde où les vagues sont générées sur commande et les messages calibrés pour l’algorithme, Ivanka Trump surfe. Pas parce qu’elle aime ça. Mais parce que ça fait bien dans le feed.

    Son sourire ? Ultra-bright. Son surf ? Ultra-coaché. Son timing ? Ultra-maladroit. Ou au contraire, parfaitement assumé ? Après tout, pendant que les médias se passionnent pour sa session de mousse, personne ne parle de la répression, des disparitions, des camps.

    Qu’on la laisse surfer, non ?

    Alors oui, on pourrait s’indigner. Mais à quoi bon ? Le vrai malaise n’est pas dans la photo. Il est dans le monde où une image de surf peut servir de fumigène politique. Où une glissade devient un écran de fumée.

    Alors surfons. Rions. Grinçons des dents. Et rappelons-nous qu’une vague peut aussi servir à détourner l’attention.

    Ou comme disait une certaine Antoinette avant de perdre la tête : « Tant qu’il y a du swell… »

  • Les couvertures truquées du surf : le grand tabou

    Les couvertures truquées du surf : le grand tabou

    Dans le surf, une image vaut mille mots – mais que se passe-t-il quand cette image ment ? À l’inverse du skate, les magazines de surf continuent de publier des figures non plaquées en couverture. Un scandale silencieux que peu osent dénoncer.

    Une tradition bien établie dans le surf… mais problématique

    Depuis des décennies, les photographes de surf capturent des instants de grâce : des tubes profonds, des airs gigantesques, des silhouettes figées dans le chaos de la vague. Mais ce que beaucoup ignorent, c’est que ces figures ne sont pas toujours “plaquées”. Autrement dit, le surfeur ou la surfeuse ne termine pas la manœuvre.

    Contrairement au skateboard – où l’on ne publie quasiment jamais une figure non réussie –, le surf semble s’accommoder de ce flou artistique. Pourquoi ? Parce que la photo est belle, spectaculaire, iconique. Mais est-ce suffisant ?

    Erin Brooks, une couverture qui relance le débat

    La couverture du 65ᵉ anniversaire de SURFER Magazine met en scène la jeune Erin Brooks, shootée par le célèbre Brian Bielmann à Rocky Point, exécutant un énorme air frontside. Problème : elle ne l’a pas plaqué.

    Sur les réseaux sociaux, la communauté ne tarde pas à réagir. Certains commentent :

    “Did she land that? Or am I missing something…”

    “@erinbrookssurf you did not land this tf”

    “Who cares about authenticity anymore?”

    Même si la photo reste impressionnante, la réaction est révélatrice d’un ras-le-bol croissant face à cette pratique que certains n’hésitent plus à qualifier de fraude visuelle.

    Une réalité bien française aussi

    On aurait tort de croire que ce phénomène se limite aux magazines américains ou australiens. En France aussi, les couvertures « trompeuses » font partie du décor. Surf Session, Surf Europe, Trip Surf… difficile de compter le nombre de couvertures illustrées par un air non plaqué, un tube non sorti, voire pire : un bon gros « closier », cette section finale qui ferme inévitablement sur le surfeur.

    Je me souviens d’une journée il y a une dizaine d’années, quelque part sur un beachbreak landais. Les vagues faisaient deux mètres, creuses, classiques, avec quelques jolis tubes à prendre — mais aussi beaucoup de sections qui ferment brutalement.

    On avait calé une session avec un surfeur pro et un photographe aquatique. Moi, j’étais à l’eau avec la caméra. Pendant deux heures, le surfeur a enchaîné les tentatives, sans sortir un seul tube. Que des closings, parfois esthétiques, mais toujours ratés.

    J’étais un peu blasé, persuadé d’avoir filmé deux heures de footage inutilisable. Mais quand ils sont sortis de l’eau, le surfeur et le photographe affichaient un grand sourire. Je leur demande : “Alors ?” — “C’est bon, on a la couv”, me répondent-ils.

    Et devinez quoi ? Ils l’ont eue. Couverture de Surf Session. Un joli cliché, bien calé, bien éclairé… d’un tube qui n’a jamais été sorti.

    Pourquoi le skate ne tolère pas ça ?

    Dans le skateboard, il est impensable qu’une figure non réussie apparaisse dans une vidéo ou en couverture. Les photographes attendent la réussite parfaite avant de shooter. Les caméramans montent scrupuleusement chaque séquence, et l’éthique de la réussite est sacrée.

    Pourquoi cette exigence ne s’applique-t-elle pas au surf ? Est-ce lié à la difficulté technique, à l’imprévisibilité de l’océan, ou à une culture plus “esthétique” qu’authentique ?

    Et les vidéos alors ? Une tendance qui se propage

    En vidéo, le phénomène est moins répandu – mais il existe. Certains éditeurs coupent juste avant la chute, ou jouent sur les ralentis pour donner l’illusion d’un trick réussi. C’est rare, mais pas inexistant. Et cela nourrit une culture de l’apparence, au détriment de la performance réelle.

    Quel message pour la jeune génération ?

    Des figures non plaquées mises en avant par les plus grands médias donnent un message trouble : “ça suffit d’essayer”. Pourtant, la progression réelle passe par la réussite, par la chute et par le dépassement. Le surf est un sport de vérité. Ne trahissons pas cette essence.

    Vers une nouvelle éthique de l’image dans le surf ?

    À l’heure où les jeunes talents comme Erin Brooks repoussent les limites du surf féminin, il est temps de demander davantage de rigueur visuelle. Oui, l’esthétique compte. Mais la vérité compte plus encore.

  • Le WSL Junior Pro de San Sebastien annulé après un boycott lié à Israël

    Le WSL Junior Pro de San Sebastien annulé après un boycott lié à Israël

    Le surf rattrapé par les tensions internationales

    Du 6 au 8 juin 2025, la plage de Zurriola à San Sebastián devait accueillir une étape du circuit junior de la World Surf League (WSL). L’événement n’aura finalement pas eu lieu sous l’égide de WSL. En cause : le retrait du soutien logistique du club local Groseko Indarra Surf Taldea, motivé par la présence de plusieurs surfeurs israéliens sur la liste des participants.

    Une déclaration politique forte du club basque

    Dans un message publié sur Instagram quelques jours avant la compétition, le club a expliqué son refus de coopérer avec la WSL pour l’organisation de l’événement, en fournissant notamment l’électricité et la connexion internet nécessaires. La raison invoquée : la participation de nombreux athlètes israéliens, alors que le club affirme vouloir dénoncer ce qu’il qualifie de « génocide du peuple palestinien ».

    Le message poursuivait en établissant un parallèle avec les sanctions sportives imposées à la Russie depuis 2022, estimant que des mesures similaires devraient s’appliquer à Israël :

    « Des décisions politiques sont prises dans le sport, comme l’interdiction faite à la Russie de participer à des compétitions internationales. Nous pensons qu’Israël doit être soumis aux mêmes pressions. »

    La position de la WSL : neutralité et sécurité

    La World Surf League, confrontée à cette rupture de collaboration et au retrait de l’appui des autorités locales, a jugé ne plus pouvoir garantir les conditions de sécurité minimales pour les compétiteurs. Dans un message adressé aux athlètes (relayé par le média Surf30), l’organisation a précisé que toute exclusion fondée sur la nationalité violerait son règlement interne, qui prône une politique de tolérance zéro envers toute forme de discrimination.

    Face à l’impasse, la WSL a donc annulé l’étape junior, tout en précisant qu’aucun surfeur ne pouvait être exclu sur la base de sa nationalité.

    Une requalification locale de l’événement

    Malgré l’annulation officielle, l’événement n’a pas complètement disparu. Des organisateurs locaux ont reconfiguré la compétition sous un nouveau nom, le Waxdays Junior Pro, en dehors du cadre de la WSL. La victoire est revenue à Kai Odriozola chez les garçons U20, et à Sarah Leiceaga chez les filles U20 — deux jeunes talents du Pays basque.

    Le cas Anat Lelior : entre neutralité affichée et effacement discret

    L’incident de Zurriola s’inscrit dans un contexte plus large, où la question de la représentation des athlètes israéliens sur le circuit mondial est devenue particulièrement sensible.

    Quelques mois plus tôt, Anat Lelior, surfeuse olympique israélienne, avait participé au QS 3000 de Taghazout (Maroc) sans que sa nationalité n’apparaisse sur le site de la WSL. Elle y était listée comme appartenant au « monde », une désignation neutre déjà utilisée dans d’autres contextes tendus — notamment lors d’une étape à Abu Dhabi où toutes les nationalités avaient été masquées, après que la surfeuse australienne Tyler Wright ait porté un maillot aux couleurs du drapeau de la diversité.

    Le sport, un terrain de plus en plus politique

    La situation illustre l’équilibre délicat que doivent maintenir les instances sportives internationales, prises entre des exigences de neutralité et les pressions géopolitiques croissantes. Tandis que des organisations comme l’International Surfing Association (ISA) ont banni les surfeurs russes dès 2022, la WSL avait initialement adopté un label neutre pour les Russes — avant de revenir à l’appellation « Russian Federation » ces deux dernières années.

    Ces positions contradictoires alimentent les critiques. Certains y voient un deux poids deux mesures, d’autres dénoncent au contraire des interférences politiques dans des compétitions censées rassembler plutôt que diviser.

    L’annulation du WSL Junior Pro de Zurriola rappelle que même des disciplines perçues comme apolitiques peuvent être rattrapées par les tensions du monde. Le surf, à travers ses circuits professionnels, n’échappe plus aux débats internationaux sur la guerre, la représentation et les droits humains. Entre volonté d’inclusion et pressions locales, les organisateurs devront, à l’avenir, composer avec une réalité de plus en plus complexe.

  • Drame sur l’Eisbach : Munich ferme sa vague iconique après la mort tragique d’une surfeuse

    Drame sur l’Eisbach : Munich ferme sa vague iconique après la mort tragique d’une surfeuse

    Une session nocturne vire au cauchemar

    Dans la nuit du 24 mars 2025, une session de surf sur la vague urbaine de l’Eisbach, en plein cœur de Munich, a tourné au drame. Une jeune surfeuse allemande a perdu la vie après être restée coincée sous l’eau durant près de trente minutes, son leash accroché à un objet non identifié dans le lit de la rivière.

    Malgré l’intervention désespérée de ses amis et des secours, la jeune femme n’a pas survécu. Une semaine après le drame, elle est décédée à l’hôpital. La scène a profondément choqué la communauté locale, mais aussi les amateurs de surf du monde entier.

    Une vague mythique, symbole du surf urbain

    L’Eisbach, cette vague stationnaire formée par un saut hydraulique sous un pont près du musée Haus der Kunst, est un spot mythique. Depuis que le surf y est devenu officiellement autorisé en 2010, il attire riders, curieux et photographes des quatre coins du monde. Alimentée par un débit de 25 000 litres par seconde, la vague est formée par une marche en béton et des blocs immergés, créant un courant puissant et constant.

    Mais cette puissance est aussi ce qui a rendu toute tentative de sauvetage presque impossible. Lorsque la surfeuse a été emportée sous l’eau, ses amis ont tenté de détacher le leash. En vain : la force du courant ne leur a laissé aucune chance.

    Une enquête ouverte, des questions qui dérangent

    Dans les jours qui ont suivi le drame, les autorités munichoises ont décidé de fermer l’accès à l’Eisbach jusqu’à nouvel ordre. La zone a été balisée, des panneaux « Entrée interdite » ont été installés, et les contrevenants s’exposent à des amendes allant jusqu’à 50 000 euros.

    Le parquet de Munich a lancé une enquête pour « atteinte corporelle par négligence ». Le 30 avril 2025, les services de secours ont abaissé le niveau de la rivière afin d’inspecter minutieusement le lit du cours d’eau. Cinquante policiers, dont des plongeurs spécialisés, ont exploré la zone. Aucune structure imposante n’a été retrouvée, mais plusieurs petits objets métalliques ont été collectés pour analyse.

    Le petit ami de la surfeuse porte plainte : négligence pointée du doigt ?

    Fait marquant : le petit ami de la victime a déposé plainte contre la municipalité de Munich. Il dénonce un manque de sécurité et une mauvaise gestion des risques liés à l’environnement du spot. L’affaire pourrait ouvrir un précédent juridique : si une négligence est reconnue, des charges de homicide involontaire pourraient être envisagées.

    Cette plainte soulève des interrogations plus larges sur la gestion des spots de surf urbains, souvent autogérés par la communauté mais peu encadrés juridiquement. L’Eisbach, malgré sa renommée, reste un environnement à haut risque.

    La vague rouvre avec de nouvelles règles

    Le 21 juillet 2025, la mairie de Munich a annoncé la réouverture officielle de la vague, assortie de nouvelles règles strictes.

    Désormais, le surf n’est autorisé qu’entre 5h30 et 22h00, afin de garantir que toute intervention de secours se déroule de jour. Seuls les surfeurs expérimentés sont admis sur le spot, et chaque pratiquant doit désormais utiliser un leash avec système de libération rapide.

    Selon Moritz von Sivers, représentant de l’association de surf de Munich, le véritable danger réside sous la vague, où des pierres de la taille de briques, destinées à limiter l’érosion, peuvent devenir des pièges pour les leashs. Ces éléments structurels ne seront probablement jamais totalement éliminés, mais l’objectif est désormais de réduire le risque au maximum.

    Une vague toujours aussi symbolique

    Pour les nombreux surfeurs munichois, l’Eisbach représente bien plus qu’un simple lieu de pratique : c’est un symbole de liberté, un défi technique et une part essentielle de l’identité surf allemande.

    La réouverture, bien que stricte, est accueillie comme un soulagement par la communauté, encore marquée par le drame. Elle signe aussi une nouvelle ère pour le surf urbain, plus conscient des risques, mais toujours aussi passionné.

    Une alternative coûteuse : la vague artificielle

    En attendant, les surfeurs munichois n’ont qu’une seule alternative : la vague artificielle Endless Surf récemment ouverte en périphérie de la ville. Si la technologie permet des sessions variées et sécurisées, l’accès reste cher, et l’expérience ne remplace pas le charme brut de l’Eisbach.

    Un tournant pour le surf urbain ?

    L’accident de Munich pourrait faire date. Il pose une question cruciale : comment garantir la sécurité dans des environnements urbains où la nature est partiellement maîtrisée, mais jamais domptée ?

    Les vagues de rivière, de plus en plus populaires à travers le monde (Suisse, Canada, États-Unis… France ?), devront sans doute revoir leurs standards de sécurité. Le drame de l’Eisbach rappelle brutalement que le surf, même loin de l’océan, reste un sport à risques. Mais la question qui reste en suspens, est-il possible qu’une plage soit fermée aux surfeurs parce qu’elle est trop dangereuse ? Imaginons la fermeture administrative de certaines plages comme Nazaré, Belharra ou des spots de rocher, où les risques sont réels….

  • Le combat de Jérémy Florès : de la vague au vertige de la maladie

    Le combat de Jérémy Florès : de la vague au vertige de la maladie

    Derrière les victoires en série et les tubes parfaits, un autre défi attendait Jérémy Florès. Invisible. Implacable. Depuis 2022, le meilleur surfeur français de l’histoire affronte une tumeur cérébrale. Un bouleversement intime qu’il révèle dans le bouleversant documentaire Dos au mur.

    Un champion français devenu icône mondiale

    Révélé à 18 ans en 2006, Jérémy Florès devient alors le plus jeune surfeur de l’histoire à se qualifier pour le World Tour. Une ascension fulgurante ponctuée de premières historiques : premier Français vainqueur sur le CT à Pipeline (2010), un score parfait à Teahupo’o (20/20 en 2011), une victoire mythique à la maison lors du Quiksilver Pro France.

    Mais derrière cette success story, l’enfant de La Réunion portait déjà des blessures invisibles.

    Les prémices d’un mal profond

    Avant même son retrait du circuit en 2021, des signes s’accumulent. Fatigue chronique, migraines violentes, recours quotidien aux anti-inflammatoires. Au départ, Jérémy met ces douleurs sur le compte de ses multiples chutes, des traumatismes liés à une vie entière passée à défier l’océan.

    Mais à l’automne 2022, le verdict tombe : une tumeur est détectée à la base de son cerveau. Le ciel s’écroule.

    « Tu ne peux pas être préparé à ce genre d’annonce. Le pire moment de ma vie. »

    Il confesse aussi avoir longtemps gardé le silence, par fierté. « Je suis quelqu’un de très fier, je n’ai jamais eu envie de montrer mes faiblesses. » Ce n’est qu’à travers ce documentaire qu’il a choisi de tout dire, comme une forme de libération : « Les gens qui me suivent depuis longtemps ont le droit de savoir. »

    Un choc, puis une plongée intérieure

    La nouvelle frappe Jérémy alors qu’il pensait tourner une page paisible. Jeune père, il imaginait profiter de la vie, loin des compétitions, auprès de sa famille. Mais l’opération devient inévitable. Risquée. À l’issue incertaine.

    En octobre 2022, il subit une intervention en condition éveillée à Montpellier, supervisée par le neurochirurgien Hugues Duffau.

    « Pendant plusieurs semaines, je n’ai fait que pleurer. Pourquoi moi, pourquoi maintenant ? »

    La convalescence est rude : Jérémy doit réapprendre à parler, lire, écrire. Il raconte avoir eu des pertes de mémoire si sévères qu’il ne reconnaissait plus ses enfants. Aujourd’hui encore, il vit avec des séquelles. Des IRM réguliers permettent de suivre l’évolution des 10 % de la tumeur encore présents.

    « Niveau mémoire, je suis encore loin d’être au top. » plus jamais surfer.

    Des cicatrices invisibles : santé mentale et sport de haut niveau

    Le documentaire STRoNG, aussi forts que fragiles, diffusé sur Prime Video, avait déjà levé le voile sur une autre facette du champion : la santé mentale. Dépression, burn-out, perte de repères, pensées noires… autant d’épisodes douloureux que Florès a traversés avant même son diagnostic physique.

    « Je n’ai jamais fait de tentatives suicidaires, mais j’y ai pensé. Quand tu ne ressens plus d’émotions, tu te demandes à quoi bon. »

    La performance cache souvent des souffrances. Derrière les podiums, l’athlète accumulait le poids des attentes, de la pression, et d’un rythme effréné qui ne laisse pas place à l’introspection.

    La famille comme bouée de sauvetage

    Sa rencontre avec Hinarani de Longeaux, ex-Miss Tahiti, a été un tournant. Leur couple devient un refuge, un socle. Puis la naissance de leurs enfants, en particulier celle de leur fille Hinahei, agit comme une véritable renaissance.

    « Elle m’a guéri. Elle a cicatrisé toutes ces plaies un peu à vif. »

    Aujourd’hui, c’est dans ce cocon qu’il puise la force de continuer. Le surf reste là, mais la priorité, désormais, c’est le présent. Chaque jour.

    “Dos au mur” : un documentaire poignant

    Réalisé par Julie et Vincent Kardasik, Dos au mur sera diffusé le 16 juin sur Canal+ Docs. Ce film suit Jérémy dans son intimité, depuis son retrait du circuit jusqu’à l’opération, en passant par son engagement auprès de la jeune génération française (Kauli Vaast, Vahine Fierro). On y découvre aussi son rôle de père, d’entraîneur, et d’homme confronté à sa plus grande peur.

    Documenté comme un hommage à sa carrière et à sa résilience, Dos au mur explore les multiples facettes de Florès : le compétiteur féroce, l’enfant réunionnais, le mentor de Kauli Vaast, le père, le mari, le survivant. Kelly Slater, son père Patrick, ou encore sa compagne y livrent des témoignages bouleversants.

    Le film ne montre pas seulement des exploits. Il dévoile un homme, dans ses forces et ses fragilités, dans ses larmes comme dans ses sourires. Un surfeur qui apprend à vivre autrement, sans calendrier ni pression.

    Une inspiration pour toute une génération

    Aujourd’hui âgé de 37 ans, Jérémy Florès vit avec sa tumeur. Aucun miracle, pas de rémission totale annoncée. Mais il est là. Vivant. Et surtout, lucide.

    « Je vis au jour le jour, et j’espère, le plus longtemps possible. »

    Son témoignage brise les tabous sur la maladie, physique ou mentale. Il incarne une autre vision du surf de haut niveau, plus humaine, plus vulnérable – et donc plus puissante encore.

    Le coach, le passeur, l’héritier

    Un an après l’opération, Jérémy reprend pied dans l’action. Il devient coach de l’équipe de France pour les JO de Paris 2024. Il accompagne notamment Kauli Vaast (or olympique) et sa belle-sœur Vahine Fierro (victorieuse du Tahiti Pro 2024). Ces réussites, il les vit comme les siennes.

    « C’était le moment le plus fort de ma carrière. »

    Il développe aujourd’hui le projet Héritage, une structure commune entre les fédérations française et tahitienne pour former l’élite de demain, en vue des JO de Los Angeles 2028 et Brisbane 2032.

    Au-delà de la vague

    L’histoire de Jérémy Florès n’est pas celle d’un homme qui tombe. C’est celle d’un homme qui se relève, encore et encore. Qui ose montrer ses failles, et les transforme en force. Qui apprend à vivre sans gagner, à aimer sans compétition, à se réinventer hors de l’eau.

    À ceux qui le regardaient comme un champion, il répond aujourd’hui comme un père, un mari, un homme en quête d’équilibre. Et à tous les jeunes, surfeurs ou non, qui doutent, il adresse ce message : même les héros pleurent. Et ils continuent d’avancer.

    Il lui reste 10 % de la tumeur, une épée de Damoclès qu’il apprend à apprivoiser. Mais Florès ne vit plus dans la peur. Il avance, au jour le jour, avec sa famille, ses projets, et une nouvelle vision de la vie. Un message fort à retrouver dans Dos au mur, le 16 juin sur Canal+ Docs.

  • Une vague parfaite née du chaos au Chili

    Une vague parfaite née du chaos au Chili

    Le 28 août 2023 restera gravé dans les esprits des surfeurs chiliens comme le jour où l’improbable est devenu réel. Ce jour-là, à Cahuil, petit village côtier de la région de O’Higgins, une vague parfaite a vu le jour. Une gauche tubulaire, longue, puissante, sculptée par le hasard des éléments. Un mirage éphémère né d’un événement climatique hors normes.

    Une crue qui redessine le littoral

    Quelques jours plus tôt, un système frontal d’une rare intensité avait balayé le centre et le sud du Chili. En six jours, il est tombé jusqu’à 791 mm de pluie. Une pluie diluvienne qui a gonflé les rivières, débordé les estuaires, bouleversé les équilibres naturels.

    À Cahuil, l’estuaire a littéralement explosé sous la pression des eaux. Sa géographie a été redessinée. Le sable a bougé, les bancs se sont formés autrement, ouvrant un passage nouveau vers l’océan. Et dans cette ouverture : une vague. Unique. Improbable. Magique.

    Le rendez-vous parfait entre houle et sable

    Le 28 août, la houle du sud-ouest est arrivée pile au bon moment. Les conditions étaient réunies : fond sablonneux sculpté par les crues, courant modifié, vent favorable. Le résultat : une gauche tubulaire d’une perfection presque irréelle. Des tubes longs, creux, rapides – jamais vus auparavant à Cahuil.

    La vidéo intitulée “Cahuil Perfección” documente ce moment suspendu dans le temps. On y voit des surfeurs locaux dompter cette vague comme si elle sortait tout droit d’un rêve. Le plus fou ? Cette vague ne se reproduira peut-être jamais. Elle est le fruit d’une combinaison météorologique rarissime.

    Quand la nature façonne des joyaux

    Ce type de phénomène rappelle que les meilleures vagues ne sont pas toujours celles qu’on trouve sur la carte. Parfois, elles apparaissent là où on ne les attend pas. Parfois, elles ne vivent qu’un jour. Et c’est ce qui les rend encore plus précieuses.

  • Maxime Huscenot : de la promesse à la persévérance

    Maxime Huscenot : de la promesse à la persévérance

    Il y a des vidéos qui racontent bien plus qu’un simple teaser de compétition. Celle que Maxime Huscenot vient de publier sur YouTube en fait partie. À quelques heures du début des Challenger Series 2025, ce court-métrage personnel revisite son passé, en images VHS et souvenirs d’enfance, pour mieux comprendre le chemin parcouru. Un chemin sinueux, ponctué d’injustices, de doutes, mais surtout d’une foi tenace en son surf et en son rêve.

    Le gosse de La Réunion promis au sommet

    Maxime Huscenot est né en 1992 sur l’île de La Réunion. En 2008, à seulement 16 ans, il devient champion du monde junior ISA. Il reste encore le seul français à avoir réussi cet exploit (enfin sauf erreur de ma part). Un titre qui fait briller son nom comme celui d’un futur crack du surf français, à l’époque encore en quête de représentants dans l’élite mondiale. Son sponsor d’alors, Quiksilver, croit en lui. Sur le papier, tout semble s’aligner : talent, attitude, sourire, travail.

    Mais la vie de sportif de haut niveau réserve rarement un parcours tout tracé. Et surtout, le surf professionnel est un monde où la méritocratie ne suffit pas toujours.

    Une décision injuste qui change tout

    Alors qu’il est l’un des espoirs les plus sûrs du surf tricolore, Quiksilver prend une décision brutale : couper dans ses budgets et se séparer de Maxime. Un choix difficilement compréhensible pour un jeune surfeur prometteur, déjà reconnu pour son professionnalisme et sa gentillesse. Certains disent même que son image « trop gentille » n’a pas aidé. Une absurdité pour ceux qui le connaissent : Maxime Huscenot est simplement respectueux, toujours souriant, toujours un mot aimable pour chacun.

    Ce premier coup dur aurait pu être fatal à sa carrière. Mais Maxime est de ceux qui encaissent en silence et tracent leur route.

    Années de doute et métamorphose

    Suit une longue période de flottement. Sur le QS, Maxime enchaîne les saisons sans trouver la régularité suffisante pour atteindre le CT. Il change de planches, modifie son matériel, cherche de nouvelles sensations. Il doute, mais il bosse avec son père comme coach. Le soutien de ses parents, et surtout de son père Jean-luc est exemplaire. Il observe, apprend, progresse. Pas de grand discours, pas de drama : juste du surf, encore et toujours.

    Jusqu’à cette saison de la délivrance, où tout s’aligne enfin. Maxime se qualifie pour le CT en 2023, la première division du surf mondial. Une consécration pour lui, pour sa famille, pour le surf réunionnais et français.

    Mais voilà le cut…

    Hélas, l’histoire n’est pas finie. Ou plutôt, elle recommence. La WSL met en place le fameux cut de mi-saison. Maxime en est victime. Il doit redescendre sur le circuit des Challenger Series.

    Tout aurait pu se jouer au Portugal. Une vague qui lui va bien, à lui, l’un des meilleurs tube riders français. Dans sa série face à Gabriel Medina et Callum Robson, Maxime commence fort, trouve une bonne vague. Il tient la deuxième place. Mais à cinq minutes de la fin, Robson déniche la bombe de l’épreuve. Un tube de folie, noté 10. Mérité pour l’Australien, cruel pour Huscenot.

    Une nouvelle saison, un nouvel espoir

    2025 commence difficilement pour Maxime. Sa qualification pour les Challenger Series ne se passe pas bien. Mais à force de persévérance, il obtient sa place. Et le revoilà, toujours prêt à se battre. Sa nouvelle vidéo est un signal fort : il n’a pas fini d’écrire son histoire.

    Le surf, un sport de mérite… et d’injustice

    Le surf pro est souvent cruel. Il y a les vagues, l’océan, les juges, les sponsors, les blessures. Et parfois, la chance. Maxime Huscenot incarne cette génération de surfeurs talentueux qui n’ont pas toujours reçu ce qu’ils méritaient, mais qui n’ont jamais cessé de croire en eux.

    Il aurait pu devenir aigri. Il est resté humble. Il aurait pu cesser d’y croire. Il continue de se lever chaque matin pour s’entraîner, perfectionner son surf, viser l’élite.

    Go Maxime, encore et toujours

    Cette nouvelle saison de Challenger Series débute le 2 juin en Australie. Maxime sera présent. Pas en tête d’affiche, mais toujours prêt à créer la surprise. Le surf français a besoin de figures comme lui : humaines, accessibles, inspirantes.

    Go Maxime. Pour tous les jeunes qui rêvent encore, pour ceux qui ont connu les galères, pour ceux qui savent que le mérite finit toujours par payer.

  • Safi : le secret le mieux gardé du surf mondial

    Safi : le secret le mieux gardé du surf mondial

    Imaginez une droite parfaite, longue d’un kilomètre, creuse, puissante, capable d’offrir des barrels de 20 secondes, nichée au pied des falaises d’une ville portuaire marocaine. Cette vague existe. Elle s’appelle Safi. Et pendant des années, elle est restée secrète. Découverte dans les années 80 par un Français, Luc Soutif, cette vague mythique n’a réellement révélé son potentiel qu’une fois adoptée par un petit cercle de surfeurs passionnés.

    Luc Soutif, pionnier français et visionnaire du tube marocain

    Originaire de Pont Blondin, près de Mohammedia, Luc Soutif est un nom à connaître si l’on s’intéresse à l’histoire du surf au Maroc. Employé sur le port de Safi au début des années 80, il est l’un des premiers à repérer le potentiel de cette vague incroyable qui déroule le long d’une jetée industrielle.

    En 1982-1983, il commence à montrer des photos à ses potes, leur suggérant de faire une halte à Safi pendant leurs trips hivernaux vers Agadir. C’est Henri Elgrichi et Karam Hakim qui, les premiers, suivent son conseil. Lors d’une grosse houle en 1984, ils scorent des vagues de 2,50 m à 3 mètres. C’est le choc. Une vague tubulaire, d’une puissance inédite au Maroc. Rapidement, le bouche-à-oreille s’active dans le cercle très restreint du surf marocain.

    Le Jardin : un nom de code pour protéger le paradis

    La vague est baptisée « Le Jardin » par les premiers initiés. Louant une maison juste au-dessus du spot, ils observaient les conditions depuis le jardin de leur logement. Ce surnom devient un code pour parler du spot en public sans en révéler l’emplacement. De 1984 à 1992, une petite communauté de surfeurs fidèles s’y retrouve : Henri El Grichi, Tarik Ghraïri, Benaidy Hamza, Zino Guemmi, Eric Honegger, et quelques autres. Ils développent un certain localisme, pas agressif mais discret : « Si on n’était pas très accueillants, c’est que la vague le justifiait ».

    Un miracle géologique au pied du désert

    Safi est une anomalie. Une vague parfaite dans une ville industrielle connue pour ses sardines plus que pour son surf. Située entre Casablanca et Agadir, elle bénéficie d’une géologie exceptionnelle : un cap rocheux de 30 km au nord, des falaises abruptes et un sandbar sculpté par les alluvions du désert. Quand une grosse houle hivernale arrive, la vague se forme, roule, tube et s’étire sur près d’un kilomètre. Un slab mutant, dangereux mais magique.

    L’irruption de Ross Clarke-Jones et l’ouverture au monde

    Le secret ne pouvait pas durer. Dans les années 90, le photographe français Eric Chauché et le surfeur Laurent Miramon décident de faire appel à un « maître » pour valider le spot : ce sera Ross Clarke-Jones. L’Australien tombe amoureux du lieu, se cale des barrels de 20 secondes et nomme le point de départ extrême « RCJ’s Point ». Il ouvre une nouvelle ère. Suivront Tom Carroll, Gary Elkerton, Jeff Hakman…

    Une vague de classe mondiale, mais dangereuse

    Safi, ou Ras Lafaâ comme l’appellent les locaux, est une vague magnifique mais impitoyable. Elle déroule proche de la falaise, sur un mélange de sable et de dalles rocheuses tranchantes. Les wipe-outs peuvent être violents, les blessures sévères. Il faut un très bon niveau pour y surfer sérieusement. Le localisme y existe, mais sans violence. Il s’agit avant tout d’un respect du lieu, de ses dangers, et de ses habitués.

    Safi aujourd’hui : fierté locale et enjeu touristique

    Aujourd’hui, Safi est connue mondialement. La vague attire les surfeurs pros et les free surfeurs en quête de sensations fortes. Mais elle est aussi devenue un moteur pour la ville : surf camps, écoles, restaurants, clubs locaux… Toute une économie se développe autour de ce joyau océanique. Les locaux, longtemps spectateurs, sont aujourd’hui acteurs du développement de leur littoral.

    Safi est bien plus qu’une vague. C’est un rêve de surfeur devenu réalité, grâce à la curiosité d’un Français, au flair d’un groupe d’amis, et à la magie brute de l’Atlantique marocain.

  • Décés  de Jack McCoy, le cinéaste qui a filmé l’âme du surf

    Décés de Jack McCoy, le cinéaste qui a filmé l’âme du surf

    Un regard unique sur le surf

    Le monde du surf pleure la disparition d’un de ses piliers les plus inspirants : Jack McCoy, légendaire réalisateur de films de surf, s’est éteint après plusieurs années de problèmes de santé. Pendant plus de cinquante ans, il a façonné notre manière de voir — et de ressentir — le surf, à travers une caméra toujours en quête de beauté, d’émotion et d’authenticité.

    Né à Kailua, Hawaii, et élevé dans le giron de Gerry Lopez et des icônes du North Shore des années 60, Jack McCoy a très tôt compris que le surf n’était pas juste un sport, mais un art, une philosophie, un dialogue intime avec l’océan.

    De Hawaii à l’Australie : la naissance d’un style

    En 1970, alors qu’il accompagne ses amis surfeurs en Australie, il décide d’y rester pour éviter la guerre du Vietnam. Cette terre d’adoption deviendra son terrain d’expression principal. Sa rencontre avec Dick Hoole l’amène à co-réaliser (In Search Of) Tubular Swells (1976), un film fondateur qui annonçait déjà l’exigence esthétique de son œuvre.

    Suivront plus de 25 films marquants, dont Storm Riders, The Green Iguana, Sabotaj, Blue Horizon, et bien sûr The Occumentary, qui révélera un Mark Occhilupo vulnérable et génial, dans un récit aussi humain que spectaculaire.

    Mais c’est surtout avec le Billabong Challenge, événement qu’il a imaginé et filmé dans les coins les plus reculés d’Australie-Occidentale, qu’il imposera un modèle : des compétitions loin des foules, dans des vagues parfaites. Ce format visionnaire est à l’origine de ce qu’on appellera plus tard le Dream Tour.

    Un œil dans l’eau, un cœur à l’écran

    Jack McCoy n’était pas un simple filmeur de surf. Il était un auteur. Son obsession des plans dans l’eau, ses choix musicaux audacieux, son souci du rythme narratif l’ont démarqué de ses pairs. Là où d’autres restaient sur la plage, lui plongeait littéralement dans l’action, capturant la magie des tubes de l’intérieur.

    « Beaucoup restent immobiles pour ne pas rater un plan. Moi je bouge, sinon ce n’est pas vivant », expliquait-il un jour. Pour lui, l’essence du surf se trouvait dans le mouvement, dans l’eau, dans le ressenti.

    C’est d’ailleurs ce sens artistique qui lui vaudra l’admiration de David Bowie et Eric Idle, qu’il côtoya à Los Angeles dans les années 80. Et plus tard, une collaboration avec Paul McCartney sur des clips visuels.

    Une voix pour les surfeurs, un cœur pour l’océan

    Inducté au Surfing Walk of Fame en 2013, récemment récompensé par l’Australian Surf Industry Association, Jack n’a jamais cessé de défendre les valeurs qui lui tenaient à cœur : la liberté, l’humilité, le respect de la nature, et surtout la communauté du surf.

    À travers des anecdotes tendres, des scènes cocasses, des plans majestueux ou des confessions poignantes, il a tissé un lien fort entre les surfeurs et leur public. Il a offert au monde une vision sincère et poétique du surf.

    Un dernier tube pour Jack

    « Allez choper une bombe aujourd’hui pour le big guy », a écrit sa famille. Jack McCoy n’est plus, mais son esprit vibre dans chaque tube filmé avec passion, dans chaque plan d’eau traversé par la lumière, dans chaque VHS usée d’un grom quelque part dans le monde.

    Il a immortalisé le surf, et en retour, le surf ne l’oubliera jamais.

  • RAGE 5 : le retour fracassant du crew le plus sauvage du surf

    RAGE 5 : le retour fracassant du crew le plus sauvage du surf

    Depuis bientôt une décennie, la série de films RAGE incarne une vision alternative du surf, loin des paillettes de l’industrie. Avec RAGE 5, le crew australien revient en force, fidèle à son esprit punk et à son amour du surf brut.

    Fondée en 2017 par Creed McTaggart, Noa Deane, Beau Foster, Ellis Ericson et le réalisateur Toby Cregan, RAGE n’est pas une simple marque d’accessoires de surf. C’est un état d’esprit. Une révolte joyeuse contre la standardisation d’une industrie de plus en plus polie, marketée, digeste. Avec RAGE 5, la bande livre un film aussi puissant que sincère, entre clips de surf hallucinants et instantanés d’une amitié forgée dans le sel et l’adrénaline.

    Une épopée DIY signée Toby Cregan

    Le film, tourné sur plus de deux ans aux quatre coins du globe, a été entièrement réalisé par Toby Cregan. Fidèle à son style brut et sans concession, il mêle des séquences surf ultra puissantes à des moments plus intimes, notamment via des images d’archives inédites datant de la création de RAGE en 2016. On y découvre Creed et Noa à leurs débuts, déconne à la main et weed à la bouche, en train de se filmer mutuellement dans leur chambre.

    Au-delà du surf pur, RAGE 5 est aussi une plongée dans l’histoire du collectif : comment une blague entre potes est devenue un projet underground suivi dans le monde entier.

    Un casting de surfeurs underground, fidèle à l’ADN RAGE

    Le line-up est fidèle à ce que RAGE sait faire de mieux : réunir les surfeurs les plus créatifs, les plus stylés, mais aussi les plus indomptables du moment. On retrouve donc les piliers de la maison : Creed McTaggart, Noa Deane, Shaun Manners, Jaleesa Vincent, Wade Goodall, Beau Foster ou encore Jake Vincent.

    Mais cette fois, RAGE 5 marque aussi l’entrée de nouveaux visages tout aussi puissants : Holly Wawn, Benny Howard et Kai Hing font leur grande première dans un film RAGE, et leurs performances ne passent pas inaperçues. Holly, en particulier, impose un surf engagé et sans complexe, capté dans les vagues du Northern Rivers.

    Une dernière mission vers le désert… et la faillite

    L’un des temps forts du film est la dernière mission, partie dans le désert australien et en Tasmanie pour chasser une ultime session de rêve. Cregan avoue avoir réservé les billets d’avion sans même vérifier le compte bancaire de la marque : « On avait besoin d’une fin forte. Et on l’a eue. Mais ça a presque mis RAGE en faillite. »

    Malgré des contraintes financières et une logistique improvisée, les images valent de l’or. Shaun Manners, en quête d’un dernier clip, l’a trouvé dans l’urgence, quelques heures avant de devoir tracer 9 heures de route pour attraper un vol. C’est ça, l’esprit RAGE : un mélange d’instinct, de punk, et de talent pur.

    En tournée avant la sortie

    Avant d’être diffusé en ligne, RAGE 5 fait le tour de l’Australie en van, dans une ambiance qui rappelle les tournées de groupes de rock. Les projections se font dans des shops ou petits cinémas, toujours à l’arrache mais pleines d’énergie. Le crew envisage même des projections à Bali, aux États-Unis et en France, puisque la semaine dernière avait lieu une avant-première à Hossegor

    Conclusion

    Avec RAGE 5, le collectif prouve une nouvelle fois qu’il est l’un des derniers bastions du surf libre et sans compromis. À l’heure des algorithmes et du surf aseptisé, ces “cafards” de l’industrie nous rappellent que la vraie rage vient du cœur.

  • Décès de Timo Jarvinen, un regard venu du froid qui a marqué le surf mondial

    Décès de Timo Jarvinen, un regard venu du froid qui a marqué le surf mondial

    Le monde du surf vient de perdre l’un de ses témoins les plus sensibles et les plus talentueux. Timo Jarvinen, photographe de légende originaire d’Helsinki, s’est éteint à l’âge de 60 ans. Si son nom ne résonne pas auprès du grand public comme celui des surfeurs qu’il a immortalisés, il est une véritable icône pour toute une génération de photographes et d’athlètes. Retour sur la trajectoire exceptionnelle d’un homme dont l’appareil photo a su capter la beauté brute de l’océan et l’intensité de l’instant.

    Le surf comme appel intérieur

    Né en Finlande, pays sans vagues ni culture surf établie, Timo Jarvinen n’était pas destiné à devenir l’un des plus grands photographes de surf au monde. Pourtant, dès son adolescence, son regard s’affûte derrière l’objectif. Il quitte l’école à 16 ans, apprend les bases de la photographie en travaillant dans une imprimerie, puis commence à documenter des voyages snowboard. C’est le début d’un parcours guidé par la passion, la curiosité, et un sens inné de la lumière.

    Son premier appareil, un vieux Nikon F offert par son grand-père, devient son passeport vers les montagnes, les vagues, et les rencontres décisives.

    L’œil de Quiksilver et de Kelly Slater

    Installé un temps à Hossegor, il devient photographe attitré de Quiksilver et travaille avec les plus grands noms du surf mondial. Parmi eux, Kelly Slater, avec qui il tisse une relation professionnelle forte. Lors du sacre de Slater pour son 10e titre mondial à Porto Rico, Timo capture un cliché iconique : le roi du surf brandissant dix doigts pour célébrer la décennie de règne.

    Mais au-delà des stars, Timo s’attache à photographier les vagues elles-mêmes, parfois vides, parfois désertes. Il disait vouloir « montrer ce que les gens rêveraient de vivre », préférant les images positives à la misère ou à la souffrance. C’était sa manière de sublimer le réel, avec poésie, mais sans artifice.

    Une esthétique de la lumière et du mouvement

    Maître du flash aquatique, Timo Jarvinen révolutionne la manière de photographier dans l’eau. Avec son boîtier Nikon et ses caissons sur mesure, il parvient à figer l’instant avec une netteté et une intensité rares. Ses images de John John Florence à Tahiti ou de Clay Marzo dans les Outer Atolls sont devenues cultes. Il disait être inspiré par la lumière, l’eau, les reflets, les nuances.

    Sa photographie est un mélange de rigueur technique et de pure sensibilité. Une esthétique construite sur la patience, le respect de la nature, et le goût du risque – comme ce matin glacial à La Gravière, seul dans l’eau pour capturer la perfection éphémère d’une vague sans surfeur.

    Une disparition discrète, un héritage immense

    Ces dernières années, Timo Jarvinen s’était fait plus discret. Il partageait encore quelques projets, notamment dans le monde du ski avec Candide Thovex, autre figure de la glisse à l’approche artistique. Mais il restait avant tout fidèle à sa vision : ne jamais se cantonner à un style, ne jamais enfermer son regard.

    Avec sa disparition, c’est une part précieuse de la mémoire visuelle du surf moderne qui s’éteint. Mais son œuvre, elle, reste. Elle continue d’inspirer photographes et surfeurs du monde entier à voir au-delà de l’action, à capter l’âme du moment.

  • La vague d’une vie : Eimeo Czermak enflamme Teahupo’o

    La vague d’une vie : Eimeo Czermak enflamme Teahupo’o

    Un nom à retenir : Eimeo Czermak

    Eimeo Czermak n’en est pas à son premier coup d’éclat, mais cette fois, le surfeur tahitien de 21 ans a mis tout le monde d’accord. Le 7 mai 2025, à Teahupo’o, il a réussi l’impensable : surfer à la rame l’une des plus grosses vagues jamais prises sans assistance sur cette vague mythique. Une performance saluée unanimement par les médias spécialisés, qui parlent déjà de moment historique dans l’histoire du surf.

    Un swell classé « Epic » par Surfline

    Ce jour-là, Teahupo’o accueillait le premier très gros swell de la saison. Selon Kevin Wallis, chef prévisionniste chez Surfline, il ne s’agissait pas d’une tempête d’une violence extrême, mais plutôt d’un système parfaitement placé. Son déplacement quasi-direct vers Tahiti et sa proximité (1000 à 1500 miles) ont permis des conditions idéales : du gros surf, sans le vent ni le mauvais temps qui l’accompagnent souvent. Résultat : la journée a reçu le très rare label “Epic” de Surfline — une distinction qui ne tombe que quelques fois par an. Mais ce n’est pas tout : la période de la houle, entre 15 et 16 secondes, a rendu ces montagnes d’eau (à la limite du surf tracté) accessibles — ou presque — aux rameurs. Et c’est là qu’Eimeo Czermak a saisi sa chance.

    Une vague à la rame qui marque l’histoire

    À 4:13 de la vidéo publiée par *Surfer Magazine*, on découvre Eimeo glissant dans un tube massif, techniquement très compliqué, avec un placement chirurgical. Pas de jet ski. Juste ses bras, son mental et un timing parfait. Tikanui Smith, légende locale et témoin de la scène depuis le channel, n’a pas mâché ses mots : “Peut-être l’une des meilleures vagues jamais prises à la rame à Teahupoo.” Un compliment énorme quand on connaît l’historique du spot, où des monstres comme Laird Hamilton ou Nathan Fletcher ont écrit des pages majeures de l’histoire du surf tracté. Mais ici, il ne s’agit pas de tow-in. Il s’agit d’un surfeur local qui a lu parfaitement la vague et qui s’est engagé dans ce que beaucoup décrivent comme le ride de l’année.

    De Pipeline à la gloire mondiale

    Ce n’est pas la première fois qu’Eimeo Czermak fait parler de lui. En 2021, il s’était blessé sérieusement à Pipeline, à Hawaii. Une chute qui aurait pu freiner sa progression, mais qui semble aujourd’hui loin derrière lui. Depuis, le Tahitien n’a cessé de gagner en puissance, en technique et en maturité. Cette vague du 7 mai 2025 pourrait bien changer sa trajectoire : non seulement elle l’inscrit déjà dans le panthéon de Teahupo’o, mais elle le propulse aussi dans une nouvelle dimension médiatique.

    Et maintenant ?

    Le buzz autour de cette session est loin d’être retombé. Des médias américains comme *Surfer*, *Stab* ou encore *Surfline* y consacrent des articles élogieux. Les réseaux sociaux s’enflamment. Certains comparent même cette vague à celle de Laird Hamilton en 2000, surnommée “Millennium Wave”. D’autres estiment qu’on parlera encore de ce ride dans 25 ans. Eimeo, lui, reste humble. Mais cette vague, c’est un marqueur. Un tournant. Et surtout, une promesse : celle que la nouvelle génération tahitienne a de l’avenir, et qu’il faudra désormais compter sur Czermak quand on parlera des plus gros barrels de la planète.

    Une leçon de courage et de lecture de vague

    Au-delà du buzz, cette session rappelle que le surf à Teahupo’o, même après les Jeux Olympiques de Paris 2024, reste un défi extrême. Et que dans ce théâtre naturel, les locaux comme Eimeo Czermak continuent d’écrire l’histoire — non pas avec des artifices, mais avec du courage, de la technique et une connexion unique à la vague.
  • Adieu à Clyde Aikau, gardien de l’héritage d’Eddie et icône du surf

    Adieu à Clyde Aikau, gardien de l’héritage d’Eddie et icône du surf

    Le monde du surf est en deuil. Clyde Aikau, légende hawaïenne des grosses vagues et dernier représentant direct de l’esprit Aikau, est décédé paisiblement le samedi 3 mai 2025 à son domicile de Waimanalo, à l’âge de 75 ans. Il laisse derrière lui une empreinte immense dans la culture surf et l’histoire d’Hawaï.

    Le plus jeune d’une fratrie légendaire

    Né le 24 octobre 1949 à Kahului, sur l’île de Maui, Clyde Aikau était le plus jeune des six enfants de Solomon “Pops” Aikau et d’Henrietta Aikau. En 1959, la famille s’installe à Oahu, au cœur du North Shore, théâtre des plus célèbres vagues du monde. Avec son frère aîné Eddie, Clyde découvre très tôt les joies – et les dangers – de l’océan.

    Tous deux deviennent lifeguards à Waimea Bay, alors que le surf de grosses vagues est en pleine explosion. Ils ne se contentent pas d’assurer la sécurité des baigneurs : ils incarnent l’excellence et la bravoure des watermen hawaïens, ces hommes et femmes capables de lire l’océan comme une langue maternelle.

    La disparition d’Eddie, le tournant d’une vie

    Le nom des Aikau est indissociable du drame de 1978. Cette année-là, Eddie embarque sur la Hōkūleʻa, une pirogue double inspirée des anciennes embarcations polynésiennes, pour retracer les routes ancestrales de navigation. Lorsque le bateau chavire, Eddie tente de rejoindre la terre à la nage pour chercher du secours. Il n’est jamais revenu.

    Pour Clyde, ce fut un bouleversement. Mais au lieu de se replier, il décide de faire vivre la mémoire de son frère. En 1986, il remporte la première édition du Eddie Aikau Big Wave Invitational à Waimea Bay, un événement devenu mythique. Pendant trois décennies, il veille à chaque édition avec un engagement sans faille, allant jusqu’à y participer lui-même jusqu’en 2016, à l’âge de 66 ans.

    Un homme de la communauté

    Au-delà de ses exploits dans les vagues, Clyde Aikau était profondément engagé auprès de la communauté hawaïenne. Il a dirigé un service de Waikiki Beachboys, ces ambassadeurs du surf qui perpétuent les traditions locales tout en accueillant les visiteurs.

    Il s’est aussi investi dans le système éducatif, notamment comme lien entre le Département de l’Éducation et les familles sans-abri. Il veillait à ce que chaque enfant ait accès aux fournitures scolaires, au transport et, surtout, à l’éducation. Un combat discret mais fondamental, dans l’esprit de solidarité qui caractérisait toute sa vie.

    Slack key, famille et aloha spirit

    Clyde n’était pas seulement un athlète et un militant. Il était aussi un homme de musique et de partage. Avec Eddie, il avait pour habitude de jouer de la guitare en slack key, un style traditionnel hawaïen, lors de sessions improvisées avec des amis et des membres de la famille.

    Il incarnait parfaitement ce que les Hawaïens appellent l’Aloha Spirit : une manière d’être au monde faite de respect, de générosité, d’écoute et d’amour pour la nature et les autres. Jusqu’à ses derniers jours, malgré ses problèmes cardiaques et un combat contre le cancer du pancréas, Clyde a continué de porter cette énergie bienveillante qui faisait de lui une figure aimée et respectée.

    Un héritage inoubliable

    Le décès de Clyde Aikau marque la fin d’une époque. Il était le dernier témoin direct de cette génération de pionniers qui ont élevé le surf de grosses vagues au rang d’art de vivre et de culture. Il était aussi le gardien du nom Aikau, un nom désormais gravé dans l’histoire du surf mondial.

    Son fils Haʻa lui a rendu hommage sur Instagram avec ces mots simples et touchants :

    « Je vais te manquer papa. Je sais que tu t’amuses dans ta nouvelle aventure comme tu le disais. Je te promets de te représenter. À bientôt. »

    Les hommages se multiplient à travers le monde. Du North Shore à la Californie, de Tahiti à l’Australie, tous les surfeurs, jeunes ou vieux, savent ce qu’ils doivent à Clyde Aikau. Il a inspiré des générations de riders à honorer la mer, à protéger leur communauté, à se souvenir de ceux qui ont pavé la voie.

    Merci Clyde

    Waimea Bay ne sera plus jamais la même sans lui. Mais chaque houle d’hiver, chaque ride au pied des falaises, chaque rameur solitaire en quête de vagues, portera encore un peu de son héritage. Clyde Aikau ne disparaît pas : il rejoint l’histoire des grands, au large, là où les vagues ne cessent jamais.

  • Charly Quivront en apesanteur au Wave Garden Lab : le surf du futur en action

    Charly Quivront en apesanteur au Wave Garden Lab : le surf du futur en action

    Quand Charly Quivront envoie du lourd, on sait que ça va voler haut. Après avoir déchiré les vagues légendaires du North Shore à Hawaï, le revoilà plus proche de chez nous, dans un spot aussi exclusif que futuriste : le Wave Garden Lab. Direction le Pays basque espagnol, à seulement 1h30 d’Anglet, pour une session pas comme les autres… dans une piscine à vagues secrète et réservée aux invités.

    Le Wave Garden Lab : là où naissent les vagues du futur

    Perdu au milieu de nulle part, ce laboratoire des vagues est le terrain d’expérimentation de Wave Garden, les maîtres incontestés de la vague artificielle. Ici, pas de files d’attente ni de séries capricieuses : chaque vague est programmée, sculptée à la perfection. Barrel, grosse manœuvre ou section à air XXL, tout est sous contrôle.

    Et même si cette piscine est plus petite que ses grandes sœurs commercialisées, elle reste un terrain de jeu ultime pour les pros. C’est ici que les futures innovations prennent forme avant de conquérir le monde du surf artificiel.

    Charly Quivront, le roi des airs

    Dans ce nouveau clip, Charly transforme ce bassin high-tech en véritable rampe de lancement. Sous un ciel bleu éclatant et sur une eau cristalline, le Français enchaîne les aerials millimétrés, repoussant les limites de la gravité avec une facilité déconcertante.

    Pas besoin de scruter les prévisions ou d’attendre le bon swell : ici, chaque take off est une promesse d’envol. Et Charly le prouve avec un style fluide, précis, et surtout ultra propre. On le sent dans son élément, comme un gamin dans un skatepark infini, répétant ses tricks avec la régularité d’une horloge suisse… version aquatique.

    Le spot rêvé pour le training

    Si tu te demandes où les pros peaufinent leurs figures les plus folles, ne cherche plus. Ce clip confirme que le Wave Garden Lab est le meilleur spot pour travailler ses airs. Avec une vague parfaitement maîtrisée et des sections taillées sur-mesure, c’est le paradis pour tout surfeur en quête de performance et de fun.

    Mais attention, ce petit bijou n’est pas ouvert au public. On y entre sur invitation seulement, ce qui en fait un lieu presque mythique, réservé à l’élite et aux privilégiés du surf moderne.

    Le surf du futur, c’est maintenant

    Cette session dominicale filmée avec passion nous rappelle à quel point le surf évolue. Entre traditions océaniques et nouvelles technologies, des spots comme le Wave Garden Lab ouvrent des horizons infinis. Pour des surfeurs comme Charly Quivront, c’est l’occasion de repousser encore plus loin les frontières de la créativité et de la performance.

    Alors, prêt à découvrir ce que donne une journée sans vent, sans courant, mais avec des vagues parfaites à volonté ? File voir le clip et laisse-toi embarquer dans ce surf du futur, où chaque vague est une œuvre d’art… et chaque manœuvre, un spectacle.