Catégorie : Actualités surf

  • Jamie Mitchell grièvement blessé sur le North Shore : “J’ai de la chance d’être encore là”

    Jamie Mitchell grièvement blessé sur le North Shore : “J’ai de la chance d’être encore là”

    Le North Shore d’Oahu vient à peine de s’éveiller que la saison d’hiver a déjà fait sa première victime. Jamie Mitchell, légende australienne du surf de gros, s’est violemment blessé au visage après avoir pris sa propre planche en pleine tête, lors d’une session sur l’un de ses spots fétiches d’Hawaï.

    Un départ de saison brutal

    Quelques jours après les premiers gros swells de la saison, Pipeline, Ke Iki ou encore Shark’s Cove ont déjà offert leur lot de tubes, de chutes et d’adrénaline. Mais cette fois, c’est l’un des chargeurs les plus respectés du North Shore qui a payé le prix fort.
    Mitchell, 48 ans, surfait sur une planche de 9’10″ lorsqu’une série imprévisible a tout fait basculer. Propulsé sous l’eau, il a pris la dérive de sa planche de surf de plein fouet, “à quelques millimètres de la jugulaire”, selon ses propres mots.

    Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, il apparaît le visage recouvert de bandages, la voix encore tremblante :

    “J’ai eu une matinée un peu compliquée… J’ai pris ma 9’10” en pleine figure. Dix-huit agrafes à l’arrière de la tête, quinze points de suture dans la gorge, cinq sur la pommette, et quelques autres un peu partout. Mais je vais bien. C’est fou comme tout peut basculer quand tu t’y attends le moins.”

    ATTENTION LES IMAGES CI-DESSOUS SONT IMPRESSIONNANTES

    Une blessure impressionnante, mais pas fatale

    Les images, difficilement soutenables, montrent la coupure profonde sur la joue et le cou du surfeur. Une plaie si proche des veines vitales qu’il aurait pu y laisser sa vie. “Un coup de dérive près de la jugulaire”.
    Malgré la gravité du choc, Jamie a gardé son calme légendaire et son humour typique : “Je suis vivant, endolori, mais déjà en train de penser à la prochaine houle”, a-t-il plaisanté en story.

    La communauté surf a immédiatement réagi : des messages de soutien ont afflué de tous les horizons — de Kelly Slater à Billy Kemper en passant par Mark Healey — saluant la résilience d’un homme qui a toujours repoussé ses limites sans jamais tricher avec la mer.

    Une figure du surf de gros

    Jamie Mitchell n’est pas un inconnu sur le North Shore. Double champion du monde de paddleboard, multiple vainqueur de la course épique Molokai 2 Oahu, il s’est ensuite imposé parmi les meilleurs surfeurs de gros de la planète.
    Que ce soit à Jaws, Nazaré ou Waimea, l’Australien s’est forgé une réputation de guerrier silencieux, capable de dompter les montagnes d’eau les plus intimidantes sans esbroufe ni ego surdimensionné. On se souvient tous de son drop à Belharra en France.

    Ce nouvel accident rappelle que même pour les surfeurs les plus aguerris, la ligne entre maîtrise et drame reste infime. Quelques centimètres de plus, et le surf aurait perdu l’un de ses héros les plus respectés.

    Une leçon d’humilité

    “C’est dans ces moments-là que tu réalises à quel point tout peut s’arrêter vite”, a-t-il confié depuis l’hôpital d’Honolulu.
    Le North Shore est souvent décrit comme le théâtre de la gloire, mais aussi de la douleur. Chaque hiver, il remet les compteurs à zéro, testant la foi et le courage de ceux qui osent s’y frotter.

    Jamie Mitchell, lui, compte bien revenir à l’eau — une fois ses 18 agrafes et ses 30 points de suture retirés. Parce qu’on ne tourne pas le dos à l’océan quand il fait partie de votre ADN.

  • Créer sa piscine à vagues DIY : le rêve (presque) accessible ?

    Créer sa piscine à vagues DIY : le rêve (presque) accessible ?

    Imagine un lac isolé, une plaque d’acier, un treuil bricolé et quelques surfeurs qui refusent de se résigner à attendre la houle. Bienvenue dans le monde fascinant — et un peu fou — des piscines à vagues artisanales. En Finlande ou au Brésil, des groupes de passionnés ont prouvé que, même sans millions d’euros ni ingénieurs de la NASA, on pouvait créer une vague surfable. Oui, une vraie.

    L’expérience Artwave : le surf au milieu des pins

    L’histoire commence quelque part en Finlande, sur un lac gardé secret. Là-bas, Atso Andersen et son équipe ont conçu Artwave Surf, une vague 100 % faite maison. Pas de technologie high-tech, pas de compresseurs géants. Juste une idée : “Si les Portugais peuvent apprendre à surfer dès l’enfance, pourquoi pas nous, ici, sur nos lacs ?”

    Leur système repose sur des “ailes” sous-marines tirées par un treuil motorisé. En se déplaçant, ces ailes déplacent l’eau et génèrent une vague surfable sur plusieurs mètres. Le tout est mobile, démontable et assez simple pour tenir sur une remorque.
    Un peu comme un “wavepool nomade” que l’on pourrait installer où bon nous semble — tant qu’il y a un plan d’eau calme et une rallonge électrique.

    Le plus fou ? Cette invention fonctionne (c’est pas la fête, non plus). Les vidéos montrent des surfeurs glissant sur une vague petite, molle, constante, certes courte, mais réelle. Comme une version artisanale du Kelly Slater Wave Ranch, sans le prix d’un manoir californien et sans la qualité également…lol

    L’exemple brésilien

    Dans le genre DIY, les brésiliens sont à un niveau supérieur. On prend la bâche agricole, on creuse un trou, on met des rails au fond, et on crée une vague… Honnêtement, les vagues sont minuscules, on est loin des vagues commercialisées. On est vraiment sur du DIY…Cela me rappelle les débuts de la Wavegarden

    Combien coûterait une vague maison ?

    C’est la question qui fait rêver.
    Une piscine à vagues commerciale coûte entre 5 et 30 millions d’euros, selon la technologie (Wavegarden, Surf Lakes, Alaïa Bay, Slater Ranch…). Autant dire, hors de portée pour 99,9 % des surfeurs.

    Mais un prototype DIY ?
    Imaginons :

    • un treuil électrique : 500 à 1 000 €
    • une structure métallique sous-marine : 2 000 à 3 000 € selon les matériaux
    • un lac privé ou communal : gratuit si autorisé
    • un peu d’huile de coude et d’ingénierie collective

    👉 On parle d’un budget de 5 000 à 10 000 €, soit le prix d’une bonne voiture d’occasion.
    Pas donné, mais loin des folies industrielles.
    Reste la partie la plus compliquée : la sécurité, la régularité de la vague, et surtout, l’autorisation administrative. En France, toute installation dans un plan d’eau public demande une autorisation préfectorale stricte (impact écologique, sécurité des baigneurs, ancrage au fond, etc.).

    L’esprit “garage surf” : retour aux sources

    Ce qui rend ces expériences passionnantes, c’est leur esprit.

    Les pionniers d’Artwave ou les bricoleurs de plaques métalliques ne cherchent pas à concurrencer Kelly Slater : ils veulent juste créer du surf là où il n’existe pas.
    Et il y a quelque chose de profondément poétique là-dedans.
    La vague devient une œuvre humaine, un geste d’ingénieur-poète, un “tube de cœur” façonné par l’envie de glisser.

    Et en France, c’est possible ?

    Sur le papier, oui.
    Les lacs et plans d’eau sont nombreux : Landes, Bretagne, Alpes, Jura…
    Mais entre les réglementations environnementales, les contraintes d’énergie, et les assurances, la France n’est pas le pays le plus souple pour les expérimentations aquatiques.
    En revanche, un collectif ou une école de surf pourrait, avec l’aide d’un ingénieur, concevoir une micro-vague artificielle pédagogique pour débutants, bodyboarders ou foilistes.

    Pourquoi pas un jour un “Garage Wave Project” en France, soutenu par une communauté open-source de makers du surf ? Les technologies se démocratisent, l’impression 3D permet des prototypes rapides, et la culture surf aime les défis impossibles.
    Alors oui, c’est encore un rêve. Mais chaque vague a commencé quelque part — souvent dans un garage.

  • « Seconds from death » à Oceanside : ce drame nous rappelle les bons réflexes en surf

    « Seconds from death » à Oceanside : ce drame nous rappelle les bons réflexes en surf

    Le 28 septembre 2025, en plein swell lié à l’ouragan Narda, le surfeur californien Scott Muir a heurté le fond, tête la première à Oceanside (San Diego County). Sauvé in extremis par des surfeurs et des sauveteurs, il a subi une grave lésion de la moelle épinière et une chirurgie d’urgence. La communauté se mobilise aujourd’hui pour sa rééducation.

    Les faits, datés et sourcés

    Selon Surfer Magazine, l’accident est survenu le 28 septembre 2025, avec un héliportage à Scripps Memorial Hospital (La Jolla) et une opération immédiate. Trois jours plus tard, une cagnotte “Keep Scott Surfing” est lancée et une vidéo tournée depuis l’hôpital montre Scott conscient, remerciant les soutiens.

    Un swell puissant à l’origine de l’incident

    Le National Weather Service et les médias locaux avaient émis un Beach Hazard Advisory pour la côte de San Diego autour du 28–30 septembre, évoquant des courants de retour puissants et des sets pouvant atteindre 6–8 pieds sur les plages exposées au sud/sud-ouest. Comme tous les swells de cyclone ou d’ouragan, ce sont des vagues avec une longue période, souvent plus puissantes qu’à la normale.

    Pourquoi ces traumatismes surviennent (même sur un beachbreak)

    Récemment plusieurs incidents du même genre ont eu lieu, on peut nommer Soli Bailey ou plus proche de chez nous Vincent Duvignac, a été victime d’une terrible chute, entraînant une fracture aux cervicales C2 et C3, un vrai miraculé.

    Hauteur d’eau trompeuse : sur des bancs mobiles, un take-off un peu tardif peut projeter verticalement vers un fond à moins d’un mètre.
    Période et énergie : un swell de période moyenne/longue concentre l’énergie ; un 1–2 m « propre » peut frapper beaucoup plus fort qu’il n’y paraît.
    Mauvais réflexes : le « plongeon » bras tendus, tête en extension, multiplie le risque de compression cervicale en cas d’impact.
    Fatigue euphorique : après quelques bonnes vagues, on prend plus de risques, et la fatigue amplifie le phénomène.

    Selon ses proches, Scott a été sauvé à quelques secondes de la noyade d’où le titre « seconds from death »: retrouvé face contre l’eau et paralysé sous le cou, il a été immobilisé et pris en charge sur la plage, puis héliporté en urgence pour une intervention chirurgicale.

    Prévention : les réflexes qui protègent ta nuque (et ta vie)

    1. Posture de chute : menton rentré, avant-bras croisés derrière la tête, dos arrondi, rouler sur l’épaule — surtout éviter le « plongeon ».
    2. Prendre en compte la profondeur de l’eau, notamment dans les shore breaks.
    3. Toutes les vagues ne sont pas bonnes à prendre, adapter votre choix de vagues en fonction de votre niveau.
    4. Méfiez-vous de la lèvre, elle peut être votre pire ennemi. On sous-estime sa puissance.
    5. Renseignez-vous avant de vous mettre à l’eau. Regardez les panneaux, n’hésitez pas à demander des conseils à des surfeurs locaux.
    6. Regarder les prévisions de surf et ne surestimez pas votre niveau de surf.
    7. Échauffement nuque/dos (5–8 min) : mobilité cervicale douce, gainage léger, ouverture de hanches et épaules.
    8. Humilité : deux lessivages à l’inside d’affilée ? Pause, hydratation, changement de pic. Quand on ne le sent pas; n’y allez pas.

    Si un accident survient sous tes yeux : les 6 gestes essentiels

    1. Alerte immédiate : Appelez les sauveteurs, les premiers gestes sont primordiaux.
    2. Approche par l’aval du courant, planche entre toi et les vagues.
    3. Maintien tête–cou–tronc dans l’axe ; ne tire pas par les bras.
    4. Décubitus dorsal sur la planche, surélever légèrement les épaules (nose) si possible.
    5. Parler à la victime, surveiller respiration et conscience ; éviter hypothermie et choc.
    6. Ne pas faire « craquer » le cou ni tenter de « remettre » quoi que ce soit : c’est interdit.

    Au-delà du choc : solidarité et horizon

    La campagne “Keep Scott Surfing” aide à financer 12–18 mois de rééducation, l’adaptation du logement familial et les frais médicaux. Dans sa vidéo, Scott remercie proches, amis lointains et inconnus pour cet élan. Le message de sa famille est limpide : ne pas renoncer à l’océan, mais mieux l’aborder — avec respect, information et préparation.

  • Un drame à Gwithian : la communauté du surf en deuil

    Un drame à Gwithian : la communauté du surf en deuil

    Le 24 septembre, un surfeur écossais de 63 ans a été retrouvé inconscient à Gwithian Beach (Hayle, Cornouailles). Malgré l’intervention rapide des sauveteurs et des services d’urgence, l’homme a été déclaré décédé sur place. La police indique qu’il n’y a pas de circonstances suspectes et qu’un dossier sera transmis au coroner.

    Ce que l’on sait à cette heure

    Selon Devon & Cornwall Police, l’alerte a été donnée vers 17h30. Le surfeur, originaire d’Écosse, « était en train de surfer au moment de l’incident » et a été récupéré par les lifeguards avant l’arrivée de l’ambulance, de l’hélicoptère médicalisé et des garde-côtes. Malgré les efforts des secours, le décès a été constaté sur la plage. L’enquête du coroner doit préciser les causes exactes du drame (malaise, noyade…); l’identité de la victime n’a pas encore été rendue publique.

    Gwithian et la Cornouailles, cœur battant du surf anglais

    La côte atlantique des Cornouailles est exposée aux houles d’ouest et du sud, offrant une fréquence de vagues qui a façonné la culture surf locale depuis les années 1960. Gwithian, vaste bancs de sable face au St Ives Bay, est prisé pour ses longues vagues quand les conditions s’alignent — et peut vite devenir exigeant lors des coups de vent. Il est important de rappeler que l’automne est souvent la meilleure saison dans la région, tout comme chez nous en France… Mais aussi celle où les conditions se musclent.

    Sécurité : quelques rappels utiles (sans spéculer sur ce cas)

    Sans préjuger des circonstances de ce décès, quelques principes valent pour tous, surtout en automne :

    • Évaluer le plan d’eau (bancs, baïnes, vent et période).
    • Adapter l’équipement : combinaison plus épaisse, leash en bon état, planche en bon état.
    • Surfer accompagné, éviter de surfer, est surement le meilleur conseil.
    • Connaître les procédures de premiers secours de base (alerte, PLS, défibrillateur si disponible).

    Une pensée pour la famille et les proches

    La communauté surf se serre les coudes dans ces moments-là. Nos condoléances vont à la famille et aux amis du surfeur disparu. Les rédactions généralistes et spécialisées qui relaient l’information insistent sur l’absence de caractère suspect et sur la procédure en cours du coroner — un rappel que chaque incident en mer fait l’objet d’un examen rigoureux au Royaume-Uni.

  • Gabriel Klaussner secouru in extremis à Itacoatiara

    Gabriel Klaussner secouru in extremis à Itacoatiara

    Grosse frayeur au Tunel Crew Shootout (Itacoatiara, Brésil) : le jeune talent Gabriel Klaussner a frôlé la noyade après un wipeout ultra-violent. Grâce à l’intervention express de Weslley Dantas et d’autres surfeurs, l’histoire se termine bien.

    Un choc violent qui a désorienté le surfeur

    En pleine série de compétition, Gabriel Klaussner (20 ans) s’engage un peu « late » sur une droite épaisse, il réalise ton take off sur la pointe des pieds, il perd le contrôle en bas de vague avant de percuter eau et sable de plein fouet. Désorienté, il reste sous l’eau de longues secondes, remonte hébété, puis se fait à nouveau brasser par la série. Il racontera avoir frappé très fort au niveau de son oreille, ne plus savoir où était la surface, et s’être agrippé à son leash par pur réflexe de survie.

    Sauver par les autres surfeurs

    Depuis la plage, les commentateurs alertent immédiatement, et demandent l’aide du jet-ski. Dans l’eau, plusieurs compétiteurs quittent le line up pour aider. En tête, Weslley Dantas fonce, saisit Klaussner et le maintient à flot dans un shorebreak remuant et sans pitié, rapidement épaulé par Valentin Neves, Pedro Barbosa et d’autres surfeurs, ainsi qu’un sauveteur local. Le post officiel du Tunel Crew souligne cette chaîne de solidarité, qui a permis encore une fois qu’un drame ait lieu. Le jeune surfeur brésilien Gabriel klaussner a rapidement rassuré ses proches, expliquant se remettre, tout en remerciant Dantas (“Weslley”) et “Tin” (Valentin Neves).

    État de santé et précautions

    Au moment où nous écrivons ces quelques lignes, Gabriel évoque un tympan probablement perforé, des vertiges intermittents et une douleur vive, sans diagnostic médical formel. Rappel basique, mais vital : en cas de suspicion de lésion de l’oreille (douleur, sifflement, vertiges), on stoppe net, on évite toute immersion et on consulte rapidement (ORL).

    Itacoatiara, un puissant beach break

    Itacoatiara est le beach break le plus violent au Brésil, une réputation qui a fait plusieurs fois le tour de la terre. D’ailleurs, il y a quelques semaines, une compétition de grosses vagues avaient eu lieu, où le surfeur français Clément Roseyro avait brillé. Cette fois, c’était une compétition de tubes, l’équivalent de notre Royal Barrique.

    Cette année, c’est le surfeur brésilien Lucas Chumbo, qui a gagné le O Tunel Crew Shootout Itacoatiara 2025.

  • Tragédie à Sydney : un surfeur tué par un requin sur la plage de Long Reef

    Tragédie à Sydney : un surfeur tué par un requin sur la plage de Long Reef

    Une attaque rarissime sur les Northern Beaches

    Sydney a été frappée par une tragédie ce samedi 6 septembre au matin. Un surfeur expérimenté, père de famille, a perdu la vie après avoir été attaqué par un requin à Long Reef Beach, près de Dee Why, sur les célèbres Northern Beaches.
    L’incident est survenu peu après 10h, alors que la plage était très fréquentée en raison d’une météo estivale.

    Selon la police locale, l’homme a été mordu à plusieurs reprises par un grand requin, probablement un requin blanc de grande taille. Son corps, retrouvé flottant dans les vagues, a été ramené au rivage par quatre ou cinq autres surfeurs présents à l’eau. Malgré des tentatives de réanimation, il est décédé sur place.

    Une scène choquante pour les témoins

    De nombreux témoins présents sur la plage décrivent une scène d’horreur.
    « J’étais assise avec mon café quand l’alarme anti-requin a retenti. Deux minutes plus tard, quatre ambulances arrivaient. Ils n’ont pas réussi à le sauver », a confié une habitante locale, Sophie Lumsden, au Daily Telegraph.

    La planche de surf de la victime a été retrouvé brisé en deux, signe de la violence de l’attaque. Le policier Stuart Thomson a confirmé que l’homme avait subi des « blessures fatales », ayant perdu plusieurs membres.

    Un drame familial

    L’identité du surfeur a été rapidement communiquée : il s’agissait d’un père de famille et surfeur expérimenté, habitué à la zone. Sa disparition, survenue à la veille de la fête des pères en Australie, a été décrite comme « particulièrement tragique » par les autorités.
    Sa famille, présente sur les lieux, a été submergée par l’émotion. Selon la presse locale, son frère s’est effondré et sa mère a dû être soutenue physiquement.

    Des plages fermées jusqu’à nouvel ordre

    À la suite de l’attaque, les autorités ont immédiatement fermé les plages entre Manly et Narrabeen, et lancé une opération en mer avec bateaux, jet-skis et hélicoptères pour tenter de localiser l’animal.
    Le Département des Industries Primaires (DPI) travaille désormais à identifier l’espèce responsable et à décider des mesures à prendre.

    Le maire des Northern Beaches, Sue Heins, a rappelé que de nouvelles technologies alternatives aux filets anti-requins étaient en cours d’expérimentation. Un sujet sensible en Australie, où les filets sont critiqués pour leur inefficacité et leur impact sur d’autres espèces marines.

    Un rappel des précédents drames à Sydney

    Cette attaque est la deuxième mortelle en trois ans dans la ville. En 2022, le plongeur Simon Nellist avait été tué par un grand requin blanc à Little Bay, une attaque qualifiée de « première depuis 1963 » dans la capitale du New South Wales.
    Bien que les attaques soient rares, leur impact émotionnel est immense dans une nation où le surf et la baignade font partie du quotidien.

    Un deuil pour toute la communauté surf

    Le drame de Long Reef résonne bien au-delà de Sydney. La communauté surf australienne, mais aussi internationale, a exprimé sa tristesse et son soutien à la famille de la victime.
    Pour les surfeurs, la présence des requins fait partie des risques connus, mais souvent refoulés. Comme le rappelait un témoin d’une attaque précédente à Cabarita Beach :
    « On sait qu’ils sont là. Mais voir un animal aussi énorme de si près reste extrêmement rare. »

    L’océan, magnifique, mais imprévisible, vient une nouvelle fois de rappeler sa puissance.

  • Noyade à Lacanau : un surfeur réanimé in extremis avant son transfert au CHU

    Noyade à Lacanau : un surfeur réanimé in extremis avant son transfert au CHU

    Un grave accident est survenu ce vendredi 5 septembre en fin de matinée sur la plage centrale de Lacanau. Vers 10h45, un homme d’une quarantaine d’années a été aperçu en grande difficulté dans les vagues par deux surfeurs présents à l’eau. Ces derniers ont réussi à le ramener sur le rivage alors qu’il était inconscient.

    Une réanimation sur la plage

    La victime, en arrêt cardiorespiratoire au moment de son extraction de l’eau, a immédiatement bénéficié des premiers gestes de secours. Un moniteur de surf, épaulé par le responsable du club de sauvetage côtier de Lacanau, a entamé un massage cardiaque. Un défibrillateur, apporté par un autre moniteur du Lacanau Surf Club, a également été utilisé dans les premières minutes cruciales.

    Rapidement, les sauveteurs CRS, les pompiers et l’équipe médicale du Samu, arrivée par l’hélicoptère Dragon 33 de la Sécurité civile posé directement sur la plage, ont pris le relais. Après plusieurs tentatives, un pouls a pu être rétabli. L’homme a ensuite été évacué vers le CHU de Bordeaux, dans un état grave.

    Des conditions de mer compliquées

    Cet accident dramatique s’est produit alors que l’océan présentait des conditions particulièrement piégeuses. Une houle avoisinant les 1,5 à 2 mètres combinée à la présence de forts courants de baïnes rendaient la baignade et la pratique du surf risquées ce vendredi matin.

    Les autorités locales rappellent régulièrement que les courants de baïnes, typiques de la côte aquitaine, représentent un danger même pour des pratiquants expérimentés.

    Un été jusque-là épargné

    Ce drame survient après deux mois d’été durant lesquels aucune noyade mortelle n’avait été recensée sur les plages girondines. Grâce au dispositif renforcé de surveillance — avec la présence de dizaines de sauveteurs CRS et des équipes communales — juillet et août avaient été marqués par une absence de tragédies liées à la baignade.

    Il est important de rappeler que les accidents de surf de type noyade sont rares chez les surfeurs. Nous espérons que son état va vite s’améliorer, courage à la famille

  • Seignosse face au “mini tsunami” de la houle Erin

    Seignosse face au “mini tsunami” de la houle Erin

    La scène a fait le tour des réseaux sociaux : à Seignosse, des plagistes en plein mois d’août ont été surpris par une montée d’eau soudaine, qui a balayé serviettes, glacières et parasols. Certains médias n’ont pas hésité à parler de “mini tsunami”. Et c’est précisément là que le bât blesse.

    Car non, ce n’était pas un tsunami. Et employer ce terme à tort et à travers est non seulement faux, mais aussi dangereux, car il entretient la confusion entre un phénomène naturel d’une ampleur dramatique et une simple (quoique puissante) vague.

    Pourquoi ce n’était pas un tsunami

    Un tsunami naît d’un séisme sous-marin, d’une coulée de terrain ou d’une éruption volcanique. Ce sont des vagues longues, puissantes, qui traversent des océans entiers et provoquent des catastrophes humaines. Rien à voir avec ce qui s’est produit sur la côte landaise.

    À Seignosse, il s’agissait simplement d’une série de vagues puissantes, issues de la houle cyclonique Erin. Des vagues avec une période longue (plus de 15 secondes), chargées d’énergie, arrivant par sets. Pour un surfeur, c’est classique. Pour un baigneur ou un vacancier distrait, c’est une surprise brutale.

    Employer le mot tsunami pour ce type d’événement, c’est un raccourci sensationnaliste qui brouille la compréhension du public.

    Ce qui s’est passé sur la plage

    La houle Erin, née dans l’Atlantique, a frappé l’Europe fin août. Avec des coefficients de marées importants, les vagues ont eu tendance à remonter plus haut que d’habitude sur la plage.

    Résultat : alors que tout semblait calme, une série de vagues plus grosses a surpris les plagistes installés trop près du rivage. En quelques secondes, l’eau a recouvert une large zone de sable, transformant une après-midi tranquille en scène de panique improvisée.

    Des vidéos montrent des familles courant avec enfants et serviettes sous le bras, d’autres observant, médusés, les vagues récupérer leur pique-nique.

    L’océan rappelle ses règles

    Cet épisode n’a rien d’exceptionnel pour les surfeurs. C’est un phénomène bien connu qu’on retrouve sur de nombreuses plages de sable.

    Ce qui choque, ce n’est pas tant la vague elle-même que l’absence de culture océanique. Beaucoup de gens ignorent que la mer peut changer de visage en quelques minutes, qu’une série plus grosse arrive toujours, et qu’il ne faut jamais s’installer trop près de l’eau, surtout lors de fortes houles.

    Un rappel de prévention

    Les sauveteurs l’ont rappelé : avec la houle Erin, la mer transporte beaucoup d’eau, les courants sont puissants, et le risque de se faire emporter est réel.

    Quelques conseils simples :

    • Ne pas s’installer juste proche de l’eau.
    • Toujours écouter les maîtres-nageurs sauveteurs.
    • Surveiller la marée, particulièrement lors des grandes marées.
    • ne jamais tourner le dos à l’océan dans ces conditions.
    • Comprendre que la mer est vivante, imprévisible, et qu’elle mérite respect.

    Pendant ce temps-là, des vagues d’anthologie

    Ironie de l’histoire : alors que les plagistes paniquaient à Seignosse, les surfeurs profitaient de conditions exceptionnelles partout en Europe. Hossegor, Mundaka, l’Irlande, le Portugal… la houle Erin a offert des vagues d’anthologie.

    Deux mondes, deux réalités face à une même houle : pour les uns, une journée gâchée et une peur bleue ; pour les autres, le souvenir d’un swell historique.

    Pour conclure

    Appeler “mini tsunami” une vague plus grosse que les autres, amplifiées par un phénomène de marée, est faux.

    La scène de Seignosse n’était pas un cataclysme, mais un rappel : l’océan est puissant, imprévisible et demande du respect. Aux surfeurs, il a offert un festin. Aux plagistes imprudents, une bonne leçon.

  • Houle Erin : des vagues exceptionnelles en plein mois d’août

    Houle Erin : des vagues exceptionnelles en plein mois d’août

    Aujourd’hui, j’ai pris ma caméra pour filmer cette houle Erin dont tous les médias parlent comme d’un phénomène « historique ». On a lu partout « houle cyclonique », « océan en furie », comme si l’Apocalypse allait balayer nos côtes.

    La réalité ? Oui, les vagues étaient impressionnantes, mais surtout pour un mois d’août. Surfer Mullaghmore en Irlande en 3/2 mm, c’est rare. Des monstres ont frappé Nazaré, mais là encore, rien de surprenant pour ce spot hors norme. En France, les journalistes et les curieux se sont rués vers Belharra, à la recherche d’un spectacle inédit. Sauf que la vague basque a cassé de manière sporadique, mal orientée, trop petite pour entrer dans l’histoire. Quelques riders ont profité d’une session de foil et se sont sûrement régalés, mais rien de la déferlante apocalyptique promise par certains gros titres.

    Un mois d’août hors normes

    Ce qui rend Erin remarquable, c’est moins la taille des vagues que leur saisonnalité. Voir des lignes à 4 mètres passer sur un reef du Pays basque en plein été, avec un plan d’eau glassy, reste une anomalie météo rare. La session a attiré une foule inhabituelle, preuve que l’appel de la houle n’épargne pas les vacances estivales.

    Une scène de solidarité marquante

    Mais au-delà des vagues, c’est une scène de solidarité qui restera gravée. Alors que je pliais mon matériel, juste après avoir filmé Edouard Delpero, je l’ai vu replonger à l’eau, sans comprendre pourquoi. Quelques instants plus tard, j’aperçois un groupe de cinq ou six surfeurs ramenant un rider en difficulté.

    De loin, j’entends : « Appelez les pompiers ! ». Puis, un mot glaçant résonne : « fémorale ». Pour ceux qui ne le savent pas, une blessure à l’artère fémorale entraîne une hémorragie massive, souvent mortelle en quelques minutes. L’inquiétude monte, mais la chaîne de solidarité s’active aussitôt.

    Les surfeurs s’organisent, d’autres accourent, la police municipale arrive, des ciseaux sont demandés pour découper la combinaison et vérifier la blessure. Finalement, l’artère n’est pas touchée. Le surfeur est pris en charge par les secours, rapidement arrivés sur place.

    Plus qu’un sport, une communauté

    De cette matinée, je retiens moins la violence des vagues que la force de la communauté. Personne ne s’est posé de question : tous ont agi ensemble pour sauver un surfeur en détresse.

    Ce n’est pas de l’inconscience, ce n’est pas une question de niveau ou de taille de vagues. Cet accident aurait pu arriver n’importe où, même dans de petites conditions. Mais ce qui compte, c’est la preuve que dans l’océan, la solidarité l’emporte toujours.

    Alors, au nom de tous ceux qui aiment la mer, un immense bravo et merci à ces surfeurs anonymes. 🙌

    Le WQS Pantin durant la houle Erin

    La houle cyclonique Erin s’est invitée sur le WQS de Pantin, en Galice. Des vagues massives dépassant les 8 pieds ont transformé la compétition en véritable défi. Certains surfeurs ont brillé par leur engagement, d’autres ont subi la puissance de l’océan : planches brisées, leashs cassés, et même des séries entières sans pouvoir prendre une seule vague. Un scénario extrême, mais qui a offert un spectacle à la hauteur de la réputation de Pantin.

    Les meilleures sessions de la houle Erin

    mise à jour vendredi 29 Aout 2025

    Cette houle a offert des images incroyables aux quatre coins de l’Atlantique Nord, et plusieurs surfeurs de renom ont partagé leurs sessions.

    Hossegor vs Mundaka : le choix de Pierre Rollet

    Le big wave rider basque Pierre Rollet s’est retrouvé face à un dilemme : Mundaka ou Hossegor ? Finalement, comme beaucoup de surfeurs français, il a opté pour les bancs landais. Sa vidéo en témoigne : des vagues puissantes, parfaitement sculptées par un vent offshore discret, un Hossegor de gala en plein mois d’août.

    Mullaghmore en 3/2 mm : du jamais vu

    Si l’Irlande est connue pour ses vagues glaciales et ses surfeurs en combinaison épaisse, la houle Erin a offert une scène inédite : surfer Mullaghmore en 3/2 mm, en plein été. Des monstres liquides ont frappé le reef, une rareté climatique et une anomalie qui restera dans les mémoires.

    Nazaré, l’incontournable

    Impossible d’évoquer un swell de cette ampleur sans parler de Nazaré. Des montagnes d’eau ont encore frappé la Praia do Norte. Mais, comme souvent, le géant portugais a montré son visage habituel : spectaculaire, massif, mais presque devenu « normal » pour les habitués des lieux.

    Belharra, un spectacle inabouti

    Beaucoup espéraient voir Belharra s’embraser. Les médias s’y sont rués, les curieux aussi. Mais la vague basque n’a pas vraiment tenu ses promesses : trop petite, trop irrégulière, trop mal orientée. Quelques surfeurs ont pu en profiter en foil, mais l’épisode restera plus comme une curiosité estivale qu’une session de légende.

    Et même au Canada…

    Preuve de l’ampleur de cette houle, le Canada a lui aussi profité de belles vagues. Des images impressionnantes circulent déjà, rappelant que l’Atlantique Nord est vaste et que la houle Erin a touché bien plus que l’Europe.

  • Houle cyclonique et plages fermées : quand le buzz remplace la réalité

    Houle cyclonique et plages fermées : quand le buzz remplace la réalité

    Mardi 26 août 2025, 17 heures. Les bouées du large affichent des relevés impressionnants pour la saison, mais rien qui ressemble à l’apocalypse annoncée. Pourtant, depuis plusieurs jours, l’expression « houle cyclonique » a envahi les réseaux sociaux, les sites d’info et les conversations de comptoir. Résultat : arrêtés préfectoraux, fermetures de plages et interdiction de surfer. Un scénario qui interroge : assiste-t-on à un vrai épisode océanique hors norme… ou à un emballement médiatique parfaitement orchestré ?

    Une houle rare pour août, mais pas la fin du monde

    Soyons clairs : voir une houle de 3 à 5 mètres avec une période de 20 secondes en plein mois d’août, ce n’est pas banal. Habituellement, ces conditions sont réservées à l’automne et à l’hiver. C’est donc surtout la saisonnalité qui rend l’épisode remarquable.

    En revanche, sur le plan purement océanographique, ce n’est pas la « houle du siècle ». Les Landes et la côte basque ont déjà encaissé des tempêtes hivernales autrement plus musclées. On est loin des swells Hercules, Petra ou Ruth qui avaient enregistré des vagues supérieures à 12 mètres.

    Là où la houle actuelle se distingue vraiment, c’est sur sa période, comprise entre 17 et 22 secondes. Une donnée rare sur nos côtes, qui traduit une énergie bien supérieure à celle des houles estivales habituelles. Assez pour attirer l’attention des big wave riders, mais pas de quoi fermer toutes les plages au cordeau.

    Les arrêtés en cascade : sécurité ou communication ?

    Face à ces prévisions, plusieurs mairies et la préfecture ont dégainé une série d’arrêtés : plages fermées, baignade interdite, surf prohibé. La Grande Plage de Biarritz, l’Estacade de Capbreton, certains secteurs d’Hossegor et Seignosse : tout y est passé.

    Officiellement, il s’agit d’éviter les accidents et d’alléger la tâche des sauveteurs. En pratique, difficile de ne pas y voir une réaction disproportionnée, nourrie par le battage médiatique autour de cette fameuse “houle cyclonique”. Un mot savamment choisi, qui sonne presque comme une bande-annonce hollywoodienne.

    Surfeurs et locaux en colère contre une société de l’interdit

    Dans la communauté surf, la pilule a du mal à passer. « Même en hiver, avec des houles bien plus grosses, on n’a jamais interdit aux surfeurs expérimentés d’aller à l’eau », rappelle Guillaume Barucq. Pour lui, on glisse doucement vers une « société de l’interdiction », où l’on infantilise les pratiquants au nom d’un principe de précaution hypertrophié.

    L’argument revient souvent : mettre sur le même plan un surfeur aguerri, équipé et préparé, et un touriste imprudent qui se jette dans les vagues au mois d’août n’a aucun sens. D’où la frustration d’une partie de la population locale, qui vit cette interdiction comme une déresponsabilisation forcée.

    Le principe de précaution, bouclier des élus

    Les défenseurs des mesures rappellent que les arrêtés visent aussi à protéger les secouristes. « On leur demande de ne pas aller se mettre en danger pour sauver des gens inconscients », explique un internaute. Mais d’autres répliquent : « Les sauveteurs sont des pros, ils n’interviennent que si c’est possible. »

    En toile de fond, un climat de judiciarisation croissante. Dans un monde où chaque accident peut se transformer en affaire politico-médiatique, les élus préfèrent interdire par excès plutôt que d’avoir à justifier une absence d’action.

    Entre fascination et déception

    Pendant que les arrêtés s’empilent, certains big wave riders se frottent les mains. À Hossegor, des groupes se préparent à sortir les jet-skis. Pour eux, cette houle d’août a des allures de cadeau anticipé.

    Pour les spectateurs aussi, l’attente est forte : beaucoup espéraient des images spectaculaires depuis la plage des Culs Nuls ou des Estagnots. Mais l’excitation a parfois laissé place à une légère déception : la houle, bien réelle, n’a pas totalement tenu les promesses du battage médiatique.

    Oui, cette houle d’août restera atypique, avec sa période longue et sa puissance rare pour la saison. Mais non, ce n’était pas « la houle du siècle ».

    Au final, le buzz médiatique a sans doute pesé autant que la météo dans les décisions d’interdiction. Entre principe de précaution, peur du procès et emballement journalistique, l’océan a été réduit à un risque zéro.

    Reste une question en suspens : veut-on vraiment transformer chaque vague en alerte nationale, ou accepter que l’océan reste un espace de liberté… et de responsabilité individuelle ?

  • Lucas Chianca repousse les limites du surf de grosses vagues au Brésil

    Lucas Chianca repousse les limites du surf de grosses vagues au Brésil

    Quand on pense au surf de grosses vagues, le Brésil n’est pas forcément le premier pays qui vient en tête. Nazaré au Portugal, Jaws à Hawaï, Mavericks en Californie… Ces noms résonnent immédiatement dans l’imaginaire collectif. Pourtant, c’est bien au sud du Brésil, à Laje da Jaguaruna, dans l’État de Santa Catarina, que Lucas “Chumbo” Chianca vient de marquer l’histoire avec une vague mesurée à 14,82 mètres (48 pieds), la plus grosse jamais surfée dans le pays.

    Une mission express à travers le Brésil

    Ce record, Chumbo ne l’a pas arraché par hasard. Comme souvent dans le surf de grosses vagues, tout s’est joué dans une course contre la montre. Alors qu’il se trouvait à Barra Grande, dans l’État de Bahia, à plus de 1 300 kilomètres de Rio, Lucas reçoit l’alerte : une houle historique se prépare au sud du pays. Sans hésiter, il saute dans un véhicule, traverse une bonne partie du Brésil, prend un vol depuis Rio et file vers Santa Catarina.

    En l’espace de 24 heures, il se retrouve sur le spot mythique de Jaguaruna, déjà surnommé par certains le “Nazaré brésilien”. Et cette fois, toutes les conditions étaient réunies.

    Laje da Jaguaruna, un monstre brésilien

    Ce spot méconnu du grand public est pourtant l’un des rares du pays capables de produire de telles montagnes liquides. Situé au large, il aligne des murs d’eau d’une puissance impressionnante, mais les bonnes conditions sont rares. Ce 20 août 2025, elles étaient parfaites : une houle longue, propre, avec une énergie hors du commun.

    Lucas Chianca raconte :

    “J’ai eu l’honneur de surfer la plus grosse vague jamais enregistrée au Brésil, 14,82 mètres à Laje da Jaguaruna. C’était une mission incroyable, avec une équipe au top et une énergie vraiment unique. Une journée que je n’oublierai jamais.”

    Un exploit qui change la donne

    Pour Chumbo, habitué aux XXL de Nazaré ou de Jaws, cette vague n’est peut-être pas la plus haute de sa carrière. Mais symboliquement, elle est énorme. Car le Brésil n’a jamais été considéré comme une destination majeure de big wave surfing. Avec ce record, le pays entre désormais dans la carte mondiale du surf extrême.

    Il faut rappeler que le Brésil a déjà produit une génération de surfeurs de grosses vagues : Maya Gabeira, détentrice du record féminin mondial, Rodrigo Koxa, qui a surfé la plus grosse vague jamais mesurée (24,38 mètres à Nazaré), ou encore Pedro Scooby. Mais la plupart de leurs exploits se sont réalisés à l’étranger. Cette fois, c’est sur les terres brésiliennes qu’un chapitre s’écrit.

    Le symbole d’une “Brazilian Storm XXL”

    Depuis une quinzaine d’années, la “Brazilian Storm” a révolutionné le surf mondial en compétition, avec des champions comme Gabriel Medina, Italo Ferreira, Filipe Toledo ou Tatiana Weston-Webb. Lucas Chianca incarne la même énergie, mais dans l’univers des grosses vagues. Et ce ride record à Jaguaruna montre que la tempête brésilienne souffle aussi sur les big waves.

    Au-delà de la performance, Chumbo a mis en lumière tout un collectif de surfeurs et de sauveteurs qui œuvrent pour développer la pratique dans le pays. Son équipe de jet-skis, les locaux de “Jagua”, et toute l’organisation en sécurité étaient essentiels pour rendre possible une telle session.

    Une fierté nationale

    Dans un Brésil passionné de surf, ce record va résonner comme une fierté. Voir l’un des leurs dompter une vague de près de 15 mètres à domicile, dans une atmosphère quasi mystique, donne de nouvelles perspectives à la scène locale. Jaguaruna pourrait bien attirer de plus en plus l’attention internationale dans les années à venir.

    Pour Lucas “Chumbo” Chianca, c’est une nouvelle ligne dans un palmarès déjà impressionnant, mais surtout un moment d’émotion pure :

    “Immense gratitude envers mon équipe et tous ceux qui ont rendu cette journée possible. Le Brésil a des vagues incroyables, et aujourd’hui on l’a prouvé au monde entier.”

  • Incident spectaculaire à Waikiki : un bateau échoué dans les vagues

    Incident spectaculaire à Waikiki : un bateau échoué dans les vagues

    Un swell XXL traverse le Pacifique

    Début août 2025, la planète surf a eu droit à un spectacle hors norme. Un swell massif, le même qui a frappé Teahupo’o juste avant la compétition WSL, a parcouru des milliers de kilomètres à travers le Pacifique. Ces trains de houle, générés par de puissantes dépressions au large, se propagent comme des vagues de fond, venant s’écraser des jours plus tard sur des rivages parfois très éloignés.
    À Hawaï, ce fut le cas sur la côte sud d’Oahu, notamment à Waikiki et Kewalos, spot réputé pour ses vagues accessibles… mais qui s’est transformé, le temps d’une journée, en un véritable champ de mines.

    Le chaos à Kewalos : un bateau en plein line-up

    Alors que les surfeurs se jetaient dans l’eau pour profiter des conditions XXL, une scène improbable s’est déroulée sous leurs yeux. Un bateau de 75 pieds, appartenant à la compagnie Atlantis Cruises, a tenté de franchir la passe du port de Kewalos.
    Malheureusement à cause de la forte houle, l’embarcation s’est retrouvée embarquer par une grosse vague… jusqu’à littéralement traverser le line-up. Certains témoins affirment qu’à un moment donné, le bateau a presque “posé un floater”, comme un surfeur sur une planche d’acier. Une image surréaliste, qui aurait pu tourner au drame si des surfeurs s’étaient trouvés sur sa trajectoire.

    Un échouage sans blessés, mais inquiétant

    Finalement, le bateau a fini sa course en s’échouant sur le récif de Kewalos.
    Heureusement, aucun passager ne se trouvait à bord : seuls deux membres d’équipage expérimentés, indemnes, tentaient de manœuvrer le navire. Atlantis Adventures a précisé qu’aucune fuite de carburant ni de pollution n’avait été constatée, et qu’ils travaillaient avec les autorités pour retirer le bateau sans endommager davantage le récif.
    Mais au-delà de la peur rétrospective, l’incident soulève la question de la fragilité de ces zones coralliennes. Déjà mises à mal par la fréquentation humaine et le réchauffement climatique, elles se retrouvent ici menacées par un accident évitable.

    Quand la règle du surf s’applique aussi aux bateaux

    Les surfeurs connaissent l’adage : “When in doubt, don’t go out” – si tu doutes, n’y va pas. Une maxime qui s’est révélée universelle : elle vaut aussi pour les capitaines de bateaux.
    Dans ce cas précis, la décision de tenter de franchir la passe malgré la houle s’est soldée par un échouage spectaculaire, heureusement sans conséquences humaines.
    Mais l’incident rappelle une évidence : face à la puissance de l’océan, la prudence n’est jamais de trop. Le swell qui relie Tahiti à Hawaï nous rappelle que la houle n’a pas de frontières, et qu’en mer comme au line-up, il vaut mieux parfois attendre que le calme revienne.

  • Le swell cyclonique Erin : premières vagues XXL en vue sur l’Atlantique

    Le swell cyclonique Erin : premières vagues XXL en vue sur l’Atlantique

    Mise à jour du dimanche 24 août : Erin, l’ouragan qui enflamme l’Atlantique sans battre tous les records

    Erin a bien tenu ses promesses en devenant le premier ouragan majeur de la saison 2025, atteignant même la catégorie 5. Mais contrairement à certaines prévisions surréalistes, la tempête n’a pas généré de vagues de 100 pieds sur la côte Est américaine. La réalité est plus nuancée : de grosses conditions, parfois extrêmes, mais loin des exagérations. Et désormais, c’est au tour de l’Europe et de la France de guetter l’arrivée de la houle.

    Erin atteint la catégorie 5

    Né au large du Cap-Vert, Erin a parcouru l’Atlantique jusqu’aux Caraïbes avant de remonter vers le nord. Les conditions étaient “quasi parfaites” selon Alex DaSilva, expert d’AccuWeather : eaux chaudes, atmosphère stable et trajectoire dégagée ont permis au système de s’intensifier jusqu’au stade d’ouragan catégorie 5, le maximum de l’échelle Saffir-Simpson.

    Heureusement, Erin est resté loin des terres, à plusieurs centaines de kilomètres de la côte Est des États-Unis. Les conséquences ont surtout été des vagues puissantes, des courants dangereux et des conditions tempétueuses sur les plages, de la Floride au Canada atlantique.

    Pas de “100 pieds” sur la côte Est

    Ces derniers jours, certains modèles avaient annoncé des vagues pouvant dépasser les 100 pieds (plus de 30 mètres) – un chiffre qui a immédiatement fait le buzz. Dans les faits, ces estimations concernaient uniquement les zones proches de l’œil du cyclone, loin des zones surfables.

    Les observations réelles montrent bien des vagues impressionnantes pour la saison, mais rien d’inédit par rapport aux grands swells cycloniques de l’Atlantique. Des sets de 20 à 25 pieds (6 à 8 mètres) ont été relevés sur certains secteurs, mais la fameuse barre des 100 pieds ne concerne pas nos spots.

    En résumé : Erin a été un ouragan majeur et dangereux, mais il n’a pas battu tous les records.

    La suite : l’Europe dans la ligne de mire

    D’après Surfline et Windguru, Erin va poursuivre sa route vers le nord-est et se transformer en cyclone extratropical puissant dans l’Atlantique Nord. Résultat : une houle longue période va se propager jusqu’en Europe.

    • Premières lignes en France : lundi soir sur la façade atlantique.
    • Pic attendu mardi soir : vagues massives, entre 3 et 4 mètres sur la côte landaise et girondine, potentiellement plus sur certaines plages exposées.
    • Orientation très ouest : ce qui favorise les spots landais et girondins, avec des lignes consistantes mais parfois fermantes sur les beach breaks.
    • Vent prévu : faible onshore sur la majorité des spots mardi et mercredi. Une fenêtre prometteuse mercredi matin pourrait offrir quelques belles sessions avant que les conditions ne se dégradent à nouveau.

    Un swell pour surfeurs aguerris

    Avec une telle taille et une telle puissance, les conditions annoncées en France ne sont clairement pas pour tout le monde.

    • Les beach breaks risquent d’être submergés par des murs d’eau rapides ou plutôt qui ferment, et difficiles à surfer.
    • Les reefs et points plus abrités pourraient au contraire proposer des vagues de qualité.
    • Les courants, le shorebreak et la vitesse des vagues imposeront une vigilance maximale.

    Le double visage d’Erin

    Erin illustre une fois de plus la dualité des houles cycloniques : d’un côté, des surfeurs galvanisés à l’idée de scorer une session hors norme en plein mois d’août ; de l’autre, des conditions dangereuses pour les baigneurs, les plaisanciers et même certains riders trop téméraires.

    L’ouragan a marqué l’histoire par son intensité (catégorie 5), mais restera peut-être davantage comme un swell consistant et solide, sans basculer dans l’extravagance annoncée par certains.

    La mise à jour du dimanche 24 août remet les pendules à l’heure : Erin a atteint un stade exceptionnel au large de l’Atlantique, mais sans livrer les “100 pieds” promis. Pour les surfeurs européens, le rendez-vous est pris dès mardi, avec deux jours de vagues puissantes sur la côte française.
    Entre excitation et prudence, la saison cyclonique 2025 est désormais bel et bien lancée.

    La saison cyclonique 2025 démarre fort : Erin, désormais classé ouragan, sème déjà l’excitation dans la communauté surf. Sur les modèles météo, la tempête promet une houle impressionnante, avec des périodes dépassant les 22 secondes et même, selon certains scientifiques, des vagues de plus de 100 pieds au large du centre. Mais avant de waxer les planches, rappelons-le : on parle de prévisions à long terme, et un cyclone reste un phénomène capricieux.

    Erin, le premier ouragan de la saison

    Né à l’ouest des îles du Cap-Vert, Erin a débuté son parcours comme une simple dépression tropicale. Rapidement, le système s’est organisé pour devenir tempête, puis ouragan de catégorie 1. Sa trajectoire actuelle le mène vers les Caraïbes, avec un recourbement attendu au nord-est au large de la côte Est américaine la semaine prochaine.

    Les conditions océaniques et atmosphériques sont favorables : températures élevées de l’eau, faible cisaillement du vent et environnement propice à son intensification. De nombreux modèles s’accordent pour prédire qu’Erin atteindra au moins la catégorie 2, voire la catégorie 3, ce qui en ferait un premier cyclone majeur pour l’Atlantique en 2025.

    Des prévisions longues… et incertaines

    Si les projections météo sont enthousiasmantes pour les surfeurs, il faut aussi garder les pieds (et la planche) sur terre : un swell cyclonique est par nature imprévisible.
    Il suffit qu’Erin infléchisse sa route — que ce soit vers le nord, le sud, ou en se désorganisant — pour que la houle prévue ne touche jamais nos côtes.

    Les différents modèles montrent d’ailleurs une dispersion importante à long terme : un signe clair que le scénario idéal pour le surf est loin d’être garanti. Les prévisions fiables ne se feront que quelques jours avant l’arrivée effective du swell.

    Une houle hors norme annoncée

    Ce qui interpelle déjà sur Erin, ce sont les données brutes des premières cartes de prévisions.
    En suivant Windguru et d’autres modèles, on observe une longueur de houle inédite, avec une période annoncée de plus de 22 secondes. Pour situer :

    • Un swell de 10 à 12 secondes est déjà solide sur la plupart des spots.
    • Au-delà de 18 secondes, les vagues arrivent avec une puissance et une vitesse impressionnantes.
    • À 22 secondes, on parle d’une période de vague exceptionnelle. Rappelons qu’on considère une houle longue à partir de 10 secondes d’intervalle, alors 22 secondes, on est sur une autre planète

    Qui pourrait profiter de la houle d’Erin

    Si le scénario optimiste se confirme, l’ordre d’arrivée des vagues pourrait être :

    1. Caraïbes orientales – Spots comme Barbados ou la Martinique pourraient recevoir les premières lignes dès le lendemain.
    2. Côte Est des États-Unis – De la Floride à New York, avec un pic attendu entre le début et le milieu de semaine prochaine selon la trajectoire.
    3. Europe – Si Erin recourbe suffisamment tôt vers le nord-est, il est possible que l’Atlantique Nord envoie un “rebound swell” vers l’Irlande, le Pays basque ou le Portugal en fin de mois.

    Mais encore une fois : cette projection reste hypothétique et dépendra de la capacité du cyclone à rester en mer, loin des terres.

    Le débat des “100 pieds”

    Les projections autour d’Erin ont même déclenché une petite polémique scientifique.
    Jean-Raymond Bidlot, chercheur au Centre Européen pour les Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (ECMWF), avance que les modèles indiquent des vagues significatives de plus de 50 pieds, et même des vagues isolées dépassant 100 pieds au cœur du système.
    Un chiffre qui frappe les esprits, mais qu’il faut replacer dans son contexte : ces monstres d’eau n’atteindront évidemment pas New Jersey ou la Floride, ils concernent la zone la plus proche de l’œil du cyclone.

    De son côté, Alex DaSilva, expert ouragans chez AccuWeather, tempère : 100 pieds ne seraient envisageables qu’avec un Erin en catégorie 4 ou 5. Plus réaliste selon lui : des vagues de 50 à 75 pieds au centre, si Erin atteint la catégorie 3.
    Ce contraste illustre bien la nature des prévisions cycloniques : entre fantasmes et prudence, la vérité se situe souvent quelque part au milieu.

    Les précédents : Bill 2009, Larry 2021…

    Les swells cycloniques qui restent offshore sont souvent les plus généreux. Larry en 2021 ou Bill en 2009 ont offert plusieurs jours de vagues parfaites sur la côte Est américaine et jusqu’en Europe.
    À l’inverse, Floyd en 1999, passé près des côtes, n’avait offert que quelques heures de bonnes conditions avant que tout tombe à plat, balayé par le vent.

    L’idéal pour les surfeurs : un cyclone qui trace loin au large, générant une houle constante et propre.

    Beach breaks et vagues fermées

    Avec une telle période, les surfeurs de beach breaks en France devront s’attendre à de longues lignes droites, des bons closiers comme on aime dire. Les points breaks et reefs profonds seront plus à même de canaliser cette puissance pour offrir des vagues surfables.
    Un swell avec une période aussi longue est un vrai cauchemar pour les surfeurs, car on peut voir des vagues parfaites, des grandes lignes sur un beau plan d’eau, mais avec des vagues qui ferment sur des kilomètres.

    NOAA alerte sur les dangers

    Au-delà du surf, les autorités rappellent les risques. La NOAA a publié un communiqué :
    “Les houles générées par Erin commenceront à affecter les îles du nord des Caraïbes, les îles Vierges et Porto Rico dès ce week-end, et devraient s’étendre à l’Atlantique occidental la semaine prochaine. Ces houles sont susceptibles de provoquer des conditions de surf et de courants dangereux pouvant mettre la vie en danger.”

    Un rappel essentiel : les houles cycloniques ne sont pas un terrain de jeu. Elles entraînent de puissants courants de baïnes, des shorebreaks destructeurs et des séries imprévisibles. Chaque année, des accidents surviennent parmi ceux qui surestiment leurs capacités ou ignorent les avertissements.

    Le double visage des ouragans

    C’est là toute l’ambiguïté des swells cycloniques. D’un côté, ils excitent les surfeurs, brisant la monotonie estivale avec des sessions mémorables, parfois historiques. De l’autre, ils menacent les côtes, les populations et les infrastructures.
    Comme le résumait un surfeur à propos d’Hurricane Floyd en 1999 : “Un jour parfait, le lendemain, plus rien.”
    Avec Erin, tout reste possible : un swell d’anthologie si le système reste offshore, ou des dégâts humains et matériels si la trajectoire change.

    Erin vient tout juste de débuter son voyage à travers l’Atlantique, et déjà les regards sont tournés vers lui. Premières houles ce week-end dans les Caraïbes, possible bombe surf sur la côte Est américaine, et peut-être un cadeau de fin d’été pour l’Europe.
    Mais gardons en tête la nature imprévisible de ces phénomènes : un simple changement de trajectoire, et toutes ces projections s’évanouissent.

    Alors, entre excitation et vigilance, une seule certitude : Erin marque un début de saison cyclonique qui ne laissera personne indifférent.

  • Teahupo’o 2025 : Picklum et Robinson sacrés… mais la polémique enfle

    Teahupo’o 2025 : Picklum et Robinson sacrés… mais la polémique enfle

    TEAHUPO’O (Tahiti) – L’édition 2025 du Lexus Tahiti Pro Presented by I-SEA a offert un spectacle incroyable dans des tubes massifs de 2 à 2,5 m, sacrant l’Australienne Molly Picklum et son compatriote Jack Robinson. Mais derrière les sourires des vainqueurs, la compétition a aussi été marquée par de vives critiques sur l’arbitrage.

    Picklum et Robinson en patron

    Chez les femmes, Molly Picklum a dominé la finale face à la championne du monde en titre Caity Simmers (17,26 à 4,94), signant sa première victoire à Tahiti et consolidant sa place de n°1 mondiale avant les WSL Finals à Fidji. « C’est là que les rêves deviennent réalité », a-t-elle déclaré, rayonnante sur le podium.

    Côté hommes, Jack Robinson a créé la sensation. Obligé de gagner pour se qualifier dans le Final 5, il a enchaîné les tubes parfaits jusqu’en finale, où il a battu Griffin Colapinto (16,90 à 13,67). Robinson rejoint ainsi l’élite des multi-vainqueurs à Teahupo’o, aux côtés d’Andy Irons et Kelly Slater.

    Les Final 5 sont désormais connus :

    • Hommes : Yago Dora, Jordy Smith, Griffin Colapinto, Jack Robinson, Italo Ferreira
    • Femmes : Molly Picklum, Gabriela Bryan, Caity Simmers, Tyler Wright, Caroline Marks

    Les titres de Rookie of the Year reviennent à Erin Brooks (CAN) et Marco Mignot (FRA).

    Marco Mignot, héritier d’une tradition française

    Parmi les autres belles histoires de cette édition, le Français Marco Mignot décroche le titre de Rookie of the Year 2025. Une performance qui rappelle celle de Jérémy Florès, sacré meilleur débutant en 2007 avant de devenir l’un des visages du surf français sur le Tour.

    Mignot, installé dans le Top 16 pour sa première année, a prouvé qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs sur les vagues les plus exigeantes du monde. À seulement 24 ans, il s’inscrit déjà dans la lignée des Français capables de marquer l’histoire du surf pro.

    La série qui a tout déclenché

    Dès le Round of 16, la série Griffin Colapinto vs João Chianca (15.00 – 14.97) a fait grincer des dents.
    Chianca, éliminé pour trois centièmes, a parlé d’une « blague » sur Instagram, tout en respectant la WSL. Gabriel Medina a enfoncé le clou en appelant à « plus d’unité entre les surfeurs ». Plusieurs pros, dont Lucas Chumbo et Caio Ibelli, ont affiché leur soutien.

    Le point de discorde : une vague de Griffin notée 7,23, jugée par beaucoup inférieure à celle de Chianca.

    Et puis… l’affaire Kauli Vaast

    En quart de finale, le Tahitien Kauli Vaast affrontait Crosby Colapinto, frère de Griffin.
    Une vague notée 7,87 pour Vaast – selon beaucoup, la meilleure de la série – n’a pourtant pas été considérée comme le meilleur score. Les juges ont attribué la note décisive à Crosby sur sa dernière vague, jugée par certains moins impressionnante.

    De quoi relancer un vieux débat : l’avantage du frontside à Teahupo’o est-il surcompensé quand on juge un surfeur backside ?

    Entre gloire et frustration

    Si Picklum et Robinson célèbrent leur triomphe, ces polémiques sur l’arbitrage viennent rappeler que le surf pro reste un sport jugé… donc sujet aux débats passionnés. Et à quelques semaines des WSL Finals à Cloudbreak, la tension ne risque pas de retomber.

    Résultats officiels

    Finale femmes
    1 – Molly Picklum (AUS) 17,26
    2 – Caity Simmers (USA) 4,94

    Finale hommes
    1 – Jack Robinson (AUS) 16,90
    2 – Griffin Colapinto (USA) 13,67

  • Lakey Peterson victime d’un incident choquant à Lower Trestles

    Lakey Peterson victime d’un incident choquant à Lower Trestles

    Une session qui vire à l’incident

    Lakey Peterson, ancienne n°2 mondiale et l’une des surfeuses les plus respectées du circuit, a vécu une scène improbable à Lower Trestles, spot mythique de San Clemente (Californie). Dans une récente vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, on voit l’Américaine de 30 ans surfer une droite tranquille, avant qu’un surfeur tente de lui braquer la vague, puis dans un geste désespéré, il tente de faire tomber la surfeuse, en voulant la pousser ou lui accrocher le leash.
    Un geste totalement incompréhensible, immortalisé par la caméra et qui a rapidement déclenché une avalanche de réactions outre atlantique.

    Une manœuvre dangereuse et… incompréhensible

    Les images montrent Lakey, fluide et engagée, en train de dérouler sur sa planche Channel Islands, parfaitement adaptée aux petites vagues du jour. Soudain, un surfeur qui semblait vouloir la “braquerr” (prendre sa vague) saute dans l’eau à quelques centimètres d’elle.
    Résultat : frayeur immédiate, mais plus de peur que de mal. Lakey ne chute pas et ne subit aucune blessure. “Je ne peux pas croire qu’il ait vraiment fait ça”, réagit-elle dans les commentaires.

    Les réseaux s’enflamment, comme d’habitude

    La vidéo, partagée sur YouTube, a rapidement suscité un flot de messages de soutien.
    « Je pensais que l’image était photoshopée, je n’arrive pas à croire qu’il ait vraiment fait ça », écrit un abonné.
    « Rien de pire qu’un type qui essaie de te griller la priorité et qui, en plus, tombe à l’eau », ironise un autre.
    Plusieurs internautes avancent que l’homme pourrait être un militaire de la base voisine de Camp Pendleton, un lieu d’où proviennent régulièrement des surfeurs sur les spots alentours.

    La question du respect à l’eau

    Cet incident relance un débat récurrent dans le surf durant l’été : celui du respect et des règles de priorité. En surf, le rider le plus proche du pic (point de déferlement) a la priorité sur la vague. Ignorer cette règle peut provoquer des collisions dangereuses.
    Ici, le geste semble aller au-delà d’une simple erreur, puisque le surfeur saute volontairement sur Lakey pour la faire chuter.
    Bien évidemment, sur internet, les polémiques s’enchainent avec des commentaires du style « Lakey s’est retrouvée face à un comportement machiste, une “manifestation de patriarcat”. Moi je n’y vois rien de plus qu’un surfeur frustré. La scène illustre aussi la réalité de certains line-ups surpeuplés, où la tension peut monter rapidement.

    Un rappel nécessaire

    Si l’histoire fait sourire certains par son côté absurde, elle rappelle surtout que le surf est un sport où la sécurité dépend du respect mutuel. Dans un line-up bondé, un geste imprévisible peut avoir de lourdes conséquences.
    Pour Lakey, c’est heureusement un “non-incident” sur le plan physique, mais une expérience de plus qui souligne l’importance du respect des règles à l’eau… et de savoir garder son calme.

  • Justine Dupont, maman et reine des grosses vagues, vise les XXL Awards 2025

    Justine Dupont, maman et reine des grosses vagues, vise les XXL Awards 2025

    Un an après avoir donné naissance à son fils Elio, la surfeuse française de grosses vagues est de retour sur les plus gros spots de la planète. Et pas juste pour faire de la figuration : en 2025, Justine Dupont s’invite dans toutes les catégories majeures des Big Wave Challenge et pourrait bien repartir de Newport Beach les bras chargés de trophées.

    Maternité et retour fulgurant

    Janvier 2024 : Justine Dupont et son mari accueillent leur premier enfant, Elio. Une parenthèse heureuse… mais brève. Moins de deux mois après une naissance par césarienne, la Française était déjà de retour à l’entraînement, portée par une motivation nouvelle.
    « Maintenant que je suis maman, je suis encore plus professionnelle, plus organisée et plus motivée », confiait-elle à Surfer Magazine. Là où beaucoup s’attendaient à la voir lever le pied, Justine a choisi d’appuyer encore plus fort.

    Une saison 2025 XXL

    La preuve ? En février 2025, elle remporte pour la troisième fois le Tudor Nazaré Big Wave Challenge, un an à peine après la naissance d’Elio. Mais la saison ne s’arrête pas là :

    • Deux entrées à Nazaré et une à Jaws dans le Big Wave Challenge.
    • En moins d’une semaine, elle surfe trois monstres du Pacifique : Jaws, Waimea (pendant l’Eddie) et Maverick’s.

    Son entrée à Jaws est particulièrement marquante : un take-off ultra-tardif sur une face parfaite, tenue de rail impeccable, avant d’être engloutie par la mousse. Une image qui a fait le tour du monde et confirmé qu’elle n’avait rien perdu de son engagement.

    Finaliste dans (presque) toutes les catégories

    À 34 ans, Justine Dupont est finaliste pour :

    • Ride of the Year
    • Biggest Paddle Wave
    • Biggest Wave

    Et, sans annonce officielle pour le moment, tout indique qu’elle sera aussi en lice pour Women’s Performer of the Year. La seule catégorie où on ne la verra pas cette année ? Celle de la plus grosse boîte.

    Avec 100 000 $ de prize money à se partager entre les lauréats, l’enjeu est aussi financier, même si l’aura sportive prime pour Justine.

    Des rivales solides

    Dans la catégorie Women’s Biggest Wave, Justine affrontera deux Brésiliennes bien connues du circuit :

    • Michelle des Bouillons (33 ans), spécialiste de Nazaré, où elle a signé une vague impressionnante captée par Tim Bonython.
    • Michaela Fregonese (44 ans), habituée aux bombes de Jaws, qui s’est illustrée en décembre 2024 sur une houle massive.

    Deux adversaires expérimentées, prêtes à jouer des coudes sur le podium.

    Le verdict à Newport Beach

    La remise des prix du Big Wave Challenge aura lieu le 13 septembre 2025 à Newport Beach, Californie. Un rendez-vous où se croisent les légendes vivantes du surf de grosses vagues, les jeunes talents et, bien sûr, les images les plus impressionnantes de l’année.

    Pour Justine, ramener un ou plusieurs trophées de cette cérémonie serait un nouveau jalon dans une carrière déjà hors normes, et une victoire symbolique pour le surf français.

    Une inspiration bien au-delà du surf

    Avec 12 distinctions majeures depuis 2019 (Ride of the Year, Biggest Wave, Performance of the Year), Justine Dupont s’est imposée comme l’une des meilleures surfeuses de l’histoire du big wave. Son retour après maternité, mené avec autant de détermination que de douceur, inspire bien au-delà des line-ups.

    Qu’elle reparte ou non avec les bras chargés de trophées le 13 septembre, elle a déjà gagné : celui d’inspirer toute une génération, et de prouver qu’on peut être à la fois maman et reine des vagues les plus puissantes de la planète.

  • Naiki Vaast, 18 ans, et déjà maître des bombes de Teahupo’o

    Naiki Vaast, 18 ans, et déjà maître des bombes de Teahupo’o

    Le 5 août 2025 restera dans les mémoires des surfeurs tahitiens. Ce jour-là, Teahupo’o a offert un spectacle comme elle seule sait le faire : des murs d’eau massifs, parfaitement creux, capables de faire trembler les plus aguerris. Au milieu des grands noms du line-up, un jeune de 18 ans a marqué la journée : Naiki Vaast, petit frère de Kauli, qui s’est offert la bombe du jour avec une assurance impressionnante.

    Une journée historique à Teahupo’o

    Annoncée comme l’une des plus grosses houles de la saison, cette journée a attiré dès l’aube une armada de jet-skis et de bateaux autour du reef. Matahi Drollet, figure emblématique du spot, a ouvert le bal avec un ride magistral. Mais l’autre vague marquante fut celle de Naiki : un monstre d’eau qui gonflait à vue d’œil, avec un volume hallucinant.

    Les images parlent d’elles-mêmes : engagement total, trajectoire parfaite, sortie impeccable. Le lendemain, un article étranger le présentait comme le frère de Matahi Drollet… alors qu’il est celui de Kauli Vaast. Une confusion vite dissipée, mais qui prouve que son nom circule désormais bien au-delà de Tahiti.

    Un héritage et une enfance dans le tube

    L’aisance de Naiki dans un barrel de Teahupo’o ne doit rien au hasard. On se souvient de lui à seulement 12 ans, quand Kauli l’avait poussé sur une bombe à l’entrée du bowl. Casque Gath vissé sur la tête, il avait dévalé un mur d’eau presque aussi grand que lui, une image qui avait fait le tour du web.

    Grandir aux côtés d’un frère triple champion d’Europe et habitué du World Tour forge forcément le caractère. Mais Naiki n’a jamais cherché à imiter Kauli. Il suit sa propre voie, loin des circuits professionnels, en cultivant deux passions : le surf et la pêche.

    Un surfeur discret, passionné de pêche

    Je ne vais pas vous mentir : je n’ai jamais rencontré Naiki, ni même vu surfer ailleurs qu’à Teahupo’o. Mais connaissant Kauli et Aelan Vaast, on devine le niveau du petit frère. Et le 5 août, il l’a prouvé, tout comme son frère et sa sœur qui ont eux aussi brillé ce jour-là.

    Contrairement à beaucoup de jeunes surfeurs, Naiki ne court pas après les points qualificatifs de la WSL. Il participe rarement aux compétitions, hormis celles organisées à Tahiti. Pour lui, pas besoin de podiums : l’objectif est simple, prendre la meilleure vague de la journée. Et le 5 août, il a été imbattable.

    Teahupo’o, son jardin et son terrain de jeu extrême

    À Tahiti, surfer Teahupo’o n’est pas seulement un défi sportif : c’est une vitrine. La famille Drollet en est l’exemple, tout comme certains Hawaïens à Pipeline. Situé à la pointe sud-ouest de l’île, ce récif est aussi magnifique qu’impitoyable. La moindre erreur y est sanctionnée. Les locaux parlent d’ailleurs de « respecter la vague » avant de penser à la surfer.

    Naiki connaît le spot par cœur : chaque recoin du reef, chaque mouvement de houle. Son style est fluide, précis et empreint d’une confiance rare pour son âge. Ce 5 août, il n’a pas seulement survécu à sa vague, il l’a domptée. C’est ce qui le fait entrer, à 18 ans, dans le cercle fermé des surfeurs respectés de Teahupo’o.

    Un avenir prometteur, même hors du circuit pro

    Pas de sponsors tapageurs, pas de tour du monde pour accumuler des points, mais une présence marquée lors des houles historiques : voilà la trajectoire de Naiki Vaast. Dans un surf de plus en plus globalisé et médiatisé, il rappelle que les exploits les plus marquants se vivent parfois loin des podiums, à domicile, face à une vague qui vous connaît autant que vous la connaissez.

    Le 5 août 2025 ne fut pas seulement un jour de vagues exceptionnelles : c’est aussi la date où le nom de Naiki Vaast s’est gravé un peu plus profondément dans l’histoire de Teahupo’o. Et pour ceux qui fréquentent ce spot, c’est peut-être la plus belle des reconnaissances.

  • Sam Piter dévoile Rogue DNA, un clip sauvage entre Afrique, Indo et Hossegor

    Sam Piter dévoile Rogue DNA, un clip sauvage entre Afrique, Indo et Hossegor

    Du sang, du style et des tubes. Sam Piter, 21 ans, vient de sortir Rogue DNA, un court-métrage de 15 minutes filmé entre l’Afrique de l’Ouest, l’Indonésie et sa maison à Hossegor. Trois destinations, une seule vibe : celle d’un surfeur français au style brut, instinctif, viscéral. Un surf qui semble couler dans les veines.

    Réalisée par Arthur Géné, avec des images additionnelles signées Andy Benetrix, Gary Simonneau, Robin Aussenac et Didier Piter, la vidéo est un condensé de ce qu’on attend d’un bon clip de surf : de belles vagues, un bon surfeur et une bande-son qui claque. C’est aussi simple que ça, et Rogue DNA coche toutes les cases.

    Au-delà de la performance, ce projet illustre un vrai savoir-faire à la française en matière de production vidéo. Pas besoin de drone au ralenti sur fond d’électro ambient : ici, on filme à l’instinct, avec énergie, en laissant la vague et le style parler. Et Sam a clairement trouvé sa voix.

    Le jeune surfeur s’était déjà fait remarquer lors du Stab Highway Europe, mais ce clip marque un tournant. Une forme de « coming out » pour un surfeur désormais adulte, prêt à écrire son propre chapitre. Et ça commence fort : il a remporté le QS 2000 de Lacanau juste après la sortie du film, prenant la tête du classement européen.

    Petit clin d’œil à l’histoire : Sam est le fils de Didier Piter, figure du surf français dans les années 90. Mais l’héritage paternel n’écrase pas l’élan du fils — il l’inspire. Et si l’on en croit le buzz autour de Rogue DNA, Sam pourrait bien surpasser un jour l’aura de son père.

    Disponible sur YouTube, Rogue DNA n’est pas juste un énième edit estival : c’est une carte de visite pour le futur du surf français. Sauvage, stylé, sincère.

  • Teahupo’o s’enflamme avant le Tahiti Pro : une nuit de surf historique

    Teahupo’o s’enflamme avant le Tahiti Pro : une nuit de surf historique

    Une houle titanesque pour une session inoubliable

    Dans la nuit du 6 août 2025, la passe de Hava’e à Teahupo’o a résonné sous les cris et les déferlantes. Une houle massive de plus de 4 mètres, couplée à une période de 16 secondes, a transformé le spot tahitien en un monstre liquide. Les plus téméraires se sont jetés à l’eau dès l’aube, dans un mélange de tow-in et de rame engagé. Le spectacle était total.

    Locaux et stars du CT réunis pour un échauffement musclé

    À deux jours de l’ouverture de la Lexus Tahiti Pro, le gratin du surf mondial était déjà sur place. Jack Robinson, Leonardo Fioravanti, João et Lucas “Chumbo” Chianca, Kai Lenny, mais aussi Italo Ferreira ou encore Koa Rothman se sont mêlés à la scène locale.

    Jérémy Florès, présent sur place, résume l’atmosphère dans une vidéo postée sur YouTube :

    « C’était le chaos… mais un beau chaos. Des wipeouts de dingue, des vagues énormes. Le petit frère de Kauli Vaast a peut-être pris la bombe de la journée, Matahi Drollet reste le roi du spot, et même les rookies du CT s’y sont frottés. »

    Et pour ceux qui doutaient encore :

    « À Teahupo’o, faut éteindre le cerveau dix minutes avant le heat. Sinon, tu ne pars jamais. »

    La famille Vaast en feu, les filles chargent

    Impossible de manquer les performances des enfants Vaast. Kauli, tout juste rentré des Challenger Series à Huntington Beach, a non seulement scoré une belle vague, mais aussi towé sa sœur Aelan et son frère Naiki sur des bombes mémorables. Aelan, finaliste malheureuse des trials, s’est distinguée avec une sortie ultra technique, évitant de peu une board flottant dans le bowl.

    Autre rideuse en vue : Izzi Gomez, l’Américano-Colombienne et multiple championne de SUP, qui s’est offert une cavité massive, capturée par les caméras de Redbull et Surfline. Oui, les filles chargent à Teahupo’o.

    L’accident de Michel Bourez : le rappel à la réalité

    Mais derrière la beauté du spectacle se cache la brutalité du spot. Michel Bourez, figure emblématique du surf tahitien, a lourdement chuté sur une vague prise en tow-in. Transporté à l’hôpital après avoir été blessé au visage, il a heureusement pu rassurer tout le monde sur les réseaux sociaux :

    « Plus de peur que de mal. IRM faite, rien de vital n’est touché. Six points de suture. Merci à tous. »

    Cet incident vient rappeler que, même pour les plus expérimentés, Teahupo’o ne pardonne pas.

    Une ferveur populaire et un air de Jeux Olympiques

    Le 6 août 2024, Kauli Vaast remportait l’or olympique à Teahupo’o. Un an plus tard jour pour jour, la nature lui a offert un clin d’œil : une houle historique, un public en liesse, et même une cérémonie surprise organisée au crépuscule. Entouré de fleurs et de sourires, Kauli a symboliquement laissé ses empreintes dans le ciment au PK 0, en hommage à cette année unique.

    Et maintenant ? Place à la Lexus Tahiti Pro

    Le swell devrait rester solide toute la semaine. L’ouverture de la compétition est prévue jeudi 7 août, avec dès le premier round des conditions estimées à 3 à 4,5 mètres. Plusieurs surfeurs ont déjà dégainé leurs tow boards. L’ambiance est électrique, les locaux affûtés, les rookies tétanisés ou surexcités.

    « Let’s see who really packs it. Let’s see who’s got the balls. » — Jérémy Florès

  • 27 millions de tonnes de nanoplastiques dans l’Atlantique Nord

    27 millions de tonnes de nanoplastiques dans l’Atlantique Nord

    Il est invisible à l’œil nu, et pourtant il est partout. Dans l’eau que l’on boit, dans l’air que l’on respire, dans notre sang qui circule. Ce fléau, ce sont les nanoplastiques, ces particules plastiques minuscules, encore plus petites que les désormais tristement célèbres microplastiques. Une nouvelle étude, publiée dans la prestigieuse revue Nature, vient de lever le voile sur leur ampleur dramatique dans l’Atlantique Nord : 27 millions de tonnes de nanoplastiques y flotteraient actuellement. Une pollution invisible de plus pour notre terrain de jeu préféré.

    Nanoplastiques : plus petits, plus sournois

    Les nanoplastiques sont définis comme des particules de plastique de moins d’un micromètre. C’est-à-dire cinq fois plus petits que les microplastiques (inférieurs à 5 micromètres), eux-mêmes déjà reconnus comme une menace écologique et sanitaire.

    Ces nanoparticules proviennent principalement de la dégradation continue des microplastiques sous l’effet du soleil, des vagues, des courants, mais aussi de la digestion par certains animaux marins. Leur taille infinitésimale leur permet de traverser les membranes cellulaires, et donc de s’infiltrer dans les tissus vivants, humains compris.

    Une première quantification à grande échelle

    Jusqu’à récemment, la communauté scientifique manquait cruellement de données sur l’ampleur réelle de la pollution aux nanoplastiques. C’est ce qui rend cette nouvelle étude, menée par le Royal Netherlands Institute for Sea Research (NIOZ) et l’Université d’Utrecht, si cruciale. À bord du navire de recherche RV Pelagia, les scientifiques ont collecté de l’eau de mer à douze endroits différents, entre les eaux subtropicales de l’Atlantique et les côtes européennes.

    En filtrant soigneusement les particules de plus d’un micromètre, ils ont ensuite analysé le résidu au laboratoire grâce à la spectrométrie de masse, une technique permettant d’identifier les types de plastique présents. Le résultat ? Une quantité sidérante de nanoplastiques, jamais mesurée auparavant.

    “Un chiffre choquant, mais qui nous permet enfin de comprendre où est passé le plastique manquant”, explique Sophie ten Hietbrink, étudiante en master et co-autrice de l’étude.

    Le paradoxe du plastique manquant

    Ce “plastique manquant” est un mystère scientifique depuis des années. On sait que des centaines de millions de tonnes de plastique sont produites chaque année, et une grande partie finit dans l’environnement. Pourtant, lorsqu’on mesure la quantité de plastique flottant dans les océans, les chiffres semblent étonnamment bas.

    La découverte de cette immense masse de nanoplastiques pourrait donc résoudre cette énigme. Elle suggère que beaucoup du plastique jeté a tout simplement été réduit à l’échelle nanométrique, échappant ainsi aux mesures classiques.

    Un impact écologique et sanitaire inquiétant

    Mais ce n’est pas qu’une question de chiffres. Les nanoplastiques, du fait de leur extrême petitesse, peuvent pénétrer profondément dans les organismes vivants. Des études menées in vitro sur des cellules humaines ou in vivo sur des souris ont montré des effets alarmants : inflammations, stress oxydatif, troubles métaboliques, dérèglement du microbiote intestinal, voire neurotoxicité.

    Chez les espèces marines, leur présence pourrait bouleverser les chaînes alimentaires, de la plus petite larve de plancton jusqu’aux grands prédateurs… et à l’humain, dernier maillon.

    L’Atlantique, épicentre de la pollution

    L’étude révèle que l’Atlantique Nord, et en particulier les zones de convergence comme les gyres subtropicaux (tourbillon océanique géant formé par les vents dans les zones subtropicales), agit comme une trappe à plastique. Les courants y accumulent les déchets venus de tous horizons : fleuves, atmosphère, navires, littoraux… Autant de voies par lesquelles le plastique rejoint l’océan.

    “Il y a probablement plus de plastique sous forme de nanoparticules dans l’Atlantique que de microplastiques ou macroplastiques dans tous les océans réunis”, affirme le professeur Helge Niemann, chercheur au NIOZ.

    Une urgence mondiale encore ignorée

    L’accumulation de nanoplastiques n’est pas une problématique locale ou ponctuelle. C’est une crise mondiale, silencieuse, mais d’une ampleur colossale. Car contrairement aux sacs plastiques ou aux bouteilles qu’on peut encore ramasser sur une plage, les nanoplastiques ne se nettoient pas. Ils sont trop petits, trop disséminés, trop omniprésents.

    Et pourtant, la production de plastique ne faiblit pas. Chaque jour, des millions de tonnes supplémentaires sont fabriquées, utilisées, puis oubliées, avec des conséquences qui s’étendront bien au-delà de notre génération.

    Un tournant pour la recherche… et pour l’action ?

    L’étude du NIOZ et de l’Université d’Utrecht marque une avancée majeure dans la compréhension de la pollution plastique. En quantifiant pour la première fois les nanoplastiques à l’échelle océanique, elle met en lumière l’urgence d’une réponse collective.

    Réduction de la production de plastique, meilleure gestion des déchets, innovations dans les matériaux biodégradables, réglementation plus stricte, sensibilisation du grand public : les leviers existent, mais le temps presse.

    Invisible, mais dévastateur. Le plastique que nous rejetons finit toujours par revenir, sous des formes de plus en plus insidieuses. Les 27 millions de tonnes de nanoplastiques dérivant aujourd’hui dans l’Atlantique Nord ne sont qu’un symptôme d’un mal plus profond : notre dépendance au plastique, et notre incapacité à en gérer les conséquences.

  • Kelia Mehani Gallina, 12 ans, qualifiée pour le CT à Teahupo’o : génie précoce ou folie douce ?

    Kelia Mehani Gallina, 12 ans, qualifiée pour le CT à Teahupo’o : génie précoce ou folie douce ?

    Une enfant de 12 ans vient de se qualifier pour la plus dangereuse des étapes du World Tour. À Teahupo’o, Kelia Mehani Gallina écrase les pronostics et entre dans l’histoire… mais à quel prix ?

    Miss Teahupo’o, enfant du reef

    Teahupo’o. Une vague mythique, un mur liquide qui se fracasse sur un reef aussi tranchant que la lame d’une machette (bon on y va un peu fort, mais le risque est réel). C’est ici que Kelia Mehani Gallina, surnommée « Miss Teahupo’o » sur Instagram, a grandi. Née en 2012, elle y a pris sa première vague à quatre ans, poussée par son père Ryan, au même moment que son meilleur ami. « Mais il était de quelques mois plus jeune, alors techniquement, c’est lui le plus jeune à avoir surfé Teahupo’o », plaisante-t-il.

    Le 20 juillet 2025, Kelia remporte les trials féminins du Lexus Tahiti Pro en dominant Aelan Vaast en finale. Elle devient ainsi la première wildcard féminine issue des trials, et surtout, la plus jeune surfeuse de l’histoire à se qualifier pour une épreuve du Championship Tour (CT) de la WSL.

    Une ascension foudroyante

    Elle n’a que 12 ans, mais déjà une maturité dans le tube que peu d’adultes peuvent revendiquer. Ce qui est le plus surprenant, c’est qu’elle évolue backside sur la gauche de Teahupoo. Quand on sait que certaines surfeuses pro sur le circuit ne savent pas tuber backside, c’est vraiment impressionnant. Sa victoire a secoué la planète surf. Tatiana Weston-Webb l’a félicitée, Bethany Hamilton a parlé d’un « truc de ouf », et Erin Brooks, autre prodige, l’a congratulée. En 2024, elle avait déjà participé au TOA Pro, une compétition QS à Tahiti, où elle avait terminé 25e.

    Sa wild card lui donne droit d’affronter les meilleures surfeuses de la planète dans quelques jours. Ironie du destin, elle fêtera ses 13 ans le 10 août, en plein milieu de la waiting period du Lexus Tahiti Pro (7-16 août). Un anniversaire pas comme les autres, au bout du monde.

    Teahupo’o, la vague qui ne pardonne pas

    Mais, Teahupo’o n’est pas un terrain de jeu pour enfants. Loin de là. C’est un monstre, une vague creuse, puissante, mécanique, où le moindre retard se paie comptant. En 2024, plusieurs surfeurs y ont laissé des plumes, même parmi l’élite.

    Qu’adviendra-t-il si les conditions s’emballent pendant la compétition ? Si le swell dépasse les deux mètres, et que les tubes deviennent aussi épais qu’une voiture ?

    Certes, la WSL peut décaler les séries, jouer avec la waiting period. Mais dans une compétition CT, on ne choisit pas toujours son moment, on y va quand il y a des vagues. Actuellement, dans le monde du surf professionnel, on pousse les filles à charger des vagues de plus en plus puissantes, et c’est notre inquiétude vis-à-vis de la jeune tahitienne, qui ne manque pas de talent.

    Doit-on fixer une limite ?

    Personne ne remet en cause le talent de Kelia. C’est une surfeuse d’exception, probablement l’avenir du surf féminin dans les vagues tubulaires. Mais cela justifie-t-il qu’une enfant affronte, en compétition, l’une des vagues les plus dangereuses au monde ?

    Aujourd’hui, il n’existe pas d’âge minimum imposé par la WSL pour participer au CT. Est-ce tenable ? D’autres sports extrêmement encadrés, comme la gymnastique ou la F1, fixent des seuils d’âge et d’expérience pour des raisons de sécurité et de maturité mentale. Pourquoi pas le surf, surtout sur des spots comme Pipeline ou Teahupo’o ?

    Kelia n’est pas responsable : elle a le niveau, la passion, et sans doute la maturité pour gérer cette pression. Mais le système qui l’entoure ? Il doit, lui, se poser les bonnes questions.

    Une icône en devenir

    Kelia incarne une nouvelle ère. Celle d’un surf féminin plus radical, plus ancré dans les vagues engagées. Elle est la preuve vivante que les jeunes filles peuvent dompter les mêmes monstres que les hommes, et avec autant de style.

    Teahupo’o, longtemps absent du circuit féminin, est de retour dans les annales. Et cette fois, c’est une enfant du village qui en écrit le chapitre.

    Si la météo est avec elle, si la houle reste humaine, elle pourrait bien créer la surprise. Elle pourrait même révéler un visage du surf féminin que le monde attendait.

    Mais quoi qu’il advienne, l’image restera : celle d’une gamine de 12 ans, tenant son lycra blanc, les yeux grands ouverts. Un moment d’histoire. Un vertige. Une promesse.

  • Ostreopsis ovata : l’algue toxique qui menace les plages basques

    Ostreopsis ovata : l’algue toxique qui menace les plages basques

    Invisible à l’œil nu, mais bien réelle pour les surfeurs, baigneurs et promeneurs : l’algue Ostreopsis ovata explose cet été sur la Côte basque. Pourquoi ? Le réchauffement climatique semble le principal responsable, tous les surfeurs de la côte basque vous le diront, l’eau est actuellement anormalement chaude. Entre toux, fièvre et plages fermées, les effets se font sentir, au propre comme au figuré.

    Une menace qui revient chaque été… mais plus tôt et plus fort

    Depuis 2021, la Côte basque connaît chaque été une recrudescence de cette microalgue tropicale, Ostreopsis ovata. En 2025, le phénomène prend une ampleur inédite : à Biarritz, la plage du Port Vieux a enregistré le 15 juillet des pics à 600 000 cellules par litre, contre seulement 18 000 quelques jours plus tôt. Résultat : plage fermée, drapeau rouge, et consultations médicales en hausse.

    Le problème ? Cette microalgue est toxique pour l’homme. Elle libère une substance volatile qui se propage par les embruns, touchant non seulement les surfeurs et baigneurs, mais aussi les promeneurs, les enfants qui jouent dans le sable, les secouristes… tout le monde.

    Qu’est-ce que Ostreopsis ovata, exactement ?

    Ostreopsis ovata est une microalgue tropicale, apparue en Méditerranée dans les années 2000, et identifiée sur la Côte basque à partir de 2021. Sa prolifération, ou “bloom”, est favorisée par :

    • le réchauffement climatique (eaux plus chaudes),
    • des eaux calmes et stagnantes,
    • la houle qui la détache des rochers,
    • et possiblement, des introductions via les eaux de ballast des navires.

    Invisible à l’œil nu dans sa forme initiale, elle forme parfois une pellicule brune et gélatineuse sur les rochers ou en surface. Un goût métallique dans l’eau peut aussi trahir sa présence.

    Quels sont les risques pour la santé ?

    Les symptômes apparaissent dans les six heures suivant l’exposition, même sans baignade :

    • toux sèche, mal de gorge,
    • yeux et nez qui coulent, saignements nasaux,
    • gêne respiratoire, fièvre, maux de tête,
    • douleurs musculaires, tremblements, éruptions cutanées.

    👉 Les plus vulnérables : enfants, personnes âgées, asthmatiques, diabétiques ou souffrant de pathologies ORL et respiratoires.

    Bonne nouvelle toutefois : les symptômes sont généralement bénins et réversibles sous 3 à 4 jours. Mais pour les surfeurs réguliers ou les travailleurs en bord de mer, la répétition des expositions peut aggraver les effets.

    Les spots les plus touchés

    En juillet 2025, les plages les plus impactées sont :

    • Port Vieux (Biarritz) – baignade interdite temporairement
    • Parlementia (Bidart/Guéthary)
    • Deux Jumeaux (Hendaye)
    • Erromardie (Saint-Jean-de-Luz)

    D’autres spots comme Cénitz ou la Villa Belza sont étroitement surveillés. La CAPB (Communauté d’Agglomération Pays Basque) a mis en place un suivi rigoureux sur 34 zones de bain, avec 4 niveaux d’alerte allant de simple observation à fermeture de plage.

    Quelles précautions pour les surfeurs ?

    Même sans fermeture officielle, il est vital d’adopter les bons réflexes :

    🧴 À faire après chaque session :

    • prendre une douche complète (cheveux compris),
    • laver sa combinaison et son matos (surf, leash, etc.),
    • éviter de laisser sécher ses affaires sur le sable humide ou les rochers.

    🩺 À faire en cas de symptômes :

    • consulter son médecin en mentionnant une éventuelle exposition à Ostreopsis,
    • appeler le centre antipoison de Bordeaux (05 56 96 40 80) en cas de doute,
    • éviter de retourner à l’eau pendant plusieurs jours.

    🚫 À éviter en période de bloom :

    • surfer pieds nus ou torse nu sur les zones rocheuses,
    • pratiquer dans les zones fermées ou déconseillées,
    • fréquenter la plage si vous êtes une personne à risque (asthme, diabète, etc.).

    Ce que dit la science (et Surfrider)

    L’association Surfrider, bien connue des surfeurs, alerte depuis plusieurs années sur les effets de cette microalgue. Elle mène des campagnes de prélèvements réguliers et développe des outils de sensibilisation et même des bio-capteurs de détection rapide.

    Selon leurs travaux, l’Ostreopsis ovata est symptomatique du dérèglement climatique, et pourrait devenir la nouvelle norme estivale sur nos côtes si rien n’est fait.

    Elle affecte aussi la biodiversité :

    • elle asphyxie certains organismes marins fixés,
    • elle intoxique les oursins et les coquillages filtrants,
    • elle déstabilise les écosystèmes côtiers.

    Comment rester informé en temps réel ?

    📱 Télécharge l’appli Kalilo, qui relaie les alertes officielles de l’ARS (Agence Régionale de Santé) en direct sur l’état des plages du Pays basque.

    📍 Surveille les panneaux à l’entrée des plages : certains sites comme Port Vieux ou Erromardie ont déjà affiché des consignes strictes.

    🌊 Suis les campagnes d’information locales et sur les réseaux sociaux : Mairies, Surfrider, surf clubs.

    Une question de santé… mais aussi de culture surf

    Pour la communauté surf, la mer est un terrain de jeu, un lieu de dépassement, une source de vie. Mais c’est aussi un écosystème fragile, menacé par les changements globaux que l’on vit aujourd’hui en direct.

    Les surfeurs sont en première ligne, à la fois exposés, mais aussi responsables et acteurs. Mieux connaître le phénomène Ostreopsis, c’est aussi mieux protéger notre océan, notre santé, notre passion.

  • Faux sites surf : les arnaques explosent pendant les soldes

    Faux sites surf : les arnaques explosent pendant les soldes

    C’est devenu un classique… mais encore trop de surfeurs tombent dans le piège. À chaque période de soldes, les faux sites e-commerce se multiplient, copiant l’identité visuelle de marques bien connues comme DHD Surfboards ou Volcom. Prix trop beaux pour être vrais, publicités agressives sur les réseaux sociaux, noms de domaine trompeurs… les escrocs redoublent de créativité. On fait le point pour vous éviter une mauvaise session shopping.

    DHDsurf.shop : une arnaque qui a marqué les esprits

    En mai 2024, la communauté surf découvre un site aux allures très pro : dhdsurf.shop. Design impeccable, logo de la marque DHD Surfboards, planches à -80 %, comme cette 3DV affichée à 119 € au lieu de 652 €. Un coup de pub ? Une liquidation exceptionnelle ? Non. Une arnaque bien ficelée.

    Le site joue sur la confiance dans la marque DHD, rendue célèbre par Mick Fanning et ses performances dans Stab in the Dark. Mais en y regardant de plus près, plusieurs indices alertent : absence de mentions légales complètes, pas de numéro SIREN, et des avis clients introuvables ailleurs que sur le site.

    Nouveaux cas en juillet : volcom-europe.shop, billabonguk.shop

    Autre exemple plus récent : volcom-europe.shop, qui s’attaque cette fois à la marque iconique de skate et surfwear, Volcom. Même méthode : un site miroir, très proche du véritable volcom.fr, avec des réductions allant jusqu’à -80 %, relayées via des publicités Facebook ou Instagram.

    En période de soldes, ce genre de remise ne semble pas aberrant… sauf qu’une marque comme Volcom ne liquide jamais autant sur sa boutique officielle, et surtout, ne crée pas un nouveau nom de domaine du jour au lendemain.

    Plus récemment, on est le mercredi 23 juillet 2025, et je viens de tomber sur un nouveau site pratiquant la même arnaque. Cette fois, c’est la marque Billabong qui est visée. Toujours le même procédé, avec une publicité sur facebook, qui renvoie sur un site ressemblant à celui de la marque (d’ailleurs, je me demande s’il n’est pas mieux fait, lol), avec des remises à 80 % sur tous les produits.

    Comment fonctionnent ces arnaques ?

    Ces sites frauduleux utilisent tous la même stratégie :

    • Créer un site e-commerce cloné, très proche visuellement de celui de la marque cible.
    • Acheter des publicités ciblées sur Facebook, Instagram ou TikTok, avec des promesses de remises hallucinantes.
    • Utiliser un nom de domaine trompeur, souvent proche de l’original (ajout de « shop », « europe », « outlet », etc.).
    • Encaisser des paiements, puis ne rien envoyer… ou parfois livrer une imitation grossière.

    6 réflexes pour éviter de tomber dans le piège

    1. Vérifiez l’URL

    Un site officiel finit presque toujours par .com ou par .fr. Si vous voyez des variantes comme « volcom-europe.shop », méfiez-vous. Tapez toujours le nom de la marque dans Google plutôt que de cliquer sur une pub.

    2. Analysez les prix

    Une planche DHD à 119 € ? Un jean Volcom à 9,90 € ? C’est trop beau pour être vrai. Même en fin de série ou déstockage, -80 % reste très rare sur les marques premium.

    3. Consultez les mentions légales

    Un vrai site e-commerce français affiche :

    • Son numéro de SIREN
    • Une adresse complète
    • Des conditions générales de vente

    4. Cherchez des avis clients fiables

    Allez voir sur Trustpilot, Avis Vérifiés, Reddit, ou même sur des forums surf. Les avis Google peuvent être falsifiés, alors croisez les sources.

    5. Contactez le service client

    Envoyez un message ou appelez. Un numéro inactif ou une adresse mail sans réponse = alerte rouge.

    6. Méfiez-vous des pubs sur les réseaux

    Beaucoup d’escrocs misent sur des campagnes Meta Ads bien ciblées. Un seul clic, et vous voilà sur un site factice bien léché.

    Que faire si vous avez déjà commandé ?

    • Faites opposition à votre carte bancaire immédiatement.
    • Contactez votre banque pour voir s’il est possible d’annuler le paiement.
    • Signalez le site frauduleux à :
      • PHAROS
      • La DGCCRF pour fraude commerciale
    • Partagez votre expérience sur les réseaux et forums pour protéger les autres.

    Pendant les soldes, l’euphorie des bonnes affaires peut faire baisser la vigilance. Mais dans le monde du surf comme ailleurs, personne ne vend du matos neuf à -80 % sans raison. Soyez attentif, prenez le temps de vérifier, et n’oubliez pas : un bon surf shop, c’est aussi un commerce transparent et accessible.

  • Rip Curl balance Dunno : un film junior qui cogne fort

    Rip Curl balance Dunno : un film junior qui cogne fort

    Des cris, du punk rock et des tubes à Backdoor. Dunno, le nouveau film de Rip Curl, ne laisse pas respirer une seconde. En 30 minutes à peine, il brosse le portrait d’une génération de surfeurs et surfeuses affamés, filmés au plus près, comme s’ils te fonçaient dessus.

    Des tubes, du son et zéro ralenti

    La première séquence donne le ton : un cri de joie pure, le genre que tu lâches quand ton pote vient de scorer le tube de sa vie. Sauf que là, c’est Lukas Skinner, 16 ans, qui s’enfonce dans un tube à Backdoor, massif avec le calme d’un vétéran. Fils du longboarder Ben Skinner, Lukas montre ici une maturité impressionnante, entre barrels solides et fin de vidéo truffée d’airs bien stylés.

    Et la bande-son ? PENNYWISE. Oui, tu as bien lu. Le punk californien, celui des années Momentum, des VHS usées jusqu’à la corde. On pense à Taylor Steele, à Focus, à cette époque où tout allait vite, haut, profond — sans ralentis ni blabla. Dunno reprend ce flambeau à la sauce Gen Z : brut, énergique et sans concession.

    Une armée de juniors, filles et garçons mélangés

    Conçu par Vaughan Blakey et Nick Pollet, Dunno est plus qu’un montage d’actions. C’est un manifeste générationnel. Ici, pas de segment “spécial filles” relégué au milieu du film. Les surfeuses comme Tya Zebrowski y prennent autant de place que les garçons, dans un montage fluide et égalitaire. Et ça fait du bien.

    Tya, 14 ans, crève l’écran. Déjà sur le Challenger Series, elle impose un surf puissant, technique et engagé. Elle a droit à quelques clips courts, mais révélateurs de son niveau. Si de nombreux observateurs voient en elle une future qualifiée pour le CT 2026, ce n’est pas pour rien.

    Les autres jeunes talents de la team Rip Curl enchaînent les sections explosives, dans une ambiance de camaraderie électrique. Pas d’ego, que de l’envie et de l’audace.

    Une ode à l’énergie ado

    Le film tire sa force d’une sincérité rare. 90 % des images proviennent de parents qui filment leurs enfants, avec une fierté palpable. Ça ajoute une couche d’authenticité touchante, sans jamais verser dans le mièvre. Vaughan Blakey le dit lui-même : “Si tu demandes quelque chose à un ado, il te répond toujours ‘Dunno’. Ils n’ont aucune idée. C’est ça leur charme.”

    Et pour coller à cette énergie juvénile, le son a été confié à des groupes de jeunes. Un morceau en particulier, à base de cris et de vapes (ou plutôt de juice sticks), a même dû être censuré par des aboiements… pour ne pas faire fuir les parents venus assister à la première dans un surf shop australien rempli de gamins de 8 à 12 ans.

    Une nouvelle génération qui tape à la porte

    Dunno n’est pas juste un edit de plus dans l’océan des contenus surf. C’est un coup de projecteur sur une génération qui s’affirme sans demander la permission. Pas besoin de narration, la performance parle d’elle-même. Lukas Skinner, Tya Zebrowski et les autres ne demandent rien. Ils prennent ce qui leur revient.

    Et pendant que les anciens regardent ça, le dos un peu plus raide, la génération montante court déjà sur leurs traces — avec des cris de joie dans le barrel et du Pennywise dans les oreilles.

  • Hommage à Austin Gibbons, surfeur new-yorkais décédé à 27 ans

    Hommage à Austin Gibbons, surfeur new-yorkais décédé à 27 ans

    Le monde du surf pleure une nouvelle perte tragique. Le surfeur new-yorkais Austin Gibbons, 27 ans, est décédé le 10 juillet dernier à Long Beach, après avoir été victime d’une crise d’épilepsie dans l’eau. Membre emblématique de la communauté Skudin Surf, il laisse derrière lui des souvenirs impérissables, et un choc profond parmi ses proches comme chez tous ceux qui l’ont croisé sur les vagues.

    Une disparition brutale au cœur de l’été

    Austin Gibbons surfait sur son home spot de Long Beach lorsqu’il a été pris d’une crise d’épilepsie. Malgré l’intervention rapide des secours, le jeune homme s’est noyé. L’annonce de sa mort a bouleversé toute la côte Est, et bien au-delà. Car Austin n’était pas un simple surfeur local : il était une figure respectée, un instructeur apprécié, un sauveteur diplômé, et un mentor dévoué pour des centaines de jeunes surfeurs.

    Sur les réseaux sociaux, la famille Skudin Surf – école fondée par le big wave rider Will Skudin – lui a rendu un hommage poignant :

    « Nous avons le cœur brisé par la perte d’Austin Gibbons, membre de la famille Skudin Surf depuis plus de 15 ans. Il a commencé comme jeune campeur avant de devenir un instructeur exceptionnel. Surfeur talentueux, sauveteur, mais surtout être humain lumineux, il a marqué chaque personne qu’il a encadrée. »

    Un miraculé de Pipeline, en 2024

    Le destin d’Austin avait déjà frôlé le drame en janvier 2024, sur les vagues de Pipeline, à Hawaï. Alors qu’une houle historique déferlait – au point que la WSL avait annulé l’épreuve du Pipe Pro – Gibbons avait osé se mettre à l’eau. Sa dernière vague du jour avait failli lui coûter la vie : il avait été repêché inconscient, placé en coma artificiel, avant de revenir miraculeusement à lui. Une photo de lui, hospitalisé, souriant et faisant un shaka, avait fait le tour des réseaux.

    Ce miracle avait renforcé son aura. C’était un battant, un passionné, un modèle.

    Une tragédie qui résonne jusqu’en France

    Ce drame n’est pas sans rappeler la disparition d’un jeune surfeur à Biarritz en 2023. Ce dernier, également victime d’une crise d’épilepsie dans l’eau, avait été retrouvé inconscient sur le sable de la Grande Plage. Les secours n’avaient rien pu faire. L’enquête avait révélé qu’il souffrait d’épilepsie, mais n’avait jamais renoncé à sa passion pour les vagues. Son histoire, tout comme celle d’Austin, soulève une question douloureuse mais nécessaire : comment mieux protéger les surfeurs vulnérables, sans les priver de leur liberté de glisser ?

    Une communauté soudée dans le deuil

    À Long Beach comme à Biarritz, ces drames rappellent la fragilité de la vie, même pour les surfeurs les plus aguerris. La mer, si inspirante, peut aussi être cruelle.

    Pour Austin Gibbons, plusieurs cérémonies sont prévues cette semaine à New York. Des centaines de proches, amis, élèves et surfeurs s’y rassembleront pour lui dire adieu. En parallèle, Skudin Surf met en place un accompagnement psychologique pour les jeunes touchés par cette perte brutale.

    Il est des noms qui ne quittent jamais les esprits d’une communauté. Austin Gibbons en fait partie. Son sourire, son engagement, sa générosité resteront à jamais gravés dans la mémoire du surf new-yorkais.

  • Quand Aritz Aranburu a fui Johnny Boy Gomes à Sunset… avant de gagner le heat !

    Quand Aritz Aranburu a fui Johnny Boy Gomes à Sunset… avant de gagner le heat !

    En pleine Triple Crown à Hawaï, Aritz Aranburu se retrouve face à une légende du North Shore au tempérament volcanique : Johnny Boy Gomes. Menace physique, score inespéré et fuite prématurée : récit d’une série pas comme les autres, qu’on retrouve dans une interview espagnole.

    Le tirage au sort que personne ne voulait

    Sunset Beach, côte Nord d’Oahu. Aritz Aranburu est jeune, plein d’ambition, et tout juste qualifié pour participer à la mythique Triple Crown. Cette série de compétitions hawaïennes est considérée comme l’un des sommets du surf professionnel, juste après le titre mondial.

    Dans la maison Quiksilver, l’ambiance est détendue… jusqu’à ce que tombe la nouvelle : Johnny Boy Gomes est dans le tableau. Ancienne gloire de Pipeline, membre influent des redoutés Black Shorts, Johnny est une figure aussi respectée que redoutée. S’il revient en compétition, ce n’est pas pour rire.

    Blague entre surfeurs : « Mec, imagine si tu tombes contre Johnny ? »
    Silence. Aritz tire Johnny au premier tour.

    « Qu’est-ce que tu fais sur mon pic ? »

    Dès le début du heat, les choses tournent mal. Johnny rame sur une série, mais elle ferme. Aritz, sans intention de le gêner, se retrouve légèrement plus à l’intérieur. Maladresse ? Mauvais timing ? Peu importe : Johnny pète un plomb.

    « ¿Qué haces dentro de mí pico? » – « Qu’est-ce que tu fous sur mon pic ? »

    Il commence à hurler, brandit le poing et saisit même Aritz par la main, menaçant de le frapper. La scène se déroule en plein heat, sous les yeux d’une organisation médusée… qui ne dit rien. À l’époque, personne ne s’oppose à Johnny Boy Gomes.

    Une fuite, deux vagues et une victoire

    Profitant d’un instant d’inattention, Aritz s’échappe. Il rame loin, très loin, cherchant juste à survivre. Mais au passage, il croise une vague. Il la surfe. Score : 7/10.

    Quelques instants plus tard, une deuxième vague se présente à lui. Tube + floater. Résultat : 8,5/10.
    Aritz est en tête.

    Terrifié, il ne veut pas rester une seconde de plus dans l’eau. Il sort du line-up avant la fin du heat, en courant vers les organisateurs pour demander de l’aide. Réponse du speaker de la compétition :

    « Mec… planque-toi. Personne ne peut rien faire contre Johnny. »

    Reclus à Hawaï, mais qualifié

    Aritz remporte pourtant le heat, contre toute attente. Mais il passe la semaine suivante enfermée dans la maison Quiksilver, évitant toute confrontation.

    Heureusement, grâce à ses liens avec la famille Pukas et à l’intervention d’un surfeur hawaïen respecté, il apprend que Johnny vit à l’opposé de l’île et ne reviendra pas traîner à Sunset les jours suivants.

    Hawaii, la destination la plus intimidante..

    Cette histoire, est l’une parmi tant d’autres. Tous les surfeurs pro non hawaïens craignent cette destination pour ses vagues, mais également, pour la pression qui y règnent à l’eau. De nombreux surfeurs n’y vont que pour leurs séries, et n’y prennent aucun plaisir. Promis, un jour on écrira un article sur les plus folles anecdotes qu’on a entendues à Hawaï.

  • Skookumchuck Narrows : la vague statique la plus flippante du monde ?

    Skookumchuck Narrows : la vague statique la plus flippante du monde ?

    Quand Jamie O’Brien, Ben Gravy et Dylan Graves se jettent dans une rivière canadienne pleine de tourbillons pour surfer une vague statique, c’est que le spectacle vaut le détour. Bienvenue à Skookumchuck Narrows, l’un des spots les plus fous (et dangereux) jamais surfés.

    Le Skook, une légende d’eau douce

    Nichée sur la Sunshine Coast de Colombie-Britannique, au Canada, la vague de Skookumchuck Narrows est une vague statique unique au monde. Pas formée par une houle océanique, mais par un déferlement titanesque d’eau de marée : jusqu’à 200 milliards de gallons d’eau s’y engouffrent à chaque cycle, générant une vague permanente… et terrifiante.

    Ce phénomène rare a longtemps attiré les kayakistes en quête d’adrénaline. Mais depuis quelques années, les surfeurs les plus intrépides s’y aventurent aussi. Et pas n’importe lesquels…

    JOB & Ben Gravy : mission survie au Canada

    En juillet 2025, à l’annonce d’un pic de marée exceptionnel de 5 à 6 mètres (17 à 20 pieds), Jamie O’Brien (alias JOB) et Ben Gravy, deux stars du surf, toujours à la recherche de vagues insolites, décident de faire le voyage jusqu’à Egmont, petit village canadien d’à peine quelques centaines d’âmes.

    Ce qu’ils y trouvent dépasse leurs attentes. Tourbillons, “suck-unders”, remous en tous genres : la vague est massive, mais chaque session ressemble à un test de survie. JOB raconte :

    “Je me suis fait aspirer dans le pire tourbillon. Huit vrilles sous l’eau, je ressors la tête, je suis groggy, et je repars pour quatre tours. J’ai serré ma planche comme si ma vie en dépendait. C’était comme une chute à Teahupo’o et Jaws en même temps.”

    Gravy, de son côté, résume la session ainsi :

    “On l’a scorée. Mais c’était la vague la plus flippante de ma vie. Des remous qui aspirent des bateaux entiers. On a failli y passer.”

    Et selon les locaux, c’était le plus gros “Skook” depuis 15 ans.

    Une vague pas comme les autres

    La vague de Skookumchuck se forme dans un passage étroit entre deux bras de mer, lorsque la marée montante tente de forcer son passage vers le Sechelt Inlet. À partir de 11 nœuds de courant, la vague commence à prendre forme. Entre 13 et 16 nœuds, elle devient surfable et puissante, parfois jusqu’à 30 pieds de large.

    Mais attention : cette vague ne pardonne pas. Contrairement à l’océan, ici on ne peut pas “s’échapper” par les côtés. La chute peut vous entraîner loin, très loin, dans les rapides, les rochers immergés et les énormes tourbillons. D’où le port obligatoire d’un casque et, pour beaucoup, d’un gilet de flottaison.

    Dylan Graves et le mystique “Tubesteak”

    Avant JOB et Gravy, un autre spécialiste des vagues bizarres avait déjà tenté sa chance à Skookumchuck : Dylan Graves, via son excellent show YouTube Weird Waves.

    Avec son compère local Nick Legge-Wilkinson, premier à avoir surfé la vague régulièrement, Graves s’attaque au Skook comme à une montagne à gravir. Après quelques rides, il décide d’aller plus loin : viser le “tubesteak”, une section slab ultra rare qui n’apparaît que lors de très fortes marées.

    Spoiler : il y arrive, mais finit à un demi-mile en aval, bousculé par un rocher et aspiré par un tourbillon. Sain et sauf, mais secoué.

    Infos pratiques : comment voir ou surfer le Skook

    Le spot se situe dans le Skookumchuck Narrows Provincial Park, à une heure de randonnée ou de paddle depuis le village d’Egmont. Voici ce qu’il faut savoir :

    • 🌊 Quand y aller ? De mars à octobre, avec des pics autour de la pleine lune ou de la nouvelle lune.
    • ⏰ Durée de la vague : entre 2 et 4 heures autour de la marée montante maximale.
    • 🚗 Accès : prendre un ferry depuis Vancouver (Horseshoe Bay) vers Langdale, puis conduire jusqu’à Egmont.
    • 🏕️ Hébergement : camping local, lodges ou chambres d’hôtes.
    • 📈 Conditions optimales : marée de 13 à 15 nœuds, à consulter sur les sites de prévision (“Sechelt Rapids”).

    Un conseil : ne vous y aventurez pas seul. Même avec un bon niveau, Skookumchuck est un spot qui mérite respect et préparation.

    Le Skook : une vague, un rite de passage

    Skookumchuck signifie “grande eau” en langue Chinook. Et c’est exactement ça : une démonstration brute de la nature, aussi belle que dangereuse.

    Ce n’est pas une vague pour faire du nombre. C’est une expérience. Un rite de passage pour les passionnés de surf qui veulent tester leurs limites. JOB, Gravy et Graves ont tous failli y laisser quelques plumes… mais aussi ramené des images inoubliables.

    Pour nous autres, simples mortels, regarder leurs vidéos suffit souvent à faire monter l’adrénaline.

  • Retrouvé vivant après 18h perdu en mer : l’incroyable survie de Darcy Deefholts

    Retrouvé vivant après 18h perdu en mer : l’incroyable survie de Darcy Deefholts

    Disparu au large lors d’une session de surf, le jeune Australien a été miraculeusement retrouvé sur une île isolée à 13 km du rivage.

    Mercredi 9 juillet 2025, en fin d’après-midi, Darcy Deefholts, 19 ans, quitte sa maison de Wooli, un petit village côtier du nord de la Nouvelle-Galles du Sud, en Australie. Comme à son habitude, il part seul avec sa planche de surf, à vélo, direction la plage de One Tree. Il n’a ni téléphone, ni montre connectée. Et il ne reviendra pas ce soir-là.

    Une disparition inquiétante

    L’alerte est donnée quelques heures plus tard. Ses proches, inquiets de ne pas le voir rentrer, préviennent les secours. Sur place, ils retrouvent rapidement son vélo, ses vêtements et ses chaussures abandonnés sur la plage, à quelques kilomètres au nord de la digue de Wooli. Le pire est à craindre. A-t-il été emporté par un courant ? Est-il tombé de sa planche, blessé ou inconscient quelque part dans l’océan ?

    Son père, Terry Deefholts, lance alors un appel désespéré sur les réseaux sociaux :

    « J’ai besoin de bateaux, de drones, de 4×4, d’avions. On le cherche partout. Il faut faire vite. »

    L’appel est entendu. Dans la nuit, les services de secours maritimes quadrillent la côte, épaulés dès l’aube par des dizaines d’habitants volontaires. Six embarcations privées prennent la mer, tandis que la plage est fouillée à pied. Le petit village de 500 âmes se mobilise comme un seul homme.

    Un miracle nommé North Solitary Island

    Jeudi matin, vers 9h, un bateau de sauvetage repère une silhouette sur un îlot rocheux perdu au large : North Solitary Island. Une île inhabitée, à 13 kilomètres de la côte, sans abri, balayée par les vents. C’est là, 18 heures après sa disparition, que Darcy est retrouvé vivant.

    Selon les sauveteurs, il était en état d’hypothermie légère, frigorifié, mais conscient.

    « Il souffrait un peu de l’exposition au froid, mais il allait bien. C’est un miracle », a déclaré le capitaine du bateau de secours, Matthew McLennan.

    Darcy aurait probablement été emporté par un courant après s’être trop éloigné en longboard. Sa planche n’a pas été retrouvée. On ignore encore s’il a nagé toute la nuit ou dérivé jusqu’à l’île, mais sa survie dans de telles conditions force le respect.

    Une communauté soudée, une famille soulagée

    À l’annonce de la nouvelle, Wooli a retenu son souffle, puis explosé de joie.

    « On est en larmes de bonheur », a écrit un ami de la famille.
    « Merci mon Dieu qu’il ait atteint cette île. C’est un miraculé. »

    Son père, submergé par l’émotion, a qualifié ce sauvetage de « miracle sur un million ».

    « Je n’ai même pas encore pu lui parler. Je suis juste sur un nuage. On n’a pas dormi de la nuit, c’est surréaliste. »

    Melissa Smith, la compagne de son père, ajoute :

    « C’est un battant, un garçon fort. Il a compris que l’île était son seul refuge. Il s’y est accroché. »

    Depuis, Darcy reçoit des soins médicaux. Il est hors de danger.

    Leçon de survie : que retenir de l’histoire de Darcy ?

    L’histoire de Darcy Deefholts est exceptionnelle, mais elle soulève des questions importantes sur la sécurité en mer, même pour des surfeurs expérimentés :

    Et surtout, ne jamais sous-estimer l’océan, aussi familier soit-il.

    Toujours prévenir quelqu’un de sa destination et de l’heure prévue de retour.

    Ne jamais partir seul, surtout sur des spots isolés.

    Respecter la météo, les marées, les courants.

  • Le Lacanau Pro : 45 ans de surf, de sueur… et de merguez

    Le Lacanau Pro : 45 ans de surf, de sueur… et de merguez

    Le Lacanau Pro commence aujourd’hui, et comme chaque année, il promet du spectacle. Mais connais-tu les histoires folles qui ont façonné cette légende du surf européen ? Accroche-toi, on t’embarque dans un voyage à travers l’improbable et le génial.

    Les anecdotes les plus folles du Lacanau Pro

    150 kilos de merguez pour lancer l’événement

    C’est en 1979 que tout commence. Une bande de passionnés du Lacanau Surf Club décide d’organiser la toute première compétition internationale de surf en France. Budget quasi nul, idées plein la tête. Solution ? Vendre des merguez.

    Résultat : 150 kilos écoulés en trois jours. Le surf européen vient de naître… à coups de sandwichs.

    Le juge au briquet

    Lors de cette première édition, les conditions sont capricieuses. Les vagues arrivent… au dernier moment. La finale se joue en extrême urgence. Et pour noter les scores sur la plage centrale ? Les juges n’ont même pas de lampe frontale. Ils utilisent des briquets pour écrire les notes. Ambiance roots garantie.

    Slater vs Curren : le duel légendaire

    En 1990, un choc mythique se produit à Lacanau : Tom Curren affronte Kelly Slater, alors âgé de seulement 18 ans. Les deux légendes ne se croiseront en compétition que cette fois-là. Curren l’emporte. Quatre ans plus tard, Slater revient et gagne à son tour le Lacanau Pro.

    Tractopelles sur la plage pour créer des vagues

    Pas de vagues ? Pas grave pour Jacques Hèle, l’un des fondateurs. En 1989, il fait intervenir des tractopelles de la mairie en pleine nuit pour modeler un banc de sable artificiel. Objectif : booster les vagues. La presse s’empare du sujet, et Lacanau est à la une. Coup de génie ou douce folie ? Les deux.

    18 surfeurs… dans une maison

    1. Lacanau est pleine à craquer, aucun logement n’est dispo. Patrice Schrzan, organisateur emblématique, héberge 18 surfeurs chez lui. Parmi eux, un certain Tom Carroll, futur champion du monde. L’ambiance ? Une colloc XXL façon surf house.

    La tornade de 1989

    Cette édition-là est un feuilleton météo. D’abord, les tracteurs pour façonner les vagues. Puis, une mini-tornade ravage le village exposant : les tentes s’envolent et s’écrasent sur les voitures en face. On parle d’un Lacanau Pro… électrique.

    Le surfeur australien et ses traveler’s chèques

    Jason Buttenshaw, jeune Australien, s’inscrit à la compet’ avec des traveler’s chèques de 100$… non signés. Impossible de les encaisser. En janvier suivant, un membre de l’orga en vacances en Australie le croise… et le fait signer les chèques six mois plus tard. Lacanau, c’est aussi ça.

    1200 surfeurs contre la pollution

    En 1995, 1200 surfeurs et sympathisants forment une chaîne humaine sur la plage pour dénoncer la pollution des océans. Trois ans plus tard, le Lacanau Pro est menacé par la marée noire du Prestige. L’activisme surf à la française.

    1998 : l’année sans vagues

    Seule vraie annulation “naturelle” : en 1998, l’océan est plat pendant toute la waiting period. Rien. Nada. Zéro vague. La compétition est annulée. Triste ironie pour un événement qui célèbre la puissance de l’océan.

    Aux origines du Lacanau Pro : l’audace de 1979

    Tout commence par un rêve un peu fou en 1978 : créer une compète de surf digne d’Hawaii… mais à Lacanau. Jacques Hèle, Patrice Schrzan, René Guillet et quelques autres y croient dur comme wax. Avec peu de moyens, ils créent le Grand Prix Open de Lacanau Océan.

    En 1981, la compet’ est annulée faute de sponsor principal. Mais en 1983, elle renaît : elle devient Lacanau Pro, et surtout rejoint l’ASP (devenue aujourd’hui WSL). C’est la consécration.

    Un rendez-vous mythique pour les champions

    Le palmarès du Lacanau Pro est impressionnant :

    • Tom Curren (1984 et 1990)
    • Kelly Slater (vainqueur en 1994)
    • Barton Lynch (vainqueur en 1983, champion du monde en 1988)
    • Gabriel Medina, qui s’impose en junior en 2011 avant de devenir champion du monde

    Sans oublier les Français comme Jérémy Florès, Pauline Ado (3 fois gagnante chez les juniors) ou Maud Le Car.

    Le surf féminin à Lacanau

    En 1987, le Lacanau Pro intègre une compétition féminine. Dès la première édition, c’est la Sud-Africaine Wendy Botha qui s’impose. Plus tard, Lisa Andersen, quatre fois championne du monde, brille en 1995 et 1996 sur les vagues canaulaises.

    Lacanau Pro 2025
    photo WSL/Masurel

    Les affiches et tee shirts du Lacanau Pro : un patrimoine visuel

    Du crayonné naïf de 1979 aux illustrations pop des années 90, les affiches du Lacanau Pro sont une véritable mémoire visuelle du surf en France.

    Elles racontent une époque, une culture, un rêve. Collées dans les foyers, elles sont devenues objets de collection, véhiculant un imaginaire d’évasion, de glamour et de liberté.

    Certaines années, le surfeur disparaît au profit de paysages idéalisés. D’autres fois, on le retrouve en plein tube ou en aerial, symbole du surf performance. Un miroir de la société glisse. Quelques années plus tard, les tee-shirts connaissent un grand succès. De nombreuses familles ne connaissant rien au surf, n’hésite pas à se donner rendez-vous chaque année durant la compétition, pour acheter le tee-shirt officiel du Lacanau Pro.

    Public lacanau pro
    photo wsl/Masurel

    Jacques Hèle, le « Grand Jacques » visionnaire

    Pionnier du surf à Lacanau, Jacques Hèle est une figure clé de cette aventure. Surfeur dès les années 60, entrepreneur, président du Lacanau Pro pendant 18 ans, puis de l’ISA (la fédé internationale) de 1992 à 1996.

    C’est lui qui entame les premières discussions avec le CIO pour intégrer le surf aux JO. Il n’aura pas vu Tokyo 2021, mais il aura tout lancé. Sa disparition en 2023 a laissé un vide immense.

    Et toujours cette anecdote culte des tractopelles de nuit pour sculpter la vague, qui résume bien le personnage : fou, génial, habité.

    Lacanau Pro aujourd’hui : entre histoire et futur

    En 2025, le Caraïbos Lacanau Pro est devenu la plus ancienne compétition de surf en Europe. Un statut qu’il assume fièrement. Il reste un tremplin pour les jeunes, avec toujours une division junior et une énergie festive unique.

    Plus qu’un simple contest, c’est une célébration annuelle de la culture surf : concerts, expositions, stands, ambiance de plage… et parfois, un grain de folie.

    Le Lacanau Pro, c’est 45 ans d’histoire du surf, mais aussi de passion, de débrouille, de créativité, de résistance… et d’humanité. Un monument vivant du surf européen, toujours debout, toujours vibrant, toujours prêt à écrire une nouvelle anecdote.

    Alors oui, le spectacle commence aujourd’hui. Et si la prochaine histoire légendaire du Lacanau Pro, c’était toi qui la vivais, sur le sable ?

  • Elle pensait avoir un ptérygion… C’était un cancer de l’œil

    Elle pensait avoir un ptérygion… C’était un cancer de l’œil

    Chez les surfeurs, une irritation de l’œil est souvent banalisée. Mais ce qui ressemble à un simple ptérygion peut parfois cacher un danger bien plus grave. L’histoire d’Erin Campbell en est la preuve.

    Une surfeuse, un rêve indonésien… et un œil qui gratte

    Originaire de Valla Beach, en Australie, Erin Campbell, 24 ans, a grandi dans les vagues. Entre sessions de surf et voyages en Afrique avec ses parents, elle mène une vie active et ensoleillée. En 2024, elle concrétise un rêve : créer un surf camp avec son compagnon à Lombok, en Indonésie.

    Mais en plein lancement du projet, une gêne apparaît à l’œil gauche. Une petite excroissance, une sensibilité à la lumière, une impression de voile dans la vision. Erin pense immédiatement au ptérygion, cette affection bénigne bien connue des surfeurs, causée par une exposition répétée au soleil, au vent et au sel.

    Un médecin local confirme ce diagnostic, sans pousser plus loin.

    Quand ce n’est pas “juste” un ptérygion

    Les semaines passent. La douleur augmente. Erin doit porter des lunettes de soleil en intérieur. Elle n’arrive même plus à fermer complètement l’œil.

    De retour en Australie, elle consulte un ophtalmologue. Cette fois, le ton change. L’œil est examiné de près. Une biopsie est lancée. Puis, le diagnostic tombe : carcinome épidermoïde conjonctival. Un cancer rare, mais agressif.

    “Je pensais que j’allais mourir”, confie-t-elle plus tard.

    À 24 ans, Erin découvre que ce qu’elle prenait pour un ptérygion pourrait lui coûter la vie.

    Chimio, cryo et chirurgie éveillée

    Le traitement est lancé immédiatement. Chimiothérapie sous forme de gouttes, stéroïdes, cryothérapie. Puis, une opération chirurgicale au Sydney Eye Hospital.

    Mais l’intervention tourne au cauchemar : l’anesthésie ne fonctionne pas correctement. Erin reste consciente pendant l’opération, incapable de parler, entend tout, ressent tout. Elle vit l’un des moments les plus traumatisants de sa vie.

    On lui retire la lésion, on gèle la zone touchée et on greffe un morceau de conjonctive prélevé à l’arrière de son propre œil.

    Retour à la vie… avec précautions

    Six mois plus tard, Erin a retrouvé les vagues. Mais sa vie a changé : examens tous les six mois à vie, interdiction de boire de l’alcool, vigilance maximale face au stress et à l’exposition solaire.

    Le surf camp a été loué à d’autres. Elle prend du recul. Et témoigne pour prévenir d’autres surfeurs et amoureux du soleil : ne jamais banaliser un ptérygion.

    Le ptérygion : bénin, mais trompeur

    Le ptérygion est une prolifération anormale de la conjonctive sur la cornée. Bénin, il est courant chez les surfeurs, véliplanchistes, skieurs et travailleurs exposés au soleil. En Australie, on estime qu’il touche jusqu’à 10 % de la population générale et beaucoup plus chez les surfeurs réguliers.

    Mais s’il évolue vite, devient douloureux ou change d’aspect, il peut cacher autre chose — comme dans le cas d’Erin.

    Les signes d’alerte à ne pas ignorer

    Voici les symptômes qui doivent vous pousser à consulter immédiatement un ophtalmologue :

    • Tache blanche ou rouge sur l’œil qui persiste
    • Épaississement ou croissance anormale sur la conjonctive
    • Sensibilité à la lumière accrue au fil du temps
    • Irritation chronique, sensation de corps étranger
    • Impossibilité de fermer complètement la paupière

    Un simple examen peut faire la différence entre un traitement précoce… et un drame évitable.

    Conseils de prévention pour surfeurs et amoureux du soleil

    Que vous soyez surfeur quotidien, pratiquant du kayak, randonneur, ou simplement amateur de bronzette, adoptez ces gestes simples :

    • Portez des lunettes de soleil polarisées avec filtre UV400, même par temps couvert.
    • Protégez vos yeux dès l’enfance : les jeunes yeux sont plus vulnérables aux UV.
    • Faites contrôler vos yeux chaque année si vous passez beaucoup de temps dehors.
    • Surveillez tout changement : taille, couleur, gêne inhabituelle.
    • Écoutez votre instinct : si vous sentez que “quelque chose cloche”, agissez.

    Un message fort pour la communauté surf

    “Si ça peut aider une seule personne à se faire examiner, alors ça valait le coup”, dit Erin.

    Aujourd’hui, elle vit avec plus de prudence, mais aussi plus de gratitude. Elle surfe de nouveau, mais avec des lunettes adaptées, une routine de soins, et une conscience aiguë de sa santé.

    Le ptérygion n’est pas toujours ce qu’il semble être

    Dans l’univers du surf, on accepte souvent les petits bobos comme des trophées : oreilles bouchées, peau abîmée, yeux irrités. Mais comme l’a vécu Erin, ce qui ressemble à un simple ptérygion peut cacher un véritable cancer de l’œil.

    Et si son histoire permet à d’autres de réagir à temps, alors ce témoignage a toute sa raison d’être.